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Initiation à la Pédologie Camerounaise

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Initiation à la Pédologie Camerounaise

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OFFICE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE OUTRE· MER

Il
REPUBLIOUE UNIE
DU CAMEROUN

INITIATION A LA PEDOLOGIE
ET AUX SOLS CAMEROUNAIS

F. X. HUMBEL
INITIATION A LA PEDOLOGIE
ET AUX SOLS CAMEROUNAIS

par F.X. HUMBEL


pédologue de l'O.R.S.T.O.M.

Ce cours a été donné en 1971 et 1972 aux étudiants du


département de Géographie de l'Université de Yaoundé

P l~H:

CENTRE ORSTOM DE YAOUNDE


SECTION DE PEDOLOGIE
Octobre 1972
RESUME

Le sol est formé d'un mélange de minéraux cristallisés ou amorphes,


de matière organique, d'eau, de gaz et de vie. L'énergie reçue du soleil
en fait un milieu dynamique et évolutif dont l'orgànisation est origina-
le : le sol diffère ainsi de plus en plus de la roche-mère à la place
de laquelle il s'est formé. Il contient des minéraux hérités qui forment
l'essentiel de son squelette et des minéraux "néoformés" dont les plus
importants sont des argiles, des hydroxydes et des carbonates.

Les argiles se lient à l'humus pour former le complexe absorbant.


Celui-ci fixe des cations qu'il échange avec les solutions du sol. Les
racines des végétaux viennent puiser leurs éléments nutritifs dans ces
solutions.

La description d'un "profil" de sol effectuée sur le terrain "ho-


rizon par horizon" est complétée par l'étude micromorphologique de lames
minces et par des analyses chimiques et minéralogiques au laboratoire.
En fait le sol forme à la surface des terres un véritable continuum
dont les caractères et les organisations peuvent être topographiquement
ordonnés. C'est pourquoi le sol doit être décrit à la fois dans ses varia-
tions verticales et latérales et dans ses relations avec le modelé. Le
"paysage pédologique" est ainsi le cadre normal de l'étude de ses
caractères et de sa dynamique.

Les variations saisonnières d'humidité modifient l'aération du sol


ainsi que sa "structure" et sa porosité en y provoquant des phénomènes
de gonflement et de retrait des argiles. En s'infiltrant ou en s'évapo-
rant cette eau déplace ou concentre des substances qu'elle a pu mettre
en solution ou en suspension. Une différenciation verticale et latérale
apparaît ainsi par éluviation - illuviation, faisant succéder aux ho-
rizons "lessivés" des horizons d'accumulation.

Mais l'histoire du sol complique beaucoup les organisations résul-


tantes en y inscrivant des caractères dus aux variations des facteurs
externes et des caractères dus à son auto-développement. Les sols
Camerounais, notamment ceux du nord du pays qui sont les mieux connus,
illustrent bien cette complexité.
ABSTRACT

The soil is formed of a mixture of crystallized or amorphous


mineraIs, organic matter, water, gas ~nd bio-organisms. The energy
received from the sum makes this a d~namic and evolutive milieu with
an original organization : the soil thus increasingly differs from the
parent-rock in the place of which it was formed. It contains inherited
mineraIs which form the main part of its skeleton and "neoformed"
mineraIs the' most important of which are clays, hydroxides and carbona-
tes .,

The clays combine with humus to form an absorbent complexe The


latter fixes cations which it exchanges with soil solutions. The roots
of plants draw their nutritive elements from these solutions.

The description of a soil "profile" made on the ground, "horizon


by horizon", is completed by a micromorphological study of slides and
by mineralogical and chemical analyses in the laboratory. As a matter
of fact, the soil forms on the surface of the land a veritable continuum
the characteristics and organization of which can be topographically
arranged. This is why the soil should be described both in respect of
its vertical and lateral variations and its relations with the relief.
The "pedological landscape" is in this way the normal framework for the
study of its characteristics and dynamics.

The seasonal variations in humidity modify the aeration of the


soil as weIl as its "structure" and its porosity by provoking swelling
phenomena and the shrinkage of clays. By infiltrating or evaporating
this water removes or concentrates the substances it was able to put
into solution or suspension. A vertical and lateral differentiation
thus appears by eluviation-illuviation, causing accumulation horizons
to replace "leached" horizons.

But the soil history considerably complicates the resulting or-


ganizations by giving them characteristics due to variations in the
external factors and characteristics due to self-development.
Cameroonian soils, especially those of the North of the country which
are the best known, give a good illustration of this complexity.
PRESENTATION

.\
\
\
\
\
\
\
\ Gaz le sol:
\
\
\
\
_'anse de ces
\
\
res VivantS . quatre constiiuents
,
\
\

1
Eau
1
1 Matière solide .
1
,,1

Considérons une planète (notre terre) formée de roches et d'eau


(lithosphère et hydrosphère) où des végétaux et des animaux croissent et
se multiplient (biosphère), qui est entourée de gaz (atmosphère) et qui
reç~it 'de l'énergie par le rayonnement d'un astre voisin, le soleil. Que
s'y passe-t-il ; une partie de IJénergie rayonnée par le soleil va attein-
dre la surface de contact ent~e l'atmosphère et la lithosphère et y pro-
voquer des réactions physico-chimiques et biolog~ques qui vont transformer
et mélanger les constituants de ces quatre milieux, lithosphère, hydros-
phère, biosphère et atmosphère pour former à la surface des continents un
milieu particulier appelé sol.

Ce milieu est original parce qu'il ne résulte pas d'un simple mé-
. lange de minéraux de la lithosphère, d'eau de l'hydrosphère, de gaz de
l'atmosphère et d'animaux de la biosphère. Il contient en effet non seule-
ment des minéraux résistants empruntés à la roche mais aussi des minéraux
nouveaux synthétisés à partir des produits de démolition des minéraux al-
térables de celle-ci. Son eau contient en solution des ions dont les con-
centrations ne sont pas les mêmes que dans la mer et les rivières, ses gaz
n'ont pas la même composition que l'air, enfin les animaux ont dû pour s'y
adapter se 'différencier en espèces particulières.
De plus comme l'énergie soiaire ne cesse pas de
bombarder de ses rayonnements .la .surface du sol, celui-ci
est en perpétuelle transfo~matlon, ses. constituants ne sont
jamais en repos, c'est un milieu dynamique. Et c'est ce milieu
formé de matière solide~i~@u~az et de vie, agité et modifié
par l'énergie qu'il reçoit que nous allons étudier.

Historique.
". Au lieu de se demander comment les hommes en sont
arrivés 'à s'intéresser au sol et à faire de son étude une
discipline scientifique la pédologie, on devrait plûtôt se
demander pourquoi la science du sol s'est développée si tardi-
vement: C'est en 1877 qu'une société savante russe a demandé
au géologue DOKOUCHAEV d'étudier les effets d'une sécheresse
catastrophique en Ukraine ce qui amena celui-ci à étudier les
sols de steppe (chernozem) et, quelques années plus tard, le
gouverneur de la région de Gorki à l'Est de Moscou lui demanda
d'établir une carte des qualités des terrains de cette région
(podzols) afin de répartir équitablement les impôts fonciers.
Ceci permit à Dokouchaev de comparer des sols de reg~ons
fort différentes. La pédologie était née et elle n'a cessé de
se développer ensuite.
Il n'a pas fallu bien sûr attendre la deuxième moi-
tié du 19è siècle pour que les hommes s'intéressent au sol
sur lequel ils marchent, avec lequel ils construisent leurs
habitations et auquel ils confient les cultures qui les
nourrissent : la bible nous rapporte une discussion perti-
nente et documentée entre un père et sa fille au sujet des
terrains qui constituent sa dot. Les romains avaient remarqué
qu'une substance noire, l'humus conférait au sol sa fertilité.
La première usine d'engrais fut construite en Europe en 1842
et neuf ans plus tard un premier laboratoire agronomique fut
créé en France à Nantes ~our vérifier la qualité de ces engrais
et analyser les terres.
lVIais, vous le voyez, oette soienoe du sol est restée longtemps dominée
par le souoi d'améliorer les rendements agriooles : oe n'est que vers 1930
en Franoe, 1937 en Afrique du Nord et 1945 en Afriqu~ interlropioale que le
sol oommenoe à 3tre étudié en tant qu'objet de reoherohe fondamentale.

Si le déVeloppement. de la.pédologi~ en tant que disoipline soientifique


indépendante a été sitardïf o'est que :
1) on n'a pas oompris tout de suite que o'est un milieu original, diffé-
rent par exemple des formations superficielles quaternaires aveo lesquelles
on l'a 10ngteIDps oonfondu.

2) la compréhension du sol fait appel à des phénomènes tellement variés


et oomplexes, ·pa.r:tic~pant de la: géo19gie, la minéralogie, la physique" la
ohimie, la climatologie, la zoologie, la botanique, la miorobiologie, l'agro-
nomie, les sciences humaines eto vo .. qu'il a fallu attendre le développement
de oes soienoes pour tenter aveo quelques BUOcès l'é:tude du ~ql:.

Ses relations aveo la géologie sont peut 3tre les plus étroites : la
formation du sol',' ou pédogénèse, est en effet un maillon essentiel du crole
géologique sédimentaire. Entre la mise à l'affleurement superfioiel des ro-
ohes et l'entra5:nement de substanoes en solution ou suspension par le réseau
hydrographique, se réalisent dans le 801 des néosynthèsest des conoentrations
et des tris de matières qui' ori'entent' nécessairement les nouvelles sédimentlr
tions marines. L'organisation et la nature des matériaux préparés dans le
sol sont en effet déterminées à la fois par l'héritage géologique, les fac-
teurs externes du milieu et l' auto-êvolution propre de la oouverture pédolo-
gique. La pédologie est ainsi fille de la géologie à qui elle emprunte nom-
bre de ses méthodes ou démarches scientifiques, qu'elle adapte à son objet.

Plan du oours.. Puisque le' sol est un mélange de minéraux, dG solutions, de


gaz et d'~tras vivants il nous faudra d'abord décrire ohacun de ces oonsti-
tuants pris sé~~ément, puis indiquer leur orga.nisatiCl2lL~dans le vo-
lume - sol puis leur ~amique saisonnière et évolutive. Eh sui te on analyse-
ra les facteurs externes et internes qui les font réagir entre eux, évoluer
et ainsi différencier les sols. d'un point à l'autre des P/33sBges oamerounais.
D'où les ohapi tres de oe oours :
Plan du cours
1. LES CONSTITUANTS DU SOL
.
1. mlneraux •••••• ~ ••••••••••••••••••••••••••••••••
~

1
2. organiques .•••••...•.•••.•......••...•....••.••• 10
3~ aqueux ••••••••••••••••••••: a • • • ~ • • • ~ ' 12
4. gazeux ••••••••••••••••••••• _~ ..... ~ .•••.•••••.•••••• 14
5. vivants ••••••••••••••.••••.••••••••.•••••••••••• 15
'. 18
I:!. L'ORGANISATION J;}E CES CONSTITUANTS •••• ~ ••••••••• • • •
1. Les caractères étudiés •••••••••••.• ~ •••••••••••• 20
2. Le profil et sa description ••••••••••••••••••••• 27
3. Les différents humus •••••••••••••••••••••••••••• 34
4. Le complexe absorbant argilo-humique •.••••••••••• 36
5. Les solutions,et les gaz du sol ••••••••••••••••• 39
6. Les racines et les animaux~ . 40
7. L'échelle micromorphologiqueA ••••• ·•••••.• ~ •...••• 4~

III. LA DYNAMIQUE DES SOLS


1. L'eau ..•........ :............................... 45
2. Les matières solides •.•••••••••••••••••••••••••• 49
3. Les gaz 'ou atmosphère du sol ••••••••••,. • • . • • • • • • 50
4. Les plantes et les animaux .••••••••••••••••..••• 51
5. La dynamique évolutive des horizons .• : ••.••••••• 53
IV. LES FACTEURS DE ~IF~~RENCIATION ET D'EVOLUTION
Matériau, climat, temps •.. '. • • • . •• • • • • • • • • • • • • • • •. 59
.Topo@;raphie, biologie............................. 61

V....LA CLASSIFICArION UTILI$EE JIU .CMIIEROUN


1. Son principe' et ses différentes classes......... 63
2. Aperçu sur les autres classificatiçns........... 75
3. Lecture des cartes et rapports pédologiques..... 78

VI. LES DIFFERENTS SOLS pU CAMEFOUN .••.•••.••.••••••••• 83

,. 1. Le dorna~lW\forestier.équatoriaL .••••••••••.•••. 85
2. Les régi'Ons' volcaniques et d'altitude............ 97
3. Les paysages pédologiques ùu Nord-Cameroun •••••• 107
1
CHAPITRE l
PREMIERE PARTIE
LES CONSTITUANTS DU SOL

l.l. LES CONSTITUANTS MINERAUX DU SOL

.Le sol contient des minéraux provenant des roches


qui lui ont donné naissance~ parfois même des morceaux de
[Link] entiers~ et des minérawc nouveaux qui se sont synthé-
tisés dans le sol lui-m~me à partir des maté~iaux de démoli-
tion (ions) de la roche.
Les premiers, appelés minéraux primaires~ sont là
soit parce qu'ils n'ont pas encore eu le temps de disparaî-
tre (sol j~une peu évolué) soi~ par~e qu'ils sont résis-
tants à toute transformation dans le milieu considéré ..
Les seconds se forment parce que le milieu sol
réalise des conditions physico-chimiques très différentes
de celles dans lesquelles les roches se sont construites,.
soit 'au fond des mers, soit dans la profondeur de la couche
terr'estre g:'hautes' pression "et température. Par conséquent'
l'arrangement de leurs atomes entre eux n'est plus stable
et. ceux-ci cherchent une nouvelle structure qui aboutit à la
formation de nouveaux minéraux dits minéraux secondaires,
ou de néoformation.
Les minéraux primaires et secondaires résistants,
qui ne participent pas aux transformations chimiques du sol
constituent ce que l'on appelle le squelette minéral.
Il y a deux points de vue à considérer dans l'étude
de ces [Link] minéraux : leur taille et leur nature ..
La granulométrie
-------~-:
-;:...:=... -::::..
est l'étude de la taille de ces [Link]
et la minéralogie celle de leur nature.
1/ GRANULOMETRIE
On a trouvé commode en pédologie de distinguer les
classes granulométriques suivantes, présentées dans l'ordre
des tailles d é[Link] :
blocs > 20 cm > cailloux > 2 cm > graviers > 2 mm .
2 mm > sables grossiers > 0,2 mm > sables fins > 50 l.I
501..1 > limons grossiers > 20 1..1 > limons fins >2 l.I)..argile
2

Ce découpage n'est pas entièrement arbitraire, les


limites qui séparent ces différentes classes granulométri-
ques correspondent à des solutions de continuité dans les
propriétés physico-chimiques ou la nature minéralogique des
constituants. Pa.r exemple les minéraux de né[Link] qui
ont une structure en feuillets susceptibles de gonfle~ent
se troùvent en majorité dans la fraction argile ; au-dessus
de 50ll les particules ne sont pas facilement emportées par
le vent etc. On dit qu'entre les doigts l'argile colle, le
limon est onctueux, les sables crissent. Cette échelle granu-
lométrique diffère donc quelque peu9~elle des géologues, des
géomorphologues ou des ingénieurs des routes et bâtiments
qui s'intéressent à d'autres propriétés.

La granulométrie ou répartition par taille des


constituants minéraux du sol a une grande influence sur les
propriétés de celui-ci et on appelle texture d'un sol :~­
semble des propriétés physiques gui résultent directement
de la taille de ses constituants. Une texture sableuse per-
met une percolation rapide des solutions du sol, une texture
argileuse retiendra ces solutions au bénéfice des plantes.

On a donc intérêt à connaître les pourcentagesrela-


tifs d'argile~limons, sables et graviers de chaque couche
homogène de sol. Habituellement on exprime d'abord sous le
nom de refus le pourcentage de constituants de taille supé-
rieure à 2 mm (graviers et cailloux) le reste constituant
la terre fine ou terre tamisée à 2 mm. Les pourcentages des
cinq autres classes granulométriques sont exprimés alors
non pa.r raDport au sol total mais par rapport à cette terre
fine. Exemple:refus 50 % puis argile 60 ~ limon fin 10 %
[Link] 5 % sable fin 20 % [Link] 5 %0 Si l'on veut
inclure le refus dans cette comptabilité on multiplie les
cinq pourcentages par (100 - R)!100 et on le précise par
la notation "refus inclus" ce qui donne ici
R 50%, A 30%, LF 5%, LG ? 9% SF 10%, SG 2,5% (refus inclus)
3

A noter que ces pourcentages sont des taux pondé-


~ c'est-à-dire qu'ils expriment la [Link] du poids
unit~ occupée par chaque fraction granulométrique, sans

renseigner donc sur le nombre de grains ou le volume occupé


par chaque fraction. Ici par exemple, ce taux pond~ral de
30 ~ signifie que dans un kilogramme de terre totale il 1 a
300 g d'argile.
Si l'on veut connaître le-volume occupé dans le
sol sec par les particules d'une fraction granulométrique
donnée il faut multiplier le taux pondéral refus inclus
Tp par d/D où d est la densit~ [Link] du sol sec et.D
la densité réelle moyenne des particules de cette fraction.
On obtient ainsi le taux volumique Tv = Tp x d/D.

Exemple: si le sol contient 30 ~ d'argile de densité réelle


2,5 et que la densité apparente du sol sec est 1,25 (c'est-
à-dire qU'1 dm3 de sol pèse 1,25 kg et non 1 kg comme
l'eau) son taux volumique d'argile est 30 x 1 7 25/25 = 15 ~
c'est-à-dire que si cette argile était rassembl~e en un
point du dm3 elle occuperait 15 ~ du volume, soit 150 cm3.
La densité apparente s'obtient en wesurant le poidS P d'un
volume V de sol (prélevé par un cylindre creux à base coupante)
séché à l'étude à 105 0 : d = PlV (poids spécifique). On peut
aussi déterminer le volume d'une cavité quelconque, dont on a
pesé la terre extraite, à l'aide de sable jaugé ou d'eau rete-
tenue par une membrane élastique (densitomètre à membrane).
On peut aussi opérer par poussée d'Archimède sur des mottes
enrobées d'un enduit imperméable.
La densité réelle se mesure au laboratoire sur un échantillon
finement broyé introduit dans un "pycnomètre" de volume connu.
C'est le poids spécifique de la matière solide seule, dégazée.
- La densité réelle est indépendante de l'état d'hydratation
du sol et varie peu (2,6 à 2,8). La densité apparente varie
largement dans le sol (0,5 à 2,2) et selon l'état dYhydrata-
tion de celui-ci. La densité des roches saines est de 2,5 à
2,7 environ.
4

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TAUX PONDERAUX .~AUX VOLUMIQUES
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Renseigner sur la granulométrie dlun sol par six chiffres de pour-


centages clest précis mais indigeste. Aussi a-t-on défini des classes de
texture qui' diffèrent selon les pays ou m'me les pédologue., par exemple:
(pour les terres fines contenant moins de 20 % de limons)
texture sableuse 0
• 0 · à 20 10 dl argile
ft
sablo-argileuse : 20 à 35 % "
Il
argilo-sableuse •• 35 ~ 5O~ Il

ft
argileuse : 50 à 100 ~ ft

(pour les terres fines contenant moins de 20 % de sables)


texture limoneuse
ft
50
liœono-argileuse •• 35
·· à
à
100 10
50%
de limoRs
..
..
argilo-limoneuse • 20 · à 35 10 ft

(pour les terres fines contenant moins de 20 % d largile)


texture limono-sableuse : • 35 à 50 % de limons
ft
sablo-limoneuse : 20 à 35 ~ Il

5 1 il existe des graviers en qUantité importante (plus de 20 %) on llexprime


accolée à la fraction la plue importante ex.: texture sablo-graveleuse.
5

D'termination de la composition granulométrique : Un p'do1ogue exercé et


habitué à une région peut déterminer approximativement la classe texturale
par malaxage de terre mouillée.
Sa détermination précise- peut,'tre faite par deux méthode. 1

'1. méthode internationale par sédimentation: La vite••• 4e sédimen-


tation [Link] l'eau dt une particule est proportionnelle au carré de
son rayon
V KR2 avec K = 34 700 à 20° (loi de STOKES) ..
II:

ex.: une particule de 20~(0.002cm) a une vitesse de ehute de :


V = 34&100 10- 6cm/s = 0.0347 (R • 10- 3cm)
c'est à dire que pour parcourir 10cm elle mettra le temps:
t II:eIV = 10/0,0341 = 282,4 8 • 4' et 42"
une particule de 2~, c'est-à-dire 10 fois plus petite mettra un temps
cent fois plus long c'est-à-dire près de 8 heures.
En prélévant à 10cm au bout de 4'42" toutes les particules
20"
supérieures.'à. seront éliminées et au bout de 8 heures
toutes les particules supérieures ~ ~o Le premier prélè-
vement nous donnera donc (A + Lf) % le second A ~ tout
seul d'où Lf ~ par différence.
Les classes granulométriques plus grossières 60~t
séparées par tamisage et p~sées. .., ...~ _.
Pour effectuer cette analyse granulométrigue il
est nécessaire de décoller les particules les unes des
• c - \ 1

autres (on dit les disperser) ce qui s'obtient d'abord en41iminant k chaud
la matière organique par un tra1te~eat à l'eau oxygénée R202 puis en agi-
tant la terre longuement en présence d'un dispersant énergique tel que
,
l'hexametaphoaphate de soude.
2/~ Méthode den8im~tri9ue : La densité du mélang~ sol-eau varie au
cours de la sédimentation précédente et OA la mesure avec. UA densimàtre qui
s'enfonce plus ou moins selon la compo~ition granulométrique. Cette méthode
a l'avantage de donner les divisions graaulométriques que l'ca désire. Les
pourcentages sont des pourcentages
camulés c'est-à-dire qui représen-
tent tous les éléments inférieurs à
un diamètre donnéo 1
l'
l "
. :..1'
_.• .1
1
1
1
8
1
.. .- ft
ft
6

2/ MINERALOGIE

Les minéraux du sol sont soit cristallisés (structures


moléculaires ordonnées) soit amorphes (structures désordon-
nées). Les [Link] sont les plus abondants mais les seconds
peuvent influencer profondément les propriétés du sol.
1/. Les rt'[Link]éraux primaires : Ce sont ceux de la roche qui
a donné naissance au sol :
- le quartz Si02 constituant a~ec les feldspaths une grande
partie des sables et graviers mais qui se rencontre, finement
divisé jusque dans la fraction argile.
- les feldspaths, alumino-silicates soit potassiques
(orthose, microcline) soit calco-sodiques(plagioclases) dont
le plus sodique est l'[Link] et le plus calcique l'anorthite.
- les alumino-silicates du métamorphisme comme le disthène
abondant à Yaoundé.
- les miné[Link] ferro-magnésiens comme le mica noir, les
pyroxènes, les amphiboles, l'olivine.
- les oxydes et hydroxydes de fer (magnétite, hématite,
goethite) ou de manganèse.
- enfin certains minéraux phylliteux appelés argiles sont
hérités de roches sédimentaires argileuses.
2/. Les minéraux de néoformation :
Il se forme dans le sol, à partir des solutions qui
y circulent,d es minéraux carbonat és, ferro-manganiques etc.
Nfais les rt'[Link]éraux de néoformation les plus importants sont
les min~raux phylliteux appelés argiles, ce qui nous fait
rencontrer une deuxième signification du mot argile. En fait
il en a quatre :
1 granulométrique particule inférieur à 2p
2 minéralogique cristaux microscopiques dont les atomes
sont disposés suivant des plans (feUillets)
2 agronomique sol contenant plus de 50 %d'argile granu-
lométrique
4 géologique : roche sédimentaire contenant plus de
50 % d'argile minéralogique.
7

Lès argiles minéralogiques "sont 'formées'-de- c'O'uëhes' de t"étra-


èdres et de couches cl 'octaèdres, la couche tétraèdriquè étant
formée d'ions silicium réunis entre eux et par l'inter~é-
diaire d'atomes d'oxygène [Link] ensembTe"' urr r~seau hexago-
nal, la couche octaèdrique d'ions aluminium réunis par des
ions 0-- et OH-.
Dans certaines argiles il y -a 'd-'e's subB'ti-tutions'--
d'atomes, 3i4+ peut être remplacé par' A13+ [Link] les couches
tétraèdriques" A13+par y'[ g 2+ dans les couches octa.èdrique~
-ce qui leur confère un caractère électro-nég~tif et par con-
séquent la possibilité de fixer des cations électro-positifs
'comme le Oa++, Mg++, K+, Na+ (capacité d'écha,nge de cations).
- la kaolinite dont le feuillet élémentaire est épais de
7 o comprend ,une couche t étraedrique
A ' ,
sur une couche octaedri-

que (ce qui lui confère un rapport moléculaire 3i02/A12Ü3 de 2)
ne présente pas de substitutions de cations donc pas· de charge
"moins" libres sauf ~ l'extr~mité des feuillets. Sa capacité
d'~chànge est donc très faible (moins de 12 m-é!,-oO g d'[Link]
donc 6 mé pour une terre contenant 50 % d'argile). Un équi-
valent est égal aU poids moléculaire divisé par-la, valence.
Far exemple 39 g pour K+,~0/2 = 20 g pour Ca++. 1 mé de
Oa++/100 g de terre signifie que 100 g de te'rr'e -séchée ~
10-5.0 --con-t-iennent 20 mg de calcium (mé symbole de milli-équiva-
lent). '
- la [Link] est formée de deux couches tétraedri-
ques enserrant une couche octaèdrique ce qui lui donne une
épaisseur de 14 Ji et un rapport molé[Link];r~ _~i02/Al2Û3 de 4
avec des charges négatives sur toutes les [Link] internes et
t .
externes des feuillets ce qui lui confère une capacité d'échan-
ge élevée de 120 mé/100 g d'argile et u~e [Link] gonflante à
l'eau (variation d'épaisseur du feuillet de 10 à 19 ,Î).
- l'illite a une structure analogue mais avec des ions K+
piégés entre les feuillets ce qui, limite leur capacité
dléchange à 40 mé/100 g. L'~paisseur du feuillet est fixee
- 0 . , -0
à 10 A tandis que les vermiculites s'ouvrent jusqu'~ 14 A.
- 8 -

", '"",:, les ç:lttapulgites ,et, sépiolites ont de~ s~ructures non
p:Cùs ,~xactement en feuillets mais en- [Link]-·êtr-oit-s' e't à!lon-
,
ge!3 •. "
. ,- l~s [Link] ,interstratifiées présentent des a:lter~a,nces
qe feuillets de type,s diffé[Link],gonflant..e s (illite-montmoril-
lonite) ou peu gonflantes (illite -ve'r~ic~iite ) '.
Propriétés des argiles : Les argiles .présentent des propriétés
très importantes.: elles peuvent att.i,:r;er les .G./3..ti~ns que:
'transportent les solutions qes sols ~ condition ...:
d~ laisser
échapper une quantité électriquement équivalente. de cations
déjà fixés. C'est leur capacité d'échange des cations. Elles
partagent cette propriété avec les matiè[Link] orpaniques a~-
,-
quelles elles se lient fréquemment et intimement. Elles réunis-
sent par ailleurs les particules du squelett-e-·:a·n:[Link] elTes pour
for~er des agrégats. Enfin elles gonfient à l'humectatipn et
se rétractent à la dessication ce qui provoque une fr~gmen­
t~tion de la masse terreuse.

Etat électrique et comportement: Bien que finement cristal-


lines les argiles présentent comme l'humus des propriétés
colloïdales : leurs mo19cules portent des charges ,électriques
'qui conditionnent leur état en solution et dans le sol :
dans l' état dispersé les molécules portent une cllarge de même
signe et se repoussent mutuellement - dans l' état floculé
leurs charges sont neutralisées ce qui fait que les molécules
s'agglomèrent les unes aux autres pour fo·merun cim~nt qui
soude entre ellES les particules plus grosses (limo'ns et
sables) en' agrégats.
- les sesquiexydes de fer et d'aluminium sont chargés posi-
tivement et se comptrtent en bases faibles: ils se dispersent
en milieu acid e et floculent en milieu alcalin.
- les argiles minéralogiques et les acides humiques sont
chargés négativement et ont des propriétés d' acide's 'faibles
dispersés en milieu alcalin ils ,sont floculés en milieu acide.
. - en réalité pour certain pH appelé point [Link] électrique la
charge change de signe et la tendance à la floculation est
maximum (pH 4 pour la kaolinite).
- Cette charge électrique est plaquée autour de la molécule.
9

Les ions adsorbés forment une couche de charges de


signe oppos~ attirées par les charges de la molé-
culeo Cette seconde couche est lâche, de plus en

- - --
.

plus diffuse en s'éloignant de la molécule. Les


++.-+-
-
+'+
+ - - +
ions qui les portent sont susceptibles d'être rem- + .- +
+ +
placés par d'eut res., on (l i t qu'ils sont échangea-
bles.
-
Méthodes d'~tude des argiles: L'identification des argiles peut se faire
par l'analyse chimigue, l'analyse thermique différentielle, l'[Link]
thermo-pondérale, les spectres de rayons X et le microscope électroniqueo
Il est nécessaire de faire appel simultanément à plu~ieurs de ces méthodes
car le sol est un m~lange d'argiles différentes qui ne sont pas toutes
révélées par chaq~e méthode.
Autres minéraux de néoformation :
~

Les oxydes et hydroxydes de fer, d'aluminum et de manganèse tiennent


une place importante dans les sols tropicaux o~ ils atteignent parfois
des teneurs exploitableso Ils apparaissent à l'état cristallisé (miné-
[Link]) ou amorphe (gel.S) soit sous forme "figurée" ou 'tind iv id ual i s ée"
dans des nodules, concrétions, cuirasses soit sous forme liée aux ar-
giles auxquelles ils confèrent leur couleur rouge ou jaune (fer)o La
8ibbsi te Al (OH) 3 est l' hyd roxyd e d'alumine (incolore) le plus r?p~-I.l1~~ l
dans les sols tandis que la boehmite AIOOH [Link]!t souvent dans le~
bauxiteso L'hématite Fe 20) est un sesquioxyde anhydre de fer auquel on
attribue parfois la couleur rouge des sols. Cette coloration rouge pour-
rait provenir aussi d'un enrobage de gels amorphes d'hydroxydes hydratés
autour èes argileso La goethite, Fe 20 , H20 est un hydroxyde de fer de
3
teinte jaune très répandu dans les eolso
Les carbonateso Le carbonate de calcium appelé souvent "calcaire" figure
sous forme de calcite, CaCO), dans des nod~lee, amas ou encroOtements
des s01s formés sous climats à saisons contrastéso Il peut préciriter
aussi au coeur èes ter~itièYee même en région équatorialeo
- 10 -
l.2. LES CONSTITU,AftS ORGANIQUES

Comme les constituants minéraux les constituants organiques sont


de deux sortes l ' 1 des débris vég~taux (morceaux de feuilles, brindilles,
troncs, racines) ou animaux (cadavres d'insectes) qui ne sont pas encore
transform~s (mati~re organique fralche) ou qui ne s'alt~rent pas dans le mi-
lieu consid~~é (ex.z lignine dans les tourbes) et des produits nouveaux
synthétisés à partir des produits de dégradation des précédents. On appelle
mati~res humiques ou colloïdes organiques ou plus simplement humus ces pro-
duits de néoformation. Tous ces constituants organiques sont formés de car-
bone C, d'azote N, d'oxygène 0, d'hydrog~ne H, de soufre S et d'une petite
quantité de cations (Ca, Fe, Al).
On distingue dans ces matières humiques deux fractions, les acides fulviquea
et les acides humiques.
Les acides fulviques (F) ont des petites molécules solubles, très peu poly-
'm~risées qui entrainent le fer et l'argile (lessivage) et qui attaquent les
feuillets argileux (dégradation). Ils sont form~s en milieu acide, pauvre
en cations.
- Les acides humiques (H) sont de deux sortes : les acides humiques 11
bres ou bruns qui sont encore mobiles et peu liés aux argiles, pauvres en
azote, et qui ne donnent pas une structure stable.
Les acides humiques gris qui ont des grosses mol~cules polymérisées formant
un complexe très stable avec l'argile par l'intermédiaire de Ca++ ou 1e++ ou
Al++.
Le rapport entre les fractions mobiles ~ et les fractions stables H est une
caractéristique importante des sols.
Tous ces composés ont une structure du type suivant : un aoyau sph~rique
aromatique et des chaines aliphatiques périphériques. Dans les acides fulvi-
ques le noyau est peu important en regard des chaines et c'est l'inverse
dans les acides humiques.

Le [Link] carbone/Azote. (C/N) qui renseigne sur


la richesse en azote de l'humus est une oaracté-
ristique importante de l'humus. Son optimum'agro-
nomique est de 10-12.
11

Propri~tés de l'hum~s

- Les colloïdes humiques sont électro-négatifs


comme les argiles mais hydrophiles c'est-à-dire qu'ils
s'entourent de molécules d' ea·u qui rendent leur floculation
difficile par les cations. Se~ls les [Link] bivalents
Ca++ et Mg++ les floculent (difficilement) les cations
monovalent s K+, Na+ étant sans effet. Par contre le s a,lter-
nances successives d'humectation et de dessication leur
confèrent une structure en grumeaux stables.

- L'humus*possède une capacité d'échange des


cations qui peut atteindre cinq fois celle de l'argile. Ils
retiennent également beaucoup d'eau et ils augmentent de
volume et s'hydratant.

L'humus, spécialement les acides humiques gris


se lient intimement à l' a,rgile : l'union de l'argile et
de l'humus, tous deux colloïdes électro-négatifs, forme
le complexe argilo-humique ou complexe [Link] d~ sol
qui fixe des ions positifs (cation~). Cette association
des matières organique et minérale du sol a une très
grande importance pour les propriétés de celui-ci.

* Le taux de matière organique (MO %) s'obtient en multipliant, oonven-


tionnellement le taux pO'lU'Oent de oarbone C par 1,124.
1.3. LES GONST ITUANTS AQUEU.X

Les états de l'eau


Le sol contient je l'eau qui contient
elle-m~me des ions ou mol~cules en solution. On par-
le donc plus souvent des solutions du sol. L'eau du
sol s'y trouve en différents é:ats :
~~'u hygrosbo~igue qui forme Qoe pellicule ai mince
et si énergique~ent retenue autour des particules qu'elle n'est susceptible
d'al.<cun mouvement et d'aucune [Link] par les racines dea plantes.
earj capillaire non absorbable qui re'Tlplit les pores capillaires les p}us
fins, inférieurs 8. 0,2)1-. El1e circule, mais difficilement et ne peL1t être
[Link]~e par l?s pjantes.

LO~Hl~e la teneur en eau du sol devient inférieure à la somme


eau hygroscopique + eau capillaire non absorbable tous les végétaux se
flétrissent on ~it que Je sol est en rlesBous du point de flétrisse~ent per-
manent. Il est r1€ 8 h 15 c;; d'~'ll)miJité pondérale, exceptionnellement 50 %
(tcurbes)o
eau ca'Ql~lai·re absorbable remplit les pores compris entre 0,2 et 8,...
Elle est [Link] par les racines et constitue même la principa: e source
d'ali~entatjon des plantes en saison sèche car c'est celle qui reste lors-
que Je sol est ressuyé c' est-à-ii ire que toute l'eau qui peut circu-:!. er a P,t é
entra!née l?.~T descensum.
La somme de~ trois formes précédentes d'humidité constitu~ ce qseJ 'on
appelle la capacité de rétentio~ (ou humidité équivalente lorsqu'on la me-
.ure par une méthode indirecte).
loi t • •

eau de gravi~é à écoulement len~ : c'est l'eau qui remplit après les pluies
les pores plus grossiers du sn] mais dont l'écoulement demande p~ueie~rs
jours après les pluies.
Le taux d'h~mirllté du sol apr~s 48 heures de ressuyage seulement est appelé
capacité aux charnp~, c'est la SO'TlMe des quatre fractions précédentes.
eau de gravité ~. écoulement rapide qui utilise les pores les plus grossiers.
Lorsqu' ell e ne Deut a' ~co:.11 er (sous-aol imperméable) 1 e sol est à l' état
de saturation qui est très n~faste à ~~ flore et à la faune s'il se main-
tient longterrps.
13

C'est la mesure au laboratoire du potentiel capillaire *E}ui permet de


situer la teneur en eau d'un . sol par rapport à ces dif~éxentes formes.
'

On l'exprime pax la notatipn pF : le point de flétrissement· est ,au,


pF 4,2 ,:fcelui de la capacité de rétention est voisin de 3 pour- un sol
argileux.

eau hyçroscopiqU6 . )point de jcapaCité 'de) j


°11 i b b bl )flétrissement rétention capacité aux sol à l'état
eau cap1 a renon a sor a e) permanent
'
htm1
----id"té
1
j
eau de gravité à écoulement lent ••••••••••••••••• ~ •••• ) ,
(
.
,
"au capUIain absorbabI"•••••••••••••••••·• éqUl"val "n te. champs 48 h.j de saturati'.n
,

eau de gravi t~ à écoulement rapide •••• , "~,. . ,

2/ Les ions en solution: Ils proviennent des processus d'altération


des minéraux primaires, des dégradations des argi'les néoformées mais
surtout de la d écot'lJposi tion (on 'dit minéràlisation) des composée
organiq.u·es (humus et débris de végétaux). Ce sont des anions (COdi-
par exemple) ou des cations (H+, Ca++, Mg++ etc.). Ils peuvent ~fre
absorbés directement par les racines pour la nutrition des plantes ou
adsorbés par les molécules du complexe argilo-humique (cations essen-
tiellement). La couche d'eau qui entoure ces m~lécules jointe à ceile
des ions hyd rat és ad sorb és constitue la soi ut ion interne par oppo si-
tion à la solutiRn externe qui reste libre. Les concentrations de ces
SOI
deux solutions Idifférentes mais l' équi~ibre entre elles est maintenu
par les phénomènes d'échange qui sont lents.
Les alternances saisonnières de teneur en eau font varier la solution
externe dans le sens de la dilution (pluies) ou de la" concentration
(saiso~'s~~he):, ce qui entra!ne des modifications dans la solution
interne.

* On dit maintenant aussi.: potentiel matriciel.


14

1.4. LES CONSTITUANTS GAZEUX


,,

Il existe des petites bull~s de gaz emprisonnées dans


les pores capillaire~ et des gaz qui ,circulent dans les por~s
non capillaires sous l'action, des variat:[Link],s de pression atmos-
phérique et des phénomènes internes de gonflement, de retrait,
déplacement de l"eau de [Link]é. Ces gaz proviennent de l'a"ir
atmosphérique mais leur composition est 'moaifiée par la, respi-.,'
ration des plan't'es et de's ,animaux, les ferm,entations", la miné-
.. :+ralieation 'de l'humus, le dégazage ,des, [Link] .de nappe etc. 'En' ".,
particulier ils sont plus riches en gaz [Link]'niqu,e C02 (1 ~) qùe ",. ,
., ..
l'air atmosphérique: 1 m2 de sol émet environ 5 g de C02 par
jour en région teœpérée.

L'oxygè'ne joue un rôle essentiel pour la respiration d es plantes


et des animaux qui peuvent mourir d'asphyxie si une mauvaise
structure ou un engorgement, empêche les gaz de se renouveler.
Certaines espèces peuvent toutefois rèspire! quelques temps
aux dépens de l'oxygène dissous dans l'eau (les roseaux, les
.,~ers de terre) de rare·s autres comme ,le saule des régions
tempérées peuvent rÉsister très longtemps à' l'asphyxie :' on pense
que l'oxygène de l'air es.:[Link]é pai' les fe'uilles et transporté
jusqu'aux racines!

La poro~ité totale d'un sol est,le pourcentage du volume de sol


sec qui n'est pas occupé par la matière solide (c'est donc un
taux volumique).
Elle est occupée par de l'eau et des gaz en proportions variables
selon les saisons. La porosité non capillaire ou [Link]-porosité
est celle qui correspond au volume des pores les plus grossiers
(> 8 p) occupés par l'air après ressuyage des pluies (c'est la
capacité en air) la porosité capillaire ou micro-porosité corres-
pond au volume des pores capillaires qui retiennent l'eau après
ressuyage « 8 p).
porosité totale = micro-porosité + macro-porosité
Elle se mesure ou se calcule : p = D - d x 100 où D est la densité
D
réelle et d la densité apparente du sol.
Exemples:un sol jaune d'Ebolowa de densité réelle 2,71 de den-
sité apparente 1,30 a une porosité de ~:i~ x 100 = 52 %
un sol hardé de :~aroua de D = 2,69 d = 1,71 a une porosité
totale de 100 x 2,69 - 1,71 = O~9B x 100 = 36 ,1
2, 69 6
2j1 9
.' •
15

I.5. LES CONSTITUANTS VIVANTS

Le sol contient des racines et des animaux.

Les racines :
Les racines servent à l'ancrage des végétaux et à leur
nutrition en eau et en éléments minéraux. Far exemple le système
racinaire du caféier comprend :
- un pivot robuste mais court (30 à 50 cm, 1 ID dans les terres
profondes) qui sert à la fixation de l'arbuste.
- des racines axiales prenant nai ssance sur le pivot, s' en-
fonçant verticalement et servant à l'alimentation hydrique.
- des ramifications latérales presque horizontales qui se
prolongent par un réseau de radicelles et qui explorent les
couches superficielles pour assurer la nutrition minérale.
au total 90 % des racines sont située entre 0 et 30 cm.
- le pivot du cacaoyer peut atteindre 2 m il est dépourvu de
racines latérales dans sa partie inférieure. Les racines laté-
rales superficielles remontent vers la surface Oll elles se rami-
fient. Elles prospectent jusqu'à 5 ou 6 m autour du cacaoyer.
Le bananier possède un bulbe qui émet latéralement des rejets
en comprimant la terre avoisinante. Les racines qu'ils émettent
ont une puissance de pénétration faible. Le bananier se dévelop-
pe mal dans les terres trop caillouteuses ou trop compactes.
- En forêt équatoriale les [Link] d'ancrage forment un lac:i:s
horizontal peu profond. On y rencontre encore des radicelles à
plus de 5 mètres de profondeur mais c'est surtout dans la couche
superficielle qu'elle s sont [Link].
- Sur roche fissuré.~.. lêS racines pénètr~~.:t profond ément et
peuvent prélever diTJ~ctement dew:.ions aux minéraux altérés sans
:. F

passer par l'intermédiaire des solutions du sol.


Les animaux :. La faune du sol est en grande partie localisée aux
premiers centimètres du sol et plus spécialement dans la litière.
l-es vers, ter~ites et animaux fouisseurs pénètrent cependant très
profondé!J'lent.~ '"'ar contre la microflore est mieux répartie. Cer-
tains anim~~x passent toute leur vie dans le sol (vers, acariens,
QUELQUES TYPES D'ENRACINEMENT
PALMIER A HUILE
stipe

hevelu de radicelles absorbantes

V. racines sec on d'


éllI"eS
racine primaire tourte .
racine primaire lonlJue

SYSTEME. D'UN CAFEIER


RACINAIRf Dl S' ANS
BANAf4IER

QUELQUES CONSTRUCTIONS FAUNIQUES

1
~rande termitière épigée
(bellicosilermes)

collemboles
___ muraille
---- cavité centrale

cellule royale

acarien
_ _ _ Imm _
rejets de vera
(sol dentelle)
némBtode
(ver cylindrique t~!i!orme)
3m

-D,1mm_

ce nu le d'estivation
protozoaire
17

collemboles) d'autres qu'une partie (larves). Les espèces vivant


dans le sol minéral présentent une adaptation morphologique et
physiologique: pattes fouis~euses,per~e de~,yeux et de l'appa-
reil saItatoire, organes sensoriels particuliers. On à istingue :
la microfaune « 0,2 mm) est constituée à' espèces souterraines
qui vivent
. .
dans l'eau des capillaires du sol. En cas de séche-
resse ces animaux ralentissent leur activité, se déshydratent .
ou s'enkYstent. Ce sont essentiellement des protozo~i~res et de
nématodes.
la mé[Link] 0,2 <-< 4 mm est constituée d'espèces qui supportent
la s~cp~re~se ou ont besoin seulement d'un air humide. Ce sont
essentiellement les collemboles et les acariens ..
la macrofaune 4 < ... < 80 mm comprend les vers, les' insectes' supé-
rieurs (termites, fourmis) des rryriapodes, des arachnides [Link].
la mig'afaune 80 mm <-< 1,'60 m 'renferme les animaux de grande
taille qui remontent la terre pour chercher leur nourriture
(oryctéropes) ou pour creuser leurs terriers.
18

.DEUXIEME PARTIE

" ORGANISATION DES CO~STITUANTS DU SOL

Page

II. 1• LES' CARACTERES ETUDIES •••..••..•.••.••...•.......••••


Humidité, Couleur, Texture, Minéralogie, Structure
Poro·si t'é, Consistance, Enracinement , Activité .

II.2.'' LE ProFIL ET SA DESCRIPTION .••.••••.•••..•••••.•.•••.•


Réalité et notion d'horizon et ~e profil ••.•••..•..•••
Etude du sol par les profils •. ;. •...•:., •••••.•••..•.••.•
Distinction et nomenclature des. .horizons •••••..••..•••.

II. 3. LES DIFFEbENTS HU'I[US •••••..••.•. ~ ~- •:.; ..: •.••.•••..•..•••


Humus formés en milieux aérobies :: mull, mod er, mor •••
Humus forméS en milieux anaérobies: tourbe et anmoor •••

II.4. LE CO~PLEXE ABSORBANT ARGIIO-HUMIQUE ••...•••..•..•.•••


Le complexe argilo-humique, ses caractéristiques et
8e8 10 i s ... l1li l1li ••••••• q 0 0 0 tI •••••••••••••• ., 0 0 0 0 0 ••••••••

Localisation et i~portance des différents ions ••••.•••

II.5. LES SOLUTIONS ET LES GAZ DU SOL •••••....••••••..•••••

II.6. LES RACINES ET LES ANTIIIAUX ••••.•••••••••..••••.•...••

II.7. L'ETUDE MICROMORPHOLOGIQUE •.••..••.••.••••••••.•..•••


19

GENERALITES

L'étude au sol s'effectue actuellement en cinq approohes succes-


sives :
- Le contact direct par les sens, dont les impressions
sont précisées par des mensurations ou des compB,ratsons.
C'est la description ou étude morphologique du sol.
- Son étude micromorphologique au microscope polarisant
qui affine les observations précédentes, notamment la miné-
ralogie et l' organisatio~, des C?onst~:t_\lant,s...
- L'étude au laboratoire de ses caractéristiques physi-
ques, chimiques, minéralogiques et biologiques qui sont
exprimées sous le nom,'de résultats analytiques.
- L'observation ou la mesure des transformations saisbn-
ni~res ou ~volutiV~s du sol en place pour conna1tre sa dyna-
h' migue actuelle • .A ce stade des dispositifs expérimentaux sont
souvent nécessaires pour mesurer la réaction du sol à des
sollicitations naturelles ou imposées.
- La synth~se des données précédentes et leur confronta:-
'tion avec les facteurs écologiques en vue d' une compr~heri­
sion, d "une expression et d'une classification des caract~­
res étu'diés.

Les trois premières approches de l'étude du sol ont pour but de


déterminer à un moment 'd onné l'organisation spatiale des consti-
tuants minéraux, organiques, aqueux, gazeux et viva'rite du sol en
place. Les caractères ~hoisis à cet effet : humidité, couleur,
texture, minéralogie, 'structure, porosité, consi stance, enracine-
ment et activité renseignent sur le mélange de ces différentes
matière s p~dologiques. Leur étude fait a.ppara1tre une organi se-
tion du sol en couches successiv,es ou horizons dont l'ensemble
est appelé un profil, dont la descripti·on ,13_ été."codifiée. Les
horizons supérieurs contiennent de la matière organique qui selon
la nature de l 'humus leur donne des aspects tr~8 variés. 'L' asso'~ "
cia,tion de l 'humus ,et de l'argile permet aU sol de retenir des
~léments minéraux et de les mettre à la disposition des plantes
20

et des animaux par l'intermédiaire de ses solutions aqueuses. La


répartition de ces dernières command e celle des gaz. Enfin la
consolidation d'échantillons de sol par des résines durcissantes,
permet depuis quelques années d'observer le sol en lame mince au
microscope polorisant. Cette étude micromorphologigue prolonge
vers l'infiniment petit les renseigneme~ts donnés par l'~tude
macroscopique.

_ ..' • ft • - •

.', -.. t:~ ..../...·.

II •.1• LES CARACTERES DU SOL

Le contact direct par les sens de la vue, du toucher et de l'odo-


rat constitue l'appro_che première et déterminante de l'étude du
sol. Un premier niveau de regroupement ou de synthèse y est en
effet déjà nécessaire pour découper le volume-sol en unités cer-
nables et les caractériser. Il oriente donc le choix-des échan-
tillons et des caractères à soumettre aux stades ultérieurs de
l'étude.

L'humidité modifie les autres caract.ères du sol, notamment la


couleur, la structure, la porosité et la consistance. Ceux-ci
devront donc être déterminés aux différents états d'hydratation
par lesquels passe le sol et principalement à ses maxima de
dessication et d'humectation.

Le degré d 'hydratation du sol est estimé d'ailleurs par ces trans-


formations qu'il provoque: avec l'augmentation de l'humidité la
couleur devient plus so~bre (constituants organiques) parfois
plus vive (hydroxydes), le toucher plus frais, la consistance
plus molle (argile) ,. la cohésion diminue ou augmente (sable fin)
la porosité se transforme, puis l'échantillon exprime de l'eaU
par pression ou même_spontanément. On parle successivement d'états
~, frais, humide, trempé.

La couleur est déterminée par comparaison avec des échantillons de


couleur disposés dans un code, le plus utilisé étant le code
Munsell, américain (Munsell color [Link]).
21

Dans ce code les, différentes teintes observ~es dans les sols sont
figurées par .des petits recteng~es qui sont r~partis par planches,
correspondant chacune à une même, couleur de base (hue), les
teintes étant de plus en plus vives lorsque l'abscisse (chroma)
croit et de plus en plus d~lavées lorsque l'ordonnée (vaiue ou
va.l.e ur) augmente. Par exemple 7,5 ~ 6/4 d~signe une teinte dont
la, ~ue est 7,5 YR (mélange de jaune Yellow et de rouge .sed) , la
valeur 6 et le chroma 4- :. 7 ~ 5 YR 6{8 est plus teintée, 6/2 moins
[Link], 8/4 plus blanche, 4/4 plus, sombre.
,

La, couleur des sols tropicauX est souvent sombre à la partie


supérieure, claire ou polychrome en' profond eur dans la, roche al-
térée, vive dans la partie. moyenne. En [Link] du plus rouge au
.. '
pl.~s jaune les ?ifférentes "hues" sont: 5 R, 7,5 R, 10,R, 2.5 IR,
5 YR, 7.5 YR, 10 YR, 2.5 Y 5 Y. Les teinte,s à base de roug,e et
(ou) de jaune sont en effet les plus répand'ues, mais il existe
aussi des teintes à base de bleu (B) et de vert (G), par exemple
5 BG 5/1.

La couleur doit être notée à l'état sec et à l'état humide, une


grande différence entre les deux étant caract~ristique de cer-
tains types de sols. Broyée finement la terre rouge peut devenir
plus jaune, ce caractère important doit être également not~
(couleur de poudre).

La texture de la terre fine est appréciée en malaxant une prise


de terre à l'état humide, les différentes classes granulométri-
ques réa,gissa,nt diffé[Link] à ce test, mais une certaine expé-
rience est nécessaire. La taille et le pourcentage des consti-
tuants grossiers est estimée ou mesurée, à l'oeil nu ou à l'aide
d'une loupe. Dans les sols rouges 1 ',argile est souvent agglomé-
rée en très petites boulettes consolidées, de la taille des
sables,que l'on appelle des pseudo-sables et qui peuvent même
résister au dispersant de l'ana~yse. granulométrique. Ces pseudo-
sables peuvent aussi être consi~érés comme de très petits
"agrégats" Cl est-à-dire des [Link] de la "structure".
22

La minéra.log1e

D~~s 1~ :601 ies minéraux .hérit és ont rarement ,gard é la forme ex-
térieure et ~'éclat qu'ils prés~ntaient d~ns la r?che-mère mais
on peut encore
"'.
souvent les identifier
' . -. en les cassant ou par leur
mode d,',altér8:tion. La loupe est nécessaire pour les plus petits.
Les minéraux néoformés sont reconnus également à leur aspect ,ex-
térie~r et à celle d~'leur cassure 6u à l'aide de quelques tests:
les carb6na~es par exemple font effervescence à l'acidê chlorhy-
dri~ue: L', e;arr.~n macro~~~pique permet difficilement d 'id~[Link]
les minéraux argileux hérit~s ou néoformés autrement que par cer-
tains de leurs- effet s.: ,par exemple le gonflement ou le retrait
pour'les argiles montmorillonitiques.

La_ .pr'ésence de const i tuants amorphes à côt é des minéraux cristal-


lisés peut ~tre soupçonnée depuis peu par les caractères structu-
raux qu'ils déterminent.

La, structure

C'est,une des plus importantes caractéristiques dU,sol en place.


La structure
..
est la manière. dont les particules. élémentaires du' sol
sont. associées entre elles pour former ou non des agrégats. Les
agrégats sont des assemblages naturels cOhérent"s, tridimension-
nels des particules élémentaires du sol. Il ne faut pas les con-
fondre avec les mottes qui sont artefacts dÜs à l'outil du culti-
vateur.
On dît que la structure est particulaire s·, il y a une 'absence
totale de cohésion entre les particules élémentaires (celles que
révèle l'analyse gra,nulométrique). Elle est massive au contraire
si ce's particules forment un assemblage continu, cohérent, sans
plans de dissociation natur'els.' Enfin la structure est -fragmen-
taire si les particules élémentaires sont organisées en agrégats
volumes cohérents, de form~,et ,~~,taille variées, séparés par
des- plans de di~sociation ,naturels.
, , ,

On distingue différents types de structure fra,[Link] selon que


les face'~ d'es' agrég~ts sont Plane's ou courbes, leurs a'r~tes angu-
leuses ou émoussées et leur orientation vertica,le, horizontale,
ou quelconque.
23

Si les faces sont planes ~t orthogonales et les arêtes


anguleuses la structure est prismatigu~ si les plus grandes
faces sont verticales, lamellaire si elles sont horizontales}
en plaquettes obligues· si ëiies sont obll~quës (et en outre
"""g~.uchies, lissées et striées), cubigue si les faces sont
également hoTizontaïês"et·vêrticales. Enfin'une structüre
columnaire est une structure prismatique dont le sommet est
. arrondi, une structure squameuse est une structure lamellaire
à bords relevés. Si les faces sont planes et nombreuses, à
angles variés et Sans orientation privilégiée la structure
est dite : polyédrique si les arêtes sont anguleuses, .EQ.-
l·;v...é[Link]-anguleuse si elles sont é[Link]ées.
'Si le-s· 'faces sont courbes donC sans arêtes ni [Link]
privilégiées la structure est grenue. S'il y a à-~a:fois 'des .
faces courbes et des faces planes mamelonnées elle est quali-
fi~e de grumeleuse.

Les structures anguleuses sont plutôt dues aUX phénomènes de re-


trait et gonflement du sol, ce sont des structures de fragmen-
tations naturelles, les struétures arrondies au travail de la
faune.

Certaines apDellations anciennes sont abandonnées soit qu'elles


associent à la fois
~. .
une indication de taille et de forme des
agrégats" : nuciforme (de noix) est devenue 'polyédrique sub-angu-
leus~, feuilletée est devenue lamellaire;poudreuse, farineuse ou
cendreuse sont des structures particulaires, soit qu'elles intè-
grent· 'des indications de porosité: vésiculaire, spongieuse. Les
[Link] de meuble et fondue (ou continue) ont été reITlplacées
respectivement par particulaire et massive.

La forme des agrégats (ou unités structurales) étant définie il


importe d' ind iquer leur [Link] moyenne ou leurs dimensions extrê-
mes (en mm, cm ou selon le.c04e. qui figure dans les glbssaires)
puis la netteté de leur forme, la régularité de leur taille, la
facilité avec·laquelle on~es sép~re les unes des autres, le
pourcentage de terre agrégée : Toutes ces données sont condensées
dans une appréciation ~ynthétique globale qui' est la netteté ou
le degré de développement de la structure: une structurè est
faiblement, moyennement ou fortement développée (on dit maintenant
24

peu nette, nette ou très nette). Enfin la structure fragmentaire


peut être plus ou moins &table au choc et à l'humectation : on ap-
préGiG donc la cohésion des agrégats en les soumettant à des
compressions ou extensions entre les doigts et leur comportement
à l'humectation. L'indice d'instabilité structurale Is est une
mesure de laboratoire sur de la terre tamisée à 2 m[l'l. Il carac-
térise donc les très petits agréga~s ou l'assemblage élémentaire
des plus gros. Is varie de 1 (b-o·nne stabilité) à 3 mauvaise sta-
bilité structurale).

Notons en~in que deux types de structure peuvent être associés


dans le même [Link]. On l'exprime par le terme: juxtaposé à.
Si l'une est moins développée en la décrit comme sur-structure ou
sous-structure selon qu 1 elle englobe ou est contenue dans l'autre.
Exemples : Structu~ fragmè-ntaire nette généralisée polyédrique
moyenne (10 à 20 mm) à sur-structure prismatique grossière. Struc-
ture fragmentaire peu nette localisée grumeleùse fine (1 à 2 Tm)
juxtaposée à une structure polyédrique. On omet~le plus souvent,
l'adjectif fragmentaire et il est impropre mais courant de dire
qu'un horizon est "struct uré" lorsqu'il présente une structure
fragmentaire.
L'organisation de la matière solide du sol en unités structurales
doit être logiquement complétée par l'étude de l'organis8tion des
"v id es" au sein des agrégats 0 u entre ceux-ci. C'est la poro si té
du sol qui est en réalité occupée par des gaz ou des solutions
aqueuse~~-Les propriétes mécaniques de l'Assemblage ainsi formé
de terre, de gaz et d'eau sont exprim~es par la notion de consis-
tance. Structure, cohésion, porosité et consistance, qui forment
la structure au sens large, varient avec l'humectation du sol
et doivent donc être étudiées aux différentes saisons.

La porosité
La porosité est à la fois le pourcentage du volume unité occupé
par les "vides" du sol (voir plus haut) et la description de la
forme, de la taille et de la. di spo si tion de ceux-ci. Ce s vides
sont occupés en réalité par de l'air ou de l'eau. les plus petits
ne. so~t visibles qu 1 au microscope sur des' "[Link] minces" de sol
(celUi-ci doit être durci par une ._rÉsi~e.__.El_astique .avant d'être
25

scié et usé jusqu'à une épaisseur de quelques microns) les autres


sont étudiés à l'oeil nu ou à la loupe.
,
Les pores peuvent être tubulaires (porosité "ouverte" cylindriqUe)
ou interg'Y~nulaires (espaces' entre les grains du squeletteJ' ou ' "
vésiculaires (porosité "fermée" sphérique) ou vacuolaires (formes
irrégulières). Enfin les espaces entre les agrégats, ~~~ fentes de
retrait, les cavités biologiques sont des formes plus grossières
de porosité.
Les pores tubulaires peuvent s'organiser en un réseau d'affluents
hiérarchisés assurant l'écoulement de l'eau de gravité. Dans les
plus fins appelés des capillaires l'eau est au coritraire fortement
retenue par ·des forces 'de' rétention (tension ·[Link]). On
ind iqUe le diamètre moyen des pores, leur abondance (nb/dm 2 ) et·
leur orientation (verttcale, horizontale, etc.).

La porosité interagrégats et les fentes de retrait qui apparais-


.sent en saison sèche dans les sols argileux sont une forme sai-
sonnière de porosité qui.. dispara1t lorsque la pluie réhumecte le
,

sol et le fait gonfler (la limite de retrait est la teneur en eau


qu'il faut dépasser pour que le sol comŒ~nce à gonfler). On qoit
noter la largeur, la hauteur et l'écartement des fentes (réseau
polygonal dans les karals du Nord-Cameroun). Pour les espaces
interagrégats il importe de noter si les pores tUbulaires inté-
rieurs aux agrégat s débouchent ou non à la surface de ceux-ci
(lissage et striage des faces de glissement). La surface des agré-
gats ou des cavités biologiques a un aspect parfois différent de
la matière interne : stries, effacement des pores, couleur plus
claire ou plus sombre, aspect lissé ou strié, brillant ou au-
contraire cireux, pellicule plus sableuse ou plus argileuse etc.
Ces différenciations sont dues soit aux phénomènes de tension et
glissement résultant du gonflement et du ~etrait (cutanes de
contrainte ) soit à un entraîneme nt ou un d ép8t sélectif de
matière (revêtements).
La consistance est l'expression synthétique de l'ensemble des pro-
priétés mécaniques du sol : Elles englobe la plasticité qui est
l'aptitude de la matière à subir et conserver une déformation,
l' [Link]ésivité qui exprime son adhérence aux instrument s de culture,
26

sa. fragilité qui exprime sa résistance à l'écrasement entre les


doigts. [Link] comportements qui sont fonction du degré d'humi-
di"té, sont d'une grand e ,importancs"'pour" l'à choix [Link] pratiques cul-
turaleS et du moment optimum de travail du soL-"-'-'

Enracinement
ze.e ~

L'abondance, la forme, la nature et la· [Link] des racines,


bulbes et radicelles par rapport aux taches colorées, 'aux cailloux
et aux agrégats sont étudiées dans les différentes couches ou
horizons du sol et au passage de l'une à l'autre. Outre son
intérêt agrono~ique le tracé des racines renseigne en effet sur
la texture, la structure et les discontinuités du sol. Il est plus
finement ramifié dans les sec'teurs qui servent à 11 alimentation
des plantes en eau et en éléments minéraux. Il peut donc rensei-
gner sur la localisation de ces éléments (horizon humifère, revê-
tements de certains agrégats, diffusion des engrais). On dit que
l'enracinement est adapté à la structure lorsqu'il utilise le s
espaces entre les agrégats. La porosité tubulaire du sol est en
partie construite ou utilisée pour la périétraxion des racines
et l'activité biologique.

Activité
Comme l'enracinement l'activité de la faune du sol s'adapte aux
caracteristiques dtt sol tout en les modifiant : elle utilise la
porosité existante
.
et creuse des galeries et. cavités, évite le s
cailloux et les agrégats trop durs; elle diminue dans les par-
ties engorgées ou au contraire stérilisées par les feux et le
. .
soleil. Elle renseigne donc sur ces caractéristiques du sol et
péut aider à les expliquer. Elle présente' comme l'enracinement
et presque toutes les caractéristiques du sol dfimportantes
variations saisonnières.
27

II.2. LE PROFIL ET SA DESCRIPrION

1 - REALITE ET NOTION D'HORIZON ET DE PROFIL.


'Ï, l ,

Le so~-~ppara~t
constitué de couches superposées, relativement
r~gulières, homogènes et parallèles à sa surface et qui se_dis-
tinguent les unes des autres par des caractères de couleur, tex-
ture, minéralogiet structure, PRrosité, consistance~ enracinement,
activité de la faune, humidité ••• etc. On appelle ces couches
[Link] pédologiques lorsque leur différenciation parait résul-
ter de l'action de facteurs dynamiques d'évolution dont les
principaux sont : la transformatiop physico-chimi~ue et biologique
des matières organiques qui se déposent à la surface du sol, les
déplacements internes de matière par l'eau d'infiltration, les
animaux et la. gravité, les alternances de [Link] et de gonfle-
ment saisonniers, la néosynthèse d'argile, de sesquioxydes, de
carbonates, l'altération, des minéraux primaires.
On appelle profil pédologique l'ensemble des horizons observés
sur une même coupe verticale. Le profil cultural est l'ensemble
des' cbuches 'individua,lisées par l' interv'ention dès instruments de
culture, des' racines (t~Ls_~végéj;aux cultivés et 'des facteurs natu-
rels réagissant à ces action's. Ce profil cultural se sur~impose
à la partie supérieure' du 'profil 'pédologique. L'analyse, 'au labo-
ratoire, d' échantillons de ·terre prélevés .dans chaque horizon
permet de compléter par. des ca:ractères analytiques (pH, capacité
d'éc~ange des cations, teneurs en cations échangeables et totaux,
_ -....
~, . '-

taux de car'bone, azote, 'phosphore, fer, etc.) les caractères


révélés par l'examen morphologique du profil.

2 - ETUDE DU SoL PAR LES PROFILS.


L' étud~ morphologique effectuée sur le plan vertical d'une coupe
doit être complétée par une exploration latérale du volume que
constitue chaque horizon: on dégage par exemple la surface de
contact entre deux horizons pour déterminer si ses ondulations

Lorsque la roche-mère comporte un banc sub-horizontal différant


par sa lithologie l'évolution pédogénétique s'adapte g~néralement
à cette discontinuité qu'elle aménage en horizon pédologique.
D'ailleurs même quand ces bancs apparaissent dans l'altération
on les appelle souvent encore des horizons (voir ci-dessous la
nomenclature en CII CIII).
28

'ventuelles s'organisent en poches ou au contraire en chenaux, on


creuse les plages color'es pour pr'ciser si ce sont des surfaces
ou des volumes etc. L'examen
--- .
de plusieurs profils
-'- ~ . -
sur
--
le 'mê~e
.:_- -----
_
interfluve est n'cessaire pour 'tudier les variations progres-
sives ou brutales des horizons d'un point à l'autre, 'notamment
du haut en bas des versants réguliers, de l'ext'rieur vers l'in-"
térieur d'un collecteur [Link] du ruissellement où sur des
plages diff'rant par leur couverture v~g'tale' (110tforestier
dans une ~avane, plage nue dans Uh'tapis herbacé, peuplement pur
d'une espèce particulière, zone sans vég'tation ligneuse, etc.).

On appelle toposéquence de sols une succession de profils éche-


lonn's du haut en bas d'un versant pour 'tudier les variations
lat'rales des horizons et les d'placements de matière le long
de la pente (chaine de sols).
L'étude morphologique du profil à partir de ses horizons doit
être faite à diff'rentes saisons pour suivre les variations sai-
sonnières de ses caractères, la structure sensu lato. et la répar-
tition de '1 'humidité notamment.
~ --
Il faut se méfier d es transfor~ -

mations provoqu'es par l'ouverture de la fosse ou l'établi~se-


ment de la coupe d"tude : c'est l'effet de talus qui peut r'v'-
1er avantageusement certains caractères naturels peu accentu's
mais qui .peut aussi créer des différenciations qui ne pré-exis-
taient pas dans le sol. L'idéal est d'assister au [Link] de
la fosse et d'y revenir après dessication.

L'étude d'un profil en vue de sa description se fait tradition-


nellement de la manière suivante

On repère de haut en bas pour chaque caractère considéré dans


l'ordre couleur, texture, structure ••• etc. tout 'chàngeltlent
brusque ou toute variation nette de nature ou d'inten~ité. On
juxtapose alors les différents "profils" obtenus de couleur,
texture, porosité, etc. par exemple:
29

Profondeur Couleur Texture Structure Porosité [Link]

1
1 !
o 10 IR 3 2 1 isablo-arg. 1 grumeleuse inter- ! chevelu
15 10 YR 4/3-
et lan-
Il
101' argilo-S. --l' 15~---
nette ap:régats
[dense
forte
15 -racines
40 gues 3/2 i i
\.
1-1
massive
-----+
131------j
fentes de
horizon-
tales

100 -
10 YR 5/4 !
5/6 . ------ :-.j
1
polyédri- 1 retrait..·
no~reuses
graveleuse 1 que gros- ! cavités rarUëèlles
7,5 YR 5/6 i, sière peu Ide termi- pénétrant

l
1

+ taeheI'J 1 arrilo- ~tte 1 1 tes rIes a~é-


200 - 5 YR 0/7 limoneuse f-------- \~ats
cm Iparticu- ' iinter~ra-
1 11 . i 1nulaire !rares ra-
,)ipo:;::ri_ li
1--+
ltubulaire
iicelles
adantées
,que fine, 1 fine à la struc-
nette 1 ture

et l'on décide alors d'un déooupage du profil en horizons et


sous-horizons que l'on décrit de haut en bas en énumérant tous
les caract~res qui les différencient ainsi que la netteté et la
for~e de leurs transitions, ce qui donne dans l'exemple précé-
dent :
o- 15 cm Horizon de couleur grise 10 YR 3/2, de texture sablo-
argileuse à argilo-sableuse, de structure grumeleuse
nette, de porosité inter-agrégats forte, armé par un
chevelu radicellaire dense. Limite brutale (moins de
1 cm) horizontale, soulignée par des grosses racines.
Lorsque un caractère d'un horizon est identique à celui de l'ho-
rizon sus-jacent lJn omet parfois de le répéter ou on indique
simplement par exemple: ~ame structure. On peut aussi exprimer
une comparai son : Plus frai s, plus poreux, moins caill'outeux
(sous-entendu que l'horizon sus-jacent).

3 - DISTINCTION ET NOl1~ENCLATURE DES HORIZONS

Le déco'upage du profil en horizons n'est pas entièrement codifié


car l'hoTizon est à la fois une unité naturelle et un cadre des-
crriptif commode, l'objectif important restant de transmettre au
lecteur le plus clairement et le plus minutieusement possible la
connaissance du sol acquise par l'observateur. Une certaine logi-
30

-<lue" dans ,les critèr(3s utilisés est toutefois hautement souhaita-


ble. Par exemple: Un horizon est déterminé par toute'variati~n
brusque ou impor1;;,ap,te d'au "moins un ca~[Link].èJ~ ma,jeur, couleur,
t extu're' ou struc'ture avec en coïncid ence un changement dans
ce;r;'t~ins, :~aractères' min~ur s , (porosité, 'erlràèinement etc.).
Un sous-horizon ,est déterminé par une variation nette, de carac-
tèr~s mineurs ou par une va~iation minime d'un caractère majeur.
J • ~ •

Une certaine discO>ntinuité dans la variEttion d'un ê~,ractère


' . , li
est .1'. '...

souvent attachée à la notion d'horizon. S~ la "variation est


• '. , . ~ , l ,

régulière et progressive on'la' signale dans la description d'un


horizonindividua~is~~ l'aide d'autres caractères, par exemple:
couleur passant progressi~~ment de 10 YR 5/4 ~ 5/6.
8' il Y a un léger décalage entre les changements de caractère
c'est la variation de la coul€ur qui l'emporte, ou la plus
importante. On décrit en effet généralement les caractères des
horizons dans l'ordre suivant:

Couleur qui est notée ~ l'aide du code Munsell sur échantillon


sec, puis humide et sur une prise réâuite en poudre. Si la
teinte n'est pas homogène on note les différentes nuances du
bariolage ainsi que les formes, dimensions et dispositions des
surfaces ou volumes colorés. 8'il s'agit de taches parsemant un
fond uniforme on note lellI' abondance (fa en '7olurne) leur coloris,
leur forme (volume ou surface ?), leur orientation, la netteté
de leurs contours, leur cohésion, leur ressembœance avec les
horizons encaissant s et d' uœ manière générale toutes leurs rela-
tions avec les autres caractères (les taches rouges sont parfois
plus cohérentes et plus sableuses que le reste de l 'horizon par
exemple) •

Texture et minéralogie : On note la proportion et si possible la


nature des constituants appartenant à chaque classe granulomé-
trique. On indique également la forme et la répartit~on des cons-
tituants discernables ~ l'oeil ou à la loupe aiLsi que l'aspect
de leur surface (caries, cupules, patine, cuticule etc.) et leur
résistance ~ l' ~crasel'Tlent (concrétions "cassables à la main").
Le pourcentage volumique des constituants grossiers denses
(concrétions fer:r:[Link] par exemple) peut différer nettement
du refus pond éral donné par l'analyse granulométrique (d'autant
31

plus que .l-es blocs et catlloux ne sont- pas inèlus 'd-ans le -pré-
lèvement) •

Structure : on note successive~ent le type, la taille, là nette-


té, la cohésion et l'aspect. de la surface des agrégats "et s'il
Y a lieu les structure, sur-structure, ou sous-structure asso-
ciées, enfin une ap'préciation synthétique sur le degré de d éve-
loppement de cette
. structure. La vitesse 6'humectation et la
.
stabilité des agrégaxs à l'état trempé sont intéressantes à noter
et en relation avec la. stabilité- structurale.

Porosité: on indique chaque' type de porosité, sa taille, son


orientation préférentielle et on estime son pourcentage en
volume.

Consistance: on teste avec les doigts et à.diffé~ents états


d'humectation la plasticité, l'adhésivité ou la cohésion de la
matrice fine deI' horizon. (Ne pa s confondre avec la compacité
qui èstl'inverse de la porosité).

Enracinement : on signale la nature des racines, leur grosseur,


leur abondance, et leur disposition rar rapport aux agrégats,
aux éléments
'[' ,.
grossiers.
-- et aux limites d'horizons.

Activité : on décrit les terriers, édifices, galeries, déjections


de la faune du sol et on identifie si possible ses représentants:
vers, termites, fourmis, oryctéropes, etc.

Profil cultural et indices d'activité humaine: on repère les


artefacts dûs aux instruments de cultLtre [Link] que les morceaux
de poterie, charbon de bois, etc. Les outils préhistoriques
peuvent [Link] de s renseignement sint ére [Link] sur l' histo ire
du sol et du paysage.
Transition avec l' horizol'i so us-j acent : on termine la description
de chaque horizon en indiquant la netteté (brutale o,u progressi-
ve) e.t la forme (horizontale ou ondulée) de la limite avec
l 'horizon inférieur en précisant si nécessaire le caractère con-
cerné: limite brutale de coule,ur, graduelle de texture.
32

Cas des caractères liés : Les différents caractères énumérés


_ t . '

ci-dessus sont' fr'équemmel'lt i~i~s entre eux',' par' exemple certains


volumes colorés sont plus denses, plus argileux, plus coné~ents,
moins "struc,turés" etc. que la matrice qu~ les entoure. On peut
ind iquer pour cha,.que caractère ses relations avec les caractères
préc,édemmen~ .étudiés. Il est possible aussi de distinguer dif-
férentes "phases" dans la matière d'un horizon. Par exemple ici
une phase rQuge, argilo-sableuse, massive dense et cohérente
occupant 30 %du volume, une autre .phase jaune ••• etc.

Etat du profil lors de l'observation: Il est indiqué au début


de la description par la date, la saison, l'état d 'humidité et
l'ancienneté de la cDupe.
Nomenclature des horlzons
De plus il est utile à la fin d'une longue description de résumer
les caractères originaux de l'horizon, par exemple:
"Horizon homogène de couleur, texture et structure"
"Horizon caillouteux boulant blanchissant au sècha,ge"
"Horizon rouge à pseudo-sables et cavités termitiques"
"Horizon noir à séquence de structure" (successivement cubique
puis prismatique fine puis prismatique grossière p~r exemple).

Poui condenser les principaux traits morpho-génétiques de chaque


horizon les pédologues utilisent enfin un code alpha-numérigue.
Cette nomenclature des ,horizons, qui intègre à la fois une,
. ,

observation et une interprétation, prépare la classificatïori. au


profil. Il importe donc d'en conna1tre la ,signification.

Les horizons A .sont des horizo~s ,occupant. la partie supérieure


du profil et présentant au moins un des deux 9aractères suivants:
- présence de matière organique donnant une couleur foncée
-, appauvrissement en argile, fer ou alumine
Aoo est la litière formée de débris végétaux identifiables,
Ao désigne une couche de débris végétaux non identifiables
A1 a une couleur foncée due à.un mélâhge de matières organique
et minérale
Ap désigne un horizon de surface modifié par les pratiques cul-
[Link] (donc perturbé)
A2 a dne couleur claire et est appauvri en argile ou en fer '
avec concentration corrélative de minéraux résistants du
squelette. Certains auteurs l'appellent horizon d' é[Link]
et le notent E.
33

Les matières enlevées des horizons A sont entraînées à l'état


dissous ou dispersé pour être déposées dans les horizons B ou
être exportées hors du profil.

Les horizons B sont des horizons nettement différents des hori-


zon~ A et C par leur couleur qui est plus homogène (souvent aus-
si plus vive), leur texture qui est plus argileuse, leur struc-
ture gui est mieux exprimée, et par la nature èt l'abondance
.ges constituants néoformés. Cette différenciation. provient soit
d'une' néoformation in situ d'argile, carbonate, bxya~s bu hydro-
xydes de fer~ alumi~e, manganèse, soit de l'accumulation de
substances venues des horizons supérieurs (humus, argile, fer
transporté à l'état réduit, complexé ou très finement crista.l-
lisé), ou apportés par une nappe (sels solubles, carbonate,
cations). Une lettre minuscule placée [Link]ès le B précise alors
la nature de l'enrichissement ou de la différenciation (t pour
l'argile, ca pour les carbonates,fe ou s pour les sesgui~xydes
de fer ••• etc.).
Le symbole (B) signale un horizon B différencié uniquement par
néo·[Link] ou par des caractères structuraux.
Certàina so~l§ _n'ont pas d'horizon B, c'est le cas des sO'ls peu
évolués notamment.

La.s horizons C sont formés de roche en voie d ' altération et


affectée de transformations chimiques. C'est l'horizon d'alté-
ration ou horizon de départ.

Il arr1ve gue la roche altérée observée à la base d'un profil ne


soit .pas c~lle dont dérivent les horizons A et B supérieurs. On
la note alors CIl, C III ••• etc. Enfin la roche d '.apparence·
saine est notée R.
34

II.3. LES DIFFERENTS HUMUS

On distingue dans le sol plùsieurs sortes d'humus


d'après la morphologie de la couch~ humifère de surface, la
nature des composés humiques, les vitesses relatives d.e miné-
ralisation et d 'humification des .matières organiques--'et--leur"
degré de liaison avec la matière minérale.

La couche humifère de surface comprend plusieurs stra-


tes ou horizons: Aoo est la litière. formée
.
de composants végé-
taux facilement
.
identifiables.
.
Ao est formé de. débris végétaux
morcelés et dé60mposés, non reconnaissable~. A1 est un mélange
plus ou moins intime de matière organique sombre et de matière
minérale claire ou colorée.

Les humus sont très différents selon qu'ils se. forment·


en milieu aéré (aérobiose) ou mal aéré (anaérobiose) par engorge-
ment d'eau.

1/ Humus formés en milieux aérobies.


En mili~u
aéré, satur~ en cations et ~ forte activité
biplogiqu~ il se forme un type d'humus appelé mull calcique:

pas d'horizon Aoo et Ao du fait d'une décomposition' rapide des


débris végétaux, horizon A1 épais, bonne liaison avec la matière
minérale et structure stable à cause de la formation d·I·acides
humiques gris fortement polymérisés. pH voisin de 7, rapport
C/N de 10 en A1. On les observe sur roche-mère calcaire en pays
tempéré ou sous végétation stéppique en climat subaride.

Le mull forestier est plus acide .(pH 5,5), plus désaturé, moins
bien hu~ifi~ : C/N de 10 à 20.

Le moder comporte un horizon Ao mince sur un horizon A1 assez


épais mal structuré et à mauvaise liaison des matières organi-
que (boulettes d'excréments d'arthropodes) et minérale, avec
un [Link] C/N de 15 à 25, et des acides humiques bruns peu
polymérisés.
35

Le'mor ou humus brut présente un horizon Ao épais subdivisé en


trois couches notées L, :F, H, (litière, [Link], humifica-
~~_qn):.._ave_c. ~ne .lirnite inférieure tranchée .-. [Link] accumulation
.- vient de ce que la minéralisation de la ma,tièr~. organique
fra1che est lente ainsi que l'humification. Les acides fulvi-
ques formés sont entra1néSen profondeur. Il· se forme en milieu
acide,biologiquement peu actif, désaturé (10 %) et son rapport
C/N est supérieur à 20.

21 Humus' forro" 'Cm mi~ ~b:ie8 .

La tourbe se forme en milieu saturé d'eau, donc mal aéré, pauvre


'. .
en organismes vivants: les matières organiques s'accumulent en
couches épaisses imbibées d'eau, à à écorri~osïtio'n' et humification
très lentes. Elle peut être calcique ou acide selon la richesse
des eaUX en ions Oa++. C'est de la matière [Link] uniquement,
d'où Sa légèreté.

L' anmoor se forme dans 1e-s sols à engorgèment -[Link] d 'où


le développement de deux faunes successives: aquatique en
période de saturation par l'eau, aérobie en période -
d'assèchement. Il en résulte une humification assez poussée et
un bon mélange des matières organique et minérale sur une
épaisseur de 20 à 30 cm.
36

II.4. LE CO"llJ!PLEXE ABSORBANT ARG1LO-HUM1QUE

L'humus, srécialement les acides humiques gris, se lie


,intimement'à l'argile: l'union de l'argile et de l'humus,tous
deux colloïdes électro-négatifs forme le complexe argilo-humique
ou complexe absorbant du sol. "Cette association des matières orga-
nique et minérale du sol a une très grande importance pour les
propriétés de celui-ci : Ces colloïdes ~lectro-négatifs attirent
et retiennent en effet autour de leurs molécules un essaim
d'ions positifs ou cations qui les accompagnent [Link] leurs mou-
vements. Dans les sols acides ces ions absorbés sont essentiel-
.ae
lement H+ et A1 3+. Dans les sàl.JÉL b1:!.,si \lUeS' sont" [Link] lement
2
Ca. +, Mg 2+, Kt- et Na+. On rencontre aussi, mais en faibles
2
quantités, NH4+, M +, Cu 2+, Zn 2+ etc. Or ces cations absorbés so
sont en'fait .§_changeables avec les cations contenus dans les
solutions du sol, c'est-à-dire qu'ils forment avec ceux-ci un
équilibre qui peut être déplacé d'un côté ou de l'autre. Ce sont
. les phéno~ènes ou réactions d'échange.

Lois gui régissent les phénomènes d'~change des cations

Les molécules d'eau retenues par les ions "hydratés" absorbés et par
lCG molécules du co~plexe absorbant for~ent autour de celles-ci
une couche liée appelée solution interne. Sn. concentration en
chacun des cations présents y est différente de celle de la
solution libre qui l'entoure (solution externe) mais il existe
un équilibre entre les deux : toute modification de l'une
entraine une modification de l'autre par r~action d'échange.
Cette réaction est réversible mais la vitesse de déplace~ent
devenant de plus en plus lente à mesure qu'on approche de
l'équilibre celui-ci n'est jamais complètement établi. Elle est
même en ~ait cinétigue c'est-à-dire que les passages des ions
d'une solution à l'autre sont continuels même à l'équilibre,
donc lorsqu'il n'y a plus de modification des concentrations.
Les différents ions ne sont pas absorbés avec la. même intensité:
les ions lourds et polyvalents Cu, Mn, Zn, sont fortement ab-
sorbés et difficiles à échangen sauf par l'ion A13+ dans les
301s trèti 8cides. Les ions hydratés comme Na+ sont au contraire
37 -

faiblement retenus et les ions monovalents moins que les polyvalents.


L'ordre décroissant d'absorption est le suivant g
.u>ca)Mg>H) K> Na
Mais d'autres facteurs interviennent aussi 9 le type d'argile ou d'humus 9
l'ordre dans lequel les ions ont été apportés 9 les interactiop.s ,avec
les autres cations présents etc. Par exemples : 'un excès d'ions Ca aug-
mente l'échange~bilité des io~s K - Un ion apporté par un engrais est
toujours plus échangeable, donc plus assimilable'par les plantes, qu'un
ion absorbé préalablement - La dilution de la solution externe par les
pluies favorise l'absorption des cations bivalents, le lessivage affec-
tant préférentiellement les monovalents.

Le caractère le plus important de ces phénomènes d'échange est qu'il


s'agit de réactions ioniques: les quantités équivalentes pour ces réac-
tions sont donc les masses atomiques divisées par les valences ou équi-
valents-gramme. Aînsi l'échange d'un ion bivalent comme Mg2+ nécessite
deux ions m~novalents comme K+. Par conséquent un atome-gramme de Mg 2+,
soit 24g, est échangé contre deux atomes-gramme de potassium soit
2 x 39 = 78g. De même l'échange d'un atome-gramme de sodium Na+( 2)g)né-
cessite un demi atome-gramme de calcium Ca++ soit 40/2 = 20g. on expri-
me habituellement la teneur en cation d'un échantillon de sol en milli-
équivalents (millième d'équivalent) pour 100g de terre (ou d'argile par-
fois) dont le symbole est moeq/100g ou plus simplement mé. On peut ainsi
additionner les teneurs des différents cations (somme des cations en mé).

Expression-globale de l'état du complexe absorbant


La guantité totale de cations (en mé) que peuvent fixer en po-
sition échangeable 100g d'une couche de sol donnée est appelée sa capa-
cité d'échange des cations (on dit encore "CE des bases"). La quantité
de cations effectivement fixée en position échangeable est la son~e des
cations échangeabl'es (ou s'omme des bases). Le rapport, entre cette somme
(symbole S) et la capacité dVéchan'ge (symbole T) est le taux de satura-
tion noté V %.
-'31 bis- --

Exemple Un sol rouge de Yaound~ a, en surface, une capacit~


d' ~change de 10 mé et il contient effectivement 1, 5 m~ de cal-
cium, 1, 1 m~ de magn~sium 0, 3 m~ de ·potassium et 0,1 mé de
soaium. Sa somme d es cations est donc 3 m~ et son taux de
saturation 3/10 = 30 %.
Un sol de Garoua a une capacit~ d'échange en sL<rface'
de 2,70 m~ et il contierit 1',3 mé de Ca, 0,4 mé de Mg, 0,07 de K
et 0,2 de Na. Donc S= 1,97 mé et V = 1,97/2,70 = 73 %

Localïsation et: importance d es différents ions


Le cation Ca++. Les minéraux qui contiennent du calcium sont
le's plagioclases, les pyroxènes et les amphiboles. Les roches
calcaires en contiennent sous forme de carbonate CaC03. On
appelle calcaire actif le carbonate qui est finement divisé
(fraction argile ou limon) et faci1ement [Link] dans
l'eau charg~e de gaz carbonique C02.
L'alt~ration des minéraux calciques libère des ions
Ca++ dont une partie est retenue par le complexe absorbant,
l'autre entra,1née par les eaux de percolation. Les ions absor-
bés sur le complexe argilo-humique peuvent passer ultérieure-
ment dans les solutions du sol et y être extraits par les
racines pour la nutrition des plantes.
L'ion calcium déter~ine en outre le type de matière
organique et la nature des argiles néoform~es, le mode d'assem-
blage du complexe argilo-humique et donc la stabilit~ de la
structure du sol. L'ion calcium a donc un rôle capital. Les
espèces végétales elles-mêmes se répartissent en calcifuges et
calcicoles. Les calcifuges ne peuvent tol~rer une concentration
~lev~e en calcium des solutions du sol.

Le cation Mg++. Le magn~sium peut provenir des min~raux noirs


ou ferroœagn~siens ou de la dolomie ,carbonate double de calcium
et de [Link]~sium. Libér~ par l'altération il est,comme le calcium,
retenu partiellement par le complexe absorbant. Il est cepen-
dant généralement moins abondant que le calcium sauf dans cer-
tains horizons hydromorphes.
Le cation K+. Le pOLassium forme ~ne maille entre les fe~illeLs
de~ mic~& {bioLiLe, m~scovite) et de l'illitc (argile). Au cours
de l'altéraLion les ions K+ des illiLes peuvenL soit enLrer pro-
fondément dans les mailles crisLallines (on parle de rétrograda-
Lion) soiL a~ contrai~e passer en position échangeable s~r les
bordures dCb fc",JilleLs. La,"dessiè,iLion, l'élévation du pH eL
l'abondance d~ calcium favorisenL la réLrogradation du pOLassium.
L'absorp~ion dcs ionti K+ par les rlanLes eL l'hydratation des
argile~ on~ l'effeL conLraire.

Le cation NH4+, L'ion ammonium provient de la minéralisation de


la matièrc organiq~e fratche ou humifiée. Il est retenu par les
argiles boiL bO~S forme fixée danb les feuilleLs des argiles boiL
SOUIi forme échangeable. Il est très 6nergiq~ement reLenu en
milieu acide eL désaLuré. En milic~ biologiquc~enL actif, peu
"
acide et bien aéré au contraire l'ammonificaLion (for~~Lion

d'ammoniac gazeux o~ d'ion Nll4~' en solution) est suivie d'une


nitrificati~n qui dorlne' des nitrites eL des niLrates solubles
mieux abborbé~'parl~s racines.
, : ~ ..

Les o~igo:élém~, Ce sont de& élémenLs indispensables à la


nutrition des plantes (caLalyse des diasLases et viLamines) mais
à l'état de traces seulement. On les exprime en ppm, parLies
pour million. Ce sonL Cu, Zn, Co, Mo, B ctc ••• La pl~[Link] souffre
de carence si ceb éléménts sont en quantiLés insuffisantes ou
bloqués bOUS, une forme non échangeable. S'ils ~ont en excès a~

conLrair~ il pe~L y avoir toxicité(manganiq~e par exemple).

Le soufre S . eliL ".ln élément eSbenLiel à la nutrition des planLes


notamment deo lég'.1mineuses. Contenu dans la matière orl!anique
il est libéré &O'.1b forme de sulfate sol'~ble lors de la minérali-
sation de celle-ci. Une partie est perdue par lessivage, perte
qui est compensée par l'apport pl~vial et l'oxydation des miné-
. ! .1

raux sulfure'.1x des 'i~oèhes. 'L'a".1tre partie est ab&oibêe par


les plantes.
- 38 bis -

Le phosphore P : Le phosphore provient d'une .~iné~alisationde


. r · .
la' matière' Organique'; et de l v altération des minéraux. Une p~rtie
du'phosphore ainsi libéré est piérée sous formé ins0lub~[Link]
les concrétions ferrugineusetou alumineusèt(latériteSidu Sud-.
Cameroun) bu à l'état de phosphate d'alumine et de fer, ou mê,~e
1
dans· lesfeuillet·s· de certaines·' argile,s • .Le' reste est retenu
'~ous"'rbrme' d'anion 'P043- à la':' sut'facé-- [Link] pa!i'.~',int,er~
médiàirè de catiod3Ca 2 +,Fe 3 + ou A13+ ma~s surtout par ~~s hydra~
tes colloidaux de fer et dValumine. C'est cephosp'hore assimila:-
ble qui maintient constante la teneur des solutions du sol. La
teneur en phosphore t'otal 'des ··s·ols du Cameroun est souvent bien.,
,
infêrieurèà 1 %0 sauf 'dans les sols dérivés ·de basalte •
..
Autres propriétés du complexe argilo-humique'
, .. l
, ,

En agissant sur les teneurs ioniques des solutions du sol le


complexe.?rgilo-humique commande l'alimentatio~ chimique des • • •• 1

plantes en constituant un iVvolantU [Link] ~utritives im-


médiatement disponibles. Ces ~léments ,directement assimilables
proviennent des réserves minérales ou cation~_~~~~~! (~u bases
totales) par une lente et irréversible dégradation des structures
cristallines des minéraux primaires ou secondaires du sol.
Outre ce pouvoir absorbant qui 'a_ 1,10 effet tampon sur ,l' €qui;L;[Link]
" .:r ~ J '

chimique du milieu en retenant une partie des ions apportés par


les eaux de percolation ou libérés par l'altération et en ravi-
taillant "en continu" les solutions nutritives, le complexe
argilo-humique détermine dVautres propriétés fondamentales du
sol notamment sa structù;e sensu lito. , . ,.
,. '.~ .

Dans le çompl~~e ~rgilo-~umique les petites molécules d'humus


se group~nt autou'z..' .d"' une micelle. argJleuse et ,s Ventourent elles-
mêmes d~' .m?lé~~.l1es 'd l-eau ~u:ï,.~ errpê'~n~n't :les ~ations d v approche~.
. . entrave ainsi~l~
L'humus ....
' ,..
floculation de l'argile mais .lor,sque ~ ,.~

cette' floculation s'est produite il la stàbïlise. au,- .'contraire. \;' J .-

Il constitue donc un ciment de ,choix pour la formation,d~a~ré-


gats stables.
39

II.5. LES SOLUTIONS ET L'ATMOSPHERE DU SOL

Les solutions et l~s gaz du sol occupent la porosité totale du


sol qui s'ouvre à la partie supérieure sur l'atmosphère terrestre
et ses eaux superficielles et souvent à la partie inférieure sur
une nappe phréatique d'arène. Ces fluides pénètrent plus ou moins
les constituants du $quelette minéral et sont associés aussi au
complexe argilo-humique (eau hygroscopique ou solution interne)
mais ils occupent surtout des "vides" complexes, tubulaires ou
d'assemblage bordés à la fois de particules du squelette et de
"

.
,

fond matriciel ar~ileux, ou arrilo-or~anique ou hydroxydique •


Ils y sont en communication aussi avec les radicelles des plantes
qui y viennent puiser l'eau ou les éléments nécessaires à leur
croissance.
- Outre leur composition chimique détaillée certaines des proprié-
tés globales de ces fluides sont utilisées pour les caractériser,
notamment l'acidité ou pH et le potentiel redox ~~-!.~2.
L'acidité du sol est la concentration en ions H+ des solutions du
sol. On l'exprime par le pH qui varie de 0 à 1ij : en dessous de
7 le pH est dit acide, au-dessus de 7 on dit que la réaction du
sol est basique. Les sols du Sud-Cameroun sont fortement acides
(pH de ij à 5), dans le IJord on peut rencontrer des sols basiques
(pH de b à 9). Autour de 7 le pH est dit neutre. On mesure le
pH avec un pH mètre de terrain ou de laboratoire sur un mélange
terre~eau dans le rapport 1/1. Il existe aussi des indicateurs

colorés (papier pH)~ L'acidité du sol varie notablement d'une


saison â l'autre.
Le potentiel redox ou rH2 rensei~ne sur le caractère oxydant
ou réducteur du sol. Sa mesure est délicate. L'équilibre est
réalisé pour un rH2 de 27. le rH2 peut descendre en dessous de
20 dans les sols réducteurs de bas-fond.
- La fabrication et l'organisation des vides utilisés pour le
stockage et la circulation d,es fluides résultent des processus
physico-chimiques (caries de dissQlution) et surtout des proces-
sus biologiques détermi,nés par ces, derniers (tracé des racines et
des galeries). Des gaz peuvent être piéfés dans les fins capil-
40

laires tandis que les plus gros pores sont rarement entièrement
envahis par des: s·ollitions'. 'Seul. lé réseau de. ·pores inte1"'connectés
qui est ouvert sur l'atmosphère sert au déplacement des fluides
sous l'action des facteurs dynamiques mais les autres sont le
siège de lents' phénoI:J.ènes d'échanges ioniques"

. '.

II. 6,; LES' RACINES ET LES ANIMAUX

Les racines
- Les racines assurent l'ancrage des plantes et leur· nutrition
, .
e,n eau et ions. Leur domaine de prospection peut atteindre
plusieu'rs mètres de profondeur. Elles consomment de l' oxypène
et secrètent des acides qui facilitent leur pénétration et
échan~ent leurs ions li+ avec les cations des solutiorts du sol.

Elles écartent par pression les interstices dans lesqt..els elles


s'insinuent mais doivent contourner les cailloux et les secteurs
durcis. Le retrait'à la dessication peut les briser'et les
animaux les détruire.

-' Leur tracé et la dynamique de leur croissance sont commandés


par ces exi~ences : d'où le développement d'un .
~
chevelu
.' superfi-. ',~

ciel dense pour exploiter un,[Link]ère riche; ou au


contraire une panétration profonde si les horizons supérieurs ,
sont pauvres et secs j' cqnto~r ou perforation des agré~ats
selon la, consistance de ceux·-ci et,
. la localisation des substances .'

nutritives ; changement de direction pour éviter


. '
un~ nappe d'eau
,

asphyxiante; enfoncement rapide pour suivre u~ front d'humecta-


tion ; placage sur des surfaces d'agrér,ats ou de cavités biolo-
giques enrichi~s ~n cati~ns et humus etc. D'une manî~règénérale
les herbes graminée~nes(st~pp~) onh un système r~cihair~~lus
uniformément ~ép~;ti dans le sol que 'celui de la forêt qui' forme
plutô~ un laci,s ~uperfï"clel ~ense.

Bien que les racines soient capables de faire leur cheJTlin dans
la masse d '.un horizon ,pas :t;rop compact ou .Qurci elles utilisent
de préférence l~s chenau~.existants : anciennes galeries de vers,
de larves ou de petits m~mmifères remplies de terre humifère
éboulée par les eaux - anciens passages de racines décomposées
41

par la faune, fentes de retrait et espaces inter-agrégats, etc •••


A leur tour les racines, celles de ~raminées notamment, contri-
buent à créer une porosité tubulaire qui oriente des circulations
preférentielles d'eaux, de gaz, de matières ~t d'animaux.
- Les radicelles assurent le plus souvent la nutrition minérale, d
des plantes en êchangeant leurs ions 11+ contre les cations des
solutions du sol en équilibre avec le complexe absorbant mais
elles peuvent aussi parfois prélever directement ces cations
dans les minéraux en cours d'altération (sols jeunes ou peu
épais) •
. La nutrition de·s végétaux est correctement assurée si la ca"p?:~~~~ _
d'échange est suffisante, le taux de saturation :pas trop bas
et s'il n'existe pas d'antagonisme entre les cations métalliques
·pr-êsents.

La capacité d'échange est assurée par les éléments colloïdaux,


argile et surtout l'humus qui joue en outre un rôle catalytique.
Le taux de saturation ne doit pas être trop bas car les cations
échangeaules, mê~es s'ils sont en quantité notable, sont alors
plus énergiquement retenus. Certaines plantes sont adaptées aux
milieux très désaturés (bruyère).
Il ya antagonisme entre les ions si l'un d'eux est en proportion
trop importante ce qui nuit à l'absorption d'un autre par les
plantes. L'optimum correspond à 75 % de calcium 10 % de ma~nésium,
5 % de potassium. Si le taux de magnésium ou de potassium dépas-
sent celui du calcium la nutrition en calcium peut être défici-
taire. S'il y a excès de calcium (sols riches en calcaire actif)
on observe une carence en fer et en manganèse (chlorose) par
insolubilisation de ceux-ci, carence en phosphore à pH supérieur
à 8, carence en magnésium, rétrogradation du potassium. Cependant
certaines plantes sont mieux tolérantes. L'excès de sodium est
néfaste à la majorité des espèces.
42

Les. animaux

- Les animaux ne présentent pas une i~portance comparable dans


to~~
,
les types' de sor'et cette importance décroît généralement
de la liti~re vers la profondeur. Certains sols engorgés sont
pratiquement "abiotiques i9 alors que d'~utres peuvent ~tre qua-
lifiés'de fauniques tellement y est f,rand le rôle de la faune
dans leur organisation.
- Les vers, ter~ites, fourmis, Oryctéropes etc. édifient en sur-
face du sol des monticules terreux qui sont ensuite étalés par
l'érosion puis réincorporés au sol. La matière de ces construc··
tions épigées a été prélevée à différentes profondeurs où' elle
est remplacée par des galeries ou des cavités. D'autres construc-
tions de la faune sont hypogêes, (termites du sol par exemple).
La faune est très abondante dans la litière dont elle morcelle
les feuilles et brindilles pour les in~érer. Les débris vé~étaux
passent généralement par plusieurs tubes di~estifs au cours de
leur dégradation car chaque animal y trouve un composant que les
précédents n'ont pu digérer.
- Le sol est le support minéralogique qui détermine l'installa··
tion de la flore et de la faune mais l'activité biologique qui
en résulte aménage et modifie le milieu où elle s'exerce. Cette
activité peut provoquer des réactions physico-chimiques, la pr~~
cipitation de carbonates dans une termitière par exempl~. La
mati2re vivante agit comme transformateur d'énergie.
-~-

II.7. L'ETUDE MICROMORPHOLOG1QUE

- La loupe de poche, la loupe. binoculaire,


. .
le mi~!~scope~polori~
sant, le microscope électronique, le micr9sc~pe à balayage sont
les s~stèmes optiq~es et êlë·ëtroniques qui permettent d'acc~der
à ·une .connaissance de plus en p~us intime de l'organisation
fine de la matière du sol et à la détermination minéralo~ique de.
ses constituants. La nature des minéraux néoformés ou hérités,
leur présentation et leur organisation (notamment leur disposi-
tion relative entre eux et vis-à-vis des pores, qui indique
l'ordre d'apparition des différentes composantes) ne sont en
effet totalement perceptibles qu'à l'échelle microscopique qui
se révèle ainsi être celle des mécanismes physico-chimiques af-
fectant le milieu sol.
- De ce fa2t l'examen à fort rrossissement n'est pas seule~ent
un complément utile de l'examen macroscopique mais un maillon
essentiel de la compréhension du sol. Son développement est très
récent en ce qui concerne les sols camerounais mais il amène déjà
et amènera encore des révisions importantes de nos connaissances.
- L'etude au microscope polorisant est la plus répandue des
méthodes de microscopie des sols. Elle s'effectue sur des lam~~_
minces (ou plaques minces) de sol. L'échantillon est d'abord
consolidé par une résine durcissante (imprégnation) puis usé par
frottement jusqu'à une épaisseur de quelques microns et examiné
en transparence d'abord avec un éclairage de lumière équivalente
i la lumière naturelle puis en lumière polarisée .(observation
"entre nicols croisés"). C'est en fait le moyen utilisé depuis
longtemps par les pétrographes pour déterminer la nature minéra-
logique des constituants des roches et cette technique convient
aussi évidemment à ceux du sol. Comme pour les roches on peut aussi
déduire de l'organisation élémentaire du plasma et du squelette
du sol des indications sur l'ordre relatif d'apparition des
différents minéraux néoformés ainsi que des pores.
44

- Différents types d'organisation ont été ainsi àistin~ués :


par exemple des organisations de type éluvial qui peuvent être
ultérieurement envahies par des organisations de type ~~~uv~a~
(sêparations'plasmiques appelées cutanes . 'd'illuviatiori parmi
,

lesquelles on distinpue selon leur nature minéralo~ique des


ferranes, des argillanes, des ferro-argilanes, des organo-argil-
lanes etc.).

- A noter que pour l'examen au microscope polorisant l'échantil··


Ion a da être s~ché (contraction) puis a subi une coupe dans
une section plane. Si l'on veut observer le relief des faces
naturelles il faut faire appel à la loupe binoculaire et pour
les forts grossissements au microscope à balayage (Stéréoskan).
Dans le microscope électronique les particules à observer sont
dispersées dans un liquide et l'organisation originelle est donc
perturbée .. Enfin le miorosoope électronique à émission de rayons X (mioro-
sondè') permet de doser les éléments ohimiques oontenus daniB un très petit vo-
lume ou de donner une image de la répartition, d'un élément donné dans l'é-
ohantillon préparéo
45

TROISIE~ PARTIE
LA DYNAMIQUE DES SOLS

III.t. LA DYNAMIQUE DE L'EAU

Une partie de l'eau de pluie frappe directement le


sol, l'autre est interceptée par le couvert vé~étal d'où elle
s'évapore ou rejoint la surface du sol en routtant des feuilles
ou en ruisselant le long des branches et des troncs.
L'eau qui atteint finalement la surface du sol est parta-
gée en trois :
- une partie s'évapore
- une partie ruisselle
- une partie s'infiltre.
L'eau qui s'évapore est sans action notable et perdue pour le sol.
L'eau qui ruisselle forme des filets d'eau parallèles ou des
filets anastomosés ou une nappe continue ou une nappe ravinante.
Elle exerce un effet érosif global en entraînant toute la terre
du sol ou sélectif en se limitant aux parties fines colloïdales
(argile et humus)". Elle "écrème" ou "burine" le sol en laissant
généralement un résidu sablo~praveleux à sa surface. Cette eau
de ruissellement s'infiltre dans le sol de bas en pente ou re-
joint le réseau hydrographique.
'.~ -
L'eau qui s'infiltre peut avoir ruisselé pendant quelques déci-
mètres avant de rencontrer un secteur perméable qui l'absorbe.
Elle a trois devenirs :
- s'évaporer par remontée capillaire jusqu'en surface du sol
ou après absorption par les racines et transport jusqu'aux par-
ties aériennes de la plante (évapotranspiration).
- humecter le sol sec et y être retenue par les forces capil-
laires jusqu'à la saison sèche. Cette eau sert à reconstituer le
stock saisonnier d'humidité du sol. Elle est déterminée par la
capacité de rétention du sol.
- circuler per descensum et rejoindre lentement une nappe phréatique
ou un niveau imperméable qu'elle suivra alors obliquement. Cette eau de
gravité à écoulement lent ou rapide échappe ainsi au sol et rejoint le
réseau hydrographique (mouillère des versants) ou les nappes profondes. ~a
circulation est commandée par la perméabilité verticale et latérale de
chaque horizon du sol (macroporosité tubulai~e) et elle susceptible
d'entraîner des matières en suspension.

L'humidité du sol est fournie par la pluie ou les nappes et ~~


dynamique est régie par trois forces: l'évaporation, la tension capillaire
et la gravité. C'est pourquoi, après une même pluie uniformément répartie,
le front d'humectation (puis le front de dessication) n'est pas exacte-
ment parallêle â la surface du sol et - n'atteint pas la même profondeur
d'un type de sol â l'autre .. Le profil hydrique (courbe d'humidité en
fo~ction de la profondeur) d'un sol argileux à bonne capacité de rétention
diffère de celui d'un sol sableux
_._- . _ - - - , - - - - - - . '-_.

Terrier Fentes de retrait


10 20 30% humhtilé
Surface du / aol / \
__ Sol argileux

Sol sableux

PROfILS HYDRIQUES
PDUR UNE MÊME PLUIE

PENETRATION IRRÉGULIÈ.RE

DIS fRONTS DE DESSICATION

ET D' HUMECTATION

ProFondeur

Les fentes de retrait et les passages de racines ou d'animaux sont des


cheminements préférentiels pour l'eau de gravité: le front d'humectation
(puis le front de dessication) forme des indentations â leur endroit.
47

- l'ascension capillaire: L'évaporation de l'eau des horizons superfi-


ciels crée de nouvelles forces capillaires qui provoquent un mouvement as-
cendant de l'eau stockée dans le sol. Ce mouvement est trop lent pour com-
penser les pertes par évaporation et même, si l'évaporation est brutale
(sol nu sous le soleil et par temps sec) il peut y avoir arrêt de cette as-
cension par rupture du lien capillaire (ou self-mulching).

Dans un même solon peut observer des profils hydriques très différents
selon la couverture végétale et la profondeur de la nappe

sol profondément drainé sol à nappe peu profonde

20 30 % humidité 20 30% humidité

\ deesicatian pr09,.ssive
\
\
\
\ \
\
\ \ . Forêt
\ 1 EAU
lm. 1 lm CAP IL LIU R 1.
EAU
CAPILLAIRE
\
, ,1 1
SOUTENUE
fran91l
capillair.

SUSPENDUE •1
\ .. --Sol nu
'}.
1
.
1
\,"_--Prairie ---- -------
---------~
-- -- --- -----
--:.....--------------:....~-----:----....,;---
-_....-~-
1
1
---- -- -- - Nappe ----- ---- --
- - d'eau
2m \ 'lm

proFondeur prohndeur

0·_0 _

S'il Y a une nappe d'eau l'ascension capillaire peut compenser toutes les
pertes par évaporation (mais très lentement) sur une certaine épaisseur au-
dessus de la nappe : 50 cm en sol sableux 1,5 m en sol argileux par exemple.
PlUs haut l'humidité décroît selon le couvert et l'évaporation.

- En sol profondément drainé la lente ascension capillaire persite si


le sol est couvert de végétation et l'évaporation lente. Ainsi le sol à la
longue s'y assèche plus profondément.
48

Nutrition en eau des plantes


L'eau fortement retenue en dessous du point de ~létrissement permanent
n'est pas disponible pour les plantes. L'eau utile est donc la différence
entre l'humidité à la capacité de rétention (C) et celle au point de
flétrissement (f). Si la densité apparente est d et la hauteur du sol h
c

la réserve du sol est


eau utile (C - f) x d x h
100 8 . C " h....iditi
Exemple ..C = 20 % f = 10 %
d = 1,5 h = 1000 mm .
eau utile = (20 - 10) x 1000 x 1,5=
100
~ 150 mm t
[Link]
.~
----. - .. _ _ - - - - - - - - - - - ' - - - _.........
... ~

Cette eau utile est de plus en plus difficile à absorber par les plantes
à mesure qu'elle s'épuise. Certaines plantes dites hyarophiles ont besoin
de beaucoup d'eau faiblement retenue alors que les plantes dites xérophiles
savent réduire leur consommation.

Economie de l'eau
En agronomie il est nécessaire de contrôler l'humidité du sol qui se trou-
ve soit en excès soit en défaut (sécheresse).
1/ excès d'eau: on lutte contre l'excès d'eau en améliorant le drainage
du ~ol en agissant soit par le modelé du champ (ados, planches, billons)
soit par le drainage du champ (fossés, drains) soit par le contrôle de la
nappe si elle existe : une remontée de la nappe asphysie les racines qui
s'en étaient approchées.
2/ . sécheresse : on lutte contre la s·é·cneresse par ':a'pport d'eau (irrigation
pà:r aSp"[Link];n,. ..[Link]'on, infiitration latérale ou souterraine) ou en
obligeant l'e~U' de pluuà. s'infiltrer sur place (petits creux, diguettes)ou
en . limitant l' évaporat ion ( paillage J mulching. " qu~ limite l'évaporation
directe;'~inage qui en détruisant les plantes adventices limite la trans-

piration végétal~.
49

Importance de la dynamique de l'eau:


L'eau chasse les gaz du sol quand elle pénètre et est remplacée
par des gaz de l'atmosphère lorsqu'elle s'éyacue. Elle entraîne
des matières en solution ou suspension puis les dépose ensuite.
Elle déclenche la germination et la croissance des végétaux
ainsi que l'activité de la faune. L'étude de sa dynamique pré--
sente donc une importance fondamentale.

111.2. LA DYNAMIQUE DES MATIERES SOLIDES

Elle est conditionnée d'une façon directe ou indirecte


par la dynamique de l'eau:
- L'érosion superficielle déplace des particules colloïdales
et même des sables.
- Un gonflement tend à se produire lorsque l'humidité dépasse
la limite de retrait : s'il est contenu la structure devient
massive et la macroporosité est partiellement effacée ai profit
d'une porosité plus fine qui retient mieux l'eau. La perméabi-
lité diminue et l'aération devient défectueuse. Le retrait
ultérieur lors du dessèchement du profil facilite au contraire
l'infiltration mais il peut rompre des radicelles.
- L'eau de gravité entraîne en suspension de l'humus, de
l'argile et des limons, en solution des cations, de la silice,
du fer réduit ou complexé par les matières or~aniques etc. Elle
dissout des sels, carbonates, sulfates, chlorures etc s'ils
sont présents. Une modification des conditions d'oxydoréduction
ou un ralentissement de la vitesse d'infiltration peut provoquer
le dépôt ultérieur des particules ou ions mis en mouvement. Ce
dépôt a lieu dans l'horizon B sous-jacent ou dans un horizon B
du sol de bas de pente lorsqu'il a circulation oblique dans la
séquence.
On appelle lessivage ce processus d'entraînement en
suspension de substançes colloïdales (argile, humus, fer) suivi
d'un dépôt dans l'horizon sous-jacent. L'horizon de départ noté
A2 est un horizon l~ssivê, l'horizon de d~pôt noté 82 est un ho-
rizon d'accumulation (oblique ou verticale).
- 50 -

S'il Y a départ d'argile des horizons . A mais. sans - ...--


qu'on observe
-
d'accumulation,. d~s ~8S horizons, sous-jacents on dit qu'il Y, a
apP,auvrif;lsement en, argile. L' a:,gilE?. ainsi enley'é~
.
peut s'accumuler
en. bas de pente s'il_ s'y produit un ;ralentissement du dra~nage da.
à un bouchon ,d'argile néoformée par exemp~e.

Mais les re~ontées de terre fine par' les termites pe~vent


compenser les pertes d'argile par le lessivage ou l'appauvrissement.
L'examen micrcmorphologique montre alors l'existence de cutanes
d'illuviation (argilanes) sans qu'il Y ait pour autant un ventre
dans la courbe granulométrique' de l'argile. En ·fai t, les causes de
la différenciation texturale peuvent ~tre variées : la texture des
horizons A est 'Souvent plus sableuse, les causes .pouvant ~tre : un
dépBJ."t d v [Link] ou un e,pport de sable par l'V érosion, une dégrada-
tion ou un entratnement sélectif de l'argile, une néoformation pré-
férentielle d'argile dans les horizons sous-jacents etc.
L~ascension ~illaire suivie d'évaporation ou de dessica-
tion autour des. racires peut provoquer la concentration et le
dép8t des sels. dissous (nodules cal"bonatés) ou des oxydes de fe'r
(concrétions ferrugineuses). Une croùte de sels en s~face du sol
peut même appara1tre.
La faune .et la -végétationcontri buent à cette dynamique des
matières: vers,' termites, fourmis, fouisseurs r€montent de la, ter-
re que l'érosion entraîne ensuite on ré-incorpore aux horizons
supérieurs. Les vents ou chablis (chute des arbres) arrachent la
terre autour des racines et la redéposent en surface. Les passages
de ~:'acines et d'animaux se remplissent de terre éboulée etc.

111.3. LA DYNJlJiIIQUB DES GAZ.

Le front d'humectation en pénétrant dans le sol peut


comprimer momentanément les gaz du sol puis ceux-ci s'échappent
vers le haut. Les va~iations diurnes de pression atmosphérique
font également osciller l'àtmosphère du sol. Inversement le
départ de l'e~u par infiltration ou évaporation est compensée
par une arrivée de gaz. Ainsi l'eau chasse le gaz et le gaz
remplace l'eau, la teneur en gaz pouvant ainsi être déduite à'
51

chaque instant de la teneur en eau. La dynamique des gaz est en


outre compliquée par la dissolution de gaz dans l'eau (oxygène~
C02 etc) et par les échanges ou synthèse de gaz dOs à la respi-
ration animale et végétale ainsi qu'aux fermentations microbien-
nes.

111.4. DYNAMIQUE DES PLANTES ET ANIMAUX

Les végétaux installent progressive~ent leur sys~ème


racinaire dans les horizons du sol en utilisant préférentie1l~­
ment les F,aleries exist~ntes. Les racines empruntent au complexe
absorbant du, sol des éléments qui servent à la construction de~.
parties a~~iennes des plantes. A la mort de celles-ci ces
éléments sont restitués au sol (cycle des éléments) •. Sur les
sols peu épais ou peu évolués les racines participent à la
désagrégation de la roche et â son altération chimique. En
assèchantle sol elles y provoquent des précipitations chimiques
ou des phénomènes de retrait.
La faune du sol est de poids négligeable mais elle joue un rôle
important dans le cycle des éléments chimiques par son métabo-
lisme (activité respiratoire, nutrition, déjections, cadavres).
La faune déplace et tranforme les matières winérale et végétale.
Le... '9 de terre et les termites jouent un rôle important :
Les ~ homogénéisent la terre fine des sols, mélan~ent les
constituants minéraux et organiques, dispersent les ~ermes de la
microflore et microfaune, améliorent la stabilité structurale
et la résistance des terrains plats à l'érosion~ augmentent la
capacité de rétention d'eau et la teneur en azote des sols, favo-
risent l'humification des débris végétaux etc.
Leurs galeries à dominante verticale facilitent l'aération et
l'humectation du sol ainsi que la pénétration des racines et des
autres [Link] lessivage de l'argile peut se produire lorsque
la terre est n1![Link]ée par les vers. Les hori zons travaillés par
ceux-ci ont souvent une texture sableuse et homogène.
52

Au total les vers améliorent la fe~tilité du sol et les exemples


illustres abondent : ils incorporent au sol les limons déposés
chaque année par le Nil. Les vers européens introduits en
Nouvelle Zélande y ont triplé la production de trèfle blanc dans
des sols carencés en r101ybdène assimilable. Ils ont triplé le
rendement en céréales d'un agriculteur américain etc.
Toutefois certaines espèces augmentent la compacité des sols
donnant une structure massive défavorable. C'est ce qui paraît
se passer aux Indes et dans la Benoué où ils prolifère~t d'une
manière exceptionnelle (sols "dentelles").

Les termites détruisent les litières végétales, contreo'carrent


l'humification et pour certaines espèces détruisent même la
matière
,.
organique. Leurs édifices épi~és sont formés de terre·
remontée d'horizons souvent profonds, et leur matière est'plus
argileuse et plus riche en cations que l' horizon supérieur ~ '" . :
qu'ils recouvrent. Ils participent ainsi au cycle des éléments
chimiques. Ils peuvent provoquer des précipitations de carbona-
tes sous forme de nodules, même dans des sols fortement désatu-
rés en calcium. L'activité termitique peut être un puissant fac-
teur d'homogénéisation du sol qui est alors peu différencié par
la couleur et la texture. Les petites boulettes façonnées par les
termites (délicats moulages dès débris végétaux) paraissent peu
stables et bien différentes des pseudo-sables de facture physico-
chimique.
53

111.5. DYNAMIQUE EVOLUTIVE DU PROFIL

1 - DEVELOPPEMENT DES HORIZONS ET LEURS RELATIONS


Tout horizon de sol résulte de mécanism~de formation et de
mécanism~de destruction ou de [Link] exemple un
horizon B peut ~tre attaqué à sa partie supérieure par le les-
sivage ou la dégradation de l'argile qui le transforment en
horizon A2 tandis qu'il s'épaissit à sa partie inférieure par
argilisation ou illuviation dans l'horizon C sous~jacent. De
même l'horizon supérieur humifère se forme par apport de matière
organique fraîche en surface du sol (litière, cadavres) ou dans
sa masse (racines, activité biologique) et par l'humification
progressive de ces substances. Sa destruction est déterminée à
la fois par la minéralisation de la matière organique, par l'en-
traînement de celle-ci en profondeur (acides fulviques principa-
lement) et par le décapage dû ~ l'érosion superficielle.

L'horizon A2 qui apparaît dàns certaines pédo~énèses entre ces


horizons Al et B s'épaissit à sa base aux dépens de l'horizon B
tandis que l'horizon Al l'envahit petit à petit par le haut.
Ainsi, en milieu ouvert, s'établit un mécanis~e d'évolution
"normale" du paysage pédologique oil l'érosion superficielle
abaisse constamment la surface du sol, amenant l'horizon Al à
pénétrer progressivement le squelette winéral de l'horizon A2,
où l'horizon A2 se forme par entraînement ou dégradation du
plasma de l'horizon B, cet horizon B par ar~ilisation ou illu-
viation dans l'horizon C, l'horizon C par altération de la
roche R.

Mais ce schéma simplifié où tous les horizons se déplacent len-


tement dans le sens vertical descendant, R devenant C, C deve-
nant B, B devenant A2 ou Al, A2 devenant Al, Al partant à la
rivière,ne s'applique déjà plus partout où la surface du sol
reçoit plus de matière qu'elle n'en perd. C'est le cas des ter-
rains que recouvrent lentement des alluvions, colluvions, ébou·-
lis, cendres volcaniques, poussières éoliennes,etc. Il se com-
plique également là où le lessivage oblique, ou les nappes per-
chées et rhréatiques, apportent latéralement des substances
dissoutes. C'est pourquoi dans les paysa~es fermés, ou dans
54

certaines parties confinées d v ua paysaé!e ou,,'ert sur un réseau


hydrographique~ un fcnctionne~8nt inverse du précédent a été

constaté, lYargilisation envahissant p~r exemple un ancien


horizon 112 ou d'.l moins une organisation de type éluvial. En
fait de ncmureuses orpanisations illuvialcs paraissent s'être
formées dans dlancien~es' str~ctures éluviales ou de"départ"i
dont la facture est nettement pédologique. C'est là un enseigne-
1 • r .

ment récent et capital des études micromorphologiques : entre le


départ en solution dans lVhorizon C où l'architecture de la
roche est conservée et lVaccu~ulation de matière fine de l'hori-
zon B le sol acquiert donc une organisation éluviale de type
pédologique.

Il n~est donc pas toujours, ni tout-a-fait, exact de considérer


chaque horizon comme une tranche d'épaisseur e qui se fabrique
a la vitesse Vf à la partie inférieure et qui se détruit à la
vitesse Vd a la partie supérieure, et dont l'épaisseur e au
temps t est déterminée non par les valeurs absolues de Vf et Vd
mais par toutes les variations de leur différence Vf - Vd avant
lVinstant t. En effet la concentration comme la destruction de
la substance dis~nostique dVun horizon (matière organique en Ai,
minéraux 2rgileux en B etc ••. ) peuvent s'effectuer simultanément
dans toute la m~sse de l'horizon et la m~tière pédologique se
déplacer a uontre-gravité (vers et termites apportent puis in-
corp~ren~ directement â l'horizon Ai de la terre argileuse pré-

lev~e dan~ les hO.~i~ons B et C profonds. Les carbonates ou les

sels solubles geuv9nt s'individualiser par remontée caçillaire


de solutions dt:. sa='.., ]. ?h?c~:'omo:-'~hie et les néosynthèses qui
IVDcco~pR~~~nt peuvent g~~nE~ aUD~i de bas en haut ou vers
lVamont c'tc.).
Il importE cepcn~8nt de garder- ~ l'esprit deux notions essen-
tielles que le schéma simpliste pr2c2à.c~1t (-:"') [Link] à comprendre
C*)" Dans-un but didaët=:qül;~o11 peüt-r2.!i~ënër-1Yéfude-·dYnamrqiie-dTun
horizon à un problème de ~obinets du certificat dYétude :
~u temps t la baignoi~c (11hori2on) est à un certain stade
de rernpliRsage (épa~sseur) qui è2pend de lVactivité anté-
rieure du robinet d'j l'ernplis&ar::c ( vitesse de formatfor1)"
et de la vidange (vitesse de disparition)
à ce même temps t lYéquilibre tend à se déplacer ou à se
maintenir selon les vitesses relatives de remplissage et
de vidange.
55

1 - la présentation actuelle d'un horizon est la résultante


non pas des vitesses actuell~s mais du tra_vai~_~téri~ur de
ses multiples mécanismes d,e formation et de destruction. A
ce point de vue les vitesses relatives ont plus d'importance
dans l'épaississement résultant que les vitesses absolues, ou
que la nature des processus qui déterminent plutôt, quand à
elles, ses autres caractères morphologiques.
2 ~ au temps t ~ctuel les vitesses de ces mécanismes peuvent
être différentes des précédentes et ten~re soit à épaissir,
soit à amincir, soit à maintenir l'horizon hérité de; .c,'es ac-
tions antérieures, voire même à modifier sa compos.i tion si
la nature des processus a également changé.

2 - EXEMPLES CAMEROUNAIS

Cette notion schématique de vitesses actuelles et passées, abso-


lues et relatives permet d'expliquer la superposition dans un
même profil de caractères pédologiques qui pourraient paraître
à première vue contradictoires ou exclusifs. En voici quelques
exemples :
11 Les sols ferral~itiques à accumulation humifère d~~ !.~~~~~~
d'altitude de l'Ouest-Cameroun peuvent être en__ou~re raj~un~~
par l'érosion. Il n'est pas nécessaire pour comprendre ce double
aspect de dissocier ces deux phénomènes dans le temps en les
attribuant à deux périodes successives différentes :
le rajeunissement résulte d'une vitesse d'altération en C, ou de
néoformation d'argile en B, qui n'a pas été.~~ pl~~~~uvent supé-
rieure à celle de l'érosion superficielle en Al. La déclivité et
l'absence d'écran forestier protecteur expliquent cela.
L'accumulation humifère indique que la vitesse d'apport
végétal et animal a été naguère le plus souvent supérieure à la
somme des vitesses d'élimination de la matière organique par
minéralisation, lixiviation et érosion.
56

Ainsi, bien que ces différentes vitesses soient liées de façon


complexe ou indirecte, la vitesse d'apport organique peut être
supérieure à la somme des différentes vitesses des mécanismes de
destruction dont fait partie "l'érosion, la vitesse de cette
dernière restant cependant supérieure à celle de l'altération et
des néosynthèses ferrallitiques. Accumulation humifère et ra-
jeunissement sont ainsi compatîbles non seulement dans une mor-
phologie héritant d' évolut"ions passées différentes mais même
dans un stade d'équilibre actuel et stable.

2/ Un horizon caillouteux peut se former--_.-


en place._. dans un --"._--'---
profil
tout en restant constamment enfoui sous un horizon fin de facture
._---
~-_.----_.-

biologique.
Une couche de constituants grossiers se forme en effet
lorsque le matériau originel libère, ou lorsque la pédogénèse
fabrique en abondance, des corps solides relativement résistants
à l'altération (quartz filonien, concrétions ferrugineuses, nodu-
les carbonatés etc.) et que l'érosion superficielle est plus
rapide que le morcellement et la dissolution de ces solides.
L'enfouissement de cet horizon ~rossier dépend, lui,
des vitesses relatives de l'apport de terre fine remontée par
les vers ou les termites d'une part et de l'entraînement de
celle-ci par l'érosion superficielle d'autre part.
Or cette fourniture par les animaux peut être, et avoir été,
plus rapide ou égale à l'enlèvement par l'érosion en nappe,
celle-·ci restant cependant plus rapide que l'amenuisement des
cailloux mais moins toutefois que la libération des quartz
filoniens par l'altération!

3 - STABILITE DE 1"' EQUILIBRE

Ce dernier exemple aide à comprendre que les différentes vites-


ses en jeu ne sont généralement pas constantes mais qu'elles
varient à chaque instant comme les vitesses d'une réaction
chimique réversible, même en l'absence de toute modification
externe; ainsi l'épaississement progressif-de l'horizon grossier
précédent gêne de plus en plus l'activité biologique. Le recou-
vrement de terre fine tendrait alors à diminuer d'épaisseur si
l'affleurement des cailloux ne ralentissait à son tour l'érosion.
57

LVaugmentation consécutive de l'infiltration accélère alors


l'altération et le morcellement des cailloux. Par suite l'épais-
seur de IVhorizon caillouteux est limitée à deux à'quatre déci-
mètres environ.

Si les vitesses relatives des œécanismes créateurs et destruc-


teurs de matière disgnostique influent sur ~'épaisseur d'un
horizon, IVaction des vitesses absolues et la nature. des proces-
• -' j

sus en jeu se traduisent dans d'autres caractères pédologiques :


par exemple deux horizons humifères de même épaisseur peuvent
résulter de l'équilibre entre des vitesses d'apport et d'élimi-
nation de matière organique toutes deux très é!~vée~~~~__l~
premier et toutes deux très faibles dans le second, leurs dif-
férences ayant présenté même signe et même valeu~. Le premier
cas pourrait caractériser la grande forêt équatoriale où l'apport
annuel de litière atteint plusieurs tonnes à l'hectare mais. où
la minéralisation de l'humus et la lixiviation des acides fulvi-
ques sont également très rapides. Le second peut représenter un
sol brunifié du Nord-Cameroun où l'apport organique est tr.ès
faible mais où le stock organique est consolidé par la formation
d'humates - ca stables.
Ces deux horizons Ai de même épaisseur diffèrent fondamentale-
ment par les caractères de leur matière organique et les caractè-
res morphologiques que celle-ci détermine (structure etc.). Et
surtout la stabilité de leur équilibre actuel n'est pas du tout
la même. Dans le pre~ier cas le défrichement de la forêt suppri-
mera brutalement l'apport organique sans pour autant diminuer la
minéralisation du stock d'où une rupture d'équilibre catastro-
phique. Dans le second les modifications appprtées par la mise
en culture seront beaucoup plus lentes.
L'impact provoqué par les interventions humaines pourra donc être
très différent selon la nature de l'éq~i~~bre et surtout la sta-
bilité de celui-ci. L'instabilité peut avoir deux causes, les
grandes vitesses des mécanismes comme dans l'exemple précédent
ou un changement entre les conditions passé~~ et_a~~~~ll~s devant
normalement amener une transformation irréversible mais qui n'a
pas encore été déclenchée,
58
Par exemple la protection exercée autrefois par une végétation
forestière dans l'Adamaoua a permis un épaississement considé-
rable du solum rouge et meuble de sols ferrallitiques climaci-
ques. La disparition de cette for~t (par intervention humaine
ou par un changement climatique) a rendu cette couverture argi-
leuse très vulnérable à l'incision linéaire. La rupture de cet
équilibre p~caire est maintenant provoquée par un simple tas-
sement superficiel dQ au piétinement des troupeaux : l'irnperméa-
bilisaticnde la surface du sol qui en a résulté a déclenché une
importante érosion en ravines et lavaka par l'eau refusée à
l'infiltration, phénomène hors de proportion avec la cause exci-
tatrice.

4 - VITESSES DES DIFFERENTS PROCESSUS


Les vitesses des différents mécanismes pédolo~iques sont rare-
ment mesurées ou estimées avec certitude et précision. Ont pu
être déterminées les vitesses d'apport de litière sous for~t
tempérée et sous forêt équatoriale, de lessivage des collo!des
et de lixiviation des cations dans quelques cases lysimétriques,
de l'altération de certaines roches-mères, de l'érosion hydrique,
du travail des vers de terre etc.
D'une manière yénérale les processus biolo~iques, et plus encore
ceux qui résultent des interventions humaines paraissent agir
beaucoup plus rapidement que les lents phénomènes physico-chimi-
ques responsables de l'altération et des néosynthèses et qui dé-
terminent les précédents. L'existence d'une couverture pédolo-
J

gique à la surface des terrains pas trop accidentés et pas trop


ab!més par l'homme indique qu'un équilibre s'établit généralement
entre la pédogénèse et l'érosion et que cette dernière est par
conséquent relativement lente en conditions naturelles.
L'intense activité biologique, souvent observée, et due principa-
lement aux vers, termites et fourmis, ne doit pas faire négliger,
bien au contraire, les autres processus plus lents car seules les
résultantes sont à considérer pour le développement du profil :
les termites du sol peuvent déplacer de volumes considérables de
terre fine sans contrarier le lent lessivage vertical de l'argi-
le si leurs actions restent limitées lat~ralement à un horizon
ou si leur résultante est nulle. Au contraire l'étalement des
édifices épigés formés par les remontées profondes de certains
termites peut compenser totalement le lessivage vertical de col-
loïdes, qui n'en existe pas moins et est responsable d'autres
caractères pédologiques (séparations plasmiques).
59

QUATRIEME PARTIE

LA DIFFERENCIATION DES SOLS

j -

L'étude géographique des sols indique qu'il existe à


la surface de la terre des types de sols très dïfférents par
leur morphologie et leurs caractéristiques .physiqu~s et chimi-
ques. Les facteurs qui di versifient. ainS'i la pédogénèse d'. un.
point à l'autre des paysages sont au nombre de 5.

1 - Le matériau : Le matériau à paeM!r duquel se sont formés


les c9nstituants minéralogiques du sol/soit une formation réolo-
gique en place, appelée roche-mère~soit une formation superficiel-
le d'origine géomorphologique (colluvions, alluvions) soit même
parfois un ancien sol tronqué par l'érosion. En outre des pous-
sières cosmiques ou éoliennes se déposent en surface du sol.
Le matériau influence la pédogénèse à la fois par ses
propriétés chimiques et ses propriétés physiques. Les propriétés
chimiques sont liées à la composition des minéraux altérables
notamment les proportions relatives de cations. Les propriétés
physiques à considérer sont la taille et l'abondance des grains
résistants qui constitueront le squelette minéral du sol, la
disposition des minéraux altérables, les possibilités de circu-
lation des solutions (perméabilité) : si le matériau reçoit peu
d'eau et que celle-ci circule lentement dans un milieu libérant
beaucoup de cations on observe la néoformation d'argile à forte
capacité d'échange (montmorillonite). Si elle reçoit au con-
traire beaucoup d'eau circulant plus facilement les solutions
restent diluées et il se forme essentiellement de la kaolinite
et de la gibbsite.
2 - Le climat qui préside à l'évolution du sol joue un r5le
considérable et la carte mondiale des sols recouvre assez pré-
cisément la carte des climats. Sur des roches identiques mais
sous climats différents on trouve des sols différents et il ar-
rive que sous un même climat des roches différentes portent des
sols assez comparables. Les facteurs climatiques à considérer
sont la pluie et la chaleur. La température du sol et des solu-
60

tions qui percolent agit sur la vitesse des réactions chimiques


et sur l'activité biologique. Elle conditionne en outre l'éva-
poration (soit directe soit par les plantes) et par conséquent
diminue plus )u moins la quantité d'eau qui percole à travers
le sol.
Cette quantité d'eau dépend de la pluviométrie annuelle
mais surtout de la pluviosité ou répartition des pluies : les
petites pluies espacées restent sans effet parce qu'aussitôt
évaporées ;lors des fortes averses il peut y avoir refus à
l'infiltration et une partie de l'apport pluvial est perdu par
ruissellement. Le ruissellement et les circulations internes
d'eau font que la quantité d'eau qui percole effectiverr-ent à
travers un horizon de sol peut être très différente d'un point
à l'autre de la séquence.
Comme par ailleurs le sol amortit les pcarts thermi-
ques ~e l'atmosphère et que sa conductivité thelmique dépend de
la nature et de l'organisation de ses constituants le climat
propre du sol ou pédo-climat peut être fort différent de celui
de l'atmosphère. Il importe de caractériser l'un et l'autre.

3 - Le temps
- On entend par là deux notions assez différentes :
- C'est d'abord la durée d'évolution ou âge du sol: au cours
des années qui suivent la mise à l'affleurement d'un nouveau
matériau le sol se différencie progressivement en passant succes-
sivement par des stades de jeunesse J maturité et vieillesse.
Cette évolution se produit même en l'absence de modification des
facteurs externes et certains caractères du sol, observables
dans son état actuel, peuvent être hérités de ces stades anté-
rieurs et être ainsi juxtaposés à des caractères "actifs".
- C'est aussi le passé ou l'histoire antérieure du paysa~e
pédologique (modelé et sols) qui se traduit non pas seule-
ment par des hérita~es inertes mais en conditionnant activement
l'action présente des fact6urs pédogénétiques, à partir de leur
action passée : ainsi le climat récent Z aura des effets dif-
férents selon que la succession des climats antérieurs X et Y
aura été X puis Y ou Y puis X.
61

Les trois facteurs, roche-mère, climat et duré~ sont en effet


indépendants dans leurs c~uses'~ais leurs actions s'ajoutent
pour rendre complexe la répartition actuelle et la différencia-
tion des types de sol : le climat a pu changer plusieurs fois
perturbant ainsi l'évolution du sol dans le temps - Le matériau
du sol peut être "rajeuni" par érosion ou apport provoqués par
des changements climatiques ou de niveau de base etc.
- Deux autres facteurs de différenciation des sols, la topo~!a­
phie et la biologie sont dépendants des trois précédents et
interdépendants.

4 - La topographie : On constate que le sol est ~énéralement


différent en haut et en bas des versants ou selon l'exposition de
ceux-ci, leur forme', leur longueur etc. Ces données influent
effectivement sur le pédo-climat et sur la nature et l'intensité
de l,érosion superficielle et des mouvements internes causés par
la pesanteur (creep). L'observation des photographies aériennes
au stéréoscope sert au pédologue à distinguer différentes
caractéristiques du relief qui peuvent être en relation avec une
différenciation du sol. Sur le terrain le microrelief (petites
ondulations ou irrégularités de la surface du terrain) est un
élément important du diagnostic aboutissant à la classification
du sol.
Il ne faut pas perdre de vue que le modelé des paysages est lui-
même partiellement conditionné par l'évolution du sol sous l'in-
fluence des cinq facteurs précédents. Sauf dans les ré~ions
tectoniquement actives il existe donc une hamornie entre le
modelé et le sol que Iton exprime par la notion de paysa~e
pédologique.

5 La biologie : La végétation, la faune, les micro-organis-


=

mes et dans une moindre mesure l'activité humaine sont des fac-
teurs pédologiques qui à la fois dépendent des précédents .et
orientent à leur façon la pédo~énèse.
Les plantes modifient le pédo-clirnat, re~ontent des éléments
chimiques et fournissent la plus grande partie de la matière or-
ganique fraîche. Chaque espèce crée donc dans la tranche de sol
qu'elle prospecte un type de sol légèrement différent. La diffé-
62

renciation peut devenir très -importante pour certaines plantes


introduites, les conifères dans une forêt de feuillus par exem-
ple. En conditions naturelles on observe une certaine associa-
tio~ de plantes caractéristiques du sol et de son stade d'évolu-

tion. La végétation sert donc également au diagnostic pédologique.


La faune du sol est ,également déterminée par les autres facteurs,
climat, roche-mère, topographie, végétation, et la dur.ée d'évo~
lution (colonisations successives par des espèces différentes).
A son tour elle influe sur les caractères du sol : par exemple
les vers de terre entravent par leurs rejets de surface l'éro-
sion des secteurs presque horizontaux, l'accélèrent au contraire
sur les fortes pentes, favorisent l'huMification en mélan~eant
les débri$ végétaux à la terre, modifient la porosité, le profil
hydrique etc. Les termitières épigées supportent cer··
tainesespèces végétales et détruisent les autres, fournissent
en s'étalant de la terre argileuse aux horizons superficiels,
participent au cycle des éléments chimiques etc.
Les micro-organismes interviennent dans de nombreux cycles
d'éléments chimiques, azote, carbone, fer, soufre. Ce sont
essentiellement des transformateurs des substances chimiques. On
appelle leur étude la microbiologie du sol.
L'homme enfin est un puissant agent pédogénétique qui détruit
ou modifie la végétation naturelle, bouleverse par le feu, le
pâturage ou les techniques culturales les premiers horizons du
sol. Ce faisant il ~odifie le ruissellement, l'évaporation et
l'infiltration de l'eau, accélèrant ainsi ou réduisant l'érosion,
l'entraînement des substances dissoutes ou en suspension, chan-
geant l'apport de matière organique fraîche et son humification
etc.
Inversement les propriétés originelles du sol influent sur le
type d'intervention anthropique qu'il subit: pâturage, type et
méthode de culture etc.
63

CINQUI»JlE PARTIE
LA CLASSIFICATION DES SOLS UTILISEE AU CM~EROUN

V.1. PRINCIPE.
Les sols forment, à la surface des continents, un véritable con-
tinuum dont les variations sont généralement progressives
et où toute coupure présente un caractère plus ou moins ar-
bitraire.
La classification française, qui est actuellement utilisée
au Cameroun, est basée sur la notion à'orthotype ou de
profil-type qui nécessite un découpage du volume sol couvrant
chaque interfluve en volumes .élémentaires présentant de fai-
bles variations par rapport aux profils-types ou à leurs in-
tergraqes.
C'est donc une classification des profils mais dont l'aœbi-
tion est morphogénétique c'est-à-dire qu'elle veut classer
les f8cteurs de genèse des sols à travers leur expression
morphologique. Les caractères morphologiques pris en consi-
d ération doiv"ent donc trad uire de manière effe--ctive et harœo-
nieuse l~s processus évolutifs. Les critères fondamentaux qui
ont été retenus sont :
1/ le développement du profil, dans la mesure où il traduit
le degré d'évolution du sol, ce qui amène à distinguer
quatre grands types :
profil (A) C sols minéraux bruts
profil A C sols peu différenciés
profil A(B)C sols à horizon B structural ou
d'a,rgilisation
profil ABC: sols à horizon B d'illuviation.
Nota : 1/ Un horizon (A) est un horizon supérieur-qui ne dif-
fère de la roche-mère que par une simple désagrégation méca-
nique.
2/ Un horizon (B) ou B "structural" diffère de la roche-
mère pAr un degré à'alt~ration plus fort et de l'horizon A par
une structure difftrente.
64

2/ le mode d'altération,des minéraux primaires et la nature


des minéraux néoformss qui 'renseignent sur les conditions
physico-chiœiques induites par le climat gui a présidé à
la formation àu sol.
Les sols des climats équatoriaux présentent en particulier
. ~". ~~ . ,., ;.
une altération extrêmement poussée de presque tous les miné-
raux primaires, une libération importante de sesquioxydes et
une néoformation massive de kaolinite et souvent de gibbsite
(hydroxyde d~aluminiu~). Cette derni~re apparait lorsque le
drainage est intense et cDntinu tandis que la néoformation
de la kaolinite s'effectue par combinaison des ions Si0 2 et
Al 20 3 18,' Ott le drainage est défectueux.
3/ La nature et la répartition de la mati~re organique qui
différencient les profils par 1ES vitesses relatives de miné-
ralisation et d'humification et en provoquant la. ~~gration des
colloïdes minéraux avec lesquels ils forment des Q~mplexes
plus ou moins stables.
4/ L'intervention pr~dominante de processus particuliers com-
me l'hyàromorphie et l'halomorphie lorsqu'ils déterminent
entièrement le moàe d'évolution du sol.
5/ Les car9ctéristigues de la roche-mère lorsque celles-ci
sont telleœent p8rticuli~Yes qu'elles influencent de manière
évidente et accentuée les propriétés du sol. C'est le cas des
sols calci-mR~nésiques et des vertisols. La classification
américaine met à plut en outre les "Psamment" qui comprennent
tous les sols sableux plus DU moins évolués.
La classific8tion frp.nçaise des sols 'combine et hiérarchise
ces critères fonàamentaux à travers leur expression IDorpholo-
~ique dans des unités majeures qui sont

CLASSE-SOUS_CLASSE_
GROUPE- SOUS GROUPE
65

Le à écoupage et l'organisation du phénomène-sol qu'elle donne


s'arrêtaà__ un niveau de généralisation aSsez élevé mais elle
propose ensuite, P9ur la compréhension de tous les sols recon--
nus du globe, un cadre d'unités mineures, d'expression libre,
qui sont :

la famille l é ·
a s rl.e le type
la phase

Entre les unités majeures et mineures la notion de faciès


permet en outre de signaler uœparticularité.génétique qui
n'est pas nommément exprimée dans la classification actuelle.
Du fait de son ambition génétique cette classification est
sujette à des fluctuations et à des révisions périodiques.
L' explorat ion de nouveaux paysages amène en outre la d écou-
verte de nouveaux types de sols. Celle qui sera exposée a
été proposée en 1967 par la Commission de Pédologie et de
Cartographie des Sols avec la collaboration de l'ORSTOM pour
les sols des pays tropicaux. Cette classification est actuel-
lement en cours de révision.
Pour pouvoir rendre compte de certains aspects de la distri-
bution des sols, les unités simples précédentes doivent être
complétées par des unités complexes qui sont utilisées en
cartographie pédologique lorsque l'échelle utilis4e ne permet
pas de faire apparaître à Sa place chacune des unités simples
ou pour indiquer les liens génétiques existant entre des sols
très différents. Ce sont les

luxtapositions de sols-S' d l
equences e so s-Chaînes de sols.

Cette classification des profils (unités simples) complétée


par celle des paysages pédologiques (unités complexes) permet
à la systématique (science des cla~sifications des formes
vivantes) des sols de résoudre son double problème :
66

Grouper les grands types de sols mondiaux en fonction de


leur génèse 9 de leurs propriétts fondamentales 9 c'est-à-
dire servir de cedre à la science.pédologique.
Fc;>rrner un outil comrrode POUT. la .cartographie à grande
échelle, et donc utilisable à des fins pratiques.
Les critères qui sont pris en considération pour chacune
des unités taxonorriques précédentes sont:
CLASSE. Ce sont les cinq critères fondamentaux précédemment
indiqués qui servent à la distinction des unités majeures du
sommet de la pyramide. Il est distingué douze classes :
l Classe des sols minéraux bruts
II Classe des sols peu évolués
III Classe des vertisols
TV ClasEe des andosols
V Classe des sols calci-magnésiques
VI Classe des sols isohumiques
VII Cla-see - des sols brunifiés
VIII Classe des sols podzolisés
IX Classe des sols à sesquioxyd es
X Classe des sols ferrallitiques
XI Classe des sols hydromorphes
XII Classe des sols S00 iques.
Les c18sses largement repr~sentées au Cameroun sont les
classes l, II, III, IV, VII 9 IX, X, XI, XII.
Les sols minéraux bruts ont un profil (A)C ou R. Ils ne con-
tiennent que des traces de matière organique 9 l'alt~ration
chimique y est insensible, on y observe seulement une désa-
grégation et üne fragmentation mécaniques de la matière
minérale. Ils s'observent au Cameroun EUT des matériaux ré-
cemment apportés ou mis à nu (blanc alluvial, dalle rocheuse)
ou bien constamment rajeünis par l'érosion (certaines fortes
pentes 9 ravines d'érosion, etc).
67

- les sols peu .~volués ont un profil A C et donc un hori~on


humifère distinct mais ~'altération,chimique y est encore peu
poussée, seuls les sesq~ioxydes de fer peuvent y 3tre faible-
ment individualisés et les cations y être déplacés. Cette fgi-
ble ~ifférenciation est due ici non P9S à des conditions clima-
tiques d~favorables [Link], comme pour les sols minéraux bruts,
à la jeunesse du matériau ou ~ son rajeunissement ~ar l'éro-
sion. Ils occupent de grandes superficies sur les modelés
jeunes du Nord-Cameroun.
- les vertisols ont un profil A (B) C,l'absence de diffÉrencia-
tion par la couleur et la texture provenant d'une homogénéisa-
t ion par des [Link] internes (vertisols vient de v ertere,
tourner, mé[Link]) résultant èle la 'néoformation massive-'a i ar-
giles gonflantes de la famille des [Link] cou-
leur foncée est due à la formation d'un complexe argilo-humique'-'
stable et non pas à de fortes proportions d'humus. Ils se dif-
f~rencient saisonnièrement par leur structure qui est large
(prismatique puis plaquettes obliques) et leur très faible
micro-porosité. Les mouvements internes qui les affectent
provoquent souvent en outre la formation d'un micro-relief
particulier "d'effondrements" appelé "relief gilgai"",
Les vertisols sont abondants au Nùyd-Cameroun partout où la
concentration en cations alcalino-terreux (Ca et Wg) est
suf~isante c'est-~-dire dans de nombreuses zones déprimées et

sur les roc~es-mères basiques pas trop riches en fer.


- les anàosols ont un profil A C ou A (B) C, leur originalité
provenant essentiellement de l'abondance et de l'influence,
dans leur fraction min~rale, de produits amorphes particuliers,
alumino-silicatés, les allophanes qui forment des complexes
très stables avec la matière organique" La présence -d'J-e'lHrphane
est détectée par un test au fluorure de sodium. Elle se marque
aussi par les caractères morphologiques et analytiques s~ivants
très faible densité apparente, inférieure à 0,9 due à une·
structure fine à ~rès fine, grumeleuse, d'aspect "souffl~",
sans cohésion inter-agrégats à l'état sec.
68

- Capacité très élevée po··ur l'eau, donnant üff·t1>ucher--sa-


;
vorïneux et des' propriétés thixotropigues, mais avec [Link]
déshydratati0n irréversible en .dessous de pF 4.2
- une dispersion difficile qui nécessite l'emploi des u.l-
tr~sons (1'hexam6taphosphate provoquant au contraire la·
floculation) et due à la grande stabilité du complexe
argilo-humique.
- une forte capacité d'échange qui s'exerce également pour
les anions.
- d~s anàosols ont déjà été signalés dans la région du
mont Cameroun sur les roches volcaniques riches en
"verres" •
Les sols calci-magnésigues ont un profil AC DU A (B) C et dé-
rivent de roches carbonatées fournissant en abondance du cal-
caire actif et des ions alcalino-terreux. Ils diffèrent des
vertisols, sols isohumiques et sols brunifiés, qui peuvent se
for~er sur les ~êmes matériaux, par leur structure grenue ou

finement polyédrique, leur ~atière organique de type mull


calcique à contàct net entre les horizons A et (B). Leur com-
plexe argilo-hu~ique très stable ~ base d'argiles de type 2/1
est saturé ~ plus de 90 % en cations alcalino-terreux, le pH
étant supérieur ou égal à 7 et le rapport C/N bas (8 à 12).
Ces sols, dont les mieux typés sont les rendzines, évoluent,
par décarbonation progressive des horizons supérieur~vers les
sols brüns.
Quelqües rares sols du Nord-Cameroun pourraient ~tre rap-
prochés de cette classe dans üne "unité d'apparentement".
- Les sols isohumigues présentent une répartition caract~ris­
tiqüe de la matière organique qui est prorressivement décrois-
sante dans le profil et plus élevée que dans les aütres sols
re la région. ~lle est très humifiée et polymèrispe avec
dominance d'acides humiques gris. Le compl~xe absorbant est
saturé en (B) principalement par le calcium. Leur profil est
de type A (B) C et p~rfois ABC, rarement de type AC, leur
69

structl;lre est grenue, grumeleuse ou polyédri..ue subangulaire


en A, pQlyédrique ou prismatique ~8ns les horizons profonds
qui comportent souvent en outre un horizon de pseudo-gley,
ou une cronte carbonatée ou gypseuse. Ils se forment sous des
latitudes plus é!-ev ées que le C8~[Link], à végétation graminéen-
ne annuelle de type steppe.
Les sols brunifiés ont un profil A(B)C ou·ABC avec un humus
à forte activité biologique de type mulla L'horizon texturaI
ou structural conserve une couleur brune parce que le fe·r,
libéré par l'alt~ration en quantité limit 6 e, reste lié au
complexe [Link]-:-pumique. Le lessivage du fer et de l'a.r.:gil_e
ne s'y m~nifeste pas nettement. La structure est bien dévelop~:
ppe polyédrique subangulaire assez fine et elle englobe géné-
raleœent de nombreux minéraux ou fragments de roche. Ils se
forment sous des cliœats variés, boréaux, temperés et tropi~
caux (où on les appelle SOLS BRUNS EUTROPH"'~S TROPICAUX.) Ce
sont en fait des sols de transit~on entre les sols peu évolués
et certaines classes de sols évolués notamment ici les vertisols,
sols fersiallitiques et les sols ferrallitiques. On les rencon-
tre en différents points du Cameroun, en particulier sur les
roches basiques du volcanisme récent de l'Adamaoua et de
l'Ouest.
- Les sols pod zolis és sont formé s sous l' infl uence d'un
humus très acide de type mor libérant de grandes quantités
d'acides fulviques qui dégraàent les minéraux ailicatés comme
les argiles et forment des complexes avec le fer et l'aluminium,
ce qui provoque la migration per descensum de ces éléments~
Leur profil est fortement différencié ~u type Ao, A1, 112, Bh,
Bfe,C. Ils se forment habituell~ment sous climat fraie et
humide sur des roches siliceuses pauvres en cations mais ils
ont étp signal~s localement en côte d'Ivoire sur des sables
[Link] q na ppe phréa.t ig ue mobile.
- Les sols à seSquioxydes de fer et de manganèse ont un profil
ABC ou A(B)C, les horizons B ~t~nt vivement colorés par
individualisation des sesquioxydes qui peuvent s'y trouver
70

sous forme figur~e dans des concr~tions, carapace ou cuirasse.


Lorsque les conditions de la p~dog~n~se favorisent la s'para-
tion des sesquioxydes d'avec les particules argileuses et leur
migratio~ on observe des sols plus ou moins diff!renciés par

lessivage, qu'on appelle sols fè?rugineux tropicaux. Ces sols


sont largeTent T~pandus au Nord-Ca~eroun~ Lorsque les sesquio-
xydes acco~[Link] au contraire l' argile (montmorillo~~t ~~_. '.
illite et kaolinite) les sols sont très vivement colorés en
rouge, leur complexe absorbant est presque saturé en cations
échangeables et leur profil peu différencié. Ce sont les
sols fersiallitiques auxquels on rattache les sols rouges
tropicaux du Nord-Cameroun formés sur des matériaux à la fois
riches-en cations et en fer.
- Les sols ferràllitiques sont caractérisés par une altération
complète des ~inéraux primaires altérables et une néosynthèse
massive de kàolinite, gibbsite, goethite, hématite et dans
certains cas de produits amorphes. L'horizon B est épais,
vivement coloré en rouge ou jaune, sa structure est très fine
, , .
ou vaguement exprimée, il présente une ~rande friabilité et
une forte porosité. En dessous se développe un horizon Bfe
plus souvent concrétionné que cimenté en cuirasse, ou un
horizon bariol~ susceptible de durcir ~ l'air. L'horizon C à
architecture ponservée est lui aussi très épais, friable et
[Link]. L'ensemble du profil jusqu'à la roche-s~ine peut dépas-
ser 20 m d'épaisseur. Le pH est [Link] e, la capacité d'échange
et le: taux de saturation sont faibles.
Ces 801s' se dévelo~pent actuellement dans les parties humides
de la zone intertropicale, sur des matériaux quelconques et
sous forêt 'd'ense ombrophile ou semi-décidue. Ces sols doivent'
leur épaississement considérable à la rapidité de l'altération
par des eaux tièdes et abondantes et à la protection qu'assure
la couverture forestière contre l'érosion. Ils sont de ce fait
généralement polygé~iques et ils incorporent notàmmep..t dans ~n
horizon caillouteux ou une stone line des constituants gros-
siers hérités d'anciens épisodes de pédogén~se ou de morphogèn~se.
71

Ils occL<pent la plus grande partie du Cameroun méridional,


central_~t oçcidental.

- Les sols hydromorphes présentent tous les caractères d'une


évolution dominée par l'effet d'un excès d'eau, temporaire
ou permanent, dans tout ou partie du profil. Cet engorgement
provient soit de l'existence d'une nappe phréatique peu pro-
fond e soit d'une longue stagnation des eaux pl uv iales au...--
d'inondation. Selon les conditions d'oxydo-réduction cette
hydromorphie se traduit soit par une accumulation d.e ..mat-ière
organique de type tourbeux ou anmoor, soit par la formation
d'un horizon de gley ou de pseudo-gley.
Un ~ (noté G) est un horizon d'engorgement prolongé où les
phénomènes de r~duction l' [Link] sur les ph-éoo-mène·s à·~oxyda­
tion le fer est réduit q l'état ferreux qui confère à l'hori-
zon une teinte grise à verdâtre ou bleutée de chroma égal ou
inférieur à 2 (Code Munsell).
Un pseudo-gley(noté g) est un horizon à engorgement périodique
où se produit une alternance de réduction et d'oxydation avec
redistribution du fer. Il présente donc une juxtaposition de
[Link] ou band es rouille et grises.
Ces sols se forment sous tous les climats dans les zones hu-.
~ides et mal drainées. Ils sont donc'largement repr~sentéB
au Cameroun où on les rencontre non seulement dans les secteurs
déprim 6 s (vallées, cuvettes) où ils passent [Link] vertisols et
sol sodiques lorsque la concentration en iÇ>ns Ca. et Na s' élève,
mais aussi dans certains milieux "ouverts" (Sud de la chaine
de Poli) dont les sols présenten~ un horizon imperméable argi-
lisé~

.. Les sols sodiques ont une évolution dominée soit par une teneur
élevée en sels solubles (chlorl,lres, sulfates et bicarbonates
de sodium ou de magnésium) soit par une teneur élevée en sodium
échangeable fixé"sur le complexe absorbant, ces substances modi-
fiant fortement la structure et la végRtation. Le sodium en
excès provient soit d'une nappe phréatique salée soit d'une
72

roche-mère p9rticulièrement sodique ou dont l'évacuation de


l'ion Na+'est mal assurée. Certains des sols appelés h8rdés
dans le Nord-Cameroun (naga au Tchad) ont des caractères de
sols sodiq~es. Ils sont rares 8U Sud de la Benoué, l'augm3n-
tation de la pluviométrie assurant une meilleure évacuation
du sodium, cation monov ~,lent.
SOUS-CLASSE. Au niveau de la sous-classe la classification
fait g~néralernent,intervenir des critères mis en relation
avec le pédo-climat actuel au sens large: humidité, tempéra-
ture, concentration ne solutions du sol en certains ions,
conditions d'oxydo-réduction.
Par exemple les vertisols sont répartis en oeux sous-classes,
l'une à drainage externe nul ou réd~it (par drainage externe
on entend les possibilités d'écoulement de l'eau à la surface
du sol donc à la. fois pa.r ruissellement et par drainage in-
terne per descensum) où les néosynthèses d' [Link] gonflantes
proviennent de la concentration cumulée d'ions Ca++ et Mg++
rassemblés dans ~ne dépression réalisant ainsi un milieu
confiné favorable; l'autre à drainage externe possible où le
confinement nécessaire provient de la richesse de la roche-
mère en cat ions alcalino-terreux.
- De m~[Link] les sols ferrall{tigues, largement étal~s en
latitude, des diff 6 rences sensibles de pH, somme des cations
et taux de saturation paraissent en relation avec l'intensité
nu drainage et par conséquent des variétés de climat et de
pédo~clirn~t d'où la distinction de trois sous-classes:
sols forte~ent, moyenne~ent et faiblement désaturés en B

GROUP~S.

Les groupes sont définis par des caractères morphOlogiques tra-


duisant soit ~ne d~fférence d'intensité du processus fonàamen-
tal soit l'intervention d'un processus particulier. Ce proces-
sus secondaire peut correspondre ou non au concept central
d'une autre classe ou même co'nstituer une variante du
processus fondamental.
. ..,.-......
. '..........--_ .~:,'_'j;...-r..~l'-/,..-

- _.. _ ----.--_ ..
,
... , "

... •
,
- ..
~:" r" .' .:.;..~ ' • _, _ .

- Les sols ferru€ineux· tropicaUx don:1(;~~;le .-pFoêessus fonàamen:t;al _


est le lessivage du fer et de' l' à.:rgile, ,comprennent ainsi trois
gro upes :
peu lessivé (faible intensité au processus)
less-ivé-~{c'oncept central')
ap~auvri (entra1nement non suivi d'accumulation)
- De même les sous-classes des sols ferrallitiques compren-
nent les groupes :
typigue (concept central bien exprimé et sans intervention
des processus particuliers suivants).
humifère (accumulation à e matière organique bien 'f1voluée
en liaison avec un péd o-climat p~u,s froid d' al-
. """""-.. -. -"

ti tud e) .. ._.~,

remanié (réorganisation de la partie supé±ieuxe du profil


par d es processus [Link]--'Ou. ,g~morphologi­
ques mettant souvent en place un horizon grossier
ou une stone line)
rajeuni (troncature d~ profil par une accélération de .
l'érosion en ~appe ou, apport de mat~riaux conte-
nant des min~ra).Ax [Link]~rables)
inàur'e (cimentation ou durcisseme nt d es horizons infé-
rieurs enrichis en fer)
a,ppauv ri (enlèvement deI' argile deI' horizon A Sans ac-
cumulation corrélative en B)
Ië'séîvé (dé"t>1acement à-e l'argile de A en B)
• , _T ~ •• _ __. • ...

- De' même dans la sous-clas's-e des sols hyàromorphes minéraux



on distingue les groupes suivants
à gleY
à pseutlo-gley ,i
à sta~no-gley (gley surmontant un pseudo-gley)
à amphi-gley (pseuào-gley surmontant un gley)

"
à accumulation du fer en cuirasse
à redistribution du calcaire ou du gypse

SOUS~GROUPES. Les sous-groupes expriment soit-~ne va~~ation


d' intertsité du proc'essus caractérisant le groupe soit t, in-
tervention d'un processus secondaire qui marque ses caractè-
res propres dans la morphologie.
Par exemple dans les sols ferrallitiques le groupe remani'é
comprend, entre autres, les sous-groupes:
modal (concept central équivalent de typique)
rajeuni
induré
hydromorphe
- [Link] les sols' ferrugineux le groupe lessiv é comprend 1es
sous-groupes :
modal
à concrétions
induré
à pseudo-gley
remanié en A
I--~ni tés mineures •
_ _ _ _ _ _ _ _ _ •
1
1

la famille:à l'intérieur d'un m~me sous-groupe toutes les


séries formées à partir du m~me ma.tériau pétrographique cons-
tituent une famille. On l'exprime à l'aide de caractères miné-
ralogiques et architecturaux importants du matériau plutôt que
par le nom géologique de la roche-mère : arène grossière
quartzo-feldspathique plutôt que granite.
la série est une notion très importante empruntée à la clas-
sification américaine. C'est l'ensemble des sols gui pr~sentent
sur un matériau originel donné et dans des positions comparables
dans le paysage-~e m~me type de profil. Elle est dénomœée
d'après le lieu où elle a été caractérisée. Sa définition devrait
en théorie s'appuyer sur deE critères d'homogénéité stati~tique.
le type - 8. l' int érieur d' une série les sols ayant"la même- tex-
ture de l'horizon superficiel appartiennent au même-type.
ex. : type argilo-limoneux de la série X
la phase - on exprime au niveau de la phase des modifications
temporaires causées aux horizons supérieurs par des actions
naturelles (érosion, c~lluvionnement) ou anthropiques (mises
en culture).
75

V.2. APERCU SUR LES AUTRES CLASSIFICATIONS.


1/ Classifications anciennes.
Certaines classifications admettent que le climat est le
facteur débisif de l'évolution des sols. Ce sont les classi-
ficatHms c1-imat-iq-ues. Dokuchaev distinguait [Link] à la fin
du siècle· deTnierles sols:·
azonaux - sols peu évolués à caractères voisins -de
. - """ . ceux de la roche-tnère.
zonaux - sols évolués, relativement indépendants de
la roché~mère, mais dépendant étroitement du
climat et de la végétation.
,i intrazonaux - sols évolués mais ayant subi une évolu-
tion différente de celle qui caractérise l'en-
semble de la zone climatique où ils sont obser-
vés par suite de certaines particularités phy-
siques ou chi~iques de la station.
Par exe~ple les sols ferrallitiques et les sols ~ sesquioxydes
sont des sols zonaux, les sols hydromorphes et halomorphes des
sols intrazon3ux. Pour définir convenablement un cliœat dans
un but pédologique il convient de comparer chaque mois la
pluviosité et l'évapotranspiration potentielle.
D'autres classification s'appuient sur les pro~riétés chimiques
du sol comme la nature du complexe absorbant. Ce sont les
classificatio~s chimiques. D'autres enfin combinent les fac-

teurs çlimatiques et chimiques.


2/ Les. classifications récentes.
Les classifications récentes ont une base génétique mais elles
utilisent au niveau supérieur (classe ou ordre) non pas les
facteurs ext érieurs d'évolution, ni même les [Link] é~.91u-.
tifs qu'ils déterminent mais les caractères pédologiques qui
traduisent l'intervention de ces proceESUS.
76

Classification am~ricaine

La classification am~ricaine est particuliètëmè-nt ~~.portl:f1?-të-;··_·


Elle a _ét~.~~labor~e par approximations successives dont la
septièmé'~~-r~vis~e elle-même en 1967 est la plus r~cente. Les
sols y sont classés et group~s d'après un ensemble de caIac-
tères mesurables, morphologiques et physico-chimig~es tra-
duisant leur parent~ g~n~tique, c'est-~-dire l'~tat -da leur
~quilibre actuel avec le milieu. Des horizons de diagnostic
servent à la caractérisation et au classement des profils. Ce
sont les horizons A de surface appel?s ~pipédon : par exemple
l'~pipéàon mollique est un horizon humifère d'épaisseur supé-
rieure à 10 cm., ge couleur foncée, de structure grumeleuse
a~rée et dont le taux de saturation en cations bivalents est
supérieur ~ 50 % et le rapport C/N inférieur à 17. Il corres-
pond sensibleœent à notre définition du mull calcique.
Les Rutres épipédons sont appelés umbrigues (mor, moder,
anmoor acides et ~pais) ochrigue (mull ou Moder peu épais)
histique (tourbe) anthropique (Ap) et leur définition est
tout aussi pr~cise.
Les principaux horizons de diagnostic de profondèur sont
Horizons d'argilisation
Cambique horizon (B) des pays temp~r~s
: enrichi en Fe 20 li-
3
bre qui lui donne une couleur brune ou ocre; structure
polyédrique ou prismatique sans enrobements argile!J)C.
oxigue horizon (B) des climats chauds et humides : très enri-
chi en Fe 20 et A1 20 libres, très pRuvre en minéraux altér~~
3 3
bles, de structure massive ou polyédrique sans enrobements
argileux. L'argile caractéristique est la kaolinite.
horizons d'accumulation
natrique : horizon B columnaire, à [Link] amorphes noirâ-
tres, for~é par accumulation d'argile et d'humus so~iques.
77

argilligue horizon B polyédrique à enrobements brillants


d'argile ferrugineuse orientée (clay-skin) réBultant du
lessivage d'argile et de fer en milieu peu acide et bio-
logiqùe~ent actif.

spodique : horizons Bh ou Bfe résultant du lessivage de


[Link] organo-métalliques (fer et aluminium) dans les.. ~ __.._
podzols notamment. S'il durcit par cristallisation du fer
on l'appelle alios. _ .....-.----
agrigue horizon B compact, ..enrichi en argile et en l:lt.<ffiUS, .. _. . .

situé sous ~n horizon travaillé.


horizons de diagnostic secondaires. Retenons les horizons
calcigue (enrichi en carbonate de calci~m)
gypsigue (enrichi en s~lfate de calcium)
salique (enrichi en chlorure de sodium)
albique (A 2 blanc, cendreux des podzols et des ..-
. planosols)
duripan (durci non calcaire)
fragipan (tassé, souvent hydromorphe).
Nomenclature.
La classification am~ricaine utilise au niveau le pl~s élevé
(ordre) la pr~sence ou l'absence des différents horizons de
diagnostic précéd~nts.
Les dix ordres fondamentaux sont
1 entisols (ent) sols très peu évolués, dépourvus d'horizon
de diagnostic
2 vertisols (ert) sols à argiles gonflant es
3 inceptisols(ept) sols peu évolués ou en voie d ' évol~tion

4 aridisols (id ) sols de climat aride


5 mollisols (01 ) sols à épipédon mollique
6 spodosols (.d ) sols à horizon spod ique
78

,
7 alfisols (alf) sols à horizon argillique et 9- al tération-
réduite
8 ultisols (ult) sols à horizon argillique et à a.l tération
poussée
9 oxisols (ox ) sols à horizon oxique
10 histosols (hi st) sols hydromorphes organiques

Les sous-ordres sont basés soit sur la présence d'autres hori-


zons de diagnostic soit sur le pédo-climat et en particulier
l'hydromorphie~ soit sur des caractères particuliers de roche-
mère. On les exprime sous forme d'un préfixe (aqu = hydromorphe
ust : de climat chaud, ud de climat hurnid e AIt de climat froid,
xer de climat sec) suivi du suffixe inriquant l'ordre. P8r
exemple un ustalf indique un alfisol de climat chaud.
Les groupes sont d4terminps par la présence d'horizon de diagnos-
tic secondaire et exprimés par un nouveau préfixe. Par exemple
un fragudalf est un udalf à fragipan. Les sous-groupes sont
exprim~s par un adjectif bâti sur les préfixes précédents
udique = de clima.t humide~ aquique = hydromorphe. Enfin
orthique signifie typique.

Classification de la F.A.O. Cette classification a été proposée


en 1968 pour établir une carte des sols du monde. Elle a cher-
ché un d~nominateur commun à toutes les classifications, qui
s'est révelé être le groupe et a établi une clef de à étermina.-
tion pour les 79 groupes actuellement reconnus.

V.3. LECTURE DES CARTES ET RAPPORTS PEDJLOGIQUES.


Les différentes échelles.
Les cartes à petite échelle (1/10 000 000 à 1/250 000) ont pour
objet de montrer l'influence~ Eur la pédogenèse, de~ granns
facteurs fondamentaux du milieu. Une carte des sols t'lu 'ronde
79

au 1/5 000 000 est en cours d'élaboration. Il existe pour le


Cameroun une carte aL< 1/1 000 000 déjà ancienne et peu pr-é':": -
cise sauf pour l'OL<est et le Nord. Ces cartes de synthèse ne
peuvent être utilisées pOL<r les projets de mise en valeL<r des
terres. Il en est de même dES cartes de reconnaissance aL<
1/200 000 qui peuvent toutefois permettre d'orienter le choix
de secteurs propices à des cartographies à plus grande échelle
et dans un but déterminé.
Les cartes à moyenne échelle (1/200 000 à 1/50 000) sont aL<ssi
des cartes de synthèse qui permettent .un premier inventaire
des sols jusqu'aux sous-groupes et parfois jusqu'aux séries.
L'organisation des sols dans la natL<re est généralement si
fine que ces cartes comportent une part importante d ' unités
complexes, juxtapositions, séquences et cha1nes de sols et que
les unités simples peuvent comport er jusqu'à 30 % "d' impuretés"
(autres sols que celui qui est indiqL<é). On conçoit donc que
ces ca,rtes he -'peuvent servir directement à un projet de mise
en valeur mais indiqL<ent les principaux types ae sols d'une
région et leur organisation habituelle dans le paysage.
Les cartes à grande échelle (1/25 000 à 1/2 000) renseignent
d'une manière précise SL<r la distribution locale des différents
types de sols et fournissent L<ne analyse encore plus poussée
de leurs caractères. Nécessaires aux agronomes qui participent
aUX projets de mise en valeur, elles leur servent à placer les
points d'essai de fertilité pour chaqL<e cL<lture envisagée. et
à chiffrer et situer les superficies disponibles.
Légende et notice.
Les cartes sont accompagnées d'L<ne légende succinte, imprimée
sur le même support, qui explicite d'abord la signification des
unités simples, à l'aide des normes essentielles de la classifi-
cation, pL<is décrit, sous le nom d'associations, les différentes
unités complexes rencontrées.
80

Une notice explicative ou un rapport pédologique est enfin joint


au document cartographique. Cette notice détaillée indique
d'abord les [Link] caractéristiques, géographique, cli~a­
tique, géologique, hydrographique, hypsométrique, morphologique,
v égétale et huma·ine de la région (facteurs du milieu) puis .
donne la description précise et les caractères chimiques, physi-
ques, hydriqueset biologiques de tous les types de sols rencon-
trés, que ceux-ci figurent en unités simples, en unités complexes
ou même occupent des superficies trop réduites ou trop morcelées
pour avoir pu être représentés. Elle doit fournir aussi la
constitution des unit~s complexes, indiquer les lois de répar-
tition des sols qui ont pu être déga~ées et toutes les corréla-
t ions int éressantes avec les facteurs du milieu.
L'établissement d'une carte pédologique nécessite la possession
de bons documents topographiques et géologiques à mê~e échelle
et des photographies aérienne's verticales, panchromatiques
ou (et) inira-roug~s pour l'étude stéréoscopique (photo-inter-
prétation pédologique).
L'exposé des sols se fait soit en fournissant les descriptions
et caractères analytiques des orthotypes et en indiquant leur
intervalle de variabilité soit en indiquant le profil moyen
synthétique. Les unités complexes sont présentées sous forme
de séquences représentatives ou de paysages pédologiques qui
sont soit des successions réelles effectivement rencontrées et
dont on indique les variantes possibles soit une représentation
schématique.
Les fluctuations de la classification, du vocabulaire ~escrip­
tif, des schémas génétiques, d'une part et l'affinement de
l'observation ~orphologique d'autre part rendent parfois déli-
cates ~ comparer des études anciennes et récentes. Les descrip-
tions de profils constituent alors les données de référence.
Les cartes à grande échelle sont généralêment accompagnées de
cartes d'aptitudes culturales ou cartes de vocation des sols ou
land utilisation maps. En principe 11 étud e péd ologique seule est
insuffisante pour déterminer quelles sont les cultures à faire sur
81

un sol donné : elle peut seulement indiquer les facteurs favo-


rables ou défavorables à un type de culture {sarclée, arbustive,
submergée) en renseignant sur l'épaisseur utile du sol, son
profil hydrique saisonnier, ses caractéristiques chimiques,
physiques et biologiques. Un sol donné n'a pas en effet une
vocation déterminée, il peut convenir à différentes cultures
à condition d'effectuer telle ou telle correction et le choix
d'une culture fait intervenir des aspects techniques,
écologiques, économiques, biologiques (adaptation des variétés)
et politiques qui ne sont pas du ressort du pédologue. La for-
mation agronomique de plusieurs d'entre eux et les demandes
des bén-éficia~res··les am€-nent.· parfo-ia-à orienter cee choix.
, ,
HUMIDITE VOLUMIQUE EN SAISONS seCHE ET HUMIDE
III 20 30 40 50 SO % humidité la 20 30 40 50 60% humidaé

20 Variation saisonnière (V S ,

'to
l60mm' 165111111
60 1

80

100 100

200 ~oo

FlRRALL1TIQUE ROUGl FERRALLITIQUE. JAUNE

Of NGAOUNOÉRÉ D'lBOLOWA
300

4 400
cm S Sèche [Link]
proFondeur
SR

500
600

700
800 prDfondeur
cm

50 50

100 100 100

200 7i.i::'::::::::T'"_ _-..!.200 100


SH crn
SH

250 S5 S S8
cm ROUGE TROP1CAL FERRUGINEUX VERTISDL HARDE SODIQUE
MAROUA GAROUA UAROUA MAROUA
~ 83 -

SIXIEYlE PARTIE

LES PRINCIPAUX SOLS [Link]

1/ LE DOMAINE FOhESTIER EQUATORIAL

2/ LES SOLS DES REGIONS VOLCANIQUES ET MONTAGNEUSES

3/ LES SOLS DU NORD-CAMEROUN


, Figure 3
TOPOSECUENCE FERRALLITICUE JAUNE DE KOMPINA
_NNW _ _ .
1KOM 2' lisière KO~ 4 IKOMSI
1 1 1
ID T_---..,- - - 1,- fore-t ..1~ plantations
• 1 de _ _
1 1
1 ,
1
1 1
Horizon
à
---- Nov.. dra IJées
Ilap
Pe el') IN"",
25m ou cuirasse 1,c-é~ ~~b"e
dure "/e,. ---

l
x2
Argile bleue avec bois
ARGILE SABLEUSE et manganèse SÉDIMENTAIRE
~ --'-_--'-_"""",-- L...----'_--4._--'-_-L-_....L-_..J.-_L...----'_---t._--'-_--1.-_-'--_...L-_04_
o 10 50 100 1S0 190rn

1 KOM21 1 KOM4] 1 KOM 51


20
30 10 VR 5/5 2,5 V 6/4 et
1oVR6/6 10 VR 5/2
40
1 1 1
8.75VRS/6
et 1,25 V 5/6
volumes ocre
Jaune
40
2 2 2 2

7,5 VR 6/6

43 o
3 3 3 3

Jaune ocre
o
5 45
4 4 / /
>'/')'6'>"'
/ / / /
.
LEGENDE
;,o~'> ~'/'/
"""~
/ ,/. ,/,,/...(~
10 VR 5/5 Teinte en sec
5 Concr~tions rou
~ Revitements argileux
friables dans une
matrice blanche 0
"> ~ % Argile
6
G Nappe en 1971

10 81 Galets de quartz
7
Jaune 0 1-. ~ Concretions de fer

Plaquette de grès
----------
Argile bleue
Sm 8 bois fossile et Horizon bariolé
manganèse
10m I--- ...L-~
85

CHAPITRE VI 1

LE DOMAINE FORESTIER EQUATO'RIAL

On y rencontre quelques sols azonaux (minéraux bruts. et peu


évolués) sur les fortes pentes des massifs ou des inselbergs,
d es sols intrazonaux (hyd romorphes) dans tous les bas-foncl s
et vallées mais surtout un grand type de sol zonal, le sol
ferralli tique qui couvre l'ensemble des ··,int-erfluv es soi-t
près des 9!10è de la superficie.
Ces sols ferrallitigues rouges, jaunes et bruns qui consti-
tuaient naguère une troisième sous-classe des "sols à
sesquioxydes" ont été récemment élevés au rang de classe pour
mieux rendre compte 'de leur originalité et de leur vaste ex-
tencion.
SOLS PEU EVOLUES
Les dalles rocheuses nues des fortes pentes sont classées
en sols minéraux bruts d'origine non climatique d'érosion
lithiques (régosoligue indiquerait que la roche est meuble
et pénétrable en tous points par les racines). Sur les monta-
gnes la roche porte, de place en place, un horizon humifère,
épais de quelques centimètres tout au plus, armé par un
feutrage de radicelles. Par exemple sur le mont Minloa domï-
nant le barrage de la Méfou cet horizon contient 10 à 20 %
de [Link]ère organique à rapport CIN de 7 à 1,3, 10 à 20 %
d'argile, 5 mé de cations saturant à 20 % une capacité
d'échange de 20 à 30 mé!100 g. Le. pH est, voisin de 5, les ré-
serves en cations totaux et en fer. total sont bonnes. Le
, "

tapis herbacé comporte souvent des genres connus dans les


marécages, la roche dure jouant malgré la pente le rele de
couche imperméable. Ces sols sont classés sols peu évolués
d'origine non climatique, d'érosion, lithiques. Ils ont·
aussi des caractères des rankers, sols peu évolués humifères
de climat humide et frais.
Il existe aussi des sols peu évolués d'érosion (régosolique)
qui résultent de l'érosion de sols ferrallitiques jusqu'à
lihorizon BC, Bfe ou C. On les rencontre sur les fortes
pentes des talwegs.
86

SOLS HYDROMORPHES. Ces sols ont été peu étudiés au Sud-Cameroun


à cause de leur faible utilisation actuelle (raphiales, excep-
tionnellement riziculture) et de leur approche difficile en
toutessei~ons: le profil est en effet presque constamment

engorgé sauf sur quelques décimètres en saison sèche.


Des sols hydromorphes organiques ont été signal~s dans le lit
majeur du haut Nyong entre Ayos et ~bong-Mbang. Vers Ayos le
profil est exondé en saison sèche, situé sous végétation herba-
cée~ et formé d'alluvions argileuses grises surmontêes-d~un

horizon argilo-organi~ue acide oe 30 cm d'épaisseur, con~enant


environ 17 % de matière organique à rapport c/N de 17. Il est
pauvre en cations mais présente une forte capacité d'échange
(donc de fixation d'engrais ~in~raux) et pourrait être, après
neutre lisat ion 8. la chaux, incorpor é ut ilcment à l' horizon su pé.-:" _.
rieur des sols de plantation pour en améliorer la fertilité. En
amont d'Atok on observe le passage à une tourbe, sous forêt
ma.récageuse, continuellement inondée. L'horizon organique (qui
surmonte la même argil~ grise) est formé alors de mati~re végé-
tale mal décomposée accumulée sur 1 à 3 m d'épaisseur et qui
constitue 50 % du poids. Son pH est acide et le rapport c/N
élevé (40). Elle pourrait être aussi incorporée au sol ou utili-
sée comme paillage.
Des sols hydromorphes moyennement organigues et des sols
hydromorphes miné[Link] occupent les petites et moyennes vallées.
Les premiers sont des sols humiques à gley à anmoor acide les
seconds des sol~ à gley d'ensemble. Ils sont finement associés
et ne diffèrent d'ailleurs que par leur horizon supérieur, qui
repose sur un horizon de gley gris à blanc de texture variable.
L'anmoor d es sols humiçues à gley est épais de 15 -à 20 cm, sa
teneur en matière organique de 6 à 18 %à rapport C/N de 10 à
13, sa capacité d'échange est de 10 à. 30 mé/100 g et saturée à
20 % environ. Le pH est acide (4 à 5,5) mais on ne connaît pas
ses variations saisonnières. l'horizon humifère des sols
hydromornhes min 6 raux à gley d'ensemble est peu humifère (2 à
4 %à C/N de 8 à 13) assez bien structuré et ~pais de 10 cm environ.
87

Les sols humiques à anm00r comliennent à. la [Link] tare aV_ec


" .. .
~ ..
contrôle du plan d'eau mais non les sols minéraux auxquels
ils sont trop finement associés pour pouvoir envisager de
grands aménagements.
Il existe aussi des sols hydromorphes minéraux à pseudo-gley
(à taches 9u ~ê~e concrétionnés) sur les différentes terrasses
de la [Link].
Le ~atériau de ces sols hydromorphes de bas-fond est fréquemment
quartzeux, sableux ou graveleux, et il s'[Link] dans
les "têtes de talweg". Dans ce dernier cas au moins il n'est
pas d'origine [Link] iale mais ~pnsti,t-tie- un resid u de d 2moli tion
des sols ferrallitiques d'interfluve dans un milieu réducteur
(disparition des concrétions
'~ ~ ..,~
ferrugineuses) qui ass.~r~ . en outre
-

une élimination partielle des colloïdes (nappe affleurante).


Dans les vallées plus importantes et notamment près des massifs
(barrage de la reéfou) on a au contraire la preuve d'un ~em­
blaiement important ([Link] mètres ou d écalPèt~es) •. Il est '
donc difficile de faire la part des processus pédologiques et
paléogé9graphiques dans l'élaboration du modelé actuelle~ent
observé: fond plat engorgé bordé de fortes pentes plan-convexes.-

LES SOLS FERRALLITIQUES

Les sols ferralli tiques du Sud-Cameroun sont d-évelo-l3P2S sur des


roches diverses, granites, gneiss, schistes, micaschistes,
amphibolites, ar~iles sédimentaires des bassins côtiers etc.
Ils comportent de haut en bas les 6 "groupes d'horizons"ou
horizons majeurs suivants, dont la succession n' es't pes immuable,
dont certains peuvent faire défaut et qui sont difficiles à cadrer
dans la no~enclature ABC par leurs seuls caractères macroscopi-
ques :
1/ Les horizons supérieurs humifères et plus ou moins appauvris
en argite et en sesquioxydes par rapport aux horizons sous-
jacents. Ils présentent généralement de haut en bas : une
litière de branchages, bTlndilles et feuilles entières (Aoo)puis mor-
88

cel~es Ao)puis un feutrage (ou lacis) racinaire, puis un horizon


brun orJ2;ano-rninéra"L~Ai.). de quelquee centimètres : la lia"ison de.s
matières organi~~e et min~rBle est en g~n~ral bonne sur les eols
rouges, parfois mauvaise sUr les eols j8uncs (Douala, E·sék"a"). Un
piquetage blanc de sables ~rossiers quartzeux lav~s y constitue
l'expression la plus accentuée d'un appauvrissement en "colloïdes.
En dessous ap~araît un horizon de pénétration humigue apparente
noté A , de couleur terne parfois fortement structurée (Ebolowa,
3
Mbalmayo). Des plages de d~coloration à ce niveau y seraient la
marque d'un processus de dégradation apparentée à la podzolisation
(Gabon). Du Sud (fo rêt) au Nord (savane) cet hor,izon est progre"s-
sivement remplacé par un horizon de compacité ("ventre" à e densit ~
apparente) peu épais, d~ structure massive ou mal exprimé[Link]érente.
2/ L'horizon de couleur vive, homogène et argileux (kaolinite
goethite,. parfoie gibbsite) sous-jacent est habituellement épgis,
(plusieurs mètres), poreux (50 à 60 % de porosité totale, 1,2 à
1,4 de densi té apparent e) friable (structure extrêmement fine et
bien développée e~ pseudo-sables dans les sols rouges, massive
ou vaguement polyédrique et de faible cohésion dans les sols jau-
nes), et le siège d'une forte activité termitique partiellement
CBuse. de l'homogénéisation de Sa matière. Cet horizon est noté (B),
plus rarerrent Bt lorsqu'il porte la marque à'une illuviation
d'argiles (revêtements). Lorsqu'il est jaune des taches rouges
peuvent m8rquer sa partie inférieure.
3/ Les horizons grossiers comportent de~ cailloux plus ou moins
jointifs ~œballés dans une matrice colorée et argileuse qui dif-
fère progreseive~ent de la ~atière de l'horizon précé[Link]. Ces
horizons grossiers sont parfois annDnc~s, à la base 0e l'horizon
pr~c~dent par une concentration de très petites concrétions
"en plo"11b de chaese" (rondee et 9. patine noire). La lirrite
sup~rieure eet brutale maie ondulée. On y distinpue souvent de

haut en bas : un horizon graveleux (stone line, nappe de gravats,


lits de eaillo"tiX..}"(j.'0-nt lee constituants g"ro"eeiers sont des mor..: .. "
ceaux de quartz, de roches résietantes, ~e cuirasse et des con-"
crétions ferrugineuses. Un horizon concré~ionné form~ de
89

concrétions "vraies", [Link] (et kaoliniti ues) de


formes arrondies, denses et ~ cortex souvent diff8rencié
(cuticule et patine). Un horizon de fragments de roche fer-
ruginisés formé de ~orceaux de roche~ en toutes dispositions,
durcis par les sesquioxydes mais à architecture reconnais-
sable (gne~ss, grès, micaschiste). La matrice terreuse qui
emballe ces const i tuant s gros siers est g énéralerpent '11oi ns homo-
gène et moins ar.?,ileuse que ci-dessus. -.::';--'";":-----:c-'--'

Ces horizons enrichis en sesquioxydes de fer (relativement à


l'horizon homog~ne) sont habituellement notés Efe ou Bs.
4/ L'horizon induré est un horizon cimenté par les sesquioxy-
des de fer (c'est donc lui aussi un horizon Efe) qui remplace
ou fait suite aux horizons concrétionnés. Il apparait pour des
teneurs en sesquioxydes très vari4es et présente une .. grande . *".--~.. .~-_.~

hétérogénéité de couleur (violet, rouge, ocre, jaune,bl~nc)


de texture et structure (lacunes, poches terreuses, volumes
à pâ,te dense, réseau de canaux Ft dominante verticale,nombreux
revêtements ar,qilpux) .de dureté (carapace ou cl~irBsse). Cette
hétérogénéité dans la nature et la répartition ~e la matière
solide contraste p-vec lihomogénéité de l'horizon coloré (B).
Elle indique des phénomènes complexes de redistribution des 1

sesguioxy~es et de l!argile. Son étude permet parfois d'ap-

préhend er la génèse (cimentatio n second a~re d'un horizon con-


crétionné, durcisse~ent d'un horizon tacheté) et l'évolution
actuelle (dissolution ou enrichissement en fer) de cet horizon.
Des données micromorphologiques (lames minces) et minéralogi-
ques fines sont alors nécessaires.
5/ L'horizon bariolé (ou argile tàChëtée) présëhte un réseau'
caractéristique sub-vertical de canaux jaunâ,tres qui
sillopnent en s'anastomosant une masse argileuse rouge qui
peut même se réduire en volumes isolés faiblement indurés.
Cette organisation réticulée est strictement pédologique
(circulation per descensum des solutions du sol utilisant par-
fois d'anciens tracés de racines ou de termites et déplaçant
des argiles et du fer), sans aucune [Link]
, à celle du
90

matériau originel. Cet horizon paraît pouvoir évoluer de façons


variées : horizon concrétionné par induration et redistribution
des volumes rouges en concrétions, hQr1~9q_induré, horizon de
peudo-gley'ou de gley. Il est quelquefois appelé plinthite et
noté Bv. Ratement continu il passe brusquement sur le coté a
un horizon structuré de profondeur rappelant l'horizon (B).
6/ L'horizon d'altération conserve un agencement plus ou moins
proche de celui de la roche, il n'acquiert pas en effet d'orga-
nisation structurale de type pédologique telle gue les agrégats,
concrétions, larges marbrures des horizons précédents. Il est
très allégé par rapport à la roche-mère de densité: 2,5 à
2,8, d u fait de grand es pertes de substances par dissolu:tfon --- .
et dégradation de~ réseaux cristallins et très friable,soit
que l'architecture apparente de la roche soit conservée mais les
miner9ux très finement fragmentés et transformés, soit qu'elle
ait été ro~pue par tassement et néosynthèse argileuse. Sa compo-
sition minéralogique varie avec le degré d'altération: à eSté
des espèces résistantes
. -- - .. -
."
comrre le quartz, disthène, rutile,
zircon on n6te soit des ~inéYau~ ~it(rables peu altérés soit
des "argiles Il de néoformation : kaolini te, sesquioxyd es,
gibbsite. On y observe parfois d'épais revêtements argileux
(argillanes) localisés dans des cavités e~pacées.
Organisation dans le paysage.
D'une manière générale on observe plutôt les sols ferrallitiques
à horizon homogène meuble (B) épais (et donc à horizon grossier
profond) en sommet d'interfluve et les sols à horizon grossier
proche de la surfaces sur les pentes des interfluves. Les
sommets d'interfluve sont donc plus adaptés aux culture~ à
enracinement profond pour deux raisons : éro~ion faible et volu-
me de sol disponible (rétention d'eau et de cations) plus grand.
Les petits interfluves en "lanières Il sont souvent cepend ant
caillouteux sur toute leur surface. Enfin dans les vallées plus
importantes le bas de toposéquence pr9sente de nouveAU une pente
faible et des sols profonds (sols remaniés ?) qui passent aux
sols hydromorphes de bas-fond. Les deux versants d'un talweg sont
fréquemment dissymétriques.
91

La répartition des sols rouges et des sols jaunes est complexe


sous les climats plus longuement humides (à l'Ouest d'Eséka) les
sols ferrallitiques sont jaunes' (ou brun-jaune) du haut en bas
des interfluves et sur toutes roches-meres (même très basiques
et ferro-magnésiennes comme les amphibolites ou l'étindite).
Ailleurs ils sont rouges sur la plus grande partie de l'inter-
fluve lorsque celui-ci est bien drainé~ un jaunissement ap-
paraissant progressivement en bas de versant. Le climat para1t
donë être un facteur à considérer, si toutefois le sens Est-
Ouest d'augmentation de la pluviométrie ne s'est pas inversé au
cours des diff~rents épisodes paléo-climatiques (sols polygéni~
ques).
En dehors de la province jaune les sols sur roches basiques et
ferroMa,gnésiennes (amphibolites, gabbros ~ micaschistes) sont
plus rouges que les autres. La teneur de la roche en minéraux
basiques·et ferro-magn~siens ainsi que la nature et l'organisa-
tion de ceux-ci introduisent donc un second facteur à considérer
le facteur roche-mère.
Enfin un jaunissement s'observe en bas de pente des toposéquences
de sols rouges. Le pédo-climat pl~s humide qui y règne (nappe
phréatique de bas fond~ circulation interne oblique,- - apport
-~. ---
,-

d'eau rtüsselée ou hypodermique du haut de pente, épaisseur


des horizons argileux) peraît donc constituer un troisième
facteu-r-ae d'ifférenciation.
Il semble bien qu'un horizon rouge puisse jaunir par péjoration
du drainage interne mais on ignore si l'inverse est po~sible.
Dynamique saisonnière
La perrnéabilit~ de surface est très élevée, sous forêt primaire
mais les défriche~ents et mises en culture l'abaissent considé-
rablement. Elle reste cependant alors suffisante, en cG~Ditions
correctes d'exploitation, pour absorber la plupart des averses.
Le ruisselleœent est donc faible et exceptionnel (sauf sur les
pentes dénudées qui se ravinent). En som~et d'interfluve
92

l'horizon (B) argileux épais stocke ainsi l'apport de chaque


sa ison pluv ieuse puis--P-erd lent..eme..nt~_une· partte .0 ~ .. ~:'-9A. h!2~i._~.i ~~...:.__ .. _.
par infiltration profonde verticale ou oblique puis par ~vapo­
ration en saison sèche. Il continue donc ~ alimenter les nappes.
et le r4seau hydrographique en saison sèche. Le ·sol moins
épais des pentes assure une alimentation' rapide de ce r~seau,
ses capacités de stockage étant plus vite atteintes. Le bilan
est une alïmentation kssez r~guli€re du réseau hydrographique.
Les variations saisonnières d'humidité affectent plusieurs
mètres de sol mais c'est seulement dans les deux mètres sup~-
rieurs .que des tensions de ;:onflerrent se l1:anifestent expliquant
peut-être la baisse de perméabilité qui s'observe entre 0,5 et
1,5 m de profondeur environ. Une redistribution des pores doit
être envisag~e car la'porosit~ totale reste très forte ~ ce
niveau.
Un ~coulement latéral interne, en surface de l'horizon induré
en cuirasse est possible mais n'a pas ~té nettement observé.
Les r~serves d'eau de la couverture 'pédologique des régions
ferra IIitisées pourraient être consid éra bles : '3, 5 m d,' e·au sont
emmaganisés par exemple dans les 9 mètres supérieurs d'un sol
rouge profond près de Mbandjok.
[Link]éristiques physigues.
Si l'on excepte les andosols et certains sols bruns ce sont les
sols ferrallitiques qui ont les plus faib~es densités appareAtes
et donc les plus fortes porosités totales : 50 à 60 %dans
l'horizon (B),plus encore dans les horizons A (sauf l'horizon de
consistance). 'Structure très fine en pseudo-sables et activité
biologique intense en sont les causes principales. 'La plus ~rande
légèret~ des sols Touges serait dûe à leur structure plus. fine
et à. la présence de produits arrorphes dans les pseudo-sables.
La perméabilité Müntz est sous forêt très élevée en surface
(10 à 100 cm/h) puis elle di~inue vers 1 cm/h de 50 ~ 150 cm de
profondeur environ avant de remonter lègèrement ensuite.
93

La perméabilité lat éraIe n' est pas nettement supérieure à la


perméabilité verticale, donc seul un engorgement par ralentis-
ae~ent du drainage vertical pourrait y produire Un drainage

latéral.
L'humidité volumigue atteint 40 %sur plusieurs mètres d'épais-
seur en fin de saison pluvieuse puis redescend vers 20 % en
saison sèche. La variation du stock d'humidit~ des 5 premiers
mètres du solum -meuble petit dépasser 500 mm à chaoue saison
des pluies.
La texture de l'horizon coloré homogène est assez constante.-
La teneur en argile y est élevée, 50 à 60 % (exceptionnellement
80 %sur basalte) et elle y augmente légèrement de haut en bas.
Dans l' horizon A1 elle descend à 20-35 % dans les sols jaLines.
Dans les sols rouges l'appaLivrissement en argile est générale-
ment moins marqué; par ailleurs la granLilométrie réelle y est
difficilement obtenLie, les pseudo-sables résistant aux disper-
sants (nécessité de les écraser aux àoigts sur le tamis).
Caractéristiques chimiques.
Les sols ferrallitiques du suo-Cameroun sont forte~ent désaturés
en cations échangeables dans leur horizon (B), parfois
moyennement désaturés dans le cas des sols rajeLinis par érosion.
Parmi les cations échangeables le sodium est rratiquement absent
le potassium faible (0,1 mé); le calcium l'emporte nettement
sur le magnésium sauf parfois dans les horizons profonds. ~
La teneLir en matière organique de l'horizon A est de 2 à 4
1
%
avec un rapport CIN de 12 à 15.
Le pH est franchement acide (4 à 5,5) dans tout le profil. Il
est souvent un peu plus élevé en surface, mais parfois aussi
plus ba s (Ebo Iowa, Nanga-Eboko, Bert 0 ua etc).
Les réserves en cations totaux sont faibles en (B), 2 à 6 mé,
plus rarement 10 mé. Les réserves en sodium et potassium sont
très faibles. Ces sols sont par contre moyennement pourvus en
phosphore total (1°/00).
. t
-,; t·L ~.~ ~_.B'
-_.:.- ~--<."",---_ . i C__-........-
j_ ('\ n S .. I= {I~~
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~ ~r~rJ2 l-e' l'tgicn en-:re Nari&,a~Ebok0
et:: Be~.,toua :les sols ferral-
li~i~O~2, qui EOEt roug~2, 'eo~t tr~e èouvent indur~s en cuiras-
~:( :,,_:~_s le nivealÀ C'lÀil':,jSfJG ss+' généralement profond et n'entr'a-

_0 ve 'pas trpp les cultlÀres. Dans·le bassin sédimentaire de Douala ..... - • • 1

(s,DIS' jaunes) l'appauvrissement en argile'-'aé-T ï A'1"'ëst horlzon


impO~~8nt, 19 liaison des mati~res organique et ~inérale y est
"]q:l.:...~a;lss. Ou obs erv e parfois .. en :-,[Link] eur...un .p.o:çizor,J".gr_o s sier
.- - ~ . ...._ ' . . '. . ,.. . .
~. -' .
fGym6 de ~Y91~e~ quartzeuses. ~

D~ l'lJ ,18 égion d' rù 68 (~lÀ!'~a ce morpho lo:siq ueplue r é?~nte_ ?),
y

G~~ C ~::;2él';,O ~_ce eoJs (j3~1Xlee). ~on.t pelÀ épais_ (2 m envlroItpour


l' hori:Jsn (13) 2n =:oUimet . d i in."c €r.:.:l uv e) . et peu concrétionnés.
- . . • '" ~ !

'Le!':' SJ1:'! achistE's ch. l,'I1)81rrla~7.o-·-(j8unEs) eont tach~s à la


",Ul'

. baee c)c l'ho:-:izon' (J3) G~~ 'hY8X'-0ffiOrphes en profonàeuxft


A~)t.J tLldE'::
~ -"" _ _ h ;}lÀlt:';'I.[l~e~~
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.'.~ ,..~

G(~lS,T~1}_:::t'Y'ell:: 2f)<Sl8, meubles e-~. Brgi}_E'lÀ:~ les sol,s [Link]


co~s~~tuent un excellent cultlÀres tropicales
~upport p0~r l~s

[1 lJXq ûE'<!..lc:: s 5.1e 8 S S lÀ,r e nt t-Lne h onn2 li me 11 tati'O·n---e.-rr-·ea-u2"- et--.€n '-- a


·oxyg~ne.L2ur chi~isme est p~~ contre nett~rnen~ dfficient du
f~it ële 12 l'Jcalü:ation' t:,:"ès superfic.'_,:,lle àes ,némente
ill~i.2.'5_ cif3 Cl'À,Î les renè partic .;tlièrerrEYlt vulnérables alÀ défJ'i:-
1

l. ," ", •

limitants y sont essentiellement cliœatiques,


tDrOfY~0biquec~ chimiques et sE~itGi~es .~
_c:l:L~~D'c~~F'?S l ' er-coleille.n1cn": ·pr:t:<t,· par exempl'e~ t?tre insuf-
fieélé1t: s i il est infS::rieur à 1 000 helÀres/an
le ~~l~if~ donn3 lÀ~E huile trop acide. Les aver-
~es i~pr~7isihle8 l'exploitation des
~1. E> ,; cl2 Gt.(',

-" ;~[Link]Îsr_~.I2iÜ~_ef? ~ lE'] de v ::rE: ._.~ pl~ésentent fréqlÀe~ment de


Oe-'S

~o=te2 pcntss,.. souvcnt caillolÀtelÀees, ae mise


.. ,
E~ valeu!' acrobatique et le franchies€~ent des
95

- chimigues : la capacité d'échange de l'argile kaolinique est


faible et le taux de saturation est cependant bas,
rendant difficile la nutrition des végétaux et la
fixation des engrais. En fait le cycle des élé-
ments nutritifs effleure à peine le sol, ceux
qui sont libérés par la déc~mposition des matières
végétales étant ré-empruntés au niveau de la
litière elle-même.
- sanitaires: l'excès d'humidité favorise le développement de
nombreux parasites et maladies cryptogamiques.

En définitive la répartition des sols est assez


bien inscrite dans le modelé qui joue donc un rôle déter~inant
pour la [Link] en valeur. Après son examen détaillé sur photo-
graphies aériennes l'étude pédologique doit s'appliquer prin-
[Link] à préciser l'épaisseur du sol meuble et la réparti-
tion d'éventuels [Link] de cailloux.
97

[Link] VI 2

LES SOLS DES REGIm~S V01cMnQUI~S ET MONTAGNEUSES

Le Cameroun présente~ sur ID bordure nord et ouest du domaine


ferrallit'ique é[Link] é~udié pl~écéàemmen-t, à~_s plateaux et
massifs [Link] àont l'alt~.tuàe dé[Link] fréquemment. 1 000 m
et 0l,1 abondent les roches volcaniques, acides et basiques, d'â.-
ges variés, qui donnent des paysages pédologiques originaux.
Le baisse de température moyenne par rapport au domaine sud
équatoria.l (22 0 2 à [Link]éré, 20° 2 à Bafoussam contre 26° 4
à Douala et 23 0 5 à Yaound é) n'entrave pas l ' aIt ération fer-·
rallitique qui marque encore l'ensemble du paysage.
Il semble même que le drainage ferrallitisant du sol soit parti-
culièrement important dans les montagnes de l'ouest du fait
d'une augmentat ion orographique de la pluviométrie (qui d épas se
localement 3 000 mm !) et d'une é[Link] moindre (r.égime
thermique plus frais et moins contrasté). Mais le rajeunissement
des pentes par l'érosion, la jeunesse de certains é[Link] s
volcaniques, la dominante basaltique de ceux-ci et les carac-
tères montagnards du climat ont deux effets important sur les
sols :
- les sols ferrallitiques diffèrent assez nettement de ceux du
domaine sud équatorial par trois caractères principaux : le
LE!~teuni§l~~l'!i (rnorphologiqul? et analytique) par érosion ou
ap~-:Jrt, .J:accurnula·cion humifère (au···dessus de 1 500 m d'alti-
tude); et l'entensio!'l GE;8 .~21-.§ !0L1g§_? à pseudo-sables.
- d JË;l1tj~es types de pÉdoger...èses appar!'lissent (andosols, sols
brunifi6s) dont le dév21oppe~ent est plus récent 'que celui-De
LB p~aogfnèse [Link]~ ferrallitique dont ils représentent
~n îait ues s~8àes Ce jeunesse.

D1un point Ge vue~ celui de l'utilisation des terres, la


8u~rp

disparitiQn a e la, fOT~t et; 12 tassement superficiel imperméabi-


lisBnt qu: accompagne l' i '2e-::a.l1ation de la Savane rendent ces
sols de pente très ssnsibls8 à l'érosion que déclenche~t et le
p8rcou~9 et le p§turage des troupeaux 1 attirés ici par d~s co~ditions
98

écologiques favorables : au rajeunissement l~nt et naturel des


horizons supérieurs par érosion en nappe s'[Link] alors une
érosion en ravines, d' o_rigine anthropique et d'effet néfaste.
.'
\...

L'ameublissement superficiel par les pratiques culturales


(micro-reli-e-f) facili'te a.u contraire l ' infiltration des pluies,
d es aménagements anti-érosifs ne s'imposant alors que sur les
pentes [Link].
Pa.r contre_l'abondance de roches basiques (donc riches en ré-
serves minérales cationiques) d'épanchement récent (donc non
encore appauvries par 1 ' altération ferraI li tique) ou récemment
décapée~ (ra~eunissement profond) se,tr~duit par l'existence
de sols di grande valeur agronomique immédiate et qui font la
richesse de ces régions (sols bruns entrophas).

LES SOLS [Link]

Nous ne nous étendrons pas sur les caractères minéralogiques de


l'altération ferrallitique dés régions volcaniques et d'altitude:
elle ne ~e différencie pas fondamentalement de celles du domaine
sud équatorie,l sur des roches-mères équivalentes. La morphologie
du profil pédologique qui en dérive est par contre profondément
modifiée. Cette constatation est intéressante car elle indique
que des caractères importants de l'àrganisation morphologique
du sol rpsultent non pas des conditions physico-chimiques d'al-
tération, induites par le climat, mais de' facteurs topographiques
et biologiques ou d'actions pédogénétiques superficielies
(accumulation' -humifè.:r..e d'alt;i t ud e par exemple).

1/ LE [Link]:·;lENT :

Alors que dans le sol ferrallitique des régions de modelé stable


la fabrication de matière pédologique par le front d'altération
possède ûne confortable avance sur la démolition des horizons par
le fr~l1t superficiel q' érosion, donn8nt ainsi des sols épai~, à
horizons uniformément développés et intensément évolués, donc en
définitive assez,monotones par. estompage des caractères hérités
de la roche-mère il en va tout différemment dans les régions
"tectoniquement actives" comme celles qui nous intéressent ici :
99

Les importantes entretenues par les forces, orogéniques,


déni~elée

épirogé~~ques ou bien héritées de leurs actions récentes, ac-


célèrent et pérennisent le lent processus normal d'entra1nement
superficiel de la matière du sol par l'érosion en nappe et le
creep. La matière fine humifère ainsi mobilisée vient enrichir
les piedmonts ou les vallées alluviales tandis qu'elle se régé-
nère constamment sur les pentes d'ablation.
Le profil résultant est moins épais, à la fois par amincissement
du solum (horizon A + B transformés par la pédogénèee) et 'par
amincissement de l'altération (horizon C à architecture con~ervée).
De plus, les secteurs plus résistants de la roche-mère se retrou-
vent en surface où leur altération se ralentit considérablement.
Ainsi des c~,illoux libres (non enracinés) s'observent de place en place
à l'affleurement et les, irrégularités du front d'altération per-
turbent aussi l'organisation des horizons du solum : on n'a plus
de limites d'horizons régulières, ou régulièrement festonnées, à
peu près parallèles à la surface du sol mais de profondes et
irrégulières invaginations des limites d'horizons qui rendent
bien difficile et le choix des profils-types et leur description
suivant le paramètre profondeur. L'absence de pentes modérées
concaves de bas de versant limite par ailleurs considérablement
le àéveloppement des accumulations ferrugineuses (favorisées,
sinon, sous les climats plus contrast8s de la frange nord du
domaine ferrallitique). Le sol de sommet d'interfluve est aïnsi
généralement plus épais que celui des pentes mais il ne s'en dis-
tingue guère par l'apparition d'horizons particuliers.
L'horizon homogène des sols ferrallitiques s'amincit considéra-
blement, parfois même disparaît et les différenciations secon-
daires des horizons superficiels (appauvrissement, podzolisation)
n'ont guère le temps de s'installer. La couleur rouge domine, les
caractères hydromorphes 'sont généralement [Link] sur ces pentes
bien drainées où ce pédoclimat plus humide favorable au jaunis-
sement et ~ la marmorisation n'est plus réalisé. Les morceaUx de
roche feruginisés de forme irrégulière et emprisonnant quelques
réserves minérales sont plus fréquentes gue les vraies concrétions
dures et arrondies à pâte argileu~e et évoluée des sols mieux
développés.
100

Le "rajeuni'ssement morphologique" s'accompagne donc parfois d'un


"rajeunissement chimique Il c'est-à-dire que les teneur.s en cations
échangeRbles et totaux y sont plus élev ées que dans les sols mo-
daux (non rajeunis) placés à proximité, toutes choses égales par
ailleurs. Le .taux de saturation (V) plus élevé qui en r~sulte
peut alors faire changer le sol ferrallitique de sous-classe, un'·
sol moyennement désaturé rajeuni voisine ~lors avec un sol forte-
ment désaturé modal.
Indépendamment ou non du rajeunissement précédent les sols de
ces régions présentent en outre souvent à quelques décimètres de
..
profondeur un horizon grossier caillouteux épais lui-même d'un
ou deu~ décimètres et dont les constituants peuvent généralement
provenir de la roche-mère sous-jacente ou de form8tions proches.
Le processus de remaniement du solum (remanier c'est refaire un
travail avec tout ou partie des matériaux primitifs), qui a été
diverse~ent im8~iné par certains auteurs ces dernières années,
s'expri~8nt très généralement dans leur schéma par l~ mise en
place d'un tel horizon grossier les sols présentant ce caractère
morphologique sont indistinctement placés d9ns un groupe ou sous-
groupe (selon le développement du phénomène) remanié. En fait
une telle disposition morphologique peut s'ét8blir p8r le simple
jeu de l'érosion et de l'activité biologique sans qu'il y ait
eu à un moment donné bouleversement d'un arrangement initial
différent. L'enlèvement des parties fines rapproche de la surface
du sol les blocs réSistant à l'altération, les remontÉes biolo-
giques qui fournissent la matière fine aux agents érosifs mainte-
nant concomitament ces cailloux à faible profondeur. Mais une
telle disposition qui traduit un équilibre dynamique entre les
vitesse~ d'altération, d'érosion et d'activité biologique peut
tout aussi bien résult~r d'une rupture d'équilibre ant~rieure :
à une phase d'érosion accélérée amenant les cailloux en surface
du sol fRit suite une phase actuelle de stabilité où les
remontées biologiques enfouiEsent le "chAmp de cailloux" précédem-
ment formé. Seule une étude (difficile) de dynamique actuelle des
versants permettrait de trancher avec certitude et de trouver
d'éventuels indices morphologiques permettant de choisir sur le
terrain entre les deux possibilités.
101

Il importe de ret enir qu'actuellement rema,niement et présence


d'un horizon grossier sont mis en correspondance, improprement
dans [Link] cas, que le rajeunissement s'accompagne souvent
mais non obligatoirement de la mise en place d'un horizon
grossier. et que ce dernier apparait aussi dans àes sols épais.
ne manifestant pas de rajeunissement chimique ou morphologique.
2/ L'ACCUMULATION HUMIFERE
Les sols des prairies et forêts d'altitude de l'ouest-Cameroun
se différencient par la présence d'un horizon hu~ifère plus
développé attribué à la fraicheur du climat pluvieux.
Par exemple, sur une pente trachytique de 40 %sous-forêt
d'eucalyptus on observe successivement:
- un horizon Aoo de litière épais de 1 cm environ.
- un horizon A11 de 5 cm léger (densité 0,6) de teinte foncée,
7.5 YR 3/2 p~r exemple, fortemeqt structuré en polyèdres su-
bangulaires moyens, friables, armés par un chevelu radicel-
laire qui entrave leur éboulement spontané.
- un horizon A12 de ,0 cm, nettement plus dense, de teinte
foncée 5 YR 3/2, finement stru6turé en polyèdres et en~ru--­
meaux (origine faunique), meuble.
- un horizon A13 de 20 cm, encore 5 YR 3/2, à structure très
fine et peu nette.
- un horizon AB de 30 cm de teinte 5 YR 4/4, de structure
polyédrique peu nette fine à moyenne, meuble et friable.
- puis l'on passe aux horizons B qui ne présentent pas de'ca-
ractères originaux.
Bien que ces sols présentent une couleur plus foncée que les au-
tres et cela sur une plus grande épaisseur on ne constate pas
de proportionnalité entre l'assombrissement de la teinte et
l'é16va'tion du taux de matière organique. Cette matière organi'que
est assez bien hun.;ffiée et parait s'accumuler à cause d'un ralentis-
sement de la vitesse de minéralisation liéi aux temp&ratures
plus basses qui règnent en altitude. Elle provient à l~ fois de
matières végét~l~s et-de matièreS·~nimsles. On observe toujours
malgré la pénétr"ation hUU1ique profonde une limite nette à la base
102

de l'hori~on .humifère
. . proprement
' . . dit (30 cm environ).
La classification française distingue ces sols au n~ve~~ du
groupe (humifère) si la teneur en matière organique à~paeEe
7 % sur 20 cm ou [Link] encore 1 % à un mètre de profondeur.
Sinon elle les distin~ue 8ü niveau d'un sous-groupe (humique).
Ces sols conv iennent au théier ~ 8UX c ,\1 türes maraîchères et à
1

la proclüction fourragère. Leur -forte capacité d'échange du~.


aux teneurs ~levées en matière orgpnique permet d'envisager
des fertilisations minérales sans risque de lessivage M~is la
composition res en~yqis doit être soigneusement étudiée pour
évi ter les à és·équilibres entre les cations et le phosphore.
Toutefois leur rétention d'eau est faible. La présence d'un
horizon cRillouielÀ-X (sols remaniés) à faible profondeur climi-
nue leur valeur agronomique. Leur J é[Link] e·st fortement acid e
(pH inférieur à 5) leur teneur (n cations faible (2 mé) d'où
des taux de saturation bas (10 %). Le rapport clN est souvent
élevé approchant 20. Leur analyse granulométrique est rendue
difficile par les matières organiques et les pseudo-sables.
31 LES SOLS liOUGES A PSEUDO-SABLES.
Les sols ferrallitiques rouges abondent dans l'ouest-Cameroun,
sur le plateau de l'Adamaoua, dans l'est et le sud-est camerou-
nais et même jusqu'à Yaoundé, donc en bordure du domaine des
sols jaunes. Leur horizon homogène rouge parfois épRis de plu-
sieurs mètres présente une légèreté et une friabilité particu-
lières ·qui sont dues à un type original de structuration fine
bu d'organisation élémentaire): la matière argileuse est agrégée
en très petits agrégats de la taille des limons et des sables
(pseudo-sables) qui adhèrent faiblement les uns aux autres et
éclatent en agrégàts plus fins sous la simple pression des
doigts. La poudre obtenue après broyage est nettement plus jaune
que la teinte initiale indiquant une diff~renciat~on superficiel-
le de ces petits agrégats. Ceux-ci se détachent aisément à
l'humectation mais résistent aux dispersants ce qui fausse l'ana-
lyse granulo~étrique, la teneur en argile étant fortement sous
estimée. Ces pseudo-sables contiennent des formes amorphes du fer
103

qui pourraient jouer le rôle du liant. La structure fine de cés


horizons a été qualifiée de farineuse ou de particulaire pour
exprimer à la fois la faible coh(sion des éléments structuraux
et leur extrême finesse. L'appellation de pseudo-sables a le
défaut de ne pas exprimer que ce"sont des micro-agr~gats fabri-
gués par la pédogénèse et non des constituants texturaux hérités
du matériau originel. Cependant leur comportement dans la nature
se rapproche de celui des sables vr8is tant qu'ils restent dans
des conditions oxydantes et de bon drainage: le réseau de
talwegs'est très peu dense comme sur une formation sableuse
perméable et les pseudo-sables libérés à 18 surface du sol par-
ticipent en tant que grains à la dynamique des versants.
Ces horizons rouges contiennent en outre des "noysLiX argileux ll
ou "concrétions terreuses" dont la pâte est plus brune, plus
serrée, p~us cohérente et plus sèche que la matrice à pseuèo-
sables environnante. Leur origine (parfois termitique) n'est pas
bien élucidée. Dans les sols remaniés ils forment même, excep- .
tionnellement, l'équivalent d'une stone-line. Leur taill~ va de
quelques millimètres à quelques centimètres, leur proportion
augmente généralement vers le haut du profil où ils constit~ent
p~r coalescence la matière ~e l'horizon de compacité observé
vers 5-30 cm de profondeur. Cet ho-ilion Où.--i-\ugmentent la densité
apparente la cohésion et la consistance est de mieux en mieux
développé du sud au nord de l'Adamaoua.
A la très fine structuration en pseudo-sabl~[Link] superpose sou-
vent une sur-structure de type polyédrique moyenne ou grossière
à laquelle participent ces nOY3ux argileux cohérents. Ces sols à
la fois ar~ileux et meubles sont fortement colonisés par les
termites et ~inés par les oryctéropes, leurs prédateurs.
Ces sols rouges présentent de bonnes propriétés physiques et
hydrigues mais des qualités chimiaues et biologiques médiocres
du fait de leur pauvreté en cations et de la compétion des
terTites. Les taux de saturation sont encore abaissés par des
capacités d'échange souvent .relativement élevées. Au total ces
sols très bien aérés, correctement hydratés en profondeur, fa-
ciles à travailler et aisémen~ pénétrables aUX racines et de bonne
104

capacité d'éch~nge forment un supgort intéressant pour de nom-


breueee cul turee, ._cl ~.[Link]~_ement po ur cell~ ~_qui sont peu exigeante s
en éléments minéraux, avec apport d'engrais pour les autree.
Toutefoie paillage et ombrage sont indiqués pour atténuer leur
assèchement .. su'pe_rfi~.iel ~n eaison sèche. Sensibles par ailleurs
au tassement par le bétail et à la stérilisation pAr les feux
ils se d4gradent rapidement et deviennent la proie de l'érosion
en ravines et en lavaka lorsqu'ils sont abanàonn4s sans cDntrôle
au pâturage.
En fait leur sensibilité à l'érosion arraraît dès que la végéta-
tion foreetière protectrice disparaît pour faire place à la Sa-
vane,et l'action hU~aine (dans la mesure où elle est ind~pen­
dante de la savanisation) ne fait qu'accélérer plus ou moins le
processus normal de démolition de la couverture ferrallitique
rouge qui est soit plaquée en bas - flanc des interfluves (col-
luvionnement ) soit export ée au loin hors du paysage (alluv ion-
nement).
LES SOLS BIiUNS.
Les andosols n'ont été identifiés au Cameroun que très récemment
et ils étaient auparavant le plus souvent cDnfondus avec les sols
brunifiés ou sols bruns eutrophes tropicaux.
Les sols bruns s'observent surtout sur les roches volcaniques
basiques (basaltes) récemment épanchées ou décap~es mais aussi
sur les roches pRS trop acides ou socle. Ils représentent un
stade d'évolution intermédiaire entre les sols peu évolués jeunes
et les classes oe sols évolups climaciques c'est-à-dire dans ce
cas les 801s ferrallitiques. Sur le plateau de l'Adamaoua ils
garnissent IfS flancs et les coulées des ap0areils volcaniques
r~cents, aU sud-est et au nord-ouest de Ngaoundéré. Dans l'ouest
on les rencontre sur les pentes du ~ont Cameroun, associ~s à des
andosols, et en dive~s points des montagnes volcaniques de l'ouest.
Ils sont formés de haut en bas :
- d'un horizon A1 épais d'une dizaine de centimètres, de couleur
brune foncée, humifère (4, à 10 % de matière organique à rapport
clN oe 11 à 15), de texture argilo-sableuse ou argilo-limoneuse
avec des morceaux de roche en cours d'altération, de structure
105

grumeleuse ou polyédrique subangulaire fortement développée avec des


agrégats stables et peu fragiles, de forte porosité d'interstices et
d'enracine~ent fin et dense. Sa réaction est faiblement acide, Sa
teneur en cations échangeables et totaux est élevée ainsi que Sa ca-
pacité d'échange (20 à 40 mé), le taux de saturation se situant de
80 à 50 % selon le degré d'évolution.
d'un horizon (B) d'autant plus épais et mieux développé que le sol
est plus évolué. Sa couleur est brune à brun-rouge (5 YR 3/4 par
exemple) la texture de la matrice est argilo-sableuse et elle emballe
des cailloux contenant des minéraux altérables. Sa structure est for-
tement à moyennement développée, de type grumeleux ou polyédrique
plus ou moins subangulaire, sa porosité est élevée (densité apparente
hors cailloux voisine de 1,0) et l'enracinement y est aSsez dense.
Sa réaction est neutre à peu acide et son taux de saturation diminue
de 70 à 40 % des sols bruns peu évolués aux sols bruns ferruginisés
puis aux sols bruns mésotrophes intergra.d es vers les sols ferraI li ti-
ques. La teneur en matière organique y reste élevée, par exemple 3 %
à 70 cm de profondeur ainsi donc que la capacité d'échange (20 à
30 mé). Ce type de sol est généralement bien pourvu en phosphore
total.
- d'horizons BC et C caractérisés par des poches, joints ou bancs
terreux dont la composition rappelle celle des horizons B et des
volumes de roche irrégulièrement altérés et donc plus ou moins
friables.
Ces sols présentent des propriétés physiques et hydriques excellentes
surtout lorsqu'il existe une nappe d'eau à faible profondeur (pied-
monts des appareils volcaniques récents bordent une vallée). De plus
leurs qualités chimiques sont bonnes, tant par leurs fortes teneurs
en cations échangeables et totaux que par leurs capacit8s d'échange
élevées et leurs teneurs en phosphore et matière organique. Les sols
trop caillouteux dont la matrice est par ailleurs peu argileuse sont
par contre d'utilisation difficile.
_ 107 -

Chapitre VI 3
LES SOLS DU [Link]

l LES FACTEURS PEDOGENETIQUES


1/ GENERALITES.
Les sols du Nord-Cameroun présentent une grande diversité qui con-
traste avec l'uniformité du domaine ferrallitique : Sept classes de
sols au moins y sont représentées et plusieurs d'entre elles sont
fréquemment associées sur le m~me interfluve.
Ce sont •. la classe l des sols minéraux bruts,
" II des sols peu évolués,
" III des vertisols,
" VII des sols brunifiés,
" IX des sols à sesquioxydes,
" XI des sols hydromorphes,
" XII des sols sodiques •.

En outre quelques profils fortement carbonatés s'apparentent aux sols


calci-magnésiques de la classe V. Et surtout on y rencontre de nom-
breux profils dans lesquels le lessivage (accompagné peut-être d'une
dégradation) de l'argile présente une intensité exceptionnelle. Ces
sols qui se rapprochent des alfisols de la classification américaine
(luvisols de la classification F.A.O.) ont été appelés ici ~ols~~-
~~~és, ~ols à horizon ~~anchi,
leur place dans la classification
française n'étant pas encore définitivement fixée.

La classe des sols ~ s~squlo~des de fer y est représentée par deux


pédogénèses assez différentes correspondant à ses deux sous-classes,
celle des ~ls ferrugineux tr~~~u~ sur les roches et matériaux
acides (granites, grès, dunes, alluvions, etc.), celle des sols ~­
ges tropicaux (sous-classe des sols fersiallitiques) sur les roches
basiques riches en calcium et en fer (micaschistes, amphibolites,
dolérites, certains gneiss et schistes, etc.).

Ces sols à sesquioxydes sont considérés comme les sols climaciques


de ces régions soudano-sahéliennes mais ils sont loin d'y occuper le
m~me pourcentage de la superficie que les sols ferrallitiques dans
Fi!!ure 4

LE NORD CAMEROUN"
ET LES GRAtiDES PÉDOGENÈSES ClIMACIQUES

SOL S S U BAR DES bruns et brun -rouges (isohumiC(ues)

,
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DOMAINE "- .....

TCHAD

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NIGERIA
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,
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R . C. A
\
,,
109

leur domaine sud-camerounais. Il peut y avoir à cela deux raisons:


1/ de nombreux secteurs subissent, ou ont subi récemment, une
érosion intense de sorte que leurs so18 sont encore faible-
ment évolués : la région comprise entre la Benoué et les
monts Mandara, par exemple, présente ainsi une mosafque de
sols "en début d'évolution" qui juxtapcse ou superpose des
évolutions pédogénétiques variées mais encore m8l exprimées
dans la morphologie.

2/ Ce type de pédogénèse induit une différenciation de bas de


séquence dominée par l'illuviation et la néoformation d'argi-
les imperméabilisantes. Dans la portion concave du modelé qui
résulte de cette différenciation pédologique apparaissent
ainsi des types de sols considérés ailleurs comme intrazonaux
mais qui sont en fait ici un élément normal du paysage pédolo-
.. -gique.

Ces pédogénèses associées aux sols à sesquioxydes c'est-à-dire essen-


tiellement celles qui conduis~t aux sols sodiques, aux sols hydro-
morphes et aux vertisols diffèrent d'ailleurs sensiblement du nord
au sud du domaine nord-camerounais soit par leurs caractères soit
par leur développement relatif. Il devient ainsi difficile de leur
attribuer une signification intrazonale sauf dans certaines condi-
tions de site ou de matériau amenant des concentrations spécifiques
d'ions (bassin du Tchad, roche-mère sodique etc).

Ainsi l'étude des paysages pédologiques du Nord-Cameroun montre


clairement l'importance des relations génétiques établies entre des
types de profils très différents, et donc classés différemment au
niveau des unités simples de notre classification. Il est donc abso-
lument nécessaire d'accéder aux unités taxonomiques complexes, c'est-
à-dire aux classifications de séquences, pour exprimer l'organisation
et la génèse des paysages pédologiques.

2/ INFLUENCE DU MATERIAU ET DU MODELE.


L'influence de la roche-~~ et de la topo~r~phie est particulière-
ment marquée dans les milieux "rajeunis" ou "confinés" qui favorisent
l'apparition de nombreux sols azonaux (sols minéraux bruts et sols
, ,
PRINCIPAUX PROFilS EVOLUES OU NORD-CAMEROUN figure 5

,
SODIQUE LESSIVE VERTISOl, FERSIALlITIQUE
USSlvi PlANIQUE L1THOMORPHE ROUGE TROPICAL
(~

"hardé" hydromorphe :csrbonaté, sodique c8illouteu~·


(Maroua) (Garoua) (Garoua) (Marli ua}
0% 5% 2 o~o . 50 0/0
. .,
polyiariqutl; 9runielèu~ S
.......: ....
. ' . " -·
pOlyèdrique "
gris. poreux
li mallsif , AS , ,
. . · ROUGE
revêtements Fortement polyilclrique AS /tG
gaine. ro~iIIe , "
.,
Il
"
dur
~ . ,
.' ,
petits Feldspaths
poreux . · . moins rouse
60
compact 00 p~;ticù là i~e: .. ',
polyèdrique nombreux

...... "_a....CI--
SA durcissant et':, S SA 80
reviternents " fe Idsp.,ths
. [Link] "

~
......
...

~
• • SA
• : ':
.. ,
~II 'sèc~age' , ','
. ~.

gris. tàchee rouine


..
'
amas poudreull
et nodules
oarbonat4.
A
100

. . _. n. -
matrics rouge • SA plagee poudreuses s
\\ \
4· •
.
'Cl. /J.- contset Dlanioue '\ ,

~ T')TT)SL
'WD .u , MASSIF
,,-
[Link]
~ sris et rouille
SA
struature eontinue
• • ravêlements
laches jaunes
, 16h10

, GUY
..;... nllppe en s. sèche A

Struclure continue

lEGENDl

Turricules (Vera) rYmYl Structure aclumnaire .


/} q" Nodules carboNltés nrn " v prismatiqùe
4~ Quartz Filonien ~ \l "en plaquettes obliques
• • Conerétions flt'rug;neuses 111111 Roahe à struclure conservée
C c Feldspaths oonurvé.s S,SA,AS,A: Texture
Œl ël Morce.u,," de ~oche 1 010 Pente de la surface
SITUATION DES PRINCIPAUX TYPES DE" SOLS

I-"del Sols squelettiques de monlaglle

Ip.,.,.,e-] SolI en début d'évolution

G-- Sais hydromorphes lithomorphes " -lia

~ Sols rouges tropicaux el vertisols

CI] V@rtisols et hydromorphes des yaerés

~
o '
Sols rerrugineux tropicaux

Sols ren'ugineux lessivés sur grès


....
D Sols lessivés et sols hydromcrphes

g-.

-m
Sols lessivés

Sols de glacis

•••••J Trachytes el 91acis

H1lTIl Ver/isnls drainés

~ Sols sodiques hardés

m Sols non connus

~ Cuirasses '

F Sols rerru9ineux

H Sols hydromorphes

R Sols rouges tropicaux

A Alluvions H et v.
V Verlisols

S Sodiques

B Bruni Fiés

-----:;Qee~
- 112 -

peu évolués d'érosion) ou intrazonaux stricts (vertisols, sols hydro-


morphes, sols sodiques) oh faiblement différenciés (sols en voie
d'évolution) •

Les matériaux acides, quartzeux ou quartzo-feldspathiques (granites


alcalins, grès quartzeux ou peu arkosiques, dunes, alluvions ou col-
luvions sableuses) évoluent en sols ferrugineux lessivés s'ils sont
en position de bon drainage, en sols hydromorphes lessivés s'ils sont
saisonnièrement engorgés.

Le fer qui sert de révélateur à ces deux pédogénèses provient soit


du sol lui-m~me (matériau originel) soit de la nappe phréatique, soit
des terrains situés en amont, après ruissellement superficiel ou
écoulement oblique interne. Sous ces climats contrastés les variations
fréquentes de concentration des solutions, et les variations de poten-
tiel redox qui les accompagnent, lui confèrent en effet une grande
"labilité lt à laquelle contribuent également les complexations par les
e =-=1qM'

acides organiques et le développement de bactéries ferrugineuses en


surface du sol (enduits huileux de couleur rouille).

Le fer peut ainsi migrer indépendamment de l'argile et suivre une


destinée différente : la capacité maximale de fixation du fer par la
kaolinite, principale argile de ces sols, est estimée à 12 % environ,
soit 5 % pour un sol contenant 40 % d'argile. Or la quantité totale
de fer retenue dans les horizons B de ces sols est souvent inférieure
bien qu'elle y apparaisse en partie sous forme "figurée" c'est-à-dire
individualisée dans des concrétions ou dans une carapace de rupture
de pente (horizon Bfe). Les horizons supérieurs de ces sols sont, eux,
nettement lessivés en fer et en argile ce qui se traduit par une dé-
coloration et une concentration du squelette quartzeux (horizons A2
ou E).

Enfin lorsque l'élimination du fer et de l'argile est presque totale


on aboutit à des sols lessivés (sols à horizons blanchis, sols gris
lessivés de bas-fond) où les deux pédogénèses précédentes ne peuvent
plus, en l'absence de fer, s'imprimer ou s'exprimer nettement.
- 113 -

Le plus souvent le haut des versants est bien drainé, l'élimination


des cations et le lessivage du fer et de l'argile peuvent s'y effec-
tuer rapidement tandis que les bas-fonds et les bas de pente permet-
tent plut8t une concentration des ions et des néoformations d'argile
de type 2/1 (famille de la montmorillonite).

Les matériaux basique's mais aussi riches en fer (micaschistes, amphi-


bolites, certains gneiss, roches volcaniques basiques) ou enrichis
latéralement en fer (démantèlement de cuirasse, glacis d'épandage)

-------_-.:-
évoluent, en position de drainage correct, en sols fersiallitiques
où le fer reste fixé sur les argiles qU'il colore vivement en rouge
(sols rouges tropicaux) et à qui il confère une structure fragmen-
taire nette. En milieu confiné réducteur (mauvais drainage interne
ou externe) apparaissent des vertisols si le matériau est essentiel-
lement calcique, des sols sodiques si la roche ou la nappe fournis-
sent une quantité appréciable de sodium, des sols hydromorphe~à gley

dans des milieux plus équilibrés ou moins riches en cations. Les sols
sodiques qui apparaissent sur certaines roches du socle, ou dans cer-
taines formations alluviales, s'intercalent dans les séquences soit
en position dominée par les sols ferrugineux tropicaux soit en posi-
tion dominant les vertisols ou les sols hydromorphes.

Les matériaux argileux des grandes plaines d'épandage évoluent en


sols ~dromorphes à gley ou en vertisols ou en sols sodiques selon
leur richesse en cations, la nature de ceux-ci, les néosYnthèses
qut'ils produisent et les modalités du confinement. Une nappe phréati-
que peu profonde y est un agent pédogénétique essentiel qui peut ~tre
à l'origine de fines différenciations latérales (d'échelle métrique
par exemple). L'apparition de carbonates sous forme figurée (nodules)
ou diffuse (pseudo-mycelium) en est une manifestation fréquente.

3/ INFLUENCE DE LA VEGETATION.

La juxtaposition de pédogénèses très variées et inégalement dévelop-


pées réalise des conditions hydriques, chimiques et physiques très
différentes auxquelles la végétation doit s'adapter en diversifiant
ses espèces et ses associations. La végétation accentue ainsi à son
t-our la différenciation pédologique. Mais ces relations sol-végétation
- 114 -

sont mairitenàrit modifiées par les sélections opérées pa~ l'homme et


ses feux. :Ce bouleversement d'origine anthropique ne permet guère
d'identifier au Nord-Cameroun des paysages végétaux specifiques (par
leurs associations d'espèces ou la physionomie de celles-ci) de types
de sols ou m~me de paysages pédologiques. Dans les régions moins pro-
fondément marquées par l'~omme cette adaptation de la végétation au
support sol se~ble commandée par les exigences d'alimentation en eau
e= m=-

~=ch~~ue espèce et l~s Eos~ibilités offertes à cet égard par chaque


.élém.?~.j.e paJ!..~. C'est pourquoi les associations sol-végétation
parfois décrites n'ont qu'une [Link] très localisée. Néanmoins
i l a été fréque~ent observé que :
Guiera senegalensis s'installe sur les recouvrements sableux,
le baobab et AnogeJssus leiocarpus préfèrent les terrains pré-
sentant une couche argileuse à faible profondeur,
Terminalia macroptera et les Gardenia prolifèrent sur les sols
hydromorphes 10U2~d8 ou durcis en bordure des sols à gley,
Acacia seyal a~onde sur les vertisols pas t~op longuement inon-
dés,
Lannea humilis, Balanites aegyptiaca, Comiphora africana, for-
ment 2.8. v0g8tatioll contractée des surf3..ces "hardé" à sol sec
et durci,
les Boswelia occupent les pentes rocailleuses à sols faiblement
évolués ou dégradés,
les sols hydromorphes à gley de surface n'ont pas de végétation
arborées
les buttes cuiTassées ou rocailleuses ont 1U1e belle végétation
arborée (Isoberli~~a~ Daniellia),
les très beaux p8l:plef'l8!l-~s de caïlcédrats bénéficient d'une
nappe phréatiqu e en pr('f~nde1J.r.

En fait, comme l'indiqu8~t ces exeQples~ les principaux caractères


du sol ou du paysage pédologique qui commandent la répartition des
espèces végéta~es sont :
l'existence, la profondeur et les fluctuations saisonnières
d'une nappe phréatique ou d'un niveau d'engorgement (nappe per-
chée) ,
l'existence et la longu8U2~ d'une période d'inondation,
le montant des réservE:;:: en eau du sol qui est fonction de l' é-
- 115 -

paisseur, de la"':texture et de la porosité de ,ses horizons ainsi


que de son pédoélimat,
l'accessibilité de ces réserves à la prospection ractnaire,qui
dépend des potentiels capillaires et de l'organisation textura-
le des horizons (horizon caillouteux, discontinuités, taille. et .
cohésion des éléments structuraux etc).

La strate herbacée est, semble-t-il, plus dépendante des caractéris-


tiques physiques des horizons supérieurs mais cette dépendance passe
aussi par les conditions hydriques qu'ell€s y dét€rminent •.

4/ INFLUENCE DU CLIMAT.

1/ La zonation climatique des sols.


Le"Nord-Cameroun" compris du piedmont de l'Adamaoua au lac Tchad,
présente des différences clim~tiques importantes et l'on peut s'at-
tendre à ce que ce "premier facteur de la pédogénèse" diversifie net-
tement l'évolution des sols. Effectivement le paysage pédologique,
comme d'ailleurs le paysage végétal, se transforme nettement du do-
maine soudanien humide du sud au domaine sahélien du nord mais aucun
type de sol climacique n'apparaît ou ne dispara1t ici, crest-à-dire
du parallèle' 8 au parallèle 13 0 : au sud la pédogénèse ferrallitique
ne dépasse pas le pied dé,la falaise de l'Adamaoua, au nord les sols·
"isohumiques" bruns et bruns rouges sub-arides ccmmencent au niveau
du lac Tchad seulement. Les pédogénèses du type sub-a~ide et du type
ferrallitique ne s'exercent donc pas actuellement dans l'intervalle
considéré (voir carte ci-jointe), ce qui ne signifie pas qu'elles ne
l'ont pas pénétré au cours du quaternaire.

Les sols à sesquioxydes subissent certaines variations du nord au


sud de leur domaine nord-camerounais :.c'est ainsi que les sols fer-
rugineux tropicaux sont, sur matériaux comparables 7 plus lessivés et
plus désaturés au sud qu'au nord; les sols fersiallitiques rouges
tropicaux apparaissent principalement entre le parallèle de Garoua
: de
et celui de Mora (9 à 11 0) et on n'en rencontre plus que/très petits
affleurements, au sud jusqu'au voisinage du parallèle 8. Au nord du
parallèle 11 [Link] spIs à sesquioxydes n'apparaissent pIns guère au
- 116 _

Cameroun (sauf sur les systèmes dunaires) mais ils existent à ces la-
titudes aussi bien en Nigéria qu'au Tchad (voir carte). Leur absence
dans cette partie du Cameroun provient d'un mauvais drainage général
de la plaine, qui y favorise les pédogénèses commandées par un excès
d'eau (et les cations qu'elle apporte ou dont elle emp~che l'évacua-
tion), c'est-à-dire les vertisols, les sols hydromorphes et les sols
sodiques.

2/ Localisation des sols sodiques et leur signification.

Ces derniers, du type sols lessivés à alcalis, ne peuvent se mainte-


nir là où le climat favorise un drainage vertical important ce qui
explique leur faible extension au sud de la Benoué où leurs affleure-
ments sont de deux sortes : des petites plages, à horizon Bna profond
et sans différenciation végétale, paraissant correspondre à un filon
sodique de la roche-mère (sol actuel).- des glacis de piedmont en
cours de démantèlement autour des extrusions trachytiques (phase de
déséquilibre).

Ils sont particulièrement abondants par contre dans le Diamaré où la


pluviométrie annuelle est de l'ordre de 850mm. Certains de leurs af-
fleurements de sommet d'interfluve sont également disséqués par l'é-
rosion et marqués de caractères séniles (durcissement et imperméabi-
lisation totale de l'horizon B) qui sont à l'origine de leur sensi-
bilité à l'érosion. Toutefois si un sol analogue se reconstitue sous
le plancher des ravines cette destruction s'apparenterait à une "mue"
périodique.

En fait on ignore encore si les conditions pédo-climatiques de génèsè


de ces sols sont suffisamment strictes pour leur conférer une certaine
signification climatique et on peut se demander si les caractères ap-
paremment "reliques" de ces affleurements ne représentent pas une
phase cyclique de leur évolution.

3/ existence de sols "hydromorphes" originaux.

Au sud de la Benoué et jusqu'au voisinage du piedmont nord de l'Ada-


maoua se développe une pédogénèse hydromorphe particulière, qui en-
vahit en effet l'ensemble des interfluves dans un milieu pourtant
- 117 -

"ouvert" où le drainage externe est correctement assuré. Ces sols ont


été appelés "hydromorphes à pseudo-gley, lithomorphes" bien que l'hy-
dromorphie puisse_y ~tre consécutive au lessivage de l'argile.
- . ..~

Ils présentent à la partie supérieure une spectaculaire activité des


vers de terre (sols "dentelle") et à la base un horizon compact et
imperméable qui paratt résulter d'une argilisation en place, de mili-
eu confiné, saturé en cations, combinée à une illuviation d'argile
ooimatante et remontant~. Un drainage notable-s'y 9roduit, dont té-
moignent les épais horizons A lessivés, mais il fait place assez brus-
quement en profondeur à un milieu argilisé confiné induisant une hy-
dromorphie remontante. Il est possible que ce milieu, dont les carac-
tères très contrastés semblent liés à des conditions de drainage mo-
dérées, apparaissant sur des matériaux riches enfe1dspaths, ct donc
favorables à une forte argilisation, présente lui aussi une certaine
signification climacique. En effet ces sols, développés sur roches
feldspathiques se partagent la partie sud" du domaine des sols à ses-
quioxydes avec des sols ferrugineux tropicaux lessivés développés sur
des matériaux plus quartzeux. Ils constituent une variété de sols "les-
sivés" en argile, moins bien différenciés par les sesquioxydes.

4/ ~es pédogénèses asso~iées et leur actualité.

Ainsi, si l'on ne tient compte que de la répartition présente dos


sols, c'est-à-dire si on les considère comme en équilibre avec le cli-
mat actuel, on pourrait conclure que le domaine nord-camerounais est
caractérisé par la pédogénèse des sols ferrugineux tropicaux, (qui se
forment sur des matériaux acides et bien drainés, avec accentuation
du lessivage et de la lixiviation du nord au sud) accompagnée de dif-
férentes pédogénèses ~ssociées là où ces conditions de roche-mère et
topographie ne sont pas réalisées
Oe sont les ~ols lessivés en argile et en fer, dont l'hor~zon éluvial
E est profondément et (ou) intensément développé, là où s'établit un
drainage latéral important: laminage et accélération d'un flux obli-
que sur une rupture de pente, débourrage ou réutilisation d'un ancien
horizon éluvial enfoui, hiérarchisation du réseau d'écoulement interne
en bas de versant etc.
Ce sont les sols hydromorphes sur les matériaux feldspathiques bien
~ .*-

drainés(sols "lithomorphes") ou dans les milieux fermés (sols hydro-


morphes topomorphes) au sud du domaine, c'est-à-dire entre la falaise
de l'Adamaoua et la latitude de Garoua, les premiers n'étant en fait
_ 118_

qu'une variété de sols lessivés, de facture biologique et inductrice


d'hydromorphie remontante.

Ce sont plus au nord, entre Garoua et Maroua, des sole rouges tropi-
caux sur les matériaux basiques correctement drainés et riches en
vertis~ls topomorphes ou litho~orphes sur les matériaux cal-
fer, des 'ft,,- . l ' .
ciques, d~ssols,~odiques lithomorphes SÛT les roches sodiques.

Encore plus à l'est' et plus au nord, les matériaux argileux mal drai-
nés ou à nappe phréatique'PeU profonde évoluent en sols hydromorphes
à gley, vertisols et sols'sodiqùes topomorphes, ces derniers devenant
plus répandus vers le nord, au-delà du parallèle 11 (carte pédologi-
que du Tchad).

En fait ces pédogénèses associées peuvent s'imprimer assez rapidement


et ~tre effectivement en équilibre avec les climats actuels mais el-
les peuvent tout aussi bien ~tre en totalité, ou pour certains de
leurs caractères seulement, ou m~me pour certains affleurements hé-
ritées de périodes paléoclimatiques. C'est ainsi que les hardés, sols
sodiques de la région de Maroua, présentent certains caractères sé-
niles qui pourraient ~tre considérés comme reliques. De m~me une par-
tie des sols fersiallitiques du Nord-Cameroun peuvent ~tre formés à
une période antérieure et ~tre conservés par le climat actuel. Par
conséquent la signifi~ation climacique qu'on peut attribuer à ces
différents sols à la lumière de leur répartition actuelle doit ~tre
révisée à chaque identification de caractères paléoclimatiques.

5/ Caractéristiques du climat actuel.


Il importe d'abord d'étudier comment et dans quelle mesure les types
de sols rencontrés au Nord-Cameroun peuvent se former sous les cli-
mats actuels.

Le's climats du Nord-Cameroun présentent certaines caractéristiques


générales qui les distinguent de ceux du domaine ferrallitisant sud-
camerounais et qui doivent logiquement influencer les pédogénèses
supposées climaciques : c'est essentiellement une diminution de la
pluviosité avec allongem~nt de l'unig,ue saison sèche et une augmenta-
tion des températures maxima et de l'évaporation.
- 119 -

La période pendant laquelle l'eau apportée par les pluies peut s'in-
filtrer jusqu'aux horizons profonds est donc considérablement réduite
mais cette infiltration se produit néanmoins du fait de la concentra-
tion saisonnière des pluies et de la violence des averses. Toutefois
le drainage effectif du sol dépend de sa perméabilité de surface qui
varie avec le type de sol et les modifications provoquées par l'hom-
me. Cette influence "anthropique" traduite dans le profil cultural
confère à la plupart des sols cultivés une dynamique saisonnière de
l'eau assez différente de celle qui a présidé à la formation du pro-
fil pédologique naturel.

Pour fixer les idées on évalue par exemple à trois mois par an au
maximum (Juillet, Ao~t et Septembre) la période où s'établit un drai-
nage vertical dans un sol profond et perméable de la région de Garoua
dont la pluviométrie est de 1000mm environ. La variation du stock
d'humidité du sol entre la fin de la saison humide et la fin de la
saison sèche (évaporation + infiltration) est de l'ordre de 90mm pour
le premier mètre, 90mm pour le second, 40mm pour le troisième. Ces
évaluations peuvent être tirées de profils hydriques saisonniers mais
peuvent aussi être calculées :
Calcul du drainage vertical: La pluviométrie mensuelle des mois hu-
mides a plus d'importance c'est la différence, positive ou négative,
entre cette pluviométrie mensuelle et l'évapotranspiration réelle qui
est à considérer. Cette. dernière est approchée par le calcul de l' é-
vapotranspiration potentielle par la formule de Turc ou par la métho-
de de Thomwaite qui nécessitent la connaissance (ou à la rigueur une
estimation) de la radiation globale, de l'humidité relative, de la
durée astronomiq,ue du- jour, de la durée de l'insolation et des réser-
ves d'eau du sol en saison sèche. Le graphique ci-joint, établi pour
Garoua, indique que les précipitations compensent'progressivement
l'évapotranspiration en mai et juin puis permettent 'un drainage en
août et se,ptembre. En octobre l' é-vapotranspiration l'emporte de nou-
veau et de janvier à avril les mouvements de l'eau dans le sol sont
très réduits et très lents et par conséquent les processus pédologi-
ques y sont bloqués.
La formule de Hénin-Aubert (draînage calculé) 2
D = p 3/(a + p2) aV2C a = 0,15 T _ 0,13
où p et T sont respectivement la pluviométrie annuelle en mètres et
Figure 1
GAROUA

Pluies COURBE OMBROTHERMIQUE DE GAUSSEN'

...
200
~ Mais secs Pluviamètrie

180 1cm=20mm= 10°: 30jaurs Températures

1&0

1+0

120 37.23=60mm
soit 180 jours
(indice ~érique) Température
100

80 +0·

• 23"''''
60 30-

'0 20·

20 ra·

0 O·
J M A M J J A S 0 N D

Pluviornètrie
ÉVAPOTRANSPIRATION ET PLUVIOMÈTRIE
ETP calculée
Pluies ...
.....
..
ETI Excédent de précipitations
200 ·· ....
.... ···....
....
....
~ ··....
....
lit..
Excédent d'évaporatiDn
··....
....
·· ....
.... 190mlll
11O
· ....
... ···....
....
III ••••

·.. ..... .... . .....


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170
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120 ....
110
100
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J F M A M J J A S 0 N D
- 121 -

la température moyenne annuelle en degrés centigrades donne une esti-


mation plus rapide du drainage. Pour Garoua elle indique un dra~age
D de 200mm (T = 28 0 ) .

La courbe ombro-thermique de Gaussen combine graphiquement les régi-


mes pluviométriques et thermiques (1 cm y représente 1 mois en abscis-
se, 20mm de précipitations et 10 0 de température en ordonnée) et per-
met le calcul de l'indice xérique ou longueur en jours de la saison
sè·che (170 jours d'octobre à avril dans le mis de Garoua) indiquant
par complément la période pendant laquelle le sol humecte puis drai-
ne ses horizons.

A cette grande pulsation annuelle qui fait alterner humectation et


dessication intense s'ajoutent de nombreuses pulsations de moindre
amplitude dues à l'espacement ou à'l'irrégularité des pluies tout au
long de la saison humide. Ces arr~ts ou ralentissements périodi~ues
du drainage avec inversion du sens de déplacement des solutions ont
des répercussions pédogénétiques importantes et modulées qui diversi-
fient la couverture pédologique et par conséquent la "réponse du sol"
à ces incitations climatiques •.

5/ CONSEQUENCES PEDOGENETIQUES.
~a__~~~m~_~e saisonnièr~_?es sols est très contrastée.
Ces caractéristiques climatiques contrastées font d'abord que la tran-
che de sol qui participe à la dynamique actuelle est d'épaisseur vari-
able mais assez réduite. Les phénomènes d'altération y sont ainsi
plus lents et moins complets que dans les paysages intensément et
donc profondément drainés. C'est pourquoi l'épaisseur du solum est
souvent réduite ici à quelques déCimètres, les formations sableuses
et perméables? comme les grès de Garoua certains glacis d'accumula-
tion et les dunes du Nord, étant toutefoiS travaillées plus profondé-
ment par la pédogénèse (plus de deux mètres). Pour les sols à nappe
phréatique peu profonde c'est le niveau inférieur de celle-ci qui sert
de "plancher" à la pédogénèse (l'altération est faible dans l'eau
stagnante mais rapide dans la zone de battement de la nappe) mais il
existe souvent aussi des nappes temporaires perchées au contact des
_ 122 -

horizons E et B. L'action des processus'pédogénétiques ainsi limitée


aux premiers décimètres y' e'st cependant particulièrement intense
parce que les alternances d'humectation-dessication y sont très nom-
breuses* et que les é carts thermiques du sol sont particulièrement
importants sous ces climats 'contrastés et ces végétations clairse-
mées. La différenciation verticale des profils y est ainsi rapide et
marquée, allant même parfois jusqu'à'l'apparition d'une discontinuité
plus ou moins parallèle à lâ s~~face du sol· Celle~ci est appelée
~~tact ~laniqu~ lorsqu'elle est brutale et met en'contact, avec rup-
ture du joint capillaire, une couche supérieure sableuse ou grave-
leuse et un plancher argileuz compact et imperméable.

Far ailleurs, la faible àctivité biologique, qui s'observe en


dehors des vastes zones intensément travaillées par les vers de terre
du sud de la Benoué, et qui résuite de-la stérilisation de l'horizon
supérieur par le soleil et par les feux (hydrophobie), rend la sur-
face du sol peu perméable (battance), ou alternativement perméable
et imperméab:'e lorsque le confinement conduit à la fOTmation d'argiles
gonflantes affectées de gonflements et de retraits successifs. L'in-
e g a ~ refus à l'infiltration des fortes averses qui en résulte (et
qui est accentué act 'lellement par certaines pratiques culturales) fa-
vorise l'érosion superficielle. Le pédoclimat est donc ainsi diversi-
fié et des échanges de matière ~ine ê!établissent le long des ver-
sants, diversifiant à leur tour les pédogénèses résultantes, condui~
sant à ces chaîneR de sols caractéristiques et variés que ,l'on y ob-
serve et à la formation d'un modelé à portion concave importante.

Tentative d'explication.
~"'--~~'-=---'''--~~~-

Il est possible de relier ces caractéristiques climatiques à l'orga-


nisation et à J.a morphologie des sols du Nord-Came'roun de la manière
suivante :
Si l!on exclut les matériaux à forte porosité originelle (grès,dunes)
lejou rapide et alternant du couple ini'iltration-évaporatio:q. qui li-
"

----------~--~~~--~-~._--------~---
* De m~meque dans des régipns plus 'élevées en latitude ,les alternan-
ces de gel et de degel ont des effets différents et plus accentués
qu'un gel permanento '
- 123 -

mite ï'épaisse'!lr de la, tranche :d~ sol""affectee par la dynamique actu-


elle de l'eau, provoque'la formation de deux milieux contrastés:
• 1

dans la partie supérieure du solum ou dan~ les portions hautes


bie~ drainées des top~séquences ia forte sollicitation de la lame
pluviale et les possibilités d'évacuation latérale des eaux infil-
trées favori~~nt l'aménagement de voies de lessivage, d'abord ver-
[Link] puis obliques. L'activité de la faune, cont~in~e_~. un va
et vient vertical saisonnier pour les besoins de son alimentation
en oxygène et en eau, les consolide.
- dans 'la partie basse du solum ou des toposéquences le confinement,
résultant d'un ralentissement de l'infiltration par l'évapotrans-
piration ou d'une évacuation défectueuse de l'humidité des nap-
'pes int~rne et superficielle, favorise l'argilisation et l'illu-
viation. Ainsi se mettent en place des horizons argileux massifs,
imperméables et gonflants qui entretiennent le confinement du mi-
lieu' (piégeage des ions et des collofdes).
Entre ces deux milieux différents s'établit~ dans les parties drainées
des toposéquences, une zone de lessivage actif, vertical et oblique,
qui progresse per desce~sum aux dépens des horizons colmatés inférieurs'
qu'il dégrade. Mais lorsque le paysage permet l'illstallation d'un bou-
chon argileux compact en bas de versant, l'accumulation gagne vers le "
haut de la toposéquence et envahit alors des horizons antérieurement
marqués par l' éluviation. C'est l'accumulation remontant"e récemment mi-
se en évidence au Tchad par [Link] et qui s'accompagne d'un adou-
cissement du modelé.

La granulométrie et l'abondance "du squelette résistant de la roche,


épargné par l'altération,démrm1~cn~la stabilité" à l'érosion des hori-
zons éluviés ou argilisés formés et donc leur conservation et leur é-
paississement éventuels. Ces éaractéristiques du squelette agissent en
effet sur les pourcentages d'eau infiltrée et d'eau ruisselée et donc
sur les vitesses de progression des fronts d'érosion et de lessivage
(ou au contraire d'accumulation remontante). D'où le développement très
inégal des horizons éluViés. Lorsque le contact planique est proche de
la surface du solon aboutit généralement, dans les conditions actuelles
d'érosion anthropique accélérée à une mise à nu des horizons argileux.
124 -

En f~it à chaque instant et en chaque point de la couverture pédolo-


gique la morphologie observée est le résultat de l'action passée et
actuelle de différents ~oupes de processus, matérialisés dans des
fronts ou zones plus ou moins paralièles à la surface du sol et qui
sont, de haut en bas: 1/ l'érosion ou l'apport superficiel,
," . 2/ l'ap-
port, lfh~fication et la min~ralisation de matières organiques,
3/ la dégradation ou le lessivage de l'arg!le ou d~ fer~ 4/ la néofor-
mation on l'accumulation d'argile, 5/ l'altération des minéraux pri-
maires avec exportation de [Link] démolition.

La compréhension d'un état d'équilibre actuel nécessite de tenir comp-


te à la fois des vitesses absolues de ces différents processus et de
leurs vitesses relatives, mais aussi de leurs interactions génétiques,
aussi bien actuelles que passées. La plupart de ces données, m~me ac-
tuelles, sont encore mal connues d'où la fragilité des interprétations,
le grand nombre de facteurs leur conférant par ailleurs u:tle grande·
complexité. Il existe cependant une certaine différence d'échelle en-
tre la vitesse actuelle de l'érosion et celle des processus pédogéné-
tiques autres que biologiques. En effet la végétation naturelle qui
joue un r~le tampon essentiel a presque partout été modifiée par l'hom-
me. Si l'on a bien à l'esprit que le sol est un état complexe d'équi-:
libre qui peut parfois m~me ~tre instable on comprend facilement que
la plus petite modification puisse y avoir des conséquences apparem-
ment dispor~ortionnées à leur cause.

_ Inégal développement du lessivage.

Le déplacement vertical et latéral de l'argile et du fer qU1 Joue un


rÔle si important dans la ·différenciàtion des sols ferrugineux tropi-
caux (lessivés), des sols bydromorphes (lessivés), des sols sodiques
"lessivés à alcali" et des sols "lessivés" à horizons blanchis et(ou)
à contact planique, n'est pas macroscopiquement visible dans les sols
brunifiés eutrophes, les sols fersiallitiques rouges tropicaux et les
vertisols typiques.

Ces trois derniers types de sols apparaissent par exemple sur les mi-
caschistes de la région de Bibemi, roche riche en cations et en fer,
le sol rouge apparaissant au sommet de petits interfluves, le sol brun
à mi-pente, le vertisol dans le bas de pente (vertisol à la fois li-
- 125 -
thomorphe et topomorphe ou mieux, à drainage externe possible mais à
faible drainage inteÏ'ne}~ Ces sols non lessivés voisinent 'avec des -
sols lessivés des classes"hydromorphe; sodique et ferrugineuse (régi-
on d' Adoumri ).

Le Nord-Cameroun juxtapose donc des sols très lessivés ~t des sols


peu ou, non lessivés, les premiers étant toutefois plus nombreux au
sud et les seconds au nord. Les sols très lèssivés sont soit en posi-
, i

tion de bon drainage externe en sommet d'interfluve soit dans un mi-


. .
lieu soumis à une forte circulation d'eau, interne, latérale et lami-
née, en rupture de pente ou dans certaines parties des talwegs par
exemple. Lemat~riau originel possède un squelette quartzeux suffi-
sant pour qu'un déplacement interne des colloides puisse s'effectuer,
dans la partie supérieure des profils, plus vite que l'enlèvement su-
perficiel par l'érosion en nappe. Les sols peu lessivés sont soit en
position de bon drainage externe (sols rouges tropicaux, sols bruni-
fiés eutrophes) soit en position de drainage externe réduit (verti-
sols). Leur drainage interne peut ~tre mauvais sans que l'engorgement
s'y manifeste obligatoirement par des marques d'hydromorphie. Ils se,
forment sur des roches basiques susceptibles d'une forte néoformation
d'argile à structure stable, là où l'érosion est faible ou entravée
par un squelette quartzeux résiduel.

La différenciation des sols et ses processus.


Trois processus fondamentaux commandent donc la différenciation des
sols du Nord~Camer~un, l'argilisation da milieu confiné, l'érosion et
lé'lessivage. L'argilisation demande un matériau feldspathique ou une
concentration topographique des ions, mais ses produits ne s'accumu-
lent ou se maintiennent que si l'érosion est faible (milieu fermé ou
présence d'un squelette quartzeux protecteur). L'érosion dépend de .la
violence des averses, du modelé, de la granulométrie et de la minéra-
logie de l'activité de la faune, et plus récemment de l'homme. Le les-
sivage dépend de la granulométrie et plus particulièrement des propor-
r_· --- . ' t, .
tions relatives de,SqUeletteid'argile, de la taille et de la nat~e
des phyllites, . .de l'activité de la faune et du drainage P~rmis
.- . par le
climat. D'où divers types de paysages pédologique~ selon les roches-
mères, les modelé~, le a1imat et la durée d'évolution:
- 126 -

1 - Sols soumis à une très-~orte érosion qui élimine 'au fur'et à me-
sure les matières fines produites par l'argilisation et m~me le
squelette libéré par l'altération, et où des horizons lessivés ne
peuvent se maintenir (pentes des massifs).

2 - Sols dont l'argilisation, et donc le lessivage, sont limités par


l'érosion en tous points d'un paysage ouvert faiblement ondulé
(mosaïque de sols argilisés peu différenciés d'une surface d'éro-
sion entre le Tinguelin et l~s mo~ts Mandara).

3 Sols argilisés non ou peu lessivés en tous points d'un paysage


-ÔUvért (séquence sol, rouge tropical - vertisol sur les micaschis-
tes' de Bibémi). "", , _'

4 - Sols argilisés non lessivés dans un paysage fermé (vertisols sans


drainage ext~rne des yaérés) avec quelques sols superficiellement
lessivés (sols sodiques) là où le drainage externe est meilleur
(sols hardés des légers bombements de la plaine).

5 - Sols à horizon lessivé sur horizon arg1lisé en' tous points d'un
paysage ouvert (sols' hydromorphes lithomorphes au sud du parallè-
le 9).

6 - Sols à horizon lessivé sur horizon inférieur de plus en plus ar-


gilisé vers le bas des versants, dans un paysage peu ouvert(sols
ferrugineux et solshydromorphes lessivés de la surface récente
de la Benoué en grès de Garoua).

7 - Sols lessivés en tous les points épargnés par l'érosion d'un pay-
sage ouvert (reprise d'érosion récente de la surface précédente).

Conclusion.
Deux caractéri~tiques du paysage, le drainage,g é n é r a I et
le modelé, combinées à deux caractéristiques de la roche-mère, sa ca-
pacité ,à former des argiles du type 2/1 et l'abondance du squelette,
paraissent commander la différenciation des ,sols q~i va de l'argilisa-
tion
.
généralisée sur certaines roches basiques ou dans les paysages
'

plats et fermés, au lessivag'e généralisé sur ,les matériaux qusrtzeux


des paysages ouverts. Les combinaisons diverse~ de ces facteurs aux-
- 127 -

quelles s'ajoutent les variations climatiques en 1atitud€ (favorisant


le lessivage au sud) expliquent dans une certaine mesure la mosafque
de sols actuellement observée.

Mais un tel contraste peut faire aussi penser à une juxtaposition de


pédogénèses actuelles et passées, par exemple l'accentuation du les-
sivage et de l'érosion étant due à une modification récente de la plu-
viosité. Le premier marquerait les sols bien armés par un squelette
quartzeux abondant, la seconde affécterait plutet les sols argi1isés
vulnérables qui lui sont: exposés. En outre les interventions humai-
nes favoriseraient encore cette érosion, accentuant ainsi le déséqui-
libre de la couverture pédologique. C'est pourquoi- la conservation
des sols contre l'érosion doit ~tre le premier souci de toute exploi-
tation des terres de cette région.

6/ DUREE D'EVOLUTION ET HERITAGES.


Les importantes et rapides variations pa1éoc1imatiques du quaternaire
recent ont marqué effectivement les sols et les paysages de ces ré-
gions. Deux orientations principales: les climats un peu plus arides
ont modelé des formes dtaccumulatio~ (glacis, dunes) avec les maté-
riaux arrachés aux parties hautes d~ relief (rajeunissement). Les
climats plus humides ont rendu le fer plus labile et favorisé sa sé-
grégation en carapace ou cuirasse, laissant ainsi des témoins résis-
tants qui protègent parfois les formes antérieures; mais le plus sou-
vent l'action plus profonde et plus intense des pédogénèses de climats
humides a effacé celle des pédogénèses antérieures de climats secs.
Il eXiste en outre une certaine "rémanence" (persistance) des pédogé-
nèses lors des changements climatiques, le climat actuel pouvant ain-
si entretenir ou simplement conserver des sols qui ont pris "naissance
dans des conditions différentes. Le dém~lage de cet écheveau nécessi-
te d'étudier la mosafque de sols qui en résulte à la lumière des don-
nées de la géomorpho~ogie paléoc1imatique et de la dynamique actuelle
des sols et du modelé.

Résultat de ces déséquilibres climatiques ou de changements de nivœu


de base indépendants de oeux- ci, le Nord-Cameroun est par ailleurs
soumis ou a été soumis en bien des endroits à une érosion active qui
a décapé inégalement sa couverture pédo10gique mais qui est souvent
capable de maintenir le sol dans un état de faible évolution.
_ 128 -

II LES DIFFERENTS PAYSAGES PEDOIDGIQUES

L'étude précédente des interactions des grands facteurs pédogénéti-


ques, c~imat,
, . roche-mèr~, temps, ,végétation et topograp~ie permet ,de
'

mieux comprend:r:e +es [Link] types fondamentaux de paysages pédologiquEF,


avec leurs .intergrad~s, .qui se présentent au Nord-Cameroun :
,Sur les modelés· juveniles, "ouverts",· au réseau hydrographique
et où l'empo·rtent leg processus d'ablation, il y a juxtaposition de
pédogénèses fortement influencées par la roche-mère mais d'évolution
··encore peu poussée : d'où· des sols peu développés n'échangeant pas
de matière par drainage latéral et par conséquent mal organisés en
·.:lJopos.équences ou "chatnes 'de sols.
Sur les modelés ouverts plus évolués, de forme généralement
convexo-concave et donc plus adoucis ou plus réguliers, ainsi que
dans les milieux "confinés" des grandes. plaines alluviales s ' établit
~ne différenciation plus profonde et plus marquée de sols évolués
échangeant des matières le long de toposéquences (d'échelle très va-
riable : hectométrique .à décimétrique). par le fait des nappes [Link]~
raires ou permanentes et. l'action du ruissellement superficiel et
celle du drainage latéral. interne.
Les héritages paléoclimatiques s'inscrivent dans les deux types de
paysages précédents .soit sous forme de témoins résistants (carapaces,
couches caillouteuses ou durcies) ou protégés de l'érosion (sols rou-
ges tropicaux de certains replats des monts Mandara ?) soit d'une
manière plus subtile dans les altérations ou les horizons profonds
de sols évolu~s. La partie supérieure de ceux-ci subit plutet des
influences actuelles comme le lessivage et (ou) la dégradation de
l'argile.

Ohaque paysage pédologique .présentant habituellement plusieurs types


de sols, organisés ou non en toposéquences, il est nécessaire de fai-
re appel pour le caractériser à ces unités supérieures que sont les
juxtapositions ou associations (toposéquences, cha1nes) de sols. Les
caractères généraux des différentes c~asses pu sous-classes ayant été
indiqués au chapitre V il est alors . préférable
.
,..
de présenter les sols
","

du Nord-Cameroun dans leur organisatione~ paysages pédologiques


choisis parmi les plus typiques. On étudiera successivement:
- 129 -

1 Les sols des massifs montagneux de Poli et des Mandara


2 Les sols en début d'évolution des mode~és d'ab~ation
. .
3 La séquence sol rouge tropical-vertiso1 des micaschistes de Bibémi
4 -'La séquence sols ferrugineux - sols hydromorphes de grèB dé Garoua
5 Les sols hydromorphes à vers de'terre de la région Po1i-Tcho11iré
6 Les sols sodiques des plages "hardé" du Diamaré
7 Les sols des plaines d'inondation du Logone

La toposéquence, ou la chatne de sols, ou mieux le paysage pédo10gi-


que qui situe les différents types de sols par rapport aux composan-
tes du modelé et expriment les échanges de matière ou'les're~ations
génétiques qu'ils établissent entre eux apparaît en effet comme un
cadre d'étude indispensable à la compréhension des sols et du modelé
de ces régions.

1/ LES SOLS DES lV"lASSIFS MONTAGNEU4.

La p~ésence d? nombreux cailloux, blocs, dalles ou chaos de boules de


\

roches est apparue d'abord comme le trait pédo10gique essentiel des


pentes des inselbergs ou des massifs du Nord-Cameroun. Ces reliefs
ont donc été cartographiés en "rochers nus" (sols minéraux bruts d'é-
rosion lithique) ou en "lithoso1s" ou m~me en "sols peu évo11,l~,~. l.;i-
thiques" lorsqu'un horizon humifère appara~t entre des affleurements
de roche dure. Sur les roches friables (marnes, schistes, micaschis-
tes, colluvions) les sols deviennent "régoso1iques".

Les sols lithiques d'érosion (minéraux bruts et peu évolués) sont


très généralement considérés comme des sols p~uvres voire m~me impro-
pres à toute culture. Et cependant au Nord-Cameroun certains des ~as-
":-,
sifs ainsi classés portent une végétation arborée et graminéenne con-
séquente et leurs sols nourrissent des populations "très denses. C'est
parce que, là où ces rochers n'occupent pas toute la superficie, les
agriculteurs ont su uti1is~r pour leurs, cultures les espaces,d'éche1-
le métrique ou décimétrique existant entre les affleurements rocheux
ou m~me les cupules ou les fissures de dissolution à la surface hori-
zontale des blocs. Quel est le support pédo10gique de ces cultures
acrobatiques ?
- 130 -

Parfois les roches ne forment qu'un "champ de cailloux" libres sous


lequel i l existe un sol évolué (collines de "quartzites entre Garoua
et Dourbey) mais c'est rarement le cas sur les fortes pentes monta-
gneuses. Sur grès à ciment argileux le sol m~me peu évolué dispose
d'un complexe absorbant et peut stocker de l'eau.

Le plus souvent c'est un sol plus profond, plus évolué qui s'est for-
mé entre les blocs; ceux-ci transforment en. effet une forte pente en
un ensemble de petits replats désordonnés protégés de l'érosion. Ces
sols peu évolués ou tendant vers les sols ferrugineux (granites,grès)
ou vers les sols bruns eutrophes (trachytes, granites calco-alcalins,
roches basiques etc) ont généralement un horizon humifère peu épais
mais assez riche en matière organique : sur les monts de Poli qui
culminent à 2000 m celle-ci peut atteindre 10 à 20 % avec un rapport
CIN des 15 à 20. Ailleurs elle est de 4 % avec un rapport CIN plus
bas. Une relative fra!cheur du climat peut expliquer ces teneurs é-
levées sur le massif de Poli dont la végétation comporte d'ailleurs
quelques espèces montagnardes qui sont absentes des monts Mandara,
moins élevés et plus nordiques.

Ces petits affleurements sont donc, avant mise en culture, assez bi-
en fournis en matière organique.
,- Ils disposent également en général.
de réserves minérales importantes. Mais leur texture est trop sableu-
se et leur profondeur insuffisante pour leur assurer une bonne réten-
tion d'eau. Leur production agricole est donc limitée à la saison'hu-
mide et très dépendante des conditions météorologiques.

Ils sont protégés de l'érosion par ce micro-relief en escalier crée


naturellement par les blocs et amélioré par les terrassettes des uti-
lis 0 teurs. Ils ont quand m~me, à des périodes plus sèches du quater-
naire, fourni la matière plus ou moins fine des glacis d'accumulation
qui encrassent encore par endroits leur piedmont. Un certain entra!-
nement des parties fines paratt se produire encore très lentement ou
lors d'averses exceptionnelles.
- 131 -

2/ LES SOLS EN DEBUT D'EVOLUTION DES MODELES D'ABLATION

Ce type de paysage pédologique s'observe en particulier aux abords


des monts Mandara dans la région comprise entre le mayo Kébi et les
massifs du Tinguelin, de Peské-Bori, de Bossoum et de Goho : les dé-
nivelées sont faibles, l'érosion active, le réseau hydrographique
est intermittent, serré et peu hiérarchisé, les talwegs sont inscrits
dans la roche.
Le modelé présente alors de nombreuses facettes diversément orien-
tées et de pentes faibles. L'érosion différentielle dégage des fi-
lons de roche résistante qui "rayent" le paysage; des affleurements
rocheux s'observent de place en place et des pierres libres parsèment
la surface du sol (champ de cailloux). La végétation est peu fournie,
arbustive avec des plages graminéennes discontinues. Le ruissellement
l'emporte sur l'infiltration mais la roche résistante g~ne l'incision
linéaire. Des petits épandages provisoires comblent les contre-pen-
tes crées par les barres rocheuses. La nappe d'arène est peu profon-
de mais interrompue et de faible débit.

Les sols peu évolués d'érosion dominent sur les roches-mères quart-
zeuses. Au contraire sur les roches plus feldspathiques qui favori-
sent llargilisation les sols présentent un horizon peu épais,souvent
discontinu, mais assez compact bien que sa granulométrie soit encore
peu argileuse (argilo-graveleuse par exemple) et dont la structure
est continue lorsque l'évolution est sodique, prismatique lors-
qu'elle est vertique ou hydromorphe. Près des filons riches en miné-
raux ferro-magnésiens apparaissent au contraire des sols rouges tro-
picaux et sur les dÔmes des sols bruns eutrophes mais ces différents
horizons argilisés sont plutôt du type BC que B et les passages laté-
raux d'une tendance évolutive à l'autre sont fréquents et rapides.
Par place on observe des sols plus évolués mais qui correspondent à
des secteurs mieux protégés de l'érosion ou non encore atteints par
celle-ci. Dans ce dernier cas il s'agit en fait des restes d'un a~~a­
nissement antérieur conservé en ligne de partage des eaux (entre le
massif de Bossoum et celui de Peské-Bori par exemple) et où l'hydro-
morphie a contaminé des sols divers principalement sodiques ou ver-
tiques. Le démantèlement de ces sols par l'érosion concentre parfois
les nodules carbonatés ce qui oriente localement la pédogénèse vers
DIFFÉRENTS PROFilS PEU DÉVELOPPÉS Figure 8
DU BASSIN DE LA BENOUÉ
,
PEU EVOLUE
. . , ,
PEU EVOLUE
,
PEU ÉVowé. PEU EVOWE PEU ÉVOlUÉ PEU EVOLUE
Brun,évidé Ferrugineux R~osolifle Farrogineux ~égosoli9ue Dapporf
nraahyfe 1Granite IGfanudloriie IGrès / MTcashlSte IAlluvÎons

Pente 5%
0%
SG lS s
20
G SL
Sre continue 40

5l.A
~~~~~60
,=_ lüVions--
- arti'O=---- 80
feras atfilQues=
=-=--,-
--- --~ IOOcm

. . .
PEU ÉVOlUÉ
.
PEU EVOLUE
.
PEU ÉVOLUÉ
.
PEU EVOLUE
, .
PEU [Link]
,
PEU EVOLUE.
H~dromorphe Vertique _Argilise Carbonaté H~d~morphe Hydromo;'p~e
l'Granite /Gneiss /ArkfJSB /Marne ICuirasse Q 1Alluvions
. 507.
Turne les Jus ata vers
Gris-c air Lamellaire LA Massif,gris -s Gris lamellairp
Frtets rouille S_ Polyédri~ue et L
run-srls pri5mati~ue aches rouille particulaire 20
Srecominue oreux SG
poreux.
1 ) )' \ L 40
0000000 Amas de p'oudre Bei~ à
Grj$ arkose ~ carbonatlie tac es rouifle 60
_. - -
_a. _ S =M~~e~itril ~
:ët:nod"ulës-=-=-_ : L
- =.- ;::.-:AI/uvions=':- ---:.. SG
caïflotÏti!.-quarL _ '::-~art zo-tëlds:.. BO
..909 0 0 _ ~ ~~~0ii'tlS~=-~
; f:ath~que~- __
--- --
._-- -- --
- ----
-"""'--------- 1ODem
un type cBlci-magnésique-
: 'Exemple de sol ·'en début d'évolution" . :

Profil.....-=-==
GM 100: A 0,5 km au N.E •.du hç[Link] de SOUROU (lat.9°36 7 ?
longitude 13°35', altitude 32Om) - Glacis d'érosion (pente 2 %)com~
mandé par un petit inselberg à boules granito-gneissiques. Sol plan
avec 40 %de blocs. Végétation de touf'fes graminéennes espacées et
quelques arbres (Boswelia, Anogeissus, Combretum). Surface du sol
fissurée avec des nodules carbonatés. Sols peu.évolués r~gosoliques
prèS'd-tun talweg': inscrit dans la roche à 300m ,de là. Horizçms :
o- 25cm: AB. Gris-brun 2.5 y 3/2 en sec et en humide. Texture
sabl~argileuse aveo 10 % de graviers quartzeux. Fortement structuré
en-polyèdres t~ès fermes 10-30mm, d'humectation lente, à surstructu-
re prismatique fine 2 x 3/5cm. Faible porosité, t~bulaire' fine. Enra-
cinement bïen réparti adapté à la structure. 1 % de mati,ère orgaJli-
que à r!3-pport CIN de 17. pH de 7.1 • O? 5 0 /00 de phosphore' [Link]-
cité d'échange de 17 mé saturée en cations par le calcium -essentiel-
lement. Pas de carbonates.
25 - 4Ocm: BC. Brun-gris 10 IR 4/2 en sec et humide. Texture
argilo-sableuse avec 30 %de graviers feldspathiques jaun8tl"'eS et de
nodules carbonatés durs .et mamelonnés. Faiblement str1lcturé en poly-
èdres friables,d'humectation rapide? suivïe d·:ef'fondrement. pH de
8.4. Capacité d'échange de ·21 mé saturée par l~ calcium. O~4 % de
carbonates dans la terre fine.
,
40 - 60cm: C. Brun-gris 2 .. 5 y 5/2 en sec et humide. Te:-dure
gravelo-argileuse avec dominance de feldspaths et de morceaux de ro-
che. pH de 7.9 sans carbonates. Capacité d'échange de 19 mé saturée
essentiellement par le calcium.

Conclusion: L'évolution de ce profil paraît se faire vers les ver-


tisols à drainage externe possible mais :Li n'en présente pas l'en-
semble des caractères et l'érosion qui le rajeunit continu8l1ement
reste le processus principal à faire [Link] la classifica-
tion :
sol peu évolué d'érosion, faciès vertique.

31 LA TOBOSEQUENCE SOL ROUGE TROPICAL? SOL BRmq Er ~ŒRTISOL


.
SUR LES GNEISS MICASCHISTEUX DE LA REGION .DE BIBEl<LL
L'évolution vertique'Y est normalement· associée -à la puclogénèse -:or·
siallitique rouge tropicale qui ne'se développe qu'en position de
bon drainage externe sur les interfluves. Ces deux types de pédogé-
nèse, comme d'ail1~~rs celle des sols brunifiés se distinguen~ fon-
- 134

damentalement des évolutions ferrugineuses et so~iques les~ivées par


l'absence de migration du fer et de l'argile qui restent liés, d'où
des profils moins différenciés en horizons. Sous les m~mes condi-
tions climatiques se manifestent donc des évolutions pedogénétiques
opposées déterminées par un autre facteur pédogénétique,ia roch&.-mè:œ.

Les roches basiques à taux élevé d'argilisation potentielle permet-


tent l'établissement de liaisons fer-argile stables donnant des sols
riches en fer (10 %) qui colore vivement en rouge le sol fer~ialli­
tique tandis que le vertisol où le fer est à l'état "[Link] ou ind:[Link]-
alisé * prend une couleur sombre attribuée à des liaisons organiqu~s
stables. Leurs solum sont peu épais (quelqu~s décimètres) du fait de
- - ,

leur sensibilité à l'érosion et de l'absence de différenciation ver-


ticale mais leur horizon C d'altération peut localement s'épaissir
considérablement. Solum et surface du sol sont encombrés de cailloux
qui, mis à l'affleurement, résistent mieux à l'altération et ralen-
tissent l'érosion en nappe. L'érosion différentielle dans ces rOQhes
hétérogènes influence nettement le modelé qui se présente en petits
interfluves dont les versants ont parfois moins de 10Om, avec des
pentes sensibles (quelques %). Les déjections de vers et les remon-
tées termitiques fournissent des matières fines à l'érosion en nappe
et concourrent à l'homogénéisation des solum. Le brassage vertique
résultant de la néoformation d'argiles gonflantes n'aff~cte pas les
sols rouges à argiles surtout kaolinitiques ou héritées (illitiques)
stabilisées par leurs liaisons avec le fer qui leur confère une nette
structure polyédrique fine.

Des sols bruns forment à mi-pente le passage des sols fersiallitiques


aux vertisols. Parfois d'extension limitée ils ne présentent que des
caractères intergrades entre ces types de sol. Il arrive aussi qu'ils
s'étendent ou prennent des caractères plus spécifiques de sols bruni-
fiés.

~
Séquence
....... de Bibémi. Petit interfluve sous savane arborée assez dense
.."",

(Anogeissus, Balanites, Tamarindus, Ziziphus, [Link] scorpioïdes),sur


gneiss fin parcouru de filons micaschisteux. Dallage de cailloux de
quartz ferruginisés.
b4_-. cz:=o-=- m..- .... -... ....... __
_DlO::l!I_~

* Sous forme de petites concrétions noires,ferro-manganiques d'aspect


"plomb de chasse".
- 135 -

BBH 203. Sol rouge tropical en sommet" d'lnterf1uve.::Termitières rou-,


ges, déjections de vers au collèt des arbustes. Crodte squameuse rou-
gedtre entre les cailloux. Horizons :
o -, 8em: A1. Brun 7 .. 5 YR 4/4, plus rouge à la base. "Texture
sab1o-1imono-argileuse avec graviers quartzeux. Structure lamellaire
à 'cub1que grossière" avec lissage' de quelques faces. Porosité faible,
bonne prospection de racines. Limit~ distincte et régulière de cou-
leur.
8 - 23cm: (B). Rouge 2.5 YR 4/6. Texture argi1o-1imoneuse (pseudo-
sables) avec quelques graviers feldspathiques et quartzeux. Fortement
struqturé en polyèdres. moyens peu durs se défaisant en-très fins
(sous-structure). Porbsité de fissures. "
23 -45cm: BC. Juxtapose des volumes rouges d'horizon B et des vo-
lumes jaunes d'horizon C où l'architecture "de la roche est conserv~e.
Texture moyenne sab1o-1imoneuse. Cohésion faible.
45cm: C. Roche altérée-litée, friable, jaunâtre, feldspathi-
que et micacée avec quelques joints argi1isés rougeâtres.

Ca~ctères analytiques: 30 % d'argile et 30 % de limons dans le


solum qui contient 9 %de fer t9tal, de grandes réserves en ?ations
(150 mé) une bonne capacité d'échange (15 mé) complètement saturée
en cations échangeables (sans sodium). 2 %de matière organique à
C/N de 13 en A1, pH neutre. Le profil est peu différencié en argile
et en fer et leurs maxima cofcident dans l'horizon (B).

BBH 202. Verliso1 "lithomorphe" de bas de pente mais à drainage ex-


terne possible. Faible activité biologique, léger micro-relief et
quelques fentes de retrait. Horizons:
o - 10om: A1. Brun-gris 10 YR 4/2. Texture sab1o-argi1euse avec
quelques cailloux. Fortement structuré en polyèdres fins et en cubes
(5cm) durs et peu poreux. Radicelles. Limite distincte et irréguliè-
re de structure.
10 - 45cm: B. Brun foncé 10 YR 3/2. Texture argilo-sab1euse avec
quelques graviers quartzeux, quelques petites concrétions (2mm)dures
et rondes et des nodules carbonatés inférieurs au centimètre. Forte-
ment structuré en prismes (5cm) se défaisant en plaquettes obliques
très dures, à faces lisses et sans pores. Limite graduelle.
45 - 90cm : .B3. M~mes teinte et texture. Structure en plaquettes
obliques très dures, à sur-structure prismatique. Fentes étroites,
porosité nulle, 'peu de racines.
90cm: BC. Couleur irrégulière brun-01ive-~le 2.5 y 5/4, tex-
ture sab1o~argi1euse, structure faiblement développée, en polyèdres
durs non poreux. Pas de racines.
- 136 -

Caractères analytiques: . Argilisation plus poussée que dans le sol


rouge tropical : 50 % .en B. M~me teneur en fer .total (9 %). Plus for-
te capacité d'échange (30 mé) due aux néoformations massives d'arg~­
les montmorillonitiques.-Complexe absorbant saturé en cations échan-
ge~bles, avec très peu de sodium (0,3 mé). Fortes réserves minérales
(200 mé). pH nettêment basique (S à 9) neutre en A1. 2.7 %de matière
organique à rapport CIN de 14 en A1 ~

Valeur agronomique :
Ces sols présentent de bonnes .propriétés chimiques provenant de la
nature basique de la roche-mère, de l'absence de lessivage et du ra-
jeunissement par l'érosion. Toutefois en culture intensive (coton)
ils réagissent bien à certains engrais, compensant certaines faibles-
ses, en phosphore par exemple. Leurs propriétés hydriques sont cor-
rectes lorsque l'horizon argileux n'est pas trop mince. Ils sont par
contre très sensibles à l'érosion et celle-ci a des effets irrémédia-
bles du fait de la faible épaisseur du solum et de l'abondance des
cailloux. Leur protection s'avère délicate dès que la pente devient
sensible (collines entre Dembo et Dourbey au nord de Garoua, déserti-
fiées malgré un travail considérable de terrassettes et de miSe en
tas des cailloux).

41 LES PEDOGENESES FERRUGINEUSES? LESSIVANTES ET HYDROMORPHES


DU BASSIN DE LA BENOUE ET EN PART l CUL 1ER DES GRE~ DE GAROUA
ET DES ALLUVIONS ANCIENNES.
Les grès du crétacé supérieur occupent près de Garoua. une vaste ré-
gion de part et d'autre de la Benoué, vers 240m - .28Om d'altitude.
Le paysage est commandé par des massifs ou 'collines grèseuX et par
des extrusions trachytiques culminant à 400-500m. Ces reliefs se rac-
cordent au paysage par un glacis plus ou moins disséqué (dépression
périphérique )' ..

La toposéquence étudiée caractérise de vastes interfluves en pente


douce et régulière présentant une large portion
- concave.
. Ceux-ci oc-
cupent l'ensemble des lignes de partage des eaux à l'exclusion de
quelques secteurs, proches de la Benoué ou de ses principaux affluen1B,
qui sont disséqués par une reprise d'érosion récente et présentent
ainsi des sols rajeunis ou peu évolués.
, ,
_SEQUENCE DE SOLS FERRUGINEUX-LESSIVES':'HYDROMORPHES
('Grès de Garoua) . figure 9
ensellement de li9"8 de c,at, .fFleuament de grlla
RH 28

:~. . . . . .1 horizon sableux éluviis


-
planique

.FERRUGINEUX FERRUGINEUX TROPICAUX LESSIVÉ HYDROMORPHE HYDROMORPHE


HORIZON B RDUÇE. LESSIVÉS A HORIZON At ÉPAIS l'LANIQUI!: A GLEY OR;ANlltU E

o " , gMs,.lamellaire,
. ' . . •••• ,"Il. ......... \" .." .. , ..
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ROUGE \ '
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'sableux
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,

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,
\ ' ". \

"
. par,tiaulaire
sabla-argileux
. ,'oohérent ' , , ,
" '.,
8D polyèdrique
. .' . .

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afgilo-sableux "
. .','
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.
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',
',,

fllces lissées fOU!!,' : plaquett;s' ' .. LEGENDE


pro9ressivement ·
r

-,.' • de grès rouge

,
"
.,
"',' 1
,
Harizon sableux.
.." , .'.
moin'i rouge l
200
,
., ,
,t
1
,'
moins ar,ilellJl. •,
, , , ,
plus graveleux
_ Horizon argileux
SlIblo-af 9i1e"x
3DD
Slins lis8IseB
~ grès peu altéré

ltllO
Cm IL..L..~'-''--''-.L.....L....J
- 1'8 -

L'évolution poussée du paysagepédologique est attestée par la nette


différenciation en argile et 'en fer des profils et de la sé[Link]
pédogénèse ferrugineuse lessivant affecte l'ensemble de la portion
convexe ou plane de sommet'd'interfluve et les glacis entourant les
reliefs grèseux. La pédogénèse hydromorphe,parcourue de drains lessi-
vés,occupe les bas-fonds et la base des profils dans la portion con-
cave. Elle appara!t aussi sur le sommet plan des plus vastes inter-
fluves ou plus exactement dans de-légères dépressions ou collecteurs
à la surface de ceux-ci. Des afÎleuremerits grèseux en demes surbais-
sés apparaissent aussi pàr plà~es en position haute tandis que les
bas-fonds sont rémblayés sur plusieurs décamètres d'épaisseur par
des dépets colluvio-alluviaux hétérogènes. Le modelé actuel para!t
donc dériver-4'unmodelé antérieur profondément incisé dont les tal-
wegs princiPaux ont été remblayés par les matières fines enlevées
aux versants~ La reprise d'érosion récente progress~ rapidement dans
ces dépets à la faveur d'anciennes couches drainantes débourrées
avant d'attaquer les
" ~.
versants mais elle épargne encore une grande
partie des paysages grèseux.
-<

En position haute o~rencontre, entre les affleurements rocheux, des


sols profonds d~ type suivant :

RH 26. Au pK 24 dë la route Garoua-Ngaoundéré, près d'un deme grè-


seux, sous savane arbustive à Daniella et karités en cours de défri-
chement. Horizons :
o- 15cm: A11 .. Brun-gris ;foncé 10 YR 4/2,3/ 2 humide. Texture
sableuse. Structure lamellaire sur quelques centimères puis continue
poreuse et peu fragile, d'humectation rapide .. Limite distincte de
couleur.
15 - 30 cm: A12. Pénétration humique en traînées 10 YR 5/3. Tex-
ture sableuse. Faiblement structuré en polyèdres 10-50mm fermes et
poreux.
30 - 50cm: AB. Brun 7.5 YR 5/4, 5 YR en humide. Texture légère-
ment plus argileuse. M~me structure, stable à l'humectation (rapide).
Cohésion notable. Limite distincte de couleur, texture et cohésion.
50 - 100cm: B1. Rouge 2.5 YR 5/6, 4/6 humide. Texture sablo-
argileuse sans feldspaths visibles. Moyennement structuré en polyè-
dres friables absorbant l'eau mais s'effondrant après humectation.
100 - 160cm: B2. Rouge 2.5 YR à 10 R 4/8 en sec et humide .. Texture
argilo-sableuse à sables grossiers assez propres. Structure polyédri-
que irrégulière à facettes lissées rouges s'effondrant à l'humecta-
tion ..
- 139 -

160 - 400cm: B3. Progressivement moins rouge (5 YR 5/6), moins ar-


gileux, plus ,graveleux (20 r Faiblernent struoturé en polyèdres
Q
).

grossiers peu fragiles et sans,facettes'brillarltes. .


400 - [Link]: CI. Arène quartzeuse claire et dure avec feldspaths
apparents.
600 -1500cm: CIl. Grès arkosique peu cimenté, avec deux passées
argileuses.

Caract~2_s analytiques: La teneur en argUee." passe de 7 %·en A1 à


3~,% en B2 puis redescend à 30 % en B3 tandis qu'un refus de 20 %
appara!t~rLa teneur·e~ci'er total présente son maximu.m(3 %) en B2
tandis que les horizons' 'A sont fortement lessivés (0,4 et 1,2 %).
L'argile, essentiellem~nt kaoliniq~e ne confère à' ce sol qu'une fai-
blé capacité d'échange, 4 mé, qui'est saturée en B à 60 %. Très peu
de matière organique (0,7 % en A1). Faible réserve en cations totaux;
'pH voisin de 6 0

L'horizon B rouge de ce sol se différenc~e de celui d'un horizon fer-


rallitique par sa porosité plus faible (30 % contre 60 %) sa densité
apparente plus élevée (1,6 contre 1,2) une friabilité moindre, un
taux de saturatio~ beaucoup plus élevé (60 % contre 10 %). On remar-
que toutefois que le fer n'apparaît pas sous forme figurée et que sa
courbe de variations suit celle de l'argile comme dans les sols fer-
rallitiques et les sols fersiallitiques.

Il. est difficile de préciser si. ces sols présentent des caractères
rrhéri.t~srr et' ~"'ils sont en équilibre dans les conditions actuelles.
Ils occ~pent souvent des emplacements peu exposés à l'érosion, sur
les lignes de partage des eaux. Sur les glacis de piedmont des reli-
efs grèseux ils sont associés à des sols très différents dont l'hori-
zon A2 est hypertrophé aux dépens d'un horizon B réduit ou inexis-
tant. ExeII)ple :
!!!I 21. Près de l' affleurement de grès qui commande le profil rouge
précédent. Pente 1 %avec érosion en nappe attestée par le déchausse-
ment des touffes d'herbes (très espacées) et des plages de sables dé-
liés. Grès quartzeux et feldspathique avec des petits bancs ferrugi-
neux horizontaux. Horizons :
- 140 -

o- 20cm: A11. Gris 10 YR 6/1 .5, 3/3 humide, de texture sableu-"


se grossière, de structure particul aire· peu cohérente mais poreuse
et stable à l'hume~tation (qui esr rapide). Limite distincte de cou-
leur.
20 - 4Oam: A12. Gris-clair 10 YR 7/2, 5/3 humide avec pénétra-
tion humique en tra1nées. Texture sableuse, structure particulaire
et poreuse. Limite distincte par la couleur en humide. '
40 - 60cm: A2. Gris-rose 7.5 YR 8/2, 6/6 humide. M~mes caractè-
res que ci-dessus mais texture plus graveleuse (60 % de refus). Li-
mite tranchée et régulière de texture.
- -

60 - 90cm: A2..~ Blane-rose 7.5 YR 8/2, 6/6 humide. Texture. gra-


velo-sableuse avec un peu d'argile (10 %). Structure particulaire,
poreuse et boulante englobant des tablettes résistantes de grès fer-
rugineux violacé, d'orientations diverses. Limite crènelée par inde~­
tations, en colonnes colorées et consolidées, du grès sous-jacent.
Ces colonnes qui peuvent atteindre 10cm de hauteur sont parfois dé-
tachées de leur support.
90 - 130cm: BC. Grès pénétrant l'horizon sus-jacent par ces colon-
nes rouges (2.5 YR 4/6) et durcis par un ciment ferrugineux qui pa-
ratt protéger les petits feldspaths blancs de la roche. En effet
l'arène rose (5 YR 7.5/3) qui les entoure, particulair~ caviteuse et
boulante est dé[Link] feldspaths.
130 - 180cm : CR. Grès grossier quartzeux peu résistant, avec des
feldspaths et englobant des poches d'arène friable. Crodte ferrugi-
neuse, épai:sse de 2cm et festonnée, à 140cm.

Commentaire :
L'origine de ces petits bancs ferrugineux pose un problème datent-
ils de la diagénèse des grès de Garoua ou sont-ils une forme d'accu-
mulation "en raies" dans le sol ferrugineux actuel ou .récent ? Si
l'on exclut ces concentrations ferrugineuses ce type de profil est
peu différencié en fer et pauvre en celui-ci (0.2 à 0.5 %). Sa ,te-
neur en argile passe de 6-10 % dans les horizons A à 19 % en BC.

Ce sol à horizon A2 très épais (1m) est soit un sol ferrugineux en-
core peu évolué soit un sol très lessivé dont l'argile a migré hors
du profil par entratnement oblique à la base de l' horizon A2. En ef-
fet on retrouve dans la partie concave de la séquence un horizon ar-
gileux dont l'argile para!t provenir à la fois d'~e argilisation sur
place en milieu confiné hydromorphe et d'un apport oblique en suspen-
sion.
- 141 -

~!_~~~2don de pente de ces modelés convexo-concaves comporte en ef-


fet 'soit un sol intergrade "sol ferrügineux" (horizons supérie:urs)
"sol hydromorphe" (horizons ihférieùrs) soit un sol intensément et .
profondément décoloré et 1essiv~ jusqu'à un contact p1anique qui le
sépare diun horizon compact, 'gris, à rev~tements argileux, qui passe
en profondeur à un gley typiquè. La teneur en argile peut passer de
5 % en A2 à 25 % en Bt et mis à part l'hydromorphie de profondeur
(2m) ce type de sol n'est nettement marqué par aucune autre pédogé-
nèse.

Ces sols lessivés présentent souvent une concentration de cailloux


dans leur horizon A2 qui témoigne d'une action rapide de l'érosion.
Ils n'envahissent pas l'ensemble de l'interfluve ou du glacis mais
paraissent plutôt occuper une position privilégiée dans la chatne de
sols, là où se produit un"[Link]" du drainage latéral, qui exacer-
be les phénomènes de lessivage.

Le cuirassement est très discret sur ces formations de grès qui com-
portent ~ourtant de no~breux bancs ferrugineux. Des cuirasses ou ca-
rapaces existent au voisinage des inflexions de pente mais elles ne
sont ni continues ni totalement aff1eurantes. De même l'horizon Bfe
des profils ferrugineux ést ~eu épais, peu concentré en fer ou même
non individualisé (RH 26). Dans un milieu de pédogénèse "ferrugineu-
se" caractérisé par une grande 1abi1ité du fer cette discrètion du
cuirassement sur les grès de Garoua étonne, d'autant plus qu'elle
contraste avec les grands aplanissements cuirassés visibles au nord
et au sud de la chatne de Poli, sur des roches du socle, vers 400m
d'altitude. La résistance plus faible des roches sédimentaires grè-
seuses à l'érosion peut être incriminée: la "surface récente" de la
Benoué s'y est établie plus facilement, déblayant les témoins de pha-
ses antérieures. Lors de la phase de creusement le modelé était trop
accidenté, le milieu trop "ouvert", pour piéger le fer mis en mouve-
ment, puis, lors du comblement ultérieur, i l est resté constamment
"confiné" le fer maintenu à l'état réduit étant encore en grande par-
tie éliminé.

Le bas de pente conc~ve des régions grèseuses est le domaine de l'ar-


~rc: ..................... c::L.~·.-....:r::: . • ~

gJ.J.~~i~ et de l' hydromor~hie sauf sur le trajet interne de quel-


ques chenaux ou bancs sableux qui évacuent les eaux du sol jusqu'à
- 142 -

leur émergence (sourcins) ou jusqu'à la nappe phréatique. En surface,


seules les vallées importantes :présentent 'un écoulement· concentré.
Ailleurs c'est une douce concavité qui'rassemb~e l~s Baux de ruissel-
lement avant leur infiltration 'ou leur évacuation vers l'aval. L'in-
filtration para1t suivie elle-même d'un· cqeminement oblique interne
complexe, chenalisé dans des structures favorables.

L1hydromorphe se manifeste par des marques da réduction du fer de


plus en plus serrées et de plus en plus proches de la surface vers
le fond du talweg. On passe ainsi des sols lessivés précédents à des
sols lessivés tachés puis à des sols hydromorphes à pseudo-gley ou à
amphigley puis à gley et m~me dans certaines galeries forestières 2,
des sols hydromorphes organiques.

Mais le matériau colluvial qui comble cesbas-fQnds juxtapose des


bancs de granulométrie ou d'organisation différentes lesquels ori-
entent leur pédogénèse. Il en est de m~me dans les vastes plaines
d r alluvions anciennes, vers· Barnaké à l'Ouest d.e. Garoua par exemple
où les actions opposées du lessivage et de l'argilisation peuvent
transformer la granulométrie Qr~gine~ des dép$ts et tromper ainsi
sur les conditions ,. de leur mise en place :
Un hE!~zon argileux peut provenir de l'argilisation d'un banc
sableux feldspathique, placé ultérieurement dans un milieu fa-
vorisant l'argilisation ou l'illuviation.
Un horizon sableux peut n'~tre que le résidu siliceux du les-
a--- cm d< _.;_

sivage ou de la dégradation
. =
des phyllites
~- -
d'une ancienne couche
._--_._-~._--

~~ileuse, dont il reste tout au plus des colonnes isolées,in-


complètement " digérée".

Valeur
== "'..
agronomique
me -..... _ ...

Ces grès continentaux sont des matériaux pauvres en cations et en


oligo-éléments qui portent donc des sols de qualités chimiques médio-
~6res, diminuées encore par le lessivage. L'intér~t agronomique des
sols de ces régions dépendra donc surtout de leurs propriétés hydri-
que~ : les sols lessivés profondément et à squelette abondant sont
t~op secs et insuffisamment pourvus en. argile. L'horizon argileux B
des sols ferrugineux à horizon B rouge leur confère une certaine c~-
- 143 -

pacité' 'de rétention'd' eau et de cations mais il est enfoui sous des
horizons sableux secs. De plus la compétition termitique y èst forte
et l'infiltration y est entravée par l'imperméabilité de la surface.
L'arachide et quelques céréales peu exigeantes s'accommodent de ces
terrains. Quant aux bas-fonds hydromorphes leur submersion Ou engor-
gement saisonnier limite leur utilisation. La riziculture, qui né- .
cessiteun contrele du plan d'eau, n'y a pas été essayée. En défini-
tiVè ces' régions sont peu exploitées en dehors des grandes vallées
alluvial'es (maratchages, mil). La culture cotonnière y est tentée
mais il faut craindre érosion et épuisement rapide des terrains.

51 LES SOLS HYDROMORPIŒS "LITHOMORPEES" LESSIVES A FORTE


ACTIVITE DES VERS DE TERRE DE LA REGION POLI-TCHOLLIRE
Une pédogénèse particulière, fortement influencée par une forme d'ac-
tivité biologique marque de vastes paysages du bassin de la Benoué,
sur les roches du socle de la partie méridionale du Nord-Cameroun.

Sous ces climats plus humides des sols hydromorphes, lithomorphes,


lessivés, travaillés par les vers, développés sur des roches felds-
pathiques voisinent avec des sols ferrugineux tropicaux lessivés, à
concrétions ou indurés développés sur des matériaux plus quartzeux
et l'on peut se demander s'ils n'y ont pas une certaine signification
climacique. Ils apparaissent en effet m~me dans des positions topo-
graphiques de bon drainage externe, l'hydromorphie qui les marque
résultant alors d'une péjoration du drainage interne en liaison avec
une argilisation massive de matériaux feldspathiques. Ce confinement
localisé à un horizon inférieur du solum crée des conditions hydri-
ques favorables de l'activité de vers de terre. Leur tropisme verti-
cal alternatif-saisonnier entre l'oxygène du haut et l'humidité du
bas construit une porosité verticale qui favorise à la fois l'infil-
tration et le dessèchement. Les sols travaillés par les vers présen-
tent ainsi une perméabilité de surface extr~mement élevée (plusieurs
centaines de cmlh au moins) s'annulant brutalement au contact des ho-
rizons argileux massifs sous-jacents (O,1cm/h). La fluidification de
la matière terreuse ingérée puis défèquée .par les vers confère aux
horizons qu'ils travaillent une homogénéité de teinte (gris-clair en
sec) de textUre (10 % d'argil~) et de structure (massive avec porosi-
té de galeries et de cavités, surmontée de boules et turricules ma-
- 144 -

melonnés) avec mélange 'intime des matières organiques et minérales.


Malgré la stabilité structurale à l'état sec qui en résulte la mati-
ère de ces horizons est lessivée en argile vraisemblablement quand
elle passe par l'état de liquidité au débouché des ,verso Le hérisse-
ment de turricules en surface de ces "sols dentelle" y entrave le
ruissellement [Link] la forte perméabilité de surface rend
celui-ci peu fréquent en topographie plane. L'humidité qui échappe
à l'évaporation entre les pluies est susceptible d'un déplacement
oblique interne au-dessus de l'horizon,imperméable et le processus
de lessivage - appauvrissement en argile peut lui ~tre attribué.

L,épaississement progressif des horizons lessivés ainsi formés dimi-


nue à la longue l'intensité du phénomène ce qui fixe leur épaisseur
à 40cm environ. La discrétion des manifestations colorées de l'hydro-
morphie dans ces horizons de facture faunique (limitées à des petits
filets rouille peu contrastés, gainant les radicelles) ne résulte pas
d'un lessivage total du fer (il en reste 2 % environ) mais de la gros-
sièreté de la porosité tubulaire qui les draine et des conditions ré-
ductrices maintenues dans les volumes massifs, donnant à la matière
une teinte uniforme grise (1 %de matière organique). Des taches
brun-rouges d'oxydation apparaissent d'ailleurs en dessous, à la base
des horizons A, puis ce sont des petites concrétions ferrugineuses
noires qui forment souvent un horizon Bfepeu épais. Enfin une impor-
tante carbonatation en gros nodules peut apparattre à la base des ho-
rizons B. Exemple :

Sur une pente de 2 % à proximité d'un collecteur faiblement imprimé


sur un très vaste interfluve situé entre la chaîne de Poli et le
Faro. Gneiss à biotite et amphibole à litage vertical, profondément
altéré et friabilisé mais avec conservation de l'architecture. Sava-
ne arbustive claire. Pas de termitières mais un hérissement continu
de hauts turricules de vers sur un micro-relief en creux et bosses
métriques. Horizons:
o - 15cm: A1. Gris 10 YR 5/3, 3/2 humide, avec des petites plages
de sables blanc-rosées 5 YR 8/3 inférieures à 2mm. Texture sableuse
fine. Structure en sphérofdes mamelonnés atteignant 2cm, durcis et
plus ou moins soudés, remplissant des poches entre des secteurs mas-
sifs de m~me aspect, évidés par des gros tubes et cavités de vers de
terre. Humectation rapide non suivie d'effondrement. Enracinement
- 145 -

fin et abondant de graminées, prospectant particulièrement le fo~d


de ces poches de boulettes "polysphériques". Porosité tubulaire fine
irrégulièrement répartie • Limite distincte de taches et structure Il, •
15 - 55cm: fig. Gris 10 'YR 5.5/2 3/2 humide, avec 20 1o'de ta"';
ches millim~triques d'abord brunes 10 YR 5/6 et mal délimitées puis
plus rouille 7.5 YR 5/6 à 4/4 et de forme tourmentée à contour net,
à la base de l'horizon. Texture sableuse peu argileuse. Structure
massive durcie, médiocrement stable à l'humectation, qui est en ou-
tre peu rapide. Fine porosité tubulaire. Enracinement fin et verti-'
cal. Limite tranchée et ondulée de couleur et' texture.
55 - 65cm: Bfe. Petites concrétions (5mm) arrondies, à p~te noi-
re, à surface jaune, et quelques graviers quartzeux et feldspathiques
angul~ux et rés~etants, emballé[Link] une matrice sablo-ar~ileuse
jaun~tre en seo,:1D YR 6/3, plus' grise à l'état humide (7/4).

65 -' gOcm : ,(B). Oliv~tre 2.5 y 6/4 avec des petites taches plus
rouille 10 Y.R 6/6 et des plages plus grises 10 YR 5/2. Texture argi-
leuse. Faiblement strUcturé en prismes 5 x 5/10 cm durs, évités' par
les radicelles verticales et présentant des enduits grisâtres sur
leurs faces et des petiteS facettes lissées pouvant ~tre attribuées
à des tensions de gonflement. numectation lente suivie d'effondre-
ment. Porosité tubulaire très fine. Limite tranchée par apparition
de nodules oarbonatés.
go - 110cm: B-ca. Gros nodules carbonatés jaunis, de plusieurs
centimètres presque .jointifs, durs, emballés dans une matrice argi-
letisè analogue à la précédente mais carbonatée dans sa masse. Quel~
ques taches noires. Porosité faible. Limite graduelle.
110 - 200cm :' BC. M~me horizon mais de moins en moins carbonaté et
de plus en plus feldspathique. Limite diffuse.
200 - 300cm: C. Roche altérée litée, à arc~itecture conservée.
Cara~è:es analytiques: Le pH est neutre jusqu'en B puis augmente
au-dessus de 8 dans les horizons carbonatés et l'altération. La te-
neur en
"
argUe
. ,
passe de 12 %: e:Q. A à 45 10 en B puis descend à . 25 ro en
C. De m~me ,la teneur e:n fer ,.t?tal passe de 2·% en A à 8 % en·.B :et
m~me à 16 ·to en :afe pui~. redescend à 6 % en C. La .capacité è;!·-échange
est élevée,en B (25 ~é):et ~aturé en cations dans la total~té.du pro-
fil (un peu .de sodium) 1.5 % de matière organique à C/N de 15 en A1.
Réserves minérales no~ables en dessous du B (50 mé).

~-. ..
Organisation dans le paysage :
~

Cette manifestation superficielle de l'activité des vers s'exerce


sur une très grande superficie du bassin de la Benoué où elle affecte
non seulement ces sols hydramorphes "à draihage externe 'possible"mais
aussi des sols ferrugineux lessivés, des sols sodiques lessivés à
- 146 -

al~ali~ ~es sols vertiques e~ elle y masque souvent les autres carac-
tères, morphologiques des hor~zons lessivés. Les sols hydromorphes
lessivés présentant cet horizon de facture :fauniqùe surmontant un ho-
ri~on argilisé massif et imperméable occupent toutefois la presque
totalité des interfluves de vastes régions. La présence d'un horizon
caillouteux à la base des horizons lessivés y est fréquente et cette
couche grossière s'observe m~me dans des sols de faible évolution
qui apparaissent dans les secteurs plus érodés. La végétation arborée
s'installe mieux sur ces secteurs caillouteux que' sur les sols hydro-
morphes .dont le drainage interne est mauvais. Le travail des vers
trie en outre quelques petits graviers (fragments de poteries char-
bon de bois, quartz) qui forment alors une couche discontinue à la
base de la tranche malaxée (les archéologues tiennent compte de ce
léger enfouissement des activités humaines qui peut donc se produire
m~me sur un terrain régulièrement abaissé par l'érosion en nappe).

..Valeur
==. -=-. • agronomique :
.e=em=

Les conditions brutalement contrastées d'aération et de confinement


, '

propres à ces sols lessivés et leur texture trop sableuse en surface


pourraient rendre leur mise en valeur difficile et-expliquer leur
très faible utilisation agricole actuelle. Mais des facteurs histori-
ques ou sociologiques peuvent aussi intervenir pour expliquer les
très faibles densités d'implantation humaine sur ces terrains et les
composantes de leur fertilité n'ont pas été en fait encore&udiées.
L'accès à ces régions est difficile en saison des pluies car ces sols
ne permettent pas une bonne tenue de l'infrastructure routière. Les
qualités chimiques de l'horizon B paraissent correctes mais il est
souvent trop profond pour que sa structure puisse ~tre affinée et sa
matière mélangée à celle des horizons sableux. Il n'est d'ailleurs
pas certain qu'un brassage qui effacerait la différenciation due au
lessivage améliore leur fertilité. L'activité des vers y est nette-
ment contrariée par la mise en culture.

. 6/ LES SOLS SODIQUES DES HARDES DU DIAMARE


Le mot peul hardé désigne des terrains stériles qui ne portent ni cul-
ture ni végétation naturelle conséquente.
- 147 -

Dans la Diamaré ces sur~aces stér~es correspondent très ~réquemment


à des sols durcis dont la morphQlQgi~ rappelle beaucoup celle d'un
type de sols sodiques, les soionetz et solonetz solodisés de Russie
et d'ailleurs. Les autres hardés peuvent y ~tre de ~acture anthropi-
que (abords de village) ou résulter d'une trans~ormation super~icielle
de vertisols. Mais ces sols à morphologie de solonetz solodisés n'ont
pas, bien souvent, la teneur en sodium échangeable de leurs "sosies"
russes et qui est requise pour entrer dans la classe des sols sodiques.
Le sodiure paraissant tout de m~me responsable de la massivité d~ leur
structure ils ont été considérés soit comme une variété tropicale de
sol sodique lessivé à alcali se développant pour des teneurs en sodium
assez ~aibl$soit comme des sols ~ossiles qui ont perdu une partie du
sodium ayant présidé à leur génèse.

Inversement il existe dans le département de la Benoué des sols sodi-


ques ou apparentés, comparables à ceux de la région de Maroua mais
dont la sur~ace n'a pas l'aspect d'un hardé. La végétation apparemment
spéci~ique des hardés du Diamaré n'est en réalité qu'une végétation
contractée de composition plus sahélienne, adaptée au pédoclimat plus
sec propre à ce type de sol~ Le climat plus humide de la Benoué ne
nécessite plus aussi impérativement cette adaptation et la détection
des sols sodiques sur photographies aériennes et sur le terrain y est
ainsi plus di~~icile. D'ailleurs, comme pour les sols rouges tropicaux,
ces sols ne constituent plus, au sud de la Benoué, (parallèle 9) que
quelques rares petits a~~leurements jusqu'au voisinage du parallèle 8.

Situation.
Les sols hardé sont situés en position haute par rapport aux verti-
sols mais la dénivelée peut ~tre in~érieure au décimètre : c'est le
cas des petits a~fleurements vertiques en inclusions légèrement dé-
primées sur certains d8mes hardé - ou des hardés en inclusions légère-
ment bombées dans les grandes plaines de vertisols. Sur les glacis de
piedmont des inselbergs ils sont eux-mêmes commandés par des sols ~er­
rugineux tropicaux, qui ~orment aussi des inclusions légèrement bom-
bées sur certains d8mes hardé.

La pente de leur sur~ace est toujours ~aible, quelques 0/ 00 à 2 % mais


- 148 -

sa p1anité permet un ruissellement qui laisse des marques d'érosion


en nappe ou en ravines et ils échappent, de par leur situation, à
l'inondation par les mayos. Mais les ·moindres irrégularites en creux
retiennent l'eau de pluie qui y stagne plusieurs jO~S après les for-
. éo 1e~e
tes averses car l'infiltration y est lente. 'L'action y est forte et
les sables déplacés s'accumulent au collet des arbustes, dans les em-
preintes de bovins, sous le vent des termitières etc'-

Erosion.
La p1anité, la situation en dame et l'absence de végétation favorisent
cette érosion éolienne d'effet limité mais surtout l'érosion hydrique
qui est très importante du fait de l'imperméabilité du sol et de la
mauvaise tenue à l'humectation de ses horizons et qui prend de haut
en bas des formes diverses de gravité croissante : battance dû au
"sp1ash" sur les horizons 1imono-sab1eux de surface, érosion en nappe
qui sculpte ces horizons en marche d'escalier par des "micro-falaises"
de quelques centimètres, puis érosion en ravines par fluidification
des horizons B sodiques dispersés par les eaux de ruissellement ou
l'humidité interne (nappe, chenaux d'infiltration préférentielle).

Roche-mère.
Leur matériau originel est généralement moins argileux que celui des
vertiso1s voisins (35 % contre 40 %par exemple) mais nettement plus
que celui des sols ferrugineux (25-30 %). Leurs argiles sont, dans
l'horizon B, de nature montmori110nitique comme dans les vertiso1s
alors que l'argile des sols ferrugineux est essentiellement kao1ini-
tique.

Le sodium fixé en position échangeable sur le complexe absorbant des


horizons B de ces sols et qui détermine leur pédogénèse provient de
l'altération des feldspaths sodiques des roches du bassin [Link]
accumulation relative possible sous ces climats par le faible draina-
ge interne qu'ilS permettent (forte évaporation, néoformation d'argi-
les gonflantes) est commandée par une combinaison favorable de fac-
teurs topographiques et parenta~riohesseen sodium et en sables ré-
sistants).
- 149 -

Morphologie ..

Les caractères morphologiques diagnostiques des différents sols sodi-


ques du Nord-Cameroun sont :
- en surface un vernis squameux discontinu no~r-rouge~tre d~ à
une algue, des cailloQ."C de quartz roux clairsemé:s' ca ~n len~.:.'.J.::'[Link]
des plages de sables grossiers déliés, d98 ter~tières gris-
clair à gros conduits verticaux, une végétation arbustive con-
tractée, des plages d'herbes d'enracinement peu profond, des
marques d'érosion éolienne. Ces caractéristiques des hardé du
Diamaré n'apparaissent plus guère sur les sols :sodiques sitQés
au sud du parallèle 9 qui portent souvent~~- horizon t~availlé
par les vers et une végétation ordinaire ..
un horizon A1 gris-clair rosé, strié souvent de petits filets
rouille, sableux à sablo-limoneux, d'abord lamellaire puis mas~
sif cohérent, de faible porosité, (intergranulaire et vésicu-
laire) de faible activité biologique, peu organique, parco~lru
de fines fissures, de transition très nette .. C~est cet horizo~
que l'érosion en nappe amincit ou fait disparaître dG p~ace en
place.
un horizon A2 (discontinu) de contact planique, blanchissant au
séchage, sableux et particulaire avec concentration de petits
graviers résiduels et englobant quelques fragments en cours de
digestion, de l'horizon sous~jacent. Forte porosité j~tergranu­
laire et vésiculaire.
Un horizon AB formé d'une couche d8 pris:[Link] e-rrondis à la par-
tie supérieure (colonnettes) par tr8nsformation corticale en
l'horizon précédent. Couleur grise (p3rfois rougisse~ent dis-
cret du cortex ou ducoeu~ des colonnes), textura sablo-·argileu-
se, fentes entre les prismes comblées par chute ùes sables sus-
jacents.
un horizon (B) massif, cohérent, dlIT ou duxcissant a x1air, de
très faible porosité, gris et argile-sableux avec parfois des
petites concrét~ons ferro-manganiques ron~es à patLne noire.
un horizon BCa carbonaté en nodules ou en p3eudomycélium~ de
m~me texture mais de structure p0lyé[Link] nette.
- 150 -

Caractères analytiques.

La réaction des horizons A est acide ou faiblement acide (5 à 6,5) le


minimum étant mesuré dans l'horizon A2. Celle des horizons B est très
alcaline (8 à 9,5) sous l'influence du sodium et des carbonates.

La conductivité de ces sols est faible, ce ne sont donc pas des sols
salés.

Pauvreté en matière organique (moins de 1 ~~) et en argile, nature kaG-


linitique de celle-ci expliquent la faible capacité d'échange des ho-
rizons A : 5 à 10 mé. Celle des horizons B, plus argileux et montmo-
rillonitiques atteint 20 à 25 mé et elle est alors saturée à 80_100 %
en cations échangeables.

Parmi ces derniers Ca++ est dominant mais les taux de magnésium et de
sodium croissent de haut en bas et atteignent respectivement 7 et 4 œ
soit 25 % et 15 % de la capacité d'échange en B. Or une teneur de 8 %
en sodium suffit à dégrader la structure lorsque la capacité d'échan-
ge est faible. Pour certains auteurs le magnésium aurait un effet de~
tructurant analogue qui s'ajouterait ou se substituerait à celui du
sodium mais ce r~le est controversé (le magnésium est généralement
abondant aussi dans les sols hydromorphes).

La teneur en fer libre (0,5 à 1 %) est maximum juste sous le contact


pIanique (sommet des colonnettes).

Valeur agronomique •
.......... e:--==-;==- .~.. ... '==e-r-

Les teneurs en sels et en sodium sont encore trop basses pour g~ner
les cultures. Les qualités chimiques de l'horizon B sont correoteso

Mais les caractéristiques physiques et hydriques des hardés sont frmr


chement défavorables et la rareté de la végétation naturelle en témoi-
gne. Le sous-solage (ouverture sans retournement) crée une structure
par fragmentation et un micro-relief qui augmentent le stockage de
l'eau. Mais il doit ~tre suivi d'un morcellement plus poussé des mot-
tes et d'une culture de graminée qui entretient et dévelop~e la struG-
ture et la porosité ainsi créées. Un moyen plus économique pour aug-
menter la rétention d'eau consiste à clore de toutes petites parcel-
- 151 -

les par des diguettes comme en culture de muskuari. Ce dernier procé-


dé est actuellement essayé en riziculture. La culture cotonnière a-
près sous~solage, essayée depuis 1960 ne protège pas le sol de l'éro-
sion. L'imperméabilité de ces sols qui exacerbe l'érosion en nappe et
en ravines provoque en effet rapidement la destruction des surfaces
hardé du Diamaré. Elle résulte d'un durcissement progressif de leur
horizon B sodique, ce qui a découragé pe~it à petit la végétation' na-
turelle et place ces sols dans le stade ultime de leur développement
(sénilité) avant auto-destruction.

7/ LES SOLS DES PLAINES D'INONDATION DU LOGONE.

Les sols des yaérés ne sont bien connus qu'au sud du parallèle 11
(Bogo-Pouss) où ils ont été cartographiés à 1/10.000ème en 1958-60 en
vue d'aménagemen~rizicoles. La construction, à cet effet, de la digœ
Yagoua-Pouss a permis de récupérer pour la cùlture des terrains anté-
rieurement inondés.
Quatre classes de sols y sont représentées :
Des sols peu évolués (d'apport alluvial récent)
Des vertisols (à drainage externe nul)
Des sols hydromorphes (minéraux, à gley ou à pseudogley)
Des sols sodiques (à structure dégradée)
En fait ces derniers se situent plutOt en bordure des zones d'inon-
dation et ils échappent donc généralement à la submersion saison-
nière comme les sols des différents systèmes dunaires (sols ferru-
gineux tropicaux).
L~§h~ols peu évolués apparaissent sur les épandages récents appor-
tés soit par le Logone (région de Pouss) et ses défluents soit par
les mayos venant des monts Mandara (région de Guirvidig). La stra-
tification des dépOts n'y est pas effacée par la pédogénèse qui
s'y traduit par l'apparition d'un horizon humifère et de quelques
taches rouille d'hydromorphie (sols peu évolués d'apport alluvial,
hydromorphes tachetés). Leur matériau comporte des bancs de granu-
lométrie variée mais à dominante limoneuse. Un recouvrement limo-
neux gris d'un à quatre décimètres d'épaisseur, assez organique
s'observe d'ailleurs par endroits sur les autres types de sols.
D'abord bien différencié (limite inférieure nette) il est progres-
sivement incorporé au sol par les agents pédogénétiques. Il y a ainsi
rajeunissement des profils par apport.
- 152 -

~es vertisols (placés aut~efois dans les sols hydromorphes à nodu-


=== ............
les calcaires) présentent un drainage externe nul ou réduit d~ à
la fois à la planité du terrain, à l'inondation saisonnière et à
la nature argileuse du matériau. Ils portent une végétation grami-
néenne à base de,Vetiver et d'Hyparrhenia avec quelques arbustes
(Acacia seyal etsieberiana, Tamarindus indica, Balanites aegyptia-
'ca) en position exondée (termitières, buttes).
Ces sols présentent la couleur foncée, la texture argileuse (45-
60 %) sans différenciation verticale importante, la structure lar-
ge prismatique pu~s en plaquettes obliques, la compacité, la cohé-
sion et la carbonatation: nodulaire qui sont caractéristiques des
vertisols ainsi que leurs caractères de surface (fentes de retrait
et effondrements). Ils sont en outre fréquemment marqués de taches
rouille d'hydromorphie e Leur développement atteint souvent deux
mètres ce qui les distingue des vertisols lithomorphes qui sont
habituellement moins épais, moins typéset moins argileux. La des-
sication saisonnière les atteint sur un mètre d'épaisseur environ,
la rétention d'humidité étant importante en profondeur avec nappe
phréatique plus profonde en saison sèche que dans les sols hydre-
morphes. La carbonatation appara1t à profondeur variable et on y
observe aussi quelques très petites concrétions noires.
- Il~ contiennent peu de matière organique, 1 % environ en surface
avec encore 0,3 % à 1 m de profondeur, le rapport CIN étant de 10
à 15. Leur pH est neutre ou légèrement acide en surface, franche-
ment basique dans les horizons carbonatés. Le sodium échangeable est
parfois en quantité notable dans les horizons profonds. Leur capa-
cité d'échange est élevée, de l'ordre de 30 mé et presque saturée
en cations avec dominance du calcium. Les réserves cationiques
sont en outre élevées et le phosphore total SUffisant. Ils convien-
nent à la culture du mil répiqué et à la riziculture mais leur'te-
neur en azote doit ~tre améliorée. Si le drainage externe est cor-
rect ils peuvent aussi porter des cotonniers (Tchad).
'Les sols hydromorphes occupent, avec les vertisols, les plus vas-
• ner& .....

tes superficies. Leur évolution e~t dominée par un engorgement


temporaire dd à la planité du paysage, à l'inondation, à la faible
profondeur de la nappe phréatique et sur les matériaux argileux à
- 153 -

un mauvais drainage interne. Leur végétation est essentiellement gra-


miné~nne,'j~~ec qu~lques arbres dans ieè secteur~ exond'és (Faidherbia
albida, Zyziphusma~itiaca, B~anites 'aegypti~ca)
Sur matériau argileux ces sols ont une couleur grise à brune tachée
de rouille, une texture argilo-sableuse ou argileuse, plus sableuse
en surface, une structure saisonnière prismatique ou polyédrique gros-
sière avec une faible porosité dans lee. horizons B. Leur pH est peu
acide à basique ,et i l augmente dans les horizons profonds qui sont
généralement sodiques. Ils contiennent 1 à 2 %de matière organique
à rapport C/N de 10 à 1 4. La capacité d'échange, 9;ui est de l' [Link]
de 20 mé, n'est pas entièrement saturée en c~~io~s ~changeab1es. En
situation inondé~
. ils conviennent à la rizic~t~~:
. ,"..
'en situat'ion exon-
'

dée et, bien drainée ils peuvent conv~nir au cotonnier.


Sur matériau sableux les sols sont .;-p],us açides, :plus perméables et
plus désaturés avec ,de faibles capacités, d'échange. En 'situation exon-
dée ils peuvent porter du mil, des arachides ou des maraîchages.

- Les sols sodiques (ou sols à alcali, ou hardés, ou sols halomorphes)


sont localisés en bordure des zones d'inondation ou en légers bombe-
ments, parfois réguliers, émergeant des zones inondées. Ils sont plus
nombreux au nord (Pouss) qu'au sud (Yagoua) ce qui a été a:btribué à
une diminution de la pluviosité et donc du drainage. La végétation
arbustive y est rabougrie et clairsemée, la strate herbacée disparaît
en saison sèche. Ils sont très compacts et très imperméables dans
l'horizon B où le rapport Na/Ca dépasse largement 0,15 (critère de
classe) mais peu salés. Ils présentent fréquemment un horizon supéri-
eur sableux à contact inférieur planique, la texture de l'horizon B
étant sablo-argi1euse à argilo-sableuse. Le pH est très élevé dans
l'horizon B na, leur teneur en matière organique est faible, la capa-
cité d'échange varie de 5 à 30 mé selon la teneur en argile. Leur mi-
se en valeur nécessite à la fois de diminuer leur compacité et de drai-
ner le sodium en excès.

Conclusion - Les sols des yaerés, vertiques et hydromorphes, sous-


m ......

traits à l'inondation par l'indiguement du Logone conviennent à la


riziculture par leur teneur en phosphore (près de 1 0/ 00 ) et en potas-
sium (0,5 mé) mais l'azote (O~6 à 1,0 0 /00) constitue souvent un fac-
teur limitant. Le pH de surface doit rester voisin de 6 pour favoriser
l'ammonification p1utet que la nitrification. Les textures argileuses
- 154 -

confèrent au sol une 1mpe_rméabilité favorable à cette culture mais,


elles sont plus difficiles à travailler et à_ humidifier. La faible,
. . ' .
profondeur de la nappe
. phréatique compense l'aridité du climat.
'

le
Les sols de dunes: Les dunes et/ cordon dunaire, qui échàppent à
. ".", ~'. ..
l'inondation portent des sols ferrugineux t!opicaux apparemment pe~
différenciés mais qui peuvent ~tre au contraire très profondément les-
sivés. Leur terlut-e est entièrement sableuse (moins de 5-10 % d,'argi-
le), leur teneUr en matière ~rganique est faible (O,7 %en surface à
rapport CIN de 8' par exempïe). Leur capacité d'échange est par consé-
quent faible auÊjsi, 'de l"ordre de 1 à 4 mé et saturée aux 3/4 dont
0,5 mé de potassium. La végétation comporte de nombreux r~niers et
près des v11lages des Faidherbia. Ces sols ne peuvent guère porter
que des cultures de mil et' d'arachide et cette dernière culture est
d,railleurs limitée par'leUr pauvreté en phosphore, en dehors des zones
habitées.

. 1
- 155 -

III - REMARQUES SUR LES TRAVAUX CARTOGRAPHIQUES


- EXISTANT ET LES :E'.E~SPECT IVES D'AVENm

Les paysages pédologiqu:~s-.d.W: Nprd-Cameroun associent plusieurs types


de sols, qui sont.- souv~nt:, _cpmmuns à plusieurs de ces paysages -et leur
or~ginalité tient-surtout 'ùans l'organisation de ces unités pédologi-
ques en fonction des différentes composantes du modelé.

Dans les cartes à grande échelle il a été parfois possible de dessi-


ner les contours de chaque type de sol et leur év~tuelle organisation
séquentielle peut ~tre tirée d'une confrontation des cartes pédologi-
que et topographique.

Dans les cartes à grande échelle le cartographe a eu le choix entre


deux solutions très différentes :

- faire figurer seulement la pédogénèse considérée comme climaci-


que, ou la plus évoluée, ou la plus étendue, à condition qu'el-
le recouvre une proportion "normale" du paysage. Dans cette per-
spective le paysage 4 apparattrait en unité simple de sols fer-
rugineux tropicaux lessivés, les pédogénèses lessivantes et hy-
dromorphes associées étant considérées comme leur "cortège" nor-
mal de ba~versant. Le paysage 3 sera de m~me représenté par
les sols rouges tropicaux sans mentionner les sols bruns et ver-
tiques de bas de pente. Les unités supérieures de la classifi-
cation, juxtaposition et association ne sont utilisées que lors-
qu'il n'existe pas d'organisation séquentielle (paysage 2 par
exemple) ou lorsque les pédogénèses associées présentent un dé-
veloppement "inhabituel", atteignant par exemple 40 % de la sur-
face.
ou bien utiliser dans chaque cas ces unités taxonomiques supéri-
eures. Mais cette classification séquentielle se limite actuel-
lement à une énumération des différentes pédogénèses associées
en indiquant leur succession topographique éventuelle. Elle ne
fait donc pas ressortir la parenté qu'elles peuvent présenter
(le lessivage dans le paysage 4, l'argilisation dans le paysage
3, l'antagonisme entre l'argilisation et l'érosion dans le pay-
sage 2 etc). Elle n'exprime pas non plus la superficie couverte
- 156 -

par chaque type de 'sol, ni l'élément de modelé qui est concerné


et encore moins les caractéristiques de celui-ci. Il devrait
~tre cependant possible à l'avenir d'aboutir à une classifica-
tion des paysagès pédologiques qui intègre ces différentes don-
nées dans un système 'd'abord descriptif, qui conduirait ~out
naturellement ensuite à une construction génétique. Cette der-
nière ne sera possible toutefois que lorsque la part imputable
à la dynamique actuelle des sols et du modelé aura été précisée
et les ~rands traits paléo-climatiques déterminés ave'c une bon-
ne probabilité~
- 157 -

OUVRAGES CONSULTES, ET A CONSULTER

GENERALITES.

PRECIS DE PEDOLOGIE par [Link], Masson édit. 481 p. édition de


-1970.
LA PEDOLOGIE par'[Link] et [Link], Coll. Quesais~je 1967, 126 p.
LE PROFIL CULTURAL par [Link] et alt .. , édition 1969, 332 p.
MINERALOGIE DES ARGILES par S •CAILLERE èt [Link] 1963, 355 p. Masson
édit.
GEOLOGIE DES ARGILES par G..MILLOT 1964; 499 p., Masson é~i t.
.' .
MICROMORPHOLOGIE : Fabric and mineral analysis of soils par [Link]
1964, 470 p.
LA VIE [Link] DANS LES SOLS par [Link] 1963, ORSTOM, 278 p.
LA BIOLOGIE DES SOLS par Y. DOMMERGUES Coll. Que sais-je 125 p.
L'EVOLUTION DES SOLS. ESSAI SUR LA DYNAMIQUE DES PROFILS. par
[Link], 1968, 91 p.
LA GENESE DES SOLS EN TANT QUE PHENOMENE GEOLOGŒQUE par [Link] 1967 ,
Masson, 175 p.

DESCRIPTION.
GLOSSAIRE DE PEDOLOGIE : Description des horizons en vue du traitement
~ormatique. 82 p., 1969. - Description de l'environnement
en vue du traitement ~ormatique 173 p., 1971 ..
F A 0 : Directives pour la description des sols 1968, 58 ·p.
CODE MUNSELL DES COULEURS, .Munsell soil color cha-rts USA.
Manuel de prospection pédologique par [Link] 1969, 132 p.
LES CULTURES
=-_
",=e-==-
TROPICALES,
,.... . .

Collection dirigée p~r R. COSTE des Techniqu~s agricoles 'et productions


tropicales. Le bananier - le· palmier à huile - 1es plantes à
épices - l'Ananas - le Riz - le cocotier - le cotonnier - les
plantes fourragères tropicales - le caféier - l'arachide - le
cacaoyer - Les plantes vivrières par R. CERIGHELLI 1955

CLASSIFICATIÇ! :
FRANCAISE :
Tableau des classes, sous-èlasses, 'groupes et sous-groupesde sols utili-
sés par la section de Pédologie de l'ORSTOM, 1965, [Link], [Link],
fasc.3, pp. 269-287.
- 158 -

La classification des sols utilisée par les pédologues français en zone


tropicale ou aride. Sols Afr.,volo IX, nO 1, pp. 97-105.
C. P. C. S. Commission de Pédologie et de Cartographie des sols! Ecole
[Link] 1967, 87 p.
AMERICAINE :
U. S. D. A. 1960-69. Soil classification. A comprehensive system 7th
approximation. Soil survey staff, soil conservation service 295 p.
PERIODIQUES
.zft
.......... --===
TRAITANT DE PEDOLOGIE
Sols africain~ (B l S, bureau inter-africain des sols) -
[Link] série Pédologie
Soil Science (U S A).
Journal of SoU Sciance (,G.B.)
Soils and Fertilisers 'Commonwealth)
Annales agronomiques l N R A (France)
Pédologie '( Belgique)
Soviet Soil Science .-
Bulletin de l'Association française pour l'étude du sol.
Geoderma.
Bulletin du groupe français des argiles.
Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, série D.

PUBLICATIONS SUR DES SOLS DU CAMEROUN OU APPARENTES


~_._ r~~~~~ ~

ETUDES PEDOLOGIQUES DE LI ORSTOM- IRCAM.


AU CAl~ROUN :' 192 titres échelonnés de 1950' à,1972 (études régionales
principalement), consultables à la bibliothèque centrale du Centre
ORSTOM de Yaoundé.
ETUDES PEDOLOGIQUES DE L'ORSTOM-PARIS TRAITANT DU CM1EROUN, 10 titres
dans les cahiers ORSTOM série Pédologie 1964 à 1971 et 2 titres dans
les mémoires et documents de l'ORSTOM.
Notice explicative de la carte pédologique du Cameroun Oriental à
1/1.000.000 par [Link] et PoSEGALEN, 1966, 2 cartes, 125 po ORSTOM.
Notice explicative de la carte pédologique du Cameroun Occidental à
1/1 .000.000 par M.. VALLERIE 1968, 70 p. ORSTOM Yaoundé.'
p
. .
La ~éomorpholbgie et les sols du Cameroun. par P•SEGALEN 1967, Cah.
ORS~OM, sér.Pédol. V 2, pp. 137-187.

Le cuirassement des sols en Guinée par [Link] 1958, 239 p.


The 80ils and Ecology of West Cameroon par P. HAWKINS et [Link] 1965.
- 159 -

Evolution géochimique des minéraux argileux dans les altérations et les


sols des climats méditerranéens et tropicaux à saisons contrastées par
[Link] 1969. Mé[Link].Gé[Link].
Les sols de quelques régions volcaniques du Cameroun. par [Link]
1969, 290 p.
Genèse et évolution de deux toposéquences de sols tropicaux du Tchad.
Interprétation biogéodynamique par G. BOCQUIER 1971 , 364 p.

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