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Doute et liberté de l'esprit : analyse réflexive

Le document examine si le doute est la manifestation de la liberté de l'esprit. Il explore les arguments selon lesquels le doute affirme la capacité de penser par soi-même et préserve la liberté de l'esprit. Cependant, le doute peut aussi paralyser l'esprit s'il est omniprésent. Le document conclut que le doute doit faire partie d'un travail méthodique de l'esprit.

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Doute et liberté de l'esprit : analyse réflexive

Le document examine si le doute est la manifestation de la liberté de l'esprit. Il explore les arguments selon lesquels le doute affirme la capacité de penser par soi-même et préserve la liberté de l'esprit. Cependant, le doute peut aussi paralyser l'esprit s'il est omniprésent. Le document conclut que le doute doit faire partie d'un travail méthodique de l'esprit.

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CONTIVAL MARTINS Joana TG4 4 janvier 2022

Dissertation : «Le doute est-il la manifestation de la liberté de l’esprit ?»

Dans les différents moments de nos vies la liberté de notre esprit se manifeste par la
réflexion, Nous n’acceptons pas sans réflexions les «vérités» que l’on essaie de nous imposer.
Pourtant douter sans arrêt ne nous conduit-il pas à s’empêcher de progresser et de
réfléchir ? D’où la question que nous pouvons nous poser : «Le doute est-il la manifestation de la
liberté de l’esprit ?». La réponse à cette question ne va pas de soi, elle demande de la réflexion.
Alors nous examinerons les raisons qui pourraient nous pousser à répondre «oui» et celles non
moins fortes qui pourraient nous pousser à répondre par la négative. Nous arrivons à un certain
équilibre des raisons, qui semble nous interdire de prendre position.
Nous nous proposons donc de préciser dans un troisième temps ce que l’on peut entendre
par «doute» et par «liberté de l’esprit». Tout cela afin de répondre à la question posée

Commençons par montrer les raisons qui démontrent qu’en effet le doute manifeste la
liberté de l’esprit. “Douter” c’est d’abord prendre le temps de réfléchir, c’est refuser l’adhésion
immédiate que l’on nous demande. Par le doute, notre esprit se met au travail, selon l'étymologie du
mot, "dubitare", douter veut dire "peser les arguments”. Ce verbe indique bien que notre esprit est
actif. Nous voulons bien adhérer à une idée ou participer à une action, à condition que nous lui
reconnaissions de la valeur par notre propre force de réflexion. Dans le Discours de la Méthode,
Descartes dit bien qu’il faut ne jamais “recevoir aucune chose pour vraie que je ne la connusse
évidemment comme telle”. Le “je” est très important, il s'agit d’un travail de son propre esprit. C’est
d’ailleurs pour lui une façon d'accéder à la vérité. L’esprit comme l’indique l’origine de ce mot, est un
mouvement, un souffle et non une passivité. Si l’on fait au tableau une démonstration
mathématique, nous ne la comprendrons que si notre esprit l'exécute dans le même mouvement.
Comme s'il participait lui-même à cette démonstration (l’esprit). Nous pouvons même ajouter que ce
doute peut nous libérer de ce qu’on “croit” être des vérités. C'est-à-dire qu’il peut nous libérer
d’illusions, de préjugés, etc… Bertrand Russell dans Problème de philosophie parle aussi de “doute
libérateur”.
Prenons un exemple tiré de l’histoire des sciences : nous voyons le Soleil tourner autour de
la Terre, mais la mise en doute de cette impression permet à Copernic et plus tard à Galilée de
comprendre que c’est la Terre qui tourne autour du Soleil. Dans le domaine scientifique, l’utilisation
du doute libère d’un certain nombre d’illusions. Nous trouverons ainsi de nombreux exemples.
Pour résumer tous ces arguments, il semblerait qu’il soit possible de répondre oui à la
question posée. Résumons : par le doute nous affirmons à la fois notre capacité de penser par nous
mêmes, c'est-à-dire d’utiliser notre propre esprit et nous préservons sa liberté. Beaucoup de choses
peuvent nous contraindre physiquement, mais notre esprit par sa capacité de refus et son exigence
d’activité, préserve sa liberté. Dans les pires situations il reste libre, ainsi que le dit Epictète : étant
frappé par son maître, il lui dit “Tu peux contraindre mon corps mais non point mon esprit.”. On
peut nous obliger à dire quelque chose mais non à le penser.

Puisque nous parlons du doute, qui met en balance, et qui “suspend” tout jugement
précipité, comme le dit Descartes, nous devons maintenant examiner les raisons qui pourraient nous
pousser à dire non. Autrement dit, mettons en doute ce premier développement de notre réflexion.
Un premier argument en faveur d’une réponse négative, serait de dire que le doute peut justement
paralyser l’esprit. Douter de tout en permanence reviendrait à ne jamais se prononcer. Étant
omniprésent, le doute nous l’interdirait. Pour penser il faut une force de convictions qui nous pousse
à choisir. Il en est de même dans le domaine de l’action. Dans un croisement si l’on est perdu, il faut
bien choisir une direction donnée. Ainsi Descartes lui-même, nous dit, que perdu dans une forêt il
faut se déterminer à choisir une direction et s’y tenir, sinon nous risquons fort de tourner en rond.
L'expérience de notre propre vie montre bien que nous faisons des choix en permanence sans avoir
forcément pesé tous les arguments possibles, car nous n’avons pas toujours toutes les cartes en
mains et qu’il est urgent de prendre position. Nous pourrions prendre des exemples dans les
domaines politiques, économiques, climatologiques ou écologiques. Terminons ce premier
argument en précisant que le doute peut être conservateur, pourquoi changer si l’on peut douter de
la valeur du changement. Au lieu d’être libérateur, le doute serait peut être paralysant,
emprisonnant, tel une “cage dorée”. Cela représente une illusion. La cage représente un
enfermement de notre esprit contraint, l’aspect dorée représente une vision positive de
l’enfermement jusqu’à oublié que nous sommes dans cette cage dorée. Le doute libérateur est peut
être lui aussi une illusion ! Il nous enferme parfois dans un état qui est le contraire de la vie.
Un deuxième argument serait de souligner qu’un esprit qui s’installerait dans le doute
deviendrait rapidement, un esprit “vide”. Ainsi le philosophe Kant a-t-il pu parler des sceptiques de
l’antiquité comme des nomades qui ne s’arrêtent à aucune vérité. Penser c’est aussi adhérer à
certaines idées. Refuser systématiquement toute idée reviendrait donc à ne rien penser. C’est ce
que veut dire Kant lorsqu’il parle des sceptiques de l’antiquité, car ils pratiquaient une forme de
doute permanent.
Douter en permanence peut donc paralyser l’esprit et peut-être même le faire disparaître.
Pouvons nous répondre “non” à la question posée ? Les arguments que nous venons de prendre en
considération ont certes un certain poids mais nous ne pouvons pas pour autant négliger ceux de la
première partie. Nous allons essayer de sortir de cette impasse pour retrouver notre chemin dans
cette forêt de réflexions.

Tout d’abord, remarquons une chose, il ne faut pas confondre la capacité de douter, qui est
présente en permanence dans notre esprit, avec le doute portant sur une idée en particulier. Je peux
douter qu’un événement se soit produit tant que je n’ai pas vérifié par moi même. Une fois les
preuves en mains il serait idiot de continuer à douter de la même chose. Je peux douter de la valeur
d’une démonstration mathématique, mais ayant constaté sa pertinence, sa valeur, douter n’est plus
de mise. Dans cet ordre d’idées, il convient de bien rappeler ce que Descartes entend par douter. Si
nous le suivons, douter, est un acte de l’esprit qui est méthodique et provisoire, c’est le doute
cartésien. Il s’agit bien, toujours, de chercher la vérité. Il ne faut surtout pas confondre un tel doute
avec un état dans lequel on s’enfermerait. Les sceptiques eux-mêmes, renouvellent sans arrêt leur
combat contre toutes les illusions possibles. Notons aussi qu’aujourd’hui ils ne font pas porter leurs
“doutes” sur les connaissances scientifiques mais surtout sur ce qui échappe à l’esprit humain. Par
exemple dans le domaine religieux, ils s'abstiennent volontiers de prendre position sur le problème
de l'existence de Dieu.
Précisons maintenant ce qu’il nous faut vraiment entendre par “liberté de l’esprit” : l’esprit
est libre quand rien ne le contraint, quand rien ne l’empêche d’adhérer à une vérité qu’il a
activement cherchée. C’est ce que l’on appelle, le travail de la raison. Le doute doit toujours
s’accompagner de ce travail. Douter sans raison n’est pas une preuve d’esprit. Pour mieux cerner ce
que nous voulons dire, nous pouvons reprendre la pensée d’un grand scientifique. Henri Poincaré a
écrit : “Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes qui l’une et l’autre
nous dispensent de réfléchir”. Pour éviter ces deux écueils il faut utiliser la raison.

Au terme de cette réflexion nous pouvons comprendre que le doute doit faire partie d’un
travail de l’esprit. Qu’il doit être méthodique comme le dit Descartes, il ne s’agit pas de douter pour
douter ni de s’installer dans un tel état d’incertitude. Cela serait déraisonnable !
A la question posée, nous répondrons, “oui” si le doute est de type cartésien, en évitant
toute attitude de refus systématique. Si selon le philosophe Alain “penser c’est dire non” il convient
d’ajouter que c'est aussi être capable de saisir une vérité, surtout quand on l’a longtemps cherchée.

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