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Balazard

Ce document présente une démonstration mathématique qui donne une formule asymptotique pour la variation totale d'une suite liée aux parties fractionnaires des quotients d'un nombre réel positif par les nombres entiers naturels consécutifs. La démonstration regroupe les termes de la somme selon les valeurs de la différence entre les parties fractionnaires et mène à une estimation asymptotique impliquant la fonction zêta de Riemann.

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Ce document présente une démonstration mathématique qui donne une formule asymptotique pour la variation totale d'une suite liée aux parties fractionnaires des quotients d'un nombre réel positif par les nombres entiers naturels consécutifs. La démonstration regroupe les termes de la somme selon les valeurs de la différence entre les parties fractionnaires et mène à une estimation asymptotique impliquant la fonction zêta de Riemann.

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Moscow Journal

of Combinatorics
and Number Theory
2017, vol. 7, iss. 1,
pp. 3–23, [pp. 3–23]

Sur la variation totale de la suite


des parties fractionnaires des quotients
d’un nombre réel positif par
les nombres entiers naturels consécutifs
Michel Balazard (Marseille)

Abstract: We give an asymptotic formula for the total variation of the sequence of fractional parts
of the quotients of a positive real number by the consecutive natural numbers:
X
jfx/(n + 1)g fx/ngj = π2 ζ(3/2)x1/2 + O(x2/5 ).
n>1

Keywords: Arithmetic functions, fractional part, total variation


AMS Subject Classification: 11N37
Received: 17.11.2015; revised: 09.06.16

1. Introduction
La quantité décrite par le titre de cet article est
X
W(x) = jfx/(n + 1)g fx/ngj (x > 0),
n>1

où ftg = t btc désigne la partie fractionnaire du nombre réel t, et btc sa partie
4 Michel Balazard (Marseille) [4

entière. La lettre W est choisie en référence au mathématicien Aurel Wintner


(1903–1958). Dans un article de 1946, Square root estimates of arithmetical sum
functions (cf. [5]), il considéra la fonction W(x) dans le contexte suivant.
Soit f une fonction arithmétique à valeurs réelles ou complexes dont la fonction
sommatoire
X
F(x) = f(n) (x > 0) (1)
n6x

est bornée. En particulier, la série

Z 1
X f(n) X F(k) dt
C= = = F(t) 2
n>1
n k(k + 1) t
k>1 0

est alors convergente.


En notant  le produit de convolution de Dirichlet des fonctions arithmétiques,
posons g = f  1 :
X
g(n) = f(d) (n = 1, 2, . . .).
djn

On a
X
G(x) = g(n)
n6x
X
= f(n)bx/nc
n>1
X
= Cx f(n)fx/ng
n>1
X 
= Cx + F(n) fx/(n + 1)g fx/ng .
n>1

On en déduit l’estimation

jG(x) Cxj 6 kF k1 W(x) (x > 0),

où kF k1 désigne la borne supérieure des modules des sommes (1). Dans [5],
Wintner démontra que
W(x)  x1/2 (x > 1). (2)
5] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 5

On a donc G(x) = Cx + O(x1/2 ). En outre, ce résultat est optimal au sens où,


quelle que soit la fonction positive ω(x), définie pour x > 0 et telle que

ω(x) = o(x1/2 ) (x ! 1),

il existe une fonction arithmétique f , dont la fonction sommatoire est bornée, et


pour laquelle la relation
G(x) = Cx + O(ω(x)) (3)

est fausse. Ce dernier fait découle de la minoration W(x)  x1/2 et du principe de


condensation des singularités (théorème de Banach et Steinhaus, cf. [1]  ) ).
De plus Wintner remarqua que ces résultats se déduisaient uniquement de (2),
et non de l’existence de la limite lim x 1/2 W(x), problème qu’il laissa ouvert et
x!1
qui est l’origine du présent travail.
Cela étant, on peut se passer complètement de l’introduction de la fonc-
tion W et de considérations d’analyse fonctionnelle, aussi bien pour l’estimation
G(x) = Cx + O(x1/2 ) que pour l’optimalité de son terme d’erreur. D’une part, le
principe de l’hyperbole de Dirichlet donne
X X p p
G(x) = f(n)bx/nc + F(x/m) F( x)b xc,
p
n6 x m6 x
p

d’où découle simplement l’estimation de G(x). D’autre part, Bayart a construit,


dans le contexte de l’étude de l’abscisse de convergence d’un produit de séries de
Dirichlet (cf. [2], §2), un exemple d’une fonction arithmétique f dont la fonction
sommatoire est bornée, et pour laquelle l’assertion

G(x) = Cx + o(x1/2 ) (x ! 1)

est fausse; la même fonction f permet donc d’infirmer d’un coup toutes les asser-
tions (3). Cette construction est rappelée au §3.
L’argumentation de Wintner a cependant, entre autres mérites, celui d’attirer
l’attention sur la question de l’estimation asymptotique de W(x).
) C’est le uniform boundedness principle de la littérature en langue anglaise ; Wintner invoqua le
“Lebesgue-Toeplitz norm principle”.
6 Michel Balazard (Marseille) [6

Théorème. Pour x > 0, on a

2 p
W(x) = ζ(3/2) x + O(x2/5 ),
π

où ζ désigne la fonction ζ de Riemann.


La nature de la somme W(x) incite à l’analyse de la répartition conjointe des
deux fonctions
n 7! bx/nc et n 7! bx/(n + 1)c.

Nous développons au §2 cette approche. Elle nous conduit à regrouper les termes
de W(x) suivant les valeurs d de la différence bx/nc bx/(n + 1)c ; le résultat
des calculs qui s’ensuivent est l’objet des propositions 1 et 6 (cf. §2.3 et §2.4.7
ci-dessous). Le théorème s’en déduit par sommation au §§2.5-2.6.
La méthode employée est susceptible d’autres applications. Ainsi, des calculs
similaires y ) fournissent l’énoncé suivant :

X 2
ζ(3/2) p
fx/(n + 1)g fx/ng =
π
x + O(x3/7 ) (x > 0).
n>1

2. Démonstration du théorème
Dans toute la suite, la lettre n désignera un nombre entier > 1; les lettres h, k, d
désigneront des nombres entiers > 0; la lettre x désignera un nombre réel > 0.

2.1. Réarrangement de la somme W (x)


Nous réarrangeons la somme W(x) suivant les valeurs de

k = bx/nc
h = bx/(n + 1)c.

On a donc 0 6 h 6 k 6 x et

k 6 x/n < k + 1
h 6 x/(n + 1) < h + 1,

y) Les détails sont disponibles à l’adresse [Link]/hal-01329292.


7] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 7

autrement dit
   
x x x x
max , 1 < n 6 min , 1 . (4)
k+1 h+1 k h

(avec la convention x/0 = 1 ). Nous désignerons par I(h, k; x) l’intervalle de


valeurs de n défini par l’encadrement (4), c’est-à-dire

I(h, k; x) = f1, 2, . . .g \ ]x/(k + 1), x/k] \ ]x/(h + 1) 1, x/h 1].

Il faut garder à l’esprit que, x étant fixé, la collection des I(h, k; x) non vides
constitue une partition de l’ensemble des nombres entiers > 1.
Notons que, pour n 2 I(h, k; x), on a

fx/(n + 1)g fx/ng = k h x/n(n + 1).

On a donc
X
W(x) = W(h, k; x),
06h6k6x

où
X
W(h, k; x) = jk h x/n(n + 1)j.
n2I(h,k;x)

Maintenant, si 0 6 d 6 x, nous posons

Ed (x) = f(h, k) : 0 6 h 6 k 6 x, k h = dg (5)


= f(k d, k) : d 6 k 6 xg

et
X X X
Wd (x) = W(h, k; x) = jd x/n(n + 1)j ,
(h,k)2Ed (x) d6k6x n2I(k d,k;x)

de sorte que
X
W(x) = Wd (x).
06d6x

Nous allons d’abord majorer la contribution à W(x) des grandes valeurs de d,


puis nous estimerons la quantité Wd (x), en commençant par le cas diagonal d = 0.
8 Michel Balazard (Marseille) [8

2.2. Contribution des grandes valeurs de d


Soit D un nombre réel supérieur à 1. Si d = bx/nc bx/(n + 1)c > D, alors
x x
2
>
n n(n + 1)
= d + fx/ng fx/(n + 1)g
>D 1,
p
donc n < x/(D 1). On en déduit que
X X
Wd (x) 6 1
d>D
p
n< x/(D 1)
q
< x/(D 1). (6)

2.3. Estimation de W0 (x)


Nous avons
E0 (x) = f(k, k) : 0 6 k 6 xg.

L’intervalle I(k, k; x) est défini par l’encadrement


x x
<n6 1. (7)
k+1 k
Par conséquent
X
W0 (x) = W(k, k; x)
06k6x
X X
= x/n(n + 1).
06k6x x/(k+1)<n6x/k 1

Si k(k + 1) > x, la somme intérieure est vide. Désignons donc par K = K(x)
le plus grand nombre entier k tel que k(k + 1) 6 x, c’est-à-dire
p
K(x) = b x + 1/4 1/2c.

Pour x > 0, on a
X X
W0 (x) = x/n(n + 1)
06k6K x/(k+1)<n6x/k 1
9] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 9
X X 1 X 1
=x
06k6K x/(k+1)<n6x/k
n(n + 1)
x
16k6K
bx/kc(bx/kc + 1)
X 1 X
=x x ϕ(x/k), (8)
n(n + 1)
n>x/(K+1) 16k6K

où l’on a posé

1
ϕ(t) =
btc(btc + 1) (9)
2
=t + O(t 3 ) (t > 1).

D’une part,

X 1 x
x
n>x/(K+1)
n(n + 1)
=
bx/(K + 1)c + 1
K+1
=
1 + (1 fx/(K + 1)g)(K + 1)/x
= K + O(1)
p
= x + O(1). (10)

D’autre part,

X X 
x ϕ(x/k) = x k2 /x2 + O(k3 /x3 )
16k6K 16k6K

K 3 + O(K 2 )
= + O(K 4 /x2 )
3x
1p
= x + O(1). (11)
3

La conjonction de (8), (10) et (11) donne le résultat suivant.


Proposition 1. Pour x > 0, on a

2p
W0 (x) = x + O(1). (12)
3
10 Michel Balazard (Marseille) [10

2.4. Estimation de Wd (x), d > 0


2.4.1. Décomposition de l’ensemble Ed (x)
Si d est positif, nous allons décomposer l’ensemble Ed (x) défini par (5) en une
partition de trois sous-ensembles sur lesquels l’encadrement (4) s’exprimera sans
recours aux fonctions max et min.
Si k > h > 0 et x > 0, l’inégalité

x x
6 1
k h

équivaut à
hk
6 x.
k h
En particulier, on a les implications

x x
k+1
6
h+1
1 ) xk 6 hx 1

et
x x
k
>
h
1 ) k +x 1 > h +x 1 1.

Cela nous incite à considérer les trois parties suivantes de Ed (x) (la définition
de chaque Ed,i (x) est suivie par la forme que prend l’encadrement (4) lorsque
(k d, k) 2 Ed,i (x)) :

Ed,1 (x) = f(k d, k) : d 6 k 6 x, (k d + 1)(k + 1) 6 dxg


x x
1<n6 (13)
k d+1 k

Ed,2 (x) = f(k d, k) : d 6 k 6 x, (k d)k > dxg


x x
<n6 1 (14)
k+1 k d

Ed,3 (x) = f(k d, k) : d 6 k 6 x, (k d)k 6 dx < (k d + 1)(k + 1)g


x x
<n6 (15)
k+1 k
11] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 11

Celles des trois parties Ed,i (x) (1 6 i 6 3) qui sont non vides forment une
partition de Ed (x). Par conséquent, on a

Wd (x) = Wd,1 (x) + Wd,2 (x) + Wd,3 (x),

où
X
Wd,i (x) = W(h, k; x) (1 6 i 6 3).
(h,k)2Ed,i (x)

Avant d’évaluer successivement les trois quantités Wd,i (x), nous allons aux
paragraphes suivants définir et étudier deux fonctions auxiliaires, Kd (x) et Nd (x).

2.4.2. La fonction Kd (x)


Pour x > 0 et d > 0, nous définissons Kd (x) comme le plus grand nombre
entier k tel que
(k d)k 6 dx ,

inégalité qui équivaut à


x x
6 1
k k d
si k > d.
On a donc K0 (x) = 0 et en général
p
Kd (x) = b(d + d2 + 4dx)/2c.

En utilisant le fait que t 7! (t d)t est strictement croissante sur [d/2, 1[, on
démontre les relations

d 6 Kd (x) 6 x + d
d + 1 6 Kd (x) (d > 0, x > 2)
2d 6 Kd (x) 6 x (x > 2d) (16)
p p
dx + d/2 1 < Kd (x) 6 dx + d (17)
Kd (x) < Kd+1 (x).
P P
Nous utiliserons de plus des estimations des sommes 1 et k2 portant sur
les nombres entiers k de l’intervalle ]Kd (x), Kd+1 (x)].
12 Michel Balazard (Marseille) [12

Proposition 2. Pour 0 6 d 6 x et x > 1, on a


p p p
Kd+1 (x) Kd (x) = d+1 d x + O(1).

Démonstration
Comme fonction de d, la quantité
p p 1
d2 + 4dx 4dx = p p
1/d2 + 4x/d3 + 4x/d3

est croissante. D’autre part, sa dérivée par rapport à d est


r p p p 2
p2
d + 2x x
d
=
d d + 2x d
p
2
x(d + 4dx)
d + 4dx d(d + 4dx)
r
1 d
6 . (18)
2 x
Par conséquent
q  p 
Kd+1 (x) Kd (x)= d+1+ (d+1)2 +4(d+1)x /2 d+ d2 +4dx /2+O(1)
1 q p  q 
= 4(d+1)x 4dx +O (d+1)/x +O(1) (d’après (18))
2p
p p
= d+1 d x+O(1),

si d 6 x et x > 1. 
Notons que la proposition 2 entraı̂ne l’estimation
q
Kd+1 (x) Kd (x)  x/(d + 1) (0 6 d 6 x, x > 1).

Proposition 3. Pour 0 6 d 6 x et x > 1, on a


X
p p 
2 (d + 1) d + 1 d d
k = x3/2 + O (d + 1)x .
3
Kd (x)<k6Kd+1 (x)

Démonstration
Si M et N sont des entiers naturels tels que M 6 N , on a
X N M 
k2 = 2(N 2 + NM + M 2 ) + 3(N + M) + 1 .
6
M<k6N
13] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 13

Avec M = Kd (x) et N = Kd+1 (x), et compte tenu de (17) et de la proposition 2,


cela donne,

X
p p p q
2 ( d+1 d) x + O(1)
k = 2(2d + 1 + d(d + 1))x
6
p p
Kd <k6Kd+1

3/2 p  (d + 1) d + 1 d d 
+ O (d + 1) x) = x3/2 + O (d + 1)x .
3


Au moyen de la fonction Kd (x), on peut récrire les conditions, quadratiques


relativement à k, intervenant dans les définitions des ensembles Ed,i (x), sous les
formes suivantes, respectivement :

k 6 Kd (x) 1 (i = 1) (19)
k > Kd (x) (i = 2) (20)
k = Kd (x) (i = 3) (21)

2.4.3. La fonction Nd (x)


Pour exprimer la quantité jd x/n(n + 1)j sans valeur absolue, nous sommes
conduits à définir, pour d > 0, Nd (x) comme le plus grand nombre entier tel que

n(n + 1) 6 x/d.

On a donc
p
Nd (x) = b( 1 + 1 + 4x/d )/2c.

Notons les relations suivantes.

1 6 Nd (x) (0 < d 6 x/2)


p
Nd (x) 6 x/d (d > 0, x > 0) (22)
p
x/d 2 < Nd (x) (0 < d 6 x) (23)

Établissons maintenant une relation entre les fonctions Kd et Nd (pour ces


deux fonctions, nous omettons dorénavant la mention de la variable x afin d’alléger
les notations).
14 Michel Balazard (Marseille) [14

Proposition 4. Pour d entier et x réel tels que 0 < d 6 x, on a

bx/(Kd + 1)c 6 Nd 6 bx/Kd c.


Démonstration
Par définition de Nd , et comme t 7! t(t + 1) est strictement croissante pour
t > 0, il suffit de vérifier que

x  x  x x  x 
+1 < 6 +1 .
Kd + 1 Kd + 1 d Kd Kd

Or cet encadrement équivaut au suivant :

(Kd d)Kd 6 dx < (Kd + 1 d)(Kd + 1) ,

lequel découle de la définition de Kd . 

2.4.4. Calcul de Wd,1 (x)


En supposant 0 < d 6 x/2, on a d’après (13), (16) et (19) :
X X
Wd,1 (x) = jd x/n(n + 1)j.
x
d6k6Kd 1 k d+1 1<n6 xk

La somme intérieure est non vide seulement si

x x
1< ,
k d+1 k

autrement dit seulement si k > Kd 1 (rappelons que K0 = 0). Les nombres entiers
n intervenant dans cette somme intérieure sont strictement supérieurs à

x x
1> > Nd ,
Kd d Kd

d’après la définition de Kd et la proposition 4.


Dans le calcul qui suit, ainsi qu’au paragraphe suivant, nous écrirons comme
au §2.3 :
1 1
btc + 1 btc ϕ(t) ,
=
15] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 15

et nous emploierons l’identité “r-télescopique” :


X X X
(uk uk r ) = uk uk .
a<k6b b r<k6b a r<k6a

On a donc
X X  x 
Wd,1 (x) = d
x n(n+1)
Kd 1 <k6Kd 1 k d+1 1<n6 xk
X   

d bx/kc bx/(k d+1)c +1 x 1 1
=
Kd 1 <k6Kd 1
bx/(k d+1)c bx/kc +1
X X
=d bx/kc d bx/kc +d(Kd Kd 1 1)
Kd d<k6Kd 1 Kd 1 d+1<k6Kd 1
X 1 X 1 X
+x
Kd d<k6Kd 1
bx/kc x
Kd 1 d+1<k6Kd 1
bx/kc x
Kd 1 <k6Kd 1
ϕ(x/k) (24)

où ϕ est définie par (9). Observons que, dans le cas où d = 1, les quatre premières
P
sommes du résultat de (24) sont vides.

2.4.5. Calcul de Wd,2 (x)


En supposant toujours 0 < d 6 x/2, on a d’après (14) et (20) :
X X
Wd,2 (x) = jd x/n(n + 1)j
x x
Kd <k6x k+1 <n6 k d 1

La somme intérieure est non vide seulement si

x x
1> ,
k d k+1

autrement dit seulement si k 6 Kd+1 1. Les nombres entiers n intervenant dans


cette somme intérieure sont inférieurs ou égaux à
j x k j x k
1 6 6 Nd ,
Kd + 1 d Kd + 1

d’après la définition de Kd et la proposition 4.


16 Michel Balazard (Marseille) [16

En supposant d + 1 6 x/2, on a donc


X X 
Wd,2 (x)= x/n(n+1) d
x
Kd <k6Kd+1 1 k+1 <n6 k x d 1
X    

bx/(k+1)c+1 bx/(k d)c d bx/(k d)c bx/(k+1)c 1
1 1
= x
Kd <k6Kd+1 1
X X
=d bx/kc d bx/kc+d(Kd+1 Kd 1)
Kd+1 d 1<k6Kd+1 Kd d<k6Kd +1
X 1 X 1 X
+x
Kd+1 d 1<k6Kd+1
bx/kc x Kd d<k6Kd +1
bx/kc x Kd +1<k6Kd+1
ϕ(x/k). (25)

2.4.6. Calcul de Wd,3 (x)


Pour 0 < d 6 x, on a d’après (15) et (21) :
X
Wd,3 (x) = jd x/n(n + 1)j
x x
Kd +1 <n6 Kd

+
= Wd,3 (x) + Wd,3 (x),

où
X  x 
Wd,3 (x) = d
x n(n + 1)
Kd +1 <n6Nd
X  x 
+
Wd,3 (x) = d
n(n + 1)
Nd <n6 Kx
d

d’après la proposition 4. La somme Wd,3 (x) est vide si Nd = bx/(Kd + 1)c .


On a
 1 
bx/(Kd + 1)c + 1 Nd + 1 d(Nd bx/(Kd + 1)c)
1
Wd,3 (x) = x
 1 
(x) = d(bx/Kd c Nd ) x
+ 1
Nd + 1 bx/Kd c + 1
Wd,3
 1 1 2 
Wd,3 (x) = x
bx/(Kd + 1)c + 1 bx/Kd c + 1 Nd + 1
+

d(2Nd bx/(Kd + 1)c bx/Kd c). (26)


17] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 17

2.4.7. Calcul et estimation de Wd (x)


En ajoutant (24), (25) et (26) et en réduisant, on obtient pour 0 < d 6 x/2 1:

Wd (x) = Wd,1 (x) + Wd,2 (x) + Wd,3 (x)


X  X 
= dbx/kc + x/bx/kc dbx/kc + x/bx/kc
Kd+1 d 1<k6Kd+1 Kd 1 d+1<k6Kd 1

X 2x
x ϕ(x/k) + d(Kd+1 Kd 1 2) 2dNd . (27)
Nd + 1
Kd 1 <k6Kd+1

Pour estimer les deux premières sommes de (27), nous utiliserons la proposition
suivante.
Proposition 5. Pour 0 < d 6 x/2 et Kd d < k 6 Kd , on a
p
dbx/kc + x/bx/kc = 2 dx + O(d3/2 x 1/2
).

Démonstration
Posons q = bx/kc . On a
p
dq + x/q 2 dx = p2 ,

où p p
p= dq x/q
dq2 x
=
q
p p .
dq + x/q

Or

q = bx/kc
= x/k + O(1)
=p
x
+ O(1) (d’après (17))
dx + O(d)
p
= x/d + O(1). (28)

Par conséquent,
p
dq2 x = O( dx)
18 Michel Balazard (Marseille) [18

p = O(d3/4 x 1/4
)

et
p
dq + x/q 2 dx = O(d3/2 x 1/2
). 

Nous pouvons maintenant démontrer le résultat suivant.


Proposition 6. Pour d > 0 et x > 0, on a
p
Wd (x) = f(d) x + O(d),

où
8d + 2 p 8d 2p p
f(d) = d+1 d 1 4 d
3 3
Démonstration
Nous appliquons la proposition 5 en changeant d en d + 1 et obtenons, si
0 < d 6 x/2 1,

X 
dbx/kc + x/bx/kc =
Kd+1 d 1<k6Kd+1
X X q 
bx/kc + 2 (d + 1)x + O(d3/2 x 1/2
)
Kd+1 d 1<k6Kd+1 Kd+1 d 1<k6Kd+1
q
= (2d + 1) (d + 1)x + O(d) + O(d5/2 x 1/2
), (29)

où l’on a utilisé (28) (avec d remplacé par d + 1) pour évaluer l’avant-dernière
somme.
De même,

X 
dbx/kc + x/bx/kc =
Kd 1 d+1<k6Kd 1
X X q 
bx/kc + 2 (d 1)x + O(d3/2 x 1/2
)
Kd 1 d+1<k6Kd 1 Kd 1 d+1<k6Kd 1
q
= (2d 1) (d 1)x + O(d) + O(d5/2 x 1/2
), (30)

résultat valable même si d = 1.


19] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 19

Maintenant, d’après la proposition 3, on a

X
p p
2 (d + 1) d + 1 (d 1) d 1
k = x3/2 + O(dx).
3
Kd 1 <k6Kd+1

De plus,
X p q
k3  x/d  (dx)3
Kd 1 <k6Kd+1

= dx2 .

Par conséquent,
X 1 X X
x ϕ(x/k) = k2 + O(x 2
k3 )
x
p p
Kd 1 <k6Kd+1 Kd 1 <k6Kd+1 Kd 1 <k6Kd+1

(d + 1) d + 1 (d 1) d 1p
= x + O(d). (31)
3

Le terme suivant de (27) peut être estimé grâce à la proposition 2. On a


p p p
d(Kd+1 Kd 1 2) = (d d + 1 d d 1) x + O(d). (32)

Enfin, en utilisant (22) et (23), on a

2x x p 
2dNd = 2p 2d x/d + O(1)
Nd + 1 x/d + O(1)
p
= 4 dx + O(d) (33)

En insérant maintenant (29), (30), (31), (32) et (33) dans (27), nous obtenons
p
Wd (x) = f(d) x + O(d) + O(d5/2 x 1/2
) (0 < d 6 x/2 1). (34)

Si d 6 x1/3 , le second terme d’erreur est absorbé par le premier. D’autre part,
en utilisant l’approximation
p p 
d1= d 1  1/2d 1/8d2 + O(d 3 ) ,
20 Michel Balazard (Marseille) [20
p
on voit que f(d) = O(d 3/2
). La majoration uniforme Wd (x)  x/d montre
alors que
p
Wd (x) f(d) x  d (d > x1/3 ),

ce qui permet d’omettre définitivement le second terme d’erreur de (34) et la


condition d 6 x/2 1. 

2.5. Sommation de la série des f(d)


P
Puisque f(d) = O(d 3/2 ), la série f(d) converge; nous allons calculer sa
d>1
somme.
En écrivant
8(d + 1) 6p 8(d 1) 6p p p 
f(d) = d+1 d 1 4 d 1+ d ,
3 3
et en supposant D entier positif, on obtient

X
D
8(D + 1) 6p 8D 6 p 2 X
D
p p
f(d) = D+1+ D 8 d + 4 D.
3 3 3
d=1 d=1

Or
8(D + 1) 6p 8
D + 1 = D3/2 + 2D1/2 + O(D 1/2
)
3 3
et la formule sommatoire d’Euler et Maclaurin donne

X
D
p 2 1
d = D3/2 + D1/2 + ζ( 1/2) + O(D 1/2
)
3 2
d=1

(cf. [4] (13  10  7), p. 333, et [3] chapter 7, (1  2), p. 150, (4  5), p. 156). On en
déduit
1
X 2
f(d) = 8ζ( 1/2)
3
d=1
2 2
= + ζ(3/2), (35)
3 π
d’après l’équation fonctionnelle de la fonction ζ :
s
ζ(1 s) = 2(2π) cos(πs/2)Γ(s)ζ(s).
21] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 21

2.6. Conclusion
Pour 0 < x 6 1, on a W(x) = x. Pour x > 1 et D > 2, on a
X X
W(x) = W0 (x) + Wd (x) + Wd (x)
16d6D d>D
2p X p  p
= x + O(1) + f(d) x + O(d) + O( x/D)
3
16d6D

(6) et les propositions 1 et 6)


(d’après
X1 p p 
= 2/3 + f(d) x + O(D2 ) + O x/D (car f(d) = O(d 3/2
))
d=1
2 p
= ζ(3/2) x + O(x2/5 ),
π

d’après (35), et en choisissant D = 2x1/5 .

3. Une remarque sur l’optimalité du terme d’erreur O( x)


p
Au §2 de [2], Bayart définit une fonction arithmétique α de la façon suivante. On
construit d’abord une suite de nombres entiers par blocs en posant
n
Mn = 24 (n > 1)
p
ik,n = bMn /kc
2n 1
(1 6 k 6 Mn /2 = 22 1
).

p
Le plus petit élément ik,n du ne bloc correspond à k = Mn /2, et vaut 2 Mn .
p
On montre que les nombres ik,n vérifient l’égalité bMn /ik,n c = k; ils forment donc
une suite strictement décroissante pour chaque valeur de n.
On pose ensuite
8
>
>
<( 1)k si existent n et k tels que m = ik,n
α(m) =
>
>
:0 sinon.

P
Pour tout x > 0 on a donc A(x) = α(n) 2 f0, 1g .
n6x
22 Michel Balazard (Marseille) [22

Considérons maintenant la fonction arithmétique β définie par β(n) = ( 1)n 1 .


De même que pour α, la fonction sommatoire B(x) de β ne prend que les valeurs
0 et 1; pour k entier, on a B(k) = 0 si k est pair, et B(k) = 1 si k est impair.
Posons ensuite g = α  β. D’après le principe de l’hyperbole de Dirichlet, la
fonction sommatoire G de g vérifie
X X p p
G(x) = α(n)B(x/n) + β(n)A(x/n) B( x)A( x),
p
n6 x n6 x
p

donc
p
jG(x)j 6 2 x + 1 (x > 0). (36)

Or pour x = Mn ,
X
G(x) = α(i)B(x/i)
i6x
X X
= +
p
i62 x 1
p
2 x6i6x

= S1 + S2 , disons.

Dans S1 , tous les termes correspondants à i > Mn 1 = x1/4 sont nuls; par
conséquent jS1 j 6 x1/4 .
Dans S2 les termes α(i) non nuls correspondent exactement aux éléments ik,n ,
et on a alors B(x/ik,n ) = B(k). Par conséquent,
X
S2 = ( 1)k
p
16k6 x/2

p
k impair

= x/4.

On a donc
X p
G(Mn ) = α(i)B(Mn /i) 6 Mn /4 + Mn1/4 (n > 1). (37)
i6Mn

Maintenant, observons que β = γ  1, où γ est la fonction arithmétique définie


par γ(1) = 1, γ(2) = 2 et γ(n) = 0 pour n > 2, et posons f = α  γ, de sorte
que g = α  β = f  1.
23] Sur la variation totale de la suite des parties fractionnaires des quotients 23

Comme la fonction sommatoire de f , à savoir F(x) = A(x) 2A(x/2), est


bornée, nous sommes dans la situation décrite dans l’introduction de cet article. On
a donc
p
G(x) = Cx + O( x), (38)
P
avec C = f(n)/n. La relation (36) prouve que C = 0, et (37) prouve que le
p n p
O( x) de (38) ne peut pas être remplacé par un o( x).

Bibliographie
1. S. Banach, H. Steinhaus, sur le principe de la condensation de singularités, Fundam. Math.,
9 (1927), 50–61.
2. F. Bayart, the product of two Dirichlet series, Acta Arith., 111 (2004), 141–152.
3. B. C. Berndt, Ramanujan notebooks, Part 1, Springer, Berlin, 1985.
4. G. H. Hardy, Divergent series, Oxford University Press, 1949.
5. A. Wintner, Square root estimates of arithmetical sum functions, Duke Math. J. 13 (1946),
185–193.

Michel Balazard

Aix Marseille Université, CNRS,


Centrale Marseille, I2M UMR 7373
13453, Marseille,
France
balazard@[Link]

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