Techniques et applications de la protéomique
Techniques et applications de la protéomique
et ses applications
Aubry M.A. , Aussagues Y. , Berge A. , Brunel L. , Cabeau J. , Chevalier S. , Chicanne G. , Dubreuil
B. , Friry C. , Morello E. , Samson A. , Trinchero N. , Zelazny E.
DESS Expression Génique et Protéines Recombinantes, Université Paul Sabatier, Toulouse, France.
Abstract
Proteomics, the systematic analysis of expressed protein, is a tool for the identification of
proteins involved in cellular process. Genomic can’t explain all the regulation nor all the
interactions observed in living cells. These technologies are based on high-throughput
techniques for the separation and the identification of proteins, allowing an integral study of
many proteins at the same time. Changes in protein expression in variable condition
(overexpression, silencing, drugs influence) can be detected. Proteomics try to determine all
the bio-chemicals and physical properties of proteins such as molecular weigh (MW), pHi,
proteins sequences, 3-D structures. The most efficient technologies used in these researches
are Mass Spectrometry (MS) linked with two dimensional polyacrylamide gel electropheresis
or sometimes liquid chromatography (LC) some attempts on quantitative measurements are
also reported ... In this review, practical and technical aspects, scientific innovations and
health applications are discussed.
Sommaire
1 Introduction
2 Techniques d’études analytiques
2.1 Electrophorèse bi-dimensionnelle
2.2 Méthodologies de spectrométrie de masse et de chromatographie
3 Techniques d’études quantitatives
3.1 Présentation
3.2 Quantification sur gel
3.3 Quantification par méthode immunologique
3.4 Quantification par spectrométrie de masse
4 Applications scientifiques de la protéomique
4.1 Variations de profil d’expression
4.2 Analyse des modifications post-traductionnelles.
4.3 Etude des interactions Protéine / Protéine
4.4 Analyse protéomique de microorganismes et de champignons
4.5 Analyse protéomique de cellules eucaryotes
4.6 Utilisation des cartes protéiques
4.7 Les bases de données Protéomiques
5 Applications médicales
5.1 Etude de l’efficacité et de la toxicité des agents thérapeutiques
5.2 Application aux différents types de pathologies humaines
6 Conclusion
7 Figures
8 Références bibliographiques
1 Introduction
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Maintenant que les séquences génomiques de plusieurs organismes ont été décrites (
E. coli [1], S. cerevisae [2], Caenorhabditis elegans [3], Arabidopsis thaliana [4]…) il est
primordial de comprendre et d’intégrer les mécanismes cellulaires globaux. L’analyse
génomique ne donne qu’une vue partielle et statistique du fonctionnement cellulaire.
L’établissement d’un organisme pluricellulaire, les capacités évolutives des microorganismes
c’est à dire l’acquisition d’un phénotype, ne peut être élucidé que par des études génétiques
(la génomique). L’aire de la protéomique (définie comme l’étude de l’expression des
protéines totales d’un organisme ou d’un type cellulaire ) permet aujourd’hui de mieux
comprendre l’implication des protéines dans la machinerie cellulaire.
La protéomique passe par l’étude structurale et fonctionnelle de ces macromolécules,
par l’analyse quantitative mettant en évidence les mécanismes de régulation régissant leur
synthèse et par le regroupement de toutes les données à l’aide d’outils informatiques de plus
en plus performants. L’ensemble de ces connaissances entraîne des innovations majeurs, en
recherche fondamentale, en biotechnologie industrielle et en biotechnologie appliquée au
domaine de la santé.
Aujourd’hui, il apparaît que la biologie entre dans une nouvelle phase permise par le
développement de techniques et d’appareils de plus en plus perfectionnés et de plus en plus
résolutifs.
Les études analytiques, identifiant et caractérisant la structure et la fonction de protéines, font
intervenir des techniques très variées mais dont leur combinaison apparaît de plus en plus
indispensable. Les électrophorèses en gels deux dimensions [5] assurent la détermination de
paramètres protéiques comme la masse moléculaire et le point isoélectrique. La spectrométrie
de masse coupléé à des techniques de séparation-purification chromatographiques permet de
déterminer avec précision la masse moléculaire ainsi que la séquence primaire de la protéine
étudiée. Cette technique donne des résultats si précis qu’elle apparaît comme la technique de
choix en protéomique analytique.
Les études quantitatives permettent de mettre en évidence l’évolution de la quantité de
molécules protéiques dans un organisme ou dans un type cellulaire donné. L’étude du
transcriptome, mesurant le taux d’ARNm, a montré qu’il n’existe pas réellement de
corrélation entre le taux d’ARNmessagers (ARNm) et le taux de protéine [6]. De nombreux
mécanismes post-transcriptionnels interviennent pour réguler la synthèse protéique. Il est
possible d’estimer la quantité de protéine sur un gel à deux dimensions à l’aide de colorants
comme le bleu de coomasie ou à l’aide de coloration par l’argent. Or les marquages
radioactifs ou fluorescents donnent des quantifications plus sensibles. D’autres méthodes
comme les quantifications immunologiques telle que l’IDAT (Immuno Detection Amplified
by T7 RNA polymerase) et des méthodes couplées à la spectrométrie de masse telle que
l’ICAT (Isotope Coded Affiny Tag ) utilisant des isotopes lourds, donnent des quantifications
relatives utilisées en protéomique.
Dans cette publication, il a été présenté un tour d’horizon de ces techniques d’analyses
protéomiques ainsi que des exemples sur leurs applications tant au niveau de la recherche
fondamentale qu’au niveau médical.
-2-
ces méthodes . Elle permet, à l’issue de deux migrations électrophorétiques successives, de
visualiser un grand nombre de protéines de façon simultanée [7] .
Dans la première dimension, les protéines migrent dans un gradient de pH selon leur
point isoélectrique. Cette étape, appelée isoélectrofocalisation (IEF), est suivie d’une seconde
migration, généralement menée dans une direction perpendiculaire à la première, où les
protéines sont séparées selon leurs poids moléculaires [7] .
D’un point de vue pratique, les protéines doivent être préalablement solubilisées sans
modifier leur charge intrinsèque. C’est pourquoi, la solution de solubilisation contient , entre
autre, des détergents, du β-mercaptoéthanol et un agent dénaturant tel que l’urée. Cette
solution doit permettre de dissocier les chaînes polypeptidiques sans modifier leur charge
intrinsèque. L’IEF a lieu dans un gel de polyacrylamide où un gradient de pH a été établi.
Celui-ci est ensuite déposé le long d’un gel SDS–PAGE. Un champ électrique est appliqué :
les protéines migrent selon leur poids moléculaire [7]
A la fin du processus, les protéines peuvent être visualisées par coloration au bleu de
coomassie ou au nitrate d’argent. Chaque protéine apparaît sous la forme d’un spot. Une
‘carte protéique’, pouvant contenir jusqu’à 2000 spots, est ainsi obtenue. Les spots peuvent
subir divers traitements (digestion enzymatique puis étude par spectrométrie de masse) afin de
séquencer ,ou d’évaluer la masse moléculaire de la protéine correspondant à un spot donné.
Ceci démontre le rôle central de l’électrophorèse bi-dimensionnelle dans l’analyse du
protéome [8].
-3-
Le temps de migration dépend du gradient de pH utilisé et de la longueur de la bande IPG.
Les gel de type IPG permettent d’obtenir de très bonnes résolutions, notamment parce
qu’ils présentent des gammes de pH très variées. Selon les applications, un IPG avec un
intervalle de pH faible (une unité pH), moyen (3 à 5 unités pH) ou important (7 unités pH)
peut être employé. Les IPG sont très utiles pour séparer des protéines basiques qui ne sont pas
visualisées par un gradient d’ampholytes. Ainsi, Norbeck et Blomberg [10] ont montré que 25
% des protéines (basiques) de la levure n’étaient pas résolus par un gradient d’ampholytes
mais mis en évidence par un IPG de pH 3-10.
Les IPG permettent d’obtenir des pH proches de 12, ils sont donc très intéressants
pour analyser des protéines très basiques comme les histones et les protéines ribosomales
[11].
Grâce à certains IPG, présentant un gradient de pH étroit, des peptides dont les pI diffèrent de
0.003 unités pH sont séparés. Cette très haute résolution est utile pour distinguer des protéines
mutantes [11].
La résolution en 2-DE est augmentée en utilisant des gels IPG présentant de faibles
intervalles de pH se chevauchant. Wildgruber et al. [12] ont pu révéler 2286 spots protéiques
chez la levure grâce à cinq IPG de pH 4-5, 4.5-5.5, 5-6, 5.5-6.7, 6-9. La même étude avec un
IPG de pH 3-10 ne permet de révéler que 755 spots.
Une étape de l’analyse est présentée en figure 1 : Comparaison des profils 2-DE obtenus avec
un extrait protéique de levure, deux IPG présentant des intervalles de pH différents.
Les IPG, contrairement au gradients d’ampholytes, offrent une très haute reproductibilité au
niveau de la position des spots en 2-DE. [9 ;10]. Par contre, la reproductibilité quantitative
pour les différents spots est moins élevée [10].
Une des difficultés en 2-DE est l’analyse des protéines membranaires. Ces dernières
sont sous représentées dans les profils de gels 2-DE, à cause de problèmes de solubilisation.
En effet, les domaines hydrophobes de ces protéines ont tendance à s’agréger en milieux
aqueux [ 13].
Les tampons habituellement utilisés pour solubiliser les protéines avant l’IEF sont inefficaces
pour ce type de protéines.
Récemment, de nouveaux agents ont donc dû être employés afin d’améliorer cette
solubilisation. Parmi les chaotropes, qui induisent le dépliement des protéines, la thiourée a
permis d’augmenter, la solubilité des protéines et, par la même occasion la résolution en 2-DE
[14; 15]. La thiourée, pour être soluble dans l’eau, doit être associée à de fortes concentrations
en urée, les conditions optimales d’utilisation étant 2 M de thiourée et 5-7 M d’urée.
Dernièrement, de nouveaux surfactants de la famille des sulfobétaïnes ont permis de
favoriser la solubilisation des protéines [15]. Il s’agit du CHAPS (3-[(3-
cholamidopropyl)diméthylammonio]-1-propanosulfonate) et du SB 3-10 (N-decyl-N,N-
diméthyl -3-ammonio-1-propane sulfonate) ce dernier ayant un pouvoir solubilisant plus élevé
du fait de sa queue alkyl apolaire. Néanmoins, l’efficacité du CHAPS diminue pour de forte
concentrations en thiourée et le SB 3-10 est insoluble au dessus de 5 M d’urée. Pour résoudre
ces problèmes, de nouvelles amidosulfobétaïnes ont été synthétisées : l’ASB 14
(amidosulfobétaïne 14) et le C8φ [15].
-4-
Possédant des groupes de tête plus polaires que SB 3-10, elles sont solubles dans de fortes
concentrations d’urée et comparées au CHAPS, elles permettent de visualiser plus de
protéines en 2-DE [15].
Le tributyl phosphine (TBP) est l’agent réducteur donnant les meilleurs résultats de
solubilisation des protéines lors de l ‘IEF [15].
Dans tous les cas, ces agents doivent être utilisés combinés pour une solubilisation
maximale.
Les protéines membranaires hydrophobes sont susceptibles d’interagir avec les dérivés
acrylamido constitutifs de la matrice du gel , compromettant ainsi leur migration lors de l’IEF.
Diverses solutions ont été envisagées .
L’une d’elle consiste à augmenter les quantités de protéines chargées sur le gel. Celui-ci est
réhydraté avec un tampon contenant l’échantillon protéique. Ce procédé permet d’augmenter
les volumes de chargement en résolvant les problèmes d’agrégation protéique observés lors
du ‘cup-loading’. Par cette méthode, plus de 450 μl d’extrait protéique peuvent être déposés
sur un gel IPG de 18cm , contre seulement 100μl par la méthode du ‘cup-loading’. De plus,
l’IEF peut être menée dès la fin de la réhydratation ce qui constitue un gain de temps par
rapport au technique classique de chargement des gels [15].
Afin d’optimiser la résolution des cartes protéiques, une autre voie a été suivie . Elle
consiste en une extraction séquentielle des protéines à partir de l’extrait protéique selon leur
propriété de solubilisation [15;16]. Chaque extrait est analysée sur des gels.
Ainsi, il pourrait être souhaitable d’isoler , dans un premier temps les membranes biologiques
puis de mener sur ces membranes divers traitements au triton X114 [18] ou à base de
carbonate de sodium en vue d’extraire ces protéines membranaires.
-5-
technique, une plus grande quantité de protéines peut être déposée sur le gel, la sensibilité de
détection peut donc être accrue.
Au regard des différents points évoqués ci-dessus, il apparaît clair qu’il est impossible
de visualiser sur un gel unique l’ensemble du protéome d’un organisme ou d’un type
cellulaire donné : les spots des protéines les plus abondantes masquent ceux des protéines les
moins abondantes .Il est par ailleurs, impossible de solubiliser en une seule étape toutes les
protéines
C’est pourquoi, de plus en plus de protocoles font intervenir un pré-fractionnement des
échantillons protéiques via un électrolyseur multicompartiment.
Des auteurs tels que Cordwell ont ainsi introduit la notion de sous protéome[16;20] .
Les cellules et tissus sont initialement pré-fractionnés selon le compartiment cellulaire ou la
solubilité relative des protéines .Les échantillons sont préalablement « screenés » sur gel IPG
à large gamme de PH pour déterminer la complexité du protéome puis , si nécessaire, analysés
sur des gels plus résolutifs pour visualiser les protéines exprimées à plus bas niveau (figure
2 ).
Le protéome est donc visualisé , de manière exhaustive, sur des cartes dites
composites .
-6-
Le MALDI.
Cette technique contrairement à l’ESI est tolérante à la présence de petite molécules, de sels et
de détergeant. Elle nécessite au préalable la séparation des protéines par gel 2D. Les analytes
seront cristallisés dans une matrice et ionisés à l’aide d’un laser UV ou IR. Cette technique
permet d’engendrer des états de charge faible ce qui permet d’obtenir des spectres de
complexité réduite. L’analyseur TOF utilisé avec le MALDI peut être amélioré par
l’utilisation d’un réflectron permettant d’augmenter la résolution et par l’utilisation d’un PSD
(Post Source Decay) qui permet d’homogénéiser la vitesse des ions afin d’obtenir une
meilleure précision des résultats. Le détecteur est suivie d’un traitement informatique
permettant l’identification des protéines en fonction des peptides analysés. Cette technique
permet d’obtenir une sensibilité allant de la fmol à l’amol, une résolution de masse supérieure
à 10000Da et une exactitude inférieure à 30 ppm.
L’ESI.
C’est une technique de choix pour les expériences de haute sensibilité SM et SM/SM.
Contrairement au MALDI, cette technique permet le couplage avec la chromatographie
liquide tel que la chromatographie d’exclusion et la chromatographie phase inverse. De plus,
la source d’ionisation peut être améliorée par un nanospray qui va augmenter la sensibilité de
la technique en diminuant la quantité d’analyte entrant dans la source. L’analyseur SM
principalement utilisé est un quadripôle, mais pour augmenter la sensibilité on utilise des
analyseurs en tandem : triple quadripôle avec présence d’un CID (Collision Induced
Dissociation) ou combinaison Q-TOF. Comme en MALDI, le détecteur est suivie d’un
traitement informatique permettant l’analyse des données pour la détermination des
séquences. [23]
Exemple de MS/MS
Le mode MS/MS ou spectrométrie en tandem correspond à l’utilisation de plusieurs
analyseurs en série. Quelque soit le type d’analyseur utilisés le principe est le même : filtrer
les ions provenant de la source, fragmenter les ions sélectionnés, analyser les ions fils et les
guider vers le détecteur.
Pour l’étude du protéome, trois types de spectromètre en tandem sont utilisés :
·Le triple quadripôle. [25] Comme son nom l’indique il est constitué de trois
quadripôles en série : Q1, Q2 et Q3. Q1 permet de filtrer les ions en fonction de leur ratio m/z
grâce à une modification de son champs électrique qui induit la modification de la trajectoire
des ions. Q2 correspond à une cellule de collision (CID) permettant de fragmenter les ions.
Q3 permet de sélectionner certains ions fils qui sont dirigés vers l’analyseur. Cette technique
-7-
permet de générer des spectres très simple dont les informations sur la séquence sont
facilement extractibles. Une simple lecture des spectres donnera la séquence de petits peptides
en calculant la différence de masse des pics.
·La trappe à ions. [26] Le mode MS/MS est constitué d’une trappe à ions qui
opère par piégeage des ions dans un champ électrique tridimensionnel. Elle permet la
sélection d’un ion déterminé, sa fragmentation par collision avec un gaz et la libération
séquentielle des ions fils vers le détecteur.
·Le Q-TOF. [27] Cette technique permet la combinaison d’un analyseur
quadripôle et d’un analyseur TOF en un seul instrument. Le quadripôle est utilisé pour filtrer
les ions en fonction de leur ratio m/z et le TOF permet la mesure des masses avec une grande
sensibilité et une haute résolution. Cette technique a la capacité de produire des spectres d’une
haute qualité avec des quantités d’échantillon de l’ordre de l’attomole (10-18 mole). En outre,
le Q-TOF est un analyseur de plus en plus utilisés car il permet d’utiliser l’ESI et ses
nombreux avantages. C’est donc un puissant outil d’analyse pour la caractérisation et le
séquençage des protéines.
Dan Bach Kristensen et co. [27] montrent, par une série d’expériences, l’utilité d’un
spectromètre de masse Q-TOF pour la caractérisation de protéines, notamment en utilisant le
mode MS/MS.
Les chercheurs démontrent la très grande sensibilité du Q-TOF en mode MS/MS en
réalisant le séquençage complet du peptide modèle [Glu1]-fibrinopeptide B à 10fmol/µL avec
seulement 69 amol (alors qu’il faut 138 amol pour une acquisition en mode MS).De plus, si
on passe la concentration du [Glu1]-fibrinopeptide B à 100 fmol/µL, le séquençage ne
nécessite que 35 amol.
Il a été démontré à partir d’une série de dilutions que la sensibilité du Q-TOF en mode
MS/MS dépasse la sensibilité de la révélation à l’argent. Les auteurs réussissent à séquencer
la BSA avec 25 fmol de la protéine, alors que la bande en coloration à l’argent est invisible.
L’analyse en mode MS/MS permet le séquençage de nouvelles protéines à partir d’un
gel 2-D. Le groupe de recherche nous montre un exemple d’étude sur des protéines de peau de
grenouille. Après sélection d’une bande inconnue d’un gel 2-D et digestion trypsique, l’étude
MS/MS d’un peptide permet d’obtenir une séquence de 21 a.a. inconnue des banques de
données, ce qui démontre la découverte d’une nouvelle protéine. Les auteurs soulignent de
plus l’utilité de réaliser la digestion trypsique en présence de H218O, afin de réaliser un
marquage et d’identifier les ions fils N-ter et C-ter dans le spectre de MS/MS (du fait de
l’apparition de pics intenses de +2 Da pour le C-ter résultant de la coupure trypsique).
L’intérêt de l’utilisation de la MS/MS pour l’analyse du protéome est tout d’abord une
très bonne sensibilité (séquençage avec une centaine d’attomoles), une identification sans
ambiguïté des protéines par le séquençage d’un peptide (notamment pour des protéines de
rapport M/Z identiques), la découverte et le séquençage partiel rapide de nouvelles protéines.
Avec l’avènement de l’automatisation, la MS/MS va s’établir comme une méthode de choix
pour une analyse rapide et fiable du protéome.
-8-
la plus part du temps avant la séparation sur gel 2D. En général, on utilise cette technique
pour les protéines étant en faible abondance (non visible sur gel 2D) et pour l’étude de
l’expression différentielle des protéines.
La chromatographie sera sélectionnée en fonction des protéines à étudier. La chromatographie
d’interactions hydrophobes permet de séparer des protéines en fonction de leurs différences
d’hydrophobicité (variation du nombre de sites hydrophobes). Cette technique est
principalement utilisée pour les enzymes et les protéines ribosomales [28]. La
chromatographie sur héparine qui se comporte comme un échangeuse de cation permet de
séparer les protéines se fixant aux acides nucléiques, les facteurs de croissance et de synthèse
protéique. Cette technique peut être utilisés pour l’étude du désordre du système nerveux
central (maladie d’ Alzheimer, schizophrénie…) [29]. La chromatographie sur hydroxyapatite
permet grâce à des interactions électrostatiques de séparer différentes classes de protéines :
enzymes (sites catalytiques variés), protéines de choc thermique et nouvelles protéines à
fonction inconnue. Cette technique a permis l’étude du protéome d’Escherichia coli en
enrichissant les protéines de faible abondance [30]. Enfin , la chromatographie d’affinité par
immobilisation d’ions métalliques (Fer, Aluminium, Gallium) permet la séparation et la
caractérisation des phospholipides (2% des protéines totales) pour l’étude des signaux de
régulation et de prolifération [31].
Pour l’ESI, la chromatographie est utilisé on-line ce qui permet d’affiner la séparation
du gel 2D. C’est une approche robuste et facile pour l’identification des protéines en routine.
La LC-ESI-MS utilise des colonnes C8 ou C18 permettant la séparation des protéines en
fonction de leur polarité [32] ou des colonnes d’exclusion de taille [33].
Certains auteurs couplent plusieurs colonnes chromatographiques en amont du spectromètre
de masse (LC-LC-ESI-MS). Cette technique de haute résolution permet des séparer toutes les
protéines en fonction de leur caractéristiques biochimiques (masse, polarité, taille). La LC-
LC-ESI-MS présente différents avantages : c’est un système automatisable ce qui permet de
diminuer l’intervention de l’opérateur et la perte d’analyte, il permet la séparation deux
dimensions et enfin c’est un système rigoureux permettant un gain de temps. La première
chromatographie deux dimensions a été réalisée en couplant une chromatographie échangeuse
de cations suivie d’une RPLC [34]. Cette méthode permet dans un premier temps de séparer
les protéines en fonction de leur pI puis en fonction de leur polarité. Une seconde approche
correspond au couplage de 6 colonnes d’exclusion de taille (en série) suivie de deux colonnes
C18 en parallèle [35]. La première séparation se fait en fonction de taille des protéines puis
en fonction de leur polarité.
Ces techniques sont très complexes à réaliser du fait de l’importance de la vitesse du flux
entre les deux chromatographies et de l’utilisation de valves pour coupler les colonnes. Mais
le plus grand problème de ces techniques réside dans la sensibilité de l’ESI aux solvants [36].
En effet, le solvant ne doit pas contenir d’additif tel que les acides phosphoriques et
trifluoroacétique, des détergents et des agents chaotropiques qui inhibent l’ionisation des
protéines. De plus on ne doit pas retrouver des sels et des composés organiques non volatiles
qui peuvent boucher les capillaires, rendant l’analyse impossible. Pour optimiser la détection
en ESI lors de couplage avec des techniques chromatographiques il faut mettre au point : la
composition du solvant (acides formique ou acétique), la concentration en additif, la vitesse
du flux, la conductivité et le pH de la solution. De ce fait, le choix des conditions de la
chromatographie se fait en fonction de l’ESI.
-9-
de l’électrophorèse capillaire couplée au spectromètre de masse est une séparation rapide des
peptides, qui plus est, en ligne, avant de réaliser l’analyse en MS.
Divers groupes de recherche cherchent à montrer l’utilité d’utiliser un spectromètre de
masse à résonance cyclotronique à transformée de Fourier [39]. Pour l’analyse du protéome,
cette technique est intéressante du fait de sa très bonne résolution (>106), de la très haute
sensibilité (attomole), mais surtout du fait qu’elle permet l’étude de protéines intactes de haut
poids moléculaire (100 kDa).
L’automatisation est l’avenir de l’étude protéomique car elle permet un haut débit des
résultats et une analyse complète, sans intervention humaine, qui est à l’origine de beaucoup
d’erreurs lors des manipulations. Un exemple de ce qu’est l’automatisation complète d’une
analyse protéomique nous est donné par Dunlop. [44]. Les auteurs identifient des bactéries
grâce à l’analyse de leur protéome. Des extraits bactériens de E.Coli et de B.Globogii sont
analysés par LC-ESI-MS contrôlé par l’Agilent Chem Station. L’identification est réalisée par
le logiciel Sequence Retrieval System sur les banques de données Swiss-Prot et trEMBL.
L’analyse est entièrement automatisée, de l’injection de l’échantillon à l’analyse des spectres,
- 10 -
et permet, par l’identification de plus de quarante protéines, de reconnaître sans ambiguïté les
bactéries.
3.1 Présentation
- 11 -
MS), permet de comparer, de façon relative, l’abondance d’une protéine dans deux cellules ou
tissus différents en comparant l’intensité d’un spot, dans un gel, à celle du même spot dans un
autre gel. Cependant, certaines classes de protéines sont exclues et non représentées sur un
profil de gel 2D. Ceci inclus les protéines très acides ou très basiques, les très grosses ou les
très petites protéines ainsi que les protéines membranaires. Ainsi le nombre de spots sur un
gel 2D n’est pas représentatif du nombre total de gènes exprimés. De plus, la technique 2DE
détecte uniquement les protéines présentent dans les cellules de façon abondantes et,
l’importante classe des protéines régulatrices (faiblement exprimées) sont difficilement
détectable. Enfin, le pré fractionnement et la concentration des échantillons, nécessaire à la
détection des protéines de faible abondance rend la quantification impossible.
Il existe différentes techniques permettant de détecter et quantifier les protéines à
partir d’un gel [46]. L’utilisation du bleu de coomassie est une des méthodes les plus utilisées
en détection bien que cette coloration s’avère peu sensible et ne fournit une réponse linéaire
que sur une faible gamme de concentration protéique (de 100ng à 1 µg). La coloration à
l’argent, également très utilisée, présente elle une plus grande sensibilité mais n’est pas
applicable à la quantification des protéines sur gel du fait de sa faible linéarité de réponse. Il
est cependant possible de parvenir à une quantification efficace des protéines d’un gel 2D en
utilisant un marquage radioactif ou fluorescent. En effet, ces deux types de marquage
protéique sont actuellement les plus sensibles en permettant des détections de l’ordre de
10-13 mole (soit 1.5 à 20ng pour une protéine de15 à 200 Kda), tout en offrant une réponse
linéaire jusqu’à des concentrations de l’ordre du µg.
Ces techniques de quantification sur gel requièrent alors l’utilisation d’un appareillage
performant d’imagerie tel que les caméras CDD, les scanners laser, les densitomètres ou les
fluorimagers. Il existe de plus des logiciels d’assistance informatique, pour le traitement des
images, mis sur le marché par BioRad (Melanie II, Quest), par Genomic Solutions (Bio Image
2D) et par Amersham Pharmacia Biotech (Phoretix 2D Full) [47].
Il faut cependant considérer le fait que ces techniques de quantification sur gel posent
des problèmes du fait de leur faible reproductibilité et de la non représentation de certaines
classes de protéines.
3.3 Quantification par méthode immunologique
De nouvelles techniques basées sur la spécificité de reconnaissance entre un anticorps
et sa protéine cible ont été développées pour la protéomique quantitative. Il est en effet
possible lorsque l’on possède les anticorps spécifiques, de quantifier le taux d’expression de
ces protéines par la méthode ELISA (Enzyme-Linked ImmunoSorbent Assay)[48].
Cependant, la trop faible sensibilité de cette technique n’autorise pas l’étude du niveau
d’expression des protéines faiblement représentée. Ainsi, Zhang et al [49], ont récemment
publié une technique, basée sur le principe de l’ELISA sandwich, permettant d’augmenter sa
sensibilité d’un facteur 109. Pour cela après immobilisation de la protéine d’intérêt par
l’anticorps primaire correspondant, la révélation est effectuée par le biais d’un anticorps
secondaire permettant une amplification du signal et non un système enzymatique comme la
peroxydase ou la phosphatase alcaline.
Dans la technique appelée IDAT (Immuno Detection Amplified by T7 RNA
polymerase) un fragment d’ADN double brin contenant le promoteur de la RNA polymérase
du phage T7 suivi d’une courte séquence de taille définie est fixé de manière covalente à
l’anticorps secondaire. Ainsi, après fixation spécifique de ces anticorps secondaires, la RNA
polymérase T7 est ajoutée avec des NTP marqués au 32P dans le mélange réactionnel. Il y aura
alors amplification linéaire des brins d’ADN fixés. La quantité des brins d’ARN marqués
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synthétisés sera directement proportionnelle à la quantité d’anticorps secondaires et donc à la
quantité de protéines présentes.
Pour palier à ces inconvénients, une amélioration de cette technique, l’ICAT (Isotope Coded
Affiny Tag ) [51,52], a été mise au point. Dans cette technique, bien que le principe général
soit similaire , l’incorporation des isotopes est réalisée après isolation des protéines par
alkylation sélective des cystéines avec un réactif soit lourd, soit léger [figure 5].
Ce réactif portant une biotine, il permet après digestion trypsique des protéines marquées, de
réduire sur colonne avidine la complexité du mélange peptidique.
Cette technique est donc compatible avec l’étude des protéines des fluides biologiques, des
tissus ou de tous types de cellules, bien qu’inapplicable aux protéines dépourvues de
cystéines. De plus la sensibilité de l’analyse dépend de la quantité de molécules marquées par
le réactif. Or la réactivité du réactif a une grande importance pour permettre le marquage des
protéines à faible concentrations, cette réactivité n’a pas été évaluée à notre connaissance.
Une troisième technique, récemment publiée par Xudong Yao [53] est basée sur
l’incorporation d’18O le marquage des peptides du type cellulaire étudié est directement
effectué lors de la digestion trypsique par incorporation d’18O, lors de la réaction d’hydrolyse,
en présence d’H218O.
Ainsi, l’incorporation de deux 18O lors du clivage permettra de visualiser le pic correspondant
à 4 unités de masse du même peptide clivé en milieu H216O.
Cette méthode présente l’avantage de permettre le clivage et le marquage des protéines en une
seule étape et facilite la déduction des séquences peptidiques sur le spectre de masse obtenu
par rapport à la technique de l’ICAT, où ce réactif, avait une masse de 500 Da .
- 13 -
4 Applications scientifiques de la protéomique
Les progrès en miniaturisation, en automatisation et en gain de résolution de toutes ces
techniques permettent de caractériser de plus en plus de structures, de plus en plus de
paramètres physiques et biochimiques. La spectrométrie de masse et l’analyse en gel 2D
représentent les méthodes majeures d’utilisation en recherche fondamentale. De nombreux
profils d’expression d’organismes , soumis à différents stimuli, sont établies. Les variations de
structures lors des modifications post-traductionnelles accompagnées d’interactions
protéiques multiples sont étudiés avec plus de facilité. La collecte de toutes ces données dans
les bases de données facilite d’autant plus l’essor de la protéomique.
- 14 -
L’analyse protéomique peut également permettre de caractériser des protéines
spécifiques d’une souche ou d’une espèce particulière. En effet la comparaison du protéome
de souches saines de Mycobacterium bovis BCG et de souches virulentes de Mycobacterium
tuberculosis a permis d’identifier entre autre, des facteurs de pathogénicité, ainsi que des
protéines exprimées spécifiquement chez M. tuberculosis, protéines susceptibles d’être
impliquées dans la maladie [60]. De façon analogue, les protéines de trois souches
d’Helicobacter pylori ont été séparées par gel 2D. L’équipe de Jungblut a ainsi identifié
quelques spots communs à ces trois souches, pouvant être considérés comme marqueurs
potentiels [61]. Un autre exemple est l’étude par Komatsu et al. de deux espèces de riz, le riz
vert et le riz étiolé. L’ensembles des protéines extraites ont été séparées par gel 2D et plus de
300 spots sont révélés et analysés. Les profils d’expressions obtenus, couplés à une analyse
partielle de la séquence de certaines protéines, ont révélé la présence de protéines
phosphosynthétiques chez le riz vert, protéines absentes chez l’étiolé où des enzymes
antioxydantes sont retrouvées. Cette approche permet donc d’identifier des protéines
spécifiques à une espèce, à une condition physiologique particulière, permettant ainsi la
compréhension du rôle de ces protéines [62].
- 15 -
Ces modifications post-traductionnelles provoquent des changements des propriétés
physico-chimiques de la protéine. Une variation du point isoélectrique et de la masse est
observée. Ces variations vont avoir des conséquences lors de l’analyse par les techniques
d’électrophorèse 2D où la formation de traînée pendant la migration de la protéine peut être
observée. De même, lors de l’analyse en spectrométrie de masse, le spectre obtenu pour cette
protéine sera aussi modifié. Ces différences de propriétés identifiées et répertoriées peuvent
alors être utilisées pour caractériser ces modifications post-traductionnelles. Ainsi, A.
Sickmann et al. [64] donnent plusieurs exemples : l’analyse en MALDI-TOF de la
cyclophiline A de souris révèle un pic à 2048,99 Da qui peut seulement être expliqué par une
modification de type acétylation N-terminale confirmée par l’analyse en MALDI-PSD. Un
autre exemple est donné pour la phosphorylation où ils constatent que les fragments de
peptides modifiés révèlent un signal à –80 Da et –98 Da expliqué par la perte respective de
HPO3 et H2PO4 en MALDI-PSD par le fragment phosphorylé [Figure 7 ]. Connaissant
l’importance de l’évènement de phosphorylation dans les signaux de transduction (modulation
de l’activité de certaines enzymes et de certains récepteurs), les mêmes auteurs A. Sickmann
et al [65] rappellent que selon les différents types d’acides aminés O-phosphorylés, N-
phosphorylés, S-phosphorylés, des précautions doivent être prises lors de la préparation des
échantillons pour l’analyse. En effet la stabilité de la phosphorylation varient selon les acides
aminés sur lesquels elle s’effectue, ainsi les phospho-thréonines, -sérines, et -tyrosines sont
stables en milieu acide comme en milieu alcalin contrairement aux phospho-aspartates, -
glutamates dont le phosphate est très instable dans ces deux types de milieu. Le taux de
protéines phosphorylées étant très faible, la préparation des échantillons doit passer par une
étape d’enrichissement en la forme phosphorylée par analyse en chromatographie
échangeuses d’ions après incorporation ou non de phosphate radioactif. Une technique de
chromatographie d’affinité, IMAC (Immobilized Gallium(III) Affinity Chromatography) [66]
peut aussi être utilisée, les phosphopeptides sont retenus de façon sélective et en quantité
suffisante pour être analysés en spectrométrie de masse MALDI/TOF ou ESI.
Les travaux de P.B. Mills et al.[67] ont montré qu’il était possible de déterminer les sites et
les types de glycosylation retrouvées sur la protéine α1-antitrypsine. La séparation par
électrophorèse 2D révèle la présence de 8 isoformes de la protéine [Figure 8 : Analyse en
électrophorèse 2-D PAGE du plasma] dans un intervalle de pH de 4,5 à 5,5. Des digestions
dans le gel par diverses protéases (PNGase F, trypsine, chymotrypsine) et glycosidases
complétées par l’analyse en MALDI-TOF-MS leur permettent de localiser les sites de
glycosylation sur les asparagines 46, 83, 247. Ainsi la macrohétérogénéité des isoformes de
la protéine, c’est à dire l’état de la protéine en terme d’occupation des sites de glycosylation, a
été définie. Par la suite, la déglycosylation des peptides et l’analyse des sucres, en MALDI-
TOF, permet d’identifier les différentes glycosylations présentes sur ces acides aminés pour
définir ici, la microhétérogénéité des isoformes de l’α1-antitrypsine. Ainsi, ils trouvent, par
exemple, que l’isoforme M4 possède 2 groupements glycanes bi antennaires et un groupement
tri antennaire. La possibilité de caractérisation des sucres sur les glycoprotéines peut se
révéler très utile. L’utilisation combinée de l’électrophorèse 2D-PAGE et de la spectrométrie
MALDI-TOF peut constituer une stratégie de diagnostic pour des patients atteints de maladies
dues à une altération du processus de glycosylation.
- 16 -
4.3 Etude des interactions Protéine / Protéine
La recherche d’homologies entre protéines permet d’attribuer un rôle assez général au
produit d’un gène. Cependant, il est plus complexe de déterminer la fonction physiologique
exacte d’une protéine. Même si les mécanismes d’actions de protéines homologues sont les
mêmes, les voies métaboliques auxquels ils appartiennent peuvent être très différentes.
L’étude des interactions protéine/protéine semblent être une approche intéressante
pour lier une protéine inconnue à un processus cellulaire connu. Des informations sur la
fonction peuvent aussi être obtenus en identifiant des partenaires d’action connus. L’une des
techniques les plus utilisées est celle du double hybride chez la levure [68], cependant son
utilisation est limitée pour l’étude d’éléments physiologiques spécifiques des organismes
pluricellulaires [69].
Des auteurs ont combiné une technique qui utilise des protéines mutées « piégeuses de
substrats » et des approches protéomiques pour découvrir des substrats de tyrosine
phosphatase (PTPs) [69]. Ces enzymes déphosphorylent les protéines phosphorylées sur une
tyrosine. La technique mise en œuvre utilise des enzymes mutées comme sonde, elles peuvent
se lier à leur substrat mais ne peuvent plus le déphosphoryler, le substrat est donc piégé [70].
Cette procédure a été adaptée à une approche protéomique pour sonder des substrats candidats
d’extraits cellulaires qui ont été séparés par gel 2D et transférés sur membrane. Les
interactions enzyme-substrat sont révélées par far Western et les protéines substrats positives
sont ensuite identifiées en spectrométrie de masse utilisant un appareil Z-spray Q-TOF en
mode MS/MS. L’utilisation de gels 2D a permis d’augmenter la résolution et la spécificité et
donc de mieux séparer les substrats potentiels.
L’utilisation de la tyrosine phosphatase mutée FAP-1 comme sonde a révélé 2
substrats potentiels de tyrosine phosphatase. Les séquences peptidiques obtenues par
spectrométrie de masse se sont révélées homologues à une α-tubuline humaine pour le 1er
spot et une ATPase du réticulum endoplasmique humain pour le 2ième spot.
La combinaison du far western immunoblot et de l’approche protéomique (gel 2D et
MS/MS) a permis d’attribuer des substrats connus et donc de mieux comprendre le rôle
physiologique de la tyrosine phosphatase FAP-1. Cette technique, contrairement à celle du
double hybride ne nécessite pas d’étape de transfection de cellules et permet une bonne
résolution grâce au gel 2D. Cependant la principale limite est que les protéines sondées sont
dénaturées, les résultas obtenus en conditions natives seraient peut être différents. Les outils
de l’analyse protéomique peuvent donc être utilisés pour analyser les interactions
protéine/protéine, cependant des analyses complémentaires, notamment en conditions natives
peuvent être nécessaire.
- 17 -
502 protéines de H. influenzae ont été annotées par Langen et al [72] grâce à l’approche de la
protéomique. De même, 401 protéines de S. cerevisiae ont été caractérisées par Perrot et al
[73] soit 6.8% des protéines totales de S. cerevisiae. Ceci a permis de caractériser des
fonctions protéiques dans le métabolisme du carbone (20%), les protéines du métabolisme
(30%) et les protéines intervenant dans la synthèse des protéines et des acides nucléiques
(25%) néanmoins 38 protéines ont encore une fonction inconnue.
Les protéines les plus étudiées chez les microorganismes pathogènes sont les protéines
membranaires [76] et de la paroi qui sont à l’interface organisme - milieu extérieur et les
protéines excrétées qui représentent des facteurs de pathogénicité [60] et de toxicité.
Cependant, leur analyse est difficile car dans le milieu de culture les protéines excrétées sont
en présence de contaminants : peptone, tryptone et de fragment cytosolique due au turn over
des cellules. Les protéines membranaires sont elles aussi difficiles à analyser en raison de leur
hydrophobicité intrinsèque. Les cartes de référence des protéines membranaires ont été
achevés pour E.coli [77], Pseudomonas aeruginosa [78] (récemment complétés pour la
souche pathogène PA01 de 400 protéines associées aux membranes ), H. pylori [79] et pour
Borrelia burgdorferi [80]. Cette liste montre seulement un échantillon de l’avancée de la
protéomique sur les protéines membranaires, elle reste néanmoins exhaustive car de
nombreuses études sont toujours en cours.
- 18 -
humain [82] a permis de mettre en évidence une carte protéique de références et de localiser
53 protéines connues par séquençage N-terminal, immunoblotting et empreintes peptidiques.
Pour le RE et l’appareil de Golgi qui sont le siège des modifications post-traductionnelles, une
approche protéomique fut réalisée sur des complexes de Golgi d’hépatocyte de rat [83] et a
permis de localiser 173 protéines.
Le noyau qui contient l’information génétique représente environ 5% du volume total
cellulaire. Des cartes de référence sur des protéines nucléaires ont été construites à partir de
lignées cellulaires de lymphomes de Burkitt (BL60) [84].
De plus une étude sur des lysosomes de placenta humain [85] a permis de créer une
carte de référence et d’identifier 3 nouvelles protéines, de localiser 14 protéines luminales et 5
protéines membranaires.
Ces techniques de compartimentation des cartes protéiques peut permettre de
découvrir de nouvelles voies de signalisation dépendant de la localisation cellulaire. Les
structures macromoléculaires sont aussi utilisées pour l’analyse des protéines du fait de leur
intérêt dans la compréhension des fonctions biologiques. Des études ont été effectuées sur la
matrice nucléaire [86], sur les spliceosomes [87] et sur les pores nucléaires [88]. L’étude de
ces derniers a mis en évidence 29 protéines appartenant aux pores nucléaires et 11 facteurs de
transport. Elle a servi de base pour former un modèle 3D des pores nucléaires.
- 19 -
microorganismes pathogènes (2-DE database au Max Planck Institute for Infection Biology)
ou les parasites (Parasite proteome maps).
Le site de la SWISS 2D PAGE (http://www.expasy.ch/ch2d/ch2d-top.html)est parmi
les plus complets, les plus faciles à utiliser et les plus interrogés ce qui en fait la principale
plate forme d’informations en ce qui concerne les analyses protéomiques de gels 2D [36]. Elle
contient 31 cartes 2D de référence des différents organismes : cellules d’humain et de souris,
d’E.coli, d’A. thaliana. Cela représente 2824 spots identifiés correspondant à 614 protéines
[89]. Les résultats sont présentés sous la forme d’une page Web donnant la description de la
protéine, les protocoles de réalisation des cartes de références, les informations
physiologiques et pathologiques, les données expérimentales (pI, poids moléculaire,
composition en acides aminés …) ainsi que les références bibliographiques liées à MEDLINE
[89].
Il existe des bases de données spécialisées comme la YPD : Yeast Proteome database
[90,91], base de donnée de la levure S. cerevisiae
(http://www.proteome.com/databases/index.html). Cette base de donnée est aussi un modèle
d’organisation et de présentation d’informations compréhensibles en ce qui concerne les
protéines [92]. Les résultats, présentés sous forme de «YPD protein report», contiennent une
partie description de la protéine ( nom, séquence, liens vers d’autres bases), une partie
propriétés (fonction, activité enzymatique, interaction physique, génétique, localisation,
régulation …) et une partie de références bibliographiques liées à MEDLINE. Cependant, la
localisation des protéines sur gel 2D se fait via le site YPM : Yeast Protein Map
(http://www.ibgc.u-bordeaux2.fr/YPM). Il est possible d’accéder aux protocoles de
construction des cartes 2D de référence via les références bibliographiques. En effet ces cartes
sont utilisées comme référence pour les scientifiques qui cherchent à mettre en évidence des
différences dans le protéome d’une cellule dans différentes conditions. Il est donc
indispensable de réaliser les essais dans les mêmes conditions que les témoins, i-e les cartes
de référence, pour une comparaison efficace.
Le développement de bases de données concernant les organismes pathogènes doit être
effectué. L’interconnexion de ces bases avec celles des organismes modèles permettra
notamment d’exprimer le pouvoir des approches génomique/protéomique dans l’étude des
problèmes biologiques et médicaux [91].
5 Applications médicales
Les avancées dans le domaine de la protéomique génèrent actuellement un grand
nombre de cibles thérapeutiques potentielles et permettent la découverte de marqueurs de
maladies.
Un des principaux défis du secteur pharmaceutique est d’augmenter l’efficacité de la
détection de la toxicité des médicaments par comparaison des profils protéiques entre des
individus soumis à un traitement et des individus non traités.
- 20 -
rein et donc une toxicité tubulaire [93]. Cette étude a ensuite été généralisée à d’autres
espèces, mettant en évidence l’existence d’un mécanisme similaire de néphrotoxicité chez
l’homme [94].
Une autre application de la protéomique aux effets d’agents thérapeutiques est
l’établissement de profils protéiques typiques d’une catégorie d’agents. L’indométhacine a
ainsi servi à établir un profil d’expression protéique typique des agents anti-inflammatoires
non stéroidiens (NSAID) [95]. En établissant le même type de profil pour d’autres NSAID
potentiels, il devient alors possible de prédire leur efficacité par comparaison avec le profil
type correspondant au traitement à l’indométhacine.
Il est aussi possible d’observer le devenir d’un système de prise de thérapeutique par
voie intraveineuse constitué de particules de latex servant de transporteur pour l’agent
thérapeutique. En comparant les gels 2D des protéines adsorbées sur ces particules dans
différents milieux in vitro, sérum frais ou inactivé, plasma, on a pu déterminé que ces
particules provoquaient l’activation de la voie alternative du complément, permettant ainsi
leur élimination in vivo [96].
La protéomique permet de plus une meilleure compréhension des mécanismes
cellulaires et la détection de modifications post-traductionnelles induites par un traitement ou
une pathologie [97]. Mais l’intérêt de la protéomique consiste aussi en la détermination de
protéines pouvant être utilisées comme marqueurs des maladies, détectables de façon précoce
et pouvant ensuite être utilisées comme cibles thérapeutiques.
Pathologies cardiaques
Les maladies cardiaques sont souvent multifactorielles, ainsi la capacité d’obtenir une
vue globale des changements d’expression dans les cellules du myocarde pour les cas
- 21 -
d’hypertension, d’ischémie, d’arrêt cardiaque ou de la cardiomyopathie dilatée (DCM) permet
une meilleure compréhension des mécanismes causant ces maladies. La réalisation de banque
de données de gel 2D des protéines cardiaques de l’homme et d’espèces modèles comme le
chien et le rat permet aujourd’hui des recherches in vivo sur ces espèces modèles et de les
transposer à l’homme par la connaissance des protéines homologues. En analysant les gels 2D
de chiens chez lesquels une DCM a été provoquée, trente et une protéines voient leurs taux
d’expression modifié parmi lesquelles de nombreuses sont impliquées soit dans la production
d’énergie par les mitochondries, soit dans le système de contraction ou dans l’apport
d’oxygène dans les cellules du myocarde [102].
La comparaison des gels 2D de cellules du myocarde saines et hypertrophiées (état des
cellules dans le cas d’hypertension, d’infarctus ou de DCM) in vitro, a permis d’identifier
onze protéines changeant de taux d’expression dont cinq isoformes de la chaîne légère de
l’actine démontrant l’implication du système de contraction dans ces maladies [103].
Maladies infectieuses
L’apport de la protéomique dans la recherche sur les différents cancers existants est
crucial. Tout d’abord, l’identification et la détermination des fonctions des protéines permet
une meilleure compréhension des évènements cellulaires, ce qui procure de nouvelles pistes
de recherche dans les mécanismes de cancérisation. De plus, la comparaison des profils
protéiques sur gel 2D de personnes atteintes de cancer et de personnes saines, suivi d’une
étude en spectrométrie de masse pour identifier les protéines, fournit un outil pour la
découverte de marqueurs pour chaque type de cancers comme dans le cas de la fig 1 pour le
cancer du colon. Ces nouveaux marqueurs peuvent être essentiels pour établir des
diagnostiques plus précoces et plus précis, mais peuvent également devenir de nouvelles
cibles thérapeutiques et permettre ainsi d’entrevoir de nouvelles drogues anticancérigènes.
L’établissement d’une banque de données de gel 2D des protéines urinaires [106] et
des deux types de cancer de la vésicule biliaire [107] a permis la découverte de marqueurs de
ces cancers dont un est externalisé dans les urines, ce qui fournirait un outil de diagnostique
simple [108].
De la même façon des études de profils protéiques ont été réalisées sur le cancer du
sein qui montrent la diminution d’expression de différents membres de la famille des
- 22 -
cytokératines et de certaines isoformes de la tropomyosine associées à la progression du
cancer[109]. De plus, ils ont observé l’augmentation d’expression des antigènes nucléaires de
prolifération cellulaire et de protéines du stress. Une autre étude récente portant sur les
différences de modifications post-traductionnelles dans le cancer du sein, en particulier sur les
différences de glycosylation des protéines [110], a démontré l’augmentation du taux de
glycosylation de certaines protéines comme HPA-gly1 dans les cellules cancéreuses.
En comparant les profils protéiques sur gel 2D de sujets sains et malades, de
nombreux marqueurs sont trouvés pour d’autres cancers comme celui de la prostate où, en
plus de l’augmentation d’expression de la tropomyosine retrouvée dans les cas de cancer du
sein, il a été trouvé une protéine de 40kDa, la phosphatase acide prostatique, dont le taux
d’expression diminue dans les cellules malignes [111].
Ainsi, l’identification de marqueurs par des analyses similaires pour de nombreux
cancers montre parfois des similarités entre certains cancers comme dans le cas de la
tropomyosine ce qui permettra éventuellement d’identifier des cibles potentielles pour de
nouveaux traitements. Les études actuelles sont pour l’instant focalisées dans la recherche de
marqueurs afin d’améliorer les diagnostiques et de classer les tumeurs pour mieux adapter les
traitements.
6 Conclusion
L’aire de la biologie actuelle traverse une phase de transition, la génomique laissant
place de plus en plus à la protéomique. La compréhension du fonctionnement cellulaire
nécessite une vue d’ensemble des caractéristiques structurales et fonctionnelles des protéines.
La protéomique met en jeux de nombreuses expériences, d’identifications, de caractérisations,
de quantifications, de mapping protéiques. Les avancées scientifiques proviennent d’une
symbiose des techniques physico-chimique telle que la spéctrométrie de masse, de techniques
biochimiques comme la chromatographie (souvent couplées aux MS) ou encore des
techniques électrophorétiques comme l’IEF.
Parmi ces techniques analytiques, la spectrométrie de masse représente la technique de pointe,
elle assure de meilleures résolutions et une meilleure sensibilité.
La protéomique quantitative, elle, utilise préférentiellement les techniques de coloration ou de
marquage ( immunologiques IDAT ou radioactifs ICAT) sur gel.
Les techniques chromatographiques telle la chromatographie liquide sont aménées à jouer un
rôle très important, la qualité de la séparation/purification protéique est une étape limitante, en
particuliers dans les mélanges complexes, mais ses dévellopements sont encore très
balbutiant.
Les applications qui découlent de la protéomique en recherche fondamentale et en
développement industriels augmentent considérablement les innovations conceptuelles et
matérielles en biotechnologie. Il est actuellement en étude des procédés et des outils de
dépistage et de diagnostiques en recherche clinique, facilitant les réduction de coût tout en
augmentant la précision et la sensibilité des détections de pathologies.
- 23 -
La protéomique est actuellement une discipline en pleine expension, cependant de
rares équipes ont commencé à pousser encore plus la recherche pour dépasser l’intérêt non
plus pour les protéines mais sur l’effet de ces protéines sur les produits métabolisme cellulaire
[112,113]. Par analogie, ce programme d’étude a été appelé Métabolome. Il étudie les
phénomènes de reconnaissance moléculaire et l’implication des messagers secondaires
modulant les différentes voies et flux métaboliques [114,115].
Les industriels travaillent sur des outils d’analyse de plus en plus automatisables pour
que les études de protéomique, qui aujourd’hui motive de nombreuses équipes de recherches,
puisse utiliser des techniques d’analyses qui s’améliorent constamment en se miniaturisant et
offrir du haut débit d’analyse. La biologie doit miser aussi sur la bio-informatique pour créer
des bases de données (Swiss-Prot ou trEMBL)et logiciels d’analyses de séquences soit
protéiques soit génomiques(Sequest, Mascot, Peptide Search, Prowl, Protein Prospector, MS-
FIT, Sequence retrieval system, Genbank). Cet outil, à l’interface des différentes disciplines
de biotechnologie, apparaît comme un élément moteur de la recherche scientifique. Les
données provenant de ces études doivent pouvoir être stockées, échangées pour les transferts
de connaissances et des technologies.
- 24 -
7 Figures et légendes
(a)
(b)
Figure 1 : Comparaison des profils 2-DE obtenus avec un extrait protéique de levure,
deux IPG présentant des intervalles de pH différents.
Widgruber, et Al., Electrophoresis 2000, 21, 2610-2616.
- 25 -
Cordwell et al. Electrophoresis 2000,21,1094-1103
- 26 -
ESI
Méthode de choix pour les expériences de haute sensibilité
MS et MS/MS
Traitement informatique
COUPLAGE S A D Détermination des
séquences
Technique du Triple quadripole
« peak parking »
•Analyte en solution
Augmentation de •Spray de gouttelette en Combinaison
la sensibilité phase gazeuse triple quadripole/TOF
Préconcentration analyte et
élimination mol interférantes Info sur séquences obtenue grâce :
• PSD: Post Source Decay
Chromato d’intéraction hydrophobe • CID: Collision Induce Dissociation
et hydroxyapatite
Traitement informatique
GEL 2D S A D Détermination protéines
en fonction des peptides
TOF
•Sensibilité: fmolÆamol
•Matrice = mb polymérique Réflectron •Résolution masse > 10000Da
•Laser UV ou IR •Exactitude < 30ppm
•Etat de charge faible ⇒ spectre
Augmentation résolution
de complexité réduite
- 27 -
Figure5 : Stratégie ICAT de quantification de l’expression protéique
Gygi, Rist Nat. Biotechnol., Vol.17, october 1999, 994-999.
Curr. Opin. Biotechnol. 2000, 11:396-401.
- 28 -
Figure 6 : . Partie de gel 2D comparant le profil des protéines cellulaires extraites de
souches de Staphylococcus aureus résistante et sensible à un antibiotique, la
méthicilline.
A. Görg , IPG-Dalt of very alkaline proteins, Methods of Molecular Biology.
1999;112 :197-209. Review.
- 29 -
Figure 8 : Analyse en électrophorèse 2-D PAGE du plasma dans l’intervalle de pH
4,5-5,5.
P.B. Mills et Al, Analysis by matrix assisted laser desorption/ionisation-time of
flight mass spectrometry of the post-translational modifications of α1-antitrypsin
isoforms separated by two-dimensional polyacrylamide gel electrophoresis,
Proteomics 2001, 1, 778-786.
- 30 -
Légendes
Figure 1: Comparaison des profils 2-DE obtenus avec un extrait protéique de levure, deux
IPG présentant des intervalles de pH différents ayant été utilisés :
(a)IPG 3-10 et (b) IPG 6-9 (18 cm) .
Un total de 596 spots est détecté avec l’IPG 6-9, alors que dans la région de pH 6-9 de l’IPG
3-10, seulement 294 spots sont visualisés.
Widgruber et al., Toward higher resolution : Two dimensional electrophoresis of
Saccharomyces cerevisiae proteins using overlapping narrow immobilized pH gradients,
Electrophoresis 2000, 21, 2610-2616.
Figure 6 : Partie de gel 2D comparant le profil des protéines cellulaires extraites de souches
de Staphylococcus aureus résistante et sensible à un antibiotique, la méthicilline. A, B,
- 31 -
protéines exprimées spécifiquement dans une des 2 souches ; C, protéines sur ou sous
exprimées selon la souche ; *, protéines ayant un profil de migration différent entre les deux
souches.
A. Görg , IPG-Dalt of very alkaline proteins, Methods of Molecular Biology.
1999;112 :197-209. Review.
Figure 7 : (A) Spectre MALDI-MS d’une fraction HPLC radioactive contenant le fragment
tryptique autophosphorylé in vitro PI4K92h. L’ion de m/z 1848,8 Da est sélectionné pour une
analyse en MALDI-PSD (voir B). Les pics supplémentaires obtenus en mode réflecteur
correspondent aux fragments caractéristiques contenant une phosphothréonine issu de la perte
de H2PO4 et HPO3. (B) Spectre MALDI-PSD d’un fragment issu du phosphopeptide. La
série d’ions b (fragmentation N-terminale) et d’ions y (fragmentation C-terminale) sont
visibles et permettent d’identifier la phosphorylation de la thréonine 423. La génération des
fragments caractéristiques issus de la perte de H2PO4 et HPO3 au cours de l’analyse est
détecté par un décalage de –80 Da et –98 Da des ions b et y.
A. Sickmann et Al, Identification of post-translationally modified proteins in proteome
studies, Electrophoresis 2001, 22, 1669-1676.
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