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Tema 10

Ce document traite de la phonétique syntaxique en français. Il décrit des concepts clés comme l'accentuation, le rythme et l'intonation, et compare certains aspects de la phonétique du français avec celle de l'espagnol.

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Mariette Quesnel
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Ce document traite de la phonétique syntaxique en français. Il décrit des concepts clés comme l'accentuation, le rythme et l'intonation, et compare certains aspects de la phonétique du français avec celle de l'espagnol.

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I- PHONETIQUE SYNTACTIQUE

La phonétique syntactique étudie les faits phonétiques dus à l’environnement et

parfois au rôle des mots dans la phrase. Les faits les plus complexes concernent les

variations que certains mots connaissent selon qu’ils sont suivis d’une voyelle ou

d’une consonne.

Dans un dŽbit rapide ou rel‰chŽ les locuteurs réduisent parfois les mots ou les

syntagmes, ce sont des réductions occasionnelles, et les éléments disparus font partie

de la conversation. Si on faisait répéter, la phrase prendrait sa forme complète.

Parmi les faits de phonétique syntactique, il faut faire une place à la pause, qui est un

arrêt dans le débit.

Les pauses importantes coïncident avec la fin de la lecture et dans l’écriture sont

indiquŽes par un point. Les pauses moyennes sont indiquées par une virgule et les

pauses légères qui séparent les syntagmes, ne sont pas traduites, dÕordinaire, dans

l’écriture.

1.1. L’accentuation

On préfère le terme accentuation à celui d’accent car ce dernier renvoie

également à la caractŽristique d’une parlure étrangère.

L’accentuation est une proéminence d’énergie articulatoire qui se manifeste

par une augmentation physique de longueur, d’intensité et de fréquences en

passant de syllabe inaccentuée ˆ accentuŽe. Au plan de la perception on parlera

de paramètres de durée, d’intensité et de hauteur. La hauteur ne fonctionne

que si les deux autres sont attŽnuŽs ou avec eux de manire redondante, mais il

n’est pas un paramètre diffŽrenciateur; l’intensité n’est pas non plus un

paramètre différenciateur; la durée est la marque essentielle de l’accentuation

en français standard. En français une syllabe accentuée est deux fois plus

longue qu’une syllabe inaccentuée.


Thme 10 page 1
1.1.1. Accent tonique

Accent tonique dans le franais standard lÕaccentuation est gŽnŽralement

oxytonique, cÕest ˆ dire, elle tombe sur la dernire syllabe prononcŽe du groupe

sŽmantique:

La petite

La jolie petite

La jolie petite maison

cette syllabe est appelŽe syllabe tonique ou accentuŽe. Mais :

1. LÕE muet ne porte pas dÕaccent tonique mme quand il est prononcŽ, sauf le

pronom LE placŽ aprs un impŽratif: donne-le.

2. Les proclitiques, mots qui sÕappuient sur le mot suivant, sont dŽpourvus

dÕaccent: articles, dŽterminants, certaines formes du pronom personnel, etc.

3. Comme lÕaccent porte toujours sur la dernire syllabe ˆ voyelle prononcŽ,

dans les dŽrivŽs, il ne garde pas la place quÕil avait dans le mot primitif.

LÕaccentuation a une fonction dŽmarcative, elle facilite le dŽcodage des

syntagmes. Comme la pause elle peut servir pour enlever lÕambigu•tŽ en

introduisant une joncture. Mais dans beaucoup de langues lÕaccent a une

fonction distinctive comme par exemple en espagnol o canto se distingue par la

place de lÕaccent de cant—.

1.1.2. Accent dÕinsistance

Thme 10 page 2
Au plan expressif cet accent permet la mise en relief dÕune unitŽ plus petite que

le syntagme et on lui attribue plusieurs fonctions :

a - oppositive: on ne dit pas Òla garon, mais le garonÓ

b - emphatique: CÕest super beau

c - diffŽrentiative: Des Žchanges humains, commerciaux...

Cet accent tend ˆ se manifester sur la premire syllabe de lÕunitŽ linguistique

par une force et une durŽe accrue de la consonne, ou une montŽ mŽlodique

importante. Il est un moyen de mise en valeur trs typique du franais.

LÕinsistance ne supprime pas lÕaccent tonique et on lÕemploi lorsquÕil sÕagit

dÕexprimer une Žmotion ou lorsquÕil sÕagit dÕattirer lÕattention.

1.2. Le rythme

Lorsque les syntagmes dŽlimitŽs par lÕaccent dŽmarcatif sont envisagŽs dÕun

point de vue esthŽtique, on les nomme groupes rythmiques. Le rythme est

marquŽ par la perception de retour dÕune proŽminence accentuelle. Chaque

groupe linguistique (franais standar-franais mŽridional) se diffŽrencie par un

rythme particulier syllabique.

A c™tŽ du rythme concernant les syllabes, deux autres manifestations du

rythme ont impact sur la variation discursive:

- Rythme accentuŽ : Il est dŽterminŽ par le nombre de syllabes par groupes

rythmiques

- Patron rythmique : leur structure est la suite de 3 syllabes brves

inaccentuŽes, suivie dÕune syllabe longue accentuŽe (uuu-) et aussi lÕŽmotion

qui introduit un dŽsordre dans le rythme, et favorise lÕexagŽration dÕaccents

dÕinsistance et la tristesse qui ralentit le dŽbit, etc...

1.3. LÕintonation

Thme 10 page 3
Les changements de frŽquence des vibrations des cordes vocales sont les

responsables de la perception des variations de hauteur dont le dŽroulement

crŽe la mŽlodie de la parole. On dŽfinit lÕintonation comme la structuration

mŽlodique des ŽnoncŽs. Il existe un trs grand nombre dÕŽtudes sur

lÕintonation :

Les fonctionnalistes qui sŽparent les 2 aspects principaux de ce qui constitue la

prosodie: lÕaccentuation et lÕintonation. LÕunitŽ intonative minimale est appelŽ

intonme.

DÕautres linguistes considrent que lÕintonation est lÕensemble des paramtres

prosodiques: mŽlodie, accentuation, rythme, tempo...

Certains linguistes ont tentŽ de montrer que lÕintonation pouvait tre dŽcrite

en termes phonologiques et il y en a qui suggre que lÕintonation constitue une

troisime articulation. Mais dÕautres refusent ces arguments en rappelant que

les intonmes nÕont pas de fonction distinctive mais significative. Le plus

souvent lÕintonation renforce lÕorganisation syntaxique et fonctionne en raison

inverse de la grammaticalitŽ du discours, moins le message est structurŽ par la

syntaxe plus lÕintonation prend le relais du sens. CÕest lorsque lÕintonation

contredit le sens donnŽ par la syntaxe quÕelle remplit lÕun de ses r™les

phonostylistiques les plus nets.

Exemple: ÒMais vous tes intelligent !Ó peut avoir une intonation ironique

signifiant le contraire.

Elle renforce aussi le sens d'un énoncé, a un rôle redondant. Puisque la

question est dŽjˆ indiquée grammaticalement, si la voix monte, c'est qu'on

insiste.

Ex. . Est-ce que vous venez ?

Le signe intonatif, est une signe motivé selon la plupart des auteurs manifesté

dans les émotions primaires: douleur, joie, colère... La tension physiologique

forte accroît la fréquence de vibration des cordes vocales, le rel‰chement décroît

cette tension. Mais il est aussi un signe conventionnel chaque langue au cours

de son évolution, a formé des patrons d'attitudes plus élaborés que les

Thme 10 page 4
quelques universaux, qui montrent similitudes intonatives au niveau de

signes motivés. Une des causes les plus évidentes de ÒlÕaccent étranger" vient

justement de que chaque langue intonne à sa manière.

1.3.1. Comparaison avec l'espagnol

L'intonation comprend le rythme provoquŽe par les variations d'intensité et

de durée et le contour mélodique (intonation) provoqué par les variations de

ton (hauteur musicale) et de durée. Or l'importance de ces trois éléments:

intensité, ton, durée est très différente en espagnol et en franais.

D'autre part la phrase est faite d'unités mélodiques: les mots phoniques. En

espagnol les notions de mot phonique et mot orthographique se confondent,

seuls se rattachent au mot suivant les articles et quelques prépositions.

L'espagnol a aussi beaucoup d'unités courtes et très nettement délimités: Este

perro.

En français non seulement Ce chien n'est qu'un seul mot mais aussi Ce petit

chien, on a des mots assez longs et aux limites imprécises pour qu'on puisse les

prononcer en un ou deux mots. La liaison entre les mots phoniques rend

moins nette la séparation.

Les espagnols transposent leurs habitudes au français; il faut donc, dès le début,

les habituer, leur faire prendre conscience de la réalité des mots phoniques

français et les habituer a enchaîner sans hacher les phrases.

Les moyens dont dispose la langue pour délimiter les mots phoniques sont très

différents en espagnol et en français :

- en espagnol ce rôle revient à l'accent d'intensité.

- en français l'accent d'intensité est plus faible, il joue un rôle plus modeste et

ce sont les articulations de la ligne tonale qui aident à la délimitation des mots

phoniques.

Dans les deux langues la ligne tonale se moule sur la phrase et non sur le mot.

En français les mots phoniques tendent à se rapprocher des groupes de sens et

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par là profitent des articulations de la courbe tonale qui souligne l'articulation

de la phrase.

L'intonation de la phrase se caractérise en franais par un schŽma qui

comprend une partie montante suivie d'une partie descendante s'articulant le

sommet après ou avant le groupe verbal. L'espagnol donne impression de

monotonie avec des écarts tonneaux faibles et une ligne souvent horizontale

sous le martèlement de l'accent d'intensité.

L'étude du rythme et de l'enchaînement des mots phoniques doit se faire

parallèlement à celle des sons dès le premier moment. L'intonation doit être

étudiée en même temps que les sons, corrigeant a un premier moment les

contours mélodiques qui prêteraient à des fausses interprétations:

- confusion de l'affirmation - interrogation

- confusion de l'intonation ironique - intonation faible, etc.

1.4. Encha”nement et liaisons

1.4.1. Elision et enchaînement

La phonologie du français a longtemps mal toléré les séquences

d'enchaînement vocalique: voyelle + voyelle en dehors des formes verbales

comme a été, a eu.

La langue réduit a une seule voyelle certaines de ces rencontres vocaliques,

appelés hiatus, du type la+amie, le+ami, le+homme, si+il, etc. Ce phénomène

est appelé élision, à cause de la chute d'une voyelle et relève un cas

d'enchaînement syntactique.

∑ Dans la plupart des cas la voyelle élidé est un E et cette élision est constante

sauf :

- Quand il y a une pause, marqué dans l'écriture par un signe de ponctuation.

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- Le pronom personnel LE qui suit un impératif, sauf s'il précède En et Y.

Ex.: Prends-le aussi

Mets-l'y

Retire-l'en

- Le pronom démonstratif CE devant une proposition relative ou quand il

n'est pas sujet.

- Les monosyllabes pris comme des mots par autonymie, notamment E, nom

de lettre, de que, lorsque, puisque.

- Dans la langue courante il peut avoir une élision même quand E muet est

suivi de -S ou NT.

Ex.: Tu chantes encore

- Si l'on compare Donne -le moi à Donne-m'en, on pourrait penser qu'on a un

amusement de (wa) dans la deuxième phrase, mais on a en réalité la forme

atone du pronom (me, te) puisque l'accent tombe sur En.

∑ D'autres fois la voyelle élidé est un A dans lÕarticle et pronom personnel,

cette élision est constante

Ex.: Cette femme je l'ai vu

Sauf :

- LA pronom personnel qui suit un impératif: Prends-la avec moi

- LA pris comme mot par autonymie: La est employé par erreur...

Normalement ÇA en subit pas l'élision et si on le trouve peut s'expliquer par

l'analogie avec CE

∑ D'autres voyelles

- I de la conjonction SI, s'élide devant le pronom personnel IL ou ILS même si

la langue populaire connaît la forme SI IL ...

- I du pronom relatif sujet QUI, même si ont fait l'élision dans la langue

populaire.

- U du pronom personnel TU, mme si on l'élide dans la langue populaire.

Thme 10 page 7
1.4.2. La liaison

La liaison est le rŽsultat d'un état de la langue ancienne où toutes les

consonnes étaient prononcées, vers le XIme ou XIIème siècle, les consonnes

finales ont commencé à ne plus se prononcer, le résultat actuel est que la

consonne finale d'un mot, encore écrite, ne se prononce pas devant

consomme, devant H aspiré ou en finale, comme le T dans petit pas, petit

homard, petit mais qu'elle se prononce devant voyelle ou H muet, comme

dans petit ami, petit homme. Cette prononciation est appelée en forme de

liaison.

La liaison nÕappara”t qu'à l'intérieur du groupe rythmique. Il n'y a pas donc de

liaison après un mot accentué :

Ex.: Petit enfant . Petit est un adjectif inaccentué d'où la liaison

Un petit avec sa mère. Petit est un nom accentué et il en se lie pas

au mot suivant.

Mais si la règle qui interdit la liaison fonctionne assez bien, l'inverse n'est pas

vrai et on entend sans avoir peur prononcé avec ou sans liaison.

On a donc trois sortes de liaison:

- Interdites

- Obligatoires

- Facultatives

LIAISON INTERDITE

Dans tous les cas où la liaison est interdite, son absence marque une rupture

accentuelle, intonative, une limite sémantique ou dans le cas de la H aspiré

une trace de séparation étymologique.

∑ Entre deux groupes rythmiques

Thme 10 page 8
L'interrogation avec inversion crée deux groupes rythmiques

empêchant la liaison: Vont-ils arriver ? Vont-elles écouter?

Groupe nominal avec adjectif postposé: Un enfant adorable

∑ Devant des unités à isoler

Monosyllabes: Il dit oui, mais oui.

∑ Devant des noms des nombres

Les huit, les onze, après onze heures, qui fonctionnent comme des

termes disjoints en comparaison des unitŽs à forte cohésion que sont

dix-huit, vingt-huit où la liaison se fait.

∑ Devant H aspiré

Les halles, les hauteurs, un héros, des héros, des haricots ...

LIAISON OBLIGATOIRE

La liaison est obligatoire dans le groupe nominal. Composés de

déterminants + noms ou pronoms. La cohérence de ce groupe est forte et la

liaison y est faite sans exception. Ces déterminants sont :

∑ articles définis: les enfants, les autres enfants.

∑ articles indéfinis: un enfant

∑ adjectifs, etc.: de belles images

∑ quand il s'agit :

- d'un pronom qui précède une forme verbale: ils ont, je vous ai dit

- d'une forme verbale qui précède un pronom: prends-en

- d'un pronom qui précède un autre pronom

∑ quand il s'agit d'adverbes de quantité courts, monosyllabiques suivis d'un

adjectif ou d'un autre adverbe: très intelligent, bien amusant, trop étroit, pas encore.

Dans la conversation rapide les adverbes assez, pas plus, jamais sont souvent

prononcŽs sans liaison.

Thme 10 page 9
∑ quand il s'agit des formes verbales est, sont, était, étaient: C'est à vous, ils

sont occupés, ils étaient en Amérique.

∑ quand il s'agit d'autres formes verbales de verbe être la liaison est fréquente

dans la conversation mais pas obligatoire.

∑ quand il s'agit des formes verbales ont, avait, avaient la liaison doit être

considérée obligatoire pour un étranger, même si quelques français dans la

conversation rapide ne la font pas: Ils ont entendu, il avait entendu, ils avaient

une maison.

∑ quand il s'agit de prŽpositions courtes (monosyllabiques): En hiver, dans un

mois, chez elle (devant d'autres mots elle en fait pas liaison).

∑ quand il s'agit de la conjonction quand: quand il est venu.

Cependant dans la phrase interrogative, on en fait pas la liaison: Quand est-il

arrivé ?

∑ quand il s'agit du relatif dont: LÕaffaire dont il parle.

∑ quand il s'agit de certains mots qui se trouvent dans des expressions fixées

par lÕusage. Ce sont donc, des exceptions à la règle des noms au singulier qui en

font pas la liaison seulement à l'intérieur de ces expressions: mot à mot, pot au

feu, pas à pas, pied à terre, de temps en temps, les Etats-Unis, les Champs

Elysées...

∑ quand il s'agit des mots terminés en -n du type: certain, plain, ancien,

moyen, bien, rien, ton, son...

∑ quand il s'agit des mots: les, des, ces, mes, tes, ses... devant certains mots qui

commencent par une semi-voyelle: les yeux, les oiseaux, des hu”tres...

LIAISON FACULTATIVE

Les cas sont très nombreux et difficiles et on va voir les cas les plus courants

dans la conversation et dans la lecture de la prose narrative et descriptive:

∑ Avec des formes du verbe avoir ou être autres que la troisime personne, la

liaison est nécessaire dans la lecture et pour beaucoup de gens dans la

Thme 10 page 10
conversation aussi: Nous avons entendu, nous sommes en retard (sans liaison,

mais en parlant lentement on doit le faire).

∑ Les formes de liaison des verbes tels que vouloir, falloir, faire, pouvoir

employé en tant que verbes auxiliaires, sont normales dans la lecture et assez

fréquents dans la conversation mais dans la conversation rapide ne sont pas

obligatoires: Tu peux en avoir, je veux y aller, tu dois écouter (avec liaison).

∑ Avec les troisime personnes terminées par un -T: Ils attendaient un ami.

∑ Les noms au pluriel suivis d'adjectifs, mais l'usage varie beaucoup d'une

personne à autre. On peut dire: Des dames anglaises, des repas excellents

(liaison).

Ces phrases dans la conversation peuvent être prononcées sans liaison mais

parfois la différence de signification l'exige:

Un marchand de draps anglais: le mot anglais se rapporte à draps.

Mais on prononce :

Un marchand de draps anglais (sans liaison) quand le mot anglais se rapporte à

marchand.

∑ Avec beaucoup d'adverbes: autant, beaucoup, telle, tout à fait, admirable,

vraiment, souvent, toujours, pas, plus, jamais...

Certaines personnes en font toujours la liaison parce qu'elles la considèrent

obligatoire, d'autres la font seulement en lisant: Absolument impossible, tout à

fait inutile, toujours en retard...

∑ Avec les prépositions polysyllabiques: pendant, avant, devant, après,

depuis ..., la liaison devrait se faire en lisant, amis dans la conversation elle

n'est pas toujours prononcée: Pendant un an, après une heure, devant elle...

∑ Le mot mais est prononcé sans liaison quand il est suivi d'une pause: Mais,

après quelque temps il est parti... S'il n'y a pas de pause la liaison est facultative et

dans la conversation rapide on s'en passe aussi alors...

Thme 10 page 11
Ces liaisons sont des signes mesurables et nous permettent d'évaluer l'un des

aspects phonostylistiques les plus facilement décelables de la prononciation.

Leur nombre et leur distribution peut fluctuer en fonction d'une multitude de

variables.

∑ Fonction identificatrice

La liaison, résidu de l'ancienne prononciation, est un indice de parleurs

conservateurs: Les ruraux en font plus que les citadins et les vieux plus que les jeunes.

∑ Fonction impressive

La liaison c'est un marqueur de discours. Le nombre des liaisons augmente

lorsqu'on passe de spontané à la lecture ou à la conférence. Les manuels de

diction recommandent de faire toutes les liaisons possibles. Une des liaisons

classiques du discours radiophoniques ou télévisuel est la liaison avec R

comme dans aller à l'Elysée. Les bons orateurs savent adapter le nombre et la

distribution des liaisons aux différents types de public.

La liaison ou l'absence de liaisons peut jouer un rôle distinctif dans quelques

paries minimales du lexique.

Sans liaison Avec liaison

les hauteurs les auteurs

les hêtres les êtres

La liaison est la seule marque morphologique de l'opposition Sg,/Pl. dans le

code oral pour certains formes verbales, comme:

il aime ils aiment

elle arrivait elles arrivaient

Mais le plus souvent est une marque redondante aussi bien dans le groupe

nominal que dans le groupe verbal:

Des amis, plusieurs amis: le pluriel est marqué à la fois par la forme du

déterminant et par la liaison.

Elles apprennent (par la terminaison verbale et la liaison).

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La liaison neutralise certaines oppositions dans le cas des adjectifs terminés par

voyelle nasale, (moyen, certain, ancien ...) où cette voyelle se dénasalise dans la

liaison et l'opposition masc./fém. ne fonctionne plus à l'oral: Ancien ami et

ancienne amie se prononcent de la même manière.

Dans l'évolution du français on constate que la langue a toujours cherché à

maintenir sa structure d'enchaînement syllabique consonne + voyelle que

dans les parleurs non soumis à des forces normatives on observe l'insertion

d'une consonne parasite lorsque deux voyelles set trouvent en contact.

Je l'ai-z-eu (parlers ruraux de l'Ouest français) mais il semble quÕactuellement

ces cas sont freinés et c'est peut-tre sous l'influence de l'accent secondaire que la

liaison se perd.

Dans le groupe nominal la cohérence est forte donc, liaison obligatoire.

Dans le groupe verbal la cohérence est variable, et il y a donc deux types de

liaison, obligatoire avec les pronoms sujets et les compléments adverbiaux et

facultative entre deux formes verbales. Elle tend à être plus forte après une

forme auxiliaire ex.:J'y suis allé et moins forte avec J'avais une chance.

Dans les groupes adverbiaux ou prépositionnels la liaison est variable, la

cohŽrence dépend ici des deux facteurs:

1 - la possibilité d'accentuation

2 - la longueur de l'adverbe ou de la préposition

La liaison tend à être obligatoire avec les formes monosyllabiques qui sont

inaccentuées: en effet, en avant, et tend à être facultative dans les formes de

deux syllabes, qui reçoivent un accent secondaire: devant une porte, depuis un

mois et dans les formes susceptibles de porter accent dÕinsistance: moins

humide, plus aimable ...

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