Comment se déroule une adjudication ?
Auteur: Rédaction meilleur taux Placement Le 14 février 2022
Les Etats doivent régulièrement emprunter pour financer les déficits et rembourser les
emprunts passés arrivant à échéance. Pour ce faire, ils ont à leur disposition deux solutions.
La première est la syndicalisation bancaire, qui consiste à emprunter auprès d'un groupement
de banques. La deuxième est l'adjudication.
L'adjudication: Définition
L'adjudication est le fait d'émettre des titres sur les marchés financiers. Les adjudications
ont, depuis une trentaine d'années, largement remplacé la syndication bancaire comme
technique privilégiée d'émission pour les titres de dette des Etats. Cette pratique est donc très
courante et les Etats tiennent un calendrier prévisionnel d'adjudication.
Quelques jours avant la date prévue d'une adjudication, l'Etat fait une annonce, confirmant,
décalant ou annulant l'opération. Il va également donner les caractéristiques des titres à
émettre, c'est-à-dire le type de titres, l'échéance et le montant qu'il souhaite lever.
Les acheteurs peuvent alors soumettre plusieurs offres stipulant à chaque fois la quantité et le
prix souhaités. Les lignes d'émission sont alors adjugées aux plus offrants. Plus la demande
est élevée, plus le taux de l'émission pourra être faible. Il existe alors deux procédures
différentes pour fixer les taux et servir les demandeurs.
Adjudication au prix demandé/à la Hollandaise
La première est l'adjudication dite au prix demandé, ou adjudication " à la hollandaise ".
C'est la procédure le plus souvent utilisé en France. Son principe consiste à servir toutes les
soumissions au prix demandé. Les offres aux prix les plus élevés sont servies en premier.
Celles de niveau inférieur le sont ensuite, jusqu'à ce que la quantité de titres à émettre soit
atteinte. Chaque investisseur bénéficiera dans ce cas d'un taux différent. Le taux de
l'adjudication annoncé à l'issue de l'opération sera alors un taux moyen pondéré.
Par exemple, admettons que l'Etat veut lever 2 milliards d'euros, et qu'il y a un investisseur
qui demande un milliard à un rendement de 3%, et un autre un milliards à un rendement de
4%. Avec une adjudication à prix demandé, chaque investisseur aura le rendement qu'il
souhaite, et l'adjudication se fera à un taux moyen de 3.5%
Adjudication au prix marginal
La deuxième adjudication possible est dite à prix marginal. Dans ce cas de figure, l'Etat
fixe un taux, et toutes les demandes à un taux inférieur seront servi au taux fixé.
Dans notre exemple, si c'était une adjudication à prix marginal, le taux de l'adjudication aurait
était de 4%, et les deux investisseurs auraient obtenu le même rendement de 4%
L'opération est un succès lorsque l'Etat arrive à emprunter le montant succès, quel que soit le
taux. Mais pour éviter que le taux soit trop élevé, l'Etat peut aussi décidé d'emprunter moins.
Dans notre exemple, l'Etat peut décider de n'emprunter qu'1 milliard pour obtenir un taux de
3%.
Les taux des adjudications, notamment dans la zone euro, sont en
constante augmentation depuis plusieurs mois, notamment en Espagne et en Italie. Plus le
taux est élevé, plus le cout de la dette augmente, donc le déficit et donc le besoin
d'emprunter à l'échéance suivante. Ainsi plus le taux monte, plus l'Etat doit emprunter. C'est
un cercle vicieux que des pays comme l'Espagne et l'Italie doivent absolument freiner s'ils ne
veulent pas suivre le chemin de la Grèce.
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES MARCHÉS DES
TITRES PUBLICS
Contexte de création du marché des titres publics de la CEMAC
Depuis son lancement en novembre 2011, le marché des titres publics émis par adjudication,
organisée par la BEAC a vu l’entrée respectivement du Cameroun le 23 novembre 2011, de la
Centrafrique le 28 décembre 2011, du Gabon le 8 mai 2013, du Tchad le 22 octobre 2014, de la
Guinée équatoriale le 9 septembre 2015 et du Congo le 22 février 2017. La BEAC depuis
quelques années s’est engagée dans une série de réformes visant à dynamiser le marché
monétaire de la CEMAC. L’une d’entre elles est la suppression progressive des avances aux
Etats membres de la CEMAC. En contrepartie, il s’est imposé la nécessité de promouvoir le
marché des titres publics régional, cadre alternatif aux Etats permettant de mobiliser des
ressources pour la couverture de leurs besoins de financement.
Le marché régional des titres publics repose sur le mécanisme d’émission des titres publics selon
lequel les adjudications des valeurs du Trésor s’effectuent par voie d’appel d’offres, organisées
par la Direction nationale de la BEAC du pays émetteur.
Objectifs visés par la mise en place du marché des titres publics de la CEMAC
Collecter davantage de ressources que dans le système des avances directes de la
Banque Centrale aux Trésors ;
Permettre aux entreprises et aux particuliers de souscrire à des instruments financiers
rentables, peu risqués et liquides par le canal des institutions habilités ;
Permettre aux établissements de crédit de placer à des taux d’intérêt intéressants leurs
liquidités oisives déposées à la BEAC ;
Contribuer à l’approfondissement du volet titres publics du marché financier régional ;
Contenir les pressions inflationnistes que les tirages sur les ressources monétaires sont
susceptibles d’engendrer ;
Donner à la politique monétaire une plus grande marge de flexibilité et constituer un stock
suffisant de titres servant de support à la politique d’open market ;
Elargir la gamme des supports de placement des épargnants et des investisseurs ;
Moderniser le mode de financement des Trésors publics en passant d’un système
statique de gestion de la dette à un système plus dynamique et plus performant, pouvant
permettre de mieux maîtriser les coûts et les risques afférents à l’endettement public ;
Caractéristiques des titres et acteurs du marché des titres publics
Les titres émis sur ce marché sont dématérialisés et assimilables. Il s’agit des Bons du Trésor
Assimilables (BTA) et des Obligations du Trésor Assimilables (OTA) dont les caractéristiques se
déclinent comme suit :
les OTA, émises pour des durées supérieures ou égales à deux ans, pour une valeur
nominale de 10 000 francs CFA et dont les intérêts sont payables annuellement.
les BTA, émis pour des durées de 13, 26 et 52 semaines, dont la valeur nominale est
fixée à 1 million de francs CFA et dont les intérêts sont précomptés ;
NB : ces titres sont directement admis comme collatéral au refinancement de la BEAC.
Acteurs du marché et leur rôle
Les principaux acteurs animant le marché des titres publics sont :
les six Trésors nationaux, comme émetteurs ;
les Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) qui sont les établissements de crédit agréés,
comme teneurs du marché ;
les Directions Nationales de la BEAC, en charge de l’organisation matérielle des
adjudications ;
les investisseurs : personnes physiques et morales résidentes et non résidentes ;
la CRCT, en qualité de Dépositaire Central et en charge de la codification, de la
conservation, de l’administration des titres et du règlement/livraison.
Segmentation du marché
A l’instar des autres marchés, le marché des titres publics émis par adjudication de la CEMAC
comprend deux compartiments :
un marché secondaire où s’échangent les titres après leur émission. Sur ce
compartiment, les SVT sont tenus d’afficher à leurs guichets les cours d’achat et de vente
des valeurs du Trésor, et de vendre ou d’acheter aux prix affichés, à la demande de tout
investisseur potentiel, conformément à la réglementation.
un marché primaire où sont placés les titres publics nouvellement émis. Il est réservé
exclusivement aux Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT). En contrepartie, ces derniers
ont l’obligation de placer tout ou partie des acquis auprès de leur clientèle. Les émissions
de titres s’effectuent par voie d’adjudication, organisée par la BEAC ;
Les émissions se font par voie d’adjudication selon un calendrier bien défini par chaque Trésor
national :
les BTA avec une fréquence hebdomadaire;
les OTA avec une fréquence mensuelle.