Fonctionnement et types de séparateurs
Fonctionnement et types de séparateurs
1.1. INTRODUCTION
1
Ce brut effluent puits ne peut être commercialisé en l’état. Il est nécessaire de lui faire
subir un traitement pour le rendre conforme aux spécifications de vente requise par
le client.
Ce traitement peut comprendre plusieurs procédés à mettre en œuvre pour la mise
aux spécifications du brut.
Le séparateur est l’appareil utilisé pour faire la séparation donc dissocier le pétrole,
les gaz et l’eau contenus dans l’effluent à sa sortie d’un puits de production en
agissant sur leur densité.
2
Pour des raisons commerciales :
o Produits anhydres (les clients ne veulent pas transporter de l’eau)
o Produits non corrosifs (protection du pétrolier, des raffineries et des
clients : sels – H2S)
Pour assurer :
o Le transport en toute sécurité (ça veut dire éviter tous les risques de
monter en pression dans les pétroliers avec les risques d’explosion qui
peuvent en découler)
o La fourniture régulière des hydrocarbures produits (bien traiter
par exemple, les moussages, les émulsions pour éviter l’arrêt de la
chaîne de traitement)
Pour rejeter dans le milieu environnant, sans pollution, les constituants sans
valeur commerciale :
3
Dans ce cours, nous nous intéresserons au procédé qu’est la séparation. Ce procédé
est l’un des plus important et souvent le plus utilisé dans une usine.
Dans les chapitres qui suivent nous apprendrons ce que fait un séparateur, quelles
sont les différentes parties qu’il utilise pour réaliser ce travail, et comment ces internes
travaillent ensemble.
Vous apprendrez aussi quelles substances peuvent être séparées et pourquoi elles
doivent l’être les unes des autres.
4
1.4. LE PRODUIT FINI
1.4.1.1. Densité
Pour l'huile
t = 15° C
t’ = 4° C
on note la densité d 15
4
5
Pour le gaz
Pécoulement = Pfigeage + 3° C
1.4.1.3. Viscosité
La viscosité est une grandeur physique qui mesure la résistance interne à
l'écoulement d'un fluide, résistance due au frottement des molécules qui glissent l'une
contre l'autre. La viscosité dynamique (ou absolue) mu s'exprime souvent en poises
ou centipoises(cPo). Cependant l’unité légale de viscosité dynamique est le Pa.s. Le
sous multiple pratique est le mPa.s qui vaut 1 cPo
La viscosité cinématique est le rapport de la viscosité dynamique à la masse
volumique mesurée à la même température.
6
Elle s'exprimait en stokes (système d'unité C.G.S.) ou en centistokes. Selon le
système internationnal(S.I.), l’unité de viscosité cinématique est le m2.s-1 et son
sous multiple pratique est le mm2.s-1.
= ⁄
µ = cpo = g/cm.s
ρ = kg / m³ ou g/dm3 ou encore g/l
v = csto
Remarque :
Les Allemands utilisent le viscosimètre ENGLER, les Anglais le REDWOOD,
qui sont basés sur le même principe.
La viscosité s'exprime en degrés ENGLER ou secondes REDWOOD.
La tendance actuelle est d'exprimer la viscosité cinématique en centistokes.
La viscosité est un critère important pour apprécier les qualités de pompabilité des
produits et le type d'écoulement dans les canalisations.
7
La RVP d’un pétrole brut est toujours
mesurée à 100 °F (37.8°C)
La spécification en RVP d’un pétrole brut est fonction des conditions climatiques du
site de production (pour le stockage du brut) et de la route suivie par le bateau
transporteur (dans le cas d’un transport maritime) vers le marché consommateur.
En général, la RVP se situe entre 7 et 10 psi.
8
Par les caractéristiques suivantes :
densité,
point d'écoulement,
viscosité,
tendance à l'émulsion avec l'eau.
9
Cette même évolution peut être suivie sur un diagramme P - T représentatif
du fluide gisement (Figure 8).
Quelque soit le type d’huile brute à traiter, les spécifications du produit fini restent
cependant les mêmes. C’est-à-dire :
H2S
Méditerranée 30 - 40 ppm masse
Moyen-Orient 70 - 80 ppm masse
10
Teneur en eau
Départ 0,1 % vol.
Arrivée 0,2 % vol.
Teneur en sel
Départ 40 - 60 mg/l . NaCl
Arrivée < 100
Rappelons aussi qu’en présence d’eau, l’H2S induit des problèmes de corrosion.
L’extraction de l’H2S du pétrole brut peut nécessiter la mise en œuvre d’un procédé
dit « stripping ».
Le brut traité sur champ est en général expédié vers des raffineries.
Oléoduc
Chemin de fer
Transport fluvial
Transport maritime (par Tanker )
11
Oléoduc
Dans le cas d’un transport par oléoduc, la teneur en eau est beaucoup plus
importante pour le transporteur que la teneur en sel. En effet, dans ce cas, l’eau
est payée au prix du brut et surcharge inutilement la conduite de transport ; elle
peut également induire des problèmes de corrosion, aggravé par la présence de
sel.
En conséquence, la teneur en eau d’un brut transporté par oléoduc
ne devra généralement pas excéder 0.1% (vol).
La teneur en sel (chlorure exprimé en NaCl) ne devra pas excéder 60 mg/l.
Avec un étage de dessalage tel qu’on le rencontre dans l’ensemble des raffineries
européennes, le valeur de la salinité brut aval dessalage de 5 mg/l correspond à
une salinité maximum du brut entrée raffinerie de 100 mg/l.
On dira donc que la salinité maximum d’un brut livré à une raffinerie ne devra pas
dépasser 100 à 110 mg/l et 0.2% d’eau.
12
En conséquence, comte tenu da la pollution apporté par le transport maritime (dans la
cas d’un transport par tanker), la salinité du brut sortie site ne devra pas dépasser
60mg/l et une teneur en eau inférieure à 0.1%.
Un meilleur contrôle des procédures de chargement, la généralisation du lavage des
cuves de « tanker » au brut par exemple, devraient permettre de diminuer la pollution
due au transport maritime et donc d’élargir un peu la spécification en sel des bruts
sortie site de production ( jusqu’à 80 mg/l ).
Température °C 127 - - 15 -
Température °C 127 22 - 15 -
Température °C 127 54 40 15 -
13
1.6. EXEMPLE D’UN SEPARATEUR
Il existe cependant différents types de séparateurs selon les fluides qui circulent
dans ces ballons. Nous les détaillerons dans le chapitre qui suit.
14
2. FONCTIONNEMENT DE LA SEPARATION
2.1. INTRODUCTION
Un traitement consiste à séparer les principaux composants de l'effluent brut afin de
permettre la livraison au client de produits conformes à des normes définies.
Le fluide en place dans un gisement est un mélange constitué d'hydrocarbures
liquides et/ou gazeux et d'eau. A l'origine, ce mélange est dans un état d'équilibre
qui dépend de sa composition ainsi que des conditions de pression et de température
existant dans la formation.
L'exploitation détruit cet équilibre. Par le jeu des pertes de charge dans la roche
magasin, dans le trou de sonde et dans les conduites de collecte, l'effluent subit des
décompressions successives jusqu'à son entrée dans le centre de traitement. Ces
décompressions s'accompagnent aussi de baisses de température.
En conséquence, des gaz se libèrent de l'huile, des hydrocarbures et de l'eau se
condensent à partir du gaz.
Le Centre de traitement reçoit donc des bouchons alternés de gaz hydraté, d'eau
libre et d'huile encore chargée de gaz dissous.
Les densités des huiles brutes s'échelonnent entre 0,780 et 1,04 (50° à 6° API) et
les viscosités entre 5 et 75 000 cPo.
L'extraction et les manipulations de l'huile brute provoquent parfois des émulsions
et des mousses. Ces phénomènes particuliers nécessitent la mise en place
d'équipements complémentaires sur le centre de traitement.
Quand on met en production un gisement d'hydrocarbures, liquides ou gazeux, on
recueille non pas un seul produit homogène, mais plusieurs qui se séparent plus ou
moins facilement.
Dans les gisements de gaz on a généralement dans le réservoir un seul fluide
homogène. Arrivé en surface, ce fluide est détendu et refroidi. Ces variations de
pression et de température font apparaître différents constituants :
Avec la phase gazeuse, nous avons donc trois constituants séparés. Comme ces
produits ont des utilisations différentes, un problème important de la production
consiste à les séparer aussi complètement que possible pour les acheminer chacun
vers sa destination propre.
15
Pour les puits à huile, le fluide produit peut être également homogène dans les
conditions de fond, mais la détente de surface libère de l'huile une quantité variable
de gaz.
Suivant l'importance de la quantité de gaz ainsi produite, on peut envisager de
l'utiliser, ou au contraire de le brûler sur torche. Mais de toute façon, l'huile doit être
débarrassée de son gaz.
Dans tous les cas, on voit que le problème consiste à séparer un effluent complexe
en une phase gazeuse et une ou plusieurs phases liquides.
Le rôle d'une unité de séparation est d'éliminer l'eau de gisement, de traiter l'huile
pour qu'à pression atmosphérique il n'y ait pratiquement plus de dégagement gazeux,
de libérer un gaz qui soit le plus sec possible
Raisons techniques
Il est important de disposer d'un fluide huile ou gaz, qui dans les conditions
de température et de pression des installations de stockage et de transport
se maintienne en état monophasique. En effet, si la tension de vapeur de
l'huile après traitement reste trop élevée, des bouchons de gaz apparaissent
aussitôt.
Ces bouchons de gaz perturbent l'équilibre des réservoirs de stockage,
dérèglent les mesures, nuisent au rendement des pompes et créent dans les
réseaux de pipe-lines des pertes de charge parasites, importantes et
imprévisibles.
Les inconvénients sont du même ordre dans les lignes de transport du gaz.
L'apparition des condensats qui survient à la faveur d'une chute de pression
ou de température, fausse les comptages, augmente les pertes de charge, et
peut dans certaines conditions critiques provoquer le bouchage des
conduites par formation d'hydrates.
16
Raisons économiques
Une séparation bien menée peut augmenter dans des proportions non
négligeables, le volume de la récupération liquide par piégeage des
composants légers.
Elle élève en même temps la valeur marchande du brut, car la valeur d'un
brut augmente généralement avec sa densité API, c'est-à-dire, en sens
inverse de son poids spécifique. En plus, l'élimination immédiate de l'eau
économise des frais de transport et d'entretien inutiles.
Raisons de contrôle
17
Indépendamment de la forme, les séparateurs contiennent d’habitude quatre sections
principales en plus des commandes et contrôles nécessaires.
Les emplacements de ces sections, quelque soit le type de séparateur, sont figurés
dans la vue
.
18
2.2.3. La section de coalescence
Selon les exigences (conditions), la section liquide devra avoir un certain volume,
pour le dégazage ou les arrivées de bouchon liquide.
Le dégazage peut exiger un séparateur horizontal avec un niveau liquide peu profond
tandis que la séparation d’émulsion peut exiger un niveau liquide plus important, des
températures supérieures, et/ou le complément d’un surfactant.
19
2.5. INFLUENCE DES PRESSIONS ET TEMPERATURES
D'où une cote mal taillée, ou bien des températures évoluant le long de la chaîne de
traitement.
Cas normal
Cas avec refroidissement en tête de puits
20
Figure 13 : Schéma avec refroidissement en tête de puits d'Ashtart (Tunisie)
Conclusions
Pour une même quantité de fluide gisement (100 kilomoles/jour ou kmol/j), nous
avons :
21
Figure 15 : Schéma avec récupération des condensats du gaz de torche de
Breme (Gabon)
Conclusions
Normal Récupération
condensats
Liquide issu du 1er
12 155 12 155
séparateur (m³/j)
22
3. LES DIFFERENTS PROCEDES DE SEPARATION
Selon le type d’effluent à traiter (gazeux ou liquide), il existe différent types de séparateurs.
Ils sont très utilisés pour les puits à GOR élevé car ils ont une très bonne surface d’échange.
Ces séparateurs sont en général d’un diamètre plus petit que les séparateurs verticaux pour
une même quantité de gaz et présentent une interface plus large entre gaz et liquide. Ils sont
plus faciles à monter sur skid.
La figure suivante représente l »arrangement typique d’un ballon séparateur de champ.
23
Figure 17 : Vue écorchée d’un séparateur horizontal diphasique
La plus grande partie du liquide est séparée. Les liquides les plus lourds tombent au
fond du séparateur. Les vapeurs de gaz et de liquide continuent leur chemin à travers
les sections de tranquillisation.
Ces dernières tombent dans le collecteur de liquide. Les parois brise-jet ralentissent
le débit du gaz et ainsi diminuent les turbulences.
Le gaz suit son parcours horizontalement à travers les extracteurs de brouillard. Ici
tous les liquides restants sont enlevés par ce chemin de mailles. Le gaz quitte le
séparateur par la sortie gaz située en haut du ballon. La collecte de liquide se situant
dans la partie basse du séparateur. Ces liquides étant séparés du gaz par des
plateaux.
24
3.1.2. Séparateur horizontal trois phases
25
Figure 20 : Vue détaillée d’un séparateur horizontal triphasique
26
Figure 22 : Vue éclatée d’un séparateur triphasique
(floating separator écoulement divisé)
27
Figure 23 : Vue écorchée d’un séparateur horizontal à
deux tubes
Le fluide provenant du puits entre dans le tube supérieur à travers le bec d’entrée. Le
flux est dévié pour changer de direction et de vitesse. Le liquide tombe au fond du tube
supérieur. Les vapeurs de gaz et de liquide continuent leur chemin à travers les
sections de tranquillisation. Ces sections provoquent la formation de gouttelettes
d’huile. Ces dernières tombent au fond du ballon supérieur.
Le gaz passe au dessus d’un plateau vertical et à travers l’extracteur de brouillard. Ici
la plupart des gouttelettes de liquide sont enlevées du gaz. Le gaz quitte le tube
supérieur à travers le bec de sortie.
28
Le séparateur, deux tubes, peut aussi être un séparateur trois phases. Le gaz sort
toujours du tube supérieur. L’huile sort au sommet du tube inférieur et l’eau au fond du
tube inférieur.
29
Figure 25 : Vue extérieure d’un séparateur vertical
30
3.2.1. Séparateur vertical deux phases
31
Un autre type de séparateur vertical est
le scrubber gaz. Il est généralement
installé à l’aspiration des compresseurs.
le nom de « scrubber » est un nom
provenant des champ pétrolier.
Cela signifie simplement que les
hydrocarbures gazeux qui entrent dans
le ballon sont “scrubbed” (nettoyés) des
liquides (appelés généralement
condensats) ayant été entraînés avec
Les gaz arrivant dans ce type de
séparateur sont des « wet gas » (gaz
humide).
Ils contiennent encore des liquides. Si ces liquides ne sont pas séparés et entrent dans
le compresseur gaz, ils entraîneront alors beaucoup de dégâts sur le compresseur.
Un scrubber utilise la gravité pour séparer les liquides. Le gaz entrant dans le
séparateur est dévié vers le bas par un déflecteur placé sur la ligne d’entrée du ballon.
Ce changement de direction réduit la vitesse du gaz et permet ainsi aux gouttelettes
de liquide de tomber en bas du séparateur.
Dans le scrubber, la sortie liquide possède
un « anti- vortex ». Ceci étant installé pour
empêcher le gaz de quitter le séparateur
avec les liquides.
Tout liquide entraîné vers le haut du
séparateur sera séparé par un extracteur de
brouillard positionné proche du sommet de
la capacité.
32
3.2.2. Séparateur Tri Phasique
En ce qui concerne le séparateur vertical tri phasique les équipements internes sont à
peu de choses près les mêmes.
33
3.3. SEPARATEUR SPHERIQUE
Peu courant, ils sont réservés aux puits à GOR très élevés (cas des puits à gaz +
condensats).
Ces sépararteurs sont relativement bon marché et compacts, mais avec un temps de
rétention liquide et une section de décantation assez limitée ; la marche en séparation
triphasique est donc très difficile sinon impossible.
Ils ont l’avantage d’être peu encombrants et très faciles à manipuler.
34
3.4. SEPARATEUR A GOUTIERES POUR LE TRAITEMENT DES
MOUSSES
Les séparateurs à gouttières sont utilisés pour le traitement des mousses. Ils peuvent
être verticaux ou horizontaux comme ci-dessous.
Ils utilisent les dixons plates qui sont des plateaux inclinés à 45° avec une grande
surface de contact.
Sans l’utilisation d’anti mousse, les dixons plates sont peu efficaces
35
Figure 32 : Vue détaillé d’un séparateur horizontal à gouttières
36
3.5. AVANTAGES ET INCONVENIENTS DES DIFFERENTS
TYPES
Des modèles théoriques basés sur la loi de Stockes peu fiables, ils supposent que
l’écoulement dans un séparateurs est de type « piston », ce qui est loin d’être le cas.
Des modèles empiriques sont généralement calés sur des tests de laboratoire. Ces
modèles sont plus fiables, mais ne représentent qu’une situation optimale. Il est
souvent difficile de conserver sur site les paramètres de fonctionnement correspondant
au design.
Par exemple, le niveau d’interface est plus souvent conditionné par la qualité de l’eau
décantée, et la capacité de traitement de cette eau que par l’optimisation de la
décantation.
Avantages :
taille, encombrement,
Inconvénients :
37
3.5.2. Bacs ou Citernes de traitement batch.
Ces procédés ne peuvent être utilisés que sur des champs à terre pour des
productions faibles.
Avantages :
simplicité de mise en oeuvre,
utilisation des capacités en traitement/expédition.
Inconvénients :
temps de rétention longs (plusieurs jours),
nécessitent généralement une forte dose d’injection de produits chimiques,
pas ou peu de réaction possible en cas de dysfonctionnement du
traitement,
traitement (teneur en eau en surface, zone d’émulsion) connus à long
terme.
rendent très difficiles le retraitement de fluides hors spécification.
Ce sont les équipements les plus utilisés offshore pour mettre les bruts aux
spécifications commerciales. Ils créent dans le brut des champs électriques
importants, pouvant aller jusqu’à 10000V/cm.
Ces champs sont généralement pulsés, c’est à dire de sens constant mais d’amplitude
variable. Les plus anciens dessaleurs, comportaient deux nappes d’électrodes
horizontales, et induisaient donc deux champs, un primaire entre les électrodes, et un
secondaire entre l’électrode inférieure et l’interface eau/huile (type « low velocity » de
Petrolite).
Les plus récents sont composés de grilles verticales servant d’électrodes, entre
lesquelles le mélange à traiter est introduit. Le champs primaire est conservé, mais il
est perpendiculaire à l’écoulement, et ne gène pas la décantation des gouttes, les
champs secondaires sont nombreux, entre les électrodes et l’interfaces mais
également entre les nappes d’électrodes (type « bielectric » de Petrolite)..
Les gouttes d’eau soumises aux champs électriques, se comportent comme des
dipôles. Elles s’alignent suivant les lignes de champs (floculation). Une fois
rapprochées, les micro claquages électriques entre elles, provoquent rapidement leur
coalescence.
38
Avantages :
Inconvénients :
39
3.5.6. Sommaire des avantages et inconvénients
Comme nous venons de le voir il existe trois types de séparateurs principaux. Dans
le tableau ci-dessous, il est fait une comparaison des performances des différents
types de séparateurs.
Efficacité de la séparation 1 2 3
Stabilisation des fluides séparés
1 2 3
Souplesse (production par bouchons)
Facilité de réglage (niveau)
1 2 3
Capacité à diamètre égal
2 1 3
Prix par unité de capacité
1 2 3
Aptitude à admettre les corps étrangers
Aptitude au traitement des mousses 1 2 3
Facilité de transport
3 1 2
Encombrement vertical
Encombrement horizontal 1 2 3
Facilité d'installation
(1) Le plus favorable (2) Intermédiaire1 (3) 3Le moins favorable
2
Facilité d'inspection et d'entretien
Table 2: Comparaison des performances des différents types de séparateurs
1 3 2
3 1 2
2 3 1
40 1 3 2
5.5.2. Dimensionnement
La base de toute installation de production de gaz ou de brut est bien évidemment le
séparateur de champ, c’est-à-dire, l’appareil dans lequel s’effectuent les séparations
entre les différentes phases liquides et gazeuses.
Cependant, la complexité croissante des installations de champ et notamment celles
en mer, liées au souci de maximiser les récupérations et d’optimiser l’ensemble des
unités de production, font que ces installations comprennent d’autres appareils
statiques de séparation, faisant intervenir eux aussi les séparations liquide-gaz.
Le but de cet exposé sera donc de donner les principes et méthodes générales de
dimensionnement, ainsi que des valeurs typiques pour un certain nombre de services.
Il est à noter cependant que ces méthodes ne peuvent couvrir certains appareils plus
ou moins brevetés (treater-heaters, séparateurs cycloniques,...), dont les méthodes
de dimensionnement appartiennent à leurs constructeurs.
Temps de décantation
C’est le temps nécessaire pour qu’une bulle de gaz traverse la couche liquide
(séparation diphasique) ou que les gouttelettes d’huile ou d’eau traversent les
couches d’eau et d’huile (mélanges triphasiques). Ceci suppose des interfaces bien
marquées, c’est-à-dire, sans moussage et un temps de coalescence nul.
Le dessin ci-dessous, représente schématiquement pour un séparateur, les
différents trajets des gouttelettes dans les cas les plus défavorables à la
décantation, c’est-à-dire :
41
Bulle de gaz au fond,
Gouttelettes d’huile au fond,
Gouttelettes d’eau à l’interface huile/gaz.
Figure 33 : Les différents trajets des gouttelettes dans les cas les plus
défavorables à la décantation
Temps de rétention
Il correspond à la valeur obtenue en prenant le volume mesuré entre le niveau moyen
et le niveau bas, le niveau moyen étant, en général, situé au milieu du ballon.
Il y a lieu en effet d’assurer un volume tampon minimal pour le traitement ultérieur des
phases liquides. Cependant, ces temps ne sont, en général, pas à être rajoutés aux
temps minimaux de décantation.
42
Les valeurs des temps de rétention données pour quelques services types, sont des
valeurs moyennes et doivent être corrigées par l’expérience si possible et notamment
pour les slugs catchers, les séparateurs de tête de puits, les tendances au
moussage...
Dans le ballon horizontal, toute la force gravitaire est appliquée à la gouttelette, tandis
que dans le ballon vertical, la force gravitaire doit être diminuée de l’effet
d’entraînement vertical pour le gaz ; la décantation demande donc une longueur
supplémentaire, d’ailleurs pas toujours disponible.
43
Figure 35 : Comparaison des résultantes selon types de séparateurs
Temps de rétention
Même définition que pour les séparateurs verticaux.
Exemple de quelques temps de rétention (séparateurs verticaux - horizontaux). Les
valeurs données pour quelques services types sont des valeurs moyennes et doivent
être corrigées par l’expérience si possible et notamment pour les slugs catchers, les
séparateurs de tête de puits, les tendances au moussage...
44
Ballon d’aspirations de compresseur (SCRUBBER)
10 min de production maxi de condensat ou 5 min de circulation d’huile
pauvre pour un gaz venant d’un absorbeur.
Ils ont bien sûr les actions floculantes et coalescentes déjà mentionnées mais
également pour certaine d’entre eux une action « mouillante » qui favorise le passage
des solides en suspensions dans une des phases (par exemple dans l’eau pour les
produits de corrosion, dans l’huile pour les paraffines cristallisées).
45
Relation structure/propriété.
On appelle surfactif un produit qui dans sa structure possède une partie hydrophile
(aimant l’eau), et une partie lipophile (aimant l’huile). Un tel produit présent dans un
mélange huile et eau ne peut aller qu’à l’interface.
Les produits commerciaux sont presque toujours des mélanges de surfactifs ayant
chacun, une ou plusieurs des propriétés mentionnées plus haut.
floculant
gouttes floculées
Le coalescent ajouté doit idéalement compenser cet écart, et donc avoir une partie
hydrophile prépondérante. Il résulte qu’un bon coalescent d’eau dans huile est un bon
46
émulsifiant d’huile dans l’eau. Un surdosage de ce type de produit entraîne une
mauvaise qualité de l’eau décantée.
Pour ces trois derniers points, la spécificité du produit va être le meilleur équilibre
entre les caractéristiques floculantes et coalescentes demandées.
le choix d’un produit par des moyens de laboratoire est difficile voire
impossible. La sélection par bottle tests néglige les trois derniers points ci
dessus, la reproductibilité de la granulométrie de l’émulsion est contestable.
47
Un bottle test doit être considéré comme un moyen d’éliminer les produits
dont l’efficacité est incompatible avec la nature chimique du brut et de l’eau
de gisement.
le choix définitif d’un produit doit se faire par test grandeur nature sur site,
dans les conditions réelles du traitement.
Le surdosage existe. S’il se traduit par une détérioration simultanée des
qualités de l’huile et de l’eau, alors il suffit de réduire l’injection. Par
contre si un seul de ces paramètres se dégrade, la qualité du produit est
en cause.
Le point d’injection est un paramètre important. Le changement du point
d’injection peut nécessiter un changement de produit et réciproquement.
5. TROUBLESHOOTING
5.1. LES EMULSIONS
5.1.1. Qu’est ce qu’une émulsion
Une émulsion est un mélange de deux liquides non miscibles dont l’un est dispersé
sous forme de gouttes dans l’autre. Cette dispersion est stabilisée par des agents
émulsifiants placés à l’interface. Le liquide dispersé constitue la phase interne, l’autre
la phase externe.
Sur les champs pétroliers, les émulsions
sont constituées d’huile et d’eau.
Conventionnellement, une émulsion huile dans eau est appelée « directe », une
émulsion d’eau dans huile est appelée « inverse ».
Les agents émulsifiants les plus souvent rencontrés sont les corps polaires contenus
dans les bruts, tels que les asphaltènes ou les résines. Certains solides peuvent
également jouer ce rôle (sable, argiles, paraffines ou produits de corrosion... ).
48
5.1.2. Origines des émulsions
Pour qu’il y ait émulsion, deux conditions doivent être remplies : existence d’une
agitation suffisante pour disperser les deux phases, et présence d’agents émulsifiants
capables de stabiliser la dispersion.
L’agitation est presque toujours présente sur site (liaison couche-trou,
activation, pompes, vannes, duses, accidents de conduites,... .
La nature des stabilisants peut être multiple :
surfactifs naturels tels que résines, asphaltènes, acides
naphténiques, savons, ...
surfactifs « ajoutés » tels que inhibiteurs de corrosion,
bactéricides, produits de nettoyage, résidus d’acidification
de puits ....
particules solides, sables, argiles, produits de corrosion,
paraffines, asphaltènes....
fines bulles de gaz, provenant du gas lift ou d’une détente
naturelle.
avec :
49
L’application de cette loi à une goutte d’eau de 50 micromètres, dans une huile de
viscosité 5 cPo et de masse volumique 850 Kg/m3, donne une vitesse de décantation
de 2 mm/min.
Cette vitesse est très faible et incompatible avec la compacité des équipements. Tous
les procédés de séparation, sont donc étudiés pour augmenter cette vitesse ou limiter
la hauteur de décantation.
Floc. Coales.
Figure 38 : La floculation
50
La floculation améliore la décantation, le floc constitué de plusieurs gouttes possède
une vitesse de Stokes accrût par rapport aux gouttes prises individuellement.
La coalescence améliore la décantation lorsque elle a lieu dans un floc n’ayant pas
encore atteint l’interface (vitesse de Stokes), et complète la séparation en agissant
dans le matelas d’émulsion.
La floculation est favorisée par :
une agitation douce qui augmente la probabilité de rencontre des gouttes,
un champs électrique pulsé,
une augmentation de la concentration des gouttes (probabilité de rencontre),
les produits chimiques spécifiques, à base de surfactifs à haut poids
moléculaire.
La coalescence est favorisée par :
les produits chimiques spécifiques, à base de surfactifs à faible poids
moléculaire,
les champs électriques pulsés créant une agitation dans les flocs.
5.2. LE MOUSSAGE
5.2.1. Qu’est ce qu’est le moussage ?
Avec certaines huiles, quand on abaisse la pression, les bulles de gaz qui sortent de
la solution ne peuvent se libérer.
t = 15 min
Figure 39 : Le moussage
51
La viscosité et la tension superficielle de l'huile les en empêchant : le liquide mousse.
Un liquide pur ne mousse pas.
La présence d'un agent tensio-actif est nécessaire.
Les mousses sont instables et ont tendance à se recondenser plus ou moins
vite en une phase liquide.
Une forte adsorption d'un surfactif (ou tensio-actif) par les parois des
bulles, s'oppose à cette condensation.
Des expériences récentes ont confirmé que la mousse ne se présente pas
comme une phase homogène à l'interface huile-gaz du séparateur, mais
que l'on passe progressivement de la phase (liquide à 100 %), à la phase
vapeur
Conséquences :
Le temps de résorption de la mousse réduit dans de très fortes proportions, la
capacité des séparateurs. Le temps de rétention nécessaire est parfois
décuplé.
Le moussage interdit toute mesure précise du liquide et du gaz.
Il peut provoquer des dégâts en aval du séparateur :
sur la ligne gaz par engorgement des scrubbers et torches,
sur la ligne huile par entraînement de gaz d'où cavitation
possible de pompes.
5.2.2.1. La tranquillisation
Le gaz se dégage de l'huile, si on lui laisse un temps de repos suffisant. Cette méthode
qui conduit à surdimensionner les séparateurs, ou à les multiplier peut être appliquée
si le moussage n'est pas très stable.
Ce sont des tôles inclinées à 45° qui, en présentant une grande surface de contact à
la mousse, améliorent l’efficacité du produit antimousse injecté en amont et
permettent l’écoulement de la composante liquide créée vers le bas du séparateur.
Sans antimousse, les DIXON PLATES sont peu efficaces.
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5.2.2.4. Le lavage en bain chaud
L’huile est diffuse dans un bain d’eau chaude salée. Ce précédé est ancien, mais
efficace.
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