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Réalisme Classique : Influence et Limites

Le document décrit la théorie du réalisme classique en relations internationales et analyse l'influence de trois auteurs clés: Morgenthau, Aron et Hoffman. Il présente les principes fondamentaux du réalisme selon Morgenthau et montre comment Aron et Hoffman ont synthétisé certains aspects du réalisme et du libéralisme.

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Réalisme Classique : Influence et Limites

Le document décrit la théorie du réalisme classique en relations internationales et analyse l'influence de trois auteurs clés: Morgenthau, Aron et Hoffman. Il présente les principes fondamentaux du réalisme selon Morgenthau et montre comment Aron et Hoffman ont synthétisé certains aspects du réalisme et du libéralisme.

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Le réalisme classique 

: MORGENTHAU, ARON, HOFFMAN

Réalisé par : AACHOUANE Hiba


Master Études internationales.
Sociologie des relations internationales.
Soumis à l’appréciation de : Pr. El ASSER.

Introduction

Il existe plusieurs classifications différentes des théories des relations internationales. La


plupart établissent néanmoins une distinction entre les théories générales, soit les trois
philosophies qui ont proposé une explication normative, historique et relativement globale
des relations internationales – le réalisme, le libéralisme et le marxisme et les autres
théories.

Le réalisme : Caractère de ce qui est une description objective de la réalité, qui ne masque
rien de ses aspects les plus crus.
Tendance littéraire et artistique qui privilégie la représentation exacte, tels qu’ils sont, de la
nature, des hommes, de la société.
En Relations internationales, Selon Braillard, le qualificatif « réaliste » a été attribué aux
auteurs qui prétendent considérer l’humain et les rapports sociaux – notamment les
relations politiques – tels qu’ils sont et non tels que l’on voudrait qu’ils soient au nom d’un
idéal
En vérité, les réalistes croient que le monde étant gouverné par certaines lois objectives ou
caractéristiques naturelles immuables, le changement ou le progrès n’est possible que s’il
est fondé sur la connaissance et la prise en compte de ces contraintes. La préoccupation
première des réalistes est donc de comprendre ces contraintes grâce à une observation
objective de la réalité. 
Dans la vulgate des relations internationales, le réalisme est généralement présenté comme
une théorie amorale, une Realpolitik autorisant les États à défendre leurs intérêts à
n’importe quel prix, réduisant le droit international à n’être que l’instrument des grandes
puissances dans un contexte anarchique où règne la loi du plus fort.

Notre analyse portera particulièrement sur le réalisme classique.

Bien qu’il a fallu du temps au réalisme classique pour s’imposer dans la discipline des
Relations Internationales, jusque-là dominée par la théorie libérale, certaines œuvres
publiées avant la seconde Guerre mondiale ont confirmé l’émergence de ce nouveau
paradigme. Des auteurs comme le géopoliticien Nicholas Spykman, l’historien Edward H.
Carr, ou encore le théologien Reinhold Niebuhr font ainsi parties des précurseurs du
réalisme classique. Mais c’est finalement le politologue américain Hans Morgenthau, dans
son célèbre ouvrage Politics Among Nations : The struggle for Power and Peace publié en
1948, qui en énonça les principaux fondements.
Paradigme dominant jusque dans les années 1970, le réalisme classique déclina peu à peu en
raison de l’apparition de nouvelles théories, notamment marxistes, libérales et plus tard
constructivistes. Mais c’est surtout la rupture ontologique créée par l’émergence du
néoréalisme de Kenneth Waltz, qui mit définitivement fin à sa prédominance. Malgré cela,
les hypothèses émises par le réalisme classique marquèrent d’une profonde emprunte la
discipline des Relations Internationales.
étude des relations internationales souffre aujourd’hui de paradigmatisme, cette attitude qui
consiste à voir les différentes théories comme des paradigmes mutuellement exclusifs.
Réalisme, libéralisme, marxisme, constructivisme, École anglaise, théorie critique,
féminisme, poststructuralisme, postcolonialisme : l’étudiant doit choisir son camp. Pour
l’aider, on caricature chaque position, et on lui fait croire qu’elles sont incompatibles.

C’est pourquoi, il est nécessaire de s’intéresser à la théorie du réalisme, dans le but


d’analyser et de distinguer son influence sur les relations internationales ainsi que dans les
commentaires de nombreux internationalistes.

La problématique est donc de savoir : Dans quelle mesure la théorie du réalisme classique a
influencé les Relations internationales ?

Pour traiter de cette problématique, nous allons traiter dans une première partie,

Compte tenu du fait que le réalisme a constitué le cadre d’analyse dominant des relations
internationales au XXe siècle, notamment dans les pays anglo-saxons, une multitude
d’auteurs ont contribué à son approfondissement et à sa systématisation. Il est évidemment
impossible de recenser ici tous leurs travaux. Nous nous attarderons sur trois auteurs qui ont
eu une influence particulièrement déterminante.

Première partie : Morgenthau, Aron et Hoffman : trois précurseurs du réalisme classique

1- Morgenthau : Le réaliste classique, six principes fondamentaux


Toute discussion sur le réalisme politique inclurait naturellement Hans J. Morgenthau, qui
est Crédité comme étant le « père du réalisme d'après-guerre ». Ses œuvres sont
considérées comme les principales textes fondateurs du réalisme politique et même plus
généralement de la théorie des relations internationales.
Son réalisme a en outre eu une influence formative sur le développement d'autres théories
connexes, telles que le néoréalisme, le réalisme offensif et défensif et le réalisme néo-
classique. En tant que telle, la théorie de Morgenthau est considérée comme le premier de
nombreux tremplins sur la voie de l'étude des relations internationales.

1- La politique suit des règles objectives, celles de la nature humaine.

2- Le principal indicateur du réalisme politique est le concept d’intérêt défini en


termes de pouvoir permet de comprendre le but de la politique.

3- 3-Le réalisme reconnait que le type d’intérêt déterminant varie selon le


contexte politique et culturel dans lequel la politique étrangère est élaborée.
Elle ne donne pas à l’intérêt défini comme pouvoir un sens qui est fixé une
fois pour toutes.
4- Les principes moraux ne peuvent être pris en compte pour comprendre les
relations entre les États. Ils changent dans le temps et dans l’espace : les États
agissent toujours en fonction du principe moral suprême de survie nationale ;

5- Les aspirations morales des États (par exemple, promouvoir la paix dans le


monde) ne peuvent être considérées comme aspirations morales universelles,
mais comme intérêts des États à un moment donné;

6- Le réalisme politique reconnaît que l'homme possède plusieurs sphères


d'intérêts, telle que la sphère du Politique et parmi les sphères d'intérêt de
l'individu, si celui-ci veut pouvoir comprendre une sphère en particulier, il doit
faire abstraction des autres. Cependant, la sphère politique est indépendante
des autres. ex. : religieuse, moral, politique, etc.

2- Aron et Hoffman : une synthèse du réalisme et du libéralisme

Aron et Hoffman peuvent être placés à l’intersection du réalisme et du libéralisme.


Aron est original. Il s’oppose aux réalistes alors qu’il en est un. Il s’oppose à eux comme un
vrai réaliste dénonçant les faux réalistes.

Sa position, diffère sensiblement du réalisme classique anglo-américain :

1- Il ne reconnait pas le primat de la politique extérieure sur la politique intérieure.


Raymond Aron, lorsqu’il analyse le poids des circonstances intérieures dans les relations
internationales, souligne particulièrement deux points.
 Le premier est l’importance de la nature du régime.
 Le second point est le lien inextricable entre guerres civiles et guerres
interétatiques : « on ne saurait imaginer une diplomatie non violente tant que l’on
n’a pas éliminé́ la violence de la politique intra-étatique ». C’est pourquoi il s’est tant
intéressé à la théorie et à la pratique de la guerre révolutionnaire (et aux facteurs de
conflit internes dans les différents pays du Proche-Orient, la zone de turbulence la
plus dangereuse.
En gros, les intérêts nationaux ne peuvent pas être définis sans tenir compte du régime
intérieur d'un État, de son idéal politique. Le système international est déterminé par des
valeurs qui existent au sein des États, et ces valeurs influencent la stabilité du système. Aron
s'inscrit ici dans la tradition du réalisme « classique » en relations internationales.

2- Souligne l’importance des régimes politiques des rapports sociaux, de l’idéologie et


des valeurs.

3- Il insiste sur le rôle du système économique mondial, que les autres sous estiment
car il n’est pas seulement inter étatique.
En cela précisément, il s’inscrit davantage dans une perspective libérale.
En ce qui concerne le système économique, les réalistes ont, en gros, eu tendance soit à le
négliger dans la mesure où l’économie relevait beaucoup plus des rapports d’échange entre
individus et groupes privés, que des relations entre États. Soit à l’annexer à la conduite
diplomatico-stratégique.
En d’autres termes, l’analyse se faisait alors en termes de puissance (plutôt que de
richesses), de conflit pour les ressources (plutôt que de coopération et d’échanges) …

4- Il s’oppose aux interprétations rationalistes de l’intérêt national.

5- En effet Aron s'inscrit dans une tradition libérale, et non dans la Realpolitik: il insiste
sur l'importance des considérations morales dans les relations internationales. 

Hoffman quant à lui, semble bien qu’il ait opté, à l’instar de ses contemporains dont
Raymond Aron, pour une refonte en profondeur de l’approche réaliste des RI. Son approche
est qualifiée de réalisme classique ou de vision néo réaliste. En recherche de la troisième
voie, entre un réalisme modéré et une version utopique de l’idéalisme.

Être libéral, explique Hoffmann, signifie seulement croire que l’homme et la société sont
susceptibles de progrès, limité et réversible, et qu’il est possible de bâtir des institutions
fondées sur le consentement, destinées à rendre la société plus humaine, plus juste et à
améliorer le sort des citoyens. Être réaliste libéral, c’est y croire tout en tenant compte des
contraintes du réel et de la faisabilité de ce qu’on propose. 

Deuxième partie : critiques et limites du réalisme classique

A- Une théorie ni empirique ni entièrement logique

Ni entièrement empirique ni entièrement logique : La théorie réaliste de Morgenthau n'est


ni entièrement empirique ni entièrement logique. Son empirisme est brut et impressionniste
et sa logique est unilatérale et partiale. Il suppose plusieurs généralisations, comme « Les
nations, comme les hommes, recherchent toujours le pouvoir et la domination sur les
autres ». Sa validité est considérée comme acquise et jamais testée. Il n'essaie nulle part
d'être pleinement empirique. Sa logique est également limitée. Son point de vue selon
lequel une politique doit être totalement rationnelle est certainement illogique.
Une approche partielle :

Définir la politique comme une lutte pour le pouvoir générée par le conflit d'intérêts, c'est
faire du conflit d'intérêts le seul déterminant de la politique internationale.
Il s'agit d'un aperçu partiel et unilatéral. Elle ignore le rôle des valeurs dans les relations
internationales. Comme toutes les relations sociales, les relations internationales sont
également caractérisées à la fois par le conflit et la coopération. L'élément de coopération
entre les nations est également un facteur important des relations internationales qui ne
peut être et ne doit pas être ignoré.
Implique une justification de guerre :

Morgenthau décrit la lutte pour le pouvoir comme la réalité naturelle et éternelle de la


politique internationale. Il proclame que, comme les individus, il est naturel que les nations
luttent pour le pouvoir et pratiquent la domination sur les autres. La forme extrême de cette
lutte pour le pouvoir est la guerre. Lorsque nous acceptons la lutte pour le pouvoir comme
naturelle, nous ne pouvons refuser d'accepter le caractère naturel et inévitable de la guerre.
De cette façon, Morgenthau construit un dossier qui conduit à une justification de la guerre.
Son réalisme semble construire une justification de la politique d'expansionnisme.

o l est faux de projeter la supériorité de l'Intérêt National sur la Morale :

Morgenthau fait à tort de l'intérêt national la morale supérieure qu'une nation devrait
toujours suivre. Puisque chaque nation agit toujours et doit toujours agir pour son propre
intérêt national, cela signifie logiquement que tout ce qui est fait par la nation est moral.

B : Le statocentrisme, et la puissance exorbitante des Etats


On reproche à Aron de se fonder sur « la puissance exorbitante des États contemporains » et
ainsi de « [mettre] en parenthèses (ou au moins minimiser) les tensions économiques,
politiques et sociales qui traversent dramatiquement le devenir des nations et qui
déterminent fondamentalement les décisions des gouvernements. […] » (ibid. :
125). À vouloir prouver et légitimer la centralité de l’État, Aron n’est pas, selon Châtelet,
suffisamment sensible aux mouvements des sociétés et de l’économie. Dans une perspective
marxienne, Châtelet regrette enfin qu’Aron n’ait pas suffisamment tenu compte de la lutte
des classes qui, au niveau mondial, oppose les « nations prolétaires » aux « nations nanties »
(ibid. : 125). Les critiques d’Alain Touraine mettent aussi l’accent sur le statocentrisme de
Raymond Aron, qui le conduit à tenir pour acquise la fragmentation des États et à exclure la
possibilité d’un système supranational, qu’une analyse sociologique est susceptible de
dégager selon Touraine (ibid. : 486 et s.)

Conclusion
Le néoréalisme a été formulé pour voler au secours le déclin du réalisme classique. Le
néoréalisme est en effet, une rupture idéologique avec les écrits de Morgenthau sur le
réalisme classique. Ce courant critique l’idée selon laquelle l’origine des machinations de la
politique internationale comme étant fondées sur la nature humaine, et non soumises à
l’égo et à l’émotion des dirigeants mondiaux. Les néoréalistes proposent plutôt que la
contrainte structurelle et non la stratégie, l’égoïsme ou la motivation vont déterminer le
comportement dans les relations internationales.
réfutent la notion d'équilibre des puissances. En effet, pour les néoréalistes, tous les États
ont tendance à s'allier afin de contrer les visées des États qui leurs semblent dangereux.
C'est que qu'ils appellent le bandwagoning. Si l'on se fie au réaliste néoclassique Randall
Schweller, le bandwagoning est, pour les néoréalistes, l'idée que tous les États ont comme
volonté principale de rétablir l'équilibre des puissances et de conforter leur propre sécurité.
Selon cette définition, le bandwagoning consiste à se ranger du côté de la menace.
Bibliographie

Pour un réalisme libéral en relations internationales, Jean-Baptiste Jeangène Vimer,


Dans Commentaire 2013/1 (Numéro 141), pages 13 à 20

Raymond Aron, un classique de la pensée internationale ? Jean-Vincent Holeindre,


journal Études internationales, Volume 43, Issue 3, Septembre 2012, p. 321–338

Raymond Aron et la théorie des relations internationales, Stanley Hoffman,Dans Politique


étrangère 2006/4 (Hiver), pages 723 à 734

Battistella, D. (2012). Raymond Aron, réaliste néoclassique. Études


internationales, 43(3), 371–388.

Reviving realism: a study of key critiques of Hans J. Morgenthau’s political realism and of his
contemporary legacy, Suttawee Leesavan, School of Social Sciences Faculty of Arts and Social
Sciences The University of New South Wales November 2016

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