PNADT Rapport
PNADT Rapport
du Développement et de
l’Aménagement des Territoires
REPUBLIQUE DU SENEGAL
Un Peuple – Un But – Une Foi
internationale
PODOR
ROSSO GA1 : Culture irriguée, Pêche continentale, élevage
U
SÉNÉGAL NDIOUM
Métropole d’équilibre GA2 : Horticulture, Exploitation minière, Elevage
S intensif
Aéré-Lao
Q
RICHARD TOLL- Métropole régionale GA3 : Culture pluviale à cycle court, Elevage,
Diama
DAGANA Ville secondaire Agroforesterie
I
LOUGA
GA3 GA9 : Elevage, Agroforesterie, Culture pluviale
Lompoul Sur Mer KANEL
A T
GA10 : Ecotourisme
DAHRA LINGUÈRE GA11 : Exploitation minière, culture pluviale, Agroforesterie
KÉBÉMER SINTHIOU
Fass BoyeGA2 RANÉROU BAMAMBÉ
Barkédji GA12 : Culture pluviale, Horticulture, Exploitation minière
Ndoyène
MBORO GA13 : Pêche maritime, Exploitation pétrolière et
MÉKHÉ
Thilmakha GA5 gazière, transport maritime
TIVAOUANE DAROU Vélingara Ferlo GA14 : Habitat, agriculture
MOUSTY Fété Bowé
DAKAR
CAYAR GA12 Baba Garage TOUBA- périurbaine
BAKEL
POUT KHOMBOLE
MBACKÉ Infrastructures Portuaires
et Aéroportuaires
THIÈS DIOURBEL
BAMBEY Aéroport international
Tassète
Fissel
Diakhao Payar Toubéré Kidira Aéroport régional
Ndiosmone GOSSAS
Gniby
GA14 Diaoubé Port international
MBOUR THIADIAYE FATICK
GANDIAYE GUINGUINÉO
DIOFIOR
BIRKELANE Lour-Escale GOUDIRY
Port minéralier
JOAL FADIOUTH FOUNDIOUGNE
MALEM HODAR GA7 Kéniéba
Port sec
Samba Dia
KAOLACK KAFFRINE KOUNGHEUL KOUMPENTOUM
GA13 GA6 PASSY NDOFFANE
Bala Infrastructures Ferroviaires
Djiffére Koussanar et Routières
SOKONE
Wackngouna Maka Gouy Réseau ferroviaire
TOUBACOUTA Demba Koli Réseau autoroutier
NIORO DU RIP
Makacoulibantang Dianké Makhan
TAMBACOUNDA
N
Réseau routier
KARANG POSTE
Keur Ayip
Gueye
GA11
A
Missira
Pata Saiensoutou
Sénoba
E
Vous savez le prix que j’accorde à l’unité na- constituent autant de facteurs bloquant qui entravent les efforts que nous four-
tionale, à l’intégrité territoriale de notre pays, nissons tous les jours.
à la viabilité de nos territoires et à l’équité ter-
Pour apporter plus de cohérence et d’efficacité dans nos politiques d’organisa-
ritoriale. Toutes choses qui reposent sur une
tion, d’occupation, de production et de consommation d’espace, j’ai lancé, dès le
bonne organisation spatiale.
lendemain de mon accession à la magistrature suprême, un certain nombre de
Mes tournées répétées à l’intérieur du pays réformes et de programmes ambitieux pour réduire drastiquement les iniquités
m’ont permis d’avoir en permanence une territoriales.
idée précise sur l’évolution de nos régions,
Plusieurs initiatives, déclinées dans le Plan Sénégal Emergent, qui expriment
de nos départements, de nos communes, de
ma forte volonté d’accélérer le processus de territorialisation des politiques pu-
nos villes et leurs banlieues, de nos cités re-
bliques pour favoriser une meilleure compétitivité de nos territoires, gage d’une
ligieuses, de nos îles et de nos villages. Bref
création massive d’emplois et d’une croissance accélérée, inclusive, durable et
de nos établissements humains…
mieux répartie sur l’ensemble du pays. Il s’agit d’une lutte au quotidien contre
Mes déplacements effectués le long des les déséquilibres, les injustices et les dysfonctionnements.
côtes, de nos fleuves, de nos lacs, ou encore
Pour moi, œuvrer à garantir l’équité de nos territoires et l’égalité des Sé-
dans nos forêts et parcs, nos espaces trans-
négalais est la seule forme de lutte contre les injustices et les inégalités.
frontaliers, et nos zones minières… m’ont éga-
Il n’y a qu’un Sénégal, quel que soit le lieu où l’on vit, c’est le Sénégal de
lement, permis de connaître, avec exactitude, nos potentialités mais aussi nos
tous, le Sénégal pour tous.
faiblesses et contraintes.
Vous l’avez constaté, le territoire national fait l’objet en ce moment d’une trans-
Mes échanges itératifs avec mes compatriotes m’ont, en outre, permis de m’im-
formation structurelle majeure avec la réalisation d’un éventail de chantiers dans
prégner de la réalité quotidienne des Sénégalais.
tout le pays et dans tous les secteurs qui influent sur la qualité de vie de nos
Ce diagnostic que je fais au quotidien du territoire national me permet de consta- compatriotes.
ter les limites objectives de l’action de l’Etat, au niveau central et déconcentré,
Il nous faut cependant, admettre que la plupart des outils de planification spa-
celles des collectivités territoriales, ainsi que celles de notre secteur privé face
tiale élaborés pour asseoir un développement harmonieux et durable du terri-
aux défis du développement.
toire national, n’ont jusque-là connu qu’une très faible application.
Ces limites qui ont pour nom :
En effet, les choix d’implantation de projets structurants, ainsi que l’élaboration
• le déséquilibre entre le tiers ouest et l’est du pays et entre Dakar et les autres et la mise en œuvre des plans directeurs et programmes d’investissement ont
établissements humains ; très peu tenu compte des orientations existantes en matière d’aménagement
• les disparités entre zones urbaines et zones rurales ; du territoire.
• les incohérences territoriales ; D’où l’occupation anarchique de la voie publique et des zones impropres à l’habi-
• la faible valorisation des ressources et potentialités des territoires ; tat qui impactent négativement le cadre et la qualité de vie des populations ainsi
que l’image de nos collectivités territoriales.
• l’enclavement de certaines parties du territoire ;
• l’occupation de zones à risques ; Nous constatons tous, pour le regretter, dans le cadre de la mise en œuvre des
projets phares du Gouvernement, comment l’absence de politiques d’aména-
• les problèmes de mobilité ;
gement du territoire peut impacter la réalisation d’infrastructures socio-écono- • la Loi d’Orientation pour l’Aménagement et le Développement durable des
miques. En effet, l’augmentation des coûts économiques et sociaux induits par Territoires (LOADT) ;
les déguerpissements et les indemnisations y afférentes est une réalité de notre • le Fonds d’Impulsion à l’Aménagement et au Développement territorial (FIA-
quotidien. Une réalité à laquelle nous devons ensemble trouver des solutions DT) ;
durables qui passent nécessairement par le respect des prescriptions de la pla-
• le Visa de localisation ;
nification spatiale.
• les Zones d’aménagement différé ;
Nous constatons, plus gravement encore, combien les conflits récurrents géné-
• l’Observatoire national des Territoires ;
rés par les imprécisions des limites territoriales plombent les projets d’envergure
portés par les départements, villes et communes, privant ainsi ces territoires • la commission nationale de toponymie qui sera chargée de conserver et de
d’importantes opportunités d’investissements et de projets créateurs d’emplois développer le patrimoine toponymique national ;
et de richesses. • la stratégie nationale de correction des incohérences territoriales mise en
place par l’ANAT et la Direction générale de l’Administration territoriale
C’est pourquoi, parallèlement à la mise en œuvre de programmes d’urgence vi-
(DGAT) du ministère de l’Intérieur ;
sant à résoudre les problèmes prioritaires identifiées et à améliorer la vie des po-
pulations rurales et urbaines, j’avais instruit qu’une vaste réflexion soit entreprise • la modernisation et la densification du réseau géodésique national.
pour élaborer le Plan national d’Aménagement et de Développement territorial A partir d’aujourd’hui le PNADT, réceptacle spatial du PSE, devra être considéré
(PNADT), afin de repositionner l’aménagement du territoire au cœur des poli- comme le référentiel de base pour un aménagement harmonieux et durable du
tiques publiques. Il s’agissait, pour le Gouvernement, de mettre la prospective territoire national. Il nous permet d’affronter en face les défis qui nous inter-
spatiale et territoriale à la place qui doit être la sienne, pour une meilleure prise pellent, notamment :
en compte des générations présentes et futures. • le désenclavement de nos territoires ;
Il est apparu au cours de nos travaux que le PNADT a fixé les grandes orienta- • le rééquilibrage de notre armature urbaine ;
tions en matière d’organisation spatiale en tenant compte, d’une part, des po- • la résolution des problèmes d’incohérence territoriale ;
tentialités et des contraintes de nos territoires et, d’autre part, des orientations
retenues dans le Plan Sénégal Emergent. • l’industrialisation du pays ;
• la reforestation durable du territoire national ;
Cet ambitieux outil de planification spatiale a défini une armature urbaine plus
équilibrée et a établi les principes régissant la localisation des grandes infrastruc- • la modernisation de nos systèmes productifs locaux ;
tures, des grands équipements et des services collectifs d’intérêt national pour • l’accès universel aux services socio-économiques et administratifs ;
les prochaines années. Le PNADT intègre par ailleurs les défis et enjeux de • la réduction drastique de l’exode rural et la lutte contre l’émigration clandes-
l’heure, notamment l’aménagement numérique du territoire, le changement cli- tine ;
matique, les récentes découvertes de gaz et de pétrole le long de nos côtes, • la libération des zones à risques ;
l’industrialisation du pays, la sécurité, l’articulation de nos interventions avec les
actions d’aménagement projetées au niveau communautaire, etc. • la préservation et la sécurisation des espaces destinés aux futurs projets.
La mise en œuvre du PNADT contribuera à assurer la cohérence spatiale des J’invite donc tous les acteurs confondus à faire de ce document prospectif le leur
projets socio-économiques et géostratégiques de l’État. et de recourir scrupuleusement aux orientations consignées pour un Sénégal
Emergent dans un développement harmonieux et durable à l’horizon 2035.
C’est la raison pour laquelle, j’approuve le Plan national d’Aménagement et de
Développement territorial (PNADT) et valide l’ensemble des outils qui doivent
faciliter sa mise en œuvre à savoir :
Monsieur Oumar GUEYE, Ministre des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des Territoires (MCTDAT)
Dès son accession à la magistrature suprême, Son Excellence Monsieur Macky territorial (PNADT) est l’outil de pilotage
SALL, Président de la République du Sénégal, conscient des énormes dispa- qui nous permet de les construire de fa-
rités de développement du territoire national avait exprimé sa volonté de s’ap- çon durable en tenant compte des enjeux
puyer sur une bonne organisation spatiale pour doter le Sénégal de territoires et défis qui nous interpellent aujourd’hui
viables, capables de porter, de façon harmonieuse, le développement du pays. comme demain.
C’est ainsi que, lors du Conseil présidentiel sur les inondations du 19 septembre
J’invite donc, toutes les institutions, les
2012, le chef de l’Etat avait instruit le Gouvernement d’élaborer un nouveau
organisations ainsi que tous les acteurs
Plan national d’Aménagement du Territoire qui intègre le Développement terri-
de se l’approprier et d’adopter toutes ses
torial.
orientations dans le cadre de l’application
Après la mise en place du comité technique et le lancement du processus de leurs politiques.
d’élaboration du Plan national d’Aménagement et de Développement territorial
J'adresse mes vives féllicitations à Mon-
(PNADT) par la Commission nationale d’Aménagement du territoire, une série
sieur le Président de la République, Son
de rencontres et d’évènements avait été initiée par mon département pour
Excellence Monsieur Macky SALL pour le
rendre la démarche participative, inclusive et itérative. D’ailleurs, je remercie
travail accompli depuis qu'il est à la tête
tous les acteurs qui ont apporté leurs concours à l’élaboration de ce plan.
du pays.
Aujourd’hui, notre pays dispose d’un outil intelligent d’organisation spatiale qui
facilite le déploiement du Plan Sénégal Emergent (PSE) au niveau de nos Col-
lectivités territoriales. Ces dernières sont les réceptacles spatiaux de nos po-
litiques publiques et le Plan national d’Aménagement et de Développement
Monsieur Mamadou DJIGO, Directeur général de l’Agence nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT)
Pour matérialiser la vision du Président de lais dans les quinze (15) prochaines années, est le résultat d’une combinaison
la République, le Ministère des Collecti- systémique de toutes les intelligences de notre pays. Sa mise en œuvre per-
vités territoriales, du Développement et mettra de répartir de façon intelligente et équitable les infrastructures, les équi-
de l’Aménagement des Territoires par le pements et les services. Elle permettra aussi de bien accueillir les prochaines
biais de l’Agence nationale de l’Aménage- générations et de garantir à tous l'accès aux services sociaux de base.
ment du Territoire, a mobilisé l’ensemble
J’adresse mes remerciements les plus soutenus à Son Excellence, Monsieur
des ministères, de l’administration territo-
Macky Sall, Président de la République du Sénégal pour sa confiance, à tous les
riale, des élus locaux et des acteurs privés
ministres qui ont eu à apporter leurs concours au processus d’élaboration avec
nationaux et internationaux pour relever
une mention particulière à Monsieur Oumar Gueye, Ministre des Collectivités
les défis de notre organisation spatiale.
territoriales, du Développement et de l’Aménagement des Territoires qui a été
L'ANAT a adopté une démarche straté-
un acteur clé et précieux pour l’aboutissement de ce travail fastidieux.
gique de partenariat, de mutualisation et
de décloisonnement pour élaborer le Plan Je remercie aussi tout le personnel de l’ANAT pour leur engagement, tous les
national d’Aménagement et de Dévelop- partenaires sans exception et tous les acteurs qui ont eu à participer au proces-
pement territorial (PNADT) du Sénégal. sus d’élaboration du PNADT.
Cet outil qui projette le territoire sénéga-
Sous l'autorité de :
Monsieur Oumar GUEYE, Ministre des Collectivités Territoriales, du Développement et de l’Aménagement des Territoires (MCTDAT)
Sous la direction de :
Monsieur Mamadou DJIGO, Directeur général de l’Agence nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT)
9
LE COMITÉ TECHNIQUE RESTREINT (CTR)
AVEC L'ACCOMPAGNEMENT DE : M. Moctar DIATTARA, Programme National de Développement Local (PNDL)
M. Momath NDIAYE, Direction de l’Appui au développement local
IDEV-IC
Mme Fatou D. DIACK, Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP)
M. Alexis CAMPAL, Expert Aménagement du Territoire (ancien Directeur de l'Aménagement du Territoire) M. Djibril Waly NDIAYE, Direction Générale du Budget
M. Ousseynou DIOP, Environnementaliste M. Colonel Modou Moustapha SARR, Direction des Eaux et Forêts, Chasses et Conservation des Sols
M. Mamadou SOME, Démographe M. Lamine LABOU, Direction Générale de la Prévision et des Etudes Economiques (DGPPE)
Mme Ndeye Bigué DIOP, Aménagiste M. Pape AMAR, Agence de la Promotion de l’Investissement et des Grands travaux (APIX)
M. Ndiaga DIOP, Environnementaliste M. Mamadou NDAO, Agence des Travaux et de Gestion des Routes (AGEROUTE)
M. Mamadou BA, Spécialiste en décentralisation M. Mamadou Tahirou GANO, Direction Générale de la Planification et des Politiques Economiques (DGPPE)
M. Babacar THIAM, Agence de Développement Local (ADL)
Groupe d’Etude, de Recherche et d’Appui au Développement (GERAD)
M. Khalil Rakhmane NDIAYE, Bureau Opérationnel de Suivi du Plan Sénégal Emergent (BOS - PSE)
Pr. Amadou DIOP, Géographe & Aménagiste Mme Ndeye Marieme SAMB, Agence de Développement Municipal (ADM)
Mme Aby NDAO, Sociologue M. Momar GUEYE, Direction des Stratégies de Développement Territorial
M. Antoine EVIN, Cartographe Mme Fatoumata Bintou Camara FALL, Direction des Collectivités Territoriales (DCT)
M. Jean-Michel EVIN, Prospectiviste M. Baboucar Mboundor NGOM, Direction Générale de l’Administration Territoriale (DGAT)
M. Aboubacry Demba LOM, Economiste/planificateur (ancien Directeur de la Planification) M. Moctar SALL, Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau (DGPRE)
M. El Hadji Mamadou Ndiaye, Expert en transport/logistique Mme Mame Sokhena DIOUCK, Direction de l’Environnement et des Etablissements Classes (DEEC)
M. Abdoulaye DIOUF, Direction Générale de l’Urbanisme et de l’Architecture (DGUA)
M. Jean Pierre Diamane BAHOUM, Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD)
INTECH-PRO
M. Amadou NIANG, Direction Générale des Impôts et Domaines (DGID)
Pr. Aboubacar Chedikh BEYE, Expert Sciences et Génie des matériaux
M. Moussa CAMARA, Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA)
M. Amadou KANE, Expert technologies alimentaires
M. Malick SOW, Direction de l’Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles (DAPSA)
Mme Khady BEYE CAMARA, Expert en finances
10
Sommaire
PREAMBULE
LE CONTEXTE MONDIAL ET SOUS-REGIONAL............................... 28 PILOTAGE DU PROCESSUS............................................................ 33
11
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
12
PNADT - Rapport final
1.3. Les infrastructures de transport structurantes.................... 186 2.5. AXE V : Gouvernance territoriale............................................ 253
2.1. Les organes de pilotage et acteurs de mise en œuvre........ 264 4. MESURES D’ACCOMPAGNEMENT................................. 271
2.1.1. Les organes et structures de pilotage...................................... 264
2.1.2. Rôles et responsabilités des différents acteurs......................... 265
2.2. Instruments techniques........................................................... 266
BIBLIOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE.................................................................. 274
ANNEXES
Annexe 1 : Aires métropolitaines........................................ 274
14
PNADT - Rapport final
15
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
16
PNADT - Rapport final
17
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
SDAGE : Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion concertés ZAC : Zone d’Aménagement Concerté
des Eaux du fleuve Sénégal ZADEC : Zone d’Activités dédiée à l’Ecosystème de la Construction
SDAU : Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme ZES : Zones Economiques Spéciales
SDER : Schéma de Développement de l’Espace Régional ZIC : Zone d'Intérêt Cynégétique
SDS : Schéma Directeur Sectoriel
SENELEC : Société nationale d’Electricité
18
PNADT - Rapport final
19
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
20
PNADT - Rapport final
Tableau 44 : Le niveau de couverture sanitaire du Sénégal en rapport avec les normes de l’OMS.............................................................................................207
Tableau 45 : Les risques majeurs du Sénégal et les mesures de préventions préconisées par le PNADT.................................................................................. 211
Tableau 46 : Cartographie des types d’industries..............................................................................................................................................................................226
Tableau 47 : Actions de mise en place de centres de recherche et d’innovation spécialisés.......................................................................................................233
Tableau 48 : Axes routiers à aménager et à réhabiliter.....................................................................................................................................................................234
Tableau 49 : Proposition de création de nouveaux aéroports internationaux et de modernisation des aéroports secondaires ...........................................236
Tableau 50 : Proposition de modernisation et d’aménagement de ports........................................................................................................................................236
Tableau 51 : Types d’établissements professionnels selon la spécialisation des territoires........................................................................................................248
21
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
22
PNADT - Rapport final
23
PNADT - Rapport final
E
internationale
PODOR
ROSSO GA1 : Culture irriguée, Pêche continentale, élevage
U
SÉNÉGAL NDIOUM
Métropole d’équilibre GA2 : Horticulture, Exploitation minière, Elevage
S intensif
Aéré-Lao
Q
RICHARD TOLL- Métropole régionale GA3 : Culture pluviale à cycle court, Elevage,
I
Diama
DAGANA Ville secondaire Agroforesterie
Localité GA4 : Elevage, Sylviculture, Agriculture
T
LOUGA
GA3 GA9 : Elevage, Agroforesterie, Culture pluviale
Lompoul Sur Mer KANEL
A T
GA10 : Ecotourisme
DAHRA LINGUÈRE GA11 : Exploitation minière, culture pluviale, Agroforesterie
KÉBÉMER SINTHIOU
Fass BoyeGA2 RANÉROU BAMAMBÉ
Barkédji GA12 : Culture pluviale, Horticulture, Exploitation minière
Ndoyène
MBORO GA13 : Pêche maritime, Exploitation pétrolière et
MÉKHÉ
Thilmakha GA5 gazière, transport maritime
TIVAOUANE DAROU Vélingara Ferlo GA14 : Habitat, agriculture
MOUSTY Fété Bowé
DAKAR
CAYAR GA12 Baba Garage TOUBA- périurbaine
BAKEL
POUT KHOMBOLE
MBACKÉ Infrastructures Portuaires
et Aéroportuaires
THIÈS DIOURBEL
BAMBEY Aéroport international
Tassète
Fissel
Diakhao Payar Toubéré Kidira Aéroport régional
Ndiosmone GOSSAS
Gniby
GA14 Diaoubé Port international
MBOUR THIADIAYE FATICK
GANDIAYE GUINGUINÉO
DIOFIOR
BIRKELANE Lour-Escale GOUDIRY
Port minéralier
JOAL FADIOUTH FOUNDIOUGNE
MALEM HODAR GA7 Kéniéba
Port sec
Samba Dia
KAOLACK KAFFRINE KOUNGHEUL KOUMPENTOUM
GA13 GA6 PASSY NDOFFANE
Bala Infrastructures Ferroviaires
Djiffére Koussanar et Routières
SOKONE
Wackngouna Maka Gouy Réseau ferroviaire
TOUBACOUTA Demba Koli Réseau autoroutier
NIORO DU RIP
Makacoulibantang Dianké Makhan
TAMBACOUNDA
N
Réseau routier
KARANG POSTE
Keur Ayip
Gueye
GA11
A
Missira
Pata Saiensoutou
Sénoba
E
28
PREAMBULE PNADT - Rapport final
29
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
B. LE CONTEXTE NATIONAL
30
PREAMBULE PNADT - Rapport final
plois, d’inclusion sociale et à sur une décennie. La cohérence les acteurs et en articulant les territoriales. Dakar, Pikine et Gué-
forte capacité d’exportation et des programmes et projets avec les compétences à transférer aux diawaye sont couvertes par le statut
d’attraction d’investissements axes stratégiques est assurée par ressources techniques, financiè- de villes sur le périmètre). Avec la
(l’agriculture et l’agrobusiness, le programme d’actions prioritaires res et humaines ; réforme, les communautés rurales
l’habitat social, le tourisme et le (PAP) qui opérationnalise le PSE sur et les communes d’arrondissement
• Améliorer les mécanismes de
secteur minier) ; une période quinquennale. sont érigées en communes de plein
financement du développement
exercice. Le Sénégal compte 557
Axe 2 : le capital humain, la pro- territorial et de la gouvernance
communes, dont 5 Villes (Dakar,
tection sociale et le développe- B.3. L’Acte III de la décentralisa- budgétaire pour un véritable dé-
Pikine, Guédiawaye, Rufisque et
ment durable qui constituent le tion veloppement économique et so-
Thiès.).
volet social du PSE en s’inscri- cial de nos territoires.
vant dans une amélioration si- La nouvelle réforme dite Acte III L’Acte III de la décentralisation
de la décentralisation vise à cor- L’adoption de l’Acte III (Loi 2013-
gnificative des conditions de vie constitue un grand pari selon les au-
riger les faiblesses diagnostiquées 10 du 28 décembre 2013) a conduit
des populations, une lutte plus torités avec le souci d’une approche
et à renforcer les acquis significatifs à la communalisation intégrale et
soutenue contre les inégalités de développement économique
à l’échelle nationale pour un déve- permettra à toutes les collectivités
sociales tout en préservant la majeure articulant la dimension
loppement local harmonieux et du- territoriales d’exploiter les nouvelles
base de ressources et en favo- territoriale via une judicieuse poli-
rable. Cette réforme vise à organi- opportunités qui leur sont offertes
risant l’émergence de territoires tique d’aménagement du territoire.
ser le Sénégal en territoires viables à savoir améliorer, par des équipe-
viables ; La mise en perspective de cette
et compétitifs, porteurs de dévelop- ments, la plateforme minimale des
réforme a pour objet de tirer profit
Axe 3 : la gouvernance, les ins- pement durable. infrastructures socio-économiques
des potentialités et vocations des
titutions, la paix et la sécurité de base, recruter du personnel
L’Acte III de la décentralisation pour- territoires dans le cadre de la mise
qui mise sur le renforcement qualifié et accéder facilement aux
suit les objectifs spécifiques sui- en œuvre des projets concrets issus
de la sécurité, de la stabilité et financements des partenaires au
vants : des différents programmes.
de la gouvernance, de la pro- développement et de la coopéra-
tection des droits et libertés et tion décentralisée. Cette nouvelle Il s’agit de réussir ce qui n’a été
• Construire une cohérence terri-
de la consolidation de l’État de politique permet un meilleur aména- qu’esquissé dans le passé, à savoir
toriale par une réorganisation de
droit afin de créer les meilleures gement de l’espace rural et une har- l’assemblage et la mutualisation
l’espace et l’émergence de pô-
conditions d’une paix sociale et monisation de son architecture. Les précise des différents plans d’ac-
les de développement ;
de favoriser le plein épanouisse- départements sont érigés en Collec- tion au service d’une politique
ment des potentialités. • Assurer la lisibilité des échel- tivités territoriales et la suppression d’aménagement réinventée et
les de gouvernance territoriale de la région en tant que collectivité confortée par une architecture
Ces trois axes stratégiques sont en clarifiant les relations entre a été décidée (A ce stade, seuls 42 institutionnelle rénovée.
déclinés en programmes et projets départements sont des collectivités
31
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
C. OBJECTIFS DU PNADT
Du point de vue institutionnel, le • promouvoir l’émergence de pô- • promouvoir une bonne cohéren- Le processus d’élaboration du
Plan national d’Aménagement et de les de développement par une ce territoriale ; PNADT a été lancé le 30 Décembre
Développement territorial (PNADT) valorisation durable et cohérente 2014 par la Commission nationale
• promouvoir une bonne maîtrise
constitue un levier pour la mise en des ressources et potentialités de l’Aménagement et du Dévelop-
de l’information territoriale ;
œuvre de l’Acte III de la décentra- des territoires ; pement territorial (CNADT), prési-
lisation et son approfondissement. • renforcer l’intégration du Séné- dée par le Ministre chargé de l’Amé-
• assurer l’équité territoriale dans
gal au niveau sous-régional et nagement du Territoire.
Le PNADT se substitue au PNAT l’accès aux services publics ;
mondial.
afin de mieux intégrer la dimension
• doter les territoires de facteurs
« développement territorial ».
de production performants ;
Son objectif global est de pro-
mouvoir le développement du
Sénégal à partir de ses territoires
par une bonne structuration de
l’espace et une valorisation du-
rable des ressources et potentia-
lités des territoires.
Il s’agit à travers le PNADT, de do-
ter le Sénégal d’un outil intégré et
partagé d’aménagement et de dé-
veloppement du territoire, cadre de
référence spatiale pour la territoriali-
sation des politiques publiques.
Les objectifs spécifiques visés
consistent à :
• assurer une bonne structuration
du territoire par une armature
urbaine équilibrée et un réseau
adéquat d’infrastructures et
d’équipements ;
D. PILOTAGE DU PROCESSUS
Le pilotage et l’exécution du projet impliquent plusieurs instances et catégories d’acteurs illustrées par la figure ci-après :
Figure 1 : Pilotage du processus d’élaboration du PNADT
33
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
E. DEMARCHE METHODOLOGIQUE
Le processus d’élaboration du Plan ont été conçues aux fins de recueil- La phase de diagnostic toriels qui ont procédé à des appro-
national d’Aménagement et de Dé- lir les données concernant les diffé- bations provisoires et indiqué pour
veloppement territorial (PNADT) rents thèmes définis dans les TDR, Cette phase s'est déroulée entre chaque rapport les compléments à
comprend essentiellement trois aux échelles régionales et départe- janvier 2015 et décembre 2017. Les apporter au cours d’ateliers organi-
phases : (i) la phase préparatoire, (ii) mentales, et pour la période 2007- travaux réalisés ont abouti à l’élabo- sés en juillet et décembre 2016.
la phase diagnostic du territoire et 2017 (selon la disponibilité des don- ration et à la validation des 9 études
(ii) la phase de formulation de pro- nées). Ces fiches ont été validées thématiques suivantes : Sur la base de ces rapports théma-
jets d’aménagement et de dévelop- au cours d’un atelier de deux jours tiques actualisés, un rapport du bi-
• Plans et stratégies de mise en lan-diagnostic a été élaboré. L’ana-
pement territorial. (28-29 mai 2015) et ont été trans-
œuvre des politiques publiques ; lyse du rapport du bilan-diagnostic
mises aux structures techniques
La phase préparatoire concernées. Le recueil des fiches • Développement humain durable ; a été faite suivant une démarche à
de collecte remplies s’est avéré être la fois systémique, évolutive et spa-
Cette phase a été marquée par • Dynamiques économiques ; tiale.
l’étape la plus délicate du proces-
l’élaboration et la validation d’une
sus, puisque marquée par des sé- • Habitat, Urbanisme et cadre de Afin de ressortir les interrelations
note de cadrage et d’un rapport
quences d’attente parfois longues. vie ; entre les secteurs, les 9 études
d’orientation méthodologique, qui
présente les différentes étapes et la Parallèlement, la collecte documen- • Environnement et gestion des thématiques ont été regroupées en
démarche pour les conduire. taire a été menée au niveau des ressources naturelles ; quatre grands thèmes :
services techniques concernés par Thème 1 : Environnement et Res-
L’atelier du 30 décembre 2014, • Dynamique spatiale et gouver-
les thématiques du bilan diagnos- sources naturelles ;
présidé par le Ministre chargé de nance territoriale ;
tic, avec pour objectif de recueillir
l’aménagement du territoire, a per-
la documentation actualisée sous • Appui à la production; Thème 2 : Dynamiques démogra-
mis d’informer et de sensibiliser les
forme de rapports annuels, de phiques, spatiales et développe-
acteurs des différents segments na- • Diagnostic de l’Aménagement
rapports d’activités, de cartes, de ment humain ;
tionaux sur les enjeux et le proces- numérique du territoire national ;
lettres de politiques sectorielles, de
sus d’élaboration du PNADT. Thème 3 : Dynamiques écono-
revues annuelles, etc. Des points • Actualisation de la cartographie
A la suite de l’atelier, les théma- focaux ont été désignés dans les miques et intégration régionale ;
des ressources et potentialités
tiques ont été identifiées et des structures techniques, par courrier naturelles du Sénégal. Thème 4 : Gouvernance territoriale.
termes de références élaborés pour officiel, pour suivre le processus et
chacune. Les TDR ont été validés faciliter la collecte de données. Chaque rapport thématique a pris L’analyse s’est faite sur la base d’une
par le Comité Technique Restreint en compte les orientations et ac- série de données sur une période
Le traitement et l’analyse des don- tions préconisées par le PNAT ho- plus ou moins longue de 10 ans, de
(CTR) au cours d’un atelier organisé
nées et de la documentation ont rizon 2021 et les a analysées, avant préférence entre 2007 et 2017 sui-
en mars 2015.
permis d’élaborer les premières de procéder au diagnostic. vant la disponibilité des données ou
De même, les outils de collecte de versions des rapports thématiques. au-delà, mais en l’absence de don-
données, constitués de fiches, ont Les rapports thématiques ont été
nées sur cette échelle temporelle,
été préparés et validés. Les fiches soumis à la validation par les sec-
34
PREAMBULE PNADT - Rapport final
les analyses sont faites à partir des Le rapport du bilan-diagnostic a et les enjeux prioritaires en matière • Les activités économiques.
données de période antérieure. été partagé avec les services tech- d’aménagement et de développe-
Les données obtenues des sec-
niques de l’Etat à travers une réu- ment pour chaque type de territoire
Les différentes données sont is- toriels ont été analysées. En l’ab-
nion du Comité technique restreint afin de fournir un outil d’aide à la
sues de : sence de données (ou lorsque
(CTR), par l’envoi du document par décision pour la territorialisation des
celles-ci ne conviennent pas), la
• L’ANSD (données du RGPHAE courrier officiel. L’objectif était de politiques publiques et pour le suivi
méthode du scoring (notation à dire
(2013), RGE (2017)) ; recueillir les commentaires des ser- des dynamiques territoriales.
d’expert) a été systématiquement
vices techniques de l’Etat.
• L’ANAT (cartographie, télédétec- L’entrée territoriale choisie est le appliquée pour pouvoir prendre en
tion, analyse spatiale) ; Le document a été également par- département qui, dans le contexte charge toutes les variables straté-
tagé avec les acteurs territoriaux à actuel de la décentralisation est le giques. Elle s’appuie sur une bonne
• Les ministères sectoriels (don- travers l’organisation de comités seul territoire potentiel de projets connaissance du terrain et des en-
nées brutes sur les secteurs, les régionaux de développement (CRD) ayant une taille suffisamment cri- jeux d’aménagement et de dévelop-
lettres de politique sectorielle, dans les 14 régions du pays entre tique pour accueillir et mettre en pement liés à chaque territoire.
les revues annuelles, etc.). octobre et décembre 2017. œuvre les actions structurantes de
L’outil statistique utilisé est l’ana-
Les différents angles d’analyse uti- développement et des aptitudes
Les CRD ont permis de recueillir les lyse en composantes principales
lisés sont : requises pour faciliter le portage
enjeux d’aménagement et de dé- (ACP) qui est une méthode facto-
institutionnel des priorités d’aména-
veloppement des régions, pour ali- rielle de réduction de dimension
• Le potentiel du secteur ; gement et de développement iden-
menter les travaux de planification pour l’exploration statistique de
tifiées.
• Les politiques et stratégies de dé- prospective, afin de proposer des données quantitatives complexes.
veloppement mises en œuvre ; axes et des orientations. Pour garder la cohérence avec le bi- L’ACP a permis de résumer les va-
lan diagnostic, les thématiques ana- leurs prises par les quarante-cinq
• Les performances et acquis ; Pour compléter le bilan diagnostic, (45) départements (individus) sur
lysées sont :
• Les contraintes et faiblesses ; une analyse spatiale a été faite afin l’ensemble des variables de chaque
de définir la typologie des terri- • La démographie et l’occupation thématique.
• Les perspectives de dévelop- toires. du sol ;
pement dans le cadre du Plan
Sénégal émergent ; Les objectifs étaient d’identifier des • Le développement humain (ac-
profils territoriaux homogènes dans cès aux services sociaux de
• Les enjeux en matière d’aména- leurs caractéristiques : les traits gé- base et cadre de vie) ;
gement et de développement du néraux, les atouts, les contraintes
territoire. • La vulnérabilité des territoires ;
35
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
La phase prospective la phase de diagnostic et la formu- La prospective consiste à pen- qui est le cadre de référence de
lation du PNADT. Il a mobilisé les ser dans le long terme pour agir la politique publique au Sénégal ;
Elle s’est déroulée entre juin et acteurs de la sphère publique (élus avec plus d’efficacité sur les mé-
décembre 2018 et marquée par la • Le bilan-diagnostic du présent
et techniciens), plus d’une centaine canismes de prise de décision du
tenue d’un atelier de prospective plan qui a permis d’établir la si-
de participants. court/moyen terme, selon la figure
territoriale organisé du 25 au 28 juin tuation de référence exhaustive
suivante :
2018. Elle marque la transition entre de l’aménagement et du déve-
loppement du territoire sénéga-
lais ;
Figure 2 : La prospective territoriale
• Les lettres de politiques sectori-
Rétro prospective compréhension des elles et les documents de revue
dynamiques territoriales (-5/20 ans)
annuelle des secteurs ;
• Les documents de conférence
territoriale des régions ;
de la vision à • Les résultats de l’atelier national
Simple exercice MOYEN TERME
l’application : les Vision de référence de prospective qui a réuni l’en-
de planification STRATEGIQUE
choix stratégiques semble des structures centrales
et déconcentrées de l’Etat ;
• L’analyse de la typologie des ter-
Présent ritoires réalisée dans le sillage de
Prospective Passé
l’élaboration du bilan-diagnostic ;
Des futurs possibles
à une vision • Le Plan national d’aménagement
souhaitable (20 ans et +) du territoire (PNAT) dont certai-
nes recommandations demeu-
L’atelier de prospective territoriale jeux de développement du territoire tations stratégiques et objectifs rent pertinentes pour le présent
a permis la participation des dif- national. spécifiques ont été définis. plan.
férentes catégories d’acteurs de Le PNADT s’inscrit ainsi dans les
l’aménagement du territoire à la La formulation des scénarii (scéna- Le cadre de référence qui a alimenté
rio tendanciel, scénario catastrophe et guidé le processus d’élaboration grandes orientations politiques de
consolidation des enjeux d’amé- l’Etat et doit, dans la mesure du
nagement et de développement et scénario souhaité) est basée sur des propositions d’aménagement
les variables motrices et les indica- et de développement territorial s’ar- possible, refléter les aspirations de
pré-identifiés dans le bilan-diagnos- celui-ci en matière de développe-
tic et à la proposition, suivant une teurs susceptibles d’influencer les ticule ainsi autour des points sui-
évolutions futures. Pour la réalisa- vants : ment en général et de développe-
démarche de prospective territo- ment territorial en particulier.
riale, des orientations et options tion du scénario souhaité, des orien-
• Le Plan Sénégal Émergent (PSE)
d’aménagement répondant aux en-
36
PREAMBULE PNADT - Rapport final
Récapitulatif
Le récapitulatif de la démarche est présenté dans le tableau ci-dessous :
Tableau 1 : Les phases du PNADT
• Proposer des stratégies d’aménagement du territoire permettant d’assurer • Rapport sur la hiérarchie fonctionnelle des établissements humains ;
une bonne structuration du territoire, une valorisation durable des ressources
• Rapport sur l’actualisation des zones spécifiques d’aménagement ;
et potentialités ainsi que la réduction des inégalités ;
• Rapport sur le scénario de recomposition territoriale ;
• Intégrer dans les stratégies proposées les défis et enjeux liés aux change-
La formulation ments climatiques, à l’urbanisation, aux technologies de l’information et de la • Rapport sur les stratégies de valorisation des ressources et poten-
du PNADT communication et à la mondialisation ; tialités des territoires ;
• Proposer des instruments et mécanismes de mise en œuvre et de suivi du • Plan national d’Aménagement et de Développement territorial.
PNADT.
37
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
F. PLAN DU RAPPORT
Le présent rapport est composé, en plus de l’introduction générale, de la conclusion et de la bibliographie, de quatre parties :
• Première partie : Analyse du territoire ;
• Deuxième partie : Présentation de la vision et des orientations stratégiques ;
• Troisième partie : Propositions d’aménagement et de développement du territoire ;
• Quatrième partie : Stratégie de mise en œuvre du PNADT.
La première partie « Analyse du territoire » rappelle le résumé du rapport du bilan-diagnostic et dégage les grands enjeux en matière d’aménagement et
de développement territorial.
En partant des enjeux majeurs identifiés, la deuxième partie, « Présentation de la vision et des orientations stratégiques », présente l’esquisse des scénarii
d’aménagement et de développement du territoire avant d’établir la vision et les orientations stratégiques émanant du scénario retenu à savoir celui du
développement harmonieux du territoire.
La troisième partie portant sur « les propositions d’aménagement et de développement du territoire » est composée du schéma de structure qui donne la
configuration du territoire à l’horizon 2035 et des propositions d’actions d’aménagement et de développement territorial pour réaliser la vision souhaitée.
Enfin, la quatrième partie intitulée « Stratégie de mise en œuvre » décrit les organes et instruments de mise en œuvre, les mécanismes de suivi et
d’évaluation et la stratégie de vulgarisation, à la suite de l’analyse AFOM de la mise en œuvre. Les organes et instruments de mise en œuvre concernent
les acteurs, les instruments juridiques et techniques et la stratégie de financement.
38
PREMIÈRE PARTIE
ANALYSE DU TERRITOIRE
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
Cette première partie synthétise le • Les dynamiques démographi- ques et le cadre de vie, la typo- par rapport aux dynamiques éco-
bilan diagnostic du territoire en ana- ques et spatiales à travers la logie des territoires par rapport nomiques et les atouts, faibles-
lysant les thématiques suivantes : démographie, la structure du ter- au développement humain et les ses, opportunités et menaces ;
ritoire national, les dynamiques atouts, faiblesses, opportunités
• L’environnement et les ressour- • La gouvernance territoriale à tra-
spatiales, la typologie des dé- et menaces ;
ces naturelles à travers le mi- vers l’historique de la déconcent-
partements en fonction de la dé-
lieu physique, la cartographie • Les dynamiques économiques ration et de la décentralisation,
mographie et de l’occupation de
des ressources naturelles, les et l’intégration régionale et les acteurs de la gouvernance
l’espace et les atouts, faiblesses,
changements climatiques et ris- sous-régionale à travers les per- territoriale, les outils de la gou-
opportunités et menaces ;
ques, la typologie des territoires formances macroéconomiques, vernance territoriale, les instru-
par rapport à l’environnement et • Le développement humain à tra- le secteur primaire, le secteur se- ments de financement des colle-
aux ressources naturelles et les vers l’accès aux services sociaux condaire, le secteur tertiaire, les ctivités territoriales et les atouts,
atouts, faiblesses, opportunités de base, la qualification, l’emploi secteurs d’appui à la production, faiblesses, opportunités et me-
et menaces ; et la vulnérabilité sociale, la sécu- l’intégration économique régio- naces.
rité et la protection civile, les ris- nale, la typologie des territoires
41
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Source:CSE, 2015
Réalisation: ANAT, Fév rier 2018
42
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
E
S
200 - 400
U
Les ressources en eau douce du 400 - 600
600 - 800
Sénégal comprennent les eaux de
Q
800 - 1 000
pluie, les eaux de surface et les 1 000 - 1 200
I
1 200 - 1 400
eaux souterraines.
T
M A U R I TA N I E 1 400 - 1 600
N
Les eaux de pluie sont estimées
A
à 132 milliards de m3/an (ASPID,
2013). Elles sont générées entre le Louga
L
mois de Juin et d’Octobre. D’une
T
Matam
manière générale, les précipitations
A
décroissent du Sud vers le Nord et Thiès
sont caractérisées par leur variabilité Diourbel
spatio-temporelle. La moyenne plu- Dakar
viométrique annuelle est estimée à
environ 1 200 mm/an à Ziguinchor, Kaffrine MALI
600 mm/an dans le Bassin arachi- Fatick
N
43
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Cours d’eau Longueur (km) Bassin versant (km2) au Sénégal Débit moyen annuel
Le lac de Guiers est un lac d’eau douce alimenté à partir du fleuve Sénégal par le canal de la Taouey. Sa superficie est de 170 km² pour une longueur de
35 km et une largeur de 8 km. La réserve d’eau douce du lac de Guiers est estimée à 600 millions de m3.
Le potentiel de ressources en eau de surface est inégalement réparti sur le territoire comme le montre la carte 3 :
44
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
N
Le potentiel en eaux souterraines
est constitué par le bassin sédi-
mentaire sénégalo-mauritanien qui
occupe la majeure partie du pays
S
45
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
E
N
! Chef lieu de département environnementales
Limite d’Etat
U
!
!
Podor Types d'unités aquifèr es D’une manière générale, les res-
Q
S
Dagana
Calcaire Eocène sources en eau sont essentielle-
I
Saint- !
MA URITANIE Littoral Nord en eau potable des populations, la
N
Louis
Maastrichtien pratique de l’agriculture (sous-pluie,
irriguées), la fourniture d’électrici-
A
Socle granitique
Linguère Kanel !
Kébémer
! Ranérou Unité d’eau salée productive pour les autres secteurs
T
!
Pikine
!
Unité centrale
d’activités. Les eaux de pluie, per-
A
Foula
Bounkiling
Vélingara ! (barrages anti-sel d’Afiniam et de
C
!
Saraya
Guidel) et autour du Lac de Guiers
Bignona ! Kolda
(Usine d’eau de Gnith et de Keur
O
!
!
Ziguinchor
!. Sédhiou Salémata
! Kédougou Momar Sarr). Des projets et pro-
!
! !.
Goudomp
!
grammes de mobilisation des eaux
Oussouye
de ruissellement sont également
GUINEE BISSAU 0 200km GUINEE Source: DGPRE
50 100
Réalisation: ANAT, novembre 2016 mis en œuvre à travers tout le pays
par l’aménagement de bassins de
Carte 4 : Unités aquifères du Sénégal
rétention et de retenues collinaires.
Le bassin sédimentaire qui couvre aquifère intermédiaire et le système calisées dans la partie Sud-Est du L’exploitation des eaux souterraines
les 4/5 de la superficie du territoire des nappes profondes. Sénégal. La nappe est constituée par les forages représente près de
national abrite trois (3) grands sys- par plusieurs aquifères juxtaposés, 60% de la production d’eau potable
tèmes aquifères : le système des Les formations du socle ancien du discontinus à semi-continus avec à l’échelle nationale (soit 164 908
nappes superficielles, le système Précambrien occupent 17% du ter- une potentialité en eau estimée à 746 m3 en 2014, DGPRE).
ritoire national essentiellement lo- 3.6 millions de m3/an.
46
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
Les contraintes et faiblesses liées à mauvaise qualité de l’eau dans cer- 1.2.2. Ressources végétales et fauniques
l’exploitation durable des ressources taines zones du territoire (excès de [Link]. Le potentiel végétal et faunique
en eau sont la variabilité de la pluvio- sel, de fer, de fluor ou de chlore) et
métrie, l’évaporation, l’avancée du les contraintes d’ordre techniques Le Sénégal présente divers types conditions topo-édaphiques. Les
biseau salé, la pollution des nappes liées à l’atteinte de l’aquifère situé de végétation avec des caractéris- superficies des formations végé-
et des eaux de surface, le rétré- dans des profondeurs de plus en tiques différentes et inégalement tales sont indiquées dans le tableau
cissement des nappes (dû à l’effet plus basses souvent inférieures à répartis sur le territoire national du suivant.
conjugué de leur surexploitation et 250 m. fait du gradient climatique et des
de la baisse de la pluviométrie), la
Tableau 4 : Superficie des formations végétales
[Link]. Politiques de gestion durable des ressources hydriques
L’État sénégalais a mené depuis plu- Concernant la gestion des cours Formations Superficie (ha)
sieurs décennies, une politique de d’eau partagés (fleuves Sénégal
maîtrise de l’eau visant à mettre à et Gambie), le Sénégal a ratifié les Steppe arbustive 2 160 400
la disposition des divers utilisateurs différentes conventions internatio-
une eau en quantité suffisante et de nales conclues dans les cadres des
qualité appropriée selon les usages. organismes de bassin que sont l’Or- Steppe arborée 3 203 900
Cette volonté politique s’est tra- ganisation pour la Mise en Valeur
duite par la réalisation de plusieurs du fleuve Sénégal (OMVS) et l’Or-
infrastructures hydrauliques (puits, ganisation pour la mise en valeur du Savane arbustive 452 600
forages, retenues, barrages, etc.), Fleuve Gambie (OMVG).
la mise en place d’un système de
planification et de gestion des res- Dans le cadre du Plan Sénégal Emer-
gent, les actions sont orientées vers Savane arborée 4 624 400
sources en eau et le renforcement
constant du cadre institutionnel et une meilleure connaissance de la
réglementaire qui font de cette res- ressource, l’accès à l’eau, la gestion
Forêts claires 2 241 700
source un bien commun à tous. Le de la qualité de l’eau, le transfert de
statut juridique des ressources en l’eau, le dessalement de l’eau de
eau est régi par le Code du domaine mer et la coopération transfronta-
Forêts denses sèches 39 500
de l’État tandis que le Code de l’eau lière.
détermine les régimes d’utilisation Source : CSE Annuaire sur l'environnement et les ressources naturelles, Août 2018 (PFS 2005-
des eaux et organise la préservation 2025)
et la protection qualitative de la res-
source en eau.
47
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Ces différents types de végétation présentent divers faciès comme le montre la carte ci-dessous. Ces ressources sont réparties dans
les différents domaines phytogéo-
graphiques du pays. Elles sont ren-
N
48
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
contingentés dont les quantités à de brousse, les pressions agricoles d’autres documents et instruments forêts aménagées en 2018 pour
exploiter sont fixées annuellement et minières, les mauvaises pra- de politique nationale. A ces ins- une superficie de 1 090 110 ha dont
et dictées par les capacités d’ex- tiques pastorales etc. Ces mêmes truments, s’ajoutent des mesures 1 086 420 ha servant, entre autres
ploitation des forêts dans les zones facteurs constituent également des institutionnelles, juridiques et régle- objectifs, à la production de char-
aménagées et dans les zones non contraintes dans l’exploitation de la mentaires pour la mise en œuvre de bon (DEFCCS, 2018).
aménagées ouvertes à l’exploita- faune car ils représentent une me- la politique forestière en matière de
tion. Ainsi, les prélèvements de nace sur l’habitat faunique. conservation de la biodiversité et de Concernant la gestion de la faune,
combustibles ligneux quant à eux gestion durable des écosystèmes des actions de protection et de
[Link]. Stratégies de gestion durable conservation portent d’une part
s’élèveraient en moyenne à plus des ressources végétales et fauniques naturels.
de 4 millions de m3 par an. Ce qui sur le repeuplement des aires pro-
correspondrait à une perte de 50 Les nouvelles orientations de poli- En plus, l’aménagement des forêts tégées avec des espèces telles
000 ha/an de forêt (PNAE, 1997 et tique générale en matière de ges- est devenu plus que jamais une né- que Elan du cap, Impala, Koudou,
PSACD 2001). tion des ressources forestières cessité pour une gestion durable Waterbuck, Girafe, Oryx et Buffle
sont adoptées et mises en œuvre des forêts compte tenu des effets d’eau et d’autre part sur l’amodia-
Les contraintes majeures liées à travers le document de Politique néfastes du changement climatique tion exclusivement pratiquée dans
à l’exploitation optimale des res- Forestière du Sénégal (PFS) pour qui sont accentués de plus en plus les zones dédiées qui peuvent se
sources naturelles sont le fait de la période 2005/2025. C’est un ins- par des actions anthropiques. A cet trouver aussi bien en zone d’intérêt
facteurs agro-climatiques tels que la trument de gestion intégrée des effet, le Sénégal compte 37 forêts cynégétique qu’en zone de terroir.
péjoration du climat, la salinisation ressources naturelles, articulé avec aménagées en 2014 pour une su-
et l’acidification des terres, les feux perficie de 888 228 ha1 contre 61
[Link]. Le potentiel
Le Sénégal bénéficie d’atouts hy- maritimes, continentales et aqua- Le potentiel aquacole du pays est lié tales et biophysiques favorables à
drophysiques et biologiques pour coles d’une grande diversité biolo- en grande partie à un réseau hydro- l’aquaculture. Les principales es-
le développement de la pêche avec gique. Les ressources maritimes graphique très dense constitué par pèces élevées au Sénégal sont le ti-
notamment 718 km de côtes, un sont caractérisées par des res- le fleuve Sénégal, le fleuve Gambie, lapia du Nil (Oreochromis niloticus),
espace maritime d’environ 198 sources pélagiques hauturières, des la Falémé, le fleuve Casamance, le tilapia d’eau saumâtres (Sarothe-
000 km², une biodiversité halieu- ressources pélagiques côtières, des les estuaires ainsi que plusieurs af- rodon melanotéron), le poisson chat
tique élevée, des variations hydro- ressources démersales côtières, fluents. A cela, il faut ajouter le lac africain (Clarias gariepinus), les cro-
logiques marquées par la présence des ressources démersales pro- de Guiers, la vallée du Ferlo, la ri- codiles, les mollusques, les huitres,
du phénomène d’upwelling et une fondes et de la flore algale. Les res- vière Kayanga, les lacs collinaires, les micro et macro algues, les pois-
forte tradition de « grands pêcheurs sources continentales abondantes les écosystèmes lacustres, les sons ornementaux.
» des populations. dans les estuaires (Sine Saloum et nombreux marigots et mares et les
Casamance) concernent essentiel- bassins de rétention disséminés
Le potentiel en ressources halieu- lement les poissons, les crevettes et dans le pays. Le Sénégal présente
tiques est constitué de ressources les mollusques (huitres ou arches). aussi des conditions environnemen-
1 Rapport annuel Cellule de Planification et de Suivi Evaluation du MEDD, 2015
49
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
[Link]. Exploitation et contraintes rant ces dernières décennies. En ef- base (de débarquement, de condi- mise en place de Conseils locaux
fet, en 2000, la production estimée tionnement et de conservation) de pêche artisanale (CLPA) et la
L’exploitation des ressources mari-
s’élevait à 54407 tonnes, tandis dans les centres de pêche artisa- création d’antennes et de bureaux
times est faite dans la ZEE sénéga-
qu’en 2013, elle se situait autour de nale. régionaux sur le territoire national.
laise caractérisée par une grande di-
13158 tonnes et pour 9509 tonnes
versité biologique avec un potentiel L’aquaculture quant à elle reste Le Sénégal a également signé de
en 2015. Cette pêche est pratiquée
de capture de l’albacore, du listao et confrontée à une faiblesse des nombreux accords de réciprocité
dans la vallée du fleuve Sénégal,
du patudo estimé entre 25 000 et moyens d’intervention, à l’accessi- avec ses pays voisins et les cadres
les bolongs du Sine-Saloum, la
30 000 tonnes. Les stocks des prin- bilité d’un aliment de qualité pour de coopération sont aussi dévelop-
Moyenne et Haute Casamance, les
cipales espèces surexploitées sont poissons, un engouement du sec- pés avec l’UEMOA, la Commission
bassins de l’Anambé et la Haute
les albacores (Thunus albacores) et teur privé pour faire des investisse- Sous-régional des Pêches, l’Union
Gambie.
voilier (Istiophorus playpeterus). Ain- ments structurants dans le secteur. européenne, la FAO, la Conférence
si, le secteur de la pêche maritime Dans le sous-secteur de l’aqua- ministérielle sur la Coopération Ha-
[Link]. Stratégies de gestion durable
traverse une crise marquée, entre culture, des efforts notables ont été des ressources halieutiques et aqua- lieutique entre les états riverains de
autres, par la raréfaction des prin- relevés dans la réalisation d’enclos, coles l’Océan Atlantique (COMAHFAT), le
cipales ressources démersales cô- d’étangs et de bassins aquacoles Comité pour la pêche continentale
tières et profondes due à un effort principalement dans les zones Nord Pour faire face aux menaces qui et l’aquaculture, etc.
de pêche important qui se traduit (Fleuve Sénégal), Centre (Sine Sa- pèsent sur les ressources et au
par une baisse de leurs biomasses, loum) et Sud (Casamance). risque de surexploitation des res- Dans sa stratégie de diversification
de leurs indices d’abondance, etc. sources halieutiques, l’Etat du Sé- des produits de la pêche, le Sénégal
De manière globale, le développe- négal a pris un certain nombre de contribue à la mise en place d’un en-
Pour les ressources de la pêche ment du secteur de la pêche (mari- mesures politiques à travers no- vironnement favorable au dévelop-
continentale, la Direction de la time et continentale) se heurte à de tamment le Plan Sénégal Emergent pement de l’aquaculture à travers le
Pêche continentale (DPC) souligne nombreuses contraintes comme la (PSE), la nouvelle Lettre de Politique secteur privé et les communautés.
l’absence d’études d’évaluation surexploitation des ressources ha- Sectorielle de Développement de la Ainsi, la production aquacole devra
des ressources aquatiques conti- lieutiques, la dégradation continue Pêche et de l’Aquaculture (LPSDPA) contribuer à hauteur de 10% du vo-
nentales, ce qui ne permet pas de des zones côtières, la faiblesse du de 2016 – 2023, l’érection du CRO- lume total des pêches de capture
se prononcer avec exactitude sur système de gestion des ressources DT en Centre régional de formation, de produits halieutiques et à la créa-
l’état des stocks. Toutefois, selon halieutiques et l’inadaptation et l’in- la création de l’Agence nationale de tion de 20 000 emplois au Sénégal
la même source, il est noté une suffisance des infrastructures de l'Aquaculture (ANA) depuis 2011, la à partir de 2023.
baisse drastique des captures du-
50
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
51
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
L’exploitation des sols et des mo- concentrées dans le bassin arachi- ces terres sont cultivées pendant Les taux d’exploitation des terres
des d’utilisation dépendent d’abord dier avec 57%, en Casamance avec l’hivernage et seulement 2% des les plus élevés se rencontrent dans
de leur aptitude à l’agriculture. Ain- 20%, au Sénégal Oriental avec 10% terres sont mises en valeur par irri- le bassin arachidier (81%) et la zone
si, selon le PNAT (1999), de par et dans la zone du fleuve avec 8%. gation. Sur la base de la photo-inter- des Niayes (65%).
leur valeur intrinsèque, les sols du Avec ce potentiel de terres arables, prétation d’images Landsat 24,39%
Sénégal sont, dans leur majorité, les mises en valeur agricole par an du territoire national sont cultivés L’exploitation des types de sols est
pauvres pour 31% et inaptes aux ne portent que sur 65% des terres en culture sous pluie et avec 4,8 fonction de l’aptitude des variétés
cultures pour 16%. Selon l’aptitude arables, soit 2,5 millions d’hectares millions d’hectares en cultures irri- culturales ou l’aptitude pastorale
des terres, les terres arables sont environ (CSE, 2005). La plupart de guées (ANAT, 2010). comme le montre le tableau sui-
vant.
Tableau 5 : Type de valorisation des sols
Type de sols Valorisation Sur le plan des contraintes, la dé- A ces facteurs naturels s’ajoutent
gradation des terres demeure l’un les facteurs anthropiques comme la
Sols ferrugineux tropicaux L’arachide et le pâturage pour le bétail
des freins majeurs dans l’atteinte poussée démographique, les feux
Sols hydromorphes Les cultures maraîchères et fruitières, la des objectifs de développement, au de brousse, les pratiques culturales,
culture du riz, la canne à sucre, le coton et Sénégal surtout dans l’amélioration le surpâturage et les activités indus-
le sorgho de la productivité agricole. Cette trielles.
Sols halophormes en salines dégradation est surtout liée à l’éro-
sion éolienne, l’érosion hydrique, La situation de la dégradation des
Sols ferralitiques Les cultures sous pluie sols par grande zone d’aménage-
la salinisation, l’acidification et la
Sols vertiques La culture du coton ou du sorgho. baisse de porosité, de perméabilité. ment et par zone écogéographique
Source : Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire, Février 2017 est représentée sur la carte 7.
53
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Globalement, la quasi-totalité des guinchor). La région la plus riche en pentine, le granite et l’uranium. La avec ses gisements d’or, de cuivre,
ressources minières sont surtout ressources minières est Kédougou région de Thiès vient en seconde de nickel, de chrome, etc.
concentrées au Sud-Est du Séné- qui regorge d’importants gisements position avec quatre (04) types de
gal (régions de Kédougou et Tam- d’or, de fer et des minerais asso- ressources : phosphates, sable, ar- La carte 8 donne la répartition des
bacounda) et à l’Ouest (régions de ciés tels que le cuivre, le chrome, le giles et tourbe. La région de Tamba- ressources minières du Sénégal.
Thiès, Diourbel, Fatick, Kaolack et Zi- nickel, le diamant, le marbre, la ser- counda arrive en troisième position
54
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
55
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Le potentiel des ressources énergé- d’origine fossile (pétrole, gaz naturel et charbon de bois) et les énergies gétique de certaines de ces res-
tiques est constitué de trois types et tourbes), les énergies ligneuses renouvelables (solaire, éolien et sources est exprimé dans le tableau
de sources à savoir les énergies (bois de chauffe, biomasse végétale hydroélectricité). Le potentiel éner- suivant.
Tableau 7 : Répartition spatiale du potentiel des ressources énergétiques
Gaz naturel Bloc Cayar Offshore Profond Environ 140 milliards de mètres cube de gaz
Gisement à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie (bloc de Saint-Louis
20 TCF de gaz
offshore profond)
Éolien Bande côtière de Dakar à Saint-Louis Vitesse moyenne de vent comprise entre 5,7 et 6 m/s à 50 m du sol.
Sources : PANER-Sénégal, 2015, ITIE-Sénégal, 2018, ENDA-énergie, 2016.
57
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
58
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
59
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
60
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
• La zone des Niayes entre Dakar et Saint-Louis ; • Baisse du niveau des nappes souterraines ;
• La zone sahélienne du Ferlo ; • Baisse du débit des fleuves ;
Sécheresse
• Le lac de Guiers ; • Assèchement précoce des mares, marigots, des rivières et autres vallées ;
• Le bassin arachidier centre. • Perte de la biodiversité.
61
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Risques
Localisation géographique du risque Impacts réels ou potentiels du risque
anthropiques
• Zone sylvopastorale du Ferlo ; • Perte de pâturages ;
• Zone des Forêts du Sud (Casamance) ; • Destruction des réserves alimentaires et de la régénération naturelle ;
Feux de brousse
• Zone Agro-sylvo-pastorale du Sénégal oriental. • Perte de la biodiversité ;
• Déforestation.
• Vallée du fleuve Sénégal, Lac de Guiers, Zone
Pollution par • Dégradation des sols ;
des Niayes ;
les produits • Contamination des cours d’eau et de la nappe phréatique ;
• Zone cotonnière (Tamba) ;
phytosanitaires • Disparation de la faune aquatique.
• Bassin de l’Anambé.
• Augmentation de la prévalence de maladies respiratoires et cardiovasculaires ;
Les grandes villes du Sénégal : Dakar, Kaolack,
Pollution de l’air • Pollution atmosphérique ;
Saint-Louis, Thiès, …
• Diminution de la visibilité (smog).
• Le littoral sénégalais ; • Disparition d’espèces marines ;
Marées noires • Zone marine et côtière. • Destruction des écosystèmes côtiers.
Les risques naturels liés à l’envi- sur l’ensemble du territoire national matique a des conséquences sur Pour faire face aux risques clima-
ronnement correspondent géné- avec une variation moyenne de +1,1 l’environnement comme la séche- tiques, l’Etat du Sénégal a mis en
ralement aux risques climatiques à 1,8 C° à l’horizon 2035, de même resse liée à l’irrégularité pluviomé- œuvre des stratégies d’atténuation
du fait des principaux facteurs cli- qu’une évolution régressive de la trique, l’inondation liée à l’excédent et d’adaptation aux effets du chan-
matiques tels que la température pluviométrie avec des épisodes ex- pluviométrique, l’érosion côtière gement climatique.
ou la pluviométrie. Il est prévu une trêmes variant entre -30% et +30% avec élévation du niveau de la mer.
augmentation de la température (CPDN, 2015). Ce changement cli-
62
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
• Importantes ressources en eau (eaux de surface, eaux souterrai- • Déficit de connaissance des ressources et poten- • Bonne gouvernance et gestion intégrée
nes, eaux de pluie) ; tialités naturelles ; de l’environnement et des ressources
naturelles ;
• Biodiversité (faune, flore) ; • Problématique de la qualité de l’eau ;
• Meilleure connaissance des ressources
• Littoral long de 718 km ; • Baisse du niveau des nappes souterraines ;
naturelles ;
• Fortes potentialités en ressources minières (sur 1/3 du territoire na- • Salinisation des eaux (avancées de la langue salée et
• Exploitation durable des ressources na-
tional) ; du biseau salé) ;
turelles ;
• Réserves importantes de gaz naturel et de pétrole offshore ; • Ensablement des cours d’eau ;
• Adaptation au changement climatique.
• Potentiel important en énergies renouvelables ; • Colonisation des cours d’eau par les plantes envahis-
santes ;
• Important potentiel halieutique ;
• Ensablement des cuvettes maraichères ;
• Projets et programmes de gestion de l’environnement, des res-
sources naturelles et des risques ; • Pollution (sol, cours d’eau, nappes, air) ;
• Zones de conservation et de préservation de l’environnement • Dégradation des terres ;
(Aires marines protégées, Forêts classées, Réserves naturelles,
• Perte de biodiversité ;
Parcs, etc.) ;
• Faiblesse du système de gestion, de suivi et de
• Coopération transfrontalière et sous régionale dans la conservation
contrôle de l’environnement et des ressources natu-
de la biodiversité ;
relles ;
• Institutions de recherche et de suivi dans la gestion de l’environne-
• Insuffisance des équipements collectifs de traitement
ment et la valorisation des ressources naturelles ;
des déchets (déchets industriels, déchets dangereux) ;
• Dynamiques internationales pour le développement durable et
• Changement climatique ;
l’adaptation aux changements climatiques (ODD, agendas interna-
tionaux, COP, financements verts etc.). • Risques naturelles (érosion côtière, inondation, séche-
resse,…).
63
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
2. DEVELOPPEMENT HUMAIN
Le développement humain est abordé à travers une analyse territoriale de l’accès aux services sociaux de base, de l’accès aux équipements culturels et
sportifs, de la qualification et l’emploi, de la pauvreté, de la vulnérabilité, de l’habitat, du cadre de vie et de la protection civile.
2.1. Accès aux services sociaux de base Cette hausse des infrastructures de structure de santé, la couverture en
santé n’a pas permis, malgré tout, hôpitaux et la couverture en méde-
2.1.1. L’accès à la santé
d’atteindre l’équité territoriale pour cin.
[Link]. La couverture sanitaire augmentation des infrastructures l’accès à la santé analysée à travers
l’accessibilité géographique à une
n’a pas permis d’améliorer sensi-
La couverture sanitaire détermine
blement la couverture sanitaire. En Tableau 10 : Disparités territoriales d’accès aux services de santé en 2016
le niveau d’équité dans l’accès aux
effet, durant cette période, même
services de santé. Elle est analysée
si le rayon d’accès à une infrastruc- Rayon d’action
à travers la couverture en infrastruc- Ratio (pop/hôpi- Ratio (pop/mé-
ture de santé a été réduit de 1,4 km Régions moyen Structures
tal) 2016 decin) 2016
tures de santé et la couverture en de santé 2016 (Km)
(7,7 km en 2009 contre 6,3 km en
personnel médical. Dakar 0,9 263 798 5 157
2016), le ratio population/structure
Les infrastructures de santé consi- de santé n’est passé que de 10 948 Diourbel 3,8 547 117 26 053
dérées sont l’hôpital, le centre habitants par structure de santé en Fatick 4,4 787 037 41 423
de santé et le poste de santé. Le 2009 à 9 475 habitants par structure Kaffrine 7,0 632 023 42 135
nombre d’infrastructures sanitaires de santé en 2016. Ainsi, en termes
de couverture sanitaire, malgré les Kaolack 3,9 1 053 535 33 985
a sensiblement augmenté entre
2009 (1061 structures) et 2016 efforts entrepris, le Sénégal est en- Kédougou 12,2 - 20 863
(1562 structures) soit une hausse core loin des normes internationales Kolda 8,4 725 690 32 986
de 47% en 7 ans. Cependant, recommandées par l’OMS, notam- Louga 8,0 475 051 26 392
compte tenu de la croissance dé- ment en hôpitaux et en nombre de
Matam 9,8 315 352 24 258
mographique assez rapide, cette médecins (voir tableau ci-après).
Saint-Louis 6,8 327 677 17 554
Tableau 9 : Le niveau de couverture sanitaire du Sénégal par rapport aux Sédhiou 6,7 500 064 62 508
normes de l’OMS Tambacounda 10,3 756 588 20 448
Norme préconisée par l’OMS Niveau de couverture du Sénégal en 2016 Thiès 3,4 647 183 17 491
Hôpital 1 hôpital pour 150 000 habitants 1 hôpital pour 462 496 habitants Ziguinchor 4,3 300 965 10 560
Centre de santé 1 centre pour 50 000 habitants 1 centre de santé pour 116 535 habitants Sénégal 6,3 435 291 12 825
Poste de santé 1 poste pour 10 000 habitants 1 poste de santé pour 9187 habitants Moyenne 6,4 564 006 27 272
Médecin 1 médecin pour 9 000 habitants 1 médecin pour 12 825 habitants Ecart-type 3,0 224 197 14 137
Source : OMS, Statistiques Sanitaires Mondiales, 2009 et MSAS/DPRE 2016 Coefficient de variation 0,47 0,40 0,52
Sources : ANSD, MSAS 2016, calcul ANAT 2019
64
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
En effet, pour l’accessibilité géo- dans les régions de Kaolack, Fatick, habitants pour un médecin. Sur En plus des disparités territoriales,
graphique, les régions les plus Tambacounda, Kolda, Thiès et Kaf- l’ensemble de ces indicateurs, les le système de santé du Sénégal
étendues et les moins densément frine où un hôpital est partagé entre régions de Dakar et de Ziguinchor est caractérisé par une faiblesse du
peuplées (Kédougou, Tambacoun- 600 000 à 800 000 habitants, dont présentent les situations les plus fa- plateau médical, le faible niveau de
da, Matam, Kolda, Louga) sont les des cas critiques à Kaolack (avec 1 vorables notamment Dakar (région qualité des soins, les mouvements
plus défavorisées avec des rayons hôpital pour 1 053 535 habitants) et Capitale) qui concentre 57,6 % des sociaux récurrents et le coût de plus
d'action moyen (RAM) à une struc- Kédougou (qui n’en dispose pas). médecins et 38% des hôpitaux du en plus élevé des soins.
ture de santé pouvant être com- Concernant, la couverture en mé- pays, avec un rayon d’accès moyen
pris entre 8 et 12 km, alors que la decins, les régions de Sédhiou, Fa- à une structure de santé inférieure à
moyenne nationale est de 6 km. Le tick, Kaffrine, Kaolack et Kolda sont un kilomètre. [Link]. L’état de santé de la population
niveau de couverture en hôpital (ra- les plus démunies avec une charge
tio population/hôpital) est plus élevé comprise entre 30 000 et 60 000 L’état de santé de la population est
analysé à travers la morbidité et la
Tableau 11 : Classification du niveau d’accès au service de santé des régions en 2016 mortalité. Pour la morbidité, l’ana-
lyse porte notamment sur le palu-
Rayon d’action moyen à
Régions
une structure sanitaire
Ratio (Pop/hôpital) Ratio (Pop/médecin) disme et le Sida qui sont les prin-
cipales maladies endémiques du
Dakar 0,9 263 798 5 157
Sénégal. Le paludisme est la ma-
Diourbel 3,8 547 117 26 053
ladie la plus fréquente, car il repré-
Fatick 4,4 787 037 41 423
sente 42% des consultations.
Kaffrine 7,0 632 023 42 135
Kaolack 3,9 1 053 535 33 985 Le taux de prévalence palustre est
Kédougou 12,2 - 20 863 estimé à 0,9% selon l’Enquête Dé-
Kolda 8,4 725 690 32 986 mographique et de Santé-Continue
Louga 8,0 475 051 26 392 (EDS-C, 2016). Ce taux est plus éle-
Matam 9,8 315 352 24 258 vé dans les régions situées au Sud
Saint-Louis 6,8 327 677 17 554 du Sénégal où il avoisine 3%, alors
Sédhiou 6,7 500 064 62 508 qu’il est inférieur à 1% dans toutes
Tambacounda 10,3 756 588 20 448 les autres régions du Sénégal. Ces
Thiès 3,4 647 183 17 491 résultats positifs ont été obtenus
Ziguinchor 4,3 300 965 10 560 grâce à la mise en œuvre de stra-
Sénégal 6,3 435 291 12 825 tégies communautaires efficaces
Coefficient de variation 0,47 0,40 0,52 basées sur l’accès facile aux mé-
Sources : MSAS 2016 dicaments ACT, aux moustiquaires
Réalisation : ANAT Mai 2019 imprégnées à longue durée d’ac-
tion, aux tests de diagnostic rapide,
Niveau d’accès Favorable etc.
Niveau d’accès Moyen
Niveau d’accès Défavorable
65
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Le taux de prévalence nationale est la plus touchée avec un taux de des soins de santé de qualité consti- Kédougou (921 décès), de Matam
du VIH Sida est de 0,5% en 2017 prévalence de 10,4%. À l’échelle du tuent l’une des causes de mortalité. (741 décès) et de Saint-Louis (633
(RAC 2017). Ce taux résulte des pays, il n’existe qu’une seule struc- D’ailleurs, le taux de mortalité est décès). Les régions qui présentent
efforts consentis dans la prise en ture nationale chargée de prendre plus élevé dans les régions qui ren- les plus faibles taux de mortalité
charge globale, l’élargissement de en charge les diabétiques, sise à ferment le moins de structures de maternelle sont celles de Thiès (271
la couverture des programmes de l’hôpital Abass Ndao de Dakar. En santé ayant un plateau médical per- décès), de Dakar (342 décès) et de
communication sur le VIH Sida, l’in- 2016, au moins 24% de la popu- formant, à savoir les régions de Ké- Diourbel (350 décès pour 100 000
tégration du dépistage volontaire du lation sénégalaise souffrait d’hy- dougou (12,4‰), de Kolda (11,8‰), naissances vivantes).
VIH dans le paquet de services des pertension artérielle4. Les maladies de Tambacounda (10,4‰) et de
structures de santé et des Centres respiratoires constituent le second Sédhiou (10,3‰). La mortalité infanto-juvénile a pour
Conseil pour Adolescents (CCA). motif de consultation après le palu- principales causes les affections
Cependant, ce faible taux cache disme dans le pays selon de rapport La mortalité maternelle était es- néonatales, le paludisme, la pneu-
des disparités, car il est plus élevé 2017 de la DGPPE. De plus, il est timée à 434 décès pour 100 000 monie et la diarrhée. Elle a connu
dans les régions de Kolda (2,4%) et constaté ces dernières années tou- naissances vivantes en 2013 selon une forte baisse de près de 20 points
de Kédougou (1,7%). jours selon le même rapport, une le RGPHAE. Ce taux a légèrement de pourcentage entre 2011 (72‰
forte prévalence des maladies car- augmenté, car il était estimé à 401 selon l’EDS-MICS 2010-2011) et
En plus de ces maladies endé- diovasculaires, classées première décès pour 100 000 naissances vi- 2016 (51‰). Cette baisse s’explique
miques, d’autres maladies consti- cause de mortalité dans le pays. vantes en 2005 selon les données par des stratégies mises en place
tuent de vrais problèmes de santé Ces maladies coûteuses, avec un de l’EDS-2005. Des causes directes par les autorités qui ont consisté au
publique du fait de l’augmentation lourd fardeau de morbidité et de telles que les hémorragies de la dé- développement des cases de san-
de leur incidence dans tout le pays. mortalité que sont le diabète et livrance, l’hypertension artérielle té, la multiplication des initiatives
Il s’agit particulièrement du diabète, l’hypertension ont été toujours né- et ses complications représentent communautaires, etc. Ce taux est
des maladies respiratoires, des ma- gligées dans les politiques de santé environ 50% des décès maternels. plus élevé en milieu rural (45‰),
ladies cardiovasculaires (l’hyperten- qui se focalisent essentiellement Le paludisme, le VIH/Sida, l’anémie, qu’en milieu urbain (31‰). Les taux
sion notamment). De plus en plus sur les maladies endémiques 5. constituent également des causes les plus faibles se retrouvent dans
de cas de diabète sont enregistrés, indirectes de la mortalité maternelle. les régions de Thiès (34‰), de Da-
touchant même une bonne partie La mortalité est axée sur le taux de La répartition spatiale du niveau de kar (42‰) et de Saint-Louis (48‰),
de la jeunesse. En 2013, sur les mortalité générale, la mortalité ma- mortalité maternelle selon le milieu alors que les taux les plus élevés
400 000 diabétiques, plus de 300 ternelle et la mortalité infanto-juvé- de résidence montre qu’il est plus sont identifiés dans les régions de
000, soit les 80 %, n’étaient pas nile. élevé en milieu rural (459 décès) Kédougou (140‰), de Tambacoun-
suivis médicalement2. En 2016, le qu’en milieu urbain (398 décès pour da (105‰) et de Kolda (105‰).
taux de couverture des diabétiques Le taux de mortalité générale était 100 000 naissances vivantes). La
s’est établi à 38% contre 35,3% estimé en 2013 à 7,7‰, selon le spatialisation révèle que ce taux est
en 2015 3. La région de Saint-Louis RGPHAE. Les problèmes d’accès à plus important dans les régions de
2 Direction du centre de diabétologie Marc Sankalé de l’hôpital Abass Ndao de Dakar, 2013.
3 DGPPE, Rapport 2017
4 Direction de l’hôpital Aristide Le Dantec, 2016.
5 Faute de politique nationale de dépistage des maladies du Diabète et de l’Hypertension, le nombre exact et officiel des diabétiques du pays est méconnu.
66
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
2.1.2. L’accès à l’éducation primaire, moyen et secondaire est 1 779 169 en 2007 à 2 567 603 0,5 km : il est passé de 2,9 km à 2,4
[Link]. Les infrastructures scolaires
passé de 7 320 établissements en élèves en 2017. Dans le même km entre 2007 et 2017.
2007 à 10 561 établissements en temps, la distance d’accès moyenne
Durant les dernières décennies, la 2017, correspondant à une crois- à un établissement scolaire a été ré- Le tableau ci-dessous fournit la
carte scolaire s’est progressivement sance moyenne annuelle de 3,7% duite. Par exemple, le rayon d’accès répartition spatiale des principaux
densifiée. En effet le nombre d’éta- sur 10 ans. L’effectif des élèves a moyen à un collège a été réduit de indicateurs permettant de caractéri-
blissements scolaires des niveaux suivi le même rythme, passant de ser la carte scolaire en 2017.
67
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
On constate que, malgré l’augmen- par établissement le plus élevé avec, le rayon d’action moyen (RAM) à un On note aussi une forte progression
tation de l’offre éducative, des ef- par exemple, 421 élèves par établis- collège est supérieur à 3 km alors de l’enseignement privé au détri-
forts restent à faire pour atteindre sement à Dakar contre 130 à Ké- qu’il est inférieur à 2 km dans les ment du public notamment dans
l’équité territoriale en matière d’ac- dougou (pour une valeur moyenne régions de Dakar, Thiès, Kaolack, les zones urbaines. Cela pose des
cès à l’éducation. nationale de 243 élèves par établis- Fatick, Diourbel et Ziguinchor. problèmes d’accès pour les familles
sement). En outre, la distance d’ac- pauvres ou à faible revenu. En ef-
Par ailleurs, il convient de noter que cès à un établissement scolaire est Pareillement, la qualité des in- fet, entre 2007 et 2017 le nombre
les établissements scolaires sont beaucoup plus importante dans les frastructures scolaires est problé- d’élèves dans l’enseignement privé
fortement concentrés dans les ré- régions à faible densité démogra- matique dans certaines zones avec est passé de 292 333 à 561 183 ce
gions à forte démographie et les phique et dans les zones rurales. la prolifération des abris provisoires qui correspond à une augmentation
zones urbaines (exception faite de la Pour les régions de Kédougou, Tam- (faisant office de salles de classe) de 92% en 10 ans selon le Minis-
région Diourbel). Ces régions enre- bacounda et Matam, par exemple, qui sont évalués à 4 737 en 2014 au tère de l’Education Nationale (2017).
gistrent le nombre moyen d’élèves niveau national.
Les performances du système édu- ont connu des bonds respectifs de Tableau 13 : Évolution du taux brut de scolarisation 2006-2016
catif sont analysées à travers l’évo- 23, 20 et 10,5 points entre 2006
lution du taux brut de scolarisation et 2016. Le taux de scolarisation Indicateurs 2006 2016 Accroissement
et du taux d’admission au BAC. à l’élémentaire qui est passé de Taux brut de préscolarisation 7,30 17,80 10,50
81,8% en 2006 à 88,1% en 2016 Taux brut de scolarisation à l’élémentaire 81,80 88,10 6,30
Durant les dix dernières années, est le moins dynamique avec un
les efforts fournis ont abouti à une bond de 6,3 points sur 10 ans. Taux brut de scolarisation au Moyen 35,90 55,90 20,00
nette amélioration du taux de sco-
larisation dans tous les cycles en Taux brut de scolarisation au secondaire 11,80 35,00 23,20
particulier dans les cycles secon- Source : Ministère de l’Éducation Nationale, Rapport National sur la situation de l’Éducation,
daire, moyen et du préscolaire qui 2016
68
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
Comme l’illustre le tableau 14, il existe d’importantes disparités territoriales caractérisées par : (i) les régions de Dakar et de Ziguinchor qui possèdent les
taux de scolarisation, les plus élevés à tous les cycles (ii) les régions de Kaffrine et de Diourbel qui affichent les taux les plus faibles à tous les cycles et (iii)
les régions de Matam, Louga, Tambacounda, et Kaolack avec des taux de scolarisation parmi les plus faibles au moins sur un cycle.
Taux de réussite
RÉGIONS TBS au Préscolaire TBS au Primaire TBS cycle Moyen TBS Secondaire moyen au Bac 2007-
2017
Dakar 28,4 102,9 75,4 46,0 39,8
Diourbel 7,9 54,5 27,1 16,9 41,9
Fatick 13,2 91,0 69,1 38,1 42,7
Kaffrine 5,1 48,7 23,0 14,9 25,3
Kaolack 9,5 77,8 55,6 34,7 37,1
Kédougou 18,2 111,3 58,5 23,2 23,6
Kolda 14,0 94,0 44,3 25,0 25,6
Louga 23,4 69,7 36,8 23,4 47,3
Matam 10,2 73,1 37,9 19,2 48,5
Sédhiou 25,8 106,4 59,7 33,2 40,2
Saint-Louis 15,0 90,7 54,8 35,6 20,7
Tambacounda 13,2 77,7 32,7 20,6 37,7
Thiès 17,4 101,2 66,3 40,9 39,4
Ziguinchor 53,6 121,8 92,9 70,9 27,6
Sénégal 17,5 86,1 54,4 34,1 37,8
Coefficient de variation 67,2 23,8 35,3 41,9 23,3
Sources : Ministère de l’Éducation Nationale, Rapport National sur la situation de l’Éducation, 2017
Malgré les bonnes performances nationales au niveau de l’accès à l’éducation, entre 2007 et 2017, la tendance du taux de réussite au BAC est à la baisse,
comme l’illustre la figure 3.
69
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
80
60,0% 61
60 49 46
48,6% 41 43
30 38 33 33 34
50,0% 40 27 47 62
41,8% 42,2% 25
38,1% 38,2% 38,5% 20
40,0% 34,4% 36,8%
31,8% 31,8% 31,6% 0
ar
ck
da
am
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ba
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30,0%
o
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D
d
10,0%
Ké
Sa
Zi
Alphabétisés (%) 2013
10,0%
d’autres intrants pour le bon fonc- 2.1.3. L’accès à l’eau potable périeur à la moyenne nationale éta- 2.1.4. L’accès à l’électricité
tionnement des établissements et bli en décembre 2013 (soit 84,10%).
La couverture ou le taux d’accès Le taux d’électrification nationale
cela avec l’appui notable de la BID Quatre (4) régions (Kolda, Sédhiou,
global en eau potable est la propor- est en hausse constante. Il est
(Banque Islamique de Développe- Tambacounda, et Louga) affichent
tion, à l’échelle nationale, d’indivi- passé de 55% en 2009 à 60,6%
ment). des niveaux de couverture en deçà
dus ayant accès à des sources d’ap- en 2013 soit une hausse de cinq
de la moyenne nationale (qui est de
Concernant les effectifs des éta- provisionnement ou à des points de (5) points en quatre (4) ans. Mal-
87%). Kolda présente le plus bas ni-
blissements publics franco-arabes, distribution d’eau améliorés7. Se- gré cette évolution positive, le taux
veau d’accès avec seulement 64 8.
la répartition est très dispropor- lon la 8e revue annuelle sectorielle d’électrification reste encore faible
tionnée à l’échelle nationale. C’est conjointe de 2014 du PEPAM et le Concernant la qualité de l’eau, le et marqué par des disparités impor-
dans la région de Diourbel que l’en- Rapport DGPPE, 2017, le taux na- PEPAM estime que près de 18% tantes en fonction du milieu de rési-
seignement public franco-arabe est tional d’accès à l’eau potable était de la population desservie par les dence et des différentes zones du
plus important avec 89 écoles fran- de 94,6% en 2016 contre 90,4% réseaux d'adduction d’eau potable territoire.
co-arabes pour 13 690 élèves sui- en 2013, soit une progression assez (AEP) en milieu rural, localisées au
sensible par rapport à la cible (90). En effet, l’accès à l’électricité est
vie de la région de Louga qui abrite niveau de la bande salée située au
Cette proportion élevée d’accès à beaucoup plus problématique dans
à son tour 72 écoles pour 11 741 centre du pays, sont touchées par
l’eau potable cache toutefois des les zones rurales. Le taux d’électrifi-
élèves. la consommation d’une eau dont
disparités selon le milieu de rési- cation était de 88% en milieu urbain
les teneurs en fluor et en sel sont
Les conditions d’enseignement dence. En effet, selon les mêmes en 2013 contre 29% en milieu rural.
supérieurs aux normes OMS. C’est
sont à améliorer surtout au niveau sources, la couverture en eau po- pourquoi de nombreuses stratégies Toutes les régions enregistrent des
des structures privées notamment table est de 98,5% en 2016 en mi- sont mises en œuvre pour atténuer taux d’électrification urbaine dépas-
les « daara ». Le phénomène des lieu urbain contre 89,5% en milieu les problèmes liés à la qualité de sant les 60% exceptées celles de
enfants mendiants dans la rue com- rural soit une différence de 9 points l’eau. Quant à la qualité du service, Kédougou, Kolda et Kaffrine qui ont
munément appelés « talibés » et le de pourcentage entre les deux mi- le PEPAM a mentionné un relève- respectivement des taux d’électrifi-
manque de suivi des élèves après lieux en termes d’accès à l’eau po- ment du taux de branchement do- cation urbaine de 50%, 53% et 58%.
leurs études témoignent largement table. miciliaire en zone rurale, avec 38%
de la situation difficile et dérisoire des ménages qui sont desservis par Concernant l’électrification rurale,
de l’enseignement arabo-islamique. L’analyse de la distribution de la des- le taux s’élevait à 40% en 2017
des branchements particuliers. Ceci
Le manque d’insertion et d’opportu- serte montre les disparités entre les (RAC 2018). En 2013, Thiès était
contribue à l’amélioration de l’équi-
nités professionnelles des sortants différentes zones du pays avec de la seule région qui dépassait la
té dans l’accès à l’eau potable, d’au-
de ces établissements demeure plus en plus des améliorations en moyenne nationale avec un taux de
tant plus que le taux de disponibilité
encore problématique. Tout cela termes de réduction des écarts in- 56 %. Elle est suivie par la région
du service d’eau s’est sensiblement
est dû à l’absence d’une politique terrégionaux. Suivant l’accès par de Diourbel avec un taux de 47 %
amélioré, avec un taux de 97,6% at-
publique apportant une réponse ap- région en 2014, on relève que neuf qui s’explique par la forte population
teint en 2013.
propriée aux besoins spécifiques de (09) sur les treize (13) régions pré- de Touba considérée comme rurale
l’enseignement arabo-islamique. sentent un taux d’accès global su- (le taux d’électrification rurale du
7 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie, Situation Economique et Sociale 2013, Mars 2016
8 Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan. (2014). Plan Triennal d’Investissements publics, 215 pages. et PEPAM 2014.
71
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Sénégal hors région de Diourbel est nal, elles sont traduites à travers le ne de l’accès aux services soci- • La promotion de la gestion de
de 24,8%)9. À l’inverse, la situation Plan Sénégal Émergent, les lettres aux de base comme le PNDL, proximité avec une meilleure
est notamment plutôt critique pour de politiques sectorielles, et les l’ASER, le PEPAM, le PUMA ; déconcentration et le renforce-
les régions de Kolda, Kaffrine, et Ké- projets ou programmes procédant ment de la décentralisation.
• La mise en place de program-
dougou qui ont des taux d’électrifi- à la correction des inégalités entre
mes de correction des inéga- La mise en œuvre de ces straté-
cation ruraux respectifs de 8%, 9% milieu urbain et rural. Elles ont été
lités entre milieu urbain et rural, gies, associée à l’augmentation
et 10%. opérationnalisées à travers notam-
par le Programme d'urgence de constante du financement public
ment :
développement communautaire permettra d’atténuer de façon pro-
2.1.5. Les politiques publiques d’accès • La mise en œuvre de plans ou (PUDC) dont l'objectif principal gressive les disparités qui existent
aux services sociaux de base programme de développement est de réduire les disparités en entre les différents territoires,
sectoriel tels que le Plan national matière d’accès aux services so- d’assurer l’équité dans l’accès aux
Les politiques d’accès aux services
de développement sanitaire, le ciaux, et de développement éco- services sociaux de base et enfin
sociaux sont orientées vers l’at-
Plan stratégique pour l’éducation nomique et social entre les cent- d’améliorer les conditions de vie
teinte des objectifs internationaux
et la formation (PAQUET), le PE- res urbains et les zones rurales des populations.
en matière de développement hu-
PAM, etc. ; du Sénégal ;
main définis par les « Objectifs du
Millénaire pour le développement » • La mise en œuvre de program- • L’amélioration du cadre instituti-
puis par « les Objectifs de dévelop- mes orientés vers l’atteinte de onnel et organisationnel des se-
pement durable ». Au niveau natio- l’équité territoriale dans le domai- cteurs ;
2.2.1. La formation professionnelle La plupart des structures de for- Ainsi, les efforts consentis par l’État Pour renforcer le niveau de
mation professionnelle sont lo- dans le domaine de l’enseignement qualification, l’État promeut une
La formation professionnelle est
calisées dans les régions de Da- technique et de la formation profes- vraie politique de territorialisation
très peu développée au Sénégal. En
kar, Thiès, Kaolack et Ziguinchor sionnelle restent insuffisants. Les des formations. Il s’agit de localiser
2018, le territoire national ne comp-
qui concentrent respectivement résultats en matière d’enseigne- certaines formations en fonction des
tait que 407 structures de forma-
52,58%, 9,83%, 6,88% et 7,37% ment professionnel et technique potentialités territoriales des zones
tion professionnelle, dont 12 lycées
des établissements. Les dix (10) sont très en deçà de l’objectif d’ab- et de la demande. Cette perspective
techniques. L’offre de formation
autres régions ne totalisent que sorption de 25% des sortants de est appuyée par la création de pôles
professionnelle est dominée par le
23,34% des structures10. l’école fondamentale, préconisé régionaux de formation qui dénote
secteur privé qui concentre 71%
dans les différentes lettres de poli- l’importance des structures de
des structures de formation.
tique du secteur. formation dans l’aménagement
du territoire et le développement
9 Ministère de l’énergie et du développement des énergies renouvelables. (2014). Rapport du système d’information énergétique du Sénégal (SIE-S)
10 Cellule d’Etude et de Planification (CEP)/MEFPA, 2018
72
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
territorial. D’ailleurs, il est envisagé 2.2.2. Enseignement supérieur de 32% de la demande et ce pour- universités existantes (UCAD, UGB,
d’étoffer et de diversifier l’offre de centage est appelé à croître. UT, UADB et UASZ) en cours de
L’enseignement supérieur est mar-
formation, mais aussi d’améliorer sa réalisation grâce aux ressources
qué par la croissance rapide des ef- Malgré la création de nouvelles uni-
distribution sur l’espace national. Il inscrites dans le budget consolidé
fectifs évalués à 137 684 étudiants versités publiques (Bambey, Thiès,
s’agit de la création de centres de d’investissement (BCI) de 2013,
en 2013 et 223 800 étudiants en Ziguinchor), l’émergence d’insti-
formation professionnelle (dans il est prévu au cours de la période
201812. Le nombre de nouveaux tutions d’enseignement supérieur
les départements de Bambey, 2014 - 2020 la construction des
bacheliers était de 52 672 en 2016. privées et la capacité d’accueil de
Koungheul, Foundiougne, Podor, Universités du Sine Saloum de Kao-
Toutefois, le taux d’accès à l’ensei- l’Université Gaston Berger, l’Uni-
Sédhiou, Matam), de la réhabilitation lack (USSEIN), du Sénégal oriental,
gnement supérieur a connu un re- versité Cheikh Anta Diop de Dakar
de lycées techniques (Dakar, la deuxième Université de Dakar,
pli entre 2015 et 2016, passant de reste encore engorgée. La région
Kédougou et Saint-Louis), de la l’Université arabo-islamique, des lo-
6,2% à 6,0%, reflétant l’évolution de Dakar concentre 80% des uni-
création de structures de formation caux de la Facultés des Lettres et
du nombre d’étudiants pour 100 versités et écoles supérieures - pu-
en fonction des clusters tourisme, Sciences Humaines de l’UCAD (dé-
000 habitants qui a également bais- bliques et privées et 80% des effec-
horticulture, aviculture (département localisée dans la banlieue de Dakar),
sé de 1 037 à 989. Cette situation tifs d’étudiants du public. En dehors
de Tivaouane, Rufisque et l’Université Virtuelle du Sénégal
s’explique par l’augmentation des de Dakar qui compte 103 structures
Tambacounda). Parallèlement, avec (UVS) avec 21 espaces numériques
flux des sortants, des cycles univer- d’enseignement supérieur, Thiès
l’appui des partenaires techniques et ouverts (ENO) et la création de
sitaires et du nombre des jeunes en (8) et Ziguinchor (5) enregistrent les
financiers, l’État a lancé, en 2015, le centres délocalisés des universités
âge de fréquenter l’enseignement scores les plus importants.
Projet de Formation Professionnelle existantes. Le programme d’inves-
supérieur. Toutefois, il est noté une
pour l’Emploi et la Compétitivité De ce fait, le développement de tissement est en cours d’exécution
augmentation des effectifs des étu-
(FPEC) pour le renforcement l’offre publique tarde à couvrir la et s’étend sur la période 2014-2022.
diants, qui a été facilitée par l’aug-
de l’enseignement technique demande annuelle grandissante. Cependant, la problématique de
mentation de la capacité d’accueil
et la formation professionnelle. Le taux d’accès à l’enseignement l’engorgement des établissements
des universités et la libéralisation de
Aujourd’hui, l’augmentation des supérieur reste faible et l’essentiel d’enseignement supérieur publics
l’offre de services d’enseignement
besoins en qualification a conduit des étudiants, au moins 80%, est subsistera aussi longtemps que
supérieur (RAC, 2017). Ainsi, l’ac-
les autorités gouvernementales dans les filières littéraires qui ne l’offre restera peu développée et
cueil de ce flux important dans les
à verser 50% de la contribution répondent pas, pour la plupart, aux que des alternatives de formation
universités publiques, au nombre
forfaitaire à la charge de l’employeur besoins du tissu économique séné- différentes de l’université ne s’offri-
de 5 plus l’Université Virtuelle,
aux Fonds de financement de galais. ront pas aux bacheliers. En même
constitue un problème aigu, malgré
la formation professionnelle et temps, l’accent devra être mis sur
la contribution croissante du privé
technique 11. Pour améliorer le niveau de forma- les possibilités de formations pro-
dans le renforcement de l’offre. Les
tion universitaire, l’État entreprend fessionnelles courtes, initiales et
universités privées (au nombre de
un important effort de création continues tout au long du cursus
15 en 2013), les écoles privées d’en-
d’infrastructures. Outre le renforce- scolaire.
seignement supérieur (au nombre
ment des capacités d’accueil des
de 109 en 2013) absorbaient près
73
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
2.2.3. Emploi et pauvreté férentes régions du pays. Elle est un taux respectif de pauvreté de ment avec un taux moyen national
plus forte dans les régions du sud : 26% et 27% en 2011. de 55%. Les départements très
L’accès à l’emploi pour les jeunes
Kolda (77%), Kédougou (71%), Séd- ruraux, essentiellement du Sud, de
et la population en générale est pro- La carte 10 montre le niveau de
hiou (68%), et plus faible dans les l’Est et du Centre fortement dépen-
blématique et le chômage demeure pauvreté monétaire par départe-
régions de Dakar et de Louga avec dants de l’agriculture saisonnière
important et touche particulière-
ment les jeunes sans diplômes ni
qualification.
N
Niveau de pauvreté monétaire par département en 2013
U E
Selon les résultats de l’enquête S
I Q
de l’ANSD, le Sénégal connaît un
N T
Dagana Podor
taux d’emploi de 35,6% au 1er se-
mestre 2017 contre 22,7% de taux Niveau de pauvreté
L A
Saint-Louis
de chômage. Ces taux varient selon MA URITANIE Faible
A T
le milieu de résidence. Ils sont res- Louga Matam Moyen
pectivement de 39,6% pour l’em- Fort
ploi contre 18,5% pour le chômage
en milieu urbain, et de 30,8% pour Kébémer Linguère
d’emploi. Foundioune
Kaffrine MALI
Nioro du Rip
Le faible taux d’emploi et le taux
N
GAMBIE
de chômage élevé expliquent, par
A
Tambacounda
Yorofoula
Bounkiling
té et de vulnérabilité sociale dans le
C
Saraya
O
74
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
sont les plus touchés par la pauvreté nancier et social de leurs émigrés : RAC 201813. Seuls 23 des 45 dépar- 2.4. Habitat, cadre de vie et
monétaire : Sédhiou, Kolda, Saraya, Louga, Kébémer, Podor et Matam. tements disposent de poste ou de risques
Médina Yoro Foula, Koumpentoum, brigade de police, et de caserne de
Vélingara, Foundiougne, Gossas, Sapeurs-Pompiers. Sur le plan des La problématique de l’habitat se
Nioro, Goudomp, Guinguinéo, Tam- 2.3. Sécurité et Protection civile effectifs, le ratio « agent de sécu- pose avec acuité au Sénégal. L’es-
bacounda, Salémata, Bignona, Ous- rité par population » est estimé à timation faite en 2015, par le Minis-
En moins de cinq décennies, la po- tère de l’Économie et des Finances
souye, Ziguinchor, Bambey, Fatick, pulation du Sénégal est passée de 1/3 027 en 2016 pour un objectif de
Kaffrine, Birkilane, Koungheul, Ma- 1/2 427, un résultat en deçà du ra- sur l’écart entre l’offre en logement
trois à quatorze millions d’habitants. (5000) et les demandes (300 000)
lem Hodar. Ces situations de pré- Cet accroissement important de la tio universel. Au niveau régional, en
carité monétaire importante en font termes d’établissements de sécuri- est assez révélatrice de l’ampleur
population ne s’est pas accompa- du phénomène. La location est d’ail-
les départements les plus concer- gné de services sociaux de base, té publique (Commissariat, Brigade
nés par les phénomènes d’exode ru- et Poste de Gendarmerie) et de ser- leurs un système très développé,
de secours et de protection civile notamment dans la région de Dakar
ral et d’émigration. L’enjeu pour ces suffisants pour apporter une ré- vice de secours (sapeur-pompier),
départements est la multiplication les régions de Dakar et de Thiès où son coût est jugé très élevé. Ceci
ponse dans un contexte marqué avait poussé les pouvoirs publics
des actions de protection sociale, par la récurrence des actes de dé- sont les mieux dôtées, avec respec-
de formation et de qualification des tivement 46 et 22 établissements à prendre des engagements pour
linquances et des catastrophes na- pousser les propriétaires à réduire
jeunes, de promotion d’activités gé- turelles comme anthropiques. Le de sécurité, et 8 et 6 établisse-
nératrices de revenus. ments de secours. Les régions de le coût de location sur la base de
déséquilibre territorial des disposi- plusieurs indicateurs de calcul. En
tifs d’intervention sécuritaire (po- Kolda et de Kaffrine avec chacune
Les départements plus dynamiques 4 structures de sécurité sont les outre, la promiscuité qui concerne
économiquement connaissent des lice et gendarmerie) et de secours 29,3% des ménages du Sénégal,
(sapeurs-pompiers) persiste au dé- moins loties en établissements de
taux de pauvreté importants, mais sécurité publique de même qu’en constitue un problème majeur en
moins criards que les précédents, triment surtout des espaces mar- matière de logement. Cette promis-
ginaux (zone rurale et périurbaine) service de secours avec seulement
avec des taux inférieurs à 30% : Da- une (1) caserne de secours sur leur cuité est plus accentuée au niveau
kar, Pikine, Saint-Louis, Rufisque, qui sont les plus exposés à certains des régions de Saint-Louis, de Tam-
actes de violence (vol de bétails et territoire.
Guédiawaye, Louga, Kébémer, Lin- bacounda, de Kaolack, de Fatick, de
guère, et inférieurs à 40% : Mbac- d’objet) et aléas (feux de brousse, L’insuffisance des équipements Kaffrine et de Matam selon le rap-
ké, Thiès, Dagana, et Podor. Ce foudre). d’intervention de secours et de pro- port du bilan diagnostic du PNADT.
sont en général les départements Au total, 86 commissariats et tection civile fait qu’un peu de la
abritant de villes importantes qui moitié des membres des ménages Concernant le cadre de vie, il est ca-
postes de polices et 132 brigades ractérisé par une occupation anar-
drainent des activités industrielles et postes de gendarmerie sont no- urbains (51,9% dans le milieu urbain
et commerciales importantes : dakarois et 51,8% dans les autres chique de l’espace, surtout dans les
tés à l’échelle nationale mais ré- centres urbains, une mauvaise ges-
Mbacké avec Touba, Thiès avec les pandus de manière inégalée. Le milieux urbains) ne se sentent pas
industries textiles, et Dagana avec en sécurité en dehors de leur foyer, tion des déchets solides et liquides,
taux de couverture en commissa- la prolifération de l’habitat spon-
Richard Toll. Mais aussi des dépar- riats de police reste insuffisant en selon les résultats de l’Enquête de
tements bénéficiant de l’apport fi- l’ANSD, 2014 intitulée « A l’écoute tané, la pollution de l’air, le déficit
2017 (85%) malgré la progression d’espaces verts et de loisirs, le défi-
par rapport en 2014 (70%) selon le de la population ».
75
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
cit d’espaces de stationnement. Le en charge de la compétence urba- tion des eaux usées pour 56,5% mode de ramassage des ordures
cadre de vie est aussi marqué par nisme et aménagement du territoire des ménages du Sénégal. Cette pour les autres régions du pays, à
la cohabitation entre habitat et ate- par les collectivités territoriales. situation est quasi-identique pour la côté du dépôt sauvage et de l’inci-
lier de divers genres (mécanique, gestion des eaux pluviales qui est nération.
menuiserie, etc.), ce qui contribue L’hygiène et l’assainissement ca- caractérisée par une insuffisance
à une pollution sonore, en plus ractérisent aussi le cadre de vie notoire, avec 313,5 km au niveau Cette dégradation du cadre de vie
d’autres types de risques. Cette au Sénégal, avec un réseau d’as- national pour desservir les régions conjuguée au phénomène du chan-
dégradation avérée du cadre de vie sainissement collectif déficitaire de Dakar, de Diourbel, de Kaolack, gement climatique et à la faiblesse
est la conséquence de la faiblesse (1699 km en 2015 pour desservir de Louga, de Matam, de Saint Louis du dispositif de prévention et de
du dispositif de planification urbaine 6 régions : Dakar [78% du réseau], et de Thiès. En ce qui concerne la gestion des risques font que les
caractérisé par un faible taux de Diourbel, Kaolack, Louga, Saint gestion des déchets solides, le sys- populations surtout urbaines sont
couverture en documents de planifi- Louis et Thiès). Par ailleurs, ce ré- tème mécanisé de ramassage des de plus en plus menacées par diffé-
cation spatiale, le déficit de mise en seau d’assainissement collectif ne ordures est le mode utilisé par 85% rents types de risques tels que les
œuvre des documents existants, le concerne que les zones urbaines. des ménages de la région de Dakar. inondations, l’érosion côtière, les
non-respect des règles d’urbanisme L’insuffisance du système de ges- Ce système est relayé par les char- risques technologiques, les incen-
et de construction, la faible prise tion des déchets liquides explique rettes qui constituent le principal dies et la pollution de l’air.
le recours à la nature pour l’évacua-
• Projets et programmes de renforce- • Insuffisance et déficit de pérennisation des résultats des projets et • Atteinte des objectifs des ODD en termes de couver-
ment des services sociaux de base ; programmes sociaux ; ture en services sociaux de base ;
• Densification des cartes sanitaire et • Fortes disparités territoriales dans l’accès aux services de base ; • Réduction des inégalités dans l’accès aux services so-
scolaire ; ciaux de base ;
• Déficit de l’offre sociale en équipements et services sociaux de base ;
• Amélioration du niveau d’accès à • Amélioration de la qualité des services sociaux de base
• Cherté des services sociaux de base ;
l’eau potable, l’électricité, et l’assai- ;
nissement ; • Faible niveau de la qualité des services publics ;
• Réduction de la dépendance extérieure pour l’accès à
• Financement (État, apports sociaux • Faiblesse des systèmes de planification des besoins en services so- certains soins ;
de la diaspora, secteur privé, ONG, ciaux de base ;
• Prise en charge des maladies chroniques dans les po-
entreprises).
• Faible prise en compte de certaines maladies chroniques dans les po- litiques nationales de santé et des risques épidémiolo-
litiques nationales de santé (diabète, maladies cardiovasculaires, hy- giques ;
pertension).
• Amélioration de l’hygiène et de la qualité des aliments.
76
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
SÉCURITÉ PUBLIQUE
ATOUTS/OPPORTUNITES FAIBLESSES/MENACES ENJEUX MAJEURS
• Existence des dispositifs de sécurité • Insuffisance des dispositifs de sécurité ; • Renforcement de la sécurité publique.
publique.
• Récurrence des actes de délinquances ;
• Insécurité ;
• Menaces terroristes.
77
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
PROTECTION SOCIALE
ATOUTS/OPPORTUNITES FAIBLESSES/MENACES ENJEUX MAJEURS
• Existence d’une solidarité familiale ; • Niveau de pauvreté et de vulnérabilité important ; • Renforcement du système de
protection sociale.
• Apports sociaux des migrants ; • Faiblesse des systèmes de protection sociale et prise en charge des couches vulnérables ;
• Existence de dispositifs de lutte contre la • Absence de système d’assurance chômage
pauvreté et la vulnérabilité.
• Précarité de l’emploi.
QUALIFICATION ET EMPLOI
ATOUTS/OPPORTUNITES FAIBLESSES/MENACES ENJEUX MAJEURS
• Projets et programmes de développe- • Déficit de synergie des projets et programmes de développement du capital • Renforcement du capital humain ;
ment du capital humain ; humain ;
• Promotion de la formation professionnelle et
• Densification des cartes universitaire et • Niveau élevé de dépendance socioéconomique des jeunes ; de l’emploi.
de la formation professionnelle.
• Chômage ;
• Déperdition scolaire ;
• Inadéquation emploi/formation.
78
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
La population sénégalaise s’élève, en 1988 à 13 508 715 habitants en La natalité et la mortalité connaissent gions les plus urbanisées telles que
selon le RGPHAE de 2013 (ANSD, 2013 avec 9 858 482 habitants en une tendance à la baisse et des dis- Dakar et Thiès tandis que les ré-
2013), à 13 508 715 habitants. Cet 2002. Elle laisse apparaître un taux parités territoriales. En effet, le taux gions les moins urbanisées notam-
effectif résulte de l’évolution à la d’accroissement moyen intercensi- brut de natalité (TBN) est passé de ment celles situées au Sud et à l’Est
hausse qui la caractérise depuis taire assez élevé qui s’établit entre 41 pour mille en 2002 à 37,2 pour du territoire connaissent les taux les
plusieurs décennies. En effet, elle 2002 et 2013 à 2,5%. Si cette ten- mille en 2013 alors que le taux de plus élevés. C’est également au ni-
est passée de 3 109 240 habitants dance est maintenue, la population mortalité (TM) qui était de 10‰ en veau des zones les plus urbanisées
en 1960 à 4 997 885 habitants en nationale atteindrait 26 312 275 ha- 2002 s’est établit à 7,0‰ en 2013. et les plus densément peuplées où
1976, puis de 6 896 808 habitants bitants à l’horizon 2035. Dans le même temps, le taux de fé- la baisse est plus marquée. Les ré-
condité qui est corollaire au taux brut gions qui ont les taux les plus éle-
Figure 5 : Évolution et projection de la population du Sénégal de natalité est passé de 6 enfants vés sont les régions où le taux de
30000000 par femme en 2002 à 5 enfants par mortalité est le plus élevé.
femme en 2013. Selon les résultats
des « Enquêtes Démographiques et L’espérance de vie à la naissance est
25000000
de Santé » (EDS-continue) de 2014, passée de 55 ans en 2002 à 64,8
20000000 la répartition de la mortalité par type ans en 2013 (ANSD, 2013), soit un
a permis de constater que la morta- gain d’un peu moins de 10 ans. Les
Population
15000000 lité infantile est de 33‰, la mortalité femmes vivent en moyenne plus
juvénile de 22‰, la mortalité infan- longtemps que les hommes (66,5
10000000 to-juvénile de 54%, tandis que la ans contre 63,2 ans, respective-
mortalité maternelle s’établit à 434 ment) (ANSD, 2013). On note éga-
5000000 décès pour 100 000 naissances. lement un écart de 5 ans entre le
milieu urbain (67,4 ans) et le milieu
0 Au niveau géographique, les taux rural (62,7 ans) (ANSD, 2013).
1970 1980 1990 2000 2010 2020 2030 2040 2050
les plus bas sont notés dans les ré-
Année
79
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Tableau 15 : Etat de la natalité, de la mortalité, de l’espérance de vie à la Le tableau 15 qui précède montre Avec un tel taux, la population sé-
naissance et de l’accroissement naturel de la population en 2013 l’état de quatre (4) indicateurs dé- négalaise doublerait son effectif en
mographiques clefs en 2013. Quel 23,5 ans 14. Cette situation serait en
TAmA -
Région TBN TBM EVN
2002-2013-%
que soit l’indicateur considéré, on grande partie due à l’amélioration
constate des situations très va- des conditions de vie sociales, no-
Dakar 30 5,2 69,6 2,8
riables d’une région à l’autre, mais tamment sanitaires et éducatives
Ziguinchor 34,9 9,2 62,2 2,3 également des écarts importants à de la population.
Diourbel 41,1 8,9 62,8 2,7 la moyenne nationale. Ce qui traduit
Saint-Louis 34,4 7,7 64,5 2,1 des dynamiques démographiques Par ailleurs, le taux d’accroissement
très hétérogènes. intercensitaire national qui est de
Tambacounda 45,5 10,4 57,8 2,0
2,5% montre que sur la période
Kaolack 39 7,6 64,6 4,4
Ces différents indicateurs démo- 2002 à 201315, l’évolution de la
Thiès 34,1 6,6 68,2 2,4 graphiques revêtent une grande population est restée relativement
Louga 35,6 7,3 66,2 2,0 importance dans tout processus stable avec un temps de double-
Fatick 39,8 7,9 65,1 1,3 de planification. Ils permettent de ment de presque 28 ans.
Kolda 42,7 11,8 54,7 2,8 cerner, pour une période donnée,
l’évolution relative de la population.
Matam 45,5 10 60,4 2,2
Selon le dernier RGPHAE, le taux
Kaffrine 46,4 8,5 62,9 1,4
d’accroissement naturel résultant
Kédougou 45,3 12,4 55 3,8
uniquement de la natalité et de la
Sédhiou 44 10,3 57,1 2,0 mortalité (sans prise en compte
National 37,2 8%0 64,8 2,5 de la migration) se situe aux envi-
Source : ANSD-RGPHAE, 2013 rons de 29,9 pour 1000 en 2013.
Années
Indicateurs de dynamique
2002 2007 2013 2014 2015 2016
Taux d’accroissement naturel (taux brut de natalité - taux brut de mortalité) en p. 1000 27,3 27,4 29,9 30 29,9 29,8
Au Sénégal, on compte 6 735 412 tendance la dépendance démogra- Figure 6 : Pyramide des âges du Sénégal en 2013
hommes pour 6 773 297 femmes16. phique est toujours importante. La
La supériorité numérique des population qui n’est plus en âge de
Pyramide des âges du Sénégal en 2013
femmes est plus prononcée en mi- travailler, c’est-à-dire 60 ans et plus,
lieu rural avec 3 727 823 femmes même si elle reste faible est quand
contre 3 678 091 hommes avec un même en progression continue.
rapport de masculinité de 98,7%17.
En revanche, globalement en mi- La pyramide des âges (fig. 6) de la
lieu urbain, les hommes sont lé- population sénégalaise est caracté-
gèrement plus nombreux que les ristique de celle des pays en déve-
femmes. Ceci résulte, en partie, du loppement avec une base élargie
fait que chez les migrants d’origine indiquant l’importance de la popu-
rurale notamment, les hommes sont lation de 0 à 14 ans dans les deux
plus nombreux que les femmes. sexes. La prépondérance du sexe
masculin au niveau de ce groupe
La population sénégalaise est mar- d’âge s’inverse dans les tranches
quée par sa jeunesse. Avec un âge supérieures et le sexe féminin re-
médian se situant à 19 ans (ANSD prend le dessus. Le sommet aminci
juin 2009), en 2002 et 2013, cette de cette pyramide révèle une pro-
catégorie de population se situait portion de personnes âgées c’est-
respectivement à 43,1% et 40,4% à-dire 60 et plus relativement faible.
avec une tendance à la diminution Source : ANSD-RGPHAE 2013/ANAT 2017
à 40,0 % en 2015. Malgré cette
82
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
3.1.4. Les migrations indique que 11 régions du Sénégal négatif de -50 389 individus (SES, était de 1 478 millions de dollars US
[Link]. La migration interne
sur un total de 14 ont un solde mi- 201619). en 2010.
gratoire national négatif (voir figure
L’analyse du solde migratoire in- ci-dessous). L’immigration : Le nombre d’im- En 2017, l’essentiel des montants
terne sur dix années (2003-2013) migrants internationaux au dernier transférés provenaient de l’Europe
recensement est estimé à 114 512. et du continent africain, avec res-
Figure 7 : Bilan migratoire ancien (2003-2013) La répartition de ces immigrants au pectivement 65,1% et 30,1% du
plan régional, montre que seules les montant total transféré vers le Sé-
régions de Dakar (+8 902), de Zi- négal.
guinchor (+4 854) et de Kédougou
(+2 535) ont un solde migratoire po- Selon le SES de 2016, le montant
sitif. global des transferts des sénégalais
de l’extérieur représentait « plus de
L’émigration : Selon l’ANSD20 quatre fois (425,5%) le montant des
(2014), le nombre de sénégalais Investissement Directs Étrangers
ayant émigré entre 2008 et 2012 (220 milliards de FCFA en 2011 se-
est estimé à 165 000 répartis lon les chiffres de la DPEE) et près
entre l’Europe (44,5%), l’Afrique de de deux fois (193%) le montant de
l’Ouest (27,5%), l’Afrique centrale l’Aide Publique au Développement
(11,5%), et l’Afrique du Nord (5,8%) qui s’élevait à environ 500 mil-
Source : RGPHAE, ANSD, 2013
et l’Amérique du Nord (2,3%). liards FCFA en 2011 selon la même
source ».
Contribution de la migration in-
Dakar et Diourbel, avec des soldes Toutes les autres régions du Séné- ternationale au développement La contribution de la diaspora au
migratoires positifs de 67 994 et 62 gal ont un solde migratoire interne socio-économique du pays : La développement socio-économique
243, constituent les deux régions négatif avec des valeurs absolues Banque mondiale 21 estime à 2 220 du pays est donc déterminante et
les plus attractives du pays. Elles plus importantes pour les régions millions de dollars US le montant prend plusieurs formes (transferts
doivent leur attractivité à la pré- de Kaolack (-33 044) et Louga (-27 des transferts financiers vers le Sé- financiers, entreprenariat, œuvres
sence des deux plus grands centres 902)18. négal en 2017. Selon cette même sociales, …).
urbains du Sénégal en l’occurrence source, le montant des transferts fi-
[Link]. La migration internationale L’émigration clandestine est une
Dakar et Touba. Ces deux régions nanciers de la diaspora a connu une
sont suivies dans une moindre me- hausse de 1987 millions de dollars forme de l‘émigration internationale
Le Sénégal demeure un pays d’émi-
sure par Matam avec un solde posi- US entre 2000 et 2017, alors qu’elle qui existe depuis longtemps, mais
gration avec un solde migratoire
tif de 1 162. qui a pris une ampleur considérable
à partir de la décennie 2000. En
18 ANSD, 2016 « Situation économique et sociale »
19 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie, RGPHAE 2013
20 Citée dans le document de politique nationale de migration du Sénégal (PNMS) élaboré par la DGPPE
21 Citée par le Rapport sur le Profil migratoire du Sénégal en 2018 publié par l’ANSD.
83
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Afrique de l’Ouest, le Sénégal est mouvoir la prise en compte systé- La Direction du développement du lation à divers niveaux (plaidoyer,
l’un des pays les plus touchés par la matique de la variable population capital humain (DDCH), une entité recherche/formation, etc.). On peut
migration illégale. Le Centre d’infor- dans les stratégies de développe- de la Direction générale de la Pla- citer l’exemple du Réseau des Par-
mation, de réflexion et d’échanges ment socio-économiques et territo- nification et des Politiques éco- lementaires pour la Population et
en matière de franchissement des riales. nomiques (DGPPE) et l’Agence le Développement (RPPD) ou le
frontières et d’immigration (CIRE- nationale de la Statistique et de la Réseau des Journalistes en Santé
FI)22 estimait à 19 775 le nombre La revue, en 2011, de la déclaration démographie (ANSD) constituent et Population et Développement
de Sénégalais arrêtés en 2006 dans a permis de prendre en compte les deux principaux piliers de la poli- (RJSPD).
vingt-sept (27) pays de l’Union eu- les nouveaux enjeux de dévelop- tique de population au Sénégal.
ropéenne. pement liés notamment à la lutte La stratégie nationale en vue de
contre la pauvreté, les maladies En plus des partenaires internatio- la capture du dividende démogra-
Le phénomène de l’émigration clan- sexuellement transmissibles telles naux, le Fonds des Nations Unies phique vise à consolider les acquis
destine en particulier est la consé- que le VIH/SIDA, la migration, le pour la Population (FNUAP) en et à mieux prendre en compte les
quence indirecte de l’échec des po- bien-être et la qualité de vie des po- particulier, d’autres acteurs inter- enjeux de développement liés au
litiques d’aménagement du territoire pulations, etc. viennent dans la politique de popu- capital humain.
des pays de départ où les capitales
nationales, seuls lieux de concentra- Afin de permettre une mise en
tion des richesses et opportunités œuvre efficace et inclusive des
économiques, ne garantissent plus politiques de population, l’Etat du
la réussite sociale. Sénégal a mis en place, par Décret
n°92-1054 du 8 juillet 1992 et en
remplacement du Décret 79-1011
3.1.5. Les politiques de population du 31 octobre 1979 portant créa-
En matière de politique de popu- tion de la Commission nationale de
lation au Sénégal, l’année 1988 la population, un important dispo-
marque une étape importante. Pour sitif de coordination constitué des
la première fois en effet, le pays se organes suivants :
dote d’une Déclaration de politique • Le Conseil National de la Popu-
de population qui, jusqu’ici, consti- lation et des Ressources Humai-
tue le cadre de référence national nes(CNPRH) ;
en matière de politique de popula-
tion. • La Commission Nationale de la
Population et des Ressources
L’ensemble des projets et pro- Humaines (CONAPORH) ;
grammes déroulés depuis cette
date s’adossent à cette déclaration • Les Commissions Régionales
dont le principal objectif est de pro- de la Population et des Ressour-
ces Humaines (COREPORH).
87
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
[Link]. L’enclavement des régions mé- Sénégal demeure embryonnaire et 3.2.2. Dynamiques urbaines • La phase de décollage corres-
ridionales et orientales reste principalement centré sur Da- pond à l’introduction et au dé-
[Link]. L’évolution de l’urbanisation
L’enclavement des régions méridio- kar. Des aérodromes tels que ceux veloppement de l’arachide. En
nales et orientales du pays demeure de Ziguinchor et de Kédougou fonc- Les grandes phases du proces- effet, sa commercialisation a
un réel problème, malgré les efforts tionnent plus ou moins, mais avec sus d’urbanisation nécessité la création de points
importants consentis ces dernières un trafic très faible (transport de de tri et de collecte dans les zo-
touristes essentiellement). L’urbanisation au Sénégal demeure nes de production qui, au fil du
années (pont sur le Fleuve Gambie, un phénomène marquant avec trois
pistes de désenclavement). Les ré- temps, se sont transformées en
Le transport maritime est peu déve- principales phases : centres relais, puis en centres
gions les plus concernées (Ziguin- loppé et reste dominé par l'axe Da-
chor, Sédhiou, Kolda, Tambacounda • La phase de démarrage avec la administratifs. La naissance et
kar - Ziguinchor. le développement des villes si-
et Kédougou) se distinguent par la naissance de la ville de Saint-
faiblesse de leur réseau routier et Louis comme capitale admi- tuées le long du chemin de fer
leur état de dégradation très avan- nistrative de la colonie du Séné- Dakar-Niger (Khombole, Bam-
cé. Ces cinq (5) régions dont la gal. En plus, la création, d’une bey, Guinguinéo, Koungheul,
superficie représente 44,7% du liaison ferroviaire entre Saint- …) obéissent à ce mécanisme.
territoire national ne totalisent que Louis et Dakar à partir de 1885 Cette phase marque aussi la
30,4%28 du réseau national revê- a été déterminante dans l’urba- diffusion de l’urbanisation dans
tu, soit 0,02 km de routes au Km2 nisation de la grande côte. Cet- les régions intérieures, celles du
contre 0,8 pour la région de Dakar te liaison a permis de consolider Bassin arachidier en particulier ;
et 0,13 pour la région de Diourbel, le rôle et la position de Dakar et • La phase d’accélération a dé-
pour ne donner que ces exemples. d’accélérer le développement marré à partir de 1960 et se ca-
des petites localités et escales ractérise par la densification du
Dans l’ensemble, le réseau de (Louga, Kébémer, Ndande, Mék- réseau urbain, la hiérarchisation
transport aérien interne (14 aéro- hé, Tivaouane, …) situées le long du réseau urbain et l’affirmation
dromes dont la plupart ne sont pas de cet axe ; des villes autochtones.
fonctionnels et 02 aéroports) du
28 Calculé à partir des données du Schéma routier et autoroutier national du Sénégal (SDRAN), 2015
88
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
89
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
90
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
Structure par taille en Structure par taille en Structure par taille en Structure par taille en Structure par taille en
Groupe de villes
1961 * 1976 1988 2002 2013
Tailles des villes Nbre. villes Pop. en % Nbre. villes Pop. en % Nbre. villes Pop. en % Nbre. villes Pop. en % Nbre. villes Pop. en %
Villes de moins de 5000 hbts 15 5,1 2 0,2 2 0,2 45 2,8 25 1
5000 à 20.000 14 13 23 13,2 19 8,7 50 11,5 57 9
20.000 à 50.000 4 17,3 4 6,6 7 9,3 11 7,2 21 9
50.000 à 100.000 2 15,9 4 18,2 2 5,9 4 6,5 4 4
100.000 à +250.000 - - 2 13 5 26,5 6 26 8 23
Plus de 400.000 1 48,7 2 48,8 2 49,4 1 46 2 54
TOTAL 36 100 37 100 37 100 117 100 117 100
Source : Recensements généraux de la population du Sénégal de 1976, 1988, 2002 et 2013
Un autre fait marquant qui se dé- 3ème niveau de la hiérarchie consti- [Link]. Dynamiques locales de l’urba- vulnérables à se loger dans des
nisation
gage à travers le tableau ci-dessus tué de chefs-lieux de département, conditions extrêmement précaires.
concerne les évolutions opposées mais aussi de certaines régions (Fa- L’habitat irrégulier : la bidonvili-
du nombre de petite villes (20 000 tick, Kaffrine, Kédougou et Kolda), Selon un rapport de la Banque mon-
sation diale publié en 201129, l’habitat irré-
habitants au plus) et de leur poids dont le niveau d’attractivité devrait
démographique. Leur nombre est être amélioré pour leur permettre Un des aspects marquants de l’ur- gulier à Dakar représente 21,76%
en effet en constante augmenta- de mieux jouer leur rôle d’animation banisation du pays au cours de ces de la surface urbanisée de la région.
tion depuis 1961 (29 en 1961 et 82 de leur territoire régional. Ce niveau quatre dernières décennies est la L’espace occupé par les quartiers
en 2013) alors que leur part dans renferme aussi certaines localités prolifération des bidonvilles aggra- irréguliers et non lotis représente
la démographie urbaine nationale bien intégrées dans le système ur- vée par l’exode massif des popula- 35% de la superficie totale urba-
continue de diminuer en passant bain du fait d’un rôle majeur qu’elles tions rurales vers les villes, Dakar nisée. Cette proportion qui est de
de 18,1% en 1961 à 10% en 2013. jouent du fait d’opportunités éco- surtout, et l’insuffisante mise en 30% à Saint-Louis, atteint 40% à
Ce qui traduit une tendance à la nomiques (Richard-Toll, Mboro et œuvre des documents d’urbanisme. Thiès.
concentration continue de la po- Joal-Fadiouth), ou d’une position Le bidonville est une forme d’habi- Dans la perspective de la réalisation
pulation urbaine dans les grandes géographique appropriée (Sébiko- tat typique des grandes métropoles des pôles urbains de Diamniadio et
villes (+400 000 habitants). tane et Nguékokh). des pays en développement où la du Lac Rose, certaines collectivi-
pauvreté et les difficultés d’accès au tés territoriales concernées par ces
Le système urbain met en évidence foncier obligent certaines couches
aussi l’importance des villes du projets redoutent une amplification
29 Banque mondiale, 2011 « Revue de l’urbanisation. Villes émergentes pour un Sénégal émergent ».
91
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
30 Les espaces urbanisés correspondent aux localités qui, avant l’Acte III de la décentralisation, disposaient du statut de commune, tel que défini par Loi n° 96-06 du 22 mars 1996 portant Code des
Collectivités territoriales (Article 79). Le critère juridique de commune ne s’applique pas cependant pour certaines localités (Touba, Darou Mousty, …) du fait de leur poids démographique et de leur niveau
fonctionnel important.
31 Résultats de télédétection, ANAT, 2017
92
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
Carte 15 : Évolution des surfaces urbanisées entre 2000 et 2010 dans 9 villes du pays
93
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Récolte d'arachides
94
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
N
surfaces de cultures irriguées du
pays en 2010. Elle est suivie par la
Casamance (5%).
S
95
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
Type de Principales caractéristiques Traits principaux de l’occupation Eléments saillants de Départements du Enjeux d’aménagement et de
territoire démographiques de l’espace gouvernance territoriale groupe développement
Territoires ur- • Une démographie très dynami- • Des densités démographiques • Des villes contraintes de se • Dakar, Pikine, Gué- • La maîtrise de l’immigration ;
bains en mé- que fortement alimentée par l’im- exceptionnellement élevées, déployer au-delà des limites ter- diawaye,
• La maîtrise et le contrôle de l’urba-
tropolisation migration ; avec un pic de 25 385 habitants ritoriales de leur circonscription
nisation ;
au Km2 dans le département de territoriale (commune, départe-
• Des taux de natalité, de mortalité
Guédiawaye ; ment, etc.) ; • La préservation de l’activité agricole
et de fécondité globalement bas,
et des autres activités liées à l’es-
par rapport aux moyennes natio- • Une occupation de l’espace très • Des conflits liés aux limites ter-
pace rural ;
nales ; dynamique et multiforme (urbani- ritoriales ;
sation, mises en valeur diverses, • La maîtrise du foncier ;
• Une espérance de vie à la naissan- • Des tensions autour de la res-
etc.) ;
ce relativement élevée, avec un source foncière qui s’amenuise • La correction des incohérences
maximum de 69,6 ans ; • Une urbanisation rapide et diffu- de plus en plus ; liées aux limites territoriales ;
se, avec une variation positive très
• Des soldes migratoires largement • Etc. • La prise en charge effective des
forte des surfaces urbanisées ;
positifs allant jusqu’à 310 759. questions liées aux changements
• Une transition urbaine achevée, climatiques et à leurs conséquen-
avec 100% de population urbaine ces
96
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
Type de Principales caractéristiques Traits principaux de l’occupation Eléments saillants de Départements du Enjeux d’aménagement et de
territoire démographiques de l’espace gouvernance territoriale groupe développement
T e r r i t o i r e s • Une démographie dynamique, • Des densités démographiques • Persistance d’incohérences ter- Rufisque, Mbacké, • L’atténuation de l’émigration
en transition, encore très influencée par les globalement supérieures à la mo- ritoriales liées à la délimitation ; Mbour, Thiès, Saint- dans les départements émet-
avec un ar- déterminants classiques de la dé- yenne nationale, avec des valeurs Louis, Kaolack, Zi- teurs ;
• Des tensions liées au foncier
rière -pays mographie (à l’exception des dé- exceptionnellement élevées au ni- guinchor, Tivaouane,
exacerbées par l’arrivée d’exp- • La maîtrise de l’immigration
rural dyna- partements de Mbacké, de Mbour veau des départements de Rufis- Louga, Dagana, Bi-
loitants étrangers ;
mique et de Rufisque qui ont des soldes que, de Mbour et de Mbacké ; gnona, Vélingara, Kol- dans les départements d’accueil
migratoires positifs relativement • Des villes contraintes de se da, Diourbel, Bakel, (Rufisque, Mbacké et Mbour
• Une dynamique urbaine constan-
importants) ; déployer au-delà des limites Oussouye, Kédou- surtout) ;
te, mais lente dans la majorité des
de leurs circonscriptions admi- gou, Foundiougne,
• Une dynamique migratoire forte, départements ; • La maîtrise et le contrôle de l’ur-
nistratives. Sédhiou, Tambacoun-
mais encore beaucoup plus déter-
• Une occupation de l’espace enco- da, Saraya, Salémata, banisation ;
minée, pour la majorité des dépar-
re très marquée par les activités Kébémer, Matam,
tements, par l’émigration que par • Maintien durable des équilibres
à caractère rural dans la majorité Fatick, Kanel, Podor,
l’immigration ; entre zones urbaines et zones
des départements, l’agriculture Nioro, Kaffrine
• Une démographie rurale encore surtout ; rurales ;
très dynamique.
• Une transition urbaine en cours, • Correction des incohérences
achevée dans certains cas (Rufis- territoriales.
que, Mbacké et Mbour surtout).
Territoires ru- • Des taux d’urbanisation très faib- • Zones en dépeuplement, avec • Persistance d’incohérences ter- Bambey, Koungheul, • L’atténuation de l’émigration ;
raux en crise les, largement inférieurs au taux des densités démographiques ritoriales liées à la délimitation ; Guinguinéo, Linguère,
national ; généralement inférieures à la mo- Koumpentoum, Ra- • Amélioration du cadre et des con-
• Des tensions liées au foncier ; ditions de vie, en milieu rural plus
yenne nationale ; nérou, Goudiry,
• Une dynamique démographique particulièrement ;
• Déficit de polarisation de l’es- Bounkiling, Birkelane,
essentiellement portée par l’acc- • Une évolution très lente des sur-
pace par les centres existants Gossas, Goudomp, • Promotion de centres urbains dy-
roissement naturel (contrebalancé faces urbanisées ;
qui offrent peu de services. Malem-Hodar, Médi- namiques capables de polariser
par une mortalité très élevée) ;
• Une occupation du sol largement na-Yoro-Foula, l’arrière-pays.
• Une émigration forte, avec des dominé par les activités à caractè-
soldes migratoires généralement re rural, l’agriculture notamment.
négatifs ;
• Part de la population nationale glo-
balement faible.
97
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
DYNAMIQUES DEMOGRAPHIQUES
ATOUTS/OPPORTUNITES FAIBLESSES/MENACES ENJEUX MAJEURS
• Cadre institutionnel et politique ; • Coefficient de dépendance démographique élevé ; • Réduction du coefficient de dépendance démographique ;
• Démographie très dynamique ; • Mortalité, infanto-juvénile surtout, encore élevée ; • Capture du dividende démographique ;
• Transition démographique dynamique ; • Faiblesses dans la mise en œuvre des politiques de • Valorisation de la migration internationale et de ses retombées socio-
population ; économiques ;
• Jeunesse de la population ;
• Persistance de certaines maladies graves • Gestion durable des migrations internes et sous-régionales ;
• Renouvellement interne de la population ;
• Contrôle sur le processus de transition urbaine.
• Forte mobilité géographique interne.
DYNAMIQUES SPATIALES
ATOUTS/OPPORTUNITES FAIBLESSES/MENACES ENJEUX MAJEURS
• Densification continue du réseau • Urbanisation non maîtrisée ; • Maîtrise de l’exode rural ;
d’établissements humains ;
• Étalement urbain ; • Atténuation des disparités démographiques Est-Ouest
• Urbanisation et métropolisation ;
• Incohérences territoriales induites par certaines évolutions spa- • Maintien de l’équilibre entre population urbaine et
• Forte mobilité géographique interne ; tiales ; population rurale ;
• Corridors intérieurs et • Hiérarchie urbaine lâche ; • Rééquilibrage de l’armature urbaine ;
transfrontaliers dynamiques.
• Problèmes de mobilité ; • Maîtrise de l’urbanisation ;
• Émigration / immigration internationales non maîtrisées ; • Renforcement de la résilience des territoires.
• Répartition spatiale déséquilibrée de la population et persistance
de la fracture Est Ouest.
98
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
4.1.1. Le secteur primaire pays où 49,5% des ménages sont Dans le cadre du Plan Sénégal Le potentiel agricole
Le secteur primaire est constitué agricoles32. Les ressources agricoles Emergent, le Programme d’Accélé-
Les grandes zones agricoles du Sé-
des sous-secteurs de l’agriculture, constituent la principale source de ration de la Cadence de l’Agriculture
négal sont le Delta et la vallée du
l’élevage, la pêche et l’aquaculture produits alimentaires, d’emplois et Sénégalaise (PRACAS) a été lancé
fleuve Sénégal, le bassin arachidier,
et la foresterie qui représentent res- de revenus pour plus de 60% de la afin d’impulser une transformation
la zone des Niayes, la Casamance,
pectivement 61,4%, 25,8%, 10% population active sénégalaise. De structurelle de l’économie à travers
la zone agro-sylvo-pastorale du Sé-
et 2,8% du PIB de ce secteur. Il ce fait, le secteur agricole joue un la redynamisation de l’agriculture.
négal oriental et la zone sylvo-pas-
représente une part significative rôle de premier plan pour l’atteinte Le PRACAS met l’accent, entre
torale.
dans l’économie sénégalaise. Il est des objectifs de croissance éco- autres, sur l’autosuffisance en riz,
le principal support de relance de nomique, de sécurité alimentaire le développement de l’arachide, le En 2009, les terres arables cou-
la production nationale et de réali- et nutritionnelle, de création d’em- développement de l’horticulture et vraient 3,8 millions d’hectares soit
sation des stratégies de croissance plois et de réduction de la pauvre- le renforcement de la sécurité ali- 19% de la superficie du pays34.
économique. Le PIB du secteur pri- té. Il est aussi l’un des principaux mentaire. Elles sont inégalement réparties
maire a enregistré une croissance pourvoyeurs de matières premières entre les zones agroécologiques
Par ailleurs, le gouvernement du
moyenne annuelle de 9,2% sur la aux industries de transformation (57% au bassin arachidier, 20% en
Sénégal a pris certaines mesures
période 2015-2017, contre 4,2% sur (huilerie, sucrerie, filature et textile, Casamance, 10% au Sénégal orien-
de régulation et de protection pour
celle de 2007-2013. Cela témoigne etc.). Par rapport à l’occupation du tal, 8% dans la vallée du Fleuve Sé-
approvisionner le marché national
le dynamisme du secteur qui voit sa sol, l’agriculture représente naturel- négal, 4% dans la zone sylvopasto-
en produits de qualité et à des prix
part dans la structure du PIB aug- lement le premier secteur consom- rale et 1% dans les Niayes).
abordables tout en garantissant aux
menter en passant de 14,3% en mateur d’espace. Sur la base de la La maîtrise de l’eau constitue un
paysans-producteurs des revenus
2015 à 16% en 2017. photo-interprétation d’images Land- facteur déterminant pour l’agricul-
assez consistants. Ces différentes
sat effectuée par l’ANAT, en 2010, ture. Les ressources potentielles
[Link]. L'agriculture mesures contribuent directement
24,39% du territoire national était en eau pour le développement agri-
au développement de certaines fi-
L’agriculture constitue un secteur occupée par les cultures, soit 4,8 cole sont constituées par les eaux
lières ainsi qu’au renforcement de
stratégique pour l’aménagement et millions d’hectares. de pluie, les eaux de surface et les
certaines cultures à haute valeur
le développement du territoire. En Depuis six ans, la contribution de ajoutée qui ont un potentiel à l’ex- nappes souterraines (voir partie sur
effet, ce sous-secteur du primaire l’agriculture au PIB national est en port avéré. les ressources). Les facteurs limi-
emploie environ 73,8% de la popu- constante augmentation, passant tatifs pour l’exploitation à des fins
lation rurale, concentrant 65% de la de 5,9% à 2011 à 9,8 en 201733. agricoles de ce potentiel sont la fai-
population totale en 2013 dans un blesse et l’irrégularité de la pluvio-
32 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie, RGPHAE 2013
33 Direction générale de la Planification et des politiques économiques (DGPPE), 2019
34 Direction de l’analyse de la Prévision et des statistiques (DAPS), Mars 2009 : Rapport de l’étude sur l’évolution du secteur Agricole, des conditions de vie des ménages et de la vie chère au Sénégal.
99
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
métrie notamment dans les zones alisation d’ouvrages hydroagricoles Manantali (avec une retenue d’un Performances de l’agriculture
Nord et centre du pays, la mauvaise structurants. volume de 12,8 milliards de m3 pour
qualité des eaux souterraines dans une possibilité d’irrigation de 375 Production céréalière
Pour soutenir les besoins en eau
certaines parties du territoire, la 000 ha de cultures réparties le long
du secteur agricole, des ouvrages Les principales cultures céréalières
profondeur des nappes et les coûts de la vallée), le barrage anti-sel de
hydroagricoles structurants ont été au Sénégal sont le mil, le maïs, le
d’investissement élevés pour la ré- Diama et le barrage de l’Anambé.
réalisés notamment le barrage de sorgho et le riz. Durant l’année 2017,
la production nationale de céréales
Système de production agricole
N
Systèm e agropastoral
a atteint 2 516 466 tonnes pour une
superficie totale emblavée de 1 704
E
S
dècrue
718 hectares35.
Systèm e axé sur les cultures
Saint-Louis irriguées
Le mil qui dominait la production de
T I
M
MAAU
URR II TT A
ANN II E
E Systèm e péri-urbain à partir de 2014 par le riz dont la pro-
duction est en constante augmen-
L
Louga
campagne 2017, le riz représentait
le premier produit céréalier avec
Matam 40% de la production devant le mil
qui occupait la deuxième place avec
Thiès 35%, suivi du maïs et du sorgho qui
Diourbel
Dakar représentaient respectivement 16%
et 9%. Par contre, le mil représen-
Kaffrine M
tait 55% des superficies emblavées
MAA LL II
Fatick Tambacounda loin devant le riz (18%), le maïs et le
sorgho occupaient respectivement
Kaolack 14% et 13%.
G
GAAM
MBB II E
E En dix (10) ans, la production de riz a
été multipliée par 5, passant de 198
N
A
100
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
Le riz est essentiellement cultivé au tion nationale d’arachide varie en du territoire est la principale zone de la vallée du fleuve Sénégal, le Sé-
Nord, le long de la vallée du fleuve dents de scie. Sur une période de production du coton avec la région négal oriental et la Casamance. De-
Sénégal et au Sud, dans les régions 14 ans (2003 à 2017), la produc- de Kolda qui représente 69% de la puis quelques années, la production
de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda tion nationale moyenne d’arachide production nationale en 2017 sui- nationale de fruits et légumes a
(40% de la production est issue de s’élève à 771 988 tonnes. La pro- vi des régions de Tambacounda et connu une constante augmentation.
la zone Nord contre 50% pour le duction d’arachide n’est toutefois de Kédougou pour respectivement Elle est passée de 560 000 tonnes
Sud du pays). Le mil, le sorgho et le pas linéaire durant cette période 19% et 10%. en 2006 à 994 075 en 2014, cor-
maïs sont des cultures sous pluie. A : en 2007 le Sénégal a enregistré respondant à une augmentation de
cause de la variation de la pluviomé- sa plus faible production avec 330 La tomate industrielle et la canne 44% en neuf (9) ans.
trie, les productions peuvent varier 559 tonnes et sa plus forte produc- à sucre
sensiblement d’une année à l’autre. tion date de 2017 avec 1 405 223 La tomate industrielle et la canne à Selon la Direction de l’Horticul-
La valeur moyenne de la produc- tonnes. La superficie moyenne em- sucre sont des cultures irriguées et ture, en 2014, cette production
tion sur une période de 12 ans est blavée entre 2003 et 2017 est de dont la production est localisée dans est principalement constituée par
de 619 808 tonnes pour le mil, 253 886 164 hectares. Le bassin arachi- la vallée du fleuve Sénégal. Ces l’oignon (21%), la tomate (21%), le
426 tonnes pour le maïs et 156 500 dier demeure la principale zone de cultures se sont développées grâce chou pommé (5%), la patate douce
tonnes pour le sorgho. La principale production de l’arachide avec 50% à l’installation de sociétés agro-in- (5%), la tomate cerise (7%), le me-
zone de production de ces céréales de la production moyenne nationale dustrielles privées tels que la CSS lon (1%), la mangue (13), la banane
couvre le Sine-Saloum et une partie et 76% des moyennes de superfi- pour la canne à sucre, la SOCAS, (4%), les agrumes (5%), autres lé-
des régions de Tambacounda et de cies emblavées entre 2003 et 2017. AGROLINE et TAKAMOUL FOOD- gumes (20%) et autres fruits (4%).
Kolda. Le reste de la production nationale SA pour la tomate. Sur la période
Les autres cultures
provient essentiellement du Sud- 2003-2014, la production de tomate
Production des cultures indus- Est du pays dans une zone à cheval est fluctuante avec 52 060 tonnes Les autres cultures pratiquées au
trielles et superficies embla- sur les régions de Sédhiou, Kolda et en 2003, 120 000 tonnes en 2016 Sénégal sont le niébé, le manioc et
vées36 Tambacounda qui constituent, en et 55500 tonnes en 2014. La canne le sésame. Comme pour les autres
quelque sorte, la zone d’extension à sucre est cultivée et transformée cultures sous-pluie les productions
L’arachide et le coton
du bassin arachidier. par la CSS qui est une compagnie obtenues évoluent irrégulièrement
L’arachide et le coton sont des privée créée en 1970 à Richard en fonction de la pluviométrie.
cultures sous pluie caractérisées par Pour le coton, entre 2003 et 2017, la Toll. Le domaine agricole de la CSS
leur dépendance à la pluviométrie. production moyenne nationale est couvre environ 12 000 hectares. Le Le niébé est un aliment de base à cy-
de 33 510 tonnes pour une super- sucre produit permet de couvrir une cle court qui permet de lutter contre
Grâce à ses vocations vivrière, four- ficie moyenne emblavée de 32 485 partie de la demande nationale. la famine et la malnutrition surtout
ragère et industrielle, l’arachide est hectares. Pour cette période, la ten- pendant les périodes de « soudure
une culture importante pour le Sé- dance globale de la production est Les cultures horticoles : Fruits et ». Sur la période 2003-2017, la pro-
négal. Elle est pratiquée par près à la baisse. En effet, entre 2003 et légumes (pomme de terre, oignon) duction moyenne de niébé s’élève
de 700 000 exploitations familiales. 2017, la production a chuté en pas- Les principales zones de production à environ 64 521 tonnes, corres-
Compte tenu de sa forte dépen- sant de 54 964 tonnes en 2003 à horticole au Sénégal sont par ordre pondant à une superficie moyenne
dance à la pluviométrie, la produc- 20 000 tonnes en 2017 . Le Sud-Est d’importance : la zone des Niayes, annuelle emblavée de 171 155 hec-
101
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
tares. La production est principale- contraintes et faiblesses qui en- relativement important (29,5% des bétail-viande, lait, cuirs et peaux et
ment localisée dans les régions de travent le développement de l’agri- ménages sénégalais, soit 476 668 aviculture. Pour atteindre ces objec-
Louga, Thiès, Diourbel et Fatick qui culture sont : ménages ) auxquels elle offre de tifs plusieurs projets et programmes
représentent respectivement 62%, grandes opportunités en termes de structurants sont initiés.
14%, 8% et 3% de la production • La dépendance aux aléas clima- revenus, d’emplois et de renforce-
nationale. tiques ; ment de la résilience face aux dif- Potentiel de l’élevage
• L’insuffisante maîtrise de l’eau ; férents chocs et crises. Longtemps
Pour le manioc, la production L’existence de zones de pâture
• La dégradation des terres et la pratiqué sous forme extensive, le constitue une importante oppor-
moyenne entre 2003 et 2017 est système s’améliore de plus en plus
détérioration des écosystèmes ; tunité pour le développement de
de 336 643 tonnes et la superficie avec, notamment, l’adoption de mo-
moyenne emblavée est de 40 880 • Les difficultés d’accès aux int- l’élevage. L’analyse de la disponi-
rants agricoles ; des d’élevage plus intensifs par l’in- bilité des pâturages montre un po-
hectares. La région de Thiès est la troduction de nouvelles races plus
principale zone de prédilection du • L’utilisation de techniques agrico- tentiel assez différencié d’une zone
productives. à l’autre. Dans le Bassin arachidier,
manioc avec près de 70% de la pro- les encore rudimentaires ;
duction en 2017. Le sous-secteur de l’élevage est les zones de pâture sont de plus en
• L’enclavement de certaines zo-
marqué par une croissance en plus réduites sous l’effet de l’exten-
nes de production ;
Le sésame est principalement dents de scie, avec une contribution sion progressive des superficies
cultivé dans les régions de Kolda, • Un système de financement ina- cultivées. La zone écogéographique
dapté pour le secteur agricole ; moyenne annuelle au PIB de 4%
Kaolack, Sédhiou et de Kaffrine sur la période 2007-2017. Cepen- du Delta et de la vallée du fleuve Sé-
avec une production moyenne de • Le faible niveau de qualification dant, depuis 2014, il est dans une négal est aujourd’hui agressée par
10 416 tonnes pour une superficie et l’insuffisance du capital hu- dynamique positive de progression. le surpâturage et le défrichement,
moyenne emblavée de 19 582 hec- main ; Malgré les progrès, l’offre natio- créant ainsi de vastes plages de
tares sur la période 2003-2017. • Les problèmes de stockage, de nale dans le domaine des produc- mortalité dans la strate arbustive et
conservation et de transformati- tions animales et produits dérivés appauvrissant les pâturages. Dans
Les contraintes de développe- la zone sylvo-pastorale où s’exerce
on des produits ; ne couvre pas encore la demande.
ment la mobilité des communautés pas-
• Les problèmes de commercia- Cela se traduit par le poids encore
Malgré l’important potentiel dispo- lisation des produits agricoles ; important des importations en pro- torales, la production primaire des
nible en termes de terres arables, duits alimentaires d’origine animale pâturages est très variable avec
• Le déficit de structuration des fi- un minimum de 1072 kg MS/ha en
de disponibilité de l’eau, la contribu- lières agricoles. et une dépendance vis-à-vis des
tion de l’agriculture à la croissance pays limitrophes (surtout pour les 2008 et un maximum de 5020 kg
[Link]. L’élevage
du PIB reste faible et notre pays est grandes fêtes religieuses comme la MS/ha en 2010. Les zones Sud et
encore dépendant d’importations L’élevage constitue avec l’agricul- tabaski ou le Magal de Touba). Est du territoire (Casamance et Sé-
de produits agricoles pour l’alimen- ture, les principales activités des négal Oriental) disposent d’impor-
tation de la population. La plupart populations rurales. Il contribue à la Dans le cadre du PSE, l’élevage est tantes ressources fourragères de
des terres sont cultivées seulement sécurité alimentaire et nutritionnelle identifié comme un levier important sous-produits agricoles et agro-in-
pendant l’hivernage et seules 2% et représente un levier important de l’axe I qui vise une transformation dustriels pour l’alimentation du bé-
des terres sont mises en valeur pour la lutte contre la pauvreté. L’ac- structurelle de l’économie. L’objec- tail. Toutefois, la fréquence des feux
grâce à l’irrigation. Les principales tivité est pratiquée par un groupe tif ciblé est le développement accé- de brousse constitue la principale
léré des filières clés de l’élevage : menace dans ces zones.
102
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
103
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
ovins et caprins principalement). En et 42% de la production totale de sont les principales régions d’éle- régions de Haute et Basse Casa-
effet, les régions de Tambacounda, viande. vage de bétail (bovins, ovins et ca- mance et du Sénégal Oriental qui
Kolda, Louga détiennent respective- prins) produisent les plus grandes bénéficient des conditions écolo-
ment 21,62%, 13,81%, 12,27% du En considérant la production quantités de lait chaque année. En giques favorables. La production de
poids du cheptel bovin ; celles de moyenne de viande sur la période 2014, la région de Tambacounda a miel est passée de 2 800 tonnes en
Kaolack, Louga, Tambacounda sont 2005-2013, du fait de la forte pro- produit 21,78% de la production na- 2012 à 3 500 tonnes en 2015 40. Du
les plus grands éleveurs d’ovins duction de volaille industrielle à tionale, suivie par Kolda 11,7%, Lou- fait du déficit quantitatif et surtout
avec respectivement 14,37%, Dakar, la capitale enregistre la pro- ga 10,93% et Kaolack 8,98% 38. qualitatif, le Sénégal importe encore
18,63%, 21,54% du cheptel ovin et duction la plus importante avec 25 du miel et de la cire.
on constate la même situation pour 339 tonnes, suivie des régions de Le système extensif fournit le lait en
le cheptel caprin avec respective- Tambacounda, Kolda, Louga, Kao- majorité 84,1% en 2011, et 60,7% Contraintes et faiblesses du sec-
ment 14,56%, 19,64% et 23,02% lack et Fatick avec des moyennes en 2015. Le reste de la production teur de l’élevage
pour les régions de Kaolack, Louga respectives de 19 607 tonnes, 16 provient des systèmes semi-inten-
424 tonnes, 15 435 tonnes, 12 829 sif et intensif (CEP/MEPA, 2015). Malgré d’énormes potentialités et
et Tambacounda. l’existence d’un marché de plus en
tonnes et 11 697 tonnes (Direction
La filière viande de l’élevage, 2014). Les autres produits et sous-pro- plus important, notre pays est en-
duits de l’élevage core dépendant de l’étranger pour
Entre 2005 et 2013, la production La filière laitière la plupart des produits et sous-pro-
nationale de viande d’abats (Bovins, Les autres produits et sous-produits duits de l’élevage. Les principales
Ovins, Caprins, Porcins, volailles et La production nationale de lait est de l’élevage sont constitués d’œufs, contraintes et faiblesses à lever
Camelins) a connu une importante en constante augmentation. Elle de peaux et cuirs et de miel. La pour permettre le développement
progression, passant de à 114 260 est passée de 184,5 millions de production d’œufs est essentielle- du secteur sont essentiellement :
tonnes en 2005 à 178 650 en 2013, litres en 2011 à 226,7 millions de ment concentrée dans la zone des
correspondant à une croissance de litres en 2015, correspondant à une Niayes, avec une croissance conti- • La faiblesse de la productivité et
56% en 8 ans. La production de croissance 23% sur ces cinq ans. nue depuis 2005. Pour la filière « de la compétitivité du secteur de
viande est estimée en 2016 à 242 (Source : CEP/MEPA, 2015). peaux et cuirs » l’essentiel de la l'élevage ;
64137. production est exportée à l’état brut • Les difficultés d’alimentation et
Malgré cette croissance, la produc-
(4 772 tonnes exportées en 2015 39), d’abreuvement du bétail ;
L’analyse de la production de viande tion nationale de lait reste insuffi-
ce qui représente un manque à ga-
sur la période 2005-2013 laisse sante et ne couvre qu’environs 53% • Les problèmes liés à la transhu-
gner important en termes de créa-
apparaître une part prépondérante à 59% de la consommation natio- mance ;
tion de richesse et d’emplois.
pour la volaille et les bovins qui re- nale.
• Le vol de bétail ;
présentent respectivement 27% Concernant la filière apicole, l’es-
Les régions de Tambacounda, de • Les conflits entre éleveurs et ag-
sentiel de la production de miel
Louga, de Kaolack et de Kolda, qui riculteurs ;
provient des massifs forestiers des
37 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), Situation Economique et Sociale 2016, publié en février 2019
38 Cellule des Etudes et de la Planification (CEP)/MEPA, 2015
39 Ministère de l’Elevage et des Productions Animales, 2015.
40 Ministère de l'Elevage et des Productions Animales. (2015). Rapport d’activités 2014.
104
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
41 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie. (Mars 2016). Situation Economique et sociale du Sénégal en 2013.
42 Ministère de l’Elevage et des Productions Animales. (Janvier 2017). Lettre de politique de développement de l'élevage 2017-2021.
105
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
43 Direction de l'Environnement et des Etablissements classés, (Janvier 2015), Actualisation du découpage et de la caractérisation des zones éco géographiques du Sénégal, Rapport final, 94 p.
44 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), Situation Economique et Sociale 2016, publié en février 2019.
106
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
Les produits frais respectivement 17,1%, 16,5% et ditionnels de transformation et on référencée à des objectifs d’amé-
14,5% des prises47. constate un déficit en infrastruc- nagement précis ;
Pour la pêche artisanale, la ten-
tures de valorisation.
dance générale des captures est L’aquaculture, bien qu’elle soit prati- • L’insuffisance de la formation et
très erratique du fait de la variabilité quée depuis quelques années, est Les contraintes et faiblesses la faiblesse organisationnelle des
des captures de petits pélagiques toujours dans un état embryonnaire acteurs ;
notamment de sardinelles, de l’ap- en raison de multiples contraintes Les principales contraintes et fai-
parition de certaines catégories blesses du secteur de la pêche et • Le défaut de structuration des fi-
qui entravent son développement.
d’espèces et des accords d’accès de l’aquaculture sont : lières halieutiques et l’insuffisan-
Entre 2014 et 2016, la production
dans les pays limitrophes. En 2016, ce des infrastructures de base et
est passée de 1 095 tonnes à 2 082 • L’inadaptation et l’insuffisance
les débarquements ont atteint 397 de la logistique (chaîne de froid).
tonnes, correspondant presque à des infrastructures dans le sec-
871 tonnes45, correspondant à une un doublement de la production en [Link]. L’Agrofesterie
hausse de 3,8% par rapport à l’an- teur ;
deux ans.
née 2015. • La faiblesse de la politique en Malgré sa faible contribution au PIB
Les produits transformés matière d’hygiène et de traçabi- (moins de 1%), le secteur de la fo-
Les prises de la pêche industrielle resterie, notamment la sylviculture
Une partie de la production halieu- lité ;
sont composées essentiellement et l’exploitation forestière, constitue
d’espèces démersales, destinées tique est conditionnée et transfor- • Un problème de la mise aux nor- un secteur important surtout pour
au marché international notamment mée en produits séchés ou fumés. mes à l’amont de la filière ; les populations rurales. En effet,
européen. Les débarquements La transformation artisanale des la biomasse constitue la principale
peuvent connaitre de grandes varia- produits halieutiques est la forme • La vétusté de l’armement in-
source d’énergie en milieu rural
tions d’une année à l’autre avec par de valorisation de produits de la dustriel faisant état de perfor-
pour la cuisson et les produits fores-
exemple 47 923 tonnes en 2011, pêche la plus ancienne et une ma- mances techniques médiocres
tiers non ligneux peuvent contribuer
47 445 tonnes en 2015 et 89 564 nière de conserver la production d’une flotte dont la moyenne
à la lutte contre la pauvreté.
tonnes en 2016 46. non absorbée par la consommation d’âge est très élevée ;
de poissons frais. En 2016, on note C’est un sous-secteur qui est dans
• La faiblesse des connaissances
Avec 48,9% de la production natio- une nette prédominance du poisson une phase de croissance pour ex-
scientifiques portant sur les prin-
nale, la région de Thiès est la plus fumé (Kétiakh) avec 20 826 tonnes, ploiter l’important potentiel consti-
cipaux stocks, leur potentiel et
grande productrice de produits ha- suivi du metorah avec 8 964 tonnes tué de ressources végétales et de
l’effort de pêche permissible sur
lieutiques grâce aux quais de Kayar, et du poisson fumé (Guedj) avec 5 ressources fauniques.
les ressources halieutiques de la
de Mboro et de Mbour. Elle est sui- 606 tonnes48.
ZEE nationale ; Pour les ressources végétales, les
vie par les régions de Ziguinchor,
Saint-Louis et Dakar qui comptent Les filières de production restent • Les carences en termes de poli- régions de Kolda et de Tambacoun-
dominées par des systèmes tra- tique de surveillance des pêches da disposent des potentialités les
45 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), Situation Economique et Sociale 2016, publié en février 2019.
46 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), Situation Economique et Sociale 2016, publié en février 2019.
47 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), Situation Economique et Sociale 2016, publié en février 2019.
48 Direction des pêches maritimes, 2016
107
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
plus élevées49. En effet, dans la duits forestiers non ligneux et des Le Sénégal est un important pro- nes et financières pour appuyer
zone du Sénégal oriental, on ren- produits de la faune sauvage. ducteur et exportateur d’anacardes la mise en œuvre de la politique
contre : la savane herbeuse, la sa- avec la demande mondiale qui ne forestière ;
vane arbustive, la savane arborée, Les productions forestières li- cesse de croître ces dernières an-
gneuses • La dégradation continue du mili-
la savane boisée, la forêt claire, la nées. Le Sénégal occupe le 15e
eu naturel avec la coupe de bois,
forêt galerie, la forêt dense sèche, Elles concernent l’ensemble des rang mondial avec une moyenne de
les feux de brousse ;
la rôneraie, la palmeraie à Elaeis productions de bois énergie, de bois production de 40.000 tonnes par
guineensis, la Bambusaie, Raphiale, d’œuvre et de charbon. L’évolution an. L’Anacarde est généralement • Le déficit de suivi environnemen-
le parc arboré et la prairie maréca- des productions de bois énergie, de produit au sud du Sénégal, notam- tal et de mise en œuvre d’un pro-
geuse. En Casamance, il existe la bois d’œuvre et du charbon de bois ment dans les régions de Kolda et gramme de gestion durable des
savane arbustive, la savane arborée, à l’échelle nationale montre que le de Sédhiou. ressources naturelles ;
la savane boisée, la forêt claire, la charbon de bois occupe la première • L’absence de coordination des
forêt galerie, la forêt dense sèche, Les produits de la faune sauvage
place des productions avec une va- programmes de gestion durable
la rôneraie, la palmeraie à Elaeis leur de 211 642 tonnes en 2016, L’exploitation des produits de la des ressources naturelles ;
guineensis, la Bambusaie, Raphiale, suivi du bois de chauffe des autres faune sauvage est organisée sous
le parc arboré et la mangrove. produits comme le bois d’œuvre. forme de campagnes de chasse • La grande vulnérabilité aux varia-
fixées chaque année par arrêté mi- tions pluviométriques ;
Concernant les ressources fau- Les productions forestières non nistériel, favorisant ainsi le tourisme • La fragilité des écosystèmes fo-
niques, le Sénégal compte environ ligneuses de vision et le commerce des oi- restiers.
4 330 espèces réparties essentiel-
L’évolution des productions an- seaux. Le commerce de la viande
lement en deux groupes : les inver-
nuelles des PFNL ou produits de du gibier sauvage est interdit, mais 4.1.2. Le secteur secondaire
tébrés et les vertébrés.
cueillette montre que le "bouye" son exploitation produit des effets
Pour le développement du sous-sec- (fruit du baobab/pain de singe) est induits qui touchent principalement Le secteur secondaire constitue un
teur, depuis 2000, toutes les stra- le produit qui enregistre les plus l’essor du tourisme, le commerce pan important de l’économie séné-
tégies ont été redéfinies autour de grandes productions ces dix der- de l’armurerie, la fiscalité, la créa- galaise. Elle a contribué à hauteur
la Politique forestière du Sénégal nières années. Les autres produits tion d’emplois et l’amélioration de de 22,6 % dans la formation du PIB
(2005-2025) qui est née de l’actuali- forestiers les plus productifs sont l’alimentation carnée des popula- en 2017. Sur la période 2007-2017,
sation du Plan d’Action Forestier du respectivement le "maad" (saba tions en milieu rural. cette contribution s’est maintenu
Sénégal (PAFS, 1993), suite à la mo- senegalensis), le "jujube" (ziziphus), au-dessus de 20% avec un pic de
Les contraintes et faiblesses du 23,6% en 2015 et un minima de
dification du code forestier en 1998. le "mbep", le "ditax" (detarium se-
secteur forestier 20,1% en 2008 dans un contexte
negalense) et l’huile de palme. La
Performances du secteur de gomme arabique et le "sump" ont de crise économique mondiale, des
Les principales contraintes et fai-
l’agroforesterie les productions les plus faibles tan- changements climatiques et de la
blesses du sous-secteur de la fores-
dis que les lattes de rônier et de terie sont : faible maîtrise des paramètres éco-
Les différents produits de l’agro- nomiques au niveau national. Dans
bambou ont une production qua-
foresterie sont constitués des pro- le cadre de ce document, le secteur
si-nulle. • Les Faibles ressources humai-
duits forestiers ligneux, des pro- secondaire intègre les activités in-
49 Système d’Information Écologique Forestier et Pastoral (SIEF) mis au point par le PROGEDE en 2004.
108
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
dustrielles, l’exploitation minière, ment la Déclaration de Politique et la région de Matam un important Les contraintes du sous-secteur
l’artisanat, le BTP. C’est un secteur Minière adoptée le 06 Mai 2003 et pôle minier. Le fer, l’or, l’uranium, le minier
générateur d’emplois et participe à la loi n°2016-32 du 08 novembre marbre et les autres ressources font
la création de richesses. 2016 portant Code Minier et son du Sud-Est (Tambacounda, Kédou- Le secteur fait face à plusieurs
décret d’application n°2017-459 du gou) un autre pôle structurant de contraintes dont les plus significa-
[Link]. Les mines tives sont la lourdeur des investisse-
20 mars 2017. En termes d’orienta- l’économie minière au Sénégal.
tion, la lettre de politique sectorielle ments et le déficit d’infrastructures
Le secteur minier occupe une
2017-2023 du ministère des mines La production minière de transport adéquates. Il s’y ajoute
place importante dans l’économie
définit son intervention autour des la fluctuation des cours mondiaux,
sénégalaise de par ses effets di- Le Sénégal dispose d’une diversité
programmes suivants : la faible maîtrise des paramètres
rects sur la production nationale, de ressources minières toujours do- de viabilité économique des gise-
le volume des exportations, les minées par les phosphates malgré
• Valorisation du potentiel minier, ments, l’insuffisance des moyens
emplois créés, les infrastructures l’émergence de l’exploitation de l’or
axé sur une bonne connaissance humains et matériels en plus des
économiques et sociales et le dé- et des minerais lourds tels que le
du potentiel géologique et mi- impacts environnementaux néga-
veloppement technologique. En zircon. La production minière varie
nier et sur l’accroissement et la tifs.
2016, sa contribution à l’économie dans le temps et selon les mine-
diversification de la production
est chiffrée à 487,4 milliards et une rais. Ainsi, selon les données de la [Link]. L’artisanat
minière ;
valeur ajoutée de 283 milliards50. Direction du contrôle et de la sur-
Les mines ont permis de générer • Encadrement et promotion des L’artisanat est l’un des secteurs
veillance des opérations minières
3 000 salariés directs même si cela mines artisanales : poursuivant phares de l’économie nationale. Il
(DCSOM), la production totale est
est jugé très peu au vu des poten- la réglementation du secteur, participe à la création d’emplois et à
passée de 946 753 tonnes en 2009
tialités minières du pays. Toutefois, la capacitation des exploitants, l’augmentation des ressources pu-
à 10 679 307 tonnes en 2016 soit
suite à une situation de décadence l’amélioration de la sécurité et bliques (impôts et taxes). En 2012,
un taux de croissance moyenne
des industries chimiques, notée au des conditions de travail et la le secteur contribuait à hauteur de
annuelle de 41% pour l’ensemble
début des années 2000, le secteur promotion du sous-secteur pour 12% du PIB, offrait 1 200 000 em-
des minéraux composés de : Or,
se trouve actuellement dans une l’intégrer à l’économie. plois dont le quart réside à Dakar
Argent, Phosphates Alumine, Phos-
phase de redressement. En 2016, et absorbait 30 à 60% de la main
Le potentiel minier phates de chaux, Attapulgites,
le Recensement Général des Entre- d’œuvre urbaine. Le secteur se ca-
Marno-calcaires, Zircon, Ilménite,
prises (RGE) a dénombré un effectif Une analyse de la répartition des ractérise également par la diversité
Rutile, Leucoxène et Manganèse.
de 64 entreprises exerçant dans le ressources montre que la grande de ses activités qui regroupent à la
Quant aux Substances minérales
secteur générant 1340 emplois. côte, le Centre-Ouest, le Sud-Est fois l’artisanat de service, l’artisanat
relatives au Calcaire granulat et au
et le Nord-Est du pays constituent de production et l’artisanat d’art.
Basalte, leur production au niveau
L’Etat a développé plusieurs initia- les principaux pôles miniers du Sé- national est passée de 1 053 939 Compte tenu de son importance,
tives dans l’optique de faire jouer négal. Si les minerais lourds (zircon) m³ en 2009 à 2 306 281 m³ en 2016 l’artisanat constitue un enjeu de
au secteur un rôle primordial dans sont localisés principalement sur soit une augmentation moyenne de taille et occupe une place centrale
l’économie nationale. Dans ce sens, la grande côte, les gisements de 17% par an. dans le PSE. Parmi les projets
divers instruments de politique sec- phosphates font du Centre-Ouest
torielle sont mis en place notam-
50 Agence Nationale de la Statistique et de le Démographie (ANSD), Situation Economique et Sociale 2016, publié en février 2019.
109
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
phares prévus dans le secteur, on de la production dans toutes les ré- chniques et managériales des • Le pari industriel intégré ;
répertorie deux principaux : gions du pays. artisans ;
• Le financement durable de l’in-
• Le projet de création de 20 cent- Les chaînes de valeurs mondiales • Le déficit d’accompagnement dustrie.
res de développement artisanal augmentent les opportunités de des artisans.
Dans le cadre du PSE, ces orien-
(2014-2019) ; renforcement de la compétitivité [Link]. L’industrie tations sont opérationnalisées à
des produits artisanaux, alors que
• Le plan sectoriel pilote artisanat travers quatre projets phares qui
la tendance à la consommation Le secteur industriel occupe une
d’art (2014-2020). tournent autour de la mise en place
éthique offre aux petits confection- place centrale dans l’économie sé-
d’agropoles et de plateformes in-
Le potentiel artisanal neurs des niches prometteuses. négalaise. Elle représente 16, 4%
dustrielles.
De plus, pour le cas de l’Afrique de du PIB national en 201651. Selon
Le savoir-faire local est l’un des l’Ouest, l’urbanisation galopante, l’ANSD, l’activité industrielle est Le potentiel industriel
principaux atouts du secteur. Les l’essor des chaînes hôtelières ré- marquée en 2016 par une hausse
artisans sénégalais disposent en ef- gionales et le marché de la diaspora de la production de 5,8%. Cette Le tissu industriel
fet d’une solide expérience en ma- constituent des créneaux porteurs croissance s’explique par le bon
tière d’art qui est essentielle pour Le Sénégal bénéficie d’un tissu
dans le textile-maison, la décora- comportement des industries ex-
la promotion du secteur. Ce qui fait industriel assez important estimé
tion d’intérieur, le luxe et la confec- tractives, chimiques, des matériaux
qu’il participe à la valorisation des à 1270 entreprises en 2015 selon
tion-broderie traditionnelle. de construction, de l’énergie et les
ressources locales créatrices d’em- la lettre de politique sectorielle de
autres industries manufacturières.
plois et de revenus en faveur des Les contraintes du secteur arti- développement de l’industrie de
actifs et acteurs du secteur. L’ar- sanal La stratégie définie dans la lettre de 2016. Ce tissu industriel est dominé
tisanat contribue à la satisfaction politique sectorielle dans le secteur par les petites et moyennes entre-
Le secteur de l’artisanat est confron- de l’industrie est axée autour de six prises industrielles qui représentent
de la demande locale en biens et
té à de nombreuses difficultés qui (6) axes stratégiques que sont : 92% de l’effectif, même si la valeur
services (tannerie, couture, menui-
freinent son essor, notamment : ajoutée du secteur est générée,
serie et ébénisterie, maçonnerie,
• Le renforcement du cadre légal, en moyenne, à plus de 90% par
mécanique, équipements agricoles, • La prédominance de l’informel fiscal et règlementaire ; les grandes industries composées
habillement, etc.) et à la demande dans le secteur ;
extérieure et touristique (maroqui- • La rationalisation du dispositif d’unités agroalimentaires (49,9%),
nerie, bijouterie, sculpture, peinture • La faible compétitivité des pro- institutionnel de mise en œuvre des industries mécaniques (10,4%)
d’art et confection). duits ; de la politique industrielle ; des industries du papier, du carton
et de l’édition (9,4%) et des indus-
En 2013, les artisans enregistrés au • Les difficultés d’accès au crédit • Le renforcement de la compé- tries chimiques (8,6%).
niveau des chambres de métiers pour les artisans ; titivité industrielle du Sénégal à
des régions se chiffraient à 220 141 travers le développement des La distribution spatiale des unités
• Le déficit de zones aménagées
avec une nette prédominance de capacités productives ; industrielles sur le territoire national
dédiées aux activités artisanales
ceux qui s’activaient dans le secteur fait état d’un réel déséquilibre entre
dans les communes urbaines ; • La promotion du Développement les régions. Sur l’ensemble des in-
• La faiblesse des capacités te- Industriel Endogène ; dustries recensées, plus de 90%
51 Direction de la Prévision et des Etudes Economiques (DPEE), indicateur RAC 2018.
110
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
des unités sont localisées dans la duits de cueillette, de l’agroforeste- recherche et l’absence de labé- nités pour le développement du
région de Dakar. Thiès qui abrite rie, alors que les Niayes et la vallée lisation des produits selon les sous-secteur du BTP.
des industries extractives des mi- du fleuve Sénégal constituent de standards internationaux.
nerais de phosphate et de calcaire, grands pôles de production horti- Dans le cadre du PSE, l’option est
[Link]. Les bâtiments et travaux pu- de promouvoir le développement
ainsi que des industries de conser- cole (fruits et légumes). Toutes ces blics
vation des produits de la pêche, est ressources constituent un potentiel de l’écosystème de la construction
la deuxième région industrielle du valorisable pour le secteur indus- Le sous-secteur du bâtiment et des avec notamment l’adoption de la loi
pays. Le Sud-Est du pays suit avec triel. travaux publics (BTP) est la somme n°2016-31 du 08 novembre 2016 qui
les unités d’industries minières des des activités de conception et de vise à promouvoir les entreprises
régions de Kédougou et de Tamba- Les contraintes au développe- construction des bâtiments publics de production locale de matériaux
counda. Ce qui montre que la lo- ment industriel et privés, industriels ou non et des de construction et d’équipement de
gique d’installation des industries infrastructures. C’est un sous-sec- bâtiments.
Les principales contraintes et fai-
est fonction de l’existence de ma- teur stratégique pour l’aménage-
blesses liées à l’industrie sont : Pour assoir son développement,
tières premières et d’opportunités ment et le développement du pays,
le sous-secteur des BTP doit lever
de transport et de conditionnement. • L’insuffisance et l’irrégularité des pourvoyeur d’emplois et créateur
certaines contraintes et faiblesses
productions du secteur primaire ; de richesse. En 2016, l’activité du
Le potentiel valorisable par l’industrie liées notamment à :
sous-secteur a connu une crois-
• La vétusté des équipements sance de 13,3% de sa valeur ajoutée
Certaines zones écogéographiques • La faible capacité d’assistance
de production et le manque de qui s’établit à 289 milliards CFA52.
disposent de potentialités agricoles, et de contrôle des services éta-
pièces de rechange ; Entre 2014 et 2016, sa contribution
forestières et minières valorisables tiques ;
• Le manque de main d’œuvre au PIB fluctue entre 2,2% et 2,6%.
à travers une bonne politique d’in- • La mauvaise qualité des matéri-
qualifiée ; Une performance qui s’explique,
dustrialisation. En outre, l’installa- aux de construction ;
notamment par la hausse de 10,4%
tion d’industries extractives dans • L’insuffisance des infrastructu- des ventes locales de ciment et des • La faiblesse des moyens finan-
les régions de Tambacounda, Ké- res énergétiques et le coût élevé grands projets de construction de ciers et techniques des entrepri-
dougou, Thiès et Matam constitue des facteurs de production ; bâtiments et infrastructures. ses nationales du BTP ;
un bel exemple de mise en valeur
des potentialités minières. Les po- • Les difficultés d’accès aux finan- Les atouts du sous-secteur de la • Le non-respect des normes de
tentialités agricoles et forestières cements pour les PME industri- construction sont la disponibilité de réglementation ;
au niveau de la Casamance, la zone elles ; matériaux de construction, l’exis-
des Niayes et la vallée du fleuve tence d’un cadre réglementaire à • Le manque de synergie d’action
• La forte concentration des in-
aiguisent une réflexion sur l’amé- travers le code de l’urbanisme et le entre les différentes composan-
dustries à Dakar ;
nagement de sites industriels dans code de la construction, l’existence tes à savoir la recherche : la con-
ces différents pôles. La Casamance • Le déficit d’espaces aménagés d’écoles de formation. Les projets ception, la construction, les as-
et les régions du Sud-Est (Tamba- pour l’accueil des unités industri- d’infrastructures et d’équipements surances, les banques ;
counda, Kédougou) sont également elles ; structurants et l’urbanisation crois- • La suprématie des entreprises
de très grands pourvoyeurs de pro- sante constituent des opportu-
• Le faible niveau d’articulation à la étrangères sur les entreprises lo-
52 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), Situation Economique et Sociale 2016, secteur du BTP, publié en 2019
111
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
cales qui font souvent recours à et 2017. Cette situation du secteur flux du commerce national et inter- dans un contexte de précarité éco-
la sous-traitance ; est imputable à la crise économique national. En effet, le Sénégal s’in- nomique et de forte diminution des
de 2008, aux opérations de redres- tègre dans un espace économique revenus tirés de l’agriculture. Il est
• La prolifération de l’informel
sement des différents secteurs du plus large. Il est membre de l’OMC, également à l’origine d’importantes
dans de nombreux corps de mé-
tertiaire et à la faiblesse de la maî- en prolongement des relations en- pertes fiscales pour le trésor public
tiers intermédiaires ;
trise des paramètres économiques tretenues depuis 1963 avec le GATT et les collectivités territoriales. Pour
• Le déficit de main d’œuvre quali- très aléatoires. de 1947. Au niveau inter-régional, le accompagner cette dynamique et
fiée. Sénégal fait partie du groupe ACP faire du commerce un levier de dé-
[Link]. Le commerce
avec lequel, l’UE a conclu l’Accord veloppement inclusif, il est impéra-
4.1.3. Le secteur tertiaire Le commerce contribue à hauteur de Cotonou. Le Sénégal bénéficie tif de moderniser les infrastructures
de 16,1% au PIB national54. Son aussi de beaucoup de préférences commerciales, de réduire la part
Le secteur tertiaire est composé rôle dans la valorisation des autres commerciales qui lui permettent de l’informel dans le secteur et de
des sous-secteurs du commerce, secteurs économiques accroit son d’exporter sans s’acquitter de droits structurer les filières commerciales.
des transports, du tourisme, des importance et lui vaut sa grande de douane et sans contingent au-
banques et services financiers et de près de pays et groupes régionaux L’analyse des flux commerciaux au
capacité à offrir de l’emploi aux
l’économie numérique. L’améliora- tels que l’initiative « Tout sauf les niveau national comme international
ruraux et citadins, personnes qua-
tion progressive de l’environnement armes » de l’UE, l’AGOA avec les permet de déterminer schémati-
lifiées comme non qualifiées. Le
des affaires, la position géostraté- Etats-Unis, entres autres. Au plan quement les échanges du pays. Da-
commerce participe au développe-
gique du Sénégal et sa stabilité po- régional, l’économie sénégalaise kar est le principal point commercial
ment des investissements et à la
litique, les atouts touristiques et les est bien intégrée avec près de 50% du Pays. Il distribue l’essentiel des
création des richesses. Les activi-
avancées technologiques dans le des exportations vers le continent produits d’échanges aux régions du
tés commerciales se caractérisent
domaine des TIC font que le secteur africain. pays.
par la diversité de leur forme, leur
tertiaire devient de plus en plus im- niveau d’organisation et d’intégra- A l’intérieur du pays, certaines villes
portant dans l’économie nationale. Au plan national, le commerce
tion des acteurs (commerce infor- à l’image de Touba et Kaolack sont
Sur la période 2007-2017, sa contri- est exercé par une population es-
mel et formel, commerce ambulant, des pôles d’approvisionnement en
bution moyenne à la formation du timée à 47 717 personnes et s’or-
franchises, distribution de gros et produits divers autour desquels
PIB national est relativement stable, ganise autour de 256 marchés
de détail, grandes surfaces, centres s’organise l’essentiel du commerce.
autour de 46,7%53. Entre 2005 et permanents, 232 marchés hebdo-
commerciaux, etc.). Le marché de Diaobé qui a une di-
2017, l’évolution de la croissance en madaires. La foire internationale de
Dakar accueille régulièrement des mension sous-régionale, du fait de
volume du PIB du secteur est mar- La dynamique du sous-secteur
expositions internationales. Mal- sa situation dans un espace trans-
quée par trois tendances. En effet, du commerce
gré les nombreux emplois créés et frontalier, organise essentiellement
après une croissance régulière entre Le dynamisme du sous-secteur un commerce de produits forestiers
2005 et 2007, elle a connu une chute des revenus générés, le commerce
tient aux politiques mises en place, est marqué par son caractère in- et agricoles dans la partie sud du
brutale entre 2008 et 2009 et une aux emplois générés, l’importance pays. Pour équilibrer les flux com-
tendance à la fluctuation entre 2010 formel, bien qu’il constitue une
des activités connexes, ainsi qu’aux importante soupape de sécurité merciaux, l’enjeu est de promouvoir
112
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
le développement de pôles com- optimale des avantages offerts par substitution et la localisation de cer- • L’évasion de certains produits
merciaux à l’intérieur du territoire. certains accords commerciaux. tains maillons de chaines de valeur subventionnés vers les pays limit-
industrielle complexes. rophes et l’invasion de certains
Au niveau international, la balance Les importations, quant à elles, produits importés et subvention-
commerciale du Sénégal est chro- concernent surtout des produits ali- L’Etat s’est lancé dans une logique nés par les pays d’origine ;
niquement déficitaire. En 2014, le mentaires (riz, sucre, lait, maïs), des de développement et de promotion
déficit commercial s’est établi à hydrocarbures, des machines et du commerce. Les mesures allant • Une situation d’oligopoles pour
-1755,2 milliards de francs CFA55. automobiles et des produits manu- dans le sens de la distribution, de la la plupart des produits essentiels
facturés. Ces produits proviennent régulation des marchés et de la pro- (sucre) ne permettant pas la con-
Entre 2006 et 2014, les exporta- principalement d’Europe (52%), tection du consommateur sont en currence ;
tions du pays ont connu une ascen- d’Asie (16.5%), de l’Afrique (16.5%) cours et devront aboutir à l’assainis-
dance régulière jusqu’à atteindre un • La faiblesse du système statisti-
et des Etats Unis. En 2015, elles ont sement du marché, au respect des
pic de 4 628 913 tonnes en 2012, que commercial ;
atteint 7 439 216 tonnes, alors que règles d’échanges et à la baisse du
avant d’infléchir en 2013. Les re- la moyenne décennale 2006-2015 déficit de la balance commerciale. • Les faiblesses dans l’organisati-
cettes issues de ces exportations est de 6 138 256 tonnes. Elles ont on des acteurs et le cadre insti-
sont chiffrées à une moyenne an- coûté en moyenne 2 506 milliards Les contraintes au développe- tutionnel et règlementaire ;
nuelle de 899 Milliards de Francs de FCFA par an à l’économie natio- ment du commerce
CFA durant la période 2006-201456. nale durant cette même période. • La faiblesse des circuits de com-
Ces recettes sont supportées prin- Les contraintes suivantes ne per- mercialisation ;
cipalement par les poissons frais, Paradoxalement, ces importations mettent pas au secteur du com-
merce de jouer son véritable rôle • L’occupation anarchique de l’es-
le ciment hydraulique, les produits sont constituées principalement de
dans l’économie sénégalaise no- pace public dans les zones urbai-
pétroliers (produits raffinés), l’acide produits dont un potentiel propice à
tamment dans la création de ri- nes ;
phosphorique et l’or non monétaire leur production existe au Sénégal.
qui représentent 52,77% des gains Il s’agit des produits alimentaires chesses et le rééquilibrage de la • La forte concentration des ac-
soit 473 milliards de Francs. Dans (maïs, riz), de produits pétroliers, des balance commerciale : tivités de commerce dans les
la répartition des recettes entre ces cars et automobiles, des engrais, • La vulnérabilité du pays par rap- grandes agglomérations Dakar,
cinq produits, les produits pétroliers des bois et produits dérivés comme port aux prix extérieurs de cer- Kaolack et Touba ;
se taillent la plus importante part les papiers, ainsi que des articles en tains produits stratégiques com-
suivis du poisson frais et des acides tissus représentant plus de 65% du • L’environnement peu favorable
me le pétrole, le gaz, le riz ; des exportations.
phosphoriques. Il convient de coût annuel des importations soit
consolider ces acquis en augmen- 1654 milliards de Francs CFA. L’en- • La faible valeur ajoutée et le dé- [Link]. Le transport
tant et en diversifiant davantage les jeu pour notre pays est de réduire ficit de compétitivité de nos pro-
exportations notamment par l’amé- ces importations par l’atteinte de duits ; Facteur d’échanges, de commu-
lioration de l’environnement des ex- l’autosuffisance alimentaire pour nication et support de la mobilité
• La prépondérance du secteur des personnes et des biens à l’in-
portations, le renforcement des ca- les produits alimentaires de base, le
informel, peu productif, dans la térieur comme à l’extérieur du pays,
pacités des acteurs et l’exploitation développement d’une industrie de
création de richesse ; les transports assurent les liaisons
55 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) : Situation Economique et sociale du Sénégal en 2013, Mars 2016
56 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie. (2014). Enquête démographique et de santé continue. 270 p.
113
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
entre les pays, les milieux (rural et ports routiers. En termes de créa- Cette situation de concentration du autour de l’aéroport international
urbain) et entre les villes et consti- tion de richesses, les entreprises parc automobile à Dakar va de pair Blaise Diagne qui enregistre annuel-
tuent, en cela, un facteur essentiel de transports du secteur moderne avec l’exercice de la quasi-totalité lement près de 2 millions de pas-
d’intégration des différentes locali- ont totalisé un chiffre d’affaires de des activités économiques et admi- sagers. Les aéroports contrôlés de
tés dans la vie socio-économique. 143 milliards de FCFA en 2016. Il nistratives dans cette petite portion Ziguinchor, Cap-Skiring, Saint-Louis
Ce secteur contribue énormément se développe autour du transport du territoire national. Le problème reçoivent des vols internationaux,
à l’impulsion des dynamiques éco- routier, un commerce florissant de de mobilité se pose ainsi avec acui- alors que les aérodromes secon-
nomiques et sociales à travers la voitures et de pièces détachées. En té dans l’agglomération dakaroise, daires et l’aéroport militaire Léopold
création d’emplois et de richesses, 2013, la valeur des importations de malgré les efforts consentis pour Sédar Senghor sont timidement
ainsi que l’écoulement des produc- matériels de transport était estimée l’amélioration de la mobilité urbaine. desservis.
tions. à 229 milliards de FCFA soit 7,7% Pour augmenter et diversifier l’offre
du total des importations. en transport urbain à Dakar, des Quant au transport ferroviaire, il a
L’existence d’un réseau routier re- projets structurants de transport essentiellement une vocation de
lativement dense, qui couvre l’en- Dynamisme du secteur des de masse tels que le TER (Train ex- transport de marchandises, de mi-
semble du territoire, le réseau de transports press régional) et le BRT (Bus Rapid nerais et dans une moindre enver-
gares urbaines et interurbaines, les Transit) sont en train d’être mis en gure de passagers entre Dakar, sa
ports de Dakar, Ziguinchor et Kao- Les stratégies adoptées pour le dé- banlieue et la région de Thiès.
veloppement des transports s’ins- œuvre.
lack, l’aéroport international Blaise
Diagne de Diass et les aéroports crivent globalement dans le renfor- Le transport maritime est exercé Les contraintes des transports
secondaires régionaux, constituent cement de la densité et de la qualité dans la quasi-totalité des axes fluvio-
des infrastructures routières, ferro- Malgré son rôle de support au déve-
un atout pour le développement du maritimes du pays. Mais l’essentiel loppement économique, le secteur
transport routier, maritime et aérien. viaires, portuaires et aéroportuaires, de ce transport est axé sur un trafic
la modernisation du parc automo- des transports ne couvre encore
de marchandises qui assure près de que partiellement les besoins expri-
La contribution des transports à bile, l’organisation et l’accompagne- 95% des échanges commerciaux
l’économie nationale était estimée ment des acteurs, l’amélioration de més au Sénégal. L’offre de services
du Sénégal. Le port de Dakar et ce- du transport aérien de marchan-
à environ 4,1% du PIB en 201757. la mobilité urbaine et la lutte contre lui de Ziguinchor organisent le trafic.
Cette part importante est issue l’insécurité routière. dises, du chemin de fer et des voies
Le port de Kaolack constitue égale- d’eau présente de réelles insuffi-
des entreprises de transports qui ment un point d’embarcation pour
sont chiffrées en 2013, à 460 dont Le parc automobile connait une sances alors que le transport routier
croissance rapide. En 2015, le parc l’exportation du sel iodé, de l’huile montre de réelles défaillances sur-
352 relevant du sous-secteur des brute, des tourteaux d’arachide et
transports routiers de voyageurs, automobile national était estimé à tout lorsqu’on s’éloigne de Dakar.
468 051 contre 374 384 véhicules des gravillons basaltes, alors que
86 des transports routiers de mar- celui de Saint-Louis est orienté vers Pour le sous-secteur des transports
chandises. Ce dénombrement, fait en 2012. Il est inégalement réparti
sur le territoire national comme en la pêche car ne recevant plus de na- routiers, les principales contraintes
dans un contexte d’immatriculation vires en raison de la brèche. sont :
au NINEA, montre que 95,2% des témoigne la forte concentration des
immatriculations d’entreprises ont véhicules immatriculés à Dakar qui En ce qui concerne le transport aé- • La détérioration des routes liée
concerné le sous-secteur des trans- compte 72,8% du parc automobile rien, il est organisé principalement notamment à la surcharge ;
national.
57 Indicateurs RAC 2018.
114
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
• Le défaut de respect des nor- concurrence des autres moyens de dans cinq (5) classes composées du et artistiques ;
mes de sécurité routière ; transport (routiers, ferroviaires et patrimoine architectural, des sites • Le pôle de la Casamance naturel-
maritimes). Il s’y ajoute la vétusté religieux, des sites archéologiques, le qui regroupe les régions admi-
• L’insuffisance des financements des lieux de mémoires et des pay-
des infrastructures et la rigidité de nistratives de Kolda, Sédhiou et
pour les investissements rou- sages culturels.
la réglementation qui sont peu fa- Ziguinchor avec des atouts liés à la
tiers et les besoins d’entretien ;
vorables au développement du tou- L’inventaire et la répartition des beauté de leur paysage, les belles
• La faiblesse du transport public risme. sites classés et des atouts touris- plages de sable fin et l’originalité
urbain. [Link]. Le tourisme tiques des territoires permettent de de l’architecture.
Les transports ferroviaires sont déterminer les grands pôles à fortes Dynamisme du tourisme
Le tourisme constitue une impor- potentialités touristiques suivants :
contraints essentiellement par la vé- tante source de devises et participe Le dynamisme du secteur tient à
tusté des infrastructures, la dépen- sensiblement à l’équilibre de la ba- • Le pôle de Dakar : son potentiel l’évolution des infrastructures, les
dance au trafic malien et le déficit lance des paiements. En 2016, il touristique se résume à plusieurs entrées touristiques, les initiatives
d’investissements publics pour la a contribué à hauteur de 1,3% du atouts liés au tourisme d’affaires prises par les pouvoirs publics et les
réhabilitation et le développement PIB. Dans le cadre du Plan Sénégal et balnéaire ; performances économiques du sec-
du chemin de fer. Emergent, le tourisme est considé- • Le pôle Nord qui s’organise autour teur. En effet, la place du tourisme
ré comme le deuxième secteur prio- des régions de Saint-Louis, Louga dans la création de richesses et la
En ce qui concerne le sous-secteur ritaire, après l’agriculture et comme taille du potentiel touristique de cer-
des transports fluviomaritimes, il et Matam, dispose d’un potentiel
un levier important de croissance. en matière de tourisme culturel et tains territoires ont motivé le choix
endure le faible niveau d’activités Ainsi, les pouvoirs publics ambi- des autorités de mettre en place
des ports secondaires, la faible de découverte ;
tionnent de placer le Sénégal dans divers instruments pour son déve-
rentabilité de la desserte côtière, la les cinq premières destinations tou- • Le pôle Thiès-Diourbel qui abrite loppement. Les outils tels que la
part marginale du transport fluvial, ristiques en Afrique en portant le principalement la Petite-Côte qui charte du Tourisme de 2003, le Plan
la faiblesse de l’armement national, nombre de touristes à 3 millions en est la plaque tournante du touris- Stratégique de Développement du
la concurrence des autres ports de 2023. me balnéaire, et de nombreux fo- Tourisme (PSDT, 2006-2015) et le
la sous-région et le coût élevé des yers religieux dont Touba, Tivaoua- Plan Stratégique de Développe-
prestations de services et des fac- Le potentiel touristique ne et Popenguine ; ment Durable du Tourisme (PSDDT,
teurs de production. Les contraintes • Le pôle touristique du Sine Saloum 2014-2018) confirment l’option de
Le tourisme au Sénégal bénéficie
spécifiques aux ports intérieurs qui couvre les régions administra- l’Etat de faire du tourisme un sec-
d’énormes potentialités qu’il doit à
sont l’ensablement des cours d’eau, tives de Fatick, Kaolack et Kaffri- teur prioritaire.
un cadre naturel attrayant, sa sta-
la variation du niveau des fleuves bilité politique et sa position géos- ne bénéficie d’un grand potentiel Pour rappel, entre 2000 et 2005,
(Sénégal, Saloum, Casamance) et tratégique, d’importants réceptifs écotouristique et d’un important des investissements consentis
le manque d’investissement des hôteliers et des sites culturels et reli- potentiel pour le développement dans la construction d’établisse-
privés. gieux enrichissant l’offre touristique du tourisme religieux et culturel ; ments hôteliers de grand standing
autre que le balnéaire. En plus des • Le pôle Sud-Est qui couvre les ré- avaient permis une augmentation
Le trafic aérien du Sénégal est, infrastructures de loisirs et de dé- gions de Tambacounda et Kédou- de 12 889 lits sur les capacités d’hé-
quant lui, confronté au coût éle- tentes dans les stations balnéaires, bergement. Toutefois, la décennie
vé du service par rapport au pou- gou constitue un véritable creuset
environ 380 sites classés ont été re- 2005-2015 est surtout marquée par
voir d’achat des populations et à la de richesses naturelles, culturelles
censés au Sénégal. Ils sont répartis la faiblesse des investissements
115
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
dans le secteur, entrainant une qua- d’autres spécifiques à chaque type • La faible valorisation de l’éco- Selon le rapport « stratégie Sénégal
si-stagnation de la capacité d’héber- de tourisme. tourisme et l’agrotourisme pas numérique 2016-2025 » à la fin de
gement. Entre 2005 et 2013, les ca- encore expérimenté entrainent l’année 2014, la branche des Postes
pacités d’hébergement n’ont évolué • Le déficit de compétitivité de la
également un énorme manque et Télécommunications qui domine
que de 2833 lits. destination Sénégal entrainé par
à gagner pour le secteur, vu les particulièrement ce secteur a contri-
un manque d’intégration sur les
énormes potentialités du pays bué au PIB à hauteur de 6,28%
Les infrastructures touristiques sont marchés-cibles, le coût du tran-
dans ces domaines. en valeur (soit 10,4% en volume),
inégalement réparties sur le terri- sport aérien et des taxes aéro-
équivalent à 475 milliards de FCFA
toire national avec Dakar, Thiès et portuaires élevés, le faible niveau [Link]. L’économie numérique
en valeur pour un PIB de 7.569 mil-
Ziguinchor qui disposent de plus de de standing de nos installations
L’économie numérique est un levier liards de FCFA en valeur59. Le chiffre
65% des établissements hôteliers, touristiques, l’insuffisance de la
essentiel de démultiplication des d’affaires global des Opérateurs de
soit 80,2% de la capacité litière du main-d’œuvre qualifiée en hôtel-
gains de productivité et d’accrois- Télécommunications est en pro-
pays. lerie et tourisme, la faible impli-
sement de la compétitivité de tous gression, passant de 635 milliards
cation du privé national et l’irré-
Sur le plan économique, les re- les secteurs de l’économie. Elle en 2010 à 820 milliards en 2014. A
gularité des dessertes aériennes
cettes générées par le tourisme ont regroupe les secteurs de l’audiovi- la faveur de cette croissance conti-
intérieures constituent des cont-
atteint des niveaux importants entre suel et sa chaine de valeur, les télé- nue les opérateurs de Télécommu-
raintes d’ordre transversal à tous
2006 et 2008 où elles se chiffraient communications et les services et nications, boostés par l’adoption du
les types de tourismes ;
à plus de 300 milliards FCFA, avant réseaux informatiques. Sa part dans téléphone mobile et l’utilisation d’un
• Le tourisme balnéaire et de Internet haut débit, ont créé près de
d’atteindre 350 milliards en 2013. le PIB se situe à 8,7% en 2016,
plaisance sportive est particu- 19.000 emplois directs dans l’éco-
soit une progression de 2 points de
Dans le cadre du Plan Sénégal lièrement secoué par l’érosion nomie formelle.
pourcentage. L’indice de développe-
Emergent, deux projets phares côtière qui a détruit plusieurs
ment des TIC (IDI) pour le Sénégal Malgré son ascension fulgurante,
sont consacrés au développement établissements hôteliers ;
s’est amélioré sur la période sous le numérique fait face à des obs-
du tourisme : le plan sectoriel de • la faiblesse de la qualité des revue (2,53 en 2016, contre 2,41
services rendant insuffisante la tacles qui l’empêchent d’occu-
développement du micro tourisme en 2015)58. La Stratégie « Sénégal
compétitivité ; per pleinement sa place centrale
et le hub régional multiservices et numérique 2025 », validée en 2016, dans l’économie nationale. Les
tourisme axé essentiellement sur le • Les tourismes culturel, cultuel ambitionne de porter la contribution contraintes d’ordre technique sont
tourisme d’affaires et de services. et religieux souffrent d’un déficit du secteur des TIC au PIB à 10% et liées à la faible couverture du terri-
de valorisation des potentialités. de conforter la position du Sénégal
Les contraintes du tourisme toire national par le haut débit et le
Il s’y ajoute l’absence d’une poli- comme leader régional en matière réseau électrique. L’analphabétisme
Le secteur fait face, tout de même, tique de marketing international, de TIC. constitue également une contrainte
à diverses contraintes qu’on peut le déficit de sites d’hébergement
Le secteur a connu un dynamisme à l’usage généralisé du numérique
classer en deux grandes catégories. de qualité dans la quasi-totalité
remarquable au cours des dernières dans les secteurs stratégiques tels
Celles qui sont d’ordre général et des sites et patrimoines classés
années. Il est l’un des moteurs de la que l’agriculture, le commerce,
et l’enclavement de certains si-
croissance de l’économie nationale. l’élevage, les finances entre autres.
tes ;
58 Calculé sur la base de 11 indicateurs qui mesurent l’accès, l’utilisation et les compétences en matière de TIC
59 Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) : Rapport trimestriel sur le marché des télécommunications au 30 juin 2016
116
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
60 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD): Situation Economique et sociale du Sénégal en 2013, Mars 2016
117
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
SECTEUR PRIMAIRE
ATOUTS/OPPORTUNITES FAIBLESSES/MENACES ENJEUX MAJEURS
• Importante population agricole • Exode rural ; • Croissance économique inclusive ;
(70% de la population) ;
• Forte dépendance de l’agriculture à la pluviométrie ; • Autosuffisance et sécurité alimentaires ;
• Production agricole et forestière
• Faible maîtrise de l’eau pour l’agriculture et l’élevage ; • Création d’emplois et de richesses ;
diversifiée (céréales et autres) ;
• Inefficacité de la subvention à la production • Réduction du déficit commercial ;
• Ressources naturelles ;
nationale (agriculture, élevage, pêche) ;
• Amélioration de l’attractivité des territoires.
• Production animale diversifiée
• Economie primaire rudimentaire (faible
(volaille et cheptel) ;
mécanisation, pratiques agricoles, etc.) ;
• Pêche artisanale dynamique ;
• Faiblesse de la commercialisation des produits agricoles ;
• Aménagements hydro-agricoles ;
• Conflits entre agriculteurs et éleveurs ;
• Quais de débarquements et
• Dégradation des terres ;
aires de transformation ;
• Déforestation ;
• Promotion de l’aquaculture ;
• Surexploitation des ressources halieutiques ;
• Demande mondiale en produits
agricoles (mangue, anacarde, • Insuffisance de la production du secteur primaire ;
haricots, radis, etc.).
• Insécurité alimentaire ;
• Changement climatique.
118
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
119
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
120
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
121
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
du Sénégal s’est engagé, depuis dises par camions qui constitue un des ports de Ziguinchor et de Saint- cière sont analysés dans la partie «
quelques années, dans un projet facteur de dégradation des routes. Louis. Gouvernance territoriale ».
ambitieux de constructions d’au-
toroutes. En effet, les autoroutes Le transport fluviomaritime assure Infrastructures aéroportuaires Pour l’accès au foncier, l’instrument
Dakar-AIBD, AIBD-Touba et AIBD- prés de (95%) des échanges com- principal de la sécurité foncière de-
merciaux du Sénégal63. Le port au- Les infrastructures aéroportuaires meure le titre foncier or peu de per-
Mbour sont déjà fonctionnelles et sont constituées de quatorze (14)
il est prévu, dans le cadre du Plan tonome de Dakar qui organise l’es- sonnes en disposent actuellement
sentiel de ce trafic de marchandises, aéroports ouverts à la circulation (seulement 152 000 pour une popu-
Sénégal Emergent, de renforcer le aérienne publique. Il s’agit de l’aé-
maillage autoroutier à raison de 50 est fréquenté par des porte-conte- lation de plus 13 millions 64), car frei-
neurs, des cargos, des rouliers, des roport international Blaise Diagne nées, entre autres, par les longues
Km par an. (AIBD) de Diass, de quatre (4) aé-
tankers, des navires, des navires de et lourdes procédures.
L’analyse de la densité du réseau pêche, etc. et dispose également roports secondaires contrôlés dont
routier montre de réelles dispari- d’une grande capacité de stockage, trois (Ziguinchor, Saint-Louis, Cap En effet, les procédures de de-
tés entre l’Ouest et l’Est du pays. de conservation et de distribution Skiring) qui reçoivent des vols inter- mande d’affectation peuvent
En effet, la densité du réseau rou- ainsi que d’infrastructures réser- nationaux et dix (10) aérodromes de prendre du temps, du fait des en-
tier revêtu s’affaiblit au fur et à me- vées au transit vers les pays de moindre importance (Kaolack, Lin- quêtes foncières menées par les
sure qu’on s’éloigne de Dakar et du l’hinterland (Mali, Burkina, Niger, guère, Richard Toll, Podor, Matam, commissions domaniales et les
Centre-Ouest, alors qu’elle reste etc.). Bakel, Simenti, Kédougou et Kolda). services techniques. Il en est de
plus marquée pour le réseau routier Avec la mise en service de l’AIBD, même de la procédure de demande
non revêtu dans les parties Centre, Le Port Autonome de Dakar et le l’aéroport Léopold Sédar Senghor d’un droit réel sur le domaine na-
Sud et Sud-Est du pays. port de Ziguinchor structurent l’es- est requalifié en aéroport militaire. tional qui nécessite l’instruction du
sentiel du trafic de passagers et Dans le cadre du PSE, l’objectif et dossier par les services techniques
Les infrastructures ferroviaires de marchandises. Les ports secon- de faire de Dakar une plateforme (Cadastre, Domaine, Urbanisme
et portuaires daires de Kaolack, Saint-Louis et aérienne de référence pour servir notamment), avant examen par la
celui de Ndakhonga à Foundiougne les ambitions du Sénégal de devenir Commission de Contrôle des Opé-
Actuellement, le Sénégal compte (i) complètent les infrastructures flu- un hub de services avec la mise en rations domaniales (CCOD). Du fait
70 km de voie double entre Dakar et viomaritimes. service de AIBD en 2017, le lance- de la centralisation de la CCOD et
Thiès ; (ii) 574 km de ligne interna- ment de la compagnie Air Sénégal du nombre élevé de dossiers qu’elle
tionale entre Thiès et Kidira ; (iii) 193 Dans le cadre du Plan Sénégal S.A. et la modernisation des aéro- est appelée à examiner, les délais
km de ligne nationale entre Thiès et Emergent, l’objectif de faire émer- ports régionaux. peuvent s’allonger.
Saint-Louis et (iv) deux petits bran- ger un hub logistique intégré avec la
chements : Guinguinéo-Kaolack, réhabilitation de la ligne de chemin Dans le cadre du Plan Sénégal
Thiès-Taïba. Le déclin du chemin de de fer Dakar-Bamako, la construc- 4.2.2. L’accès au foncier Emergent, l’accent est mis sur la
fer Dakar-Bamako, a réduit l’attrac- tion d’un port minéralier à Bargny, Le statut du foncier et les princi- réforme « mise à disposition accé-
tivité des villes traversées et a fait la construction d’un port à conte- paux outils de la gouvernance fon- lérée du foncier » pour alléger les
émerger le transport de marchan- neurs à Ndayane et la réhabilitation procédures et réduire les délais
63 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie, Situation Economique et Sociale 2013, Mars 2016
64 Commission Nationale de Réforme Foncière (CNRF), 2015
122
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
d’accéder au foncier pour les inves- lutions du contexte actuel marqué compétition accrue pour l’espace. sinage de ces points et zones d’eau,
tisseurs. par une plus grande compétition La conséquence est l’amenuise- doivent être réalisés.
pour l’accès et le contrôle du foncier ment continu des terres pastorales
Au-delà de cette initiative d’ur- [Link]. La problématique foncière
agricole notamment dans les zones en face de systèmes pastoraux de pour le secteur du tourisme
gence, il est essentiel de mettre en à fort potentiel agricole comme les type extensif pour l’essentiel, de-
place des mesures institutionnelles, Niayes, la vallée du Fleuve et le bas- vant disposer de territoires plus La problématique foncière pour le
réglementaires et opérationnelles sin arachidier. vastes pour pouvoir entretenir un secteur du tourisme est analysée
permettant de résoudre durable- cheptel dont les effectifs ont consi- sous deux aspects : l’affectation
ment la problématique de l’accès au Il est également nécessaire de dérablement augmenté. des zones à usage touristique, ain-
foncier dans les différents secteurs. prendre en compte la préserva- si que la pression exercée sur ces
tion des exploitations familiales, la Deux axes essentiels devraient dernières, et la forte érosion côtière
[Link]. L’accès au foncier pour l’agri-
culture conservation de l’outil principal de guider les politiques du secteur: la qui menace les sites touristiques
production (qu’est la terre) et la sé- réduction de la charge animale glo- balnéaires.
Selon le dispositif juridique (dé- curité alimentaire dans tout projet bale et l’intensification de l’exploita-
cret 72-1288 du 27 octobre 1972 de développement ayant trait au tion des ressources pastorales. En effet, des difficultés relatives au
relatif aux conditions d’affectation foncier surtout rural. Il s’y ajoute foncier sont notées au niveau de
[Link]. La problématique foncière
et de désaffectation des terres du la prise en compte du genre afin pour le secteur de la pêche presque toutes les zones où des
Domaine National et Loi 96-07 du d’agir de manière transversale, en aménagements pour la promotion
22 mars 1996 portant transfert de considérant les contraintes et les Une forte pression foncière est touristique sont réalisés ou prévus.
compétences aux Collectivités lo- besoins spécifiques des femmes exercée sur les terres agricoles et Ces difficultés relèvent d’une part
cales), trois conditions permettent et des hommes afin de réduire les pastorales à proximité des zones de la confrontation avec les popu-
d’accéder au foncier (par affec- écarts de genre jusqu’ici observés de pêche lacustres et fluviales (Le lations locales et d’autre part avec
tation) pour usage agricole : être en matière d’accès aux facteurs de Lac de Guiers, la Taouey, le Doué, la législation en vigueur sans oublier
membre de la Communauté où se production. le Ngalenka, etc.). Cette pression l’avancée de la mer qui porte un
situe le projet, faire une demande entraine une baisse du niveau des gros coup au tourisme balnéaire.
[Link]. L’accès au foncier dans le sec-
(seul ou groupé), avoir la capacité teur de l’élevage eaux et une contamination chimique
d’assurer directement ou avec l’aide des eaux (utilisation de pesticides C’est pourquoi, toutes ces
de sa famille la mise en valeur des Les zones à vocation sylvo-pasto- et autres intrants) qui influent néga- contraintes doivent être prises en
terres. Cette affectation qui confère rale (forêts classées, aires proté- tivement sur leur productivité biolo- considération dans le cadre des stra-
un droit d’usage à durée illimitée gées, réserves pastorales, etc.) sont gique surtout en période de décrue. tégies de politique et de promotion
jusqu’à la notification d’une désaf- les premières victimes de l’acquisi- touristiques du pays, en diversifiant
fection, est non cessible, ne pou- tion de terres par de nouveaux in- L’aquaculture continentale, dési- l’offre touristique : aménagement
vant pas faire l’objet de transactions vestisseurs détenteurs de capitaux gnée comme priorité du Plan Sé- d’espaces en pôles d’attraction à
(vente, location, gage, garantie…). (nationaux ou étrangers). Les activi- négal Emergent (PSE) est aussi en vocation naturelle ou écotouristique
L’inadaptation des textes juridiques tés et le mode de vie de l’éleveur compétition avec d’autres activités (plages, parcs, réserves), culturelle,
et institutionnels a fait que la Loi sont en général durement affectés consommatrices d’espaces. C’est découverte, affaire ou de congrès,
sur le Domaine National ne permet par une dégradation des ressources pourquoi, des aménagements du- infrastructurelle (hôtels, routes, aé-
pas de prendre en compte les évo- naturelles (crise écologique) et une rables, nécessitant la rationalisation roports, marchés et centres com-
de toute exploitation abusive au voi- merciaux, salles de jeu, etc.).
123
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
[Link]. La problématique foncière confrontation entre différents ac- et de sécurisation de l’emprise des [Link]. L’énergie électrique
pour l’industrie et l’artisanat teurs notamment les sociétés infrastructures et équipements de-
Concernant l’énergie électrique,
Dans les zones urbaines, l’indus- concessionnaires, les exploitants vrait être mise en place dans toutes
avec l’entrée en vigueur de la loi
trie et l’artisanat souffrent d’un locaux, les populations, l’Etat, les les collectivités territoriales.
d’orientation du sous-secteur de
problème d’accès à un foncier amé- Collectivités locales, etc.
l’électricité en 1998, la production
nagé pour l’exercice des activités. De ce fait, des blocages sont sou- 4.2.3. L’accès à l’énergie d’énergie électrique est assurée
L’Agence pour la promotion des vent notés sur les processus d’at- essentiellement par trois (03) types
zones industrielles (APROZI) ne par- L’énergie est à la base des activités
tribution de terres (aux sociétés d’acteurs : la SÉNÉLEC, les produc-
vient pas à satisfaire à la demande quotidiennes courantes : le fonc-
concessionnaires) à cause des in- teurs privés indépendants (dans le
en zones d’activités, dans les zones tionnement des unités industrielles,
dispositions que l’exploitation des cadre des concessions d’électrifica-
économiquement dynamiques, sur- le transport et l’ensemble des ser-
mines et carrières engendre chez tion rurales) et les auto-producteurs
tout dans la zone du triangle Da- vices qui rythment la vie écono-
les populations locales. constitués de grands industriels tels
kar-Thiès-Mbour. En général, les mique et sociale des populations. Il
que la SUNEOR, la SOCOCIM, la
activités industrielles et artisanales La concertation doit être de rigueur devient alors opportun d’améliorer
CSS, les ICS, la SOMETA, les Ci-
cohabitent avec l’habitat. Ceci ex- dans les procédures d’implantation la disponibilité et l’accessibilité de
ments du Sahel et la Cimenterie
pose les populations à des risques des mines et carrières afin d’éviter l’énergie sur l’ensemble du territoire
Dangote.
de différentes natures, dégradant l’insécurité alimentaire du fait de la national afin d’assurer sa viabilité
ainsi considérablement leur cadre disparition progressive des terres économique. Depuis 2012, les projets de produc-
de vie. Pour renforcer la compétiti- agricoles et pastorales, des forêts tion d’électricité sont orientés vers
Le Sénégal dispose d’un important
vité de l’industrie et de l’artisanat et et la pollution des nappes et cours le mix énergétique afin de garantir
potentiel énergétique composé de
améliorer le cadre de vie des popu- d’eau. une bonne couverture de la de-
la biomasse, de la tourbe, de l’hy-
lations, il est essentiel d’aménager mande, une baisse des coûts de
[Link]. La problématique foncière droélectricité, de l’énergie photo-
dans les zones urbaines et périur- l’électricité et une augmentation de
pour les infrastructures et équipements voltaïque, de l’énergie éolienne, en
baines des zones industrielles et la part des énergies renouvelables.
plus des importantes découvertes
artisanales dédiées, répondant aux Dans les zones urbanisées, il est de Les projets mis en œuvre ont per-
de pétrole et de gaz. Ce potentiel
besoins actuels et futurs des ac- plus en plus difficile de mettre en mis d’accroitre la puissance totale
a été analysé dans la partie portant
teurs économiques. place des infrastructures et équipe- installée qui est passée de 674.5
sur les ressources naturelles.
ments à cause du déficit de réserves MW en 2012 à 848 MW en 2016,
[Link]. La Problématique foncière
foncières et de la faible anticipation Les conditions d’accès à l’énergie soit une augmentation de 27% en 4
dans le secteur des mines
sur les besoins en équipements notamment l’énergie électrique ans65. Malgré les progrès constatés,
L’exploitation des mines et carrières des populations. Les procédures et les hydrocarbures sont déter- le rythme de la production doit être
engendre une occupation extensive d’expropriation sont longues et oné- minantes pour la compétitivité de augmenté pour suivre l’augmenta-
des terres agricoles, pastorales et reuses, ce qui renchérit le coût des notre appareil productif. tion annuelle de la demande qui est
sylvicoles ainsi que des impacts projets et rallongent leurs durées d’environ 8%.
environnementaux négatifs. Cela de réalisation. Une stratégie glo-
instaure un climat de conflit et de bale de création, de préservation
124
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
Il existe une bonne dynamique d’in- Ouest Africain). Par ailleurs, consi- l’UEMOA (dans le cadre du SDER)
tégration des réseaux électriques dérant que les centrales à cycle prévoit la mise en place de gazoducs
dans l’espace sous-régional, grâce combiné à gaz (CCCG) constituent afin d’assurer la desserte en gaz
notamment à l’OMVS, à l’OMVG aujourd’hui la solution la moins coû- d’un réseau de centrales électriques
et au WAP ou EEEOA (système teuse pour produire de l’énergie (au moins une centrale par Etat). Les
d’Echanges d’Energie Electrique électrique à l’échelle industrielle, deux sources retenues pour alimen-
125
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
ter les gazoducs sont le gaz nigérian tension l’usage professionnel ne re- Outre la réduction du déficit de notre 4.2.4. Les structures d’encadrement et
et éventuellement celui du Sénégal. présente que 30%68. balance commerciale, les perspectives d’appui à la production
d’exploitation du pétrole et du gaz de- Pour accompagner les acteurs éco-
La distribution de l’électricité souffre [Link]. Les hydrocarbures
vront permettre notamment de : nomiques, l’Etat a mis en place plu-
de l’insuffisance d’investissements Les hydrocarbures sont à la base
dans les infrastructures qui a pour • garantir aux acteurs économi- sieurs structures d’encadrement
de l’essentiel de la consommation
conséquence un faible taux d’effica- ques l’accès à l’énergie électri- et d’appui notamment l’Agence de
d’énergie dans le pays. Ils servent
cité des centrales et des pertes dues que et aux hydrocarbures à des Promotion des Investissements et
de carburant pour le transport, de
à la défaillance du système de distri- prix compétitifs ; grands travaux (APIX), l’Agence de
combustibles pour la production
bution. Toutefois, les efforts fournis Développement et de Promotion
d’électricité dans les centrales élec- • créer des emplois et de la riches-
dans la production et la distribution Petite et Moyennes Entreprises
triques et d’énergie pour la cuisson. se par le développement de la
de l’énergie ont permis d’augmen- (ADPEME), l’Agence Nationale du
Le transport utilise plus de 29,7% chaine de valeur pétrole-gaz ;
ter le taux d’accès à l’électricité qui Conseil Agricole et Rural (ANCAR),
de la consommation finale d’énergie • réduire l’utilisation abusive des
a atteint 60,2% à l’échelle nationale l’Agence Sénégalaise de Promo-
équivalente à 761 Ktep en 2013. Les produits de la biomasse par une
en 2016. Cependant, il existe des tion des Exportations (ASEPEX),
importations de produits pétroliers diffusion à grande échelle (et à
disparités territoriales importantes la Direction de l’Appui au Secteur
(huiles de pétrole et produits pétro- des coûts plus abordables) du gaz
entre les zones urbaines et rurales. Privé (DASP). Les missions de ces
liers finis) sont passées de 1 740 661 butane auprès des ménages.
En effet le taux d’accès à l’électri- structures tournent essentiellement
tonnes en 2012 à 2 113 161 tonnes en A cet effet, le cadre institutionnel du
cité est de 86,9% en zone urbaine autour du conseil, de la facilitation
2016, soit une croissance moyenne sous-secteur des hydrocarbures a
contre seulement 31,8% dans les de l’accès aux services, de l’accom-
annuelle de 5%. Sur cette même pé- été renforcé avec la mise en place
zones rurales66. pagnement et du renforcement de
riode, le coût des importations est du Comité d’Orientation Stratégique capacités des acteurs.
L’électricité consommée en basse compris entre 470 milliards et 750 du Pétrole et du Gaz (COS-Petro-
tension (BT) représente la plus milliards par an 69. Ce qui contribue gaz) et l’adoption de la Loi relative Pour augmenter l’efficacité de ces
grande partie de la consommation considérablement au déficit de la au contenu local dans le secteur des structures et en faire des outils de
totale, avec 64 % en 2013, suivie balance commerciale. La demande hydrocarbures, dont le but est de « développement territorial, il est im-
de celle consommée en moyenne ne cesse de s’accroitre à cause de la promouvoir l’utilisation des biens et pératif de lever un certain nombre
et haute tension qui représentent croissance urbaine, industrielle, dé- des services nationaux ainsi que le de contraintes et faiblesses que
respectivement 29,3% et 6,7% mographique et au développement développement de la participation sont :
de la consommation totale67. La des transports principalement. Pour de la main-d’œuvre, de la techno-
faire face aux fluctuations des cours • Le faible maillage du territoire
haute tension est utilisée par les logie et du capital nationaux dans qui pose un problème d’accès
grandes entreprises et industriels, la du pétrole, l’Etat a mis en place un toute la chaine de valeur de l’indus-
dispositif de subvention permettant aux services au niveau des
moyenne tension par les entreprises trie pétrolière et gazière ». territoires ; l’absence de services
moyennes tandis que pour la basse de stabiliser le coût de l’énergie.
déconcentrés dans la plupart des
66 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), Situation Economique et Sociale 2016, publié en février 2019.
67 Système d’Information Energétique du Sénégal-2014.
68 Idem
69 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), Situation Economique et Sociale 2016, publié en février 2019.
126
PREMIÈRE PARTIE :
ANALYSE DU TERRITOIRE PNADT - Rapport final
régions de l’intérieur affaiblit leur spécifiques notamment la BNDE, ment élevés et leur faible présence de financement, l’accès au cré-
apport dans la promotion des la BHS et la Banque Agricole. Les dans certaines régions constituent dit reste encore difficile avec des
secteurs économiques ; banques sont bien représentées les principales faiblesses du SFD. conditions trop exigeantes et des
• L’insuffisance de moyens d’in- dans la capitale sénégalaise mais le taux d’intérêt élevés notamment
caractère sélectif dans leur clientèle Le faible taux de bancarisation dans le domaine de la microfinance.
terventions de la plupart des
fait que certaines sociétés bancaires conjugué à un faible taux d’épargne
structures ;
sont mêmes absentes de certaines constitue des obstacles au déve-
• La faible appropriation de cer- loppement du système financier au 4.2.6. Les technologies de l’Information
capitales régionales. Leur installation et de la communication
taines structures par les acteurs Sénégal. Les indicateurs d’inclusion
suivant une logique de rentabilité,
économiques concernés. financière publiés par la BCEAO, Les Technologies de l’information
entraine ainsi leur répartition très dé-
séquilibrée sur le territoire national. montrent qu’au niveau de l’espace et de la communication rythment
4.2.5. Le financement de l’économie UEMOA, en 2017, le Sénégal était les activités économiques du 21e
Le financement de l’économie est Le système financier décentrali- classé 3e pour le taux de pénétra- siècle. Elles supportent l’ensemble
assuré par les instruments finan- sé est une institution dont l’objet tion démographique des services des activités des secteurs primaire,
ciers de l’Etat, les banques, le sys- principal est d’offrir des services financiers avec 45,67% et 3e pour secondaire, tertiaire et quaternaire.
tème financier décentralisé, les so- financiers à des personnes qui le taux de bancarisation élargi avec L’importance de leur rôle dans le
ciétés d’assurances. n’ont généralement pas accès aux 47,88%. développement économique, la vie
opérations des banques et éta- de relation et l’équité territoriale qui
Les principaux instruments fi- blissements financiers. Les insti- Les sociétés d’assurances sont font globalement une bonne poli-
nanciers de l’Etat sont le Budget tutions financières inscrites dans constituées de vingt-cinq compa- tique d’aménagement du territoire
Consolidé d’Investissement pour le système financier décentralisé gnies dont les plus visibles sont témoigne de la dimension des en-
le financement des projets et pro- étaient estimées à 379 en 2014 et AXA assurances, Allianz, Colina et jeux qu’elles présentent.
grammes de l’Etat, le FONSIS et le 387en 2016 sur toute l’étendue du NSIA qui détiennent 50% des parts
FONGIP. Le partenariat public/privé territoire national, avec une forte de marché de l’assurance incendie, [Link]. La couverture en infrastruc-
accidents et risques divers (IARD). tures et services de télécommunica-
et l’emprunt obligataire sont des concentration à Dakar (49% des tions
modes de financement qui peuvent clientes du SFD sont localisées Leur activité principale se résume à
dans la capitale). Elles sont consti- la mutualisation des risques en ga- La couverture en infrastructures et
être utilisés par les acteurs publics
tuées principalement de mutuelles rantissant le dédommagement en services de télécommunications
pour financer des projets d’investis-
d’épargne et de crédit qui sont pré- cas de survenance d’un sinistre, ce est analysée à travers le réseau de
sements structurants.
sentes même à l’échelon le plus qui fait qu’elles ne sont représen- fibre optique et la couverture du ré-
Quant au système bancaire sénéga- bas de la subdivision territoriale. tées quasiment, qu’au niveau des seau mobile.
lais, il s’est progressivement densi- L’effet de proximité combiné au grandes agglomérations qui ont une
vie économique très dynamique. La Le Sénégal dispose d’un important
fié ces dernières années. Selon la caractère mutualiste des services
faible appropriation par les popula- réseau de fibre optique d’environ 10
BCEAO, le nombre de banques était font qu’elles engrangent plus de so-
tions de l’assurance maladie et des 000 kilomètres, reliant toutes les
de 22 en 2015, puis 26 en 2016 et ciétaires s’activant principalement
assurances liées aux activités du capitales régionales. Près de 50%
trois (3) établissements financiers. dans les sous-secteurs du primaire,
secteur secondaire, limite le déve- de ce réseau est déployé par l’ADIE
Outre les banques privées, l’Etat a de l’artisanat et de l’informel. Les
loppement de l’assurance. Malgré et le reste par les opérateurs de
mis en place un certain nombre de taux d’intérêt du crédit particulière-
l’existence de tous ces instruments téléphonie. Ce réseau est connec-
banques pour l’appui à des secteurs
127
PLAN NATIONAL D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL (PNADT) Horizon 2035
té au réseau mondial par cinq (5) africaine et 141ème mondiale sur [Link]. La diffusion des TIC dans les [Link]. Les contraintes et faiblesses
câbles sous-marins qui permettent 175 pays en 201671. Il se situe dans autres secteurs économiques liées au développement des TIC
de bénéficier d’une bande passante le milieu de tableau du classement Outre la création de richesses et Les principales contraintes qui en-
internationale de 25 gigabits. Cette des pays africains et à cet effet, doit les nombreux emplois générés à travent le développement des TIC
desserte internationale est possible faire des efforts importants pour travers les services de transfert au Sénégal sont :
grâce à la position stratégique du se positionner parmi les leaders en d’argent, les TIC participent à la
Sénégal qui est ouverte sur l’Eu- Afrique. • La fracture numérique qui pose
promotion d’autres secteurs écono-
rope et l’Amérique. un problème d’équité territoria-
miques en leur offrant des services,
Par ailleurs, il existe une fracture le et qui nécessite la mise en
des infrastructures et des applica-
Concernant la couverture réseau, numérique caractérisée notamment œuvre d’une stratégie adéquate
tions qui améliorent leurs conditions
les technologies actuellement dé- par l’existence de zones non cou- d’aménagement numérique du
d’exercice dans un monde d’infor-
ployées sont la 2G, la 3G et la 4G vertes par les réseaux 2 G ou 3G territoire ;
mation et de communication.
dans une moindre mesure et le taux et l’éloignement de certaines loca- • Le problème d’accès à l’énergie
de pénétration du mobile est d’envi- lités du réseau de fibre optique. Les A titre d’exemple, les TIC per- électrique qui est une condition
ron 117% en 201670. zones rurales sont particulièrement mettent d’accéder facilement à l’in- de base pour le déploiement des
les plus affectées par cette fracture. formation économique relative aux TIC ;
Le taux de pénétration de l’internet En effet, d’après l’étude portant prix sur le marché, �