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Cours de Géochimie pour BTS 2011-2012

Ce document présente un cours sur la géochimie générale. Il contient des définitions et terminologies clés, et décrit les différents chapitres abordés dont la répartition des éléments géochimiques et leur comportement.

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Gilchrist Willy Adopo
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Cours de Géochimie pour BTS 2011-2012

Ce document présente un cours sur la géochimie générale. Il contient des définitions et terminologies clés, et décrit les différents chapitres abordés dont la répartition des éléments géochimiques et leur comportement.

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BTS GÉOLOGIE – MINES – PÉTROLE

ANNÉE ACADÉMIQUE : 2011-2012

GÉOCHIMIE GÉNÉRALE

SUPPORT DE COURS

Théodore Koffi YAO


Docteur es Sciences de la Terre
Support de cours/BTS--- Géologie-----Mines----Pétrole

CONTENU DU COURS

CHAPITRE 1 : GÉNÉRALITÉS
1.1. L’histoire de la géochimie
1.2. Quelques définitions ou terminologies
1.3. Symbole chimique des éléments

CHAPITRE 2 : RÉPARTITION DES ÉLÉMENTS GÉOCHIMIQUES DANS LES


ROCHES
2.1. Notion de Clarke ou composition moyenne de l’écorce terrestre
2.2. Études des éléments chimiques
2.2.1. Éléments majeurs
[Link]. Définition
[Link]. Intérêt géochimique
2.2.2. Éléments en trace
[Link]. Définition
[Link]. Comportement des traces au cours des processus magmatiques
[Link]. Notion de potentiel chimique
[Link]. Quelques modèles de comportement des traces
[Link]. Comportements géochimiques de quelques familles d’éléments en
traces
 la famille des alcalins et alcalino-terreux
 la famille des terres rares

CHAPITRE 3 : COMPORTEMENT DES ÉLÉMENTS GÉOCHIMIQUES


3.1. L’atome
3.2. Les liaisons chimiques
3.3. Classification des éléments
 Goldschmidt
 Autres
3.4. Les propriétés des éléments géochimiques
 Réactions en solution
 Réactions et pH
CHAPITRE 4 : LES MÉTHODES DE MÉSURES GÉOCHIMIQUES
3-1 Méthodes chimiques
3-2 Méthodes optiques ou spectrales

Géochimie
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CHAPITRE 1 : GÉNÉRALITÉS
Introduction

La géochimie met en œuvre les outils et concepts de la chimie pour réaliser une étude
scientifique exhaustive de la terre. C’est donc une discipline des sciences de la terre. Elle
étudie la composition chimique et isotopique des matériaux géologiques (roches, sol, eau,
minéraux, gaz, air). Et plus particulièrement le comportement et le caractère des différents
éléments dans l’écorce terrestre, leur migration, dispersion et concentration ou abondance.
La géochimie se donne pour objectif de décrire les cycles par lesquels la plus part des
éléments chimiques sont conduits alternativement de la surface en profondeur au sein de la
terre et d’établir le bilan de transfert de matière.
La géochimie offre de nos jours, une vision globale de l’abondance, de la distribution et du
comportement des éléments chimiques dans la plus part des processus géologiques qui ont
marqués notre planète.
La géochimie permet une classification et une compréhension de plus en plus fine de la
genèse et de la dynamique des systèmes géologiques et des cycles. La connaissance de ces
cycles offre la possibilité de reconstituer l’histoire de la terre, de comprendre les phénomènes
et de mieux gérer les ressources et les matériaux terrestres.

1.1. L’histoire de la géochimie

Le mot « géochimie » fut créé en 1838 par SCHÖNSTEIN qui découvrit l’Ozone. Déjà les
premiers chimistes comme LAVOISIER tentaient de comprendre l’histoire. Mais ce sont les
minéralogistes qui furent à la source des grands progrès. L’américain CLARKE publia en
1800 les premières études sur la composition moyenne de l’écorce terrestre. Le russe
VERNADSKI proposa en 1917 une classification géochimique des éléments qui ne fût tout de
même pas retenue car fondée sur plusieurs critères. La classification moderne est celle de
GOLDSCHIMIDT en relation avec le système périodique. Elle s’appuie sur les affinités que
présentent les éléments pour les différents éléments de l’écorce terrestre.
e
La géochimie à connue un important essor dans la seconde moitié du XX siècle grâce aux
isotopes radioactifs avec le développement d’outils performants pour le dosage et l’analyse
quantitative des éléments chimiques et leurs isotopes. Grace à la géochronologie isotopique,
le temps est devenu mesure, durée et l’histoire géologique ont enfin un calendrier.

Géochimie
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La recherche des minerais fut l’un des moteurs du développement de la géochimie.


Aujourd’hui la géochimie est devenue une science complète applicable à tous les domaines
des sciences de la terre.

1.2. Quelques définitions ou terminologies

1) Géochimie : c’est la science qui étudie l’abondance, la distribution et la migration des


éléments chimiques dans la terre (lithosphère, atmosphère, biosphère et hydrosphère).
2) Clarke : teneur moyenne d’un élément chimique dans la lithosphère solide (écorce
terrestre). Ex : Au = 0,005g/t ; Cu = 70g/t ; Ni = 80g/t ; Zn = 182g/t ; O = 46,6% ; Si =
27,72%.
3) Fond géochimique ou background ou teneur de fond : c’est l’abondance normale
d’un élément dans un environnement étudié en dehors de tout apport extérieur. On
parle de fond local ou de local background, lorsque cette teneur se limite à une zone
bien délimité (prospection tactique) et de fond régional lorsque cette couvre un grande
étendue et ayant une certaine unité géochimique.
4) Teneur : c’est le contenu exact déterminé d’un élément ou d’une substance dans un
corps donné. Elle est exprimée en g/t, en ppm (partie par million), en mg/t ou en ppb
(partie par milliard) ou en % pour les éléments majeurs.
5) La teneur limite ou teneur de coupure désigne la teneur en dessous de laquelle une
mine ne peut être exploitée économiquement.
6) Anomalie géochimique : c’est la teneur la plus élevée (anomalie positive) ou la plus
basse (anomalie négative) par rapport au fond géochimique.
7) Anomalie allogène ou anomalie de surimposition : c’est une variation de la teneur
de fond causée par un apport extérieur d’origine quelconque (chimique ou
mécanique).
8) Anomalie authigène ou anomale de répartition : c’est une variation de la teneur de
fond causée par la modification de la répartition des éléments chimiques dans un
milieu en dehors de tout apport extérieur de ces éléments.
9) Anomalie de fuite : c’est une variation de la teneur de fond liée aux circulations des
éléments dans les accidents tectoniques. Cette définition est exempte d’hypothèse
génétique.
10) Fausse anomalie : c’est une variation accidentelle de la teneur. Elle peut être causée
par une pollution, une contamination par des déblais d’une exploitation minière
ancienne ou récente.
Géochimie
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11) Anomalie formationnelle : c’est une variation de la teneur de fond provoquée par un
élément lié de façon tout à fait préférentielle à une formation géologique déterminée
(Cu dans les roches basiques, Pb, Zn des dolomies) mais une forme minéralogique et
donc non récupérable économiquement.
12) Seuil géochimique : c’est la coupure à partir de laquelle, toutes les valeurs seront
considérées comme anomales
13) Indice ou indicateur : élément ou signe associé étroitement à un élément recherché
permettant de présager de l’existence ou non de l’élément dans un endroit donné.
14) Dispersion géochimique : c’est le fait de la séparation en une phase immobile et une
phase mobile qui se déposera en un autre lieu.
15) Train de dispersion : distribution le long du cours d’eau de teneurs anomales
organisées de telle manière que les valeurs diminuent au fur et à mesure que l’on
s’éloigne de la source.
16) Effets pédogénétiques
On appelle effets pédogénétiques, les variations entre les teneurs de la roche et les teneurs
d’un horizon ou la totalité d’une altération autochtone.
17) Sol résiduel
On appelle sol résiduel un sol formé par altération d’une roche et resté sur place. En
prospection géochimique, c’est l’abréviation du terme sol résiduel du corps minéralisé.
18) Élément indicateur
Les éléments indicateurs sont les éléments majeurs du minerai. On appelle donc indicateur, un
élément ou groupe d’éléments étroitement associés à l’élément cherché dont la détermination
est plus facile et son aire de répartition est plus grande ou plus significative.
Un élément accompagnateur est un élément facilement détectable que l’on retrouve
généralement lié au minerai et dont la zone de dispersion est plus large que celle de l’élément
indicateur. Pour cela, les éléments accompagnateurs constituent une voie de recherche des
éléments indicateurs.

Type de minerai Eléments Eléments accompagnateurs


indicateurs
Porphyre cuprifère (grands cristaux Cu, Mo Zn, Mn, Au, Rb, Re, Te, Tl
de feldspath dans une pâte
aphanitique contenant du cuivre)
Sulfurés complexes Cu, Zn, Ag, Au Hg, As, S(SO)4, Sb, Se, Cd
Veine (ou filon) de métal précieux Au, Ag As, Sb, Te, Mn, Hg, F, Bi, B
Gisements d’uranium U Se, Mo, V, Ru, Cu, Bi, As, Co
Gisements ultrabasiques (ou Pt, Cr, Ni Co, Cu, Pd
ultramafiques)
Géochimie
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19) Mobilité
La mobilité est la tendance d’un élément à se déplacer dans un environnement géochimique.
La mobilité est une notion relative ; elle doit toujours être associée au milieu.
20) Prospection en sol résiduel
C’est une prospection effectuée sur des sols dérivant directement (mécaniquement) de
l’altération du corps minéralisé et de son encaissant. Les dispersions recherchées ont un
caractère mécanique dominant.
21) Prospection en sol non résiduel
C’est une prospection effectuée sur des sols dont la filiation avec le corps minéralisé est
assurée par une dispersion de type chimique (circulation, effet biochimique).
22) Train de dispersion
Un train de dispersion est une distribution le long du cours d’eau de teneurs anomales
organisées de telle manière que les valeurs diminuent au fur et à mesure que l’on s’éloigne de
la source.

1.3. Symbole chimique des éléments

Toutes les entités possédant le même numéro atomique, noté Z, définissent un élément
chimique. Chacun d’eux est représenté par un symbole qui permet de l’identifier. Pour un
élément donné, Z représente son nombre d’électrons mais aussi son nombre de protons, ces
deux valeurs étant toujours égales du fait de la neutralité de l’atome (uniquement lorsque
l'élément est neutre).
Le chimiste suédois Jöns Jacob Berzelius (1779-1848) est à l'origine des symboles chimiques
que nous utilisons, en définissant un système typographique fondé sur l'alphabet latin : une
lettre majuscule, parfois suivie d'une lettre minuscule, sans point marquant normalement une
abréviation, dans une démarche universaliste qui a conduit à l'adoption de symboles issus du
néolatin de l'époque moderne, par exemple :
 Ag < Argentum = Argent  Na < Natrium = Sodium
 Au < Aurum = Or  O < Oxygenium = Oxygène
 C < Carbonium = Carbone  P < Phosphorus = Phosphore
 Cl < Chlorum = Chlore  Pb < Plumbum = Plomb
 Cu < Cuprum = Cuivre  S < Sulphur = Soufre
 Fe < Ferrum = Fer  Sb < Stibium = Antimoine
 Hg < Hydrargyrum = Mercure  Sn < Stannum = Étain
 K < Kalium = Potassium
 N < Nitrogenum = Azote

Géochimie
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CHAPITRE 2
RÉPARTITION DES ÉLÉMENTS GÉOCHIMIQUES DANS
LES ROCHES

Introduction
Le cycle géochimique est l’ensemble des processus ou phénomènes dont l’aboutissement est
la répartition et l’accumulation des éléments chimiques dans l’écorce terrestre. Il permet de
distinguer deux types de dispersions. Les dispersions primaires et les dispersions secondaires.

Les dispersions primaires sont les dispersions géochimiques des éléments par des processus
endogènes. Elles sont localisées en profondeur et contemporaine aux processus magmatiques
ou métamorphiques. Elles donnent des auréoles primaires dans les roches saines. Elles sont
qualifiées de syngénétiques.
Les dispersions secondaires sont les dispersions géochimiques par les processus exogènes.
Elles dépendent des phénomènes superficiels (altération superficielle et météoritique, érosion
et sédimentation, la géomorphologie). La dispersion secondaire donne des auréoles
secondaires qui couvrent une grande surface. La prospection géochimique cherche à mettre en

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évidence les auréoles secondaires par les analyses chimiques des prélèvements de sol, de
sédiments de ruisseaux (Stream sédiment), ou de roches plus ou moins désagrégées. Cette
dispersion est à la fois mécanique et chimique à partir d’un stock métallique déstabilisé dans
une zone d’oxydation.
2.1. Notion de Clarke et composition moyenne de l’écorce terrestre
La répartition des éléments chimiques dans le sol n’est pas homogène. Des études dont celles
de L’américain CLARKE publié en 1800 donnent pour chaque élément une composition
moyenne dans l’écorce terrestre. Le CLARKE définit donc la teneur moyenne d’un élément
chimique donné dans l’écorce terrestre. Il est exprimé en pourcentage (%), en ppm ou g/t.
1ppm = 10-3 °/°° (partie par million) = 10-4% = 1g/t = 1000ppb et 1% = 104g/m3
Exemple : Al dans l’écorce terrestre est de 8,13%.
Éléments
Al Fe Ti Zn Ni Cu Sn Ca Pb Mo Ag Pt Au
chimiques
Clarke
8130 5000 4400 132 80 70 40 23 16 15 0,7 0,005 0,005
(g/t)
Clarke 5.10-6 5.10-5
8,13 5,01 4,4 0,132 0,08 0,07 0,04 0,023 0,016 0,015 7.10-3
(%)

Ces teneurs moyennes sont l’œuvre de Clarke et Washington et ont été déterminées à une
profondeur de 16 km à partir de la surface.
2.1.1. Les éléments majeurs
On appelle éléments majeurs tous les éléments dont la teneur dans l’écorce terrestre est
supérieure à 0.01%. Dans une analyse chimique ils sont exprimés en pourcentage pondéral.
Ils sont prépondérants dans l’écorce terrestre et représentent à eux seuls près de 98.5% du
volume de l’écorce terrestre. On cite entre autre O (46.6%), Si (27.7%), Al (8.13%), Fe
(5.01%), Ca (3.63%), Na (2.85%), K (2.60%), Mg (2.09%). En géochimie, l’intérêt des
éléments majeurs revêt deux aspects, normatif et génétique. L’aspect normatif aboutit à
l’établissement des normes, c'est-à-dire une composition normative virtuelle et théorique de la
roche (estimation pondérale d’au moins supérieur à 0.01% dans la roche). L’établissement de
cette norme admet au départ que de tels équilibres chimiques soient réalisés au cours de la
cristallisation. Cet aspect vient en appui aux études pétrographique et pétrologiques et permet
la comparaison des faciès par la composition chimique.
L’aspect génétique fait appel à des diagrammes dits géochimiques ou chimiques qui
permettent d’établir dans la mesure du possible les tendances évolutives avec parfois des
implications génétiques et même géotectoniques et aboutissent aussi à l’établissement de
Géochimie
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typologie (classification chimique). Des études, que l’on veut faire découlent le type de
diagramme à établir.

2.1.2. Les éléments en trace


Par opposition aux éléments dits majeurs, un élément en trace est un élément chimique dont la
teneur dans les échantillons analysés n’excède pas quelques centaines de parties par million
(quelque 0,01%). Cette condition permet d’espérer que ces ions obéiront dans les minéraux et
les liquides à un certain nombre de lois simple qui découlent de l’hypothèse
thermodynamique des solutions idéales. On suppose tout d’abord que les éléments en trace se
substituent aux ions majeurs dans leurs sites pour former une solution continue. De plus, leur
très faible abondance élimine les problèmes liés aux interactions trace-trace ou à la distorsion
des réseaux silicatés par l’introduction de nombreux ions étrangers à ceux-ci.
a) Comportement des éléments en trace au cours des processus magmatiques
L’interprétation de la répartition des éléments en trace entre les phases d’un système naturel
est liée à des considérations structurales (isomorphisme), thermodynamique et cinétique. De
ce fait quelques notions de thermodynamique méritent d’être précisées avant d’aborder ce
volet. Il s’agit des notions de système, phase, équilibre chimique, coefficient de distribution,
potentiel chimique….. Du point de vue thermodynamique, une roche peut être considérée
comme un système (assemblage de phases) et chaque phase est définie comme l’ensemble de
sous-système de la roche qui possèdent les même propriétés physiques et chimiques : ce sont
les minéraux. Si on considère par exemple le granite, ce système comprend de façon générale
quatre phase qui sont cristallisées : Quartz ; FeldspathNa-K ; Plagioclase et Micas. Pour le
basalte, on aura une phase non cristallisée qui sera le verre. Par extension, on peut avoir dans
notre système une phase liquide, solide et gazeuse. L’important est l’existence d’équilibre
entre les différentes phases au moment de la cristallisation.
a-1) Notion de potentiel chimique
Considérons un magma de composition granitique. Il cristallise à partir de ce magma les
phases Quartz-Feldspath et Micas qui sont en équilibre. Toute transformation infinitésimale
entrainera une variation (dn) de la proportion molaire d’un des constituants du système. Cela
entrainera une variation de l’énergie cinétique du système. Car à chacun des éléments d’une
phase est attribuable une part de l’énergie libre globale de la phase et à cette part, on donne le
nom de potentiel chimique (µ). Comme la T et la P, le potentiel chimique détermine le sens
des échanges d’un élément entre les différentes phases d’un système. Si on considère un
élément i réparti entre deux phases α et β d’un système, on aura µ α et µβ qui vont désigner

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respectivement le potentiel des deux phases. Si µ α > µβ alors l’élément i va migrer vers β de
façon à réaliser l’égalité µα = µβ.
Ainsi du point de vue thermodynamique, la répartition d’un élément entre différentes phases
s’effectue de sorte à tendre vers l’égalité des potentiels chimique de cet élément dans les
différentes phases. Le rapport iα/iβ = Kd qui est une constante à une température donnée est
appelée coefficient de partage – ou de distribution thermodynamique.
a-2) Quelques modèles de comportement des éléments en trace - Pour décrire et
formaliser physiquement certains évènements géologiques comme la fusion des roches, la
cristallisation des magmas, l’altération, il sera utile d’utiliser les éléments en trace et la notion
de coefficient de partage comme marqueur de ces évènements. Plusieurs modèles ont été
proposés dont la fusion partielle, la cristallisation fractionnée et le mélange entre deux
systèmes de concentrations différentes.
Dans la cristallisation fractionnée par exemple, on imagine un cristal qui précipite à partir
d’un magma ou d’un liquide. Mais ici seule la dernière portion du solide qui cristallise est en
équilibre avec tout le liquide parent que l’on suppose homogénéisé. On peut envisager ce
processus de deux façons. Le cristal qui se forme peut rester présent dans le bain mais seule la
couche externe du cristal est en équilibre avec le liquide et il en résultera une zonation
chimique du cristal. Alternativement le cristal qui se forme, même s’il s’équilibre en
permanence avec le liquide, a en général une densité différente de celle de ce liquide. Il tombe
au fond du volume ou flotte, mais de toute façon il perd contact avec la masse liquide parent.
C’est le phénomène de la cristallisation fractionnée. Dans les deux cas on écrit que seule la
dernière fraction formée du solide est en équilibre avec le liquide. Soient Ms et m s les masses
respectives de solide précipité et de l’élément en trace qu’il renferme : ML et mL ayant la
même signification pour le liquide résiduel (la masse du solide et du trace dans le liquide
résiduel), la concentration Ts de la dernière fraction de solide et TL celle du liquide, on
obtient calcul tout fait les fonctions Log Ts ou LogTL dont les points représentatif du solide
et du liquide se placeront sur une droite. Le seul fait d’avoir une corrélation linéaire de ces
fonctions est la preuve d’une cristallisation fractionnée. Ce processus est souvent nommé
distillation de Rayleigh.
b) Le comportement géochimique de quelques familles d’élément en trace
Le comportement géochimique des éléments en trace est gouverné à la fois par les paramètres
physiques (charge électronique, rayon ionique) de ces éléments à l’état ionique et par ceux du
milieu récepteur (dimension et forme des sites hôtes, charges électriques et magnétiques

Géochimie
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produits par la charpente silicaté). D’une manière générale, l’utilisation des traces pour
l’étude d’un groupe de roches se fait en deux temps.
Le premier temps consiste à déterminer les paramètres géophysiques qui distinguent ou
rapprochent ces éléments en traces à d’autres groupes connus de roches et un second temps
consiste à chercher les liens génétiques qui rattachent les roches étudiées à d’autres groupes
connus.
b-1 les éléments alcalins et alcalino-terreux
Ce sont les éléments des colonnes I et II du tableau de Mendeleïev mais dont on exclut le
sodium et le magnésium qui sont des éléments majeurs des roches silicatés. Les minéraux
accepteurs de ces éléments sont essentiellement les feldspaths et de façon plus variables les
micas. Les autres structures (pyroxènes, olivine, amphiboles) les acceptent moins bien. On
peut donc prévoir que lors des changements de phase dans les systèmes basiques dépourvus
de feldspath, ces éléments marqueront une forte préférence pour le liquide silicaté. On qualifie
de tels éléments d’incompatibles. Lors de la fusion partielle des roches ultra-basiques du
manteau, les alcalins et alcalino-terreux passent immédiatement dans le liquide basaltique
résultant. Un faible degré de fusion partielle produit donc des liquides très enrichis en ces
éléments par rapport au solide résiduel. Si davantage de solide fond, le liquide additionnel n’a
plus qu’un effet diluant et les concentrations en K, Rb, Ba s’abaissent. Ainsi a-t-on proposé
que les basaltes des fonds océaniques ou tholéites (environ 0,2% de K, 0,5% à 5 ppm de Rb)
résultent d’un degré important de fusion partielle du manteau (20% du matériel initial fondu).
Par contre les basaltes continentaux et les basaltes de certains îles océaniques dits basaltes
alcalins (1 à 2 % de K, 20 à 50 ppm de Rb ne nécessiteraient d’un degré beaucoup plus faible
de fusion partielle (3 à 5 %). Ces différents degrés de fusion partielle peuvent refléter une
origine à des profondeurs différentes.
Si l’on reporte les valeurs de K/Rb en fonction des teneurs en K, les deux familles
s’individualisent très nettement. À l’aide de modèles géochimiques quantitatifs, il est possible
de discuter, non seulement le mécanisme qui est à l’origine des basaltes, la fusion partielle,
mais également la nature et les proportions des minéraux dans le système soumis à cette
fusion.
b-2 les éléments de la famille des terres rares
Il s’agit d’une famille d’éléments extrêmement voisins de par leurs propriétés physiques et
chimiques. Celles-ci sont en grande partie fixées, comme pour tous les éléments, par la
configuration électronique externe des ions. Pour les terres rares, la couche électronique

Géochimie
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externe est la même, seul diffère le remplissage de la couche sous-jascente 4f. Ces éléments
ont un comportement géochimique très voisin.
Un avantage considérable des terres rares est d’être fort peu soluble dans l’eau. Elles
constituent alors des traceurs résistant à l’altération des roches, ainsi qu’à des phénomènes
secondaires comme le métamorphisme. Les terres rares gardent donc une mémoire des
processus magmatiques ou sédimentaires primaires qui ont donnés naissance aux roches. De
ils ont une préférence marquée pour la phase liquide au cours des processus magmatiques
(fusion, cristallisation). Toutefois il est possible de rechercher avec ces éléments des parentés
entre roches magmatiques, si l’on connait le coefficient de partage des TR entre différentes
phases silicatées. Les deux familles de basaltes alcalins et tholéiitiques peuvent être aisément
distinguées, car leur courbe de distribution terres rares est fort différent.
Une autre application importante de l’étude des TR dans les roches est l’étude des conditions
Red-Ox du milieu et son corolaire, le traçage du comportement des plagioclases. Les TR ont
en général une seule valence 3 sauf le cérium et europium. Ce dernier présente deux états
d’oxydations Eu2+ et Eu3+et un équilibre entre les deux états s’établit en fonction de la
pression partielle d’oxygène du milieu. Les conditions magmatiques naturelles sont
généralement réductrices, ce qui provoque un déplacement très fort de cet équilibre Red-Ox
vers la formeEu2+. Le rayon ionique de l’europium divalent est alors différent de celui des
autres TR et tel que les plagioclases l’accepte beaucoup plus facilement dans les sites du
calcium que les autres TR. Lors de la cristallisation du plagioclase, à partir d’un basalte, ce
minéral absorbe préférentiellement l’europium, créant dans le liquide résiduel une anomalie
négative en europium. Par contre, un précité en plagioclase (cummulat) présentera une
anomalie positive.

Géochimie
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CHAPITRE 3
COMPORTEMENT DES ÉLÉMENTS
GÉOCHIMIQUES.

Introduction
Pour comprendre le comportement des éléments chimiques, il faut remonter aux éléments de
base des édifices chimiques. En chimie, les atomes sont des éléments de base. Ils constituent
la matière et forment par assemblage les molécules en partageant des électrons. La structure
électronique, les liaisons qu’il peut établir et leur comportement en solution sont autant de
facteurs qui conditionnent le comportement des éléments chimiques.
3.1. Les atomes
Un atome est constitué d’un noyau et d’un cortège électronique, le noyau étant lui-même
composé de nucléons qui est un ensemble de protons (porteurs de charge positive (+) et de
neutrons (sans charge). mp = 1.672.10-27 kg et mn = 1.674.10-27kg.
NB : le noyau (protons) est porteur de la quasi-totalité de la masse et d’une charge électrique
positive égale à un multiple entier Z de l’unité atomique d’électrique (e = 1.6.10 -19C).
La masse du proton étant très proche de celle du neutron, il est pratique de caractériser le
noyau par son nombre de nucléons appelé nombre de masse. Le cortège électronique est
constitué de Z électrons. L’électron a une charge négative de –e et une masse très faible me =
9.10.10-31kg. Dans l’atome l y a autant de charge négative que de charge positive, donc
l’atome est électriquement neutre. Z : numéro atomique et il correspond à la position de
l’atome considérée dans le tableau de classification périodique. Les électrons sont en
mouvement autour du noyau et décrivent des orbites elliptiques selon SOMMERFELD et
groupés en couches concentriques. L’état dans lequel se trouve un électron et en particulier
son énergie ne peut varier continuellement et n’importe comment, mais seulement par saut
discontinu entre les états stables définis par les nombres quantiques qui ne prennent que
certaines valeurs déterminés.
3.1.1. Nombres quantiques et remplissage des couches électroniques
[Link]. Les nombres quantiques
Les 4 nombres quantiques de la configuration électronique.
n : nombre quantique principal. Il définit la couche.
n = 1 à couche K
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n = 2 à couche L
n = 3 à couche M
et ainsi de suite…
L’énergie de l’électron est fonction de n.
l : nombre quantique secondaire ou azimutal
c’est un entier qui varie de 0 à n-1. Il définit les sous-couches s, p, d, f
l = 0 à sous couche s
l = 1 à sous couche p
l = 2 à sous couche d
l = 3 à sous couche f
Il définit la forme et la symétrie des orbitales (orbitales s, p, d etc…)
Exemple n=2 à l=0 ou l=1 d’où 2 sous-couches 1s et 2p
m : nombre quantique magnétique
Il prend des valeurs comprises entre –l et l (y compris les valeurs de –l et l). A une valeur de
m, correspondent 2l+1 valeur de m. Il détermine l’orientation des orbitales dans l’espace.
s : nombre quantique de spin
Le nombre quantique de spin se définit comme le moment cinétique (ou moment angulaire)
de l’électron. s=-1/2 ou ½ (2 sens de rotation de l’électron sur lui-même).
Ces quatre nombres quantiques permettent de caractériser un électron dans un atome ou un
ion.
[Link]. Principe de remplissage des orbitales
Pour décrire un atome, on dispose de son numéro atomique Z qui caractérise la charge du
noyau et son nombre total d'électrons. Pour obtenir la répartition des électrons dans les
différentes orbitales pour l'état fondamental de l'atome, il va être nécessaire de procéder selon
les règles de remplissage suivantes :
a) Principe de stabilité (ou règle de Klechkowski ou ordre de remplissage)
Les électrons occupent dans l'état fondamental les niveaux d'énergie E i de manière à donner à
l'atome une énergie totale minimale c'est à dire la configuration électronique la plus stable.
Pour cela, le remplissage des orbitales par les électrons va s'effectuer par valeurs croissantes
de : (n + l). Lorsque (n + l) est le même pour deux orbitales, celle qui a la plus petite valeur de
n est remplie la première.
Cette règle traduit le fait que les orbitales se remplissent dans l'ordre suivant :
1s 2s 2p 3s 3p 4s 3d 4p 5s 4d 5p 6s 4f 5d 6p 7s 5f 6d 7p 6f
NB : moyen mnémotechnique :
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b) Principe de Pauli
Dans un atome deux électrons ne peuvent jamais exister dans le même état quantique c'est à
dire avoir leurs quatre nombres quantiques : n, l, m et s identiques. Cela conduit à affecter au
maximum deux électrons de spins apposés par orbitale.
c) Règle de Hund
Lorsque plusieurs orbitales atomiques sont dégénérées (même valeur de E i), les électrons
occupent d'abord le maximum d'orbitales possibles et ils prennent des spins identiques.
La structure électronique d’un atome correspond à l’agencement des électrons dans ces
différentes orbitales atomiques.
Attention : Toutes ces règles sont valables pour obtenir la description électronique d'un
atome à l'état fondamental.
 Si le principe de stabilité n'est pas respecté, on obtient un état excité;
 Si la règle de Hund n'est pas respectée, on obtient aussi un état excité;
 Le principe de Pauli ne peut jamais être contourné : c'est la condition sine qua non
pour qu'un état électronique soit possible.

Ecrivons maintenant la configuration électronique de l’atome de soufre (Z = 16), dans son état
fondamental :

16S : 1s2 2s2 2p6 3s2 3px2 3py1 3pz1

3.2. Liaisons chimiques et formations des molécules


Les électrons périphériques appelés électrons de valence sont eux par lesquels les atomes
s »associent pour donner les molécules et les cristaux. La cohésion nait de force
électrostatiques appelées force de liaison ou liaison chimique dont 4 existent.
-liaison ionique ou hétéro polaire
-liaison covalente ou homopolaire
-liaison métallique
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-liaison de Van der Waals ou liaisons résiduelles.


3.2. 1. Liaison ionique ou hétéro polaire
C’est une liaison qui met nécessairement en jeu deux atomes de charges contraires. La perte
engendre des charges positives, on obtient des cations. Tandis que les gains donnent des
anions. Exemple : Na perd un électron et devient Na+ ; Mg en perd 2 (-e) et devient Mg2+,
alors que Cl en gagne 1 (-e) et devient Cl-; De tels ions peuvent s’attirer ou au contraire se
repousser. Les ions de charges opposées s’attirent, alors que ceux de mêmes charges se
repoussent. L’attraction est toutefois soumise aux effets répulsifs du nuage électronique
entourant les ions qui la stabilise à une position moyenne. Cela définit nécessairement une
distance moyenne conduisant à la notion de dimension ionique fondamentale en chimie et en
géochimie. En chimie minérale, cette liaison est le plus habituel. Il régit les édifices minéraux,
composantes fondamentaux des roches de l’écorce terrestre.
3.2. 2. Liaison covalente ou homo polaire
Deux atomes qui ont une couche externe non saturée mettent en commun deux électrons
périphériques pour saturer leur dernière couche. C’est la liaison covalente qui explique la
formation de molécules à partir d’atomes de même nature. Les édifices covalents sont des
cristaux où les atomes sont associés à leurs voisins par des paires d’électrons. C’est le cas de
l’hydrogène, de l’oxygène, du chlore, du diamant. Dans le diamant, chaque atome de carbone
(tétravalent) est relié à quatre voisins immédiats au sommet d’un tétraèdre. La couche externe
de chaque atome est ainsi saturée à 8 électrons. Cette liaison de forte énergie est celle des
corps très durs et indéformables. Ex : carbone, diamant et graphite.
NB : selon Pauling, pour deux éléments donnés, il existe une relation entre la différence de
leur électronégativité et la nature de leur liaison. Lorsque la différence est faible, les liaisons
sont préférentiellement covalentes et ionique fort dans le cas contraire. Les éléments Si et O si
largement représentés dans la nature ont pour valeur 1,7. Ce qui donne une liaison à moitié
covalente et à moitié ionique.
3.2. 3. Liaison métallique
Rencontrée dans les métaux à l’état pur ou à l’état d’alliage. Les cristaux métalliques sont
caractérisés par un ensemble d’ions positifs plongé dans une mer ‘électrons libres non liés à
un atome particulier. Ce sont des atomes dont la dernière couche non saturée est dispersée.
Les électrons ainsi libérés constituent un nuage de charges négatives qui stabilise et cimente
les atomes électro positifs. Les ions métalliques positifs s’agencent entre eux pour constituer
un assemblage par empilement compact qui explique la qualité mécanique des métaux et
alliages. En outre, le gaz électronique est très favorables aux échanges thermiques et au
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transfert de charges, d’où la propriété conductrice des métaux et alliages de métaux. Liaison
rare dans l’écorce terrestre.
3.2. 4. - Liaison de Van der Waals ou liaisons résiduelles
Ce sont les liaisons qui unissent les grosses molécules généralement dipolaires. Ces liaisons
globalement neutres présentent localement des charges négatives et positives. Elles peuvent
mettre en jeu des forces de liaison entre molécules donnant des chaines ou anneaux. Ces
liaisons de faibles énergies ne jouent qu’un rôle secondaire dans l’écorce. Donc négligeable
en première approche d’une étude géochimique.
L’intérêt du géochimiste réside dans la formation et ou la destruction de tel ou tel composé
minéral en vue de savoir où la cherchée. Il doit donc aller au-delà des liaisons pour
comprendre pourquoi un élément donné se combine avec un ou plusieurs autres éléments.
Au-delà du potentiel d’ionisation et des affinités électroniques qui traduisent mieux
l’existence des molécules, c’est l’électronégativité, demi-somme de ces énergies qui rend
exactement compte des forces de liaisons ioniques. Pauling qualifie d’élément électronégatif,
tout élément qui tend à acquérir plutôt qu’à perdre un électron. Ex : le Cl, l s’agit d’un anion
donc affecté du signe -, alors Na est dit électropositif, il s’agit d’un cation donc affecté du
signe +.
H (2,1)
C (2,5) O (3,5) F (4,0)
Na (0,9) Mg (1,3) Al (1,5) Si (1,9) S (2,6) Cl (3,0)
K (0,8) Ca (1,0) Fe (1,8) Cu (1,9) Ga (1,8) Ge (2,0) Se (2,5) Br (3,0)

Tableauxx : Quelques valeurs d’électronégativités en électrons-volts.


Entre (Si et O) = 3,5-1,8=1,7)
La liaison covalente nait de la faculté de deux électrons célibataires appartenant à deux
atomes différents de se coupler pour être appariés. Ce qui exclut de cette liaison qui ne
possèdent pas d’électrons célibataires sur leur dernière couche.
Dans certains cas on est conduit à admettre un phénomène d’hybridation des orbitales
provoqué par un apport d’énergie qui se produit entre les orbitales de la couches externe.
Dans le carbone, on a Z = 6, dans sa configuration, on a 2 électrons célibataires sur 2p et 2
électrons couplés sur 2s. L’hybridation aboutit à la création de 4 orbitales identiques
possédant chacune un électron célibataire capable de se coupler ou de s’apparier. Cela rend
compte de la tétravalence du carbone (hybridation sp3)
C (Z=6): 1s22s22p2 après hybridation, on a: 1s22sp4
1s 2s 2p 1s 2sp

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3.2. 5. Liaisons et cristaux


Lorsque l’on passe de l’échelle atomique à l’échelle macroscopique, ce qui frappe le plus
c’est la distinction entre trois états de la matière (solide, liquide et gaz). Mais dans l’écorce
terrestre, c’est l’état solide qui de loin mobilise la plus grande quantité de matière. Dans cet
état, on distingue l’état cristallin (solide), de l’état colloïdal (solution solide), mais qui évolue
à un état solide cristallisé.
L’état liquide comporte des pseudo-solides qui sont des liquides tellement visqueux qu’à
l’observation on dirait des solides : ce sont les verres. Dans la nature c’est le brusque
refroidissement des laves qui les génère. Le géochimiste privilégie cet état qui mobilise une
grande quantité de matière. Les minéralogistes en sont les précurseurs de son étude, suivi des
chimistes. Mais c’est plutôt la cristallographie qui rend le mieux compte de la propriété des
cristaux. À cela on adjoint la cristallochimie. Notons que les cristaux deviennent instables par
suite d’apport d’énergie thermique, à 1500°C, la fusion est inévitable, il est donc improbable
d’admettre en profondeur de l’écorce terrestre des substances solides, eu égard à la
température sans cesse croissante à laquelle s’ajoute la présence d’autre solvants.
3.3. Classification des éléments
Dans la nature, certains éléments se trouvent toujours associés (Hf-Zr ; As-Ar, etc). Ces
associations sont dues le plus souvent à un ensemble de propriétés chimiques qui sont
identiques ou voisines. Cependant, dans le tableau périodique, ils sont parfois très éloignés les
uns des autres. D’autre part, des éléments à propriétés chimiques voisines ne se regroupent
pas simultanément. Des études ont montré que ces associations ont une conséquence sur la
structure électronique des atomes.
L'analyse comparée de la composition élémentaire de chaque phase minéralogique, d'une part
des météorites, d'autre part des produits de fusion des minerais sulfurés, a conduit
Goldschmidt à distinguer quatre classes d'éléments :
3.3.1. Historique de la classification périodique
Le tout premier système de classement, publié en 1829, fut sans doute celui de Johann
Döbereiner de l'Université de Iéna et Sa "Loi des triades".
La première classification périodique qu'il nomma "la vis tellurique", fut celle de
Beguyer de Chancourtois en 1862.
Dès 1857, William Odling s'intéressa au classement des éléments connus en développant la
règle des triades. Il publia en 1864 une classification assez proche de celle que Dimitri
Mendeleïev publia cinq ans plus tard.

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En 1863, John Newlands publia dans "Chemical News" une classification de 56 éléments en
11 groupes basés sur la similitude de leurs propriétés chimiques, il observa aussi que dans un
même groupe deux éléments consécutifs avait une masse atomique différent d'un multiple de
huit, Newlands introduisit une loi des octaves laissant entendre que tous les huit éléments on
retrouve des propriétés chimiques similaires.
Lothar Meyer ou Dmitri Mendeleïev ?
L'allemand Meyer et le russe Mendeleïev ont établi, chacun de leur côté, un classement des
éléments chimiques. Sans aucun doute Meyer proposa une classification périodique dès 1864,
mais celle-ci ne fut publiée qu'en 1970, un an après celle de Mendéleiev.
Si comme beaucoup de précurseurs, le classement se fit sur la base de la masse atomique
croissante (les numéros atomiques n'étaient pas encore inventés) en conjonction avec la
similitude des propriétés chimiques. L'originalité des tables de Mendeleïev et de Meyer fut de
laisser des emplacements vides, prévoyant ainsi la prochaine découverte de nouveaux
éléments.
1910 : Frederick Soddy découvre l'existence des isotopes !
Va-t-il falloir modifier ou pire rejeter la classification périodique de Mendéleïev ?
En effet la notion de classement par masse atomique croissante devient compliquée au regard
des différents isotopes de chacun des éléments. En 1914, Friedrich Paneth et Georg von
Havesy proposèrent le principe de substitution isotopique : pour un élément donné, le fait de
substituer un isotope par un autre ne change en rien la réactivité. Néanmoins cela ne remit pas
en cause la classification périodique et cela du fait de la découverte progressive de la structure
électronique des éléments à partir de 1913 avec les travaux de Moseley, Bohr, Sommerfield,
Hund, Pauli, Heisenberg, Schrödinger et bien d'autres physiciens et chimistes.
1930 : Un savant français propose une classification visionnaire
Charles Janet, ingénieur, savant aux multiples spécialités, publie à compte d’auteur un nouvel
arrangement des éléments chimiques sous forme hélicoïdale. Il propose aussi un tableau des
éléments en huit lignes qui annonce les transuraniens, mis à leur place correcte et découverts
seulement dix ans plus tard par Seaborg. Son tableau est basé sur une rationalité géométrique,
arithmétique et de symétrie où l’on peut reconnaître une suite aux considérations
mathématiques que l'alsacien Alfred Werner appliqua auparavant avec succès dans sa théorie
des coordinences pour expliquer la structure des complexes minéraux et organiques. Le
tableau de Janet passa inaperçu lors de sa création mais trouve de nos jours la faveur de
plusieurs chimistes anglo-saxons.

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Seaborg et les lanthanides, vers 1940 Seaborg propose une extension du tableau périodique
pour les lanthanides et les actinides.
La classification officielle retenue par l’UIPAC (Union Internationale de chimie pure et
appliquée) en 1988, régulièrement mise à jour, a été proposée dès 1905 par Alfred Werner.
3.3.2. Classification de Goldschmidt
La classification géochimique des éléments est aussi appelée classification Goldschmidt
puisqu'elle résulte des travaux menés dans les années 1920 par le chimiste Victor
Goldschmidt en vue d'éclaircir les fondements des diverses proportions des éléments
chimiques de la Terre, et particulièrement des terres rares dans les différentes phases
minéralogiques lors de la cristallogenèse à partir d'un magma. L'analyse comparée de la
composition élémentaire de chaque phase minéralogique, d'une part des météorites, d'autre
part des produits de fusion des minerais sulfurés, a conduit Goldschmidt à distinguer quatre
classes d'éléments :
- les éléments qu'il appela lithophiles, qui ont une affinité dominante pour l'oxygène et se
retrouvent par conséquent avec les aluminates et les silicates (lithophile signifiait : qui a de
l'affinité pour les silicates et lithos signifie roche. Ce sont : les alcalins (Li, Na, Rb, Cs), les
alcalino-terreux (Be, Mg, Ca Sr, Ba), les lanthanides, les halogènes (Cl, Br, I), O, B, Al, Si,
Sc, Ti, V, Y, Zr, Nb, Hf, Ta, W, Th, U, Ga, In.
- ceux qu'il appela chalcophiles, qui ont une affinité dominante pour le soufre. Ils se trouvent
préférentiellement à l’état de sulfure. Ce sont : Cu, Ag, Zn, Cd, Hg, Tl, Pb As Sb, Bi, S, Se,
Te.
- ceux qu'il appela sidérophiles, qui ont une affinité dominante pour le fer. Les éléments
siderophiles se trouvant préférentiellement à l’état métallique. Ce sont : les éléments
fortement siderophiles (Ru, Rh, Pd, Os, Ir, Pt, Au) et les éléments à tendance siderophiles
(Re, Fe, Co, Ni, Mo, Ge, Sn).
- et enfin, ceux qu'il appela atmophiles, qui ont une affinité dominante pour les phases fluides
(vapeur en grec ancien). Ce sont les éléments gazeux non combinés H, N, gaz rares (He, Ne,
Ar, Kr, Xe, Rn).
Cette classification n'est pas normalisée, et des études différentes peuvent répartir
différemment les éléments. En effet, il est fréquent qu'un élément situé aux confins de deux
familles présente, selon les circonstances, un comportement le rattachant tantôt à l'une tantôt à
l'autre, ainsi :

Géochimie
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- le carbone est généralement considéré comme atmophile car ses formes solides (charbon,
carbonates) sont issues du dioxyde de carbone atmosphérique, mais il est sidérophile en
l'absence d'oxygène.
- le phosphore est généralement vu comme lithophile, mais est également sidérophile en
l'absence d'oxygène.
- le germanium et l'étain, essentiellement chalcophiles, ont également des aspects
sidérophiles, voire lithophiles.
- le fer est paradoxalement de nature à la fois chalcophile et lithophile en même temps que
sidérophile, ce qui explique son abondance dans l'écorce terrestre.
- L'état d'oxydation peut faire varier la situation d'un élément, à l'exemple du chrome : Cr3+ est
chalcophile, mais Cr6+ est lithophile.
3.3.3. Autres classifications
a- Les séries chimiques de Jagger
Les propriétés des éléments varient généralement beaucoup le long d'une période, mais
peuvent être localement assez similaires et constituer des séries chimiques complètes. Dans
des conditions normales de T et P (0 °C, 1 atm) on a :
1. Série des métaux alcalins, égale au groupe 1, moins l'hydrogène.
2. Série des métaux alcalino-terreux, confondue avec le groupe 2.
3. Série des lanthanides, égale aux éléments du bloc f de la 6e période, plus le lutécium
71Lu.

4. Série des actinides, égale aux éléments du bloc f de la 7e période, plus le lawrencium
103Lr.

5. Série des métaux de transition, égale aux éléments du bloc d moins le lutécium 71Lu
et le lawrencium 103Lr.
6. Série des métaux pauvres, comprenant :
o sur la période 3 : l'aluminium 13 Al ;
o sur la période 4 : le gallium 31Ga ;
o sur la période 5 : l'indium 49In et l'étain, 50Sn ;
o sur la période 6 : le thallium 81Tl, le plomb 82Pb et le bismuth 83Bi ;
o sur la période 7 : par défaut, les éléments 113, 114, 115 et 116, qui demeurent
néanmoins, en toute rigueur, chimiquement non classés.
7. Série des métalloïdes :
o sur la période 2 : le bore 5B ;
o sur la période 3 : le silicium 14Si ;
Géochimie
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o sur la période 4 : le germanium 32Ge et l'arsenic 33As ;


o sur la période 5 : l'antimoine 51Sb et le tellure 52Te ;
o sur la période 6 : le polonium 84Po.
8. Série des non-métaux :
o sur la période 1 : l'hydrogène 1H
o sur la période 2 : le carbone 6C, l'azote 7N et l'oxygène 8O ;
o sur la période 3 : le phosphore 15P et le soufre 16S ;
o sur la période 4 : le sélénium 34Se.
9. Série des halogènes, confondue avec le groupe 17, moins l'élément 117.
10. Série des gaz nobles, confondue avec le groupe 18, moins l'élément 118.

b) Description de quelques exemples de séries


 Métaux alcalins
Hormis l'hydrogène, les éléments du premier groupe du tableau périodique constituent la série
des métaux alcalins. Il s'agit de métaux peu denses de couleur argentée et à bas point de
fusion, plutôt mous à température ambiante, formant des composés ioniques avec les
halogènes et chimiquement très réactifs — ils réagissent violemment avec l'eau pour donner
des hydroxydes qui sont des bases fortes — de sorte qu'on ne les trouve jamais sous forme
élémentaire dans le milieu naturel.
 Métaux alcalino-terreux - Un peu plus durs et plus denses que les métaux alcalins,
les métaux alcalino-terreux forment également des composés ioniques avec les
halogènes mais ne réagissent pas avec l'eau à température ambiante, seulement avec la
vapeur d'eau pour former des hydroxydes très basiques.
 Halogènes - Ils existent sous forme élémentaire diatomique et forment des acides forts
avec l'hydrogène. Les halogènes constituent des composés ioniques avec les métaux
alcalins et les métaux alcalino-terreux.
 Gaz rares ou nobles - Aux conditions normales de température et de pression, ce sont
des gaz monoatomiques incolores et inodores quasiment dépourvus de réactivité
chimique, dont les points de fusion et d'ébullition sont séparés de moins de 10 °C à
pression atmosphérique.
 -Lanthanides ou terres rares - Du nom du premier élément de la série (La),
comprend 15 éléments dont 14 naturels, ils occupent une place privilégié en
géochimie endogène et exogène. Ils ont en commun leurs deux couches électroniques
externes. C’est surtout la diminution régulière des rayons ioniques depuis La à Lu à la
Géochimie
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suite de contraction des lanthanides qui en fait un outil privilégié pour la modélisation
quantitative des processus.
 Non-métaux ou les métalloïdes - Qui sont peu denses et fragiles : le soufre, et le
carbone sous la forme de diamant et de graphite. Ils viennent pour la plupart du temps
des structures volcaniques, des veines souterraines. Le soufre se trouve dans les
sources chaudes ou les fumerolles volcaniques.
c- classification périodique des éléments (Mendeleïev, 1869)
C’est l’une des plus anciennes, elle se base sur le numéro atomique et la structure électronique
des éléments. Ainsi si l’on examine la structure électronique des atomes dans ce tableau, en
partant des plus simples au plus complexes, on remarque que H ; Z=1 autour duquel gravite
un électron se trouve dans le groupe et période 1, alors He : Z=2 à sa couche K saturé se
trouve à la période 1, mais dans le groupe 18, le Li : Z=3 à la couche K saturé, mais à un
électron célibataire donc à la colonne 1, mais la second période. Ainsi de suite jusqu’au Néon
pour lequel Z=10 pour revenir au Na : Z=11.
3.4. Propriétés des éléments géochimiques
Les éléments géochimiques se caractérisent par leur propriété physique et chimique. Mais
nous nous intéresserons aux propriétés chimiques découlant de l’action de l’eau sur ces
éléments. En effet, la plus part des éléments sont contenus dans des formations géologiques
objet d’incessantes intempéries, l’eau essentiellement sous toutes ses formes. Les processus
naturels en milieu aqueux peuvent être abordés avec les lois classiques de la chimie des
solutions diluées ou au moyens de modèles plus affinités, de transfert d’éléments et de
cinétique chimique. La géochimie des eaux étudie le comportement des éléments dans les
océans, lacs, les rivières, les eaux souterraines, les marigots…. Au cours des phénomènes
complexes comme la sédimentation et la diagenèse, l’altération, etc
3.4.1. Action de l’eau sur les roches (altération)
C’est une transformation lente des minéraux d’un stable instable à un stade stable. Elle a lieu
dans un environnement de surface ou abonde l’eau et les gaz atmosphères (O2 et CO2). L’eau,
facteur le plus important agit sous forme de dipôle (OH - et H+). On distingue plusieurs
processus d’altération dont l’hydrolyse, l’hydratation, la dissolution et l’oxydation.
a) L’hydrolyse
C’est un phénomène d’échange de bases entre les cations des minéraux et les ions H+ de
l’eau. Un renouvellement rapide et constant des ions H + et donc une bonne circulation de
l’eau, permettant une réaction rapide.

Géochimie
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MgSiO4 + 4H2O 2Mg2+ +4OH +H2 SiO4;

4NaAlSiO8 (albite) Al4Si4O10(OH)6 (kaolinite) + Na + +4OH- + 8Si (OH)4


b) La dissolution
C’est le phénomène par lequel un produit se dissout rapidement dans l’eau et disparait. L’eau
est le solvant universel capable de dissoudre certaines substances. La dissolution d’un minéral
donne des ions ou des colloïdes dans l’eau. En fait, la solubilité est limité pour un très nombre
de minéraux. Les minéraux les plus solubles sont l’halite (NaCl), la calcite (CaCO 3), la
dolomite CaMg (CO3)2, le gypse (CaSO4, 2H2O), l’eau restée longtemps en contact avec
l’atmosphère s’enrichit en CO2, devient acide (H2CO3) et s’attaque aux minéraux.
CaCO3 + H2CO3 2HCO3- + Ca2
c) L’oxydation
C’est le phénomène par lequel les eaux d’infiltration entrainent l’oxygène dans le sous-sol où
il va oxyder les sulfures métalliques et les silicates, par l’intermédiaire des bactéries. Elle agit
principalement sur les oxydes de fer (FeO). L’oxydation du fer ferreux donne le fer ferrique
qui précipite sous forme d’oxydes. (Fe2O3) ou hydrolyses (Fe(OH)2)
FeO +O2 Fe2O3 (1)
FeO+O2+H2O Fe (OH)3 +H+ +OH- (2)
d) L’hydratation
Elle correspond à un apport d’eau qui à pour conséquence une augmentation de volume.
L’hydratation implique la rupture des liaisons de H+ et OH- des composés
FeO3 (hematite) + 3H2O 2Fe(OH)3 (limonite)
CaSO2 (anhydrite) + 2H2O CaSO4, 2H2O (gypse)

3.4.2. Réaction et pH

Toutes substances en solution se décomposent en ions à des degrés divers (sels, acides et
bases). La loi d’action de masse permet de déterminer le pH de la solution. Le NaCl par
exemple, mis en solution se dissoudra suivant la réaction : NaCl (solide) + (H2O) donne Na+ +
Cl- (liquide).
L’eau elle-même est partiellement dissociée : H2O donne H+ +OH-
Si l’on écrit la loi d’action de masse pour cette réaction en remarquant que la concentration de
l’eau de H2O égale l’unité : [OH-] [H] + = K= 10-14 car [H2O] = 1.

Géochimie
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Par définition le pH d’une solution est la quantité –logH+ (pour une pure pH = 7). Certains
composés engendrent plusieurs réactions de dissociation successives. L’acide carbonique
donne par exemple :
 H2CO3 donne (réversible) H+ + HCO3 - avec K1 = [H+][HCO3-]/[H2CO3], qui à son
tour, se dissocie suivant la réaction: HCO3 - donne (reversible) H+ + CO3 - K2 =
[H+][CO3-]/[HCO3-]
Chacune de ces réactions a sa constant K d’action de masse (fonction de la T et P seulement)
et l’on note : pK = - logK
Dans le cas où deux ions de charge opposés sont capables de donner par combinaison un
produit insoluble, on définit le produit de solubilité Ks comme la constante d’action de masse
de la réaction de dissociation. La calcite étant peu soluble dans l’eau sa réaction de
précipitation s’écrit : CO3- +Ca2+ donne CO3Ca
La concentration pure du solide étant égale à 1, le produit de Ks est la valeur maximale [CO 3 -
][Ca2+] possible à l’équilibre en solution aqueuse (Ks dépend de T et P).
Ce sont les équilibres des charges ioniques entre ions, la réserve alcaline (ensemble des ions
inactifs, i,e incapable de se combiner dans les conditions naturelles : Na+, K+, Cl-, etc), la
température la pression des gaz, le taux de saturation ([Ca 2+][CO3-]/[Ks]). Qui mieux compte
des degrés de dissolution des minéraux dans les eaux de surfaces et souterraines.
Ex : pH et réserve alcaline de quelques eaux : Eau de mer (pH= 8,1 et RB =2,34x10-3) ; eau de
pluie (pH=4-5 et RB = 10-5 à 10+5) ; eau de rivière (pH=7,2-8,2 et RB = 10-4 à 10-3 ).

Géochimie
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CHAPITRE 4
MÉTHODES DE MESURE EN GÉOCHIMIE

La géochimie analytique a pour objet la séparation des constituants d'un échantillon de


matière, leur identification et la détermination de leurs quantités respectives. Les méthodes
d'analyse traditionnelles en géochimie sont nombreuses mais tendent à se regrouper en
familles suivant les besoins.
4.1. Préparation et expédition des échantillons
Les différentes étapes dans le traitement d’un échantillon sont : le contrôle, le séchage, le
démottage et le tamisage.
4.1.1. Contrôle
Il consiste à vérifier les différents numéros sur la fiche de description et sur les sacs
d’échantillonnage venus du terrain, dans le but de maîtriser le nombre total d’échantillons. Ce
contrôle permet également de vérifier si le nombre d’échantillons prélevés sur le terrain est
effectivement celui enregistré.
4.1.2. Séchage
Les échantillons sont séchés au soleil à l’air libre ou dans des fours bien adaptés. Il faut donc
prévoir une aire de séchage isolée et des récipients du type assiette en matière plastique pour
sécher les échantillons.
4.1.3. Démottage
Il a pour objectif de rendre à l’échantillon sa granulométrie originelle. Il faut écraser les
mottes par délitage ménagé dans un mortier avec un pilon en bois, en céramique ou autre
selon le cas. Les roches quant à elles subissent concassage et broyage.
4.1.4. Tamisage
Il a pour objectif de séparer la partie fine de la partie grossière. Les tamis utilisés (maille de
0,125 mm ou autre) ne doivent pas introduire d’éléments étrangers.
4.1.4. Expédition
Après la préparation, l’échantillon est séparé en deux parties ; une partie (environ 40 g) sera
expédiée au laboratoire et l’autre partie sera conservée comme témoin.
NB : Au cours du traitement des échantillons, il faut éviter de porter sur soi les objets
métalliques. Cette précaution permet d’éviter les risques de contamination.

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4.1.5. Importance croissante de l'analyse chimique dans les sciences de la terre


Depuis environ un siècle, l'approche géochimique est utilisée, parallèlement à l'évolution des
techniques analytiques disponibles, pour répondre à différents types de problèmes
géologiques. Ces développements peuvent être résumés de la manière suivante :
 la seule analyse possible a d'abord été celle des éléments majeurs (> 0,1% en poids),
elle est alors utilisée pour la définition et le classement des différents types de roches ;
 ensuite l'analyse des majeurs et des traces a joué un rôle important dans l'étude des
processus géologiques, en particulier pour la compréhension des phénomènes
magmatiques ;
 enfin, plus récemment, le développement d'appareillages permettant l'analyse des
éléments à des teneurs en traces (ppm*) ou ultra traces (ppb**), et celle des
compositions isotopiques des éléments a permis de multiples applications :
 étude des interactions, à toutes les échelles (minéral, affleurement,
province, croûte/manteau,...), entre les matériaux constitutifs du globe ;
 étude de l'évolution du système solaire....
*ppm=partie par million, ou gramme par tonne.
**ppb= partie par milliard ('billion'), ou milligramme par tonne.
4.2. Techniques Analytiques
4.2.1. Sélection d’une méthode analytique
Il n’existe évidemment pas de méthode universelle adaptée à tous les types d’échantillons, et
suivant le type d’analyse ou d’élément recherché, il faudra avoir accès à la méthode la plus
appropriée.
Le géologue de terrain doit faire une évaluation minéralogique pour déterminer lesquelles des
espèces minérales sont présentes et choisir par conséquent l’analyse chimique appropriée.
Il est très important d’avoir une séance de travail avec les responsables de laboratoires pour
discuter sur les différentes méthodes et techniques d’analyses avant de faire un choix définitif.
La méthode analytique est un outil essentiel de la prospection géochimique. Elle doit être
parfaitement adaptée car le choix d’une technique plutôt qu’une autre pourra changer
totalement l’efficacité et la signification de la campagne envisagée. La technique utilisée doit
être à la fois sensible, reproductible et peu coûteuse.
Les éléments d’évaluation d’une méthode analytique sont :
- la précision : le laboratoire doit fournir sa marge d’erreur en pourcentage ;
- la qualité de la procédure : le laboratoire doit mettre en place une procédure
pour s’assurer que le niveau de qualité est maintenu. Par exemple le contrôle
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de qualité (reproductibilité et précision) peut se faire en introduisant des


échantillons doubles ;
- la sensibilité et la limite de détermination (D.L) : on appelle limite de
détermination, le minimum de teneur qui puisse être mesuré avec un degré de
spécificité.
Exemple : AZDL= 10 ppb et XYDL = 5 ppb
Pour les éléments dont la teneur est inférieure à 5 ppb, ces deux méthodes ne peuvent les
détecter. XYDL est plus sensible que AZDL ;
 l’objectif : chaque phase de l’exploration a un objectif précis que la technique
d’analyse doit permettre d’atteindre ;
 la rapidité du laboratoire ;
 le coût de l’analyse ;
 la crédibilité du laboratoire.
4.2.2. Qualités d’un appareillage, précision
Tout appareillage de mesure est caractérisé par quatre qualités fondamentales :
 limite de détection : 2 ou 4 fois le bruit de fond de l’appareillage ;
sensibilité : rapport de l’accroissement de la grandeur mesurée et de l’accroissement de la
concentration ;
 fidélité ou reproductibilité : aptitude à donner le même résultat à chaque mesure
nouvelle ;
 justesse : aptitude à donner un résultat proche de la valeur réelle.
La précision est une qualité globale qui dépend à la fois de la justesse, de la fidélité et de la
sensibilité.
Il existe des qualités spécifiques des appareillages comme par exemple en spectrométrie de
masse le pouvoir de résolution.
4.3. Méthodes d’analyses
Deux principales méthodes sont utilisées pour les analyses et les études :
 la méthode analytique ;
 la méthode optique par microscopie.
4.2.3. Méthodes chimiques
Principes de base: Prélèvement et préparation des échantillons ; Présentation des instruments
et des potentialités des principales méthodes d'analyse des matériaux géologiques:
 la spectrométrie d'émission atomique (ICP-AES);
 Spectromètre d’Emission Atomique Couplée à un Plasma Induit (ICP AES);
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 la fluorescence-X (XRF)
 la microsonde.
Spectrophotométrie d’absorption atomique
Un atome n’est capable d’absorber que les rayonnements électromagnétiques qu’il est lui-
même capable d’émettre (loi de Kirchhoff). L’absorption de photons émis par une lampe
émettant le rayonnement caractéristique de l’élément à doser, parfaitement sélective, est à la
base de la spectrophotométrie d’absorption atomique (AAS = Atomic Absorption Photometry).
Cette méthode nécessite généralement une mise en solution. Elle est peu chère, et précise pour
les alcalins, alcalino-terreux, éléments de transition. Cette technique est beaucoup utilisée en
exploration minière surtout pour la recherche de l’or et des métaux de base (Cu, Pb, Zn, Ag,
etc.).
Spectrophotométrie d’émission
Le retour de l’atome excité à l’état fondamental est accompagné de l’émission de son
rayonnement électromagnétique propre, que l’on mesure. L’excitation peut être réalisée dans
une flamme et dans des conditions de température modérée. Dans certains laboratoires, les
analyses chimiques quantitatives d'éléments majeurs et en trace s’effectuent à l’aide d’un
Spectromètre d’Emission Atomique Couplée à un Plasma Induit (ICP AES). Les écarts types
relatifs sont voisins de 2% pour les éléments majeurs et de 5 % pour les éléments en trace.
Les éléments en trace dosés sont les suivants : Rb, Sr, Ba, Sc, V, Cr, Co, Ni, Y, Zr, Nb, La,
Ce, Nd, Sm, Eu, Gd, Dy, Er, Yb,Th, Li, Cu, Zn, Be.
La fluorescence X (X Ray Fluorescence)
Un bombardement beaucoup plus énergique est apte à intéresser les couches les plus internes
et à assurer ainsi des transitions spectrales beaucoup plus énergétiques qui correspondent à
l’émission de rayons X. Ceux-ci sont diffractés suivant la loi de Bragg par un cristal analyseur
connu. On détermine, moyennant comptage de l’intensité, les abondances des éléments au lieu
d’impact. Cette technique, qui ne nécessite pas de mise en solution, permet des analyses de
grande précision sur les éléments majeurs dans les roches.
NB : pour les analyses courantes mono-élémentaires, la technique la plus employée est
l’absorption atomique.
En dehors des spectrométries des rayonnements électromagnétiques (absorption atomique,
émission de photons lumineux et fluorescence X), il existe les spectrométries des particules et
des rayonnements nucléaires. Ce sont :
 la spectrométrie de masse : permet de séparer les ions en fonction de leur rapport
masse/charge grâce à l’association d’un champ électrique et d’un champ magnétique
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perpendiculaire au premier. Cette méthode, beaucoup utilisée en géochronologie et en


géochimie isotopique, est très précise mais coûteuse ;
 la spectrométrie de masse par accélérateur qui utilise plusieurs étages de spectrométrie
de masse ;
 l’analyseur ionique, la sonde nucléaire, l’activation neutronique.
4.3. Méthodes optiques ou spectrales
Il s’agit principalement de la Microscopie optique (analyse macroscopique sous loupe
binoculaire; analyse pétrographique et stratigraphique sous microscopes optiques polarisants).
Dans le domaine du pétrole, cette méthode permet d’étudier la matière organique contenue
dans les roches sédimentaires pour déterminer :
 la typicité de son kérogène : lacustre, marin ou continental ;
 son degré de maturation.
Paramètres déterminés sont :
 le type de matière organique : type I, type II, type III
 l’IAT, l’Indice d’Altération Thermique
 le pouvoir réflecteur de la Vitrinite PRV
4.4. Traitement des données géochimiques
Les données géochimiques sont considérées comme des données géologiques et doivent donc
être interprétées en relation avec l’environnement géologique dans lequel les échantillons ont
été pris. L’apport d’informations géophysiques ne peut qu’améliorer cette interprétation.
La prospection géochimique stratégique avec analyse multiéléments implique, vu le nombre
d’informations obtenues, un traitement plus ou moins automatisé de cette information. La
présentation des résultats fait appel aux programmes de cartographie automatique à
l’ordinateur (cartes de report des valeurs brutes, cartes de report des valeurs anomales avec
figurés spéciaux, cartes de représentation des fonds géochimiques locaux etc.).
Ces différents documents permettent l’établissement d’une carte de synthèse sur laquelle
seront définies les zones anomales méritant un complément d’étude.
En phase tactique, un traitement élémentaire, destiné à déterminer les coupures entre les
teneurs de fond et les teneurs anomales est réalisable à la main.
Les paramètres de distribution sont de deux types :
Les caractéristiques de tendance centrale qui représentent l’ordre de grandeur des teneurs d’un
élément sur l’ensemble des échantillons. Ce sont :
 la moyenne arithmétique : quotient de la somme des teneurs d’un élément par le
nombre d’échantillons
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n
x = 1/n (∑ xi) ; xi = teneur de l’échantillon i
i=1
La moyenne géométrique G : moyenne des teneurs transformées en valeurs logarithmiques
n
log G = 1/n (∑ log xi) ; xi = teneur de l’échantillon i
i=1
Cette estimation de la moyenne constitue souvent une meilleure estimation de la teneur de
fond géochimique que la moyenne arithmétique en diminuant l’importance des valeurs
fortement anomales.
Les caractéristiques de dispersion : elles ont pour but d’apprécier dans quelle mesure les
diverses observations d’une série s’écartent les unes des autres et par conséquent de la valeur
centrale adoptée.
Intervalle de variation : c’est la différence entre les valeurs extrêmes de la variable étudiée :
I = Imax - Imin
Ecart-type (déviation standard) : il tient compte de toutes les valeurs observées par rapport à
la moyenne
σ = √1/n-1(∑(xi – x )2
Coefficient de variation : il est défini à l’aide du rapport de l’écart-type à la moyenne
arithmétique : V=σ/x
Ce coefficient permet de comparer la dispersion de deux séries ; c’est un paramètre sans
dimension qui ne tient pas compte de l’ordre de grandeur des variables.
Déviation géométrique (écart géométrique ε) : c’est le nombre dont le logarithme correspond
à l’écart-type des valeurs logarithmiques des teneurs :
log ε = √1/(n -1) ∑ (log xi – log G)2
Les paramètres de distribution sont utilisés d’une manière habituelle pour l’estimation des
seuils d’anomalie (A) pour les éléments étudiés.
Ainsi par exemple, le seuil permettant d’isoler 2,5% des valeurs les plus élevées (valeurs
anomales) est calculé :
- pour une distribution normale : A = x + 2 σ
- pour une distribution log-normale : A’ = G ε2
NB : Les coupures déterminées uniquement par statistique sont indépendantes de différents
phénomènes naturels dont on doit tenir compte.
On doit également autant que faire se peut déterminer le « fond géochimique » et les seuils
d’anomalie séparément pour chaque ensemble géologique.

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La représentation graphique des distributions d’un élément donnée permet de déterminer à


quelle loi statistique (normale, log normale) s’ajuste le mieux la loi de distribution des teneurs
ou si au sein de l’échantillon global il existe des populations différenciées obéissant à des lois
différentes.

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