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Motorisation agricole : choix et coûts

Le document décrit l'environnement de la motorisation agricole en Afrique, notamment les défis liés à l'approvisionnement en équipements, les infrastructures d'entretien, le coût élevé et le manque de compétences. Il souligne l'importance de prendre en compte ces facteurs lors du choix de la motorisation appropriée.

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Motorisation agricole : choix et coûts

Le document décrit l'environnement de la motorisation agricole en Afrique, notamment les défis liés à l'approvisionnement en équipements, les infrastructures d'entretien, le coût élevé et le manque de compétences. Il souligne l'importance de prendre en compte ces facteurs lors du choix de la motorisation appropriée.

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La motorisation : choix technique du matériel et coût des équipements.

Chapter · May 2002

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1 author:

Michel Havard
Cirad - La recherche agronomique pour le développement
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La motorisation : choix technique du matériel et coût
Memento de l’agronome
des équipements
Michel HAVARD (CIRAD, Cameroun)

L’environnement de la motorisation
A l’échelon d’un pays, la motorisation agricole pose des problèmes qui dépassent largement le cadre
du choix technique et du coût des équipements. Il s’agit de choisir les formules les plus appropriées
pour atteindre les objectifs économiques et de développement. Il faut prendre en compte l’environ-
nement dans lequel sera utilisée cette motorisation, évaluer l’intérêt de son introduction, étudier les
conditions de sa mise en œuvre, proposer les niveaux de puissance et les équipements qui semblent
les plus adaptés...
Quatre aspects sont à prendre en considération : l’approvisionnement en équipements, les infra-
structures, les moyens financiers et la compétence des différents intervenants.

L’approvisionnement en équipement
Les possibilités d’approvisionnement en équipement varient énormément suivant les pays. Rares sont
ceux disposant d’unités de fabrication industrielle. Quelques-uns possèdent des unités de montage ou
d’assemblage pour un nombre restreint de types de matériel. Les pays africains sont donc fortement
dépendant des conditions d’approvisionnement en machines et en pièces détachées : problèmes de
devises, de délais d’acheminement, de disparité des marques et des modèles d’équipement. Le mar-
ché de l’occasion issu du parc de réforme de matériel des pays industrialisés offre de nouvelles pers-
pectives, mais les circuits ne sont pas encore très organisés et ne permettent pas, le plus souvent,
de contrôler la qualité.

Les infrastructures d’entretien


Les infrastructures d’entretien et de réparation s’organisent assez rapidement aux abords des grands
centres urbains et commerciaux, mais restent quasi inexistantes dans les zones rurales éloignées. La
maintenance est pénalisée par l’impossibilité de s’approvisionner rapidement en pièces détachées
d’usure courante qui sont importées à la demande. Elle est rendue difficile par le manque d’infra-
structures techniques de qualité pour les réparations et les contrôles et par la rareté ou le manque
de compétence des mécaniciens. Ces derniers sont souvent contraints de procéder à du bricolage
avec du matériel de récupération.

Un coût élevé
La motorisation coûte relativement cher à l’achat et en fonctionnement des équipements. Le recours
aux emprunts est fréquent. Des mesures d’accompagnement en matière de fiscalité et de crédit favo-
risent l’introduction des équipements. Dans certaines situations, les producteurs sont contraints de
réaliser des prestations de service pour obtenir les liquidités nécessaires au fonctionnement.

Des compétences pas toujours adaptées


Les compétences des personnels chargés d’utiliser et de gérer du matériel aussi coûteux sont impé-
ratives et trop souvent négligées. Pour les utilisateurs, la formation s’opère le plus souvent sur le tas
par approche progressive. Trop souvent, cette formation insuffisante se traduit par une mauvaise uti-
lisation pénalisant la qualité du travail ou du produit, le rendement et la durée de vie de la machine
et finalement entraîne un coût de fonctionnement exagérément élevé et une diminution des recettes.
Ces compétences sont différentes pour les mécaniciens, les chauffeurs, les responsables, mais elles
doivent se compléter. Les mécaniciens, chargés de l’entretien et des réparations, doivent posséder un
minimum de notions sur les conditions d’utilisation et les différents réglages des machines pour en
assurer le bon fonctionnement. Les chauffeurs doivent connaître la conduite de leur machine avec
leurs matériels d’accompagnement ainsi que tous les réglages et les entretiens courants. Les res-
ponsables, qu’ils soient propriétaires, présidents ou gestionnaires d’organisations paysannes, doivent
avoir des notions sur la conduite et l’entretien des matériels pour être en mesure de dialoguer avec
1 les chauffeurs et réparateurs. Il est aussi nécessaire qu’ils aient des connaissances sur les conditions
d’intervention pour apprécier, contrôler et faire rectifier les réglages permettant d’améliorer la quali-
té du travail et la rentabilité de la machine. Généralement, on se préoccupe peu des responsables
dans les programmes de formation technique et, pourtant, ce sont souvent eux qui décident de la
nécessité ou non de faire des entretiens. Ceci suppose l’organisation de formations pratiques décen-
tralisées dans les conditions d’utilisation des matériels.
En regard des sommes importantes engagées, les responsables doivent recevoir des formations de
base en gestion (crédit, comptabilité, facturation, calcul de coûts...), en programmation et organisa-
Memento de l’agronome
tion des chantiers (choix des clients, contrats, connaissances des performances). Ces besoins ont été
mis en exergue avec le désengagement des Etats et l’acquisition de matériel par des paysans et des
entrepreneurs. Ils ne sont que rarement satisfaits par des programmes de formation appropriés. Ces
compétences en programmation et organisation des chantiers sont indispensables pour avoir une
bonne maîtrise technique de la motorisation, préalable indispensable à la maîtrise économique.

La mise en œuvre de la motorisation


Plusieurs éléments déterminent les types de mécanisation à adopter et leur développement : deman-
de de produits agricoles, offre et coût de la main-d’œuvre, volume et coût des capitaux disponibles
et coût d’exploitation des machines. Il est fréquent que les choix retenus combinent l’utilisation de
divers types de mécanisation.

Les conditions préalables à l’utilisation de la motorisation


Le défrichement et l’essouchage sont indispensables pour l’utilisation des tracteurs. Contrairement à
la traction animale, les tracteurs ne peuvent se satisfaire d’un essouchage partiel, sous peine de dété-
rioration rapide du matériel. C’est pourquoi, l’utilisation du tracteur concerne principalement les
savanes herbeuses, les fonds de vallée et les plaines inondables dépourvues de souches.
La motorisation permet généralement d’augmenter de façon importante la productivité du travail. Cet
intérêt de la motorisation peut répondre à des besoins d’augmentation de la production, des surfaces
cultivées, de remplacement ou de complément d’une main-d’œuvre insuffisante ou non disponible.
L’avantage le plus tangible de l’utilisation de nouvelles machines est de réduire le coût de production
en substituant la nouvelle technique à la main-d’œuvre, à des animaux de trait ou à de vieilles
machines.
Selon la Banque mondiale (1987), les principaux facteurs qui influent sur l’utilisation de tracteurs sont
l’intensification de l’agriculture (souvent associée à une extension des superficies irriguées), la crois-
sance des capitaux disponibles et l’amélioration des routes. Les conditions favorables à l’utilisation de
la motorisation évoluent parfois très rapidement. Dans le conseil en équipement, il faut donc tenir
compte des perspectives d’évolution au moins sur les durées prévisibles d’amortissement.
Les différents cas de motorisation d’opérations culturales sont les suivants :
- simple substitution de la machine à de la main-d’œuvre sans changement de technique ;
- emploi de machine nécessitant un changement de technique comme la récolte de l’arachide ;
- emploi d’une chaîne de machines interdépendantes utilisées pour des opérations culturales diffé-
rentes comme le semis, l’entretien et la récolte à des écartements constants entre rangs.
Motoriser une succession de travaux agricoles signifie que le choix d’un type de motorisation pour une
opération donnée est lié à l’ensemble des opérations mécanisées du système étudié. Ceci implique
d’une part, l’utilisation d’équipements adaptés au type et à la puissance de la cellule motrice et,
d’autre part, la nécessité d’exécuter les opérations avec méthode et avec du matériel approprié.

Les facteurs et les conditions de choix d’équipements motorisés


Comment, dans un contexte déterminé, choisir une solution motorisée adaptée à l’environnement
économique et social, permettant de satisfaire les exigences de production, de superficies à mettre
en culture, des calendriers culturaux, du parcellaire, des variétés cultivées, des conditions de trans-
formation post-récolte...?
Globalement, les choix techniques, fortement conditionnés par les contraintes du milieu et de la plan-
te, s’articulent autour de deux axes : les niveaux de puissance et le type de motorisation.
Les économies d’échelle favorisaient autrefois le choix de gros matériel. Seules les grandes exploita-
tions pouvaient en acquérir. Actuellement, en raison d’innovations techniques et des possibilités de
location, la motorisation peut s’appliquer aussi aux petites exploitations, partiellement (une opération
culturale) ou quasi totalement (la majorité des opérations).

● Le milieu naturel et les plantes


Les caractéristiques fondamentales du climat (pluviométrie, température et durée de jour) détermi-
nent la carte des spéculations agricoles à l’échelle d’un pays ou du globe. Selon les cas, les excès de
2 l’un ou de l’autre de ces paramètres peuvent être corrigés. La réalisation d’aménagements en casiers
hydro-agricoles et les dispositifs d’irrigation et de drainage en sont des exemples. Des ajustements
du calendrier cultural, la sélection variétale et l’utilisation de matériel agricole adapté sont souvent
nécessaires.
Le sol est plus ou moins déterminant selon les cultures. La motorisation, grâce à la puissance des
tracteurs disponibles et à la grande largeur des engins d’accompagnement tractés ou portés, permet
d’exécuter les opérations très rapidement et à une plus grande profondeur, mais ne se traduit pas for-
cément par un meilleur travail du sol. Une mauvaise utilisation de la motorisation dans certaines
Memento de l’agronome
terres susceptibles d’érosion peut avoir de graves conséquences. Heureusement, certaines
contraintes liées au sol pourront être levées par des aménagements particuliers de type anti-érosif
ou de mise en défens, ou par le calage du calendrier cultural (choix des périodes favorables d’inter-
vention), et par la mise en œuvre de façons culturales mécanisées variées.
Les caractéristiques de la plante (cycle, mode d’implantation, port et maturation) se répercutent
directement sur le volume de travail demandé aux producteurs (exemple du repiquage manuel du riz
exigeant en main-d’œuvre) et sur les possibilités de mécanisation. La récolte mécanique requiert des
variétés à maturité relativement groupée. Elle est facilitée avec des variétés qui ne versent pas ou
peu... Le choix par les producteurs des outils et des machines est un compromis entre les coûts, la
rapidité d’exécution, la qualité et l’efficacité du travail et, éventuellement, la polyvalence (utilisation
sur différentes spéculations).
Le milieu et la plante déterminent le calendrier de travail pendant lequel les opérations motorisées
sont possibles. Il s’agit du calage des dates d’interventions sur le terrain, le type d’assolement ou de
rotation, les superficies cultivées et l’emploi du temps du producteur. Les contraintes de respect du
calendrier cultural sont accentuées avec la double, voire la triple culture sur une même parcelle. Les
goulots d’étranglement sont résolus (atténués) par la diminution des temps de travaux (motorisation
plus puissante et utilisation d’outils adaptés) et par la réduction des façons culturales au minimum
(semis direct ou aménagements temporaires par exemple).

● Le contexte socio-économique
Les choix adaptés techniquement doivent être rentables. Trois éléments économiques sont fonda-
mentaux : la valeur marchande des produits, le coût des opérations motorisées et celui de la main-
d’œuvre. En général, la motorisation se développe avec les hausses du coût de la main-d’œuvre. Mais
il est nécessaire que le prix de vente de la production soit suffisamment élevé pour favoriser l’inves-
tissement et couvrir les différentes charges d’exploitation à surface cultivée égale.
La diffusion de la motorisation, freinée généralement dans les pays en développement par la faibles-
se des revenus des exploitants, doit viser la réduction des coûts de production, l’amélioration de la
productivité du travail... Localement, les résultats économiques de la culture dépendent fortement
des contraintes de productivité de la terre, du travail, et des plantes. Les contraintes du travail varient
en fonction des législations locales, des activités du marché, prenant en compte les importations, les
exportations, et de la qualité marchande des produits.
Ces choix tiennent compte des modes d’utilisation de la motorisation qui différent selon la personne
physique ou morale propriétaire du matériel, mais aussi des types de motorisation. En petite motori-
sation, le matériel appartient en général à l’exploitant, mais il peut être aussi prêté ou loué. La moto-
risation de la transformation des produits existe en milieu rural (investissements de paysans et d’or-
ganisations villageoises), mais la majorité des équipements se trouvent dans les centres urbains et
sont la propriété de fonctionnaires, de commerçants, de salariés... En motorisation conventionnelle,
le matériel appartient à des particuliers (paysans ou non), mais aussi à des collectivités (organisa-
tions de producteurs) et à des entreprises.
L’utilisation individuelle pour les besoins propres de l’exploitation, s’était développée sur les fermes
d’Etat créées par certains pays dans les années 60. A la même époque des organismes publics ou
para-publics de motorisation ont été mis en place pour réaliser des travaux à façon chez les paysans.
Avec le désengagement des Etats, ces fermes et les organismes publics et para-publics ont aban-
donné la motorisation. Le matériel a été acquis par des privés qui l’utilisent sur leur propre exploita-
tion et en prestations de service pour les petits paysans. De nombreux projets d’utilisation en com-
mun de matériels, de type CUMA (Coopératives d’utilisation de matériels agricoles) mais appelés, sui-
vant les zones, groupements mécanisés, groupements d’intérêts économiques, etc., ont été favori-
sés. Bien que ces projets n’aient pas eu le développement attendu, l’utilisation en commun de maté-
riel agricole peut être une solution intéressante dans certaines situations.

Les chaînes d’équipement


Recommandations préalables
3 La puissance à la prise de force est celle prise en compte dans ce paragraphe. En effet, cette notion
est de plus en plus employée avec la multiplicité des outils animés (houes rotatives, semoirs pneu-
matiques, batteuses...). Attention, les puissances annoncées par les constructeurs (SAE, DIN, OCDE)
sont presque toujours des puissances au moteur, en général 10 % plus élevées que les puissances à
la prise de force. La puissance SAE est supérieure à la puissance DIN, elle-même supérieure à la puis-
sance OCDE.
Pour les outils tractés, le facteur limitant est l’effort de traction. Celui-ci dépend notamment du poids
du tracteur, de l’adhérence et du nombre de roues motrices. En terrain agricole, l’effort de traction ne
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représente en moyenne que 60 % du poids d’un tracteur deux roues motrices. Ce faible rendement
et la réduction des poids des tracteurs expliquent le développement de l’utilisation des outils entraî-
nés par la prise de force.
En travail du sol, la puissance requise par un même matériel peut varier dans de grandes proportions
suivant les conditions d’utilisation : nature du sol, humidité, état de surface, réglages des machines...
De plus, la puissance du tracteur réellement disponible est variable en fonction des outils utilisés, des
conditions d’adhérence, des pertes dans les transmissions... Aussi, le classement effectué dans les
tableaux qui suivent ne peut donner que des ordres de grandeur. Les largeurs de travail et nombre
d’éléments annoncés dans une catégorie de puissance devront être ajustés aux conditions de travail
spécifiques à chaque cas.
C’est pourquoi, il ne peut y avoir de recette type utilisable partout. Un même équipement peut don-
ner des résultats très différents selon les conditions d’utilisation : nature du sol et humidité, vitesse
d’avancement, réglages de profondeur et de largeur de travail, état des pièces travaillantes... Il
appartient aux services compétents dans le domaine de la mécanisation de ne proposer du matériel
qu’après une analyse détaillée des conditions dans lesquels il sera utilisé.
Les informations données ci-après sont utilisables comme des ordres de grandeur, mais ne peuvent
être considérées comme des solutions passe-partout.

Les critères techniques de choix

● La puissance
En fonction des conditions d’utilisation des équipements habituellement rencontrées, 4 catégories de
puissance sont arbitrairement retenues.
1- La première est constituée de tracteurs, de motoculteurs et d’automoteurs de faibles puissance,
moins de 30 CH (22 kw). Elle correspond à une motorisation employée en riziculture en Asie. Elle
n’existe plus dans les pays développés que pour les matériels d’espaces verts, de maraîchage et de
viticulture. Des tentatives ont cependant été faites avec des tracteurs de cette puissance dans la zone
cotonnière africaine.
2- La seconde inclue les tracteurs de 30 à 60 CH (22 à 44 kw). Ce sont en général des tracteurs à
deux roues motrices employés dans les pays développés pour les travaux peu exigeants en puissan-
ce : semis, épandages d’engrais, traitements... Ils disparaissent de plus en plus. Dans les pays en
développement, ces tracteurs servent habituellement au transport.
3- La troisième regroupe tracteurs et automoteurs de 60 à 90 CH (44 à 66 kw). Les tracteurs de cette
catégorie de puissance sont les mieux représentés dans les exploitations moyennes des pays indus-
trialisés. Les modèles à quatre roues motrices sont les plus nombreux. Dans les pays en développe-
ment, ils sont la propriété d’entrepreneurs pour les travaux agricoles et de certaines exploitations de
taille importante. Ils réalisent les travaux du sol et parfois les transports quand des remorques adap-
tées existent. Les automoteurs sont des moissonneuses batteuses, des pulvérisateurs, des récol-
teuses à maïs (corn-pickers)... Seules les moissonneuses-batteuses sont utilisées de façon significa-
tive dans les pays en développement.
4- La quatrième est constituée de tracteurs et automoteurs de plus de 90 CH (66 kw). Les tracteurs
sont répandus dans les entreprises de travaux agricoles des pays industrialisés et dans les grandes
exploitations. Dans les pays en développement, ils appartiennent à quelques grosses entreprises de
travaux agricoles et aux agro-industries. Ils servent aux travaux d’aménagement, aux travaux du sol
et aux transports principalement. Les automoteurs sont des moissonneuses batteuses, des récol-
teuses chargeuses... C’est le cas pour la canne à sucre par exemple.

● La liaison tracteur-outil
Chaque fois que ce sera possible, on aura intérêt à utiliser des équipements que l’on peut, dans une
certaine mesure, adapter aux conditions de travail, c’est-à-dire avec des possibilités de faire varier la
largeur de travail de certains outils par exemple. Cela peut être le cas en passant de 3 socs à 2 socs
sur une charrue, de 6 à 4 éléments sur un semoir.
Pour utiliser un même matériel avec des tracteurs différents, il y a lieu de s’assurer que les systèmes
4 d’attelage et les vitesses de prise de force soient compatibles.
En effet, il existe trois catégories de système d’attelage :
- la n° 1 pour les petites puissances jusqu’à 45-50 CH (33-36 kw) ;
- la n° 2 pour les moyennes puissances jusqu’à 90 CH (66 kw) environ ;
- la n° 3 pour les fortes puissances supérieures à 90 CH (66 kw).
Ne pas oublier de tenir compte de la capacité du relevage, c’est-à-dire du poids maximum autorisé.
Il faut rechercher les prises de force normalisées, c’est-à-dire s’assurer de la position (haute ou
basse), des dimensions et de la vitesse de rotation. Pour une vitesse de 540 tr/min, la prise de force
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compte 6 cannelures et a un diamètre de 34 mm pour un tracteur de moins de 45 CH (33 kw), de 45
mm dans les autres cas. Pour une vitesse de 1 000 tr/min, la prise de force compte 21 cannelures et
a un diamètre de 34 mm.
● La livraison
Pour s’assurer du fonctionnement des équipements, ceux-ci doivent être livrés montés et en état de
marche avec les livrets de conduite et d’entretien. Eventuellement, une démonstration peut être sou-
haitable pour une prise en charge plus rapide des possibilités d’utilisation et pour une meilleure maî-
trise des réglages, surtout dans le cas d’une première introduction.
● Quelques particularités techniques
Dans une chaîne d’équipements, les équipements doivent avoir une largeur de travail compatible avec
celle d’autres machines. C’est le cas d’une bineuse-sarcleuse utilisée après un semis en ligne. Avec
un semoir de 6 rangs, la bineuse devra permettre de travailler en un seul passage 6, 3, 2 ou 1 rangs
(nombre de rangs égal au nombre de rangs semés au semoir ou sous multiple). Choisir des outils tra-
vaillant sur une largeur au moins égale à celle du tracteur pour éviter de rouler sur le sol déjà tra-
vaillé.
Avec les grandes puissances et pour les outils exigeant technicité et précision, tels que semoirs en
ligne et bineuses, il peut être parfois plus intéressant de limiter le nombre de rangs, permettant une
vitesse plus rapide, que de prévoir une largeur plus grande à vitesse réduite. Dans certains chantiers,
il est même parfois indiqué d’employer un tracteur moins puissant.
C’est pourquoi les capacités théoriques évoquées par la suite pour chaque chaîne de mécanisation
doivent être adaptées aux conditions locales.
Une attention particulière doit être accordée aux équipements dont l’utilisation inconsidérée risque
d’augmenter les phénomènes érosifs, tels les cultivateurs rotatifs et pulvériseurs à disques. Les sols
à texture légère, dénudés ou en pente sont particulièrement sensibles. Il est souvent recommandé
de laisser des résidus végétaux à la surface du sol, mais cela peut poser des problèmes pour le semis
(utiliser alors de semoirs à disques ouverts) et pour la lutte mécanique contre les adventices. On pré-
fèrera dans ce cas des outils à dents, comme le chisel, le cultivateur, qui permettent aussi de détrui-
re les semelles. Ce sont des horizons durcis provoqués en sols humides avec des outils à disques, à
lames rotatives, ou avec des charrues.
Dans les pays tropicaux, les conditions climatiques n’autorisent le plus souvent qu’une période utile
réduite pour la préparation du sol et le semis. Il faut travailler vite en utilisant, soit des outils à dents
larges à grande vitesse dont le travail est moins profond, moins retourné qu’avec une charrue, soit
des outils combinés qui permettent de réduire le nombre de passages, par exemple travail du sol et
semis. Dans certaines situations, il est possible de travailler le sol en sec avec des dents. Ceci per-
met d’étaler la période des travaux.

Exemples de chaînes de mécanisation


Dans les tableaux 1 à 7 qui suivent, l’ensemble des caractéristiques, options et accessoires n’est pas
présenté. Selon les machines, seules une ou deux caractéristiques principales liées à la puissance sont
indiquées : la largeur de travail, le nombre de pièces travaillantes, le volume...
Dans un but de clarification de la présentation, les équipements ont été regroupés par grandes opé-
rations culturales : nettoyage des parcelles, préparation du sol, semis, repiquage, fertilisation, entre-
tien des cultures, récolte et battage, transport.
● Nettoyage des parcelles (tableau 1)
Par nettoyage, on entend le broyage et l’enfouissement de matière organique : pailles, engrais verts,
résidus végétaux divers... Si la végétation est importante et composée de petits arbustes, seuls les
gyrobroyeurs forestiers (plus robustes) peuvent être utilisés. Dans ces conditions, l’enfouissement par
des pulvériseurs et cultivateurs rotatifs est très difficile. Il est alors conseillé de le faire avec une char-
rue à socs.
● Préparation du sol (tableau 2)
Dans le cas de l’ameublissement en conditions pluviales, tous les équipements présentés n’ont pas
5 les mêmes fonctions. Les charrues et les chisels réalisent un travail profond du sol (plus de 15 cm de
profondeur) et aussi, pour les charrues, l’enfouissement de résidus végétaux. Ils laissent générale-
ment une surface motteuse qu’il faut reprendre et affiner pour obtenir un bon lit de semences.
Suivant les types de sol, les cultures et le semoir employé, cette reprise pourra demander plusieurs
passages d’outils différents. Les cultivateurs permettent de briser des grosses mottes. Les herses et
les rouleaux sont des outils de finition.
La préparation du sol en un seul passage par la combinaison de matériels est fréquente. Elle limite le
nombre de passages du tracteur et diminue le tassement. Elle n’est possible qu’avec des matériels
Memento de l’agronome
travaillant sur la même largeur. Elle s’est considérablement accrue ces dernières années dans les pays
développés avec l’augmentation des puissances de tracteur et les possibilités offertes par l’hydrau-
lique : attelage trois points à l’avant du tracteur et sur les outils attelés. Les combinaisons les plus
courantes en travail du sol concernent les matériels utilisés pour la reprise de labour : houe rotative
et croskill, herse et rouleau...

Tableau 1. Chaînes de mécanisation pour le nettoyage des parcelles.

Opérations Matériel < 30 ch 30 à 60 ch 60 à 90 ch > 90 ch


porté léger porté léger porté porté
rotobroyeur
<1m 1 à 1,5 m 1,5 à 2 m >2m
Broyage porté porté
Porté léger
gyrobroyeur double lame 2 x 2 lames
1 à 1,5 m
1,5 à 2 m >2m
Tandem Offset Offset
pulvériseur 12/16 disques 16/20 disques > 20 disques
E n f o u is s e m e n t ø 460 mm ø 560 mm ø 610 mm
des résidus
porté porté porté porté
cultivateur rotatif
< 1,2 m 1 à 1,5 m 1,5 à 2,5 m > 2,5 m

Tableau 2. Chaînes de mécanisation pour la préparation du sol.

Opérations Matériel < 30 ch 30 à 60 ch 60 à 90 ch > 90 ch


portée portée portée
Sous-solage sous-soleuse
1 corps 1 à 3 corps > 3 corps
1 disque 2 ou 3 disques 3 ou 4 disques > 4 disques
charrue
ø 660 mm ø 660 mm ø 660 mm ø 660/710 mm
2 ou 3 socs 3 ou 4 socs > 4 socs
charrue 1 soc 10“
10 à 12“ 12 à 14“ 12 à 16“
semi-porté semi-porté autoporteur
pulvériseur 12/16 disques 16/20 disques > 20 disques
460 mm 560 mm 610 mm
porté porté porté porté
Ameublissement en cultivateur 3 à 5 dents 3 à 7 dents 7 à 12 dents > 12 dents
conditions pluviales
porté porté porté porté
chisel
2 ou 3dents 3 à 5 dents 5 à 8 dents > 8 dents
porté porté portée portée
herse
2 ou 3 m 3à5m >5m >5m
cultivateur porté porté porté porté
rotatif 1m 1à 1,5 m 1,5 à 2 m >2m
rouleau, traîné traîné traîné traîné
croskill 2à3m 3à5m >5m >5m

Ameublissement roues squelettes


sur sol ressuyé
(culture irriguée) cultivateur porté porté porté porté
rotatif 1m 1 à 1,5 m 1,5 à 2 m >2m

roues cages
Malaxage ou
6 puddlage sur sol houe rotative
portée portée portée portée
< 1,5 m 1,5 à 2 m 2 à 2,5 m 2,5 m
boueux
herse portée portée portée
espagnole <2m 2à3m 3à5m
● Semis, repiquage, fertilisation (tableau 3)
Memento de l’agronome
La diversité des outils de semis est importante. Elle correspond à des conditions de sol et à des tech-
niques spécifiques de mise en place des cultures. Ne sont présentés dans le tableau 3 que les grands
principes de semoirs. C’est très nettement insuffisant pour choisir un semoir. En effet, il faut accor-
der une très grande importance aux organes d’enterrage et de recouvrement. Ils seront très diffé-
rents suivant la qualité de préparation du lit de semences. A titre d’exemple, les disques d’enterrage
sont préférables quand il y a des résidus de culture ou lorsque le lit de semences est peu ameubli.
Les équipements de semis direct et les combinés (combinaison et association d’outils) sont de plus
en plus utilisés aujourd’hui. Pratiquement dans tous les cas, il y a un localisateur d’engrais sur les
semoirs monograines.
Pour les épandeurs d’engrais qui sont utilisés en cours de culture, il est nécessaire de choisir une lar-
geur de travail multiple de celle du semoir. Ceci facilite le jalonnage et évite les recoupements entre
2 passages successifs. La précision de l’épandage s’en trouve améliorée.
Les équipements de plantation sont peu utilisés.

Tableau 3. Chaînes de mécanisation pour le semis, le repiquage et la fertilisation.


Opérations Matériel < 30 ch 30 à 60 ch 60 à 90 ch > 90 ch
Repiquage portée ou portée ou
sur sol repiqueuse riz automotrice automotrice
boueux 2 à 8 rangs 4 à 8 rangs
porté ou semi-
porté porté porté
semoir en ligne porté
2m 2à4m 4à6m
>6m
traîné ou
porté porté porté ou traîné
automoteur
semoir centrifuge 200 l 200 à 400 l 400 à 1 000 l
> 1 000 l
< 12 m < 16 m < 24 m
< 24 m
Semis porté ou semi-
semoir porté porté porté
porté
monograine 2 à 4 rangs 2 à 6 rangs 4 à 10 rangs
> 10 rangs
porté porté
semis direct
3à4m >4m
matériel combiné
porté porté
(travail du sol et
3à4m >4m
semis)
portée portée portée
planteuse igname
1 rang 2 rangs 3 rangs
planteuse bouture
portée portée portée
Plantation manioc, canne à
1 rang 2 ou 3 rangs > 3 rangs
sucre
agrumes avec portée portée portée portée
tarière ø 35 cm ø 35-40 cm ø 40-80 cm ø 40-80 cm
traîné traîné traîné traîné
épandeur nappe
2m 2à4m >4m >4m
porté ou semi- semi-porté,
porté porté
épandeur porté automoteur
200 l 200 à 400 l
centrifuge 400 à 1 000 l > 1 000 l
Epandage <6m <8m
< 12 m < 24 m
engrais
semi-porté,
porté porté porté, semi-porté
épandeur automoteur
200 l 200 à 400 l 400 à 1 000 l
pneumatique > 1 000 l
< 12 m < 16 m < 24 m
< 24 m
localisateur Adaptable sur semoir
7
● Entretien des cultures (tableau 4)
Memento de l’agronome
L’utilisation de ces équipements est rapidement limitée par la hauteur de la végétation avec les trac-
teurs conventionnels. Les tracteurs enjambeurs et les automoteurs qui ont une garde au sol supé-
rieure peuvent intervenir sur une végétation de plus grande taille.
Le buttage est pratiqué sur certaines cultures comme le cotonnier, le maïs, la canne à sucre.

Tableau 4. Chaînes de mécanisation pour l’entretien des cultures.


Opérations Matériel < 30 ch 30 à 60 ch 60 à 90 ch > 90 ch
sarcleuse rotative dans portée
boue 3 à 5 rangs
Désherbage bineuse à dents ou portée portée portée portée
mécanique rotative 2 à 4 rangs 2 à 6 rangs 4 à 10 rangs > 10 rangs
portée portée portée portée
butteuse, billonneuse
1 à 3 corps 2 à 5 corps 5 à 8 corps > 8 corps
semi-porté,
porté porté porté, semi-porté
Désherbage automoteur
pulvérisateur 200 à 300 l 300 à 600 l 600 à 1 000 l
chimique > 1 000 l
rampe 6 m 6 à 12 m 12 à 24 m
> 20 m

● Récolte et battage (tableau 5)


Dans le domaine de la récolte et du battage, il n’y a pas de matériel adapté pour la majorité des cul-
tures comme pour le travail du sol. De nombreuses machines de récolte sont spécifiques d’une ou
deux cultures. Dans ce domaine, beaucoup de modèles utilisés sont automoteurs. Le recours au trac-
teur intervient principalement pour le transport et le chargement des produits récoltés.
Dans le choix des équipements de récolte, une attention particulière doit être accordée à l’organisa-
tion des chantiers. En effet, ils sont rarement utilisés seuls. Ils font intervenir des matériels de char-
gement, de manutention et de transport. Les débits des récolteuses et le conditionnement des pro-
duits doivent être adaptés aux chargeurs et remorques utilisés. Par exemple, on choisira une mois-
sonneuse-batteuse avec ensacheur si le transport et le stockage sont prévus en sacs.
Dans le tableau 5, les équipements de récolte et conditionnement des fourrages ne sont pas présen-
tés car ils sont encore très peu répandus dans les pays en développement.

● Matériel de transport (tableau 6)


Le choix d’une remorque ne peut se faire essentiellement sur la capacité en tonnes. En effet, il exis-
te de nombreux modèles à 2 roues, à 4 roues, à 2 essieux... Ceci permet de s’adapter aux différentes
conditions dans lesquelles vont se faire les transports.

Tableau 6. Chaînes de mécanisation pour le transport.

Opérations Matériel < 30 ch 30 à 60 ch 60 à 90 ch > 90 ch


fumiers semi-porté semi-porté semi-porté semi-porté
épandeurs 2à3t 3à5t 5à8t >8t
Remorques
semi-portée semi-portée semi-portée semi-portée
divers
2à3t 3à5t 5à8t >8t
semi-portée semi-portée semi-portée semi-portée
Citernes lisier, eau
2 000 à 3 000 l 3 000 à 5000 l 5 000 à 8 000 l > 8 000 l
8
Tableau 5. Chaînes de mécanisation pour la récolte et le battage.
Memento de l’agronome
Opérations Matériel < 30 ch 30 à 60 ch 60 à 90 ch > 90 ch
automoteur ou automoteur automoteur
faucheuse porté ou porté ou traîné
1 à 1,5 m 1,5 à 3 m > 2,5 m
automoteur ou automoteur automoteur
Récolte céréales
faucheuse lieuse porté ou porté ou traîné
1 à 1,5 m 1,5 à 3 m > 2,5 m
moissonneuse automoteur automoteur automoteur automoteur
batteuse < 1m <3m < 3,6 m <6m
cueilleur semi-porté
semi-porté automoteur
dépanouilleur automoteur
1 rang > 4 rangs
(corn-picker) 2 à 4 rangs
Récolte maïs
récolteuse semi-portée
semi-portée automotrice
égreneuse automotrice
1 rang > 4 rangs
(corn-sheller) 2 à 4 rangs
récolteuse portée automotrice
andaineuse 1 rang 1 ou 2 rangs
Récolte et discontinu ou continu
chargeur
chargement canne porté ou automoteur
récolteuse automotrice
chargeuse > 200 ch
portée portée semi-portée
souleveuse
1 rang 2 à 4 rangs 2 à 6 rangs
arracheuse portée portée semi-portée
Récolte arachide
andaineuse 1 rang 2 à 4 rangs 2 à 6 rangs
ramasseuse semi-portée semi-portée
batteuse 2 à 6 rangs 2 à 6 rangs
portée, 1 rang
Récolte igname souleveuse gyrobroyeur plus arracheuse
renforcée
souleveuse portée
aligneuse 1 rang
Récolte manioc semi-portée
récolteuse
1 rang
chargeuse
broyeur avant
automoteur automoteur
Récolte coton cueilleur
1 ou 2 rangs 2 ou 3 rangs
à poste fixe à poste fixe
batteuse
< 2 t/h < 4 t/h
à poste fixe
Battage égreneuse mil
< 2 t/h
à poste fixe à poste fixe
égreneuse maïs
< 2 t/h < 4 t/h

Les effets de la motorisation


Les effets sont généralement difficiles à évaluer. La relation la plus importante est celle avec la main-
d’œuvre. La motorisation, augmentant la productivité du travail, peut favoriser un exode rural. C’est
pour la préparation de la terre que la réduction des heures de travail est la plus marquée. La moto-
risation est un puissant outil de modernisation de l’agriculture. Elle rend possible la mise en culture
de zones nouvelles, difficiles, voire impossibles à cultiver manuellement ou en traction animale.
9 La motorisation permet aussi d’accroître la production par l’augmentation des superficies cultivées
quand des surfaces sont disponibles. Elle crée de ce fait un surcroît de travail, voire une augmenta-
tion des besoins en main-d’œuvre à certaines périodes (récolte du coton par exemple). Cette aug-
mentation de production peut aussi provenir de l’intensification. La motorisation, par la puissance
fournie, permet de réaliser des opérations culturales d’intensification, ou plus généralement de ges-
tion de la fertilité, difficiles à mettre en oeuvre en culture manuelle ou avec la traction animale. On
peut citer le broyage des résidus de récolte et leur enfouissement, la manutention et l’épandage de
fumure organique. Dans la littérature, on attribue souvent à la motorisation, à tort, un effet néfaste
Memento de l’agronome
sur le milieu, alors que c’est l’utilisation mal maîtrisée par l’homme d’une forte puissance qui pro-
voque des dégradations importantes : érosion, diminution de la fertilité par la réduction des
jachères...
L’utilisation du tracteur a en général peu d’effets sur les rendements. Ceux-ci ne peuvent croître que
si la qualité du travail s’en trouve améliorée. En outre, l’utilisation du tracteur modifie souvent les sys-
tèmes de culture et les assolements des exploitations. Il entraîne parfois l’abandon de cultures peu
productives et à faible valeur marchande ou difficilement mécanisables.
Socialement, la motorisation s’accompagne de changements au sein des villages et des communau-
tés. Elle entraîne, entre autres, la création de nouveaux métiers qualifiés (chauffeurs, mécaniciens,
responsables) qui modifient les rapports sociaux entre les individus. Elle permet dans certaines situa-
tions de retenir plus facilement les jeunes lettrés au village. Elle s’accompagne aussi de changement
du parcellaire (remembrement), d’ouverture de routes et de pistes d’accès.
Les effets sur le niveau de vie des travailleurs sont difficiles à évaluer. Ceux relatifs à la répartition
des revenus sont plus clairs. Les revenus des propriétaires de terre et de possesseurs de capitaux
croissent plus rapidement que ceux qui tirent leurs moyens d’existence de leur travail. Cette tendan-
ce est souvent accentuée par l’octroi de subventions aux tracteurs et l’octroi de crédit à des condi-
tions favorables.
La motorisation est installée en priorité sur les grandes exploitations et tend à augmenter les super-
ficies par exploitation quand des réserves de terres existent. Mais le degré de motorisation (investis-
sement en matériel par hectare) peut être très élevé sur des petites exploitations en culture intensi-
ve. Dans les cas de saturation foncière des pays industrialisés, la motorisation a favorisé l’accroisse-
ment des superficies d’exploitation par la disparition des moins performantes. Dans ces régions, la
motorisation peut être considérée comme un avantage important permettant de cultiver la terre plus
vite entre les saisons et aussi d’intensifier les cultures. Ce dernier point n’est pas toujours évident à
démontrer.

Quelques éléments sur l’économie de la motorisation


Quelques directives et informations sont nécessaires pour l’élaboration de projets d’équipements et
les calculs de prix de revient prévisionnels d’opérations motorisées. Il faut ensuite replacer les
charges de mécanisation dans un compte d’exploitation prévisionnel. Pour ces calculs, nous propo-
sons de consulter des documents spécialisés d’économie.
Bien entendu, il faut garder à l’esprit que la motorisation a des incidences sur l’économie nationale
des pays en développement. Les coûts en devises sont très importants par l’importation du matériel,
des pièces détachées et, dans de nombreux cas, des carburants et lubrifiants. Cette compensation en
devises est, éventuellement, réalisée par des dons de matériel (encore importants), une diminution
des importations alimentaires, une augmentation des exportations.
A l’échelle des pays, des mesures d’accompagnement (fiscalité, subventions) existent pour les équi-
pements et les carburants et influent directement sur la rentabilité et les coûts de la motorisation pour
les producteurs et les entrepreneurs.
Pour une même opération, des modèles très différents de machines existent à des prix extrêmement
variables. Leur mise en œuvre nécessitent des modes d’organisation des chantiers spécifiques tenant
compte des performances. Dans le cas du battage des céréales, par exemple, les rapports de prix
s’étalent de 1 à 250 de la batteuse à pédale à la moissonneuse batteuse. Si une batteuse à pédale
peut être acquise par un paysan (exploitation de 2 à 3 ha), une batteuse à moteur et une moisson-
neuse batteuse ne sont accessibles qu’à des groupements de paysans et à des privés, à condition que
des mesures d’accompagnement existent : crédit agricole, aides à l’équipement... Enfin, le choix d’un
matériel doit pouvoir se justifier économiquement, rester rentable et assurer une augmentation sen-
sible de la productivité du travail.
Le même raisonnement peut être tenu pour l’ensemble des matériels de motorisation. De plus, il est
nécessaire de réaliser avant tout investissement une étude préalable comprenant une prévision du
prix de revient du matériel.
Le coût d’utilisation d’un matériel agricole se calcule en tenant compte de charges de nature diffé-
rentes, qu’il s’agisse d’un coût prévisionnel estimé ou d’un coût constaté après utilisation.
10 En théorie, les prix de revient de travaux mécanisés sont faciles à calculer lorsque toutes les dépenses
effectuées sont enregistrées. Ceci est malheureusement rarement le cas dans les pays en dévelop-
pement.
Dans ce paragraphe, nous nous appuyons sur trois exemples de calcul, du plus simple au plus com-
plexe : une machine seule, un tracteur ou un automoteur, un chantier c’est-à-dire une machine et son
tracteur.
Prix de revient prévisionnels
Memento de l’agronome
Les prix de revient prévisionnels sont indiqués selon les équipements, à l’heure ou à l’hectare ou
encore au nombre de remorques, de ballots de paille... Dans ce document, on s’intéressera au cas le
plus général, le coût horaire d’utilisation des engins agricoles. Les autres coûts peuvent le plus sou-
vent en être déduits. Ce coût horaire ne peut être qu’estimatif car il est fait appel à des coefficients,
des moyennes, des prévisions d’utilisation... Toutefois, il permet d’avoir une idée sur l’opportunité
d’un achat éventuel, sur le tarif de location à appliquer pour du matériel d’utilisation collective et sur
le choix du type de matériel.
Ces calculs sont indispensables à un organisme de prêts ou au concessionnaire vendant à crédit, ou
encore de l’Etat pour des opérations importantes de financement d’investissements.
Il existe plusieurs méthodes de calcul suivant les pays, les conditions d’utilisation des équipements...
Nous en reprenons une simple qui distingue les frais fixes, les frais variables sous certaines condi-
tions, les frais essentiellement variables.

● Les frais fixes


Ils sont indépendants de la durée annuelle d’utilisation. Ce sont les intérêts du capital investi (en
général le taux d’intérêt pratiqué par les Caisses locales de prêts aux agriculteurs pour des prêts à
moyen terme), les primes d’assurances, les charges d’abri et, éventuellement, les impôts et les taxes.
Dans les pays en développement, on ne considère que les intérêts du capital (rémunération du capi-
tal immobilisé) investi, les assurances n’étant prises en compte que pour des achats à crédit de gros
équipements (obligation de l’organisme de prêt). Les paysans ou groupements qui investissent dans
des bâtiments pour abriter leurs équipements sont très rares.
Les taux habituellement pratiqués sont :
- intérêt du capital (50 % du taux moyen des prêts à moyen terme de l’organisme de prêt) ;
- assurances (incendie, recours des tiers), soit 0,5 à 1 % du prix d’achat, soit suivant le tarif prati-
qué par les compagnies ;
- abri : 0,5 à 1 % du prix d’achat ;
- impôts sur la vente de matériel, taxes, cartes grises...

● Les frais variables sous certaines conditions (amortissement, réparation)


Ces frais comprennent les charges d’amortissement et les dépenses de réparation du matériel.
L’amortissement consiste à répartir le prix d’achat sur la durée de vie de manière à reconstituer le
capital nécessaire à son renouvellement. Il faut faire attention de ne pas confondre l’amortissement
(perte de valeur d’un équipement) et le remboursement de capitaux empruntés pour l’acquisition du
matériel. Il est admis que si l’utilisation annuelle prévisible en heures de travail est plus grande que
le rapport « durée totale d’amortissement en heures/nombre d’années d’utilisation », l’amortissement
doit être porté en frais variables. En deçà, il est mis au compte des frais fixes. En pratique, ceci cor-
respond à une utilisation faible et lorsque la dépréciation est essentiellement due au vieillissement
technique ou aux intempéries.
Dans les pays en développement, on amortit le prix d’achat (valeur de revente considérée nulle) aug-
menté des frais de transport, de manutention, d’installation et de mise en route. Dans les pays indus-
trialisés, la valeur d’amortissement est égale au prix d’achat, moins la valeur estimée de revente.
La durée d’amortissement s’exprime en quantité de travail (heures ou ha) et en nombre d’années.
Pour un organisme de prêt, la durée d’amortissement ne peut en aucun cas être inférieure à la durée
du prêt accordé. Le calcul d’amortissement peut être linéaire ou dégressif. En France, le BCMA
(Bureau commun du machinisme agricole) utilise le calcul d’amortissement dégressif. Des taux diffé-
rents, tenant compte des contrôles effectués dans le cadre d’un réseau de suivi d’un échantillon de
matériels, sont retenus : par exemple 10 % pour une herse, 15 à 20 % pour un tracteur... Ceci
montre l’importance d’un suivi rapproché d’échantillons d’équipements pour préciser les références
prises dans les calculs de coûts.
Dans notre exemple, nous utilisons l’amortissement linéaire plus simple et satisfaisant dans les pays
concernés vu le manque d’informations sur les performances des équipements.
Les frais de réparation comprennent les dépenses de main-d’œuvre et les pièces détachées. On les
exprime en général par rapport à la valeur d’achat à l’aide de coefficients calculés à partir d’enquêtes
11 auprès de constructeurs et de réparateurs des pays développés. Les informations concernant les pays
tropicaux sont rares. A défaut, nous prenons en compte les mêmes coefficients : les frais de pièces
sont peut-être plus élevés mais la main-d’œuvre est moins chère. En France, les coûts de réparation
pris en compte sont extraits du réseau de suivi d’équipements et actualisés chaque année. Les répa-
rations et entretien divers (non compris les pneus et les lubrifiants) étaient évalués entre 1 et 1,8 €/h
pour un tracteur seul au milieu des années 90 (tableau 7).
Tableau 7. Coefficients de réparation d’équipements. Les chiffres sont donnés à titre
indicatif car ils sont sujets à des variations très sensibles suivant les contextes d’utilisation.
Memento de l’agronome
Durée d’utilisation possible Coefficient réparation
Matériel
Années Heures en % du prix neuf
Motoculteurs 8 3 000 60
Tracteur à roues 10 8 000 100
Tracteur à chenilles 15 10 000 80
Matériel de travail du sol 10 2 500 120
Matériel de semis et d’épandage 10 1 000 100
Batteuse 10 5 000 100
Matériel de récolte et automoteurs 8 2 000 60
Remorques 10 5 000 20
Décortiqueurs et moulins 10 2 000 50

● Les frais essentiellement variables (carburant, lubrifiant, conduite, entretien)


Ces charges sont proportionnelles à la durée d’utilisation annuelle : dépenses de carburant, de lubri-
fiant, de conduite et d’entretien.
La consommation en carburant s’exprime de la manière suivante : 0,19 l par cheval et par heure pour
les moteurs à essence, 0,09 à 0,10 l par cheval et par heure pour les moteurs diesel. Ce sont des
coefficients moyens qui sont utilisables à défaut d’informations plus précises. Ils varient en fonction
des travaux réalisés (puissance demandée au moteur) et de la méthode de relevé des temps de tra-
vaux. Il est assez aisé de les vérifier sur le terrain si l’on souhaite une plus grande précision. Le
tableau 8 présente quelques données relevées au Sénégal.

Tableau 8. Consommation de carburant relevées au Sénégal.

Matériel Tracteur avec cover crop Moissonneuse batteuse


Puissance moteur (ch) 100 120
Consommation horaire (l/h) 11 12
Calcul consommation spécifique (l/ch/h) 0,11 0,10
Coefficient de charge 0,45 0,4

La consommation en lubrifiant est estimée à partir de la consommation du moteur ; pour les trac-
teurs et machines automotrices, il faut prendre en compte les vidanges de boîte, de pont, des sys-
tèmes hydrauliques. En moyenne, on peut retenir les valeurs suivantes :
- 2,5 l/100 l de combustible pour les moteurs seuls ;
- 4,5 l/100 l de combustible pour les tracteurs et les automoteurs.
Les dépenses en personnel (conducteur, mécanicien, gestionnaire...) et en frais annexes sont esti-
mées en fonction des salaires locaux (horaires mensuels, à la tâche...), auxquels il faut ajouter les
frais de déplacements et divers (transport, fournitures d’entretien, véhicule accompagnateur...).
Dans de nombreux pays en développement, les charges de personnels et les frais divers peuvent être
élevés : 5 personnes dans la vallée du fleuve Sénégal pour la gestion d’une moissonneuse batteuse
(1 conducteur, 1 apprenti, 1 pointeur, 1 mécanicien, 1 gestionnaire) et une voiture en permanence
pour le suivi. Le pointeur compte les sacs pour le prélèvement de la rémunération en pourcentage de
la récolte.

Observations sur quelques éléments de calcul


La situation des amortissements est le point central de la reproductibilité des opérations mécanisées.
Beaucoup d’opérations ont disparu car elles n’ont pas été capables de constituer des réserves suffi-
12 santes pour le renouvellement des équipements. On tente de contourner ces difficultés en :
- empruntant systématiquement les sommes nécessaires au renouvellement et en remboursant les
emprunts et les intérêts, c’est-à-dire en faisant face à l’amortissement financier sans se soucier de
l’amortissement technique ;
- en réalisant l’amortissement financier et partiellement l’amortissement technique, ce qui permet
d’avoir un autofinancement partiel au renouvellement.
Ce second cas est séduisant sur le plan théorique, mais particulièrement difficile à réaliser.
Les prévisions d’utilisation annuelle sont très importantes. Pour un tracteur, on admet généralement
Memento de l’agronome
1 000 heures, mais ces durées peuvent être beaucoup plus faibles. Les éléments de base permettant
de calculer cette utilisation sont le temps nécessaire à la réalisation des différentes opérations avec
le matériel considéré et les superficies cultivées.
Le volume du stock de pièces de rechange doit être bien raisonné car il entraîne une immobilisation
de capitaux. Sa composition dépend de la proximité d’un fournisseur, de l’importance et de l’homo-
généité du parc, des conditions d’emploi des machines. Les listes types des fournisseurs doivent être
adaptées aux conditions de milieu.
Les prix de revient horaire des machines agricoles permettent d’étudier le coût de l’opération cultu-
rale correspondante, et pour un entrepreneur, il peut servir à établir les tarifs des travaux à façon. Ce
coût va varier en fonction de la rapidité d’exécution (matériel utilisé, conditions de travail, qualifica-
tion du personnel) et de l’éloignement du chantier.
Le rendement du matériel est le temps nécessaire pour réaliser le travail. On distingue le rendement
théorique (capacité horaire dépendant des caractéristiques techniques des machines), le rendement
effectif (mesure des temps de travaux au champ) et le rendement pratique (plus proche de la réali-
té car il tient compte des arrêts, des fourrières, des réglages...).
A titre d’exemple, dans le delta du fleuve Sénégal, une moissonneuse batteuse a un rendement théo-
rique de 1 ha/h (4 t/h pour une récolte à 4 t/ha), elle avance à 2,2 km/h pour une largeur de travail
réelle de 3,9 m (largeur barre de coupe de 4,2 m), soit un rendement effectif de 0,8 ha/h alors que
le rendement pratique est de 0,4 ha/h (y compris les temps de déplacement, de vidange de trémie...).

Prix de revient réel


Un prix de revient réel s’établit après une opération, en fin de campagne ou d’amortissement. Il faut
faire attention aux erreurs dues à l’augmentation des frais de réparation avec l’âge et les valeurs des
dépenses réelles lorsque la monnaie est instable.
Le prix de revient réel déterminé à partir des dépenses réelles ne prend valeur que par rapport aux
références dans lesquelles il a été établi.
La méthode de calcul est la même que pour le prix de revient prévisionnel. On donne tout simple-
ment les valeurs réellement constatées durant la période de référence. Ces valeurs doivent être rele-
vées dans les carnets de bord et de suivi.
Le carnet de bord suit le matériel dans tous ses déplacements. Il prend en compte les travaux effec-
tués : type et caractéristique, importance (superficie, poids, distance...), la durée du travail, les
consommations en carburant et lubrifiant et les réparations et l’entretien (durée, temps, produits uti-
lisés).
Le carnet de suivi (ou registre) reste au niveau de l’exploitation ou de l’entreprise et reflète la vie des
équipements. Il doit comprendre :
- les renseignements d’ordre général, c’est-à-dire la date et le prix d’achat, les frais de mise en route,
la valeur du stock de pièces, l’adresse du fournisseur... ;
- le relevé des travaux par campagne (ou par année) et des heures d’utilisation ;
- le relevé des dépenses et des recettes par campagne (ou par année) : réparations, carburants, lubri-
fiants, main-d’œuvre, transports, frais divers, recettes pour les prestations rémunérées...

Exemples de calcul (prix estimatifs années 90)


Ces exemples doivent être considérés comme une présentation de la méthode de calcul. Les données
et résultats présentés ne sont pas transposables en l’état à des études de cas précises. On s’intéres-
sera aux cas d’une machine seule (un offset), d’un tracteur ou automoteur (une moissonneuse bat-
teuse) et d’un chantier (un tracteur et une charrue).
Dans tous les cas, nous prenons l’amortissement comme une charge variable, fonction du nombre
d’heures travaillées annuellement.

● Le cas d’une machine seule


Comme hypothèses de travail, nous prenons le cas d’un pulvériseur sur châssis autoporteur de 24
disques (12 crénelés à l’avant, 12 lisses à l’arrière) acquis et fonctionnant dans les conditions ci-des-
13 sous et le coût d’utilisation horaire est présenté dans le tableau 9.
1- Les modalités d’aquisition :
- Pa, prix d’achat, y compris les frais de mise en route (6 100 €)
- Kas, la machine n’est pas assurée (PM)
- Ka, aucun abri spécifique n’est construit (PM)
- Ti, taux d’intérêt pratiqué (15 %).
2- Les caractéristiques de fonctionnement :
- Dvie, durée de vie (4 000 h)
Memento de l’agronome
- Kr, frais de réparation, en pourcentage du prix d’achat (50 %)
3- Les performances annuelles et au champ :
- temps de travail annuel en jours (100 j)
- temps de travail journalier en heures (8 h)
- Han, temps de travail annuel en heures (800 h)
- performance au travail (1ha/h).
Tableau 9. Exemple de coût d’utilisation horaire d’un pulvériseur sur châssis autoporteur de 24 disques (12 crénelés à
l’avant, 12 lisses à l’arrière).

Détail des charges Equations Montant (€/h)


Intérêt capital (Pa * Ti) / (2 * Han) 0,57
Primes d’assurances (Kas * Pa )/ Han PM
Frais fixes
Charges d’abri (Ka * Pa) / Han PM
Impôts et taxes PM
Amortissement Pa / Dvie 1,52
Frais variables
Entretien et réparations (Pa * Kr) / Dvie 0,76
Frais généraux Frais divers PM
Prix de revient horaire (€) 2,85

● Le cas d’un automoteur


Nous prenons le cas d’une moissonneuse batteuse appartenant à une organisation de producteurs.
Cette machine de 120 ch et de 4,2 m de largeur de travail a été acquise et est utilisée dans les condi-
tions décrites ci-dessous et le coût d’utilisation horaire est présenté dans le tableau 10.
1- Les modalités d’acquisition :
- Pa, prix d’achat, y compris les frais de mise en route (76 219 €)
- Kas, la machine est assurée en pourcentage du prix d’achat chaque année (1 %)
- Ka, aucun abri spécifique n’est construit (PM)
- Ti, taux d’intérêt pratiqué (15 %).
2- Les caractéristiques de fonctionnement :
- Pu, puissance moteur (120 ch)
- Pg, prix du gasoil (0,76 €/l)
- Cg, consommation en gasoil (Cg = Pu * 0,12 l/ch/h = 14,4 l/h)
- PI, prix moyen des lubrifiants (3,05 €/l)
- Sp, 5 personnes pour le fonctionnement (chauffeur, apprenti, mécanicien, pointeur, gestionnaire)
(30,49 €/j)
- Kr, frais de réparation sur la durée de vie en pourcentage du prix d’achat (50 %)
- Dvie, durée de vie (3 500 h)
- Fg, frais divers : déplacements personnels, matériel d’accompagnement (15,24 €/j)
3- Les performances annuelles et au champ :
- temps de travail annuel en jours (80 j)
- durée de fonctionnement par jour (6 h)
- Han, temps de travail annuel en heures (480 h)
- performances au champ (0,4 ha/h).

● Le cas d’un chantier


Nous prenons un tracteur avec un pulvériseur appartenant à un entrepreneur. Le tracteur de 100 ch
n’est utilisé qu’avec un cover crop de 24 disques. Les hypothèses ci-dessous ne concernent que le
tracteur et le coût horaire est présenté dans le tableau 11.
1- Les modalités d’acquisition du tracteur :
- Pa, prix d’achat, compris les frais de mise en route (38 110 €)
- Kas, les matériels ne sont pas assurés (PM)
14 - Ka, aucun abri spécifique n’est construit (PM)
- Ti, taux d’intérêt pratiqué (15 %)
2- Les caractéristiques de fonctionnement :
- Pu, puissance moteur diesel (100 ch)
- Pg, prix du gasoil (0,76 €/l)
Tableau 10. Exemple de coût d’utilisation horaire d’une moissonneuse batteuse. Pour en déduire le prix de revient par
ha, on divise le prix horaire par la performance (0,4 ha/h ici), ce qui donne un prix de revient par ha de 160,56 €.
Memento de l’agronome
Détail des charges Equations Montant (€/h)
Intérêt capital (Pa * Ti) / (2 * Han) 11,91
Primes d’assurances (Kas * Pa )/ Han 1,59
Frais fixes
Charges d’abri (Ka * Pa )/ Han PM
Impôts et taxes PM
Amortissement Pa / Hvie 21,78
Entretien et réparations (Pa * Kr) / Hvie 10,89
Carburant Pu * 0,12 l/ch/h * Pg 10,98
Frais variables
Lubrifiants Cg * 0,045 * Pl 1,98
Personnel : salaires annuels versés sur le
Sp / Han 5,08
nombre d’heures d’utilisation
Frais généraux Fg 0,03
Prix de revient horaire (€) 64,24

Tableau 11. Calcul du coût horaire dans le cas d’un chantier tracteur avec pulvériseur travaillant avec un cover crop
de 24 disques, appartenant à un entrepreneur. Le prix de revient par hectare est égal au coût horaire divisé par le ren-
dement du chantier (1 ha/h ici), soit un prix de revient par ha de 25,81 €.

Détail des charges Equations Montant (€/h)


Tracteur Cover crop Ensemble
Frais fixes Intérêt capital (Pa * Ti) / (2 * Han) 3,57 0,57 4,16
Primes d’assurances (Kas * Pa) / Han PM PM PM
Charges d’abri (Ka * Pa) / Han PM PM PM
Impôts et taxes PM PM PM
Frais variables Amortissement Pa / Hvie 6,35 1,52 7,88
Entretien et réparations Pa * Kr / Hvie 3,18 0,76 3,94
Carburant Pu * 0,12 l/ch/h * Pg 9,15 0 9,15
Lubrifiants * 0,045 * Pl 1,65 0 1,65
Salaires annuels versés Sp / Hj 1,91 0 1,91
Frais généraux Fg 0 0 0
Prix de revient horaire (€/h) 25,81 2,85 28,69

- Cg, consommation en gasoil (Cg = Pu * 0,12 l/ch/h = 12 l/h)


- PI, prix moyen des lubrifiants (3,05 €/l)
- Sp, 2 personnes pour le fonctionnement (chauffeur et mécanicien) (15,24 €/j)
- Kr, frais de réparation : % du prix d’achat du tracteur sur la durée de vie (50 %)
- Dvie, durée de vie (6 000 h)
- Fg, frais divers : déplacements personnels, matériel d’accompagnement (7,62 €/j)
3- Les performances annuelles et au champ :
- temps de travail annuel (100 j)
- durée de fonctionnement par jour (8 h)
- Han, temps de travail annuel en heures (800 h).

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Bibliographie
Memento de l’agronome
Pour en savoir plus
Maintenance du matériel agricole. Ministère des relations extérieures, coopération et développement,
CEEMAT, France, 1977, 122 p.
Lexique illustré du machinisme et des équipements agricoles. Technologies de l’agriculture. ITCF,
CEMAGREF, TEC et DOC, Collection Formagri, France, volume 1, 1991, 350 p.
Les tracteurs agricoles. Technologies de l’agriculture. ITCF, CEMAGREF, TEC et DOC, Collection
Formagri, France, volume 2, 1992, 388 p.
Les matériels de travail du sol et de semis. Technologies de l’agriculture. ITCF, CEMAGREF, TEC et
DOC, Collection Formagri, France, volume 3, 1994, 380 p.
Les moissonneuses batteuses. Technologies de l’agriculture. ITCF, CEMAGREF, TEC et DOC, Collection
Formagri, France, volume 7, 1992, 269 p.
ITCF, Collection Choisir les Outils : choisir les outils de travail du sol, Choisir les pneumatiques, Choisir
les outils de semis, Choisir les outils de récolte.

Bibliographie utilisée
Binswanger H.P., Donovan G., 1987. La mécanisation agricole. Problèmes et options. Washington,
Banque Mondiale, 95 p.
Cirad Sar, 1992. Le développement agricole au Sahel. Collection Documents Systèmes Agraires n°
17, tome 1 : 342 p., tome 2 : 366 p., tome 3 : 298 p., tome 4 : 252 p.
Pingali P., Bigot Y., Binswanger H.P., 1987. Agricultural mechanization and the evolution of farming
systems in Sub-saharian Africa. Washington, World Bank, 216 p.
Bigot Y., Bordet D., Raymond G., 1989. Economie de la mécanisation en régions chaudes. Montpellier,
CIRAD, 404 p.
Bigot Y., Raymond G., 1991. Traction animale et motorisation en zone cotonnière : Burkina Faso, Côte
d’Ivoire, Mali. Montpellier, CIRAD, Collection DSA n° 14, 95 p.
Godron E., 1992. Coûts d’utilisation de machines agricole. Paris, Travaux et innovations 92/7 : 19-23.
Le Moigne M., Bergeret A., Marouze C., Raymond G., Devernois N., Bailet J., Peter J. 1987. Projet
régional de machinisme agricole dans les pays de l’Union Monétaire Ouest africaine. Etude réalisée
pour la BOAD dans 7 pays d’Afrique de l’Ouest. Montpellier.
Le Moigne M., 1985. Identifying and responding of the critical Agricultural equipment needs of Africa.
In Conference on small farm equipment for developping countries. Past experiences anf future prio-
rities. Philippines, IRRI, 1-7 septembre, 11 p.
Ministère de la Coopération et du Développement, 1991. Mémento de l’agronome. Collection
Techniques rurales en Afrique, quatrième édition, 1 635 p.

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