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Gypse: Utilisations et Gisements

Ce document décrit le gypse, sa géologie, son utilisation et sa production économique. Il fournit des détails sur les principaux gisements et producteurs français de gypse ainsi que ses utilisations dans l'industrie du plâtre, du ciment et de l'agriculture.

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Gypse: Utilisations et Gisements

Ce document décrit le gypse, sa géologie, son utilisation et sa production économique. Il fournit des détails sur les principaux gisements et producteurs français de gypse ainsi que ses utilisations dans l'industrie du plâtre, du ciment et de l'agriculture.

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BUREAU DE RECHERCHES GÉOLOGIQUES ET MINIÈRES

SERVICE G É O L O G I Q U E N A T I O N A L

B.P. 6009 - 45018 Orléans Cedex - Tél. : (38) 63.80.01

MÉMENTO SUBSTANCES UTILES


(MATÉRIAUX DE CARRIÈRE)

GYPSE
POUR PLATRE ET CIMENT
par
Mme M . DELFAU

P. G. M .

".?-," {.•'-.->.;i. - v

Département matériaux

B.P. 6009 - 45018 Orléans Cedex -Tél. (38) 63.80.01

79 SGN 157 MTX 1 re édition: Avril 1979


SOMMAIRE

1 - GENERALITES , p. 1

2 - DONNEES ECONOMIQUES p. 1
2.1. BILAN STATISTIQUE p. 1
2.2. PRIX p. 2
2.3. REPARTITION DE LA PRODUCTION NATIONALE p. 2
2.4. REPARTITION DE LA PRODUCTION MONDIALE p. 2
2.5. PRINCIPAUX DEBOUCHES DE LA PRODUCTION FRANÇAISE p. 3
2.6. STRUCTURES INDUSTRIELLES p. 3

3 - GEOLOGIE p. 4
3.1 . GENESE p. 4
3.2. PRINCIPAUX GISEMENTS FRANCAIS p . 4-5

4 - SECTEURS D'UTILISATION DES SULFATES DE CALCIUM p. 6


4.1. PLATRERIE p. 5
4.2. CIMENTERIE p. 7
4.3. AGRICULTURE p. S
4.4. ORNEMENTATION
4.5. AUTRES INDUSTRIES CONSOMMATRICES DE SULFATE DE CALCIUM p. 8

5 - CRITERES DE SELECTION ET SPECIFICATIONS INDUSTRIELLES p. 8


5.1. CRITERES D 1 EXPLOITABILITE DES GISEMENTS p. 8
5.1.1. Teneur en CaSOk 2H2O p. 8
5.1.2. Conditions d'exploitation p . 9-10
5.2. SPECIFICATION INDUSTRIELLES p . 11
5.2.1. Plâtrerie p. 11
5. 2. 2. Cimenterie p. 12
5. 2. 3. Agriculture " p. 12
5. 2. 4. Usages divers n. 12

6 - PRODUIT DE SUBSTITUTION : LE PHOSPHOGYPSE p. 12-13


6.1. UTILISATION DU PHOSPHOGYPSE EN PLATRERIE p. 14
6.2. UTILISATION DU PHOSPHOGYPSE EN CIMENTERIE p. 14
6.3. FABRICATION DE SOUFRE p. 14
6.4. FABRICATION DE SULFATE D'AMMONIUM p. 15
6.5. AMENDEMENT DU SOL p. 15
6.6. UTILISATION DU PHOSPHOGYPSE DANS LE GENIE CIVIL p. 15-16

7 - BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
1 - GENERALITES
Le gypse, CaSO^I^O, et sa variété anhydre (anhydrite) se rencontrent
communément dans la nature et fréquemment ensemble, sous de multiples aspects
de texture et de couleur selon les conditions de genèse et les impuretés
associées.

Le gypse, pour ses applications dans l'industrie plâtrière, est connu


depuis des millénaires (chez les Egyptiens notamment). On perd la trace de
son emploi jusque vers le XlIIème siècle où ä nouveau on le retrouve comme
"pierre à plâtre".

2 - DONNEES ECONOMIQUES
2.1 . BILAN STATISTIQUE

Quantités en 1 ()00 t. Valeurs en 1 000 F


(= Productions Marchandes*)

1975 1976 1977 1975 1976 1977

Production de -
gypse 5 873 5 954 6 063 44 766 48 077 52 808

Importations 9,6 13 5 10,3 1 418 1 751 1 695

Exportations 846,3 724 908,4 25 431 25 194 32 974

Consommation 5 036,3 5 143 5 5 164,9


apparente
t
Balance commerciale + 836,7 710 5 + 898,1 +24 013 +23 443 +31 279
import-export

* non compris la valeur des productions intégrées aux cimenteries et


plâtrières et consommées par elles représentant environ 50 % de la
production nationale.

La balance commerciale est nettement positive grâce à 900 000 t


d'exportation de gypse (contre 10 000 t d'importation) essentiellement
dirigées vers la Belgique et les Pays Scandinaves.
- 2 -

2.2. PRIX

- Les prix français départ carrière, matériaux chargés sur camions,


et pour les granulométries courantes (0/8 D pour plâtre et 8/50 D pour
cimenteries) varient (base 02-79) entre 17,00 F/t. HT et 25,00 F/t. HT.

C'est en Région Parisienne que l'on observe les prix départ les plus
faibles (^ 17,00 F/t. H.T)

2.3. REPARTITION DE LA PRODUCTION NATIONALE

. Ile de France (Seine-et-Marne, Val d'Oise, Seine-St-Denis, 60,5 %


Yvelines)

. Provence Côte d'Azur (Vaucluse, Bouches-du-Rhône, 13,5 %


Alpes Maritimes)

. Franche-Comté et Lorraine (Jura et Moselle essentiellement) 9,8 %

. Aquitaine (Landes, Pyrénées-Atlantiques) 4,2 %

. Charentes 4,1 %

. Savoie 3,8 %

. Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon (Ariège, Pyrénées- 4,1 %


Orientales, Aude, Haute-Garonne)

Remarque : ces données couvrent le gypse et J.'anhydrite ; celle-ci est


exploitée presque en totalité dans le département de la Moselle
à Koenigsmacker. La production annuelle est estimée à 500 000 t.

2.4. REPARTITION DE LA PRODUCTION MONDIALE

P A Y S Production 1977 gypse + anhydrite (M t)

USA 12, 15
CANADA 7,04
IRAN 6,70
FRANCE 6,06
U R S S 5,20 (estimation)
ESPAGNE 4,30 (estimation)
ITALIE 4,18
ROYAUME UNI 3,30 (estimation)
ALLEMAGNE FEDERALE 2,10 (estimation)

En 1977, sur une production mondiale de 65,5 millions de tonnes, la


France en fournit 9,2 % et occupe le 4ème rang des producteurs.
- 3 -

2.5. PRINCIPAUX DEBOUCHES DE LA PRODUCTION FRANÇAISE


Ces débouchés se répartissent comme suit :

Ventilation/Marché National Ventilation totale Principaux débouchés :

73 % 62 % fabrication du plâtre
26 % 22 % fabrication du clinker
1 % 1 % emplois divers
(amendements et charges)

15 % Exportation

100 % 100 %

Dans un marché "bâtiment, génie civil" difficile, les livraisons de


gypse destinées à la fabrication du plâtre sont en progression grâce au dé-
veloppement de l'industrie du plâtre manufacturé (carreaux, blocs, panneaux
pour cloisons =plasterboards). L'utilisation classique du plâtre sous
forme d'enduit (mur, plafond, façade) est en récession.

2.6. STRUCTURES INDUSTRIELLES

Principaux exploitants
Caractéristiques
(> 75 % production totale)

S.A.M.C. (Sté anonyme de Exploite une dizaine de sites en région


matériel de construction) parisienne -
(= groupe Ciments Français) 3 carrières marchandes représentant 90 %
des ventes de gypse -
Plusieurs filiales en Moselle et dans les
Landes.

LAMBERT - Industries 1er rang des producteurs de plâtre.


Exploite en région parisienne .
S'intéresse à la fabrication du gypse de
synthèse (phosphogypse) à Rouen.

Sté des Plâtrières de Exploite essentiellement dans le Sud de la


France (= groupe Lafarge) France (V¿ucluse, Bouches-du-Rhône, Alpes-
Maritimes, Ariège, Aude, Pyrénées-Atlan-
tiques)
S'intéresse au gypse de synthèse.

Ce tableau montre que l'essentiel de la production française est entre


les mains, directement ou indirectement, des groupes cimentiers.
- 4-

Le reste est assure par la S.A.L.S.I, en Seine-et-Marne, la Sté


des Plâtrières Modernes de Grozon (Jura) à capitaux anglais, la Sté de
Crozon près de St-Jean-de-Maurienne (Savoie), les Plâtrières Lorraines
Semin et Cie en Moselle, et les Ets Garandeau en Charente....

3 - GEOLOGIE
3.1. GENESE

L'hypothèse la plus communément admise quant au mode de formation du


gypse et de 1'anhydrite est celle de la précipitation directe des saumures
concentrées par evaporation dans les zones lagunaires. Les formations
(de gypse et anhydrite) sont en conséquence fréquemment associées a d'autres
évaporites (NaCl, KC1, MgCl 2 , CaCC^). Selon la température et la concentration
des autres sels contenus dans la saumure, le sulfate de calcium a précipité
soit sous forme de dihydrate (gypse), soit sous forme anhydre (anhydrite).
Les dépôts d'anhydrite se sont fréquemment réhydratés lentement pour donner
du gypse ; ce qui explique que gypse et anhydrite sont souvent associés.

Ces formations se présentent en couches régulières lorsqu'elles n'ont


pas subi de déformation tectonique. Par contre, lorsqu'elles ont subi l'effet
de fortes orogenèses (Alpes, Pyrénées, Jura....) elles ont littéralement
"giclé" hors de leur gisement primitif et se présentent sous forme de diapir
ou de minces filons s'insinuant partout dans les zones de moindres contraintes.

3.2. PRINCIPAUX GISEMENTS FRANCAIS

Le sulfate de calcium se rencontre dans le Trias (Muschelkalk, Keuper),


le Jurassique supérieur, l'Eocène et l'Oligocène.

. Alsace, Lorraine (Trias)

Le sulfate de calcium déposé est de 1'anhydrite qui, en surface, s'est


réhydraté (du gypse est exploitable jusque vers des profondeurs de 70 m ) .
En Moselle de 1'anhydrite est exploitée à Kédange et Koenigsmaker ; à
Hellin une carrière exploite simultanément gypse et anhydrite.

. Jura (Trias)

Le gypse se présente en gisements discontinus de Lons-le-Saunier


jusqu'à Salins ; en profondeur il est associé à de 1'anhydrite. Actuellement
il est exploité en galeries à flanc de colline à Grozon, sur une épaisseur
d'environ 7 m.

. Alpes (Trias)

En Savoie plusieurs exploitations sont actives dans la région de


St-Jean-de-Maurienne où l'on retire un gypse très blanc. Le site le plus
important est exploité à ciel ouvert.
- 5 -

. Provence (Trias)

Les gisements, comme dans les Alpes, ont été très remaniés par les
mouvements alpins, et sont visibles à la faveur des vallées (Vésubie,
Roya, Var, Tinée) ; les points actuels d'extraction se situent à Lantosque
et Sospel.

. Aquitaine (Trias)

Les gisements les plus intéressants se rencontrent surtout dans la


zone Nord-Pyrénéenne, sous forme de diapirs ou bien en injection dans
des failles.
Exploitations : Caresse (Pyrénées-Atlantiques), Tarascón, Prat-
Bonrepaux, Mercenac (Ariège), près de Dax (Landes).

. Charente (Jurassique supérieur)

Les gisements affleurent dans l'anticlinal de Gémozac, aux environs


de Matha et se prolongent en Charente-Maritime (St-Hilaire, Moulidars).

De nos jours le gypse est exploité à Champlanc (Cherves-de-Cognac)


à ciel ouvert (3 bancs de gypse de 0,75, 1,25 et 2,50 m d'épaisseur séparés
de bancs marneux).

. Bassin de Paris (Eocène supérieur = Ludien)

Les meilleurs gisements se localisent au centre du bassin où ils se


présentent en trois couches superposées ou masses, entre lesquelles s'in-
tercalent des marnes. C'est au centre également que la qualité et l'épais-
seur des masses sont les meilleures.

Les principales carrières ont été ouvertes dans les buttes témoins
de l'Hautil, de Cormeilles, de Montmorency, de l'Isle-Adam, de Carnelle,
de Belleville, Vaujours, Crégy-les-Meaux.—, les exploitations se faisant
soit à ciel ouvert comme à Cormeilles (95), Monthyon (77), Le Pin (77),
Villeparisis (77) avec des découvertes parfois supérieures à la vingtaine
de mètres, soit en souterrain comme à Penchard (77), Taverny-Bessancourt
(95), Port-Maron-Vaux/Seine (78) jusqu'au coeur des buttes témoins.

. Vaucluse, Aude, Bouches-du-Rhône (Oligocène)

Le Vaucluse recèle un gisement d'importance considérable (puissance


d'environ I00 m à Mazan).

Dans l'Aude, à Portel, annuellement, une petite quantité de gypse


est extraite de galeries exploitant une formation de 12 m interrompue de
minces lits marneux.

Le gisement de St-Pierre-les-Martigues (13) situé entre l'étang de


Berre et la mer constitue un dépôt de 60 m d'épaisseur, à fort pendage,
s'étendant sur plusieurs kilomètres.
- 6-

4 - SECTEURS D'UTILISATION DES SULFATES DE CALCIUM


Leurs applications industrielles sont nombreuses mais la plus
importante est la fabrication de plâtres ; viennent ensuite l'utilisation du
gypse dans la préparation des ciments, puis dans des industries diverses
et nombreuses : en agriculture, décoration, dans les peintures, la ver-
rerie, etc...

4.1 . PLATRERIE

La fabrication du plâtre consiste, après broyage du gypse, à sou-


mettre le cru à la chaleur : le gypse perd alors tout ou partie de son eau
de cristallisation. Selon les conditions de température, de temps, de pres-
sion et d'humidité auxquelles il est soumis, on peut obtenir toute une
gamme de produits partiellement hydratés ou anhydres entrant dans la com-
position du plâtre dans des proportions diverses selon le type de plâtre
désiré.

Ainsi, porté entre 128 et 163°C, le gypse perd les 3/4 de son eau de
cristallisation pour donner le "plâtre de Paris" constitué principalement
de semihydrate CaSO^ 1/2H2O et d'une certaine quantité de surcuit ou sul-
fate de calcium anhydre soluble (différent de 1'anhydrite naturelle
insoluble).

Le plâtre ainsi obtenu, mis en présence d'eau, redonne le double


hydrate initial. Cependant, la prise ne se manifeste pas spontanément et
pendant quelques instants la gâchée peut couler et se prêter au moulage ;
ensuite il se produit un léger raffermissement accompagné d'une augmenta-
tion de volume et de température. Le durcissement intervient après le
dégagement de chaleur.

Si le plâtre comporte des incuits ou s'il est trop calciné, la prise


sera difficile.

Suivant les types d'utilisation on a besoin de plâtres à temps de


coulabilité et à durcissement plus ou moins longs. Les divers plâtres
seront obtenus par addition en faibles quantités d'accélérateurs ou de
retardateurs de prise au moment du broyage (après cuisson) ou bien au
moment du mélange des qualités. Ces ajouts modifient, non seulement le
temps de prise, mais également le gonflement, le dégagement de chaleur,
l'évolution de la plasticité, les propriétés mécaniques.

LES EMPLOIS DU PLATRE

Le plâtre est principalement utilisé dans le bâtiment soit sous forme


d'enduits, soit sous forme d'éléments préfabriqués, soit pour exécuter
des scellements, jointements.
- 7 -

Des plâtres nouveaux ont fait leur apparition comme les plâtres
retardés, les plâtres hydrofuges, les plâtres à très haute dureté pour
la confection d'enduits intérieurs ou extérieurs, des plâtres spéciaux
de protection contre l'incendie, des plâtres pour la préfabrication ou
pour la projection.

En dehors du bâtiment, le plâtre est utilisé pour la fabrication


de moules dans les industries céramiques, en fonderie, en chirurgie et
art dentaire.

4.2. CIMENTERIE

Du gypse est toujours ajouté au clinker lors du broyage pour la


fabrication des ciments Portland à raison de 3 à 4 % en poids. Son rôle
consiste à différer et régulariser la prise du ciment. Les ajouts de
gypse dépendent largement de la teneur en aluminate tricalcique (C3A)
dont la prise est extrêmement rapide.

Dans la fabrication de certains CPA nécessitant une grande finesse


de broyage du clinker, il est indispensable d'utiliser de l'anhydrite
afin d'éviter au moment du gâchage le phénomène de fausse prise :
en effet, un broyage poussé s'accompagnant d'une forte élévation de tem-
pérature en présence de gypse, on assiste à la réaction suivante :
plâtre actif
broyage -»• t° élevée
clinker + CaS0i+2H2O -> clinker broyé + Ca

ciment

eau de gâchage
4-
phênomène de fausse prise du plâtre

Lors du gâchage du ciment obtenu le semi-hydrate réagit avec l'eau et il y


a prise du plâtre (5 à 6 mn)

Si on utilise de l'anhydrite on observe :


anhydrite inerte
broyage -> t° élevée
clinker + CaSOit -> clinker broyé +

ciment

eau de gâchage

pas de fausse prise


4.3. AGRICULTURE

En agriculture, le gypse'est utilisé comme amendement : il a pour


effet d'abaisser la salinité des sols d'où son utilisation en bordure de
mer. Il peut apporter également aux sols qui en manquent un complément
en calcium et (ou) en sulfure.

Comme engrais, le gypse facilite les cultures de la luzerne, du


trèfle, des pommes de terre

4.4. ORNEMENTATION

L'albâtre gypseux, d'aspect voisin de celui du marbre, trouve des


applications en statuaire et sculpture.

4.5. AUTRES INDUSTRIES CONSOMMATRICES DE SULFATE DE CALCIUM

. La facilité avec laquelle le gypse peut être micronisé en fait


un des nombreux produits du groupe des charges. Chimiquement inerte, il
trouve des applications dans la fabrication des peintures, des colles,
de certains produits pharmaceutiques.

En papeterie, malgré ses qualités de blancheur et brillance son


emploi tend à disparaître du fait de sa relative solubilité, source de
problèmes.

En verrerie, le gypse (et l'anhydrite) ajouté au mélange verrier


en fusion facilite les dégagements gazeux.

Divers autres usages peuvent être signalés : boues de forage,


fabrication des crayons, gommes

L'anhydrite insoluble (naturelle), ou le gypse calciné à mort,


lorsqu'ils sont en fines particules, s'hydratent rapidement pour donner
un produit très résistant d'où leur utilisation en projection dans les
mines, avec un accélérateur de prise, comme matériau de confortement au
cours des opérations de remblai dans les charbonnages.

5 - CRITERES DE SELECTION ET SPECIFICATIONS INDUSTRIELLES


5.1. CRITERES D'EXPLOITABILITE DES GISEMENTS

5.1.1. Teneur en CaSOh 2H2O

Quand ils sont purs le gypse et l'anhydrite comportent :


CaO S0 3 H20
Gypse 32,6 % 46,5 % 20,9 %

anhydrite 41,2 % 58,8 %


- 9-

Dans la nature les formations exploitées pour leur gypse


renferment toujours des impuretés dont les plus fréquentes sont :
argile, calcaire, dolomie, silice...

L'A.S.T.M. spécifie "qu'aucun matériau ne peut être considéré


comme gypse sil contient moins de 70,0 % en poids de CaSO^ 2H 2 0"

En France, les gisements exploités comportent un minimum


de 75 % de CaSO^I^O (sud du pays) ; les gisements considérés comme de
qualité exceptionnelle en renferment de 90 à 97 % (Bassin de Paris)

5.1.2. Conditions d'exploitation (cf. tableau p. 10)

- extraction_à_ciel_ouvert

En règle générale l'exploitation sera menée à ciel ouvert


chaque fois que cela sera possible c'est-à-dire lorsque le taux de recou-
vrement moyen oscillera entre 1 et 2.

Cependant, ce taux limite de recouvrement est directement


fonction des conditions du marché et du prix auquel peut être rendu
localement la matière première. Ainsi les taux de recouvrement admissibles
peuvent atteindre théoriquement des valeurs allant de 4 à 6.

. Avantages de la méthode : exploitation de la totalité du gisement

. Inconvénients ;

- découverte stérile parfois importante et problèmes de


de stockage

- exploitation devant tenir compte de l'environnement et


remise en état des lieux

- teneur en eau variable et parfois élevée

- exploitation malaisée par temps de pluie.

Elle devient obligatoire lorsque le taux de recouvrement


excède les valeurs ci-dessus.

. Avantages :

- gypse peu humide

- exploitation possible en toute saison

- moins de problèmes en relation avec l'environnement


Mode Recou- Puissance Taux de re-
Commune exploitation vrement exploitée(m) couvrement % CaSO 4 2H 2 O

Bassin de Paris Taverny Souterrain 80 9 96 - 97

Penchard Ciel ouvert 22 14 1,6 94 - 95


puis souterrain

Port Maron Souterrain épuisé (5,5) 94

Cormeilles Ciel ouvert les 4 masses

Vaujours Ciel ouvert 30 24 1,25 94 - 95

Cormeilles Ciel ouvert

Jura Grozon Souterrain 7-8

Alpes St-Jean-Maurienne Souterrain ^0 plusieurs 10 m

Vaucluse Mazan Ciel ouvert 40 80 0,5 de 75 à 90 %

Bouches-du-Rhône St Pierre-les- Souterrain sur 60 >


Martigues plusieurs étages

Charente Cherves de Cognac Ciel ouvert 7 4,50 1,55

Var Sospel Ciel ouvert 6 8 0,75


2 10 0,2
de 57 à 95 %
Aude Portel Souterrain 12
selon les couches

Caractéristiques d'exploitation des gisements français de gypse


- 11 -

Inconvénients de la méthode

- taux de récupération des réserves relativement faible


(de 40 à 70 %) . Les causes de pertes sont de 2 ordres : d'une part
la méthode des chambres et piliers nécessite l'abandon des piliers ;
cependant, la méthode plus récente du foudroyage permet une récupé-
ration partielle des piliers par recoupe et refente avant torpillage
des piliers résiduels ; d'autre part la méthode oblige à laisser au
mur et au toit, lorsque l'encaissant est argileux, une certaine épais-
seur de matière première de façon à éviter les risques de soufflage
et d'effondrement.

- épaisseur de la couche à exploiter : "i 5 m


Remarque : certains producteurs, avec des techniques minières es-
comptent exploiter des couches de 2,50 m.

- consommation plus importante d'explosif

5.2. SPECIFICATION INDUSTRIELLES

S.2.1. Plâtrerie

- teneur en CaSOit 2H 2 0

La norme NF - B 12-301 sur les plâtres de construction


précise : "le degré de pureté caractérisé par la teneur en sulfate de
calcium doit correspondre à une teneur en SÛ3>40 %".

Ce taux de SÛ3>40 % correspond à un gypse pur à 85 % minimum.

Les impuretés les plus nuisibles sont :

MgO $ 2 %
K20 $ 0,1 %
Na 2 O $ 0,02 %

Les plâtres pour céramique (fabrication de moules) font appel


à des gypses de qualité exceptionnelle (CaSO^ 2H2O$90 % ) .

- granularité avant cuisson


Un gypse monogranulaire serait idéal pour assurer, lors de la
cuisson, une vitesse de diffusion de la chaleur identique pour tous les
grains. Une telle préparation est impossible cependant.
Les qualités marchandes de gypse pour plâtre, obtenues par
concassage du brut, se présentent sous forme de fraction 0/8 ü . De plus
on s'attache à obtenir des granularités aussi creuses et régulières que
possible.
- 12 -

5.2.2. Cimenterie

- teneur en CaSO^ '2H2O

La nouvelle norme NF - P 15 - 301 sur les liants hydrauliques


impose que les ajouts de sulfate de calcium, sous forme de gypse
(éventuellement d'anhydrite) effectués lors des opérations de broyage du
clinker doivent être tels que :

. SO3 total < 5 % pour le ciment de laitier au clinker

. SO3 total < 4 % pour les autres ciments

Le gypse utilisé devra comporter : CaSO^ 2H 2 0 >75 %


En cas d'utilisation d'anhydrite : CaSO^ >60 %

- granularité

En règle générale les fractions utilisées sont le 8/50 avec


moins de 20 % d'inférieur à 8 mm.

5.2.2. Agriculture

- pureté : gypse pur à 50 %


- granularité : 0/2

5.2.4. Usages divers

En verrerie, la granularité imposée est : 0/2 avec moins de


3 % de refus à 2 mm

Le gypse utilisé comme charge doit être très blanc et


micronisé :< 100 y m

6 - PRODUIT DE SUBSTITUTION : LE PHOSPHOGYPSE


Le phosphogypse est un sous-produit de l'industrie de la fabrication
des engrais phosphatés. En effet, l'acide phosphorique, nécessaire à la
fabrication d'engrais riches, est obtenu par attaque du phosphate de
calcium naturel par de l'acide sulfurique en excès. On obtient alors un
mélange d'acide phosphorique et de sulfate de calcium, du gypse, que l'on
sépare par passages sur des filtres. La matière résiduelle n'ayant pas
traversé le filtre constitue le phosphogypse brut. Elle contient du gypse,
mais on y retrouve également des impuretés, telles que le fluorure de
calcium et des matières organiques provenant du phosphate naturel. Après
traitement, ce phosphogypse peut, dans certaines conditions, être utilisé
pour la fabrication du plâtre au lieu et place du gypse naturel.
- 13 -

En France cependant, la production annuelle du phosphogypse est


de 7 millions de tonnes, très excédentaire par rapport à la demande
déjà satisfaite par le gypse'naturel d'emploi actuellement moins coûteux.

Elle se répartit ainsi :

- 63 % dans le Nord-Ouest (Rouen - Le Havre),

- 9 % dans le Nord (Wattrelos),

- 8 % dans les Landes (Boucau - Bayonne),

- 7 % dans la région lyonnaise (Les Roches-de-Condrieu),

- 6 % dans la région de Bordeaux,

- 3 % en Alsace (Ottmarsheim),

- 2 % en Charente,

- 2 % dans la région de Sète.

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i Depot sur terril ' ' • ' - » . - *


& Rejet en rivière
0 Rejet en mer
1 Récupération (piètre & carreaux)

- Origines et destination du phosphogypse.


- 14 -

6.1. UTILISATION DU PHOSPHOGYPSE EN PLATRERIE

Si le phosphogypse présente l'avantage sur le gypse naturel de ne


pas nécessiter de broyage, par contre la présence d'impuretés rend néces-
saire des opérations de purification et de neutralisation. Plusieurs procé-
dés sont utilisés, visant essentiellement à produire du plâtre pour des
éléments préfabriqués.

Quatre installations industrielles existent actuellement en France :

- Ottmarsheim (Haut-Rhin) : production 15 x 106 m 2 de plaques de


plâtre cartonnées par la société Rigips qui absorbe la totalité du phos-
phogypse produit par Pec-Rhin ;

- Douvrin (Pas-de-Calais) : production de plâtre en poudre pour


éléments préfabriqués (capacité de 100 000 t/an, qui absorbe près de la
moitié du phosphogypse produit par CDF-Chimie) ;

- Les Roches-de-Condrieu : production de carreaux de plâtre


(800 000 m 2 /an) par Rhône-Poulenc ;

- Rouen : production de carreaux de plâtre par Lambert Industries


à partir du phosphogypse de Rhône-Poulenc (capacité 250 000 t/an).

La fabrication de plâtre pour éléments préfabriqués absorbe environ


800 000 t/an de phosphogypse (soit 10 % de la production nationale). A
titre de comparaison, il est produit environ 3 500 000 t de plâtre en
France.

6.2. UTILISATION DU PHOSPHOGYPSE EN CIMENTERIE

La réutilisation potentielle dépasserait 1 million de tonnes, mais


elle se heurte d'une part à des problèmes- techniques importants (retard
important dans la prise, finesse trop élevée, diminution des résistances
aux très jeunes âges, action des impuretés sur la qualité du ciment
obtenu), d'autre part aux problèmes liés aux lieux d'implantation des
cimenteries par rapport aux carrières et aux unités de fabrication d'acide
phosphorique.

6.3. FABRICATION DE SOUFRE

En réduisant des sulfates (gypse, anhydrite, etc.) par du charbon,


on obtient du sulfure de calcium qui est décomposé en hydrogène sulfuré
par de l'acide ; l'hydrogène sulfuré donne ensuite le soufre par oxydation.
- 15

6.4. FABRICATION DE SULFATE D'AMMONIUM

La double décomposition du sulfate de calcium par le carbonate


d'ammonium donne du carbonate de calcium qui précipite et du sulfate
d'ammonium utilisable comme engrais.

L'idée d'utiliser du phosphogypse en lieu et place du gypse est


déjà ancienne. Ainsi, en France a démarré en 1942, à Selzaete, une usine
qui a produit 130 000 t de sulfate d'ammonium en 1951 et 200 000 t en
1958.

6.5. AMENDEMENT DU SOL

Les gypses résiduaires peuvent jouer le rôle d'échangeurs d'ions pour


enlever le sodium de sols recouverts par la mer et les phosphogypses ont
été largement utilisés en France, en Grande-Bretagne et surtout aux
Pays-Bas.

Notons également que le phosphogypse pourrait être également utilisé


comme engrais simple (apport de soufre essentiellement) ou comme correc-
teur de pH des sols acides à long terme (partie acide S O " absorbée rapi-
dement par la végétation, permettant ainsi l'action neutralisante du
Ca++).

6.6. UTILISATIONS DU PHOSPHOGYPSE DANS LE GENIE CIVIL

. Utilisation du phosphogypse en assises de chaussées

Trois techniques ont été étudiées : grave-laitier, cendres volantes,


grave-ciment.

Dans la technique de la grave-laitier, le phosphogypse est utilisé


comme activant sulfatique du laitier. Cette activation étant plus lente
que 1'activation calcique ou sodique, l'étude a porté sur des mélanges
sulfate-soude ou sulfate-chaux en vue d'obtenir un activant qui donne une
Prise suffisante à court terme grâce à la base, puis une croissance des
résistances à long terme grâce au sulfate.

Des études détaillées ont montré dans le cas du phosphogypse-soude,


des améliorations sensibles des caractéristiques permettant d'entrevoir
des dosages en phosphogypse nettement plus importants que ceux initialement
prévus, avec l'avantage supplémentaire de pouvoir utiliser du phosphogypse
brut, c'est-à-dire décanté et éventuellement non neutralisé (par compa-
raison, le gypsonat nécessite un surséchage), ce qui demande donc peu
d'investissements de la part des producteurs qui n'ont à réaliser que
des dépôts.
- 16 -

Pour sa part, la technique cendres volantes est employée depuis


une dizaine d'années suivant deux utilisations :

- d'une part, associées à la chaux ces cendres volantes constituent


un excellent liant pour le traitement de graves utilisées en couche de
base ;

- d'autre part, utilisées avec de la chaux et du gypse, elles four-


nissent un mélange "tout cendres" (sans granulat), utilisé en couche de
fondation ; dans cette dernière technique, les dosages sont les suivants :
91 % de cendres volantes, 4 % de chaux vive et 5 % de gypse.

On a donc naturellement cherché à réutiliser le phosphogypse en


remplacement du gypse dans ces techniques.

Les premiers résultats montrent des améliorations très nettes des


performances, ce qui permettrait dans ce cas également d'entrevoir des
dosages en phosphogypse bien plus élevés.

Dans la technique des graves-ciment le liant est constitué par un


mélange de laitier moulu et de phosphogypse additionné de soude, permet-
tant ainsi de réaliser un "ciment" sans clinker.

Les premiers résultats ont permis d'établir deux formulations :


l'une à forte teneur en phosphogypse, dont les performances suffisent en
technique routière, l'autre à plus faible teneur en phosphogypse, mais
dont les performances mécaniques sont très élevées, permettant d'envisager
un emploi dans les bétons non armés.

. Utilisation du phosphogypse en terrassement : des études sont


actuellement en cours.

A l'heure actuelle, le phosphogypse trouve essentiellement quelques


débouchés à l'échelle industrielle dans la fabrication des plâtres.

Son coût d'utilisation est cependant assez sensiblement supérieur


à celui du gypse naturel. Il requiert en effet des traitements spécifiques
et coûteux (épuration, evaporation), qui restreignent fortement ses pos-
sibilités d'emploi et leur développement.
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

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- NF-B 12 - 301 - Plâtres de construction - Août 1963

- NF-P 15 - 301 - Liants hydrauliques - Définition, classification et

spécifications des ciments - Décembre 1978

1978 ANNUAL BOOK OF ASTM STANDARDS, PART 13 :

- C 22 - 77 - Standard specification for gypsum

- C 28 - 76 a- Standard specification for gypsum plasters

- C 59 - 76 - Standard specification for gypsum casting and molding plaster.

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