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Pascal: Foi et Philosophie Entrelacées

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Pascal, Les Pensées

Présentation générale

I/ Présentation de l’auteur (cf [Link]) :

Pascal est né le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand dans une famille appartenant à la petite
noblesse. Il perdit sa mère à l’âge de trois ans. Son père Etienne, esprit cultivé, épris de
science, est second président en la cour des Aides de Montferrand. Pascal a deux sœurs :
Gilberte (1620.1687) et Jacqueline (1625.1661).

En 1631, la famille s’établit à Paris où le père s’occupe de l’éducation de ses enfants.


Etienne Pascal est en relation avec l’élite scientifique de l’époque : Roberval, Fermat,
Gassendi, Desargues. Par la médiation du Père Mersenne, il est en rapport avec Galilée,
Descartes, Hobbes. Très tôt son fils l’accompagne à ces réunions savantes où l’enfant étonne
par la précocité de son esprit. Il est vrai qu’à onze ans, le jeune prodige écrit un traité sur la
propagation des sons et à 12 ans, retrouve seul, les trente-deux premières propositions
d’Euclide. A 16 ans, il publie un travail très remarqué : Essai sur les Coniques.

En 1639 la famille s’installe à Rouen où Etienne Pascal est nommé « commissaire pour
l’impôt et la levée des taxes ». C’est pour faciliter le travail de son père que Pascal met au
point la première machine à calculer: la machine arithmétique ou « pascaline ».
La littérature faisant aussi partie des intérêts des Pascal, ils reçoivent Corneille alors au
faîte de sa gloire.

En 1646, un événement va bouleverser la vie de toute la famille. Le père s’étant démis une
jambe au cours d’une chute, se confie aux soins de deux gentilshommes normands, ayant la
réputation de guérisseurs. Ceux-ci ont été initiés au jansénisme de Port-Royal par Jean
Guillebert, curé de Rouville, converti par St Cyran (le jansénisme est une doctrine religieuse
catholique qui prône un rigorisme spirituel et s’oppose au jésuitisme ainsi qu’au pouvoir
jugé trop important du Vatican). Pendant les trois mois que les frères Deschamps passèrent
chez les Pascal, « toute la maison profita du séjour des ces Messieurs, écrit Gilberte Perrier, la
sœur de Pascal. Leurs discours édifiants et leur bonne vie que l’on connaissait donnèrent
envie à mon père, à mon frère et à ma sœur de voir les livres qu’on jugeait qui leur avait servi
pour parvenir à cet état […] Ce fut alors qu’ils commencèrent tous à prendre connaissance des
ouvrages de M. Jansénius, de M. de Saint-Cyran, de M. Arnauld et des autres écrits dont ils
furent épris ».

Soulignons que cette conversion n’est pas le propre d’incrédules trouvant ou retrouvant la
foi. Les Pascal sont des catholiques sincères mais ils découvrent alors qu’ils vivent en-deçà
des exigences de la véritable piété.

Alors que sa sœur Jacqueline va jusqu’au bout de sa conversion en devenant Sœur St


Euphémie à Port-Royal à partir de 1652, Pascal reste dans le monde et y mène une vie
mondaine. C’est aussi une période d’intense activité scientifique.

Dès 1647, Pascal est un grand malade. Il souffre de maux de tête, d’estomac, de
paralysie momentanée des jambes et surtout, malgré ses nombreuses activités, il ressent la
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vacuité de sa vie mondaine. Le converti de 1646 sent bien qu’il ne vit pas comme il pense
mais si le monde ne l’attire plus, il sent aussi que la véritable conversion ne dépend pas
entièrement de lui, qu’il y faut une aide de Dieu, à savoir une grâce qui ne l’a pas encore
touché.

Dans ses dernières années (1658-1662), il continue ses recherches mathématiques pour
autant que les progrès de sa maladie lui en laissent le loisir, il rédige la Prière pour le bon
usage des maladies et ses Trois Discours sur la condition des grands, il se préoccupe de mettre
en service des « carrosses à cinq sols » ancêtres de nos actuels transports en commun.
Il s’éteint à 39 ans, le 19 août 1662, chez sa sœur, Gilberte Perrier, où il se fait
transporter pour laisser sa place à un enfant malade. Sur son lit de mort, il se reproche de ne
pas avoir été assez charitable et exprime le vœu d’être transféré aux Incurables pour mourir
« en la compagnie des pauvres ».

II/ Présentation de l’œuvre :

Les Pensées de Pascal sont un des rares textes du XVIIe siècle dont nous possédions
les manuscrits originaux. Cela tient au fait que l’œuvre est demeurée inachevée en raison de la
mort prématurée de son auteur. Dans les années qui ont suivi la publication des Provinciales,
Pascal se proposait d’écrire un ouvrage destiné à exposer les raisons de croire à la
révélation apportée par la religion chrétienne, mais il n’a laissé à sa disparition que des
manuscrits préparatoires (qui auraient été détruits s’il avait vécu assez longtemps pour faire
imprimer son ouvrage achevé). C’est sa famille et ses amis de Port-Royal qui ont décidé de
publier, au moins partiellement, et avec d’importantes corrections, les textes qu’ils ont
découverts. Conscients de la nécessité de préserver non seulement les textes eux-mêmes, mais
la trace de l’état dans lesquels ils avaient été retrouvés, ils en ont fait établir des Copies. Ces
copies ont été ensuite triées et numérotées, ce qui explique les numéros que vous voyez au
début de chaque Pensée.
Au terme d’une histoire complexe, le recueil des papiers originaux et certaines copies
qui en ont été tirées nous sont parvenues. Les Pensées de Pascal sont par conséquent l’un des
seuls textes majeurs du XVIIe siècle qui nous laisse apercevoir sur le vif le travail de création
de son auteur. ([Link])

Un texte apologétique :

Les Pensées de Pascal constituent un texte clairement apologétique. L’apologétique se


distingue assez clairement de la théologie. La théologie, se définit comme une science de
Dieu et une connaissance des choses divine. Celle-ci ne vise aucun destinataire déterminé.
L’apologétique en revanche suppose que l’on s’adresse à un lecteur extérieur, que l’on
cherche à persuader de la vérité, de la crédibilité, de l’historicité de la religion , et par
suite de la véracité de la Révélation et du témoignage du Christ. ([Link]é[Link]).
Le but avoué des Pensées de Pascal est donc clairement de convaincre son lecteur de la
nécessité de croire en Dieu, ce dernier étant la seule secours que l’homme puisse avoir face à
sa condition misérable.

Un texte philosophique :

2
Cependant le texte de Pascal constitue aussi une réflexion philosophique majeure
sur l’existence humaine. En particulier, Pascal se soucie beaucoup du malheur constitutif
de l’existence humaine (ce qu’il appelle aussi la « misère » de l’homme). Si l’homme est
misérable, c’est parce qu’il est un être fondamentalement partagé : il est à la fois un être
doué de conscience (car il est à l’image de Dieu) capable de réflexion et en même temps, il
reste cette créature faible, balotée par les passions et incapable de mener une existence digne
de lui-même. Ainsi l’homme est-il en permanence confronté au spectacle de sa propre
faiblesse contre laquelle il ne trouve aucune solution, raison pour laquelle il se « divertit » cad
invente mille et une façons d’oublier qu’il est faible et qu’il va mourir.
Ici se rejoignent le Pascal philosophe et le Pascal croyant car le message que veut faire passer
Pascal dans les Pensées est que seule la conversion religieuse peut permettre à l’homme de
donner un sens à son existence. Aussi passons-nous tous notre vie à nous leurrer en courant
après ce qui n’en vaut pas la peine et en passant à côté de la seule chose qui ait véritablement
une valeur : la grâce divine.

Peut-on lire Pascal en faisant abstraction de la question de la foi ?

Il est bien certain qu’on ne peut saisir toute l’ampleur de la pensée de Pascal et le
regard qu’il porte sur l’existence humaine si l’on ne tient pas compte du fait que seule la foi,
pour lui, donne un sens à nos vies. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut être
croyant pour comprendre ce qu’il dit. Car Pascal met le doigt sur quelque chose que nous
percevons tous plus ou moins clairement : la fragilité de notre existence et l’horreur de
vivre tout en sachant que nous allons mourir. Comment donner sens d’une existence vouée
à disparaître et quel sens donner à cette disparition ? C’est une question qui nous préoccupe
tous, que l’on soit croyant ou non. C’est en ce sens que l’on fera de Pascal le précurseur de
l’existentialisme, cad de l’idée selon laquelle l’homme est libre, jeté dans une existence à
laquelle il est seul à pouvoir un sens. A ce titre, Pascal, tout comme les penseurs
existentialistes du XXème siècle (Sartre…) décrit bien l’angoisse propre à l’existence
humaine face au vide laissé par une liberté dont nous seul seul à assumer la
responsabilité.
Par ailleurs, Pascal décrit particulièrement bien les contradictions propres à l’homme qu’il
décrit toujours comme un être partagé entre ce qu’il est et ce qu’il voudrait être, conscient
qu’il devrait faire mieux et incapable de s’en tenir aux valeurs qu’il érige en modèle. Ainsi
Pascal dit-il beaucoup de nos faiblesses mais aussi de notre dignité. Car malgré toutes ses
compromissions, l’homme ne baisse jamais les bras, il est conscient de la valeur et de la
fragilité de son existence et cherche malgré tout (même s’il se trompe souvent dans les
moyens qu’il emploie) à donner un sens à son existence.

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