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Inspection Incendie : Modèle Innovant

L'organisation actuelle des commissions de sécurité repose sur une construction progressive au cours du XXe siècle et a peu évolué depuis 1995. En dehors du sapeur-pompier qui est devenu l'élément central, les autres membres ont montré un manque de formation et se sont éloignés, rendant la collégialité symbolique aujourd'hui et ne remplissant plus ses objectifs initiaux. Le document propose la mise en place d'une inspection de la sécurité incendie dans les bâtiments, avec un référentiel réglementaire unique et une inspection cohérente de tous les bâtiments.

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Inspection Incendie : Modèle Innovant

L'organisation actuelle des commissions de sécurité repose sur une construction progressive au cours du XXe siècle et a peu évolué depuis 1995. En dehors du sapeur-pompier qui est devenu l'élément central, les autres membres ont montré un manque de formation et se sont éloignés, rendant la collégialité symbolique aujourd'hui et ne remplissant plus ses objectifs initiaux. Le document propose la mise en place d'une inspection de la sécurité incendie dans les bâtiments, avec un référentiel réglementaire unique et une inspection cohérente de tous les bâtiments.

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Responsable départemental de la prévention PRV3 – 2020

Sapeur-Pompier Préventionniste

Inspecteur
de la Sécurité Incendie dans les Bâtiments

Evolution des commissions de sécurité vers une


inspection de la sécurité incendie dans les bâtiments :
proposition d’un modèle innovant

Directeur de mémoire :
Commandant David LE TUTOUR – BPRI DGSCGC

Stagiaires :
Capitaine John DRIEU – SDIS 27
Commandant Gaëtan MATHON – SDIS 59
Commandant Sébastien SAQUET – SDIS 22
Tout organisme pour s’adapter doit innover, évoluer et tenter une aventure hors de la norme,
engendrer de l’anormalité afin de voir si ça marche, car vivre, c’est prendre un risque.

Boris Cyrulnik
REMERCIEMENTS

Ce mémoire a été réalisé dans le cadre de la Formation de Responsable Départemental de la


Prévention (PRV3), session 2020, dispensée par l’École Nationale Supérieure des Officiers de
Sapeurs-Pompiers (ENSOSP).

Nous remercions tout particulièrement notre directeur de mémoire, le Commandant David LE


TUTOUR du BPRI (DGSCGC), pour sa bienveillance, sa grande disponibilité et ses nombreux
conseils avisés.

Nous tenons à exprimer notre gratitude aux personnes suivantes qui ont pris de leur temps et
dont l’expérience et l’expertise précieuse ont contribué à notre réflexion.

 Mme Anne-Claire FELICIANGELI, groupement prévention du SDIS 06, docteure en


droit spécialisé ERP

 M. le Contrôleur Général Pascal BELHACHE, SDIS 49, directeur départemental

 M. le Colonel hors classe Marc GENOVESE, SDIS 06, docteur en droit public
 M. le Colonel hors classe Marc MAGNONE, SNCF, responsable national sécurité
incendie

Nous tenons aussi à remercier les différentes personnes, dont les noms figurent en table des
ressources, qui nous ont renseignés utilement, dans le cadre de leurs attributions, nous
permettant d’ouvrir le champ de nos réflexions.

Nous exprimons également nos remerciements à l’ensemble des intervenants ayant participé
à la formation ainsi que l’équipe pédagogique du pôle Oudiné Paris de l’ENSOSP.

Nos dernières lignes vont à nos familles, dont la patience aura été éprouvée et dont nous
aurons pu apprécier le soutien jusqu’à la dernière minute de travail.
TABLE DES MATIERES
RESUME .................................................................................................................. 1

INTRODUCTION ..................................................................................................... 2

1 DES ORIGINES A 2020, LA COLLEGIALITE REPOND-ELLE ENCORE AUX


OBJECTIFS INITIAUX ? .............................................................................................3
1.1 La genèse du cadre actuel ........................................................................... 3
1.1.1 Historique de l’organisation du contrôle par les commissions de sécurité ........ 3
1.1.2 Les objectifs initiaux du décret modifié du 8 mars 1995 ............................... 5
1.2 Le bilan après 25 ans de fonctionnement ................................................. 5
1.2.1 Le fonctionnement actuel des commissions et le constat de l’implication de ses
membres ................................................................................................. 5
1.2.2 Performance du dispositif : avantages et limites de la collégialité ................ 7

2 VERS LA DEFINITION D’UNE INSPECTION DE LA SECURITE INCENDIE DANS LES


BATIMENTS (SIB) ......................................................................................................9
2.1 Parangonnage avec d’autres administrations ............................................ 9
2.1.1 Analyse comparative de modèles d’inspection français .................................. 9
2.1.2 Organisation du contrôle incendie chez les sapeurs-pompiers étrangers ...... 10
2.2 Une mission d’inspection adaptée aux enjeux de sécurité incendie ....... 12
2.2.1 Mission d’étude des projets ..................................................................... 12
2.2.2 Mission de contrôle des nouvelles constructions ........................................ 14
2.2.3 Mission d’inspection des bâtiments existants ............................................. 15

3 IMPACTS ORGANISATIONNELS : LES CONDITIONS FAVORABLES A L’EXERCICE


DE L’INSPECTION DE LA SECURITE INCENDIE DANS LES BATIMENTS ............... 16
3.1 L’assermentation, levier de progrès de la sécurité incendie dans les
bâtiments .................................................................................................. 17
3.1.1 L’assermentation, un pouvoir judiciaire à cerner......................................... 17
3.1.2 Niveau d’assermentation, commissionnement et agrément ........................ 18
3.2 Vers un engagement plus opérationnel de l’inspection de la sécurité
incendie ..................................................................................................... 19
3.2.1 L’analyse de risques pour un conseil plus éclairé de l’autorité de police ....... 19
3.2.2 L’approche qualité comme moteur d’évolution des organigrammes ............. 20
3.2.3 Une inspection de la sécurité incendie au plus près du théâtre des opérations
............................................................................................................. 21
3.2.4 Des inspecteurs de la sécurité incendie au cœur des SIS ........................... 21
3.3 Les capacités à assurer les missions d’inspection de la sécurité incendie
dans les bâtiments .................................................................................... 22
3.3.1 L’implication des CIS, condition sine qua non de l’inspection SIB ................ 22
3.3.2 La formation complète des inspecteurs SIB .............................................. 23
3.3.3 Le tutorat et la stabilité des parcours pour atteindre la compétence ............ 24

4 IMPACTS REGLEMENTAIRES : VERS LA CREATION D’UN CODE DE LA SECURITE


INCENDIE DANS LES BATIMENTS ………………………………………………………… 25
4.1 Impacts juridiques et réglementaires de la transformation en inspection
.................................................................................................................... 25
4.1.1 Un statu quo juridique pour les services d’incendie et de secours ................ 25
4.1.2 Des modifications mineures du CGCT et du code de l’urbanisme ................. 25
4.1.3 CCH et code du travail : vers une codification unique de la sécurité incendie 26
4.2 Proposition de réécritures ........................................................................ 27

CONCLUSION........................................................................................................ 31
TABLE DES PROPOSITIONS .................................................................................... 32

GLOSSAIRE........................................................................................................... 34

TABLE DES RESSOURCES ....................................................................................... 37

ANNEXES .............................................................................................................. 40

Annexe 1 : Question à l’Assemblée Nationale n° 4278 du 26/12/2017. Réponse publiée


au JO le : 31/07/2018 page : 6921 ................................................................. 41

Annexe 2 : Recodification du livre Ier du CCH (Ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier


2020 et projet de loi du 22 juillet 2020) .......................................................... 42

Annexe 3 : Statistiques des services d’incendie et de secours (extraits) – Edition 2020 -


DGSCGC - Ministère de l’intérieur ................................................................... 44

Annexe 4 : Bilan des campagnes de contrôles entre 2012 et 2014 (DREAL Nord Pas-de-
Calais) ......................................................................................................... 47

Annexe 5 : Questionnaire transmis par le BPRI aux SIS et SIACEDPC en mars 2020 .. 63

Annexe 6 : Jurisprudence Cour administrative d'appel de Bordeaux, 1e chambre, du 18


mars 1999, 96BX01138 96BX01377, inédit au recueil Lebon ............................. 67

Annexe 7 : Exemple de rapport d’inspection ICPE de l’Unité Départementale des Côtes


d’Armor de la DREAL .................................................................................... 70

Nota. Bene :

Nous avons tenté de rendre la lecture du document la plus fluide possible, en recourant :

- À des chapeaux, en début de partie :

Chacune des quatre parties est précédée d’un chapeau de synthèse qui apparaît encadré
comme ceci.

- À des conclusions, en fin de partie :

La conclusion contextualise nos propos et fait le lien avec la partie suivante. Elle
apparaît en gras comme ceci.
RESUME

L’organisation actuelle des commissions de sécurité se base sur une construction progressive
au cours du XXème siècle et a peu évolué depuis 1995. En dehors du sapeur-pompier qui est
devenu l’élément central dans les commissions de sécurité, les autres membres ont montré
une carence de formation et se sont éloignés progressivement, rendant la collégialité
symbolique aujourd’hui, au point de ne plus remplir ses objectifs initiaux.

L’idée d’une inspection de la sécurité incendie dans les bâtiments n’est pas une simple utopie.
Elle revêt une cohérence autour d’un référentiel réglementaire uniformisé et d’une inspection
de l’ensemble des bâtiments selon la même logique. La pertinence de ce dispositif passe par
l’évolution de l’organisation actuelle et la rationalisation des efforts de contrôle selon les
enjeux, pour soumettre au pouvoir d’appréciation de l’autorité de police des avis plus
éclairants.

Le déploiement d’inspecteurs de la sécurité incendie dans les bâtiments requiert la mise en


œuvre de leur assermentation. Une orientation opérationnelle de leur fonctionnement au cœur
des services d’incendie et de secours est la clé de leur réussite. Cette démarche qualité ne
trouvera sens qu’à travers une gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs, des capacités
et des compétences.

La création d’un code de la sécurité incendie dans les bâtiments correspond à une
normalisation simplificatrice de diverses réglementations. S’il induit une évolution de la police
spéciale des ERP et IGH vers une police spéciale des bâtiments, il n’a pas vocation à remettre
en cause le pouvoir discrétionnaire du maire sur les avis que donneraient les inspecteurs de la
sécurité incendie dans les bâtiments.

ABSTRACT

The current organization of security commissions is based on a progressive construction


throughout the 20th century and has changed little since 1995. Other than firefighters, who
have come to occupy a central role in security commissions, other members have shown a lack
of training and have become gradually distanced, rendering group decision-making symbolic,
to the point of no longer fulfilling its initial objectives.

The idea of fire safety inspection for buildings is not a utopia. It is based on a consistency
around a standardized regulatory framework and the realizing the entirety of building
inspections according to this same logic. The relevance of these measures involves the
evolution of the current organization and the rationalization of control efforts in light of issues
at stake, to submit a more qualified opinion to the discretionary power of the police authority.

Deployment of fire safety inspectors in buildings requires the carrying out their oaths. An
operational guidance of their function at the heart of fire and rescue services is the key to their
success. This quality approach will only find meaning through a forward-looking management
of jobs, staff, skills, and competencies.

The creation of a fire safety code in buildings corresponds to a standardization and


simplification of various regulations. If it leads to an evolution of the special police of public
buildings and high-rise buildings towards a special police of buildings, it is not intended to call
into question the discretionary power of the mayor on the opinions given by fire safety
inspectors in the buildings.

1
INTRODUCTION

En 1995, le cadre réglementaire des commissions de sécurité a été posé par le décret
n° 95-260 modifié du 8 mars et la circulaire du 22 juin, relatifs aux Commissions Consultatives
Départementales de Sécurité et d’Accessibilité (CCDSA). Presque 20 ans plus tard, le choc de
simplification annoncé par le Président de la République s’est traduit dans le domaine de la
prévention incendie, par 55 recommandations d’un rapport d’évaluation de l'Inspection
Générale de l'Administration et de l’Inspection Générale des Affaires Sociales de juin 2014.
Parmi elles, 14 portaient sur les dispositifs de contrôle ou le fonctionnement des CCDSA,
certaines étant d’ores et déjà mises en œuvre en 2020.

Dans ce contexte d’évolution et de simplification déjà initié, le Bureau de la Prévention et de


la Réglementation Incendie de la DGSCGC a souhaité qu’un groupe mémoire de PRV3 étudie
comment transformer la fonction de membre d’une commission de sécurité aujourd’hui
assurée par les sapeurs-pompiers préventionnistes en une mission d’inspection de la sécurité
incendie dans les bâtiments, en proposant les évolutions réglementaires afférentes à une telle
proposition de modèle innovant.

En réalité, l’objet voulu de ce mémoire n’est pas tant de réaliser une étude de faisabilité
immédiate d’un projet mais bien de proposer une vision prospective d’un modèle innovant. En
ce sens, il pourra déconcerter le lecteur puisque nos propositions s’affranchissent
volontairement des limites d’aujourd’hui, qu’elles soient réglementaires, culturelles, financières
ou humaines. Nous sommes conscients qu’elles seraient autant de raisons à une mise en
œuvre progressive.

Forts de ce cadre, nous avons limité notre étude à la seule sous-commission départementale
pour la sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP et IGH, et nous
utiliserons désormais le vocable d’inspecteur de la sécurité incendie pour décrire ce que serait
notre proposition d’un nouveau modèle.

En terme de méthode, nous avons étudié les dispositifs des corps d’inspection existants et
consulté largement, en vue d’identifier de manière pragmatique les leviers de progrès de la
sécurité incendie dans les bâtiments. Rapidement, la seule question de la fin de la collégialité
- déjà constatée dans la réalité quotidienne - est devenue symbolique.

Avec une réglementation incendie des Etablissements Recevant du Public unanimement


reconnue parmi les plus performantes au monde, on peut regarder d’un œil neuf et critique la
situation actuelle, selon laquelle le même citoyen français est exposé différemment aux risques
d’incendie selon les moments de la journée, où il est tour à tour, habitant, travailleur ou client
d’un magasin.

Aussi, diverses questions se profilent. Comment valoriser l’expertise de prévention des


inspecteurs de la sécurité incendie pour qu’elle bénéficie au mieux à la société ? Dans quels
bâtiments, un inspecteur aurait-il une plus-value ? Comment l’inspecteur ferait valoir son
analyse des risques ? Quelle expression la rendrait la plus efficace : avis, conseil, pouvoir de
sanction ? Avec la fin de la collégialité, quelle serait la responsabilité d’un inspecteur ? Et enfin,
avant de proposer une alternative valable, en quoi le dispositif actuel peut-il évoluer ?

Aussi, nous nous attacherons à développer une proposition d’un modèle innovant à travers 4
parties, où nous dresserons un bilan des commissions après 25 ans de fonctionnement, où
nous explorerons les expressions possibles et nécessaires d’une inspection de la sécurité
incendie, et où nous déclinerons les conséquences et les limites d’une telle évolution de
réécriture qui touche du doigt une nouvelle définition de politique publique.
2
1 DES ORIGINES A 2020, LA COLLEGIALITE REPOND-ELLE ENCORE AUX
OBJECTIFS INITIAUX ?

L’organisation actuelle des commissions de sécurité se base sur une construction progressive
au cours du XXème siècle et a peu évolué depuis 1995. En dehors du sapeur-pompier qui est
devenu l’élément central dans les commissions de sécurité, les autres membres ont montré
une carence de formation et se sont éloignés progressivement, rendant la collégialité
symbolique aujourd’hui, au point de ne plus remplir ses objectifs initiaux.

1.1 La genèse du cadre actuel

Toute évolution de système doit faire l’objet d’un diagnostic de son fonctionnement pour
mesurer les écarts entre les attendus initiaux et les résultats obtenus. En ce sens, il est
intéressant de rappeler les origines de la réglementation actuelle des commissions de sécurité.

1.1.1 Historique de l’organisation du contrôle par les commissions de sécurité

La réglementation française dans le domaine de la sécurité incendie s’est construite par


des évolutions successives comme autant de retours d’expérience, en réaction à des
évènements tragiques qui ont ému la société. Si on cite aisément les premières
organisations au Moyen-Âge, avec l’instauration de la détection humaine par
Charlemagne par exemple ; elle s’est affinée progressivement jusqu’aux prémices de la
commission de sécurité instaurée par l’ordonnance du 27 mars 1906 du Préfet de Police
de Paris pour les établissements de plus de 100 personnes qui doivent disposer de
moyens de secours et de dégagements qualifiés. Dans cette logique de réglementation
qui s’enrichit de sinistres réels, les textes suivants figurent les principales étapes.

Plusieurs grands sinistres du feu du Bazar de la Charité à Paris le 4 mai 1897 (126 morts)
jusqu’au feu du magasin du Printemps le 28 septembre 1921 (1 seul mort mais
destruction totale du magasin) amènent à la création d’une circulaire du Ministère de
l’Intérieur en 1926 qui reprend l’esprit de l’ordonnance de 1906 en créant une
commission consultative pour les théâtres, salles de spectacle et grands magasins. Cette
commission consultative consacrait déjà l’importance des contrôles (à l’ouverture, à la
réception des travaux et de manière périodique), de la collégialité de plusieurs corps de
métiers techniques (sapeur-pompier, police, architecte) sous l’autorité du maire.

C’est le feu des Nouvelles Galeries à Marseille, le 28 octobre 1938 (75 morts, destruction
totale du magasin, politisation immédiate du drame) qui débouche sur la publication du
décret du 7 février 1941, qui sera l’origine et le fondement de la réglementation incendie
telle que nous la connaissons aujourd’hui. Ce décret de 1941 reprend la circulaire de
1926, à l’assise juridique insuffisante, dans les éléments suivants : commissions de
sécurité à trois niveaux (communal, départemental et national), rôle prépondérant du
maire pour la prévention incendie au sein de la commune, sécurité basée sur les
contrôles (réception de travaux suite à l’étude de plans avant travaux et visites
périodiques), avec l’appui de contrôles techniques.

L’émotion du feu du cinéma Le Sélect à Rueil Malmaison le 30 août 1947 (89 décès,
sortie de secours sur une cour fermée) met en exergue le non-respect des dispositions
du décret de 1941. Le décret n°54-856 du 13 août 1954 crée alors 4 catégories
d’établissements selon l’effectif accueilli, et des sanctions pénales en cas d’inobservation
des règlements, en reprenant à nouveau le rôle du maire et les 3 niveaux de commissions

3
de sécurité (aux compétences amendées, notamment la commission départementale de
sécurité renforcée).

L’arrêté du 23 mars 1965 portant approbation du règlement de sécurité contre les risques
d’incendie et de panique dans les ERP prend en compte les progrès techniques du
bâtiment, avec des dispositions générales et propres à chaque type d’activité dans les
ERP. Le décret n° 65-1048 modifié du 2 décembre 1965 fait évoluer la commission
départementale de sécurité, avec 5 autres commissions, qui devient la commission
consultative départementale de la protection civile (CCDPC). Cet arrêté sera la base de
l’actuel règlement de sécurité de l’arrêté du 25 juin 1980 modifié qui en conservera
l’architecture en améliorant les dispositions, et prendra en compte les nouvelles
technologies.

Au 1er novembre 1970, les Français découvrent avec horreur au journal télévisé le
funeste bilan humain du feu de la salle de danse « le Cinq Sept » à Saint-Laurent-du-
Pont en Isère, où 147 jeunes périrent. Après plusieurs circulaires, le décret n° 73-1007
du 31 octobre 1973 relatif à la protection contre les risques d’incendie et de panique est
publié (abrogeant celui du 13 août 1954). Il redéfinit les ERP, précise les règles de
construction à respecter et renforce la responsabilité des constructeurs, propriétaires et
chefs d’établissements. Les ERP de 5ème catégorie apparaissent et les ERP du 1er groupe
doivent faire l’objet d’une étude avant délivrance du permis de construire. On y voit
également la création de l’échelon des Commissions de Sécurité d’Arrondissement dont
la présidence revient au Sous-Préfet.

La loi d’orientation en faveur des personnes handicapées de 1975 amène à transformer


la CCDPC en Commission Consultative Départementale de la Protection Civile, de la
Sécurité et de l’Accessibilité (CCDPCSA) en 1985 par le décret n° 85-988 du 16 septembre
1985, avec compétence en matière de sécurité incendie en ERP mais aussi en IGH, et
compétence pour l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.
Si le tristement célèbre feu du collège Bergson rue Pailleron à Paris le 6 février 1973 (19
décès dont 16 enfants) fait préciser les obligations des chefs d’établissements via 3
circulaires ; et plusieurs feux d’hôtels de 1970 à 1980 amènent à la création de l’arrêté
du 22 juin 1990 portant approbation du règlement de sécurité contre les risques
d’incendie et de panique dans les petits établissements, c’est l’effondrement de la tribune
de Furiani le 5 mai 1992, avec ses 18 morts et ses 2357 blessés, qui scellera le sort des
commissions de sécurité pour les 30 années suivantes.1

En effet, les enquêtes consécutives au drame de Furiani mettront en exergue la nécessité


de clarifier le fonctionnement de la commission de sécurité. Le décret modifié n° 95-260
du 8 mars 1995 relatif à la commission consultative départementale de sécurité et
d’accessibilité (CCDSA) s’attachera alors à préciser l’absence de compétence des
commissions de sécurité sur la solidité à froid2 et le recours obligatoire au contrôle
technique de solidité, mais surtout à préciser la composition et le fonctionnement des
commissions de sécurité. Ce sont au final 7 sous-commissions aux compétences
interministérielles qui sont régies par ce décret.
Pour le reste du dispositif, tout est l’héritage de la réglementation passée qui s’est
confirmée depuis 1941 : rôle du maire, collégialité appuyée sur des compétences
techniques réputées détenues, 4 niveaux de commissions de sécurité, sécurité basée sur
le contrôle.

1
Source : prorogation de la CCDSA jusqu’au 8 juin 2025 (art 1 du décret n°2020-806 du 29 juin 2020).
2
Source : loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 loi dite « Spinetta »

4
1.1.2 Les objectifs initiaux du décret modifié du 8 mars 1995

A l’appui des témoignages du colonel hors-classe MAGNONE et du contrôleur-général


BELHACHE qui ont été les architectes du dispositif du décret de 1995 et de sa circulaire,
il apparaît que l’objectif était de clarifier et de sécuriser le fonctionnement des
commissions de sécurité (et l’expression de son avis), sur la forme comme sur le fond.

La qualité des travaux de la commission devait être garantie par une collégialité
technique, débouchant sur un avis clair.
La présence des forces de l’ordre devait permettre la bonne tenue des visites et de
relever les infractions.
L’agent de l’ex-DDE (de la DDT(M) aujourd’hui) devait apporter une expertise en
procédures de permis de construire et autorisations d’urbanisme de par ses
connaissances du Code de la Construction et de l’Habitation (CCH).
Si le préfet était le garant de la doctrine, le rôle prépondérant du maire en matière de
police spéciale des ERP n’était pas remis en cause et son implication devait être totale.
Le président devait animer la commission et organiser l’expression de la collégialité.
Enfin, le sapeur-pompier préventionniste, seul agent public dont on exigeait une
qualification spécifique dans le décret3, devait vérifier l’application du règlement de
sécurité.

Pour autant, le colonel HC MAGNONE nous rapporte que la question se posait déjà de
mettre fin à la collégialité en 1995, en partant sur un modèle déjà éprouvé d’un agent
assermenté dans la prévention incendie. Mais l’émotion provoquée par le drame de
Furiani dans notre corporation avait conduit à maintenir le cap de l’avis collégial.

1.2 Le bilan après 25 ans de fonctionnement

Dès lors, la question se pose du bilan du dispositif. Après 25 ans d’existence, les objectifs sont-
ils atteints et le dispositif tel qu’imaginé initialement tient-il toutes ses promesses ?

1.2.1 Le fonctionnement actuel des commissions et le constat de l’implication de ses


membres

Depuis la parution du décret n° 95-260 modifié du 8 mars 1995, la CCDSA n’a pas connu
de grosses modifications dans son mode de fonctionnement.

Son champ de compétence à l’échelon départemental est toujours de donner des avis à
l’autorité investie du pouvoir de police administrative dans les domaines où la sécurité
des usagers des établissements recevant du public pourrait être mise en jeu.

Cette commission consultative émet des avis qui ne lient pas l’autorité de police sauf
dans les cas où les dispositions réglementaires prévoient un avis conforme4.

Après 25 années de fonctionnement, nous pouvons établir les constats sur l’implication
des membres des groupes de visites et des commissions, sur les forces et les faiblesses
de la collégialité.

3
Source : article 13 du décret n° 95-260 du 8 mars 1995 : Brevet National de Prévention, PRV2 de nos jours
4
Source : décret n° 95-260 du 8 mars 1995 : demande de dérogation au règlement de sécurité

5
 Le représentant de la préfecture

Le représentant du Préfet ou du Sous-Préfet assume son rôle de représentant de l’Etat


dans la présidence des commissions de sécurité en instaurant un lien fort avec le
préventionniste du SIS. Malgré une maîtrise du cadre réglementaire des commissions,
sa connaissance de la réglementation incendie et des règles d’urbanisme est parcellaire
et empirique, liée à son ancienneté.
On note par contre des procédures et des priorités différentes d’un arrondissement à
l’autre, au sein du même département.

 Le maire et ses représentants


Le code général des collectivités territoriales (article L.2212-2) confie au maire un
pouvoir de police administrative générale sur sa commune, et les articles L.123-3, L.123-
4 et R.123-27 du Code de la Construction et de l’Habitation lui confèrent un pouvoir de
police spéciale des ERP, sous le contrôle du Préfet du département. Le maire participe
aux commissions de sécurité comme membre avec voix délibérative5. Il peut se faire
représenter par un adjoint ou un conseiller municipal.

L’implication des élus est difficile à mesurer mais elle apparaît comme très hétérogène
et liée à leur sensibilité pour les questions de sécurité et leurs responsabilités afférentes.
Pour les communes les plus importantes, où un élu désigné et un fonctionnaire du service
ERP suivent les dossiers, la connaissance locale apporte de réels arguments à la décision
collégiale. A défaut, ce sont soit des élus silencieux, soit des élus qui font valoir des
considérations sociaux-économiques hors domaine de compétence incendie. De plus,
pour les établissements communaux, l’élu se retrouve en position de juge et partie,
notamment sur les commissions communales et en cas de manquements à la
réglementation.

 Le représentant de la DDT(M)

Sur le dispositif initial, la DDT(M) participait à toutes les visites des commissions de
sécurité. Comme le précise le rapport de l’IGA/IGAS, le manque de formation, une
mission d’urbanisme hors domaine de compétence et un resserrement de leurs effectifs,
ont conduit les DDT(M) à avoir une plus-value symbolique en commission de sécurité,
qui s’est conclue par la recommandation n°49 de retirer ce service des sous-commissions
départementales et des groupes de visite. Aussi, en 2014, le décret n° 2014-1312 du 31
octobre 2014 est venu modifier le décret du 8 mars 1995 en précisant que pour les
visites périodiques des ERP, la présence de la DDT(M) n’était plus requise. L’agent de la
DDT(M) participe dès lors aux visites de réception des ERP de la 1ère à la 3ème catégorie.
Concernant les commissions communales ou intercommunales, la DDT(M) n’est plus
forcément présente. Elle est remplacée par un agent de la commune préalablement
désigné par le maire.

 Les forces de l’ordre, Police Nationale ou Gendarmerie Nationale

En 1995, la mission première affectée au représentant de la gendarmerie ou de la police


était de veiller au bon déroulement des visites, mais aussi de vérifier la régularité de la
situation administrative de l’établissement et de relever les infractions aux règles de
sécurité6. Les forces de l’ordre participaient systématiquement aux visites périodiques
des ERP de tous les types et de toutes les catégories.
5
Source : décret n° 95-260 du 8 mars 1995 : avec voix prépondérante comme président dans les commissions communales
6
Références : articles R.123-50, art R.152-6, R152-7, art R.152-3 et R.152-4 du Code de la construction et de l’habitation

6
Le rapport de l’IGA/IGAS pointe que “Il ressort de tous les avis recueillis que l’apport des
services de police et de gendarmerie dans les commissions statuant sur dossier est très
faible : ils suivent très généralement l’avis du préventionniste ou du représentant du
préfet, sans être en mesure d’apporter des éléments techniques qui ne relèvent pas de
leurs compétences. (...), les cas de résistance aux contrôles sont extrêmement rares de
même que les procès-verbaux d’infraction.” Aussi, suite aux attentats de 2015 qui ont
fortement mobilisé les forces de l’ordre sur tout le territoire national, le décret n° 2016-
1201 du 5 septembre 2016 est venu préciser les nouvelles obligations des forces de
l’ordre qui ne participent plus qu’aux visites des établissements de 1ère catégorie, aux
visites des ERP de type P (salles de danse et salles de jeux), aux visites des
établissements pénitentiaires et aux visites inopinées ou sur demande du président de
la commission.

 Le sapeur-pompier

Le sapeur-pompier est le sachant des commissions de sécurité. C’est le seul membre des
commissions de sécurité dont le décret de 1995 exige une formation lui conférant la
connaissance du règlement de sécurité. Ses formations et son expérience opérationnelle
lui donnent la possibilité de réaliser une analyse réglementaire, mais aussi une analyse
des risques, qui émerge dans nos pratiques depuis plusieurs années, sans faire l’objet
d’une doctrine nationale pour autant. Aussi, l’apport technique est quasiment son
exclusivité, réduisant souvent les autres membres à un rôle de spectateurs.

1.2.2 Performance du dispositif : avantages et limites de la collégialité

 Les avantages de la collégialité

La prise de décision collégiale est rassurante pour l’ensemble des membres et plus
particulièrement pour le préventionniste qui contribue en très grande partie à la
proposition de l’avis. La présence de l’autorité de police renforce l’impact de l’avis émis
par la commission. En cas d’avis défavorable, l’exploitant sait que le maire peut prendre
un arrêté de fermeture immédiat de son établissement.

Lorsque les sollicitations du maire sont à la limite du domaine de compétences de la


commission de sécurité (visite inopinée ou de contrôle pour des raisons de tranquillité
publique, d’hygiène, de nuisances sonores, par exemple), la collégialité et la
représentation de la préfecture sont autant de bornes réglementaires qui permettent de
rester dans le cadre.

La collégialité permet d’écarter les soupçons individuels de partialité et semble garantir


le grand principe d’égalité des citoyens dans l’application de la réglementation.

Enfin, la représentation préfectorale permet de mieux asseoir la dimension régalienne


de la sécurité incendie. En effet, la CCDSA, dans ses 4 niveaux de représentation pour
la partie ERP-IGH, se veut l'émanation de la volonté du législateur de contrôler le niveau
de sécurité des établissements.

7
 Les limites de la collégialité

Nous pouvons constater que la plupart du temps, en dehors du sapeur-pompier, les


membres des commissions (élus, agents de (sous-)préfectures, forces de l’ordre, DDTM)
n’apportent pas de plus-value sur l’aspect technique de la sécurité incendie, du fait d’un
manque de formation7.

La rationalisation de la participation de plusieurs membres aux commissions a remis en


question l’esprit initial du législateur et a affaibli le pouvoir et le fonctionnement des
commissions de sécurité en exercice. De plus, le recours massif aux groupes de visite
(où seuls interviennent en visite d’établissement le maire et le sapeur-pompier),
préfigure déjà le rôle central du sapeur-pompier.

Le préventionniste est reconnu comme le sachant de la commission et le manque de


formation des autres membres des commissions a tendance à l’isoler. Ses positions
peuvent être systématiquement suivies par les autres membres, à l’exception ponctuelle
de la position de l’élu, mais in fine, le sapeur-pompier assume seul la responsabilité de
l’avis technique d’évaluation de la sécurité incendie.

En effet, la commission créé un sentiment de protection juridique infondé. Le procès de


l’incendie mortel de la clinique de Bruz en 1993 a montré que chacun des membres de
la commission assume ses torts individuels, sans solidarité des autres membres.
Malgré la collégialité, la responsabilité juridique des points techniques repose sur le
préventionniste et la présence des autres membres ne dilue en aucun cas sa
responsabilité. A cet égard, le rapport de l’IGA/IGAS précise que “la pratique de la
dérogation est un exercice difficile qui repose sur le seul préventionniste. Cette
responsabilité n’est, dans les faits, pas atténuée par la collégialité des commissions.”

Concernant le rôle central des maires, on peut noter leur recours très courant aux avis
écrits motivés, envoyés en amont de la commission, sans forcément connaître le contenu
des futurs procès-verbaux (PV). Cela induit un réel manque de pertinence, d’échange et
de débat dans les commissions.
Nous conclurons à l’absence de leur réelle plus-value aux débats des commissions, en
citant la question à l’Assemblé Nationale du Député Ch. Blanchet où il propose que l’élu
de la commune ne participe plus aux commissions de sécurité, mettant en avant l’aspect
chronophage de sa présence et sa plus-value limitée à parapher le procès-verbal8.

Enfin, dans la suite du drame de Furiani, le décret de 1995 a imposé une clarté de l’avis
pris par la commission de sécurité pour la sécuriser : il est favorable ou défavorable sans
nuances transitoires. Pour autant, l’enfer étant pavé de bonnes intentions, le rapport de
l’IGA/IGAS de 2014 pointe ce dysfonctionnement par lequel 2,6 % du parc des ERP
français sont sous avis défavorable9. Il en résulte de nombreux avis défavorables qui ne
sont pas suivis d’effet par l’autorité de police, éloignant de fait l’essence même du conseil
en signalant par un avis défavorable, non pas un réel danger à la poursuite de
l’exploitation d’un établissement, mais des manquements réglementaires inacceptables
en l’état.

7
Voir bibliographie : mémoire PRV3-2010 "La formation des membres des commissions de sécurité"
8
Voir annexe n° 1 : question à l’Assemblée Nationale n° 4278 du 26/12/17 - Réponse publiée au JO le : 31/07/2018 page : 6921
9
Source : page 10 du rapport IGA/IGAS du 6 octobre 2014.

8
A titre d’illustration, les commissions de sécurité ont recours à l’avis défavorable au nom
du principe de fiabilité, quand elles signalent des manquements répétés mettant en
cause une incertitude quant à la sécurité d’un établissement. Certains SIS ont d’ailleurs
développé une classification des avis défavorables allant de l’avis défavorable « grave »
signalant un danger imminent pour le public, à l’avis défavorable « pédagogique ». Les
avis défavorables pédagogiques se rencontrent souvent sur la question des vérifications
obligatoires des installations techniques en ERP/IGH. Face à l’absence de ces
vérifications d’une visite à l’autre, la commission de sécurité se sent obligée de dépasser
le niveau des prescriptions répétées et restées sans effet, pour indiquer le doute réel sur
le niveau de sécurité et sur la potentialité des risques d’éclosion de feu. Pour autant, ces
avis défavorables sont rarement suivis d’effet par le maire, qui, au vu des responsabilités
et enjeux socio-économiques, ne prend pas un arrêté de fermeture administrative pour
des raisons pédagogiques.

Ces dérives sont symptomatiques de la limite du système préventif et constituent


presque un aveu d’impuissance d’une commission qui ne joue pas son rôle entier.

En conclusion, le fonctionnement actuel des commissions de sécurité laisse


apparaître un manque d’efficience avec beaucoup d’acteurs mobilisés pour une
faible valeur technique ajoutée. La collégialité étant devenue globalement
symbolique, le rôle central du sapeur-pompier préventionniste peut être optimisé
pour investir le champ d’un inspecteur de la sécurité incendie.

2 VERS LA DEFINITION D’UNE INSPECTION DE LA SECURITE INCENDIE


DANS LES BATIMENTS (SIB)

L’idée d’une inspection de la sécurité incendie dans les bâtiments n’est pas une simple utopie.
Elle revêt une cohérence autour d’un référentiel réglementaire uniformisé et d’une inspection
de l’ensemble des bâtiments selon la même logique. La pertinence de ce dispositif passe par
l’évolution de l’organisation actuelle et la rationalisation des efforts de contrôle selon les
enjeux, pour soumettre au pouvoir d’appréciation de l’autorité de police des avis plus
éclairants.

Nous allons maintenant axer notre réflexion sur la transformation des commissions de sécurité
en mission d’inspection de la sécurité incendie, avec pour objectifs de proposer une meilleure
adéquation avec les évolutions sociétales, et une moindre exposition des citoyens aux risques
d’incendies.

2.1 Parangonnage avec d’autres administrations

Un travail de recherche et d’analyse des autres fonctionnements existants, parmi les corps
d’inspection français hors domaine incendie, et à l’étranger spécifiquement parmi les services
d’incendie, apporte des inspirations intéressantes.

2.1.1 Analyse comparative de modèles d’inspection français

Il existe dans notre pays déjà de nombreuses « inspections » que l’on peut ordonner en
deux grands types.

Le premier regroupe des services avec des fonctionnaires en charge de faire des
contrôles externes à l’administration, s’appuyant sur le respect de codes et amenant en
cas de non-respect à des sanctions administratives et/ou pénales. L’assermentation est
9
la règle. Les rapports sont adressés à leur autorité de police, qui a une compétence liée
ou un pouvoir discrétionnaire.

Le second regroupe des fonctionnaires chargés de procéder à des inspections ou à des


études au sein des administrations et/ou collectivités (IGA, IGAS, IGSC, IGF). Les
inspecteurs en charge de contrôler des administrations ne sont pas assermentés et leurs
rapports ne donnent pas lieu à des sanctions, mais à des recommandations.

Analyse comparative des commissions de sécurité avec des modèles d’inspection français :

Inspecteurs de
Inspecteur
Commission
Inspecteur Inspecteur des Inspecteur l'administration
Inspections de sécurité
ICPE CCRF finances du travail IGA, IGAS,
ERP/IGH IGSC
publiques IGF
Ministère de Ministère de 3 corps
Ministère de Ministère du
l'économie l'économie Ministère d'inspection
Ministère de Ministère de la transition travail, de
des finances des finances de interministériels
tutelle l'intérieur écologique et l'emploi et de
et de la et de la l'intérieur de l'État
solidaire l'insertion
relance relance sous tutelle de
plusieurs
Préfecture ministères
SIS
Autorité DREAL DIRECCTE
DDT(M) DGFiP DIRECCTE DGSCGC (sauf l'IGA sous
hiérarchique DD(CS)PP DD(CS)PP
Maire tutelle du
PN/GN ministère de
l'intérieur)
Installations Entreprises et Administration, organismes
Objet du contrôle ERP/IGH Entreprises Entreprises
classées particuliers publics,…
Autorité de police
Maire (ou Contrôle interne à
administrative Préfet Préfet Etat Etat
préfet) l'administration
compétente
Codes de la
consomma-
Code de la
Code de -tion, du
Réglementation construction Code général Code du en fonction de l'objet de la
l’environne- commerce,
applicable et de des impôts travail mission
-ment (ICPE) de la
l'habitation
commande
publique
Observation
PV de Rapport Rapport Notification
documents Mise en
commission d'inspection d'enquête de rapport
produits demeure
PV PV PV redressement
PV
Pouvoir de police
oui
judiciaire oui oui oui oui non
maire/PN/GN
assermentation
Sanctions
oui oui oui oui oui non
administratives

Manifestement, hors contrôle interne de l’administration, l’assermentation est la règle et


on retiendra le triptyque contrôleur, objet du contrôle et référentiel de contrôle.

2.1.2 Organisation du contrôle incendie chez les sapeurs-pompiers étrangers

Plusieurs mémoires et des contacts directs10 dans les SIS étrangers nous ont permis de
dresser une synthèse de leur organisation de la prévention incendie, mettant en lumière
des pratiques différentes des nôtres.

Deux grandes approches de réglementation existent : prescriptive avec des règles


précises à observer (et les nombreuses situations où l’on peut y déroger…) ou
10Voir bibliographie : mémoires PRV3 “ La prévention contre l’incendie : faut-il changer de modèle ? ” et “ Vers l’émergence
d’un contrôle simplifié” + table des ressources des personnes contactées

10
performantielle par objectifs. Pour autant, cette dichotomie n’est pas absolue et certaines
réglementations comme celle des USA sont d’emblée prescriptives mais permettent
l’approche par objectifs.

Synthèse de l’organisation de la prévention incendie de divers pays :

Pays Suisse Luxembourg Canada Belgique France Italie UK USA Suède


Ratio Nb décès
sur feu / 100000
0,18 0,28 0,41 0,45 0,45 0,5 0,53 1,02 1,04
habitants 2013-
2017
Réglementation PRESCR PRESCR PERF ou
PRESCR et PERF
PERFormantielle PERF PERF ou PERF et PERF PRESCR PRESCR au PERF
PERF limitée
ou PRESCRIPtive au choix limitée choix
Réglementation
NON (selon
unique pour tous OUI NON OUI OUI NON OUI OUI OUI
états)
les bâtiments
Contrôle à la
conception par NON OUI OUI OUI OUI OUI OUI OUI OUI
SIS
Contrôle à
l’ouverture /
NON NON OUI OUI OUI OUI N.C N.C OUI
réception par
SIS
Contrôle en
exploitation par NON NON OUI OUI OUI OUI OUI OUI OUI
SIS
Collégialité NON OUI NON NON OUI N.C NON N.C N.C
Sanctions par
NON NON OUI NON NON OUI OUI OUI N.C
SIS
Assermentation
NON OUI OUI NON NON N.C OUI OUI NON
des SIS
Implication des
OUI NON NON NON NON NON OUI OUI NON
assurances

Parmi les approches prescriptives, les réglementations françaises et américaines se


comptent en milliers de pages (environ 1300 et 1400 pages respectivement), alors que
la réglementation belge tient en une cinquantaine de pages. Globalement et
logiquement, elles sont assez denses en intégrant les règles à respecter selon chaque
configuration.

Par contre, les approches performantielles par objectifs se traduisent par des
réglementations plus synthétiques, avec des British Standards de quelques pages ou un
Code National de Prévention Incendie canadien qui inclue objectifs, solutions acceptables
et procédures administratives en 300 pages seulement11. Il s’agit de recommandations,
tout comme le fait la réglementation américaine avec son approche prescriptive, qui
n’empêche néanmoins pas d’y déroger tant que les objectifs de sécurité sont atteints.
En ce sens et selon la définition du Dalloz, il s’agit de droit souple puisque si « le droit
est généralement défini par son caractère obligatoire et contraignant, le droit souple
donne au contraire la prééminence à un droit simplement proposé, recommandé,
conseillé ».

Même si le choix d’approche de réglementation n’est pas, à proprement parler, lié à


l’organisation du contrôle, il dénote tout de même une certaine philosophie quant à
l’implication du pétitionnaire qui se répercute au final dans la politique de contrôle qui
donne une part bien plus importante à l’implication des maîtres d’œuvre et d’ouvrage.

11
Voir bibliographie : CNPI code national de prévention incendie, publié par la Commission canadienne des codes du bâtiment et
de prévention des incendies.
11
L’approches de l’étude des risques prend en compte systématiquement les risques
encourus dans les bâtiments selon leur construction (leur hauteur, avec des valeurs
différentes selon les pays).

Par contre, de nombreuses réglementations - anglaise, canadienne, suisse, suédoise -


vont plus loin, avec un seul référentiel de contrôle, une seule et même réglementation
de sécurité incendie commune à un objet de contrôle globalisé, c’est-à-dire, tous les
types de bâtiments quelle que soit leur destination : ERP, IGH, bâtiments d’habitation
ou bâtiments de travailleurs.

L’assermentation des sapeurs-pompiers existe, et leur domaine d’inspection va du


contrôle des bâtiments, à leur conception, jusqu’à leur inspection après un incendie.

On peut également citer l’intervention des compagnies d’assurance dans la


réglementation étatique pour déterminer le risque, allant jusqu’à la production de
normes (USA, Suisse).

2.2 Une mission d’inspection adaptée aux enjeux de sécurité incendie

Dans une société où tout citoyen est, chaque jour, tour à tour, habitant de son logement,
travailleur lors de son emploi puis client d’un ERP, il se retrouve soumis à une réglementation
différente en sécurité incendie. On peut s’interroger sur cette rupture d’égalité de traitement
que le législateur concède dans cette mission aussi régalienne que la sécurité des citoyens.

L’avenir devrait voir se développer les bâtiments mixtes tels que des immeubles partageant
habitations, ERP et lieux de travail. Parallèlement, des bâtiments réversibles verront bientôt le
jour. Ces constructions seront conçues pour en changer l’usage, partiellement ou totalement,
sans qu'il soit nécessaire de procéder à une rénovation importante ou une reconstruction. Par
exemple, dans le cadre des jeux olympiques de Paris 2024, les bâtiments des villages athlètes
et médias seront des ERP. A l’issue des Jeux, ils seront convertis en quartiers d’habitations
pouvant accueillir plusieurs milliers de résidents.

Le CCH intègrera bientôt la possibilité de recourir à des solutions techniques et architecturales


innovantes, sous réserve de démontrer l’atteinte d’un résultat équivalent à la solution
réglementaire (solution d’effet équivalent). Cette approche performantielle de la sécurité
incendie existe déjà en France depuis les années 2000 mais se limitait jusqu’alors aux
domaines du désenfumage et du comportement au feu des structures dans les ERP.

Les évolutions proposées s’orientent vers une implication plus équilibrée des services
d’incendie et de secours concernant l’inspection des bâtiments. Le critère essentiel de
compétence devient le champ technique de la sécurité incendie et non plus l’usage des
bâtiments. Dans le cadre de la loi ESSOC12, la réécriture des règles de construction et la
recodification du livre 1er du CCH13 avec un titre IV regroupant les dispositions relatives à la
sécurité des personnes contre les risques d'incendie de tous les bâtiments amorce clairement
un changement d’approche.

2.2.1 Missions d’étude des projets

Actuellement, les SIS ne sont pas obligatoirement consultés sur la sécurité incendie des
bâtiments à usage professionnel ou d’habitation, alors que le constat fait état d’une
12
Source : loi n°2018-727 du 10 août 2018 pour un état au service d’une société de confiance (dite « ESSOC »)
13
Source : ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier 2020. Voir annexe n° 2.

12
sinistralité des habitations bien plus importante qu’en ERP : 10 fois plus de feux qu’en
ERP et 18 fois plus de victimes en 2019, coût des incendies 22 fois plus élevé qu’en ERP14
dans les années 2000.

L’autorité compétente a la faculté de consulter les SIS lors de l'instruction d'une


autorisation d'urbanisme pour vérifier les conditions d'accès et la défense extérieure
contre l’incendie (DECI). La consultation obligatoire (hors habitations individuelles) de
tous les projets de construction permettrait de recenser les bâtiments et de préparer
l’acte opérationnel. Par le biais de la consultation obligatoire, l’inspection serait en
capacité de décider du niveau d’attention à apporter aux futures constructions. Au-delà
d’un avis portant sur la desserte et la DECI, l’inspection disposerait d’une possibilité de
sensibiliser les pétitionnaires à la sécurité incendie.

Proposition n° 1 : Rendre obligatoire la consultation de l’inspection de la sécurité incendie pour


tous les projets de construction (hors habitations individuelles).

Les SIS seraient affranchis du carcan des commissions de sécurité qui ne traitent que
des ERP/IGH et qui excluent, pour la moitié d’entre elles, le traitement des ERP de 5ème
catégorie sans locaux à sommeil notamment pour des raisons de charge de travail au vu
des effectifs présents.

Certains bâtiments, petits ERP ou habitations collectives de 2ème famille présentent moins
de contraintes en matière de sécurité incendie. Mis à part leur recensement, l’analyse de
la sécurité incendie de ces projets n’apporte pas de réelle plus-value aux services de
secours, aux maires ainsi qu’aux pétitionnaires. Il conviendrait donc de prévoir des
modèles de réponse simplifiée. Des formulaires informatiques comportant des champs
vierges pourraient être développés pour traiter rapidement et efficacement ces dossiers
bientôt dématérialisés.

Proposition n° 2 : Développer des formulaires informatiques permettant de répondre


rapidement et efficacement aux consultations des services d’instruction.

Sur sollicitation du directeur régional du travail, la CCDSA est compétente pour rendre
des avis simples concernant les dérogations aux règles de prévention d'incendie et
d'évacuation des lieux de travail. Le préfet peut, quant à lui, accorder des dérogations
relatives aux bâtiments d’habitations. Les sapeurs-pompiers, chevilles ouvrières
exclusives de la lutte contre les incendies, sont légitimes pour apprécier de manière
réglementaire et empirique la pertinence des solutions exceptionnelles de sécurité
incendie susceptibles d’avoir un impact significatif sur la réussite de leurs missions (à
l’instar du système canadien).

Proposition n° 3 : Rendre obligatoire la consultation des SIS pour les dérogations et les futures
solutions d’effet équivalent relatives au champ technique de la sécurité incendie pour tous les
bâtiments.

Par ailleurs, c’est à l’occasion de la consultation des dossiers que l’inspection proposerait
à l’autorité de police compétente la nécessité ou pas de réaliser une visite de contrôle
avant exploitation. Dès la délivrance de l’autorisation de construire ou d’aménager, le
pétitionnaire serait alors informé et engagé à solliciter le contrôle de son bâtiment par
l’inspection. Des critères concernant la nécessité d’une visite de réception avant
ouverture devraient être cadrés au niveau national pour éviter les inégalités de
traitement d’un SIS à l’autre.
14
Source : statistiques DGSCGC 2020 Ministère de l’intérieur pour les feux et victimes (voir annexe n° 3) et Fédération
Française des Sociétés d’Assurance 2004 pour le coût des incendies.
13
2.2.2 Mission de contrôle des nouvelles constructions

Si les sapeurs-pompiers contrôlent le respect de la réglementation de la sécurité incendie


dans les ERP et les IGH, ils ne disposent d’aucun dispositif équivalent pour les bâtiments
à usage d’habitation et à usage professionnel.

Dans le cadre du contrôle du respect des règles de construction (CRC) prévu à l’article
L.151-1 du CCH, des agents sont autorisés à visiter les constructions des bâtiments à
usage d’habitation. La loi ELAN a modifié ce contrôle qui peut désormais s’exercer jusqu’à
6 ans après l’achèvement des travaux15. Il s’agit d’un contrôle régalien réalisé de fait au
nom de l’État (ou des autorités compétentes en urbanisme) par des agents
commissionnés et assermentés à cet effet (mission de police judiciaire). Ce contrôle est
piloté et organisé par des services déconcentrés de l’État (DREAL et DDTM) et du
CEREMA. Ils réalisent des expertises de bâtiment neuf (analyse de dossiers, relevés et
mesures sur site, rédaction d’un rapport). Chaque année, près de 600 opérations de
constructions neuves, représentant environ 6 à 10 % de l’ensemble des logements
construits (collectifs ou individuels) sont contrôlées16. L’inspection de la sécurité incendie
serait légitime à participer au dispositif CRC actuel et assumerait le contrôle portant sur
le champ technique de la sécurité incendie des bâtiments.

Proposition n° 4 : Transférer la compétence relative au contrôle des dispositifs de sécurité


incendie dans les bâtiments d’habitation neufs à l’inspection de la sécurité incendie dans les
bâtiments.

Les dispositions réglementaires relatives à la sécurité incendie des locaux professionnels


(conception et utilisation) ne sont actuellement pas intégrées dans le CCH alors qu’elles
s’inspirent très largement des dispositions générales du règlement de sécurité de l’arrêté
du 25 juin 1980 modifié. Les bâtiments à usage professionnel sont susceptibles d’être
contrôlés par les inspecteurs du travail, mais leurs actions sont orientées sur les
conditions de travail des salariés. Le contrôle du respect des règles de construction n’est
pas un de leurs objectifs prioritaires. Cette situation devrait être corrigée pour que les
bâtiments à usage professionnel puissent être contrôlés post-construction au même titre
que les autres bâtiments. On pourrait alors parler d’une inspection de la Sécurité
Incendie dans les Bâtiments (SIB).

Proposition n° 5 : Permettre à l’inspection SIB de contrôler le respect des dispositions relatives


à la sécurité incendie dans le domaine de la conception des lieux de travail.

En parallèle de ces contrôles CRC réalisés par sondage, l’inspection contrôlera également
les bâtiments pour lesquels une réception avant exploitation (nouvelle construction ou
travaux) sera validée par l’autorité de police (sur proposition de l’inspection). Des critères
prioritaires devront être définis au niveau national.

Cela pourrait être :


- les bâtiments recevant du public avec présence de locaux à sommeil,
- les immeubles de grande hauteur,
- les bâtiments comportant des mesures compensatoires liées à des dérogations,
- les bâtiments comportant des SEE (basées sur des ingénieries de sécurité incendie),
- les bâtiments complexes et/ou sensibles (musées, discothèques, salles de spectacles,
notion de sous-sols, forte fréquentation, …).
15
La loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, dite loi ELAN,
a modifié par son article 77 les conditions d’exercice du droit de visite en matière d’urbanisme.
16
Annexe n° 5 : bilan des campagnes de contrôles entre 2012 et 2014 (DREAL Nord Pas-de-Calais).

14
Cette méthode permettrait une transition progressive du mode du contrôle. L’étau des
contrôles se desserrerait en fonction de la bonne santé d’indicateurs relatifs à la sécurité
incendie. Ces contrôles continueraient à faire l’objet d’un rapport avec une proposition
d’avis à la mise en exploitation, destiné à l’autorité de police compétente, quelle que soit
la destination du bâtiment.

Proposition n° 6 : Contrôler les nouveaux bâtiments ou les travaux caractérisés par des enjeux
spécifiques de sécurité incendie définis au niveau national.

2.2.3 Mission d’inspection dans les bâtiments existants

Un nouveau système d’inspection permettrait de mieux cibler et d’orienter les contrôles


afin de rééquilibrer la mission des ERP/IGH vers d’autres bâtiments. Les inspections
pourraient être annoncées ou inopinées. Ce dernier mode d’action est d’ailleurs privilégié
dans de nombreux corps d’inspection français ou étrangers. Il présente l’avantage de
constater l’exploitation des bâtiments dans leurs conditions réelles. Plusieurs niveaux de
contrôle seraient possibles : exhaustifs (à la manière d’une visite périodique), sur des
points de sécurité incendie spécifiques, contrôle de documents uniquement.

Ce nouveau dispositif pourrait être mis en œuvre sur la base d’un plan pluriannuel
d’inspection défini par le Ministère de l’intérieur et décliné au niveau départemental. Il
viendrait compléter le dispositif de contrôle des nouvelles constructions.

La déclinaison du plan pluriannuel serait un outil de pilotage lié aux capacités du SIS.
Ses objectifs pourraient être définis en fonction de critères suivants :
- les statistiques incendie,
- l’appréciation politique de l’acceptabilité sociétale du risque17,
- le niveau de fréquentation/occupation des bâtiments,
- la typologie d’activité des bâtiments (locaux à sommeil notamment),
- le retour d’expérience incendie local et national,
- le signalement de manquements ou la dénonciation,
- la demande expresse et motivée de l’autorité de police,
- l’existence de mesures spéciales (mesures compensatoires de dérogations et/ou
SEE).
Proposition n° 7 : Mettre en place une nouvelle politique d’inspection des bâtiments fondée
sur un plan pluriannuel validé par le Ministère de l’intérieur et décliné dans les départements.

Dans le domaine des ERP et IGH, les visites périodiques prévues à l’article GE4 de l’arrêté
du 25 juin 1980 modifié et l’article GH4 de l’arrêté du 30 décembre 2011 permettent
principalement de s'apercevoir de travaux qui n'auraient pas été déclarés et de suivre
l’implication des exploitants dans l’entretien de leur établissement. Si ces opérations sont
réalisées correctement, la visite périodique ne doit pas mettre à jour de non-conformités
significatives. Par ailleurs, de nombreux établissements disposent d’agents chargés de
veiller au quotidien au respect de la sécurité (employés désignés, voire agents SSIAP).
Par contre, les sapeurs-pompiers ne visitent pas les bâtiments à usage d’habitation et à
usage professionnel.

Les locaux à sommeil, qui représentent 15 à 20 % des ERP, présentent un risque


prégnant qui justifierait de conserver des visites périodiques de l’inspection.

17
Voir mémoire PRV3 "Approche de l’évaluation de la performance et de la valorisation des mesures de prévention incendie"

15
Proposition n° 8 : Sortir de la règle de la périodicité des contrôles pour les ERP et IGH, hormis
pour les locaux à sommeil à inspecter de manière périodique selon le plan pluriannuel.

L’inspecteur rédigerait un rapport à l’attention de l’autorité de police compétente, mais


il ne se conclurait plus par un avis favorable ou défavorable à la poursuite de
l’exploitation. Un classement priorisé des prescriptions devrait être établi en fonction des
dangers et des risques encourus (analyse du risque). L’actuel avis défavorable serait
remplacé par une proposition de mise en demeure assortie d’un délai pour se conformer.
L’inspecteur pourrait parallèlement dresser un procès-verbal d’infraction. Le rapport
d’inspection (soumis à la "chaîne de l’inspection" à l’instar des ICPE : inspecteur, chef de
service, chef de groupement) serait transmis à l’exploitant et à l’autorité de police.

Proposition n° 9 : Supprimer la notion d’avis favorable ou défavorable à la poursuite de


l’exploitation pour les bâtiments existants, et proposer à l’autorité de police une priorisation
de mesures correctrices prenant en compte la dangerosité du bâtiment.

En France et à l’étranger, le cadre de l’inspection s’exerce par des inspecteurs seuls,


sans risque contentieux particulier, ni mise en cause personnelle des agents. Nous
retiendrons que les inspections existent selon le triptyque : contrôleur, objet de
contrôle et référentiel de contrôle.
Au-delà d’un changement de paradigme sur le contrôle de la sécurité incendie des
bâtiments (SIB), nous proposons maintenant d’envisager l’environnement le plus
propice à sa mise en œuvre.

3 IMPACTS ORGANISATIONNELS : LES CONDITIONS FAVORABLES A


L’EXERCICE DE l’INSPECTION DE LA SECURITE INCENDIE DANS LES
BATIMENTS

Le déploiement d’inspecteurs de la sécurité incendie dans les bâtiments requiert la mise en


œuvre de leur assermentation. Une orientation opérationnelle de leur fonctionnement au cœur
des services d’incendie et de secours est la clé de leur réussite. Cette démarche qualité ne
trouvera sens qu’à travers une gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs, des capacités
et des compétences.

En mars 2020, le Bureau de la Prévention et de la Réglementation Incendie (BPRI) envoyait


aux grands acteurs administratifs des commissions de sécurité – groupements prévention des
SIS et SIACEDPC des préfectures - un questionnaire relatif à l’hypothèse d’une révision de
fond sur le décret de 1995 relatif à la CCDSA18.

Nous avons soumis ce questionnaire en interne à nos équipes de préventionnistes. La diversité


des réponses, parfois complètement inverses pour une même situation départementale, a mis
en exergue des craintes et des croyances importantes. Si tous s’accordent à constater que la
collégialité est souvent symbolique, voire inexistante ; les interrogations se rejoignent
néanmoins quand il est question de l’isolement du futur inspecteur SIB.

Parmi les enjeux figurent pêle-mêle le lien avec l’autorité de police, le lien à maintenir avec
l’activité opérationnelle, le besoin d’être en mesure de répondre seul à toutes les questions, le
sentiment de transformation du métier de préventionniste en « gendarme » de la sécurité
incendie, la crainte du changement de perception par la population, etc.
18
Voir annexe n° 5 : questionnaire transmis par le BPRI aux SIS et SIACEDPC en mars 2020

16
Aussi, les propos suivants visent à détailler ce que seraient les conditions idéales d’exercice,
en nous inspirant, entre autres, des bonnes pratiques émergeantes ou déjà répandues en
France et ailleurs.

3.1 L’assermentation, levier de progrès de la sécurité incendie dans les bâtiments

3.1.1 L’assermentation, un pouvoir judiciaire à cerner

Comme vu en 1.2.2., nous faisons un lien entre l’expression excessive des avis
défavorables, dévoyés de leur but initial, et l’absence de mesures coercitives. Les
sanctions financières sont extrêmement rares au regard du nombre de visites (près de
63.000 en 201919), alors qu’au sein des commissions de sécurité, les forces de l’ordre et
les maires ont toujours été en capacité de dresser des procès-verbaux d’infraction20.

Nous considérons que la crainte de la sanction pénale, incitant à régler un manquement,


est le levier indispensable, qui motivera les chefs d’établissement les moins conscients
de leurs responsabilités.

Le recours à des sanctions financières directes - ou indirectes, via la transmission


obligatoire de l’avis d’inspection à l’assureur comme en Suisse - aurait certainement
permis d’éviter cet écueil du recours excessif à l’avis défavorable.

L’argument de la nécessité du recours aux sanctions et l’absence des forces de l’ordre


en contrôle d’inspection sur le terrain amène forcément à s’intéresser au sujet de
l’assermentation, du commissionnement et de l’agrément.

Pour bien appréhender l’enjeu de l’assermentation, il convient tout d’abord de distinguer


les pouvoirs de police administrative des pouvoirs de police judiciaire. Le pouvoir de
police judiciaire correspond au volet répressif en cas de manquement à certaines
obligations. Les articles R.152-6 et R.152-7 du CCH déterminent les modalités de
sanctions au titre des ERP et les articles R.152-3 et R.152-4 au titre des IGH.

En conséquence, il faut que le dispositif de prévention soit combiné à la mise en œuvre


du dispositif de répression existant, d’autant plus s’il est mis fin à la périodicité des
visites. Sanctionner pénalement les manquements à la sécurité incendie dans les
bâtiments ne devrait se faire que dans un seul objectif : changer le comportement des
exploitants pour augmenter la sécurité des personnes contre les risques d’incendie. Il
serait nécessaire que des sanctions soient, avec raison, appliquées lorsque des
exploitants ne respectent pas certaines obligations. Il conviendrait d’orienter le dispositif
répressif sur les exploitants non réceptifs aux mises en demeure de l’autorité de police,
sur ceux cumulant de nombreux manquements.

Si les pompiers étaient assermentés, la valeur probante de leurs constatations serait


décuplée conformément à la combinaison des articles 430 et 431 du code de procédure
pénale21.

19
Source : statistiques DGSCGC 2020, voir annexe n° 3.
20
Articles R.152-6 et R.123-43 du Code de la construction et de l’habitation
21
Article 430 du Code de procédure pénale : "Sauf dans le cas où la loi en dispose autrement, les procès-verbaux et les rapports
constatant les délits ne valent qu'à titre de simples renseignements. "
Article 431 du Code de procédure pénale : "Dans les cas où les officiers de police judiciaire, les agents de police judiciaire ou les
fonctionnaires et agents chargés de certaines fonctions de police judiciaire ont reçu d'une disposition spéciale de la loi le pouvoir
de constater des délits par des procès-verbaux ou des rapports, la preuve contraire ne peut être rapportée que par écrit ou par
témoins. "

17
Il ne faut pas négliger le choc culturel que représente l’assermentation pour le sapeur-
pompier français dont l’aspiration la plus profonde est de porter secours et non de
verbaliser.
A titre d’anecdote, il était prévu la possibilité pour les sapeurs-pompiers d’être
commissionnés par le préfet et assermentés pour constater les infractions au titre de la
protection des forêts (article L.323-1 de l’ancien code forestier), mais cette casquette de
« gendarme » n’a jamais trouvé écho auprès des soldats du feu. La disposition a
d’ailleurs été supprimée au moment de la recodification du code forestier en 2012.

Il convient néanmoins de ne pas imaginer les inspecteurs SIB assermentés, "dresser des
constats d’infraction à chaque visite, à l’attention d’un parquet qui poursuivrait
systématiquement". En effet, mis à part quelques corps d’inspection spécifiques (comme
les inspecteurs de l’environnement dont une part importante de leur activité est de
dresser des PV de constat d’infraction à l’attention du parquet), il n’y a pas de raison que
l’esprit de l’inspection diffère demain de celui des contrôles d’aujourd’hui où la pédagogie
prend largement le pas sur le volet coercitif (à l’instar des inspecteurs des ICPE et des
inspecteurs du travail d’ailleurs). Le signalement des infractions accompagnerait
l’inspection, sans minimiser notre action actuelle de conseil et d’accompagnement,
donnant peut-être en ce sens une épaisseur supplémentaire à l’inspecteur SIB.

Il conviendrait donc d’apporter les capacités de savoir et de savoir-faire, mais aussi de


savoir-être qui siéront aux futurs inspecteurs, conscients du cadre juridique dans lequel
ils évolueront.

3.1.2 Niveau d’assermentation, commissionnement et agrément

Par ailleurs, plusieurs termes techniques sont liés à l’assermentation. Le


commissionnement est délivré par l’autorité administrative et délimite le territoire où
l’agent exerce la police ainsi que le domaine de compétence. Ensuite, l’agrément est
délivré par le Procureur de la République qui vérifie la moralité et l’honorabilité de l’agent.
La dernière étape est l’assermentation. Il s’agit d’un serment prêté devant le juge. Il vise
à faire prendre conscience à l’agent de l’importance des fonctions qu’il s’apprête à
exercer. La prestation de serment a lieu devant le tribunal judiciaire territorialement
compétent. L’assermentation permet de donner force probante aux constats de l’agent.
Ses propos font "foi jusqu’à preuve du contraire".

L’assermentation des inspecteurs SIB est réalisable juridiquement. Mais la question de


son niveau reste entière par contre : communal, préfectoral ou ministériel ?

Vraisemblablement, l’assermentation par 35.416 maires22 ne semble pas réaliste. De


plus, même si les sapeurs-pompiers sont à disposition des maires dans le cadre de leur
pouvoir de police spéciale ERP/IGH (article L.1424-3 du CGCT), ils ne sont pas
hiérarchiquement liés. Or, le commissionnement est généralement la décision de
l'autorité hiérarchique de lui confier un pouvoir de police judiciaire.

Le commissionnement des sapeurs-pompiers par le Préfet du département apporterait


une logique de proximité puisqu’il est l’une de nos autorités de tutelle. Néanmoins ce
n’est que par substitution qu’il exerce le pouvoir de police spéciale des ERP/IGH.

Le niveau ministériel semble plus adéquat. Pour les fonctionnaires d’Etat, placés sous la
tutelle du préfet et assermentés (certains agents de la DDT(M), de la DREAL ou encore
de la DDPP), c’est le ministère détenteur de la police spéciale qui les commissionne et
22
Source : INSEE 2020
18
non le représentant de l’Etat dans le département. En conséquence et, a fortiori, si le
portage du champ technique de la sécurité incendie était assuré par le ministère de
l’intérieur, cela créerait les conditions optimales pour le commissionnement des sapeurs-
pompiers chargés de la mission d’inspection.

Proposition n° 10 : Assermenter, au niveau ministériel, les inspecteurs de la sécurité incendie


dans les bâtiments et les former au cadre juridique de ce nouvel exercice.

3.2 Vers un engagement plus opérationnel de l’inspection de la sécurité incendie

3.2.1 L’analyse de risques pour un conseil plus éclairé de l’autorité de police

Le conseil à apporter au pouvoir de police doit être clair et intelligible. Aussi, et


notamment dans les véritables situations de danger pour les occupants d’un bâtiment,
le rapport de l’inspecteur SIB doit dépasser les seules prescriptions réglementaires à la
lecture parfois ardue, pour être compris clairement du pouvoir de police.

Dans la logique actuelle de l’expression d’un avis, l’avis défavorable « réglementaire »


devrait obligatoirement s’accompagner d’un « avis favorable ou défavorable quant à
l’analyse de risque » de l’établissement.

La plus-value de l’avis du préventionniste ne réside d’ailleurs pas dans une lecture


réglementaire, qui peut être tout aussi bien faite par un organisme agréé ou un bureau
de contrôle, mais bien dans une lecture opérationnelle basée sur la connaissance de la
phénoménologie du feu et des techniques d’intervention des SIS. Cette analyse de
risques permettrait, de surcroît, de faire comprendre avec plus de pédagogie et
d’efficacité, les risques et les responsabilités engagées aux chefs d’établissement et aux
maires. C’est le sens de la recommandation n° 54 du rapport IGA/IGAS.

Cette analyse de risques est déjà employée à l’initiative de certains SIS et on peut se
féliciter de l’existence de différentes méthodes d’analyse de risques développées et
promues par l’ENSOSP, mais pas encore enseignées : la MARIP du SDIS 47 depuis plus
de 10 ans23, la méthode systémique développée avec Efectis24 ou encore la méthode
d’analyse de risque développée par la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris.

On peut s’interroger sur la polyvalence et la performance d’une méthode unique ou sur


la complémentarité de différentes méthodes comme autant d’outils à utiliser selon le cas
de figure. Pour autant, il est indéniable qu’un inspecteur SIB isolé gagnerait en lisibilité,
en crédibilité et en sécurité juridique à utiliser une méthodologie validée et enseignée
par notre école nationale. Son analyse de risques ne serait plus le fait de sa seule
réflexion agrémentée de son expérience opérationnelle, mais le résultat d’une démarche
protocolée et validée, débouchant sur un avis au maire, intégrant une priorisation des
mesures de sécurité à prendre.

Proposition n° 11 : Valider au niveau national les méthodes d’analyse opérationnelle de risques


à produire, en appui de l’analyse réglementaire, pour que l’avis de l’inspecteur soit motivé en
droit et en faits, en qualifiant le danger pour le public.

23
Voir bibliographie mémoire PRV3-2009 "Analyse de risques dans le domaine de la prévention "
24
Voir bibliographie mémoire PRV3-2015 "L’analyse des risques appliquée à la prévention incendie en ERP "
19
3.2.2 L’approche qualité comme moteur d’évolution des organigrammes

Selon les organigrammes des SIS, les fonctions prévention, prévision et opération
peuvent travailler en silos, échangeant peu ou prou leurs informations. Ceci est tellement
vrai que certains groupements prévention sont isolés, au point d’être ressentis comme
un service de la préfecture, alors même qu’ils concourent de manière essentielle à l’une
des missions phares des SIS, tel qu’édictée par l’article L.1424-2 du CGCT : « la
prévention et l’évaluation des risques ».

En tout état de cause, il n’est pas juridiquement acceptable que le même établissement
public ait connaissance de dysfonctionnements par certains de ses agents (inspecteurs
SIB ou opérationnels), mais ne les prenne pas en compte dans son action globale, faute
de communication interne (traitement opérationnel non adapté des établissements sous
avis défavorable, absence de prise en compte opérationnelle de problématiques de DECI
impactant les moyens de secours des bâtiments, manquements à la sécurité constatés
en intervention mais non communiqués aux inspecteurs SIB, etc.).

Plusieurs SIS ont déjà développé cette approche autour du CGCT en fusionnant les
historiques services prévention et prévision dans des "groupements prévention et
évaluation des risques25".

Au-delà des mesures simples pour lutter contre les pertes d’informations (par exemple :
concordance des bases de données sur un progiciel commun à la prévention et la
prévision, partage des adresses avec le SIG, notice de sécurité commune sur les grands
rassemblements) et pour donner du sens concret au travail des agents, le même service
assure le processus de prévention et d’évaluation du risque d’un dossier depuis les
premières réunions de conseil en amont, à l’étude du permis de construire et l’ouverture
du bâtiment, jusqu’à la réalisation du plan d’établissement répertorié et sa validation par
un exercice avec des acteurs de terrain formés aux risques locaux en direct.

Cette démarche a l’avantage supplémentaire de gagner en qualité et en lisibilité vis-à-


vis de nos "usagers-clients" que sont les maires, les exploitants, les collègues de
préfecture et les ORC. La logique de l’organigramme repose effectivement sur un
élément de compréhension simple à intégrer : « avant ou après le début de
l’intervention ». Le SIS peut alors afficher clairement un seul point d’entrée aux
nombreuses sollicitations pré-opérationnelles, là où avant, les contacts étaient confus et
les réponses parfois opposées, selon la question et le point d’avancement du dossier.

Enfin, la double approche prévention / prévision permet d’accroître le pool de sapeurs-


pompiers à la double compétence dans une démarche prévisionnelle de ressources
humaines. Cette mesure est réductrice de vulnérabilités dans les SIS en optimisant les
ressources fragiles de cadres formés et en donnant du sens à leur action qui se concrétise
sur le terrain.

Proposition n° 12 : Adapter les organigrammes à l’approche processus « prévention et


évaluation des risques » pour rendre un meilleur service à nos usagers, accroître la
transparence de l’établissement et redonner du sens à nos actions.

25
Références organigrammes des SDIS 29, SDIS 45, SDIS 56 à titre d’exemple
20
3.2.3 Une inspection de la sécurité incendie, au plus près du théâtre des opérations

L’inspection gagnerait en efficacité en investissant l’opérationnel et en comptant sur ses


opérateurs quotidiens. Le recours au terrain serait un gage de mise à jour et d’alerte des
inspecteurs.

La sécurité incendie gagnerait à développer l’exploitation opérationnelle d’informations,


en utilisant des fiches de synthèse à vocation opérationnelle créées sur chaque bâtiment
nouveau par le groupement prévention et évaluation des risques, et sur les bâtiments
existants par les Centres d’Incendie et de Secours. Ces fiches synthétiques seraient
diffusées avec les ordres de départ ou via des tablettes pour indiquer aux chefs de
détachement opérationnel les configurations des bâtiments et leurs moyens de secours.
Ces plans ETARE de 1er niveau pourraient aussi bénéficier aux opérateurs du Centre de
Traitement des Appels pour aider des requérants impliqués.

On peut citer de manière non exhaustive les points suivants : typologie du bâtiment
(R+x-y), activité et effectif nominal, présence d’espaces d’attente sécurisée, énergies
présentes et localisation des coupures d’urgence, isolement du bâtiment et risques de
propagation, locaux à risques, DECI existante et moyens de secours sur place (colonne
sèche, en charge…), présence de désenfumage et localisation du tirer-lâcher, type de
distribution intérieure, moyens minimums à engager selon typologie d’intervention.

Proposition n° 13 : Impliquer les acteurs de terrain des CIS pour intégrer des fiches d’identité
des bâtiments à la base d’alerte.

De plus, le recours aux inspecteurs SIB sur opérations de secours permettrait de boucler
la roue de Deming de ce processus, par un Contrôle en fonctionnement allant jusque
sur intervention, et par un Ajustement des manquements constatés, par signalement au
maire et au parquet. Ce recours généralisé à une « astreinte inspection-RCCI »
permettrait au-delà du contrôle en fonctionnement du bâtiment, de préserver les intérêts
du service par une investigation de Recherche des Causes et Circonstances d’Incendie26,
le cas échéant.

Les conventions tripartites SIS, Préfet et Procureur de la République permettraient


d’encadrer cette obligation de l’article 40 du code de procédure pénale de signaler les
crimes ou délits, dont les SIS ont connaissance dans l’exercice de leurs fonctions (et
qu’ils pratiquent souvent déjà).

Proposition n° 14 : Engager sur intervention des actions d’inspection de la sécurité incendie


et des investigations de recherche des causes et circonstances d’incendie, sécurisées par des
conventions tripartites SIS - Préfet - Procureur de la République.

3.2.4 Des inspecteurs de la sécurité incendie au cœur des SIS

Ces différentes propositions vont dans le sens d’une inspection de la sécurité incendie
laissée au sein des SIS. Le colonel HC MAGNONE nous a fait part de la possibilité
technique d’un corps d’inspection dont les membres seraient versés à la Fonction
Publique d’Etat pour faciliter sa mise en œuvre. Si nous comprenons cette vision, nous
estimons toutefois que la marche est socialement trop haute à franchir. Les mises à
disposition, même sur une longue période, laissent souvent nos collègues inquiets quant
26
Le cadre de la RCCI est précisé dans la circulaire ministérielle n° NOR IOCE1108242C du 23/03/2011.

21
à leurs conditions de retour dans leur SIS d’origine. Notre crainte est importante que les
vocations se fassent rares dans un tel avenir.

De plus, nous estimons que la plus-value du sapeur-pompier inspecteur SIB réside dans
sa connaissance du système feu et des techniques d’intervention qui évoluent sans
cesse. Le couper de l’aspect opérationnel - même s’il peut y être remédié en partie avec
une mise à disposition purement administrative et le maintien de ses activités
opérationnelles - nous couperait de l’indispensable dimension opérationnelle, qui tient
aussi à la connaissance des Hommes et des évolutions de matériels.

Enfin, la mise en lien du travail d’inspection de la sécurité incendie avec le travail de


prévision par les mêmes opérateurs apporterait une plus-value opérationnelle aux SIS,
qui n’est pas compatible, au niveau comptable des ETP, avec un corps d’inspection
d’Etat.

Proposition n° 15 : Maintenir les inspecteurs de la sécurité incendie dans les bâtiments dans
les SIS, hors corps d’inspection étatique, pour donner sens à la mission de préparation
opérationnelle.

3.3 Les capacités à assurer l’inspection de sécurité incendie dans les bâtiments

Le cursus de formation des préventionnistes existe de manière étayée au sein de l’Ecole


Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers27, avec une formation certificative de
base en prévention des risques incendie en ERP de 3 niveaux de formation, PRV1– PRV2 et
PRV3, agrémentée ensuite de formations complémentaires courtes (RCCI, IGH, ICPE et code
du travail) et de formations de perfectionnement (comportement au feu, CTS, droit et
prévention, extinction automatique, GN8, SSI, tunnels et ISI). C’est une évidence de dire que
la compétence du préventionniste se développe après de nombreuses années de pratique.

L’actuelle formation PRV2 met beaucoup l’accent sur l’analyse réglementaire. Pour autant, le
jeune préventionniste est souvent perdu dans l’organisation « juridique » de l’emploi de la
prévention (différentes commissions, délais en vigueur, différence rapport/PV etc.).
L’articulation des règles est méconnue et le tutorat des plus anciens est indispensable pour
l’accompagner en l’état. De la même manière, les règles entourant les demandes d’urbanisme
sont très peu connues en sortie de cursus et sont le fait d’une formation a posteriori basée sur
l’expérience (à titre d’exemple : contrairement à la croyance générale, l’avis de la commission
sur un PC n’est pas un avis conforme liant l’autorité, seul l’avis conforme d’une demande de
dérogation au règlement de sécurité lie l’autorité28).

Le développement de l’Inspection SIB nécessiterait donc d’accroître les capacités des futurs
inspecteurs mais également de leurs collègues en CIS.

3.3.1 L’implication des CIS, condition sine qua non de l’inspection SIB

Les formations de Prévention Appliquée à l’Opérationnel seraient à généraliser,


permettant aux opérateurs de terrain d’intégrer les mesures réglementaires à la gestion
opérationnelle29. La formation à la Protection des Traces et Indices (PTI) leur permettrait
également de garder des zones d’intervention propices à des investigations RCCI.
27
Source : contenu du guide national de référence de prévention version consolidée de 2012, abrogé. La formation PRV1 peut
être réalisée en SIS.
28
Voir annexe n° 6 " Jurisprudence Cour Administrative d’appel de Bordeaux, 1ère chambre, du 18 mars 1999 96BX01138
96BX01377, inédit au recueil LEBON"
29
Voir bibliographie : mémoire PRV3 2013, " Retour d’expérience et PAO : enjeux et convergences "

22
Les formation PAO et PTI seraient ainsi les 2 prémices pour sensibiliser les acteurs
opérationnels qui assureraient les remontées d’informations à l’inspection SIB ; et
faciliter les investigations RCCI.

De plus, un accès plus important à la formation de 1er niveau, PRV1, permettrait de


disposer d’un vivier de personnels, non seulement pour renseigner les fiches de synthèse
opérationnelles, voire reconnaître les risques d’incendie dans les bâtiments, mais
également pour susciter des vocations de futurs inspecteurs SIB.

Proposition n° 16 : Former les sapeurs-pompiers des CIS à la PAO, à la PTI et certains au


PRV1 (agrémenté d’un complément sur les bâtiments à usage professionnel et d’habitation)
dans un esprit de GPEECC et de performance opérationnelle, concourant à la bonne marche
de l’inspection SIB.

3.3.2 La formation complète des inspecteurs SIB

Comme vu en 2.3.1, l’inspecteur SIB aurait besoin d’une méthode crédible et légitime
pour agrémenter son analyse réglementaire d’une analyse de risque en vue de qualifier
son rapport sur un bâtiment dangereux pour le public.

Un complément sur les règles d’urbanisme et sur l’assermentation viendrait parfaire son
cursus. Il aurait besoin également d’un complément en connaissances architecturales et
structurales des bâtiments, au vu de l’évolution technique permanente. Les très vieux
bâtiments existent toujours et les nouveaux bâtiments ne sont plus limités par les
impossibilités techniques.

Enfin, une formation plus complète sur la connaissance du système feu (dynamique,
aéraulique, comportement des fumées) permettrait d’adapter les analyses de risques
aux évolutions constructives. Comme aux USA, une réactualisation de nos connaissances
sur les évolutions des bâtiments et leurs matériaux de construction viendrait parfaire nos
actuelles FMA. Dans cet esprit, les formations existantes de Moniteur aux Techniques
d’Engagement et d’Attaque et de Recherche de Causes et Circonstances d’Incendie nous
semblent être le meilleur gage d’évolution des connaissances des inspecteurs SIB.

Proposition n° 17 : Généraliser la formation RCCI aux inspecteurs SIB et compléter le cursus


de formation de base du futur inspecteur SIB de connaissances bâtimentaires et structurelles,
de la phénoménologie du feu, d’urbanisme, de l’environnement juridique de l’assermentation,
et de méthodes d’analyse des risques validées au niveau national.

Enfin, d’autres réglementations sont reconnues aussi efficaces que la nôtre, et


s’exportent tout aussi bien dans le monde. Elles donnent plus d’importance à la portée
performantielle. Sans revenir sur l’aspect prescriptif qui reste notre socle de
fonctionnement actuel, les ordonnances de la loi ESSOC30 ouvrent la voie aux objectifs
de sécurité à atteindre. Dans le cadre de ces projets croissants, (fussent-ils les moins
nombreux, ils seront les plus gros), l’inspecteur SIB devrait, a minima, pouvoir
comprendre l’ingénierie de sécurité incendie (ISI) qui aura été utilisée pour suivre ces
dossiers présentés par des concepteurs et des maîtres d’ouvrage innovants.

Proposition n° 18 : Développer le module existant relatif à l’approche performantielle de


l’Ingénierie de Sécurité Incendie, pour dépasser le niveau d’information, en vue de pouvoir
appréhender les études présentées.

30
L’ordonnance ESSOC2 2020-71 du 29 janvier 2020 de la loi ESSOC relative à la réécriture des règles de construction permet
dans ses articles L112-4 à 112-8 la mise en place de solutions d’effet équivalent.
23
3.3.3 Le tutorat et la stabilité des parcours pour atteindre la compétence

Il est communément admis qu’un préventionniste sortant de formation n’est pas en


mesure d’assurer son travail de facto. On n’envoie pas "le dernier formé" réceptionner
d’importants travaux dans un centre hospitalier sous avis défavorable ! Il faut le faire
pratiquer progressivement avant qu’il n’étudie et ne visite un établissement conséquent
et complexe. Ainsi, nos pairs estiment qu’il faut au moins 3 ans pour "former réellement"
un préventionniste. Ceci serait d’autant plus vrai si le sapeur-pompier préventionniste
devait inspecter seul !
4

Aussi, partants de ce constat, nous avons le sentiment qu’il faudrait instituer ce tutorat
que nos aînés ont adopté de longue date et qui se pratique dans d’autres professions
(compagnons, industrie automobile…). Ce tutorat et cet apprentissage du métier
passeraient par plusieurs mesures stratégiques d’établissement et notamment sa prise
en compte dans le volume de travail des séniors (cet investissement pour l’avenir est
une activité chronophage en plus). Aussi, à l’instar des ICPE31, "une chaîne d’inspection"
viserait à valider les rapports par plusieurs inspecteurs.

Dans cet esprit, l’organisation d’un "groupement prévention et évaluation des risques"
basée sur une sectorisation géographique, devrait intégrer un binôme junior-sénior par
secteur avec un partage des dossiers selon leur difficulté.

Proposition n° 19 : Assurer la compétence et la pérennité du SIS en instituant la chaîne


d’inspection et en organisant le tutorat des inspecteurs SIB « juniors » par des inspecteurs SIB
« séniors ».

Dans cette même logique, certains SIS font le choix de mettre des managers non
pratiquants à la tête des groupements prévention. Si la logique de la mobilité
fonctionnelle est souvent enrichissante pour les cadres comme pour les SIS, certains
métiers nécessitent plus de temps pour acquérir la maîtrise de leur technicité. Le temps
d’acculturation du chef est, au mieux, équivalent à celui de ses préventionnistes.

La prévention et, a fortiori, l’inspection de la sécurité incendie nécessitent une pratique


de plusieurs années pour développer la compétence nécessaire aux inspections ou à la
définition d’une doctrine départementale. A défaut d’anticipation et de stabilité,
l’expertise et la définition de la doctrine échapperont un long moment à ces chefs,
mettant alors les hommes et les organisations en difficulté.

Aussi, l’inspection SIB devrait sortir de cette logique d’établissement, avec une décision
de direction instituant des parcours qualifiants intégrant cette progression.

Proposition n° 20 : Investir sur la compétence "prévention et évaluation des risques" du SIS,


en organisant une GPEECC de stabilité et d’expertise sur les emplois d’inspecteurs, notamment
en affichant une durée dans le poste de 7 à 10 ans, avec un parcours qualifiant emprunté à
l’entreprise privée : junior, sénior, manager, chef.

Manifestement, l’évolution des conditions d’un environnement favorable sera le


fait de décisions tant du ressort national que du ressort de chaque SIS. Un acteur
isolé ne pourrait agir seul à son niveau sur tous les leviers. Seule une volonté forte
et un consensus pourront faire évoluer la pratique de la sécurité incendie dans les
bâtiments.

31
Voir annexe n° 7 « Exemple de rapport d’inspection ICPE »
24
4 IMPACTS REGLEMENTAIRES : VERS LA CREATION D’UN CODE DE LA
SECURITE INCENDIE DANS LES BATIMENTS

La création d’un code de la sécurité incendie dans les bâtiments correspond à une
normalisation simplificatrice de diverses réglementations. S’il induit une évolution de la police
spéciale des ERP et IGH vers une police spéciale des bâtiments, il n’a pas vocation à remettre
en cause le pouvoir discrétionnaire du maire sur les avis que donneraient les inspecteurs de la
sécurité incendie dans les bâtiments.

Concernant le changement de modèle, il est à compléter par une projection de l’environnement


réglementaire et juridique. Aussi, l’étude des impacts, à suivre, va proposer l’ensemble des
adaptations nécessaires à la mise en service de la mission d’inspection de la sécurité incendie.

4.1 Impacts juridiques et réglementaires de la transformation en inspection

4.1.1 Un statu quo juridique pour les services d’incendie et de secours

L’article 1240 du Code civil pose le principe de la responsabilité civile : « Tout fait
quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel
il est arrivé, à le réparer ». Le service d’incendie et de secours ne pourrait être civilement
responsable que des dommages qui résultent de l’exercice d’attributions de police.
L’organisation de la police administrative telle qu’elle existe aujourd’hui n’est pas remise
en question dans le cadre de ce changement de modèle. L’inspection SIB s’appuierait
sur une autorité détentrice d’un pouvoir de police spéciale : les maires et le Préfet. Les
rapports des inspecteurs resteraient des actes préparatoires à l’exercice de cette police.
Ce sont bien les arrêtés du maire (ou Préfet) qui pourraient porter grief. En conséquence,
sur le plan civil, les services d’incendie ne seraient pas plus exposés qu’aujourd’hui.

D’autre part, l’exercice d’un pouvoir de police judiciaire par les inspecteurs assermentés
n’aggraverait en aucun cas la responsabilité juridique des SIS, étant donné que la
recherche et le constat de faits susceptibles de constituer des infractions seraient réalisés
pour le compte et sous l'autorité du Procureur de la République.

4.1.2 Des modifications mineures du CGCT et du code de l’urbanisme

 La modification du CGCT :
Les dispositions relatives aux services d’incendie et de secours sont mentionnées aux
articles L.1424-1 à L.1424-49 du CGCT. La mission d’inspection s’inscrit parfaitement
dans le cadre de l’article L.1424-2 : « Les services d’incendie et de secours sont chargés
de la prévention, de la protection et de la lutte contre les incendies ». La compétence
incendie est d’ailleurs la seule à ne pas être partagée avec d’autres services et
professionnels. Il serait nécessaire de réactualiser l’article L.1424-3 afin de redéfinir les
missions de prévention incendie qui incomberaient aux SIS ainsi que les modalités
d’évaluation des moyens à lui attribuer par chaque conseil d’administration.

 La modification du code de l’urbanisme :


Le Code de l’urbanisme devrait être modifié afin de rendre obligatoires l’avis consultatif
des SIS à l’occasion des demandes d’urbanisme, et l’engagement du pétitionnaire à
respecter le code de la sécurité incendie des bâtiments en complément du respect des
règles du code de la construction et de l’habitation.

25
4.1.3 CCH et code du travail : vers une codification unique de la sécurité incendie

La sécurité civile est un droit fondamental qui relève d’une compétence régalienne
incombant au ministère de l’Intérieur. La sécurité contre les risques d’incendie s’est
construite sur la base de l’expérience des feux par les sapeurs-pompiers. Au sein de ce
ministère, ce sont eux qui ont élaboré et rédigé les projets de textes ERP et IGH soumis
à l’approbation du législateur. Une codification de l’ensemble des dispositions relatives à
la sécurité incendie des bâtiments apporterait une base juridique stable et favoriserait
l’organisation d’une mission d’inspection. Ce code de la sécurité incendie des bâtiments
chargerait, lui-même, l'inspection de la sécurité incendie de veiller à l'application de ses
dispositions. Au vu de l’impact possible sur la liberté de commerce et de l'industrie et/ou
du droit de propriété, la mise en œuvre de ce nouveau code ne pourrait pas se faire sans
une accroche législative conformément avec l’article 34 de la Constitution du 4 octobre
1958, et l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Le rapport IGA/IGAS de 2014 mentionne que « La politique de prévention des incendies


met en jeu un ensemble de réglementations et qu’elle fait intervenir plusieurs niveaux
administratifs de décision dont la combinaison est source de complexité et d’insécurité
juridique ». Les dispositions relatives aux risques d’incendie pour les bâtiments
accueillant uniquement des travailleurs32 sont présentes dans le code du travail, mais
sont déjà largement harmonisées avec la réglementation ERP. Les dispositions relatives
à la sécurité incendie du code de la construction et de l’habitation comme celles du code
du travail pourraient être fondues dans un code de la sécurité incendie des bâtiments.
Ce dernier renverrait si nécessaire au code procédure pénale et au code de l’urbanisme.

Sécurité des personnes contre les risques d'incendie


Objectif
Salariés Occupants Public Occupants
Bâtiment Usage professionnel IGH ERP Habitation

Ministère chargé du
Prescripteur Ministère du travail Ministère de l'intérieur
logement
Code de la Code de la
Code du travail construction et de construction et de Code de la construction
Textes
R. 4216-1 et suivants l'habitation l'habitation et de l'habitation
réglementaires
R. 4227-1 et suivants Arrêté du Arrêté du Arrêté du 31/01/1986
30/12/2011 25/06/1980

Instrument d’intervention dont dispose l’Etat pour résoudre un problème public, la


réglementation doit favoriser le bien-être social, tout en évitant les effets néfastes sur
l’économie et les entreprises. Cette codification devrait absolument être précédée d’un
travail de toilettage et de mise en cohérence des textes débouchant sur une
réglementation plus efficiente, gage d’une plus grande égalité des citoyens face au droit
et aux risques.
Cette codification s’inscrirait totalement dans l’esprit de simplification des lois souhaitée
par les pouvoirs publics : « Traduction d'une politique publique, la norme peut aussi être
une contrainte pour la compétitivité des entreprises, l'administration des collectivités
territoriales, le fonctionnement des services déconcentrés et la vie quotidienne de nos
concitoyens. La complexité, l'empilement et le nombre des normes font de la maîtrise de
la production réglementaire un enjeu d'efficacité de l'action publique et de démocratie.

32
Voir bibliographie : rapport INRS 2018 "Aide-mémoire juridique Prévention des incendies sur les lieux de travail"

26
C'est pourquoi à l'occasion de la préparation des nouvelles normes réglementaires
traduisant les choix du Gouvernement, nous devons veiller à maîtriser leur impact et
réduire les normes existantes. »33

Proposition n° 21 : Fondre les actuelles réglementations de sécurité incendie en un seul code


de la sécurité incendie dans les bâtiments, sous l’égide historique du Ministère de l’Intérieur.

4.2 Proposition de réécritures

Dans cette partie, nous proposons des écritures d’articles susceptibles d’intégrer le Code de la
sécurité incendie des bâtiments. Ce code comporterait 2 livres.

Le premier recenserait les dispositions relatives à la sécurité incendie dans les bâtiments. Le
premier titre reprendrait les dispositions communes, les titres suivants aborderaient les
dispositions spécifiques selon les différents usages.

Le deuxième livre instaurerait l’organisation de l’inspection de la sécurité incendie dans les


bâtiments.

Code de la Sécurité Incendie des bâtiments

LIVRE I : La sécurité contre les risques d’incendie dans les bâtiments


Titre Ier : Dispositions communes à tous les bâtiments
Titre II : Dispositions spécifiques aux bâtiments d'habitation
(Arrêté du 31 janvier 1986 modifié)
Titre III : Dispositions spécifiques aux établissements recevant du public
(Arrêté du 25 juin 1980 modifié)
Titre IV : Dispositions spécifiques aux bâtiments à usage professionnel
(R-4216-1 à 4216-34 et R4227-1 à R4227-57 du code du travail)
Titre V : Dispositions spécifiques aux immeubles de moyenne hauteur
(Arrêté du 7 août 2019)
Titre VI : Dispositions spécifiques aux immeubles de grande hauteur
(Arrêté du 30 décembre 2011)

LIVRE II : L’inspection de la sécurité incendie dans les bâtiments


Titre Ier : Répartition des compétences
MINT – DGSCGC – SIS – Préfet – Maires – plan pluriannuel d’inspection, …
Titre II : Compétences des agents
Inspecteurs, …
Titre III : Prérogatives et moyens d’intervention
Droit d’entrée dans les bâtiments – accès aux documents – recherche et constatation d’infractions, recherche des causes et
circonstances de l’ incendie,…

Titre IV : Sanctions administratives et pénales

33
Circulaire du premier ministre du 26 juillet 2017 relative à la maîtrise du flux des textes réglementaires et de leur impact

27
LIVRE II - Titre Ier – Répartition des compétences
Organisation générale de l’inspection

1° Le ministère de l’intérieur élabore la réglementation relative à la sécurité incendie dans les


bâtiments et veille à ce que cette réglementation soit appliquée.
2° La Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises assure le cadre
technique, méthodologique, juridique et réglementaire au plan national.
3° Les décisions individuelles (arrêtés) sont prises, sous l’autorité du ministère de l’intérieur,
par l’autorité de police compétente, assisté des services d’incendie et de secours.
4° L’inspection se compose de sapeurs-pompiers des services d’incendie et de secours. Les
inspecteurs sont des agents assermentés.
5° Dans chaque département, le directeur des services d’incendie et de secours est chargé,
sous l’autorité du préfet de département de l’organisation de l'inspection. Le Directeur et son
adjoint ont autorité hiérarchique sur l’ensemble du personnel assurant l’inspection de la
sécurité incendie des bâtiments.
6° Sous l’autorité du directeur, l’inspection veille à ce que les maîtres d’ouvrage, propriétaires,
exploitants et employeurs respectent les réglementations en vigueur et assument pleinement
leurs responsabilités. Les inspecteurs procèdent à l’instruction des demandes d’urbanisme, à
des visites d’inspections et à différents contrôles des bâtiments. En cas d’infraction,
l’Inspecteur propose des sanctions administratives à l’autorité de police compétente et des
suites pénales au procureur.

LIVRE II - Titre Ier – Répartition des compétences


Echelon départemental

Dans le cadre des directives du ministre de l’intérieur, le préfet de département :


1° Met en œuvre au plan départemental la politique définie par les pouvoirs publics (plan pluri
annuel) afin d'améliorer la sécurité contre les risques d’incendie des bâtiments;
2° Définit les orientations générales des actions d'inspection de la sécurité incendie des
bâtiments, qu'il organise, coordonne, suit et évalue (plan d’action annuel) ;
3° Est chargé des relations avec les autorités judiciaires, sous réserve des attributions confiées
par la loi aux inspecteurs de la sécurité incendie des bâtiments.

LIVRE II - Titre Ier – Répartition des compétences


Programme pluriannuel d’inspection
1° Le directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises établit, sous l’autorité
du ministre de l’intérieur, un programme pluriannuel national d’inspection de la sécurité
incendie des bâtiments. Il arrête le contenu minimal et la structure du programme pluriannuel.
2° Le programme pluriannuel d’inspection de la sécurité incendie des bâtiments est décliné au
niveau départemental. Il tient compte de la situation départementale existante et de l'analyse
des risques.
3° Le préfet, sur proposition du DSIS, approuve le programme pluriannuel départemental
d’inspection de la sécurité incendie des bâtiments.
4° Le programme pluriannuel d’inspection est mis en œuvre par un plan d'action annuel
préparé par le DSIS et approuvé par le préfet.
5° Le DSIS présente annuellement au préfet un rapport d’activités.

28
LIVRE II -Titre II : Compétences des agents
Domaine de compétence de l’inspection

L’inspection de la sécurité incendie exerce sa mission dans les domaines suivants et dans les
conditions où sa consultation est imposée par les lois et règlements en vigueur, à savoir:
1° La sécurité des personnes contre les risques d'incendie dans les établissements recevant
du public ; les immeubles de moyenne hauteur, les immeubles de grande hauteur, les
bâtiments à usage d’habitation collectifs ainsi que les bâtiments à usage professionnel
conformément aux dispositions en vigueurs.
2° Les solutions d’effet équivalent relatives au champ technique de la sécurité incendie.
3° Les demandes de dérogation relatives au champ technique de la sécurité incendie.

LIVRE II -Titre II : Compétences des agents


Rôle de l’inspection

Au sein des services d’incendie et de secours, l’inspection de la sécurité incendie dans les
bâtiments est le service chargé de l'étude, de l’inspection et de l'information du représentant
de l'Etat dans le département et du maire. Il assiste ces derniers dans l'application des mesures
de police et de surveillance qu'ils sont appelés à prendre en vue d'assurer la sécurité des
personnes contre les risques d'incendie dans les bâtiments soumis au présent code.
Elle est chargée notamment :
1° D'examiner les projets de construction, d'extension, d'aménagement et de transformation
des bâtiments, dès lors que les travaux ont une incidence sur le niveau de sécurité contre
l'incendie ;
2° De procéder à des visites avant exploitation desdits bâtiments notamment lorsque les
dispositions du plan pluriannuel le prévoient et de donner son avis sur la délivrance de
l'autorisation d'ouverture des établissements ;
3° De procéder à des inspections (annoncées ou inopinées) sur l'observation des dispositions
réglementaires conformément au plan d’action défini dans le cadre du programme pluriannuel
d’inspection de la sécurité incendie des bâtiments.

LIVRE II -Titre II : Compétences des agents


Organisation des inspections

Pendant la construction ou l'occupation du bâtiment, l’inspecteur de la sécurité incendie des


bâtiments peut procéder à des visites d’inspection de tous les bâtiments soumis au présent
code.
Les maîtres d’ouvrage, propriétaires ou exploitants sont tenus d'assister aux visites dont ils ont
été avisés. A l'issue de chaque inspection, il est dressé un rapport d’inspection qui constate
notamment la bonne exécution des prescriptions formulées à l'occasion d'une inspection
antérieure et mentionne éventuellement les mesures proposées.
Le maire ou le préfet notifie ce rapport d’inspection au maître d’ouvrage, au propriétaire ou à
l’exploitant qui dispose d'un délai de quinze jours pour faire connaître ses observations. Passé
ce délai, l’autorité de police compétente lui notifie les décisions prises.

LIVRE II -Titre II : Compétences des agents


Incompétence en matière de solidité

L’inspecteur de la sécurité incendie des bâtiments n'a pas compétence en matière de solidité.
Il ne peut rendre un avis que lorsque les contrôles techniques obligatoires selon les lois et
règlements en vigueur ont été effectués et que les conclusions de ceux-ci lui ont été
communiquées.

29
LIVRE II - Titre III : Prérogatives et moyens d’intervention
Droit d’entrée dans les bâtiments

Les inspecteurs de la sécurité incendie des bâtiments ont accès aux bâtiments soumis au
présent code, à l'exclusion des domiciles. Ils peuvent pénétrer dans ces lieux entre 6 heures
et 21 heures et, en dehors de ces heures, lorsqu'ils sont ouverts au public ou aux travailleurs.
Ils ne peuvent avoir accès aux domiciles qu'en présence de l'occupant et avec son assentiment.

LIVRE II - Titre III : Prérogatives et moyens d’intervention


Accès aux documents

Les inspecteurs de la sécurité incendie des bâtiments peuvent se faire communiquer et prendre
copie des documents qui sont relatifs à l'objet du contrôle, quel que soit leur support et en
quelques mains qu'ils se trouvent, et qui sont nécessaires à l'accomplissement de leur mission.
Ils ne peuvent emporter les documents originaux qu'après en avoir établi la liste qui est
contresignée par leur détenteur. Les documents originaux sont restitués dans le délai d'un
mois après le contrôle. Lorsque les documents sont sous une forme dématérialisée, les
fonctionnaires et agents ont accès aux logiciels et à ces données. Ils peuvent demander la
transcription de ces données par tout traitement approprié dans des documents directement
utilisables pour les besoins du contrôle.

Titre III : Prérogatives et moyens d’intervention


Habilitation des agents chargés de certains pouvoirs de police judiciaire

Outre les officiers et les agents de police judiciaire, les agents publics spécialement habilités
par le présent code, sont habilités à rechercher et à constater les infractions aux dispositions
du présent code et des textes pris pour son application. Ces agents reçoivent l'appellation
d'inspecteurs de la sécurité incendie des bâtiments.
Pour exercer les missions prévues, les inspecteurs de la sécurité incendie des bâtiments
reçoivent des attributions relatives à la sécurité incendie qui leur donnent compétence pour
rechercher et constater les infractions prévues par le présent code et les textes pris pour leur
application.
Les inspecteurs de la sécurité incendie des bâtiments sont commissionnés par le ministère de
l’intérieur et assermentés pour rechercher et constater tout ou partie des infractions
mentionnées au présent code.

En conclusion, le changement de modèle n’aurait pas de réelles conséquences


juridiques pour les SIS. A contrario, pour la mise en œuvre d’un indispensable
triptyque de l’inspection - inspecteur, objet à inspecter, référentiel d’inspection - il
serait pertinent d’envisager la promulgation d’un code de la sécurité incendie. Le
travail de réécriture, conséquent, ne pourrait être entrepris que sur la base d’une
analyse d’impact réglementaire : évaluation préalable des conséquences
économiques, sociales et sur l’autorité publique.

30
CONCLUSION

L’exercice de style imposé par le sujet de ce mémoire aura été difficile. L’obligation de proposer
un nouveau modèle nous aura obligés à dépasser la vision pragmatique qui caractérise notre
corporation. Les contacts avec les personnes ressources nous auront, d’un côté, éclairés sur
les possibilités et sur les bonnes pratiques déjà existantes. D’un autre côté, l’identification de
toutes les pierres d’achoppement nous aura amenés à imaginer un crantage des propositions,
contraire à l’innovation.

Au moment de conclure, nous devons prendre position de manière favorable ou défavorable


à une telle inspection dans tous les bâtiments et à la création du code de la sécurité
incendie. Ce modèle nous semble pertinent. Nous en voulons pour preuve que nombre de nos
propositions, argumentées au gré de notre démonstration, trouve un large écho dans les
recommandations du rapport IGA/IGAS d’évaluation de la prévention. Aussi, nous adhérons
pleinement à ce changement de modèle, qui s’inscrit dans l’orientation donnée par « le choc
de simplification » et dans les missions régaliennes de l’Etat d’assurer la même sécurité
incendie à tous ses concitoyens, quel que soit le type de bâtiment.

Nous percevons toutefois des limites. La première est liée à l’environnement réglementaire,
qui doit évoluer au gré du temps nécessaire à l’évolution des différents codes, aux réécritures
des décrets et circulaires, à l’évolution vers le pouvoir de police spéciale de la sécurité incendie
dans les bâtiments du maire et du préfet, et au retour du portage historique par le Ministère
de l’Intérieur. Il faudra se donner le temps de l’appropriation et le temps de l’acculturation
pour être en mesure d’agir seuls comme inspecteurs, au service d’une synergie globale du
service d’incendie.
Une autre limite, culturelle, concerne la possible résistance au changement de la profession
face à un exercice dont la finalité reste identique, mais qui abandonne la collégialité.
Enfin, ce modèle mériterait maintenant d’être confronté à une étude d’impact qui, sur la base
de propositions d’indicateurs, permettrait de piloter l’adéquation du niveau du plan pluriannuel
avec le dimensionnement du nombre d’inspecteurs requis.

Les mesures préventives ne coûtent pas cher, mais elles font économiser beaucoup. D’après
le colonel HC MAGNONE, qui a participé à la rédaction du décret de 1995, “l’incendie est un
phénomène rare mais qui a des conséquences considérables et dramatiques sur les plans
humains, économiques et médiatiques. C’est un sujet de société qui doit faire l’objet d’un choix
politique sur le niveau de sécurité accordé aux citoyens.”

L’évolution de notre système de sécurité incendie pourrait aller plus loin. La logique de la
portée prescriptive française est performante et la réglementation est connue de ses
utilisateurs sur la très majeure partie des projets. Pour autant, au vu des exigences et des
contraintes du monde économique, la possibilité pourrait être laissée au maître d’ouvrage de
choisir, dès la conception de son projet, une approche prescriptive ou une approche par
objectifs. Non seulement, cette alternative ne lèserait personne entre les petits et les gros
projets, mais en plus elle impliquerait d’avantage le chef d’établissement dans ses choix et la
conscience de sa responsabilité.

Cette transition ambitieuse demanderait des années de réflexion et de travail, et au regard


des 10 années employées par les canadiens entre 1995 et 2005, ce délai semble compatible
avec celui de l’évolution de notre modèle actuel des commissions vers un modèle d’inspection.

31
TABLE DES PROPOSITIONS

Avertissement : l’ordre dans lequel sont récapitulées ci-dessous les propositions du mémoire
ne correspond pas à une hiérarchisation de leur importance mais simplement à leur ordre
d’apparition au fil des constats et analyses du mémoire.

Proposition n° 1 : Rendre obligatoire la consultation de l’inspection de la sécurité incendie pour


tous les projets de construction (hors habitations individuelles).

Proposition n° 2 : Développer des formulaires informatiques permettant de répondre


rapidement et efficacement aux consultations des services d’instruction.

Proposition n° 3 : Rendre obligatoire la consultation des SIS pour les dérogations et les futures
solutions d’effet équivalent relatives au champ technique de la sécurité incendie pour tous les
bâtiments.

Proposition n° 4 : Transférer la compétence relative au contrôle des dispositifs de sécurité


incendie dans les bâtiments d’habitation neufs à l’inspection de la sécurité incendie dans les
bâtiments.

Proposition n° 5 : Permettre à l’inspection SIB de contrôler le respect des dispositions relatives


à la sécurité incendie dans le domaine de la conception des lieux de travail.

Proposition n° 6 : Contrôler les nouveaux bâtiments ou les travaux caractérisés par des enjeux
spécifiques de sécurité incendie définis au niveau national.

Proposition n° 7 : Mettre en place une nouvelle politique d’inspection des bâtiments fondée
sur un plan pluriannuel validé par le Ministère de l’intérieur et décliné dans les départements.

Proposition n° 8 : Sortir de la règle de la périodicité des contrôles pour les ERP et IGH, hormis
pour les locaux à sommeil à inspecter de manière périodique selon le plan pluriannuel.

Proposition n° 9 : Supprimer la notion d’avis favorable ou défavorable à la poursuite de


l’exploitation pour les bâtiments existants, et proposer à l’autorité de police une priorisation
de mesures correctrices prenant en compte la dangerosité du bâtiment.

Proposition n° 10 : Assermenter, au niveau ministériel, les inspecteurs de la sécurité incendie


dans les bâtiments et les former au cadre juridique de ce nouvel exercice.

Proposition n° 11 : Valider au niveau national les méthodes d’analyse opérationnelle de risques


à produire, en appui de l’analyse réglementaire, pour que l’avis de l’inspecteur soit motivé en
droit et en faits, en qualifiant le danger pour le public.

Proposition n° 12 : Adapter les organigrammes à l’approche processus « prévention et


évaluation des risques » pour rendre un meilleur service à nos usagers, accroître la
transparence de l’établissement et redonner du sens à nos actions.

Proposition n° 13 : Impliquer les acteurs de terrain des CIS pour intégrer des fiches d’identité
des bâtiments à la base d’alerte.

32
Proposition n° 14 : Engager sur intervention des actions d’inspection de la sécurité incendie
et des investigations de recherche des causes et circonstances d’incendie, sécurisées par des
conventions tripartites SIS-Préfet-Procureur de la République.

Proposition n° 15 : Maintenir les inspecteurs de la sécurité incendie dans les bâtiments dans
les SIS, hors corps d’inspection étatique, pour donner sens à la mission de préparation
opérationnelle.

Proposition n° 16 : Former les sapeurs-pompiers des CIS à la PAO, à la PTI et certains au


PRV1 (agrémenté d’un complément sur les bâtiments à usage professionnel et d’habitation)
dans un esprit de GPEECC et de performance opérationnelle, concourant à la bonne marche
de l’inspection SIB.

Proposition n° 17 : Généraliser la formation RCCI aux inspecteurs SIB et compléter le cursus


de formation de base du futur inspecteur SIB de connaissances bâtimentaires et structurelles,
de la phénoménologie du feu, d’urbanisme, de l’environnement juridique de l’assermentation,
et de méthodes d’analyse des risques validées au niveau national.

Proposition n° 18 : Développer le module existant relatif à l’approche performantielle de


l’Ingénierie de Sécurité Incendie, pour dépasser le niveau d’information, en vue de pouvoir
appréhender les études présentées.

Proposition n° 19 : Assurer la compétence et la pérennité du SIS en instituant la chaîne


d’inspection et en organisant le tutorat des inspecteurs SIB « juniors » par des inspecteurs SIB
« séniors ».

Proposition n° 20 : Investir sur la compétence "prévention et évaluation des risques" du SIS,


en organisant une GPEECC de stabilité et d’expertise sur les emplois d’inspecteurs, notamment
en affichant une durée dans le poste de 7 à 10 ans, avec un parcours qualifiant emprunté à
l’entreprise privée : junior, sénior, manager, chef.

Proposition n° 21 : Fondre les actuelles réglementations de sécurité incendie en un seul code


de la sécurité incendie dans les bâtiments, sous l’égide historique du Ministère de l’Intérieur.

33
GLOSSAIRE
ANDSIS : association nationale des directeurs et directeurs adjoints des services d’incendie et
de secours

BPRI : Bureau de la prévention et de la réglementation incendie

CCDPC : Commission consultative départementale de la protection civile

CCDPCSA : Commission consultative départementale de la protection civile, de la sécurité et


de l’accessibilité

CCDSA : Commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité

CCH : Code de la construction et de l’habitation

CEREMA : Centre d’étude et d’expertise sur les risques, l’environnement et l’aménagement

CIS : Centre d’incendie et de secours

CGCT : Code général des collectivités territoriales

CNFPT : Centre national de la fonction publique territoriale

CRC : Contrôle du respect de règles de la construction

CT : Contrôle technique

CTS : Chapiteaux tentes et structures

CU : Certificat d’urbanisme

CU : Code de l’urbanisme

DDSIS : Directeur départemental des services d’incendie et de secours

DDE : Direction départementale de l’équipement

DDPP : Direction départementale de la protection des populations

DDTM : Direction départementale des territoires et de la mer

DECI : Défense extérieure contre l’incendie

DGSCGC : Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises

DGFIP : Direction générale des finances publiques

DIRECCTE : Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du


travail et de l’emploi

DREAL : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement

DSIS : Directeur du service d’incendie et de secours (SDIS, BSPP, BMPM, SDMIS)

ELAN : Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique

ENSOSP : Ecole nationale supérieure des officiers de sapeur-pompier

ERP : Etablissement recevant du public

34
ESSOC : Etat au service d’une société de confiance

FMA : Formation de maintien des acquis

FNSPF : Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France

GPEECC : Gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois, des capacités et des compétences

ICPE : Installation classée pour la protection de l’environnement

IGA : Inspection générale de l’administration

IGAS : Inspection générale des affaires sociales

IGF : Inspection générale des finances

IGH : immeuble de grande hauteur

IGSC : Inspection générale de la sécurité civile

INRS : Institut national de recherche et de sécurité

ISI : Ingénierie de sécurité incendie

MARIP : Méthode d’analyse des risques d’incendie et de panique de prévention

MINT : Ministère de l’intérieur

OFB : Office français de la biodiversité

ORC : Organismes reconnus compétents

PAO : Prévention appliquée à l’opération

PRS : Prévision

PRV : Prévention

PRV 1 : formation sapeur-pompier de prévention de 1er niveau d’agent de prévention

PRV2 : formation sapeur-pompier de prévention de 2ème niveau de préventionniste

PRV3 : formation sapeur-pompier de 3ème niveau de responsable départemental de la


prévention

PTI : Protection, traces et indices

PV : Procès-verbal

RCCI : Recherche des causes et des circonstances d’incendie

RI : Règlement intérieur

RO : Règlement opérationnel

SDACR : Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques

SEE : Solution d’effet équivalent

SIB : Sécurité incendie dans les bâtiments

35
SSI : Système de sécurité incendie

SIACEDPC : Service interministériel des affaires civiles et économiques de défense et de


protection civile

SDIS : Service départemental d’incendie et de secours

SIS : Service d’incendie et de secours

SNCF : société nationale des chemins de fer français

SSI : Système de sécurité incendie

SSIAP : Service de sécurité incendie et d’assistance à personne

USA : United States of America

36
TABLE DES RESSOURCES
Personnes ressources :

M. Olivier AUGIER, Inspecteur de l’environnement, du Service Départemental de l’Office


Français de la Biodiversité des Côtes d’Armor,

M. Luc BALLENGHIEN, Inspecteur ICPE, Unité départementale Nord (Littoral) DREAL HAUTS-
DE-FRANCE,

M. le Lieutenant-Colonel Pascal BERGOT, chef de groupement prévention du SDIS 35,

Mme Justine BOSSUT, Unité de contrôle et contentieux pénal de l’urbanisme, Ville de LILLE,

M. Pascal CHESNAUD, chef du Service Interministériel des Affaires Civiles et Economiques de


Défense et de Protection Civiles Préfecture des Côtes d’Armor,

Madame Annie FARIN, Secrétaire générale Sous-Préfecture de Bernay de l’Eure,

M. le Lieutenant-Colonel Jean-Luc FALC’HUN, chef de groupement prévention et évaluation


des risques du SDIS 29,

M. Philippe GERMES, Chef du Groupement des affaires juridiques et instances du SDIS 59,

M. Julien GILBERT, Inspecteur du travail, Unité de contrôle de Lille Ville, DIRECCTE HAUTS-
DE-FRANCE,

M. le Major Julien GILLET, Directeur opérationnel, Zone de Secours de Wallonie Picardie,


Belgique

M. le Capitaine Laurent MASSARD, chef de service prévention centre, Corps Grand-Ducal


Luxembourg

M. le Capitaine Antoine NAWROCKI, chef du service soutien de la prévention du SDIS 59,

M. le Lieutenant-colonel Pierre PREVOST, chef de Groupement Prévention du SDIS 59,

M. l’adjudant Stéphane REY, service d’incendie et de secours - département de la sécurité et


des sports, ville de Genève Suisse.

Ressources documentaires :

Réglementation, rapport, ouvrage :

"Code de la sécurité et de la prévention des risques d'incendie, d'explosion et de panique dans


les bâtiments", République Tunisienne, 2010 http://www.droit-
afrique.com/upload/doc/tunisie/Tunisie-Code-2010-securite-dans-les-batiments.pdf

" Code National de Prévention des Incendies – Canada 2010”, Commission canadienne des
codes du bâtiment et de prévention des incendies avec le Conseil national de recherches du
Canada, 2010, https://publications-cnrc.canada.ca/fra/voir/td/?id=9b7c5020-8edc-4901-
ade3-0b4f8e2c495c&dp=3&dsl=fr

“ Rapport sur la prévention du risque incendie dans les établissements recevant du public et
les immeubles de grande hauteur”, rapport d’évaluation IGA – IGAS, juin 2014,
https://www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/2012-172R.pdf

37
" Droit appliqué aux services d’incendie et de secours", Marc GENOVESE, France Sélection

Mémoires et thèse :

“Analyse de risques dans le domaine de la prévention”,


Mémoire de responsable départemental de la prévention, Cdt Frédéric BRINGOUT, Cne Jean-
Pierre BOURNONVILLE, Cne Myriam DARDART, Cne Nicolas VENAILLE, ENSOSP 2009
http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=8048

“Approche de l’évaluation de la performance et de la valorisation des mesures de prévention


incendie”,
Mémoire de responsable départemental de la prévention, Cdt David GIRET, Cdt
Pierre PREVOST, Cne Yoann RAVARD, ENSOSP 2015,
http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=18188

" Approche vers de nouvelles modalités d’expertise et de concertation"


Mémoire de responsable départemental de la prévention, Cdt Didier GONDE, Cdt Patrice
SCHIAPPARELLI, Cne Philippe MENAGER, ENSOSP 2017,
http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=18208

"Comment intégrer l’ingénierie globale de la sécurité incendie dans notre réglementation”,


Mémoire de responsable départemental de la prévention, Cdt Mathieu MALFAIT, Cne Kamel
BENOUADAH, Cne Stéphane SIMONET, Cne Aurélien SABOURDY, ENSOSP 2015 « ,
http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=8312

“L’analyse des risques appliquée à la prévention incendie en ERP”,


Mémoire de responsable départemental de la prévention, Lcl Gérard GAULTIER, Lcl François
LAUMANN, Cne Muriel DELOUCHE-MEYER, ENSOSP 2015,
http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=8314

“La formation des membres des commissions de sécurité”,


Mémoire de responsable départemental de la prévention, Cdt Pascal BERGOT, Cdt Pascal
PREVOST, Cne David DIJOUX, Cne Fabien LECUIROT, ENSOSP 2010,
http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=8049

“La prévention contre l’incendie: faut-il changer de modèle ? ”,


Mémoire de responsable départemental de la prévention, Cdt Didier VALMY-DHERBOIS, Cdt
Alain LIBER, Cne Benjamin BAROT, Cne Didier LERAY, M. Jean-Michel COURTAY, ENSOSP
2012, http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=18094

“Le droit relative à la prévention des risques d’incendie et de panique dans les établissements
recevant du public en France”
Thèse de doctorat d’Anne-Claire FELICIANGELI, Université Côte d’Azur, 2017,
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01737509/file/2017AZUR0028.pdf

“L’évolution réglementaire des commissions de sécurité au gré des grands sinistres”,


Mémoire de responsable départemental de la prévention, Véronique BLONDEL, Laurent
JAFRATE, Jean-Marc LERAY, Frédéric ZUNLOWSKI, ENSOSP 2008,
http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=8038

“Retour d’expérience et PAO: enjeux et convergences”,


Mémoire de responsable départemental de la prévention, Lcl Jean-Louis BAILLY, Cdt Bernard
GODDE, Cne Anne-Sophie LEJEUNE, Cne Fabien MULLER, ENSOSP 2013,
http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=8115
38
“ Vers l’émergence d’un contrôle simplifié”,
Mémoire de responsable départemental de la prévention, Cdt Catherine PARERA, Cne
Christophe MIRABLON, Cne Azizi OUATTARA, Ltn Magali VATAIRE, ENSOSP 2017,
http://crd.ensosp.fr/doc_num.php?explnum_id=18207

Documents :

" Aide-mémoire juridique Prévention des incendies sur les lieux de travail ", INRS 2018
http://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TJ%2020

" Bilan des campagnes de contrôle des règles de la construction dans le Nord-Pas-de-Calais
entre 2012 et 2014" , DREAL HAUTS-DE-FRANCE, https://www.hauts-de-
france.developpement-durable.gouv.fr/?Controle-du-respect-des-regles-de-la-construction-
15966

" Construisons ensemble nos territoires " CEREMA, Plaquette de présentation de


l’établissement https://www.cerema.fr/fr/presse/document/construisons-ensemble-avenir-
nos-territoires

" Evaluation de la réglementation sécurité incendie en habitation", Rapport de Mission, CSTB,


https://www.cstb.fr/assets/documents/rapport-mission-securite-incendie.pdf

"Instruction DGT no 11 du 12 septembre 2012 sur les procès-verbaux de l'inspection du travail"


https://travail-
emploi.gouv.fr/publications/picts/bo/30102012/TRE_20120010_0110_0007.pdf

"Instruction du Gouvernement du 31 décembre 2019 relative aux actions nationales de


l'inspection des installations classées pour l'année 2020", Ministère de la transition écologique
et solidaire, Direction générale de la prévention des risques,
https://www.legifrance.gouv.fr/circulaire/id/44901

"La prise en compte du risque dans la décision publique -Pour une action publique plus
audacieuse", Conseil d'Etat, Étude adoptée par l’assemblée générale plénière le 26 avril 2018
https://www.conseil-etat.fr/ressources/etudes-publications/rapports-etudes/etudes/la-prise-
en-compte-du-risque-dans-la-decision-publique

" Le contrôle des installations classées : une relation négociée entre le « contrôleur » et le
« contrôlé » ? " Valérie SANSEVERINO-GODFRIN, HAL archives-ouvertes https://hal-mines-
paristech.archives-ouvertes.fr/hal-01243049

" Prévenir le risque d’incendie dans les habitations collectives ", SDIS 29, Guide pour la
population, https://www.calameo.com/read/0020603748e653e55dc0f

"Rapport d'information de MM. François CALVET et Marc DAUNIS", fait au nom de la


délégation aux collectivités territoriales n° 720 tome I (2015-2016) - Sénat, 23 juin 2016,
https://www.senat.fr/notice-rapport/2015/r15-720-1-notice.html

Articles :

Mission "Logements collectifs : pour une prévention ambitieuse", Magazine de la FNSPF n°1135

39
TABLE DES ANNEXES

Annexe 1 : Question à l’Assemblée Nationale n° 4278 du 26/12/2017. Réponse publiée au


JO le : 31/07/2018 page : 6921 ……………………………………………………………p 41

Annexe 2 : Recodification du livre Ier du CCH (Ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier


2020)…………………………………………………………………………………………………p 42

Annexe 3 : Statistiques des services d’incendie et de secours (extraits) – Edition 2020 -


DGSCGC - Ministère de l’intérieur………………………………………………………… p 44

Annexe 4 : Bilan des campagnes de contrôles entre 2012 et 2014 (DREAL Nord Pas-de-
Calais) ……………………………………………………………………………………………… p 47

Annexe 5 : Questionnaire transmis par le BPRI aux SIS et SIACEDPC en mars 2020……p 63

Annexe 6 : Jurisprudence Cour administrative d'appel de Bordeaux, 1e chambre, du 18


mars 1999, 96BX01138 96BX01377, inédit au recueil Lebon ……………………p 67

Annexe 7 : Exemple de rapport d’inspection ICPE de l’Unité Départementale des Côtes


d’Armor de la DREAL ……………………………………………………………………………p 70

40
Annexe 1 : Question à l’Assemblée Nationale n° 4278 du 26/12/ Réponse publiée au JO le :
31/07/2018 page : 6921 http://www2.assemblee-nationale.fr/questions/detail/15/QE/4278

41
Annexe 2 : Recodification du livre Ier du CCH (Ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier 2020)

CODE DE LA CONSTRUCTION ET DE L’HABITATION


Livre I : Construction, entretien et rénovation des bâtiments

Titre I : Règles générales applicables à la construction et la rénovation de


bâtiments
Chapitre I : Définitions
er

Chapitre II : Principes généraux de respect des règles de construction


Section 1 - Objectifs généraux
Section 2 - Modalités de justification du respect des objectifs généraux
Section 3 - Dispositions applicables aux solutions d'effet équivalent
Section 4 - Dérogations aux règles de construction
Chapitre III : Autres règles applicables aux bâtiments
Section 3 - Stationnement des véhicules électriques
Section 4 - Infrastructures de stationnement des vélos

Titre II : Encadrement de la conception, de la réalisation, de l'exploitation et des


mutations des bâtiments
Chapitre I : Structures de conseil et de recherche pour le secteur de la
er

construction
Section 1 - Organismes publics
Section 2 - Conseil supérieur de la construction et de l'efficacité énergétique
Chapitre II : Procédures administratives
Section 2 - Déclarations et autorisations (Articles L. 122-2 à L. 122-6)
L. 122-3 Les autorisations nécessaires à la construction, à la rénovation et à la démolition de bâtiments sont
mentionnées au chapitre Ier du titre II du livre IV du code de l'urbanisme.
Section 3 - Attestations
Chapitre V : Contrôle technique
Chapitre VI : Exploitation des bâtiments
Section 2 - Entretien des équipements
Section 6 - Pouvoirs de l'autorité administrative

Titre III : Règles générales de sécurité

Chapitre IV : Sécurité d'usage des bâtiments


Section 1 - Sécurité des ascenseurs
Section 2 - Sécurité des installations électriques
Section 3 - Sécurité des installations de gaz
Section 4 - Sécurité des piscines
Section 5 - Sécurité des portes de garage
Section 6 - Prévention des risques de chute de hauteur
Section 7 - Prévention des risques professionnels

42
Titre IV : Sécurité des personnes contre les risques d'incendie
Chapitre I : Objectifs généraux de sécurité contre les risques d'incendie (Articles
er

L. 141-1 à L. 141-4)
Chapitre II : Bâtiments d'habitation (Articles L. 142-1 à L. 142-4)
L.142-4 - Un décret en Conseil d'Etat définit les modalités d'application du présent chapitre. Il précise notamment
les personnes auxquelles incombent les obligations d'installation et d'entretien du dispositif de détection de fumée,
les caractéristiques techniques de celui-ci et les conditions de son installation, de son entretien et de son
fonctionnement.
Chapitre III : Établissements recevant du public (Articles L. 143-1 à L. 143-3)
L. 143-1 - Les travaux qui conduisent à la création, à l'aménagement, ou à la modification d'un établissement
recevant du public sont soumis aux dispositions de l'article L. 122-3.
Chapitre IV : Bâtiments à usage professionnel (pas d’article L.)
Chapitre V : Immeubles de moyenne hauteur (Article L. 145-1)
Les travaux qui conduisent à la création, à l'aménagement, à la modification ou au changement de destination d'un
immeuble de moyenne hauteur ne peuvent être exécutés qu'après autorisation de l'autorité chargée de la police
de la sécurité, qui vérifie leur conformité aux règles prévues par l'article L. 141-2.
Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa
délivrance a fait l'objet d'un accord de l'autorité chargée de la police de la sécurité.
Lorsque ces travaux n'ont pas d'incidence sur le niveau de sécurité contre l'incendie de l'immeuble, l'autorisation
n'est pas exigée.
Chapitre VI : Immeubles de grande hauteur (Article L. 146-1)
Les travaux qui conduisent à la création, à l'aménagement, à la modification ou au changement de destination d'un
immeuble de grande hauteur ne peuvent être exécutés qu'après autorisation de l'autorité chargée de la police de
la sécurité, qui vérifie leur conformité aux règles prévues par l'article L. 141-2.
Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa
délivrance a fait l'objet d'un accord de l'autorité chargée de la police de la sécurité.
Lorsque ces travaux n'ont pas d'incidence sur le niveau de sécurité contre l'incendie de l'immeuble, l'autorisation
n'est pas exigée.

Titre VI : Accessibilité

Titre VIII : Contrôle et sanctions


Chapitre I : Droit de visite des bâtiments et de communication des documents
er

Section 1 : Dispositions générales (Articles L. 181-1 à L. 181-2)


L.181-1 - Le préfet et l'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3 du code de l'urbanisme ou
leurs délégués, ainsi que les fonctionnaires et agents commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé
de la construction suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés, peuvent visiter les constructions en cours ou
achevées afin de vérifier que ces dispositions sont respectées et se faire communiquer tous documents techniques
se rapportant à la réalisation des bâtiments.
Ce droit de visite et de communication s'exerce jusqu'à six ans après l'achèvement des travaux.
Le droit de visite s'exerce entre 6 heures et 21 heures. Toutefois il s'exerce, en dehors de ces heures, lorsque les
lieux sont ouverts au public.
Section 2 : Dispositions particulières aux domiciles et locaux à usage d'habitation
Chapitre II : Procédure de mise en œuvre des solutions d'effet équivalent
Chapitre III : Dispositions applicables à toutes les catégories de bâtiments
Chapitre IV : Règles de sécurité
Section 1 - Modalités de contrôle (Articles L. 184-1 à L. 184-3)
Section 2 : Sanctions applicables (Articles L. 184-4 à L. 184-9)
Chapitre VI : Sécurité des ascenseurs

Titre IX : Dispositions particulières à l'Outre-mer

43
Annexe 3 : Statistiques des services d’incendie et de secours (extraits) – Edition 2020 -
DGSCGC - Ministère de l’intérieur

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Annexe 4 : Bilan des campagnes de contrôles entre 2012 et 2014 (DREAL Nord Pas-de-Calais)

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Annexe 5 : Questionnaire transmis par le BPRI aux SIS et SIACEDPC en mars 2020

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Annexe 6 : Jurisprudence Cour administrative d'appel de Bordeaux, 1e chambre, du 18 mars
1999, 96BX01138 96BX01377, inédit au recueil Lebon

Cour administrative d'appel de Bordeaux - 1E CHAMBRE


N° 96BX01138 96BX01377
Inédit au recueil Lebon
Lecture du jeudi 18 mars 1999
Rapporteur
A. BEC
Rapporteur public
J-F. DESRAME
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu 1 ) la requête, enregistrée au greffe de la cour le 13 juin 1996, présentée par la SOCIETE


EN NOM COLLECTIF DOCKS DE FRANCE OUEST, domiciliée ... (Indre-et-Loire) qui demande
à la cour :

- d'annuler le jugement en date du 28 décembre 1995 par lequel le tribunal administratif de


Bordeaux a annulé le permis de construire délivré par le maire de Bordeaux le 18 février
1993 pour l'agrandissement d'une surface commerciale ;

- de rejeter la demande ;

Vu 2 ) la requête enregistrée au greffe de la cour le 8 juillet 1996, présentée par la


COMMUNE de BORDEAUX ; la COMMUNE de BORDEAUX demande à la cour :

- d'annuler le jugement en date du 28 décembre 1995 par lequel le tribunal administratif de


Bordeaux a annulé le permis de construire délivré par le maire de Bordeaux le 18 février
1993 pour l'agrandissement d'une surface commerciale ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de l'urbanisme ;

Vu le code de la construction et de l'habitation ;

Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;

Vu la loi n 87-1127 du 31 décembre 1987 ;

Vu l'arrêté du 25 juin 1980 modifié ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 18 février 1999 :

- le rapport de A. BEC, rapporteur ;

- les observations de Maître RUFFIE, avocat de la S.N.C. DOCKS DE FRANCE OUEST ;

- les observations de Maître CAMBRAY-DEGLANE, avocat de la COMMUNE de BORDEAUX ;

- les observations de M. LOPEZ, président de l'association Caudéran et autres ;

- les observations de M. X... ;

- et les conclusions de J-F. DESRAME, commissaire du gouvernement ;


67
Considérant que les requêtes de la S.N.C. DOCKS DE FRANCE OUEST et de la COMMUNE de
BORDEAUX sont dirigées contre le même jugement et ont trait à la même décision ; qu'il y a
lieu de les joindre pour y être statué par un même arrêt ;

Considérant qu'aux termes de l'article R.421-53 du code de l'urbanisme : "Conformément à


l'article R.123-22 du code de la construction et de l'habitation, le respect de la
réglementation relative à la protection contre les risques d'incendie et de panique dans les
établissements recevant du public est assuré par le permis de construire, dans tous les cas
où les travaux à exécuter entrent dans le champ des prévisions de l'article L.421-1." ; que
l'article R.123-7 du code de la construction et de l'habitation dispose : "Les sorties et les
dégagements intérieurs qui y conduisent doivent être aménagés et répartis de telle façon
qu'ils permettent l'évacuation rapide et sûre des personnes. Leur nombre et leur largeur
doivent être proportionnés au nombre de personnes appelées à les utiliser. Tout
établissement doit disposer de deux sorties au moins." ; qu'aux termes des dispositions des
articles CO35 et CO38 de l'arrêté du 25 juin 1980, un établissement de commerce de détail
dont l'effectif autorisé se situe entre 500 et 1 000 personnes, doit disposer de trois
dégagements de sécurité principaux, permettant une évacuation rapide et sûre de
l'établissement ; qu'il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'eu égard à son
importance, l'établissement exploité ... par la S.N.C. DOCKS DE FRANCE OUEST sous
l'enseigne "ATAC", est légalement tenu de disposer de trois issues de secours débouchant
chacune sur un espace maintenu dégagé en toute circonstance ; que, par le permis de
construire attaqué, portant sur l'extension de ce commerce, le maire de Bordeaux a autorisé
la création d'une allée de livraison en impasse, sur laquelle s'ouvre l'une des issues de
secours prescrites ; qu'eu égard à l'étroitesse de cette voie, large d'environ 5 mètres, son
occupation par un poids lourd ne ménage pas un espace libre suffisant pour assurer
simultanément le service de cette issue de secours dans des conditions de sécurité
compatibles avec les nécessités de l'évacuation du public par l'issue en question ; qu'ainsi,
en autorisant des aménagements qui ne permettent pas de regarder l'établissement comme
disposant en permanence des trois issues de secours effectivement utilisables requises en
application de l'article R.123-7 du code de la construction et de l'habitation précité, le permis
de construire attaqué a fait une inexacte application dudit article ; que l'avis favorable donné
par la commission de sécurité à ces aménagements, assorti de restrictions relatives à leur
utilisation dans le temps, est sans influence sur cette illégalité, dès lors que les prescriptions
dont il est assorti n'ont pas pour effet de rendre la disposition des lieux conforme aux
exigences de l'article R.123-7 précité ; que, par suite, le moyen tiré des engagements pris
par l'exploitant et relatifs à l'utilisation de cette allée, est inopérant ; que la commission de
sécurité, qui n'émet qu'un avis qui ne lie pas l'autorité qui délivre le permis de
construire, ne saurait être regardée comme ayant donné de l'article R.123-7 une
interprétation qui serait opposable aux tiers ;

Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la S.N.C. DOCKS DE FRANCE OUEST et
la COMMUNE de BORDEAUX ne sont pas fondées à soutenir que c'est à tort que par le
jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leur demande ;

Sur les conclusions tendant à l'allocation des sommes non comprises dans les dépens :

Considérant qu'aux termes de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des
cours administratives d'appel : "Dans toutes les instances devant les tribunaux administratifs
et les cours administratives d'appel, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à
défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais
exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation
économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des
mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation." ;

68
Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions
précitées, de condamner la S.N.C. DOCKS DE FRANCE OUEST et la COMMUNE de
BORDEAUX à payer chacune 10 000 F à l'association Caudéran ;
Article 1er : Les requêtes de la S.N.C. DOCKS DE FRANCE OUEST et de la COMMUNE de
BORDEAUX sont rejetées.
Article 2 : La S.N.C. DOCKS DE FRANCE OUEST et la COMMUNE de BORDEAUX verseront
chacune une somme de 10 000 F à l'association Caudéran au titre de l'article L.8-1 du code
des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel.

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Annexe 7 : Exemple de rapport d’inspection ICPE de l’Unité Départementale des Côtes
d’Armor de la DREAL

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