These Cartier
These Cartier
Julien CARTIER
Discipline : Mathématiques
MEMBRES DU JURY :
Mixed-hybrid finite element method for the transport equation and diffusion approxima-
tion of transport problems.
This thesis focuses on mathematical analysis, numerical resolution and modelling of the
transport equations. First of all, we deal with numerical approximation of the solution of
the transport equations by using a mixed-hybrid scheme. We derive and study a mixed
formulation of the transport equation, then we analyse the related variational problem
and present the discretization and the main properties of the scheme. We particularly pay
attention to the behavior of the scheme and we show its efficiency in the diffusion limit
(when the mean free path is small in comparison with the characteristic length of the phy-
sical domain). We present academical benchmarks in order to compare our scheme with
other methods in many physical configurations and validate our method on analytical test
cases. Unstructured and very distorted meshes are used to validate our scheme. The second
part of this thesis deals with two transport problems. The first one is devoted to the study
of diffusion due to boundary conditions in a transport problem between two plane plates.
The second one consists in modelling and simulating radiative transfer phenomenon in
case of industrial context of inertial confinment fusion.
Discipline : Mathématiques
Mots clés : équation de transport, éléments finis, mixtes-hybrides, limite diffusion, trans-
fert radiatif, approximation par la diffusion, neutronique.
Je voudrais aussi remercier Gérald Samba et Jean-François Clouët. Depuis le stage de DEA
jusqu’à la rédaction de ce manuscrit, leur encadrement au sein du Commissariat à l’Énergie Ato-
mique a participé de mon enrichissement personnel et scientifique. Je les remercie pour leur dis-
ponibilité, la confiance qu’ils ont placé en moi, leur patience et leurs compétences pédagogiques.
Je leur suis gré de m’avoir fait partager au cours de ces quatre années leur grande sympathie et
leurs très hautes connaissances scientifiques.
J’exprime également toute ma gratitude à Laurent Desvillettes et Thierry Goudon pour avoir
accepté d’être les rapporteurs de ma thèse et pour le temps qu’ils ont consacré à l’évaluation de
mes travaux. Je remercie aussi Jean-Jacques Lautard et Dominique Lépingle pour l’intérêt porté
à mon travail doctoral en acceptant de participer à mon jury de thèse.
J’adresse aussi des remerciements particuliers à Alexandre (où Auguste, je ne sais plus bien...)
Munnier ne serait-ce que pour les heures passées à acquérir nos galons d’experts en calcul d’angles
solides ( !) au CEMRACS 2003 à Luminy.
Je voudrais remercier Vincent Siess pour s’être intéressé à mes travaux et pour ses commen-
taires sur ce manuscrit.
J’adresse mes remerciements à tous les membres du MAPMO, thésards ou permanents, pour
leur accueil toujours sympathique au cours de ces dernières années lors de mes passages éclairs
sur Orléans.
Je remercie Guillaume Bal et Brigitte Lucquin pour leur relecture d’une partie de mes tra-
vaux, leurs commentaires et recommendations judicieuses.
Je voudrais remercier l’ensemble de ceux qui ont partagé mon quotidien de thésard au CEA,
à Chevaleret où à Orléans. Dans l’ordre d’apparition, je remercie Constant le châtelain, Paul-
Edouard Pollux, Benjamin Le Creurer, Céline Baranger, Seb d’Osaka, Sylvain Desroziers, Sté-
phane Delpino, Philippe Hoch, Gwen (grand merci pour les squats à Orléans !), Lisl Puzzle
Sudoku, Julien (docteur ès NBA), H. Ball, Sosso, N2R1 (Patin quoi !), Christophe Audouze !,
Pascal Havé, MA, Virginie, Olivier Soulard et les secrétaires (Maryline, Michèle et Mme Tho-
mas). Un petit coucou aux stagiaires qui sont passés au CEA, je pense à Nico l’auvergnat, Valérie,
Manue, Pierre, Seb, Astrid avec une mention particulière vers MC (pour Ma Coloc) qui a sup-
porté courageusement mon mauvais caractère au cours de ces derniers mois de thèse. Merci aussi
à Alexandra Franchitti, Martin Campos Pinto, Laurent Boudin et Frédéric Lagoutière pour leur
accueil toujours chaleureux au Laboratoire Jacques Louis-Lions à Chevaleret.
Je remercie aussi tous les membres du labo LCDT au CESTA qui m’ont formidablement
accueilli ces derniers mois et pour leur aide précieuse pour reprographier ce mémoire.
i
Mes remerciements vont enfin vers ma famille (mes nièces, Maëlys et Nina fêtent leurs trois
ans, l’âge de cette thèse !) et mes amis, notamment mes compagnons de DEA, Kikito, Pierre et
Seb dont le soutien au cours de ces dernières années aura été plus que précieux.
ii
Table des matières
Introduction 1
Chapitre 1
L’équation du transport 7
Chapitre 2
Formulation mixte de l’équation du transport 31
iii
Table des matières
Chapitre 3
Formes variationnelles de l’équation du transport 51
Chapitre 4
Espaces d’approximation et analyse discrète 65
Chapitre 5
Discrétisation 75
iv
5.4.3 Continuité de la densité de courant angulaire . . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.5 Étude du système linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.6 Résolution matricielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.6.1 Assemblage de la matrice globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.6.2 Résolution du système linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
5.6.3 A propos de Mhλ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Chapitre 6
Approximation par la diffusion 97
Chapitre 7
Résultats numériques 123
v
Table des matières
Chapitre 8
Étude du transport entre deux plaques infinies 145
Chapitre 9
Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser 171
9.1 Introduction aux phénomènes de transfert radiatif dans une cavité laser . . . . . 172
9.2 Modèles disponibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
9.2.1 Diffusion standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
9.2.2 Diffusion Monte Carlo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
9.2.3 Diffusion à flux limité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
9.3 Calcul d’un tenseur d’Eddington géométrique ad hoc . . . . . . . . . . . . . . . . 177
9.3.1 Calcul d’un facteur d’Eddington dans le cas d’une sphère opaque centrée . 177
9.3.2 Calcul du tenseur d’Eddington . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
9.4 Calcul d’un facteur d’Eddington scalaire et d’un limiteur de flux associé . . . . . 184
9.4.1 Calcul d’un facteur d’Eddington scalaire γ . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
vi
9.4.2 Calcul d’un limiteur de flux λ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
9.4.3 Propriétés de γ et λ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
9.5 Schémas numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
9.6 Résultats Numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
9.6.1 Limiteurs de flux utilisés dans les simulations numériques . . . . . . . . . 188
9.6.2 Résultats obtenus pour le tenseur d’Eddington géométrique . . . . . . . . 189
9.6.3 Résultats obtenus pour le limiteur de flux géométrique . . . . . . . . . . . 190
9.6.4 Comparaison des modéles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
Annexe A
Éléments finis mixtes-hybrides pour un problème elliptique simple 197
Annexe B
Construction des matrices élémentaires sur maillages cartésiens 201
Annexe C
Ébauche de décomposition de domaine en 1D 203
Annexe D
Lien avec les équations elliptiques dégénérées 205
Bibliographie 209
vii
Table des matières
viii
Introduction
Les travaux menés au cours de cette thèse ont eu pour principal objet l’approximation et la
résolution numérique de problèmes de transport.
1
Introduction
Récemment, [Link] et [Link] [62] ont étudié une forme du second ordre de l’équa-
tion du transport (introduite dans un premier temps par [Link] et [Link] [64, 65] et
[Link] [1, 2, 3]) équivalente à la forme du premier ordre et proche des formes standard du
second ordre telle que l’équation de diffusion mais ne vérifiant pas la condition d’ellipticité pour
une direction de propagation des particules fixée. À l’instar des équations du flux pair [42, ?],
cette forme du second-ordre est adaptée à l’usage de l’approximation variationnelle [23] et des
techniques d’éléments finis. Par ailleurs, les éléments finis mixtes-hybrides [25, 37, 69] sont très
efficaces pour la résolution numérique des problèmes elliptiques du second ordre. Les éléments
finis mixtes-hybrides sont particulièrement adaptés à l’usage de maillages non structurés même
très déformés et restent efficaces pour des problèmes présentant de fortes hétérogénéités. En
particulier, le schéma mixte-hybride fournit une approximation d’ordre deux en espace de la so-
lution d’une équation de type diffusion. La matrice du système linéaire résultant est symétrique
définie positive et donc facile à inverser par des algorithmes usuels du type gradient conjugué ou
gradient conjugué préconditionné. Enfin, les méthodes mixtes sont particulièrement adaptées à
2
l’usage du calcul parallèle. Des premiers travaux ont été menés par [Link] [5, 47] qui intro-
duit une formulation mixte de l’équation du transport et applique la méthode des éléments finis
mixtes en utilisant une approximation de Raviart-Thomas [25, 37] classiquement utilisée pour
l’approximation des équations elliptiques du second-ordre. Ces travaux donnent une première ap-
proche intéressante mais ne permettent pas d’obtenir des résultats satisfaisants sur des maillages
très déformés. En effet, l’approximation de Raviart-Thomas ne permet pas de tenir compte de
l’aspect directionnel des problèmes de transport.
Notre étude s’articule donc sur l’application de la méthode des éléments finis mixtes-hybrides
à l’équation du transport. Il convient dans un premier temps d’étudier les propriétés des formu-
lations mixtes continues et abstraites du transport. Nous étudions le caractère bien posé de telles
formulations. Nous montrons que les éléments finis mixtes-hybrides peuvent s’appliquer à l’équa-
tion de transport via l’utilisation de fonctions de bases adaptées à la spécificité du transport.
Nous exhibons les propriétés fondamentales du schéma ainsi obtenu. Les avantages des éléments
finis mixtes-hybrides pour l’équation du transport sont les suivants :
– la discrétisation est efficace et facile à implémenter même sur des maillages non-structurés
en 2-D et 3-D,
– le système algébrique résultant de la discrétisation mixtes-hybrides pour l’équation du
transport peut s’inverser à l’aide d’un algorithme du gradient conjugué,
– le schéma se réduit à la discrétisation mixtes-hybrides d’une équation de diffusion dans un
régime collisionnel.
Cependant, certains inconvénients existent :
– sur des maillages non structurés, les matrices élémentaires doivent être évaluées en utilisant
des formules de quadrature,
– sur des maillages non structurés, les valeurs propres et vecteurs propres de certaines ma-
trices élémentaires doivent être calculés numériquement (sur des maillages cartésiens, ces
quantités peuvent être calculées analytiquement),
– la méthode des ordonnées discrètes est utilisée et on constate des effets de raie,
– la méthode ne peut s’appliquer directement dans le cas du vide.
Dans la suite de ce manuscrit, nous nous attachons à valider notre méthode sur des cas tests nu-
mériques académiques simples. Nous utilisons ces cas test pour mettre en évidence les propriétés
fondamentales du schéma.
Dans la dernière partie de ce manuscrit, nous nous intéressons à un problème bien connu (voir
[Link] [48], [Link][13], [Link][12]) de transport entre deux plaques infinies, on démontre
un résultat d’approximation par la diffusion pour ce problème en utilisant quelques arguments
probabilistes basés sur des résultats de [Link], [Link], [Link] [19]. Nous
illustrons ces résultats théoriques par des tests numériques utilsant la méthode mixtes-hybrides
pour l’équation du transport et des simulations Monte-Carlo. Enfin, nous proposons et testons
différentes techniques de fermeture non-linéaire géométrique de modèles aux moments appliquées
à un problème de transfert radiatif dans le cadre de la fusion par confinement inertiel.
Présentation de la thèse
Nous présentons ici le plan de la thèse, nous donnons les éléments principaux des chapitres
composant ce manuscrit. Notre étude s’articule donc comme suit.
3
Introduction
Chapitre 1
Chapitre 2
Dans ce chapitre, nous commençons par rappeler le cadre fonctionnel [23] nécessaire à l’étude
variationnelle de problème de transport. Nous proposons la preuve de quelques estimations im-
portantes sur la solution de l’équation du transport et nous présentons la forme du second ordre
auto-adjointe de l’équation du transport [62]. Nous introduisons ensuite une formulation mixte
de l’équation du transport et un cadre fonctionnel adapté. Nous en étudions quelques propriétés
mathématiques fondamentales de cette formulation mixte.
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
4
Chapitre 6
Dans ce chapitre, nous rappelons un résultat mathématique justifiant l’approximation de
l’équation de transport par une équation de diffusion en régime collisionnel [53, 42]. Nous géné-
ralisons ce résultat classique d’approximation de la diffusion au système mixte du transport. Nous
étudions ensuite le comportement du schéma mixte-hybride discret dans des milieux opaques et
nous montons qu’il possède la limite de diffusion [53, 54]. Nous étudions le comportement du
schéma sur les bords d’un domaine diffusif et à l’interface entre un milieu transparent (où l’ap-
proximation de la diffusion n’est pas valide) et un milieu opaque en une dimension d’espace.
Enfin, nous montrons que la technique d’accélération par diffusion synthétique peut être appli-
quée au schéma mixte-hybride pour le transport en utilisant une discrétisation mixte-hybride de
l’équation de diffusion associée.
Chapitre 7
Nous présentons dans ce chapitre quelques résultats numériques permettant d’illustrer les pro-
priétés du schéma aux éléments finis mixtes-hybrides pour le transport. Nous nous intéressons
dans un premier temps à des résultats en une dimension d’espace pour des milieux homogènes
ou hétérogènes. Nous étudions l’ordre de convergence de la méthode. Nous comparons les esti-
mations d’erreurs obtenues numériquement aux estimations théoriques présentées au chapitre 4.
Nous montrons ensuite des résultats obtenus en deux dimensions d’espace. Nous nous attachons
à illustrer les propriétés asymptotiques du schéma présentées au chapitre 6 et nous comparons les
résultats obtenus avec notre schéma mixte-hybride aux résultats obtenus avec quelques schémas
de transport usuels. Nous utilisons enfin des maillages très déformés pour apprécier la qualité de
l’approximation obtenue sur de tels maillages. Nous illustrons aussi l’amélioration de la conver-
gence du système itératif de la source itérée utilisant un algorithme d’accélération par diffusion
synthétique.
Chapitre 8
Dans ce chapitre, nous nous intéressons à un problème de transport entre deux plaques planes
parallèles infinies. Nous nous appliquons à retrouver quelques résultats bien connus [13, 43, 44,
12, 22] sur l’approximation de diffusion d’un tel problème de transport et nous illustrons ces
résultats théoriques par des tests numériques. Nous utilisons des arguments probabilistes pour
réaliser notre étude théorique. Le but de ce chapitre est d’étudier le comportement asymptotique
du problème de transport et d’évolution d’une densité de particules dans un milieu confiné entre
deux plaques planes parallèles. Nous cherchons à montrer que lorsque la distance entre ces deux
plaques tend vers zéro, nous obtenons un régime diffusif. Le coefficient de diffusion dépend à
la fois du noyau de collision du milieu et de la loi de réflexion sur les parois. Nous étudions
dans un premier temps ce comportement asymptotique pour le problème général du transport
en utilisant un développement asymptotique [19] puis pour le modèle aux moments P1. Nous
utilisons des simulations Monte-Carlo pour calculer des coefficients de diffusion et illustrer les
résultats théoriques précédents à l’aide d’un cas test numérique.
Chapitre 9
Dans ce chapitre, nous considérons un problème de transfert radiatif dans une cavité la-
ser décrit par une équation de transport des photons. On s’appuie sur un modèle proposé par
[Link], [Link] [68] pour mettre en évidence de nouvelles relations de fermeture dans
5
Introduction
l’approximation par la diffusion d’un problème de transfert radiatif. Ce chapitre a fait l’objet
de travaux en collaboration avec [Link]ët, [Link], [Link] et [Link], à l’occasion de
l’édition 2003 du CEMRACS (Centre d’Été de Mathématiques et Recherche Avancées en Calcul
Scientifique). Ces travaux ont fait l’objet d’un proceeding en collaboration avec [Link] [33].
Annexes
Dans l’annexe A, nous présentons la méthode des éléments finis mixtes-hybrides appliquée à
l’équation de diffusion des neutrons. Dans l’annexe B, nous détaillons la structure des matrices
intervenant dans la discrétisation mixte-hybride de l’équation du transport sur un maillage car-
tésien. En annexe C, nous proposons un algorithme de décomposition de domaine adapté aux
méthodes mixtes pour le transport en géométrie uni-dimensionnelle. Enfin, en annexe D, nous
évoquons et illustrons numériquement un lien existant entre les équations elliptiques dégénérées
dans leur forme la plus simple et les équations de transport en nous basant sur les travaux de
[Link] [66].
6
Chapitre 1
L’équation du transport
Sommaire
1.1 Le problème d’évolution du transport des neutrons . . . . . . . . . . 7
1.1.1 L’équation intégro-différentielle du transport des neutrons . . . . . . . . 7
1.1.2 Adimensionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.3 Conditions aux limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.1.4 Théorèmes d’existence et d’unicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2 Le problème à source stationnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.1 Problèmes stationnaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.2 Résolution dans le cas des conditions aux limites homogènes . . . . . . . 15
1.2.3 Résolution dans le cas des conditions aux limites non homogènes . . . . 16
1.3 Approximation multigroupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4 Discrétisation angulaire et problème de la source itérée . . . . . . . 20
1.4.1 Discrétisation angulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.4.2 Résolution par la méthode de la source itérée . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4.3 Accélération par diffusion synthétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.5 Forme intégrale de l’équation du transport . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.6 Formulation en flux pair . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.7 Quelques méthodes classiques de résolution en espace . . . . . . . . 26
1.7.1 Résolution en espace par le schéma diamant . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.7.2 Méthodes d’éléments finis continus et discontinus . . . . . . . . . . . . . 27
1.7.3 Méthode de projection sur les harmoniques sphériques et méthode PN . 27
Dans ce chapitre, nous allons présenter de manière générale l’équation du transport des neu-
trons. Nous introduirons les définitions et notations spécifiques à ce contexte et nous donnerons
les théorèmes généraux d’existence et d’unicité de solution au problème du transport. Nous
rappellerons brièvement les méthodes classiques de résolution de ces équations.
7
Chapitre 1. L’équation du transport
8
1.1. Le problème d’évolution du transport des neutrons
donnée par :
~ E, t) = |~v | n(x, Ω,
Ψ(x, Ω, ~ E, t). (1.2)
On définit aussi la densité totale N (x, E, t) et le flux scalaire total Φ(x, E, t) de neutrons d’énergie
E en un point x à l’instant t par les formules suivantes :
Z
N (x, E, t) = ~ E, t) dν(Ω),
n(x, Ω, ~ (1.3)
S2
Z
Φ(x, E, t) = ~ E, t) dν(Ω).
Ψ(x, Ω, ~ (1.4)
S2
1 ∂Ψ ~ E, t) + Ω~ · ∇Ψ(x,
~ ~ E, t) + Σt (x, E)Ψ(x, Ω,~ E, t)
(x, Ω, Ω,
v ∂t
Z β Z
− dE ′ ~ ′ −→ Ω,
Σs (x, Ω ~ E ′ −→ E)Ψ(x, Ω ~ ′ , E, t) dν(Ω
~ ′) (1.5)
α S2
β
κ(E)
Z Z
− ′ ′
χ(x, E )Σf (x, E ) dE ′ ~ ′ , E, t) dν(Ω
Ψ(x, Ω ~ ′ ) = S(x, Ω,
~ E, t)
4π α S2
Cette équation intégro-différentielle du transport des neutrons sur le flux angulaire est l’expres-
sion mathématique du bilan des pertes et des productions de neutrons dans le domaine D au
cours du temps.
Les différents termes qui composent cette équation s’interprètent de la façon suivante :
1 ∂Ψ ~ E, t) représente la variation temporelle de la densité neutronique ;
– (x, Ω,
v ∂t
~ · ∇Ψ(x,
– Ω ~ ~ E, t) est le terme de transport des neutrons, intégré sur D × S 2 , il représente
Ω,
le bilan des pertes (voir paragraphe 1.1.3) ;
κ(E) β
Z Z
– ′ ′
χ(x, E )Σf (x, E ) dE ′ ~ ′ , E, t) dν(Ω
Ψ(x, Ω ~ ′ ) est la source de fission.
4π α S2
Le problème d’évolution du transport ou problème de Cauchy consiste à déterminer Ψ(x, Ω, ~ E, t)
satisfaisant (1.5) avec la condition initiale
~ E, 0) = Ψ0 (x, Ω,
Ψ(x, Ω, ~ E) (1.6)
~ E) représente le flux angulaire au temps t = 0, et avec des conditions aux limites sur
où Ψ0 (x, Ω,
la frontière ∂D appropriées que nous expliciterons par la suite.
9
Chapitre 1. L’équation du transport
1.1.2 Adimensionnement
Pour simplifier les écritures et l’analyse théorique du problème du transport, il convient de
regrouper les variables de directions et d’énergie sous la notion de vecteur vitesse, défini par
r
2E ~
~v = Ω (1.7)
m0
q
2E
où m0 est la masse au repos d’un neutron. Notons que le module v = |~v | = m 0
de la vitesse
des neutrons est proportionnelle à la racine carrée de leur énergie, de sorte que :
m0 v 2
E= . (1.8)
2
Nous pouvons alors écrire et adimensionner l’équation du transport écrite sous la forme (1.5) en
utilisant le jeu de variables (x, ~v , t) où ~v ∈ V ⊂ S 2 est donc le vecteur vitesse du neutron et on
pose
m0 ~ E, t) avec E = 1 m0 |~v |2 , Ω
~ = ~v ,
u(x, ~v , t) = Ψ(x, Ω,
|~ | |~v |
v 2
σ (x, ~v ) = |~v |Σt (x, E),
t
(1.9)
′ |~v ′ | h ~ ′ −→ Ω,
i
~ E ′ −→ E) + κ(E)χ(x, E ′ )Σf (x, E ′ ) ,
f (x, ~
v , ~
v ) = m 0 Σs (x, Ω
|~v |
m
q(x, ~v , t) = 0 S(x, Ω,
~ E, t).
|~v |
On définit X = D × V. Compte tenu de (1.5) et du fait que d~v = |~v |dν(Ω), ~ la fonction inconnue
u(x, ~v , t) doit vérifier l’équation d’évolution du transport
∂u
~
∂t (x, ~v , t) + ~v · ∇u(x, ~v , t) + σt (x, ~v )u(x, ~v , t)
Z
− f (x, ~v ′ , ~v )u(x, ~v ′ , t) d~v ′ = q(x, ~v , t) (1.10)
V
avec (x, ~v ) ∈ X et t > 0.
On définit aussi la notion de libre parcours moyen d’une particule (noté lpm) comme la distance
moyenne que peut parcourir la particule entre deux chocs ou la distance moyenne de collision.
10
1.1. Le problème d’évolution du transport des neutrons
11
Chapitre 1. L’équation du transport
La quantité ω est un albédo qui mesure le degré de réflexion de sorte que 0 ≤ ω ≤ 1. Le milieu
R3 \ D est donc supposé ici semi-réfléchissant.
Il existe d’autres types de conditions aux limites (condition de translation, de rotation, etc...)
mais nous utiliserons principalement les quatre types de conditions présentés ci-dessus dans la
suite de cette thèse. Pour les autres types de conditions aux limites, le lecteur peut consulter
[Link], [Link] [18] ou [Link], [Link] [45] par exemple.
Remarque 1.1.1
Remarquons qu’en en utilisant la formule de Green, on obtient :
Z Z Z
~
~v · ∇u dxdν(~v ) = |~v · ~n|u dsdν(~v ) − |~v · ~n|u dsdν(~v ). (1.23)
X Γ+ Γ−
On voit donc apparaître le terme de flux entrant sur Γ− et le terme de fuite sur Γ+ .
où u0 est une fonction donnée, σt est une fonction positive donnée de x et ~v et où l’opérateur
intégral K est donné par :
Z
(Ku)(x, ~v , t) = f (x, ~v , ~v ′ )u(x, ~v ′ , t) dν(~v ′ ). (1.25)
V
Dans ce qui précède, la fonction f est donnée, positive et mesurable sur S 2 . Pour résoudre le
problème (1.24), il convient d’introduire un cadre fonctionnel adapté. On cherche la solution
~ t) comme une fonction du temps à valeurs dans l’espace Lp (X), (p ∈ [1, +∞[ des
u = u(x, Ω,
~ telles que :
fonctions f mesurables pour la mesure produit dx dν(Ω)
µZ ¶1
p
p
||f ||Lp (X) = |f (x, ~v )| dxdν(~v ) < +∞. (1.26)
X
12
1.1. Le problème d’évolution du transport des neutrons
Théorème 1.1.1
On suppose que les données du problème (1.24) vérifient :
– σt ∈ L∞ (X), σt ≥ 0 et f ∈ L∞ (X),
– K est l’opérateur défini par (1.25) où la donnée f est une fonction positive dν mesurable
en ~v , ~v ′ . On suppose d’autre part qu’il existe des constantes Ma et Mb positives telles que
Z
i)
f (x, ~v ′ , ~v ) dν(~v ) ≤ Ma , ∀(x, ~v ′ ) ∈ X,
ZV (1.30)
ii)
f (x, ~v ′ , ~v ) dν(~v ′ ) ≤ Mb , ∀(x, ~v ) ∈ X.
V
u ∈ C 0 ([0, τ ]; Lp (X))
~ 0 ∈ Lp (X) et u0 |Γ− = 0,
~v · ∇u
et q telle que
q ∈ C 1 ([0, τ ]; Lp (X)),
Si q ≥ 0, alors u0 ≥ 0 entraîne u ≥ 0.
Démonstration - Le théorème et sa démonstration sont présentés sous une forme plus générale
notamment dans [42] au chapitre XXI, paragraphe 2. Nous donnerons ici les 3 grandes étapes de
la démonstration, qui s’appuie sur la théorie des semi-groupes.
13
Chapitre 1. L’équation du transport
Étape 1 : On s’intéresse tout d’abord au problème non collisionnel, on définit l’opérateur d’ad-
vection A tel que :
D(A) = {u ∈ W p }
½
~ (1.31)
Au(x, ~v ) = −~v · ∇u(x, ~v )
On montre alors que A est le générateur infinitésimal d’un semi-groupe de classe C 0 dans
Lp (RN × S N −1 ), pour 1 ≤ p < +∞, défini par :
avec ||G(t)u||Lp (RN ×V) = ||u||Lp (RN ×V) , ∀u ∈ Lp (RN × V) et t ∈ [0, τ ], ce qui nous assure
l’existence et l’unicité d’une solution au problème du transport sans terme source sur
l’espace entier D = RN avec σt = 0 et f = 0. De plus, ce groupe opère sur le cône des
fonctions positives de Lp (RN × V).
Étape 2 : Il convient ensuite d’étendre ce résultat à un domaine X = D × V où D est un ouvert
de RN . On étudie alors le problème de transport homogène en montrant que l’opérateur A
tel que
D(A) = {u ∈ W p ; u = 0 sur Γ− }
½
~ (1.32)
Au(x, ~v ) = −~v · ∇u(x, ~v )
est le générateur d’un semi-groupe {G(t)}t≥0 de contraction, de classe C 0 , qui opère dans
le cône des fonctions positives de Lp (X) pour 1 ≤ p < +∞. On s’appuie alors sur le fait que
les fonctions u de W p possèdent une trace uΓ− dans Lploc (Γ− ). On définit ce semi-groupe
par la famille d’opérateurs G(t), t > 0 donnés par :
où K est l’opérateur de scattering défini en (1.25). L’opérateur T est lui aussi générateur
d’un semi-groupe qui opère sur le cône des fonctions positives Lp (X).
Notons que pour toutes les étapes présentées dans cette preuve, nous pourrions donner l’ex-
pression de chaque solution sous forme intégrale, nous reviendrons sur ce point au cours de ce
chapitre. ¥
14
1.2. Le problème à source stationnaire
L’opérateur T est appelé opérateur de transport, il est défini pour tout (x, ~v ) dans X par :
où A est l’opérateur d’advection défini par (1.31) et K est l’opérateur de collision défini par
(1.25).
Nous donnerons ici les théorèmes d’existence et d’unicité énoncés dans [42].
Théorème 1.2.1
On suppose que les données du problème (1.24) vérifient :
– σt ∈ L∞ (D × V ),
– f (x, ~v ′ , ~v ) est une fonction réelle positive, mesurable en ~v et ~v ′ et il existe des constantes
Ma et Mb positives telles que
Z
i)
f (x, ~v ′ , ~v ) dν(~v ) ≤ Ma , ∀(x, ~v ′ ) ∈ X
ZV (1.38)
ii)
f (x, ~v ′ , ~v ) dν(~v ′ ) ≤ Mb , ∀(x, ~v ) ∈ X.
V
D(A) = u ∈ W p ; u = 0 sur Γ− .
© ª
15
Chapitre 1. L’équation du transport
Démonstration - Le théorème et sa démonstration sont présentés sous une forme plus générale
notamment dans [42] au chapitre XXI, paragraphe 4. ¥
Les conditions (1.39) sont communément appelées conditions de sous-criticité. On peut définir
la section efficace d’absorption par
Z
σa (x, ~v ) = σt (x, ~v ) − f (x, ~v , ~v ′ ) dν(~v ′ ). (1.40)
V
La quantité σa (x, ~v ) mesure le taux de particules qui ont interagi dans le milieu mais qui n’ont
pas été réémises. Ces particules ont donc été absorbés. Autrement dit, l’hypothèse (1.39) impose
ainsi que l’absorption du problème (1.37) est strictement positive. On notera aussi
Z
σs (x, ~v ) = f (x, ~v , ~v ′ ) dν(~v ′ ). (1.41)
V
Notons que lorsque la section efficace de scattering ne dépend pas de la direction de la vitesse
(par exemple dans le cas d’un milieu isotrope), on écrit :
où c(x) représente le nombre moyen de particules secondaires émises lors d’un choc ayant lieu en
x (on l’appelle le “scattering ratio”). La condition (1.39) correspond alors à
c(x) < 1.
Le problème (1.37) peut aussi être traité dans L∞ (X), on peut montrer le théorème :
Proposition 1.2.1
On se place dans le cadre des hypothèses du théorème 1.2.1 et on suppose que les données du
problème (1.24) vérifient :
– σt ≥ σ0 > 0,
– f (x, ~v ′ , ~v ) et σt vérifient pour tout (x, ~v ) ∈ X
Z
f (x, ~v ′ , ~v )d~v ′ ≤ βσt (x, ~v ), 0 ≤ β < 1,
V
– q ∈ L∞ (X).
Alors, le problème (1.24) admet une unique solution dans L∞ (X).
1.2.3 Résolution dans le cas des conditions aux limites non homogènes
Proposition 1.2.2
On se place dans le cadre des hypothèses de la proposition (1.2.1) et on considère le problème :
16
1.2. Le problème à source stationnaire
~v
x
D
t(x, ~v )
17
Chapitre 1. L’équation du transport
Remarque 1.2.1
Dans le cadre L2 , on peut écrire l’estimation suivante
¡ ¢
||u||W 2 (X) ≤ C ||q||L2 (X) + ||ub ||L2 (Γ− ) ,
où C est une constante positive. Nous reviendrons sur ce point au chapitre suivant.
Nous revenons à la formulation de l’équation du transport posée dans l’espace des phases
XE . D’autre part, par abus de notation, tout au long de ce paragraphe, l’espace Γ− désignera
l’espace n o
~ E) ∈ ∂D × S 2 × F, Ω
Γ− = (x, Ω, ~ · ~n(x) < 0 . (1.47)
On considère le problème stationnaire avec conditions aux limites absorbantes soit :
~ ~ ~ E) + Σt (x, E)Ψ(x, Ω, ~ E)
Ω · ∇Ψ(x, Ω,
Z β Z
= dE ′ ~ ′ −→ Ω,
Σs (x, Ω ~ E ′ −→ E)Ψ(x, Ω
~ ′ , E) dν(Ω)
~ ′ + q(x, Ω,
~ E) (1.48)
α S 2
~ E) = 0, sur Γ− .
Ψ(x, Ω,
Nous allons donc expliciter le passage de cette forme stationnaire continue de l’équation du
transport à la forme discrétisée en énergie. La variable d’énergie évolue dans un espace monodi-
mensionnel et n’intervient dans aucun opérateur de différenciation, c’est donc a priori la variable
la plus aisée à discrétiser. L’approximation multigroupe consiste donc à découper l’espace des
énergies F en G intervalles correspondant aux différents groupes d’énergie de sorte que
G
[
F = [Eg , Eg−1 ],
g=1
avec EG < · · · < Eg < Eg−1 < · · · < E0 . Les particules du groupe d’énergie g sont celles qui
ont pour énergie E telle que Eg < E < Eg−1 . On remarque donc que le numéro du groupe croît
lorsque l’énergie décroît. Nous noterons pour simplifier :
Z Z Eg−1
dE = dE.
g Eg
On suppose ensuite que le flux angulaire est approché sur chacun de ces intervalles d’énergie
par le produit d’une fonction qui ne dépend que de l’énergie ψg (E) > 0 et du flux angulaire de
~ :
groupe Ψg (x, Ω)
~ E) ≃ ψg (E)Ψg (x, Ω),
Ψ(x, Ω, ~ pour Eg < E < Eg−1 ,
où
ψ(E)
ψg (E) = R .
g ψ(E)dE
18
1.3. Approximation multigroupe
19
Chapitre 1. L’équation du transport
Dans ce paragraphe, nous allons présenter une façon de discrétiser cette équation selon la va-
~ ∈ S 2 . Nous présentons la méthode utilisée dans la réalisation du code mixte-hybride de
riable Ω
résolution de l’équation du transport. Par la suite, nous exposons la méthode dite de la source
itérée, un schéma itératif classiquement utilisé pour résoudre les équations intégro-différentielles
du transport neutronique.
20
1.4. Discrétisation angulaire et problème de la source itérée
Nous notons ωm , 1 ≤ m ≤ M , les M poids associés à cette quadrature Q. Ces poids sont choisis
de sorte que l’on réalise de la façon la plus satisfaisante l’approximation suivante :
Z
~ ~ ≃ ~
X
u(x, Ω)dν(Ω) ~ u(x, Ω).
ωΩ
S2 ~
Ω∈Q M
On obtient alors un système de M équations d’advection couplées qui ne varient plus que suivant
la variable d’espace x.
On peut montrer l’existence de solutions à cette équation. On peut trouver ces résultats
d’existence notamment dans les travaux de [Link] [9, 10]. Par ailleurs, [Link]
propose une estimation d’erreur qui permet d’obtenir une idée de la convergence de la suite
des problèmes approchés (1.56) vers le problème continu (1.55). Si on suppose que les sections
efficaces et la source sont isotropes et si on note
Z
φ(x) = ~
u(x, Ω)dν( ~
Ω),
S2
le flux scalaire et
~
X
φM (x) = ~ uM (x, Ω),
ωΩ
~
Ω∈Q M
C ¡
(1.57)
¢
||φ − φM ||L2 (D) ≤ √ ||φ||H 1 (D) + ||q||H 1 (D) .
M
21
Chapitre 1. L’équation du transport
~ =Ω
Lu(x, Ω) ~ · ∇u(x,
~ ~ + σt u(x, Ω)
Ω) ~ l’opérateur de transport libre,
Z
~ = σs
Ku(x, Ω) ~ ′ )dν(Ω
u(x, Ω ~ ′ ) l’opérateur de collision.
S2
Pour les autres notations, voir le paragraphe 1.2.3. La généralisation aux équations discrétisées
étant immédiate. Nous supposerons de plus que la section efficace de scattering est isotrope :
f = σs (x).
Le schéma itératif accéléré s’écrit alors :
– On choisit un flux angulaire initial u0 (par exemple 0.
– Pour i ≥ 1, on résout un problème de transport :
1
ui+ 2 = L−1 Kui + L−1 q.
22
1.5. Forme intégrale de l’équation du transport
Z
~ · ∇u(x,
Ω ~ ~ + σt (x)u(x, Ω)
Ω) ~ = σs (x) ~ ′ ) dν(Ω
u(x, Ω ~ ′ ) + q(x) dans X,
S 2 (1.59)
u = ub , ~ ∈ Γ− ,
pour (x, Ω)
On cherche alors à inverser l’opérateur d’advection A défini en (1.31), ainsi, nous écrivons le
problème (1.59) sous la forme :
~ = TΩ (σs φ + q)(x) + ub (xs , Ω)
u(x, Ω) ~ exp(−α(x, xs )). (1.60)
Pour obtenir une formulation intégrale de l’équation du transport portant sur le flux scalaire φ,
on utilise le changement de variable permettant de passer des coordonnées cartésiennes sur D
aux coordonnées surfaciques, on a :
~
dx′ = s2 dsdν(Ω),
~ · ~n(xs )|−1 dΩ.
dxs = s2 |Ω ~
On exprime alors les formes intégrales classiques de l’équation du transport des neutrons :
exp(−α(x, x′ )) ¡
Z
σs (x′ )φ(x′ ) + q(x′ ) dx′
¢
φ(x) = ′ 2
Z D |x − x |
+ ~ exp(−α(x, xs )) dν(Ω),
ub (xs , Ω) ~
S2
23
Chapitre 1. L’équation du transport
~
Ω
D x
xs
~
x − sΩ
~ dans D.
Fig. 1.2 – Distance x − sΩ
et
exp(−α(x, x′ )) ¡
Z
′ ′ ′
¢ ′
φ(x) = σ s (x )φ(x ) + q(x ) dx
D |x − x′ |2·
′
¸
exp(−α(x, x )) x − xs
Z
+ ~
−Jin (xs , ) · ~n(xs ) dxs ,
∂D |x − x′ |2 |x − xs |
J~in = Ωu
~ b (xs , Ω).
~
A partir de ces expressions, on peut alors calculer les solutions exactes de nombreux problèmes de
transport pour estimer par exemple les erreurs d’approximation des schémas numériques. Cette
forme de l’équation du transport est aussi utilisée dans la méthode des caractéristiques ou dans
des méthodes probabilistes.
On décompose alors le flux angulaire u en deux parties, une partie symétrique et l’autre antisy-
24
1.6. Formulation en flux pair
~ en −Ω,
et en changeant Ω ~ on obtient :
³ ´¡
~ ·∇~ + σt u+ − u− = σs (x)φ + q. (1.68)
¢
−Ω
En ajoutant et soustrayant ces deux équations, on a :
~ · ∇u
Ω ~ − + σt u+ = σs (x)φ + q, (1.69)
~ · ∇u
Ω ~ + + σt u− = 0. (1.70)
Si on suppose que σt est strictement positif sur D (en respectant l’hypothèse de sous-criticité par
exemple), on en déduit que :
1~ ~ +
u− = − Ω · ∇u , (1.71)
σt
et, en injectant cette expression dans l’équation (1.69), on obtient l’équation du second ordre sur
le flux pair :
−Ω~ ·∇~ 1Ω ~ · ∇u
~ + + σt u+ = σs (x)φ + q, (1.72)
σt
un problème que l’on peut écrire sous la forme :
P u+ = σs φ + q, (1.73)
avec
~ ·∇
~ 1~ ~ +
P u + = −Ω Ω · ∇u + σt u+ . (1.74)
σt
Les conditions aux limites du problème (1.65) u = 0 sur Γ− s’écrivent :
½ +
u + u− = 0 sur Γ− ,
(1.75)
u+ − u− = 0 sur Γ+ .
25
Chapitre 1. L’équation du transport
posé, en effet il est strictement équivalent au problème initial du transport (1.65), lorsque l’on
connaît le flux pair u+ , on peut recalculer le flux angulaire total en remarquant que u = u+ + u−
et en utilisant la relation (1.71). On peut aussi montrer ce résultat en considérant une approche
variationnelle : nous présenterons sommairement cette approche au cours du chapitre 3. Notons
aussi que la structure de l’équation du flux-pair est similaire à celle de l’équation du second-ordre
auto-adjointe du transport que nous présentons en détail au chapitre 2.
Nous explicitons cette méthode dans le cas d’un problème 1D (l’espace physique sera toujours
noté D ⊂ R). On considère l’équation du transport sur l’intervalle D = [a, b] pour un groupe
d’énergie, dans un cas isotrope :
∂u
µ (x, µ) + σt (x)u(x, µ) = σs (x)φ(x) + q(x, µ) pour (x, µ) ∈ D × [−1, 1],
∂x (1.77)
u(a, µ) = u(a, −µ) pour µ > 0,
u(b, µ) = h(µ) pour µ < 0.
Nous utiliserons fréquemment cette technique qui fait référence sur maillages cartésiens. On a
l’habitude de parler de méthode DSN lorsque la discrétisation diamant en espace est associée
à une discrétisation angulaire de type SN (nous reviendrons sur une discrétisation angulaire du
type SN au chapitre 5). On s’intéresse donc à la résolution en espace du problème suivant :
On découpe donc le domaine D ⊂ R en I segments définis pour i ∈ {1, · · · I} par [xi− 1 , xi+ 1 ]
2 2
et on notera xi le milieu de ce segment. La relation diamant décrit le flux au milieu de chaque
segment comme :
1³ ´
ui,m = ui+ 1 ,m + ui− 1 ,m ,
2 2 2
où ui,m = u(xi , µm ) et ui± 1 ,m = u(xi± 1 , µm ). L’équation (1.77) s’écrit pour un segment i suivant
2 2
une direction m :
ui+ 1 ,m − ui− 1 ,m
2 2
µm + σt,i ui,m = σs,i φi + qi ,
hi
où hi = xi+ 1 − xi− 1 est la longueur de l’intervalle i. On obtient donc le système d’équations :
2 2
ui+ 1 ,m − ui− 1 ,m
2 2
µm + σt,i ui,m = σs,i φi + qi ,
h
i
1
ui,m = (ui+ 1 ,m + ui− 1 ,m ), (1.78)
2 2 2
pour µm > 0,
u 1
,m = u 1
,M −m+1
u 2 1 =2h(µ )
pour µm < 0,
I+ ,m m
2
où µm = −µM −m+1 (on suppose que la quadrature est symétrique). Suivant le signe de µm , on
détermine le sens de parcours de l’espace. On résout le système en exprimant soit le flux ui,m
26
1.7. Quelques méthodes classiques de résolution en espace
au milieu de la maille soit le flux ui± 1 ,m aux noeuds. Si on pose Qi = σs,i φi + qi et si on choisit
2
d’éliminer le flux ui,m , on peut écrire la résolution du système suivante :
– pour µm < 0, uI+ 1 ,m = h(µm ) par la condition aux limites à droite alors, pour i = I, · · · , 1
2
on calcule
σt,i hi −1
· ¸ · ¸
Qi,m hi
ui,m = 1 + ui+ 1 ,m + ,
2|µm | 2 2|µm |
ui− 1 ,m = 2ui,m − ui+ 1 ,m .
2 2
– pour µm > 0, u 1 ,m = u 1 ,M −m+1 par la condition aux limites à gauche alors, pour i =
2 2
1, · · · , I on calcule
σt,i hi −1
· ¸ · ¸
Qi,m hi
ui,m = 1 + ui− 1 ,m + ,
2|µm | 2 2|µm |
ui+ 1 ,m = 2ui,m − ui− 1 ,m .
2 2
On calcule ensuite le nouveau flux scalaire φi par intégration numérique du flux angulaire ui,m
et on procède par la méthode de la source itérée.
Remarque 1.7.1
Cette technique peut évidemment s’étendre à des dimensions spatiales supérieures sur des maillages
cartésiens (voir [45]). Récemment, [Link] a adapté et mis en oeuvre des techniques de raf-
finement dynamique de maillages pour le schéma DSN ; voir [11].
27
Chapitre 1. L’équation du transport
Une autre grande classe de méthode d’approximation angulaire pour la résolution de l’équa-
tion du transport est la méthode des harmoniques sphériques. Nous supposerons dans ce para-
graphe que le noyau de collision est de la forme
~ Ω
f (x, Ω, ~ ′ ) = f (x, Ω
~ ·Ω
~ ′ ).
Cette hypothèse caractérise une propriété d’isotropie du milieu. Ainsi, la probabilité pour qu’une
particule de direction Ω~ qui subit un choc en x reparte dans la direction Ω ~ ′ ne dépend que de
l’angle entre les deux directions Ω ~ et Ω~ . L’idée est alors de décomposer le flux angulaire, les
′
sources et les sections efficaces dans la base des harmoniques sphériques notées Ylm et Ylm∗ :
l
+∞ X µ ¶1
~ =
X 2l + 1 2 ~
u(x, Ω) ulm (x)Ylm (Ω),
4π
l=1 m=−l
+∞ X
l
~ ·Ω
~ ′) = ∗ ~ ~ ′ ),
X
f (x, Ω fl (x)Ylm (Ω)Ylm (Ω
l=1 m=−l
l
+∞ X µ ¶1
~ =
X 2l + 1 2
~
q(x, Ω) qlm (x)Ylm (Ω).
4π
l=1 m=−l
~ · ∇u
~ lm + σt ulm − fl ulm − qlm )Ylm (Ω)
~ = 0.
X
(Ω
l,m
Remarque 1.7.2
Dans le cas où N = 1, on trouve la représentation P1 du flux angulaire (voir chapitre 6) :
~ = φ(x) + 3Ω
u(x, Ω) ~ · G(x)
~
~
où G(x) est une fonction vectorielle ne dépendant que de la variable x. Le système d’équations
P1 associé est une formulation mixte d’un problème elliptique de diffusion. L’idée de la méthode
de projection sur les harmoniques sphériques consiste donc à approcher un problème de transport
de l’espace des phases par des équations elliptiques (dans le cas de la résolution d’un problème
stationnaire) de l’espace physique uniquement (donc beaucoup plus aisées à résoudre numérique-
ment).
Remarque 1.7.3
Signalons les travaux de [Link] [72] sur l’équation du transport simplifiée basée sur une approxi-
mation PN du flux angulaire et ceux de [Link] et [Link] Criekingen [58] sur l’application
des éléments finis mixtes-hybrides aux équations PN .
28
1.7. Quelques méthodes classiques de résolution en espace
où
1
1
Z
φl (x) = Pl (µ′ )u(x, µ′ ) dµ′ ,
2 −1
et
1 dl 2
Pl (µ) = (µ − 1)l .
2l l! dµl
L’approximation PN consiste à considérer que pour tout l ≥ N + 1 on a :
φl = 0.
Les termes φl sont appelés les moments du flux angulaire. Si on remplace ces développements
dans l’équation de transport, on obtient le système à N + 1 inconnues suivant :
N N
d X X
µ (2l + 1)Pl (µ)φl (x) + σt (x) (2l + 1)Pl (µ)φl (x) =
dx
l=0 l=0 (1.79)
N
σs (x) 1 X
Z
(2l + 1)Pl (µ′ )φl (x) dµ′ + q(x, µ).
2 −1 l=0
On exprime ensuite le terme µPl (µ) en utilisant la relation de récurrence des polynômes de
Legendre
1
µPl (µ) = [lPl−1 (µ) + (l + 1)Pl−1 (µ)] .
2l + 1
Les polynômes de Legendre forment une base orthonormale telle que :
1 1
Z
Pl (µ′ )Pl′ (µ′ ) = δll′ ,
2 −1
où δll′ représente le symbole de Kronecker. Dans le cas d’une diffusion isotrope, on a
N 1
1X
Z
Pl (µ′ )P0 (µ′ )φl (x) = δl0 φl (x).
2 −1
l=0
Le terme intégral se réduit alors au terme σs φ0 (x). On multiplie alors l’équation (1.79) par chacun
des polynômes et on intègre en µ pour obtenir un système d’équations :
d d
(l + 1) φl+1 + l φl−1 + (2l + 1)σt φl = σs φ0 δl0 + ql pour l = 0, · · · , N,
dx dx
où ql est le moment d’ordre l de la source.
Remarque 1.7.4
La méthode PN est équivalente au schéma DSN si les points de discrétisation angulaire corres-
pondent aux points de Gauss (voir [18]).
29
Chapitre 1. L’équation du transport
Bilan du chapitre 1
Nous avons donc mis en évidence toutes les notions et tous les outils qui vont être utilisés
dans la suite de ce manuscrit. Nous pouvons à présent introduire les formulations mixtes de
l’équation du transport et en étudier quelques propriétés fondamentales. C’est ce que nous allons
voir dans le chapitre qui suit.
30
Chapitre 2
Sommaire
2.1 Cadre fonctionnel général du transport . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2 Formulation du second ordre auto-adjointe du transport . . . . . . . 39
2.3 Formulation mixte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.4 Equivalence entre la formulation mixte et le problème modèle . . . 43
2.5 Cadre fonctionnel pour la formulation mixte . . . . . . . . . . . . . . 44
2.6 Existence et unicité du problème mixte du transport . . . . . . . . . 45
2.7 Cas du vide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.7.1 Formulation du second ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.7.2 Formulation mixte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.7.3 Interfaces vide-matière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
Dans ce chapitre, nous commençons par introduire le cadre fonctionnel nécessaire pour l’étude
des formes variationnelles du transport avant de présenter la forme dite du second ordre auto-
adjointe de l’équation du transport ou Self-Adjoint Angular Flux (SAAF) equation, équivalente
à la forme du premier ordre de l’équation du transport, introduite par [Link] et [Link]
[64, 65] et étudiée plus en détail par [Link] et [Link] dans [62]. Nous exhibons ensuite
une formulation mixte dérivée de cette forme du second ordre, cette formulation a aussi été
évoquée par C.J. Gesh dans [47] sous une forme quelque peu différente. Nous montrons l’existence
et l’unicité de solutions au problème mixte en introduisant un nouveau cadre fonctionnel adapté
à l’étude de cette formulation. Tout au long de ce chapitre, nous nous intéressons à la forme
stationnaire suivante de l’équation du transport :
(
~ · ∇u(x,
Ω ~ ~ + σt u(x, Ω)
Ω) ~ = (Ku)(x) + q(x, Ω)
~ pour (x, Ω)
~ ∈ X,
~ ~ ~ ∈ Γ− . (2.1)
u(x, Ω) = ub (x, Ω) pour (x, Ω)
~ et ub (x, Ω)
où q(x, Ω) ~ sont des fonctions données indépendantes du temps. Dans ce chapitre, on
considère le cas où d = 3. On considérera dans tout ce chapitre un domaine D convexe et borné
de R3 (notamment pour donner un sens aux traces de la solution u sur Γ− et Γ+ , voir [34, 35]).
31
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
~ · ~n|dsdν),
L2− = L2 (Γ− , |Ω (2.3)
~ · ~n|dsdν),
L2+ = L2 (Γ+ , |Ω (2.4)
les espaces des fonctions de l’espace des phases de carré intégrable respectivement sur X, Γ− et
Γ+ .
Remarque 2.1.1
On se place par la suite dans le cadre d’un domaine D ouvert borné.
et n o
W = u ∈ W 2 ; u|Γ− ∈ L2− . (2.7)
[Link] [34, 35] montre que l’espace W peut aussi être défini par
n o
W = u ∈ W 2 ; u|Γ+ ∈ L2+ . (2.8)
~ · ∇u||
||u||2W = ||u||2L2 + ||Ω ~ 2 2 + ||u||2 2 . (2.10)
L L +
L’espace W associé au produit scalaire correspondant (·, ·)W est un espace de Hilbert (voir
par exemple [42]). L’espace W0 est un sous espace fermé de W , W0 est donc un espace de Hilbert
pour le produit scalaire induit par W .
Remarque 2.1.2
Pour tout (u, v) ∈ W × W on a la formule de Green suivante
Z Z Z
~ · ∇u)vdxdν(
(Ω ~ ~ +
Ω) ~ · ∇v)udxdν(
(Ω ~ ~ =
Ω) ~ · ~n)uvdsdν(Ω).
(Ω ~ (2.11)
X X Γ
32
2.1. Cadre fonctionnel général du transport
L’opérateur R est un opérateur auto-adjoint et sous les hypothèses (1.39) d’un milieu sous-
critique, il est inversible. Nous résumons ces propriétés dans la proposition suivante.
Proposition 2.1.1
On suppose que
~ ∈ L∞ (X), 0 < σ0 ≤ σt (x, Ω)
– σt (x, Ω) ~ ≤ σ∞ ,
Z
~ −
– σt (x, Ω) ~ ′ , Ω)dν(
σs (x, Ω ~ ~ ′ ) ≥ α > 0,
Ω
ZS 2
~ −
– σt (x, Ω) ~ Ω
σs (x, Ω, ~ ′ )dν(Ω
~ ′ ) ≥ α > 0.
S2
Alors, l’opérateur R agissant de L2 dans L2 est auto-adjoint, continu et inversible. Son inverse,
R−1 est aussi continu. De plus, il existe α > 0 (voir hypothèse (1.39)) tel que :
Z
(Ru)u ≥ α||u||2L2 . (2.13)
X
Nous allons à présent énoncer le théorème d’existence et d’unicité de solution pour (2.1) dans
le cadre L2 , nous donnons une estimation sur la solution en norme L2 et nous proposons une
démonstration de cette estimation.
Théorème 2.1.1
On suppose que les données du problème (2.1) vérifient
~ ∈ L2 ,
– q(x, Ω)
~ ∈ L2− ,
– ub (x, Ω)
~ ∈ L∞ (X), 0 < σ0 ≤ σt (x, Ω)
– σt (x, Ω) ~ ≤ σ∞ ,
Z
~ −
– σt (x, Ω) ~ ′ , Ω)dν(
σs (x, Ω ~ ~ ′ ) ≥ α > 0,
Ω
2
ZS
~
– σt (x, Ω) − ~ Ω
σs (x, Ω, ~ ′ )dν(Ω
~ ′ ) ≥ α > 0.
S2
Alors le problème du transport (2.1) possède une unique solution dans W et il existe une constante
strictement positive C telle que :
³ ´
||u||L2 ≤ C ||q||L2 + ||ub ||L2− . (2.14)
33
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
Multiplions l’équation (2.17) par u0 et intégrons sur l’espace des phases, on obtient donc
Z Z
2 ~
σt u0 dxdν(Ω) + ~ · ∇u
(Ω ~ 0 )u0 dxdν(Ω) ~
Z X Z X
µZ ¶ (2.19)
= ~ +
qu0 dxdν(Ω) σs u0 ~ ′ )dν(Ω
u0 (x, Ω ~ ′ ) dxdν(Ω).
~
X X S2
Nous allons chercher à montrer l’estimation suivante : il existe C constante positive telle que :
34
2.1. Cadre fonctionnel général du transport
Multiplions l’équation (2.21) par v et intégrons sur l’espace des phases, on trouve
Z Z
~ +
σt v 2 dxdν(Ω) ~ · ∇v)vdxdν(
(Ω ~ ~
Ω)
X X
Z µZ ¶
= σs v ~ ′ ~ ′ ~
v(x, Ω )dν(Ω ) dxdν(Ω).
X S2
En utilisant le caractère auto-adjoint de l’opérateur R défini dans la proposition 2.1.1 et la
constante α de l’énoncé du théorème, on obtient
Z Z
2 ~
σt v dxdν(Ω) + ~ · ∇v)vdxdν(
(Ω ~ ~
Ω)
X X
Z µZ ¶
− σs v ~ ′ ~ ′ ~
v(x, Ω )dν(Ω ) dxdν(Ω)
X S2
Z
≥ α||v||2L2 + ~ · ∇v)vdxdν(
(Ω ~ ~
Ω).
X
D’où
1 1
α||v||2L2 + ||v||2L2 − ||ub ||2L2 ≤ 0.
2 + 2 −
Nous allons à présent énoncer le théorème d’existence et d’unicité de solution pour (2.1) dans
le cadre W , nous donnons aussi une estimation de la norme W de la solution. Cette estimation
est un résultat très utilisé notamment pour l’étude des formes variationnelles de l’équation du
transport. Nous proposons une preuve de cette estimation.
Théorème 2.1.2
Sous les hypothèses du théorème 2.1.1, le problème du transport (2.1) possède une unique solution
dans W et il existe une constante strictement positive C telle que :
³ ´
||u||W ≤ C ||q||L2 + ||ub ||L2− . (2.24)
35
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
Commençons par majorer les termes du membre de droite de l’égalité (2.30). En utilisant l’in-
égalité de Cauchy-Schwartz (D étant borné), on trouve
Z
~ ≤ ||q||L2 ||u0 ||L2 ,
qu0 dxdν(Ω)
X
et
1 ~ ~ 1
Z
q (Ω · ∇u0 )dxd ≤ ~ · ∇u
||q||L2 ||Ω ~ 0 ||L2 .
X σ t σ 0
σs
De plus, par l’hypothèse de sous-criticité, on a < 1 et :
σt
¯Z µZ ¶ ¯
¯ σs ~ ′ ~ ′ ~ ~ ~ ~
¯
¯ u0 (x, Ω )dν(Ω ) (Ω · ∇u0 (x, Ω))dxdν(Ω)¯¯
X σt S2
¯
Z µZ ¶ µZ ¶
≤ ~ ′
|u0 (x, Ω )|dν(Ω ) ~ ′ ~ ′ ~ ~ ′ ~
|Ω · ∇u0 (x, Ω )|dν(Ω ) dx′
D S2 S2
36
2.1. Cadre fonctionnel général du transport
Z µZ ¶ 1 µZ ¶1
2 2
≤ ~ ′ )dν(Ω
u20 (x, Ω ~ ′) ~′ ~ 0 (x, Ω )) dν(Ω )
(Ω · ∇u ~′ 2 ~′
dx
D S2 S2
~ · ∇u
≤ ||u0 ||L2 ||Ω ~ 0 ||L2
1 ~ · ∇u
~ 0 ||L2 .
||q||L2 ||Ω
≤
α
On obtient donc l’inégalité suivante pour les termes de droite de (2.30)
µZ ¶
1~ ~ σs ~ ~
Z Z
q(u0 + Ω · ∇u0 )dxdν(Ω) + ~ (Ω · ∇u0 ) ~ ′ ~ ′ ~
u0 (x, Ω )dν(Ω ) dxdν(Ω)
X σt X σt S2
1 ~ ~
Z
≥ α||u0 ||2L2 + ||Ω · ∇u0 ||2L2 + ~ · ∇u
2u0 (Ω ~ 0 )dxdν(Ω).
~
σ∞ X
On utilise alors la formule de Green (2.11) dans le but de faire intervenir les termes de bord, soit
Z Z
~ ~ ~
2u0 (Ω · ∇u0 )dxdν(Ω) = ~ · ~n)u20 dsdν(Ω).
(Ω ~
X Γ+
Nous allons chercher à montrer l’estimation suivante : il existe C constante positive telle que :
37
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
1~ ~
Multiplions l’équation (2.31) par Ω · ∇v et intégrons sur l’espace des phases, on a
σt
1 ~ ~ 2
Z Z
~ ~
v(Ω · ∇v)dxdν(Ω) + ~ ~
(Ω · ∇v) dxdν(Ω)
XZ µZ X σ¶ t
(2.33)
σs ~ ′ )dν(Ω~ ′ ) (Ω ~ · ∇v)dxdν(
~ ~
= v(x, Ω Ω).
X σ t S 2
. On utilise alors l’inégalité de Young pour tout λ > 0 dans le but de majorer le second membre,
on obtient Z µZ ¶
~ ′ ~ ′
v(x, Ω )dν(Ω ) (Ω~ · ∇v)dxdν(
~ ~
Ω)
X S2
1 ~ ~ 2 λ
||Ω · ∇v||L2 + ||v||2L2 .
≤
2λ 2
On utilise alors la formule de Green dans W pour faire apparaître les termes de bord, on trouve
l’inégalité suivante
1 ~ ~ 2 1 1 ~ ~ 2 λ
||Ω · ∇v||L2 + ||v||2L2 ≤ ||ub ||2L2 + ||Ω · ∇v||L2 + ||v||2L2 .
σ∞ 2 + − 2λ 2
Par ailleurs, on a vu dans la démonstration du théorème 2.1.1 que
1
||v||2L2 ≤ ||ub ||2L2 ,
2α −
où α est la constante positive donnée dans la proposition 2.1.1. On utilise alors cette estimation
σ∞
L2 et on choisit alors λ > , par exemple λ = σ∞ , pour obtenir
2
1 ~ ~ 2 1 1 ~ ~ 2 σ∞ 1
||v||2L2 + ||Ω · ∇v||L2 + ||v||2L2 ≤ ||ub ||2L2 + ||Ω · ∇v||L2 + ||ub ||2L2 + ||ub ||2L2 .
σ∞ 2 + − 2σ∞ 4α − 2α −
max 2, σ2α∞ 1
¡ ¢
,α
où γ0 = ³ ´ est une constante positive dépendant uniquement de α et σ∞ . En
min 1, σ1∞
combinant les estimations sur v et u0 , on obtient l’estimation souhaitée pour u solution du
problème à source stationnaire non homogène (2.25)
³ ´
||u||W ≤ C ||q||L2 + ||ub ||L2− . (2.34)
Corollaire 2.1.1
~ dans W0 du problème :
La solution u(x, Ω)
(
~ · ∇u(x,
Ω ~ ~ + σt (x)u(x, Ω)
Ω) ~ = Ku(x, Ω),
~ dans X,
u|Γ− = 0, sur Γ−
38
2.2. Formulation du second ordre auto-adjointe du transport
On rappelle aussi le résultat suivant (utile pour démontrer des propriétés de coercivité notam-
ment) établi par [Link] dans sa thèse [13] et qui consiste en une généralisation de l’inégalité de
Poincaré dans les espaces fonctionnels du transport présentés ci-avant
Proposition 2.2.1
Dans le cas où les sections efficaces sont isotropes (i.e. σs = σs (x) et σa = σa (x)) et sous les
hypothèses du théorème 2.1.2, l’opérateur R−1 agissant de L2 dans L2 est donné par
σs ~ ′ ) + 1 u(x, Ω).
Z
−1 ~
R u(x, Ω) = ~ ′ )dν(Ω
u(x, Ω ~ (2.36)
σa σt S 2 σt
Démonstration - On vérifie que
σs ~ ′ ) + 1 Ru(x, Ω)
Z
−1
R Ru(x, Ω) =~ ~ ′ )dν(Ω
Ru(x, Ω ~
σa σt S 2 σt
σs σt σs σs σs
Z Z Z
= ~ ′ ~ ′
u(x, Ω )dν(Ω ) − ~ ′ ~ ′ ~
u(x, Ω )dν(Ω ) + u(x, Ω) − ~ ′ )dν(Ω
u(x, Ω ~ ′)
σa σt S 2 σa σt S 2 σt S 2
~
= u(x, Ω).
¥
On remarque que cette équation possède la même structure que les équations du flux pair et du
flux impair qui est décrite dans le paragraphe 1.6. Il est nécessaire d’exhiber les conditions aux
39
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
limites induites par cette nouvelle formulation. Les conditions de flux entrant pour la formulation
SAAF sont identiques à celles qu’on utilise pour les formes standards de l’équation du transport.
Sur la portion de frontière Γ− correspondant aux directions entrantes dans le domaine D, on
impose donc la condition suivante :
~ = ub (x, Ω).
u(x, Ω) ~ (2.40)
Pour les formes du premier ordre de l’équation du transport, il n’est pas nécessaire d’avoir une
condition aux limites sur la portion de frontière Γ+ correspondant aux directions entrantes. En
revanche, la formulation SAAF requiert une condition aux limites supplémentaires sur Γ+ . Cette
condition est obtenue en imposant au flux angulaire sur Γ+ de satisfaire à l’équation du premier
ordre du transport, i.e. :
~ + R−1 Ω
u(x, Ω) ~ · ∇u
~ = R−1 q(x, Ω)
~ p.p. sur Γ+ . (2.41)
Notons que la prise en compte des conditions de réflexion spéculaire (voir chapitre 1) s’effectue
de la même manière que pour l’équation du premier ordre.
Remarque 2.2.1
Notons que l’un des inconvénients majeurs de cette formulation du second ordre réside dans la
régularité des sources et des sections efficaces. En effet, nous remarquons la présence d’un terme
source supplémentaire dans l’équation (2.39) :
~ ·∇
~ R−1 q .
£ ¤
q̃ = Ω
On doit donc imposer plus de régularité sur les sources et les sections efficaces que pour un
problème du premier ordre. Typiquement, dans un milieu hétérogène marqué par la succession
de milieux transparents et de milieux opaques (nous reviendrons au chapitre 6 sur la définition
de ces notions et l’étude de ces problèmes particuliers), les sources et/ou les sections efficaces
peuvent être discontinues, on s’attend donc à des difficultés numériques lors de la résolution de
tels problèmes.
~ ⊗Ω
PΩ = Ω ~ = (Ωi Ωj )1≤i,j≤d , (2.42)
on a donc pour tout ~g de Rd :
~ · ~g )Ω.
PΩ~g = (Ω ~
On introduit aussi
40
2.3. Formulation mixte
~ = −R−1 Ω
~g · Ω ~ · ∇u
~ + R−1 q. (2.46)
soit ³ ´
~ = ΩK
σt~g + PΩ ∇u ~ ~ + Ωq.
~g · Ω ~ (2.48)
La présence des deux quantités u et ~g suggère alors une formulation mixte qui consiste à
calculer simultanément le flux angulaire u et la densité de courant angulaire ~g . La formulation
~ et ~g (x, Ω),
mixte du problème du transport s’écrit alors : chercher u(x, Ω) ~ solutions du système :
~ · ~g + σt u = q + Ku dans X,
∇
(2.49)
~ + σt~g = Ωq
PΩ ∇u ~ + ΩK(
~ Ω ~ · ~g ) dans X,
(2.50)
~
~g = Ωu ~ ∈ Γ+ .
pour (x, Ω)
à !
~ ~
1
~ · ( PΩ ∇u)
~ + σt u = Ku + q − ∇
~ · ΩKu + Ωq
−∇ , dans X,
σt σt
(2.51)
u = ub , ~ ∈ Γ− ,
pour (x, Ω)
~ ~
Ω · ∇u + σt u = Ku + q, ~ ∈ Γ+
pour (x, Ω)
Remarquons que pour une direction fixée Ω, ~ cette équation est une équation elliptique dégé-
nérée (sur le sujet voir [Link] [24], [Link], [Link] [51], [Link] [66] et [Link],
[Link] [67]). Nous étudierons succintement un problème elliptique très simple en annexe.
41
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
Comme on l’a vu dans le paragraphe précédent, cette forme des équations du transport a
été introduite dans [62] sous le nom de Self-Adjoint Angular Flux Equation (SAAF), on notera
la présence (indispensable) d’une condition aux limites supplémentaire sur Γ+ pour que le pro-
blème soit bien posé, cette condition aux limites imposant au flux angulaire de satisfaire à la
forme standard du premier ordre de l’équation du transport sur Γ+ . Cette condition aux limites
particulière est d’ailleurs retrouvée dans la théorie des équations elliptiques dégénérées dans un
cadre plus général [51]. Dans le cadre de la formulation mixte, on impose donc sur Γ+
~ · ∇u)
u = R−1 (Ω ~ + R−1 q,
Remarque 2.3.1
On pourrait aussi introduire une formulation mixte en partant directement de l’équation (2.39)
et en posant
1 ~
~g = − PΩ ∇u, (2.52)
σt
et en considérant le système suivant :
à !
~
ΩKu + ~
Ωq
~ · ~g + σt u = Ku + q − ∇
~ · dans X,
∇
σt
~ + σt~g = 0
PΩ ∇u dans X,
(2.53)
~ ∈ Γ− ,
pour (x, Ω)
u = ub
~ − 1 Ωq
³ ´
~g = Ωu
~ + ΩKu
~ ~ ∈ Γ+ .
pour (x, Ω)
σt
La quantité ~g n’a ici plus de signification physique cependant la forme du système (2.53) est plus
proche des formulations mixtes standards dans le sens où la quantité duale ~g est directement reliée
au gradient de la quantité primale u. Néanmoins, cette formulation impose une régularité plus
forte sur la source q et sur le flux scalaire et la formulation (2.49) est sans doute plus naturelle
en s’obtenant directement à partir de la forme du premier ordre de l’équation du transport. Nous
conserverons la formulation (2.49) dans la suite de ce manuscrit.
Remarque 2.3.2
Dans ces travaux [47], [Link] utilise la formulation mixte suivante :
~ · ~g + σt u = Ku + q
∇ dans X,
~ + σt~g = ΩKu~ ~ dans X,
PΩ ∇u + Ωq
(2.54)
u = ub ~ ∈ Γ− ,
pour (x, Ω)
~ ~ ∈ Γ+ .
~g = Ωu pour (x, Ω)
42
2.4. Equivalence entre la formulation mixte et le problème modèle
Cette formulation (2.54) est obtenue directement à partir de l’équation du premier ordre (2.37)
en multipliant simplement cette équation par Ω ~ et en remplacant formellement Ωu~ par ~g . L’in-
versibilité de l’opérateur R n’est donc pas utilisée. Nous verrons (chapitre 6) que cela engendre
quelques désagréments numériques.
Proposition 2.4.1
La formulation mixte du transport (2.49) associée aux conditions aux limites (2.50) est équivalente
au problème standard du transport (2.1).
soit :
³ ´
~
Ω ~
∇ · w
~ − σt w ~ Ω
~ + ΩK( ~ · w)
~ = 0, dans X,
~ − = ~g − ub Ω,
w ~ (2.56)
|Γ
~ |Γ+ = ~0.
w
1 ³~ ´
~ − ΩK(
~ Ω ~ · w), ~ donc ~g l’est
On a donc w ~ = ∇·w ~ Ω ~ le vecteur w
~ est donc colinéaire à Ω
σt
aussi.
Il existe donc une fonction φ telle que
~
~g = φΩ.
~ · ∇(φ
~ − u) − (σt − K) (φ − u) = 0, dans X,
½
Ω
(2.57)
φ|Γ+ = u|Γ+ ,
soit, en notant β = u − φ :
~ · ∇β
~ + (σt − K)β = 0, dans X,
½
(−Ω)
(2.58)
β|Γ+ = 0,
~ La réciproque est immédiate.
et d’après le corollaire (2.1.1), β = 0 d’où u = φ, donc ~g = Ωu.
¥
43
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
avec la norme
~ ~g k2 2 .
k~g k2H(div;D) = k~g k2(L2 (D))3 + k∇. (2.60)
L (D)
Proposition 2.5.1
L’espace Y muni du produit scalaire défini par (2.63) est un espace de Hilbert.
Démonstration - Le produit scalaire que l’on a défini sur Y est une forme bilinéaire symétrique
et positive par conséquence de la définition du produit scalaire usuel de L2 , Y est donc un espace
pré-hilbertien. Montrons que (Y, ||.||Y ) est complet ; soit ~gn une suite de Cauchy de (Y, ||.||Y ) :
alors
||~gp − ~gq ||(L2 )3 < ε,
||∇~ · (PΩ~gp ) − ∇ ~ · (PΩ~gq )||L2 < ε,
||~gp − ~gq || 2 3 < ε,
(L+ )
44
2.6. Existence et unicité du problème mixte du transport
¡ ¢3
~gn −→ ~g dans L2 ,
~ · (PΩ~gn ) −→ v dans L2 ,
∇
et
¡ ¢3
g~n |Γ+ −→ g~+ |Γ+ dans L2+ .
¯ ¯ ¯ ¯
~ ~ ~ ~
¯< v − ∇ · (PΩ~g ), ϕ >¯ = ¯< v − ∇ · (PΩ~gn ), ϕ > + < ∇ · (PΩ~gn ) − ∇ · (PΩ~g ), ϕ >¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯ ¯
≤ ¯< v − ∇
¯ ~ >¯¯ .
~ · (PΩ~gn ), ϕ >¯¯ + ¯¯< ~gn − ~g , PΩ ∇ϕ
¯ ¯ ¯ ¯
= ¯< ~g − ~gn , ~h >¯ + ¯< ~gn − ~g , PΩ~h >¯ .
¯ ¯ ¯ ¯
~ n où φn ∈ W , on a donc
On a donc aussi PΩ~g = ~g . Par ailleurs, la suite ~gn ∈ Y donc ~gn = Ωφ
φn −→ φ dans W car W est un Hilbert. En particulier, φn |Γ+ −→ φ+ et φ+ = φ|Γ+ . On a donc
g~+ + = ~g + et ~g ∈ Y .
|Γ |Γ ¥
Remarque 2.5.1
L’espace de Hilbert Y est un sous espace fermé de H(div; X) pour la norme de H(div; X).
Remarque 2.5.2
Notons que pour tout u ∈ W et ~g ∈ Y , on a la formule de Green :
Z Z Z ³ ´³ ´
~ · ~g dx dν(Ω)
PΩ ∇u ~ + ~ · [PΩ~g ] dx dν(Ω)
u∇ ~ = ~ · ~n
Ω ~ ~
Ω · ~g u ds dν(Ω). (2.65)
X X Γ
45
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
Proposition 2.6.1
Sous les hypothèses du théorème 2.1.2 et de la proposition 1.2.3 (pour p = 2), le problème
~ · ~g + σt u = Ku + q
∇ dans X,
³ ´
~ ~ ~ dans X,
P
Ω
∇u + σ t ~
g = Ω K(Ω · ~
g ) + q
(2.66)
~ ∈
u = ub pour (x, Ω) Γ− ,
~ ~ ∈ Γ+ .
pour (x, Ω)
~g = Ωu
= ||u||2W
¡ ¢2
≤ C ||q||L2 (X) + ||ub ||L2 (Γ− ) .
46
2.7. Cas du vide
Enfin, lorsque σa tend vers zéro, on obtient la forme désirée du second ordre de l’équation du
transport dans le vide, soit h ³ ´i
−∇~ · Ω
~ Ω ~ · ∇u
~ = 0. (2.69)
Il reste à spécifier les conditions aux limites. Les conditions aux limites de flux entrant restent
inchangées et on impose toujours :
u = ub sur Γ− . (2.70)
Pour les conditions sortantes, on procède comme dans le paragraphe 2.1 en imposant au flux
scalaire de satisfaire à l’équation du premier ordre sur Γ+ , on a donc :
~ · ∇u
Ω ~ = 0 sur Γ+ . (2.71)
Nous renvoyons le lecteur vers l’article de Morel et McGhee [62] pour des précisions au sujet de
cette forme (2.67) de l’équation du transport. On peut écrire la proposition suivante
Proposition 2.7.1
Le problème du transport dans le vide
(
Ω~ · ∇u(x,
~ ~ =0
Ω) ~ ∈ X,
pour (x, Ω)
~ ~ ~ (2.72)
u(x, Ω) = ub (x, Ω) pour (x, Ω) ∈ Γ− .
où xs est le point du bord défini au paragraphe I.1.6 par (1.63) et α(x, xs ) est le parcours optique
défini au paragraphe I.1.6 par (1.61). Or, dans notre cas, α(x, xs ) est évidemment nul. Donc, pour
tout x ∈ D, u(x, Ω)~ = ub (xs ). De même, on montre (essentiellement en résolvant une équation
de diffusion 1D dans la direction Ω)~ que l’unique solution du problème (2.73) vaut, pour tout
~
x ∈ D, u(x, Ω) = ub (xs ). Ce qui termine la preuve. ¥
47
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
∂D2
∂D1
∂D12
~
n21 D2
D1 ~
n12
48
2.7. Cas du vide
~ · g~1 = 0
∇ dans X1 ,
~ 1 + g~1 = ~0 dans X1 ,
PΩ ∇u
u1 = ub ~ ∈ Γ− ,
pour (x, Ω) (2.76)
1
u1 = u2 ~ ∈ Γ− ∩ Γ12 ,
pour (x, Ω) 1
~ ∈ Γ+ .
g~1 · ~n = 0 pour (x, Ω)
1
et
~ · g~2 + σt u2 = q
∇ dans X2 ,
~ 2 + σt g~2 = q Ω
~ dans X2 ,
PΩ ∇u
u2 = ub ~ ∈ Γ− ,
pour (x, Ω) (2.77)
2
u 2 = u1
~ ∈ Γ− ∩ Γ12 ,
pour (x, Ω) 2
~ 2 ~ ∈ Γ+ .
g~2 = Ωu pour (x, Ω)
2
Le traitement d’un problème à interfaces vide-matière peut donc être traiter en formulation mixte
par une méthode du type décomposition de domaine. Nous reviendrons sur l’établissement d’une
méthode générale de décomposition de domaine en annexe. Cela conduit donc à coupler deux
formulations mixtes et donc deux schémas.
Bilan du chapitre 2
Nous avons donc mis en évidence toutes les notions et tous les outils qui vont être utilisés
dans la suite de ce manuscrit. Nous sommes prêts à introduire les formulations variationnelles de
l’équation du transport et en étudier quelques propriétés fondamentales ; c’est ce que nous allons
voir dans le chapitre qui suit.
49
Chapitre 2. Formulation mixte de l’équation du transport
50
Chapitre 3
Sommaire
3.1 Formulations variationnelles classiques du transport . . . . . . . . . 51
3.1.1 Formulation variationnelle du flux pair . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.1.2 Une formulation variationnelle directe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.2 Formulation variationnelle mixte du transport . . . . . . . . . . . . . 53
3.3 Existence et unicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.4 Convergence des itérations sur le terme source . . . . . . . . . . . . 61
Dans ce chapitre, nous présentons les dernières évolutions théoriques concernant l’approxima-
tion variationnelle des équations du transport des neutrons. Nous montrons quelques problèmes
abstraits présentés et étudiés notamment par [Link] (voir [23]). Nous présentons ensuite
une nouvelle approximation variationnelle basée sur la formulation mixte du transport. Nous
prouvons l’existence et l’unicité de solution pour ce problème variationnel mixte. Nous montrons
un résultat de convergence du problème variationnel de la source itérée. On considère le cas où
la dimension d = 3 dans ce chapitre.
51
Chapitre 3. Formes variationnelles de l’équation du transport
On remarque que l’opérateur de dérivation dans l’équation (3.1-i) est un opérateur du second
ordre qui se rapproche de l’opérateur de diffusion classique. Pour étudier l’approche variationnelle
du problème du flux pair, on introduit l’espace fonctionnel :
n o
P = v ∈ W 2 , |Ω ~ · ~n| 21 v ∈ L2 (Γ), v(·, Ω)
~ = v(·, −Ω)
~ (3.2)
où l’espace W 2 est défini par (2.5). Cet espace P est un espace de Hilbert pour la norme définie
par :
~ · ∇v||
||v||2P = ||v||2L2 + ||Ω ~ 2 2 + || |Ω
~ · ~n|v||2 2 .
L L (Γ)
On écrit maintenant (3.1) sous forme variationnelle en multipliant l’équation (3.1-i) par une
fonction test v ∈ P et en intégrant par parties, on obtient :
1 ~ ~ + ~ ~ 1 ~
Z Z Z Z
(Ω · ∇u )(Ω · ∇v) − ~ · ∇u
(Ω · ~n)(Ω ~ + )v + σ t u+ v = (σs φ + q)v.
X σt Γ σt X X
Ku+ = σs φ
On peut donc appliquer le théorème de Lax-Milgram qui nous assure l’existence et l’unicité d’une
solution u+ ∈ P au problème abstrait (3.4).
52
3.2. Formulation variationnelle mixte du transport
1 ~ ~
Z Z Z
a(u, v) = ~ ~ ~
(Ω · ∇u) (Ω · ∇v) dx dν(Ω) + ~
σt u v dx dν(Ω)+ ~ n|u v ds dν(Ω),
|Ω·~ ~ (3.6)
X σ t X Γ +
1
Z
b(u, v) = (Ku)(Ω~ · ∇v
~ + σt v) dx dν(Ω) ~ (3.7)
X σ t
et pour tout v ∈ W :
1 ~ ~
Z Z
L(v) = ~
q(Ω · ∇v + σt v) dx dν(Ω) − ~ · ~n| dsdν(Ω).
u b v |Ω ~ (3.8)
X σt Γ−
On considère le problème abstrait suivant :
Trouver u ∈ W0 = {u ∈ W ; u|Γ− = 0} tel que :
a(u, v) = L(v) ∀v ∈ W0 . (3.9)
Théorème 3.1.1
Sous les hypothèses du théorème (2.1.2), ce problème possède une unique solution et cette solution
est celle du problème de transport (3.5).
Démonstration - La preuve de ce théorème a été présentée par [Link] [23], nous n’en
~
donnerons ici que les grandes lignes. On suppose que le problème (3.5) admet une solution u(x, Ω)
1~ ~ ~ est une fonction test
dans W . On multiplie alors l’équation (3.5) par ( Ω · ∇v + v) où v(x, Ω)
σt
dans W . On intègre ensuite sur l’espace des phases X et, via des manipulations adéquates, on
retrouve (3.9). L’existence et l’unicité d’une solution au problème abstrait sont données par le
théorème de Lax-Milgram via l’hypothèse de sous-criticité.
¥
Nous présentons dans la suite de ce chapitre une formulation variationnelle (ou abstraite)
associée aux formulations mixtes du transport introduites dans le chapitre 2. Nous montrons
quelques résultats d’existence et d’unicité de solutions à ces problèmes abstraits en nous inspirant
de Brezzi-Fortin [25] et Thomas-Roberts [69]. Le point clé de cette étude consiste en l’introduction
d’espaces fonctionnels ad hoc pour l’étude du problème variationnel mixte. Nous ne sommes plus
dans la situation de la théorie classique utilisant l’espace H(div; D) mais il convient d’utiliser un
espace plus contraignant introduit précédemment (2.62) et qui pour une direction angulaire Ω ~
fixée s’écrirait :
n o
3 ~
Y (D) = ~g ∈ (L2 (D)) ; ∇P Ω~g ∈ (L2 (D)); PΩ~g = ~g ; ~g ∈ (L2 (∂D+ ))3 . (3.10)
~ + PΩ ∇u(x,
~ ~ = Ωq(x,
~ ~ pour (x, Ω)
~ ∈ X,
σt~g (x, Ω) Ω) Ω)
~ · ~g (x, Ω)
~ + σt u(x, Ω)
~ = q(x, Ω)
~ ~ ∈ X,
∇
pour (x, Ω)
(3.11)
~ = ub (x, Ω)
u(x, Ω) ~ ~ ∈ Γ− ,
pour (x, Ω)
~ = Ωu
~g (x, Ω) ~ ~ ∈ Γ+ .
pour (x, Ω)
53
Chapitre 3. Formes variationnelles de l’équation du transport
Comme ~g est colinéaire à Ω ~ (PΩ~g = ~g ), cette formulation mixte est évidemment équivalente
à la formulation mixte suivante :
~ + PΩ ∇u(x,
σt~g (x, Ω) ~ ~ = Ωq(x,
Ω) ~ ~
Ω) ~ ∈ X,
pour (x, Ω)
h i
∇
~ · PΩ~g (x, Ω)
~ + σt u(x, Ω) ~ = q(x, Ω)~ pour (x, Ω)~ ∈ X,
(3.12)
u(x, ~ = ub (x, Ω)
Ω) ~ pour (x, ~ ∈ Γ− ,
Ω)
~ = Ωu~ ~ ∈ Γ+ .
~g (x, Ω) pour (x, Ω)
Nous introduisons cette formulation (3.12) dans le but d’obtenir une écriture symétrique du
système mixte. Cette forme symétrique du système mixte facilitera notre étude théorique par la
suite. Nous allons à présent définir le problème variationnel mixte associé au système (3.12).
Pour tout (~g , ~h) ∈ Y × Y , on introduit :
Z Z
a(~g , ~h) = σt ~g · ~h dx dν(Ω)
~ + ~ · ~n) ~g · ~h ds dν(Ω).
(Ω ~ (3.13)
X Γ+
pour tout ~h ∈ Y :
Z Z
l1 (~h) = q(x, Ω) ~ · ~h) dx dν(Ω)
~ (Ω ~ + ~ · ~h) ds dν(Ω),
~ · ~n|ub (Ω
|Ω ~ (3.16)
X Γ−
et pour tout v ∈ L2 :
Z
l2 (v) = − ~ v dx dν(Ω).
q(x, Ω) ~ (3.17)
X
On introduit alors les opérateurs A, B et D liés aux formes bilinéaires a, b et d de la façon
suivante :
54
3.2. Formulation variationnelle mixte du transport
Remarque 3.2.1
Les formes bilinéaires a(., .) et d(., .) étant symétriques, ce problème correspond au problème de
point selle suivant :
1 1
inf sup a(~g , ~g ) + b(u, ~g ) − l1 (~g ) − d(u, u) + l2 (u). (3.22)
~g ∈Y u∈L2 2 2
Nous pouvons énoncer le résultat suivant qui assure l’équivalence entre le problème variationnel
mixte du transport et le problème initial du transport (2.1).
Théorème 3.2.1
Le problème (3.21) est équivalent au problème initial du transport (2.1) dans le sens où, si (u, ~g ) ∈
~ ; réciproquement, si u est
W × Y sont solutions de (3.21) alors u est solution de (2.1) et ~g = Ωu
~
solution dans W de (2.1) alors u et Ωu sont solutions de (3.21).
Démonstration - Soient (u, ~g ) ∈ W × Y solutions du problème (3.21). On a donc pour tout
~h ∈ Y :
Z Z Z h i
~ ~
σt ~g · h dx dν(Ω) + ~ ~ ~
(Ω · ~n) ~g · h ds dν(Ω) − u∇~ · PΩ~h dx dν(Ω)
~ =
X Z Γ+ Z X (3.23)
~ · ~h) dx dν(Ω)
q (Ω ~ + ~ · ~h) ds dν(Ω),
~ · ~n|ub (Ω
|Ω ~
X Γ−
Z Z Z
~ +
σt φψ dx dν(Ω) ~ · ~n) φψ ds dν(Ω)
(Ω ~ − uΩ~ · ∇ψ
~ dx dν(Ω)
~ =
X Z Γ+ Z X (3.25)
~ +
q ψ dx dν(Ω) ~ · ~n|ub ψ ds dν(Ω),
|Ω ~
X Γ−
et pour tout v ∈ L2
Z Z Z
~
σt u v dx dν(Ω) + vΩ ~
~ · ∇φdx ~ =
dν(Ω) ~
q v dx dν(Ω). (3.26)
X X X
On obtient donc en soustrayant (3.27) à (3.26) (avec v = ψ dans (3.26)), pour tout ψ ∈ W :
55
Chapitre 3. Formes variationnelles de l’équation du transport
Z Z
σt (u − φ) ψ dx dν(Ω) ~ − ~ · ~n) (φ − u) ψ ds dν(Ω)
(Ω ~
XZ Γ+ Z (3.28)
+ ~ · ~n|(u − ub ) ψ ds dν(Ω)
|Ω ~ + ψΩ ~ · ∇(φ
~ − u) dx dν(Ω)
~ = 0.
Γ− X
On a donc :
~ · ∇u
σt u + Ω ~ = q presque partout dans X. (3.32)
u est donc solution du problème de transport initial.
~ · ∇u
~ = q dans X,
½
σt u + Ω
(3.33)
u = ub sur Γ− .
On introduit ~g = Ωu~ pour obtenir la formulation mixte (3.11). On multiplie alors les deux
équations de (3.12) par des fonctions tests, respectivement ~h ∈ Y et v ∈ L2 pour obtenir :
σt~g · ~h + PΩ ∇u
~ · ~h = (Ω
~ · ~h)q dans X,
(
(3.34)
~ · [PΩ~g ] v + σt uv = qv
∇ dans X.
En intégrant ces équations sur X, on obtient :
Z Z Z
~ ~
σt ~g · h dx dν(Ω) + ~ ~ ~
PΩ ∇u · hdx dν(Ω) = ~ · ~h dx dν(Ω)
qΩ ~ (3.35)
X X X
et Z Z Z
~ +
σt u v dx dν(Ω) ~ · [PΩ~g ] dx dν(Ω)
v∇ ~ = ~
q v dx dν(Ω). (3.36)
X X X
~ sur Γ+ , on obtient :
puis en utilisant le fait que ~g = Ωu
56
3.3. Existence et unicité
Z Z
σt ~g · ~h dx dν(Ω)
~ dx dν(Ω)
~ + ~ · ~hdx dν(Ω)
PΩ ∇u ~ =
X Z Z X
σt ~g · ~h dx dν(Ω)
~ + (Ω~ · ~n) ~g · ~h ds dν(Ω)
~ (3.38)
ZX Z Γ+
h i
− u∇~ · PΩ~h − |Ω~ · ~n|ub (Ω~ · ~h) ds dν(Ω).
~
X Γ−
Théorème 3.3.1
Soient q ∈ W et ub ∈ L2− . On considère le problème variationnel suivant : trouver ~g ∈ Y et
u ∈ L2 tels que
a(~g , ~h) + b(u, ~h) = l1 (~h) pour tout ~h ∈ Y
(
(3.39)
b(v, ~g ) − d(u, v) = l2 (v) pour tout v ∈ L2 .
Si a(·, ·), b(·, ·) et d(·, ·) sont des formes bilinéaires continues sur Y × Y , sur Y × L2 et sur
L2 × L2 respectivement. Supposons de plus que d(·, ·) est semi définie positive (i.e. d(v, v) ≥ 0,
pour tout v ∈ L2 ) et que a(·, ·) est symétrique semi définie positive. On suppose aussi que l’on a :
– Il existe k0 > 0 tel que :
|b(v, ~g )|
sup ≥ k0 ||~g ||Y /KerB t , (3.40)
v∈L ||v||L2
2
où B est l’opérateur associé à b(·, ·) et ||~g ||Y /KerB t = inf ~g0 ∈KerB t ||~g + ~g0 ||Q ,
– a(·, ·) est coercive sur KerB t (voir remarque 3.3.2),
– d(·, ·) est inversible (voir remarque 3.3.3) sur KerB.
Alors le problème (3.39) possède une solution (u, ~g ), qui est unique sur L2 × Y /M , où
De plus, on a :
||u||L2 + ||~g ||Y /KerB t ≤ C(||q||W + ||ub ||L2− ), (3.42)
Remarque 3.3.1
La notation ·/· désigne l’espace quotient et pour deux espaces de Hilbert Y et M , on a pour tout
~g ∈ Y
||~g ||Y /M = inf ||~g + ~g0 ||Y .
~g0 ∈M
57
Chapitre 3. Formes variationnelles de l’équation du transport
Remarque 3.3.2
On dit que la forme bilinéaire symétrique semi définie positive a(·, ·) est coercive sur KerB t ⊂ Y
si et seulement si
a(~g0 , ~g0 ) ≥ γ0 ||~g0 ||2Y , ∀~g0 ∈ KerB t ,
où γ0 est une constante positive.
Remarque 3.3.3
On dit que la forme bilinéaire semi définie positive d(·, ·) est inversible sur KerB ⊂ L2 si et
seulement si
d(u0 , v0 )
inf sup ≥ α0 > 0,
u0 ∈KerB v0 ∈KerB ||u0 ||L2 ||v0 ||L2
et
d(u0 , v0 )
inf sup ≥ α0 > 0.
v0 ∈KerB u0 ∈KerB ||u0 ||L2 ||v0 ||L2
Nous allons donc énoncer dans ce qui suit plusieurs propositions visant à valider les hypothèses
du théorème 3.3.1 dans le cas de notre problème variationnel (3.21).
Proposition 3.3.1
Sous les hypothèses du théorème (2.1.2), on a les propriétés suivantes :
– La forme bilinéaire a (3.13) est continue sur Y ×Y . Elle est symétrique, positive et coercive
sur le noyau de l’opérateur B t .
– La forme bilinéaire b (3.14) est continue sur L2 × Y .
– La forme bilinéaire d (3.15) est continue sur L2 ×L2 . Elle est symétrique, positive et coercive
sur L2 .
– La forme linéaire l1 (3.16) est continue sur Y .
– La forme linéaire l2 (3.17) est continue sur L2 .
Démonstration -
– continuité de a : Pour tout (~g , ~h) ∈ Y × Y on a :
– continuité de b :
|b(u, ~g )| ≤ ||u||L2 ||~g ||Y . (3.45)
– continuité de d :
|d(u, v)| ≤ σ∞ ||u||L2 ||v||L2 . (3.46)
– continuité de l1 :
|l1 (~g )| ≤ (||q||L2 + ||ub ||L2− )||~g ||Y . (3.47)
– continuité de l2 :
|l2 (u)| ≤ ||q||L2 ||u||L2 . (3.48)
58
3.3. Existence et unicité
n o
– coercivité de a : On rappelle que Ker(B t ) = ~ · [PΩ~g ] = 0 . Pour tout ~g ∈
~g ∈ Y ; ∇
~ · PΩ~g ||L2 = 0 et on a :
Ker(B t ), ||∇
où αa = min(σ0 , 1).
– inversibilité de d : La forme bilinéaire d (3.15) est symétrique et KerB = 0. Pour tout
u ∈ L2 on a :
d(u, u) ≥ σ0 ||u||2L2 . (3.50)
La forme bilinéaire d est donc inversible sur KerB.
¥
Proposition 3.3.2
L’opérateur β défini par :
W −→ L2
(
~ · ∇u,
u −→ βu = Ω ~
~ = c(xs ) + TΩ f (x),
uf (x, Ω) (3.52)
où xs est le point du bord défini par (1.63), c est une fonction définie sur le bord Γ− et TΩ est
donné par (1.62). ¥
Proposition 3.3.3
L’opérateur γ défini pour tout ~g dans Y par :
Y −→ L2
(
~ · (PΩ~g ),
~g −→ γ~g = ∇
γ~gf = f. (3.53)
~ f , (3.53) s’écrit :
En introduisant φf dans W tel que ~gf = Ωφ
~ · ∇φ
Ω ~ f = βφf = f. (3.54)
59
Chapitre 3. Formes variationnelles de l’équation du transport
Proposition 3.3.4
Il existe k0 > 0 tel que :
|b(v, ~g )|
sup ≥ k0 ||~g ||Y /KerB t . (3.55)
v∈L2 ||v||L2
où B est l’opérateur associé à b(·, ·) définie en (3.14) et ||~g ||Y /KerB t = inf ||~g + ~g0 ||Y .
~g0 ∈KerB t
Démonstration - Nous avons vu (proposition 3.3.3) que l’opérateur B t est surjectif dans
l’espace Y ; i.e,
~ · PΩ~gf = f.
∀f ∈ L2 , ∃~gf ∈ Y avec B t~gf = ∇ (3.56)
Pour prouver (3.55), on considère le problème auxiliaire suivant : soit φu l’unique solution dans
W0 du problème suivant :
~ · ∇φ
Ω ~ u = u dans X (3.57)
pour u appartenant à L2 , alors ~gu = Ωφ~ u appartient à Y et
Z Z
~
|b(u, ~gu )| = |b(u, Ωφu )| = ~ ~
u (Ω · ∇φu ) = u2 = ||u||2L2 . (3.58)
X X
Par ailleurs,
~ · ∇φ
||~gu ||2Y = ||φu ||2W = ||φu ||2L2 + ||Ω ~ u ||2 2 = ||φu ||2 2 + ||u||2 2 .
L L L
Remarque 3.3.4
La condition (3.55) est équivalente à la condition inf-sup (voir [Link], [Link] [25])
|b(v, ~g )|
inf sup ≥ k0 > 0.
~g ∈Y v∈L2 ||v||L2 ||~g ||Y /KerB t
60
3.4. Convergence des itérations sur le terme source
Théorème 3.3.2
Sous les hypothèses du théorème 3.3.1, le problème variationnel (3.21) possède une unique solution
(u, ~g ) ∈ L2 × Y . De plus, on a l’estimation suivante :
³ ´
||u||L2 + ||~g ||Y /KerB t ≤ C ||q||L2 + ||ub ||L2− . (3.59)
Théorème 3.4.1
Sous les hypothèses du théorème 3.3.1, le problème variationnel (3.63) possède une unique solution
(u, ~g ) ∈ L2 × Y .
Démonstration - On étend le résultat du théorème 3.39 en utilisant la continuité et le coercivité
des formes a − d1 et d − d2 .
– continuité de a − d1 : Pour tout (~g , ~h) ∈ Y × Y on a :
|(a − d1 )(~g , ~h))| ≤ 2σ∞ ||~g ||(L2 )3 ||~h||(L2 )3 + ||~g ||(L2+ )3 ||~h||(L2+ )3
– continuité de d − d2 :
61
Chapitre 3. Formes variationnelles de l’équation du transport
n o
– coercivité de a − d1 : On rappelle que Ker(B t ) = ~g ∈ Y ; ∇ ~ · [PΩ~g ] = 0 . En utilisant
le résultat et la constante positive α donnés dans la proposition 2.1.1, on obtient pour tout
~g ∈ Ker(B t ) :
(a − d1 )(~g , ~g ) ≥ α||~g ||2(L2 )3 + ||~g ||2(L2 )3
+
(3.67)
≥ α1 ||~g ||Y2
où α1 = min(α, 1).
– coercivité de d − d2 : En utilisant le résultat et la constante positive α donnés dans la
proposition (2.1.1), pour tout u ∈ L2 on a :
Nous allons à présent énoncer un lemme qui sera très utile pour la démonstration du théo-
rème suivant présentant la convergence de la méthode de la source itérée appliquée au problème
variationnel mixte du transport.
Lemme 3.4.1
Si les hypothèses suivantes sont vérifiées :
~ ∈ L∞ (X), 0 < σ0 ≤ σt (x, Ω)
– σt (x, Ω) ~ ≤ σ∞ ,
~ ~ ′ ~ ′
– f (x, Ω, Ω ) Z= f (x, Ω , Ω),~
~ −
– σt (x, Ω) ~ ′ , Ω)dν(
f (x, Ω ~ ~ ′ ) ≥ α > 0,
Ω
2
ZS
~
– σt (x, Ω) − ~ Ω
f (x, Ω, ~ ′ )dν(Ω~ ′ ) ≥ α > 0,
S 2
Z
~ =
– σs (x, Ω) ~ Ω
f (x, Ω, ~ ′ )dν(Ω
~ ′ ) ≤ βσt (x, Ω)
~ où 0 ≤ β < 1.
S2
alors pour tous ~g ∈ Y et ~h ∈ Y , on a
p √ √
d1 (~g , ~h) ≤ β|| σt~h||(L2 )3 || σs~g ||(L2 )3 , (3.69)
et pour tous u ∈ L2 et v ∈ L2 , on a
p √ √
d2 (u, v) ≤ β|| σt v||L2 || σs u||L2 . (3.70)
62
3.4. Convergence des itérations sur le terme source
~ et
On a donc montré (3.69). La relation (3.70) s’obtient de la même manière en posant ~g = Ωu
~h = Ωv.
~ ¥
Intéressons nous maintenant à la convergence des itérations sur le terme source (classique en
transport, voir chapitre 1, paragraphe 1.4.2). On a le résultat suivant :
Théorème 3.4.2
Soit (u0 , ~g 0 ) un élément de L2 × Y . On construit la suite (un , ~g n ) de L2 × Y telle que :
a(~g n+1 , ~h) + b(un+1 , ~h) = d1 (~g n , ~h) + l1 (~h) pour tout ~h ∈ Y
(
(3.71)
−b(v, ~g n+1 ) + d(un+1 , v) = d2 (un , v) − l2 (v) pour tout v ∈ L2 .
Sous les hypothèses du théorème 2.1.2, le problème variationnel (3.63) possède une unique solution
(u, ~g ) dans L2 × Y et la suite (un , ~g n ) de L2 × Y converge vers cette solution si
0 ≤ β < 1. (3.72)
a(~g n+1 , ~h) + b(un+1 , ~h) = d1 (~g n , ~h) + L1 (~h) pour tout ~h ∈ Y
(
(3.73)
−b(v, ~g n+1 ) + d(un+1 , v) = d2 (un , v) − L2 (v) pour tout v ∈ L2 .
d’où
a(~g n+1 −~g , ~g n+1 −~g ) + d(un+1 − u, un+1 − u) = d1 (~g n −~g , ~g n+1 −~g ) + d2 (un − u, un+1 − u). (3.76)
et
√
a(~Γn+1 , ~Γn+1 ) ≥ || σt ~Γn+1 ||2(L2 )3 . (3.78)
63
Chapitre 3. Formes variationnelles de l’équation du transport
√ √
soit, en posant Xn = (|| σt ~Γn ||(L2 )3 , || σt γ n ||L2 )t
√
||Xn+1 ||2 ≤ β(Xn+1 , Xn ). (3.81)
On a donc
||Xn+1 ||2 ≤
p
β||Xn+1 || ||Xn ||. (3.82)
Par récurrence, on obtient la relation
³p ´n+1
||Xn+1 || ≤ β ||X0 ||. (3.83)
La suite (~g n , un ) converge donc vers la solution (~g , u) du problème (3.63) si et seulement si
β < 1.
Bilan du chapitre 3
Nous avons donc présenté dans ce chapitre quelques formes variationnelles classiques du trans-
port et étudié une nouvelle formulation variationnelle basée sur la forme mixte de l’équation du
transport, nous en avons donné quelques propriétés essentielles. Nous allons maintenant intro-
duire dans le chapitre suivant les espaces d’approximation et présenter la démarche permettant
de discrétiser notre problème mixte variationnel.
64
Chapitre 4
Sommaire
4.1 Approximation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.1.1 Discrétisation de l’espace physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.1.2 L’espace d’approximation du flux angulaire sur une maille donnée Qk . 66
4.1.3 L’espace de Raviart-Thomas d’ordre 0 sur un exemple simple . . . . . . 66
4.1.4 L’espace d’approximation de Y (D) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
4.2 Formulation mixte discrète . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
4.3 Formulation mixte-hybride discrète . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.4 Estimations d’erreur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
Nous introduisons dans ce chapitre les espaces d’approximations nécessaires pour la discréti-
sation du problème variationnel mixte du transport. Précisons qu’en pratique, on choisit une
formule de quadrature pour la discrétisation angulaire de type SN (nous reviendrons sur ce
point au chapitre 5). Dans ce chapitre, on s’intéresse donc à la résolution en espace du problème
modèle où on a fixé Ω~ (qui est par exemple une direction fixe d’une quadrature SN choisie pour
la discrétisation angulaire) :
~ · ∇u(x)
~
½
Ω + σt (x)u(x) = q(x) pour x ∈ D,
(4.1)
u(x) = ub (x) pour x ∈ ∂D− .
Tout au long de ce chapitre, on effectue l’abus de notations suivant :
L2 = L2 (D).
Nous explicitons notammentn la¡ façon d’approcher convenablement l’espace des o densités de cou-
¢d
rant angulaire Y (D) = ~g ∈ L 2 ~ 2 2 + d
; ∇ · (PΩ~g ) ∈ L ; PΩ~g = ~g ; ~g ∈ (L (∂D )) . De la même
façon, on continue d’utiliser les mêmes notations pour décrire les formes bilinéaires introduites
au chapitre précédent en précisant qu’elles ne sont plus définies que sur l’espace D et non plus sur
l’espace des phases tout entier. Comme on l’a vu dans les paragraphes précédents, la formulation
mixte abstraite de l’équation (4.1) s’écrit :
a(~g , ~h) + b(u, ~h) = l1 (~h) pour tout ~h ∈ Y,
(
(4.2)
b(v, ~g ) − d(u, v) = l2 (v) pour tout v ∈ L2 ,
~
où u, q et ub sont les mêmes fonctions que dans (4.1) et ~g = Ωu.
65
Chapitre 4. Espaces d’approximation et analyse discrète
Nous noterons donc uk ∈ P0 (Qk ) la valeur moyenne du flux angulaire sur la maille Qk .
L’espace de Raviart-Thomas d’ordre zéro RT0 (Q) des fonctions vectorielles sur Q est un sous
espace de dimension fini de l’espace
n o
~ · ~g ∈ L2 (Q) ,
H(div; Q) = ~g ∈ (L2 (Q))2 ; ∇
66
4.1. Approximation du problème
x1
h A2
~
nQ
A3 Q A1
0 A4 h x2
– Tout vecteur ~g ∈ RT0 (Q) est entièrement déterminé par la donnée de ses quatres flux gi
sur les arêtes Ai .
On a (en 2D)
RT0 (Q) = {(a + bx1 , c + bx2 ); a, b, c ∈ R} ⊆ (P1 (Q))2 , (4.4)
qui permet d’approcher l’espace H(div; Q).
Dans le cas d’éléments plus généraux, on doit utiliser la transformation de Piola décrite dans
le chapitre 5 en deux dimensions d’espace (voir aussi [25]). Il est naturel d’utiliser le champ de
vecteurs w~ k,j pour engendrer l’espace RT0 (Qk ) vérifiant :
Z
~ k,j (x) · ~nk,i ds = δij ,
w (4.5)
Γk,j
où δij représente le symbole de Kronecker. La famille {w~ k,j }1≤j≤2d forme une base de l’espace
RT0 (Qk ). L’espace RT0 (Qk ) est un espace de dimension 2d = 6 soit le nombre de faces d’une
maille hexaèdrale en dimension d = 3.
67
Chapitre 4. Espaces d’approximation et analyse discrète
Notre but est de construire un espace d’approximation Y0 (Qk ) du sous-espace Y (Qk ) de sorte
que Y0 (Qk ) soit inclus dans Y (Qk ) (i.e. une approximation conforme). On choisit
n o
Y0 (Qk ) = ~g = PΩ f~; f~ ∈ RT0 (Qk ) .
On définit pour une maille donnée Qk ∈ Dh un nouveau champ de vecteur ~γk,j = PΩ w ~ k,j pour
chaque face j de l’élément Qk de sorte que chaque fonction vectorielle ~g ∈ Y (Qk ) puisse s’écrire
2d
X
~g = gj ~γk,j .
j=1
Remarque 4.1.1
Remarquons que, si on utilise le champ de vecteur w
~ k,j pour discrétiser le problème abstrait (4.2),
on perd alors le caractère conforme de l’approximation et on obtient des résultats numériques
désastreux sur des maillages très déformés comme nous l’illustrerons dans le chapitre 7.
Contrairement à l’espace RT0 (Qk ) qui est de dimension 2d, l’espace Y0 (Qk ) est de dimension
d + 1. En effet, considérons une base orthonormale de l’hyperplan de dimension d − 1 orthogonal
àΩ~ dans Rd et notons {Ω ~ ⊥ }i=1,··· ,d−1 les vecteurs générateurs de cette base orthonormale. On
i
introduit pour une maille donnée Qk ∈ Dh leur décomposition dans RT0 (Qk ),
2d
~⊥
X
∀i, Ωi = Ω⊥
i,j w
~ k,j ,
j=1
alors, pour chaque 1 ≤ i ≤ d − 1, on a les relations de liaisons suivantes entre chaque ~γk,j :
2d
X
Ω⊥
i,j ~
γk,j = 0.
j=1
Donc, les 2d fonctions vectorielles ~γk,j vérifient ces d − 1 relations de liaison indépendantes.
L’espace engendré par le champ de vecteur ~γk,j est de dimension d + 1. On peut donc exhiber
pour chaque maille Qk un autre champ de vecteur {ξ~k,i }i=1,··· ,d+1 formant une base de l’espace
Y0 (Qk ) de sorte que chaque fonction vectorielle ~g ∈ Y (Qk ) puisse s’écrire
2d d+1
g̃k,j ξ~k,j .
X X
~g = gk,j ~γk,j =
j=1 j=1
68
4.2. Formulation mixte discrète
Proposition 4.2.1
Soient a(·, ·), b(·, ·) et d(·, ·) les formes bilinéaires continues sur Y (D) × Y (D), sur Y (D) × L2 (D)
et L2 (D) × L2 (D) respectivement définies par (3.13), (3.14) et (3.15), et les espaces de dimension
finie Y0 (Dh ) ⊂ Y (D) et L0 (Dh ) ⊂ L2 (D). On considère le problème suivant :
Supposons que les hypothèses du théorème 3.3.1 soient vérifiées. Supposons aussi qu’il existe une
constante positive αh telle que
d(uh , vh )
inf sup ≥ αh , (4.10)
uh ∈KerBh vh ∈KerBh ||uh ||L2 ||vh ||L2
et que
b(vh , qh )
inf sup ≥ k0 > 0. (4.11)
uh ∈Y0 (Dh ) vh ∈L0 (Dh ) ||qh ||Y ||vh ||L2
Alors, pour tout f ∈ W et g ∈ ImB le problème (4.9) admet une unique solution.
Pour vérifier les hypothèses de la proposition 4.2.1, on utilise le résultat suivant.
Proposition 4.2.2
69
Chapitre 4. Espaces d’approximation et analyse discrète
La proposition 4.2.2 et la coercivité de a sur KerB t suffit à donner (4.10) pour notre problème
mixte du transport. La condition (4.11) équivalente à la condition inf-sup discrète est aussi
vérifiée en utilisant la proposition 4.2.2 et la condition inf-sup continue (3.3.4) (cet argument
s’appuie sur [Link] et [Link] [25] page 58). On peut donc appliquer la proposition 4.2.1
pour obtenir l’existence et l’unicité du problème mixte du transport discret (4.8).
Le système linéaire associé au problème (4.8) s’écrit sous la forme :
µ ¶µ ¶ µ ¶
A B G S1
= , (4.12)
Bt D U S2
où la matrice de ce système est inversible mais n’est pas définie positive. En particulier, la struc-
ture globale de la matrice A ne permet pas d’éliminer facilement le vecteur inconnu des densités
de courant angulaire. C’est pourquoi il convient d’introduire une inconnue supplémentaire. Cette
procédure est appelée procédure d’hybridisation et conduit à la formulation mixte-hybride dis-
crète. C’est ce que nous allons voir dans la suite.
où [~gh · ~n] représente le saut de la composante normale de ~gh entre deux éléments de Dh .
Ainsi, on impose une contrainte de continuité inter-éléments sur les bords par l’intermédiaire
des multiplicateurs
Y de Lagrange de l’espace M0 (Dh ). En introduisant la forme bilinéaire c :
M0 (Dh ) × Y0 (Qk ) → R définie par
k
X Z h i
c(µh , ~gh ) = ~ Ω
µh (~gh · Ω)( ~ · ~n) ds,
f
f ∈Fhint
70
4.3. Formulation mixte-hybride discrète
On note λk,l ∈ P0 (Γk,l ) la valeur moyenne du flux angulaire sur la face Γk,l de l’élément
fini Qk . Remarquons que l’inconnue λk,l joue le rôle du multiplicateur de Lagrange qui permet
d’assurer la continuité inter-élément de l’approximation de la densité de courant angulaire ~gh .
Dans les quelques lignes qui suivent, nous allons justifier l’introduction d’une inconnue sup-
plémentaire à notre système mixte. On note aussi
Lemme 4.3.1Y
Soit ~gh ∈ Y0 (Qk ). Alors
k
³ ´
~ · ~n)(Ω
(c(λh , ~gh ) = 0, ∀λh ∈ Λ0 ) ⇔ ~gh ∈ Y0 (Dh ) et (Ω ~ · ~gh ) = (Ω
~ · ~n)λh sur ∂D+ (4.15)
Pour tout f~h ∈ Y0 (Dh ), Φ(f~h ) = 0 (ce n’est rien d’autre que (4.8-i) ). De plus, (4.15) implique
~ · ~gh sur ∂D+ tel que
qu’il existe λ0h ∈ Λ0 , λ0h = Ω
Lemme 4.3.2
~ h sur ∂D+ . Si
Soit µh ∈ Λ0 tel que ~gh = Ωλ
alors λh ≡ 0.
Arnold et Brezzi [8] ont prouvé l’existence et l’unicité d’une solution au système (4.13).
71
Chapitre 4. Espaces d’approximation et analyse discrète
72
4.4. Estimations d’erreur
Ce problème variationnel admet une unique solution en vertu du théorème 3.3.1. On cherche
maintenant à approcher ce problème en utilisant les espaces d’approximation introduits précé-
demment. Soit donc L0 (Dh ) ⊂ L2 (D) et Y0 (Dh ) ⊂ H 1 (D) des sous-espaces de dimension finie.
On s’intéresse au problème discret suivant
(
i) a(gh , hh ) + b(uh , hh ) = l1 (hh ) pour tout hh ∈ Y0 (Dh ),
(4.19)
ii) b(vh , gh ) − d(uh , vh ) = l2 (vh ) pour tout vh ∈ L0 (Dh ).
On peut alors écrire les estimations d’erreurs connues (voir [Link], [Link] [25] ou [Link]
[21]) suivantes :
||g − gh ||L2 (D) ≤ Ch||g||L2 (D) ,
||u − uh ||L2 (D) ≤ Ch||u||H 2 (D) , (4.21)
2
||P u − u ||
h h L2 (D) ≤ Ch ||u||
H 3 (D) .
L’opérateur Ph représente la projection orthogonale de L2 sur l’espace L0 et C est une constante
positive. La convergence est d’ordre deux en espace si la solution du problème est suffisamment
régulière.
Remarque 4.4.1
Le cas de la dimension d > 1 fait l’objet de travaux en collaboration avec [Link].
Bilan du chapitre 4
Nous avons donc introduit les espaces d’approximation nécessaires pour la discrétisation
mixte-hybride en espace du problème variationnel mixte du transport. Nous avons donné quelques
estimations d’erreur pour le problème discret en 1D et une estimation globale en dimension quel-
conque. Nous allons maintenant détailler la discrétisation de notre problème modèle en utilisant
les espaces d’approximation introduits dans ce chapitre.
73
Chapitre 4. Espaces d’approximation et analyse discrète
74
Chapitre 5
Discrétisation
Sommaire
5.1 Discrétisation angulaire aux ordonnées discrètes . . . . . . . . . . . . 75
5.2 Approximation d’un vecteur à partir de ses flux dans le cas des
quadrilatères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
5.3 Formulation variationnelle mixte-hybride discrète pour le transport 82
5.4 Discrétisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
5.4.1 Discrétisation de l’équation de bilan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
5.4.2 Discrétisation de l’équation de la densité de courant angulaire . . . . . . 83
5.4.3 Continuité de la densité de courant angulaire . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.5 Étude du système linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.6 Résolution matricielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.6.1 Assemblage de la matrice globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.6.2 Résolution du système linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
5.6.3 A propos de Mhλ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Dans cette partie, nous allons détailler l’élaboration d’une discrétisation de notre problème
modèle. Nous nous plaçons ici dans le cadre de maillages hexaèdraux, on notera Dh l’espace d’ap-
proximation de l’espace physique D. Nous commençons par détailler l’approximation angulaire
de notre problème. Nous donnons ensuite un moyen d’approcher une fonction vectorielle à partir
de ses flux en présentant une technique classique d’approximation des éléments de H(div, D).
Nous détaillons ensuite les propriétés du système linéaire résultant de la discrétisation en espace.
75
Chapitre 5. Discrétisation
que la quadrature soit préservée par des rotations. En pratique, on utilise des quadratures (par
exemple les quadratures "level symmetric", voir [Link], [Link] [45]) dont l’ensemble
des directions discrètes reste invariant par rotation d’un angle π2 ou π autour des axes de co-
ordonnées cartésiennes (voir figure 5.2). Après avoir défini l’ensemble des directions discrètes, il
convient de leur associer certains poids de quadrature en imposant que certaines intégrales de po-
lynômes simples soient calculées exactement par la quadrature. Les quadratures utilisées dans la
pratique donnent de bons résultats. Néanmoins, il existe quelques inconvénients ; en particulier,
pour un nombre suffisamment grand de directions discrètes, il est parfois impossible d’assurer la
positivité de tous les poids de la quadrature (voir [Link] [29] par exemple).
~e1
~
Ω
O
~e3
~e2
~
Fig. 5.1 – Représentation du vecteur direction Ω.
76
5.1. Discrétisation angulaire aux ordonnées discrètes
Le principe du découpage SN consiste à découper l’espace des directions (µ, ϕ) ∈ [−1, 1] × [0, π]
n(n + 2)
en surfaces élémentaires d’aires égales, n étant nécessairement choisi pair. On découpe
2
donc l’intervalle des latitudes en n intervalles, ce qui génère n points de discrétisations notés
µm , 1 ≤ m ≤ n
numérotés dans le sens des µ croissants. Ensuite, on choisit Lm longitudes discrètes pour chaque
latitude µm de la façon suivante :
n
– si m ≤ alors Lm = 2m ;
2
n
– si m ≥ + 1 alors Lm = 2(n + 1 − m).
2
4π
Chaque surface élémentaire a pour aire et est définie par
n(n + 2)
numérotés pour l variant de 1 à Lm dans le sens des ϕ décroissant de π à 0. Pour les latitudes,
les µm+ 1 sont calculés à partir de la formule :
2
4π π
= (µm+ 1 − µm− 1 ) × (ϕm,l+ 1 − ϕm,l− 1 ) = (µ 1 − µm− 1 ),
n(n + 2) 2 2 2 2 Lm m+ 2 2
4Lm
soit µm+ 1 = + µm− 1 en ayant choisi µ 1 = −1 et µ n + 1 = 0. Ce qui donne
2 n(n + 2) 2 2 2 2
4m(m + 1) n
− 1, si m ≤ ,
n(n + 2) 2
µm+ 1 =
2
4(n + 1 − m)(n − m) n
1− , si m ≥ + 1.
n(n + 2) 2
Au lieu de schoisir les µm au centre des intervalles, on les décale à l’aide d’un coefficient
n(n + 2)
multiplicatif , de sorte que les formules de quadrature utilisées soient exactes
n(n + 2) − 2
pour le calcul des moments jusqu’à l’ordre 2, i.e.
Z 1Z π
dϕ dµ X
= ω = 1,
−1 0 π 2
m,l
77
Chapitre 5. Discrétisation
µ
1
µ6
∆µ5
0 π
π ϕ
∆ϕ5 ϕ6,4 2
−1
1 π
~ dϕ dµ =
Z Z
~ m,l = ~0,
X
Ω ωΩ
−1 0 π 2
m,l
1 π
~ dϕ dµ = ~ m,l = 1 IdR3 ,
Z Z
~ ⊗Ω ~ m,l ⊗ Ω
X
Ω ωΩ
−1 0 π 2 3
m,l
µm
~ m,l
p
Ω = p1 − µ2m cos ϕm,l ,
1 − µ2m sin ϕm,l
78
5.2. Approximation d’un vecteur à partir de ses flux dans le cas des quadrilatères
~m
Ω
1
0
0
1
wm
~ · ∇u
~ Ω (x) + σt (x)uΩ (x) = SΩ (x) pour x ∈ D,
½
Ω
(5.1)
uΩ = ub pour x ∈ ∂D− .
FQ : Q̂ = [0, 1] × [0, 1] → Q
(5.2)
(η, ξ) → (x, y),
avec
4
X
x = x(η, ξ) = xk lk (η, ξ),
k=1 (5.3)
4
X
y = y(η, ξ) = yk lk (η, ξ),
k=1
79
Chapitre 5. Discrétisation
l1 (η, ξ) = ξη,
l2 (η, ξ) = ξ(1 − η),
(5.4)
l3 (η, ξ) = (1 − ξ)(1 − η),
l4 (η, ξ) = (1 − ξ)η.
1
2 1
2 Q̂ 4
4
3
3 η
DFQ
On introduit l’application linéaire (transformation de Piola) en définissant :
det(DFQ )
∂x ∂x
DFQ = ∂η ∂ξ
∂y ∂y , (5.5)
∂η ∂ξ
qui s’écrit explicitement :
µ ¶
(y1 − y2 )ξ + (y3 − y4 )(1 − ξ) (y1 − y4 )η + (y2 − y3 )(1 − η)
DFQ = . (5.6)
(x1 − x2 )ξ + (x3 − x4 )(1 − ξ) (x1 − x4 )η + (x2 − x3 )(1 − η)
~ ~
À chaque arête de Q̂, on associe une mesure dŝ et un couple (T̂, N̂ ) constitué de la tangente
unitaire et de la normale extérieure unitaire. Pour chaque arête de Q, on introduit pareillement
une mesure ds et un couple (T~ , N
~ ) constitué de la tangente unitaire et de la normale extérieure
unitaire.
On vérifie par un calcul direct que :
~
DFQ T̂
T~ = ,
~
||DFQ T̂ ||
et
~
(DFtQ )−1 N̂
~ =
N .
~
||(DFtQ )−1 N̂ ||
On en déduit :
~ ~
ds = ||DFQ T̂ ||dŝ = ||(DFtQ )−1 N̂ || |det(DFQ )|dŝ.
80
5.2. Approximation d’un vecteur à partir de ses flux dans le cas des quadrilatères
~
Alors, si F̂ est un vecteur défini sur Q̂, on lui associe le vecteur F~ tel que :
1 ~
F~ = DFQ F̂. (5.7)
det(DFQ )
Cette définition est justifiée par le lemme :
Lemme 5.2.1
~ ds = F̂~ · N̂
F~ · N
~
dŝ sur chaque arête de Q (ou de Q̂).
Démonstration - On calcule
~
1 ~ (DFtQ )−1 N̂
F~ · N
~ ds = DFQ F̂ · ds
det(DFQ ) ~
||(DFtQ )−1 N̂ ||
~ ~
= DFQ F̂ · (DFtQ )−1 N̂ dŝ
~ ~
= F̂ · N̂ dŝ.
¥
~ (a) = F̂~ · N̂
La F~ · N
~
(a) = fˆa , (5.9)
où La désigne la longueur de l’arête a.
On introduit alors les fonctions de base w~a (η, ξ) associées à chaque arête a de Q̂, et des degrés
de liberté fˆa .
On peut écrire :
4 4
~ Xˆ X ~ ~
F̂ = fa w~a = F̂ · N̂ (a)w~a ,
a=1 a=1
où
w~1 = (0, ξ) ,
w~2 = (η − 1, 0) ,
(5.10)
w~ = (0, ξ − 1) ,
3
w~4 = (η, 0) .
Nous allons maintenant détailler la discrétisation spatiale du problème variationnel mixte du
transport.
81
Chapitre 5. Discrétisation
Dans ce paragraphe, on s’applique à présenter le problème variationnel discret qui nous aidera
à détailler la discrétisation. On introduit pour chaque maille Qk et chaque face Γk,j de Qk le
~ fixé et
multiplicateur de Lagrange λk,j ∈ L2 (Γk,j ). Nous présentons cette discrétisation pour Ω
pour un terme source fixé.
Remarque 5.3.1
Attention, pour chaque face interne notée e0 ∈ Fhint , il existe un unique multiplicateur de Lagrange
λe0 et il existe deux éléments finis adjacents (notés Qk et Qk′ ) par la face e0 . On note alors j0
(resp. j0′ ) l’indice local de la face interne e0 pour la maille Qk (resp. Qk′ ). Suivant nos notations
(locales aux mailles) on a donc
5.4 Discrétisation
Nous pouvons maintenant détailler la discrétisation du problème (5.11) en utilisant les élé-
ments finis mixtes-hybrides.
82
5.4. Discrétisation
où Z
Vk = 1Qk (x)dx, (5.14)
Qk
est la mesure de l’élément fini Qk et σt,k est la valeur moyenne de σt sur Qk .
En remplaçant ~γk,j par PΩ w~ k,j , on obtient au final
2d Z 2d
~ ·w ~ · ~nk,j ) ds + σt,k uk Vk = qk Vk .
X X
gk,j ′ (Ω ~ k,j ′ )(Ω (5.15)
j=1 Γk,j j ′ =1
On utilise les fonctions de base ~γk,j introduites au chapitre 4. Pour chaque face Γk,i de Qk ,
en choisissant f~h = ~γk,j on obtient
2d Z 2d Z
~ · ~nk,j )(Ω
~ · ~γk,i ) ds
X X
gk,j σt,k ~γk,i · ~γk,j dx = uk (Ω
j=1 Qk j=1 Γk,j
2d Z Z (5.17)
~ · ~nk,j )(Ω
~ · ~γk,i ) ds + qk ~ · ~γk,i )dx,
X
− λk,j (Ω (Ω
j=1 Γk,j Qk
soit
2d Z 2d Z
~ ·w ~ ·w ~ · ~nk,j )(Ω
~ ·w
X X
gk,j σt,k (Ω ~ k,i )(Ω ~ k,j )dx = uk (Ω ~ k,i )ds
j=1 Qk j=1 Γk,j
2d Z Z (5.18)
~ · ~nk,j )(Ω
~ ·w ~ ·w
X
− λk,j (Ω ~ k,i )ds + qk (Ω ~ k,i )dx.
j=1 Γk,j Qk
83
Chapitre 5. Discrétisation
Notons que sur des maillages cartésiens de l’espace physique, on peut calculer analytiquement
les termes intégrales. Ce n’est plus le cas dès que le maillage est déformé ou non structuré. On
doit alors utiliser des formules de quadrature.
où Gh est le vecteur inconnu des densités de courant angulaire sur chaque face de chaque maille
de Dh , Uh est le vecteur inconnu contenant les valeurs moyennes du flux angulaire sur chaque
maille de Dh , λh est le vecteur inconnu contenant du flux angulaire sur chaque face du maillage.
La matrice du système est une matrice bloc 3 × 3 symétrique mais qui n’est pas définie. En
effet, contrairement aux éléments finis mixtes-hybrides appliqués à l’équation de diffusion par
exemple, la matrice Ah n’est pas inversible. Ah est une matrice diagonale par bloc de dimension
2dK avec 2d×2d blocs Akh sur la diagonale, chaque bloc correspondant à une matrice élémentaire
sur chaque maille Qk , 1 ≤ k ≤ K et donnée par
Z
k k k
Ah = {(Ah )ab }1≤a,b≤2d où (Ah )ab = σt,k ~γk,a · ~γk,b dx.
Qk
Remarque 5.5.1
En pratique, on calcule les termes (Akh )ab en utilisant la transformation de Piola introduite au
paragraphe 5.2 de sorte que
1 ~
Z
k
(Ah )ab = σt,k [Ω · (DFQk w~ˆa )][Ω
~ · (DFQ ŵ~b )]dx̂.
k
Q̂k JQk
Nous allons maintenant donner quelques propositions visant à caractériser les différentes matrices
intervenant dans le système linéaire discret (5.20).
84
5.5. Étude du système linéaire
Proposition 5.5.1
La matrice Akh = {(Akh )ab }1≤a,b≤2d est symétrique avec
Z Z ³ ´³ ´
(Akh )ab = σt,k ~γk,a · ~γk,b dx = σt,k ~ ·w
Ω ~a ~ ·w
Ω ~ b dx.
Qk Qk
Cette matrice est de rang d + 1. De plus, son noyau est engendré par la n
représentation
o dans la
~
base induite par l’approximation RT0 sur la maille Qk des d − 1 vecteurs Ωi ⊥ formant
1≤i≤d−1
~ dans Rd .
une base du sous-espace orthogonal à Ω
~ ⊥ , i ∈ {1, .., d−1} un vecteur
Démonstration - Akh est clairement symétrique et positive. Soit Ω i
~ dans Rd . Ω
de base du sous espace orthogonal à Ω ~ ⊥ s’écrit
i
2d
~⊥
X
Ωi = Ω⊥
i,j w
~ k,j .
j=1
Et on a
Ω⊥
i,1
Ω⊥i,2
Akh .. = 0. (5.21)
.
Ω⊥
i,2d
2d
~ ⊥ = ~0 soit
X
En effet, PΩ Ω i Ω⊥
i,j ~
γk,j = 0.
j=1
Z 2d
X
On a donc, pour toute face Γk,a de Qk , la relation ~γk,a · Ω⊥ γk,j dx = 0 d’où (5.21).
i,j ~
Qk j=1
Le noyau de Akh contient donc les vecteurs (Ω⊥ , Ω⊥ , . . . , Ω⊥ t
i,2d ) pour tout i ∈ {1, · · · , d − 1}.
n o i,1 i,2
Montrons maintenant que la famille Ω ~⊥ forme une base du noyau de Ak . Soit ~v (x)
i h
1≤i≤d−1
une fonction vectorielle représentée dans la base de RT0 (Qk ) par
2d
X
~v = vj w
~ k,j .
j=1
Alors, on a
Z 2d
X
~γk,a · vj ~γk,j dx = 0, (5.23)
Qk j=1
soit Z
~ ·w
(Ω ~ · ~v ) dx = 0.
~ k,a )(Ω (5.24)
Qk
85
Chapitre 5. Discrétisation
Z
Donc, ~ · ~v )2 dx = 0 donc Ω
(Ω ~ · ~v = 0 presque partout sur Qk et ~v est donc nécessairement
Qk
orthogonal au vecteur Ω. ~ Il existe donc une famille {fi }1≤i≤d−1 de fonctions de x telle que la
fonction vectorielle ~v s’écrive
d−1
~⊥
X
~v (x) = fi (x)Ωi .
i=1
Or,
d−1 d−1 2d 2d d−1 2d
~⊥
X X X X X X
fi (x)Ωi = fi (x) Ω⊥
i,j w
~ k,j = w
~ k,j fi (x)Ω⊥
i,j = vj w
~ k,j .
i=1 i=1 j=1 j=1 i=1 j=1
Par unicité de la décomposition sur la base de RT0 (Qk ), on obtient, pour tout j ∈ {1, · · · , 2d}
d−1
X
vj = fi (x)Ω⊥
i,j .
i=1
Remarque 5.5.2
En dimension 1, la matrice Akh est inversible et on peut traiter la résolution matricielle comme
pour les problèmes de diffusion.
Nous donnons ci-après l’expression analytique de la matrice Akh pour Qk = [0, 1]2 , carré de
référence.
Ω2 Ω1 Ω2 Ω1 2 Ω1 Ω2
1
3 4 − 6 − 4
Ω1 Ω2 Ω2 2 2
− Ω14Ω2 − Ω61
k
Ah = σt,k 4 3 . (5.25)
2 2
− Ω61 − Ω14Ω2 Ω1
3
Ω1 Ω2
4
2 Ω2 2
− Ω14Ω2 − Ω61 Ω1 Ω2
4 3
Proposition 5.5.2
Il existe une matrice de passage orthogonale Vhk de dimensions 2d×(d+1) constituée des vecteurs
propres associés aux valeurs propres non nulles de Akh et une matrice diagonale Λkh de degré d + 1
telles que
t
Λkh = (Vhk ) Akh Vhk .
86
5.5. Étude du système linéaire
et les éléments diagonaux de la matrice Λkh sont les d + 1 valeurs propres non nulles de la matrice
Akh .
Bh est une matrice rectangulaire par blocs de dimension 2dK ×K avec K blocs rectangulaires
Bhk de dimension 2d × 1 donnés par
2d Z
~ · ~nk,j )(Ω
~ · ~γk,a ) ds.
X
Bhk = {(Bhk )a }1≤a≤2d où (Bhk )a =− (Ω
j=1 Γk,j
Proposition 5.5.3
La matrice Bhk = {(Bhk )a }1≤a≤2d est composée des éléments
2d Z
~ · ~nk,j )(Ω
~ · ~γk,a ) ds.
X
(Bhk )a = − (Ω
j=1 Γk,j
³ ´
t
D’autre part, Ker Akh ⊂ Ker (Bhk ) .
¡
¢
Démonstration - Soit ~v (x) une fonction vectorielle représentée dans la base de RT0 (Qk ) par
2d
X
~v = vj w
~ k,j .
j=1
soit
2d Z
~ · ~nk,j )(Ω
~ · ~v ) ds = 0,
X
(Ω (5.28)
j=1 Γk,j
ou encore Z
~ · (PΩ~v ) dx = 0.
∇ (5.29)
Qk
³ ´
t
On a donc que Ker Akh ⊂ Ker (Bhk ) .
¡ ¢
¥
Remarque 5.5.3 ³ ´
t
La matrice Bhk définit une forme linéaire, son noyau Ker (Bhk ) est donc un hyperplan de
~ ⊥ , i ∈ {1, .., d − 1} un vecteur de base du sous espace
R2d de dimension 2d − 1. De plus, soit Ω i
~ dans Rd . Ω
orthogonal à Ω ~ ⊥ s’écrit
i
2d
~⊥
X
Ωi = Ω⊥
i,j w
~ k,j .
j=1
87
Chapitre 5. Discrétisation
Et on a
Ω⊥
i,1
³ ´t Ω⊥i,2
Bhk .. = 0.
.
Ω⊥
i,2d
~ ⊥ = ~0 soit P2d Ω⊥ w
En effet, PΩ Ω i j=1 i,j ~ k,j = 0, on a donc la relation suivante
2d X
2d Z 2d Z 2d
à !
³ ´³ ´
~ · ~nk,j ~
X X X
⊥
Ω Ω·w
~ k,l Ωi,l ds = (PΩ~nk,j ) · Ω⊥
i,l w
~ k,l ds
l=1 j=1 Γk,j j=1 Γk,j l=1
2d Z ³ ´³ ´
~ · ~nk,j ~
X
= Ω Ω·w
~ k,l ds = 0.
j=1 Γk,j
¡ ¢t
Le noyau de Bhk contient donc tous les vecteurs (Ω⊥ ⊥ ⊥ t
i,1 , Ωi,1 , . . . , Ωi,1 ) pour tout i ∈ {1, . . . , d −
1}.
−Ω21
−Ω22
Bhk =
−Ω21 .
(5.30)
−Ω22
Ch est une matrice rectangulaire par blocs de dimension 2dK × ne (où ne est la dimension de
Fh ) dont les matrices élémentaires sur chaque maille Chk sont de dimension 2d × 2d et données
par Z
k k k
C = {(C )ab }1≤a,b≤2d où (C )ab = ~ · ~nk,b )(Ω
(Ω ~ · ~γk,a ) ds.
h h h
Γk,b
Proposition 5.5.4 Z
k k k
La matrice Ch = {(Ch )ab }1≤a,b≤2d est composée des éléments (Ch )ab = ~ · ~nk,b )(Ω
(Ω ~ · ~γk,a ) ds.
Γk,b
C’est une matrice symétrique de rang d+1 et les vecteurs propres associé aux d−1 valeurs propres
~ ⊥ }1≤i≤d−1 dans
nulles de Chk sont les vecteurs correspondant à la décomposition des vecteurs {Ω i
la base induite par l’approximation RT0 sur la maille Qk .
Démonstration - Soit ~v (x) une fonction vectorielle représentée dans la base de RT0 (Qk ) par
2d
X
~v = vj w
~ k,j .
j=1
88
5.5. Étude du système linéaire
Remarque 5.5.4
Nous verrons au chapitre 6 lemme 6.5.1 qu’il existe une matrice inversible Ad telle que pour tout
v ∈ Y0 (Qk ),
t
(Ad )−1 Akh v = Chk v.
³ ³ ´´ ³ ³ ´´
t t
On a donc dim Im (Chk ) ≥ d + 1 soit dim Ker (Chk ) ≤ d − 1. On en déduit que
³ ³ ´´ ³ ´
t t
dim Ker (Chk ) = dim Ker Akh donc Ker (Chk ) = Ker Akh .
¡ ¡ ¢¢ ¡ ¢
Dh est une matrice diagonale définie positive de dimension K dont les coefficients sont σt,k Vk
et Lh = {(Lh )ab }1≤a,b≤dim(Fh ) est une matrice diagonale résultant de la prise en compte des
conditions aux limites. En effet, pour chaque face e0 appartenant à la frontière de D correspondant
àΩ~ · ~ne > 0, si on note j0 l’indice local de la face e0 sur la maille Qk et i0 l’indice global de la
0
face e0 dans Fh alors Z
(Lh )i i = (Ω~ · ~nk,j ) ds.
0 0 0
Γk,j0
L’expression et les propriétés du vecteur second membre élémentaire Fhk sont données dans la
proposition suivante.
Proposition 5.5.5 Z
La matrice Fhk = {(Fhk )a }1≤a≤2d est composée des éléments (Fhk )a = ~ · ~γk,a ) dx, D’autre
Sk (Ω
³ ´ Qk
t
part, Ker Akh ⊂ Ker (Fhk ) .
¡ ¢
Les différentes propositions énoncées dans cette section permettent de justifier matriciellement
le changement de base évoqué au chapitre 4. Nous reviendrons sur l’intérêt de ces propositions
et sur le changement de base matriciel dans la section 5.6.2.
89
Chapitre 5. Discrétisation
(Chk )t Gkh = 0.
Ah Gh + Bh uh + Ch λh = Fh , (5.38)
90
5.6. Résolution matricielle
où Ah et Bh sont les matrices blocs diagonales où chaque bloc correspond à Akh et Bhk . La
structure de la matrice Ch est moins évidente à déterminer, nous y reviendrons par la suite. Gh
est le vecteur contenant les valeurs des flux de densité angulaire de taille 4 fois le nombre de
mailles, uh est le vecteur de dimension égale au nombre de mailles qui contient les valeurs du
flux angulaire au centre des mailles et λh contient les valeurs du flux angulaire sur les arêtes, de
dimension égale au nombre d’arêtes du maillage. Si on note ne le nombre de faces (ou arêtes) du
maillage (i.e. la dimension de Fh ), les dimensions des matrices sont les suivantes :
– Ah : 4K × 4K,
– Bh : 4K × K,
– Ch : 4K × ne .
L’équation de bilan peut s’écrire (après assemblage de la matrice globale) :
(Bh )t Gh − Dh uh = Sh , (5.39)
où la matrice (Bh )t est la transposée de la matrice Bh , c’est donc une matrice par bloc de la
forme :
(Bh1 )t
0 0 ··· 0
0 (B 2 )t 0 ··· 0
h
(Bh )t = . .. .. .. .. (5.40)
. . . . . .
0 0 0 ··· (BhK )t
On a aussi les dimensions :
– (Bh )t : K × 4K,
– Dh : K × K.
Voici donc la structure globale de la matrice M (voir figure 5.6.2).
91
Chapitre 5. Discrétisation
Remarque 5.6.1
Autrement dit, numériquement, si on utilisait la matrice des vecteurs propres de Ah pour effectuer
le changement de base, la matrice finale serait constituée de (d−1)K colonnes de zéros et (d−1)K
lignes symétriques de zéros qui correspondraient à (d − 1)K zéros au second membre. On ne perd
donc pas d’"informations" sur la solution en effectuant ce changement de base.
où M̃ est une matrice 3 × 3 par blocs, symétrique mais indéfinie où Λh et −Dh sont des matrices
définies positives, B̃h et C̃h sont des matrices rectangulaires données par
C̃h
ΛK
h B̃hK G̃K
h
B̃h1 t 1
Dh u1h
B̃hK t K
Dh
0 uK
h
S
λ1h
t
C̃h 0 Lh
λbh
Matrice globale Vecteur des inconnues
On met alors en oeuvre une élimination de Gauss. Introduisons alors les matrices Eh = Dh +
B̃ht Λ−1 t −1
h B̃h (qui est une matrice diagonale) et Rh = C̃h Λh B̃h pour se ramener au système trian-
gulaire supérieur par blocs suivant
′
Λh B̃h C̃h G̃h F̃h
0 Eh Rh uh = Sh′ . (5.43)
0 0 Mh λh 0
92
5.6. Résolution matricielle
où Mhu,λ est symétrique définie positive. On peut aussi éliminer l’inconnue uh pour obtenir le
système linéaire suivant
Mhλ λh = Rh Eh−1 Sh + Rh Eh−1 B̃ht Λ−1 t −1
h F̃h + C̃h Λh F̃h (5.45)
dans lequel intervient le complément de Schur symétrique Mhλ = C̃ht Λ−1 −1 t
h C̃h − Rh Eh Rh .
Remarque 5.6.2
Dans la pratique, on élimine mailles par mailles d’abord les densités de courant angulaire puis
les valeurs du flux angulaire aux mailles. On utilise un algorithme du gradient conjugué pour
inverser le système final.
Dans ce qui suit, on nous décrivons le processus d’éliminations successives. Λh est diagonale
définie-positive, on peut donc écrire :
G̃h = Λ−1
h (−B̃h uh − C̃h λh + Vh Fh ),
Proposition 5.6.1
t
La matrice Dh + B˜h Λ−1
h B̃h de dimension K est diagonale et définie positive.
+ −
Démonstration - Notons respectivement αD et αD la plus grande et la plus petite valeur
+ −
propre de la matrice Dh symétrique définie positive et αΛ et αΛ la plus grande et la plus petite
valeur propre de la matrice Λh symétrique définie positive. Soit X ∈ RK , on a
(Dh X + B̃ht Λ−1 −1
h B̃h X, X)RK = (Dh X, X)RK + (Λh B̃h X, B̃h X)R2dK
− 1
≥ αD ||X||2RK + 2
+ ||X||RK
αΛ
≥ β0 ||X||2RK ,
− 1
où β0 = min(αD , + ) est une constante positive. Comme Ker B̃h = {0}, la matrice Dh +
αΛ
t
B˜h Λ−1 B̃h est symétrique définie positive. ¥
On peut donc écrire à présent un système équivalent à (5.42) où on a éliminé les inconnues G̃h :
(−Dh − B̃ht Λ−1 t −1 t −1
½
h B̃h )uh − B̃h Λh C̃h λh = B̃h Λh F̃h + Sh (5.46)
−C̃ht Λ−1 t −1 t −1
h B̃h u + (Lh − C̃h Λh C̃h )λ = C̃h Λh F̃h ,
soit sous forme matricielle :
−Dh − B̃ht Λ−1 t −1
µ ¶µ ¶ µ t −1 ¶
h B̃h −B̃h Λh C̃h uh
=
B̃h Λh F̃h + Sh
. (5.47)
−C̃ht Λ−1
h B̃h Lh − C̃ht Λ−1
h C̃h
λh C̃ht Λ−1
h F̃h
On notera
−Dh − B̃ht Λ−1 t −1
µ ¶
Mhu,λ =− h B̃h −B̃h Λh C̃h . (5.48)
−C̃ht Λ−1
h B̃h Lh − C̃ht Λ−1
h C̃h
u,λ
La matrice Mhu,λ est une matrice diagonale par blocs constituée de K blocs Mhk définis par
k − (B̃ k )t (Λk )−1 B̃ k −(B̃ k )t (Λk )−1 C̃ k
à !
u,λ −D
Mhk =− h
t
h
−1
h h h h
t
h
−1 . (5.49)
−(C̃hk ) (Λkh ) B̃hk Lh − (C̃hk ) (Λkh ) C̃hk
93
Chapitre 5. Discrétisation
Proposition 5.6.2
La matrice Mhu,λ est symétrique définie positive.
Démonstration - La matrice Mhu,λ est clairement symétrique (on rappelle que Λ−1
h est dia-
u,λ
gonale). Soit Qk un élément du maillage. Montrons que la matrice Mhk est symétrique définie
2d
positive. Soit alors u un élément de R et un vecteur λ de R , on écrit :
µ ¶ µ ¶
u,λ u u
p(u, λ) = Mhk ·
λ λ
t −1 t −1
³ ´ ³ ´
= (Dhk + (B̃hk ) (Λkh ) B̃hk )u, u + (B̃hk ) (Λkh ) C̃hk λ, u
R2d
t −1 t −1
³ ´ ³ ´
+ (C̃hk ) (Λkh ) B̃hk u, λ + −Lkh + (C̃hk ) (Λkh ) C̃hk λ, λ
R2d R2d
³ ´
+ +
≥ αD (u, u) + αΛ C̃hk λ + B̃hk u, C̃hk λ + B̃hk u
R2d
≥ α0 |u|2 + ||λ||2R2d ,
¡ ¢
où α0 est une constante positive. La matrice Mhu,λ est donc symétrique définie positive. ¥
t −1 ˜ t −1
h i
uh = (−Dh − B˜h Λ−1
h B̃h ) B Λ
h h C̃ λ
h h + B̃ t −1
Λ
h h F̃h + S h .
On en déduit que :
t −1 ˜ t −1
C˜h Λ−1 t −1 ˜ t −1
h B̃h (D + B̃ Λh B̃h ) Bh Λh C̃h λh − Ch Λh C̃h λh + Lh λh = Qh ,
L’intérêt de ces éliminations est de fournir une matrice Mhλ + Lh symétrique définie-positive et
donc facilement inversible à l’aide de techniques du type gradient conjugué.
λ t −1 t −1 t −1 t −1
(Mhk ) = C˜hk (Λkh ) B̃hk (Dh + B˜hk (Λkh ) B̃hk )−1 B˜hk (Λkh ) C̃hk − C˜hk (Λkh ) C̃hk .
Proposition 5.6.3
Mhλ + Lh est une matrice symétrique définie positive.
94
5.6. Résolution matricielle
Démonstration - Pour montrer que la matrice Mhλ + Lh est une matrice symétrique définie
positive, il suffit de montrer que la matrice Mhλ est une matrice symétrique définie positive car
la matrice Lh ne contient que des termes diagonaux positifs. La matrice Mhλ est clairement
symétrique. Comme dans la proposition 5.6.2, on considère un vecteur λ de R2d , on écrit
λ
³ ´
q(λ) = ((Mhk ) )λ, λ
µµ ¶ ¶
t t t t
˜k k −1 k ˜k k −1 k −1 ˜k k −1 k ˜k k −1 k
= Ch (Λh ) B̃h (Dh + Bh (Λh ) B̃h ) Bh (Λh ) C̃h − Ch (Λh ) C̃h λ, λ .
t t
Posons uλ = −(Dh + B˜hk (Λkh ) B̃hk )−1 B˜hk (Λkh ) C̃hk λ appartenant à R. On a donc
−1 −1
µ ¶ µ ¶
t −1 t −1
q(λ) = −C˜hk (Λkh ) B̃hk uλ , λ − C˜hk (Λkh ) C̃hk λ, λ .
µ ¶ µ ¶
t t
2 ˜ k −1 k ˜ k −1 k
||λ||2R2d k k
¡ ¢
= α0 |uλ | + − Bh (Λh ) C̃h λ, uλ + Bh (Λh ) C̃h λ, uλ
= α0 |uλ |2 + ||λ||2R2d
¡ ¢
≥ α0 ||λ||2R2d .
où α0 est la constante positive donnée dans la proposition 5.6.1. Ce qui termine la preuve. ¥
Bilan du chapitre 5
Nous avons présenté dans ce chapitre les propriétés essentielles liées à la discrétisation angu-
laire et spatiale de notre problème mixte abstrait. Nous avons mis en évidence une méthode de
résolution du système linéaire résultant. Nous allons à présent nous intéresser à des problèmes
de transport en régime de diffusion et nous allons en particulier caractériser le comportement
des formulations mixtes (continues, abstraites ou discrètes) dans de tels régimes.
95
Chapitre 5. Discrétisation
96
Chapitre 6
Sommaire
6.1 Approximations physiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
6.1.1 Etablissement d’une équation de diffusion . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
6.1.2 Approximation P1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
6.1.3 Conditions aux limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
6.2 Résultats d’approximation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
6.2.1 Changement d’échelle et régime de diffusion . . . . . . . . . . . . . . . . 100
6.2.2 Notion de limite de diffusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
6.2.3 Théorèmes d’approximation par la diffusion . . . . . . . . . . . . . . . . 101
6.3 Généralisation de l’approximation par la diffusion pour la formula-
tion mixte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
6.4 Analyse asymptotique discrète du schéma 1D . . . . . . . . . . . . . 105
6.4.1 Equation du transport 1D en régime de diffusion . . . . . . . . . . . . . 105
6.4.2 Éléments finis mixtes-hybrides pour le transport en 1D . . . . . . . . . . 106
6.4.3 Analyse de la limite diffusion discrète . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
6.4.4 Analyse limite diffusion sur la frontière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
6.4.5 Analyse d’un problème hétérogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
6.5 Analyse asymptotique discrète en dimension d > 1 . . . . . . . . . . 113
6.5.1 Propriétés des matrices élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
6.5.2 Limite diffusion du schéma mixte-hybride . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
6.6 Accélération par diffusion synthétique pour la formulation mixte . 119
6.6.1 Principe général de la DSA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
6.6.2 Algorithme de la DSA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
6.6.3 Remarques sur la discrétisation des opérateurs de transport et de diffu-
sion dans la DSA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
Sous certaines conditions physiques, typiquement lorsque le libre parcours moyen des parti-
cules est très petit devant les dimensions caractéristiques du domaine physique (on parle de milieu
diffusif ou opaque), la solution de l’équation de transport (2.37) est très “proche” de sa moyenne
angulaire. Cette solution peut alors être convenablement approchée par la solution d’une équa-
tion de diffusion. Dans de tels problèmes physiques, la résolution numérique de l’équation du
transport peut être très coûteuse. Dans ces situations, il apparaît donc avantageux de résoudre
une équation de diffusion, moins coûteuse à résoudre. Dans ce chapitre, nous précisons le concept
97
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
de milieu diffusif ou opaque et de la limite de diffusion d’un problème de transport. Nous rap-
pelons un résultat mathématique justifiant l’approximation de l’équation de transport par une
équation de diffusion dans de tels milieux. Nous généralisons ce résultat classique d’approxima-
tion de la diffusion au système mixte du transport. Nous étudions ensuite le comportement du
schéma mixte-hybride discret dans des milieux opaques et nous étudions son comportement sur
les bords d’un domaine diffusif et à l’interface entre un problème transparent (où l’approximation
de la diffusion n’est pas valide) et un milieu opaque en une dimension d’espace. Enfin, nous reve-
nons sur la technique d’accélération par diffusion synthétique évoquée dans le chapitre 1 et nous
montrons que cette technique peut être appliquée au schéma mixte-hybride pour le transport en
utilisant une discrétisation mixte-hybride de l’équation de diffusion associée.
Nous nous contentons ici de considérer le problème du transport à source monocinétique par
souci de simplicité. Les hypothèses physiques d’un milieu diffusif sont les suivantes :
1. Les sections efficaces sont isotropes σt = σt (x), σs = σs (x).
2. Les sources q et l’absorption σa = σt − σs sont faibles devant la section efficace totale σt .
3. La section efficace totale σt et le flux varient lentement.
~ = φ(0, Ω)
φ(x, Ω) ~ + xΩ
~ · ∇φ(0,
~ ~
Ω).
où
1
D≃ .
3σt
En intégrant l’équation du transport en angle, on obtient aussi que
~ · J~ + σa φ = q0 ,
∇
98
6.1. Approximations physiques
où q0 est la moyenne du flux angulaire de la source q. En injectant la loi de Fick dans cette
dernière équation, on trouve l’équation de diffusion :
~ · D∇φ
−∇ ~ + σ a φ = q0 .
6.1.2 Approximation P1
On suppose que la variation angulaire du flux angulaire est linéaire (on parle aussi d’approxi-
mation P1, voir chapitre 1). On écrit
~ = φ(x) + 3Ω
u(x, Ω) ~ · J(x),
~ (6.1)
où Z
φ= ~ ′ )dν(Ω
u(x, Ω ~ ′ ),
S2
~ on trouve
est le courant neutronique. Lorsqu’on intègre l’équation (1.35) sur les directions Ω,
l’équation de conservation ou de bilan neutronique :
~ · J(x)
∇ ~ + σa (x)φ(x) = q0 (x), (6.2)
~ 1 ~ ~
J(x) =− ∇φ(x) = −D∇φ(x), (6.3)
3σt
où D est appelé le coefficient de diffusion. Cette expression est connue sous le nom de loi de
Fick. On remarque que le courant est opposé au gradient du flux scalaire, ce qui signifie que
les neutrons ont tendance à diffuser des régions de haute densité neutronique vers les régions de
moins grande densité. Si on utilise la loi de Fick (6.3) pour éliminer le courant dans l’équation
de conservation (6.2), on obtient l’expression de l’équation de diffusion :
~ · D(x)∇φ(x)
−∇ ~ + σa (x)φ(x) = q0 (x). (6.4)
Dans un milieu diffusif, le flux scalaire solution de l’équation de transport (1.35) est approché par
le flux scalaire solution de l’équation de diffusion, nous présenterons dans les prochaines parties
les théorèmes mathématiques illustrant ce constat. Remarquons que cette équation de diffusion
traduit le comportement au premier ordre de la solution à l’intérieur d’un domaine considéré.
99
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
où Z
~ =
K0 u(x, Ω) ~ ′ , Ω)u(x,
f (x, Ω ~ ~ ′ )dν(Ω
Ω ~ ′ ).
S2
Le développement asymptotique utilisé dans un milieu diffusif consiste à supposer que le libre
parcours moyen est petit par rapport aux dimensions caractéristiques de D. On utilise donc le
changement de notations suivant (avec le petit paramètre ε > 0) :
σt (x) σs (x)
σ̄t (x) = , σ̄s (x) = .
ε ε
On suppose aussi que l’absorption est faible devant la section efficace totale de sorte que l’on ait
q̄ = ε2 q.
100
6.2. Résultats d’approximation
Théorème 6.2.1
Soit D un ouvert borné de R3 de frontière régulière, et soit f , σs et σa vérifiant :
~ Ω
f (Ω, ~ ′ ) = f (Ω~ ′ , Ω),
~ Ω, ~ Ω ~ ′ ∈ S 2,
Z
~ ′ , Ω)
f (Ω ~ dΩ ~ ′ = 1,
S2
~ Ω
∃β0 > 0, β1 > 0, β0 ≤ f (Ω, ~ ′ ) ≤ β1 ,
Lorsque les collisions sont isotropes (f ≡ 1), on montre que les coefficients aij vérifient
1
aij = δij ,
3σs
101
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
où δij est le symbole de Kronecker. Pour la preuve de ce théorème et ses extensions (notamment
sa généralisation au cadre Lp (X) et au problème d’évolution), nous renvoyons le lecteur à [42].
La preuve de ce théorème 6.2.1 s’appuie sur le lemme suivant (alternative de Fredholm) que nous
utilisons par la suite
Lemme 6.2.1
On suppose que les hypothèses du théorème 2.1.2 sont satisfaites. Soit h ∈ Lp (S 2 ), p ∈]1, +∞].
Pour qu’il existe une solution y dans Lp (S 2 ) de l’équation
(K0 − I)y + h = 0,
et nous nous bornerons au seul cadre L2 (X). On considère à présent le problème suivant :
~
∇ · ~g + σ̄t u = σ̄s K0 u + q̄
dans X,
³ ´ (6.11)
~ + σ̄t~g = Ω
PΩ ∇u
~ σ̄s K0 (Ω ~ · ~g ) + q̄ dans X,
102
6.3. Généralisation de l’approximation par la diffusion pour la formulation mixte
Théorème 6.3.1
Soit D un ouvert borné de R3 de frontière régulière, et soient σs et σa vérifiant :
vérifient :
||uε − U ||L2 (X) ≤ εCq , (6.15)
et
~ H(div,X) ≤ εCq′ ,
||~g ε − G|| (6.16)
où Cq et Cq′ sont des constantes positives indépendantes de ε.
Démonstration - Pour cette démonstration, on utilise la méthode dite du développement de
Hilbert. On écrit uε et ~g ε sous la forme suivante :
uε = u0 + εu1 + ε2 u2 + ψ ε , (6.17)
~g ε = ~g 0 + ε~g 1 + ε2~g 2 + ~Γε . (6.18)
103
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
~ 1 + σs~g2 − Ωσ
PΩ ∇u ~ s K0 (Ω
~ · ~g2 ) + σa~g0 − Ωq
~ = 0. (6.24)
L’équation (6.19) nous donne (d’après le lemme 6.2.1)
u0 = u0 (x),
et l’équation (6.20) implique
~ 0 (Ω
~g0 = ΩK ~ · ~g0 ),
soit Z
~ = 0.
~g0 dν(Ω)
S2
Pour satisfaire (6.21), on prendra (alternative de Fredholm)
1 ~
u1 = − ∇ · ~g0 + C, (6.25)
σs
~ L’équation (6.22) nous donne
où C est une constante indépendante de Ω.
~ s K0 (Ω
σs~g1 − Ωσ ~ · ~g1 ) = −PΩ ∇u
~ 0, (6.26)
~ on trouve
et, en utilisant l’alternative de Fredholm pour l’équation (6.22) projetée sur Ω,
~ 0 + ΩC,
σs~g1 = −PΩ ∇u ~
soit Z
~ ·
σa u0 + ∇ ~ = q,
~g1 dν(Ω) (6.28)
S2
où C est une constante indépendante de Ω. ~ On écrit alors le système vérifié par le couple (ψ ε , ~Γε )
ε ε
obtenu en remplaçant u et ~g par leurs développements en tenant compte de (6.19)-(6.24) :
~ · ~Γε + σt ψ ε − σs K0 ψ ε = εk1 ,
∇ dans X,
~ ε + σt ~Γε − Ωσ
~ s K0 (Ω~ · ~Γε ) = ε~k2 , dans X,
PΩ ∇ψ
(6.29)
ε
ψ = εk3 ,
−
sur Γ ,
~ε ~ ε ~
sur Γ+ ,
Γ − Ωψ = k4 ,
104
6.4. Analyse asymptotique discrète du schéma 1D
avec
~ · ~g2 − σa u1 − εσa u2 ,
k1 = −∇
~k2 = −PΩ ∇u
~ 2 − σa~g1 − εσa~g2 ,
(6.30)
k3 = −u1 − εu2 ,
~
k4 = ~0.
Les théorèmes de régularité des fonctions Hölderiennes permettent un contrôle en norme de ces
différentes quantités compte tenu des régularités de q, σs et σa . Le couple (ψ ε , ~Γε ) est donc
solution du problème mixte du transport (6.30) et, d’après le théorème 2.1.2 et en vérifiant que
~ 1 et ~g2 = Ωu
~g1 = Ωu ~ 2 , on a les estimations suivantes :
³ ´
||ψ ε ||L2 ≤ εC ||k1 ||L2 + ||k3 ||L2− ,
³ ´
||~Γε ||Y ≤ εC ||k1 ||L2 + ||k3 ||L2− .
∂u σt (x)
µ (x, µ) + u(x, µ)
∂x
µ ε ¶
σt (x)
= − εσa (x) φ(x) + εq(x) pour (x, µ) ∈ [0, L] × [−1, 1], (6.31)
ε
u(0, µ) = α(µ) pour µ > 0,
pour µ < 0.
u(L, µ) = β(µ)
105
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
où σt , σa et q sont indépendants de ε et
1
dµ
Z
φ(x) = u(x, µ) .
−1 2
Dans le cas où ε est petit devant la dimension caractéristique du domaine considéré, on parle
d’un problème opaque. On peut montrer que, lorsque ε tend vers zéro, le problème (6.31) tend
vers le problème de diffusion suivant
µ ¶
∂ 1 ∂φ(x)
− + σa φ(x) = q(x) pour x ∈ [0, L],
∂x 3σZt ∂x
φ(0) = 2 W (µ)α(µ)dµ, (6.32)
Zµ>0
φ(L) = 2 W (−µ)β(µ)dµ,
µ<0
où √
3
µH(µ),
W (µ) =
2
et H est la fonction de Chandrasekhar (voir [36]). On rappelle que l’on peut approcher la fonction
W par le polynôme
3
W (µ) ≃ W̄ (µ) = 0.956µ + 1.565µ2 ± 0.0035 ≃ µ + µ2 .
2
On trouvera plus de détails au sujet de ce résultat classique dans les travaux de [Link]
[63] par exemple.
On partitionne le domaine 1D, D = [0, L], en I intervalles [xi− 1 , xi+ 1 ] où 0 = x 1 < · · · < xi− 1 <
2 2 2 2
xi+ 1 < · · · < xI+ 1 = L.
2 2
On considère alors le schéma mixte-hybride lumpé (voir la remarque 6.4.1) de l’équation
mono-énergétique aux ordonnées discrètes du transport :
l r
i) gi+ 1
,m
+ gi− 1
,m
+ σt,i hi ui,m = hi σs,i φi + hi qi ,
2 2
σ h ´ µ σ h µm hi
³
t,i i l m s,i i l
2
ii) g + µ u − u i,m = φi+ 1 + q 1,
1
1 m i+ ,m
2 i+ ,m 2 2 i+ 2
2
2 2
σt,i hi r ³ ´ µm σs,i hi r µm hi (6.33)
iii) gi− 1 ,m + µ2m ui− 1 ,m − ui,m = − φi− 1 − q 1,
2 2 2 2 2 2 i− 2
l r
iv) gi− 1 ,m + gi− 1 ,m = 0,
2 2
v) g l 1 + g r 1 = 0,
i+ ,m2
i+ ,m
2
106
6.4. Analyse asymptotique discrète du schéma 1D
i) u 1 ,m = αm , µm > 0,
2
ii)
uI+ 1 ,m = βm , µm < 0,
iii)
2
g r1 ,m = −µm u 1 ,m , µm < 0, (6.34)
2
2
l
iv)
gI+ 1 = µm uI+ 1 ,m , µm > 0,
,m2 2
Remarque 6.4.1
Pour simplifier les notations, on considère une version "lumpée" du schéma mixte-hybride pour la
discrétisation en espace. C’est une procédure classique qui n’affecte pas les propriétés fondamen-
tales du schéma. Pour obtenir la discrétisation mixte-hybride classique, il convient de remplacer
les équations discrètes (6.33-ii) et (6.33-iii) par
µ ¶
1 l 1 r ³ ´
σt,i hi gi+ 1 ,m + gi− 1 ,m + µ2m ui+ 1 ,m − ui,m
3 2 6 2 2
µ ¶ µ ¶
1 l 1 1 1
= µm σs,i hi φi+ 1 + φri− 1 + µm hi qi+ 1 + qi− 1
3 2 6 2 3 2 6 2
et µ ¶
1 r 1 l ³ ´
σt,i hi gi− 1 ,m + gi+ 1 ,m + µ2m ui− 1 ,m − ui,m
3 2 6 2 2
µ ¶ µ ¶
1 l 1 r 1 1
= µm σs,i hi φ 1 + φ 1 + µm hi q 1+ q 1 .
3 i− 2 6 i+ 2 3 i− 2 6 i+ 2
Remarque 6.4.2
En utilisant la relation (6.33-iv), on peut éliminer la densité de courant angulaire pour obtenir un
schéma dans lequel n’intervient plus que les valeurs du flux angulaire aux noeuds et aux mailles.
2µ2m ³
´
−u + 2u − u i+ 2 ,m + σt,i hi ui,m
1 i,m 1
i− 2 ,m
σt,i hi
³ ´ µ ³ ´
m
= h σ φ + h q − µ c φ − φ − q − q i− 2 ,
i s,i i i i m i 1 1 1 1
i+ 2 i− 2
σt,i i+ 2
(6.35)
2µ 2 ³ ´ 2µm2 ³ ´
− m ui+ 1 ,m − ui,m −
ui+ 1 ,m − ui+1,m
σt,i hi σt,i+1 h
2 2
i+1
³ ´
= µm ci+1 φr 1 − µm ci φl 1 + µm 1 1
i+ i+ σt,i+1 − σt,i qi+ 1 ,
2 2 2
107
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
σs,i
où ci = est (définition) le taux d’absorption de la maille i.
σt,i
Remarque 6.4.3
Remarquons que la façon de définir les quantités φli+ 1 et φri+ 1 n’est pas usuelle (dans le sens
2 2
où intervient la densité de courant angulaire et non pas le flux angulaire comme dans la plupart
M
l,r
X
des schémas existants). On pourrait aussi utiliser l’expression φi+ 1 = wm ui+ 1 (c’est le cas
2 2
m=1
du schéma utilisé par [Link] [47]) mais dans ce cas, le comportement asymptotique près des
frontières dans un régime de diffusion de la solution discrète ne serait pas correctement capturé.
avec les conditions aux limites appropriées (6.34). Dans le but de réaliser notre étude asympto-
tique, on introduit les développements de Hilbert suivants
∞ ∞
(k) l,r l,r,(k)
X X
ui,m ≃ εk ui,m , gi+ 1
,m
≃ εk gi+ 1 ,m ,
2 2
k=0 k=0
∞ ∞ ∞
(k) (k) l,r,(k)
εk φi , φl,r
X X X
ui+ 1 ≃ εk ui+ 1 ,m , φi ≃ i+ 1
≃ εk φi+ 1 ,
2 2 2 2
k=0 k=0 k=0
dans les équations (6.33), on égalise alors les coefficients d’une même puissance de ε (ε−1 ,ε0 et
ε1 ), et on résout chacun des systèmes d’équations résultant. Les équations d’ordre O(ε−1 ) nous
donnent
(0) (0)
σt,i hi ui,m = σt,i hi φi , (6.37)
(0)
donc ui,m ne dépend pas de m (alternative de Fredholm discrète), on écrit :
(0)
ui,m = Ui , (6.38)
108
6.4. Analyse asymptotique discrète du schéma 1D
µ ¶
σt,i hi l,(1) (0) (0) σt,i hi l,(1)
gi+ 1 ,m + µ2m ui+ 1 ,m − ui,m = µm φi+ 1 , (6.40)
2 2 2 2 2
µ ¶
σt,i hi r,(1) (0) (0) σt,i hi r,(1)
g 1 + µ2m ui− 1 ,m − ui,m = −µm φi− 1 , (6.41)
2 i− 2 ,m 2 2 2
(0) (0)
um, 1 = αm , µm > 0, um,I+ 1 = βm , µm < 0, (6.43)
2 2
µ2m µ2m
µ ¶ µ ¶
(0) (0) (0) (0)
ui+ 1 ,m − ui,m + ui− 1 ,m − ui+1,m = 0, (6.45)
σt,i hi 2 σt,i+1 hi+1 2
soit
(0) σt,i+1 hi+1 Ui + σt,i hi Ui+1
ui+ 1 ,m = . (6.46)
2 σt,i hi + σt,i+1 hi+1
(0)
L’équation (6.46) montre que ui+ 1 ,m est isotrope pour les noeuds internes du maillage. On
2
introduit les notations suivantes (pour tout 1 ≤ i ≤ I − 1)
M
(0)
X
Ui+ 1 = 3µ2m wm ui+ 1 ,m , (6.47)
2 2
m=1
M
l,(1)
X
Gli+ 1 = wm gi+ 1 ,m , (6.48)
2 2
m=1
et
M
r,(1)
X
Gri− 1 = wm gi− 1 ,m . (6.49)
2 2
m=1
Par soucis de simplicité, on introduit une définition (6.47) qui n’est pas naturelle mais qui sim-
plifiera les calculs par la suite. Pour les noeuds internes, on peut utiliser indépendamment la
définition précédente de Ui+ 1 (6.47) ou
2
M
(0)
X
Ui+ 1 = wm ui+ 1 ,m , (6.50)
2 2
m=1
(0)
car ui+ 1 ,m est isotrope. Cependant, les calculs seront bien plus compliqués avec la définition
2
(6.50) mais le résultat final serait le même. En multipliant l’équation (6.46) par µ2m wm et en
sommant sur m, on a
109
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
σt,i hi r 1³ ´
Gi− 1 + Ui− 1 − Ui = 0, (6.53)
2 2 3 2
~ + 1 ∇U
G ~ =0 (6.54)
3σt
sauf sur les noeuds frontières (on étudiera le comportement du schéma aux bords dans le para-
graphe suivant).
Examinons à présent l’équation d’ordre O(ε1 )
l,(1) r,(1) (2) (2) (0)
gi+ 1 ,m + gi− 1 ,m + σt,i hi ui,m = σt,i hi φi − σa,i hi φi + hi qi . (6.55)
2 2
consistante avec les équations discrètes (6.52), (6.53) et la relation (6.54). On a donc montré que,
pour des problèmes diffusifs, la solution de l’équation de transport discrétisée par les éléments
finis mixte-hybride tend vers la solution de l’équation de diffusion associée discrétisée par les
éléments finis mixte-hybride. On remarque que le choix de φl,r i+ 1
n’influe pas sur le comportement
2
asymptotique du schéma pour les mailles internes. Nous allons à présent étudier le comportement
du schéma en régime de diffusion pour les mailles frontières.
En introduisant la condition frontière (6.34-iii) dans l’équation (6.36-iii), on obtient, pour µm <
0:
(0) r,(0) (0)
−µm u 1 ,m = g 1 ,m = −µm φ 1 . (6.58)
2 2 2
(0)
Le flux angulaire sur le bord u 1 ,m est donc isotrope pour µm < 0. On considère l’équation (6.36)
2
à l’ordre O(ε0 ) sur la frontière gauche
µ ¶
σt,1 h1 r,(1) 2 (0) (0) σt,1 h1 X wm r,(1)
g 1 ,m + µm u 1 ,m − u1,m = µm g1 . (6.59)
2 2 2 2 m
µm 2 ,m
1 r,(1)
L’alternative de Fredholm discrète pour µm g 1 ,m implique
2
µ ¶
(0) (0)
X
wm µm u 1 ,m − u1,m = 0. (6.60)
2
m
110
6.4. Analyse asymptotique discrète du schéma 1D
(0)
Or, on a montré que u1,m est isotrope donc
(0)
X
wm µm u 1 ,m = 0,
2
m
soit
(0)
X X
wm µm αm + wm µm u 1 ,m = 0.
2
µm >0 µm <0
(0) (0)
De plus, u 1 ,m est isotrope pour µm < 0 et u 1 ,m = αm pour µm > 0, l’équation (6.60) devient
2 2
(0)
X
u 1 ,m = 4µm wm αm , (6.61)
2
µm >0
car
X 1
µm wm = − .
4
µm >0
(0)
L’équation (6.61) fournit une expression de u 1 ,m pour µm < 0. En utilisant les conditions aux
2
limites (6.34-i), on a
(0)
X X
U1 = 3µ2m wm αm + 3µ2m wm u 1 ,m . (6.62)
2 2
µm >0 µm <0
C’est une bonne approximation de la condition de Dirichlet donné par la fonction de Chandra-
sekhar du problème de diffusion.
On cherche à obtenir une expression de la condition de Dirichlet sur l’interface pour l’équation
de diffusion issue de l’analyse asymptotique du problème dans la région diffusive.
111
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
Les courants entrant et sortant sont donc couplés sur l’interface. De plus, la condition aux limites
transport sur la frontière correspondant aux directions sortantes du domaine transparent (i.e.
pour µm positif) devrait s’écrire
l
gi+ 1
,m
= µm ui+ 1 ,m ,
2 2
mais ce n’est pas le cas avec le schéma mixte-hybride. Si on effectue le changement d’échelle
représenté sur la figure 6.4.5 et si on introduit un développement de Hilbert de la solution
discrète comme dans ce qui précède, on obtient
l r,(0) r,(0)
gi+ 1
,m
= −gi+ 1 ,m = µm φi+ 1 .
2 2 2
On ne résout donc pas le bon problème de transport dans la région transparente car ui+ 1 ,m 6=
2
σt
σt , σa , q ε
, εσa , εq
r,(0)
φi+ 1 pour µm > 0. Les résultats numériques montrent que la condition de Dirichlet obtenue par
2
le schéma mixte-hybride est une pondération en 3µ2 du flux entrant sur l’interface au lieu de
3 2
2 µ + µ (voir figure 7.6 et les résultats numériques de [47]). Nous proposons dans la section qui
suit une technique permettant d’obtenir de meilleurs résultats sur l’interface.
et
r
gi+ 1
,m
= −µm ui+ 1 ,m , pour µm < 0. (6.64)
2 2
112
6.5. Analyse asymptotique discrète en dimension d > 1
de la région transparente (i.e. pour µm > 0) et en supposant que la région transparente est
suffisamment finement maillée, on trouve
µm uei+ 1 ,m = gi+
l
1
,m
. (6.65)
2 2
1 r
En utilisant la relation (6.64) sur le noeud i + 2 et l’expression de gi+ 1
,m
sur la maille i + 1, on
2
obtient à l’ordre zéro pour µm < 0 :
(0) r,(0) r,(0)
−µm ui+ 1 ,m = gi+ 1 ,m = −µm φi+ 1 . (6.66)
2 2 2
(0)
Alors, pour µm < 0, ui+ 1 ,m est isotrope.
2
En considérant l’équation (6.36) d’ordre O(ε0 ) pour l’interface du côté de la maille i + 1, on
obtient
µ ¶
σt,i+1 hi+1 r,(1) 2 (0) (0) σt,i+1 hi+1 X wm r,(1)
gi+ 1 ,m + µm ui+ 1 ,m − ui+1,m = µm g 1 . (6.67)
2 2 2 2 m
µm i+ 2 ,m
1 r,(1)
En utilisant l’alternative de Fredholm discrète pour µm gi+ 1 ,m , on a
2
µ ¶
(0) (0)
X
wm µm ui+ 1 ,m − ui+1,m = 0. (6.68)
2
m
(0)
qui est une expression explicite de ui+ 1 ,m pour µm < 0. De plus, en utilisant encore la relation
2
(6.34-i) on trouve
(0)
X X
Ui+ 1 = 3µ2m wm uei+ 1 ,m + 3µ2m wm ui+ 1 ,m . (6.70)
2 2 2
µm >0 µm <0
On obtient donc une approximation correcte de la condition de Dirichlet sur l’interface pour
l’équation de diffusion approchant le problème de transport dans la région diffusive en utilisant
une technique de décomposition de domaine comme montré dans le chapitre suivant sur la figure
7.6.
113
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
donnée interne d’une discrétisation Dh de l’espace physique D. On reprend les matrices intro-
duites au chapitre 5 mais on omet les indices h et k pour simplifier les notations. On commence
par introduire une quadrature QM = {Ω ~ m , wm ; m = 1, . . . , M } pour la discrétisation en angle
~ de sorte que
Ω
M M M
~ m wm = ~0, ~ m wm = 1 [Id].
~m ⊗Ω
X X X
wm = 1, Ω Ω
3
m=1 m=1 m=1
On suppose que les sections efficaces sont indépendantes de m. On considère une maille interne
Qk ∈ Dh et on s’intéresse à la discrétisation mixte-hybride du transport locale à la maille
Qk , on indice par m les matrices élémentaires et les vecteurs inconnues de sorte à illustrer
leur dépendance angulaire. On note donc Am = {(Am )ab }1≤a,b≤2d , Bm = {(Bm )ab }1≤a,b≤2d ,
Cm = {(Cm )ab }1≤a,b≤2d , Dm , S et Fm = {(Fm )a }1≤a≤2d données par
Z ³ ´³ ´
(Am )ab = σt,k ~m ·w
Ω ~a Ω ~m ·w
~ b dx., (6.72)
Qk
2d Z
~ m · ~nk,j )(Ω
~m ·w
X
(Bm )a = − (Ω ~ k,a ) ds, (6.73)
j=1 Γk,j
Z
(Cm )ab = (Ω~m · ~nk,b )(Ω~m · w
~ k,a ) ds, (6.74)
Γk,b
Z
Dm = σt,k dx = σt,k Vk (6.75)
Qk
Z
(Fm )a = ~ ·w
qk (Ω ~ k,a ) dx et S = qk Vk (6.76)
Qk
σs,k Rm M
P
Am Bm Cm Gm Fm m ′ =1 wm′ Km′ Gm′
Bm t −Dm 0 um = −S + −σs,k Vk PM′ wm′ um′ , (6.77)
m =1
Cm t 0 0 λh 0 0
~ m · ~nk,i ),
(Km )ij = δij (Ω
114
6.5. Analyse asymptotique discrète en dimension d > 1
Proposition 6.5.1
La matrice Am s’écrit comme un produit de deux matrices Am = σt,k Ad Tm où la matrice Ad =
{(Ad )ab }1≤a,b≤2d est indépendante de m et est donnée par
Z
(Ad )ab = ~a · w
(w ~ b ) dx.
Qk
Proposition 6.5.2
La matrice Bm s’écrit comme un produit de deux matrices Bm = Cm Bd où la matrice Bd =
{(Bd )a }1≤a≤2d est indépendante de m et est donnée par
2d Z
X
(Bd )a = − (~nk,j · w
~ k,a ) ds = −1.
j=1 Γk,j
Proposition 6.5.3
La matrice Cm s’écrit comme un produit de deux matrices Cm = Cd Cm où la matrice Cd =
{(Cd )ab }1≤a,b≤2d est indépendante de m et est composée des éléments
Z
(Cd )ab = (~nk,b · w
~ k,a ) ds = δab .
Γk,b
Dm = Da + Ds
où Z
Da = σa,k dx,
Qk
et Z
Ds = σs,k dx.
Qk
En utilisant les propositions 6.5.1, 6.5.2 et 6.5.3 on peut écrire le système (6.77) de la façon
suivante :
σs,k Rm M
P
σt,k Ad Tm Cm Bd Cm Gm Fm m′ =1 wm′ Km′ Gm′
Cm Bd t −Da − Ds 0 um = −S + −σs,k Vk PM′ wm′ um′ .
m =1
(Cm )t 0 0 λh 0 0
(6.78)
Nous allons maintenant nous intéresser aux propriétés de ce système linéaire et de ses solutions
en régime de diffusion.
115
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
Lemme 6.5.1
Soit v = (vj )1≤j≤2d appartenant au sous-espace de dimension finie Y0 (Qk ) pour une direction
~ m fixée alors
Ω
Tm v = Cm t v.
Tm v = (Ad )−1 Am v = Cm t v.
Am v = Ad Cm t v.
Calculons tout d’abord la composante i notée (Am v)i du vecteur Am v de dimension 2d.
2d Z
~m ·w ~m ·w
X
(Am v)i = (Ω ~ k,i )(Ω ~ k,j )vj dx
j=1 Qk
Z
= ~ k,i · PΩm ~v dx.
w
Qk
Z 2d Z
~ m · ~nk,j ) ~ m · ~v ) ds dx
X
= ~ k,i ·
w w
~ k,j (Ω (Ω
Qk j=1 Γk,j
Z X2d Z
= ~ k,i ·
w w
~ k,j (~nk,j · ~v ) ds dx
Qk j=1 Γk,j
Z
= ~ k,i · PΩm ~v dx.
w
Qk
116
6.5. Analyse asymptotique discrète en dimension d > 1
Lemme 6.5.2
Soit Cm définie par (6.74) alors
M
X 1
wm Cm = IR2d .
3
m=1
Démonstration - On calcule
M M Z
(Ω~m · ~nk,b )(Ω~m · w
X X
wm (Cm )ab = wm ~ k,a ) ds
m=1 m=1 Γk,b
Z M
X
= wm (PΩm ~nk,b · w
~ k,a ) ds
Γk,b m=1
1
Z
= δab ~nk,b · w
~ k,a ds
3 Γk,b
1
= δab 2 .
3
¥
Proposition 6.5.4
La solution (Gεm , uεm , λεm ) du problème du transport en régime diffusif discrétisé sur une maille
donnée Qk de Dh par la méthode des éléments finis mixtes-hybrides :
σs,k
i) Ad Tm Gεm + εσa,k Ad Tm Gεm + Cm Bd uεm + Cm λεm
ε
M
σs,k
X
wm′ Km′ Gεm′ ,
= εFm + Rm
ε ′ m =1
(6.79)
M
1 σs,k
X
t t ε ε ε
ii) B C G − D u − εD u = −εS − V wm′ uεm′ ,
d m s m a m k
m
ε ε
m′ =1
iii) C t Gε = 0,
m
tend (formellement) quand ε tend vers 0 vers la solution (Gd , ud , λd ) du problème de diffusion
associé discrétisé sur la maille Qk de Dh par la méthode des éléments finis mixtes-hybrides :
1 1
i) Ad Gd + Bd ud + Cd λd = 0,
3 3
ii) (Bd )t Gd − Da ud = −S, (6.80)
iii) (Cd )t Gd = 0,
117
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
M
X
σs,k Ad Tm G0m = σs,k Rm wm′ Km′ G0m′ , (6.81)
m′ =1
M
X
Ds u0m = σs,k Vk wm′ u0m′ , (6.82)
m′ =1
M
X
σs,k Ad Tm G1m + Cm Bd u0m + Cm λ0m = σs,k Rm wm′ Km′ G1m′ , (6.83)
m′ =1
M
X
Bd t Cm t G0m − Ds u1m = −σs,k Vk wm′ u1m′ , (6.84)
m′ =1
M
X
σs,k Ad Tm G2m + σa,k Ad Tm G0m + Cm Bd u1m + Cm λ1m = Fm + σs,k Rm wm′ Km′ G2m′ , (6.85)
m′ =1
M
X
Bd t Cm t G1m − Ds u2m − Da u0m = −S − σs,k Vk wm′ u2m′ . (6.86)
m′ =1
le flux angulaire au centre de la maille Qk est donc isotrope (i.e. indépendant de m).
On multiplie l’équation (6.81) par wm et on somme sur m pour obtenir :
M
X
Ad wm Tm G0m = 0. (6.87)
m=1
D’autre part, multiplions l’équation (6.83) par wm et sommons sur m, on obtient en utilisant le
fait que u0m est isotrope et le lemme 6.5.2, on obtient
M M
X 1 1X
σs,k Ad wm Tm G1m + Bd u0m + 3wm Cm λ0m = 0. (6.88)
3 3
m=1 m=1
118
6.6. Accélération par diffusion synthétique pour la formulation mixte
On note aussi que la condition d’existence d’une solution u1m pour l’équation (6.84) (alternative de
Fredholm discrète) est automatiquement satisfaite par (6.87). On s’intéresse à présent à l’équation
(6.86), une condition d’existence (alternative de Fredholm discrète) d’une solution u2m s’écrit
M
X
Bd t wm Cm t G1m − Da u0m = −S.
m=1
Ce qui nous donne (6.80-ii) avec les conditions (6.89). On obtient aussi (6.80-iii) en utilisant le
lemme 6.5.1
XM
Cd Gd = wm Cm t G1m = 0,
m=1
où Cd = IR2d et en remarquant que
M
X M
X
Gd = wm Cm t G1m = wm Tm G1m .
m=1 m=1
Remarque 6.5.1
On obtient le résultat de limite diffusion discret sur le système linéaire global en utilisant la
proposition 6.5.4 associée à un assemblage de la matrice globale et la technique de résolution
du système linéaire présentée dans le chapitre 5. Il convient néanmoins de porter attention aux
conditions aux limites discrètes, ce que nous n’avons fait qu’en dimension d = 1.
(6.90)
u = 0, sur Γ− ,
Pour résoudre ce système (notamment lorsque l’on utilise la méthode des ordonnées discrètes),
on utilise l’algorithme de la source itérée suivant (présenté au chapitre 1),
(6.91)
i+1 −
u = 0, sur Γ ,
119
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
où ui est le flux angulaire calculé à l’itération i, i ≥ 1, et u0 est un flux angulaire initial donné
(en général 0). Remarquons que pour toute étape du processus itératif, on peut écrire la solution
exacte du problème de transport associé
où
δui+1 = ui+1 − ui .
L’utilisation de la relation (6.92) requiert l’inversion de l’opérateur L−K, ce qui revient à résoudre
directement le problème de transport initial, ce que l’on cherche précisément à éviter en utilisant
le processus itératif (6.96). L’idée est donc de remplacer l’opérateur (L − K)−1 dans (6.92) par
un opérateur D̃−1 qui soit plus facile à calculer et qui fournisse une bonne approximation de la
solution de (6.90). La méthode d’accélération par diffusion synthétique consiste donc à utiliser
pour D̃ l’opérateur de l’équation de diffusion approchant (6.90). Pour chaque étape du processus
itératif (6.96), on utilise donc une étape intermédiaire permettant d’aboutir à la relation suivante
et
1 1
Γi+ 2 = K0 (u − ui+ 2 ) (6.94)
En pratique, on utilise l’algorithme suivant (faisant intervenir une étape supplémentaire pour
chaque étape du système (6.96)) : on commence par résoudre le problème
1
Lui+ 2 = Kui + q, dans X,
(6.95)
ui+ 21 = 0,
sur Γ− ,
où ui est le flux angulaire calculé à l’itération i, i ≥ 1, et u0 est un flux angulaire initial donné
1
(en général 0). On résout alors un problème de diffusion pour Γi+ 2 tel que
µ ¶
1 ~ i+ 1
1 1 1
i+
D̃Γ 2 = −∇ ·
~ ∇Γ 2 + σa Γi+ 2 = K(ui − ui+ 2 ), dans D,
3σt
(6.96)
i+ 1
Γ 2 = 0, sur ∂D.
On définit alors
1 1
ui+1 = ui+ 2 + Γi+ 2 .
On poursuit alors le processus itératif jusqu’à convergence.
120
6.6. Accélération par diffusion synthétique pour la formulation mixte
Bilan du chapitre 6
Nous avons donc montré dans ce chapitre que la formulation mixte possédait bien la limite
de diffusion de même que le schéma mixte-hybride qui en découle. Nous avons explicités quelques
propriétés essentielles du schéma en régime de diffusion et nous avons présenté la méthode d’ac-
célération par diffusion synthétique qui lui est associée. Nous allons ensuite présenter quelques
résultats numériques visant à illustrer les propriétés énoncées dans ce chapitre et dans les cha-
pitres précédents.
121
Chapitre 6. Approximation par la diffusion
122
Chapitre 7
Résultats numériques
Sommaire
7.1 Problèmes en une dimension d’espace . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
7.1.1 Résultats dans un milieu purement absorbant . . . . . . . . . . . . . . . 124
7.1.2 Résultats dans le vide : résultats aux interfaces . . . . . . . . . . . . . . 124
7.1.3 Résultats en milieux diffusifs, ε-problème . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
7.1.4 Problèmes pour des milieux hétérogènes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
7.1.5 Cas d’un problème à incidence normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
7.1.6 Cas d’un problème à incidence rasante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
7.2 Problèmes en deux dimensions d’espace . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
7.2.1 Problèmes pour une direction angulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
7.2.2 Cas d’une source anisotrope : comparaison avec une solution exacte . . 140
7.2.3 ε-problème bidimensionnel et conditions de réflexion spéculaire . . . . . 141
Nous présentons dans ce chapitre quelques résultats numériques permettant d’illustrer les
propriétés du schéma aux éléments finis mixtes-hybrides pour le transport. Nous nous intéressons
dans un premier temps à des résultats en une dimension d’espace pour des milieux homogènes ou
hétérogènes. Nous étudions l’ordre de convergence de la méthode. Nous comparons les estimations
d’erreurs obtenues numériquement aux estimations théoriques présentées au chapitre 4. Nous
montrons ensuite des résultats obtenus en deux dimensions d’espace. Nous nous attachons à
illustrer les propriétés asymptotiques du schéma présentées au chapitre 6 et nous comparons les
résultats obtenus avec notre schéma mixte-hybride aux résultats obtenus avec un schéma DSN
(voir section 1.7.1) sur un maillage cartésien. Nous utilisons enfin des maillages non structurés
très déformés pour apprécier la qualité de l’approximation obtenue sur de tels maillages. Nous
illustrons aussi l’amélioration de la convergence du système itératif de la source itérée utilisant
un algorithme d’accélération par diffusion synthétique.
123
Chapitre 7. Résultats numériques
intéressons enfin à des milieux hétérogènes et au comportement du schéma aux interfaces entre
différents milieux (en particulier entre un milieu transparent et un milieu opaque).
Nous considérons donc le cas d’un problème purement absorbant sans collisions (σs = 0). La
1
dsn : 10 mailles
mixtes-hybrides : 10 mailles
solution de reference
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
124
7.1. Problèmes en une dimension d’espace
Interface vide-matière
On considère le problème suivant :
∂u
(x) + σ(x)u(x) = 0 pour x ∈ [0, 1],
∂x
u(0) = 1,
(7.2)
σ(x) = 0 pour x ∈ [0, 0.5],
pour x ∈ [0.5, 1].
σ(x) = 1
La résolution de ce problème a été effectuée à l’aide du code mixte-hybride 1D pour 100 mailles
sur deux sous-domaines. On résout d’abord le problème de gauche (i.e. dans le sens de parcours
de µ = 1) puis on assure la transmission en imposant une condition de Dirichlet pour le problème
de droite en utilisant la valeur du flux angulaire calculée dans le problème du transport à gauche.
La figure 7.2 présente les résultats numériques obtenus et illustre le bon comportement du schéma
sur ce type de problèmes.
1
mixtes-hybrides
solution exacte
0.95
0.9
0.85
0.8
0.75
0.7
0.65
0.6
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
position
Interface matière-vide
On considère ici le problème suivant symétrique du problème précédent :
∂u
(x) + σ(x)u(x) = 0 pour x ∈ [0, 1],
∂x
u(0) = 1,
(7.3)
σ(x) = 1 pour x ∈ [0, 0.5],
pour x ∈ [0.5, 1].
σ(x) = 0
125
Chapitre 7. Résultats numériques
La figure 7.3 présente le résultat obtenu qui confirme le choix de décomposition de domaine
proposé au paragraphe 2.2.3.
1
mixtes-hybrides
solution exacte
0.95
0.9
0.85
0.8
0.75
0.7
0.65
0.6
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
position
Nous présentons ici les résultats obtenus à l’aide de la méthode des éléments finis mixtes-
hybrides en géométrie 1D dans le cadre d’un régime diffusif. Nous considérons donc le problème
suivant :
∂u(x, µ) σt (x)
µ + u(x, µ)
· ∂x ε ¸
σt (x)
= − εσa (x) φ(x) + εq(x), pour 0 < x < 1 et − 1 ≤ µ ≤ 1
ε
u(0, µ) = ug (µ), 0 < µ ≤ 1, (7.4)
u(1, µ) = ud (µ), −1 ≤ µ < 0.,
1 1
Z
u(x, µ′ ) dµ′ .
φ(x) =
2 −1
Ainsi, quand ε tend vers 0, on peut montrer (voir [53]) que la solution du problème (7.4)
satisfait aux conditions suivantes :
126
7.1. Problèmes en une dimension d’espace
d 1 d
− φ(x) + σa (x)φ(x) = q(x),
dx 3σt (x) dx
Z 1
φ(0) = 2 W (µ)ug (µ)dµ, (7.6)
0
Z 0
φ(1) = 2 W (−µ)ud (µ)dµ,
−1
où, dans l’équation (7.5), x0 et x1 sont des points fixés arbitrairement sur l’intervalle [0,1] ; ce
résultat n’est généralement pas valable près de x = 0 et x = 1 car les conditions aux limites
d’ordre O(ε) apparaissent dans la solution de l’équation de transport mais qui n’existent√pas dans
la solution du problème de diffusion simple. Comme on l’a vu précédemment, W (µ) = 23 µH(µ)
où H(µ) est la fonction de Chandrasekhar (voir paragraphe 6.1.3).
Lorsque ε tend vers zéro, on peut comparer la solution du cas test (7.4) à la solution de
l’équation de diffusion associée (pour σt = 1 et ub = 0) :
1 d2
− φ(x) = 1
3 dx2
Sur le tableau 7.8, on illustre l’efficacité de la méthode d’accélération par diffusion synthétique,
pour différentes valeurs de ε pour un pas d’espace fixé ∆x = 0.001, on compare le nombre
127
Chapitre 7. Résultats numériques
0.4
solution asymptotique
10 mailles
100 mailles
0.35 1000 mailles
0.3
0.25
0.2
0.15
0.1
0.05
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
0.5
eps=0.0001
eps=0.001
0.45 eps=0.01
eps=0.1
solution asymptotique
0.4
0.35
0.3
0.25
0.2
0.15
0.1
0.05
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
128
7.1. Problèmes en une dimension d’espace
d’itérations obtenues par la méthode de la source itérée sans et avec la technique d’accélération
par diffusion synthétique.
où
pour 0 < x < 1
½
2,
σt (x) = (7.10)
100, pour 1 < x < 2,
pour 0 < x < 1
½
0,
σs (x) = (7.11)
100, pour 1 < x < 2.
La configuration spatiale de ce problème est donc séparée en deux parties distinctes, la première
purement absorbante (avec un libre parcours grand devant les dimensions caractéristiques du
domaine) et la seconde diffusive (avec un libre parcours très petit par rapport aux dimensions
géométriques du problème). On impose un flux entrant u(x, µ) = 1 isotrope dans la partie
absorbante du domaine qui est atténué en un flux anisotrope u(x, µ) = e−2x/µ à l’entrée dans la
région opaque. On observe alors un phénomène de couche limite à l’interface milieu transparent-
milieu opaque où le flux de neutrons tend à ”s’isotropiser”. On résout ce problème en utilisant un
découpage angulaire S16 et nous préciserons par la suite le pas d’espace utilisé pour chaque figure.
Notons que si l’on ne maille pas suffisamment finement dans la région opaque, le nombre de libre
parcours par maille devient suffisamment prohibitif pour que la condition aux limites obtenue
en x = 2 ne soit pas la bonne (voir [Link] et [Link] [54, 55]). La solution de référence
est obtenue à partir du schéma diamant aux différences finies (DSN) pour un pas d’espace
∆x = 0.001. Sur la figure 7.6, on montre que pour des maillages de l’espace suffisamment fins, les
129
Chapitre 7. Résultats numériques
0.16
solution de reference
mixtes-hybrides en decomposition de domaine
0.15 mixtes-hybrides
DSN
0.14
0.13
0.12
0.11
0.1
0.09
0.08
0.07
0.06
0.6 0.8 1 1.2 1.4
Fig. 7.6 – Flux scalaire pour le premier cas test de Larsen et Morel
solutions obtenues par les schémas DSN et mixte-hybride tendent bien vers la solution exacte.
[Link] et [Link] ont montré que le schéma DSN retranscrivait bien le comportement
à l’interface même pour un maillage grossier dans la région diffusive. La condition de Dirichlet
obtenue sur l’interface pour le problème de diffusion est une pondération en 32 µ2 + µ du flux
angulaire anisotrope entrant, ce qui est une bonne approximation de la condition de Dirichlet
donnée par la fonction de Chandrasekhar. Cependant, on observe de fortes oscillations de la
solution DSN autour de la couche limite. Avec le schéma mixte-hybrides, comme nous l’avons
montré au chapitre 6, la solution de diffusion n’est pas bien capturée. Il s’agit d’un inconvénient
majeur du schéma. Cependant, nous avons montré qu’en résolvant deux problèmes de transport
couplés sur les deux domaines, on peut alors capturer le bon comportement à l’interface (voir
figure 7.6).
130
7.1. Problèmes en une dimension d’espace
Le système est décomposé en deux régions. La première région est composée de 1000 libres
parcours moyen avec de l’absorption et une source intérieure. La seconde région est purement
diffusive sans aucune source.
1.2
solution de reference
mixtes-hybrides : 10 mailles
dsn : 10 mailles
mixtes-hybrides en decomposition de domaine : 10 mailles
1
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
131
Chapitre 7. Résultats numériques
vers x = 1. Bien que la première région ne soit pas totalement diffusive car σa n’est pas assez
petit, la solution donnée par l’approximation de la diffusion est cependant très précise.
On résout ce problème en utilisant une quadrature angulaire S8 et en comparant deux cas à
une solution de référence donnée par le schéma DSN pour un nombre de mailles suffisamment
grand (1000 mailles).
1. cas du schéma DSN pour 10 mailles,
2. cas du schéma mixte-hybride pour 10 mailles,
3. cas du schéma mixte-hybride pour 10 mailles avec décomposition de domaine.
On constate sur la figure 7.7 que la solution mixte-hybride (cas 2) ne traduit pas le comportement
dans la région de diffusion pour un maillage grossier. Pour un maillage fin, le schéma fournit tout
de même une très bonne approximation de la solution. Le schéma DSN oscille autour de la solution
de référence lorsque le maillage n’est pas assez fin. Dans le cas 3, le schéma mixte-hybride utilisé
en décomposition de domaine permet d’obtenir une excellente approximation de la solution de
(7.12) même pour un maillage grossier. Nous retrouvons ainsi les résultats du chapitre 6.
Ce problème correspond donc au cas d’un flux entrant “ponctuel” sur le bord gauche du domaine
dans une direction normale. La solution de ce problème traduit un effet de couche limite sur
le bord gauche qui exprime l’entrée dans un domaine diffusif (une région isotrope avec un libre
parcours très petit) d’un flux entrant très anisotrope. Dès que l’on s’éloigne de cette couche limite
le flux angulaire redevient très isotrope et il est très bien approché par l’équation de diffusion
associée. Ce cas est très intéressant pour comparer le comportement de schémas numériques pour
le transport (même ceux qui possèdent la limite de diffusion) sur des maillages très grossiers.
En effet, pour un nombre de mailles faible, l’effet de couche limite ne peut être retranscrit, les
résultats obtenus sont donc médiocres même si la région diffusive est majoritaire. La question
est donc de savoir si les schémas numériques retrouvent un bon niveau de précision à la sortie
de la couche limite. La figure 7.8 présente les résultats obtenus par les schémas mixtes-hybrides
et DSN pour 10 mailles en comparaison d’une solution de référence obtenue sur un maillage
très fin par le schéma DSN et mixte-hybride. Dans notre analyse théorique des conditions aux
limites en régime diffusif 1D, nous avons montré que le schéma mixte-hybride satisfaisait à une
condition aux limites pondérée par 32 µ2 + µ. Le schéma DSN satisfaisait à une condition aux
limites pondérée par 32 µ2 + µ qui est très proche de la pondération donnée par la fonction de
Chandrasekhar (6.6). Le profil donné par le schéma DSN pour des maillages grossiers permet de
132
7.1. Problèmes en une dimension d’espace
2.5
reference
mixtes-hybrides 10 mailles
DSN 10 mailles
mixte gesh 10 mailles
1.5
flux scalaire
0.5
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
position
garder le même niveau que la solution exacte. En revanche, on retrouve toujours les oscillations du
schéma DSN. Le schéma mixte-hybride donne d’excellents résultats dans ce problème à incidence
normale. Remarquons que la méthode mixte proposée par [Link] [47] ne permet pas de décrire
convenablement la couche limite (la condition aux limites de [Link] n’est pas une pondération
en 32 µ2 + µ, voir figure 7.8).
Ce problème correspond donc au cas d’un flux entrant “ponctuel” sur le bord gauche du domaine
dans une direction rasante (µ proche de zéro). De la même manière que précédemment, la solution
de ce problème traduit un effet de couche limite sur le bord gauche qui exprime l’entrée dans
un domaine diffusif (une région isotrope avec un libre parcours très petit) d’un flux entrant très
anisotrope. Le profil donné sur la figure 7.9 par le schéma DSN pour des maillages grossiers
permet toujours de garder le même niveau que la solution exacte malgré les oscillations. Le
133
Chapitre 7. Résultats numériques
0.04
mixtes Gesh : 10 mailles
DSN : 10000 mailles
mixtes-hybrides : 10000 mailles
0.035 mixtes-hybrides : 10 mailles
DSN : 10 mailles
0.03
0.025
0.02
0.015
0.01
0.005
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
schéma mixtes-hybrides donne une excellente approximation de la solution exacte sur un maillage
grossier. Ce n’est pas le cas de la méthode mixte de [Link] [47].
134
7.2. Problèmes en deux dimensions d’espace
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
135
Chapitre 7. Résultats numériques
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
136
7.2. Problèmes en deux dimensions d’espace
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Second problème
On considère ici un problème présenté dans la thèse de [Link] [59]. On veut résoudre le
problème suivant :
1 2
· ¸
~ ~
Ω · ∇u(x) + u(x) = q(x), pour x = (x1 , x2 ) ∈ D = 0, ,
2
µ ¶
1 1
~
Ω = (Ω1 , Ω2 ) = √ , √
3 3 (7.19)
u = 0, sur ∂D, ~
Ω · ~
n < 0,
Ω x + Ω x
q(x) = 2 1 2 12 2 + arctanh(x1 x2 ).
1 − x1 x2
Le second membre q a été choisi pour que la solution exacte du problème (7.19) soit donnée par
On cherche à tester la précision du schéma mixte-hybride sur des maillages déformés représentés
sur les figures 7.15 et 7.16. On cherche aussi à comparer l’erreur relative du schéma mixte-hybride
aux erreurs relatives des schémas aux éléments finis continus et discontinus données dans [59].
On définit l’erreur entre la solution approchée uh et la solution exacte u par :
1
2
X
Erreur = (u(Gk ) − uh (Gk ))Vk ,
Qk ∈Dh
où Gk désigne le barycentre de la maille Qk . Dans le tableau 7.21, on donne les valeurs de l’erreur
pour le schéma mixte-hybride, le schéma aux éléments finis continus et le schéma aux éléments
finis discontinus.
137
Chapitre 7. Résultats numériques
0.5 0.5
0.45 0.45
0.4 0.4
0.35 0.35
0.3 0.3
0.25 0.25
0.2 0.2
0.15 0.15
0.1 0.1
0.05 0.05
0 0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45 0.5 0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45 0.5
0.5 0.5
0.45 0.45
0.4 0.4
0.35 0.35
0.3 0.3
0.25 0.25
0.2 0.2
0.15 0.15
0.1 0.1
0.05 0.05
0 0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45 0.5 0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45 0.5
138
7.2. Problèmes en deux dimensions d’espace
Les résultats obtenus dans le tableau 7.21 montrent que les trois schémas sont d’ordre h2 . Les
résultats montrent que pour un maillage donné, la méthode discontinue est la plus précise. La
méthode mixte-hybride est cependant plus précise que la méthode continue. Cependant, les
maillages utilisés ici sont en fait peu déformés. Il est connu [59] que lorsque le maillage est
très déformés (maillage de Kershaw par exemple) la méthode discontinue est défaillante et ne
garantit même plus une convergence d’ordre h. Nous testons donc la méthode mixte-hybride sur
des maillages de Kershaw représentés sur les figures 7.17 et 7.18 pour montrer que l’on conserve
bien un ordre de convergence en h2 . Le tableau 7.22 montre que la méthode mixte-hybride reste
1 1
0.9 0.9
0.8 0.8
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
0.3 0.3
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
1
0.9
0.9
0.8
0.8
0.7
0.7
0.6
0.6
0.5
0.5
0.4
0.4
0.3
0.3
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
139
Chapitre 7. Résultats numériques
précise d’ordre h2 même sur des maillages très déformés du type Kershaw.
7.2.2 Cas d’une source anisotrope : comparaison avec une solution exacte
On s’intéresse ici à un domaine D = [0, 1] × [0, 1], on notera x = (x1 , x2 ) ∈ D et Ω ~ =
p
(µ, 1 − µ cos θ) pour µ ∈ [−1, 1] et θ ∈ [0, π], on notera V = [−1, 1] × [0, π]. On considère le
2
problème suivant :
~ · ∇u(x,
~ ~ + u(x, Ω)~ = φ(x) + q(x, Ω),
~ pour x ∈ D, (µ, θ) ∈ V
Ω Ω)
u = 0, sur Γ− ,
(7.23)
dµdθ
Z
φ(x) = u(x, µ, θ) ,
2π
V
p
q(x, µ, θ) = µ(2x2 − 1)x1 (x1 − 1) + 1 − µ2 cos θ(2x1 − 1)x2 (x2 − 1).
φ(x) = x1 (1 − x1 )x2 (1 − x2 ).
En utilisant cette solution exacte nous pouvons réaliser des calculs d’erreurs relatives et les
comparer avec celles obtenues pour le schéma DSN. On utilise un découpage angulaire S8 donc
des maillages cartésiens uniformes dont nous ferons varier le pas d’espace. La figure 7.19 présente
la solution du problème (7.23) obtenue sur un maillage 100 × 100 par les éléments finis mixtes-
hybrides. On calcule donc pour différents pas d’espace l’erreur relative en norme L2 obtenue pour
0.07
0.06
0.05
0.04
0.03
0.02
0.01
0
1
0.8 1
0.6 0.8
0.4 0.6
0.4
0.2
0.2
0 0
140
7.2. Problèmes en deux dimensions d’espace
les méthodes DSN et mixtes-hybrides, les résultats sont présentés dans le tableau suivant :
On peut alors tracer la courbe des erreurs relatives en échelle logarithmique sur la figure 7.20.
1
DSN
mixtes-hybrides
0.1
0.01
0.001
0.0001
1 10 100
On observe donc sur la figure 7.20 une erreur relative en O(h2 ) comme l’indiquent les pentes
des deux droites tracées. Le schéma mixte-hybride semble donc aussi précis que le schéma DSN
sur des maillages cartésiens. On a vu au chapitre 5 que cette ordre de convergence n’est possible
que si la solution exacte du problème considéré est suffisamment régulière, ce qui est le cas ici.
Nous avons testé ce cas test sur différents types de maillages (voir figure 7.21) pour montrer que
la solution n’est pas altérée sur des maillages déformés.
1 1
0.9 0.9
0.8 0.8
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
0.3 0.3
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
141
Chapitre 7. Résultats numériques
1 1
0.9 0.9
0.8 0.8
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
0.3 0.3
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Fig. 7.22 – isovaleurs du flux scalaire pour le problème (7.23) sur les maillages de la figure 7.21
régime diffusif :
~ · ∇u
Ω ~ + 100u = 100φ + 0.01, pour x ∈ D, (µ, θ) ∈ V
u = 0, sur Γ− ∩ {x1 = 0} et Γ− ∩ {x1 = 1} ,
(7.24)
~ = u(Ω
u(Ω) ~ − 2(~n · Ω)~
~ n, sur Γ− ∩ {x2 = 0} et Γ− ∩ {x2 = 1} ,
φ(x) = 1 R u(x, µ, θ) dµdθ.
2π V
La figure 7.23 présente la solution du problème (7.24) obtenue sur un maillage cartésien. On
0.4
0.35
0.3
0.25
0.2
0.15
0.1
0.05
1
0 0.8
1 0.6
0.8 0.4
0.6
0.4 0.2
0.2
0 0
observe la symétrie du problème induite par les conditions de réflexion spéculaire. On aboutit
aux mêmes conclusions que pour le ε-problème uni-dimensionnel.
Bilan du chapitre 7
On a donc présenté dans ce chapitre des résultats numériques permettant d’illustrer le com-
portement en régime de diffusion du schéma mixte-hybride. Nous avons tout d’abord illustré la
142
7.2. Problèmes en deux dimensions d’espace
limite de diffusion du schéma et les problèmes rencontrés à l’interface entre un milieu transparent
et un milieu opaque. Nous avons montré la remarquable approximation par le schéma mixte-
hybride des phénomènes de couche limite à l’entrée d’un flux anisotrope dans un milieu diffusif.
Nous avons aussi illustrés les avantages liés à l’utilisation d’une technique DSA pour l’améliora-
tion du schéma mixte-hybride. Enfin, les résultats numériques présentés sur des maillages très
déformés sont très satisfaisants même pour des cas tests extrêmes.
143
Chapitre 7. Résultats numériques
144
Chapitre 8
Sommaire
8.1 Présentation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
8.2 Asymptotique formelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
8.3 Étude probabiliste d’un problème de transport . . . . . . . . . . . . 152
8.3.1 Étude du processus de Markov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
8.3.2 Preuve du lemme 8.2.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
8.4 Asymptotique formelle pour le modèle aux moments P1 . . . . . . . 157
8.5 Calcul du coefficient de diffusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
8.5.1 Expression probabiliste du coefficient de diffusion . . . . . . . . . . . . . 160
8.5.2 Cas de la diffusion anormale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
8.5.3 Cas où σt h >> 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
8.5.4 Simulations Monte-Carlo du coefficient de diffusion . . . . . . . . . . . . 164
8.6 Résultats numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
Dans ce chapitre, nous nous intéressons à un problème de transport entre deux plaques planes
parallèles infinies. Nous nous appliquons à retrouver quelques résultats bien connus ([Link] [13],
P. Degond, S. Mancini [43, 44] pour une approche déterministe et H. Babovsky [12], C.Börgers,
[Link], [Link] [22] pour une approche probabiliste) sur l’approximation de diffusion
d’un tel problème de transport et nous illustrons ces résultats théoriques par des tests numé-
riques. Nous cherchons ainsi à construire un cas test pertinent pour la validation du code de
transport déterministe mixte-hybride. Nous utilisons des arguments probabilistes pour réaliser
notre étude théorique. Le but de ce chapitre est d’étudier le comportement asymptotique du
problème de transport et d’évolution d’une densité de particules dans un milieu confiné entre
deux plaques planes parallèles. Nous cherchons à montrer que lorsque la distance entre ces deux
plaques tend vers zéro, nous obtenons un régime diffusif. Le coefficient de diffusion dépend à
la fois du noyau de collision du milieu et de la loi de réflexion sur les parois. Nous étudions
dans un premier temps ce comportement asymptotique pour le problème général du transport
en utilisant un développement asymptotique [19] puis pour le modèle aux moments P1. Nous
utilisons des simulations Monte-Carlo pour calculer des coefficients de diffusion et illustrer les
résultats théoriques précédents à l’aide d’un cas test numérique.
145
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
où Z
~ = cR
R(u(t, x, Ω)) ~ ′ · ~n(x)|u(t, x, Ω
|Ω ~ ′ ) P (dν(Ω
~ ′ )), (8.2)
Γ+
avec
1
Z
= ~ ′ · ~n(x)| P (dν(Ω
|Ω ~ ′ )),
cR Γ+
Remarque 8.1.1
Le facteur 4 dans l’expression de l’opérateur R vient de la renormalisation de l’intégrale, en effet
~ ′) = 1 .
Z
~ ′ · ~n(x)| dν(Ω
|Ω
Γ+ 4
La position des particules est notée x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ D. Dans ce chapitre on note ξ = (x1 , x2 )
et z = x3 de sorte que le problème (8.1) décrive l’évolution d’une population de particules
dans un domaine D de R3 délimité par deux plaques planes infinies suivant la coordonnée z
((ξ, z) ∈ R2 × (−h, h)). Nous supposons que
Z
~ −
σt (x, Ω) ~ Ω
f (x, Ω, ~ ′ ) dν(Ω
~ ′ ) ≥ 0 dans D × S 2 .
S2
146
8.1. Présentation du problème
Cependant, les résultats que nous énonçons peuvent être étendu pour des sections efficaces de
scattering plus complexes. Le régime de diffusion est atteint lorsque le libre parcours moyen est
petit en comparaison avec la taille du domaine. Notons ε le libre parcours moyen. Comme dans
le chapitre 6, on effectue les changements d’échelle adaptés à l’étude d’un régime de diffusion :
1 ~ 7→ εσ̄a (x, Ω),
~
σs (x) 7→ σ̄s (x), σa (x, Ω)
ε (8.4)
~ 7→ εq̄(x, Ω),
~ t̄
q(x, Ω) t→
7
ε
~ q̄(x, Ω)
où σ̄s (x), σ̄a (x, Ω), ~ et t̄ sont d’ordre 1 par rapport au libre parcours moyen. Par ailleurs,
on suppose que la distance entre les deux plaques planes est de l’ordre du libre parcours moyen.
On a donc 2h = O(ε). Pour simplifier, on prendra h = εh̄ et nous supposerons que la donnée
initiale est indépendante de z, u0 (x) ≡ u0 (ξ). En prenant en compte tous ces changements de
variables et en omettant la notation ¯·, le problème (8.1) devient
~ ε + 1 σs uε + εσa uε
ε∂t uε + Ω~ · ∇u
ε
1
Z
ε ~ ′ ~′ dans [0, T ] × Dε × S 2 ,
= ε σs S 2 u (t, x, Ω ) dν(Ω ) + εq
(8.5)
~ = u0 (x)
u(0, x, Ω) dans D × S 2,
ε ~ = R(uε (t, x, Ω))
u (t, x, Ω) ~ sur Γ−
ε
~ = (∇
∇ ~ ξ , ∂z ) = (∇
~ ξ , ∂x ),
3
où
~ ξ = (∂x , ∂x ).
∇ 1 2
On effectue alors le changement d’échelle suivant pour travailler sur un domaine indépendant de
ε
z̄
z 7→
ε
de sorte que le problème (8.5) devienne
~ ξ uε + 1 Ωz ∂z uε + 1 σs uε + εσa uε
ε∂t uε + Ω~ξ ·∇
ε ε
1
Z
ε ~ ′ ~ ′
dans [0, T ] × D × S 2
= ε σs S 2 u (t, x, Ω ) dν(Ω ) + εq
(8.6)
~ = u0 (x)
u(0, x, Ω) dans D × S 2,
ε ~ = R(uε (t, x, Ω))
u (t, x, Ω) ~ sur Γ− .
Le domaine D = R2 × (−h, h) est cette fois indépendant de ε. Dans la suite, nous montrons
tout d’abord que la solution uε du problème (8.6) converge, lorsque ε tend vers zéro, vers la
solution d’une équation de diffusion en ξ dont le coefficient de diffusion dépend de l’opérateur de
147
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
réflexion R. Ce résultat est donc différent du résultat standard d’approximation par la diffusion
d’un problème de transport donné par le théorème 6.2.1. Il est alors intéressant de savoir si
d’autres modèles simplifiés utilisés pour décrire le transport permettent de retrouver ce résultat,
en particulier pour les modèles aux moments P1 et leurs dérivés non linéaire (diffusion à flux
limité par exemple).
Nous commençons donc par donner un lemme établissant un critère d’existence et d’unicité
de solution pour (8.7), nous repoussons cependant la preuve (très technique) de ce lemme au
paragraphe suivant. Nous présentons ensuite un second résultat permettant de caractériser à
l’aide d’éléments probabilistes le tenseur de diffusion associé. Dans la suite de ce chapitre, nous
~ la mesure définie par
notons dπ(z, Ω)
~ dz
dΩ
~ =
dπ(z, Ω) ~ dz .
= dν(Ω)
4π 2h 2h
~ ∈ S 2 et tout z ∈ A = (−h, h), le processus de
Pour fixer les idées, on introduit pour tout Ω
Markov de sauts (Ω ~ t , zt ) sur S × A.
En t = 0, on prend :
z0 = z,
(8.8)
~ ~
Ω0 = Ω,
pour t > 0, l’évolution est décrite et définie par
∂t zt = −µt ,
~ = −Ωz ∂z u + σs Qu,
Lu(z, Ω) (8.9)
~ ∈ Γ−
et, pour Ω
~ = R(u(x, Ω))
u(x, Ω) ~ en z = −h ou h,
Z
avec Qu = ~ − u. On commence donc par énoncer le
udν(Ω)
S2
148
8.2. Asymptotique formelle
Lemme 8.2.1
Le problème :
dans (−h, h) × S 2
−Lu = q
(8.10)
~
u = R(u(z, Ω)) sur Γ− .
~ si et seulement si
admet une unique solution de moyenne nulle (pour la mesure dπ(z, Ω))
Z hZ
~ = 0,
q dπ(z, Ω)
−h S2
et Z h Z
~ dπ(z, Ω)
R(u(z, Ω)) ~ = 0.
−h S2
En particulier, le noyau de l’opérateur L (associé aux conditions aux limites) est constitué
~
des fonctions constantes (pour la mesure dπ(z, Ω)), i.e. si
dans (−h, h) × S 2 ,
−Lu = 0
(8.11)
~ ~
u(x, Ω) = R(u(x, Ω)) sur Γ , −
alors
u ≡ u(t, ξ).
Dans ce paragraphe, nous admettons ce lemme, ce qui nous permet d’énoncer et de démontrer
le théorème suivant :
Théorème 8.2.1
Sous les hypothèses introduites précédemment, la solution uε (t, x, Ω) ~ du problème de transport
(8.6) converge formellement lorsque ε tend vers zéro vers la solution u0 (t, ξ) de l’équation de
diffusion suivante :
~ ξ · D∇
~ ξ u0 (t, ξ) = q(ξ) dans [0, T ] × R2 ,
∂t u0 (t, ξ) + σa u0 (t, ξ) − ∇
(8.12)
où u0 (0, ξ) = u0 (ξ)
D représente la matrice de diffusion (D = D(ξ) = {dij }i,j∈{x,y} ) qui est définie positive.
149
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
On introduit alors le développement (8.13) dans (8.6). On considère alors toutes les expressions
d’une même puissance de ε pour obtenir trois relations. Tout d’abord, on obtient à l’ordre zéro
Z
Ωz ∂z u0 + σs u0 = σs
~ ′ ) dν(Ω
u0 (t, x, Ω ~ ′ ) dans D × S 2 ,
S2
(8.14)
~ = R(u0 (t, x, Ω))
~ sur Γ− .
u0 (t, x, Ω)
En utilisant le lemme 8.3.3 appliqué au problème (8.14), on montre que u0 ne dépend que de x1
et x2 . La seconde relation obtenue à l’aide de (8.13) s’écrit
Z
~ ~
Ωξ · ∇ξ u0 + Ωz ∂z u1 + σs u1 = σs
~ ′ ) dν(Ω
u1 (t, x, Ω ~ ′ ) dans D × S 2 ,
S2
(8.15)
~ = R(u1 (t, x, Ω))
~ −
u1 (t, x, Ω) sur Γ .
soit
dans D × S 2 ,
−Lu1 = q1
(8.16)
~ = R(u1 (t, x, Ω))
u1 (t, x, Ω) ~ sur Γ− .
où q1 = Ω ~ξ ·∇ ~ ξ u0 . On vérifie que les hypothèses du lemme sont vérifiées (la condition de com-
patibilité), i.e.
Z h Z Z h Z
~
q1 dz dν(Ω) = ~ξ ·∇
Ω ~ ξ u0 dz dν(Ω)
~ =0
−h S2 −h S2
avant d’appliquer les résultats du lemme 8.3.3 au problème (8.16). Le problème (8.16) admet
donc une unique solution de moyenne nulle telle que
Z +∞
~ =
u1 (z, Ω) ~ t )/z0 = z, Ω
E[q1 (zt , Ω ~ 0 = Ω]
~ dt. (8.17)
0
Z +∞
~ Ω)
Il existe alors une fonction C(z, ~ = ~ t /z0 = z, Ω
E[Ω ~ 0 = Ω]
~ dt telle que
0
~ = −C(z,
u1 (t, x, Ω) ~ Ω) ~ ·∇
~ ξ u0 .
Z
∂ u
t 0
+ σ u
a 0 + ~
Ω ξ · ~
∇ u
ξ 1 + Ω ∂ u
z z 2 + σ u
s 2 = σ s
~ ′ ) dν(Ω
u2 (t, x, Ω ~ ′) + q dans D × S 2
S2
~ = R(u2 (t, x, Ω))
~ sur Γ− .
u2 (t, x, Ω)
(8.18)
Le problème suivant admet donc une solution si la condition de compatibilité suivante est vérifiée
Z h Z ³ ´
~ξ ·∇
∂t u 0 + σ a u 0 + Ω ~ ξ u1 − q dz dν(Ω)
~ = 0. (8.19)
−h S2
Cette condition de compatibilité associée à la relation (8.17) nous donne l’équation de diffusion
du théorème vérifiée par u0 Il est possible de montrer que ce développement formel converge (au
sens où le terme O(ε2 ) est bien d’ordre ε2 , voir par exemple [Link], [Link] [53]). ¥
150
8.2. Asymptotique formelle
Théorème 8.2.2
~ t = (Ω1t , Ω2t , µt )) le processus de Markov dans ((−h, h) × S 2 ) défini par :
Soit (zt , Ω
– z0 ∈ (−h, h).
~ 0 est une variable aléatoire avec une distribution uniforme sur la sphère S 2 .
– Ω
– ∂t zt = −µt .
– Entre les deux plaques, Ω ~ t est un processus de saut dont le temps entre deux événements
est une distribution exponentielle de paramètre σ, pour un choc entre les deux plaques, Ω ~t
est ensuite redistribué uniformément sur la sphère unité S . 2
– Lors d’une collision avec les plaques µt est distribué suivant la loi de réflexion diffuse aux
parois.
Alors, la matrice de diffusion du processus est donné pour tous (i, j) dans {1, 2} par
Z ∞
dij = EΩi0 Ωjt dt. (8.20)
0
Z h Z Z h Z Z +∞
~ ξ ·∇
Ω ~ ξ (C(z,
~ Ω)·~ ∇
~ ξ )dπ(Ω,
~ z) = ~ ξ ·∇
Ω ~ ξ E(Ω
~ ξs /Ω
~ 0 = Ω,
~ z0 = z)· ∇
~ ξ dsdπ(Ω,
~ z)
−h S2 −h S2 0
Z h Z +∞
= ~ ξ0 ∇
E(Ω ~ξ ·Ω
~ ξs /z0 = z) · ∇
~ ξ dsdz
−h 0
Z +∞
= ~ ξ0 ∇ξ · Ω
E(Ω ~ ξs )ds · ∇ξ
0
Finalement, on obtient :
Z
~ξ ·∇
Ω ~ ξ (C(Ω,
~ ~ ξ )u0 (x, y, t)dπ(Ω,
z) · ∇ ~ z) =
X
dij ∂x2i xj u0 (x, y, t)
i,j∈{1,2}
Nous avons donc montré le résultat d’approximation par la diffusion 8.2.1 et caractérisé le
coefficient de diffusion associé dans le théorème 8.2.2 en admettant le lemme 8.3.3. Dans le
paragraphe suivant, nous présentons la preuve du lemme 8.3.3 en nous appuyant sur l’étude
probabiliste (voir [Link], [Link] [52] et [Link], [Link], [Link] [19]) du
processus de transport associé au problème (8.7).
151
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
Pour simplifier, nous utilisons dans ce paragraphe l’opérateur de réflexion diffuse en loi de Lam-
bert donné par (8.3), mais tous les résultats que nous présentons se généralisent à des opérateurs
de réflexions génériques du type (8.2). Nous allons montrer qu’une alternative de Fredholm est
valide pour ce problème et nous allons ainsi caractériser ses solutions. Pour ce faire, nous utili-
sons des arguments probabilistes en introduisant un processus de Markov de transport dont le
générateur infinitésimal correspond au problème (8.22). Nous concluons en utilisant des résultats
présentés par [Link], [Link], [Link] [19] en suivant notamment le même che-
minement que celui utilisé par [Link]ët dans [38]. L’étude de ce problème est nécessaire pour
mener à bien l’analyse asymptotique du problème (8.6) présentée dans le paragraphe précédent.
Notons que ce résultat peut être obtenu en utilisant la théorie classique des opérateurs (voir
[Link] [15]).
∂t zt = −µt .
Lemme 8.3.1
~ t , zt ) est un processus de Markov de sauts dont le générateur infinitésimal agissant sur u
(Ω
(mesurable et bornée) est donné par :
~ = −Ωz ∂z u + σs Qu pour (z, Ω)
Lu(z, Ω) ~ ∈ A × S 2, (8.24)
~ ∈ Γ−
et, pour Ω
~ = R(u(x, Ω))
u(x, Ω) ~ en z = −h ou h.
Z
avec Qu = ~ − u.
udν(Ω)
S2
Dans ce paragraphe, nous utilisons les deux lemmes suivants. Le premier identifie la mesure
invariante pour le processus de Markov, le second montre que l’opérateur L associé aux conditions
aux limites (8.2) satisfait à l’alternative de Fredholm.
152
8.3. Étude probabiliste d’un problème de transport
Lemme 8.3.2 ~
~ z) = dν(Ω) × dz est invariante pour le processus (Ω
La mesure de probabilité dπ(Ω, ~ t , zt ).
4π 2h
Démonstration - En effet, pour toute fonction intégrable u, on a
Z
~ z)dν(Ω)
Qu(Ω, ~ = 0.
S2
De plus, en utilisant les valeurs de u sur les plaques, on peut calculer (ici dans le cas d’une loi
de Lambert)
Z Z h Z
~ ~
Ωz ∂z u(z, Ω)dπ(Ω, z) = ~ − u(−h, Ω)]
Ωz [u(h, Ω) ~ dν(Ω),~
S2 −h S2
2π 1
1
Z Z
= µ[u(h) − u(−h)]dµdθ
4π 0 −1
·Z 2π 1 ·Z 2π Z 1 2π 0 ¸ ¸
1 1
Z Z Z
′ ′ ′
= µ[u(h) − u(−h)]dµdθ + µ µ (u(h) − u(−h))dµ dθ dµdθ
4π 0 0 0 −1 π 0 0
·Z 2π Z 1 µ ¶ ·Z 2π Z 1 ¸¸
1 1 1 ′ ′ ′
= µ[u(h) − u(−h)]dµdθ + 2π × − × µ (u(h) − u(−h))dµ dθ
4π 0 0 2 π 0 0
= 0.
~
Nous avons donc montré la propriété d’invariance pour la mesure dπ(z, Ω). ¥
Il convient de prouver la propriété d’ergodicité du processus. C’est ce que nous allons voir dans
le paragraphe suivant en proposant la démonstration du lemme 8.3.3.
Lemme 8.3.3
Le problème :
dans (−h, h) × S 2 ,
−Lu = q
(8.25)
~ = R(u(z, Ω))
u(x, Ω) ~ sur Γ− .
~ si et seulement si
admet une unique solution de moyenne nulle (pour la mesure dπ(z, Ω))
Z hZ
~ = 0,
q dπ(z, Ω)
−h S2
et Z h Z
~ dπ(z, Ω).
R(u(z, Ω)) ~
−h S2
153
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
Et on a Z +∞
~ =
u(z, Ω) ~ t )/Ω
E[q(zt , Ω ~ 0 = Ω,
~ z0 = z]dt,
0
où E représente l’espérance mathématique.
En particulier, le noyau de l’opérateur L (associé aux conditions aux limites) est constitué
~ i.e.
des fonctions constantes (pour la mesure dπ(z, Ω)
dans (−h, h) × S 2
−Lu = 0
(8.26)
~ = R(u(x, Ω))
u(x, Ω) ~ sur Γ− .
alors
u ≡ u(t, ξ).
~ z) ∈ S 2 × A, ∀A ⊂ S 2 × A
∃t0 > 0, ∃δ > 0, ∀(Ω,
~ 0 = Ω,
P((Ωt0 , zt0 ) ∈ A/Ω ~ z0 = z) ≥ δπ(A)
où π(A) représente le volume de A pour la mesure dπ(Ω, ~ z). La démonstration du lemme est
très technique. L’idée est d’introduire deux temps de chocs pour faire apparaître explicitement la
mesure d’un pavé A ⊂ S 2 × A. On cherche donc à minorer la probabilité P((Ωt0 , zt0 ) ∈ A/Ω ~0 =
~ ~
Ω, z0 = z) pour montrer l’ergodicité du processus (Ωt , zt ). Considérons le sous-ensemble A de
S 2 × (−h, h), on peut écrire A = B × C où B = [0, 2π] × [µ1 , µ2 ] ⊂ S 2 et C = [z1 , z2 ] ⊂ (−h, h).
On note σ ≡ σs le temps de la preuve. Notons p la probabilité que l’on cherche à minorer :
~ t , zt ) ∈ B × C/Ω
p = P((Ω ~ 0 = Ω,
~ z0 = z).
0 0
Soit alors T1 , le temps pour lequel se produit la première interaction pour le processus sachant
que l’on part de (Ω ~ 0 , z0 ) (collision avec les parois ou non). Pour simplifier les notations, on notera
~ t , zt ) ∈ B × C) = P((Ω
P0 ((Ω ~ t , zt ) ∈ B × C/Ω
~ 0 = Ω,
~ z0 = z)
0 0 0 0
~0 = Ω
la probabilité conditionnée au départ du processus de Ω ~ et de z0 = z, on supposera au
départ que 0 < µ0 < µ1 et 0 < z0 < z1 . On a alors :
~ t , zt ) ∈ B × C) ≥ P0 ((Ω
p = P0 ((Ω ~ t , zt ) ∈ B × C/T1 ≤ t0 )P0 (T1 ≤ t0 )
0
Z0 t0 0 0
Notons que l’on peut calculer P0 (T1 = s) en décomposant l’événement “T1 = s” suivant que
l’interaction soit une collision avec la paroi ou non :
154
8.3. Étude probabiliste d’un problème de transport
Le terme P0 (T1 = s, choc) représente la probabilité que l’événement “T1 = s” ait lieu et qu’il y
ait un choc au temps T1 (on notera cet événement T1 = Tchoc ).
et µ ¶
h−z
−σ µ 0
P0 (T1 = Tchoc ) = 1 − P0 (T1 = Tcollision ) = 1 − e 0 .
Par ailleurs, µ ¶
h − z0
P0 (T1 = s/T1 = Tcollision ) = δ s −
µ0
en effet, au temps s une particule partant de z0 dans la direction verticale µ0 a parcouru la
distance µ0 s, elle arrive donc en z = h si et seulement si µ0 s = h − z0 . On a donc :
µ ¶ µ ¶
−σs
h−z
−σ µ 0 h − z0 h−z
−σ µ 0
P0 (T1 = s) = σe 1−e 0 +δ s− e 0 .
µ0
Nous cherchons à minorer la probabilité p, nous n’allons donc considérer que le cas pour lequel
il se produit un choc au temps T1 . Cette dernière hypothèse induit la minoration suivante
~ t , zt ) ∈ B × C/T1 = s)P0 (T1 = s) ≥ P0 ((Ω
P0 ((Ω ~ t , zt ) ∈ B × C/T1 = s, choc)P0 (T1 = s, choc)
0 0 0 0
~ T du processus en utilisant
La relation (8.27) peut être réécrite en utilisant la nouvelle direction Ω 1
la stationnarité du processus :
Z t0
P0 ((Ωt0 , zt0 ) ∈ B × C/T1 = s)P0 (T1 = s)ds
0
t0 ~
~ T , z0 = zT ) dΩT1 P0 (T1 = s)ds.
Z Z
≥ ~ t −s , zt −s ) ∈ B × C/Ω
P0 ((Ω ~0 = Ω
0 0 1 1
0 S2 4π
Soit alors T2 le second temps de choc du processus, on indicera à présent la probabilité condi-
tionnée par Ω~0 = Ω ~ T , z0 = zT à l’aide de l’indice 1 et, comme pour T1 , nous nous placerons
1 1
dans le cas d’un choc au temps T2 . L’introduction de ce second temps de choc est nécessaire pour
faire intervenir explicitement la mesure π(A) de A dans le minorant de p.
~ t , zt ) ∈ B × C)
p = P0 ((Ω 0 0
≥
Z t0 Z Z t0 Z
~ t −u , zt −u ) ∈ B × C/T2 = u, choc)
P1 ((Ω 0 0
0 S2 s S2
~T
dΩ ~T
dΩ
2 1
×P1 (T2 = u, choc)P0 (T1 = s, choc) du ds.
4π 4π
~ t −u , zt −u ) ∈ B × C/T2 = u, choc) est égal à la probabilité que
Notons que la probabilité P1 ((Ω 0 0
z −(z +µ s+µ (u−s)) z −(z +µ s+µ (u−s))
t0 appartienne à l’intervalle [T2 + 1 0 0µT T1 , T2 + 2 0 0µT T1 ] pourvu qu’il
2 2
155
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
~T
dΩ ~T
dΩ
2 1
×P1 (T2 = u, choc)P0 (T1 = s, choc) du ds
4π 4π
≥
t0 Z µ2 Z t0 Z µ2
z2 − zT2
Z
P2 (T3 > T2 + )I{t ∈[u+ z1 −(z0 +µ0 s+µ(u−s)) ,u+ z2 −(z0 +µ0 s+µ(u−s)) ]}
0 µ1 s µ1 µT2 0 µ′ µ′
dµ′ dµ
×P1 (T2 = u, choc)P0 (T1 = s, choc) du ds
2 2
≥
Z t0 Z µ2 Z t0 Z µ2 Z ∞
P2 (T3 = v)dvI{t z1 −(z0 +µ0 s+µ(u−s)) z −(z0 +µ0 s+µ(u−s))
,u+ 2
z2 −zT
2 0 ∈[u+ µ′ µ′
]}
0 µ1 s µ1 u+ µT
2
dµ′ dµ
×P1 (T2 = u, choc)P0 (T1 = s, choc)
du ds.
2 2
Nous allons à présent exprimer explicitement les différentes probabilités, on obtient :
p≥
Z t0 Z µ2 Z t0 Z µ2 Z ∞
σe−σv dvI{t z1 −(z0 +µ0 s+µ(u−s)) z −(z0 +µ0 s+µ(u−s))
,u+ 2
z2 −zT
2 0 ∈[u+ µ′ µ′
]}
0 µ1 s µ1 u+ µT
2
à h−zT
! µ ¶ ′
−σu −σ µT
1
−σs
h−z
−σ µ 0 dµ dµ
×σe 1−e 1 σe 1−e 0 du ds.
2 2
à h−zT
!
−σ 1
−σu
Or, P1 (T2 = u, T2 = Tchoc ) = σe 1−e µT
1 et, rappelons que l’on est parti de h > z1 >
z0 > 0 et avec 1 > µ0 > 0, la quantité h − zT1 = h − z0 − µ0 T1 est donc positive. On rappelle
que zT1 = z + µT1 , de même, zT2 = zT1 + µT1 T2 On peut donc écrire
h − zT1
≥ h − zT1 = h − z0 − µ0 T1 = h − z0 − µ0 s ≥ h − z0 − µ0 t0 .
µT1
p = P0 ((Ωt0 , zt0 ) ∈ B × C)
156
8.4. Asymptotique formelle pour le modèle aux moments P1
Z t0 Z µ2 Z t0 Z µ2 Z ∞
≥ σe−σv dvI{t z1 −(z0 +µ0 s+µ(u−s)) z −(z0 +µ0 s+µ(u−s))
,u+ 2
z2 −zT
2 0 ∈[u+ µ′ µ′
]}
0 µ1 s µ1 u+ µT
2
µ ¶ ′
−σu
³
−σ(h−z0 −µ0 t0 )
´
−σs
h−z
−σ µ 0 dµ dµ
×σe 1−e σe 1−e 0 du ds.
2 2
or,
Z ∞ z2 −zT
−σ(u+ 2 ) h−z0
−σv µT −σ(t0 + )
z2 −zT
σe dv = e 2 ≥e µ0 ,
u+ 2
µT
2
par ailleurs,
Z t0 Z t0
σe−σu σe−σs duds
0 s
Z t0
σe−σs e−σ − e−σt0 ds,
¡ ¢
=
0
1¡ ¢2
1 − e−σt0 =
2
On a donc, une minoration finale de p :
´µ ¶
1¡ −σt0 2 |µ2 − µ1 |
1−z 1−z
−σ(t0 + µ 0 ) −σ µ 0
³
−σ(1−z −µ t )
¢
p≥ 1−e |z2 − z1 |e 0 1−e 0 0 0
1−e 0 ,
2 t0
soit :
p ≥ C(t0 , z0 , µ0 )|µ2 − µ1 ||z2 − z1 | = C(t0 , z0 , µ0 )π(A)
où C(t0 , z0 , µ0 ) est une constante strictement positive. Ce qui termine la preuve du lemme.
¥
~ = ϕ(t, x) + 3Ω
u(t, x, Ω) ~ · F~ (t, x), (8.29)
où F~ = (F~ξ , Fz )t ∈ R2 × (−h, h), F~ ≡ F~ (t, x) et ϕ ≡ ϕ(t, x). Nous nous plaçons dans le cas d’une
condition de réflexion du type Lambert. Rappelons que l’on peut écrire :
p 2
p1 − µ cos θ
~ =
Ω 1 − µ2 sin θ , (8.30)
µ
157
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
Remarque 8.4.1
La condition de bord Fz = 0 en z = −h et z = h dans (8.31) s’obtient de la façon suivante,
traitons le cas z = h, en intégrant la solution u de (8.1) sur Γ− , on obtient
Z Z
~ ′ · ~n)u(t, ξ, h, Ω
(Ω ~ ′ ) dΩ
~′ = ~ ′ · ~n)(ϕ(t, ξ, h) + Ω
(Ω ~ ′ · F~ (t, ξ, h) dΩ
~′
Γ− Γ−
2π 0
dµ dθ 1
Z Z
= µ(ϕ(t, ξ, h) + 3µFz (t, ξ, h)) = − ϕ(t, ξ, h) − Fz (t, ξ, h).
0 −1 2 2π 2
~ · ~n < 0, on a
Par ailleurs, pour Ω
Z
~ =
u(t, ξ, h, Ω) ~ ′ · ~n)u(t, ξ, h, Ω
(Ω ~ ′ ) dΩ
~ ′.
Γ+
1
= − ϕ(t, ξ, h) + Fz (t, ξ, h).
2
d’où Fz = 0 sur le bord z = h. Le résultat s’obtient de la même manière pour z = −h.
On écrit le système aux moments en régime de diffusion vérifié par ϕ et F~ . Injectons le dévelop-
pement (8.29) dans (8.6) pour obtenir
~ F~ )+εσa (ϕ+3Ω·
ε∂t (ϕ+3Ω· ~ F~ )+ Ω
~ ξ ·∇
~ ξ (ϕ+3Ω· ~ F~ )+ 3σs Ω·
~ F~ )+ 1 Ωz ∂z (ϕ+3Ω· ~ F~ = εq. (8.32)
ε ε
~ :
On intègre (8.32) en Ω
~ ξ · F~ξ + 1 ∂z Fz = εq.
ε∂t ϕ + εσa ϕ + ∇ (8.33)
ε
~ et intégrons en Ω
Multiplions (8.32) par Ω ~ :
~ ξϕ
µ ¶ µ ¶
1 ∇ 1 0 σs ~
ε∂t F~ + εσa F~ + + + F = 0. (8.34)
3 0 3ε ∂z ϕ ε
158
8.4. Asymptotique formelle pour le modèle aux moments P1
Proposition 8.4.1
Sous les hypothèses introduites précédemment, la solution (ϕε , F~ ε ) du problème
~ ξ ϕε
µ ¶ µ ¶
1 ∇ 1 0 σs
ε∂t F~ + εσa F~ +
ε ε
+ + F~ ε = 0, dans [0, T ] × R2 × (−h, h),
ε
3 0 3ε ∂z ϕ ε
~ ξ · F~ ε + 1 ∂z Fzε = εq,
ε∂t ϕε + εσa ϕε + ∇ dans [0, T ] × R2 × (−h, h),
ξ
ε
ε
Fz = 0, en z = ±h,
(8.35)
~
converge (formellement) lorsque ε tend vers zéro vers la solution (ϕ0 , F1 ) du problème de diffusion
1 ~
F~ξ,1 + ∇ξ ϕ0 = 0, dans [0, T ] × R2 × (−h, h),
3σs
(8.36)
~ ξ · F~ξ,1 = q, dans [0, T ] × R × (−h, h).
2
∂ ϕ +σ ϕ +∇
t 0 a 0
F~ ε = (F~ξε , Fzε )t .
On identifie à présent les termes de même puissance en ε pour obtenir les relations suivantes.
L’équation (8.33) nous donne :
i) ∂z Fz,0 = 0,
~ ξ · F~ξ,0 + ∂z Fz,1 = 0,
ii) ∇ (8.37)
iii) ∂t ϕ0 + σa ϕ0 + ∇ ~ ξ · F~ξ,1 + ∂z Fz,2 = q.
i) σs F~ξ,0 = 0,
~ ξ ϕ0 + σs F~ξ,1 = 0,
ii) ∇ (8.38)
iii) ∂t F~ξ,0 + σa F~ξ,0 + ∇
~ ξ ϕ1 + σs F~ξ,2 = q.
i) ∂z ϕ0 + σs Fz,0 = 0,
ii) ∂z ϕ1 + σs Fz,1 = 0, (8.39)
iii) ∂t Fz,0 + σa Fz,0 + ∂z ϕ2 + σs Fz,2 = q.
En utilisant l’équation (8.37-i) et la remarque 8.4.1 sur les conditions de bord, on obtient pour
tout x ∈ R2 × (0, 1)
Fz,0 (t, x) = 0.
L’équation (8.39-i) et l’égalité précédente nous assure que ϕ0 ne dépend que de ξ. Par ailleurs,
F~0 = 0, l’équation (8.37-ii) montre donc que Fz,1 ne dépend que de ξ. Remarquons que les
159
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
relations (8.38-ii) et (8.39-ii) traduisent une loi de Fick dans le plan (x1 , x2 ). En effet, on peut
écrire
1 ~
F~ξ,1 = − ∇ξ ϕ0 .
3σs
En injectant les relations (8.38-ii) et (8.39-ii) dans (8.37-iii), on obtient alors
µ ¶
~ 1 ~
∂ t ϕ0 + σ a ϕ0 − ∇ξ · ∇ξ ϕ0 + ∂z γ2 = q. (8.40)
3σs
En intégrant cette équation suivant la coordonnée z, en tenant compte de la remarque 8.4.1, du
Z h
fait que ϕ0 est indépendant de z et en posant Q(ξ) = q(ξ, z) dz, on obtient l’équation de
−h
diffusion suivante µ ¶
~ξ· 1 ~
∂t ϕ0 + σ a ϕ0 − ∇ ∇ξ ϕ0 = Q. (8.41)
3σs
¥
Nous constatons donc que l’approximation P1 ne possède pas le bon comportement asympto-
tique : le coefficient de diffusion obtenu 3σ1 s n’est pas le bon coefficient de diffusion. Nous allons
présenter dans la section suivante quelques calculs analytiques et numériques du coefficient de
diffusion.
On peut généraliser ce résultat aux divers problèmes de transport et on peut alors calculer à
l’aide de cette relation une expression du coefficient de diffusion fonction de déplacement carré
moyen et du temps (en temps long). On peut montrer la proposition suivante
160
8.5. Calcul du coefficient de diffusion
Proposition 8.5.1
Soit (zt , µt ) un processus de Markov de sauts défini pour tout t > 0 sur (−h, h) × (−1, 1) par
– z0 ∈ (−h, h).
– µ0 est une variable aléatoire uniformément distribuée sur (−1, 1).
– ∂t zt = −µt .
Alors,
Z ∞
Ezt2
Eµ0 µt dt = lim . (8.42)
0 t→+∞ 2t
On en déduit que
Z tZ t
Ezt2 = Eµs µs′ ds ds′
0 0
Z tZ s
=2 Eµs µs′ ds ds′
0 0
Z tZ s
=2 Eµs−s′ µ0 ds ds′
0 0
Z tZ s
=2 Eµτ µ0 dτ ds
0 0
Z tZ t
=2 Eµτ µ0 ds dτ
0 τ
Z t
=2 Eµτ µ0 (t − τ ) dτ
0
Z t Z t
= 2t Eµτ µ0 dτ − 2 τ Eµτ µ0 dτ.
0 0
On donne aussi le résultat suivant qui permet de calculer analytiquement le coefficient de diffu-
sion.
Proposition 8.5.2
Soit (zt , µt ) un processus de Markov de sauts défini pour tout t > 0 sur (−h, h) × (−1, 1) par
– z0 ∈ (−h, h).
– µ0 est une variable aléatoire uniformément distribuée sur (−1, 1).
– ∂t zt = −µt .
161
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
On note t1 , · · · , tn les instants de collision contre les parois en z = ±h. Ce sont des temps d’arrêt
pour le processus de sorte que
µ ¶
zt2 − zt1 , zt3 − zt1 , · · ·
,
t2 − t 1 , t3 − t 1 , ···
sont des variables aléatoires indépendantes de loi notée (δz, δt). Alors,
Ezt2 E(δz 2 )
lim = . (8.43)
t→+∞ 2t 2E(δt)
Démonstration - Nous donnons uniquement une idée de la preuve. Soit n = Nt , le nombre
de collisions avec les parois au temps t. On écrit
¢2
zt2 = (zt − ztn ) + (ztn − ztn−1 ) + · · · + (zt2 − zt1 ) + zt1 .
¡
Ezt2 E(δz 2 )
lim = .
t→+∞ 2t 2E(δt)
¥
Nous avons donné ces résultats dans un cas très simple. On peut généraliser ces résultats à tout
processus de Markov de transport pour toute dimension d’espace. On pourra ainsi calculer les
composantes du tenseur de diffusion associé en utilisant la même façon de faire que dans les
propositions 8.5.1 et 8.5.2.
Ezt2
D = lim = +∞.
t→+∞ 2t
∂t u(t, x, Ω) ~
~ · ∇u(t,
~ +Ω ~ = q(x, Ω)
x, Ω) ~ dans [0, T ] × D × S 2 (8.44)
avec
~ = R(u(t, x, Ω))
u(t, x, Ω) ~ sur Γ− (8.45)
où Z
~ = cR
R(u(t, x, Ω)) ~ ′ · ~n(x)|u(t, x, Ω
|Ω ~ ′ ) P (dν(Ω
~ ′ )) (8.46)
Γ+
162
8.5. Calcul du coefficient de diffusion
Ezt2 qh
lim = 2 .
t→+∞ 2t q −1
Le critère q > 1 agissant sur les conditions de réflexion permet d’éviter l’émission de particules
se propageant dans une direction presque parallèle aux plaques en privilégiant les directions
orthogonales. Il est intéressant de calculer une section efficace de diffusion effective notée σef f et
liée au coefficient de diffusion par la relation
1
D= . (8.47)
3σef f
On peut donc écrire le diagramme suivant pour le coefficient de diffusion D et la section efficace
effective σef f (valable pour le problème modèle bidimensionnel (8.44))
qh
D = +∞ D=
q2 −1 (8.48)
q2 − 1
σef f = 0 σef f =
3qh
Dans le cas où σt h tend vers zéro dans le problème collisionnel on s’attend donc à retrouver ces
résultats.
163
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
Remarque 8.5.1
On peut chercher à caractériser le comportement du coefficient de diffusion dans le cas de la loi
de Lambert (q=1). Soit ε > 0, on calcule
1
(1 − µ2 )
Z
2
2h dµ
ε µ
Z 1 ∼ − log(ε) quand ε → 0.
4h dµ
ε
~ · D∇U
~ + σa U = q dans [0, T ] × D
∂t U − ∇
U (0, x) = u0 (x) dans D, (8.49)
~
∇U · ~n = 0 sur ∂D.
où
1
D= .
3σt
Algorithme Monte-Carlo
Dans ce sous-paragraphe, nous présentons rapidement l’algorithme Monte-Carlo permettant
de calculer notre coefficient de diffusion (nous supposerons que σa = 0 et que σs est constant sur
tout le domaine D = R × (−h, h)). On conserve les notations usuelles précédemment introduites
dans ce chapitre et on note r un nombre tiré uniformément sur [0, 1], pour N particules (N
suffisamment grand) on suit les étapes suivantes,
– Étape 1 : On initialise les coordonnées de la particule
x0 = (ξ0 = 0, z0 = −h + 2hr).
~ 0 définie par
et la première direction Ω
µt = −1 + 2r, θt = 2πr.
164
8.5. Calcul du coefficient de diffusion
– Étape 2 : On calcule un libre parcours aléatoire λ suivant une loi exponentielle de para-
mètre σs , puis la distance L entre la particule et les parois dans la direction Ω~ parcourue
par une particule se déplaçant en ligne droite sans subir de collisions. Si λ < L, la particule
~ t et t = t + λ, on tire une nouvelle direction
subit une collision dans le milieu, alors xt = λΩ
aléatoire uniformément distribuée ; si λ ≥ L, alors xt = LΩ ~ t et t = t + L, la particule
rencontre la paroi et on tire une nouvelle direction dépendante de la loi de réflexion sur les
parois.
– Étape 3 : On incrémente le calcul du coefficient de diffusion
ξt
D=D+
2t
et on reprend l’algorithme à l’étape 2 jusqu’à ce qu’un critère de convergence soit vérifié.
D
Finalement, on calcule le coefficient de diffusion D = où N est le nombre d’itérations de
N
l’algorithme.
et
3σs qh
lim fq (σs h) = .
σs h→0 q2 − 1
On peut proposer les fonctions suivantes
µ ¶
1 qσs h 3qσs h
fq (σs h) = 1 − exp −3 2 ou fq2 (σs h) = .
q −1 3qσs h + q 2 − 1
Sur les figures 8.1 et 8.3, on compare les coefficients de diffusion obtenus par l’intermédiaire
des simulations numériques aux fonctions d’approximations numériques fq1 et fq2 . La figure 8.1
présente les résultats de simulations pour une valeur fixe h = 1 de la distance entre les deux
plaques pour différentes valeurs de σs (σa = 0) dans le cas où q = 2 et q = 3. La figure
8.2 présente les résultats de simulations pour une valeur fixe h = 0.01 de la distance entre
les deux plaques pour différentes valeurs de σs (σa = 0) dans le cas où q = 2 et q = 3. Ces
courbes permettent d’illustrer le comportement du taux σσefsf en fonction du paramètre σs h.
Nous comparons qualitativement l’approximation de ce taux par les fonctions fq1 et fq2 , c’est
la fonction fq1 qui donne une meilleure approximation des résultats numériques. Ces fonctions,
construites pour préserver le comportement asymptotique du coefficient de diffusion en fonction
de σs h, sont moins proches de la courbe numérique dans la zone intermédiaire. En particulier,
pour des valeurs de σs h de l’ordre de 0.1, le comportement du coefficient de diffusion est mal
rendu.
165
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
100 100
sigma_s/sigma_eff sigma_s/sigma_eff
f^1_2 f^1_3
f^2_2 f^2_3
10 10
1 1
0.1 0.1
0.01 0.01
0.001 0.001
0.0001 0.0001
1e-005 1e-005
1e-006 1e-006
1e-007 1e-007
1e-006 0.0001 0.01 1 100 10000 1e+006 1e-006 0.0001 0.01 1 100 10000 1e+006
σs
Fig. 8.1 – Comparaison de σef f , fq1 et fq2 en fonction de σs h dans le cas q = 2 et q = 3 pour
h = 1.
1 1
sigma_s/sigma_eff sigma_s/sigma_eff
f^1_2 f^1_3
f^2_2 f^2_3
0.1 0.1
0.01 0.01
0.001 0.001
0.0001 0.0001
1e-005 1e-005
1e-006 1e-006
1e-007 1e-007
1e-008 1e-008
1e-009 1e-009
1e-010 1e-008 1e-006 0.0001 0.01 1 100 10000 1e-010 1e-008 1e-006 0.0001 0.01 1 100 10000
σs
Fig. 8.2 – Comparaison de σef f , fq1 et fq2 en fonction de σs h dans le cas q = 2 et q = 3 pour
h = 0.01.
166
8.6. Résultats numériques
1000
100
10
0.1
1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
~ = R(u(t, x, Ω))
u(t, x, Ω) ~ sur Γ− ,
où
~ ′ ) avec 1 =
Z Z
~ = cR
R(u(t, x, Ω)) ~ ′ · ~n(x)|2 u(t, x, Ω
|Ω ~ ′ ) dν(Ω ~ ′ · ~n(x)| P (dν(Ω
|Ω ~ ′ )).
Γ+ cR Γ+
167
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
0.2
transport
0.18 P1
sigma_eff
limiteur
0.16
0.14
0.12
flux scalaire
0.1
0.08
0.06
0.04
0.02
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
x
Fig. 8.4 – Flux scalaire pour le problème (8.50) et h = 0.1 fonction de la position x
Les figures 8.4 et 8.5 présentent le profil d’une coupe horizontale du flux scalaire dans le cas
où σs = 10, σa = 0.1, q = 0.1 × I0≤x≤0.1 . La figure 8.4 concerne un cas pour lequel h = 0.1
et la figure 8.5 concerne un cas pour lequel h = 0.01. Comme prévu par la théorie, on observe
0.35
transport
P1
0.3 sigma_eff
limiteur
0.25
0.2
energy
0.15
0.1
0.05
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
x
Fig. 8.5 – Flux scalaire pour le problème (8.50) et h = 0.01 fonction de la position x
168
8.6. Résultats numériques
Bilan du chapitre 8
Nous avons étudié l’approximation par la diffusion d’un problème de transport entre deux
plaques infinies. De plus, nous avons exhibé des approximations numériques du coefficient de
diffusion non standard régissant l’équation de diffusion associée. Nous avons illustré nos résul-
tats théoriques par des simulations numériques Monte-Carlo et par un cas test déterministe
permettant de valider le schéma mixte-hybride présenté dans les chapitres précédents.
169
Chapitre 8. Étude du transport entre deux plaques infinies
170
Chapitre 9
Sommaire
9.1 Introduction aux phénomènes de transfert radiatif dans une cavité
laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
9.2 Modèles disponibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
9.2.1 Diffusion standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
9.2.2 Diffusion Monte Carlo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
9.2.3 Diffusion à flux limité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
9.3 Calcul d’un tenseur d’Eddington géométrique ad hoc . . . . . . . . . 177
9.3.1 Calcul d’un facteur d’Eddington dans le cas d’une sphère opaque centrée 177
9.3.2 Calcul du tenseur d’Eddington . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
9.4 Calcul d’un facteur d’Eddington scalaire et d’un limiteur de flux
associé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
9.4.1 Calcul d’un facteur d’Eddington scalaire γ . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
9.4.2 Calcul d’un limiteur de flux λ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
9.4.3 Propriétés de γ et λ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
9.5 Schémas numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
9.6 Résultats Numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
9.6.1 Limiteurs de flux utilisés dans les simulations numériques . . . . . . . . 188
9.6.2 Résultats obtenus pour le tenseur d’Eddington géométrique . . . . . . . 189
9.6.3 Résultats obtenus pour le limiteur de flux géométrique . . . . . . . . . . 190
9.6.4 Comparaison des modéles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
Dans ce chapitre, nous allons nous intéresser à un problème de transfert radiatif dans une
cavité laser décrit par une équation de transport des photons. Nous utiliserons des notations
usuelles dans l’étude des problèmes de transfert radiatif qui diffèrent quelque peu des notations
introduites précédemment. On s’appuie sur un modèle proposé par [Link], [Link] [68]
pour mettre en évidence de nouvelles relations de fermeture dans l’approximation par la diffusion
d’un problème de transfert radiatif. Ce chapitre a fait l’objet de travaux en collaboration avec
[Link]ët, [Link], [Link] et [Link], à l’occasion d’un groupe de travail proposé lors
de l’édition 2003 du fameux CEMRACS (Centre d’Été de Mathématiques et Recherche Avancées
en Calcul Scientifique), à Luminy. Ces travaux ont fait l’objet d’un proceeding en collaboration
avec [Link] [33].
171
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
rayon X
rayon X
rayon laser rayon laser
rayon X
rayon X
La Fusion par Confinement Inertiel (FCI) permet de réaliser des expériences de fusion ther-
monucléaire : il s’agit de faire imploser une petite cible de Deuterium-Tritium de sorte que les
hautes températures et hautes densités atteintes produisent une réaction de combustion du car-
burant. La façon la plus efficace d’obtenir une implosion quasi isotrope est d’utiliser les radiations
créees par la conversion de l’énergie laser en rayons X sur les parois d’une cavité laser (voir figure
9.1).
Les équations du transfert radiatif décrivent le transport d’énergie des rayons X à l’intérieur
de la cavité laser, en négligeant les phénomènes hydrodynamique, le problème s’écrit :
1 ~ x I + σν I = c σν S(ν, T ),
~ ·∇
∂t I + Ω (9.1)
c 4π
~ ν, t) représente l’intensité radiative (la direction de propagation Ω
où I(x, Ω, ~ est à valeur dans la
2
sphère unité S et la fréquence ν est strictement positive), c est la vitesse de la lumière et σν
~ ν, t) est liée à la distribution d’une population de photons
représente l’opacité. L’intensité I(x, Ω,
se déplaçant en ligne droite dans la direction Ω ~ à la vitesse de la lumière c. La fonction source
S(ν, T ) est appelée fonction de Planck, elle est dépendante de la température T de sorte que
l’équation (9.1) soit couplée avec une équation de bilan d’énergie :
c
Z Z
∂t Ei (T ) + ~
dΩ dν σν (I − S(ν, T )) = 0, (9.2)
S2 ν>0 4π
~
où Ei représente l’énergie interne du système. Remarquons que dans ce chapitre nous notons dΩ
la mesure angulaire de sorte que Z
~ = 4π.
dΩ
S2
Si on utilise une méthode de Monte-Carlo implicite pour résoudre ce système (9.1),(9.2) (voir
[52] par exemple). Les oscillations dues aux méthodes de Monte-Carlo perturbent la symétrie du
champ radiatif et ne permettent pas de simuler correctement l’implosion de la cible sphérique.
D’autre part, les méthodes déterministes (voir [4]) restent très coûteuses pour simuler ce type
de problèmes. C’est pourquoi il est utile de rechercher des modèles approchés pour le transfert
radiatif. L’objectif de ce chapitre est de présenter des modèles alternatifs pour (9.1),(9.2) basés
172
9.1. Introduction aux phénomènes de transfert radiatif dans une cavité laser
sur l’approximation par la diffusion et pouvant être utilisés dans le contexte de la FCI.
Dans le but de simplifier notre analyse, nous considérons une version simplifiée de (9.1),(9.2).
D’une part, nous considérons uniquement le cas d’un régime stationnaire (i.e. indépendant du
temps). D’autre part, nous supposons que la fonction source est indépendante de la fréquence de
sorte que (9.1) devienne :
~ ·∇
Ω ~ x I + σI = c σS. (9.3)
4π
Enfin, on impose des conditions aux limites qui prennent en compte l’albedo des parois d’or.
Ainsi, pour tout x sur le bord et pour chaque direction entrante Ω, ~ on impose :
1−ω
Z
~
I(x, Ω) = ~ ′ )(Ω
I(x, Ω ~ ′ · ~nb ) dΩ
~ ′, (9.4)
π ~
Ω·~
nb >0
où ~nb est la normale unitaire sortante sur la frontière au point x. Pour simplifier, on considérera
une géométrie modèle (voir figure 9.2).
albedo : 0 < 1 − ω ≤ 1
gold wall
albedo : 0 < 1 − ω ≤ 1
Lorsque l’opacité est grande devant les dimensions caractéristiques du domaine, l’approxima-
tion par la diffusion est valide (voir [54]) pour le système (9.3)-(9.4). Dans ce régime, l’énergie
radiative Er est solution d’une équation de diffusion
µ ¶
1 1
Z
−div ∇Er + σEr = σS, Er := ~ dΩ.
I(x, Ω) ~ (9.5)
3σ c S2
Dans une cavité laser, cette hypothèse n’est plus valide : le libre parcours moyen (σ −1 ) des photons
est grand devant les dimensions caractéristiques du domaine. La limite (9.5) qui correspond à
des libres parcours moyens petits devant les dimensions caractéristiques du domaine n’est plus
valide. Cependant, on peut toujours définir une équation de diffusion corrigée
µ ¶
λ 1
Z
−div ∇Er + σEr = σS, Er := ~ dΩ,
I(x, Ω) ~ (9.6)
σ c S2
où λ est lié au tenseur d’Eddington [γ] (dont la définition est donnée au paragraphe suivant
par (9.10)) de sorte que l’équation (9.6) fournisse une bonne approximation de la solution du
173
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
problème de transfert radiatif (9.3). Nous renvoyons le lecteur aux travaux de [Link],
[Link], [Link] [41] pour une analyse mathématique de l’approximation par la diffusion des
problèmes de transfert radiatif et l’étude de nouveaux modèles du type (9.6). Dans ce chapitre,
nous proposons divers modèles basés sur cette diffusion corrigée en utilisant la configuration
géométrique de la cavité laser pour déterminer un tenseur d’Eddington adapté à notre problème
de transport, nous exhibons aussi un facteur d’Eddington et un limiteur de flux prenant en
compte les caractéristiques géométriques du domaine, sur le sujet, citons aussi [Link], [Link]
[26] et [Link], [Link]és [27].
Notre étude s’organise comme suit, nous rappellons brièvement les différents modèles existants
liés à l’approximation par la diffusion des problèmes de transfert radiatif (diffusion standard,
diffusion flux limitée, etc...), puis nous proposons un modèle permettant de tenir compte de
la géométrie du domaine qui nous permet de construire un tenseur d’Eddington adapté. Nous
analysons les propriétés de ce tenseur d’Eddington, du facteur d’Eddington et d’un limiteur
de flux associé en se basant l’étude de [Link] [61]. Enfin, nous proposons des schémas
numériques pour la résolution du problème de diffusion non linéaire associé et nous présentons
des résultats numériques pour lesquels nous comparons les divers modèles.
Dans ce qui précède, 1 − ω représente l’albedo des parois qui se définit comme le ratio entre
les flux radiatifs entrant et sortant par la frontière. La configuration géométrique du domaine
que l’on considère dans la suite est donnée par la figure 9.3.
h
θ3
H θ2
θ4 x θ1
174
9.2. Modèles disponibles
On définit
1
Z
E(x) = ~ dΩ,
I(x, Ω) ~ (énergie radiative), (9.8)
c 4π
Z
F~ (x) = ~ Ω
I(x, Ω) ~ dΩ,
~ (flux radiatif), (9.9)
4π
1
Z
[P (x)] = ~ Ω
I(x, Ω) ~ ⊗Ω
~ dΩ,
~ (pression radiative),
c 4π
[P ]
[γ] := . (9.10)
E
On applique alors la méthode des moments qui consiste à intégrer la première équation de (9.7)
~ On obtient :
sur tous les angles solides Ω.
1~ ~
∇·F +σE = σS dans D. (9.11)
c
En multipliant la première ligne de (9.7) par Ω ~ et en intégrant sur les directions angulaires Ω,
~
on a :
~ [P ] + σ F~ = 0 dans D,
∇ (9.12)
c
soit :
~ 1∇
− ∇( ~ ([γ] E)) + σ E = σ S dans D. (9.13)
σ
Le système d’équation (9.11)-(9.13) n’est pas fermé dans le sens où on ne connaît pas a priori
l’expression du tenseur d’Eddington [γ]. Il convient d’effectuer ce qu’on appelle une hypothèse
de fermeture en choisissant une expression du tenseur d’Eddington adaptée aux caractéristiques
physiques du problème.
175
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
~ + σ~
λ∇E F = 0, (9.15)
c
où le coefficient de diffusion λ est une fonction de E, σa , σs et S. On choisit une fonction λ ad
hoc, de sorte que le problème de diffusion résultant soit à "flux limité", i.e.
F~
f~ = ,
cE
avec f = |f~|. L’expression du facteur d’Eddington est donné par
R1 2
~
ζ I(Ω)dζ
γ = −1
R1 ,
~
I(Ω)dζ
−1
~ ~
où ζ = Ω·ff . Le facteur d’Eddington γ est en général une fonction de f et η. Nous pouvons
énoncer quelques propriétés simples sur D(R, η) et γ(f, η)
– f 2 ≤ γ ≤ 1,
1
– γ(0, η) = ,
3
– γ(1, η) = 0,
1
– λ(0, 1) = ,
3
– lim λ(R, η) = 0.
R→∞
Dans [61], [Link] propose une méthode permettant d’obtenir une relation entre les
quantités D et γ, nous reviendrons rapidement sur cette relation dans la suite, notons simplement
qu’en utilisant certaines hypothèses simplificatrices, [Link] aboutit à la relation
γ
D= .
η(1 + f R)
176
9.3. Calcul d’un tenseur d’Eddington géométrique ad hoc
9.3.1 Calcul d’un facteur d’Eddington dans le cas d’une sphère opaque cen-
trée
Nous allons tout d’abord nous intéresser à l’étude d’une relation de fermeture proposée par
[Link] et [Link] pour l’équation du transfert radiatif dans un milieu à symétrie sphérique.
On considère donc le cas d’un domaine à symétrie sphérique, très souvent rencontré dans les
problèmes issus de la physique (par exemple les cibles sphériques irradiées par une onde laser).
Dans ce cas, l’intensité spécifique I(r, µ) dépend uniquement de la variable d’espace r (rayon de
~ · ~n, où ~n est le vecteur unitaire normal
la frontière sphérique) et de la variable angulaire µ = Ω
à la frontière sphérique. Par ailleurs, on considère uniquement la composante normale du flux
~
radiatif F~ et de la pression radiative P~ compte tenu des symétries du problème (le flux et la
pression sont normaux à la frontière). On se ramène donc, par raisons de symétries à un cas 1D.
θc
O rc r
177
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
– l’énergie radiative :
1 ~ + 1 I2 2π 2π
Z Z
E = I1 dΩ ~
dΩ = I1 (1 − µc ) + I2 (1 + µc ), (9.19)
c ST c STc c c
– le flux radiatif :
1 − µ2c
µ ¶
1 1
Z Z
F = I1 ~ Ω
Ωd ~ + I2 ~ Ω
Ωd ~ = 2π (I1 − I2 ) , (9.20)
c ST c STc 2
– la pression radiative :
1 − µ3c 1 + µ3c
µ ¶ µ ¶
1 1
Z Z
P = I1 ~ ~ ~
Ω ⊗ ΩdΩ + I2 ~ ~ ~
Ω ⊗ ΩdΩ = 2π I1 + I2 . (9.21)
c ST c STc 3c 3c
On obtient donc le système d’équations suivant :
2π 2π
E= I1 (1 − µc ) + I2 (1 + µc ),
c c
F = π 1 − µ2c (I1 − I2 ) ,
¡ ¢
(9.22)
1 − µ3c 1 + µ3c
µ ¶ µ ¶
cγE
= I1 + I2 .
2π 3c 3c
Notons
I1 I2
u1 = et u2 = ,
cE cE
α1 = 2π(1 − µc ) = 4π − α2 ,
v1 = π(1 − µ2c ) = −v2 ,
et
2π 4π
m1 = (1 − µ3c ) = − m2 .
3 3
Le système (9.22) s’écrit alors :
1 = α1 u1 + α2 u2 ,
F
= v1 (u1 − u2 ), (9.23)
cE
γ = m1 u1 + m2 u2 .
178
9.3. Calcul d’un tenseur d’Eddington géométrique ad hoc
Tests numériques
Les tests numériques présentés sur la figure 9.5 ont été effectués en utilisant un code de
transport 1D pour la solution de référence et un code de diffusion 1D pour tester la validité du
calcul présenté ci-avant. Les résultats numériques sont obtenus pour σ = 1, ω = 0.2 et rc = 0.2.
On constate la qualité de l’approximation obtenue en utilisant le modèle proposé par [Link]
et [Link] par rapport à la solution de référence. En revanche le code de diffusion utilisant
l’approximation d’Eddington (i.e. γ = 13 ) est très loin de cette solution de référence. Nous allons
donc à présent nous inspirer du modèle proposé par [Link] et [Link] pour l’étude d’un
problème de transfert radiatif dans une cavité laser.
179
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
0.75
solution de reference
approximation d’Eddington
modele
0.7
0.65
0.6
0.55
0.5
0.45
0.4
0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
et Z
F −
:= ~ ′ )Ω
I(x, Ω ~ ′ · ~nb dΩ
~ ′,
~ ′ ·~
Ω nb <0
c~
F = F~ · ~nb = − ∇[γ]E · ~nb . (9.31)
σ
De plus, on suppose que l’intensité radiative satisfait à l’approximation P1 sur le bord :
~ = cE 3 ~ ~
I(x, Ω) + Ω · F. (9.32)
4π 4π
On obtient donc µ ¶
cE 3 ~′ ~
Z
ωF +
=ω + Ω ·F ~ ′ · ~nb dΩ
Ω ~ ′, (9.33)
~ ′ ·~
Ω nb >0 4π 4π
180
9.3. Calcul d’un tenseur d’Eddington géométrique ad hoc
et
1µ ¶
cE 3µλc ~ cE ω cλ ~
Z
+
ωF = 2πω − ∇E · ~nb µdµ = ω − ∇E · ~nb . (9.34)
0 4π 4πσ 4 2 σ
En utilisant (9.31) et (9.34), on obtient une condition aux limites sur l’énergie radiative E :
1~
ω E + 2 (2 − ω) ∇[γ]E · ~nb = 0. (9.35)
σ
Remarque 9.3.1
La quantité
2 (2 − ω)
,
σω
représente la longueur d’extrapolation.
Dans le but de calculer [γ], on applique donc la même méthode que celle introduite dans [68]
et décrite brièvement sur un exemple simple au paragraphe 9.2.1. Nous supposerons qu’en un
point donné x dans D, l’intensité radiative est constante par morceaux en fonction de la variable
~
angulaire Ω.
On introduit tout d’abord ST (x) le sous ensemble de S 2 contenant tous les angles solides
pointant vers les trous du domaine à partir du point x et ST c (x) = S 2 \ ST (x). On effectue
l’hypothèse suivante
I1 (x) pour Ω ~ ∈ ST (x)
~ =
I(x, Ω) (9.36)
I2 (x) pour Ω~ ∈ ST c (x).
les vecteurs : Z Z
~v1 := ~ dΩ
Ω ~ and ~v2 := ~ dΩ,
Ω ~ (9.37b)
ST ST c
et les tenseurs : Z Z
[m1 ] := ~ ⊗Ω
Ω ~ dΩ
~ and [m2 ] := ~ ⊗Ω
Ω ~ dΩ.
~ (9.37c)
ST ST c
Toutes ces expressions peuvent être calculées analytiquement en effectuant des calculs d’angles
solides En utilisant l’hypothèse (9.38), on obtient le système de trois équations à trois inconnues
181
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
suivant :
1 ~ + 1 I2
Z Z
E = I1 dΩ ~
dΩ
c c
ST ST c
Z Z
~
F = I1 ~ ~
Ω dΩ + I2 ~ dΩ
Ω ~ (9.38)
ST ST c
1 1
Z Z
~ ~ ~ ~ ⊗Ω
~ dΩ,
~
[γ] E = I1 Ω ⊗ Ω d Ω + I2 Ω
c c
ST ST c
où les inconnues sont I1 , I2 et [γ]. On peut par exemple résoudre ce système en projetant les se-
conde et troisième équations du système suivant une direction appropriée ou calculer directement
un tenseur d’Eddingtone en fonction de f~.
1.2
Intensite
0.8
intensite
0.6
0.4
0.2
0
-3 -2 -1 0 1 2 3
angle
Fig. 9.6 – Intensité radiative fonction de l’angle, proche du trou de droite du domaine D (résultats
obtenus sur une grille uniforme 100 × 100 en espace et en utilisant une quadrature S64 en angle).
Solution du système
α1 + α2 =4 π, (9.39a)
~v1 + ~v2 =0, (9.39b)
et
4
[m1 ] + [m2 ] = π [Id]. (9.39c)
3
182
9.3. Calcul d’un tenseur d’Eddington géométrique ad hoc
où
F~
f~ := . (9.41)
cE
Les nouvelles inconnues sont :
1 1
ū1 := (I1 − I2 ), u2 := I2 et [γ].
cE cE
Remarquons que f doit satisfaire la relation suivante (critère indispensable dans la théorie flux-
limitée) :
|f~| ≤ 1. (9.42)
I
De plus, f~ et [γ] (les moments d’ordre 1 et 2 de l’intensité radiative ) doivent satisfaire
cE
aux contraintes suivantes :
tr([γ]) = 1, (9.43)
[γ] − f~ ⊗ f~ ≥ 0. (9.44)
1
En multipliant la première équation du système (9.40) par [Id] et en la soustrayant à la troisième
3
équation, on obtient :
1 = α1 ū1 + 4 π u2
~
f = ~v1 ū1
(9.45)
1 ³ α ´ ~
f · ~v1
[γ] = [Id] + [m1 ] − 1 [Id]
.
3 3 |v1 |2
sur une direction appropriée. On peut par exemple utiliser le vecteur ~v1 (ce vecteur ne s’annule
f~ · ~v1 ~ On déduit de (9.45)
qu’au centre du domaine) de sorte que ū1 = ou utiliser le vecteur R.
|~v1 |2
une expression du tenseur d’Eddington fonction de f et des données géométriques du domaine.
On peut ainsi comparer le tenseur d’Eddington obtenu en projetant l’équation (9.46) suivant ~v1
et le tenseur d’Eddington exact obtenu à l’aide d’une simulation numérique d’un problème de
transport (cas d’une géométrie plane avec H
L = 0.3, σ = 0.1, figures 9.7 et 9.8)
183
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
Fig. 9.7 – Carte des composantes du tenseur d’Eddington issu du modèle à deux intensités
Fig. 9.8 – Carte des composantes du tenseur d’Eddington exact obtenu par une simulation
numérique transport
où ~n est le vecteur unitaire f~/|f~|. On obtient alors la relation suivante (voir [61]) :
1−γ 3γ − 1
[γ] = [Id] + ~n ⊗ ~n. (9.48)
2 2
Ce modèle est une généralisation de l’approximation d’Eddington (9.14). Pour pouvoir calculer
γ, il convient d’utiliser le tenseur [γ] introduit dans la section précédente.
Remarquons tout d’abord que le vecteur ~v1 est un vecteur propre de la matrice [m1 ] et notons
m1 la valeur propre associée. On a donc :
~v1 ~v1
[m1 ] = m1 . (9.49)
|~v1 | |~v1 |
La troisième équation de (9.45) montre que ~v1 est aussi un vecteur propre de [γ]. En utilisant
(9.47) on obtient :
1 α1
γ = + m1 ū1 − ū1 . (9.50)
3 3
184
9.4. Calcul d’un facteur d’Eddington scalaire et d’un limiteur de flux associé
On peut alors exprimer ū1 en fonction de f~. La seconde équation de (9.45) montre que ~v1 est de
même direction que ~n (~n = − |~~vv11 | ) et on a :
|f~|
ū1 = .
|~v1 |
Finalement, on obtient : ¯ ¯
¯~¯
1 m1 − α1 ¯F ¯
3
γ= + . (9.51)
3 |~v1 | cE
On peut réécrire cette équation comme suit :
1
γ(f ) = − h1 f, (9.52)
3
où h1 est définit par :
1 ~ − ~ n)2 dΩ
~
R R
α1
3 − m1 3 ST dΩ ST (Ω · ~
h1 = = , (9.53)
|~v1 | ~ · ~n dΩ|
~
R
| ST Ω
et ¯ ¯
¯~¯
¯F ¯
f= .
cE
~
~ = − ∇E .
R (9.58)
σS
~ et f sont liées par la relation suivante :
Les quantités R := |R|
f
R= . (9.59)
γ(f ) − f 2
185
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
et donc le flux :
~
c λ(R)∇E
F~ = − . (9.61)
σ
On calcule donc le limiteur de flux λ(R) associé au facteur d’Eddington γ(f ). On a :
1
λ(R) = − h1 λ(R)R − λ2 (R)R2 , (9.62)
3
soit :
2
λ(R) = 2
p . (9.63)
3 (h1 R + 1) + 9(1 + h1 R)2 + 12R2
9.4.3 Propriétés de γ et λ
Dans ce paragraphe, nous proposons d’étudier le comportement du facteur d’Eddington sca-
laire γ (et du limiteur de flux λ) en fonction de σ et f .
Dans [61], [Link] donnent quatre conditions sur γ et λ :
(C1) λ(R) + λ(R)2 R2 ≤ 1.
1 1
(C2) γ(0) = et λ(0) = .
3 3
(C3) λ(R) + λ(R)2 R2 est une fonction croissante de R.
(C4) γ(f ) − f 2 est une fonction décroissante de f .
Les conditions (C1), (C2) et (C4) sont satisfaites par notre facteur d’Eddington et notre
limiteur de flux, mais notre limiteur de flux ne satisfait pas la condition (C3). Pour satisfaire à
la condition (C3), le facteur d’Eddington doit être une fonction croissante de f mais ce n’est pas
le cas car h1 est toujours positif, donc λ(R) + λ(R)2 R2 est une fonction décroissante de R.
Influence du gradient
Une des propriétés essentielles d’un limiteur de flux est de décroître lorsque la norme du
1
gradient de l’énergie radiative croît, on a donc : lim λ = , lim λ = 0. Le cas f = 0 correspond
R→0 3 R→+∞
1 1
à un régime isotrope et l’approximation d’Eddington est valide γ(0) = et λ(0) = . Nous
3 3
comparons sur la figure 9.9 le comportement de notre limiteur avec d’autres limiteurs classiques
en fonction de R pour h1 = 1.
186
9.5. Schémas numériques
0.35
limiteur geometrique
limiteur de Levermore
limiteur de Kershaw
0.3
0.25
0.2
0.15
0.1
0.05
0
0.01 0.1 1 10 100
187
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
~ ( γ̃ k ∇ E k ) + σ E k = σ S
−∇ σ dans D,
k (9.65)
ω E k + 2 (2 − ω) γ̃ ∇E ~ k · ~nb = 0 sur ∂D.
σ
Étape 4 : On boucle sur l’étape 3 tant que ||E k −E k−1 ||1 reste plus grande qu’un paramètre
de convergence fixé.
1 − f + 3f 2
γ(f ) = .
3
limiteur de Chapman-Enskog :
µ ¶
1 1
λ(R) = coth R − ,
R R
188
9.6. Résultats Numériques
avec
1
f = coth R − .
R
limiteur de Kershaw :
2
λ(R) = √ ,
3+ 9 + 4R2
On présente sur les figures 9.10 et 9.11 les résultats obtenus pour σ = 0.1 et H L = 0.3 (les
notations sont celles de la figure 9.3). Nous sommes donc dans une situation où l’approximation
d’Eddington ne s’applique. D’autre part, nous ne sommes pas non plus dans la situation du
théorème 8.2.1 car H ∼ σ. Nous présentons les résultats obtenus pour un calcul de transport
comparé avec l’approximation de la diffusion, la résolution d’un problème de diffusion à flux
limité, la résolution d’un problème de diffusion utilisant un coefficient de diffusion calculé par
une simulation Monte-Carlo et la résolution d’un problème de diffusion utilisant l’algorithme 1
présenté précédemment. On observe que les résultats obtenus par la résolution d’un problème de
diffusion utilisant l’algorithme 1 et notre modèle à deux intensités sont sensiblement meilleurs
que les résultats obtenus en utilisant la théorie de la diffusion flux-limitée.
0.34
transport reference
approximation P1
0.32 coefficient de diffusion Monte-Carlo
diffusion flux-limitee
tenseur d’Eddington geometrique
0.3
0.28
0.26
0.24
0.22
0.2
0.18
0.16
0.14
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
H
Fig. 9.10 – Coupe de l’énergie dans le cas où σ = 0.1 et L = 0.3.
189
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
0.34
transport reference
diffusion avec le vrai tenseur d’Eddington
0.32 diffusion avec le tenseur d’Eddington geometrique
0.3
0.28
0.26
0.24
0.22
0.2
0.18
0.16
0.14
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
H
Fig. 9.11 – Coupe de l’énergie dans le cas où σ = 0.1 et L = 0.3.
Comme on l’a vu dans les paragraphes précédents, on peut approcher, en utilisant un code
de transport, le tenseur d’Eddington idéal en calculant en tout point du domaine :
1
Z
[γ](x) = ~ Ω
I(x, Ω) ~ ⊗Ω
~ dΩ.
~ (9.68)
cE 4π
Ce tenseur d’Eddington, le facteur d’Eddington et le limiteur de flux associés sont optimaux pour
l’approximation numérique par la diffusion d’un problème de transport. On compare ainsi sur la
figure 9.11 les résultats obtenus par l’algorithme 1 en utilisant un tenseur d’Eddington calculé
par un code de transport et un tenseur d’Eddington obtenu par le modèle à deux intensités. Le
résultat pour le tenseur d’Eddington issu d’un code de transport montre les limites d’un modèle
de diffusion utilisant un coefficient de diffusion scalaire. Notons que si on résolvait un problème de
diffusion en conservant le tenseur d’Eddington, nous obtiendrions exactement le même résultat
que pour le transport.
On constate que dans tous les cas considérés, l’énergie est mieux approchée par le limiteur
géométrique que par l’approximation standard de la diffusion (approximation d’Eddington P1)
190
9.6. Résultats Numériques
1.1
transport reference solution
geometric limiter
Eddington approximation
0.9
Energy
0.8
0.7
0.6
0.5
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
x
ou par tout autre limiteur de flux. C’est particulièrement vrai dans les zones proches des trous
où le gradient d’énergie est le plus élevé.
La figure 9.12 présente le profil de l’énergie pour une valeur élevée de σ par rapport aux
grandeurs caractéristiques du problème. Nous résolvons donc un cas isotrope où tous les modèles
sont construits pour donner des résultats semblables.
0.9
transport reference solution
geometric limiter
Eddington approximation
0.85 Wilson’s limiter
Chapman’s limiter
Kershaw’s limiter
0.8
0.75
0.7
Energy
0.65
0.6
0.55
0.5
0.45
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
x
Sur la figure 9.13, on présente un cas où l’opacité σ est plus petite, le libre parcours moyen
des particules est donc plus grand et on atteint les limites de validité de l’approximation stan-
dard de la diffusion. Il semble que le limiteur géométrique soit plus performant que les autres
limiteurs. Lorsque l’opacité σ est proche de zero, le limiteur géométrique semble toujours donner
191
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
de meilleurs résultats que les autres limiteurs mais les résultats obtenus restent tout de même
relativement loin de la solution de référence (comme on peut le voir sur la figure 9.14) à cause des
limites de validité des modèles de diffusion flux limitée. Comme dans le paragraphe précédent, on
utilise le limiteur de flux idéal issu d’une simulation du transport (limiteur de flux du transport).
0.7
transport reference solution
geometric limiter
Chapman’s limiter
Kershaw’s limiter
0.65 Eddington approximation
Wilson’s limiter
0.6
energy
0.55
0.5
0.45
0.4
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
x
Dans ce paragraphe, nous comparons sous forme de tableau les erreurs relatives en norme L1
(sur un maillage cartésien fixé 50 × 50) des différents modèles proposés comparés à une solution
de référence obtenue par le schéma de transport mixte-hybride. Les résultats sont obtenus pour
une valeur de HL = 0.3 (les notations sont celles de la figure 9.2). Nous comparons les modèles
suivants :
– Modèle 1 : Diffusion suivant l’algorithme 1 avec le “vrai” tenseur d’Eddington calculé à
partir du code de transport,
– Modèle 2 : Diffusion suivant l’algorithme 1 avec le tenseur d’Eddington obtenu à partir
du modèle géométrique,
– Modèle 3 : Diffusion suivant l’algorithme 2 avec le limiteur de flux issu du modèle géo-
métrique,
– Modèle 4 : Diffusion suivant l’algorithme 2 avec le limiteur de flux de Kershaw,
1
– Modèle 5 : Approximation d’Eddington (coefficient de diffusion constant égal à 3σ ,
– Modèle 6 : Diffusion avec un coefficient de diffusion obtenu par des simulations Monte-
Carlo (voir chapitre 8).
192
9.6. Résultats Numériques
Bilan du chapitre 9
Dans ce chapitre, nous avons proposé une nouvelle expression du tenseur d’Eddington, d’un
facteur d’Eddington associé et du limiteur de flux résultant adaptés pour l’approximation nu-
mérique des problèmes de transfert radiatif dans une cavité laser. Dans ce cas, l’approximation
standard de la diffusion et la théorie classique de la diffusion flux limitée ne s’applique plus car le
libre parcours moyen des photons et la longueur de gradient caractéristique sont grandes devant
les dimensions caractéristiques de la cavité. Ainsi, le tenseur d’Eddington proposé tient compte
des caractéristiques géométriques de la cavité.
Cependant, les résultats obtenus avec ce nouveau tenseur d’Eddington (ou du limiteur de flux
correspondant), bien que meilleur que ceux obtenus avec les limiteurs de flux classiques, ne sont
193
Chapitre 9. Approximation du transport par la diffusion dans une cavité laser
pas encore complètement satisfaisants. Il faudrait étudier le problème posé par les conditions aux
limites et envisager un modèle à trois intensités en dissociant chacun des deux trous par exemple.
194
Conclusions et perspectives
Au cours de cette thèse, nous avons proposé un nouveau schéma numérique de résolution
de l’équation du transport des neutrons, basé sur une méthode d’éléments finis mixtes-hybrides.
Nous avons détaillé l’analyse mathématique de la méthode et présenté sa mise en oeuvre numé-
rique et nous avons illustré sur des exemples simples les propriétés essentielles de la méthode.
Un des points clé de cette thèse réside dans l’introduction d’une formulation mixte de l’équa-
tion du transport et d’un cadre fonctionnel adapté à l’étude de cette formulation et dans la
construction d’espaces d’approximation associés. Les espaces d’approximations utilisés en géne-
ral dans la mise en oeuvre d’une méthode d’éléments finis mixtes-hybrides pour des équations du
second-ordre elliptiques ne sont plus valide dans le cas du transport. Nous avons présenté dans
cette thèse un moyen de prendre en compte la spécifité du transport en adaptant ces espaces
d’approximation.
Nous avons vu que le schéma possédait la propriété de limite diffusion et avait l’avantage
majeur de coïncider avec le schéma mixte-hybride de l’équation de diffusion associée en régime
collisionnel. Le schéma permet d’obtenir une excellente approximation de la solution dans des
milieux diffusifs. Cependant, dans des milieux à forts contrastes d’opacité, le schéma est mis en
défaut dès que le maillage n’est pas suffisamment fin (pas d’espace de l’ordre du libre parcours
moyen). Nous avons proposé une méthode de décomposition de domaine qui permet d’éviter ce
type de problèmes mais celà conduit à coupler deux schémas mixtes-hybrides indépendants. Pour
cette raison, il pourrait être intéressant d’adapter le schéma de sorte à bien rendre compte des
phénomènes à l’interface entre un milieu opaque et un milieu transparent.
Les résultats numériques obtenus sont aussi très satisfaisants sur des maillages déformés même
dans des milieux très diffusifs. Nous avons constaté numériquement qu’à l’instar d’un schéma
mixte-hybride pour la diffusion, le schéma mixte-hybride pour le transport reste précis d’ordre
deux en espace même sur des maillages déformés. Il serait intéressant de justifier théoriquement
cette ordre de convergence en espace de la méthode.
Par ailleurs, les essais de décomposition de domaine en dimension un se sont révélés concluants
et mériteraient d’être étendus en dimension quelconque. L’un des intérêt des méthodes mixtes
est d’être adapté à la décomposition de domaine. Il conviendrait en outre d’approfondir ces essais
pour pouvoir utiliser les avantages du calcul parallèle notamment.
En ce qui concerne les problèmes de transport entre deux plaques infinies, il conviendrait
d’étudier plus en avant le cas de la diffusion anormale et de l’illustrer par des simulations numé-
riques.
Dans une cavité laser, le modèle géométrique que nous proposons pour l’approximation par la
diffusion des équations du transfert radiatif permet d’améliorer les résultats obtenus par des limi-
teurs de flux classiques et par l’approximation d’Eddington. Cette amélioration n’est cependant
pas suffisamment significative. Il conviendrait de prendre en compte plus en détails le problème
posé par les conditions aux limites et envisager un modèle à trois intensités en dissociant chacun
195
Conclusions et perspectives
196
Annexe A
L’objectif de cette annexe est de présenter la méthode des éléments finis mixtes-hybrides dans
son cadre classique des équations elliptiques sur un exemple simple : l’équation de diffusion des
neutrons. Cette annexe permet de préciser le schéma mixte-hybride associé à une équation de
type diffusion en complément du chapitre 6. On considère un domaine ouvert borné D de R3 et
le problème de diffusion homogène des neutrons suivant :
i) −∇ ~ · 1 ∇u~ + σa u = q, dans D,
3σt (A.1)
ii) u = 0, sur ∂D.
où u représente le flux scalaire, q est un terme source, σt et σa sont les sections efficaces totale
et d’absorption. Les méthodes d’éléments finis mixtes sont basées sur une formulation duale du
problème elliptique (A.1). En introduisant le courant
1 ~
~g = − ∇u,
3σt
et l’espace fonctionnel
n o
~ · ~g ∈ L2 (D) ,
H(div; D) = ~g ∈ L2 (D)3 ; ∇
le problème (A.1) peut s’écrire formellement sous forme variationnelle de la façon suivante :
trouver (~g , u) ∈ H(div; D) × L2 (D) tels que :
197
Annexe A. Éléments finis mixtes-hybrides pour un problème elliptique simple
où δij représente le symbole de Kronecker. La famille {w ~ k,j }1≤j≤2d forme une base de l’espace
RT0 (Qk ). L’espace RT0 (Qk ) est un espace de dimension 2d = 6 soit le nombre de faces d’une
maille hexaèdrale en dimension d = 3.
La version discrète de (A.2) s’écrit donc : trouver uh ∈ L0 (Dh ) et ~gh ∈ RT0 (Dh ) tels que
198
où la matrice de ce système est inversible mais n’est pas définie positive. En particulier, la struc-
ture globale de la matrice Ah ne permet pas d’éliminer facilement le vecteur inconnu des courants.
C’est pourquoi on introduit une inconnue supplémentaire. Cette procédure est appelée procédure
d’hybridisation et conduit à la formulation mixte-hybride discrète. On introduit l’espace suivant
n o
M0 (Dh ) = µh ∈ L2 (Fhint ); µh |f ∈ P0 (f ); f ∈ Fhint .
Y
En introduisant la forme bilinéaire c : M0 (Dh ) × RT0 (Qk ) → R définie par
k
X Z
c(µh , ~gh ) = µh [~gh · ~n] ds,
f
f ∈Fhint
où Gh est le vecteur inconnu des courants sur chaque face de chaque maille de Dh , Uh est le vecteur
inconnu contenant les valeurs moyennes du flux scalaire sur chaque maille de Dh , λh est le vecteur
inconnu contenant les valeurs moyennes du flux scalaire sur chaque face du maillage. La matrice
du système est une matrice bloc 3 × 3 symétrique mais qui n’est pas définie. Contrairement au
transport, la matrice Ah est inversible. On peut donc éliminer directement le vecteur Gh . On
élimine ensuite le vecteur Uh pour inverser une matrice symétrique définie positive pour résoudre
un système portant uniquement sur le vecteur inconnu λh . La matrice de ce système linéaire
est symétrique définie positive. En reprenant les notations du chapitre 5, on peut expliciter les
coefficient des matrices élémentaires pour tout k ∈ {1, · · · , K} et tous (a, b) ∈ {1, · · · , L(k)}2 :
Z Z
k k k k
(Ah )ab = 3σt,k ~a · w
w ~ b dx, (Bh )a = −1, (Ch )ab = δab , (Dh ) = σa,k dx.
Qk Qk
199
Annexe A. Éléments finis mixtes-hybrides pour un problème elliptique simple
200
Annexe B
où
γ~k,i = PΩ w
~ k,i .
L’équation de la densité de courant angulaire s’écrit donc sous forme matricielle localement à la
maille Qk (voir le chapitre 5 pour les notations et le vocabulaire) de la façon suivante
où
α2 αβ 2
− α6 − αβ
2
3 4 4 α
αβ β2 2
− αβ − β6 k β2
Akh = σt,k h2 4 3 4 , Bh = −h
α2 ,
2 α2
− α6 − αβ
4 3
αβ
4
− αβ − β6
2 αβ β2 β2
4 4 3
201
Annexe B. Construction des matrices élémentaires sur maillages cartésiens
αβ
α2 0 − αβ
2 2 α
αβ
β2 − αβ 0 qk h2 β
Chk = h 2 2 k
αβ et Fh = −α .
0 − αβ
2 α2 2 2
− αβ
2 0 − αβ
2 β 2 −β
La matrice Akh est une matrice symétrique 4 × 4 qui n’est pas inversible, elle est diagonalisable
en base orthonormale et s’écrit
t
Akh = (Vhk ) Λkh Vhk ,
où
t t
Vhk (Vhk ) = Id = (Vhk ) Vhk .
Les matrices de passage sont données par
0 0 0 0
−β α β −α
α2
1 1 0 1 0
0 0 0
Vhk = √ et Λk = σt,k h2
6 .
0 1 0 1 h β2
2 0 0 6 0
−α −β α β 1
0 0 0 2
On note :
α2
6 0 0 1 0 1 0
1
Λ̃kh = σk h2 0 β2 k
0 et Ṽh = √ 0 1 0 1 .
6 2
1 −α −β α β
0 0 2
On a donc
t
Ṽhk Akh (Ṽhk ) = Λ̃kh .
On introduit aussi :
G̃kh = Ṽhk Gkh .
L’équation (B.1) s’écrit donc de façon équivalente :
Λ̃kh G̃kh + Ṽhk Bhk Uhk + Ṽhk Chk λkh = Ṽhk Fhk .
Notons F̃hk = Ṽhk Fhk , on a :
0
qh2
F̃hk = − √ 0 .
2 1
Notons Dhk = −h2 σk , Shk = −qk h2 , B̃hk = Ṽhk Bhk et C̃hk = Ṽhk Chk , on a
2
0 α2 0
α
k h
C̃h = √ 0 β2 0 β2 ,
2 −α −β α β
2
√ α
B̃hk = − 2h β 2 .
0
Le système linéaire élémentaire final s’écrit donc
Λ̃kh B̃hk C̃hk G̃kh
k
F̃
k t k k hk
(B̃h ) −Dh 0 uh = Sh ,
t k
k
(C̃h ) 0 0 λ h 0
202
Annexe C
Nous nous plaçons ici dans le cadre du problème du transport monocinétique pour une direc-
tion fixée. On considère donc dans cette annexe un problème de transport en dimension d = 1.
On prendra D = (0, 1) et on choisit µ > 0 une direction angulaire fixée et ua ∈ R+
∗ . On s’intéresse
à l’approximation numérique du problème simplifié du transport :
Discrétisation
On partitionne le domaine 1D, D = (0, 1), en I intervalles [xi− 1 , xi+ 1 ] où 0 = x 1 < · · · <
2 2 2
xi− 1 < xi+ 1 < · · · < xI+ 1 = 1.
2 2 2
On considère alors le schéma mixte-hybride lumpé (voir la remarque 6.4.1) de l’équation
mono-énergétique aux ordonnées discrètes du transport :
l r
i) gi+ 1 + g
i− 21
+ σt,i hi ui = hi qi ,
2
σt,i hi l ´ µh
³
i
2
ii) g + µ u 1 − ui = q 1,
1 i+ 2
2 i+ 2 i+ 2
2
σt,i hi r ³ ´ µhi (C.2)
iii) gi− 1 + µ2 ui− 1 − ui = − q 1,
2 2 2 2 i− 2
l r
iv) gi− 1 + g = 0,
i− 21
2
l r
v) g 1 + g 1 = 0,
i+
2
i+2
203
Annexe C. Ébauche de décomposition de domaine en 1D
qi+ 1 = 12 (qi + qi+1 ) pour 1 ≤ i ≤ I − 1, q 1 = q1 , qI+ 1 = qI . Pour notre exposé et dans un but de
2 2 2
clarté nous ferons jouer aux éléments le rôle des sous-domaines, nous prendrons la convention un
sous domaine = un élément. Pour un noeud d’une maille interne i, par exemple le noeud i + 12 ,
on introduit un de gré de liberté supplémentaire en supposant que le flux angulaire ui+ 1 est
2
discontinu de part et d’autre du noeud i + 12 . On note uli+ 1 et uri+ 1 les valeurs du flux angul ;aire
2 2
de part et d’autre du noeud i + 21 . L’équation de continuité (C.2-v) devient
l r
gi+ 1 + g
i+ 1
= α(uri+ 1 − uli+ 1 ) (C.4)
2 2 2 2
où le paramètre α est à choisir convenablement. Cette dernière égalité permet donc à l’information
d’être transmise d’un sous-domaine à un autre, cette équation est dite “équation de transmission”.
Algorithme de résolution
En reprenant les notations introduites précédemment, on va définir un processus itératif (dans
le cas où un domaine est égal à un élément) :
Initialisation
l,0 r,0
u0i , gi+ 1, g
i+ 1
, ul,0
i+ 1
et ur,0
i+ 1
sont choisis à l’itéré 0,
2 2 2 2
où on a introduit une valeur de u au noeud à gauche et à droite dans le but d’assurer la trans-
mission entre les sous-domaines. En pratique, on réalise une partition de D en plusieurs sous-
domaines et on assure la transmission uniquement sur la frontière des sous-domaines de D (qui
peuvent évidemment contenir plusieurs mailles). Notons que l’on peut trouver des valeurs opti-
males pour le chopix du paramètre α.
204
Annexe D
Dans son article [66], [Link] décrit des classes générales de schémas admissibles pour
les équations elliptiques dégénérées sur des maillages cartésiens orthogonaux. Il définit la notion
de schémas discrètements elliptiques. Cette propriété est indispensable pour tout schéma numé-
rique valable pour la discrétisation d’équations elliptiques dégénérées. Les problèmes elliptiques
dégénérées parmis les plus simples en deux dimensions d’espace sont les suivants : soient λ ∈ R+ ,
a ∈ R∗ , b ∈ R∗ et c = ab, on considère le problème
µ 2 ¶
~ a c ~ + λu = f
−∇ · ∇u (D.1)
c b2
où f est une fonction donnée et avec des conditions aux limites adaptées. On remarque donc
que (D.1) n’est rien d’autre qu’une forme du second ordre d’une équation du transport pour les
directions (a, b) ou (−a, −b). Oberman propose un cas test simple possédant une solution exacte
dans D = (0, 1]2 :
µ ¶
~ 1 1 ~
−∇ · ∇u(x, y) = 0 pour (x, y) ∈ D,
1 1
u(x,
µ y)
¶ = sin(6π(x − y)) pour (x, y) ∈ ∂D− , (D.2)
1
~
· ∇u(x, y) = 0 pour (x, y) ∈ ∂D+ .
1
La solution exacte est donc u(x, y) = sin(6π(x − y)). [Link] teste ensuite trois types de
schémas numériques dont il montre que deux d’entre eux, pourtant raisonnablement construits,
ne convergent pas vers la solution exacte (l’un d’eux diverge même). Nous avons donc testé
notre méthode numérique en l’appliquant à la forme du premier ordre correspondante (du type
transport dans le vide) :
µ ¶
1 ~
· ∇u(x, y) = 0 pour (x, y) ∈ D,
1 (D.3)
u(x, y) = sin(6π(x − y)) pour (x, y) ∈ ∂D− .
On constate alors sur les figures suivantes que notre schéma converge effectivement vers la solution
exacte.
205
Annexe D. Lien avec les équations elliptiques dégénérées
0.5
−0.5
−1
1
0.8 1
0.6 0.8
0.4 0.6
0.4
0.2
0.2
0 0
0.5
0.5 1
206
1
0.5
0.5 1
207
Annexe D. Lien avec les équations elliptiques dégénérées
208
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