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Application Contractante

Ce document décrit une application contractante en mathématiques. Une application contractante est une application qui rapproche les images en réduisant les distances. Le théorème principal concerne l'existence et l'unicité d'un point fixe pour une application contractante sur un espace métrique complet.

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Application Contractante

Ce document décrit une application contractante en mathématiques. Une application contractante est une application qui rapproche les images en réduisant les distances. Le théorème principal concerne l'existence et l'unicité d'un point fixe pour une application contractante sur un espace métrique complet.

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Application contractante

1, 2 3
En mathématiques et plus particulièrement en analyse, une application contractante , ou contraction , est une application qui « rapproche les images » ou,
plus précisément, une application k-lipschitzienne avec k < 1 . Le théorème de point fixe le plus simple et le plus utilisé concerne les applications contractantes.

Définition et exemples
Une application f d'un espace métrique (E, d) dans lui-même est dite k-contractante si 0 ≤ k < 1 et si, pour tout couple de points x et y de E, d(f(x), f(y)) ≤ kd(x, y).
Elle est dite contractante si elle est k-contractante pour une certaine constante k.

Un endomorphisme d'espace vectoriel normé dont la norme est strictement inférieure à 1 (ou une application affine associée à un tel endomorphisme) est une
application contractante. L'exemple le plus simple est celui d'une homothétie de rapport λ avec |λ| < 1.

Plus généralement, l'inégalité des accroissements finis permet de montrer qu'une fonction dérivable de dérivée bornée en norme par k < 1 est contractante ; c'est par
exemple le cas sur R de l'application , avec k = 2/3.

Théorème du point fixe pour une application contractante

Théorème — Soient E un espace métrique complet (non vide) et f une application k-contractante de E dans E. Il existe un point fixe unique x* de
f (c'est-à-dire un x* dans E tel que f(x*) = x*). De plus, toute suite d'éléments de E vérifiant la récurrence

vérifie la majoration

donc converge vers x* .

1, 3, 4
La preuve classique consiste essentiellement à montrer que pour toute suite vérifiant , on a .

5
Variante

Inégalité fondamentale des contractions

Pour tout x et y dans E,

En effet, par inégalité triangulaire,

Unicité

Immédiate d'après l'inégalité fondamentale.

Existence

L'inégalité fondamentale entraîne aussi

On en déduit, comme dans la «  preuve classique  », la convergence de la suite et la majoration de l'erreur, et la fin de la preuve d'existence est
identique.

6
Ce théorème est souvent mentionné comme le théorème du point fixe de Banach — qui l'a énoncé en 1920 dans le cadre de la résolution d'équations intégrales
1
— ou théorème du point fixe de Picard .

Corollaire pour une application dont une itérée est contractante


7 8
Le corollaire suivant est utilisé dans certaines preuves du théorème de Cauchy-Lipschitz , ce qui dispense des précautions de la preuve usuelle , destinées à se
placer dans une situation où l'application f est contractante.

9, 10, 11, 12, 13


Corollaire  — Soient E un espace métrique complet (non vide) et f une application (non nécessairement continue) de E dans E dont
une itérée f q est contractante (on dit que f est à puissance q -ième contractante). Alors f possède un unique point fixe x* et toute suite d'éléments de
E vérifiant la récurrence xn+1 = f(xn) converge vers x* .
Remarque
Comme dans le théorème, la convergence de la suite est au moins géométrique (de raison k1/q si f q est k-contractante).

Approximations successives
14
Ces résultats donnent un algorithme de calcul du point fixe (c'est la « méthode des approximations successives  ») contrairement à d'autres théorèmes de point
fixe qui nous assurent seulement de l'existence de points fixes sans indiquer comment les déterminer. De plus, l'énoncé donne un majorant de l'erreur.

Remarquons que dans le théorème principal, si l'on note kn la constante de Lipschitz de f n, on a majoré kn par kn. Cette majoration est souvent très
mauvaise [réf. nécessaire], ce qui explique que la majoration précédente de d(xn, x*) soit souvent pessimiste. En faisant sur f une hypothèse un peu plus forte que
celle du corollaire ci-dessus, mais pas autant que celle du théorème, on peut aboutir à de meilleures majorations (par exemple dans le cas de la résolution des
équations différentielles) : si, pour tout entier n , l'application f n est kn-lipschitzienne et si la série de terme général kn est convergente — ce qui permet d'appliquer
le corollaire puisque kq < 1 pour q assez grand — alors, en notant comme précédemment x* le point fixe de f et xn = f n(x0) (pour un point arbitraire x0 de E),

Démonstration
4
Par les mêmes arguments qu'au début de la « preuve classique  »,

d'où la majoration annoncée, par passage à la limite quand p tend vers l'infini.

Applications classiques
Résolution d'équations numériques, voir notamment méthode de Newton
Résolution approchée de systèmes linéaires par itération
Résolution d'équations différentielles : théorème de Cauchy-Lipschitz
Théorème des fonctions implicites
Application à la définition de l'attracteur d'un système de fonctions itérées

Notes et références
1. Jean-Pierre Bourguignon, Calcul variationnel, Palaiseau, Éditions 7. (en) Philippe G. Ciarlet, Linear and Nonlinear Functional Analysis
de l'École Polytechnique, 2008, 328 p. (ISBN 978-2-7302-1415-5, with Applications, SIAM, 2013 (lire en ligne ([Link]
BNF 41120749 ([Link] m/books?id=AUlWAQAAQBAJ&pg=PA157)), p. 157.
, présentation en ligne ([Link] 8. (en) A. N. Kolmogorov et S. V. Fomin (trad. Leo F. Boron), Elements
BvTAYcC&pg=PA7)), p. 7 et 27-28. of the Theory of Functions and Functional Analysis, vol. 1, Dover
2. Jean-Pierre Demailly, Analyse numérique et équations Publications, 1999 (1re éd. 1957) (lire en ligne ([Link]
différentielles [détail des éditions], p. 93, aperçu ([Link] com/books?id=OyWeDwfQmeQC&pg=PA46)), p. 46-49 (trad. de
[Link]/books?id=KwRJ5Vc5O-8C&pg=PA93) sur Google Livres. l'éd. en russe de 1954).
3. Alain Yger et Jacques-Arthur Weil, Mathématiques appliquées L3 : 9. Pour une démonstration, voir par exemple cet exercice corrigé sur
Cours complet avec 500 tests et exercices corrigés, Paris, Pearson, Wikiversité.
2009, 890 p. (ISBN 978-2-7440-7352-6, 10. E. Ramis, C. Deschamps et J. Odoux, Cours de mathématiques
BNF 42034458 ([Link] spéciales, vol. 3 : Topologie et éléments d'analyse, Masson, 1976,
, présentation en ligne ([Link] p. 64, Théorème.
dmhcC&pg=PA141)), p. 141.
11. Ciarlet 2013, p. 154, Problem 3.7-2.
4. Une démonstration détaillée figure dans les propriétés d'un espace 12. (en) D. R. Smart, Fixed Point Theorems, CUP, coll. « Cambridge
complet sur Wikiversité. Tracts in Mathematics » (no 66), 1980 (1re éd. 1974), 100 p.
5. (en) Richard S. Palais, « A simple proof of the Banach contraction (ISBN 978-0-521-29833-9, présentation en ligne ([Link]
principle », Journal of Fixed Point Theory and Applications, vol. 2,‎ [Link]/books?id=y5g4AAAAIAAJ&pg=PA38)), p. 38, Theorem
2007, p. 221-223 (lire en ligne ([Link] 5.2.1.
s/[Link])).
13. Kolmogorov et Fomin 1999, p. 50-51, donnent ce théorème et
6. S. Banach, « Sur les opérations dans les ensembles abstraits et leur l'appliquent à l'équation intégrale de Volterra. Voir aussi la version
application aux équations intégrales », Fund. Math., vol. 3,‎1922, très librement remaniée de leur ouvrage : (en) R. A. Silverman,
p. 133-181 (lire en ligne ([Link] reproduit Introductory Real Analysis, Dover, 2012 (1re éd. 1970) (lire en ligne
dans Travaux de Stefan Banach, p. 305-348 ([Link] ([Link]
pl/ksiazki/or/or2/[Link]) (thèse présentée en juin 1920 à p. 70 et 75-76.
l'université de Lviv), chap. II, § 2, Théorème 6. 14. Kolmogorov et Fomin 1999, p. 43.

Articles connexes
Application non expansive
Théorème du point fixe de Caristi

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