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Impacts de la toxine Bot III en biotechnologie

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N° d’ordre : 30/2017-D/S.B

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE


SCIENTIFIQUE

Université des Sciences et de la Technologie Houari BOUMEDIENE

Faculté des Sciences Biologiques

Thèse présentée pour l’obtention du grade de Docteur en Sciences Biologiques

Spécialité : Biotechnologie et Santé

Par : Mme Imane NAKIB épouse CHEIKH

Thème

Implication de la toxine Bot III dans la compréhension des mécanismes


cellulaires et moléculaires déclenchés lors d’envenimation :
Action de l’immunothérapie croisée

Soutenue publiquement le 30/05/2017, devant le jury composé :

Mme Touil-Boukoffa Chafia Professeur à l’USTHB Président


Mme Laraba-Djebari Fatima Professeur à l’USTHB Directeur de thèse
Mme Ait-Younes Sonia Professeur à l’université Alger I Examinateur
Mme Hammoudi-Triki Djalila Professeur à l’USTHB Examinateur
Mme Adi-Bessalem Sonia Professeur à l’USTHB Examinateur
Mr Djenouhat Kamel Professeur à l’université Alger I Examinateur
                                                                               

Résumé

La toxine Bot III est une neurotoxine de type α purifiée à partir du venin de scorpion Buthus
occitanus tunetanus, qui est l’un des scorpions les plus dangereux en Algérie. Cette toxine se
fixe sur le site 3 du canal sodique des cellules excitables et bloque son inactivation.
L’objectif de ce travail est d’explorer le rôle des récepteurs cholinergiques et adrénergiques
dans la physiopathologie induite par la toxine Bot III selon une approche immunologique,
métabolique et histologique. Cette étude est entreprise en administrant des molécules
pharmacologiques ciblant ces récepteurs et ce avant l’injection de la neurotoxine Bot III.
Concernant la voie cholinergique, les molécules choisies consistent en un agoniste des
récepteurs nicotiniques et un antagoniste des récepteurs muscariniques. Dans le cas de la voie
adrénergique, le choix a porté sur des inhibiteurs sélectifs ou non sélectifs des récepteurs β1/β2
adrénergiques et un inhibiteur des récepteurs α1/β1/β2 adrénergiques. Les résultats obtenus
suggèrent que les deux voies cholinergique et adrénergique sont impliquées dans les désordres
induits par la toxine Bot III. Les récepteurs muscariniques semblent être plus impliqués que
leurs homologues nicotiniques. Il parait également que l’activation des récepteurs nicotiniques
puisse prévenir la majorité des altérations induites par la neurotoxine, particulièrement la
réaction inflammatoire. Concernant le système adrénergique, les résultats suggèrent une
implication prédominante des récepteurs β1-AR et α1-AR par rapport au β2-AR sur l’axe
cardio-pulmonaire. Le β2-AR semble plus impliqué au niveau hépatique.
Les effets de l’immunothérapie utilisant plusieurs anticorps a spécificité variable (anticorps
anti-Bot III, anti-Aah II, anti-Aah I) dans la neutralisation de la toxine Bot III ont été évalués.
Les résultats obtenus indiquent que l’administration des anticorps anti-Bot III ou anti Aah-II
après injection de la neurotoxine Bot III a montré une efficacité presque similaire des deux
anticorps dans la neutralisation de la toxicité de Bot III, suggérant une réactivité croisée entre
ces deux type d’anticorps. En revanche, les anticorps anti-Aah I ne semblent pas avoir un effet
bénéfique contre l’apparition des désordres provoqués par cette toxine.

Mots clés : Buthus occitanus tunetanus, venin, toxine Bot III, Récepteurs cholinergiques,
récepteurs adrénergiques, immunothérapie.
Remerciements
Tout d’abord, je remercie Dieu le tout puissant de m’avoir donné le courage et la
volonté pour entreprendre ce travail et de l’achever.

Une thèse n’est pas une fin en soi, mais c’est un moment particulier dans la vie d’un
chercheur : il y aura eu un avant qui ne sera plus, et il y aura un après à construire.
Aussi, au moment de franchir cette limite, je ne peux ne pas penser à tous ceux qui,
de près ou de loin, auront contribué à ce grand effort car, si l’épreuve est
individuelle, ses implications sont sociales, académiques, familiales, et humaines
tout simplement.

Ainsi, je voudrais tout d’abord remercier grandement ma directrice de thése, le


professeur LARABA-DJEBARI, F. qui a cru en mes capacités en m’accueillant dans
son laboratoire. Je lui suis reconnaissante de m’avoir fait bénéficier tout au long de
ce travail de sa grande compétence, de sa rigueur scientifique, de sa clairvoyance,
de ses conseils précieux, de son efficacité, et de ses réelles qualités humaines. Je la
remercie pour le temps et la patience qu’elle m’a accordés tout au long de ces années.
Jamais je n’oublierai tout ce qu’elle a fait pour moi, qu’elle trouve ici l’expression de
ma profonde gratitude.

Je sais infiniment gré au professeur TOUIL-BOUKOFFA, C. de m’avoir fait


l’honneur de présider le jury de ma soutenance. Je la remercie également d’avoir
contribué à ma formation universitaire en graduation et en post-graduation. Qu’elle
trouve ici l’assurance de mon profond respect.

Mes sincères remerciements s’adressent également au :

Professeur DJENOUHAT, K. pour l’honneur qu’il nous fait en acceptant d’être


membre de mon jury de thèse. Je tiens à l’assurer de ma profonde reconnaissance
pour l’intérêt qu’il porte à ce travail.

Professeur AITYOUNES, S. qui a aimablement accepté de juger ce travail. Je suis


particulièrement honorée par sa présence. Qu’elle trouve ici le témoignage de ma
sincère reconnaissance.

Professeur HAMMOUDI-TRIKI, D. qui a pris sur son temps afin d’examiner ce


travail. Je suis honorée de l’avoir eu comme enseignante durant mon cursus
universitaire. Ses compétences et son appui scientifique m’ont été d’une très grande
utilité. Sa participation dans l’évaluation de ce travail est un immense
enrichissement. Qu’elle soit assurée de mon estime et de ma profonde gratitude.

Professeur ADI-BESSALEM, S. pour l’honneur qu’elle m’a fait par sa participation


à mon jury de thèse en qualité d’examinateur. Je la remercie également pour sa
gentillesse et sa disponibilité. Qu’elle trouve ici l’expression de ma sincère gratitude.
Je n’oublie pas le Professeur Emérite MARTIN-EAUCLAIRE, M.F. qui nous a
gracieusement fourni la toxine Bot III ainsi que les différents anticorps afin de
réaliser ce travail. Qu’elle soit sincèrement remerciée.

Un grand merci à mes amies-collègues MEDJADBA, W. CHELGHOUM, H.


BEKKARI, N et SAIDI, H. pour les moments que nous avons partagés ensemble, je
leur souhaite une très bonne continuation.

Je remercie chaleureusement les membres de l’équipe « Biochimie-Immunologie».


Particulièrement, SACI, A. BENNACEF, N et AIT-LOUNIS, A qui m’ont beaucoup
apportée, encouragée et aidée à aller de l’avant à travers les discussions que j’aie pu
avoir avec elles. Ainsi que. CHIRIFI, F. OUSSEDIK, H. BOUKHALFA-ABIB, H.
BOUSSAG-ABIB, L, SAMI-MERAH, S. SIFI, N. REBBOUH, F. et MENDIL, A.
pour le climat sympathique dans lequel ils m’ont permis de travailler.

Je tiens, tout particulièrement, à témoigner une vive reconnaissance à Assia, Manel,


Samia et Khaoula qui m’ont facilité le travail par leur disponibilité et leur aide.
Qu’elles trouvent ici l’expression de mon profond respect.

Je remercie également mes collègues enseignants de Biochimie et de Microbiologie


avec qui j’ai beaucoup appris.

J’adresse toute mon affection à ma famille :

A mes parents pour leurs sacrifices, leur soutien constant et leurs prières
ininterrompues. Merci d’avoir fait de moi ce que je suis aujourd’hui. A mon frère
qui a toujours été auprès de moi et qui ne m’a jamais lâchée et à ma sœur qui m’a
énormément aidée, encouragée, et aussi interdit de baisser les bras.

Aux membres de ma belle famille pour leur soutien et leur compréhension. Leur
présence à mes cotés m’a beaucoup aidé à surmonter les moments difficiles…Merci
à « Kaouthar » mon petit porte bonheur.

Merci à mes tantes qui n’ont pas cessé de prier pour moi, à mes cousins et cousines
pour leur compagnie précieuse.

Un merci spécial pour mon mari Ali, pour sa grande patience, son encouragement,
sa confiance, son soutien, son aide indéfectible, ses nombreux conseils et surtout
pour ses leçons de morale qui m’ont permis de ne jamais dévier de mon objectif.

Enfin, un grand merci à ma petite princesse Arwa qui me procure une joie immense
au quotidien. Que dieu la garde pour nous.
                                                                               

Table des matières 
Introduction ............................................................................................................................................. 1 
I. Rappels bibliographiques ..................................................................................................................... 3 
I.1. Les scorpions ................................................................................................................................. 3 
I.2. Les venins de scorpions ................................................................................................................. 3 
I.3. Neurotoxines ................................................................................................................................. 4 
I.3.2. Toxines longues ...................................................................................................................... 6 
I.4. Les neurotoxines isolées à partir du venin de Buthus occitanus tunetanus ................................. 7 
I.4.1. La Toxine Bot III ...................................................................................................................... 7 
I.5. Canal sodium voltage‐dépendant, cible de la toxine Bot III ........................................................ 10 
I.5.1. Physiologie et structure du canal sodique ........................................................................... 10 
I.5.2. Mécanisme d’activation et d’inactivation du canal sodium ................................................. 11 
I.5.3. Sélectivité et perméabilité aux ions Na+ ............................................................................... 11 
[Link]é du canal sodique aux neurotoxines ..................................................................... 13 
I.5.4.1. Neurotoxines agissant au niveau du pore ..................................................................... 13 
I.5.4.2. Neurotoxines altérant la dépendance du potentiel ...................................................... 13 
I.6. Physiopathologie de l’envenimation scorpionique ..................................................................... 14 
I.6.1. Modulation de la réponse inflammatoire ............................................................................ 14 
I.6.2. Le stress oxydatif .................................................................................................................. 18 
I.6.3. Altérations tissulaires et désordres métaboliques ............................................................... 20 
I.7. Traitement de l’envenimation scorpionique ............................................................................... 21 
I.7.1. Les traitements symptomatiques ......................................................................................... 21 
I.7.2. Les traitements spécifiques .................................................................................................. 21 
I.8. Contrôle de l’organisme par le système nerveux ........................................................................ 23 
I.8.1. Neurotransmetteurs ............................................................................................................. 24 
I.8.2. Voie cholinergique ................................................................................................................ 24 
I.8.2.1. L’acétylcholine ............................................................................................................... 24 
I.8.2.2. Les récepteurs cholinergiques ....................................................................................... 26 
I.[Link]. Les récepteurs nicotiniques .................................................................................... 28 
I.[Link]. Les récepteurs muscariniques ................................................................................ 30 
I.8.3. Voie adrénergique ................................................................................................................ 31 
I.8.3.1. Les catécholamines ....................................................................................................... 31 
I.8.3.2. Les récepteurs adrénergiques ....................................................................................... 33 
II. Matériel et Méthodes ....................................................................................................................... 37 
                                                                               

II.1. Matériel ...................................................................................................................................... 37 
II.1.1. Matériel Biologiques ........................................................................................................... 37 
II.1.2. Réactifs et solution .............................................................................................................. 37 
II.2. Méthodes ................................................................................................................................... 38 
II.2.1. Envenimation expérimentale .............................................................................................. 38 
[Link] des effets physiopathologiques induits par la toxine Bot III ............................... 38 
II.2.1.2. Etude des mécanismes impliqués dans la toxicité induite par la toxine Bot III ........... 38 
II.2.2. Evaluation des perturbations immunologiques .................................................................. 39 
II.2.2.1. Evaluation de l’activité de l’éosinophile peroxydase (EPO) ......................................... 39 
II.2.2.2. Evaluation de l’activité de la myélopéroxydase (MPO) ................................................ 40 
II.2.2.3. Dénombrement des leucocytes dans la cavité péritonéale ......................................... 40 
II.2.3. Etude des paramètres du stress oxydatif ............................................................................ 40 
II.2.3.1. Evaluation de la concentration du monoxyde d’azote (NO) ........................................ 40 
II.2.3.2. Evaluation de la peroxydation lipidique ....................................................................... 40 
II.2.3.3. Détermination de l’activité de la catalase .................................................................... 41 
II.2.3.4. Evaluation du taux de GSH ........................................................................................... 41 
II.2.4. Etudes des altérations biochimiques et métaboliques ....................................................... 41 
II.2.4.1. Evaluation de l’activité de la lactate déshydrogénase (LDH) ....................................... 41 
II.2.4.2. Evaluation de l’activité de la créatinine kinase (CK) ..................................................... 41 
II.2.4.3. Evaluation de l’activité des transaminases .................................................................. 42 
II.2.5. Analyse histopathologique .................................................................................................. 43 
II.2.6. Analyse statistique .............................................................................................................. 43 
III. Résultats et Discussion ..................................................................................................................... 44 
III.1. Physiopathologie induite par la toxine Bot III ........................................................................... 44 
III.1.1. Analyse des variations immunologiques ............................................................................ 44 
III.1.1.1. Evaluation des activités de l’éosinophile peroxydase (EPO) et de la myéloperoxydase 
(MPO) ........................................................................................................................................ 44 
III.1.1.2. Etude de la balance pro‐antioxydante ........................................................................ 47 
III.[Link]. Evaluation du taux du monoxyde d’azote (NO) ................................................... 47 
III.[Link]. Evaluation du taux de malondialdehyde (MDA) .................................................. 49 
III.[Link]. Evaluation de l’activité de la catalase .................................................................. 49 
III.[Link]. Mesure du taux de glutathion réduite (GSH) ....................................................... 52 
III.1.1.3. Evaluation des perturbations métaboliques ............................................................... 52 
III.[Link]. Mesure de l’activité de la lactate déshydrogénase (LDH) et de la créatinine 
kinase (CK) ............................................................................................................................. 52 
                                                                               

III.[Link]. Mesure de l’activité des transaminases (ASAT et ALAT) ...................................... 54 
III.2. Implication de la voie cholinergique dans la physiopathologie induite par la toxine Bot III .... 57 
III.2.1. Implication des récepteurs nicotinique et muscarinique dans le processus inflammatoire 
induit par la toxine Bot III .............................................................................................................. 57 
III.2.2. Implication des récepteurs cholinergiques dans le stress oxydatif induit par la toxine Bot 
III .................................................................................................................................................... 60 
III.2.3. Implication de la voie cholinergique dans les perturbations métaboliques induites par la 
toxine Bot III .................................................................................................................................. 62 
III.2.4. Implication de la voie cholinergique dans l’histopathologie induite par la toxine Bot III .. 67 
III.2.4.1. Analyse histopathologique du parenchyme pulmonaire et du myocarde .................. 67 
III.2.4.2. Analyse histopathologique du parenchyme hépatique .............................................. 70 
III.3. Etude de l’implication des récepteurs adrénergiques dans la physiopathologie induite par la 
toxine Bot III ...................................................................................................................................... 72 
III.3.1. Effets des antagonistes adrénergiques sur l’infiltration leucocytaire ................................ 72 
III.3.2. Effet des antagonistes adrénergiques sur de la balance oxydative ................................... 75 
III.3.3. Effet des antagonistes adrénergiques sur les désordres métaboliques provoqués par la 
toxine Bot III .................................................................................................................................. 81 
III.3.4. Implication de la voie adrénergique dans l’histopathologie induite par la toxine Bot III .. 83 
III.3.4.1. Analyse histologique du parenchyme pulmonaire et du myocarde ........................... 83 
III.3.4.2. Analyse histologique du parenchyme hépatique ........................................................ 86 
III.4. Effet de l’immunothérapie sur les altérations provoquées par la toxine Bot III ....................... 89 
III.4.1. Evaluation des activités des peroxydases .......................................................................... 89 
III.4.2. Effet de l’immunothérapie sur la balance oxydative ......................................................... 92 
III.4.3. Effet de l’immunothérapie sur les désordres métaboliques provoqués par la toxine Bot III
 ....................................................................................................................................................... 92 
III.4.4. Etude de l’effet de l’immunothérapie sur les altérations histologiques provoquées par la 
toxine Bot III au niveau du parenchyme pulmonaire et du myocarde.......................................... 94 
Discussion générale ............................................................................................................................... 99 
Conclusion ........................................................................................................................................... 105 
Références bibliographiques ............................................................................................................... 107 
 

 
                                                                               

Liste des figures et des tableaux 
Figure 1 : Structure tridimensionnelle de quelques toxines actives sur les canaux sodiques. ………………………....……5 
Figure 2 : Alignement des séquences des α‐toxines. …………………………………………………………………………….……………..8 
Figure 3 : Représentation de la sous unité α du canal sodique voltage dépendant. …………………………………..……..12 
Figure 4 : Représentation de la topologie membranaire des canaux sodium voltage‐dépendant. ………………………12 
Figure 5 : Localisation des sites d’action et de liaison des différentes neurotoxines actives sur le canal sodique 
voltage‐dépendant. ………………………………………………………………………………………………………………………………………... 15 
Figure 6 : Effets physiopathologiques induits après la liaison des neurotoxines du venin de scorpion sur leurs 
cibles biologiques. …………………………………………………………………………………………………………………………………………...16 
Figure 7 : Réaction inflammatoire induite par les neurotoxines des venins de scorpion. …………………………….………19 
Figure 8 : Organisation du système nerveux. ………………………………………………………………………….………………………...25 
Figure 9 : Système cholinergique neuronal. ……………………………………………………………………………………………….…… 27 
Figure 10 : Structure de l’acétylcholine (A), la muscarine (B) et la nicotine (C). …………………………………..……………...27 
Figure 11 : Structure du récepteur nicotinique. …………………………………………………………………………………………………29 
Figure 12 : Organisation des sous familles de récepteurs nicotiniques. …………………………………………………………...29 
Figure 13 : Biosynthèse des catécholamines………………………………………………………………………………………………………32 
Figure 14 : Transduction du signal via l’activation des récepteurs α1 adrénergiques………………………………………….34 
Figure 15 : Transduction du signal via les récepteurs β1 et β2 adrénergiques au niveau des cardiomyocytes……36 
Figure 16 : Evaluation de l’activité de l’éosinophile peroxydase sous l’effet de la toxine Bot III…………………………45 
Figure 17 : Evaluation de l’activité de la myélopéroxydase sous l’effet de la toxine Bot III…………………………………..46 
Figure 18 : Evaluation du taux de NO après administration d’une dose sublétale de la toxine Bot III……………………48 
Figure 19 : Evaluation du taux de MDA après administration d’une dose sublétale de la toxine Bot III………………50 
Figure 20 : Evaluation de l’activité de la catalase après administration d’une dose sublétale de la toxine Bot III….51 
Figure 21 : Evaluation du taux de GSH après administration d’une dose sublétale de la toxine Bot III………………..53 
Figure 22 : Evaluation des activités de la LDH (A) et de la CK (B) après administration d’une dose sublétale de la 
toxine Bot III……………………………………………………………………………………………………………………………………………………..55 
Figure 23 : Evaluation des activités des transaminases après administration d’une dose sublétale de la toxine                
Bot III………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..………56 
Figure 24 : Evaluation de l’activité de l’éosinophile péroxydase après administration d’une dose sublétale de la 
toxine Bot III en présence de l’atropine ou de la nicotine……………………………………………………………………………………58 
Figure 25 : Evaluation de l’activité de la myélopéroxydase après administration d’une dose sublétale de la toxine 
Bot III en présence de l’atropine ou de la nicotine……………………………………………………………………………………………..59 
Figure 26 : Evaluation de l’infiltration leucocytaire au niveau de la cavité péritonéale après administration d’une 
dose sublétale de la toxine Bot III, en présence ou absence de l’atropine ou de la nicotine………………………………..61 
Figure 27 : Evaluation des paramètres pro‐oxydants après administration d’une dose sublétale de la toxine Bot 
III en présence de l’atropine ou de la nicotine………………………………………………………………………………………………….63 
Figure 28 : Evaluation des paramètres antioxydants après administration d’une dose sublétale de la toxine Bot 
III en présence de l’atropine ou de la nicotine…………………………………………………………………………………………………..64 
Figure 29 : Evaluation des activités de la LDH (A) et de la CK (B) après administration d’une dose sublétale de la 
toxine Bot III en présence de l’atropine ou de la nicotine……………………………………………………………………………………65 
Figure 30 : Evaluation des activités des transaminases après administration d’une dose sublétale de la toxine Bot 
III en présence de l’atropine ou de la nicotine……………………………………………………………………………………………………66 
                                                                               

Figure 31 : Analyse histopathologique du parenchyme pulmonaire après administration de la toxine Bot III en 
présence et en absence de prétraitements……………………………………………………………………………………………………….68 
Figure 32 : Analyse histopathologique du myocarde après administration de la toxine Bot III en présence et en 
absence de prétraitements……………………………………………………………………………………………………………………………….69 
Figure 33 : Analyse histopathologique du myocarde après administration de la toxine Bot III en présence et en 
absence de prétraitements……………………………………………………………………………………………………………………………….71 
Figure 34 : Evaluation de l’activité de l’EPO après administration de la toxine Bot III en présence des antagonistes 
adrénergiques…………………………………………………………………………………………………………………………………………………..73 
Figure 35 : Evaluation de l’activité de la MPO après administration de la toxine Bot III après prétraitement avec 
des antagonistes adrénergiques……………………………………………………………………………………………………………………….74 
Figure 36 : Evaluation de l’infiltration leucocytaire au niveau de la cavité péritonéale après administration d’une 
dose sublétale de la toxine Bot III, en présence ou en absence de prétraitements……………………………………………..76 
Figure  37  :  Evaluation  du  taux  de  NO  après  administration  de  la  toxine  Bot  III  en  présence  d’antagonistes 
adrénergiques…………………………………………………………………………………………………………………………………………………..78 
Figure  38  :  Evaluation  de  la  peroxydation  lipidique  après  administration  de  la  toxine  Bot  III  en  présence 
d’antagonistes adrénergiques…………………………………………………………………………………………………………………………..79 
Figure  39  :  Evaluation  de  l’activité  de  la  catalase  après  administration  de  la  toxine  Bot  III  en  présence 
d’antagonistes adrénergiques…………………………………………………………………………………………………………………………..80 
Figure  40  :  Evaluation  du  taux  de  GSH  après  administration  de  la  toxine  Bot  III  en  présence  d’antagonistes 
adrénergiques…………………………………………………………………………………………………………………………………………………..82 
Figure 41 : Evaluation des activités de la LDH (A) et de la CK (B) après administration d’une dose sublétale de la 
toxine Bot III en présence des antagonistes adrénergiques……………………………………………………………………………….84 
Figure 42 : Evaluation des activités des transaminases après administration d’une dose sublétale de la toxine Bot 
III en présence des antagonistes adrénergiques………………………………………………………………………………………………..85 
Figure 43 : Analyse histopathologique du parenchyme pulmonaire après administration de la toxine Bot III en 
présence et en absence des antagonistes adrénergiques…………………………………………………………………………………..87 
Figure 44 : Analyse histopathologique du myocarde après administration de la toxine Bot III en présence et en 
absence des antagonistes adrénergiques………………………………………………………………………………………………………….88 
Figure  45  :  Analyse  histopathologique  du  parenchyme  hépatique  après  administration  de  la  toxine  Bot  III  en 
présence et en absence des antagonistes adrénergiques………………………………………………………………………………….90 
Figure 46 : Evaluation des activités des péroxydases après administration de la toxine Bot III suivie d’anticorps à 
spécificité variable…………………………………………………………………………………………………………………………………………….91 
Figure 47 : Evaluation des paramètres du stress oxydatif après administration de la toxine Bot III suivie d’anticorps 
a spécificité variable………………………………………………………………………………………………………………………………………….93 
Figure 48 : Evaluation des désordres métaboliques après administration de la toxine Bot III suivie d’anticorps a 
spécificité variable…………………………………………………………………………………………………………………………………………….95 
Figure 49 : Effet des anticorps à spécificité variable sur les altérations histologiques induites par la toxine Bot III 
au niveau du parenchyme pulmonaire………………………………………………………………………………………………………………96 
Figure 50 : Effet des anticorps à spécificité variable sur les altérations histologiques induites par la toxine Bot III 
au niveau du parenchyme pulmonaire………………………………………………………………………………………………………………97 
Tableau I : Classification des toxines de type α des venins de scorpions selon leurs caractérisations structurales 
et immunologiques…………………………………………………………………………………………………………………………………………….9 
Tableau II : Caractéristiques des toxines purifiées à partir du venin de Buthus occitanus tunetanus……………………..9 
Tableau III : Classification des neurotransmetteurs selon leur structure chimique……………………………………………26 
Tableau IV : Caractéristiques des sous types de récepteurs muscariniques………………………………………………………..31 
                                                                               

Liste des abréviations

AA : Acide arachidonique Bom III : Toxine III du FtoxG50: Fraction toxique


venin de scorpion Buthus majoritaire du venin
Aah II : Toxine II du occitanus mardochei d’Aah
venin de scorpion
Androctonus australis Bot III : Toxine III du GABA: Acide γ-
hector venin de scorpion Buthus aminobutyrique
occitanus tunetanus
Aah : Androctonus GDP : Guanosine
australis hector Bot : Buthus occitanus diphosphate
tunetanus
Aam: Androctonus Gi : Inhibitory Guanine
amoureuxi Bs-Tx28 : Toxine 28 du nucleotide binding protein
venin de scorpion Buthus
AC: Adenylate cyclase sindicus Glu: Glutamate

ACh: Acetylcholine CaMKII : Protéine kinase Gly: Glycine


calcium-dépendante II
ADP: Adenosine Gq11 : Guanine
diphosphate CK : Creatinine kinase nucleotide binding protein

CPA: Cellule Gs : Stimulatory Guanine


Akt : Proteine Kinase
présentatrice d’antigène nucleotide binding protein
Amm V: toxine V du
CRP : Protéine C- GSH: Glutathion réduite
venin de scorpion
Réactive
Androctonus GTP: Guanosine
mauritanicus Ct: Partie C terminale triphosphate
mauritanicus
Cys : Cystéine H2O2: Eau oxygenée
AMPc: Adénosine
monophosphate cyclique DAG : Diacylglycérol His: Histidine

Arg: Arginine DL50: Dose létale 50 HMGB1: High–mobility


group box 1
Asn: Asparagine EPO : Eosinophiles
peroxydase i.p: Intra péritonéale
ATF1/2: Activating
transcription factor 1 et 2 ERK 1/2 : Extracellular i.v: Intra veineuse
signal-regulated kinases
ATP: Adenosine IgG : Immunoglobuline G
ES : Envenimation
triphosphate IkB : Inhibteur kappa B
scorpionique
ATX II : Toxine II IL-1 : Interleukine 1
Fab et F(ab)’2: Fragment
l’anémone de mer antigen binding IP3 : Inositol triphosphate

KDa : Kilo dalton


                                                                               

KTX2 : Kaliotoxine 2 OS III: Toxine III du STAT3: Signal transducer


venin de scorpion and activator of
LDH : Lactate Orthochirus transcription 3
deshydorgenase scrobiculosus
STX : Siguatoxine
Leu : Leucine PAF: Platelet Activating
Factor T : Thymine
Lqq III : Toxine III du
venin de Leiurus PBS: Phosphate Buffer TNF-α : Tumor necrosis
quinquestriatus saline factor α

LTB4: Leucotriène B4 PGE2: Prostaglandins E2 TTX : Tétrodotoxine

Lys: Lysine PI3K: Phosphoinositol 3 TXA2 : Thromboxane A2


kinase
mACh-R: Récepteur TxVIA : Conotoxine
muscarinique de PKA: Proteine kinase A
l’acétylcholine Val : Valine
PKC: Proteine kinase C
MAPK : Mitogen- VCA : Voie cholinergique
activated protein kinase PLA: Phospholipase A anti-inflammatoire

MDA: Malondialdehyde PLC: Phospholipase C VGSC: voltage Gated


Sodium Channel
MIP-2 : Macrophage PLD: Phospholipase D
inflammatory protein VH: Heavy chain variable
PMN: Polynucleaire domain
MMP: Metaloproteinase neutrophile
VL: Light chain variable
MPO: Myeloperoxydase PNE: Polynucleaire domain
eosinophile
nACh-R: Récepteur α-ARs : Récepteurs α
nicotinique de RCPG: Recepteur couple adrénergiques
l’acétylcholine a la protein G
β-ARs : Récepteurs β
Nav: Canal sodique RNS : Esepces reactive du adrénergiques
voltage dependant nitrogene

NF-κB : nuclear factor- ROS : Espece reactive de


kappa B l’oxygene

NK: Natural killer s.c: Sous cutanée

NO: monoxide d’azote SD : Ecart-type

NOS: NO synthase SNP : Système nerveux


parasympathique
OPD : O-Phényl Diamine
dihydrochloride SNS : Système nerveux
sympathique
  Introduction 
 
 
Introduction
Les scorpions constituent un ordre de prédateurs vivants sur terre depuis plus de 400 millions
d’années. Le secret de leur survie et de leur adaptation est la production d’un venin puissant
qu’ils utilisent pour leur défense ou pour tuer leurs proies (Polis, 1990, Stockmann & Ythier,
2010, Ortiz et al., 2015).

En Algérie, les espèces les plus dangereuses sont Androctonus australis hector (Aah), Buthus
occitanus tunetanus (Bot) et Androctonus amourexi (Aam). Lors d’une envenimation, ces
espèces induisent l’apparition de symptômes divers tels que la douleur, l’hypertension arterielle
suivie d’une hypotension, d’une tachycardie ou bradycardie, et dans les cas les plus graves, un
œdème pulmonaire accompagné d’une défaillance cardiovasculaire menant parfois au décès de
la victime (Hammoudi-Triki et al., 2007, Laraba-Djebari et al., 2015).

Les venins de scorpions sont un mélange complexe de molécules bioactives. Leur toxicité est
liée particulièrement à des polypeptides appelés « neurotoxines » qui interagissent
spécifiquement avec les canaux ioniques des membranes de cellules excitables. La majorité des
neurotoxines est active sur les canaux sodiques voltage-dépendants, d’autres par contre ciblent
les canaux potassiques, chloriques ou calciques (Martin-Eauclaire & Couraud, 1995, Catterall,
2012, Quintero-Hernández et al., 2013).

Treize neurotoxines de type α ont été purifiées à partir du venin de scorpion Buthus occitanus
tunetanus. L’une d’entre elles, la neurotoxine Bot III qui se fixe sur le site 3 du canal Nav et
bloque son inactivation, induisant ainsi, une hyperexcitabilité du système nerveux et une
libération massive des neuromédiateurs (Martin & Rochat, 1984, Benkhadir et al., 2004).

L’activation des systèmes nerveux sympathique et parasympathique suivie d’une augmentation


des taux de l’acétylcholine et des catécholamines semble être un des événements clés de
l’apparition des désordres observés lors de l’envenimation scorpionique (Laraba-Djebari et al.,
2015).

Bien que de nombreuses études expérimentales ont montré l’implication du processus


inflammatoire dans la physiopathologie de l’envenimation scorpionique, les mécanismes
moléculaires déclenchés dans ce cas ne sont pas encore complètement élucidés (Adi-Bessalem
et al., 2008, Sami-Merah et al., 2008, Raouraoua-Boukari et al., 2012, Lamraoui et al., 2015,
Medjadba et al., 2016).

 

  Introduction 
 
 
Afin de neutraliser les effets délétères survenus chez les patients suite à une envenimation
scorpionique, l’utilisation de l’immunothérapie associée à des traitements symptomatiques
représente le moyen le plus efficace pour faire face à ce problème de santé publique (Laraba-
Djebari et al., 2015).

Dans cette étude, une intoxination expérimentale a été entreprise sur un modèle murin afin de
mieux comprendre les mécanismes de toxicité déclenchés par la toxine Bot III en explorant
l’éventuelle implication des récepteurs cholinergiques et adrénergiques. Cette étude a été
réalisée en administrant des molécules pharmacologiques ciblant ces récepteurs avant
l’injection de la toxine Bot III. Les outils pharmacologiques modulant la voie cholinergique
sont la nicotine (agoniste des récepteurs nicotiniques) ou l’atropine (antagoniste des récepteurs
muscariniques). Les antagonistes de la voie adrénergique sont le propranolol (inhibiteur non
sélectif des récepteurs β1/β2 adrénergiques), le bisoprolol (inhibiteur sélectif du récepteur β1
adrénergique) et le carvédilol (inhibiteurs des récepteurs α1/β1/β2 adrénergiques).
L’optimisation du traitement spécifique et l’étude des réactions croisées ont été entreprises, en
utilisant les anticorps à spécificité variable (anticorps anti-Bot III, anti-Aah II ou anti-Aah I)
pour la neutralisation des désordres induits par la toxine Bot III.

 

Rappels Bibliographiques 
 
 
 
I. Rappels bibliographiques

I.1. Les scorpions

Au sein de l’embranchement des arthropodes, les scorpions constituent un ordre


numériquement mineur, comptant environ 1500 espèces, toutes venimeuses. Ces espèces se
répartissent dans les zones désertiques, tropicales et tempérées. Les scorpions appartiennent au
sous embranchement des Chélicérates, à la classe des Arachnides, et à l’ordre des scorpions,
avec deux sous ordres : les Cachtoîdes et les Buthoîdes (Hommel et al., 2000, Goyffon, 2002,
Zlotkin, 2005, Heurtault et al., 1999, Goudet et al., 2002). Les Buthoîdes renferment une seule
famille, les buthidae qui comportent les espèces les plus dangereuses pour l’homme. Ils sont
tous des prédateurs carnivores de mœurs nocturnes et lucifuges (Goyffon, 1999).

La queue de scorpion porte à son extrémité le telson, un appareil venimeux constitué d’une
vésicule à venin prolongée par un dard qui permet l’inoculation du venin. Lors d’une piqure de
scorpion, une très petite quantité du venin inoculée est responsable de symptômes divers
pouvant aller jusqu'au décès de la victime (Catterall, 1980, Chippaux & Goyffon, 2008). Le
scorpion Buthus occitanus tunetanus (Bot) est l’une des espèces les plus dangereuses en Algérie
et se retrouve également en Tunisie et au Maroc. La taille de ce scorpion peut atteindre les 8 cm
et sa longévité est de 5 ou 6 ans (Vachon, 1952).

I.2. Les venins de scorpions

Les venins de scorpions sont des liquides visqueux, sécrétés par la glande venimeuse. L’analyse
biochimique des venins de scorpions a révélé l’existence de deux fractions, une fraction non
toxique qui est représentée par un mélange complexe de mucoprotéines, nucléotides, lipides,
mucopolysaccharides, hémocyanine, enzymes (acétylcholine estérases, protéases,
phospholipases, phosphodiestérases, lécithinases, hémolysines, hyaluronidases), et amines
biogéniques (sérotonine et histamine). Cette fraction est douée d’une activité pharmacologique
importante qui contribue à la pathogénicité du venin. Les venins des scorpions Buthidés sont
pauvres en enzymes ce qui explique l’absence de la réaction inflammatoire locale à la piqûre
(Daisley et al., 1999, Martin-Eauclaire et al., 1999, Possani et al., 1999, Mahjoubi-Boubaker et
al., 2002, Goyffon & Billiald, 2007). La fraction toxique est constituée de substances de nature
protéique. Certaines de ses composants induisent des troubles au niveau du système nerveux,
elles sont appelées neurotoxines. Le venin de chaque espèce contient une variété de toxines
(Broglio & Goyffon, 1980, Martin & Rochat, 1984, Zuo & Ji, 2004).

 

Rappels Bibliographiques 
 
 
 
I.3. Neurotoxines

Les neurotoxines des venins de scorpions sont des polypeptides basiques, de faible masse
moléculaire, elles sont riches en résidus cystyls, stables dans un milieu acide et sont
thermorésistantes. Ces toxines ont comme cible biologique, les canaux ioniques des membranes
des cellules excitables (neurones et cellules musculaires) (Miranda et al., 1970, Martin-
Eauclaire et al., 1999).

Les venins de scorpions comportent des peptides affectant les canaux Na+ et K+ et d’autres
reconnaissant les canaux Ca2+ et Cl-. Les neurotoxines actives sur les canaux sodiques sont
responsables de la quasi-totalité de la symptomatologie observée lors d’une envenimation. Ces
effets pourraient être potentialisés par les toxines actives sur les canaux K+ (Gomez & Diniz,
1966, Rochat et al., 1978, Catterall, 1980, Possani et al., 1982, Debin et al., 1993, Valdivia &
Possani, 1998) (Figure 1).

En fonction des propriétés structurales, les toxines purifiées à partir des venins de scorpions
sont classées en toxines courtes et toxines longues.

I.3.1. Les toxines courtes

Les toxines courtes sont des peptides composés de 31 à 39 résidus d’acides aminés, stabilisés
par trois à quatre ponts disulfures et une masse moléculaire de 4 kDa. Ces toxines ont en
commun un motif structural constitué d’une hélice α et d’un feuillet β double brin reliés par
deux ponts disulfures. Leur structure diffère par la longueur de l’extrémité N-terminale qui
permet la formation éventuelle d’un feuillet β triple brin ainsi que par la taille de l’hélice α.

Cette classe comprend les toxines ciblant les canaux potassiques, calciques et chlore. Plusieurs
toxines de ce groupe ont été identifiées, c’est le cas de la Katiotoxine (KTX2) du venin
d’Androctonus australis hector et la KTX3 de Buthus occitanus tunetanus, qui agissent
spécifiquement sur les canaux potassiques (Laraba-Djebari et al., 1994, Meki et al., 2000). Les
Noxiustoxines (NTX) du venin de Centruroides noxius et les Charybdotoxines (ChTx) du venin
de Leiurus quinquestriatus qui se lient également aux canaux potassiques (Valdivia et al.,
1988). La Maurocalcine, purifiée à partir du venin de Pandinus imperator, agit sur les canaux
calciques (Fajloun et al., 2000). La Chlorotoxine isolée quant à elle, à partir du venin de Leiurus
quinquestriatus cible les canaux chlore (Debin et al., 1993).

 

Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Figure 1 :Structure tridimensionnelle de quelques toxines actives sur les canaux sodiques (de
la Vega & Possani, 2005).
Aah II : Toxine II du venin d’Androctonus australis hector.
Cn II : Toxine II du venin de Centruroides noxius.
BmKM1 : Toxine du venin de Buthus martensii Karsh.
BjxtrIT : Toxine du venin de Botothus judaicus.

 

Rappels Bibliographiques 
 
 
 
I.3.2. Toxines longues

Les toxines longues sont responsables de la quasi-totalité de la toxicité du venin. Elles


constituent une famille de polypeptides composés de 60 à 70 résidus d’acides aminés stabilisés
par 4 ponts disulfures avec une masse moléculaire comprise entre 6 et 7 kDa. Elles sont actives
sur les canaux Na+ et en se fixant de façon spécifique sur leurs sites 3 ou 4, les toxines longues
ont été classées en toxines α et β (Kopeyan et al., 1974, Couraud et al., 1982, de la Vega &
Possani, 2005).

Les toxines de type α, en se fixant sur le site 3 du canal sodique voltage dépendant, induisent
une prolongation caractéristique du potentiel d’action en inhibant la phase d’inactivation du
canal sans modifier le potentiel d’ouverture. Elles sont voltage-dépendants et agissent donc
uniquement au moment où le canal est ouvert (Tejedor & Catterall, 1988, Gordon et al., 1996,
Rogers et al., 1996, Little et al., 1998).

La principale conséquence de cette inactivation se manifeste par une hyperexcitabilité du


système nerveux suite à une augmentation de la perméabilité aux ions Na+ et une libération
accrue de neuromédiateurs. Ces toxines sont caractéristiques des venins des scorpions de
l’ancien monde (Androctonus, Buthus et leiurus) (Possani et al., 1999, Mejri et al., 2003,
Bosmans & Tytgat, 2007).

La structure de ces toxines est constituée d’un core dense hautement conservé, représenté par
une hélice α et deux à trois feuillets β. L’hélice α est liée au feuillet β3 par deux ponts dissulfures
(cys 3 - cys 6 et cys 4 - cys 7). Les deux cystéines de l’hélice α (cys 3 et cys 4) sont séparées
par un tripeptide, cependant celles du feuillet β3 (cys6 et cys7) sont séparées par un seul résidu
d’acide aminé. Ces éléments structuraux sont conservés dans toutes les structures des toxines
actives sur les canaux sodiques. Le troisième pont disulfure conservé est celui qui est établi
entre le résidu cystyl du feuillet β2 (cys5) et celui du feuillet β1 (cys 2). Ces trois ponts
participent à la stabilisation du core structural de la toxine. Le quatrième pont est établi entre
les deux extrémités N-terminale et C-terminale (cys1 et cys8) (Housset et al., 1994, Possani et
al., 1999, Mouhat et al., 2004, Ali et al., 2006, Bosmans & Tytgat, 2007).

Les neurotoxines de types α sont subdivisées en trois groupes, en fonction de leur cible
biologique :
Les toxines α classiques, ciblent les canaux ioniques des cellules des mammifères (Aah II, Bot
III, Lqq V, Aah I et Aah III) (Bosmans & Tytgat, 2007).

 

Rappels Bibliographiques 
 
 
 
Les toxines α anti insectes, présentent une forte activité vis-à-vis des canaux Na+ des insectes,
c’est le cas de la toxine LqhαIT qui sert de marqueur pour le récepteur site 3 du canal Na+ des
insectes (Eitan et al., 1990).
Les toxines α like agissent sur les mammifères et les insectes, telles que les toxines Lqh III et 
Bom III (Martin-Eauclaire & Couraud, 1995, Froy & Gurevitz, 2003, De la vega et al., 2005)
(Figure 2).
Les toxines de type α ont été également classées en trois groupes en fonction de leur homologie
de séquence. Les toxines appartenant au même groupe présentent des homologies de séquences,
et par conséquent, des propriétés immunologiques semblables (Tableau I).

Les toxines de type β, quant à elles, se lient au site 4 des canaux Na+ indépendamment du
potentiel de la membrane, provoquant ainsi une série de potentiel d’action répétitives.
(Couraud et al., 1982, Meves et al., 1986, Mebs, 2006).

I.4. Les neurotoxines isolées à partir du venin de Buthus occitanus tunetanus

Treize neurotoxines de type α ont été purifiées à partir du venin de scorpion Buthus occitanus
tunetanus, parmi elles, il y a le toxine Bot III (Martin & Rochat, 1984) (Tableau II).

I.4.1. La Toxine Bot III

La neurotoxine Bot III est composée de 64 résidus d’acides aminés avec un taux élevé d’acides
aminés aromatiques, et un peptide signal de 19 résidus. Elle représente 0,08% des protéines
totales du venin avec un pourcentage de létalité de 2,54% par rapport au venin total et une DL50
de 0,03 mg/kg de souris, ce qui fait d’elle la toxine la plus active du venin de scorpion Buthus
occitanus tunetanus (Martin & Rochat, 1984).

La toxine Bot III diffère de la toxine Aah II purifiée à partir du venin de scorpion Androctonus
australis hector seulement par une substitution de trois résidus d’acides aminés ; en position 10
(Arg/ Val), en position 51 (Val/ leu) et en position 64 (Asn/ his). Les deux toxines sont amidées
au niveau de leur partie Ct (El Ayeb et al., 1983, Bougis et al., 1989).

Afin d’établir la relation entre la structure de la toxine Bot III et son affinité vis-à-vis du canal
sodique ainsi que sa toxicité, le gène codant pour cette toxine a été cloné et exprimé chez
Escherichia coli. Trois toxines mutantes ont été produites ; la toxine rBot III-OH qui présente
un groupement OH au niveau de l’extrémité Nt, la toxine rBot III- OH/N64H dont la séquence

 

Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Figure 2: Alignement des séquences des -toxines (Bosmans & Tytgat, 2007).
Les résidus Cysteyls sont indiqués en rouge avec un fond gris. Les résidus hydrophobes
impliqués dans la structure/fonction des toxines sont encadrés en vert. Les zones en jaune,
montrent les trois régions fonctionnelles importantes des α-toxines de scorpions : la partie Nt,
le domaine Ct et la boucle reliant les deux feuillets β2 et β3.

 

Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Tableau I : Classification des toxines de type α des venins de scorpions selon leurs
caractérisations structurales et immunologiques (Abbas et al., 2009).

Classification des toxines α Toxines Dénomination


Groupe I AaH I, AaH III, Amm III
Toxines α classiques
Groupe II AaH II, Amm V, Bot III, Bot XI, Lqq V
Groupe III Bot I, Bot II, Bom III, LqhαlT, Lqq III, Toxines αlike
lqh3 ou
Groupe IV Lqq IV, Bs-Tx28, Od I,OS III Toxines α anti-insectes

Tableau II: Caractéristiques des toxines purifiées à partir du venin de Buthus occitanus
tunetanus (Martin & Rochat, 1984).
Toxines Quantité (%) Létalité (%) DL50 (mg/kg de
souris)
Bot I 0,5 4,68 0,097
Bot II 0,42 2,28 0,16
Bot III 0,08 2,54 0,03
Bot IV 0,06 0,10 0,50
Bot V 0,10 0,07 0,50
Bot VI 0,02 0,15 0,15
Bot VII 0,04 0,27 0,09
Bot VIII 0,26 1,58 0,15
Bot IX 0,12 3,91 0,03
Bot X 0,10 2,07 0,05
Bot XI 0,25 0,08 2,73
Bot XII 0,01 0,16 0,06
Bot XIII 0,03 0,003 6,64

 

Rappels Bibliographiques 
 
 
 
en acides aminés a été modifiée par remplacement du résidu asparagyl (N) en position 64 par
un résidu histidyl (H) et le groupement NH2 à l’extrémité Ct a été remplacé par un groupement
OH, et la toxine rBot III-OH/GR qui possède un groupement OH à l’extrémité Ct à la place du
groupement NH2 ainsi qu’une séquence GR ajoutée après l’acide aminé en position 64.

Les tests de toxicité et de liaison des différentes toxines à leur récepteur ont montré une
réduction de l’affinité de la toxine rBot III-OH pour le canal Na+ voltage-dépendant comparé à
la toxine Bot III native, suggérant ainsi l’importance de l’amidation au niveau de la région Ct
pour l’activité biologique de la toxine Bot III. La mutation unique N64H est responsable de la
variation de la toxicité et de l’affinité avec la toxine rBot III-OH. L’addition de la séquence GR
à la séquence de rBot III-OH induit une perte de l’activité biologique de la toxine. Ces résultats
suggèrent que l’extrémité Ct joue un rôle important dans l’interaction de la toxine Bot III avec
le site 3 du canal Na+ (Benkhadir et al., 2004).

Les toxines actives sur les canaux Na+ possèdent un motif hydrophobe hautement conservé
constitué essentiellement de résidus d’acides aminés aromatiques et hydrophobes qui représente
probablement le site actif de la toxine (Fontecilla-Camps et al., 1988, Sun et al., 2003).

I.5. Canal sodium voltage-dépendant, cible de la toxine Bot III

I.5.1. Physiologie et structure du canal sodique

Le canal sodique voltage-dépendant (VGSC) est un élément clé dans l’initiation et la


propagation du potentiel d’action au niveau des cellules excitables, il est le premier responsable
de la dépolarisation membranaire (Catterall, 2000). Une seule famille de canaux sodiques a été
identifiée ; le canal Nav1 avec 9 isoformes (Nav1.1 à Nav1.9) qui présentent une homologie de
séquence en acides aminés supérieure à 50%. Des isoformes dits neuronaux (Nav1.1 à Nav1.3
; Nav1.6 à Nav1.9) et d’autres « musculaires » squelettiques (Nav1.4) et cardiaques (Nav1.5)
se distinguent également (Goldin, 2001).

Le canal sodique purifié à partir de cerveaux de mammifères, est un complexe hétérodimèrique


constitué de trois sous unités : α, β1 et β2. Celui purifié à partir du muscle squelettique de
mammifères est constitué seulement des sous unités α et β3. La sous unité principale α est une
protéine de 260 - 280 kDa. Elle est formée d’une chaine polypeptidique qui comprend entre
1800 et 2000 résidus d’acides aminés. Elle est composée de 4 domaines répétés (I, II, III, IV).
Au niveau de la membrane plasmique, les domaines s’organisent et se replient de façon à former
un canal fonctionnel. La boucle qui relie le domaine DIII avec le domaine DIV est une courte

 
10 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
séquence composée de résidus d’acides aminés hydrophobes qui sert à l’inactivation du canal
(Noda et al., 1984, Alcaraz et al., 1997, Frank & Catterall, 2003) (Figure 3).

D’après le profil d’hydrophobicité, chaque domaine est composé de 6 segments


transmembranaires (S1 à S6) organisés en hélice α. Le segment S4 est chargé positivement, il
présente une répétition régulière de résidus d’acides aminés basiques (Lys ou Arg). Ce segment
est impliqué dans la sensibilité au voltage, il contrôle ainsi l’ouverture du canal. La séquence
reliant le segment S5 et S6 forme la partie externe du pore et constituent le filtre de sélectivité
du pore du canal (Guy & Seetharamulu, 1986, Denac et al., 2000, Weil & Auwerx, 2005)
(Figure 4).
La partie responsable de l’inactivation du canal est localisée dans la boucle reliant le domaine
III et IV qui comprend un motif composé de quatre résidus d’acide aminés (Ile, Phe, Met et
Thr) appelé « IFMT » (Vassilcv et al., 1988, West et al., 1992). Les sous unités β qui ont été
caractérisées sont β1, β2 et β3, elles montrent une fonction régulatrice du canal (Beneski &
Catterall, 1980, Hartshorne et al., 1982, Morgan et al., 2000).

I.5.2. Mécanisme d’activation et d’inactivation du canal sodium

Le canal Na+ est principalement à l’état fermé au potentiel de repos d’une membrane. Une
légère dépolarisation (provenant de l’ouverture d’un canal cationique ligand-dépendant)
augmente sa probabilité d’ouverture et entraîne donc une entrée d’ion sodium dans la cellule,
amplifiant ainsi la dépolarisation initiale. 
Cet état est transitoire vu que l’inactivation se produit dans les millisecondes qui suivent. En
effet, le pore est obturé du côté cytoplasmique, tant que la dépolarisation membranaire est
maintenue. Lorsque la membrane cellulaire est repolarisée, les canaux inactivés reviennent à
un état fermé, les segments S4 retrouvent leur position initiale. Après un délai de temps de
l’ordre de millisecondes, les canaux récupèrent leur inactivation et sont à nouveau disponibles
et activables (Huang et al., 2011, Marangoni et al., 2011, Calloe et al., 2013).

I.5.3. Sélectivité et perméabilité aux ions Na+

Le canal sodique potentiel dépendant est un canal cationique présentant une forte perméabilité
vis-à-vis des ions sodium et une perméabilité moindre vis-à-vis des autres cations monovalents.
L’identification du pore a été réalisée grâce à la haute affinité et la spécificité des neurotoxines
à groupements guanidium.

 
11 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Figure 3 : Représentation de la sous unité α du canal sodique voltage dépendant (Weil &
Auwerx, 2005). 

Figure 4 : Représentation de la topologie membranaire des canaux sodium voltage-dépendants


(Catterall, 2012).

 
12 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
La tétrodotoxine extraite du poisson japonais « tétrodon », et la saxitoxine, isolée à partir des
dinoflagellés marins sont des modèles d’interaction avec le Nav1 basée sur l’occlusion direct du
pore (Gitschier et al., 1980, Pauron et al., 1985, Hille, 1992, Catterall, 1995).
Le canal sodique voltage-dépendant dispose d’un filtre de sélectivité qui lui confère une
perméabilité spécifique aux ions Na+. Ce filtre est formé de deux anneaux ; un anneau externe
composé de quatre résidus d’acides aminés chargés négativement (Glutamate et aspartate)
appelé motif « EEDD ». L’anneau interne responsable de la sélectivité est formé également de
quatre résidus d’acides aminés (Aspartate, Glutamate, Lysine et Alanine) appelé motif
« DEKA ». Les mutations induites au niveau de ces deux motifs affectent la sélectivité vis-à-
vis des ions Na+ (Favre et al., 1996, Schlief et al., 1996, Khan et al., 2002).

[Link]é du canal sodique aux neurotoxines

La famille des VGSC (Voltage Gated Sodium Channel) présente la particularité de posséder six
sites-récepteurs distincts pour différentes neurotoxines. Ces neurotoxines peuvent moduler les
fonctions du canal sodique soit en obturant le pore, soit en altérant la dépendance au potentiel
(Stevens et al., 2011).

I.5.4.1. Neurotoxines agissant au niveau du pore

La tétrodotoxine (TTX) et la saxitoxine (STX) se fixent au site-récepteur 1, identifié grâce à sa


haute affinité pour les groupements guanidiums hétérocycliques. Ce site est localisé au niveau
du pore du canal Na+, particulièrement sur le filtre de sélectivité du canal. La fixation de la TTX
et de la STX induit le blocage de la conductance des ions via l’obturation du pore. La µ-
Conotoxine se fixe également sur le site 1 de manière compétitive avec la TTX et la STX
(Pauron et al., 1985, Ohizumi et al., 1986, Cruz et al., 1989, Hille, 1992).

I.5.4.2. Neurotoxines altérant la dépendance du potentiel

Ces neurotoxines ont la capacité d’induire des changements conformationels perturbant les
mécanismes d’activation et d’inactivation du canal. Deux types de sites-récepteurs ont été
identifiés en fonction de leur localisation.

Les sites récepteurs 2 et 5, se localisent au niveau des segments transmembranaires. Le site 2


fixe les toxines alcaloïdes telles que la batrachotoxine et la vératridine. Le site 5 a été identifié
de par son interaction avec les polyéthers cycliques, telles que la brévetoxine et la ciguatoxine
(Baden, 1989, Soderlund et al., 1989, Catterall, 1992, Dong, 1993).

 
13 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
Les sites récepteurs 3, 4 et 6 se localisent sur la face extracellulaire du canal et interagissent
avec différents types de neurotoxines.

Le site récepteur 3 est la cible des toxines de type α de venins de scorpions ainsi que des toxines
purifiées à partir du venin de l’anémone de mer. Des études ont montré que les toxines Aah II
et ATX II interagissent compétitivement sur un composant régulateur du canal sodique. Ces
toxines provoquent un ralentissement ou un blocage de l’inactivation du canal (Couraud et al.,
1982, Gordon & Zlotkin, 1993, Gilles et al., 2002). Ce site a été localisé au niveau de la boucle
extracellulaire entre le segment S5 et S6 du domaine DI et DIV. Ces toxines interagissent
spécifiquement avec les résidus acides localisés au niveau du domaine IV, plus précisément au
niveau de la boucle relisant les segments S3-S4 (Tejedor & Catterall, 1988, Rogers et al., 1996).

Le site récepteur 4, interagit spécifiquement avec les toxines de type β des venins de scorpions.
Il est localisé au niveau de la boucle reliant les segments S1-S2 et S3-S4 du domaine DII
(Cestele et al., 1998).

Le site récepteur 6, a été mis en évidence par la liaison de la δ-conotoxine extraite à partir du
venin de cône de mer (TxVIA). Sa fixation ne dépend pas du potentiel (Fainzilber et al., 1994)
(Figure 5).

I.6. Physiopathologie de l’envenimation scorpionique

L’envenimation scorpionique est une pathologie complexe et multifactorielle qui implique


différentes voies de signalisation, menant à des dysfonctionnements multiples. La liaison des
neurotoxines à leurs cibles (canaux ioniques, particulièrement les canaux Na+) provoque une
cascade d’événement qui touche à la fois le système nerveux sympathique et parasympathique,
le système immunitaire et le système cardio-pulmonaire, induisant ainsi une défaillance
cardiaque accompagnée par un œdème pulmonaire, qui représente la cause des décès de la
majorité des victimes de l’envenimation scorpionique (Fukuhara et al., 2003, Adi-Bessalem et
al., 2008, Taibi-Djennah et al., 2015) (Figure 6).

I.6.1. Modulation de la réponse inflammatoire

Il a été montré que le venin de scorpion pouvait induire la production des médiateurs
inflammatoires en interagissant avec les récepteurs PRR, notamment les TLR2 et TLR4. Cette
interaction provoque l’activation de facteur de transcription (NF-κB) qui contrôle l’expression

 
14 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Figure 5: Localisation des sites d’action et de liaison des différentes neurotoxines actives sur
le canal sodique voltage-dépendant (Klint et al., 2012).

 
15 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Neurotoxine

Cellule excitable (neurone)
Canal sodique voltage‐dépendant

Système nerveux Système nerveux


parasympathique sympathique

Acétylcholine Catécholamines

Désordres neurologiques, 
immunologiques, respiratoire et digestif.

Récepteurs Cholinergiques Récepteurs adrénergiques

Diminution du Défaillance Augmentation du


rythme cardiaque cardiovasculaire rythme cardiaque

Œdème pulmonaire

Induction
Décès
Libération
Liaison

Figure 6: Effets physiopathologiques dans le système cardiovasculaire après la liaison des


neurotoxines du venin de scorpion sur leurs cibles (Laraba-Djebari et al., 2015).

 
16 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
de plusieurs gènes codant pour des biomolécules impliquées dans le déclenchement de la
réaction immunitaire (Zoccal et al., 2014). Lors de l’envenimation scorpionique, le processus
inflammatoire est mis en évidence par plusieurs études expérimentales et cliniques qui ont
montré l’implication de plusieurs médiateurs tels que les cytokines, les dérivés lipidiques, les
kinines, le système du complément et les ROS (Fukuhara et al., 2003, Raouraoua-Boukari et
al., 2012, Bekkari et al., 2015, Lamraoui et al., 2015).

Les cytokines sont des peptides qui agissent en tant que médiateurs et régulateurs des processus
immunitaires. Elles jouent un rôle important dans la communication cellulaire et sont produites
excessivement suite à une envenimation scorpionique. En effet, l’injection du venin
d’Androctonus australis hector, sa fraction toxique G5O, ou ses toxines purifiées (Aah I ou
Aah II) à un modèle murin, induit une libération précoce des cytokines IL-1β, IL-6, IL-5 et
TNF-α, eu niveau sérique, pulmonaire ou hépatique (Adi- Bessalem et al., 2008, 2011,
Raouraoua-Boukari et al., 2012, Saidi et al., 2013, Bekkari et al., 2015, Medjadba et al., 2015).

L’envenimation expérimentale avec le venin de Titiyus serrulatus provoque également


l’augmentation des taux sériques des cytokines IL-1, IL-6 et IFN-γ (Petricevich et al., 2002).
Chez les patients envenimés avec le même venin, une augmentation des cytokines IL-1, IL-6,
IL-8, IFN-γ et GM-CSF a été observée. Ainsi, une corrélation étroite a été établie entre la
concentration sérique des cytokines et la sévérité de l’envenimation. Cette corrélation est aussi
rapportée après envenimation avec le venin de Leiurus quinquestriatus (Magalhães et al., 1999,
Abdoon & Fatani, 2009, Fukuhara et al., 2003).

L’IL-1β, l’IL-6 et le TNF-α jouent un rôle important dans l’amplification de la défaillance


cardiaque et l’installation de l’œdème pulmonaire. L’augmentation du taux du TNF-α stimule
la libération de l’IL-6 et de l’IL-1β qui agissent en synergie en induisant la libération d’autre
médiateurs inflammatoires tels que le PAF, le LTB4, PGE2, et le NO. Ces molécules
soutiennent l’émergence du syndrome de la réponse inflammatoire systémique (SIRS) résultant
en un dysfonctionnement cardiaque et une défaillance respiratoire chez les patients envenimés
(Fukuhara et al., 2003, Petricevich, 2006, Andrade et al., 2007, Pessini et al., 2006).

L’IL-6 sert aussi de marqueur de la réaction inflammatoire systémique, elle est impliquée dans
la synthèse des protéines de la phase aigüe au niveau hépatique (Kishimoto, 1989, Fukuhara et
al., 2003).

 
17 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
Parallèlement, une augmentation de cytokines anti-inflammatoires telles que l’IL-4 et l’IL-10
est observée après injection du venin d’Aah. Ces cytokines anti-inflammatoires sont
probablement impliquées dans la régulation négative de la production des cytokines pro-
inflammatoire (l’IL-10 qui inhibe la libération du TNF-α) ainsi que d’autres médiateurs
amplifiant la réaction inflammatoire telles que les cyclooxygénases et les NO synthase (Adi-
Bessalem et al., 2008, Raouraoua-Boukari et al., 2012).

La balance des cytokines pro- et anti-inflammatoires peut déterminer l’évolution et le devenir


de la réaction inflammatoire qui peut mener à un dysfonctionnement cardiaque, accompagné
d’un œdème pulmonaire, voire même un état de choc (Petricevich, 2006, Adi-Bessalem et al.,
2012, Medjadba et al., 2015).

La réponse inflammatoire peut impliquer d’autres événements que celui de la libération des
cytokines, il s’agit de l’activation de la CRP, du système de complément qui contribue à
l’évolution des lésions tissulaires, du système kinine-kallikreine qui provoque l’augmentation
de la perméabilité vasculaire, le chimiotactisme, la migration et la dégranulation leucocytaires.
L’activation et l’infiltration des éosinophiles et des PMN ont été observées lors de
l’envenimation scorpionique expérimentale à travers l’évaluation des activités d’EPO et de
MPO indiquant une extravasation leucocytaire du système vasculaire vers les tissus sous l’effet
des médiateurs inflammatoires. Ces facteurs contribuent dans la réaction inflammatoire locale
et systémique (Bertazzi et al., 2005, Adi-Bessalem et al., 2008, Bekkari et al., 2015, Lamraoui
et al., 2015, Medjadba et al., 2015 Taibi-Djennah et al., 2015) (Figure 7).

I.6.2. Le stress oxydatif

Des études expérimentales ont rapporté l’implication des radicaux libres oxygénés (ROS) ou
azotés (RNS) ainsi que le déséquilibre de la balance pro-antioxydante dans la physiopathologie
de l’envenimation. Les venins de scorpions induisent une importante décharge de radicaux
oxygénés (O2- ou OH-) et d’autres molécules pouvant libérer des radicaux libres (H2O2). Ces
espèces hautement réactives sont produites par les cellules inflammatoires (macrophages,
PMN) et peuvent induire des lésions cellulaires et tissulaires considérables (nécrose,
dénaturation des protéines, dégradation de l’ADN et peroxydation des lipides membranaires)
(Meki & Mohey El Deen 1998, Favier, 2003, Fukuhara et al., 2004, Dousset et al., 2005).

Un déséquilibre de la balance pro-antioxydante a été rapporté lors de l’envenimation


scorpionique, suite à une augmentation des taux de NO et de MDA accompagnée d’une

 
18 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
Venin de 
scorpion

Fragments du complément 
TLR 2 TLR 4 (C3a/C5a)

Cellules endothéliales
CPA

IL‐8 Cytokines pro‐inflammatoires

Leucocytes

Mastocytes Neutrophiles Lymphocytes


Eosinophiles

médiateurs vasoactifs: cytokines (IL‐1, IL‐4, IL‐5, IL‐6, TNF‐α), histamine, 
PAF, PGE2, LTB4, NO, bradykinines. 

Augmentation de la perméabilité vasculaire

Infiltration leucocytaire vers les 
organes
Induction
Libération
Liaison

Réaction inflammatoire Altération de la


systémique Stress oxydatif structure tissulaire

Figure 7 : Réaction inflammatoire induite par les neurotoxines des venins de scorpion
(Fukuhara et al., 2003, Andrade et al., 2007, Zoccal et al., 2014,  Laraba-Djebari et al., 2015).

 
19 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
diminution de l’activité de la catalase et du taux de GSH. La libération du NO est un événement
physiopathologique important dans la toxicité des venins de scorpions, sa production étant
corrélée avec la sévérité de l’envenimation (Raouraoua-Boukari et al., 2012, Lamraoui et al.,
2015, Medjadba et al., 2015).

Le malondialdéhyde (MDA) et le produit de dégradation secondaire de l’hydropéroxyde, il


constitue un des meilleurs biomarqueurs de la péroxydation causée par l’oxydation des lipides
membranaires polyinsaturés en présence des radicaux libres (Michel et al., 2008, Tsikas et al.,
2016).

Le stress oxydatif se déclenche également suite à la réduction du pouvoir antioxydant,


notamment par la diminution de l’activité de la catalase qui catalyse la dismutation du peroxyde
d’hydrogène en H2O et en O2 ainsi que le taux de GSH qui par sa capacité oxydo-réductrice,
contribue à la détoxification cellulaire des ROS (Townsend et al., 2003, Chelikani et al., 2004,
Kimura et al., 2005).

I.6.3. Altérations tissulaires et désordres métaboliques

Les effets histopathologiques provoqués par les venins de scorpions, leurs fractions toxiques
ou leurs toxines purifiées se traduisent généralement par des altérations sévères au niveau des
organes vitaux (Cœur, poumon, rein et foie). L’effet le plus remarquable survient au niveau de
l’axe cardio-pulmonaire. Au niveau cardiaque, les venins de scorpions causent des changements
dégénératifs des fibres myocardiques, des œdèmes interstitiels, des zones hémorragiques, et des
altérations nucléaires. Au niveau pulmonaire, une leucocytose, des œdèmes et des hémorragies
ainsi que des altérations des parois alvéolo-capillaires sont observés. Au niveau hépatique, les
lésions survenues sont représentées par une congestion de la veine centrolobulaire, un
élargissement des espaces sinusoïdaux, une turgescence des hépatocytes et une infiltration des
cellules inflammatoires. Les reins sont également ciblés par les venins de scorpions et montrent
des lésions de l’épithélium tubulaire, une destruction des glomérules, une désorganisation de la
capsule de Bowman, des hémorragies et une infiltration des cellules inflammatoires. Les
atteintes tissulaires causées par l’envenimation scorpionique mènent à une libération des
enzymes et des protéines intracellulaires vers le milieu extracellulaire, et par conséquent
l’augmentation de leurs taux au niveau sérique et leur diminution au niveau des organes.
Certains enzymes ou protéines sont considérées comme des biomarqueurs dans le diagnostic
des altérations tissulaires, notamment les transaminases pour le tissu hépatique, la CK pour les
tissus cardiaque et musculaire, la LDH qui est une enzyme ubiquitaire, la troponine I qui

 
20 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
représente un marqueur de nécrose musculaire (Correa et al., 1997, D'Suze et al., 2004, Adi-
Bessalem et al., 2008, Sami-Merah et al., 2008, Laraba-Djebari et al., 2013, Lamraoui et al.,
2015, El Hidan et al., 2016).

Le métabolisme général est également affecté lors de l’envenimation scorpionique. En effet


plusieurs études ont montré que les venins de scorpions induisent une augmentation du taux
d’acides gras circulants, une hyperglycémie, une hyper-créatinémie et une hyper-urémie
(Murthy & Hase, 1994, Andrade et al., 2004, Taibi-Djennah & Laraba-Djebari, 2015, El Hidan
et al., 2016).

I.7. Traitement de l’envenimation scorpionique

La prise en charge des victimes de l’envenimation scorpionique nécessite une stratégie


thérapeutique efficace basée sur la compréhension des mécanismes impliqués dans l’induction
des effets physiopathologiques. La sévérité des symptômes et le taux élevé de mortalité,
notamment chez les enfants font que l’envenimation scorpionique nécessite un traitement
spécifique et symptomatique appropriés et précoces (Krifi et al., 2002, Laraba-Djebari et al.,
2013).

I.7.1. Les traitements symptomatiques

L’utilisation des traitements symptomatiques présente comme objectif le maintien des fonctions
vitales qui risquent d’être défaillantes suite à une envenimation scorpionique, telles que la
régulation de la pression artérielle et la réhydratation afin de compenser les pertes hydriques
dues aux diarrhées et aux vomissements. Ce traitement consiste en l’administration de
médicaments vasodilatateurs, des anti-cholinergiques, des anticonvulsivants, des
antiémétiques, des antalgiques et des antipyrétiques. Des traitements anti-inflammatoires sont
également préconisés tels que les antihistaminiques, les corticoïdes et l’aprotinine. Ces
médicaments sont utilisés afin de réguler la réponse inflammatoire et éviter certaines lésions
tissulaires. L’administration d’inhibiteurs de canaux sodiques tels que la lidocaïne peut être
également efficace, elle est capable de bloquer la libération des neurotransmetteurs (Ismail,
1995, Hammoudi-Triki et al., 2004, Fatani, 2010).

I.7.2. Les traitements spécifiques

La sévérité de l’envenimation scorpionique et la distribution rapide des constituants du venin


nécessite un traitement spécifique qui est l’immunothérapie. Elle consiste à injecter le sérum

 
21 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
antiscorpionique constitué d’anticorps polyclonaux hétérologues ou des fragments d’anticorps
obtenus après immunisation des animaux avec le venin ou sa fraction toxique (Laraba-Djebari
& Hammoudi-Triki, 1999).

L’immunothérapie est souvent controversée, elle nécessite une optimisation car son efficacité
dépend de plusieurs paramètres tels que le délai d’administration des anticorps, la voie, la dose
injectée, le choix de l’animal producteur et le choix de l’antigène. L’effet neutralisant des
anticorps est plus élevé après des immunisations multiples avec des injections répétées
d’antigènes (Chippaux, 2012, Laraba-Djebari et al., 2015).

a. Le choix des fragments d’anticorps


Les anticorps administrés peuvent être des IgG, ou des fragments Fab et Fab’2. Leur efficacité
est liée non seulement à leur capacité neutralisante, mais aussi à leur degré de tolérance et leur
pharmacocinétique. Lors d’une administration par voie i.v, les IgG et les F(ab’)2 restent au
niveau du compartiment vasculaire tandis que les Fab passent au niveau du compartiment
extravasculaire et se propagent dans tout l’organisme excepté au niveau du cerveau. Les
fragments Fab s’éliminent plus rapidement que les IgG ou les fragments F(ab’)2, des injections
répétées sont donc nécessaires. La voie d’élimination dépend de la masse moléculaire de chaque
molécule, les IgG (150 kDa) et les fragments Fab’2 (100 kDa) ne pouvant pas franchir le filtre
rénal glomérulaire, ils sont donc éliminés par les cellules immunitaires. Les fragments Fab (50
kDa) quant à eux, peuvent être éliminés par filtration rénale (Laraba-Djebari et al., 2015).

La combinaison de fragments F(ab’)2 et Fab s’est révélée très efficace dans la neutralisation
des effets histologiques et de la migration leucocytaire. Ces deux types de fragments ont montré
des effets complémentaires, les F(ab’)2 neutralisent les molécules du venin avant leur liaison
aux récepteurs et les Fab déplacent les toxines déjà liées à leur récepteurs au niveau des organes
(Sami-Merah et al., 2008).

D’autres fragments d’anticorps plus réduits ont été produits par les deux domaines variables
d’anticorps (VH et VL) associés de manière covalente à un peptide flexible.

Ces molécules montrent une amélioration des propriétés pharmacologiques avec une
distribution tissulaire rapide, une faible immunogenéicité et une forte capacité neutralisante
(Mousli et al., 1999, Aubrey et al., 2004).

 
22 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
b. La dose d’anticorps
L’évaluation de la dose d’anticorps dépend de la concentration du venin distribué dans
l’organisme. En effet, l’utilisation d’une dose adéquate d’anticorps permet une neutralisation
efficace des effets induits par le venin, réduisant ainsi sa toxicité.

c. La voie d’injection
La voie recommandée pour l’administration des anticorps est la voie intraveineuse, vu que la
biodisponibilité des anticorps est maximale contrairement à la voie intramusculaire qui donne
une biodisponibilité ne dépassant pas les 50%. L’injection intraveineuse des fragments Fab ou
F(ab’)2 peut restaurer la totalité des désordres cardio-pulmonaires provoqués par le venin. En
revanche ces altérations persistent lors d’une injection par voie intramusculaire (Krifi et al.,
1998, Hammoudi-Triki et al., 2004).

d. Le délai d’administration
Le délai d’administration d’anticorps est un paramètre important après une envenimation
scorpionique. En effet, les anticorps doivent être administrés dans les délais les plus courts
avant que les signes d’envenimations sévères n’apparaissen,t car il existe un délai au-delà
duquel l’action du venin est irréversible rendant l’immunothérapie totalement inefficace.
Cependant, il a été reporté que l’administration d’une forte concentration d’immun-sérum
même après un long délai d’envenimation, peut induire une déstabilisation des toxines et les
détacher de leur cible (Revelo et al., 1996, Krifi et al., 2005).

I.8. Contrôle de l’organisme par le système nerveux

Le système nerveux est un système qui tient sous sa dépendance toutes les fonctions de
l’organisme. Il permet la coordination, le commandement et la régulation du fonctionnement
des différents organes maintenant ainsi une homéostasie de l’organisme (Pritchard & Alloway,
2002, Mader, 2010).

Le système nerveux est subdivisé en deux parties principales ; le système nerveux central et le
système nerveux périphérique. Le système nerveux central est constitué de l’encéphale (cerveau
et cervelet) et de la moelle épinière. Il est chargé de recevoir, d’interpréter et d’émettre
l’information. Le système nerveux périphérique est organisé en système nerveux somatique
chargé des relations de l’organisme avec son milieu extérieur en transmettant au cerveau
l’information provenant de différents détecteurs sensoriels, et le système nerveux autonome
(végétatif) qui coordonne les fonctions vitales internes tels que la digestion, la respiration,

 
23 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
la circulation sanguine, la sécrétion d’hormones (Guénard, Richard & Orsal, 2007, Tortora et
al., 2007).

Le système nerveux autonome est formé par deux systèmes, sympathique et parasympathique,
qui présentent généralement des effets antagonistes sur les mêmes viscères. Le système nerveux
sympathique (SNS) prépare l’organisme à l’activité physique ou intellectuelle. Il assure la
dilatation des bronches et des pupilles, l’accélération de l’activité cardiaque et respiratoire,
l’augmentation de la sécrétion de la sueur et de la tension artérielle et induit la diminution de
l’activité digestive. Son fonctionnement est assuré par l’activation de la voie adrénergique qui
est associée à l’activité des catécholamines (adrénaline et noradrénaline). Le système nerveux
parasympathique (SNP), contrairement au précédent, son activation mène à un ralentissement
général des fonctions de l’organisme afin de conserver l’énergie, il favorise seulement la
fonction digestive. Son fonctionnement est assuré par l’activation de la voie cholinergique liée
à l’activité d’un neurotransmetteur appelé acétylcholine (Mingers, 1994, Appenzeller & Oribe,
1997, Mader, 2010) (Figure 8).

I.8.1. Neurotransmetteurs

Un neurotransmetteur, appelé également « neuromédiateur » est une substance chimique


secrétée par les neurones en réponse à un potentiel d’action. Les neurotransmetteurs sont
capables de modifier de façon spécifique l’activité de leurs cellules cibles qui peut être un
neurone post-synaptique, une cellule d’un organe cible (glande ou muscle) ou une cellule
immunitaire. Ils sont classés en fonction de leur nature chimique (Guénard, Poirel, 2009,
Snyder, 2009) (Tableau III).

I.8.2. Voie cholinergique

La voie cholinergique comporte comme médiateur principal l’acétylcholine et comme


récepteurs, les récepteurs nicotiniques et muscariniques (Wessler & Kirkpatrick, 2012,
Kawashima et al., 2012).

I.8.2.1. L’acétylcholine

L’acétylcholine (ACh) est le principal médiateur du SNP qui représente la première molécule
reconnue comme étant un neurotransmetteur. Elle est la plus étudiée au vue de sa distribution
ubiquitaire et de sa capacité à réguler plusieurs fonctions biologiques. L’ACh est présente dans
toutes les jonctions neuromusculaires. Elle est synthétisée par les neurones ainsi que par le

 
24 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Système nerveux

Système  Système 
nerveux nerveux
Central Périphérique

Encéphale Moelle  Nerfs crâniens & Nerfs 


Epinière rachidiens

Voies  Voies 
afférentes  Efférentes
sensitives

Système  Système 
Autonome somatique

Parasympathique Sympathique

Figure 8: Organisation du système nerveux (Marieb & Hoehn, 2007).

 
25 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
système cholinergique non-neuronal représenté par les cellules épithéliales, endothéliales et
immunitaires (Fujii et al., 2008, Letellier, 2008).

L’acétylcholine est l’ester acétique de la choline, synthétisé à partir de la choline et de l’acétyl-


CoA par une enzyme appelée choline acétyl-transférase. Afin de limiter l’activation cellulaire
effectrice, l’ACh est dégradée après sa libération par l’acétylcholine estérase en choline inactive
(White & Wu, 1973, Tuček, 1982) (Figures 9 et 10).

Tableau III : Classification des neurotransmetteurs selon leur structure chimique (Kolb &
Whishaw, 2002, Pritchard & Alloway, 2002).

Classe Neurotransmetteurs
Esters Acétylcholine (Ach)
Amines biogènes Sérotonine (5-HT)
Histamine
Catécholamines : Adrénaline
Noradrénaline
Dopamine
Acides aminés Acide gamma-aminobutyrique (GABA)
Glutamate (Glu)
Glycine (Gly)
Peptides Opiacés : Endorphine
Dynorphine
Enképahlines
Neuropeptide Y
Tachykinines : Substance P
Neurokinine A
Somatostatine
Peptide intestinal vasoactif (VIP)
Gaz Monoxyde d’azote (NO)
Monoxyde de carbone (CO)
Cannabinoîdes endogènes N-arachidonylethanolamine (AEA)
2-arachidonyl glycerol
Purines ATP
ADP

I.8.2.2. Les récepteurs cholinergiques

L’acétylcholine interagit avec deux classes de récepteurs distincts, appelées récepteurs


nicotiniques et récepteurs muscariniques (Dale, 1914).

 
26 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Figure 9 : Système cholinergique neuronal (Gwilt et al., 2007).

A  B  C 

Figure 10 : Structure de l’acétylcholine (A), la muscarine (B) et la nicotine (C) (Voet & Voet,
2011).

 
27 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
I.[Link]. Les récepteurs nicotiniques

Les récepteurs nicotiniques ont été les premiers récepteurs à être isolés et purifiés. Leur
caractérisation montre que ce sont des récepteurs à canal cationique ligand-dépendant,
comportant deux parties, un site de liaison pour les neurotransmetteurs (acétylcholine) et un
pore qui régule les échanges cationiques. L’activation des récepteurs par l’acétylcholine, la
nicotine et ses dérivés nitrosamines les rend perméables à plusieurs cations (Ca2+, Na+ et K+).
Cette stimulation induit un flux calcique, soit directement à travers l’ouverture du pore, soit à
travers un changement du potentiel membranaire menant à l’ouverture des canaux calciques
voltage dépendants (Zia et al., 2000, Bourin, 2002, Changeux, 2010).

Ces récepteurs sont formés de cinq sous unités (α, β, δ, γ et ζ) arrangés autour d’un pseudo axe.
Il existe dix sous unités α (α1 à α10), quatre sous unités β (β1 à β4), une seule sous unité pour
γ, δ et ζ. Chaque sous unité est formée par quatre domaines transmembranaire (M1-M4), qui
présentent une extrémité extracellulaire contenant une boucle extrêmement conservée situé
entre la Cys 128 et Cys 142 impliquée dans la transduction du signal et l’ouverture du canal
(Deneris et al., 1991, Cooper et al., 1991, Conti-Tronconi et al., 1994, Lustig et al., 2001,
Tsetlin et al., 2011) (Figure 11).

Les différentes combinaisons entre les sous unités confèrent des propriétés pharmacologiques
variables aux récepteurs nicotiniques. En effet, les récepteurs nicotiniques peuvent être
homopentamériques, formés seulement de sous unités α7, ou hétéropentamériques formés
généralement de deux sous unités α, une sous unité β, γ et δ (Lindstrom et al., 1998, Sgard et
al., 2002, Racke & Matthiesen, 2004).

L’analyse de séquence des acides aminés des sous unités indique qu’il existe trois sous familles
de récepteurs nicotiniques. Les récepteurs nicotiniques du muscle squelettique qui présentent
une composition 2α/β1/ζ/δ, ils sont impliqués dans la contraction des muscles et sont
sélectivement bloqués par l’α-bungarotoxine purifiée à partir du venin de cobra. Les récepteurs
nicotiniques neuronaux, impliqués dans l’exocytose des neuromédiateurs, ils sont formés d’une
combinaison de α2/α3/α4/α6 avec des sous unités β2 ou β4. Les récepteurs nicotiniques du
cerveau formés généralement de sous unités α4 ou α7 avec une sous unité β2 qui sont à la fois
pré ou post-synaptiques (Alkondon et al., 1997, Caulfield & Birdsall, 1998, Bourin, 2002)
(Figure 12).

 
28 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Figure 11 : Structure du récepteur nicotinique (Cooper et al., 1991).

Récepteur nicotinique 
Récepteur nicotinique  Récepteur nicotinique 
des cellules non 
musculaire (αβγδ) neuronal (α4β2)
excitables (α7)

+ + 2+
2+ Na Ca
2+ Na Ca
Ca +
Na

ACh α α ACh α
α β ACh β

: ;

δ α α α α α
γ α β

2 2+ 2+
Ca Ca Ca
+ + +
+
Na Na Na

Contraction musculaire Régulation de l’apoptose et de la production  Exocytose des neuromédiateurs


d’anticorps 
Inhibition de la libération de cytokines 
proinflammatoires (TNF‐α, IL‐1, IL‐8, IL‐6) 

Figure 12 : Organisation des sous familles de récepteurs nicotiniques (Bourin, 2002).

 
29 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
Les récepteurs nicotiniques sont également exprimés au niveau des cellules non excitables telles
que les cellules épithéliales, cellules bronchiques et la plupart des cellules immunocompétentes
(mastocytes, monocytes, neutrophiles, éosinophiles et lymphocytes T et B). ou ils régulent
l’apoptose et la production d’anticorps et inhibent la production et la libération des cytokines
(TNF-α, IL-1, IL-8, IL-6) présentant ainsi des effets immunosuppresseurs (Aoshiba et al., 1996,
Matsunaga et al., 2001, Wang et al., 2003, Carlisle et al., 2004, Skok et al., 2005, Skok et al.,
2007).

I.[Link]. Les récepteurs muscariniques

Les récepteurs muscariniques sont de type métabotropique appartenant à la famille des


récepteurs à sept segments transmembranaires couplés à la protéine G, avec une extrémité Nt
extracellulaire et Ct intracellulaire. Ils sont localisés au niveau du système nerveux central et à
la surface de toutes les cellules effectrices innervées par les fibres parasympathiques. Ces
récepteurs sont stimulés par la muscarine, substance toxique extraite à partir du champignon
Amanita muscaria. Leur stimulation avec leur agoniste naturel induit une vasodilatation, une
bradycardie, une stimulation de la sécrétion glandulaire, contraction du muscle lisse trachéo-
bronchiale et sécrétion du mucus (Ashkenazi & Peralta, 1994, Birdsall & Lazareno, 2005,
Canning, 2006, Letellier, 2008).

Cinq sous types de récepteurs muscariniques ont été mis en évidence (M1 à M5). Les récepteurs
M1, M3 et M5 sont couplés à une protéine Gq11 qui stimule la PLA2, PLC et PLD et libère
comme second messager l’IP3 et le DAG présentant ainsi une réponse excitatrice. Les
récepteurs M2 et M4 quant à eux, inhibent la formation de l’adenylate-cyclase via leur couplage
à la protéine Gi présentant ainsi une réponse inhibitrice qui provoque l’ouverture des canaux
K+ et une hyperpolarisation de la membrane. Ces deux types de récepteurs peuvent également
activer la PLA2 (Eglen, 2006, Felder, 1995, Hulme et al., 1990) (Tableau IV).

Le rôle des mACh-R non neuronaux dans la modulation de la réponse immunitaire a été bien
établi. En effet, plusieurs cellules immunocompétentes (macrophages, neutrophiles et
lymphocytes) expriment les récepteurs muscariniques, particulièrement les sous types M2, M3,
M4 et M5. Ils modulent la libération des chimioattractants tels que le LTB4, la production des
cytokines, la prolifération et la libération du NO (Sato et al., 1998, Kawashima et al., 2012,
Bany et al., 1999, Kamimura et al., 2003, Ockenga et al., 2013).

 
30 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
Tableau IV : Caractéristiques des sous types de récepteurs muscariniques (Brann et al., 1993,
Aronstam & Patil, 2009).

Caractéristiques M1 M2 M3 M4 M5
Acides aminés 460 466 590 479 532
Type de Gq/11 Gi Gq/11 Gi Gq/11
proteine G
Second IP3 Diminution du taux de IP3 Diminution IP3
messager DAG l’AMPc DAG du taux de DAG
NO NO l’AMPc NO
Localisation Cerveau Cerveau Cerveau Cerveau Cerveau
tissulaire Ganglion Cœur Glandes
autonome sécrétoires
Ganglion
Glandes sympathiques Poumon
sécrétoires Utérus Muscle
Ganglions lisse
Muscle lisse
sympathiques

I.8.3. Voie adrénergique

Le système adrénergique est un système neuromodulateur comportant comme médiateurs


principaux les catécholamines qui interagissent avec les récepteurs adrénergiques dont deux
types ont été identifiées, les α-ARs et les β-ARs (Zhang et al., 2004, Richard & Orsal, 2007,
Tortora et al., 2007).

I.8.3.1. Les catécholamines

La famille des catécholamines comprend la noradrénaline, l’adrénaline et la dopamine. Ces


neuromédiateurs sont synthétisés à partir d’un seul acide aminé provenant de l’alimentation qui
est la tyrosine. Ils possèdent un groupe amine attaché à un noyau catéchol. L’adrénaline est un
dérivé méthylé de la noradrénaline, elle-même synthétisée à partir de la dopamine (Ruffolo et
al., 1984, Hoffman & Lefkowitz, 1996, Jaber et al., 1996) (Figure 13).

Les catécholamines sont des substances sympathomimétiques libérées par les neurones
postganglionaires du système nerveux sympathique et par la médullo-surrénale
particulièrement par les cellules chromaffines afin de réguler plusieurs processus
physiologiques tels que le métabolisme, la pression artérielle, l’éveil et l’attention (Aston-Jones
et al., 2000, Berridge & Waterhouse, 2003, Zhang et al., 2004).

 
31 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Figure 13 : Biosynthèse des catécholamines (Voet & Voet, 2011).

 
32 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
I.8.3.2. Les récepteurs adrénergiques

Les récepteurs adrénergiques se localisent sur les effecteurs viscéraux innervés par la plupart
des axones post-ganglionnaires sympathiques. Ils font partie des récepteurs à sept domaines
transmembranaires couplés à la protéine G. L’usage de substances sympathomimétiques a
montré l’existence de deux types de récepteurs adrénergiques, les α-ARs et les β-ARs.

La noradrénaline excite principalement les récepteurs de type α et un peu moins les β, tandis
que l’adrénaline possède un effet excitateur identique sur les deux types de récepteurs
(Berdeaux et al., 1997).

a) les récepteurs α adrénergiques


Il existe deux sous types de récepteurs α adrénergiques, les α1 et les α2. Les α1-ARs sont
considérés comme des récepteurs post-synaptiques qui se localisent au niveau des
cardiomyocytes, du muscle lisse vasculaire, du foie, des reins et même au niveau du cerveau.
Ce sont des récepteurs couplés à la protéine Gq/11, qui activent la PLC et génèrent les seconds
messagers DAG et IP3 via l’activation de la voie des phosphoinositides (Ahlquist, 1948, Lands
et al., 1967, Exton, 1997).

L’activation de ces récepteurs engendre un effet inotrope positif au niveau cardiaque, une
vasoconstriction, une glycogénolyse hépatique, une réabsorption tubulaire de l’eau et du
sodium au niveau rénal. Les α2-ARs, sont des récepteurs présynaptiques au niveau des
terminaisons du système nerveux sympathique, et sont pré- et postsynaptiques au niveau du
système nerveux central. Ils s’expriment également au niveau rénal et du muscle lisse
vasculaire. Ces récepteurs sont responsables de la neuromodulation négative via leur couplage
à une protéine Gi qui inhibe l’adénylate-cyclase diminuant ainsi la concentration intracellulaire
de l’AMPc ainsi que l’activité de la PKA. La stimulation des α2-ARs provoque ainsi une
diminution de la libération de la noradrénaline au niveau de la fente synaptique. Leur activation
au niveau rénal, provoque un effet inverse de celui des α1-ARs (Limbird, 1988, Ghaleh et al.,
1995, Berdeaux & Edouard, 1997) (Figure 14).

La transduction pharmacologique des récepteurs α1 (activation de la voie des phospho-


inositols) et α2 (inhibition de la voie de l’AMPc) est radicalement différente, elle aboutit dans
les deux cas à l’augmentation du calcium intracellulaire induisant ainsi une vasoconstriction
résultant de la stimulation des récepteurs α1 au niveau des artères et des récepteurs α2 au niveau
des veines (Berdeaux et al., 1997).

 
33 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Adrénaline/Noradrénaline Membrane 
plasmique

α1

AR

PKC
Gq Protéine
DAG
PLC (inactive)
PIP2

GTP GDP

Protéine Réponse
 (active) P cellulaire

Interaction avec  Ca²⁺ Ca²⁺ ‐ CaM


Ca²⁺
Actine et myosine
kinase Protéine
Troponine C  (inactive)
IP3

Contraction
 musculaire
Membrane du réticulum 
endoplasmique

Canal calcique 
contrôlé par IP3

Induction
Libération
Liaison

Figure 14 : Transduction du signal via l’activation des récepteurs α1 adrénergiques (Raisman


et al., 1979, Weil & Auwerx, 2005).

PLC : phospholipase C, PKC : protéine kinase C, CaM : Calmoduline, DAG : diacylglycerol,


PIP2 : phosphatidyl inositol 2 phosphate, IP3 : inositol 3 phosphate.

 
34 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 
b) les récepteurs β adrénergiques

Les récepteurs β adrénergiques se subdivisent pharmacologiquement et génétiquement en trois


sous types distincts, les β1-ARs, β2-ARs et les β3-ARs.

Parmi les deux cents RCPG qui s’expriment au niveau cardiaque, le type β-ARs est considéré
comme l’un des régulateurs les plus puissants de l’activité cardiaque, en effet les récepteur β1
et β2 coexistent sur les cardiomyocytes avec une prédominance du premier sous type. L’analyse
des liaisons entre un radio-ligand spécifique et ces récepteurs montre qu’il existe entre 14 et
40% de β2-ARs au niveau des ventricules, et entre 20 et 55% au niveau du tissu auriculaire.

Les récepteurs β2-ARs s’expriment au niveau cardiaque mais aussi au niveau du tractus
respiratoire (cellules épithéliales, endothéliales et pneumocytes de type II), des reins, du foie,
des vaisseaux sanguins, des muscles lisses viscéraux et des cellules immunitaires (cellules
dendritiques, lymphocytes et cellule NK) ou ils modulent leur différentiation et la production
d’anticorps. Les récepteurs β1-ARs se localisent avec prédominance au niveau rénal où ils
augmentent la libération de la rénine et la réabsorption tubulaire (Lands et al., 1967, Brodde et
al., 1983, Brodde, 1991, Madamanchi, 2007).

Au niveau des cardiomyocytes, la liaison des catécholamines sur les β-ARs résulte d’un effet
inotrope et chronotrope positifs. Le changement conformationel de ces récepteurs mène à leur
couplage à une protéine Gs qui stimule l’adenylate-cyclase et génère l’AMPc qui phosphoryle
la PKA. L’activation de la PKA induit une cascade de signalisation menant à la phosphorylation
de plusieurs protéines clés impliquées dans l’excitation et la contraction cardiaque, notamment
les canaux Ca2+ de type L au niveau du sarcolème qui augmente la concentration calcique
intracellulaire, le phospholambane et certaines protéines des myofilaments contractiles telles
que la troponine I et la protéine C. Le récepteurs β2 est également couplé à une protéine Gi qui
inhibe l’adenylate-cyclase parvenant à un effet relaxant à travers la voie des PI3K/Akt (Xiao et
al., 2004, Kuschel et al., 1999, Rockman et al., 2002, Zheng et al., 2005, Vasudevan et al.,
2011) (Figure 15).

L’activation des récepteurs β-ARs induit la relaxation du muscle lisse bronchique par la même
voie, en phosphorylant des protéines impliquées dans la diminution de la concentration des ions
Ca2+ (Shore & Moore, 2003).

 
35 
Rappels Bibliographiques 
 
 
 

Ca²⁺ Adrénaline/Noradrénaline Adrénaline/Noradrénaline Membrane 


plasmique

β1‐ β2‐
AR AR

Canaux calcique  Gs Gs Gi
type‐L AC AC

GTP GDP GDP GTP GTP GDP

AMPc ATP
PI3K

PKA

Akt

Ca²⁺ P P
Troponine I Phospholambane

Effet relaxant
Effet inotrope positif

Effet chronotrope positif

Induction
Libération
Figure 15: Transduction du signal via les récepteurs β1 et β2 adrénergiques au niveau des
cardiomyocytes (Bernstein et al., 2011, Zheng et al., 2005).

AC : Adenylate cyclase, PKA : Protéine kinase A, PI3K : Phosphatidylinositol 3 kinase, Akt :


Protéine kinase.

 
36 
 
Matériels & Méthodes 
 
 
II. Matériel et Méthodes

II.1. Matériel

II.1.1. Matériel Biologiques

Les rats
Les rats de race Wistar ayant un poids moyen de 150 ± 20 g, sont fournis par l’animalerie de la
Faculté des Sciences Biologiques (FSB-USTHB).

Toxine Bot III


La toxine Bot III a été purifiée à partir du venin de scorpion Buthus occitanus tunetanus, selon
Martin et Rochat (1984). Elle nous a été gracieusement fournie par le Professeur Emerite Marie
France Martin-Eauclaire.

Anticorps anti Bot III


Les anticorps anti-Bot III ont été préparés au sein du Laboratoire de Biologie Cellulaire et
Moléculaire de la Faculté des Sciences Biologiques de l’USTHB.

Anticorps anti-Aah I et anti-AahII


Les anticorps anti-Aah I et anti-Aah II ont été fournis par le Professeur Emérite Marie-France
Martin-Eauclaire.

II.1.2. Réactifs et solution

Les différents réactifs et produits chimique utilisés dans cette étude proviennent de plusieurs
firmes: Sigma (St Louis, Missouri, USA), Prolabo (Darmstadt, Germany) et Merck (Darmstadt
F.R.G).
Molécules pharmacologiques
Atropine : Antagoniste spécifique aux récepteurs muscariniques, administré à une dose de 2
mg/kg.
Nicotine : Agoniste spécifique aux récepteurs nicotiniques, injecté à une dose de 0,4 mg/kg.
Propranolol : Antagoniste non sélectifs des β-ARs utilisé avec une dose de 2 mg/kg.
Bisoprolol : Antagoniste spécifique des récepteurs β1-Ars injecté avec dose de 1 mg/kg.
Carvédilol : Antagoniste non sélectifs des récepteurs β et α1 adrénergiques administré à une
dose de 0,5 mg/kg.

 
37 
 
Matériels & Méthodes 
 
 
II.2. Méthodes

II.2.1. Envenimation expérimentale

[Link] des effets physiopathologiques induits par la toxine Bot III

Afin d’étudier les altérations physiopathologiques induites par la toxine Bot III, quatre lots de
trois rats ont été préparés :
Le premier lot, considéré comme témoin, a reçu 400 µl d’eau physiologique (NaCl 0.9‰) par
voie sous cutanée. Les animaux ont été sacrifiés après 24 h.

Le deuxième, le troisième et le quatrième lot, ont reçu une dose sublétale de la toxine Bot III
(7,5 µg/kg) par voie sous cutanée. Le sacrifice a été réalisé, respectivement après 30 min, 3 et
24 h d’intoxination.

Après sacrifice, le sang a été récupéré et centrifugé à 30 000 g pendant 10 min, le sérum a été
conservé à +4°C. Les organes (cœur, poumon et foie) ont été récupérés, pesés puis préparés
pour des études ultérieures.

II.2.1.2. Etude des mécanismes impliqués dans la toxicité induite par la toxine Bot III

Afin d’explorer les voies impliquées dans la physiopathologie observée lors de l’intoxination
par la toxine Bot III, des prétraitements des animaux avec des antagonistes ou agonistes des
récepteurs cholinergiques, ainsi que des antagonistes des récepteurs adrénergiques ont été
entrepris.

Six lots d’animaux ont été utilisés. Le premier lot correspondant au témoin a reçu 400 µl d’eau
physiologique (NaCl 0.9‰) par voie sous cutanée.
Le deuxième lot, les animaux ont été traités avec l’atropine à raison de 2 mg/kg par voie i.p.
Les animaux du troisième lot reçoivent un prétraitement de la nicotine avec une dose de 0,4
mg/kg par voie i.p. Les animaux du quatrième lot ont été traités avec le propranolol à raison de
2 mg/kg par voie i.p. Les animaux du cinquième lot sont traités avec le bisoprolol à raison de 1
mg/kg par voie i.p. Le sixième lot a reçu un prétraitement du Carvédilol avec une dose de 0,5
mg/kg par voie i.p.

Les animaux du deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième lot, reçoivent après 30
min, une dose sublétale de la toxine Bot III par voie s.c.

 
38 
 
Matériels & Méthodes 
 
 
Le sacrifice des animaux est effectué après 3 h d’intoxination. Le sérum est récupéré après avoir
centrifugé le sang à 30000 g pendant 10 min. les organes (cœur, poumon et foie) ont été
récupérés, pesés et préparés pour des études ultérieurs.

II.2.1.3. Effet des anticorps à spécificité variable sur les altérations physiopathologiques
induites par la toxine Bot III

Dans le but d’analyser l’effet neutralisant de différents types d’anticorps sur les perturbations
provoquées par la toxine Bot III, un protocole d’intoxination expérimentale a été mis au point
sur d’autres lots de trois rats. Le premier lot a reçu 400 µl d’eau physiologique (NaCl 0.9‰)
par voie sous cutanée, les animaux sont sacrifiés après 24 h. Dans le deuxième lot, les animaux
reçoivent une dose sublétale de la toxine Bot III par voie s.c. et les anticorps anti-Bot III sont
administrés 30 min après intoxination, par voie intra-péritonéale, à raison de 40 mg/kg. Le
troisième lot a reçu une dose sublétale de la toxine Bot III par voie s.c, et une dose de 40 mg/kg
d’anticorps anti-Aah I par voie intra-péritonéale 30 minutes après intoxinaton. Le quatrième lot
a reçu une dose sublétale de la toxine Bot III par voie s.c, et une dose de 40 mg/kg d’anticorps
anti-Aah II par voie intra-péritonéale 30 minutes après intoxination. Tous les animaux ont été
sacrifiés après 3 heures.

Après sacrifice, le sang a été récupéré et centrifugé à 30 000 g pendant 10 min. Le sérum
collecté a été conservé à +4° C. Les organes (cœur et poumon) ont été récupérés, pesés puis
préparés pour l’étudie des différents paramètres.

II.2.2. Evaluation des perturbations immunologiques

II.2.2.1. Evaluation de l’activité de l’éosinophile peroxydase (EPO)

L’activation et l’infiltration des éosinophiles sont évaluées par le dosage de l’activité de l’EPO
au niveau des sérums et des organes.
Après sacrifice, les organes (cœur, poumon et foie) sont prélevés, lavés avec de l’eau
physiologique, ensuite homogénéisés en présence d’un tampon Tris HCl Triton X100 0,1%
(0,05M ; pH 8) (V/9V) puis centrifugés à 1200 g pendant 20 minutes. Les surnageants ont été
récupérés afin de déterminer l’activité de l’EPO.
Les surnageants ainsi que les sérums ont été déposés en « triplicate » à raison de 50 µl par puits
sur une microplaque, suivis par l’addition d’une solution du substrat chromogène constituée de
l’eau oxygéné (H2O2) et de l’OPD solubilisé dans le Tris HCl Triton X100 0,1% (0,05M ; pH

 
39 
 
Matériels & Méthodes 
 
 
8). La microplaque est incubée pendant une heure à 37°C. L’activité enzymatique est évaluée
par lecture de l’absorbance à 490 nm.

II.2.2.2. Evaluation de l’activité de la myélopéroxydase (MPO)

La mesure de l’activité de la myélopéroxydase permet de suivre l’activation et l’infiltration des


polynucléaires neutrophiles.
Les organes, cœur, poumon et foie récupérés sont repris dans un tampon phosphate Tris HCL
(50 mM ; pH 6,8) (V/9V), broyés puis centrifugés à 1200 g pendant 20 minutes.
Les surnageants (S1) sont récupérés et conservés à +4°C. Les culots subissent trois cycles de
congélation/décongélation et sont ensuite repris dans du tampon TrisHCl/ Triton-X100, puis
centrifugés afin d’obtenir un second surnageant (S2). Un volume de 100 µl du surnageant S1
est mélangé avec un volume de 100 µl du surnageant S2, puis mis en contact avec 300 µl d’une
solution de substrat-chromogène (tampon Tris HCl contenant 0,167 mM d’O-diazinidine et 8,8
mM d’H2O2). L’absorbance est mesurée à 460 nm entre 1 et 3 minutes.

II.2.2.3. Dénombrement des leucocytes dans la cavité péritonéale

Après sacrifice des animaux, la cavité péritonéale est lavée avec du tampon PBS stérile (pH
7,4). Le liquide récupéré est analysé en utilisant un hémocytométre (ADVIA, Hematology
System) afin d’identifier les populations cellulaires infiltrées.

II.2.3. Etude des paramètres du stress oxydatif

II.2.3.1. Evaluation de la concentration du monoxyde d’azote (NO)

La concentration du NO libéré a été évaluée par l’évaluation de ses métabolites (nitrites et


nitrates) au niveau des surnageants d’organes et des sérums. Les échantillons sont incubés avec
le réactif de Griess (sulfanilamide, naphtyl-éthyléne diamine dihydrochloride et H3PO4) à
volume égal. La lecture des absorbances est effectuée à 540 nm après 20 min de contact. Les
concentrations des nitrites/nitrates ont été déterminées à l’aide d’une courbe étalon établie en
utilisant des concentrations connues de NaNO2 (0,125 µM à 16 µM).

II.2.3.2. Evaluation de la peroxydation lipidique

Le taux de la peroxydation lipidique a été évalué en mesurant la concentration du


malondialdéhyde (MDA), au niveau des sérums et des broyats d’organes (cœur, poumon et
foie).

 
40 
 
Matériels & Méthodes 
 
 
La déproteinisation des échantillons est effectuée à l’aide du butanol (V/V), suivie d’une
centrifugation à 1000 g pendant 10 min. Les surnageants ainsi obtenus sont mis en contact avec
une solution d’acide thiobarbiturique (0,6 %) et d’acide orthophosphorique (1%). Après
incubation à 45°C pendant 45 min, l’absorbance est mesurée à 540 nm.

II.2.3.3. Détermination de l’activité de la catalase

La catalase est une enzyme antioxydante essentiellement localisée dans les peroxysomes. Cette
enzyme convertit l’eau oxygénée (H2O2) en H2O et O2 pour prévenir la formation des radicaux
hydroxyles. Une dilution à 1/20 dans le tampon phosphate (50 mM, pH 7) des échantillons
(sérums et homogénats d’organes) a été réalisée, puis mis en contact avec 500 µl de H2O2
(0,2%). L’activité de la catalase est proportionnelle à la dégradation de H2O2, elle est suivie
pendant 3 min à 240 nm et exprimé en unité de catalase (U) par ml ou par 100 mg de tissu.

II.2.3.4. Evaluation du taux de GSH

Un volume de 50 µl des échantillons (sérums ou broyats d’organes) est incubé avec 50 µl de


5,5-dithiobis 2-acide nitrobenzoîque (DTNB) et 150 µl de tampon phosphate-EDTA (0,1 M,
pH 7,4) pendant 30 min à 37°C. La lecture de l’absorbance est effectuée à 405 nm.

II.2.4. Etudes des altérations biochimiques et métaboliques

II.2.4.1. Evaluation de l’activité de la lactate déshydrogénase (LDH)

La lactate déshydrogénase catalyse la réaction du pyruvate en lactate avec oxydation du


NADH,H+. La vitesse de l’oxydation du NADH, H+ est proportionnelle à l’activité catalytique
de l’enzyme. Cette réaction directe est déterminée par mesure de la diminution de l’absorbance
à 340 nm. Le substrat de la LDH (1 ml) et l’échantillon (100 μl) à doser sont incubés à 30°C.
Une première et une seconde lecture de la densité optique sont effectuées à des intervalles de
temps de 30 secondes puis 2 minutes. L’activité exprimée en UI/ml est calculée en multipliant
la variation moyenne de DO (DO/min) par le coefficient 8095.

II.2.4.2. Evaluation de l’activité de la créatinine kinase (CK)

La créatine kinase est une enzyme avec une large distribution tissulaire au niveau de
l’organisme. Son rôle physiologique est associé avec la génération de l’ATP pour les systèmes
contractiles et de transport. La CK catalyse le transfert réversible d’un groupement phosphate
de la phosphocréatine à l’ADP.

 
41 
 
Matériels & Méthodes 
 
 
Le taux de la formation de NADPH mesuré par photométrie est proportionnel à la concentration
catalytique de la CK présente dans un échantillon.

Le substrat de la CK (1ml) et l’échantillon à doser (100 μl) sont incubés à 30°C. Après une mise
en contact, une première et une seconde lecture de la densité optique sont effectuées à des
intervalles de temps de 1 puis 3 minutes. L’activité est exprimée en UI /ml et est calculée en
multipliant la variation moyenne de DO (∆ DO/min) par 4127.

II.2.4.3. Evaluation de l’activité des transaminases

Les transaminases sont des enzymes ayant une activité métabolique importante au niveau des
cellules hépatiques. L’augmentation de leurs concentrations sériques reflète une lésion
cellulaire en particulier au niveau hépatique.
Les deux amino-transférases, l’aspartate amino-transférase « ASAT » et l’alanine amino-
transférase « ALAT » catalysent l’inter-conversion de l’acide α-cétonique en acide aminé en
transférant le groupement aminé d’un acide à un autre.

Evaluation de l’activité de l’aspartate amino-transférase

L’ASAT catalyse le transfert d’un groupement aminé de l’acide glutamique vers l’acide
aspartique. La vitesse d’oxydation du NADH, H+ en NAD est proportionnelle à l’activité
catalytique de l’ASAT. Cette dernière est déterminée par la mesure de la diminution de
l’absorbance à 340 nm. Le substrat de l’ASAT (1 ml) est incubé avec100 μl de l’échantillon à
doser à 30°C. Une première et une seconde densité optique sont lues à des intervalles de temps
de 1 minute puis 3 minutes. L’activité est exprimée en UI /ml et est calculée en multipliant la
variation moyenne de DO (∆ DO/min) par le coefficient 1746.

Evaluation de l’activité de la L-Alanine amino-transférase

L’ALAT catalyse le transfert réversible du groupement aminé de la L-Alanine vers le 2-


oxoglutarate avec formation de pyruvate et de glutamate.
La réaction secondaire permet de suivre l’oxydation du NADH, H+ en NAD qui est
proportionnelle à l’activité catalytique de l’ALAT, mesurée par la lecture de l’absorbance à 340
nm. Le substrat de l’ALAT (1 ml) et l’échantillon à doser (100 μl) sont incubés à 30°C. Une
première et une seconde densité optique sont lues à des intervalles de temps de 1 minute puis 3
minutes. L’activité est exprimée en UI/ml est calculée en multipliant la variation moyenne de
DO (DO/min) par le coefficient 1746.

 
42 
 
Matériels & Méthodes 
 
 
II.2.5. Analyse histopathologique

Après sacrifice des animaux, les organes (cœur, poumon et foie) ont été soigneusement
récupérés et fixés dans du formol à 10% pendant 48 heures afin de maintenir une stabilité et
une conservation des structures tissulaires.
Une déshydratation est ensuite effectuée dans des bains d’éthanol de degrés croissants (70°,
90°, 100°) pendant 10 min chacun. L’éclaircissement des organes s’effectue à l’aide d’un
solvant organique (le xylène) pendant 10 min.

Les organes sont ensuite imprégnés dans un bain de paraffine pendant de 24 h à 60°C.
L’inclusion des organes dans la paraffine permet de donner une consistance homogène. Les
blocs sont ensuite confectionnés à l’aide des barres de Leukart. La réalisation des coupes de 5
µm d’épaisseur est effectuée à l’aide d’un microtome.

Les coupes obtenues sont étalées sur les lames à l’aide de l’eau gélatinée 4%. Après
déparaffinage dans des bains de xylène, les lames subissent une réhydration à l’aide des bains
d’alcool de degrés décroissant (100°, 90° et 70°).

La coloration des coupes se fait avec l’Hématoxyline-Eosine ; l’Hématoxyline colore les


noyaux en brun-violacé, l’éosine colore le cytoplasme en rose ce qui donne une teinte allant de
l’orange au rouge pour les hématies.

Après coloration, les coupes sont déshydratées par des passages successifs dans les bains à
degrés croissants 70°, 90°, 100°, suivie par deux bains de xylène. Les coupes sont montées entre
lame et lamelle à l’aide d’une résine hydrophobe (Eukitt). L’observation des coupes est réalisée
grâce à un microscope photonique (Motic) et la prise des photos s’effectue grâce au logiciel
Motic-Image.

II.2.6. Analyse statistique

L'analyse statistique est réalisée en utilisant le logiciel Microsoft Excel (Microsoft, Redmond,
Washington). Les résultats sont exprimés en moyenne ± SD.

La signification statistique des différences entre les groupes a été analysée par le test t de
Student. Les différences sont considérées significatives si la valeur de p <0,05.

 
43 
 
Résultats & Discussion 
 
 
III. Résultats et Discussion

III.1. Physiopathologie induite par la toxine Bot III

Afin de mettre en évidence les perturbations provoquées par la toxine Bot III purifiée, des
études immunologiques et métaboliques, ainsi qu’une évaluation des paramètres du stress
oxydatif ont été entreprises suite à une intoxination expérimentale et suivant une cinétique de
30 min, 3 et 24 h.

III.1.1. Analyse des variations immunologiques

III.1.1.1. Evaluation des activités de l’éosinophile peroxydase (EPO) et de la


myéloperoxydase (MPO)

L’analyse des activités des peroxydases (EPO et MPO) chez les animaux témoins a montré une
faible activité, au niveau sérique et tissulaire (cœur, poumon et foie). L’injection d’une dose
sublétale de la toxine Bot III par voie s.c. provoque une augmentation significative des activités
d’EPO et de MPO après 30 min, atteignant un maximum à 3 h. Ce taux diminue après 24 h au
niveau des compartiments étudiés, sans cependant atteindre au niveau tissulaire les valeurs du
témoin (Figures 16 et 17).

La migration leucocytaire du sang périphérique vers le tissu endommagé est un phénomène clé
dans l’initiation de la réaction inflammatoire. L’augmentation significative des activités de
l’EPO et de la MPO au niveau des sérums et des organes suite à l’injection de la toxine Bot III
traduit l’activation et la séquestration des cellules inflammatoires particulièrement les
éosinophiles et les neutrophiles, au niveau des compartiments étudiés et par conséquent, le
déclenchement d’une réponse inflammatoire précoce.

L’EPO est une hémoprotéine cationique, hétérodimérique de 71 à 77 kDA. Elle est libérée par
les granules azurophiles des PNE sous l’action de stimulants inflammatoires (Ferguson et al.,
1995; Shamri et al., 2011). En effet, selon des études antérieures utilisant le venin de scorpion
Aah sur le modèle murin, l’activité de l’EPO serait favorisée, après activation des éosinophiles
par les médiateurs inflammatoires (IL-3 et IL-5) et les fractions C3a et C5a du complément
(Adi-Bessalem et al., 2012, Bekkari et al., 2015).

La MPO, quant à elle, est une protéine hémique possédant une activité de peroxydase et de
chloration. Elle est présente en concentration importante (2 à 5%) dans les granules primaires
des cellules polymorphonucléaire (PMN) (Taurog & Dorris, 1992).

 
44 
 
Résultats & Discussion 
 
 

1.4
Activité de l'EPO sérique 
1.2 ***
1
(UDO/ ml)

0.8
0.6 **
0.4 NS
0.2
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

2 B 
pulmonaire (UDO/par 100 

***
Activité de l'EPO 

1.5
mg du tissu)

1
*** *
0.5

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

1.2 C 
Activité de l'EPO cardiaque 

***
(UDO/100 mg du tissu)

1
0.8
0.6
0.4 * *
0.2
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

1 D  ***
hépatique (UDO/100 
Activité de l'EPO 

0.8
mg du tissu)

**
0.6
0.4
*
0.2
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

Figure 16: Evaluation de l’activité de l’éosinophile peroxydase sous l’effet de la toxine Bot III.
Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). A: Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D:
Foie. * comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
45 
 
Résultats & Discussion 
 
 
1.4 A 
***
1.2
Activité de la MPO 
sérique (UDO/ml)
1
0.8
0.6 **
0.4 NS
0.2
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

2.5 B 
pulmonaire (UDO/100 

***
Activité de la MPO 

2
mg du tissu

1.5
**
1
**
0.5

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

2 C 
cardiaque (UDO/100 mg 

***
Activité de MPO 

1.5
du tissu)

1
*
0.5
*
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

1.2 D  ***
hépatique (UDO/100 mg 

1
Activité de la MPO 

0.8
du tissu)

0.6 **
0.4
NS
0.2
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

Figure 17: Evaluation de l’activité de la myélopéroxydase sous l’effet de la toxine Bot III. Les
valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). A: Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D: Foie.
* comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
46 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Selon les travaux réalisés par Raouraoua-Boukari et collaborateurs (2012), l’augmentation de
l’activité de la MPO lors de l’injection du venin d’Aah, sa fraction toxique G50 ou sa toxine
purifiée Aah II serait due à la libération des médiateurs inflammatoires tels que le TNF-α, l’IL-
6, l’IL-1β, le PAF, les leucotriènes et les prostaglandines (Raouraoua-Boukari et al., 2012). En
effet, l’administration de l’anti-IL6 et/ou de l’anti-TNF prévient l’infiltration leucocytaire au
niveau tissulaire ainsi que l’augmentation de l’activité de la MPO (Taibi-Djennah & Laraba-
Djebari 2015).

III.1.1.2. Etude de la balance pro-antioxydante

III.[Link]. Evaluation du taux du monoxyde d’azote (NO)

Les animaux témoins ayant reçu du NaCl 0,9% présentent un faible taux de nitrites. Ce taux
augmente après 30 min d’injection de la toxine Bot III par voie s.c au niveau des compartiments
étudiés (sérum, cœur, poumon et foie) et atteint son maximum après 3 h d’intoxination. Une
normalisation de ce taux est observée après 24 h d’intoxination au niveau sérique, cardiaque et
pulmonaire, il reste cependant nettement supérieur à celui du témoin au niveau hépatique
(Figure 18).

Le monoxyde d’azote (NO) joue un rôle important dans le contrôle du tonus vasculaire en raison
de sa forte capacité vasodilatatrice, dans la régulation de la pression artérielle ainsi que la
fonction endothéliale par l’inhibition de l’adhésion des leucocytes à la surface de l’endothélium.
Il est également considéré comme l’un des marqueurs de l’inflammation et du stress oxydatif.
Le dosage de son activité permet d’évaluer la présence d’une réponse inflammatoire (Moncada
et al., 1991, Stamler et al., 1992).

Les neutrophiles et les éosinophiles sont d’excellents producteurs des espèces réactives
d’oxygènes (ROS) ou d’azote (RNS). Ces molécules peuvent provoquer des lésions cellulaires
importantes telles que la dénaturation des protéines, la peroxydation lipidique voire même la
nécrose (Bekheet et al., 2013).

Des études antérieures ont suggéré que le venin de scorpion, ou ses toxines purifiées pouvaient
induire la libération de taux élevés de NO. Le taux de NO est en corrélation avec la sévérité de
l’envenimation. Cette libération de NO serait probablement due à la stimulation des iNOS
présentes dans les leucocytes par les cytokines pro-inflammatoires tels que l’IL-1β, l’IL-6,
l’IFN-ϒ et le TNF-α (Raouraoua-Boukari et al., 2012, Lamraoui et al., 2015, Medjadba et al.,
2015).

 
47 
 
Résultats & Discussion 
 
 
14 A 
***
Taux de  NO sérique 
12
10
(µM/ml)

8 ***
6
4
NS
2
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

10 B  ***
Taux de NO pulmonaire 
(µM/100 mg du tissu)

8
6
***
4
2 NS

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

10 C  ***
Taux du NO cardiqaue (µM/ 

8
100 mg du tissu)

6
**
4

2 NS

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

10 D  ***
Taux du NO hépatique 
(µM/100mg du tissu)

8
6
**
4 **
2
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

Figure 18: Evaluation du taux de NO après administration d’une dose sublétale de la toxine
Bot III. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). A: Sérum, B: Poumon, C:
Cœur, D: Foie. * comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P <
0,001.

 
48 
 
Résultats & Discussion 
 
 
III.[Link]. Evaluation du taux de malondialdehyde (MDA)

Après 30 min d’administration de la toxine Bot III, les résultats obtenus révèlent une
augmentation significative du taux de MDA, au niveau des sérums et des homogénats d’organes
comparés aux faibles concentrations observées chez les animaux témoins. Ce taux de MDA
atteint une valeur maximale après 3 h d’intoxination. Au bout de 24 h un retour au taux normal
a été observé au niveau sérique. Au niveau cardiaque et pulmonaire ce taux diminue
significativement sans atteindre le taux basal. Cependant, au niveau hépatique, la concentration
de MDA reste considérablement élevée comparativement à celle des animaux témoins (Figure
19).

D’après les résultats obtenus, il semble que la toxine Bot III serait capable d’induire une
modification de l’intégrité et de la fluidité membranaire à travers l’induction d’un stress
oxydatif. En effet, dans les conditions de stress, les radicaux libres oxygénés ont la capacité de
réagir avec les lipides de la membrane plasmique et particulièrement les acides gras
polyinsaturés menant à une peroxydation lipidique et par conséquent à la libération de MDA
(Memişoğulları et al., 2004, Pacher et al., 2005).

Les fortes teneurs en MDA peuvent être cytotoxiques en réagissant avec divers nucléosides ou
en modifiant les propriétés biochimiques des protéines (Moreira et al., 1999, Praticò et al.,
2004, Sowell et al. 2004).

III.[Link]. Evaluation de l’activité de la catalase

L’activité de la catalase évaluée chez les animaux témoins indique un taux élevé, au niveau
sérique et des homogénats tissulaires. Cette activité commence à diminuer après 30 min
seulement suite à l’injection d’une dose sublétale de la toxine Bot III, cette valeur atteint une
concentration minimale au bout de 3 h d’intoxination au niveau des quatre compartiments
analysés. Une restauration de l’activité de la catalase est observée dans les 24 h qui suivent
l’administration de la toxine au niveau sérique, pulmonaire et cardiaque, elle reste encore faible
cependant au niveau hépatique (Figure 20).

La catalase est une enzyme anti-oxydante qui joue un rôle important dans la protection contre
le stress oxydant, en éliminant le peroxyde d’hydrogène, et prévenant ainsi la formation des
radicaux toxiques (Favier, 1997, Mates et al., 1999).

La production excessive des ROS pourrait avoir un impact sur le système défensif antioxydant.

 
49 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Taux de MDA  sérique  4 A  ***
3.5
3
(µM/ml)

2.5 ***
2
1.5
1 NS
0.5
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

6 B  ***
pulmonaire (µM/100 mg 

5
Taux de MDA 

4
**
du tissu)

3
2 *
1
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

7 C  ***
Taux de MDA cardiaque 
(µM/100 mg du tissu)

6
5
4 **
3
2 *
1
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

10 D 
Taux de MDA hépatique 
(µM/100 mg du tissu)

***
8

6 **
***
4

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

Figure 19: Evaluation du taux de MDA après administration d’une dose sublétale de la toxine
Bot III. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). A: Sérum, B: Poumon, C:
Cœur, D: Foie. * comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P <
0,001.

 
50 
 
Résultats & Discussion 
 
 
80
Activité de la catalase  A  NS
sérique (UI/ml)
60 **

40 ***

20

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

80 B  NS
pulmonaire (UI/100 mg 
Activité de la catalase 

70 **
60
du tissu)

50 ***
40
30
20
10
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

70 C  NS
cardiaque (UI/100 mg du 
Activité de la catalase 

60
50 ***
40 ***
tissu)

30
20
10
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

100 D 
hépatique (UI/100 mg de 
Activité de la catalase 

80
**
60
tissu)

***
40 ***

20

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

Figure 20: Evaluation de l’activité de la catalase après administration d’une dose sublétale de
la toxine Bot III. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). A: Sérum, B: Poumon,
C: Cœur, D: Foie. * comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P
< 0,001.

 
51 
 
Résultats & Discussion 
 
 
En effet, l’accumulation des radicaux libres peut, d’une part, altérer l’expression des gènes
codant pour la catalase, et d’autre part, inhiber son activité (Lardinois et al., 1996, Cho et al.,
2002).

La diminution de l’activité de la catalase causée par la toxine Bot III confirme les résultats
obtenus dans les études antérieures qui suggèrent que le venin de scorpion induit une cinétique
décroissante de la catalase suite à la libération accrue des radicaux libres qui sont à l’origine du
stress oxydant (Rabie et al., 1972).

III.[Link]. Mesure du taux de glutathion réduite (GSH)

Les résultats révèlent une faible concentration de GSH au niveau des sérums et des homogénats
tissulaires des animaux ayant reçu la toxine Bot III, comparativement aux animaux témoins. En
effet, de fortes teneurs en GSH sont observées au niveau sérique et des homogénats tissulaires
comparés aux témoins. Le taux de GSH diminue après 3 h, il est normalisé à 24 h en rejoignant
les valeurs du témoin au niveau sérique, pulmonaire et cardiaque. Un taux faible est cependant
toujours observé au niveau hépatique même après 24 h d’intoxination (Figure 21).

Le GSH est un tripéptide qui joue le rôle d’un donneur d’électron dans la réaction de réduction
effectuée par la GSH peroxydase afin de piéger et métaboliser l’excès des ROS (Mullineaux &
Creissen, 1997).

La diminution du taux de GSH provoquée par la toxine Bot III est corrélée avec l’augmentation
de l’activité de la MPO. En effet, La formation de l’acide hypochlorique (HOCl) due à l’activité
élevée de la MPO représente une cible biologique pour le GSH qui, pour cela, sera épuisé par
la MPO (Taurog & Dorris, 1992, Winterbourn & Brennan, 1997).

III.1.1.3. Evaluation des perturbations métaboliques

III.[Link]. Mesure de l’activité de la lactate déshydrogénase (LDH) et de la créatinine


kinase (CK)

Les activités de la LDH et de la CK ont été évaluées toutes les deux au niveau sérique,
cependant, au niveau tissulaire, la LDH est évaluée au niveau pulmonaire et myocardique, alors
la CK est évaluée uniquement au niveau myocardique. Les deux activités sont évaluées chez
les animaux témoins et ceux ayant reçu une dose sublétale de la toxine Bot III.

 
52 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Taux de GSH sérique  10 A  NS
8
**
(µM/ml)

6
***
4
2
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

60 B  NS
Taux de GSH pulmonaire 
(µM/100 mg du tissu)

50
***
40
30
***
20
10
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

60

Taux de GSH cardiaque 
(µM/100 mg du tissu)

50 NS
40 **
30 ***
20
10
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

12 D 
Taux de GSH hépatique 

**
(µM/100 mg de tissu)

10
*
8
6
4 ***
2
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

Figure 21: Evaluation du taux de GSH après administration d’une dose sublétale de la toxine
Bot III. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). A: Sérum, B: Poumon, C:
Cœur, D : Foie. * comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P <
0,001.

 
53 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Au niveau sérique, une forte augmentation des activités de la LDH et de la CK ont été observées
après 30 min et 3 h d’injection de la toxine par comparaison aux témoins qui présentent un taux
plus faible. Au bout de 24 h, ces activités diminuent et atteignent la valeur du témoin.

Au niveau des homogénats pulmonaire et cardiaque, une diminution significative des taux de
LDH et de CK est observée, comparée aux témoins. Cette diminution commence après 30 min
de l’administration de la toxine et atteint un taux minimal au bout de 3 h. Après 24 h
d’intoxination, les activités de LDH et de CK restent faibles et stationnaires (Figure 22 A et
B).

Il semble que la toxine Bot III engendre une perturbation du métabolisme cellulaire qui consiste
en l’augmentation des activités enzymatiques de la LDH, la CK au niveau sérique et leur
diminution au niveau de leurs organes respectifs. Des résultats similaires ont été observés lors
de l’injection du venin de scorpion tityus serrulatus et sa toxine purifiée tityustoxin-I, celui du
Tityus trinitatis ou encore Leiurus quinquestriatus. En effet, les perturbations métaboliques
observés lors de l’envenimation scorpionique sont relatives à une lyse cellulaire, entrainant une
diffusion des enzymes dans le compartiment sérique, induisant de ce fait leur diminution au
niveau des organes (Correa et al., 1997, Daisley et al., 1999, Fatani, 2010).

Dans cette étude, il semble que la lyse cellulaire des pneumocytes ou des cardiomyocyte serait
due à l’altération de l’intégrité membranaire provoquée par la libération du NO ainsi que par la
peroxydation lipidique suite au déséquilibre de la balance pro-antioxydante.

III.[Link]. Mesure de l’activité des transaminases (ASAT et ALAT)

Le taux des transaminases a été évalué au niveau du sérum et des homogénats hépatiques
prélevés après sacrifice des animaux témoins et ceux ayant reçu une dose sublétale de la toxine
Bot III.

Les résultats obtenus indiquent une augmentation des activités des transaminases au niveau
sérique durant les 30 min qui suivent l’injection de la toxine Bot III comparée aux témoins,
atteignant un taux maximal après 3 h, une légère diminution est observée après 24 h.

Les activités de l’ASAT et de l’ALAT au niveau hépatique montrent une diminution jusqu’à
24 h post-intoxination comparée aux valeurs témoins (Figure 23 A et B).

Les activités des transaminases sont considérées comme des indicateurs de la fonction
hépatique et permettent ainsi de suivre les lésions au niveau de ce même parenchyme.

 
54 
 
Résultats & Discussion 
 
 
1600 A  Sérum
Poumon
***
1400
Cœur

1200 *
Activité de la LDH (UI/ml)

1000

800 **
***
**
600 *** ***
*** NS
400

200

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

1600 B  Sérum
*** Cœur
1400
Activité de la CK (UI/ml)

1200 **
*
1000

800 NS
***
600
***
400

200

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

Figure 22 : Evaluation des activités de la LDH (A) et de la CK (B) après administration d’une
dose sublétale de la toxine Bot III. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). *
comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
55 
 
Résultats & Discussion 
 
 
1000 A  Sérum
900
Foie
800
*
Activité de ASAT (UI/ml)

700
600
500
***
***
400
300 ***
*
200 **
100
0
Témoin 30 min 3 h 24 h

800 B  Sérum

700 Foie
Activité de ALAT (UI/ml)

600

500 **

400
*** ***
300
*** *
200
**
100

0
Témoin 30 min 3 h 24 h

Figure 23 : Evaluation des activités des transaminases après administration d’une dose
sublétale de la toxine Bot III. A: ASAT, B: ALAT. Les valeurs sont représentées en moyenne
± SD (n = 3). * comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P <
0,001.

 
56 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Plusieurs études antérieures ont montré que le foie est la cible des venins de scorpions (D'Suze
et al., 2004, Laraba-Djebari & Abib, 2011, Bekkari et al., 2015). Le venin d’Aah peut causer
une nécrose des hépatocytes qui serait la conséquence de l’augmentation du flux de Ca2+
intracellulaire pouvant activer les phospholipases endogènes (Bessalem et al., 2003).

III.2. Implication de la voie cholinergique dans la physiopathologie induite par la toxine


Bot III

Afin d’élucider le rôle potentiel des voies cholinergiques dans l’induction des manifestations
physiopathologiques déclenchées par la neurotoxine Bot III, une envenimation expérimentale
a été entreprise par l’administration d’une dose sublétale de cette toxine en association ou non
avec un antagoniste des récepteurs muscariniques (atropine) ou un agoniste des récepteurs
nicotinique (nicotine). A cet effet, des études immunologiques, métaboliques, histologiques,
ainsi qu’une évaluation des paramètres du stress oxydatif ont été entreprises.

III.2.1. Implication des récepteurs nicotinique et muscarinique dans le processus


inflammatoire induit par la toxine Bot III

L’intensité de la réaction inflammatoire induite par la toxine Bot III en présence de l’activateur
nicotinique ou de l’inhibiteur muscarinique a été évaluée par l’infiltration des neutrophiles et
des éosinophiles au niveau des tissus (cœur, poumon et foie) suite au dosage des bio-marqueurs
EPO et MPO, ainsi que par le dénombrement des leucocytes au niveau de la cavité péritonéale
afin d’évaluer le degré d’infiltration des leucocytes en contact avec les organes.

Les résultats obtenus indiquent une augmentation importante de l’activité des peroxydases
(EPO et MPO) au niveau sérique et des homogénats tissulaires (cœur, poumon et foie) par
rapport aux témoins. L’administration de l’atropine ou de la nicotine préalablement à l’injection
de la toxine Bot III induit une plus faible activité d’EPO et de MPO au niveau des quatre
compartiments analysés, comparé aux animaux intoxinés (Figures 24 et 25).

Au niveau de la cavité péritonéale, une hyperleucocytose se traduisant par une augmentation


du nombre de leucocytes chez les animaux ayant reçu la toxine Bot III seule comparée aux
témoins.

 
57 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Activité de l'EPO sérique  1.4 A  ***
1.2 ***
1 #
(UDO/ml)

0.8
NS
0.6 ###
0.4
0.2
0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

2 B  ***
pulmonaire (UDO/ 100 
Activité de l'EPO 

1.5
mg du tissu)

**
1 #
NS
0.5 ###

0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

1.2 C  ***
cardiaque (UDO/100 mg 

***
1 NS
Activité de l'EPO 

0.8
du tissu)

0.6
NS
0.4 ###
0.2
0
Témoin Bot III Atropine+ Bot III Nicotine + Bot III

1 D  ***
hépatique (UDO/100 
Activité de l'EPO 

0.8 ***
mg du tissu)

0.6 ##

0.4 *
###
0.2
0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

Figure 24: Evaluation de l’activité de l’éosinophile péroxydase après administration d’une dose
sublétale de la toxine Bot III en présence de l’atropine ou de la nicotine. Les valeurs sont
représentées en moyenne ± SD (n = 3). A: Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D: Foie. * comparées
aux animaux témoins. # comparées aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01,
***
P < 0,001.

 
58 
 
Résultats & Discussion 
 
 
1.4 A 
Activité de la MPO  ***
sérique (UDO/ml)
1.2
1 *
0.8 ## NS
0.6 ###
0.4
0.2
0
Temoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

2.5 ***
pulmonaire (UDO/100 mg 


2
Activité de la MPO 

1.5
du tissu)

*
1 NS
###
###
0.5

0
Temoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

2 C 
cardiaque (UDO/100 mg 

***
Activité de la MPO 

1.5
du tissu)

1 * *
### ###
0.5

0
Temoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

1.2 ***

hépatique (UDO/100 
Activité de la MPO 

1
***
mg du tissu)

0.8 ##
0.6 *
0.4 ###
0.2
0
Temoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

Figure 25: Evaluation de l’activité de la myélopéroxydase après administration d’une dose


sublétale de la toxine Bot III en présence de l’atropine ou de la nicotine. Les valeurs sont
représentées en moyenne ± SD (n = 3). A: Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D: Foie. *comparées
aux animaux témoins. # comparées aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01,
***
P < 0,001.

 
59 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Cette hyperleucocytose se caractérise par une prédominance des polynucléaires neutrophiles,
suivie par une accumulation des lymphocytes, des monocytes et des éosinophiles.

L’effet des traitements administrés par voie i.p. préalablement à l’injection de la toxine semble
prévenir cette hyperleucocytose. En effet, le nombre de leucocytes infiltrés a diminué en
présence de l’atropine et de la nicotine comparativement à celui des animaux ayant reçu la
toxine seule. Une diminution plus significative de l’infiltration leucocytaire est révélée par le
prétraitement à la nicotine (Figure 26).

Les résultats obtenus suggèrent que les récepteurs nicotiniques et muscariniques sont capables
de moduler l’activation et la migration leucocytaire vers les organes lors de l’intoxination par
la toxine Bot III.

En effet, les macrophages, les neutrophiles et les lymphocytes T expriment les deux types de
ACh-Rs tandis que les monocytes, les éosinophiles et les lymphocytes B n’expriment que les
récepteurs nicotiniques (Eva et al., 1989, Whaley et al., 1981, Mita et al., 1996, Tayebati et al.,
1999, Matsunaga et al., 2001, Iho et al., 2003, Wang et al., 2003b, Skok et al., 2005, Peng et
al., 2004, Profita et al., 2005, Blanchet et al., 2007).
L’activation des récepteurs nicotiniques inhibe la libération du LTB4, l’IL-8 les TXA2, à partir
des neutrophiles tandis que l’activation des récepteurs muscariniques induit leur libération
(Saareks et al., 1993, Profita et al., 2005).

Les résultats obtenus sont en accord avec ceux montrant que l’atropine permet de diminuer
l’infiltration des leucocytes et l’augmentation de l’activité de la MPO pulmonaire chez la souris
suite à l’injection des venins de scorpions Androctonus australis hector ou Androctonus
amoreuxi (Saidi et al., 2013).

III.2.2. Implication des récepteurs cholinergiques dans le stress oxydatif induit par la
toxine Bot III

La neurotoxine Bot III semble induire, une augmentation hautement significative du taux des
marqueurs pro-oxydants, NO et MDA au niveau sérique, pulmonaire, cardiaque et hépatique
comparé aux témoins. L’activité de la catalase ainsi que le taux de GSH ont quant à eux,
fortement diminué chez les animaux intoxinés avec une dose sublétale de la toxine Bot III,
comparés aux témoins.

 
60 
 
Résultats & Discussion 
 
 

700 Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

***
600

500
Leucocytes (cellules/µl)

400 **

300
**
###
200
*
* ###
*** ** # NS
100 ##
NS *** ** ##
## **
### * NS
### ** NS #
0
lymphocytes Monocytes P. neutrophiles P.éosinophiles Leucocytes

Figure 26 : Evaluation de l’infiltration leucocytaire au niveau de la cavité péritonéale après


administration d’une dose sublétale de la toxine Bot III, en présence ou absence de l’atropine
ou de la nicotine. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux
animaux témoins. # comparées aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P
< 0,001.

 
61 
 
Résultats & Discussion 
 
 
L’inhibition du récepteur muscarinique par l’atropine, ou l’activation du récepteur nicotinique
par la nicotine avant l’injection de la neurotoxine Bot III semble prévenir ces modifications. En
effet, La libération du NO et de MDA est plus faible, l’activité de la catalase et le taux de GSH
sont plus élevés au niveau des compartiments analysés lors de l’association de la toxine Bot III
avec les prétraitements, notamment dans le cas de la nicotine qui semble induire un équilibre
plus important de la balance pro-antioyxdante comparé à celui induit par l’atropine (Figures 27
et 28).

Il a été rapporté que la nicotine inhibait la synthèse du TNF-α et celle d’autres cytokines telles
que l’IL-1β; l’IL-6 et l’IL-12 ce qui pourrait avoir un impact sur l’expression des iNOS et
réduirait le taux du NO libéré (Szabo, 1995, Wahl et al., 2003).
Il a été également montré que la stimulation des récepteurs muscariniques, notamment les sous
types M1 et M3 au niveau des lymphocytes, induit l’activation de l’isoforme inductible des
NOS stimulant ainsi la synthèse du NO (Kamimura et al., 2003). La libération du NO serait
également due à celle de l’acétylcholine et de la bradykinine qui ont un effet stimulateur sur
l’isoforme constitutif de NOS, entrainant aussi à sa surproduction (Endo et al., 1996).

Le rétablissement du taux de MDA et de l’activité de la catalase en présence de la nicotine ou


l’atropine serait probablement lié à la diminution de la libération du NO. L’augmentation du
taux de la GSH, quant à lui, serait probablement liée à la diminution de l’activité de MPO en
présence de l’atropine ou de la nicotine.

III.2.3. Implication de la voie cholinergique dans les perturbations métaboliques induites


par la toxine Bot III

L’évaluation des activités de la LDH, de la CK et des transaminases (ASAT et ALAT) a montré


une forte augmentation au niveau sérique accompagnée d’une diminution au niveau tissulaires
comparées à celles des témoins qui présentent des activités faibles au niveau sérique et élevées
au niveau tissulaire.

Le prétraitement avec l’inhibiteur muscarinique (l’atropine) ou l’activateur nicotinique (la


nicotine) semble prévenir considérablement les désordres métaboliques provoqués par la toxine
Bot III. En effet, les activités enzymatiques sériques sont plus réduites et les activités tissulaires
sont plus élevées comparés aux animaux ayant reçu la toxine Bot III. La nicotine semble être
plus efficace car les taux des enzymes observés lors de son association avec la toxine Bot III
sont proches de ceux des témoins (Figures 29 et 30).

 
62 
 
Résultats & Discussion 
 
 
14 A  Sérum

Poumon
***
12
Taux du NO (µM/ ml ou 100 mg de tissu)

Cœur

Foie
10
*** ***
***
8

**
6 ##
*
**
## *
###
4 ** ### * *
## ### ###
*
2 ###

0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

9 B  Sérum
Taux de MDA (µM/ ml ou 100 mg du tissu)

***
8 Poumon

7 Cœur
***
6 *** Foie

5
**
4 *** **
### NS
3 * ** ###
###
## ###
* *
2 *
### ###
###
1

0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

Figure 27 : Evaluation des paramètres pro-oxydants après administration d’une dose sublétale
de la toxine Bot III en présence de l’atropine ou de la nicotine A: NO, B: MDA. Les valeurs
sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux animaux témoins. # comparées
aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
63 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Sérum Poumon Cœur Foie

60 A  *
Taux de GSH (µM/ml ou 100 mg de tissu)

### NS
**
50 ## ###
*
#
40

NS NS
30
*** ## ###
***
20
*** ** NS
10 ## ##
***
0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

Sérum Poumon Cœur Foie

80 B 
NS
Activité de la catalase (UI/ml ou 100 mg di tissu)

* ### NS
70 NS
## * ###
** ###
* ###
60 ### **
###
###
50
***
40 ***
***
***
30

20

10

0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

Figure 28 : Evaluation des paramètres antioxydants après administration d’une dose sublétale
de la toxine Bot III en présence de l’atropine ou de la nicotine. A: activité de la catalase, B: taux
de GSH. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux animaux
témoins. # comparées aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
64 
 
Résultats & Discussion 
 
 

1600 A 
Sérum Poumon Cœur

1400 ***
*
Activité de la LDH (UI/ml)

** ###
1200 ##

1000 ** *
### ##
800 *** *
***
# ###
600
***
400

200

0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

1600 B  Sérum Cœur


**
1400
** *
1200 #
Activité de la CK (UI/ml)

** ##
*
##
1000 ##

800 ***

600

400

200

0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

Figure 29 : Evaluation des activités de la LDH (A) et de la CK (B) après administration d’une
dose sublétale de la toxine Bot III en présence de l’atropine ou de la nicotine. Les valeurs sont
représentées en moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux animaux témoins. # comparées aux
animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
65 
 
Résultats & Discussion 
 
 
1000 A  Sérum Foie NS
900 ###
800 **
Activité de ASAT (UI/ml)

700 ##

600
500
***
400
300 *** **
## *
200 ###
100
0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

800
B  Sérum Foie NS
700 ###
Activité de ALAT (UI/ml)

600

500
**
400
#
**
300
***
**
200 *
###
###
100

0
Témoin Bot III Atropine + Bot III Nicotine + Bot III

Figure 30: Evaluation des activités des transaminases après administration d’une dose sublétale
de la toxine Bot III en présence de l’atropine ou de la nicotine. A: ASAT, B: ALAT. Les valeurs
sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux animaux témoins. # comparées
aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
66 
 
Résultats & Discussion 
 
 
L’activation du récepteur nicotinique semblent prévenir les désordres métaboliques causés par
la toxine Bot III, probablement par la réduction du taux du NO et par la diminution de la
peroxydation lipidique (Pavlov & Tracey, 2005). Le récepteur muscarinique, quant à lui, semble
être impliqué dans l’altération des membranes cellulaires par le biais de l’activation des
phospholipases endogènes. En effet, l’activation des sous types M1, M3 et M5 peut induire
l’activation de la PLA2 (Aronstam & Patil, 2009).

III.2.4. Implication de la voie cholinergique dans l’histopathologie induite par la toxine


Bot III

Une étude histologique a été entreprise au niveau des parenchymes pulmonaire et hépatique,
ainsi qu’au niveau du myocarde des animaux ayant reçu une dose sublétale de la toxine Bot III
seule, ou précédée par l’administration de l’inhibiteur muscarinique (atropine) ou l’activateur
nicotinique (nicotine) afin d’explorer l’implication des récepteurs cholinergique (muscarinique
et nicotinique) dans l’apparition des lésions tissulaires.

III.2.4.1. Analyse histopathologique du parenchyme pulmonaire et du myocarde

L’observation microscopique du parenchyme pulmonaire des animaux témoins montre une


structure normale. En effet, les poumons sont constitués d’alvéoles séparés les uns des autres
par des cloisons inter-alvéolaires contenant des pneumocytes et des capillaires sanguins.
L’analyse histologique du myocarde révèle un aspect normal, avec des fibres myocardiques
parallèles, serrées et striées, présentant des noyaux périphériques et allongées.

Des modifications histopathologiques ont été observées au niveau du parenchyme pulmonaire


après 3 h de l’injection de la neurotoxine Bot III. Ces lésions se manifestent par l’apparition de
l’œdème, de zones hémorragiques accompagnées d’une infiltration de cellules inflammatoire.
Au niveau du myocarde, les lésions consistent en l’apparition des zones hémorragiques, des
œdèmes interstitiels avec une infiltration de cellules inflammatoires. Les fibres myocardiques
apparaissent hypertrophiées et relâchées, d’autres sont complètement nécrosées.

L’association de l’antagoniste muscarinique ou de l’agoniste nicotinique à la toxine Bot III


semble avoir prévenu l’apparition des altérations histologiques. L’utilisation de l’atropine
montre des structures pulmonaire et myocardique très proches de celles des témoins avec une
infiltration modérée de cellules inflammatoires. Le prétraitement avec la nicotine n’a laissé
apparaître que quelques zones hémorragiques, plus réduites que celles observées chez les
animaux intoxinés (Figures 31 et 32).

 
67 
 
Résultats & Discussion 
 
 

A B

Hr O
A
Cinf

Ecl

C D

Hr

Ecl

Figure 31 : Analyse histopathologique du parenchyme pulmonaire après administration de la


toxine Bot III en présence et en absence de prétraitements. Coloration H.E. Objectif 40.
A: Témoin, B: Bot III après 3 h d’intoxination, C: Administration de l’atropine suivie de la
toxine Bot III, D: Administration de la nicotine suivie de la toxine Bot III.
A: Alvéole. Cinf : Cellules inflammatoires. Ecl: Epaississement de cloison intra-alvéolaire. O:
Œdème. Hr : Hémorragie.

 
68 
 
Résultats & Discussion 
 
 

A B
O

Fc Hr

Cinf

Fcd Nec

C D

Hr

Cinf

Figure 32: Analyse histopathologique du myocarde après administration de la toxine Bot III
en présence et en absence de prétraitements. Coloration H.E. Objectif 40.
A: Témoin, B: Bot III après 3 h d’intoxination, C: Administration de l’atropine suivie de la
toxine Bot III, D: Administration de la nicotine suivie de la toxine Bot III.
Fc: Fibre cardiaque. Hr: Hémorragie. Fcd: Fibres cardiaques desserrées. Cinf: Cellules
inflammatoires, O: Œdème. Nec: Nécrose.

 
69 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Des lésions similaires ont été observées après l’injection du venin d’Aah, sa fraction toxique
ou sa toxine majeure Aah II purifiée (Adi-Bessalem et al., 2008, Sami-Merah et al., 2008, Saidi
et al., 2013, Taibi-Djennah et al., 2015). L’injection de la toxine Aah I purifiée par voie s.c a
également induit les mêmes désordres que la toxine Bot III (Medjadba et al., 2016).

Il semblerait que l’atropine et la nicotine atténuaient les lésions tissulaires induites par la toxine
Bot III au niveau du parenchyme pulmonaire et du myocarde via la suppression de l’infiltration
leucocytaire au niveau des tissus lésés, en inhibant la libération des chimioattractants (tels que
l’IL-8 et le LTB4) ainsi que le NO par les neutrophiles, les macrophages et les lymphocytes
(Iho et al., 2003, Razani-Boroujerdi et al., 2008).  

III.2.4.2. Analyse histopathologique du parenchyme hépatique

L’observation microscopique des coupes histologiques du parenchyme hépatique prélevé à


partir d’animaux témoins ne présente aucune anomalie structurale. il est constitué de cellules
disposées en travées orienté de manière radiaire autour de la veine centrolobulaire. Les
hépatocytes sont des cellules mono ou binucléés, entre eux se profilent des espaces sinusoïdaux,
ou se trouvent les cellules de Kupffer.

Au bout de 3 h d’intoxination des animaux avec la toxine Bot III, l’analyse histologique a révélé
des lésions tissulaires se traduisant par une congestion de la veine centrolobulaire, une dilatation
des espaces sinusoïdaux, une hyperplasie des cellules de Kupffer et une infiltration abondante
de leucocytes. Le parenchyme est parsemé de zones nécrotiques qui pourraient être la
conséquence de la turgescence et de la dégénérescence des hépatocytes.

L’utilisation préalable des deux prétraitements a prévenu significativement les altérations


tissulaires induites par la toxine Bot III, avec un effet plus important de la nicotine qui révèle
une structure proche de celle du témoin. Le prétraitement avec l’atropine a néanmoins laissé
apparaitre une dilatation des espaces sinusoïdaux avec une légère infiltration de cellules
inflammatoires (Figure 33).

Les résultats obtenus corroborent avec ceux rapportés par des études antérieures indiquant des
altérations hépatiques similaires après envenimation scorpionique (D'Suze et al., 2004, Laraba-
Djebari & Abib, 2011, Bekkari et al., 2015).

Nos résultats suggèrent que l’activation du récepteur nicotinique ou l’inhibition du récepteur


muscarinique pourraient inhiber l’activation de la PLA2 ainsi que la libération des dérivés de
l’acide arachidonique.

 
70 
 
Résultats & Discussion 
 
 

A B

Cinf

O C
Vc

Es Nec Esd

C Cinf D

Esd

Figure 33: Analyse histopathologique du parenchyme hépatique après administration de la


toxine Bot III en présence et en absence de prétraitements. Coloration H.E. Objectif 40.
A: Témoin, B: Bot III après 3 h d’intoxination, C: Administration de l’atropine suivie de la
toxine Bot III, D: Administration de la nicotine suivie de la toxine Bot III.
Es: Espace sinusoïdale. Vc: veine Centrolobulaire. C: Congestion. Cinf : Cellules
inflammatoires. Hr: Hémorragie. O: Œdème. Esd: Espace sinusoïdale dilaté. Nec: Nécrose.

 
71 
 
Résultats & Discussion 
 
 
III.3. Etude de l’implication des récepteurs adrénergiques dans la physiopathologie
induite par la toxine Bot III

Afin d’explorer l’éventuelle implication des récepteurs adrénergiques dans les désordres
physiopathologiques provoqués par la neurotoxine Bot III, des antagonistes des récepteurs
adrénergiques ont été administrés aux animaux préalablement à l’injection de la toxine. Il s’agit
du propranolol qui est un inhibiteur des récepteurs β1/β2, du bisoprolol qui inhibe sélectivement
les récepteurs β1, et du carvédilol qui ciblent les récepteurs α1/β1/β2. Des études
immunologiques, métaboliques, histologiques, et une étude de la balance pro-antioxydant ont
été entreprises.

III.3.1. Effets des antagonistes adrénergiques sur l’infiltration leucocytaire

Les résultats obtenus indiquent que les antagonistes adrénergiques administrés semblent être
capable de prévenir l’augmentation des activités des peroxydases (EPO et MPO) provoquée par
la toxine Bot III mais avec des degrés différents.

Le prétraitement avec le carvédilol semble être plus efficace par rapport à ceux avec le
propranolol ou le bisoprolol au niveau sérique en ramenant les taux de l’EPO très proches à
ceux des témoins. Au niveau pulmonaire et cardiaque, le prétraitement avec le bisoprolol
semble induire une activité moindre comparée à celle du carvédilol et du propranolol. Au niveau
hépatique, le prétraitement avec le bisoprolol ne montre aucun effet préventif contre
l’augmentation de l’activité de l’EPO contrairement à celui du carvédilol ou du propranolol qui
ont pu maintenir une activité significativement inférieure à celle des animaux intoxinés (Figure
34).

Le prétraitement avec le carvédilol semble induire une activité de MPO au niveau sérique et
pulmonaire nettement inférieure à celle induite avec le propranolol ou le bisoprolol. Au niveau
cardiaque, le prétraitement avec le bisoprolol a permis de rétablir l’activité de la MPO avec un
taux avoisinant celui du témoin. Le prétraitement avec le carvédilol, quant à lui, permet
d’obtenir un taux plus faible de MPO que celui du prétraitement avec le propranolol. Au niveau
hépatique, les prétraitements avec le carvédilol ou avec le propranolol semblent maintenir une
activité significativement faible par rapport à celle des animaux intoxinés, le prétraitement avec
le bisoprolol n’a montré aucun effet (Figure 35).

 
72 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Activité de l'EPO sérique  1.4 A 
***
1.2
1 ***
* ##
(UDO/ml)

0.8 NS
##
0.6 ###
0.4
0.2
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

2 B 
Activité de l'EPO pulmonaire 

***
(UDO/100 mg du tissu)

1.5

1 *** **
## ##
**
0.5 ##

0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

1.2 C 
cardiaque (UDO/100 mg 

***
1
Actvité de l'EPO 

0.8 **
du tissu)

0.6 ### *
* ###
0.4
###
0.2
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

1.2 D  ***
hépatique (UDO/100 mg 

*** NS
1
Activité de l'EPO 

0.8 *
de tissu)

#
0.6 *
##
0.4
0.2
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

Figure 34: Evaluation de l’activité de l’EPO après administration de la toxine Bot III en
présence des antagonistes adrénergiques. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n =
3). A: Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D: Foie.* comparées aux animaux témoins, # comparées
aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
73 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Activité de MPO sérique  1.4 A 
1.2 ***
**
1 ** ##
(UDO/ml)

0.8 ##
NS
0.6
###
0.4
0.2
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

2.5 B 
pulmonaire (UDO/100 mg 

***
2
Activité de MPO 

** **
1.5 ## ##
du tissu)

*
1
###
0.5
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

2 C 
cardiaque (UDO/100 mg 

***
Activité de MPO 

1.5
***
du tissu)

1 ###
NS *
0.5 ### ###

0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

***
1.2 D  *** NS
Activité de MPO hépatique 
(UDO/100 mg de tissu)

1
**
0.8 ##
*
0.6 ###
0.4
0.2
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III
III

Figure 35: Evaluation de l’activité de la MPO après administration de la toxine Bot III après
prétraitement avec des antagonistes adrénergiques. Les valeurs sont représentées en moyenne
± SD (n = 3). A: Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D: Foie.* comparées aux animaux témoins, #
comparées aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
74 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Le nombre des leucocytes infiltrés dans la cavité péritonéale, particulièrement, celui des
neutrophiles a significativement augmenté lors de l’injection de la toxine Bot III
comparativement à celui des animaux témoins. L’injection des antagonistes adrénergiques
avant la toxine Bot III semblent prévenir l’accumulation des leucocytes au niveau de la cavité
péritonéale. En effet, le nombre de leucocytes parait plus faible lors des prétraitements avec le
carvédilol ou le propranolol par rapport à celui des animaux intoxinés. Le prétraitement avec le
bisoprolol semble prévenir cette hyperleucocytose mais avec un effet moindre que celui du
carvédilol ou du propranolol (Figure 36).

Les résultats obtenus suggèrent que les récepteurs adrénergiques sont probablement impliqués
dans l’amplification de la réaction inflammatoire induite par la toxine Bot III via la modulation
de l’infiltration des leucocytes vers les tissus lésés. Ces résultats sont en corrélation avec ceux
obtenus par Saidi et ses collaborateurs (2013), qui ont montré que le propranolol réduisait
l’activité de la MPO pulmonaire induite lors d’une envenimation des souris avec les venin
d’Aah ou d’Aam (Saidi et al., 2013). Le prétraitement avec le carvédilol a également permis de
diminuer l’activité de la MPO au niveau du myocarde des patients présentant un infarctus (Bril
et al., 1992).

Plusieurs études ont rapporté que les récepteurs β2 adrénergique s’expriment sur les cellules
immunocompétentes, tels que les monocytes, les lymphocytes T et B ainsi que les neutrophiles.
Leur activation par les catécholamines, in vivo, induit l’augmentation du nombre cellulaire au
niveau du site inflammatoire. Cette modification est provoqué via l’adhésion des cellules à
l’endothélium vasculaire (Bishopric et al., 1980, Abrass et al., 1985, Khan et al., 1986, Silvestri
et al., 1999).

D’autres études ont également montré que l’activation du récepteur β2-AR potentialise la
production de l’IL-8 par les monocytes. L’IL-8 joue non seulement le rôle de chimioattractant
en recrutant les cellules immunitaire au site de l’inflammation, mais aussi elle régule l’adhésion
cellulaire, l’activation des granulocytes en induisant la formation des radicaux libres (Kavelaars
et al., 1997, Gregory et al., 1988, Huber & Kunkel, 1991).

III.3.2. Effet des antagonistes adrénergiques sur de la balance oxydative

L’évaluation des marqueurs pro-oxydants indiquent une plus faible libération du NO et de


MDA au niveau des compartiments analysés lorsque la toxine Bot III est injectée en association
avec l’un des antagonistes adrénergiques que lorsqu’elle est injectée seule.

 
75 
 
Résultats & Discussion 
 
 

700 Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

***
600
Nombre de leucocytes (cellules/µl)

500

400 **

300 **
##
*
200 * ###
**
###
# *
*** *
** ## ##
100 * ## NS ** * *
## ## NS NS NS * NS
## ### ** # NS ##
0
lymphocytes Monocytes P. neutrophiles P.éosinophiles Leucocytes

Figure 36: Evaluation de l’infiltration leucocytaire au niveau de la cavité péritonéale après


administration d’une dose sublétale de la toxine Bot III, en présence ou en absence de
prétraitements. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux
animaux témoins. # comparées aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P
< 0,001.

 
76 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Cependant, l’efficacité des trois prétraitements utilisés parait différente au niveau des quatre
compartiments analysés.

Concernant la libération du NO au niveau sérique, il apparait que le carvédilol ainsi que le


propranolol jouent un rôle important dans la prévention contre l’augmentation des taux de NO
par rapport au bisoprolol. Au niveau pulmonaire et cardiaque, le taux le plus faible de NO est
observé en présence du carvédilol ou du bisoprolol. Le propranolol révèle un taux de NO
supérieur à celui observé lors de l’administration du carvédilol ou du bisoprolol. Au niveau
hépatique, le taux le plus faible de NO est observé en présence du carvédilol. Le propranolol
semble également réduire la libération de NO. Le bisoprolol quant à lui, ne présente aucun effet
contre l’augmentation du NO au niveau hépatique (Figure 37).

L’évaluation du taux de MDA dans les sérums et les homogénats pulmonaire indique que le
carvédilol et le bisoprolol semblent maintenir de faible taux de MDA par rapport à ceux
observés chez les animaux intoxinés contrairement au propranolol qui ne semble pas avoir
d’effet. Au niveau cardiaque, les prétraitements avec le carvédilol ou le bisoprolol
semblent protéger les cardiomyocytes de la peroxydation lipidique. Au niveau hépatique, le
prétraitement avec le bisoprolol ne semble avoir aucun effet sur les hépatocytes, contrairement
à celui du carvédilol ou du propranolol qui présentent des taux de MDA significativement faible
par rapport à ceux observés chez les animaux intoxinés (Figure 38).

L‘évaluation des marqueurs antioxydants montre que l’administration des trois prétraitements
avant l’injection de la toxine Bot III a permis de prévenir la diminution de l’activité de la
catalase ainsi que celle des taux de GSH observée chez les animaux intoxinés avec un effet
distinct d’un compartiment à l’autre. Au niveau sérique et pulmonaire, les résultats montrent
l’efficacité du prétraitement avec le carvédilol qui a donné des taux de catalase proche de ceux
des animaux témoins, suivi de celui du bisoprolol. Il semble que le prétraitement avec le
propranolol ne présente aucun effet sur la diminution de l’activité de la catalase causée par la
toxine Bot III.

Au niveau du myocarde, l’action du bisoprolol dans le rétablissement de l’activité de la catalase


est remarquable, suivie par celle du carvédilol et du propranolol qui présente un effet moindre.
Au niveau hépatique, le carvédilol et le propranolol révèlent un effet presque identique, avec
une différence très significative avec les animaux intoxinés. En revanche, le bisoprolol ne
présente aucun effet sur l’inhibition de l’activité de la catalase hépatique (Figure 39).

 
77 
 
Résultats & Discussion 
 
 
14 A 
***
12
Taux de NO sérique 

***
10 *** #
***
(µM/ml)

8 ##
##
6
4
2
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

10 B  ***
Taux de NO pulmonaire 
(µM/100 mg du tissu)

8 ***
## ***
6 ## **
##
4

0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

10 ***
Taux de NO cardiaque 


(µM/100 mg du tissu)

***
8 ## ***
**
6 ##
###
4
2
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

***
9 D  *** NS
Taux de NO hépatique 

8
(µM/100 mg de tissu)

7 **
6 ##
5 *
4 ###
3
2
1
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

Figure 37: Evaluation du taux de NO après administration de la toxine Bot III en présence
d’antagonistes adrénergiques. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). A:
Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D: Foie.* comparées aux animaux témoins, # comparées aux
animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
78 
 
Résultats & Discussion 
 
 
4 A  ***
***
3.5 NS
Taux de MDA sérique 

3 ***
2.5 ###
(µM/ml)

***
2 ###
1.5
1
0.5
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

6 B  *** ***
pulmonaire (µM/100 

NS
5
Taux de MDA 

mg du tissu)

4 **
### **
3 ###
2
1
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

7 C  ***
Taux de MDA cardiaque 

***
(µM/100 mg du tissu)

6 ##
5 *
4 ### *
###
3
2
1
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

10 ***

Taux de MDA hépatique 

*** NS
(µM/100 mg du tissu)

8
*** ***
6 ##
###
4
2
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

Figure 38: Evaluation de la peroxydation lipidique après administration de la toxine Bot III en
présence d’antagonistes adrénergiques. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3).
A: Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D: Foie.* comparées aux animaux témoins, # comparées aux
animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
79 
 
Résultats & Discussion 
 
 
80 A  NS
Activité de la catalase  **
sérique (UI/ml) 70 ##
##
60
***
50
*** NS
40
30
20
10
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

80 B  *
pulmonaire (UI/100 mg du 

70 ** #
Activité de la catalase 

60 ###
***
50 *** NS
tissu)

40
30
20
10
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

70 C 
**
(UI/100 mg du tissu)

60 **
catalasecardiaque 

*** ##
Activité de la 

50 #
#
40 ***
30
20
10
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

80
Activité de la catalase 


(UI/100 mg du tissu)

**
**
60 #
## ***
NS
40 ***

20

0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

Figure 39: Evaluation de l’activité de la catalase après administration de la toxine Bot III en
présence d’antagonistes adrénergiques. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3).
A: Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D: Foie.* comparées aux animaux témoins, # comparées aux
animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
80 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Les taux sériques de GSH sont proches de ceux observés chez les témoins lors de l’utilisation
du carvédilol. Ces taux sont cependant différents de ceux des animaux intoxinés sans pour
autant atteindre ceux des animaux témoins avec le prétraitement par le propranolol. Les taux de
GSH sont partiellement rétablis en présence du bisoprolol. Au niveau pulmonaire et cardiaque,
l’association du carvédilol ou du bisoprolol à la toxine Bot III permet de maintenir des taux de
GSH proches de ceux des animaux témoins, contrairement au propranolol qui permet d’obtenir
un taux plus faible de GSH. Au niveau hépatique, il semble que le prétraitement avec le
carvédilol soit capable de maintenir un taux de GSH très élevé, les prétraitements avec le
propranolol ou le bisoprolol ne semblent avoir aucun effet (Figure 40).

L’effet antioxydant des antagonistes adrénergiques, particulièrement le carvédilol, a été décrit


par plusieurs auteurs. Cet effet peut prévenir l’altération de l’intégrité de la membrane
plasmique causée par la libération des ROS et diminue également les produits de peroxydation
lipidique (Feuerstein et al., 1997, Flesch et al., 1999). D’autres auteurs ont montré que le taux
plasmatiques des produits de la lipo-peroxydation chez les personnes atteintes d’une défaillance
cardiaque a fortement diminué avec l’utilisation du carvédilol par rapport à celle avec le
métoprolol (inhibiteur sélectifs des β1-ARs). Cet effet antioxydant peut être lié à un effet anti-
cytokines qui est plus puissant avec le carvédilol (Gao et al., 2000, Nagatomo et al., 2007).
Des études antérieures ont montré que l’activation persistante des récepteurs β-adrénergiques
stimule l’expression des cytokines pro-inflammatoires tels que le TNF-α, l’IL-1β et l’IL-6,
inversement, leurs inhibition, attenue l’expression de ces cytokines (Murray et al., 2000, Prabhu
et al., 2000).

III.3.3. Effet des antagonistes adrénergiques sur les désordres métaboliques provoqués
par la toxine Bot III

L’utilisation des inhibiteurs des récepteurs adrénergiques avant l’injection de la toxine Bot III
a permis d’observer des activités plus faibles de LDH, CK et transaminases au niveau sériques
et plus élevées au niveau tissulaires (cœur, poumons et foie) comparées à celles des animaux
intoxinés.

L’évaluation de l’activité de la LDH montre que le prétraitement avec le carvédilol a permis


d’observer une efficacité supérieure à celle des deux autres antagonistes au niveau sérique et
pulmonaire.

 
81 
 
Résultats & Discussion 
 
 
35 A 
30
Taux de GSH sérique 

* NS
25 ### ###
**
µM/ml)

20 ##
15 **
10
5
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

60 B  * *
Taux de GSH pulmonaire 

### ###
(µM/100 mg de tissu)

50
40 ***
#
30
***
20
10
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

60 C 
Taux de GSH cardiaque 

NS NS
(µM/100 mg de tissu)

50 ###
** ##
40 #
30
***
20
10
0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

10 D 
Taux de GSH hépatique 
(µM/100 mg de tissu)

8 *
** #
6 NS ***
NS
4 ***

0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

Figure 40: Evaluation du taux de GSH après administration de la toxine Bot III en présence
d’antagonistes adrénergiques. Les valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). A:
Sérum, B: Poumon, C: Cœur, D: Foie.* comparées aux animaux témoins, # comparées aux
animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
82 
 
Résultats & Discussion 
 
 
Il est suivi du propranolol et du bisoprolol qui semblent agir de manière analogue. Au niveau
cardiaque le prétraitement avec le bisoprolol ou le carvédilol semble maintenir des taux de LDH
élevés comparés à ceux des animaux intoxinés, cette augmentation est cependant moins
significative en présence du propranolol (Figure 41A).

Les résultats indiquent aussi que l’activité de la CK, est similaire à celle des animaux témoins
lorsque le carvédilol et le bisoprolol sont injectés préalablement à la toxine Bot III. L’effet du
propranolol est moins important que celui des autres inhibiteurs (Figure 41B).

L’évaluation des activités des transaminases montre que l’administration du carvédilol avant la
toxine Bot III semble maintenir des taux similaires à ceux observés chez les animaux témoins.
L’effet préventif du propranolol contre les perturbations métaboliques provoquées par la toxine
Bot III au niveau hépatique semble être plus important que celui du bisoprolol qui présente une
très faible efficacité (Figures 42 A et B).

Les résultats obtenus suggèrent l’implication des récepteurs adrénergiques dans l’induction des
désordres métbolique par la toxine Bot III. Au niveau du système cardio-pulmonaire, Le
récepteur β1-adrénergique semble être impliqué dans l’activation de la voie de signalisation
menant à l’altération de l’intégrité membranaire induisant la libération des enzymes
intracellulaire. Le récepteur β2 adrénergiques, serait plus impliqué au niveau hépatique, via la
modulation de la réaction inflammatoire. En effet, l’inhibition du récepteur β2 prévient la
dégradation de la membranaire grâce à l’effet antioxydant des antagonistes adrénergiques,
particulièrement celui du carvédilol (Ruffolo & Feuerstein, 1997).

Le récepteur α1, quant à lui, semble être impliqué dans l’apparition des perturbations au niveau
de l’axe cardio-pulmonaire et hépatique à travers l’activation des PLA2 endogènes et
l’augmentation de la concentration du Ca2+ intracellulaire (Berridge, 1987). 

III.3.4. Implication de la voie adrénergique dans l’histopathologie induite par la toxine


Bot III

III.3.4.1. Analyse histologique du parenchyme pulmonaire et du myocarde

L’administration du propranolol avant la toxine Bot III semble n’avoir aucun effet contre
l’induction des altérations du parenchyme pulmonaire, contrairement au bisoprolol qui permet
de montrer une architecture intacte se rapprochant des tissus des animaux témoins.

 
83 
 
Résultats & Discussion 
 
 

1600 A 
Sérum Poumon Cœur
*** *
1400
##

1200 ***
Activité de la LDH (UI/ml)

## *** ***
1000 *** ### ## * *
# ### ##
***
800 ***
###
**
###
600 ***

400

200

0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

1600 B  Sérum Cœur


** NS
1400 NS ###
** ###
1200
Activité de la CK (UI/ml)

1000 ** NS
## NS
## ###
800
***
600

400

200

0
Témoin Bot III Propranol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

Figure 41 : Evaluation des activités de la LDH (A) et de la CK (B) après administration d’une
dose sublétale de la toxine Bot III en présence des antagonistes adrénergiques. Les valeurs sont
représentées en moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux animaux témoins. # comparées aux
animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
84 
 
Résultats & Discussion 
 
 
1000 A  Sérum Foie

900 *
###
800
**
Activité de l'ASAT (UI/ml)

700 ##

600 ***
#
500
***
400

300 *** *** ***


## ##
NS
200
###
100

0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

800 B  Sérum Foie


700
NS
* ###
Activité de l'ALAT (UI/ml)

600
#
500 **
NS
400
**
300 ***
*** ** NS NS
200 ## ##
100

0
Témoin Bot III Propranolol + Bot III Bisoprolol + Bot III Carvédilol + Bot III

Figure 42: Evaluation des activités des transaminases après administration d’une dose sublétale
de la toxine Bot III en présence des antagonistes adrénergiques. A: ASAT, B: ALAT. Les
valeurs sont représentées en moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux animaux témoins. #
comparées aux animaux intoxinés. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
85 
 
Résultats & Discussion 
 
 
L’utilisation du carvédilol à prévenu la majorité des altérations provoquées par la toxine, et ne
laisse apparaitre qu’un léger épaississement des cloisons inter-alvéolaires (Figure 43).

Au niveau du myocarde, le prétraitement avec le carvédilol ou le bisoprolol semble prévenir la


majorité des lésions myocardiques induites par la toxine, en effet, l’architecture du myocarde
parait bien organisée, ressemblant à celle du témoin. Cependant, l’administration préalable du
propranolol parait moins efficace que celles des deux antagonistes précédents, laissant
apparaitre un œdème interstitiel réduit, un relâchement des fibres myocardiques et une
infiltration leucocytaire (Figure 44).

Au niveau du myocarde, les deux sous types de récepteurs β adrénergiques (β1, β2) sont
présents mais avec une prédominance des récepteurs β1, les récepteurs α1 y sont également
exprimés. La stimulation de ces récepteurs par les catécholamines induit la régulation des
fonctions cardiaques en activant différentes voies de signalisation. En effet, il a été suggéré que
le récepteur β1 présente un effet cardiotoxique alors que le récepteur β2 est cardioprotecteur
(Bernstein et al., 2011). Ces données peuvent probablement expliquer l’efficacité du bisoprolol
sur l’inhibition de l’effet cardiotoxique, réduisant ainsi l’intensité de l’œdème pulmonaire. Le
récepteur β1 pourrait être impliqué dans l’apparition des désordres pulmonaires d’origine
cardiogénique et son inhibition peut prévenir les désordres cardiaques et pulmonaires.

L’inhibition simultanée des trois récepteurs β1, β2 et α1 par le carvédilol semble être capable
de prévenir les désordres myocardiques et pulmonaire suggérant que l’effet toxique induit par
les récepteurs adrénergiques β1 et α1 est supérieur à l’effet cardioprotecteur du récepteur β2.

En effet, l’activation du récepteur α1 au niveau cardiaque, engendre un effet inotrope positif et


une vasoconstriction via l’activation de la voie des phosphoinositides qui engendre l’activation
des phospholipases endogènes, notamment la PLC et la libération du Ca2+ (Lokhandwala &
Hegde, 1991).

III.3.4.2. Analyse histologique du parenchyme hépatique

La toxine Bot III génère une désorganisation importante dans le parenchyme hépatique.
L’administration du carvédilol préalablement à la toxine Bot III semble prévenir la majorité des
lésions tissulaires, notamment la nécrose, l’hémorragie, ainsi que la dilatation des espaces
sinusoïdaux. Le prétraitement par le propranolol laisse apparaitre une veine centrolobulaire
congestionnée voire même dilatée.

 
86 
 
Résultats & Discussion 
 
 
A

B C
O

Hr O Cinf

Cinf
Hr
Ecl Ecl

D E

Figure 43 : Analyse histopathologique du parenchyme pulmonaire après administration de la


toxine Bot III en présence et en absence des antagonistes adrénergiques. Coloration H.E.
Objectif 40.
A: Témoin, B: Bot III après 3 h d’intoxination, C: Administration du propranolol suivie de la
toxine Bot III, D: Administration du bisoprolol suivie de la toxine Bot III, E: Administration
du carvédilol suivie de la toxine Bot III.
A : Alvéole. Cinf : Cellules inflammatoires. Ecl : Epaississement de cloison intra-alvéolaire.
O : Œdème. Hr : Hémorragie.

 
87 
 
Résultats & Discussion 
 
 

Fc

B C
O

Fcd
Hr
Nec
Fcd Cinf O Cinf

D E

Figure 44 : Analyse histopathologique du myocarde après administration de la toxine Bot III


en présence et en absence des antagonistes adrénergiques. Coloration H.E. Objectif 40.
A: Témoin, B: Bot III après 3 h d’intoxination, C: Administration du propranolol suivie de la
toxine Bot III, D: Administration du bisoprolol suivie de la toxine Bot III, E: Administration
du carvédilol suivie de la toxine Bot III.
Fc : Fibre cardiaque. Hr : Hémorragie. Fcd: Fibres cardiaques desserrées. Cinf : Cellules
inflammatoires, O: Œdème. Nec : Nécrose.

 
88 
 
Résultats & Discussion 
 
 
L’administration du bisoprolol ne semble avoir aucune efficacité dans la protection du
parenchyme hépatique des altérations induites par la toxine Bot III (Figure 45).

Il semble que les récepteurs β2 sont impliqués dans la toxicité hépatique par l’activation de la
réaction inflammatoire. En effet, Tan et ses collaborateurs (2006) ont suggéré que le β2-AR des
macrophages possède des propriétés pro-inflammatoire et son activation mène à une production
des cytokines IL-1β et IL-6 (Tan et al., 2007).
Le récepteur α1 semble également être impliqué dans l’induction de l’hépatotoxicité. Son
activation provoque l’augmentation du flux des ions Ca2+ intracellulaire qui phosphoryle divers
protéines, notamment la PLA2 qui hydrolysent les membranes cellulaires et induit la libération
de l’acide arachidonique qui représente le précurseur des prostaglandines, leucotriènes et les
tramboxanes (Raisman et al., 1979).

L’absence de l’expression des récepteur β1 au niveau hépatique pourrait expliquer l’effet moins
favorable du bisoprolol.

III.4. Effet de l’immunothérapie sur les altérations provoquées par la toxine Bot III

Suite à une intoxination expérimentale avec la toxine Bot III associée à des anticorps à
spécificités variables (anticorps anti-Bot III, anticorps anti-Aah II ou anticorps anti-Aah I), des
analyses immunologiques, métaboliques et histologiques ont été entreprises afin de mettre en
évidence l’effet de ces d’anticorps sur les désordres provoqués par la toxine Bot III purifiée.

III.4.1. Evaluation des activités des peroxydases

Il semble que l’administration des anticorps anti-Bot III et celle des anticorps anti-Aah II
diminue l’intensité de la réaction inflammatoire provoquée par la toxine, en réduisant
l’activation et l’infiltration des cellules inflammatoires, notamment les éosinophiles et les
neutrophiles vers le tissu pulmonaire et myocardique (Figure 46).

Des études antérieures ont montré que l’administration des anticorps ou leurs fragments a
permis d’induire une neutralisation des antigènes du venin d’Aah et une redistribution des
composants du venin du compartiment extravasculaire vers le compartiment sanguin
(Hammoudi-Triki et al., 2007). L’efficacité de l’immunothérapie dans la réduction de
l’infiltration leucocytaire vers les tissus lésés après injection du venin d’Aah ou sa toxine
purifiée Aah II a également été rapportée (Sami-Merah et al., 2008).

 
89 
 
Résultats & Discussion 
 
 

Vc

Es

B C

Cinf

O C C

Nec Esd

D E
Nec

Esd

Cinf C

Figure 45 : Analyse histopathologique du parenchyme hépatique après administration de la


toxine Bot III en présence et en absence des antagonistes adrénergiques. Coloration H.E.
Objectif 40.
A: Témoin, B: Bot III après 3 h d’intoxination, C: Administration du propranolol suivie de la
toxine Bot III, D: Administration du bisoprolol suivie de la toxine Bot III, E: Administration
du carvédilol suivie de la toxine Bot III.
Es : Espace sinusoïdale. Vc : veine Centrolobulaire. C : Congestion. Cinf : Cellules
inflammatoires. Hr : Hémorragie. O : Œdème. Esd : Espace sinusoïdale dilaté. Nec : Nécrose.

 
90 
 
Résultats & Discussion 
 
 
2 A  Poumon Cœur
***
1.8
Activité de l'EPO (UDO/100 mg de 

***
1.6
1.4
1.2
***
tissu)

***
1
0.8
0.6 **
0.4 NS *
*
0.2
0
Témoin Bot III Bot III + anti‐Bot IIIBot III + anti‐Aah II Bot III + anti‐Aah I

2.5 B  Poumon Cœur


Activité de la MPO (UDO/100 mg de 

***
2 **
***

1.5
tissu)

***
1

NS NS *
0.5
*

0
Témoin Bot III Bot III + anti‐Bot III Bot III + anti‐Aah II Bot III + anti‐Aah I

Figure 46 : Evaluation des activités des péroxydases après administration de la toxine Bot III
suivie d’anticorps à spécificité variable. A: EPO, B: MPO. Les valeurs sont représentées en
moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01,
***
P < 0,001.

 
91 
 
Résultats & Discussion 
 
 
III.4.2. Effet de l’immunothérapie sur la balance oxydative

L’évaluation du taux de monoxyde d’azote a montré que l’administration des anticorps anti-
Bot III après l’injection de la toxine Bot III a permis une réduction très importante des taux de
NO sérique et pulmonaire qui deviennent proches de ceux des animaux témoins.
L’administration des anticorps anti-Aah II induit des taux de NO nettement inférieurs à ceux
des animaux intoxinés contrairement aux anticorps anti-Aah I qui semblent potentialiser l’effet
de la toxine Bot III en augmentant davantage ce taux.

L’injection de la toxine Bot III provoque également une diminution de l’activité de la catalase
mais l’administration des anticorps anti-Bot III semble normaliser cette activité qui se
rapproche de celle des animaux témoins.

Les anticorps anti-Aah II sont également capables de restaurer l’activité de la catalase


particulièrement au niveau pulmonaire, contrairement aux anticorps anti-Aah I qui ne
présentent aucun effet au niveau sérique et pulmonaire. Cependant, au niveau cardiaque, les
anticorps anti-Aah I semblent contribuer dans la diminution de l’activité de la catalase
provoquée par la toxine Bot III (Figure 47).
Les résultats obtenus suggèrent que l’administration des anticorps anti-Bot III ou anti-Aah II
permet de diminuer le taux de NO et de réduire l’activité de la catalase, induisant ainsi, un
rétablissement de l’équilibre de la balance oxydative probablement dû à la réduction de
l’infiltration des cellules inflammatoires. En effet, les éosinophiles et les neutrophiles
représentent une source importante de ROS et de RNS particulièrement de NO (Favier et al.,
2003, Dousset et al., 2005).

Les anticorps anti-Aah I quant à eux, semblent potentialiser la production de NO et diminuer


davantage l’activité de la catalase, probablement par la stimulation du système immunitaire en
jouant le rôle d’antigène.

III.4.3. Effet de l’immunothérapie sur les désordres métaboliques provoqués par la toxine
Bot III

L’évaluation des activités de la LDH et de la CK indiquent que l’utilisation des anticorps anti-
Bot III après injection de la toxine Bot III purifiée permet une restauration des désordres causés
par la toxine. Les anticorps anti-Aah II permettent aussi une normalisation de l’activité de la

 
92 
 
Résultats & Discussion 
 
 

14 A  Sérum Poumon Cœur ***


***
Taux de NO µM/ml ou 100 mg de tissu)

12 *** ***

10 *** ***

** **
4 *
NS

2 NS *

0
Témoin Bot III Bot III + anti‐Bot III Bot III + anti‐Aah II Bot III + anti‐Aah I

B  Sérum Poumon Cœur


80
Activité de la catalase (UI/mlou 100 mg de tissu)

NS
70 NS NS

60 NS
*
50 *
***
***
40 *** ***
*** ***
30

20

10

0
Témoin Bot III Bot III + anti‐Bot III Bot III + anti‐Aah II Bot III + anti‐Aah I

Figure 47 : Evaluation des paramètres du stress oxydatif après administration de la toxine Bot
III suivie d’anticorps a spécificité variable. A: NO, B: activité de la catalase. Les valeurs sont
NS
représentées en moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux animaux témoins. P > 0,05, * P <
0,05, **P < 0,01, *** P < 0,001.

 
93 
 
Résultats & Discussion 
 
 
LDH et de la CK sans toutefois atteindre les taux des animaux témoins. Les anticorps anti-Aah
I ne montrent aucun effet (Figure 48).

L’immunothérapie présente la capacité de restaurer les désordres métaboliques provoqués par


le venin d’Aah au niveau des organes (cœur, poumon et foie) (Bessalem et al., 2003).
L’efficacité des anticorps anti-Aah II dans la restauration des perturbations provoquées par la
toxine Bot III suggère une réactivité croisée avec les anticorps anti-Bot III.

III.4.4. Etude de l’effet de l’immunothérapie sur les altérations histologiques provoquées


par la toxine Bot III au niveau du parenchyme pulmonaire et du myocarde

L’analyse tissulaire des parenchymes pulmonaires des animaux ayant reçu une dose sublétale
la toxine Bot III montre une désorganisation tissulaire importante.

L’administration des anticorps anti-Bot III ou anti-Aah II après intoxination avec la toxine Bot
III montre une neutralisation de la majorité des altérations tissulaires. Le parenchyme
pulmonaire parait nettement structuré et proche de celui du témoin, avec seulement la
persistance de l’épaississement des cloisons inter-alvéolaires ainsi qu’une hémorragie réduite.
L’utilisation des anticorps anti-Aah I semble être inefficaces dans la restauration des altérations
histopathologiques, la structure reste désorganisée (Figure 49).

L’analyse du myocarde après action de la toxine Bot III montre une perturbation structurale
importante, avec l’apparition d’un œdème interstitiel, accompagné d’une infiltration de cellules
inflammatoires, des hémorragies et une hypertrophie de fibres myocardiques. Des
améliorations significatives ont été observées chez les lots ayant reçu une injection de la toxine
Bot III suivie, soit d’une administration d’anticorps anti-Bot III ou anti-Aah II, aboutissant à
une atténuation considérable des altérations provoquées par la toxine, avec absence
d’hémorragie, d’infiltration des cellules inflammatoires et d’un œdème réduit lors de
l’utilisation des anticorps anti-Aah II. Les tissus des animaux intoxinés ayant reçu une dose
d’anticorps anti-Aah I ne montrent aucune restauration, toutes les altérations observées chez les
animaux intoxinés persistent (Figure 50).

Les anticorps anti-Aah II montrent une efficacité considérable dans la restauration des
altérations tissulaires induites par la toxine Bot III. Cette efficacité est identique à celle observée
avec les anticorps anti-Bot III. Les anticorps anti-Aah II semblent présenter une réactivité
croisée avec les anticorps anti-Bot III.

 
94 
 
Résultats & Discussion 
 
 

1600 A  Sérum Poumon Cœur

1400 *** *
Activité de la LDH (UI/ml)

1200 ***
**
1000 NS
*
800
***
*
600 *** *** **
NS
400

200

0
Témoin Bot III Bot III + anti‐Bot III Bot III + anti‐Aah II Bot III + anti‐Aah I

1800 B  Sérum Cœur ***


1600
***
Activité de la CK (UI/ml)

1400
NS
1200
* *
1000 NS
800 *** ***

600
400
200
0
Témoin Bot III Bot III + anti‐Bot III Bot III + anti‐Aah II Bot III + anti‐Aah I

Figure 48: Evaluation des désordres métaboliques après administration de la toxine Bot III
suivie d’anticorps a spécificité variable. A: LDH, B: CK. Les valeurs sont représentées en
moyenne ± SD (n = 3). *comparées aux animaux témoins. NSP > 0,05, * P < 0,05, **P < 0,01,
***
P < 0,001.

 
95 
 
Résultats & Discussion 
 
 
A

B C
Ecl

Hr O

Cinf

Ecl

D E
Cinf
Ecl
Ecl
Hr
Ecl
Hr
Hr
O

Figure 49: Effet des anticorps à spécificité variable sur les altérations histologiques induites
par la toxine Bot III au niveau du parenchyme pulmonaire.
A : Témoin, B : Bot III après 3 h d’intoxination, C: Administration de la toxine Bot III suivie
des anticorps anti-Bot III, D: Administration de la toxine Bot III suivie des anticorps anti-Aah
II, E: Administration de la toxine Bot III suivie des anticorps anti-Aah I.
A : Alvéole. Cinf : Cellules inflammatoires. Ecl : Epaississement de cloison intra-alvéolaire. O :
Œdème. Hr : Hémorragie.

 
96 
 
Résultats & Discussion 
 
 
A

Fc

B C
O

Hr
Nec
Fcd Cinf

D E
O
O

Fcd Cinf

Nec
Hr

Figure 50 : Effet des anticorps à spécificité variable sur les altérations histologiques induites
par la toxine Bot III au niveau du parenchyme pulmonaire.
A:Témoin, B : Bot III après 3 h d’intoxination, C: Administration de la toxine Bot III suivie
des anticorps anti-Bot III, D: Administration de la toxine Bot III suivie des anticorps anti-Aah
II, E: Administration de la toxine Bot III suivie des anticorps anti-Aah I.
Fc : Fibre cardiaque. Hr : Hémorragie. Fcd: Fibres cardiaques desserrées. Cinf : Cellules
inflammatoires, O: Œdème. Nec : Nécrose

 
97 
 
Résultats & Discussion 
 
 
En effet, les deux toxines partagent une grande homologie de séquences, estimée à 98%. Ces
deux toxines possèdent des épitopes antigéniques communs et des caractéristiques
immunologiques et structurales quasi-identiques. Ces deux toxines appartiennent au meme
groupe immunologique qui est le groupe II. Les anticorps anti-Aah I ne semblent pas avoir de
réactivité croisée avec les anticorps anti-Bot III. La toxine Aah I, semble posséder peu ou pas
de caractéristiques immunologiques et structuraux communes à la toxine Bot III, malgré qu’elle
soit une toxine longue, de type α présentant le même mode d’action que la Bot III (Martin &
Rochat, 1984, Benkhadir et al., 2004, Abbas et al., 2009).

Trois possibilités de croisement antigénique entre les toxines scorpioniques ont été suggérées ;
lorsque la différence de séquence est supérieure à 25%, aucune réactivité croisée ne peut être
observée. Lorsque cette différence est inférieure à 25%, la réactivité croisée peut être totale.
Cependant une réactivité partielle peut s’expliquer par une perte de certains sites antigéniques
communs (El Ayeb et al., 1983).

 
98 
 
Discussion générale 
 
 
Discussion générale
La Bot III est une neurotoxine de type α purifiée à partir du venin de scorpion Buthus occitanus
tunetanus. Elle se fixe sur le site 3 du canal sodique voltage-dépendant des cellules excitables
et bloque son inactivation, induisant une libération accrue des neurotransmetteurs
(Catécholamines, Acétylcholine). 

La physiopathologie induite par la toxine Bot III semble être en corrélation avec les résultats
obtenus dans des études antérieures. En effet, l’augmentation rapide des activités des
peroxydases a été observée suite à une envenimation expérimentale avec le venin d’Aah ou ses
toxines purifiées Aah I et Aah II indiquant le déclenchement précoce d’une réaction
inflammatoire (Adi-Bessalem et al., 2012,  Raouraoua-Boukari et al., 2012,  Taibi-Djennah et
al., 2015, Medjadba et al., 2016).

L’activation du processus inflammatoire suite à une envenimation scorpionique, peut également


générer une libération massive de radicaux libres tout en diminuant l’efficacité du système de
défense antioxydant (Meki & Mohey El Deen 1998, Petricevich & Peña, 2002, Abdoon &
Fatani, 2009, Adi-Bessalem & Laraba-Djebari, 2013). Une surproduction des ROS et du NO
pourrait affecter les acides gras polyinsaturés des membranes cellulaires provoquant ainsi leur
peroxydation et la libération du MDA. Les taux élevés de MDA pourraient être la conséquence
des lésions tissulaires importantes causées par la libération des radicaux libres (Dhuley, 1998,
Niedernhofer et al., 2003, Mohora et al., 2007).

Les altérations histopathologiques provoquées par la toxine Bot III sont similaires à celles
observées lors de l’envenimation avec les venins de Tityus serrulatus, Tityus trinitatis, Tityus
discrepans et Androctonus liouvillei (Correa et al., 1997, D'Suze et al., 2004, El Hidan et al.,
2016). Plusieurs mécanismes sont à l’origine du dysfonctionnement cardiaque. En effet, des
études antérieures ont montré que l’apparition d’une myocardite toxique, due à l’action directe
du venin ou de ses toxines sur les membranes des cellules myocardiques induisait une altération
des cardiomyocytes se manifestant par une défaillance biventriculaire (Yarom et al., 1970,
Wang et al., 2003a, Teixeira et al., 2001, Nouira et al., 2005). D’autres auteurs rapportent que
l’action des neurotoxines sur les terminaisons nerveuses sympathique et parasympathique (à
prédominance sympathique) induit une libération accrue des catécholamines (adrénaline et
noradrénaline) et de l’acétylcholine, ce qui provoque une augmentation de la pression artérielle,
une vasoconstriction et une arythmie ventriculaire. Ces phénomènes entrainent une défaillance
du ventricule gauche (Gueron et al., 1980, Zeghal et al., 2000, de Davila et al., 2002, Bahloul

 
99 
 
Discussion générale 
 
 
et al., 2005). Les perturbations myocardiques sont également dues à l’action des cytokines (IL-
1, IL-6 et TNFα) sur la vasoconstriction coronaire. Ces cytokines sont capables d’activer les
cellules endothéliales, et les macrophages, qui à leur tour vont libérer le monoxyde d'azote et
l’IL-8 qui sont responsables de l'activation et de la séquestration des leucocytes au niveau du
myocarde. L’accumulation des leucocytes induirait une ischémie myocardique diffuse
entrainant une dysfonction myocardique globale (Meki & Mohey El Deen, 1998, Magalhães et
al., 1999, Meki et al., 2002, 2003).

La réaction inflammatoire installée au niveau du poumon, notamment l’apparition d’un œdème


pulmonaire sévère, est la complication majeure observée chez les personnes piquées par un
scorpion menant parfois, jusqu’au décès de la victime. L’œdème pulmonaire prend deux
formes; un œdème cardiogénique relié aux perturbations cardiaques, particulièrement le
dysfonctionnement des ventricules, et un œdème lésionnel causé par l’augmentation de la
perméabilité vasculaire et l’infiltration des cellules inflammatoires au niveau des poumons
induisant la libération des médiateurs de l’inflammation (prostaglandines, leucotriènes, PAF,
histamine, et sérotonine) et des cytokines (IL-1β, TNFα, IL-4, IL-5, IL-6, IL-8) (Freire-Maia &
de Matos, 1993, Amaral et al., 1994, Gueron & Ilia, 1996, De- Matos et al., 1999, Zeghal et al.,
2000,  De-Matos et al., 2001,  de Davila et al., 2002,  Chevrolet et al., 2004, Fukuhara et al.,
2004).
L’hépato-toxicité induite par la toxine Bot III est en corrélation avec les résultats obtenus lors
de l’envenimation avec le venin d’Aah (Bessalem et al., 2003, Laraba-Djebari & Abib, 2011).
Le phénomène de l’hépatotoxicité semble être associé à l’activation du système du complément
et à l’augmentation des taux des cytokines IL-1β et TNF-α provoqués par les toxines Aah I et
Aah II (Bekkari et al., 2015). La contribution de l’IL-6 et du TNF-α dans la modulation de la
réponse inflammatoire ainsi que les désordres métaboliques provoqués par le venin d’Aah au
niveau hépatique a été également suggérée (Taibi-Djennah & Laraba-Djebari, 2015).

Les mécanismes impliqués dans la physiopathologie de l’envenimation scorpionique sont très


complexes, et ne sont, de ce fait, pas complètement élucidés. Plusieurs études ont suggéré
l’augmentation des taux des neuromédiateurs tels que l’acétylcholine et les catécholamines lors
d’une envenimation scorpionique (Ismail, 1995, de Davila et al., 2002, Nouira et al., 2005).

Dans cette étude, le rôle des récepteurs cholinergiques a été évalué en inhibant les récepteurs
muscariniques par l’atropine ou en activant les récepteurs nicotiniques par la nicotine avant
l’injection de la toxine Bot III. Les résultats montrent que l’utilisation des deux molécules est

 
100
 
Discussion générale 
 
 
capable de prévenir les effets de la toxine Bot III, notamment l’installation de la réaction
inflammatoire, avec une efficacité plus importante de la nicotine.

L’interaction entre le système nerveux et le système immunitaire est cruciale pour la modulation
de la réponse immunitaire innée et le contrôle de l’inflammation. En effet, un mécanisme médié
par le nerf vague efférent pouvant supprimer la surproduction des cytokines pro-
inflammatoires, spécialement le TNF-α a été décrit. Cette voie a été nommée «voie
cholinergique anti-inflammatoire » (VCA) (Borovikova et al., 2000,Tracey, 2002, Pavlov et
al., 2003, Pavlov & Tracey, 2004, Czura & Tracey, 2005).

L’existence d’un système cholinergique non neuronale a été mise en évidence, particulièrement
au niveau des cellules immunocompétentes (Wessler et al., 1998, Eglen, 2006). En effet, les
cellules du système immunitaires contiennent la quasi-totalité du système cholinergique et
peuvent produire de l’acétylcholine, et même exprimer des récepteurs cholinergiques
(muscarinique et nicotiniques) (Kurzen et al., 2007, Kawashima & Fujii, 2004, Kawashima et
al., 2007).

Dans cette étude, le prétraitement par la nicotine induit un effet anti-inflammatoire important
suite à l’injection de la toxine Bot III. En effet, le rôle crucial des récepteurs nicotiniques, et
plus précisément le α7nACh-R dans la transmission du signal cholinergique anti-inflammatoire
a été démontré dans des études antérieures (Wang et al., 2003, Gallowitsch-Puerta & Tracey,
2005). Il semble que la nicotine est capable d’inhiber la translocation nucléaire du NF-κB au
niveau des cellules immunitaires, qui est le facteur de transcription clé de la synthèse du TNF-
α et d’autres cytokines (IL-1β ; IL-6 ; IL-12). La liaison de la nicotine sur le α7nACh-R active
le JAK2 par phosphorylation, qui à son tour, phosphoryle le STAT3 qui se déplace vers le noyau
et inhibe la libération du TNF-α, MIP-2 et IL-6. En plus de la suppression de cytokines pro-
inflammatoires précoces, l’activation du α7nACh-R inhibe la libération du HMGB1, cytokine
tardive impliquée dans la réaction inflammatoire systémique (Wang et al., 2004, De Jonge et
al., 2005). L’inhibition de la libération des cytokines pro-inflammatoires par la nicotine ne
semble pas affecter celle de l’IL-10. Le mécanisme impliqué dans ce processus de sélectivité
n’est pas encore élucidé (Matsunaga et al., 2001, Rehani et al., 2008). L’activation des
récepteurs nicotiniques inhibe également la libération de l’anion superoxyde, le LTB4 et le
TXA2 à partir des neutrophiles (Saareks et al., 1993, Seow et al., 1994, Pabst et al., 1995).

 
101
 
Discussion générale 
 
 
L’utilisation de l’atropine semble atténuer le processus inflammatoire provoqué par la toxine
Bot III. Ces résultats sont en corrélation avec d’autres études qui suggèrent que l’atropine
pourrait agir via la suppression de l’infiltration leucocytaire au niveau des tissus lésés ainsi que
par l’inhibition de la libération des chimioattractants (IL-8 et LTB4) par les neutrophiles,
monocytes et les lymphocytes (Razani-Boroujerdi et al., 2008).

L’activation des récepteurs muscariniques lors de l’envenimation scorpionique pourrait


contribuer à la formation de l’œdème pulmonaire lésionnel en amplifiant la réaction
inflammatoire. En effet, L’activation de ces récepteurs semble stimuler la réaction
inflammatoire via la libération des cytokines (IL-8, IL-1β, IL-6 et TNF-α). Au niveau des
cellules épithéliales bronchiques et des macrophages alvéolaires, l’activation des mAch-R,
spécialement de type M3, stimulerait la libération de l’IL-8 et des médiateurs lipidiques dérivés
de l’acide arachidonique, avec prédominance du LTB4, qui est un chimioattractant puissant des
eosinopiles et des neutrophiles (Koyama et al., 1992, Sato et al., 1998).

Les voies de signalisation déclenchées par l’acétylcholine sur les récepteurs muscariniques
dépendent des sous-types du mR-ACh activé et de leur distribution. Les récepteurs M2 et M5
sont couplés à une protéine Gi qui inhibe l’adénylate-cyclase et diminue le taux d’AMPc
intracellulaire, empêchant ainsi l’activation de la PKA. L’activation des sous types M1, M3 et
M5 qui sont couplés à la protéine Gq/11, induit l’activation de la PLC, l’augmentation de la
concentration du Ca2+ intracellulaire et l’activation de la NOS qui cause la libération du NO.
La PLA2 est également induite par l’activation des mêmes récepteurs, elle libère l’acide
arachidonique à partir des membranes cellulaires qui représente le précurseur des
prostaglandines et des leucotriènes (Baeuerle & Baltimore, 1988, Aronstam & Patil, 2009, Voet
& Voet, 2011).

L’implication de la voie adrénergique dans la physiopathologie induite par la toxine Bot III a
été étudiée suite au prétraitement des animaux par des antagonistes sélectifs et non sélectifs des
récepteurs adrénergiques, suivie d’une injection de la toxine Bot III. Les résultats obtenus
montrent une efficacité importante du carvédilol dans la prévention des perturbations induites
par la toxine Bot III. Le prétraitement par le bisoprolol s’est montré efficace sur l’axe cardio-
pulmonaire mais sans effet au niveau hépatique. Le propranolol a montré un effet préventif
particulièrement au niveau hépatique.

 
102
 
Discussion générale 
 
 
Au niveau du myocarde, la stimulation persistante du β1-AR a un effet cardiotoxique tandis
que la stimulation des β2-AR présentait un effet cardioprotecteur. En effet, l’activation des β1-
AR stimule la protéine Gs suivie de l’adenylate-cyclase induisant la formation de l’AMPc et
l’activation de la PKA. L’activation persistante de ces mêmes récepteurs, induit l’activation de
la calmoduline (CaMKII) qui est une protéine kinase calcium-dépendante suite à
l’augmentation du Ca2+. Cette voie agit en synergie avec celle de la PKA produisant des effets
cardiotoxiques, tels que la réduction de la contractilité, l’augmentation de l’arythmogenèse,
l’hypertrophie des fibres myocardiques et l’apoptose. L’apoptose est déclenchée par activation
de voie pro-apoptotique en altérant les voies de MAPKs, et par l’inhibition du signal anti-
apoptotique via le blocage de la protéine kinase B (Akt), et cela peut mener à une défaillance
cardiaque (Zhu et al., 2001, Zhu et al., 2003, Hoffmann et al., 2004,Patterson et al., 2004, Zhang
et al., 2004, Xiao et al., 2004 ,Zheng et al., 2005, Bernstein et al., 2011).

Le récepteur β2, quant à lui, est couplé, non seulement à une protéine Gs mais aussi à une
protéine Gi. Lors d’une stimulation prolongée, ce récepteur déclenche la voie d’inhibition de
l’adenylate-cyclase et prévient l’activation de la PKA d’une part, et active la voie de survie à
travers l’activation de la PI3K et l’Akt d’autre part, et par conséquent, il présente un effet
cardioprotecteur (Jo et al., 2002, Zheng et al., 2005, Bernstein et al., 2011). Les voies de
signalisation déclenchées lors de l’activation des deux récepteurs adrénergiques β1 et β2
pourraient probablement expliquer l’efficacité du bisoprolol dans la protection cardiaque contre
les effets toxiques de la neurotoxine Bot III tout en prévenant la formation de l’œdème
pulmonaire d’origine cardiogénique.

L’efficacité du carvédilol dans la prévention des perturbations provoquées par la toxine Bot III
suggère également l’implication des récepteurs α1 adrénergiques. En effet, l’activation des
récepteurs α1-ARs myocardiques semble engendrer un effet inotrope positif et une
vasoconstriction suite à l’activation de la voie des phosphoinositide qui provoque l’activation
de la PLC et la libération du Ca2+ ainsi que la PLA2 qui induit la production des dérivés
lipidiques impliqués dans la réaction inflammatoire (Terzic et al., 1993).

Les résultats obtenus, notamment l’effet du bisoprolol et du carvédilol dans la prévention des
perturbations au niveau de l’axe cardio-pulmonaire causés par la toxine Bot III suggèrent
l’implication prédominante des récepteurs β1-AR et α1-AR dans les mécanismes de toxicité
déclenchés par la toxine Bot III, particulièrement. Il parait que l’effet toxique engendré par la
stimulation de ces deux récepteurs est significativement supérieur à l’effet cardioprotecteur du

 
103
 
Discussion générale 
 
 
β2-AR. Le récepteur β2 quant à lui, semble être plus impliqué au niveau hépatique,
probablement par le biais de l’activation des cellules inflammatoires.

L’immunothérapie est considérée comme le traitement le plus spécifique lors d’une


envenimation scorpionique. Plusieurs études rapportent l’efficacité de l’administration des
anticorps ou de leurs fragments suite à une envenimation scorpionique.

L’administration des anticorps anti-Bot III permet une restauration des désordres provoqués par
la toxine Bot III, même si, parfois ces restaurations n’atteignent pas le seuil observé chez les
témoins. Ces résultats sont en corrélation avec d’autres études qui ont indiqué que
l’administration de l’anti-venin après envenimation accidentelle par le scorpion Tityus
serrulatus a montré un effet neutralisant sur les désordres cardiovasculaires chez les patients
envenimés (Rezende et al., 1998). Une autre étude a montré une diminution du taux de mortalité
chez les patients envenimés par les scorpions Leiurus quinquestriatus ou Androctonus
crassicauda ayant reçu un traitement par un anti-venin spécifique (Hamed, 2003). L’utilisation
d’un mélange de fragments d’anticorps (Fab/Fab’2) contre le venin total d’Aah, sa fraction
toxique ou sa toxine purifiée Aah II semble être plus efficace dans la réduction de l’infiltration
leucocytaire ainsi que sur les effets histologiques au niveau cardiaque et pulmonaire (Sami-
Merah et al., 2008).

Les résultats obtenus dans cette étude indiquent également que l’utilisation des anticorps anti-
Aah II présente une efficacité se rapprochant de celle des anticorps anti-Bot III, contrairement
à ce qui été observé lors du traitement avec les anticorps anti-Aah I qui ne montrent aucune
efficacité. Le croisement antigénique entre les anticorps anti-Bot III et anti-Aah II est en
corrélation avec des résultats observés dans une étude antérieure. En effet, L’anti-venin
monovalent spécifique au venin d’Androctonus crassicauda présentait une immunoréactivité et
des capacités neutralisantes contre celui de Mesobuthus eupus. Cet anti-venin peut être utilisé
dans le traitement des envenimations scorpionique causées par les deux espèces (Ozkan &
Carhan, 2008).

 
104
 
Conclusion  
 
 
Conclusion
La compréhension des mécanismes cellulaires et moléculaires déclenchés lors de
l’envenimation scorpionique pourrait servir à la mise au point d’un traitement efficace qui
permet de neutraliser les effets délétères du venin de scorpion sur l’organisme.

Dans le présent travail, nous avons montré que les deux voies, cholinergiques et adrénergiques
pourraient être impliquées dans le développement de la physiopathologie induite par la toxine
la plus active du venin de Buthus occitanus tunetanus. Dans le système cholinergique, les
récepteurs muscariniques semblent être plus impliqués que leurs homologues nicotiniques.
L’activation des récepteurs nicotiniques semble également protéger les animaux des altérations
provoquées par la toxine, particulièrement la réaction inflammatoire. Concernant le système
adrénergique, Au niveau de l’axe cardiopulmonaire, les résultats suggèrent une implication
prédominante des récepteurs β1 et α1 adrénergiques comparé au récepteur β2. Le récepteur β2
adrénergique semble être plus impliqué dans l’induction de l’hépato-toxicité probablement par
l’activation des cellules immunitaires.

Les outils pharmacologiques utilisés dans cette études, particulièrement la nicotine et le


carvédilol, peuvent représenter des molécules thérapeutiques potentielles pouvant réduire les
perturbations causées par les venins de scorpions, particulièrement si les deux voies
cholinergiques et adrénergiques sont ciblées simultanément.

L’étude de l’immunothérapie croisée a révélé que le traitement par les anticorps anti-Bot III ou
anti-Aah II semblent présenter une efficacité similaire dans la restauration des lésions induites
par la toxine Bot III. En revanche, les anticorps anti-Aah I semblent être inefficaces contre
l’apparition des désordres provoqués par cette toxine. Bien que l’immunothérapie représente le
traitement le plus spécifique de l’envenimation scorpionique, l’étude des réactivités croisées
entre les différents composants de la fraction toxique du venin permet éventuellement de
produire un immun-sérum à large spectre qui aura la capacité de neutraliser la toxicité des
venins de scorpions de différentes espèces.

 
105
 
Conclusion  
 
 
Perspectives

Cette étude a permis d’élucider le rôle des récepteurs cholinergiques et adrénergiques dans la
physiopathologie induite par la toxine Bot III. Il serait intéressant d’explorer les voies de
signalisation intracellulaires déclenchées après activation de ces récepteurs, particulièrement
celles qui engendrent l’activation des phospholipases endogènes, et aussi de mettre en évidence
le rôle des canaux calciques dans l’installation des altérations suite à l’envenimation
scorpionique étant donné que l’augmentation du Ca2+ est la conséquence de l’activation de la
plupart des récepteurs cholinergiques et adrénergiques, et que ces ions seraient impliqués dans
la défaillance cardiaque, l’activation des PLA2, ainsi que l’induction des iNOS.

Une amélioration de l’efficacité de l’immunothérapie pourrai être effectuée en produisant des


fragments d’anticorps pouvant neutraliser à la fois les toxines des deux venins de scorpions les
plus dangereux en Algérie.

 
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Inflammation, Vol. 39, No. 5, October 2016 ( # 2016)
DOI: 10.1007/s10753-016-0401-8

ORIGINAL ARTICLE

Involvement of Cholinergic and Adrenergic Receptors


in Pathogenesis and Inflammatory Response Induced
by Alpha-Neurotoxin Bot III of Scorpion Venom

Imene Nakib,1 Marie-France Martin-Eauclaire,2 and Fatima Laraba-Djebari1,3

Abstract—Bot III neurotoxin is the most lethal α neurotoxin purified from Buthus occitanus tunetanus
scorpion venom. This toxin binds to the voltage-gated sodium channel of excitable cells and blocks its
inactivation, inducing an increased release of neurotransmitters (acetylcholine and catecholamines). This
study aims to elucidate the involvement of cholinergic and adrenergic receptors in pathogenesis and
inflammatory response triggered by this toxin. Injection of Bot III to animals induces an increase of
peroxidase activities, an imbalance of oxidative status, tissue damages in lung parenchyma, and
myocardium correlated with metabolic disorders. The pretreatment with nicotine (nicotinic receptor
agonist) or atropine (muscarinic receptor antagonist) protected the animals from almost all disorders
caused by Bot III toxin, especially the immunological alterations. Bisoprolol administration (selective
β1 adrenergic receptor antagonist) was also efficient in the protection of animals, mainly on tissue
damage. Propranolol (non-selective adrenergic receptor antagonist) showed less effect. These results
suggest that both cholinergic and adrenergic receptors are activated in the cardiopulmonary manifesta-
tions induced by Bot III. Indeed, the muscarinic receptor appears to be more involved than the nicotinic
one, and the β1 adrenergic receptor seems to dominate the β2 receptor. These results showed also that
the activation of nicotinic receptor leads to a significant protection of animals against Bot III toxin effect.
These findings supply a supplementary data leading to better understanding of the mechanism triggered
by scorpionic neurotoxins and suggest the use of drugs targeting these receptors, especially the nicotinic
one in order to counteract the inflammatory response observed in scorpion envenomation.

KEY WORDS: Bot III toxin; Cholinergic receptors; Adrenergic receptors; Heart failure; Pulmonary edema; Inflam-
matory response.

INTRODUCTION

1 The most dangerous species of scorpion in Algeria are


USTHB, Faculty of Biological Sciences, Laboratory of Cellular and
Molecular Biology, BP 32, El–Alia Bab Ezzouar, 16111 Algiers, Algeria Androctonus australis hector (Aah) and Buthus occitanus
2
Aix-Marseille University, CNRS UMR7290 CRN2M, IFR Jean-Roche, tunetanus (Bot). The venoms of these species induce var-
Université de la Méditerranée, Faculté de Médecine Nord, Bd Pierre ious symptoms such as heart failure, cardiac arrhythmias,
Dramard, 13916 Marseille, Cedex 20, France arterial hypertension followed by hypotension, acute pul-
3
To whom correspondence should be addressed at USTHB, Faculty of
monary edema, respiratory failure, and biological abnor-
Biological Sciences, Laboratory of Cellular and Molecular Biology, BP
32, El–Alia Bab Ezzouar, 16111 Algiers, Algeria. E-mail: malities such as leukocytosis, hyperglycemia, and
flaraba@[Link] hyperkalemia [1–3]. The severity of scorpion envenom-
Abbreviations: Ach, Acetyl-choline; Bot III toxin, Neurotoxin purified
ation is due to the neurotoxins of the venom, which target
from Buthus occitanus tunetanus scorpion venom; mAch-R, Muscarinic ionic channels and lead to abnormal depolarization of
receptor; nAch-R, Nicotinic receptor excitable cells [4].

1670
0360-3997/16/0500-1670/0 # 2016 Springer Science+Business Media New York
Involvement of Cholinergic and Adrenergic Receptors 1671

Thirteen neurotoxins were previously isolated and Non-Biological Materials


characterized from B. occitanus tunetanus venom. Among
All reagents were of analytical grade and were pur-
them is the alpha toxin Bot III, which is the most lethal for
chased from Sigma (St Louis, Missouri, USA), Prolabo
mammals. It constitutes 2.54 % of the lethality of the crude
(Darmstadt, Germany) and Merck (Darmstadt F.R.G).
venom; its LD50 is estimated to be 0.03 mg/kg mice [5].
This neurotoxin of 64 amino acid residues and high rate of
aromatic amino acids presents 98 % of sequence homology Methods
and functional similarity with Aah II toxin, purified from In Vivo Protocol
the A. australis hector venom [6–8]. Authors report that
alpha neurotoxins of the scorpion venoms bind directly to To evaluate the pathophysiological effects induced by
site 3 of voltage-dependent sodium channels in neuronal Bot III neurotoxin and the involvement of cholinergic and
and muscle cells and delay its inactivation, resulting in a adrenergic receptors, six groups of three rats were used.
change of the potential of action and therefore leading to a The first group received subcutaneous injection of saline
massive release of catecholamine and acetylcholine; these solution (NaCl 0.9 %). The second group was injected with
neurotransmitters could be responsible in the cardiac and a sublethal dose of Bot III toxin (7.5 μg/kg) by subcutane-
pulmonary dysfunction observed during envenomation [9– ous route. The various drugs that can interfere with cholin-
12]. Until now, the potential role of the cholinergic and ergic or adrenergic receptors were injected by intraperito-
adrenergic receptors in pathogenesis and inflammatory neal route, 30 min before the injection of Bot III toxin. The
response caused by the scorpionic neurotoxins is not yet third, fourth, fifth, and sixth groups received, respectively,
elucidated. atropine (2 mg/kg), nicotine (0.4 mg/kg), propranolol
According to these data, the present study was per- (2 mg/kg), or bisoprolol (1 mg/kg). Animals were anesthe-
formed to investigate the pathophysiological effects in- tized and sacrificed at the jugular vein 3 h after injection of
duced by Bot III toxin. To better understand the molecular the toxin. Blood were collected and centrifuged 30,000×g
mechanisms triggered in the toxicity of this neurotoxin, we for 10 min; sera were collected and kept at 4 °C for further
investigate the consequence of the inhibition of mAch-R, analysis. Organs (lungs and hearts) were collected, weight-
β1 and β2 adrenoreceptors, or the activation of nAch-R on ed, and then processed for further analysis.
the inflammatory response, oxidative status, and metabolic
and histological alterations caused by the Bot III toxin in Evaluation of EPO Activity
the cardiopulmonary system. Eosinophil activation and infiltration were monitored
by assaying the eosinophil peroxidase (EPO) activity as
previously described by Van Oosterhout and collaborators
MATERIAL AND METHODS [13]. The lungs and heart were homogenized in Tris–HCl
buffer (0.05 M, pH 8) containing 0.1 % Triton X-100, and
then centrifuged at 1200×g for 20 min. The supernatants
Biological Material were collected and conserved at 4 °C until use. Aliquots of
sera and tissue homogenates (50 μl) were deposited in
Animals ELISA plate in contact with 100 μl of Tris–HCl buffer
containing H 2 O 2 (4 mM) and O-phenylenediamine
Wistar male rats (150 ± 20 g) were provided from the
(10 mM).The plate was incubated in the dark for 1 h at
breeding of the Faculty of Biological Sciences of USTHB.
37 °C. Absorbance was read at 490 nm using an ELISA
Animals were housed in temperature- and humidity-
reader. Results are expressed as change in absorbance/
controlled rooms and received water and food ad libitum
100 mg tissue or ml of sera.
before their use. The experimental protocol was carried out
according to the European Community rules of the Ethical
Committee for Animal Welfare. Evaluation of MPO Activity
Myeloperoxidase activity was evaluated to follow the
activation and recruitment of neutrophils and to determine
Bot III Toxin
the intensity of inflammatory reaction. It was measured in
Bot III was purified from the scorpion B. occitanus sera and tissue homogenates according to Bertazzi and
tunetanus as described by Martin and Rochat [5]. collaborators [14]. The lungs and heart were homogenized
1672 Nakib, Martin-Eauclaire, and Laraba-Djebari

in Tris–HCl buffer (0.05 M, pH 6.8) with Triton X-100 Histological Analysis


(0.1 %). After centrifugation, supernatants (S1) were con-
Organs (heart and lung) were removed from the
served at 4 °C. Pellets were submitted to three series of
injected animals with Bot III alone or pretreated prior to
freezing/thawing and resuspended in Tris–HCl/Triton X-
the toxin injection and immersed in formol fixative solu-
100 buffer, and then centrifuged to obtain second superna-
tion (10 %) for 48 h at room temperature. They were
tants (S2). The supernatants, S1 and S2 (100 μl), were
embedded in paraffin, sliced (5 μm), and stained with
mixed with 300 μl of chromogene-substrate solution
hematoxylin-eosin for microscopic examination
(Tris–HCl buffer containing 0.167 mM O-diazinidine and
(MoticDigital Microscope PAL System).
8.8 mM H2O2). The absorbance was measured between 1
and 3 min at 460 nm.
Statistical Analysis
NO Release Statistical analysis was performed using Microsoft
Nitric oxide levels were determined in serum, lung, Excel (Microsoft, Redmond, Washington). All the results
and heart tissue homogenates by assaying its breakdown are expressed as mean ± SD. The statistical significance of
products (nitrates and nitrites). Samples were incubated differences between the groups was analyzed by a Stu-
with equal volume of Griess reagent (1 % sulfanilamide, dent’s t test. Differences were considered significant if p
0.1 % naphtyl ethylenediamine dihydrochloride, and 2.5 % value <0.05.
H3PO4). Absorbance was measured at 540 nm using a
standard curve obtained with known NaNO2 concentra-
tions (0.125 to 16 μM) [15]. RESULTS

Determination of Lipid Peroxidation Level (MDA) Evaluation of Eosinophil Peroxidase Activity (EPO)
Lipid peroxidation was estimated according to the After 3 h of administration, Bot III toxin induced a
method of Ohkawa and collaborators [16]. Sera and tissue significant increase of EPO activity in sera and tissues
homogenates were added to butanol (v/v) and centrifuged (lung and heart) compared to its observed level in animal
at 5000×g for 5 min. Supernatants were then incubated controls. The pretreatment with nicotine (nAChR agonist)
with thiobarbituric acid (0.6 %) and orthophosphoric acid showed a significant effect in the decrease of EPO level
(1 %) for 45 min at 95 °C. Malondialdehyde forms a into the three compartments, followed by propranolol
complex with two molecules of thiobarbituric acid and (non-selective β-AR antagonist) in sera, and bisoprolol
gives a pink color. Absorbance was read at 530 nm. The (selective β 1-AR antagonist) in lung and heart compared
molecular extinction coefficient of malondialdehyde to their levels when animals received only the Bot III toxin.
(MDA) is 156,000 M−1 cm−1. Atropine (mAChR antagonist) showed very low effective-
ness in the prevention against the activation and the infil-
Estimation of Catalase Activity tration of eosinophils (Fig. 1).
Catalase activity was evaluated in sera and tissue
homogenates according to the method of Aebi [17]. After Evaluation of Myeloperoxidase Activity (MPO)
dilution of 50 μl of samples at 1/20 in phosphate buffer
The obtained results indicated a significant increase
(50 mM, pH 7), 500 μl of H2O2 was added on each one.
of myeloperoxidase activity in the sera and tissues (heart
Degradation of H2O2 was followed for 2 min at 240 nm.
and lung) of the animals that received Bot III toxin alone
Results were expressed in U/mg of tissue.
when compared to the animal controls. Pretreatment with
nicotine or atropine significantly reduced the
Metabolic Assays
myeloperoxidase activity compared to the propranolol or
Lactate dehydrogenase (LDH) was tested in sera and bisoprolol in sera and lungs.
tissue homogenates. However, creatinine kinase (CK) was In the myocardium, it appears that bisoprolol shows
evaluated only in sera and heart homogenates. These as- better efficacy in preventing MPO activity increase,
says were performed according to the manufacturer’s in- followed by nicotine and atropine. Propranolol was less
structions using a Bayer commercial kit. The enzyme effective when compared to the other pretreatments
values were expressed in international units (IU/l). (Fig. 2).
Involvement of Cholinergic and Adrenergic Receptors 1673

Fig. 1. Effects of Bot III toxin on the eosinophil peroxidase activity in the presence or absence of pretreatments. Values represent mean ± SD (n = 3). Asterisk:
compared to the animal controls, Number sign: compared to animals injected with sublethal dose of Bot III toxin. NSP > 0.05; *P < 0.05; **P < 0.01;
***P < 0.001.

Evaluation of Stress Oxidative Biomarkers in the results showed a significant increase of NO metabolite
Presence or Absence of Pretreatment levels in sera and tissues (heart and lung) compared to the
control group. Pretreatment of animals with nicotine or
Evaluation of Nitric Oxide Release atropine significantly reduces NO metabolite levels in the
Nitric oxide is an endogenous mediator which plays a three compartments compared to the group which received
role in vascular tone due to its vasodilatory capacity and is Bot III toxin alone. Bisoprolol administered prior to Bot III
also one of the markers of inflammation. The obtained toxin led to a nitrite level decrease in myocardium and lung

Fig. 2. Effects Bot III toxin on myeloperoxidase activity in the presence or absence of pretreatments. Values represent mean ± SD (n = 3). Asterisk: compared
to the animal controls, Number sign: compared to animals injected with sublethal dose of Bot III toxin. NSP > 0.05; *P < 0.05; **P < 0.01; ***P < 0.001.
1674 Nakib, Martin-Eauclaire, and Laraba-Djebari

Fig. 3. Evaluation of oxidative stress parameters in the presence or absence of pretreatments. a Nitric oxide release. b MDA level. c Catalase activity. Values
represent mean ± SD (n = 3). Asterisk: compared to the animal controls, Number sign: compared to animals injected with sublethal dose of Bot III toxin.
NS
P > 0.05; *P < 0.05; **P < 0.01; ***P < 0.001.

parenchyma. Propranolol was especially efficient in reduc- myocardium, but no effect was observed in sera and lung
ing the NO level in sera compared to that of animals tissue (Fig. 3b).
injected by Bot III toxin alone (Fig. 3a).
Evaluation of Catalase Activity as an Antioxidant
Lipid Peroxidation Analysis Parameter
The concentration of MDA, a marker of lipid perox- Animals that received sublethal dose of Bot III toxin
idation, increased significantly in the sera, lung, and heart displayed low catalase activity in sera and tissue homoge-
of animals that received Bot III toxin compared to the nates compared to animal control. Nicotine given prior to
control group. Pretreatment with nicotine or atropine mark- the injection of Bot III toxin induced a significant effect in
edly reduced MDA level in sera and tissue compared to the catalase activity increase in the three compartments,
animal that received Bot III toxin alone. The use of compared to animals that received the Bot III toxin only.
bisoprolol resulted in partial prevention against lipid per- Indeed, the difference with the catalase activity of the
oxidation. The propranolol given prior to Bot III toxin control group is not significant. The pretreatment with
injection showed low effect on the production of MDA in bisoprolol or atropine induced a protective effect against
Involvement of Cholinergic and Adrenergic Receptors 1675

the catalase activity decrease. It appears that propranolol characterized by a structure closest to that of the control.
had no effect in the normalization of catalase activity in On the other hand, nicotine and atropine seemed to be
lung and sera (Fig. 3c). partially effective in preventing the caused alterations by
the toxin. It appears that propranolol had no effect on lung
Effect of the Pretreatment on Metabolic Parameters damage (Fig. 6).
In this study, LDH level was measured in sera and in
tissue homogenates (heart and lung); however, the CK
level was measured in sera and myocardium.
DISCUSSION
Serum analysis of animals that received Bot III toxin
only revealed a significant increase in LDH and CK activ-
The molecular mechanisms triggered during a
ities after 3 h of administration of Bot III toxin compared to
scorpion envenomation are complex and not complete-
the animal controls. This increase was accompanied by a
ly identified. In this study, we investigate the potential
decrease in their levels in tissue homogenates
role of cholinergic and adrenergic receptors in inducing
The pretreatment with nicotine or atropine prior to the
cardiopulmonary damages caused by the toxin Bot III
toxin injection is able to prevent the increase of LDH level
as an alpha neurotoxin. This was achieved using spe-
in sera and its decrease in lungs. The pretreatment with
cific agonists and antagonists for these receptors. The
selective or non-selective β adrenergic receptors seems to
MPO and EPO level increase caused by Bot III toxin
be less efficient (Fig. 4a).
could be due to the activation of the inflammatory
In myocardium, the results indicated that bisoprolol
cells, their sequestration into the damaged tissue, and
or nicotine given prior injection of Bot III toxin is able to
their degranulation in an extracellular medium. In-
normalize the CK and LDH level. The use of atropine or
creased MPO activity is caused by the release of me-
propranolol seems to be less efficient in the prevention of
diators such as TNF-α, IL-6, IL-1, PAF, leukotrienes
heart from metabolic disorders (Fig. 4a, b).
and prostaglandins [18, 19]. The EPO activity is en-
hanced after the activation of the eosinophils by in-
Histological Analysis of Myocardium and Lung
flammatory mediators (IL-3 and IL-5) and complement
Parenchyma
fractions [20, 21].
After injection of a sublethal dose of the neurotoxin Activation of the inflammatory reaction during the
Bot III, microscopic observation of myocardium revealed scorpion envenomation causes the release of free radicals
severe alterations characterized by hypertrophy and degen- derived from oxygen or nitrogen [22]. In addition, the
eration of myocardial fibers, hemorrhagic areas, and inter- produced ROS by inflammatory cells can react with NO
stitial edema accompanied by an important infiltration of and form the NO-derived inflammatory oxidants which are
inflammatory cells, unlike the myocardium of the control highly toxic for tissues [23]. It seems that the Bot III toxin
group which showed a normal structure. led to an imbalance between prooxidant and antioxidant. A
The pretreatment with bisoprolol or atropine seems to significant increase in NO and MDA release was induced
be able to prevent the occurrence of myocardial damage. by the Bot III toxin, which could be explained by, firstly,
Indeed, the myocardial structure seemed to be more orga- the stimulation of iNOS present in the leukocytes by pro-
nized and looked like that in the control. However, the inflammatory cytokines, such as IL-1β, IL-6, IFN-ϒ,
myocardium of the pretreated animals with nicotine or TNFα, and secondly, the release of acetylcholine and
propranolol revealed less tissue damages compared to an- bradykinin which present an effect on the constitutive
imals that received Bot III toxin alone (Fig. 5). isoform of NOS, leading to an overproduction of NO
The lung parenchyma of the control group showed [24–26]. Overproduction of ROS and NO could affect the
normal tissue appearance. After 3 h of administration of polyunsaturated fatty acids of cell membranes causing their
Bot III toxin, histological sections of the lung presented a peroxidation and MDA release. Furthermore, the high
disorganization of the parenchyma characterized by a MDA level could indicate important tissue damages
thickening of interalveolar septa with reduction in alveolar caused by free radical release [27, 28]. The catalase activity
lumen, hemorrhage, and a severe infiltration of inflamma- was also reduced by the toxin; this would be due to the
tory cells accompanied by edematous areas. accumulation of free radicals that compromise the enzy-
Pretreatment with bisoprolol seems to be able to matic antioxidant system by altering the expression of their
prevent the induced alterations by Bot III toxin in the lung genes [29].
1676 Nakib, Martin-Eauclaire, and Laraba-Djebari

Fig. 4. Metabolic variations induced by Bot III toxin in the presence or absence of pretreatments. a Lactate dehydrogenase. b Creatinine kinase. Values
represent mean ± SD (n = 3). Asterisk: compared to the animal controls, Number sign: compared to animals injected with sublethal dose of Bot III toxin.
NS
P > 0.05; *P < 0.05; **P < 0.01; ***P < 0.001.

In this study, the obtained results showed that A non-neuronal cholinergic system has been de-
Bot III toxin induced important tissue damages in tected in inflammatory cells [33]. Indeed, macrophages
the myocardium and lung parenchyma which are and neutrophils had both nicotinic and muscarinic re-
characterized by edematous and hemorrhagic areas ceptors; however, eosinophils and monocytes express
associated to infiltration of inflammatory cells, tissue only nicotinic receptors [34–37]. The activation of
necrosis, and thickening of the alveolar walls. Previ- nicotinic receptors exerts an anti-inflammatory effect
ous studies reported the same alterations in lung and by the inhibition of the release of proinflammatory
myocardium of envenomed animals with A. australis cytokines (TNF-α, IL1-β, IL-6, IL-12) and LTB4 from
hector scorpion venom, its toxic fraction, or Aah II inflammatory cells [38–40], which could explain the
toxin [18, 30]. significant effect of nicotine in the inhibition of the
The tissue damages are often confirmed by metabolic MPO and EPO activities, as well as the reduction of
disorders. Indeed, Bot III toxin causes an important in- NO and MDA levels and the increase of catalase ac-
crease in serum CK and LDH accompanied with a signif- tivity. On the other hand, the activation of muscarinic
icant decrease in tissue homogenates. These results corre- receptor causes the stimulation of proinflammatory
late with studies on Leirus quinquestriatus and Tityus response through the release of cytokines (such as IL-
trinitatis scorpion venoms that indicated an increase of 8, IL-1-β, IL-6, TNFα), evoking various signaling
metabolic enzymes in the blood of rats [31, 32]. This could pathways. The regulation of muscarinic receptor ex-
be explained by the disruption of cell membranes, conse- pression is a characteristic of the migration of inflam-
quence of increase of NO and MDA level, and probably matory cells to the bronchopulmonary axis. In vivo
activation of the PLA2. activation of bronchial epithelial cells and alveolar
Involvement of Cholinergic and Adrenergic Receptors 1677

Fig. 5. Tissue damage of rat myocardium due to Bot III toxin injection (7.5 μg/kg body weight by s.c. route) in the presence or absence of pretreatment,
stained with hematoxylin-eosin. Obj ×40. a control, b 3 h after injection of Bot III toxin. c, d, e, f Pretreated animal, respectively by atropine, nicotine,
propranolol, and bisoprolol 30 min before injection of Bot III toxin. Cf cardiac fibers, Ic inflammatory cells. E edema, H hemorrhage, N Nucleus, Ne necrosis.

macrophages by ACh induces the release of IL-8 and The pretreatment with different drugs seems to be
LT-B4 which are potential chemoattractants for neutro- able to prevent tissue alterations in the heart and lungs
phils, eosinophils, and monocytes [37, 41, 42]. This and normalize the levels of CK and LDH in the heart and
mechanism can be involved in the infiltration of in- lungs with an important efficiency of bisoprolol. Scorpion
flammatory cells in the lung parenchyma and the in- venoms have a direct effect on cardiac muscle fibers and
crease of the EPO and MPO levels after injection of cause their thickness; this cardiac toxicity is due to the
the toxin Bot III alone. direct binding of neurotoxins to the ion channels on cardiac
The blockade of the muscarinic receptors by atropine cells [45, 46]. It could be also due to the release of cholin-
can prevent the increase of neutrophil and eosinophil infil- ergic and adrenergic neurotransmitters by the sympathetic
tration probably by an inhibition of the secretion of and parasympathetic nervous system following a binding
chemoattractants such as IL-8 by neutrophils and lympho- of neurotoxins to the voltage-dependent ion channels [9,
cytes [40]. In addition, the increase of the intracellular 11, 12, 47]. Left ventricular dysfunction affects the lungs
calcium concentration induces the activation of calmodulin and plays a part in the development of pulmonary edema
which causes the activation of NO synthase and therefore [48].
the release of NO which correlates with our results [43]. In the myocardium, the two subtypes of adrenergic β
Concerning the adrenergic system, it was reported by receptors (β1, β2) are present but with a predominance of
Kavelaars and collaborators that the activation of β2 ad- β1 receptors. The stimulation of these receptors by cate-
renergic receptor improves the release of IL-8, potential cholamines induced regulation of cardiac function involv-
chemoattractant and proinflammatory cytokine [44]. This ing different signaling pathways [49]. The β1 receptor
could explain the decrease of EPO and MPO activities in induces a cardiotoxic effect while the β2 receptor is
the presence of propranolol even if sometimes this inhibi- cardioprotective, which may explain the efficacy of
tion is less important than that of the other used agonists or bisoprolol on the inhibition of the cardiotoxic effect of
antagonists. Bot III toxin, thereby reducing the intensity of pulmonary
1678 Nakib, Martin-Eauclaire, and Laraba-Djebari

Fig. 6. Tissue damage of rat pulmonary parenchyma after Bot III toxin (7.5 μg/kg body weight by s.c. route) in the presence or absence of pretreatment,
stained with hematoxylin-eosin. Obj ×40. a control, b 3 h after injection of Bot III toxin. c, d, e, f Pretreated animal, respectively by atropine, nicotine,
propranolol or bisoprolol 30 min before injection of Bot III toxin. Al Alveolus, Ic inflammatory cells, Tis thickening of intra-alveolar septum, E edema, H
hemorrhage.

disorganization, especially edema [50]. The β1 receptor can protect animals from most disorders caused by Bot III
may be involved in the onset of cardiogenic origin pulmo- toxin. Therefore, these receptors, especially the nicotinic
nary disorders, and its inhibition can protect the heart and one, could be target to oppose the pathogenesis observed in
lungs. the scorpion envenomation, mainly the inflammatory
The activation of the β1 adrenergic receptor by its response.
physiological agonist adrenaline and noradrenaline triggers
a signaling cascade leading to the activation of a Gs protein COMPLIANCE WITH ETHICAL STANDARDS
which activates adenylate-cyclase and catalyzes formation
of cAMP and actives toward proapoptotic signaling via the The experimental protocol was carried out according
protein kinase A (PKA) [51–53]. On the other hand, the β2 to the European Community rules of the Ethical Commit-
receptor is coupled not only to a Gs protein but also to a Gi tee for Animal Welfare.
that inhibits adenylate-cyclase and prevents activation of
PKA and therefore activates antiapoptotic signaling
[54, 55].
In conclusion, it appears that cholinergic and adren-
ergic pathways play an important role in the development REFERENCES
of cardiopulmonary disorders induced by α neurotoxin Bot
III but at different degrees. In the cholinergic system, the 1. Gueron, M., and R. Ilia. 1996. Non-cardiogenic pulmonary oedema
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Involvement of Cholinergic and Adrenergic Receptors 1679

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Abstract: Bot III toxin is an α-type neurotoxin purified from Buthus occitanus tunetanus
scorpion venom which is one of the most dangerous scorpion in Algeria. This toxin binds to the
site 3 of voltage-gated sodium channel of excitable cells and blocks its inactivation. This study
aims to explore the possible role of cholinergic and adrenergic receptors in pathogenesis
induced by Bot III toxin according to an immunological, metabolic and histological approach.
This was achieved using pharmacological molecules targeting these receptors prior to injection
of the neurotoxin Bot III. Concerning the cholinergic pathway, selected molecules consist of a
nicotinic receptor agonist and a muscarinic receptor antagonist. Selective or non-selective β1
adrenergic receptors inhibitors and α1/β1/β2 adrenergic receptors inhibitor are used to explore
the involvement of adrenergic pathway. Obtained results suggest that both cholinergic and
adrenergic pathways are involved in the disorders caused by the Bot III toxin. In the cholinergic
system, it appears that the muscarinic receptors are more involved than the nicotinic one. The
activation of nicotinic receptors appears to prevent almost of the alterations induced by the
neurotoxin, mainly the inflammatory reaction. On the other hand, results showed also the
predominance of β1-AR and α1-AR compared to β2-AR receptors. The effects of
immunotherapy using variable specificity antibodies (anti-Bot III, anti-Aah II anti-Aah I) in
toxin neutralization Bot III were evaluated. The obtained results indicate that administration of
anti-Bot III or anti-Aah II antibodies after injection of the neurotoxin Bot III showed an almost
similar efficiency of the two antibodies. However, no peneficial effect was observed withithe
anti Aah I antibody against disorders caused by this toxin.

Buthus occitanus ‫ مستخلصة من سم العقرب‬α ‫ ھي توكسينة عصبية من نوع‬Bot III ‫ملخص الجزيئة السامة‬
‫ الھدف‬.‫ لقناة الصوديوم و تمنع تثبيطھا‬3 ‫ ترتبط ھذه التوكسينة بالموقع‬.‫ الذي ھو من أخطر العقارب في الجزائر‬tunetanus
‫وذلك‬, Bot III‫من ھذا العمل ھو البحث عن دور المستقبالت الكولينية و األدرينالينية في الفيزيولوجيا المرضية الناجمة عن‬
Bot III. ‫ ھذه الدراسة تحققت باستعمال جزيئات دوائية تستھدف ھذه المستقبالت قبل حقن‬.‫ أيضية و نسيجية‬,‫بأبعاد مناعية‬
‫ أما‬.‫ الجزيئات المستعملة تتمثل في منشط للمستقطب النيكوتيني و مثبط للمستقبل المسكاريني‬,‫فيما يتعلق بالمسار الكوليني‬
.β2/β1/α1 ‫ و مثبط للمستقبالت‬2β /1β ‫ تم اختيار مثبطات انتقائية أو غير انتقائية للمستقبالت‬,‫للمسار األدريناليني‬

Bot III ‫ الكوليني و األدريناليني يشاركان في االضطرابات المترتبة عن‬,‫تشير النتائج المتحصل عليھا أن كال المسارين‬
‫ حيث أن تنشيط ھذه األخيرة يمنع ظھور غالبية‬,‫يبدو أن المستقبالت المسكارينية تكون أكثر اشتراكا من نظائرھا النيكوتينية‬.
‫ بالمقارنة مع‬1β ‫ و‬1α ‫ تشير النتائج إلى اشتراك سائد للمستقبالت‬,‫ فيما يخص المسار األدريناليني‬.‫األضرار خاصة االلتھاب‬
.2β

anti-Bot III, anti- ) ‫ أظھرت نتائج العالج المناعي بعد استعمال أجسام مضادة ذات خصوصيات متفرقة‬,‫من جھة أخرى‬
‫ يعطي نتائج‬Bot III ‫ بعد حقن التوكسينة‬Aah II ‫أو‬Bot III ‫ أن استعمال األجسام المضادة ضد‬Aah I, anti-Aah II)
‫ عكس األجسام المضادة‬.‫مشيرا إلى تفاعلية متصالبة بين ھذين النوعين‬Bot III ‫متقاربة في تعديل األضرار المترتبة عن‬
.‫ التي لم تظھر أي أثار مصلحة‬anti- Aah I

 
 

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