Gestion du Fonds de Roulement en PME
Gestion du Fonds de Roulement en PME
MÉMOIRE PRÉSENTÉ À
L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES
ÉTÉ 1996
Université du Québec à Trois-Rivières
Service de la bibliothèque
Avertissement
Pour tester ces hypothèses, nous avons d'abord réuni les états financiers de
108 PME québécoises et ontariennes, et leur avons ensuite addressé un
ii
Les résultats obtenus à partir des 32 questionnaires reçus, montrent que les
PME ont subi un allongement de leur période de conversion des comptes
clients. En réponse à cette situation, les entrepreneurs ont augmenté leur taux
d'escompte d'un demi point en moyenne. Toutefois, la récession n'a pas
amené les dirigeants à offrir plus d'escompte à leurs clients ni à durcir
significativement leur politique de recouvrement.
Par ailleurs, les résultats montrent que les PME n'ont pas modifié leur
politique de gestion des stocks. Finalement, il n'a pas été possible de montrer
que les PME ont répercuté les baisses de demande sur le niveau de leurs stocks.
iii
REMERCIEMENTS
PAGES
Résumé ................................................................................................................................. .i
RÉFÉRENCES .................................................................................................................... 73
ANNEXES .......................................................................................................................... 77
vi i
PAGES
TABLEAUX
1. Les politiques de gestion des stocks .......................................................................... .20
2. Comparaison entre les méthodes de gestion des stocks
utilisées dans les PME et les grandes entreprises ............................................... 23
3. Satisfaction des entrepreneurs vis-à-vis du niveau de leurs stocks .................. 25
4. Disponibilité du crédit comparée au trimestre précédent ...................................31
5. Répartition des entreprises selon l'activité ............................................................ .41
6. Répartition des entreprises selon le nombre d'employés ................................... .41
7. Évolution de l'actif total des entreprises (en millions de dollars) .................... .42
8. Évolution des ventes des entreprises (en millions de dollars) .......................... .42
[Link] de la période de conversion des comptes-clients
suite à la récession ........................................................................................................ 43
10. Les tests de Kolmogorov-Smirnov ........................................................................ .44
11. Test-T pairé sur les périodes de conversion avant et pendant la
récession ........................................................................................................................ 44
12. Méthode de Sheffé sur les proportions pour l'hypothèse H2 .......................... .45
13. Variation du taux d'escompte pendant la récession .......................................... .46
14. Croisement de la variation du taux d'escompte et
de la variation de la période de conversion des comptes-clients ..................... .47
15. Test-Z sur la variation du taux d'escompte ......................................................... .48
16. Croisement des variations de la période de conversion
des comptes-clients et du suivi effectué pour les comptes-clients ................... .49
17. Méthode de Sheffé sur les proportions pour l'hypothèse H3 ........................... 50
viii
18. Politiques de gestion des stocks utilisées avant la récession ............................ .51
19. Politiques de gestion des stocks utilisées pendant la récession ........................ .51
20. Croisement de la politique de gestion des stocks
avant et pendant la récession .................................................................................. .52
21. Croisement de la baisse des ventes et de la réduction
FIGURES
PAGES
Figure 1. Le cycle du fonds de roulement ...................................................................... 2
Figure 2. Le cycle de conversion d'encaisse ...................................................................4
Figure 3. Ensemble des conditions responsables des changements
dans les comptes à recevoir (Gentry et De La Garza, 1985) ....................... 12
Figure 4. Détermination du coût total minimal par la méthode QEC. ................ 21
Figure 5. Ensemble des conditions responsables des changements
dans les comptes-fournisseurs (Gentry et De La Garza, 1990) ................. 27
Figure 6. Utilisation et sources de fonds à travers le temps (Smith, 1979) ........... 29
ANNEXES
INTRODUCTION ET PROBLÉMATIQUE
La gestion financière à court terme porte sur les flux monétaires qui sont
rattachés aux opérations de l'entreprise.
Ces flux monétaires constituent en fait un cycle qui est appelé cycle du
fonds de roulement (Figure 1) et la gestion de ce cycle représente une
préoccupation importante pour les dirigeants d'entreprises.
2
Encaisse Fournisseurs
r------ -------,
, ,
Comptes clients ,,Ventes au comptant 4---~
, Stocks
,- - - - - - - - - - - - ---,
Ventes à crédit _.....-~
1_ _ _ _ _ _ - - - - - - - - -
Il est possible d'étudier séparément les trois volets de la GFR, mais des
auteurs tels que Hill et Sartoris (1983) ou encore Richards et Laughlin (1980)
ont développé des modèles qui les intègrent, avec en plus une dimension
temporelle.
4
A
C
M ____ Période de conversion __
A des stocks
j__
Vente de produits 1L
Période de conversion _ _ _ 1
des recevables Q
H T U
A 1 14--------~Cycle d'exploitation 1
T E D
R
D r;
Période de paiement
des fournisseurs
1 d d 1
- - - Cyc e e conversion e 'encaisse- - - -1 T~'
E S
Sortie de fonds
Churchill et Lewis (1986) ont montré que plus une entreprise est touchée
par un ralentissement économique, plus elle est active et que, parmi les dix
premières décisions prises en réponse à la conjoncture, neuf concernent
spécifiquement la gestion du fonds de roulement.
chapitre trois est consacré à la présentation des résultats tandis que le chapitre
quatre présente leur analyse et examine les limites et les suggestions de
recherche. Enfin, la conclusion reprend les principaux résultats qui ont été mis
en évidence.
7
CHAPITRE 1
CADRE CONCEPTUEL
D'un point de vue étymologique, le mot crédit vient du latin credare qui
veut dire faire confiance. Le crédit commercial dont nous faisons l'étude, ne
concerne que les transactions entre les personnes morales, soit les entreprises.
Dans le cas où il y a crédit, une des pratiques les plus communes est de
fixer une période de temps au bout de laquelle le paiement doit avoir lieu. On
exprime cette période par le terme "net" et ainsi, "net 30" signifie une période
de crédit de 30 jours.
Le crédit avec escompte est aussi un cas assez courant. Dans ce cas, la
période de crédit se divise en 2 sous périodes:
- Une première durant laquelle le client dispose d'une escompte s'il paie à
l'intérieur du délai imparti.
- Une seconde, qui prolonge la première et au bout de laquelle le paiement
doit avoir lieu.
Les "crédits proximos" sont une autre forme de crédit couramment utilisée
et s'expriment comme suit: "proximo, net 30", ce qui signifie que le paiement
est exigé le trentième jour du mois suivant.
Telles sont donc les principales pratiques de crédit, mais dans la réalité,
plusieurs combinaisons existent. Des cas particuliers sont rencontrés soit parce
que l'activité de l'entreprise est spéciale (très saisonnière par exemple), ou
encore parce que les entreprises combinent les différentes modalités de crédit
(Hill et Sartoris,1992).
a) La durée du crédit
problématique peut être intéressante pour analyser l'effet de la récession sur ces
comptes.
R2 = 0,25 F = 5,23
Ces résultats montrent que ce sont les ventes et la politique de crédit qui
expliquent la quasi totalité de la variation dans les comptes-clients. Le
coefficient négatif de la politique de crédit montre que plus celle-ci est agressive
(+ 1), plus les comptes-clients seront faibles. Le taux de croissance du PNB n'est
quant à lui pas significatif pour expliquer les modifications dans les comptes-
clients.
l'axe horizontal représente les changements dans les comptes-clients dûs aux
changements dans les ventes. L'axe vertical représente les changements dans
les comptes-clients dûs au changement dans le délai de recouvrement.
Dans le cas n 01, il n'y a pas de changement ni dans les ventes, ni dans la
période de recouvrement; c'est le statu quo. Par contre dans les cas n02, 100%
des variations dans les comptes-clients sont dues à un allongement (2') ou à
une réduction (2) des délais de recouvrement. À l'opposé, on trouve les
1Etant donné des transformations linéaires effectuées sur les variables, il n'est pas possible de
dire que la variation d'une unité dans une variable indépendante entraînera une variation égale
au coefficient de cette même variable dans la variable dépendante.
12
R
Hausse
t
VENTES
Pas
de
ch angemen t
,
Baisse
E
D C Allongement t 4 2' 6
E 0
L U
Pas
AV de
1 R 3 1 3'
E changement
DM
E N
E .1
Réduction, 7 2 5
T
Dans le cas n04, le niveau des comptes-clients augmente suite à une hausse
des ventes et à un allongement de la période de recouvrement. Contrairement
aux cas 2 et 3, le niveau 4 se distingue par un effet conjoint des ventes et du
délai de recouvrement sur les comptes-clients. Le cas opposé à la situation 4 est
la 5. Dans ces deux cas, on peut introduire la notion de cause à effet et affirmer
par exemple, que le niveau des ventes a baissé parce que le délai de
recouvrement a été réduit (cas nOS).
De même que pour les cas 4 et 5, les cas 7 et 6 sont opposés. Dans le
premier, les ventes augmentent alors que le délai de recouvrement est réduit;
l'effet combiné de ces deux forces opposées sur le niveau des CC dépend de
2Le modèle ne comprend pas les cases 2' et 3' mais deux fois les cases 2 et 3. Nous introduisons cette
variante pour simplifier la discussion.
13
De ce fait, les PME qui avaient pour clients des entreprises qui ont disparu
ont enregistré des mauvaises créances; quant à celles qui ont pour clients des
entreprises qui ont connu un ralentissement de leurs activités, elles ont
enregistré des retards de paiement de manière plus fréquente.
Ainsi, selon Nash (1991), une étude faite auprès de 250 PME britanniques
révèle qu'en période de récession, une entreprise sur six est payée dans un délai
de 30 jours; la majorité des entreprises doivent attendre 3 mois, et ce cas
concerne surtout les entreprises manufacturières (8 entreprises sur 10).
L'auteur parle de: « ... "Institutionalising" procedures for slow payment »(page
44).
Il convient de voir à présent comment les PME vont réagir face à cette
situation et ce, à travers l'étude de la politique d'escompte et de la politique de
recouvrement.
b) L'escompte
L'escompte, s'il est adopté par les clients, a l'avantage de réduire le niveau
des comptes-clients et de réduire le risque de non recouvrement de la créance,
mais il présente l'inconvénient d'être coûteux 3 . La règle en matière
d'escompte, est que le coût d'escompte d'une créance doit être inférieur au coût
de financement de cette créance (si elle était restée gelée en comptes-clients)
auquel s'ajoutent les profits sur les ventes additionnelles.
3Ainsi, si on suppose un crédit de 100$ et des termes 2/10 net 30, l'entreprise reçoit 98$ au bout de
10 jours au lieu de 100$ au bout de 30 jours. Le coût est donc de 2% pour 20 jours, ce qui fait un
équivalent annuel de 0,02*360/20=36%
15
Pour ce qui est de la récession, on peut d'abord dire que, dans la mesure où
l'escompte permet d 'accélérer le paiement et qu'il réduit sensiblement le risque
de défaillance des clients, il permet de se rapprocher du cas n 07 du modèle de
Gentry et De La Garza (1985). D'ailleurs, la plupart des revues de vulgarisation
en gestion encouragent les chefs d'entreprises à offrir des escomptes en période
de difficultés économiques pour essayer de résoudre le problème de conversion
des comptes-clients en liquidités. L'hypothèse selon laquelle les PME ont offert
plus d'escomptes paraît vraisemblable. D'où:
H2: En période de récession, les PME ont offert des escomptes à leurs clients
de manière plus fréquente, et à des taux plus élevés qu'elles ne le faisaient
auparavant.
c) La politique de recouvrement
Grablowsky (1976) note que ce n'est pas le retard de paiement qui pousse
les PME à agir mais plutôt le montant accumulé en comptes délinquents. De
plus, généralement les PME n'utilisent pas des mesures énergiques pour
recouvrer leurs créances. Elles préfèrent attendre le paiement, en facturant des
charges financières au client. Grablowsky (1976) explique cet attentisme de la
manière suivante: «There seemed to be, among many of the firms, an eternal
optimism that somehow, a payment would be made "one day" on the
delinquent account.»(page 4)
Pour toutes ces raisons, les PME se réfugient volontiers dans l'attentisme.
Par ailleurs, mentionnons qu'il existe des agences spécialisées dans le
recouvrement des mauvaises créances. Ces dernières peuvent leur être cédées
à un prix qui est fonction de la probabilité de recouvrement. De plus, par
l'intermédiaire de l'affacturage, l'entreprise peut avant même la fin de la
période de crédit, céder sa créance moyennant des intérêts, ce qui, au plan
strictement financier, est équivalent à l'escompte. Ces méthodes sont
généralement peu utilisées par les PME.
Force donc est de reconnaître que les PME ne sont pas très agressives en
matière de recouvrement et ce, pour les raisons que nous avons mentionnées.
Ces facteurs combinés font que l'hypothèse suivante peut être avancée:
H3: En période de récession, les PME n'ont pas facturé plus de frais
financiers à leurs clients qu'elles ne le faisaient auparavant.
Bien que les stocks soient une partie de l'actif circulant et qu'ils constituent
une composante de la gestion du fonds de roulement, leur gestion n'est pas
vraiment du ressort du responsable des finances et concerne plutôt les
responsables de la production et de l'approvisionnement. Avant d'exposer les
hypothèses de recherche concernant les stocks, il convient d'examiner
succinctement certains aspects opérationnels et financiers.
18
La présence de stocks dans une entreprise peut être expliquée par plusieurs
raisons, mais il en existe trois principales qui sont:
-le délai exigé par la demande d'un produit et le temps nécessaire à sa
prod uction,
-la distance géographique séparant les consommateurs et les producteurs,
-la nécessité d'assurer la continuité de fonctionnement d'un appareil de
production, de service etc. (Bénichou, 1991).
Un système de gestion des stocks est caractérisé par les trois éléments
suivants: le niveau de stock, l'approvisionnement et la demande:
-Le niveau de stock: Le stock est caractérisé à chaque instant (t) par son
niveau s où set) est la quantité exprimée généralement en terme d'unités ou de
pièces disponibles dans le stock à l'instant (t).
-La demande: elle est caractérisée par un flux c'est-à-dire une quantité
demandée pendant une période donnée. C'est généralement une variable
exogène sur laquelle le gestionnaire a peu de contrôle.
-L'approvisionnement: il est caractérisé par un flux, c'est-à-dire une
quantité entrant dans le stock dans une période donnée.
Tableau 1
Les politiques de gestion des stocks
Date
Quantité s t
(s,q) (t,q)
Réapprovisionnement à intervalle Réapprovisionnement à intervalle
q
variable et à quantité économique fixe et à quantité économique
(s,S) (t,S)
Réapprovisionnement à intervalle Réapprovisionnement à intervalle
S
variable et à niveau plafond fixe et à niveau plafond
Ces coûts sont le coût de stockage (Cl), le coût de rupture (C2) et le coût
d'approvisionnement (C3).
On conçoit bien que les trois types de coûts sont de nature conflictuelle et
que bien souvent, diminuer un coût implique augmenter les deux autres.
Toutefois, sachant que les coûts sont exprimés de façon monétaire, on peut
parler de coût total et on peut alors rechercher la politique qui minimiserait le
coût total avec:
CT = Cl + C2 + C3 (2)
Une des méthodes est celle du lot économique (ou encore Quantité
Économique à Commander) (QEC) qui ne considère que le coût de stockage et le
coût de commande et consiste a minimiser le coût total par une démarche
d'optimisation qui est illustrée à la figure 4.
coût total
coût de
stockage
quantité
auantité commandée
dernière est par la suite optimisée par des dérivées de premier et second ordre.
Kim et al. (1986) concluent qu'utiliser la QEC revient à maintenir un niveau de
stock plus élevé que ce qui est nécessaire.
Toutefois, bien que plus précis, le modèle de Kim et al. (1986) présente les
inconvénients d'être plus complexe, et surtout, de se baser sur l'hypothèse
Pour pallier à ces inconvénients, Kim et Chung (1987) ont repris ledit
modèle dans un cadre d'aversion au risque et de demande incertaine. Ils
trouvent que le niveau de stocks pour un gestionnaire averse au risque est plus
faible que dans le cas où l'attitude face au risque est neutre. De même, plus la
demande est volatile, plus le niveau de stocks est bas.
Pendant la dernière récession, les PME ont réduit le niveau de leurs stocks.
Dans son rapport annuel de 1991, la American Small Business Administration
notait que:
On peut donc faire l'hypothèse que les PME ne sont pas passées d'une
politique à une autre en matière de GS pendant à la récession.
H4: En période de récession, les PME n'ont pas modifié leur politique de
gestion des stocks.
Pour ce qui est du niveau des stocks, on a vu que d'un point de vue macro-
économique la American Small Business Administration rapporte que ce
dernier a baissé dans les PME. D'un autre côté, le rapport de la NF l B
25
Tableau 3
Satisfaction des entrepreneurs vis-à-vis du niveau de leurs stocks
H5: En période de récession, les PME ont répercuté les baisses de demande
éventuelles sur le niveau de leurs différents stocks et de leur
approvisionnement.
4 Ce rapport donne un aperçu de la gestion des PME américaines. Il porte sur un échantillon de
2243 PME dont 92% ont moins de 40 employés.
26
a) Les comptes-fournisseurs
5 Le coût du financement est une variable qui ne sera pas prise en considération dans cette étude.
27
Gentry et De La Garza (1990) ont analysé les causes des changements dans
les comptes-fournisseurs (Figure 5). Leur modèle n'est qu'une analogie de celui
développé pour les comptes-clients, et comme on peut le constater, la figure 5
est presqu'identique à la figure 3.
Hausse
+
ACHATS
Pas
de
changement
,
Baisse
D P Allongement
E A
+ 4 2' 6
L 1
AE Pas
lM de 3 1 3'
E changement
DN
E T Réduction, 7 2 5
Aussi, remarquons que la situation 4 est celle qui est la plus avantageuse;
les entreprises cherchant toujours à allonger la durée de paiement.
b) Le financement bancaire
Le financement bancaire est très important pour les PME et ces dernières
l'utilisent de façon significative pour financer leur cycle d'exploitation. La
littérature financière s'accorde à expliquer cette situation par le fait que les
ressources financières du propriétaire-dirigeant sont limitées et que les PME
ont difficilement accès aux marchés financiers à long terme (St-Pierre et
Beaudoin, 1996).
$ Trésorerie positive
Courbe d'évolution des actifs
Courbe d'évolution du
financement à long terme
Temps
Comme nous l'avons vu dans les deux sections précédentes sur les
comptes-clients et les stocks, les PME ont fait face à un allongement de leur
cycle d'exploitation, à cause de l'allongement de la période de conversion des
comptes-clients. Cet allongement doit être financé.
Tableau 4
Disponibilité du crédit comparée au trimestre précédent
Étant donné que les PME ont eu à financer un cycle d'exploitation plus
long, sans que l'obtention du crédit soit perçue comme beaucoup plus difficile
malgré son resserrement, il est possible qu'elles n'aient pas financé cet
allongement par un financement bancaire supplémentaire. On peut donc faire
l'hypothèse suivante:
H6: Suite à la récession, les PME n'ont pas demandé plus de financement à
court terme que d'habitude auprès de leur banque.
Il découle de cette hypothèse que c'est le crédit obtenu chez les fournisseurs
qui a servi à financer l'allongement du crédit consenti au client. Dans l'analyse
des effets de la récession en Grande-Bretagne, Nash (1991) affirme que: «Three
in five companies say that suppliers should be prepared to wait 90 days for
payment .» (page 42).
CHAPITRE II
MÉTHODOLOGIE
Nous avons fixé la disponibilité des états financiers sur cinq ans comme
condition nécessaire pour qu'une entreprise soit sélectionnée. Ce choix
s'explique par le fait qu'il fallait disposer des états financiers de deux exercices
au moins avant 1991 pour être en mesure d'apprécier la situation financière de
la PME avant la récession. De plus, l'entreprise devait aussi répondre aux
critères suivants:
- L'entreprise devait être manufacturière ou de distribution, c'est-à-dire une
entreprise ayant obligatoirement des stocks, étant donné que la gestion de cet
34
élément d'actif fait partie de notre étude. Ce critère a alors amené le retrait des
entreprises de services ou financières.
- L'entreprise devait avoir une gestion indépendante, c'est à dire qu'elle ne
fait pas partie d'un conglomérat ou d'un groupe de sociétés.
- L'entreprise devait avoir moins de 250 employés.
Le test-T pairé est utilisé lorsque l'on est en présence de deux observations
pour chaque élément d 'un échantillon. Ces deux valeurs sont généralement
obtenues à des périodes différentes ou selon des traitements différents et ont été
mesurées avec une échelle de mesure de type intervalle ou rapport (voir
Baillargeon, 1984).
Le test-Tva être utilisé pour les hypothèses Hl, H2 et H7 parce que nous
disposons:
-de la période de conversion des comptes-clients avant et pendant la
récession (pour l'hypothèse Hl);
-du taux d 'escompte avant et pendant la récession (pour l'hypothèse H2);
-de la durée de paiement des fournisseurs avant et pendant la récession
(pour l'hypothèse H7) .
Le test ne peut être effectué que sur des variables distribuées normalement
(voir annexe C). Ainsi, après avoir vérifié la distribution des variables avec le
test de Kolmogorov-Smirnov, nous utiliserons soit le test-T pairé sur les
variables distribuées normalement, soit le test-Z sur la différence entre deux
variables pour les autres.
37
b) Les corrélations
Selon Perrien et al. (1986), les corrélations les plus utilisées sont celles qui
s'appliquent à deux variables de même niveau de mesure. C'est ainsi que nous
utliliserons le test du khi-carré et la corrélation de Pearson pour mettre en
relation, respectivement, des variables à échelles nominales et des variables à
échelles de rapport.
Le test du khi carré va servir à tester l'hypothèse selon laquelle les PME
n'ont pas modifié leur politique de gestion des stocks (H4). Pour ce faire, nous
avons codifié chaque politique de gestion des stocks avant et pendant la
récession afin d'obtenir deux variables nominales (voir questions II.4 et 11.5,
annexes A et B). Si la corrélation entre ces deux variables est significative, alors
H4 sera acceptée.
La corrélation de Pearson
Pour corréler les variables qui ont été mesurées avec ces deux types
d'échelles, nous utiliserons la corrélation de Pearson (voir Perrien et al. (1986)
38
Le test de Sheffé est utile pour les hypothèses qui réfèrent à une seule
variable qui s'exprime sous forme de fréquences (voir annexe D). Ces variables
ne seront pas mises en relation avec d'autres variables comme dans le cas
d'une corrélation ou d'une régression. Ce test permet de faire des analyses
univariées et servira à tester les hypothèses H2, H3 et H6;
- Pour H2, il faut tester si la proportion de PME qui ont offert des escomptes
de manière plus fréquente est significativement supérieure aux autres
proportions.
39
- Pour H3, il faut tester si la proportion de PME qui n'ont pas facturé de
frais financiers est significativement supérieure aux autres proportions.
- Pour H6, il faut tester si la proportion de PME qui n'ont pas demandé plus
de financement bancaire est significativement supérieure aux autres
proportions.
CHAPITRE III
Les entreprises sont par contre de taille assez hétérogène. Le nombre moyen
d'employés est de 88 employés avec un écart type de 12,93. La médiane s'établit
par contre à 62,5 employés (tableau 6). Notons que le nombre maximum
d 'employés avait été fixé à 250 et pourtant une entreprise de 275 employés
figure parmi l'échantillon. Cela vient du fait qu 'au moment de
l'échantillonnage, les données dont nous disposions indiquaient 250 employés.
41
Tableau 5
Répartition des entreprises selon l'activité
Tableau 6
Répartition des entreprises selon le nombre d'employés
Nombre d'employés
Taille de la firme Observations Fréquences
1 à50 14 43,8%
51 à 100 5 15,6%
101 à 150 6 18,8%
151 à 200 6 18,8%
200 et + 1 3,1 %
TOTAL 32 100
Tableau 7
Évolution de l'actif total des entreprises (en millions de dollars)
Tableau 8
;
Tableau 9
Variations de la période de conversion des comptes-clients
suite à la récession
Variations
Baisse Ni baisse ni augmentation Augmentation
Observations 7 5 20
Fréquences 21,9% 15,6% 62,5%
Ces premiers résultats suggèrent que les entreprises ont modifié leur
période de conversion surtout à la hausse. En effet, la période de conversion
moyenne avant la récession était de 42,66 jours contre 48,8 jours pendant la
récession.
Tableau 10
Les tests de Kolmogorov-Smirnov
Tableau 11
Test-T pairé sur les périodes de conversion
avant et pendant la récession
6 Le test est configuré de sorte que Ho est acceptée quand la probabilité critique dépasse 5%
45
b) L'escompte
Première proposition
Parmi celles qui offrent des escomptes, 37,9% ont affirmé en avoir offert
plus fréquemment durant la récession, contre 55,2% des PME qui en ont offert
de manière aussi fréquente . Seul 6,9% ont répondu avoir proposé des
escomptes moins fréquemment. Au vu de ces statistiques, la proposition selon
laquelle les PME ont offert des escomptes plus fréquemment durant la
récession paraît peu vraisemblable. C'est ce que confirme le tableau 12. (Voir le
détail des calculs à l'Annexe E)
Tableau 12
Méthode de Sheffé sur les proportions pour l'hypothèse H2
Deuxième proposition
Tableau 13
Variation du taux d'escompte pendant la récession
Tableau 14
Croisement de la variation du taux d'escompte et de la variation de la
période de conversion des comEtes-clients
Variation du taux d 'escomEte
Baisse Ni baisse ni Augmentation Total Fréq.
Variation de la Eériode de conversion au~entation
Baisse 2* 3 2 7 21,9%
Ni baisse ni augmentation 1 4 0 5 15,6%
Au~entation 1 10 9 20 62,5%
Total 4 17 11 32
Fréguences 12,5% 53,1 % 34,4% 100%
* Nombre d 'entreprises
Ho: probabilité critique < 0,05 : les variables sont dépendantes
Hl : probabilité critique ~ 0,05 : les variables ne sont pas dépendantes
Coefficient de corrélation de Pearson: 0,0064 7 ; Probabilité critique: 0,972 > 0,05
Le test de normalité qui a été effectué sur les taux d'escompte avant et
pendant la récession indique que l'une de ces deux variables ne suit pas une loi
normale (voir tableau 10). En conséquence, le test-Z a été utilisé (voir page 36).
7 Les résultats sont présentés sous forme d 'un tableau croisé mais le test effectué est une corrélation
de Pearson car les deux variables sont numériques.
48
Tableau 15
Test-Z sur la variation du taux d'escompte
L'hypothèse selon laquelle les PME ont augmenté leur taux d'escompte
durant la récession semble donc validée.
c) La politique de recouvrement
Les entreprises ont été interrogées pour savoir si la récession les avait
amenées à faire un suivi plus important sur les comptes en retard; 62,5% des
entreprises ont répondu oui; 15,7% ont indiqué non ou très peu; enfin, 21,8%
des entreprises ont affirmé que la récession les avait amenées à faire un suivi
plus important, mais de manière modérée.
Tableau 16
Croisement de l'allongement de la période de conversion
des comptes-clients et du suivi effectué pour les comptes-clients.
Nous avons demandé aux PME quelles méthodes elles utilisaient le plus
souvent pour recouvrer les comptes en retard. Elles ont indiqué: le contact du
client par téléphone (93,8% des répondants), l'envoi de lettres de rappel (56,3%
des répondants) et, la visite du client (55,9% des répondants).
Tableau 17
Méthode de Sheffé sur les proportions pour l'hypothèse H3
Avant la récession, la politique (s,q) était celle qui était la plus pratiquée
avec 43,8% des réponses, suivie de la politique (s,S) avec 25% des réponses
(tableau 18).
Les entreprises qui ont répondu "autre" pratiquent une gestion de stocks
dans un contexte de demande dépendante, c'est à dire qu'eUes utilisent une
Planification des Besoins des Matières (soit, en anglais Material Requirement
Planning).
Tableau 18
Politiques de gestion des stocks utilisées avant la récession
Pour ce qui est des politiques de gestion des stocks les plus pratiquées
pendant la récession, l'examen du tableau 19 montre que ce sont les politiques
(s,q) et (s,S). Il convient de signaler toutefois que la gestion des stocks dans un
cadre de demande dépendante passe au premier rang avec 43,8% des réponses.
Tableau 19
Politiques de gestion des stocks utilisées pendant la récession
Tableau 20
Croisement de la politique de gestion des stocks
avant et pendant la récession
8 11 faut signaler que ce test ne peut être validé car le tableau 20 contient beaucoup de cellules
vides. Baillargeon (1984) note à ce propos que: «Four que le test soit validé, on s'assurera que tous
les )11J
ft· · > 5 sinon on devra procéder à des regroupements de certaines classes» (page 375).Ainsi, il
est possible de dire que 78,13% des PME n'ont pas changé de politique de gestion de stocks sans
toutefois pouvoir le prouver statistiquement.
53
L'hypothèse 5 soutient que lors de la récession, les PME ont répercuté les
baisses de demande éventuelles sur le niveau de leurs stocks. Deux méthodes
de mesure ont été utilisées pour tester cette hypothèse: le questionnaire qui
décrit l'avis des dirigeants d'une part (utilisation de variables ordinales) et les
états financiers d'autre part (utilisation de variables à échelle de rapports).
Pour ce qui est de la réduction du niveau des stocks, deux possibilités ont
été considérées: la première est que les stocks ont été réduits suite à une baisse
du nombre de produits détenus; la seconde est que les stocks ont été réduits
suite à une baisse des unités de chaque produit détenu.
Les résultats, pour la première option, indiquent que 40,7% des répondants
n'ont pas réduit le nombre de produits en stock ou très peu; que 31,3% ont
réduit le nombre de produits en stock de manière importante; et que 28% ont
opéré une réduction modérée. La réduction des ventes et la baisse du nombre
de produits ont été croisées afin de mettre en évidence si les PME ont réduit le
nombre de leurs produits en stock suite à la baisse des ventes. Cette proposition
n'a pas été validée statistiquement (tableau 21).
54
Tableau 21
Croisement de la baisse des ventes
et de la réduction du nombre de produits en stock
Tableau 22
Croisement de la baisse des ventes et de la
réduction du nombre des unités de produits en stock
Modérément 4 4 12,5%
De manière importante
°
5 6
°
6 17 53,12%
Total 12 11 9 32
L'hypothèse selon laquelle les PME ont répercuté les baisses de demande
éventuelles sur le nombre d'unités de chaque produit détenu ne peut être
rejetée.
Nous avons vérifié à partir des états financiers si les entreprises qui ont
connu des baisses dans leurs ventes ont réduit leurs stocks. Ces deux variables
ont été corrélées pour les années 1990-1989, 1991-1990, 1992-1991 et 1993-1992
(tableau 23). Chaque cellule du tableau indique le coefficient de corrélation de
Pearson et la probabilité.
56
Tableau 23
Corrélation des ventes et du niveau de stock
Sur les quatre corrélations, aucune n'indique que les stocks et les ventes ont
varié dans le même sens de manière significative. Il n'est donc pas possible
d'affirmer que les PME ont répercuté les baisses de demande sur le niveau de
stock.
Tableau 24
Méthode de Sheffé sur les proportions pour l'hypothèse H6
P1=53,1%
Bien que près de la moitié des PME n 'ait pas demandé plus de financement
bancaire suite à la récession, il n'est pas possible de valider cette constatation
statistiquement.
Tableau 25
Variation du niveau d'endettement bancaire
b) Les fournisseurs
Tableau 26
Variation de la durée de paiement suite à la récession
Variations
Baisse Ni baisse ni augmentation Augmentation
Observations 4 8 20
Fréquences 12,5% 25,0% 62,5%
Cette hypothèse sera testée en deux étapes: il faut d'abord montrer que cette
augmentation est statistiquement significative (tableau 27) et qu'elle est
59
Tableau 27
Test-Z sur les périodes de paiement fournisseur
Trois causes ont été avancées pour expliquer cette variation: 31,3% des
dirigeants ont répondu que le retard dans le paiement des fournisseurs
provenait de la difficulté qu'ils avaient à vendre leurs produits; 12,5% ont
estimé que c'est plutôt la difficulté à obtenir du financement bancaire tandis
que 46,9% ont avancé l'allongement de la période de conversion des comptes-
clients comme principale cause.
Tableau 28
Croisement de la variation de la durée de paiement des fournisseurs
et de la variation de la période de conversion des comptes-clients
Le test statistique vient valider l'hypothèse H7: les PME ont répercuté
l'allongement de la période de recouvrement de leurs comptes-clients sur la
période de paiement de leurs fournisseurs.
Pour ces deux groupes nous avons calculé les ratios de liquidité, les ratios
de rentabilité et les ratios de structure financière afin de mieux comprendre
leurs décisions.
61
Tableau 29
Formation des sous groupes
Deux ratios ont été calculés pour caractériser la liquidité des trois groupes:
le ratio de liquidité générale (tableau 30) et le ratio de liquidité immédiate
(tableau 31).
Tableau 30
Le ratio de liquidité générale (actif à court terme/passif à court terme)
RLG 1993 RLG 1992 RLG 1991 RLG 1990 RLG 1989
MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED
Groupe 1 (N=6) 1,98 1,39 3,48 1,40 9,69 1,75 2,24 1,26 1,82 1,14
Groupe 2 (N=5) 1,63 1,67 1,35 1,31 2,16 2,04 1,64 l,58 1,41 1,43
Grou,ee 3 (N=21) 2,41 1,83 2,75 1,97 2,45 1,96 2,77 1,93 3,18 l ,50
Echantillon
(N=32) 2,24 1, 72 2,67 1,69 3,57 1,95 2,49 l ,55 2,65 1,43
Probabilité 0,6625 0,4844 0,0339 0,5186 0,3587
Tableau 31
Le ratio de liquidité immédiate (actif à court terme - stocks)/passif court terme
RLR 1993 RLR 1992 RLR 1991 RLR 1990 RLR 1989
MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED
Groupe 1 (N=6) 0,92 0,58 1,85 0,69 5,00 0,68 1,25 0,56 1,06 0,55
Groupe 2 (N=5) 0,96 0,90 0,93 0,85 1,55 1,61 1,00 1,03 0,91 1,06
Grou,ee 3 (N=21) 1,59 1,14 1,85 1,24 1,60 1,29 1,79 1,29 2,13 0,95
Echantillon
(N=32) 1,39 0,93 1,71 1,14 2,14 1,33 1,57 1,04 2,65 0,84
Probabilité 0,4088 0,666 0,0791 0,4298 0,4231
9 La méthodologie utilisée est l'analyse de variance sur les moyennes. Cette fonction calcule le
ratio moyen pour chaque groupe et permet de vérifier si les trois moyennes obtenues sont
significativement différentes. Les médianes sont présentées à titre indicatif.
63
Il n'y a pas suffisamment de variance entre les groupes pour dire qu'ils
sont significativement distincts; aussi, il n'est pas possible de conclure qu'un
groupe a une meilleure liquidité qu'un autre car les médianes et les moyennes
rapportent des évolutions différentes.
Trois ratios ont été calculés: la marge nette (tableau 32), le ROE (tableau 33)
et le ROA (tableau 34)
Tableau 32
La marge nette (bénéfice net/ventes)
M Nette 1993 M Nette 1992 M Nette 1991 M Nette 1990 M Nette 1989
MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED
Groupe 1 (N=6) -0,86% 0,40% -7,77% 0,29% -3,23 % 0,42% 1,19% 0,89% 1,69% 1,27%
Groupe 2 (N=5) 1,51 % 0,52 % 1,13% 0,65% 0,57% 0,72 % -0,99% 0,50% -0,51 % 1,99%
GrouEe 3 (N=21) -0,29% -0,47% -14,19% 1,43% 2,16% 1,43% 1,26% 0,47% 2,67% 1,08%
Echantillon
(N=32) -0,19% -0,01 % -3,06%-0,50% 1,03% 0,72 % 0,90% 0,53 % 1,99% 1,34%
Probabilité 0,8488 0,1158 0,1534 0,7669 0,7204
Tableau 33
Le ROE
ROE 1993 ROE 1992 ROE 1991 ROE 1990 ROE 1989
MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED
Groupe 1 (N=6) 11,42% 12,92% 10,24% 9,22% -9,14% 3,99% 10,16% 10,2% 24,12% 22,20%
Groupe 2 (N=5) 7,83% 0,71 % 3,82% 8,61 % -3,91 % -0,97% -4,31 % 6,35% 18,73% 15,72%
GrouEe 3 (N=21) -2,74% -4,03 % 5,40% 8,75% 13,22% 6,12% 12,77% 9,70 % 25,37% 15,22%
Echantillon
(N=32) 0,93% 1,63% 5,82% 8,70% 6,64% 6,06% 9,25% 8,27% 23,96% 15,82%
Probabilité 0,5152 0,9365 0,1334 0,4695 0,8928
64
Tableau 34
LeROA
ROA 1993 ROA 1992 ROA 1991 ROA 1990 ROA 1989
MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED
Groupe 1 (N=6) -0,76% 2,09% -7,32% 0,89% -2,42% 0,76% 1,98% 2,55% 4,49% 4,39%
Groupe 2 (N=5) 3,00% 0,35% -15,85% 1,11 % 0,65% 1,37% -0,75 % 0,94 % 2,10% 2,36%
Groupe 3 (N=21) 0,12% -1,91 % 2,92% 3,15% 4,39% 3,00% 4,69% 0,85% 4,74% 2,98%
Echantillon
(N=32) 0,28 % -0,01 % -2,09% 1,66% 2,69% 1,84% 3,33% 1,38% 4,28% 2,77%
Probabilité 0,7913 0,0720 0,1556 0,4453 0,8862
Tableau 35
Le ratio d'endettement (passif total! actif total)
RE. 1993 RE. 1992 RE. 1991 RE. 1990 RE. 1989
MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED
Groupe 1 (N=6) 87,81 % 87,65% 83,32% 82,15% 72,92%74,89% 74,79% 75,92% 75,51 % 78,87%
Groupe 2 (N=5) 56,53% 49,67% 72,90% 73,98% 59,30% 59,85% 70,67% 74,44% 70,18% 61,57%
Groupe 3 (N=21) 54,91 % 44,96% 51 ,89% 48,83% 61,30% 53,53% 55,11 % 54,28% 61 ,02% 61,45%
Echantillon
(N=32) 61,42% 60,64 % 61 ,36% 61,86% 62,85% 60,20% 61 ,23 % 59,85% 65,17% 66,59%
Probabilité 0,0325 0,016 0,7508 0,1384 0,2905
65
Tableau 36
Le ratio d'endettement à court terme (passif court terme/actif total)
[Link]. 1993 [Link] 1992 [Link] 1991 [Link]. 1990 [Link]. 1989
MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED MOY MED
Groupe 1 (N=6) 43,22% 40,62% 41 ,13% 44,02% 33,52% 39,06% 44,84% 37,39% 57,05% 74,02 %
Groupe 2 (N=5) 43,44% 35,41 % 50,82% 44,96% 38,14% 27,47% 44,72% 44,65% 51,01 % 47,99%
Groupe 3 (N=21) 39,33% 39,02 % 34,51 % 31,65% 36,13% 33,55% 35,79% 33,14% 40,55% 39,62%
Echantillon
(N=32) 40,55% 38,02 % 38,42% 38,97% 36,03% 34,55% 38,79% 39,68% 43,60% 46,63%
CHAPITRE IV
La preuve de cela est que les entrepreneurs qui ont réduit leur période de
conversion ont fait part de leurs efforts et certains d'entre eux ont mentionné
sur le questionnaire: «Credit control» «Better cash management». Un autre
entrepreneur a été moins précis en mentionnant: «Management decisions».
67
Cependant, il n'a pas été possible de montrer que les entreprises qui ont
connu des hausses de leur période de conversion ont utilisé l'escompte comme
instrument pour réduire le niveau de leurs comptes-clients.
De même, pour les PME qui ont réduit leur période de conversion, il a été
impossible de dégager une tendance: certaines ont augmenté leur taux, tandis
que d 'autres l'ont baissé ou encore, ont avoué ne jamais offrir d'escompte.
Tel est donc le cadre général qui décrit la politique de recouvrement durant
la récession. Force est de constater que cela témoigne d'une certaine passivité
en matière de recouvrement, quand on sait que les retards accumulés peuvent
dépasser 20 jours, pour une période de crédit allouée d'environ 40 jours.
Pour ce qui est des moyens juridiques, une PME a affirmé prendre des
garanties, tandis qu'une autre a mentionné le recours à des avocats. Une seule
entreprise a affirmé recourir à des agences de recouvrement.
Pour ce qui est des techniques commerciales, lorsque les comptes dataient
de plus de 45 jours, une PME a affirmé suspendre les commandes tandis
Il n'a pas été possible de tracer un profil pour ces cinq PME.
D'un autre côté, bien que 53,8% des PME de l'échantillon ont affirmé ne pas
avoir demandé plus de financement bancaire, il n'a pas été possible de
généraliser ceci à toute la population.
• Pour ce qui est des sept PME qui ont réduit leur durée de conversion des
comptes-clients, trois d'entre elles ont aussi réduit leur durée de paiement
71
fournisseur. Sur ces sept PME, cinq ont une activité de distribution dans des
secteurs très différents.
Les différents ratios calculés pour ces entreprises n'ont pas permis de
mettre en évidence un comportement qui leur est spécifique: elles n'affichent
ni une meilleure liquidité ni une meilleure rentabilité par rapport aux autres
groupes.
Malgré tout, il est possible de dire que cette recherche fournit une base
empirique de description des modifications de politiques de gestion de fonds de
roulement des PME, pendant une conjoncture économique difficile.
CONCLUSION
Cette recherche avait pour objectif d'examiner comment les PME ont
modifié leurs décisions de gestion de fonds de roulement suite à la récession
qui a touché l'économie nord-américaine en 1991-1992.
Après avoir analysé les données qui ont été recueillies auprès d'un
échantillon de 32 PME, il a été possible de montrer que ces entreprises ont subi
un allongement de leur période de conversion des comptes-clients. Cet
allongement a été financé par une augmentation proportionnelle de leur
période de paiement des fournisseurs et non par un financement bancaire à
court terme.
Enfin, pour ce qui est de la gestion des stocks, il semble que les PME n'ont
pas modifié leur politique de gestion et qu'elles n'ont pas répercuté les baisses
de demandes éventuelles sur le niveau de leurs stocks.
73
RÉFÉRENCES
GAGNÉ J.P. «Les faillites d'entreprise et la chute des profits inquiètent les
banquiers» Les affaires, Samedi 1er Septembre 1990, p. 2-3.
GENTRY G.A. «State of the art of short run financial mangement» Financial
Management. Été 1988, vol. 17, nO 2, p. 41-57.
HILL N.e. et REINER K.D. «Determining the cash discount in the firm's credit
policy» Financial Management, Hiver 1979, vol. 8, n° 4, p. 37-40.
HILL N.C. et SARTORIS W.L. «Cash and working capital management» The
Journal of Finance, vol XXXVIII, n02, Mai 1983, p. 349-361.
HILL N.e. et SARTORIS W.L. Short term financial management: text and cases,
Deuxième Édition, MacMillan Publishing Co., 1992,576 p.
JOHNSON T.O. «Credit term policy and corporate payment practices» Journal
of Cash Management, Septembre 1982, p. 14-20.
KIM Y.H. et CHUNG K.H. Inventory mangement: a financial theory of the firm
under uncertainty. Document non publié présenté au colloque de la Financial
Management Association, Las Vegas, Nevada, 1987.
75
NASH T. «Late payers, the end of the line ?» Director. Avril 1991, p. 39-44.
STONE B.K. «The payment pattern approach to the forecasting and control of
accounts receivable» Financial Management, Automne 1976, vol. 5, nO 3, p. 65-
82.
WORT D.H. et ZUMWALT J.K. «The trade discount decision: a markov chain
approach» Decision Science, Hiver 1985, p. 43-56.
ANNEXE A
***
QUESTIONNAIRE CONFIDENTIEL
À L'INTENTION DU
DIRIGEANT* DE L'ENTREPRISE
DIRECTIVES
."
SlBCTKON K: lLlBS COMPTlBS ClLKlBN1'S
1.1 Dans quelle mesure la dernière récession économique vous a amené à modifier le nombre
de jours de crédit que vous accordez à vos clients pour vous payer: (Encerclez votre réponse)
1 2 3 4 5
1.3 Dans quelle mesure la dernière récession économique vous a amené à modifier le taux
d 'escompte que vous offrez à vos clients: (Encercler votre réponse)
1 2 3 4 5
1.4 Durant la dernière récession économique, avez-vous chargé des pénalités aux clients qui
dépassent la durée de paiement accordée de manière: (Une seule réponse)
1 2 3 4 5
A ce propos, veuillez spécifier les pratiques auxquelles vous avez recours pour recouvrer
vos comptes en retard: (Cochez une ou plusieurs cases)
II.1 Dans quelle mesure la dernière récession a entraîné des baisses dans vos ventes? (Encerclez
votre réponse)
1 2 3 4 5
II.2 Dans quelle mesure la dernière récession vous a amené à réduire le nombre de produits que
vous aviez en stocks? (Encerclez votre réponse)
1 2 3 4 5
II.3 Dans quelle mesure la dernière récession vous a amené à réduire le nombre d'unités pour
chaque produit que vous aviez en stocks? (Encerclez votre réponse)
1 2 3 4 5
1.4 Avant la récession économique, parmi les pratiques de réapprovisionnement
suivantes, cochez celle qui vous semble correspondre le plus à ce que vous pratiquiez dans votre
entreprise: (Une seule réponse)
Dès que les stocks baissent à un certain niveau, vous commandez habituellement la
même quantité.
] À intervalles de temps fixes,vous commandez habituellement la même quantité.
] Dès que les stocks baissent à un certain niveau, vous commandez une quantité.
de manière à utiliser toute ou une partie de votre capacité de stockage.
À intervalles de temps fixes, vous commandez une quantité de manière à utiliser
toute ou une partie de votre capacité de stockage.
Aucune de ces pratiques. Décrivez brièvement votre pratique
Ncn
Oui. Dans ce cas, indiquez la nouvelle politique que vous avez adoptée:
Dès que les stocks baissent à un certain niveau, vous commandez habituellement la
même quantité.
] À intervalles de temps fixes,vous commandez habituellement la même quantité.
] Dès que les stocks baissent à un certain niveau, vous commandez une quantité.
de manière à utiliser toute ou une partie de votre capacité de stockage.
À intervalles de temps fixes, vous commandez une quantité de manière à utiliser
toute ou une partie de votre capacité de stockage.
Aucune de ces pratiques. Décrivez brièvement votre nouvelle pratique
SECTION lU: tE FINANCEMENT
À COURT 1'lERMlE
Pour toutes les questions suivantes, le terme financement désigne des dettes à
court terme dont l'échéance ne dépasse pas un an. (Exemple, un découvert,
une marge de crédit, crédit de trésorerie)
111.1 Dans quelle mesure, la dernière récession économique vous a amené à demander auprès de
votre banquier plus definancement à court terme que d 'habitude? (Encerclez votre réponse)
1 2 3 4 5
111.2 Votre banquier a-t-il répondu favorablement à ces demandes? (Une seule réponse)
] Pas du tout
] Parfois, et sans garanties supplémentaires
] Parfois, mais avec des garanties supplémentaires
] Toujours et sans garanties supplémentaires
] Toujours, mais avec des garanties supplémentaires
III.3 Dans le cas de refus de financement de votre banquier, avez-vous demandé du financement
auprès d'autres institutions?
[ ] NIl
[ ] ru
Si oui, précisez lesquelles _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ __
111.4 Dans quelle mesure, la dernière récession économique vous a amené à modifier le délai de
paiement de vos comptes fournisseurs: (Encerclez votre réponse)
1 2 3 4 5
111.6 En période de récession économique, avez-vous profité des escomptes que vous
ont proposés vos fournisseurs: (Une seule réponse)
] Manufacturière
] Distribution
] Grossiste
] Autre:_ _ _ _ _ _ __
1.1 To what extent has the last recession influenced you to modify your receivables
collection period: (Please circle your answer)
1 2 3 4 5
Please specify:
1.1.1 What was the average collection period before the recession
1.1.2 What it is now
1.2 To what extent has the last recession influenced you to oHer discounts to your customers :
(One answer )
1.3 To what extent has the last recession influenced you to modify the discount rate:
1 2 3 4 5
Please specify:
1.3.1 What was the usual discount rate before the recession (percent)_ _ _ _%
1.3.2 What it is now (percent) %
1.4 To what extent has the last recession influenced you to charge interest to past due
accounts: (One answer)
1 2 3 4 5
1.5.1 Please specify the methods you generally use to monitor collections: (One or more
answer)
] Phone customers
] Send letters to customers
] Meet with the customer
] Others. Please specify:
SlEC'lI'HON H: HNVlEN'lI'OlIUlES
11.1 To what extent the last recession resulted in reduced sales:(Please circle your answer)
1 2 3 4 5
II.2 To what extent has the last recession influenced you to change the number of different
items carried in inventory?: (Please circle your answer)
1 2 3 4 5
II.3 To what extent has the last recession influenced you to change the number of units of each
item held in inventory? : (Please circle your answer)
1 2 3 4 5
II.4 Sefore the recession, which method of purchasing management were you using :
(One answer)
] Once stocks faH to a certain level, you reorder the same number of units as previously
] At fixed intervals of time,you reorder the same number of [Link] previously
] Once stocks faH to a certain level, you order goods to utilise all or part of the
available storage capacity.
At fixed intervals of time, you order goods to utilise all or part of the available
storage capacity
None of the shown. Please explain:
ILS During the recession, have you changed the method of purchasing management
were you using : (One answer)
No
YesoIn this case, please specify the method you have chosen:
Once stocks faH to a certain level, you reorder the same number of units as previously
At fixed intervals of time,you reorder the same number of [Link] previously
Once stocks faH to a certain level, you order goods to utilise all or part of the
available storage capacity.
At fixed intervals of time, you order goods to utilise all or part of the available
storage capacity
None of the shown. Please explain:
SlECTION lU: SHORT l'lElRM
lFINANCING
II!. 1 To what extent, did the last recession influenced you to ask for more short term financing
from your bank: (Please cirele your answer)
1 2 3 4 5
111.2 Did your bank react favourably to this demand? (One answer)
] Not at aIl
] Sometimes, but with no more guaranties
] Sometimes, but with more guaranties
] Always, but with no more guaranties
] Always, but with more guaranties
II!.3 If your applications for additional short term financing were refused by the bank,
did you try to borrow from other finandal institutions:
No .
Yes
If yes, please specify which ones _ _ _ _ _ _ __
111.4 To what extent, did the last recession made you change the average payable duration :
(Cirele your answer)
1 2 3 4 5
Please specify:
111.6 During the recession, have you made use of supplier discounts: (One answer)
Tlhank you
LE TEST-T PAlRÉ
Le test consiste à calculer pour chaque paire (c'est à dire pour les deux
observations d'un même élément de l'échantillon) la différence di tel que:
=X-
d-1 1
-X- 2
11 (1)
avec:
Xil : Observation sur la variable Xi à l'instant 1
Xi2 : Observation sur la variable Xi à l'instant 2
suivantes:
- La distribution d'échantillonnage d( suit une loi normale
- La moyenne de la distribution de d( est Ild - La variable Ild est inconnue et
est estimée par la moyenne empirique observée sur l'échantillon di tel que :
(2)
avec:
ad =-Vr-(-L-(d--d-:)2-/-(n--1)
r
(4)
Dans l'équation (4), le numérateur (di -~d) suit une loi normale et le
dénominateur (crd/-fr0 suit une khi deux à (n-1) degrés de libertés. Or comme
on le sait, le rapport d'une loi normale et d'une loi de khi deux donne une loi
de Student.
Baillargeon (1984) dit à ce propos: «Si n>30, le théorème centrale limite peut
s'appliquer et l'écart réduit di/( (J d/...frÏ5 sera distribué selon une loi normale
centrée réduite même si la population des différences n'est pas distribuée selon 1
Dans notre cas, la taille de l'échantillon est n=32 donc le théorème central-
limite s'applique; c'est pour cela que nous affirmons que le test-Z peut être
appliqué.
."'
ANNEXE D
Le test de Sheffé sur les proportions sert à tester si une proportion Pl est
significativement supérieure à P 2, P3, ... ,P k avec P1+P 2 +P 3 + ... +P k =1. Le test
consiste à établir des intervalles simultanés Ik tels que
(1)
avec:
Pl: Probabilité que l'on teste supérieure aux autres
Pk autres probabilités
Ek =.y X 2
cr, k-l "(Pl (l-PI) + 2 PIPk+ Pk(l-Pk))/(n-l) • (N-n/n)
N: taille de la population
n: taille de l'échantillon
2
X a, k-1 : Quantité du khi carré à (k-1) degrés de liberté au
seuil de significativité a
Pour que l'hypothèse Pl = max (P 2, P3, ... ,P k ) soit acceptée, il faut qu'aucun
Tableau 12
Calcul de El:
E1=~ 5,9914 ~'--ll-/E-*-(1--1-1/E-)+-2-*-ll-/E-*1-6-/E-+-1-6-/E-*-(-1--16-/E-)-/-28-=0,439
N-n/n
Signalons que comme notre échantillon n'est pas probabiliste, il n'est pas
possible de connaître N. Toutefois, étant donné que N-n/n tend vers 1 quand N
tend vers l'infini, nous avons choisi cette option dans nos calculs. Cette
hypothèse ne modifie en rien les résultats des tests.
Calcul de E2:r--_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __
E2=~ 5,9914 ~ ll/E* (l-ll/E) + 2* ll/E* 2/E+2/E* (1-2/E) /28=0,274
Calcul de El:
El = ~ 5,9914 ~ 4/12 * (1- 4/12) + 2 * 4/12 * 1/12 + 1/12 * ( 1-1/12) / 11= 0,439
Tableau 24
Calcul de El:
Calcul de E2: