Irm Irm 1
Irm Irm 1
Historique : La résonance magnétique nucléaire (RMN) est une technique en développement depuis
une cinquantaine d’années. Le phénomène physique a été conceptualisé en 1946 par Bioch et
Purcell, prix Nobel de physique en 1952. Puis, au court des années 70, Paul Christian Lauterbur a
acquis pour la première fois une image provenant d’un IRM. Les nombreux intérêts présentés par ce
nouvel outil l’inciteront à le développer avec l’aide de son collègue Peter Mansfield. Ces travaux de
perfectionnement aboutiront à deux prix Nobel et à la démocratisation des premières machines IRM
pour la médecine humaine à compter du début des années 80. De nos jours et après trente ans
d’évolution, l’IRM est devenue l’une des techniques majeure de l’imagerie médicale moderne,
potentiellement appelée à des développements importants.
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
spin
Figure 1 - Une charge qui tourne induit autour d'elle un champ magnétique
C’est ce champ magnétique d’origine nucléaire que l’on mesure et qui est à la base de la technique
d’IRM. Chaque proton de l’organisme se comporte comme l’aiguille aimantée d’une boussole.
Pour les atomes dont le noyau est composé d’un nombre pair de nucléons, les protons et les
neutrons se rassemblent, ce qui forme un moment magnétique nucléaire global nul. Seuls les atomes
avec un nombre impair de nucléons possèdent un moment magnétique global non nul que l’on
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qualifie d’intrinsèque ou élémentaire. C’est le cas des atomes d’hydrogène (H ), de carbone (C ), et
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de phosphore (P ). L’atome d’hydrogène, composé d’un proton chargé positivement lui conférant
un moment magnétique très net, est le principal utilisé en imagerie médicale. Il représente deux tiers
des atomes de l’organisme des mammifères (63% des atomes du corps humain). L’IRM permet donc
d’obtenir une carte de répartition des atomes d’hydrogène au sein du corps du patient (Labruyère et
al. 2013).
En l’absence de champ magnétique, les protons sont répartis aléatoirement dans toutes les
directions de l’espace. Le vecteur d’aimantation macroscopique résultant de tous les vecteurs
d’aimantation microscopique µ est donc nul. De plus les protons ne tournent pas de manière
synchrone, on dit alors qu’ils sont « déphasés ».
Figure 3 - Spin dans les tissus sans champ Bo (d’après Thrall et al. 2013)
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
La première étape consiste à aligner tous les protons dans la même direction. Pour cela, on place le
patient à l’intérieur d’un aimant très puissant dans le but d’orienter tous ses protons dans l’axe du
champ magnétique de l’aimant. La deuxième étape consiste à les faire tourner ensemble, dans le
même sens et, dans la même direction. On dit alors qu’ils sont « en phase ».
Le modèle classique permet d’expliquer à l’échelle d’un tissu, les principes physiques sur lesquels se
fonde l’imagerie par résonance magnétique.
Il s’agit maintenant d’aligner les protons dans la même direction à l’aide d’un premier champ
magnétique statique et élevé appelé B0. Soumis à ce champ magnétique statique (B0) les protons
s’alignent selon l’axe du vecteur d’aimantation B0 de ce champ. Le vecteur d’aimantation globale
macroscopique, résultant de la somme de tous les vecteurs d’aimantation microscopiques, n’est
donc plus nul.
En effet, les spins sont forcés de s’aligner dans l’axe du champ. Soit, dans le même sens (dit parallèle)
soit dans le sens contraire (dit anti parallèle). Sur l’ensemble d’un tissu placé dans un champ
magnétique B0 il existe donc une proportion plus importante de spins alignés dans le sens de B0
(parallèle) que dans le sens contraire (anti parallèle). L’écart de population entre spins « parallèles »
et spins « anti parallèles » suffit à produire un signal RMN à l’échelle tissulaire et entraine l’apparition
d’un vecteur d’aimantation macroscopique. C’est ainsi ce léger excédent de spin sur le niveau
fondamental qui est à l’origine de l’aimantation nucléaire détectable en résonance magnétique
nucléaire.
Figure 4 – Protons d’un échantillon tissulaire en l’absence de champ magnétique externe (à gauche) puis à l’état de repos
(à droite) (d’après Kastler et al. 2011)
Le nombre de protons en excès est proportionnel à l’amplitude du champ magnétique principal : B0.
Ce champ est déterminé par la puissance de l’appareil d’imagerie utilisé (l’unité de mesure est le
Tesla) et conditionnera la précision des images ainsi que leur interprétation ultérieure. A titre
d’exemple, à 0,5 Tesla (bas champ) et à température corporelle (37°C), il y a environ 2 par millions de
protons en excès (500 002 protons parallèles et 500 000 protons antiparallèles).
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
Pour décrire le vecteur d’aimantation, on définit un repère orthonormé Oxyz, dont l’axe Oz est
parallèle au champ magnétique B0. Les protons ne tournent pas de manière synchrone, on dit alors
qu’ils sont déphasés. Ainsi à l’équilibre, le vecteur d’aimantation global macroscopique (non nul
grâce au champ B0) est aligné selon Oz et ne présente pas de composante transversale dans le plan
xOy.
Les protons d’hydrogène ne sont pas statiques, même soumis au champ B0. Ils sont animés d’un
mouvement de précession autour d’un axe Oz à une fréquence angulaire ω0 appelée fréquence
angulaire de précession. En effet, lorsque les spins, qui ont naturellement un mouvement de
rotation, sont soumis à un champ B0, ils se mettent à décrire un cône autour de l’axe B0 : c’est ce qui
est appelé le mouvement de « précession » (Thrall et al. 2013).
Figure 5 - Mouvement de précession d'un proton autour de l'axe B0 selon une fréquence ω0 (d'après Tucker 1996)
Ce phénomène de précession implique que le moment magnétique de chaque proton peut être
décomposé en deux composantes vectorielles orthogonales : une composante longitudinale ou
alignée avec B0 (z) et une composante transversale (dans le plan xOy).
Figure 6 - Composantes du vecteur d'aimantation tissulaire à l'état de repos (d'après Kastler et al. 2011)
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
La taille des composantes vectorielles dépend de l’orientation de ces spins par rapport à B0 pendant
la séquence d’IRM. Au fur et à mesure que les spins se décalent par rapport à B0, la taille de la
composante vectorielle longitudinale (axe des z) diminue tandis que celle de la composante
transversale (plan xOy) augmente.
Figure 7 - Mouvement de précession des atomes d'hydrogène autour d'un axe B0 (d’après Thrall et al. 2013)
Cependant à l’équilibre, les protons ne sont pas en phase. Il y a une dispersion des composantes
transversales élémentaires et donc la composante dans le plan xOy est nulle.
C’est la deuxième étape consistant à mettre les protons en phase grâce à un champ
électromagnétique tournant, couramment appelé B1, qui va permettre d’obtenir une composante
transversale.
La résonance magnétique (RMN) consiste en fait à étudier les modifications d’aimantation des
noyaux d’une substance sous l’action simultanée de deux champs magnétiques : l’un statique et
élevé (B0) permettant de les aligner, l’autre électromagnétique et tournant (B1) qui va permettre de
les mettre en phase.
L’énergie portée aux protons leur est fournie par l’intermédiaire d’un deuxième champ magnétique
B1 ou onde radio de fréquence (RF). On place alors le système hors de sa position d’équilibre. C’est
l’application de B1, onde RF, à la fréquence de rotation ωr et l’apport d’énergie qui en résulte et qui
entrainent une rupture de cet état d’équilibre. Il est nécessaire que la fréquence angulaire de
précession des protons ω0 et ωr soient égales pour permettre ce transfert. C’est ce que l’on appelle
communément le « phénomène de résonance ». Cette condition permet un transfert d’énergie
maximale.
En appliquant une onde RF de même fréquence que celle de Larmor, il se crée des interactions entre
l’onde RF et les spins en précession. Les protons précessant déjà autour de B0 à une fréquence ω0
acquièrent un double mouvement de précession à la fréquence ω1 = ƴ B1. Lors du mouvement de
double précession, il y a une diminution de la composante longitudinale du vecteur d’aimantation et
une augmentation de la composante transversale. La valeur maximale du vecteur d’aimantation
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
macroscopique tissulaire selon xOy est égale à la valeur qu’il avait selon l’axe Oz à l’état d’équilibre.
La valeur de l’angle de bascule est fonction de l’amplitude et de la durée de l’impulsion d’excitation.
Dans le cadre de l’imagerie par résonance magnétique, l’onde RF est appliquée très brièvement (de
l’ordre de quelques millisecondes) et avec une intensité permettant la bascule du vecteur
d’aimantation tissulaire généralement de 90° (soit dans le plan xOy). On parle alors d’excitation.
Finalement cette fourniture d’énergie aux protons a deux conséquences : les protons vont se mettre
à tourner de façon synchrone : c’est la mise en phase des spins ; et la direction des vecteurs
d’aimantation des protons bascule légèrement par rapport à l’axe Oz.
Dès la fin de l’excitation, le vecteur d’aimantation tissulaire retrouve sa position d’équilibre, avec une
diminution rapide de sa composante transversale et une repousse plus progressive de sa
composante longitudinale : les protons se déphasent à nouveau et reviennent dans l’axe de l’aimant
(composante longitudinale). C’est le phénomène de relaxation.
A l’état d’équilibre après application d’un champ magnétique B0, les protons s’alignent selon deux
orientations (parallèle et antiparallèle à B0). Ces deux orientations correspondent à deux niveaux
d’énergie, E1 et E2. E1, correspondant aux protons parallèles à B0, est un niveau de basse énergie. A
l’opposé, E2, correspondant aux protons anti parallèles à B0, est un niveau de haute énergie. C’est la
prédominance au niveau E1 (2 par million) qui va créer le champ d’aimantation macroscopique
tissulaire.
L’application d’un champ magnétique B1 fournit au système en équilibre une quantité d’énergie
égale à la différence entre les deux niveaux d’énergie (ΔE = E1-E2) qui induit des transitions du
niveau E1 de basse énergie au niveau E2 de haute énergie, et induit donc des modifications de
l’orientation du vecteur d’aimantation macroscopique tissulaire.
C’est là que se rejoignent les deux modèles décrits (classique et quantique) : l’onde RF doit posséder
une fréquence donnée, correspondant à la fréquence angulaire de précession des protons.
Une fois que la moitié des protons est passée du niveau E1 au niveau E2, il y a alors égalisation des
populations sur les deux niveaux d’énergie, et la composante longitudinale du vecteur d’aimantation
macroscopique devient nulle. Cet état correspond à une impulsion de 90°.
D’autre part, lorsque les protons changent de niveau d’énergie, c'est-à-dire lorsqu’ils s’orientent en
anti parallèle, ils se mettent en phase les uns par rapport aux autres, faisant alors apparaître une
composante transversale de l’aimantation. On parle alors de rephasage des spins (ou encore de
cohérence de phase).
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
Dès la fin de l’excitation, il y a un retour à l’état d’équilibre : le déphasage rapide des spins induit une
diminution rapide de la composante transversale du vecteur d’aimantation macroscopique alors que
la repousse de la composante longitudinale de ce même vecteur (correspondant aux transitions
inverses, E2 vers E1) se fait progressivement.
Les deux modèles présentés, classique et quantique, expliquent donc, grâce à deux phénomènes
physiques distincts, la bascule du vecteur d’aimantation tissulaire de l’axe Oz dans le plan xOy.
En revenant à leur état originel, les protons restituent l’énergie qu’on leur avait fournie, toujours
sous forme d’une onde, qu’il est possible de capter à l’aide d’une antenne adaptée, cette onde
s’appelle « signal ». Voyons désormais quels sont les phénomènes permettant de mesurer la bascule
de ce vecteur, l’énergie restituée sous forme de signal va permettre l’acquisition d’images
exploitables.
Suite à l’arrêt de l’application de l’onde RF, l’aimantation nucléaire retourne à sa position d’équilibre
parallèle à B0 en décrivant une trajectoire en hélice étant donné l’excitation instable. La repousse
progressive de l’aimantation longitudinale correspond à la relaxation T1 (revenir dans l’axe) et la
décroissance rapide de l’aimantation transversale correspond à la relaxation T2 (se déphaser).
C’est deux temps T1 et T2 sont propres à chaque type de tissu et en rapport avec sa nature
histologique et cellulaire (liquide ou solide, structure organisée ou non etc.).
Le temps que les protons mettent à revenir dans l’axe de l’aimant lors de la relaxation est appelé T1.
On parle de relaxation T1 car la repousse de l’aimantation se fait selon une exponentielle croissante
possédant une constante caractéristique du tissu étudié. Cette constante appelée T1 et exprimée en
millisecondes n’apparaît pas instantanément après arrêt de l’impulsion de l’onde RF. T1 correspond à
63% de la repousse, c'est-à-dire au temps mis par la composante longitudinale du vecteur
d’aimantation tissulaire pour atteindre 63% de sa valeur d’équilibre après arrêt de l’impulsion de 90°.
La relaxation longitudinale est donc d’autant plus rapide que le T1 est court.
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
Figure 8 - Courbe exponentielle de l'aimantation longitudinale en fonction du T1 (d'après Tucker et al. 1996)
L’ordre de grandeur de T1 est de 200 à 3 000 ms pour un champ de 1,5 Tesla. Dans les milieux
biologiques, les molécules sont soumises en permanence à des mouvements de translation, rotation,
collision (mouvements browniens) qui se caractérisent par leur fréquence de collision. Pour que les
protons cèdent de leur énergie au milieu moléculaire, il faut que leur fréquence spontanée
(fréquence de Larmor) soit proche de la fréquence de collision moléculaire. Ainsi, plusieurs grandeurs
influencent la valeur de T1.
L’état solide ou liquide de la matière est un second facteur influant de T1. Le T1 est plus long pour les
liquides que pour les solides. On peut donc écrire que, le T1 de l’eau pure est long étant donné que
les mouvements de molécules y sont très rapides et ont des fréquences caractéristiques beaucoup
plus élevées que la fréquence de Larmor. Il y a donc peu d’échanges d’énergie avec les noyaux
d’hydrogène excités, impliquant un T1 long. Par exemple, le liquide cérébrospinal possède des
valeurs de T1 supérieures à la seconde.
A l’arrêt de l’impulsion de l’onde RF, il y a déphasage des spins. Lors de cette phase, il n’y a pas de
transfert d’énergie mais une décroissance rapide de l’aimantation dans le plan xOy (relaxation T2).
On peut ainsi noter que la décroissance transversale du vecteur d’aimantation tissulaire est plus
rapide que la repousse de sa composante longitudinale : les tissus ont donc toujours un T2 inférieur
ou égal au T1.
La relaxation T2 est ainsi nommée car la constante T2, exprimée en millisecondes, caractérise un
tissu donné : elle correspond à 63% de la décroissance de la composante transversale du vecteur
d’aimantation macroscopique tissulaire. Ainsi, en deux T2, 87% de la décroissance aura eu lieu, 95%
en trois T2 et 98% en quatre T2. La relaxation est donc d’autant plus rapide que le T2 est court.
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
Figure 9 - Courbe exponentielle de disparition de l'aimantation transversale en fonction du T2 (d'après Tucker et al. 1996)
A l’instar de T1, il existe un certain nombre de facteurs influençant la valeur de T2. Le T2 est plus long
pour les liquides par rapport aux solides. Ainsi, pour l’eau pure, la valeur de T2 est de 3 secondes. De
même que pour T1, le T2 est plus court dans les tissus formés de grosses molécules, comme les tissus
graisseux. Enfin, T2 dépend de la viscosité du milieu examiné, T2 étant d’autant plus long que
l’échantillon est fluide.
En pratique, le signal reçu décroît en T2* plus rapidement que ce qui était théoriquement prévu en
T2.
Or les signaux émis par les protons sont spécifiques des caractéristiques anatomiques et
physiologiques des tissus au sein de la région étudiée. Il s’ensuit donc une phase d’amplification et de
numérisation qui permet au système IRM de produire in fine des images représentatives de
l’anatomie normale et pathologique. L’ordinateur attribuant à chaque signal reçu une localisation
anatomique et une tonalité de gris.
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
1.3.1 L’aimant
Un aimant est un objet fabriqué dans un matériau magnétique dur, c’est-à-dire dont le champ
rémanent et l’excitation coercitive sont grands. Cela lui donne des propriétés particulières liées à
l’existence du champ magnétique, comme celle d’exercer une force d’attraction sur tout matériau
ferromagnétique. On classe les aimants selon plusieurs critères :
L’aimant permet de produire un champ magnétique d’intensité élevée, d’une bonne stabilité
temporelle et d’une bonne homogénéité.
L’aimant est la pièce maitresse de l’appareil IRM. Son rôle est de produire le champ magnétique
principal B0. On peut noter que le champ magnétique créé en permanence par l’appareil IRM
représente 4 000 à 60 000 fois celui de la Terre, il est mesuré en Tesla (T).
Deux types de systèmes d’imagerie par résonance magnétique sont utilisés en médecine équine : les
dispositifs « haut champ » et ceux « bas champ », avec des aimants ouverts ou fermés.
• Les IRM bas champ, inférieur à 0,3 Tesla comportent un aimant permanent et n’impliquent
donc pas de courant électrique contrairement aux aimants à haut champ. Ils donnent une
image de moins bonne résolution avec des temps d’acquisition plus longs.
• Les IRM haut champs sont munis d’électro-aimants supraconducteurs, de forme cylindrique
ouverte à chaque extrémité et nécessitant l’utilisation d’un cryogène pour réguler la chaleur
produite par effet joule (ce qui explique en grande partie leur coût élevé). Ils donnent des
images plus détaillées, une très bonne différenciation tissulaire, et un signal d’intensité
supérieur en un temps d’acquisition plus faible. La maintenance de ces systèmes est très
onéreuse en raison de la présence d’hélium liquide pour refroidir l’aimant (Werpy 2007).
La machine peut être fermée en tunnel, ou ouverte en forme de U. Ces dernières sont notamment
destinées aux patients humains claustrophobes ou obèses, mais l’uniformité du champ magnétique
est alors inférieure, le rapport signal sur bruit des images obtenues est donc inférieur.
L’aimant utilisé dans la partie expérimentale de cette thèse (troisième partie) est un aimant haut
champ supraconducteur au sein d’une machine fermée. Les aimants supraconducteurs sont
constitués d’une bobine supraconductrice et d’un cryostat contenant de l’hélium liquide (parfois
entouré par de l’azote liquide) ceci dans le but de supprimer la chaleur produite par la résistance
électrique dans le circuit. Ils ont une forme de tunnel et permettent d’obtenir un champ magnétique
intense (3 Tesla) et homogène malgré une consommation énergétique faible. Ils sont cependant
chers et l’entretien doit être très régulier (recharge de la cuve d’hélium notamment).
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
Figure 10 - Schéma en coupe d'un IRM à aimant supraconducteur (d'après Hoa et al. 2008)
Le champ magnétique obtenu doit être intense afin de favoriser le rapport signal sur bruit.
Cependant, l’augmentation de la puissance du champ magnétique diminue le contraste en T1 et
majore certains artefacts.
Le signal de résonance magnétique étant faible, elles doivent être placées au plus près de la partie
anatomique explorée. Les antennes sont accordées pour correspondre à la fréquence de résonance
de « précession » des protons qui se trouvent dans le champ magnétique. Tout comme les aimants,
les antennes sont classées selon leur géométrie (volumique ou surfacique), leur mode de
fonctionnement (émettrice-réceptrice ou réceptrice seule), ou encore selon leur configuration
(linéaire, en quadrature de phase ou en réseau phasé).
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
Les antennes de surface sont uniquement réceptrices du signal. Elles sont appliquées le plus près
possible des régions d’intérêt afin d’obtenir une qualité du signal optimale. Le volume exploré est
limité comparé aux autres types d’antennes. On les utilise donc pour les régions de faible volume tel
que l’encéphale.
Les consoles sont des périphériques de sortie directement reliés à un ordinateur. Une ou plusieurs
consoles constituent le lien entre l’opérateur et la machine, permettant notamment la mise en place
des paramètres, le contrôle et la visualisation des coupes. La rapidité de traitement, et l’ergonomie
sont les critères de performances essentiels de l’équipement informatique d’un appareillage IRM
(Hoa et al. 2008).
L’enveloppe de la machine et surtout, de l’aimant, est constituée d’une cage de Faraday qui est le
principal moyen de blindage destinée au confinement des champs magnétiques produits par la
machine et à l’isolement de celui-ci des champs magnétiques extérieurs. Elle permet d’effectuer ces
mesures précises en évitant les pollutions électromagnétiques extérieures.
La salle doit être climatisée pour réguler la température. L’objectif est d’éviter tout artéfact ou
dysfonction dans l’acquisition des images afin d’obtenir une qualité d’image optimale. L’écart autour
de la température moyenne à laquelle la machine est paramétrée est de plus ou moins 2°C.
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
Plusieurs séquences sont ainsi associées dans un protocole d’imagerie. En modifiant les séquences
IRM, le contraste des images évolue, ce qui permet de mettre en évidence plus spécifiquement
certaines formations anatomiques.
Les images IRM habituelles sont réalisées en réglant la machine de façon à refléter l’un des deux
temps : on dit que l’image est pondérée en T1 ou en T2.
Le temps d’écho est l’intervalle de temps entre l’onde de RF excitatrice et la mesure du signal
recueilli.
Le temps de répétition est l’intervalle de temps séparant deux excitations successives au cours d’une
séquence d’acquisition.
L’angle de bascule est l’angle dont l’impulsion de radiofréquence fait basculer le vecteur
d’aimantation des protons par rapport à l’axe de champs magnétique statique de l’aimant. En effet, à
l’état d’équilibre sous l’effet de Bo, l’aimantation est parallèle au champ statique. Afin de pouvoir
générer un signal, une onde B1 est envoyée, générant le phénomène de résonance magnétique :
l’aimantation nucléaire bascule par rapport à la direction du champ magnétique statique dans un
plan qui lui est généralement perpendiculaire, c’est l’angle de bascule. Classiquement en écho de
spin, l’angle de bascule est de 90°.
Le temps d’inversion correspond au délai entre une onde RF de 180° d’inversion et l’onde RF de 90°
d’excitation qui la suit.
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
Le principe est similaire en ce qui concerne le TE et la pondération en T2 mais dans le sens inverse. Le
TE définit le temps pendant lequel on laisse décroître le signal en T2 (relaxation transversale) avant
de le mesurer. Si l’on se fie aux courbes de décroissance du signal, un TE trop court ne laisse pas le
temps aux tissus d’exprimer leurs différences en termes de vitesse de relaxation transversale, il faut
donc augmenter le TE afin d’obtenir un « contraste en T2 » satisfaisant.
[Link].1 TR et pondération en T1
Le signal du tissu ayant un T1 court sera plus élevé, et il apparaîtra plus blanc. Le signal ayant un T1
long sera plus faible et apparaîtra plus noir. Finalement, plus le TR est court et plus la séquence est
pondérée en T1 : les différences de contraste entre tissus seront alors plus marquées. En conclusion,
une séquence pondérée en T1 a :
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
[Link].2 TE et pondération en T2
On choisit le temps pendant lequel on laisse décroître le signal avant de le mesurer. Si le TE est court
(inférieur à 20 millisecondes), on ne fait que peu de distinction entre les différences en vitesse de
décroissance, et on ne peut pas séparer les différents tissus par leur T2. Par contre, si le TE est plus
long (supérieur à 100 millisecondes), il est possible de distinguer les tissus par leur T2.
Figure 15 - Schéma illustrant l'influence du TE sur le contraste en T2 (d'après Kastler et al. 2011)
Plus le TE est long et plus la séquence est pondérée en T2. A l’opposé, plus le TE est court, et plus la
séquence sera dépondérée en T2. En conclusion, une séquence pondérée en T2 a :
Les séquences en T2 sont mieux contrastées (par rapport aux séquences en T1) mais le rapport signal
sur bruit est plus faible car les mesures sont réalisées plus tardivement sur la courbe d’atténuation
du signal en T2.
La séquence densité de proton est très utilisée en IRM sur l’appareil musculo-squelettique des
chevaux mais n’est pas détaillé ici car présente peu d’avantage pour l’exploration de l’encéphale.
Si le temps de répétition est très court, il se produit une saturation de l’aimantation longitudinale et
il n’y a donc pas de contraste. Ainsi, pour pondérer une image en T1, il faut raccourcir le TR dans les
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
limites raisonnables. D’autre part, si le TR est trop long, il n’y a pas de signal. Pour pondérer une
image en T2, il est nécessaire d’allonger le TE dans des limites raisonnables.
De façon générale, on retiendra que le TE est toujours inférieur au TR, et qu’un TR court est de
l’ordre du T1 le plus court du tissu considéré.
T1 en ms T2 en ms
Eau 3 000 30 000
Substance Grise 810 100
Substance Blanche 680 90
Foie 420 45
Graisse 240 8
L’écho de spin est la séquence de référence. Une séquence d’écho de spin comprend une impulsion
de 90°, une attente pendant une durée de TE/2, une impulsion de 180°, une nouvelle attente de TE/2
et un enregistrement du signal à TE.
Le but de cette séquence est de s’affranchir des inhomogénéités locales de champ magnétique afin
d’obtenir un signal en T2 et non T2*. En effet, le phénomène de relaxation transversale (T2) est du
aux inhomogénéités de champ d’origine moléculaire, à l’origine du pouvoir de discrimination entre
les différents tissus lors d’une séquence IRM. Or il existe également des inhomogénéités de champ
liées au champ magnétique externe B0. Ce type d’inhomogénéités accroît considérablement la
vitesse de déphasage des spins et est donc à l’origine d’un affaiblissement dommageable de la durée
et de l’intensité du signal (Silvain 2012).
L’impulsion d’onde RF supplémentaire de 180° à l’instant précis TE/2 va inverser l’ordre des
déphasages des spins dans le plan transversal. Les protons en avance vont se retrouver en retard par
rapport aux plus lents et selon la distance qu’ils avaient d’avance. Ainsi, la composante de déphasage
des protons due aux inhomogénéités locales de B0 sera annulée au temps d’écho, et la mesure
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
effectuée ne sera plus due aux inhomogénéités de champ magnétique mais bien à la relaxation des
spins, donc au vrai T2 (Kastler et al. 2011).
Figure 16 - Chronologie des événements lors du phénomène d'écho de spin (d'après Kastler et al. 2011)
Il y a donc une double bascule des protons ce qui permet d’obtenir un signal intensifié. Ainsi, on a
accès à une qualité d’images d’une très haute résolution. Cependant, la séquence reste longue à
obtenir et donc, très sensible aux mouvements.
Une légère décroissance est tout de même observée entre la valeur du champ au temps d’écho et
celle juste après la fin de l’impulsion de 90°. Cette différence est due aux inhomogénéités
moléculaires du tissu, et il est impossible de s’en affranchir.
La séquence est très rapide avec un TE très court, elle se distingue par :
L’angle de bascule petit diminue la quantité d’aimantation basculée. Le retour à l’état d’équilibre
s’effectue donc plus rapidement, cela permet de diminuer le TR entre chaque impulsion. Le principal
intérêt de l’écho de gradient est le gain de temps non négligeable. Or l’acquisition primaire de
l’information étant, pour les séquences en trois dimensions, en volume (conversion en coupes
ultérieurement), ce type de séquence est à privilégier lors de reconstruction en 3D de l’image (Werpy
et al. 2006).
Cette séquence est très sensible aux inhomogénéités de champ magnétique car les hétérogénéités
ne sont pas compensées par une impulsion RF de 180°. Cependant, ne nécessitant qu’une seule
impulsion, le temps d’acquisition est beaucoup plus court que pour les images en séquence SE.
Le contraste est variable en fonction du choix du TR et TE, mais la résolution est beaucoup moins
bonne qu’avec l’echo de spin. La pondération (en T1, T2) dépend de TE, TR et de l’angle de bascule.
L’inconvénient du faible angle de bascule et du TR très court est une mauvaise pondération en T1.
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MODULE DE PHYSIQUE IRM
Ainsi, la séquence GRE, ayant un long TE (augmente l’effet T2*), un angle de bascule réduit et un long
TR (réduisant l’influence de T1), sera pondérée en T2* et non en T2 (cf. paragraphe [Link].). On
parle alors de séquence T2*.
La séquence IR permet de modifier le contraste naturel obtenu par les différences de temps de
relaxation T1 des tissus. Elle comporte une impulsion initiale de 180° (onde d’inversion) qui va faire
basculer l’aimantation longitudinale dans la direction opposée. Du fait de la relaxation longitudinale,
l’aimantation longitudinale va croître pour revenir à sa valeur initiale, en passant par la valeur nulle.
Pour mesurer le signal, il faut appliquer une onde RF de 90° d’excitation.
Ainsi dans cette séquence tous les tissus passent par 0 lors de la repousse (à t=0,69 x T1 du tissus
considéré). Cette annulation du contraste peut être mise à profit pour supprimer de l’image une
structure donnée, comme par exemple la graisse. Il suffit pour cela de choisir un temps d’inversion
(TI) tel que l’aimantation longitudinale du tissu donnée soit nulle. Ce dernier ne pourra alors pas
donner de signal par absence d’aimantation transverse dû à l’absence d’aimantation longitudinale).
La technique d’IR permet ainsi de supprimer le signal d’un tissu donné en sélectionnant un TI adapté
au T1 de ce tissu, par exemple pour la graisse : TI = 0,69 x T1 graisse (impulsion de 90° au temps TI)
(Kastler et al. 2011).
Figure 17 - Séquence STIR et FLAIR, la courbe du signal de la graisse s'annule au temps 0.69xT1graisse et celle du signal de
l’eau la courbe du signal de l’eau s’annule au temps 0.69x T1eau (d'après Kastler 2011)
La vitesse de repousse longitudinale étant caractérisée par le temps de relaxation T1, ces séquences
vont être pondérées en T1. L’inversion-récupération permet ainsi de majorer la pondération en T1 de
la séquence d’imagerie avec laquelle elle est associée (écho de spin ou écho de gradient plus ou
moins rapide).
Dans la séquence STIR « Short Time Inversion Recovery » standard, la séquence d’écho de spin est
complétée par une impulsion préalable de 180° d’inversion.
37
MODULE DE PHYSIQUE IRM
La graisse présente un T1 court. Ainsi en choisissant un temps d’inversion (TI) court de 140
millisecondes, on peut supprimer le signal de la graisse. La combinaison de l’IR à un T1 court avec des
séquences d’écho de spin rapide qui permettent de réduire le temps d’acquisition dans des limites
acceptables en pratique clinique.
Ces séquences présentent l’intérêt d’offrir une technique de suppression du signal de la graisse peu
sensible aux hétérogénéités de champ magnétique et aux effets de susceptibilités magnétique en
présence de métal. Elles peuvent être employées en pondération T1 ou T2.
Cette technique ne doit pas être utilisée pour supprimer le signal de la graisse après injection de
produit de contraste type gadolinium (agent aux vertus ferromagnétique, cf paragraphe 1.5.5.). Les
tissus rehaussés par ce dernier ont un T1 raccourci et peuvent être effacés par une inversion-
récupération à TI court.
La séquence STIR permet donc de supprimer le signal de l’ensemble du de la graisse et par déduction
de mettre en évidence des lésions à proximité ou au sein de structures graisseuses (il s’agit de son
principal intérêt en médecine équine) ou d’identifier avec certitude une composante graisseuse dans
une lésion (De la farge 2009).
L’acronyme provient de l’anglais « Fluid Attenuated Inversion Recovery”. L’objectif de cette séquence
est de supprimer le signal des liquides par une inversion-récupération à un temps d’inversion adapté.
Le signal provenant du LCR est supprimé et un long TE est utilisé afin de donner à cette séquence une
forte pondération en T2.
Elle est bien adaptée à l’imagerie du cerveau car améliore la détection du parenchyme cérébral,
particulièrement celles localisées à l’interface parenchyme cérébral et LCR, et permet de bien
détecter les œdèmes.
Certaines structures anatomiques comme la corticale osseuse, les calcifications, les cavités ou les
conduits aériques (sinus, trachée, bronches) n’engendrent qu’un faible signal. De ce fait, elles
apparaissent plutôt sombre quelle que soit la pondération.
38
MODULE DE PHYSIQUE IRM
La substance blanche apparait blanche et la substance grise (qui contient naturellement beaucoup
d’eau) apparait grise. Le liquide cérébrospinal (LCS) est noir, appuyant le contour du système nerveux
central (SNC).
Les tissus graisseux apparaissent avec le signal le plus élevé, en blanc. Les muscles et la moelle
osseuse vertébrale apparaissent avec un signal intermédiaire. Enfin les disques intervertébraux
émettent eux aussi un signal intermédiaire, cependant plus proche de l’hyper-signal que de
l’hyposignal.
Le plus souvent les lésions apparaîtront en hypo-signal (plus sombres) en pondération T1.
La substance blanche apparaît plus foncée que la substance grise, mais attention T1 et T2 sont
complémentaire mais l’un ne représente pas le négatif de l’autre. Le LCS, quant à lui, apparaît clair.
La graisse apparaît souvent en hypo-signal ; néanmoins, la graisse présente un hyper-signal sur les
séquences T2 hyper rapides. Les muscles et la moelle osseuse vertébrale donnent un signal
intermédiaire, néanmoins toujours hypo-intense par rapport à la moelle épinière. Les disques
intervertébraux émettent un double signal : le noyau pulpeux apparaît en hyper-signal alors que
l’anneau fibreux est en hypo-signal.
Le plus souvent les lésions apparaîtront en hyper-signal (plus blanches) en pondération T2.
Notons le cas particulier de la séquence T2*(cf. paragraphe [Link].) qui est très sensible à certains
produits de dégradation de l’hémoglobine tels que la désoxyhémoglobine et l’hémosidérine car ces
substances entraînent des perturbations locales du champ magnétique (artefact de susceptibilité
magnétique). Cette séquence met ainsi en évidence l’hémosidérine présente après une hémorragie
par un hypo-signal en couronne autour de l’hématome. Ces hypo-signaux sont le témoin de micro-
hémorragies anciennes, la séquence permet d’objectiver une hémorragie des mois après la survenue
de celle-ci, alors que les autres séquences se sont normalisées.
Lorsqu’une pathologie apparait dans l’espace sous-arachnoïdien, les sillons deviennent hyper-
intenses. Cet aspect est retrouvé pour l’hémorragie sous-arachnoïdienne, la méningite, la
carcinomatose méningée et la mélanose leptomeningée (Stuckey et al. 2007 ; Tsuchiya et al. 2001).
En imagerie humaine, un accident ischémique devient visible en FLAIR au bout d’environ 5 heures.
Combinée à la diffusion (cf paragraphe 2.6), cette séquence permet de dater très précisément le
début de l’ischémie (Galanaud 2013).
39
MODULE DE PHYSIQUE IRM
L’étude des lésions en IRM est facilitée par l’injection intraveineuse de gadolinium qui se distribue
dans le tissu interstitiel. L’utilisation du gadolinium est particulièrement indiquée pour repérer les
lésions de petite taille ou celles n’engendrant que peu de modifications de signal spontanément, ou
encore pour augmenter le contraste entre une lésion et l’œdème qui l’entoure. Elle permet de plus
de renseigner sur la néovascularisation tumorale et donc de donner des arguments diagnostiques.
Le rapport signal sur bruit est le facteur qui conditionne le plus la qualité de l’image obtenue par
résonance magnétique car il influence les critères de qualités suivant : le contraste et la résolution
spatiale. Il faut rechercher le meilleur rapport avec la meilleure résolution spatiale, cependant ces
deux facteurs sont antinomiques. Le signal augmente à peu près proportionnellement à l’intensité du
champ magnétique utilisé (Lacroix 2008).
Le signal est notamment lié à l’intensité du champ magnétique et est bien meilleur avec un système
haut champ.
40
MODULE DE PHYSIQUE IRM
Une bande passante correspond à l’ensemble des fréquences contenues dans un signal enregistrées
par le récepteur. Le bruit ayant un niveau constant quel que soit les fréquences, le choix d’une bande
passante de réception large (ou gamme de fréquence large) favorisera une proportion élevée de
bruit. La réduction de la bande passante contribue à augmenter le rapport signal sur bruit mais à
augmenter le phénomène de déplacement chimique (Kastler et al 2011).
Quand le rapport signal sur bruit est faible, l’image apparaît granuleuse. Afin de favoriser l’intensité
du signal, le temps d’acquisition peut être allongé (ce qui augmente le nombre d’excitations).
Cependant, cela peut devenir vite incompatible avec une durée raisonnable d’anesthésie.
[Link] Le contraste
Le contraste correspond à la variation d’intensité de signal entre deux structures adjacentes. En IRM,
il dépend des paramètres intrinsèques de chaque tissu (mouvements moléculaires, T1, T2, etc.) mais,
ce qui l’influence le plus sont les paramètres réglés par l’opérateur (TR, TE, angle de bascule de la
séquence d’acquisition). Le contraste est, de plus, influencé par le rapport signal sur bruit (Olive et al.
2002).
La résolution spatiale correspond à la taille du plus petit détail que l’on peut identifier. Autrement
dit, il s’agit de la capacité du système à reconnaître et à différencier les structures anatomiques les
plus petites.
En IRM, la résolution spatiale augmente avec la diminution du voxel défini ainsi que celle de
l’épaisseur de la coupe et avec l’augmentation de la taille de la matrice employée pour former
chaque image.
Une matrice est constituée de petits cubes (voxels) formant x colonnes et y rangées et dont la
profondeur z détermine l’épaisseur de coupe. La moyenne de l’information recueillie dans chaque
voxel est affichée sur un pixel correspondant.
Figure 18 - D'une image bidimensionnelle (A) à une image tridimensionnelle (B, C) : Des pixels aux voxels (d’après
Nazarian 2002)
En système haut champ, le signal étant plus important, une matrice et des coupes fines peuvent être
employées ce qui permet d’avoir une bonne résolution spatiale. Le grand défi de la technique de
l’IRM est de trouver le meilleur compromis possible entre le contraste, le rapport signal sur bruit, la
résolution spatiale qui sont à maximiser et le temps d’acquisition qu’il faut minimiser dans le but
d’obtenir une image de la meilleure qualité possible et de limiter au mieux le temps d’immobilisation
du cheval (Olive et al. 2008).
41
MODULE DE PHYSIQUE IRM
Si la résolution spatiale augmente, le rapport signal sur bruit diminue car il est proportionnel au
volume du voxel. Il faut donc faire attention lors de la programmation de la séquence : le gain en
résolution spatiale peut être inutile l’image est trop bruitée du fait du voxel trop petit.
Les zones d’artefacts sont des zones d’erreur de signal qui modifient l’apparence des structures
anatomiques étudiées. L’origine de ces artéfacts peut être le patient lui-même ou le système IRM.
Pour chaque type d’artefact certains équipements IRM, certaines séquences ou certains contextes
pathologiques favorisent leur apparition.
Il s’agit donc de les corriger, les minimiser, les réorienter ou bien les reconnaitre et les accepter.
Ce sont les temps de relaxation T1 et T2, le flux etc. Ils influencent le rapport signal sur bruit et le
contraste.
- L’aimant : le rapport signal sur bruit est proportionnel au champ magnétique B0 qui doit être
le plus homogène possible.
- L’émetteur : une amplification non linéaire est responsable d’une déformation de l’onde
d’excitation et du phénomène d’excitation croisée.
- Les gradients : ils sont caractérisés par leur intensité maximale qui détermine les limites
inférieurs de l’épaisseur de coupe, du FoV et de TE, par leur linéarité et par leur temps de
montée. L’opérateur agit sur les gradients lorsqu’il choisit le plan et l’épaisseur de coupe.
42
MODULE DE PHYSIQUE IRM
-
L’antenne : elle est caractérisée par sa sensibilité et son gain. Les antennes de surf
ace
permettent d’obtenir le meilleur rapport signal sur bruit tout en augmentant la résolution
spatiale (diminution du FoV) mais elles n’explorent qu’une faible profondeur.
Dans certaines mesures, l’opérateur a cependant une certaine action sur les deux paramètres
précédents.
Ils permettent à l’opérateur de faire un choix optimal en fonction de la région explorée et de la lésion
recherchée.
Pour les séquences courantes, les paramètres accessibles sont le TR, le TE et l’angle de bascule.
- Le rapport signal sur bruit : augmente avec le TR jusqu’à une valeur maximale. 96% du signal
disponible est obtenu quand TR= 3xT1
- Le TR : s’il est court (<T1), la diminution de l’angle de bascule augmente l’intensité du signal
- Le TE : le TE optimum correspond au TE minimum permis par l’appareil car l’augmentation de
TE diminue le rapport signal sur bruit. L’augmentation de TE indispensable pour la
pondération T2 : on peut alors réduire la largeur de la bande passante pour augmenter le
signal. Mais le nombre de coupes diminue quand le TE augmente.
- L’épaisseur de coupe
Ils sont indissociables et contrôlent la taille du pixel ainsi que le volume du voxel.
- Le nombre d’excitation
Il permet de modifier le rapport signal sur bruit et le temps d’acquisition sans influencer la
résolution spatiale. Ainsi, modifier le nombre d’excitations et le meilleur moyen pour compenser
les effets induits par la modification des autres paramètres. En augmentant le nombre
d’excitations, on augmente le rapport signal sur bruit et le temps d’acquisition. Le rapport signal
MODULE DE PHYSIQUE IRM
4
MODULE DE PHYSIQUE IRM
sur bruit augmente car le signal est identique à chaque mesure alors que le bruit, lui, est
aléatoire.
- La bande passante
Elle correspond à l’ensemble des fréquences contenues dans un signal enregistrées par le
récepteur. Une bande passante étroite donne un meilleur rapport signal sur bruit des images.
Cependant, une diminution de la bande passante augmente l’artéfact de déplacement chimique.
Ainsi il faut toujours trouver le bon compromis entre le rapport signal sur bruit, la résolution spatiale
et le temps d’acquisition.
L’IRM repose sur l’hypothèse que la fréquence des spins dépend uniquement du champ statique et
des gradients appliqués. L’effet d’un gradient appliqué pendant un temps t peut être résumé par un
déphasage du signal qui dépend de sa position dans l’image. Le problème de la localisation du signal
réside dans le fait que la fréquence, et par conséquent la phase du signal observé, dépendent aussi
d’autres mécanismes. Cela est à l’origine des artefacts de l’IRM.
Il est possible de diminuer les inhomogénéités de champ grâce à des bobines réglables appelées
bobines de Shim. En ajustant ces bobines, les variations de champ induites par l’échantillon peuvent
être compensées en partie. Si cela n’est pas suffisant, une augmentation de l’amplitude des gradients
peut être envisagée (Messe 2010).
Les séquences en écho de spin y sont moins sensibles que les séquences en écho de gradient. Grâce à
l’impulsion de rephasage de 180°, l’écho de spin permet de corriger les hétérogénéités de champ
constantes au sein d’un voxel. Des TE courts peuvent réduire la perte de signal en laissant moins de
temps au déphasage de se produire. Une bande passante de réception large (gradients élevés)
autorise également une diminution du TE car l’écho de gradient de lecture du signal est plus précoce
et l’acquisition du signal plus rapide.
Cet artéfact peut cependant se révéler intéressant d’un point de vue diagnostic notamment en IRM
fonctionnelle cérébrale. Ils sont également mis à profit pour la détection des hématomes. Les
produits de dégradation du sang (déoxyhémoglobine et hémosidérine) ont des susceptibilités
magnétiques élevées. Les séquences en écho de gradient avec une pondération en T2* permettent
de mettre en évidence de petits hématomes sous la forme de vides de signal.
44
MODULE DE PHYSIQUE IRM
Pour les diminuer, on peut augmenter la largeur de la bande passante, au détriment du rapport
signal sur bruit, ou utiliser des méthodes de suppression de graisse.
Les moyens utilisés pour diminuer ces artefacts sont : la synchronisation cardiaque, les séquences
avec gradient de compensation de flux, la présaturation, la compensation de flux, et l’inversion des
gradients de codage de phase et de fréquence.
Ils sont dus au fait qu’il est difficile de représenter une zone où il existe une transition brutale de
signal par une série de Fourier tronquée, c'est-à-dire comportant un nombre fini de fonctions
sinusoïdales. Théoriquement, l’image est reconstituée par un nombre infini de sinusoïdes, de
fréquences, phases et amplitudes différentes. En pratique ce nombre est fini, d’où des artéfacts dans
les zones de transitions brutales du signal.
Ils peuvent se manifester à la fois le long des codages de phase et de fréquence, permettant ainsi de
les différencier d’un artefact de mouvement qui ne se produit que dans le sens du codage de phase.
Pour les corriger, il faut augmenter le nombre de phases, réduire le champ de vue (FoV) et
augmenter la matrice de l’image.
45
MODULE DE PHYSIQUE IRM
Des filtres permettent généralement de les corriger dans le sens du codage de fréquence et il ne
reste ordinairement visible que dans le sens du codage de phase. Pour l’éliminer, il faut choisir un
FoV plus large que l’objet examiné, au détriment de la résolution spatiale. L’utilisation d’antennes de
surface permet également de réduire le risque de repliement ; ainsi, les structures éloignées de
l’antenne ne participent pas au repliement.
Pour le corriger il faut diminuer le TE, utiliser des séquences spin écho (plutôt qu’un écho de
gradient) et préférer un champ magnétique bas.
46
MODULE DE PHYSIQUE IRM
Figure 20 - Séquence FLAIR 3 Tesla : mise en évidence de petites lésions de sclérose en plaque chez un patient humain
(d'après le Dr J.F Luaba Tshibanda au CHU de Liège)
47
MODULE DE PHYSIQUE IRM
Figure 21 - Imagerie fonctionnelle d'activation cérébrale pré-opératoire à 3 Tesla sur cerveau humain : mise en évidence
des zones corticales fonctionnelles à préserver lors d'exérèse tumorale (d'après Luaba Tshibanda 2006)
L’imagerie de diffusion donne une mesure du déplacement des molécules d’eau dans les tissus et
permet d’avoir une vision des fibres qu’elles rencontrent. On peut ainsi étudier à 3T la structure
cérébrale avec une haute résolution spatiale grâce à l’augmentation du rapport signal sur bruit et à
l’utilisation des techniques d’imagerie parallèle qui diminuent les artéfacts de distorsion. Elle permet
de tracer les différents faisceaux neuronaux et de vérifier leur intégrité, leur envahissement ou
dislocation au cours d’un processus pathologique notamment tumoral.
De plus, l’IRM haut champ est plus sensible aux sources d’artéfacts, notamment aux artefacts de
susceptibilité magnétique comme énoncé précédemment. Les artéfacts de déplacement chimique
sont exacerbés à haut champ car la différence de signal entre l’eau et la graisse est la plus
importante (220 Hz contre 25 Hz à bas champ). Ceci se produit généralement à l’interface entre eau
et graisse (Falque 2010). La spectroscopie bénéficie des effets combinés de l’augmentation du signal
sur bruit et du déplacement chimique à 3T qui améliorent la résolution spectrale par rapport au 1.5T.
Cette technique, autrefois réservée à la recherche, est entrée dans le bilan de routine de pathologies
aussi différentes que les tumeurs cérébrales et les affections démyélinisantes en médecine humaine
(Luaba Tshibanda 2006).
Par contre, les artefacts de mouvements sont moins fréquents du fait de la diminution du temps
d’acquisition des coupes. Les artéfacts de volume partiel, dus à la présence de plusieurs tissus
différents dans un même voxel, sont quant à eux palliés en haut champ par le fait que l’épaisseur des
coupes peut être diminuée sans perdre trop de signal.
Il persiste des contraintes techniques telles que les courants induits dans les tissus par la
radiofréquence susceptibles de provoquer un échauffement du patient et les nuisances sonores dont
il est tenu compte lors des explorations des patients. L’intérêt est important, cependant il faut savoir
que le passage à un IRM haut champ impose des modifications des protocoles et un apprentissage
particulier. L’aimant haut champ est supraconducteur et nécessite l’utilisation d’un cryogène pour
éliminer la chaleur induite par la résistance électrique dans le circuit. Ce cryogène est l’un des
éléments expliquant le coût élevé de l’IRM haut champ. L’entretien est aussi plus cher et la machine
nécessite plus d’espace avec un renforcement de la cage de Faraday impliquant plus de frais à
l’installation (Werpy 2007).
La place croissante de l’IRM 3T en neuro-imagerie clinique se justifie non seulement par le gain de
temps de réalisation des examens lorsque les protocoles d’acquisition sont optimisés mais surtout
48
MODULE DE PHYSIQUE IRM
1
I : Imagerie par
R : Résonance
M : Magnétique
N : Nucléaire
M : Magnetic
R : resonance
I : Imaging
2
Généralités
Le patient est placé dans un mini-tunnel où
règne un champ magnétique. L'émission
d'ondes radio va positionner les noyaux
d'hydrogène du corps du patient dans un état
particulier appelé résonance. Le retour de ces
noyaux d'hydrogène à leur état d'équilibre va
engendrer la formation d'un signal dans une
antenne réceptrice.
Lors d'un examen IRM, c'est l'analyse de ce
signal par un ordinateur qui permet
d'obtenir les images des différentes parties
du corps humain.
3
Historique
Le Magnétisme est un phénomène très ancien :
découverte il y a 2500 ans environ.
4
Historique
1946 : Purcelle et Bloch observent qu ’après une
excitation par une onde électromagnétique à une
certaine fréquence, le noyau absorbe puis restitue de
l ’énergie
1950 : Problèmes
Avoir un ordinateur puissant et rapide
Avoir un aimant stable à taille humaine
Trouver une application médicale
5
Historique
1972 : Premières images d’IRM
6
Bases physiques
7
Qu’est ce que l’Imagerie par
Résonnance Magnétique (IRM)?
• Technique d'imagerie médicale
tomographique en faisant appel à un champ
magnétique puissant et de radiofréquence
• Anatomie et physiologie (environnement
chimique)
• Grande résolution spatiale
• N’utilise pas de radiation ionisante
Bases physiques
Ce sont les noyaux qui possèdent un nombre impair de
nucléons qui vont engendrer un champ magnétique
Hydrogène : 1 proton
Isotope du Carbone : 13 protons La Matière
Fluor : 19 protons
- Hydrogène (H)
Phosphore : 31 protons - Carbone (C)
Sodium : 23 protons - Oxygène (O)
- Azote (N)
9
L’atome d’hydrogène
11
constance-
- Vitesse de rotation Vitesse de précession dépend:
la force du champ magnétique
- le type de proton étudié
Spin
Précession
Équation de Lamor
Rapport gyromagnétique
14
Le noyau d’hydrogène:
Non soumis à un champ magnétique
Orientations aléatoires des vecteurs
Soumis à un champ magnétique
intense appelé B0, les spins
s'orientent dans l'axe du champ,
soit dans le même sens
("parallèle"), soit dans le sens
contraire ("antiparallèle").
16
Les spins ont un mouvement de
rotation et décrivent un cône autour
de l'axe de B0 : c'est le mouvement de
précession.
On peut apparenter le mouvement de
précession au mouvement d'une
toupie qui bascule et reste en équilibre
en rotation.
17
Le noyau d’hydrogène
Soumis à un champ magnétique
+ + ++++ + =
21
Deux étapes sont nécessaires
Le but de la première étape est d’aligner tous les
protons dans la même direction,
Pour ce la, on place le patient dans un puissant aimant
afin d’orienter tous ses protons dans l’axe du champ
magnétique de l’aimant.
C’est le but de la deuxième étape.
Pour stimuler les protons,nous allons leur apporter de
l’énergie.
Cette énergie leur est
Fournie par le moyen d'une onde radio de fréquence
identique à la fréquence de rotation des protons.
C’est ce que l’on appelle le phénomène de résonance
Cette fourniture d’énergie aux protons a deux conséquences
[Link] protons vont se mettre à tourner tous à l’unisson, de
façon synchrone:.. Les voici(enfin)alignés et en phase!
30
Effet de la radiofréquence
2- Bascule du vecteur longitudinal pour créer le
vecteur transverse(perpendiculaire au champ magnétique
• Avantages:
– Champ magnétique de haute intensité (1.5 ou 3 Tesla)
– Champ magnétique homogène et très stable
• Désavantage:
– Coût d’achat de l’appareil ↑
– Température de 0° Kelvin (-270° C).
Aimant primaire
3 types d’aimants :
➢ Aimants permanents
➢ Aimants résistifs
➢ Aimants supraconducteurs
Types d’aimants
Aimants permanents
Aimants résistifs
Antennes de surface
Antennes dédiées
Spine Extremities
66
Contre indications
Pacemaker
Implants cochléaires
Implants oculaires
Neuro-stimulateurs
Valves cardiaques anciennes
Clips vasculaires cérébraux anciens
Implants et dilatateurs mammaires
Corps étrangers métalliques
Intra-oculaires
Près d’une structure vitale neurologique ou cardiovasculaire
67
Contre indications
Coils, stents, filtres en matériaux faiblement
magnétiques :
Attendre 6 semaines pour que la prothèse soit bien
engainée dans la paroi vasculaire
68
Contre indications
Prothèses orthopédiques, ligaments artificiels,
tiges, plaques, vis :
Attendre 48 heures après leur pose
69
Contre indications relatives
Claustrophobie
Obésité
70
AU MOINDRE DOUTE,
PREVENIR LE RADIOLOGUE
QUI PRENDRA LA DECISION OU NON DE
REALISER L’EXAMEN
71
Formulaire
Explication de l’examen
Questionnaire de contre-indications
72
Interrogatoire oral
Systématique :
74
Interrogatoire oral
Opération du cerveau ?
Opération des oreilles (pose d’implants) ?
Projectiles métalliques (éclats métalliques, balles, éclats
d’obus,..) reçus près des yeux, ou ailleurs dans le corps ?
Travail en métallurgie ?
Pile cardiaque (Pacemaker) ?
Opération du cœur, pose d’une valve cardiaque ?
Intervention au niveau des vaisseaux (pose de stents,
Filtre cave,…)
75
Interrogatoire oral
Allaite-elle ?
76
Le Manipulateur est le dernier maillon de la chaîne,
c ’est lui qui prend la responsabilité d ’entrer ou non le
patient dans la salle d ’examen IRM
77
Si vous faites entrer avec le patient une autre personne
dans la salle d’examen :
> Personnel paramédical ou médical
> Accompagnant (parent, famille)
78
Pour les personnes hospitalisées :
Vérifier :
Épingles à nourrice.
Seringues auto pulsées :
Si pas indispensables pendant une ½ h :
Sinon :
79
L ’examen est long et bruyant :
de 15min à 1h00 (IRM cardiaque)
80
LA PREPARATION ET L ’INSTALLATION DU
81
Origine du contraste en IRM
En gros, un IRM, c’est:
la valeur du T1 de certains
tissus dans un champ de 1 Tesla (en millisecondes ).
Graisse 240 ms
Muscle 730 ms
Substance blanche 680 ms
Substance grise 809 ms
LCR 2500 ms
Les temps de relaxation T1 sont de l'ordre de la seconde.
GAMME de Pondération T1
Graisse Blanc
(hypersignal)
Tissus Gris
Eau Noir-Gris
Tissus Gris
Air Noir
En pondération T2, repérer
Os compact (hyposignal) l’hypersignal de l’eau (par
exemple dans la vessie)
En résumé :
densité de protons
T1
T2.
origine du contraste
On utilise des teintes de gris
On parle d’hypersignal pour des teintes
blanches, cela veut dire qu’il y a beaucoup
d’énergie libérée
On parle d’hyposignal pour des teintes
noires, il n’y a pas ou peu d’énergie libérée
Bases du contraste tissulaire
Selon T1
C’est la relaxation longitudinale c’est à dire selon z.
Au bout de 4 T1 on est à 98 % de M0.
Il y a des variations entre les tissus,
l’eau a le T1 le plus long .
la graisse le T1 le plus court.
les solides ont des T1 intermédiaires.
Plus le T1 est long plus on est en hyposignal
Pour les T1 courts, on est en hypersignal
(la grasse apparait en blanc)
T1 est maximum pour les liquides, minimum pour
les graisses, intermédiaire pour les solides
Selon T2
C’est la relaxation transversale, selon xy
Au bout de 4 T2 il ne reste plus que 2% de
Mxy0.
L’eau a un T2 très grand.
la graisse assez petit.
les solides ont un T2 très courts.
Plus le T2 est court, plus on est en hyposignal (noir)
Plus le T2 est long, plus on est en hypersignal (blanc)
En densité de proton rho
C’est en fonction de la concentration en noyau
d’hydrogène.
Les liquides ressortiront donc blanc car composés
majoritairement de molécules d’hydrogène.
En revanche l’os cortical ressortira noir car il n’y
a aucune molécule d’eau mais seulement du calcium
Ca 2+.
De la même manière, dans l’air, il n’y a pas de
signal car pas de molécules d’H2O. .
Pour un IRM selon rho, l’air est aussi en noir
(= hyposignal ), mais l’os en noir et les liquides
en blanc (= hypersignal )
Signal de précession libre ou Free Induction Decay (FID
TE et TR
• Temps d’écho
– C ’est le temps (ms) entre l’émission de la
radiofréquence et le moment où l’écho sera recueilli
• Temps de répétition
– C ’est le temps (ms) entre l’émission des
radiofréquences
(temps entre 2 excitations RF)
La répétition
le TR et le TE
--------
TR : Temps de Répétition
TE : Temps d’Echo
TR court (400 à 600 ms) pour favoriser le contraste en T1
(pondération en T1).
TE court (15 ms) pour minimiser le contraste en T2
(dépondération en T2).
Tout est court en T1 : TR et TE. C’est le tissu avec le T1 le
plus court qui donne le plus de signal (le plus blanc).
TR COURT TR LONG
TE COURT
TE LONG
(temps entre 2 excitations RF)
TE = temps d’écho
(temps entre l’excitation RF et l’acquisition)
¨ TR = temps de répétition
(temps entre 2 excitations RF)
Pour résumer
Un TR court et un TE court donnent une image
pondérée T1
Un TR long et un TE long donnent une image
pondérée T2
Un TR long et un TE court donnent une image
pondérée en densité de proton (DP ou rho), c’est-à-
dire peu influencée par le T1 comme par le T2.
Les séquences IRM
SPIN ECHO
T1 : TR court - TE court
T2 : TR long - TE long
DP : TR long - TE court
--------
TR : Temps de Répétition
TE : Temps d’Echo
DP : densité de proton
Introduction
x
Bobine (Antenne de réception)
y
Signal de résonance et transformée de Fourier.
Mz
Bo
Bobine
de radiofréquence
Mxy
T.F.
Matrice d’acquisition
Nombre de pixels couvrant le champ de vue dans une dimension X, Y, (Z).
Pixel
Composante élémentaire d’une image bidimensionelle.
VOXEL
Volume élémentaire de la matrice. C’est le produit de
la surface du pixel (Δx x Δy) par l’épaisseur de coupe
(Δz). Il détermine la résolution spatiale
ΔY
Δz
Δx
Notion de matrice et champ de vue
Champ de vue
FOV(fied of view)
Matrice
(lignes et colonnes)
Plan de coupe
(voxels et pixels)
Champ de vue
epaisseur
Localisation spatiale du signal
– En IRM, ce sont des gradients linéaires de champs
magnétiques qui vont être utilisés pour le codage
spatial de l’image.
– Ces gradients créés par des bobines de gradients
vont se superposer au champ magnétique principal B0.
– Le champ magnétique résultant (B) est ainsi
augmenté de façon linéaire dans la direction où est
appliqué le gradient
gradients
Production des gradients dans les
directions perpendiculaires à B0
Les gradients sont des grandeurs
vectorielles ---->
Impossibilité de localiser le signal dans les 3
directions simultanément du volume étudié.
Axe cranio-caudal
Gz
Technique de codage spatial le long d’un axe,resultant
de l’application d’une série de gradients encodeurs
le long de cet axe.
En imagerie habituelle, 64, 128, 256 ou 512 pas
d’encodage en phase sont appliqués à l’échantillon pour
pouvoir construire une image.
Application du codage de phase
L1,
L2,
L3,
Gr
x
1. Sélection de plan de coupe plan de coupe
3. Codage de fréquence
FREQUENCES
Localisation spatiale du signal
Codage de phase
Sélection lignes
De coup
Codage de fréquence
(colonnes)
Lecture du signal
Extraction du signal
2DFT
L’image est obtenue
ligne par ligne dans le
ω1, Φ ω2, Φ1 ω3, Φ1 « plan de Fourier »:
1
Achaque étape, on
ω1, Φ ω2, Φ2 ω3, Φ2 « incrémente »
2 Le gradient de codage de
phase pour obtenir 256
ω1, Φ ω2, Φ3 ω3, Φ3 Valeurs différentes de
3 déphasage sur un cycle
complet de 360°.
Matrice bidimensionnelle correspondant aux
signaux sources obtenus (antenne de réception)en IRM 2D FT.
L’opération de transformée de Fourier bidimensionnelle
permet de faire correspondre à ce plan, l’image finale IRM.
Plan de
Fourier
Méthode mathématique permettant de convertir
des signaux temporels en fréquences et en phases.
Ce processus est à la base de la reconstruction des
images d’IRM grâce à la correspondance qui est
établie entre la position et la fréquence.
Durée d’une acquisition
D = TR . Nlignes . Nacc
exemple :
TR = 2000 ms
Nlignes = 256
Nacc = 1
D = 8,5 minutes
Durée moyenne d’un examen
30 à 40 minutes
Mise en place des gradients et impulsions RF
90
180
SE
IMPULSION
sélection
phase
lecture
signal
temps
0 TE
écho de spin
acquisition bidimensionnelle