ÉCOLE MILITAIRE
POLYTECHNIQUE
F O R M AT I O N I N G É N I E U R /
M A S T E R E N I N F O R M AT I O N
G É O S PAT I A L E E T
T E C H N I Q U E S S PAT I A L E S
I N S T I T I T N A T I O N A L D E
C A R T O G R A P H I E E T
T É L É D É T E C T I O N
Cours de
Topographie
SEMETRE 1- S1
Cours préparé par:
ABDEDOU Mohamed
Lt colonel ALKADROUSSI Kamel
MEBARKI Radhia
Cpe BOUCHIBA Mohamed
Lt BOUCHACHI Ibrahim
KHALDI Mohamed
TOPOGRAPHIE I
CONTENU
Chapitre 1 : Généralités sur les sciences géodésiques :
Définitions (Géodésie, Topographie),
Réseau géodésique (réseaux planimétriques, réseaux de nivellement et réseau tridimensionnels géo-
centriques),
Les surfaces (surface topographique, l’ellipsoïde et le géoïde),
Différents types de coordonnées,
Terminologie technique.
Chapitre 2 : Levé topographique :
Définitions,
Notions d’échelle (Classification des levés et des cartes par leur échelle),
Erreurs graphiques et signes conventionnels.
Chapitre 3 : Angles topographiques :
Les différents Nord,
Les angles topographiques (Azimut géographique, azimut magnétique et gisement),
Unités de mesure topographiques.
Chapitre 4 : Précision des observations topographiques :
Erreurs parasites ou fautes,
Erreurs systématiques,
Erreurs accidentelles des mesures directes (estimation de la moyenne et tolérances),
Erreurs accidentelles des mesures indirectes (composition des écarts‑types).
Chapitre 5 : Observations topographiques :
Les instruments de mesures :
Le théodolite Optico-Mécanique : principe de fonctionnement,
Tachéométrie,
Niveau,
RTK (Real Time Kinematic).
Les angles horizontaux :
Mesurage d’un angle horizontal : mise en station, Séquence, paires de séquence et tour d’ho-
rizon,
Réduction des mesures angulaires,
Orientation dans le système de projection : G0 et G0 moyen de la station et détermination de
points nouveaux.
Les angles verticaux :
Lexique,
Observations,
Correction d’index.
Les Mesures linéaires :
Mesures directes à l'aide de chaines,
Mesure indirecte des distances,
Mesurage électronique,
Chapitre 6 : Techniques classiques de positionnement et calculs topométriques :
Rayonnement : G0 et G0 moyen de la station et détermination de points nouveaux,
Intersection :
Définition et Procédé,
Détermination d'un point approché à partir de deux visées.
Relèvement :
Définition et Procédé,
Coordonnées du point M par les formules de Delambre.
Multilatération :
Définition,
Coordonnées approchées par bilatération.
Opérations annexes :
Station excentrée,
Rabattement au sol d’un point connu.
Cheminements planimétriques :
Introduction (objectif et terminologie),
Mesures sur le terrain,
Transmission des gisements,
Fermeture angulaire d’un cheminement et tolérance,
Compensation angulaire,
Coordonnées rectangulaires des sommets,
Fermeture planimétrique et tolérance,
Compensation planimétrique.
TRAVAUX PRATIQUES
TP n°1 : Mesurage des angles horizontaux : Mises en station, Séquence, Paires de séquences, Tour d’hori-
zon et réduction ;
TP n° 2 : Rayonnement, détermination du G0 /G0moyen de la station et détermination des coordonnées
des points nouveaux ;
TP n °3 : Intersection, observations sur le terrain et calculs ;
TP n °4 : Relèvement, observations sur le terrain et calculs ;
TP n° 5 : Multilatération, observations sur le terrain et calculs,
TP n° 6 : Excentrement et rabattement,
TPn° 7 : Cheminement planimétrique encadré (observations angulaires et de distances, calculs, compen-
sations angulaires et planimétriques).
CHAPITRE I
Généralités sur les sciences géodésiques
I.1. Généralités
I.1.1. Géodésie: Elle signifie "le partage de la Terre". c’est la science qui étudie la forme de la
terre. Par extension, elle regroupe l’ensemble des techniques ayant pour but de déterminer les
positions planimétriques et altimétriques d’un certain nombre de points géodésiques et repères
de nivellement. Elle englobe plusieurs disciplines tels que:
la géodésie classique qui utilise les instruments optiques pour déterminer les coordon-
nées d’un point,
La géodésie spatiale, qui utilise les signaux émis par les satellites pour se positionner
La géodésie dynamique qui a pour but la détermination de la forme de la Terre.
C’est une science géographique qui a deux buts principaux:
- Un but scientifique: contribuer à
la définition précise de la forme et des
dimensions de la Terre ainsi que du
champ de pesanteur terrestre.
- Un but pratique: détermination
avec le plus de précision possible les
coordonnées d’un certain nombre de
points géodésiques, servant de char-
pente et d’ossature aux levés topogra-
phiques.
La géodésie donne une représentation plane de la surface courbe de la Terre en utilisant des
systèmes mathématiques qui transforment précisément un point de repère de la surface de la
terre en un point géodésique unique du plan.
I.1.4 Topométrie : du grec topos signifiant le lieu et métrie signifiant l’opération de mesurer. C’est
donc l’ensemble des techniques permettant d’obtenir les éléments métriques (en planimétrie et
en altimétrie) indispensables à la réalisation d'un plan à grande ou très grande échelle (E ≤ 1/
5000 ). Les points géodésiques forment des polygones suffisamment petits pour que l’on puisse,
en topométrie, négliger la courbure de la Terre.
I.1.5 Topographie : association de topos et de graphie qui, en grec, signifie décrire. C’est donc
la science qui donne les moyens de représentation graphique ou numérique d’une sur-
face terrestre. C’est une science qui s’appuyant sur les points géodésiques comme sur
les repères de nivellement, permet l’établissement et l’exploitation des plans planimé-
triques et altimétriques aux échelles moyenne (1/ 1000< E ≤ 1/ 50 000). La différence
entre ces deux techniques réside dans le fait qu’en topographie le terrain est représenté
in situ alors qu’en topométrie les calculs et reports sont des phases ultérieures au travail
sur le site.
I.2 Définitions
I.2.1 Planimétrie : C’est la représentation sur un plan horizontale des détails naturels et artificiels
de la Terre : bois, rivières, constructions, routes etc.
I.2.2 Cartographie : c’est l’ensemble des études et opérations scientifiques, artistiques et tech-
niques intervenant à partir d’observations directes ou de l’exploitation d’un document en
vue d’élaborer des cartes, plans et autres moyens d’expression.
I.2.3 Altimétrie : permet la détermination des altitudes des points par des opérations de nivelle-
ment.
La hauteur ellipsoïdale est la
distance qui sépare un point
de la surface de l'ellipsoïde
(ce qui équivaut à la distance
entre ce point et son projeté
Altitude orthométrique est la
distance séparant un point de
la surface de référence
Il existe un lien entre H or-
tho et la h ellipsoïdale :
H≈h-N
N est l’ondulation du
I.3 Les surfaces (surface topographique, l’ellipsoïde et le
géoïde),
I.3.1 Géoïde
En apparence
En apparence la
la Terre
Terre aa la
la forme
forme d’une
d’une sphère.
sphère. En fait, elle est légèrement déformée par la
force centrifuge
force centrifuge induite par sa
induite par sa rotation
rotation autour
autour de
de l’axe
l’axe des
des pôles
pôles :: la
la Terre
Terre n’est
n’est pas
pas un
un corps
corps
rigide. Cette
rigide. Cette déformation
déformation est
est relativement
relativement faible : « tassement » de
de 11
11 km
km au
au niveau
niveau des
des pôles
pôles
de l’équa-
par rapport à un rayon moyen de 6 367 km et « renflement » de 11 km au niveau de
teur. Elle a donc l’aspect d’un ellipsoïde de révolution dont le petit axe est l’axe de rotation
(l’axe des pôles).
La Terre est une surface en équilibre. La surface du niveau moyen des mers et océans au re-
n’a pourtant
pos n’a pourtant pas
pas une
une forme
forme régulière
régulière et
et ne
ne coïncide
coïncide ainsi pas avec un ellipsoïde
ellipsoïde de
de révolu-
révolu-
tion : elle n’est pas régulière mais ondulée, présente des creux et des bosses. Par exemple, la
volcan et se creuse au-dessus des grandes
surface de la mer se bombe au-dessus d’un volcan
fosses océaniques parce que les reliefs créent des excès ou des déficits de matière produi-
surface d’un
sant ainsi des variations locales du champ de pesanteur. Or la surface d’un fluide
fluide en équilibre
est en
est en tout
tout point
point normale
normale aux
aux forces
forces de
de pesanteur
pesanteur :: on
on dit
dit qu’elle
qu’elle est
est équipotentielle
équipotentielle du
du champ
champ
de pesanteur. La Terre, non rigide, peut être considérée comme un fluide ; la direction des
en raison
forces de pesanteur varie d’un endroit à un autre en raison de
de la
la répartition
répartition hétérogène
hétérogène de
de la
la
matière composant la Terre ; sa surface n’est donc pas régulière.
Le géoïde est la surface de référence pour le calcul des altitudes des points à la surface de
la Terre.
I.3.2 Ellipsoïde de révolu on
La surface la plus proche du géoïde est un ellipsoïde
La surface la plus proche du géoïde est un ellipsoïde de
de révolu
révolu on, c’est‐à‐dire un volume engendré
on, c’est‐à‐dire un volume engendré
par la rota on d’une ellipse autour d’un de ses deux axes. La terre tournant autour de l’axe des
par la rota on d’une ellipse autour d’un de ses deux axes. La terre tournant autour de l’axe des
pôles (de demi‐longueur b, ce
pôles (de demi‐longueur b, ce e rota
e rota on engendre un cercle équatorial de rayon a.
on engendre un cercle équatorial de rayon a.
Les dimensions de l’ellipsoïde sont déterminées en comparant la distance par mesures géodésiques et
Les dimensions de l’ellipsoïde sont déterminées en comparant la distance par mesures géodésiques et
la différence de la
la différence de la tude par mesures astronomiques entre deux points d’un même méridien.
tude par mesures astronomiques entre deux points d’un même méridien.
Ellipsoïde local et global Référence Ellipsoïde a (Mètres) f
Selon l’importance de la
zone d’étude et selon son Airy 1830 6,377,563 1/299.3
étendue on peut opter en Everest 1830 6,377,304 1/300.8
géodésie pour le choix d’un Bessel 1841 6,377,397 1/299.2
ellipsoïde global ou local. Clarke 1866 6,378,206 1/295.0
Clarke 1880 6,378,249 1/293.5
Il n’existe pas un ellipsoïde
Helmert 1906 6,378,200 1/298.3
global unique mais plusieurs
ellipsoïdes locaux définis Hayford 1910 6,378,388 1/297.0
pour chaque pays, chacun Hayford 1924 6,376,388 1/297.0
adoptant un ellipsoïde le Krasovskii 1938 6,378,254 1/298.3
plus proche possible du Hough 1956 6,378,270 1/297.0
géoïde local. Ceci explique Fischer 1960 6,378,166 1/298.3
que les ellipsoïdes diffèrent
Koula 1961 6,378,165 1/298.3
d’un pays à l’autre. Pour la
cartographie en Algérie, on Interna onal 1967 6,378,160 1/298.247
utilise l’ellipsoïde défini en Fischer 1968 6,378,150 1/298.3
1880 par Clarke le « WGS‐72 1972 6,378,135 1/298.26
Clarke1880 ». WGS‐84* 1984 6,378,137 1/298.257
I.4. Systèmes de coordonnées
Les principaux types de coordonnées
Trois types de coordonnées sont définis dans un système géodésique :
- les coordonnées cartésiennes géocentriques ;
- les coordonnées géographiques sur une surface de référence ;
- les coordonnées en représentation plane ou projection.
Suivant les techniques utilisées, les coordonnées obtenues seront différentes.
I.4.1 Coordonnées cartésiennes géocentriques X, Y, Z
La géodésie tridimensionnelle résout les problèmes de la représentation de la Terre, sans inter-
vention d’hypothèse concernant sa forme, en utilisant un système à trois dimensions défini
par un trièdre trirectangle, à coordonnées cartésiennes appelées géocentriques. Dans un sys-
tème de référence géodésique, un point de la croûte terrestre est considéré fixe bien qu’il soit
soumis à de faibles mouvements, dus aux marées terrestres, d’une amplitude inférieure à 30 cm
et aux mouvements tectoniques, provoquant des dépla-
cements inférieurs à 10 cm par an.
Les coordonnées géocentrique sont utilisées en géodésie
spatiale, on peut les obtenir par observation directe ou
par des calculs lors de changements de systèmes géodé-
siques.
Comment exprimer ces coordonnées à la surface de la
Terre?
cherchons les coordonnées d’un point M:
M a les coordonnées cartésiennes géocentriques suivantes (X,Y,Z) qui sont prises dans un
repère orthonormé direct dont:
l'origine est proche du centre des masses de la Terre (environ 10m pour un sys-
tème spatial et 500m pour un système classique;
l’axe (Oz, k) proche de l’axe de rotation de la Terre( axe du monde) ;
(xOy) proche au plan de l'équateur.
I.4.2 Coordonnées géographiques
La surface topographique, limite entre la terre solide et l’atmosphère ou les océans, est, à une
dizaine de kilomètres près, proche d’un volume mathématique connu par l’ellipsoïde de révolu-
tion qui est le volume engendré par une ellipse tournant autour de son petit axe.
Un méridien est l’intersection de la surface de l’ellipsoïde avec un plan contenant l’axe
des pôles: c’est donc une ellipse.
Un parallèle est l’intersection de la surface de l’ellipsoïde avec un plan perpendiculaire
à l’axe des pôles: c’est donc un cercle.
L’axe de rotation de la terre est l’axe des pôles PP′. Le cercle perpendiculaire à l’axe des
pôles est l’équateur. La demi-ellipse méridienne passant par les pôles et par un point A est
la méridienne de A.
Un point sur l’ellipsoïde est repéré par sa longitude et sa latitude (rapportées à la normale
(na) à l’ellipsoïde en A).
Elles sont définies ci-après:
Longitude: la longitude λi d’un lieu A est l’angle dièdre formé par le méridien du lieu avec le mé-
ridien origine. Elle est comprise entre 0° et 180° Est ou Ouest. Le méridien origine interna-
tional est celui de Greenwich (observatoire de la banlieue de Londres).
Latitude: la latitude de A est l’angle φ que fait la verticale (na) de A avec le plan de l’équateur.
Elle est comprise entre 0 à 90° Nord ou Sud. Les cercles perpendiculaires à la ligne des
pôles PP′ sont appelés parallèles: ils sont parallèles au plan de l’équateur.
Hauteur ellipsoïdale (h): à un point A′ situé sur la surface de la terre et sur la même verticale
que A, on associera une troisième coordonnée correspondant à la hauteur au- dessus de
l’ellipsoïde, notée h, mesurée suivant la normale (na).
Exercice
1.4.3 Coordonnées planes E, N
Pour pallier l’inconvénient de coordonnées en unités d’angle, on utilise les coordonnées planes
ou rectangulaires en mètres. Elles sont obtenues par un système de projection, établissant une
correspondance entre un point de l’ellipsoïde et ses coordonnées géographiques avec les coor-
données planes rectangulaires E, N de ce même point dans le repère orthonormé de la projec-
tion. Les principaux systèmes sont coniques ou cylindriques : l’ellipsoïde est projeté sur un cône
ou un cylindre tangent à l’ellipsoïde le long d’un méridien ou d’un parallèle.
Ils existent d’autres types de coordonnées tels que les coordonnées géodésiques qui seront
détaillées dans le cours de géodésie ainsi que la méthode de passage d’un système à un
autre (transformation de coordonnées)
I.5 Terminologie technique
Discussion avec les étudiants sur les nouveaux mots introduit en chapitre I