UE1.
1 – Culture de mode, cultures du corps
Clé moodle : pkusa5
Introduction :
On porte d'abord une chemise dans l'histoire, homme comme femme. Ce n'est que récemment
qu'elle a disparu pour devenir une simple chemise pour homme, par exemple. La chemise était le
premier vêtement qu'on portait sur le corps, sur lequel on ajoutait d'autres vêtements. La couche
corset a un rapport très intime avec le corps, en particulier avec celui des femmes.
La bio-histoire d'un vêtement : le corset.
Photo d'une femme nue, posant comme une statue. Cette photo fait référence à une pratique
culturelle d'aujourd'hui, des anneaux percés dans le corps à travers lesquels on fait passer des lacets.
Cette image symbolise le rapport au corps qu'a le corset, combien il a modifié le corps des femmes.
Dita Von Teese, costume de spectale, elle est en performance sur une scène et utilise un corset créé
par Mr Pearl, qui travaille dans la haute couture. Le corset est devenu un icône d'ultra féminité dans
notre imaginaire. C'est aujourd'hui un accessoire glamour, c'est sur cet imaginaire que joue la
danseuse. Elle a un impact grâce à son « signature look », qui est le port du corset. Mr Pearl, est lui-
même adepte du port du corset, il n'y a, en effet, pas que des femmes qui en portent, c'est ce qu'on
appelle du « tightlacing ». On demande à Dita Von Teese ce que ça fait de porter aussi souvent le
corset, elle explique que cela fait référence à une forme féminine, comparaison à des hauts talons,
c'est difficile et implique des changements, le corps est redressé. Porter des corsets peut être utile
pour certaines personnes, « je conseille toujours d'avoir un corset fait sur mesure plutôt que d'en
porter un en prêt à porter ».
A partir des années 90, Mr Pearl fabrique des corsets pour Dior, par exemple, et autres créateurs de
mode, qui s'inspirent de modes historiques. Il fabrique aussi des corsets pour des stars, adeptes de
l'ultra féminité comme Kim Kardashian, qui est aussi représentée par la métamorphose du corps
(cf : multiples interventions chirurgicales sur son corps). On retrouve aussi le corset jusque dans la
rue, dans les subcultures. Marie-Antoinette est adaptée en manga, dans la culture pop. Le courant
steampunk entre autres démontre une autre utilisation du corset. Le corset est présent dans
l'imaginaire sans qu'on s'en rende réellement compte. Au cinéma, dans les industries créatives on
retrouve le corset. WonderWoman, adaptée à l'écran d'abord en série TV, puis au cinéma, plus
récemment. Dans les années 70, porte un bustier sans bretelle ainsi qu'une jupe. Le bustier est
devenu par la suite un corset.
Dans l'histoire de la mode, il y a toujours eu des ajustements au corps, féminin comme masculin,
puis des périodes de relachement, où le vêtement s'écarte du corps.
La mécanique des dessous : sous-vêtement qui agissent sur le corps pour le remodeler, par la
contrainte ou par l'extension. On inflige au corps des contraintes qui ne sont pas celles de la nature.
Le corps est alors en performance, qui a pour but d'obtenir une taille fine. Construire une silouette
devenue amblématique du féminin : la taille étroite, les hanches marquées, développées.
Thème 1 : Anatomie et mécanique du corset
1 Un corset dans la singularité, observer et décrire.
1.1 Matériaux : la recherche de l'ornement.
18ème siècle, période où on a le plus de vêtements. Les corsets sont des pièces vestimentaires
abondantes à l'époque. Pour nous, nous utilisons le terme corset. Le terme corset apparaît durant le
18ème siècle, en anglais on retrouve aussi le terme corset, ainsi que le terme pair of bodies au
16ème. En français cela pourrait être traduit par « corps piqué ». Le mot corset viendrait du latin
médiéval « corsetus » qui désigne la partie ajustée du vêtement féminin ainsi qu'une sorte de cotte
de maille pour le vêtement masculin. Le mot a donc évolué dans son usage pour être réduit au
vêtement féminin. Le mot « corps » était utilisé pour d'autres vêtements, corsage, par exemple.
Quand on trouve la mention de corps piqué, ça veut dire qu'il y a un plus. Corselet désigne un petit
corsage, lassé et serré par un lacet à la taille, souvent sans manches que l'on retrouve dans le
costume populaire par exemple.
A l'extérieur, on retrouve un tissus à motifs, tissu de soie, la soie réfléchit la lumière. On a donc un
fond brillant. Tissu damassé. La soie est un tissu précieux, qui se démocratise par la suite. Le corset
est doublé à l'intérieur, un autre type y figure, ce n'est plus de la soie mais du coton. La cotonnade
est cousue au bord du corset par un fil de lin, fin. Technique d'impression au tampon. Apparition des
indiennes : cotonnades, qui au 18ème se démocratisent.
Forme conique et rigide observable, rigidité au niveau du buste, forme en pointe descendant sur le
pubis. Cette partie là n'est pas pliable, bretelles renforcées. Petites pattes observables appelées
tassettes, sont en cuir ce qui signifie que la solidité est renforcée, protection contre l'usure.
Chaque pièce est assemblée l'une à l'autre, les coutures d'assemblage sont couvertes d'un ruban
rouge voyant, afin de cacher les coutures.
Le vêtement ne suit pas la morphologie naturelle du corps de la porteuse, mais fabrique un « corps
du corps ».
1.1.2 Rigidifier le corsetage.
L'avant est la partie du corset où il y a le plus de pièces. La coupe est extrêmement technique, les
techniques de coupe sont extrêmement complexes. Le corset donne lieu au 18ème à beaucoup de
livres en raison de sa complexité. La façon dont on taille le tissu va permettre de remodeler le buste
avec une pression plus ou moins importante à la taille ( au 18ème, pression renforcée par exemple).
Les famons de baleines sont utilisés afin de renforcer le corset. A cause de la rigidité des matériaux,
c'étaient plutôt les hommes qui s'occupaient de fabriquer les corsets. Plus tard, les femmes
obtiennent le droit d'avoir le métier de couturière, on observe une rivalité entre tailleurs et
couturières.
On retrouve une petite poche au niveau des seins, cette poche servait à ranger un petit mouchoir, ou
bien des herbes odorantes.
1.2 contextualiser le port de corps piqué au 18ème siècle
Forme busquée, manche attachée avec un oeillet, dans les critères de la pudeur de l'époque, il est
impensable de montrer ses seins. Si on veut avoir un grand décolleté avec de la chair qui dépasse, il
faut un corset adapté. Ainsi un corset est mis au point pour laisser dépasser la chemise. Le corset
peut être utilisé comme un vêtement en dessous, ou sur d'autres vêtements. On bouge et vit avec les
corsets, on danse aussi avec. On danse à la cours avec ce type de corset contraignant. Néanmoins,
les danses sont basées sur le principe du corps droit.
CM 4 :
Adaptation du corps à baleines aux usages qu'en ont les femmes :
Corset avec un plastron, qui s'ouvre sur l'avant. Indices qui montrent que le corset permet un
élargissement. Rare portrait de femme enceinte (voir diapo), portant un corset adapté à la grossesse.
Ce type de corset pose la question du rapport au corps de la femme enceinte, par rapport à la mode.
Malgré la grossesse les femmes tiennent à rester à la mode. Le corset s'adapte à la grossesse par la
coupe, Poche dorsale dans laquelle était enfilée une plaque qui s'appelle un busc. Le dos du corset a
été rigidifié pour aider la femme à supporter les maux de dos qu'on a durant la grossesse. Le large
busc permet de délasser le corset au fur et à mesure que la grossesse progresse. On retrouve aussi
parfois des doubles sytèmes de laçage. Corsetage adapté mais néanmoins considéré comme
indispensable car peut aider à porter le ventre, soulager le dos, le corset fait tellement partie de la
façon dont on pense le corps féminin qu'il est impensable de ne pas en porter même quand on est
enceinte. Il est important d'affirmer son identité féminine et son identité sociale.
Corset d'allaitement, aménagé pour que la femme puisse allaiter son enfant. Corset rare, pour une
pratique qui est exceptionnelle chez les élites sociales de l'époque. Dans l'histoire du corsetage, tous
les aménagements continuent, au 19ème et début du 20ème on propose des corsets adaptés à
d'autres pratiques du corps féminin telles que l'équitation ou la bicyclette plus tard par exemple.
Dans la cour :
Robe de cour, portée lors de son mariage par une princesse dannoise en novembre 1766. Robe
composée de 3 parties : le bustier, la jupe et la queue de robe. L'inventaire de 1766 la qualifie de
robe de cour. On porte dans la vie ordinaire des robes moins contraignantes et moins couteuses.
L'ensemble est fait de soie et fils= d'argent, tissus avec des motifs de fleurs. Lais de tissage. Au
18ème, porter une telle robe est une forme d'archaïsme réservée au mariage. La princesse porte un
motif contemporain mais la soie et le fil d'argent (soie + fil d'argent = grain ? J'arrive pas à bien
entendre la prof) sont un ensemble archaïque. Le fiancé aussi avait un vêtement en grain d'argent.
Ce textile est conventionnel, porté par la mariée et le marié à 20 ans, qui se sont fiancés à 5 ans. Le
bas de la robe est doublé d'une dentelle d'argent, symbole d'extrême richesse. La coupe de l'habit est
celle de l'habit à la française, devenu la norme dans les cours européennes dont la caractéristique
principale est la raideur. Au 18ème siècle, ce grand habit n'est porté qu'à l'occasion de certaines
cérémonies telles que le mariage. Louis XIV exigeait un extrême luxe et le port de robes raides pour
les femmes. Cet habit est obligatoire pour les femmes la première fois qu'elles sont présentées à la
cour. Ca leur demande tout un entraînement pour se déplacer, car elles doivent aller jusqu'au trône
de la reine, se pencher, prendre la jupe de la reine, l'embrasser et faire non pas demi-tour mais
marche arrière alors qu'elles ont une traîne derrière elles. En France, on porte ce type d'habit pour la
présentation à la cour jusqu'à la Révolution française. Outre son textile de luxe, la caractéristique du
grand habit à la française est son encombrement. Le grand pannier horizontal qui est l'évolution du
vertu gadin (?????) et fait 2 mètres de large ici, la queue de robe amovible qui mesure 3 mètres ici.
La deuxième caractéristique outre le luxe, c'est le corps, à savoir le buste qui est très rigide et
conique et dont la fabrication est réservée aux tailleurs.
On a étroitement cousu le tissu sur le corset, même type de construction que le corset bleu du début
du cours. Ce corset a des manches cousues et couvertes de tissu transparant brodé. Plus il y a de
pièces découpées, plus ça signifie un ajustement plus important au buste. Ici on retrouve 12 pièces.
On peut voir des baleines à l'intérieur du corps de la robe car il n'a pas été doublé, probablement car
on jugeait que c'était suffisamment confortable. Les tassettes sont baleinées à l'arrière et ont été
incurvées par le tailleur pour suivre la forme du grand pannier car elles passent au dessus de la jupe
et ne sont pas portées en dessous. Elles sont par la suite couvertes par la traine. Forme de pointe sur
le pubis, comme le corset bleu et le laçage est fait bord à bord avec des pattes qui font qu'une partie
du tissu d'argent donne l'illusion que la robe est fermée au dos. Le laçage est couvert, ce qui donne
l'impression d'un buste lisse. Cette princesse habillée de cette robe avait un tour de taille de 53cm,
tour de taille fin. La largeur du pannier renforce par ailleurs l'impression de finesse de la taille.
Cependant, dans le discours sur la mode de l'époque, la recherche de la minceur n'est pas encore un
idéal revendiqué. Il faut attendre les années 1830 pour observer l'obsession revendiquée de la taille
fine. Ce corsetage a un baleinage très dense avec des baleines très fines pour rigidifier l'ensemble.
Corsetage le plus dur qu'on pouvait trouver à l'époque.
Ce grand corps n'est pas porté tout le temps. Lors de la première année qu'une jeune femme passe à
la cour, elle est obligée de porter le grand corps. Le pannier est cependant réservé pour les grandes
occasions. On a tjrs un linge sur le décolleté, par pudeur et pour aussi protéger du soleil.
Revêtir un corps à baleines peut être un moment mondin. Tableau qui représente une scène de
genre, une femme qui se maquille et s'habille. Parfois on s'habille en public, dans l'étiquette de cour,
pour la reine de France. Le corps de la reine est un corps public, lorsqu'elle accouche, la nuit de
noce se fait en public. Son corps ne lui appartenant pas, il est rendu public, lors de l'habillage du
matin le rituel est que la reine s'habille en public. Ce qui permet aux femmes d'être présentes à la
cour car elles ont toutes une fonction (apporter le jupon, les bijoux etc...). Pour les dames de la cour,
l'usage est de recevoir la toilette du matin, parfois devant des hommes aussi. On observe sur la
peinture un corset lacé, table de toilette avec des objets en argent, accompagnée de 2 femmes qui
l'aident. Les domestiques portent aussi un corps à baleine, à l'image de leur maîtresse.
Les gens du peuple à la fin du 18ème, dans les villes et campagnes, portent aussi un corsetage. Ces
pièces textiles sont beaucoup plus rares dans les collections car contrairement aux élites sociales, on
n'a pas la même culture de la consommation, on utilise jusqu'à usage total. Rare vêtement populaire
conservé, bustier de soie rose à motifs qui date de la fin du 18ème, avec un baleinage qui n'a pas de
forme incurvé mais descend aussi vers le pubis. Corset archaïque par rapport aux élites sociales de
la même période. Le dos est beaucoup moins complexe, moins de pièces de tissu, il y en a 2.
L'avant est encore plus simple : 2 pièces aussi. Corset moins contraignant sans doute car les dames
du peuple sont ammenées à beaucoup plus bouger. A partir de la fin du 18ème, le corset se retrouve
adapté de manière différente sur le corps de toutes les femmes, de tous âges et de toutes classes
sociales.
Le corset fini par être porté au quotidien dans tous les milieux jusqu'à ce qu'il tombe en défaveur
dans les années 1920. Pendant au moins 2 siècles, au 18ème et surtout 19ème/début 20ème, les
femmes occidentales ont porté des corsets du matin au soir. Lors des rituels sociaux, pendant les
grossesses, de l'enfance à la tombe on porte le corset. Il est devenu un vêtement ordinaire. Les plus
pauvres des femmes s'en sont procurés par les marchés de seconde main ou par les dons. Elles
peuvent par la suite accéder à un achat au neuf car une industrie s'est créée entre temps, qui
contribue à la démocratisation du corset au 20ème siècle. Des industriels s'adressent directement à
la clientèle populaire et proposent un corset renforcé à une autre partie du corps et adapté à l'effort
physique des femmes qui travaillent.
Norme d'avoir un corps ceintré par tout un système de baleinage qui apparaît à la Renaissance et qui
va rester très pesante jusqu'au début du 20ème siècle sur les corps des femmes.
Thème 2 : La recherche de la taille fine :
Portrait d'une aristocrate de la cour d'Henry VIII, au 16ème siècle. Corps féminin au buste conique,
en V quand on le regarde de face. On voit se dessiner dans la première partie du 16ème, cette
esthétique en X de la taille fine, du buste ceintré. Cet idéal se concrêtise à la Renaissance dans la
deuxième partie du 16ème, avec le corps piqué. On répond à la distinction, les élites sociales
veulent se distinguer des autres. Ce qui permet la distinction, en dehors de la magnificiance, c'est la
rectitude, tenir son corps droit. On se tient droit en distinction au corps qui bouge, le corps qui
travaille, fait la cuisine etc... Le vêtement suit un idéal. La rectitude est importante car est
significative de la rigueur de l'individu dans la société morale chrétienne.7
Grâce à la technique de l'Homme, on fabrique des artéfacts issue d'inventions technologiques
humaines. Ces inventions atteignent leur maximum au 18ème siècle.
Dans l'histoire de la mode, il y a des objets qui font fantasmer. Publications sur le web qui
reprennent des mythes. 1Er mythe, reine de France Catherine de Medicis au 16ème siècle, est à
l'origine de la mode du corset. 2Ème mythe : à la Renaissance, les femmes portaient un corset de fer
pour avoir la taille fine.