CHAUSSURES ORTHOPEDIQUES:(CHO)
I- DEFINITION :
Ce sont des chaussures réalisées sur mesure par un podo-orthésiste dont la conception
dépend d’un examen clinique. Destinés soit à :
- Contenir des déformations irréductibles.
- Corriger des troubles de la statique de ces mêmes segments.
- Compenser des raccourcissements du MI
- Servir de point de fixation à un appareil orthopédique.
Le traitement par chaussures orthopédiques s'adresse à des patients dont l'un ou les
deux pieds présentent un déficit anatomique ou fonctionnel d'origine osseux,
articulaire, musculaire ou neurologique ne pouvant être compensé par des chaussures
de série. Essentiellement prescrites par des médecins rééducateurs.
La prescription sera orientée en fonction de trois axes principaux :
Déficience, incapacité et handicap
II- ANATOMIE DE LA CHO:
La chaussure orthopédique est définie par la présence de trois parties au niveau
desquelles on peut adjoindre différents éléments thérapeutiques:
- une orthèse plantaire
- une tige et ses renforts
- un semelage extérieur
Fig. 1 :
Composants de la chaussure.
Tige. 1. Empeigne ou claque ; 2. languette ; 3. quartier ; 4. baguette.
Renforts. a : bout-dur ; b : ailette ; c : contrefort.
Semelage. 5. Semelle antérieure ; 6. talon.
A- Tige :
Elle a pour but:
- de protéger le pied à l'exception de la plante,
- la contention du pied permettant d'éviter l'aggravation de troubles statiques
- la contention de la cheville et d'une partie plus ou moins importante du segment
jambier
- Elle est composée de : Empeigne ou claque, Quartiers, Languette
Renforts au niveau de la tige : Bout-dur, Ailettes, Contrefort et sous-
contrefort
Formes courantes de la tige:
Fig. 2 :
Principaux modèles de chaussure.
A. Cycliste.
B. Derby.
C. Balmoral.
D. Charles IX.
E. Escarpin.
F. Basket.
B- Semelage :
Il est constitué de pièces de cuir ou autres matériaux interposés entre la plante
du pied et le sol réparties en deux couches :
la première sur laquelle est montée la tige ;
la semelle seconde ou dernière qui recouvre la partie inférieure de la chaussure
et sur laquelle est fixé le talon
La face inférieure du semelage se subdivise en deux zones : la semelle et le
talon
C- Orthèses intérieures plantaires:
elle peut avoir un rôle de correction, de soutien, de répartition de charge ou au
contraire de décharge d'une zone particulièrement fragile
Fig. 1 :
Composants de la chaussure.
Tige. 1. Empeigne ou claque ; 2. languette ; 3. quartier ; 4. baguette.
Renforts. a : bout-dur ; b : ailette ; c : contrefort.
Semelage. 5. Semelle antérieure ; 6. talon.
III- COMPOSANTES THERAPEUTIQUES SUR CHO
1- Adjonctions thérapeutiques au niveau de la tige:
On peut les classer en fonction de trois orientations thérapeutiques principales
- Contention latérale et de limitation fonctionnelle des articulations du pied et de la
cheville
- Suppléance dans les déficits des muscles releveurs du pied
- Protection des téguments
2- Options thérapeutiques au niveau du semelage:
- Aide au déroulement du pas au niveau de l'avant-pied
- Amélioration de l'attaque du pas
- Corrections de la statique au niveau talonnier
- Adjonction d'un élément de fixation d'un appareil orthopédique
IV- BILAN CLINIQUE:
- Interrogatoire : Il doit insister sur les conditions de vie du patient, le
retentissement de sa pathologie sur sa vie quotidienne et ses attentes en matière
d'appareillage.
- diagnostic de l’affection étiologique : car certaines données sont essentielles
pour orienter la prescription
- examen clinique : Il doit être complet permettant d'évaluer le patient et sa
pathologie dans sa globalité.
L'examen des pieds est évidemment un temps essentiel :
- un examen de la trophicité du pied
- un examen de la sensibilité
- une palpation des pouls
- une étude globale de la statique des membres inférieurs et du rachis
V - INDICATIONS DES CHO:
1 - des déformations graves (PBVE)
2 - une amputation du pied
3 - des paralysies ayant des répercussions sur la forme du pied et la marche
4- une inégalité de longueur supérieure à 2,5 cm
Cas particulier du chaussage de l'enfant
De façon peut-être encore plus nette que chez l'adulte, les progrès de la
chirurgie et de l'orthopédie ont nettement fait reculer les indications du
chaussage sur mesure chez l'enfant qui sont maintenant limitées
aux grandes inégalités de longueur ;
aux malformations congénitales ou acquises d'origine non neurologiques :
agénésie, arthrite chronique juvénile, arthrogrypose ;
aux atteintes sévères d'origine neurologique comme on les retrouve
principalement chez les enfants avec infirmité motrice cérébrale (IMC). Dans
cette pathologie, les chaussures de type imbasculable gardent toute leur place.
Elles associent un semelage à base large et une coque moulée afin de favoriser
un appui stable du pied.
En rhumatologie, les chaussures orthopédiques ont un rôle palliatif, antalgique,
elles absorbent et maintiennent les déformations. Les matériaux utilisés sont des
mousses thermoformables de différentes densités qui amortissent les
microchoques. De plus, avec les éléments correcteurs, l'orthèse plantaire
décharge les appuis douloureux.
En neurologie, le but principal des chaussures orthopédiques est de pallier au
déficit musculaire entraînant des troubles de l'équilibre et une marche difficile.
En traumatologie, les chaussures orthopédiques ont un rôle de maintien.
Nous y mettrons des renforts de tiges tels que tuteurs latéraux, contreforts
montants ou semi-montants.
Les chaussures orthopédiques corrigent l'inégalité des membres inférieurs pour
retrouver l'équilibre postural et permettre une marche normale.
Les chaussures orthopédiques remplacent un membre pour permettre la marche
en ajoutant un faux-pied et un appareil podo-jambier dans la chaussure.
VI- CONCLUSION:
Même si l'amélioration des traitements médicaux, orthopédiques et chirurgicaux a
nettement fait régresser les indications classiques du chaussage sur mesure
(poliomyélite, IMC, luxation congénitale de hanche) l'évolution des matériaux et des
techniques lui a permis d'améliorer ses qualités thérapeutiques, de s'adapter à de
nouvelles indications (pied neuropathique) et de prendre un aspect plus moderne, plus
proche des exigences esthétiques de nos patients