Or 0912
Or 0912
c EDP Sciences, SFODF, 2009 www.orthodfr.org
DOI: 10.1051/orthodfr/2009001
Chapitre 2
Le comportement en milieu buccal des biomaté- par l’environnement biologique dans lequel il fonc-
riaux utilisés en orthopédie dento-faciale repose sur tionne. Elle peut se traduire :
un mécanisme à double sens : les effets du biomaté-
riau sur le milieu mais également les effets du milieu – soit par une altération de sa biosécurité (par libé-
sur le biomatériau. ration de composants aux effets néfastes),
En effet, dès l’insertion d’un biomatériau dans – soit par une altération de sa biofonctionnalité.
la cavité buccale, des mécanismes interactifs appa-
raissent faisant de ce corps étranger un élément bio-
compatible et/ou biodégradable au sein de l’écosys-
1. Les différents types de biodégradation
tème complexe de la cavité buccale.
La biocompatibilité des biomatériaux utilisés a Les formes de biodégradation sont multiples et
longtemps été réduite à l’absence de processus de régies par des effets lentement destructeurs :
corrosion et de dégradation. À ce jour, au-delà de la
simple tolérance biologique, la biocompatibilité en- – La corrosion, phénomène de surface qui peut en-
globe la compréhension des mécanismes interactifs traîner progressivement des altérations en pro-
existant entre un biomatériau et le milieu biologique fondeur.
environnant [47]. La biocompatibilité dans son sens – La fatigue, causée par la succession de contraintes
moderne tient compte des conséquences biologiques (de mastication par exemple), qui créent des alté-
locales et générales, immédiates et différées, réver- rations mineures, mais dont l’accumulation finira
sibles et définitives, à court, moyen et long terme. par entraîner la rupture.
Ces interrelations se manifestent non seulement au- – L’ usure des surfaces (notion de tribologie), disci-
tour du biomatériau mais également à distance sui- pline récente, encore peu étudiée en orthodontie.
vant la voie de propagation ou d’élimination des élé-
ments relargués. D’une manière générale, ces phénomènes abou-
tissent à des dégradations de surface (mais aussi in-
La biocompatibilité peut alors être définie comme ternes) par corrosion, usure, trauma ou mécanismes
l’aptitude d’un biomatériau à remplir pleinement la bactériens libérant des métabolites ou des ions, qui
fonction pour laquelle il a été conçu et développé sont alors disponibles pour les bactéries dans un
(notion de biofonctionnalité), sans porter atteinte à micro-environnement de biofilm.
la vitalité du milieu biologique dans lequel il est in-
Toutes les formes de biodégradation peuvent se
séré (notion de biosécurité).
manifester par une perte d’intégrité (libération de
La biodégradation correspond à la dégrada- composants) aussi bien que par une diminution de la
tion des caractéristiques d’un biomatériau créée biocompatibilité – le biomatériau ne peut plus rem-
plir sa fonction correctement et il peut devenir dan-
* Auteur pour correspondance : [email protected] gereux pour son environnement biologique.
1.1. Biodégradation environnementale La salive est une sécrétion exocrine dont la nature
est double :
Pendant qu’il est en service dans l’organisme, le – Une salive totale ou entière : complexe mélange
biomatériau subit une dégradation provoquée par des fluides issus des glandes salivaires, du sillon
l’environnement biologique. gingival, du transsudat de la muqueuse orale
L’origine de la dégradation peut être d’ordre chi- en plus du mucus des cavités nasale et pharyn-
mique ou électrochimique – elle se produit même si gienne, des bactéries orales non-adhérentes, de
le biomatériau ne subit pas de contrainte en service cellules épithéliales desquamées, et de cellules
par corrosion, ou dissolution. sanguines, ou encore des traces de médicaments
L’origine de la dégradation peut être également ou de produits chimiques [58]. Elle représente
d’ordre biologique, par attaque microbienne, prin- 80 à 90 % du volume de la production salivaire
cipalement, comme dans la corrosion d’origine mi- quotidienne totale.
crobienne (MIC, Microbial Influenced Corrosion). – Une salive basale non stimulée : produite à flux
Les conditions générales initiales d’une biodégra- continu faible au repos, sans stimulation exogène
Chapitre 2
dation peuvent être définies comme telles dès son ou pharmacologique, elle est présente en forme
insertion dans son environnement biologique, le bio- de film qui recouvre, humidifie et lubrifie les tis-
matériau offre une surface prête pour la colonisation. sus oraux.
Les couches atomiques superficielles interagissent
Il est délicat d’exploiter des résultats obtenus in vitro
spontanément avec l’environnement biologique. Ma-
en salive artificielle, dont les différentes formules ne
cromolécules, bactéries et cellules tissulaires se dis-
pourront jamais refléter toute la dynamique de sa
putent des domaines de surface à l’interface réactive.
composition au cours de ses fonctions in vivo. De
plus, la composition de la salive s’avère complexe.
1.1.1. Le milieu environnant : le complexe Elle fait d’ailleurs l’objet de recherches afin de rem-
électrolytique salivaire placer la prise de sang par l’étude de l’échantillon
salivaire.
Les matériaux dentaires au sein de la bouche in-
teragissent continuellement avec les fluides physio- 1.1.1.1. Composition de la salive [1, 4]
logiques. Les tissus oraux sont exposés à de nom-
breux stimuli aussi bien chimiques que physiques, La salive est une solution aqueuse normalement
dont le métabolisme est d’environ 30 espèces bac- hypotonique (elle peut devenir isotonique ou même
tériennes (le contenu bactérien salivaire total est de hypertonique dans certaines conditions) contenant :
l’ordre de 5 milliards/mL de salive). Ceci dans des
– des ions Cl− , K+ , Na+ , Ca2+ , Mg2+ , F− , phosphate
conditions de tissus oraux sains (autres que den- −
inorganique (PO3− 2−
4 /HPO4 /H2 PO4 /H3 PO4 ) se-
taires). Le pH de la salive est compris entre 5,2 à 7,8.
lon le pH, le système hydrogénocarbonate
Les dents travaillent dans un des environnements
HCO−3 /H2 CO3 acide carbonique ;
les plus agressifs du corps humain. Elles sont su-
– des protéines : enzymes (α-amylase), immuno-
jettes à des variations de températures plus impor-
globulines et autres facteurs antimicrobiens (thio-
tantes qu’ailleurs (près de 60 ◦ C de différence entre
cyanate SCN− , peroxyde d’hydrogène H2 O2 ),
de la glace et du thé). Des phénomènes de dégra-
glycoprotéines muqueuses, albumine, polypep-
dation prennent cours particulièrement lorsque des
tides et oligopeptides ; la composition des pro-
appareils orthodontiques sont placés dans cet envi-
téines de la salive non stimulée montre 218 pro-
ronnement électrolytique hostile fourni par la cavité
téines identifiées dont 182 avec une confiance de
buccale. Des facteurs tels que la température, la qua-
99 % et 36 avec 95 % de confiance [37] ;
lité et la quantité de salive, la plaque bactérienne,
– du glucose et des composés nitrés : ammonium
le pH, les protéines, les propriétés physiques et chi-
NH+4 /(NH2 )2 CO urée.
miques de la nourriture solide/liquide et les condi-
tions orales peuvent influencer les processus de dé- Ces composants interagissent et sont à l’origine des
gradation. fonctions de la salive.
Szustakiewicz B., et al. Comportement en milieu buccal 101
Tableau 1
Composition salivaire de jeunes adultes.
Le tableau 1 présente la composition de salive ba- Plusieurs facteurs influencent le flux salivaire et
sale non stimulée d’étudiants dentaires iraniens (âge sa composition. On observe une grande variation
moyen 22 ans) [1]. inter- et intra-individuelle selon les circonstances :
Chapitre 2
La température intrabuccale n’est pas isotherme. livaire.
Elle varie dans une fourchette de 2 ◦ C. Ainsi, – La posture corporelle, le tabagisme.
la température sub-linguale moyenne s’avère de – Le cycle circadien et circannuel.
36, 6 ± 0, 4 ◦ C (éventail de 35,7 ◦ C à 37,6 ◦ C), – La médication.
alors que la température sous-gingivale moyenne se – La stimulation régulière : le chewing-gum
situe à 34, 7 ± 0, 6 ◦ C (éventail de 33,4 à 36,1 ◦ C). conduit à l’évidence à une augmentation du flux
Au niveau des arcades dentaires, la température salivaire stimulé.
des sites vestibulaires est inférieure de 0,2 ◦ C à celle – L’index de flux salivaire : principal facteur affec-
des sites linguaux (ou palatins), alors que la tempé- tant la composition salivaire, l’index de flux va-
rature diminue de la seconde molaire à la première rie selon le type, l’intensité et la durée du sti-
prémolaire et reste presque constante dans le secteur mulus. Plus le flux salivaire augmente, plus les
esthétique, à la partie antérieure maxillaire (de 14 concentrations de protéines totales, de Na+ , Ca2+ ,
à 24). Cl− , et HCO−3 augmentent à différents niveaux,
Par ailleurs, les acides acétique, formique, lac- tout comme le pH, tandis que les concentrations
tique, propionique et butyrique sont responsables de phosphate inorganique et de Mg2+ diminuent.
d’une montée de la température sous-gingivale Les substances acides sont des stimuli gustatifs
après mastication d’aliments gras et sucrés (bei- efficaces.
gnets, par exemple). Cette augmentation, évaluée à – L’exercice physique.
1,3 ◦ C ± 0,8 ◦ C, se produit au bout de 5 min et – L’alcool : la prise d’une forte dose unique d’étha-
reste stable à +1 ◦ C ± 0,2 ◦ C pendant une heure nol provoque une réduction significative du flux
(à noter que cette augmentation de la température salivaire stimulé.
est accompagnée d’un afflux de polynucléaires neu- – Les maladies systémiques et la nutrition : le taux
trophiles dans la gencive, donc d’un risque élevé de d’amylase est élevé dans certaines maladies chro-
relargage de radicaux oxygénés). niques (pancréatite, diabète sucré, insuffisance
rénale, anorexie, boulimie, maladie coeliaque ou
intolérance au gluten). Les altérations de l’état
1.1.1.3. Flux et débit salivaire
psycho-émotionnel peuvent modifier la compo-
Le débit de sécrétion subit des variations nycthé- sition biochimique de la salive.
mérales. – Le jeûne et la nausée : bien qu’un jeûne de courte
En moyenne, le débit salivaire est presque nul durée réduise le flux salivaire sans hyposialie, le
durant le sommeil, de l’ordre de 0,3 mL/min en- flux revient à la normale dès l’arrêt du jeûne. La
viron en l’absence de stimulation, et peut atteindre sécrétion salivaire augmente avant et pendant le
7 mL/min en flux stimulé. Le minimum est atteint vomissement.
à 3h00 (100 mL/j), et le maximum entre 12h00 et – L’âge.
22h00 (1000 mL/j). – Le sexe.
102 Orthod Fr 2009;80:99–135
Chapitre 2
Figure 1
Fonctions de la salive, dessin adapté de Levine [74].
Chapitre 2
dirigés vers les surfaces dentaires depuis l’éruption
jusqu’à la maturation post-éruptive. La reminérali- – par sécrétion par les glandes salivaires sous forme
sation d’une dent cariée avant sa cavitation est pos- d’acides organiques ou inorganiques,
sible, grâce principalement à la disponibilité des ions – par production de la flore orale ou par acquisition
Ca2+ et PO3−4 dans la salive. à travers la nourriture.
La concentration du calcium salivaire varie avec Ces ions H+ influencent l’équilibre des phosphates
le flux salivaire et n’est pas affectée par le régime ali- de calcium de l’émail. Plus le flux de sécrétion sa-
mentaire. Cependant, des maladies telles que la mu- livaire stimulée est élevé, plus la concentration des
coviscidose et des médications de type pilocarpine ions bicarbonate augmente, plus le pH s’élève et plus
induisent une augmentation de la concentration du le pouvoir tampon de la salive s’amplifie.
Ca2+ salivaire. Dépendant du pH, le calcium salivaire
peut exister sous forme ionisée ou complexée. • Digestion
L’enzyme α-amylase (ptyaline) est responsable de la
Le calcium ionisé Ca2+ joue un rôle important
digestion initiale de l’amidon en le divisant en mal-
pour l’établissement de l’équilibre entre les phos-
tose, maltotriose et dextrine, et favorise la formation
phates de calcium de l’émail et ses liquides adjacents.
du bolus alimentaire. Elle possède un site de liaison
Le calcium non ionisé peut être complexé à des à l’émail donc participe à la formation de la pellicule
ions inorganiques (PO3− − −
4 , HCO3 , F ), de petits ions acquise exogène.
3−
organiques (citrate C3 H5 O(COO)3 ), et des macro-
molécules (stathérines, peptides riches en histidine, • Réparation tissulaire
et protéines riches en proline PRPs). Une liaison La fonction de réparation des tissus est attribuée à
particulièrement forte du calcium se produit avec la salive depuis que le temps de saignement clinique
l’α-amylase, qui agit comme cofacteur nécessaire au des tissus oraux se révèle plus court que pour les
fonctionnement de l’enzyme. autres tissus. Ceci est dû à la présence salivaire de
l’EGF, facteur de croissance épidermique produit par
L’orthophosphate inorganique est présent dans
les glandes submandibulaires.
la salive sous forme d’acide orthophosphorique
H3 PO4 , d’ions phosphate inorganique primaire • Propriétés antibactériennes
H2 PO−4 , secondaire HPO2− 3−
4 , et tertiaire PO4 . Les La salive dispose d’un spectre de protéines, immu-
concentrations respectives de ces ions dépendent du nologiques ou non, aux propriétés antibactériennes.
pH de la salive et varient selon le flux salivaire : Certaines protéines sont nécessaires pour inhiber la
lorsque le flux salivaire diminue, la concentration to- précipitation spontanée des ions Ca2+ et PO3− 4 dans
tale de ces ions diminue. La fonction biologique la les glandes salivaires et leurs sécrétions.
plus importante de ces ions est de maintenir la struc- Les immunoglobulines A (IgA) constituent la
ture dentaire, en plus de son effet tampon en salive composante immunologique la plus répandue de la
non stimulée. salive. Elles peuvent neutraliser les virus, les toxines
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survie tels que le groupe des Streptococcus mu- Une définition générale de la corrosion consiste en
tans. La lactoferrine dispose également de pro- une destruction progressive, une lente désagréga-
priétés fongicide, antivirale, anti-inflammatoire et tion, un effritement d’une substance, ou d’une sur-
immunomodulatrice. face par effet chimique.
– Les peroxydases et sialoperoxydases ont une ac-
tivité antimicrobienne par leur rôle de cataly-
1.1.2.1. Principe général
seur dans la réaction d’oxydation par le peroxyde
d’hydrogène H2 O2 de l’ion thiocyanate SCN− en Pour les biomatériaux métalliques, la forme la
ion hypothiocyanate OSCN− , antibactérien effi- plus pertinente est la corrosion aqueuse, telle qu’elle
cace. Par la consommation de ces enzymes, les se produit à la surface d’un métal plongé dans un
protéines et cellules sont protégées des effets électrolyte aqueux.
oxydants et toxiques du peroxyde d’hydrogène Il se produit toujours deux réactions où les élec-
H2 O2 . trons sont échangés :
• Participation au biofilm – L’une anodique avec oxydation du métal :
M → Mn+ + n e− .
– Les protéines riches en proline PRP et stathérines
– L’autre cathodique dans laquelle les électrons
inhibent la précipitation des sels de phosphate
créés par l’oxydation sont consommés (réduc-
de calcium et la croissance des cristaux d’hy-
tion). La nature exacte de la réaction cathodique
droxyapatite à la surface dentaire, prévenant la
dépend du milieu, comme par exemple :
formation de calculs dentaires et salivaires. Elles
réduction de l’hydrogène : 2H+ + 2e− → H2 et
favorisent la lubrification des structures orales,
réduction de l’oxygène dissous : O2 + 4H+ + 4e−
et il est probable que ces PRPs et stathérines
→ 2H2 O en milieu acide,
soient importantes dans la formation de la pel-
ou O2 + 2H2 O + 4e− → 4 OH− en milieu basique
licule acquise. La PRP est aussi capable de per-
ou neutre.
mettre l’adhésion sélective de bactéries aux sur-
faces dentaires. Les vitesses des deux réactions d’oxydation et de ré-
– Les cystatines contrôlent l’activité protéolytique. duction doivent être égales. L’ensemble du processus
Elles sont impliquées également dans la forma- de corrosion peut être arrêté en bloquant l’une ou
tion de la pellicule acquise et l’équilibre du cristal l’autre de ces deux réactions.
d’hydroxyapatite. Ce phénomène est cumulatif, d’autres réactions
– Les histatines, de la famille des peptides riches en de type oxydo-réduction peuvent coexister, souvent
histidine, ont une activité antimicrobienne contre au dépens du même élément anodique. La corrosion
certains types de Streptococcus mutans et inhibent de celui-ci en est alors accélérée.
l’hémoagglutination des Porphyromonas gingiva- La spontanéité de la réaction corrosive est dé-
lis périopathogènes. Elles sont des inhibiteurs terminée thermodynamiquement, et exprimée par la
Szustakiewicz B., et al. Comportement en milieu buccal 105
Chapitre 2
valeur de l’énergie libre de Gibbs ΔG de la réaction ; 1.1.2.2. Influence du milieu biologique
si cette valeur est négative, la réaction de corrosion
(ou encore l’oxydation du métal) est spontanée : Le milieu biologique, ici la salive d’une manière
– ΔG = −nFE où n = nombre d’électrons mis en jeu, générale, est capable d’influencer le comportement
F constante de Faraday, et E potentiel du métal de la corrosion :
dans les conditions réelles. – Les molécules organiques peuvent se lier aux ions
– E est donné par l’équation de Nernst : E = E0 + libérés par la corrosion, entraînant un déplace-
RT/nF . ln (aox /aréd ), où le potentiel standard du ment de l’équilibre.
métal E0 est modifié par les conditions particu- – La stabilité de la couche d’oxyde sur le métal est
lières du milieu (température T, rapport des acti- affectée par le pH et les substances organiques
vités du métal oxydé aox et du métal réduit à cet présentes.
instant aréd ). – La stabilité de la couche d’oxyde est également
La stabilité du métal dans l’eau dépend : affectée par le niveau d’oxygène dissous : une dé-
ficience d’oxygène conduit à une corrosion accé-
– du pH, qui détermine la concentration de H+ (ou
lérée.
H3 O+ ) dans l’eau ;
– Des bactéries peuvent consommer l’hydrogène
– du potentiel électrique de la pièce en métal par
produit, d’où déplacement de l’équilibre des ré-
rapport à la solution, qui détermine la capacité
actions de corrosion dans le sens d’une consom-
des électrons à quitter le métal.
mation de l’anode.
Les potentiels standard des différents métaux et al-
liages sont donnés dans la série galvanique (Tab. 2),
1.1.3. La dissolution
et se comportent de trois manières :
– Les métaux inertes, dans un milieu donné, ne La dissolution est un aspect de la corrosion. En
s’oxydent pas et ne se corrodent pas (or, platine). effet, la molécule d’eau est une molécule polarisée
– Les métaux actifs, dans un milieu donné, qui possède donc un moment dipolaire.
s’oxydent et se corrodent spontanément, libérant L’expression de ce moment dipolaire à l’échelle
des ions métalliques dans le milieu. macroscopique s’exprime par une constante diélec-
– Les métaux passifs dans un milieu donné, se re- trique ε = 78, 5 très élevée (air = 1), caractérisant la
couvrent en surface d’une couche d’oxyde(s) pro- réponse du milieu ici aqueux à un champ électrique.
tecteur(s) qui les protège(nt) contre la poursuite Ces propriétés de l’eau expliquent :
de la réaction corrosive. – son pouvoir solvant,
Prenons le cas du fer, par exemple. Le fer plongé – son pouvoir ionisant,
dans une solution acide comme peut l’être la salive – son pouvoir dissociant.
106 Orthod Fr 2009;80:99–135
Un composé plongé dans l’eau MXs est donc suscep- mouvement relatif. Il en résulte des forces adhé-
tible de se solubiliser en se dissociant selon un pro- sives agissant à la jonction des aspérités de sur-
duit de solubilité Ks propre à chaque composé selon face.
la réaction : – L’ usure abrasive résulte d’une aspérité dure
MXs → MX → M+ + X− en respectant son endommageant la surface d’un matériau plus
produit de solubilité Ks = [M+ ].[X− ]. tendre. La présence d’une particule dure provient
La valeur du pH (acide ou basique) de la salive soit du matériau dur, soit de débris captifs entre
influe sur la valeur du Ks , augmentant ou diminuant les surfaces. La résistance à l’abrasion est généra-
ainsi les concentrations salivaires ioniques en M+ et lement en relation avec la dureté, mais sans pro-
en X− . portionnalité.
Cette dissolution dans l’eau par oxydation se – L’ usure corrosive apparaît lorsque l’environne-
nomme encore corrosion généralisée ou uniforme. ment interagit chimiquement ou électrochimi-
quement avec l’une ou les deux surfaces. La
1.1.4. Corrosion d’origine microbienne vitesse d’usure dépend donc de la réactivité chi-
mique des surfaces dans le milieu.
Chapitre 2
Figure 2
Chapitre 2
Courbes stress / contrainte et nombre de cycles.
décrites par l’équation suivante : couple, contrainte) dont les niveaux sont bien infé-
– N= aS−koù a et k sont caractéristiques du ma- rieurs aux caractéristiques mécaniques du matériau
tériau à contrainte moyenne et température don- (Re = Rp0,2% limite d’élasticité, Rm résistance à la
nées ou encore D = Nn = na Sk où D est le dom- rupture). La rupture par fatigue est caractérisée par
mage créé par n cycles. la présence de stries qui attestent de la succession de
petits endommagements, et par une zone de fracture
La fatigue des métaux dépend des paramètres sui- classique, provoquée par la perte de résistance de la
vants : pièce due à l’accumulation de ces petits endomma-
– nature du métal ou de l’alliage, gements.
– géométrie et dimensionnement de la structure, Enfin, la fonction génère également des condi-
– amplitude de la contrainte, tions biologiques spécifiques, qui peuvent entraîner :
– durée et nombre des contraintes cycliques.
– des bioadhésions de cellules ou de bactéries
propres au milieu dans lequel le biomatériau est
1.2.3. La déformation
en service,
La déformation concerne principalement les po- – des altérations de la biofonctionnalité et de la bio-
lymères. L’incapacité des polymères soumis aux dé- sécurité résultant de ces adhésions non-désirées.
formations à exercer une force d’intensité constante
sur une longue période est due au fluage et à la re-
laxation. 1.3. Biodégradation programmée
Soumis à une contrainte constante, le polymère
subit une déformation élastique puis, contrainte Encore peu fréquente dans l’espace orthodon-
durant, les chaînes macromoléculaires glissent les tique, le biomatériau subit alors une dégradation in-
unes par rapport aux autres. Lors de l’arrêt de la tentionnelle, conçue pour provoquer son élimination
contrainte, on observe une déformation permanente ou pour libérer des substances.
liée à ce glissement irréversible (fluage). Suite à ce Il est mis en service pour une durée limitée, pen-
remaniement macromoléculaire, la force résiduelle à dant laquelle il doit créer des conditions favorables
allongement constant est diminuée (relaxation). à la croissance des tissus (matrice de croissance
ou « scaffolds ») avec une résorption progressive du
1.2.4. Les ruptures en service biomatériau utilisé, fournir une contention tempo-
raire ne nécessitant pas de ré-intervention (mini- vis
Elles sont l’aboutissement des phénomènes de d’ancrage, vis d’ostéosynthèse résorbables, en PLLA
fatigue sous des changements cycliques (effort, (poly-L-lactic acid), par exemple).
108 Orthod Fr 2009;80:99–135
Les mini-vis résorbables sont constituées d’un co- systèmes monolithiques à contrôle chimique, com-
polymère résorbable, un polyester dérivé des acides prenant soit :
L-lactique et glycolique. Ce copolymère se dégrade et – une érosion pure du polymère (érosion de sur-
se résorbe in vivo par hydrolyse en acides L-lactique face),
et glycolique qui sont métabolisés. Ce matériau est – une combinaison d’érosion et de diffusion (éro-
non toxique, non irritant et métabolisé en CO2 sion du cœur du système et diffusion à travers
et H2 O. une membrane).
Les implants biorésorbables engendrent moins de
contraintes au tissu osseux par rapport aux implants 2. Effets mécaniques
métalliques, créent moins d’interférences avec les
de la biodégradation
techniques d’imageries actuelles. De plus, ils évitent
une deuxième intervention pour la dépose de l’im-
Divers types de fils, de brackets et de systèmes
plant.
métalliques sont utilisés dans le traitement de la mal-
Les mini-vis biorésorbables peuvent donc être
occlusion (acier inoxydable, alliages nickel-chrome-
utilisées avec succès au cours des traitements
Chapitre 2
différents. Le processus est initié par leur interaction de chrome, de carbone, de fer, de nickel et de
avec l’environnement, conduisant à des formations manganèse [10]. Mais la composition du film
d’hydroxydes métalliques et de composés organomé- passif de brackets acier de différents fournisseurs
talliques. se révèle commune, avec des oxydes de chrome
Pour la corrosion uniforme ou généralisée, l’en- Cr2 O3 , de fer Fe2 O3 et de petites quantités de
vironnement corrosif doit avoir les mêmes accès à NiO, et n’explique pas les différences de résis-
toutes les surfaces, et le métal lui-même doit être uni- tance à la corrosion observées in vitro [77].
forme dans sa composition et cela d’un point de vue – Il n’est protégé que pour certains types d’environ-
métallurgique. La corrosion uniforme n’est pas dé- nements, son utilisation dans d’autres environ-
tectable tant que de grandes quantités de métal ne nements pourrait être catastrophique, car le film
sont pas dissoutes. passif d’oxyde de chrome n’est pas aussi stable
Une oxydation sans dissolution est possible. que celui de l’oxyde de titane, d’où sa faible ré-
L’oxygène dissous réagit avec le titane pour former sistance à la corrosion par rapport au NiTi.
une couche d’oxyde de titane TiO2 (passivation) ; si
cette couche est compacte et adhérente, elle protège
Chapitre 2
2.1.1.2. Corrosion galvanique
la pièce. Le métal est alors dit passivé. Une pièce pas-
sivée continue à se dissoudre, mais à une vitesse ex- Lorsque deux (ou plus) métaux ou alliages diffé-
trêmement lente, la couche dite « passive » fait un rents (voire le même alliage, sujet à des traitements
écran. La pièce est donc totalement protégée de la différents) et proches en distance, sont exposés aux
corrosion. fluides oraux, la différence entre leurs potentiels de
Dans le domaine orthodontique, le phénomène corrosion provoque un courant électronique entre
de dissolution se produit progressivement, au niveau eux (couplage). En fonction des modifications de
d’un film de surface, généralement un oxyde ou un l’électrolyte, comme tel peut être le cas de la salive,
sulfure [50]. on peut aussi avoir des inversions dans la série des
Mais cette couche de protection n’est pas in- potentiels (cas de l’acier, qui peut passer de l’état
faillible ; elle est susceptible d’être détruite mécani- d’anode à celui de cathode).
quement ou chimiquement. Même sans cette des- On observe généralement un accroissement de la
truction, les films d’oxyde se dissolvent souvent corrosion (oxydation) de l’alliage le moins noble et
lentement pour ne se reformer (repassivation) que une diminution ou suppression de la corrosion (ré-
lorsque la surface du métal est exposée à l’oxygène duction) de l’alliage le plus noble.
de l’air ou dissous dans la salive. La différence de potentiel indique le sens de la
Les conditions acides et les ions chlorures Cl− menace, mais pas son ampleur. La conduction élec-
peuvent accélérer le processus de passivation. De ce trique du milieu et la température sont également
fait, un régime riche en sel (chlorure de sodium) et des facteurs importants.
des boissons acides carbonatées fournissent un ap- Pour un courant donné entre deux métaux diffé-
port régulier d’agents corrosifs. rents, la densité du courant et, par suite, la vitesse
Les produits fluorés (dentifrice, solutions de rin- de dissolution du métal le moins noble (anode) sera
çage) contribuent également à l’acidité buccale et d’autant plus élevée que cette anode sera de petite
provoquent une susceptibilité à la corrosion aug- surface. L’utilisation de rapports de surface défavo-
mentée de certains métaux, surtout le titane [111]. rables (SAnode /SCathode < 1) conduit à des désagré-
Beaucoup de pièces orthodontiques sont compo- ments souvent spectaculaires.
sées « d’acier inoxydable ». Le terme est impropre
En situation clinique, deux alliages différents
pour deux raisons :
ayant des potentiels de corrosion différents sont sou-
– Ce type d’acier contient des éléments d’alliage vent placés en contact l’un de l’autre (brackets et fils).
(chrome, nickel) qui s’oxydent. Cette couche Ce contact peut être à l’origine d’une corrosion galva-
d’oxyde (de chrome surtout) protège l’acier, et nique qui conduit à un relargage préférentiel d’ions
se forme spontanément au contact de l’air et des métalliques de l’anode en métal ou alliage. Le rap-
fluides biologiques. L’analyse chimique de la sur- port des surfaces des deux alliages différents est un
face de l’acier inoxydable neuf montre la présence facteur très important, car il affecte le comportement
110 Orthod Fr 2009;80:99–135
Chapitre 2
du revêtement (Ti,Al)N. Image électronique secondaire d’un arc orthodontique
montrant une corrosion intergranulaire (d’après Eliades,
Les alliages Cr-Co (Elgiloy) [36] montrent une
Athanasiou [31]).
corrosion par piqûres plus importante par rapport
aux alliages NiTi, des potentiels de repassivation plus
faibles et une augmentation de la densité de courant
une fois que la piqûre est créée. teneur en Cl− est plusieurs fois celle de la solution,
avec formation de chlorures métalliques.
2.1.1.4. Corrosion caverneuse Les produits de corrosion du Fe, Cr, et Ni, princi-
paux composants de l’acier inoxydable, forment des
La corrosion caverneuse siège entre deux surfaces solutions chlorées hautement acides en s’accumulant
fermées ou dans des zones très étroites où l’échange dans la caverne, où les vitesses de corrosion sont
d’oxygène est impossible, associées à la présence de alors très élevées [82, 90]. Le cuivre est également
petits volumes de solution stagnante entre les inter- très sensible à la corrosion caverneuse.
stices. L’acier inoxydable duplex 2205 est une alterna-
Elle se réalise souvent via l’application de parties tive améliorée du 316L pour la fabrication des bra-
non métalliques sur du métal (ligature élastomérique ckets orthodontiques quand il est utilisé avec le Ti,
sur un bracket par exemple). D’une manière géné- ses alliages, ou les arcs acier inox [97].
rale, la corrosion caverneuse se rencontre surtout sur L’acier inoxydable peut être protégé de la corro-
les métaux et alliages dont la tenue dépend de la sion caverneuse par dépôt d’un film d’or par galva-
stabilité du film passif, car ces films sont instables noplastie avant et après brasure d’argent [104].
en présence de concentrations élevées de Cl− et de
H+ . La diminution du pH et l’augmentation de la 2.1.1.5. Corrosion intergranulaire
concentration des ions chlorures Cl− sont donc deux
facteurs essentiels à l’initiation et la propagation du La microstructure d’un métal ou d’un alliage est
phénomène de corrosion caverneuse. constituée de grains, séparés par des joints de grain.
Le mécanisme de base à l’origine de la corrosion Dans certaines conditions, les joints de grain sont le
caverneuse des alliages passivables en milieux chlo- siège d’une corrosion localisée très importante alors
rurés aérés est une acidification progressive du mi- que le reste du matériau n’est pas attaqué (Fig. 4).
lieu dans la caverne. La convection du liquide est L’alliage se désagrège et perd toutes ses propriétés
fortement freinée dans la caverne et l’oxygène local mécaniques.
s’épuise très rapidement. L’acidité du milieu augmen- Ce type de corrosion peut être dû soit à la
tant avec le temps, les conditions locales deviennent présence d’impuretés dans le joint, soit à l’en-
très agressives. La couche passive de l’alliage se dis- richissement (ou l’appauvrissement) local en l’un
sout alors et le processus de corrosion locale s’accé- des constituants (tel que le chrome par exemple).
lère. Dans la crevasse, le pH de l’ordre de 1 à 3 et la Cette corrosion préférentielle peut être assez sévère
112 Orthod Fr 2009;80:99–135
pour relarguer des éléments depuis les grains de réactivité est issue de la création de contraintes d’éti-
surface. rement et de compression développées localement
Connus pour leur sensibilité à la température, les à cause de la charge multiaxiale, tridimensionnelle
brackets acier inox sujets à une plage de tempéra- du fil orthodontique. Ainsi, une différence de poten-
ture subissent une altération de leur microstructure. tiel électrochimique s’installe avec des surfaces spé-
Le phénomène est dû à la précipitation de carbures cifiques jouant le rôle d’anode et d’autres de cathode.
de chrome au niveau des joints de grains [118]. On Les fils NiTi restent dans l’environnement buccal
observe alors une déchromisation aux joints de grain durant plusieurs mois et subissent un grand nombre
des aciers inoxydables. Berge, et al. [11] rapportent de contraintes lors de la mastication.
que les fils en acier inox austénitiques relarguent des En dépit de la bonne résistance à la corrosion
quantités de nickel et de chrome plus importantes des NiTi sous contrainte, la rupture de fils NiTi
que les fils en chrome-cobalt, provoquant alors des a fréquemment été retrouvée dans les études cli-
décolorations, de la rouille, et même des cassures. niques [88]. Wang, et al. [127] ont montré la rupture
du fil NiTi suite à sa fragilisation par corrosion sous
2.1.1.6. Corrosion-frottement (tribocorrosion) contrainte en salive artificielle durant leur service.
Chapitre 2
Une fois qu’il a pénétré dans le réseau, l’atome d’hy- la corrosion des fils orthodontiques. Un mécanisme
drogène peut provoquer plusieurs types de dégâts : complexe d’interaction se produit parmi les bactéries
anaérobies et aérobies dans différents secteurs, favo-
– Précipitation sous formes d’hydrures : c’est le cas
risant les produits de corrosion. À cause du dépôt du
du titane et d’autres métaux très réactifs vis-à-vis
biofilm, la surface du métal au-dessous du biofilm et
de l’hydrogène (Ta, Zr, V, Nb,...).
les autres zones sont exposées à différentes quanti-
– Recombinaison sous forme d’hydrogène molécu-
tés d’oxygène, d’où la création d’une aération diffé-
laire : lorsque le métal présente des défauts ma-
rentielle au niveau des cellules. Les zones les moins
cro ou microscopiques, les atomes d’hydrogène
aérées agissent comme anode, qui installe la corro-
peuvent s’y recombiner. On peut alors atteindre
sion, relarguant des ions métalliques dans la salive.
des pressions considérables qui conduisent à des
Ces ions métalliques se combinent avec les produits
cloques, des boursouflures, ou même des éclate-
finaux des bactéries, accompagnés des ions chlorures
ments.
Cl− dans l’électrolyte salivaire pour former des pro-
– Fragilisation par interaction avec les dislocations
duits plus corrosifs comme le MnCl2 , FeCl2... favo-
du réseau, les atomes d’hydrogène entraînent
risant une corrosion plus poussée [81].
Chapitre 2
une diminution importante de la capacité de dé-
La corrosion microbienne se présente lorsque les
formation plastique du métal qui devient fra-
déchets acides produits par les microbes et bacté-
gile [93].
ries corrodent les surfaces métalliques. L’incidence
Dans le cas de l’acier, la fragilisation par l’hydro- et la sévérité de la corrosion microbienne peuvent
gène intéresse les carbures de l’acier pour former du être diminuées en conservant la zone la plus propre
méthane CH4 , issu des vides de décarburation, et possible et en utilisant des sprays antibactériens et
produit des gonflements de surface. des bains de bouche pour contrôler la population
microbienne. Chang, et al. [21] ont montré une aug-
2.1.1.9. La corrosion microbienne mentation de la corrosion des matériaux dentaires
La corrosion liée à la microbiologie a été remar- métalliques (et de ses produits) en présence de Strep-
quée depuis des années dans l’industrie. Unanime- tococcus mutans. Maruthamuthu, et al. [81] ont étu-
ment reconnu, les microorganismes affectent la cor- dié le comportement électrochimique des microbes
rosion du métal et des alliages immergés dans un des fils orthodontiques avec ou sans salive artificielle.
environnement aqueux. Selon lui, les bactéries diminuent légèrement la résis-
Sous des conditions similaires, les effets des bac- tance de corrosion et augmentent le courant de cor-
téries dans l’environnement oral sur la corrosion des rosion. La diffusion ou lixiviation du manganèse Mn,
matériaux métalliques dentaires restent inconnus. chrome Cr, et fer Fe depuis les fils est due à la dispo-
Matasa en 1995 [84] a été le premier à mettre en nibilité des oxydants de manganèse, des oxydants de
évidence l’attaque microbienne sur les adhésifs dans fer et des bactéries hétérotrophiques dans la salive.
le domaine orthodontique. L’effet de l’activité enzy-
2.1.1.10. La fatigue-corrosion
matique et la dégradation des résines composites ont
ou corrosion fatigue
été rapportés plus tôt. L’existence de ces phénomènes
dans les brackets se traduit par la formation de cra- La corrosion fatigue se distingue de la corrosion
tères dans la base du bracket [31]. sous contrainte par le fait que les contraintes appli-
La large surface développée du fil fournit un en- quées ne sont plus statiques, mais cycliques (efforts
vironnement favorable à la croissance des bactéries. périodiques alternés). Elle apparaît donc sous l’ac-
Le brossage et l’adhérence des microbes sur le fil tion conjuguée de l’environnement et d’une sollicita-
peuvent détruire la passivité d’un métal passif. La tion cyclique, principalement lors de l’alimentation.
formation d’acides organiques lors de la glycolyse La teneur en oxygène du milieu, sa température,
bactérienne peut diminuer le pH. Un pH faible créé son acidité, sa composition ont une grande influence
un environnement favorable aux bactéries aérobies sur la sensibilité d’un matériau à ce mode de corro-
pour la corrosion. Les microbes oxydent le manga- sion (Fig. 5).
nèse Mn et le fer Fe, et leurs produits de réaction Quoiqu’il n’existe pas de relation directe entre
tels que MnO2 , FeO, Fe2 O3 , MnCl2 , FeCl2 favorisent la sensibilité à ce type de corrosion et les
114 Orthod Fr 2009;80:99–135
caractéristiques mécaniques du matériau, les alliages Dans ses débuts vers 1920, l’acier inoxydable a
à haute résistance mécanique sont souvent les plus été conçu pour résister à la corrosion plus qu’aux
sensibles. contraintes mécaniques. Sa composition intégrait, en
La corrosion fatigue se manifeste par un abais- dehors du fer, du nickel et un pourcentage assez
sement de la résistance du matériau à la fatigue. Le élevé de chrome (élément qui lui confère une couche
plus souvent, et compte tenu des cinétiques de dis- d’oxyde imperméable). Après 1970, le soufre a été
solution et de repassivation assez lentes comparées introduit malgré l’augmentation connue du risque
aux phénomènes mécaniques, ce type d’endomma- de corrosion. Un autre élément est le carbone, avec
gement survient pour des pièces sollicitées à basse qui le chrome a une forte tendance à se combi-
fréquence (fatigue oligocyclique), par exemple lors ner pour former du carbure de chrome, phénomène
de cycles de chauffage-refroidissement de structures. encore appelé sensibilisation. Une fois précipité, le
Les mécanismes évoqués pour rendre compte de la carbure de chrome non seulement diminue la cohé-
fatigue-corrosion sont les mêmes que ceux présen- sion de l’acier, parfois jusqu’à sa désintégration to-
tés pour la corrosion sous contrainte, et les essais de tale, mais est aussi soluble dans les solutions acides.
laboratoire sont en général des essais de fatigue en Appelé « corrosion catastrophique », ce phénomène
présence du milieu considéré réalisés soit à ampli- peut survenir pendant la fabrication de l’alliage, la
tude de déformation constante, soit à amplitude de soudure avec ou sans apport, la stérilisation incor-
contrainte constante. recte ou le recyclage thermique. Pour limiter ces ef-
La rupture par fatigue dépend des paramètres sui- fets, le carbone a été réduit mais un autre élément a
vants : dû être ajouté le molybdène.
Dans les années quatre-vingt-dix, pour permettre
– Nature du métal ou de l’alliage ; la fabrication de « mini » brackets ayant la même ré-
– Géométrie et dimensionnement de la structure ; sistance que les plus grands, des aciers durcis par
– Amplitude de la contrainte ; « précipitation » ont été utilisés. Dans ces alliages,
– Durée et nombre des contraintes cycliques. d’autres métaux ont été introduits, comme le cuivre,
Des contraintes plus faibles permettent en général de le niobium ou l’aluminium, qui sont solubles à des
supporter un nombre plus élevé de cycles avant la températures plus grandes et qui précipitent pendant
rupture par fatigue. le refroidissement en formant des particules micro-
La résistance à la fatigue est également influencée scopiques dans la structure de l’acier. Ces obstacles
par les défauts structurels du matériau (superficiels entravent les dislocations et augmentent la résistance
ou internes, macro-microscopiques). de l’acier aux déformations.
La corrosion-fatigue peut être éliminée ou réduite De nos jours, les arcs orthodontiques en acier in-
en diminuant les contraintes, soit par un recuit de oxydable sont généralement composés d’acier austé-
détente, soit en modifiant la conception de l’appareil, nitique contenant environ 18 % de chrome et 8 % de
Szustakiewicz B., et al. Comportement en milieu buccal 115
Chapitre 2
La résistance à la corrosion du NiTi est plus éle-
vée que celle de l’acier inoxydable, car le film passif
d’oxyde de chrome n’est pas aussi stable que celui du
dioxyde de titane TiO2 [10]. Ce phénomène est lié
principalement à la quantité de Ti dans l’alliage qui
forme plusieurs types d’oxydes (TiO2 , TiO, Ti2 O5 )
dont le dioxyde de titane TiO2 , plus stable.
La rugosité de surface des alliages de titane est
similaire à celle des arcs en acier inoxydable, qui
nickel. Ceux-ci représentent une bonne combinaison
peuvent alors se comporter comme une pile galva-
de solidité, de résistance à la corrosion et un coût
nique en bouche [46, 92, 109].
modéré. La résistance à la corrosion de cet alliage dé-
Barrett, et al. [8] ont étudié la biodégradation
pend du film passif d’oxyde de chrome, qui se forme
des appareils orthodontiques in vitro et ont mon-
spontanément (passivation) et se reforme (repassiva-
tré que les ions nickel relargués des appareils or-
tion) dans l’air et dans la plupart des fluides. L’oxy-
thodontiques au nickel-titane ou en acier inoxydable
gène est nécessaire pour former et maintenir le film,
augmentaient durant la première semaine puis dimi-
sachant que l’acidité (pH) et les ions chlorures Cl−
nuaient avec le temps. Gjerdet, et al. [38] ont étudié
peuvent lui être particulièrement préjudiciables [86].
le relargage de métal des arcs orthodontiques traités
La présence de joints brasés augmente la susceptibi-
à chaud. Ils démontrent que le traitement à chaud
lité à la corrosion car ils ont tendance à créer des cou-
des alliages dans les conditions de laboratoire multi-
rants électrogalvaniques avec la salive et par consé-
pliait le relarguage des ions métalliques par un fac-
quent relarguer des ions de métaux lourds (Cr, Ni,
teur allant de 15 à 60. Ils montrent également une
Mn, Mo, Cu, W, Ti, Si, Ag, Sn, Zn...) dans l’orga-
élévation initiale significative de la concentration et
nisme du patient.
de la masse de nickel dans l’échantillon de salive du
Les aciers inoxydables austénitiques peuvent patient porteur d’un multi-attaches, comparé à la sa-
perdre leur résistance à la corrosion s’ils sont chauf- live du patient non-porteur [39]. D’autres études ont
fés entre approximativement 400 et 900 ◦ C (Tab. 3). montré que le relarguage des ions nickel n’est pas
De telles températures se situent dans la plage d’utili- proportionnel à la teneur en nickel des fils orthodon-
sation de l’orthodontiste comme brasure et soudure. tiques, mais à la nature des alliages et à la méthode
La diminution de la résistance à la corrosion à ces de construction de l’appareil.
températures est due à la précipitation du complexe Kerosuo, et al. [66] ont étudié in vitro le relargage
aggloméré de carbure de fer-chrome au niveau des des ions nickel et chrome de différents types d’ap-
joints de grain [11]. En dessous de ces températures, pareils orthodontiques simulés. Les appareils métal-
la précipitation ne peut avoir lieu et les possibilités liques immergés dans une solution de chlorure de
de corrosion sont alors moindres. sodium à 0,9 % ont montré un relargage cumulé de
116 Orthod Fr 2009;80:99–135
Figure 6 Figure 7
Photographie au microscope électronique à balayage d’un al- Photographie au microscope électronique à balayage d’un al-
Chapitre 2
liage en NiTi, avant corrosion en salive artificielle (d’après liage en NiTi, après corrosion en salive artificielle acidifiée et
Grosgogeat [47]). fluorée (d’après Grosgogeat [47]).
nickel significativement plus élevé sous des condi- de monofluorophosphate ; et le TiNb, le plus résis-
tions dynamiques (simulation de la fonction) que tant à la corrosion, et le TMA qui se corrode en pré-
sous des conditions statiques. sence de fluorure d’étain.
Huang, et al. [52] ont réalisé une étude portant Les fils orthodontiques NiTi ont des diverses
sur les fils orthodontiques. Cette étude a montré que phases (austénitique, martensitique) température-
le fabricant, la valeur du pH et la durée d’immer- dépendantes. Les caractéristiques de la corrosion en
sion ont respectivement une influence significative fonction de la température des fils orthodontiques
sur la quantité d’ions Ni et Ti relargués par les fils or- à mémoire de forme (CuNiTi), super-élastiques
thodontiques dans la salive artificielle. Les fils NiTi (CuNiTi) et non super-élastiques (Nitinol) montrent
avec les taux de relargage les plus élevés d’ions mé- que le courant de corrosion augmente (donc la ré-
talliques correspondaient aux fils où est apparue la sistance à la corrosion diminue) avec la température
plus grande augmentation de rugosité, tandis qu’une et les différentes phases présentes peuvent influen-
surface plus rugueuse ne correspondait pas à un re- cer les taux de corrosion. Ainsi, le courant de cor-
largage plus important. rosion du CuNiTi et du NiTi est multiplié d’un fac-
Malgré l’aspect lisse à l’œil nu, les fils orthodon- teur 3 en passant de 37 à 45 ◦ C. Une plus grande
tiques NiTi et acier inoxydable présentent des dé- incidence de piqûres est aussi observée à la sur-
fauts d’usinage sous forme de rayures (rugosité de face du CuNiTi [99]. Dans ces fils CuNiTi à teneur
surface). Les tests électrochimiques montrent des at- quasi équi-atomique en Ni et Ti, Il est fort pro-
taques corrosives sous forme de piqûres ou de cre- bable qu’une phase secondaire soit précipitée de type
vasses (Fig. 6 et 7), principalement au niveau des Ti2 Ni ou Ni3 Ti. L’oxygène résiduel dans l’atmosphère
défauts d’usinage, aussi bien pour le NiTi que pour ambiante durant le processus de réalisation du fil
l’acier inoxydable [10]. L’amélioration de l’état de NiTi par le fabricant conduira à la formation de pré-
surface (polissage) augmente la résistance à la cor- cipités d’oxydes de nickel-titane dans la microstruc-
rosion par déplacement de la limite de passivation. ture [17].
Schiff, et al. [111] ont réalisé une étude portant Les effets du fluor : les ions fluorures sont très
sur quatre types d’alliages à base de titane : le TMA, agressifs envers le film de protection d’oxyde de
le TiNb, le NiTi et le CuNiTi ont été testés dans trois titane TiO2 formé sur le titane ou ses alliages.
bains de bouche fluorés en salive artificielle. L’étude Comme la surface extérieure des arcs NiTi contient
électrochimique a montré que ces alliages pouvaient principalement le film de TiO2 avec des traces de
être divisés en deux groupes : les alliages à base de NiO, on constate que les fluorures augmentent la
NiTi qui sont sujets à une forte corrosion en présence corrosion des arcs NiTi dans des environnements
Szustakiewicz B., et al. Comportement en milieu buccal 117
fluorés [51, 54]. Les ions fluorures de l’environne- de surface, dépendante de la concentration en ions
ment peuvent alors entrer dans les étroites crevasses fluorures. Le fabricant du fil orthodontique et l’envi-
sises entre le fil orthodontique et le bracket en ronnement d’émersion ont des influences statistique-
bouche qui n’est pas complètement nettoyée. Des ment significatives sur les variations de rugosité de
concentrations topiques élevées de fluorures restent surface. L’augmentation de la rugosité de surface des
en place et attaquent l’interface arc-bracket selon arcs orthodontiques NiTi dans des environnements
la concentration fluorée. Cela peut augmenter la fluorés du commerce devrait être prise en compte
force de friction entre le fil et le bracket. L’utilisation lors de la mesure de l’efficacité des appareils ortho-
d’agents fluorés topiques avec des fils NiTi pourrait dontiques.
diminuer les propriétés mécaniques fonctionnelles Le titane perd sa résistance à la corrosion dans
de décharge des fils et contribuer à prolonger la du- des solutions contenant du fluor utilisé en préven-
rée du traitement orthodontique [126]. tion contre la carie. En effet, les bactéries de la
plaque dentaire produisent de l’acide acétique qui,
Il est demandé aux patients orthodontiques de
en réagissant avec le fluor, forme de l’acide fluorhy-
maintenir un niveau d’hygiène orale élevé, qui in-
drique HF très corrosif, qui inhibe les bactéries et
Chapitre 2
clut un brossage régulier. Des études in vitro de l’effet
dégrade le titane en détruisant sa couche de passiva-
du brossage ont montré une augmentation signifi-
tion TiO2 [2].
cative du relargage d’éléments des alliages de nickel
En conclusion, la vigilance doit rester de mise
lors de l’utilisation de dentifrice, alors que sans den-
car certains dentifrices et bains de bouche fluorés
tifrice, aucune augmentation du relargage n’avait été
peuvent provoquer des phénomènes de corrosion
observée. D’autres éléments suggèrent que certaines
par piqûres sur les éléments à base titane.
solutions de rinçage buccal augmentent également
le relargage ionique des joints brasés à base d’ar-
2.1.2.3. Corrosion des autres matériaux
gent des appareils orthodontiques. Schiff, et al. [111]
ont étudié la résistance à la corrosion de trois types
de brackets (CoCr, FeCrNi et à base de Ti) dans – L’ElgiloyR (CoCr) : les propriétés élastiques de
trois bains de bouche fluorés. Les résultats montrent l’Elgiloy sont comparables à celles de l’acier. En
que les matériaux du bracket pouvait se diviser en outre, il peut être soudé et sa résistance à la cor-
deux groupes : le groupe Ti et FeCrNi et le groupe rosion est excellente.
CoCr, qui a des propriétés proches de celles du pla- – Le TMAR (Titane Molybdene Alloy) : il a une ré-
tine Pt. Beaucoup d’études ont montré que les ions sistance à la corrosion identique à celle de l’acier
fluorures pouvaient détruire le film passif de protec- inoxydable.
tion de surface en TiO2 du titane Ti (formation de – Le niobium : si le titane est connu pour ses pro-
Na2 TiF6 ) ou de ses alliages, conduisant à une forme priétés de biocompatibilité, le niobium l’est beau-
d’attaque corrosive, à une résistance de corrosion coup moins. Il apporte aux aciers inoxydables et
diminuée et une densité de courant anodique aug- aux super-alliages une résistance supplémentaire
mentée ou à un relarguage ionique augmenté [53]. à la corrosion.
De plus, la résistance à la corrosion du NiTi dimi- – Les alliages de brasure : la soudure à base d’étain,
nue avec l’augmentation de la concentration en fluo- trop fragile et sensible à la corrosion, a été rem-
rure de sodium NaF dans la salive artificielle. Schiff, placée par la brasure à l’argent. Cependant, la
et al. [110] ont étudié la résistance à la corrosion des brasure à l’argent est souvent attaquée dans le mi-
fils orthodontiques dans trois solutions de bains de lieu buccal par la corrosion galvanique créée par
bouche du commerce et ont trouvé que les fils NiTi l’acier inoxydable, alliage le plus noble.
étaient sujets à une corrosion sévère dans les bains de
bouche contenant du monofluorophosphate de so-
dium Na2 FPO4 (Fig. 8 à 11). Huang [55] a étudié 2.1.3. Incidences clinique de la corrosion des fils
les variations de la topographie de surface de diffé-
rents arcs orthodontiques NiTi dans différents envi- Il a été prouvé que de petits courants galvaniques
ronnements fluorés du commerce. Quatre arcs NiTi associés à un environnement corrosif sont continuel-
testés avaient différentes variations de topographie lement présents dans la cavité orale. Tant que des
118 Orthod Fr 2009;80:99–135
Chapitre 2
Figure 8 Figure 10
SEM photomicrographie ×5000 d’un fil orthodontique en NiTi SEM photomicrographie ×5000 d’un fil orthodontique en NiTi
à l’état initial (d’après Schiff, et al. [110]). après oxydation au Méridol (d’après Schiff, et al. [110]).
Figure 9 Figure 11
SEM photomicrographie ×5000 d’un fil orthodontique en SEM photomicrographie ×5000 d’un fil orthodontique en
TMA à l’état initial (d’après Schiff, et al. [110]). TMA après oxydation au Méridol [110] (d’après Schiff,
et al. [110]).
matériaux métalliques de restauration dentaire ou de Ainsi, la résistance à la corrosion est d’une im-
fils orthodontiques seront employés, il y aura peu portance critique pour les fils orthodontiques car la
de chances que ces courants galvaniques soient éli- corrosion peut conduire à une rugosité des surfaces,
minés, pour des raisons purement électrochimiques. à un affaiblissement des appareils, et à la libération
Pour des raisons pratiques, les matériaux de restau- d’éléments depuis le métal ou l’alliage [64]. Elle peut
ration et fils orthodontiques ne peuvent être isolés aussi fortement entamer la résistance à la fatigue et la
électriquement de la dent. force maximale du matériau conduisant à la fracture
Szustakiewicz B., et al. Comportement en milieu buccal 119
mécanique [60]. Certains alliages et métaux sont ré- autour des brackets, résultats du potentiel corrosif
sistants à la corrosion par leur noblesse intrinsèque de l’acide phosphorique (plus corrosif que l’acide ci-
ou par la formation d’une couche superficielle pro- trique du jus d’orange) de ces boissons et de l’activité
tectrice. bactérienne.
Chapitre 2
dable orthodontique brasés à l’argent seront affec-
séjourné entre 1 et 6 mois in vivo contribuent à la
tés par le processus de corrosion. D’après Zinelis,
rugosité des surfaces.
et al. [134], les alliages brasés à l’argent introduisent
Une étude menée par Wichelhaus, et al. [132] a
un couple galvanique avec les alliages des aciers in-
montré que les fils ayant subi un traitement de sur-
oxydables, induisant un relargage des ions métal-
face initial par le fabricant avaient significativement
liques Cu2+ et Zn2+ , éléments les plus fréquemment
moins de friction que les arcs non-traités. Par contre,
relâchés par les alliages d’argent. Cela montre que les
la surface des arcs traités ou non traités présentaient
appareils orthodontiques peuvent se fracturer dans
la même rugosité au départ. Certains arcs montraient
un court délai et demandent attention avant la fin
moins de phénomènes de friction avant exposition
du traitement du patient.
en bouche et devraient théoriquement conserver le
Plus récemment encore, Vahed, et al. [122]
mieux l’ancrage. Cependant, tous les arcs étudiés ont
confirment qu’une exposition prolongée en salive sti-
présenté une augmentation des phénomènes de fric-
mulée provoque une réduction significative de la li-
tion et de la rugosité de surface suite à leur utilisation
mite élastique des joints d’aciers brasés à l’argent. La
en bouche.
réduction des propriétés élastiques est causée par un
Le traitement de surface des arcs par implantation
affaiblissement dû à la corrosion localisée du métal
d’ions a donc des effets discutables sur les propriétés
brasé à l’interface fil-brasure. La prépondérance des
de friction des arcs utilisés cliniquement. D’autres
particules riches en Cu qui se forment dans le métal
études devront être réalisées afin d’établir si le fait
brasé au niveau de l’interface crée un effet microgal-
de changer plus fréquemment l’arc serait bénéfique.
vanique qui provoque la dissolution sélective de ces
L’utilisation de fils orthodontiques acier à surface
particules et explique l’affaiblissement de l’interface.
modifiée par dépôt photocatalytique de TiO2 , pour
La corrosion est la principale cause de la dissolution
ses propriétés antiadhérentes et antibactériennes a
progressive du métal brasé, provoquant le détache-
été étudiée par Chun [22]. L’effet bactéricide du TiO2
ment de l’aile du bracket de sa base durant le traite-
sur les Streptococcus mutans et Porphyromonas gingiva-
ment ou lors de la dépose [34].
lis est tenu pour responsable de la diminution de 5 %
L’application topique de fluor sur des arcs or-
de la masse bactérienne déposée sur le fil par rapport
thodontiques en acier inoxydable (et en β-titane,
au fil non traité.
forme de TMAR ) réduit significativement les pro-
priétés mécaniques de décharge, donc allonge la du-
rée de traitement [126]. 2.2. L’usure
L’effet des boissons acides les plus connues sur la
résistance au décollement des brackets métalliques L’ usure est un ensemble complexe de phéno-
in vitro et in vivo est nette : elle diminue de 50 % mènes difficiles à interpréter, de type érosion d’une
au bout de trois mois [91]. Ces boissons engendrent surface solide sous l’action d’un autre solide, ame-
également des zones de déminéralisation blanches nant une émission de débris avec perte de masse, de
120 Orthod Fr 2009;80:99–135
par usure adhésive, tandis que les fils acier se dé- Image électronique secondaire d’un fil orthodontique frac-
gradent par usure abrasive. Les fils NiTi sont plus turé. On distingue trois zones : zone radiante en bas, zone
résistants à l’ usure que les fils acier. Comparé à l’air, ductile au milieu et la zone de tondage en haut (grossisse-
ment original ×75), d’après Eliades, Athanasiou [31].
il suppose l’existence d’une synergie entre l’ usure et
les processus de corrosion.
L’ usure abrasive a des effets néfastes sur certains due à l’absorption d’hydrogène. Par conséquent, la
polymères. Ainsi, le polyoxyméthylène est un ma- force orthodontique augmente avec l’augmentation
tériau utilisé dans la fabrication de verrous plas- du seuil critique de transformation martensitique.
tiques. Sous l’effet de l’ usure abrasive, de la chaleur, En même temps, l’élasticité de l’alliage diminue avec
des acides, des alcalins, de l’oxygène, des enzymes l’augmentation de l’adsorption d’hydrogène. Mais
et même du rayonnement X des radiographies, les des doutes subsistent [135].
verrous aux polyoxymethylènes produisent des gaz
toxiques de formaldéhyde. Les patients sont alors 2.4. Relaxation et fluage
exposés à un potentiel irritant. La formation d’aldé-
Très marquée in vivo [5], la force des chaînettes
hydes augmente avec la durée en bouche [71].
élastomériques décline de 40 à 50 % durant les
24 premières heures, puis la déperdition de la force
2.3. La fracture continue à un taux plus faible pendant deux à trois
La fracture des appareils orthodontiques est un semaines.
phénomène rare, qui peut affecter les résultats cli- De même, les élastiques perdent une force très
niques. importante durant les premières 30 min, qui se pour-
Des fractures d’arcs en NiTi ont été rapportées suit durant les trois à cinq premières heures d’activité
après leur placement dans la cavité buccale (Fig. 12). puis se stabilise. La relaxation des élastiques au latex
Selon les boissons et aliments consommés, la tempé- est de l’ordre de 25 %, plus marquée en intermaxil-
rature varie de 0 à 60–70 ◦ C et le pH varie de 2 à 11. laire et in vivo. Celle des élastiques sans latex est de
Pour un pH de 6 et quelle que soit la température, il 50 % au bout de 24 h, et doivent donc être changés
n’y a pas de perte volumétrique de poids de métal. plus souvent. Leur différence de comportement s’ex-
Par contre, pour un pH de 3,5, la perte de poids plique par l’architecture des matériaux. Les chaînes
est importante et augmente fortement si la tempéra- macromoléculaires du latex sont reliées par des liai-
ture passe de 5 à 60 ◦ C. En cas de perte trop impor- sons covalentes et des ponts croisés tandis que les
tante de poids de métal, l’arc fragilisé est alors sujet chaînes ne sont qu’enchevêtrées dans le cas des élas-
à la fracture [2]. tiques synthétiques d’où un fluage beaucoup plus
Etant donnée la présence d’un courant galva- important, activé par l’humidité et la chaleur. L’eau
nique en bouche, la fracture du Ni-Ti pourrait être plastifie les chaînes synthétiques du polyuréthane
attribuée à la dégradation des propriétés mécaniques en fragilisant d’abord leurs liaisons non covalentes.
Szustakiewicz B., et al. Comportement en milieu buccal 121
Puis, les liaisons esters de ces chaînes synthétiques des fils avant et après stérilisation. À l’inverse, des
sont hydrolysées par catalyse acide. Les produits de mesures plus fines réalisées grâce à un microscope
dégradation obtenus sont un alcool et un acide car- à force atomique ont montré une différence statis-
boxylique qui encourage la réaction [57]. Cette hy- tiquement significative de la rugosité moyenne de
drolyse participe au vieillissement et à la porosité des deux fils avant et après autoclave. Les échantillons
élastomères. concernés sont le TMA et le Neo Sentalloy with ion-
La relaxation des ligatures élastomériques est de guard, avec dans les deux cas une augmentation d’en-
type exponentiel décroissant. Elle atteint 50 % dans viron 0,05 μm de la rugosité après stérilisation. Il est
les premières 24 h et continue encore pendant 7 à à noter que ces variations de rugosité sont très li-
10 j. Des signes évidents de déformation permanente mitées et qu’il est probable qu’elles n’aient aucune
et d’altération de forme apparaissent. Des différences conséquence d’un point de vue clinique. Elles n’ont
ont été notées entre les différentes marques de liga- en effet été perceptibles que par un outil de mesure
tures, et selon leur couleur (d’où la notion d’effets in- très sensible et n’ont concerné que certains fils (TMA
duits par différents additifs incorporés). Au bout de et Neo Sentalloy with ionguard), alors que d’autres fils
ces 24 h, Eliades, et al. [32] ont observé un recou- très proches dans leur composition n’étaient pas af-
Chapitre 2
vrement de la surface des modules par un film pro- fectés [132].
téique discontinu riche en groupements alcool, peu Cet accroissement de la rugosité peut être expli-
minéralisé en K+ et Na+ . À trois semaines, le film pro- qué par le fait que le protocole de stérilisation net-
téique est très minéralisé, composé de phosphate de toie la surface des fils d’éventuels débris ou traces
calcium précipité, de traces de carbonate et de phos- de lubrifiant présents depuis leur fabrication et mas-
phate acide avec répartition uniforme de K, Na, Cl, quaient une partie du relief.
et S et de Ca, P. Les protéines adsorbées (forte affinité
des modules pour l’albumine, l’amylase, elles-mêmes
2.5.3. Stérilisation et élasticité
sites de liaisons bactériennes) agissent comme nucléi
des fils orthodontiques
et forment des dépôts de microcristaux de Na, K et
Cl, compromettant les performances des modules. Les tests de flexion à trois points réalisés sur les
différents alliages, avant et après stérilisation, ont
2.5. Influence de la stérilisation permis d’obtenir des courbes charge/déplacement et
2.5.1. Influence de l’autoclave de calculer leur module d’élasticité E. Une classifica-
Les observations au microscope optique et élec- tion des alliages étudiés du plus rigide au plus souple
tronique à balayage n’ont montré aucune modifica- a été réalisée :
tion franche de l’état de surface et des propriétés mé-
– Tru-chromeTM (acier inoxydable) E = 170 GPa,
caniques de différents alliages orthodontiques de fils
– ResolveTM (titane molybdène) E = 73 GPa,
étudiés après stérilisation à l’autoclave selon le proto-
– TMAR (titane molybdène) E = 65 GPa,
cole préconisé par les circulaires ministérielles d’oc-
– Low friction TMAR (titane molybdène+ implanta-
tobre 1997 et mars 2001 (134 ◦ C durant 18 min
tion ionique ) E = 63 GPa,
au minimum). Les altérations relevées (contamina-
– Neo Sentalloy with ionguardTM (nickel titane+ im-
tions et décolorations à la surface du matériau) pro-
plantation ionique) E = 45 GPa,
viennent des résidus laissés à la surface des fils après
– Neo SentalloyTM (nickel titane) E = 38 GPa.
condensation de l’eau au cours du cycle de stérilisa-
tion. D’où la nécessité d’utiliser une eau parfaitement Après stérilisation, ce classement reste inchangé et
pure. Un relargage important d’ions Fe, Cr et Ti a été les valeurs du module d’élasticité restent très proches
observé lors de l’utilisation de brackets et arcs recy- de celles trouvées pour des fils non stérilisés issus du
clés [48]. même lot.
Miura, et al. [87] affirment que, jusqu’à 400 ◦ C,
2.5.2. Stérilisation et rugosité les effets de la température sur les alliages NiTi
des fils orthodontiques étaient négligeables. Au-delà, la superélasticité chute
Les mesures réalisées grâce au profilomètre n’ont et disparaît pratiquement à 600 ◦ C et ce même avec
montré aucune modification de la rugosité moyenne des temps d’application courts.
122 Orthod Fr 2009;80:99–135
étudié la cytotoxicité des produits de corrosion de bilisation. Le nickel est susceptible de se substituer
23 fils orthodontiques réalisés avec cinq alliages dif- à certains autres métaux (particulièrement le zinc)
férents dont l’acier, le CoCr, le NiTi et le β-titane : dans les enzymes méta-dépendantes, conduisant à
les produits de relargage des alliages NiTi et β-titane des protéines dont les fonctions sont altérées. De
n’avaient pas d’influence sur le taux de prolifération grandes quantités de nickel dans le sérum et les tis-
cellulaire fibroblastique. La même observation a été sus peuvent interférer avec les métabolismes du zinc
faite pour les alliages d’acier excepté pour deux des et du cuivre. Le nickel est également capable de tra-
fils étudiés (Australian wireR et Wildcat wireR ). En verser les membranes cellulaires grâce aux canaux
revanche, ils ont noté que l’alliage CoCrNi a engen- calcium et d’entrer en compétition avec le calcium
dré une sévère inhibition de la croissance cellulaire. pour des récepteurs spécifiques.
La cytotoxicité fibroblastique du NitinolTM est sem-
blable à celle d’un alliage CoCrMo, quoique plus im- 3.1.1.3. Mécanisme de la toxicité
portante que celle du titane pur, de l’alliage Ti6Al4V du chrome [131]
et de l’acier 316L [6]. L’addition de cuivre dans l’al-
liage NiTi (NiTi vs. CuNiTi) semble affecter sa bio- La toxicité du chrome est principalement causée
Chapitre 2
compatibilité [35], contredisant Wen, et al. [130]. par les composés hexavalents (VI, Cr6+ ) suite à l’ac-
cumulation cellulaire élevée de chrome VI (Cr6+ ) et
Les résultats de ces études sur la biocompati-
III (Cr3+ ). Ceci s’explique par le fait que l’anion chro-
bilité fibroblastique in vitro sont parfois contradic-
mate CrO2− 4 peut entrer dans les cellules par diffu-
toires. Ryhänen [107] l’explique par des différences
sion facilitée à travers les canaux à anions non spéci-
dans les protocoles expérimentaux et dans les prépa-
fiques (semblables aux anions phosphate et sulfate).
rations des échantillons métalliques. En effet, l’état
L’absorption de composés de chrome III est, quant à
de surface des fils orthodontiques a une influence
elle, réalisée par diffusion passive et phagocytose.
très importante sur le comportement des cellules qui
peuvent être au contact. Ponsonnet, et al. [98] rap- Le chrome hexavalent est instable dans le corps
portent que les fibroblastes gingivaux in vitro ont et est réduit en intracellulaire (par beaucoup de sub-
proliféré sur les fils NiTi et se sont orientés le long stances dont l’ascorbate et le glutathion), créant du
des cannelures dues au polissage mécanique lorsque chrome pentavalent Cr5+ très réactif et du chrome III
les rugosités sont fortes, tandis qu’elles n’avaient Cr3+ . Tous ces intermédiaires sont capables d’altérer
pas d’orientation particulière sur les surfaces douces, l’ADN.
d’où l’importance de la structure et la composition
de la surface comme paramètre influant la proliféra- 3.1.1.4. Mécanisme de la toxicité
tion cellulaire. du cuivre [131]
Des concentrations non létales d’ions métalliques Le cuivre diminue le gluthation, nécessaire à la
sont susceptibles d’altérer la sécrétion des protéines vie de la cellule. Les amino-acides transférases sont
médiatrices de l’inflammation telles que les cytokines inhibés en présence d’un excès de cuivre ; la peroxy-
des monocytes qui dirigent la réponse inflammatoire dation des lipides se produit alors. Le cuivre se com-
dans les tissus [75, 129]. bine avec des groupements thiol-SH, par réduction
de l’état d’oxydation du cuivre de II à I, et par oxy-
3.1.1.2. Mécanisme de la toxicité dation des thiols en liaisons (ponts) disulfure S-S,
du nickel [131] particulièrement au sein de la membrane cellulaire.
La sensibilisation de la peau semble due à la Les fils en titane contenant du nickel peuvent
création à la surface de la cellule d’un complexe causer une irritation localisée des tissus chez cer-
ligand nickel-protéine récepteur induisant la for- tains patients. Le manganèse de l’alliage est alors
mation d’anticorps. Le corps perçoit le complexe avalé avec la salive et crée une toxicité provoquant
nickel-protéine comme étranger et crée une réaction des désordres nerveux, squelettiques, etc. Des études
immune envers lui. Le nickel des boucles d’oreilles ont suggéré que l’exposition à long terme au ni-
est en contact direct avec la peau. Le métal dis- ckel contenu dans les matériaux dentaires affecte les
sous peut pénétrer et réagir avec les protéines de la monocytes humains et les cellules de la muqueuse
peau et conduire à une réaction immune de sensi- orale [3, 26].
124 Orthod Fr 2009;80:99–135
mières heures après polymérisation, suite à une effet cytotoxique diminué sur cellules in vitro lors-
polymérisation incomplète, des facteurs ther- qu’elles sont placées dans une élution de 48 h par
miques, chimiques et mécaniques. rapport à une élution de 24 h [42]. La teneur en
Kopperud [70] a montré que les MSDS (Material Sa- monomères résiduels des résines acryliques autopo-
fety Data Sheet) des différents fabricants étaient in- lymérisables est en moyenne d’un peu plus de 5 %
complètes, ne mentionnant pas tous les composants immédiatement après réalisation et d’un peu moins
des produits comprenant des polymères, et étaient de 4 % après 24 h, quelque soit la technique de ma-
donc d’un intérêt limité pour la compréhension des nipulation et de polissage utilisée [43].
compositions des matériaux susceptibles d’être re- L’addition de peroxyde d’hydrogène H2 O2 (com-
largués. Des monomères et des additifs ont ainsi posant de produit de blanchiment) même à faible
été retrouvés dans les polymères sans avoir été dé- dose, potentialise la toxicité du TEGDMA et de
clarés dans les MSDS. Plusieurs de ces composants l’UDMA vis-à-vis des fibroblastes gingivaux et pul-
identifiés sont potentiellement dangereux et fichés paires humains, mais reste sans effet sur le BisGMA
au RTECS (Registry of Toxic Effects of Chemical Sub- et le HEMA [103]. Le TEGDMA et H2 O2 ont des
stances) comme mutagène, cancérigène, irritant et ou effets additifs sur le taux de gluthation intracellu-
toxique pour la reproduction. laire [124]. Les récentes découvertes des mécanismes
L’utilisation de plaques de polymères thermo- moléculaires de la cytotoxicité ont été rappelées par
formables est préférable [70] à celle de résine Goldberg [40].
photo- ou chémo-polymérisable (plaque palatine, D’une manière générale, les monomères aug-
par exemple), car plus de produits de relarguage mentent le stress oxydatif intracellulaire par un ap-
en quantité ont été retrouvés significativement dans pauvrissement de l’équilibre rédox entre les pro et les
le surfactant pour ces deux dernières que pour antioxydants. Les monomères réduisent les taux de
les plaques thermoformables. Quelques exemples gluthation intracellulaire, destructeur naturel de ra-
de produits retrouvés : 2-hydroxyethyl methacrylate dicaux libres, qui protègent les structures cellulaires
(2-HEMA), urethane dimethacrylate (UEDMA), me- des dommages causés par les radicaux libres oxygé-
thyl methacrylate (MMA). nés (reactive oxygen species ROS). Ils contribuent si-
Le TEGDMA (triethyleneglycol dimethacrylate) gnificativement à la cytotoxicité car l’augmentation
des primers, les Bis-GMA (bisphenol-A glycidyl di- relative du taux des ROS facilite le passage de la cel-
methacrylate) et 2-HEMA des colles orthodontiques lule vers l’apoptose [114].
sont également sujets à étude. Goldberg [40] rap- Des méthodes cellulaires ont été proposées pour
pelle que les monomères de TEGDMA et HEMA sont évaluer les effets des concentrations variables des
cytotoxiques à l’égard des cellules gingivales et sont composants des résines et polymères. Il a été sug-
probablement responsables des allergies à ces ma- géré dans un premier temps de préciser plus systé-
tériaux. De plus, les monomères non liés favorisent matiquement les niveaux de concentration toxiques
Szustakiewicz B., et al. Comportement en milieu buccal 125
des composants des résines et polymères et d’éva- artificielle, ne montre pas de cytotoxicité clairement
luer l’amplitude des réponses biologiques. Or, les définie, ni de dommage envers l’ADN.
matériaux utilisés en clinique sont une combinai- Mais le mécanisme de carcinogenèse du nickel est
son de plusieurs composants. Il convient donc de controversé [131], car il semble varier selon la forme
ne pas étudier uniquement les effets des constituants sous laquelle se présente le nickel. La plupart des
seuls mais également de leurs combinaisons. Rata- auteurs ont montré que l’absorption par voie diges-
nasathien, et al. [102] ont ainsi étudié la cytotoxi- tive de cet élément est le mode d’administration le
cité de combinaisons binaires de composants issus moins toxique. L’ion Ni2+ seul ne semble pas former
de colles orthodontiques ou de polymères thermo- de lésions prémutagènes sur l’ADN, mais il est sug-
formables : HEMA, Bis-GMA, TEGDMA et UDMA. géré que le nickel cause des dommages indirects, par
Sur des fibroblastes murins, un effet synergique a stress oxydatif ou en bloquant le mécanisme de ré-
été mis en évidence lorsque le Bis-GMA est pré- paration de l’ADN. Plus précis, Costa [24] a décrit
sent à une concentration de 25 μmol/L et l’HEMA le rôle du nickel dans le mécanisme de la carcinoge-
est présent à quelque concentration que ce soit. Les nèse : le nickel induit un silence génique par hyper-
effets synergiques sont particulièrement importants méthylation de l’ADN et par inhibition de l’acétyla-
Chapitre 2
à mettre en évidence car les composants non poly- tion des histones.
mérisés peuvent induire une cytotoxicité bien que
leurs concentrations respectives n’aient pas atteint le 3.2.2. Les polymères
niveau suffisant lorsque le produit est utilisé seul.
Le TEGDMA est hydrophile et interfère avec les
D’autre part, des résines de plus faible poids molécu-
tissus oraux ; en pénétrant les membranes, il réagit
laire comme HEMA, 4-META et TEGDMA peuvent
avec les molécules intracellulaires. Le TEGDMA pro-
agir comme des solvants de résines plus visqueuses
voque de larges délétions d’ADN dans les cellules
(BisGMA et UDMA) et leur permettre un contact plus
mammaliennes.
intime avec les tissus.
Le HEMA ne semble pas provoquer directe-
Le bisphénol-A (BPA) relargué depuis les adhé-
ment de mutations mais induit un grand nombre
sifs orthodontiques fait l’objet d’études se rapportant
de micronoyaux, indicateur d’aberrations chromoso-
à son oestrogénicité potentielle bien que les teneurs
miques in vitro [112] tout comme le TEGDMA.
observées soit inférieure à 0,1 ppm ou 0,1 μg/L [33].
Bien que les détails des mécanismes conduisant à
la mort cellulaire, à la mutagenèse et à l’arrêt du cycle
3.2. Mutagénicité de mitose [113] ne sont pas encore parfaitement
Les produits de dégradation peuvent induire des compris, les monomères de résines sont capables
modifications de l’ADN qui sont transmises aux gé- d’altérer les fonctions des cellules de la cavité orale.
nérations suivantes. Des voies telles que la régulation de l’homéostasie
cellulaire, la dentinogenèse (dans le cas de reconsti-
3.2.1. Les métaux tution composite) ou la réparation tissulaire peuvent
être modifiées par les monomères à des concentra-
Le nickel et le chrome induisent une réaction tions bien en dessous de celles causant une cytotoxi-
d’hypersensibilité de type IV, et ont une action anti- cité aiguë [114].
gène, carcinogène et mutagène. Ces métaux causent Les effets complémentaires cytotoxiques et mu-
plusieurs réponses cytotoxiques dont une diminu- tagènes du TEGDMA et du HEMA sont inhibés
tion de l’activité de certaines enzymes, créent des par la présence de destructeurs de ROS tels que la
interférences dans les voies de signalisation biochi- N-acetylcysteine (NAC), l’ascorbate, la vitamine C et
miques, et ont des actions de type carcinogène et E [115].
mutagène [96, 123].
La large étude de Tomakidi, et al. [120] sur la cy- 3.3. Réactions locales
totoxicité et la mutagénicité des élutions de corro-
3.3.1. Décalcifications dentaires
sion de matériaux orthodontiques tels que brackets
et fils sans nickel, brackets et bagues acier conte- Divers acides sont formés durant l’attaque micro-
nant du nickel, et vis d’expansion au titane, en salive bienne sur les appareils orthodontiques métalliques
126 Orthod Fr 2009;80:99–135
dans l’environnement buccal. Le biofilm se forme toxicité dans l’environnement humain, malgré le fait
à la surface de la dent grâce aux débris de nour- que la quantité de nickel libérée par la corrosion
riture et les métabolites produits par les microbes. reste en dessous des seuils toxiques, et des quantités
Les microbes aérobies utilisent les sucres simples ingérées via l’alimentation. La littérature orthodon-
dans leur glycolyse et relarguent du dioxyde de car- tique est riche de cas rapportés. Les observations
bone CO2 . Généralement, les chémo-organotrophes cliniques rapportent une hyperplasie gingivale, une
facultatifs entrent dans la voie de fermentation utili- desquamation labiale, une chéilite angulaire, un
sant les sucres et produisant des acides organiques, gonflement ou encore une sensation de brûlure au
des alcools et du CO2 . Dans des conditions anaé- niveau de la muqueuse orale [26, 78, 117].
robiques et via la SRB (Sulphate Reducing Bacteria), Le nickel est placé au troisième rang de la liste
les chémo-organotrophes utilisent le lactate comme des cinq causes les plus fréquentes de dermatites de
source carbonée et réduisent les sulfates -SO4 en sul- contact et au premier rang dans les pays les plus
fures -S. Par la suite, le sulfure se combine avec les industrialisés. Le nickel est l’allergène de contact le
ions ferreux Fe2+ pour former du sulfure ferreux FeS plus fréquent ; la réponse allergique du sujet sensibi-
comme produit de corrosion. Finalement, en pré- lisé étant indépendante de la quantité de métal.
Chapitre 2
tests positifs aux patchs de nickel (19,9 %), chrome niveau de la main plus sévère qu’une allergie isolée
(5,6 %), cobalt (8,2 %). Les sources les plus cou- au nickel ou au cobalt. L’allergie croisée prédispose
rantes d’allergies au nickel (forme de dermatite al- à une dermatite plus sévère et plus étendue [106].
lergique de contact métal-induite) sont diverses : Les risques de dermatites au niveau des paupières et
petite bijouterie [14], boucles de ceinture, montres des oreilles sont augmentés chez les allergiques iso-
de poignet, piercing intra-oraux [28, 89]. L’une des lés au nickel et au chrome. Ces sites sont également
voies principales de sensibilisation est la nourriture. ceux impliqués dans les cas rapportés d’allergies à
Les taux de nickel sont élevés dans le chocolat, l’or, dans le sens que le risque d’allergie au nickel se-
graines de soja, noix, noisettes, flocons d’avoine. La rait augmenté chez les allergiques à l’or. Des études
seconde phase, ou réponse, s’exprime sous la forme sont à prévoir pour déterminer si le nickel et/ou le
de dermatite de contact qui se produit lors de la ré- cobalt pourraient induire une allergie à l’or. Ces trois
exposition au nickel et se développe sur plusieurs métaux, seuls ou combinés, sont associés à la der-
jours mais rarement au-delà de trois semaines (infil- matite de lèvre, bien que l’on n’ait pas encore déter-
trat cellulaire, gonflement) [89]. miné les agents sensibilisants, peut-être un lien avec
les amalgames dentaires [106] ?
Chapitre 2
Les allergies au chrome ont pour origine les ci-
ments du bâtiment, le cuir et les objets métalliques. Facteur sexuel : la prédilection des allergies au
L’allergie croisée au cobalt est aussi due à une nickel est féminine, de même que le chrome, tan-
primo-allergie au nickel et au chrome [44]. La bi- dis que dans les cas d’allergies au cobalt, la prédi-
jouterie est le premier inducteur d’allergies au nickel lection est masculine [106]. L’étude de Janso [63]
et à l’or. La bijouterie en argent se révèle un prédic- montre un lien entre l’hypersensibilité au nickel,
teur significatif d’une réponse allergique. Le nombre les antécédents allergiques du patient et l’utilisation
de piercings est corrélé à l’incidence d’allergies mé- quotidienne d’objets métalliques. Mais aucune as-
talliques chez les hommes [28]. sociation avant/après traitement orthodontique par
Le relargage d’ions métalliques de la composi- multi-attaches acier au sens d’une réaction d’hyper-
tion déclarée de l’alliage dentaire or/platine commer- sensibilité au nickel ou au cobalt [108] n’a été mise
cial a été étudié in vitro. L’étude a montré un re- en évidence.
largage de Cr, Cu, Fe et Zn alors que seuls Cu et Le nickel est le composant le plus répandu
Zn étaient déclarés. D’où l’idée que le chrome non (47–50 %) dans les arcs super-élastiques NiTi
déclaré issu de l’alliage dentaire Au/Pt, ou certains et de l’ordre de 8 % dans les aciers orthodon-
autres éléments, pourraient être responsable d’aller- tiques. Des appareils orthodontiques extra-oraux
gies de contact faussement attribuées à l’or [20]. tels que les arcs externes des masques faciaux
Des recherches sont en cours pour essayer de ca- contiennent du nickel et peuvent engendrer une ré-
ractériser les associations entre le site de la dermatite ponse cutanée [89]. Tous les individus allergiques au
et le métal incriminé [106]. nickel ne réagiront pas au nickel intra-oral et dans
L’éventualité de l’allergie au nickel devrait être l’état actuel des choses, il est impossible de prédire
examinée au moment du remplissage du question- les individus qui réagiront.
naire de santé du patient. L’orthodontiste devrait sa- La réponse du système immunitaire au nickel est
voir la diagnostiquer si elle apparaissait au cours une hypersensibilité de type IV ou retardée, à mé-
du traitement orthodontique et réagir en consé- diation cellulaire encore appelée dermatite allergique
quence [89]. La dermatite exprimée au niveau des de contact. Elle est médiée par les lymphocytes T et
mains est le site le plus courant des réactions aux les monocytes/macrophages plutôt que par les anti-
métaux. Les patients réagissant au cobalt sont non- corps et s’opère en deux phases. La première phase,
caucasiens et sont plus souvent touchés au niveau du ou sensibilisation, se déroule lorsque le nickel entre
cuir chevelu (exposition socioculturelle ?). Les pa- initialement dans le corps. Il n’y a généralement au-
tients à allergies croisées nickel et cobalt, avec ou cune réponse à ce moment mais le système immu-
sans chrome, sont plus sujets à une dermatite géné- nitaire est sollicité pour une réponse allergique : les
ralisée que ceux qui ne réagissent pas aux métaux. cytokines et chiomiokines des lymphocytes T activés
En accord avec de précédentes études, le croisement recrutent localement les macrophages, puis plus tard
de l’allergie nickel/cobalt provoque une dermatite au des polynucléaires neutrophiles [89].
128 Orthod Fr 2009;80:99–135
trouvés chez les professionnels. Les caractéristiques tures élastomériques et les élastiques intermaxil-
cliniques sont typiques de la dermatite chronique laires.
mais des formes atypiques de types dermatites liché- .
noïde et psoriasiforme ont également été observées.
Un érythème sur la muqueuse orale et un oedème 3.5.3. Caractéristiques de l’allergie au nickel
se sont développés chez deux patientes allergiques
après mise en place de couronnes dentaires scellées 3.5.3.1 Diagnostic
avec un ciment à base d’acrylate. Les plus fréquents Le diagnostic de réponse au nickel de la mu-
allergènes déclencheurs d’allergies (17,5 % chacun) queuse orale est plus difficile que celui de la peau,
sont le 2-HEMA et le 2-hydroxypropyl methacry- mais dès le questionnaire initial de santé, certains
late (2-HPMA), suivi du EGDMA (13,4 %, ethyle- signes devraient orienter le praticien vers une allergie
neglycol dimethacrylate). Vingt-cinq % des patientes au nickel :
étaient testées positives à l’ECA (ethyl cyanocrylate),
un composant de la colle pour ongle. Les mono- – une réponse allergique antérieure après port de
mères acryliques utilisés pour la sculpture d’ongle boucles d’oreilles ou de bracelet métallique de
sont des agents sensibilisants professionnels et de montre,
contact qui peuvent produire des réactions croisées – l’apparition de symptômes allergiques (Fig. 13)
avec d’autres composés acryliques et déclencher des peu après l’insertion de composants orthodon-
réactions lors d’une ré-exposition dans des circons- tiques contenant du nickel,
tances différentes [72]. Un cas d’allergie ou hyper- – un rash extra-oral confiné et adjacent au bas du
sensibilité de type IV au MMA a été décrit [41] suite masque facial.
à la pose d’une plaque de contention avec appari- En face d’une allergie au nickel suspectée, le diag-
tion d’une réaction localisée hypersensible au palais. nostic peut être confirmé par un dermatologue avec
La teneur en monomères résiduels était évaluée entre des patchs cutanés utilisant 5 % de sulfate de nickel.
0,745 et 0,78 %, sous les valeurs standards interna- Les signes cliniques oraux et les symptômes d’une
tionales ISO 1567 affichées à 2,2 % pour la poly- allergie au nickel peuvent contenir une sensation de
mérisation par chauffage et 4,5 % pour les résines brûlure, une hyperplasie gingivale, une desquama-
acryliques auto-polymérisables. tion labiale, une chéilite angulaire, un érythème mul-
La salive augmente l’allergénicité du latex en fa- tiforme, une parodontite, une stomatite avec un éry-
vorisant la libération des protéines du latex. Les thème moyen à sévère, un rash papulaire péri-oral,
allergies au latex (dans les élastomères) se mani- une perte de goût ou un goût métallique, un engour-
festent soit par un eczéma allergique de contact dissement et une douleur sur le côté de la langue,
au caoutchouc retardé de 48 h, dû aux accéléra- 1
D’après Schuster G, Reichle R, Bauer RR, Schopf PM. Allergies
teurs de vulcanisation ou anti-oxydant, soit une urti- induced by orthodontic alloys : incidence and impact on treat-
caire allergique de contact au caoutchouc lui-même, ment. J Orofac Orthop 2004 ;65 :48–59.
Szustakiewicz B., et al. Comportement en milieu buccal 129
Chapitre 2
Figure 14
Réaction allergique extra-orale au niveau de la face (a) et des bras (b) après mise en place d’un appareil multi-attache (c). Aucune
efflorescence n’a été observée en bouche1 .
une gingivite sévère en l’absence de plaque. D’autre d’oreille, la fréquence d’allergie diminue et passe de
part, des manifestations extra-orales d’allergies au ni- 36 à 25 %. D’où l’idée que les contacts oraux avec des
ckel peuvent avoir une origine intra-orale. Avant que allergènes induisent une tolérance immunologique
le diagnostic d’hypersensibilité au nickel soit réalisé, systémique spécifique. A contrario, le traitement or-
d’autres possibilités devraient être éliminées, en par- thodontique n’induit pas forcément une tolérance au
ticulier les candidoses, la stomatite herpétique, les nickel en toute occasion ; la sensibilisation au tra-
ulcères dus aux irritations mécaniques et les allergies vers du port permanent d’appareils semble être pos-
à d’autres matériaux dont l’acrylique [101]. sible [65].
Les signes cliniques extra-oraux de l’allergie au Dans leur étude menée sur 700 adolescents
nickel (Fig. 14) sont du type urticaire généralisée, (14–18 ans) finlandais, Kerosuo, et al. [67] ont
eczéma étendu, flambée soudaine de dermatite aller- observé une prévalence de l’allergie au nickel de
gique, exacerbation de l’eczéma pré-existant [101], 30 % chez les adolescentes, contre 3 % chez les
voire même pustules et ulcères dans les cas les plus garçons. Le piercing d’oreille semble être la princi-
extrêmes [131]. Il semblerait que les signes extra- pale cause de sensibilisation au nickel, car la pré-
oraux soient plus fréquents que les signes intra- valence est de 31 % avec les oreilles percées et
oraux [101]. de 2 % sinon. Le seuil maximum de relargage au
contact cutané instauré par l’Union Européenne est
3.5.3.2 Piercing
de 0,5 μg/cm2 /semaine. Dans le cas des boucles
Une étude [119] a montré un lien entre le déve- d’oreille, cette limite est respectée pour le nickel,
loppement d’une allergie au nickel, le port antérieur mais ne l’est pas pour les autres éléments [69].
de boucles d’oreilles (ou piercing), et un traitement Un seuil de concentration de 30 ppm de nickel
orthodontique avec des éléments contenant du ni- peut être suffisant pour engendrer une réponse cy-
ckel. Trente et un % des 247 cas d’oreilles percées totoxique sur les lymphocytes T in vitro [15]. Ce-
étudiés étaient allergiques au nickel contre 6,4 % des pendant, il a été établi que les contacts oraux anti-
cas sans oreilles percées, confirmant l’idée que l’al- géniques chez les individus non sensibilisés peuvent
lergie au nickel est favorisée par le piercing d’oreille. induire une tolérance au nickel plutôt qu’une sen-
Si un traitement orthodontique a précédé le piercing sibilisation [125]. Mais Bass [9] rapporte également
130 Orthod Fr 2009;80:99–135
la création de cas d’allergies au nickel en cours et déplaçant les atomes de nickel Ni. Une étude in
de traitement. La sensibilisation pourrait encore être vitro [95] montre que la surface nitrurée n’empêche
augmentée par irritation mécanique, macération cu- pas le relargage de Ni depuis les arcs NiTi sous stress
tanée, ou encore blessure de la muqueuse orale, mécanique continu et ce quelque soit le type de so-
faits courants dans notre pratique. La température de lution (eau ou eau salée), le type de surface (nitrurée
l’environnement et la durée d’exposition sont aussi ou non) : 45 ng/cm2 /j sous charge et 1 ng/cm2 /j sans
d’autres facteurs [101]. charge.
En orthodontie, il a été observé des allergies au
Brackets : les brackets acier contiennent 6 % de ni-
nickel pour les appuis crâniens et pour les fils or-
ckel et sont considérés comme sûrs. Il existe égale-
thodontiques. Les signes cliniques d’allergie au ni-
ment des brackets acier à teneur réduite en nickel.
ckel sont l’œdème des paupières et des lèvres, les
Cependant, des brackets sans nickel existent aussi :
gerçures labiales et l’eczéma chronique sur les joues
et les paumes des mains. Les dermatites au nickel – brackets céramiques : polycristallins en alumine,
peuvent s’étendre à des sites secondaires comme les saphir monocristallin et zircone,
bras, la paupière, les cotés du cou et le visage. Si le – brackets polycarbonate issus de polymères plas-
Chapitre 2
Chapitre 2
Figure 15
Débris d’aluminosilicate provenant d’une céramique dentaire ayant provoqué un granulome du foie.
Figure 16
Débris d’aluminosilicate provenant d’une céramique dentaire dans un ganglion lymphatique d’un cancer de la bouche.
observés en bouche dus aux produits de corrosion en cause la pérennité du traitement. La responsabilité
et les résultats des tests de corrosion in vitro. D’après de l’orthodontiste est alors mise en jeu, d’où la néces-
Cioffi, et al. [23], l’utilisation de la méthode par ac- sité de la matériovigilance des biomatériaux.
tivation de la fine couche (TLA) dans le domaine
biomédical apparaît comme une technique adéquate Bibliographie
pour permettre de suivre en temps réel le comporte-
[1] Agha-Hosseini F, Dizgah IM, Amirkhani S. The composi-
ment de la corrosion des appareils médicaux.
tion of unstimulated whole saliva of healthy dental stu-
En conclusion, plusieurs types de biodégradation dents. J Contemp Dent Pract 2006;7:104–111.
sont à prendre en compte. Le praticien se doit de gar- [2] Ahn SJ, Lim BS, Lee YK, Nahm DS. Quantita-
der à l’esprit leurs conséquences lors de l’élaboration tive determination of adhesion patterns of cariogenic
streptococci to various orthodontic adhesives. Angle Or-
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