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Apollinaire et la modernité dans "Zone"

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Zone

INTRO :

-Alcools, initialement nommé « Eau-de-vie »


-Guillaume Apollinaire = précurseur de « l’esprit nouveau »
-«Zone » = manifeste poétique, le poète révolutionne le genre poétique dans la forme et les thèmes.
-inspiré de la ville, du rythme du jazz et de la peinture cubiste
-titre porteur de sens : renvoie au quotidien urbain moderne qui fascine Apollinaire.
-respect d'une tradition poétique
-poème urbain sans ponctuation et irrégularité de mètre ou de rime
-posture entre tradition et modernité dans le poème « Zone »
-« Zone » = en tête du recueil mais le dernier rédigé ( donc fonctionne comme une sorte de préambule, un
manifeste)
-publication en 1913.

PB : En quoi ce poème célèbre-t-il la modernité ?

1/ v1à 10 : les paradoxes = condamnation du passé et éloge de la religion

a) v1 à 3: la rupture vis-à-vis du passé

On peut considérer ces trois vers comme des vers de rupture :

– du point de vue du sens, le poète rejette l'ancien temps et l'ancien monde, celui des humanités classiques
(« tu es las, tu en as assez, à la fin » (qui semble sous-entendre une longue expérience et une prise de
décision). Donc le refus du passé aussi à travers valorisation de la tour Eiffel, symbole de la modernité
parisienne.
Importance du présent de l’indicatif ( ni passé , ni futur , importance du contemporain)

– Du point de vue de l'énonciation :


Ce poème débute comme une profession de foi. Le « tu » est probablement le poète, mais le lecteur n'en
sait rien. Il pourrait s'agir du christianisme au vers 7. Le poète semble se dédoubler et parler à lui-même
comme pour se motiver. Modernité cubiste= repères de l’énonciation brouillée

– D'un point de vue poétique :


Jeu avec le lecteur : 1er vers = alexandrin
-3 monostiches (strophes d’un vers) : atypiques = refus de la poésie ? en tous cas , style « oral »

– des vers libres, une versification approximative, vers très long, moderne. L'alexandrin initial est frappé par
une diérèse qui rallonge le dernier mot (an/ci/en).
– l'absence de ponctuation
– le ton prosaïque (« tu en as assez »)
– une métaphore audacieuse qui fait de la tour Eiffel une bergère gardant un troupeau. L'image est
audacieuse et dynamique. L'image champêtre surprend puisqu'il s'agir de décrire des tonnes d'acier décriés
à l'époque. D'ailleurs il s'agit ici d'une apostrophe où Apollinaire crie son admiration pour un symbole de
modernité ( + ô = apostrophe lyrique , héritage du romantisme)

b) Vers 3 à 10: la religion, moderne hors du temps ?

Ces 3 vers poursuivent l'idée précédente mais introduisent un paradoxe. De nouveau Apollinaire se fait le
chantre de la modernité mais en mettant en avant la religion, symbole de l'ancien monde.

– Il introduit les symboles de la modernité ( automobile, aviation,)


– Il décrit une époque de progrès qui va très vite (vers 4). Il y ajoute 1 paradoxe : même le plus récent
semble être déjà ancien.

– Au milieu de ces 3 vers, il plébiscite la religion en affirmant 1 second paradoxe : dans ce monde
perpétuellement changeant, seule la religion est restée moderne. Comme si dans ce monde
perpétuellement changeant, la religion, dans sa nouveauté (vers 5) et sa simplicité, représente 1 sorte de
stabilité. La spiritualité contre le nouveauté vite dépassée (les voitures)

– on peut noter le parallélisme de construction (v5-6) et donc la structure répétitive qui fonctionne comme 1
incantation. Le vers est brisé par le rejet. La comparaison est mystérieuse. Elle ne peut que nous faire
réfléchir. 1 hangar est vide et on ne fait que y entreposer des biens. En tout cas l'image est familière et
semble entrer en contradiction avec la spiritualité proposée.

Au Vers 7 – 8 : insistance sur la singularité de la religion dans ce monde changeant.

1 apostrophe au christianisme qui particularise la religion, seul rempart au progrès changeant («  seul , le
plus »). Le pape en devient le représentant, encensé par Apol, qui le vouvoie ( « c’est vous Pape Pie X « )
– 1 élargissement puisqu'on passe de Paris à l'Europe,( mouvement de fond, universaliste)

Vers 9-10: le poète dans l’ici et le maintenant


de nouveau le "tu" peut renvoyer au poète. Comme l'esprit commun s'est éloigné de la religion, le poète a
peur du regard des autres et se retient de rentrer dans 1 église. La personnification (les fenêtres observent)
renvoie aux regards réprobateurs de ceux qui ne croient plus. Sous-entendu : la religion est l’espace de
l’authenticité, de l’émotion

Apollinaire crée ici 1 dynamique et resitue le poème dans 1 espace-temps ( la rue/ce matin). Nous quittons
l'abstraction
2/ L’espace urbain, la poésie de la modernité (vers 11 à 24)

V11 à 14 : La poésie du divertissement tape-l-oeil


Apollinaire nous décrit ici la ville envahit par 1 modernité bruyante à tous points de vue.
1 impression d'ensemble : le recueillement est remplacé par la publicité et le divertissement bon marché.
Le vocabulaire est simple, le vers non travaillé, le style est prosaïque.
L'écrit a changé : énumération de publicités tapageuses, de la presse diffusée bariolée, bon marché.
L'ensemble se caractérise par la multitude et la diversité ( pluriels nombreux ,25 , mille…). Pour le poète,
notre relation à l’écrit a changé. Il s’agit d’une époque nouvelle
– L'impression d'ensemble est positive (« poésie, chanter, portraits des grands hommes » + nombreuses
hyperboles) et Apollinaire semble adopter 1 prose simple voire simpliste (« il y a »), presque familière.
La poésie semble s’inviter partout : l’énumération renvoie à la variété cubiste, les différentes images
semblent collées les unes à côté des autres.

Vers 15 à la fin : la description de la rue

Dans cette strophe Apollinaire décrite 1 rue moderne dans ses différentes composantes.
– il s'agit d'une aventure personnelle. De la 2e personne nous passons à la 1re personne du singulier.
L'auteur apprécie ce qu'il voit (des adjectifs valorisants + « clairon » + avis personnel à l'avant-dernier vers).
De la même façon, cette aventure est parisienne et bien marquée « entre la rue Aumont-Thieville et l’avenue
des Ternes » v 24).

– la rue est appréhendée à travers sa dimension humaine (Apollinaire décrit la population et les nouveaux
métiers), le rythme du travail qui donne 1 impression de grouillement, impression confirmée par
l'importance des chiffres, des horaires. Elle est appréhendée par sa cacophonie : de nombreux mots
renvoient à l'univers sonore : « clairon, la sirène y gémit, cloche rageuse, aboie, criaille, perroquets. »
Tout cela renvoie à 1 véritable brouhaha, renforcée par les sonorités mêmes des mots qui peuvent parfois
paraître discordantes, (sténo dactylographe, perroquets criaillent). On peut même noter 1 antiphrase qui
renforce cette idée de discordance (« la grâce de cette rue industrielle »)
– D'une manière visuelle puisqu'on retrouve de nouveau les écrits tapageurs.

– Apollinaire se fait le chantre de la vie moderne, parisienne, industrielle et ce qui paraît cacophonie pour
nous lui est poésie. Le quotidien devient poésie.
Apollinaire fait donc œuvre de rupture puisque la grande poésie classique et remplacée par 1 poésie
urbaine, sans ponctuation, à la syntaxe et au vocabulaire simple. Cela est à rapprocher du goût d'Apollinaire
pour le futurisme et le cubisme.

CONCLUSION :
-certaine lassitude à l’égard de la poésie traditionnelle bien que celle-ci se retrouve au fil de plusieurs vers
-le poète sublime le quotidien et transfigure les éléments les plus banals du monde contemporain, qui
acquièrent une qualité presque magique pour qui sait les regarder
-A = fasciné par la modernité, la ville et le quotidien
-«Zone » se démarque par sa profonde originalité et donne le ton du reste du recueil
-espace urbain = décor de plusieurs poèmes d’Alcools (« Sous le pont Mirabeau » qui a pour cadre Paris et un
célèbre pont métallique, emblème de la modernité)
-la forme épouse le sujet : poème résolument moderne et optimiste, célébrant la nouveauté et l’inventivité
de ce début de siècle.

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