Cours de Géochimie pour BTS 2011-2012
Cours de Géochimie pour BTS 2011-2012
GÉOCHIMIE GÉNÉRALE
SUPPORT DE COURS
CONTENU DU COURS
CHAPITRE 1 : GÉNÉRALITÉS
1.1. L’histoire de la géochimie
1.2. Quelques définitions ou terminologies
1.3. Symbole chimique des éléments
Géochimie
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CHAPITRE 1 : GÉNÉRALITÉS
Introduction
La géochimie met en œuvre les outils et concepts de la chimie pour réaliser une étude
scientifique exhaustive de la terre. C’est donc une discipline des sciences de la terre. Elle
étudie la composition chimique et isotopique des matériaux géologiques (roches, sol, eau,
minéraux, gaz, air). Et plus particulièrement le comportement et le caractère des différents
éléments dans l’écorce terrestre, leur migration, dispersion et concentration ou abondance.
La géochimie se donne pour objectif de décrire les cycles par lesquels la plus part des
éléments chimiques sont conduits alternativement de la surface en profondeur au sein de la
terre et d’établir le bilan de transfert de matière.
La géochimie offre de nos jours, une vision globale de l’abondance, de la distribution et du
comportement des éléments chimiques dans la plus part des processus géologiques qui ont
marqués notre planète.
La géochimie permet une classification et une compréhension de plus en plus fine de la
genèse et de la dynamique des systèmes géologiques et des cycles. La connaissance de ces
cycles offre la possibilité de reconstituer l’histoire de la terre, de comprendre les phénomènes
et de mieux gérer les ressources et les matériaux terrestres.
Le mot « géochimie » fut créé en 1838 par SCHÖNSTEIN qui découvrit l’Ozone. Déjà les
premiers chimistes comme LAVOISIER tentaient de comprendre l’histoire. Mais ce sont les
minéralogistes qui furent à la source des grands progrès. L’américain CLARKE publia en
1800 les premières études sur la composition moyenne de l’écorce terrestre. Le russe
VERNADSKI proposa en 1917 une classification géochimique des éléments qui ne fût tout de
même pas retenue car fondée sur plusieurs critères. La classification moderne est celle de
GOLDSCHIMIDT en relation avec le système périodique. Elle s’appuie sur les affinités que
présentent les éléments pour les différents éléments de l’écorce terrestre.
e
La géochimie à connue un important essor dans la seconde moitié du XX siècle grâce aux
isotopes radioactifs avec le développement d’outils performants pour le dosage et l’analyse
quantitative des éléments chimiques et leurs isotopes. Grace à la géochronologie isotopique,
le temps est devenu mesure, durée et l’histoire géologique ont enfin un calendrier.
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11) Anomalie formationnelle : c’est une variation de la teneur de fond provoquée par un
élément lié de façon tout à fait préférentielle à une formation géologique déterminée
(Cu dans les roches basiques, Pb, Zn des dolomies) mais une forme minéralogique et
donc non récupérable économiquement.
12) Seuil géochimique : c’est la coupure à partir de laquelle, toutes les valeurs seront
considérées comme anomales
13) Indice ou indicateur : élément ou signe associé étroitement à un élément recherché
permettant de présager de l’existence ou non de l’élément dans un endroit donné.
14) Dispersion géochimique : c’est le fait de la séparation en une phase immobile et une
phase mobile qui se déposera en un autre lieu.
15) Train de dispersion : distribution le long du cours d’eau de teneurs anomales
organisées de telle manière que les valeurs diminuent au fur et à mesure que l’on
s’éloigne de la source.
16) Effets pédogénétiques
On appelle effets pédogénétiques, les variations entre les teneurs de la roche et les teneurs
d’un horizon ou la totalité d’une altération autochtone.
17) Sol résiduel
On appelle sol résiduel un sol formé par altération d’une roche et resté sur place. En
prospection géochimique, c’est l’abréviation du terme sol résiduel du corps minéralisé.
18) Élément indicateur
Les éléments indicateurs sont les éléments majeurs du minerai. On appelle donc indicateur, un
élément ou groupe d’éléments étroitement associés à l’élément cherché dont la détermination
est plus facile et son aire de répartition est plus grande ou plus significative.
Un élément accompagnateur est un élément facilement détectable que l’on retrouve
généralement lié au minerai et dont la zone de dispersion est plus large que celle de l’élément
indicateur. Pour cela, les éléments accompagnateurs constituent une voie de recherche des
éléments indicateurs.
19) Mobilité
La mobilité est la tendance d’un élément à se déplacer dans un environnement géochimique.
La mobilité est une notion relative ; elle doit toujours être associée au milieu.
20) Prospection en sol résiduel
C’est une prospection effectuée sur des sols dérivant directement (mécaniquement) de
l’altération du corps minéralisé et de son encaissant. Les dispersions recherchées ont un
caractère mécanique dominant.
21) Prospection en sol non résiduel
C’est une prospection effectuée sur des sols dont la filiation avec le corps minéralisé est
assurée par une dispersion de type chimique (circulation, effet biochimique).
22) Train de dispersion
Un train de dispersion est une distribution le long du cours d’eau de teneurs anomales
organisées de telle manière que les valeurs diminuent au fur et à mesure que l’on s’éloigne de
la source.
Toutes les entités possédant le même numéro atomique, noté Z, définissent un élément
chimique. Chacun d’eux est représenté par un symbole qui permet de l’identifier. Pour un
élément donné, Z représente son nombre d’électrons mais aussi son nombre de protons, ces
deux valeurs étant toujours égales du fait de la neutralité de l’atome (uniquement lorsque
l'élément est neutre).
Le chimiste suédois Jöns Jacob Berzelius (1779-1848) est à l'origine des symboles chimiques
que nous utilisons, en définissant un système typographique fondé sur l'alphabet latin : une
lettre majuscule, parfois suivie d'une lettre minuscule, sans point marquant normalement une
abréviation, dans une démarche universaliste qui a conduit à l'adoption de symboles issus du
néolatin de l'époque moderne, par exemple :
Ag < Argentum = Argent Na < Natrium = Sodium
Au < Aurum = Or O < Oxygenium = Oxygène
C < Carbonium = Carbone P < Phosphorus = Phosphore
Cl < Chlorum = Chlore Pb < Plumbum = Plomb
Cu < Cuprum = Cuivre S < Sulphur = Soufre
Fe < Ferrum = Fer Sb < Stibium = Antimoine
Hg < Hydrargyrum = Mercure Sn < Stannum = Étain
K < Kalium = Potassium
N < Nitrogenum = Azote
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CHAPITRE 2
RÉPARTITION DES ÉLÉMENTS GÉOCHIMIQUES DANS
LES ROCHES
Introduction
Le cycle géochimique est l’ensemble des processus ou phénomènes dont l’aboutissement est
la répartition et l’accumulation des éléments chimiques dans l’écorce terrestre. Il permet de
distinguer deux types de dispersions. Les dispersions primaires et les dispersions secondaires.
Les dispersions primaires sont les dispersions géochimiques des éléments par des processus
endogènes. Elles sont localisées en profondeur et contemporaine aux processus magmatiques
ou métamorphiques. Elles donnent des auréoles primaires dans les roches saines. Elles sont
qualifiées de syngénétiques.
Les dispersions secondaires sont les dispersions géochimiques par les processus exogènes.
Elles dépendent des phénomènes superficiels (altération superficielle et météoritique, érosion
et sédimentation, la géomorphologie). La dispersion secondaire donne des auréoles
secondaires qui couvrent une grande surface. La prospection géochimique cherche à mettre en
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évidence les auréoles secondaires par les analyses chimiques des prélèvements de sol, de
sédiments de ruisseaux (Stream sédiment), ou de roches plus ou moins désagrégées. Cette
dispersion est à la fois mécanique et chimique à partir d’un stock métallique déstabilisé dans
une zone d’oxydation.
2.1. Notion de Clarke et composition moyenne de l’écorce terrestre
La répartition des éléments chimiques dans le sol n’est pas homogène. Des études dont celles
de L’américain CLARKE publié en 1800 donnent pour chaque élément une composition
moyenne dans l’écorce terrestre. Le CLARKE définit donc la teneur moyenne d’un élément
chimique donné dans l’écorce terrestre. Il est exprimé en pourcentage (%), en ppm ou g/t.
1ppm = 10-3 °/°° (partie par million) = 10-4% = 1g/t = 1000ppb et 1% = 104g/m3
Exemple : Al dans l’écorce terrestre est de 8,13%.
Éléments
Al Fe Ti Zn Ni Cu Sn Ca Pb Mo Ag Pt Au
chimiques
Clarke
8130 5000 4400 132 80 70 40 23 16 15 0,7 0,005 0,005
(g/t)
Clarke 5.10-6 5.10-5
8,13 5,01 4,4 0,132 0,08 0,07 0,04 0,023 0,016 0,015 7.10-3
(%)
Ces teneurs moyennes sont l’œuvre de Clarke et Washington et ont été déterminées à une
profondeur de 16 km à partir de la surface.
2.1.1. Les éléments majeurs
On appelle éléments majeurs tous les éléments dont la teneur dans l’écorce terrestre est
supérieure à 0.01%. Dans une analyse chimique ils sont exprimés en pourcentage pondéral.
Ils sont prépondérants dans l’écorce terrestre et représentent à eux seuls près de 98.5% du
volume de l’écorce terrestre. On cite entre autre O (46.6%), Si (27.7%), Al (8.13%), Fe
(5.01%), Ca (3.63%), Na (2.85%), K (2.60%), Mg (2.09%). En géochimie, l’intérêt des
éléments majeurs revêt deux aspects, normatif et génétique. L’aspect normatif aboutit à
l’établissement des normes, c'est-à-dire une composition normative virtuelle et théorique de la
roche (estimation pondérale d’au moins supérieur à 0.01% dans la roche). L’établissement de
cette norme admet au départ que de tels équilibres chimiques soient réalisés au cours de la
cristallisation. Cet aspect vient en appui aux études pétrographique et pétrologiques et permet
la comparaison des faciès par la composition chimique.
L’aspect génétique fait appel à des diagrammes dits géochimiques ou chimiques qui
permettent d’établir dans la mesure du possible les tendances évolutives avec parfois des
implications génétiques et même géotectoniques et aboutissent aussi à l’établissement de
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typologie (classification chimique). Des études, que l’on veut faire découlent le type de
diagramme à établir.
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respectivement le potentiel des deux phases. Si µ α > µβ alors l’élément i va migrer vers β de
façon à réaliser l’égalité µα = µβ.
Ainsi du point de vue thermodynamique, la répartition d’un élément entre différentes phases
s’effectue de sorte à tendre vers l’égalité des potentiels chimique de cet élément dans les
différentes phases. Le rapport iα/iβ = Kd qui est une constante à une température donnée est
appelée coefficient de partage – ou de distribution thermodynamique.
a-2) Quelques modèles de comportement des éléments en trace - Pour décrire et
formaliser physiquement certains évènements géologiques comme la fusion des roches, la
cristallisation des magmas, l’altération, il sera utile d’utiliser les éléments en trace et la notion
de coefficient de partage comme marqueur de ces évènements. Plusieurs modèles ont été
proposés dont la fusion partielle, la cristallisation fractionnée et le mélange entre deux
systèmes de concentrations différentes.
Dans la cristallisation fractionnée par exemple, on imagine un cristal qui précipite à partir
d’un magma ou d’un liquide. Mais ici seule la dernière portion du solide qui cristallise est en
équilibre avec tout le liquide parent que l’on suppose homogénéisé. On peut envisager ce
processus de deux façons. Le cristal qui se forme peut rester présent dans le bain mais seule la
couche externe du cristal est en équilibre avec le liquide et il en résultera une zonation
chimique du cristal. Alternativement le cristal qui se forme, même s’il s’équilibre en
permanence avec le liquide, a en général une densité différente de celle de ce liquide. Il tombe
au fond du volume ou flotte, mais de toute façon il perd contact avec la masse liquide parent.
C’est le phénomène de la cristallisation fractionnée. Dans les deux cas on écrit que seule la
dernière fraction formée du solide est en équilibre avec le liquide. Soient Ms et m s les masses
respectives de solide précipité et de l’élément en trace qu’il renferme : ML et mL ayant la
même signification pour le liquide résiduel (la masse du solide et du trace dans le liquide
résiduel), la concentration Ts de la dernière fraction de solide et TL celle du liquide, on
obtient calcul tout fait les fonctions Log Ts ou LogTL dont les points représentatif du solide
et du liquide se placeront sur une droite. Le seul fait d’avoir une corrélation linéaire de ces
fonctions est la preuve d’une cristallisation fractionnée. Ce processus est souvent nommé
distillation de Rayleigh.
b) Le comportement géochimique de quelques familles d’élément en trace
Le comportement géochimique des éléments en trace est gouverné à la fois par les paramètres
physiques (charge électronique, rayon ionique) de ces éléments à l’état ionique et par ceux du
milieu récepteur (dimension et forme des sites hôtes, charges électriques et magnétiques
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produits par la charpente silicaté). D’une manière générale, l’utilisation des traces pour
l’étude d’un groupe de roches se fait en deux temps.
Le premier temps consiste à déterminer les paramètres géophysiques qui distinguent ou
rapprochent ces éléments en traces à d’autres groupes connus de roches et un second temps
consiste à chercher les liens génétiques qui rattachent les roches étudiées à d’autres groupes
connus.
b-1 les éléments alcalins et alcalino-terreux
Ce sont les éléments des colonnes I et II du tableau de Mendeleïev mais dont on exclut le
sodium et le magnésium qui sont des éléments majeurs des roches silicatés. Les minéraux
accepteurs de ces éléments sont essentiellement les feldspaths et de façon plus variables les
micas. Les autres structures (pyroxènes, olivine, amphiboles) les acceptent moins bien. On
peut donc prévoir que lors des changements de phase dans les systèmes basiques dépourvus
de feldspath, ces éléments marqueront une forte préférence pour le liquide silicaté. On qualifie
de tels éléments d’incompatibles. Lors de la fusion partielle des roches ultra-basiques du
manteau, les alcalins et alcalino-terreux passent immédiatement dans le liquide basaltique
résultant. Un faible degré de fusion partielle produit donc des liquides très enrichis en ces
éléments par rapport au solide résiduel. Si davantage de solide fond, le liquide additionnel n’a
plus qu’un effet diluant et les concentrations en K, Rb, Ba s’abaissent. Ainsi a-t-on proposé
que les basaltes des fonds océaniques ou tholéites (environ 0,2% de K, 0,5% à 5 ppm de Rb)
résultent d’un degré important de fusion partielle du manteau (20% du matériel initial fondu).
Par contre les basaltes continentaux et les basaltes de certains îles océaniques dits basaltes
alcalins (1 à 2 % de K, 20 à 50 ppm de Rb ne nécessiteraient d’un degré beaucoup plus faible
de fusion partielle (3 à 5 %). Ces différents degrés de fusion partielle peuvent refléter une
origine à des profondeurs différentes.
Si l’on reporte les valeurs de K/Rb en fonction des teneurs en K, les deux familles
s’individualisent très nettement. À l’aide de modèles géochimiques quantitatifs, il est possible
de discuter, non seulement le mécanisme qui est à l’origine des basaltes, la fusion partielle,
mais également la nature et les proportions des minéraux dans le système soumis à cette
fusion.
b-2 les éléments de la famille des terres rares
Il s’agit d’une famille d’éléments extrêmement voisins de par leurs propriétés physiques et
chimiques. Celles-ci sont en grande partie fixées, comme pour tous les éléments, par la
configuration électronique externe des ions. Pour les terres rares, la couche électronique
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externe est la même, seul diffère le remplissage de la couche sous-jascente 4f. Ces éléments
ont un comportement géochimique très voisin.
Un avantage considérable des terres rares est d’être fort peu soluble dans l’eau. Elles
constituent alors des traceurs résistant à l’altération des roches, ainsi qu’à des phénomènes
secondaires comme le métamorphisme. Les terres rares gardent donc une mémoire des
processus magmatiques ou sédimentaires primaires qui ont donnés naissance aux roches. De
ils ont une préférence marquée pour la phase liquide au cours des processus magmatiques
(fusion, cristallisation). Toutefois il est possible de rechercher avec ces éléments des parentés
entre roches magmatiques, si l’on connait le coefficient de partage des TR entre différentes
phases silicatées. Les deux familles de basaltes alcalins et tholéiitiques peuvent être aisément
distinguées, car leur courbe de distribution terres rares est fort différent.
Une autre application importante de l’étude des TR dans les roches est l’étude des conditions
Red-Ox du milieu et son corolaire, le traçage du comportement des plagioclases. Les TR ont
en général une seule valence 3 sauf le cérium et europium. Ce dernier présente deux états
d’oxydations Eu2+ et Eu3+et un équilibre entre les deux états s’établit en fonction de la
pression partielle d’oxygène du milieu. Les conditions magmatiques naturelles sont
généralement réductrices, ce qui provoque un déplacement très fort de cet équilibre Red-Ox
vers la formeEu2+. Le rayon ionique de l’europium divalent est alors différent de celui des
autres TR et tel que les plagioclases l’accepte beaucoup plus facilement dans les sites du
calcium que les autres TR. Lors de la cristallisation du plagioclase, à partir d’un basalte, ce
minéral absorbe préférentiellement l’europium, créant dans le liquide résiduel une anomalie
négative en europium. Par contre, un précité en plagioclase (cummulat) présentera une
anomalie positive.
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CHAPITRE 3
COMPORTEMENT DES ÉLÉMENTS
GÉOCHIMIQUES.
Introduction
Pour comprendre le comportement des éléments chimiques, il faut remonter aux éléments de
base des édifices chimiques. En chimie, les atomes sont des éléments de base. Ils constituent
la matière et forment par assemblage les molécules en partageant des électrons. La structure
électronique, les liaisons qu’il peut établir et leur comportement en solution sont autant de
facteurs qui conditionnent le comportement des éléments chimiques.
3.1. Les atomes
Un atome est constitué d’un noyau et d’un cortège électronique, le noyau étant lui-même
composé de nucléons qui est un ensemble de protons (porteurs de charge positive (+) et de
neutrons (sans charge). mp = 1.672.10-27 kg et mn = 1.674.10-27kg.
NB : le noyau (protons) est porteur de la quasi-totalité de la masse et d’une charge électrique
positive égale à un multiple entier Z de l’unité atomique d’électrique (e = 1.6.10 -19C).
La masse du proton étant très proche de celle du neutron, il est pratique de caractériser le
noyau par son nombre de nucléons appelé nombre de masse. Le cortège électronique est
constitué de Z électrons. L’électron a une charge négative de –e et une masse très faible me =
9.10.10-31kg. Dans l’atome l y a autant de charge négative que de charge positive, donc
l’atome est électriquement neutre. Z : numéro atomique et il correspond à la position de
l’atome considérée dans le tableau de classification périodique. Les électrons sont en
mouvement autour du noyau et décrivent des orbites elliptiques selon SOMMERFELD et
groupés en couches concentriques. L’état dans lequel se trouve un électron et en particulier
son énergie ne peut varier continuellement et n’importe comment, mais seulement par saut
discontinu entre les états stables définis par les nombres quantiques qui ne prennent que
certaines valeurs déterminés.
3.1.1. Nombres quantiques et remplissage des couches électroniques
[Link]. Les nombres quantiques
Les 4 nombres quantiques de la configuration électronique.
n : nombre quantique principal. Il définit la couche.
n = 1 à couche K
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n = 2 à couche L
n = 3 à couche M
et ainsi de suite…
L’énergie de l’électron est fonction de n.
l : nombre quantique secondaire ou azimutal
c’est un entier qui varie de 0 à n-1. Il définit les sous-couches s, p, d, f
l = 0 à sous couche s
l = 1 à sous couche p
l = 2 à sous couche d
l = 3 à sous couche f
Il définit la forme et la symétrie des orbitales (orbitales s, p, d etc…)
Exemple n=2 à l=0 ou l=1 d’où 2 sous-couches 1s et 2p
m : nombre quantique magnétique
Il prend des valeurs comprises entre –l et l (y compris les valeurs de –l et l). A une valeur de
m, correspondent 2l+1 valeur de m. Il détermine l’orientation des orbitales dans l’espace.
s : nombre quantique de spin
Le nombre quantique de spin se définit comme le moment cinétique (ou moment angulaire)
de l’électron. s=-1/2 ou ½ (2 sens de rotation de l’électron sur lui-même).
Ces quatre nombres quantiques permettent de caractériser un électron dans un atome ou un
ion.
[Link]. Principe de remplissage des orbitales
Pour décrire un atome, on dispose de son numéro atomique Z qui caractérise la charge du
noyau et son nombre total d'électrons. Pour obtenir la répartition des électrons dans les
différentes orbitales pour l'état fondamental de l'atome, il va être nécessaire de procéder selon
les règles de remplissage suivantes :
a) Principe de stabilité (ou règle de Klechkowski ou ordre de remplissage)
Les électrons occupent dans l'état fondamental les niveaux d'énergie E i de manière à donner à
l'atome une énergie totale minimale c'est à dire la configuration électronique la plus stable.
Pour cela, le remplissage des orbitales par les électrons va s'effectuer par valeurs croissantes
de : (n + l). Lorsque (n + l) est le même pour deux orbitales, celle qui a la plus petite valeur de
n est remplie la première.
Cette règle traduit le fait que les orbitales se remplissent dans l'ordre suivant :
1s 2s 2p 3s 3p 4s 3d 4p 5s 4d 5p 6s 4f 5d 6p 7s 5f 6d 7p 6f
NB : moyen mnémotechnique :
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b) Principe de Pauli
Dans un atome deux électrons ne peuvent jamais exister dans le même état quantique c'est à
dire avoir leurs quatre nombres quantiques : n, l, m et s identiques. Cela conduit à affecter au
maximum deux électrons de spins apposés par orbitale.
c) Règle de Hund
Lorsque plusieurs orbitales atomiques sont dégénérées (même valeur de E i), les électrons
occupent d'abord le maximum d'orbitales possibles et ils prennent des spins identiques.
La structure électronique d’un atome correspond à l’agencement des électrons dans ces
différentes orbitales atomiques.
Attention : Toutes ces règles sont valables pour obtenir la description électronique d'un
atome à l'état fondamental.
Si le principe de stabilité n'est pas respecté, on obtient un état excité;
Si la règle de Hund n'est pas respectée, on obtient aussi un état excité;
Le principe de Pauli ne peut jamais être contourné : c'est la condition sine qua non
pour qu'un état électronique soit possible.
Ecrivons maintenant la configuration électronique de l’atome de soufre (Z = 16), dans son état
fondamental :
transfert de charges, d’où la propriété conductrice des métaux et alliages de métaux. Liaison
rare dans l’écorce terrestre.
3.2. 4. - Liaison de Van der Waals ou liaisons résiduelles
Ce sont les liaisons qui unissent les grosses molécules généralement dipolaires. Ces liaisons
globalement neutres présentent localement des charges négatives et positives. Elles peuvent
mettre en jeu des forces de liaison entre molécules donnant des chaines ou anneaux. Ces
liaisons de faibles énergies ne jouent qu’un rôle secondaire dans l’écorce. Donc négligeable
en première approche d’une étude géochimique.
L’intérêt du géochimiste réside dans la formation et ou la destruction de tel ou tel composé
minéral en vue de savoir où la cherchée. Il doit donc aller au-delà des liaisons pour
comprendre pourquoi un élément donné se combine avec un ou plusieurs autres éléments.
Au-delà du potentiel d’ionisation et des affinités électroniques qui traduisent mieux
l’existence des molécules, c’est l’électronégativité, demi-somme de ces énergies qui rend
exactement compte des forces de liaisons ioniques. Pauling qualifie d’élément électronégatif,
tout élément qui tend à acquérir plutôt qu’à perdre un électron. Ex : le Cl, l s’agit d’un anion
donc affecté du signe -, alors Na est dit électropositif, il s’agit d’un cation donc affecté du
signe +.
H (2,1)
C (2,5) O (3,5) F (4,0)
Na (0,9) Mg (1,3) Al (1,5) Si (1,9) S (2,6) Cl (3,0)
K (0,8) Ca (1,0) Fe (1,8) Cu (1,9) Ga (1,8) Ge (2,0) Se (2,5) Br (3,0)
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En 1863, John Newlands publia dans "Chemical News" une classification de 56 éléments en
11 groupes basés sur la similitude de leurs propriétés chimiques, il observa aussi que dans un
même groupe deux éléments consécutifs avait une masse atomique différent d'un multiple de
huit, Newlands introduisit une loi des octaves laissant entendre que tous les huit éléments on
retrouve des propriétés chimiques similaires.
Lothar Meyer ou Dmitri Mendeleïev ?
L'allemand Meyer et le russe Mendeleïev ont établi, chacun de leur côté, un classement des
éléments chimiques. Sans aucun doute Meyer proposa une classification périodique dès 1864,
mais celle-ci ne fut publiée qu'en 1970, un an après celle de Mendéleiev.
Si comme beaucoup de précurseurs, le classement se fit sur la base de la masse atomique
croissante (les numéros atomiques n'étaient pas encore inventés) en conjonction avec la
similitude des propriétés chimiques. L'originalité des tables de Mendeleïev et de Meyer fut de
laisser des emplacements vides, prévoyant ainsi la prochaine découverte de nouveaux
éléments.
1910 : Frederick Soddy découvre l'existence des isotopes !
Va-t-il falloir modifier ou pire rejeter la classification périodique de Mendéleïev ?
En effet la notion de classement par masse atomique croissante devient compliquée au regard
des différents isotopes de chacun des éléments. En 1914, Friedrich Paneth et Georg von
Havesy proposèrent le principe de substitution isotopique : pour un élément donné, le fait de
substituer un isotope par un autre ne change en rien la réactivité. Néanmoins cela ne remit pas
en cause la classification périodique et cela du fait de la découverte progressive de la structure
électronique des éléments à partir de 1913 avec les travaux de Moseley, Bohr, Sommerfield,
Hund, Pauli, Heisenberg, Schrödinger et bien d'autres physiciens et chimistes.
1930 : Un savant français propose une classification visionnaire
Charles Janet, ingénieur, savant aux multiples spécialités, publie à compte d’auteur un nouvel
arrangement des éléments chimiques sous forme hélicoïdale. Il propose aussi un tableau des
éléments en huit lignes qui annonce les transuraniens, mis à leur place correcte et découverts
seulement dix ans plus tard par Seaborg. Son tableau est basé sur une rationalité géométrique,
arithmétique et de symétrie où l’on peut reconnaître une suite aux considérations
mathématiques que l'alsacien Alfred Werner appliqua auparavant avec succès dans sa théorie
des coordinences pour expliquer la structure des complexes minéraux et organiques. Le
tableau de Janet passa inaperçu lors de sa création mais trouve de nos jours la faveur de
plusieurs chimistes anglo-saxons.
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Seaborg et les lanthanides, vers 1940 Seaborg propose une extension du tableau périodique
pour les lanthanides et les actinides.
La classification officielle retenue par l’UIPAC (Union Internationale de chimie pure et
appliquée) en 1988, régulièrement mise à jour, a été proposée dès 1905 par Alfred Werner.
3.3.2. Classification de Goldschmidt
La classification géochimique des éléments est aussi appelée classification Goldschmidt
puisqu'elle résulte des travaux menés dans les années 1920 par le chimiste Victor
Goldschmidt en vue d'éclaircir les fondements des diverses proportions des éléments
chimiques de la Terre, et particulièrement des terres rares dans les différentes phases
minéralogiques lors de la cristallogenèse à partir d'un magma. L'analyse comparée de la
composition élémentaire de chaque phase minéralogique, d'une part des météorites, d'autre
part des produits de fusion des minerais sulfurés, a conduit Goldschmidt à distinguer quatre
classes d'éléments :
- les éléments qu'il appela lithophiles, qui ont une affinité dominante pour l'oxygène et se
retrouvent par conséquent avec les aluminates et les silicates (lithophile signifiait : qui a de
l'affinité pour les silicates et lithos signifie roche. Ce sont : les alcalins (Li, Na, Rb, Cs), les
alcalino-terreux (Be, Mg, Ca Sr, Ba), les lanthanides, les halogènes (Cl, Br, I), O, B, Al, Si,
Sc, Ti, V, Y, Zr, Nb, Hf, Ta, W, Th, U, Ga, In.
- ceux qu'il appela chalcophiles, qui ont une affinité dominante pour le soufre. Ils se trouvent
préférentiellement à l’état de sulfure. Ce sont : Cu, Ag, Zn, Cd, Hg, Tl, Pb As Sb, Bi, S, Se,
Te.
- ceux qu'il appela sidérophiles, qui ont une affinité dominante pour le fer. Les éléments
siderophiles se trouvant préférentiellement à l’état métallique. Ce sont : les éléments
fortement siderophiles (Ru, Rh, Pd, Os, Ir, Pt, Au) et les éléments à tendance siderophiles
(Re, Fe, Co, Ni, Mo, Ge, Sn).
- et enfin, ceux qu'il appela atmophiles, qui ont une affinité dominante pour les phases fluides
(vapeur en grec ancien). Ce sont les éléments gazeux non combinés H, N, gaz rares (He, Ne,
Ar, Kr, Xe, Rn).
Cette classification n'est pas normalisée, et des études différentes peuvent répartir
différemment les éléments. En effet, il est fréquent qu'un élément situé aux confins de deux
familles présente, selon les circonstances, un comportement le rattachant tantôt à l'une tantôt à
l'autre, ainsi :
Géochimie
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Support de cours/BTS--- Géologie-----Mines----Pétrole
- le carbone est généralement considéré comme atmophile car ses formes solides (charbon,
carbonates) sont issues du dioxyde de carbone atmosphérique, mais il est sidérophile en
l'absence d'oxygène.
- le phosphore est généralement vu comme lithophile, mais est également sidérophile en
l'absence d'oxygène.
- le germanium et l'étain, essentiellement chalcophiles, ont également des aspects
sidérophiles, voire lithophiles.
- le fer est paradoxalement de nature à la fois chalcophile et lithophile en même temps que
sidérophile, ce qui explique son abondance dans l'écorce terrestre.
- L'état d'oxydation peut faire varier la situation d'un élément, à l'exemple du chrome : Cr3+ est
chalcophile, mais Cr6+ est lithophile.
3.3.3. Autres classifications
a- Les séries chimiques de Jagger
Les propriétés des éléments varient généralement beaucoup le long d'une période, mais
peuvent être localement assez similaires et constituer des séries chimiques complètes. Dans
des conditions normales de T et P (0 °C, 1 atm) on a :
1. Série des métaux alcalins, égale au groupe 1, moins l'hydrogène.
2. Série des métaux alcalino-terreux, confondue avec le groupe 2.
3. Série des lanthanides, égale aux éléments du bloc f de la 6e période, plus le lutécium
71Lu.
4. Série des actinides, égale aux éléments du bloc f de la 7e période, plus le lawrencium
103Lr.
5. Série des métaux de transition, égale aux éléments du bloc d moins le lutécium 71Lu
et le lawrencium 103Lr.
6. Série des métaux pauvres, comprenant :
o sur la période 3 : l'aluminium 13 Al ;
o sur la période 4 : le gallium 31Ga ;
o sur la période 5 : l'indium 49In et l'étain, 50Sn ;
o sur la période 6 : le thallium 81Tl, le plomb 82Pb et le bismuth 83Bi ;
o sur la période 7 : par défaut, les éléments 113, 114, 115 et 116, qui demeurent
néanmoins, en toute rigueur, chimiquement non classés.
7. Série des métalloïdes :
o sur la période 2 : le bore 5B ;
o sur la période 3 : le silicium 14Si ;
Géochimie
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suite de contraction des lanthanides qui en fait un outil privilégié pour la modélisation
quantitative des processus.
Non-métaux ou les métalloïdes - Qui sont peu denses et fragiles : le soufre, et le
carbone sous la forme de diamant et de graphite. Ils viennent pour la plupart du temps
des structures volcaniques, des veines souterraines. Le soufre se trouve dans les
sources chaudes ou les fumerolles volcaniques.
c- classification périodique des éléments (Mendeleïev, 1869)
C’est l’une des plus anciennes, elle se base sur le numéro atomique et la structure électronique
des éléments. Ainsi si l’on examine la structure électronique des atomes dans ce tableau, en
partant des plus simples au plus complexes, on remarque que H ; Z=1 autour duquel gravite
un électron se trouve dans le groupe et période 1, alors He : Z=2 à sa couche K saturé se
trouve à la période 1, mais dans le groupe 18, le Li : Z=3 à la couche K saturé, mais à un
électron célibataire donc à la colonne 1, mais la second période. Ainsi de suite jusqu’au Néon
pour lequel Z=10 pour revenir au Na : Z=11.
3.4. Propriétés des éléments géochimiques
Les éléments géochimiques se caractérisent par leur propriété physique et chimique. Mais
nous nous intéresserons aux propriétés chimiques découlant de l’action de l’eau sur ces
éléments. En effet, la plus part des éléments sont contenus dans des formations géologiques
objet d’incessantes intempéries, l’eau essentiellement sous toutes ses formes. Les processus
naturels en milieu aqueux peuvent être abordés avec les lois classiques de la chimie des
solutions diluées ou au moyens de modèles plus affinités, de transfert d’éléments et de
cinétique chimique. La géochimie des eaux étudie le comportement des éléments dans les
océans, lacs, les rivières, les eaux souterraines, les marigots…. Au cours des phénomènes
complexes comme la sédimentation et la diagenèse, l’altération, etc
3.4.1. Action de l’eau sur les roches (altération)
C’est une transformation lente des minéraux d’un stable instable à un stade stable. Elle a lieu
dans un environnement de surface ou abonde l’eau et les gaz atmosphères (O2 et CO2). L’eau,
facteur le plus important agit sous forme de dipôle (OH - et H+). On distingue plusieurs
processus d’altération dont l’hydrolyse, l’hydratation, la dissolution et l’oxydation.
a) L’hydrolyse
C’est un phénomène d’échange de bases entre les cations des minéraux et les ions H+ de
l’eau. Un renouvellement rapide et constant des ions H + et donc une bonne circulation de
l’eau, permettant une réaction rapide.
Géochimie
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3.4.2. Réaction et pH
Toutes substances en solution se décomposent en ions à des degrés divers (sels, acides et
bases). La loi d’action de masse permet de déterminer le pH de la solution. Le NaCl par
exemple, mis en solution se dissoudra suivant la réaction : NaCl (solide) + (H2O) donne Na+ +
Cl- (liquide).
L’eau elle-même est partiellement dissociée : H2O donne H+ +OH-
Si l’on écrit la loi d’action de masse pour cette réaction en remarquant que la concentration de
l’eau de H2O égale l’unité : [OH-] [H] + = K= 10-14 car [H2O] = 1.
Géochimie
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Par définition le pH d’une solution est la quantité –logH+ (pour une pure pH = 7). Certains
composés engendrent plusieurs réactions de dissociation successives. L’acide carbonique
donne par exemple :
H2CO3 donne (réversible) H+ + HCO3 - avec K1 = [H+][HCO3-]/[H2CO3], qui à son
tour, se dissocie suivant la réaction: HCO3 - donne (reversible) H+ + CO3 - K2 =
[H+][CO3-]/[HCO3-]
Chacune de ces réactions a sa constant K d’action de masse (fonction de la T et P seulement)
et l’on note : pK = - logK
Dans le cas où deux ions de charge opposés sont capables de donner par combinaison un
produit insoluble, on définit le produit de solubilité Ks comme la constante d’action de masse
de la réaction de dissociation. La calcite étant peu soluble dans l’eau sa réaction de
précipitation s’écrit : CO3- +Ca2+ donne CO3Ca
La concentration pure du solide étant égale à 1, le produit de Ks est la valeur maximale [CO 3 -
][Ca2+] possible à l’équilibre en solution aqueuse (Ks dépend de T et P).
Ce sont les équilibres des charges ioniques entre ions, la réserve alcaline (ensemble des ions
inactifs, i,e incapable de se combiner dans les conditions naturelles : Na+, K+, Cl-, etc), la
température la pression des gaz, le taux de saturation ([Ca 2+][CO3-]/[Ks]). Qui mieux compte
des degrés de dissolution des minéraux dans les eaux de surfaces et souterraines.
Ex : pH et réserve alcaline de quelques eaux : Eau de mer (pH= 8,1 et RB =2,34x10-3) ; eau de
pluie (pH=4-5 et RB = 10-5 à 10+5) ; eau de rivière (pH=7,2-8,2 et RB = 10-4 à 10-3 ).
Géochimie
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CHAPITRE 4
MÉTHODES DE MESURE EN GÉOCHIMIE
Géochimie
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la fluorescence-X (XRF)
la microsonde.
Spectrophotométrie d’absorption atomique
Un atome n’est capable d’absorber que les rayonnements électromagnétiques qu’il est lui-
même capable d’émettre (loi de Kirchhoff). L’absorption de photons émis par une lampe
émettant le rayonnement caractéristique de l’élément à doser, parfaitement sélective, est à la
base de la spectrophotométrie d’absorption atomique (AAS = Atomic Absorption Photometry).
Cette méthode nécessite généralement une mise en solution. Elle est peu chère, et précise pour
les alcalins, alcalino-terreux, éléments de transition. Cette technique est beaucoup utilisée en
exploration minière surtout pour la recherche de l’or et des métaux de base (Cu, Pb, Zn, Ag,
etc.).
Spectrophotométrie d’émission
Le retour de l’atome excité à l’état fondamental est accompagné de l’émission de son
rayonnement électromagnétique propre, que l’on mesure. L’excitation peut être réalisée dans
une flamme et dans des conditions de température modérée. Dans certains laboratoires, les
analyses chimiques quantitatives d'éléments majeurs et en trace s’effectuent à l’aide d’un
Spectromètre d’Emission Atomique Couplée à un Plasma Induit (ICP AES). Les écarts types
relatifs sont voisins de 2% pour les éléments majeurs et de 5 % pour les éléments en trace.
Les éléments en trace dosés sont les suivants : Rb, Sr, Ba, Sc, V, Cr, Co, Ni, Y, Zr, Nb, La,
Ce, Nd, Sm, Eu, Gd, Dy, Er, Yb,Th, Li, Cu, Zn, Be.
La fluorescence X (X Ray Fluorescence)
Un bombardement beaucoup plus énergique est apte à intéresser les couches les plus internes
et à assurer ainsi des transitions spectrales beaucoup plus énergétiques qui correspondent à
l’émission de rayons X. Ceux-ci sont diffractés suivant la loi de Bragg par un cristal analyseur
connu. On détermine, moyennant comptage de l’intensité, les abondances des éléments au lieu
d’impact. Cette technique, qui ne nécessite pas de mise en solution, permet des analyses de
grande précision sur les éléments majeurs dans les roches.
NB : pour les analyses courantes mono-élémentaires, la technique la plus employée est
l’absorption atomique.
En dehors des spectrométries des rayonnements électromagnétiques (absorption atomique,
émission de photons lumineux et fluorescence X), il existe les spectrométries des particules et
des rayonnements nucléaires. Ce sont :
la spectrométrie de masse : permet de séparer les ions en fonction de leur rapport
masse/charge grâce à l’association d’un champ électrique et d’un champ magnétique
Géochimie
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n
x = 1/n (∑ xi) ; xi = teneur de l’échantillon i
i=1
La moyenne géométrique G : moyenne des teneurs transformées en valeurs logarithmiques
n
log G = 1/n (∑ log xi) ; xi = teneur de l’échantillon i
i=1
Cette estimation de la moyenne constitue souvent une meilleure estimation de la teneur de
fond géochimique que la moyenne arithmétique en diminuant l’importance des valeurs
fortement anomales.
Les caractéristiques de dispersion : elles ont pour but d’apprécier dans quelle mesure les
diverses observations d’une série s’écartent les unes des autres et par conséquent de la valeur
centrale adoptée.
Intervalle de variation : c’est la différence entre les valeurs extrêmes de la variable étudiée :
I = Imax - Imin
Ecart-type (déviation standard) : il tient compte de toutes les valeurs observées par rapport à
la moyenne
σ = √1/n-1(∑(xi – x )2
Coefficient de variation : il est défini à l’aide du rapport de l’écart-type à la moyenne
arithmétique : V=σ/x
Ce coefficient permet de comparer la dispersion de deux séries ; c’est un paramètre sans
dimension qui ne tient pas compte de l’ordre de grandeur des variables.
Déviation géométrique (écart géométrique ε) : c’est le nombre dont le logarithme correspond
à l’écart-type des valeurs logarithmiques des teneurs :
log ε = √1/(n -1) ∑ (log xi – log G)2
Les paramètres de distribution sont utilisés d’une manière habituelle pour l’estimation des
seuils d’anomalie (A) pour les éléments étudiés.
Ainsi par exemple, le seuil permettant d’isoler 2,5% des valeurs les plus élevées (valeurs
anomales) est calculé :
- pour une distribution normale : A = x + 2 σ
- pour une distribution log-normale : A’ = G ε2
NB : Les coupures déterminées uniquement par statistique sont indépendantes de différents
phénomènes naturels dont on doit tenir compte.
On doit également autant que faire se peut déterminer le « fond géochimique » et les seuils
d’anomalie séparément pour chaque ensemble géologique.
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