Comprendre la syntaxe et ses catégories
Comprendre la syntaxe et ses catégories
Syntaxe
Cours 5-6
Syntaxe (syntaxe définition)
La syntaxe étudie les règles par lesquelles les unités linguistiques se combinent en phrases
Syntaxe (langage formel): Système formel comprenant un ensemble de catégories lexicales et non
lexicales, ainsi que des règles de bonne formation syntaxique.
Rapport entre le langage et la pensée. Division des opérations mentales responsables du jugement ou
de la proposition. Le premier ensemble est formé d’éléments qui signifient une idée et, par son
intermédiaire, une chose, alors que le second ensemble est formé d’éléments qui signifient une
opération de l’esprit.
Les catégories lexicales constituent une classe ouverte alors que non lexicale définissent une classe
fermée. Les catégories syntagmatiques sont organisées autour d’une tête lexicale, précédée d’une
spécifieur et optionnellement suivie d’un complément.
(PPT)
AJOUTS ET MODIFICATEURS -> Les ajouts ou modificateurs sont des constituants non sélectionnés ni
sous-catégorisés par une tête lexicale, situés à droite ou à gauche d’un syntagme, souvent itérables.
Critères ne sont pas homogènes même s’ils sont souvent utilisés de façon cumulative. Solution : système
à base de trait catégoriel : le trait nominal [+N] et le trait verbal [+V]. Quatre principales catégories :
Fonctions grammaticales
Les fonctions grammaticales (comme sujet de, objet de) désignent les relations que les groupes de mots
(syntagmes nominaux, syntagmes prépositionnels par exemple) entretiennent avec le verbe. La fonction
de sujet se définit par sa position généralement antéposée au verbe et par relation d’accord qu’il a au
verbe.
Jean est le sujet grammatical du verbe, mais il n’a pas le même rôle ou la même fonction sémantique :
Jean est respectivement agent, patient, bénéficiaire, expérienceur. À une fonction grammaticale
correspond donc plusieurs fonctions sémantiques.
Un rôle sémantique identique peut être traité de manière différente dans la grammaire. Le rôle
sémantique est identique dans l’exemple ci-dessous quelle que soit sa fonction grammaticale (sujet ou
objet).
1. Exemple
a. La branche a cassé.
b. Jean a cassé la branche.
1. Le test de réduction de coordination qui vise à supprimer la partie commune d’un énoncé
coordonné
a. Jean a cassé la vitre.
b. Le pavé a cassé la vitre.
c. Jean et Paul ont cassé la vitre.
d. Le pavé et la grenade ont cassé la vitre.
e. # Jean et le pavé ont cassé la vitre.
f. On voit ainsi que Jean et le pavé n’ont pas la même fonction sémantique (Agent vs.
Patient).
2. Le test de l’interrogation qui vise à interroger la relation entre le verbe et son complément
a. Paul lit un livre.
b. Paul écrit un livre.
c. Qu’est-ce que Paul fait de ce livre? Il le lit/# Il l’écrit.
d. Le livre n’a pas la même fonction sémantique.
Phrase
Proposition
Syntagme Constituants
Mot
Morphème
Chacune de ces unités est une unité de rang, à savoir une unité hiérarchique. La plus grande unité
grammaticale est la phrase (unité de rang supérieur) et le plus petite est le morphème (unité de rang
inférieur).
1. Exemple :
a. Phrase : Je partirai et je prendrai le bus
b. Propositions : Je partirai, je prendrai le bus
c. Syntagmes :
i. Nominaux : je, le, bus
ii. Verbaux : partirai, prendrai le bus
iii. Mots : je, partirai, et, je, prendrai, le, bus
Le critère qui détermine les constituants immédiats est le principe de distribution : (utilisant l’exemple
« L’enfant déballe son cadeau ») l’enfant appartient à une classe distributionnelle, qui définit l’ensemble
des expressions qui peuvent occuper la même position syntaxique (préverbale) et la même fonction
grammaticale (sujet). « L’enfant déballe » n’est pas un constituant immédiat, car il n’y a aucune classe
distributionnelle qui puisse le définir.
Quels sont les constituants immédiats de ces deux syntagmes? Pour « l’enfant », la réponse est simple :
« l’ » et « enfant ». Pour le syntagme verbal, les constituants immédiats en sont le verbe « déballe » et le
syntagme nominal « son cadeau ». Enfin, les constituants immédiats de « son cadeau » sont « son » et
« cadeau ».
À retenir
Les catégories grammaticales déterminent la nature grammaticale des unités de la grammaire et
interviennent dans les règles grammaticales.
Les fonctions grammaticales déterminent les relations syntaxiques (comme l’accord) que les
groupes de mots entretiennent entre eux dans la phrase.
Les fonctions sémantiques déterminent les rôles sémantiques que les arguments entretiennent
par rapport au prédicat.
Les unités de la grammaire sont des unités hiérarchiques, i.e. des unités de rang.
L’analyse structurale de la phrase est une analyse en constituants immédiats, basée sur le
principe de distribution.
La grammaire distributionnelle
Les grammaires sont des grammaires distributionnelles. La distribution d’une unité est la somme de ses
environnements, à savoir l’ensemble des positions dans lesquelles elle peut prendre place. Le linguiste
établit ainsi des classes distributionnelles (ou paradigmes), qui contiennent l’ensemble des éléments
pouvant apparaître dans cette position. La grammaire est donc une grammaire de listes.
Le modèle d’analyse linguistique est un modèle taxinomique. Il s’agit, à partir d’une procédure de
découverte (analyse de constituants immédiats), de classer l’ensemble des constructions d’une langue
donnée. La conception taxinomique de la grammaire donne un rôle fondamental au corpus. L’approche
est donc inductive : on part des faits pour induire des généralisations. Par conséquent, la conception de
la grammaire est celle d’une procédure de découverte : à partir de données, la théorie produit la
grammaire.
La critique du structuralisme par Chomsky
Première critique
Le corpus ne contient qu’un sous-ensemble des phrases grammaticales d’une langue, de même qu’il
contient également un sous-ensemble de phrases agrammaticales.
Deuxième critique
Une théorie ne peut pas être une procédure de découverte. Au mieux, elle est une procédure de
décision : elle permet de dire si une grammaire est ou non une grammaire à partir des données
fournies. Au pire, elle n’est qu’une procédure d’évaluation : elle dit quelle est la meilleure grammaire
parmi un ensemble de grammaires possibles.
Envisager la construction de théories générales (ce qu’il appelle des modèles hypothétiques), qui
doivent :
On ne pourra jamais dire d’une théorie qu’elle est vraie, mais on pourra essayer de montrer qu’elle est
fausse. Attributs de la théorie : valeur explicative, cohérence interne, compatibilité avec d’autres
théories, économie, simplicité et enfin élégance.
Chomsky propose la construction de modèles explicites et précis. Ces modèles sont les grammaires
génératives.
Compétence et performance
Compétence
1. La compétence mise en œuvre dans des actes de parole par les sujets parlants
2. La compétence renvoie au système de règles sous-jacent à l’utilisation et à la compréhension du
langage
3. La compétence définit un système internalisé de règles (grammaire) associant des sons à des
sens, ou des séquences de signaux acoustiques à des interprétations sémantiques.
4. La compétence est un héritage biologique, quelque chose d’inné par opposition à quelque chose
d’acquis
5. La description de la compétence doit indiquer non pas simplement le système de règles propres
à chaque langue, mais les universaux du langage (les propriétés universelles communes à toutes
les langues).
Performance
1. Utilisation de la compétence
Définition d’une grammaire générative : Une grammaire générative est une grammaire explicite,
capable d’énumérer toutes et rien que les phrases grammaticales d’une langue.
On notera qu’une grammaire générative n’est pas synonyme de grammaire de production : générer
signifie engendrer, à savoir énumérer explicitement au moyen de règles.
• ENDOCENTRICITÉ ET EXOCENTRICITÉ
DÉF: Une construction est endocentrique si sa fonction ou distribution est identique à celle de
l’un au moins de ses constituants, Mounin (1974).
DÉF: Une construction est exocentrique si sa fonction ou distribution diffèrent de celles de chacun
de ses constituants, Martinet (1960).
DÉF2 : Une construction est endocentrique si sa fonction ou distribution est déterminée par un de
ses constituants.
(4) Le pauvre enfant avec des lunettes qui mangeait un morceau de pain est sorti de la maison.
frapper (x, y)
Dans la structure (16b), le syntagme avec le parapluie se trouve enchâssé à l’intérieur du syntagme la
fille … Dans la structure (16c), le syntagme avec le parapluie se trouve enchâssé directement à
l’intérieur du syntagme frappé …
Le niveau hiérarchique du syntagme avec le parapluie est différent dans les deux cas (16b) et (16c).
Récursivité:
Propriété de certaines catégories d’être composées par des éléments de la même catégorie.
Propriété des langages formels de permettre l’introduction du symbole initial dans la réécriture
d’une catégorie.
2) SP -> P, SN.
Les figures fractales: constructions récursives (qui se définissent à partir d’elles-mêmes) (exemple : Le
triangle de Sierpinski)
Hauser, Chomsky, et Fitch (2002) considèrent que la capacité de créer des structures récursives est
propre au langage humain.
Phrases ambiguës
Phrases dont la structure est le produit de deux (au moins) structures profondes. Manière pour
désambiguÏser consiste à lui ajouter un syntagme prépositionnel :
La notion d’ambiguïté est évidente pour les lexèmes (les signifiés des mots):
B. Instrument d'optique binoculaire, portatif, qui permet de voir de loin et de rapprocher des
Les phrases peuvent être ambiguës parce qu’elles contiennent des lexèmes ambigus :
(2) Martin a laissé les jumelles à la maison.
10 Ambiguïté syntaxique
Les phrases ou autres syntagmes peuvent aussi être ambiguës à cause de la façon dont on combine les
mots dans la phrase :
Syntagme nominal:
(4) Des marchands de vins italiens.
La source de l’ambigüité des unités syntaxiques (3) et (4) n’est pas lexicale, mais syntaxique.
11 Ambigüité syntaxique
a. « Des personnes italiennes dont la profession est d’acheter et revendre des vins ».
b. « Des personnes dont la profession est d’acheter et revendre des vins italiens »
Le rôle des sous-catégorisations apparaît dans les relations de sélection. Par exemple, les sous-
catégories de verbes données ci-dessous imposent des relations de sélection ou restrictions
sélectionnelles, d’une part sur le sujet (a), d’une part sur l’objet (b).
1. Exemple
a. {admirer, redouter, …} sujet [+ animé]
b. {effrayer, intriguer, étonner, …} objet [+ animé]
(PPT)
Les têtes imposent des restrictions de nature sémantique et/ou syntaxique sur certains constituants avec
lesquels elles se combinent.
À retenir
La méthode scientifique de la grammaire générative est hypothético-déductive et s’oppose à la
méthode inductive de la grammaire structurale
Le but de la grammaire générative est de décrire la compétence des sujets parlants et
d’approcher la description de la faculté de langage propre à l’espèce humaine
La syntaxe est définie comme prioritaire et autonome par rapport à la sémantique
Une grammaire est générative si elle est capable, à partir d’un ensemble explicite de règles, de
générer l’ensemble des phrases grammaticales d’une langue donnée et de leur assigner une
description structurale
1. Les paramètres que définit la théorie grammaticale caractérisent la manière dont les langues
satisfont ces principes et permettent de comparer les différences et les analogies entre langues
typologiquement proches ou éloignées.
2. La définition de la grammaire comme un ensemble de modules autonomes. Ainsi, les règles de
réécriture, définissant la base dans la TS et la TSE, constituent le module X-barre.
3. La limitation à quatre niveaux de représentation linguistique : les structures-D (anciennement
structures profondes), les Structures-S (résultat de l’application d’une unique opération –
anciennement transformations – de déplacement), la forme phonétique et la forme logique,
sorties des structures-S, dont le but est de servir d’entrées aux interprétations phonétiques et
sémantiques des phrases traitées par le système.
Programme minimaliste
Tentative d’économie et d’optimisation formelle et cognitive de la théorie.
La théorie X-barre
Type d’analyse classique de la structure de la phrase : l’analyse en constituants immédiats. Basé sur
l’idée que les unités complexes de la grammaire (syntagme, propositions, phrases) sont composées
d’unités plus simples, le dernier niveau correspondant aux unités lexicales (lexèmes).
L’analyse en constituants immédiats a été à la base des règles syntagmatiques ou règles de réécriture,
qui ont constitué la TS. La théorie X-barre constitue une tentative pour remédier aux faiblesses des
modèles classiques et permet au contraire de faire des hypothèses générales qui aliments les principes
de GU.
(o avec une barre dans le milieu) est le spécifieur de X, (trident) son complément), X’ la projection
intermédiaire de X et X° la projection minimale, à savoir la tête lexicale. (o avec une barre dans le milieu)
et (trident) sont elles-mêmes des projections maximales, qui peuvent être nulles.
XP
X° (trident)
La tradition grammaticale a défini la phrase comme s’organisent autour d’un noyau, représenté par le
verbe. Il ne serait pas aberrant de définir la phrase comme un constituant endocentrique, à savoir
comme la projection maximale d’une tête. Mais la tête de cette projection maximale ne peut pas être
lexicale, comme c’est le cas pour le verbe : elle est au contraire fonctionnelle. C’est l’hypothèse des
projections fonctionnelles.
1. IP = NP + I’
2. I’ = I + VP
Par exemple :
Max va venir.
IP
NP I’
I VP
Max va venir
L’hypothèse est que le verbe se déplace en position I, pour recevoir les marques morphologiques de
l’accord :
IP
NP I’
I VP
V NP
Deux questions doivent être abordées brièvement ici, qui nous permettront d’expliciter la différence
entre argument externe et argument interne du verbe.
1. Pour que le verbe puisse être en relation avec son argument interne, il faut qu’il puisse lui
attribuer une fonction thématique, ce que la théorie des principes et des paramètres appelle un
rôle-0. (rôle-0 : Chaque argument reçoit l’assignation d’un et d’un seul rôle-0. / Chaque rôle-0
est assigné à un et à un seul argument).
2. Pour distinguer les différentes formes des pronoms, notamment la distinction entre il et le, il
faut assigner à l’argument du verbe un cas (par exemple nominatif pour il et accusatif pour le).
L’assignation d’un cas est liée au filtre du cas, qui spécifie que tout argument doit recevoir un
cas. Pour éviter de générer des phrases comme en a, en contraste avec b, il faut que le cas
nominatif soit assigné par I (il s’agit d’un accord spécifieur-tête) :
a. * La chanta le récitatif
b. Elle chanta le récitatif
CP
XP C’
C IP
En revanche, CP ne peut être occupé que par un seul morphème fonctionnel (complémenteur). (p.96)
La phrase est une projection maximale de la catégorie fonctionnelle Inflexion, qui est interprétée
syntaxiquement comme le complément de C, dont la projection, CP, est le niveau de représentation
supérieur de la phrase.
1. Exemple 1
a. À + le garçon -> au garçon
b. De + le garçon -> du garçon
2. Exemple 2
a. À + la fille -> à la fille
b. De + la fille -> de la fille
L’incorporation à + le, comme de + le, concerne des têtes fonctionnelles (et non lexicales),
respectivement P et D.
DP PP
D NP P DP
D NP
Le garçon à le garçon
À retenir
Le modèle contemporain de la syntaxe générative, la théorie des principes et des paramètres,
est basé sur l’hypothèse de la grammaire universelle (GU), définie par des principes partagés par
toutes les langues, et de paramètres définissant les propriétés morpho-syntaxiques des langues
particulières.
La phrase est définie comme une projection fonctionnelle maximale de l’inflexion (accord),
dominée par une autre projection fonctionnelle, dont la tête est le complémenteur.
Toutes les catégories, lexicales et fonctionnelles, ont la même structure : la projection maximale
est composée d’un spécifieur et d’une projection intermédiaire, invisible : la projection
intermédiaire est composée de la tête et de son complément.
La porte du château enchanté est l’entité qui subit l’action décrite par le prédicat ouvrir.
On appelle ce rôle thématique Thème (entité qui subit l’action ou la situation nommée par le verbe). La
fonction sémantique de Patient dénote plutôt l’entité qui subit l’action décrite par le prédicat quand
cette entité est affectée (changée) par l’action, manger, détruire, etc.
Rôles :
Exemple :
(43) Marie adore cet enfant. Cet enfant – THÈME Marie – EXPÉRIENCEUR
Parmi les langues ergatives, nous retrouvons la plupart des langues autochtones de l’Amérique, le
basque, la plupart des langues caucasiennes, le tibétain ou les langues autochtones australiennes
(dyirbal, warlpiri, etc.)
Cours 7
Deux sous-domaines de l’étude de la signification
Définition: la sémantique étudie la signification des productions langagières.
1. Interface sémantique-syntaxe
2. Interface sémantique-morphologie
3. Interface sémantique-contexte
La sémantique lexicale s’utilise entre autres dans (a) l’étude du lexique des langues ou (b) de
l’organisation des signifiés dans le cerveau.
a. Les dictionnaires.
b. L’étude des anomies liées aux aphasies (anomie = Dysfonction du langage caractérisée par
l'incapacité de nommer des gens et des objets correctement perçus).
Sémantique compositionnelle
La sémantique compositionnelle est nécessaire pour l’analyse des textes ainsi que pour l’étude des
inférences et du raisonnement logique. Dans les exemples suivants, de différents patrons d’inférence
résultent de l’interaction entre les quantificateurs plusieurs, beaucoup et peu et les noms fruit et
pomme.
1. Plusieurs enfants ont mangé des pommes. Plusieurs enfants ont mangé des fruits. (inférence
valide)
2. Plusieurs enfants ont mangé des fruits --/ Plusieurs enfants ont mangé des pommes.
(inférence non valide)
1. L’approche sémique : analyse qui décompose le signifié en traits sémantiques minimaux. Rastier
(1987), Katz et Fodor (1966-67)
2. L’approche des prototypes : analyse basée sur une hiérarchisation du signifié. Kleiber (1990),
Kamp et Partee (1995)
3. L’approche générative : analyse incorporant des mécanismes de génération de nouvelles
signification à partir du contexte linguistique. Pustejovsky (1995), Bouillon (1997)
Exemple
OISEAU:
1. Animal ovipare
2. appartenant à la classe des vertébrés tétrapodes,
3. à sang chaud,
4. au corps couvert de plumes,
5. dont la tête est munie d'un bec corné dépourvu de dents,
6. dont les membres postérieurs sont des pattes et les
membres antérieurs des ailes, ce qui le rend le plus souvent apte au vol.
Une analyse sémique du mot « oiseau » recense les traits de signification qui (a) nous permettent
d’isoler cette signification et (b) nous donnent une meilleure description de la signification du mot : [+
animal], [+ ailé], [+ ovipare], etc.
Sous la perspective de la sémantique du prototype, on peut ajouter une notion de noyau de signification
ou prototype. Ce prototype est représenté par « moineau » en (1).
Le signifié : la notion de prototype
Le signifié d’une unité linguistique est un ensemble de propriétés sémantiques, ou attributs, organisées
de façon hiérarchique (quelques-unes plus centrales que les autres): organisation prototypique.
Sémantique lexicale
Les relations de sens: hyponymie, hyperonymie, synonymie, antonymie et polysémie.
Hyponymie/hypernymie
Hyponymie: relation d’inclusion entre deux signifiés dont le signifié plus spécifique est l’hyponyme de
l’autre.
Hyperonymie: relation d’inclusion entre deux signifiés dont le signifié moins spécifique est
l’hyperonyme de l’autre.
Co-hyponymie (image )
Synonymie et antonymie
Synonymie : Relation d’équivalence (interchangeabilité) entre deux ou plus signifiés.
Antonymie
Antonymie complémentaire:
1. PRÉSENCE - ABSENCE
2. VIVANT - MORT
3. EXISTENCE- INEXISTENCE
4. PAIR - IMPAIR
Antonymie scalaire:
1. GRAND - PETIT
2. CHAUD - FROID
3. INTELLIGENT - STUPIDE
Le trait pertinent pour l’opposition symétrique est scalaire (+ ….. -) : « grandeur », « température », «
chaleur ».
Antonymie duale :
1. QUESTION - RÉPONSE
2. NAISSANCE - DÉCÈS
3. ACHETER - VENDRE
4. MÈRE - FILS
Dans le cas de l’antonymie duale, on inclut des signifiés opposés sur la base de relations inversées, tels
que donner – prendre, prêter – emprunter, faire – défaire, mère – fils, etc. (conversifs), ainsi que des
signifiés opposés sur la base de notions culturelles, tels que lune – soleil, patron – ouvrier, eau – terre,
etc.
Exercises
Donnez des antonymes pour les signifiés suivants. Déterminez pour chaque cas s’il s’agit des antonymies
complémentaires, scalaires ou duales :
1. dur - ….
2. entrée - …
3. fort - ….
4. connu - …
5. court - … oncle - …
6. RÉP. : (1) dur – mou antonymie scalaire (2) entrée – sortie antonymie duale (3) fort – faible
antonymie scalaire (4) connu – inconnu antonymie complémentaire (5) court – long antonymie
scalaire (6) oncle – tante antonymie duale
Polysémie et homonymie
Polysémie : qualité d’une forme linguistique qui a deux ou plusieurs signifiées.
Exemple
1. CLARTÉ :
a. « Réverbération ou lumière irradiée d’un corps céleste (soleil, lune, etc.), d’un feu, ou du
tout moyen artificiel d’éclairage permettant de distinguer nettement les objets » : La
clarté des étoiles.
b. « Transparence, limpidité » : La clarté des eaux du Nil.
c. « Qualité de ce qui est clair, sans ambiguïté, facile à comprendre » : La clarté du
jugement.
Homonymie : relation entre deux formes linguistiques qui ont le même signifiant (graphique ou
phonique) mais des signifiés différents.
Exemple
1. AVOCAT :
a. « Personne défendant les intérêts de quelqu’un ou de quelque chose ».
b. « Baie comestible en forme de poire, à pulpe fondante, très riche en matières grasses,
fruit de l’avocatier ».
Métaphore
Métaphore, du grec μεταφορἀ “transport, translation”: création d’une signification additionnelle pour
un signifié à partir d’un trait sémantique saillant.
1. FOURMI
a. « Insecte hyménoptère de petite taille vivant en colonies nombreuses ».
b. « Personne très petite de taille ».
c. « Personne laborieuse, ou patiente, ou économe ».
(b) et (c) sont des significations métaphoriques créées à partir de l’acception a). (b) est basée sur le trait
de signification dénotatif (ou « littéral ») « petit » et (c) est basée sur le trait de signification connotatif «
laborieux ».
Cours 8
Sémantique compositionnelle
Une branche importante de l’étude de la signification s’occupe de la combinatoire des signifiés, ainsi
que des inférences associées. SÉMANTIQUE COMPOSITIONNELLE
L’implication est, par exemple, centrale dans la règle de raisonnement du modus ponens :
(1) A, A B ├ B (1’) A, A B
(1) et (1’) sont deux notations équivalentes pour dire que « à partir de A et de A B, on déduit B ».
Exemple :
Les notions logiques d’implication et conditions de vérité nous permettent décrire et prédire une grande
partie des inférences possibles des énoncés du langage qu’on interprète.
1. Exemple
a. Je sais que Pierre est arrivé Pierre est arrivé.
b. Je pense que Pierre est arrivé Pierre est arrivé.
c. Que Pierre soit arrivé, ça me surprend Pierre est arrivé.
Surprendre ou savoir sont des verbes factifs. Avec ce type de verbes ou prédicats les sujets
ou compléments phrastiques sont toujours interprétés comme vrais. En (a) et (b), que Pierre
est/soit arrivé est un complément de savoir et en (c) un sujet de surprendre.
Implication et implicature
Toutes les inférences que l’on peut extraire à partir des énoncés qu’on entend ne sont pas de type «
vériconditionnel » (basées sur les conditions de vérité).
En général, les locuteurs, dans une conversation, coopèrent à la réussite de la communication, voir Grice
(1979), Moeschler et Auchlin (2018: 186).
1. On infère
a. B : Je suis rentré dans une maison qui n’était pas la mienne,
à partir de
b. A : Je suis rentré dans une maison,
parce que, si je savais que la maison dans laquelle je suis rentré était la mienne, l’énoncé Je
suis rentré dans une maison, ne serait pas « coopératif ». Je n’aurais pas fourni toute
l’information à mon interlocuteur.
La notion de modèle
L’évaluation vériconditionnelle d’un énoncé fait référence nécessairement au « monde externe » où on
parle. La phrase Pierre a acheté une Honda n’a pas de signification si le locuteur ne connaît pas Pierre ou
si la phrase est prononcée au siècle XV où il n’y avait pas d’autos.
Ce « monde externe » des référents est introduit dans la sémantique au moyen de la notion de MODÈLE.
1. le vainqueur de Iéna
Napoléon
le vaincu de Waterloo
Pourtant, les expressions en (9) n’ont pas le même sens, elles ne sont pas de synonymes. Par exemple,
elle peuvent ne pas être interchangeables dans le monde de mes souhaits:
Frege (1892) propose une description de la sémantique des unités linguistiques en termes de leur
dénotation:
- Les syntagmes nominaux définis tels que « la table » ou « le vainqueur de Iéna » auront comme
dénotation des ENTITÉS du monde extralinguistique ou modèle.
- Les verbes ou les prédicats tels que « manger » ou « aimer la poésie » auront comme dénotation
l’ensemble d’entités auxquelles le prédicat s’applique dans le monde extralinguistique ou
modèle.
- Finalement, les énoncés déclaratifs (ou phrases d’un point de vue syntaxique) auront comme
dénotation une VALEUR DE VÉRITÉ (vrai ou faux, 1 ou 0). Un énoncé sera vrai s’il décrit une
situation du monde extralinguistique d’une façon appropriée et faux autrement.
Les types élémentaires d’une sémantique compositionnelle
Les constantes (entités ou termes) : des noms propres, Sophie, Louis, Québec, ou des SN définis comme
la lune, cette table, etc. Les constantes fonctionnent typiquement comme des arguments des
verbes/prédicats. Les arguments sont des unités sémantiques que « complètent » la signification des
verbes/prédicats :
Marie écrit une lettre – écrire est un verbe/prédicat et Marie et une lettre sont des arguments
de ce verbe/prédicat. Marie est l’argument Agent et une lettre l’argument Patient.
Les prédicats (dans un sens logique du terme) : des verbes, adjectifs, adverbes, prépositions (et même
des noms) à n places qui se combinent avec des constantes. Admirer, un prédicat à deux places, tomber,
un prédicat à une place, bleu, un prédicat à une place, sur, un prédicat à deux places, etc.
Dans l’énoncé Marie aime la poésie surréaliste, nous pouvons distinguer les prédicats suivants :
Aime la poésie surréaliste – prédicat de Marie; aime la poésie surréaliste attribue une
propriété à poésie.
Aime – prédicat qui attribue une propriété aux constantes Marie et la poésie surréaliste.
Les variables : des unités dont la dénotation est « variable ». Par exemple, quelques usages des
pronoms et des indéfinis :
Les connecteurs (ou opérateurs) : des éléments qui se combinent avec une ou plusieurs phrases ou
syntagmes. Par exemple, la négation ou les conjonctions (et, ou, malgré, parce que, si, etc.)
Les variables
Dans certains cas, l’interprétation d’un pronom n’est pas constante:
1. Exemple
a. Chaque français aime sa mère. =/=
b. Chaque français aime la mère de chaque français.
Dans le cas de (14a) l’interprétation de sa change avec l’élément choisi de l’ensemble des français. En
conséquence, on doit introduire l’idée de variable (x).
Pout tout () x, x est tel que (|) x est français, x aime la mère de x.
Les quantificateurs
En général, les quantificateurs sont analysés comme des unités qui comparent deux ensembles.
LA PLUPART DE A, B ↔ A ∩ B > A ∩ BC
BC est l’ensemble complémentaire de B; c’est-à-dire, l’ensemble des gens qui n’aiment pas les gâteaux.
1. Exemple
a. Latin : amo amabam
« j’aime » « j’aimais »
Temps : PRÉSENT PASSÉ
Aspect : INACCOMPLI INACCOMPLI
IMPERFECTIF IMPERFECTIF
Le temps
Les localisations temporelles sont habituellement les suivantes :
Ces localisations temporelles sont appelées TEMPS D’ÉVÉNEMENT, par opposition au TEMPS DE
RÉFÉRENCE.
Év < Én – Réf
Én - Réf < Év
Én-Réf-Év
Temps absolus: relient le moment de l’évènement au moment de l’énonciation, (3), (4) et (5).
Temps relatifs: relient le temps de l’évènement à un autre temps, le temps de référence, (6) et (7)
Le temps de référence nécessaire pour interpréter les formes de parfait est fourni en (6) et (7) par le
temps d’événement du verbe de l’autre phrase, le temps de partir et à 6 heures :
L’aspect – A
Aspect grammatical: perspective qui adopte le locuteur qui lui permet de concevoir la situation comme
un tout, comme en développement, sa fin, son début ou la répétition.
Aspect perfectif/accompli: conçoit l’évènement comme un tout ayant des limites, sans développement:
Contrastes aspectuels
En français
ASPECT LEXICAL ------ Aspect propre à la conceptualisation des événements d’une langue; propriété des
verbes ou des verbes + arguments.
Prépositions sous-catégorisées
Trouver les prépositions sous-catégorisées parmi les prépositions en gras dans les phrases suivantes :
1. Marie se méfie de Pierre et de son amie.
2. Marie est sortie sans son chapeau et (sans) son parapluie.
3. Il faut être courageux dans la misère et dans la richesse.
4. Il est soucieux de sa réputation.
5. Il hésite à s’engager dans l’entreprise.
A.
a. De, sans et à.
B.
De et a.
C.
Sans et dans.
D.
Samedi = constante
Quel est le rôle thématique d’il et lui dans les phrases suivantes?
Dans la phrase :
Vrai ou faux? Le SN l’immeuble a le même rôle thématique dans la phrase (1) et dans la phrase (2) :