Institut des Hautes Etudes Commerciales IHEC Carthage
présenté par : chouchène zaineb et marzouki souha
Année secondaire 2020-2021
Plan :
Introduction
Les mesures de l’indépendance de la banque centrale
La théorie économique de la banque centrale
Les origines de l'indépendance de la banque centrale
Les solutions au problème posé par le comportement
discrétionnaire des autorités politiques
Les avantages de l’indépendance de la banque centrale
Les limites de l’indépendance de la banque centrale
Introduction :
La banque centrale est l’institution en charge de la
politique monétaire. Par l’intermédiaire de ses taux
directeurs, elle contrôle la masse monétaire. On lui
attribue traditionnellement trois fonctions principales :
émettre la monnaie fiduciaire, assurer la supervision du
système financier et jouer le rôle de prêteur en dernier
ressort en cas de crise systémique.
L’indépendance L’indépendance
politique légale
L’absence de
Le libre choix des
l’interférence du
objectifs fixés et les
pouvoir politique sur
instruments utilisés
les décisions prises
par la BC.
par la BC.
L’impossibilité de
L’absence de celle-ci
financer le déficit
sur l’organisation
budgétaire des
institutionnelle de la
gouvernements par la
BC.
création monétaire.
Les mesures de l’indépendance
de la banque centrale
Pour opérationnaliser la notion d’indépendance de la
banque centrale, les économistes ont tenté de la
mesurer à l’aide de différents indicateurs, dans le but de
pouvoir apprécier la performance relative des
différentes banques centrales dans la conduite de leur
politique monétaire.
Il est traditionnellement distingué une mesure de :
l’indépendance légale et l’indépendance réelle.
1-l’indépendance légale de la banque centrale :
réalisée principalement dans la littérature économique à
l’aide de deux indices : l’indice GMT et l’indice de
Cukierman.
L'index GMT du nom de ses concepteurs Grilli,
Masciandaro, et Tabellini (1991), qui mesure
l’indépendance politique et économique de manière
binaire.
L'indépendance économique de la banque centrale est
composée de sept sous-index qui incluent la question du
financement du budget de la banque centrale ainsi que
la nature des instruments monétaires.
l’indice de Cukierman (1992) : Cukierman, Webb et
Neyapti ont développé un indice légal d'indépendance
de la banque centrale, cet indice reflète le degré
d'indépendance que le législateur confère à la banque
centrale.
Source: Cukierman A, Webb S et Neyapti B, 1992. Measuring the independence of Central Bank and
its effect on policy outcomes, The World Bank Economic Review n°6 p 353-398
2-l’indépendance réelle de la banque centrale :
qui tente d’évaluer l’indépendance effective, et non à
priori, de la banque centrale, à l’aide d’indicateurs
comme la faible fréquence de changement des
gouverneurs de banque centrale ou encore l’absence de
cycles électoraux. Ces deux indicateurs constitueraient la
preuve d’une indépendance plus marquée de la banque
centrale.
La théorie économique de la banque
centrale
Une banque centrale coupée du pouvoir politique
serait la garante de la stabilité des prix et ce , sans
influencer d’autres variables macroéconomiques
comme la croissance ou le chômage .
Le corpus théorique qui accompagne cet argument ,
résulte de travaux autour d’une problématique en
théorie monétaire , celle de l’incohérence temporelle .
Le problème de l’incohérence temporelle est présenté
par la première fois dans un article « Rules rather than
discretion : the inconsistency » de deux économistes
américains , Kydland et Prescott , en 1977.
La question posée par ces auteurs est de savoir , s’il est
préférable pour l’autorité monétaire d’adopter une
règle , ou au contraire d’agir de manière discrétionnaire.
Tendance à
Le décideur surprendre les
La possibilité de
mène une L’inflation agents en
ne pas agir
politique anticipée par les appliquant une
comme prévu
monétaire agents est faible politique
initialement
discrétionnaire monétaire
expansionniste
La politique
monétaire est
Les agents vont inefficace
anticiper une
inflation
supérieure aux
déclarations de
décideur
L’inflation sera
élevée
Le modèle de Barro- Gordon (1983)
C’est un modèle qui pose le problème de la crédibilité à partir de
l’interaction entre l’autorité monétaire et le public.
La version simplifiée :
les joueurs sont au nombre de deux
les fonctions d’utilité des joueurs
Le gouvernement Le public
Z tg = ½ πt2- b (πt - πte)
Soit donc ;
Z tp = (πt - πte) ²
𝝏𝒁𝒕
= 0 d’où Πt = b
𝝏𝝅𝒕
La matrice des « PAYOFFS » résume l’ensemble des situations :
Public πt anticipée = 0 πt anticipée = b
Gouvernement
πt anticipée = 0 (0 ; 0) (b² ; b²)
πt anticipée = b (- ½ ; b²) ( ½ ; 0)
Les origines de l’indépendance de
la banque centrale :
L’inefficacité de la politique monétaire
L’existence des cycles électoraux
aux mains de gouvernements
L’inefficacité de la politique monétaire aux mains de
gouvernements
A court Efficace
terme
Politique monétaire
Gouvernement
discrétionnaire
A long
Inefficace
terme
L’existence des cycles électoraux
Réduire le
Avant la réélection chômage
Cycles Politique monétaire
électoraux accommandantes
Après la réélection Baisser le taux
d’inflation
Les solutions au problème posé par le
comportement discrétionnaire des autorités
politiques :
Kydland et Prescott (1977) : L’établissement d’une règle
de conduite monétaire.
Barro et Gordon (1983) : une règle seule ne suffit pas , il
faut y adjoindre l’idée de réputation.
Rogoff (1985): la nomination d’un gouverneur
« conservateur ».
Walsh(1995) : le contrat incitatif.
Les avantages attendus de
l’indépendance de la banque
centrale
1- En termes de politique monétaire
Le gouvernement « lie les Application de politique de Gouverneur conservateur :
mains » règles averse à l’inflation
Taux d’inflation Prime de risque
faible faible
Limiter les perturbations
Croissance économique
des décisions d’S , C ,I
2- En termes de politique budgétaire
Banque centrale
indépendante
Interdiction de Mise en œuvre des
financer le déficit et politiques
la dette public : budgétaire plus
« planche à billet » prudentes
Les limites de l’indépendance
de la banque centrale
L’inflation comme un phénomène exclusivement monétaire et ses
limites :
Cout de
production
élevé
Politique de
règles
Choc d’offre négatif Prix élevé
inefficace
Taux de
chômage élevé
Les limites liées aux questions crédibilité et de
responsabilité :
Rien ne garantit que le transfert à la banque centrale de la
politique monétaire élève automatiquement la crédibilité
de cette dernière. Il existe des contre-exemples à la
relation négative entre le degré d’indépendance des
banques centrales et le niveau d’inflation : celle-ci ne
serait pas vérifiée pour les pays en développement ni pour
certains pays développés comme la Belgique, le
Danemark ou encore le Japon, ce dernier ayant connu
depuis 1945 une inflation relativement faible et stable alors
que sa banque centrale est loin d’être indépendante du
pouvoir politique.
Au-delà de la problématique relative à la crédibilité
d’une banque centrale indépendante, il convient aussi
de s’interroger sur le degré de responsabilité
démocratique de cette dernière, nécessaire
contrepartie de son indépendance
Le libre choix laissé à la banque centrale dans la
définition de ses objectifs et des moyens pour y parvenir
devrait s’accompagner logiquement d’une justification
ex post de la politique menée.
La BCE semble faire preuve d’un déficit
démocratique, notamment vis-à-vis de la FED :
La Banque centrale européenne (BCE) La Réserve Fédérale américaine (FED)
N’a véritablement de compte à rendre à Rendre compte annuellement de sa politique
personne, y compris au Parlement européen. devant le Congrès des Etats-Unis, qui a de plus
le pouvoir de modifier ses statuts.
Les limites liées au “Policy mix”
Gouvernement Banque centrale
Politique budgétaire Politique monétaire
la croissance
la lutte contre
économique et le
l’inflation
plein-emploi
un Policy mix sous
optimal