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CONNAISSANCE DU MONDE
CONTEMPORAIN
( C.M.C )
2 BT TERTIAIRE 2019-2020
COURS et ACTIVITES
LES AUTEURS : C.E C.M.C CBCB COCODY ET CBCG TREICHVILLE
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PROGRAMME C.M.C DEUXIEME ANNÉE BT- TERTIAIRE
ELEMENT DE N° de Intitulé de leçon
COMPETENCE leçon
La décolonisation d’un pays : cas de la Côte d’Ivoire
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COMP 1 : EXPLIQUER LA VIE 2 Etude économique des Etats Unis d’Amérique
SOCIO-POLITIQUE ET
ECONOMIQUE D’UN PAYS 3
Etude économique du Brésil
1 Les effets de la mondialisation sur l’économie des pays du
COMP II : EXPLIQUER LE tiers monde
FONCTIONNEMENT
DU SYSTEME 2 L’effondrement du rideau de fer
MONDE
COMP III : EXPLIQUER LE 1 L’UA
BILAN D’ACTIVITES
D’UNE 2 L’UEMOA
ORGANISATION DE
COOPERATION
INTERNATIONALE 3 Les relations UE-ACP
3
COMPETENCE 2
EXPLIQUER LE FONCTIONNEMENT DU SYSTEME MONDE
LEÇON I : LES EFFETS DE LA MONDIALISATION SUR
L’ECONOMIE DES PAYS DU TIERS MONDE
INTRODUCTION
La « mondialisation » ou « globalisation » est un processus par lequel s’établit une interdépendance
entre les différentes régions du monde au niveau économique. C’est la mise en relation des différents
espaces économiques.
Elle donc évoque l’intégration croissante des économies dans le monde entier, au moyen surtout des
courants d’échanges et des flux financiers.
Mais de façon générale la mondialisation comporte, en plus de l’économie, des dimensions
culturelles, politiques et environnementales.
Quels sont les effets de la mondialisation sur l’économie des pays du Tiers-monde ?
I-LES FACTEURS ET LES ACTEURS DE LA MONDIALISATION
1- Origine et facteurs de la mondialisation
a- Origine et caractères de la mondialisation
Origine de la mondialisation
L’internationalisation des économies est constitutive de la société capitaliste depuis le XVIè siècle. A
cette époque, grâce à l’industrialisation, on assistait déjà à une production massive guidée par une
demande intérieure et à une exportation massive.
Ce processus va s’accentuer à partir de 1947 avec la signature des accords du GATT. Mais, c’est
dans les années 1980 qu’elle s’est particulièrement manifestée avec une véritable explosion des
échanges ; explosion due au développement des moyens de communication.
Caractères de la mondialisation
La caractéristique essentielle d’une économie mondialisée, c’est la répercussion immédiate des
décisions ou des faits se produisant dans une région donnée. Ainsi, le paysan africain subit-il depuis
sa campagne, les effets des fluctuations des cours du café sur les marchés boursiers européens ; de
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plus la mondialisation de l’économie consacre le marché dont elle accroît les pouvoirs. Elle suscite
l’ouverture totale des frontières, la quête perpétuelle de marché.
b- Facteurs
Ce sont les éléments qui ont permis favorisé la mondialisation. On peut retenir :
La colonisation
La colonisation a permis la mise en place dans les différents territoires colonisés d’Afrique, d’Asie et
d’Amérique, des structures administratives, des moyens de communication (route, port, aéroport,
chemin de fer) et la délocalisation ou la création de filiales ou comptoirs des entreprises d’origine
européenne (ex : UNILEVER, SCOA : Sté Commerciale Ouest Africaine).
Cela crée ainsi les premiers éléments des échanges commerciaux entre les continents de la planète.
Les innovations technologiques
La révolution des transports
Après la 2èGuerre Mondiale, l’humanité va connaître de multiples innovations technologiques. Ces
progrès techniques vont favoriser la révolution des transports. L’avion, les TGV… deviennent un
outil important de la mondialisation.
Tous ces progrès ont permis dans le domaine du transport :
● Des gains énormes de productivité
● Des gains en temps
● Une efficacité accrue des différents moyens de transport
● Le déplacement rapide des marchandises et des personnes
La révolution informatique : les télécommunications
On assiste à une floraison d’innovations dans le domaine de l’information. Cette révolution
informatique s’observe à travers le système de télécommunication toujours plus performant avec des
outils tels que :
● Les fax
● Les satellites
● Les téléphones mobiles
● L’internet, etc.…
Grace à ces ces nouveaux moyens de communication, l’information est reçue en temps réel. Ces
nouveaux moyens de communication relient entre eux partout dans le monde les décideurs, les
ingénieurs, les entrepreneurs, les concessionnaires et les revendeurs.
La libéralisation des échanges dans le cadre mondial
Ainsi, afin de mieux s’organiser et pour un meilleur fonctionnement du système international, les
États se sont concertés pour une libéralisation des échanges : On crée alors en 1947, le G.A.T.T
(General Agreement on Tariffs and Trade) qui est l’accord général sur les tarifs douaniers et le
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commerce. Il a pour objectif la réduction progressive des barrières douanières et l’élimination des
restrictions aux échanges grâce à de grandes négociations qui se sont succédés pendant les grandes
conférences telles le KENEDY ROUND (1964-1967) , TOKYO ROUND (1973-1979) et
URUGUAY ROUND (1986-1994).
En 1994, le G.A.T.T disparaissait pour faire place à l’organisation mondiale du commerce (O.M.C)
avec les mêmes objectifs.
2- Les acteurs
Les acteurs de la mondialisation sont :
- Les organisations internationales comme : l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce)
- Les organisations régionales d’intégration économique. Exemple : UE, CEDEAO, CEMAC
- Les grandes entreprises internationales, les firmes, les multinationales. Exemple : Coca-Cola,
Toyota, Mercedes, etc.
- Les Etats
- Les diasporas
- Les investisseurs nationaux et internationaux
La mondialisation se déroule sur tous les espaces de la planète terre. Cependant, certaines régions du
monde se distinguent par leur dynamisme. Ce sont : les USA, la Chine, le Japon, l’Allemagne, la
France, le Canada, etc.
Trois continents expriment le mieux le dynamisme de la mondialisation : Amérique, Asie et Europe.
II-LES CONSEQUENCES DE LA MONDIALISATION SUR LES PAYS
DU TIERS-MONDE
1- Les avantages
La mondialisation permet :
La délocalisation des entreprises et donc : industrialisation des pays en développement
L’apport des capitaux
Le transfert des nouvelles technologies et donc d’impulser le développement dans les pays
pauvres.
L’insertion des pays du Tiers-monde dans l’économie mondiale
La création d’emplois
Une expansion rapide des échanges.
La libre circulation et les échanges intra-branches.
2- Les inconvénients
On peut relever :
- L’hégémonie ou la grande puissance des pays industrialisés sur les pays pauvres
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- Le déséquilibre des échanges Nord-Sud (Pays développés et pays pauvres) : les pays en voie
de développement ne réalisent que le ¼ des échanges mondiaux bien qu’ils concentrent les ¾
de la population mondiale.
- Une forte influence des multinationales sur l’économie des Etats du Tiers-monde.
- Les pays en voie de développement demeurent largement dans la dépendance du Nord pour le
débouché des productions de matières premières agricoles minières et énergétique, ainsi que
pour l’approvisionnement en bien manufacturés.
- La mondialisation rend les économies des pays du tiers-monde dépendantes des réseaux
d’échanges mondiaux.
- Une forte concurrence commerciale entre les États
CONCLUSION
Les échanges internationaux de marchandises et de services ont aujourd’hui une dimension jamais
atteinte et s’universalisent .Le commerce international rend ainsi toute les économies nationales
interdépendantes : il fonde l’économie mondiale. Malheureusement la plupart des pays du Tiers-
monde ont encore du mal à s’intégrer.
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E X E R C I C E S
ACTIVITE 1
Mets une croix dans la case qui convient.
N° AFFIRMATIONS Vrai Faux
1 Les domaines politiques (exportation de la démocratie), économiques, sociaux,
culturels (uniformisation : musique, mode) et religieux sont touchés par la
mondialisation
2 L’Afrique est économiquement le continent le plus faible et marginalisé dans le
processus de la mondialisation
3 La mondialisation est le processus de libéralisation de l'économie du monde
4 La mondialisation profite en grande partie à la TRIADE.
5 L’organisation mondiale du commerce (OMC) n’a pas un rôle important dans la
mondialisation.
6 L’Afrique n’est pas le continent où l’accès à internet est le plus faible.
7 L’Afrique a des échanges intérieurs plus denses que son commerce avec l’Europe
et l’Asie
8 L’absence de barrière douanière est un frein à la mondialisation
9 L'internet est indispensable dans la mise en œuvre de la mondialisation
10 L'Afrique joue un rôle important dans l'économie mondiale
ACTIVITÉ 2
« Alors que les pays du Nord profitent des avancées technologiques dans les domaines de la
communication, de la recherche et de la productivité économique, l’Afrique n’a pas accès aux
technologies modernes. L’Afrique n’abrite par exemple que 0,8% des personnes ayant accès à
internet dans le monde. (….) Ensuite, malgré l’ampleur quotidienne des mouvements de capitaux à
travers le monde, le continent africain est privé d’argent.
En outre, alors que les experts de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) parlent du marché
du commerce mondial unifié, la contribution africaine à ce marché n’est que de 2%.
(….) La place qui lui a été dévolue dans le panorama de la mondialisation est double : exporter vers le
Nord quelques matières premières (café, cacao, caoutchouc, pétrole, minerais, coton, sucre, etc…) et
importer du Nord les technologies, les produits manufacturés et une partie des céréales de base »
In « le Courrier » (9/12/2000) : Des « échanges »injustes et en baisse, AZE
QUESTIONS
1) De Quoi parle le texte ?
2) Expliquez l’affirmation suivante de l’auteur : « l’Afrique n’a pas accès aux technologies
modernes »
3) Citez quelques dangers liés au rôle confié à l’Afrique dans la mondialisation.
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Leçon 2 : L’EFFONDREMENT DU RIDEAU DE FER
INTRODUCTION
Le rideau de fer symbolisait, pendant la guerre froide, la frontière fortifiée séparant les Etats
européens tournés vers les Etats Unis, des Etats européens placés sous influence soviétique. Cette
expression fut popularisée par W. Churchill à partir de son discours de Fulton en mars 1946. La
construction du mur de Berlin en 1961 représente l’apogée de la construction de ce système.
À partir de 1975 des évènements majeurs vont contribuer à la dislocation des différents blocs crées
depuis 1947 et à l’effondrement du rideau de fer.
- Quelles sont les causes de l’effondrement du rideau de fer ?
- Quelles sont les conséquences qui en ont découlé ?
I- LES FACTEURS A L’ORIGINE DE L’EFFONDREMENT DU “Rideau de Fer”
1-La conférence d’Helsinki (Finlande : Août 1975)
Elle réunit 33 Etats européens y compris l’Urss, les USA, le Canada. Ses résolutions
protègent les petits Etats d’une éventuelle attaque, leur donne une autonomie vis-à-vis des grandes
puissances :
- L’égalité souveraine des Etats
- La non-ingérence dans les affaires intérieures d’un état
- L’inviolabilité des frontières
- Le règlement pacifique des différends
- Le respect des droits de l’homme….
Désormais, beaucoup de pays décident de n’appartenir à aucun bloc.
2- Les difficultés et échecs du modèle communiste
L’URSS, à sa création en 1917 avait suscité beaucoup d’espoirs. Mais très vite, après quelques
années d’existence, la peur, la misère et le désespoir vont s’installer à tous les niveaux :
a- Au plan politique :
●Un seul parti politique est autorisé : le parti communiste avec des dirigeants
impopulaires, immuables et dictateurs.
● Le pouvoir est détenu par une classe de privilégiés : la Nomenklatura.
● Le pouvoir est fondé sur la répression, l’épuration et l’élimination des opposants
considérés comme ennemis du peuple.
● C’est un système avec une pensée unique soutenu par la force militaire et les intellectuels
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b- Sur le plan social :
● La population est privée de toutes libertés et est contrôlée par la police d’Etat qui ne tolère
aucun trouble ou rassemblement hostile au système, d’où l’existence des goulags et
des asiles pour enfermer et “redresser” ces leaders d’opinions subversifs.
● Le système a permis aussi l’émergence d’une classe de privilégiés et corrompus.
c- Au niveau économique :
● On a une planification excessive et étouffante avec la priorité accordée aux industries
lourdes au détriment des industries de consommation et de l’agriculture.
● La collectivisation forcée des terres a entraîné une démotivation, des productions
insuffisantes avec famines.
● La stagnation économique entraîne la misère sociale, développe l’absentéisme, la
corruption, le laxisme et les tensions sociales.
Au total, les peuples de l’URSS et les populations des Etats communistes n’hésitent pas à
manifester leur opposition aux régimes dès que l’occasion se présente.
De ce constat, en Mars 1985, Gorbatchev (M), élu secrétaire du parti et chef de l’Etat en
URSS, conscient de toutes ces difficultés décident d’opérer des réformes dans tout le système.
3- L’arrivée au pouvoir de Michael GORBATCHEV et ses reformes
Dès son arrivée au pouvoir, Gorbatchev initie une grande révolution sans violence en opérant
de profondes réformes à tous les niveaux :
a- Au plan sociopolitique :
Il met en place la Glasnost ou transparence qui vise à rétablir la démocratie et les libertés. Avec la
mise en place de la Glasnost, on assiste à :
Démocratisation avec la création de plusieurs partis politiques,
Pluralisme des candidatures,
Légalisation du droit de grève,
liberté d’expression et de religion,
La libération et la réhabilitation de prisonniers politiques…
b- Sur le plan économique :
Il met en place la Perestroïka ou restructuration. Elle vise à favoriser le développement
économique sans remettre en cause le système communiste. Avec la mise en place de la
Pérestroïka, on assiste à :
Légalisation de la propriété privée,
Liberté des prix,
L’appel aux capitaux et investisseurs étrangers,
Libéralisation du commerce extérieur…
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c- Au plan international :
Avec les démocraties populaires (ou Etats communistes), il est favorable au changement des
rapports et estime que leurs relations doivent désormais être fondées sur l’indépendance
absolue et encourage même celles qui veulent s’engager dans la libéralisation politique et
économique.
Il reprend le dialogue avec les EU, on parle d’une nouvelle détente et on s’achemine vers la
résolution de conflits périphériques et la signature de traités militaires (START 1en 1991).
L’ampleur de ces réformes et de leurs interprétations contribuent à bouleverser et désintégrer l’URSS,
le bloc communiste et les relations internationales.
II-LA DISPARITION DE l’URSS ET LA NAISSANCE D’UN MONDE UNIPOLAIRE
1-La dislocation et la mort de l’URSS
Les réformes mises en place par Gorbatchev créent des mécontents au sein même des organes
dirigeants de l’URSS.
Pour y faire face à ces mécontentements, Gorbatchev organise un référendum pour une union rénovée
mais qui est freiné par un coup d’Etat des conservateurs. Face à la mobilisation populaire dirigée par
Boris Eltsine, le coup d’Etat échoue en Aout 1991.
Libéré de prison, Gorbatchev démissionne de son poste de secrétaire général du PCUS et
dissout le comité central.
Dès lors, des mouvements indépendantistes émergent. Tous les Etats qui composent la
fédération de l’URSS réclament et proclament leur indépendance. Ces Etats créent en Décembre 1991,
la CEI (Communautés des Etats Indépendants) exceptés les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie)
et la Géorgie.
C’est la mort de l’URSS après 70 ans d’existence, et l’Etat fédéral n’étant d’une forme
vide, Gorbatchev démissionne le 25 Décembre 1991.
2-La fin des démocraties populaires et la réunification Allemande
S’appuyant sur la libéralisation du régime soviétique avec les réformes de Gorbatchev à partir de
1989, des révolutions libérales ont lieu dans les pays de l’Europe du centre et de l’Est. Elles remettent
en cause les anciens régimes communistes :
Dans la très grande majorité, cette révolution s’effectue en douceur avec des élections libres
et démocratiques dans les pays suivants : Hongrie (1989), Pologne (1989-1990), Bulgarie
(1989), Tchécoslovaquie (1989).
Violente avec répression et guerre civile en Roumanie (1989), Yougoslavie (1990).
En Novembre 1989, chute du mur de Berlin qui symbolisait le partage de l’Europe et la
division du monde en deux blocs. En Octobre 1990, unification des deux Allemagnes après
45 ans de séparation.
En 1991 les structures communistes, témoignage de la division idéologique sont dissous :
pacte de Varsovie (avril), COMECOM et KGB (Juin).
En somme, toutes les démocraties populaires, sortent du communisme, avec changement des
dirigeants et s’engagent dans la voie de la démocratie libérale et de l’économie de marché.
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3 -La naissance d’un monde unipolaire
Un monde unipolaire autour des USA
L’éclatement de l’URSS et sa disparition confirment les USA dans leur rôle de seule hyper puissance,
c’est le triomphe du libéralisme avec la mondialisation et la globalisation. Ils se présentent
désormais comme étant les seuls capables de faire régner l’ordre sur la planète terre et de protéger ses
intérêts au besoin par la force, le « hard power : la force brute » ; ils sont désormais les “
gendarmes” du monde.
Du coup c’est l’avènement du monde unipolaire dirigé par les USA. Ils déterminent seuls ce
qui constitue une menace pour la sécurité du monde et classent les opposants sous les vocables de
terroristes ou d’Etats voyous.
Ils agissent alternativement dans le cadre de l’ONU s’il y a consensus ou unilatéralement
avec des alliés (Somalie 1993, Haïti 1994, Irak 2003…). Cet unilatéralisme, assimilé à de
l’impérialisme, crée un regain d’antiaméricanisme dans le monde.
Un monde multipolaire depuis 1991?
A la vision d’un monde unipolaire dominé par les USA se substitue la réalité d’un monde
multipolaire éclaté et conflictuel : 68 conflits en 2000 contre 35 en moyenne durant la guerre froide.
Depuis la fin de la guerre froide, on assiste à un « désordre mondial » avec :
De nouveaux types de conflits : guerres intra étatiques, religieuses, ethniques, actes
terroristes…,
Une prolifération des Etats et des armes nucléaires, biologiques et chimiques qui
mettent le monde en péril.
Une confrontation des idéologies entre modernité occidentale et tradition, entre
uniformisation et défense des identités culturelles et religieuses.
Les USA doivent désormais compter avec des concurrents de poids :
L’Union Européenne qui constitue la zone de libre-échange la plus aboutie au monde,
Le Japon puissance économique et financière qui veut affirmer son rôle politique,
La Russie qui après les difficultés fait un retour sur la scène internationale car étant une
puissance nucléaire et militaire avec ses énormes réserves naturelles.
La Chine est aujourd’hui une puissance aux prétentions mondiales qui entend s’affirmer
comme un acteur diplomatique incontournable.
D’autres pôles émergents (Brésil, Afrique du Sud, Inde) revendiquent eux-aussi un rôle
accru dans les institutions internationales.
CONCLUSION
Bipolaire au départ, le monde est aujourd’hui unipolaire avec la disparition de l’URSS et la
suprématie des USA : c’est la fin de la guerre froide. Cependant des tensions persistent et on assiste à
l’émergence de nouvelles puissances. On parle donc non plus d’un monde unipolaire mais plutôt
d’un monde multipolaire avec l’affirmation d’autres idéologies et valeurs (fondamentalisme,
nationalisme).
Au total, la fin de la guerre froide n’entraine ni la fin des questions, ni la fin des conflits.
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E X E R C I C E S
EVALUATION FORMATIVE
Mets une croix dans la case correspondante
N° AFFIRMATION Vrai Faux
1 La pérestroïka est la politique de restructuration de la société soviétique instaurée pat
Gorbatchev
2 Le rideau de fer signifie l’unification des deux blocs
3 Dans le bloc communiste, La population est privée de toutes libertés et est contrôlée
par la police d’État
4 La Glasnost vise à rétablir la démocratie et les libertés
5 Le rideau de fer s’effondre avec la dislocation de l’URSS
6 La chute du mur de Berlin a eu lieu en en Novembre 1990
7 Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en Mars 1985
8 L’année 1991 consacre la fin du monde unipolaire
9 Bipolaire au départ, le monde est aujourd’hui unipolaire avec la disparition de l’URSS
et la suprématie des USA
10 La collectivisation forcée des terres est une cause politique de la chute de l’URSS
ACTIVITÉ 2
Élu secrétaire général le 11 Mars 1985, Mikhaïl Gorbatchev exposa aussitôt au comité central son objectif
prioritaire : engager l’économie soviétique dans un effort décisif de redressement et de développement, lutter
impitoyablement contre la corruption, pour le rétablissement d’une discipline de travail et la participation des
travailleurs à la gestion de l’entreprise. Il mettait ainsi l’accent sur le facteur humain, qu’il s’agisse de ceux qui
exercent des responsabilités ou de la masse.
La première préoccupation de M. Gorbatchev est le renouvellement du personnel dirigeant, dont il dénonce la
sclérose, l’incompétence, voire les malversations. En quelques mois, il change la moitié des ministres, assure la
promotion de leurs collaborateurs et remanie l’appareil communiste à tous les niveaux…..
La nouvelle pensée politique de Gorbatchev de résume en deux termes : changement et fidélité.
A l’intérieur il part d’un constat pessimiste : l’URSS est la veille d’une crise ; l’économie patine, la société est
démoralisée. Pour retrouver le chemin où Lénine avait placé le pays, son programme se résume en quelques
termes et en une série de propositions : Glasnost, perestroïka, efficacité, justice sociale, démocratisation, telles
sont les lignes directrices d’une nouvelle politique. Au nom de la Glasnost, il infléchit le discours, insistant sur
les échecs….Il invite la société à exprimer ses critiques et ses propositions.
Hélène CARRERE D’ENCAUSSE in Journal de l’année, Edition 1988, p.203
QUESTIONS
1) Dégagez l’idée générale du texte
2) Commentez le passage suivant du texte :« La nouvelle pensée politique……fidélité »
3) Montez que la politique de Gorbatchev a eu des répercutions en URSS et dans le monde.
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COMPETENCE 3
EXPLIQUER LE BILAN D’ACTIVITE D’UNE ORGANISATION DE COOPERATION
INTERNATIONALE
LEÇON I : L’UA
INTRODUCTION
Au lendemain des indépendances, les chefs d’Etats africains, soucieux de consolider l’unité du
continent et s’entraider sur le plan économique vont créer à Addis-Abeba en 1963 l’O.U.A
(Organisation de l’Unité Africaine). Aussi, vu les faiblesses de cette organisation et face aux
nouvelles exigences du troisième millénaire, l’OUA va disparaitre au profit de l’Union Africaine
(UA) en Juillet 2002 à Durban en Afrique du Sud.
I-ORIGINES ET NAISSANCE DE L’UA
A-Rappel Historique sur l’O.U.A
Plusieurs pays africains sont indépendants en 1960 et, dès lors l’idée d’une Afrique unie avec
création d’un organisme politique supranational se répand.
Ainsi après d’intenses négociations et concessions réciproques entre les différents courants (modérés
&révolutionnaires) dans la marche vers cette unité, la charte de naissance de l’OUA est signée le 25
Mai 1963 à Addis-Abeba (Ethiopie) par les représentants de 30 Etats Africains.
De toute évidence, depuis sa création jusqu’aux années 90, si l’OUA a connu des succès
(décolonisation, résolution de conflits, démantelé l’apartheid…) ceux-ci sont insignifiants par rapport
à ses objectifs. Elle révèle assez d’insuffisances: pas d’unité, continents de conflits, pauvreté des
pays, non respect de ses principes et résolutions….En somme, l’OUA était devenue une véritable
“coquille vide ”dont on ne se souvenait de l’existence que lors des sommets annuels des chefs d’états
et de gouvernements. Un tableau assez triste, d’une organisation dépassée par les évènements et en
qui on ne croyait plus.
Et donc, prenant conscience de ces faiblesses, des risques de marginalisation du continent
aggravées par la fin de la guerre froide et face à un environnement international dominé par la
stratégie des grands ensembles régionaux (U.E ; A.L.E.N.A ; A.S.E.A.N ; M.E.R.C.O.SU.R), les
dirigeants africains ont ressenti la nécessité de s’unir plus efficacement afin de s’adapter au nouveau
contexte international: mondialisation et globalisation.
C-Les Grandes Etapes de la Création de l’U.A
Pour beaucoup d’observateurs, le vaste projet de création de l’UA est une idée du président de
Lybie, Kadhafi(M). Il veut donner une nouvelle impulsion à l’organisation panafricaine et donc
propose une réforme profonde de l’OUA.
Il reprend à son compte, le grand dessein des panafricanistes des années 50 et 60: N’krumah,
Lumumba, Sékou Touré…
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Cela dit, c’est à la suite de 4 sommets qu’on a abouti au lancement officiel de l’Union Africaine :
-1999 : Session extraordinaire de Syrte (Lybie) qui décide de créer l’UA.
-2000 : Le sommet de Lomé (Togo) adopte l’acte constitutif de l’UA.
-2001 : Le sommet de Lusaka (Zambie) établit le programme de mise en place de l’UA.
-2002 (9 Juillet) : Le sommet de Durban (Afrique du Sud) voit la naissance officielle de l’UA.
L’UA compte 55 membres et son siège se trouve à Addis-Abeba (Ethiopie). Elle s’est dotée
d’objectifs et de principes.
II-LES OBJECTIFS ET ORGANES DE L’UA
A- Les Objectifs de l’U.A
Les objectifs de l’UA sont nombreux (14) : politiques, économiques, culturels et scientifiques :
- Réaliser la grande unité et la solidarité entre les pays et les peuples de l’Afrique.
- Promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent.
- Défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats membres.
- Promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme
- Permettre au continent de jouer un rôle plus important dans l’économie mondiale.
- Promouvoir les recherches scientifiques et technologiques.
- Réaliser le développement durable dans tous les domaines d’activités pour relever le niveau de
vie des peuples africains.
- Eradiquer les maladies évitables et promouvoir la santé sur le continent.
B- Les Principes
Seize principes ont été retenus et on peut citer entre autre :
- Respecter les frontières au moment de l’accession à l’indépendance.
- Règlement pacifique des conflits entre les Etats membres.
- Droit de l’Union d’intervenir dans un état membre sur décision de la conférence.
- Promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, la justice sociale, les principes
démocratiques.
- Respect du caractère sacro-saint de la vie humaine, condamnation et rejet de l’impunité, des
assassinats politiques, des actes de terrorisme et des activités subversives.
- Condamnation et le rejet des changements anti-constitutionnels de gouvernements (coup d’Etat ;
putsch ; coup de force ; rébellion,…).
C- Les Organes de L’Union et leur Fonctionnement
Les organes de l’Union sont l’objet des articles 5 à 22 de la charte et se répartissent en trois grandes
catégories :
1-Les organes politiques
On peut citer :
a-La conférence de l’Union
Elle est composée des chefs d’Etat et de gouvernement ou de leurs représentants. Elle est l’organe
suprême et se réunit au moins une fois par an en session ordinaire ou en session extraordinaire. La
présidence est assurée pendant un an par un chef d’Etat.
L’actuel Président de la Conférence est le sud-africain CYRIL RAMAPHOSA.
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b -Le conseil exécutif
Il est composé des ministres des affaires étrangères ou de tous autres ministres ou autorités
désignés par les gouvernements des Etats membres. Il se réunit en session ordinaire au moins deux
fois par an ou en session extraordinaire. Il assure la coordination et décide des politiques dans les
domaines d’intérêt commun pour les Etats membres.
c-La commission
Elle est le secrétariat de l’Union et est composée d’un président, du ou des vice-présidents et des
commissaires et sont assistés par un personnel. Le président est élu pour 5 ans renouvelables et il
veille à l’exécution des décisions prises par l’UA.
L’actuel Président de la Commission est le Tchadien MOUSSA M. FAKIR
d-Le conseil de paix et de sécurité
Il est composé de 15 membres élus par la conférence de l’Union et chargé de promouvoir la
paix, la sécurité et la stabilité ; d’anticiper et prévenir les conflits et élaborer une politique de défense
commune.
Il fait des recommandations à la conférence pour une intervention dans un Etat dans des circonstances
graves (crimes de guerre, génocide…) et se réunit au moins deux fois par mois. Il est prévu la création
d’une force africaine (les Casques Blancs) en attente qui interviendrait à la demande de la conférence
ou du conseil.
e-Le parlement panafricain
Il est composé des représentants de tous les pays membres. Son rôle est de voter des résolutions
et d’examiner des nouvelles adhésions. Ce parlement est toujours en chantier.
f-Les comités techniques spécialisés et le comité des représentants
permanents
Les comités techniques spécialisés sont responsables devant le conseil exécutif et sont
composés des ministres ou des hauts fonctionnaires chargés des secteurs relevant de leurs domaines
respectifs de compétence.
Le comité des représentants permanents est chargé de la préparation des travaux du conseil
exécutif.
2-Les organes à caractère économique, financier et judiciaire
a-Le conseil économique, social et culturel (ECOSUC).
C’est un organe consultatif composé des représentants des différentes couches
socioprofessionnelles de l’Union.
b-Les institutions financières
Elles sont au nombre de trois :
- La Banque Centrale Africaine (BCA).
- La Banque Africaine d’Investissement (BAI).
- Le Fonds Monétaire Africain (FMA).
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c- L’organe judiciaire
C’est l’organe judiciaire de l’Union. Elle est chargée de trancher les différends entre les Etats
membres.
III-BILAN D’ACTIVITES DE L’UA
A-Quelques Acquis
Depuis sa création, l’UA a mené quelques actions en faveur de la paix en Afrique :
- L’envoi d’une mission de paix de l’UA au Soudan
- L’appui au processus de paix en Somalie 8.000 hommes dès 2007.
- L’intervention de l’UA pour la résolution des crises en République Démocratique du Congo, au
Libéria, en Côte d’Ivoire et maintenant au Mali.
- La suspension de nombreux pays dans lesquels se sont produits des changements de dirigeants
suite à des coups d’Etat : le Togo en 2005, le mali en 2012, la République Centrafricaine en
2013, le Burkina Faso en 2015 et plus récemment le Soudan en 2019…
- Accord sur la zone de libre-échange continentale Africaine(ZLECA) signé le 21 mars 2019 et
qui doit instituer un marché commun entre les 55 Etats membres de l’Union.
B-Déjà des Limites
A peine sortie des fonds baptismaux, l’UA montre des signes de faiblesses :
- Retard dans la mise en place des institutions qu’elle s’est dotée et de plus le président de la
commission se plaint de ne posséder aucun pouvoir de décision.
- Manque de moyens financiers pour exécuter ou mener ses programmes de développement et ses
missions de paix.
- Non-respect de ses principes par certains Etats et légitimation de l’accession au pouvoir par des
moyens non démocratiques (Centrafrique : Bozizé, Congo-Brazzaville : Sassou N’guesso,
Mauritanie, Guinée : les militaires…).
- L’UA n’arrive pas à se prononcer d’une seule voix sur la gestion des crises. Exemple en Côte
d’Ivoire entre 2010 et 2011 ; en Lybie en 2011…
- Une intégration économique encore lente.
- Les institutions financières ne sont pas encore fonctionnelles
- Dans la résolution de certaines crises l’UA est gênée ou contrariée par des grandes puissances
qui veulent préserver leurs intérêts (Côte-d’Ivoire, Darfour, Lybie…)
L’UA étant l’espoir d’une Afrique « debout », ses dirigeants doivent vite redresser l’organisation.
C-Les Défis à Relever
Pour être crédible et dynamique l’UA doit :
- Mettre sur pied, dans un bref délai toutes ses institutions pour fonctionner normalement.
- S’agissant de la démocratie, qui est un défi majeur d’autant plus que son prédécesseur, l’OUA,
n’a rien fait pour l’encourager durant 37 ans, l’UA devra marquer sa différence en appliquant à la
lettre les principes qu’elle s’est fixés à savoir « la condamnation et le rejet des changements
anticonstitutionnels de gouvernement ».
- Dans le maintien de la paix, se doter rapidement des moyens militaires (armée permanente) et
financiers conséquents pour intervenir et éradiquer les nombreux conflits qui persistent sur le
continent.
- Au plan diplomatique, pouvoir s’affirmer et s’assumer sur la scène internationale.
17
CONCLUSION
La naissance récente de l’UA fait renaitre l’espoir pour une Afrique qui était à la croisée des
chemins et qui cherchait à s’affirmer sur la scène politique internationale. Cette ambition n’est
réalisable que si les Africains se donnent les moyens de leur politique et s’ils respectent
scrupuleusement les principes qu’ils se sont assignés.
E X E R C I C E S
COMMENTAIRE DE DOCUMENT :
L’Union africaine, mise en place depuis 2002, boucle les cinq premières années de fonctionnement
effectif. Mais à l’heure du bilan, le sentiment est plutôt mitigé. On ne manque pas de s’interroger sur un
certain manque de visibilité, lié à l’incertitude du financement des projets de l’Union. Il en résulte que le
développement économique et social de l’Afrique demeure une réalité lointaine pour la majorité des
populations comme le rappellent fort malheureusement les indices du développement humain. L’action de
l’Union africaine a été…probablement la plus efficace dans le domaine de la résolution des conflits. Des
résultats positifs ont été obtenus dans certaines régions, même si, la paix et la sécurité restent une œuvre à
réaliser !
Face aux défis de la paix, de la sécurité et du développement économique en Afrique, quel nouvel
équilibre politique avec des moyens financiers adaptés faudra-t-il réaliser? On est toujours bien curieux de
connaitre le degré de souveraineté que les Etats membres accepteraient de concéder à l’Union, notamment
dans les domaines de la paix et de la sécurité.
ZAGBAYOU (FRANCK A.), in Fraternité Matin, 28-29 Avril 2007, P 18.
QUESTIONS
1) Dégagez la nature et l’idée générale de ce document.
2) Expliquez le passage suivant « L’action de l’Union Africaine…une œuvre réaliser ».
3) La naissance de l’UA constitue-elle un espoir pour l’Afrique ? Justifiez votre réponse.
18
LEÇON 2 : L’UEMOA
INTRODUCTION
L’UEMOA est l'union économique et monétaire ouest africaine. C’est une organisation régionale
d’intégration économique qui regroupe plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest.
1- Création, Objectifs et Principes de l’UEMOA
1-1- La création de l’UEMOA
Après les indépendances, les Etats de l'Afrique de l'Ouest créent, en 1962, l'Union Monétaire Ouest-
Africaine (UMOA) qui devient, dès le 10 Janvier 1994, l'Union Economique et Monétaire Ouest
Africaine (UEMOA).
L'UEMOA est créée à Dakar au Sénégal mais son siège est situé à Ouagadougou au Burkina Faso.
Cette union regroupe aujourd'hui huit pays, avec l'adhésion de la Guinée Bissau, qui rejoint, en Mai
1997, les sept membres fondateurs : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger, le
Sénégal et le Togo.
L'UEMOA est un vaste espace de 3 507 006 km2 avec une population de près de 120,2 millions
d'habitants.
1-2- Les objectifs de l’UEMOA
L'UEMOA a pour ambition de réaliser :
L'unification des espaces économiques nationaux.
L'harmonisation des politiques économiques des pays de l’UEMOA surtout dans le domaine de
la fiscalité.
Le Renforcement de la compétitivité des activités économiques et financières des États
membres.
La création entre les États membres d’un marché commun basé sur la libre circulation des
personnes, des biens, des services, des capitaux, etc.…
Assurer la convergence des performances et des politiques économiques des États membres par
l’institution d’une procédure de surveillance multilatérale.
1-3- Les principes de l’UEMOA
L’U.E.M.O.A se donne pour principe :
Une parité entre le franc CFA et l’Euro ; un changement de parité est possible avec l’accord
unanime des pays de l’UEMOA et la France ;
Les transferts libres de fonds au sein de la Zone Franc ;
Une harmonisation des règles en matière de devises étrangères en ce qui concerne les pays
situés en dehors de la zone.
19
2- Les principaux organes de l’UEMOA et leur fonctionnement
2-1-Les organes de décision
La Conférence des Chefs d'Etats et de Gouvernement
Elle est l'organe suprême de l'Union. Elle se réunit au moins une fois par an en session ordinaire
et prend ses décisions à l'unanimité. L’actuel Président de la Conférence est le président de CI :
ALLASSANE OUATTARA
Le Conseil des Ministres
Il est composé de deux ministres (dont le Ministre des Finances) de chaque Etat membre. Le
Conseil définit la politique monétaire, assure la sauvegarde de la monnaie commune (Franc CFA)…
L’actuel Président du Conseil est le Béninois ROMUALD WADAGNI.
La Commission de l’UEMOA
C'est l'organe d'exécution de l’Union. Elle transmet à la Conférence et au Conseil des Ministres
les recommandations et les avis qu’elle juge utiles au développement de l'Union. L’actuel Président de
la Commission est le nigérien ABDALLAH BOUREIMA.
2-2-Les organes de contrôle
Ce sont :
● La cour des comptes : Elle est chargée d’assurer le contrôle des organes de l’union. Elle est
composée de trois conseillers nommés pour un mandat de six ans (6) ans renouvelables une fois par la
conférence.
● La cour de justice : Elle est chargée de veiller au respect du droit dans l’interprétation et dans
l’application du traité de l’union. Elle est composée de sept (7) membres nommés pour six (6) ans
renouvelables par la conférence des chefs d’États et de gouvernement.
● Le comité interparlementaire : appelé à être remplacé plus tard par le parlement de l’UEMOA. Il
est composé de cinq membres par État, désignés par l’organe législatif de chaque État membres.
2-3- Les institutions spécialisées autonomes
la BCEAO
La BCEAO est la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest. Son siège est à Dakar au Sénégal.
Elle a pour rôle exclusif d'émettre et de distribuer les monnaies dans les Etats de l'Union.
La BCEAO est présidée par un Gouverneur nommé par le Conseil des Ministres pour un mandat de six
(6) ans renouvelable. L’actuel gouverneur de la BCEAO est l’ivoirien TIEMOKO M. KONE.
la BOAD
La Banque ouest-africaine de développement a été créée le 14 novembre 1973. C'est une
institution spécialisée commune aux huit États de l’UEMOA. Son siège est établi à Lomé (Togo).
20
Elle vise à « promouvoir le développement équilibré des États membres et de contribuer à la
réalisation de l'intégration économique de l'Afrique de l'Ouest » en finançant des projets prioritaires
de développement rural, infrastructures de base, infrastructures modernes, télécommunications,
énergie, industries, transport, agro-industries, tourisme et autres services.
2-4- Les organes consultatifs
Le Conseil des Collectivités Territoriales (CCT)
Le Conseil des Collectivités Territoriales est un Organe consultatif de l’Union créé le 30 mai 2011.
Le CCT émet des avis, à son initiative ou par saisine des Associations de Pouvoirs Locaux (APL), des
États membres, du Conseil des Ministres, de la Commission ou du Parlement de l’Union.
La Chambre Consulaire Régionale
La Chambre, organe consultatif, créée par le Traité de l'Union, est chargée de réaliser l'implication
effective du secteur privé dans le processus d'intégration de l'UEMOA.
Le Conseil du Travail et du Dialogue Social
Le Conseil du Travail et du Dialogue Social (CTDS) a été créé le 17 mars 2009
Le CTDS est un Organe consultatif et a pour objectif de réaliser l'implication effective de tous les
acteurs non étatiques dans le processus d'intégration de l'UEMOA.
Le CTDS est composé de 72 membres désignés par les huit États membres. Les membres de ce
bureau sont élus pour une période de deux ans.
3-Le bilan du fonctionnement de l'UEMOA
3-1-Les réalisations de l’UEMOA
Le bilan de l'UEMOA se perçoit à travers des réalisations financées ou effectuées dans les domaines
de la santé, de l’éducation, de l'environnement, de l'alimentation, du commerce, de la communication,
de la sécurité et la stabilité monétaire. Ainsi, l'on peut évoquer entre autres :
L’U.E.M.O.A a hérité de la B.C.E.A.O de deux institutions spécialisées : le centre de
recherche en énergie solaire du Mali et l’école des mines et de la géologie de Niamey ;
Signature avec le trésor français des accords assurant la convertibilité du F. CFA ;
Disposition d’une monnaie unique ;
Mise en œuvre de politiques sectorielles : adoption de la politique Agricole, Energétique et
Industrielle commune de l’Union ;
Harmonisation des droits de douane sur les produits industriels agréés de l’Union, 80%. ;
Adoption d’un système fiscal commun, SYSCOA, et d’un Indice Harmonisé des Prix à la
Consommation de l’UEMOA (IHPC) ;
Surveillance multilatérale des politiques macroéconomiques…
3-2-Les limites de l’UEMOA
Malgré les nombreuses actions réalisées, l'UEMOA doit relever d'autres défis à savoir:
La difficulté de paiement des cotisations par certains membres.
L’instabilité politique dans l’union avec les coups d’états.
21
Les échanges entre les pays sont encore faibles car portent sur les mêmes produits
généralement (cacao, café, arachide, coton…).
La persistance des liens commerciaux avec l’ancienne métropole coloniale.
Difficulté à concevoir des programmes acceptables pour la grande partie de la population
en raison de l’existence de conflits aigus entre différents groupes d’intérêts et de pression.
Le manque de volonté politique à appliquer les résolutions.
La persistance d’obstacles tarifaires et non tarifaires et la discordance entre le tarif
extérieur commun (TEC) de l’union et les tarifs nationaux.
Certaines dispositions nationales entravent encore la libre circulation des biens et des
hommes dans la zone (carte de séjour, rackets…).
Des entraves à la libre circulation continuent d’exister à l’intérieur de l’Union…
CONCLUSION
L'UEMOA est une organisation économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest. C’est un
modèle d'intégration monétaire et économique dont les succès favorisent le développement économique
des Etats membres et le maintien de la paix sous régionale.
22
Document adapté à partir de Géographie 3ème , HATIER CEDA,1995
23
E X E R C I C E S
EVALUATION FORMATIVE
Voici une liste de pays africains. Mets coche par oui ou non ceux qui sont membres de
l’UEMOA
OUI NON
1 Mauritanie
2 Gabon
3 Mali
4 Comores
5 Côte d’Ivoire
6 Ghana
7 Guinée Bissau
8 Guinée
9 Togo
10 Burkina-Faso
11 Congo Brazzaville
12 Sénégal
13 Cameroun
14 Bénin
15 Nigeria
ACTIVITÉ 2
Les pays de l’Afrique de l’Ouest, à l’instar des autres États ont emprunté depuis des
décennies, le train de la mondialisation en vue de se faire connaître, permettre à leurs
productions (produits maraîchers, de rentes…) d’occuper une place importante sur le marché
mondial et d’ouvrir leur porte à l’investissement.
Les pays de la CEDEAO luttent tant bien que mal pour sortir leurs populations de la
pauvreté, du désastre économique. Les obstacles sont nombreux : les conflits et l’instabilité
politique demeurent de véritables gangrènes économiques pour l’intégration sous-régionale de
même que la mauvaise gouvernance (…).
Au niveau de l’UEMOA, l’intégration connaît des difficultés liées à l’absence de
surveillance régionale de la mise en œuvre des décisions et au manifeste de volonté, de la part
des gouvernants des pays membres à transférer leurs compétences aux organisations
régionales.
Pourtant à l’évidence, les conditions de succès de l’intégration sont diverses… Pour les
pays de l’UEMOA, il y a une complémentarité des structures qui transparaît dans la répartition
intersectorielle du travail entre eux : des pays comme le Burkina et le Mali sont
24
principalement exportateurs de matières premières tandis que la Côte d’Ivoire et le Sénégal
sont relativement plus industrialisés. De surcroît, la mobilité de la main-d’œuvre est forte au
sein de l’UEMOA, l’existence de liaisons ferroviaires, une langue commune (le Français) et
une monnaie commune (le Franc CFA) sont des facteurs de son relatif succès.
JEAN (A), in Investir UEMOA, N°12, Octobre 2006, pp 23-25
QUESTIONS
1) Dégagez la nature et l’idée générale du document.
2) Dégagez les limites et les facteurs favorables de l’intégration des pays de l’Afrique
de l’Ouest.
3) Quel est le bilan de l’UEMOA ?
25
Leçon 3 : LES RELATIONS UE-ACP
INTRODUCTION
L’Union Européenne(UE) est un modèle d’intégration sous régionale. Très ouverte sur le monde
extérieur, elle entretient avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique(ACP) des relations
privilégiées ayant pour base l’histoire, la géographie et l’économie. Cependant, cet exemple de
coopération Nord-Sud présente des limites.
I -ORIGINES, OBJECTIFS ET STRUCTURES DES RELATIONS UE – ACP
1-L’Union Européenne, une construction par étapes
Les origines de la CEE (Communauté Economique Européenne) remontent à la création de la CECA
(Communauté Economique pour le Charbon et de l’Acier) en 1951. L’objectif de cette organisation
était l’instauration d’un marché unique pour trois produits : charbon, fer et acier. Les bons résultats
obtenus par la CECA poussent les signataires à créer une organisation économique plus étendue qui
prennent en compte plus de produits. Ainsi le 25 Mars 1957, par le traité de Rome signé par 6 Etats
(France, RFA, Hollande, Italie, Luxembourg et la Belgique) naît la CEE.
Par l’adhésion d’autres pays, la CEE passe à 9 en 1973, à 10 en 1981 et, à 12 en 1985. En 1991, par
le traité de Maastricht (Pays-Bas), la CEE devient UE (Union Européenne) avec désormais une union
économique et monétaire, une politique intérieure, judiciaire, extérieure et de sécurité commune.
Après des élargissements en 1995, 2004,2007 et 2013, l’UE comptait 28 Etats membres. Mais le
retrait acté de la Grande Bretagne (Brexit) ramène ce chiffre à 27.
Depuis 1963, ces pays européens entretiennent des relations économiques privilégiées avec des pays
du tiers-monde que l’on appelait au départ les EAMA (Etats Africains et Malgache Associés) jusqu’en
1973 puis ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) à partir de 1973.
2- Les objectifs des relations ue-acp
Les objectifs sont :
- Créer une complémentarité entre le Nord industrialisé et riche mais démuni de matières
premières et le Sud pauvre, sous développé mais producteur et exportateur de matières
premières.
- Promouvoir les échanges entre l’UE et les ACP et assurer un débouché certain aux produits en
provenance des ACP.
- Promouvoir la solidarité à travers une aide au développement des ACP en garantissant la
stabilité des cours des produits primaires et le libre accès de ces produits sur le marché de l’UE
sans réciprocité.
- Aider au développement économique et social des pays ACP.
26
3-Les organes de promotion de la coopération
Pour promouvoir cette coopération, des organes ont été crées :
Le conseil des ministres : C’est l’organe de décision. Son rôle est de régler les problèmes posés
par l’application de la convention en orientant les activités de la coopération UE – ACP.
Le comité des ambassadeurs : C’est l’organe permanent des institutions de la convention. Il
est composé d'un représentant de chaque Etat membre de l'Union européenne, d’un
représentant de la Commission européenne et le Chef de mission de chaque Etat ACP. Il
assiste le Conseil des ministres. Il joue le rôle d’organe permanent de dialogue et de
coopération.
L’assemblée consultative : composée de deux représentants par Etat ACP (142) un nombre
égal aux représentants du parlement européen. Elle se réunit une fois par an en session ordinaire.
Elle émet des avis sur des questions relatives à la coopération.
II ) LES ACCORDS UE – ACP ET LEURS CONTENUS
1- Les accords de YAOUNDE : CEE-EAMA
Les premiers accords sont signés au Cameroun. Ces accords prévoient la coopération économique entre
la CEE et les EAMA (Etat Africain et Malgache Associés) :
Yaoundé I fut signé le 2 Juillet 1963 et prévoit une aide financière et commerciale aux 18
anciennes colonies africaines indépendantes.
Yaoundé II, signé le 29 Juillet 1969, porte sur le financement de projets avec une prépondérance
de l’Afrique noire.
2- Les conventions de LOME
Elles apparaissent à partir de 1975 et concernent quatre principales conventions.
a) Lomé I
Le 28 Février 1975 est signé à Lomé, la première convention entre les neuf Etats membres de la CEE
et quarante-six pays ACP. Ces accords concernent les domaines suivants :
● Sur le plan agricole :
- le libre accès des produits agricoles ACP au marché de l’UE
- la création du STABEX (Système de Stabilisation des recettes d’Exportation des produits agricoles)
qui prend en compte 44 produits agricoles. Le STABEX intervient en cas de chute des cours des
produits agricole en versant des compensations financières aux pays ACP frappés par cette mesure.
● Sur le plan industriel :
- favoriser la coopération industrielle en participant au développement et à la diversification
industrielle.
- Aider à l’industrialisation des ACP.
27
La coopération technique se manifeste par l’octroi de bourses d’études aux ressortissants des pays ACP
et à l’envoi d’assistants technique européens dans les pays ACP.
b) Lomé II
Il est signé le 31 Octobre 1979. Lomé II reconduit Lomé I en y associant un nouvel élément sur le plan
industriel : il y a la création d’un système d’aide aux produits miniers (SYSMIN) qui repose sur les
mêmes principes que le STABEX. Cependant les fonds versés doivent servir des projets industriels.
c) Lomé III
Il est signé le 8 Décembre 1984. Les différents accords passés sont reconduits avec quelques éléments
nouveaux surtout en ce qui concerne les échanges :
● Promotion des échanges intra –ACP
● Intensification des échanges CEE –ACP
● Enveloppe financière : 8,5 milliards d’écus, soit une nette augmentation par rapport à Lomé II dont
l’enveloppe financière avait été de 5,52 milliards d’écus.
d) Lomé IV
Il est signé le 15 Décembre 1989 entre 71 pays ACP et 12 pays de la CEE et porte sur 10 ans. Lomé
IV reconduit l’essentiel des accords précédant mais consacre un chapitre aux problèmes culturels,
politiques et humanitaires :
● Aide aux réfugiés
● Promotion et respect des droits de l’homme
● Promotion de la démocratie et de l’état de droit.
● La lutte contre la pauvreté.
3-Le nouvel accord de COTONOU
Signé le 23 Juin 2000 entre 77 ACP et 15 de l’UE, ce nouvel accord est signé pour 20 ans. L’accord
de Cotonou repose sur cinq axes majeurs :
● La dimension politique : la prévention et la résolution des conflits, le respect des droits de
l’homme, des principes démocratiques et de l’état de droit.
● La promotion des approches participatives : la société civile apparaît comme un organe
consultatif.
● La réduction de la pauvreté.
● Une réforme de la coopération financière entre l’UE et les ACP.
● L’établissement d’un nouveau cadre de coopération économique et commerciale : la
mise en place de nouveaux accords commerciaux qui permettront de poursuivre la
28
libéralisation des échanges entre les parties et de développer les dispositions pour les questions
liées au commerce.
4- Le volet commercial : les Accords de Partenariat Economique Régionaux (APER)
Transformer les relations commerciales qui les liaient depuis Yaoundé à Cotonou en régimes
commerciaux compatibles avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Qu’est-ce qu’un APER ?
Un accord de partenariat économique régional (APER) consiste à établir une zone de libre
échange réciproque entre partenaires.
Les manifestations des APER
la suppression des préférences commerciales accordées aux ACP et l’introduction de la
réciprocité dans les relations commerciales UE/ ACP dans un cadre de libre-échange.
Les ACP sont dès lors obligés d’ouvrir leurs marchés à la quasi-totalité des produits de
l’UE.
l’établissement d’une zone de libre-échange entre partenaires qui s’engagent à
supprimer graduellement sur une période (10 à 12 ans) et de façon substantielle les
droits de douanes et toutes les mesures non tarifaires, dans une proportion de 80% à
90% du commerce des marchandises et des services.
les APER seront négociés et conclus avec des sous-ensembles régionaux : l’UE et
chacune des six régions ACP (Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et
Corne de l’Afrique, Afrique australe, Caraïbes et région Pacifique).
Les conséquences des APER pour les ACP
Les (APER) sont diversement appréciés.
Les effets positifs :
possibilité laissée aux ACP de soustraire 20% de leurs produits à l’ouverture.
les marchés des ACP seront ouverts à 80% alors que ceux de l’UE le seront
intégralement.
l’ouverture commerciale permet de bénéficier de la diffusion des connaissances
techniques, technologiques grâce à la mobilité des biens et des personnes et des
marchandises.
la disparition des barrières douanières aura pour effet dans l’économie des ACP, la
baisse des prix de certaines marchandises, essentielles : tracteurs, véhicules, les engrais,
les engins utilitaires…, et va aider à s’équiper plus aisément et améliorer le niveau de
vie.
l’ouverture commerciale va stimuler l’économie des ACP en attirant les investisseurs
étrangers et multilatéraux.
29
Les menaces sur l’économie des ACP :
Les ACP redoutent la suppression des droits de douane qui représente 40 à 50% des
recettes publiques et cela va entrainer une baisse considérable des recettes et une
augmentation du chômage provoquant ainsi la recrudescence de l’insécurité
économique et l’instabilité politique.
La pression accrue de la concurrence sur les entreprises ACP souvent peu compétitives
va les briser face aux produits européens déjà compétitifs, ce qui entrainerait la
fermeture de nombreuses entreprises.
Les ACP, aux économies encore fragiles, considèrent que le délai prévu pour la période
transitoire pour la mise en œuvre des APER est trop court.
Les ACP dénoncent la persistance des subventions accordées aux agriculteurs
européens.
En somme la négociation et la signature des APER par les ACP les engagent dans le
processus irréversible de la mondialisation avec tous ses corollaires.
La situation du groupe régional CEDEAO et la Mauritanie
Depuis 2007 des négociations sont en cours avec les pays de la CEDEAO. Vers la fin 2016 la
Côte d’Ivoire et le Ghana ont mis en œuvre des (APE) intérimaires (APEI) afin de conserver
l’entrée à droits de douanes nuls pour leurs exportations sur le marché européen notamment
pour les bananes, le cacao transformé, les conserves de thon et les ananas ; en attendant que
l’APE de l’Afrique de l’Ouest (AO) soit finalisé.
III – BILAN DES RELATIONS UE – ACP
Ce bilan comporte des acquis et des limites.
1- Les acquis et réalisations
a) Au niveau de l’UE
● Les ACP ont mis à la disposition de l’UE des matières premières à des prix préférentiels et un
vaste marché pour l’UE
● Ces relations constituent un privilège économique, politique et culturel pour l’UE qui se présente
comme allié et défenseur des ACP.
b) Au niveau des ACP
● L’UE a réalisé de nombreux projets d’équipements socio – économiques dans les pays ACP: 70
écoles secondaires construites, 4700 km de routes bitumées, 41000000 hectares de cultures
vivrières financés…
● Au plan financier, le FED a fait bénéficier les ACP des aides non remboursables et la BEI, des
prêts aux conditions de remboursements spécialement à l’avantage des ACP
● La formation de cadres de hauts niveaux par l’octroi de bourses d’études aux étudiants originaires
des ACP.
30
● Le libre accès effectif des produits ACP au marché de l’UE sans réciprocité
● L’action du STABEX et du SYSMIN en faveur des pays ACP
● La lutte contre la désertification et la famine dans les pays ACP
● Le soutien financier et l’assistance dans la lutte contre le SIDA
● Aide pour l’approfondissement de la démocratie et assistance aux pays en guerre.
2-Les limites ou faiblesses des relations UE – ACP
a) Au niveau de l’UE
● Réticence de certains pays membres de l’UE à continuer les aides financières aux ACP car les
retombées concrètes ne sont pas tangibles.
● Cette coopération constitue une importante sortie de fonds qui aurait pu servir au développement de
leur région en retard, surtout avec l’adhésion des pays de l’Europe de l’Est très pauvres.
b) Au niveau des ACP
● L’insuffisance des ressources du STABEX et du SYSMIN par rapport aux besoins des ACP et le
retard dans le payement des fonds
● Le STABEX et le SYSMIN limitent les effets des fluctuations mais ne les ont pas supprimés.
● Persistance des déficits commerciaux et la détérioration des termes de l’échange
● Endettement de plus en plus accru des ACP
● Le volume des échanges entre l’UE et les ACP reste en deçà des espérances.
● L’importance de plus en plus accordée aux pays de l’Europe de l’EST au détriment des pays ACP
● Instauration de quotas sur certains produits qui doivent entrer au sein de l’UE.
● Les aides accordées aux pays ACP sont de plus en plus soumis à des conditionnalités
● Le point de vue défendu par l’UE qui prime, sur les questions de démocratie, de financement ou
d’investissement et où une large place est laissée à l’arbitraire.
CONCLUSION
Les relations UE-ACP constituent une expérience unique et utile de coopération Nord-SUD. Si
chacune des deux parties en a tiré des avantages, force est néanmoins de reconnaitre qu’elles ont plus
apporté aux européens qu’aux pays ACP. Cette coopération peut –elle perdurer surtout avec la
mondialisation des échanges et les nouvelles exigences de l’OMC (Organisation Mondiale du
Commerce) ?
31
DISSERTATION
Sujet : Les limites du partenariat UE/ACP
COMMENTAIRE DE DOCUMENT
Texte :
Le 09 avril 2018 le président Muhammadu Buhari du Nigéria a déclaré très explicitement au nouvel
ambassadeur de l’Union Européenne (UE) venu lui présenter ses lettres de créance, que le Nigéria
était déterminé à ne pas signer l’Accord de Partenariat Economique(APE) de l’Afrique de l’Ouest
(AO), lequel APE, regroupe les 15 Etats de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de
l’Afrique de l’Ouest) plus la Mauritanie. (…). Or l’UE a toujours reconnu que l’APE d’AO ne
pourrait être finalisé sans le Nigéria qui a représenté 72% du PIB de l’Afrique de l’ouest en 2016 et
52% de sa population.
L’UE et la CEDEAO sont maintenant au pied du mur, en particulier la Côte d’Ivoire et le Ghana qui
ont mis en œuvre depuis la fin 2016 les APE intermédiaires (APEi) qu’ils avaient signés fin 2007 en
attendant que l’APE d’Afrique de l’ouest soit finalisé afin de conserver l’entrée à droits de douane
nuls pour leurs exportations sur le marché européen, notamment pour les bananes, le cacao
transformé, les conserves de thon et les ananas.
Sans APE régional en effet les APEi de la Côte d’Ivoire et du Ghana vont devenir permanents et
torpiller le lent processus d’intégration régionale à l’œuvre depuis la création de la CEDEAO en
1975, alors que l’objectif premier des APE et de l’accord de Cotonou de 2000 entre l’UE et les pays
ACP est de promouvoir l’intégration régionale dans les communautés économiques régionales des
pays ACP dont la CEDEAO.
JACQUES Berhelot, « Accords commerciaux : l’UE et la CEDEAO au pied du mur », Tribune
publiée le 07 mai 2018 par COMMODAFRICA.
QUESTIONS
1. Quelle est l’idée générale de ce texte ?
2. Selon le texte quel est l’objectif des APE ?
3. En t’appuyant sur le texte et tes connaissances justifie la détermination du président
Muhammadu Buhari à ne pas signer l’APE de l’Afrique de l’ouest.
4. Selon l’auteur : « l’objectif premier des APE et de l’accord de Cotonou de 2000 entre l’UE et
les pays ACP est de promouvoir l’intégration régionale dans les communautés économiques
régionales des pays ACP dont la CEDEAO ». Cet objectif s’est-il concrétisé ? Justifie ta
réponse.
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COMMENTAIRE DE DOCUMENT :
La révision de l’Accord de Cotonou intervenue en 2005 a été l’occasion d’ouvrir le champ du
dialogue politique. La mission d’appui aux casques Bleus au Congo(RDC) en 2006 ou l’appui à la
mission de l’Union Africaine au Darfour grâce à la mobilisation autorisée par les ACP des fonds
européens de développement à leur disposition, témoignent de la pertinence de cette innovation de
Cotonou (…).
Mais ce qui par-dessus tout, fait de Cotonou la transition entre une forme de coopération et une
autre à venir, aux contours encore imprécis, est l’annonce d’Accords de Partenariat Economique (APE)
entre les régions ACP et l’UE. Au commencement, dans la convention de Yaoundé, il y avait le libre-
échange. La boucle sera bouclée. (…) L’Accord de Cotonou a connu un bouleversement fondamental
en prévoyant la conclusion d’APE avant la fin de 2007. La cause en est que les préférences
commerciales accordées par l’UE aux ACP contreviennent aux règles de l’OMC. Le but est de faciliter
l’intégration harmonieuse des pays ACP dans l’économie mondiale où la compétition est autrement
plus féroce que dans le processus Lomé-Cotonou. Ce saut dans l’inconnu laisse perplexes certains pays
ACP et des acteurs de la société civile européenne(…).
Hegel Goutier, courrier, Edition spéciale UE, mars 2009, p9
QUESTIONS
1) Donnez l’idée générale du texte.
2) Expliquez le passage suivant : « Les préférences commerciales accordées par l’UE aux
ACP contreviennent aux règles de l’OMC.. »
3) Partagez-vous l’avis de l’auteur selon lequel la coopération UE/ACP « a fait ses
preuves » ?