0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
386 vues51 pages

UEMOA

Ce document décrit le système bancaire de l'UEMOA, comprenant 8 pays et 117 millions d'habitants. Il présente les statistiques clés sur le PIB et les banques des pays membres, ainsi que l'évolution du paysage bancaire depuis les indépendances, avec l'émergence de groupes bancaires africains et nord-africains.

Transféré par

Seydou Oumarou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
386 vues51 pages

UEMOA

Ce document décrit le système bancaire de l'UEMOA, comprenant 8 pays et 117 millions d'habitants. Il présente les statistiques clés sur le PIB et les banques des pays membres, ainsi que l'évolution du paysage bancaire depuis les indépendances, avec l'émergence de groupes bancaires africains et nord-africains.

Transféré par

Seydou Oumarou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ENVIRONNEMENT DE L’UEMOA

8 PAYS

117 Millions d’habitants

88 582,7 Mds : PIB Nominal (qui ne prend pas en compte l’inflation) 2020

Côte d’Ivoire 34 298,9 Mds A


Sénégal 13 655,4 Mds K
Mali 10 125,6 Mds D
Burkina Faso 9 369,2 Mds C
Bénin 8 432 ,2 Mds B
Niger 7 610,4 Mds H
Togo 4 230,6 Mds T
Guinée Bissau 860,4 Mds S

Nombre de Banques : 143


Institut d’émission commun : la BCEAO
Autorité de supervision : Commission Bancaire de l’UMOA
Nombre de banques pour un million de personnes bancarisées :
UEMOA 5,4 plus qu’en France (5) en Afrique du Sud (2,7) ou au Maroc (2,6).

La principale raison de ce « trop-plein » de banques est que jusqu’à une date récente, la
création d’une banque suscitait peu d’expertise bancaire des fondateurs et partenaires et
surtout moins de capitaux propres qu’aujourd’hui.
Après les indépendances (années 60 – 70), le secteur bancaire de l’UEMOA était
principalement constitué par des banques publiques (BDRN) et des banques liées à des
groupes bancaires français (BIAO – BNP)

A partir des années 80, au gré d’abord de l’émergence en Afrique de l’Ouest d’acteurs
bancaires africains (BOA – ECOBANK – BANQUE ATLANTIQUE), ensuite des
privatisations et du retrait progressif de certains acteurs français, le paysage a profondément
changé avec l’émergence d’actionnaires africains et l’arrivée d’actionnaires étrangers nord-
africains.

A cela s’est ajoutée la constitution progressive de groupes régionaux par agglomération de


banques « mono-pays ». Si bien que le paysage bancaire actuel de l’UEMOA se caractérise
par 4 types d’acteurs :

1. Les groupes internationaux c’est-à-dire les banques ayant leur siège ou leur centre
de décision hors du continent comme la Société Générale BNP Paribas, Citigroup…

2. Les groupes d’Afrique du Nord qui ont leur siège ou centre de décision en Afrique
du Nord (Maroc, Libye) comme Attijariwafa Bank (CBAO au Niger), BMCE (BOA),
la BCP (Banque- Atlantique – BIA Niger) ou la BSIC.

3. Les groupes bancaires d’Afrique subsaharienne, c’est-à-dire ceux qui ont leur siège
dans un des pays situés au sud de l’Afrique du Nord. On distingue dans ce groupe :

1
 les banques qui ont leur siège de groupe et leur centre de décision au sein de la
zone franc (NSIA Banque CI) Coris Bank (BF) BGFI (Gabon)

 et celles qui ont leur siège de groupe au sein de la zone franc mais leur centre
de décision géographiquement hors de cette zone (ECOBANK au Nigéria –
ORABANK au siège du fonds ECP à Washington…)

4. Les banques mono-pays c’est-à-dire les banques présentes dans un seul pays comme
SONIBANK au Niger, Bridge Bank en Côte d’Ivoire, la Banque de l’Habitat au
Sénégal et au Niger la BAGRI-Niger au Niger…

Ces 4 grandes catégories mettent en évidence les grandes dynamiques qui animent le tissu
bancaire et plus largement l’économie de la zone.

On note une montée en puissance des groupes africains et un retrait des banques mono-pays
dans l’UEMOA.
Ainsi, de 2010 à 2017, on a enregistré les évolutions suivantes :

Types de banques 2010 2017


Banques mono-pays 28 % 16 %
Groupes africains subsahariens 35 % 43 %
Groupes africains (Nord) 22 % 29 %
Groupes internationaux 15 % 12 %

En dépit de cette montée en puissance, on note une insuffisance de l’offre en termes


d’agences bancaires. Considérant la population totale des pays de l’UEMOA et non la
population bancarisée, il y a 4,1 agences pour 100.000 adultes (+ de 15 ans) alors que la
moyenne mondiale est 3 fois supérieure à 12,5 (délaissement des zones rurales).

Une caractéristique majeure du système bancaire de l’UEMOA est qu’il se développe dans un
espace très faiblement bancarisé ; seulement 16% des adultes ont un compte bancaire.

Le taux de bancarisation varie d’un pays à l’autre. On constate un minimum pour le Niger (6
% des adultes ont un compte bancaire) tandis que le reste des pays s’étage entre 11 % en
Guinée Bissau, 14 % au Mali, 16 % au Burkina Faso, 19 % au Bénin - Sénégal 20 % en Côte
d’Ivoire, 23 % au Togo.

Le taux de bancarisation de l’UEMOA est de 40 points inférieurs au taux mondial (62 %) en


2016, (69 %) en 2017.

Cause ou conséquence de cet état de fait, dans certains pays de l’UEMOA, plus de 40 % de
l’économie relève du secteur informel (modicité des revenus, activités non fiscalisées). Le
marché de l’informel représentait entre 25 à 50 % du PIB des pays de l’UEMOA entre 2010 et
2014. Il se situe autour de 35 % au Niger.

Classement des groupes bancaires dans L’UMOA


Source : Rapports annuels de la Commission bancaire.

2
LES INDICATEURS DU SYSTEME BANCAIRE DE L’UMOA

Le secteur bancaire de l’UMOA connaît une certaine attractivité à la lumière des


enseignements pouvant être tirés de l’analyse des statistiques contenues dans les rapports
annuels de la commission bancaire de l’UMOA.
Le nombre de banques et d’établissements financiers en activité sur le territoire des Etats
membres est passé de 114 au 31 décembre 2010 à 143 à la même date en 2018. Le paysage
bancaire s’est ainsi élargi en moyenne de 3 nouvelles unités créées par an. Le réseau des
points de service (agences, bureaux, points de vente et guichets automatiques) mis à la
disposition de la clientèle s’est étoffé au rythme de 11% par an.

Le cadre institutionnel de la règlementation de l’exercice de l’activité bancaire

Traité de l’Union monétaire ouest-africaine


Le traité de l’UMOA a été signé le 14 Novembre 1973 entre la République de Côte d’Ivoire,
la République du Dahomey, la République de Haute-Volta, la République du Niger, la
République du Sénégal et la République Togolaise. La République du Mali et la République
de Guinée-Bissau ont adhéré au Traité, respectivement, le 17 février 1984 et le 2 mai 1997.
Dans le cadre de la réforme institutionnelle de l’UMOA, la conférence des chefs d’Etat et de
gouvernement a, au cours de sa 11° session ordinaire tenue à Ouagadougou le 20 janvier
2007, adopté le nouveau Traité de l’UMOA qui s’est substitué à celui établi en 1973.
a- La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UMOA
Elle définit les grandes orientations de la politique de l’Union. Prises à l’unanimité, les
décisions de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement sont
dénommées « Actes de la Conférence »
b- Le conseil des Ministres de l’UMOA
Il est un organe de l’organisation. Il suit la mise en œuvre des orientations générales et
des décisions de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. A ce titre, le
3
conseil est chargé se définir l’environnement réglementaire de l’activité du système
bancaire et financier et de la politique de change.
c- La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
La BCEAO est une institution de l’organisation, à l’instar de la Banque ouest-africaine
de développement (BOAD). Elle veille à la stabilité du système bancaire financier de
l’UMOA. A l’apparition de nouvelles normes ou règles prudentielles applicables aux
banques, il revient généralement à la BCEAO d’apprécier la pertinence de les intégrer
dans la règlementation de l’exercice de l’activité bancaire de l’UMOA

Traité relatif à l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires


(OHADA)

En vue de disposer d’un cadre juridique stable et promouvoir ainsi les investissements tant
étrangers que domestiques, les Etats parties ont signé le Traité relatif à l’harmonisation en
Afrique du droit des affaires. Sur la base du traité des règles communes sont élaborées et
adoptées, directement applicables et obligatoires dans les Etats parties, nonobstant toute
disposition contraire de droit interne, antérieure ou postérieure.

Traité de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)

Par le Traité de l’UEMOA qu’ils ont signé le 10 janvier 1994, les Etats parties ont décidé de
la création d’un marché commun. A cet effet, ils ont acté l’harmonisation de leurs législations
nationales en matière de commerce par voie d’actes directement applicables dans chaque Etat
membre, nonobstant toute législation nationale contraire, antérieure ou postérieure. Les actes
pris par les organes de l’UEMOA sont pris sous forme de règlements, de directives ou de
décisions.

La commission bancaire de l’UMOA et la mission de surveillance du secteur bancaire

L’article 23 du Traité de l’UMOA érige la commission bancaire en organe chargé de veiller à


l’organisation et d’assurer le contrôle des établissements bancaires. Ainsi le choix est fait dans
l’UMOA de faire exercer le contrôle des établissements bancaires par un organe distinct de la
Banque centrale. La commission bancaire s’assure de la solidité et de la sécurité du système
bancaire de l’UMOA. Dans ce cadre, elle exerce le contrôle des établissements bancaires et a
en charge la résolution des crises bancaires. Pour ce faire, la Commission bancaire est
organisée en deux (2) instances décisionnelles : le collège de supervision et le collège de
résolution qui a la responsabilité de la prévention et de la résolution des crises bancaires.

4
CONDITIONS D’EXERCICE DE LA PROFESSION DANS
L’UMOA
Les banques et établissements financiers assurent une mission essentielle dans la vie
économique en rapport avec leur pouvoir de création monétaire, leur rôle primordial dans la
mobilisation de l’épargne ainsi que dans les relations financières extérieures.

L’importance des engagements qu’ils portent et du risque systémique que leur défaillance fait
couvrir à l’ensemble de l’économie, justifie leur statut particulier parmi les sociétés
commerciales.

Les banques sont ainsi régies par une règlementation spécifique qui vise essentiellement à
justifier leur solvabilité, leur liquidité, la protection des déposants et de manière générale, la
sécurité du système bancaire dans son ensemble.

I. Nécessité d’un agrément préalable


Compte tenu de la nécessaire protection des déposants et de l’importance du système bancaire
dans le financement de l’économie, l’exercice de la profession est soumis à l’obtention
préalable d’un agrément. Ainsi, l’article 13 de la loi bancaire stipule que : « Nul ne peut sans
avoir été préalablement agréé et inscrit sur la liste des banques ou sur celle des établissements
financiers à caractère bancaire exercer les activités de banque ou d’établissement financier ni
se prévaloir de la qualité de banque, de banquier ou d’établissement financier à caractère
bancaire… »

II. Conditions et modalités d’obtention de l’agrément

Les demandes d’agrément sont adressées au Ministère chargé des Finances et déposées auprès
de la Banque Centrale qui les instruit.

Celle-ci vérifie si les personnes morales qui demandent l’agrément satisfont aux conditions et
obligations prévues par la loi bancaire (article 25 – 26 – 29 – 34 et 36).

Elle s’assure de l’adéquation de la forme juridique de l’entreprise à l’activité de banque ou


d’établissement financier à caractère bancaire.

5
La Banque Centrale examine notamment le programme d’activités de cette entreprise et les
moyens techniques et financiers qu’elle prévoit de mettre en œuvre, ainsi que son plan de
développement du réseau de succursales, d’agences ou de guichets à l’échelle nationale ou
communautaire.

La Banque Centrale obtient tous renseignements sur la qualité des personnes ayant assuré
l’apport des capitaux et le cas échéant sur celle de leurs garants, ainsi que l’honorabilité et
l’expérience des personnes appelées à diriger, administrer ou gérer l’établissement de crédit et
ses agences.

L’agrément est prononcé par arrêté du Ministère chargé des Finances après avis conforme de
la Commission Bancaire de l’UMOA.

L’agrément est réputé avoir été refusé s’il n’est pas prononcé dans un délai de six (6) mois à
compter de la réception de la demande par la Banque Centrale sauf avis contraire donné au
demandeur.

L’agrément peut être limité à l’exercice de certaines opérations définies par l’objet social du
demandeur.

L’agrément est constaté par l’inscription sur la liste des banques ou sur celle des
établissements financiers à caractère bancaire.

Ces listes sont établies et tenues à jour par la Commission Bancaire qui affecte un numéro
d’inscription à chaque banque ou établissement financier à caractère bancaire et elles sont
publiées au Journal Officiel de l’Etat concerné.

L’Etablissement agréé doit par ailleurs, adhérer à l’Association Professionnelle des Banques
et Etablissements Financiers (APBEF) dans un délai d’un mois suivant son inscription.

- Agrément Unique

Les activités des établissements de crédit ont longtemps été confinées à l’intérieur des
frontières nationales. Eu égard à l’objectif de création d’un espace économique et financier
unifié, il s’est avéré indispensable de favoriser une plus grande intégration des marchés
bancaires et financiers nationaux en organisant la libre prestation de services sur l’ensemble
du territoire de l’univers.

A cette fin, les Autorités de l’UMOA ont adopté en Juillet 1997 le principe de l’agrément
unique.

Avec l’entrée en vigueur de cette procédure le 1er Janvier 1999, les banques et établissements
financiers déjà agréés et désireux de s’implanter dans un Etat membre de l’UMOA sont
dispensés de toute autre procédure d’agrément pour exercer leur activité sous réserve
d’obtenir une autorisation.

III. Règlementation des établissements de crédit

- Forme Juridique

6
 Les banques sont constituées sous forme de sociétés anonymes à capital fixe ou
sous forme de sociétés coopératives ou mutualistes à capital variable par
autorisation spéciale du Ministère des Finances donnée après avis conforme de
la Commission Bancaire.

 Elles ne peuvent revêtir la forme d’une société unipersonnelle. Elles doivent


avoir leur siège social sur le territoire d’un des Etats de l’UMOA.

 Le capital social des banques de la zone ne peut être inférieur au montant


minimal fixe par le Conseil des Ministres de l’UMOA.

Le capital social doit être intégralement libéré au jour de l’agrément de l’établissement de


crédit à concurrence du montant minimal exigé dans la décision d’agrément. Le capital libéré
doit rester à tout moment employé dans les Etats membres de l’UMOA.

- Conditions relatives aux dirigeants et personnel des Etablissements de crédit

La loi bancaire dispose que « Nul ne peut diriger, administrer ou gérer un établissement de
crédit ou une de ses agences s’il n’a pas la nationalité d’un Etat membre de l’UMOA à moins
qu’il ne jouisse, en vertu d’une convention d’établissement d’une assimilation aux
ressortissants ».

Le Ministre chargé des Finances peut accorder sur avis conforme de la Commission Bancaire
des dérogations individuelles à cette disposition.

La même loi bancaire indique que « toute condamnation pour crime de droit commun, pour
faux et usage de faux en écriture publique et en écriture privée de Commerce ou de banque,
pour vol, escroquerie, abus de confiance, banqueroute, détournement de deniers publics,
infraction à la règlementation des relations financières extérieures, infraction à la législation
contre le blanchiment de capitaux, pour corruption, pour émission de chèques sans
provision… ou toute condamnation pour infraction assimilée par la loi à l’une de celles
énumérées ci-dessus, emporte de plein droit interdiction :

 De diriger, administrer ou gérer un établissement de crédit ou une de ses


agences ;

 D’exercer l’une des activités définies comme constituantes des opérations de


banque (réception des fonds du public, opération de crédit, mise à disposition
de la clientèle et gestion des moyens de paiement) ;

 De proposer au public la création d’un établissement de crédit ;

 De prendre des participations dans le capital d’un établissement de crédit.


Quiconque aura été condamné pour l’un des faits prévus à l’article 26 de la loi
bancaire ne pourra être employé à quelque titre que ce soit par un établissement
de crédit.

7
 Les personnes qui concourent à la direction, à l’administration, à la gérance, au
contrôle ou au fonctionnement des établissements de crédit sont tenues au
secret professionnel. Cependant le secret professionnel n’est opposable ni à la
Commission Bancaire, ni à la Banque Centrale, ni à l’Autorité Judiciaire
agissant dans le cadre d’une procédure pénale.

LIMITATIONS AUX OPERATIONS DES BANQUES


Existe-t-il des limites particulières pour certaines opérations des banques ?

- Les activités commerciales, industrielles, agricoles ou de services sont interdites aux


banques, sauf si elles sont nécessaires ou accessoires à l’exercice de leur activité
bancaire ou au recouvrement de leurs créances.

Par ailleurs, il leur est interdit d’acquérir leurs propres actions ou de consentir des crédits
contre affectation en garantie de leurs propres actions.

L’octroi direct ou indirect de crédits aux personnes participant à la direction, à


l’administration, à la gérance, au contrôle ou au fonctionnement des banques est limité à un
pourcentage de leurs fonds propres effectifs arrêté par la Banque Centrale. Ce pourcentage est
de 20% desdits fonds propres.

La même limitation s’applique aux crédits consentis aux entreprises privées dans lesquelles
les personnes susvisées exercent des fonctions de direction, d’administration, ou de gérance
ou détiennent plus du quart (25 %) du capital social.

- En outre, quel qu’en soit le montant, tout prêt ou garantie consenti par une banque à
ses dirigeants, à ses principaux actionnaires ou associés, ou aux entreprises privées
dans lesquelles ces personnes exercent des fonctions de direction, d’administration ou
de gérance ou détiennent plus du quart du capital social devra être approuvé à
l’unanimité par les membres du Conseil d’Administration de la banque et sera
mentionné dans le rapport annuel des commissaires aux comptes à l’assemblée des
actionnaires.

Toutefois, des dérogations individuelles et temporaires peuvent être accordées par le Ministre
chargé des Finances après avis conforme de la Commission Bancaire.

Le RÔLE DES BANQUES DANS L’ECONOMIE

1- Relations avec
les agents
économiques

8
en capacité de
financement

Les agents en capacité de financement « ont des revenus supérieurs à leurs dépenses et
dégagent ainsi une épargne financière qu’ils peuvent placer ». Ils vont vers les
établissements bancaires dans le but de sécuriser leurs avoirs ou de faire des
placements.
En matière de placement, ils se réfèrent à des critères de décision, principalement la
sécurité et le rendement à court terme. Les avoirs des agents économiques en capacité
de financement auprès du système bancaire de l’UMOA peuvent revêtir les formes
suivantes : dépôts en comptes ordinaires créditeurs, dépôts à terme, comptes d’épargne
à régime spécial, autres dépôts et bons de caisse. Ces différents dépôts sont considérés
comme des dettes des établissements bancaires envers la clientèle.
Du point de vue de la rémunération, les dépôts en comptes chèques ne portent pas
intérêt. En revanche, les produits d’épargne dits réglementés sont rémunérés. Les
comptes et livrets d’épargne le sont au taux de 3,5% l’an, dans la limite du montant
maximum de dix(10) millions de francs CFA. Les plans d’épargne et autres produits
d’épargne contractuelle se voient appliquer un taux minimum de 3,5% l’an.
Les conditions créditrices appliquées aux produits non réglementés sont convenues
librement entre les établissements bancaires et la clientèle.

2- Relations avec
les agents
économiques
en déficit de
financement

Les agents économiques en déficit de financement, à savoir les particuliers et les


entreprises, recourent au système bancaire pour se procurer des ressources destinées à couvrir
leurs besoins de trésorerie et d’investissements. La durée et le coût du crédit, dits conditions
de crédit, sont au centre de la relation entre ces agents économiques et les établissements
bancaires.

3- Relations avec
les Etats

Les administrations publiques sont également des utilisateurs des services et produits
bancaires à l’instar des autres agents économiques.

a. La collecte de dépôts auprès des administrations


Les banques offrent un service de caisse aux institutions publiques comme la conservation
des avoirs des trésors nationaux ou des autres services centraux ainsi que l’exécution des
virements, des règlements ou des paiements ordonnés par celles-ci.
Cependant l’instauration du « compte unique du Trésor » domicilié à la BCEAO centralise
la quasi-totalité des dépôts des démembrements des Etats sur ce compte.

b. Le financement de la dette des Etats


Les Etats financent, en partie, leurs dépenses (dépenses de personnel, de fonctionnement
et d’investissement) ainsi que la charge de la dette, en empruntant au système bancaire ou

9
en émettant des titres publics (bons du Trésor et obligations d’Etat) sur le marché
financier.
La forte proportion des titres publics dans les créances des établissements bancaires sur
l’Administration centrale s’explique par le fait que ceux-ci estiment faible le risque de
non-remboursement auquel ils s’exposent en procédant à l’acquisition de ces instruments
financiers comparativement aux crédits accordés aux agents économiques en déficit de
financement. En effet, la probabilité de voir un Etat en faillite est mineure. Dans ces
conditions, en matière de crédit, les établissements bancaires privilégient la sécurité par
rapport à la rentabilité.

La défaillance des établissements bancaires et conséquences

Situations à l’origine de la défaillance des banques

Une banque est considérée être en situation de défaillance (avérée ou prévisible)


lorsqu’elle se trouve dans une des situations ci-après : le non-respect des conditions de
l’agrément obtenu pour exercer l’activité bancaire, le passif de son bilan est supérieur à
l’actif, les dettes à échéance ne peuvent être honorées ou lorsqu’un soutien financier
public exceptionnel est sollicité.

Conséquence de la défaillance des banques

Sur la clientèle
Les agents économiques en capacité de financement ayant constitué des dépôts ou une
épargne auprès des établissements bancaires en situation de défaillance voient leurs avoirs
indisponibles et se retrouvent dans l’impossibilité de pouvoir les récupérer. Une telle
situation peut avoir pour conséquences, notamment, la panique au niveau des déposants,
entraînant le retrait massif des dépôts et la défiance du public vis-à-vis du système
bancaire national.
Pour leur part, les agents économiques en déficit de capitaux se retrouvent confrontés à
des difficultés de financement au regard du poids des concours bancaires dans leur source
de financement.

Sur les confrères


Sur le marché interbancaire, les banques s’accordent mutuellement des prêts dits « prêts
interbancaires ». Dans ce contexte, la défaillance de l’une d’entre elles peut d’une part,
compromettre le remboursement des avances de liquidités accordées les unes aux autres
et, d’autre part, créer un climat de méfiance entre les différents intervenants. Un tel
contexte est de nature à entraver le développement du marché interbancaire national.

Sur l’ensemble du système bancaire


Un établissement bancaire en situation de défaillance peut se retrouver confronté à des
difficultés pour honorer les engagements contractuels pris dans le cadre de la gestion des
systèmes de paiement de l’UMOA.
En définitive, la défaillance des banques, peut avoir comme conséquence majeure la
contraction des dépôts collectés auprès du public. En outre, l’impossibilité ou la difficulté
de récupérer les avoirs en banque est de nature à provoquer des troubles sociaux. Par

10
ailleurs, elle peut impacter négativement l’offre de crédit, exposant ainsi les agents
économiques en déficit de capitaux à des difficultés de financement.
Enfin, le système bancaire risque de connaître une crise systémique. Pour prévenir toutes
ces situations, les pouvoirs publics interfèrent dans l’exercice de la profession bancaire.

LES FINALITES DE L’INTERVENTION DES POUVOIRS


PUBLICS

L’intervention des pouvoirs publics dans le secteur bancaire a pour principaux objectifs de
promouvoir l’épargne, de sécuriser les dépôts du public et de créer les conditions de leur
utilisation optimale pour le financement de l’économie réelle. Elle revêt les principales formes
ci-après :

1- La protection de la profession contre la concurrence


2- L’élaboration et la surveillance de l’application des règles prudentielles
3- La mise en place d’un système de garantie de dépôts
4- Les interventions de la Banque Centrale en tant que prêteur en dernier ressort.

Le rôle de prêteur en dernier ressort consiste pour la Banque Centrale à apporter à une banque
des liquidités qu’elle n’aurait pas pu trouver auprès d’autres banques ou sur le marché
interbancaire. Le marché interbancaire est un marché financier de gré à gré sur lequel les
banques commerciales se prêtent des fonds à court terme (moins d’un an). Les banques
centrales disposent, par définition, d’une capacité de financement illimitée qui ne doit,
cependant, être mise à contribution que de façon transitoire et en faveur des banques (voire du
Trésor public dans les cas les plus extrêmes) elles-mêmes dans l’obligation de rembourser
leurs emprunts.

La protection de la profession bancaire contre la concurrence

Au regard de leur poids dans le financement de l’économie, les banques exercent leur activité
sous la forme d’un monopole octroyé par les Etats (monopole de collecte de fonds auprès du
public). Ceux-ci assurent également la protection de l’exercice de la profession afin d’éviter
que les banques ne subissent la concurrence d’entreprises intervenant dans d’autres secteurs
de l’économie.
La protection de l’exercice de l’activité bancaire est assurée par les pouvoirs publics par
l’adoption de dispositions légales ou règlementaires interdisant l’exercice de ladite activité, de
se prévaloir de la qualité de banque, de banquier ou d’établissement financier à caractère
bancaire, de créer l’apparence de cette qualité, notamment par l’emploi de termes tels que
banque,banquier,bancaire dans sa dénomination sociale, son nom commercial, sa publicité ou,
de quelque manière que ce soit, dans son activité sans avoir été préalablement agréé et inscrit
sur la liste des banques.

La protection des déposants

11
Les pouvoirs publics se portent garants des dépôts du public auprès des banques. A cet effet,
ils mettent en place un système de garantie des dépôts auquel les banques sont tenues
d’adhérer.

La promotion de l’épargne

Les pouvoirs publics assurent la promotion de l’épargne en spécifiant les produits d’épargne
pouvant faire l’objet de rémunération par les établissements bancaires et les taux créditeurs
correspondants. Les modalités de rémunération de l’épargne sont fixées par les pouvoirs
publics (décision du Conseil des ministres de l’UMOA)

Le plafonnement des taux débiteurs


Les pouvoirs publics instaurent un taux d’usure qui correspond au taux maximum que les
établissements bancaires sont tenus d’appliquer à la clientèle

L’ACTIVITE BANCAIRE

12
La nature de l’activité des établissements bancaires
Au sens de la loi-cadre portant réglementation bancaire de l’UMOA, l’activité
des banques recouvre les opérations suivantes : la réception de fonds du public,
les opérations de crédit ainsi que la mise à disposition de la clientèle et la
gestion de moyens de paiement (art. 2 de la loi-cadre)
1- Réception des fonds du public
Collectés sous forme de dépôts auprès d’un tiers, les banques ont le droit de
disposer des fonds reçus du public pour leur propre compte, notamment en
accordant des crédits à la clientèle. Toutefois elles sont astreintes à l’obligation
de les restituer dès la demande des déposants.
2- Opérations de crédit
Est considéré comme opération de crédit tout acte par lequel une banque,
agissant à titre onéreux, met ou promet de mettre des fonds à la disposition
d’une autre personne (art. 6 de la loi-cadre portant réglementation bancaire).
Par ailleurs, l’opération de crédit est établie dès lors que les bénéficiaires
peuvent utiliser les fonds contre remboursement.
3- Mise à disposition des instruments de paiement
Les instruments de paiement constituent l’ensemble des supports mis à la
disposition de la clientèle afin de lui permettre de réaliser des opérations
portées au débit ou au crédit sur un compte ouvert dans les livres d’un
établissement bancaire.
On distingue les instruments de paiement traditionnel (espèces, chèques ou
virements) et les instruments de paiement électronique (cartes bancaires,
porte-monnaie électronique et paiement sans contact).
4- Gestion des systèmes de paiement
Les systèmes de paiement ou infrastructures de marché sont destinés, d’une
part à l’exécution des flux financiers initiés par les acteurs du système bancaire
et, d’autre part, au dénouement rapide des transactions bancaires.
Ils sont constitués de supports des opérations, de règles et de procédures de
traitement des opérations, d’infrastructures techniques et de participants.
Le système bancaire de l’UMOA dispose des systèmes de paiement, ci-après, à
l’aide desquels les établissements bancaires ont la possibilité d’exécuter leurs
transactions :
Le système interbancaire de compensation automatisé dans l’UEMOA (SICA-
UEMOA)

13
C’est un outil automatisé d’échange et de règlement des opérations de
paiement portant sur de petits montants (opérations de masse) sous forme de
virements, de chèques ou d’effets de commerce, entre établissements
participants aux niveaux national et régional. Il comprend neuf (9) systèmes de
compensation, un système national pour chacun des Etats membres de l’UMOA
et un système de compensation régional. Les participants à SICA-UEMOA sont
les banques, la BCEAO, la Poste et le Trésor.
Le système de transfert automatisé et de règlement dans l’UEMOA (STAR-
UEMOA)
C’est un système central auquel les participants directs ci-après sont connectés
via le réseau SWIFT (Society for World Wide Interbank Financial. Société privée
de droit belge créée en 1977. Il s’agit d’un réseau de télétransmission
interbancaire qui garantit sécurité, rapidité et fiabilité) ou le réseau privé de la
BCEAO : la BCEAO, les banques et établissements financiers, le Dépositaire
Central / Banque de règlement de la Bourse régionale des valeurs mobilières
(BRVM), le Groupement interbancaire monétique de l’UEMOA (GIM-UEMOA) et
la Banque ouest-africaine de développement BOAD). Ce système est utilisé pour
les opérations de gros montants.
Le système automatisé de gestion des titres et de la liquidité (SAGETIL-UEMOA)
C’est le système de paiement-livraison de titres qu’utilise le Dépositaire central /
Banque de règlements (DC/BR) pour le règlement des opérations sur titres de la
Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Le DC/BR est l’entité privée en
charge de la conservation des titres et de l’exécution des opérations sur titres
dans l’UMOA.

Obligations de transparence de la tarification et de protection des


usagers
Les établissements de crédit sont tenus de respecter les règles relatives à la transparence de la
tarification et à la protection des usagers des services financiers et bancaires.

Fixation des conditions débitrices

Comment un banquier établit-il le taux de son crédit ?

14
- Il part en premier lieu du coût de sa ressource (l’argent qu’il prête et qu’il a lui-même
emprunté ou reçu en dépôt de la clientèle) qui combine le taux de refinancement
auprès de la Banque Centrale et/ou le coût net des dépôts qu’il collecte.

Le résultat de ce point de départ varie d’une banque à l’autre, selon qu’il y a beaucoup de
dépôts collectés dans les agences et selon le coût du réseau, ou selon que la banque se
refinance plutôt sur les marchés. Quel qu’il soit, ce calcul du coût moyen, de refinancement
est la base de la tarification d’un crédit.

- La banque ajoute à ce coût de base la marge qu’elle doit prendre pour garantir ses
coûts de distribution de gestion qui là aussi varie d’une banque à l’autre.

- Enfin, la banque ajoute le coût des impayés qui est de facto pris en charge par les
clients solvables.

Le taux effectif global est le taux d’intérêt calculé en tenant compte de l’amortissement de la
créance auquel s’ajoutent les frais, les rémunérations de toute nature y compris ceux payés à
des intermédiaires intervenus de quelque manière que ce soit dans l’octroi du prêt.

Les charges liées aux garanties dont les crédits sont éventuellement assortis ainsi que les
honoraires d’officiers ministériels sont pris en compte dans le taux effectif global.

Toutefois, n’entrent pas dans le calcul du taux effectif global les impôts et taxes payés à
l’occasion de la conclusion du contrat.

Les taux d’intérêt débiteurs applicables à la clientèle sont indexés sur un taux de référence du
marché monétaire augmenté d’une marge fixée par chaque établissement de crédit.

Les conditions débitrices applicables dans l’UMOA par les établissements de crédit sont
fixées librement entre les parties sous réserve des dispositions législatives et règlementaires
relatives au prêt usuraire.

Constitue un prêt usuraire, tout prêt ou toute convention dissimulant un prêt d’argent consenti
en toute matière à un taux effectif global d’intérêt excédant à la date de sa stipulation, le taux
de l’usure (15 % banques – 24 % Etablissements financiers)

Le taux de l’usure est déterminé par le Conseil des Ministres de l’Union Monétaire Ouest
Africaine. Il est publié au Journal Officiel ou dans un journal d’annonces légales à l’initiative
du Ministre chargé des Finances.

Fixation des conditions créditrices


Les conditions créditrices applicables aux dépôts publics ou assimilés et aux dépôts privés
sont convenues librement entre les établissements de crédit et leur clientèle à l’exception des
produits d’épargne règlementés ci-après dont les conditions sont fixées par le Conseil des
Ministres de l’UMOA :

- Dépôt à terme et bons de caisse

15
- Comptes et livrets d’épargne
- Plan d’épargne et autres produits d’épargne contractuelle.

Fixation des dates de valeur


Les dates de valeur sont les dates effectives de prise en compte bancaire.
Les dates de valeurs sont fixées comme suit :

Virements reçus : Crédit au plus tard le premier jour ouvré suivant celui de la réception du
virement
Remises de chèques : Crédit au plus tard le premier jour ouvré suivant celui de
l’encaissement.

Remises d’effets à l’escompte : décompte du jour de la remise, crédit valeur premier jour
ouvré suivant celui de la remise.

Virements émis – domiciliation d’effets – paiement de chèques : Débit premier jour ouvré
précédent celui du paiement ou de l’exécution de l’opération.

Versements et retraits d’espèces : Crédit et débit le jour de l’opération

Livrets d’épargne : Crédit : premier jour de la quinzaine suivant le jour du versement.


Débit : premier jour de la quinzaine précédant le retrait

Informations par voie d’affichage des conditions débitrices et créditrices


Les établissements de crédits sont tenus d’afficher de manière visible à l’entrée de leurs
locaux et à leurs guichets la liste détaillée des conditions débitrices et créditrices qu’ils
appliquent à leur clientèle y compris les commissions.

Ils doivent illustrer par un exemple représentatif, la méthodologie de calcul du taux effectif
global (TEG) d’intérêt appliqué aux crédits à la clientèle.

Ils sont également tenus de publier au moins dans un quotidien à large diffusion de leur Etat
d’implantation dans l’UMOA chaque semestre et sans délai après chaque modification de leur
meilleur taux débiteur offert à la clientèle, les informations suivantes :

- Les conditions débitrices minimales et maximales indexées sur le taux de référence du


marché monétaire, applicables aux crédits à la clientèle.

- Les taux minima et maxima appliqués le trimestre écoulé en rémunération des dépôts à
terme et des autres dépôts et produits d’épargne non règlementés.

- Les établissements de crédits sont tenus de communiquer leurs conditions débitrices et


créditrices à la Banque Centrale à la Commission Bancaire de l’UMOA et aux
associations de consommateurs de services bancaires selon une périodicité fixée par la
BCEAO.

16
- Les établissements de crédit qui auront contrevenu aux dispositions relatives aux
conditions de banques ainsi qu’aux obligations d’information, sont passibles des
sanctions prévues par la loi portant règlementation bancaire.

LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT

Le chèque

Le chèque est un écrit par lequel une personne appelée tireur donne à une autre appelée tirée
(qui doit nécessairement être un établissement de crédit ou une personne autorisée (Trésorier
payeur général) l’ordre de payer à vue une somme déterminée à une troisième personne
appelée bénéficiaire qui peut d’ailleurs être le tireur ou à son ordre.
La fonction principale du chèque est de servir d’instrument de paiement par utilisation de la
monnaie scripturale. La monnaie scripturale est définie comme tout instrument ou procédé sur
support papier ou électronique admis comme moyen de paiement valable.

Préalablement à l’ouverture d’un compte de dépôt, le banquier doit s’assurer de l’identité et


de l’adresse du demandeur, sur présentation d’un document officiel original en cours de
validité portant sa photographie, contenant dans la mesure du possible des informations
relatives à sa filiation ainsi que son adresse professionnelle ou domiciliataire.

La personne physique commerçante est tenue de fournir en outre toute pièce attestant de son
immatriculation au Registre du Commerce.

L’identification d’une personne morale est effectuée par la production d’une part, de
l’original, l’expédition de la copie certifiée conforme de tout acte ou extrait du Registre du
Commerce attestant notamment de la forme juridique, de son siège social et d’autre part des
pouvoirs des personnes agissant à son nom.

Avant toute délivrance de formules de chèques, le banquier doit s’informer de la situation du


demandeur en consultant le fichier des incidents de paiement.

Il peut être délivré des formules de chèques pré-barrés non endossables sauf au profit d’un
banquier.
Le banquier peut par décision dûment motivée refuser de délivrer au titulaire d’un compte les
formules de chèques autres que celles qui sont remises pour un retrait de fonds par le tireur
auprès du tiré, ou pour une certification.

17
Il peut à tout moment demander la restitution des formules antérieurement délivrées. La
restitution doit être demandée lors de la clôture du compte.

- Création et forme de chèque

Le chèque contient :

1. La dénomination de chèque, insérée dans le texte même du titre et exprimée dans la


langue employée pour la rédaction de ce titre.

2. Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée

3. Le nom de celui qui doit payer (tiré)

4. L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer

5. L’indication de la date et du lieu où le chèque est créé

6. La signature manuscrite de celui qui émet le chèque (tireur)

A défaut d’indication spéciale, le lieu désigné à côté du nom du tiré est réputé être le lieu de
paiement. Si plusieurs lieux sont indiqués à côté du nom du tiré, le chèque est payable au
premier lieu indiqué.
A défaut de ces indications ou de toute autre indication, le chèque est payable au lieu où le tiré
à son établissement principal.

Le chèque sans indication du lieu de sa création est considéré comme souscrit dans le lieu
désigné à côté du nom du tireur.

Le chèque ne peut être tiré que sur un banquier ayant au moment de l’émission du titre des
fonds suffisants à la disposition du tireur.

La provision doit être faite par le tireur ou par celui pour le compte de qui le chèque sera tiré.

Le chèque ne peut être accepté. Une mention d’acceptation portée sur le chèque est réputée
non écrite.

Le chèque peut être stipulé payable à une personne dénommée ou un porteur.

Toute stipulation d’intérêts insérée dans le chèque est réputée non écrite.

Le chèque dont le montant est écrit à la fois en toutes lettres et en chiffres vaut en cas de
différence pour la somme écrite en toutes lettres.

Le chèque dont le montant est écrit plusieurs fois soit en toutes lettres, soit en chiffres, ne vaut
en cas de différence que pour la moindre somme.
18
- La Certification du chèque

Le tireur ou le porteur d’un chèque peut en demander la certification au banquier tiré s’il y a
provision du compte. Toutefois, le chèque ne peut être certifié que sur accord du tireur.

Lorsque le chèque est certifié, la provision est alors bloquée sous la responsabilité du tiré au
profit du porteur jusqu’à l’expiration du délai de la présentation.

La certification résulte de l’apposition sur le chèque par le tiré d’une formule comportant
outre sa signature, les mentions relatives à la certification et à la date de celle-ci, au montant
pour lequel le chèque est établi et à la désignation de l’établissement tiré.

Ces mentions doivent être apposées au moyen d’un procédé mécanique de marquage ou
d’impression indélébile offrant toute garantie de sécurité.

- Présentation et paiement du chèque

Le chèque est payable à vue. Toute mention contraire est réputée non écrite.

Le chèque présenté au paiement avant le jour indiqué comme date d’émission est payable le
jour de la présentation. Le chèque émis et payable dans un Etat de l’UEMOA doit être
présenté au paiement dans le délai de huit (8) jours si le paiement doit s’effectuer au lieu
d’émission et dans les autres cas dans le délai de vingt (20) jours.

Le chèque émis dans un Etat de l’Union et payable dans un autre Etat membre de l’Union doit
être présenté dans le délai de quarante-cinq (45) jours.

Le chèque émis en dehors du territoire de l’Union et payable dans un Etat membre de


l’UEMOA doit être présenté dans le délai de soixante-dix (70) jours.

Le point de départ de ces délais est le jour porté sur le chèque comme date d’émission.

Lorsque la provision existe, le tiré doit payer même après l’expiration du délai de
présentation. Il n’est admis d’opposition du paiement du chèque par le tireur qu’en cas de
perte, vol, d’utilisation frauduleuse du chèque ou d’ouverture de procédures collectives de
redressement judiciaire et de liquidation des biens contre le porteur. Le tireur doit
immédiatement confirmer son opposition et en indiquer le motif par écrit, quel que soit le
support de cet écrit. Cette défense de payer ne prend fin que par main levée ou prescription.

En cas de perte du chèque, celui à qui il appartient peut en poursuivre le paiement sur un
second, troisième, etc.

Ni le décès du tireur, ni son incapacité survenant après l’émission ne touchent aux effets du
chèque.

Celui qui présente un chèque au paiement doit justifier de son identité au moyen d’un
document officiel portant sa photographie.

19
Si la provision est inférieure au montant du chèque, le porteur a le droit d’exiger le paiement
jusqu’à concurrence de la provision. Celui qui paye un chèque sans opposition est présumé
valablement libéré.

Le tiré qui paye un chèque endossable est obligé de vérifier la régularité de la suite des
endossements mais non la signature des endosseurs.

Lorsqu’un chèque est stipulé payable en une monnaie n’ayant pas cours dans l’UEMOA, le
montant peut en être payé dans le délai de présentation du chèque d’après sa valeur en francs
CFA au jour du paiement.

- Le Chèque barré

Le tireur ou le porteur d’un chèque peut le barrer. Le barrement s’effectue au moyen de deux
barres parallèles apposées au recto. Il peut être général ou spécial. Le barrement est général
s’il ne porte entre les deux barres aucune désignation ou la mention « banquier » ou un terme
équivalent. Il est spécial si le nom d’un banquier est inscrit entre les deux barres.

Le barrement général peut être transformé en barrement spécial mais le contraire n’est pas
possible.
Un chèque à barrement général ne peut être payé par le tiré qu’à un banquier.
Un chèque à barrement spécial ne peut être payé par le tiré qu’au banquier désigné ou si celui-
ci est le tiré qu’à son client.

Un banquier ne peut acquérir un chèque barré que d’un de ses clients ou d’un autre banquier.
Il ne peut l’encaisser pour le compte d’autres personnes que celles-ci.

Les chèques à porter en compte émis à l’étranger et payables sur le territoire d’un Etat
membre de l’UEMOA seront traités comme chèques barrés

La lettre de change

La lettre de change est un effet de commerce souvent appelé « traite » dans la pratique. C’est
un titre par lequel une personne dénommée tireur invite une autre personne dénommée tiré à
payer une somme d’argent à une date déterminée à l’ordre d’un bénéficiaire désigné.

Création et forme de la lettre de change

La lettre de change contient :

1. La dénomination de « lettre de change insérée dans le texte même du titre et exprimée


dans la langue employée pour la rédaction de ce titre ;

2. Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée ;

3. Le nom de celui qui doit payer (le tiré) ;

20
4. L’indication de l’échéance ;

5. L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer ;

6. Le nom de celui auquel ou à l’ordre duquel le paiement doit être fait ;

7. L’indication de la date et du lieu où la lettre est créée ;

8. La signature de celui qui émet la lettre (le tireur).

Cette signature est apposée soit à la main, soit par tout procédé non manuscrit. Le titre dans
lequel une des énonciations indiquées après, fait défaut ne vaut pas comme lettre de change.

Cependant, la lettre de change dont l’échéance n’est pas indiquée est considérée comme
payable à vue.

A défaut d’indication spéciale, le lieu désigné à côté du nom du tiré est réputé être le lieu de
paiement et en même temps le lieu du domicile du tiré.

La lettre de change n’indiquant pas le lieu de sa création, est considérée comme souscrite dans
le lieu désigné à côté du nom du tireur.

Le taux d’intérêts doit être indiqué dans la lettre, à défaut de cette indication la clause est
réputée non écrite. Les intérêts courent à partir de la date de création de la lettre de change si
une autre date n’est pas indiquée. La lettre de change dont le montant est écrit à la fois en
toutes lettres et en chiffres vaut en cas de différence pour la somme écrite en toutes lettres.

Le tireur est garant de l’acceptation et du paiement. La provision doit être faite par le tireur.
Toute lettre de change est transmissible par la voie de l’endossement.

L’endossement doit être pur et simple. Toute condition à laquelle il est subordonné est réputée
non écrite. L’endossement partiel est nul.

L’acceptation de la lettre de change

La lettre de change peut être jusqu’à l’échéance présentée à l’acceptation du tiré au lieu de
son domicile.
L’acceptation est écrite sur la lettre de change. Elle est exprimée par le mot « accepté » ou
tout autre mot équivalent. Elle est signée du tiré.

La simple signature du tiré apposée au recto de la lettre vaut acceptation.

Par l’acceptation, le tiré s’oblige à payer la lettre de change à l’échéance. A défaut de


paiement, le porteur même s’il est le tireur à contre l’accepteur une action directe résultant de
la lettre de change pour tout ce qui peut être exigé.

Si le tiré qui a revêtu la lettre de change de son acceptation a biffé celle-ci avant la restitution
de la lettre, l’acceptation est censée être refusée.

21
L’aval de la lettre de change

Le paiement d’une lettre de change peut être garanti pour tout ou partie de son montant par un
aval. Cette garantie est fournie par un tiers ou même par un signataire de la lettre.

L’aval est donné soit sur la lettre de change ou sur une allonge, soit par acte séparé indiquant
le lieu où il est intervenu.

Il est exprimé par les mots « bon pour aval » ou par toute autre formule équivalente ; il est
signé par le donneur d’aval. Il est considéré comme résultant de la seule signature du donneur
d’aval apposée au recto de la lettre de change sauf quand il s’agit de la signature du tiré ou du
tireur.

L’aval doit indiquer pour le compte de qui il est donné. A défaut de cette indication, il est
réputé être donné pour le tireur.

L’échéance de la lettre de change

Une lettre de change peut être tirée :

- A vue : elle est alors payable à sa présentation. Elle doit être présentée au paiement
dans le délai d’un an à partir de sa date. Le tireur peut abréger ce délai ou en stipuler
un plus long ;

- A un certain délai de vue : l’échéance est déterminée par la date de l’acceptation ;

- A un certain délai de date : l’échéance d’une lettre de change tirée à un ou plusieurs


mois de date ou de vue a lieu à la date correspondante au mois où le paiement doit être
effectué.

- A jour fixe.

Le porteur d’une lettre de change ne peut être contraint d’en recevoir le paiement
avant l’échéance. Le tiré qui paye avant l’échéance le fait à ses risques et périls.

22
Le billet à ordre

Le billet à ordre est le titre par lequel une personne appelée souscripteur s’engage à payer à
une autre appelée bénéficiaire ou à son ordre, une somme d’argent à une date déterminée.

Le billet à ordre contient

 La clause à ordre ou la dénomination du titre insérée dans le texte même et


exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce titre ;

 La promesse pure et simple de payer une somme déterminée ;

 L’indication de l’échéance ;

 L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer ;

 Le nom de celui auquel où à l’ordre duquel le paiement doit être fait ;

 L’indication de la date et du lieu où le billet à ordre est souscrit ;

 La signature de celui qui émet le titre ou le souscripteur.

Sont applicables au billet à ordre, en tant qu’elles ne sont pas incompatibles avec la nature de
ce titre, les dispositions relatives à la lettre de change concernent :
- L’endossement
- L’échéance
- Le paiement
- L’aval : si l’aval n’indique pas pour le compte de qui il a été donné, il est réputé
l’avoir été pour le compte du souscripteur du billet à ordre.

23
Le souscripteur du billet à ordre est obligé de la même façon que l’accepteur d’une lettre de
change.

Billet à ordre particulier : le Warrant

On peut définir le warrant comme un billet à ordre par lequel le souscripteur en même temps
qu’il s’engage à payer une somme d’argent à une certaine échéance confère au bénéficiaire et
aux porteurs successifs un nantissement sur des marchandises déposées dans un magasin
général.
La marchandise déposée dans ce genre de magasin donne lieu à la délivrance d’un récépissé
warrant qui représente la marchandise déposée. Il est en fait constitué de deux parties :
- une première partie est le récépissé : le reçu du dépôt effectué ;
- une seconde partie est le warrant.
Le déposant des marchandises va détacher le warrant et l’endosser au profit de son créancier
s’il veut donner en gage les marchandises.

Conditions de fond

Le warrant ne peut porter que sur des matières premières , des marchandises, des denrées, ou
des produits fabriqués ; en d’autres termes il ne peut porter que sur des objets mobiliers
destinés à la vente.
Une condition est le dessaisissement du constituant. Le warrant serait nul si le constituant
avait la mainmise matérielle sur les choses déposées suite à une location à lui consentie par le
magasin général.

Conditions de forme

a- Au recto du titre
Les indications portées sur le warrant sont les mêmes que celles qui figurent sur le récépissé :

- nom, profession, domicile du déposant


- nature de la marchandise et indications propres à en établir l’identité et à en déterminer
la valeur
- mention de ce que la marchandise est assurée par les polices générales du magasin
- date du dépôt et signature de l’exploitant.

b- Au verso du titre

Au verso du titre est portée la formule : « Bon pour transfert du présent warrant à l’ordre de
M… demeurant à….pour garantie de la somme de…payable le… » date et signature
complètent la formulation.
Si on analyse cette formule, on trouve donc les mentions suivantes :
- le montant intégral de la créance garantie ;
- la date d’échéance. Un warrant à vue n’est guère imaginable ;
- les nom, profession et domicile du créancier ;
- la date d’émission du titre ;

24
- la signature du débiteur qui doit être apposée de manière manuscrite.

Signification de l’endossement

C’est à ce moment que se réalise véritablement l’émission. L’endosseur émet un billet à ordre
tout en constituant un nantissement. En fait, cet endossement confère au déposant la qualité de
souscripteur du billet à ordre ; lorsqu’il remet le warrant au banquier, il n’y a pas opération
d’escompte de la part du banquier. Celui-ci se voit remettre une reconnaissance de dette, dette
dont le paiement est garanti par un nantissement.
La transmission du warrant se fait par endossement. L’endossement transmet aux porteurs
successifs toutes les garanties attachées au titre et notamment le gage portant sur les
marchandises. L’endossement ne peut être opéré pour une somme inférieure au montant du
warrant.

Paiement du warrant

Le porteur du récépissé a la possibilité de payer la créance garantie avant l’échéance, car le


terme est uniquement en faveur du débiteur. L’idée est d’éviter l’immobilisation des
marchandises dans les magasins généraux : celles-ci pourront plus facilement être vendues
dès lors que le gage qui les affecte est levé.
Cependant si le règlement peut être opéré par anticipation il ne saurait en revanche être tardif.
Le juge n’est pas autorisé à accorder un délai de grâce au débiteur.
Le paiement est constaté de la manière suivante : le porteur qui a reçu paiement appose un
acquit sur le warrant, suivi de sa signature. Il restitue le titre à celui qui paie.
Au cas de non-paiement le porteur du warrant impayé va faire dresser protêt. Huit jours après
il fera vendre les marchandises par un courtier assermenté. Aucune autorisation de justice
n’est nécessaire. La vente doit se produire dans le délai d’un mois qui suit le protêt.
La position du créancier gagiste passe avant le privilège du Trésor.

PROMOTION DES MOYENS DE PAIEMENT SCRIPTURAUX


Droit au compte

Toute personne physique ou morale établie dans l’un des Etats membres de l’Union
dépourvue d’un compte bancaire ou postal et justifiant d’un revenu régulier d’un montant
supérieur ou égal à cinquante mille francs CFA, a droit à l’ouverture d’un compte auprès
d’une banque.

Est considéré comme revenu régulier, toute somme égale ou supérieure à cinquante mille
francs CFA dont est susceptible de justifier :

- une personne physique salariée sur une période mensuelle ;

25
- une personne physique non salariée ou une personne morale sur une période
mensuelle, bimensuelle, trimestrielle, semestrielle voire annuelle.

Le non-respect par le titulaire du compte, de la périodicité qu’il a indiquée est susceptible


d’entrainer la clôture du compte par le banquier.

En cas de refus d’ouverture de compte opposé par trois établissements successivement, la


Banque Centrale peut désigner d’office une banque qui sera tenue d’ouvrir un compte donnant
droit à un service bancaire minimum comprenant :

 la gestion du compte ;
 la mise à disposition d’au moins un instrument de paiement ;
 la possibilité d’effectuer des virements à partir de ce compte ;
 la possibilité d’effectuer des prélèvements à partir de ce compte ;
 la réception et la remise en compensation d’opérations de paiements pour le
compte du client ;
 la délivrance au client de relevés de compte trimestriels et à sa demande de
relevés d’identité bancaire ou postale.

Fixation d’un montant de référence pour la réalisation des opérations en monnaie


scripturale entre les personnes privées et les personnes publiques

Le montant de référence prévu par l’article 3 de la Directive du 19 Septembre 2002 est fixé à
cent mille (100.000) francs CFA pour toute opération financière en monnaie scripturale
mettant en rapport les personnes privées (particuliers, entreprises) d’une part et les personnes
publiques (Etat et ses démembrements) d’autre part.

Le même montant de référence de FCFA 100.000 est valable pour le paiement en monnaie
scripturale des salaires, indemnités et autres prestations en argent dus par l’Etat, les
Administrations publiques, entreprises ou autres personnes publiques.

Il en est de même pour le paiement des impôts et taxes.

La Monnaie électronique dans les Etats de l’UEMOA


Elle est définie comme une valeur monétaire représentant une créance sur l’établissement
émetteur qui est :

- stockée sous une forme électronique y compris magnétique ;


- émise sans délai contre la remise de fonds d’un montant qui n’est pas inférieur à la
valeur monétaire émise ;
- et acceptée comme moyen de paiement par des personnes physiques ou morales autres
que l’établissement émetteur.

La monnaie électronique peut reposer sur un support matériel comme la carte à puce ou un
autre moyen similaire.

26
Diversité des cartes

Carte de paiement

C’est une carte émise par un établissement de crédit permettant à son titulaire de retirer ou de
transférer des fonds.

Carte de retrait

Constitue une carte de retrait, toute carte émise pour un établissement de crédit et permettant à
son titulaire de retirer des fonds.

Le porte-monnaie électronique

Est une carte de paiement prépayée, c’est-à-dire sur laquelle une certaine somme d’argent a
été chargée, permettant d’effectuer des paiements électroniques de montants limités.

LES RELATIONS FINANCIERES EXTERIEURES DES ETATS


DE L’UEMOA
Elles concernent toutes les opérations effectuées avec l’Etranger.
Le terme étranger désigne tous les pays en dehors de l’UEMOA lorsqu’il s’agit du contrôle de
la position extérieure des établissements de crédit vis-à-vis de l’étranger ainsi que de la
domiciliation des exportations et le rapatriement de leurs recettes.

Pour les besoins statistiques liés à l’établissement de la balance des paiements d’un Etat
membre de l’UEMOA, tous les pays autres que l’Etat concerné sont considérés comme
l’étranger.

QUELLES SONT LES OBLIGATIONS DES BANQUES EN


MATIERE DE POSITION EXTERIEURE ?
La position extérieure de la banque correspond au solde net entre ses avoirs et ses
engagements à l’extérieur de l’union notamment auprès des correspondants étrangers.

Aux termes de la règlementation des changes, les établissements de crédit ne sont pas
autorisés à entretenir des disponibilités à l’extérieur de l’UMOA sauf celles correspondant
aux besoins de leurs opérations courantes.

Il importe donc que les dirigeants suivent la position extérieure de leur établissement sur la
base d’un système de reporting adéquat, afin de s’assurer que cette position est contenue dans
les limites autorisées.

A cet égard, il est rappelé que les opérateurs économiques résidents sont tenus d’encaisser et
de rapatrier dans le pays d’origine, auprès de la banque domiciliataire, l’intégralité des

27
sommes provenant des ventes à l’étranger dans un délai d’un mois à compter de la date
d’exigibilité du paiement.

La banque domiciliataire est tenue de procéder au rapatriement effectif du produit des recettes
d’exportation par l’intermédiaire de la BCEAO.

Comptes étrangers en francs ou en euros


Les intermédiaires agréés sont habilités à ouvrir sous leur responsabilité des comptes
étrangers en francs ou en euros au profit de non-résidents sous réserve de la justification de
leur qualité et de leur résidence effective.

Comptes étrangers en devises autres que l’euro


L’ouverture de comptes étrangers en devises autre que l’euro au profit de non-résidents est
soumise à l’autorisation préalable de la BCEAO.

Par non-résidents il faut entendre les personnes physiques ayant leur principal centre d’intérêt
à l’étranger ; le principal centre d’intérêt étant le lieu où une personne physique exerce sa
principale activité économique.

Régimes des comptes ouverts à des non-résidents


Les comptes ouverts au nom des non-résidents ne peuvent être alimentés par des versements
en billets de banque émis par la BCEAO ou un institut d’émission disposant d’un compte
d’opérations auprès du trésor français.

Les prêts de toute nature consentis par les intermédiaires agréés à des non-résidents, les
découverts en francs ou en euro et d’une manière générale toute avance consentie à un non-
résident sont subordonnés à l’autorisation préalable de la Direction chargée des Finances
Extérieures après avis conforme de la BCEAO.

Cependant une dérogation est faite aux intermédiaires agréés pour accorder à leurs
correspondants étrangers :

- des crédits courrier : découverts en francs CFA n’excédant pas les délais normaux du
courrier ;
- des crédits documentaires par acceptation.

Régime des avoirs des résidents acquérant le statut de non-résident

Les avoirs détenus sur des comptes intérieurs par les résidents acquérant la qualité de non-
résident, sont automatiquement transférés au crédit d’un compte d’attente. Leur transfert à
l’étranger ou au crédit d’un compte étranger en francs ou en euros nécessite une autorisation
préalable de la Direction chargée des Finances Extérieures ou de la BCEAO agissant par
délégation du Ministre chargé des Finances.

28
Régime des avoirs de non-résidents acquérant le statut de résident

Les nationaux bénéficiant du régime de non-résident acquièrent dès leur retour définitif au
pays, la qualité de résident. En conséquence, leurs comptes étrangers ouverts dans les pays de
l’UEMOA sont immédiatement clôturés. Toutefois ils peuvent maintenir à l’étranger les
comptes bancaires et les actifs financiers qu’ils ont acquis en qualité de non-résident. Tout
nouveau transfert visant la constitution d’avoirs dans ces comptes est soumis à l’autorisation
préalable du Ministre chargé des Finances.

Paiements courants à destination de l’étranger

Les opérations de change, mouvements de capitaux (émission de transferts et/ou réception de


fonds) et règlements de toute nature entre un Etat membre de l’UEMOA et l’étranger ou dans
l’UEMOA entre un résident et un non-résident, ne peuvent être effectués que par l’entremise
de la BCEAO, de l’Administration ou de l’Office des Postes, d’un intermédiaire agréé de
change manuel, dans le cadre de leurs compétences respectives.
Les devises étrangères détenues dans un Etat membre de l’UEMOA doivent être cédées ou
déposées chez un intermédiaire habilité ou, le cas échéant à la BCEAO que ces avoirs
appartiennent à un résident ou à un non-résident.
Les résidents sont tenus de céder à une banque intermédiaire agréée tous les revenus ou
produits en devises encaissés à l’étranger ou versés par un non-résident.
Les opérations visées ci-dessus doivent être exécutées dans un délai maximum d’un mois à
compter de la date d’exigibilité du paiement qui en matière d’exportation, est la date prévue
au contrat commercial. Cette date ne doit pas, en principe être située au-delà de cent vingt
(120) jours après l’expédition des marchandises.
Les paiements courants à destination de l’étranger sont exécutés selon le principe de la liberté,
par les intermédiaires cités plus haut. A cet égard sous réserve de la présentation de pièces
justificatives à l’intermédiaire concerné sont autorisés à titre général :
- la délivrance d’allocations touristiques aux voyageurs résidents
- l’ouverture, le fonctionnement et la clôture de comptes étrangers en francs ou en euros,
dans le strict respect des règles régissant ces comptes
- l’exécution des transferts dont le montant n’excède pas cinq cent mille (500 000)
francs CFA. Dans ce cas aucune pièce justificative de l’opération n’est requise. Les
intermédiaires agréés doivent s’assurer de l’identité du demandeur et du bénéficiaire
- les règlements à destination de l’étranger afférents aux opérations dont la liste suit :

a. paiements résultant de la livraison de marchandises


b. frais de services portuaires, d’entrepôt, de magasinage, de dédouanement,
c. assurances et réassurances (primes et indemnités)
d. impôts amendes et frais de justice
e. frais d’études, d’hospitalisation d’entretien et pensions alimentaires ; ……

Opérations d’emprunt

Les emprunts contractés par des résidents auprès de non-résidents doivent, sauf décision
particulière du Ministre chargé des Finances, être réalisés par l’entremise d’intermédiaires
agréés dans tous les cas où les sommes sont mises à la disposition de l’emprunteur dans le

29
pays. Les intermédiaires agréés, qui sont ainsi appelés à intervenir, veilleront à la régularité
des opérations.
Le remboursement, par achat et transfert de devises ou par crédit de comptes étrangers en
francs ou en euros, de tout emprunt à l’étranger doit faire l’objet d’une déclaration à des fins
statistiques à la Direction chargée des Finances Extérieures et à la BCEAO et être réalisé par
l’entremise d’un intermédiaire agréé.
L’achat des devises ou le crédit à un compte étranger ne doivent intervenir qu’à la date où les
fonds doivent être mis à la disposition du créancier non-résident.
Les prorogations d’échéance et les remboursements anticipés d’emprunt doivent être notifiés
aux intermédiaires agréés par les résidents emprunteurs.
Les intermédiaires chargés d’exécuter les opérations financières avec l’étranger

1- La BCEAO
Ses statuts lui confèrent des prérogatives en matière d’exécution des opérations financières
avec l’étranger.
Le Ministre chargé des Finances peut aussi au titre des autorisations préalables relevant de sa
compétence, déléguer à la BCEAO le pouvoir d’autoriser les transferts sur l’étranger.
La BCEAO est chargée de veiller avec les Directions compétentes du Ministère chargé des
Finances, au respect des prescriptions de la règlementation des relations financières
extérieures. A cet effet, elle est habilitée à contrôler, par délégation du Ministre chargé des
Finances tous les organismes intervenant en matière de change.
Dans le cadre de cette mission, elle peut demander aux intermédiaires agréés les justificatifs
de toutes les opérations de change qu’ils exécutent.

2- L’Administration ou l’Office des Postes

Elle est habilitée à procéder, au vu de pièces justificatives et sous sa responsabilité,


l’exécution des ordres de transfert sur l’étranger émis par la clientèle, en règlement :
- d’importations de marchandises effectuées par son entremise et dont le montant
n’excède pas un million (1 000 000) de francs CFA
- des opérations postales usuelles, selon les plafonds autorisés par les différents régimes
retenus dans les accords internationaux auxquels participe l’Etat membre concerné de
l’UMEOA
- de tout autre transfert à l’extérieur de la zone franc dont le montant n’excède pas cinq
cent mille (500 000) francs CFA. Dans ce cas il n’est pas exigé de pièces justificatives.
L’Administration des Postes est autorisée à recevoir tous règlements en francs CFA ou en
devises en provenance de l’étranger, soit pour son propre compte, soit pour celui de la
clientèle. Toutefois, elle est tenue de rétrocéder à la BCEAO, contre crédit en compte,
toutes les recettes perçues en devises.

3- Les Intermédiaires agréés

Un arrêté du Ministre chargé des Finances confère la qualité d’intermédiaire agréé.


Dans chaque Etat membre de l’UEMOA, un arrêté du Ministre chargé des Finances fixe la
liste des intermédiaires agréés habilités à exécuter les opérations financières avec l’étranger.

30
BUREAUX DE CHANGE : Dispositions relatives aux demandes d’agrément de Change
Manuel

Les personnes physiques ou morales ayant le statut de commerçant, autres que les banques
intermédiaires agréées, établies ou résidant dans les Etats membres de l’UEMOA, peuvent
être autorisées à effectuer les opérations de change manuel.
Les agréés de change manuel sont habilités à effectuer, avec la clientèle, des achats et ventes
de moyens de paiement libellés en monnaies étrangères convertibles conformément aux
dispositions relatives à la délivrance des allocations en devises et au contrôle douanier des
moyens de paiement transportés par les voyageurs.
Les autorisations portant agrément de change manuel sont délivrées par arrêté du Ministre
chargé des Finances, après avis conforme de la BCEAO.
Les personnes physiques ou morales sollicitant l’agrément de change manuel doivent, à cette
fin, déposer auprès de la BCEAO un dossier de demande d’agrément et justifier de ressources
financières minimales ou d’un capital social minimum.
Les pièces à fournir dans le dossier de demande d’agrément et le montant minimum de
ressources financières ou de capital social sont fixés par instruction de la BCEAO.
1-Pour les personnes physiques : un extrait d’acte de naissance ou photocopie certifiée
conforme –un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois(3) mois – un extrait de
l’inscription au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.
2- Pour les personnes morales :
Une copie certifiée conforme de l’acte de constitution, notamment des Statuts
Un extrait de casier judiciaire des dirigeants sociaux datant de moins de trois(3) mois
Un extrait de l’inscription au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.
Les pièces susvisées doivent être accompagnées d’un questionnaire dûment rempli.
La BCEAO peut requérir la fourniture de tout autre document ou information utile à
l’instruction du dossier.
Les personnes qui sollicitent l’agrément de change manuel doivent justifier à tout moment :
- pour les personnes morales d’un capital social minimal entièrement libéré de un
million (1 000 000) de francs CFA pour leur bureau principal et le cas échéant pour
chaque bureau annexe ;
- pour les personnes physiques, de ressources financières d’un montant d’au moins cinq
cent mille (500 000) francs CFA pour leur bureau de change manuel principal et le cas
échéant, pour chaque bureau annexe.

Le Marché des Changes

Le règlement d’une transaction intervenue entre deux agents économiques résidant dans des
pays différents implique, le plus souvent, la conversion d’une monnaie en une autre, c’est-à-
dire l’obligation d’effectuer une opération de change.
Le marché des changes permet d’assurer la confrontation des offres et des demandes de
devises étrangères et de déterminer le cours de chacune d’elles en monnaie nationale.

31
La livraison des monnaies échangées peut intervenir dans un très court délai (48 heures) et il
s’agit d’une opération au comptant.
Au contraire, la livraison peut être différée durant une certaine période (un mois par exemple)
et cette transaction relève alors du marché à terme.
Les transactions au comptant sur devises portent soit sur des instruments de change manuel
(billets de banque), soit sur l’échange de monnaies scripturales représentées par des avoirs en
compte bancaire.
Les opérations de change manuel n’atteignent qu’un volume négligeable par rapport à la
masse des règlements commerciaux et financiers effectués sous la forme de « transferts »
d’avoirs en compte.
Les opérations de change manuel et les « transferts » sont assez étroitement liés. En effet, les
instruments de change manuel peuvent le plus souvent être transformés en avoirs en compte
bancaire et vice-versa ; de ce fait, le cours de change applicable aux transferts constitue le
cours directeur des opérations de change manuel ; l’écart entre les cours d’achat et de vente
représente principalement le coût en trésorerie de la détention de billets non productifs
d’intérêt et les frais de transformation des instruments manuels de paiement en avoirs en
compte(ou réciproquement) , c’est-à-dire le transport et l’assurance des billets de banque
étrangers vendus ou achetés contre crédit ou débit en compte.

Change direct et change indirect

On appelle « change direct » l’opération qui ne met en cause que deux monnaies, dont l’une
est généralement la monnaie nationale.
Exemple : un importateur national de produits américains, fera acheter des dollars (USD)
contre des CFA pour régler sa dette.
Dans le cas où une opération de change fait intervenir plusieurs monnaies, il s’agit de
« change indirect ». Cette situation peut se rencontrer dans des opérations complexes de
courtage international. C’est par excellence le domaine des cambistes ;

Distinction change au comptant / change à terme

L’opération de change au comptant est une opération simple : un commerçant donne l’ordre à
sa banque de convertir une monnaie en une autre monnaie en vue de régler immédiatement
une dette échue ou d’encaisser une créance échue. Par exemple un achat de dollars au
comptant se concrétisera en un ordre donné par son banquier à son correspondant américain
de débiter son compte « Nostro » du montant de l’opération et d’en créditer le compte du
bénéficiaire. La contrevaleur des dollars ainsi virés sera débitée du compte du donneur
d’ordre.
Le marché à terme permet de fixer immédiatement le cours auquel s’échangeront
ultérieurement des avoirs en compte entre acheteurs et vendeurs.
Sur le marché au comptant, l’échange a lieu dans un délai u plus égal à deux jours ouvrables ;
ce délai peut atteindre plusieurs mois, sur le marché à terme.
La détermination, dès la conclusion du contrat à terme, du prix auquel l’opération sera
exécutée à l’échéance convenue a pour objectif essentiel de couvrir un risque de change ; ainsi
l’achat à terme permet à un importateur de se prémunir contre une hausse des cours en fixant
définitivement la contrevaleur en monnaie nationale d’une dette en monnaie étrangère, non
encore exigible.
Symétriquement, la vente à terme permet à un exportateur de connaître à l’avance la
contrevaleur en monnaie nationale d’une créance en monnaie étrangère dont il n’a pas encore

32
perçu le montant et d’éliminer en conséquence le risque d’une baisse éventuelle des cours
entre la date où sa créance est née et celle où il l’encaissera effectivement.
Si la couverture du risque de change constitue l’objet essentiel des opérations à terme il
peut arriver cependant qu’un achat ou une vente n’aient pas comme support préalable une
dette ou une créance en monnaie étrangère mais repose uniquement sur le profit attendu
d’une variation des cours ; dans cette hypothèse l’acheteur et le vendeur encourent
volontairement un risque de change ; le premier espère qu’il revendra au comptant, avec
bénéfice, la devise qui sera livrée à l’échéance convenue et le second qu’il achètera au
comptant, à l’échéance du contrat, à un prix inférieur à celui de la vente à terme.
Toutefois de nombreux pays prohibent l’exécution de telles opérations.
En zone UEMOA les résidents sont autorisés à effectuer sur les marchés dérivés de change
avec les banques intermédiaires agréées établies dans l’Union certaines opérations de
couverture du risque de change. Les transactions autorisées doivent être adossées aux
opérations commerciales ou financières ci-après :
- les importations et exportations de biens et services par un résident ;
- les opérations d’emprunt à l’étranger par un résident
- les opérations d’investissements directs étrangers dans une entreprise résidente.
Ces transactions peuvent s’effectuer entre deux (2) devises étrangères ou entre le franc CFA
et une devise étrangère à l’exception de l’euro ou d’une monnaie dont l’institut d’émission
dispose d’un compte d’opérations auprès du Trésor public français.

LES OPERATIONS DE CREDITS

La loi portant règlementation bancaire de l’UMOA définit une opération de crédit comme tout
acte par lequel une personne agissant à titre onéreux :

- met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne ;


- prend dans l’intérêt de celle-ci un engagement par signature tel qu’un aval, un
cautionnement ou une garantie.

Quatre éléments sont fréquemment retenus pour approcher la notion du crédit :

 la durée
 la confiance
 le risque

33
 l’absence de spéculation.

a. La durée

Il n’y a pas de crédit s’il n’y a pas une certaine durée. Toutefois, cette durée ne connait pas de
minimum : la pratique bancaire connait des crédits consentis pour quelques heures comme par
exemple les crédits « Spot ».

b. La confiance

Le droit du crédit est celui de la confiance. Selon le degré de confiance acquise, le créancier
(banquier) demande ou ne demande pas des sûretés.

c. Le risque

La confiance n’a de sens que dans une situation de risque potentiel. Les risques sont divers et
l’un d’eux est le risque d’insolvabilité : il s’agit là d’un risque cardinal que les sûretés ont
pour mission de prévenir.

d. L’absence de spéculation

Le crédit exclut normalement toute spéculation. Le banquier doit uniquement percevoir une
rémunération correspondant au loyer de l’argent avancé.

Liberté de faire crédit et refus de crédit

Il n’y a pas de droit au crédit tout comme il n’y a pas obligation pour le banquier d’ouvrir un
compte à qui le lui demande. L’opération de crédit est en effet particulièrement marquée de
l’intuitu personae et ne saurait être imposée au banquier. La liberté de refuser le crédit
disparaît lorsque le banquier s’est engagé à faire crédit, d’où l’importance de la preuve de
l’ouverture de crédit et de son montant. Il faut également envisager l’hypothèse des crédits
liés à une épargne préalable.

 LES CREDITS DE TRESORERIE

1. Crédits par caisse

34
Plusieurs techniques sont ici envisageables. Il peut s’agir d’abord d’un prêt par virement
direct des sommes au bénéficiaire.
Plus souvent sera utilisée la technique du découvert en compte : le banquier laisse le compte
devenir débiteur.

Diverses catégories

a- Le crédit de courrier
Il s’agit d’une aide de très courte durée : 24 heures à 48 heures.

b- Les crédits spots


Ces crédits n’intéressent que de grandes entreprises industrielles ou commerciales qui peuvent
avoir besoin de facilités de trésorerie pour des durées très courtes.
Les crédits spots sont des opérations portant sur des montants très élevés.

c- La facilité de caisse
Il s’agit d’un crédit de trésorerie destiné à pallier un décalage de courte durée qui peut se
produire à un certain moment dans la trésorerie d’une entreprise parce que le flux de ses
recettes consécutif à ses ventes ne se réalise pas de façon parfaitement harmonieuse avec le
flux de ses dépenses (achats de matières, et produits, salaires).

La possibilité lui est donnée par la « facilité de caisse » de passer débiteur dans son compte.
C’est un crédit de précaution que l’entreprise a à sa disposition et qu’elle utilise selon ses
besoins.

La facilité de caisse peut souvent être renouvelée mais il ne saurait s’agir d’un concours
permanent.

d- Le Découvert
La durée du découvert est plus grande que celle de la facilité de caisse. C’est un crédit de
trésorerie mis à la disposition d’une entreprise dont les besoins en fonds de roulement
dépassent les possibilités du fonds de roulement.

Le découvert est donc un palliatif venant compléter un fonds de roulement temporairement


insuffisant.

Pour l’entreprise, le découvert offre une très grande facilité d’utilisation. Elle ne paie
d’intérêts débiteurs que sur les sommes effectivement utilisées.

La charge de la dette est très facile à alléger puisque toute rentrée nouvelle contribue à cet
allègement.

35
e- Le crédit relais
Il intéresse les situations dans lesquelles une entreprise est dans l’attente d’une rentrée précise
et exceptionnelle. Il anticipe donc sur une opération financière (augmentation de capital) ou
de crédit. Il faut donc que l’issue de cette opération ait un caractère de suffisante certitude de
réalisation.

f- Le crédit de campagne
Ce sont les activités à caractère périodique qui bénéficient des crédits de campagne. Il en va
ainsi pour les activités agricoles. Les rentrées financières se situent à certaines périodes de
l’année, les débours interviennent à d’autres moments.

La banque autorise l’entreprise à devenir débitrice en compte pendant la durée de la


campagne.

g- L’escompte
C’est l’opération de crédit par laquelle l’escompteur (le plus souvent une banque) avance au
crédité, titulaire d’une créance à terme (souvent le porteur d’une lettre de change), le montant
de celle-ci contre son transfert en propriété moyennant rémunération et sous réserve
d’encaissement à l’échéance.

Très souvent le titre escompté est un effet de commerce et plus précisément une lettre de
change ou un billet à ordre avec dans chaque cas les particularités afférentes au régime de ces
titres.

L’escompte de chèque est possible quoique le titre soit à vue. Il n’est pas inutile puisque
l’encaissement d’un chèque prend en pratique un certain temps. En réalité, le véritable
escompte est rare : l’usage est plutôt de créditer les chèques à remise par une avance en
compte à la suite de l’endossement en blanc que fait le bénéficiaire du chèque au profit du
banquier qui n’est qu’un mandat de recouvrement.
L’accord des parties pour l’escompte peut se réaliser, « au coup par coup » c’est-à-dire pour
chaque effet que le client présente. Très souvent, un accord préliminaire intervient dans le
cadre de ce que l’on appelle le crédit d’escompte. Le banquier prend, à l’avance,
l’engagement d’escompter les effets que le client lui présentera à concurrence d’un certain
montant. Cependant le banquier n’est pas tenu d’escompter tous les effets qui lui sont
présentés. Il conserve une marge d’appréciation qui lui permet de refuser les effets tirés sur
des commerçants malhonnêtes, d’une solvabilité douteuse ou qui correspondent à des
opérations anormales. (Effets de complaisance, traite de cavalerie)
La convention d’escompte est formée par l’accord du banquier même s’il ne correspond pas à
la date de la remise du titre qui peut être postérieure ou, plus souvent, antérieure.
La preuve de la conclusion du contrat d’escompte, c’est-à-dire en pratique celle de
l’acceptation du banquier résulte de la remise, par celui-ci au client, d’un bordereau
d’escompte désignant le titre escompté et expliquant les conditions de l’escompte. Le
bordereau comprend souvent la clause « sauf bonne fin » ou « sauf encaissement » ou « sous
36
réserve d’encaissement ». La preuve résulte encore de la remise au client de la somme
correspondant au produit de l’escompte.
La remise au client du montant de l’effet est l’obligation majeure du banquier escompteur.
Elle doit être exécutée dès l’escompte. Le plus souvent, le paiement découle de la remise en
compte courant. En réalité la somme versée au client ne correspond pas au montant de l’effet ;
il faut tenir compte de la rémunération due au banquier.
L’intérêt du crédit résultant de l’escompte, encore appelé agio est retenu à la source. Il est
calculé sur le montant nominal de l’effet et non sur la somme effectivement versée au client
(l’agio, dit-on est calculé en dehors). La détermination de l’intérêt se fait à partir du taux de
base bancaire avec une majoration qui dépend de la surface du client et de la qualité du
papier. L’agio est calculé en fonction du temps restant à courir entre le jour de la remise de
l’effet et celui de l’échéance ou le premier jour ouvrable suivant : lorsque l’échéance est très
proche, l’intérêt est calculé sur un nombre de jours fixes, de dix à vingt jours selon le cas.
Les commissions prélevées rémunèrent les charges incombant au banquier et le service rendu
au client libéré du souci du recouvrement de l’effet. On peut citer les commissions d’endos,
de confirmation, de service...etc. Tous les éléments de la rémunération du banquier doivent
être détaillés sur le bordereau d’escompte.
Si l’effet est impayé, le banquier peut faire valoir sa créance en procédant à la contre-
passation de l’effet qui est ensuite restitué au client.

h- Le crédit aux particuliers


Il s’agit de crédit par caisse : le montant du prêt est mis à la disposition du client par virement
sur son compte.

On trouve dans cette catégorie :

 Le crédit à la consommation (crédit à l’équipement)

o Le prêt personnel
Ces crédits sont accordés à la clientèle en fonction de leur capacité d’endettement calculée à
partir de leurs revenus. Ainsi le montant de chaque échéance ne doit pas dépasser 33% du
salaire mensuel du client.

La durée de ces crédits se limite le plus souvent à 2 ans ou 3 ans maximum. Il est rare que les
banques assortissent un crédit de cette catégorie de garanties réelles.

Elles exigent en revanche que les revenus soient domiciliés sur ses livres (les salaires,
éventuellement les retraites du bénéficiaire soient directement virés par l’employeur au
compte du client). De plus, un contrat d’assurance couvre les risques de décès ou de perte
d’emploi qui auraient pour conséquence d’interrompre le remboursement.

 Le crédit immobilier

Il est de même nature (crédit par caisse) que les deux crédits cités précédemment.

Cependant, sa durée est plus longue, car relevant des crédits à moyen ou long terme (7 à 10
ans voire plus).

37
Ses conditions d’octroi sont plus contraignantes et des garanties réelles sont exigées pour
garantir sa bonne fin.

 Les produits formatés

Un produit formaté correspond à un produit dont les critères de formatage sont validés au
préalable et son traitement se fait selon une logique industrielle avec notamment un circuit de
gestion allégé.

- Prêt Tabaski – Prêt Scolarité – Prêt Ramadan

 Le système d’épargne-crédit

Il donne droit au bénéfice d’un crédit au client-épargnant à l’issue d’une période d’épargne
convenue. Le crédit octroyé à l’issue de la période d’épargne doit être assorti d’un taux
préférentiel par rapport aux conditions de taux ordinaires du marché pour la même nature de
crédit.

Le client-épargnant ne peut, sauf dispositions contractuelles contraires, procéder à des retraits


sur les fonds concernés avant l’échéance de la période d’épargne convenue sous peine de
s’exposer à la transformation du plan ou du produit d’épargne contractuelle en compte
d’épargne sur livret ordinaire avec effet rétroactif.

Les sommes collectées doivent être affectées à des emplois intéressant l’objet pour lequel le
produit est proposé.

Le montant du crédit octroyé doit représenter un multiple entier de l’épargne constituée, sous
réserve de la solvabilité du client-épargnant.

 LES CREDITS
PAR
SIGNATURE

Le crédit par signature ne consiste pas en une avance de fonds mais dans la fourniture d’une
garantie personnelle au créancier du client. La banque qui accorde un crédit par signature
s’engage à payer si son client est défaillant. Il s’agit d’un « crédit potentiel » : Dans un
premier temps, la banque n’engage que sa signature : si l’opération garantie se déroule
convenablement, elle ne décaissera rien ; elle sera conduite à payer en revanche si son client
est défaillant ; elle pourra ensuite se retourner contre celui-ci.

Le crédit par signature est souvent sollicité pour des garanties exigées en matière fiscale ou en
matière de douanes.

38
Le paiement des droits de douane est dû dès l’entrée des marchandises sur le territoire et avant
enlèvement. Il peut être différé et le redevable peut disposer immédiatement des marchandises
qui sont entre les mains de la douane grâce au « crédit d’enlèvement ». Pour cela, il s’engage,
avec la caution d’une banque, à payer les sommes dues dans un certain délai (généralement 30
jours).

Le crédit par signature peut être nécessaire pour l’obtention d’un marché, qu’il soit exigé au
stade de la soumission ou pour garantir la restitution d’acomptes, la bonne exécution ou la
retenue de garantie.

2. Caution de soumission ou d’adjudication

C’est un engagement pris par la banque de payer une indemnité au maître d’œuvre, dans le
cas où son client déclaré adjudicataire ne donnerait pas suite à sa proposition.

Le taux de cette caution varie de 1 à 3% du montant de l’offre faite par le client dans sa
proposition.

3. Caution de restitution d’acomptes (caution d’avance de démarrage)


Par cette caution, la banque garantit la restitution de tout ou partie des acomptes reçus par son
client avant la livraison ou l’exécution totale des prestations de services.

Sa durée correspond généralement à la période de livraison. Son taux varie de 20 à 30% du


montant du marché.

5. Caution de bonne exécution ou de bonne fin


La caution de bonne fin ou de bonne exécution consiste en un engagement pris par la banque
de payer une somme généralement forfaitaire, en cas de mauvaise exécution du marché et
notamment en cas de pénalités contractuelles. Elle est délivrée en fonction des risques du
marché pour une durée bien déterminée (en général pour la période d’exécution). Son taux
varie de 5 à 10% en fonction du montant du marché.

4. Caution de retenue de garantie

On demande habituellement qu’une période de garantie soit prévue après l’exécution du


contrat pour permettre de s’assurer de la bonne qualité du matériel livré ou des travaux
effectués, et en cas de malfaçons, d’exiger les réparations nécessaires.

La banque peut être amenée à fournir une caution pour garantir les indemnités prévues au
cours de cette période.

Dans certains cas, afin d’être sûr de la prise en charge financière de ces réparations par celui
qui exécute le marché, il est effectué lors de chacun des paiements, une retenue qui ne sera
reversée globalement qu’à la fin de la période de garantie prévue contractuellement. Pour

39
éviter cette « retenue de garantie » qui pèserait sur la trésorerie de leurs clients, les banques
délivrent des cautions dites de « retenue de garantie » s’élevant généralement de 5 à 10% du
montant du marché.

 LA GARANTIE SUR SIMPLE DEMANDE

Le garant doit payer au premier appel du bénéficiaire qui n’a aucune pièce ni à fortiori,
explication ou justification à fournir. Il suffit qu’il présente sa demande dans le délai prévu
par la lettre.

Il existe également une garantie à première demande justifiée.

L’expression à première « demande justifiée » ne fait pas perdre à la garantie son


indépendance par rapport au contrat de base : elle implique seulement que le bénéficiaire
donne les raisons de son appel en garantie, qu’il se prévale de l’inexécution du contrat de
base. Il n’est exigé de lui aucune pièce ou justification mais simplement une allégation.

Il en va de même d’une forme dégradée de la demande justifiée (intermédiaire entre celle-ci et


la première demande pure et simple) qui impose au bénéficiaire appelant la garantie
d’affirmer que le donneur d’ordre a manqué à ses obligations sans autres précisions.

En pratique ces deux variantes de la garantie à première demande rendent plus difficiles les
appels abusifs.
L’engagement du garant est généralement constaté par une lettre de garantie notifiée par la
banque au bénéficiaire. Elle peut prendre la forme d’un écrit ou d’un Swift authentifié.
L’acceptation du bénéficiaire est tacite. Si l’offre de garantie n’est pas acceptée telle quelle, le
bénéficiaire fait des contrepropositions et il faut alors se référer à l’ensemble des lettres ou
Swift échangés. D’une manière générale compte tenu de l’importance de l’engagement et de
l’impossibilité de faire appel au contrat de base pour en compléter les termes, il importe que la
lettre soit très claire et précise. Il faut notamment bannir les expressions équivoques.

La garantie ne joue pas automatiquement : elle doit être appelée par le bénéficiaire contre le
garant. Sauf stipulation contraire de la lettre de garantie, cet appel n’est soumis à aucune
exigence de forme particulière. En pratique, il est fait par écrit (Swift authentifié) et dans les
délais prescrits.

L’appel doit être fait dans la monnaie dans laquelle la garantie a été donnée.
Lorsqu’il reçoit l’appel, le garant doit payer dans les délais prévus par la lettre, sinon
immédiatement. Il ne peut différer ou discuter sous peine d’engager sa responsabilité envers
le bénéficiaire.

Cependant, le paiement ne doit pas être fait « les yeux fermés ». Le banquier doit vérifier que
les conditions de l’appel prévues par la lettre sont remplies : délai d’appel non expiré,
présentation de documents etc… Il doit encore s’assurer que la somme réclamée correspond à
celle promise. Ce contrôle est formel.

40
La garantie est toujours assortie d’un terme. La meilleure solution est de déterminer une date
fixe. Le banquier peut accorder une prorogation à la demande de son client. Cette prorogation
doit intervenir avant l’expiration de la garantie.
Il n’est pas rare qu’à l’approche de l’expiration de la garantie le bénéficiaire place le garant
devant l’alternative suivante « prorogez ou payez »

LE CREDIT DOCUMENTAIRE

Le crédit documentaire est un moyen et une garantie de paiement créé par la pratique bancaire
pour surmonter la méfiance entre partenaires commerciaux éloignés et n’ayant pas l’habitude
de travailler ensemble.

L’exportateur et l’importateur conviennent lors de la conclusion du contrat que son règlement


s’opèrera par crédit documentaire.

L’importateur (donneur d’ordre) fait ouvrir par sa banque (banque émettrice) un crédit
documentaire sous forme « d’accréditif » ou de lettre de crédit au profit de l’exportateur
(bénéficiaire). Le banquier émetteur notifie le crédit à l’exportateur. Le plus souvent pour
faciliter les échanges et accroitre les garanties intervient un autre banquier dit intermédiaire
(généralement celui de l’exportateur) par lequel passe la notification du crédit et qui
fréquemment se charge de payer et/ou ajoute son propre engagement à celui du banquier
émetteur. On dira alors que le crédit est confirmé.

Crédit révocable ou Crédit irrévocable.


Le banquier ouvreur de crédit peut intervenir uniquement comme mandataire de son client.
Dans cette hypothèse il adresse ou fait transmettre à l’exportateur la lettre d’ouverture de
crédit mais sa promesse de règlement n’est assortie d’aucun engagement définitif. À tout
moment cette promesse peut être annulée ou modifiée sans même qu’un préavis soit donné : il
s’agit d’un crédit révocable.
Dans le cas où le banquier donneur d’ordre accepte de prendre personnellement un
engagement et fait part de cette intention dans l’ouverture de crédit, on se trouve en présence
d’un crédit irrévocable. Le crédit documentaire irrévocable est valable jusqu’à l’expiration de
sa validité et ne peut être modifié ni annulé sans l’accord de toutes les parties en cause.
La supériorité du crédit irrévocable par rapport au crédit révocable pour le bénéficiaire est
que celui-ci possède l’engagement d’une banque et non plus la simple promesse de son
cocontractant. Il sait qu’il obtiendra le règlement de sa créance pourvu que lui-même respecte
les termes et conditions du crédit.
De son côté le banquier donneur d’ordre est définitivement lié ; la défaillance même de son
client, incapable pour une cause ou une autre de le rembourser ne s’aurait le dégager des
promesses données au vendeur étranger (exportateur).
Le crédit documentaire irrévocable se présente donc comme un crédit à l’importation et
comme un engagement par signature.
On notera que, dans tous les cas, aucun lien juridique direct n’existe, en vertu du crédit
documentaire, entre l’acheteur et le vendeur. Ceux-ci demeurent unis par les termes de leur
contrat commercial dont le crédit documentaire n’est que l’instrument de règlement. Ce
principe de la séparation du contrat documentaire et du contrat commercial a pour

41
conséquence qu’il n’est pas possible à l’acheteur de refuser ou faire refuser les documents
sous prétexte que le vendeur n’a pas livré la marchandise prévue.
Il s’agit d’une notion essentielle, impérative, nettement exprimée dans les « Règles et usances
relatives aux crédits documentaires » :
« Les crédits sont par leur nature des opérations commerciales distinctes des ventes ou autres
contrats qui peuvent en former les bases mais qui ne regardent pas les banques en aucune
façon et ne sauraient les engager ».
« Dans les opérations de crédit documentaire, toutes les parties intéressées ont à considérer les
documents à l’exclusion des marchandises. »

L’ENCAISSEMENT DOCUMENTAIRE

L’encaissement documentaire est, pour les négociants, un moyen intermédiaire entre le crédit
documentaire et le tirage pur et simple d’un effet de commerce. Pour les banques, c’est une
opération de portefeuille combinée à un règlement de documents.

Schéma pratique
Il faut que le vendeur accorde à son acheteur une confiance suffisante pour accepter de
recevoir une commande, de fabriquer et d’expédier ses produits sans détenir aucune espèce de
promesse bancaire. C’est seulement après l’envoi des marchandises et, par conséquent, après
s’en être dessaisi, que l’exportateur demandera l’intervention des banques. Sur la base du
contrat d’achat l’exportateur(vendeur) se procure les marchandises ou en assure la fabrication
puis les expédie à l’importateur(acheteur) en faisant établir les documents nécessaires :
factures, preuve d’expédition (connaissement, lettre de voiture lettre de transport aérien, etc.),
éventuellement assurance ou autres pièces que l’importateur peut avoir prévues au contrat.
L’exportateur tire alors une traite sur l’acheteur, cet effet reflétant les conditions de vente
convenues : traite à vue pour une vente au comptant, traite à usance pour un règlement à
terme. En fait s’il s’agit d’un paiement au comptant, on peut se dispenser d’un tirage. Le
banquier n’encaissera que des documents.
L’exportateur se rend chez son banquier auquel il confie la traite et les documents avec
mandat d’encaisser l’ensemble. La banque assure la présentation à l’acheteur soit directement
si elle est elle-même installée sur la place de l’importateur, soit par l’intermédiaire d’un
correspondant ou d’une succursale. Contre paiement ou contre acceptation de la traite, le
banquier présentateur délivre les documents à l’importateur, permettant à celui-ci de prendre
livraison des marchandises. En cas de refus de paiement ou d’acceptation, la banque
conservera les documents qu’elle tiendra à la disposition de son mandant (l’exportateur ou le
banquier de ce dernier). Dans le crédit documentaire, les banques ont apporté leur engagement
et sont tenues de régler les documents qui leur sont présentés pourvu que cette présentation
soit conforme aux termes et conditions du crédit.
Il ne saurait en être de même dans l’encaissement documentaire. Les banques ne jouent ici
qu’un rôle de mandataire ; leur intervention s’analyse comme un service, non comme une
opération de crédit. Elles demeurent à ce titre, responsables de leurs erreurs matérielles, des
fautes qu’elles pourraient commettre dans l’accomplissement de leur mandat, de la détention
des documents qui leur sont confiés. Mais elles ne peuvent encourir la moindre responsabilité
dans le cas où les documents ayant été délivrés contre acceptation, l’effet demeurerait impayé
à son échéance. En pareille circonstance des mesures s’imposent en vue de recevoir les
marchandises et d’assurer leur conservation. L’usage est d’interroger le cédant et de demander
ses instructions.

42
Lutte contre le blanchiment des capitaux et le Financement du terrorisme
dans les Etats de l’UMOA
Elle est consacrée par le projet de loi uniforme adopté le 2 Juillet 2015 par le conseil des
Ministres de l’UMOA tenu à Bissau.

OBJET DE LA LOI
Elle a pour objet de prévenir et de réprimer le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive dans les Etats de l’UMOA.
Elle détermine les mesures visant à détecter et à décourager le blanchiment des capitaux, le
financement du terrorisme et de la prolifération.

Illicéité de l’origine des capitaux ou des biens

Pour l’application de la présente loi l’origine de capitaux ou de biens est illicite lorsque ceux-
ci proviennent de la commission de l’une des infractions suivantes :
- La participation à un groupe criminel organisé et la participation à un racket
- Le terrorisme, y compris son financement
- La traite des êtres humains et le trafic illicite de migrants
- L’exploitation sexuelle, y compris le détournement et l’exploitation des mineurs
- Le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes
- Le trafic illicite d’armes
- Le trafic illicite de biens volés et autres biens
- La corruption et la concussion
- Le détournement de fonds par des personnes exerçant une fonction publique
- La fraude
- Le faux monnayage – la contrefaçon de biens (y compris de monnaie ou de billets de
banque) et le piratage de produits
- Le trafic d’organes
- Les infractions contre l’environnement –les meurtres et les blessures corporelles
graves
- L’enlèvement, la séquestration et la prise d’otages- le vol –la contrebande – les
infractions fiscales –l’extorsion –le faux et usage de faux –la piraterie – les délits
d’initiés et la manipulation de marchés
- Tout autre crime ou délit.

43
Les personnes assujetties aux obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme et de la prolifération

Les dispositions de la loi sont applicables aux personnes physiques ou morales mentionnées
ci-après :
1- le Trésor Public
2- la BCEAO
3- les institutions financières
4- les sociétés immobilières et les agents immobiliers y compris les agents de location
5- les apporteurs d’affaires aux institutions financières
6- les personnes se livrant habituellement au commerce ou organisant la vente de pierres
précieuses, de métaux précieux, d’antiquités et d’œuvres d’art
7- les transporteurs de fonds
8- les sociétés de gardiennage
9- les agences de voyage
10- les hôtels
11- les organismes à but non lucratif
12- toute autre personne physique ou morale désignée par l’autorité compétente.
Sont également soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme et de la prolifération :
- Les auditeurs externes, experts- comptables externes, les salariés autorisés à exercer la
profession d’expert- comptable et les conseillers fiscaux
- Les avocats, les notaires, les huissiers de justice. Ceux-ci sont soumis à la loi lorsque
dans le cadre de leur activité professionnelle :
Ils participent au nom de leur client ou pour le compte de celui-ci à toute transaction
financière ou immobilière
Ils assistent leur client dans la préparation ou l’exécution de transactions portant sur
l’achat et la vente de biens immeubles ou d’entreprises commerciales
la gestion de fonds, de titres, ou d’autres actifs appartenant au client.

Incrimination du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme

1-Aux fins de la présente loi sont considérés comme blanchiment de capitaux, les
agissements énumérés ci-après, commis intentionnellement :
-la conversion ou le transfert de biens par toute personne qui sait ou aurait dû savoir que ces
biens proviennent d’un crime ou délit ou d’une participation à un crime ou délit dans le but de
dissimuler ou de déguiser l’origine illicite desdits biens, ou d’aider toute personne impliquée
dans cette activité à échapper aux conséquences juridiques de ses actes ;
- la dissimulation ou le déguisement de la nature, de l’origine, de l’emplacement de la
disposition, du mouvement ou de la propriété réelle de biens par toute personne qui sait ou
aurait dû savoir que ces biens proviennent d'un crime ou délit ou d’une participation à un
crime ou délit
- l’acquisition la détention ou l’utilisation de biens dont celui qui s’y livre sait ou aurait dû
savoir au moment où il les réceptionne que ces biens proviennent d’un crime ou délit ou d’une
participation à un crime ou délit
- la participation à l’un des actes susvisés, le fait de s’associer pour le commettre, de tenter de
le commettre, d’aider ou d’inciter quelqu’un à le commettre ou de le conseiller, à cet effet ou
de faciliter l’exécution d’un tel acte.

44
Il y a blanchiment de capitaux même si les activités qui sont à l’origine des biens à blanchir
sont exercées sur le territoire d’un autre Etat membre ou celui d’un Etat tiers.

2- Aux fins de la présente loi on entend par financement du terrorisme, tout acte commis par
une personne physique ou morale qui, par quelque moyen que ce soit directement ou
indirectement, a délibérément fourni ou réuni des biens, fonds et autres ressources financières
dans l’intention de les utiliser ou sachant qu’ils seront utilisés, en tout ou partie, en vue de la
commission :
- d’un ou de plusieurs actes terroristes
- d’un ou de plusieurs actes terroristes par une organisation terroriste
- d’un ou de plusieurs actes terroristes par un terroriste ou un groupe de terroristes
La commission d’un ou de plusieurs de ces actes constitue une infraction.
La tentative de commettre une infraction de financement du terrorisme ou le fait d’aider,
d’inciter ou d’assister quelqu’un en vue de la commettre, ou le fait d’en faciliter
l’exécution, constitue également une infraction de financement du terrorisme.
L’infraction est commise, que l’acte visé se produise ou non ou que les biens aient ou non
été utilisés pour commettre cet acte.
L’infraction est commise également par toute personne physique ou morale qui participe
en tant que complice, organise ou incite d’autres à commettre les actes susvisés.

3- Refus de toute justification


Nulle considération de nature politique, philosophique, idéologique, raciale, ethnique,
religieuse ni aucun autre motif ne peut être pris en compte pour justifier la commission de
l’une des infractions visées ci-dessus.

Détection du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme

Il est institué, sous la dénomination de « Cellule Nationale de Traitement des Informations


Financières ou CENTIF » une autorité administrative, placée sous la tutelle du Ministre
chargé des Finances. La CENTIF est dotée de l’autonomie financière et d’un pouvoir de
décision autonome sur les matières relevant de sa compétence.

Attributions de la CENTIF

La CENTIF a pour mission le traitement et la transmission d’informations, en vue de la


lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
A ce titre, elle :

est chargée notamment de recueillir, d’analyser d’enrichir et d’exploiter tout


renseignement propre à établir l’origine ou la destination des sommes ou la nature des
opérations ayant fait l’objet d’une déclaration ou d’une information reçue

reçoit également toutes autres informations utiles nécessaires à l’accomplissement de sa


mission , notamment celles communiquées par les autorités de contrôle ainsi que les
officiers de police judiciaire, qu’elle traite, le cas échéant, comme en matière de
déclaration d’opération suspecte ;

45
peut demander la communication par les assujettis ainsi que toute personne physique ou
morale d’informations détenues par eux et susceptibles de permettre d’enrichir les
déclarations de soupçons.
La CENTIF émet des avis sur la mise en œuvre de la politique de l’Etat en matière de lutte
contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. A ce titre elle propose
toutes réformes nécessaires au renforcement de l’efficacité de cette lutte.
Elle élabore des rapports périodiques au moins une fois par trimestre et un rapport annuel
qui analysent l’évolution des activités de lutte contre le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme au plan national et international et procède à l’évaluation des
déclarations recueillies. Ces rapports sont soumis au Ministre chargé des Finances.

Composition de la CENTIF

La CENTIF est composée de six(6) membres à savoir :


Un haut fonctionnaire issu soit de la Direction des Douanes, soit de la Direction du Trésor,
soit de la Direction des Impôts. Il assure la présidence de la CENTIF.
Un magistrat spécialisé dans les questions financières détaché par le Ministère de la
Justice.
Un haut fonctionnaire Officier de la Police Judiciaire détaché par le Ministère de tutelle
Un représentant de la BCEAO assurant le secrétariat de la CENTIF.
Un chargé d’enquêtes, Inspecteur des Services des Douanes détaché par le Ministère
chargé des Finances.
Un chargé d’enquêtes Officier de Police Judiciaire détaché par le Ministère de tutelle.
Le mandat du président de la CENTIF est de cinq ans non renouvelable.
Le mandat des autres membres est de trois ans, renouvelable une fois.

LA ZONE UEMOA UN MARCHE DE FINANCEMENTS


RESTREINT

La faiblesse de la distribution de crédit dans la zone UEMOA est un reproche constant


fait aux banques qui y opèrent.

En effet, le volume de crédit accordé à l’économie demeure faible (30% du PIB en 2016).

Pour autant, les banques sont-elles les responsables de cette situation ?

De nombreux freins au crédit existent qui n’ont rien à voir avec les banques.

46
- Le poids du secteur informel est l’explication première à la faiblesse du crédit :
comment en effet les banques pouvaient-elles distribuer des crédits à une population
qui fonctionne hors tout cadre formel ?

- Plus généralement, combien d’individus dans la zone disposent à la fois de garanties


réelles ?

- Par exemple d’un titre foncier qui constitue à la fois un moyen de domiciliation et de
garantie

- D’un emploi stable dans le secteur formel, générant un salaire récurrent et d’une
adresse identifiable,

- En aval, dans le cas où le client fait défaut, le dénouement juridique du processus de


recouvrement reste fragilisé par les faiblesses du système judiciaire et par les
difficultés d’exécution des décisions de justice.

Au-delà de ces facteurs, la capacité des banques à prêter dépend de leur capacité à collecter
des dépôts de leurs clients, le métier des banques étant principalement de transformer de
l’épargne en prêts.

Ainsi, il serait injuste d’imputer aux banques la responsabilité entière de la rareté des crédits
octroyés car cette situation résulte d’abord et avant tout d’insuffisances plus générales
inhérentes à l’écosystème lui-même.

La menace des FINTECH

Le terme Fintech vient de la contraction entre « Financial » et « Technology » et désigne les


Start up qui se concentrent sur des offres de produits et services bancaires à très faible
réglementation et à fortes marges en profitant d’internet et du digital.
L’exemple européen et américain montre que l’émergence des nouvelles applications mobiles
et de plateformes web offrant des services bancaires ou financiers a la capacité de plonger les
banques traditionnelles (banques de réseau) dans un cercle vicieux.
- En premier lieu ; les Fintech captent une partie importante de la clientèle des banques
traditionnelles afin des attaques ciblées sur les activités les plus rentables.

47
- Elles obligent les banques à riposter en développant elles aussi leurs offres digitales à
grand frais, donc en dégradant leur coefficient d’exploitation par des amortissements
informatiques considérables.
Ces mêmes Fintech et l’offre digitale des banques traditionnelles ont un impact majeur sur la
fréquentation des agences bancaires (baisse importante voire menaces de fermeture pour
certaines).
Les Fintech maintiennent une pression très forte sur les prix dans la mesure où ces sociétés
travaillent avec des coûts fixes faibles avec une convention collective du formel moins
généreux, elles peuvent pratiquer des prix très attractifs que les banques traditionnelles ont du
mal à suivre à cause du poids de leurs frais généraux.
Globalement, ce cercle vicieux où les banques traditionnelles subissent à la fois la fuite d’une
partie de leur clientèle et la pression à la baisse de leurs tarifs est préoccupant.
Dans la zone franc (UEMOA, France DOM/TOM et Monaco CEMAC) plusieurs Fintech ont
émergé ces dernières années offrant des services pouvant constituer une menace pour les
services bancaires.
Afrimarket permet aux Africains de la diaspora d’acheter et de faire livrer des produits
(alimentaire, électroménager, matériaux de construction) directement à leurs familles dans
différents pays de l’UEMOA réduisant ainsi les transferts d’argent via les canaux auparavant
usuels notamment les banques.
WARI offre divers services financiers et commerciaux (transfert d’argent, paiement de
factures, transferts, assurances, recharge de crédits) dans environ 40 pays d’Afrique.
Wari arrive à toucher grâce à son large réseau de partenaires non seulement les personnes
bancarisées mais aussi la population non bancarisée devançant ainsi les banques sur ce
segment de clientèle.
Orange Money est un Fintech du groupe Orange qui opère aujourd’hui dans 12 pays africains
dont le Niger.
Orange Money offre à sa clientèle les services suivants :
- Dépôt d’argent sur un compte associé à un numéro de mobile
- Retrait
- Transfert d’argent de client à client
- Paiement de factures (eau, électricité, téléphone…)
- Achat de biens et services
- Achat de crédit téléphonique et internet Orange
Ainsi si certains Fintech offrent des solutions aux banques, d’autres opèrent séparément et
concurrencent les banques.
Les banquent qu’elles le veuillent ou non seront entraînées dans cet environnement de
reconfiguration du marché et devront s’associer avec des Fintech pour atteindre de nouveaux
marchés, offrir des services à valeur ajoutée et rester concurrentielles comme le fait déjà
Orange Money avec le réseau BNP Paribas en Afrique, ECOBANK et Bank of Africa.
Les banques traditionnelles africaines sont alourdies par des coûts d’exploitation élevés qui
les mettent à la merci des Fintech et ne leur permettront pas de réagir rapidement et
efficacement si l’attaque se généralisait.
La réglementation sera un élément déterminant de ce combat : si les banques centrales
libéralisent les activités bancaires et laissent entrer les Fintech trop rapidement et trop
massivement, l’opportunité des partenariats avec les banques pourrait devenir moins
intéressante pour les Fintech et la menace pour les banques traditionnelles pourrait se révéler
très sérieuse.

48
49
Quelques pratiques à adopter pour un développement personnel

1- Poser des questions pour comprendre


2- Ne pas avoir peur de rêver très grand

50
3- Ne pas remettre à demain ce qui doit être aujourd’hui (bannir la procrastination)
4- Rechercher l’Excellence
5- Planifier et évaluer régulièrement
6- Sortir de sa zone de confort
7- Maîtriser ses priorités du moment
8- Penser par soi-même

Discours : Mode d’emploi

Un discours se pense et se prépare : quelques mots prononcés seul face à une assemblée,
demande de prendre son temps et d’en être maître.
Ce que vous allez délivrer est une part de vous-même. Cela signifie beaucoup.
D’abord, la forme comme le fond restent votre propriété. Ensuite, ce que vous dites est ce que
vous savez et que les autres ne savent pas forcément. Dans le discours la place de son opinion
ou du choix de ses expressions, d’une formulation sont un postulat qui par essence,
encourage, réconforte et permet de chasser une timidité ou des freins personnels.
Un discours se prépare. Doit-il être lu ou exprimé à partir de quelques notes ?
La lecture est plus rébarbative que l’expression directe qui s’en tient à moins de feuilles de
papier possible, ou de « slides » sur son ordinateur.
Il faut alors chercher en soi ses mots les plus justes pour dire sa vérité en faisant du silence
parfois un allié précieux. Le silence qui ponctue des phrases n’a pas son pareil pour dévoiler
une force qui évite de bafouiller, de noyer son propos dans la rapidité d’un débit. Le silence
en parlant apaise et recharge les idées. Il installe un courant alternatif entre les autres et soi.
Le silence serait l’allié de la parole.
L’orateur doit veiller à trois points et c’est toujours valable dès qu’il s’agit de prendre la
parole en public :
1. Gagner la bienveillance des auditeurs (captation de la sympathie)
2. Rendre les auditeurs attentifs
3. Préparer les auditeurs à recevoir.

51

Vous aimerez peut-être aussi