0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
701 vues340 pages

Idl 13920

Transféré par

sokaina elgasmi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
701 vues340 pages

Idl 13920

Transféré par

sokaina elgasmi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

MAI 1995

VALORISATION
de la
BIOMASSE VÉGÉTALE
par les
PRODUITS NATURELS
Actes du colloque de Chicoutimi
22 au 25 août 1993

Sous LA DIRECTION DE

François-Xavier Garneau et Guy J. Collin

RECHERCHES POUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL


VALORISATION
de la ,, ,,
BIOMASSE VEGETALE
par les
PRODUITS NATURELS
Actes du colloque de Chicoutimi
22 au 25 août 1 993

Sous LA DIRECTION DE
François-Xavier Garneau et Guy J. Collin
Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Québec) Canada

CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL

Ottawa • Dakar• Johannesburg • Le Caire • Montevideo


Nairobi • New Delhi • Singapour
Publié par le Centre de recherches pour le développement international
BP 8500, Ottawa (Ontario) Canada KlG 3H9

Mai 1995

Garneau, F.X.
Collin, G.J.

Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi, PQ CA. Laboratoire


d'analyse et de séparation des essences végétales

Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels : actes du


colloque de Chicoutimi 22 au 25 août 1993. Ottawa, ON, CRDI, 1995. 342
p.: ill.

/Biomasse/ , /produits végétaux/ , /traitement de produits agricoles/ ,


/huiles essentielles/ , /analyse chimique/ , /pays en développement/ - /huiles
végétales/ , /adhésifs/ , /plantes médicinales/ , /résultats de recherche/ ,
/études de cas/ , /rapports de réunion/ , références.

CDU: 665.52 ISBN: 0-88936-775-2

Édition microfiche offerte sur demande.

Ce rapport est reproduit tel quel. Il n'a pas fait l'objet d'un examen par des
pairs et n'a pas été préparé pour fins de publication par le personnel des
Éditions du CRDI. Sauf indication contraire, les droits d'auteur appartien-
nent aux auteurs. Tous les noms de spécialité ne sont donnés qu'à titre d'in-
formation et le fait qu'ils soient mentionnés ne signifie pas que le Centre en
sanctionne l'utilisation.
Table des matières

Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . vii

CONFÉRENCES

Les tendances canadiennes en recherche dans le domaine des produits naturels . . . . . . . . . 3


J.W. APSIMON

Application thérapeutique sur le plan clinique des huiles essentielles . . . . . . . . . . . . . . . . 5


J. DESSUREAULT

L'if - L'arbre de la mort: un espoir de vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13


F.-X. GARNEAU et L.O. ZAMIR

L'achillée mille-feuille et les possibilités de culture des plantes aromatiques et médicinales


au Québec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
A.BÉLANGERetN.TREMBLAY

Production d'additifs alimentaires par la culture de cellules végétales . . . . . . . . . . . . . . . 35


F. CORMIER

Caractérisation de la lignine de Klason extraite de l'épinette blanche (Picea glauca (Moench)


Voss) par RMN à l'état solide et spectrométrie de masse par atomes rapides (FAB/MS) -
Caractérisation des principales sous-structures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
J.-M. HACHEY et R. LAROUCHE

L'utilisation des résidus de l'industrie du bardeau de cèdre : problématique de valorisation


des sous-produits issus de la biomasse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
G.J. COLLIN

Valorisation par la connaissance des procédés de distillation à la vapeur d'eau et utilisation


des sous-produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
J.C.CHALCHAT

L'aspect économique de la transformation des produits naturels . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91


P. ZAYA

La coopération Sud-Sud dans trois pays d'Afrique noire : Bénin, Togo et Ghana . . . . . . 97
H.K. KOUMAGLO, I. ADDAE-MENSAH, M. MOUDACHIROU et F.-X. GARNEAU

Réseau des projets CRDI sur la valorisation des matières premières végétales en Afrique 105
F. GASENGA YIRE

Ill
The extraction of the essential oil of romerillo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
J. RIOS, L. CONDOR!, S. MUNOZ, 1. LOA YZA and J. SORIANO

An integrated natural product industry project for Amazonia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119


B. GILBERT

Valorisation du Voacanga africana : extraction de la tabersonine . . . . . . . . . . . . . . . . 133


R. GHOGOMU TIH et W. AYER

Pheromone-baited trapping of palm weevils and rhinoceros beetles - significant pests


of palrn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
A.C. OEHLSCHLAGER, A.L. PEREZ, L.M. GONZALEZ, H.D. PIERCE,
Jr. B. MORGAN, P.D.C. WIMALARANfE, K.N. SLESSOR, G. GRIES,
R. GRIES, R. HALLETT, N.D.P. ANGERILLI, J.H. BORDEN, G.G.S. KING,
C.M. CHINCHILLA, R. MEXZON, A. RAUF, B. PRIOR, S. LAUP,
R.M.K. AL SCHAREQI, M.S. GASSOUMA, M. KOUDA, M. ZEBEYOU,
N. NANOU, R. GIBLIN-DA VIS and T.J. WEISSLING

Amélioration des techniques traditionnelles de teinture en Guinée - Processus de transfert


de technologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
M. BANGOURA et N. JUBINVILLE

La distribution de l'hydantoïnase chez les légumes secs et son utilisation dans la synthèse
de précurseurs des acides aminés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
A. MORIN et E. POITRAS

Cassava starch adhesives: a new potential . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159


E. FABIANO, L.R. CALVÉ and J. SHIELDS

Valorisation des algues pour les industries agro-alimentaires, pharmaceutiques


et cosmétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
T. CHOPIN, G. SHARP, A. TAMBA et A. SOW

Le Maroc et l'exploitation des plantes aromatiques 189


B. BENJILALI

Huiles essentielles d'Ocimum basilicum L. : composition chimique et influence des


zones climatiques sur les chirniotypes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
M. NIANGA, S. SAVARD, B. BENJILALI, B. CAMARA, Y. DORÉ et A.B. SYLLA

The potential for cornrnercialization of three African lippia species as sources of essential
oils for perfumery and medicinal purposes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205
J.W. MWANGI, 1. ADDAE-MENSAH, R.M. MUNAVU and L. LWANDE

MApMc : extraction d'huiles essentielles au Zimbabwe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217


J.M.R. BÉLANGER, C. AUBRY, L.S. CHAGONDA et J.R.J. PARÉ

iv
Le Ginkgo biloba L. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
D.J. CARRIER, R. v.d. HEIJDEN et R. VERPOORTE

Autoxydation et photo-oxydation de quelques monoterpènes d'huiles essentielles ou


exemple d'un deuxième stade de valorisation de la biomasse à huile essentielle . . . . . . 229
R.PH. GARRY

Évaluation des besoins et association des populations dans la recherche sur les produits
naturels par la méthode de RRA (Rapid Rural Appraisal) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
A.J. NIANOGO

Le nouveau CRDI et les nouvelles données du financement de la recherche dans le


Tiers-Monde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 251
S. DUBÉ

AFFICHES

Variation intraspécifique de la composition chimique de l'huile essentielle d'achillée


mille-feuille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257
A.BÉLANGERetL.DEXTRAZE

Extraction et détennination de composés volatils de l'ail (Allium sativum) . . . . . . . . . . 261


A.BÉLANGERetL.DEXTRAZE

Effets des techniques culturales sur la rentabilité des plantations de verveine odorante,
Lippia citriodora L. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 265
A. DJERRARI, M. EDDAOURI, A. BÉLANGER, J. CROUZET et B. BENJILALI

Tannin based adhesives for Tanzania . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269


L. CALVÉ, G.C.J. MWALONGO, B.A. MWINGIRA, B. RIEDL and J.A. SHIELDS

Antibacterial and antifungal activity of the essential oil of Zanthoxylum chalybeum . . . . 275
L.S. CHAGONDA, A.M.S. WUESURIYA, G.M. GUNDIDZA,
F.W. CHINYANGANYA, J.R.J. PARÉ et al. and S. MAVI

Une nouvelle méthode rapide pour l'identification des carraghénanes par spectroscopie
Ff-IR à réflectance diffuse directement sur les algues séchées et broyées . . . . . . . . . . . 277
T. CHOPIN et E. WHALEN

Développement d'une presse à grains pour la production d'huiles végétales . . . . . . . . . 279


R.T. YAMÉOGO, A. BARBULESCU et S. COULOMBE

L'isolation et la caractérisation de sesquiterpènes de l'huile essentielle


de Ven·veria zizanoides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 285
R. HOSSÉ, F.-X. GARNEAU, F.-1. JEAN, H. GAGNON, G.J. COLLIN et
J. APSIMON

V
Recherche agricole : trouver la meilleure matière première végétale . . . . . . . . . . . . . . . 293
L. LEIGUE, L. BRISSETTE, D. LORD et D. WALSH

Composition chimique d'huiles essentielles de Tagetes minuta L. du Rwanda . . . . . . . . 295


J.C. CHALCHAT, R.PH. GARRY et A. MUHA YIMANA

Localisation des opportunités des produits naturels à l' Amapa - Localization of natural
product opportunities for industrial development in Amapa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 303
B. GILBERT

Valorisation d'une burceracée oléifère d'Afrique centrale : le safoutier (Dacryodes edulis) 307
T. SILOU

Procédé assisté par micro-ondes (MApMc) : application au paprika . . . . . . . . . . . . . . . 309


C. AUBRY, J.M.R. BÉLANGER et J.R.J. PARÉ

Oléorésines de graines de céleri et de poivre noir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 313


J.M.R. BÉLANGER, A. BÉLANGER et J.R.J. PARÉ

Composition chimique de l'huile essentielle de Pelargonium graveolens, Mentha


sacchalinensis, Cymbopogon citratus et Ocimum canum cultivés au Rwanda ......... 317
L. NTEZURUBANZA, G. COLLIN, F.X. AVOBANGIRA, H. DESLAURIERS et
J.-B. NIZEYIMANA

Isolement et identification de la Méthoxy - Bifurcarénone, diterpène biologiquement


actif, à biogénèse mixte, issu de l'algue brune Cystoseira tamariscifolia ............. 321
A. BENNAMARA, A. ABOURRICHE, M. BERRADA, M. CHARROUF,
F.-X. GARNEAU, J. APSIMON et A. FRUCHIER

Index des noms latins des plantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 325

vi
Avant-propos

Depuis plusieurs années, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) a


été sollicité par plusieurs intervenants en provenance de pays en voie de développement pour
effectuer des travaux de R-D dans le domaine de la valorisation de la matière végétale, qu'elle
soit d'origine forestière ou agricole. Ces interventions ont été réalisées en Afrique, en Amérique
latine et en Asie. Les sujets d'intervention ont touché la matière brute, la matière ligneuse, les
sous-produits industriels, les produits naturels, etc. Plus particulièrement dans ce dernier cas,
citons : le secteur des huiles essentielles (matériel d'extraction primaire) en Bolivie et au
Rwanda, les produits naturels à valeur ajoutée importante comme le carmin produit au Pérou ou
certains produits chimiquement très élaborés comme des dérivés de stéroïdes (tabersonine,
Cameroun).

Déjà en mai 1989, au cours du 57e congrès annuel de l'ACFAS tenu à Montréal, nous avons
organisé un colloque intitulé « Produits naturels d'origine végétale ». Quelque trente
communications scientifiques y ont été présentées par des chercheurs canadiens, européens,
africains et sud-américains. Les sujets portaient tout autant sur la flore canadienne que celle des
îles de l'océan Indien, et faisaient état d'extraction industrielle, de synthèse, de biotechnologie,
et de certaines opportunités de marché. Pour les pays développés de l'Amérique du Nord et de
l'Europe, l'intérêt de ces sujets est évident puisqu'il concerne le plus souvent un type d'industrie
souvent à haute (voire à très haute) valeur ajoutée comme la parfumerie, la cosmétique, la
pharmacie ou le secteur des additifs alimentaires. Pour les pays en voie de développement,
généralement très riches d'une flore variée et luxuriante, la valorisation de cette richesse
s'accommode assez bien de centres de production du type des PME, de coopératives agricoles,
voire d'entreprises familiales ayant une expertise technologique limitée.

Compte tenu des intérêts évidents ainsi que de la réalisation de divers projets (certains terminés,
mais pour la plupart en cours d'exécution ou en gestation), il semblait opportun de faire état des
problématiques vécues, des réussites et des insuccès, afin que chaque intervenant puisse mieux
évaluer ses propres chances de succès et éventuellement les pièges à éviter ou au contraire les
opportunités de marché. Le colloque de Chicoutimi a donc eu comme but premier de mettre à
jour l'information diffusée lors du précédent colloque de mai 1989. Bien que ce ne soit pas dans
ses objectifs immédiats, le colloque était un moyen de jeter les bases éventuelles de ce que
pourrait être une évaluation plus systématique et rigoureuse des retombées potentielles de tels
projets de R-D.

L'objectif général du colloque était donc de faire le point sur les divers projets relatifs aux huiles
essentielles et aux produits naturels réalisés en particulier avec l'aide du CRDI dans divers pays.
Plus spécifiquement, les objectifs étaient de :

mettre en lumière les résultats obtenus dans les pays développés dans le secteur des huiles
essentielles de conifères;
faire état des projets dans les pays en voie de développement dans le cas de la culture de
plantes aromatiques, ou de l'utilisation de sous-produits de la grande industrie;

vii
faire le point sur des développements technologiques récents dans le secteur des produits
naturels d'origine végétale;
encourager les producteurs et utilisateurs québécois d'huiles essentielles.

Le colloque était divisé en deux parties complémentaires et intégrées. En premier lieu, les
conférenciers, surtout ceux de l'extérieur, ont participé à un programme de visites scientifiques
et culturelles d'une durée de trois jours précédant les communications. Les visites ont eu lieu aux
laboratoires d'Agriculture Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Saint-Hyacinthe, suivies de
visites aux industries d'huiles essentielles situées près de la ville de Québec. La deuxième partie
du colloque concernait les communications, composées de 29 conférences, 17 affiches et 7 stands.

Les objectifs du colloque ont-ils été atteints ? Considérant le nombre important de participants
venant du continent africain et aussi ceux, plus petit en nombre, de l'Amérique du Sud, nous
croyons que l'objectif principal a été atteint. Ces intervenants ont fait état des résultats de leurs
projets financés par le CROI, de leurs succès et aussi des problèmes qu'ils doivent affronter
quotidiennement Mentionnons à titre d'exemple le projet des huiles essentielles en Bolivie qui
continue d'accumuler les succès et qui sert de modèle pour bien d'autres projets dans le même
secteur. Le projet rwandais a déjà bénéficié de l'expertise développée à Cochabamba et le projet
Togo-Bénin-Ghana compte en faire autant

En Afrique, les problèmes de fonctionnement paraissent parfois insurmontables. Les difficultés


de communication doivent être considérées comme un des facteurs limitants de ces projets.
Durant le colloque, trois communications ont fait état de la situation. Une conférence a porté sur
l'impact de la transformation des produits végétaux sur l'économie des pays en voie de
développement et une autre sur le nouveau CROI et les nouvelles données de financement de la
recherche dans le Tiers-Monde, les deux présentées par des représentants du CROI. Une troisième
conférence a eu pour objet l'évaluation des besoins et l'association des populations dans la
recherche sur les produits naturels par la méthode du« Rapid Rural Appraisal ». Cette dernière
a fait ressortir l'importance des aspects sociologiques dans les projets de collaboration Nord-Sud.
De plus, une soirée entière a été consacrée à une table ronde ayant conune objectif la
concrétisation d'une proposition visant à établir un réseau africain composé des intervenants des
projets CROI et portant sur la valorisation des matières premières végétales. Le CROI étudiera
une demande de financement qui lui sera acheminée en vue de mettre un tel réseau sur pied.
L'objectif principal de ce réseau est de permettre aux intervenants de s'entraider dans la
réalisation de leurs travaux. Cette coopération existe déjà en partie avec la mise en place d'un
réseau panafricain sur les plantes aromatiques et les huiles essentielles, une initiative du Congo.
Un autre exemple de la coopération Sud-Sud est le projet « Création de petites entreprises -
Togo-Bénin-Ghana ».

La première journée fut aussi l'occasion de connaître les recherches sur les produits naturels au
Canada et particulièrement au Québec. Ces conférences et d'autres présentées plus tard ainsi que
quelques affiches et stands ont permis aux producteurs québécois de prendre conscience du
potentiel et des difficultés de la valorisation de la matière végétale. Certains intervenants ont
établi des collaborations durant le colloque que nous espérons fructueuses.

Un fait marquant du colloque fut la grande variété de sujets abordés. À part les huiles
essentielles, par exemple, des communications ont abordé la production d'additifs alimentaires

viii
par culture des cellules végétales, la biotransformation de la lignine, les teintures de la Guinée,
l'utilisation de l'hydantoïnase des légumineuses comme précurseurs d'acides aminés, le potentiel
des adhésifs d'amidon, la valorisation des algues, la découverte du taxol dans l'if canadien et
l'utilisation des résidus de l'industrie du bardeau de cèdre. Ces deux derniers sujets ont mis en
lumière les résultats obtenus au Québec dans le secteur des produits naturels de conifères.

L'importance des développements technologiques récents dans le secteur des produits naturels
d'origine végétale fut présentée par les chercheurs travaillant sur la valorisation par la
connaissance des techniques de distillation et d'utilisation des sous-produits, le procédé
d'extraction des huiles essentielles assisté par micro-ondes et l'amélioration des propriétés
antimicrobiennes ou antifongiques des huiles essentielles par auto-oxydation et photo-oxydation
des terpènes, constituants de ces huiles.

Les sujets variés abordés à ! 'intérieur de ces communications ont permis aux participants de se
rendre compte du très grand potentiel de la biomasse végétale. Forts de cette information, la suite
est entre les mains des participants. Appuyés par des organismes comme le CRDI, les
intervenants du milieu en collaboration avec des partenaires des institutions reconnues peuvent
maintenant entreprendre des projets de développement comme la création de petites entreprises
basées sur la mise en valeur de leur patrimoine végétal tout en respectant la capacité de
régénération des écosystèmes.

La tenue du colloque ainsi que la publication des Actes a été rendue possible grâce à l'aide
financière accordée par le CRDI et le ministère de !'Enseignement supérieur et de la Science du
Québec. Soulignons ici la collaboration indispensable de Pierre Zaya, Serge Dubé et Monica
Dankers du CRDI. La contribution de l'Université du Québec à Chicoutimi a été remarquable et
nous avons pu profiter de l'excellence de ses services de soutien. Nous sommes très
reconnaissants du travail considérable effectué par André Bélanger d'Agriculture Canada dans
l'organisation du colloque et en particulier du séjour et des visites de nos invités étrangers. La
visite du Centre de recherche et de développement sur les aliments à Saint-Hyacinthe sous la
responsabilité de François Cormier fut grandement appréciée. Les responsables du succès des
activités socio-culturelles furent André Bélanger d'Agriculture Canada et Jean-Marie Côté du
Service des communications institutionnelles de l'UQAC envers qui nous sommes très
reconnaissants. Des remerciements aussi à Hélène Gagnon, France-Ida Jean et Vincent de Moor
du LASEVE pour leur participation lors de l'inscription et durant le colloque ainsi qu'à Violette
Laporte pour la révision de certains textes des Actes du colloque. Le déroulement des
présentations fut mené de main de maître par les présidents de séances Michel Girard, Bachir
Benjilali, Thierry Chopin, André Bélanger et Kossi Honoré Koumaglo. En terminant, nous
voulons remercier le département des Sciences fondamentales et souligner d'une façon
particulière la contribution de Danielle Tremblay, secrétaire du département, tant au niveau de
l'organisation du colloque que de son aide précieuse durant l'événement et surtout son travail très
apprécié dans la préparation des Actes du colloque.

François-Xavier Garneau et Guy J. Collin

ix
en
w
u
zw
Q::
,w
LL
z
0
u
LES TENDANCES CANADIENNES EN RECHERCHE
DANS LE DOMAINE DES PRODUITS NATURELS

John APSIMON
Faculty of Graduate Studies and Research
Carleton University, Ottawa, Ontario

The chemistry of natural products in Canada fonned the rich roots for the development of modem
chemical strengths across the country. Starting in the 1930s and 40s groups such as those of Marion,
Manske and Holmes set the tone for the explosive growth of structural and synthetic studies of alkaloids,
terpenoids and steroids. Based primarily at the National Research Council of Canada, these researchers
trained a multitude of scientists who were appointed to the growing network of universities in the l 950s
and 60s. Together with chemists such as Wiesner and Valenta at the University of New Brunswick, the
study of natural products was a major contributor to Canadian science.

In recent years, studies on the structure and biosynthesis of natural products have declined, being replaced
almost unifonnly by studies in the total synthesis of natural products, the design of synthetic methods and
molecular biology. There are, however, several laboratories of significant strength that are active in areas
of natural products chemistry and that are of continuing interest to the development of industry in
developing countries, to the search for new pharmaceuticals and for the biological control of plant
protection. These are summarized in the following Table.

1Research Field 1Location 1Principal Researchers 1


Essential Oils LASEVE - Université du Québec à Chicoutimi Collin, GJ. & Garneau, F.-X.
Agriculture Canada/St-Jean-sur-Richelieu Bélanger, A.
Food Agriculture Canada/CRDA, St-Hyacinthe Cormier, F., Morin, A.
Marine NRC Halifax Wright
UBC Anderson
UNB Fmdlay/Chopin
Carleton/UQAC ApSimon
Micro Organisms UBC Kutney
(Fungi) Carleton/Agriculture Canada ApSimon/Miller
UNB/Forestty Canada Fmdlay, Strunz
Forest Pests Management Institute
(RPMI), Sault-Ste-Marie
Univ. of Alberta, Edmonton/Forestty Canada Ayer
Bacteria FPMI, Sault-Ste-Marie Thompson
Insects Simon Fraser (Pherotech) Oelschlager
Plant Hormones NRC (Saskatoon) Abrams

All of these areas have the potential for economic impact both in developed and developing nations. The
expertise present in Canada is wide ranging and of top international calibre.

3
APPLICATION THÉRAPEUTIQUE SUR LE PLAN CLINIQUE
DES HUILES ESSENTIELLES

Jean DESSUREAULT
2121, boui. des Forges, Trois-Rivières (Québec) G8Z 1T9

Cet exposé tient à lever le voile sur les valeurs thérapeutiques de différentes huiles essentielles ainsi que
leurs applications thérapeutiques. Durant les cinquante dernières années, la médecine a connu une
évolution dans ses pratiques qui tendaient aux spécialisations, et c'est ce qui allait pennettre l'avènement
et le développement rapide des technologies et de la chimie. Cette tendance évolutive nous amène à la
médication de synthèse choisie selon un symptôme bien précis. Enfin, cette dissection de l'être humain
est compréhensible si l'on veut mieux étudier celui-ci, mais ce n'est qu'une étape.

Toutes les tendances, tous les chercheurs, tant sur une approche physique que psychologique, cherchent
pourtant la compréhension et le savoir. Ce qui importe est tout simplement de considérer l'être humain
dans sa globalité. Chaque être a besoin d'un équilibre socio-affectif. Les facteurs environnementaux,
l'évolution rapide de la technologie, la course après le temps, sont des signes d'accroissement
extraordinaire de l'évolution. Tout est projeté et amplifié. L'homme a besoin d'une prise en charge
autonome et active pour pouvoir évoluer. La maladie comme la santé sont des états et une conséquence
d'une existence équilibrée et ce, par les facteurs énoncés précédemment Chacun de nous doit entreprendre
sa propre prévention et cela n'appartient qu'à nous et personne d'autre. C'est pour ces raisons qu'il faut
progressivement appliquer le« préventif» et de cesser de se rendre toujours au« curatif». C'est sur ce
« préventif » que la thérapie par les huiles essentielles pourrait se voir prendre une place de choix au sein
de la société (ex. : diffusion des huiles essentielles dans les entreprises au Japon). Bien sûr, la réputation
et l'efficacité des huiles essentielles sur le plan curatif n'est sûrement pas à négliger.

Les huiles essentielles ont des pouvoirs antibactériens et des actions


pharmacodynamiques
Les huiles essentielles sont plus que des antiseptiques. Elles ont des pouvoirs antibactériens. Citons, par
exemple, certaines d'entre elles dont l'impact thérapeutique est différent: le Melaleuca quinquenervia
(niaouli) qui a des propriétés spasmolytiques très actives au niveau de la sphère O.R.L. et l'Origanum
majorana (marjolaine à coquille), le Rosmarinus A.B.V. (romarin AB.V.), la Lavandula officinalis
(lavande officinale) qui stimulent certaines fibres amenant ainsi décontraction du myocarde, ralentissement
du coeur, vasodilatation des vaisseaux, tonus bronchique et diminution des tensions oculaires entre autres
bienfaits. Mentionnons les effets de Thwnus à thymol (thym à thymol) ou de Mentha pirerita (menthe
poivrée), dont l'action est perçue par une accélération du coeur et une dilatation des bronches, ou bien
l'action hypoglycémiante de J upinerus communis (baies) (genévrier baies), ou encore l'action œstrogénique
de Sa/via officinalis (sauge officinale) ou de Cupressus sempervirens (cyprès vert), et l'action
corticosurrénalienne de Satureja montana (sarriette des montagnes) ou de Pelargoniwn graveolens
(géranium odorant). Ces quelques exemples nous donnent de bonnes indications sur l'utilisation précise
de chaque huile essentielle.

C'est en 1986 que les expériences de cultures, de cueillette et de distillation des plantes aromatiques
m'amenèrent à chercher la compréhension de l'activité des huiles essentielles sur le plan thérapeutique.

5
ValoriSation de la biomasse végétale par les produits naturels

Leurs compositions et la teneur en phénols, monoterpénols et tout l'éventail des familles chimiques, m'ont
aidé à me situer par rapport aux différentes pathologies que j'avais à traiter. En commençant par le
traitement de l'asthme avec des huiles essentielles telles que : Eucalyptus radiata, G/obulus, Rosmarinus
à cinéole, laurus nobilis, Abies balsamea, menthe arrensis, et ce, autant par voie sublinguale que par voie
cutanée, en lotion à action bronchodilatatrice en massage intercostal (tenant toujours compte de l'âge et
du terrain à traiter, car une composition magistrale trop puissante en phénols, cétones pourrait causer
préjudice à la santé de l'individu traité); troubles de la sphère génitale (vaginite chronique, chlamydia,
herpès, etc.), sous fonne de magistrale, de pommade, de lotion, d'alcoolat, de miel, d'ovule et tant de
façon aussi efficace selon les pathologies à traiter avec les huiles essentielles.

Les buts à atteindre sont multiples : de croire à l'unification des différents intervenants, de créer une
sélection des chimiotypes pour ainsi standardiser, dans la mesure du possible, les huiles essentielles pour
une meilleure application sur le plan médical.

Cinnamomum verum (Lauracées)


Nom français : Cannelier de Ceylan Composition :
Aldéhydes 65 % à 75 %
Monoterpénols 2 %
Sesquiterpènes 3 %
Organe(s) dlstillé(s) : Écorce Phénols 3 % à 15 %
Esters 1 %
Coumarine 1 %
Usages thérapeutiques Indications pathologiques

Anti-inflammatoire Douleurs névralgiques


Anti-bactérien Infections urinaires (staphylocoques dorés)

Tonique rééquilibrant nerveux Dépression physique et nerveuse

Hyperthermisant Coup de froid

Stimulant (euphorisant) Intériorisation des émotions

Gastro-intestinal Flatulences

Aphrodisiaque Constipation
Neurasthénie sexuelle

Vermifuge Amibes (vers intestinaux)

Hypoglycémiant Diabète (en ass.)


Problèmes chroniques de la peau Psoriasis

Infection voies urinaires Candida (sphère génitale et intestinale)


Cystites bactériennes
Colibacilloses urinaires

H.E. compensatoire (déficience en sucre)


Notes : Prendre à petites doses vu la concentration en aldéhydes qui a des effets euphorisants mais à l'inverse à
grandes doses.

6
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Eucalyptus gh>bulus (Myrtacées)


Nom français : Eucalyptus globulus Composition :
Oxydes 70 % à 75 %
Monoterpènes 1 % à 5 %
Organe(s) dlstillé(s) : Feuilles Sesquiterpénols 5 % à 10 %
Sesquiterpènes 5 % à 10 %
Cétones, traces
Usages thérapeutiques Indications pathologiques

Broncho-pulmonaire Asthme, bronchite (voies respiratoires basses)


Décongestionnant Action bronchodilatatrice
Expectorant Chippes, broncho-pneUlllonies
Mucolytique Tuberculose pulmonaire
Bactéricide (Léger draineur hépato-pulmonaire)
Anti-inflammatoire Streptocoque, pneumocoque
Hypoglycémiante Néphrites, pancréatite
Antivirale Diabète (en ass.)
Antiseptique Sinusites
Antifongique Pharyngites
Amygdalites
Candidose
Notes: Efficace pour diffusion en association.
Application massage inter-costal.
Sans contre-indication en usage interne et externe à dose équilibrée.

Me'/aleuca quinquenervia (Myrtacées)


Nom français : Niaouli à cineolifera Composition :
Oxydes 40 % à 60 %
Monoterpènes 15 % à 25 %
Organe(s) dlstillé(s) : Rameaux Monoterpénols 5 % à 15 %
Sesquiterpènes 2 % à 5 %
Aldéhydes, traces
Usages thérapeutiques Indications pathologiques

Broncho-pulmonaire Infections voies respiratoires


Décongestionnant Chippe, otite, sinusite (en ass.), allergies
Expectorant Asthme
Mucolytique Draineur hépato-pulmonaire
Bon anti-infectieux Infections voies génito-urinaires
Anti-inflammatoire Draineur lymphatique, vaginites
Décongestionnant veineux Pneumo, staph, streptocoque
Tonique système nerveux central Névrite, varices
Tonique de la peau Hémorroïdes
Artériosclérose
Hypotensive
Action oestrogénique (hypophyse)
Zona
Psoriasis, plaies, sécheresse
Herpès (buccal et génital)
Notes: Fortement active chez l'enfant angoissé, fatigue intellectuelle, surmenage (ass. Lavandula officinalis).
Sans contre-indication en usage interne et externe à dose quotidienne.

7
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Mentha arvensis (Lamiacées)


Nom français : Menthe des champs Composition :
Monoterpénols 65 % à 75 %
Monoterpènes 10 % à 20 %
Organe(s) dlstillé(s) : Plante entière Cétones 25 % à 30 %
Esters, traces
Usages thérapeutiques Indications pathologiques

Anti-vomitif Atonies gastro-intestinales


Vermifuge, carminatif Dyspepsie
Draineur hépatique Cholagogue, cirrhose
Lypolytique Hépatite virale
Mucolytique Lithiases biliaires
Cardiotonique Faiblesses cardiaques
Antidépresseur Déficit énergétique
Stimulant général Anémies, fatigues, anorexie
Immunostimulant Astlune, bronchites
Décongestionnant pulmonaire Affections des voies respiratoires hautes et basses
Dépuratif sanguin Expectorant
Antalgique Douleurs musculaires (en ass.)
Neurotonique Sciatalgies, névralgies faciales
Fatigue intellectuelle associée à des peurs
H.E. Tonique de l'axe centrale
Foie/pancréas
Notes: Utilisation à dose moyenne.
Sans contre-indication en usage interne et externe à dose équilibrée.

Origanum majorana (Lamiacées)


Nom français ; Marjolaine à coquille Composition :
Monoterpénols 40 % à 50 %
Monoterpènes 30 % à 40 %
Organe(s) dlstillé(s) : Plante entière (sommités fleuries) Sesquiterpènes 2 % à 5 %
Esters2%à5%
Sesquiterpénols
Usages thérapeutiques Indications pathologiques

Anti-asthénique Asthénies physiques et psychiques


Dynamisant cérébral Anorexie
Antalgique Rhumatismes, arthroses
Anti-inflammatoire Troubles digestifs généralisés (en ass.)
Stimulant gastrique Gastralgies
Sphère génitale de l'homme Ulcères gastroduodénaux
Dynamisant cérébral Régularise les fonctions sexuelles (hypo ou hyper)
Anti-spasmodique Éréthisme cardiaque
Rééquilibrant nerveux Spasmes nerveux dûs à un débalancement des règles
Neurotonique chez les jeunes filles (en ass.)
Problèmes comportementaux Épilepsie, affection cérébrale
Introversion de l'enfant (psychose)
Favorise le contact relationnel
Boulimie
Stress de l'intellect (examen)
Insomnie
Vertige
Paralysie
Psychose
Angoisse et oppression
Notes : Sans contre-indication en usage interne et externe à dose équilibrée.

8
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Rosmarinus 1,8-cinéole (Lamiacées)


Nom français : Romarin officinal à cinéole Composition :
Oxydes 45 % à 60 %
Cétones 10 % à 15 %
Monoterpénols 10 % à 15 %
Organe(s) dlstillé(s) : Plante entière (sommités fleuries) Monoterpènes 15 % à 25 %
Sesquiterpènes 5 % à 7 %
Esters2%à5%
Usages thérapeutiques Indications pathologiques

Broncho-pulmonaire Asthme, bronchite


Anti-infectieux Otites, sinusites
Décongestionnant Béchique (contre la toux)
Expectorant Draineur hépato-pulmonaire
Mucolytique Léger cholagogue, cholérétique
Léger draineur hépatique Tonicardiaque
Activateur veineux (très efficace en externe) Algies dentaires du nourrisson
Antalgique externe Sclérose en plaques
Anti-sclérosant Sclérodermie
Rhumatismes articulaires (en ass.)

Sa/via ofjicinalis (Lamiacées)


Nom français : Sauge officinale Composition :
Cétones 25 % à 65 %
Monoterpènes 10 % à 15 %
Oxydes 5 % à 15 %
Organe(s) dlstlllé(s) : Plante fleurie (sommités fleuries) Monoterpénols 5 % à 10 %
Sesquiterpénols 1 % à 5 %
Coumarines, traces
Esters 2 % à 7 %
Usages thérapeutiques Indications pathologiques

Anti-coagulant Mauvaise circulation (jambes lourdes)


Anti-infectieux Gingivite, stomatite
hnmunostimulant Herpès (buccal et génital)
Appareil génital (femme) Lymphatisme
Lypolytique Polypes
Mucolytique Fébrifuge
Sédatif Vaginites, vulvites, cystites
Régulateur du cycle menstruel (dysménorrhée,
aménorrhée, leucorrhée; sueurs malodorantes)
Favorise la fonte des gras
Cellulite
Béchique
Régulateur du système neurovégétatif
Troubles de la pré-ménopause
Aphonie
Notes: Contre-indication pour nourrisson, jeune enfant et femme enceinte.
H.E. agressante, changeant Je tempérament rapidement si prise à haute dose.
Sans contre-indication en usage interne et externe à dose équilibrée.

9
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Thuya occidentalls (Cupressacées)


Nom français : Thuya occidental ou cèdre blanc du Canada Composition :
Cétones 35 % à 60 %
Monoterpènes 5 % à 25 %
Sesquiterpènes, traces
Organe(s) dlstlllé(s) : Rameaux Esters 1 % à 15 %
Monoterpénols 2 % à 7 %
Sesquiterpénols 3 % à 10 %
Usages thérapeutiques Indications pathologiques
Système lymphatique Draineur Iympho-ganglionnaire (engorgement
État précancéreux ganglionnaire)
Calmant (rééquilibrant nerveux) Végétations, condylomes, verrues
Neurotonique Troubles nerveux
hnrnunostÎlllulant Baisse du système Îlll.lll.unitaire par diverses
Hypothennisant maladies infectieuses
Mucolytique États fébrifuge
Lipolytique RhUllles, asthme, terrain tuberculinique en ass.
Léger anti-inflalll.lllatoire Obésité en ass. (type relationnel)
Cicatrisant Otite
Appareil génito-urinaire Désensibilisant, suite de morsures, piqûres en ass.
Peau grasse, acné, furoncles
Odeurs putrides des parties génitales, gonorrhées,
syphilis et leurs retombées
Chlamydia (ass. thym thymol)
Désinfectant
Action sur le SIDA
Notes: Contre-indication pour nourrisson, jeunes enfants et fClll.llles enceintes.
Neurotoxique à haute dose.
Le cèdre est appelé aussi « larbre de vie ».
Sans contre-indication en usage interne et externe à dose quotidienne.
Hydrolat de thuya à utiliser pour laver le visage trois fois par jour dans les cas d'acné.

Thymus vulgaris à thymol (Lamiacées)


Nom français : Thym vulgaire à thymol Composition :
Phénols 35 % à 50 %
Organe(s) dlstillé(s) : Plante entière (sommités fleuries) Monoterpénols 5 % à 10 %
Monoterpènes 15 % à 35 %
Usages thérapeutiques Indications pathologiques
Anti-infectieux puissant à forte action Infection sanguine (anémie) et lympho-ganglionnaire
hnrnunostÎlllulant Épidémies (eubiotique puissant)
Viricide Pathologies infectieuses
StÎlllulant en général (rééquilibrant nerveux) Psoriasis
Anti-arthrosique Asthénies physiques, pathologies infectieuses à
StÎlll.Ulant gastro-intestinal répétition, candida albicans
Draineur hépato-rénal (à petite dose) Active la circulation artérielle
Lipolytique Arthrose, murnatiSlll.e en ass.
Atonies digestives
Auto-intoxication acquise (en ass.)
Artériosclérose (prévention)
Tendance alcaline à prédisposition
Hypoglycémique
Mononucléose
États pré-cancériniques
Action privilégiée sur les gonades et tonique de la
prostate
Notes: Utilisation en petite quantité, très actif.
Sans contre-indication en usage interne et externe à dose équilibrée.

10
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Hydrolats aromatiques (H.A.)


H.A. " Abies ba/samea "
Utilisation dans les humidificateurs;
- En vaporisation sur les peaux sèches associées à So/idago.

H.A. " Abies nigra "


- Action canninative et apéritive;
- En tisane : avant et après les repas; 2 cuil. à soupe par tasse d'eau bouillie chaude.

H.A. " Achillea millefolium "


- Dyspepsie, états fiévreux, troubles circulatoires veineux;
- En tisane : 2 cuil. à soupe par tasse d'eau bouillie chaude (3 fois par jour).

H.A. " Melissa officinalis "


- Système nerveux, angoisse, insomnie, fatigue intellectuelle, stress;
- En tisane : 2 cuil. à soupe par tasse d'eau bouillie chaude (4 fois par jour).

H.A. " Mentha arvensis "


- Action sur la digestion, bénéfique pour le foie, la vésicule biliaire et le pancréas;
- Régulateur des intestins, stimulante;
- En tisane : 2 cuil. à soupe par tasse d'eau bouillie chaude après chaque repas;
Peut aussi se mélanger avec Abies balsamea à 30 p. 100 dans un humidificateur (action sur le système
respiratoire).

H.A. " Mentha spicata "


- Action stimulante et tonifiante du système digestif et active la circulation veineuse (neurotonique);
- Prendre en tisane.

H.A. " Monarda fistulosa "


- Action sur l'eczéma suintant; vaporiser sur la partie affectée;
- Nettoyage de la peau grasse et acnéique associée à H.A. Sa/via ojficinalis et Thuya occidentalis;
- S'utilise aussi sur les dennatoses animales : teigne, gale (en association);
- Antiseptique buccal (aphtes, abcès); se gargariser.

H.A. " Pinus strobus linneus »


- Action sur les reins et la prostate;
- Lors de grippe à prendre 4 à 5 fois par jour associé au H.A. Mentha piperita à partie égale; .
- En tisane : 2 cuil. à soupe par tasse d •eau bouillie chaude.

H.A. " Sa/via officinalis "


- Infections vaginales (vulvite); mettre 1 tasse dans un bain chaud;
- Action sur les glandes sudoripares (favorise l'évacuation des toxines);
- Action sur le système nerveux lors des périodes menstruelles;

ll
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

- En tisane : 2 cuil. à soupe par tasse d'eau bouillie chaude (4 fois par jour);
- Troubles des cheveux et peaux grasses, associé à H.A. Thuya occidentalis et Mentha piperita aussi
bien en tisane qu'en application directe.

H.A. " SoDdago "


- Favorise le nettoyage des reins, associé à H.A. Thuya occidentalis et Pinus strobus;
- En tisane : 2 cuil. à soupe 3 à 4 fois par jour.

H.A. " Tanaceteum vu/gare "


- Antiseptique à utiliser pour le nettoyage de la maison associée au Thuya occidentalis et à Mentha
piperita.;
Action sur les mycoses (pied d'athlète) en vaporisation 2 à 3 fois par jour;
- Éloigne les fourmis des rosiers et du potager en vaporisation;
- Action sur teigne, gales, poux et puces; vaporisation buccale.

H.A. " Thuya occidenta/is "


Utiliser pour le nettoyage de la maison incorporée à votre eau et savon biodégradable;
Action sur les troubles de la peau (acné, furonculoses, herpès);
- Nettoyage de la peau avec Tsuga canadensis; action astringente;
- En tisane : Drainage du système lymphatique associé à H.A. Salvia officinalis et H.A. Mentha
piperita.

12
L'IF
L'ARBRE DE LA MORT: UN ESPOIR DE VIE

François-Xavier GARNEAU
LASEVE, Université du Québec à Chicoutimi (Québec) G7H 281

et
Lolita O. Zamir
Institut Armand-Frappier, Laval (Québec)

Introduction
D'après un ancien conte anglais, les ifs qui se trouvent dans les cimetières voisins des églises orientent
leurs racines vers la gorge des morts, récupèrent leurs secrets intimes et les transforment en chuchotements
qui sont ensuite libérés par le feuillage et dispersés par le vent1•

Son utilisation comme arme et comme poison et son extrême longévité ont associé l'if à la mort et à la
vie après la mort à l'époque des Grecs, des Romains, des Druides celtes et des anciens Chrétiens. Selon
les croyances anciennes, l'if protégeait les morts, etc 'est pourquoi les ifs les plus vieux se retrouvent dans
les cimetières adjacents aux églises en Angleterre (l'âge de l'if de Fortingall est évalué à 3000 ans). Les
Celtes choisissaient les bosquets sombres pour leurs endroits sacrés. Ils suspendaient à des branches d'if
des offrandes comme la tête de leurs ennemis parce qu'ils croyaient que les arbres étaient la demeure des
dieux.

Dans le passé, l'if de l'Europe était un conifère très en demande surtout pour fabriquer des arcs, mais aussi
des meubles, des outils et des instruments de musique. À cette époque-là, il n'est donc pas surprenant de
constater la décimation presque totale de cet arbre. Aujourd'hui, l'if, surtout l'if du Pacifique sur la côte
ouest de l'Amérique du Nord, est considéré par certaines personnes comme une espèce végétale en voie
de disparition mais pour des raisons fort différentes : dans diverses parties de cet arbre, mais surtout dans
l'écorce, nous retrouvons le taxol, produit anticancéreux très prometteur.

Le taxol est un alcaloïde diterpénique appartenant à la classe des taxanes et possédant une structure
moléculaire très complexe. Il fait partie de la classe des poisons de fuseau tel la vinblastine, mais se
distingue de celui-ci par le fait qu'il inhibe le désassemblage des microtubules en tubuline et perturbe ainsi
la mitose. À ce jour, dans les essais de la phase clinique II, le taxol cause un rétrécissement complet ou
partiel des tumeurs chez 22 à 50 p. 100 des patientes ayant un cancer des ovaires réfractaire et chez 56 à
62 p. 100 des patientes ayant un cancer du sein métastatique.

La découverte relativement récente de la présence du taxol et des précurseurs convertibles dans les
aiguilles de plusieurs espèces d'if ouvre des perspectives encourageantes d'une source renouvelable de ce
médicament naturel. Diverses sources sont présentement à l'étude, dont la production de cultivars, la
culture de tissus cellulaires, l'hémisynthèse et la synthèse totale en laboratoire.

L'if du Canada que l'on retrouve au Québec contient du taxol et d'autres taxanes et des recherches sont
en cours pour identifier ces taxanes et pour déterminer le potentiel de cet if en matière de taxol.

13
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Aspects botaniques et géographiques


L'if est un conifère qui fait partie de la famille des taxacées composée de 11 genres et 95 espèces. Le
genre Taxus, constitué de huit espèces moiphologiquement très voisines (Tableau 1), existe sous fonne
d'un arbre ou arbuste peu ou point résineux.

Tableau 1 : Répartition géographique des espèces d'ifs.

Lieu géographique Espèces

Canada et nord-est américain Taxus canadensis


Ouest nord-américain Taxus brevifolia
Floride Taxus floridana
Mexique Taxus globosa
Europe T axus baccata
Asie Taxus sumatrana
Japon Taxus cuspidata
Himalayas T axus wallichiana

Les deux espèces d'if qui jouent un rôle important dans l'histoire du taxol sont l'if du Pacifique et l'if de
l'Europe, des arbres qui peuvent atteindre jusqu'à 25 mètres de haut La distribution géographique de ces
arbres et les autres espèces d'ifs sont représentés à la Figure 1.

Le taxol
Historique
Les faits saillants de la découverte du taxol sont les suivants :

1962 - premiers échantillons de l'if du Pacifique cueillis par le département d'agriculture des États-Unis
(USDA);
1964 - activité cytotoxique confinnée;
1965 - écorce cueillie et envoyée à Wall du Research Triangle Institute, Caroline du Nord, É.-U.;
1966 - activité confinnée;
1969 - taxol isolé par Wani et Wall et al.;
1971 - structure publiée par Wani, Wall et al. 2

État de la situation en 1973 : Mécanisme inconnu. Faiblement soluble. Perspectives pas bonnes. Bon
seulement contre une sorte de cancer.

La suite:
1977 - des essais sur une variété de tumeurs. Des tumeurs humaines développées dans les souris : des
xénogreffes;
1978 - un poison de fuseau mitotique;
1979 - mécanisme; stabilise des microtubules (travaux de Susan B. Horwitz du Albert Einstein College
of Medicine, Bronx, New York);
1980 - fonnulation réalisée;
1983 - essais cliniques - phase I;
1985 - essais cliniques - phase II;
1986 à 1993 - découverte de nouveaux taxanes et d'autres essais cliniques.

14
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Figure 1 : Distribution géographique des espèces d'if.

Activité anticancéreuse
Essais cliniques
Comme mentionné dans l'introduction, le taxol cause un rétrécissement complet ou partiel des tumeurs
chez 22 à 50 p. 100 des patientes ayant un cancer des ovaires réfractaire et chez 56 à 62 p. 100 des
patientes ayant un cancer du sein métastatique. D'autres essais sont en cours sur 31 sortes de cancer.

Problèmes
Les problèmes majeurs associés à l'utilisation du taxol sont la solubilité et les effets secondaires :

- solubilité : administré dans un mélange d'EtOH et de Cremophor, une huile de ricin polyoxyéthylée
(toxique et provoque des allergies sérieuses);

- effets secondaires : suppression du système immunitaire, perte de cheveux réversible, problèmes


gastro-intestinaux et dommage aux nerfs.

Mécanisme d ·action
Le taxol est le seul agent actuellement connu à promouvoir in vitro la polymérisation de la tubuline et
parallèlement, à inhiber la dépolymérisation des micro-tubules provoquée par le froid ou les ions calcium.

Taxol et taxotère (produit hémisynthétique préparé par des chercheurs français) inhibent la division
cellulaire en agissant sur le squelette interne de la cellule, qui est composé de microtubules. Normalement,
ces microtubules s'assemblent et se désassemblent à des moments spécifiques du cycle de la cellule. Le
taxol et le taxotère provoquent l'assemblage.

15
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Parties de la structure nécessaires pour l'activité

Certaines parties de la structure du taxol sont essentielles à l'activité anticancéreuse, dont la chaîne latérale
avec la fonction amide et l'hétérocycle tétragonal (l'oxétane) (voir Figure 2). Les fonctions oxygénées aux
positions 7, 9 et 10 peuvent varier sans affecter l'activité.

0
0

HO Oez

Figure 2 : La structure du taxol.

Réactions du public
Quelques articles de la presse populaire ont donné de faux espoirs au public en faisant croire qu'un
médicament miracle avait été découvert. La vérité est tout autre car toutes les patientes ne réagissent pas
de la même façon. Dans certains cas, la tumeur maligne peut disparai"tre complètement, alors que dans
d'autres, il n'y a pas ou peu d'effet

Source du taxo/ et considérations environnementales


La principale source du taxol est l'écorce de l'if du Pacifique, Taxus brevifolia. Présentement, c'est le seul
taxol qui est approuvé comme traitement du cancer des ovaires par le Food and Drug Administration
(FDA) et à condition que la patiente ait déjà subit des traitements de chimiothérapie courante sans succès.

L'institut américain du cancer a établi un accord CRADA (Cooperative Research and Development
Agreement) avec la compagnie Brystol-Myers-Squib qui à son tour a engagé la compagnie Hauser comme
fournisseur d'ifs.

L'if du Pacifique a une écorce mince. Un arbre de 10 pouces de diamètre et de 12 pieds de hauteur
contient environ deux kg d'écorce à partir desquels on peut extraire 0,17 g de taxol.

Un traitement anticancéreux exige près de deux grammes de taxol, soit 30 kg d'écorce ou 12 arbres. À
plus grande échelle, un million de traitements exigerait la coupe (c'est-à-dire la mort) de 12 millions
d'arbres. Aussi la survie d'un oiseau, la chouette tachetée, est menacée car son habitat se situe dans les
vieilles forêts où se trouvent les plus grands ifs. Ces considérations environnementales ont provoqué la
formation du Native Yew Conservation Council (NYCC), une association qui a comme objectif principal
la conservation des ifs. Le NYCC regroupe des intervenants de tous les milieux impliqués tels les
chercheurs, les compagnies exploitant l'if, des environnementalistes et les gouvernements. Dans le cas de

16
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

ces derniers, c'est surtout le United States Department of Agriculture (USDA) qui a beaucoup travaillé
ce dossier et a publié avec deux autres départements gouvernementaux un document en quatre volumes
intitulé Pacifie Yew Final Environment Impact Statement3. Ces études ont eu comme résultat la recherche
pour trouver d'autres sources de taxol.

Autres sources de taxol


Voici les autres sources envisagées pour obtenir une quantité suffisante de taxol: d'autres espèces d'if et
d'autres structures anatomiques de l'arbre; d'autres taxanes (hémisynthèse); la synthèse en laboratoire; les
cultivars et la culture de cellules végétales; la biotechnologie.

D'autres espèces d'if et d'autres structures anatomiques de l'arbre


Quoique la famille des taxacées soit composée de 11 genres, jusqu'à présent, le taxol a été retrouvé
seulement dans le genre Taxus. Toutes les espèces de Taxus, sauf possiblement une espèce, contiennent
du taxol. Aussi, toutes les structures anatomiques de l'arbre contiennent du taxol sauf le fruit (les graines
à l'intérieur du fruit en contiennent). Les aiguilles de certaines espèces contiennent la même quantité de
taxol que l'écorce de l'if du Pacifique, mais le rendement de l'isolation du taxol des aiguilles est inférieur
au rendement du taxol obtenu de l'écorce du l'if du Pacifique. L'avantage de l'utilisation des aiguilles est
la non-destruction de l'arbre et c'est une source renouvelable. Plusieurs travaux sont en cours pour
améliorer le rendement de l'extraction du taxol à partir des aiguilles de l'if du Canada (Taxus canadensis),
notamment par le laboratoire Biolyse à Port Daniel, en Gaspésie, sous la direction de Claude Mercure.
L'analyse des taxanes de l'if canadien réalisée par nous sera abordée plus loin.

D'autres texanes (hémisynthêse)


D'autres taxanes ont été isolés des ifs et en particulier le 10-désacétylbaccatin III. Ce dernier a été obtenu
en quantité 10 fois plus grande dans les aiguilles de l'if de l'Europe, Taxus baccatus, que le taxol de
l'écorce de l'if du Pacifique. Ce travail a été réalisé par les chercheurs français, à Gif-sur-Yvette, sous la
direction de Pierre Poitier4. Cette découverte est d'une grande importance car ces chercheurs ont
transformé en laboratoire cette substance en taxol (Figure 3) et parce que la source (les aiguilles) de ce
dérivé est renouvelable. En utilisant le même procédé expérimental, on a réalisé l'hémisynthèse du
taxotère, une substance qui offre beaucoup de potentiel comme agent anticancéreux. La Figure 4 montre
la différence entre les structures du taxol et du taxotère.

La synthèse
Malgré le fait qu'il y ait maintenant plus de dix ans que les chercheurs essayent de synthétiser le taxol
en laboratoire, l'objectif n'est pas encore atteint Quelques chimistes qui travaillent sur ce défi considérable
étant donné la complexité structurale du taxol sont J. Winkler de l'université de Pennsylvanie,
P.A. Wender de l'université de Stanford, Robert Holton de l'université de la Floride, C.S. Swindle de
Collège Bryn Mawr et Alex Fallis de l'Université d'Ottawa.

Les cultivars et la culture de cellules végétales


Plusieurs laboratoires et surtout ceux de la compagnie Hauser et Weyerhauser travaillent sur la culture de
plantes possédant les caractéristiques désirables (une bonne production de taxol). La culture de cellules
d'if comme source de taxol a été réalisée mais il reste à améliorer les rendements.

17
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

La biotechnologie

Des chercheurs ont découvert l'existence d'un champignon microscopique à l'intérieur de l'écorce de l'if
du Pacifique qui contient du taxol5• Ceci ouvre la possibilité d'une source importante et contrôlable en
laboratoire du taxol par la culture de ce champignon.

oAc
10-~1y1baccalin m
(0,l % dans les aiguilles de T. baccata)

HCl, ~sOH-H~
Taxol
DPC,DMAP 1
<;HsŒf3

Figure 3 : L'hémisynthèse du taxol à partir d'un précurseur naturel.

TAXOL
TAXOTERE

o=<O.bulyl-tert. ~HO
0 OH

NH 0 O••••· - •
..., .
i  ~ 0
HO OBz ÔAc

Figure 4 : La structure du taxol et du taxotère.

18
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

L'if du Canada, Taxus canadensis


L'if du Canada a une distribution assez vaste dans l'est de l'Amérique du Nord (voir Figure 1). Cependant,
contrairement à l'if du Pacifique, c'est un petit conifère rampant Les aiguilles sont pétiolées et pointues.
Cet arbuste peu ou pas résineux porte différentes appellations telle que buis, buis de sapin et sapin traînard
(en anglais on l'appelle Ground Hemlock ou Dwarf Yew); il dépasse rarement 2 m de hauteur. Il se
retrouve surtout dans les sous-bois, près d'un étang.

Les chercheurs du National Cancer Institute (NCI) des États-Unis ont déterminé la quantité de taxol
présente dans l'if du Canada cueilli dans l'est des États-Unis6• Nous avons découvert la présence de taxol
dans les aiguilles de cet if obtenu d'une population du Lac-St-Jean près d'Alma7• La quantité trouvée était
la même que celle trouvée par le NCI, c.-à-d. de l'ordre de 0,006 p. 100 (produit purifié). Nous avons
constaté comme le NCI que l'extrait brut contenait environ 0,01 p. 100, mais que le rendement diminuait
de beaucoup lors de la purification Le schéma de purification est présenté à la Figure 5.

Des analyses structurales spectroscopiques ont permis d'identifier huit taxanes, dont trois nouveaux8 : le
7,9-désacétylbaccatin VI (0,014 p. 100), le 1-acétyl-10-désacétylbaccatin Ill (0,01 p. 100) et le
l-~-acétyl-5, 7, 10-désacétylbaccatin 1 (0,003 p. 1OO) (Figure 6). Leur quantité en pourcentage par rapport
au poids sec des aiguilles est indiquée entre parenthèses. Les cinq autres taxanes déjà retrouvés dans
d'autres espèces d'ifs (Figure 7) sont le taxol (0,006 p. 100), le céphalomannine (0,002 p. 100), le
10-désacétylbaccatin Ill (0,004 p. 100), le 5-déscinnamoyltaxagifine (0,004 p. 100) et le
2-désacétyl-5-déscinnamoyltaxinine J (0,005 p. 100).

Quoique le rendement en taxol del 'if du Canada soit nettement inférieur à celui obtenu à partir de l'écorce
de l'if du Pacifique, il existe un potentiel non négligeable pour le premier, compte tenu des succès réalisés
par le laboratoire Biolyse (voir plus haut) et aussi de la possibilité d'utiliser le produit majeur nouveau
comme précurseur et de le transformer par une synthèse en laboratoire (une hémisynthèse) en taxol.

Nous poursuivons nos recherches sur l'if du Canada dans le but de découvrir de nouveaux taxanes qui
pourraient être autant ou plus actif comme agent anticancéreux que le taxol.

19
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Branches d'ifs séchées et bro ées

Macération dans MeOH X 16 h.

Extraction Hexane:H20 (1:1)

Phase organique Phase aqueuse

Extraction: CH2Cl2
1
Phase organique Phase aqueuse
sln.EtOAc
célite

Filtration sur colonne(célite)

Hexane F.lOAc MeOH

Chromato hie sur colonne el de silice radient hexane:acétone

HPLC semi- ar.

Figure 5 : Schéma de pwification et d'isolation du taxol.

20
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

7,9-DÉSACÉTYLBACCATIN VI (0,014%)

1-ACÉTYL-10-DF..SACÉTYLBACCATIN III (0,01 % )

1·8-ACÉTYL·S,7,10-DÉSACÉTYLBACCATIN 1 (0,003%)

Figure 6 : Structures des nouveaux taxanes de l'if du Canada.

CÉPHALOMANNINE (0,002%)

.-! ~
~ 0 OO

NHO
....~.
- ~
...: '
H : o
HO 6e. ~Ac

10-DÉSACÉTYLBACCATIN III (0,004 % )

Figure 7 : Structures des taxanes de l'if du Canada.

21
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

5·DÉSCINNAMOYLTAXAGJFINE (0,004%)

Figure 8. Structures des


taxanes de l'if du Canada.

2-DÉSACÉTYL-5-DtsCINNAMOYLTAXININE J (0,005%)

Conclusion
La matière végétale est une usine biotechnologique naturelle produisant des substances chimiques
organiques très variées. Depuis les temps anciens, l'homme a toujours su tirer profit de cette richesse
naturelle comme aliments, colorants, armes et médicaments. Aujourd'hui, en Amérique du nord, l'homme
se sert surtout de la cellulose, un polymère naturel qui constitue une partie importante de la biomasse
végétale, pour fabriquer du papier. Mais de plus en plus les métabolites secondaires, appelés produits
naturels, sont utilisés dans les industries comme additifs alimentaires, cosmétiques et médicaments. Les
produits de synthèse ont pendant longtemps été privilégiés, mais maintenant il y a un retour aux sources.

Un bel exemple est le taxol. L'if, un conifère qui dans le passé a été beaucoup utilisé surtout pour
fabriquer des annes mais aussi des ustensiles et des instruments de musique, a été par la suite ignoré ou
même considéré nuisible au profit de l'épinette noire, essence par excellence pour fabriquer le papier.
Depuis la découverte du taxol, l'if est devenu une richesse inestimable pour lutter contre le cancer et par
le fait même une espèce en danger de disparition. Nous devons tout mettre en œuvre pour assurer sa survie
en n'utilisant que les parties renouvelables de l'arbre telles les aiguilles pour extraire le taxol ou le
10-désacétylbaccatin III, précurseur du taxol, et en privilégiant les autres sources comme la culture et la
synthèse totale en laboratoire.

Références
1. The Yew Tree. A Thousand Whispers. Hal Hartzell, Jr. Hulogosi, Oregon (1991).
2. M.C. Wani, HL Taylor, M.E. Wall, P. Coggon et A.T. McPhail. J. Am. Chem. Soc., 93(9) 2325 (1971).
3. Pacifie Yew. Final Environment Impact Statement. USDA Forest Service. Septembre 1993.
4. G. Chauvière, D. Guénard, F. Picot, V. Sénilh, P. Potier. C.R. Séances Acad. Sei. Sér. 2, 293, 501 (1981).
5. Barth Words 5 (2) 9 (1993).
6. K.M. Witherup, S.A. Look, M.W. Stasko, TJ. Ghiorzi, G.M. Muschik et G.M. Cragg. J. Nat. Prod. 53(5) 1249
(1990).
7. F.-I. Jean. Analyse de produits naturels de Taxus canadensis. Mémoire de maîtrise, l'UQAC 1992. Directeur:
F.-X. Garneau.
8. L.0. Zamir, M.E. Nedea, S. Bélair, F. Sauriol, O. Marner, E. Jacqmain, F.-I. Jean and F.-X. Garneau. Tetrahedron
Letters, 33(36) 5173 (1992).

22
l' ACHILLÉE MILLE-FEUILLE ET LES POSSIBILITÉS DE CULTURE DES PLANTES
AROMATIQUES ET MÉDICINALES AU QUÉBEC

André BÉLANGER et Nicolas TREMBLAY


Station de recherches, Agriculture Canada
430, boui. Gouin, St-Jean-sur-Richelieu (Québec) Canada J3B 3E6

Résumé

Depuis quatre ans, un projet est mené au Québec afin de mettre au point la régie biologique de production de cinq
plantes médicinales utilisées dans la fabrication du tonique MATOLMc : l'angélique, le marrube, la camomille
allemande, le pissenlit et le thym. Les aspects considérés incluent les variétés, les semis, la préparation des plants,
les densités de plantation, l'amendement des sols, le paillage, la planification des récoltes, etc. D'autres espèces
requises par la compagnie sont l'objet de cultures en serre à l'Université Laval. Financé entièrement par la
multinationale québécoise MATOL, ce projet constitue la plus vaste initiative de recherche dans le domaine des
plantes médicinales au Canada.

Des quatre variétés d'achillée mille-feuille expérimentées, seule la plante indigène produit par hydrodistillation un
composé azulénique en quantité importante et des cultures à partir de cette variété sauvage ont été établies. Les
plantes furent récoltées en trois périodes : au début de la floraison, en pleine floraison et au brunissement des fleurs.
Le rendement maximal en matière fraîche est obtenu lors de la récolte en pleine floraison et le rendement moyen
en huile essentielle, calculé sur base sèche, est de 0,28 p. 100.

Le rendement de l'huile baisse de façon significative lorsque l'hydrodistillation est effectuée sur du matériel séché.
Par contre, au niveau de la teneur en chamazulène, on constate que cette composante est très nettement favorisée
et supérieure lorsqu'on procède à l'hydrodistillation sur du matériel à l'état sec plutôt qu'à l'état frais. Il y a plus
d'huiles essentielles dans les fleurs (0,82 p. 100) que dans les feuilles (0,22 p. 100) et la teneur en chamazulène était
nettement plus élevée dans les fleurs (23 p. 100) que dans les feuilles (11 p. 100).

Partie d'une conférence présentée en collaboration avec André Bélanger par :

Nicolas TREMBLAY, agr. Ph.D.

De 1982 à 1990, la Station de recherches d' Agriculrure Canada à St-Jean-sur-Richelieu s'est livrée à des
observations sur le comportement d'une grande variété de plantes aromatiques et médicinales. Les culrures
érudiées comprenaient notamment l'aneth, le basilic, le cerfeuil, la coriandre, le fenouil, la marjolaine, le
persil, la sariette, le thym, la ciboulette, la consoude, le fénugrec, l'estragon, l'hysope, la livèche, la
mélisse, la menthe, la sauge et la valériane.

Bien que plusieurs de ces plantes présentaient des perspectives de culrure intéressantes, la production
commerciale n'a jamais véritablement décollé, faute de pouvoir pénétrer le marché.

En 1990, les choses allaient changer avec l'initiative de la compagnie Matol botanique international de
mettre de l'avant un projet de recherche visant l'établissement d'une industrie productrice de plantes
médicinales sous sa supervision.

23
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

En effet, lorsqu'en 1922 le D' Karl Juralc mettait au point la fonnulation de son tonique à Vienne, en
Autriche, il était loin de se douter qu'il se traduirait en un succès commercial aussi grand. Aujourd'hui,
la compagnie qui le fabrique et le distribue est solidement implantée au Québec et ailleurs dans le monde
avec un chiffre d'affaire de 250 millions de dollars annuellement. Le tonique contient des sels de
glycérophosphate (calcium, potassium, fer, iode et magnésium) et un mélange de plantes médicinales
(camomille, salsepareille, céleri, angélique, pissenlit, marrube, réglisse, polygale, passiflore, thym, gentiane,
sabalis, luzerne et Cascara sagrada).

Consciente de l'importance de fournir un produit irréprochable sur le plan de l'innocuité et d'une


composition unifonne, Matol botanique international s'est dotée d'un laboratoire d'analyse sophistiqué.
Ainsi, les arrivages de concentrés de plantes provenant des quatre coins du monde (l'équivalent de 600 t
de matière sèche) sont évalués en tennes de contenus en composés caractéristiques aux plantes désirées,
les « principes actifs ». La compagnie a ainsi pu démasquer certains arrivages de piètre qualité et les
rejeter aussitôt.

La botanique internationale, échaudée par ces quelques mauvaises surprises et attentive à la sensibilité de
ses clients en matière d'environnement, a finalement décidé, il y a trois ans, de se lancer dans une
recherche visant à créer de toutes pièces une industrie primaire, productrice des plantes médicinales dont
elle a besoin, mais selon les principes de l'agriculture biologique.

La compagnie, par l 'intennédiaire de sa filiale Bioplant, a rapidement pris contact avec Agriculture Canada
pour évoquer les possibilités de partenariat. En 1990, avec le concours du Centre de recherche en
horticulture de l'Université Laval, le projet prenait rapidement fonne et la collaboration s'installait.

Le projet vise à mettre au point la culture sous nos conditions de cinq plantes médicinales : l'angélique,
la camomille allemande, le marrube blanc, le pissenlit et le thym. L'Université Laval se consacre à des
essais en serre avec aussi une plante supplémentaire : la passiflore. Cette institution est également en
charge des recherches à caractère fondamental comme l'amélioration génétique et la physiologie de la
synthèse des principes actifs.

La station de St-Jean-sur-Richelieu s'est quant à elle concentrée sur les techniques de production au
champ. Les premiers travaux effectués aux sous-stations expérimentales de Ste-Ootilde, Lavaltrie et
l'Acadie devaient pennettre d'identifier les types de sols se prêtant le mieux à la culture des différentes
espèces. Simultanément, des recherches sur les amendements à apporter aux sols, l'utilisation de paillis,
le sarclage mécanique, les densités de plantation ou de semis et la comparaison de semences de différentes
origines ont été poursuivies. La survie à l'hiver des plantes bisannuelles (angélique et pisserùit) et vivaces
(thym et marrube) ont fait l'objet d'études.

Les délais courts imposés par la compagnie ont rapidement suscité l'émergence de projets périphériques.
La ville d' Amqui s'est vu accorder un projet d'essai et d'expérimentation agricole centré sur la
mécanisation des opérations (semis, plantation, sarclage, récolte, conditionnement), financé par Agriculture
Canada. Le Ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec a participé à la
conception et à la mise au point d'un séchoir industriel. Le Conseil des recherches en sciences naturelles
et en génie du Canada a consenti un financement en partenariat avec l'industrie pour l'amélioration des
connaissances dans le domaine.

De virtuellement inexistante il y a trois ans, la culture des plantes médicinales compte maintenant une
cinquantaine de producteurs biologiques cultivant sur environ 100 ha. Matol-Bioplant a tissé en peu de
temps un solide réseau de collaborateurs en matière de recherche et de développement ce qui laisse
présager des perspectives de développement intéressantes dans un proche avenir.

24
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Partie d'une conférence présentée en collaboration avec Nicolas Tremblay par :

André BÉLANGER

L'achillée mille-feuille (Achillea millefolium), de la famille des composées, aussi connue sous le nom
d'herbe à dinde, est une plante qui pousse à l'état sauvage un peu partout et fréquemment dans un milieu
sec, tel le gravier ou le sable, sur le bord des routes. L'achillée est connue depuis des millénaires pour ses
vertus thérapeutiques et ses propriétés comme cicatrisante et son emploi dans certains spasmes, dans les
hémorroïdes, l'insuffisance biliaire et le rllumatisme. L'achillée mille-feuille est connue en médecine
traditionnelle depuis la Guerre de Troie et son nom générique lui vient du héros grec Achille qui, ayant
appris les vertus thérapeutiques de la plante, s'en servit au cours d'une bataille pour arrêter l'hémorragie
d'un roi blessé. Ce sont les multiples découpures de ses longues feuilles qui ont valu à cette plante le nom
spécifique de mille-feuille. C'est une essence peu connue pour une bonne part des utilisateurs d'extraits
de végétaux mais qui peut présenter un certain intérêt étant donné que l'huile essentielle contient un
colorant bleu, le chamazulène. Ce colorant n'existe pas actuellement sur le marché à l'état naturel et ce
serait là son potentiel de marché tant pour l'industrie phannaceutique qu'alimentaire. La plante serait
cultivée pour recueillir, après extraction par entraînement à la vapeur d'eau, une huile essentielle de
couleur bleue riche en chamazulène. L'objectif de ces travaux est le développement d'une culture
d'achillée mille-feuille comme alternative à la culture du tabac.

Des cultures expérimentales ont été réalisées sur quatre sources d'approvisionnement de semences
d'achillée du Lac St-Jean, d'achillée 7000 et d'achillée rouge provenant du distributeur Richter (Ontario)
et d'achillée France dont les semences provenaient de ITEPMAI à Milly-la-Forêt. Les plantes sont
récoltées durant la floraison, récolte s'échelonnant de la 3° semaine d'aoüt à la 3° semaine de septembre.
En plus des plantes cultivées, des plants d'achillées sauvages sont récoltés en pleine floraison dans la
région de St-Jean-sur-Richelieu.

Les plants séchés furent soumis à un entraînement à la vapeur d'eau dans une colonne de verre d'une
capacité d'environ 500 g et la distillation était menée pour des durées d'au moins 6 heures. Les huiles
essentielles d'achillée mille-feuille ont été analysées à l'aide d'un CPG doté de deux détecteurs à
ionisation de flamme à partir d'un injecteur commun avec diviseur (100:1), l'échantillon (0,1 µ1) est
simultanément injecté dans deux colonnes capillaires de polarité opposée (DB-Wax et DB-1) de 30 mètres
chacune. Les variétés cultivées procurent un rendement en huiles essentielles inférieur aux plantes
sauvages, sauf pour la variété provenant du Lac-St-Jean. Les rendements secs sont de 4 à 30 fois plus
importants pour les espèces sauvages.

Compte tenu de ces résultats, des cultures expérimentales d'achillée mille-feuille à partir d'une variété
sauvage ont été mises en place à la ferme expérimentale de l'Acadie en 1987. D'autres cultures
expérimentales furent implantées en 1988 et au printemps 1989 tant à 1'Acadie qu'à la ferme expéri-
mentale de Lavaltrie. À la ferme expérimentale de Lavaltrie, les plantules d'achillée mille-feuille ont été
transplantées en champs à l'aide d'une transplanteuse à tabac ou d'une transplanteuse à godet. Les plantes
furent récoltées en trois périodes : première récolte au début de la floraison, deuxième récolte en pleine
floraison et troisième récolte au brunissement des fleurs.

Le rendement en matière fraîche est une moyenne de 20 t/ha dans les parcelles établies en 1987 et 1988
pour la première et deuxième récolte (Figure 2). Les rendements ne sont que de 5.5 ton/ha pour les
parcelles établies au printemps 89. Par contre, considérant les rendements en poids sec, ceux-ci augmentent
sensiblement en avançant dans la saison, le taux d'humidité dans le plante allant en décroissant (Figure 1).
Le rendement moyen en huile essentielle, calculé sur base sèche, au cours de la première récolte, est de

25
Valorisation de Io biomasse végétale par les produits naturels

0,327 p. 100 alors que ceux de la deuxième et troisième récolte diminuent, étant respectivement de
0,292 p. 100 et 0,202 p. 100 (Figure 4).

Des essais d 'hydrodistillation ont aussi été effectués sur des plantes préalablement séchées à l'air libre et
on note une baisse assez significative de 0,10 p. 100 du rendement de l'huile. Par contre, au niveau de
la teneur en chamazulène, on constate que cette composante est très nettement favorisée et supérieure
lorsqu'on procède à l'hydrodistillation sur du matériel à l'état sec plutôt qu'à l'état frais. Une valeur
moyenne de 27,4 p. 100 de chamazulène est obtenue à l'état sec comparativement à 17,5 p. 100 à l'état
frais.

Considérant le rendement total de chamazulène en tenant compte du rendement en poids sec et du


rendement en huile, le fait de sécher la plante ne change pas le rendement en chamazulène lors de la
première récolte mais l'augmente de 10 p. 100 à la deuxième récolte et l'augmente de 33 p. 100 à la
troisième récolte. Compte tenu de tous ces critères, le rendement maximal en chamazulène est obtenu lors
de la récolte en pleine floraison avec un rendement de 3,97 kg/ha de chamazulène lorsque
l'hydrodistillation est effectuée sur du matériel frais et 4,43 kg/ha sur du matériel séché. Ce dernier
rendement est supérieur de 17 p. 100 au rendement obtenu en fin de saison lorsque les fleurs étaient
brunes.

D'autres essais en laboratoire ont révélé qu'il y avait plus d'huiles essentielles dans les fleurs
(0,824 p. 100) que dans les feuilles (0,22 p. 100) et qu'il n'y en avait pas dans les tiges. De plus, la teneur
en chamazulène était nettement plus élevée dans les fleurs (23 p. 100) que dans les feuilles (11 p. 100).

Une nouvelle plantation de 0,1 ha a été réalisée à la sous-station expérimentale de Lavaltrie à l'aide d'une
transplanteuse à godet et d'une transplanteuse à tabac. Les plantes avaient été propagées par semence et
repiquées dans des multicellules de styromousse à la fin d'avril avant d'être transplantées au début de juin.
Un espacement de 0,9 mètre était respecté entre les rangs alors que l'espacement entre les plants était de
50 cm. La récolte effectuée le 12 septembre donne un rendement de 2,4 t,lha en matière fraiche.

Les rendements de cette culture dans les parcelles établies en 1987, 1988 et 1989 à l' Acadie sont
respectivement de 11,3, 13,4 et 20 t,lha lors de la récolte du 16 juillet et de 10,8, 13,7 et 23 t/ha lors de
la récolte du 1cr août Le rendement dans les parcelles transplantées en 1989 à Lavaltrie sont de 10 t/ha
et 13 t,lha pour les mêmes dates de cueillette. Les facteurs qui semblent influencer à la baisse les
rendements à Lavaltrie peuvent être la nature du sol aride et la présence des mauvaises herbes.

Les rendements en huiles essentielles tirées de ces plantes décroissent légèrement lorsque la date de la
récolte devient tardive dans l'année, sauf pour l'année d'implantation. Bien que la concentration en
chamazulène dans l'huile soit plus faible qu'à la récolte précédente, la quantité de chamazulène à la récolte
du 1cr août est plus grande car à cette date, les rendements secs de la plantation et la teneur en huiles
essentielles dans les plantes sont élevés.

Dans nos précédentes recherches, nous avons montré que des quatre variétés d'achillée mille-feuille
expérimentées, seule la plante indigène produisait par hydrodistillation un composé azulénique en quantité
importante.L'industrie alimentaire, phannaceutique ou cosmétique recherchant des colorants bleus naturels
dont l'innocuité est prouvée et une huile essentielle d'achillée mille-feuille à haute teneur en chamazulène
l'apprécierait grandement.

Des essais préliminaires nous avaient menés à chercher à augmenter la teneur en chamazulène de cette
huile essentielle en concentrant le chamazulène par distillation fractionnée, par chromatographie ou par
réaction chimique. Après avoir constaté, lors d'une expérience de fertilisation, que du point de vue de la

26
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

composition de leurs huiles essentielles, les populations d'achillée mille-feuille n'étaient pas homogènes,
nous avons conçu une expérience qui nous renseignerait sur ce phénomène.

Ce groupe de plantes, qui comprend plusieurs sortes d'espèces rapprochées plus ou moins différenciables
par leurs caractères morphologiques, présente différents niveaux de ploïdies (2x, 4x, 6x, 8x; x = 9) aussi
bien que des hybrides naturels (Gervais 1977). Non seulement il est difficile de les distinguer mais chaque
espèce est aussi polymorphique. Conséquemment, le problème taxonomique est de grande envergure et
déroutant mais cela n'est pas strictement vrai. Divers auteurs (Maffei 1989) ont démontré que les biotypes
à azulène incluent, d'une manière prédominante, des plantes de type tétraploïde (2n = 36), hexaploiae
(2n = 54) et octaploïde (2n = 72).

À cause de l'occurrence de nombreux génotypes d'Achil/ea millefolium, chacun avec sa composition


chimique particulière, il est concevable de comprendre qu'on ait attribué de nombreuses propriétés
médicinales à l'achillée mille-feuille et que plusieurs groupes ethniques de différentes aires géographiques
aient utilisé l'achillée mille-feuille à toutes sortes de fins.

Vingt plants en culture à Lavaltrie ont été sélectionnés et transplantés en serre. Les résultats de la
composition chimique de l'huile essentielle d'achillée mille-feuille sont présentés dans le Tableau 1.
Plusieurs de ces composés ont déjà été rapportés avec des différences notables de concentrations par
Lawrence lors d'une étude de caractérisation des huiles essentielles de plusieurs achillées mille-feuilles
poussant à l'état sauvage en Amérique du Nord. Ces différences reflètent la complexité botanique (Gervais
1977, Mulligan 1959) de l'achillée mille-feuille. La différence principale entre l'étude de Lawrence et la
nôtre réside dans le fait que notre étude porte sur une seule lignée de plants. En comparant nos résultats
à ceux obtenus par les auteurs américains, français, russes, italiens, hongrois ou slovaques, il semble que
les populations d'achillée mille-feuille du Québec représentent divers chimiotypes. Ces résultats
corroborent ceux de Hofmann et al. et de Hachey et al. qui montrent que différents chimiotypes d 'Achtllea
millefolium surviennent dans la nature.

Le génotype le plus riche en chamazulène (55 p. 100) a été multiplié par rhizome. En pleine floraison,
les plantes étaient récoltées et soumises à l 'hydrodiffusion Après une première ou seconde floraison en
serre, la composition chimique de l'huile essentielle ne varie pas d'une façon significative et les plantes
du génotype riche en chamazulène conservent leur haute teneur en chamazulène (55 p. 100 ± 10 p. 100).
On est porté à croire que la variabilité rencontrée dans les populations d'achillée mille-feuille est fortement
dépendante du facteur génétique.

Cette expérience nous a permis de caractériser différents chimiotypes d'achillée mille-feuille car dans
certains plants apparaissent des produits terpéniques que d'autres plants ne possèdent pas (tableau 1).
Ainsi, on a pu identifier des achillées à a-phellandrène (12 à 18 p. 100), à a-thujone (7 à 21 p. 100), à
13-thujone (9 à 33 p. 100), à camphre (2 à 6 p. 100) et une autre contenant de 2 à 4 p. 100 d'un terpène
non identifié.

L'achillée mille-feuille présentant un potentiel comme culture commerciale comme alternative à la culture
du tabac, une superficie de 2 ha a été implantée chez un agriculteur à Lanoraie. Cependant, il faut que les
plantes soient complètement séchées au champ et que la récolte et l'entreposage soient mécanisés avant
que cette espèce puisse être cultivée à grande échelle. L'achillée mille-feuille étant une plante herbacée
semblable à certaines plantes fourragères, nous avons entrepris une expérience pour détenniner si elle
peut-être récoltée et entreposée comme le sont les fourrages secs. Les plants ont été coupés avec une
faucheuse le matin, retournés le lendemain après-midi et pressés l'après-midi du surlendemain alors qu'ils
étaient suffisamment séchés.

27
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Une moitié de la récolte a été pressée sous fonne de balles rectangulaires et l'autre moitié sous fonne de
balles cylindriques. Les balles sont entreposées dans une grange et transportées chez un distillateur. Les
balles sont déchiquetées et placées dans un alambic d'une capacité d'environ 6 mètres cubes pour être
soumises à un entraînement à la vapeur pendant 6 heures.

Les analyses des différentes huiles essentielles obtenues lors de ces distillations à grande échelle révèlent
une teneur en chamazulène nettement inférieure à ce qui avait été obtenu les années précédentes lors des
distillations en laboratoire ou dans un alambic pilote d'une capacité de 50 kg de matière végétale fraîche.

Références
Bélanger, A., L. Dextraze, Y. Lachance et S. Savard. Extraction of yarrow (Achillea millefolium) cultivated in
Quebec. Affiche présentée au 27: Symposium international sur les huiles essentielles, St-Vincent, Aosta, Italie,
Sept 11-14, 1991.
Cemaj, P., P.M. Repcak, K. Tesarik et R. Honcariv. 1983. Tei:penoid compounds from different parts of Achillea
collina Becker inflorescences. Biologia Plantarum (Praha), 25(3) : 221-224.
Cemaj, P., P.V. Oravec, M. Bombova, V. Timkova et R. Honcariv. 1988. The influence of minera! nutrition on
volatile oil content in Achillea collina Becker. Zahradnictvi, 15(2) : 137-140.
Chandler, R.F., SN. Hooper et MJ. Harvey. 1982. Ethnobotany and phytochemistry of yarrow, Achillea millefolium,
compositae. Econ. Bot, 36(2) : 203-223.
Falk, AJ., L. Bauer et CL Bell. 1974. The constituents of the essential oil from Achillea millefolium L. Lloydia.
37(4) : 598-602.
Gervais, C. 1977. Cytological investigation of the Achillea millefolium complex (compositae) in Quebec. Can. J. Bot,
55 : 796-808.
Hachey, J.-M., G.-J. Collin, M.-J. Gagnon, S. Simard, S. Dufour, F.-I. Jean, G.Vemin et D. Fraisse. 1990. Extraction
and GC/MS analysis of the essential oil of Achillea millefolium L complex (Compositae). J. Ess. Oil Res., 2 :
317-316.
Haggag, M.Y., A.S. Shalaby et G. Verzar-Petri., 1975. Thin layer and gas-chromatographic studies on the essential
oil from Achillea millefolium. Planta Medica, 27(4) : 361-366.
Hofrnann, L.D. Fritz, S. Nitz, H. Kollmannsberger et F. Drawert, 1992. Essential oil composition of three polyploids
in the Achillea millefolium complex. Phytochemistry, 31(2) : 537-542.
Lamaison, LL., et A.P. Camat., 1988. Recherche d'azulène chez les trois sous-espèces d'Achillea millefolium L.
Ann. Pharm. Françaises, 1988; 46: 139-143.
Lawrence, B.M. et RJ. Reynolds., 1984. Progress in essential oils Perfurmer & Flavorist, 9(4) : 37-43, 46-48.
Maffei, M., F. Chialva et A. Codignola., 1989. Essential oils and chromosomes numbers from Italian achillea species.
J. Ess. Oil Res., 1(2) : 57-64.
Mulligan, G.A., et IJ. Bassett, 1959. Achillea millefolium complex in Canada and portions of the United States. Can.
J. of Bot. 37 : 73-80.
Shalabi, A. et G. Verzar-Petri., 1979. Cytological conditions and composition of essential oil of the Hungarian
Millefolii herba. Planta Medica (J. of Med. Plant Research), 36(3) : 291.
Verzar-Petri, G.BN. Cuong, L. Radies et K. Ujszaszi., 1979. Isolation of azulene from yarrow oil (Achillea
millefolium L. Species complex) and its identification. Herba Hung., 18(2) : 83-94.

28
FIG.1: RENDEMENT (sec) DE LA PLANTATION FIG.2: RENDEMENT (humide) DE LA PLANTATION

16 30 DJ 1987

'F t4 LSl 1988


l! 'iii' 25

~
:

~
12

10
ic 20
!
! .... 15
z
....z w
..
w
w
a
4
~
a
z
w
10

z
w " 5
"
12 Juillet 31 JUiiiet 22 aoOt 12 Juillet 31 Jumet 22 aoOt
DATE DE RtCOLTE DATE DE LA RtCOLTE

FIG.3: POIDS MOYEN SEC PAR PLANT FIG.4: RENDEMENT EN HUILES ESSENTIELLES a 1987
&'11988
0,7 i: a 1081 0,4
.1989
;;;
~ 0,8 0,35
.... l
..
0,3
; 0,5
w
5 0,25
..i5
: 0,4

0,3
"zw 0,2
a: 0, 15
g :>

. 0,2 w
z
....w
0, 1

..
~ 0,1

0 f Il Il Il 1 """"'S'
0,05

12 Julllet 31 julllal 22 aoOt 12 julllel 31 Juillet 22 aoôl


DATE DE RtCOLTE DATE DE RtCOLTE
FIG.4: RENDEMENT EN HUILES ESSENTIELLES a 1901 FIG.5: TENEUR EN CHAMAZULENE DANS LES HUILES
1S 19ee [Il 1967
0,4. 25

0,35 l
w 20
~
~
0,3

g
:c
0,25
~ 15
z 0,2
w 0
10
~ 0, 15 z
w
~ 0,1 a:
... iil
z
5
0,05.
~

12 Juillet 31 juillet 22 août 12 juillet 31 JUiiiet 22 aoQI

DATE DE R!COLTE DATE DE Rl!COLTE

FIG.6: QUANTITÉ DE CHAMAZULENE PAR HECTARE QUANTITÉ DE CHAMAZULENE PAR 1000 Kg DE MATIERES
VÉGÉTALES SÉCHÉES
a 1••1
BOO
~ 3,6 w
~ 700

i _2.:
c •
:C.c
~ -
~:
600
500
o- :c
w .. 0 0 400
a"
~ - 1,5
w::
a.?:; 300

!i:
~
1 i .!!? 200

0 0,5 ~ 100
0

12 julllel 31 juillet 22 aoOt 12 Juillet 31 Juillet 22 août


DATE DE R!COLTE DATE DE Rl!COLTE
Tableau 1

Variation dans la composition chimique ( % ) de l'Achillea millefolium


Pic Composé 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
No.

1 a-pinène 0,11 0,17 1,53 0,10 0,23 0,44 0,95 0,95 0,10 0,21
2 camphène 0,25 0,44 2,17 0,16 0,06 0,26 2,02 2,25 0 0,17
3 sabinène 3,46 1,65 10,1 4,11 1,72 9,73 1,57 1,72 5,17 1,13
4 p-pinène 0,23 0,69 6,57 0,70 0,20 3,12 2,35 2,60 0,22 0,08
5 myrcène 0,10 1,59 5,16 1,68 0,48 4,02 3,06 5,62 2,30 0,41
6 a-phellandrène 0 0 11,9 0,01 0 0 17 ,4 0 0 0,66
7 a-terpinène 0,02 0,02 0,14 0,36 0,02 0,03 5,36 0,13 0,02 0,06
8 p-cymène 0,81 0,66 3,47 0 0 1,19 0 1,06 0,76 0
9 1,8-cinéol 0,49 1,08 4,53 1,35 1,03 1,73 1,42 3,01 0,31 0,26
10 limonène 0,33 0,50 1,05 0,28 0 0,61 1,06 2,27 0,26
11 y-terpinène 0,68 1,24 1,96 0,91 0,20 0,87 2,30 3,01 0,72 0,04
12 a-thujone 0,39 0 0,18 0 0,43 0,53 0,52 0,15 0,76 3,55
13 P-thujone 14,2 0 0 0 8,92 0 0 0 35,1 0,32
14 camphre 1,49 4,33 4,90 1,04 0,20 0,32 3,00 5,89 0,39 0,43
15 acétate de bornyle 0,27 0,57 0 2,94 0 0,48 0,84 2,82 1,69 0,40
16 P-caryophyllène 2,85 2,21 1,64 3,51 2,56 3,17 1,53 3,90 1,66 3,15
17 a-caryophyllène 0,46 0,34 0,26 0,67 0,40 0,49 0,31 0,62 0,28 0,65
18 germacrène D 34,6 32,1 12,5 9,33 54,3 16,6 22,3 30,l 6,21 27 ,1
19 C1sH24 1,53 1,19 0,44 0,47 1,78 0,53 0,93 1,08 0,30 1,04
20 C1sH24 1,37 0,52 0,31 0,32 0,79 0,46 0,61 0,23 0,23 1,31
21 C1sH24 5,50 3,20 1,35 0,43 6,02 3,80 4,68 0,91 1,62 7,93
22 chamazulène 7 ,91 36,6 18,4 51,3 6,08 29,7 0,75 25,3 25,6 1,16
Total: 77 ,05 89,10 88,56 79,67 85,42 77 ,55 72,96 93,62 84,26 50,06
Tableau 1 (suite)

Variation dans la composition chimique (%) de l'Achillea millefolium


Pic Composé 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
No

1 a-pinène 0,18 0,17 0,27 0,43 1,70 1,30 0,92 0,91 0,65 0,11
2 camphène 0,34 0,16 0,35 0,61 2,59 2,68 1,08 2,03 1,65 0,11
3 sabinène 1,92 2,13 3,32 1,79 3,18 1,30 17,2 2,50 0,96 0,29
4 ~-pinène 0,72 0,25 0,35 3,09 9,74 2,16 3,30 3,56 2,54 0,68
5 myrcène 1,75 2,57 2,72 1,07 0,53 4,55 1,71 14, 7 1,94 1,04
6 a-phellandrène 3,25 5,02 0 3,12 0,20 0 0 0,25 0 0
7 a-terpinène 0,04 1,83 0,26 0 0 1,17 0,20 0 0 0
8 n-cymène 1,22 0 0 2,75 0,90 1,59 0,51 1,73 1,17 0,67
9 1,8-cinéol 0,44 0,88 0,45 0,90 5,06 1,87 6,45 1,71 0,52 1,42
10 limonène 0,65 0,47 0,20 2,13 3, 11 2,63 1,24 1,06 1,53 0,73
11 y-terpinène 0,36 0,34 0,68 1,06 1,45 5,50 0,63 2,34 0,91 1,30
12 a-thujone 0,21 20, 7 0 0,21 0,39 0,77 0,57 0,22 0,86 0,40
13 ~-thujone 0 9,56 0 0 0 0 0 0 0 0
14 camphre 1,76 1,23 1,92 3,89 6,68 6,70 5,38 6,07 2,69 6,48
15 acétate de bornyle 0,35 0,32 1,66 0 0,40 3,88 0 0 0 0
16 ~-caryophyllène 1,39 0,54 2,24 1,82 1,08 0,88 3,03 2,84 1,70 7 ,68
17 a-caryophy llène 0,31 0,10 0,41 0,33 0,20 0,15 0,55 0,41 0,27 1,17
18 germacrène D 41,7 21,1 30,1 54,7 22,1 10,4 5,60 10,5 17,4 13,5
19 C1sH24 2,31 0,22 0,96 2,05 0,83 0,40 0,21 0,67 0,85 0,60
20 C1sH24 0,78 0,39 0,47 0,67 0,69 0,18 0,25 0,53 0,73 0,49
21 C1sH24 3,38 2,59 0,75 5,27 5,00 0,31 2,03 4,24 0,38 0,19
22 chamazulène 16, 7 20,8 33,5 6,19 22,8 27 ,8 0,93 22,2 6,19 1,50
Total: 79,76 91,37 80,61 92,08 88,63 76,22 51,79 78,47 42,94 38,36
Tableau 2

Composition chimique comparative (%) de l'Achillea millefolium (achillée m.)


Pic Composé IKa* IKp* Plante Plante Fleurs Feuilles Head-
No. fraîche séchée space

1 a-pinène 924 1010 0,63 1,66 1,65 3,10 5,54


2 camphène 936 1051 0,79 2,20 1,76 5,14 7,55
3 sabinène 962 1107 10,2 8,31 4,49 5,95 25,5
4 P-pinène 964 1092 2,86 5,69 4,49 13,9 8,34
5 myrcène 982 1153 3,35 6,00 3,75 6,30 11,2
6 a-phellandrène 990 1149 0,81 0,36 - - 17, 7
7 a-terpinène 1002 1162 0,09 0,09 0,19 0,39 2,28
8 p-cymène 1006 1250 0,66 1,05 0,73 0,45 1,95
9 1,8-cinéol 1013 1193 2,24 4,54 3,70 6,09 4,00
10 limonène 1016 1181 1,22 0,95 0,97 1,25 2,20
11 y-terpinène 1046 1228 0,83 1,42 2,83 2,30 1,77
12 a-thujone 1078 1388 0,28 0,40 1,02 0,50 1,80
13 P-thujone 1088 1405 1,60 3,21 0,59 0,25 12,1
14 camphre 1108 1477 2,93 4,43 8,01 16,8 2,75
15 acétate de borny le 1261 1552 0,85 3,12 2,50 3,02 1,48
16 P-caryophyllène 1397 1561 3,96 3,34 2,84 2,84 0,17
17 a-caryophyllène 1430 1628 2,77 0,60 0,11 0,18
18 germacrène D 1460 1672 25,4 4,37 21,6 10,8
19 C1sH24 1491 1718 3,87 0,34 0,91 0,70
20 C1sH24 1541 1728 1,80 0,76 4,51 1,06
21 C1sH24 1610 2152 0,72 0,20 2,11 2,20
22 chamazulène 1683 2152 25,5 34,6 26,7 11, 1
Total: 93,36 87,64 95,45 94,32 106,33
* !Ka= Indice de Kovats sur colonne capillaire apolaire DB-1.
* IKp =Indice de Kovats sur colonne capillaire polaire DB-Wax.
PRODUCTION D'ADDITIFS ALIMENTAIRES PAR LA CULTURE DE CELLULES
VÉGÉTALES

François CORMIER
Centre de recherche et de développement sur les aliments, Agriculture Canada
3600, boui. Casavant ouest, St-Hyacinthe (Québec) Canada J2S 8E3

Depuis longtemps, les végétaux ont été utilisés comme source de composés chimiques fins qui servent à
modifier la saveur et la couleur des aliments. Aujourd'hui, même si plusieurs composés
« phytochimiques » simples peuvent être produits par synthèse organique, il demeure que des composés
complexes tels des glycosides sont produits plus facilement et à moindre coût par les plantes. De plus,
certaines réactions énantiospécifiques sont propres aux végétaux et ne peuvent être effectuées par synthèse
chimique. Une telle spécificité des réactions peut revêtir une très grande importance tel qu 'illustré par les
énantiomères du carvone, dont la forme « D » possède un arôme ressemblant à celui du cumin ou du carvi
et la forme « L », à celui de la menthe verte. Par ailleurs, même si des substituts synthétiques sont
disponibles, la demande sans cesse croissante pour des produits naturels favorise l'utilisation des plantes
et le développement de procédés biotechnologiques. Les raisons qui motivent le développement de la
culture de cellules végétales comme alternative à l'obtention de produits naturels de plantes entières sont :
(i) l'indépendance vis-à-vis des facteurs environnementaux tels le climat, les pathogènes et les contraintes
géographiques et saisonnières; (ii) un système de production défini qui permet de moduler
l'approvisionnement en fonction de la demande du marché; (iii) une plus grande constance dans la qualité
et la quantité des produits; et (iv) l'affranchissement des interférences politiques.

Les véritables débuts de la culture de cellules végétales remontent à 1934 avec les travaux de Gautheret.
En 1956, Routier et Nickell déposèrent le premier brevet portant sur la production de métabolites par la
culture de cellules végétales. Même si depuis ce temps une grande quantité d'efforts y a été investie, il
demeure que très peu de procédés ont atteint le stade de production commerciale et ce, avec une rentabilité
très marginale. À ce jour, la production de shikonine, un pigment et composé pharmaceutique, par la
compagnie japonaise Mitsui Petrochemical, est le seul procédé commercial connu. Cependant, des procédés
récemment mis au point pour produire une biomasse de ginseng et l'alcaloïde berbérine ont atteint
l'échelle de production industrielle. Malgré l'apparence d'un manque de progrès au niveau commercial,
il est généralement reconnu que le potentiel de produire des composés naturels à haute valeur ajoutée par
cette technologie est énorme.

En plus d'être utilisées dans la production de métabolites secondaires, les cultures de cellules végétales
peuvent être utilisées pour accomplir des bioconversions et pour la production d'enzymes spécifiques.

Dans ma présentation, j'aborderai divers éléments qui interviennent dans le développement d'un procédé
de production industriel et j'illustrerai ces propos par divers exemples et en particulier, par un exemple
qui porte sur la production de colorants alimentaires à base d'anthocyanes issus de cultures cellulaires du
raisin de variété Gamay Fréaux.

35
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Méthodologie
Le développement d'un procédé de production de métabolites parla culture de cellules végétales comporte
quatre étapes qui sont (i) la callogénèse (l'initiation d'une culture cellulaire sous fonne de cals ou de gros
amas cellulaires), (ii) la sélection de lignées cellulaires stables à haut rendement en métabolites, (iii)
l'optimisation des conditions de production de métabolites et (iv) la mise à l'échelle des cultures dans des
bioréacteurs.

I Callogénèse
L'initiation d'une culture de cellules végétales implique la stérilisation en surlace d'un matériel approprié,
l'expiant, et l'inoculation de celui-ci sur un milieu de culture adéquat. Ce milieu est composé d'éléments
nutritifs dont des sels minéraux, des vitamines et un sucre (plus souvent qu'autrement il s'agit du
saccharose) et il est solidifié par de l'agar. Parlais le milieu est suppléé en azote sous fonne organique
(acides aminés ou hydrolysat de caséine). Finalement, les régulateurs de croissance viennent compléter la
composition du milieu de culture. Les régulateurs de croissance comprennent plusieurs classes de petites
molécules qui sont diffusibles et qui sont utilisées par les plantes pour coordonner les activités cellulaires.
Deux classes de régulateurs de croissance sont utilisées pour promouvoir la prolifération cellulaire soit les
auxines et les cytokinines. Un rapport auxine:cytokinine élevé favorise une croissance désorganisée (la
callogénèse) et la fonnation de racines alors qu'un faible rapport auxine:cytokinine favorise la fonnation
de tiges.

Une fois établies, les cultures cellulaires ressemblent à des colonies microbiennes et peuvent être
manipulées par des méthodes similaires. La croissance de cals sur milieu gélosé est lente (le temps de
doublement typique serait de l'ordre de 3 à 5 jours), et en résultat d'un approvisionnement vectoriel des
éléments nutritifs, elle est hétérogène. Les cals sont maintenus en vie en repiquant des portions de ceux-ci
sur du milieu neuf à toutes les quatre à six semaines. La culture de cals est généralement effectuée pour
entretenir des cultures et pour la sélection et l'établissement de lignées.

Un expiant peut générer des cultures qui diffèrent les unes des autres par leur taux de croissance, leur
degré d'agrégation, leur potentiel biosynthétique, etc. En principe, tous les types cellulaires qui sont
présents dans l'expiant qui est utilisé pour initier une culture, peuvent être retrouvés dans cette culture.
Par contre, ce ne sont pas tous les types de cellules qui ont la même facilité à être cultivés. Ainsi, il en
résulte une certaine sélection. L'utilisation d'un milieu de culture complexe favorise la culture d'un plus
grand nombre de types de cellules d'un expiant qu'un milieu de culture qui possède une fonnulation de
base. La composition du milieu de culture utilisé lors de la callogénèse peut donc être détenninante de
l'étendue des capacités biosynthétiques d'un matériel de départ

En plus de l'hétérogénéité à laquelle contribue l'expiant, le procédé de culture en soi induit une variabilité
génétique qui peut être exploitée en tant que traitement mutagène pour la production de nouveaux
génotypes. En effet. une variabilité de la culture qu'on appelle somaclonale appanu"t: principalement en
cours de culture. Cette variabilité peut être observée par la fréquence des anomalies chromosomiques en
cours de culture. La cause majeure de la variation somaclonale est le réarrangement chromosomique. Panni
les types de réarrangements observés, on dénote les délétions, les fusions et les recombinaisons ainsi que
des changements dans le taux de ploïdie. Ces types d'anomalies occasionnent fréquemment des
changements dans l'expression phénotypique d'un ou de plusieurs gènes. Les gènes impliqués ne sont pas
nécessairement altérés en soi, mais en étant placés dans un nouvel environnement chromosomique, ils
peuvent être altérés au niveau du contrôle de leur expression.

36
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Il Établissement de lignées cellulaires

L'exploitation commerciale des cultures de cellules végétales dépend avant tout de l'établissement de
lignées cellulaires stables à haut rendement en métabolites. Il s'agira donc à ce stade de réduire la
variabilité somaclonale de la culture de départ par un processus de sélection. Deux méthodes sont
couramment utilisées, soit le clonage de cellules isolées et le clonage de petits agrégats cellulaires. Dans
les deux cas, des cellules isolées ou en petits agrégats sont dispersées sur un milieu solide à faible densité
puis cultivées pour fo1U1er des colonies qui seront analysées pour déterminer leur contenu en métabolites
d'intérêt.

La sélection des lignées cellulaires peut être effectuée directement lorsqu'il s'agit de composés pigmentés
ou fluorescents. Par contre, pour d'autres composés, il faut procéder à l'extraction et à l'analyse chimique
d'une portion de cal. Par ailleurs, le typage des cellules tel qu'il peut être effectué avec des cellules
animales en utilisant des sondes telles des lectines et des anticorps, n'a été développé qu'à un stade très
rudimentaire pour les cellules végétales. La difficulté majeure est la présence de la paroi cellulaire, qui
empêche un accès direct à la membrane où des marqueurs d'identité cellulaire sont présents. Dans
quelques cas, des anticorps et lectines spécifiques ont été exprimés dans des cultures cellulaires, mais assez
fréquemment, ceux-ci disparaissent progressivement en cours de culture.

Il est généralement reconnu que le processus de sélection somaclonale induit une instabilité des cultures
qui mène inévitablement à une perte de productivité dans des lignées hautement productrices en cours de
culture prolongée.

Le problème de l'instabilité des cultures peut être résolu par la sélection répétitive jusqu'à ce qu'une
productivité stable en résulte. Par exemple, une lignée cellulaire de raisin (Vitis vinifera) de variété Gamay
Fréaux (n° 5.4) a été établie en sélectionnant et en maintenant en culture des petites portions de cals très
intensément pigmentées en anthocyanes durant une période de 20 mois. Une fois établie, cette lignée a
conservé un taux d'anthocyanes de 0,44 ± 0,15 mg/g poids frais au cours de 50 repiquages successifs sans
qu'il n'y ait eu de sélection. En prolongeant la période de sélection sur une période additionnelle de
17 mois, il en a résulté une lignée (n° 13.1) dont le contenu en anthocyanes s'est maintenu à
1,02 ± 0,31 mg/g poids frais durant 33 repiquages non sélectifs.

La sélection de lignées hautement productrices n'est habituellement pas toujours aussi aisée. C'est
particulièrement le cas pour des métabolites qui sont synthétisés et accumulés au niveau de cellules et de
tissus hautement différenciés et aussi pour des métabolites qui exercent un contrôle négatif de leur
synthèse par rétro-inhibition. À titre d'exemple, les monoterpènes de la menthe poivrée (Mentha piperita)
répondent aux deux critères. D'une part, les monoterpènes majeurs, le menthol et le néomenthol, sont
synthétisés au niveau de l'épideIDle et du mésophylle des feuilles, respectivement. D'autre part, les
monoterpènes sont très hautement cytotoxiques et inhibent très fortement leur propre synthèse. De plus,
ils sont sujets à de nombreuses voies cataboliques. Nous avons établi sur une période de deux ans diverses
lignées cellulaires de menthe poivrée en fonction de caractéristiques morphologiques des cals. L'analyse
d'une cinquantaine de lignées nous a révélé qu'aucune d'entre elles ne produisait des monoterpènes. Les
analyses ont été reprises suite à la culture de ces mêmes lignées sur un milieu de culture qui contenait un
adsorbant non-polaire solide, le Lichroprep RP-18 (Merck) à raison de 1 p. 100 (p/v) pour piéger et
concentrer des produits néofo1U1és. Nous avons alors été en mesure d'identifier huit lignées qui
produisaient des quantités infimes de monoterpènes, dont l 'cx-terpinène, le p-cymène, le géranial et le
néral, le menthone, le néomenthol et le néomenthylacétate.

37
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Ill Détermination des conditions de production de métabolites

Étant donné que les conditions de culture qui favorisent une bonne prolifération cellulaire sont rarement
les meilleures pour la production de métabolites secondaires, un protocole de culture en deux étapes doit
être défini. Les conditions de culture qui favorisent la production de métabolites secondaires sont
déterminées en utilisant des suspensions cellulaires qui sont cultivées en flacon sous agitation continuelle
dans un milieu nutritif liquide. Ces cultures procurent un matériel qui répond aux conditions de culture
imposées de façon plus uniforme que les cals. Aussi, les résultats obtenus avec des suspensions cultivées
en flacons agités sont facilement transposables aux suspensions cultivées en bioréacteurs.

Le cycle de croissance typique d'une suspension cellulaire est similaire à celui d'un microorganisme
quoique beaucoup plus long. Les phases de latence, exponentielle, stationnaire et de mortalité peuvent être
interprétées comme étant des phases d'adaptation, de croissance cellulaire, de limitation d'éléments
nutritifs et de lyse cellulaire, respectivement. L'entretien d'une suspension se fait en transvidant une
portion de celle-ci dans un milieu neuf à une fréquence variant entre 7 et 14 jours. Les cellules végétales
ne se diviseront pas sous un seuil critique de densité d'inoculum. Une valeur typique de cette densité est
de Ht cellules/ml. Il se pourrait que le seuil minimal critique soit occasionné par un relargage de
métabolites de la cellule et d'un équilibrage avec le milieu de culture frais. Des substances qui seraient
impliquées dans ce « conditionnement » du milieu de culture comprennent des acides aminés et des
hormones.

Plusieurs approches différentes ont été utilisées pour augmenter les rendements en métabolites. Elles
incluent des stratégies chimiques, physiques, biotiques et génétiques.

Par exemple, dans les suspensions cellulaires de raisin, l'accumulation intravacuolaire d'anthocyanes est
favorisée par un milieu riche en sucres et pauvre en nitrates. La réduction du taux de nitrates du milieu
de culture provoque une carence nutritive qui active le métabolisme secondaire au détriment du
métabolisme primaire (respiratoire). Par ailleurs, à de fortes concentrations, les sucres jouent
principalement un rôle osmotique et stressent la culture. Ceci a été démontré dans des expériences où
l'ajout d'un sucre non assimilable, le mannitol, a résulté en une accumulation d'anthocyanes similaire à
celle qui est provoquée par un excès de sucres assimilables. Dans les cultures cellulaires de raisin, la
carence nutritionnelle et le stress osmotique agissent en synergie sur l'accumulation des anthocyanes.

Outre les facteurs nutritionnels et physiques, une stratégie biotique telle l'élicitation peut favoriser la
production de métabolites. Lorsque soumises à une attaque microbienne ou fongique, plusieurs plantes
réagissent en produisant des substances de défense appelées phytoalexines. Ce phénomène a été largement
exploité dans les cultures cellulaires et les plantes entières, et même si les vraies phytoalexines sont
principalement des flavonoïdes, des métabolites secondaires appartenant à d'autres classes chimiques
peuvent aussi être synthétisés. Des éliciteurs tels des filtrats ou homogénats de cultures fongiques et même
des sels inorganiques (élicitation abiotique) sont utilisés pour induire la production de métabolites
secondaires.

Par ailleurs, la bioconversion ou la transformation d'intermédiaires métaboliques catalysée par une culture
cellulaire est une autre stratégie qui permet d'augmenter les rendements. À titre d'exemple, une suspension
cellulaire de raisin (Vitis vinifera) de variété Muscat de Frontignan n'accumule pas les monoterpènes
aliphatiques qui sont caractéristiques de sa saveur. Cependant, elle peut aisément convertir du géraniol
exogène produisant en séquence du géranial, du néral, du nérol puis du citronellol. Cette bioconversion
est limitée par la quantité de substrat qui peut être ajoutée à la suspension sans la tuer. En opérant cette
bioconversion dans un système de culture à deux phases (constituée d'une phase polaire, la suspension,
et d'une phase non polaire qui à l'occurrence est une huile appelée Miglyol-812) il a été possible

38
Actes du coHoque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

d'augmenter de cinq fois la quantité de substrat ajouté sans qu'il en résulte une augmentation de la
mortalité de la suspension puisque la phase lipophile libère progressivement le géraniol dans la suspension
où se produisent les bioconversions et que les produits sont extraits par la phase lipophile. En changeant
la phase lipophile, il a été possible de réutiliser la suspension dans des cycles de bioconversion successifs.

Les systèmes de culture à deux phases sont principalement utilisés pour augmenter la production de
métabolites qui sont sécrétés dans le milieu. Les adsorbants non polaires augmentent la productivité des
cultures en extrayant en continu des métabolites du milieu de culture, prévenant ainsi une rétro-inhibition
des voies de synthèse. Parfois, le simple fait d'ajouter un adsorbant au milieu de culture occasionne une
sécrétion spontanée de métabolites qui normalement sont accumulés dans la vacuole. Des études ont
démontré que dans ces cas, les métabolites étaient néoformés et provenaient de leur site de synthèse au
niveau du cytoplasme plutôt que de la vacuole. Ce système de culture est un complément indispensable
à la culture de cellules immobilisées.

IV Mise à l'échelle
Tout bioprocédé nécessitera la culture efficace et optimisée des cellules végétales à une très grande échelle.
Les bioréacteurs conventionnels permettent un contrôle plus rigoureux de paramètres tels l'oxygène et le
dioxyde de carbone dissout et le pH que ce qui peut être réalisé en flacon agité. L'oxygène est le moins
soluble des éléments requis pour la culture d'organismes aérobies et en tant que tel est souvent l'élément
qui limite la croissance. Ceci n'est pas le cas des cellules végétales qui peuvent s'accommoder de taux
de transferts d'oxygène relativement faibles. Tout au contraire, une aération trop forte du bioréacteur aura
pour effet d'éliminer le dioxyde de carbone dissous dans le milieu de culture ce qui entraîne une
diminution du taux de croissance.

Par ailleurs, à cause du faible taux de croissance des suspensions cellulaires, il est nécessaire pour
augmenter leur productivité d'effectuer leur culture à de fortes densités. Conséquemment, la culture des
cellules à de fortes densités engendre un problème au niveau de l'agitation efficace des suspensions. Des
études qui ont porté sur l'utilisation de bioréacteurs conventionnels autant à agitation mécanique que
gazo-siphon («air-lift») ont démontré qu'ils ne procurent jamais une agitation totalement satisfaisante.
Par ailleurs, d'autres études portant sur la conception d'agitateurs ont démontré que des agitateurs en
spirale procurent l'agitation la plus adéquate.

Conclusion
De tous les groupes d'organismes vivants, le règne végétal possède la biochimie la plus large tant au
niveau de la diversité des composés que de la très grande versatilité enzymatique.

Les techniques de cultures de cellules végétales ont atteint un degré de sophistication qui permet
d'envisager la mise en culture de n'importe quelle espèce. Malgré que des progrès énormes aient été
réalisés récemment dans ce domaine, l'approche demeure empirique. Les cellules cultivées in vitro
produisent des composés appartenant à un large éventail de familles chimiques. Il est cependant rare
qu'elles produisent les mêmes métabolites tant qualitativement que quantitativement que ceux que l'on
retrouve dans la plante-mère et il est peut-être naïf de penser que tel doit être le cas. En effet, la cellule
végétale localisée à l'intérieur d'une plante entière possède un environnement biochimique et
physiologique totalement différent de celui de cellules qui sont cultivées sur un milieu gélosé ou dans un
milieu liquide. Il existe à l'intérieur de la plante-mère des gradients chimiques qui font tous partie d'une
relation complexe morphologique et temporelle de la plante en développement Une telle situation ne peut,
de toute évidence, être retrouvée dans une suspension cellulaire, mais peut dans une certaine mesure se
retrouver dans les cultures de cals, de tissus et d'organes. Ce sont malheureusement des types de cultures
qui ne peuvent être réalisés à grande échelle. Pour réaliser la production commerciale de produits naturels

39
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

par des cultures cellulaires simples, il faudra élucider et trouver des méthodes de découpler les mécanismes
moléculaires complexes qui lient la différenciation avec la synthèse de métabolites secondaires.

Bibliographie
1. Cormier, F., Ambid, C. 1987. Extractive bioconversion of geraniol by a Vitis vinifera cell suspension employing
a two phase system. Plant Cell Rep., 6(6) : 427-430.
2. Connier, F., Do, C.B. 1988. « Selection of monoterpene producing Mentha piperita cell lines. » in
« Bioflavour '87. Proceedings of the International Conference, Würzburg, RFA. September 29-30, 1987. »
(P. Schreier, sous la dir. de) W. de Gruyter, Berlin, p. 357-363.
3. Connier, F., Crevier, H.A., Do, C.B. 1990. Effects of sucrase on the accumulation of anthocyanins in grape (Vitis
vinifera) cell suspensions. Can. J. Bot., 68(8) : 1822-1825.
4. Do, C.B., Cormier, F. 1990. Accumulation of anthocyanins enhanced by a high osmotic potential in grape (Vitis
vinifera) cell suspensions. Plant Cell Reports, 9: 143-146.
5. Do, C.B., Cormier, F. 1991. Accumulation of peonidin 3-glucoside enhanced by osmotic stress in grape (Vitis
vinifera) cell suspension. Plant Cell Tissue and Organ Cult, 24 : 49-54.
6. Van Calsteren, M-R., Cormier, F., Do, C.B., Laing, R.R. 1991. 1H and 13C NMR assignments of the major
anthocyanins from Vitis vinifera cell suspension culture. Spectroscopy, 9 : 1-15.
7. Do, C.B., Cormier, F. 1991. Effects of low nitrate and high sugar concentrations on anthocyanin content and
composition of grape (Vitis vinifera L.) cell suspension. Plant Cell Rep., 9 : 500-504.
8. Do, C.B., Cormier, F. 1991. Effects of high ammonium concentrations on growth and anthocyanin formation in
grape (Vitis vinifera L.) cell suspension cultured in a production medium. Plant Cell Tissue and Organ Cult,
27 : 169-174.
9. Cormier, F., Do, C.B., Moresoli, C., Archambault, J., Chavarie, C., Chaouki, F., Pépin M.-F. 1992. Anthocyanin
release from grape (Vitis vinifera L.) cell suspension. Biotechnol. Letters, 14(11) : 1029-1034.
10. Cormier, F., Do, C.B. 1993. Vitis vinifera L. (Grapevine) : ln vitro production of anthocyanins. Dans:
« Biotechnology in agriculture and forestry, Vol. 24. Medicinal and aromatic plants, Part 5 » (Bajaj, Y.P.S., sous
la dir. de) Springer-Verlag, Berlin.

40
CARACTÉRISATION DE LA LIGNINE DE KLASON EXTRAITE DE L'ÉPINETTE
BLANCHE (PICEA GLAUCA (MOENCH) voss) PAR RMN À L'ÉTAT SOLIDE ET
SPECTROMÉTRIE DE MASSE PAR ATOMES RAPIDES (FAB/MS) -
CARACTÉRISATION DES PRINCIPALES SOUS-STRUCTURES

Jean-Marie HACHEY et Rémy Larouche


Groupe de recherche en productivité végétale
Département des sciences fondamentales
Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Québec) Canada G7H 2B 1

Introduction sommaire
Importance relative des lignines : après la cellulose, c'est le biopolymère le
1
plus répandu sur terre.
-c -
Origine : composant intégré à la paroi cellulaire, caractéristique de toutes les
plantes vascularisées; rôle : lignine : colle; polysaccharides : fibres.
(
Remarque : absence de lignine chez les algues, les mousses, les champignons -C13-
et les bactéries. I
Bois mou (gymnospermes) : polymères de I; bois dur (angiospermes) : Ce1
polymères de 1 + II; lignine de l'herbe : polymères de 1 + II + III +
ac. p-coumarique. 2
La lignine est chimiquement associée à la cellulose et aux hémicelluloses
(complexes lignocellulosiques).

Liaisons inter-phynylpropanoïdes : importance relative (%)


Ether guaiacylglycérol J3-aryl (J3-0-4') (1)
Phénylcoumarane (structure ~-5') (2)
Diarylpropane (structure J3-1 ') (3)
40-60
10
5-10
* o-
OCH 3

Formule simplifiée
de la lignine.

Pinorésinol (structure ~-W) (4) 5


Byphényle (structure 5-5') (5) 10
Biphényléther (structure 4-0-5') (6) 5

Polymères complexes issus de trois alcools phénylpropanoïdes :

~~OH

OH

(I) trans-coniférol (II) trans-sinapol (III) trans-p-coumarol

41
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Biosynthèse de la lignine; source: Higuchi,T., Shimada, M., Nakatsubo, F., et Tanahashi, M. 1987.
Wood Sei. Technol. 11, 153-167.

1
-C·

\ c-
-t' '
HgHO'o ~~'Kè;
~H3
'
~ OCH3 HO
OH OCH3
(1) (2)

HO

(4)

Dimères de base de la lignine (dimeric structures containing the principal linkage mode between monomeric
phenylpropane units in lignin macromolecules); source : Higuchi, T. 1985. Biosynthesis and biodegradation of
wood components. Academic Press, p. 142.

42
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 aoüt 1993

Mésomères du radical phénoxyle du coniférol (mesomeric fmms of the phenoxy radical of coniferyl alcohol
formed by the mediation of laccase/0 2 or peroxidase/HzÜ); source : Higuchi, T. 1985, op. cit, p. 145.

Contaml nants:
cendres, sucres STRUCTURE
HYPOTHET 1QUE

.17 DELA
LIGtllME
~
~
11~ ~

::i: j[
STRUCTURE
LIGNINE PROPOSEE
ISOLEE DE LA
LIGNINE

'
~ STRUCTURE
SIHULEE
DE LA
LIGNINE

-D~polyll4irlsatlon
(Cu 0/0H)
-Oxydn {J<Hn-D)
•C. Per111. Gel
·C. Ph. Gazeuse

Le système SIMREL (simulation of reactions with lignin); source : Glasser, W.G., et Glasser, H.R. 1981.
Paperi ja Puu - Papper och Tra (2), p. 71-83.

43
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

î.Hpi ~HpH
• H
CHpi
CH
He H~ H~

~ •
A.a
OCK, Oo
0
Rb
c~ •
Qo CHi

Re
L
'L. 1
2"b

' 0
~~H

~
H Ht
î" ,._ =-"" 1
OCH,
HGOH
Ht-
&HtOH Q
~~ O CH,

Qo c~ 0
c~

Ouinont- rnethidto
OCH3

Quinone methidfo
Ouinon• m•thidfo

Hpl }ttpH lg
VI OCHJ
! ~~ ~

~~J ~:9-o
HG_.o::.'H
~ ~::;~~
H
Hé-
~ CH,

~
OH
ri
~ CH,
CH,

dl-Pinott5inol
Q 0CH 3

D•hydre>dic:onif•ryl
Guai&C)'lglycerol- alcohot
a·coniferyt ethff

Fonnation de dilignols (fonnation de dilignols via the coupling of monolignol radicals and subsequent
nucleophilic attack by hydroxyl and quinone groups on the benzyl carbons of the quinone methides);
source : Higuchi, T. 1985, op. cit., p. 146.

44
CH3 -H" dehydrodtconlferyl
alcohol
peroaidaul Hi(>z

,,
"°1
~t40 ~ ...

OJ..)
•., CHJ 3:"~' h•ml<?.:.....> Vy1-
t 0
c"' 0

" 0
CH3 qulnon•m•lhld

t)o-
'H

~
LCC
conlt•ryl OH
-tt'I p.,oaldase alcohol -0

Hr0HJ ~O
llgnln
polym•r
-tt·
p.roalda .. 1Hpz H~o~O
C"'J~ HJ
O

CHJ

Formation de la lignine et du complexe lignine-hydrate de carbone via les quinones méthylures oligolignols (formation of lignin polymers and lignin-carbohydrate
complexes (LCC) via oligolignol quinone methide); source : Higuchi, T. 1985, op. cit., p. 147.
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Échantillonnage de la biomasse :
(Epinette blanche)

Broyage (20-40 Mesh)

Extraction au sohxlet
[ Ethanol-Toluène. (1 :2)), 4hres

Traitement avec H2S04 72%

Hydrolyse
(Raftux 4hres)

Filtration

Fraction soluble Fraction Insoluble


Cellulose et
hémicelluloses lignine de Klason
hydrolysées

Procédure d'extraction de la lignine .

• • ;i; .t . ' JO .:.

Spectroscopie RMN du 13C de la lignine de Klason; légende : Lignin Klason : lignine de Klason de l'épinette
blanche; EpbExt: bois entier (aubier et duramen) de l'épinette blanche (sans extractibles); EpbBru : bois entier
(aubier et duramen) de l'épinette blanche brute.

46
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Spectre F11R de la lignine de Klason de l'épinette blanche.


Signaux
N• cm· 1
Trans.(%) Interprétation
01 3423 45 vibm val. 0-H; ponts H intennoléculaires

02 3100 75 vibm val. C-H, aromatique


-3000 80

03 2936 79 vibm val. C-H; CH3 sym.

04 2845 vibm val. 0-H

05 1710 vibm val. C--0 non conj. (ac. carb., ald.)

06 1660 vibm val. C--0 conj. (ald., cétones)

07 1635 74 benzène trisubstitué : 1,2,4;


C=C conjugué avec le benzène

08 1601 vibm noyau arom.

09 1560 86 benzène trisubstitué : 1,2,4

10 1510 66 vibm val. C-C dans noyau arom.;


benzène trisubstitué : 1,2,4

11 1464 défonnations C-H asym.

12 1457 73 défonnations C-H asym. dans CH2

13 1426 77 vibm val. C-C dans noyau arom.

14 1417 vibm val. C-C dans noyau arom.

15 1372 81 déformation C-H asym. dans CH3

16 1356 81 phénols;
alcools aliphatiques : prim., sec., tert;
CH2, torsion et balancement

17 1337 80 C=C conjugué;


alcools aliphatiques : prim., sec., tert;
phénols; noyau syringyl

18 1328 noyau syringyl

19 1270 66 éthers aromatiques;


alcools aliphatiques : prim., sec., tert;
phénols; noyau guaiacyl

47
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Spectre FfIR (suite).


Signaux
N~ cm·1 Trans.(%) Interprétation
20 1210 62 benzène trisubstitué : 1,2,4;
benzène disubstitué : ortho, para.;
éther aromatique; phénol

21 1143 68 benzène trisubstitué : 1,2,4;


benzène disubstitué : méta;
benzène monosubstitué

22 1080 gr. OH second; éthers aliphatiques

23 1051 benzène monosubstitué; disubstitué : 1,2; 1,4; ale.

24 1040 63 benzène monosubstitué;


benzène disubstitué : ortho, méta, para;
benzène trisubstitué : 1,2,3;
éther aromatique; alcool primaire;
éthyle, n-propyle

25 1028 déformations C-H, C-0

26 858 85 benzène trisubstitué : 1,2,4

27 800 84 benzène trisubstitué : 1,2,4

28 652 73 benzène mono, di et trisubstitué

29 581 72 éthers aliphatiques;


C=C conjugué

30 555 benzène mono, di et trisubstitué;


éthers aliphatiques; C=C conjugué

31 538 72 éthers aliphatiques;


benzène disubstitué : para

32 459 benzène monosubstitué;


benzène disubstitué : ortho, méta

33 427 76 benzène monosubstitué;


benzène disubstitué : ortho, méta

34 404 74 benzène monosubstitué;


benzène disubstitué : ortho, méta

48
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Caractérisation d'un fragment majoritaire


de type ~-0-4' de la lignine de Klason
de l'épinette blanche par FAB/MS
(L : unité de lignine).

tll.S

Dégradation de la lignine par Phanerochaete chrysosporium


Les meillews agents de dégradation de la lignine sont les moisissures
blanches (champignons de la famille des basidiomycètes). La plupart
des études portant sur la biodégradation des lignines ont été faites avec
Phanerochaete chrysosporium (f.K. Kirk. 1984. Degradation oflignin.
Dans : Gibson, D.T. (sous la dir. de). Microbial degradation of organic
compounds. Marcel Dekker, New York, NY, p. 399--437). En Suède, le
même champignon a été isolé de copeaux et nommé Chrysosporium
lignorium P. 127-1 (0. Bergman et T. Nilsson. 1966. Res. notes R53.
Dep. Forest Prod. Royal Coll. Forest, Stockholm. 56 p.). Ce
champignon fut ensuite désigné sous le nom Sporotrichum
pulverulentum Novobranova après son isolation par Novobranova (f.I. Caractérisation des produits de
Novobranova. 1972. Akad. Naule USSR. Bot. lnst. Nov. Sist Nizh biodégradation de la lignine
Rastenii, 9, 18~187). Étant donné que le champignon a été récemment (L : unité de lignine).
renommé Phanerochaete chrysosporium et puisque Sporotrichum
pulverulentum a été reconnu comme un anamorphe de Phanerochaete
chrysosporium, ce dernier nom est généralement le plus utilisé.

49
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Sous-structures monomériques de la lignine de Klason.


Variation du X m/z RMN du carbone-13
C-1 C-2 C-3 C-4 C-5 C-6
I.H 123,04 119,4 113,0 148,3 147,3 111,3 121,2
2.CHO 151,04 129,5 111,9 148,3 147,5 116,6 125,5
3. CffiOH 153,06 133,9 111,3 146,3 145,3 115,3 119,4
4. COOH 167,03 124,3 114,1 168,2 151,3 115,3 122,3
5. CfliCH3 151,07 135,5 113,2 148,2 145,3 116,6 120,7
6. CffiCfliOH 167,07 130,9 114,1 147,3 145,3 115,3 121,2
7. CHOH-CH3 167,07 138,6 110,2 147,3 145,3 115,3 118,6
8. CHOHCOOH 197,04 131,4 111,7 147,3 151,5 115,3 119,4
9. CffiCfliCH3 165,09 133,5 111,7 143,7 145,3 133,9 116,6
IO. COCffiCH3 179,07 130,9 111,9 149,3 153,8 111,9 122,3
11. CH=CH-CffiOH 179,07 129,2 111,0 148,1 146,6 115,9 119,7
12. CH=CH-CHO 177,05 129,6 112,9 148,3 150,6 117,6 122,3
13. CH=CH-COOH 193,05 127,8 111,9 149,2 151,3 112,9 122,8
Source: K.-E.L. Eriksson, R.A. Blanchette et P. Ander. 1990. Microbial and enzymatic degradation of wood and wood
components. Springer-Verlag.

Biotransfonnation de la lignine.

Lignine de Klason

Inoculation avec le microorganisme


Phanerochaete chrysosporium

Fermentation
(25° C)

Analyses des échantillons fermentés

a Chromatographie de perméation
sur gel (Séphadex G-50)

b Spectroscopie U.V. et 1. R.

,__c--IH Spectroscopie RMS du Cl 3 et FAB/MS

50
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

-
>
!. T9

=
'V
...
--•
Cl
el
T8

17
TO
0 10 20 30 40
Volume d'flution (naJ)

Chromatographie d'exclusion sur gel (Sephadex G-50) de la lignine de Klason de l'épinette blanche
après divers temps de biotransfonnation par Phanerochaete chrysosporium
(légende : temps de fennentation = T0 , 0 h; T7 , 212 h; T8 , 238 h; T9 , 266 h).

Distribution des poids moléculaires de la lignine de Klason biotransformée


par Phanerochaete chrysosporium.
Temps de fermentation (h) S-1 (%) S-2 (%) S-3 (%) S-4 (%)
0 0,77 99,23
20 1,54 98,46
47 1,09 98,90
68 3,53 96,47
94 10,26 89,74
163 12,68 0,82 86,49
188 9,11 1,01 89,88
212 8,62 0,40 90,99
238 12,19 0,65 86,18 0,98
266 6,39 92,24 1,37

Légende : S-1, 60 000 Daltons; S-2, 5000 Daltons; S-3, 1500 Daltons; S-4, 700 Daltons.

51
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

....
193,3
~

.f _ofL
925,3

Caractérisation d'un fragment majoritaire de type ~-0-4' de la lignine de Klason de l'épinette blanche
par FAB/MS après biotransfonnation par Phanerochaete chrysosporium (L: unité de lignine).

52
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Applications potentielles des biotransformations de lignines


1. Délignification des copeaux de bois afin de réduire la demande en énergie dans la production des pâtes
thermomécaniques.
2. Réduction de la consommation de produits chimiques dans le procédé kraft.
3. Délignification des résidus forestiers et agricoles afin d'accroître leur digestibilité dans la nourriture
animale.
4. Délignification, blanchiment et modification des fibres dans les pâtes et papiers.
5. Transformation de diverses lignines en produits à valeur ajoutée (pharmacie).
6. Traitement des eaux et des sols contaminés (BPC, DDT, dioxines) en vue d'en réduire la toxicité et
la mutagénicité.

53
L'UTILISATION DES RÉSIDUS DE L'INDUSTRIE DU BARDEAU DE CÈDRE :
PROBLÉMATIQUE DE VALORISATION DES SOUS-PRODUITS ISSUS DE LA BIOMASSE

GuyJ. COWN
Laboratoire d'analyse et de séparation des essences végétales (LASEVE)
Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Québec) Canada G7H 281

! Introduction
Dans les pages qui vont suivre, je vais essayer, à partir d'un exemple sur lequel nous avons travaillé, de
vous montrer certains aspects de la problématique du développement associés à l'utilisation et à la
commercialisation de la biomasse. L'exemple choisi provient de la biomasse végétale mais on aurait tout
aussi pu prendre un exemple en provenance de la biomasse animale. Enfin, l'exemple est québécois. Il
vous montrera que, si les données de base intègrent des spécialités nord-américaines et plus
particulièrement en provenance d'une biomasse qui croît dans un climat boréal, les conclusions générales
seront applicables à quelque milieu que ce soit, indépendamment des conditions socio-économiques et
technologiques locales.

Il La disponibilité de la biomasse
L'idée du projet est basée sur la disponibilité de la biomasse. Le cèdre blanc de l'Est du Canada est en
fait le Thuya occidentalis L. C'est un arbre noble de notre forêt boréale. Le feuillage est bien connu pour
son contenu en huile essentielle riche en a- et en ~thujone. Je ne reparlerai pas de ce feuillage ni de son
huile essentielle. Le bois de l'arbre est utilisé pour fabriquer le bardeau de cèdre. Pour nos visiteurs
étrangers, le bardeau de cèdre est utilisé dans l'industrie de la construction domiciliaire comme revêtement
extérieur, ou même comme parement intérieur. C'est la durabilité de ce matériel qui est mise à profit

Le bardeau est cette planchette de bois de fonne rectangulaire légèrement biseautée. Il est découpé dans
le sens longitudinal de la bille de bois. Sa fabrication entraîne une accumulation relativement importante
de sous-produits inutilisés relativement importante. Bien entendu, le tronc est d'abord écorcé, puis, compte
tenu de la fonne du bardeau, on peut imaginer la proportion importante de perte, ou plus précisément la
quantité importante de sciures, de copeaux, de délignures, de planures, etc. inutilisés et perdus. On estime
dans l'industrie qu'au maximum c'est la moitié de la matière ligneuse qui est réellement utilisée. Le
contremaître du chantier estime, quant à lui, que c'est plutôt le tiers ! Imaginons, c'est un chiffre très
conservateur, mais il est suffisant pour notre démonstration, que l'on traite annuellement 1 000 000 tonnes
de cèdre. Cela produit entre 350 000 et 500 000 tonnes de bardeau, et entre 500 et 650 000 tonnes de
sous-produits disponibles dans les arrière-cours des scieries. Que faire avec cette matière végétale ? On
peut la brûler. La technologie existe. L'énergie récupérée est un peu moins chère que celle provenant du
pétrole. Cependant, sa production est moins versatile.

On a proposé de regarder le contenu en huile essentielle. On avait déjà obtenu au laboratoire des
rendements de l'ordre de 0,5 à 0,8 p. 100 (rendements exprimés en pourcentage du poids de matière
humide 1). En retenant l'hypothèse minimum de 0,5 p. 100 et en retenant une disponibilité de
400 000 tonnes de matière ligneuse, on dispose donc d'une production annuelle potentielle de quelque
2 000 tonnes d'huile essentielle ! Quant on compare ce chiffre avec les productions en huile essentielle2,

55
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

et en se rappelant que la disponibilité du matériel est largement sous-évaluée, on dispose d'une quantité
appréciable de biomasse.

Autre caractéristique de cette biomasse, elle est disponible dans la cour de l'usine : son importation est
donc gratuite. Elle peut même, après extraction de l'huile essentielle, être disponible pour la génération
d'énergie. Il faut aussi noter que si l'accumulation de sous-produits de la fabrication du bardeau de cèdre
peut constituer potentiellement un problème environnemental, l'extraction de l'huile essentielle ne modifie
pas l'envergure de ce problème environnemental.

Ill Les caractéristiques de l'huile essentielle de Thuya occidentalis L.


L'analyse chromatographique de l'huile essentielle extraite du bois de Thuya occidentalis montre la
présence d'une vingtaine de pics dont les proportions relatives varient entre 0,2 et 50 p. 100. Ce sont,
hormis quelques monoterpènes, surtout des sesquiterpènes. Bien que nous n'ayons pas identifié tous les
produits, tous ceux identifiés sont des produits oxygénés3• Les produits majeurs sont (Tableau 1)
l'occidentalol ( "'45 à 50 p. 100), l'occidénol (11 à 15 p. 100) et l'cx-thujaplicine (9 à 13 p. 100). On y
trouve également l'ex-, le~ et le y-eudesmol (total de 11 à 15 p. 100) ainsi que l'occidol et deux isomères
(total de 10 à 12 p. 100)

Sur le plan physique, l'huile essentielle est un solide cireux de couleur jaunâtre à brun-rouge. Ce matériel
a une densité légèrement supérieure à celle de l'eau. Il fond vers 60 °C. Le liquide plus rouge que le
solide est alors légèrement moins dense que l'eau, de telle sorte qu'à la sortie du condenseur, l'huile flotte
sur l'eau. Un détail technique à ne pas oublier : comme la température de solidification est élevée, il faut
maintenir celle de l'eau du condenseur à plus de 60 °C. En fait, comme la composition de l'huile varie
quelque peu pendant la distillation, il faut maintenir la température de sortie du condenseur au-dessus de
80 °C.

IV Les caractéristiques de l'extraction


Une étude limitée des paramètres de production a indiqué les résultats suivants :

IV-1 La cinétique d'extraction


Comme cela est en général le cas pour l'extraction de l'huile essentielle, après une croissance relativement
rapide pendant la première heure d'extraction, la quantité recueillie diminue régulièrement. heure après
heure, pour atteindre une limite qui se situe vers ou après 5 heures d'extraction. On recueille en fait
environ 65 à 70 p. 100 et 85 à 90 p. 100 de l'extrait potentiel, respectivement en 2 et 5 heures d'extraction
(Figures 1 et 2).

IV-2 La composition et le temps d'extraction


La composition de l'huile essentielle varie de façon significative au cours de l'extraction. Certains produits
voient leur concentration relative augmenter fortement au détriment d'autres produits. Les concentrations
relatives des occidols et des eudesmols augmentent d'un facteur allant de 1 à 3. Celle de l'occidentalol
diminue d'un facteur correspondant Quant à l' cx-thujaplicine, elle est totalement absente après trois heures
d'extraction. Ces variations sont importantes. Elles doivent donc être bien connues pour pouvoir maintenir
la qualité Oa composition) du produit qui sera éventuellement offert sur le marché (Figures 3 et 4).

IV-3 L'origine géographique de la matière végétale


Des échantillons de matériel végétal provenaient du Québec (Gaspésie), du Nouveau-Brunswick et du
Maine. Il y a peu de variations dans les rendements et dans la composition des extraits.

56
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

IV-4 La qualité intrinsèque de la matière végétale


Le cèdre a cette particularité d'avoir une couleur plutôt blanchâtre et de développer en vieillissant une
zone plutôt rosée-rouge au centre du tronc. Cette zone est en quelque sorte le prélude à un pourrissement
du tronc à partir de son axe central. Cette zone rosée-rouge a un taux d'humidité de quelque 50 p. 100
comparativement à 35 p. 100 pour la partie blanchâtre. Cette partie rosée-rouge contient aussi environ trois
fois moins d'huile essentielle que la partie blanchâtre.

Dernier détail intéressant, la composition de l'huile est aussi quelque peu différente. Il n'y a pas, ou très
peu, d'a-thujaplicine dans la partie rosée-rouge et la proportion d'occidol y est de 2 à 3 fois supérieure
à ce qu'elle est dans la partie blanchâtre.

Ces observations, pour dérangeantes qu'elles soient, sont de peu d'importance dans la mesure où la
proportion de la partie rosée-rouge est minime et constante.

IV-5 Mode de préparation de la matière végétale


On n'a pas observé de variation ni des rendements ni de la composition des extrait entre les copeaux, les
planures, etc. Tout au plus a-t-on observé une légère diminution de la cinétique d'extraction avec
l'augmentation de la grosseur des particules soumises à l'extraction

IV-6 L'effet du vieillissement à l'air du matériel végétal avant extraction


Le vieillissement à l'air du matériel végétal entre un jour et deux semaines après son obtention à la scierie
est sans influence sur le rendement et la composition de l'huile. L'absence d'influence de l'origine de la
matière végétale, de sa préparation et de son vieillissement sont autant d'atouts qui facilitent la gestion
de la production.

IV-7 L'effet du remplissage du réacteur et de la pression de vapeur


À nouveau, on n'a observé aucune modification des rendements et de la composition des extraits en
fonction de ces deux paramètres. En fait, il faut réaliser que la matière végétale utilisée est essentiellement
poreuse. Dans les cas extrêmes, la matière végétale n'occupait au maximum que 25 p. 100 du volume
apparent. La perte de charge de la vapeur dans le réacteur est donc limitée.

V- La préparation d'échantillon pour évaluation commerciale


Cette étape est bien sOr importante puisqu'elle est censée indiquer la recevabilité du produit par le marché.
On doit donc produire des échantillons représentatifs de ce que l'on est à même d'offrir, sur une base
régulière en quantités appréciables. Avant d'aller au front, il faut bien entendu évaluer les arguments dont
on dispose. Il faut tout de suite l'affirmer, il n'existe pas à notre connaissance de produits similaires sur
le marché, sauf peut-être pour certains produits purs comme les eudesmols. En fait, même pour ces
derniers, ils sont commercialisés le plus souvent dans des mélanges obtenus par extraction de biomasses
diverses. On doit donc essayer de dégager, d'identifier d'éventuelles niches commerciales ou industrielles.

On ne dispose pas de beaucoup d'informations pertinentes relativement au présent type de mélange. On


dispose en fait d'au moins deux sources différentes, d'inégale nature et très limitées quant aux propriétés
(et donc aux éventuels usages) potentielles du produit.

Le bois de cèdre, en dehors de la construction, est utilisé en Amérique du Nord pour la fabrication
d'armoires ou de coffres de cèdre qui ont cette particularité de protéger les vêtements remisés contre les

57
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

mites. Le bois de cèdre aurait donc un pouvoir« miticide ». Est-ce que cette propriété se retrouve dans
son huile essentielle ? Bien difficile à dire.

La littérature de son côté est bien avare de renseignements. Il est difficile de trouver des détails
relativement à l'occidentalol, le produit majeur. Arctander indique que les eudesmols ont des notes très
délicates, sucrées-boisées et chaudes qui ont des tendances florales dans des combinaisons avec des
molécules plus volatiles4 • Ces eudesmols sont déjà sur le marché, et il semble pour le moment peu réaliste,
sur le plan commercial, de tabler sur ces produits. Une mention récente qualifie l'occidénol de matériel
plus utile et d'odeur plus puissante que l'a.- et le ~lémène5 ! En fait, il semble que les sesquiterpénols
soient davantage utilisés sous la forme d'esters d'acides organiques.

La filière parfumerie industrielle semble donc une voie possible, bien que rien ne prouve un succès assuré.
Le produit a une belle odeur de bois de cèdre : au moins de cela, on est certain.

Le cas de l'a.-thujaplicine semble un peu mieux documenté. Ce produit a des propriétés fongicides
reconnues6• Voilà une autre avenue à explorer.

Compte tenu des concentrations relatives des produits mais surtout du caractère unique de la production
d'occidentalol et des propriétés reconnues de l'a.-thujaplicine, nous avons décidé de produire des
échantillons, en fait 30 échantillons d'une vingtaine de grammes, du mélange obtenu pendant les deux
premières heures d'extraction. Nous en avons distribué dans quelques compagnies, en majorité
européennes, que l'on savait à la recherche de matériels nouveaux.

VI La recevabilité du produit par l'industrie


Cette étude est loin d'avoir été complétée. On dispose, cependant, de quelques informations déjà
indicatrices.

En ce qui a trait à l'industrie de la cosmétique et de la parfumerie, il faut se rappeler que l'occidentalol


est un nouveau produit en ce qui regarde son utilisation cutanée. Les lois et règlements nouvellement
introduits tant en Europe occidentale qu'aux États-Unis obligent de faire effectuer une étude d'inocuité
avant d'envisager toute utilisation de ce type. Ces études sont possibles : elles doivent être, bien entendu,
réalisées par des firmes ou des laboratoires agrémentés pour ce faire. Leur coût est de l'ordre de quelques
centaines de milliers de dollars !

On imagine donc bien que les entreprises qui ont été ou seront contactées hésiteront avant de lancer de
nouvelles lignes de produits sans être assurées au préalable de l'inocuité cutanée du mélange et de son
éventuelle recevabilité par les organismes gouvernementaux concernés.

En ce qui concerne l'utilisation du mélange (ou de l'un de ses constituants) en dehors de la parfumerie,
tout reste à faire. En particulier, les utilisations liées au caractère fongicide de l'a.-thujaplicine méritent
d'être testées. En général, les fongicides sont de nature synthétique. La disponibilité d'un produit naturel
n'est donc pas à ignorer.

VII Conclusion
Comme vous avez pu le voir, avant de mettre sur le marché un nouveau produit, le nombre de conditions
à satisfaire est important. Il faut produire de façon constante un produit de qualité (composition) constante,
à un coût convenable, et qui répond à un besoin de la société. Il y a donc loin de la coupe aux lèvres.

58
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Notons en terminant, que, l'an dernier, une finne japonaise a déposé une demande de brevet pour l'usage
de l'huile essentielle d'un feuillage de cèdre japonais et contenant de l'occidentalol pour ses propriétés
miticides !

VIII Remerciements
Je voudrais remercier tout ceux qui ont participé à ce travail, et plus particulièrement : M"'° France-Ida
Jean, M"' 0 Hélène Deslauriers et M François-Xavier Garneau. Nous avons également apprécié la
participation du professeur Jean-Rock Brindle de l'Université du Québec à Rimouski, qui nous a prêté
l'extracteur portatif qui a servi à cette étude.

Bibliographie succincte
1. LESSARD, M., GARNEAU, F.X., COLLIN, G., Caractérisation des produits naturels extraits du bois de Thuya
occidentalis L .• rapport soumis à SOVEBEC, 18 septembre 1991, 51 pages et annexes.
2. LAWRENCE, B.M., A Review of the World Production of Essential Oils (1984). Perfum. & Flav., 10
(octobre-novembre), 1-16, (1985).
3. DESLAURIERS, H. et COLLIN G., Caractérisation des produits naturels extraits du bois de Thuya occidentalis
L .• rapport présenté à CÉDRICO, 5 août 1992, 44 pages et annexes.
4. ARCTANDER, S., Perfume and Flavor Chemicals. publ. par l'auteur, 2 volumes, réf. interne 1367, 1969.
5. McANDREW, B.A., Sesquiterpenoids: the Lost Dimension of Perfumery, Perfum. & Flav., 17 (4), 1-12 (1992).
6. HART, J.H., Rule of Exudates and Extractives in Protecting Wood /rom Decay in Natural Products Plants Il,
J.W. Rowe (sous la dir de), Springer Ser. Wook Sc., page 870 (1989).

59
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Tableau 1. Extraits de bois de cèdre.


Composition(%) du mélange préparé pour l'évaluation du marché.

Essai 01 02 03
a-pinène 0,06 0,10 0,08
terpinèn-1-ol-4 0.31 0,27 0,30
29,64 (1200)* 0,37 0,31 0,30
31,44 (1229) 0,45 0,49 0,50
carvacrol 0,27 0,24 0,20
38,13 (1331) 0,26 0,15 0,30
42,68 (1390) 0,10 0,11 0,10
a-thujaplicine 8,50 8,43 8,54
occidentalol 47,12 47,24 46,67
52,80 (1554) 0,23 0,22 0,22
55,31 (1591) 1,60 1,60 1,58
55,49 (1593) 0,87 0,88 0,87
57,05 (1621) 0,24 0,25 0,25
y-eudesmol 5,04 5,05 5,01
~-eudesmol 8,12 8,08 8,10
a-eudesmol 3,95 3,93 3,93
occidénol 11,72 11,70 11,73
occidol 7,81 7,85 8,10
occidol, isom. #1 1,89 1,90 1,96
occidol, isom. #2 0,41 0,43 0,42

Total 99,32 99,23 99,16


* Indice de rétention des composés inconnus.

ÇH.

~ CHo
occidentalol
CHo
OH
CHo ~~
occidénol

occidol carvacrol alpha-lhujaplicinc

rh rlî r'j'l .
~OH ~OH ~OH
alpha-eudesmol bêta-eudesmol ganuna-eudcsmol

Quelques fonnules/structures chimiques.

60
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Huile essentielle de bois de cèdre: essai MA-03-26


300
-
..._...
~

·=-
~

200
~

-=
"Cl

-....-
'~

c
=
100
0

o~·i---'------'-----"'-----'--~---~----.J...----..___..__~----------~

0 1 2 3 4 5 6
Temps d'extraction (heure)
Figure 1. Quantité d'huile essentielle extraite en fonction du temps d'ex.traction.

325 Essai MA-03-26

275
y= 309,36 - 19I.06x R"2 = 0,998

--
~ 22S

-
' 4'
=c
as
=
Cl
175

125

75
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2
1/(temps d'extraction) !/(heure)

Rgure 2. Quantité d'huile essentielle extraite en fonction


de l'inverse du temps d'extraction.

61
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Huile essentielle de bois de cèdre: essai GA·03-24


60 • alpha·thujaplicine
Il occidentalol

-
!,
c
so
40

ra
oc:cidénol
occidol

-! 30
"i
c. 10
E
=
CJ 10

0
1 l 3 4 s
Temps d'extraction (heure)
Figure 3. Variation de la composition de l'huile essentielle de bois de cèdre.

Huile essentielle de bois de c:èd re: essai G A-03-24


10

--
f#. 8

B
Il
gamma-eudesmol
beta-eudesmol
alpha-eudesmol

--= '
e
-;;
ra
D
oecidol is.#1
occidol ïs.#2
l 4
E
8 2

0
1 2 3 4 s
Temps d'extraction (heure)

62
VALORISATION PAR LA CONNAISSANCE
DES PROCÉDÉS DE DISTILLATION À LA VAPEUR D'EAU
ET UTILISATION DES SOUS-PRODUITS

J.C. CHALCHAT
Laboratoire de Chimie des Huiles Essentielles
Université Blaise Pascal
et École Nationale Supérieure de Chimie de Clermont-Fd
Compus des Cézeaux, 63177 Aubière Cedex

l Introduction
Depuis les temps les plus reculés, la fabrication d'extraits aromatiques a été réalisée par entraînement à
la vapeur d'eau. Les appareils utilisés étaient alors de simples cornues en terre cuite chauffée à feu nu dans
lesquelles étaient introduits le végétal et l'eau. Ce matériel primaire a fait place à des appareils conçus en
cuivre, composés d'une cuve surmontée d'un col de cygne relié à un condenseur; un vase florentin disposé
en bout de chaîne permet la séparation des substances aromatiques. La vapeur d'eau est initialement
produite par chauffage direct de l'eau contenue dans le pied de cuve. Plusieurs fois modifié, ce matériel
fonctionnait encore il y a quelques décennies : certains appareils étaient chauffés par l'intermédiaire d'une
double enveloppe, la vapeur d'eau utile pouvant être introduite directement.

Il Procédés actuels
L'évolution des technologies des matériaux a imposé l'acier inoxydable, de préférence de qualité
alimentaire, comme matière de base dans la conception des unités d'extraction. Dans son principe, le
procédé d'extraction a peu évolué : la vapeur d'eau se charge de substance aromatique lors de son passage
à travers le végétal. Des professionnels ont conçu, à partir de ce principe primaire, différents modèles
d'extracteurs pouvant être classés en trois grands groupes de procédés : les procédés statiques, en cuves
fixes ou mobiles, le passage de la vapeur pouvant être, soit à contre courant du végétal, soit dans le même
sens; les procédés en continu; les procédés nouveaux; les procédés mobiles.

Il. 1 Procédés statiques


L'unité d'entrainement à la vapeur d'eau est fixe; le végétal est chargé, broyé ou non, puis déchargé après
épuisement. On distingue les procédés dans lesquels la vapeur circule de bas en haut, à contre courant des
condensats, de ceux dont la vapeur traverse le végétal de haut en bas.

Il. 1.1 Procédés à circulation de vapeur de bas en haut


Modèle classique
Le principe de la distillation en alambic classique repose sur le passage d'un flux ascendant de vapeur au
travers d'une masse de plantes contenue dans une cuve étanche et reposant sur une grille perforée. La
vapeur se charge progressivement d'huile essentielle et s'échappe par un orifice pratiqué en partie haute
de l'appareil. Cette vapeur chargée est ensuite condensée. Les condensats sont ensuite recueillis et séparés

63
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

dans des récipients spécifiques appelés « vases florentins » disposés en séries afin de favoriser la
décantation de l'huile essentielle par rapport à l'eau.

La majorité des appareils comportent deux cuves à partir de 1 500 à 4 000 litres pennettant une distillation
dans l'une pendant que l'on charge et décharge la deuxième, ce qui fait gagner un temps appréciable.

La distillation des plantes aromatiques s'effectue généralement sous une basse pression de vapeur afin de
ne pas détériorer les constituants de l'huile essentielle par une température trop élevée. Il est, par contre,
plus intéressant d'obtenir certaines essences (vétiver ou clou de girofle, par exemple) sous une pression
de 1 à 2 bars, ce qui a le double avantage de réduire considérablement la durée de la distillation et de
conduire à un meilleur rendement sans nuire à la qualité des essences.

Cette technique très ancienne présente l'avantage d'une grande rusticité et d'un emploi facile, mais
l'inconvénient, le plus souvent, d'être consommatrice d'énergie et de main-d'œuvre. En effet, même dans
le cas de production de vapeur par feu nu, elle nécessite la présence d'un« chauffeur» qui, s'il participe
au chargement, ne peut maîtriser la régularité de la production de vapeur et, par là-même, la qualité et le
rendement de la distillation.

C'est cependant ce principe de base qui a pennis l'initiation des autres techniques de distillation utilisées
aujourd'hui.

Les établissements EYSSERIC ont contribué à l'évolution de ces techniques de distillation en améliorant
le rendement des « feux nus » par la mise au point de distillerie à grand rendement, à bain-marie ou à
générateur séparé (les distilleries à générateur séparé sont nécessaires dans le cas où l'on ne dispose pas
de bois pour remplacer les plantes distillées non combustibles; ces appareils sont également indispensables
pour effectuer des distillations sous une pression supérieure à 0,5 bars) (Figures 1 et 2).

Un générateur séparé est une chaudière productrice de vapeur capable, d'une part, de fournir une pression
variant de 0 à 2 bars et, d'autre part, d'alimenter une ou plusieurs cuves de distillation de contenance
souhaitée.

Ce type d'installation est largement utilisé dans le sud-est de la France pour la production d'huiles
essentielles de menthe et de lavande. Les résidus de cette dernière production sont utilisés comme
combustible dans les unités à bain marie.

Modèle turbo-distillateur
Le turbo-distillateur développé par la société AROMAPROCESS provoque une hydrodlstillation accélérée;
c'est un appareil discontinu caractérisé par une puissante turbine de dilacération et une colonne
d'enrichissement méthodique (voir la Figure 3).

Il se compose :
d'une enceinte destinée en renfenner le substrat végétal et l'agent d'extraction, munie d'une double
enveloppe pour son chauffage (vapeur, par exemple), d'une pale d'agitation à sa base pourvoyant
également au broyage de la matière première et d'un déflecteur anti-vortex;
d'une colonne de distillation assurant l'enrichissement des vapeurs à contre-courant des condensats
cohobés;
d'un condenseur principal connecté à un condenseur secondaire destiné à piéger les vapeurs non
condensées préalablement;
d'un vase de condensation à l'abri del' air qui communique avec le condenseur principal. Ce décanteur
est muni à sa base d'une conduite avec robinet pennettant, d'une part, le recyclage des eaux de

64
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 aoüt 1993

cohobage en sommet de la colonne de distillation, d'autre part, la récupération des essences plus
denses que l'eau. À sa partie supérieure, le décanteur comporte une canalisation destinée au soutirage
des essences moins denses que l'eau.

Ce procédé se caractérise donc essentiellement par le recyclage, sans contact avec l'extérieur, des eaux
de cohobage et par un système de broyage interne.

Ceci pennet de minimiser les déperditions par vaporisation de composés aromatiques, d'obtenir un
nettoyage continu de la colonne de distillation avec enrichissement des vapeurs et d'accroître la vitesse
de distillation car la décantation et la condensation peuvent être menées plus rapidement sans risque de
pertes en composés volatils.

Cette accélération est en outre favorisée par l'excellent coefficient d'échange thennique au niveau de la
paroi chauffante pennettant de doubler la capacité horaire de vaporisation, l'agitation et le broyage par
leur rôle sur la diffusion solide-liquide des composés aromatiques, l'effet d'enrichissement dans la colonne
de distillation produisant des vapeurs saturées en huiles essentielles et arômes hydrosolubles, le cohobat
épuisé en volatiles par le flux de vapeur pendant sa descente dans la colonne et le système de condensation
secondaire pennettant de piéger les fractions très volatiles sans donc s'en soucier au niveau du condenseur
principal.

C'est un outil particulièrement bien adapté aux matières premières dont la distillation est très longue et
coûteuse en énergie et main-d'œuvre. La turbine pennet, en effet, le traitement rapide de graines, racines,
bois, gommes, etc. sans broyage ou découpe préalable. Le chauffage par double enveloppe et le cohObage
pennettent de diminuer les coilts énergétiques dans des proportions parfois très importantes par rapport
à la distillation classique.

Le turbo-distillateur présente une grande souplesse d'utilisation Ceci pennet de multiples adaptations des
procédés en fonction de la matière traitée, mais implique également des mises au point très précises des
protocoles de distillation.

En effet, comme dans toute hydrodistillation, les paramètres principaux de conduite de la distillation sont :
la température de chauffage (ramenée à une pression de vapeur), le rapport plante/eau et le temps de
distillation.

65
OISTILLERIES A BAIN MARIE
B~S~E ~RES~JON
3000, ET ·.6000.. L
. COMBUSTIBLE Bois ou
DISTILLERIE
DECHETS J;>E D~STILLATION
DE 3000X2

~I
DISTILLERIE

GOOOX3
•'
::l
C':I
~

"
~
1-"

.....
1·-- --- -- - - ! - - ·----
!
1
.-+ '
1
. DISTILLERIE
DISTILLERIE
1 1 1
GOOOX3
DE
DISTILLERIES GENERATEUR SE·PARE
BASSE
. . . OU MOYENNE
. .
PRESSION
.

3000~ .ET ·. 6000,. L DISTILLERIE


COMBUSTIBLE ~IQ.UL QU GAZ
DISTILLERIE 6 0 0 0 X3

DE 3000X2

,f.wll..CL"TU•IC

1 - c ........... .
MOMllRCLA'fUal
.·-,_- "•i,,..,..............
1 - o .................... .

........._--.
l .. c.;•,l-·•--·
.
.... c_ ........- •
1 ...
~-·...._.;,,.·

• ... 0-W.,0 .. ...... , .......


.' ... c_,..,__
,..,(.
(

......... -• -•.........
_ _ .... _
,... .... -........ ...,...
~

.. - ..........._,._,
.

.. . ,.... .............._....
,, • c.._.:.... ........ . ,, - o...o···•• ~.
u .. ( ......... .

" ........ ,-.


•IJ .............. . . . . _ ...........

.... ..... ----···-· 5


11 ......................... .

..... o-i•~- t1 ... c-..:1... • - ·

c::
"
~
N

DISTILLERIE
DISTILLERIE

soooxa
DE "3000X2

M•MIUll~'fUall

..........
............................
.........___
- ............ .
..........
•• ..
,...,.....
-. -·
.. "' ..................
,. - c... .. ., ... .

~··-·
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Avec l 'hydrodistillation accélérée nous devons prendre en


compte : la vitesse de rotation de la turbine, le taux de
remplissage de l'enceinte (ou volume utile), la vitesse de
distillation au travers du débit de condensats cohobés vers la
cuve et la température de condensation dans le condenseur
principal et les condenseurs secondaires.

L'ensemble de ces paramètres interdépendants va devoir être


étudié, non seulement dans le but d'optimiser le rendement
horaire en huile essentielle, mais aussi afm d'atteindre, pour
chaque matière première, le profil chromatographique
reproductible d'une essence commerciale.

Les utilisations du turbo-distillateur sont nombreuses. Ont


aussi été traitées des graines (anis, badiane, fenouil, carotte, Figure 3. Turbo extracteur-distillateur.
coriandre), des fruits (genièvre, clémentine, oignon) et des
racines (livèche, angélique).

Quels peuvent être les avantages d'un tel procédé? L'hydrodistillation avec ce type d'appareil comparée
à celle effectuée avec un modèle classique de même capacité fait apparai"tre les points suivants (Tableaux
1 à N) : la charge est plus importante, la durée d'entraînement est plus courte, les rendements ne sont pas
affectés et les quantités d'effluents sont plus faibles.

Si le coût d'un tel ensemble (environ 400 000$) n'était pas aussi élevé, ses performances le rendraient plus
que compétitif.

Il. 1.2 Procédés à circulation de vapeur de haut en bas


Le procédé mis au point à ce jour sous le nom d 'hydrodiffusion par la société MONTIER repose, non plus
sur un courant ascendant de vapeur au travers du végétal, mais sur un courant descendant de vapeur à
faible pression (0,02 à 0,15 bar). Le condenseur est, cette fois, placé en bas de l'appareillage sous la grille
supportant les plantes.

L'ensemble est constitué des éléments suivants (voir la Figure 4) :


a) Une enceinte de chargement, coulissante et pourvue d'un fond basculant grillagé, est placée au-dessus
du condenseur.
b) Le chapiteau/col de cygne hérité de l'alambic historique, ainsi que la forme cylindrique sont éliminés.
c) La source de vapeur peut ainsi se situer au-dessus de la charge végétale et organiser un flux
descendant à travers elle jusqu'au condenseur. Aucune réduction de surface ni étranglement ne
s'opposant au passage de la vapeur, la pression utile peut se réduire à quelques dizaines de millibars.
La condensation interne, inévitable en traditionnel, est nulle.
d) Le condenseur à faisceau tubulaire horiwntal dirige le condensat dans un collecteur largement ouvert
à la pression atmosphérique et ne permet aucune contre-pression dans le système.

Il présente les avantages suivants :


Le temps d'extraction est généralement réduit pour un rendement égal ou supérieur au traditionnel.
Les pressions de vapeur sollicitées dépassant rarement les 50 millibars, les consommations respectives
de vapeur et d'eau se réduisent dans les mêmes proportions avec une moindre dépense énergétique.
• Ce procédé, ne permettant ni condensation interne, ni hydrolyse, ni surchauffe, aucun artefact ne peut
contrarier la restitution fidèle de la structure olfactive complète de la nature.

68
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Toutes les phases opérationnelles sont mécanisées par vérins pneumatiques et télécommandés au
panneau central.
Les températures de la vapeur admise, du condensat, de l'eau à l'entrée et à la sortie du condenseur
apparaissent en affichage digital au panneau de commande et pennettent un contrôle opérationnel
précis.
Le déchargement par ouverture mécanisée du fond grillagé de l'enceinte de chargement est instantané.
L'évacuation de la décharge, par vis ou tapis télécommandé, est de réalisation aisée; il en est de même
pour la méthode de chargement adaptée à chaque cas.
Une seule personne peut effectuer une opération complète.
Les cuves peuvent être couplées pour travailler en semi continu, leurs capacités peuvent être de
1 000 litres (2 x 1 000) à 3 000 litres (2 x 3 000).

Ce procédé a été appliqué pour l'extraction de l'huile essentielle d'eucalyptus, de menthe, etc. Une étude
importante sur la qualité du produit a été réalisée sur le ciste par la société SANOFI. Elle a montré que
les alcools sesquiterpéniques sont en quantité plus importantes lorsque l'extraction est réalisée par
hydrodiffusion que par hydrodistillation :
palustrol : 2,8 / 2,2 - 1,5;
ledol : 7,8 / 6,1 - 4,5;
totalité des alcools sesquiterpéniques : 13,8 /10,8 - 10,3.

Lorsque l'essence obtenue par hydrodiffusion est traitée par une solution aqueuse acide, sa composition
évolue vers une qualité voisine de celle d'une huile essentielle extraite par hydrodistillation.

En conclusion, le procédé par hydrodistillation qui paraît aisé à manipuler, pennet d'éliminer, en grande
partie, les phénomènes de catalyses en milieu acide.

'(Em0Jrt.1J.6E TPJ..Clf'f

nrorn

BAAS· a.EYATID< TIW'PE

Figure 4. Procédé d'hydrodiffusion.

69
Tableau 1. Données numériques de distillation.

Matière première ANIS (Syrie) graines BADIANE (Chine) graines FENOUIL (Grèce) graines

Type d'alambic Turbo Classique Turbo Classique Turbo Classique

Volume utile (L) l ()()() l ()()() l ()()() l ()()() 1 ()()() l ()()()

A Chargement (kg) 225 100 200 150 250 100


B Durée de distillation (h) 5 10 6 15 5 10
c Huile recueillie (kg) 7 3 10 7,5 5,25 2,1
D Condensats totaux (kg) l ()()() l ()()() 1 200 1 500 1 ()()() 1 ()()()
E Rendement {C/A kg%) 3,1 3 5 5 2,1 2,1
F Huile/heure (C/B; kg/h) 1,40 0,30 1,66 0,5 1,05 0,21
G Condensats/heure (D/B kg%) 200 100 200 100 200 100
H Huile/condensats (CID kg %) 0,70 0,30 0,83 0,5 0,52 0,21
J Temps/huile (l/F; h/kg) 0,7 3,3 0,6 2 0,95 4,76
K Vapeur/huile (l/H) + 10 % {kg/kg) 142 330 120 200 192 476
L Matière première/heure (NB; kg/h) 0,14 0,33 0,10 0,13 0,19 0,47

Tableau Il. Données numériques de distillation.

Matière première CAMOMILLE (matricaire) GENIÈVRE baies CORIANDRE fruits

Type d'alambic Turbo Classique Turbo Classique Turbo Classique

Volume utile {L) 1 ()()() 1 ()()() 1 ()()() 1 ()()() 1 ()()() 1 ()()()

A Chargement (kg) 50 100 50 100 60 125


B Durée de distillation (h) 10 3,5 8 5 7,5 4
c Huile recueillie (kg) 0,180 0,360 0,400 1,00 0,60 1,25
D Condensats totaux (kg) 600 700 640 l ()()() 600 700
E Rendement {C/A kg%) 0,36 0,36 0,8 1,0 1,0 1,0
F Huile/heure (C/B; kg/h) 0,018 0,100 0,05 0,20 0,08 0,31
G Condensats/heure (D/B kg %) 60 200 80 200 80 175*
H Huile/condensats (CID kg %) 0,03 0,05 0,06 0,10 0,10 0,18
J Temps/huile {l/F; h/kg) 55,5 9,7 20 5 12,5 3,2
K Vapeur/huile (l/H) + 10 % (kg/kg) 3 660 2 130 1 760 l 100 l 100 615
L Matière première/heure (NB; kg/h) 5 28,5 6,25 20 8 31
*Mousses.
Tableau III. Données numériques
- de distillation.

Matière première ANGÉLIQUE racines fraîches LIVÈCHE racines fraîches

Type d'alambic Turbo Classique Turbo Classique

Volume utile (L) l ()()() 1 ()()() 1 ()()() 1 ()()()

A Chargement (kg) 400 100 400 100


B Durée de distillation (h) 3 4 6 8
c Huile recueillie (kg) 1,20 0,16 1 0,20
D Condensats totaux (kg) 600 200 1 200 480
E Rendement (C/A kg%) 0,30 0,16 0,25 0,20
F Huile/heure (CIB; kg/h) 0,40 0,04 0,16 0,025
G Condensats/heure (DIB kg %) 200 50 200 60
H Huile/condensats (C/D kg %) 0,20 0,08 0,08 0,04
1 Temps/huile (l/F; h/kg) 2,5 25 6 40
K Vapeur/huile (l/H) + 10 % (kg/kg) 550 1 375 1 320 2 660
L Matière première/heure (A/B; kg/h) 133 25 66 12,5

Tableau IV. Données numériques de distillation.

Matière première OIGNONS (matricaire) POIVRE (noir) graines

Type d'alambic Turbo Classique Classique ·Turbo Classique


20kW agiteur à hélice hélice + ancre
Volume utile (L) 700 800 1 ()()() 1 ()()() 1 ()()()

A Chargement (kg) 900 100 100 180 100


B Durée de distillation (h) 3 IO 10 4 8
c Huile recueillie (kg) 0,135 0,070 0,100 5,76 2,70
D Condensats totaux (kg) 600 1 ()()() 1 ()()() 800 640
E Rendement (C/A kg%) 1,50 1 1,25 3,2 2,7
F Huile/heure (CIB; kg/h) 0,045 0,007 0,010 1,44 0,33
G Condensats/heure (DIB kg %) 200 100 100 200 80
H Huile/condensats (C/D kg %) 0,022 0,007 0,010 0,72 0,42
1 Temps/huile (l/F; h/kg) 22 142 100 0,7 3
K Vapeur/huile (l/H) + 10 % (kg/kg) 4 900 15 700 11 000 152 260
L Matière première/heure (A/B; kg/h) 300 70 80 45 12,5
- ,._ _______ .. ____ L..J<.-----
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Il. 1.3 Procédés en benne tractée (cuves mobiles)

Ce mode de distillation utilise le principe de distillation classique mais évite de nombreuses manipulations
par chargement des bennes-cuves de distillation directement au champ.

Développé aux États-Unis, ce procédé y est principalement employé pour la production d'huile essentielle
de menthe. Le principe est illustré à la Figure 5.

La plante coupée et préfanée est récoltée dans le champ au moyen d'une broyeuse-ensileuse qui emplit
directement la benne par une ouverture pratiquée à cet effet. La benne dispose sur son fond de tubes
perforés pour pennettre la diffusion de vapeur. Ainsi, la benne pleine de végétaux broyés est conduite près
de la fenne sur un site de production de vapeur. Elle est connectée dans sa partie basse à la source de
vapeur et dans sa partie haute à un ensemble condenseur s'écoulant dans une série de vases florentins.

Cette technique présente l'avantage de ne nécessiter qu'une main-d'œuvre réduite, de pennettre de


véhiculer un végétal broyé en enceinte pour une distillation quasi extemporanée sans perte de produits
volatils et d'évacuer par retour les déchets directement dans le champ pour enfouissement.

Des distillations de lavandin en gerbe, de menthe et de fenouil ensilés verts ont été réalisées selon cette
technique (fableau V).

Tableau V. Distillation en benne mobile et en alambic traditionnel de lavandin en gerbe,


de menthe et de fenouil ensilés verts.

Alambic classique, 6 000 L Cuve mobile

Essai 1 Essai 2 Essai 3 Essai 1 Essai 2 Essai 3

Lavandin abrlal
Charge (kg) 760 850 710 1580 1760 1600
Durée dist (h et min.) 35 35 35 1 h40 1h30 1h30
Essence obt. (kg) 29 30,5 22 58 60 49,5
Débit moyen (kg/h} 500 580 550 720 900 810
Vapeur conso. (kg) 290 335 321 1240 1350 1215
Vapeur conso. (kg/kg essence) 10 11 14,6 24,5 22,5 24,5
Rendement (% x 10) 3,8 3,6 3,1 3,7 3,4 3,1

Fenouil vert
Charge (kg) 1800 1840 1760 4960 5210 4900
Durée dist (h et min.) 1h30 1h30 1h30 3 h OO 3 h OO 3 h OO
Essence obt (kg) 10 10,3 12 27 29,2 31,4
Débit moyen (kglh) 500 550 540 750 800 730
Vapeur conso. (kg) 750 825 810 2250 2400 2190
Vapeur conso. (kg/kg essence) 75 80 68 83 82 70
Rendement (% x 10) 5,5 5,6 6,8 5,45 5,6 6,4

Menthe verte
Charge (kg) 2530 2410 4430 4920
Durée dist (h et min.) 1 h40 1 h40 3 h OO 3 h OO
Essence obt (kg) 6,45 5,6 10,8 11,3
Débit moyen (kglh) 570 550 550 580
Vapeur conso. (kg) 1000 920 1620 1740
Vapeur conso. (kg/kg essence) 147 165 150 154
Rendement (% x 10) 2,5 2,3 2,4 2,3

72
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

1) La coupe 6) Branchement des tuyaux de vapeur

3) Transfert de la cuve sur camion avant départ pour la distillerie 8) Distillation

4) Arrivée de la cuve sur l'unité de distillation 9) Fin de distillation départ de la cuve


.'•.;•
• -jor-

'""'1'
~~':
~
5) En attente de distillation 10) Epandage sur la champ du contenu de la cuve

Figure 5. Distillation en cuves mobiles : description du procédé.

73
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

1l

0
.le

Figure 6. Suivi de distillation en cuve mobile, avec différents débits.


Relevé du poids d'essence obtenu toutes les 10 minutes.

Les remarques suivantes ont été faites : les rendements obtenus permettent d'affirmer que l'épuisement
du végétal se fait aussi bien qu'en alambic classique; l'ensilage du végétal favorise son tassement et
ramène la consommation de vapeur à celle que l'on a traditionnellement; les qualités analytiques et
olfactives des essences obtenues sont tout-à-fait comparables à celles obtenues en alambic classique.

Ce procédé performant pour de grandes exploitations nécessite une optimisation des conditions du temps
de chauffe de la masse de végétal contenu dans la benne en fonction du débit de vapeur.

En résumé, la durée de chauffe peut être réduite; cependant, bien que l'extraction s'effectue dans un délai
court (10 à 20 minutes), la diminution du temps de distillation demeure faible.

Le compromis suivant est alors proposé : pendant les dix premières minutes, le débit de vapeur est de
l'ordre de 1100 kg/h, il est ensuite ramené à 750 kg/h jusqu'à épuisement, la consommation de vapeur
et la durée d'extraction étant ainsi simultanément abaissées (Figure 6).

11.2 Procédés en continu


Deux sociétés ont développé cette technique : la société BIOLANDES et la société AROMAPROCESS.

11.2. l Procédé BIOLANDES


BIOLANDES, spécialiste de la valorisation de la biomasse, propose un procédé d'hydrodistillation en
continu pourla production d'huiles essentielles qui économise main-d'œuvre et énergie. Comparativement

74
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

aux distillations traditionnelles en batch, ce procédé entièrement automatique pennet de traiter dans un très
court laps de temps une grande quantité de végétal, sans main-d'œuvre.

De plus, lié à la valorisation des résidus de distillation en un combustible sec, il pennet une autonomie
énergétique totale de l'unité avec un rendement « matière »de 80 p. 100.

Ce procédé et l'appareillage sont adaptés à de nombreux types de végétaux, tels que : estragon, basilic,
romarin, menthe, thym, divers conifères, genévriers, cyprès, eucalyptus, ciste, de même qu'aux écorces
et aux sciures.

Les moyens techniques

L'unité de distillation en continu

Trémie à fond mouvent rapide


pour décharger les ce.miens
Condensateur
Trémie à fond mowant lent
commandé par les alambics

Broyeur

Figure 7. Schéma de traitement de la matière.

Avant de pénétrer dans l'alambic, le produit prébroyé est jeté dans des fonds mouvants de grande capacité
(90 m3), puis rebroyé pour pouvoir être traité en continu. Les brins ont environ 2 à 5 cm de longueur. Ce
broyage accélère la vitesse d'extraction des essences. Le produit broyé doit être immédiatement distillé
afin d'éviter les fennentations qui se déclenchent assez rapidement, altérant et modifiant la composition
des essences.

La distillation en continu repose sur une extraction réalisée alternativement dans deux cuves de 7,5 m3,
soit 15 m3 de végétal broyé, traité dans le même temps (Figure 8).

Cette distillation en continu pennet de répondre aux trois premiers objectifs recherchés : traiter de grandes
quantités de végétal, par exemple, 3 t/h de pin, 1,5 t/h de genévrier, ou 250 kg/h de ciste; aucune main-
d'œuvre pour la manipulation du végétal, sauf la surveillance et la maintenance; garantir la qualité de
l'essence, puisqu'après définition des paramètres (temps de séjour, quantité de vapeur injectée), le
microprocesseur de commande assure la régularité de la production.

75
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Entrée .,.---......---.
Matière verte

Phall!l I

~=~· ....,.......,.,,...,._...
Phase Il

Alambic en destillation Alambic en chargement et déchargement

Phœe Ill

Figure 8. Schéma de fonctionnement de la distillation.

La récupération des chaleurs latentes de distillation

Alors que traditionnellement le mélange vapeur + huile essentielle est condensé dans des serpentins
refroidis par d'importantes quantités d'eau froide, avec perte des chaleurs latentes, le système Biolandes
récupère ces chaleurs latentes sous tonne d'air chaud.

Un aérothenne de capacité d'échange suffisant, balayé par un flux d'air calculé, pennet de transfonner
la vapeur à 100 °C en eau à 100 °C qui tennine son refroidissement dans un serpentin, pour arriver à

76
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

20 °C. Cet air chaud est ensuite utilisé dans un séchoir pour obtenir un produit le plus sec possible,
permettant d'atteindre un rendement de combustion de 0,8 dans une chaudière à bois, automatisée, à foyer
à vis.

Ce système de condensation a donc deux mérites : élimination de besoins importants en eau froide et
autonomie énergétique totale.

Dans le cas du pin maritime et du ciste, le résidu végétal de distillation séché est largement suffisant pour
fournir l'autonomie énergétique de leur distillation.

Les objectifs peuvent être de différents ordres : permettre le traitement de grandes quantités de végétal en
un temps relativement court; diminuer les cofits de main-d' œuvre liés à des manipulations successives dans
la fabrication des huiles essentielles tout en améliorant leur qualité et en assurant leur constance; assurer
l'autonomie énergétique de l'ensemble, d'où économie d'énergie; valoriser les résidus de distillation non
utilisés, comme combustible.

Le procédé en continu a été adapté pour les extractions aux solvants; l'étanchéité se fait naturellement,
en entrée et sortie, par les bouchons de végétaux.
_ _ _ _ Eau

Î l Î Condensateur

Matière verte
Vapeur
+
Huile
--+
l Matlêresè~e
bio.œmbustible

l/ Vapeur

Alambic

\. Broyat distillé

Figure 9. Schéma énergétique de l'unité BIOLANDES.

11.2.2 Procédé AROMAPROCESS (Système FRILLI)


Un système modulaire simple a été adopté pour la distillation en continu des plantes aromatiques; il dérive
d'une technologie largement éprouvée pour la récupération de l'alcool contenu dans les marcs de raisin
fermentés.

Ce procédé d'entraînement à la vapeur s'applique en effet à la plupart des plantes en vert, plus
précisément à celles dont la distillation des essences est relativement rapide. Entrent dans cette catégorie
les plantes qui sont épuisées dans un alambic statique à vapeur en moins d'une heure, comme la menthe
ou la lavande.

77
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

HuUe essantlele

Figure 10. Distillation continue de plantes aromatiques (1 : découpeur; 2 : trémie d'alimentation;


3 : vis d'entraînement; 4 : condenseur; 5 : vase décanteur; 6: vis d'évacuation des déchets).

Principe
L'appareillage est de conception très simple : une structure horizontale comporte plusieurs modules
superposés abritant chacun une vis sans fin de fonne spécifique. Ces modules sont montés en série et
alimentés gravitairement en cascade.

Chaque module, cylindrique, offre un parcours intérieur de 5 mètres. Les matières végétales sont entraînées
en continu, du haut en bas de l'installation, sur un trajet d'autant de fois 5 mètres que l'ensemble
comporte de tubes.

La conception particulière des vis de transfert provoque la fonnation de « bouchons » de matière végétale
à intervalles réguliers.

Ces bouchons sont traversés par un flux de vapeur à contre-courant parfait Il en résulte un épuisement
méthodique des plantes, jusqu'à 98 p. 100 des essences présentes pouvant être extraites, avec une
consommation spécifique de vapeur minimale.

Avantages
Toutes les particules végétales sont traitées de manière parfaitement unifonne, car le diamètre des
«bouchons »ne dépassant pas 50 cm, il n'y a pas de tendance au« renardage ». De plus, un brassage
efficace s'effectue continuellement entre deux bouchons successifs. Les vapeurs sortant au sommet de
l'appareil ont été progressivement enrichies en huile essentielle. La consommation de vapeur est donc
réduite au minimum : elle se situe en pratique entre 50 et 100 kg/h par tube.

Deux paramètres influent sur cette consommation avec une égale importance : la nature de la plante et son
taux d'humidité. La distillation continue pennet de travailler sur des végétaux en vert, avec des
consommations de vapeur limitées. Le temps de séjour des végétaux dans l'ensemble de l'installation est
très court par rapport aux procédés discontinus : les essences sont en particulier dépourvues de toute note

78
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

empyreumatique de distillation. De plus, toutes les parties en contact avec vapeurs et liquides sont en acier
inoxydable.

La paille épuisée qui sort du distillateur continu n'est pas « brfilée ». Elle peut, dans certains cas, faire
l'objet d'une extraction complémentaire par un solvant, de préférence dans un extracteur continu installé
en ligne à la suite du distillateur. Dans d'autres cas, elle constitue, par la régularité de sa coupe et par sa
stérilité, une bonne base de fabrication de compost La main-d'œuvre nécessaire est réduite à 1 ou
2 personnes, selon le degré d'automatisation adopté.

Capacité
La capacité de traitement de ces appareils continus est importante et dépend notamment de leur nombre
de tubes. Plus ce nombre est élevé (de 2 à 5), plus la vitesse de transfert par les vis peut être accrue. Dans
cette gamme d'appareils, des capacités de 500 kg à 2 t/h sont obtenues sur la menthe en vert.

Pour des capacités plus importantes, des appareils à 4 ou 5 tubes sont couplés en batterie de deux rangées.
L'ensemble comporte un dispositif d'alimentation commun et un système de condensation et décantation
commun. L'injection de vapeur se fait en parallèle, à la base de chaque rangée de tubes, 2 manomètres
permettant de contrôler la répartition de la vapeur.

Alimentation du système
L'un des paramètres à maîtriser pour un fonctionnement correct de l'installation et un épuisement parfait
du végétal est la préparation de celui-ci : une coupeuse a été mise au point à cet effet Elle assure une
coupe régulière et homogène en longueurs inférieures à 5 cm, les risques de perte d'essence par
volatilisation ou oxydation étant réduits au minimum.

L'installation complète de distillation continue comprend une trémie de réception des bennes de matière
première : cette trémie de plusieurs mètres cubes garantit une alimentation régulière et automatique des
herbes, grâce à son fond mouvant et à son démêleur rotatif.

Pour des raisons de commodité d'approvisionnement et de maintenance, la coupeuse est installée au sol;
la plante hachée est rapidement dirigée vers la trémie d'alimentation du distillateur par un élévateur sous
caisson étanche.

Étanchéité vapeur et sécurités


L'étanchéité du système est assurée à tous les niveaux : à la trémie d'alimentation, parun bouchon végétal
formé par la vis d'alimentation; aux extrémités des tubes horizontaux, sur les arbres des vis, par des
presse-étoupes facilement observables et accessibles; à la sortie des marcs épuisés, par un système à vis
de bourrage assurant simultanément un essorage.

Toutes les sécurités nécessaires sont prévues : pour la trémie d'alimentation, détecteur de niveau haut; pour
les moto-variateurs, protection magnéto-thermique.

Polyvalence de l'installation
Le matériel peut être utilisé pour diverses opérations de contact méthodique entre un solide finement divisé
et un fluide : par exemple, blanchiment, désodorisation ou stérilisation par vapeur ou air chaud,
désinsectisation par un gaz.

À noter également l'utilisation possible en désolvanteur des marcs à la sortie d'un extracteur continu.

79
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

1/.3 Innovation

Un nouveau procédé a été développé par la société FLA VOURTECH comprenant principalement une
colonne à cônes rotatifs qui pennet l'obtention à froid d'huiles essentielles; cette colonne à cônes rotatifs,
conçue par le CSRIO de Sydney, pennet de récupérer de 20 à 70 °C en 2 à 10 minutes les huiles
essentielles de végétaux aromatiques préalablement broyés et mis en suspension aqueuse.

Une essence de menthe poivrée obtenue par ce procédé est exempte de menthofurane et ne présente pas
les produits de décomposition trouvés avec l'entraînement à la vapeur d'eau.

Un pilote pennet de passer 1000 litres/h de suspension de plantes aromatiques, jus, huile à désodoriser ou
tout autre produit Huit installations industrielles (FF 2,5 M) sont déjà opérationnelles pour le traitement
des jus d'agrumes, café, vin et bière sans alcool.

La colonne à cônes rotatifs (CCR) est un appareil à étages multiples de transfert de masse se composant
d'une série de cônes tronqués stationnaires et rotatifs alternés comme on peut le voir sur aux Figures 11,
12 et 13. Au cours de l'opération, le produit est introduit en haut de la colonne et s'écoule le long de la
paroi supérieure des cônes stationnaires sous l'influence de la gravité et s'étale sur la surface supérieure
des cônes rotatifs en un film mince sous l'effet de la force centrifuge. Le gaz de stripping pénètre à la base
de la colonne et coule à contre-courant de la phase liquide dans l'espace laissé entre les cônes rotatifs et
stationnaires.

A ~ . .A
i/71
'\}

Figure 11. Schéma de l'installation de récupération d'essences Flavourtech (A: alimentation en produit; B: gaz
de stripping/essences; C : gaz de stripping; D : sortie du produit; E: extrait d'essences; 1 : silo
d'alimentation en produit; 2 : pompe d'alimentation; 3 : régénérateur de chaleur; 4 : chauffage du
produit; 5 : chauffage de réinjection; 6 : colonne à cônes rotatifs; 7 : pompe de décharge du produit;
8 : pompe de réinjection; 9 : refroidisseur du gaz; 10 : cyclone de condensation; 11 : pompe à
condensé; 12 : compresseur à gaz; 13 : refroidissement du liquide d'opération; 14 : cyclone de
condensation; 15: chauffage du gaz; 16: pompe à vide du système; 17: cyclone de la pompe à vide).

80
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

<.D @)

Figure 12. Schéma mécanique de la colonne cônes rotatifs (1 : entrée du


produit; 2 : sortie du produit; 3 : entrée du gaz; 4 : sortie du gaz; 5 : arbre
rotatif; 6 : cônes fixes; 7 : cônes rotatifs).

Figure 13. Coupe d'un jeu de cônes (1 : cône stationnaire; 2 : cône


rotatif; 3 pale; 4 : arbre de rotation).

11.3. 1 Caractéristiques de lappareil


Cônes tronqués rotatifs
fine pellicule liquide à forte turbulence pennettant un rapport de transfert rapide en phase liquide pour
une faible contenance;
chaque cône redistribue l'écoulement évitant la fonnation des gouttières; le liquide s'écoule comme
un tourbillon de vidange;
le trajet étendu du liquide et du gaz, obtenus par la spirale induite par la rotation, assure un haut
rendement;
les écoulements gravitationnel et centrifuge du film pennettent à la colonne de faire passer des liquides
très visqueux et des moûts à forte teneur en solides en suspension.

Pales
Pales spécialement conçues sur la face inférieure des cônes rotatifs donnant :
une phase gazeuse fortement turbulente conduisant à un rapport de transfert de masse élevé dans cette
phase;

81
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

chaque jeu de cônes (fixe et stationnaire) sert de pompe à gaz à flot radial; le gaz est, en fait, pompé
vers le haut de la colonne selon la vitesse de rotation des disques qui détermine l'action de pompage
et, par suite, la différence de pression; cela signifie que la baisse de pression est très faible et peut être
négative; ceci permet à la colonne d'opérer sous vide poussé et à basse température;
le courant gazeux se comporte comme dans un cyclone et des gouttelettes liquides sont constamment
recentrifugées dans le liquide donnant lieu à un faible entraJ."'nement du liquide par le gaz.

Conception à étages multiples


Permet une plus grande concentration des produits volatils, un usage plus efficace du milieu de stripping,
un courant plus rapide pour une marche donnée et un taux d'alimentation en gaz de stripping beaucoup
plus faible.

Réinjection de chaleur
Une partie du produit strippé est réchauffée et réintroduite à la base de la colonne pour combattre la perte
de chaleur par évaporation et par radiation au lieu de surchauffer à l'alimentation.

Stripping par gaz inerte


Dans certaines applications un gaz inerte peut être utilisé à la place de la vapeur, ce qui signifie que : des
gaz de faibles masses moléculaires d'une plus grande efficacité de séparation peuvent être employés; le
gaz peut être recyclé et le coüt est donc indépendant de la vitesse de circulation; la charge sur la pompe
d'évacuation est plus faible; le refroidissement n'est pas nécessaire; l'évaporation sans ébullition est
possible.

11.3.2 Avantages
Les avantages de la colonne à cônes rotatifs sont les suivants : production d'essences de haute qualité avec
de très faibles dommages thermiques; production d'essences et de produits volatils concentrés ne
nécessitant pas de rectification; appareil compact occupant un espace et une hauteur limités; économies
d'énergie substantielles; pertes de matière minimes par rapport aux systèmes conventionnels d'extraction
des essences; dommages thermiques réduits du produit strippé.

11.3.3 Applications
Ce procédé a des applications dans les secteurs suivants : traitement du vin; traitement des citrons;
traitement des jus de fruits et de légumes; traitement de la bière et du cidre; café instantané; graisses et
huiles animales et végétales; huiles essentielles.

11.4 Les unités mobiles


Les unités de distillation jusqu'ici présentées sont fixes, le végétal étant véhiculé jusqu'à elles. Lorsque
les exploitations sont morcelées et que les conditions de distillation des plantes aromatiques sont
rigoureuses, leur transport, parfois long, peut être préjudiciable à leur qualité.

Face à ce problème, des unités mobiles ont été créées, soit de type classique par les établissements
EYSSERIC (Figure 14) ou en continu, type FRILLY, par la société AROMAPROCESS (Figure 15).

Le gabarit du porteur permet l'association de deux cuves dans le premier cas et de deux à six tubes dans
le second. L'ensemble peut être rendu quasi autonome avec chaudière à vapeur, réfrigérant atmosphérique
et, si nécessaire, groupe électrogène.

Les avantages de telles unités sont de pouvoir suivre les récoltes de plantes aromatiques dans des zones
successives et donc d'assurer un amortissement plus rapide du matériel, et de pouvoir distiller des herbes
très fraîches, ou encore à un stade de préfanage très précisément fixé.

82
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

---tt
~·~
·~Wl-,j

t-----"""--+---------J:___· a.·--:-----L--.. -. ---+-:-· -~ .

Figure 14. Basse pression; combustible : fuel ou gaz.

Figure 15. Unité mobile de distillation continue de plantes à parfum (1 : générateur de vapeur; 2 : trémie
d'alimentation; 3 : tubes de distillation; 4 : condenseur-réfrigérant; 5 : extraction des marcs).

Ill Valorisation
Quel que soit le procédé d'entraînement à la vapeur d'eau mis en œuvre, on obtient toujours une huile
essentielle, des eaux de décantation chargées en substances aromatiques et, à plus de 99 p. 100, des
déchets de distillation.

83
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

111.1 Valorisation des ex.traits aromatiques


Ill. 1. l Cas des huiles essentielles
Les huiles essentielles représentent 0,1 à 5 p. 100 de la masse globale traitée par hydrodistillation; elles
peuvent être commercialisées en l'état Si elles existent sur le marché, elles doivent présenter les
caractéristiques des normes existantes. Si elles sont originales, un temps relativement long sera nécessaire
après démarchage pour les faire apprécier par les professionnels et les persuader de les tester dans de
nouvelles formules (2 à 6 ans sont parfois nécessaires). Dans cette démarche, un critère incontournable
est à prendre en compte : la qualité; celle-ci dépend, en grande partie, du choix du végétal, de la conduite
de la distillation, de leur conservation.

Elles peuvent être utilisées dans de nombreux domaines : arômes, parfums, savonnerie, cosmétologie et
pharmacie. Ce dernier domaine permet les plus-values les plus importantes mais ne représente qu'une
faible proportion du marché.

Ill. 1.2 Cas des eaux aromatiques


Les eaux recueillies lorsque la majeure partie des huiles décantent sont fortement chargées en substance
aromatisante : on les appelle plus communément les eaux florales. Elles peuvent être utilisées en
cosmétologie pour la fabrication de savons, shampooings et bains moussants.

111.2 Valorisation des déchets


Les traitements à la vapeur d'eau des plantes aromatiques conduisent à des résidus ne présentant qu'une
faible valeur marchande. Ils sont bien souvent brillés pour la production de vapeur ou épandus dans les
champs comme fumure annexe.

Lorsque les déchets d'abattage de résineux ou de feuillus (eucalyptus) ont été traités à la vapeur d'eau,
les déchets résultants, appelés « mouka », peuvent être l'objet de valorisation variée telle que la fabrication
de compost, de terreau, de combustible ou d'additif pour l'alimentation animale.

111.2. 1 Compostage
Le compostage peut être défini comme un processus d'humidification thermophile aérobie.

Pour mener à bien cette fermentation, seul un procédé économique de compostage en tas et sur aire est
à envisager. Par ailleurs, les facteurs décrits ci-après doivent être connus et maîtrisés : la nature des
produits à composter; l'humidité; l'aération; le pH; les taux de carbone et d'azote et le rapport C/N; la
température; l'ensemencement.

Nature des produits à composter


Il est indispensable de prendre en compte : la composition chimique du produit (richesse carbone/azote),
les proportions de lignine et de cellulose et la texture de base du produit (broussailles, copeaux de bois).

L'humidité
Vitale pour le métabolisme des microorganismes, elle est réalisée par aspersion lors de l'élaboration des
tas. Le taux optimal dans le cas particulier des résineux est de 70 p. 100. Pour avoir une rétention
convenable, il est nécessaire de faire un broyage en tête de compostage à l'aide d'un broyeur à marteau.

L'aération
Elle est tout aussi importante que l'humidité; il est nécessaire de tenir compte des ajouts éventuels de
fumier ou de fiente qui la diminuent. La solution la plus efficace consiste à faire un brassage des tas une
à deux fois par mois, ce qui facilite l'ajout d'eau et d'azote.

84
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

LepH
Lorsque la matière première est acide, il n'est pas nécessaire de relever le pH; un choix judicieux de
matière première végétale doit permettre d'obtenir un compost légèrement acide, cette acidité disparaissant
lors du processus aérobie.

Les taux de carbone et d'azote et le rapport C/N


Carbone et azote sont des constituants de base lors d'un processus microbiologique. Les produits forestiers
étant pauvres en azote, un apport chimique (urée) ou organique (fiente, fumier) permet d'équilibrer le
rapport C!N compris entre 45 et 55 p. 100.

La température
Des relevés réguliers de température permettent de contrôler le déroulement de la fermentation. Les
températures maximales des composts forestiers sont de l'ordre de 60 à 70 °C.

L'ensemencement
Le démarrage de la décomposition peut être réalisé par l'apport de matière décomposée ou l'ajout de
produits déjà riches en microorganismes, tels que fientes, fumier. Lors du processus de compostage, une
perte volumique de 50 p. 100 est observée.

111.2.2 Élaboration des produits finis


À partir du compost de base, une gamme de terreaux horticoles peuvent être fabriqués; il est nécessaire
de réaliser des ajouts : de tourbe (disponibilité en eau); d'écorce (aération); d'engrais (riche en N, P, K).

À titre d'exemple, citons :

les terreaux horticoles standard, pour plantes à cycle court (plantes à massif, géraniums) : 75 p. 100
de compost; 25 p. 100 de tourbe blonde.

les terreaux horticoles pour plantes vertes, (pour cultures de plantes préférant un milieu assez
humide) : 60 p. 100 de compost; 40 p. 100 de tourbe blonde.

les terreaux pépinières, pour les plantes ornementales extérieures (arbustes et conifères extérieurs
élevés hors-sol, c.-à-d. en contenant): 45 p. 100 de compost; 20 p. 100 de tourbe blonde; 35 p. 100
d'écorce compost.

des amendements chimiques destinés aux cultures marai"chères et à la viticulture, qui améliorent le taux
d'humus et la structure du sol : un profil N/K/P plus élevé est obtenu par un ajout plus important de
fumier lors du compostage.

111.2.3 Compostages des moukas « Auvergne »


Les compostages des moukas « Auvergne » se sont déroulés normalement comme le montrent les relevés
de température, de pH de conductivité et des taux d'azote (Figure 16; Tableau VI). Le pH élevé et
l'augmentation de la conductivité traduisent une bonne dégradation.

L'étude réalisée s'est déroulée sur une année; ce temps relativement court ne nous a pas permis d'étudier
la valorisation de la mouka dans les domaines du combustible et des additifs alimentaires.

85
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

.,
,,
.. C.."OUUI: cWs1QOB

<4

40

"'
r•

••
.__
l'I
_________ _____________ ___________
t
__..__
D
,
u Q T ~ .

Figure 16.

Tableau VL Évolution des pH, conductivité et nitrates du compost au cours de sa formation.

Date TAS n° 1 TAS n° 2 TAS n° 3

Pin sylvestre Sapin Douglas

pH ms N03 pH ms N03 pH ms N03

04,{)5 4,2 - - 3,8 - - 4,2 - -


19~5 4,0 - - 4,5 - - 4,0 - -
02.iU6 4,8 - - 4,5 - - 4,5 - -
15~6 4,8 - - 4,4 - - 5,0 - -
29~6 5,5 - - 4,4 - - 4,9 - -
1m1 5,5 0,40 - 5,5 0,50 - 5,0 0,30 -
28m 5,2 - - 5,0 - - 5,0 - -
11~8 5,8 0,35 0/30 5,5 0,45 - 6,0 - 0/30
25~8 6,4 0,60 - 5,8 0,90 200 6,4 - 200
07~9 6,6 - - 6,0 - - 6,2 - -
21~9 6,9 0,65 100 6,3 0,90 100 6,8 0,6 100
05/10 7,0 0,45 30/100 6,4 0,95 250 7,2 0,55 30/100
15/10 6,8 - - 6,0 - - 6,8 - -
05/11 6,0 0,50 30/100 6,2 0,80 200 7,0 0,45 30/100
20/11 6,8 0,65 - 6,5 0,75 - 6,6 0,50 -
03/12 6,9 - - 6,8 - - 6,0 - -
11/12 6,1 0,70 30/100 6,1 0,90 250 7,0 0,65 200
01m 7,0 - - 6,4 - - 6,8 - -

111.2.4 Obtention de biocombustible


Nous exposons maintenant les résultats que la Société Biolandes a obtenus à partir des résidus de
distillation de pin maritime pour l'obtention de biocombustible et d'additifs en alimentation animale.

86
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Les résidus de distillation peuvent être rebroyés et séchés à 15 p. 100 d'humidité. Cette dernière opération
peut être peu co6teuse si l'énergie nécessaire est récupérée à l'aide d'un échangeur air/vapeur en sortie
d'alambic. Le produit obtenu pennet d'alimenter des chaudières automatiques à bois; il présente les mêmes
caractéristiques qu'un combustible fossile. Les manipulations sont aisées : l'alimentation peut s'effectuer
à l'aide d'une chaudière adaptée par vis sans fin. Le produit ne contient pas de silice; il n'y a donc pas
de fonnation de mâchefer; il possède un taux de cendre bas ( < 2 p. 100); il présente des caractéristiques
constantes (humidité, granulométrie); son stockage est aisé (pas de fennentation), mais encombrant.

Ce produit se trouve en concurrence direct avec le bois, la sciure, le fuel. Bien que son prix de revient
soit relativement bas, les surco6ts pour l'aménagement des chaufferies et la construction de silos de
stockage font que la rentabilité d'un tel système est alors étroitement liée au cours international des
matières concurrentes, en particulier celui du pétrole.

111.2.5 Utilisation des résidus de distillation des rameaux de pin maritime en alimentation animale
La mouka est constituée de 55 à 60 p. 100 d'aiguilles et de 40 à 45 p. 100 de bois; elle a un taux
d'humidité de 12 à 15 p. 100. Des analyses complètes ont été réalisées; elles ont pennis de prouver la
présence des acides aminés indispensables (arginine, histidine, isoleucine, leucine, lysine, thyrosine,
thréonine et valine), de même que l'absence de toxicité.

L'énergie disponible théorique est de l'ordre de 0,42 UFL/kgMS. Nous avons retenu la valeur de 0,3 pour
équilibrer les rations lors des expérimentations; celles-ci ont été réalisées sur trois groupes de cinq brebis
pendant 8 jours selon le Tableau VII suivant :

Tableau VIl.
Lotn° Produit Concentré MS UR. MAD
de distillat (g/animal) (g/animal) (g/animal) (g/animal)
(g/animal)
5j 1 400 750 972 0,88 103,8
2 600 700 ll05 0,88 96,9
3 800 650 1238 0,88 90

3j 1 600 600 1022 0,78 83


2 800 550 1155 0,78 76
3 1000 500 1288 0,78 69

Les remarques suivantes peuvent être faites : l'appétence du produit n'est pas un facteur limitant; la
rumination est nonnale; le produit sans concentré est consommé immédiatement; il est également préféré
au foin.

À la fin de l'expérience, la viande d'une bête a été consommée. La carcasse présente un aspect nonnal
et la viande, aucun go6t particulier.

IV Projet d'implantation et réalisation concrète en Auvergne


Quelle unité faut-il installer en Auvergne ? Compte tenu des nombreuses valorisations possibles, il est
nécessaire d'inventorier les possibilités existantes.

La région de l'Auvergne est, par tradition, productrice de plantes aromatiques et à parfwn (gentiane,
angélique, narcisse, jonquille, mousse d'arbre, reine des prés, sureau, frêne, cynorllodon, aubépine, etc.).
Peu se distillent, d'où la nécessité d'implanter (menthe, sauge, origan, thym, par exemple).

87
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Une grande partie de la superficie est boisée (pin sylvestre, douglas, épicéa, sapins). Ce potentiel forestier,
exploité uniquement pour son bois, représente un volume de rémanents importants voués à ce jour à
l'abandon.

Quelle partie est réellement exploitable ? Pour l'estimer, il faut prendre en compte : la disposition des
propriétés; l'accessibilité aux engins de récolte (ensemble tracteur-broyeur-remorque); le relief.

Une étude a permis d'estimer qu'il est possible de mobiliser environ 15 000 m3 de matière broyée, ceci
permettrait d'alimenter une unité de type BIOLANDES pendant environ 200 jours/an.

Compte tenu des coüts de fonctionnement, des investissements importants à réaliser, des valorisations
possibles et de l'obtention de produits nouveaux, les prétentions sont demeurées modestes dans leurs
investissements et grandes en ce qui concerne la qualité de la production.

Deux unités classiques ont vu le jour sous l'impulsion de deux associations, l' ARAPPAM et l' AREF; la
première est située au Mayet-de-Montagne en montagne bowbonnaise, la seconde à Saint-Hilaire en haute
Limagne. Distantes de 150 km, elles recouvrent une grande partie des surfaces boisées.

IV.1 Unité du Mayet-de-Montagne


Au Mayet-de-Montagne, l'unité de production fait partie d'une coopérative d'utilisation de matériel
agricole (CUMA). Elle a été fmancée à 80 p. 100 par la région Auvergne; le complément, couvert par un
emprunt souscrit par les membres de la CUMA, est à ce jour remboursé.

Cette unité est constitué par un bâtiment comprenant un générateur de vapeur (800 kg/h), deux cuves
(2500 litres et 6000 litres) et un ensemble échangeur-<lécanteur.

Les adhérents de la CUMA cultivent, récoltent et distillent.

La production d'huile essentielle, de l'ordre de quelques centaines de kg, est obtenue principalement à
partir de résineux, douglas, épicéa, et sapin, de pin sylvestre complémentairement et de plante aromatique
(menthe). La récolte de résineux est réalisée selon la méthode BIOLANDES (ensemble tracteur-broyeur-
remorque) sur des coupes fraîches et des zones d'élagage en lisière.

Les débouchés concernent principalement l'aromatisation, la cosmétologie et l'aromathérapie.

Le chiffre d'affaire relativement faible réalisé par la distillerie du Mayet-de-Montagne montre qu'elle est
loin d'être rentable à ce jour, et que si elle fonctionne encore, elle doit son maintien grâce au montage
financier d'investissement et à la participation active des membres de la CUMA.

IV.2 Unité de Saint-Hilaire


À Saint-Hilaire, une société d'une dizaine d'actionnaires, la société HELPAC a pris le relais de
l'association pour la recherche sur l'espace forestier sous l'impulsion active de M. Chambon.

La distillerie a été bâtie sous forme d'un atelier relais avec participation d'un organisme étranger et avec
un financement européen. Le générateur de vapeur a été acheté d'occasion. L'alambic et le condenseur
ont été réalisés à partir de matériels industriels déclassés.

La société produit des huiles essentielles de résineux et de plantes aromatiques; son objectif est de ·ne
produire que des produits naturels haut de gamme; l'ensemble de la production possède la mention Nature
et Progrès (culture sans engrais chimique, sans insecticide ou fongicide, avec des contrôles analytiques

88
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

périodiques (sols, plantes et huiles) imposés. Cinq années sont nécessaires actuellement pour obtenir cette
mention

Les cultures, en totalité manuelles, particulièrement longues et pénibles, sont réalisées par des agriculteurs
de confiance choisis par M. Olambon. Un contrat de production est établi entre les deux parties
répartissant équitablement les bénéfices et les risques.

La collecte des résineux se fait traditionnellement, branche à branche, sur des arbres sur pied par des
cueilleurs rémunérés. Les essences de résineux sont obtenues à partir de sapin, douglas, cèdre, cyprès, pin
sylvestre et laricio. Les plantes aromatiques traitées sont d'origine « Auvergne » telles que l'angélique,
l'achillée mille-feuille, le millepertuis, ou introduites (menthe, lavande, hysope, coriandre, origan).

Les débouchés de la société HELPAC sont principalement en aromathérapie à plus de 80 p. 100 à


l'étranger. Sur les deux sites des visites touristiques sont organisées et un jardin botanique a été créé par
la société HELPAC.

V Conclusion
La connaissance des procédés de distillation à la vapeur d'eau est indispensable pour réaliser une unité
de production; son choix dépendra des espèces à traiter, de leur volume, de l'originalité du produit obtenu.

La diversité des modes de valorisation connus, à condition que les volumes traités soient suffisant pour
la réalisation, doit permettre d'atteindre les seuils de rentabilité.

Quelques adresses
SARL MONTIER- Études et Réalisations Ets EYSSERIC et Fils
Agro-Alimentaires (Division Arômes) B.P. 4, 26110 NYONS, France
B.P. 4, F-20240
GHISONACCIA CUMAPAM du Mayet-de-Montagne
Fax: 33.95.56.18.75 Monsieur FOURNIER
Fumouse
AROMAPROCESS - Équipements et Procédés 03250 LE MAYET-DE-MONTAGNE
pour les Industries Aromatiques, Alimentaires Tel: 33.70.59.74.25.
et Chimiques
247-2, Allée Traversière HELPAC
06250 MOUGINS, FRANCE Monsieur CHAMBON
Fax : 33.92.92.20.32 Saint-Hilaire, 43390 AUZON
Tel: 33.71.76.13.81

89
l' ASPECT ÉCONOMIQUE DE LA TRANSFORMATION
DES PRODUITS NATURELS

PierreZAYA
Directeur, Programme technologie et environnement
Division de l'environnement et des ressources naturelles
Centre de recherches pour le développement international (CROI)
Ottawa (Ontario) Canada

Introduction
Les régions les plus pauvres du globe souffrent de lourds handicaps dans la course vers le développement.
On peut citer le manque de capitaux, le manque de main-d'œuvre qualifiée, une population en majorité
démunie et contrainte d'adopter des stratégies à court tenne qui mettent en péril la survivance à long tenne
des sociétés. Les populations locales doivent aussi faire face à une migration massive vers les villes, à la
destruction des forêts tropicales, à la désertification, à la pollution des sources d'eau potable, et à bien
d'autres problèmes encore.

La transfonnation des matières premières locales en produits naturels à haute valeur ajoutée est une
activité qui présente beaucoup d'intérêt pour les pays du Sud1. Elle pennet de diversifier les économies
locales et d'offrir des sources de revenus à des populations vivant presque uniquement de cultures de
subsistance. Les activités de ce type nécessitent des équipements, et donc des capitaux, relativement
modestes; les bénéfices peuvent être largement distribués panni les populations; enfin, la gestion de la
fabrication et des ressources végétales par les populations locales occasionne un impact minime sur
l'environnement.

Les observations présentées ici ont pour but de rappeler certains éléments à considérer lorsque l'on
envisage le développement de procédés pour la transfonnation des produits naturels. Elles ont été inspirées
par l'expérience collective du CRDI, et surtout par nos contacts avec de nombreux projets et chercheurs
du Sud, dont certains présentent leurs résultats ici-même.

Quels produits naturels ?


L'expérience du CRDI en ce domaine se rapporte principalement aux produits d'origine végétale. Ceux-ci
peuvent être des huiles végétales (utilisées pour l'alimentation ou pour faire des savons), des huiles
essentielles (extraites par distillation à la vapeur ou au solvant), des cires, des résines ou des gommes,
ainsi que les produits qui en sont dérivés par des moyens physiques d'extraction. Les remarques qui
suivent devraient s'appliquer également aux produits naturels d'origine animale et minérale, tant que
ceux-ci sont constitués de produits à haute valeur ajoutée avec des marchés restreints.

1. L'expression« pays du Sud »est utilisée ici au lieu des expressions antérieures de« pays en développement»,« pays
du Tiers-Monde », etc.

91
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Les utilisations de ces produits sont variées et parfois connues depuis des centaines d'années par les
populations locales : dans l'alimentation et les boissons, on les utilise comme arômes, colorants,
antioxydants, agents de conservation, épaississants, émulsifiants et édulcorants; dans le domaine des
cosmétiques et parfums, ce sont des fragrances, des huiles, des graisses, ou bien encore des colorants.
Certains sont utilisés comme médicaments ou insecticides. D'autres enfin sont commercialisés comme
produits intermédiaires dans l'industrie chimique.

Les circuits de distribution


On ne peut envisager la transfonnation de produits naturels sans avoir une bonne connaissance des moyens
par lesquels ceux-ci vont éventuellement arriver sur le marché, c'est-à-dire les circuits de distribution. Il
est remarquable que ces circuits de distribution soient similaires pour la plupart des produits naturels, que
ceux-ci soient des pierres précieuses ou des huiles essentielles, en Asie, en Afrique ou en Amérique Latine.
On peut distinguer quatre niveaux :

1. Le producteur produit la matière première de base et est quelquefois en mesure d'en contrôler l'accès
(exclusivité). Il est aussi souvent responsable de la transfonnation primaire d'une partie de cette matière
première.

Il a l'avantage d'une bonne connaissance du milieu naturel des plantes et des conditions écologiques qui
lui sont nécessaires. Dans beaucoup de cas, il peut aussi établir la fabrication de produit transfonné en
tenant compte d'une main-d'œuvre à bon marché.

Par contre, il doit faire face à des problèmes logistiques importants, dus à des infrastructures locales
déficientes (difficultés de transport, routes en mauvais état. interruption d'électricité, moyens de
communication défectueux ou inexistants). Ses ressources financières sont souvent trop faibles pour
pouvoir faire des investissements élevés, et ses connaissances en matière de gestion, de technologie et de
mise en marché sont souvent rudimentaires, car il appartient la plupart du temps au secteur infonnel.

2. L'exportateur organise la collecte des matières premières auprès des producteurs, parfois au moyen
d'un réseau d'agents indépendants. En plus de l'exportation, il opère parfois certaines transfonnations sur
le produit. ou effectue certains mélanges pour obtenir un produit de valeur à l'exportation.

Il a l'avantage d'une connaissance détaillée des producteurs locaux et des importateurs des pays du Nord,
et il est intégré au circuit commercial, grâce à ses connaissances des méthodes de gestion et à ses moyens
de communications. Il dispose aussi probablement de certaines connaissances techniques et d'un peu de
capital.

Il n'a toutefois que peu de connaissance des besoins réels de l'utilisateur final. Le capital est aussi coûteux
pour lui que pour le producteur.

3. L'importateur a comme fonction principale l'approvisionnement direct des marchés du Nord. Il


effectue aussi certaines opérations, telles que l'élaboration de produits intennédiaires (mélanges) et le
contrôle de la qualité.

Son atout principal est son réseau d'utilisateurs (clients) et d'exportateurs (fournisseurs). Il a accès à des
sources de capitaux et il possède généralement de bonnes connaissances techniques.

Par contre il ne connat"t pas les producteurs directs; et même s'il les connaissait, il serait sans doute dans
l'impossibilité de traiter directement avec eux, pour les raisons de logistique expliquées plus haut

92
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

4. L'utilisateur final est en général une finne d'un pays du Nord, spécialisée dans la fabrication de
produits de consommation tels que parfums, détergents, tabacs, boissons ou produits alimentaires.
L'utilisateur, seul ou groupé avec d'autres consommateurs du produit, peut donc imposer la présence du
produit sur le marché et est en mesure de dicter ses conditions, telles que nonnes de qualité et volume
d'achat.

Ses besoins sont clairs : prix du marché, quantités, tolérances de qualité, délais de livraisoIL Il dispose de
sources de capitaux et de connaissances techniques excellentes. Mais comme l'importateur, il est dans
l'impossibilité de traiter directement avec les producteurs.

Les producteurs de produits naturels des pays du Sud considèrent souvent l'opportunité d'esquiver certains
intennédiaires du circuit de distribution, c'est-à-dire ceux qui ont été nommés ci-dessus l'exportateur et
l'importateur. Il est certain que l'élimination d'une étape intennédiaire permet au vendeur d'avoir une
marge bénéficiaire plus avantageuse, car il n'est pas rare de voir le prix du produit (en $/kg) augmenter
de 50 p. 100 à chaque transaction. Mais il faut se rendre compte que ceci implique aussi le transfert des
responsabilités de l'intennédiaire éliminé, et que ce transfert se fait d'ordinaire vers l'amont, c'est-à-dire
que le vendeur du produit doit pouvoir les assumer. Les trois cas possibles sont les suivants :

Élimination de l'exportateur : Le producteur doit alors assurer les fonctions de l'exportateur. Il doit
pouvoir fonctionner dans le circuit fonnel, communiquer directement et sans problèmes avec l'importateur,
assurer la constance de la qualité et respecter prix et délais.

Élimination de l'importateur : L'exportateur doit assurer les fonctions de l'importateur et devient alors
responsable de l'élaboration éventuelle de produits intermédiaires ou de mélanges, ainsi que du contrôle
de la qualité. Cette situation peut devenir dangereuse si la vente du produit se fait à un client unique.

Élimination de l'exportateur et de l'importateur: Ceci correspond à une production exclusive et/ou


confidentielle. Ce cas très particulier possède à la fois des avantages et des inconvénients, sur lesquels il
n'est pas nécessaire de s'étendre ici.

Le marché
Le succès éventuel d'un produit dépend essentiellement de son marché. Après avoir examiné les résultats
de nombreux projets de recherche. à la fois succès et échecs. on peut affinner que les problèmes les plus
difficiles, les plus nombreux, et potentiellement les plus coûteux, dans le développement des produits
naturels ne sont pas des problèmes techniques, mais des problèmes de marché. La grande majorité des
projets de recherche et développement de produits naturels passe souvent par plusieurs itérations du circuit
suivant:

Quel est le marché ? Quel est le produit ?

/
Comment fournir le produit?

À partir d'une idée approximative du marché, un produit est défini, puis élaboré et testé sur un ou
plusieurs clients. Les réactions pennettent alors de décider si le produit est acceptable, ou bien si le

93
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

produit, ou les méthodes de production, devraient être modifiés pour ce même marché, ou encore si le
produit doit être modifié pour un marché différent du marché prévu à l'origine.

Un cas exemplaire est celui de l'huile essentielle d'armoise. Depuis de nombreuses années, ce produit est
élaboré au Maroc sous le nom d' « huile essentielle d'armoise de Marrakech », ear les armoises utilisées
venaient effectivement à l'origine de cette région du Maroc. Mais le développement de la ville, la
croissance des cultures céréalières et des troupeaux de chèvres et de moutons dans la région y ont fait peu
à peu dispanu"tre les armoises sauvages nécessaires pour la fabrication de l'huile. Les producteurs locaux
ont donc dû déplacer leurs sources d'approvisionnement vers d'autres régions du Maroc. Ils se sont alors
rendu compte que la composition des huiles obtenues était très différente del'« huile essentielle d'armoise
de Marrakech» telle qu'elle était fabriquée auparavant, et telle que les acheteurs l'attendaient. Une norme
(officielle ou non) s'était créée et le client exigeait la conformité à cette norme, même si les matières
premières qui avaient donné naissance à cette norme avaient disparu.

Les efforts de recherche de M. Bachir Benjilali (IA V Hassan II, Rabat) ont permis de mettre en évidence
l'existence de divers chimiotypes d'armoise, ainsi que leurs localisations géographiques approximatives.
Avec cette information, les négociants locaux (classés ci-dessus dans la catégorie des« exportateurs »)
peuvent maintenant reconstituer l '« huile essentielle d'armoise de Marrakech » en mélangeant des huiles
provenant de diverses régions du Maroc.

Dans ce cas, les besoins du marché étaient très clairs (au moins a posteriori). Cette étape est toutefois
beaucoup plus difficile dans le cas d'un produit nouveau. En général, on peut dire que l'identification du
marché est l'étape la plus cruciale et c'est un art. Elle exige à la fois : une bonne connaissance des
plantes locales; une bonne connaissance des marchés internationaux des produits de chimie fine; une bonne
connaissance des traditions locales des populations qui parfois utilisent déjà la plante et qui vont
éventuellement participer à son exploitation industrielle future.

Comme c'est souvent le cas pour résoudre intelligemment des problèmes pratiques, le plus difficile n'est
pas de trouver les réponses, mais de connaître les questions. Voici donc quelques questions auxquelles on
doit pouvoir répondre à un moment ou à un autre lorsque l'on se prépare à commercialiser un produit
naturel:

1. Quel sera le produit final ? Une huile essentielle pure ou mélangée ? Un produit raffiné, un produit
pur?
2. Quelle est la qualité requise ? Quelles sont les tolérances sur cette qualité ?
3. Quelle est la capacité de production de matières végétales (tonnes par an) de l'exploitation (de la
région ou du système écologique)?
4. Quelle sera la capacité de transformation (tonnes par an) nécessaire ? Ceci dépend, entre autres, de
la qualité choisie pour le produit.
5. Est-ce que les matières premières ont des propriétés constantes ? Les concentrations des produits
intéressants peuvent varier avec le matériel génétique de chaque plante, mais aussi avec le terrain, le
climat local, etc.
6. Quels seront les coûts de production et de transport ?
7. Avec quels délais pourra-t-on livrer les commandes?
8. Est-ce que toute « amélioration » de la qualité correspond effectivement à un désir du client ? Même
les « impuretés » contribuent parfois à la performance d'un produit.

94
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Évolution des marchés des produits naturels


Des réserves sont parfois exprimées vis-à-vis de l'opportunité du développement des produits naturels pour
les pays du Sud. Ces craintes peuvent se résumer comme suit :

a) Les marchés des produits naturels sont instables. Le cours d'un produit peut facilement varier de
50 p. 100 d'une année à l'autre, souvent par suite de changements dans la demande.
b) Les marchés sont relativement petits et se prêtent mal à la création de cultures extensives et de grandes
entreprises.
c) L'application de nouvelles technologies de synthèse ou de la biotechnologie permet souvent de
remplacer certains produits naturels par des produits élaborés dans les pays du Nord.

Par contre, on peut voir dans cette situation une occasion avantageuse pour les pays du Sud. Comme on
l'a déjà vu, la production de produits naturels peut souvent se faire avec peu de capital, par comparaison
avec la production d'autres produits manufacturés. Ceci permet une flexibilité de production qui serait
impossible avec des investissements beaucoup plus élevés. La réponse aux variations du marché peut se
faire grâce à la versatilité que permet la diversification en petits marchés et en petites entreprises.
Beaucoup de connaissances sur les produits naturels sont disponibles dans les pays du Sud, et c'est une
des tâches du CRDI que de faciliter la circulation et ! 'utilisation de ces connaissances.

Les produits naturels se sont développés sur des millions d'années, de pair avec la diversification des
espèces. Il est pratiquement certain que si une gestion globale adéquate permet de conserver les ressources
naturelles de biodiversité, des centaines, ou même des milliers de produits restent à découvrir et à
promouvoir sur le marché. Les produits naturels ont actuellement l'avantage d'être en vogue et de
bénéficier d'un marché croissant dans les pays riches du Nord. Dans le domaine des produits de
consommation, comme les insecticides ou les cosmétiques, il apparait même que de nombreux marchés
occupés à présent par des produits synthétiques pourraient être conquis par les produits naturels. Il faut
aussi souligner que beaucoup de molécules utilisées dans les produits naturels commerciaux sont très
difficiles à synthétiser et que, par conséquent, les coûts associés aux procédés artificiels de fabrication
resteront dans un futur à moyen terme trop élevés pour pouvoir envisager le remplacement de produits
naturels d'usage courant.

Les pays du Sud disposent en outre de deux avantages supplémentaires. Leurs ressources de biodiversité
sont beaucoup plus grandes que celles des pays du Nord : on estime qu'il y a autant d'espèces vivantes
dans un hectare de forêt tropicale que dans tout le Canada. D'autre part, les coûts de production dans les
pays du Sud sont souvent moins élevés, grâce à une main-d'œuvre à meilleur marché. C'est à cause de
ce facteur que l'on a vu par le passé beaucoup d'activités reliées aux produits naturels dispanu"tre
d'Europe. La soie était autrefois travaillée dans le sud de la France et en Italie. Cette activité s'est
maintenant déplacée vers divers pays du Sud, comme l'Inde et !'Extrême-Orient. De même, beaucoup
d'huiles essentielles autrefois élaborées dans les pays européens du Sud (France, Italie, Espagne)
proviennent maintenant des pays méditerranéens les moins riches (Turquie, Maroc, Égypte).

Pour un développement équitable et durable


Pour terminer ces quelques remarques, j'aimerais souligner quelques points importants en relation avec
le contexte général des projets de transformation des ressources naturelles.

Pour être rationnelle, une exploitation de la biomasse doit être durable et donc ne pas excéder les
possibilités de récupération du milieu. C'est pour cette raison qu'une telle entreprise est difficile dans les
forêts tropicales menacées de destruction. Si les produits manufacturés obtiennent du succès, cela implique
une augmentation de la demande, et donc une exploitation destructrice des ressources présentes dans la

95
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

forêt. Dans le meilleur des cas, si l'espèce végétale s'y prête et si la plante peut arriver relativement
rapidement à maturité, on pourra penser à des plantations; mais celles-ci se feront toujours sur un terrain
qui sera pris sur la forêt et l'exploitation des produits naturels impliquera donc presque toujours la
destruction du milieu naturel.

Il convient aussi de rappeler que le but des activités décrites ici, en ce qui concerne le CRDI, est le
développement des secteurs les plus pauvres de la population, grâce à la création d'emplois dans les petites
entreprises de transformation, et grâce à la création de nouvelles sources de revenus pour les populations
rurales qui cultivent les plantes. Il nous est apparu, au cours de nos vingt années d'activité, que ce résultat
ne pouvait être atteint que lorsque toutes les opérations de développement s'effectuaient avec la
collaboration des populations qui vont éventuellement bénéficier de ce développement, c'est-à-dire
principalement les groupes de producteurs locaux. C'est là une démarche qui peut parai1re difficile,
spécialement pour ceux de nos collègues qui se sont étroitement spécialisés dans la rigueur des méthodes
scientifiques. Mais nos collègues du Sud, qui sont parfois plus près des problèmes réels de développement,
et surtout ceux qui ont osé se lancer dans cette voie, savent que l'on obtient ainsi des résultats qui peuvent
être différents sur le plan scientifique, qui répondent exactement aux problèmes posés par les usagers, et
surtout qui fOumissent une contribution bien plus grande au bien commun de la société.

Dans tout projet de développement, pour pouvoir s'assurer que les avantages atteindront les bénéficiaires
voulus, il convient donc de préparer le terrain. Il faut 'labourer avant de semer. C'est pourquoi le CRDI
s'attache avant tout à développer l'organisation sociale des futurs producteurs, pour assurer le partage des
décisions durant la préparation du projet et la phase de recherche, le partage des responsabilités lorsque
la production commerciale pourra commencer et le partage des bénéfices lorsque ceux-ci arriveront.

96
LA COOPÉRATION Suo-Suo DANS TROIS PAYS D'AFRIQUE NOIRE
BÉNIN, TOGO ET GHANA

H. K. KOUMAGLO, K. Akpagana, 1. A. Glitho


Faculté des sciences, Université du Bénin
Lomé, Togo

1. ADDAE-MENSAH
Département de chimie, Université du Ghana
Legon, Ghana

M. MOUDACHIROU
Département de chimie, Faculté des sciences, Université Nationale du Bénin
Cotonou, Bénin

F.-X. GARNEAU
Université du Québec à Chicoutimi (Québec) Canada

Résumé

L'environnement socio-économique actuel exige une participation effective des universités africaines à l'effort
national de développement de leur pays par des actions concrètes dans le domaine de l'acquisition et de la rruuùise
des technologies nouvelles. Le rôle des universités africaines doit dépasser le cadre traditionnel de l'enseignement
et de la recherche universitaire. Il convient qu'elles agissent davantage sur les secteurs productifs en développant le
savoir-faire nécessaire à l'éclosion d'une industrie nationale. Les efforts conjugués dans le cadre d'une intégration
régionale, mettant en commun des moyens et des compétences, permettront d'aboutir à des produits plus utiles et
plus compétitifs. L'Université Nationale du Bénin (au Bénin), l'Université du Bénin (au Togo) et l'Université du
Ghana (au Ghana) se sont associées dans un projet de recherche et développement sur la création de petites
entreprises par la valorisation des plantes à huiles essentielles. Lippia multiflora (Verbénacées), Diplolophium
africanum (Ombellifères), Hyptis suaveolens (Lamiacées), Clausena anisata (Rutacées), Cymbopogon citratus,
Cymbopogon nardus (Graminées), et Hoslundia opposita (Lamiacées), ont été retenus. Pour chaque équipe, les
actions seront menées dans l'espace géographique des trois pays. Une carte géographique des peuplements sera
établie. L'extraction des huiles essentielles, les analyses en laboratoire et l'étude de marché permettront de déterminer
la rentabilité commerciale des plantes. Les paysans des localités concernées sont étroitement associés au projet Ils
seront initiés à la culture des plantes, à l'extraction des huiles essentielles et à la commercialisation des produits finis.

Contextes géographiques et économiques


Le Bénin, le Togo et le Ghana sont trois pays côtiers voisins de l'Afrique de l'Ouest situés sur le Golfe
de Guinée entre les 6° et 12° de latitude nord d'une part et entre le 3° de longitude ouest et le 4° de
longitude est d'autre part. Les trois pays réunis couvrent environ 407 000 km2 et comptent une population
d'un peu plus de 20 millions d'habitants.

On distingue en général deux principales zones écologiques. Dans la partie septentrionale des trois pays,
le climat est de type soudanien tandis que la partie méridionale est sous l'influence d'un climat tropical.

97
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

La flore naturelle est très variée et très riche donnant lieu à d'énonnes possibilités de production d'huiles
essentielles.

Comme dans la plupart des pays africains, 70 à 80 p. 100 des habitants sont des paysans. Les principales
activités économiques sont essentiellement la culture des produits de rente tels que le coton, le café, le
cacao, le palmier à huile. Les cultures de céréales (maïs, mil, sorgho) et de tubercules (manioc, ignames)
sont destinées à la consommation locale.

La vocation agricole et une économie essentiellement centrée sur l'exploitation des ressources minières
reflètent assez bien la situation sous-développée de ces pays. Si l'on a pu croire jadis que les cultures de
rente et quelques richesses minières (phosphates au Togo, or et diamant au Ghana) pouvaient constituer
les leviers d'un développement économique de la sous-région, la situation est tout à fait différente
aujourd'hui.

La détérioration des prix des matières premières a contraint ces pays à une situation économique difficile.
Les États sont plutôt confrontés « au plus pressé », pour lequel ils doivent trouver des solutions
immédiates. L'exécution des plans de développement est interrompue et repoussée à d'autres échéances.
Ces pays assistent passivement aux grands bouleversements des politiques économiques internationales
sans jamais pouvoir s'en accommoder.

Après plus de deux décennies d'hésitation, on se rend compte que de nouvelles stratégies basées sur la
diversification des matières premières exportables, le développement des technologies endogènes et le
renforcement des capacités industrielles nationales constituent des alternatives viables pour la promotion
d'un développement économique durable.

Dans ce contexte, les actions prioritaires peuvent s'articuler autour des thèmes suivants : la diversification
des cultures et l'exploitation rationnelle des ressources végétales en les transfonnant en produits finis ou
semi-finis exportables; la conseivation des produits agricoles et leur transfonnation en produits
manufacturés; l'acquisition et le développement des technologies adaptées aux besoins et aux réalités
locales.

Dans le domaine de la diversification des cultures d'exportation et de l'exploitation rationnelle des


ressources végétales, l'Université Nationale du Bénin (au Bénin), l'Université du Bénin (au Togo) et
l'Université du Ghana (au Ghana) se sont associées dans un projet sous-régional de création de petites
entreprises d'exploitation des plantes à huiles essentielles.

Il s'agit d'un projet de recherche et développement qui associera des chercheurs de plusieurs domaines
de compétences, des étudiants et des paysans et aboutira à la production et à la commercialisation des
huiles essentielles.

Les objectifs techniques que les chercheurs se sont assignés sont l'étude du marché, le développement de
la culture des plantes et la production des huiles essentielles, l'étude d'un cadre approprié pour la création
de petites entreprises et le transfert de technologie.

Le cadre de coopération régionale


Le projet « Création de petites entreprises » a été conçu et fonnulé avec la participation de tous les
principaux acteurs des institutions universitaires concernées et avec 1'assistance technique d'un représentant
du CRDI. C'est une œuvre inspirée des réalités économiques nationales. Les universités africaines
impliquées ont une vieille expérience de coopération bilatérale.

98
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

La circulation des personnes et des idées est favorisée par un cadre géographique, culturel et économique
commun. Des échanges de professeurs et d'étudiants ont souvent lieu entre les différentes institutions.

La collaboration avec une institution du Nord, comme l'Université du Québec à Chicoutimi, permet à cette
coopération trilatérale africaine de bénéficier d'une expérience beaucoup plus vieille dans le domaine de
la valorisation des plantes à huiles essentielles.

Les utilisateurs et les bénéficiaires sont des paysans et sont étroitement associés aux différentes étapes du
projet.

Répartition des tâches


Chaque équipe nationale est constituée de chimistes, de botanistes, d'agronomes de rang universitaire ayant
une expérience dans le domaine de la valorisation des ressources naturelles. Deux plantes à huiles
essentielles seront étudiées par chaque équipe dans l'espace géographique des trois pays. Au total six
plantes caractéristiques de la flore nationale ont été sélectionnées.

Les botanistes feront la prospection dans les trois pays pour deux plantes, ils évalueront les réserves
naturelles, identifieront les peuplements intéressants et établiront une carte géographique des peuplements.
Les agronomes développeront des techniques culturales appropriées dans le biotope naturel de chaque
plante. Les analyses chimiques et la normalisation des huiles essentielles sont effectuées par les chimistes.
Des travaux spécifiques (la fabrication des extracteurs d'huiles essentielles, l'étude des activités
insectifuges ou insecticides, l'étude des activités pharmacologiques) sont réservées à des chercheurs bien
identifiés respectivement au Bénin, au Togo et au Ghana.

Les ressources végétales exploitables


Uppia mulfiflora (Verbénacées)
Les Lippia (Verbénacées) constituent une classe importante de plantes odoriférantes dont le Lippia
multiflora communément appelé « thé de Gambie », est la plus représentative en Afrique de l'Ouest. Dans
bien des cas, la tisane des feuilles de L. multiflora remplace le thé. Cette boisson est particulièrement
recommandée pour les personnes souffrant d'hypertension artérielle 1•

Plus récemment, l'huile essentielle du Lippia multiflora suscite davantage d'intérêt2. Les différents travaux
indiquent une variation importante de la composition chimique des huiles essentielles selon les pays et les
sites écologiques3. Les huiles essentielles du Lippia multif/ora du Ghana sont riches en camphre, celles
de l'Éthiopie contiennent en majorité de la carvone et du linalol, alors que celles du Nigéria sont presque
exclusivement constituées de linalol Au Congo deux types d'huiles essentielles ont été décrits. Le premier
est riche en composés aromatiques (p-cymène, thymol, carvacrol) alors que le second contient
essentiellement des produits aliphatiques (tagétone, ipsénone).

Nous avons constaté au Togo dans plusieurs peuplements de Lippia que dans un même site écologique
les feuilles des plantes exhalent parfois par froissement des odeurs variables discernables. Pour la même
plante, 1' odeur varie selon les périodes de récolte. Nous avons ainsi adopté trois catégories de récoltes :
catégorie A : feuilles à odeur de citronnelle; catégorie B : feuilles à odeur répugnante; catégorie C :
feuilles récoltées au hasard. On constate après traitement d'une série d'échantillons que l'odeur est en
relation étroite avec la composition chimique des huiles essentielles.

Selon les indications du Tableau 1 on observe pour la catégorie A une concentration plus forte en géranial
(citral A -40 p. 100) et en néral (citral B -27 p. 100). Une récolte de catégorie B donne de plus fortes

99
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

proportions en sabinène (5 p. 100), limonène (26,5 p. 100), thymol (19,4 p. 100) et acétate de thymyle
(7,3 p. 100).

Diplolophium africanum (Ombellifères)


Le Diplolophium africanum n'est pas une plante endémique de la sous-région. C'est un arbuste sauvage
saisonnier qui se développe sur une souche vivace. La plante a une inflorescence en ombelles composées
et des feuilles disséquées très odorantes. Un seul peuplement a été identifié dans la partie septentrionale
du Togo. L'extraction par hydrodistillation des feuilles sèches donne environ 0,5 p. 100 d'huiles
essentielles, un liquide jaune-clair de densité 0,794 g/ml. Le pouvoir rotatoire est de -8,8°, l'indice de
réfraction, de 1,4845.

L'analyse par chromatographie en phase gazeuse sur une phase polaire ou apolaire (Tableau 2) donne une
composition en a-pinène (38 p. 100), ~-pinène (17 p. 100), limonène (7 p. 100), nonanal (16 p. 100) et
camphre (6 p. 100).

Hyptis suaveolens (lamiacées)


Hyptis suaveo/ens est une plante herbacée annuelle haute de 0,50 à 1,50 m, à feuilles opposées. Elle a des
propriétés insectifuges et elle est utilisée par les paysans pour protéger les récoltes de graines et pour
chasser les moustiques. Elle a de nombreuses applications en médecine traditionnelle africaine à cause de
ses propriétés antimicrobiennes et antipaludéennes.

Les échantillons d'huiles essentielles de feuilles de Hyptis suaveolens du Togo et du Bénin présentent une
composition chimique comparable. On note en général un enrichissement en ~-caryophyllène (30 p. 100
au Bénin et 21 p. 100 au Togo) et en sabinène (25 p. 100 au Bénin et 18 p. 100 au Togo). Le chimiotype
récolté dans la région de Kumaun en lnde4 contient davantage de sabinène (41 p. 100) et moins de
~-caryophyllène (7,9 p. 100) (Tableau 3).

C/ausena anisata (Rubacées) est un arbuste inenne mesurant 2 m de hauteur. Au Togo comme au Bénin
la plante pousse dans des wnes marécageuses. Le peuplement naturel n'est pas important à cause de
l'exploitation des sols. Elle pousse sous les bois sur des buttes. L'huile essentielle contient une forte
proportion d'estragole : 20 à 96 p. 100 selon la période de récolte, la nature du sol et les sites écologiques
(Tableau 4).

Propriétés insecticides
La plupart des plantes à huiles essentielles étudiées dans le projet sont souvent utilisées en milieu rural
pour leurs propriétés insecticides ou insectifuges.

Dans notre laboratoire de biologie animale, des tests insecticides ont été réalisés sur les bruches
(Cal/osobruchus maculatus et Cal/osobruchus subinnotatus) avec des huiles essentielles de Hyptis
suaveolens, Clausena anisata et Diplolophium africanum.

Dans un erlenmeyer contenant des graines saines de niébé, on dépose une rondelle de papier filtre
Whatman chargée d'huiles essentielles. Les graines sont ensuite ensemencées d'insectes mâles et femelles
en phase de reproduction, le bocal témoin n'ayant pas reçu d'extrait de plantes.

Dans tous les cas, les huiles essentielles testées ont un effet toxique remarquable sur les insectes. Dans
le meilleur des cas, on obtient une mortalité de 100 p. 100 avec 0,5 ml d'huiles essentielles et après
2 heures d'exposition. Les études sur les propriétés insecticides se poursuivent dans nos laboratoires à Lomé.

100
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Remerciements
Nos remerciements vont au CRDI pour sa contribution importante au financement de ce projet Nous
exprimons toute notre reconnaissance aux différents responsables des institutions impliquées pour leur
engagement et le soutien matériel qu'ils accordent aux équipes nationales.

Bibliographie
1. Pham Huu Chanh, Koffi Y., Pham Huu Chanh A. Planta medica, 1988, 54 (4) 294-296. Noamesi B. K., Adebayo
G.I., Bamgbose S.0.A. Planta medica, 1985 (3) 253-255.
2. Lamaty G., Menut C., Bessiere J.M., Ouamba J.A., Silou T. Phytochemistry, 1990 (29) 521-522.
3. Silou T., Ouamba J.M. Rev. Méd. Pharm. Afr. 1992, vol. 6, n° 2, 103-108.
4. Anil K. Pant, Singh A.K., Mathela C.S., Parihar R., Dev V., Nerio A.T., Bottini A.T. J. Ess. Oil Res. 1992 (4)
9-13.

Tableau 1. Étude comparative(%) des huiles essentielles de Lippia multiflora :


catégories A, B et C de Danyi; A et C de Kloto.

Identification Danyi Kloto


T.R. I.K. A B c A c
10,36 931 a-thujène 0,10 0,48 0,38 0,06 0,81
10,63 936 a-pinène 0,20 1,10 1,98 0,52 0,39
12,91 973 sabinène 0,09 5,17 0,33 0,13 1,11
14,20 991 myrcène 0,31 1,60 1,16 0,49 1,09
15,61 1015 a-terpinène 0,15 0,54 0,87 0,22 1,25
16,04 1022 para-cymène 9,37 5,32 10,40 2,72 10,80
16,34 1028 limonène 0,30 26,55 17,80 3,15 7,37
17,96 1057 ~-ocimène 0,21 0,13 0,16 0,12 0,30
18,43 1064 ô-terpinène 0,28 3,07 7,44 2,07 8,37
21,51 1111 linalool 0,24 0,10 0,44 0,42
25,58 1152 camphre 0,20 0,08 0,27
26,59 1175 terpin-1-én-4-ol 0,07 0,46 0,15 0,27
27,65 1187 a, ~-terpinéol 0,08 6,70 0,39 0,21 0,14
31,14 1240 néral (citral B) 26,91 o,48 8,64 2,95
32,33 1259 géraniol 3,92 15,80 47,90 4,40
33,28 12,74 géranial (citral A) 40,13 0,87 12,97 4,70
34,47 1300 thymol 0,40 19,45 0,56 23,61
35,55 1308 carvacrol 0,09 2,92 0,08 3,43
38,94 1355 acétate de thymyle 0,09 7,33 0,13 9,66
40,32 1373 acétate de carvacryle 0,25 0,31 0,51 0,18 0,34
41,17 1384 acétate de géranyle 0,59 0,33 1,03 0,48
43,01 1409 ~-caryophyllène 2,43 2,68 4,43 1,76 2,51
45,18 1448 humulène 0,51 0,45 0,81 0,28 0,55
45,65 1456 cis-~-farnésène 0,17 0,18 0,40 0,12 0,23
49,76 1523 ô-cadinène 0,35 0,50 0,94 0,29 0,58
53,00 1573 oxyde de caryophyllène 0,56 1,19 0,67 0,24 0,24

TOTAL 88,00 87,66 66,16 81,72 85,85

101
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Tableau 2. Composition des huiles essentielles de Diplolophium africanum


récolté au nord du Togo en octobre 1992.
Identification T .R. I.K. %
a-thujène 10,53 913 1,44
a-pinène 10,80 936 38,06.
camphre 11,55 949 0,70
~-pinène + sabinène 13,17 974 17,90
myrcène 14,43 991 1,03
a-phellandrène 15,02 999 0,82
para-cyrnène 16,31 1023 0,54
limonène 16,60 1028 7,69
~-phellandrène 13,17 974 17,94
&-terpinène 18,68 1064 0,54
ipsenone 20,69 1095 2,72
linalool 21,74 1110 1,35
nonanal 22,24 1118 16,48
non-identifié 23,84 1139 0,80
camphre 24,44 1146 6,42
terpin-l-én-4-ol 26,88 1176 0,17
acétate de bornyle 34,53 1289 0,65
~-caryophyllène 43,33 1410 0,53
germacrène D 47,29 1478 0,42
TOTAL 99,19

Tableau 3. Huiles essentielles de Hyptis suaveolens.


Identification %
a-thujène 0,56
a-pinène 1,58
sabinène 24,20
~-pinène 4,76
myrcène 0,32
a-phellandrène 0,11
a-terpinène 0,90
para-cyrnène 0,28
limonène + ~-phellandrène 2,41
1,8-cinéole 0,25
&-terpinène 1,48
terpinolène 8,23
linalool 0,64
terpin- l-én-4-ol 2,93
!XaryophyUène 21,75
trans-a-bergamotène 2,36
humulène 1,33
bicyclogermacrène 3,69
spathulénol 1,09
oxyde de caryophyllène 1,98
bergamotol 2,24
ar-abiétatriène 1,35
TOTAL 84,44

102
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Tableau 4. Étude comparative de la composition chimique(%) d'échantillons


d'essence de Clausena anisata du Togo et du Bénin.

Identification Togo Bénin

a-pinène 0,42 1,68


sabinène 2,07
~-pinène 0,25
myrcène 0,09 0,34
a-te1pinène 0,12
ô-teipinène 0,79 0,29
para-cyrnène 0,07
limonène 0,61
cis-~-ocimène 1,05
trans-~-ocimène 0,97
linalool 0,26
te1pin- l-én-4-ol 0,66
estragole 96,04 66,65
trans-anethole 6,99
~-caryophyllène 0,76 3,47
a-caryophyllène 2,23
gennacrène D 0,32 5,28

TOTAL 98,67 92,74

103
RÉSEAU DES PROJETS CROI SUR LA VALORISATION DES MATIÈRES PREMIÈRES
VÉGÉTALES EN AFRIQUE

François GASENGAYIRE
Institut de recherche scientifique et technologique (IRSn
B.P. 227, Butare, Rwanda

Préparation et genèse du projet


L'Afrique dispose de ressources naturelles végétales très riches et variées qui représentent un potentiel
économique considérable pour le continent, et constituent une réserve importante des ressources
phytogénétiques utiles pour l'humanité entière. En raison des facteurs multiples aussi bien endogènes
qu'exogènes, ces ressources naturelles sont peu et(ou) mal exploitées. Ce constat a amené le CRDI à
promouvoir, depuis ces dernières années, des projets qui visent l'exploitation d'une ressource naturelle
locale pour répondre à un besoin socio-économique identifié en faveur surtout des populations les plus
déshéritées.

En février 1992, s'est tenu à Kigali, au Rwanda, une réunion scientifique sur la valorisation des
productions végétales : cas des produits aromatiques et des huiles essentielles. La plupart des chercheurs
principaux des projets financés par le CRDI dans ce domaine en Afrique ont participé à cette réunion. À
l'issue de celle-ci, ils m'ont demandé d'étudier la possibilité de monter un réseau des projets
subventionnés par le CRDI, non seulement dans le domaine des huiles essentielles, mais plus généralement
dans le domaine de la valorisation des matières végétales, afin de poursuivre et d'intensifier les échanges
d'expériences pour un renforcement mutuel.

Par la suite, j'ai pu visiter la plupart des projets susceptibles d'être impliqués dans le réseau, et j'ai
présenté au CRDI, en aoüt 1992, une proposition préliminaire. La décision de développer la proposition
a été prise en avril 1993, et des discussions à cet effet ont ensuite eu lieu entre le Professeur Bachir
Benjilali, M. Serge Dubé et moi-même, à Rabat en mai 1993. Ainsi s'est développé le projet que je vous
présente ici.

Projets membres du réseau


a) Colorants anthocyaniques/Faso I (88-1034) et II (90-1008);
b) Huiles végétales non alimentaires (Faso) 1 (89-0075) et II (91-1029);
c) Essences végétales (Rwanda) (89-1002);
d) CNSL (Mozambique) (89-1039);
e) Plantes aromatiques (Maroc) I (90-1001) et II (92-1011);
f) Wood Adhesives (Tanzania) 1 et II (90-1019) et (92-1452);
g) Algues rouges (Sénégal) (90-1024);
h) Tabersonine (Cameroon) (92-1025);
i) Teintures traditionnelles (Guinée) (91-1001);
j) Extraits aromatiques (Guinée) (91-1002);
k) Flavours and Fragrances (Zimbabwe) (91-1022);
1) Rubber Seed Oil (Nigeria) (92-1003);
m) Starch Adhesives (Malawi) (92-1451);
n) Création de petites entreprises/ Togo-Bénin-Ghana (92-1350).

105
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Gui né

Béni

Figure 1. Localisation des projets sur le continent

Problèmes et besoins
1. Isolement des chercheurs.
2. Difficultés de communication.
3. Environnement politique et juridique peu favorable à la dissémination et à l'utilisation des résultats
de recherche.
4. Difficultés pour la connaissance des marchés local et international.
5. Problème au niveau de la gestion et de l'entretien des équipements scientifiques.
6. Besoins de formation.
7. Problème au niveau du lien« recherche-entreprise ».

106
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Objectifs
But général
Le projet a pour but général de faciliter, dans les pays participants, la valorisation des matières premières
végétales, de façon à promouvoir la création d'emplois et la génération de revenus pour les populations
les plus démunies.

Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques du projet sont les suivants :

a) Création d'un réseau devant relier les projets actuels et futurs du CROI dans le domaine de la
valorisation des matières premières végétales.

b) Création d'une liaison par courrier électronique pour faciliter les échanges entre les membres du
réseau.

c) Élaboration d'une base de données sur les produits naturels d'origine végétale.

d) Élaboration d'une méthodologie pour la connaissance du marché local des prcxluits naturels et pour
l'élaboration d'un cadre légal à proposer aux autorités nationales pour faciliter la production,
l'utilisation, la valorisation et l'exportation des matières premières végétales.

e) Élaboration d'une approche pour la connaissance des conditions et voies d'accès au marché
international.

f) Élaboration d'une méthodologie de transfert des résultats de la recherche des chercheurs aux
utilisateurs.

g) Perfectionnement des ressources humaines impliquées dans les projets.

h) Renforcement de la coopération Sud-Sud et Sud-Nord.

Utilisateurs et bénéficiaires
Chercheurs et autre personnel impliqués dans les projets membres : appropriation des méthodologies
développées et des études produites par le projet, échanges d 'infonnations et expériences, fonnation
et perfectionnement

Gouvernement et services publics.

Organisations non gouvernementales travaillant sur le même terrain et autres réseaux similaires (tels
que NAPRECA, P AHE, BUN).

Populations surtout du milieu rural : bénéficiaires finaux en tennes d'augmentation de revenu et de


création d'emplois.

107
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Méthodologie
Objectif 4a : Mise en place du réseau
- membres : projets du CRDI;
- fonctionnement : assemblée générale;
comité de coordination;
secrétariat.

Objectif 4b : Courrier électronique


- étude de faisabilité;
- installation du système;
- fonnation à l'utilisation du courrier électronique.

Objectif 4c : Base de données


- compléter la banque existante à Butare (IR.ST);
- fonnation pour la gestion de la base de données;
- fiche standard de saisie des données;
- échanges d'infonnation.

Objectif 4d : Marché local et cadre légal


- étude sur marché local (équipe locale+ partenaire canadien);
- étude cadre légal;
- atelier.

Objectif 4e : Accès au marché international


- consultation internationale;
- atelier.

Objectif 4f : Transfert des résuHats


- étude : équipe locale et partenaire canadien;
- atelier.

Objectif 4g : Ateliers
- gestion des projets (cours);
- procédés d'extraction (à la demande);
- gestion des ressources naturelles;
- qualité des produits naturels;
- gestion et entretien des équipements scientifiques;
- marché local et cadre légal;
- marché international;
- transfert des résultats.

Objectif 4h : Renforcement de la coopération Sud-Sud et Sud-Nord

108
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 aoot 1993

Formation
Ateliers susmentionnés et autre fonnation sur mesure.

Calendrier des activités

t l
.Act.:ivit6a (moia)
1
D fz 36

1. Coordination
-Aaseniblêe 9lin.
• •
-R,union COl\itiE
• • • • •
2- Mise en plac:e

-
courrier 6l•c:t.

3- Montilge banque

·-
de donn6e•
Etudes
-Marc:b6 local
- -
et cadre lfg-1
-Marcb6 intern.
-Transfert des T
T.
r6sultat•
s. Po:nation
-Ate1ier•
-Stagea

'" - Rapporta
-- ·- --··---

• • • • •
• • •

Figure 2. Calendrier des activités

109
ÎHE EXTRACTION OF THE ESSENTIAL OIL OF ROMERILLO

Juan RIOS, Luis Condori, Susana Muiioz, Ingrid Loayza and Jorge Soriano
Programa Agroquimico
Facultad de Ciencias y Tecnologia
Universidad Mayor de San Sim6n
P.O. Box 922, Cochabamba, Bolivie

Introduction
The constant search for new sources of essential oils the Programa Agroqufmico carries out has led to the
discovery of the "romerillo plant", the natural source of the essential oil rich in (-) sabinene. 1

The romerillo is a native plant that grows in the south east of the department of Cochabamba-Bolivia at
an approximate altitude of 3000 meters. This plant belongs to the family of Asteraceae, Acanthostyles
buniifolius, sp. (Figure 1).

The romerillo is a perennial plant of pinnatisect


leaves, straight and woody stem with \
inflorescence in terminal weed and small
flowers. The period of florescence with water
stimulation is during the months of February,
March and April.

Before the use of the romerillo as a source of


essential oil, this plant was known as a
medicinal plant used to treat, among others,
rheumatism and nervous diseases.2

A first evaluation of the agricultural production


of romerillo in the Department of Cochabamba
has given a total production of 75 TM/yr.
However, it should be mentioned that this
production is spontaneous and therefore if it is
introduced using a systemic agricultural
methodology this production could be increased
to 185 TM/yr. 3

The study of the extraction of the essential oil of


romerillo has been carried out in the beginning Figure 1. The romerillo plant (Acanthostyles bunifolius).
at the laboratory of the Programa Agroqufmico
and after one year of intensive research and a demand of sabinene 80, a derived product of this oil, it was
decided to install two pilot extractors of 1.5 m3 each one in the producing zones of romerillo.

111
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

In the present work we present the main results of the research of the extraction of the essential oil of
romerillo obtained in the laboratories of the Programa Agroqufmico.

Materials and methods


The extraction of the essential oil of romerillo was carried out by steam distillation using small 5 liter
extractors constructed with materials available locally.

A typical extractor is shown in Figure 2 which is composed of the following parts : a heat source, usually
a hot plate, the extractor that consists of two parts, the lower sink that is filled to 3/4 with water and the
upper part that contains the green plant material, a condenser and a phase separator, usually a buret.

To extract the essential oil of romerillo, the lower part of the extractor is filled with 3/4 parts of water and
the upper part with 1 kg of green material (leaves and stem), previously eut into small parts (= 1 to 2 cm).
The extraction lasts between 4 to 5 hours.

After the extraction has been completed, the essential oil, which is mixed with condensed water, is
separated and dried with Nll:2S04 so that the physical and chemical detenninations can be done.

,____ -11

Figure 2. A typical !ab exttactor used to obtain the essential oil of romerillo (1: Exttactor; II: Condenser;
li: Oil collector; IV: Hot plate and steam generator).

The detennination of the density of the essential oil was carried out using the French Standard of Essential
Oil4 NFf 75-111 (June 1982). KIMAX pycnometer of 10 ml was used with an immersed thennometer of
14° to 37°C in 0.2° graduations. This material was supplied by Fisher, U.S.A.

The refractive index of the oil was measured using a refractometer Carl Zeiss Jena from Germany. This
detennination was done following the standard NFf 75-112 of the French Standard of Essential Oils.

The optical rotation was measured using a polarimeter Carl Zeiss Jena from Gennany. The method
followed was the NFf 75-113 (June 1982) from the French Standards of Essential Oil.

112
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

The production of sabinene 80 was carried out in a batch Fractional Distillation Apparatus with High
Efficiency Column 677-150 of the Karl Kolb, from Germany. The main features of this column are :

Number of theoretical plates 80


Boil up maximum 4.5 L/h
Operating temperature range up to + 200 °C
Operating pressure range From atmospheric pressure down to 5 mbar

Finally, the chemical composition and quantification of the essential oil and the sabinene 80 was followed
by gas chromatography using a GC 3700 Varian from the U.S.A. This GC was provided with a capillary
column of intermediate polarity DB-225, 30 m in length, 0.32 mm inside diameter and 0.25 µm film
thickness, a split-splitless injector and a Rame Ionization Detector (FID). The temperature cycle was 40 °C
for 7 min and a increase of 2 °C/min. up to 180°.

Results and discussion


Evaluation of the content of essential oil of romerillo
A number of extractions were carried out between 1991to1992 in order to determine experimentally the
variation on the content of essential oil of romerillo as a function of the month of harvesting of the plant
The results obtained are shown in Figure 3 that corresponds to the zone of Monte-Punku and Figure 4 that
corresponds to the zone of Epizana.

::
E11
'"'
0 9
.J
( 8
~ 7
z
Il 6

"
0
li 4
L
~

0 3
u 2
:i
J 1
.J
0 0
MAY JULY SEPTEIABER NOVEMBER JANUARY
> JUNE AUGUCT OCTOBER OECEMBER FEBRUARY

Figure 3. Evaluation of the essential oil of romerillo from Monte Punku.

lt should be pointed out that the extractions were carried out using only the green part of the plants. This
is the reason, therefore, why in both graphies we do not observe a dramatic change in the content of oil,
especially during the winter time (June-August).

However, in the extraction carried out in the pilot extractors ( 1.5 m 3 and 350 kg of fresh material) where
all the parts of the plant are used, that is leaves and stem, a lower yield was observed in essential oil
during the winter time, reaching almost 20% of the average yield (September-March).

113
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

~
!s_A""---.-==,.------,.-------------------------.
.J
ë 7 ·--- ----
,_
..·-------·--
.... ~

<6 - ---- --~--·--- --·--


z~ !5 -- --·-·-
Ill
Q 4 ·-
d
Ill 3 ·- -- ·- ,....
L
02 ·- -- ·- ·-
Ill
l 1 ·- -
:::i
.JO o~;;;;:;;;::;i,.._.c::;i:.__.m:::;i::i......11:;;cL......J~........GC........~-"~__.;;;;:;;;:;;;;;;r
JULY SEPTEUBER NOVEMBER JANUA'RY
) AUGUST OCTOBER DECEMBER FEBRUARY

Figure 4. Evaluation of the essential oil of romerillo from Epizana.

90•...--,-~-,....~-:-~~~--:--:--~.,.....--,--...,...~-;-;<J

70 · · : - - :..- - : -- -+-··-·~·-+ . ---;--··-+-·- 7

i: i--dri-t=±-\-î
z :
ii so ..:....---->-- :
: ~ ' :
'
~
l-
i(.: : i ·-------+-.. . l 0

·:-L~t+-T'
0
MAY N~Y l:UTIMK!I NOVl!-.i JMU~Y
JUNit: AUGU$T OCTOKft Ol!':Dlllell l'DPUA"Y

1-cAl!IN!!Nl!-A-P'JU!NE "'*'"""'NINE .-. ~!ND

Figure 5. Main components of the essential oil from Monte Punku.

The montlùy variation of the main components of the essential oils during the present study are shown
in Figures 5 and 6.

According to these results, we observe that the essential oil of romerillo from Monte-Punku is slightly
licher in sabinene than the one from Epizana.

In relation to the other components, shown also in both figures, no big differences are encountered.

114
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 aoüt 1993

~ .......---,--~-:---,--~-:--,--..-----,---.,....-,., 2

70 ••• -----:-----=--·...---'::"""--~~=--=·~·--~-~·~-~-·-=--=·-~·:··~
"' 80
t
!,,_,._;_..___.;_~___;.__.....
: : : : :
+--+--·+·...
: : :
'#"' 8 •

0 JANUAllY

Figure 6. Main components of the essential oil from Epizana.

Influence of the packing density on the yield of essential oil


Since the information obtained in the laboratory wil1 support the pilot production of the essential oil of
romerillo, a number of extractions were carried out with different amounts of green material for the same
volume of extractors. The results found are shown in Figure 7.

According to these results it seems there exists an optimum level for the packing density. One of the
reasons for this result might be the existence of a greater contact surface presented by the leaves of
romerillo to the diffusion of steam, allowing then a major percentage of extraction of the essential oil.

,.
E 12...-~-~---.-~-~-~---:~~~~~---,
"'
: 11
0 : : : : :
.J 10 -·---··~-------+-----~· --+------!------
<
~
.
-t----+--- :-----1
' . ; :
-·-+--·-
Il

!:
IL
~ 6
9

-=-=
·-..

---r-· ·-r---
:

:
:

:
' '

_J=J_.=~---1.--=~~=·····
. ----.--·--
:

3 --~--·---r-----r--·-

0> ~-06 0.08 0.1 0.12 0.14 0.16 0.18


PACKING D~SITY (Kgflller)

Figure 7. Yield of essential oil as a fonction of the packing density.

115
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Percentage of essential oil of romerlllo in parts of the plant

A number of experiments were carried out with the leaves and stem of the plant separately in order to
determine which part is richer in essential oil. The results obtained were as follows:

Parameter Leaves Stem


Steam flow rate (kg/h) 0.116 0.167
Extraction time (h) 4.5 4.5
Vegetal weight (g) 1000 1000
Volume of essential oil (ml) 12.4 0.9
Yield (% V/W) 1.24 0.09

The composition of the essential oil of these two parts of the plant (Figure 8) show very little difference
among the components; there is only approximately 3% more sabinene in the oil of the stem than in the
oil of the leaves.

--------..~----! -------~. ·---·------..·-


: .
7CI

·-i·-·····---~------.i------- llC UI
: : : ~
--·!--------+-------.. ·. . . . .~-----------·- ~
-~-------+--··--1-------- ffi
·-+-------+--------~----·-----·- ~
: : ' Ill

i------r-===~=~- ~ 0

Figure 8. Composition of the essential oil from pans of the plant

Production ot Sabinene 80
Even though it is possible to produce a light fraction of Sabinene of 94% purity through batch distillation
under reduced pressure, it was possible to standardize a process to rectify the crude oil to produce a light
fraction of sabinene of 80% purity. The main properties of this product are as follows:

Parameter Value
Color Colorless
Odor Sweet
Density at 20 °C (g/cc) 0.8462-0.8592
Refractive index (20 °C) 1.4670-1.4674
Optical rotations, [a]D -50 to -58°

116
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Acknowledgments
We would like to thank the International Development Research Center of Canada (IDRC) whose support
made possible this work through the grant Huiles essentielles/Bolivie, Phase II 91-1010.

We also want to recognize the continued cooperation of the LASEVE, UQAC, Chicoutimi, Québec,
Canada.

Bibliography
1. Guenter, Ernest, The Essential Oils, Vol.-I, Litton Educational Publishing Inc., Ed. Original, NJ. (1975).
2. Girault, Louis, Kallawaya, Curanderos Itinerantes de los Andes, Quipus lra. Edici6n, La Paz, Bolivia (1987).
3. Leigue, Lilibeth, Internai communication, Programa Agroquimico, 1992, Cochabamba-Bolivia.
4. AFNOR, Huiles essentielles. T édition, Tour Europe-Cedex 7, Paris, France, 1986.

117
An integrated naturel product industry project for Amazonie

Benjamin GILBERT
CODETEC Technology Development Company,
Caixa Postal 6041, 13081-970 Campinas, Sào Paulo, Brasil

The Amazonien social and ecological background


Amazonia proper ranges over parts of Bolivia, Brazil, Colombia, Ecuador, Guayana, Guyane, Peru,
Surinam and Venezuela and similarhabitats may be found in several Central American countries. Brazilian
Amazonia occupies 3 580 000 km2 , which represents 42% of the total area of the country. Population is
presently estimated as 10 million, with a yearly per capita income of US$ 250.00. Sorne idea of the
population density and its extraordinary rate of growth is given by Tables 1.1 & 1.2.

Table 1.1 - Brazilian Amazonia region population growth


Year Inhabitants (1,000) Population growth
%
1900 695 -
1920 1,439 107.1 in 20 years
1940 1,462 1.6 in 20 years
1950 1,845 26.1 in 10 years
1960 2,561 38.8 in 10 years
1970 3,604 40.7 in 10 years
1980 5,880 63.2 in 10 years
1990 10,257 (est) 74,4 in 11 years

Table 1.2 - Population and area of Brazilian Amazon States


Habitants (1,000 1991 Population 1980
rural growth demographic
Area 1950 1970 1991 habit 1950-1991 density
State 1,000 km2 % % hab./km2
Acre 154 115 215 417 36 670 3.7
Amapa 142 37 114 269 19 263 2.0
Amazonas 1,568 514 955 2,103 29 309 1.3
Para 1,247 1,123 2,167 5,161 50 361 4.6
Rondonia 238 37 111 1,131 42 2,961 4.8
Roraima 225 18 41 216 35 1,092 1.0
Tocantins 277 - - 920 42 - 3.3
Total 3,851 1,844 3,603 10,257 69 456 2.7
Amazonia
Brazil 8,512 51,940 93,139 146,917 24.5 183 17.3

119
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Brazilian rain forests contain the largest repository of biodiversity in the world. They are a major carbon
store, and their destruction would occasion the release of greenhouse gases that could affect the global
climate. Conserving these forests would provide significant benefits to the global community. Regional
and local populations would also benefit from the conservation of the rain forests through the influence
that Brazil's forests have on local hydrological cycles and thus local climate, the protection they afford
to the country's watersheds, and the home they provide to indigenous communities with distinctive
cultures.

Past deforestation in the Amazon rain forest has been the result of several factors. Beginning in the 1960s,
public investments in roads and other infrastructure and public policies supporting colonization encouraged
migration into the Amazon and resulted in deforestation. These policies sprang from the emphasis of the
country's leaders on security, national integration, and exploitation of the nations's natural resources for
development. New migrants into the Amazon region tended to practice an unsustainable fom of
slash-and-burn agriculture with annual crops because they lacked suitable technology and experience in
working the region's often fragile soils. Logging increased; squatters, miners and loggers made frequent
incursions onto indigenous lands and brought with them disease and environmental damage.

Investments in hydropower dams and in exploration of major minerai deposits also contributed to
deforestation. Legislation encouraged landholders seeking to legalize their titles to clear forest by defining
"improvements," which were a pre-requisite to obtaining title, in a way that necessitated land clearance.
Fiscal incentives encouraged investment in cattle, sawmills and other enterprises without regard to the
environmental impact of these activities. Although the government created new paiks and other
conservation units, sufficient resources were not made available to protect and manage these areas
adequately.

Underlying causes of deforestation in the Amazon include economic factors such as high inflation, which
made land an attractive speculative asset Changes in export crop markets were also among the factors
which led to increasing agricultural mechanization and concentration of land ownership in southern Brazil;
these in turn contributed to movement of rural small-holders and landless agricultural labourers north
toward cheap land. This migration was supported by public investments which improved access to the
region, and provided services to the region's inhabitants. In sum, economic factors and conditions, coupled
with an overestimate of the Amazon's development potential, contributed to the acceleration of
deforestation in the region in the last few decades. The deforestation rate peaked in 1987, when the
combination of an unusually dry year and uncertainty over future land legislation caused an unprecedented
amount of forest clearance and burning.

In spite of environmental protection policies recently adopted by the Brazilian government, the destructive
process will inevitably continue because migration and the demand for natural resources can not be halted.

In order to reduce forest destruction therefore one must:

a) provide an alternative source of income for immigrants as well as native peoples, which avoids slash
and burn methods, and which supports a reasonable living standard (per capita income of
US$ 1000/yr);

b) demonstrate the technical and economic viability of sustainable industry, and establish training centres
where these methods can be seen and leamt by agronomists, chemists, engineers, farmers, and others
from tropical forest regions of the Amazon basin or elsewhere.

120
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

General principles of Amazonien naturel product industrialization


The industry of synthetic chemicals, largely grown up in the present century, bas displaced a large number
of natural products of vegetable origin. In some cases the identical product bas been obtained more
cheaply by synthesis, and in others new synthetic compounds have substituted the previously used natural
ones. Less developed countries which exported natural products have naturally been the sufferers in this
process.

In recent years natural products have retumed to the scene and are rapidly gaining preference over their
synthetic counteiparts in the food, cosmetic and drug marlœts. The tendency is allied to the fear that
chemical industries and their synthetic products contaminate the earth, sea and atmosphere, that their
ingestion may cause disease and that their production and use should therefore be diminished. For
countries like Brazil that have favourable climatic conditions, the growing natural product marlœt offers
the prospect of more employment for the rural population and at the same time, the rational utilization of
its rich flora.

The commercial exploitation of natural products from the forest is possibly the only way to preserve this
habitat and avoid its destruction by local people seeking conditions for survival or by timber companies
looking for short tenn gain. Rational exploitation can be made without pennanent damage to the
environment, and the scientific management of degraded areas could accelerate their recovery.

The argument that existing marlœts cannot absorb a forest product at a level that will be economically
significant, does not consider the large scale substitution of petrochemically derived materials by natural
ones. For example, of the estimated $7 billion insecticide marlœt, ten percent, which correspond to a part
of the fruit and vegetable, horticultural and domestic markets, could be claimed by several natural
insecticides some of which are already finding acceptance in northem hemisphere marlœts. Similarly the
cosmetic marlœt, estimated at $18.6 billion for the US alone ($1.85 billion at the raw materials level) is
experiencing a public demand for naturally derived components, which will certainly radically alter the
raw-materials marlœt, with at a moderate estimate, natural products taking 20% of the commerce.

The situation is not unlike that of the concentrated orange juice marlcet which grew in Sao Paulo State in
20 years from nothing to six billion dollars, based on a demand that did not exist beforehand.

In fact, the food and soft drink industries which demand colours and flavours as well as dietetic
components, offer similar possibilities for Amazonian natural products. Even a timid estimate would put
total annual world sales at not less than $3 billion which for a 9 million rural population might be enough
to tip the balance in favour of forest conservation.

Classes of naturel products


The classification of commercializable or potentially commercializable natural products can be made in
three ways:

C/OS$ification /: Origin
(i) Extractive products, that is, products whose exploitation requires neither clearing nor plantation;

(ii) Products of forest management, whose production requires some kind of agro-forestry operation,
when continuing supply is envisaged.

(iii) Products derived from the plantation of devastated or marginal areas.

This classification determines the nature of the primary operation.

121
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Classification Il: Nature of the Producf

(i) Vegetable oils, usually obtained by expressing or extracting fruits or seeds.

(ii) Essentials oils, obtained by steam distillation, extraction or direct distillation of plant material or by
a combination of such processes.

(iii) Non-glyceride non-terpene oils or liquids, usually obtained by extraction and concentration.

(iv) Waxes and resins.

(v) Gums.

(vi) Crude extracts, obtained by the extraction with water, ethanol or other medium, of vegetable
material followed by concentration to a paste or dry powder.

(vii) Pure or semi-pure products, usually solid, normally obtained from the extracts by physical
procedures.

(viii) Powders obtained mechanically from the plant material or without extraction.

The subdivisions (vi), (vii) and (viii) include the majority of the colours, aromas, medicinals and pesticides
which are classified below. Oassification II determines the nature of the industrial installation.

Classification Ill: Use


(i) Food and Drink additives
. aromas and flavours;
. colours;
. antioxidants and conservative agents;
. meological agents (thickeners and gels);
. surfactants (emulsifiers and humectants);
. sweeteners or bitter principles;
. vitamins, pro-vitamins, nutrients, non-nutrients;
. others.

(li) Cosmetic and Perfume materials


. pigments;
. rheological agents;
. oils and fats;
. fragrances;
. others.

(iii) Medicinals.
(iv) Insecticides or products for agricultural use or human and veterinary disease control.
(v) Specialities for industrial use.
(vi) Starting materials for industrial chemical transformation.

This classification is directly associated with marketing.

122
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

TABLE 2
------------··-· ···---·-·-· - -- -· .... --------------······-·----,
-~RALI,;. SCHEME OF INDUSTRV Bll.SED ON Nll.TURAL_ PAODUCl ~J
SOUf!Cli ~ PAOUUCTS «XJHSUUERS
SUD-Pf><IJtCf U __
~Al.Ill ~Run OILS 1-=o:-SllêT.C, r.C·O~ """'°
NAl'T1 a ..,,.m ~&C:WlCEL'TIC'tt 1
tNl..1.t ~e.-.;;,Jr.IC!U~!~5

TUC\JIU l MURUW~RU 11

1
Ol'~R ~llUIT Ot".$
A~RODA sue-PRC.l!C'T' s
CASTANHA HA'Tu;:l'I!. TOILET $0&i:
"'Q;:1A
UCUU!:SA E.TC. ___ .J
SJ!-~OJeCT 2 PEl:l~JME:S

.U:OMATIC PLANT!! Ttn'»OL


CONCCIE:A SCOC'AAIOIDE~ ClRVaer.Ol
uPptA ~ANOIS Lll'fAL.OOL
CQOTQN <CAJU<CA.ltA WETI-fVL Oi6VICOL
A~H!IA ROSAl!OOOAA Ut.IONENf
CAl. Y~'Ul:ANTI-E! ;9PP 1 ~ILLALDEH'YOE

PIPER A:.UKCUW __ ~~ Oll1.&~·iOLE

SU9-Pl'OJe.CT '
IH5f.CTIC1C"-1. P'.,AP'4T$
Pl~RS!'P S.U:PCl! l PIP!RONlL
~AOJf11. 9UTOxrc:oe
ROO'l' !5&.a:J. P~~F; OR
POTEN~! C-Ofieft:TR.&~

tlMCo .trlTl~EDANT 1
(91J.tSSIA ~!J:ELt.fNT __J

1PROTIUMSPP
IC?Lr.4..'PS
""'~Sllrl~
UOQU!:,.-s
~::::;RAI'• l
ROA:LS ... E ··-
J t
1
d:CW.aTHEA•,.-,·
~PASERASPP
sue PROJE.c:t li .._____________--;l'"""'e•• l
I • 'I:>
"AT PROO>UDOq.l..TORY T~..... QLÇ;,>/ TA•t~s;-e:.

l TAAIN:N<i C!;NlR!; 1 ;
fïi:alNJUG .... l l

There are many potentially economic plant species which are described in the publications listed and in
the next section. Educational and commercial advertising campaigns directed at the natural
product-conscious public would create marlcets for many of these, displacing synthetic materials that are
at present used.

Specific objectives
Sub-projects
Among a great number of options for plants and products, five sub-projects were selected which, after a
preliminary analysis, show promising technical and economic feasibility. A general scheme of these five
sub-projects is shown in Table 2. A sixth project provides for a school in natural product industrialization,

123
Valorisation de la biomasse végétale par les produtts naturels

in which visitors from ail tropical American countries can be trained to set up similar activities in their
own regions. An accompanying project, not part of this proposa!, being executed independently, by the
Fundaçao Oswaldo Cruz (FIOCRUZ, Ministry of Health) deals with the evaluation and development for
application of medicinal plants (of which some 200 have already been identified). There is no immediate
industrial or commercial objective here but rather a social and health objective,

Summary exemplifying objectives for each sub-project

Destination of Fmal Product


Material or Primary Product Sold Refined Product
Source0 l by local community Projected Buyet•> Use
Projected price $~> Price $/k(3) 1
Sub-project lA
Miriti/Buriti 1Fruit pulp oil Î 1% beta-carotene in oil ! 1
Î $0.37 ! $5 bulle ! Cosm., Food Ind ~ Cosm. & Colour
i $50 retail Cosm. Distrib. ! Skin care
..................................................................................................................................................i:..........................................................................................
i .
s11::'!~:t 1B 1Seed oil 1Standardized oil 1 1
i $2.00 i $20 bulle Ï Cosm. Ind i Cosm. vehicle
~ ~ $100 retail ~ Cosm. Distrib. ~ Skin care
i i i i Insect repellent
............................................... .................................................................................................. ;...............................................;............................................
~

s:~:~
2
1Leaf essential oil 1Standardized oil 1Cosm. Ind 1Perfumery
! $10.00 ! $30 bulle ! Cosm. Distrib. ! Aromatherapy
! ! $125 retail Î !
......................................- .....................................................!...........................................................................................................................................
Sub-Project 3 •
Natural toilet soap via sub-project 1 & 2 !Packed 90 g tablets Cosm. Distrib. Domestic
$0.15 at factory gate
Sub-Project 4
Piper hispidinervium Leaf essential oil Standardized oil Insectic. Manuf. Intennediate
$3.00 $6 bulle
Piperonyl butoxide Insectic. Manuf. Insectic. Synergist
$11 bulle
Piperonal Cosm. Ind Perfumery
$20 bulle Cosm. Distrib. Aromatherapy
$50 retail
Derris urucu Powdered root bark Formulated Insecticide Agro. distrib. Insecticide
$3.00 $125 contained root
Sub-Project 5
Breu-branco Crude resin Formulated purified Cosm. Distrib. Aromatherapy
$2.00 resin $100
Formulated liniment Cosm. Distrib. Pharmaceutical
$100

(1) The items listed are those for which priority would be given in each project, and only the principal derived product(s)
are listed in the succeeding columns.
(2) The prices are minimum ones, to be adjusted when the real cash flow is established
(3) Retail prices represent 25% of the retail value of the formula sold To exemplify, if 20 ml andiroba oil were sold for
$6 retail, the gross retail receipt on 1 litre would be $400, 25% of this is $100, allowing $300 for bottling, distribution
and sales costs and taxes. For Denis root, dust containing 2.5% powdered root is sold at $3,75 for 300 g. This
corresponds to $500/k for the root powder, 25% being $125/k.
=
(4) Cosm. = cosmetic; Ind industry; Insectic. insecticide; Manuf. manufacturers. = =

124
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 aoot 1993

Sub-project 1A objectives (Palm oils)

Pahn Primary Product Refmed Product Sold Destination of Fmal Product


Source Sold by local by Central
community Organization Buyer Use
Muriti/buriti ! fruit pulp oil 11 % beta-carotene in oil ! cosm. food ind ! cosm. & colour
(Mauritia flexuosa, M. ! !purified glycerides !cosm. distrib. !skin care
vinifera,) ! ! !cosm. food ind !cosm. & food
"ï;;;j''""""""""""""""""'""ffuriï''P~ïj;''~iï"""""""'"'l'~;ifi;ï~iï'"""""'"""'""""f~~;;:"i~';;;ï";d:"'"""""T~~;;:•ë~~d""""""""""
(Maximiliano regia) ! kernel oil ! purified oil ! cosm. food ind ! cosm. food
! fruit bract ! omamental boat ! folk-art distrib. ! house decoration
•MIHl-HllHHHIHllHMllHlllllNllHNll~IH-11-HHNlllNlllHNNNlllllllHINliHIMHHHIHIHllNllllHlllHllllllllHINllllli.IHlllllllllHNlllllllllllHllllllHlllllllHilllllllllllllllllHllllllHlllllllllllllHI
Tucuma !fruit pulp oil !beta-carotene conc. !cosm. food ind !cosm. & colour
(Astrocaryum ! ! ! cosm. distrib. ! skin care
vu/gare) ! !purified glycerides !cosm. food ind !cosm. & food
...............................................·~ .......................
kernel oil/fat l purified glycerides !cosm. food ind
- ................................................................................................. !cosm._&...........................
_............................. food
.
Murumuru fruit pulp pigment pigment concentrate 1food & drink ind 1ice-cream
(Euterpe oleracea;) \ 1soft drinks
Ac ai fruit pulp pigment pigment concentrate 1food & drink ind {ice-cream
(Euterpe oleracea) ~ soft drinks
Bacaba fruit pulp oil purified oil l cosm. food ind ! salad oil
(O. distichus;) fibre-free fruit
concentrate
powder (as dried rnilk)
1food & """ ll>d : cosmetic
dietary food
animal feed
Pataua ! fruit pulp oil purified oil salad oil
(Jessenia bataua;) ! fibre-free fruit powder (as dried rnilk) r=foodh>d cosmetic
l concentrate dietary food
i animal feed
!

Palm fruit notes


There are considerable differences between the glyceride oils derived from pulp and kemel and from one
species to another. Similarities occur within a given genus, for example tucuma and murumuru kemd oils
are solids in cool climates; bacaba and patauâ pulp oils resemble olive oil. More details are given below.

Miriti pulp oil can be separated by tl.otation when the pulp is stirred slowly in hot water (L.F.França,
Cent. Tecnol., UFPara). The kemel (46% by weight of the fruit) consists of a bard glucomannan, whose
useful application is important for the economics of miriti (C. Pesce, 1941 ). The trunk also yields a sugary
syrup used for production of sugar and wine in other countries, and a pith suitable for sago manufacture.
The leaf fibre is also used locally for ropes and nets.

lnaja pulp oil when fresh is used for cook.ing. The kemel oil is similar to babaçu oil. The fruit is difficult
to worlc (C. Pesce, 1941). Protein content of dry fruit is 14% (pulp) and 19% (kemel) suggesting use in
animal feed.

Tucumi (A. vulgare) pulp oil is vaseline-like and the kemel oil is solid in cool climates (below 30 °C),
suggesting its use in cosmetic bases and margarines.

Murumuru, common in the Macapâ-Mazagao region, bas a fruit with little pulp. Its kemel is freed from
the pericarp by throwing the nuts centrifugally against the walls of a cylindrical vessel, as with dendê (oil
palm), separating the outer part in a forced air current. The kemel fat is solid below 32 °C contrasting

125
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

with palmiste (25 °C) and coconut (22 °C). Again this fat should encounter a ready market in the cosmetic
and food industries (C. Pesce, 1941).

Açai is not considered a practical source of oil, although in an integrated industrial process this oil (1 %
of fresh fruit approximately) might be extracted. The commercial product is the wine-red pigment used
in ice-cream and soft-drink. manufacture. The hard kemel, like miriti, is a gluco-mannan with possible
industrial application. More detailed infonnation available (M.P.E. Goeldi).

Bacaba (Oenanthus bacaba and O. distichus) and patauâ (Jessenia bataua) pulp oils are similar to olive
oil. Their use should therefore be as a table salad oil. It is important for quality to avoid aging of the fruit
and the generation of acidity in the oil (C. Pesce, 1941). The high nutrient value of the fruit pulp freed
from fibre, used as an infant-food (Balick, 1982, cited by Grenand et al., 1987) suggests the preparation
of a dietary food or the use for animal feed of these fruits.

Pupunha fruit oil is an oleic (50%), palmitic (30-40%) oil acceptable as a good quality cooking oil. It
is estimated that 2.2 ton/ha can be produced by plantation (400 palms/ha). The oil-cake is similar in
composition to maize and can be used for the production of tlour or animal feed, the latter being available
according to estimates at 20 t/ha. This palm produces an intemationally recognized palm heart. The palm
was selected over centuries by indians. More recent research (INPA, Manâus) and agro-development
(CATIE and Univ. Costa Rica) are reported by aement (1991).

Sub-project 1B objectives (non-palm vegetable oils)


Source Primary Product Refmed Product Sold Destination of Fmal Product
Sold by Local by Central
Community Organization Buyer Use
Andiroba
(Carapa quianensis) I,_ seed oil :.~ standardized oil 1~;; !'!ii!1::" !::;~~=nt
! i anti-inflam.
•••H-..•-•HIHlltHlllllllllllNl-l•llhHlllol•ll•ll,hlllll-llllllUHhll-loholllllllli.1111-HMlllllloHH-llllollH-lllll•llHl,_H•l-ll•HlllHlll•lll•-llh•lloohhooi.ohohlllollhllolllllllHllllllllHlllllllll

Costanha-do-Para i kernel oil Ï stabilized oil i cosm. food ind i cosm. & food
.~;~~'.~. ~:.~~~!................k;;;:~ï"~iï"""""""'-t?~fi;d"~iiïi;;t'"""'""'""'''~~·;;:..f~~::ï'~d:'""""'"h~;;:"&'f~~d.................
(Theobroma grondiflorum) ! l l j chocolate manuf.
l t l l l l H H - I H I H I H • H l l _ l _ l l N . . . _ _ lllH-lolHlll;._llHll-•l-MllllllHllNllll1l-1~11lllNH-ll1l1Moll1tH . . l11l-NIMHl1llo1M11ll-H11lloNllUIOHlll01lllN1lllllUl;.IHl-IOtlllll-•ll•l-IUOOHOlll1IOlllll-I

Piqui6 !pulp oil !purified oil/fat j food ind i cooking oil


(Caryocar villosum;) i i beta-carotene concent i i
~ kernel fat ~ purified fat Îcosmetic ind ~ cosm. base
llHllHlllHIHHIHHIHIHllHllNHIHlllHHIHlllllH•1-11. . HllllHllllllHllHHHHlllll. . llllllllllHHHHllHtlllllHllllltHlllHHl•1HllHHlllltlltllllHHHllllll . . .l l l l l l H • I H l l l l H I H l l l H H l l l l l l l l l M l l l l l l l H l l l l l l

Ucuuba i kernel fat i purified fat i cosmetic ind i cosm. base


(Virola surinamensis;) j j j j
Vegetable oil notes
There are many fruit and seed oils consisting mainly of triglycerides, and derived from abundant species.
The tabulated species represent the highest yielding or most conveniently obtained ones identified, and
range from the highly unsaturated low melting point oil of the Brazil nut to the solid fat of ucuuba. The
more diverse the range of oils worked, the wider the seasonal availability of raw material becomes. Sorne
of the described fruit kemels can be stocked, thus facilitating the all-year-round operation of an industrial
plant.

Andiroba seed oil is already a local article of commerce and enjoys a growing demand from industrialized
countries. Its extraction using nonnal industrial methods has been described (G.P.Pinto, 1953), but no

126
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 aoOt 1993

commercial exploitation using these methods is known to the authors. Plantations exist in Para in diverse
locations, the tree being readily propagated and fruiting after 4 years. Its use as a base for face-paint and
as an insect repellent by indians suggests similar applications as a commercial oil. The anti-inflammatory
or analgesic and anti-microbial action described for the oil may be associated, as also the insect repellency,
to oxygenated triterpenes present.

The oil of the Brazil nut Bertholettia contains a high proportion of unsaturated fatty acid glyceride,
especially linoleic, and therefore requires stabilization with an anti-oxidant, and protection from
atmospheric oxygen. The unsaturated nature of this edible and attractively flavoured oil render it a
valuable item for both cosmetic and food purposes. Sale as oil is expected to be more lucrative for the
local collecter than sale as raw nuts, whose market at present is smaller than the supply. It also avoids the
storage problem associated with the development of aflatoxin producing fungi on the humid kernels. The
oil-cake is high in protein (25%) and therefore attractive as a raw material for dietary food or animal feed.
(Mors & Rizzini, 1964, C. Pesce, 1941).

Since the cupuaçu fruit pulp industry is growing rapidly, opportunity exists for the exploitation of the
seed, whose kemel (75% of seed w/w) contains 60% oil-fat similar to cocoa-butter. The fatty fraction is
particularly suitable for chocolate manufacture (C. Pesce, 1944).

Pequia fruits are large (280 g average weight), about 65% consisting of outer case and 35% (100 g)
intemal consisting of some 30 g pulp and 10 g kemel, with an intermediate woody shell (60 g). The
yellow pulp when dry contains 67% "butter" rich in beta-carotene, certainly a commercializable product,
while the inner kemel contains 70% of a high melting fat (30-37 °C) suitable for cosmetic crearu
formulation (C. Pesce, 1941).

Ucuuba seeds have been long exploited for their fat. A plantation of 165 trees per ha is expected to
produce about 2.4 tons of this fat which consists mainly of trimyristin and melts above 40 °C. There are
two common species, Virola surinamensis, ucuuba branca, and V. sebifera, ucuuba verme-lha, with similar
yields of seeds and fat. The fat when purified from non-glyceride resins constitutes a useful base for
cosmetic creams. The indians and other river-side dwellers of Amazonia use the fat for illumination, either
by burning the seeds directly, or by making candies (Mors & Rizzini, 1965; C. Pesce, 1941).

Sub-project 2 objectives (Essenfial Oils - Natural Pelfumes)


Source Plant Primary Product Refmed Product Sold by Destination of Fmal Product
Sold by local Central Organization
community

i
Buyer 1 Use
Erva de Maraj6 Ctude essential oil !Standardized essential !aromatherapy dislrib. !aromatherapy
Lippia grandis ~=.· oil, carvacrol ! pharm. OTC manuf. ! liniment
-
...... ......................- ............ ........................................... ...................................................... i..............................................
Laranjinha
~ ~
i Crade essential oil i Standardized essential oil i aromatherapy distrib.
& dislrib.
~
i formulation
;...........................................
j aromatherapy
Calyptranthes Ï i Limonene & i food & drink ind i flavour and
...............................................1;............................................ ~ .....................................................................................................
spruceana
;.
perillaldehyde 1 1;..........................................
chemical intermed.
..
Pataqueira !Ctude essential oil !Standardized essential ! aromatherapy distrib. !aromatherapy
Conobea ! !oil, thymol !pharm. OTC manuf. ! liniment
- scoparioides
Pau de erva doce
-
.. ........................... .............;............................................;.....................................................;i......& -dislrib.
i
l Ctude essential oil l Standardized essential
Ï
....................................,;1........................................
! aromatherapy dislrib. l aromatherapy
formulation
...
Calyptranthes sp i
:
1oil, estragole
:
i food &
;
drink ind i flavour
1

127
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Piper aduncum ! Crude essential oil Standardized essential aromatherapy clistrib. aromatherapy
oil, clillapiol food & drink ind flavour
Sacaca Crude essential oil Standarclized essential aromatherapy clistrib. aromatherapy
Croton cajucara oil, linalool perfumery ind perfumery
Salva de Maraj6 Crude essential oil Standarclized essential oil aromatherapy clistrib. aromatherapy
Hyptis crenata pharm. OTC manuf. liniment
& clistrib. fonnulation

Essentiel oil notes


There are several distinct markets for essential oils. At least in the beginning, the very conservative
perfumery market is only expected to absorb Aniba rosaeodora leaf oil, and possibly Croton cajucara leaf
oil. The aromatherapy market is expected to absorb ail of the products listed, and the "over the counter"
liniment and related pharmaceutical market will absorb the anti-microbial oils from Lippia and Hyptis spp.
These are a1so expected to find acceptance in the cosmetic market. The perfumed soap and domestic
hygiene product market generally uses cheap synthetic perfumes, but the "Amazon", "Rain Forest" or
"Natural" cosmetic-pharmaceutical market, which is growing, provides an economically attractive outlet
exemplified by sub-project 3, in which only "native" materials are employed to produce a toilet soap. The
flavour market, like the perfumery market, is highly conservative. lt is expected that Piper aduncum oil
will find food- and soft-drink industry buyers. Perillaldehyde from the latter, if the levorotatory form, may
fmd application as an intermediate in artificial sweetener manufacture.

Sub-projecf 3 objectives <Toi/et Soap)


Primary Product Sold Refmed Product Sold Destination of Final Product
Raw Material by Local by Central
Community Organization Buyer 4 Use
1
Glyceride oils from !,_ - l Toilet soap tabletted ! coSin. & other 1domestic
sub-projects lA & B ! & wrapped ! clistributors
l l l l l l l N l l • l l N U I H N H H I M - • l l H I N H l l l l . M H l l H l l H l l N l l H l l l N N I N I H I U l l l l l l N H l . I H • H H N H M I N H I N l l H I H l l l H H H N l l l N l l , N N I N N l l l l l l l l H N N I N. . l l l l l l H l l H l l l l l H ; . H I H N l l U I N U U l l • l l l l H l l l H l l H H l l l M l l l l

Essential oils from ! Crude essential oils ! ! !


sub-project 2 j (analytical quality j ~ j
!control by IRDA) ~ ! !
llN . . . H l l l - l l l H l l N l l l M H H I M H N • N H l . . . .l ....... I M I M H I N l l l l - H H I N N - - I H l . H l l l l M N l l N I N N I H l l M I M l l l H l l l l - l l N l l , N N I H N l l l l l l N H - M I N I N I H l l H N l l l • H l . I N J N l l M l l N l l l l l H l l l H M l l l l l l H N l l l H I N I

:r;°J!~~ 1- 1
INIHHMlllllllMNllNIHlllNllNllNIHlll.NllN•lllUNNlllNoHllNIHllllNIHNlllHilHlllMNllMlllMllllllllNIHllHlllHUNoOliNNllllHlllllNMNlllHNl. .lllllM•HNHNliH1HHllllllHNlll•llHH•lllMlllHNo-llll
1 1
Pigments from ;
~- ~! i
!
~
!
sub-projects 1 & 7 ! ! ! l
Toilet soap notes
Soap manufacture as such is not an economically attractive outlet for high-cost vegetable oils, which fmd
better prices as special cooking oils or as cosmetic ingredients. A well-known classical example is olive
oil which does not compete as a soap and detergent raw material with soy, coconut or dendê (palm) oils
and still less with tallow. The objective here is therefore a somewhat higher priced "Amazon" or
"Rain-Forest soap" (cf the original "Phebo" glycerol-soap of Belém, entirely derived from natural botanical
sources and manufactured in the region of origin of these sources). 'This toilet soap production will also

128
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

absorb the less valuable fractions of glyceride oils resulting from fractionation (sub-projects 1 & 2) as far
as the properties of these fractions pennit. It also provides a "finished product" outlet for essential oils
(sub-project 2), and for pigments (sub-projects 1 & 5).

Sub-project 4 objectives (Insecticides and Related Producfs)


Primary Product Refined Product Sold Destination of Final Products
Source Plant Sold of Local by Central
Community Organization Buyer 1 Use

Piper i_.. Crude essential oil ~ safrole (piperonal, ~ Insecticide, manuf., ! Chemical
hispidinervium . i piperonyl, butoxide) i perfumery manuf. ! intermediate
H • l l l l l l l M l l l l l l l l l l l l l l l l l l H l l l O I H l l l H Ô H I M H H l l l l l l l l H l l l l H l l l l l l l l l l l l l l l l H l l . I M l l M I H l l l H l l l l l l l l H l l l M H M l l l l l l l l l H H I H l l l H H H M l l M I M l l l l l l l l l l l l l l l H l. .HIHOl••lo'lllllllllllllllllllllHlllllllHlloMollollllll

Derris urucu l Dried root-bark i formulated dust, l Agro-horticultural ! Insecticide


1 1~=:!~1:1e emulsifiable l dislributor 1
i ............................................i ...................................................1...........- ................................. ~ ...............................................

l aqueous extract
1aerial parts
l DMDP concentrate,
1formulated DMDP
1Agro-horticultural
! manuf. & dislributors !
! Insect antifeedant

i concentrate
........................................tÎ..............._.........-.. . . . l.....................................-....,Î.......................................1Î.............................-............
Quassia amara ! aqueous extract ! quassin concentrate, i Agro-horticultural ! Insecticide
! wood and twigs ! formulated quassin i dislributors 1antifeedant or
i
i
ii concentrate ii Î repellent
i
: : : :
: : : :

Insecticide notes
Piper hispidinervium was described as a safrole source by Maïa & cols. (1987) and subsequently
developed by the Museu Goeldi, Belém with ODA and UK technological collaboration as a cultivable
plant. The objective is therefore a continuation of this initiative. The tightening world supply of safrole
guarantees the market, which however is a commodity and not a speciality market. Therefore regional
manufacture of piperonal (perfumery) and piperonyl butoxide (insecticide synergist) must be considered
as a future objective. Is must be borne in mind that for the purposes in view, synthetic intermediates
would be equally suitable. These have not appeared on the marlœt, but if they should, at competitive
prices, then the Piper derived safrole marlœt is liable to disappear.

Derris root baik already occupies a growing maiket as a natural horticultural insecticide in the
industrialized world. Its efficacy as a veterinary insecticide has been demonstrated (EMBRAPA, 1989) and
this maiket is also envisaged. Fonnulation involves dilution of root bark dust with an inert carrier. Kaolin
available from CADAM, Amapâ will be used as carrier, and some additives (sulphur, pH stabilizer) may
also be used. An emulsifiable concentrate will also be examined. lt will be necessary to conduct
confinnatory insecticidal testing before offering for sale. While the maikets for safrole and Derris root dust
are existing ones, that for DMDP is a new one and the Derris operation must therefore be carried
financially by the root-bark sales, until DMDP achieves market acceptability. The task of developing
DMDP as a maiket item is being carried out by its original discoverers (Royal Botanic Gardens, Kew and
British Technology Group, UK).

Quassia is a long known and commercialized insecticide or insectifugant, but its maiket will have to be
developed with the aid of interested agents in potential maiket countries. Both European and American

129
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

markets are believed to exist and plantations are being developed in Costa Rica to supply these. However
their size is not known at present. Qua~ia amara occupies the same ecological niche as Derris urucu
and again its cultivation and processing in the first place, will to some extent have to be carried by Derris
root sale, while market development proceeds.

Sub-project 5 objectives (Ba/sain$ & Exudates)

Primary Product Refined Product Sold by Destination of Fmal Products


Source Plant Sold of Local Central
Community Organization Buyer Use
1

Vismia species j Resin and fruit/leaf ! Standardized extract and j cosm. food ind. ! Iipstick
l extract !resin, stabilized pigment · !red food colour
!, ! Fonnulated end products 1cosm. pharm. distrib. ! mouth-care esp.
··:::·::~: ... .
r::-~::: ...... !
r~::::·::~:·-·-
:
. -r:::·:=. . . . . . . . . . . . . ..
=~ r:~:-·
! toothpaste

l Breu vermelbo or l resins l l skin & wound


! preto (crude trunk ! Fonnulated liniment ! cosm. pharm. distrib. ! disinfection
! exudates) ! ! !
•0000000000000000000000--•-••-•••o . . oooî•NHNllNNllllll•lllllllllHNllHlllHltl. . IMIUllllllH•INIHIHIHIHlllHlllHllllllllHrH-HllllHllHlllHllllHHlllHUNHNHlltllllllNHIHllHIHUOUllHllHlllllHUlllU

Copaifera species l Trunk oil or l Standardized oil liniment l cosm. pharm. l skin-care &
! Copaiba balsam ! and balsam formulation ! industry ! disinfection
! ! ! cosm. pharm. distrib. ! fme-art restoral
~ ~ ~ i
Balsam. lacquer notes
Two main Vismia species are involved: V. cayennensis (resin production and extracts) and V. guianensis
(extracts). The resin and extracts contain both oil-soluble pigments and ethanol and water soluble
components. The uses of one or other, as of the mixture in mouth-care and cosmetic products depends on
their anti-microbial spectrum and physico chemical properties. These remain to be determined. Treatment
of skin diseases and mouth infections with Vismia resin derives form well-established indian practice
(Grenand et al., 1987).

Breu branco (or "white rosin" differs from the Vismia resins in being already an extractivist product used
in incense manufacture. Related species give similar resins known as breu vermelho (red rosin) and breu
preto (black rosin). Those collected have proved to be essentially white after purification and have both
aromatic and anti-microbial activity. Anti-tumour activity is claimed for one such resin (Pernet, 1972).
These resins have their principal immediate use as liniment components for the OTC pharmaceutical
"health product" market. Five species of Protium have been recorded for the forest around Serra do
Navio, the two most common ones, are to be worlced in this project

Copaiba oil bas reached a level of demand that exceeds possible supply. The suggested activities are
therefore (i) that of identification mainly through the survey of previous worlc of the preferred species and
their habitats for good oil production (the oil is drained from natural cavities in the heart-wood; when the
trunk bas no cavity there is no oil) and plantation in such habitats and (ii) the development of value-added
formulations aimed at substituting the present exportation of the crude oil. As with the previous resins the
spectrum of anti-bacterial and anti-inflammatory activity is an important pre-requisite to formulation for
the OTC pharmaceutical marlcet (much information already available but sometimes not related to species
or oil component).

130
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Sub-project 6 objectives (Training Centre)

The present overall project is a pilot operation which where successful may be implanted with appropriate
raw material changes in diverse parts of Amazonia. To make this possible the establishment of a school
in Serra do Navio is proposed. This does not represent a new activity, but simply the provision of
accommodation and a laboratory together with travel facilities for scientists or technicians from those
countries or regions that desire to set up similar operations. These scientists and technicians will worlc on
projects described in the previous 5 sub-projects, or on products which they themselves bring from their
places of origin, and acquire laboratory, analytical, pilot, finishing and commercialization experience
within pre-arranged limits. This experience should enable the elaboration of viable projects of an self-
sufficient nature.

References
ANON (1984), "Programa Jnterciência de Recursos Biol6gicos (PIRB)", Interamerican Development Bank (BID)
and Asociaci6n Colombiana para el Avance de la Ciência (ACAC), Bogota.
Anumo Estatistico do Brasil (1985), Instituto Brasileiro de Geografia e Estatistica - IBGE, Rio de Janeiro, 1988
pp. 350-363.
Anumo Estatistico do Brasil (1985), Instituto Brasileiro de Geografia e Estatistica - IBGE, Rio de Janeiro, 1992,
pp. 206-7 (population data), 558-565 (extractive products).
ARNASON, J.T., PHILOGÈNE, BJ.R. & MORAND, P. (1989), ''Insecticides of Plant Origin", ACS Symposium
Ser. 387, Amer. Chemical Soc., Washington.
BALICK., MJ. & GERSHOFF, S.N. (1981), "Nutritional evaluation of the Jessenia bataua palm, source of high
quality protein and oil from tropical America". Economie Botany, 35 (3), 261-271.
CLEMENT, C.R. (1991), "Pupunha uma arvore domesticada", Ciência Hoje, suppl. Dec. 1991, "Amazônia", 66-73.
CLEMENT, C.R. ed. (1990) "Botanical Resources" part C in D.A.Posey and WL.Overal, "Ethnobiology Implications
and Applications" Proc. lst Jntern. Congr. Ethnobiol. Belém, 1988, publ. Museu Paraense E. Goeldi, Belém.
CUTLER, H.G. (1988), "Biologically Active Natural Products, Potential Use in Agriculture", ACS Symposium Ser.
380, Amer. Chemical Soc., Washington.
FORERO, L.E. relator (1985), Informe del Seminario - Taller sobre Oleaginosas promisorias - PIRB, CilD,
Colciências, Funbotânica, ACAC e SECAB, Bogota, Nov. 4-6.
GOTILIEB, O.R., KOKETSA, M.T., MAIA, J.G.S., MENDES, P.M., da ROCHA, A.I., da SILVA, ML. &
WILBERG, V.C. (1981), Essential oils of Amazônia, VIl, Acta Amazônica, 11, 143-148.
GRENAND, P., MORETII, C. & JACQUEMIN, H. (1987), Pharmacopées traditionelles en Guyane. ORSTOM,
Paris.
HEDIN, P.A. (1991), "Naturally Occurring Pest Bioregulators" ACS Symposium Series 449, Amer. Chem. Soc.
Washington.
HEMINGWAY, R.W. & CONNER, A.H. (1989), "Adhesives from Renewable Resources", ACS Symposium Ser.
385, Amer. Chemical Soc., Washington.
JACOBSON, M. & CROSBY, D.G. (1971) eds.,"Naturally Occurring Insecticides", Decker, New York.
JANKAUSKIS, J. (1983), ''Recuperaçâo de Florestas Tropicais Exploradas" (Recovery of Tropical Forests after
Logging), SUDAM, Belém.
LE COINTE, P. (1947), Amazônia Brasileira m. Ârvores e Plantas Ûteis, 2..i edition, Cia Editora Nacional, Silo
Paulo & Rio de Janeiro.
LIMA, R.R. & CRAVES DA COSTA, J.P. (1991) "Registra de Jntroduçâo de Plantas de Cultura pré-colombiana
coletadas na Amazônia Brasileira" (Account of the introduction of pre-Colombian cultivated plants collected in
the Brazilian Amazonia) EMBRAPA-CPATU (Eastern Amazonian Agroforestry Resea.rch Centre), Belém.
MAIA, J.G.S., (1992) communication to B. Gilbert.
MORS, W.B. & RIZZINI, C.T (1966), "Useful Plants of Brazil", Holden-Day, San Francisco, (also published in
German and in a revised form in Portuguese entitled "Botânica Econômica Brasileira").
National Academy of Sciences (1975), ''Underexploited Tropical Plants with Promising Economie Value", NAS,
Washington.
National Academy of Sciences (1976), "Making Aquatic Weeds Useful", NAS, Washington.

131
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

OLLIS, W.D., WARD, A.D., MEIRELLES de OLIVEIRA, M. & ZELNIK, R. (1970) Andirobin, Tetrahedron, 26,
1639-1645.
PERNET, R. (1972), Phytochemistry of the Burseraceae (Protium heptaphyllum) gum used against human tumors.
Lloydia, 35 (3), 280-287.
PESCE, C., (1941). Oleaginosas da Amax.ônia Revista da Veterinaria Presso, Belém.
PINTO, G.P. (1956), Chemistry of Andiroba (Crabwood) oil (Carapa quianensis), Bol. Tee. Inst Agron. Norte, 31,
195-206.
PIO-CORREA, M. (1984), "Dicionmo das Plantas Ûteis do Brasil", Instituto Brasileiro de Desenvolvimento
Florestal, Min. Agric., Brasilia.
ROCHA, OLINTO, V., (1992) unpublished results.
RODRIGUES, W., (1963) Estudo de 2,6 hectares de mata de terra firme da Serra do Navio, Territ6rio do Amapa,
Bol. Museu Goeldi, 19, 1-22 ff.
UNESCO (1984), "Natural products, what they mean in everyday life", in Impact, N" 136, vol. 34 [4), Paris.
VAL, AL., FIGLIUOLO, R. & FELDBERG, E., (1991) "Bases Cientfficas para Estratégias de Preservaçao e
Desenvolvimento da Amazônia: Fatos e Perspectivas" (Scientific Basis of Strategies for the Preservation and
Development of Amazonia: Facts and Prospects). Vol. 1, Instituto Nacional de Pesquisas da Amazônia - INPA,
Manaus.
V AN DEN BERG, M.E. (1982), Plantas Medicinais na Amazônia, Conselho Nacional de Desenvolvimento Cientifico
e Tecnol6gico, Programa Tr6pico Ûmido (CNPq/PTIJ), Belém.
WAGNER, H., HIKINO, M. & FARNSWORTII, N.R. (1985), "Economie and Medicinal Plant Research", vol. 1,
Acad. Press, London.

Besides these formai publications, technical reports have been prepared by regional organizations such as INPA,
Manaus, Museu Goeldi, Belém, EMBRAPA, Belém and Manaus, and ORSTOM, Cayenne, French Guiana, and
some data banks are available, among them NAPRALERT (Department of Phannacognosy, University of Illinois
at Chicago).

132
VALORISATION DU VOACANGA AFRICANA :
EXTRACTION DE LA TABERSONINE

Raphaël GHOGOMU TIH


Département de Chimie Organique
Université de Yaoundé 1, cameroun

et

William Ayer
Département de chimie
University of Alberta, Edmonton (Alberta) Canada

Situation du problème
L'hypertension cardiaque est l'une des maladies importantes dans le monde entier concernant environ
30 p. 100 et 10 p. 100 des populations des pays développés et du Tiers-Monde, respectivement. Parmi les
remèdes efficaces, nous avons la vincamine qui est produite et commercialisée sous plusieurs noms par
des sociétés surtout européennes. La vincamine est un alcaloïde synthétisé à partir d'un alcaloïde indolique,
la tabersonine.

Tabersonlne Vlnc:imlne

Ce dernier est un constituant des graines de plusieurs plantes dans la famille des apocynaceae, l'Amsonia
tabernacmontana, Amsonia angustifolia, Compharrygia durissima, Rhazya orientalis, Vinca herbacca,
Voacanga africana, Voacanga bracteata, Voacanga thoarssii, et Voacanga schwien. Seules les graines de
Voacanga africana sont assez riches en tabersonine (1 à 1,3 p. 100 poids matière sèche) pour pennettre
une production industrielle.

En général, ces graines sont achetées dans les pays en voie de développement et acheminées pour
l'extraction et transformation en Europe. Le Voacanga africana pousse naturellement dans les forêts
denses équatoriales et est cultivé dans les plantations entre les pieds de caféiers dans la savane ou entre
les pieds de cacaoyers dans les zones forestières. Au Cameroun, cette plante est dispersée dans 7 des
10 provinces où elle est connue sous plusieurs appellations selon la localisation.

133
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

L'exportation des graines au Cameroun est faite par des compagnies autorisées par l'État et les
exportations en 1989 étaient de presque 1300 tonnes. Mais à cause de l'introduction de la tabersonine de
synthèse, en 1991 ce chiffre avait baissé aux environs de 300 tonnes. La reprise, depuis 1991, a été
modeste et nous avons pensé mieux revaloriser ce marché en introduisant, dans le commerce, la
tabersonine de bonne qualité au lieu des graines de Voacanga aj"ricana. Ainsi, nous pouvons peut-être faire
en sorte que les paysans puissent retrouver ce qu'ils ont perdu à cause de la diminution du coût des
matières primaires comme le café et le cacao.

Pour faire cela, nous avons développé deux procédés d'extraction dont les opérations unitaires sont les
suivantes:

Procédé organique (opérations unitaires) :


- nettoyage des graines;
- séchage complémentaire (si nécessaire);
- broyage;
- extraction organique;
- dilution;
- acidification
- filtration et récupération du produit fini et du jus;
- recristallisation du produit fini.

Procédé aqueux (opérations unitaires) :


- nettoyage des graines;
- séchage complémentaire (si nécessaire);
- broyage;
- extraction acide;
- relargage;
- extraction organique;
- décantation et séparation des phases;
- filtration et récupération du produit fini (évaporation);
- recristallisation du produit fini.

Le procédé organique présente l'avantage que l'on peut, par des opérations supplémentaires sur le jus,
obtenir des alcaloïdes minoritaires qui sont aussi d'intérêt pharmaceutique. Mais du point de vue
économique, le procédé aqueux est nettement moins cher et nous avons étudié l'influence sur le rendement
de la variation des paramètres des opérations unitaires. Les détails du procédé aqueux de base mis en place
avec la collaboration de notre partenaire canadien, le Professeur Ayer, sont les suivants :
a) Charge 100 g
b) Volume solution acide 1000 ml
c) Concentration acide 1%
d) Volume eau lavage 500 ml
e) Durée extraction aqueuse 24 h
f) Masse NaCl relargage 100 g
g) Durée relargage 24 h
h) Volume solvant organique 750 ml
i) Durée d'extraction organique 6h
j) Filtration
k) Recristallisation 10 ml

134
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Optimisation du procédé aqueux


Nous avons ensuite étudié l'influence des paramètres suivants des opérations unitaires sur le rendement
afin de réduire le coût de production de notre sous-produit pharmaceutique.

a) Concentration de la solution acide.


b) La granulométrie de la charge.
c) La quantité de NaCl nécessaire pour le relargage.
d) Temps de l'extraction organique.
e) Volume du solvant organique extracteur.
f) Temps de l'extraction acide.
g) Nature du desséchant.

Le résultat obtenu nous a amené à modifier les détails des opérations unitaires comme suit :

a) Charge 100 g
b) Volume acide 1000 ml
c) Concentration acide 0,25 %
d) Durée extraction aqueuse <6h
e) Masse NaCI relargage 150 g
O Durée relargage (à étudier)
g) Volume solvant organique 100 ml
h) Durée d'extraction organique 6h
i) Étages d'extraction 1
j) Filtration sous vide
k) Recristallisation (volume solvant) 10 ml

Gains réalisés pendant l'optimisation


Rubriques Avant Actuel
Rendement 1% 1,2 %
Concentration acide 1% 0,25 %
Durée extraction acide 24 hres 6 hres
Volume solvant 750ml lOOml
Personnel 6 4
Coût partiel/kg produit fini 93 600FCFA 50 500FCFA

Informations sur le marché


Nous nous sommes adressés à 100 sociétés toutes basées en Europe et nous avons reçu 25 réponses dont
les deux favorables demandent des renseignements complémentaires. L'approvisionnement local sera fait
en août-septembre quand les graines mûrissent et il faut prévoir un stock de graines de réserve dans le cas
d'une production continue. L'état des routes n'est pas à négliger dans le calendrier d'approvisionnement
et il faut prévoir le séchage complémentaire au besoin. L'approvisionnement extérieur consiste surtout en
solvants organiques, acide, desséchants, etc. et il faut prévoir les taxes à l'importation, au fret et à
l'assurance. Il est nécessaire d'avoir un stock de sécurité pour 3 mois à cause de procédures
administratives parfois très lentes.

D'autres études des paramètres d'optimisation sont en cours et nous pensons arriver à une unité de
démonstration à la fin du projet. Nous remercions le Centre de recherches pour le développement
international (CRDO pour la subvention accordée à ces recherches.

135
PHEROMONE-BAITED TRAPPING OF PALM WEEVILS AND RHINOCEROS
BEffiES - SIGNIFICANT PESTS OF PALM

A.C. OEHLSCHLAGER, A.L Perez, LM. Gonzalez, H.D. Pierce, Jr. B. Morgan,
P.D.C. Wirnalarante, K.N. Slessor Be G.G.S. King
Department of Chemistry, Simon Fraser University, Bumaby, B.C., canada

G. Gries, R. Gries, R. Hallett, N.D.P. Angerilli Be J.H. Borden


Dept. of Biological Sciences, Simon Fraser University, Bumaby, B.C., canada

C.M. Chinchilla Be R. Mexzon


Palm Research Program, Palma Tica, Coto, Costa Rica

A. Rauf
Department of Agriculture, Bogor Agricultural University, Bogor, Java, lndonesia

Bob Prior Be Sam Laup


Papua New Guinea Cocoa and Coconut Research lnstitute

Rashed M. K. Al Schareqi Be M.S. Gassourna


Mlnistry of Agriculture and Flsheries, United Arab Emirates

M. Kouda
University of Ouagadougou, Burkina Faso

M. Zebeyou
Institut de recherches pour les huiles d'oléagineux, Station principale de La Me,
Abidjan, Côte d'ivoire

N.Nanou
Palmindustrie, Abidjan, Côte d'ivoire

R. Giblin-Davis Be T.J. Weissllng


Tropical Research and Education Center, University of Floride,
Fort Lauderdale, Floride, USA

Abstract

Volatile collection followed by gas chromatographic-electroantennographic detection has revealed male-produced


aggregation pheromones in six species of economically important palm weevils. Pheromones have been identified
and been shown to be active in the field for Rlrynchophorus palmarum (2-methylhept-5-en-4-ol), R. phoenicis
(3-methyloctan-4-ol), R. ferrugineus (4-methylnonan-5-ol), R. vulneratus (4-methylnonan-5-ol), R. bilineatus
(4-methylnonan-5-ol) and R. cruentatus (4-methyloctan-5-ol). Bucket traps containing these pheromones and a food
source such as sugarcane or palm are highly attractive to these significant pests of palm. When either pheromone
or food are omitted from the trap, capture rates are significantly lower. Mass trapping of R. palmarum in Costa Rica

137
Valorisation de Io biomasse végétale par les produits naturels

with pheromone-baited traps significantly reduced weevil populations and associated red ring disease. Operational
use of pheromone-baited traps bas shown that trap densities of less than one per hectare reduce ring disease 83%
over 5000 hectares of oil palm. The prospects are good that populations of other Rhynchophorus palm weevils can
be managed through pheromone-based trapping.

Application of the gas chromatographic-electroantennographic detection technique to volatiles produced by rhinoceros


beetles bas revealed the presence of a male-produced aggregation pheromone in the African rhinoceros beetle,
Oryctes rrwnoceros, and the Asian rhinoceros beetle, O. rhinoceros. The pheromone (ethyl-4-methyloctanoate) bas
been shown to be attractive to O. rrwnoceros in Africa and to O. rhinoceros in laboratory bioassays. Prospects for
management of populations of rhinoceros beetles using pheromone-baited traps appears good.

Palm weevils
Weevils in the genus Rhynchophorus are world-wide pests of pahn (Wattanapongsiri 1966). In the New
World, the American pahn weevil, Rhynchophorus palmarum (L.), is the established vector of the red ring
nematode which is responsible for significant losses in coconut and oil pahns throughout the tropical
Americas. In Horida, R. cruentatus is a major pest of sabal pahn, the state tree, and a popular omamental.
In Africa, R. phoenicis causes losses in oil and coconut plantations, while in Southeast Asia R.ferrugineus
and R. vulneratus are significant pests. An isolated species, R. bilineatus, is a major pest of coconut palms
used to shade cocoa in Papua New Guinea.

These large (2-3 cm long and =1 cm wide) weevils initiate damage through deposition of small bunches
(= 5 each) of eggs in exposed pahn tissue produced by wind or during harvesting and pruning. Eggs are
very small (= 2 mm long) but larvae grow to 3-4 cm in length and 1-2 cm in diameter. Larvae mature
over three to four months during which time they tunnel extensively in the host.

All economically important pahn weevils except R. palmarum inflict primary damage through larval
tunnelling. While R. palmarum larvae can kill pahns through tunnelling, it more importantly vectors the
red ring nematode which kills pahns. The nematode, Rhadinaphelenchus cocophilus, Cobb (Hagley 1963,
Griffith 1987), reproduces within the pahn initially causing yellowing of lower fronds and eventually
death. In the tropical Americas cumulative losses due to red ring disease (RRD) can reach 15% in
commercial oil pahn plantations (Chinchilla 1988; Chinchilla et al. 1990).

A few years ago the Chemical Ecology Research Group at Simon Fraser University and the INRA
Laboratory in Magny-les-Hameaux, France (Rochet et al. 1991a, b) initiated work to detennine if
Rhynchophorus pahn weevils produced pheromones that could be used manage to populations through
trapping of adult weevils. These investigations resulted in the identification of male-produced aggregation
pheromones for six economically important species of pahn weevils in the Rhynchophorinae (Table 1).
In each case the initial step was the collection of volatiles produced by male and female weevils feeding
on sugarcane or pahn (Figure 1).

The volatiles were extracted from the absorbent and analyzed by gas chromatography (GC) coupled with
electroantennographic detection (EAD, Figure 2). In this technique (GC-EAD) the gas stream containing
volatile components is split into two streams as it emerges from the chromatographie column. One stream
passes through the gas chromatographie detector (FID, flame ionization detection) while the other passes
over the live antenna (EAD, electroantennographic detection) at exactly the same time. The electrical
potential generated by the antenna perceiving a pheromone or important host plant volatile is amplified
and recorded. Comparison of the EAD recording with the FID responses reveals antennaly active
components and pinpoints candidate pheromones.

138
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Charcoal Trap

Air
Flow l
Porapak Q Trap

To Aspirator

Figure 1. Capture of insect volatiles on solid absorbent, Porapak Q.

Time

E:tograp y~~ Flame lonization

Separa~~ ~
Detector Response

EAD

Livelnsect~
Antenna E9 e ~
Amplification __..___~---
V.._
Electrical Response of
Live Antenna

Figure 2. Gas chromatographie / electroantennographic detection (GC-EAD) .

5 7 •
Figure 3. FID and EAD responses to volatiles obtained from male R. phoenicis feeding on sugarcane. The
antennal response was obtained with an antenna of a female weevil. Chromatography was carried out on
a fused silica capillary column (30 m x 0.25 mm ID) coated with SP-1000.

139
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

3$,4$

FID

AD~tunll R.plloenlcls
pheromone
s

EAD

26 32 36
Minutes
Figure 4. Chiral gas chromatographie analysis of synthetic isomers (A) and naturally produced (8) R. phoenicis
aggregation pheromone, 3-methyloctan-4-ol, on a fused silica capillary column (30 m x 0.25 mm ID) coated
with permethylated jkyclodexlrin in DB-1701; cyclodex B, J & W Scientific). EAD response (C) by
female R. phoenicis antenna to the mixture of four isomers of the pheromone shown in A.

Table 1. Male-produced aggrej!ation pheromones of Rhynchophorus weevils.

R. palmarum
~ Oehlschlager et al, 1992a

OH Gries et al, 1993a


R. phoenicis
~ Perez et al, 1994a

~
Hallett et al, 1993a, 1993b
R. ferrugineus Parez et al, 1994c
OH

~
Hallett et al 1993a, 1993b
R. vulneratus Perez et al, 1994c
OH

~
Oehlschlager et al, 1993c
R. bilineatus Pa rez et al, 1994c
OH

~
Perez, et al, 1994b
R. cruentatus
OH

140
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

For each palm weevil species one or two male-produced volatile components excited the antenna of both
males and females. Based on their mass spectra these candidate pheromones were identified at Simon
Fraser by Dr. G. Gries. Each pheromone was prepared by Ms. A. L. Perez. Antennal activity of the
synthetic pheromones was verified in GC-EAD analysis by Ms. R. Gries and Dr. G. Gries.

Ail of the pheromones identified were chiral and the relevant chiral isomers were prepared by Ms. A. L.
Perez. The chiral pheromones were separated on a chiral fused silica column (Figure 4). Chromatographie
analysis by Ms. A. Perez of the natural and synthetic pheromones allowed determination of the chirality
of each naturally produced pheromone. In GC-EAD analyses by Ms. R. Gries and Dr. G. Gries using the
chiral column antennae invariably responded only to the naturally produced isomer (e.g., Figure 4).

Field tests were begun 1991 in several regions of the world in which the weevils are a problem
(Oehlschlager et al. 1992a, b; 1993a, b, c; Gries et al. 1993a; Hallett et al., 1993a, b; Giblin-Davis, et al.
unpublished). Buckets, used insecticide containers, plastic bags and palm stems proved to be effective traps
when both pheromone and a food source were present (Figure 5). Deletion of pheromone of food
dramatically reduced capture rates (Figure 6).

The most attractive food in bucket traps was halved sugarcane stalk or sections of palm tissue. Altemate
food sources, such as molasses on a sponge, were not as effective. Weevils were retained with greater
efficiency if the food was treated with a dilute solution of insecticide. Several insecticides including
lannate, furadan and Sevin 80 for R. palmarwn (Oehlschlager et al. 1993b), diazinon and lannate for
R. ferrugineus (Hallett et al. 1993b) diazinon for R. Vulneratus (Hallett et al. 1993b) and Evisect "S" for
R. phoenicis (Gries et al. 1993a) were effective and apparently not repellent to these weevils.

The requirement for food is considered to be due to emitted volatiles because weevils are attracted to traps
in which food (e.g., sugarcane) cannot be seen but can be smelled (C.M. Chinchilla, unpublished). Sorne
antennally active food volatiles have been identified and some of these enhance attraction to the
pheromones (R. Gries & G. Gries, unpublished). To date no combination of food derived volatiles and
pheromone has been found that is as attractive to weevils as sugarcane or palm in combination with
pheromone. The most significant problem with food containing pheromone-baited traps is that food
becomes unattractive after 1-2 week and must be replaced. This requires trap seivicing and provides an
incentive to identify individual food volatiles that will be equivalent in synergy to sugarcane or palm
tissue.

Palm Fronds

Sugarcane
b Sandwich
or Palm a Bucket Tr.ip
Trap

Figure 5. Pheromone-baited bucket and palm stem traps used to capture palm weevils.

141
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

c
80
B

60 c 60 b
50
40 40
·30
20 20
10
o......PHR>
-~
CANE RER> FffR> CAtE 7 15 30
BUCK BJCK + + CH..Y CANE ONE CN'E
CANE CANE A-ER> ~ FI-ER)
ElJCK BAG Attractant in Bucket Traps
Treatments

Figure 6. A) Mean number (+SEM) of R. palmarum collected per week in 19 L bucket and plastic bag traps
containing pheromone and/or treated sugarcane. Treatments were bucket traps with pheromone alone (PHERO
BUCK), treated sugarcane alone (CANE BUCK), both combined (PHERO + CANE BUCK) and bag traps
containing pheromone and sugarcane (PHERO + CANE BAG). Means of capture superscripted by the sarne
letter are not significantly different (Oehlschlager et al. 1993a). B) Mean number (+SEM) of R. palmarum
collected in bucket traps containing pheromone and varying amounts of sugarcane. Traps were baited with 15
pieces of treated sugarcane (CANE), 7 cane pieces with pheromone (7 CANE PHERO), 15 cane pieces with
pheromone (15 CANE PHERO) and 30 cane pieces with pheromone (30 CANE PHERO). Means superscripted
by the sarne letter are not significantly different (Oehlschlager et al. 1993a). Sugarcane was halved stalk 20 cm
long pre-immersed in dilute lannate solution.

20

O ~C N D J F M
1991 1992
Month

Figure 7. Mean (± SEM) weekly captures of R. palmarum in pheromone-baited bucket traps placed in 30 ha of
oil palrn planted in 1971 with a high incidence of RRD in 1990 and 1991. Traps contained pheromone released
at == 7 mg/day and 15 pieces of furadan (0,6%, AI.) treated halved sugarcane stalle.

142
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

:! Stan Mass
li
41
2 Trapplng

.
::c

:.
0
a:
a:

Figme 8. Relative incidence of RRD in the 1971 planting, 30 ha mass trapping site and in swrounding sections
planted in 1976 in the Palma Tica oil palm plantation, in Coto, Costa Rica. Surveys for RRD were bimonthly
during 1990-1993.

Start Trapping
Sept 9, 1992
B
5 + 8
8c 4
.g 3
·u !!
.5
cü "' 2

....
cc:!
a: ...
~a.
1
0
j 1991
J-A M-A s;o J-A
1992
M-A S-0 J-
1993
O SONDJ FMA M
1992 1993 .
Months Months

Figme 9. A) RRD between 1991 and 1993 in a 83 ha stand of oil palms planted in 1983. Scaled to 1 case per ha
for January-April 1991 in the stand described in Figure lOA. B) Mean(± SEM) biweekly capture per trap
commencing in September 1992 of R. palmarum in pheromone-baited bucket traps. Density was 1 trap / ha
internally with 2 rows of perimeter traps at 100 meter spacing within the stand (132 traps).

S1art Trapping
... 5
A
Sept. 3, 1992 ~ 8
~ 4
""
~ ,...6
B
1.5 I!
Ct
!I 3
i
.1 CAM/Ha !14
:li.!
a: •
a: l& 2 J wm
-~.........i-2
1
A. 1 c: 1-
0 4----r--"'"'."""-----~---:"'.:t':"'"--='"~-J~-A
J-A M-A s-o J-A M-A S-D i ~ O SONDJ FM&.M-
1991 1992 1993 1992 1993
Mcmths Month•

Figure 10. A) RRD incidence from bimonthly surveys between 1991 and 1993 in a 66 ha stand of oil palms
planted in 1983. Scaled to 1 case per ha for the January-April 1991 period. B) Mean (± SEM) biweekly capture
per trap of R. palmarum in pheromone-baited bucket traps commencing in September 1992. Density was 1 trap
per 3,5 ha internally and 2 rows at 100 meter spacing around perimeter within the stand (103 traps total).

143
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

R. palmarwn is the most damaging of ail Rhynchophorus palm weevils and mass trapping is most
advanced for this species. The first mass trapping to reduce R. palmarum populations was carried out in
the Palma Tica commercial oil palm plantation near Coto, Costa Rica (Chinchilla & Oelùsclùager 1992;
Chinchilla et al. 1993; Oelùsclùager et al. 1992b, 1993b). In 1989 this 6600 hectare plantation experienced
problems with R. palmarwn vectored red ring disease (RRD). Between 1989 and 1990 and again between
1990 and 1991 the number of palms to be removed due to RRD infection doubled. Insecticide spraying
against this weevil could not be carried out because the primary pollinator of oil palm is a small weevil
(Elaeidobius kamerunicus) in the same family. In late 1991, marlc-release-recapture experiments suggested
that the population of R. palmarwn was 23-57 per ha. Capture rates of pheromone-baited traps revealed
that 7-18% of the resident population could be removed within a few weeks. Mass trapping commenced
in September 1991 in a 30 hectare stand of 20 year old palm that was the most heavily infested of over
100 stands in 1990 and early 1991. In this stand capture rates of traps at a density of 6 traps per ha
declined to =40% of initial values within 6 months and to 20% within a year (Figure 7). About 60 000
R. palmarwn were captured in the mass trapping area during the first year of trapping. This was
approximately 30 times the estimated resident population. Within the plot perimeter, traps captured
significantly more weevils than those occupying intemal positions. Weevils were assumed to be drawn
from surrounding stands.

Reduced capture rates within the mass trapping area correlated with lower RRD incidence assuming a
2-3 month incubation period for detection of RRD. In the mass trapping area RRD incidence decreased
50% during 1992 compared to 1991 (Figure 8). That RRD infection was first lowered in the mass trapping
area before it decreased in surrounding sections (Figure 8) indicated that weevils were attracted from
surrounding plots into the mass trapping area

Reduction of RRD incidence through mass trapping of R. palmarum at lower trap densities was
demonstrated in several plots of RRD infected oil palms planted in 1983. At densities of 1 trap per hectare
and 1 trap per 3,5 hectares including perimeter traps capture rates steadily decreased within two months
(Figures 9 & 10). Accompanying RRD incidence decreased dramatically in those stands containing internai
traps. Parallel experiments using only perimeter traps without internai trapping revealed that perimeter
trapping was not effective in reducing RRD in stands similar to those shown in Figures 9 and 10.

Both internai and perimeter trapping are required to effectively reduce populations of R. palmarwn and
associated RRD. If only perimeter traps are used weevils penetrate the barrier or are resident to create
substantial numbers of new RRD infections.

Although RRD incidence had doubled each year from 1989 to 1991, between 1991 and 1992 the increase
was held to 20% as a result of capture of an estimated 126 000 R. palmarum between September 1991
and September 1992. Deployment of 1 trap per 3.5 ha over 5 000 ha of oil palm susceptible to RRD in
August 1992 gave reduction of 83% in the incidence of RRD in the first quarter of 1993 compared to the
same period in 1992 (Chinchilla et al. unpublished).

Survey trapping over 1256 ha of the Costa Rican plantation revealed that weevils dispersed from stands
undergoing replanting or under-planting. Traps near such areas captured higher numbers of weevils during
and after these operations. A strategy that effectively prevented the spread of weevils from distwbed areas
involved prior mass trapping within the targeted stand. Weevils that did disperse were preferentially
captured in perimeter traps within mass trap areas. Penetration of barrier traps by marlced weevils
suggested that both perimeter and intemal traps were required to maintain low populations.

The studies conducted in the Palma Tica plantation in Costa Rica demonstrate that mass trapping of
R. palmarum can significantly reduce populations and RRD infection rates over large areas. The behaviour

144
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

of other Rhynchophorus weevils is very similar. It is suspected that populations of other species (Table 1)
can be managed by mass trapping using pheromone-baited traps.

Rhinoceros beetles
Severa! species of Dynastinae beetles are pests of coconut, date, oil, tali pot and royal palm. The most
significant of these are in the genus Oryctes. In tropical Asia and the lndian sub continent adult Oryctes
rhinoceros cause extensive damage in coconut palm plantations through feeding on the growing heart of
young coconut palm and undeveloped fronds (Sadakathulla & Ramachandran, 1991). While this is often
not lethal to the host, the feeding tunnels provide access for micro-organisms (e.g. Fusarium spp, stem
rot) and Rhynchôphorus palm weevils that then feed and oviposit in the tunnels. Developing palm weevil
larvae are known to cause significant mortality.

Table 2. Economically important species of Dynastinae


Species Distribution Damage
Oryctes rhinoceros Tropical Asia, India, undeveloped froncis, coco, oil
Pakistan
Oryctes monoceros Africa undeveloped froncis, coco, oil
Oryctes boas Africa undeveloped froncis, coco, oil
Oryctes agamemnon Arabian Peninsula fruit bunch stems, date
Oryctes elegans Northem Africa
Strategus aloeus Central and South America undeveloped froncis, coco, oil
Scapanes australis Papua New Guinea undeveloped froncis, coco

In Africa O. monoceros and O. boas cause similar damage as does Strategus aloeus in Central and South
America and Scapanes australis in Papua New Guinea.

These insects prefer young palms and pose serious threats to the regeneration of palm stands.
O. rhinoceros, O. monoceros, O. boas, Strategus aloeus and Scapanes australis mate and oviposit in
rotting plant matter. During the regeneration of palm stands old palms are eut and new palms planted. The
environment generated by this practise provides young palm heart tissue, undeveloped fronds near ground
level and rotting pa1m tissue. It is ideal for these insects.

In the Arabian peninsula O. elegans and O. agamemnon cause extensive damage through feeding on fruit
bunch stems. The preferred sites of mating and oviposition of these Oryctes are probably rotting palm
stem. Indeed, both adult R. fe"ugineus and Oryctes adults; larvae and eggs are often found together in
Rhynchophorus infested date palm stem in the United Arab Emirates (Oehlschlager & Hallett, persona!
observation).

In Africa the most widely practised sanitation measure for prevention of Oryctes infestations is the
planting of fast growing ground cover to obscure from view and perllaps mask the odour of rotting palm
stem (Julia & Mariau 1976a). If an infestation occurs plantation managers are encouraged to chop up
rotting palm stem to retrieve and destroy larvae. In Southeast Asia, wild populations of O. rhinoceros may
be managed by periodic infection with a lethal baculovirus (Rhabdinovirus oryctes) that, unfortunately,
is not active against other Oryctes (Julia & Mariau, 1976b; Lonner, 1986).

In Africa trapping of adult O. monceros with ethyl chrysanthemate bas been suggested but is not
successful because the chemical is not very attractive (Julia, 1974). In Southeast Asia trapping of

145
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

O. rhiTwceros with ethyl chrysanthemate and trans-6-methyl-3-cyclohexene-l-carboxylic acid and its


methyl ester bas been examined (van der Meer & McGovem, 1983). In the Arabian peninsula effective
control of O. agamemnon and O. elegans has been achieved with light traps Ministry of Agriculture &
Fisheries, UAE, unpublished). The success of light trapping in this desert environment may be due to the
isolation of the date palm stands in the region. Aside from its expense this appears to be an effective
technique to manage the populations of these insects.

There are no effective measures against Strategus aloeus or Scapanes australis. The usual practise when
damage is found is to plug the feeding tunnel with dirt or tar.

In 1992 work at SFU detected pheromones produced by Dynastinae. Volatiles produced by male and
female O. monoceros, O. rhinoceros, and Scapanes australis (Figure 1) were examined by the GC-EAD
technique (Figure 11). Positive responses were found in both Oryctes.

Chemical identification and synthesis coupled with field tests in Africa confinned the structure of a major
male-produced aggregation pheromone for 0. monoceros (Gries et al. I993b). The aggregation pheromone
is a much more potent attractant for 0. monoceros than ethyl chrysanthemate, the previously recommended
attractant. GC-EAD coupled with laboratory bioassays (R. Hallett, unpublished) have confinned that male
0. rhinoceros produce an identical pheromone that is attractive to both conspecific males and females.
This chemical and minor male-specific volatiles are undergoing field testing in Indonesia by R. Hallett
in late 1993.

The prospects for management of O. monoceros populations in Africa seem good. This is a large insect
and populations are .known to be highly correlated with the amount of damage in young coconut
plantations (Julia & Brunin, 1974). In the one week pheromone test conducted in Africa mid May 1993,
11 beetles were captured in 8 pheromone-baited traps while none were captured in a corresponding number
of traps baited with ethyl chrysanthemate. The effective area covered by all traps in this test was = 12
hectares and the population as judged from 1992 weekly surveys was = 9 Oryctes per_hectare. Thus, in
one week this test removed approximately 10% of the resident Oryctes population. This compares
favourably with the removal of 7-11 % of the estimated R. palmarum population during the first week of
trapping in the Palma Tica plantation in Costa Rica (Chinchilla et al., 1993).

A
G) ~COOEI
en
c
8.
en
l
CD
...
~

0
tj B
CD

0

7 8 9 10 11

Minutes

Figure 11. F1D (A) and EAD (B) responses to volatiles obtained from male and female O. monoceros. The
antennal recording was carried out with an antenna of a female beetle. Chromatography was with a fused silica
capillary column (30 m x 0.25 mm ID) coated with SP-1000.

146
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Acknowledgements
We wish to thank Geovani Castrillo of the Palm Research Program of Palma Tica in Coto, Costa Rica for
invaluable co-ordination of the field worlc; Dr. D.L. Richardson of Palma Tica for support of this program;
R.S. MacDonald of the Department of Biological Sciences at Simon Fraser University for statistical
analysis and the Natural Sciences and Engineering Research Council of Canada for Research and
International Collaboration Grants to A.C.O. and an Infrastructure Grant to J.H. Borden, K.N. Slessor, M.
Winston and A.C.O. R. Hallett acknowledges the International Development Research Center for a
Research Fellowship in support of work on R. ferrugineus, R. vulneratus and 0. rhinoceros. The assistance
of F.G. Bliz, J. Cangianila, B.J. Center, M. Stanaland and A. Duda & Sons in the field work on R.
cruentatus is acknowledged. Field worlc on R. cruentatus was supported in part by a USDA special grant
in Tropical and Subtropical Agrtculture (CRSR-90-34135-5233) to R. G.-D.

References
Chinchilla, C.M. 1988. The red ring-little leaf syndrome in oil palm and coconut. Bol. Tee Opo-CB 2(4) : 113-136
and Agricultural Services Development, Technical Bulletin l, 1991, Apdo. 30-1000, San Jose, Costa Rica.
Chinchilla, C.M., R. Menjivar & E. Arias. 1990. Picudo de la palma y enfennedad del anillo rojo/hoja pequena en
una plantaci6n comercial en Honduras. Turriaba, 40 : 471-477.
Chinchilla, C.M. & A.C. Oehlschlager. 1992. Capture of Rhynchophorus palmarum L. in traps baited with the
male-produced aggregation pheromone ASD Oil Pa1m Papers. No. 5 : 1-8.
Chinchilla, C.M., A.C. Oehlschlager & G.M. Gonzalez. 1993. Management of red ring disease in oil pa1m through
pheromone-based trapping of Rhynchophorus palmarum (L.). Proceedings of the International Conference on
Oil Palm (PORIM), Kuala Lumpur, Malaysia, September.
Gries, G., R. Gries, AL. Perez, A.C. Oehlschlager, L.M. Gonzalez, H.D. Pierce, Jr., M. Kouda-Bonafos, M. Zebeyou
& N. Nanou. 1993a. Aggregation pheromone of the African palm weevil, Rhynchophorus phoenicis F.,
Naturwissenschaften 80 : 90-91.
Gries, G., R. Gries, A.L. Perez, A.C. Oehlschlager, L.M Gonzalez, H.D. Pierce, Jr. & M. Zebeyou. 1993b.
Aggregation pheromone for the African rhinoceros beetle, Oryctes monoceros (Oliver), Naturwissenschaften,
submitted for publication.
Griffith, R. 1987. Red ring disease of coconut palm. Plant Dis. 71 : 193-196.
Hagley, E.A.C. 1963. The role of the pa1m weevil, Rhynchophorus palmarum, as a vector of red ring disease of
coconuts. 1. Results of preliminary investigations. J. Econ. Entomol. 56 : 375-380.
Hallett, RH., G. Gries, R. Gries, J.H. Borden, E. Czyzewska, A.C. Oehlschlager, H.D. Pierce, Jr., N.D.P. Angerilli
& A. Rauf. 1993a. Aggregation pheromones of two Asian pa1m weevils, Rhynchophorus ferrugineus (Oliv.) and
R. vulneratus (Panz.), Naturwissenschaften, in press.
Hallett,R.H., A.C. Oehlschlager, G. Gries, N.D.P. Angerilli, R.K. Al Shareqi, M.S. Gassouma & J.H. Borden. 1993b.
Field activity of aggregation pheromone of two Asian palm weevils, Proceedings of the International Conference
on Oil Pa1m (PORIM), Kuala Lumpur, Malaysia, September.
Julia, J.F. 1974. Pests and Diseases of oil and coconut palm - Trapping Oryctes with ethyl chrysanthemate.
Oléagineux 29 : 79-80.
Julia, J.F. & C. Brunin. 1974. Research on Oryctes monoceros 01. in the lvocy Coast 1. - Attacks of Oryctes in
young plantations, Oléagineux 29 : 239-242.
Julia, J.F. & D. Mariau. 1976a. Research on Oryctes monoceros 01. in the Ivory Coast 1. - Biological Contrai, role
of the cover plant, Oléagineux 31 : 63-68.
Julia, J.F. & D. Mariau. 1976b. Research on Oryctes monoceros 01. in the Ivory Coast Il. - Trial of biological
contrai by virus Rhabdionvirus oryctes, Oléagineux 31 : 113-117.
Lormer, CJ. 1986. Release of Baculovirus oryctes into Oryctes monoceros populations in the Seychelles. J.
Invertebrate Path. 47 : 237-246.
Morales, JL. & C.M. Chinchilla. 1990. Estudios poblacionales en Rhynchophorus palmarum L. y su relaci6n con
la enfermedad de anillo rojo/hoja pequena en palma aceitera en Costa Rica. Turrialba. 40(4) : 478-485.

147
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Oehlsch1ager, A.C., H.D. Pierce, Jr., B. Morgan, P.D.C. Wimalaratne, K.N. Slessor, G.G.S. King, G. Gries, R. Gries,
J.H. Borden, L.F. Jiron, C.M. Chinchilla & R. Mexzon. 1992a. Chirality and field testing ofRhynchophorol, the
aggregation pheromone of the American palm weevil. Naturwissenschaften, 79 : 134-135.
Oehlsch1ager, A.C., C.M. Chinchilla & L.M. Gonzalez. 1992b. Management ofred ring disease in oil palm through
pheromone-based trapping of Rhynchophorus palmarum, International Seminar on Coconut Research, Kingston,
Jamaica, 16 pp.
Oehlsch1ager, A.C., C.M. Chinchilla & L.M. Gonzalez. 1993a. Development of a pheromone-based trap for the
American palm weevil. J. Econ. Entomol. (in press).
Oehlsch1ager, A.C., C.M. Chinchilla & L.M. Gonzalez. 1993b. Optimization of a pheromone-based trap for the
American palm weevil, Proceedings of the International Conference on Oil Palm (PORIM), Kuala Lumpur,
Malaysia, September.
Oehlsch1ager, A.C., AL. Perez, H.D. Pierce, Jr., L.M. Gonzalez, R.N.B. Prior, S. Laup, R. Gries & G. Gries. 1993c.
Aggregation pheromone of the Asian palm weevil, Rhynchophorus bilineaJus (Montr.), Naturwissenschaften
submitted for publication.
Perez, AL., G. Gries, R. Gries, L.M. Gonzalez & A.C. Oehlsch1ager. 1994a. Chirality and field testing of the
aggregation pheromone of the African palm weevil, J. Chem. Ecol., manuscript in preparation.
Perez, AL., G. Gries, R. Gries, L.M. Gonzalez, R. Giblin-Davis & A.C. Oehlschlager. 1994b. Chirality and field
testing of the aggregation pheromone of the Sabal palm weevil, J. Chem. Ecol., manuscript in preparation.
Perez, AL., G. Gries, R. Gries, L.M. Gonzalez, R. Prior, S. Laup, R. Hallett, J.H. Borden & A.C. Oehlsch1ager.
1994c. Chirality and field testing of the aggregation pheromone of Asian palm weevils, J. Chem. Ecol.,
manuscript in preparation.
Rochat, D., V.A. Gonzâlez, D. Mariau, g.A. Villanueva & P. Zagatti. 199la. Evidence for a male-produced
aggregation pheromone in the American palm weevil,Rhynchophorus palmarum L. (Coleoptera: Curculionidae).
J. Chem. Ecol. 17 : 1221-1230.
Rochat, D.C., Malosse, M. Lettere, P.-H. Ducrot, P. Zagatti, M. Renou & C. Descoins. 199lb. Male-produced
aggregation pheromone of the American palm weevil, Rhynchophorus palmarum L. (Coleoptera, Curculionidae):
Collection, identification, electrophysiological activity and laboratory bioassay. J. Chem. Ecol., 17 : 2127-2141.
Sadakathulla, S. & T.K. Ramachandran. 1991. Management of rhinoceros beetle in coconut plantation, The Planter,
Kuala Lumpur, 67 : 197-199.
Van der Meer, R.K. & T.P. McGovem. 1983. Structure-activity correlations for derivatives of siglure: Attractants
for Oryctes rhinoceros, J. Econ. Entomol. 76: 723-727. -
Wattanapongsiri, A. 1966. A revision of the genera Rhynchophorus and Dynamis (Coleoptera: Curculionidae). Dept
Agric. Sei. Bull. (Bangkok) 1 : 1-328.

148
AMÉLIORATION DES TECHNIQUES TRADITIONNELLES DE TEINTURE EN GUINÉE -
PROCESSUS DE TRANSFERT DE TECHNOLOGIE

Morlaye BANGOURA
Direction nationale de la recherche scientifique et technologique (DNRST)
B.P. 561, Conakry, République de Guinée

et

Normand JUBINVILLE
Centre des technologies textiles
St-Hyacinthe (Québec) Canada J2S 1H9

Première partie par Morlaye Bangoura

Introduction
Dans un pays en développement comme la République de Guinée, où l'industrie nationale est presque
inexistante, l'artisanat occupe une place importante dans la vie économique nationale.

En Guinée, la contribution de l'artisanat à la production manufacturière nationale est estimée à 40 p. 100


et occupe 10 p. 100 de la population. Le secteur du textile avec en tête la teinture, constitue à son tour
le plus grand secteur d'activités artisanales et regroupe environ 35 p. 100 des artisans. Cèpendant, malgré
cette importance, les journées de réflexion sur l'artisanat en Guinée organisées à Conakry en juillet 1988
avaient fait le constat que le secteur reste encore de nos jours mal connu, faute de recensement et d'étude
exhaustive. Pire, les activités pratiquées par les femmes n'ontjamais fait l'objet d'une attention particulière
afin d'examiner les possibilités d'interventions concrètes à ce niveau.

La Direction nationale de la recherche scientifique et technologique (DNRSn, organe directeur de la


politique scientifique et technologique nationale, consciente de cet état de fait lança en 1987 un
programme de recherches sur les technologies traditionnelles guinéennes. Ce programme, qui avait pour
objectif la valorisation et l'amélioration des techniques traditionnelles, avait pour tâche prioritaire
l'identification des problèmes qui entravent l'élaboration de programmes efficaces de développement
technologique en milieu rural. La création d'un projet public dénommé« Projet d'études et de recherches
sur les technologies endogènes en Guinée » (PERTEGUI) placé sous la tutelle de la DNRST explique le
souci de celle-ci de redynamiser le secteur. Il s'agit donc pour le PERTEGUI de mettre en œuvre des
activités qui aboutissent à l'amélioration du niveau de vie des populations, notamment rurales, par la mise
à leur disposition des solutions aux problèmes qui se posent réellement à elles. La popularisation de la
technologie suppose, en effet, la promotion des résultats de recherche dans le secteur productif; il s'agit
de faire participer tous les acteurs du développement technologique national à toutes les prises de décision
en vue de favoriser un développement plus accéléré et équilibré des campagnes. Pour ce faire, l'approche
du PERTEGUI est la mise en œuvre de techniques avec des paysans et artisans à partir des besoins
exprimés par eux en vue de mettre à la disposition des communautés de base des outils et des procédés
qui les aident à réaliser elles-mêmes les objectifs qu'elles se sont fixés.

149
Valorisation de Io biomasse végétale par les produits naturels

La technologie traditionnelle est intimement liée à l'environnement physique, économique et social, et,
de ce fait, s'intègre hannonieusement au milieu. Elle constitue, en outre, un moyen sûr de dialogue avec
les populations rurales car elle a le mérite, à partir des connaissances locales, d'expliquer comment les
populations ont compris et résolu les divers problèmes qui se sont posés à elles au cours de leur évolution.
La technologie traditionnelle est aussi un élément du patrimoine culturel national qui permet de faire
comprendre les formes d'organisations sociales qui sous-tendent la fabrication et l'utilisation des outils.

Nous venons d'insister sur la collaboration nécessaire entre les différents acteurs du développement, car
une recherche appliquée de qualité est celle qui met en œuvre des travaux qui répondent aux attentes des
utilisateurs. Il faudrait, dans ce cas, que ces derniers expriment clairement leurs besoins ou qu'il y ait des
structures pour ies révéler à leur place. Dès lors, on comprend que l'utilisateur doit être associé à la
définition des priorités de sa communauté. Cette tâche ne doit pas être en effet l'affaire des seuls cadres
et techniciens chargés du monde rural. Ce n'est certes pas facile, mais cette action demeure un préalable
à toute réussite.

En Guinée, les dimensions des problèmes à résoudre sont en général définies en termes qualitatifs, ce qui,
de toute évidence, constitue une difficulté majeure pour le développement et la planification de la politique
technologique nationale. Pour relever ce défi, le PERTEGUI a organisé, en 1987-1988, des enquêtes à
l'échelle nationale en vue, d'une part, d'inventorier toutes les technologies traditionnelles en usage en
milieu rural et urbain, et d'autre part, d'évaluer les besoins d'amélioration des technologies à haute
intensité de main-d'œuvre et de revenu ainsi que celles utilisées par les femmes. Cette évaluation a permis
l'élaboration d'un programme optimal de recherche-développement de certaines technologies comme celle
de la teinture. La suite de notre exposé sera essentiellement consacrée aux activités menées pour le
développement et la promotion de la teinture traditionnelle guinéenne à travers le projet « Teintures
traditionnelles/Guinée ».

La teinture traditionnelle guinéenne : état actuel


Nous avons déjà souligné plus haut que la teinture est la plus importante activité artisanale en Guinée; sa
pratique remonte à des dates très reculées. Le principal colorant utilisé est l'indigo naturel. Si les enquêtes
organisées en 1987-1988 à l'échelle nationale ont permis de mettre en évidence l'importance économique
de la teinture dans le pays, elles ont aussi permis d'identifier quelques insuffisances du procédé
traditionnel qu'il convient de corriger pour rendre l'activité plus productive et plus lucrative. D'abord, en
Guinée l'extraction de l'indigo et la teinture des tissus ont lieu dans le même bain. Le procédé présente
le désavantage que sa réalisation exige au minimum 7 jours et favorise la formation d'une importante
quantité de résidus solides nuisibles à l'efficacité de la teinture et à l'environnement. Cette perte de temps
considérable est à l'origine de la baisse d'intérêt des teinturières vis-à-vis de l'indigo naturel; elles se
tournent de plus en plus vers les colorants synthétiques qui offrent une gamme plus variée de couleurs et
dont les bains de teinture se préparent plus rapidement. Ensuite, les matières premières et les auxiliaires
sont mélangées dans des proportions très variables et les temps de réaction varient non seulement d'une
préfecture à l'autre mais aussi d'une teinturière à l'autre. On assiste souvent à des gaspillages de matières
premières. L'assouplissement des tissus teints se fait à l'aide de gourdins, une opération qui se caractérise
par une imposante dépense d'énergie humaine et constitue pour ce fait, un facteur limitant pour
l'accroissement de la production.

Les données économiques et celles relatives à la commercialisation indiquent qu'à l'exception de l'indigo,
les autres produits (tissu, soude caustique, hydrosulfite, autres colorants, etc.) sont importés à partir de
pays voisins et vendus à des prix qui réduisent considérablement la marge bénéficiaire des teinturières
confrontées de surcroît à une concurrence impressionnante.

150
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Cependant, malgré cette réalité, la teinture est encore pratiquée à une importante échelle dans les 34
préfectures du pays. Dans certaines zones comme Kindia, Labé, Mali, Tougué, une famille sur deux
pratique la teinture. Elle est aussi l'activité qui compte le plus de coopératives, associations, groupements
et villages spécialisés dans sa pratique avec quelques fois une expérience de plus d'une trentaine d'années.
La Guinée jouit, à cet égard, d'une réputation internationale, comme en témoigne la participation de ses
teinturières aux différentes foires sur l'artisanat organisées tous les ans en Afrique et en Europe.

Contribution du projet Teintures traditionnelles/Guinée à la promotion et


au développement de la teinture en Guinée - Transfert de technologie
Le projet sus-mentionné est le fruit du travail d'enquête réalisé par la DNRST qui a permis d'obtenir
beaucoup de renseignements sur la teinture telle que pratiquée en Guinée. Financé par le CRDI, il est
exécuté par le PERTEGUI et le Centre des technologies textiles (CIT) de Saint-Hyacinthe (Québec). Mon
collègue responsable de la partie canadienne précise dans son intervention le rôle de son Centre dans
l'exécution des travaux programmés. Le projet vise l'amélioration des techniques traditionnelles de teinture
à l'indigo en agissant notamment sur la production de l'indigo, l'impression et l'assouplissement des
tissus, le procédé de teinture lui-même et le transfert de technologie.

En exécution depuis fin 1991, le projet Teintures traditionnelles (PIT) a déjà réalisé les actions ci-après :

a) Identification des besoins d'amélioration technologique


La pertinence des résultats de recherche par rapport aux problèmes de développement est étroitement liée
à la qualité de l'expression des besoins des utilisateurs. Ainsi, le PTT a démarré par l'organisation sur le
terrain d'enquêtes supplémentaires en vue de la collecte de données et d'informations complémentaires
sur la teinture. Cette opération qui a été réalisée en étroite collaboration avec les coopératives, associations
et groupements de teinturières pris au hasard a permis de mieux juger l'envergure des divers problèmes
qui entravent le développement de l'activité.

b) Création d'une antenne du projet à Kindia


L'intensité de l'activité de teinture à Kindia demeure une réalité connue de tous les guinéens et des
visiteurs de la localité. Première préfecture à créer sa coopérative de teinturières en 1962, celle-ci reste
de nos jours l'une des plus expérimentées et compte plus de cent membres.

Pour toutes ces raisons et compte tenu de sa proximité de Conakry, la coopérative des teinturières de
Kindia a été retenue comme antenne du projet Celle-ci a une double mission :, participer à travers deux
de ses membres recrutés par le projet aux travaux d'expérimentation à côté des cadi'es chercheurs, puis
assurer la diffusion des résultats par l'animation d'ateliers.

Pour stimuler les teinturières et renforcer la collaboration, le projet a fait un important don de matériel,
de travail et d'argent puis a assuré la rénovation complète de l'atelier de teinture vieux de plus de trente
ans. Ce geste a favorisé un meilleur rapprochement car les coopératives n'avaient plus confiance en ce
genre de coopération à cause des fausses promesses tenues par les multiples missions qui se sont succédées
avant la création de notre projet. Avec cette assistance, l'engagement était désormais réel et la contribution
au succès du programme effectif de la part de nos partenaires.

c) Amélioration de la production de l'indigo


Sur proposition des partenaires canadiens, les chercheurs guinéens, en étroite collaboration avec les
teinturières de Kindia, ont mis au point un procédé amélioré d'extraction de l'indigo naturel. Ce procédé
se distingue du traditionnel par le fait que les opérations d'extraction et de teinture constituent deux étapes

151
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

distinctes. Il produit l'indigo sous fonne de granules plus faciles à transporter et à conserver, mais aussi
moins polluant et de meilleure qualité. Il est d'un accès facile et utilise des équipements disponibles même
dans les familles les plus démunies. Le projet vise, à travers ce procédé, à faire de l'extraction de l'indigo
une importante activité économique génératrice d'emplois et de revenus. Pour cela, en marge de ses
activités de recherche, il s'emploie à faire la promotion du nouveau granulé guinéen sur certains marchés
susceptibles d'être intéressés. Des contacts sont déjà pris dans ce sens.

d) Ateliers de transfert de technologie


La valorisation des résultats de recherche suppose l'existence d'un système de production en mesure de
les utiliser. Les utilisateurs doivent donc comprendre qu'ils sont capables d'engorger tout le système de
la RST par la non-utilisation des résultats de la recherche. Le PIT, à l'issue de la mise au point d'un
procédé d'extraction a organisé des ateliers de fonnation dans les quatre régions naturelles du pays à
l'intention des représentantes des organisations féminines de teinture. L'animation des ateliers a été assurée
par les cadres du projet et des teinturières de l'antenne de Kindia initialement associées aux travaux de
recherche. Durant trois jours, les femmes ont été initiées à la nouvelle technique d'extraction de l'indigo.
La contribution de nos partenaires a été très remarquable. Au niveau de la fennentation, par exemple, les
femmes de la Guinée maritime ont apporté une amélioration au procédé en proposant une variante plus
efficiente qui a été diffusée au niveau des trois autres régions.

Le dernier trimestre de 1993 sera consacré à la diffusion d'un prototype d'équipement pour
l'assouplissement des tissus teints dont la réalisation technique est confiée au département de génie
mécanique de l'Institut polytechnique de Conakry.

Les recherches se poursuivent pour la mise au point d'équipements améliorés pour l'impression et d'un
procédé de préparation de la paraffine liquide qui feront à leur tour l'objet d'ateliers de diffusion.

e) Information technologique
Le PIT compte déjà à son actif quatre publications, car une valorisation réussie des résultats de recherche
suppose une bonne organisation et une circulation effective de l'information. Sur le plan national, des
visites et des interviews sont régulièrement accordées aux cadres du projet par les journalistes de la radio
et de la télévision nationales.

Les ateliers organisés à l'intérieur du pays ont été largement couverts par les différentes radios rurales du
pays à travers des- reportages, commentaires et interviews.

f) Perspectives
Au-delà des questions déjà soulevées et autour desquelles les recherches se poursuivent. l'attention
peut-être déjà tournée vers d'autres aspects comme :
la teinture par les pigments, absente des habitudes des teinturières guinéennes;
la poursuite des recherches sur l'impression et la préparation de la paraffine liquide;
l'amélioration des techniques traditionnelles de tissage;
la création d'une section textile expérimentale au niveau du Centre de fonnation professionnelle de
Conakry, une section absente des écoles de fonnation publiques et privées du pays. Cette section aura
une triple mission :
servir d'appui au projet pour les expérimentations et la vulgarisation des résultats;
assurer le perfectionnement des teinturières, le transfert de nouvelles technologies et l'encadrement
technique des coopératives existantes;
assurer la fonnation de jeunes filles sans métier aux techniques de teinture ou de tissage.

152
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Conclusion
Le développement et le transfert des technologies traditionnelles doivent être soutenus pour la mise en
place de stratégie propre à chaque zone ou pays en tenant compte des problèmes spécifiques à chaque
pays, à son cadre historique et culturel et à la fonne particulière des mécanismes de drainage de ses
ressources. La technologie alternative doit prendre appui sur les principaux objectifs de la stratégie
autocentrée. Il est donc nécessaire de développer des technologies qui préservent l'environnement et
combinent des techniques importées avec celles endogènes ou résultant d'inventions locales. Les
technologies élaborées doivent enfin être compréhensibles pour les utilisateurs et contribuer à
l'amélioration de la production et de la productivité tout en économisant le temps, ce qui requiert la
participation des populations à toutes les phases du processus.

Deuxi.ème partie par Normand Jubinville

Le rôle du Centre des technologies textiles


Nous ne voulons pas terminer cette présentation sans parler du rôle qu'a joué le Centre des technologies
textiles dans le projet. Nous n'avions pas l'expérience des projets internationaux et nous avons développé
notre technique d'intervention au fur et à mesure de l'avancement du projet. Je vais donc tenter de vous
faire profiter de cette expérience.

Mon expérience de spécialiste en teinture ne m'avait pas préparé à faire face à la réalité que j'ai découvert
à ma première visite en Guinée, en décembre 1990. Habitué à traiter des milliers de mètres de tissus dans
des machines en acier inoxydable entièrement infonnatisées, je me suis tout d'abord senti impuissant
devant les installations et les techniques des teinturières. Une fois ce choc culturel et technologique passé,
j'ai adopté une approche systématique pennettant de diviser le procédé en diverses étapes. Avec l'aide du
IY Bangoura et de M. Serge Dubé, conseiller du CRDI, nous avons évalué les possibilités d'amélioration
de chacune des étapes pour finalement décider de nous concentrer sur l'amélioration de la technique de
teinture à l'indigo naturel Des objectifs précis ont été choisis, le projet a pris fonne et a été accepté par
le CRDI. Plusieurs difficultés se sont présentées au cours de ces deux premières années. Je vais tenter de
vous expliquer ce qui nous a pennis de les sunnonter.

Tout d'abord, il nous a fallu une haute dose de confiance. En effet, les différences de culture et les
difficultés de communication (téléphone, fax, télex, poste) ne facilitaient pas les choses et les deux
chercheurs principaux ne parvenaient à se rencontrer que deux fois par année. Les difficultés rencontrées
par les chercheurs guinéens étant tout à fait différentes de celles que nous pouvons rencontrer ici,
notamment au niveau des démarches administratives, il était parfois difficile de comprendre pourquoi telle
étape du projet avait pris plus de temps que prévu. Il fallait toujours ramener les événements dans leur
contexte.

La tentation était forte pour les chercheurs canadiens de perdre de vue les objectifs concrets du projet au
profit d'une recherche de plus en plus intéressante mais aussi théorique. Nous avons dû, par exemple,
interrompre nos recherches sur le wanda dès que nous avons été certains que cette plante ne présentait plus
aucune utilité pour l'atteinte des objectifs, au moment même où elle commençait à nous livrer ses secrets.

Nous avions aussi un rôle à jouer au niveau du transfert de technologie auprès des chercheurs guinéens.
Nous avons donc choisi de seconder la partie guinéenne dans ses recherches plutôt que de faire tout le
développement dans nos laboratoires.

153
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Nous avons aussi effectué plusieurs recherches sur des technologies qui ne sont plus utilisées ici mais qui
étaient plus facilement transférables. Certaines techniques que nous avons proposées découlent de concepts
et d'équipements remontant aussi loin que le Moyen-Âge. Dans d'autres cas, nous avons utilisé les
solutions apportées par des artisans canadiens.

Il nous a fallu aussi résister à l'envie de livrer une technique parfaite. Nous avons jugé préférable
d'effectuer le transfert aussitôt que nos travaux donnaient un résultat satisfaisant pour les teinturières, sous
peine d'y revenir plus tard pour améliorer encore la technique. Nous avons vite compris que le succès du
projet dépendait de notre capacité de comprendre la réalité du milieu visé et de travailler à bonifier les
éléments qui étaient jugés importants par les teinturières. La réussite de notre projet est l'accumulation
de plusieurs petites victoires.

En conclusion, je pourrais recommander aux chercheurs canadiens qui participent à des projets similaires
au nôtre de s'équiper d'un esprit ouvert, de bons yeux, de larges oreilles et d'une bonne boussole pour
ne pas perdre de vue les objectifs du projet Car la réussite du projet devrait être évaluée sur la base des
résultats concrets et vérifiables obtenus sur le terrain.

154
LA DISTRIBUTION DE L'HYDANTOÏNASE CHEZ LES LÉGUMES SECS
ET SON UTILISATION DANS LA SYNTHÈSE DE PRÉCURSEURS DES ACIDES AMINÉS

André MORIN et Élyse Poitras


Agriculture canada
Centre de recherche et de développement sur les aliments
3600, boulevard Cosavant ouest, Saint-Hyacinthe (Québec) J2S 8E3

Résumé

L'hydantoïnase (EC 3.5.2.2) catalyse l'ouverture des liens carbone azote des amides cycliques comme les
dihydropyrimidines, l'hydantoîne et les hydantoînes mono-substituées en position 5. Les produits des réactions
catalysées par l 'hydantoînase sont des acides aminés N-carbamylés. Cette enzyme est retrouvée chez les mammifères,
les microorganismes et les végétaux. L'activité hydantoïnase a été retrouvée chez 18 espèces de légumes secs. Les
vitesses initiales de formation d'un acide aminé N-carbamylé des hydantoïnases extraites des pois verts, des écailles
des pois verts et d'un sous-produit de triage des haricots ont été comparées envers trois amides cycliques. Les
vitesses initiales les plus rapides ont été observées lorsque l'hydantoïnase extraite des écailles des pois verts a réagi
avec le substrat hydantoîne. La variation du pH d'extraction montre qu'il est préférable d'extraire l'enzyme dans un
tampon carbonate bicarbonate de sodium à pH 9,5 150 rnM à une dilution de 1:5. L'hydantoïnase des écailles des
pois verts est stable jusqu'à 50 °C et possède une activité optimale à(,() °C. Elle est stable à pH 8 et 9 dans un
tampon borate et à pH 8 dans un tampon phosphate. L'activité optimale se retrouve dans le tampon borate et
carbonate à pH 8 et 9. Le Mn Cl2 a un effet activateur sur l'activité hydantoïnase. La biocatalyse en réacteur
démontre un taux de conversion du substrat en produit voisin de 100 p. 100. Étant donné que les écailles sont une
source d'enzymes à faible coût, elles pourraient être une alternative intéressante à l'hydantoïnase de source
microbienne. ·

Introduction
L'utilisation traditionnelle des légumes secs est l'alimentation à cause de leur contenu élevé en protéines
(12 à 52 p. 100). Une transfonnation de certains légumes secs grâce à la fennentation en milieu solide en
présence de céréales (Salunkhe et Kadam, 1989) pennet de générer une gamme d'aliments dont les
propriétés nutritives, le gofit et la digestibilité ont été améliorés. Au Canada, la compagnie Woodstone
dans la province du Manitoba produit des farines et extrait des fibres, des protéines et qes amidons à partir
des légumes secs.

Notre travail décrit l'utilisation de légumes secs comme sources d'une enzyme impliquée dans la
production de précurseurs d'acides aminés.

Le système hydantoïnase
La D-hydantoïnase, aussi appelée dihydropyrimidinase (EC 3.5.2.2) est une hydrolase catalysant
l'ouverture des liens carbone azote (C-N) autres que les liens peptidiques. Par exemple, l'hydantoïnase
catalyse l'ouverture des liens C-N des amides cycliques des dihydropyrimidines (ex. dihydrouracile), de
l'hydantoïne ou des hydantoïnes mono-substituées en position 5. Les produits de la réaction de la
D-hydantoïnase sur les hydantoïnes mono-substituées sont des acides aminés N-carbamylés de
confonnation D-. Ces derniers peuvent être hydrolysés chimiquement en présence d'acide nitreux ou
enzymatiquement par la N-carbamyl-D-hydrolase en acides aminés de confonnation D- (Takahashi et al.,

155
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

1979). Il existe aussi une L-hydantoiilase et une N-carbamyl-L-hydrolase qui pennettent d'obtenir des
acides aminés de configuration L- (Syldatk et al., 1988). Les hydantoïnases peuvent donc être utilisées
pour la synthèse stéréospécifique de précurseurs des acides aminés optiquement actifs.

Le marché des acides aminés


Le marché mondial des acides aminés est évalué à plus d'un milliard de dollars américains pour un
volume annuel supérieur à 500 000 tonnes métriques. Ce marché est dominé par l'acide L-glutamique, la
L-lysine et la D-, L-méthionine utilisés principalement dans la nutrition humaine et animale. Ces acides
aminés représentent environ 98 p. 100 du volume annuel et environ 87 p. 100 de la valeur marchande
mondiale. Le marché des autres acides aminés reste à explorer. Les quatre méthodes industrielles de
production des acides aminés sont l'extraction et l'hydrolyse de protéines animales ou végétales, la
synthèse chimique, la fennentation et la catalyse enzymatique. Cette dernière méthode pennet la
production d'acides aminés optiquement purs dans des conditions douces de réactions.

Exploitation commerciale de l'hydantoïnase


À notre connaissance, la seule utilisation commerciale de la D-hydantoïnase est la synthèse du
para-D-hydroxy-phényl-glycine par De Bi-Sclavo pour Recordati en Italie. Le marché pour ce seul acide
aminé produit à l'aide de l'hydantoïnase était évalué à deux millions de dollars américains en 1989
(Polastro, 1989).

La production d'acides aminés par synthèse enzymatique en utilisant l'hydantoïnase intéresse plusieurs
compagnies telles Ajinomoto, Kanegafuchi, Mitsubishi, Nippon Soda, Itoh, Sagami au Japon, BASF,
Degussa, Hoescht et Rutgers en Allemagne, De Bi-Sclavo, et Snam Progetti en Italie.

Le système hydantoiilase intéresse pour au moins trois raisons. D'abord, comme la plupart des systèmes
enzymatiques, il est régio-spécifique, c'est-à-dire tel que mentionné précédemment, l'hydantofuase
hydrolyse les liens C-N des amides cycliques. En second lieu, l'utilisation de la D-hydantofuase en
présence de substrats racémiques (mélanges de 50 p. 100 D- et 50 p. 100 L-hydantoiiles mono-substituées
en position 5 conduit à la formation d'acides aminés de conformation D- uniquement. Finalement,
l'utilisation d'un mélange racémique de substrats est possible parce que ces derniers se racémisent
naturellement dans des tampons alcalins et à des températures au dessus de 40 °C.

Objectifs de -notre recherche


Un des objectifs du Centre de recherche et de développement sur les aliments (C.R.D.A.) de
Saint-Hyacinthe est d'encourager les industries canadiennes à développer de nouveaux produits ou de
nouveaux procédés afin de maintenir ou d'améliorer leur compétitivité.

La section des bio-ingrédients du CRDA s'est fixé pour objectifs d'intéresser les industries canadiennes
à utiliser les biotechnologies afin de produire des bio-ingrédients (enzymes, fennents, polysaccharides,
arômes, édulcorants, acides aminés, colorants). Le Canada est en effet principalement un importateur de
ces substances.

L'objectif du projet présenté est de produire des enzymes conduisant à la synthèse d'acides aminés.
L'enzyme sélectionnée est l'hydantoïnase pour les raisons mentionnées ci-haut.

156
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Sources de l'hydantoïnase
L'enzyme hydantoïnase a été retrouvée chez les animaux (foie), les plantes (légumes secs, melon,
concombre, etc.) et chez les microorganismes. La seule utilisation industrielle connue de l'hydantoihase
implique une enzyme d'origine microbienne. Plusieurs brevets ont été déposés sur l'utilisation des
hydantoïnases microbiennes et un seul a été déposé sur une hydantoïnase d'origine animale (Snam
Progetti, Can. Pat N° 102 8265, 1974). Aucune utilisation industrielle et aucun brevet n'existent sur une
hydantoïnase d'origine végétale.

Hydantoïnase d'origine végétale


La littérature des années 1940-1950 fait état d'une activité dihydropyrimidinase chez les plantes tels les
pois, les fèves, le melon et le concombre (revue brièvement par Morin, 1993). Cependant il n'est
aucunement fait mention de l'utilisation de cette enzyme pour son activité hydantoïnase et plus
particulièrement pour la synthèse de précurseurs d'acides aminés.

La première étape de notre travail fut de rechercher la présence d'une activité hydantoïnase chez les
légumes secs. Le criblage de 18 espèces regroupant plus de 45 variétés de légumes secs, a pennis de
mettre en évidence une activité hydantoïnase chez toutes les espèces testées. Cette activité hydantoïnase
était au moins jusqu'à cinq fois plus élevée (ex. 30 U/g d'extrait sec) que l'activité dihydropyrimidinase
chez certaines variétés (Morin, 1993).

Les résidus de triage des haricots verts et blancs (Phaseolus vulgaris), les écailles de pois verts et les pois
verts entiers (Pisum sativum) ont été sélectionnés parmi les variétés en raison de leur activité élevée en
hydantoïnase. Leur stabilité et leur activité au pH et à la température ont été comparées avec
l'hydantoïnase de la souche bactérienne Pseudomonas putida DSM-84.

Les hydantoïnases de certaines variétés de Phaseolus vulgaris et de Pisum sativum sont stables jusqu'à
50 °C et à des valeurs de pH variant de 5 et 9,5. Elles sont optimalement actives à 60 °C et à pH 9,0.
Elles hydrolysent l 'hydantoïne plus rapidement que la dihydrouracile. L 'hydantoihase bactérienne est stable
jusqu'à 30 °C et à des valeurs de pH variant de 6 à 9,0. Elles est optimalement active à 50 °C et à pH
9,0. Elle hydrolyse la dihydrouracile plus rapidement que l'hydantoïne (Morin et al., 1986). Les conditions
optimales d'utilisation des hydantoïnases d'origine végétale favorisent les vitesses de catalyse et la
racémisation des substrats.

La production d'une hydantoïnase microbienne implique au moins la conservation des propriétés de la


souche, sa culture en fermenteur, la récolte des cellules par centrifugation. Les cofits actuels de la
production d'une hydantoïnase microbienne sont estimés à 200$ par million d'unités d'enzymatiques.

La production d'une hydantoïnase végétale peut se faire à partir de surplus ou de sous-produits de la


récolte des légumes secs. Ces matières sont déjà accumulées dans des entrepôts et sont destinées à
l'alimentation animale. La récolte des hydantoïnases des légumes secs commence par leur broyage sous
la fonne d'une poudre. Cette poudre est mise en contact avec 1OO mM de tampon carbonate-bicarbonate
de sodium, pH 9,5. L'hydantoïnase est alors solubilisée. Après décantation des particules en suspension,
l'hydantoihase est récupérée par centrifugation à 15 000 x g pendant 15 min à 4 °C ou à l'aide d'une
centrifugeuse à panier. L'extrait enzymatique contenant l'hydantoïnase est alors prêt à être utilisé. Les
cofits actuels de la production d'une hydantoïnase d'origine végétale sont estimés à 45 $ par million
d'unités d'enzymatiques.

157
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Utilisation de l'hydantoïnase de source végétale pour la production de


précurseurs d'acides aminés
L 'hydantoïnase a été utilisée sous la fonne d'un extrait brut dans des réacteurs opérés en discontinu et en
continu. En discontinu, l'extrait est mis en contact avec le substrat pour une période de temps pennettant
d'obtenir la conversion complète du substrat (hydantoïne mono-substituée) en produit (acide aminé
N-carbamylé). Une conversion de 75 p. 100 du substrat (D-, L méthyl-mercapto-éthyl-hydantoïne) en
produit (méthionine N-carbamylée) a été obtenue en moins de 24 h avec l'hydantoïnase extraite des
écailles de pois verts (P. sativum).

Par ailleurs, un réacteur opéré en continu a pennis d'obtenir une conversion de 100 p. 100 du substrat
(D-, L-méthyl-mercapto-éthyl-hydantoïne) en produit (méthionine N-carbamylée). Un réacteur enzymatique
à membrane a été utilisé. Le réacteur comprend une chambre de mélange où l'enzyme et le substrat sont
mis en contact Le milieu réactionnel enzyme-substrat est acheminé au moyen d'une pompe vers un
système pennettant la séparation de l'enzyme et du substrat selon leur poids moléculaire. Une membrane
à ultrafiltration ayant un seuil de coupure de 5000 Daltons retient l'enzyme qui est alors ré-acheminée vers
la chambre de mélange. Cette chambre est continuellement alimentée par le substrat à un débit
correspondant à celui de l'ultrafiltration du produit non retenu par la membrane. Un tel réacteur a été
opéré en continu durant 10 jours à 50 °C. Une conversion du substrat en produit variant de 45 à
1OO p. 1OO a été observée.

Conclusion
Nos données préliminaires indiquent que l'utilisation d'une hydantoïnase extraite de légumes secs ou de
sous-produits ou de résidus de leur récolte ou de leur triage peut être utilisée comme biocatalyseur pour
la synthèse de précurseurs d'acides aminés. En comparant les coûi:s de production d'une hydantoïnase
microbienne avec ceux d'une hydantoïnase végétale, cette dernière apparaît comme une alternative
économiquement rentable à la production de précurseurs d'acides aminés.

Si on considère que de 20 à 40 p. 100 des légumes secs produits dans des pays d'Amérique du Sud et
d'Afrique n'atteignent jamais le consommateur et sont perdus en raison de mauvaises conditions de
récolte, de conservation ou de transfonnation (Salunkhe et al., 1985; Kadam et al., 1989), l'utilisation de
ces légumes déclassés comme source d'enzymes variées pour produire des métabolites à haute valeur
ajoutée pourrait amorcer leur valorisation.

Références
Kadam, S.S., Salunkhe, D.K., et Kuo, C.Y. 1989. Harvesting and storage of legumes. In Matthews, R.H. (sous la
dir. de) Legumes Chemistry, Technology and Human Nutrition. Marcel Dekker Inc., New York, p. 11-46.
Morin, A. 1993. Use of D-hydantoinase extracted from legumes to produce N-carbamyl D-amino acids. Enzyme
Microb. Technol. 15 : 208-214.
Morin, A., Hummel, W., Schütte, H., et Kula, M.-R. 1986. Characterization of hydantoinase from Pseudomonas
fluorescens. Biotechnol. Appl. Biochem. 8 : 564-574.
Polastro, E.T. 1989. Enzymes in the fine chemicals industry : dreams and realities. Bio/fechnology 7 : 1237-1241.
Salunkhe, D.K., et Kadam, S.S. 1989. Handbook of World Food Legumes: Nutritional Chemistry, Processing
Technology and Utilization Vol. I, CRC Press, FL 33431, 310 p.
Salunkhe, D.K., Kadam, S.S., et Chavan, J.K. 1985. Postharvest Biotechnology of Food Legumes. CRC Press, FL
33431, l(j() p.
Syldatk, C., Dombach, G., Gross, C., Muller, R., et Wagner, F. 1988. Production of D- and L- amino acids from D-,
L-monosubstituted hydantoins. Ann. N.Y. Acad. Sei. 542 : 323-329.
Takahashi, S., Ohashi, T., Kii, Y., Kumagai, H., et Yamada, H. 1979. Microbial transformation of hydantoins to
N-carbamyl-D-amino acids. J. Fennent Technol. 57 : 328-332.

158
CASSAVA STARCH ADHESIVES: A NEW POTENTIAL

Emmanuel FABIANO
Department of Chemistry, University of Malawi
Box 280, Zomba, Malawi

Louis R. CALVÉ and Jack Shields


Composite Dept. Forintek Canada Corp.
Eastem Laboratory, 800 Montreal Rd., Ottawa, Ontario KlG 3Z5

Abstract

Starch adhesives are being used in ever increasing quantities and higher proportions compared to other natural
adhesives or synthetic adhesives. Although crops such as rice, wheat, maize and potatoes are used as sources of
starch where these crops are grown in large amounts, cassava which is grown in the tropical areas of the world, has
not broken into the adhesive market although cassava starch is often used in food industries. A project on cassava
starch adhesives, to be carried out at the University of Malawi in collaboration with Forintek Canada Corp., will
investigate the development of formulations for cassava starch adhesives that will replace current formulations based
on com/maize starch. The project is based on the fact that cassava grows more readily than maize in many tropical
countries because of its drought resistance properties and that its starch compares very well with starch from maize.

Introduction
Malawi uses a wide range of adhesives (Fabiano, 1991) for different purposes but up to now it does not
have an industcy to produce adhesives for office and domestic use or an industry to produce raw materials
for production of hot-setting adhesives.

One of the raw materials often being employed in adhesive production is starch. Malawi currently imports
starch for adhesive, textile, phannaceutical, food and other industries despite the fact that the country
grows crops such as rice, maize and cassava which could be used to produce starch. Small scale
production of cassava starch has been carried out before and some industries have used the cassava starch
but the results were not very good. The most likely explanation is that each type of starch is slightly
different and there is a need to develop new f01mulations for each type of starch that cornes on the market

Cassava (Manihot esculenta Crantz), also known as tapioca, mandioca, manioc and yucca, thrives in most
equatorial regions and is valuable for its large tuberous mots which are rich in starch (Shipman, 1967).
Two varieties of cassava, bitter and sweet, are generally cultivated, and this is true of many parts of
Malawi which grow cassava as a staple or supplementary food crop. Of the two varieties, the sweet variety
is preferred because it is easier to use for consomption since no processing is required.

The bitter varieties are not favoured in Malawi since they have to be processed before they are used for
consomption. It is also known that whereas sweet varieties contain little or no hydrocyanic acid, the bitter
varieties may contain as much as 250 mg hydrocyanic acid per kg of fresh root (Holleman and Aten,
1956). However, the project on cassava starch adhesives in Malawi, in collaboration with the Ministry of

159
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Agriculture, plans to encourage some fanners to grow the bitter varieties for industrial use because the
yields are higher and the roots have a higher starch content (Shipman, 1967).

Although other crops such as rice and maize could be used in Malawi for starch production, cassava was
chosen because it is more drought resistant compared to maize and can be grown in most parts of the
country, which is not the case with rice. Standard procedures will be used to extract the starch and remove
the hydrocyanic acid in an environmentally friendly and safe manner for developing fonnulations for
cassava starch adhesives for use initially in Malawi.

Discussion
Starch values ranging from 73.7 to 84.9% dry mot weight have been reported for a number of cultivars
using a variety of analytical techniques (Rickard, Asaoka and Blanshard. 1991). The rest is mostly fibre
with sman amounts of fat (0.08-1.54%), protein (0.03-0.60%), ash (0.02-0.33%) and phosphous
(0.008-0.04%). The high percentages of starch in the cassava mot make it easier to extract starch from
cassava than from maize or potato. However, it is worth noting the percentage of starch that is extractable
is less than that available in the tuber (Fabiano and Masumbu, 1993). Sweet varieties of cassava have
yielded 17% starch based on fresh cassava mot (44% on dry weight basis). Extraction efficiencies of up
to 90% using industrial grade equipment have been reported (Shipman, 1967).

Although different types of adhesives are used in Malawi, a small survey carried out in 1991 showed that
starch is used in greater quantities than an other types of adhesive put together as shown in Table 1.
Although corn starch is used, any other starch could be employed if an acceptable fonnulation were
developed. Starch adhesives using cassava starch can also be developed to replace casein adhesives used
in glass bottle labels, polyvinyl acetate used in stationary (e.g. envelopes) and other adhesives used in
paper bag manufacture, tea packet sealing and toilet paper core production. Since the survey did not cover
an uses of adhesives in Malawi, there is a potential that other types of adhesives used in Malawi could
conveniently be replaced by starch adhesives.

Use of natural adhesives and starch adhesives in particular has been increasing worldwide and is expected
to increase in the future. The pattern is illustrated in Table 2 for consumption in the United States (Barker,
1983). Such type of forecast gives new entrepreneurs in starch and starch adhesive production confidence
in their investment.

Cassava starch compares very well with other commerciany well known starches such as corn and wheat
starch. Sorne of the properties of starch which are important in adhesive fonnulation are given in Table 3.
The granule size and gelatinization temperature of cassava starch is similar to that ·of corn and wheat
starch although the degree of polymerization in cassava starch for the amylose compared to the
amylopectin is higher (1: 1.24) than in corn starch (1:3.02). This high ratio is likely to make cassava starch
more viscous than corn starch under the same conditions. The main difference between amylose and
amylopectin is that whereas the amylose is linear the amylopectin has branches (at random intervals) at
C-6 of the glucosidic ring as shown in Figure 1.

Adhesion between two surfaces, such as paper, when an adhesive is used has been attributed to four main
factors or theories (Kinlock, 1983; Pizzi, 1992), which are: a) mechanical interlocking; b) diffusion theory;
c) electronic theory; d) adsorption theory.

The first factor is simply the mechanical interlocking of the adhesive into the irregularities of the substrate
surface which are always rough (when magnified). In addition to mechanical interlocking, mutual diffusion
of the polymer into the interface and electrostatic forces arising from contact of two different materials

160
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

would also contribute to adhesion. The most important or widely accepted factor (Kirùock 1983; Pizzi,
1992), described in the theory of adsorption, refers to the fonnation of intennolecular and interatomic
forces between the atoms and molecules of the adhesive and substrate such as Van der Waals and
hydrogen-bonds. Of course ionic and covalerû bonds could also occur. Ail of these could contribute to the
effectiveness of an adhesive for a particular purpose. This implies than an adhesive may not perfonn in
the same way when the materials to be bonded have different physical and chemical surface properties.
In general, the main requirements for adhesive bonding are the absence of weak boundary layers, ability
for the surface to get wet by the adhesive and the ability of the adhesive to set (change from liquid to
solid) within relatively short time. In fast machines, such as those used in production of corrugated board,
the setting time is 2.0-2.5 x 10·3 seconds (hot or fast setting adhesives) whereas in slow machines the
setting time can range from 1-30 minutes (cold setting adhesives).

The behaviour of starch adhesives bas been well studied (Bauer, 1936, 1937; Inoue and Lapoutre, 1989
and many others). It bas been observed that when a raw starch adhesive is heated it follows the pattern
A--B--C--D as shown in Figure 2. At gelatization the viscosity rises very sharply to its maximum and as
temperature increases its viscosity drops to a new minimum. As the adhesive is cooled the viscosity rises
again, often beyond that of gelatization. The sudden increase in viscosity at gelatization temperature is
associated with rapid swelling of the starch granules and the increase in granular volume accounts for the
absorption of water in the mixture. This is illustrated in Figure 3. In testing the properties of a new starch
adhesive, comparisons are made between a standard starch adhesive fonnulation with a new fonnulation.
Adjustments are then made to the new fonnulation until its temperature-viscosity properties resemble those
of the standard fonnulation.

A typical corrugating adhesive fonnulation is given in Table 4. The slurry, that is produced by mixing the
coments of the primary mixer to the secondary mixture, is then pumped to the applicator in the corrugated
board machinery. Figure 4 shows a sketch of a single facer whereby one sheet of paper is corrugated, the
adhesive applied and another sheet of paper is pressed on the corrugated paper bearing the adhesive. The
setting of the adhesive between the paper is enhanced by temperature, pressure and evaporation of the
solvent. In a typical fonnulation, other chemicals such as fonnaldehyde are added to improve the
properties of the adhesive.

The production of cold-setting starch adhesives is based on using starch which is soluble in water or a
mixture of water and other solvents. This requires that the native starch should be modified by reducing
the length of the polymers (decreasing the degree of polymerization) to produce dextrin. This can be
achieved using one of the following processes; acid hydrolysis at elevated temperatures but below
gelatinization temperature, fennentation or using enzymes (Wurzburg, 1987). Figure 5 illustrates how acid
hydrolysis reduces the chain length of the polymers and how new, shorter and more branched polymers
( dextrin) are produced. Dextrin dissolves in water more readily than raw starch and produces solutions
whose viscosity can be controlled more easily. Although they are less durable because of their solubility
in water, they are widely used as label adhesives. The setting of such adhesives is based on cooling and
evaporation of the solvent. Therefore the setting takes a longer time (1-30 minutes) compared to hot
setting adhesives. Of course, if an inexpensive source of starch is available, it could be used in the
fonnulation of various types of adhesives or polymers such as illustrated in Figure 6.

Conclusion
There is an established need to replace some of the adhesives used in Malawi with cassava starch
adhesives. Among the many advantages of the change will be a saving of foreign exchange for the
country. Based on a literature search, preliminary work in our laboratories, and visits to industries that

161
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

make and use other types of starch, there is every indication that cassava starch can conveniently replace
other starches in adhesive formulations.

References
Barker, A. 1983. Adhesive Consumption May Rise 60% by Volume by 1995: 27(1): 32-34.
Bauer, J.V. 1936. U.S. Patent 20,052,025.
Bauer, J.V. 1937. U.S. Patent 20,102,937.
Fabiano, E. 1991. A Survey of Adhesives Used in Malawi. Unpublished report
Fabiano, E. and F.F. Masumbu. 1993. Laboratory Scale Production of Cassava Starch. Unpublished report.
Holleman, L.W J. and A. Aten. 1956. Processing of Cassava and Cassava Products in Rural Industries. Report of
Food and Agricultural Organization of the United Nations, Rome, Italy.
!noue, M. and P. Lepoutre. 1989. Change in the Rheology of Starch Adhesives During Gelatinization. Starch/Sti!rke
41(8) : 287-289.
Inoue, M. and P. Lepoutre. 1989. Gluability at the Corrugator. Tappi J.: 72(11) : 113-119.
Jarowenko, W. 1976. Starch-Based Adhesives. In Handbood of Adhesives; 1. Skeist Ed., Van Nostrand Reinhold
Company, New York, N.Y. p. 193.
Kinlock, AJ. Editor. 1983. Durability of Structural Adhesives. Applied Science Publishers. London, New York,
pp. 1-43.
Kroeschell, W.0. Editor. 1977. Preparation of Corrugating Adhesives. A project of the Process and Quality Control
Committee, Corrugated Containers Division. Tappi Press. Atlanta, GA. p. 28.
Pizzi, A. 1992. A Brief, Non-Mathematical Review of Adhesion Theories as Regards Their Applicability to Wood.
Holzforschund und Holzverwertung 44(1) : 6-11.
Rickard, J .E., Asaoka, M. and J .M.V. Blanshard. 1991. The Physico-Chemical Properties of Cassava Starch. Tropical
Science, 31. pp. 189-207.
Shipman, L. 1967. Manufacture of Tapioca, Arrowroot and Sago Starches in Starch: Chemistry and Technology,
Volume Il, Whistler, R.L. and Paschall, E.F. (eds.), Academic Press, New York, pp. 103-119.
Wmzburg, O.B. Editor. 1987. Modified Starches: Properties and Uses, CRC Press, Inc., Boca Raton, Florida,
Chapter 1.

162
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Table 1. Adhesives used in Malawi. 1

Adhesive Type Use/lndustry Consomption


Tonne/year

* Starch-Based2 Corrugated Cardboard 55


(corn) Battery Cores 50
Roll Cores 4
Stationery 1

Total 110

* Polyvinyl Acetate Opaque Beer Cartons 1


Battery Casings 36
Furniture 15
Book Binding 3
Stationery 12

* Casein Glass Bottle Labels 12

* Others Furniture, Paper Bags 14


Tea Packets, Toilet Paper Core

Total 93
1
Survey carried out May 1991.
2
Imported at 100%, while Malawi is producing 10,000,000 tonnes of
"starch rich" cassava.

Table 2. Starch adhesives are a healthy growing market 1

Adhesive and Sealants 1967 1982 1995

* NATURAL Starch 790 1060 1573


Others 808 1004 1237

Total 1598 2064 2810

* SYNTHETIC Phenolics 330 479 614


Others 711 1580 3189

Total 1041 2059 3803


1
US consomption (Baker, 1983), (x 1000 tonnes).

163
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Table 3. Selected commercial starches1. approximate data and ranges. 2

STARCH CORN WHEAT TAPIOCA


(US) (Canadian) (Africa)

Source seed seed root


Granule size (microns) 5 - 26 3 - 35 5 - 35
Gelatinization 662 - 72 58 - 64 59 - 68
(temp. ( °C)
Amylose(%) 28 20
Amylose (DP) 480 1050
Amylopectin (DP) 1450 1300
1
Insoluble granule made of 20-30% amylose and 70-80% amylopectin.
2
Jarowenko, 1976.

Table 4. Typical corrugating adhesive fonnulation. 1

Primary Mixer: Secondary mixer:

1. Add water 379 liters 1. Add water 379 liters


2. Add wheat starch 91 kg 2. Heat to 32 °C
3. Heat to 71 °C 3. Add borax (10 mL) 7.25 kg
4. Add caustic soda 125 kg 4. Add wheat starch 454 kg
5. Mix 25 min. 5. Slowly add contents
6. Add water 1478 liters of primary mixer

1
Kroeschell, W.O. 1977.

Unear Amylose, Mw .. 40,000


Hydrolysls

,40, D-Glucose

'o~~o~
Branched Amylopectln, Mw .. 200,000

(1-4) • a -o- Glucosldlc Unkage


(1-6) • a -D- Glucosldlc Unkage
• Slmllu to cellulo•
• Hydnlgen bondlng, Van der Waals
(WNIC but adclltlYe)

Figure 1. Schematic representation of the two polysaccharides


deposited in the starch granules.

164
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

~ 400
:::1
c

i 300 ' 'Cooling


Ill
200 ''
~
'' ......
!> 100

0 A
E

50 60 70 80 90 100
TEMPERATURE ("C)
'lnoue, M. and P. Lepoutre, 1989.
• Basls of J. Bauer's Invention (1938, 1937).

Figure 2. Change in viscosity of a starch adhesive as a function


of temperature, monitored in a amylograph.1-2

TIME (degree of gelatlnlzation)


1Viscosity increases suddenly when the granules swell, taklng water !rom the
surrounding starch solution (L.epoutre and lnoue, 1989.)

Figure 3. illustration of change in starch granule size


before and dming gelatization.1

Corrugated Board

Sketch of the
Single Facer

Bond Formation, 1 /450 second

Figure 4. A sketch of a single facer in the production of corrugated board

165
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

~
Acid
Hydrolysls Polymerlzation

DEXTRIN

• PURPOSE Control v1scoslty1 solublllty and flow


• CURING Cooling, solvent evaporatlon
• APPLICATION Label adheslve (low durablllty)
DEXTRINS {Wtlltl or C8M1Y dutrln, 8l1tl9h gums)
.,. belng uud for IM manufaçtul'9 of pçer bliga.

Figure 5. Dextrination of starch.

Reactlon of a dllsocyanate with a Diol


OCN-R-NCO + HO-R-OH - OCN-fR-NHCOOf-R-NCO
n
POLYMER

Reaction of a Phthallc Anhydride with a Diol


0
o~c/ "'-c-Po o o -
~ Il Il
HO-•-OH. V ~-•-o-vc-o-•-

POLYMER
Figure 6. Starch could be used in the manufacture of various adhesives.

166
VALORISATION DES ALGUES POUR LES INDUSTRIES
AGRO-ALIMENTAIRES, PHARMACEUTIQUES ET COSMÉTIQUES

T. CHOPIN1. G. 5harp2 , A. Tamba3 et A. Sow'


1
Groupe de recherche marine et estuarienne, Département de biologie
Université du Nouveau-Brunswick
B.P. 5050, Saint John (Nouveau-Brunswick) Canada E2L 4L5
2
Ministère des Pêches et des Océans
Laboratoire de recherche sur les pêches
B.P. 550, Halifax (Nouvelle-Écosse) Canada B3J 257
3
505-Environnement, B.P. 4004, Dakar, Sénégal

"EN5UT, Université Cheikh Anta Diop, B.P. 5085, Dakar, Sénégal

Résumé

Les algues sont actuellement utilisées principalement pour l'extraction de leurs polysaccharides de paroi. Ces
phycocolloîdes (agars, carraghénanes et alginates) sont utilisés essentiellement dans les industries agro-alimentaires
(70 p. 100), pharmaceutiques et cosmétiques. Les structures, les propriétés, les origines (espèces et géographie), les
utilisations passées, présentes et potentielles de ces différents biopolymères sont décrites d'une manière générale afin
de donner une vue globale du marché des algues qui, bien qu'important et lucratif, demeure peu connu. Les autres
utilisations, telles que dans la consommation humaine directe, l'agriculture (engrais, alimentation du bétail), le textile,
etc. sont abordées.

Introduction
Les algues, bien qu'utilisées depuis des millénaires pour l'alimentation et la médecine (Naylor 1977;
Michanek 1979), sont à la base d'une industrie très diversifiée qui demeure peu connue, malgré le fait que ·
nous utilisons ses produits presque quotidiennement Ceci est d6 à la complexité biologique et chimique
de la matière première, technique des procédés d'extractions, et commerciale des marchés détenus par
seulement quelques compagnies à travers le monde (Olopin, 1986).

L'abondance des phycocolloïdes matriciaux dans les parois cellulaires des algues, la prévalence des
polysaccharides acides et le fait que les plantes marines possèdent des polymères sulfatés alors que les
plantes d'eau douce ou terrestres en sont dépourvues (à quelques exceptions près) suggère qu'en plus de
leurs propriétés physiques et chimiques uniques, ces substances ont un rôle biologique propre à
l'environnement marin. Ceci est particulièrement important dans la zone littorale où l'écologie des algues
dépend de nombreux facteurs. Les fonctions des phycocolloïdes les plus souvent citées sont celles de
régulations mécanique, hydrique et ionique (Kloareg et Quatrano 1988). Cet aspect ne sera pas développé
dans cette revue mais il est important d'avoir à l'esprit que si l'espèce humaine utilise à son profit les
composés produits en abondance par les algues, ceux-ci doivent certainement avoir une fonction et une
utilité pour les organismes qui les synthétisent

167
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

La littérature sur les produits extraits des algues, notamment les phycocolloïdes, est très abondante et, en
conséquence, il est impossible dans une revue de cette nature de traiter de tous les aspects du sujet. Notre
effort sera donc concentré sur le secteur de l'industrie des algues le plus dynamique actuellement, celui
des phycocolloïdes (agars, carraghénanes et alginates) extraits des algues rouges et brunes. Les algues
vertes et les Cyanophycées sont à présent peu exploitées.

Agars
L'agar est extrait des parois de certaines algues rouges. ll fut extrait pour la première fois au Japon en
1658 (Perez et al. 1992). L'agar, en tant que milieu de culture bactérienne, fut utilisé pour la première fois
par le IY R. Koch, en 1882, ce qui l'amena à isoler le bacille de la tuberculose.

Structure
L'idée de l'agar composé de deux fractions (l'agarose neutre gélifiant et l'agaropectine chargée moins
gélifiante; Araki 1966) est maintenant abandonnée (Craigie 1990). On considère actuellement que la
structure répétitive de base de l'agarose (Figure 1), ~-D-galactose et 3,6-anhydro-a-L-galactose
alternativement liés en ~-(1~) et a-(1-+3), peut être modifiée de manière variable dans son degré de
sulfatation, acétylation, méthylation, et pyruvation.

Plus le taux d'esters sulfuriques (-0-S0 3 ) est bas ou plus le taux de 3,6-anhydrogalactose est fort, plus
l'agar sera gélifiant.

Propriétés
L'agar est l'un des premiers phycocolloïdes qui fut utilisé dans l'industrie. Sa propriété la plus importante
est de former des gels très résistants, même à faible concentration, et sans ajouter d'autres composants
comme cela est nécessaire avec les carraghénanes (cations ou protéines) et les alginates (cations ou acides).
La force de gel des agars varie généralement entre 150 et 1200 g.cm·2 •

Le phénomène d 'hystérèse (décalage entre la température de liquéfaction (85 à 90 °C] et celle de


gélification [32 à 45 °C]) est utilisé avantageusement en pharmacie et en laboratoire. Les températures de
liquéfaction et de gélification peuvent être modifiées en substituant certains groupements, notamment
méthoxyles. La viscosité d'une solution d'agar peut être également modifiée par chauffages successifs.

Le gel d'agar est translucide, inactif, sans goftt et sans odeur et donc se prête facilement aux applications
alimentaires et bactériologiques. ll supporte des températures supérieures à 100 °C ce qui permet de le
stériliser. Enfin, il est stable dans une large gamme de pH biologiques.

Origines
Les principales algues utilisées pour la production d'agar appartiennent à trois ordres d'algues rouges :

les Gigartinales :
différentes espèces de Gracilaria : 370 000 tonnes (poids frais) récoltées en 1990 au Japon, en
Chine, à Taïwan, en Indonésie, au Vietnam, en Inde, au Sri Lanka, en Afrique du Sud, au Chili,
en Argentine, au Pérou, au Brésil, dans les Caraibes, etc.
Ahnfeltia plicata : Japon, Russie;

168
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

les Gélidiales :
différentes espèces de Gelidium : 120 000 tonnes (poids frais) récoltées en 1990 en Espagne, au
Portugal, au Maroc, en France, en Afrique du Sud, au Japon, en Corée, en Chine, aux É.-U., au
Chili, au Mexique, etc.
différentes espèces de Gelidiella : 30 000 tonnes (poids frais) récoltées en 1990 en Égypte, en
Inde, à Madagascar, etc.
différentes espèces de Pterocladia : 20 000 tonnes (poids frais) récoltées en 1990 aux Açores, en
Nouvelle-Zélande, en Inde, en Indonésie, au Japon, au Brésil, en Égypte;

les Céramiales :
différentes espèces de Ceramium : Japon.

Pendant longtemps, le Japon fut le seul pays producteur d'agar. La Seconde Guerre mondiale ferma le
marché japonais et poussa de nombreux pays à développer leurs propres ressources en agar et autres
phycocolloïdes (ceci est à l'origine de l'essor des carraghénanes et des alginates).

Les chiffres de production et de consommation mondiales pour 1990 sont indiqués dans le Tableau 1. Il
y a à peu près 200 à 250 usines de production dans le monde. Le Japon est à la fois le plus grand
producteur et le plus grand consommateur d'agar. Les É.-U. et la CEE sont aussi d'important
consommateurs.

La récolte s'effectue de différentes manières suivant les pays et le relief des côtes : ce peut être la
cueillette des algues échouées après la tempête ou par plongée. L'aquaculture se développe de plus en plus
en Chine, à Taïwan, en Thailande, au Chili et dans les Caraïbes (Sainte-Lucie) en raison d'une demande
croissante en matière première que les stocks naturels, pas toujours bien gérés, ne peuvent fournir.

Utilisations
L'agar était auparavant principalement utilisé comme épaississant des colorants des textiles. Il est
maintenant remplacé par les alginates. L'agar est actuellement utilisé, environ à 90 p. 100, dans les
industries alimentaires (E406 dans la nomenclature européenne). La consommation directe d'agar naturel
(sous forme de filaments ou de pilules) est surtout importante en Asie.

Les caractéristiques de gélification de l'agar, inégalées par aucun autre colloïde végétal ou animal, en font
un produit de choix pour l'industrie alimentaire où il est utilisé comme :
gélifiant : gelées, confitures, bonbons, desserts, viandes;
stabilisant/épaississant : sauces, boissons, yaourts;
liant : nappages et glaçages des desserts;
agent de conservation : enrobage de charcuterie.

En agriculture, l'agar est utilisé pour conserver les semences et pour la culture cellulaire et tissulaire
in vitro de certaines variétés de plantes et de microorganismes.

En pharmacie, l'agar est utilisé comme excipient, laxatif, mucoprotecteur, émulsifiant (pommades,
suppositoires, liquides chirurgicaux), liant (fabrication des comprimés), et comme coupe-faim dans les
produits diététiques.

L'agar est aussi utilisé en dentisterie, sculpture et archéologie dans la fabrication d'empreintes et de
moulages de haute précision.

169
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

L'agar est énormément utilisé en bactériologie (milieux de culture). Ce marché représente environ 5 p. 100
du marché mondial, mais est très lucratif car l'agar demandé est de haute qualité. L'utilisation de l' agarose
en biotechnologie est actuellement en plein essor (2 p. 100 du marché mondial). Les découvertes sur la
recombinaison de l'insuline, l'activateur du plasminogène tissulaire, le facteur vm. les interférons, le
cancer, le SIDA, etc., ont toutes nécessité, à une étape ou à une autre, l'emploi de gels d'agarose. Ce
composé est utilisé pour :
la préparation de gels d'électrophorèse (isolement de substances, génétique);
les techniques de clonage, recombinaison, séquençage et amplification de l'ADN et de l'ARN;
les techniques de transfert de gènes;
la préparation de colonnes de chromatographie;
en immunologie : travaux sur les complexes anticorps/antigènes;
la culture de microorganismes;
la préparation de capsules, ou billes, pour l'immobilisation de cellules ou d'enzymes en bioréacteurs;
l 'encapsulage de charbon actif ou de résines échangeuses d'ions pour désintoxiquer par hémoperfusion
des patients présentant des cas d'overdose.

Enfin, l'agar est utilisé dans beaucoup d'autres applications, très diversifiées :
lubrifiant;
préparation du graphite;
protection de l'aluminium;
stabilisation de la nitroglycérine;
fabrication de pellicules photographiques;
fabrication de peintures, d'apprêts, et de colles;
fabrication de batteries et d'accumulateurs.

Carraghénanes
Les carraghénanes sont également extraits des parois de certaines algues rouges, appartenant
essentiellement aux ordres des Gigartinales et des Cryptonémiales.

La traditionnelle préparation du « blanc mange » sur les côtes bretonnes et acadiennes existe depuis des
siècles. Dans du lait chaud, on met quelques plantes de Chondrus crispus; on laisse diffuser les
carraghénanes des parois cellulaires de l'algue; en refroidissant le lait, on obtient un délicieux flan !

En 1791, Bouvier décrit la « gélose », et en 1891 les laboratoires Daniel Brunet commencent la production
d'un médicament contre la constipation à base de carraghénanes, la Coréine, qui existe toujours de nos
jours. Mais c'est vraiment seulement après la Seconde Guerre mondiale que l'industrie des carraghénanes
s'est développée.

Structure
La structure répétitive de base des carraghénanes, ~-(1~4)-D-galactopyranosyl­
a-(1~3)-D-galactopyranosyl, peut être substituée et modifiée de plusieurs manières : le
!>-(1~)-D-galactopyranosyl peut être remplacé par le ~-(l~)-3,6-anhydro-D-galactopyranosyl; les
degrés et positions de sulfatation, méthylation et pyruvation peuvent varier. Ceci a conduit à la
reconnaissance actuelle de trois familles de carraghénanes : 1C, À. et ~ (Figures 2 à 4).

Les carraghénanes sont des polymères de D-galactose. Ils sont donc dextrogyres en solution, alors que les
agars, contenant aussi des résidus de L-galactose, sont lévogyres. Les carraghénanes sont également
beaucoup plus sulfatés que les agars et requièrent des ions d'accompagnement pour former des gels.

170
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Plusieurs espèces appartenant à l'ordre des Cryptonémiales ont été décrites comme contenant soit des
carraghénanes du type Â., soit des aéodanes (ou des phyllyménanes), dont les structures répétitives de base
n'ont jamais été clairement élucidées (Chopin et al., sous presse).

On extrait de l'algue Furcel/aria lumbricalis, récoltée surtout dans les eaux danoises, un phycocolloïde
aux propriétés intemtédiaires entre les carraghénanes et les agars. Après avoir été improprement appelé
« agar danois » et « furcellarane », on sait maintenant qu'il est constitué de ic-, ~-. et 0-carraghénanes
(Craigie 1990).

Il y a quelques décennies, on considérait qu'une algue carraghénophyte produisait un seul type de


carraghénane; depuis, les progrès des techniques d'analyse ont clairement démontrés que généralement une
espèce est hybride, produisant un type prédominant et un ou plusieurs autres types de carraghénanes
minoritaires (Bodeau-Bellion 1983; Chopin et Whalen 1993).

Il est maintenant bien établi (McCandless et al. 1973; Craigie 1990) que chez certaines familles d'algues
rouges, les différentes générations du cycle biologique produisent différents carraghénanes. Par exemple,
les gamétophytes de Chondrus crispus synthétisent des carraghénanes de la famille 1C, alors que les
tétrasporophytes en élaborent de la famille Â..

Propriétés
Le produit natif, la carraghénine, est instable; il est généralement lié à des cations et constitue des sels,
d'où l'appellation carraghénanes.

La fomtation de gel après refroidissement de la solution chez les carraghénanes des familles 1C et ~ est
expliquée par le fait que les chaînes de polymères fomtent des hélices qui s'associent en réseau (Rees
et al. 1970; Smidsr0d et al. 1980; Rochas et Rinaudo 1980). La souplesse ou la rigidité, et la synérèse du
gel varient suivant l'ion d'accompagnement, les teneurs en sulfates et anhydrogalactose, et la température.

Le ic-carraghénane domie des gels durs et cassants en présence de potassium alors que le -r-carraghénane
fomte des gels élastiques en présence de calcium. Les chaînes de Â.-carraghénane étant riches en esters
sulfuriques, dépourvues de 3,6-anhydrogalactose, et ayant des monomères en disposition « chaise », ne
fomtent pas d'hélices associées en réseau. Le Â.-carraghénane n'est donc pas gélifiant, mais est utilisé
comme épaississant en raison de sa grande viscosité.

Les cai-raghénanes réagissent spécialement avec les protéines et les lipides en raison de leur caractère
anionique. C'est pourquoi ils sont beaucoup utilisés avec les produits laitiers, qui contiennent des caséines
et des phospholipides, et notamment les produits laitiers cacaotés car les particules de cacao restent en
suspension dans le réseau de carraghénanes. En empêchant la fomtation de gros cristaux de glace, les
carraghénanes donnent un aspect onctueux aux desserts glacés. Ils pemtettent de produire des gels dont
l'arôme est goftté instantanément et qui ne vieillissent pas comme ceux de gélatine. Le fait que les gels
de carraghénanes ne fondent pas à température ambiante est utilisé avantageusement dans les pays
tropicaux où il n'y a pas de systèmes de réfrigération.

Connaissant la composition des différentes structures de carraghénanes présentes dans différentes espèces,
l'industrie peut combiner ces dernières et les mélanger à d'autres sources d'hydrocolloïdes pour obtenir
des produits ayant les caractéristiques rhéologiques exigées par le client.

La solubilité dans l'eau des carraghénanes dépend essentiellement des teneurs en sulfates et
3,6-anhydrogalactose, ainsi que des ions d'accompagnement La viscosité dépend du degré de

171
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

polymérisation , du poids moléculaire, de la concentration, de la teneur en sulfates, de la température, du


pH, des cations en solution et de l'agitation. La force de gel dépend de la structure utilisée, de la
concentration, des cations présents en solution, du pH et de la température.

La stabilité des carraghénanes dans une large gamme de pH et salinité, leur caractère polyélectrolytique,
et leur compatibilité avec de nombreuses molécules organiques et minérales, en font des colloïdes de choix
et qui peuvent substituer des colloiCles d'autres sources ou se mélanger à eux (carboxyméthylcellulose,
gommes de guar, caroube, sucre de canne, arabique, tragacanthe, pectine, amidon, xanthane, etc.).

Origines
Les carraghénanes ont d'abord été extraits de Chondrus crispus sur les côtes européennes et
nord-américaines de l'Atlantique Nord. Les principaux pays producteurs de matière première sont le
Canada et la France, dont les productions ont culminées dans les années 19~1970. En France, la récolte
est mélangée à celle de Mastocarpus stellatus; au Canada, les champs de C. crispus sont beaucoup plus
extensifs et la récolte est soit uniquement de C. crispus, soit en mélange avec Furcellaria lumbrica/is, dont
les populations s'accroissent actuellement.

Dans les années 1970, Doty et ses collaborateurs (Doty 1987) développèrent la culture de plusieurs espèces
d'Eucheuma aux Philippines. Le succès de cette culture, basé sur une croissance algale élevée et un coût
de la main-d 'œuvre bas, a complètement changé le marché d'approvisionnement en matière première, dont
environ 80 p. 100 proviennent maintenant de régions tropicales ou subtropicales cultivant des espèces des
genres Eucheuma, lridaea et Hypnea (Philippines, Indonésie, Bali, Chine, Chili, etc.). Une faible
proportion des carraghénanes est également extraite des genres Gigartina, Gymnogongrus, Phyllophora,
Grateloupia et Halymenia (France, Espagne, Portugal, Maroc, Mexique, Chili, Russie, etc.)

Différentes espèces d' Hypnea (H. musciformis, H. spicifera, H. cervicornis) sont abondantes sur les côtes
du Sénégal, du Brésil, d'Hawaii et de la Floride. H. musciformis est la seule carraghénophyte exploitée
actuellement sur les côtes nord-est du Brésil dont la production en carraghénanes est limitée et sporadique
(Saito et de Oliveira 1990). De 1973 à 1981, la société Sénégalgue a exploité les Hypnea en échouage
dans la région de Joal au Sénégal. La matière première était exportée en France pour l'extraction des
carraghénanes (Sanofi Bio-Industries).

Furcel/aria lumbricalis est abondante au Danemark et à l 'Île-du-Prince-Édouard (Canada). Son exploitation


a beaucoup diminué car il y a eu surpêche des stocks naturels au Danemark et en raison des
caractéristiques physico-chimiques des carraghénanes qui en sont extraits.

Les chiffres de production et de consommation mondiales en carraghénophytes et carraghénanes pour 1990


sont indiqués dans le Tableau 2. L'extraction des carraghénanes raffinés est réalisée presqu'entièrement
par trois compagnies : FMC aux É.-U., Sanofi Bio-Industries en France, et KPF au Danemark. En 1980,
les Philippines introduisirent les carraghénanes semi-raffinés (Philippine Natural Grade) pour la fabrication
de nourriture pour animaux (Borja et al. 1991). En 1990, l'USFDA a autorisé l'emploi de ces
carraghénanes dans l'alimentation humaine, dont la consommation a atteint 3000 tonnes en 1991. Les
carraghénanes semi-raffinés sont actuellement toujours interdits comme additifs dans les pays de la CEE.

Après un essor spectaculaire dans les années 1970-1980, le marché des carraghénanes continue à
progresser, màis de manière plus modérée (environ 4 p. 100 par an). On assiste à une restructuration
globale du marché en raison de la place de plus en plus importante prise par le carraghénane semi-raffiné
produit par des compagnies n'appartenant pas aux trois principaux leaders mondiaux actuels des

172
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

carraghénanes raffinés et en raison de la construction de nouvelles usines d'extraction au Japon, Chili,


Irlande, etc.

La récolte des carraghénophytes s'effectue de manière variée : ramassage à la main à marée basse d'algues
attachées au substrat, ramassage d'algues d'échouage, emploi de râteaux à long manche, dragage et
plongée. La demande toujours croissante en carraghénanes a favorisé le développement de l'aquaculture.
L'aquaculture en bassins fermés d'algues tempérées (surtout Chondrus crispus) a été entreprise au Canada
et en France, qui reste le seul pays dont les installations sont toujours en opération (Sanofi Bio-Industries).
L'aquaculture, en radeaux ou en monolignes, d'algues tropicales, ou subtropicales, est maintenant
florissante aux Philippines, en Indonésie, à Bali, en Chine, au Chili, etc.

Utilisations
Les carraghénanes sont principalement utilisés dans l'industrie agro-alimentaire (80 p. 100), surtout en
Europe, et plus particulièrement dans l'industrie laitière (52 p. 100 des applications). Ils permettent la
fabrication de produits stables et agréables au palais. Ils sont utilisés à faible concentration (entre 0,005
et 3,5 p. 100) et sont uniques dans leur propriété de suspension des poudres de cacao dans les produits
chocolatés.

L'industrie agro-alimentaire a recours aux carraghénanes en tant qu'additifs (E 407 dans la nomenclature
européenne) ayant les rôles suivants :
agents épaississants (pour augmenter la viscosité des solutions) : potages, soupes, sauces,
assaisonnements divers, yaourts brassés, fromagerie, pâtes, pâtes à tartiner, pâtes de poissons, pâtes
aux poivrons ou anchois pour olives, anneaux d'oignons, laits épaissis et concentrés, crèmes desserts,
crèmes pâtissières, flans, alimentation infantile, produits de régime (lests volumineux à faible valeur
calorique), sirops;
agents liants (pour modifier la texture des solides et des liquides) : charcuterie, hamburgers, sauces,
fromages blancs, chocolats instantanés, arômes artificiels, sirops, boissons en poudre, fruits confits,
nappages de desserts, nourriture pour animaux domestiques;
agents gélifiants (pour provoquer la formation de gels ou augmenter leur rigidité) : conserves de
viandes et poissons, aspics, nourriture pour animaux domestiques, produits laitiers acides, laits gélifiés
aromatisés, flans, gels à l'eau, gels de couverture, confitures, bonbons, nappages, crèmes de
décoration, glaçages, fruits, légumes, fromages, viandes, poissons et crustacés reconstitués et artificiels,
desserts foisonnés;
agents stabilisants (pour disperser les suspensions et les émulsions) : sauces, mayonnaises, préparations
à base de poissons, colorants à café, boissons laitières (laits cacaotés, laits aromatisés, milk-shakes,
laits de poule, laits de longue conservation, laits écrémés, laits évaporés, laits en poudre, laits
infantiles), yaourts, fromages « cottage », boissons aux fruits, nectars, mousses et desserts aérés,
crèmes glacées et fouettées, glaces (au lait, aux œufs, à l'eau et sorbets), guimauves, meringues, tartes
aux fruits, boissons infantiles;
agents clarifiants (pour précipiter les impuretés d'un liquide) : clarification de la bière et du vin;
agents protecteurs (pour préserver les. aliments des oxydations ou de la déshydratation; associés avec
la lécithine et l'acide ascorbique) : produits congelés, charcuterie;
agents de contrôle de synérèse (pour éviter trop d'extrusion d'eau des gels) : plats cuisinés prêts à
manger, fromages « cottage » et blancs, desserts;
agents d'effet de pulpe de fruits (pour maintenir en suspension la pulpe) : concentrés de jus de fruits
congelés, boissons fruitées;
agents retardateurs de déshydratation : pâtes à pain et pâtissières, volailles traitées.

173
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

L'industrie phannaceutique fait entrer les carraghénanes dans la composition d'un certain nombre de
produits : sirops, lotions, pommades, laxatifs, traitements des affections ano-rectales (hémorroïdes), agents
délitants des comprimés. Ils sont surtout utilisés cependant dans la thérapeutique des ulcères : en agissant
comme antiacide et protecteur des parois stomacales et intestinales, ils isolent celles-ci des sucs gastriques
et les soustraient ainsi à l'action protéolytique de la pepsine. Les carraghénanes sont aussi connus pour
être des retardateurs de la coagulation sanguine et pour leurs propriétés antitumorales, antimétastasiques,
antiinflammatoires, hypocholestérolémiques et immunosuppressantes pour les transplantations rénales
(Renn 1993). Ils sont également utilisés dans les produits diététiques, les dentifrices, pour la fabrication
d'empreintes dentaires, dans les boissons barytées pour les radiographies aux rayons X, et comme agents
chélateurs dans les traitements d'empoisonnement par métaux lourds et de contaminations radioactives.
Des études sur l'action antivirale potentielle des carraghénanes sont actuellement en cours.

L'industrie cosmétique les emploie comme épaississants (produits de beauté et de soins), gélifiants
(crèmes, gels désodorisants) et stabilisants (émulsions, fixateurs pour cheveux, crèmes à raser,
shampooings).

D'autres industries, très diverses, utilisent également ces phycocolloïdes comme liants (céramiques,
produits abrasifs, graphite), stabilisants (crémage du latex, encres, insecticides, tannage des cuirs, colorants,
peintures et badigeons, photographie) et agents filmogènes pour le traitement des surfaces (impression
textile [surtout de la soie], tissus d'ameublement, enduction, couchage et décoration du papier, verres et
emballages en carton, émaux).

Alginates
Les alginates sont extraits des parois de certaines algues brunes appartenant essentiellement aux ordres des
Laminariales et des Fucales.

Dès le XVII• siècle, ces algues ont été récoltées sur les côtes de France (Bretagne et Normandie surtout)
pour être brillées; les cendres, riches en carbonates de sodium, étaient ensuite utilisées pour la fabrication
du verre (Anel 1987). Au XI~ siècle, Courtois (1813) découvrit que les Laminaires sont riches en iode;
ainsi naquit l'industrie de l'iode qui disparai"tra vers 1955, victime de la concurrence de l'iode d'origine
minière.

Une substance gélatineuse fut extraite pour la première fois de Laminaria digitata en 1883 par Stanford;
il l'appela l'algine. La première usine d.' alginates, Kelco Production, apparut aux É. -U. en 1927; elle existe
toujours, sous le nom de Kelco Company, qui est l'un des premiers producteurs mondiaux. L'industrie des
alginates s'est beaucoup développée après la Seconde Guerre mondiale avec l'apparition d'autres grands
groupes de production : Protan en Norvège, Sanofi Bio-Industries et Sobalg en France, Ribun et Mitsubishi
au Japon.

Structure
Les unités de base de l'acide alginique sont l'acide ~-D-mannuronique (M) et l'acide cx-L-guluronique (G)
reliés par des liaisons glycosidiques (1-+4). Le phycocolloïde est composé soit de blocs M
(polymannuronates), soit de blocs G (polyguluronates), soit de blocs MG, où les mannuronates et
guluronates sont arrangés linéairement sans ordre précis (Figure 5).

Propriétés
Les chaînes de polymères forment des hélices, très lâches dans le cas des blocs M et très serrées dans le
cas des blocs G. D'après le modèle« Egg Box» de Rees (1972a et b, 1977), ces hélices s'orientent pour

174
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

former une sorte de boîte à œufs (Figure 6) responsable des propriétés des alginates. La « boîte » est
anionique, en raison de ces radicaux coo-, et peut donc abriter des cations. Lorsque les cations sont de
petite taille (monovalents), les liaisons sont faibles et les molécules d'eau peuvent se déplacer, même si
elles sont ralenties par les chaînes uroniques : on a donc des alginates épaississants. Lorsque la taille des
cations augmente (bi ou trivalents), les liaisons deviennent de plus en plus solides et les molécules d'eau
bougent de moins en moins : on a des alginates gélifiants.

Les polymères d'acide guluronique, fonnant des hélices très serrées, sont plus gélifiants que ceux d'acide
mannuronique. C'est pourquoi les alginates sont caractérisés par leur rapport M/G. Ce rapport varie selon
les espèces d'algues et aussi selon la saison, l'état physiologique, l'âge et la partie de l'algue analysée
(stipe ou fronde), ce qui a des implications pour la récolte et le traitement des algues. Par exemple, la
fronde de Laminaria hyperborea, récoltée en Europe, a un rapport M/G plus élevé (donc est plus
épaississante) que le stipe (plus gélifiant).

Dans le cas des alginates épaississants, plus le degré de polymérization et le poids moléculaire sont élevés,
plus la solution est visqueuse. Les sels monovalents de l'acide alginique et le propylène-alginate-glycol
sont solubles dans l'eau alors que l'acide alginique et ses sels bivalents et trivalents ne le sont pas. Les
alginates sont insolubles dans les solvants organiques.L'acide alginique est moins stable que ses sels. Les
alginates se dépolymérisent naturellement. Une élévation de température ou d'humidité de stockage
accélère ce phénomène. L'ajout de calcium ou de préservateurs le réduit. Les alginates sont stables entre
pH 5 et pH 11.

Deux types de gels peuvent être obtenus : les gels souples et acides dérivant de solutions d'alginates
(principalement utilisés dans l'industrie alimentaire) et les gels durs fonnés avec des ions bivalents ou
trivalents. Contrairement aux gels d'agars et de carraghénanes, les gels d'alginates peuvent être obtenus
à basse température, réduisant ainsi les risques d'infection microbienne, ce qui est très avantageux pour
les nouvelles biotechnologies qui se développent actuellement.

On peut aussi obtenir des films, solubles ou non, d'alginates qui peuvent être utilisés comme protecteurs
de surface, notamment dans la fabrication des plastiques transparents. Des filaments d'alginate de calcium
sont également fabriqués pour les pansements hémostatiques (fonnation d'un gel au contact du sang
empêchant ainsi le pansement de coller à la plaie et accélérant la coagulation du sang). Les filaments
d'alginates de beryllium et de brome sont utilisés dans les matériaux ignifugés car ils résistent au feu.

L'alginate de sodium réduit la taille de certains cristaux, notamment d'argent, ce qui est utilisé dans la
fabrication des pièces d'argenterie.

Origines
La plus forte biomasse récoltée d'alginophytes provient de l'espèce Macrocystis pyrifera le long des côtes
californiennes. Des champs exploitables, mais pas toujours exploités pour des raisons logistiques, existent
au Chili, en Argentine, en Nouvelle-Zélande et dans les fies des Terres Australes Françaises.

Des espèces du genre Laminaria sont utilisées en Europe (L. digitata, L. hyperborea), au Canada
(L. longicruris) et en Asie (L. japonica, utilisée surtout pour la consommation humaine directe, mais aussi
pour les alginates (35 p. 100) et la production de mannitol).

Ascophyl/um nodosum (ainsi qu'un peu de différentes espèces de Fucus) est exploitée en Europe (surtout
en Norvège et en France), en Islande et au Canada pour la fabrication d'alginates, mais aussi pour la
production de fertilisants et de nourriture pour bétail.

175
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Durvil/aea, Lessonia, Ecklonia etEisenia sont récoltés au Chili, en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande,
en Australie et dans les pays asiatiques. Sargassum et Turbinaria sont ramassés en Inde et aux Philippines.
Und.aria pinnatifida est surtout récoltée pour la consommation humaine directe en Asie et est cultivée
depuis quelques années en France.

Les chiffres de production en alginophytes et en acide alginique pour 1990 sont indiqués dans le
Tableau 3. Tout comme pour les carraghénanes, l'extraction des alginates est essentiellement réalisée par
quelques compagnies dont les deux plus importantes sont Kelco (É.-U. et Grande-Bretagne) et Protan
(Norvège). La Chine est également un grand producteur d'alginophytes et d'alginates, mais les tonnages,
officiels ou non, sont difficiles à estimer. Il semblerait qu'après un développement spectaculaire dans les
années 1980, la culture de Laminaria ait atteint un plateau ou soit en régression pour des raisons
biologiques (transfert des cultures dans différentes régions) et socio-économiques.

Plusieurs bactéries, des genres Azotobacter et Pseudomonas, ont été identifiées comme producteurs
d'alginates (Gacesa 1988). Il n'y a cependant aucun développement industriel pour leur utilisation
actuellement

Les moyens de récolte des alginophytes sont très diversifiés, notamment en raison des tailles très variées
des différentes espèces (de quelques décimètres à environ 50 m dans le cas de l'algue « géante »
Macrocystis) : ramassage à la main à marée basse d'algues attachées au substrat, ramassage d'algues
d'échouage, utilisation du « scoubidou » en France (sorte de grande faucille mécanisée), dragage en
Norvège, cutters et pompe aspirante, plongée.

Du fait de la considérable biomasse disponible des champs naturels d 'alginophytes et de la taille des
organismes rendant les expérimentations en laboratoire parfois difficiles et onéreuses, l'aquaculture de ces
plantes n'a jamais été véritablement développée. Des projets à grande échelle ont été imaginés pour
Macrocystis (North 1991), mais n'ont jamais été réalisés pour des raisons techniques et financières. Il y
a eu des opérations d'extension de champs naturels et de repeuplement après que les .champs aient été
dévastés soit par les oursins soit par le courant El Nifio. L'aquaculture d'espèces à des fins alimentaires
(Laminaria digitata, Und.aria pinnatifida) est, par contre, développée dans les pays asiatiques et,
récemment, en France.

Utilisations
Environ 50 p. 100 de l'acide alginique sont utilisés dans l'industrie textile comme fixateurs des colorants
afin d'éviter l'étalement des couleurs. L'avantage des alginates est d'avoir des radicaux COOH qui ne
réagissent pas avec les colorants, alors que d'autres fixateurs, comme l'amidon, ont des radicaux CH20H
qui réagissent avec les colorants qui ainsi perdent de leur éclat après lavage.

L'industrie agro-alimentaire utilise à peu près 30 p. 100 de la production mondiale d'alginates (E401 à
E405 dans la nomenclature européenne) dans des applications similaires à celles des carraghénanes :
agents épaississants : sauces, moutardes, mayonnaises, assaisonnements, crèmes glacées, anneaux
d'oignons, pâtes pour olives, sirops, milk-shakes;
agents liants : charcuterie, viandes, pâtés de riz, légumes et poissons, nourriture pour animaux
domestiques et d'élevage aquacoles;
agents gélifiants : fruits, légumes, viandes, poissons, crustacés reconstitués et artificiels (l'alginate de
calcium étant insoluble dans l'eau et résistant à la chaleur, ces produits peuvent être moulés et cuisinés
facilement), faux caviar, confitures allégées (l'alginate de sodium n'a pas besoin de sucre pour geler
contrairement à la pectine), gelées, flans, desserts, garnitures de tartes;

176
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

agents stabilisants : sauces, mayonnaises, ketchups, assaisonnements, jus de viandes, sauces à


barbecue, crèmes de fromage, crèmes battues, crèmes glacées, sorbets, laits traités, nappages et décors
de gâteaux, meringues, confitures;
agents clarifiants : bières, vins, fabrication du sucre à partir de la betterave;
agents protecteurs : de la vitamine A (mélangé au beurre), produits congelés, plats cuisinés;
agents d'effet de pulpe de fruits : concentrés de jus de fruits congelés, boissons fruitées.

L'industrie du papier consomme 6 p. 100 des alginates pour l'enduction et le couchage des surfaces, soit
afin de les imperméabiliser (verres et emballages en cartons), soit pour leur donner un aspect lustré
(papiers peints), soit pour les rendre non collantes (papiers pour gâteaux), soit pour les rendre douces.
Dans la fabrication du papier, les alginates sont utilisés pour assurer une viscosité constante de l'empois
et éviter l'évaporation dans les machines de production à grande vitesse. Les alginates sont aussi utilisés
pour rendre moins inflammables certains papiers.

La fabrication des enrobages d'électrodes de soudure requiert 5 p. 100 des alginates. L'isolant, le silicate
de sodium, est épaissi avec des alginates. Ces derniers entrent aussi dans la fabrication des baguettes de
soudure.

L'industrie pharmaceutique utilise à peu près la même proportion de la production mondiale d'alginates
dans des produits très diversifiés : crèmes et poudres pour enfant, agents désintégrants des comprimés,
stabilisants de suspensions acides, traitements des brûlures et crampes d'estomac, des gastrites, des
œsophagites, des reflux gastro-œsophagiens, des hernies hiatales, des ulcères gastro-duodénaux et de la
pyrosis de la grossesse. Les alginates sont employés dans les produits de régime comme coupe-faim car
en arrivant dans l'estomac, ils s'hydratent, gonflent et donnent une impression de satiété. Ils sont utilisés
dans les produits diététiques car ils forment des gels et des épaississants sans addition de sucre. Les
filaments d'alginate de calcium entrent dans la fabrication des pansements, ouates, compresses, cataplasmes
hémostatiques et fils autoabsorbants pour recoudre en chirurgie interne. Les alginates sont aussi utilisés
pour la fabrication des bâtonnets de prélèvement pour tests médicaux, la prise d'empre_intes dentaires et
le traitement des contaminations radioactives (chélation des ions radioactifs puis élimination). Les stipes
de Laminaires ont longtemps été utilisés comme dilatateurs du col de l'utérus pour les examens
obstétriques et gynécologiques.

L'industrie cosmétique se sert des alginates dans des applications similaires à celles des carraghénanes,
auxquelles on peut ajouter la production de masques et d'enveloppements.

Les alginates pénètrent actuellement en force le marché, en pleine expansion, des biotechnologies. Ils sont
utilisés, sous forme de billes, pour la fixation, l'immobilisation et le regroupement de· cultures cellulaires
en bioréacteurs. Ces billes ne sont pas toxiques, peuvent être stérilisées et permettent le mouvement des
molécules à travers le gel (apport de nutriments, élimination des déchets et récupération des produits); elles
fournissent un environnement stable pour des cellules, ou des molécules, qui si elles étaient isolées
arrêteraient de fonctionner. Les cellules, ou produits (yaourts, alcools, enzymes, catalyseurs, médicaments,
acides, anticorps, hydrocarbures, etc.), désirés sont récupérés par désorbtion ou chélation. De nouvelles
techniques de contrôle de qualité agro-alimentaires ont recours à des microorganismes encapsulés dans des
billes d'alginates, notamment pour déterminer l'efficacité et la sftreté de la cuisson par micro-ondes
(Holyoak et al. 1993). Même la méthode champenoise séculaire n'a pas pu résister à l'encapsulage
d'alginates ! Auparavant, c'était tout un art de tourner régulièrement, pendant plusieurs mois, les
bouteilles de Champagne (le « remuage ») pour éliminer les dépôts de levures de la fermentation
secondaire (le procédé qui donne les bulles); maintenant, les cellules de levure encapsulées dans des
alginates peuvent être recueillies en quelques minutes ! La lutte biologique contre les insectes utilise des
nématodes encapsulés qui sont ingérés par des larves d'insectes qui meurent peu après. En agronomie, des

177
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

graines sont maintenant encapsulées avec des bactéries fixatrices d'azote atmosphérique pour améliorer
les rendements des sols pauvres en azote. Le clonage et les cultures in vitro de variétés de végétaux ont
aussi recours aux capsules d'alginates. De nouveaux traitements sont en cours de développement pour les
diabétiques : les cellules produisant de l'insuline dans les ilots de Langerllans peuvent être encapsulées
et implantées chez les patients; l'encapsulage évite les phénomènes de rejet car le système immunitaire
n'est pas activé et l'insuline peut diffuser à travers le gel. Certaines drogues, au lieu d'être administrées
périodiquement, peuvent maintenant être données en une seule fois; elles diffuseront lentement à travers
la capsule d'alginates dans l'organe désiré. Le génie génétique utilise aussi de plus en plus les alginates.

Enfin, les alginates sont utilisés par de nombreuses autres industries pour des applications très variées :
films séparateurs non collants pour les moules de fonderie et pour les procédés à pression à chaud;
décoration des pièces de céramique;
argenterie;
fabrication des bois de synthèse;
floculation des solides dans le traitement des eaux;
stabilisation des bas-côtés de routes et de la végétation en empêchant le ravinement des sols liés aux
alginates;
épaississement des boues de forage;
épaississement du latex pour la fabrication des pneus;
épaississement des peintures et du plâtre;
fabrication des pellicules photographiques;
films protecteurs des pièces d'optique des appareils photographiques et de laboratoire;
films protecteurs pour la fabrication des plastiques transparents;
films protecteurs pour le traitement des bois;
imperméabilisation des tissus.

Algues pour la consommation humaine directe


La consommation directe d'algues par l'espèce humaine remonte à fort longtemps (Nisizawa 1987),
notamment dans les pays asiatiques, ainsi que dans d'autres régions où la tradition d'utilisation des algues
est bien établie : Islande, Irlande, Pays de Galles, Bretagne, provinces maritimes du Canada, État de la
Nouvelle-Angleterre aux É.-U., etc. Le développement de restaurants asiatiques et de l'alimentation
diététique a accru la consommation directe d'algues dans les pays occidentaux. Ce sont surtout les algues
rouges et brunes qui sont utilisées.

Porphyra (Nori)
L'algue la plus consommée, surtout au Japon, Chine et Corée, est certainement l'algue rouge du genre
Porphyra, appelée aussi Nori. Il semble que sa culture ait commencé au XVIr siècle avec des bambous
et des branchages immergés dans des baies peu profondes. Les algues (lames pourpres très fines car
monocellulaires) étaient lavées, coupées, réduites en pâte, assemblées en feuillets, puis séchées au soleil.

La culture sur filets est apparue en 1926. La compréhension du cycle biologique (phase gamétophytique
macroscopique Porphyra alternant avec la phase sporophytique microscopique Conchocelis, vivant
préférentiellement dans la nacre des coquilles d'huîtres), par Drew, en 1949, a complètement révolutionné
les techniques de culture (ensemencement des filets, filets flottants en eaux plus profondes, production en
écloserie de la phase Conchocelis, supports artificiels remplaçant les coquilles d'huîtres, contrôle du cycle
biologique) et de stockage (conservation à basse température, plusieurs récoltes par an, sélection de
variétés, banques de réserves en cas d'accidents naturels ou techniques). La préparation des feuillets et leur
séchage sont maintenant complètement automatisés. Une dizaine d'espèces sont cultivées, les plus
importantes étant P. yezoensis et P. tenera au Japon, et P. haitanensis en Chine.

178
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Les progrès industriels, notamment au Japon, ont créé de sérieux problèmes de pollution résultant en la
fenneture de certaines baies pour l'aquaculture. Ceci a favorisé le développement de culture dans d'autres
pays asiatiques (Taïwan) ou dans des pays ayant une forte population d'émigrants asiatiques (côtes ouest
des É.-U. et du Canada). Le Chili développe actuellement des essais de culture. Les Gallois ont une longue
tradition de manger du pain d'algues («laver bread »)à base de Porphyra.

La valeur nutritive de Porphyra réside dans sa haute teneur en protéines (jusqu'à 50 p. 100 du poids sec),
glucides (jusqu'à 10 p. 100 du poids sec), sels minéraux et vitamines (A, B 12 et C). La richesse en taurine
et arginine, qui peuvent se combiner pour fonner la taurocyanine, serait à l'origine de ses vertus
médicinales dans le traitement du cholestérol et des calculs biliaires (Tsuji et al. 1983). Porphyra aurait
aussi des propriétés antitumorales (Yamamoto et Maruyama 1985) et préviendrait l'artériosclérose
(Dyerberg et al. 1978).

Porphyra est mangé soit en« feuilles »séchées ou grillées, soit assaisonné dans des plateaux de fruits de
mer, du riz ou des pâtes. On trouve aussi Porphyra dans la préparation des sushi, sashimi, soupes, gâteaux,
confitures et vins.

Undaria pinnalifida (Wakame)


Cette algue brune, de l'ordre des Laminariales, est maintenant essentiellement cultivée (90 p. 100) dans
les pays asiatiques (Japon, Corée, Chine). Elle a été introduite en France, accidentellement en
Méditerranée, en 1971 lors de l'importation d'huîtres japonaises, et volontairement en Bretagne, en 1983,
dans l'île d'Ouessant à des fins de culture. Elle a également été introduite accidentellement (coques de
bateaux et déballastages de pétroliers) en Nouvelle-Zélande et en Tasmanie (importation d'onneaux de
Corée).

Undaria pinnatifida est relativement riche en protéines (jusqu'à 22 p. 100), en vitamines B et K 1


(antithrombose), et en sels minéraux. Elle aurait la propriété d'abaisser le taux de cholestérol et
contiendrait des composés anticoagulants et antitumoraux. Sa teneur en acide alginique est faible
(15 p. 100), et sa richesse en phénols rend ses alginates très colorés et donc peu intéressants pour
l'industrie des phycocolloïdes.

En Asie, Undaria pinnatifida est mangée (fraîche ou réhydratée, salée ou non, blanchie ou non) en salade
ou cuite comme un légume avec du poisson ou du riz. Elle est aussi utilisée pour la préparation de pâtes,
soupes, purées, thés et boissons.

Laminaria (Kombu)
Le tenne kombu est employé pour désigner plusieurs espèces : Laminaria japonica (30 p. 100 de la
récolte), L. angustata (45 p. 100 de la récolte), Arthrothammus bifidus, Kjellmaniella gyrata et
K. crassifolia. La Chine est actuellement le pays le plus avancé dans la culture de Laminaria.

Les fucoïdanes et alginates contenus dans le kombu auraient des propriétés anticoagulantes et
antitumorales. Ces algues sont riches en acides aspartique et glutamique, fucostérol (antithrombose), et
microéléments (sélénium et cuivre, particulièrement).

Le kombu peut être mangé bouilli et salé, peut être utilisé comme condiment, ou encore réduit en fins
morceaux pour préparer une sorte de thé. Des confitures et des pâtes à base de kombu sont également
manufacturées.

179
Valorisation de Io biomasse végétale par les produits naturels

Hizikia fusiforme (Hiziki)

Cette algue brune, de l'ordre des Fucales, est récoltée surtout dans les eaux tempérées du Japon, de la
Corée et de la Chine. Elle est cultivée en Corée depuis 1977.

L'algue fraîche a un goftt amer car elle est riche en phénols. Pour y remédier, l'algue est d'abord bouillie,
puis séchée au soleil. Ce traitement réduit la teneur en vitamines, mais l'algue est toujours riche en
fucostérol et microéléments (surtout fer et cuivre). Elle est utilisée comme légume, ou en poudre dans la
fabrication de pâtes.

Monostroma, Ulva, Enteromorpha (Aonori)


Ces trois algues vertes sont consommées en Asie, en Amérique du Sud (Chili), et dans les pays
occidentaux ayant des communautés asiatiques. La culture de Monostroma est la plus avancée et se fait
sur filets du genre de ceux utilisés pour la culture de Porphyra.

La teneur en protéines peut atteindre 26 p. 100. La richesse en sitostérol pourrait avoir la propriété
d'abaisser le taux de cholestérol. Ces algues auraient des propriétés anticoagulantes et antitumorales et
préviendraient la formation d'ulcères gastriques. Elles sont également très riches en fer, en calcium et en
vitamines B. Ces algues sont mangées généralement séchées, en « feuilles » ou hachées. Elles peuvent être
aussi grillées et salées, ou marinées, ou bien utilisées comme condiments.

Cau/erpa
Le genre Caulerpa contient de nombreuses espèces qui sont récoltées artisanalement dans différentes
régions tropicales. La seule espèce cultivée actuellement est C. lentillifera, notamment aux Philippines.
Cette algue verte est mangée fraîche en salade, ou est marinée pour l'exportation.

Autres espèces
D'autres espèces d'algues sont consommées directement par les populations humaines de certaines régions
limitées du globe. Les Hawaiiens, par exemple, sont connus pour avoir une alimentation riche en algues,
notamment du genre Gracilaria, appelé localement limu. Pa/maria palmata, commercialisée sous le nom
de dulse, est mangée régulièrement, séchée ou grillée, par les habitants des provinces maritimes du Canada
et de l'État de la Nouvelle-Angleterre aux É.-U. Elle peut être aussi réduite en flocons que l'on peut
utiliser dans les salades et d'autres plats.

On assiste actuellement en France à un remarquable effort dans la transformation des· algues alimentaires
pour l'industrie des plats cuisinés et la restauration. Les algues sont utilisées sous leur forme intégrale ou
en paillettes, soit séchées soit en saumure, ou sous forme de condiments. Ainsi sont apparus sur le marché
les haricots de mer (Himanthalia elongata), la laitue de mer (Ulva lactuca), le kombu breton (Laminaria
digitata), la choucroute aux algues, les garnitures d'algues pour salades, poissons et autres plats cuisinés,
le court-bouillon marin, les potages aux algues, la moutarde aux algues, les algues aux aromates, le sel
aux algues, les compléments alimentaires aux algues, les boissons toniques aux algues, etc.

Algues pour l'agriculture


Engrais
Depuis des siècles, les paysans des régions côtières de par le monde ont utilisé les algues, récoltées en
échouage après les tempêtes, pour enrichir leurs terres. La plus grande partie de la biomasse est constituée
alors d'algues brunes (essentiellement appartenant aux ordres des Laminariales et Fucales).

180
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

En France, l'amendement de certaines terres acides est réalisé en répandant de la poudre de maërl, obtenue
en broyant des algues calcaires, du genre Lithothamnium et Lithophy/lum, récoltées en Bretagne.

Depuis quelques décennies, des compagnies, comme Maxicrop International Ltd. (Grande-Bretagne),
Goëmar (France) et Acadian Seaplants Ltd. (Canada), ont développé des engrais, soit pour les sols soit
foliaires, à base de Laminariales ou Fucales (surtout Ascophyl/um nodosum). Un nombre, encore restreint,
d'études a montré que les traitements ont un effet bénéfique sur la gennination et la croissance des plantes,
leur floraison, leur fructification, la conservation des fruits et la résistance des plantes aux insectes,
bactéries et virus, et aux intempéries.

Le ou les principes actifs, la nature et le mode d'action de ces engrais restent encore à être élucidés.
Plusieurs hypothèses ont été suggérées :
apport en sels minéraux et oligo-éléments, surtout en période de carence;
apport en matière organique;
apport en vitamines;
apport en phénols et autres substances, inhibant le développement microbien, les insectes, les
nématodes et les mauvaises herbes;
apport d'honnones (auxines, gibbérellines, cytokinines, bétaiiles et acide abscissique); l'existence de
telles substances dans les algues reste toutefois à être établie sans ambiguïté;
apport de mucilages, aérant les terrains et retenant les ions à proximité des racines;
développement d'un film très fin de phycocolloïdes à la surface des feuilles, réduisant la tension d'eau
superficielle et augmentant la surface de contact et l'assimilation foliaire;
promotion de la croissance et de l'absorption racinaire;
meilleure redistribution des éléments nutritifs dans la plante;
élicitation d'enzymes activatrices, ou inhibitrices, et de mécanismes de défense.

Les engrais liquides ont généralement une faible concentration en extrait d'algues car il a été démontré
que des doses trop élevées ont des effets nocifs. En raison de cette importante dilution, la_biomasse utilisée
demeure modeste : la société Goëmar, par exemple, a besoin d'environ 1000 tonnes par an d'Ascophyl/um
nodosum pour sa production.

Ces engrais étant biodégradables, ils sont de plus en plus considérés favorablement, notamment par ceux
impliqués dans le développement de l'agriculture organique.

Quelques compagnies, afin de valoriser les déchets agricoles, ont développé des produits qui conµennent
des mélanges d'algues pour éliminer l'action néfaste des lisiers, fumiers et purins non fennentés : ces
produits accélèrent le processus de compostage et réduisent les mauvaises odeurs des élevages.

Alimentation du bétail
Traditionnellement, dans de nombreuses régions côtières (notamment en Europe du Nord), les animaux
de fenne ont été habitués à se nourrir d'algues. Historiquement, les périodes de famines et de guerres ont
certainement accru cette pratique.

Plusieurs compagnies produisent actuellement des aliments pour bétail incluant des farines d'algues, le plus
souvent brunes (Fucus, Ascophyl/um et Laminaria) mais pouvant aussi contenir du maërl. Les avantages
cités sont les suivants : apport d'oligo-éléments évitant les carences; meilleure production laitière;
meilleure laine chez les moutons.

181
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Conclusion
L'industrie des algues semble être toujours promise à un long et riche avenir (environ 4 p. 100 de
progression annuelle). Plusieurs facteurs contribuent à ce développement:

la croissance démographique de l'espèce humaine;


la demande, toujours en augmentation, pour des produits « instantanés », rapidement et facilement
cuisinés, à faible valeur calorique et haute teneur en protéines, et à prix stables indépendamment des
saisons;
la recherche de nouvelles substances d'origine marine alors que celles d'origine terrestre commencent
à être bien déterminées; certaines espèces d'algues sont déjà connues pour leurs propriétés
antibiotiques, antibactériennes, antifongiques, anticancéreuse, antivirales (Herpès, SIDA), etc., mais
la vaste majorité des algues n'a pas encore été testée; récemment, des polysaccharides et des
polyphénols extraits de Fucus vesiculosus se sont révélés être des inhibiteurs du virus du SIDA
(Béress et al. 1993);
le développement, ou le regain d'intérêt, pour les médecines homéopathiques ou « naturelles »; par
exemple, l'algue rouge Digenea simplex contient de l'acide kaïnique qui est connu comme un
excellent vermifuge depuis des siècles;
le développement de nouvelles applications, notamment biotechnologiques et thérapeutiques, exigeant
des produits très purifiés à haute valeur ajoutée;
l'intérêt porté aux composés marins et leur image« naturelle, tonique et vivifiante »,dans l'industrie
cosmétique; la thalassothérapie et la balnéothérapie utilisent de plus en plus des produits contenant
des algues.

La croissance de l'industrie des algues dépendra évidemment de la possibilité de pouvoir continuer à


s'approvisionner en matière première à un prix compétitif et d'un équilibre satisfaisant entre l'offre et la
demande au niveau du marché mondial. La plupart des populations naturelles d'algues sont maintenant
connues; pour augmenter la biomasse récoltable, il faudra donc approfondir les connaissances sur la
biologie, la physiologie et la biochimie des algues, améliorer les stratégies de gestion· des peuplements
naturels, manipuler les périodes de récolte, perfectionner les outils de récolte et développer à long terme
des plans d'aménagement du littoral convoité par différents groupes ayant des objectifs pas toujours faciles
à concilier.

De plus en plus, les humains commencent à réaliser que les ressources marines ne sont pas inépuisables
et qu'elles peuvent être polluées. Les algues n'échappent pas à la règle. C'est l'une des raisons - avec
le besoin d'approvisionnements stables, à toute période de l'année, et d'une qualité contrôlable - qui ont
incité le développement de l'aquaculture qui est en plein essor, surtout dans les régions tropicales. On
découvre aussi actuellement les problèmes associés à cette activité : maladies (associées directement, ou
indirectement, à l'augmentation de densité des plantes), vieillissement des souches sélectionnées par
bouturage (à relier aux problèmes plus généraux de dégénérescence des espèces et de diminution de la
biodiversité), etc.

Le déplacement des lieux de production de la matière première, essentiellement des régions développées
et tempérées vers les régions en voie de développement et tropicales, a bouleversé le marché des algues
qui a besoin de se stabiliser à nouveau. S'il y a toujours un volume important d'algues séchées transitant
des pays en voie de développement vers les pays développés pour être transformées en phycocolloïdes,
on assiste de plus en plus au développement d'intégrations verticales (algues et phycocolloïdes traités au
même endroit), surtout depuis que les phycocolloïdes semi-raffinés, nécessitant des unités de production
moins sophistiquées que celles pour les produits raffinés, commencent à être admis dans l'alimentation
humaine. Les producteurs de matière première peuvent ainsi accroître leurs profits et s'émanciper de la

182
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

tutelle des grands producteurs mondiaux de phycocolloïdes. Ces derniers ne dépendent plus de
l'approvisionnement incertain et de la qualité variable de la biomasse, souvent provenant de régions
éloignées, et font des économies sur les coüts de manufacture et de contrôle anti-pollution en pays
développés, et de transport. Cette réorganisation bénéficiera surtout aux pays en voie de développement
ayant des capacités, ou des potentiels, pour l'aquaculture, comme cela est déjà évident aux Philippines et
au Chili.

La recherche des conditions physiologiques et génétiques permettant d'augmenter la production en


phycocolloïdes n'en est encore qu'à ses balbutiements. La biosynthèse et le rôle de ces composés
importants de la paroi des algues ne sont encore pas totalement compris. Bien que les progrès
biotechnologiques soient rapides, on est encore loin de la synthèse artificielle des phycocolloïdes ou de
leur synthèse dans des microorganismes après transfert des gènes qui en sont responsables. L'industrie des
algues, telle qu'on la connaît actuellement, a donc encore un bel avenir devant elle, basé sur la récolte des
populations naturelles et l'aquaculture, si l'on prend soin de bien gérer l'utilisation soutenue, et soutenable,
de cette ressource marine renouvelable.

Remerciements
Nous remercions le Centre de recherches pour le développement international pour son support financier
et M"' 0 P. Hayes pour la préparation du manuscrit.

Références
Araki C., 1966. Sorne recent studies on polysaccharides of agarophytes. Proc. Int Seaweed Symp. 5 : 3-17.
Arzel P., 1987. Les goémoniers. Le Chasse-Marée. Editions de l'Estran, Douarnenez, 309 p.
Béress A., Wassermann O., Bruhn T., Béress L., Kraiselburd E.N., Gonzalez L.V., de Motta G.E., et Chavez P.I.,
1993. A new procedure for the isolation of anti-HIV compounds (polysaccharides and polyphenols) from the
marine alga Fucus vesiculosus. J. Natural Products 56: 478-488.
Bodeau-Bellion C., 1983. Analysis of carrageenan structure. Physiol. Vég. 21 : 785-793.
Borja P., Espinoza F., et Yap T., 1991. Production and marlcet of Philippine Natural Grade. Appl. Phycol. Forum
8: 4-5.
Bouvier, 1791. Historia fucarum. Ann. Chimie, Paris 9.
Chopin T., 1986. The red alga Chondrus crispus Stackhouse (Irish moss) and carrageenans - a review. Can. Tech.
Rep. Fish. Aquat. Sei. 1514: v + 69 p.
Chopin T., Hanisak M.D., et Craigie J.S., (sous presse). Carrageenans from Kallymenia westii (Rhodophyceae) with
a review of the phycocolloids produced by the Cryptonemiales. Bot Mar.
Chopin T., et Whalen E., (sous presse). A new and rapid method for carrageenan identification by FT IR diffuse
reflectance spectroscopy directly on dried, ground algal material. Carbohydr. Res.
Courtois B., 1813. Découverte d'une substance nouvelle dans le varech. Ann. Chimie 88.
Craigie J.S., 1990. Cell walls. Dans : (K.M. Cole et R.G. Sheath, eds.) Biology of the red algae. Cambridge
University Press, Cambridge : 221-257.
Doty M.S., 1987. The production and use of Eucheuma. Dans (M.S. Doty, J.F. Caddy, et B. Santelices, eds.) Case
studies of seven commercial seaweed resources. FAO Fish. Tech. Pap. 281 : 123-164.
Drew K.M., 1949. Conchocelis phase in the life history of Porphyra umbilicalis (L.) Kütz. Nature 164 : 748-749.
Dyerberg J., Bang H.0., Stoffersen E., Mancada S., et Vane J.R., 1978. Eicosapentanoic acid and prevention of
thrombosis and arteriosclerosis. Lancet 2 : 117-119.
Gacesa P., 1988. Alginates. Carbohydr. Polymers 8 : 161-182.
Holyoak C.D., Tansey F.S., et Cole M.B., 1993. An alginate bead technique for determining the safety of microwave
cooking. Lett. Appl. Microbiol. 16 : 62-65.
Kloareg B., et Quatrano R.S., 1988. Structure of the cell walls of marine algae and ecophysiological fonctions of
the matrix polysaccharides. Oceanogr. Mar. Biol. Anou. Rev. 26 : 259-315.
McCandless EL., Craigie J.S., et Walter JA., 1973. Carrageenans in the gametophytic and sporophytic stages of
Chondrus crispus. Planta 112 : 201-212.

183
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Michanek G., 1979. Seaweed resource for phannaceutical uses. Dans : (H.A. Roppe, T. Levring, et Tanaka Y., eds.)
Marine algae in phannaceutical science. W. de Gruyter, Berlin, New York: 203-235.
Naylor J., 1977. Production, commerce et utilisation des algues marines et produits dérivés. FAO Fish. Tech. Pap.
159: 76 p.
Nisiz.awa K., 1987. Preparation and marketing of seaweeds as foods. Dans (DJ. McHugh, ed.) Production and
utilization of products from commercial seaweeds. FAO Fish. Tech. Pap. 288 : 189 p.
North WJ., 1991. Recent developments in ocean farming of marine macroalgae. Mar. Technol. Soc. J. 25: 45-54.
Perez R., Kaas R., Campello F., Arbault S., et Barbaroux O., 1992. La culture des algues marines dans le monde.
IFREMER, Brest: x + 614 p.
Rees D.A., 1972a Mechanism of gelation in polysaccharide systems. Dans : (H.D. Graham, ed.) Gelation and gelling
agents. Avi Publ. Co., Westport: 347-381.
Rees D.A., 1972b. Shapely polysaccharides. The eighth Colworth Medal Lecture. Biochem. J. 126: 257-253.
Rees D.A., 1977. Polysaccharide shapes. Chapman et Hall, London: 80 p.
Rees D.A., Scott W.E., et Williarnson F.B., 1970. Correlation of optical activity with polysaccharide conformation.
Nature 227 : 390-392.
Reno D.W., 1993. Medical and biotechnological applications of marine macroalgal polysaccharides. Dans: (D.H.
Attaway et O.R. Zaborsky, eds.) Marine Biotechnology, Vol 1 : Pharmaceutical and bioactive natural products.
Plenum Press, New York: 181-196.
Rochas C., et Rinaudo M., 1980. Activity coefficients of counterions and confonnation in kappa-carrageenan systems.
Biopolymers 19: 1675-1687.
Saito R.M., et de Oliveira E.C., 1990. Chemical screening of Brazilian marine algae producing carrageenans.
Hydrobiologia 204/205 : 585-588.
Smi~ O., Andresen 1., Grasdalen H., Larsen B., et Painter T., 1980. Evidence for a salt-promoted "freeze-out"
of linkage confonnations in carrageenans as a pre-requisite for gel formation. Carbohydr. Res. 80: Cll-Cl6.
Stanford E., 1883. On algin: a new substance obtained from some of the common species of marine algae. Chem.
News 47: 254-257.
Tsuji K., lwao T., Nakagawa Y., et Seki T., 1983. Effects of dietary taurine on bile acid metabolism in
hypocholesterolemic rats. Sulfur amino-acid 4 : 111-119.
Yamamoto 1., et Maruyama H., 1985. Effect of dietary seaweed preparations on 1,2 dimethylhydrazine induced
intestinal carcinogenesis in rats. Cancer Lett 26: 241-251.

Tableau 1. Production et consommation mondiales d'agar en 1990.


Pays Production Production Consommation Consommation
Ctonnasl (%) (tomes) 1'!1.\
Japon 2260 31.3 3300 43.S
Espagne - Portugal 1910 26.4 250 3.3
Corée 1440 19.9 215 2.9
Chili 900 12.5 90 1.2
Maroc 250 3.5
USA· Mexique 150 2.1 830 "11.0
Canada 150 2.1
France 80 1.1 100 1.3
Inde 10 0.1
Argentine 10 0.1 125 1.7
Grande-Bretagne 700 9.3
Ane magne 600 8.0
Italie 150 2.0
Brésil 100 1.3
Afrique 100 1.3
Océanie 170 2.3
Europe de l'Est 400 5.3
Divers 70 0.9 400 5.3
Total 7230 100 7530 100

184
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Tableau 2. Production et consommation mondiales de carraghénophyotes et carraghénanes en 1990.

Pays Carraghénophyles Carraghénophyles Carraghénanes Carraghénanes ConsommatiOn


(DOidS sec en toonesl (%) (tonnes} 1%) 1%)
PhllippineS 48501 62.2
lndoilésie 6312 8.1
canada eooo 7.7
Danemark 5300 6.8 2500 20.3
Chili 4960 6.4
Espagne 2000 2.6 600 4.11
Japon 1600 2.0 400 3.2
France 900 1.2 3800 ~.9
Mexique 600 0.8
Norvège 470 0.6
Portugal 400 0.5
Cor8e 300 0.4
Chine 240 0.3
Tanzanie 110 0.1
Pérou 80 0.1
USA 4500 36.6
Europe 45
Amérique du Nord 23
Asie 20
ArMrtque du Sud 12
Divers 200 0.2 500 4.1
Total 77973 100 12300 100 100
1

Tableau 3. Production mondiale d'alginophytes et d'acide alginique en 1990.

Pays Alginophyles Alginophytes Acide alginique Acide alginique


lDOids sec en tonnes) f'll.\ ftonnesl (%\

Norvège 46000 25.0 6200 25.5


USA 42000 22.9 6000 -24.7
Grande-Bietagne 32000 17.4 5000 20.6
Japon 20000 10.9 3000 12.4
France 14300 7.8 2800 11.5
canada 10000 5.4 700 2.9
Chili 6400 3.5 100 0.4
Inde 5600 3.0 400 1.6
Islande 4000 2.2 0 0
Australie 3000 1.6 0 0
Esgaane 500 0.3 100 0.4
Total 183800 100 24300 100

i-----AQGrDbiose -----i

Figure 1. Structure répétitive disaccharique de base de l'agarose.

185
Valorisation de la biomasse végétale par les produtts naturels

~~'-JO~~~
~ ~o/
IC

/HCH HCH

0
(deviaat &)

Figure 2. Structure répétitive disaccharique de base des carraghénanes de la famille K.

a K>~~
H H H 0
*CH,,OCJ""
Ho H

,,o 8
H CH H <l50s

K>~CH~ o-~CH~~
H H /
H 0 rt

,,.o e e
H ~ H ClS0;3

Figure 3. Structure répétitive disaccharique de base des carraghénanes de la famille A..

186
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

KlF.~o-vk-~'J
/~ H Œi *~
li Œi

Cll:zCH w~
., 0
H
0
H 0/

/
H QI H GI

K)F~o-~~'J
/~
H Œi
*o/ H GI

Figure 4. Structure répétitive disaccharique de base des carraghénanes de la famille ~-

1-.rtX,·l_._flL
Figure 5. Structure répétitive des blocs M (a) et des blocs G (b) de l'acide alginique.

187
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

soc..
junctlon :t:ones with
pseuclocryst•lllne structure

doubla heli:r egg-box synargistic

carrageenans Ca-alginate ml:rtu~s of


agarosa carrageenans and protelns _
or polyuccharia.111

Figure 6. Mécanismes de gélation des phycocolloïdes (agars, carraghénanes et alginates en solution)


[d'après Rees 1972b et Kloareg et Quatrano 1988).

188
LE MAROC ET L'EXPLOITATION DES PLANTES AROMATIQUES

Bachir BENJILAU

Institut agronomique et vétérinaire Hassan Il


Département de chimie alimentaire
B.P. 6202 Rabat-Instituts, Maroc

Introduction
Le Maroc est traditionnellement un des principaux pays producteurs d'huiles essentielles (HE) et extraits
aromatiques (EA). Plusieurs raisons expliquent cette situation.

D'abord, le pays dispose d'une grande tradition dans la distillation de plantes aromatiques et surtout les
plantes à parfums, pour les besoins familiaux et(ou) de marché. Durant des siècles, les Marocains ont su
conserver les techniques de distillation développées par les Arabes pendant l'âge d'or de la civilisation
arabo-musulmane.

Le contexte géographique du pays, situé entre deux mers et un désert, et traversé par trois chaînes
montagneuses, se traduit par une gamme complète de bioclimats méditerranéens. Cette diversité de
bioclimats favorise une flore riche et variée à endémies très marquées.

Enfin, la proximité d'un marché important, la France en particulier, a certainement contribué au


développement du secteur.

L'ensemble de ces données fait que depuis des décennies déjà, le pays a connu une mise en exploitation
industrielle de cette richesse naturelle.

Les plantes exploitées


Il est difficile de faire une liste complète des plantes exploitées; certains produits nouveaux commencent
à s'imposer sur le marché international ou y cherchent encore leur place : « Camomillé bleue »du Maroc,
carotte sauvage, ammi visnaga. etc.

Il faut noter qu'un bon nombre de ces produits sont typiquement marocains (armoise, « camomille»
sauvage, cèdre de l 'Atlas, « camomille bleue » du Maroc, etc.). Ce sont des produits qui ont été introduits
sur le marché international à partir du Maroc.

Organisation et technologie
En 1986, nous avons établi une liste d'au moins une quinzaine de sociétés opérant dans le secteur.
Actuellement, huit ans plus tard, on constate qu'un bon nombre de ces sociétés, dont les plus anciennes,

1. Communication aux Journées internationales de Digne, 1987.

189
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

ont arrêté ou réduit leur activité dans ce domaine. Les raisons sont diverses dont l'une, probablement la
plus importante, est l'âge des propriétaires de ces sociétés. Arrivés à l'âge de la retraite ou presque, les
personnes concernées ne peuvent plus prendre en charge une activité si contraignante physiquement. D'un
autre côté, nous assistons au développement de nouvelles unités entièrement marocaines qui s'intéressent
au secteur. Les premières sociétés étaient toujours les propriétés d'investisseurs privés étrangers. Enfin.
une nouvelle donnée doit être signalée : c'est l'intérêt qu'une multinationale (SANOFI) porte actuellement
au secteur« plantes aromatiques » au Maroc. Elle s'y installe en rachetant deux sociétés déjà existantes.

Cette exploitation porte sur deux types de produits des plantes spontanées et de culture. L'organisation
de la production est évidemment fonction du type de matériel végétal. La technologie appliquée est
également différente si les produits de culture (rose, jasmin, géranium, etc.) sont traités dans des
installations fixes, d'un niveau technologique relativement élevé. Par contre, les plantes spontanées sont
généralement traitées dans des alambics mobiles, artisanaux, à feu nu, de conception très simple. Si le
premier type de technologie a l'avantage de permettre une meilleure mai.ùise de la qualité, la seconde est
intéressante par sa simplicité, sa souplesse et son coiit relativement bas.

Ce que nous pouvons retenir, c'est que le secteur de plantes aromatiques et HE au Maroc est en pleine
mutation.

Les résultats
Quelles que soient l'histoire et la situation actuelle, le secteur produit des résultats. Au Tableau l. nous
donnons l'évolution de la production en tonnage et de la valeur pour les dix dernières années (198{}-1991).
Aux Figures 1, 2, 3, 4 et 5, nous représentons certaines de ces données pour une meilleure vision.
L'analyse de ces figures fait ressortir un certain nombre de caractéristiques concernant le marché des HE
et EA d'origine marocaine : c'est un marché très fluctuant et très spéculatif, très instable aussi bien pour
les tonnages des produits commercialisés que pour les prix, mais globalement le chiffre d'affaire total du
secteur, au moins en dirllams (Dh) courants, est en progression constante.

Le marché
Les principaux clients du Maroc, actuellement, sont la France et les États-Unis d'Amérique (Figure 6).
La lecture de cette figure fait ressortir une baisse constante de la place du marché français pour les
productions marocaines en HE et EA. Ce marché est progressivement remplacé par le marché américain.
D'autres clients sont de plus en plus présents : le Japon, la Suisse, l'Allemagne, l'Espagne et le Portugal.

Sur les Figures 7, 8 et 9 on reprend, par produits, la part de chacun des deux principaux clients. Ces
figures nous montrent que même si le marché français perd de plus en plus de poids, il reste important
(environ 29 p. 100 des exportations marocaines dans ce domaine en 1991) et surtout intéressant par la
diversité des produits qu'il absorbe par comparaison au marché américain plus « spécialisé ». Celui-ci est
surtout important pour les résinoïdes (Figure 10) qui représentent une part importante de la production
marocaine dans ce domaine (Figure 11). Il s'agit donc d'un marché en grande mutation.

Conclusion
Le secteur des plantes aromatiques au Maroc est certainement bien développé par comparaison à d'autres
pays de la région du Maghreb.

Au niveau de l'économie nationale, il s'agit certainement d'un secteur peu important (un peu moins de
111 millions de Dh en 1990).

190
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Au niveau de l'économie régionale cependant, ce secteur peut jouer un rôle très important pour le
développement et la création de l'emploi.

Exemple 1
Le Maroc produit en moyenne 60 t d'HE de romarin, soit l'équivalent d'au moins 20 000 t de matériel
végétal à collecter et à distiller. Cela correspond au moins à 60 000 journées de travail à 50 Dh/jour. Si
on tient compte des potentialités économiques très limitées des régions concernées (les Hauts plateaux de
l'oriental) on comprend mieux l'intérêt d'un tel apport.

Exemple2
Une seule société (SANOFI) a traité en 1990, dans la région de DADES, 1200 t d'annoise soit
l'équivalent de 60 000 jours de travail à 50 Dh/jour.

Exemple 3
Dans la même région (vallée de DADES), la production de rose en 1991 a été estimée à 2 500 à 3 000 t,
soit l'équivalent de 130 000 jours de travail à 50 Dh/jour.

Exemple4
Toujours dans la région de DADES, la somme« rose+ annoise (en particulier) »représente un potentiel
de plus de 180 000 jours. Et dans ce chiffre, nous ne tenons pas compte de l'activité d'autres distillateurs
d'armoise dans la même région.

---tE&AHIUM

---CONC. .NMIN
• CONC.ROSE

---i._:::~~ .....~lt::"'~O..... '--.tf-f._.- -+-HE ROMARIN


""'Ir
....
-•
...;; =
... ... 1... i...
1

AlllEES
Figure 1. Exportations marocaines en HE et autres EA en tonnage relatif (1980 = année_ de base = 100).

... 2SOO
-
5 2000

• 1500
1000

1 &UU

., .."' .."' •...


= .. ....,•
N
ID ••• ID
s '°
1
AllllEES
,.
1 1 ID
0

Figure 2. Exportations marocaines en HE de menthe pouliot en tonnage relatif (1980 = année de base = 100).

191
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

120000
1
100000
B
..

i!1
80000

60000
•...
•-
!
40000

. ..
20000

= 0
60 11 IZ 13 M li 17 Il 90 91
A•IEES

Figure 3. Exportations marocaines en HE et EA (en 1000 Dh).

• CERANIUM; 1 00•324
DHIKt
aoo -"SMIN; 100• 211711
!! 600

~ 400 • ROSECGNC.;

...
..J

•• 200
300
100-1213
ROMARIN: 100•51,I
- f 100 i' ..
0
i
--- • -
- N
"' •
ID

ANNEES
'° i;; •
ID
CJI
ID ...
0 ;

Figure 4. Exportations marocaines en HE et autres EA - évolution des prix relatifs


(1980 = année de base = 100).

1000
en IOO
- -c
W.
x-
.... HO
~
D.m ~
400
200
0
80 11 12 N M IS H 87

ANNEES

• CllWlE CJ MYR'1t .. ~IOT \

Figure 5. Productions marocaines en HE et EA - évolution des prix relatifs


(1980 = année de base= 100).

192
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 aoot 1993
90..,..____________________________

ao---.....
70
• IO - - - MARCIE US
Il 50

1: 20
10
o-=:;;;;;..,...__...,.____.___,..__..,..1o-__..,___....__..,..,.___..,.___ .__....
80 81 a3 as 87 aa 90 91
AllllEES D"EŒRCICE

Figure 6. Place des marchés américain et français pour les productions marocaines
en HE et autres EA.

100

••... '°'°
70
10
..;
so

1 40
ao
20
10
0
80 11 12
----o-- HE GERANIUM

83 M I&
AllEES
. .. 17
"
90 91

Figure 7. HE et EA du Maroc - place marché français par produit.

100

'°ao
••... 70
IO
50

i 40
30
20
10
0
ao ., az •a 84 H aa
AllEES
87 .. 89 IO t1

Figure 8. Place du marché français pour les productions marocaines


en HE et autres EA.

193
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

100
90

•s '°
w
70
IO
• so .w!MIN CONC. .
i L
40
30 --+- ROSE CONC.

.
20
10 AUlR!S Hl! ND
0
90 91
eo
"
ez 83
"" a&
"
ANNEES
17
"
Figure 9. Place du marché français pour les productions marocaines
en HE et autres EA.

90

•m " 70
H
,,, IO
; 40
cL 30
20
10
0
10 ., 12 13 14 H 17 •• 90 91

ANNEES
Figure 10. Place du marché américain pour la production marocaine en résinoïdes.

Résinoîdes

Figure 11. Productions marocaines en HE et autres EA -


importance relative des différents produits

194
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Tableau 1. Productions marocaines en huiles essentielles et autres extraits aromatiques.

1980 1981 1982


tonnage valeur PM/kg tonnage valeur PM/kg tonnage valeur PM/kg
en t 1000 Dh en t 1000 Dh en t 1000 Dh

Huiles essentielles :
orange 22,8 1970 86,4 134,0 2137 15,9 479 2692 5,6
orange amère
géranium rosat 4,2 1362 324,3 7,3 1973 270,3 4,5 1272 282,7
conc. de jasmin 0,8 2378 2972 1,1 3774 3431 1,2 4850 4041
rose 0,1 785 7850 0,9 1009 1121 0,8 2595 3243
conc. de rose 1,6 2053 1283 1,2 1801 1500 1,3 2372 1825
romarin 54,9 2830 51,5 72,7 3979 54,8 51,0 2756 54,0
menthe 0,2 36 180 0,5 110 220 0,8 241 300
pouliot 1,2 38 31,7 10,1 314 31,1 5,4 183 33,9
myrthe 0,1 4 40,0 0,6 49 81,7 1,4 117 83,6

déterpénées :

autres non déterpénées : 51,4 7442 144,8 52,7 10483 198,9 44,0 8297 188,6

divers résinoïdes : 2,2 382 173,6 13,2 2320 175,8 38,7 7779 201,0

eaux distillées aromatiques :

sous-produits terpénés : 13,9 25 1,8 66,6 203 3,0 29,6 117 3,9

1983 1984 1985


tonnage valeur PM/kg tonnage valeur PM/kg tonnage valeur PM/kg
en t 1000 Dh en t 1000 Dh en t 1000 Dh

Huiles essentielles :
orange 194 2700 13,9 71,5 4362 61,0 71,5 3719 52,0
orange amère
géranium rosat 9,1 7,5 3679 490,5 1,5 917 611,3
conc. de jasmin 1,2 5023 4186 0,8 5322 6652 0,7 11979 17112
rose 1,0 567 567 5,5 2703 491,4
conc. de rose 0,8 1323 1654 22 63088 2867 0,5 2049
romarin 62,5 3390 54,2 62,5 6221 99,5 63,6 9460 148,7
menthe 0,4 123 307,5 0,1 32 320 0,1 28 280
pouliot 6,7 241 36,0 28,7 1416 49,3 5,6 408 72,8
myrthe 1,9 190 100 0,8 128 160 4,1 1486 371,5

déterpénées :

autres non déterpénées : 37 8370 226,2 33,6 10340 307,7 62,3 19669 315,7

divers résinoïdes : 42,1 8694 206,5 45,5 9321 204,8 57 12873 225,8

eaux distillées aromatiques :

sous-produits terpénés : 41 155 3,78 191 806 4,21 93 572 6,15

195
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Tableau 1 (suite). Productions marocaines en huiles essentielles et autres extraits aromatiques.

1986 1987 1988


tonnage valeur PM/kg tonnage valeur PM/kg tonnage valeur PM/kg
en t 1000 Dh en t 1000 Dh en t 1000 Dh

Huiles essentielles :
orange 25,7 6793 264,3 15,0 1885 125,7 17,2 2810 163,4
orange amère 0,31 2754 8804 0,2 1946 9730 0,47 767,4 1633
géranium rosat 2,2 1413 650,4 0,8 389,3 486,6 0,595 266,8 484,4
conc. de jasmin 0,43 3991 9281 0,21 1300 6190 1,31 5772 4406
rose 4,7 5434 1656 3,9 5328 1366 0,042 0,3 7,1
conc. de rose 0,86 6428 74744 1,1 5209 4735 4,63 4944 1068
romarin 39,6 4756 120,l 47,9 4344 90,7 55,1 4820 87,5
menthe 0,3 131,6 345,3 0,05 27 540 0,48 135 281,2
pouliot 7,1 866,3 122 2,6 386,6 148,7 23,l 4960 214,7
myrthe 0,45 95,7 112,7 0,4 89,9 224,7 0,5 106,2 212,4

déterpénées d'agrumes : 4,9 656,3 133,9 4,4 474,l 107,7 9,88 967,2

déterpénées : 3,1 160,3 51,7 6,2 778,2 125,5

autres non déterpénées : 42,7 1891 44,3 46,3 12567 271,4 56,25 20203 359,2

divers résinoides : 65,3 15775 241,6 117,7 22702 192,9 101,7 15997 255,6

eaux distillées
aromatiques : 6,6 245,7 37,2 15,5 77,2 4,98 49,3 2373 48,1

sous-produits terpénés : 68,4 259 3,79 260 1424 5,5

1989 1990 1991


tonnage valeur PM/kg tonnage valeur PM/kg tonnage valeur PM/kg
en t 1000 Dh en t 1000 Dh en t 1000 Dh

Huiles essentielles :
orange 137,l 5964 43,5 564 11075 19,6 308,9 9867 31,9
orange amère 0,15 302 2013 0,137 633 4620 0,24 234 983
géranium rosat 0,76 411,8 541,8 0,55 333,4 606,2 0,50 304,8 604,7
conc. de jasmin 0,77 3508 4556 0,434 23715 54643 0,564 2783 4934
rose 0,095 2907 30600 0,011 461 41909 0,039 934,l
conc. de rose 1,18 3906 3310 0,736 3027 4113 1,525 5423 3556
romarin 57,8 4822 83,4 69,5 5797 83,4 48 494,7 103
menthe 0,116 10,l 87,l 0,508 123 242,l 0,39 122,l 313
pouliot 18,5 4414 238,6 15,2 3778 248,6 8,55 2206 258
myrthe 0,95 169,3 178,2 0,741 174,8 253,9 17,4 4358 250

déterpénées d'agrumes : 0,997 104,7 105

déterpénées : 7,1 1699 239,3 3,148 544,8 173,1

autres non déterpénées : 46,3 21597 466,5 45,5 19760 434,3 28,2 11769 417,8

divers résinoides : 104,3 27623 264,8 106,l 48193 454,2 240,8 71441 296,7

eaux distillées
aromatiques : 34,9 424 12,15 56,8 671,6 11,8

sous-produits terpénés : 246 3541 14,4 54,7 654 11,96 13,68 182,6 13,3

196
HUILES ESSENTIELLES D' 0CIMUM BAS/UCUM L. :
COMPOSITION CHIMIQUE ET INFLUENCE DES ZONES
CLIMATIQUES SUR LES CHIMIOTVPES

MaloNIANGA
Laboratoire des composés naturels
Conakry, République de Guinée

Sylvain SAVARD
CRIQ, Sainte-Foy (Québec) Canada G 1V 4C7

Bachir BENJILAU
Département de chimie alimentaire
Institut agronomique et vétérinaire Hassan Il
Rabat-Instituts, Maroc

et

Basile camara, Yvon Doré, Aboubaear Benoît Sylla

Résumé

L'Ocimum basilicum est une plante de la famille des Labiées. En dehors du basilic, on rencontre d'autres types
d'Ocimum tel que l'Ocimum viridae, canum, suave, etc.

Le genre Ocimum est largement utilisé dans l'alimentation et la pharmacopée guinéenne. L'arôme de l'Ocimum
basilicum est bien connu par les scientifiques et les industriels. Mais la variété guinéenne est très peu connue,
presque inexistante sur le marché des huiles essentielles.

Cependant, l'Ocimum basilicum est l'un des types à huiles essentielles les mieux connus sur le marché international
des matières premières pour ses utilisations en parfumerie, en cosmétique et en aromatique alimentaire.

La Guinée, pays côtier à quatre régions naturelles aux spécificités climatiques marquées par une végétation très
variée, offre un polymorphisme chimique assez intéressant à cette plante et un rendement varié pouvant motiver la
production et la commercialisation de l'essence de cette espèce.

La présente étude s'est intéressée à la recherche des types chimiques que l'on pourrait rencontrer en Guinée. Les
pourcentages en huile essentielle de chaque type ont été déterminés dans le but d'une sélection de semence
appropriée à la vulgarisation de la culture de l'Ocimum basilicum commercialement intéressante en Guinée.

Introduction
En Guinée, le climat spécifique de chaque région naturelle favorise la multiplicité et la diversité des
ressources végétales. Parmi elles figurent en bonne place les plantes aromatiques, dont Ocimwn basilicwn.

197
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Description botanique d' Ocimum basilicum


Originaire d'Asie tropicale, Ocimum basilicum est une espèce aujourd'hui assez connue dans les zones
tropicales et assez répandue dans les savanes de l'Ouest africain.

Plante herbacée ramifiée, de 30 à 60 cm de haut environ. Tige et rameaux quadrangulaires finement


pubescents. Feuilles pétiolées, opposées et faiblement dentées. Limbe elliptique à bas en coin et à sommet
en coin aigu ou accumuné. Surface du limbe : le dessous ponctué de petites glandes vertes et le dessus
glabre avec quatre à six nervures latérales parfois recouvertes de poils.

Inflorescences paucifl.ores en racèmes de petits groupes de fleurs vesticillées par 6 en général. Heurs
épiterminales, petites hermaphrodites, zygomorphes, pentamères colorées selon la variété. Calice coloré
selon la variété avec deux lèvres dont la lèvre inférieure à 4 dents ciliées et soudées. Corolle colorée selon
la variété avec deux lèvres dont la lèvre supérieure plus développée comporte 4 dents soudées et la lèvre
inférieure a une seule dent courte et arrondie. Androcée de cinq étamines dont les étamines fertiles,
tétramères et didynames et une stérile appelée staminode. Gynécée gamocarpelle en un ovaire supère
biloculaire biovule.

Formule florale : Ca<3 + 2>Co<2+ 3> A<4 + 1>G<2>


Petit fruit au fond du calice accroché avec 4 petites graines à sommet arrondi.

Répartition géographique de la plante


C'est une plante qui pousse d'une manière spontanée aux alentours des habitations. En général, elle est
cultivée dans des jardins.

Les prospections et l'échantillonnage d'Ocimum basilicum dans les quatre régions naturelles ont révélé
son existence dans toutes les localités de la Guinée. Partout, les populations rurales essaient de la
domestiquer à cause de ses usages culinaires et médicinaux.

On a consigné au Tableau 1 les principales utilisations des parties de la plante. Elle est utile pour la
pharmacopée et pour la production des huiles essentielles. Sans doute d'autres usages sont à découvrir.

Tableau 1. Utilisation des parties d'Ocimum basilicum.


Plante entière Condimentaires, aromatiques

Feuilles (2 à 4 % huile) - en macération dans un peu d'eau utilisée contre les otites;
- en infusion, utilisée contre les céphalalgies et les pyrexies;
- en décoction, employée contre les affections de l'estomac;
- en poudre contre le coryza;
- jus de feuilles, utilisé contre les maux des yeux;
- l'huile extraite sert à la parfumerie, à la médecine, à la savonnerie
et à l'industrie alimentaire (confiserie, etc.).

Heurs et fruits - en décoction, contre les douleurs rhumatismales.

Graines - contre l'action du venin des serpents.

Racines - contre les maladies de la peau.

198
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Partie expérimentale

Variétés d'Ocimum basilicum


Après l'identification des échantillons d'Ocimum basilicum, nous avons découvert trois variétés de cette
espèce:
la variété à fleurs blanches trouvée dans toutes les localités de la Guinée, en Haute, Moyenne, Basse
Guinée et en Guinée forestière; le pédoncule floral et le calice des fleurs sont de coloration verte, alors
que la corolle est parfaitement blanche;
la variété à fleurs violacées découverte en Basse Guinée, en Moyenne Guinée, et en Haute Guinée;
le pédoncule floral et le calice des fleurs sont parfaitement de coloration violette alors que la corolle
est blanc-violacé;
la variété à feuilles larges de coloration vert-foncé découverte en Moyenne Guinée; le pédoncule floral
et le calice des fleurs sont verts et le calice également vert-foncé.

Prospection
Nous avons procédé à une évaluation de l'Ocimum basilicum et viridae en Guinée. Cette évaluation s'est
effectuée sur près de 380 échantillons de la plante, prélevés dans près de 45 sous-préfectures et une
centaine de localités villageoises en Guinée. Les résultats de cette évaluation ont été consignés dans le
tableau suivant :

Tableau 2. Prospection de Ocimum basilicum.

Espèce Ocimum basilicum Humidité

Rendement Nbre d'essais Rend. moyen

Régions
Basse Guinée 90 1,5 11,64
(Kindia)
Guinée forestière 88 3 12,23
(Lola)
Moyenne Guinée 97 1 10,87
(Labé)
Haute Guinée 85 0,9 9,34
(Kankan)

Il ressort de ce tableau que les régions les plus humides ont des plantes à pourcentage· plus élevé en huile
essentielle que celles à faible taux d'humidité.

Échantillonnage
Nous avons tout d'abord procédé à l'identification des peuplements dans les quatre régions naturelles de
la Guinée.

Kindia, qui est le chef-lieu de la Basse Guinée ou Guinée maritime, compte IO sous-préfectures, Labé en
Moyenne Guinée compte 13 sous-préfectures, Kankan en Haute Guinée compte 13 sous-préfectures et Lola
en Guinée forestière compte 9 sous-préfectures.

Nous avons, au total, sillonné 45 sous-préfectures et près d'une centaine de villages et hameaux soit au
total 145 points de prélèvement d'échantillons sur tout le territoire.

199
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

La taille de l'échantillon était de près de 85 à 97 échantillons par région naturelle. Chaque échantillon
pesait environ 0,80 kg.

Extraction des huiles essentiel/es d'Ocimum basilicum


L'extraction des huiles essentielles a été faite par hydrodistillation. Le schéma utilisé pour l'extraction est
celui de la page suivante. Les rendements en huile essentielle d'Ocimum basilicum et d'Ocimum viridae
sont consignés dans le Tableau 3.

Analyse des essences


Les essences extraites des échantillons d' Ocimum basilicum et d' Ocimum viridae ont été analysées par
chromatographie en phase gazeuse couplé à un spectromètre de masse au Centre de recherche pour le
développement industriel du Québec et l'autre partie analysée au Laboratoire des composés naturels de
Donka, à Conakry.

La chromatographie en phase gazeuse en couplage MS a été réalisée sur un appareil de la firme Hewlett
Packard 5860, muni d'une colonne apolaire capillaire en silice fondue d'une longueur de 25 met d'un
diamètre de 0,35 mm avec une épaisseur de film de la phase liquide de 0,25 µm. La température du four
était de 250 °C.

/
G
Figure 1. Hydrodistillation utilisée dans l'évaluation du
pourcentage en huile essentielle de Ocimwri basilicum 0
(1 : ballon générateur; 2 : colonne de distillation;
3 : réfrigérant; 4 : burette; 5 : erlenmeyer; 6 : basilic;
7 : huiles essentielles).

Nous avons procédé au déchiffrement de spectre de masse et avons complété nos informations par la
détermination des index de Kovats sur une colonne apolaire de silicone de mêmes dimensions que celle
précédemment citée. Les indices de Kovats ont été déterminés dans un chromatographe de la finne HP,
offert par le CROI à l'Université de Conakry, disponible au LACONA.

La température dans le four était de 210 °C et celle de l'injecteur, de 250 °C; le détecteur d'ionisation sur
flamme était de 280 °C avec une vitesse du gaz vecteur égale à 0,2 ml par seconde.

200
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Résultats et discussions
Tableau 3 : Rendement en huile essentielle selon les fleurs.

Rendement

Variétés Moyenne Guinée Basse Guinée Haute Guinée Guinée Forestière

Fleur blanche (0, 17 à 1,65) (0,10 à 3,03) (0,75 à 3,9) (1,15 à 4,25)
0,54 1,17 1,4 2,6

Fleur violacée (0,53 à 2,77) (0,62 à 1,22) (0,31 à 1,88) -


0,9 1,3 0,5

Feuille large (0,83 à 3,33) - - -


2,08

Le rendement en huile essentielle en Guinée varie d'une région à l'autre, comme on l'a signalé dans le
Tableau 2, en fonction de l'humidité de la région. Cependant, il faut également remarquer que
confonnément au microclimat, il y a, en quelques endroits, des écarts entre ces rendements. Dans certaines
localités villageoises, les rendements en huile essentielle peuvent être élevés malgré la faible humidité de
la dite région.

La composition chimique de l'huile essentielle de l'Ocimum basilicum en Guinée détenninée par


chromatographie en phase gazeuse en couplage avec spectromètre de masse et à l'aide des indices de
Kovats, est consignée dans le tableau suivant.

Tableau 4. Composition chimique de l'Ocimum basilicum de Guinée.


Variété par région naturelle Fleurs blanches Fleurs violacées Fleurs
verdâtres
Kindia Labé Kankan Lola Kindia Labé Kankan Labé
Composants principaux % % % % % % % %

1. Lilalool 55,0 69,6


2. Méthyl chavicol 73,9 77,4 47,0 96,3
3. Camphre 72,6
4. Méthyl cinnamate 69,2
Autres constituants mineurs : géraniol, 13-pinène, eugénol, fenchone, acétate de géranyle, limonène, élemène,
terpinén-4-ol, cx-pinène, terpinolène, y-terpinène, cx-caryophyllène.

Nous avons identifié, en Guinée, 3 espèces d'Ocimum basilicum dont l'une à fleur blanche et l'autre à
fleur blanc-grisâtre et la dernière à feuille large retrouvée seulement à Labé, que nous avons baptisée
labeensis. Force nous est d'insister que ces variétés pourraient présenter des intérêts particuliers pour les
producteurs guinéens et les industriels, en général.

Nous avons pu identifier quatre chimiotypes d'Ocimum basilicum en Guinée répartis selon le tableau
ci-après.
Tableau 5. Variétés d'Ocimum basilicum en Guinée.
VARJÉtt REGIONS NATURELLES
Fleur blanche Lola Labé Kindia Kankan

Fleur violacée - Labé Kindia KanJcan

Feuillë large - Labé - -

201
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Il ressort du Tableau 5 que la variété à fleur blanche (albaf/.ora) se trouve dans toutes les quatre régions
naturelles de la Guinée, alors que la violacée (violaf/.ora) pousse en Basse, Haute et Moyenne Guinée.

Une variété à feuille large ayant une coloration vert-foncée du calice et des feuilles a été retrouvée
seulement à Labé et cette variété a été désignée sous le nom de /abeensis.

Tableau 6. Chimiotypes de Ocimum basilicum en Guinée.

CIIlMIOTYPE REGIONS NATURELLES


Méthyl chavicol Kindia Labé Kankan Lola
Linallol Kindia Labé Kankan Lola
Cinnamate de
méthyle
- - - Lola
,.:..
- - - Kankan Lola

Tableau 7. Composition chimique selon la variété et les régions naturelles.


- . ---· .. ·- - - ..
RÉGIONS NATURELLES

~
KINDIA LABE KANKAN LOLA
MP FlCUf ~ Fleur Fleur Feuille Fleur Fleur Fleur
CHIMIO Blanche Violacée Blanche Violacée large !Blanche Violacée BI.anche
LinalooJ 34,9-65,3 8,8-69,6 40,9-69,6 10,8-13,9 0,2-11,2 0,76 14,33 0,3-30,S
...._ _ _._l de 0,3-23,8 78,9-85,9 0,2-2,S 75,8-80,0 85,S-96,3 68,76 21,6
~le

- - - - - - SS,2 - 41,7-72,S

Cinnamate de - - - - - - S0,1-64,8
~le

Les chimiotypes d'Ocimum basilicum rencontrés en Guinée sont les types à méthyl-chavicol, à linalool,
à méthyl-cinnamate et à camphre.

Les espèces à méthyl-chavicol et à linalool sont répandues surtout en Basse, Moyenne et Haute Guinée
et très peu en Guinée forestière, alors que l'espèce à camphre est rencontrée à Kankan et à Lola et le
cinnamate de méthyle en Guinée forestière.

Il a été remarqué que les Ocimum basilicum à fleur blanche contenant surtout du linalool se retrouvent
dans toutes les régions naturelles, alors que le méthyl-chavicol est rencontré surtout dans les espèces à
fleur violacée.

L'espèce labeensis contient le taux le plus élevé en méthyl-chavicol compris entre une moyenne de 85 à
96 p. 100.

Le cinnamate de méthyle et le camphre n'ont été découverts que dans la variété à fleur blanche retrouvée
en Guinée forestière.

202
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Lill (MRrmr• Gl!uirid


100 lCD
80 - 80

f: f
.!
20 l: 60

0
D z 3
1 2
Cautltua:aa et'Ali61N

Klllkal CH@tf Qciufrl !«a {Qil• {wutilh:id


BO

1:
.ë 20
0 1
1 1
C..Stitaau etnrt6iU

.Linalol
2 Vadéié àtkurYialasée
• Métllyl-clminl

• Cuitilue
8 Wta)'l-Chan-te

Figure 2. Chimiotypes d'Ocimwn basilicum rencontrés en Guinée.

203
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Conclusion

c
F,iDJkq~
( Lùl!l!nRs) 2-':

Figure 3. Proportions des variétés de Ocimum basilicum et leurs chimiotypes en Guinée.

A) Fleur blanche (80 p. 100) 3 chimiotypes B) Fleur violacée (18 p. 100) 1 chimiotype (violaflora)
(albaflora) - chavicol de méthyle (Kindia, Labé, Kankan).
- linalool (Kindia, Labé, Lola, Kankan);
- cinnamate de méthyle (Lola); C) Feuille large (2 p. 100) 1 chimiotype pur (variété
- camphre (Lola, Kankan) à feuille large labeensis)
- chavicol de méthyle (Labé)

204
THE POTENTIAL FOR COMMERCIALIZATION OF THREE
AFRICAN LIPPIA SPECIES AS SOURCES OF ESSENTIAL
OILS FOR PERFUMERY AND MEDICINAL PURPOSES

Julius W. Mwangi, Ivan ADDAE-MENSAH,


Raphael M. Munavu and L Lwande
University of Ghana
Chemistry Department
P.O. Box 56, Legon, GHANA

Introduction
The genus Lippia, which belongs to the family Verbenaceae, has about 75 genera, and 3000 species. 1
About 220 of these are found in tropical Africa and Arnerica. 2 In tropical Africa, they are spread
throughout the major climatic zones, from the dense rain forests of West and Central Africa, to the dcy
sparse shrublands of the Sahel and East Africa The plants are nonnally shrubs with simple pubescent
leaves and flowers. Most of them grow wild, but there are a few which have been successfully adapted
for cultivation.

Lippia species are used extensively in Africa mainly for medicinal purposes. They are ail vecy rich in
essential oils. Whereas some Lippia species are already in commercial use in other parts of the world,
particularly South America, the only Lippia species which is marketed in West Africa, albeit on a vecy
small scale, mainly for medicinal purposes, is Lippia multiflora (Lippia grandifolia; Lippia adoensis).

Lippia alba and Lippia citriodora, two of the most well-known species in the world, are used for
seasoning food, for flavouring beverages, desserts, fruit salads and jellies. They are also used as stomachic,
as febrifuge and canninative, and for refreshing the odour of toilet waters, perfumes and bath salts. The
oils blend well with various perfumes and can be used for flavouring liqueurs and non-alcoholic
beverages. 3•4

To date, no attempt has been made to assess the potential for the commercialization of the essential oils
of the African Lippia species.

In a recent study, we have investigated eight Lippia species occurring in East and West Africa. These are:

Lippia ukambensis;
Lippia grandifolia (Lippia multiflora);
Lippia javanica;
Lippia carviodora;
Lippia carviodora var. minor,
Lippia somalensis;
Lippia dauensis;
Lippia wilmsii.

205
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Whereas Lippia multiflora is widely spread in both East and West Africa, the other species we examined
are concentrated mainly in the drier areas of East Africa.

Almost ail the plants examined by us showed significantly high essential oil contents and very interesting
essential oil profiles.

Sorne of these oils were tested for various biological and pharmacological activities and also assessed for
quality for use in cosmetics and as food additives.

In this paper, we shall discuss our results and recommendations on three of the most promising species
studied, namely Lippia grandifolia, Lippia ukambensis and Lippia dauensis. Whereas Lippia grandifolia
is the most common in West Africa, Lippia ukambensis and Lippia javanica are the most common in East
Africa, particularly Kenya where our studies were mainly carried out. Lippia danensis is rare and located
in dry areas of East Africa.

Cultivation
Even though most of our studies were carried out on wild-growing species of the plants, we also studied
possible modes of cultivation The species were introduced into cultivation either as cuttings, suckers or
by layering. A rooting hormone 4-indol-3-yl butyric acid ("Seradix'') was also tried on the stems.
Cultivation was normally done alongside the wild varieties, and in some cases at different geographical
locations, so as to determine whether the essential oil profiles of these species were affected in any way
by the place, time and mode of cultivation, as compared with the wild-growing varieties.

Two chemovarieties of Lippia ukambensis (explained later) were cultivated, one only 100 m from the wild
growing species, and the other transferred over 500 km away (from a town called Kitui), to Nairobi, and
cultivated on plots only 3 m away from each other. These two chemovarieties were also dressed with
calcium ammonium nitrate in order to observe the effect on the quantity and quality of essential oils.
Efforts were also made to introduce other Lippia species into cultivation from seeds. ·

Methodology
Distillation of oils
The essential oils were hydro-distilled using a Qevenger-like apparatus for three hours. Ail materials were
distilled without grinding them, since the essential oils in Lippia species are located in the oil-secreting
glandular trichomes on the surface. The total oil content was expressed on a dry basis as an average of
three determinations. 1be oil samples were dried with anhydrous sodium sulphate and stored at about
4 °C.

Analysls of oils
The oils were analyzed by gas-liquid chromatography (GLC) and gas chromatography/mass spectrometry
(GC/MS). A Pye-Unicam Model 104 GLC instrument fitted with a glass column (2 m x 4 mm) packed
with 12% carbowax 20 Mon Chromosorb W HP-DM CS (100-120 mesh) was used. Nitrogen was used
as carrier gas, and temperature programmed at 2°/min from 75° to 220°. High boiling components were
separated using 6% Carbowax 20 M mixed with 1% SE 30 column. For GC/MS, a VG Masslab 12-250
GC/MS equipped with a Hewlett Packard 5790A GC and a data-analysis system was used. A fused silica
capillary column (Chrompak 15 m x 0.22 mm) coated with methyl silicone film, with helium as carrier
gas, was used. 1be EIMS were recorded at 70eV. ldentity of the oils were determined by comparison with
standard reference samples.

206
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Results and discussion


Cuffivation
Introduction of the various species into cultivation presented very few difficulties. It was found that the
best method of introduction into cultivation was by clones (suckers or splits). Cuttings did well for Lippia
ukambensis ch var camphor whereas layering was very effective with Lippia ukambensis ch var cineole.
Rooting young stems in water followed by planting was only successful with L. dauensis, which rooted
within two weeks. Germination of seeds of L. dauensis took a longer time (about 3 weeks) and the
germination rate was very poor. The rooting hormone "Seradix" did not seem to be any effective in
enhancing rooting, and could therefore be discarded in any commercial venture. Application of the
fertilizer calcium ammonium nitrate (26% nitrogen) increased foliage, but did not have any significant
effect on the yield or composition of the essential oils.

Essenfial oil content


It was necessary to carry out the GLC analysis with different columns and conditions in order to identify
as many components as possible. For example, separation of limonene and 1,8 cineole was only possible
with carefully packed very polar columns such as 12% carbowax 20M on chromosorb W-HP or a
carbowax capillary column.

(i) Lippia ukambensis: This is perhaps the most widely distributed Lippia species in East Africa,
particularly Kenya. The leaves are used traditionally as an inhalant to treat respiratory diseases. It is
also claimed to preserve meat In Tanzania, it is used for treating stomach complaints. 5 In our study,
we compared the oil of L. ukambensis obtained from Kenya, with those obtained from Tanzania, as
well as to the oil from L. somalensis, which bears close morphological resemblance to L. ukambensis.

Twenty-three samples of Lippia ukambensis were analyzed. From these, 27 compounds were
separated, but only 15 were fully characterized. Table 1 shows the oil composition of the plant,
compared with that of L. somalensis.

It was found that most of the samples collected, designated as the more common species, (LU), were
very rich in camphor (av. 37.3%) and trans-sabinene hydrate (av. 18.9%) similar to those reported
for the Tanzanian variety (36.5 and 18.5% respectively). The Tanzanian variety also had moderate
quantities of 1,8-cineole (11.3%). However, the camphor-rich Kenyan species had very low content
of 1,8-cineole (av. 0.55%). Interestingly enough, one particular sample collected from Central Kenya
(Kianjege West), was extremely rich in 1,8 cineole (23.7%), but had a low camp}lorcontent (1.1%),
and moderate amounts of sabinene hydrate. This is designated as LUH. Various cultivation
experiments, including analysis of varieties transferred from the natural habitat to a completely
different climatic and geographical area, strongly suggested that the two varieties were true
chemotypes, which we have named Lippia ukambensis chemotype camphor and Lippia ukambensis
chemotype cineole. It must be emphasised here that the two samples had identical morphological and
histological features. LU and LUH also showed other significant differences. For example, whereas
LU had 4.2% bomeol, this was totally absent in LUH. A-Terpineol was present (9.7%) in LUH but
totally absent in LU.

The chemical composition of L. somalensis showed some quantitative similarities to LU and LUH
oils. The major component was 1,8-cineole (31.9%) with moderate amounts of ô-3-carene (11.45%)
myrcene (11.05%) and ~-cubenene (9.8%).

207
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

(ii) Lippia dauensis: This is a dry-area species. Our collection was made near the Kenya-Ethiopian
border, at a town called Turbi, near Moyale. The plant is abundant around seasonal dry river beds
after rains. It is however, notas widely distributed as L. ukambensis. However, it was successfully
introduced and cultivated in the Nairobi area, which is a much wetter highland area.

The leaves and flower tops of this plant yielded a total oil content of 2.4%, which was citrus-yellow
coloured, with a pleasant smell. The major component was ~-ocimene (24.7%), followed by
2-methyl-6-methylene-7-octene-4-one (15.7%), myrcene(l2.9%), cis-tagetone (11.0%), and
2-methyl-6-methylene-2,7-octadien-4-ol (9.4%).

The presence of 9.4% of 2-methyl-6-methylene-2,7-octadien-4-ol and 2-methyl-6-methylene-7-


octen-4-one, is very interesting. The former is a very important sex pheromone produced by male
harle beetles (lps conjusus). 6•1 •8 This compound, which bas always been isolated from the harle beetles,
is reported here for the first time from a plant The latter, which can readily be reduced to ipsenol
with NaBH4 , is also an important sex attractant pheromone for the same beetle.

(iii) Lippia grandifolia (Lippia multiflora): This is the commonest species in West Africa Known in
English as Gambian Tea bush, the plant is used against fever, hypertension, conjunctivitis, as a nasal
drop, as a bee attractant by producers of honey, and for the treatment of gastroenteritis. The leaves,
boiled with palm nut and drunk, helps to evacuate post-delivery placenta. The crude aqueous extract
bas also been shown to control hypertension, and produce a tranquillizing and muscle-relaxing effect
in man as well as in animal models. 12

The total essential oil content was 0.7%. The oil on analysis showed about 30 components. The
major constituent is linalool (46.1%). Others are thymol (15.2%), para-cymene (10.4%) and
j3-cubenene (11. 7% ).

Studies elsewhere have reported either carvone or camphor as the most abundant constituents,9 •10 but
recent studies on Nigerian species have reported as high a linalool content as 81%," with a much
lower thymol content (1.4%). Thymol acetate and ~-cubenene have not been reported as yet in any
previous studies.

Biological activities
We carried out a number of biological and pharmacological tests on the Lippia oils studied.

Antimicrobial and antifungal activity


The most active oil was that of L. grandifolia.

Most of the essential oils tested were not active, or showed activity above 1000 µg/ml. However, the oil
of L. grandifolia showed antifungal activity to Colletotrichum coffeanum (50 µg/ml) Microsporum
auduonii (100 µg/ml), M. canis, Staphylococcus a/bus, Bacillus cereus and Escherichia coli at 500 µg/ml.
Against S. a/bus, the L. grandifolia oil was comparable in activity to 30 µg/ml of cephalexin, and more
active than nystatin. L. dauensis and L. ukambensis had no antimicrobial activity against any of the tested
organisms at concentrations below 1000 µglml. 13•14

The fungitoxic activity against Colletotrichum coffeanum, a phytopathogenic fungus, is of immense


commercial potential. Colletotrichum coffeanum is the causative agent of coffee berry disease (CBD).
Coffee is a very important crop to the economies of several African countries. But each year, many tons
of the crop are lost due to CBD. The disease is characterized by the fungus attacking the flowers, followed

208
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

by development of dark brown blotches, resulting in the flower dying and hence fruiting being prevented.
The disease can also attack green and ripe berries, preventing the development ofbeans in the berries. The
same fungus is responsible for the Elgon dieback, a disease which results in progressive death of the
coffee plant from the tips to the roots.

The recommended antifungal agents for CBD treatment are applied at very high concentrations, for
example

Copper oxychloride 7000 µg!ml;


Captafol 4000 µg/ml;
Chlorothalonil 4000 µg/ml;
Anilazine 4000 µg/ml;
Dithianon 3000 µg/ml.

But the essential oil of Lippia grandifolia was fungicidal against colletotrichum at an MIC of only
50 µg/ml. 13•14 These oils are relatively non-toxic to humans, and are believed to be easily biodegradable,
unlike the inorganic and organometallic fungicides.

Preliminary work carried out on small plots in Kenya suggested that intercropping of coffee fanns with
Lippia grandifolia or Lippia javanica could prove reasonably effective, even if as a supplementary
measure, in the control of the coffee berry disease. However, more work needs to be done to determine
the optimum conditions for the use of the oil and/or the whole plant.

Mosquito larvicidal activity


Table 2 shows the larvicidal activity of various oils of Lippia species. The oils of the two chemovarieties
of L. ukambensis showed little activity at concentrations below 25 ppm, but rapidly rose in activity,
achieving LD100 at between 170 and 250 ppm. L. grandifolia was more active, with LD100 of 150 ppm.
L. dauensis showed the greatest activity, with 93.8% mortality at 100 ppm and 100%·mortality at 150
ppm. The larvicidal activities could be due to the presence of thymol, linalool, camphor, 1,8-cineole,
a-pinene, limonene and ocimene in some of these oils. However, the activities shown above are far lower
than larvicides in current commercial use such as the synthetic organophosphates with LD50 ranging from
0.14 ppm to 2%. However, the activities found were far greater than those reported for essential oils from
plants such as Ocinum sanctum.

Maize weevil repellent activity13. ''


The maize weevil, Sitophilus zeamais is a very important post-harvest maize pest. One of the common
chemicals used for its control is N,N-diethyltoluamide (DEET). The activities of the essential oils from
various Lippia species were compared with that of DEET. Tests were done at doses of 0.625, 1.25, 2.5
and 5.0 µl. The figure below (Figure 2) shows the results obtained. The results show that a number of the
oils were more active than DEET, and activity increased with increasing doses. At the lowest
concentration, L. ukambensis var camphor was the most active, with % repellency of 27.9 compared with
18.5 for DEET. L. dauensis (22.1 %) and L. grandifolia (19.3%) were also all more active than DEET at
this concentration. However, L. ukambensis var cineole was low in activity (4.6%). At the highest
concentration of 5 µl, the activities were DEET (63.7%), L. dauensis (80.5%), L. ukambensis var cineole
(63.5%), L. grandifolia (81.6%) and L. ukambensis var camphor (81.8%). The results seem to suggest that
the high percentage of camphor in L. ukambensis (LU) may be responsible for the large difference in its
repellency as compared with the cineole chemovariety.

209
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Many essential oils such as carvone, borneol, p-cymene, myrcene, ail of which are constituents of Lippia
essential oils, have been reported to possess insect-repellant activity.

Sitophilus infestation starts in the field, and can be carried into storage. It is worth noting that Lippia
germinata (wild sage) leaves have been reported to be useful in control of grain pests.

Ocimum bacilicum leaves and essential oils have also been used to control rice weevils (Sitophlulus
oryzae). It will therefore be interesting and useful to conduct field experiments with the leaves and
essential oils of the Lippia species studied in this project

Possible applications of the Uppia oils


The oils of ail the species studied had very pleasant and agreeable aromas. When used in preparing various
creams and pomades on an experimental basis and trial-tested on a selection of persons, the oils,
particularly those of L. grand1folia, L. ukambensis and L. daunesis were declared to be quite comparable
to some well-known cream and cosmetic additives. Many African Countries spend huge sums of money
each year to import essential oils for the soap, food, phannaceutical, perfume and cosmetic industries
(eg. Kenya =$4.0 million, Ghana, Togo, Benin - about 700 tonnes per annum). This is exclusive of the
large quantities of finished products containing essential oils imported into the countries (wines, perfumes,
spirits and other alcoholic beverages, soaps, etc.). Lippia citriodora has been naturalized in South Europe
and is also cultivated for its essential oil in many parts of the world. Its oil is used in toilet water and Eau
de Cologne. lt is also used in scenting bath salts and non-alcoholic beverages and liqueurs. The oils of
L. somalensis, with a mango like aroma, L. grandifolia and L. dauensis which had very alluring odours,
could be used in perfumes or cosmetics to give them a rounding-out effect whose origin will be very
difficult to detect or identify. Indeed, it is the non-identification of the source of fragrance which is the
basis of success in the perfumery industry. In low concentrations the oils could be used as food flavours,
in toothpastes and pharmaceuticals. Although the antibiotic and antifungal activities reported are relatively
low, they could still serve useful antiseptic purposes in soaps and toothpaste.

Sorne of the oils found in some of the Lippia species in large quantities, are well-known for their uses:
thymol (in L. grandifolia) is used in antiseptic mixtures intended for use on membrane cavities, especially
in gargles, mouth washes, and other oral preparations; linalool, present in large quantities in L. grandifolia,
is used in soaps, perfumes and flavours; 1,8-cineole, in L. ukambensis ch. var cineole, is used in
pharmaceuticals for topical application; intemally taken, it is a stimulant expectorant in treatment of
chronic bronchitis and other respiratory diseases; it is also a mild anaesthetic; a-Terpineol in
L. ukambensis, with a lilac odour, is one of the most important compounds in the perfume and cosmetic
as well as the soap industries; camphor, also from L. ukambensis ch. var camphor; is used in a large
number of medicinal preparations as a local anaesthetic, remedy for muscular strain, and other
inflammations; it is also a carminative; the major components of rosemary oil from Rosmarinus officinalis,
used extensively in soaps, room sprays, inhalants, food additives and flavours, are 1,8-cineole and bomeol;
these are also major constituents of Lippia ukambensis var cineole and Lippia somalensis.

Although Lippia carviodora is not included in the present discussion as one of the species worth
commercialising, it is perhaps pertinent to note here that this species contains very large quantities of
salicylic acid, which could be exploited as a source of raw material for the manufacture of aspirin. Lippia
carviodora oil (19%) sprayed on plants also causes 93% mortality to aphids. The oil of Lippia grandifolia
(Lippia multiflora) could be commercially exploited for its activity against phythopathogenic fungi.

The essential oils of African Lippia species therefore deserve some attention as potential commercial
sources of valuable essential oils.

210
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

References
1. Heywood, V.H., Ed. (1979). F1owering Plants of the World. Oxford University Press. Oxford, London, Melbourne,
p. 236.
2. Willies, J.C. (1%6). Dictionary of F1owering Plants and Fems. Cambridge University Press, p. 659.
3. The Wealth of India (1962). A Dictionary of Indian Raw Materials and Industrial Products. Council for Scientific
and Industrial Research, New Delhi, p. 141.
4. Usher, G. (1974). Dictionary of Plants Used by Man. Constable, London, p. 358.
5. J. Chogo and G. Crank. (1982). Essential Oil and Leaf Constituents of Lippia ukambensis from Tanzania J. Nat.
Prods. 45 186-188.
6. Silverstein, R.M. and Rodin, J.O. (1%6). Identification of Two New Terpene Alcohols from Frass Produced by
lps Confusus in Ponderosa Pine. Tetrahedron 22 1929-1939.
7. Silverstain, R.M., Rodin, J.O. and Wood, D.L. (1967). Methodology for Isolation and Identification of Insect
Pheromones with Reference to Studies on Califomia Five-spined Ips. J. Econ. Ent. 60 944-949.
8. Silverstein, R.M., Rodin J.O. and Wood, DL. (1966). Sex attractants in Frass Produced by Male lps Confusus
in Ponderosa Pine. Science 154 50'J-510.
9. Rovest, P. (1927). Study of the Ethereal Oils Extracted from the Principal Wild Aromatic Plants of the Colony
of Eritrea I. Ann. Chim. Applicata 17 533-570 (C.A.(1928) 22 1434).
10. Irvine, F.R. (1961). Woody Plants of Ghana. Oxford University Press. London. 758-759.
11. Elakovich, S.D., Oguntimein, B.O. (1987). The Essential Oil of Lippia adoensis. Leaves and F1owers. J. Nat.
Prod. .2Q (3) 503-506.
12. Noarnesi, B.K. and Barngbose, S.0.A. (1985). Medicinal Plant Phannacology, The Example of Lippia Multiflora.
In Tropical Medicinal and Aromatic Plants - a Status Report CJ. Chetsanga and C.Y. Wereko-Brobby (eds).
Commonwealth Science Council. Marlborough House, Pail Mali, London.
13. Mwangi, J.W. (1990). Phannacognostical and biological studies of Kenyan Lippia species with special reference
to their essential oil content. Ph.D. Thesis. University of Nairobi.
14. Mwangi, J.W., Addae-Mensah, I., Muriuki, G., Munavu R., Lwande, W. and Hassanali, A. (1991). 30 (1) 9-16.

211
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Table 1. Comparison of essential oils of L. ukambensis


chemical varieties and L. somalensis.

Compound mean %
Lu Luh Ls

% yield of oil 1.81 1.55 0.75


a-thujene 2.0 2.13 1.95
camphene 7.8 0.22 Trace
3-carene 1.03 6.15 11.45
myrcene 1.75 2.02 11.05
limonene 5.2 0.55 9.8
1,8-cineole Trace 23.7 31.9
~-ocimene 1.64 1.57 2.1
y-terpine ne 1.58 1.34 3.65
para-cymene 1.0 0.44 5.05
camphor 37.3 1.1 Absent
trans-sabinene hydrate 18.93 24.67 Absent
terpinen-4-ol 3.97 6.26 1.25
a-terpineol Absent 9.7 3.65
bomeol 4.2 Absent Absent
~-cubebene 6.59 13.53 9.8

TOTAL 94.80 84.93 92.40

Lu: L. ukambensis ch var camphor, Luh: L. ukambensis ch var cineole;


Ls: L. somalensis.

Table la. Comparison of essential oils constituents of Lippia ukambensis ch var camphor
and L. ukambensis ch var cineole.

% X (SEM)
Compound L. ukambensis T39 Test Signi-
chvar camphor chvar cineoleb ficance

% yield of oil 1.81 (0.10) l.55 (0.05) 2.15 *


a-thujene 2.0 (0.25) 2.13 (0.21) 038 NS
camphene 7.8 (0.89) 0.22 (0.05) 7.54 ***
3-carene 1.03 (0.11) 6.15 (0.47) 11.85 ***
myrcene 1.75 (0.27) 2.02 (0.21) 0.76 . NS
limonene 5.24 (0.41) 0.55 (0.09) 7.08 ***
1,8-cineole Trace 23.7 (0.21)
~-ocimene 1.64 (0.26) 1.57 (0.26) 0.20 NS
y-terpinene 1.58 (0.20) 1.34 (0.20) 0.84 NS
para-cymene 0.97 (1.0) 0.44 (0.13) 2.09 *
camphor 37.3 (1.21) 1.11 (0.18) 26.27 ***
trans-sabinene hydrate 18.93 (0.98) 24.67 (1.0) 4.06 **
terpinen-4-ol 3.97 (0.40) 6.26 (0.45) 3.81 **
a-terpineoI• Absent 9.65 (0.65)
bomeol• 4.17 (0.67) Absent
~-cubebene 6.59 (0.79) 13.53 (1.22) 4.96 ***

NS: not significant; P > 0.05; * P < 0.05; ** P < 0.001; *** P < 0.0001; X (SEM) :
mean (Standard Error of the mean);
= =
•: n 23; b: n 18; •: compounds absent iri one or other chemovariety.

212
Table 2. Laivicidal activity of essential oil of Lippia species.

Cont.entratl on ppm/ Mortallty · rat• •1. (ln brackets meon ! SEM)


Concentrai Ion ppm 25 50 75 100 125 . 150 200
1.i-1. 46.3 .,. 796•/. 92.0 .,. 100 .,.
-~ somalensls oil 0 .,.
(2.9) (~.01) (l66) (3.15)
4.0-1. 18:7•/. 10.0·1. 93.2 .,. 100•1.
,h 2randitolia oil 0•1• .
{2.0) (4.4) (3.77) (2.0)
J:.
ukambeonsis chvar
- 0·1.
ts•1. 10.a•1. 35.s•1. Tl. s•1. 100•1.
camehor oil (0.91) ( 1.43) (4.34) (4.78)
L. ukombeonsis t.hvar 8tt •1.
cineole Oil - - 0•1.
2.0•1.
(0.76)
7,7•1.
(t 7)
2s.s•1.
(4.4) (3.~2)
1. 1•1. 36.3•1. 63.3 .,. 78.2 •1. 91.1•/. 100•1.
,!:,. wilmsli oil
(1.05) ( 3.8) (33) (4.52) (3.09)

.!.:.. carvlodora oil 0•1. 1o,s•1. 32.0·1. 76.J•/. 93 .,. 97,5•1. 100•1.
(3.33) (3.3) ( 3.08) (4.02) (4.41)·
.!:: dauensis oil 0·1. 9,0•1. 6 •1. 93.a•1. 9e.e·1. 100·1.
(3.49) (5.2) (2.7) (2.<» -
e.3•1. ss.0•1. 95.0·1•. 97.0·1. 100 ·1.
~- j~vanica oil 0 •/,
res yellow) (3.1) (5.49) (1.66) (0.87)
J:..javarica oil
. 0 ·1. o.e •1• 5.5 ~1. , t1•1. 22.1•1. 31.1 •1. 60 .,.
(deteriorated reddish) ,0.83) (1.3) (Z.8) ( 5.07) (5.0) (3.4)
I
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Table 3. Essential oils constituents of Lippia dauensis


Constituent Identification %
method

a-thujene b 2.2
3-carene b 0.8
myrcene a, b 12.9
aa-terpinene a, b 3.4
~-ocimene a, b, c 24.7
para-cymene a, b, c 5.8
dihydrotagetone a, b, c 6.8
2-methyl-6-methylene-7-octen-4-one a, b 15,7
trans-tagetone a*, b, c 3.3
cis-tagetone a*, b, c 11.0
unknown l.l
2-methyl-6-methylene-2,7-octadien-4-ol c 9.4
a-terpineol c 1.4
~-cubebene c l.4

TOTAL 99.40

* Essential oil of Tagetes minuta used for peak enhancement of these components
/170/; sample collected on 9/6/86 at Turbi on Marsabit-Moyale road. Yield 2.4% oil.

Table 4. Essential oils constituents of Lippia grandifolia.


Constituent Identification %
method

a-thujene c 0.7
unknown 0.3
3-carene c 0.8
myrcene a, c 0.5
a-terpinene a, c 0.3
limonene a, c 0.3
~-ocimene a, c 2.4
y-terpine ne c 3.5
para-cymene a, b, c 10.4
unknown 0.4
unknown 1.4
linalool a, b, c 46.1
~-cubebene b, c 11,7
thymol acetate c 4.8
thymol a, b, c 15.2
carvacrol a, b, c l.7

TOTAL 100.5

Sample collected on 22/11/86 at Cherangani Hills. Yield 0.7% oil.

214
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Table 5. Larvicidal activity of essential oils constituents and their


constituents at LD50 and LD90-

Essential oils or components Concentration in ppm


LD50 LD90

Lippia dauensis oil 66.1 95.5


L. javanica oil (fresh yellow oil) 74.1 107.2
L. somalensis oil 74.1 120.2
L. grandifolia oil 88.1 123.0
L. carviodora oil 79.4 123.0
L. wilmsii oil 61.0 126.0
L. ukambensis ch var camphor oil 128.8 166.0
L. ukambensis ch var cineole oil 167.9 216.3
L. javanica oil (deteriorated reddish oil) 195.0 398.1

limonene 8.6 15.8


~-ocimene 13.0 20.7
para-cymene 15.13 21.1
thymol 16.5 31.6
cx-pinene 19.5 34.3
linalool 81.2 105.9
camphor 93.3 125.8
piperitone 121.6 192.8
1,8-cineole 140.4 218.8

Table 6. Repellent activity of essential oils of Lippia species


on maize weevils (Sitophilus zeamais).

% Repellency
Dose (ml) DEET u LD LC LW LG LU LUH LS

0.625 18.5 15 22.1 11.4 16 19.3 27.9 4.6 18.8

1.25 30 47.8 38.3 26.0 33.6 40.0 45.7 27.2 46.1

2.5 41.5 63.8 65.2 45.2 54.2 60.5 60.3 43.3 66.8

5.0 63.7 77.9 80.5 72.7 66.8 81.6 81.8 63.5 79.7

DEET: standard, N,N-diethyltoluamide; U: L. javanica oil; LD: L. dauensis oil;


LC: L. carviodora oil; LW: L. wilmsii oil; LG: L. grandifolia oil; LU: L. ukambensis ch var
camphor oil; LUH: L. ukambensis ch var cineo/e oil; LS: L. soma/ensis oil.

215
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

80

70

60

50

>
zu 40.
w
__J

~
r:r: 30
•~

20

10

OEET LJ LO LC LW LG W WH LS

Figure 1. Comparison of the maize weevils repellency of essential oils Lippia species witli DEET
= = =
(DEET N,N-diethyltoluamide; U Uppia javanica; LD L. dauensis; LC L. carviodora; =
= = =
LW L. wilmsii; LG L. grandifolia; LU L. ukambensis ch var camplwr; LUH L. ukambensis =
chvar cineole; LS = L. somalensis).
N.B.: Numbers at the same dose level eg. 0.8, 1.2, 0.6, 0.9, 1.0, etc. at 0.625 µl indicate relative
repellency of different oils as compared with DEET.

216
MAPMcl : EXTRACTION D'HUILES ESSENTIELLES AU ZIMBABWE2

Jacqueline M. R. BÉLANGER (1), Christiane Aubry (1),


Lameck S. CHAGONDA (2) et J. R. Jocelyn Paré (1)

1. Environnement Canada, CTE, Ottawa (Ontario) Canada KlA OH3; et


2. Département de Pharmacie, Université du Zimbabwe, Hararé, Zimbabwe

Résumé

Le procédé assisté par micro-ondes (MAJVI<) est devenu un outil de simplification et d'amélioration de la production
d'extraits de produits naturels, se substituant efficacement aux procédés classiques. L'intérêt soulevé par cette
nouvelle technologie a conduit à un projet entre le ministère de !'Environnement du Canada et l'Université du
Zimbabwe sous l'enseigne d'une contribution du Centre de recherches pour le développement international. Le projet
vise à fournir au Zimbabwe un outil technologique qui réduira sa dépendance à l'égard des importations et introduira
de nouveaux extraits pour l'exportation tout en accroissant notre compréhension du procédé.

Introduction
Le projet du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) portant sur l'extraction
d'huiles essentielles au Zimbabwe a débuté il y a maintenant un an. À ce jour, l'industrie des huiles
essentielles est très petite au Zimbabwe et aucune huile commerciale n'est issue de plantes indigènes au
Zimbabwe. Conséquemment, parmi les grands objectifs du programme se retrouve l'extraction d'huiles
essentielles à partir de trois plantes de ce type. Le projet est doté d'une phase agronomique puisqu'il
n'existe pas de régie de culture pour ces plantes. Le développement simultané d'une méthode d'extraction
des huiles essentielles de ces plantes conduira à l'obtention de produits novateurs ouvrant ainsi les portes
sur de nouvelles possibilités de marchés.

Plusieurs facteurs ont contribué au choix du Zimbabwe pour ce projet dont, plus particulièrement, son
climat favorable et son excellente infrastructure. Ainsi, les plantes y sont facilement cultivables et les
réseaux de communication en place dans le pays favorisent le développement de ces cultures.

Le mode d'extraction choisi pour ces plantes est le procédé assisté par micro-ondes (M~c). ~c a
été utilisé pour l'extraction de divers matériaux, dont des plantes fraîches ou sèches, des tissus, aliments,
sols, etc. Plus rapide que la technique d'entraînement à la vapeur pour l'extraction de-matériel végétal,
l'extraction assistée par micro-ondes pourrait représenter un apport économique important pour ce genre
d'industrie encore embryonnaire au Zimbabwe. Le coilt d'un appareil micro-ondes et les faibles volumes
de solvant requis sont des facteurs importants à considérer dans la mise au point du procédé, autant du
point de vue économique que pour un environnement durable.

1. MAP est une marque de commerce de Sa Majesté la Reine, du Chef du Canada, inscrite au Bureau des marques du
commerce du Canada.

2. Le texte de cette conférence a été soumis pour fins de publication à la Rivista ltaliana EPPOS.

217
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Les intervenants
Qui sont les intervenants dans cette grande entreprise ? Le projet est une collaboration entre le
Département de phannacie de l'Université du Zimbabwe et Environnement Canada, le tout étant adjoint
d'une subvention du Centre de recherches pour le développement international.

Également adjoint au projet, on retrouve aussi au Zimbabwe le Service de recherche et spécialistes


(ministère de !'Agriculture du Zimbabwe) et la ZimFEP (Zimbabwe Foundation for Education in
Production). La ZimFEP est une organisation locale non gouvernementale qui possède plusieurs fermes
d'enseignement Suite à une série télévisée sur les plantes médicinales du Zimbabwe, la ZimFEP s'est
jointe à l'univeI'Sité pour propager les plants servant à la fabrication d'huiles essentielles sur ses fermes.
La ZimFEP cultive présentement la lavande, le basilic et le géranium pour une production éventuelle
d'huiles essentielles.

Parmi les autres intervenants du projet, il y a ! 'Université McGill dont la contribution sera au niveau de
la formation en technique d'extraction et d'analyse des huiles. Divers étudiants, par l'entremise du projet,
effectueront un stage pour apprendre les techniques d'extraction, de GC-MS et de formulation.

L'inception du projet date de 1989 alors que, réalisant le potentiel offert par la production d'huiles
essentielles au Zimbabwe, le département de Pharmacie de l'Université du Zimbabwe a décidé de
s'embarquer dans un programme de recherche et développement dans cette direction. Sa stratégie consistait
à propager les plantes aromatiques dont l'huile est présentement importée au pays et de déterminer les
conditions de production (la plantation, la collecte, l'extraction, etc.) de cette huile. Deux acres de terre
furent achetés, sur lesquels on planta 26 différentes plantes aromatiques dont on évalua la propagation et
le rendement Par la même occasion, on examina une diversité de plantes indigènes, pour réaliser que
quelques-unes possédaient un potentiel certain. Trois plantes non conventionnelles furent choisies
puisqu'elles avaient démontré que leur composition en huile essentielle pouvait ouvrir la voie à de
nouveaux produits.

Objectifs
Un projet tel que celui-ci englobe de multiples objectifs. Le premier est économique. Le Zimbabwe dépend
de l'importation pour combler la plupart de ses besoins en huiles essentielles. Présentement il n'existe
virtuellement que deux producteurs d'huiles essentielles au Zimbabwe : le premier est la compagnie Essen
Oil Ltd. qui produit de l'eucalyptol, de la citronnelle et une faible quantité d'huile de géranium. La
compagnie songe- à éliminer sa culture de citronnelle et de géranium, parce que les rendements sont
faibles, sans doute à cause de l'âge avancé de la plantation. De plus, l'huile d'eucalyptol produite à ce jour
a de la difficulté sur les marchés internationaux, parce qu'elle ne rencontre pas les·normes établies en
terme de son contenu en cinéole.

La deuxième industrie, qui se nomme Dr. Haddock, produit de la lavande dans un extracteur de type
distillation à la vapeur et, là aussi, son produit ne rencontre pas les normes recherchées par la parfumerie.
L'utilisation en demeure donc locale.

Au niveau social, ce projet aura pour but de former du personnel spécialisé dans la culture des plantes et
de leur propagation, et aussi de former des experts en technique d'extraction d'analyse des huiles
essentielles. Les cultivateurs concernés ici sont pour la plupart des femmes, dont le revenu est assez faible
et qui vivent dans les milieux ruraux. Si les objectifs du projet sont atteints, plus de 340 familles pourront
bénéficier d'un revenu découlant de la production de plantes aromatiques.

Sur le plan scientifique, l'utilisation de ~c permettra d'acquérir plus de connaissances sur le procédé
en soi. Le procédé a l'avantage de permettre la décentralisation des extracteurs sur les fermes et ainsi

218
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

mener à la mise à l'échelle. L'extracteur pilote prévu pour ce projet sera construit de façon à être mobile
et pourra donc se déplacer là où il sera utilisé pendant les périodes de récoltes intensives. Si il y a un
besoin pour une unité de raffinement, elle sera initialement installée à l'Université du Zimbabwe. Entre
six et huit emplois seront ainsi créés pour l'opération de ce plant pilote.

La production de nouveaux extraits à partir de plantes non conventionnelles pourrait ouvrir une possibilité
de marché intéressante pour le Zimbabwe, tant au niveau national que sur les marchés internationaux. Les
petites et moyennes entreprises du Zimbabwe pourront profiter de ces huiles essentielles et des
formulations de parfums en découlant, ce qui en réduira le coO.t, puisqu'il y a une taxe allant jusqu'à
20 p. 100 sur l'importation d'huiles essentielles.

À cet effet, un étudiant au niveau de la maîtrise sera formé pour le développement de formulations de
saveurs et de parfums. Cette formation vise deux buts : avoir l'occasion de fournir à l'industrie locale un
chimiste de formulation qui connaît les goüts et préférences de la population (les mélanges de saveurs et
de parfums varient de région en région) et deuxièmement, cette personne pourra développer une expertise
avec les nouvelles huiles produites à partir des plantes locales. Cette expertise servira à suggérer de
nouvelles saveurs et parfums à partir d'une denrée locale. Cette formation est très importante puisqu'il
n'existe aucune expertise locale au Zimbabwe dans ce domaine actuellement

Tel que mentionné précédemment, le Zimbabwe a été choisi pour son infrastructure exceptionnelle. Le
réseau routier y est excellent, même en milieu rural, et les ressources industrielles, telle que l'électricité,
sont disponibles dans tous les points de croissance. Le pays est divisé en 9 provinces, elles-mêmes
subdivisées en un total de 55 districts. Le gouvernement a désigné au moins un point de croissance dans
chacune des provinces. On entend par point de croissance une communauté rurale choisie pour sa localité
stratégique et où les efforts de développement sont concentrés. L'industrie lourde se retrouve
principalement dans la région de Bulawayo, au sud du pays, tandis que l'industrie agro-alimentaire se
retrouve vers le nord, dans la région de la capitale Hararé.

Le pays est doté d'un climat et de divers types de sols excellents. Une superficie de 40 p. 100 de la terre
est classifiée comme arable et 55 p. 100 est propice au pâturage. Cela a permis au Zimbabwe de
développer une agriculture forte selon l'échelle africaine. Le pays est divisé en 5 niveaux d'arabilité pour
l'agriculture. Parmi les productions agricoles importantes, notons le maïs, le tabac, le coton, le sucre, le
thé, le café, le bétail et les élevages d'animaux sauvages.

Étapes du projet
Étude de marché
Il existe au Zimbabwe un marché pour les huiles qui ont été sélectionnées pour le projet Pour atteindre
les objectifs de ce projet nous avons besoin d'une étude détaillée du marché au Zimbabwe de même que
des pays de la région africaine avoisinante et des principaux marchés internationaux d'exportation. Seront
aussi identifiés les systèmes de marketing et de distribution pour les huiles essentielles à l'étude, de même
que la disponibilité et l'approvisionnement des types d'emballage requis (barils, flacons, etc.)

Production sur les fermes


Cette activité est l'étape cruciale pour la production de matériel végétal pour le projet. Les sous-activités
comprennent la collecte de graines et de boutures, l'établissement d'un protocole de propagation et la
culture des plantes. Deux stratégies distinctes seront suivies, une pour les plantes connues et une autre pour
celles qu'il faut domestiquer. Cette partie du projet est intensive et se fera sous la supervision d'une
agronome qui agit en tant que gérante de ferme. Cette gérante de ferme et un représentant du service
d'extension du ministère de l 'Agriculture procureront une aide technique et des conseils aux cultivateurs.

219
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Protocole pour les plantes aromatiques connues Des graines seront obtenues et la germination se fera
en serre, selon les protocoles standards. Les plants seront ensuite transférés sur des lots d'essai et les
conditions de croissance seront établies selon le climat du Zimbabwe. Selon les résultats de ces essais, la
production passera à l'échelle pilote au cours de la deuxième année du projet afin d'obtenir suffisamment
de matériel végétal à extraire.

Protocoles pour plantes indigènes Une équipe désignée se rendra dans les Eastern Highlands pour
ramasser suffisamment de graines et de boutures nécessaire à la propagation. Un taxonomiste assurera
l'identification adéquate de ces graines, et des échantillons seront envoyés à l'extérieur pour
contre-vérification et confirmation. Des essais seront faits de façon à établir des protocoles de
domestication et de propagation. Ceci mènera aussi à une méthode pour l'obtention des graines. Les essais
de propagation et de culture seront effectués au département d 'Agronomie de l'Université du Zimbabwe.
Par la suite les graines seront transplantées sur des lots d'essai à un centre choisi dans les Eastern
Highlands selon les résultats obtenus.

Caractérisation
Des échantillons d'extraits connus seront achetés et utilisés comme matériel de référence au cours du
développement de ces mêmes extraits au Zimbabwe. Des analyses seront aussi faites sur l'huile essentielle
des plantes provenant des Eastern Highlands parce que ces dernières proviennent de divers habitats et sont
caractérisées par différents antécédents génétiques. Des échantillons de plantes seront prélevés de façon
régulière à partir des terrains d'essai; ils seront extraits et analysés. Au total, environ 800 échantillons
provenant des plantes aromatiques seront analysés dont 500 provenant des plantes indigènes. Les analyses
se feront par GC à l'Université du Zimbabwe, et certains échantillons seront divisés en deux parties, de
façon à ce qu'ils puissent être analysés par GC-MS au Centre de technologie environnementale. Ces
caractérisations permettront d'établir certains sentiers biogénétiques pour les plantes indigènes. De plus,
l'analyse de l'huile essentielle, soit la caractérisation de ses constituantes et la détermination de letp"S
concentrations respectives, permettra d'établir les valeurs économique et chimique de l'huile, paramètre
important pour l'étape promotionnelle.

Optimisation
Le processus d'optimisation servira à déterminer les paramètres d'extraction qui donneront de bons
rendements, une qualité d'huile et les caractéristiques recherchées. D'autres paramètres tels que la
consommation d'énergie, la récupération de solvant et des extractions multiples seront aussi explorés, tout
en tenant compte de l'effet sur l'environnement et de la sécurité des travailleurs. L'optimisation de la
quantité de matérid à extraire se fera alors, et les paramètres de volume, la nature et diversité des plantes
combinés aux rendements obtenus détermineront s'il est préférable d'avoir de plus petites unités
d'extraction (chez les familles) ou d'avoir des unités d'extraction centrales dans les Oistricts.

Mise à l'échelle
Afin de démontrer l'efficacité de la technologie, il est prévu de monter un extracteur pilote qui opérera
à environ 10 p. 100 de la production éventuelle. Un tel extracteur pilote aura besoin d'une production de
14 hectares de plantes aromatiques. Idéalement, cet extracteur pilote devra être mobile afin de pouvoir être
utilisé dans plus d'une zone agricole. Selon les résultats obtenus suite au processus d'extraction, s'il y a
besoin d'une unité de raffinement, elle sera fixe et située à l'Université. La construction de cette unité
pilote dépendra des paramètres d'optimisation qui auront été développés selon l'étape précédente, tout en
tenant compte d'autres paramètres tels la masse, le transfert de chaleur, et le besoin de demeurer efficace
en matière d'énergie, tout en maintenant la complexité des opérations à son minimum. Puisque la biomasse
résultant de ce procédé d'extraction est pour ainsi dire la même que celle obtenue par l'extraction à la
vapeur, cette biomasse pourra être utilisée, après séchage, comme carburant ou compostage.

220
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Contrôle de qualité

Cette étape est rendue nécessaire par le but de commercialisation d'un produit. Il s'agit de s'assurer que
tout produit à être commercialisé et pour lequel une niche de marché a été trouvée, conserve ses propriétés
de façon à satisfaire les attentes du marché sur une base stable. Pour le projet, le contrôle de qualité se
fera sur deux paliers. Des analyses régulières seront faite par l'Université du Zimbabwe par GC. Sur un
autre plan, certains échantillons choisis seront divisés en deux et une moitié sera analysée par l'Université
du Zimbabwe et l'autre le sera par GC-MS par le Centre de technologie environnementale à
Environnement Canada. Lorsque le projet sera terminé, ce contrôle de qualité devra se poursuivre pour
les producteurs. Plusieurs options seront considérées. En principe, l'Université du Zimbabwe pourra
continuer de faire l'analyse en tant que partie indépendante, ou encore une tierce partie pourra être
intéressée, comme laboratoire indépendant, de faire ce travail pour les producteurs. Une autre avenue serait
qu'un groupe de producteurs eux-mêmes s'équipent de leur propre GC. Il serait alors possible pour
l'Université d'entraîner ces producteurs aux techniques simples d'opération tout en maintenant un suivi
par exemple, à tous les deux mois en guise d'assurance de qualité.

Évaluation économique
Du point de vue économique, une évaluation détaillée sera faite de façon à calculer tous les cofits de
production imputables à la mise à l'échelle, à la consommation d'énergie, au solvant utilisé, à la
maintenance, à la main-d'œuvre, etc. Une évaluation sera aussi faite de la possibilité d'obtenir des produits
à valeur ajoutée à partir des extraits avant de les vendre à l'étranger.

Formulation
Le développement de fragrances et de saveurs pour le marché local et utilisant les huiles essentielles de
ce projet est un objectif souhaitable. Par conséquent il y aura formation au niveau de la maîtrise. Cette
formation aura deux objectifs : premièrement, de procurer à l'industrie locale la connaissance des gofits
et des préférences des résidents et, deuxièmement, de développer une expertise pour les nouvelles huiles
qui auront été préparées à partir des plantes indigènes. Ainsi des saveurs et des fragrances novatrices
pourront être formulées.

Production de culture
Cette étape est cruciale pour le projet. Elle consiste en la formation d'individus qui travailleront à la
culture aux champs. Cette activité sera menée par un personnel recruté panni le groupe-cible de
cultivateurs. Se joindront à ces derniers d'autres cultivateurs qui travailleront sur leurs terres et qui seront
rémunérés selon leur production d'huiles essentielles. Les cultivateurs-cibles demeureront avec le projet
jusqu'à sa fin

Activités promotionnelles
Les huiles produites par ce projet et pour lesquelles les caractéristiques sensorielles démontreront un
potentiel, seront envoyées à divers intervenants pour leur évaluation et afin d'établir le niveau de l'intérêt
et la valeur du marché. Quelques échantillons commerciaux de parfums, savons et fragrances seront
achetés et analysés pour leur fragrance, nous guidant ainsi sur le choix des caractéristiques pouvant
intéresser d'éventuels utilisateurs. Certains extraits produits pourraient alors remplacer certains produits
d'importation, tandis que d'autres, aux caractéristiques uniques, pourraient se développer en nouveaux
produits, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux marchés, possiblement pour l'exportation. Un des
intervenants majeur au niveau des activités de promotion est le« Women Business Promotion Group ».

Afin de donner une idée de la dépendance du Zimbabwe pour ses besoins en huile essentielle, la Figure 1
rapporte quelques données sur l'importation d'huiles essentielles. Notons ici la consommation en kg/an

221
Valorisation de Io biomasse végétale par les produits naturels

et les diverses utilisations faites de ces produits. Donc il existe un véritable marché potentiel au Zimbabwe
pour ces huiles essentielles.

.·. /A;~e~I~ii:~~p:p~l-rum

i~~~~\fl~
Figure 1.

Pourquoi utiliser un procédé d'extraction assisté par micro-ondes pour un tel projet? Par comparaison
aux techniques conventionnelles d'extraction d'huiles essentielles, les micro-ondes ont l'avantage de
pouvoir être utilisées à peu près n'importe où, en autant qu'on y retrouve de l'électricité. Le procédé ne
demande pas un grand apport en énergie; la quantité de solvant requise pour l'extraction est minimale et
on travaille présentement au développement de méthode faisant utilisation de gaz carbonique - un
procédé souvent appelé sans solvant La technique est facilement maîtrisable en plus d'être rapide, facile
d'utilisation et fiable. Les rendements et la qualité de l'huile essentielle obtenue suite à l'extraction par
micro-ondes se sont souvent avérés supérieurs aux méthodes conventionnelles.

En plus des trois plantes indigènes choisies pour le projet et décrites plus loin, d'autres plantes
aromatiques conriues doivent être développées pour rendre une industrie éventuelle viable et diversifiée.
C'est ainsi que quatre autres plantes aromatiques ont été choisies. Le choix s'est fait en tenant compte du
marché local, mais surtout en considérant la possibilité de cultiver ces plantes. Les plantes cibles choisies
et qui éventuellement pourront servir au développement d'une industrie d'huiles essentielles au Zimbabwe
sont : l'anis, la lavande française, la citronnelle du Ceylan et le jasmin

Voici les plantes indigènes choisies et les raisons de leur choix :

Heteropyxis natalensis Cette plante qui se retrouve facilement au Zimbabwe est quelque fois appelée
lavande africaine. Cet arbuste vivace croît bien dans les régions de l'Afrique australe. Les usages
traditionnels qui en sont faits sont dans l'utilisation de ses racines pour guérir les saignements de nez et
de gencives. L'huile essentielle est extraite des feuilles et contient > 60 p. 100 de
limonène/cinéole/(Z)-ocimène. Les prévisions d'utilisation de cette huile essentielle sont surtout en
parfumerie.

222
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Nidorella residaefoüa Cette plante annuelle possède une odeur sucrée. Son huile essentielle est extraite
à partir de ses fleurs et de ses parties aériennes qui contiennent environ 40 p. 100 de ~pinène et myrcène,
20 p. 100 de (Z)-ocimène et quelques traces mineures d'hexanol et d'hexanal, ces derniers pouvant être
responsables de son arôme sucré. Cette plante contient aussi plusieurs constituantes non-identifiées, qui
seront isolées au cours du projet et pour lesquelles nous tenterons d'établir des structures. Cette plante sera
retenue pour son potentiel en parfumerie. Elle possède aussi des propriétés anti-bactériennes et
anti-fongiques qui méritent notre attention en vue de son utilisation potentielle dans une lotion
désinfectante.

H eteromorpha trijoliata Cet arbuste peut devenir un arbre atteignant cinq mètres de haut dans les régions
où il y a beaucoup de pluie. Traditionnellement, on l'utilise pour soigner plusieurs maux, mais son emploi
spécifique dépend des coutumes du groupe qui en fait usage. L'huile essentielle extraite des feuilles pourra
être utilisée dans l'industrie des cosmétiques et des parfums puisqu'elle contient du sabinène, de la
~b-pinène, de l' a-pinène et du terpin-1-én-4-ol. Cette plante a aussi démontrée des propriétés
antibactériennes et antifongiques qui nécessiteront une attention particulière.

Conclusion
Suite à sa première année d'existence, le projet est maintenant bien entamé et les travaux suivent leur
cours. La formation des inteJVenants du Zimbabwe a débuté. De nouveaux produits extraits des plantes
indigènes seront isolés et purifiés par techniques chromatographiques. En sommaire, quelques retombées
prévues du projet sont :

un protocole de culture pour les trois plantes indigènes;


une confirmation des protocoles des quatre plantes connues;
trois nouveaux extraits et des propositions de formulations;
un procédé d'extraction par micro-ondes pour l'huile essentielle des quatre plantes aromatiques;
la liste d'acheteurs et de marchés potentiels;
des formulations pour les sept extraits produit localement;
le transfert du procédé MAf>Mc à l'échelle pilote/industrielle.

Référence
J. R. J. Paré, M. Sigouin et J. Lapointe, brevet américain n• 5,002,784, émis le 26 mars 1991 et ses contreparties
internationales.

223
LE GINKGO BILOBA L.

D.J. CARRIER, R. v.d. Heijden et R. Verpoorte


Center for Bio-Pharmaceutical Sciences, Gorlaeus Laboratories
Université de Lelden,
B.P. 9502, 2300 RA Leiden, Pays-Bas

Introduction
Les huiles essentielles proviennent de la voie de synthèse des terpènes. D'autres produits découlent
également de cette voie de synthèse dont les diterpènes. Ces derniers, plus précisément le taxol et les
ginkgolides, ont des propriétés pharmaceutiques. Ce texte a pour but d'éclaircir certains faits pertinents
à un diterpène provenant du Ginkgo biloba L.

Le Ginkgo biloba L. est le seul représentant de l'ordre des Ginkgoales qui peut être retracé à l'époque
Jurassique. L'arbre ne se reproduit pas avant l'âge de 20 ans et peut vivre jusqu'à 1000 ans. Cette longue
période entre les générations peut possiblement contribuer à minimiser les mutations génétiques (Major
1967). L'arbre est bien adapté aux climats tempérés, croît lentement (3 à 5 m chaque 10 ans), est tolérant
à la pollution et résiste aux attaques des insectes. L'utilisation médicinale remonte au XVl0 siècle où des
préparations de feuilles furent recommandées pour soulager les troubles respiratoires. C'est en 1983 que
le principe actif contenu dans la biomasse fut isolé (Braquet et al. 1987). Issue de la voie de synthèse des
terpènes, la ginkgolide (Figure 1) est extraite des racines, écorces et feuilles du Ginkgo.

Figure 1. Structure chimique de la


ginkgolide A et B (Carrier et al. 1991).
La plus active de ces molécules est la 0
ginkgolide B dont la synthèse fut
rapportée par Corey et al. (1988).
L'approvisionnement en ginkgolides
étant limité, il devient alors intéressant
de penser à la production de ce diterpène
par la culture in vitro.
HO fi 1
1

La culture in vitro du Ginkgo


biloba L.
Des cals de Ginkgo furent obtenus à
partir d'embryons déposés sur des
géloses du milieu Murashige et Skoog
(1962) (MS) additionnées de 2 mg/L de
d'acide naphthaleneacétique (N AA) et de
CA OH H H
1 mg/L de kinétine (K). Des suspensions
cellulaires furent cultivées dans le milieu c;a OH OH H
(MS) additionné de 1 mg/L de NAA et de 0.1 mg/L de K (Carrier et al. 1990). Les taux de croissance
et de consommation des éléments nutritifs sont rapportés dans la Figure 3. Les cellules furent également

225
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

cultivées en bioréacteur de 2 et 6 L (Carrier et al. 1991) où les taux de croissance et de consommation


furent inférieurs à ceux observés pour les flacons agités.

o+-- - _ ,.........,._ _,..---<.-- -+.---:t:.'l/Jl.O


0 4 1 12 1

40....----~-------~----,


. . . (4)
•li
"
Figure 2. La biomasse et les concentrations extracellulaires des éléments nutritifs des cellules cultivées
dans des flacons agités de 500 mL (Carrier et al. 1990).

Specific growth rate Cell line Cell line Cell line


(1 day) (32-27) in NIK.IB5 (32-27) in NIK.IMS (27-4) in NIK.IMS
0.08 0.13 0.07
Lag phase (days) 4 2 2
Duration of culture (days) 14 18 27
Max biomass côncentration 8.5 13.4 10.3
(g d V wt J)
Carbohydrate conslUllption rate 1.4 2.0 1.4
(g 1 day)
Phosphate consomption rate (mM day) 0.002 0.004 0.002
Nitrate consomption rate (mM day) 0.4 1.8 1.4
YXCHO" 0.45 0.50 0.50
Ammonium consomption rate (mM day) 0.9 1.8 0.8
• Biomass to consumed carbohydrate yield.

Figure 3. Taux de production et de consommation des cellules cultivées (Carrier et al. 1990).

226
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

La détection de la ginkgolide
La biomasse fut analysée dans le but d'en détenniner le contenu en ginkgolides. Les méthodes mises au
point par Lobstein-Guth et al. (1983) ainsi que Tallevi et Kuiz (1990) s'avérèrent insuffisamment sensibles
pour détecter la ginkgolide dans les cellules cultivées. Conséquemment. une méthode analytique, basée
sur le GC-MS, fut mise au point (Chauret et al. 1991). Grâce à cette méthode, des nanogrammes de
ginkgolides furent détectés dans les cellules cultivées de Ginkgo biloba (Figure 4). Même si les quantités
furent infimes, la détection du diterpène dans les cellules cultivées indiquent que ces dernières possèdent
les enzymes nécessaires pour la synthèse du produit. Tout récemment. Huh et Staba (1993), détectèrent
la ginkgolide dans les cals et suspensions de Ginkgo confirmant ainsi les résultats de Carrier et al. (1991).

Figure 4. Détection de la ginkgolide A dans les


cellules cultivées de G. biloba (Carrier et al. 1991).
Les enzymes de la voie de
synthèse des terpènes
Afin de tenter d'élucider pourquoi les
cellules cultivées ne produisirent que des
nanogrammes alors que la plante intacte
peut produire des milligrammes, les
produits de la voie de synthèse des
terpènes furent examinés. Le
geranylgeranyl pyrophosphate est le
composé de 20 carbones précurseur des
diterpènes (Figure 5). Il devient alors
intéressant d'en suivre la formation. Il
est important de noter que les enzymes
menant du geranylgeranyl pyrophosphate
aux ginkgolides ne sont pas caractérisées.

Malheureusement, les cellules de Ginkgo extraites avec les solutions d'extraction suggérées (Dogbo et
Camara (1987); Ramos et v.d. Heijden 1993) et incubées avec du [1-14C] isopentenyl pyrophosphate n'ont
pas généré de produits de la voie de synthèse des terpènes. Conséquemment, plusieurs solubilisateurs de
membranes furent essayés afin d'obtenir un extrait enzymatique capable d'incorporer le substrat radioactif.
La solution faite à partir de 2 p. 100 Triton-X-100 fut retenue. Une analyse par radio-HPLC démontre les
produits obtenus. On peut remarquer la présence du famesol qui est le précurseur du squalène nécessaire
à la formation des membranes. Des travaux sont présentement en cours afin de déterminer à quel moment
dans le cycle de croissance la concentration de geranylgeraniol, l'alcool du geranylgeranyl pyrophosphate,
est maximale.

Conclusion
Il est clair que les systèmes ayant trait à la production de phytochimiques complexes et uniques par la
culture de cellules végétales ne sont pas encore au point. Malheureusement. ces procédés
biotechnologiques sont fort complexes et souvent. du point de vue biochimique, ne sont compris que
partiellement. Le bioréacteur, voire même la cellule, sont traités comme une boîte noire. Par contre, il est
clair que ces produits, issus de procédés de haute biotechnologie, seront appelés à jouer un rôle industriel
important dans le futur.

Références
Braquet et al. (1987) Pharmacol. Rev., 39, 97-145.
Carrier et al. (1990) Plant Cell Rep., ~ 635-638.

227
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Carrier et al. (1991) Plant Cell Rep., .!Q. 256-259.


Chauret et al. (1991) J. Chromatogr., ~ 281-287.
Corey et al. (1988) J. Am. Chem. Soc., .!!Q, 649-651.
Dogbo et Camara (1987) Biochem. Biophys. Acta, 920, 140-148.
Huh et Staba (1993) Planta Med, 59, 233-239.
Lobstein-Guth et al. (1983) J. Chromatogr., 267, 431-438.
Major (1967) Science, 157, 1270-1273.
Murashige et Skoog (1962) Plant. Physiol, J.2., 473-497.
Ramos A. et v.d. Heijen R. (1993) communication, Université de Leiden.
Tallevi et Kurz (1990) J. Nat. Prod., .21, 624-625.

IPP (Cs) --- DMAPP ---lsoprene

1 IPP

GPP (C 10)--- Monterpenes - - - - - - - - - - - " '

1 IPP

GGPP - - - Diterpenes ---------->

X2

via phytol
via phytylpyrophosphate?
vlaGGPP?

+ chlorophyllide

{-œrotene

''
lycopene

If-CAROTENE
TOCOPHEROL PHYLLOOUINONE

~
Figure 5. Voie de synthèse des terpènes.

lsopentanol
19.90
~ ~~
°'""' n~
...:: 14,80
Julie

z~ I~
GBl-tOOI?
C·l4
Rad l 1 Geranytgeranlol \ Geraniol
1660 J
ers ""i 13,70
o-r
.1p.......~....,..i-f"......,-..Or--""T--r-f""-'l"o
'f ,..1..!""- .. ,, j' ' ~=f'""''.,,_
• 1 ,
000

Figure 6. Produits de la voie de synthèse des terpènes après incubation de cellules cultivées et
de [l- 14C] isopentenyl pyrophosphate.

228
AUTOXYDATION ET PHOTO-OXYDATION DE QUELQUES MONOTERPÈNES
D'HUILES ESSENTIELLES OU EXEMPLE D'UN DEUXIÈME STADE DE VALORISATION
DE LA BIOMASSE À HUILE ESSENTIELLE

R.Ph. GARRY
Laboratoire de chimie des huiles essentielles
Université Blaise Pascal et École Nationale Supérieure de Chimie
de Clermont-Ferrand
63177 Aubière Cédex FRANCE

Introduction
Dans le cadre d'un colloque sur la valorisation de la biomasse végétale à l'initiative de nos collègues et
amis québécois, nous devons nous poser la question: jusqu'à quelle étape doit-on aller dans cette voie
de valorisation ?

La réponse est simple, voire simpliste : le plus loin possible ! J'ajouterai : dans les limites de notre
savoir-faire.

Notre laboratoire, de dimension modeste, s'est depuis dix ans intéressé aux huiles essentielles en orientant
ses travaux selon trois axes prioritaires : l'obtention et l'analyse d'huiles essentielles, les synthèses
organiques et bio-organiques à partir d'huiles et(ou) de leurs constituants, les cof!élations activité
antimicrobienne, antifongique et plus récemment odeur/composition chimique.

Les trois axes que je viens de citer sont en étroite relation avec un quatrième, pas toujours bien apprécié
des universitaires français : la valorisation. Nous y sommes attachés car nous pensons profondément qu'à
la fin de ce siècle, qui a vu l'ascension fulgurante des sciences physiques et chimiques notamment dans
les pays industrialisés, les découvertes de nouveaux procédés doivent être valorisées et surtout échangées.

Je ne parlerai pas d'obtention et d'analyses d'huiles essentielles ni de bioconversions. Ce sont des voies
de valorisation par la chimie des constituants des huiles que je vous entretiendrai et mon propos
concernera simplement les réactions d'auto et de photo-oxydation.

Pourquoi cette démarche ? De très nombreux pays produisent des huiles essentielles issues de leur
biomasse et si cette politique conduit à une plus-value il n'en demeure pas moins que souvent les prix
stagnent, voire fluctuent dans des proportions telles que les producteurs peuvent difficilement faire des
plans à moyen tenne.

Il convient donc au niveau de la recherche, du pilote, de l'industrie de tenter de montrer des voies en aval
conduisant soit à des fonnulations nouvelles soit à des molécules nouvelles.

229
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Valorisation de la biomasse :

---<
Huile modifiée

Biomasse HydrodistiUation
végétale Huile
essentielle

Molécules
intéressantes

Intérêt de l'oxydation des terpènes d'huiles essentielles


Pourquoi s'intéresser particulièrement à l'auto et à la photo-oxydation de terpènes d'huiles essentielles ?
Un rappel historique s'impose. En relation avec des collègues pharmaciens du centre hospitalo-universitaire
de Oermont, nous avons mené depuis huit ans environ des études de corrélation entre composition
chimique et activité antimicrobienne (1-5) et nous avons montré qu'il était indispensable pour décrire
l'activité d'une huile vis-à-vis d'un micro-organisme d'aller au delà de la notion de chimiotype et de
prendre en compte l'ensemble des composés y compris les minoritaires. Le deuxième résultat de cette
étude, connu empiriquement, était le fait que les huiles essentielles ont une activité variable mais très
souvent accrue dans le temps.

Nous avons donc décidé d'aborder une étude de l'influence du vieillissement, c'est-à-dire et nous y
reviendrons de l'oxydation, sur l'activité antimicrobienne d'huiles essentielles de résineux (pin, épicéa,
douglas). Si l'on prend l'exemple d'une huile essentielle de pin sylvestre et d'une souche Escherichia coli,
et si l'on considère un histogramme correspondant à 50 essais réalisés pendant 4 mois et demi, sur l'huile
dans un flacon, on note une grande dispersion des résultats, lesquels deviennent beaucoup plus cohérents
si l'on sépare les essais en fonction du temps : de 0 à 2 mois et de 2 à 4,5 mois.

Nombre '
d'essais

••

Concentration minimale
inhibitrice (CMI) hÛile IG

essentielle de pin 50 essais 4mois112


sylvestre/Escherichia co/i.
----

-- ,...__
-
e.sa 1.. 01 2.0~ •. e! •·• u.2 ,z.• ••·• 11•·•

230
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Concentration minimale inhibitrice CMI (de 0 à 2 mois; de 2 à 4 mois et demi) :

Nombre
d'essais

Oà2mois

-....-~,-
1-,
... -.,~l-,__.,.1-.•:-'•~
• • ,__,.
•• •.-.~ .•~...
..-:: ::-- ~~-a
Nombre
d'essais ••

..
2à4mois1/2

5.t• • .11 ._., •• , ••• , 11.• ••••

Compte tenu de ces essais intéressants JXlUr l'activité laquelle est liée à l'action conjuguée de l'oxygène
et de la lumière conduisant à une autoxydation des principaux terpènes, exemple le limonène, nous avons
envisagé de mettre au point, empiriquement au départ, une méthode d'oxydation à l'air des huiles
essentielles (le bullorium était né !) et d'étendre nos études sur 5 huiles et 6 souches.

Autoxydation
(+)-limonène :
du
HOO '2 - Dt) + H0'2
/ carvo:rie carvéo1

~
( +)-Hmot\èDe

p-menthéDedio1

231
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Concentration minimale inhibitrice (CMI mg/ml} d'huiles essentielles naturelles de résineux :


Souche Escherichia Staphylococcus Pseudomonas Proteus Klebsiella Candida
Huile coli aureus aeruginosa mirabilis pneumoniae albicans
Pin sylvestre > 29 3,5 > 29 > 29 3,5 14,0
(Pinus sylvestris)
Pin maritime > 29,0 3,5 > 29 > 29 13,5 > 29
(Pinus pinaster)
Eplcea > 29 2 > 29 >29 3,5 2,5
(Picea abies)
Douglas 6,0 6,0 > 29 > 29 5,5 5,0
(Pseudotsuga
menziesii)
Sapin 16,5 5,0 > 29 > 29 5,0 14,5
(Abies alba)

Concentration minimale inhibitrice (CMI mg/ml} d'huiles essentielles oxygénées de résineux :


Souche Escherichia Staphylococcus Pseudomonas Proteus Klebsiella Candida
Huile coli aureus aeruginosa mirabilis pneumoniae albicans
Pin sylvestre 0,40 0,60 7,5 1,50 0,40 0,30
oxygénée
Pin maritime 6,00 1,5 > 22 5,5 1,0 3,0
oxygénée
Eplcea 0,50 1,00 5,0 2,0 0,50 1,00
oxygénée
Douglas 0,5 1,00 4,50 1,00 0,50 0,50
oxygénée
Sapin 12,5 3,0 > 22 > 22 2,0 > 22
oxygénée 3 jours
Sapin > 22 1,5 > 22 > 22 10 - 2,00
ofygénée 8 jours

On note une très nette exaltation de l'activité se traduisant par une diminution de la concentration
minimale inhibitrice (CMI).

À l'époque déjà cette diminution de CMI avait été montrée être en relation avec l'apparition de mono et
de sesquiterpènes oxygénés dont nous donnons un exemple avec les deux chromatogrammes de l'huile
essentielle de douglas et de douglas oxygéné.

Chromatogramme de l'huile
essentielle de douglas :

232
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Chromatogramme de l'huile
essentielle de douglas oxygénée :

Terpènes modèles - Rappels de travaux


L'oxydation des huiles essentielles étant réalisée de façon empirique et les résultats en composition
difficile à interpréter, nous avons sélectionné cinq monoterpènes majoritaires dans de nombreuses
compositions d'huiles essentielles.

Monoterpènes modèles dans les études de vieillissement :

œ·Pinène P-Pinène Limonène â3-Cuène My?cène

À partir de ces substrats, les autoxydations et photo-oxydations ont été envisagées. Pour la bonne
compréhension de ce qui suit, il convient de rappeler très brièvement les mécanismes :

Auto.xydation des monoterpènes - 2 mécanismes invoqués


soit une attaque radicalaire allylique évoluant vers la formation d'hydropéroxydes et des produits de
décomposition de ces derniers (alcools, cétones);

)c =CQ-oo. + )c =C~ ~-H ---· )c =C~t-OOH + )c =C.:..t1 .


1 1 1

233
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

soit une addition de radicaux péroxy sur la double liaison avec une évolution vers les époxydes, les
diols, les dérivés carbonylés voire les oxypolymères.

ROO
.+ _7.
..........
=c,---
/
ROO-C-C.
1 1
1 1
1 1 0.
ROO-C-c-O
1 1 1 1
ROO -C ;.... C . + 0 2 oxypoly.mères
1 1 1 1 •
ROO-C-C -0
1 1
radicaux polypéroxy
0
·~ >1-~<
1 1
ROO-C-C' - R O <liol
1 1
1 1
ROO-C-C. - - - R O ·~ )c=o + )c-o
1 1

Les travaux les plus importants ici ont été réalisés sur les pinènes, le limonène et le A3-carène (6 - 21);
ils sont indiqués dans la bibliographie.

Photo-oxydation des monotelpènes


Le mécanisme d'attaque de l'oxygène singulet 10 2 en présence d'un sensibilisateur excité dépend de la
proticité du solvant; les réactions conservent l'activité optique.

solvant aprotique (CH3CN) (mécanisme « ène réaction ») :

~c=c(
r> c-c/ ~
___... ~ ....../1oœ
ê c/ -
1

Rz H-C-hv/sieJ."
0.

0~
1
('~'=< R1 - '=-
1 .
1

plrtpoxyde Jcydroplroxyde alzylique

solvant protique (CH3CN + H20, MeOH):

234
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Notons que les auteurs mentionnent également les mécanismes de fonnation de dioxanes peu stables ainsi
que celle d'endopéroxydes sur les diènes conjugués.

)c ==e/ c-
1

diol
rlduction
endop(roxyde

La photo-oxydation des pinènes, du limonène, du A3-carène et du myrcène a fait l'objet de travaux cités
en référence (22 - 33).

Les auteurs tant en autoxydation qu'en photo-oxydation se sont principalement intéressés aux études de
mécanismes et de cinétique de réaction en travaillant sur de faibles quantités de substrats. Notre objectif
était très différent puisqu'au départ il s'agissait de trouver la meilleure méthode d'oxydation rapide
comparable à un vieillissement naturel mais également, de rechercher le meilleur compromis entre
cinétique de réaction et rendement en principaux produits d'oxydation.

Autoxydation de six monoterpènes


Le but était ici d'optimiser les conditions d'oxygénation sur un monoterpène assez sensible puis de se
rapprocher d'un « modèle » d'oxydation naturelle possédant des propriétés antiseptiques reconnues. Il
s'agissait ensuite d'appliquer le protocole d'oxygénation optimisé à deux huiles essentielles celle de pin
sylvestre et de douglas. ·

Il convenait donc dans un premier temps de comparer autoxydation naturelle et autoxydation optimisée.

Autoxydofion naturelle
Pour l'autoxydati_on naturelle, compte tenu du rôle respectif de l'oxygène et de la lumière dans le
phénomène de vieillissement, trois séries d'expériences on été envisagées :

flacon plein, bouché (1 g), chambre froide (T 0 = 4 °C, obscurité, 8 mois);


flacon plein, bouché (1 g), laboratoire (T 0 = ambiante, 8 mois);
bécher (20 g), laboratoire (T 0 =ambiante, 2 mois).

Conclusion des expériences : dans les deux premiers cas, des variations nulles ou quasi négligeable du
profil chromatographique.

Dans le dernier cas des variations importantes, prévisibles en fonction des travaux des auteurs mais non
quantifiées; un tableau de résultats est donné à titre d'exemple :

235
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Autoxydation naturelle de monoterpènes (20 g d'huile essentielle) :


Autoxydation Pertes Pertes Conversion Indice de Hydroperoxydes Conversion ROOH
naturelle (g) (%) (%) LEA* ROOH (%) corrigée corrigés
2 mois sans agiter µ g02/g (%) (%)
(-) a-piœne 98 % 9,8 49 85 18090 19 43,4 9,7
(+) a-pln~ne 98 % 10,5 52,5 68 20142 21 32,3 10
(-) (3-pln~ne 99 % 7,7 38,5 28 16419 17 17,2 10,4
(+) Ilmon~ne 99 % 6,2 31 49 13601 14 33,8 9,7
(+) àJ.carme 95 % 5,1 25,5 76 26694 28 56,6 20,9
myrcène 93 % 4,3 21,5 polymérisation 460 0,5
* Pennet de détenniner le pourcentage d'hydroperoxydes dans le mélange.

On remarquera une perte de masse importante due à l'évaporation des monoterpènes à l'air libre d'où des
calculs corrigés; des monoterpènes très oxydables tel que le .6.3-carène, des monoterpènes facilemeni:
polymérisables (exemple le j>-pinène) d'où une perte de masse plus faible et une conversion en produits
d'autoxydation moins élevée.

Une des difficultés dans la recherche du modèle d'autoxydation naturelle a été d'apprécier le
commencement de polymérisation pour pouvoir stabiliser l'oxydat au taux maximum d'hydropéroxydes
avant décomposition (réduction par du sulfite de sodium).

Autoxydation optimisée sur le (·)-a-pinène


Le terpène modèle choisi à partir de nombreuses expériences a été l'cx-pinène.

Appareillage utilisé :
.r-I'
réfrigérant

débit 02= 150mVmn


....-------....... comrole T"'

monoterpène
--+-------....;;....i bain d"huile
barbotage 02 (cr~pinc) thermostalé

L'autoxydation est réalisée sur 50 g de(-) cx-pinène de façon à obtenir une quantité d'oxydat et de produit
après réduction suffisante pour les tests antimicrobiens.

Différents paramètres ont été étudiés, notamment le temps, la température et les catalyseurs.

236
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Une autoxydation par barbotage d'oxygène sur notre monoterpène modèle le (-) a.-pinène conduit à
température ambiante sans catalyseur à des produits d'oxydation dans des pourcentages relatifs
comparables à ceux d'une autoxydation naturelle de 4 semaines.

Comparaison des produits d' autoxydation naturelle et forcée du (-} cx-pinène


par barbotage d'02 à température ambiante.
Produits autoxydatlon % produit autoxydatlon % produit autoxydatlon
(-) cx-pinène par barbotage 0 2 naturelle
50 g (96 H) 50 g (4S)
N°l 16,5 16,8
N°2 0,5 1,1
N°3 0,8 0,9
N°4 12,1 12,l
N°S 3,3 2,9
N°6 13,4 15,4
N°7 5,2 5,2
N°8 2,6 4,4
N°9 2,0
N° 10 2,0 2,5
Autres produits 43,6 36,7
d'oxydation+ ROOH

Les principaux produits obtenus sont les suivants :

t&o
OH

~ !
65
~ l
@
i
CIC -pÏlWle lp:>Xyde Il -IWne ép:>xyde pillocuvone tœispin-3..,.n..2-ol

~
©œ ~ ~ z.
r0B
~
~
transpblocamol ~Ibénol wibénone ll\frltnol

BO~ Gr~
2 10
tlan9:amol plllane.,2,3 diol

237
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Si l'on désire une fonctionnalisation maximale des terpènes, on se place dans les conditions suivantes :
produit pur, température 80 °C, durée 2 heures; catalyseur <X, <X'-azodiisobutyronitrile (2 p. 100).

Les autres monoterpènes ont été étudiés dans les mêmes conditions et nous pouvons donner à titre
d'exemple les cinétiques d'autoxydation à 80 °C en présence du catalyseur AIBN. Les oxydats ont été
réduits et conduisent à des mélanges d'alcools et de cétones identifiés par coupage CPG/SM.

Cinétiques d'autoxydations des monoterpènes à 80 °C en présence du


catalyseur AIBN (a, a'-azodiisobutyronitrile):
Photo-oxydation
.. ····- .. ·-·--1
optimisée - %COOVAtSIOO
1001 -·-··------ .: ~--

!
L'appareillage utilisé
pour cette étude est un 90 f----· ,/./
réacteur en verre pyrex
de 250 ml équipé d'une
lampe à vapeur de
mercure moyenne
+
,.f-
/r
YI --- /
pression (450 W). Le
réacteur est équipé d'un
'°~-- 3;/ --1 1

so~---- !/ ! /~'-----·-·
réfrigérant et d'une
circulation d'eau froide
à travers les parois, ce ....
qui permet de travailler ;} /" 5
à température ambiante.
L'oxygène est diffusé '°f 2/t .... y-.. ·-·
-'f / /

dans la solution par


barbotage sous agitation. ;o f--·-
!
'
-f '
J
1·· .
Le (-) <X-pinène a été
utilisé pour l'étude , . r.r
i
. ,
.._. :' __ _;__"~
d'optimisation. À la
différence des auteurs lU
... / ~
!];/,..;/
qui ont étudié des '

·'
cinétiques sur- des o . J L_ .1 - __J __ _ ;_ ___ _L __ _j__ . ;_,
solutions très diluées, 0 ... '-5 2.5 l.>
' .
ternps(H)
nous avons toujours (+11.l.lcarène
1:
réalisé nos travaux en 2: (•·)limonène
solutions concentrées de 3: ( 1o: pinènc
-4: (+)a pinène
façon à obtenir une 5: I·) I! pïnftne
quantité suffisante de
produits pour les tests antimicrobiens et pour une éventuelle application en synthèse industrielle.

Dès les premiers essais nous avons mis en évidence que la photo-oxydation ne permettait pas d'obtenir
un bon modèle de vieillissement naturel et nous nous sommes orientés vers une photo-oxydation optimisée
dans le but d'une fonctionnalisation la plus importante du terpène considéré.

Les différents paramètres étudiés ont été les suivants : la température, le choix et la concentration du
sensibilisateur, le choix du solvant et l'influence du monoterpène substrat.

238
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Les sensibilisateurs colorés ont


été le bleu de méthylène plus
efficace que le rose de Bengale ):lm('<: à ~':IJ"CUI <k 1-ig
dans l'acétonitrile. moyenne pression

Des résultats comparables ont


été mis en évidence en réalisant
une photo-oxydation en présence
d'un sensibilisateur pauvre en
électrons, le 9, 10-dicyano-
anthracène (DCÀ).

Après réduction par le N~S03 ,


il est possible d'isoler comme
produit majoritaire le
trans-pinocarvéol.

Les autres monoterpènes ont été photo-oxydés dans les mêmes conditions et donnent des taux de
conversion très acceptables.

Trois voies de synthèse peuvent être dégagées de nombreux résultats : le (+) a-pinène comme son
stéréoisomère conduit au transpinocarvéol; le(-) ~pinène donne le myrténol; le myrcène pennet d'obtenir
un mélange de deux myrcénols isomères.

Influence de
différents ··-· ·----- - - - - - - - - - - - - ·
'%conversi0n
sensibilisateurs --?""'-- ~~~---- ... -- - ·-
colorés en
photo-oxydation •
du(-) a-pinène : ,.

..
..

1
• 1emps(f

--·-
J0 ) b V + 0:z

(·) a pinène

239
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

_..-----·-· -·
90 -- . --·- - · ·--.

5 .
._,__,,_
... - -4-~:,~__.... ..::;,:·.:
..-·· .. ·
6 ..•-·.··· ....
Photo-oxydation des 10 .. ·---+----/ -~·-/
monoterpènes sensibilisée
par le bleu de méthylène
(MB) dans CH3CN 30 . -...-'-------·------··-
g/200 cc CH3CN + 0,5 g
MB: .!O ·- "";.:_i~ - · · · - - - · --·

____ ···----
;:, .-_,..

1
i
-1
1
L . .L. _J
temps(H)
0 U.5 1.S 2 l.S 3 J s • •.S
1: (+)limonène
2. (+)apinènc
3:
4-
(-) °'
pinàne
(+)6lcarène
S: (-) 8 p;nène
6: myrcène

Photo-oxydation de trois
monoterpènes suivie de réduction :
A
t:LJ trwls:pinocar.oêol

myr1éll01

( -) 13-piiWœ

myrcèœ (is:olfl\oTCénol)
m'l"Oénols: isomères:

Ces synthèses comparées à celles de la littérature (34 - 39) apparaissent comme tout à fait compétitives.

Le myrténol possède des propriétés aromatiques et olfactives agréables et recherchées en parfumerie; il


en est de même du transpinocarvéol.

240
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Application des études précédentes


Autoxydation
Notre laboratoire a d'une part montré que les huiles essentielles de pin sylvestre et de douglas contiennent
de nombreux terpènes dont les majoritaires sont les monoterpènes mentionnés précédemment (40) et
d'autre part mis en évidence une exaltation de l'activité antimicrobienne de ces huiles en fonction de leur
autoxydation (3 - 4).

L'autoxydation optimisée nous a pennis d'obtenir sur ces deux huiles des pourcentages en produits
d'oxydation comparables à ceux mis en évidence dans des huiles autoxydées naturellement

Produits d'autoxydation de l'huile essentielle de pin sylvestre après réductioIL


% produits d'oxydation % produits d'oxydation
ramenés à 100 % ramenés à 100 %
Composé autoxydation naturelle autoxydation optimisée
a-pinène époxyde 4,09 2,32
limonène-1,2-oxyde 0,71 2,87
~-pinène époxyde 1,93 1,25
trans-car-4-én-3-ol 0,91 0,62
pinocarvone 1,89 1,97
nopinone 0,71 0,69
trans-pin-3-én-2-ol 4,88 2,98
myrténal 3,03 2,63
trans-pinocarvéol 10,0 6,41
trans-verbénol 18,5 19,4
verbénone 2,83 2,68
trans-car-2-én-4-ol 4,65 1,63
carvone 3,90 4,75
myrténol 11,2 13,2
trans-car-3(10)-én-4-ol 7,09 1,59
nérol
géraniol } 23,7 } 33,9

Produits d'autoxydation de l'huile essentielle de douglas après réductioIL


% produits d'oxydation % produits d'oxydation
ramenés à 100 % ramenés à 100 %
Composé autoxydation naturelle autoxydation optimisée
a-pinène époxyde 8,22 15,5
limonène-1,2-oxyde 0,71 1,23
~-pinène époxyde 1,05 4,35
cis-pin-3-én-2-ol 0,47 0,35
pinocarvone 1,80 1,19
nopinone 1,19 2,87
trans-pin-3-én-2-ol 7,70 3,61
myrténal 3,09 5,40
cis-p-mentha-2,8-dién-1-ol 2,24
trans-pinocarvéol 12,7 9,46
trans-verbénol 25,7 21,4
verbénone 8,27 8,76
carvone 2,70 0,42
myrténol 10,8 18,9
trans-carvéol 0,57 2,52
alcool périllique 0,90 1,79

241
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Quinze mélanges d'oxydation ont été testés en activité antimicrobienne vis-à-vis d'Escherichia coli. Nous
donnons ci-dessous quelques exemples.
Exemple de déterminations des CMI après vieillissement optimisé.
Produits testés vis-à-vis CMI Initiale CMI des produits testés
d'Escherichia coli ml/ml (ml/ml)
Autoxydation optimisée >15 1,8
du pin sylvestre
T 0
: 80 °C + 1 g AIBN ; 50 g (2h)
Réduction autoxydation optimisée > 15 10,0
du pin sylvestre ·
T 0 : 80 °C + 1 g AIBN ; 50 g (2h)
Autoxydation optimisée du douglas 6,9 2,1
T 0 : 80 °C + 1 g AIBN ; 50 g (2h)
Réduction autoxydation optimisée 6,9 8,4
du douglas
T 0 : 80 °C + lg AIBN ; 50 g (2h)

Sur les quatre exemples ci-dessus, on constate une diminution d'activité sur les compositions
d'autoxydation après réduction par rapport aux compositions d'autoxydation non réduites, ces dernières
étant plus actives que les compositions initiales.

La présence d 'hydropéroxydes instables susceptibles d'engendrer la fonnation d'entités radicalaires pourrait


être à l'origine de l'activité antimicrobienne des compositions d 'autoxydation.

Photo-oxydation
Les huiles essentielles de pin sylvestre et de douglas riches en ex et 13-pinènes conduisent nonnalement aux
alcools monoterpéniques attendus : le transpinocarvéol et le myrténol en accord avec nos travaux
précédents.

Photo-oxydations des huiles essentielles de pin sylvestre et de douglas après réduction au NaiS03 :

Huile essentielle
Pin sylwstre
0- OH ,_.,i..oanoiol (40 ")

trar1Spit:10carwol (15 ~)

Huile essentielle
Douglas

(23 ~)

242
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Conclusions dans l'optique de la valorisation de la biomasse


Cette communication n'avait pour but que de vous présenter quelques résultats dans le domaine de
l'autoxydation et de la photo-oxydation de terpènes d'huiles essentielles. Ce travail fera l'objet de
publications plus détaillées. Que peut-on en retenir dans le but d'une valorisation?

Comme je le mentionnais dans mon introduction, de nombreux pays produisent des huiles essentielles
issues de la biomasse dont le cours fluctue én01mément.

En parallèle à la vente de tels compositions, des voies de valorisation peuvent apparaître : en étudiant les
propriétés antimicrobiennes ou antifongiques de ces huiles, propriétés pouvant être différentes de celles
des végétaux correspondants; en recherchant des améliorations de ces activités par autoxydation; en tentant
de produire des petites quantités de molécules nouvelles ou connues, mais plus rentables, par des réactions
de photo-oxydation.

Les cas précités ne sont que des exemples, des pistes de travaux de recherche fondamentale ou appliquée.
Cette démarche pourrait être reprise sur des extraits aux solvants, aux micro-ondes etc.

Les réactions sont des mécanismes complexes mais d'application relativement facile. L'identification
nécessite quelques moyens d'analyse ou de bonnes collaborations, ce qui existe bien évidemment au sein
de votre assemblée.

Références
1. J.C. CHALCHAT, R.Ph. GARRY, A. MICHET, P. BASTIDE et R. MALHURET. Corrélation composition
chimique / activité antimicrobienne. 1- Activité de l'huile essentielle de pin sylvestre à chémotypes différents
vis-à-vis d'Eschertchia coli. Plantes Médicinales et Phytothérapie, 1987, 21, (1), 26.
2. J.C. CHALCHAT, R.Ph. GARRY, A. MICHET, P. BASTIDE et R. MALHURET. Corrélation composition
chimique/ activité antimicrobienne. II- Activité de trois huiles essentielles de résineux vis-à-\TÏ.s de deux souches
. bactériennes. Plantes Médicinales et Phytothérapie, 1987, 21, (3), 2()1).
3. J.C. CHALCHAT, R.Ph. GARRY, A. MICHET, P. BASTIDE et R. MALHURET. Corrélation composition
chimique / activité antimicrobienne. ID- Influence du vieillissement naturel et provoqué sur l'activité de trois
huiles essentielles de résineux vis-à-vis d'Escherichia coli. Plantes Médicinales et Phytothérapie, 1987, 21, (3),
218.
4. J.C. CHALCHAT, R.Ph. GARRY, A. MICHET, P. BASTIDE et R. MALHURET. Corrélation composition
chimique/ activité antimicrobienne. IV- Comparaison de l'activité d'huiles essentielles naturelles et oxygénées
vis~à-vis de six souches. Plantes Médicinales et Phytothérapie, 1989, 23, 55.
5. J.C. CHALCHAT, R.Ph. GARRY, A. MICHET, P. BASTIDE et R. MALHURET. Corrélation composition
chimique/ activité antimicrobienne. V- Contribution à la comparaison de deux méthodes de détermination des
CMI. Plantes Médicinales et Phytothérapie, 1991, 25, (4), 184-193. .
6. L. LOHBARD, A. KOHLER, « Étude dans le domaine de l'autoxydation », Bull. Soc. Chim., 1954, 639-644.
7. G.S. FISCHER, R.N. MOORE, C. GOLUMBIC, « Autoxidation of cx-pinène », J. amer. chem. Soc., 1956, 1Q.
1173-1176.
8. PJ. MARTINEZ DE LA CUESTA, E.R. MARTINEZ, A. JUSTICIA MEDINA, Y.A. SOLIAS LARIUO,
« Oxidacion de cx-pineno en fase liquida con oxigeno molecular »,Anales de Chimica, 1986, ~ 298-300.
9. E. MONTAUDON, H. FRANCOIS, R. LALANDE, « Autoxydation du ~-pinène en présence d'anhydride
acétique »,Bull. Soc. Chim., 1969 (8), 2773-2778.
10. E. MONTAUDON, « Autoxydation de divers hydrocarbures insaturés en milieu anhydride acétique», Bull. Soc.
Chim., 1972 (10), 3797-3807.
11. V. EROFEEV, AI. CHIRKO, Ser. Khim., 1955 (24), 3-15.
12. M. GARNIER, A. GAIFFE, Cr. Acad. Sc., Paris, 1967, 264, 1065-1069.
13. L.R. BOHE, R.O. PIAGENTINI, « New studies on the autoxidation of cx-pinene », Essenze Deriv. Agrum., 1983,
53 (4), 492-500.

243
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

14. P J. MARTINEZ DE LA CUESTA, E.R. MARTINEZ, Y.F. GARCIA HERRUZO, « Oxidacion de a pineno en
fase liquida en presencia de azo-diisobutyronitrilo como initiator »,Anales de Chimica, 1984, 80, 262-266.
15. G. WINDMARK, « Autoxidation of(+) limonène », Arkiv. For Kemi., 1957, l!, 22, 211-218.
16. A. BLUMAN, H. FARNOW, F. PORSCH, « Autoxidation of limonene », J. Chem. Soc., 1965, 2990.
17. R.A. BERNHARD, A.G. MARR, «The autoxidation of terpenes. Mechanism and reaction products of
D-limonene autoxidation »,Food Res. USA, 1960, i, 417-430.
18. E.E. ROYALS, S.E. HORNE, J. Amer. Chem. Soc., 1955, 1L 187, et 1951, 73, 5856.
19. G.0. SCHENCK, G. OHLOFF, S. SCHROETER, « Zur Autoxydation der(+) limonens », Liebigs Ann. Chem.,
1965, 687, 27-29 et 1964, 674, 93-117; Angew. Chem., 1964, 76 (13), 582-583.
20. G. WINDMARK, S.G. BLOHM, « A comparative study of the autoxidation ..13-carene, a-pinene, ~-pinene, and
(+) limonene »,Acta Chem. Scand., 1957, 11.. 2, 392-393.
21. D.A. BAINES, W. COLKER, « Autoxidation of(+) M carene », J. Chem. Soc., Perkin J., 1975, 2232-2237.
22. M. PFAU, «La fotochimical nel campo dei monoterpenie die profotti affini »,Rio. Ital. Essenze Profumi, 1961,
175-190.
23. C.W. JEFFORD, A.F. BOSCHUNG, R.M. MORIARTY, «The reaction of singulet oxygen with a-and
~-pinènes », Helv. Chem. Acta, 1973, 56 (7), 2649-2659.
24. J. SANTAMARIA, « Phot<H>xygénation de composés aromatiques sensibilisés par des accepteurs d'électrons »,
Tetrahedron letters, 1981, 22 (45), 4511-4514.
25. J. SANTAMARIA, R. OUCHABANE, « Photoxydations par transfert d'électrons. Photoxydations sensibilisées
par le diazano-9,10 anthracène », Tetrahedron, 1986, 42 (20), 5559.
26. B. ZHANG, Y. MING, J. CHEN, Y. CAO, « 9,10-diazanoanthracene sensitized photoxidation in carbon
tetrachloride », Kexue Tongbao, 1986, 11 (22), 1543-1546.
27. K. GOLLNICK, G. BUCHEWALD, G.O. SCHENCK, « Zur Chemischen and sterischen selektiritat der
photosensibilisation 0 2 uber tragung ar (+) limonene and (+) carvomenthen », Ann. Chem. Dtsch, 1964, fil,
93-117.
28. T. SATO, E. MURA YAMA, « The unsensitized photoxidation of(+) limonene, 1,2-diméthyl cyclohexene and
endo dicyclopentadiene »,Bull. Soc. Chem. Jap., 1974, 47 (3), 715-719.
29. K. GOLLNICK, « 9,10- DCA sensitized photooxygenation of a,a' -diméthylotilbenes », Photochem. Photobiol.,
1986, 49 (4), 365-378.
30. Y. CAO, W.B. ZHANG, Y.F. MING, XJ. CHEN, « Singlet oxygen reactions in cyanoaromatic sensitized
phot<H>xidations »,Journal of Photochemistry, 1987, 38, 131-144. -
31. G.0. SCHENCK, S. SCHROETER, G. OHLOFF, « Photosensitized oxidation of(+) ..13-carene », Chem. and
Ind., 1962, 459.
32. G.0. SCHENCK, K. GOLLNICK, S. SCHROETER, Liebigs Ann. Chem., 1965, 687, 14.
33. K. KONOO, M. MATSUMOTO, « Sensitized Photooxygenation of linear monoterpenes bearing conjugating
double bonds», J. Org. Chem., 1975, 40 (5), 2259-2260.
34. DUPONT, ZAÇHAREWICZ, DULOU, Bull. Soc. Chim. Fr, 1955, ~ (2), 533.
35. A. KERGOMARD, Clermont-Ferrand, France, brevet Fr 2 267 296.
36. J.K. CRANDALL, C.L. LUAN HO, J. Amer. Chem. Soc., 1967, 89, 4527.
37. J.K. CRANDALL, C.L. HUAN HO, J. Org. Chem., 1967, 32, 439 et 1968, 33, 2375.
38. R. KOCH,« Zur untersuchung von pathogenen organismen », Mitt. Kaiserl Gesundh., 1881, 1., 234.
39. M. CHAMBERLAND, «Les essences au point de vue de leurs propriétés autiseptiques », Ann. Inst. Pasteur.,
1887, !, 153-154.
40. J.C. CHALCHAT, R.Ph. GARRY et A. MICHET. Huiles essentielles de résineux d'Auvergne: pin sylvestre,
épicéa, sapin pectiné et de Vancouver, douglas. Parf. Cosm. Arômes, 1986, 69, 55.

244
;

EVALUATION DES BESOINS ET ASSOCIATION DES POPULATIONS DANS LA


RECHERCHE SUR LES PRODUITS NATURELS PAR LA MÉTHODE DE RRA (RRAPID
RURAL APPRAISAL)

A.J. NIANOGO
Université de Ouagadougou, Burkina Faso

Résumé

Les populations doivent être associées au processus de recherche, depuis le début : de la détennination des besoins
de recherche au test de technologies. Cette participation peut prendre plusieurs fonnes. Dans tous les cas, elle garantit
une meilleure réceptivité des paysans vis-à-vis des technologies éventuellement élaborées.

La présente communication décrit l'enquête infonnelle et en discute les avantages et les inconvénients, par rapport
à d'autres méthodes d'enquête ou de transfert de technologie. Son efficacité est en partie liée à son coût réduit et
à sa rapidité.

Introduction
Les produits naturels participent à la satisfaction de besoins de première nécessité (médicaments, aliments)
ou en facteurs de production (colorants) chez les producteurs; d'autre part, ils procurent un revenu
substantiel aux producteurs, malgré un investissement généralement faible.

La recherche menée sur ces produits est donc à priori, très utile; cependant, les véritables questions sont
les suivantes :

1. Comment s'assurer que le chercheur travaille effectivement sur des sujets répondant bien aux soucis
des populations concernées ?

2. Comment faire en sorte que les technologies élaborées par le chercheur soient effectivement adoptées
par ces populations ?

Ce qui est certain, c'est que l'association des groupes cibles aux projets de recherche devrait contribuer
à circonscrire ces questions.

À propos de la détermination des besoins de recherche


La participation des communautés au processus de recherche doit commencer au moment de la définition
des besoins et des priorités de recherche. Bien entendu, certains volets (identification de principes actifs,
détermination des principales propriétés des substances concernées, etc.) de la recherche se déroulent en
laboratoire, mais il existe de nombreux aspects qui doivent permettre l'association des populations. Par
exemple, il n'est pas possible de faire l'étude des procédés traditionnels de transformation sans la
collaboration des producteurs; et cette participation ne peut être pleine et entière que si le producteur
maîtrise effectivement les objectifs de la recherche entreprise.

245
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

La valorisation des connaissances paysannes doit être une priorité. Car selon Chambers et Jiggins (1986),
le savoir technique endogène présente deux avantages par rapport à la connaissance scientifique. Le savoir
de l'agriculteur est très vaste : non seulement il comprend l'ensemble des systèmes de production agricole,
mais il englobe aussi les relations externes telles que les relations de marché. Le savoir scientifique
s'oriente plutôt vers un fragment particulier du système dans son ensemble.

De l'adoption de nouvelles technologies


La facilité avec laquelle une nouvelle technologie sera adoptée dépend en fait de plusieurs facteurs. Le
plus important, peut-être, sera l'adéquation entre la technologie proposée et les besoins du producteur :
efficacité sur le- plan technique, co6t et durabilité, simplicité en relation avec le niveau technique du
producteur, compatibilité avec les mœurs et les coutumes.

Dans un ouvrage intitulé « Méthodes participatives de développement de technologies. Implication


théoriques et pratiques »,Van der Kamp et Schuthof (1989) insistent sur le fait que l'une des meilleures
voies est certainement l'association des paysans à l'ensemble du processus de recherche. Van der Kamp
et Schuthof (1989) définissent plusieurs niveaux d'engagement du groupe-cible, allant de la situation où
le groupe-cible n'est pas du tout engagé, à celle où il est capable de prendre les décisions de manière
autonome.

Le degré d'implication du groupe-cible dépendra de la disponibilité de celui-ci sur le plan


socio-économique et culturel, et du stade auquel on se situe au niveau du programme de recherche.

Ces questions démontrent la nécessité d'une recherche adaptée et participative sur les produits naturels.
Seulement, comment s'assurer que l'on reste collé aux réalités d'un groupe de population? Plusieurs
techniques peuvent être utilisées : les sessions d'échanges entre chercheurs et producteurs, les techniques
traditionnelles d'enquête, et l'enquête informelle.

L'instance spéciale
Plusieurs institutions de recherche ont
développé des modèles particuliers de
transmission de l'information entre
chercheurs et paysans. Dans le cas de
l'Institut d'étud~s et de recherches
agricoles (!NERA) du Burkina Faso,
l'instance appelée « COMITÉ
TECHNIQUE » a été adoptée.

Il s'agit d'une rencontre périodique


regroupant les chercheurs, les agents
chargés de la vulgarisation, les
décideurs, les ONG concernées, et des
représentants des producteurs. Lors de
ces instances, les chercheurs présentent
les résultats de recherche auxquels ils
--------·------- - - ---'

sont parvenus; ces résultats sont Figure 1. Relations entre participants lors du « comité technique ».
appréciés par tous les participants, en
particulier les paysans, qui peuvent donner une opinion sur la pertinence des programmes de recherche
(par rapport à leurs soucis à eux), et sur l'adéquation entre les solutions des chercheurs et leurs contraintes
réelles. Les paysans mettent aussi en évidence les nouveaux problèmes qu'ils rencontrent, donnant ainsi

246
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

l'occasion au chercheur de recenser les contraintes pouvant faire l'objet de nouveaux projets de recherche.
Bien entendu, les vulgarisateurs, les ONG et les décideurs présents participent aussi aux discussions.

Ainsi, ces instances pennettent une discussion des résultats de recherche, l'évaluation du travail du
chercheur par son groupe-cible et l'élaboration de nouveaux projets de recherche.

L'enquête formelle
Selon Theis (1989), la recherche par enquête est la méthode la plus populaire de recherche sociale, à cause
de ses techniques de recherche qui, à la fois fonnelles et nonnalisées, produisent des données
quantifiables, représentatives, vérifiables et comparables, et que l'on peut analyser statistiquement. Les
enquêteurs ne sont pas appelés à prendre des décisions individuelles et empiriques, et lorsqu'ils sont
adéquatement fonnés, ils peuvent rassembler des données sans que le chercheur principal n'ait à prendre
part à la collecte des données sur le terrain.

L'enquête qui doit s'appuyer sur un questionnaire précis, peut avoir une durée relativement longue. Ce
genre d'enquête peut être utilisé pour l'identification des besoins de recherche et des priorités de
recherche. Cependant, compte tenu de certaines contraintes (notamment de temps et de financement),
beaucoup de chercheurs se tournent vers des méthodes moins fonnelles.

L'enquête informelle
Cette technique d'enquête, qui est relativement nouvelle, prend plusieurs fonnes et appellations : « Rapid
Rural Appraisal » (RRA), SONDEO, Méthode accélérée de recherche participative (MARP), etc. La
philosophie, les approches et les méthodes corurues actuellement sous le sigle « RRA » ont commencé à
fusionner vers la fin des années 1970 (Chambers, 1990). C'est seulement vers la fin des années 1980 que
la méthode sera vraiment reconnue comme perfonnante, originale, et même parfois incontournable.
Cependant, elle n'est utilisée que depuis le début des années 1990 par les pays francophones d'Afrique.
D'ailleurs, le CROI a joué un rôle important dans sa vulgarisation, en organisant au Sénégal en 1990 un
atelier de fonnation des fonnateurs, puis en finançant des ateliers de fonnation dans plusieurs pays ouest
africains. Quelques manuels de fonnation ont d'ailleurs éventuellement été produits suite à ces ateliers
(B. Gueye et Freudenberger, 1992).

Le RRA est une méthode sans questionnaire pré-établi, et qui met l'accent sur l'opinion des populations.
On distingue plusieurs types de RRA : le RRA exploratoire, le RRA thématique, le participatoire et le
RRA d'évaluation et de monitoring.

Étapes du RRA
1. Préparation : définition des objectifs du RRA
choix des acteurs (équipe pluridisciplinaire);
choix du site et de la période;
identification et collecte des données secondaires (publications de tout genre);
préparation du groupe-cible.

2. Phase initiale : elle peut être décomposée en plusieurs tâches


revue de la méthode RRA (il s'agit de faire en sorte que les participants s'accordent bien sur la
manière d'aborder le groupe-cible);
exploitation des données secondaires; on y recherche une description acceptable du milieu
physique et humain, en mettant l'accent sur les potentialités et les contraintes s'il y a lieu;

247
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

enfin, on prépare un ensemble de questions à aborder durant le premier jour de contact avec le
groupe-cible.

3. La phase itérative : elle peut être décrite comme la succession répétée des opérations
de collecte, traitement et discussion de l'information;
de mise en commun et discussion des résultats en salle.

4. La phase finale : on peut distinguer quatre tâches dans cette phase


la synthèse des informations recueillies;
la restinition des résultats sur le terrain, à des représentants du groupe-cible;
la rédaction d'un rapport final tenant compte des remarques du groupe-cible (obtenues lors de la
restitution);
le dépôt d'une copie du rapport aux endroits les plus significatifs : le village-site, les organismes
étatiques ou privés intervenant dans le village.

5. Après l'enquête
Il s'agit de la phase où l'on tire des leçons de l'enquête, par exemple, en rédigeant un projet de
recherche (RRA exploratoire et thématique), ou encore en faisant des changements au niveau des
objectifs ou de l'approche dans un projet en cours (RRA de monitoring ou d'évaluation), etc. Dans
certains cas, l'enquête informelle précède et prépare une enquête plus formelle; celle-ci peut alors être
mieux ciblée et plus efficace.

Caractéristiques et outils du RRA


La triangulation L'on recherche un degré de précision en se basant sur une diversification des sources
d'information. Ainsi, l'équipe doit comprendre des personnes de plusieurs disciplines différentes et
des deux sexes; on doit utiliser différentes méthodes (observation directe, interview) pour vérifier
certaines informations importantes; et on doit également interviewer des personnes représentant
différentes catégories sociales, différentes ethnies, etc.

L'ignorance optimale Il n'est pas nécessaire de savoir absolument tout Il revient aux chercheurs de
déterminer au fur et à mesure de l'avancement de l'enquête, les questions qui méritent d'être
approfondies et celles qui n'apportent pas d'information nouvelle et utile.

La multidisciplinarité Elle garantit une combinaison de points de vue permettant de cerner tous les
aspects d'une question donnée et de l'approfondir à souhait, l'expertise nécessaire étant disponible.

L'absence d'enquêteurs Contrairement à l'enquête formelle, il n'y a pas d'enquêteur; le chercheur


intervient lui-même. Compte tenu de son niveau généralement élevé de formation, il est capable
d'apprécier le déroulement de l'enquête et de le moduler si cela s'avérait nécessaire.

La flexibilité Le plan, les méthodes, les points focaux du RRA sont révisés à mesure que l'étude RRA
progresse.

L'observation directe Il s'agit d'observer, d'enregistrer et d'analyser les objets, les processus, les
personnes, les comportements et autres événements.

248
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Résultats obtenus lors de RRA

Lors des RRA exploratoires, on aboutit le plus souvent à deux types de recommandations : celles visant
une action directe de développement, et celles s'adressant aux chercheurs. Ainsi lors d'un RRA effectué
à Kébé Ansou (Sénégal), le renforcement des infrastructures scolaires, la vulgarisation des foyers améliores
et l'instauration d'un système d'épargne-crédit appuyé par l'État et les banques ont été recommandés;
d'autre part, tenant compte de l'importance socio-économique de l'élevage dans ce village, le RRA a
également recommandé une étude sur les possibilités d'amélioration des systèmes d'élevage; cette étude
devait mettre l'accent sur l'augmentation de la production fourragère, la gestion rationnelle des ressources
fourragères et la mise au point d'une stratégie de lutte contre les ectoparasites et les principales pathologies
du bétail (CROI, 1990).

Dans un autre cas (Kambou et al., 1991), des suggestions ont été émises en direction de plusieurs groupes
ou institutions qui ont été récipiendaires du rapport final :

les organismes privés (ONG) ou étatiques faisant de la vulgarisation agricole;


l'administration territoriale;
les paysans (il s'agit là d'initiatives qui sont jugées être à la portée des paysans, même sans
intervention extérieure);
les chercheurs.

Atouts et insuffisances de la méthode RRA


La méthode présente plusieurs avantages : l'enquête ne prend que peu de temps (1 à 4 semaines), elle est
de coüt réduit et il y a une meilleure participation du groupe-cible.

Lors d'une évaluation de la méthode, les participants à un atelier de formation ont estimé que la méthode
pennet de tester ses connaissances et de se tester soi-même. Ils ont également jugé que la méthode
optimalise la pluridisciplinarité, surtout pour les problèmes multidimensionnels (URSPA/CRDI, 1991).

Cependant, la méthode comporte aussi des points faibles :

ce type d'enquête fournit essentiellement des infonnations de nature qualitative; d'autre part, la
composition de l'équipe de chercheurs doit être judicieusement choisie, de manière à ne pas biaiser
l'enquête;
des participants ont également eu à remarquer qu'il y a un danger à vouloir aller trop loin, ou à
s'égarer des objectifs principaux à cause de la très grande souplesse de la méthode (URSPNCRDI,
1991);
l'efficacité de la méthode dépend avant tout de l'esprit d'équipe et de la maîtrise de la fonnation.

Adaptation pour les produits naturels


Les travaux présentés durant ce colloque portent sur des produits collectés par des paysans, transfonnés
par des artisans; ils sont ensuite exportés ou alors utilisés par des artisans (comme facteurs de production),
ou par la population locale. La valorisation d'un produit naturel bénéficiera donc au collecteur (qui va
pouvoir vendre plus de produit), à l'artisan (qui va améliorer sa technique d'extraction ou de
transformation) et au consommateur du produit (qui pourrait être plus disponible et de meilleure qualité).

La méthode devrait donc pouvoir être appliquée à la recherche sur les produits naturels comme elle l'est
déjà pour les produits dits agricoles; il peut être utile de faire des modifications pour l'adapter à des

249
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

situations particulières; d'ailleurs les auteurs qui décrivent le RRA insistent sur le fait qu'il s'agit d'une
méthode en constante mutation.

Le RRA pourrait notamment être utilisé :

comme point de départ pour la conception d'un projet adapté; on effectue alors un RRA, sans
orientation thématique préalable (RRA exploratoire), ou bien on concentre l'enquête sur des techniques
ou des produits existants, les produits effectivement utilisés, l'ampleur de la demande les concernant
et les principales contraintes y afférantes;

comme moyen pour s'assurer de la participation d'un groupe-cible à un projet (RRA participatoire);

comme référence pour l'évaluation d'un projet (RRA d'évaluation ou de monitoring).

Conclusion
L'association des populations à toutes les phases de la recherche rend plus probable l'adoption des
nouvelles technologies, celles-ci ayant plus de chance de répondre aux besoins. Le RRA est une méthode
qui peut être utilisée pour identifier les besoins de recherche ou pour accentuer la participation d'un groupe
donné à un projet de recherche. Il peut enfin être employé pour évaluer un projet afin d'opérer les
changements d'orientation nécessaires.

Bibliographie
1. Chambers, R. 1990. Diagnostic rapide et participatoire sur terrain rural. Hyderabad, Inde, 8 p.
2. Gueye, B. et K.S. Freudenberger. 1992. Introduction à la méthode accélérée de recherche participative (MARP).
Quelques notes pour appuyer une fonnation pratique, 67 p.
3. Chambers, R. et Jiggins, J. 1986. Agricultural research for resource poor farmers: a parsimonious paradigm.
Discussion paper, Institute of development studies at the University of Sussex, Brighton, Roayume-Uni, p. 35.
4. CRDI. 1990. Étude de la communauté villageoise de Kébé Ansou selon la méthode du RRA. CRDI Dakar, 29 p.
5. Kambou, F., AJ. Nianogo, J. Ouedraogo, M. Somda, M.C. Sorgho et H.Y. Ye. 1991. Étude diagnostique de
Sambonay par la méthode du RRA. INERNCRDI Ouagadougou, 31 p.
6. URSPA/CRDI. 1991. Enquêtes villages Makaba et Koulila par la méthode RRA. Unité de recherche sur les
systèmes de production animale du Congo. CRDJ/Canada, 44 p.
7. Ministère de !'Environnement et du Tourisme. 1990. Étude de l'approche participative appliquée dans le
programme national de foresterie villageoise. Compte rendu de la démarche. Direction générale des eaux et
forêts. Direction de sensibilisation, vulgarisation et formation. Ouagadougou, 46 p.
8. Kohler, J.M. 1971. Activités agricoles et changements sociaux dans l'Ouest Mossi (Haute V9lta). ORSTOM Paris,
248 p.
9. Reddy, K.C., A. Berrada et A. Bonkoula (sous la dir de). 1988. Manuel de l'expérimentation en plein champ, à
l'usage des cadres de développement agricole. Première édition. INRAN, B.P. 429, Niamey, NIGER, 156 p.
10. Theis, J. 1989. Manuel d'utilisation des techniques d'évaluation rapide en milieu rural dans la planification, le
monitoring et l'évaluation des projets de dévelopement à base communautaire. Save the Children Federation/US.
Khartoum, Soudan, 127 p.
11. Van der Kamp, J. et Schuthof, P. 1989. Méthodes participatives de développement de technologies. Implications
théoriques et pratiques. PRAAP/FRAO. Wageningen, 66 p.

250
LE NOUVEAU CROI ET LES NOUVELLES DONNÉES DU FINANCEMENT DE LA
RECHERCHE DANS LE TIERS-MONDE

Serge DUBÉ
Centre de recherches pour le développement international
B.P. 62084, Nairobi, Kenya

Introduction
Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) est un organisme canadien à
caractère international créé en 1970 pour contribuer par la recherche à l'essor des pays en développement.
Le CRDI est essentiellement un organisme de financement de la recherche et il a, depuis 1970, financé
environ 4000 projets dans plus de 100 pays, apporté son concours à de multiples réseaux de recherche,
subventionné de nombreuses publications en matière de développement, organisé un grand nombre de
séminaires et de colloques internationaux et financé la formation de milliers d'étudiants du Tiers-Monde.

Les changements intervenus dans les relations Nord-Sud ont cependant amené le CRDI à revoir
périodiquement ses orientations, en 1980, en 1985 et plus récemment, en 1992. La dernière restructuration
a pour but de permettre au CRDI d'accroître l'efficacité de son aide et de mieux cibler ses objectifs, pour
tenir compte de facteurs importants comme le respect des droits de la personne, de l'environnement et du
rôle de la femme, des bouleversements géopolitiques des dernières années, de la mondialisation des
échanges, de la diminution des ressources disponibles pour l'aide internationale, etc.

La nouvelle stratégie
La nouvelle stratégie, qui a été énoncée dans un ouvrage intitulé « S'affranchir par le savoir», a été
approuvée par le Conseil des gouverneurs en 1991. Dans le cadre de cette nouvelle stratégie, le CRDI
entend engager proportionnellement davantage de ressources dans des activités pluridisciplinaires
entreprises aux écJielles régionale et mondiale, veiller à un meilleur emploi des ressources disponibles en
accordant une plus grande attention à l'utilisation des acquis de la recherche, intensifier ses efforts pour
l'identification des clefs du succès de la recherche pour le développement, en appuyai:it des études sur les
formes d'organisation de la recherche les plus efficaces, rechercher une collaboration plus étroite entre tous
les intervenants du domaine, y compris les universités et les chercheurs canadiens,_ les organismes
multilatéraux, les autres bailleurs de fonds et surtout les partenaires des pays en voie de développement,
et enfin, chercher, grâce à son vaste réseau de chercheurs dans les pays industrialisés et dans le
Tiers-Monde, à son accès à l'information sur le développement, sur la science et la technologie, à être un
médiateur du savoir.

La stratégie a été précisée suite à la déclaration faite par le premier ministre du Canada à la Conférence
des Nations-Unies sur l'environnement et le développement, à Rio, le 12 juin 1992, à l'effet que le Canada
élargirait le mandat du CRDI afin qu'il puisse mettre l'accent sur le développement durable.

251
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Action 21
Action 21 est un programme d'action global à mettre en œuvre à l'horizon 2 000. Il aborde dans toute sa
complexité la relation entre l'environnement et le développement et la gamme des questions qui leurs sont
associées. Le texte a été élaboré durant les deux années pendant lesquelles a siégé le Comité préparatoire
de la Conférence des Nations-Unies sur l'environnement et le développement. Il comprend une déclaration
des buts et des objectifs poursuivis et dresse une liste des stratégies et des actions préconisées.

Même si le CRDI s'est intéressé au cours des dernières années à plusieurs des questions dont traite le
document des N_ations-Unies, l'organisation et les programmes du CRDI ont été réorganisés pour en faire
vraiment ùn organisme d 'Action 21 et un des organismes-clés qui contribueront au développement durable
de la planète.

Les nouveaux programmes


Les ressources disponibles ont été réparties entre des thèmes globaux (50 p. 100), les programmes des
divisions (40 p. 100) et des initiatives spéciales (10 p. 100).

Les thèmes globaux


a) Intégration des politiques environnementales, sociales et économiques
Recherche destinée à promouvoir une meilleure compréhension des problèmes. Évaluation des instruments
de politiques existants et élaboration de nouveaux outils. Évaluation et dissémination de processus de
prises de décision qui ont réussi. Création de compétences.

b) Technologie et environnement
Développement et diffusion de technologies. Amélioration de l 'infonnation sur les besoins et les ressources
en technologie. Promotion de l'accès à la technologie. Évaluation et conception de politiques.
Perfectionnement des capacités de gestion et d'innovation technologique.

c) Circuits d'approvisionnement fragilisés


La désertification, surtout en Afrique. Les hautes terres fragiles. Les régions côtières, surtout en Asie du
Sud et du Sud-Est

d) Information et communications pour l'environnement et le développement


Gestion de l'infonnation. Technologies d'infonnation et de communication. L'infonnation au service de
la prise de décision. Communications pour le développement.

e) Santé et environnement
Impact des activités de développement et de production sur la santé. Diminution des répercussions sur la
santé de la pollution environnementale. Croissance démographique. Gestion environnementale des maladies
zoonotiques et à vecteur.

f) Biodiversité
Biodiversité et savoir indigène. Biodiversité des espèces domestiquées. Biodiversité et biotechnologie.

252
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Les programmes des divisions


a) Environnement et richesses naturelles
Agriculture durable à faibles intrants. Gestion des ressources en eau. Villes viables. Technologies vertes.

b) Sciences de la santé
Menaces pour la santé. Politiques et programmes de santé.

c) Sciences et systèmes d'information


Recherche sur les politiques. Création de capacités au service du développement durable. Élaboration et
application de logiciels.

d) Sciences sociales
Recherche sur les politiques sociales. Systèmes d'apprentissage au service du changement Politiques
macro-économiques. Politiques industrielles et agricoles. Intégration régionale.

Valorisation des matières premières végétales


Plusieurs projets ont été financés dans le domaine de la valorisation des matières premières végétales. Ces
projets ont toujours pour but la création d'emplois par la mise au point de technologies et méthodes pour
la mise en valeur de matières premières locales inexploitées. Les projets suivants sont des exemples de
projets de ce type: Huiles essentielles/Bolivie, Colorants anthocyaniques/Faso, Huiles végétales non
alimentaires/Faso, Plantes aromatiques/Maroc, Algues rouges/Sénégal, Tabersonine/Cameroun, Extraits
aromatiques/Guinée, Teintures traditionnelles/Guinée, Essences végétales/Rwanda, CNSL/Mozambique,
Wood-Adhesives/fanzania, Flavours and Fragrances(Zimbabwe, Starch Adhesives/Malawi, etc.

Le CROI a eu, à ce jour, peu d'activités dans le domaine plus précis des plantes médicinales, de la
pharmacopée, de la médecine traditionnelle et de la phytothérapie. Deux projets seulement ont pu être
recensés: un projet sur la médecine traditionnelle au Zaïre et un projet sur les relations entre le droit et
la médecine traditionnelle au Kenya.

Points d'entr~e pour des projets dans le domaine de la valorisation des


matières premières végétales
a) Thème " Technologie et environnement "
Promotion du développement et de l'application de technologies qui réduiront la dégradation
environnementale et qui amélioreront la gestion des ressources, tout en offrant des possibilités de création
d'emploi. Mise au point et diffusion de technologies pour le développement de produits à base de
ressources naturelles et promotion d'entreprises pour la promotion de ces technologies.

b) Thème " Circuffs d'approvisionnement fragilisés »

Génération de revenus par la valorisation de cultures secondaires.

c) Thème " Information et communication "


Recherche relative au rôle, aux procédés et aux effets de la communication, y compris les systèmes
indigènes du savoir, les supports du développement et les systèmes de communication communautaires.

253
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

d) Thème " Blodlversité »

Recherche sur des solutions locales pour la préservation de la biodiversité, compatibles avec le
développement économique et social des pays en développement Recherches sur l'apport d'une valeur
ajoutée aux espèces et aux habitats existants sans les détruire, sur la production de cultures mineures
économiquement viables et sur les facteurs qui influent sur l'accès des populations locales aux avantages
économiques de la biodiversité dans leur région. Soutien aux réseaux de savoir indigène.

e) Division de l'environnement et des richesses naturel/es


Agriculture durable à faibles intrants
Augmentation de la diversité et de la valeur ajoutée des produits de la fenne. Encourager l'adoption de
méthodes de lutte contre les prédateurs au moyen de substances chimiques à occurrence naturelle.

Technologies vertes
Appui au développement et à la commercialisation de technologies « vertes, écologiquement viables,
génératrices d'emplois et de revenus pour les populations défavorisées, qui auront pour effet de réduire
la dépendance des pays en développement à l'égard des matières et des procédés importés.

Conclusion
Les renseignements donnés ci-dessus sont extraits du Programme institutionnel du CRDI pour les trois
prochaines années, qui établit les priorités et les grands domaines d'activité qui guideront les décisions
de programmation et d •allocation de ressources jusqu •en 1996. Ce programme continue et continuera très
probablement d'évoluer, mais il est certain que les chercheurs du domaine des produits naturels qui
espèrent obtenir un financement du CRDI devront, dans l'avenir, accorder plus d'importance aux aspects
politiques, sociologiques, économiques et environnementaux de l'utilisation des produits naturels.

254
Cf)
w
I
u
. u_
u_
<(
VARIATION INTRASPÉCIFIQUE DE LA COMPOSITION CHIMIQUE
DE L'HUILE ESSENTIELLE D'ACHILLÉE MILLE-FEUILLE

André BÉLANGER et Louise DEXTRAZE


Agriculture Canada, Station de recherche
Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec) Canada J3B 3E6

Résumé

L'achillée mille-feuille (Achillea millejolium) est une plante qui se retrouve un peu partout au Québec à l'état
sauvage. Les huiles essentielles obtenues par hydrodistillation de 68 plants différents d'achillée mille-feuille ont été
analysées à l'aide d'un CpG. Les principaux composés identifiés dans ces huiles essentielles sont : chamazulène (65-
1 p. 100), gennacrène D (55- 5 p. 100), P-Thujone (33,6-0 p. 100), a-Thujone (21,3-0 p. 100), a-phellandrène (18-
0 p. 100), sabinène (17- 0,3 p. 100), myrcène (14,7- 0,4 p. 100), P-pinène (9,5- 0,2 p. 100), P-caryophyllène (8,5-
0,6 p. 100), camphre (7,1- 0,2 p. 100), 1,8-cinéol (5,6- 0,3 p. 100), para-cymène (4,9- 0,25 p. 100), acétate de
bomyle (4,3- 0,1 p. 100), camphène (3,2- 0,1 p. 100), limonène (2,9- 0,1 p. 100) et y-terpinène (2,8- 0,2 p. 100).
D'importantes variations tant au niveau qualitatif que quantitatif se reflètent sur les contenus totaux de monoterpènes
(1,2-57,2 p. 100) et des sesquiterpènes (39,9-98,8 p. 100).

Introduction
L'achillée mille-feuille (Achillea millefolium), de la famille des composées, est une plante difficilement
différentiable du complexe mille[olium qui se retrouve dans les zones boréales et tempérées de
l'hémisphère nord. L'achillée mille-feuille est connue en médecine traditionnelle depuis la guerre de Troie.
Son nom générique lui vient du héros grec Achille qui, ayant appris les vertus thérapeutiques de la plante,
s'en servit au cours d'une bataille pour arrêter l'hémorragie d'un roi blessé. Ce sont les multiples
découpures de ses longues feuilles qui ont valu à cette plante le nom spécifique de mille-feuille.

Ce groupe de plantes, qui comprend plusieurs sortes d'espèces rapprochées plus ou moins différenciables
par leurs caractères morphologiques, présente différents niveaux de ploïdies (2x, 4x, 6x, 8x; x = 9) aussi
bien que des hybrides naturels (Gervais 1977). Non seulement il est difficile de les distinguer mais chaque
espèce est aussi polymorphique. Conséquemment, le problème taxonomique est de grande envergure et
déroutant mais cela n'est pas strictement vrai. Divers auteurs (Maffei 1989) ont démontré que les biotypes
à azulène incluent, d'une manière prédominante, des plantes de type tétraploïde (2n = 36), hexaploïde
(2n = 54) et octaploïde (2n = 72).

À cause de l'occurrence de nombreux génotypes d'Achillea mille[olium, chacun avec sa composition


chimique particulière, il est concevable de comprendre qu'on a attribué de nombreuses propriétés
médicinales à l'achillée mille-feuille et que plusieurs groupes ethniques de différentes aires géographiques
ont utilisé l'achillée mille-feuille à toutes sortes de propos.

Méthodologie
Essais en champ Des cultures d'achillée mille-feuille ont été implantées à la ferme expérimentale de
Lavaltrie (45°53'N, 73°17'0) sur un sol sablonneux. Les plantules ont été transplantées en champs à l'aide
d'une transplanteuse à tabac.

257
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Extraction L'huile essentielle est obtenue par entraînement à la vapeur (hydrodiffusion) des plantes
fraîches ou séchées. Trois cents grammes de plantes (fleurs, tiges et feuilles) sont placés dans un tube de
pyrex de 50 cm de long par 10 cm de diamètre qui coiffe un ballon de 5 litres servant de générateur de
vapeur. L'entraînement à la vapeur est maintenu durant 6 heures.

Analyses Les huiles essentielles d'achillée mille-feuille ont été analysées à l'aide d'un CpG doté de deux
détecteurs à ionisation de flamme à partir d'un injecteur commun avec diviseur (100:1), l'échantillon
(0,1 µL) est simultanément injecté dans deux colonnes capillaires de polarité opposée (DB-Wax et DB-1)
de 30 mètres chacune.

Résuttats
Les résultats de la composition chimique de l'huile essentielle d'achillée mille-feuille sont présentés dans
le Tableau 1 (voir pages 31 et 32 du présent document). Plusieurs de ces composés ont déjà été rapportés
avec des différences notables de concentrations par Lawrence lors d'une étude de caractérisation des huiles
essentielles de plusieurs achillées mille-feuille poussant à l'état sauvage en Amérique du Nord. Ces
différences reflètent la complexité botanique (Gervais 1977, Mulligan 1959) del 'achillée mille-feuille. La
différence principale entre l'étude de Lawrence et la nôtre réside dans le fait que notre étude porte sur une
seule lignée de plants. En comparant nos résultats à ceux obtenus par les auteurs américains, français,
russes, italiens, hongrois ou slovaques, il semble que les populations d'achillée mille-feuille du Québec
représentent divers chimiotypes. Ces résultats corroborent ceux de Hofmann et al. et Hachey et al. qui
montrent que différents chimiotypes d'Achil/ea mil/efoliwn surviennent dans la nature.

La Figure 1 représente un chromatogramme d'une huile essentielle d'achillée mille-feuille sur colonnes
capillaires polaires et apolaires.

Références
Bélanger, A., L. Dextraze, Y. Lachance et S. Savard. Extraction of yarrow (Achillea millefoJium) cultivated in
Quebec. Affiche présentée au 2? Symposium international sur les huilles essentielles, Saint-Vincent, Aosta,
Italie, Sept 11-14, 1991.
Cemaj, P., P.M. Repcak, K. Tesarik et R. Honcariv. 1983. Texpenoid compounds from different parts of Achillea
collina Becker inflorescences. Biologia Plantarum (Praha), 25(3) : 221-224.
Cemaj, P., P.V. Oravec, M Bombova, V. Timkova et R. Honcariv. 1988. The influence of mineral nutrition on
volatile oil content in Achillea collina Becker. Zahradnictvi, 15(2) : 137-140.
Chandler, R.F., SN. Hooper et MJ. Harvey. 1982. Ethnobotany and phytochemistry of yarrow, Achillea millefolium,
compositae. Econ. Bot., 36(2) : 203-223.
Falk, AJ., L. Bauer et CL. Bell. 1974. The constituents of the essential oil from Achillea millefolium L. Lloydia,
37(4) : 598-602.
Gervais, C. 1977. Cytological investigation of the Achillea millefolium complex (compositae) in Quebec. Can. J. Bot,
55 : 796-808.
Hachey, J.-M., G.-J. Collin, M.-J. Gagnon, S. Simard, S. Dufour, F.-1. Jean, G. Vernin et D. Fraisse. 1990. Extraction
and GC/MS analysis of the essential oil of Achillea millefolium L complex (Compositae). J. Ess. Oil Res., 2 :
317-316.
Haggag, M.Y., A.S. Shalaby et G. Verz.ar-Petri., 1975. Thin layer and gas-chromatographic studies on the essential
oil from Achillea millefolium. Planta Medica, 27(4) : 361-366.
Hofmann, L.D. Fritz, S. Nitz, H. Kollmannsberger et F. Drawert., 1992. Essential oil composition of three polyploids
in the Achillea millefolium complex. Phytochemistry, 31(2) : 537-542.
Lamaison, LL., et A.P. Carnat., 1988. Recherche d'azulène chez les trois sous-espèces d'Achillea mi/lefolium L.
Ann. Phann. Françaises, 1988; 46 : 139-143.
Lawrence, B.M. et RJ. Reynolds., 1984. Progress in essential oils Perfurmer & Flavorist, 9(4) : 37-43, 46-48.

258
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Maffei, M., F. Chialva et A. Codignola, 1989. Essential oils and chromosomes nwnbers from ltalian achillea species.
J. Ess. Oil Res., 1(2) : 57-64.
Mulligan, G.A, et IJ. Bassett, 1959. Achillea millefolium complex in Canada and portions of the United States. Can.
J. Bot. 37 : 73-80.
Shalabi, A et G. Verzar-Petri., 1979. Cytological conditions and composition of essential oil of the Hungarian
Millefolii herba. Planta Medica (J. of Med. Plant Research), 36{3) : 291.

259
24
3 6
s 9 ,4 16
18 22

A)
8
Il

19
12 20
13
17 21

r- ·-· r---,------i- T ··· r ------i


0 10 20 30 40 50 60 70 MIN
4
123 S 9 Il 14 18 22

16 B)
15
0
19
8
6
12 .

'VLA._.J ~'---""-JU'"-"'-----"-"~~.-1.--

Figure 1. Chromatogrammes capillaires de l'huile essentielle d'Achillea mil/efolium; A) colonne polaire DB-Wax; B) colonne apolaire DB-1.
EXTRACTION ET DÉTERMINATION DE COMPOSÉS VOLATILS DE L'AIL
(AUIUM SATIVUM)

André BÉLANGER et Louise DEXTRAZE


Agriculture Canada, Station de Recherche
Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec) Canada J3B 3E6

Summary

The essential oil of garlic was isolated by stearn distillation, hydrodistillation, 002-extraction, and microwave solvent
extraction and analyzed by gas chromatography {GC) using an FID detector. Head-space gas chromatography
(HSGC) was also used for analyzing garlic volatiles. The latter were confinned by combined OC-mass spectrometry
(GC-MS). Monosulfides, disulfides and trisulfides were the major volatile components in garlic essential oil obtained
from hydrodistillation or steam distillation. Oils obtained by C02-extraction or microwave/solvent extraction
contained cyclic disulfide.

Introduction
L'ail et ses dérivés sont employés depuis des millénaires à travers le monde. Ils sont principalement
utilisés par l'industrie alimentaire, mais depuis quelques années, leurs propriétés antibiotiques et
médicinales sont systématiquement étudiées par les scientifiques. Le potentiel pharmaceutique de l'ail se
concentre dans son huile essentielle sous fonne de composés sulfurés labiles (Alliin, Allicin et leurs
dérivés). Pour préserver les propriétés médicinales de cette huile durant l'extraction, il est important de
bien connai"tre l'effet de la technique d'extraction sur la qualité de l'huile extraite. L'objectif de notre
recherche était d'utiliser la chromatographie en phase gazeuse pour comparer le rendemént et le profil des
composés volatils de l'huile d'ail extraite par quatre méthodes d'extraction avec les composés volatils
produits par des caïeux captées en espace de tête. Les quatres méthodes d'extraction
sont 1) l'hydrodistillation, 2) l'hydrodiffusion, 3) le C02 supercritique, 4) le solvant organique combiné
à l'irradiation aux micro-ondes.

Matériel et méthodes
Techniques d'extraction
Des caïeux d'ail (cv. Musik) ont été débarrassés de leur enveloppe, finement hachés et placés
immédiatement dans leur enceinte d'extraction.

Hydrodistillation L'ail haché (- 1 kg) est immergé dans 3 1 d'eau distillée (ballon de 5 1), puis bouilli
pendant 6 heures. Les vapeurs d'eau contenant l'huile essentielle d'ail sont condensées dans un dispositif
pennettant de recueillir l'huile d'ail plus dense que l'eau et de retourner l'eau condensée dans la bouilloire.

HydroditTusion L'ail haché n'est pas en contact directement avec l'eau mais dans une colonne de verre
(40 cm x 10 cm dia.) coiffant un ballon de 5 1 rempli d'eau et servant de générateur de vapeur. L'huile
est recueillie dans un séparateur pour liquide plus dense que l'eau.

C02 fluide supercritique L'ail (20 à 30 g), finement broyé dans l'azote liquide (-196 °C) est introduit
dans un soxhlet (J & W High Pressure Soxhlet extractor) de 50 ml renfermé dans un cylindre d'acier dans
lequel du gaz carbonique (C02) liquide est introduit L'extraction se poursuit sur une période de 12 heures.

261
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Solvant organique et irradiation aux micro-ondes L'ail (100 g), immergé dans le chlorure de
méthylène (200 ml) à -20 °C est broyé à l'aide d'un homogénéiseur et ensuite irradié à 2450 MHz
pendant 4 périodes consécutives de 125 secondes chacune à une puissance nominale de 675 W.

Espace de tête Cette technique n'est pas une méthode extractive qui vise à trapper les vapeurs mais
plutôt une technique analytique des volatils. L'ail (1 g) coupé en morceau est encapsulé dans une bouteille
de 20 ml qui est thermostaté à 60 °C pendant 1 heure. Les volatils contenus dans la bouteille sont ensuite
injectés dans le chromatographe à l'aide d'un passeur d'échantillon (HSS 3950 DANI).

Chromatographie en phase gazeuse


L'identification des composés a été réalisée à l'aide d'un chromatographe Varian 6000 équipé de deux
détecteurs à ionisation de flamme en déterminant les indices de Kovats lors d'une seule injection sur deux
colonnes de polarité différentes :
colonnes capillaires en silice fondue DB-1 et DB-Wax (30 m x 0,32 mm);
gaz vecteur : hélium à une vélocité de 30 cm/sec;
injecteur : 0,05 µlet débit de fuite de 100 ml/min;
température : injecteur et détecteurs à 200 °C et 290 °C;
programmation : température de 40 °C à 180 °C (2 °C/min).

Résultats
Les huiles essentielles d'ail obtenues par hydrodistillation ou entraînement à la vapeur d'eau contiennent
respectivement des monosulfures, des disulfures, des trisulfures, des tétrasulfures et des disulfures
cycliques. L'extrait d'ail obtenu par extraction au C02 supercritique ou solvant/micro-onde contient en
majorité des disulfures cycliques et des disulfures alkyliques ainsi que des trisulfures. Les déterminations
des volatils de l'ail par espace de tête-CPG de l'huile essentielle ou des caïeux d'ail sont semblables à
celles obtenues lors des extractions obtenues en présence d'eau.

Tableau 1. Composition chimique(%) de l'huile d'ail obtenue lors de diverses extractions.


No Hydra- Hydra- co2 super- Micro- Espace
Pic Composé IKa* IKp* diffusion distillation critique onde de tête
1 sulfure de méthyle et d'allyle 675 941 0,53 0,98 0,50 1,23 12,97
2 sulfure de diméthyle 721 1056 1,41 0,47
3 disulfure de diméthyle 814 0,59 0,37 2,53
4 sulfure de diallyle 837 1128 1,33 3,89 0,32 0,43 6,06
5 disulfure de méthyle et d'allyle 889 1255 3,05 5,32 5,58 8,12 6,83
6 disulfure de méthyle et de propényle 911 1277 0,76 0,80 0,55 5,41 0,51
7 bisulfure de diméthyle 935 1342 0,54 0,92 1,12 0,56
8 disulfure de diallyle 1055 1454 31,20 30,70 16,70 17,70 54,70
9 disulfure de dipropényle-1 1067 1430 1,38 1,83 0,43 0,58 2,10
10 disulfure de dipropényle-2 1074 1474 4,76 6,88 1,41 6,10
11 bisulfure de méthyle et d'allyle 1104 1548 11,20 12,40 7,38 1,22
12 3-vinyl-1,2-dithi-5-ène 1147 1680 0,80 0,72 23,30 4,47
13 2-vinyl-1,3-dithi-4-ène 1164 1788 1,84 0,56 46,50 34,30 0,11
14 bisulfure de diallyle 1265 1747 33,80 22,40 0,46 0,68 4,18
15 bisulfure de dipropényle 1282 0,29 0,21 0,88 2,29 0,20
16 tétrasulfure de diallyle 1330 1,04 0,48 0,50
17 tétrasulfure de dipropényle 1486 4,24 1,32 0,27 0,57 0,17
TOTAL 97,35 89,78 98,81 84,75 98,24
Rendements(%)** 0,10 0,20 0,22 0,19
* IKa =indice de Kovats sur colonne capillaire apolaire DB-1; IKp =indice de Kovats sur colonne capillaire
polaire DB-Wax.
** Rendement en huile/poids de matière fraîche.

262
A
4 9 810 11 14

e 13

3 5
12

1
2
_J
r
0
1
5 10
1 1
15
1
20
1
25
1
30 3
~ 4
b 4J5min

a 4 8 910 11 14
6

7
5 13
3

lL_
17
12
1

.JLJULN '--' " - - - - " " - - '


..__ Ull_ -~Jl
,I

Figure 1. Chromatogrammes capillaires de l'huile essentielle d'ail obtenue par hydrodiffusion; A) colonne polaire DB-Wax; B) colonne apolaire DB-1.
A
810 12 13
14

4 Il

6
3
2 7

r ---
8
5 10
1
15
1
20
1
25
:k ~ /
40
/
4Smin

8 12 13
10
14

4
e
15
9 11

Figure 2. Chromatogrammes-capillaires de l'extrait d'ail obtenu par extraction au C0 2 supercritique; A) colonne polaire DB-Wax; B) colonne apolaire DB-1.
EFFETS DES TECHNIQUES CULTURALES SUR LA RENTABILITÉ DES PLANTATIONS DE
1
VERVEINE ODORANTE, LIPPIA C/TRIODORA l.

A. Djerrari*, M. Eddaourr, A. BÉLANGER.., J. Crouzer .. et B. BENJILAU*

• IAV Hassan Il, Rabat-Instituts, Maroc


.. Agriculture Canada, Soint-Jean-sur-Richelieu (Québec) Canada
... USTL, Montpellier, France

Introduction
La verveine est une plante aromatique et médicinale traditionnellement cultivée au Maroc. Cependant, sa
culture reste totalement artisanale. Aucune étude n'a été auparavant réservée aux techniques culturales et
à leurs effets tant qualitatifs que quantitatifs sur cette production. Cette production était toujours
exclusivement vendue sous tonne d'aromate et pour l'herboristerie. Nous avons, dans ce travail, cherché
à évaluer l'effet des techniques culturales sur la rentabilité de ces cultures. Nous avons également étudié
d'autres voies de valorisation de cette plante; il s'agit de l'extraction de l'huile essentielle.

Matériel et méthodes
Des essais de culture ont été installés dans quatre régions du pays. Ces essais nous ont pennis de suivre
les effets de la fertilisation azotée, la densité de plantation, la saison de coupe ainsi que l'âge de la
plantation.

Résultats et discussion
Nous donnons ici quelques résultats parmi les plus importants.

Effet de la fertilisation azotée sur la productivité en feuilles séchées des cultures de


verveine L'analyse de la Figure 1 montre que : (1) la fertilisation azotée influe beaucoup sur la
production en feuilles séchées; l'optimum est aux environs de 240 U d'azote par ha. par année; (2) la
coupe de septembre est légèrement plus productive que celle de juin.

Effet de la densité de plantation sur la productivité en feuilles séchées- des cultures de


verveine L'analyse de la Figure 2 montre que: (1) la densité de plantation augmente la production
végétale, mais la pratique limite les possibilités; une plantation trop dense est difficile à entretenir;
(2) l'âge de la plantation semble augmenter la production quelle que soit la densité, au moins pendant les
trois (3) premières années.

Effet de la fertilisation azotée sur la productivité en feuilles séchées des cultures de verveine Les
données de la Figure 3 montrent que : (1) la fertilisation azotée influe sur la teneur en HE des feuilles de
verveine; l'optimum est aux environs de 240 U d'azote par ha. par année; (2) la coupe de septembre est
moins pourvue en HE que celle de juin.

1. Remerciements : les auteurs tiennent à remercier le CRDI pour son appui financier à la réalisation de ce travail (Projet
3-p-90-1OO1 ).

265
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

La rentabilité économique d'une plantation de verveine : effet de la fertilisation azotée et de la forme


d'exploitation (aromate ou huiles essentielles) L'analyse des données de la Figure 4 permet de relever
deux conclusions importantes : (1) la rentabilité globale (en DH par ha.) dépend de la fertilisation azotée;
le maximum est aux environs de 240 U d'azote par ha. par année; (2) l'utilisation de la verveine pour la
production d'HE est de loin plus rentable que son exploitation sous forme de feuilles séchées; le rapport
entre les deux formes d'exploitation est de 3,4 à 5,3 pour la production de juin et de 2,3 à 3,3 pour celle
de septembre.

7000
~~
..... 0000
=z
::>
w Cl)
w
LI.. w
sooo
W'W
U) :::c 4000
~~
3000
2000
TEMOIN 120 240 360
DOSES D'AZOTE EN Kg I ha x an

- - - COUPE DE .JJIN -••-COUPE DE - ...


•-TOTAL
SEPTEMBRE

Figure 1. Effet de la fertilisation azotée sur la production en feuilles sèches


de la culture de verveine odorante.

4000
j m10000 1120000 nn 40000 pllntt,.. .. ,
zo
g i 3000
8~a:~ 2000
R: as 1ooo

Jun-01 Sep-02 Jun-02 Sep-02

-SAJSONS DË COUPE

Figure 2. Effet de la densité de plantation et de l'âge de la plantation


sur la production en feuilles séchées.

266
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

10
w 8
:::c éi)
a:i ~ 6
~~ ~
wo,
a:i -
..... 2
0
T'moln 120 240 360
DOSES D'AZOTE

Figure 3. Culture de verveine - Effet de la fertilisation azotée sur la teneur en huile essentielle
des feuilles produites.

IOOOOO

500000

__ .,. __ JUN Z $1 FSDH

400000 --c:>-- JUii Z SZ FS DH


::c - .,_ • .IJll 2 S1 IE DH
0
zw
~JUN2 SZIEDH
-w
=
_,
iiëi
300000
--x·-- SEP Z S1 FSDH

~.
w
--SEPZ SZFSDH
ai::
200000 - x- •SEP Z $1 IE DH
- S E P Z SZIEDH

X·-----~·c:c:c::::=~:=:::::::::~

0 +-~~--;~~~-+~~---1

T..in 120U Z40U HOU


/Mx n.x n.x
An 11'1 11'1

DOSES D'AZOTE EN KgJha X an

Figure 4. Culture de verveine - Rentabilité comparée des deux fonnes d'exploitation: aromate (feuilles
séchées) ou huiles essentielles en fonction de la fertilisation azotée.

267
TANNIN BASED ADHESIVES FOR ÎANZANIA

Louis CALVÉ, G.C.J. Mwalongo, B.A. MWINGIRA, B. Riedl and J.A. Shields
TIRDO-Forintek Collaborative Research and Development Task Force
Ottawa, Ontario

Summary

Tannin-based urea fonnaldehyde (UF) adhesives for exterior grade panels were fonnulated and tested. Laboratory
work was conducted in Canada and plant trials in Tanzania. Tests showed that tannin-based adhesives gave quite
good plywood which met the Canadian Standard Association (CSA) exterior grade requirements under press
conditions similar to those currently employed for bonding UF control adhesives. Formulations containing
formaldehyde and oil instead of paraformaldehyde were found to be slightly less reactive under mill conditions.

For particleboard, hydrolysis of the tannin was required for producing adhesive with acceptable viscosity and "pot
life" for commercial applications. The hydrolysis of tannin also improved mechanical properties of particleboard.
Relatively long press cycles or high press temperatures were required to produce particleboard panels with aged
modulus of rupture (MOR) strength above the CSA exterior grade requirements.

Prior to board-making, size exclusion chromatography (GPC) and differential scanning calorimetry (DSC) were
performed on tannin, hydrolyzed tannin, tannin-UF adhesive and commercial controls. GPC indicated, possibly due
to aggregation, that the tannin average molecular weight increased upon heating in the presence of alkali. The thermal
or kinetic cure characteristics of the tannin-based adhesives, which are activation energy, enthalpy of cure and
reaction order, were determined to be comparable to those of UF adhesives. Tannin hydrolysis lowered the activation
energy for cure and this resulted in lower press times, as shown in test results.

Introduction
The demand for imported wood adhesives in Tanzania is estimated at 1000 metric tonnes per annum.
While Tanzania is importing tonnes of urea-formaldehyde (UF) adhesives at high costs (0.75$/kg, based
on US$), it is exporting at relatively low cost (0.45$/kg) highly reactive tannin extract from the harle of
the bla.ck wattle tree (acacia mearnsil) which could be used as the main ingredient in the formulation of
exterior grade wood composite adhesives (Dalton, 1950; Plomley 1977; Saayman and Oatley 1976; Pizzi
1980, 1989, 1991; Barnes, Martin & Lentz 1986; Kreibich .1989; Hergert 1989; and many others).

Wattle tannin extract contains approximately 90 percent condensed tannin which consists of repeating
flavonoid units with highly reactive resorcinolic functional groups. Those condensed units readily react
with formaldehyde or formaldehyde copolymers (ex. UF or phenol-formaldehyde (PF) resins) to produce
particleboard or plywood adhesives. According to Pizzi and others (Pizzi 1978, 1980, 1989, 1991; Sorfa
1984; Herget 1989) tannin adhesives cure faster, tolerate higher furnish moisture contents than current UF
and PF resins and produce highly durable exterior grade panels. In fact, tannin adhesives are being used
successfully to produce commercial plywood and particleboard in Australia, New zealand and South
Africa. Most of the successful applications of tannin adhesives are proprietary formulations.

A joint Canadianffanzanian study was developed with financial support from the International
Development Research Center of Canada (IDRC).

269
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

The primary objective of this study was to develop and optimize economical exterior grade adhesives,
from locally produced wattle tannin extract powder that could be adapted to Tanzanian particleboard and
plywood plants. The first part of this report summarizes preliminary laboratory and mill test results for
various tannin-UF adhesives. These ail contain tannin as a major ingredient.

The results obtained with the tannin adhesives are compared with those obtained, with commercial UF and
PF adhesives. The panel test results are discussed in relation to the Canadian Standard Association (CSA)
requirements for interior and exterior grade panels.

While pertinent information was found in the literature on mechanical tests for panels bonded with tannin
adhesives and the chemical analysis of tannin, very little wolk was available on the thermal characteristics
of tannin adhesives as measured by differential scanning calorimetry (DSC). The exception is the recent
wolk of Fechtal et al. (Fechtal, Riedl & Calvé 1991; Fechtal & Riedl 1992) which relates to the
condensation of tannin with formaldehyde. Also, very Jittle information was found on the molecular weight
distribution of tannin-UF adhesives. In the second half of this report, DSC analyses and molecular weight
distribution of tannin-UF adhesives are presented.

Experimental
All the tannin-based adhesives contained tannin as the main ingredient and were formulated using
additives available in Tanzania.

PF and UF control resins were provided by Canadian manufacturers.

The plywood plant trials were conducted at Sikh Sawmills Ltd. in Tanga, Tanzania.

Differential Scanning Calorimetry (DSC) were performed with a Mettler DSC 20 Iinked to a TC 11
TA Processor. An 8 to 15 mg sample was sealed in a high pressure capsule heated at 10 °C/min. up
to 250 °C. ·

Size Exclusion Chromatography (SEC) was conducted using Shodex GPC AD-802/S and AD-802.5/S
columns in series at 25° with N,N-Dimethylformamide (DMF) containing 0.4 percent trichloracetic
acid (TCAA) as solvent.

References
Canadian Standards Association. 1978. Canadian softwood plywood, CSA Standard 0151-Ml9?8. National Standard
of Canada, Rexdale, Ontario.
Canadian Standards Association. 1978. lnterior mat-formed wood particleboard, CAN3-0188.l-M78 and
CAN3-0188.0-M78 National Standard of Canada, Rexdale, Ontario.
Canadian Standards Association. 1982. Exterior mat-formed wood particleboard, CAN3-0188.3-M82 National
Standard of Canada, Rexdale, Ontario.
Dalton, L.K. 1950. Tannin-formaldehyde resins as adhesives for wood. Austr. J. App. Sei. l : 54-70.
Fechtal, M., Riedl, B. and L. Calvé. 1993. Modeling of tannins as adhesives. I. Condensation of (+)-catechin with
formaldehyde. Accepted for publication in Holzforschung. March, 1993.
Fechtal, M. and B. Riedl. 1992. Use of eucalyptus and acacia mollissima bark extrac-formaldehyde adhesives in
particleboard manufacture. Accepted for publication in Holzforschung. May 1992.
Hergert, HL. 1989. Condensed tannin in adhesives: Introduction and historical perspectives. In adhesives from
renewable resources; R.W. Hemingway, A.H. Conner and S.J. Branham, (Eds.). ACS Symposium Series 385,
American Chem. Soc., Washington, D.C. pp. 155-171.

270
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Pizzi, A. 1989. Research vs. industrial practice with tannin-based adhesives. Adhesives from renewable resources;
R.W. Hemingway, AH. Conner and SJ. Branham, (Eds.). ACS Symposium Series 385, American Chem. Soc.,
Washington, D.C. pp. 254-265.
Pizzi, A. 1980. Tannin-based adhesives. J. Macromol. Sei., Rev. Macromol. Chem. Cl8(2) : 247-315.
Plomley, K.F. 1977. The formulation and industrial application ofnaturally occurring polypphenol (tannin) adhesives
in the wood based panel industry. Presented at the Workshop on Adhesives Used in the Wood Processing
Industries of the United Nations Industrial Development Organization held in Vienna, Austria, Doc. No.
IDIWG.248/6. pp. 1-45.
Saayman, H.M. and JA. Oatley. 1976. Wood adhesives from wattle bark extract. Forest Prod. J. 26(12): 27-33.
Sorfa, P. 1984. Sorne practical experience with wattle tannin adhesives for plywood in South Africa J. Appl. Polym.
Sei. 40 : 63-Q7.

Table 1. Comparison between tannin-UF, UF, and PF adhesives for plywood applications
(laboratory test results)
Adhesives mix Press Panel test results
Vacuum pressure Boil wood
Viscosity Pot Life Temp. Cycle wood failure failure
Main ingredients pH (cps) (hours) (OC) (min.) (%) (%)
UF 5.8 4800 5-6 150 3 50 0
4 85 0
Tannin-UF 5.0 2200 3-4 150 3 87 65
Parafonnaldehyde 4 95 84
Tannin-UF 5.0 2040 3-4 150 4 91 81
Formaldehyde 120 6 88 80
PF 10.0 2040 12-24 150 4 66 0
175 4 87 97
CSA Standard
0151-Ml978 - - - - - 80 80

Table 2. Plywood mill test results obtained with tannin-UF and UF adhesives
along with estimated adhesive cost.
Panel test results
Adhesives cost in Vacuum pressure wood
Tanzania1 failure Boil wood failure
Adhesive main ingredients (US $/kg solids) (%) (%)
UF 0.75 91 0
Tannin-UF-
paraformaldehyde 1.15 98 93
Tannin-UF
formaldehyde 0.65 81 78
CSA Standard
0151-Ml978 - 80 80
1
Adhesives formulations without fillers.

271
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Table 3. Cornparison between tannin, UF, and PF adhesives for Particleboard applications
(laboratory test results).
Adhesives rnix Press Panel test results
Dry Aged
Viscosity Pot life Temp Cycle Dens"~ MOR MOR MOE m
Main ingredients pH (cps) (hours) c·q (min.) (k~) (MPa) (MPa) (GPa) (kPa)
UF 6.3 160 1-2 215 1 1.5 700 18.2 0 3.0 1305
4.0 719 18.8 0 3.4 1074
Hydrolyzed 5.0 450 3-4 215 1.5 726 15.8 5.2 2.8 781
Tannin-UF- 4.0 738 17.6 6.0 3.0 1183
Paraformaldehyde 165 1 4.0 760 17.4 5.1 2.9 1021
Tannin-UF
formaldehyde 5.1 850 1/2-1 165 4.0 753 14.4 4.6 2.5 621
Few
PF 10.2 100 months 215 1.5 Panel delaminated at press exit
4.0 700 17.3 7.8 2.9 1051
CAN3-0188.3-M82
Grade y 14.0 5.6 2.5 500
CAN3-0188.l-M78
Grade R 14.0 - 2.0 450
1
The homogeneous panels were pressed at 215 °C and the three layer at 165 °C.

Table 4. Kinetic pararneters of PF, tannin, and UF adhesives obtained by DSC scans.
Peak 1 Peak 2
Temp. Temp.
max. MI2.3 Ea ln k,, max. MI Ea ln k,,
Adhesives 1 (OC) (J/g) (kJ/mol) (s·I) n c·q (J/g) (kJ/mol) (s·I) n
PF - - - - - 146 234 126.3 31.1 1.3
Tannin-UF-
formaldehyde 113 4.3 147.0 41.0 1.1 169 48.0 157.1 37.5 1.7
Hydrolyzed
tannin-UF-
formaldehyde 102 4.5 127.7 35.7 1.4 168 49.4 183.1 44.9 2.1
Hydrolyzed
tannin-urea-
formaldehyde 109 13.5 91.0 23.6 1.3 170 34.8 218.0 54.4 2.3

1
UF 83 - 1454 - 2• 144 34.7 134.7 33.9 2.0
The same as particleboard adhesive formulation shown in Table 3.
2
MI is given in joules per gram of solution.
3
AU the resins were adjusted at 50 percent solids prior to DSC measurement.
4
Results for Ea and n of peak 1 were taken from literature (Sebenik et al. 1982) as kinetics for this
particular peak, in our experimental data, did not follow Borcherd-Danials kinetics.

OH
OH
HO

Figure 1. Schernatic of a typical polyrneric flavonoid.

272
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Table 5. Size exclusion chromatography1 of tannin before and after hydrolysis,


hydrolyzed tannin-UF-fonnaldehyde, and PF adhesives.
Polymer Viscosity2 Mn Mw Mz Mw/Mn
(cps)
Tannin 1000 1437 2513 4178 1.75
Hydrolyzed 200 1533 3492 6636 1.90
tannin3
Hydrolyzed 450 1554 5040 13317 3.24
tannin-UF-
fonnaldehyde4
PF 100 662 2820 7656 2.71
1
GPC was conducted with ultrastyragel columns and DMF/0.4% TCAA solvenL
2
The viscosities were measured at 50% solids and 25 °C.
3
Tannin hydrolyzed 3 hours with sodium hydroxide.
4
Particleboard adhesive fonnulation shown in Table 3.

Table 6. Size exclusion chromatography 1 of acetylated tannin before and


after hydrolysis.
Column Solvent NaOH Mn Mw Mw/Mn
hydrolisis
(hours)
Ultrastyragel DMF/0.4 % 0 1077 2143 1.99
TCAA 1 1450 3133 2.16
3 1449 3737 2.58
Shodex TIIF 0
1 1145
- -
2660 232
-
3 1336 3335 251

..
,

PF

Tannin-UF
-Fonnaldehyde

gl .,
ffi~
Heating Raie: S"Clmin
"l"''l""I'' ,,.,,.
50 100 150 200
TEMPERATURE ('C)

Figure 2. DSC Thermogram of tannin adhesives {shown in Table 3).

273
ANTIBACTERIAL AND ANTIFUNGAL ACTIVITY OF THE ESSENTIAL OIL
OF ZANTHOXYLUM CHAL YBEUM

LS. CHAGONDA, A.M.S. Wijesuriya•, G.M. Gundiclza


and F.W. Chinyanganya
Department of Pharmacy, University of Zimbabwe
P.O. MP 167 Mount Pleasant
Harare, Zimbabwe

J.R.J. Paré et al.


RRETC, Ottawa, Ontario, canada

S. Mavi
National Herbarium and Botanic Gardens
P.O. Box 8100 causeway
Harare, Zimbabwe

Zanthoxylum chalybeum Thumb is a tree found in Zimbabwe and some other places of the world. The
decoction of its root harle bas various medicinal uses. 1 The root and stem harles have been phytochemically
analyzed. 1

Plant leaves of Zanthoxylum chalybeum were collected in the Chivhu area (176 km from Harare Central
Zimbabwe) in January 1991 and were authenticated by National Herbarium. The fresh young and mature
leaves gave essential oil yields of 0.16% and 0.17% (v/w), respectively. -

The essential oils obtained by hydrodistillation were subjected to a qualitative and quantitative analysis
by GC-MS. The quantification of the components was based on peak area ratio. Twenty-four different
essential oils were identified. Ten components were unidentified. Forty-five percent of the identified
components were monoterpene hydrocarbons, 40% were oxygenated monoterpenes, 13% were
sesquiterpene hydrocarbon oils. The major components in both young and mature leaves were: L-limonene
27% and 33%, 3,7,7-trimethyl-bicyclo [4.1.0] hept-2-ene (found in high percentages in mature leaves);
(E)-citral, rhodinol and an unidentified terpene (high in young leaves).

The antibacterial activity of mature leaf oil was determined by the Mitscher method3 against referenced
strains of bacteria. The results are listed in Table l; 1000 µg/ml of essential oil showed complete
inhibition of al1 microorganisms except Candida albicans. C. albicans was highly inhibited by leaf oil at
800 µg/ml. Seasonal variations in leaf oil content are being studied.

Z. chalybeum oil was fungicidal in a TLC bioessay for Cladosporium cucumerimum. 2 Mature leaf oil
showed stronger inhibition than young leaf oil, MIC ol oils were 10 µg and 17 µg, respectively.

Acknowledgments
The authors are grateful to Dr. J.R.J. Paré and C. Aubry from Environment Canada, River Road
Environmental Technology Center, Canada, for the GC-MS analysis and to the Research Board of the
University of Zimbabwe for a research grant.

275
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

References
1. Claderwood, J.M., Finkelstein, N. and Fish, F. (1970). Phytochemistry, Vol. 9, p. 675.
2. Homans, A.L., Fuchs, A. (1970). J. Chromatogr. 51, 327 p.
3. Mitscher, L. (1990). ABSCRN DOC, Antimicrobial Screening Procedure, paper from Natural Product Congress
in Nairobi, Kenya

Table 1. Antimicrobial activity of Zanthoxylum chalybeum mature leaf oil.


Organism ATCC No. Complete Inhibition Streptomycln
concentration µgfml sulphate Inhibition
con. µg/ml
Staph. aureus 13709 1000 6.25
E. coli 9637 1000 50.00
Salmo. gallinarum 9184 1000 1000.00
Klebs. pneumonia 10031 1000 1250
C. albicans 10231 800 3.125
Ps. aeruginosa 27853 1 000 1250

276
UNE NOUVELLE MÉTHODE RAPIDE POUR L'IDENTIFICATION DES CARRAGHÉNANES
PAR SPEC'IROSCOPIE FT-IR À RÉFLECTANCE DIFFUSE DIRECTEMENT SUR LES ALGUES
SÉCHÉES ET BROYÉES*

Thierry CHOPIN et Ellen Whalen


Groupe de recherche marine et estuarienne, Département de biologie
· Université du Nouveau-Brunswick,
B.P. 5050, Saint John (Nouveau-Brunswick) E2L 4L5

Les carraghénanes présents dans une algue peuvent être identifiés rapidement par spectroscopie Ff-IR à
réflectance diffuse directement sur seulement quelques milligrammes d'algues séchées et broyées, évitant
ainsi de longs procédés d'extraction. Non seulement les principaux types de carraghénanes (tels que ic-,
Â.-, et 't-carraghénanes) sont détectés, mais les plus petites fractions le sont aussi (tels que les précurseurs
µ-, v-, and o-carraghénanes). Parce que les échantillons sont traités de manière minimale, la composition
ainsi déterminée représente, le plus fidèlement possible, la composition naturelle des plantes.

*Article complet publié dans Carbohydrate Research, Vol. 246, p. 51-60 (1993).

277
DÉVELOPPEMENT D'UNE PRESSE À GRAINS
POUR LA PRODUCTION D'HUILES VÉGÉTALES

Rigobert T. YAMÉOGO
Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST)
Institut Burkinabé de l'énergie (IBE), Burkina Faso

Adrian BARBULESCU et Suzanne COULOMBE


Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ)
Montréal (Québec)

Contexte économique et technologique du projet


Le Burkina Faso est situé dans la zone sud-saharienne de l'Afrique Occidentale où le sous-sol contient
très peu de richesses minérales et pas de pétrole. Pamri les rares activités rémunératrices, on retrouve au
premier plan l'extraction, la valorisation et la commercialisation des huiles végétales. Le Burkina Faso
exporte, depuis l'époque coloniale, des produits du karité sous fmme de noix prétraitées ou de beurre.

Environ 90 p. 100 de la population du Burkina Faso est constituée de paysans dont la principale source
de revenu provient des produits végétaux. Le beurre de karité représente plus de la moitié des sources de
revenu des villageoises en zone soudanienne.

Du point de vue des technologies d'extraction des huiles, on trouve aux deux extrêmes les technologies
industrielles et la méthode traditionnelle. Les technologies industrielles ont de grandes capacités de
production, mais leurs contraintes d'échelle ne pemlettent pas leur utilisation en milieu paysan. La
méthode traditionnelle consiste à triturer la graine ou l'amande réduite en pâte avec de l'eau tiède et à
décanter ensuite l'huile surnageante. Elle est pénible, lente et peu rentable.

Il a donc été nécessaire de trouver des technologies d'extraction intemlédiaires plus productives que la
méthode traditionnelle, mais adaptées au milieu paysan. Plusieurs presses de différents modèles ont été
fabriquées et essayées et il semble que la presse à vis manuelle soit la plus appropriée, du point de vue
facilité de fabrication et entretien.

Les résultats obtenus à date avec les presses à vis, quoique encourageants, démontrent que des
améliorations sont encore nécessaires afin de rendre le travail des femmes moins pénible et plus productif.

Objectif du projet
Concevoir, fabriquer et mettre en opération une presse à vis plus perfomlante que les presses utilisées
jusqu'à ce jour pour extraire les huiles non alimentaires contenues dans les grains des différents arbres ou
plantes tropicales du pays. La durée prévue des travaux était de douze mois.

Étapes du projet
La réalisation de l'ensemble du projet a comporté les activités suivantes: essais de pressage d'arachides
(faits dans le laboratoire du CRIQ); rédaction des spécifications de la presse; conception préliminaire du

279
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

prototype (sownise à l'avis du client); conception détaillée du prototype; fabrication du prototype dans
l'atelier du CRIQ; essai préliminaire et mise au point du prototype au CRIQ; livraison et mise en opération
de la presse à Ouagadougou; rapport technique.

Les travaux ont été effectués en étroite collaboration entre le CRIQ et son partenaire bourkinabé. Il est
venu deux fois au CRIQ et a été constamment consulté et tenu au courant de la progression du projet. Une
brève description des travaux est présentée dans les paragraphes qui suivent.

Essais en laboratoire
Cinq essais ont été faits sur une presse de 40 tonnes et deux autres sur une presse de 75 tonnes avec un
dispositif de pressage spécialement conçu et fabriqué à cette fin. Nous avons utilisé des arachides vendues
au Québec ainsi que des arachides apportées du Burkina par notre partenaire.

L'instrwnentation de la presse de laboratoire nous a permis de mesurer la force de poussée appliquée, la


hauteur de la chambre de compression (épaisseur du gâteau) et la quantité d'huile extraite. En traitant ces
données, nous avons pu avoir une bonne idée des performances de la future presse à grains, car la presse
de laboratoire simulait d'une façon assez fidèle son comportement

Spécifications de la presse
Les résultats des essais et les discussions entre l'IBE et le CRIQ ont permis la rédaction des spécifications
finales de la presse à grains PH-40 :

Position de la presse : horizontale Force par opérateur : 20 kg (maximum)


Force de pressage : 40 tonnes Durée d'une pressée :
Dimensions du cylindre :
pressage - 10 à 15 minutes
cycle total - 15 à 20 minutes
diamètre - 150 mm
hauteur - 300 mm lnteiface avec l'opérateur:
haute vitesse - manivelle avec volant
Nombre d'opérateurs : un ou deux
basse vitesse - bras de levier et cliquets

Conception
La conception du prototype a été faite en fonction des résultats des essais en laboratoire et des
spécifications établies conjointement. Une attention particulière a été accordée à l'interface avec l'opérateur
et plusieurs arrangements ont été étudiés et sownis à l'avis de l'IBE. La conception finale présente
quelques particularités qui méritent d'être mentionnées :
le pressage se fait par le déplacement du cylindre vers le piston;
le déplacement rapide du cylindre se fait avec une manivelle sur la roue dentée qui entraîne la vis de
force;
la roue est facile à fabriquer à partir d'une plaque d'acier de 25 mm;
les dents sont des goujons insérés dans des trous pratiqués sur la circonférence de la roue;
le déplacement lent de la roue se fait à l'aide d'un levier qui imprime un mouvement de va-et-vient
à un balancier à cliquets;
nous avons prévu deux cliquets pour diminuer la force requise de l'opérateur;
la longueur du levier est ajustable afin de varier le nombre des dents par coup;
l'opérateur peut s'aider avec son poids pour pousser le levier;

280
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

les deux cliquets sont réversibles, c'est-à-dire qu'ils travaillent dans un sens pendant la phase de
pressage et dans l'autre sens pendant la phase de desserrage;
le changement de sens est fait par l'opérateur;
la cage de filtration est retenue sur son support par un dispositif de blocage simple qui l'empêche de
suivre le piston au début de la course de retour;
la rétention des grains dans la cage filtrante, pendant le transport et en position couchée, est faite par
un disque de fond et un couvercle qui sont fixés à la cage par les opérateurs avec des dispositifs de
blocage.

Fabrication
Certaines pièces ayant un délai de livraison plus long (vis de force, écrou) ont été commandées à l'avance
afin de pouvoir rencontrer les échéances du projet En majeure partie, la fabrication du prototype a été
réalisée dans les ateliers du CRIQ; elle a débuté immédiatement, après l'avis du client, sur la conception
préliminaire et elle s'est tenninée à la fin du mois de novembre, tel que prévu.

Essai et mise au point au CRIQ


Les travaux de montage et l'instrumentation du prototype ont débuté aussitôt la fabrication tenninée. Un
essai préliminaire a été effectué le 15 décembre 1992 avec des arachides non chauffées, afin de vérifier
le comportement de la presse en opération. Les résultats obtenus nous ont pennis de conclure que le
prototype correspond aux spécifications établies et que, par conséquent, il pouvait être livré au client dans
les plus brefs délais.

Après avoir effectué les dernières retouches, nous avons procédé aux essais finals qui ont confinné les
perfonnances obtenues antérieurement (voir figures); le fonctionnement du prototype a été impeccable.
Voilà, à titre infonnatif, quelques-uns de ces résultats :

Nombre d'opérateurs : un Durée du cycle : 15 minutes


Force appliquée par l'opérateur: 22 kg Quantité de grains : 3 kg
Force obtenue sur le piston : 40 tonnes Huile extraite : 900 g
Rendement : 30 %

Nous avons prépare, à l'intention du personnel du client, un film sur vidéo-cassette qui présente, en son
et images, la façon d'opérer la presse, incluant le démontage des pattes et du bras de levier avant
l'emballage.

Uvraison et mise en opération à Ouagadougou


Le prototype a été défait en quelques sous-ensembles, emballé dans un caisson en bois et expédié vers
Ouagadougou dans la semaine du 4 janvier 1993; nous avons cru bon de livrer avec la presse une quantité
de pièces de rechange qui devrait être suffisante afin d'assurer son bon fonctionnement pour une assez
longue période (coussinets, cliquets, chevilles, etc.)

Les premières semaines ont été consacrées aux activités préparatoires telles que le transport au siège de
l'IBE, l'assemblage des pièces qui avaient été détachées pour le transport, la familiarisation du personnel
avec l'opération de la presse, etc.

281
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Une fois cette étape franchie, l 'IBE a commencé à opérer la presse, d'abord avec son personnel, et ensuite
avec une équipe de travailleuses venant d'un groupement de femmes. Les premiers résultats ont confirmé
que la presse rencontre les spécifications de performance établies ensemble au début du projet; les
rendements d'extraction avec des noix de karité ont été entre 30 et 35 p. 100 pour un cycle de pressage
de 12 à 15 minutes.

De fréquents contacts entre le CRIQ et l'IBE, pendant cette période, ont facilité une bonne préparation
de l'assistance technique fournie sur place, entre le 26 mars et le 2 avril 1993. Les principaux travaux
réalisés à cette occasion ont été :
la livraison des dessins qui avaient servi à la fabrication du prototype;
la livraison (sur disquette) des calculs cinématiques et de résistance du mécanisme d'entraînement de
la presse;
la livraison d'une clé dynamométrique équipée avec un dispositif spécialement conçu pour s'attacher
sur le bras de levier de la presse;
l'installation de la clé dynamométrique sur le bras de levier, l'ajustement, le réglage et les mesures
préliminaires de la force de l'opérateur;
la livraison (sur disquette) des mesures prises le 6janvier1993, lors de l'essai final de la presse avant
son expédition;
les essais de pressage de noix de karité faits par une équipe appartenant à un groupement de femmes,
avec une attention particulière pour les forces nécessaires au bras de levier;
les discussions avec les femmes qui nous ont fait part de leur réactions (en général très favorables)
face à cette nouvelle presse;
la visite de deux ateliers mécaniques afin de vérifier leurs possibilités de fabrication de la presse;
les discussions sur le contenu des futurs essais avec la presse;
les discussions sur les suites à donner au projet.

Résultats
1. Le CRIQ et l 'IBE ont réalisé en douze mois le prototype de la presse à grains horizontale de quarante
tonnes (PH-40). Les performances obtenues sur le terrain ont confirmé celles obtenues en laboratoire :
son opération demande seulement un ou deux opérateurs (au lieu de quatre ou cinq);
le cycle de pressage est de 15 à 20 minutes (au lieu de 30 à 40 minutes);
le rendement d'extraction est de 30 à 35 p. 100 (au lieu de 25 à 30 p. 100).

2. L'IBE s'est vu doter du prototype de la presse équipée avec une clé dynamométrique adaptée pour
mesurer la force fournie par l'opérateur, ce qui lui permettra de continuer les essais en des conditions
de travail réelles.

3. Le personnel de l'IBE s'est familiarisé avec l'opération de la presse et il est capable de continuer son
optimisation d'une façon beaucoup plus autonome.

4. Le personnel de l'IBE s'est familiarisé avec l'utilisation du chiffrier électronique afin d'effectuer des
calculs de résistance ainsi que le traitement des valeurs mesurées lors des essais.

5. La possibilité de fabrication de la presse localement a été confirmée.

6. Le séjour à Ouagadougou nous a permis de mieux nous connai"tre et de discuter de la poursuite des
travaux reliés à la presse.

282
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Développements futurs
La conception de la presse PH-40 a été faite de telle manière qu'elle peut servir de point de départ pour
une famille de presses de différentes capacités (65, 80 et même 100 tonnes). Nous nous sommes aussi mis
d'accord sur d'autres projets reliés à la presse qui pourraient être considérés à l'avenir : unité intégrée pour
l'extraction artisanale des huiles, création d'un centre d'expertise dans l'extraction artisanale des huiles,
etc.

283
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

-~ 40 ----- --- 1000

-
0:::
:::::>
w 30 750

~
•W -~
c..
0 - '500

i
20

È !
w "" w
•W
10
~ 250
:::::>
0c..

TEMPS (min.)

POUSSÉE - - EXTRAIT Â OPÉRATEUR


Figure 1. Valeurs mesurées presse PH40; arachides, 3000 g, non chauffées.

35

30

~ 1SO-+----+-

~ 120-+-~-t-~-t-~-t--trt1'il.lfl-+l~+--~+-.;r.-i-+-~-+-~--!­ 20 z
25
--
0~

z 0
0 15 i=
ëi5
~
Cl)
w
~ 60+-~--11--~-+~.....-f11M-~4:::if-:=llllC:J'--1-~~+-~--1l--~-t-~~+ 10
xw
5

2 0 8 10 1Z 14

TEMPS (min.)
--PRESSION --EXTRACTION

Figure 2. Paramètres presse PH-40; arachides, 3000 g, non chauffées.

284
L'ISOLATION ET LA CARACTÉRISATION DE SESQUITERPÈNES DE L'HUILE ESSENTIELLE DE
VETIVER/A ZIZANOÏDES

R. HOSSÉ
Programa Agroquimico, Universidad Mayor de San Simon
Cochabamba, Bolivie -

F.-X. GARNEAU, F.-1. JEAN, H. GAGNON, G.J. COWN


Laboratoire d'analyse et de séparation des essences végétales
Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Québec) Canada

J. APSIMON
Université Carleton, Ottawa (Ontario) Canada

Objectifs
1. Développer une méthodologie expérimentale pour l'isolation des constituants de l'huile essentielle du
vétiver.

2. Caractériser certains constituants à l'aide de techniques spectroscopiques.

Méthodologie
Chromatographie en phase gazeuse (CG)
.i.
Chromatographie sur couche mince (CCM)
hexane:éther (75:25)
.i.
Chromatographie flash
hexane:éther (100:0 ~ 0:100), gradient 25 %
.i.
CCM et CG des fractions obtenues
.i.
Chromatographie flash des fractions
hexane:éther (75:25)
.i.
CCM et CG des fractions obtenues
.i.
Isolation par HPLC semi-préparative MeCN:H20
(gradient d'élution: 40:60 ~ 100:0)
.i.
CG
.i.
Caractéristiques physiques et spectroscopiques des
produits isolés (IR, SM, RMN)

285
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

D'après les données spectroscopiques, le produit isolé pourrait être le khusinol :

11
CHs
H .:
~:2 14
13CHg .,,,,.- "- CHg

Tableau 1. Analyse chromatographique en phase gazeuse de l'huile essentielle


de vétiver (constituants> 1 %).
DB-5 Supelcowax
Colonne
Identification T.R.* LK. T.R.* LK. % surface

prézizaène 21,48 1440 18,27 1632 2,95


khusimène 21,83 1445 23,08 1701 2,97
non identifié (n.i.) 22,34 1451 14,93 1572 1,51
zizanène? 24,29 1478 21,27 1676 5,01
khusimone 25,00 1483 25,05 1732 1,99.
n.i. 25,19 1484 21,50 1680 2,25
y-muurolène 25,44 1487 23,51 1708 1,53
'f-cadinène 26,53 1499 1,58
&-cadinène 27,48 1512 24,12 1717 4,48
n.i. 30,12 1546 33,39 1839? 3,55
n.i. 30,94 1556 2,40
trans-nérolidol 31,22 1559 49,85 2021 1,06
P-vétivénène 33,46 1585 50,42 2028 2,56
n.i. 33,84 1589 1,77
n.i. 35,87 1610 1,86
n.i. 36,02 1612 3,37
n.i. 36,33 1616 1,62
n.i. 37,35 1626 1,32
tau-cadinol 38,28 1634 61,55 2253 1,79
a-cadinol 39,22 1644 63,07 2169 3,45
n.i. 39,89 1650 2,07
n.i. 40,61 1657 1,06
khusinol? 41,42 1664 69,10 2234 5,23
n.i. 45,65 1700 2,36
khusimol 47,09 1718 87,69 2456 7.,55
n.i. 47,55 1723 2,84
acide zizanoïque ? 51,83 1771 5,26
P·vétivone 54,49 1799 1,60
a-vétivone 56,42 1818 2,22

* Conditions : colonnes capillaires DB-5 et supelcowax (30 m x 0,25 mm); programmation


de température: 100 °C pendant 2 minutes, puis chauffage de 1 °C/min. jusqu'à 210 °C.

286
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 août 1993

Tableau 2. Analyse par chromatographie sur couche mince (CCM) des fractions d'huile de vétiver obtenues par
chromatographie éclair (flash).
% surface des constituants LK. dans diverses fractions
a-cadinol khusinol khusimol n.i. ac. zizanoïque -vétivone a-vétivone
Fractions 1644 1664 1718 1723 1771 1799 1818
230 23,85
330 56,51
430 52,09
530 38,13 2,11
140 19,29 3,41 9,99
240 7,77 _12,93 30,59
340 9,22 19,98 29,60
440 - ~-15,75 17,25
450 11,84
550 14,59 -
160 12,95
260 11,27
360 12,17 23,41 13,87
460 13,76 25,69 16,82
560 19,33 28,00 2,11 15,93
270 15,18 37,83 2,44 25,79
370 12,17 35,89 3,18 28,67
470 9,65 34,97 5,49 29,17
570 8,47 30,40 26,32
670 7,76
Conditions: Flash sur gel de silice avec hexane:éther (75:25); CCM sur gel de silice avec toluène:acétate d'éthyle
(93:7). Révélateur : vanillinefHzS04•
Note: La chromatographie« flash» pennet d'obtenir plusieurs fractions enrichies (chiffres en gras ci-dessus)
dont les produits majeurs ont été isolés par HPLC.

Tableau 3. Isolation du khusinol ? (l.K. 1664) par HPLC; résultats de la fraction 230 du Tableau 2.
% surface Correspondance CG _%surface
Pic HPLC T.R. HPLC LK. CG

23,61 1,35 1718 (khusimol) 21,02


1723 10,32
1771 (ac. zizanoïque) 14,74

2 28,50 22,00 1626 8,58


1718 (khusimol) 6,89
1799 (~-vétivone) 5,43
1818 (a-vétivone) 23,88

3 30,28 14,89 1626 13,31


1657 20,65
1718 (khusimol) 10,65
1818 (a-vétivone) 22,93

4 32,08 13,40 1664 (khusinol ?) 89,88

5 33,88 7,14 1610 9,44


1657 14,89
1660 23,22
1662 12,00
Note : Les fractions 230, 330, 430 et 530 obtenues par chromatographie « flash » ont été analysées par
HPLC aux conditions suivantes : colonne C 18 semi-préparative, 10 mm x 250 nun; acétonitrile:Hp, gradient
d'élution de 40:60 - 100:0 en 45 minutes; détecteur à U.V. à 220 nm. À partir de 5 g d'huile de vétiver, nous
avons isolé 77 mg de khusinol (?)sous forme de cristaux. La recristallisation a permis d'en augmenter la
pureté à 98 %.

287
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Tableau 4. Données physiques et spectroscopiques du produit isolé (khusinol ?).

Caractéristiques
littérature
Point de fusion : 82 °C 87 °C
Pouvoir rotatoire : - 142° + 174,4 °

Bandes d'absorption Infra-rouge (cm"1)

bandes attribution littérature -

3388 OH 3400
. 2904 C-H 2900
1650 C=C (non conjugué) 1667
1466 C-H 1400
1344 C-H (CH3) 1372
1120 C-0 (alcool) 1074
908 C~=C 909

Analyses RMN- 13C et RMN-H

RMN- 13C RMN-H


N" ppm nombre H ppm multiplicité

1 52,4 1 1,9 triplet


2 67,2 1 4,1 ddd*
3 38,5 2 2,4 multiplet
4 132,2
5 121,5 1 5,5 singulet
6 47,3 1 1,3 multiplet
7 37,3 1 1,2 ddd
8 27,3 2 1,8 multiplet
9 45,5 2 2,0 multiplet
10 150,9
11 23,7 3 1,7 singulet
12 26,7 1 2,15 quadruplet dédoublé
13 15,0 3 0,7 doublet
14 21,5 3 0,9 doublet
15 103,7 2 4,8 singulet
4,9 singulet
* ddd : doublet dédoublé dédoublé.

' •·
... 1
lhttttHtlluu
._._l • •--'- ........ •· . • . •· -·· ·-·
ef"r rrrrJ- 4•..-e.-r."'f"e~ ... .-

Figure 1. Analyse par chromatographie sur couche mince (CCM) des fractions d'huile de vétiver obtenues par
chromatographie éclair (flash) (conditions: flash sur gel de silice avec hexane:éther (75:25); CCM sur gel de
silice avec toluène:acétate d'éthyle (93:7); révélateur: vanilline/H2S04).

288
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

.. MO~

:::::~
f'll

;
11 l"'I"' ... ..,

~ ~~ -~ ~i:; !?
.., ...... ., 0 0
0
~
1 i ~I 1 \I \1 \11 / 1

- 140 100 IO

Figure 2. Spectre RMN"13C du produit isolé (I.K. 1664) (khusinol ?).


20

-
_____ L_________ L __l_ __
Figure 3. Spectre RMN-H du produit isolé (I.K. 1664) (khusinol ?).

289
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Figure 4. Spectre RMN-H (détail) du produit isolé (l.K. 1664) (khusinol ?).

l L l lVl\\L""-l\.IL__

--a~} 1---- ~----::/< ~ t


...

.
..

Figure S. Spectre RMN-COSY du produit isolé (l.K. 1664) (khusinol ?).

290
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 aoOt 1993

1
40
1

1
1
11 1

~I.,
Il)
; 1
ci
Cl
u
c
..,CO
C'll
1
..,:
CO•
.s i. ....
~
E ZO
Ill
c ,.., 1 r.
....~
-.-,
lt-
"....ai ..,JI "li •j Il)
• rSP
Il) •
- CO QI OI
CO
.....
.-~
f' Il)
CO

~
cO
....
....
-
.;. 1
f' CO
0 .
- 0
,......
Q)
1
0 CO ....
cici .;.
4000
..,.., OI
C'll 2000
Wavenumbers {cm-1)

Figure 6. Spectre infrarouge du produit isolé (l.K. 1664) (khusinol ?).

- 1S!J

41

133
17&
. !ill1 185

1Z1
79

147 Z8Z
SS 67

1
1
il Il
1
t
!

u .J 1
.. 1 IL 1
l
187

lb
J i
11
,..
1 1 1 1 '
41 '8 • 188 128 1411 S6ll 188 2111!1 2211 2411 2'8 288 -

Background Subslract Date: 93-0S-10 16:11:41


Cœunent: UQAC ECH N" S, Fradiao Vetiver Dil 50
Avotage of 2143 to 2147 Minus2121 to 2125 100 <J, = 66560

Figure 7. Spectre de masse du produit isolé (l.K. 1664) (khusinol ?).

291
RECHERCHE AGRICOLE : TROUVER LA MEILLEURE MATIÈRE PREMIÈRE VÉGÉTALE

Ulibeth LEIGUE
Universidad Mayor de San Sim6n
B.P. 992, Cochabamba, Bolivie

Une Brlssette, Daniel Lord et Denis Walsh


Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Québec) G7H 2B 1

Résumé
L'objectif du projet« Huiles essentielles - Bolivie 1:' Phase» est d'identifier les espèces aromatiques indigènes ou
introduites en Bolivie susceptibles de fournir des huiles essentielles commercialisables-sur le marché international
et d'étudier leurs méthodes de culture. Trois espèces locales ont été retenues soit Baccharis dracunculifolia,
Acanthostyles buniifolius, Phoeniculum vu/gare var. doux et deux espèces introduites en Bolivie : Vetiveria zizanoïdes
et Eucalyptus citriodora.

Les technologies agricoles traditionnelles de même que les technologies de pointe doivent être utilisées pour fournir
la biomasse végétale nécessaire à la production d'huiles essentielles. La multiplication végétative in vitro représente
un outil puissant, aux perspectives industrielles et économiques nouvelles, lorsque les méthodes traditionnelles sont
peu efficaces ou inapplicables. Si à court terme la culture in vitro permet la production rapide d'un grand nombre
de plants conformes pour l'expansion des zones de culture, à plus long terme cette technique permet la sélection de
variétés dont le potentiel en huiles essentielles est élevé de même que la conservation de ce matériel génétique in
vitro.

Les résultats d'essais de culture en champs à Cochabamba (Bolivie), de même que les travaux sur la culture in vitro
réalisés au laboratoire de physiologie végétale de l'Université du Québec à Chicoutimi (Canada) sont présentés. Les
résultats préliminaires montrent que la domestication de ces espèces est possible à court terme en vue de produire
des huiles essentielles.

Objectif
Évaluer les techniques de culture in vitro pour la multiplication conforme de plantes aromatiques natives
ou introduites en Bolivie.

Antécédents
L'extraction des huiles essentielles est une activité qui permet aux populations des zones rurales d'élaborer
des produits de haute valeur ajoutée tout en résidant dans ces zones.

Le but du Programa Agroqufmico est l'industrialisation des ressources agricoles du département de


Cochabamba (Bolivie), plus spécifiquement l'élaboration de projets agro-industriels dans le domaine de
l'extraction des huiles essentielles.

La phase Il du projet Huiles essentielles - Bolivie a pour objectif la diversification des sources
d'approvisionnement à partir des espèces natives qui poussent à l'état sauvage et qui ont un bon potentiel

293
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

en huiles essentielles. La conservation de même que la domestication des espèces sauvages sont des étapes
essentielles à une exploitation rationnelle des ressources naturelles.

Les espèces natives ont les caractéristiques suivantes : (1) très grande variabilité dans le rendement et la
composition en huiles essentielles; (2) mécanismes de propagation sexuel et végétatif difficiles à contrôler;
(3) disponibilité limitée de la biomasse végétale; (4) influence défavorable du climat sur la production des
plantules et la régénération naturelle.

Le programme d'expansion des surfaces exige des méthodes de propagation dont la vitesse de
multiplication est élevée.

Méthodologie
Recherche de nouvelles variétés ou d'espèces pouvant être introduites en Bolivie.
Conservation et mise en valeur des espèces sauvages :
évaluation des espèces sur le terrain;
distribution géographique;
disponibilité immédiate de la biomasse;
étude des mécanismes de régénération naturelle;
identification des meilleurs exemplaires pour la production en huiles essentielles;
programme de multiplication par clonage;
possibilité de domestication et de production agricole;
amélioration et conservation des clones sélectionnés.

Conclusion
La première étape du travail a atteint l'objectif d'améliorer la production des plantules par rapport au
temps, avec la technique de culture in vitro, particulièrement pour le vétiver et le romerillo.

Remerciements
Ce projet a été financé par : le Centre de recherches pour le développement international (CROI);
l'Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Québec) Canada; l'Universidad Mayor de San Simon,
Cochabamba, Bolivie.

Matériels
Matériel végétal
Plantes et graines de vétiver, du Romerillo et de la T'ola
Romerillo Acanthastyles buniifolius fam. Asteraceae
T' ola Baccharis dracunculifolia fam. Asteraceae
Vétiver Vetiveria zizanoides fam. Graminacées
Infrastructure
Laboratoire de physiologie végétale, Université du Québec à Chicoutimi, Canada
Laboratoire du Programa Agroquimico, Universidad Mayor de San Sim6n, Bolivie
Champs de culture
Zone tropicale
Unité de production du Valle del Sajta (400 msnm)
Universidad Mayor de San Sim6n, Bolivie
Province du Carrasco - Cochabamba, Bolivie
Zone des hautes vallées
Ferme agricole « Jimenez », Yuraj Molino (2400 msnm)
Parc forestier « Tunari », Cochabamba (2400 msnm)
Centre de recherche sur pyrêtre Waca Huasi, Tiraque (3800 msnm)
Provinces de Carrasco, Cercado et Tiraque, Cochabamba, Bolivie

294
COMPOSITION CHIMIQUE D'HUILES ESSENTIELLES DE TAGETES MINUTA L. DU RwANDA

J.C. CHALCHAT, R.Ph. GARRY


Laboratoire de chimie des huiles essentielles
Université Blaise Pascal et École natlonale de chimie de Clermont supérieure
Campus des Cézeaux 63177 Aubière Cédex, France

A. Muhayimana
Institut de recherche scientifique et technologique <IRSn
B.P. 227 Butare, Rwanda

Travaux des auteurs


La Tagetes minuta L. est une plante annuelle originaire d'Amérique du Sud. On la trouve en Amérique
du Sud et Centrale, en Europe 1, en Inde2, en Australie, en Nouvelle-Zélande 1 et en Russies.

Au Rwanda, elle se trouve à l'état spontané dans les jachères où elle est considérée comme une mauvaise
herbe; elle est utilisée pour chasser les founnis et soigner quelques maladies mentales par certains
guérisseurs. La tagéténone isolée est active contre une mouche appelée Aedis aegypti. L'huile a un large
spectre antimicrobien et antifongiques et elle est utilisée en parfumerie6•

Lawrence s'est consacré à une mise au point7·8 sur les huiles essentielles de Tagetes. Les compositions
chimiques des huiles essentielles extraites des feuilles et des fleurs sont de compositions voisines mais
différentes pour le taux de leur constituants9 : le cis fH>cimène et les tagéténones sont généralement
majoritaires dans les fleurs, les tagétones et dihydrotagétones dans les feuilles. Par ailleurs, le rendement
en huile essentielle est plus élevé dans les fleurs que dans les feuilles.

Des variations de composition chimique ont été relevées en fonction du stade de développement8 de la
plante:
le pourcentage de cis fH>cimène augmente au cours de la floraison;
la concentration de dihydrotagétone est maximale en début de floraison et le taux de tagétones diminue
lors de la fructification. ·

L'origine des prélèvements pennet de remarquer des différences importantes : une huile essentielle
d'origine d'Amérique du Nord est riche en dihydrotagétone et tagéténone, alors qu'une d'origine
Hongroise contient beaucoup de tagéténones à côté du cis ~-ocimène, de la dihydrotagétone et de la
tagétone.

Les observations faites sur les analyses de ces huiles essentielles de ces deux origines pennettent de penser
qu'on est en présence de deux chimiotypes.

Travaux personnels
Nous avons identifié 41 constituants dont 11 pour la première fois dans les huiles essentielles de Tagetes
minuta du Rwanda par couplage GC/MS.

295
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

On constate que : ( l) les isomères Z des tagétones et tagéténones sont plus importants que les isomères E;
(2) le pourcentage de tagétones relevé dans les fleurs correspond à un minimum des tagéténones dans les
feuilles et vice versa.

L'examen de la composition chimique des huiles essentielles obtenues à partir de végétaux se trouvant à
un stade végétatif voisin et récoltés en différents lieux montre que les prélèvements peuvent être
regroupés:
le groupe riche en dihydrotagétone (Mamba, Ruhande );
le groupe riche en tagéténone et tagétone (Tumba, Kinteko, Mukoni);
le groupe hétérogène (Muyunzwe, Ruyenzi);
le groupe rièhe en tagéténone (Kanza, Mudende).

On peut présumer de l'influence de la nature du sol; ou supposer être en présence de chimiotypes


différents parce qu'il est montré (Graven) (10) que les taux d'azotes, phosphore et potassium sont sans
influence.

Pour lever l'ambiguïté, il serait nécessaire de planter sur un même site chaque individu distinct. Des essais
ont été réalisés dans ce sens; des graines récoltées sur une population de plantes à Mukoni ont été mises
en culture dans le jardin du CURPHAME'IRA.

Les observations suivantes ont été faites :


les taux de dihydrotagétone relevés dans les huiles essentielles extraites dans les feuilles augmentent
pendant le cycle de floraison;
les pourcentages des tagétones relevés dans les extraits de feuilles ou de fleurs augmentent jusqu'en
pleine floraison pour diminuer ensuite fortement jusqu'à la fructification;
les quantités de cis j>-ocimène notées dans les essences de fleurs évoluent comme celles des tagétones.

La comparaison des résultats que nous avons obtenus avec ceux des auteurs permet 4e remarquer que
l'huile essentielle Tagetes minuta du Rwanda se rapproche de celle d'Amérique du Nord et de Hongrie
par la présence importante de cis ~-ocimène dans les fleurs. Les prélèvements réalisés sur les sites de
Mukoni, Ruhande, Kinteko et Ruyenzi se singularisent par la présence importante de tagétones; par contre
les huiles de Kanza et Mudende sont riches en tagéténones comme celle d'Amérique et de Hongrie. On
remarque, par ailleurs, que les isomères Z des tagétones et tagéténones sont majoritaires, ceci
comparativement à ce qui avait jusqu'alors été observé.

Bibliographie
1. Troupin, G.; Flore du Rwanda; SPERMAPHYTES; IN.R.S.; Butare, Rwanda, 1985, Vol. III, 640-643.
2. Baslas, R.K., Singh, A.K.; J. Indian Chem. Soc., 1981, LVIII. 422-423.
3. Keckelize, M.A., Pruidze, V.G. et Dembitskii, A.D.; Aktual. Probl. lzuch. Efimomslich. Rast Efün. Masel, 1970,
135.
4. Maradufu, A., Lubega, R.; Dom, F.; Lloydia, 1978, 81-83.
5. Hethelyi, E., Danos, B., Tetenyi, P. Koczka, I.; Flav. and Fragr., 1986, l· 169-173.
6. Tsukasa, H.; Koryo, 1986, 150, 25-32.
7. Lawrence, B.M.; Ferfum and Flavorist, 1985, 10, 73-82.
8. Lawrence, B.M.; Ferfum and Flavorist, 1992, 17, 131-134.
9. Hethelyi, E., Tetenyi, P., Danos, B., Kemoczi, A., Buki, G., Koczka, I.; Herba. Hungarica, 1988, 27, 2-3, 89-105.
10. Cravein, E.H., Webber, L., Benians, G., Venter, M., Gardner, J.B.; J. Essen. Oil Res., 1991, l, 303-307.

'296
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

Tableau 1. Composés identifiés dans l'huile de Tagetes minuta L. du Rwanda (échantillon 4b-Ruhande fleurs).

N• Identification % N' Identification %

1 acétone 0,63 22 trans-(3-ocimène 0,17


2 4-méthyl pent-2-one 0,03 23 p-cymène traces
3 santène 0,05 24 dlhydrotagétone 1,03
4 a-pinène 0,03 25 p-menth-4-én-3-one 0,54
5 a-thujène traces 26 1,7,7-triméthylbicyclo[3-,1,l]heptan-2-one traces
6 butyrate d'_éthyle 0,12 27 3,4-diméthylocta-2,4,~--triène 0,16
7 2-méthylbutyrate d'éthyle 0,02 28 cis-hexénal 0,14
8 camphène traces 29 2,4,6-triméthylanisole 0,02
9 valérate d'éthyle 0,02 30 artémisia cétone 0,06
10 (3-pinèD.e traces 31 cis-(3-ocimène époxyde traces
11 sabinène 0,28 32 (E)-tagétone 2,86
12 al-carène 0,11 33 (Z)·tagétone 35,40
13 1-méthyl-3-isopropyl cyclohexane traces 3-4 linalool 0,17
14 a-phellandrène 0,07 35 acétate de bomyle traces
15 myrcène 0,11 36 acétate d'isobomyle traces
16 limonène 1,77 37 terpin-1-én-4-ol 0,07
17 hex-2-én- l-al 0,03 38 2,(lO)pinène-4-one 0,08
18 1,8-cinéole 0,04 39 (Z)·tagéténone (odménone) 3,34
19 cis·f3-oclmène 37,08 40 (E)-tagéténone (oclménone) 6,31
20 terpinolène 0,35
21 y-terpinène traces TOTAL 91,09

B
.li
'i

39 ..

i1 ., ~ loi

l~JiJ"~~~r.____~fL_i~~~i--~~f·-~_._~~~

Figure 1. Chromatogramme de l'huile essentielle de Tagetes minuta L. (fleurs Ruhande 4b) - 19, cis-~-ocimène;
24, dihyclrotagétone; 31, (E)-tagétone; 33 (Z)-tagétone; 39, (Z)-tagéténone; 40, (E)-tagéténone.

297
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

0 Lieux de divmes récoltes


/!,. KIGALI. la capi1ale

llft1JJIDI

Figure 2. Carte du Rwanda et sites de récoltes.

Il
~ "·"li
(+) DibydrotagdlOllC

~
(5 !!) ·Tagttoac
(5 Z) ·tagttonc

~
(S E) • Taat1taonc (ocimtnooc) (3 Z) • Tagtltaonc (ocimtnoncJ

Composition chimique de l'huile essentielle de Tagetes minuta.

298
Tableau 2a Comparaison des % des principaux constituants des huiles essentielles de Tagetes minuta L. Fleurs du Rwanda.

MAMBA MUKONI. TUMBA RUHANDE KINTEKO RUYENZI MUYUNZWE KANZA MUDENDE


sept. 90 mai 91 nov. 91 nov. 91 nov. 91 nov. 91 nov. 92 déc. 91 déc. 91
Nom lb 2b 3*b 4b 6b 6b 7b Sb 9b

cis-P-ocimène - 31,8 25,l 38,2 37,l 38,2 32,1 47,l 43,7


dihydrotagétone - 3,4 1,7 2,9 2,3 2,9 3,1 1,5 0,9
(Z)-tagétone - 46,0 4,1 35,4 27,9 25,0 30,l. 5,9 2,8
(E)-tagétone - 3,3 0,9 1,1 1,0 9,3 3,0 0,9 0,8
(Z)-tagéténone - 1,8 10,5 3,3 3,2 3,3 4,4 7,9 7,9
(E)-tagéténone - traces 9,8 8,3 7,6 5,6 4,9 22,2 25,8
limonène - 1,3 3,64 1,8 1,7 1,8 1,8 1,7 2,2
linalool - traces 0,84 0,2 0,4 0,7 0,1 0,1 0,12
sabinène - 0,3 0,56 0,3 0,3 0,2 0,2 0,2 0,3
1,8-cinéole - traces 0,11 traces traces 0,1 0,1 traces 0,2
p-menth-4-én-3-one - 0,3 - 0,2 0,8 0,4 0,1 0,7 0,9

Total - 88,2 57,2 91,7 82,2 87,4 79,8 88,2 85,5


* Fleurs + inflorescences.

Tableau 2b. Comparaison des % des principaux constituants des huiles essentielles de Tagetes minuta L. Feuilles du Rwanda.

MAMBA MUKONI TUMBA RUHANDE KINTEKO RUYENZI MUYUNZWE


oct. 90 avril 91 nov. 91 nov. 91 nov. 91 nov. 91 nov. 92
Nom la 2a 3a 4a 5a 6a 7a

cis-P-ocimène 1,4 7,4 14,5 2,2 5,6 12,2 6,2


(Z)-tagétone 8,6 7,0 5,0 12,2 12,5 12,5 14,5
(E)-tagétone 19,4 11,6 7,0 10,7 22,5 14,2 28,2
dihydrotagétone 49,2 7,1 2,7 38,6 17,9 18,0 30,7
(Z)-tagéténone 0,6 16,8 31,4 7,0 18,2' 10,0 6,6
(E)-tagéténone 0,1 16,9 19,5 1,1 11,2 2,7 3,9
limonène 2,0 5,6 6,7 7,9 5,0 12,4 5,8
linalool 1,6 0,8 .0,4 0,6 0,8 0,4 1,4
sabinène 0,6 0,8 0,9 1,1 0,7 1,1 0,6
1,8-cinéole 0,3 0,4 0,1 0,2 0,3 0,1 0,0
p-menth-4-én-3-one 0,6 0,3 0,2 0,1 0,2 0,3 0,5

Total 84,4 74,7 88,3 81,5 93,8 83,8 98,2


Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Tableau 3. Composition chimique de l'huile essentielle de Tagetes minuta feuilles en fonction du stade de
développement.

Composé TCOl TC05 TC07 TCOlO TC012


avant floraison individu précoce début floraison pleine floraison fin de floraison
date de récolte 92-02-22 92-02-22 92-03-07 92-04-04 92-04-22
cis-~-ocimène 2,0 6,5 3,0 2,4 2,2
dihydrotagétone 16,5 24,6 43,5 59,4 63,8
(E)-tagétone 16,9 15,5 18,8 9,6 3,9
(Z)-tagétone 21,5 26,0 22,7 10,5 8,7
(Z)-tagéténone 0,4 6,7 0,4 0;1 0,7
(E)-tagéténone 0,1 4,8 1,4 0,1 0,5
limonène 5,1 6,5 5,6 - 3,7 3,7
sabinène 0,8 1,0 1,0 0,5 0,1
linalool 1,0 1,2 1,3 o,8 8,7
1,8-cinéole traces 0,1 0,1 0,3 0,3
p-menth-4-én-3-one traces 0,7 traces 0,4 0,2
Rendement ( %) 2,4 0,4 1,1 0,4 0,4

Tableau 4. Composition chimique de l'huile essentielle de Tagetes minuta fleurs en fonction du


stade de développement.
Composé TC03 TC08 TCOll TC013
avant floraison individu précoce début floraison pleine floraison
date de récolte 92-03-22 92-03-07 92-04-04 92-04-22
cis-~-ocimène 27,1 37,8 35,5 21,3
dihydrotagétone 2,7 2,3 3,2 3,0
(E)-tagétone 2,7 4,0 4,9 3,5
(Z)-tagétone 10,9 24,0 48,8 42,9
(Z)-tagéténone 7,4 4,0 0,2 0,5
(E)-tagéténone 28,8 15,2 0,3 0,2
limonène 2,0 3,3 2,2 1,1
sabinène 0,2 0,4 0,3 0,2
linalool 0,1 0,1 0,1 traces
1,8-cinéole traces 0,1 traces 0,1
p-menth-4-én-3-one 0,1 0,1 0,2 0,1
Rendement ( %) 0,5 0,4 1,7 1,7

Tableaµ 5. Composition chimique de l'huile essentielle de Tagetes minuta fruits et graines en fonction du stade
de développement

Composé TC014 TC015 TC016 TC017 TC018


fruits à maturité graines fruits fruits + fleurs fruits
date de récolte 92-05-07 92-05-07 92-05-14 92-05-14 92-05-14
cis-b-ocimène 45,2 6,4 36,8 26,4 30,l
dihydrotagétone 11,2 35,7 1,1 3,7 5,2
(E)-tagétone 3,1 3,2 3,8 4,4 4,4
(Z)-tagétone 19,6 10,5 45,4 55,9 51,2
(Z)-tagéténone 0,2 0,2 0,2 0,2 0,1
(E)-tagéténone 0,1 0,5 0,3 0,5 traces
limonène 2,4 5,4 1,3 1,5 1,1
sabinène 0,1 0,2 0,2 0,2 0,1
linalool traces traces traces 0,2 traces
1,8-cinéole traces traces traces traces traces
p-menth-4-én-3-one traces traces traces traces 0,1
Rendement ( %) 0,9 0,02 0,8 1,14 0,7

300
__ Variation des pourcentages des principaux composés des huiles essentielles de : Variation des pourcentages des tagéténones dans les huiles essentielles de fleurs et de
Feuilles de Tagatas minuta l. du RWANDA en fonction du stade végétatif. feuilles de différents échantillons de Tagetes minuta L du Rwanda.

70
30

..... 60

....
.: 2 5
g_ 50 0
• E - Tagéténone Fleurs
..
E
0
• Dlhydrotagétones Feuilles ~
... 20
.
.. 40
'O 0
0 Z - Tagéténone Fleurs

& 30

Tagétones Feuilles

Tagéténones Feuilles
'O
... 15 .

.,"'
!!!
c !!!
c 10
~ 20
~
..."
0

10 ..."
0
5

0 1 1-
_, 1 1 0
TC01 TC07 TC010 TC012 2 3 4 5 6 7 8 9
Num6ros des 6chantlllons Numéros des échantillons

TC01 Avant floraison TC07 : Début Floraison TC012 : Fin floraison TC010: Pleine lloralson

Variation des pourcentages des principaux composés des huiles essentielles de


Fleurs de Tagatas minuta L. du RWANDA en fonction du stage végétatif
35

• Tagéténones Fleurs et Fruits 0 Cls béta·ociméne Fleurs et • Tagétones Fleurs et Fruits


30
Fruits

i.... t
• E - Tagéténone Feuilles
25
:: 0

~!fa. ~. cl. ~. ~. [), ~. ~.


1 1 Z - Tagéténone Feuilles
0
'O

: .:
:: i
..
'O
20

ë E ~ 15
3
~ ..
0
.
!!!
c
..."
0
!! 1 0
TC08 TC011 TC013 TC014 TC015 TC016 TC017 TC018 ..."
0

Numéros des 6chantillons


0
2 3 4 5 6 7
TC08 : Fleurs début floraison TC011 : Aeurs pleine floraison TCO 13 : Fleurs lin de llornison
TC014 : Fleurs à maturttê de la plante Numéros des échantillons
TC015: Graines TC016: Frutts
TC017: Fleurs à maturttê avancée
TCOt8 _Frutts
Variation des pourcentages des tagétones dans les fleurs Variation des pourcentages du cis J3-ocirnène et de la dihydrotagétone
et dans les feuilles de différents échantillons de Tagetes minutas L. du RWANDA des huiles essentielles de feuilles et dans les fleurs de différents échantillons
de Tage/es minutas L. du RWANDA.

50
50 • cis béta-ocimène Fleurs
45
• E - Tagétone Fleurs
45 0 Cis béta-ocimène Feuilles
..,....
40
0 Z - Tagétone Fleurs 40
35 0
~ 35
30
.
0
u
30
25 ,,., 25
20
..
.,
sc 20
15 ., t 5
!!
10 0"
a. 10
5
5
0 0
2 3 4 5 6 7 e 2 3 4 5 6 7 9
Numéros des échantillons

50

45 • Oihydrotagétone Fleurs

.: 4 0 0 Oihydrotagétone Feuilles

. 30 &. 35
..,
l
E

,,."' 25
0

l8 25
• E - Tagétone Feuilles
u 30

.. 20 ,-, 0 Z - Tagétone Feuilles .,..


,,., s.,c 20
...,.
15

IJ.llJ IJ.IJIJ
!! 15
J!! 1 0
c., " 10
0
a.
!! 5
"
~ 0 ___
5

0
2 3 4 5 6 7
2 3 4 5 6 7 9
Num6roa des 6chanllllons
Numéros des échantillons
LOCALISATION DES OPPORTUNITÉS DES PRODUITS NATURELS À L' AMAPA
LOCALIZATION OF NATURAL PRODUCT OPPORTUNITIES FOR INDUSTRIAL DEVELOPMENT
IN AMAPÂ

Benjamin GILBERT
CODETEC, C.P. 6041, Campinas, SP, Brasil

Voir les cartes suivantes.

303
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

MATO GROSSO
.C'ncliaMmba CORDECO- QQAC Esseiitial Oil
Project, die mœt productive « IDltC clÏemiSlly
projecls ia Lltia America ~
.1-- .
Cochabambë j• Santa Cruz !

Central and Western


l Amazonia

304
~
~ spp and ]>arahamcomia •mlW' produœ
non-toxic latexes probably adaptable to chewing
°"'••i• amant,inseclicidal and insect repe1- gum production
1en1, also kills inlestinal and some bloOcl
p8CllSires. 1..ow toxicity, used for bitter drinks ~ Vjm!ja cgyennensja, pau lacre resin is
AMA ~ bactericidal and fungicidal. Sttong
candidate for industrializatiOD
Pipet hispjdinerviwn. cullivated by GOELDI
Museum (1.G.S.Mais) at lgarapé-acu and Bene-
vides,P8111 produces above 80Wi safrole

Lwnber companies èentred at Paragominas


Pan! bwn vast quanlities of wood wasœ. .
0

Bacaba Palm Fruit yields a milk vory similar


to hWJllUJ milk. It is abondant in Amazonia. ln Brazil 100,ooO ml are bumt daily I
' '
( j
.~,
Mucajj Palma are common .U over lbe humicl
lowlands. lt yields ID edil>le oil. .
Ucudba,vkok surinamensjs, mul~ tree
fruit fat for -i>• OOllllelÏC bue, lbe 'baJt Ïa used
for skin dillClllC!8, leaves for dispepsia

Eastern Amazonie
("1 i- BELIZYE'
·(' .Gavilana, Nwrolena lobai&, medicinal plant
Flores e , . project al U.S.Carlos, Guatemala
\ Î ...smill&..llJ'· (Sanaparilla) a medicinal plant in
Manual soap plant al Siern Co., Guatemala commercial development al U.S.Carlos,Guat.
Jlroduces 150 tablets/br. or about 2.5 ~
v~'v:
UNIDO Essential Oil Pilot Plant in U.S.Carloa ,
Clhemical Engineering Dept. Under-usedl o...-" San Pedro Sula
. o GuateŒ'\ia HO · . -- /
GUATEM~ _/ · - _ ;DURA~ / f . .~
~ , ,.. ,/
San-Salvador Teguclgaijià
EL SALVADOR~~
Mangrove projects on Honduras and Ni~gua
coasls need cbemical technology input

El Salvador balsam, Myroxylon balsamum,


OTC formulae are commercialized - need
technology for production and marketing
Quassia amara, insecticide projecl in early
N~,Az.adiaj,~ jndjca, projecl in Leon, stage al CATIE, Costa Rica (Rafael Ocampo)
N1C8ragua, and CATIE,Turrialba,Costa Rica
(insecticide)

Central America
1
VALORISATION D'UNE BURCERACÉE OLÉIFÈRE 0 AFRIQUE CENTRALE : LE SAFOUTIER
(DACRYODES EDUUS)

Thomas SILOU
Laboratoires d'études physico-chimiques
Faculté des Sciences, B.P. 69
Brazzaville, Congo

Le safoutier (Dacryodes edulis), comme le palmier à huile, est un des rares fruitiers domestiqués originaire
du Golfe de Guinée. On le trouve depuis la Sierra Léone jusqu'en Angola et plus particulièrement au
Cameroun, au Congo, au Gabon et au Zaïre. Malheureusement, sur le plan scientifique, le safoutier est
une plante à peine connue en Afrique tropicale, et totalement inconnue ailleurs. La filière safou qui
englobe la production, la transfonnation, la circulation et l'utilisation de ce fruit conruu"t une dynamique
remarquable ces cinq dernières années en Afrique Centrale, et la recherche n'est pas en marge de ce vaste
mouvement. Le Cameroun concentre ses efforts sur la biologie du safoutier et sur la constitution d'une
banque de gènes à travers la mise en place des collections de référence, conditions préalables à la mise
en place d'un programme sur l'amélioration du safoutier. Au Congo, l'accent est particulièrement mis sur
la phytoteclmie et la transformation du fruit. Le Gabon développe des recherches sur la biologie florale
et pourrait se lancer dans la culture in vitro compte tenu de l'existence sur place d'une infrastructure
adéquate. Le Zaïre s'est investi dans l'évaluation de la valeur nutritionnelle du safou. C'est pour faire le
point sur les résultats déjà acquis, afin d'éviter des duplications, que s'est tenu à Brazzaville (Congo) du
25 au 28 novembre 1991, un séminaire sous-régional sur la valorisation du safoutier qui a abouti à la
création d'un GROUPE INTERNATIONAL DE RECHERCHE SUR LE SAFOUTIER.

Le safoutier : une
plante d'intérêt
régional dans le golfe
de Guinée.
Aire de distribution du
safoutier en Afrique

307
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Tableau 1. Schéma d'extraction de l'huile de la pulpe de safou.


Matériel Opérations Produits

Réception

fruits calibrés
Triage --+ (30 kg)
1

Couteau 1f- ____


....._ Dépulpage _.. --+
1
pulpe (21 kg)
graines (7 kg)

pulpe blanchie
débarrassée de
l'endoderme

Séchoir solaire 1 f- Séchage 1 --+ 1 pulpe séchée


ou étuve
1 J.
(8,4 kg)

1 --+
Presse 1 f-1 Extraction 1 huile brute (5,2 kg)
tourteaux (3,2 kg)

Tableau 2. Huile de safou : composition chimique.


Acides % Triglycérides % Tocophérols mg/kg Stérols -%
gras d'huile
C16:0 37 - 62 PLL 7 - 12 alpha 44,3 Fucostérol 2,1
C18:0 3 - 10 POL 12 - 15 beta 13,8 Stigmastérol 3,5
C18:1 25 - 34 PPL 17 - 22 gamma 37,4 Sitostérol 75,8
C18:2 4- 20 POO 15 - 24 delta 37,4 Iso-fucostérol 17,7
C18:3 0,3 - 2 PPO 20 - 27
Caractéristiques physico-clrimiques Tourteau de safou : composition cbµnique
Teneur en huile (%) 44-59 Matière sèche ( % M.S.) 92,4
lnsaponifiable (%) 0,5 - 1 Matière minérale 7,2 -
Masse volumique (kg!m3) 0,9119-0,9174 Cellulose brute 21,0
Indice de réfraction 1,4617 - 1,4685 Protéine brute 22,2
Viscosité (40 °C) (Csl) 30 -40 Matière grasse 4,0
Indice d'acide 0,7 - 4,0 Calcium 0,34
Indice d'iode 66 - 75 Phosphore 0,42
Indice de saponification 188 - 200 Potassium 2,68
Sodium 0,03

308
PROCÉDÉ ASSISTÉ PAR MICRO-ONDES (MApMC) : APPLICATION AU PAPRIKA

Christiane Aubry, Jacqueline M.R. BÉLANGER et J.R. Jocelyn Paré


Environnement Canada, CTE, Ottawa (Ontario) Canada KlA OH3

Résumé
Le procédé MAJ>"lc a été utilisé pour l'extraction de pigments provenant du paprika. Le contenu des extraits est
similaire à celui produit par des méthodes conventionnelles bien que, sous certaines conditions, un contenu en
colorants plus élevé ait été obtenu. Le temps requis pour l'extraction a été réduit à moins de une minute avec
MAJ>"IC. Certains constituants mineurs étaient présents en plus grande quantité.

Le paprika : Capsicwn annuwn Linné, ou Capsicwn longwn D.C.; famille des Solanées; épice
utilisée principalement pour ses propriétés colorantes et, parfois, pour ses qualités « piquantes ».

Pigments du paprika.

Coloration
Pigment État pur Dilution
capsanthine rouge-violacée rouge
capsorubine violet foncé rouge
zéaxanthine jaune-orange jaune
cryptocapsine orange
~-cryptoxauthine orange-jaune
~-carotène orange-rouge jaune
violaxanthine orange-jaune

Partie expérimentale I
Extraction MAP _
paprika séché (broyé - 30 g)
hexane (200 mL)
irradiation micro-ondes (2450 MHz, 650 W, 30 s)
filtration sur N~S04
rinçage avec hexane (2 x 30 mL)

Extraction conventionnelle
paprika séché (mesh 30)
méthode ASTA #20.1

Partie expérimentale Il
Protocole d'analyse
chromatographie sur couche mince (sans révélateur)
plaque de gel de silice (Whatman K6F)
élution: hexane:propanol (92:8)

309
Valorisation de Io biomasse végétale par les produits naturels

Évaluation sensorielle 1 - Propriétés physiques.


Extrait Viscosité Arôme Photolyse*
MAP Moyenne Moisissure et capsicum Retient 35 % de la couleur
Conventionnel Légère Moisissure et capsicum Retient 5 à 10 % de la couleur
* Échantillons soumis à la lumière solaire sur une période de 3 jours.

Évaluation sensorielle II - Propriétés colorantes.


Extrait Couleur Unités internationales
de coloration
MAP Rouge-brun foncé 140,740
Conventionnel Brun-orange 30,595

Évaluation sensorielle m- Solubilité.


Extrait Eau Huile
MAP Insoluble. S'étend immédiatement en Soluble. S'étend immédiatement en
surface. Agitation produit de fines particules surface mais dispersé avec agitation
insolubles qui s'agglutinent en surface. faible à modérée.
Conventionnel Similaire à MAP Similaire à MAP

Évaluation sensorielle IV - Comportement sur plaque de sel.


Extrait NaCl1 NaC12
MAP brun-orange foncé brun-orange moyen
Étalon@ 100 000 u.i.c. orange léger brun-orange moyen
1. 0,5 % extrait + 1,5 % polysorbate 80 + 98 % sel.
2. Extrait ramené à une coloration similaire (615 u.i.c.) avec huile à salade, i.e.
2 % extrait dilué + 2 % polysorbate 80 + 96 % sel.

Conclusion
L'extraction par ~c a donné 4 fois plus d'u.i.c. que la méthode conventionnelle. Deux caractéristiques
intéressantes de l'extrait de ~c sont sa fluidité et son homogénéité, facteurs importants dans certaines
applications. De plus, l'extrait ~c est plus facile à manipuler et il prend mieux. Lorsqu'éprouvé sur
plaque de sel, l'extrait ~c s'est avéré supérieur en couleur et en stabilité.

Références générales
J.RJ. Paré, M. Sigouin et J. Lapointe, « Microwave-Assisted Natural Products Extraction »,US Patent 5 002 784,
26 mars 1991.
V.S. Govindaranjan, CRC Critical Reviews in Food Science and Nutrition, 24(3), 245-355, 1986.

310
0LÉORÉSINES DE GRAINES DE CÉLERI ET DE POIVRE NOIR

Jacqueline M.R. BÉLANGER1, André BÉLANGER2 et J.R. Jocelyn Paré 1

1. Environnement Canada, CTE, Ottawa (Ontario) Canada KlA OH3


2. Agriculture Canada, Recherche, St-Jean-sur-Richelieu (Québec) Canada J3B 3E6

Résumé
Le procédé MAf>MC a été utilisé pour la production d'oléorésines de graines de céleri et de poivre noir. Divers extraits
ont été produits en variant le solvant, et évalués pour leurs qualités sensorielles. Les propriétés physiques dont
l'arôme, la solubilité et la viscosité ont été évaluées, de même que les caractéristiques de saveur. La réduction du
temps de transformation combinée à la qualité supérieure des extraits MAf>MC fournissent à ce dernier procédé un
avantage économique important

Le céleri (Apium graveolens Linné)


Famille des Ombellifères
Produits retrouvés dans le commerce : feuilles commes en tant que céleri-branche; racine appelée
céleri-rave
Les graines ont une saveur amère, chaude, voire brillante. Cet arôme est le résultat de l'interaction
d'une variété de composantes. Les graines auraient des propriétés toniques, diurétiques et
hypoglycémiantes.

Le poivre (Piper nigrum Linné)


Famille des Piperacées
· Produits retrouvés dans le commerce : poivre vert (récolté 1 mois avant maturité); poivre noir (récolté
juste avant maturité); poivre blanc (provient des baies mûres).
L'oléorésine, généralement extraite par solvant, renfenne des principes sapides et odorants, d'où son
importance dans l'industrie alimentaire. La pipérine et ses isomères contribuent au goût piquant et
brillant, et l'huile essentielle au caractère aromatique.

Partie expérimentale 1 - Extraction MAP, graines de céleri.


protocole 1 2
masse (séchée/broyée) 20 g 20 g
temps 30 S 2 X 10 S
solvant hexane - 50 mL éthanol - 50 mL
filtration/rinçage hexane - 3 x 20 mL éthanol - 3 x 20 mL
Micro-ondes à 2450 MHz, puissance de 650 W.

Partie expérimentale Il - Extraction MAP, poivre noir.


protocole 1 2
masse (broyée) 10 g 10 g
temps 30 s 2 x 10 s
solvant hexane - 30 mL méthanol - 30 mL
filtration/rinçage hexane - 3 x 20 mL méthanol - 3 x 20 mL
Micro-ondes à 2450 MHz, puissance de 650 W.

313
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Partie expérimentale Ill - Analyse cg-sm


Chromatographe en phase gazeuse HP5890 series II couplé à un spectromètre de masse Trio-1000 de
VG Analytical.
Système infonnatisé pour le contrôle de l'appareil et doté d'une banque de données.
Colonne DB-5, 30 m, 0,25 mm i.d.
Programmation de température : 313 K pour 1 min, de 313 à 523 K@ 7,5 K/min, de 523 à 573 K
@ 25 K/min, maintenir 3 min.

Évaluation sensorielle 1 - Graines de céleri.


Paramètre Oléorésine MAPI MAP2
Couleur vert-brunâtre vert-brunâtre vert-brun
Arôme fort léger modéré
Viscosité léger épais/2 phases léger
NaC11 vert-jallllâtre; fort/amer/céleri vert-jallllâtre; arôme modéré vert-jallllâtre; fort/amer/céleri
NaC12 vert-jalllle; amer/plein arôme jaune-verdâtre; arôme faible vert-jalllle; plein/très amer
Solubilité - eau insoluble partiellement insoluble
Solubilité - huile soluble partiellement soluble
1. 2 % extrait + 3 % polysorbate 80 + 95 % NaCl.
2. 1 % de l'extrait ci-dessus+ 96 % eau.

Évaluation sensorielle 11- Poivre noir.


Paramètre Oléorésine MAP 1 MAP2
Couleur vert-noirâtre brun-verdâtre
Arôme poivre - fort poivre - doux
Viscosité très épais léger
NaC11 vert-jallllâtre/fort-épicé jaune-brunâtre; très fort-épicé non évalué
NaC12 vert pâle - trouble vert pâle - trouble
Solubilité - eau insoluble insoluble
Solubilité - huile insoluble insoluble
1. 2 % extrait + 3 % polysorbate 80 + 95 % NaCI.
2. 1 % de l'extrait ci-dessus + 99 % eau.

Conclusion
L'extrait éthanolique MApMc de graines de céleri a donné un produit aux caractéristiques similaires à
celles de l 'oléorésine-étalon. L'extrait hexanique est un produit aux caractéristiques uniques ouvrant la voie
à la possibilité de production d'extraits inédits.

L'extrait hexanique MApMC de poivre noir était d'un gofit piquant et brûlant d'une intensité supérieure à
celle de l'oléorésine-étalon, offrant la possibilité d'une réduction de 25 % dans la quantité requise pour
certaines fonnulations.

Références générales
J.RJ. Paré, M. Sigouin et J. Lapointe, « Microwave-Assisted Natural Products Extraction »,US Patent 5 002 784,
26 mars 1991.
V. Fonnacek et K.H. Kubeczka, Essential Oils Analysis by Capillary Gax Chromatography and Carbon-13 NMR
Spectroscopy, J. Wiley & Sons lnc., New York, 1982.
V.S. Govindaranjan, Pepper: chemistry, technology and quality evaluation, Crit. Rev. in Food Sei. and Nut, 9(2 115-
225, 1977.

314
!Figure 1 Analyses par cg-sm des extraits
de graines de céleri
11?1

6.+aloV\
i:t.FS-1 ,.,.-.... --.-.
1
1
1
1
i
1
:
.

/f
1 1 !
1
l t~~
11
;i "

--------...1\.-._
Ise~ 2'10 61111 81111 1!!!!!! 12911

338

i
i
1
MAP
1
'

1
(he)<al'\e)
1Y~S1
' 1
1 uee
i T~a,1 ·
8~4 103\'I
(1 J aa1s+3592
1 8 ~L.....,,..._...,_...,...__,...,....,.........,..__,.~~~-4i\1~~.,.J!!ML~.!!!:=:-
!Sen 280 4a& 698 see UHKJ
.~..,......,~
..
12ee
......-=
1488
1~__..--::::;:=;::::::;:...,......,...~
16B8 1see
214886624
11~0 666
uae·.
1
1

124398,072
886
MAP
!
(éthal'\ol)
Analyses par cg-sm des
extraits de poivre noir

37,5899/68
122.

'""] lStalon

1
j

iY-FSj 77668
17<:14 1875
! 1
_,_;r--
1746. ·,

1
1
l
1

8117
.::7
1.J 1
21i19
1
401il
1
690
764
\
1

809
1
l ,!159
:...!. " 1
1999
1
1299
1
1499

1
1699
'

13'99

iHK!,
i !
~ 1
1 l
1
1
1 MAP
1
i (hexane)
1
1 1
lY-FS i
i

1 24399422
252:18/92 1la°"· 1 992t~~4
i e-'~..-.--.....11o..i"Jll.....,...~...-~...........
'-~1~:~,~l~.~-'~1~9~79;;................,.~..-........-..==:::..,..~....--
'scn 2W 499 69lil 8911 19'1Q 1299 1499 1691! 1899
COMPOSITION CHIMIQUE DE L'HUILE ESSENTIELLE DE PELARGONIUM GRA VEOLENS,
MENTHA SACCHAUNENSIS, CYMBOPOGON CITRATUS ET DE OCIMUM CANUM
CULTIVÉS AU RwANDA

Léopold NTEZURUBANZA1, Guy COLLIN, F.X. AVOBANGIRA1,


Hélène Deslauriers2 et Jean-Bosco NIZEYIMANA1

1. Institut de recherche scientifique et technologique, B.P. 'n.7, Butare, RWANDA


2. LASEVE, Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Québec) Canada G7H 281

Résumé
Le Rwanda est un petit pays montagneux d'Afrique centrale. Des études récentes ont montré le rôle important que
pounaitjouer l'exploitation des plantes aromatiques dans le développement de petites industries. En 1990, nous avons
amorcé un projet de recherche et de développement orienté vers l'exploitation des huiles essentielles. Les plantes
étudiées sont : Pelargonium graveolens, Mentha sacchalinensis, Cymbopogon citratus et Ocimum canum. Le principal
objectif du projet est d'évaluer et de déterminer les conditions optimales de culture de ces plantes dans plusieurs
régions du Rwanda tout en maintenant une production de qualité en accord avec les normes internationales reconnues.

Les huiles essentielles sont isolées par hydrodistillation soit au laboratoire soit dans des installations pilotes fabriquées
localement. Ces huiles sont ensuite caractérisées et analysées selon des méthodes classiques, faisant plus
particulièrement appel à la chromatographie en phase gazeuse ainsi qu'au couplage chromatographie-spectrométrie
de masse. Les variations des compositions chimiques des principaux constituants observés comme le géraniol, le
citronellol et le linalool pour le Pelargonium graveolens (fableaux 1 et 2), le menthol pour la Mentha sacchalinensis
(fableau 3), le géranial pour le Cymbopogon citratus et le linalool pour le Ocimum canum sont suivies en fonction
de divers paramètres de culture, d'extraction et même de la localisation géographique de la p~uction végétale.

Tableau 1. Indices de réfraction de Pelargonium graveolens.

LASEVE Identification RWANDA D Aspect liquide


93-02-16-06 MIB921103 1,4681 incolore
93-02-16-07 NYIN920811 1,4711 jaune clair
93-02-16-08 ~921228 1,4700 jaune très pâle
93-02-16-09 CYAN/MUL930120 1,4680 légèrement jaune
93-02-16-10 MIB921102 1,4690 jaune très clair
93-02-16-11 K.AR921223 1,4675 incolore
93-02-16-12 RWAB921228 1,4689 jaune pâle
93-02-16-13 MUK921116 14719 teinté jaune
L'indice de réfraction, selon la nonne référence AFNOR NFT 75-212, doit être tel que : 1,4610 <Do< 1,4770. Cet indice
peut varier avec l'origine (type Afrique, Chine, etc.) de l'échantillon. Toutes les mesures rencontrent la nonne.

317
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Tableau 2. Huile essentielle de Pelargonium graveolens-usine.

Colonne DB-5 Supelcowax 10


N" T.R. LK. Identification % T.R. LK. %
1 11,55 938 a-pinène 0,03 7,53 1016 0,05
3 15,95 999 a-phellandrène 0,05 14,23 1164 0,03
4 17,31 1025 para-cymène 0,10 20,33 1270 0,11
5 17,60 1030 limonène 0,15 15,91 1190 0,11
6 17,69 1031 1,8-cineole 0,40 16,31 1196 0,52
7 18,50 1045 cis-13-ocimène 0,05
9 22,79 1111 linalool 3,36 38,56 1549 3,61
10 23,51 1121 trans-rose oxide 0,11
11 26,36 1157 menthone 0,23
12 26,60 1159 iso-bornéol 0,10 46,55 1678 0,09
13 27,08 1165 iso-menthone 7,49 34,36 1485 6,81
14 28,53 1181 iso-menthol 0,29 43,17 1618 0,41
15 29,07 1187 a, 13-terpinéol 0,15 47,29 1691 0,24
16 31,97 1229 nérol 0,22 53,36 1789 0,84
17 32,11 1231 citronellol 11,41 51,57 1761 11,12
18 32,75 1242 néral 0,87 46,38 1675 0,99
19 33,97 1261 géraniol 50,56 56,22 1843 52,53
20 34,89 1276 géranial + 2,17 49,40 1726 2,33
formiate de citronellyle < 0,10
21 37,24 1310 formiate de géranyle 0,20
22 42,00 1374 a-copaène 0,39 32,55 1455 0,42
23 42,55 1381 13-bourbonnène 0,54 36,03 1511 0,44
24 42,80 1384 acétate de géranyle 0,33 50,55 1745 0,47
25 44,78 1413 13-caryophyllène 0,39 40,63 1578 0,39
26 46,16 1437 a-guaiène 0,45
27 46,43 1442 6,9-guaiadiène + ? 5,07 41,62 1592 3,31
28 46,72 1447 propionate de citronellyle 0,39
+M.W.: 204
30 48,68 1480 propionate de géranyle + ? 2,19 54,52 1808 1,03
33 50,88 1516 y-cadinène 0,21
34 51,15 1520 iso-butyrate de géranyle 0,35 54,11 1800 0,25
35 51,53 1525 ô-cadinène 0,24 50,94 1751 0,33
37 52,61 1542 butyrate de citronelly le 0,18
38 53,99 1563 butyrate de géranyle 0,64 58,58 1889 0,44
39 54,64 1573 spathulénol 0,22 70,01 2111 0,36
40 54,92 1577 furopélargone 0,10 dans le pic # 27
41 55,24 1582 tiglate de phényléthyle 1,15 73,45 2179 0,86
42 56,93 1608 iso-valérate de géranyle 0,20
43 57,13 1612 épi-y-eudesmol 3,23 68,89 2088 3,24
45 58,46 1637 tau-cadinol 0,35 72,33 2157 0,39
47 59,10 1649 valérate de géranyle? 0,18 63,68? 1982 0,10
48 59,68 1660 tiglate de citronellyle 0,14
51 62,17 1705 tiglate de géranyle 2,49 69,74? 2106 1,92
52 63,14 1722 iso-hexanoate de géranyle? 0,56
55 83,30 2115 ester de citronellyle 0,12
56 84,90 2149 ester de géranyle 0,47

318
Actes du colloque de Chicoutimi. 22 au 25 aoüt 1993

Tableau 3. H.E. de Mentha sacchalinensis 93-02-16-21.


Colonne DB-5 Supelcowax 10
T.R. LK. Identification % T.R. L.K. %
24,91 1155 menthone 4,33 31,34 1455 4,81
25,61 1163 isomenthone 2,81 32,97 1482 3,07
25,83 1166 néomenthol 1,70
26,36 1172 menthol-! 84,11 42,37 1629 88,42
31,93 1251 pipéritone 2,15
35,06 1299 acétate de menthyle 3,91 37,57 1554 3,69

TOTAL 99,01 99,99

Tableau 4. Indices de réfraction de Cymbopogon citratus.

LASEVE Identification RWANDA nD Aspect liquide

93-02-16-03 MIB 921103 1,4876 jaune clair


93-02-16-04 MIB 921102 1,4876 jaune pâle
93-02-16-05 MIB 921101 1,4866 jaune pâle
93-02-16-14 CYANG921228 1,4856 jaune pâle
93-02-16-15 KAR920510 1,4852 jaune
93-02-16-16 MUK921228 1,4853 jaune

L'indice de réfraction, selon la nonne référence AFNOR NF T 75-231, doit être tel que : 1,4830 < Ilo < 1,4890. Toutes
les mesures rencontrent la norme.

Tableau 5. H.E. d'Ocimum americanum.


Colonne DB-5 Supelcowax 10
T.R. I.K. Identification % T.R. L.K. %
10,42 931 IX-thujène 0,10
10,69 936 IX-pinène 2,21 7,16 1006 2,47
11;43 949 camphène 0,12 1046 traces
13,04 974 ~-pinène 4,71 10,21 1090 5,37
+ sabinène 10,97 1107 0,83
13,67 983 0,41
14,28 991 myrcène 0,29 13,45 1156 0,32
14,85 998 0,23
15,69 1014 cx-terpinène 0,21 13,96 1165 0,28
16,48 1029 limonène 15,04 1182 8,16
fi-phellandrène + 1,8-cinéole 59,70 15,31 1187 58,48
18,53 1064 y-terpinène 0,45 17,71 1232 0,55
19,02 1072 trans-sabinène hydrate? 0,56 31,63 1460" 0,71
20,21 1091 cis-sabinène hydrate? 2,83
21,19 1105 0,27
21,49 1110 linalol 6,25 37,08 1547 6,28
25,90 1166 0,91
26,61 1175 terpin-1-èn-4-ol 1,53 40,08 1589 1,35
27,57 1185 IX-, fi-terpinéol 4,35 45,86 1692 3,60
27,97 1190 0,75
40,41 1373 0,66
43,11 1409 fi-caryophyllène 1,34 39,08 1576 0,87
44,47 1434 a-bergamotène + 5,05 38,80 1572 2,74
45,28 1448 humulène 1,35 43,44 1649 0,63
+? 44,24 1664 0,84
47,07 1478 germacrène-D 0,38 1692 traces
47,48 1485 0,31
49,85 1523 trans-~-farnésène 0,61 49,97 1761 0,66
51,21 1544 1,33

319
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Tableau 6. Huile essentielle de Lemongrass-usine.

Colonne DB-5 Supelcowax 10


N" T.R. LK. Identification % T.R. LK. %

1 15,05 988 6-méthylhept-5-én-2-one 0,42 25,46 1349 0,47


2 15,34 992 myrcène 2,34 14,47 1169 2,48
17,32 p-cymène< 0,10
3 17,73 1032 1,8-cinéole 1,27 16,62 1201 1,52
4 22,84 1112 linalool 1,48 38,95 1555 1,93
5 27,13 1166 iso-menthone 0,35 34,93 1495 0,36
6 27,49 1170 0,44
7 28,80 1184 a-terpinéol 0,60
8 32,30 1235 citronellol 0,97 51,95 1768 1,05
9 32,80 1243 néral 32,17 47,07 1688 29,46
10 33,99 1262 géraniol 4,37 56,51 1849 5,59
11 34,94 1276 géranial 50,48 50,10 1738 49,01
12 36,71 1303 acétate de Javandulyle 0,60 42,09 1598 0,65
13 39,50 1342 1,06
14 41,96 1374 1,50
15 42,85 1385 acétate de géranyle 0,96 51,49 1759 1,03
16 46,48 1443 M.W.: 204 0,44 42,00 1597 0,33
17 50,04 1502 2-tridécanone 0,32 54,44 1808 0,41

Laboratoire d'analyse et de séparation des essences végétales (LASEVE), ®, Université du Québec à Chicoutimi,
Chicoutimi (Québec) G7H 281.

320
ISOLEMENT ET IDENTIFICATION DE LA MÉTHOXY - BIFURCARÉNONE, DITERPÈNE
BIOLOGIQUEMENT ACTIF, À BIOGÉNÈSE MIXTE, ISSU DE L'ALGUE BRUNE
CYSTOSEIRA TAMARISCIFOUA

A Bennamara, A Abourriche, M. Berrada et M. Charrouf


Laboratoire de chimie organique, Faculté des Sciences Ben M'Sik
B.P. 7955, Casablanca, MAROC

F.-X. GARNEAU
Université du Québec à Chicoutimi
Département des sciences fondamentales
555, boui. de l'Université, Chicoutimi (Québec) canada G7H 2B 1

J. APSIMON
Université Ccrleton, Département de chimie
Ottawa (Ontario) Canada K 1S 5B6

A. FRUCHIER
L'École nationale supérieure de chimie
Montpellier, France

Introduction
Nous présentons ici, la détemtination structurale d'un diterpène à biogénèse mixte, isolé- de l'algue brune
du genre Cystoseira tamariscifolia récoltée dans l'océan Atlantique marocain.

La structure a été élucidée par l'interprétation des données spectrales : UV, IR, RMN 1H (500 Hz),
RMN 13C (125 MHz, 20 (COSY 1H - 1H) et SM

L'activité biologique antifongique et antibactérienne de la Méthoxy - Bifurcarénone a été mise en


évidence.

Activités biologiques de la Méthoxy • Bifurcarénone.


Activité antibactérienne Activité antifongique
Une légère activité antibactérienne envers Les champignons choisis sont des parasites
Agrobactérium Tumefaciens. Des études comparatives phytopathogènes responsables des maladies graves
avec deux antibiotiques du commerce, la des plantes cultivées. La Méthoxy - Bifurcarénone a
streptomycine et la tetracycline, ont montré que pour une action antifongique marquée sm Aspergillus et
la même prise d'essai (30 ml), la streptomycine et la Fusarium.
tetracycline induisent respectivement une zone *Négative sm Verticillium et sur Altemaria :
d'inhibition de 15 mm et de 21 mm, alors que la développement du champignon sur le disque.
Méthoxy - Bifurcarénone induit une zone d'inhibition *Positive sm Aspergillus et Fusarium : il apparaît
de la croissance bactérienne de l'ordre de 10 mm. autour du disque une légère frange d'inhibition qui
ne dépasse pas 1 mm.

321
Valorisation de la biomasse végétale par les produits naturels

Conclusion
Dans le cadre d'une recherche orientée vers la mise en évidence de nouvelles molécules d'origine marine
à intérêts biologiques, nous avons mis en évidence un diterpène, la Méthoxy - Bifurcarénone qui présente :

une légère activité antibactérienne envers Agrobactériwn tumejaciens


une activité antifongique marquée sur Aspergillus et Fusariwn.

Résultats de R.MN. 1H et 13C de la Méthoxy - Bifurcarénone.

R.MN. IH 13c R.MN. IH 13c

N°C 5{ppm) Multiplicité J(Hz) a(ppm) N"C 5(ppm) Multiplicité J(Hz) 5(ppm)

1 3,32 - - 30,65 15 - - - 71,06


2 5,3 t 7,3 127,85 16 1,70 s - 16,17
3 - - - 130,71 17 1,13 s - 20,17
4 3,01 s - 47,35 18 1,12 s - 21,19
5 - - - 209,32 19 3,32 s - 29,34
6 2,4
} d
} 16
} 55,72 20 1,30 s - 29,34
2,3 d 16 - l' - - - 146,48
7 - - - 59,95 2' - - - 128,05
8 - - - 34,25 3' 6,55 d 2,6 113,03
9 - - - 20,01 4' - - - 153,13
10 - - - 36,84 5' 6,48 d 2,6 114,06
11 - - - 46,81 6' - - - 126,23
12
13
6,6
6,8 } d
d } 15,5 }
15,5
204,82
122,59
7'
OCH3
2,25
3,32
s
s
15,5
15,5
16,54
55,61
14 - - 152,87

Structure de la Méthoxy - Bifurcarénone.

322
Actes du colloque de Chicoutimi, 22 au 25 août 1993

1,7Gppm

Confmnation par R.M.N. 2D des ô et des J protons H2 , H13 , H14 et H16•

La Méthoxy - Bifurcarénone en 3D.

323
ml z= 189
( 100 % ) .... ----------., 1
C12H1302 1
1
--------1----
1
2H
mlz= 191 : m/z=205
( 30,43 % ) .... - - - - - - - - - - -: r---------- (29,20%)
C12H1s02 1 C13H1702
1
Hi 1

H 3C
7'
CH3:

o ' '~
3
1
1
m/z = 113
r---------- ( 83,23 % )
OH fi:
2?/
____ J 4
:
1
1
C6H90 2
~)
1
6 1

=
m / z 151
( 43,30%)
OCH3
..,. _______ -- --:
17
!î 14

Ç~CH3
19
OCH3
mlz= 191
C9"1102 13 15 (30,43 % )
------- -l---H
1
OH
1 C12H1502
mlz=l50 1 CH3
1 10
( 34,16 % ) ..-----------ï 20
C9H1002

H3
ion oxonium stable
Principales fragmentations de la
m / z = 189
Méthoxy - Bifurcarénone ( 100 % )
C12H1302
X
UJ
0
z
INDEX DES NOMS LATINS DES PLANTES

A F
A. vu/gare 125 Fucus vesicu/osus 182, 183
Abies balsamea 6, 11 Furcellaria lumbricalis 171, 172
Abies nigra 11
Acanthosty/es buniifolius 111, 293, 294 G
Achillea collina 28, 258 Ginkgo biloba 225, 227
Achillea millefo/ium 11, 25, 27, 28, 257-260
Allium sativum 261
H
Amsonia angustifolia 133
Amsonia tabernacmontana 133 H. cervicornis 172
Aniba rosaeodora 127, 128 H. musciformis 172
Apium graveolens 313 H. spicifera 172
Anhrothammus bifidus 179 Himanthalia elongata 180
Ascophyl/um nodosum 175, 181 Hos/undia opposita 97
Astrocaryum vu/gare 125 Hyptis suaveolens 97, 100, 102

B J
Baccharis dracuncu/ifolia 293, 294 Jessenia bataua 125, 126, 131
Benholettia excelsa 126 Jupinerus communis 5

c K
C. lentillifera 180 K. crassifo/ia. 179
Carapa quianensis 126, 131 Kal/ymenia westii 183
Caryocar villosum 126 Kjellmaniella gyrata 179
Cascara sagrada 24
Chondrus crispus 170-173, 183 L
Cinnamomum verum 6 L. angustata 179
C/ausena anisata 97, 100, 103 L. carviodora 215, 216
Compharrygia durissima 133
L. dauensis 207-210, 215, 216
Croton cajucara -127, 128
L. digitata 175
Cupressus sempervirens 5 L. grandifolia 208-210, 215, 216
Cymbopogon citratus 97, 317, 319
L. hyperborea 175
Cymbopogon nardus 97
L. japonica 175
Cystoseira tamariscifolia 321 L. javanica 215
L. long icruris 175
D
L. somalensis 207, 210, 212, 215, 216
Dacryodes edu/is 307 L. ukambensis 207-210,212,215,216
Derris urucu 124, 129 L. wilmsii 215, 216
Digenea simplex 182 Laminaria digitata 174, 176, 180
Diplolophium africanum 97, 99, 100, 102 Laminaria hyperborea 175
Laminaria japonica 179
E Lavandula officinalis 5, 7
Lippia adoensis 205, 211
Eucalyptus citriodora 293
Lippia alba 205
Eucalyptus globu/us 7
Lippia carviodora 205, 210

327
ValoriSation de la biomasse végétale par les produits naturels

Lippia citriodora 205, 210, 265 Pisum sativum 157


Lippia dauensis 205-207, 214, 215 Porphyra umbilicalis 183
Lippia germinata 210 Protium heptaphyllum 131
Lippia grandifolia 205, 206, 208-210, 214
Lippia javanica 205, 206, 209, 216 R
Lippia multif/ora 91, 99, 101, 205, 206, 208,
210, 211
Rhazya orientalis 133
Lippia somalensis 205, 210 Rosmarinus ojficinalis 210
Lippia ukambensis 205-207, 210-212
Lippia wilmsii 205 s
Sa/via officinalis 5, 9, 11, 12
M Satureja montana 5
Solidago 11, 12
Macrocystis pyrifera 175
Manihot esculenta 159
Mastocarpus stellatus 172 T
Mauritia f/exuosa 125 Tagetes minuta 214, 295-300
Maximiliana regia 125 Tanaceteum vu/gare 12
Melaleuca quinquenervia 5, 7 Taxus baccata 14
Melissa ojficinalis 11 Taxus brevifolia 14, 16
Mentha arvensis 8, 11 Taxus canadensis 14, 17, 19, 22
Mentha piperita 11, 12, 37, 40 Taxus cuspidata 14
Mentha sacchalinensis 317, 319 Taxus f/oridana 14
Mentha spicata 11 Taxus g/obosa 14
Millefolii herba 28, 259 Taxus sumatrana 14
Monarda fistulosa 11 Taxus wallichiana 14
Theobr.oma grondif/orum 126
0 Thuya occidentalis 10-12, 55, 56, 59
O. distichus 125, 126 Thymus vulgaris 10
Tsuga canadensis 12
Oèimum americanum 319
Ocimum basilicum 197-204
Ocimum canum 317 u
Ocimum viridae 197, 200 Ulva lactuca 180
Oenanthus bacaba 126 Undaria pinnatifida 176, 179
Origanum majorana 5, 8
V
p
V. cayennensis 130
P. haitanensis 178 V. guianensis 130
P. tenera 178 V. sebifera 127
P. yezoensis 178 Vetiveria zizanoïdes 285, 293, 294
Pa/maria palmata 180 Vinca herbacca 133
Pelargonium graveolens 5, 317, 318 Virola surinamensis 126, 127
Phaseolus vulgaris 151 Vitis vinifera 37, 38, 40
Phoeniculum vu/gare 293 Voacanga a/ricana 133, 134
Picea glauca 41 Voacanga bracteata 133
Pinus strobus 11, 12 Voacanga schwien 133
Pinus strobus linneus 11 Voacanga thoarssii 133
Piper aduncum 127, 128
Piper hispidinervium 124, 129 z
Piper nigrum 313
'Zanthoxy/um cha/ybeum 215, 276

328
L'organisation
Le Centre de recherches pour le développement international, société d'État
créée en 1970 par le Parlement canadien, a pour mission d'appuyer l'exécu-
tion de recherches qui, dans le domaine technique et dans celui des polie
tiques, ont pour but d'adapter les sciences et la technologie aux besoins des
pays en développement. Ses activités portent sur l'environnement et les
ressources naturelles, les sciences sociales, les sciences de la santé, les
sciences et les systèmes d'information, les initiatives et les affaires institu-
tionnelles. Établi à Ottawa, au Canada, il a des bureaux régionaux- en
Afrique_, ~n Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient.

L'éditeur
LES ÉDITIONS DU CRDI publient les résultats de travaux de recherche et des
études sur des questions mondiales et régionales intéressant le développe-
ment durable et équitable. Spécialisées dans la documentation sur le
développement, LES ÉDITIONS DU CRDI enrichissent les connaissances sur
ces questions pour favoriser une plus grande compréhension et une plus
grande équité dans le monde. Les publications du CRDI sont vendues au
siège de l'organisation à Ottawa ( Canada ) et par des agents et des distri-
buteurs en divers points du globe.
CROI ISBN 0-88936-775-2

~~
LJ~
CANADA
.. 970-1995 9
1lI 1 111
1780889
11 1 1 1 u
'~.
36775:: •

Vous aimerez peut-être aussi