Logement social à Oran : évaluation et usages
Logement social à Oran : évaluation et usages
Najet Mouaziz-Bouchentouf
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DOI: 10.4000/rge.5312
ISSN: 2108-6478
Publisher
Association des géographes de l’Est
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Date of publication: 30 December 2014
ISSN: 0035-3213
Electronic reference
Najet Mouaziz-Bouchentouf, « Le logement social à Oran. Conception, usages et ébauche
d’évaluation », Revue Géographique de l'Est [Online], vol. 54 / n°3-4 | 2014, Online since 11 February
2015, connection on 08 September 2020. URL : [Link] ; DOI :
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Najet Mouaziz-Bouchentouf
civilisés vivent comme les rats dans des trous [...]. Les barbares vivent dans la quiétude, le bien-
être ». Ces préoccupations se prolongent jusqu’aux années 1950 lors de la construction
des cités de recasement ou de transit pour résorber les bidonvilles qui se sont formés
aux abords des principales villes algériennes. Il en est ainsi pour la cité Djenane el
Hassan (1956-1958) œuvre de Roland Simounet (figure 1c) disciple de Le Corbusier mais
aussi très imprégné de l’architecture locale. Cet ensemble de logements qui se distingue
par sa ressemblance avec le projet Rob et Roq à Cap-Martin de Le Corbusier (Almi, 2002)
est une belle symbiose entre le moderne et le traditionnel. À Oran, le député-maire
Henri Fouques-Duparc fait construire la cité musulmane du Petit Lac (1954-1959), un
habitat horizontal offrant à la famille musulmane les commodités modernes et
l’intimité d’une cour autour de laquelle s’organisent les espaces de vie (figure 1d). En
1953, le maire d’Alger Jacques Chevallier fait construire par Fernand Pouillon trois
ensembles de logements sociaux dont une partie est réservée aux musulmans. Au-delà
des références aux fortifications turques, aux rues de la Casbah et au sud algérien, c’est
une réelle volonté de donner une dignité et une grandeur comparables à celles du
centre-ville européen à ces logements sociaux suburbains (Deluz, 1988).
de Constantine et des ZHUN qui ont fait l’objet d’études et ont fait couler beaucoup
d’encre. Cette « vulgate »12 s’interroge sur l’appropriation des habitants de ce type de
logements à travers les transformations/adaptations et le message qu’elles envoient.
11 L’éventail des actions sur le bâti s’élargit et se diversifie, tout comme les motifs de ces
transformations qu’ils soient ouvertement dévoilés ou sous-entendus. L’origine rurale
des familles avec des pratiques et des habitudes incompatibles avec le logement
collectif a été une explication récurrente. Il est vrai que certaines activités comme
travailler la laine, rouler le couscous ou laver et faire sécher les tapis ou le linge de
maison qui se déroulaient traditionnellement dans la cour ne trouvent pas d’espace
dans le logement en hauteur (Bendedouch, 1989). Il est également délicat de
condamner un logement prévu pour cinq personnes qui en loge dans la réalité le
double. Ce n’est pas tant le refus de la salle de bains ou de la cuisine à l’européenne
(paillasse et évier obligeant à travailler debout alors que traditionnellement la femme
prépare ses repas assise) qui explique leur transformation en chambre ou salon mais
l’exigüité d’un logement devant recevoir une famille nombreuse13. C’est ainsi que les
loggias ou balcons censés remplacer la cour de la maison traditionnelle sont annexés
aux pièces qui leur sont contigües pour en augmenter la surface. Pourtant la cour est
un espace polyfonctionnel, elle sert aussi bien au repas en plein air, à la lessive, à
l’étendage du linge, au bricolage, à la sieste que pour les jeux des enfants (Deluz, 1988).
Seulement le balcon ou la loggia vu leurs dimensions (leur surface dépasse rarement les
6 m²) se prêtent difficilement à ces activités. Si la salle de bains (le cabinet de toilettes
est isolé) est supprimée et transformée en chambre c’est parce que le hammam (bain
public) prend le relais de l’hygiène corporelle tout en étant un lieu de sociabilité
(Semmoud, 2009). Enfin la cuisine peut aussi être sacrifiée et confinée dans la loggia ou
le balcon.
12 De nos jours, cette amputation du logement de ces parties est une pratique presque
inexistante. Ni salle de bain, ni cuisine n’ont été sacrifiées dans chacun des logements
visités. L’évocation de cette possibilité a suscité un grand étonnement de la part des
habitants pour qui il est impensable de vivre dans un logement sans ce confort
minimum. La famille élargie vivant sous le même toit n’est plus une garantie de sa
cohésion et de sa survie économique. La généralisation du salariat particulièrement
chez la femme a précipité la décohabitation et fait baisser en même temps le taux
d’occupation par logement14. Cette évolution de la famille algérienne et de son mode de
vie se lit également à travers l’ameublement : la chambre des enfants avec lits, rideaux,
draps et couettes imprimés de figures de dessins animés est devenue une priorité. Il
n’est plus question de les faire dormir dans un séjour transformé la nuit en chambre
comme ce fut le cas auparavant. Les photos de mariage du couple s’affichent sans gêne
dans le séjour, tout comme sont accrochés aux murs de leur chambre les photos de
vacances et les dessins faits par les enfants, une manière de marquer et de
personnaliser l’espace. Enfin, l’importation massive de canapés et de meubles
européens sonne le glas des sedariates15, « Ces banquettes surmontées de matelas et de
coussins appariés à des accoudoirs, le tout recouvert d’un même tissu » (Lakjaa, 1997), qui ont
l’avantage de servir aussi de lit.
13 Il est difficile de dire lequel des deux critères du déficit d’urbanité ou de la taille de la
famille pèse le plus dans les transformations des logements tant les explications
semblent dévoyées. Ces variables apparemment objectives (Safar-Zitoun, 2009) ne
suffisent pas à rendre compte d’une réalité plus complexe, où le logement livré est
« refusé » même par les plus nantis financièrement et culturellement, une catégorie
considérée à priori comme maîtrisant le mode d’emploi du logement moderne. Au lieu
de « nécessités et de besoins de la famille », d’autres raisons sont invoquées par les
habitants comme la disponibilité des moyens financiers ou l’envie de mettre ce
logement impersonnel au goût et au style de vie de la famille.
même quand elles sont réunies (la surface totale est de 19 m²). D’autres considèrent que
c’est un avantage car cela permet d’avoir une chambre supplémentaire facilement
séparable du séjour puisque chacun a sa propre fenêtre et de transformer ainsi le trois-
pièces en un quatre pièces. Les habitants qui ont pour la plupart intégré les loggias soit
à la cuisine soit au séjour auraient préféré avoir des balcons en saillie qui auraient
servis pour étendre le linge et comme espaces de rangement.
Figure 2a : Le logement livré et les transformations réalisées ou souhaitées par les habitants
18 L’enquête aux 365 Logements Hai Essabah a ciblé les logements des enseignants
universitaires qui représentent une partie des 365 logements de cette opération. Les
entretiens avec les habitants ont fait également ressortir l’exiguïté des espaces, la
réduction au maximum du balcon du séjour (aucune possibilité de l’intégrer à l’espace
intérieur comme pour le logement de la ZHUN) et l’inconvénient d’une chambre
commandée par le séjour (figure 3a). « Le logement est minuscule, il n’y a aucun placard, la
cuisine est très petite, pas de terrasse côté séjour, la salle de bains est tellement petite qu’il n’y a
qu’une douche et pas de baignoire17. La menuiserie, le carrelage, la peinture tout est de très
mauvaise qualité. Lorsque je regarde les émissions de déco à la télé, les logements qui se font
ailleurs qu’ils soient contemporains ou anciens, j’ai l’impression de vivre dans un couri 18» (un
habitant du quartier Hai Essabah).
19 Cet entretien révèle une donne importante : l’ouverture de la famille aux télévisions
étrangères et la généralisation de l’usage du web19 qui montrent des intérieurs de
logements différents. L’agencement des pièces, l’ameublement, les tissus et les couleurs
des murs que diffusent ces images sont considérés par les habitants comme la référence
voire l’idéal à atteindre et devant lesquels le logement livré est très éloigné.
20 Les enquêtes et relevés ont fait ressortir deux types de transformations facilitées par
l’indépendance des murs intérieurs de séparation des éléments porteurs (les poteaux)
dans un contexte d’abandon de la technique du coffrage-tunnel. La première est la
démolition du mur qui sépare le couloir du séjour afin d’augmenter la surface de ce
dernier en supprimant la circulation et le dégagement de l’entrée. La seconde au
contraire maintient le couloir et l’allonge d’un mètre pour changer la porte d’entrée de
la chambre et éviter ainsi qu’elle ne soit commandée par le séjour. Ces deux types
d’action sur le logement dénotent des choix de priorités dans une situation de rareté
des mètres-carrés habitables. La première privilégie l’ouverture, le décloisonnement et
l’exaltation de l’espace au détriment de l’intimité du séjour jugée secondaire. Pour la
seconde, c’est la fermeture et l’indépendance de chaque espace (chambres et séjour) qui
prennent le dessus quitte à augmenter la circulation au détriment de l’une des
chambres qui perd un mètre-carré au profit du couloir. Il est vrai que la première est
l’œuvre d’un enseignant-architecte plus sensible à la qualité des espaces, aux
proportions et à la lumière mais rien ne dit que cet agencement ne fera pas d’émules
une fois « vulgarisé »20 auprès des voisins.
21 Le reste des travaux concerne l’embellissent du logement. À ce titre, les remarques des
habitants sont très pertinentes : « Nous avons tout changé : le carrelage, la peinture, la
faïence des salles de bain et de la cuisine, la menuiserie, quel gâchis ! Ils auraient mieux fait de
nous donner les logements nus, au moins nous n’aurions pas payé les démolitions et nous aurions
peut-être eu un peu plus d’espace ». Les habitants sont donc conscients du plafonnement
du coût du logement et suggèrent plus d’espace (les rangements et les terrasses
notamment) et moins de prestations quitte à livrer un logement semi-fini qu’ils se
chargeront d’achever chose qu’ils font de toutes les manières. Des propos à considérer
avec des réserves car ils émanent d’une catégorie socioprofessionnelle élevée. Ce sont
des familles qui à la remise des clés de leur logement ont pris le temps de le
transformer avant d’y habiter, autrement dit qui étaient relativement à l’aise dans leur
résidence antérieure. Ce logement social ne représente qu’une étape dans la
concrétisation du projet résidentiel (Hadjij, 1998) : « Je vous confierai que je ne compte pas
passer toute ma vie dans ce logement. Je l’ai pris juste comme dépannage, en plus je l’ai payé
pour une bouchée de pain21. J’habitais chez mes beaux-parents et c’était l’occasion pour moi
d’avoir mon chez-moi. Mon rêve est la maison individuelle, j’ai déjà acheté un terrain,
actuellement je fais des démarches pour un prêt bancaire. Mais la maison n’est pas pour demain.
C’est pour cela que j’ai fait des travaux, j’en ai au moins pour 10 ans ici, en plus il me rapportera
plus quand je le vendrai » (entretien avec une habitante de Hai Essabah, mère de deux
enfants).
menuiserie est très simple, il se résume au 1,20 m par 1,20 m », une boutade que se lancent les
architectes pour dénoncer le manque d’originalité des projets de logements sociaux.
23 Le logement est donc figé dans la disposition en partie jour et partie nuit, des chambres
et un séjour obligatoirement commandés par un couloir, le tout ne dépassant pas 67 m²
pour un trois-pièce. Ces prescriptions le décrivent avec détails, rien n’est dit sur les
autres logements, le trois-pièces étant le type le plus construit dans les programmes de
logements sociaux et le seul depuis 2009. Au même moment, l’accent est mis sur la
recherche de la qualité architecturale et urbaine tout en invitant les architectes à «
Viser, comme objectif à obtenir une architecture aboutie, devant être perçue comme une réponse
parfaitement concluante à une demande clairement dimensionnée et énoncée ; Cette notion doit
se traduire par l’adoption d’un agencement et d’une architecture qui dissuadent les occupants à
procéder aux transformations de leur logement » (MHU, 2007). Les concepts de flexibilité et
de « conception ouverte » du logement (Boudon, 1967) sont balayés et remplacés par
l’exigence d’une connaissance parfaite de la demande de la part des architectes. Il est
entendu par la demande non seulement la taille de la famille à laquelle est destiné le
logement mais aussi son mode de vie, ce à quoi doit correspondre au maximum la
réponse de l’architecte au point de ne susciter aucun rejet par les habitants.
24 De leur côté, les architectes de l’OPGI expriment leur malaise vis-à-vis des logements
qu’ils font réaliser. Ils reconnaissent qu’ils n’en parlent qu’en chiffres et en résultats : «
Ça fait vingt ans que je travaille à l’OPGI, j’en ai entendu des discours dans les réunions. Qualité,
création, amélioration sont des mots qui reviennent souvent. Mais une fois les responsables dans
leurs bureaux, d’autres mots émergent : combien de logements achevés, combien en cours, la
quantité uniquement… Oui on aimerait bien faire mieux, mais avec le temps les injonctions du
ministère sont de plus en plus sévères. Je dirais même que les logements des ZHUN étaient plus
confortables. Aujourd’hui avec 67 m2, la salle de bain obligatoirement éclairée naturellement, 4
logements par étage, un programme des trois-pièces uniquement, un prix plafonné, un cahier des
charges précis émanant d’Alger, que peut-on faire de mieux ? ».
25 À l’évocation de la possibilité d’augmenter les surfaces en laissant les locataires finir
eux-mêmes leurs logements comme il est suggéré par quelques habitants interrogés, la
réponse réside dans la difficulté justement à cerner cette famille qui va habiter ce
logement : « Aussi bizarre que cela puisse paraître, le logement social est destiné à tout le
monde, un programme achevé peut aussi bien être distribué aux cadres d’une entreprise, aux
universitaires, à des bidonvillois dans le cadre du relogement ou je ne sais quoi encore. Nous ne
savons jamais à qui il est destiné. Livrer un logement semi-fini ? Ça pourrait être une solution,
mais sera-t-elle acceptée par tous ? ».
26 Réduire les surfaces au minimum vital, plafonner le coût dans un marché instable où les
matériaux et la main d’œuvre sont en perpétuelle inflation et exiger en même temps la
recherche, la connaissance et l’innovation dans la conception du logement, c’est
museler toutes les bonnes intentions des concepteurs à améliorer le logement social.
Conclusion
27 Au terme des premiers résultats de cette étude, il est clair que le fossé qui sépare le
logement social de ses habitants ne cesse de se creuser. Alors que l’Algérie est un pays
majoritairement rural à la fin des années 1960, sa population urbaine atteint 65 % au
recensement de 2006 bouleversant ainsi et les structures sociales et les modes de vie
(Belguidoum, Mouaziz-Bouchentouf, 2010). Depuis l’indépendance, les familles de
divers origines et revenus ont remodelé leurs logements pour l’adapter à leurs façons
de vivre. Des pratiques elles aussi en constante évolution mêlant résidus de traditions
et ouverture à l’occidentalisation dans une sorte de brouillage des références
culturelles qui s’explique par le fait que peu d’algériens d’aujourd’hui ont vécu le
logement en médina (Semmoud, 2009).
28 La méconnaissance ou l’occultation totale de la famille algérienne contemporaine ainsi
que l’indifférence envers les travaux universitaires ou émanant de professionnels font
que les acteurs24 de la production du logement restent cantonnés dans une logique
d’urgence, d’échéances et de chiffres. De tous les modèles hérités c’est le plus efficace
techniquement qui a été retenu. En cinquante années d’indépendance, aucune leçon n’a
été tirée du « mauvais vieillissement » de ces ensembles de logements qui constituent la
ville de l’Algérie indépendante.
29 Les recommandations des chercheurs (Belbacha-Merouche, 2009 ; Tebib, 2008) insistent
sur le rôle des habitants et la nécessité de les impliquer en amont du processus de
production, autrement dit au moment de la conception du logement particulièrement
pour les nouvelles formules de financement. Elles avancent également comme
nécessaire et urgente l’augmentation de la surface des logements, ce qui rejoint les
souhaits des habitants mais semble un vœu pieux au vu du plafonnement des coûts. Les
architectes en tirant la leçon du « logement habité » transformé par ses habitants
envers lequel ils ne peuvent rester éternellement indifférents se doivent de
reconsidérer le modèle conçu du logement social. Faut-il livrer un logement semi-fini
mais plus spacieux comme le suggèrent les habitants ? Ce serait une piste à explorer,
une solution à expérimenter. Rien n’est possible sans une réelle volonté politique 25 et
sans l’ouverture d’un débat quasi inexistant aujourd’hui en Algérie sur la question du
logement social de demain.
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NOTES
1. Par maître d’ouvrage, il est entendu toute personne physique ou morale qui se charge de
financer et de diriger une opération de réalisation de logements sociaux.
2. Les deux auteurs qui ont réalisé une partie de leurs enquêtes pour le Plan Construction
relèvent durant les années 1970 un changement d’attitude des architectes plus attentifs à une
demande diversifiée contrairement à leurs ainés qui déclaraient se méfier de la parole des
habitants.
3. Réalisation Expérimentale, ce classement garantit une aide financière du ministère de
l’Équipement et du Logement et un suivi sociologique de l’opération jusqu’à l’appropriation par
les habitants (Tric, 1999).
4. Zone d’Habitat Urbain Nouvelle, une procédure mise en place en 1975 permettant de réaliser
les logements sociaux ainsi que les différents réseaux et équipements d’accompagnement et
abandonné à la fin des années 1980.
5. Dans sa préface de l’habitat pavillonnaire (1966), Henri Lefebvre précise qu’une enquête sur le
logement et avec les habitants ne peut se faire par le biais du questionnaire qui est la technique
classique des sociologues mais avec l’entretien non directif complété par la description
(Davidovitch, 1968).
6. Parmi elles, il y a le projet théorique de cité indigène de Louis Bérthy (1936), l’esquisse initiale
de la cité Scala au Clos Salembier à Alger (Seiller, Lathuillière, 1935) et le projet d’aménagement
de la cité musulmane à Annaba ex-Bône (Danger, 1931).
7. En type, en taille et en standing.
8. Avec toutefois une nette amélioration des surfaces et du confort.
9. En 1962, l’Algérie ne compte pratiquement qu’un seul architecte « algérien » (Deluz, 1988).
10. La tour, du fait de l’usage obligatoire de l’ascenseur, est très rare.
11. Alors que le logement social est entièrement financé par l’état, d’autres formules sont
introduites dès 1990 impliquant une participation financière du postulant au logement avec une
aide réduite de l’état.
12. Il s’agit des mémoires de licence ou de magistère en architecture, en sociologie ou en
géographie urbaines, ainsi que les thèses de doctorat.
13. La sur-occupation du logement est due soit à la cohabitation des ménages soit au nombre
élevé d’enfants dépassant les capacités d’accueil du logement.
14. Selon l’office national de statistiques ce taux ne cesse de diminuer passant de 7,82 personnes
par logement en 1977, à 6,70 en 1987 et à 4,89 en 2009.
15. Le mot arabe « seddari » (pluriel « seddariate ») est la banquette sur laquelle on peut
s’asseoir ou dormir (Lakjaa, 1997).
16. En Algérie, les chambres et le séjour sont considérées comme pièce. La cuisine, les toilettes et
la salle de bains sont sous-entendus et non mentionnés.
17. On ne peut s’empêcher de trouver en écho à ces propos ceux de Jean Nouvel « un bon logement
est un logement grand » une forte intention qu’il expérimente dans les projets de logements à
Saint-Ouen, Nîmes, Bezons et Tours (Tric, 1999 ; Léger, Decup-Pannier, 2005).
18. Déformation du mot écurie qui veut dire un lieu tout juste bon pour abriter des animaux.
19. Soit à domicile soit à travers les cybercafés qui offrent une connexion à 60 dinars l’heure
(0,40 euros en 2013).
20. La découverte du même logement aménagé différemment peut donner des idées à lesquelles
on n’avait pas pensé soi-même.
21. Ces logements sont cédés par l’OPGI (Office de Promotion et de Gestion Immobilière) à
600 000 dinars algériens soit 4 000 euros en 2013. Leur revente pourrait rapporter dix fois plus.
22. Beaucoup d’architectes déclarent subir le diktat des maîtres d’ouvrage publics qui négocient
les honoraires proposés par les bureaux d’études sous prétexte que les logements et les
assemblages sont toujours les mêmes, seul le plan de masse varie avec le contexte et la situation
du terrain.
23. Ce n’est pas un règlement mais des indications relatives au logement et à l’ensemble (forme
urbaine, notion de quartier…) mais qui sont devenus une sorte de bible de tous les maîtres
d’ouvrage chargés de la réalisation de logements sociaux.
24. Le ministère, les organismes publics, les maîtres d’œuvre et les maîtres d’ouvrage, les
entreprises, etc.
25. Fernand Pouillon aurait-il réalisé ses ensembles de logements à Alger sans la volonté du
maire Jacques Chevallier ?
ABSTRACTS
The Algeria since independence has provided a lot of effort in social housing. Housing designed
and built by practitioners and reshaped by their inhabitants to suit their lifestyles. Researchers
from various disciplines decipher these changes and uncover their meaning while professionals
reproduce the same forms and arrangements in a kind of autism to scientific production and to
the evolution of the Algerian family. This article by interrogating the practices inhabitants tries
to weave a link between the conceived and constructed flat and the flat wished by the
inhabitants and revealed by the research.
Depuis son indépendance, l’Algérie a fourni beaucoup d’efforts en matière de logement social.
Des logements dessinés et construits par les praticiens puis remodelés par leurs habitants pour
les adapter à leurs modes de vie. Les chercheurs de diverses disciplines décryptent ces
modifications et mettent au jour leurs sens alors que les professionnels reproduisent les mêmes
formes et dispositions dans une sorte d’autisme envers la production scientifique d’une part et
l’évolution de la famille algérienne d’autre part. Cet article, en interrogeant les pratiques
habitantes, tente de tisser un lien entre le logement conçu et construit et le logement désiré par
les habitants et révélé par la recherche.
Seit Erreichung der Unabhängigkeit hat sich der algerische Staat im Bereich des sozialen
Wohnbaus stark engagiert. Ergebnis waren und sind Wohnungen, die von Fachleuten entworfen
und gebaut, danach aber von den Bewohnern umgestaltet werden, um sie ihren
Lebensbedürfnissen anzupassen. Forscher verschiedener Wissensdisziplinen versuchen, diesen
Anpassungen zu untersuchen und ihren Sinn einer Allgemeinheit bewusst zu machen, doch die
Verantwortlichen und Ausübenden des Wohnbaus reproduzieren immer wieder dieselben
baulichen Formen und Anordnungen, als ob sie taub und blind gegenüber der Forschung und
dem Strukturwandel der algerischen Familien wären. Dieser Artikel untersucht die Wohnpraxis
um eine Beziehung zwischen verschiedene Aspekte der Wohnung herzustellen, nämlich die
gebaute und gelebte Wohnung und auch die Wohnung als Fachinteresse.
INDEX
Mots-clés: habitants, logement conçu, logement social, logement vécu, Oran, transformations
du logement
Keywords: housing designed, housing experience, Oran, residents, social housing,
transformations of housing
Schlüsselwörter: Bewohner, Oran, sozialer Wohnbau, Wohnungentwurf, Wohnungserleben,
Wohnungsumgestaltung
AUTHOR
NAJET MOUAZIZ-BOUCHENTOUF
Architecte, maître de conférences, département d'architecture de l’Université des Sciences et de
la Technologie d’Oran Mohamed Boudiaf - El Mnaouar, BP 1505, Bir El Djir 31000 Oran -
najetmouaziz@[Link]