Wmo Guide Des Instruments FR
Wmo Guide Des Instruments FR
Édition 2008
Mise à jour en 2010
OMM N° 8
Guide
des instruments et des
méthodes d’observation
météorologiques
OMM-N° 8
Édition 2008
Mise à jour en 2010
2014
REMERCIEMENTS
OMM-N° 8
L’OMM se réserve le droit de publication en version imprimée ou électronique ou sous toute autre forme et
dans n’importe quelle langue. De courts extraits des publications de l’OMM peuvent être reproduits sans
autorisation, pour autant que la source complète soit clairement indiquée. La correspondance relative au
contenu rédactionnel et les demandes de publication, reproduction ou traduction partielle ou totale de la
présente publication doivent être adressées au:
ISBN 978-92-63-20008-2
NOTE
Les appellations employées dans les publications de l’OMM et la présentation des données qui y figurent n’impliquent,
de la part de l’Organisation météorologique mondiale, aucune prise de position quant au statut juridique des pays,
territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.
La mention de certaines sociétés ou de certains produits ne signifie pas que l’OMM les cautionne ou les recommande
de préférence à d’autres sociétés ou produits de nature similaire dont il n’est pas fait mention ou qui ne font l’objet
d’aucune publicité.
Les constatations, interprétations et conclusions exprimées dans les publications de l’OMM portant mention d’auteurs
nommément désignés sont celles de leurs seuls auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de l’OMM ou de ses
Membres.
SUIVI DES RÉVISIONS DE LA PUBLICATION
Proposé par
Objet de Résolution
Date Partie/chapitre/section (organe et
l’amendement correspondante
session)
L’un des buts de l’Organisation météorologique d’être un mode d’emploi détaillé à l’intention des
mondiale (OMM) consiste à coordonner les activi- observateurs et des techniciens ; il est plutôt des-
tés de ses 188 Membres en matière de production tiné à servir de point de départ à la rédaction de
de données et d’informations sur le temps, le climat manuels par des Services météorologiques et hydro-
et l’eau, conformément à des normes convenues au logiques nationaux (SMHN) ou d’autres usagers de
niveau international. Dans ce contexte, chaque ses- systèmes d’observation pour répondre à leurs be-
sion du Congrès météorologique mondial adopte soins particuliers. Au demeurant, le Guide ne four-
des Règlements techniques définissant les pratiques nit pas de spécification sur l’architecture détaillée
et les procédures que les Membres de l’OMM doi- des instruments car cela pourrait compromettre
vent appliquer en matière de météorologie. Ces Rè- leur évolution future. Il semblait préférable de limi-
glements techniques sont complétés par un certain ter la normalisation aux prescriptions essentielles et
nombre de Manuels et de Guides décrivant de ma- de ne formuler de recommandations que pour les
nière plus détaillée les pratiques, procédures et spé- éléments qui sont généralement les plus courants
cifications que les Membres sont priés de suivre et dans les différentes configurations d’un instrument
de mettre en œuvre. Les Manuels contiennent des ou d’un système de mesure donné.
pratiques obligatoires, tandis que les Guides comme
celui-ci ne contiennent que des recommandations. Si ce Guide a été rédigé avant tout à l’intention
des SMHN, de nombreux autres organismes et éta-
La première édition du Guide des instruments et des blissements de recherche et d’enseignement qui
méthodes d’observation météorologiques a été publiée effectuent des observations météorologiques l’ont
en 1954 et comportait douze chapitres. Depuis lors, trouvé utile ; leurs demandes ont donc été prises en
la normalisation est demeurée une activité centrale compte dans l’élaboration du document. En outre,
de la Commission des instruments et des méthodes de nombreux fabricants d’instruments ont reconnu
d’observation (CIMO), qui révise régulièrement le que le Guide était utile pour élaborer et produire
contenu du Guide et recommande des ajouts ou des des instruments et des systèmes spécialement adap-
modifications, le cas échéant. tés aux besoins des Membres. Compte tenu de la
demande considérable dont cette publication fait
L’édition actuelle, qui est la septième, est une ver- l’objet, il a été décidé de la mettre à la disposition
sion entièrement révisée qui comprend des sujets de tous les utilisateurs intéressés sur le site web de
et des chapitres supplémentaires pour tenir comp- l’OMM.
te des progrès technologiques récents. Comme les
précédentes éditions, elle a pour but d’offrir des Dès lors, au nom de l’OMM, je souhaite exprimer
conseils exhaustifs et actualisés sur les pratiques les ma gratitude à tous les SMHN, les commissions
plus efficaces pour effectuer des observations et des techniques, les équipes d’experts et les personnes
mesures météorologiques. Elle est le fruit des efforts qui ont contribué à cette publication.
conjugués de 42 experts venus de 17 pays et elle a
été adoptée par la quatorzième session de la CIMO
(Genève, décembre 2006).
Page
PARTIE I. MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
CHAPITRE 14. Observation du temps présent et passé et de l’état du sol ................................................................... I.14-1
Page
PARTIE II. SYSTÈMES D’OBSERVATION
CHAPITRE 6. Mesures effectuées dans la stratosphère et la mésosphère à l’aide de fusées ................ II.6-1
Page
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS . .................................................................................................................................................................................... I.1-1
1.1 Observations météorologiques ........................................................................................................................................................ I.1-1
1.2 Systèmes d’observation météorologiques .............................................................................................................................. I.1-2
1.3 Prescriptions générales pour une station météorologique ..................................................................................... I.1-3
1.4 Exigences générales en matière d’instruments ................................................................................................................. I.1-6
1.5 Étalons et définitions ............................................................................................................................................................................... I.1-7
1.6 Incertitudes de mesure . .......................................................................................................................................................................... I.1-9
Annexe 1.A. Centres régionaux ....................................................................................................................................................................... I.1-17
Annexe 1.B. Classification de sites pour les stations terrestres d’observation ....................................................... I.1-19
Annexe 1.C. Description de l’exposition des stations ................................................................................................................. I.1-30
Annexe 1.D. Exigences concernant l’incertitude des mesurages opérationnels
et performance des instruments ...................................................................................................................................................................... I.1-32
Références et autres lectures ................................................................................................................................................................................ I.1-38
Page
4.5 Hygromètre à condensation au chlorure de lithium (cellule à point de rosée) ................................. I.4-18
4.6 Hygromètres à résistance ou capacité électrique ............................................................................................................ I.4-21
4.7 Hygromètres à absorption du rayonnement électromagnétique .................................................................... I.4-21
4.8 Sécurité ................................................................................................................................................................................................................. I.4-22
4.9 Instruments étalons et étalonnage ............................................................................................................................................. I.4-24
Annexe 4.A. Définitions et spécifications de la vapeur d’eau dans l’atmosphère ............................................. I.4-27
Annexe 4.B. Formules à utiliser pour le calcul de l’humidité .............................................................................................. I.4-30
Références et autres lectures ............................................................................................................................................................................... I.4-32
Page
CHAPITRE 8. MESURE DE LA DURÉE D’INSOLATION . ............................................................................................................... I.8-1
8.1 Généralités ..................................................................................................................................................................................................... I.8-1
8.2 Instruments et capteurs ..................................................................................................................................................................... I.8-3
8.3 Expositions des héliographes ........................................................................................................................................................ I.8-7
8.4 Sources générales d’erreur ................................................................................................................................................................ I.8-7
8.5 Étalonnage ..................................................................................................................................................................................................... I.8-8
8.6 Entretien .......................................................................................................................................................................................................... I.8-10
Annexe. Algorithme permettant de déterminer la durée d’insolation
à partir de mesures de l’éclairement énergétique global direct ....................................................................................... I.8-11
Références et autres lectures ............................................................................................................................................................................ I.8-12
Page
CHAPITRE 13. MESURE DU VENT EN ALTITUDE ......................................................................................................................... I.13-1
13.1 Informations générales .................................................................................................................................................................... I.13-1
13.2 Capteurs et instruments de mesure du vent en altitude ................................................................................... I.13-4
13.3 Méthodes de mesure .......................................................................................................................................................................... I.13-10
13.4 Exposition des appareils au sol ................................................................................................................................................ I.13-12
13.5 Sources d’erreurs .................................................................................................................................................................................... I.13-13
13.6 Comparaison, étalonnage et entretien . ............................................................................................................................ I.13-17
13.7 Corrections ................................................................................................................................................................................................. I.13-19
Références et autres lectures ......................................................................................................................................................................... I.13-20
CHAPITRE 14. OBSERVATION DU TEMPS PRÉSENT ET PASSÉ ET DE L’ÉTAT DU SOL ................................ I.14-1
14.1 Généralités .................................................................................................................................................................................................. I.14-1
14.2 Observation du temps présent et passé ............................................................................................................................ I.14-2
14.3 Observation de l’état du sol ........................................................................................................................................................ I.14-7
14.4 Observation de phénomènes particuliers ....................................................................................................................... I.14-8
Annexe. Critères d’intensité des précipitations faibles, modérées et fortes ...................................................... I.14-9
Références et autres lectures ......................................................................................................................................................................... I.14-10
GÉNÉRALITÉS
1 Recommandé par la CIMO lors de sa neuvième session 2 Recommandé par la Commission technique mixte OMM/COI
(1985) dans sa recommandation 19. d’océanographie et de météorologie maritime (CMOM) lors de sa
troisième session (2009) dans sa recommandation I (CMOM-III).
I.1- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
de temps des phénomènes et c’est ainsi que les pré- 1.1.3 Métadonnées
visions météorologiques à court terme demandent
des observations plus fréquentes sur un réseau plus Le but de ce Guide et des publications de l’OMM
dense dans un espace restreint pour pouvoir détec- qui s’y rapportent est d’assurer la fiabilité des ob-
ter n’importe quel phénomène de petite échelle et servations grâce à la normalisation. Les ressources
son développement rapide. Selon diverses sources et circonstances locales peuvent toutefois faire que
(OMM, 2001, 2003a ; Orlanski, 1975), les échelles les normes adoptées concernant les instruments et
météorologiques horizontales peuvent être classées l’exposition ne soient parfaitement respectées. Un
comme suit, avec un facteur d’incertitude égal à exemple caractéristique est celui des régions rece-
deux : vant d’abondantes chutes de neige, où les instru-
(a) Micro-échelle (inférieure à 100 m), pour la mé- ments sont placé plus haut qu’à l’habitude pour
téorologie agricole, par exemple, évaporation ; qu’ils puissent être utilisables aussi bien en hiver
(b) Petite échelle ou échelle locale (entre 100 m et qu’en été.
3 km), par exemple: pollution de l’air, torna-
des; Les utilisateurs des observations météorologiques
(c) Echelle moyenne ou méso-échelle (entre 3 et ont souvent besoin de connaître l’exposition, le
100 km), par exemple: orages, brises de mer ou type et l’état des instruments ainsi que la façon dont
de montagne; ils sont exploités, et peut-être le détail des observa-
(d) Grande échelle (entre 100 et 3 000 km), par tions. Cela est aujourd’hui particulièrement impor-
exemple: fronts, cyclones, concentration de tant pour les études climatiques, pour lesquelles on
nuages; doit examiner précisément l’histoire des stations.
(e) Echelle planétaire (supérieure à 3 000 km), par Les métadonnées (données sur les données) concer-
exemple: ondes longues de la troposphère nant toutes les informations sur l’établissement et la
supérieure. maintenance de la station énumérées dans la section
1.3, de même que toutes les modifications ayant pu
La section 1.6 recense les incertitudes requises et advenir, y compris l’histoire de l’étalonnage et de la
possibles des systèmes d’instruments. Les incertitu- maintenance et les modifications d’exposition et de
des déclarées possibles ne le sont qu’avec de bons personnel doivent être conservées (OMM, 2003b).
instruments utilisés convenablement, mais on ne Les métadonnées sont particulièrement importan-
les obtient pas toujours dans la pratique. La bonne tes pour les aspects très sensibles à l’exposition tels
exécution des observations exige un savoir-faire, que les précipitations, le vent et la température. Une
une formation, un équipement et un appui qui font forme élémentaire de métadonnée est l’informa-
parfois en partie défaut. L’intervalle de temps re- tion sur l’existence, la disponibilité et la qualité des
quis entre les mesures dépend de l’application : mi- données météorologiques et des métadonnées les
nutes pour l’aviation, heures pour l’agriculture, et concernant.
jours pour la description du climat. L’organisation
du stockage des données est un compromis entre
la capacité de stockage disponible et les besoins de
l’usager. 1.2 Systèmes d’observation
météorologiques
Une bonne exposition, qui est représentative à des
échelles allant de quelques mètres à cent kilomètres La demande en données d’observation peut être
est difficile à assurer (Voir section 1.3). Les erreurs satisfaite au moyen de mesures in situ et par télé-
résultant d’une exposition non représentative peu- détection (y compris à partir de l’espace) selon la
vent être beaucoup plus importantes que celles du capacité des différents systèmes de capteurs à me-
système instrumental pris isolément. Une station surer l’élément considéré. OMM (2003a) subdivise
implantée sur un terrain accidenté ou près d’un riva- les besoins en mondiaux, régionaux et nationaux et
ge ne sera probablement pas représentative à grande d’après les domaines applications. Le Système mon-
et moyenne échelle. Les données d’une station non dial d’observation conçu afin d’y répondre se com-
représentative peuvent néanmoins rester utilisables pose d’un sous-système de surface et d’un sous-sys-
à des fins climatologiques si elles demeurent homo- tème spatial. Le sous-système de surface comprend
gènes dans le temps. un large éventail de stations dont le type varie en
fonction des applications (station synoptique de
L’annexe 1.B traite plus avant la question de la re- surface, station aérologique, station climatologique
présentativité d’une station et fournit des directives etc.). Le sous-système spatial comprend un certain
concernant la classification des stations d’observa- nombre d’engins spatiaux dotés d’équipements de
tion terrestres afin d’apprécier leur représentativité sondage et le segment au sol apparié de commande,
pour la mesure de différentes variables. contrôle et réception des données. Les chapitres
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-
du Guide traitent du sous-système de surface et, Des renseignements détaillés sur les méthodes d’ob-
plus succinctement, du sous-système spatial. Pour servation et l’emploi des instruments figurent dans
atteindre certaines observations météorologiques les chapitres de ce Guide.
grâce à des systèmes automatiques, par exemple le
temps présent, on doit faire appel à une approche 1.3.1 Stations météorologiques
appelée « multicapteur », où le résultat est obtenu automatiques
par un algorithme appliqué aux sorties de différents
capteurs. La plupart des éléments qu’il faut observer à des fins
synoptiques, climatologiques ou aéronautiques peu-
vent se mesurer à l’aide de systèmes automatiques
(chapitre 1, Partie II).
1.3
Prescriptions générales pour
une station météorologique A mesure que les capacités des systèmes automati-
ques augmentent, la part des stations météorolo-
Le Manuel du SMO (OMM, 2003a) contient la liste giques entièrement automatiques s’accroît réguliè-
détaillée des éléments à observer selon le type de rement par rapport à celle des stations desservies
la station et le réseau d’observation. Les besoins en par des observateurs humains (utilisant ou non des
données d’observation auxquels doivent répondre instruments automatiques). Les directives ci-après
une station climatologique classique ou une station concernant l’implantation et l’exposition des sta-
du réseau synoptique en surface sont examinés dans tions, les modifications intervenant dans leur do-
la présente section. tation en instruments, les inspections et la mainte-
nance valent pour les unes et les autres.
Une station d’observation en surface observe les élé-
ments suivants, (les chapitres indiqués sont ceux de 1.3.2 Observateurs
la Partie I) :
Temps présent (chapitre 14) Des observateurs météorologiques sont nécessaires
Temps passé (chapitre 14) pour l’accomplissement des tâches ci-après:
Vitesse et direction du vent (chapitre 5) a) Exécuter avec les instruments appropriés des
Nébulosité (chapitre 15) observations synoptiques et/ou climatologi-
Type des nuages (chapitre 15) ques offrant l’exactitude requise;
Hauteur de la base des nuages (chapitre 15) b) Maintenir en bon état les instruments, les in-
Visibilité (chapitre 9) formations concernant les métadonnées et les
Température (chapitre 2) sites d’observation;
Humidité relative (chapitre 4) c) Coder et envoyer les observations (en l’absence
Pression atmosphérique (chapitre 3) de systèmes automatiques de chiffrement et de
Précipitations (chapitre 6) communications);
Enneigement (chapitre 6) d) Entretenir les appareils enregistreurs de la sta-
Insolation et/ tion, notamment changer les diagrammes s’il y
ou rayonnement solaire (chapitre 7 et 8) a lieu;
Température du sol (chapitre 2) e) Dresser ou collationner les relevés hebdoma-
Evaporation (chapitre 10) daires et/ou mensuels de données climatologi-
ques en l’absence de systèmes automatiques
Il existe des instruments pour la mesure de tous appropriés;
ces éléments, à l’exception du type des nuages, f) Fournir des observations supplémentaires ou
mais en l’état actuel de la technique ils ne per- de sauvegarde lorsque l’équipement automati-
mettent pas d’observer le temps présent et passé, que se trouve hors de service ou ne se prête pas
la nébulosité, la hauteur des nuages et l’enneige- à l’observation de tous les éléments prescrits.
ment aussi complètement que le fait un observa- g) Répondre aux demandes du public et des pro-
teur humain. fessionnels.
Certaines stations météorologiques effectuent des Les observateurs devraient recevoir d’un Service
mesures en altitude (Chapitres 12 et 13 de la Par- météorologique habilité une formation et/ou un di-
tie I), des mesures de l’humidité du sol (chapitre plôme garantissant qu’ils possèdent les compéten-
11 de la Partie I), des mesures de l’ozone (chapitre ces voulues pour faire des observations conformes
16 de la Partie I) et de la composition de l’atmos- aux normes en vigueur. Ils devraient être capables
phère (chapitre 17 de la Partie I), et utilisent des d’interpréter et d’adapter à leurs systèmes d’obser-
instruments spéciaux décrits dans la Partie II du vation particuliers les instructions intéressant l’em-
Guide. ploi des instruments et des techniques manuelles. Le
I.1- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
1,5 m 1,5 m
1,5 m 1,5 m
Anémomètre
Abri à coupelles sur un
thermométrique mat fin de 2 m
Thermomètre à 100 cm
2m dans le sol
Pluviomètre 1
1,5 m 1,5 m
O Pluviomètre 2 1,5 m E
3m Pluviographe
Thermomètre à 30 cm
dans le sol
60 cm
Thermo-
Dalle de béton mètre Thermomètre à
à mini- 1 m minimum sur gazon
1,4 m mum 75 m
2m
Thermomètres
5m dans le sol
1,25 m
20 cm 10 cm 5cm
Héliographe 2m
Thermomètre à
sur support minimum sur sol nu
1,5 m
de 2 m 1m
Parcelle de terrain nu à
maintenir désherbé
1,5 m
1m
Figure 1.1. Schéma d’une station d’observation située dans l’hémisphère Nord,
sur lequel sont indiquées les distances minimales à respecter entre les installations
chapitre 5 de la Partie III contient des directives sur Les consignes ci-après s’appliquent par exemple
la formation des observateurs dans le domaine des à l’exposition des instruments et à l’implanta-
instruments. tion d’une station synoptique ou climatologique
classique appartenant à un réseau régional ou
1.3.3 Implantation et exposition national.
des équipements a) Les instruments extérieurs devraient être ins-
tallés sur un terrain plat d’au moins 25 mètres
1.3.3.1 Choix du site sur 25 lorsqu’il y a de nombreux instruments,
mais lorsqu’il y a relativement peu d’instru-
Les stations d’observation météorologiques sont ments (comme sur la Figure 1.1) la surface peut
destinées à effectuer des mesures (ou observations) être beaucoup plus faible, par exemple 10 mè-
représentatives dont la nature dépend du type de tres sur 7 (d’enclos). Le sol devrait être couvert
la station. Les observations d’une station du ré- d’herbe courte ou dont la surface soit analogue
seau synoptique devraient ainsi répondre aux be- à celle du sol environnant, protégé des visiteurs
soins d’ordre synoptique, tandis que celles d’une non autorisés par une clôture ou une palissade
station météorologique aéronautique devraient à claire-voie. A l’intérieur de l’enclos, un carré
décrire les conditions particulières régnant dans d’environ deux mètres sur deux sera conservé
son voisinage (l’aérodrome). Lorsqu’une station nu pour les observations de l’état et de la tem-
sert à plusieurs fins, aéronautiques, synoptiques pérature du sol à des profondeurs inférieures
et climatologiques par exemple, c’est le besoin le à 30 centimètres (Chapitre 2 de la Partie I) (La
plus contraignant qui dicte le choix précis du site température du sol aux profondeurs supérieu-
d’observation et de l’emplacement des capteurs. res à 20 cm peuvent être mesurées à l’extérieur
On trouvera dans OMM (1993a) une étude dé- de cet espace de terrain nu) On trouvera sur la
taillée concernant l’implantation et l’exposition Figure 1.1 (empruntée à OMM, 1989) un exem-
des stations. ple de plan d’une telle station.
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-
b) Il ne devrait pas exister de pentes raides à tions de compromis. On trouvera dans les chapitres
proximité du site et celui-ci ne devrait pas être suivants des informations détaillées concernant les
au fond d’une cuvette. Si ces conditions ne différents instruments et mesures.
sont pas remplies, les observations risquent de
1.3.3.2 Coordonnées de la station
présenter des singularités purement locales.
c) Le site devrait être très éloigné d’arbres, im- La position d’une station repérée dans le Système
meubles, murs ou autres obstacles. Il devrait y géodésique mondial 1984 (WGS-84) Modèle gravi-
avoir entre un obstacle de ce genre (y compris métrique de la Terre 1996 (EGM96) doit être connue
la clôture) et le pluviomètre une distance égale et enregistrée exactement3. Ces coordonnées sont :
à au moins deux fois, et de préférence quatre a) la latitude en degrés avec une résolution de 1
fois, la hauteur de l’obstacle au-dessus de pour 1000 ;
l’ouverture du pluviomètre. b) la longitude en degrés avec une résolution de 1
d) Les héliographes, pluviomètres et anémomè- pour 1000 ;
tres doivent être installés dans le même site que c) l’altitude de la station au-dessus du niveau
les autres instruments, à des endroits où ils moyen de la mer4 arrondie au mètre le plus
jouiront d’une exposition conforme à leurs exi- proche.
gences particulières. Ces coordonnées se rapportent à la parcelle de ter-
e) Il convient de noter que l’enclos n’est pas tou- rain où ont lieu les observations et diffèrent donc
jours l’endroit le plus favorable à l’estimation parfois de celles de la ville, du village ou de l’aéro-
de la vitesse et de la direction du vent; il peut drome dont la station porte le nom.
être souhaitable de retenir un autre point d’ob-
servation mieux exposé au vent. L’altitude de la station est définie comme la distance
f) Les sites très dégagés, satisfaisants pour la plu- verticale entre le niveau moyen de la mer et la sur-
part des instruments, ne le sont pas pour les face du sol sous le pluviomètre ou, s’il n’y a pas de
pluviomètres; sauf s’il est léger, le vent y réduit pluviomètre, sous l’abri météorologique. S’il n’existe
la quantité de pluie captée et il faut alors amé- ni pluviomètre ni abri, c’est la distance verticale en-
nager un abri. tre le niveau moyen de la mer et le niveau moyen du
g) Si on trouve dans l’enclos à proximité des ins- terrain au voisinage de la station. Si la station mesure
truments des obstacles tels qu’arbres ou im- la pression, l’altitude à laquelle celle-ci est mesurée
meubles et que l’on ne dispose pas d’une vue doit être précisée à part. C’est l’altitude à laquelle se
suffisamment étendue sur le paysage environ- réfèrent les relevés barométriques de la station; de
nant, on devrait choisir un autre endroit pour telles valeurs barométriques sont appelées «pression
l’observation del’ensoleillement ou du rayon- à la station» et considérées comme se référant au ni-
nement. veau donné en vue de maintenir la continuité des
h) L’endroit d’où l’on observe les nuages et la visi- observations barométriques (OMM, 1993b).
bilité devrait être le plus dégagé et offrir la plus
large vue possible sur le ciel et le paysage envi- Si une station située sur un aéroport, les autres alti-
ronnant. tudes doivent être précisées (voir Partie II, chapitre
i) Les stations côtières devraient être installées à 2 et OMM, 1990). Les définitions des mesures de la
un endroit d’où l’on voit bien la haute mer, hauteur et du niveau moyen de la mer figurent dans
mais pas trop près du bord d’une falaise parce la publication OMM (1992a).
que les tourbillons engendrés par celle-ci affec-
teraient les mesures de la quantité de précipita- 1.3.4 Changements d’instruments
tions et du vent. et homogénéité
j) Il vaut mieux observer les nuages et la visibilité
d’un endroit où l’observation n’est pas pertur- Les caractéristiques d’un site d’observation se mo-
bée par des lumières parasites. difient généralement au fil du temps, en raison par
exemple de la croissance des arbres ou de la construc-
Il est évident que certaines des conditions ci-dessus tion de bâtiments sur des terrains adjacents. Il fau-
peuvent être contradictoires et imposer des solu- drait choisir les sites de façon à réduire autant que
possible ce genre d’effets. Une documentation sur la
3 Pour une explication du système WGS-84 et les questions géographie et l’exposition du site doit être conservée
d’enregistrement, voir OACI (2002). et régulièrement mise à jour dans les métadonnées
4 Le niveau moyen de la mer (NMM) est défini dans OMM, (Voir Annexe 1.C et OMM, 2003b).
1992a. Le niveau de référence convenu doit être un géoïde bien
défini comme le Modèle gravimétrique de la Terre (EGM96) lié Il est particulièrement important de minimiser les
au Système géodésique mondial 1984 (WGS-84) [Géoïde : Surface
équipotentielle de la gravité terrestre qui s’ajuste au mieux, au effets des renouvellements d’instruments et/ou du
sens des moindres carrés, au NMM global]. déplacement de certains d’entre eux. La mise en
I.1- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
service de nouveaux instruments, même si l’on en ble les défaillances de l’équipement. Selon la nature
connaît bien les caractéristiques statiques, risque de de la défaillance et le type de la station, l’équipe-
produire des changements apparents dans la clima- ment devrait être remplacé ou réparé conformément
tologie du site. Pour s’en prémunir, il faudrait com- à un ordre de priorité et dans des délais convenus.
parer durant une longue période (un an au moins) Il importe tout particulièrement de tenir un journal
les observations exécutées avec les nouveaux instru- des disfonctionnements et des dispositions prises
ments à celles provenant de l’ancien système de me- pour y remédier lorsque les données servent à des
sure avant d’abandonner ce dernier. Ceci s’applique fins climatologiques et d’archiver ces informations
également aux changements d’emplacement. A dé- au titre des métadonnées.
faut de pouvoir agir ainsi partout, il est capital d’ef-
fectuer des comparaisons dans un choix d’endroits D’autres renseignements sur l’inspection et la ges-
représentatifs en vue de déceler les modifications tion des stations figurent dans la publication OMM
trompeuses que l’emploi d’une technique nouvelle (1989).
ou le déplacement forcé d’instruments pourraient
faire subir aux données mesurées.
ses, supérieur à l’investissement initial, qu’implique est JCGM 200:2008, disponible en ligne à l’adresse :
la fourniture de bonnes observations. http://www.bipm.org/fr/publications/guides/vim.html
• Des étalons peuvent parfois servir de dispositifs de respectivement aux chapitres 3 (Annexe 3.B) et 7
transfert. (Annexe 7.C) de la Partie I. En règle générale, les
étalons régionaux sont désignés par les associations
• Étalon voyageur : étalon, parfois de construction régionales et les étalons nationaux par les Membres.
spéciale, destiné au transport en des lieux différents. Sauf prescriptions contraires, les uns et les autres
devraient être comparés à des étalons voyageurs au
• Étalon collectif : ensemble de mesures matériali- moins une fois tous les cinq ans. Il n’est pas indis-
sées ou d’appareils de mesure semblables associés pensable que les instruments utilisés comme étalons
pour remplir en commun le rôle d’étalon. voyageurs soient aussi exacts que les étalons primai-
Exemple : La référence radiométrique mondiale. res ou secondaires, mais ils devraient néanmoins
• Un étalon collectif est habituellement destiné à être suffisamment robustes pour que le transport ne
fournir une valeur unique d’une grandeur. les dérègle pas.
• La valeur fournie par un étalon collectif est une
moyenne appropriée des valeurs fournies par les di- De même, les instruments employés en exploitation
vers instruments. dans un Service devraient être comparés à intervalles
réguliers, directement ou indirectement, aux étalons
• Traçabilité : propriété d’un résultat de mesure ou nationaux. Au sein du Service, il faudrait autant que
de la valeur d’un étalon selon laquelle ce résultat possible effectuer les comparaisons d’abord à la livrai-
peut être relié des références précises, généralement son des instruments, puis lors de chaque inspection
des étalons internationaux ou nationaux, par l’in- périodique de la station ainsi qu’il est recommandé
termédiaire d’une chaîne ininterrompue de compa- à la section 1.3.5. Les instruments étalons portatifs
raisons dont l’incertitude est précisée. utilisés par les inspecteurs devraient être vérifiés par
comparaison avec les instruments étalons du Service
• Traçabilité métrologique : propriété d’un résultat avant et après chaque tournée d’inspection.
de mesure selon laquelle ce résultat peut être relié à
une référence par l’intermédiaire d’une chaîne inin- Il faudrait comparer entre eux les instruments opé-
terrompue et documentée d’étalonnages dont cha- rationnels de conceptions différentes (ou dont le
cun contribue à l’incertitude de mesure. fonctionnement repose sur des principes différents)
en vue de garantir l’homogénéité des mesures dans
• Étalonnage : opération qui, dans des conditions l’espace et dans le temps (voir la section 1.3.4).
spécifiées, établit en une première étape une relation
entre les valeurs et les incertitudes de mesure asso- 1.5.3 Symboles, unités et constantes
ciées qui sont fournies par des étalons et les indica-
tions correspondantes avec les incertitudes associées, 1.5.3.1 Symboles et unités
puis utilise en une seconde étape cette information
pour établir une relation permettant d’obtenir un Les instruments de mesure produisent des valeurs
résultat de mesure à partir d’une indication. numériques. Le but de ces mesurages est d’obte-
• Un étalonnage peut être exprimé sous la forme nir des grandeurs physiques ou météorologiques
d’un énoncé, d’une fonction d’étalonnage, d’un représentant l’état local de l’atmosphère. Dans la
diagramme d’étalonnage, d’une courbe d’étalon- pratique météorologique, les lectures des instru-
nage ou d’une table d’étalonnage. Dans certains ments représentent des variables telles que « pres-
cas, il peut consister en une correction additive ou sion atmosphérique », « température de l’air » ou
multiplicative de l’indication avec une incertitude « vitesse du vent ». Une variable dont le symbole
de mesure associée. est a est habituellement représentée sous la forme
• Il convient de ne pas confondre l’étalonnage avec a = {a}.[a], où {a} représente la valeur numérique et
l’ajustage d’un système de mesure, souvent appelé [a] représente le symbole de l’unité. On trouvera
improprement « auto-étalonnage », ni avec la vérifi- les principes généraux relatifs aux quantités, aux
cation de l’étalonnage. unités et aux symboles dans ISO (1993) et UIPPA
(1987). Il faudrait utiliser le Système international
1.5.2 Dispositif adopté pour la d’unités (SI) pour l’évaluation des éléments mé-
normalisation des instruments téorologiques inclus dans les messages destinés à
l’échange international. Ce système est publié et
L’OMM a adopté un dispositif d’étalons nationaux mis à jour par le Bureau international des poids
et régionaux afin d’assurer la normalisation des ins- et mesures (BIPM, 2006).NIST (1995) et ISO (1993)
truments météorologiques aux échelons national et ont publié des guides d’utilisation du système SI.
international. Des renseignements sur l’endroit où On trouvera dans les Tables météorologiques inter-
se trouvent les étalons régionaux pour les mesures nationales (OMM, 1966) et dans les chapitres per-
de la pression et du rayonnement solaire figurent tinents de ce guide, les variables ne possédant pas
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-
de symbole international dans le système interna- tiel est, pour la mesure des niveaux dans la tropos-
tional des grandeurs (SIG/ISQ) mais couramment phère, numériquement proche de la hauteur expri-
utilisées en météorologie. mée en mètres.
1.5.3.2 Constantes
Les unités suivantes devraient être employées dans
les observations météorologiques : Les constantes ci-après ont été adoptées pour la
(a) Pression atmosphérique, p, en hectopascals météorologie :
(hPa)5 ; (a) Température absolue du point de glace normal
(b) Température, t, en degrés Celsius (°C) ou T en T0 = 273,15 K (t=0,00 °C) ;
Kelvin (K) ; (b) Température absolue du point triple de l’eau
T = 273,16 K (t=0,01°C), défini par ITS-90 ;
Note : Les échelles de température Celsius et (c) Valeur normale de l’accélération de la pesan-
Kelvin doivent être conformes à la définition teur (gn) = 9,806 65 m s-2 ;
actuelle de l’échelle de température internatio- (d) Masse volumique du mercure à 0°C = 1,35951
nale (pour 2004 : ITS-90, voir BIPM, 1990) • 104 kg m-3.
(c) Vitesse du vent en mètres par seconde (m s-1) pour Les valeurs d’autres constantes figurent les docu-
les observations tant en surface qu’en altitude ; ments OMM (1973) et OMM (1988).
(d) Direction du vent en degrés depuis le nord dans
le sens des aiguilles d’une montre, ou selon
l’échelle 0-36 dans laquelle 36 est le vent du
nord et 09 le vent d’est (°) ; 1.6 Incertitudes de mesure
(e) Humidité relative, U, en pourcentage (%) ;
(f) Précipitations (hauteur totale) en millimètres (mm) 1.6.1 Mesures météorologiques
ou en kilogrammes par mètre carré (kg m-2)6 ;
(g) Intensité des précipitations, Ri, en millimètres 1.6.1.1 Généralités
par heure (mm h-1) ou en kilogrammes par
mètre carré et par seconde (kg m-2 s-1)7 ; La présente section porte sur les définitions relatives
(h) Équivalent en eau de la neige en kilogrammes à l'évaluation de l'exactitude et à la détermination
par mètre carré (kg m-2) ; des incertitudes dans les mesures physiques,
(i) Évaporation en millimètres (mm) ; s'achève par un état des exactitudes requises et
(j) Visibilité en mètres (m) ; possibles en météorologie, mais commence par
(k) Éclairement énergétique en watts par mètre l'examen de quelques questions que soulèvent plus
carré et exposition énergétique en joules par particulièrement les mesures météorologiques.
mètre carré (W m-2, J m-2) ;
(l) Durée d’insolation en heures (h) ; Le terme mesurage est méticuleusement défini dans
(m) Hauteur des nuages en mètres (m) ; la section 1.6.2, mais on utilise presque partout
(n) Nébulosité en octas ; dans le Guide de façon moins stricte celui de me-
(o) Géopotentiel, utilisé dans les observations en sure pour exprimer le processus de mesurage ou
altitude, en mètres géopotentiels standards son résultat, soit ce qu’il est permis d’appeler aussi
(m’). une observation. Un échantillon est une mesure
isolée, appartenant ordinairement à une série de
• Note : Hauteurs, niveaux et altitude sont exprimés lectures ponctuelles ou instantanées d’un capteur
par rapport à une référence bien définie. Les plus dont on déduit une valeur moyenne ou lissée pour
courantes sont le Niveau moyen de la mer (NMM), faire une observation. Les chapitres 2 et 3 de la Par-
l’altitude de la station ou le plan 1013,2 hPa. tie III traitent plus théoriquement des principes du
mesurage.
Le mètre géopotentiel étant par définition égal à
0,980 665 mètre dynamique, la valeur du géopoten- Les termes exactitude, erreur et incertitude sont dé-
finis précisément dans la section 1.6.2, où l’on
5 Le « pascal » est l’unité SI de pression. L’unité et le symbole explique que l’exactitude est un terme qualita-
« bar » n’appartiennent pas au système SI ; à chaque fois qu’elle tif dont l’expression numérique est l’incertitude.
est utilisée cette unité (bar) doit être définie par rapport au sys-
tème SI. La poursuite de son utilisation est déconseillée. Par défi-
C’est ce qu’il faudrait adopter et c’est ainsi que
nition, 1 mbar (millibar) ≅ 1 hPa (hectopascal). nous avons procédé dans ce Guide. Antérieure-
6 En supposant qu’un mm équivaut à 1 kg m-2, indépendam- ment on utilisait couramment le vocable exacti-
ment de la température. tude de façon moins précise, par exemple à écrire
7 Recommandation 3 (CBS-XII), Annexe 1, adoptée dans le ca- «une exactitude de ±x» là où il faudrait dire «une
dre de la résolution 4 (CE-LIII). incertitude de x».
I.1-10 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
1.6.1.2 Origines et estimation des erreurs littoral) peuvent engendrer des erreurs im-
portantes. Les métadonnées de la station doi-
Les erreurs susceptibles d’entacher les diverses me- vent comporter une bonne description de
sures météorologiques sont étudiées cas par cas dans l’exposition régulièrement mise à jour (Voir
les chapitres suivants du Guide, mais on peut de ma- Annexe 1.C) pour informer les utilisateurs des
nière générale considérer qu’elles s’accumulent au fil données de possibles erreurs liées à l’exposition.
de la chaîne traçabilité et en fonction des conditions
dans lesquelles les mesures s’opèrent. Des erreurs tant systématiques qu’aléatoires se
produisent à tous les stades précités. Les effets
Il est commode de prendre la température de l’air des sources d’erreur d) à f) peuvent rester modes-
comme exemple de la façon dont les erreurs se pro- tes si l’on procède avec beaucoup d’attention et si
duisent, mais les indications ci-après s’adaptent aisé- un site convenable est disponible. Autrement ces
ment aux mesures de la pression, du vent et d’autres sources d’erreur peuvent contribuer dans une lar-
grandeurs météorologiques. Les erreurs dans une ge mesure à une importante erreur globale.On les
mesure thermométrique proviennent : oublie pourtant parfois, comme si l’étalonnage des
a) ����������������������������������������������
Des erreurs inhérentes aux étalons internatio- capteurs en laboratoire suffisait à définir complète-
naux, nationaux et de travail et de celles com- ment les erreurs.
mises dans leurs comparaisons; on peut les
considérer comme négligeables pour les appli- Déterminer la valeur vraie n’est pas facile en mé-
cations météorologiques ; téorologie (Linacre, 1992). Des comparaisons d’ins-
b) ���������������������������������������������
Des erreurs inhérentes aux comparaisons entre truments bien organisées sur le terrain renseignent
les étalons de travail, voyageurs et/ou de sur leur capacité à fournir une bonne estimation de
contrôle et les instruments d’exploitation en l’incertitude découlant des facteurs a) à e) ci-dessus.
laboratoire ou dans les bains (si c’est ainsi Si l’exposition de la station est bien documentée,
qu’on effectue les raccordements); ces erreurs les effets d’une exposition imparfaite peuvent être
sont faibles (incertitude voisine de ±0,1 κ avec corrigés systématiquement pour certaines grandeurs
un niveau de confiance de 95 pour cent, y com- (Par exemple le vent ; voir OMM, 2002) et doivent
pris les erreurs mentionnées à l’alinéa a) ci- être estimés pour les autres.
dessus) lorsque les comparaisons sont bien me
nées, mais s’amplifient rapidement en raison Un procédé efficace de contrôle de la qualité, s’il
inverse de l’habileté de l’opérateur et de la qua- existe suffisamment de stations fiables dans la
lité de l’équipement ; région considérée, consiste à comparer des données
c) �����������������������������������������
Des défauts du thermomètre d’exploitation de terrain à des champs analysés numériquement
et de son transducteur (selon le type de l’élé- avec le concours de stations voisines. Les différences
ment thermométrique) : non-linéarité, dérive, entre les observations faites à la station et les valeurs
infidélité de l’instrument et mauvaise repro- interpolées à partir du champ analysé découlent
ductibilité des mesures ; à la fois des erreurs présentes dans le champ et
d) ��������������������������������������������������
De l’efficacité du transfert thermique entre l’air du fonctionnement de la station. Toutefois, sur
de l’abri du thermomètre et ce dernier, qui de- une certaine durée, on peut supposer que l’erreur
vrait assurer que l’air et le thermomètre sont moyenne à chaque point du champ analysé est de
en équilibre thermique (en tenant compte d’une zéro si les stations avoisinantes sont adéquates aux
constante de temps du système ou d’un coeffi- fins d’une bonne analyse. Dans ce cas, les écarts
cient de retard). Dans un abri bien ventilé cette moyen et standard des différences entre la station
erreur sera très petite, mais peut devenir impor- et le champ analysé peuvent être calculés et on
tante si ce n’est pas le cas ; peut les considérer comme les erreurs inhérentes
e) ��������������������������������������������������
De l’efficacité de l’abri, lequel devrait garantir au système de mesure de la station (y compris les
que la température de l’air soit la même à son effets de l’exposition). On peut ainsi rendre très
intérieur que dans son voisinage immédiat; cette petite l’incertitude affectant l’estimation de la valeur
erreur est faible dans un abri bien conçu, mais moyenne à long terme (si rien ne change dans
la différence entre les données recueillies res- l’exploitation de la station), ce qui forme l’assise des
pectivement dans un bon abri et un abri mé- études sur l’évolution du climat.
diocre peut atteindre 3 °C ou plus en certains
cas ; 1.6.2 Définitions des mesures
f) De l’exposition, qui devrait être telle que l’abri et de leurs erreurs
soit à une température représentative de la ré-
gion étudiée; la proximité de sources et puits Les définitions suivantes relatives à l'exactitude des
de chaleur (immeubles, surfaces atypiques sous mesures sont extraites du Vocabulaire international
et autour de l’abri) et la topographie (collines, des termes fondamentaux et généraux de métrologie
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-11
• Mesurage : ensemble d'opérations ayant pour but • Reproductibilité (des résultats de mesurage) :
de déterminer une valeur d'une grandeur. étroitesse de l’accord entre les résultats des mesurages
du même mesurande, mesurages effectués en faisant
• Le déroulement des opérations peut être automatique. varier les conditions de mesure.
• Pour qu’une expression de la reproductivité soit
• Résultat d'un mesurage : valeur attribuée à un valable, il est nécessaire de spécifier les conditions
mesurande (la grandeur physique mesurée), obte- que l’on fait varier.
nue par mesurage. • ��������������������������������������������
Les conditions que l’on fait varier peuvent
• Lorsqu'on donne un résultat, on indiquera claire- comprendre :
ment si l'on se réfère à l’indication, au résultat brut a) Le principe de mesure ;
ou au résultat corrigé et si plusieurs valeurs ont été b) La méthode de mesure ;
moyennées. c) L’observateur ;
• Une expression complète du résultat d'un mesu- d) L’instrument de mesure ;
rage comprend des informations sur l'incertitude de e) L’étalon de référence ;
mesure. f) Le lieu ;
g) Les conditions d’utilisation (y compris les
• Résultat corrigé : résultat d'un mesurage après cor- conditions météorologiques) ;
rection de l'erreur systématique h) Le temps.
• La reproductibilité peut s’exprimer quantitative-
• Valeur (d'une grandeur) : expression quantita- ment à l’aide des caractéristiques de dispersion des
tive d'une grandeur particulière, généralement sous résultats.
la forme d'une unité de mesure multipliée par un • Les résultats considérés ici sont habituellement des
nombre. résultats corrigés.
Exemple : longueur d'une tige : 5,34 mètres.
• Incertitude (de mesure) : grandeur positive, asso-
• Valeur vraie (d'une grandeur) : valeur compatible ciée au résultat d’un mesurage, qui caractérise la dis-
avec la définition d'une grandeur particulière donnée. persion des valeurs qui pourraient raisonnablement
<valeur vraie>=<valeur mesurée>����������������
± <incertitude> être attribuées au mesurande.
• ���������������������������������������������
C’est une valeur que l’on obtiendrait par un • L’incertitude de mesure comprend des composan-
mesurage parfait. tes provenant d’effets systématiques, telles que cel-
• Toute valeur vraie est par nature indéterminée. les associées aux corrections et aux étalons de réfé-
rence ainsi qu’aux incertitudes de définition. Parfois
• Exactitude de mesure : étroitesse de l’accord entre les effets systématiques estimés ne sont pas corrigés
le résultat d’un mesurage et une valeur vraie du mais les incertitudes de mesure associées sont plutôt
mesurande. intégrées.
• Le concept d’«exactitude» est qualitatif. • La grandeur peut être, par exemple, un écart type
• Le terme "précision" ne doit pas être utilisé pour (ou un multiple de celui-ci) ou la demi-largeur d’un
"exactitude". intervalle de niveau de confiance déterminé.
• L’incertitude de mesure comprend, en général, plu-
• Répétabilité (des résultats de mesurage) : étroitesse sieurs composantes. Certaines peuvent être évaluées
de l’accord entre les résultats des mesurages successifs par une évaluation de type A de l’incertitude de mesu-
du même mesurande, mesurages effectués dans la re à partir de la distribution statistique des résultats de
totalité des mêmes conditions de mesure. séries de mesurages et peuvent être caractérisées par
• Ces conditions sont appelées conditions de des écarts types. Les autres composantes, qui peuvent
répétabilité. être caractérisées par une évaluation de type B de l’in-
• Les conditions de répétabilité comprennent : certitude de mesure peuvent également être caractéri-
a) Même mode opératoire ; sées par des écarts types, évaluées à partir de fonctions
b) Même observateur ; densité de probabilité, d’après l’expérience acquise ou
c) Même instrument de mesure utilisé dans d’autres informations.
les mêmes conditions (y compris météo- • Pour un ensemble d’information donné, il est en
rologiques) ; général entendu que l’incertitude de mesure est as-
I.1-12 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
sociée à une valeur numérique attribuée au mesu- • Hystérésis : aptitude d’un instrument de mesure à
rande. Une modification de cette valeur conduit à répondre à un signal d’entrée donné selon la succes-
une modification de l’incertitude associée. sion des signaux d’entrée précédents.
• Erreur (de mesure) : résultat d’un mesurage moins • Constance (d’un instrument) : aptitude d’un ins-
une valeur vraie du mesurande. trument de mesure à conserver ses caractéristiques
• Étant donné qu’une valeur vraie ne peut pas être métrologiques constantes au cours du temps.
déterminée, dans la pratique on utilise une valeur
conventionnellement vraie. • Dérive : variation lente d’une caractéristique mé-
trologique d’un instrument de mesure.
• Écart : valeur moins sa valeur de référence.
• Temps de réponse : intervalle de temps compris
• Erreur aléatoire : résultat d’un mesurage moins entre le moment où un signal d’entrée subit un
la moyenne d’un nombre infini de mesurages du changement brusque spécifié et le moment où le si-
même mesurande, effectués dans des conditions de gnal de sortie atteint, dans des limites spécifiées, sa
répétabilité. valeur finale en régime établi et s’y maintient.
• L’erreur aléatoire est égale à l’erreur moins l’erreur
systématique. Les définitions suivantes sont fréquemment utilisées
• Comme on ne peut faire qu’un nombre fini de me- en météorologie :
surages, il est seulement possible de déterminer une • Indication du temps de réponse : on donne sou-
estimation de l’erreur aléatoire. vent le temps correspondant à 90 pour cent de la
variation d’un échelon de la grandeur mesurée; celui
• Erreur systématique : moyenne qui résulterait correspondant à 50 pour cent de la variation est par-
d’un nombre infini de mesurages du même mesu- fois dénommé mi-temps
rande, effectués dans les conditions de répétabilité,
moins une valeur vraie du mesurande. • Calcul du temps de réponse : dans la plupart des
• L’erreur systématique est égale à l’erreur moins systèmes simples, la réponse à une variation d’un
l’erreur aléatoire. échelon se calcule comme suit :
• Comme la valeur vraie, l’erreur systémati-
− t /τ
que et ses causes ne peuvent pas être connues Y = A(1 − e ) (1.1)
complètement.
où Y est la variation après l’intervalle de temps t, A
• Correction : valeur ajoutée algébriquement au est l’amplitude de la variation d’un échelon appli-
résultat brut d’un mesurage pour compenser une quée, t est le temps écoulé depuis la variation d’un
erreur systématique. échelon, τ est une variable à dimension temporelle
caractéristique du système.
1.6.3 Caractéristiques des instruments
La variable τ appelée constante de temps ou coeffi-
D’autres propriétés des instruments qui doivent être cient d’inertie (de retard), représente le temps que met
prises en compte lorsque l’on considère leur exacti- un instrument, après une variation d’un échelon, à
tude sont extraites du Vocabulaire international des atteindre 1/e de l’indication finale en régime établi.
termes fondamentaux et généraux de métrologie de
l’ISO (1993). Dans d’autres systèmes, la réponse est plus complexe
et il n’en sera pas question ici (Voir aussi le chapitre
• Sensibilité : quotient de l’accroissement de la ré- 2 de la Partie III).
ponse d’un instrument de mesure par l’accroisse-
ment correspondant du signal d’entrée. • Erreur de traînage : erreur dont peut être entaché
La valeur de la sensibilité peut dépendre de la valeur un ensemble de mesures du fait que l’instrument
du signal d’entrée. d’observation a un temps de réponse fini.
statistiques qui conviennent avec beaucoup d’exem- chastiques. Cet effet aléatoire peut être mesuré
ples explicatifs. par l’écart-type σ déterminé après n mesura-
ges, n devant être suffisamment grand. En prin-
1.6.4.1 Distribution statistique
cipe, σ est une mesure de l’incertitude de O ;
des observations
c) L’exactitude du mesurage, qui est la proximité
Pour déterminer l’incertitude d’une mesure quel- entre le résultat du mesurage et la vraie valeur
conque, on doit d’abord adopter une approche sta- du mesurande. L’exactitude d’un instrument
tistique. A cette fin, les définitions suivantes ont été de mesure est sa capacité à donner des résultats
posées (ISO,1993 ; 1995) : proches de la vraie valeur. Notons que l’exacti-
a) Incertitude-type ; tude est un concept qualitatif ;
b) Incertitude élargie ; d) L’incertitude du mesurage représentant une
c) Variance, écart-type ; grandeur associée au résultat du mesurage, ca-
d) Intervalle statistique élargi. ractérisant la dispersion des valeurs pouvant
Si l’on effectue n comparaisons des mesures faites raisonnablement être attribuées au mesurande.
Les incertitudes associées aux effets aléatoires
et systématiques à l’origine de l’erreur peuvent
être évaluées pour exprimer l’incertitude du
mesurage.
σ
1.6.4.2 Estimation de la valeur vraie
Dans la pratique normale, la valeur vraie s’estime à
l’aide d’observations. S’il n’existe pas d’erreur systé-
T – matique ou si on l’a éliminée des données, on peut
O
calculer approximativement la valeur vraie en fai-
Figure I.2. Distribution des données sant la moyenne d’un très grand nombre de mesures
dans une comparaison d’instruments indépendantes exécutées minutieusement. Lorsque
les mesures disponibles sont peu nombreuses, leur
avec un instrument d’exploitation en maintenant moyenne a une distribution propre et l’on ne peut
constantes la variable mesurée et toutes les autres qu’indiquer certaines limites à l’intérieur desquelles
variables significatives, si la valeur vraie est établie il y a lieu de penser que la valeur vraie se situe. À
à l’aide d’un étalon de référence et si la distribution cette fin, il faut choisir une probabilité statistique
de la variable mesurée est gaussienne8 les résultats (niveau de confiance) pour les limites et connaître la
peuvent être présentés comme dans la figure 1.2. distribution de l’erreur des moyennes.
Dans cette figure, T est la valeur vraie, O est la Natrella (1966) a traité très utilement et clairement
moyenne des n valeurs O enregistrées par l’instru- de la question et des sujets connexes; Eisenhart
ment testé, et σ est l’écart type des valeurs observées (1963) en a traité également.
par rapport à leurs valeurs moyennes.
1.6.4.2.1 Estimation de la valeur vraie
quand n est grand
Dans ce cas, on peut identifier les caractéristiques
suivantes : Lorsque le nombre d’observations n est grand, la dis-
a) L’erreur systématique, souvent appelée biais, tribution des moyennes des échantillons est gaus-
donnée par la différence algébrique O-T. Les er- sienne même si celle des erreurs d’observation ne
reurs systématiques ne peuvent pas être élimi- l’est pas. Dans ce cas, ou quand on sait pour d’autres
nées, mais peuvent souvent être réduites. On raisons que la distribution des moyennes des échan-
peut appliquer un coefficient de correction tillons est gaussienne, on peut calculer ainsi les limi-
pour compenser l’effet systématique. En géné- tes à l’intérieur desquelles il y a lieu de penser que la
ral, des étalonnages et réglages appropriés de valeur vraie se situe :
vront être effectuéspour éliminer les erreurs σ
Limite supérieure LU = X + k ⋅ (1.2)
systématiques des capteurs. On ne peut que n
réduire les erreurs systématiques dues à l’envi-
σ
ronnement ou à la localisation ; Limite inférieure LL = X − k ⋅ (1.3)
n
b) L’erreur aléatoire, produite par des variations
temporelles ou spatiales imprévisibles ou sto- où X est la moyenne des observations corrigée de
l’erreur systématique, σ l’écart-type de la population,
et k un facteur qui peut être calculé en fonction du
8 Notons toutefois que de nombreuses variables météorologi-
ques ne sont pas distribuées selon une loi de Gauss. Voir section niveau de confiance choisi en utilisant la fonction
1.6.4.2.3. de distribution normale.
I.1-14 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
« incertitude élargie » en liaison avec un « Intervalle que décrite par Murphy et Katz (1985) et Kok (2000)
statistique élargi ». Afin de rester cohérent avec les en fournit un aperçu.
pratiques métrologiques courantes, on utilisera le
niveau de confiance à 95 pour cent, soit k=2, pour 1.6.5 Exigences en matière d’exactitude
tous les types de mesurages, à savoir :
1.6.5.1 Généralités
<incertitude élargie> = k σ = 2 σ (1.7)
L’exactitude avec laquelle une variable météorologi-
Il en résulte que la valeur vraie, définie au paragra- que devrait être mesurée varie selon la destination
phe 1.6.2, s’exprimera comme : de la mesure. En règle générale, c’est la variabilité de
l’élément à mesurer aux échelles spatio-temporelles
<valeur vraie> = <Valeur mesurée> ± <incertitude adéquates pour l’application qui limite les perfor-
élargie> = <valeur mesurée> ± 2 σ mances de l’instrument ou du système de mesure.
1.6.4.4 Mesurages de valeurs discrètes On peut considérer que toute mesure se compose de
deux parties : le signal et le bruit. Le signal constitue
Alors que l’état de l’atmosphère peut être bien dé- la grandeur qu’on veut déterminer, le bruit ce qui le
crit par des variables physiques ou des quantités, un parasite. Le bruit peut provenir de différentes sour-
certain nombre de phénomènes météorologiques ces : l’erreur d’observation, le fait que la mesure ne
s’expriment en termes de valeurs discrètes. L’enso- soit pas effectuée au moment et à l’endroit voulus,
leillement, les précipitations ou les éclairs, ou enco- ou encore la manifestation dans la grandeur obser-
re les précipitations verglaçantes en sont des exem- vée d’irrégularités fugaces ou de petite échelle qui
ples. Tous ne peuvent s’exprimer que par « oui » ou n’ont aucun rapport avec le but de l’observation et
« non ». Pour certaines variables, qui appartiennent doit être éliminé par lissage. Même s’il était possible
toutes au groupe des phénomènes météorologi- de réduire à volonté l’erreur d’observation, le bruit
ques, il existe plus de deux possibilités.Il convient dû aux autres sources limiterait l’exactitude qu’il se-
de distinguer, par exemple, entre le crachin, la rait utile d’atteindre : parfaire la technique d’obser-
pluie, la neige, la grêle ou leur combinaison lorsque vation améliorerait la mesure du bruit sans amender
l’on rapporte le temps qu’il fait. Pour ces variables, sensiblement le signal.
les calculs d’incertitude tels que ceux qui ont été
exposés ci-dessus sont inapplicables. Certaines de A l’autre extrême, un instrument engendrant une
ces variables sont relatives à un seuil numérique erreur supérieure à l’amplitude du signal ne fournit
(par exemple la caractérisation de l’ensoleillement que peu ou pas d’informations sur celui-ci. Aussi se
utilisant l’intensité directe du rayonnement), et la sert-on à diverses fins des amplitudes respectives du
détermination de l’incertitude de n’importe quelle bruit et du signal pour déterminer :
variable dérivée (par exemple la durée d’ensoleille- a) le niveau de performance au-delà duquel une
ment), peut être calculée à partir de l’incertitude amélioration devient inutile ;
estimée de la variable mère (par exemple l’inten- b) le niveau de performance en dessous duquel
sité du rayonnement direct). Cette méthode n’est l’utilité des données obtenues deviendrait né-
toutefois applicable que pour les variables dérivées gligeable.
et non pour les phénomènes météorologiques tels
qu’ils se produisent. Bien qu’une approche numéri- La note technique de l’OMM (1970) a largement
que simple ne puisse être présentée, il existe un cer- développé cet argument et traité de la définition et
tain nombre de techniques statistiques permettant de la détermination des niveaux a) et b) dans le cas
de déterminer la qualité de telles observations. Ces des données aérologiques. L’énoncé des exigences
techniques sont basées sur la comparaison de deux repose pourtant le plus souvent non sur un tel rai-
ensembles de données, l’un d’entre eux constituant sonnement, mais sur ce qu’on juge être d’une part le
une référence. Une telle comparaison permet de niveau de performance qu’il est possible d’atteindre
produire une matrice de contingence, représentant pratiquement, de l’autre les besoins de ceux qui ex-
les fréquences croisées du même phénomène. Dans ploiteront les données.
sa forme la plus simple, lorsque la variable est boo-
1.6.5.2 Efficacité requise et possible
léenne (« oui » ou « non »), la matrice possède deux
lignes et deux colonnes, avec le nombre d’occurren- L’efficacité d’un système de mesure est fonction de
ces communes sur la première diagonale et le nom- sa fiabilité, de l’investissement initial et des frais
bre de « coups manquants » et de « fausses alertes » d’exploitation, de sa durée de vie et de sa résolution
dans les autres éléments. Cette matrice permet de spatiale, mais on ne s’intéresse ici qu’à l’exactitude
déduire des notes ou indices de concordance repré- (y compris la résolution scalaire) et à la résolution
sentatifs de la qualité de l’observation. Cette techni- dans le temps.
I.1-16 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
Différents états des exigences ont été dressés suc- La capacité des capteurs et systèmes d’observation
cessivement car les besoins et les capacités évoluent à remplir les critères fixés se modifie constamment
sans cesse. Les états fournis en annexe 1.D sont les avec le perfectionnement des instruments et des
plus autorisés au moment où cette nouvelle ver- techniques. On trouvera dans l’annexe 1.D10 quel-
sion du Guide est rédigée et on peut les considérer les sont les caractéristiques des capteurs et systèmes
comme des références utiles, mais elles ne sont pas couramment disponibles aujourd’hui. On notera
définitives. que l’exactitude possible est bien souvent inférieure
à celle prescrite. Pour certaines grandeurs, cette exac-
Un résumé des exactitudes prescrites dans la mesure titude ne peut être atteinte qu’avec des équipements
des variables les plus couramment employées en et méthodes de la meilleure qualité.
météorologie synoptique, aéronautique et maritime
et en climatologie figure dans l’annexe 1.D9. Les exigences en matière d’incertitude sur les mesu-
rages en altitude sont traité dans le Chapitre 12 de
Il ne concerne que les mesurages de surface destinés la Partie I.
à l’échange international. On trouvera dans OMM
(1992b) le détail des exigences des centres du Sys- 9 Établi par le groupe d’experts de la CSB sur les exigences
tème mondial de traitement des données pour les concernant les données des stations météorologiques automati-
échanges à l’échelle mondiale et à l’échelle régiona- ques (2004) et approuvé par le Président de la CIMO pour être
inclus dans le Guide après consultation des Présidents des autres
le. L’incertitude acceptable est indiquée séparément Commissions techniques.
pour la vitesse et la direction du vent parce que c’est
10 Établies par le groupe d’experts de la CIMO sur la technolo-
ainsi qu’on spécifie cet élément dans les messages gie de surface et les techniques de mesure (2004), et confirmées
d’observation. pour inclusion dans le Guide par le Président de la CIMO.
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-17
ANNEXE 1.A
CENTRES RÉGIONAUX
liées à l’étalonnage des instruments d’obser- b) En accord avec les recommandations pertinen-
vation météorologique et de surveillance de tes sur le cadre de gestion de la qualité de
l’environnement ; l’OMM, un CRI doit fournir aux Membres une
b) Conserver un ensemble d’étalons météorologi- contribution concrète concernant la qualité
ques13 et établir la traçabilité de leurs propres des mesurages ;
normes et instruments de mesure par rapport c) Conseiller les Membres sur les enquêtes
au Système international d’unités ; concernant le fonctionnement des instru-
c) Disposer de cadres et de techniciens qualifiés ments, l’entretien à effectuer et les documents
ayant acquis l’expérience voulue pour remplir d’information pertinents ;
les fonctions qui leur incombent ; d) Coopérer avec les autres CRI afin de normali-
d) Élaborer des instructions techniques particu- ser les instruments d’observation météorologi-
lières sur la manière d’étalonner les instru- que et de surveillance de l’environnement ;
ments d’observation météorologique et de e) Un CRI doit régulièrement informer les Mem-
surveillance de l’environnement avec le maté- bres et adresser chaque année un rapport14 au
riel en leur possession ; Président de l’Association régionale et au Se-
e) Définir leurs propres procédures d’assurance crétariat de l’OMM sur les services offerts aux
de la qualité ; Membres et les activités réalisées.
f) Participer à des comparaisons entre labora-
toires des instruments et des méthodes 2. Les CRI suivants ont été désignés par les as-
d’étalonnage standard, ou organiser de telles sociations régionales concernées : Alger (Algérie),
comparaisons ; Le Caire (Egypte), Casablanca (Maroc), Nairobi
g) Mettre à profit les ressources et les capacités (Kenya) et Gaborone (Botswana) pour la Région
dont dispose la Région, selon qu’il convient et I; Beijing (Chine) et Tsukuba (Japon) pour la Ré-
dans le meilleur intérêt de celle-ci ; gion II; Buenos Aires (Argentine) pour la Région
h) Respecter dans la mesure du possible les nor- III;Bridgetown (La Barbade), Mount Washington
mes internationales visant les laboratoires (Etats-Unis d’Amérique) et San José (Costa Rica)
d’étalonnage, telle la norme ISO/IEC 17025 ; pour la région IV; Manille (Philippines) et Melbour-
i) Etre évalués par une autorité reconnue au ne (Australie) pour la Région V ; Bratislava (Slo-
moins tous les cinq ans afin que soient vérifiés vaquie), Ljubljana (Slovénie) et Toulouse (France)
leurs capacités et leur fonctionnement ; pour la Région VI.
Fonctions correspondantes :
a) Aider les Membres de la Région à étalonner
leurs étalons nationaux utilisés en météorolo- 13 Pour étalonner une ou plusieurs des variables suivantes : tem-
gie et pour la surveillance de l’environnement pérature, humidité, pression ou autres spécifiées par la Région.
selon les capacités b) ; 14 On recommande une approche utilisant le Web.
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-19
ANNEXE 1.B
CLASSIFICATION DE SITES
POUR LES STATIONS TERRESTRES D’OBSERVATION
L’environnement d’un site15 de mesure peut engen- tion les règles de dégagement, ce qui a souvent pour
drer des erreurs de mesure supérieures aux erreurs conséquence d’améliorer le choix du site. Quel que
instrumentales. On accorde en général davantage soit le site, les métadonnées permettent d’en connaî-
d’attention aux caractéristiques de l’instrument qu’à tre les caractéristiques. Il est évidemment possible
l’environnement de la mesure ; c’est pourtant sou- et recommandé d’établir une description complète
vent cet environnement qui fausse le résultat et al- du site, mais l’augmentation de la complexité des
tère sa représentativité, en particulier lorsqu’un site métadonnées risque d’en restreindre l’emploi, ce qui
est censé représenter une zone relativement étendue est souvent le cas en exploitation. C’est pourquoi
(soit entre 100 et 1 000 km²). cette classification des sites de mesure se propose de
condenser l’information pour faciliter l’exploitation
Dans le Guide des instruments et des méthodes d’ob- effective des métadonnées.
servation météorologiques (OMM-N° 8), l’OMM dic-
te les règles de dégagement applicables aux différents Cette classification ne s’applique pas directement à
capteurs. Mais que faut-il faire quand les conditions l’ensemble d’une station d’observation, puisque, en
décrites ne sont pas réunies ? fait, une classe est attribuée à chaque paramètre qu’on
y mesure, le niveau pouvant parfois varier en fonction
Il existe des sites qui ne respectent pas ces règles de dé- des paramètres. S’il s’avère nécessaire de classer l’en-
gagement. C’est pourquoi on établit une classification semble d’un site, il est alors possible d’utiliser la classe
des sites de mesure permettant de déterminer leur re- de chiffre de code supérieur, parmi celles attribuées
présentativité à petite échelle (influence de l’environ- aux différents paramètres qui y sont mesurés.
nement proche). Ainsi un site de classe 1 sera considéré
comme un site de référence, tandis qu’un site de classe Il y a lieu de revoir périodiquement la classification
5 sera un site où des obstacles proches créent un envi- d’un site, car son environnement peut varier dans le
ronnement inapproprié à l’exécution de mesures mé- temps. Il est recommandé de procéder chaque année à
téorologiques censées être représentatives d’une zone une vérification visuelle systématique et de déterminer
étendue (d’au moins quelques dizaines de kilomètres ainsi s’il y a lieu de relancer le processus de classifica-
carrés) et où il est déconseillé d’exécuter de telles me- tion quand certains aspects des alentours ont évolué.
sures. Mieux le site sera classé et plus la mesure sera
représentative d’une zone étendue. Bien que compor- Il y a lieu de ne pas laisser passer plus de cinq ans
tant des obstacles altérant les mesures, un site de classe entre chaque actualisation complète des classes at-
médiocre (chiffre de classe élevé) peut néanmoins pré- tribuées aux sites.
senter un intérêt pour une application particulière.
Dans le texte qui suit, la classification est complé-
À chaque type de mesures exécutées dans un site tée (parfois) par une estimation de l’incertitude due
correspond une classification distincte. au site, qu’il faut ajouter à l’incertitude associée à
la mesure. Cette estimation découle d’études biblio-
La présente classification, à laquelle est associé un graphiques ou de certains tests comparatifs.
niveau d’incertitude pour les mesures, permet de
définir des niveaux à respecter pour qu’une station La classification a pour objectif premier de décrire la
puisse appartenir à un réseau ou puisse être utili- présence d’obstacles dans les alentours immédiats du
sée dans le cadre d’une application donnée. L’idéal site de mesure. Il est donc possible qu’il ne soit pas
serait que tous les sites appartiennent à la classe 1, tenu compte du relief naturel si celui-ci est éloigné
mais, dans la réalité, la perfection étant difficile à at- (par exemple, distance supérieure à 1 km). Pour éta-
teindre, certains compromis se révèlent nécessaires. blir si le relief propre au paysage alentour est repré-
Il est donc préférable d’accepter cette situation et de sentatif, il suffit de se demander si le fait de déplacer
la décrire, ce qui est proposé dans cette classification la station sur une distance de 500 m en changerait
des sites de mesure.` la classification. Si la réponse est négative, c’est que
le relief constitue une caractéristique naturelle de la
À en juger par l’expérience acquise à Météo-France, région et qu’il n’est pas à prendre en compte.
le processus de classification aide les acteurs et les
directeurs de réseaux à mieux prendre en considéra- 15 Un « site » est défini comme le lieu où est installé un instrument.
I.1-20 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
En terrain complexe ou en zone urbaine, les classes attribuées sont en général celles des rangs à grands chif-
fres de code. Dans ce cas, il est possible d’ajouter, après le numéro des classes 4 ou 5, l’indicateur «S» pour
signifier qu’il s’agit d’un environnement particulier ou d’une application spéciale (exemple: 4S).
Les capteurs à l’intérieur de l’abri doivent être installés à une hauteur standard (comprise entre 1,25 et
2 m, comme indiqué dans ce Guide), fixée par le Service météorologique. La hauteur ne doit être, en aucun
cas, inférieure à 1,25 m. Elle pourra cependant dépasser la valeur fixée, car le rapport du gradient de tempé-
rature à la hauteur diminue avec la hauteur. À titre d’exemple, les différences entre 1,5 et 2 m ne dépassent
pas 0,2 °C.
Les plus grands écarts sont causés par les surfaces artificielles et par les ombres portées.
(a) Les obstacles se trouvant autour de l’abri influent sur son équilibre radiatif. Un abri installé près d’un
obstacle vertical risque d’être «protégé» du rayonnement solaire ou du refroidissement radiatif nocturne de
l’air, se trouvant sous l’influence du rayonnement infrarouge relativement chaud de l’obstacle ou du rayon-
nement que celui-ci réfléchit.
(b) Il y a lieu d’éviter de positionner des capteurs près de surfaces artificielles qui risquent de réchauffer l’air.
L’importance de leur influence est fonction des conditions de vent, car le vent influe sur les échanges d’air. Les
surfaces artificielles à prendre en compte sont les sources de chaleur, les surfaces réfléchissantes (bâtiments,
aires bétonnées, parcs de stationnement, etc.) et les étendues d’eau (mares, lacs, zones irriguées, etc.).
Il y a lieu d’éviter les ombres portées dues aux obstacles proches. La classification ne tient pas compte des
ombres portées correspondant au relief naturel (voir ci-dessus).
Les hauteurs de végétation indiquées correspondent aux hauteurs de végétation que l’on pourrait obtenir sur
le site avec un entretien «normal». Il convient donc de faire la différence entre une hauteur de végétation
structurelle (fonction du type de végétation sur le site) et une hauteur liée à un mauvais entretien. C’est
pourquoi il est demandé de classer le site en considérant qu’il est entretenu (sauf si un tel entretien est struc-
turellement impossible).
Classe 1
(a) Terrain plat et horizontal, entouré d’une surface de dégagement dont la pente est inférieure à 1/3 (19°);
(b) Sol recouvert de végétation naturelle basse (< 10 cm) représentative de la région;
(c) Point de mesure situé:
• À plus de 100 m de sources de chaleur artificielles ou surfaces réfléchissantes (bâtiments, aires béton-
nées, parcs de stationnement, etc.);
• À plus de 100 m d’étendues d’eau (sauf si elles sont significatives de la région);
• À l’écart de toute ombre portée lorsque la hauteur du soleil est supérieure à 5°.
Une source de chaleur (ou une étendue d’eau) est considérée comme gênante si elle occupe une portion de
surface supérieure à 10 % dans un cercle de rayon de 100 m autour de l’abri, ou une portion de 5 % dans une
couronne de rayon de 10 à 30 m, ou une portion de 1 % dans un rayon de 10 m.
Classe 2
(a) Terrain plat et horizontal, entouré d’une surface de dégagement dont la pente est inférieure à 1/3 (19°);
(b) Sol recouvert de végétation naturelle basse (< 10 cm) représentative de la région;
(c) Point de mesure situé:
• À plus de 30 m de sources de chaleur artificielles ou surfaces réfléchissantes (bâtiments, aires béton-
nées, parcs de stationnement, etc.);
• À plus de 30 m d’étendues d’eau (sauf si elles sont significatives de la région);
• À l’écart de toute ombre portée lorsque la hauteur du soleil est supérieure à 7°.
Une source de chaleur (ou une étendue d’eau) est considérée comme gênante si elle occupe une
portion de surface supérieure à 10 % dans un cercle de rayon de 30 m autour de l’abri, ou une portion
de 5 % dans une couronne de rayon de 5 à 10 m, ou une portion de 1 % dans un rayon de 5 m.
Végétation < 10 cm
Lac…
Une source de chaleur (ou une étendue d’eau) est considérée comme gênante si elle occupe une portion de
surface supérieure à 10 % dans un cercle de rayon de 10 m autour de l’abri, ou une portion de 5 % dans un
rayon de 5 m.
Végétation < 25 cm
I.1-22 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
Sources de chaleur
(bâtiments, parkings,
surface en béton)
Précipitations
Le vent est le phénomène perturbateur le plus important pour la mesure des précipitations, en raison de
l’effet de l’instrument sur l’écoulement de l’air. À moins que les pluviomètres soient protégés artificiellement
contre le vent, à l’aide d’un écran par exemple, les sites qui conviennent le mieux sont souvent des clairières
au milieu de forêts ou de vergers, des terrains entourés d’arbres ou situés dans des forêts de broussailles ou
d’arbustes ou encore des terrains où d’autres obstacles constituent des coupe-vent efficaces, quelle que soit
la direction d’où vient le vent. Les conditions idéales d’implantation correspondent à une installation en un
lieu entouré uniformément d’obstacles de hauteur uniforme. Un obstacle est un objet dont la largeur angu-
laire est égale ou supérieure à 10°.
Le choix d’un tel site est incompatible avec les contraintes correspondantes à la hauteur des autres instru-
ments de mesure. De telles conditions sont pratiquement irréalistes. Si les obstacles ne sont pas uniformes,
ils peuvent créer des turbulences gênantes pour la mesure, leur effet étant plus prononcé en cas de précipi-
tations solides. C’est pourquoi des règles de dégagement plus réalistes demandent un éloignement des obs-
tacles. L’orientation des obstacles par rapport à la direction des vents dominants n’est volontairement pas
prise en compte. En effet, des précipitations fortes sont souvent associées à des phénomènes convectifs, pour
lesquels la direction du vent n’est pas forcément celle des vents dominants. On estime que les obstacles sont
de hauteur uniforme quand le rapport entre le plus haut et le moins haut est inférieur à 2.
Le collecteur du pluviomètre (hauteur de captation) sert de point de référence pour mesurer la hauteur des
obstacles.
Classe 1
(a) Terrain plat et horizontal, entouré d’une surface de dégagement dont la pente est inférieure à 1/3 (19°).
Le pluviomètre est entouré d’obstacles de hauteur uniforme, dont la hauteur angulaire est comprise
entre 14 et 26,5° (qui se situent donc à une distance comprise entre deux et quatre fois leur hauteur);
(b) Terrain plat et horizontal, entouré d’une surface de dégagement dont la pente est inférieure à 1/3 (19°).
Le pluviomètre est protégé artificiellement du vent; il n’est donc pas nécessaire qu’il soit entouré d’obs-
tacles de hauteur uniforme. Dans ce cas, tout autre obstacle se situe à une distance d’au moins quatre
fois sa hauteur.
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-23
ou
Obstacle
Vent de surface
Selon les règles usuelles, les capteurs sont placés à 10 m au-dessus du sol et sur un terrain dégagé, c’est-à-dire
une surface où les obstacles se situent à une distance d’au moins dix fois leur hauteur.
Rugosité
La mesure du vent n’est pas perturbée uniquement par les obstacles environnants; la rugosité du terrain
exerce aussi une influence. Pour l’OMM, le vent de surface mesuré aux stations terrestres est le vent qui souf-
flerait à une hauteur géométrique de 10 m sur un site ayant une longueur de rugosité égale à 0,03 m.
C’est en quelque sorte un vent de référence dont on connaît les conditions exactes de mesure (hauteur:
10 m et longueur de rugosité: 0,03 m).
Il convient donc de décrire la rugosité du terrain autour du site de mesure. La longueur de rugosité sert à convertir
le vent mesuré en vent de référence, mais cette méthode ne peut s’appliquer que si les obstacles éventuels sont suf-
fisamment éloignés. Le chapitre 5 du Guide traite la question de la rugosité et celle des méthodes de correction.
Voici, repris ci-dessous, le tableau de classification de la rugosité qui figure dans la partie I, chapitre 5 :
Note : En ce cas, x est la distance type jusqu’aux obstacles au vent et H, la hauteur des princi-
paux obstacles correspondants. Davenport et al. (2000) fournit une description détaillée et à
jour de cette classification.
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-25
Classification de l’environnement
La présence d’obstacles se traduit (presque toujours) par une diminution du vent moyen, mais a un effet
moindre sur les rafales.
Dans la classification qui suit, on considère que la mesure est effectuée à 10 m, à savoir la hauteur conven-
tionnelle pour les mesures météorologiques.
Dans le cas de mesures exécutées à des hauteurs inférieures (à 2 m par exemple comme c’est parfois le cas à
des fins agroclimatologiques), la classe de rang 4 ou 5 est attribuée (voir ci-après) avec l’indicateur «S» (situa-
tion particulière).
Dans ce qui suit, un objet est considéré comme un obstacle s’il présente une largeur angulaire supérieure à
10°, sauf s’il s’agit d’un obstacle haut et étroit, comme cela est indiqué ci-dessous.
Les variations d’altitude (positives ou négatives) proches n’étant pas représentatives de la région sont consi-
dérées comme des obstacles.
Classe 1
(a) Le pylône est installé à une distance au moins égale à 30 fois la hauteur des obstacles environnants;
(b) Les capteurs se situent à une distance au moins égale à 15 fois la largeur des obstacles étroits (mât, arbre
mince) dépassant une hauteur de 8 m;
Largeur
≥ 15 largeurs
Indice de rugosité ≤ 4
I.1-26 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
≥ 15 largeurs
Indice de rugosité ≤ 5
Remarque : Si le pylône se situe à une distance au moins égale à 20 fois la hauteur des obstacles environ-
nants, il est possible d’appliquer une correction (voir le chapitre portant sur la mesure du vent). Quand les
obstacles se situent à une distance inférieure, il est encore possible d’appliquer une correction dans certaines
situations.
Largeur
≥ 10 largeurs
Les obstacles isolés de hauteur inférieure à 6 m peuvent être négligés, à condition que les mesures soient
exécutées à une hauteur minimale de 10 m.
Non
Il convient d’éviter les sites comprenant des obstacles relativement proches. La classification ne tient pas
compte des ombres portées correspondant au relief naturel.
Les obstacles non réfléchissants se situant sous l’horizon visible peuvent être négligés.
On considère qu’un obstacle est réfléchissant si son albédo est supérieur à 0,5.
Classe 1
(a) Aucune ombre portée sur le capteur lorsque le soleil est à une hauteur angulaire supérieure à 5°. Pour les
régions situées sous des latitudes ≥ 60°, cette limite passe à 3°;
(b) Aucun obstacle réfléchissant, sans ombre portée, vu à une hauteur angulaire supérieure à 5° et d’une
largeur angulaire totale supérieure à 10°.
Classe 2
(a) Aucune ombre portée sur le capteur lorsque le soleil est à une hauteur angulaire supérieure à 7°. Pour les
régions situées sous des latitudes ≥ 60°, cette limite passe à 5°;
(b) Aucun obstacle réfléchissant, sans ombre portée, vu à une hauteur angulaire supérieure à 7° et d’une
largeur angulaire totale supérieure à 20°.
Classe 3
(a) Aucune ombre portée sur le capteur lorsque le soleil est à une hauteur angulaire supérieure à 10°. Pour
les régions situées sous des latitudes ≥ 60°, cette limite passe à 7°;
(b) Aucun obstacle réfléchissant, sans ombre portée, vu à une hauteur angulaire supérieure à 15° et d’une
largeur angulaire totale supérieure à 45°.
Classe 4
• Aucune ombre portée sur le capteur pendant plus de 30 % de la journée, quel que soit le jour de l’année.
≤ 30% de la journée
Classe 5
• Ombre portée sur le capteur pendant plus de 30 % de la journée, au moins un jour dans l’année.
Il convient d’éviter les sites comprenant des obstacles relativement proches. La classification ne tient pas
compte des ombres portées correspondant au relief naturel. Les obstacles non réfléchissants se situant sous
l’horizon visible peuvent être négligés.
Classe 1
• Aucune ombre portée sur le capteur lorsque le soleil est à une hauteur angulaire supérieure à 3°.
Classe 2
• Aucune ombre portée sur le capteur lorsque le soleil est à une hauteur angulaire supérieure à 5°.
Classe 3
• Aucune ombre portée sur le capteur lorsque le soleil est à une hauteur angulaire supérieure à 7°.
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-29
Classe 4
• Aucune ombre portée sur le capteur pendant plus de 30 % de la journée, quel que soit le jour de l’anné-
≤ 30% de la journée
Classe 5
• Ombre portée sur le capteur pendant plus de 30 % de la journée, au moins un jour dans l’année.
I.1-30 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
ANNEXE 1.C
DESCRIPTION DE L’EXPOSITION DES STATIONS
L’exactitude avec laquelle une observation décrit • Caractéristiques à grande échelle du terrain,
une partie choisie de l’atmosphère ne se confond telles que côtes, montagnes ou urbanisation.
pas avec l’incertitude de l’instrument, car la va-
leur de l’observation dépend aussi de l’exposition La plupart de ces éléments sont quasi permanents,
de l’instrument vis à vis de l’atmosphère. Ce n’est mais tout changement significatif (croissance de la
pas un problème technique et sa description relève végétation, nouvelles constructions) doivent être
donc de la responsabilité de l’observateur ou de son enregistrées, et datées, dans le livre de bord de la
assistant. En pratique, un site idéal parfaitement ex- station.
posé est rarement disponible et, à moins que l’ex-
position réelle ne soit adéquatement documentée, Pour documenter la topographie de l’exposition,
la fiabilité des observations ne peut être déterminée une carte à l’échelle d’au moins 1 :25000, compor-
(OMM, 2002). tant des courbes de niveau d’un mètre d’équidis-
tance, est souhaitable. On devra indiquer sur cette
Les métadonnées de la station doivent contenir les carte la localisation (et la hauteur) des bâtiments
aspects suivants de l’exposition des instruments : et des arbres, la nature des sols et les instruments
installés. Aux marges de la carte, on doit indiquer
a) Hauteur des instruments au dessus de la surface les principales caractéristiques éloignées du terrain
du sol (ou en dessous pour la température du (par exemple, surfaces bâties, forêts, eaux libres, re-
sol) ; liefs). Les photographies sont utiles si elles ne sont
b) Type d’abri et de ventilation pour la tempéra- pas étroitement centrées sur les instruments ou les
ture et l’humidité ; abris, mais sont prises à une distance suffisante pour
c) Degré d’interférence avec d’autres instruments montrer les instruments dans leur environnement.
ou objets (pylônes, ventilateurs) ; De telles photographies devraient être prises sous
d) Description fine et topographie fine de l’envi- tous les angles.
ronnement de l’instrument, en particulier :
• Nature de la surface de l’enclos, influençant On trouvera, en remplissant le formulaire-type
la température et l’humidité ; obstacles impor- fourni à la page suivante pour toutes les stations
tants proches (bâtiments, clôtures, arbres) et du réseau, le minimum nécessaire de métadonnées
leur taille ; concernant l’exposition des instruments (Voir figure
• Degré d’obstruction de l’horizon pour les ob- 1.3), et dans OMM (2003b) un exemple de la marche
servations d’ensoleillement et de rayonnement ; à suivre. Les classes utilisées ici pour la description
• Rugosité des terrains environnants et végéta- de la rugosité des terrains sont fournies dans le cha-
tion, influençant le vent ; pitre 5 de la partie I du Guide. On trouvera dans
• Caractéristiques topographiques du terrain tel- OMM (2010b) un exposé plus détaillé de la question
les que pentes, dallages, eaux libres ; des métadonnées.
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS I.1-31
0 200 m
Enclos
N
Bâtiment
Route
x xx Arbres, buissons
+3 Courbe
de niveau
1: 6 8°
1: 10
4°
1: 20
0°
N E S W N
Température et humidité : Hauteur du capteur
Ventilation artificielle ? oui/non
Type de surface sous l’instrument
Type de sol sous l’instrument
Classe de rugosité du terrain : vers le Nord, vers l’Est, vers le Sud, vers l’Ouest
Remarques :
1 2 3 4 5 6 7 8 9
Variable Domaine de Résolution Mode Incertitude Constante Temps de base Incertitude Remarques
variation rapportée de mesurage/ de mesurage de temps du signal de mesurage
observation exigée du capteur de sortie réalisable
1. Température
1.1 Température de -80 - +60°C 0,1 K I 0,3 K pour ≤ -40°C 20 s 1 min 0,2 K La conception de l’abri
l’air 0,1 K pour > -40°C protégeant les thermomètres
et ≤ +40°C du rayonnement solaire peut
0,3 K pour > +40°C affecter l’incertitude possible et
la constante de temps effective.
La constante de temps dépend
de la ventilation du capteur.
1.2 Extrêmes de la -80 - +60°C 0,1 K I 0,5 K pour ≤ -40°C 20 s 1 min 0,2 K
température de 0,3 K pour > -40°C
l’air et ≤ +40°C
0,5 K pour > +40°C
2. Humidité
2.1 Température du -80 - +35°C 0,1 K I 0,1 K 20 s 1 min 0,25 K L’incertitude du mesurage
point de rosée dépend de l’écart à la
température de l’air.
1 2 3 4 5 6 7 8 9
Variable Domaine de Résolution Mode Incertitude Constante Temps de base Incertitude Remarques
variation rapportée de mesurage/ de mesurage de temps du signal de mesurage
observation exigée du capteur de sortie réalisable
3.
Pression
atmosphérique
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS
3.1 Pression 500 - 1 080 hPa 0,1 hPa I 0,1 hPa 2s 1 min 0,15 hPa Pression à la station et au NMM
L’incertitude de mesurage est
sérieusement affectée par la
pression dynamique due au
vent si des précautions ne sont
pas prises.
Une mauvaise correction de la
température du transducteur
peut sérieusement affecter
l’incertitude du mesurage.
La pression au NMM est
affectée par l’incertitude sur
l’altitude du baromètre embarqué.
3.2 Tendance Non spécifié 0,1 hPa I 0,2 hPa 0,2 hPa Différence entre valeurs
instantanées.
I.1-33
1 2 3 4 5 6 7 8 9
I.1-34
Variable Domaine de Résolution Mode Incertitude Constante Temps de base Incertitude Remarques
variation rapportée de mesurage/ de mesurage de temps du signal de mesurage
observation exigée du capteur de sortie réalisable
4. Nuages
4.1 Nébulosité 0/8 - 8/8 1/8 I 1/8 NA 2/8 Possible d’utiliser algorithmes
d’amas pour estimer la
nébulosité de l’étage inférieur
5. Vent
5.1 Vitesse 0 - 75 m s-1 0,5 m s-1 A 0,5 m s-1 pour Constante 2 et/ou 0,5 m s-1 Moyenne sur 2 et/ou 10 min
≤ 5 m s-1 de distance 10 min pour ≤ 5 m s-1 Dispositifs non-linéaires.
10% pour > 5 m s-1 2-5m 10% pour Attention à la conception du
> 5 m s-1 moyennage. On qualifie
généralement la constante de
PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
Variable Domaine de Résolution Mode Incertitude Constante Temps de base Incertitude Remarques
variation rapportée de mesurage/ de mesurage de temps du signal de mesurage
observation exigée du capteur de sortie réalisable
5.3 Rafales 0,1 - 150 m s-1 0,1 m s-1 A 10% 3s 0,5 m s-1 La plus grande moyenne sur
pour ≤ 5 m s-1 3 s doit être enregistrée
10% pour
> 5 m s-1
6. Précipitation
6.1 Hauteur (journalière) 0 - 500 mm 0,1 mm T 0,1 mm pour ≤ 5 mm NA NA Le maximum Quantité basée sur les hauteurs
2% pour > 5 mm de 5% ou de journalières.
0,1 mm L’incertitude dépend de
l’efficacité aérodynamique du
collecteur et des pertes par
évaporation dans les
pluviomètres chauffés.
6.2 Hauteur de neige 0 - 25 m 1 cm I 1 cm pour ≤ 20 cm < 10 s 1 min 1 cm Hauteur moyenne sur une aire
5% pour > 20 cm representative du site d’observation.
6.4 Intensité de la 0,02 mm h-1 - 0,1 mm h-1 I (trace) : nd pour 0,02 - < 30 s 1 min En régime Valeurs d’incertitude pour les
précipitation 2 000 mm h-1 0,2 mm h-1 permanent au précipitations liquides seulement.
0,1 mm h-1 pour 0,2 - laboratoire L’incertitude est sérieusement
2 mm h-1 5% au-dessus affectée par le vent.
5% pour > 2 mm h-1 de 2 mm/h Le comportement des capteurs
2% au-dessus peut se révéler fortement non-
de 10 mm/h linéaire. Détection (oui/non)
si < 0,2 mm h–1 :
Sur le terrain La constante de temps des
5mm/h et 5% capteurs est sérieusement
au-dessus de affectée pendant les
100 mm/h précipitations solides avec des
pluviomètres récepteurs.
Variable Domaine de Résolution Mode Incertitude Constante Temps de base Incertitude Remarques
variation rapportée de mesurage/ de mesurage de temps du signal de mesurage
observation exigée du capteur de sortie réalisable
7. Rayonnement
7.1 Durée 0 - 24 h 60 s T 0,1 h 20 s NA Le maximum
de l’ensoleillement de 0,1 h ou 2%
(journalière)
7.2 Rayonnement net, Non spécifié 1 j m-2 T 0,4 MJ m-2 20 s NA 0,4 MJ m-2 Exposition énergétique
exposition énergétique pour ≤ 8 MJ m-2 pour ≤ 8 MJ m-2 exprimée en total journalier
(journalière) 5% pour > 8 MJ m-2 5% pour de rayonnement net
> 8 MJ m-2
8. Visibilité
8.1 Portée optique 10 m - 100 km 1m I 50 m pour ≤ 600 m < 30 s 1 et 10 min Le maximum L’incertitude de mesurage
météorologique 10% pour > 600 m - de 20 m et 20% réalisable peut dépendre de la
(POM) ≤ 1 500 m cause de l’obscurcissement.
20 % pour > 1 500 m La quantité à moyenner est le
coefficient d’extinction (Voir
Section 3.6, du chapitre 3,
Partie III de ce guide).On
préférera un moyennage
logarithmique des valeurs.
8.2 Portée visuelle de 10 m - 2 000 m 1m A 10 m pour ≤ 400 m < 30 s 1 et 10 min Le maximum Selon OMM -No. 49, Volume
piste 25 m pour > 400 m - de 20 m et 20% II, Annexe A (2004 ) et ICAO
≤ 800 m Doc 9328-AN/908
10 % pour > 800 m (seconde ed., 2000)
PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
8.3 Luminance de fond 0 - 40 000 cd m-2 1 cd m-2 I 30 s 1 min 10% A rapprocher de 8.2 PVP
9. Vagues
9.1 Hauteur de vague 0 - 50 m 0,1 m A 0,5 m pour ≤ 5 m 0,5 s 20 min 0,5 m pour Moyenne sur 20 min pour les
significative 10% pour > 5 m ≤5m mesures instrumentales.
10% pour
>5m
1 2 3 4 5 6 7 8 9
Variable Domaine de Résolution Mode Incertitude Constante Temps de base Incertitude Remarques
variation rapportée de mesurage/ de mesurage de temps du signal de mesurage
observation exigée du capteur de sortie réalisable
9.2 Période des vagues 0 - 100 s 1s A 0,5 s 0,5 s 20 min 0,5 s Moyenne sur 20 min pour les
mesures instrumentales.
9.3 Direction des vagues 0 - 360° 1° A 10° 0,5 s 20 min 20° Moyenne sur 20 min pour les
mesures instrumentales.
Notes:
1. La colonne 1 indique la variable de base.
2. La colonne 2 indique la plage de variation courante de la plupart des variables; les limites dépendent des conditions climatologiques locales.
3. La colonne 3 indique la résolution la plus contraignante selon le Manuel des codes (OMM-No. 306).
4. En colonne 4 :
I = Instantané : Afin d’éviter la variabilité naturelle à petite échelle et le bruit, on considère qu’une moyenne sur 1 mn est un minimum et qu’elle est convenable; on peut accepter des moyennes
établies jusqu’à sur 10 minutes.
A = Moyenne : Valeurs moyennes sur une période, selon les spécifications du codage.
T = Totaux : Totaux sur une période, selon les spécifications du codage.
5. La colonne 5 indique les exigences d’incertitude de mesurage recommandées pour l’utilisation opérationnelle générale, c’est à dire le niveau de données II selon FM 12, 13, 14, 15 et ses équivalents
CHAPITRE I - GÉNÉRALITÉS
BUFR. Elles ont été adoptées par les huit commissions techniques et sont applicables pour la méteérologie synoptique, aéronautique, agricole et marine, l’hydrologie, la climatologie, etc.. Ces exi-
gences sont applicables tant aux stations météorologiques manuelles qu’automatiques telles que définies dans le Manuel du Système mondial d’observation (OMM- No. 544). Les applications
particulières peuvent avoir des exigences moins contraignantes. La valeur spécifiée de l’incertitude de mesurage représente l’incertitude de la valeur rapportée par rapport à la vraie valeur et
indique l’intervalle dans lequel se trouve la vraie valeur avec une probabilité spécifiée. Le niveau de probabilité recommandé est de 95 % (k = 2), qui correspond à 2 σ pour une distribution normale
(Gaussienne) de la variable. L’hypothèse que toutes les corrections connues ont été prises en compte implique que les erreurs des valeurs rapportées auront une valeur moyenne (biais) proche de
zéro. Tout biais résiduel devra être petit vis à vis de l’exigence de l’incertitude de mesurage spécifiée. La vraie valeur est celle qui, dans les conditions opérationnelles, caractérise parfaitement la
variable à mesurer/observer sur un intervalle de temps représentatif et dans un domaine spatial défini, prenant en compte la localisation et l’exposition.
6. Les colonnes 2 à 5 se réfèrent aux exigences établies en 2004 par le groupe d’experts sur les exigences des stations météorologiques de la CSB.
7. Les colonnes 6 à 8 se réfèrent aux performances usuelles établies en 2004 par le groupe d’experts sur la technologie de surface et les techniques de mesurage de la CIMO.
8. L’incertitude de mesurage réalisable (Colonne 8) est basée sur les performances des capteurs pour leur l’exposition nominale et recommandée pouvant être obtenues en pratique opérationnelle. On
doit la considérer comme une assistance aux utilisateurs pour définir des exigences réalisables et abordables.
9. NA = Non applicable.
10. On préférera le terme incertitude à précision (Selon les normes ISO sur l’incertitude des mesurages (ISO, 1995)).
11. La température du point de rosée, l’humidité relative et la température de l’air sont liées, et leurs incertitudes le sont aussi. Pour le moyennage on donnera la préférence à l’humidité absolue comme
variable principale.
I.1-37
I.1-38 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
MESURE DE LA TEMPÉRATURE
Ces mesures, réalisées conjointement ou séparé- mance, ou d’un certificat d’étalonnage qui précise la
ment, à l’échelle locale ou mondiale, sont indis- correction à appliquer pour obtenir le degré d’incer-
pensables pour alimenter les modèles de prévision titude voulu. Les essais initiaux et l’étalonnage sont
numérique du temps, à des fins hydrologiques ou de préférence réalisés par un laboratoire national
agricoles, ou encore comme indicateurs de la varia- d’essais. Il est ensuite recommandé de contrôler ré-
bilité du climat. La température locale a également gulièrement ces instruments, l’appareil utilisé pour
une importance physiologique directe pour les ac- cette opération étant fonction du type d’instrument
tivités quotidiennes de la population mondiale. Il ou de capteur à étalonner.
peut être nécessaire de disposer de relevés continus
2.1.3.3 Temps de réponse des thermomètres
de la température ou de relevés échantillons, à diffé-
rents intervalles de temps. Il n’y a pas avantage à employer des thermomè-
Le présent chapitre porte sur les mesures mention- tres à constante de temps ou coefficient d’inertie
nées aux alinéas a), b) et c). très faible dans le cadre d’observations régulières
de la température dans la mesure où la tempéra-
2.1.3.2 Exigences d’exactitude
ture de l’air varie en permanence d’un à deux de-
La plage de mesure, la résolution du relevé et l’exac- grés en l’espace de quelques secondes. Il faudrait
titude requise sont détaillées au chapitre 1 de la par- ainsi prendre la moyenne de plusieurs relevés pour
tie I. Dans la pratique, il n’est pas nécessairement obtenir une valeur représentative, alors qu’un
économique de faire appel à des thermomètres qui thermomètre à constante de temps élevée tend à
permettent d’obtenir directement de tels résultats. lisser les fluctuations rapides. Une constante de
On utilise plutôt des instruments moins coûteux temps trop longue peut toutefois engendrer des er-
qu’on étalonne à l’aide d’un thermomètre étalon de reurs lorsque les variations de température s’éten-
laboratoire et on corrige les mesures si nécessaire. dent sur de longues périodes. Il est recommandé
Il est indispensable de limiter l’ampleur des correc- d’adopter une cons-tante de temps, définie comme
tions afin de maintenir les erreurs résiduelles à un le laps de temps nécessaire au thermomètre pour
niveau acceptable. Par ailleurs, la plage d’utilisation enregistrer 63,2 % d’une variation d’un échelon de
du thermomètre sera choisie de manière à refléter la température de l’air, égale à 20 s. La constante
l’amplitude thermique observée localement. À titre de temps dépend de l’écoulement d’air au niveau
d’exemple, le tableau ci-dessous donne une plage de capteur.
d’étalonnage et d’erreurs acceptable pour des ther-
2.1.3.4 Enregistrement des circonstances
momètres couvrant une plage de mesure type.
dans lesquelles sont effectuées
les mesures
Chaque instrument de mesure de température est
généralement accompagné d’un certificat de confor- La température est l’une des variables météorologi-
mité aux spécifications d’incertitude et de perfor- ques dont la mesure est particulièrement sensible à
l’exposition. Dans les études climatiques en particu-
lier, les mesures de température sont influencées par
Caractéristiques techniques des thermomètres
l’environnement, végétation, présence de bâtiments
et d’objets divers, couverture du sol, état de l’abri
Type de Ordinaire À maximum À minimum
thermomètre
ou de l’écran de protection contre le rayonnement
et modifications apportées à sa conception d’origine
Étendue
– 30 à + 45 – 30 à + 50 – 40 à + 40 ou autres modifications des équipements. Il est im-
de l’échelle (˚C) portant de conserver un enregistrement, non seu-
lement des données relatives à la température mais
Plage aussi des circonstances dans lesquelles sont effec-
– 30 à + 40 – 25 à + 40 – 30 à + 30
d’étalonnage (˚C) tuées les mesures. Ces informations sont connues
sous l’appellation de métadonnées (données desti-
Erreur maximale < 0,2 K 0,2 K 0,3 K
nées à définir ou décrire d’autres données).
Écart maximal
entre les corrections 2.1.4 Méthodes de mesure
maximale 0,2 K 0,3 K 0,5 K
et minimale Pour mesurer la température d’un objet, on peut
dans la plage amener un thermomètre à la même température que
l’objet en question (c’est-à-dire le mettre en équilibre
Variation thermodynamique avec cet objet), puis mesurer la
maximale de la température du thermomètre. La température peut
0,1 K 0,1 K 0,1 K
correction dans un
aussi être mesurée à l’aide d’un radiomètre sans qu’il
intervalle de 10˚ C
soit besoin d’atteindre l’équilibre thermique.
CHAPITRE 2 - MESURE DE LA TEMPÉRATURE I.2-
Le fonctionnement d’un thermomètre peut être peut néanmoins s’avérer difficile de maintenir une
fondé sur toute propriété physique d’une substance bonne circulation d’air dans des conditions de gi-
sur laquelle la température peut avoir une incidence. vrage. Il existe diverses pratiques pour limiter les er-
Les thermomètres utilisés dans le domaine de la mé- reurs d’observation dans de telles conditions et on
téorologie font essentiellement appel à la dilation peut faire appel à des écrans ou des instruments de
thermique et aux variations de la résistance électri- mesure de la température spéciaux, notamment à la
que liées à la température. Les thermomètres radio- ventilation artificielle. Toutefois, dans ce dernier cas,
métriques fonctionnent dans la bande infrarouge il faudra veiller à éviter tout effet imprévu causé par
du spectre électromagnétique et sont utilisés, entre des dépôts humides liés à l’évaporation en cas de
autres, pour mesurer la température depuis les satel- précipitation, de bruine, de brouillard et similaire.
lites. Une technique particulière mise au point pour Sparks (1970) donne un aperçu des concepts de me-
déterminer la température de l’air par échantillon- sure de température applicables en condition d’ex-
nage des ultrasons pour calculer la vitesse de l’air, ploitation.
fournit également la vitesse moyenne des molécules
d’air et donc la température de ce dernier (OMM, Il est par ailleurs indispensable que les conditions
2002a). d’exposition de l’écran, et donc du thermomètre lui-
même, soient normalisées si l’on veut que les résul-
Les thermomètres qui indiquent la température am- tats comparatifs des valeurs relevées en des heures
biante sont souvent appelés thermomètres ordinai- et des lieux différents soient représentatifs. En mé-
res alors que ceux qui indiquent les températures téorologie générale, la température de l’air observée
extrêmes dans un intervalle de temps sont appelés doit être représentative des conditions de l’air libre
thermomètres à maximum ou à minimum. dans un périmètre aussi étendu que possible autour
de la station d’observation, à une hauteur située
Un certain nombre d’ouvrages classiques traitent de entre 1,2 et 2,0 m au-dessus de sol. Une telle pres-
la conception des instruments et des pratiques de cription s’explique par les gradients de température
laboratoire en matière de mesure de la température, verticaux élevés que l’on peut observer dans les cou-
voir notamment Jones (1992) ou Middleton et Spil- ches inférieures de l’atmosphère. En conséquence,
haus (1960). Dans le domaine de la thermométrie, il le site idéal pour procéder aux mesures se situe en
faut bien être conscient que seules des technologies terrain plat, normalement exposé au soleil et au
bien spécifiques peuvent s’appliquer à la météorolo- vent, à distance respectable d’arbres, de bâtiments
gie en raison des contraintes imposées par un climat ou autres obstacles susceptibles de les masquer. Les
ou un environnement type. pentes raides ou les cuvettes sont à éviter en raison
des conditions exceptionnelles qui y règnent. En ag-
2.1.4.1 Implantation et exposition
glomération les particularités locales sont probable-
du thermomètre
ment plus marquées qu’en milieu rural. Les mesures
Le rayonnement émis par le soleil, les nuages, le sol de température effectuées sur le toit des bâtiments
et les objets alentours traverse l’atmosphère sans sont sujettes à caution en raison de la variabilité du
sensiblement faire varier la température, mais un gradient thermique vertical et de l’effet du bâtiment
thermomètre exposé à l’air libre peut néanmoins ab- lui-même sur la répartition de la température.
sorber une quantité considérable de rayonnement.
2.1.4.2 Étalons de température
En conséquence, sa température peut différer de la
température réelle de l’air, la différence dépendant • Étalons de laboratoire
de l’intensité du rayonnement et du rapport rayon- Les thermomètres étalons primaires sont conservés
nement absorbé/chaleur dissipée. Dans certains cas, dans des laboratoires nationaux de référence. Un la-
notamment dans celui d’un thermomètre à résis- boratoire national de météorologie ou autre labora-
tance pourvu d’un fil très fin, l’écart peut être faible, toire d’étalonnage agréé détient, comme étalon de
voire négligeable, mais dans le cas des thermomètres travail, un thermomètre à résistance de platine de
utilisés plus couramment en météorologie, il peut grande pureté, susceptible d’être relié à l’étalon na-
atteindre 25 K dans des conditions extrêmement dé- tional. L’exactitude de ce thermomètre peut être vé-
favorables. C’est pourquoi il convient de protéger le rifiée périodiquement dans une cellule à point triple
thermomètre contre le rayonnement à l’aide d’un de l’eau. Le point triple de l’eau est défini de manière
abri ou d’un écran qui lui servira de support. Cet exacte et peut être reproduit dans une cellule à point
écran met également ce dernier à l’abri des précipita- triple de l’eau avec une incertitude de 1x10–4 K.
tions, tout en assurant sa ventilation et une protec-
tion contre les dommages accidentels. Si le capteur • Étalons de terrain
est exposé aux précipitations, sa température baisse Le psychromètre de l’OMM (OMM, 1992) est l’ins-
en fonction du flux d’air local, et le thermomètre se trument de référence destiné à déterminer la rela-
comporte alors comme un thermomètre mouillé. Il tion entre la température de l’air mesurée à l’aide
I.2- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
d’instruments de surface classiques et la tempéra- Il existe quatre grands types de thermomètre météo-
ture réelle de l’air. Il est conçu pour être utilisé de rologique, à savoir :
manière autonome, c’est-à-dire sans écran ni abri. (a) Le type à gaine, l’échelle étant gravée sur le tube
Il s’agit de l’instrument le plus précis actuellement du thermomètre ;
disponible pour évaluer et comparer les systèmes (b) Le type à gaine, l’échelle étant gravée sur une
instrumentaux. Il n’est en revanche pas conçu pour plaque de verre opale fixée sur le tube du ther-
être utilisé en permanence dans le cadre d’activités momètre à l’intérieur de la gaine ;
météorologiques courantes. Il permet de mesurer la (c) Le type sans gaine, l’échelle étant gravée sur le
température à ± 0,04 K (degré de confiance : 95 %). tube, fixé sur une monture en métal, en porce-
Pour plus ample information, reportez-vous au cha- laine ou en bois qui comporte les valeurs ;
pitre 4, partie I. (d) Le type sans gaine, l’échelle étant gravée sur le
tube.
Il est possible de coupler deux thermomètres or- 20 cm de profondeur. Son réservoir est enfoncé dans
dinaires et de s’en servir comme psychromètre, à le sol à la profondeur voulue et l’échelle de lecture
condition que le bulbe de l’un d’entre eux soit en- est placée sur le sol.
touré d’un manchon humide3.
Ces thermomètres sont à immersion partielle (cor-
2.2.1.2 Thermomètre à maximum
respondant à la profondeur de mesure) et sont do-
Le modèle recommandé est un thermomètre à mer- tés d’une ampoule de sécurité à l’extrémité du tube
cure dans lequel le tube se rétrécit entre le bulbe laissé à l’air libre pour permettre la dilatation du
et le début de l’échelle, ce qui empêche la colonne mercure.
de mercure de redescendre lorsque la température
baisse. Il est cependant possible de reformer la co- Les mesures de température réalisées à des profon-
lonne de mercure en tenant fermement l’instru- deurs supérieures à 20 cm font appel à des thermo-
ment et en l’agitant vigoureusement, bulbe vers mètres à mercure, placés dans des tubes en bois, en
le bas, jusqu’à obtention de l’effet recherché. Le verre ou en plastique, dont le réservoir est recouvert
thermomètre à maximum sera alors monté sui- de cire ou d’une peinture métallique. L’ensemble
vant un angle de 2° par rapport à l’horizontale, thermomètre/tube est ensuite suspendu ou glissé
bulbe dirigé vers le bas, afin que la colonne de dans un tube fin en métal ou en plastique, enfoui
mercure vienne appuyer contre l’étranglement et dans le sol à la profondeur requise. Dans les climats
ne redescende pas sous l’effet de la gravité. Il est froids, il est conseillé de faire dépasser le sommet
indiqué de choisir un tube capillaire qui s’élargit du tube extérieur du sol d’une hauteur supérieure à
au sommet du tube pour permettre à la colonne l’épaisseur attendue de la couche de neige.
de mercure de se reconstituer facilement en cas de
fragmentation. La technique qui consiste à utiliser un tube en acier
placé verticalement ne se prête pas à la mesure de la
2.2.1.3 Thermomètre à minimum
variation diurne de la température du sol, en parti-
L’instrument le plus courant est un thermomètre culier dans un sol sec. En effet, un tel tube conduit la
à alcool, doté d’un index en verre foncé d’envi- chaleur de la surface de la terre, ce qui peut induire
ron 2 cm de long, immergé dans l’alcool. Étant des erreurs significatives dans le calcul des propriétés
donné que de l’air subsiste dans le tube de ce type thermiques du sol fondé sur de telles mesures.
de thermomètre, celui-ci doit être muni à son ex-
trémité supérieure d’une ampoule de sécurité suf- Ces thermomètres sont dotés d’une grande capacité
fisamment grande pour que l’instrument puisse thermique et donc d’une grande inertie et on peut
subir sans dommage une température de 50° C. Le donc les retirer de leur tube et le lire avant que la
thermomètre à minimum est monté de la même température indiquée n’ait eu le temps de varier sen-
manière que le thermomètre à maximum, à savoir siblement.
en position quasi horizontale. Différents liquides
peuvent être utilisés, par exemple l’alcool éthyli- Lorsque le sol est recouvert de neige, il est recom-
que, le pentane et le toluène. Il est important que mandé de construire un pont de circulation paral-
le liquide soit aussi pur que possible car la présen- lèle à la rangée de thermomètres afin que l’observa-
ce de certaines impuretés augmente la tendance teur puisse y accéder sans modifier l’épaisseur de la
qu’ont les hydrocarbures à se polymériser avec le couche de neige. Ce pont doit être conçu de manière
temps sous l’action de la lumière, polymérisation à ce que le tablier puisse être retiré entre les diffé-
qui modifie l’étalonnage. rents relevés afin de ne pas perturber la couverture
neigeuse.
Par exemple, l’alcool éthylique doit être exempt de
toute trace d’acétone. 2.2.2 Méthodes de mesure
On se sert également des thermomètres à minimum 2.2.2.1 Lecture d’un thermomètre ordinaire
pour mesurer la température minimale sur herbe.
Il est conseillé de lire le thermomètre le plus rapide-
2.2.1.4 Thermomètres dans le sol
ment possible afin d’éviter les variations de tempé-
On utilise généralement un thermomètre à mercure rature liées à la présence de l’observateur. Le ménis-
dont le tube est recourbé à angle droit ou tout autre que formé par le liquide, ou l’index, et l’échelle du
angle approprié au-dessous du premier trait de gra- thermomètre ne situant pas sur le même plan, il faut
duation pour mesurer la température du sol jusqu’à veiller à éviter les erreurs de parallaxe. Pour ce faire,
l’observateur devra s’assurer que la ligne droite entre
3 Les températures du thermomètre mouillé sont expliquées son œil et le ménisque, ou l’index, est bien perpen-
au chapitre 4, partie I. diculaire au tube du thermomètre. Les graduations
I.2- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
du thermomètre n’étant généralement pas inférieu- Lorsque la neige est peu abondante, on peut la re-
res au cinquième de degré, les lectures au dixième tirer avant de procéder aux relevés puis la remettre
degré le plus proche, essentielles en psychrométrie, en place.
doivent être réalisées par estimation. On appliquera
éventuellement une correction d’échelle aux va- Il convient de préciser le type de sol, la nature du
leurs lues. Il est en outre conseillé de lire et régler les couvert végétal, l’angle et l’orientation de la pente
thermomètres à maximum et minimum au moins lorsqu’on décrit un site destiné à des mesures de
deux fois par jour. Les valeurs relevées devront être température du sol. Chaque fois que possible, on in-
comparées à celles obtenues avec un thermomètre diquera les caractéristiques physiques du sol, telles
ordinaire afin de vérifier qu’elles ne comportent pas que la densité apparente, la conductivité thermique
d’erreurs graves. ou la capacité hygrométrique, mais aussi le niveau
de la nappe phréatique (s’il se trouve à moins de
2.2.2.2 Mesure de la température minimale
cinq mètres de la surface) et la structure du sol.
sur herbe
La température minimale sur herbe est la tempéra- Pour les stations de météorologie agricole, il est re-
ture la plus basse indiquée pendant la nuit par un commandé d’enregistrer en continu les températu-
thermomètre exposé à l’air libre juste au-dessus res du sol et de l’air à différents niveaux de la couche
d’un herbe court. Elle est mesurée par un thermo- adjacente au sol (de la surface du sol à environ dix
mètre à minimum comme celui décrit dans la sec- mètres au-dessus de la limite supérieure de la végéta-
tion 2.2.1.3. L’instrument est monté sur un support tion dominante).
adapté de manière à être incliné suivant un angle
d’environ deux degrés par rapport à l’horizontale, 2.2.3 Implantation et exposition
le réservoir étant situé plus bas que le tube, à une des thermomètres
hauteur comprise entre 25 et 50 mm au-dessus du
sol, et en contact avec les pointes de l’herbe. Sur sol Le thermomètre ordinaire, comme le thermomètre à
enneigé, le thermomètre doit être placé le plus près maximum ou à minimum, est toujours exposé dans
possible de la surface immédiate de la neige, sans un abri placé sur un support. Les thermomètres des-
toutefois l’effleurer. tinés à mesurer les températures extrêmes sont mon-
tés sur des supports adaptés suivant une inclinaison
Normalement, le thermomètre est mis en place pour d’environ deux degrés par rapport à l’horizontale, le
la dernière observation une heure avant le coucher réservoir étant situé plus bas que le tube.
du soleil et le relevé est effectué le lendemain matin.
L’instrument est conservé sous abri ou à l’intérieur L’implantation et l’exposition d’un thermomètre à
pendant la journée. Toutefois, dans les stations où minimum sur herbe sont précisées dans la section
aucun observateur n’est en poste au coucher du so- 2.2.2.2. Dans les stations où la neige est persistante
leil, il faut parfois laisser le thermomètre exposé tou- et de profondeur variable, il est possible d’utiliser
te la journée. Dans ces circonstances, en cas de fort un support permettant de remonter ou d’abaisser le
ensoleillement, le liquide organique contenu dans thermomètre afin de le maintenir à la distance vou-
le thermomètre risque de se distiller et de s’accumu- lue au-dessus de la surface de la neige.
ler en haut du tube. On peut réduire ce phénomène
au minimum en recouvrant l’ampoule de sécurité 2.2.4 Sources d’erreur avec les
d’une gaine en métal noir protégée par un manchon thermomètres à liquide sous verre
de coton, gaine qui absorbe plus de rayons que le
thermomètre et atteint donc une température plus Les principales sources d’erreur communes à tous les
élevée que celui-ci. Ainsi, la vapeur susceptible de se thermomètres à liquide sous verre sont les suivantes :
former se condensera plus bas dans le capillaire au- (a) erreurs d’élasticité ;
dessus de la colonne d’alcool. (b) erreurs liées à la partie émergée du tube ;
(c) erreurs de parallaxe et erreurs grossières de lecture ;
2.2.2.3 Mesure de la température dans le sol
(d) variations de volume du réservoir dues à la
Les profondeurs normalisées pour la mesure de la pression extérieure ou intérieure ;
température du sol sont égales à 5, 10, 20, 50 et 100 (e) capillarité ;
cm. D’autres valeurs peuvent être envisagées. Le site (f) erreurs de graduation et d’étalonnage ;
de mesure est de préférence situé sur une parcelle de (g) dilatation inégale du liquide et du verre sur la
sol nu d’environ 75 cm2, représentative des surfaces plage considérée.
avoisinantes. Si tel n’est pas le cas, la superficie ne
doit pas être inférieure à 100 m2. Lorsque le sol est Les trois dernières causes d’erreur peuvent être ré-
recouvert de neige, il est recommandé de mesurer duites au minimum par le fabricant et intégrées dans
également la température de la couche neigeuse. les corrections à appliquer aux valeurs observées. Il
CHAPITRE 2 - MESURE DE LA TEMPÉRATURE I.2-
convient d’accorder une attention particulière aux 2.2.4.3 Erreurs de parallaxe et erreurs
trois premiers types d’erreur. Les erreurs de type (d) grossières de lecture
ne se produisent habituellement pas lorsque les ther-
momètres sont utilisés à des fins météorologiques. Si l’observateur ne se place pas sur un plan perpen-
diculaire au tube du thermomètre, il s’expose à une
2.2.4.1 Erreurs d’élasticité
erreur de parallaxe. L’erreur augmente avec l’épais-
Il existe deux types d’erreurs d’élasticité, à savoir ré- seur du verre du tube et l’angle d’observation par
versible et irréversible. La première n’a d’importance rapport à la ligne de vision correcte. Il importe donc
que lorsque le thermomètre est exposé à une grande d’apporter le plus grand soin à cette opération afin
amplitude thermique sur une courte durée. Ainsi, d’éviter ce type d’erreur. Avec un thermomètre à
si l’on vérifie le thermomètre au point de vapeur et mercure suspendu verticalement, comme c’est le cas
peu après au point de congélation, il donnera une dans un abri ordinaire, le thermomètre doit être lu à
mesure tout d’abord trop basse, puis la température l’horizontale du sommet de la colonne de mercure.
indiquée s’élèvera progressivement jusqu’à la valeur
correcte. Cette erreur dépend de la qualité du verre Des erreurs peuvent également se produire lorsque
employé et peut atteindre 1 K (avec un verre de très l’observateur, d’une manière ou d’une autre, pertur-
haute qualité, elle ne devrait pas dépasser 0,03 K) be l’environnement en s’approchant pour procéder
et pourrait être proportionnellement moindre pour à la lecture du thermomètre. Il est donc nécessaire
une plage de température plus restreinte. L’effet est qu’il effectue sa lecture au plus proche dixième de
négligeable dans les mesures météorologiques, sauf degré le plus rapidement possible. Les erreurs gros-
en cas d’éventuelle erreur dans l’étalonnage initial. sières de lecture sont généralement de l’ordre de 1,
5 ou 10°. De telles erreurs peuvent être évitées en
Les changements irréversibles peuvent avoir une im- procédant à une nouvelle vérification du chiffre des
portance plus grande. Le réservoir du thermomètre dizaines et des unités après une première lecture.
tend à se contracter lentement au fil des ans et en-
2.2.4.4 Erreurs liées à la dilatation différentielle
traîner ainsi une élévation du zéro. Le changement
le plus important intervient la première année, puis Le coefficient de dilatation cubique du mercure est
la dégradation ralentit progressivement. Ce phéno- de 1,82 x 10–4 K–1, et celui de la plupart des verres se
mène peut être atténué en soumettant le réservoir situe entre 1,0 x 10–5 et 3,0 x 10–5 K–1. Le coefficient
à un traitement thermique et en utilisant le verre de dilatation du verre représente donc une fraction
le mieux adapté. Même avec un verre de très haute importante de celui du mercure et il ne peut pas être
qualité, la variation peut au début atteindre envi- négligé. Étant donné que ni les coefficients de dila-
ron 0,01 K par an. Pour garantir l’exactitude de la tation cubique du mercure et du verre ni la surface
mesure, en particulier pour les thermomètres d’ins- de la section interne du tube ne sont strictement
pection ou de vérification, il est recommandé de re- constants sur la plage de température et sur la lon-
définir le zéro à intervalles réguliers et d’apporter les gueur du tube, la valeur scalaire de la longueur uni-
corrections nécessaires. taire du tube varie le long de celle-ci et le ther-momè-
tre doit être étalonné par rapport à un thermomètre
2.2.4.2 Erreurs liées à la partie émergée
étalon par le fabricant avant de pouvoir être utilisé.
du tube
2.2.4.5 Erreurs liées aux thermomètres à alcool.
Le thermomètre qui sert à mesurer la température de
l’air est généralement environné d’air à température Le coefficient de dilatation des liquides utilisés dans
à peu près uniforme. Il est étalonné soit par immer- les thermomètres à alcool est beaucoup plus élevé
sion totale, soit par immersion partielle (jusqu’au que celui du mercure et leur point de congélation
sommet de la colonne de mercure). Utiliser ce type nettement plus bas (l’alcool éthylique gèle à – 115° C).
de thermomètre pour déterminer la température On utilise l’alcool dans les thermomètres à mini-
d’un milieu autre que celui qui environne le tube, de mum car il est incolore et son coefficient de dilata-
sorte que la température réelle du tube est différente tion plus élevé permet d’adopter un tube plus grand.
de celle du réservoir, est source d’erreur. À prix et à qualité égale, les thermomètres à alcool
sont moins précis que les thermomètres à mercure.
Dans les applications météorologiques, le cas le plus Outre les défauts généraux des thermomètres à li-
probable dans lequel ce type de situation risque de quide, les thermomètres à alcool présentent certains
se produire est celui de la vérification de l’étalon- défauts qui leur sont propres :
nage d’un thermomètre ordinaire dans un récipient (a) Adhérence du liquide au verre : contrairement
contenant un autre liquide à une température sen- au mercure, les liquides organiques mouillent
siblement différente de la température ambiante, en général le verre. En conséquence, lorsque la
alors que seul le réservoir ou la partie inférieure du température chute brusquement, une certaine
tube sont immergés. quantité de liquide reste sur les parois du tube,
I.2- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
donnant une température inférieure lors de la les erreurs d’interpolation à tout point intermédiaire
lecture. Lorsque le thermomètre est suspendu ne dépassant pas les erreurs non systématiques (voir
verticalement, le liquide redescend petit à petit chapitre 4, partie III).
le long du tube ;
2.2.5.2 Vérification et étalonnage sur le terrain
(b) Fragmentation de la colonne de liquide. Sou-
vent, des gouttelettes de liquide se forment Tous les thermomètres à liquide subissent une modi-
dans la partie supérieure du tube du ther- fication progressive du zéro. Il est donc recomman-
momètre, par évaporation et condensation. On dé de les vérifier régulièrement, généralement tous
peut corriger cette fragmentation mais des les deux ans, et de les stocker en position verticale à
erreurs peuvent se produire au début du pro- température ambiante au moins 24 h avant le début
cessus, avant que l’on s’aperçoive du phéno- de la vérification.
mène. La fragmentation de la colonne se pro-
duit souvent pendant le transport. On limite Le point de glace peut être contrôlé en remplissant
cette erreur lors du processus de fabrication presque entièrement un vase de Dewar de glace pi-
en scellant le thermomètre à sa température la lée obtenue à partir d’eau distillée et en la mouillant
plus basse afin que le tube contienne un maxi- avec de l’eau distillée. L’espace entre les morceaux
mum d’air ; de glace et le fond du récipient doit être exempt
(c) Lentes modifications du liquide. Les liquides d’air. L’eau doit se maintenir à deux centimètres en-
organiques employés ont tendance à se poly- dessous de la surface de la glace. Une bouteille Ther-
mériser avec l’âge et l’exposition à la lumière, mos ordinaire permet l’immersion totale de la plu-
ce qui entraîne graduellement une diminution part des thermomètres jusqu’à leur point de glace.
du volume de liquide. Cet effet est accéléré par Le thermomètre doit être placé de manière à ce que
la présence d’impuretés ; on a notamment re- la colonne de mercure ou d’alcool émerge le moins
marqué que la présence d’acétone dans l’alcool possible de la glace. Un laps de temps d’au moins
éthylique avait un effet très délétère. Il convient 15 min doit s’écouler avant d’effectuer une lecture
donc d’apporter le plus grand soin à la prépara- de la température pour permettre au thermomètre
tion des liquides destinés aux thermomètres. d’absorber la température de la glace fondante. Il est
Cet effet peut également être accentué si des conseillé d’agiter chaque thermomètre plongé dans
colorants sont utilisés pour rendre le liquide le mélange d’avant en arrière puis de le lire immé-
plus visible. diatement au dixième de la graduation. Des lectures
successives seront effectuées toutes les cinq minutes
La réduction de l’erreur due à la fragmentation de afin de calculer une valeur moyenne.
la colonne de liquide et l’entretien général des ther-
momètres à liquide organique sont traités plus tard Les autres points de la plage de température peuvent
dans ce chapitre. être couverts par référence à un étalon itinérant
ou un thermomètre d’inspection. La comparaison
2.2.5 Comparaison et étalonnage en peut s’effectuer en immergeant le thermomètre de
laboratoire et sur le terrain référence et le ou les thermomètres à vérifier dans
un récipient profond rempli d’eau. Il est générale-
2.2.5.1 Étalonnage en laboratoire ment préférable de travailler à l’intérieur, surtout
par temps ensoleillé. Les résultats seront en outre
L’étalonnage des thermomètres est confié à des orga- meilleurs si l’eau est à température ambiante ou pro-
nismes nationaux d’essai ou des laboratoires d’essais che de celle-ci.
agréés. Pour les thermomètres à liquide, on utilise un
bain de liquide susceptible de maintenir la tempéra- Chaque thermomètre est comparé au thermomè-
ture à la valeur souhaitée dans la plage requise. De tre de référence et des thermomètres de même type
préférence, le coefficient de variation de la tempéra- peuvent être comparés entre eux. Pour chaque com-
ture ne devra pas excéder les limites recommandées paraison, il convient d’agiter les deux thermomètres
et l’appareil d’étalonnage devra être équipé d’un dis- d’avant en arrière dans l’eau pendant une minute
positif destiné à agiter le liquide. Les thermomètres environ, tout en maintenant leurs réservoirs proches
de référence et les thermomètres testés seront sus- l’un de l’autre, avant de les lire. Il doit être possible
pendus dans le récipient sans en toucher les parois, de lire les thermomètres sans en changer la profon-
et totalement immergés. deur d’immersion ; les réservoirs devant être immer-
gés le plus profondément possible. La plupart des
Il est recommandé de procéder à un nombre suffi- thermomètres utilisés en météorologie sont étalon-
sant de mesures pour s’assurer que les corrections à nés pour une immersion totale ; toutefois, si la diffé-
appliquer représentent les performances du thermo- rence entre la température de l’air et celle de l’eau ne
mètre dans des conditions normales d’utilisation, dépasse pas 5 K, la correction pour la partie émergée
CHAPITRE 2 - MESURE DE LA TEMPÉRATURE I.2-
du tube est négligeable. Souvent, alors que les réser- Les thermomètres employés en psychométrie doi-
voirs se situent à la même profondeur, la partie supé- vent être identiques.
rieure de la colonne de mercure (ou autre liquide) du
thermomètre de référence et celle du thermomètre 2.2.7 Maintenance
à vérifier peuvent s’éloigner l’une de l’autre. Il faut
alors éviter les erreurs de parallaxe. 2.2.7.1 Fragmentation de la colonne
de liquide
Il est conseillé de répéter cette opération au moins
trois fois pour chaque paire de thermomètres. Pour Le défaut le plus couramment rencontré est la frag-
chaque série de comparaisons, l’écart moyen entre mentation de la colonne de liquide, laquelle inter-
les lectures ne doit pas dépasser les tolérances indi- vient surtout pendant le transport. Ce risque concer-
quées au tableau de la section 2.1.3.2. ne plus particulièrement les thermomètres à alcool.
Les autres problèmes observés avec ce type de ther-
Les thermomètres dans le sol peuvent être testés de la momètre sont l’adhérence du liquide au verre et la
même manière, mais ils devront séjourner dans l’eau formation de gouttelettes d’alcool par distillation au
au moins 30 min afin de laisser à la cire qui entoure niveau du support du tube.
le réservoir le temps de s’adapter à la température
de l’eau. Étant donné la grande inertie de ce type de On peut généralement reconstituer la colonne de
thermomètre, il est difficile d’obtenir un résultat sa- liquide fragmentée en tapotant sur le thermomètre,
tisfaisant à moins de pouvoir stabiliser la température réservoir orienté vers le bas, avec les doigts ou tout
de l’eau. Si la vérification s’effectue dans une eau dont autre objet relativement souple. Cette opération
la température ne varie pas plus de 1 K sur 30 min, la peut durer un certain temps (cinq minutes si né-
différence par rapport à la valeur corrigée du thermo- cessaire). Il est recommandé de suspendre ensuite le
mètre de référence ne doit pas dépasser 0,25 K. thermomètre ou de le maintenir en position verti-
cale dans un contenant approprié, réservoir en bas,
2.2.6 Corrections pendant au moins une heure pour que le liquide
organique susceptible d’adhérer encore à la paroi
En sortie de fabrication, tout thermomètre repéré de verre puisse redescendre jusqu’à rejoindre la co-
par un numéro de série s’accompagne a) d’un cer- lonne principale. En cas d’échec, on peut adopter
tificat daté confirmant qu’il satisfait aux exigences une méthode plus radicale pour parvenir à cette
d’incertitude ou b) d’un certificat d’étalonnage éga- fin, à savoir la méthode par distillation destinée à
lement daté, indiquant les corrections à appliquer refroidir le réservoir dans un mélange de glace et
aux lectures pour obtenir l’incertitude requise. de sel, porté au point de congélation, tout en pro-
tégeant la partie supérieure du tube contre le froid.
De manière générale, si les erreurs en des points Une autre solution consiste à placer le réservoir du
donnés de l’échelle d’un thermomètre (0°, 10°, 20 °C thermomètre, maintenu verticalement, dans un ré-
par exemple) sont toutes inférieures à ± 0,05 K, il cipient d’eau chaude, et à tapoter ou agiter le tube
ne sera pas nécessaire d’appliquer une correction et de temps à autre, puis à le retirer dès lors que la
les thermomètres pourront être utilisés directement, partie supérieure de la colonne de liquide organique
comme thermomètres ordinaires, dans des abris à atteint l’ampoule de sécurité au sommet du tube.
ventilation naturelle, ou comme thermomètres à Cette opération doit faire l’objet de la plus grande
maximum ou à minimum, ou thermomètres desti- attention en raison du risque d’éclatement du ther-
nés à mesurer la température minimale sur herbe ou momètre suite à la dilatation du liquide dans l’am-
du sol. Mais en cas d’erreurs supérieures à 0,05 K, poule de sécurité.
l’observateur devra disposer sur place d’une table de
2.2.7.2 Échelle illisible
correction accompagnée d’instructions claires quant
à son application. L’un des autres inconvénients que peuvent présenter
les thermomètres à liquide sous verre de type sans
Les thermomètres pour lesquels un certificat est nor- gaine est l’effacement progressif des graduations.
malement délivré sont les suivants : Ce problème peut être réglé sur place en frottant
(a) Thermomètres utilisés dans des psychromètres l’échelle avec un crayon cire de couleur foncée ou
à ventilation ; un crayon noir à mine de plomb.
(b) Thermomètres utilisés par les inspecteurs com-
me étalons itinérants ; 2.2.8 Sécurité
c) Thermomètres de référence pour l’étalonnage
en laboratoire ; Le mercure, liquide le plus couramment employé
(d) Thermomètres à usage spécial justifiant l’appli- dans les thermomètres à liquide sous verre, est
cation de corrections. toxique en cas d’ingestion ou d’inhalation. Si on
I.2-10 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
Dans cet instrument, le mouvement du style inscrip- La principale source d’erreur au niveau du mécanis-
teur est commandé par le changement de courbure me même du thermographe est la friction. Elle peut
d’un bilame plan ou hélicoïdal, dont une extrémité s’expliquer par un mauvais alignement du bilame
est fixée rigidement à un bras assujetti au cadre. Il hélicoïdal par rapport à l’axe. À défaut d’être posi-
est recom-mandé de prévoir un moyen d’ajustement tionné avec précision, ce bilame agit comme un res-
très précis de ce bras pour pouvoir modifier au be- sort puissant, lequel, s’il est fixé de manière rigide,
soin la position du zéro de l’instrument, ainsi qu’un vient plaquer l’axe sur un côté des paliers. Avec les
dispositif permettant de changer la valeur d’échelle instruments modernes, ceci n’est pas un problème
par l’ajustement du levier destiné à transmettre au majeur. La friction entre le style et le diagramme
style le mouvement du bilame. Il est conseillé de peut être réduite au minimum ajustant correcte-
laisser le soin de procéder à ce dernier ajustement à ment la suspension de la charnière.
un personnel qualifié. L’élément bimétallique sera
protégé contre la corrosion, de préférence par un 2.3.5 Comparaison et étalonnage
revêtement épais de cuivre, de nickel ou de chrome,
encore qu’une couche de laque puisse suffire sous 2.3.5.1 Étalonnage en laboratoire
cer-tains climats. L’instrument possède ordinaire-
ment une inertie de 25 s environ pour une vitesse Il existe deux grandes méthodes pour étalonner les
de l’air égale à 5 m s-1. thermographes à bilame en laboratoire. La première
CHAPITRE 2 - MESURE DE LA TEMPÉRATURE I.2-11
consiste à fixer l’instrument de manière à ce que de vue mécanique et devrait fonctionner de manière
l’élément bimétallique soit immergé dans un bain satisfaisante si les mesures appropriées ont été prises
d’eau. La seconde vise à placer le thermographe pour éviter toute friction importante et tout risque
dans une chambre d’étalonnage disponible dans le de corrosion.
commerce dotée d’un thermostat pour contrôler la
température de l’air, d’un ventilateur et d’un ther-
momètre de référence.
2.4 THERMOMÈTRES ÉLECTRIQUES
Il est conseillé d’effectuer des comparaisons à deux
températures différentes, ce qui permettra de déter- 2.4.1 Caractéristiques générales
miner les éventuelles corrections à apporter au zéro
et à l’amplification. Les ajustements seront réalisés Les instruments électriques sont désormais large-
de préférence par un personnel agréé, lequel devra ment utilisés en météorologie pour mesurer les tem-
se référer au manuel du fabricant. pératures. Ces instruments ont le principal avantage
de fournir un signal de sortie approprié pour l’in-
2.3.5.2 Comparaison sur le terrain
dication, l’enregistrement, le stockage ou la trans-
Le coefficient d’inertie de cet instrument peut mission à distance des données de température. Les
être de moitié inférieur à celui d’un thermomètre capteurs les plus courants sont les résistances élec-
ordinaire à mercure, de sorte qu’une comparaison triques, les thermomètres à semi-conducteurs (ther-
régulière des lectures du thermomètre sec et du mistances) et les thermocouples.
thermographe réalisée à heures fixes, ne produira
2.4.1.1 Thermomètre à résistance électrique
généralement pas des résultats concordants exac-
tement, même si l’instrument fonctionne parfai- On peut mesurer la résistance électrique d’un maté-
tement. Il est préférable de vérifier la lecture de riau dont on connait la résistance en fonction de sa
l’instrument un jour favorable, à une heure où la température pour traduire la température.
température est quasiment constante (à savoir par
temps venté et nuageux), ou de ne comparer que Pour une variation faible de la température, l’aug-
les minima sur le diagramme du thermographe mentation de la résistance des métaux purs est pro-
placé dans le même abri. On peut ensuite procé- portionnelle à ladite variation, voir équation 2.2 :
der à tout éventuel ajustement à l’aide de la vis
de fixation. RT = R0 [1 + α (T – T0)] (2.2)
étalonnage du thermomètre utilisé. À partir de ces Pour la mesure des températures, les thermistances
résultats, on peut déterminer la fonction inverse, offrent les avantages suivants :
à savoir t fonction de R. Une telle fonction peut (a) Étant donné la valeur élevée du coefficient
s’exprimer sous la forme d’une série polynômiale de thermique des résistances, la tension appliquée
(R0 – RT), à savoir t = t (R0 – RT) = c1 (R0 – RT) + c2 à un pont de résistances peut être réduite sans
(R0 – RT)2 + … . que la sensibilité de ce pont ne diminue. Il
n’est donc pratiquement pas, voire pas du tout
Un thermomètre à résistance métallique de bonne nécessaire de tenir compte de la valeur de la
qualité satisfait aux exigences suivantes : résistance des conducteurs et de ses variations ;
(a) Ses propriétés physiques et chimiques doivent (b) Les éléments peuvent être miniaturisés et leur
rester stables sur toute la plage de mesure ; très faible capacité thermique permet ainsi
(b) Sa résistance doit augmenter de façon constan- d’obtenir un faible coefficient d’inertie. Toute-
te à mesure que la température augmente sans fois, ces thermistances présentent un incon-
discontinuité dans la plage de mesure ; vénient : pour un taux de dissipation donné,
(c) Des facteurs externes, telles que l’humidité, la l’effet d’échauffement est plus important
corrosion ou les déformations physiques, ne qu’avec de gros thermomètres. Il convient
doivent pas modifier significativement sa ré- donc de maintenir la dissipation de puissance à
sistance ; un faible niveau.
(d) Sa résistivité doit demeurer constante sur une
période d’au moins deux ans Une thermistance type possède une résistance qui
(e) sa résistivité et son coefficient thermique de ré- varie d’un facteur 100 ou 200 sur la plage de tempé-
sistivité doivent être suffisamment élevés pour rature comprise entre -40 et +40 °C.
être utiles dans un circuit de mesure.
2.4.1.3 Thermocouples
Le platine pur est le métal qui satisfait le mieux aux En 1821, Seebeck découvre qu’au point contact de
conditions ci-dessus. C’est pourquoi il sert à fabriquer deux métaux différents se produit une très petite
les résistances des thermomètres utilisés comme éta- force électromotrice de contact. Dans le cas d’un cir-
lons primaires pour le transfert de l’EIT 1990 entre cuit simple composé de deux métaux ayant la même
différents lieux d’observation. Les thermomètres à température au point de jonction, aucune force élec-
résistance de platine sont également utilisés comme tromotrice n’en résulte dans le circuit car les deux
étalons secondaires ou capteurs opérationnels. forces électromotrices, une à chaque jonction, s’op-
posent exactement pour s’annuler. Si la température
Les thermomètres destinés à un usage pratique en de l’une des jonctions est modifiée, les deux forces
météorologie font l’objet d’un vieillissement artifi- ne sont plus en équilibre et une force électromotrice
ciel avant de servir et leurs résistances sont le plus nette apparaît alors dans le circuit, faisant circuler
souvent en alliages à base de platine, en nickel, en un courant. En cas de jonctions multiples, la force
cuivre ou, parfois, en tungstène. Généralement ils électromotrice résultante est la somme algébrique
sont hermétiquement scellés dans une gaine en cé- des différentes forces électromotrices. La grandeur et
ramique. Leur inertie est inférieure à celle des ther- le signe de la force électromotrice de contact provo-
momètres à liquide sous verre. quée à l’une quelconque des jonctions dépend du
type des métaux en contact et de la température du
2.4.1.2 Thermomètres à semi-conducteurs
point de jonction et peut être représentée de ma-
Un autre type de résistance couramment utilisé est la nière empirique pour deux métaux quelconques par
thermistance. Il s’agit d’un semi-conducteur caracté- l’expression suivante :
risé par un coefficient de température de la résistance
relativement élevé, qui peut être positif ou négatif se- (ET – Es) = α (T – Ts) + β (T – Ts)2 (2.7)
lon la nature du matériau utilisé. Les mélanges d’oxy-
des métalliques frittés sont appropriés pour la fabrica- dans laquelle ET est la force électromotrice de contact
tion de thermistances, qui prennent habituellement à la température T et Es est la force électromotrice à la
la forme de disques, de tiges ou de sphères de petites température de référence Ts, α et β étant des constan-
dimensions souvent enrobés de verre. L’équation 2.6 tes. Lorsqu’il y a deux jonctions dont les températu-
donne la relation générale entre la température et la res s’écrivent T1 et T2, la force électromotrice nette
résistance (R) d’une thermistance : En (force électromotrice thermique) est donnée par
(E1 – E2), E1 étant la force électromotrice à la tempé-
R = a exp (b/T) (2.6) rature T1 et E2 la force électromotrice de contact à
la température T2. En peut également être représen-
dans laquelle a et b sont des constantes et T la tem- tée avec une bonne approximation par une formule
pérature de la thermistance en kelvins. quadratique du type indiqué pour (ET – Es) :
CHAPITRE 2 - MESURE DE LA TEMPÉRATURE I.2-13
thermomètre électrique est relié à un système teurs supplémentaires, des résistances stabilisatrices
d’enregistrement en continu des données ; et un réseau en pont adapté.
(b) Mesure des températures en surface : les pro-
priétés radiatives des thermomètres électriques Ni le thermomètre à résistance électrique, ni la ther-
sont différentes de celles des thermomètres à mistance ne se comportent de manière linéaire sur
liquide sous verre. Les thermomètres électri- une plage étendue de température ; mais ils peuvent
ques exposés pour la mesure de la température s’approcher d’une grandeur de sortie linéaire sur
minimale sur herbe (ou autre mesure en sur- une plage limitée. Il faut donc prévoir de compenser
face) donneront donc des valeurs différentes de ces non-linéarités, en particulier si l’on utilise des
celles données par les thermomètres classiques thermistances, pour obtenir une plage de mesure ex-
exposés de manière analogue. Ces différences ploitable en météorologie.
peuvent être réduites en plaçant le thermomè-
tre électrique dans une gaine en verre ; De brusques variations de la résistance des contac-
(c) Mesure des températures du sol : Les thermo- teurs peuvent intervenir avec le temps. Ces dernières
mètres à mercure placés dans des tubes d’acier peuvent être d’ampleur variable et n’être détectées
placés verticalement sont relativement peu qu’au cours de contrôles de routine de l’étalonnage
adaptés pour mesurer la variation diurne de du système (voir section 2.4.5).
la température du sol car ces derniers condui-
2.4.4.2 Thermocouples
sent la chaleur présente en surface. On peut
obtenir des mesures beaucoup plus représen- Lorsque la température est mesurée à l’aide de ther-
tatives en installant des thermomètres électri- mocouples, les principales sources d’erreur de me-
ques dans des prises de laiton insérées à la sure sont les suivantes :
profondeur requise dans la paroi verticale non (a) Variations de la résistance des câbles de raccor-
perturbée d’une tranchée que l’on aura creusée. dement avec la température. On peut minimi-
Les connexions électriques sous tube de plas- ser cet effet en utilisant des câbles bien isolés
tique sont passées par la tranchée qui est ensui- aussi courts et compacts que possible ;
te rebouchée de manière à remettre en place, (b) Conduction le long des câbles qui partent de la
dans la mesure du possible, les couches de drai- jonction lorsque le gradient de température se
nage d’origine et à en restaurer les caractéristiques. situe au voisinage du point de mesure de la
température ;
2.4.4 Sources d’erreur (c) Forces électromotrices thermiques secondaires
parasites dues à l’utilisation de métaux diffé-
2.4.4.1 Résistances électriques et thermistances rents de ceux du thermocouple dans le circuit
de connexion. Les différences de température
Lorsque la température est mesurée à l’aide de ther- dans le reste du circuit doivent être maintenues
momètres à résistance électrique, les principales aussi faibles que possible. Ceci est particulière
sources d’erreur sont les suivantes : ment important lorsque les forces électromo-
(a) échauffement de l’élément thermométrique ; trices à mesurer sont faibles (il convient pour
(b) mauvaise compensation de la résistance des câ- cela de procéder périodiquement à des rééta-
bles de raccordement ; lonnages) ;
(c) mauvaise compensation des non-linéarités du (d) Courants de fuite provenant des circuits élec-
capteur ou de l’instrument de traitement ; triques adjacents. Leur effet peut être minimisé
(d) brusques variations de la résistance des par un blindage approprié des câbles ;
contacteurs. (e) Courants galvaniques produits lorsque des câ-
bles ou des jonctions sont exposés à l’humidité ;
L’échauffement est dû à la chaleur produite par le (f) Variations de température dans le galvanomè-
passage du courant dans la résistance, la tempéra- tre qui en modifie les caractéristiques techni-
ture de l’élément thermométrique devenant supé- ques (essentiellement en en modifiant la ré-
rieure à celle du milieu environnant. sistance). Cela n’affectera pas les relevés par la
méthode potentiométrique, mais ceux des ins-
La résistance des câbles de raccordement introduit truments à lecture directe. On peut en mini-
une erreur dans la lecture de la température. Cet- miser les effets en maintenant la température
te erreur augmente avec la longueur du câble, par du galvanomètre aussi proche que possible de
exemple lorsque le thermomètre à résistance est la valeur d’étalonnage ;
placé à une certaine distance de l’instrument de me- (g) erreurs de mesure potentiométrique de la force
sure. Les erreurs de lecture variant également avec électromotrice provoquées par des variations
les variations de température des câbles. Ces erreurs de la force électromotrice de la cellule de réfé-
peuvent être compensées en utilisant des conduc- rence en fonction de laquelle le courant du
CHAPITRE 2 - MESURE DE LA TEMPÉRATURE I.2-15
La performance d’un écran (tenue au rayonnement directs entre les éléments sensibles et le support des
et effets du microclimat introduisant des biais indé- thermomètres. L’abri sera de préférence recouvert,
sirables) dépend essentiellement de sa conception, la- intérieurement et extérieurement, d’une peinture
quelle devra être étudiée avec le plus grand soin afin blanche non-hygroscopique
de garantir une protection contre le rayonnement et
une ventilation suffisante. Depuis les premières me- Dans un abri à double paroi, le rideau d’air entre
sures de température à des fins météorologiques, une les parois permet de réduire la quantité de chaleur
grande diversité d’écrans ont été mis au point. Suite qui, sinon se propagerait de la paroi extérieure à l’in-
à l’introduction des mesures de température réalisées térieur de l’enceinte, surtout en cas fort ensoleille-
dans des stations météorologiques automatiques, la ment. Par vent fort, l’air circule continuellement
gamme des modèles s’est considérablement enrichie entre les deux parois, ce qui réduit encore davantage
(OMM, 1998a). Il s’avère difficile de recommander un la propagation de la chaleur de la paroi externe vers
modèle particulier de mesures à l’échelle mondiale l’intérieur de l’abri.
tant sont divers les conditions particulières d’applica-
tion, le niveau d’automatisation et la situation clima- La libre circulation de l’air dans l’abri favorise l’adap-
tologique. Toutefois, nombre de recherches et d’études tation de la température de la paroi intérieure aux
comparatives ont été réalisées sur les différents types de variations de l’air ambiant, ce qui réduit l’influence
conception et leurs performances respectives. L’OMM de cette paroi sur la lecture du thermomètre. Elle
(1972) propose une synthèse claire des différents mo- permet également au thermomètre de s’adapter aux
dèles d’écran existants. Les résultats des études com- variations de température de l’air ambiant plus ra-
paratives portant sur les écrans de protection des ther- pidement que si seuls des transferts radiatifs étaient
momètres sont présentés par Andersson et Mattison enjeu. Toutefois, l’air qui circule dans l’abri entre en
(1991) ; Sparks (2001) ; OMM (1998b ; 1998c ; 1998d ; contact pendant un temps fini avec la paroi extérieu-
2000a ; 2000b ; 2002b ; 2002c ; 2002d) ; et Zanghi re et sa température peut en être modifiée. Ce phéno-
(1987). mène devient important lorsque le vent est faible et
que la température de la paroi extérieure de l’abri est
La norme internationale ISO/DIS 17714 définit les très différente de celle de l’air ambiant. Dès lors, la
types d’écran les mieux adaptés et décrit les métho- température de l’air à l’intérieur d’un abri tend à être
des à adopter pour déterminer ou comparer les per- supérieure à la température réelle de l’atmosphère
formances des différents écrans (ISO, 2004). par fort ensoleillement et temps calme, et à lui être
légèrement inférieure les nuits où le ciel est clair et le
2.5.1 Abris à persiennes temps calme, les écarts pouvant atteindre respective-
ment + 2,5 et – 0,5 K dans les cas extrêmes. D’autres
La plupart des abris à persiennes, de conception erreurs peuvent se produire à cause du refroidisse-
très variée, font appel à la ventilation naturelle. Il ment dû à l’évaporation à partir d’un abri mouillé
convient de choisir de préférence des parois à dou- après la pluie. Toutes ces erreurs ont également une
bles persiennes pour ce type d’abri avec un plancher incidence directe sur la lecture d’autres instruments
fait de panneaux en chicane, (mais d’autres types de placés dans l’abri, notamment l’hygromètre, l’évapo-
construction peuvent répondre aux exigences indi- romètre et autres instruments similaires.
quées ci-dessus), un toit à double parois avec circu-
lation d’air entre les deux. Dans les régions à climat Les erreurs dues à des variations de la ventilation na-
froid, en raison du coefficient élevé de réflexion de turelle peuvent être réduites en adaptant à l’abri un
la neige (jusqu’à 88 %), on préconise d’adopter éga- système de ventilation artificielle bien conçu destiné
lement un double plancher capable de se rabattre maintenir un débit de renouvellement de l’air connu
ou de s’incliner pour évacuer la neige qui aurait pu et constant, du moins par vent faible. Lors de la
s’infiltrer dans l’abri au cours d’une tempête. conception de tels systèmes, il faudra veiller à ce que
la chaleur dégagée par le ventilateur ou un moteur
Les dimensions et la construction de l’abri seront électrique n’affecte pas la température sous l’abri.
étudiées de façon à maintenir la capacité calorifique
aussi basse que possible et à laisser suffisamment En général, l’abri est doté d’une seule porte et est
d’espace entre les instruments et les parois. La pré- placé de sorte que les rayons du soleil ne viennent
sence de cet espace élimine tout risque de contact pas frapper directement les thermomètres lorsque
direct entre les éléments sensibles des thermomètres celle-ci est ouverte pour effectuer une observation.
et les parois ; elle est particulièrement importante En revanche, dans les régions tropicales, il convient
dans les régions tropicales où l’insolation peut, en d’en prévoir deux, utilisées alternativement en fonc-
chauffant fortement les parois, provoquer la for- tion de la saison. De même, dans les régions polaires
mation d’un gradient de température appréciable à (où le soleil reste bas sur l’horizon), il est conseillé de
l’intérieur de l’abri. Il faut éviter aussi les contacts prendre des précautions particulières pour protéger
CHAPITRE 2 - MESURE DE LA TEMPÉRATURE I.2-17
l’intérieur de l’abri des rayons du soleil, soit par un artificielle, consiste à protéger le réservoir du ther-
système d’auvent, soit par un écran monté sur un momètre contre le rayonnement direct en plaçant
pivot permettant de l’orienter convenablement lors- l’instrument dans l’axe de deux écrans cylindriques
qu’on ouvre la porte pour effectuer des relevés. concentriques et en produisant une circulation
d’air (de 2,5 à 10 m s-1) entre ceux-ci et à la hauteur
La plupart des abris sont encore en bois, mais les du réservoir du thermomètre. Ce type d’exposi-
nouveaux modèles en plastique récemment mis tion est normal dans les psychromètres à aspira-
au point, dotés de persiennes mieux conçues et tion (chapitre 4, partie I). En principe, les écrans
donc d’une circulation d’air améliorée, offrent une sont construits dans un matériau thermiquement
meilleure protection contre le rayonnement. En isolant, bien que dans le psychromètre d’Assmann
tout état de cause, l’abri et son support seront de l’écran soit réalisé en métal très poli afin de réduire
préférence construits dans un matériau robuste et l’absorption du rayonnement solaire. Une circu-
solidement montés afin que les erreurs de lecture lation d’air est produite continuellement sur les
des thermomètres à minimum et à maximum impu- deux côtés de l’écran intérieur de manière que sa
tables aux vibrations dues au vent soient réduites au température et, donc, celle du thermomètre soient
minimum. Dans certaines régions, où ces vibrations aussi proches que possible de celle de l’air. Ordi-
ne peuvent pas être éliminées entièrement, il est nairement, ces écrans sont montés à la verticale.
recommandé d’effectuer un montage sur des sup- La quantité de rayonnement direct à partir du sol
ports élastiques. Le sol sous l’abri peut être recouvert qui entre par leur base est faible; on peut même la
d’herbe ou laissé à l’état naturel. réduire en plaçant les écrans de façon que leur base
se trouve bien au-dessous du réservoir du thermo-
Il est conseillé de nettoyer et de repeindre réguliè- mètre. Quand la ventilation est produite par un
rement l’abri. Dans de nombreux endroits, il suffit ventilateur électrique, il faut s’efforcer d’empêcher
de repeindre ce dernier tous les deux ans, mais dans que la chaleur produite par le moteur et le ventila-
les régions exposées à la pollution atmosphérique, teur n’atteigne les thermomètres.
il peut s’avérer nécessaire de le faire au moins une
fois par an. Le psychromètre de référence de l’OMM a été conçu
de manière à tenir dûment compte des effets du
2.5.2 Autres abris à ventilation artificielle rayonnement et de l’utilisation d’une ventilation
artificielle et d’écrans afin de s’assurer que l’élément
La principale solution de rechange aux abris à thermométrique est en équilibre à la température
persienne, qu’ils soient à ventilation naturelle ou vraie de l’air (chapitre 4, partie I).
I.2-18 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
ANNEXE
DÉFINITION DES POINTS FIXES
DE L’ÉCHELLE INTERNATIONALE DE TEMPÉRATURE DE 1990
Valeur correspondant
État d’équilibre
aux points de l’EIT
K °C
Équilibre entre les phases solide, liquide et vapeur de l’argon 83,805 8 -189,344 2
(point triple de l’argon)
Équilibre entre les phases solide, liquide et vapeur du mercure 234,315 6 -38,8344
(point triple du mercure)
Équilibre entre les phases solide, liquide et vapeur de l’eau 273,16 0,01
(point triple de l’eau)
Équilibre entre les phases solide et liquide du gallium 302,914 6 29,764 6
(point de congélation du gallium)
Équilibre entre les phases solide et liquide de l’indium 429,748 5 156,598 5
(point de congélation de l’indium)
CHAPITRE 2 - MESURE DE LA TEMPÉRATURE I.2-19
Valeur correspondant
État d’équilibre
aux points de l’EIT
K °C
Équilibre entre les phases solide et vapeur du dioxyde de carbone 194,686 -78,464
(point de sublimation du dioxyde de carbone)
à la pression atmosphérique standard p0 (1013,25 hPa).
L’équation suivante permet de calculer la température t
en fonction de la tension de vapeur du dioxyde de carbone :
t = [1.210,36 x 10–2 (p–p0) – 8.912,26 x 10–6(p–p0)2 – 78,464] °C
où p est la pression atmosphérique en hPa, dans la plage de température
comprise entre 194 et 195 K.
Équilibre entre les phases solide et liquide du mercure 234,296 -38,854
(point de congélation du mercure) à la pression atmosphérique standard
Équilibre entre la glace et l’eau saturée d’air 273,150 0,00
(point de fusion de la glace) à la pression atmosphérique standard
Équilibre entre les phases solide, liquide et vapeur du phénoxybenzène 300,014 26,864
(diphényléther) (point triple du phénoxybenzène)
I.2-20 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
• Organisation météorologique mondiale, 2002d : • Sparks, W.R., 1970 : Current concepts of temperature
Temperature and humidity measurements du- measurement applicable to synoptic networks, Meteo-
ring icing conditions (M. Leroy, B. Tammelin, rological Monographs, vol. 11, No. 33, pp. 247–251.
R. Hyvönen, J. Rast et M. Musa). Communication
• Sparks, W.R., 2001 : Field trial of Metspec screens,
présentée à la Conférence technique sur les instru-
Rapport technique TR19, Met Office/OD, Wokingham,
ments et les méthodes d’observation météorologiques
Royaume-Uni.
et environnementaux (TECO-2002), Rapport No. 75
de la série consacrée aux instruments et aux • Zanghi, F., 1987 : Comparaison des abris météorolo-
méthodes d’observation, OMM/TD - No. 1123, giques, Note technique No 11, Météo-France/SETIM,
Genève. Trappes.
CHAPITRE 3
On peut donc appliquer les facteurs de conversion • Gamme de mesure : 500 – 1 080 hPa (pression à la
suivants : station et pression au niveau de la mer)
1 hPa = 0,750 062 (mm Hg)n • Incertitude requise : 0,1 hPa
1 (mm Hg)n = 1,333 224 hPa • Résolution du relevé : 0,1 hPa
I.3- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
de ne pas, au contraire, entraîner une détério- entraîne des erreurs de lecture, étant donné que la
ration de l’exactitude des mesures ; pression indiquée est proportionnelle à la densité du
c) L’instrument doit pouvoir être transporté sans mercure.
que son exactitude en souffre ;
3.2.3.2 Accélération normale de la pesanteur
d) Le calibre du tube ne devrait pas être inférieur
à 7 mm et devrait, de préférence, être de Les lectures barométriques doivent être ramenées de
9 mm ; la valeur locale de l’accélération de la pesanteur à la
e) Le tube devrait être préparé et rempli sous vide. valeur normale de cette accélération. La valeur nor-
La pureté du mercure revêtant une extrême im- male de l’accélération de la pesanteur (gn) est consi-
portance, il faudrait que celui-ci ait été distillé dérée comme étant une constante conventionnelle:
deux fois, dégraissé, lavé à maintes reprises et gn = 9,806 65 m s–2.
filtré ;
f) La température réelle pour laquelle l’échelle est • Note : La nécessité d’adopter une valeur de référen-
censée donner des lectures exactes (pour une ce arbitraire pour l’accélération de la pesanteur est
accélération normale de la pesanteur) devrait expliquée dans OMM (1966). Cette valeur ne peut
être gravée sur le baromètre; les échelles de- être associée précisément à une valeur mesurée ou
vraient, de préférence, être graduées de façon théorique de l’accélération de la pesanteur dans des
que les lectures soient exactes à 0 °C ; conditions données, à une latitude de 45° et au ni-
g) Le ménisque ne devrait pas être plat, à moins veau de la mer par exemple, puisqu’il est probable
que le tube n’ait un grand diamètre (>20 mm) ; qu’une telle valeur évolue en fonction des données
h) Pour un baromètre de marine, l’erreur ne de- expérimentales les plus récentes.
vrait pas excéder 0,5 hPa, quel que soit le
relevé. 3.2.4 Lecture des baromètres à mercure
Le temps de réponse des baromètres à mercure utili- Lorsqu’une observation est effectuée à l’aide d’un
sés dans les stations terrestres est généralement très baromètre à mercure, le thermomètre du baromètre
faible comparé à celui des baromètres de marine et devrait être lu en premier lieu. Cette lecture devrait
des instruments servant à mesurer la température, être faite aussi rapidement que possible, étant donné
l’humidité et le vent. que la température du thermomètre peut monter du
fait de la présence de l’observateur. Celui-ci tapotera
3.2.3 Conditions normales du doigt l’instrument en deux endroits, près du mé-
nisque et près de la cuvette, afin de stabiliser les sur-
Comme la hauteur de la colonne de mercure d’un faces du mercure. Si le baromètre n’est pas du type à
baromètre ne dépend pas seulement de la pression cuvette fixe, l’ajustement nécessaire devrait être fait
atmosphérique, mais également d’autres facteurs pour que le mercure dans la cuvette entre en contact
(notamment de la température et de l’accélération avec la pointe de référence. Enfin, le vernier devrait
de la pesanteur), il est nécessaire de spécifier les être ajusté sur le ménisque et la lecture effectuée. Le
conditions normales dans lesquelles le baromètre vernier est correctement ajusté quand son bord infé-
devrait théoriquement donner des lectures exactes rieur horizontal semble toucher la partie supérieure
de la pression. Les normes ci-après figurent dans les du ménisque; avec une loupe, il doit être possible
conventions barométriques internationales. de voir une ligne de lumière extrêmement fine en-
tre le vernier et le sommet de la surface de mercure.
3.2.3.1 Température normale et densité
En aucune circonstance le vernier ne doit «couper»
normale du mercure
le sommet du ménisque. L’œil devrait être placé de
0 °C est la température normale à laquelle les lec- façon à ce que les bords inférieurs (antérieur et pos-
tures des baromètres à mercure sont réduites pour térieur) du vernier soient dans la ligne de vision.
éliminer les erreurs associées au changement de den-
3.2.4.1 Exactitude de la lecture
sité du mercure induit par la température.
La lecture devrait être faite au plus proche dixième
La valeur admise pour la densité normale du mer- d’hectopascal. Il est en général impossible de lire le
cure à 0 °C est 1,359 51 x104 kg m–3; pour calculer vernier avec une exactitude plus grande.
la pression absolue à l’aide de l’équation hydrostati-
que, le mercure dans la colonne d’un baromètre est, Des systèmes optiques et numériques ont été mis
par convention, considéré comme un fluide incom- au point pour améliorer la lecture des baromètres
pressible. à mercure. Bien qu’ils facilitent normalement les
observations, ils peuvent néanmoins constituer des
L’utilisation de mercure impur, dont la masse vo- sources d’erreurs s’ils n’ont pas été conçus et étalon-
lumique est différente de celle du mercure pur, nés soigneusement.
CHAPITRE 3 - MESURE DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE I.3-
Les variations de la correction du zéro peuvent aussi Il y a lieu d’appliquer les corrections suivantes afin
être dues : que les lectures du baromètre faites à des heures dif-
a) À une erreur de l’observateur qui a omis de ta- férentes et en des lieux différents puissent être utili-
poter le baromètre avant de procéder à la lec- sées comme valeurs de la pression atmosphérique :
ture ou encore qui a mal réglé le vernier ou la a) Correction de l’erreur instrumentale ;
pointe de référence ; b) Correction de pesanteur ;
b) À un défaut d’équilibre thermique dans le c) Correction de température.
baromètre de la station ou dans l’étalon
voyageur ; Il est possible, en suivant les instructions fournies
c) À la non-simultanéité des lectures alors que la par le fabricant du baromètre, d’obtenir des résultats
pression varie très rapidement. acceptables pour un grand nombre d’applications
météorologiques opérationnelles, à condition d’être
Elles peuvent aussi résulter d’un déplacement ac- certain que ces procédures donneront des lectures
cidentel de l’échelle réglable et d’un décalage de la de la pression qui présentent l’incertitude requise.
pointe de référence dans le cas des baromètres du Toutefois, si les résultats ne sont pas satisfaisants ou
type Fortin. si une plus grande précision est exigée, il convient
I.3- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
de suivre les procédures détaillées qui figurent à l’an- pient de verre, la pollution du mercure et la position
nexe 3.A en ce qui concerne la correction des fac- de celui-ci dans le tube. Pour autant qu’il est possible
teurs indiqués ci-dessus. de le faire, la hauteur moyenne du ménisque devrait
être observée pendant l’étalonnage initial et notée
3.2.6 Erreurs et défauts sur le certificat du baromètre. Cependant, aucune
des baromètres à mercure correction ne devrait être faite pour des écarts par
rapport à la hauteur initiale du ménisque; l’informa-
3.2.6.1 Incertitude relative tion ne devrait être utilisée que comme une indica-
à la température de l’instrument tion de la nécessité ou de l’inutilité d’une révision
ou d’un nouvel étalonnage du baromètre. Une va-
La température indiquée par le thermomètre du ba- riation de 1 mm dans la hauteur du ménisque (de
romètre n’est généralement pas identique à la tem- 1,8 à 0,8 mm), pour un tube de 8 mm, peut causer
pérature moyenne du mercure, de l’échelle et de la une erreur d’environ 0,5 hPa dans les lectures de
cuvette. L’erreur due à cet écart peut être diminuée pression.
par une exposition favorable et par l’application
d’une méthode d’observation adéquate. Soulignons Il faut savoir également qu’une grande variation de
qu’il existe souvent dans une pièce un gradient ver- l’angle de contact entre le mercure et la paroi de la
tical de température stable et très prononcé, ce qui cuvette d’un baromètre à cuvette fixe peut causer
est de nature à provoquer des différences de tempé- des erreurs, petites mais appréciables, dans les pres-
rature considérables entre le haut et le bas du ba- sions observées.
romètre. Un ventilateur électrique peut empêcher
3.2.6.4 Manque de verticalité
cette distribution de la température, mais il peut
aussi causer des variations locales de la pression; il Si la base d’un baromètre symétrique de longueur
devrait donc être arrêté avant l’observation. Dans normale (environ 90 cm), suspendu librement, est
des conditions normales, l’erreur dans la réduction décalée de 6 mm environ par rapport à la position
pour la température n’excédera pas 0,1 hPa si l’on verticale, la pression indiquée sera trop élevée d’à
prend les précautions indiquées. peu près 0,02 hPa. De tels baromètres sont en géné-
ral suspendus plus verticalement que cela.
3.2.6.2 Vide défectueux
On présume en général que le vide est parfait ou qu’il Cependant, quand il s’agit d’un baromètre asymétri-
n’y a qu’une quantité négligeable de gaz au-dessus que, cette cause d’erreur est plus importante. Si, par
de la colonne de mercure lorsque l’instrument est exemple, la pointe de référence dans la cuvette est à
étalonné. Tout changement de cette condition cau- environ 12 mm de l’axe, il suffit que la cuvette soit
sera une erreur dans les lectures de la pression. Une décalée d’environ 1 mm par rapport à la verticale
façon rudimentaire de déceler la présence de gaz pour causer une erreur de 0,02 hPa.
dans le tube du baromètre consiste à incliner le tube
3.2.6.5 Exactitude générale des lectures
en écoutant si un «clic» se produit quand le mercure
de pression corrigées
atteint le sommet ou à regarder si l’extrémité fermée
ne renferme pas une bulle d’air. Le diamètre de celle- L’erreur type d’une seule lecture de baromètre cor-
ci ne devrait pas excéder 1,5 mm lorsque le baro- rigée, dans une station météorologique ordinaire,
mètre est incliné. La présence de vapeur d’eau ne devrait être inférieure à 0,1 hPa. Cette erreur sera
peut pas être décelée de cette façon, car la vapeur se principalement le résultat de l’incertitude inévita-
condense quand le volume d’espace diminue. Selon ble quant à l’erreur instrumentale, de l’incertitude
la loi de Boyle, l’erreur provoquée par la présence quant à la température de l’instrument et de l’erreur
d’air et de vapeur d’eau non saturante dans l’espace provoquée par l’effet de pistonnage des rafales de
situé au-dessus du mercure est inversement propor- vent sur la surface du mercure.
tionnelle au volume de cet espace. Le seul moyen
satisfaisant de remédier à cette erreur est d’effectuer 3.2.7 Règles de sécurité applicables
un nouvel étalonnage sur toute l’étendue de l’échel- à l’utilisation du mercure
le; si l’erreur est grande, le tube du baromètre devrait
être rempli à nouveau ou remplacé. Le mercure est utilisé en assez grande quantité
dans les baromètres; il s’agit d’un produit nocif qui
3.2.6.3 Dépression capillaire exige de prendre certaines précautions quand on
de la surface du mercure
La hauteur du ménisque et, par conséquent, la dé- 1 On désigne par ce terme l’abaissement du ménisque d’un
liquide placé dans un tube lorsque ce liquide (tel le mercure) ne
pression capillaire1 peuvent varier, pour un tube mouille pas les parois du récipient. Le ménisque est convexe,
donné, avec la tendance barométrique, l’âge du réci- orienté vers le haut.
CHAPITRE 3 - MESURE DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE I.3-
le manipule. Aux températures et pressions ordi- d) Il ne faut pas entreposer le mercure près d’autres
naires à la surface terrestre, le mercure élémentaire substances chimiques, en particulier les ami-
est un liquide qui dégage, à l’air libre, des vapeurs. nes, l’ammoniac et l’acétylène ;
Il est absorbé par voie transcutanée à l’état gazeux e) La pièce dans laquelle sont entreposées ou ma-
et liquide et par voie pulmonaire sous forme de nipulées de grandes quantités de mercure doit
vapeur. Ses propriétés sont décrites par Sax (1975). être équipée d’une bonne ventilation. Toute
Dans de nombreux pays, les précautions qui s’ap- manipulation du mercure libre doit se dérouler
pliquent à l’utilisation du mercure sont prescrites sous une hotte de bonne qualité ;
par les règlements visant la manutention des ma- f) Il ne faut jamais entreposer le mercure près
tières dangereuses. d’une source de chaleur, quelle qu’elle soit, car
son point d’ébullition est assez bas (357 °C). En
En forte concentration, le mercure est hautement cas d’incendie notamment, le mercure peut
toxique. Il a en outre la propriété de s’accumuler dégager des concentrations dangereuses de va-
dans les tissus mous et durs du corps humain, ce qui peurs toxiques ;
signifie qu’une exposition prolongée à de faibles do- g) En cas de manipulation de mercure, il convient
ses peut entraîner à long terme la détérioration des de faire subir des contrôles réguliers à la fois
organes touchés, voire la mort. Le mercure s’atta- au personnel et à la pièce de travail afin de dé-
que principalement au système nerveux, à la cavité celer toute quantité de mercure anormalement
buccale et aux gencives; les symptômes sont notam- élevée.
ment des douleurs, le déchaussement des dents, des
3.2.7.1 Déversement et nettoyage
réactions allergiques, des tremblements et des trou-
bles psychologiques. Deux méthodes sont couramment employées pour
nettoyer un déversement accidentel de mercure: le
En ce qui a trait aux baromètres, c’est dans les la- ramassage par aspiration à l’aide d’un système tel
boratoires où l’on vide ou remplit fréquemment les que celui qui est décrit ci-dessous ou l’adsorption ou
instruments que les risques sont les plus importants. l’amalgamation pour obtenir une poudre.
Il peut aussi subvenir des problèmes dans une sta-
tion météorologique lorsque, par exemple, un baro- Les déversements de mercure nécessitent une in-
mètre s’est brisé et qu’on laisse le mercure se trans- tervention immédiate. Le personnel chargé du net-
former en vapeur dans un lieu clos où travaillent des toyage doit porter des gants simples ou à Crispin,
personnes. en polychlorure de vinyle, des lunettes de protec-
tion et, si la quantité de mercure déversée est im-
Un danger existe même si le mercure demeure dans portante, un masque à gaz doté d’une cartouche
un récipient hermétiquement fermé et si l’on pro- qui filtre les vapeurs de mercure. Suivant l’am-
cède à un nettoyage en cas d’accident. Il y a lieu de pleur du déversement, on procédera tout d’abord
tenir compte des points ci-après lorsqu’on travaille à un ramassage par aspiration, puis on utilisera
avec du mercure : un adsorbant pour éliminer les petites gouttelet-
a) Le mercure doit être contenu dans des réci- tes. Cette deuxième opération est indispensable
pients scellés qui ne risquent pas de fuir ou de car, à l’occasion d’un déversement, des dizaines de
se briser et qui sont inspectés régulièrement ; gouttelettes d’un diamètre inférieur à 0,02 mm se
b) Dans les pièces où l’on entrepose ou emploie répandent et adhèrent aux surfaces, de sorte que
de grandes quantités de mercure, le sol doit être le ramassage par aspiration n’est pas suffisamment
recouvert d’un revêtement, en polychlorure efficace.
de vinyle (PVC) par exemple, offrant une bon-
ne étanchéité et ne présentant aucune fissure. Ramassage par aspiration : L’appareil utilisé com-
En effet, des gouttelettes de mercure pourraient prend un tube en plastique de petit diamètre servant
se loger dans de petits interstices, entre des car- à aspirer le mercure dans un vase de décantation en
reaux de sol par exemple. Il est en outre préfé- verre contenant environ 3 cm d’eau, l’orifice du tube
rable que le revêtement remonte d’une dizaine étant situé sous la surface de l’eau. Dans ce vase, plus
de centimètres le long des murs afin qu’il n’y précisément dans l’air qu’il contient, aboutit l’extré-
ait pas de joint au niveau des plinthes ; mité d’une tubulure en plastique de diamètre plus
c) Il ne faut pas entreposer le mercure dans des important, qui est reliée à un aspirateur ou à une
récipients métalliques, puisqu’il entre en réac- pompe à vide. L’eau présente dans le vase empêche
tion avec la plupart des métaux, à l’exception les vapeurs ou les gouttelettes de mercure d’attein-
du fer, pour former un amalgame potentiel- dre l’aspirateur ou la pompe. Une fois le nettoyage
lement nocif. De même, il faut éviter tout terminé, la suspension épaisse (boue) est placée dans
contact entre le mercure et quelque objet mé- un récipient en plastique soigneusement identifié,
tallique que ce soit ; pour la mise au rebut.
I.3- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
Matériau adsorbant : Il est possible d’utiliser divers natif, la fréquence étant fonction de la pression),
composés pour produire l’adsorption ou l’amalga- ou d’un signal numérique, tel que la fréquence de
mation du mercure, notamment de la poussière de répétition des impulsions ou encore découlant de
zinc, de la farine de soufre ou du charbon actif. Le protocoles de communication de données normali-
matériel nécessaire est vendu dans le commerce. Il sés (RS232, RS422 ou IEEE488 par exemple). Divers
suffit de répandre l’adsorbant en poudre sur le mer- types d’appareils de mesure électroniques permet-
cure, de laisser l’adsorption ou l’amalgamation se tent d’afficher les signaux analogiques. Les systèmes
produire, puis de balayer la poudre et de la placer de contrôle et d’acquisition de données, tels ceux
dans un récipient en plastique soigneusement iden- qui équipent les stations météorologiques automati-
tifié, pour la mise au rebut. ques, sont fréquemment employés pour afficher les
signaux de sortie numériques ou les signaux analo-
Le mercure ainsi recueilli peut être soit mis au rebut giques numérisés.
soit récupéré. Il est possible de se procurer, auprès
des autorités compétentes ou du fabricant, les consi- La technologie appliquée actuellement aux baro-
gnes à suivre pour se débarrasser du mercure. Le fa- mètres électroniques fait appel à divers degrés de re-
bricant peut aussi indiquer comment récupérer et dondance pour améliorer la constance à long terme
purifier le mercure. des mesures et leur exactitude. L’une des techniques
employées consiste en trois capteurs fonctionnant
3.2.7.2 Incendie
de façon indépendante sous le contrôle d’un micro-
Le mercure ne brûle pas mais dégage de grandes processeur central. Il est possible d’améliorer encore
quantités de vapeurs denses et toxiques. À la suite plus la constance et la fiabilité en utilisant trois ba-
d’un incendie, les vapeurs se condensent sur les sur- romètres entièrement indépendants, comprenant
faces froides les plus proches. Elles peuvent conta- trois ensembles de transducteurs de pression et de
miner ainsi une zone assez vaste et être adsorbées microprocesseurs. Chaque configuration inclut une
sur des surfaces nues, telles que le bois de charpente compensation thermique automatique opérant à
carbonisé. En cas d’incendie, il faut évacuer les lieux partir de capteurs de la température installés à l’inté-
et se placer au vent du sinistre. Il faut également si- rieur de l’instrument. Une triple redondance garantit
gnaler aux pompiers l’emplacement et la quantité une excellente constance à long terme ainsi qu’une
du mercure. excellente exactitude des mesures, y compris dans
les applications les plus exigeantes. Par ces techni-
3.2.7.3 Transport
ques, les performances de chacun des capteurs sont
Le transport par voie aérienne du mercure ou d’ins- contrôlées en permanence.
truments contenant du mercure fait l’objet d’une
réglementation établie par l’Association du trans- L’utilisation de baromètres numériques implique cer-
port aérien international (IATA). Le transport par tains critères opérationnels particuliers, plus particu-
voie ferrée ou par route est régi d’ordinaire par la lièrement lorsqu’ils sont employés dans des stations
réglementation des matières dangereuses propre à météorologiques automatiques. Des recommanda-
chaque pays. tions officielles ont été faites afin d’assurer leur bon
fonctionnement (voir Annexe VII du Rapport final
De manière générale, il convient de transporter le abrégé de la onzième session de la Commission des
mercure métallique dans des récipients en plastique instruments et des méthodes d’observation météo-
ou en verre d’une capacité inférieure à 2,5 kg. L’em- rologiques, 1994, OMM-N° 807). Les organisations
ballage des récipients doit être suffisamment rem- météorologiques devraient :
bourré pour éviter que ces derniers ne cassent et doit a) Contrôler et réajuster l’étalonnage des baromè-
indiquer la nature du contenu. Les instruments qui tres numériques au moment de la réception
contiennent du mercure doivent être emballés dans de ceux-ci et répéter régulièrement ces opéra-
un étui solide et rembourré, hermétique et étanche tions (une fois par an, jusqu’à ce que le taux de
au mercure. dérive soit connu) ;
b) Assurer un étalonnage régulier des baromètres
numériques et étudier la possibilité d’utiliser à
cet effet les moyens disponibles dans le pays ;
3.3 BAROMÈTRES ÉLECTRONIQUES c) Considérer que certains types de baromètres
numériques peuvent être utilisés comme éta-
La plupart des baromètres de conception récente lons voyageurs, étant donné leur facilité de
utilisent des transducteurs qui transforment les va- transport et leur constance à court terme ;
riations d’un capteur de pression en un signal élec- d) Considérer que la sélection d’un type particu-
trique. Il peut s’agir d’un signal analogique, tel que lier de baromètre numérique devrait être fonc-
la tension (en courant continu ou en courant alter- tion non seulement des spécifications de l’ins-
CHAPITRE 3 - MESURE DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE I.3-
trument, mais également des conditions envi- pression absolue. Le cristal de quartz est choisi pour
ronnementales et des moyens d’entretien. ses propriétés piézoélectriques, ses caractéristiques
d’oscillateur à fréquence constante, fréquence qu’il
Les fabricants devraient : est possible de reproduire avec précision, et la faible
a) Améliorer les baromètres numériques pour les influence de la température sur ces caractéristiques.
rendre moins tributaires de la température et La pression qui s’exerce par une prise extérieure
plus stables à long terme ; soumet, par l’intermédiaire d’une capsule souple,
b) Utiliser des interfaces et des protocoles de com- l’élément en cristal de quartz à une force axiale
munication normalisés pour la transmission ascendante et donc à une compression. Le cristal
des données ; constituant une membrane rigide, c’est l’ensemble
c) Veiller à ce qu’un baromètre numérique puisse de la structure mécanique qui subit ainsi d’infimes
fonctionner sur une large gamme de tensions déformations, ce qui élimine virtuellement l’hysté-
continues (par exemple, de 5 à 28 V). résis mécanique.
Comme c’est le cas pour tous les appareils de mesure Les principales caractéristiques d’un bon baromètre
électroniques sensibles, il convient de protéger les anéroïde sont les suivantes :
baromètres électroniques par un blindage et de les a) Il devrait être compensé pour la température
tenir éloignés des sources de champs magnétiques de façon que les lectures ne varient pas de plus
importants, telles que les transformateurs, les ordi- de 0,3 hPa pour un changement de tempéra-
nateurs, les radars, etc. Bien que les problèmes ne ture de 30 K ;
soient pas fréquents, il peut survenir une augmenta- b) Les erreurs d’échelle à un point quelconque
tion du bruit qui cause une diminution de l’exacti- ne devraient pas excéder 0,3 hPa et devraient
tude de l’instrument. rester dans les limites de cette tolérance pour
des périodes d’au moins un an dans des condi-
3.3.5.4 Différences de fonctionnement
tions normales d’emploi ;
Des variations sensibles de la justesse du baro- c) L’hystérésis devrait être assez faible pour que
mètre électronique peuvent se produire quand le la différence entre les lectures effectuées avant
fonctionnement de l’instrument en exploitation un changement de pression de 50 hPa et après
est différent de son fonctionnement au moment le retour à la valeur initiale n’excède pas
de l’étalonnage. Précisons qu’un instrument fonc- 0,3 hPa ;
tionnant en continu ne refroidit pas et n’indiquera d) Il devrait être capable de supporter les risques
donc pas la même pression qu’un instrument dont ordinaires de transport sans que celui-ci cause
l’affichage est renouvelé à intervalle de quelques des inexactitudes en dehors des limites spéci-
secondes. fiées ci-dessus.
I.3-12 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
3.4.3 Lecture des baromètres anéroïdes progressif à la valeur initiale, par exemple au cours
d’une forte rafale de vent, l’instrument indiquera
3.4.3.1 Exactitude de la lecture une pression légèrement différente de la pression
vraie, en raison de l’hystérésis; il peut s’écouler un
Le baromètre anéroïde devrait toujours être lu dans laps de temps considérable avant que cette diffé-
la même position (verticale ou horizontale) qu’au rence devienne négligeable. Comme les baromètres
moment de son étalonnage. On devrait le tapoter et barographes anéroïdes de surface ne sont pas, en
avant la lecture et, autant que possible, le lire au plus général, exposés directement à de grandes variations
proche 0,1 hPa. Il existe des dispositifs optiques et de pression, les erreurs qu’ils commettent de ce fait
numériques qui permettent d’augmenter la justesse restent modérées.
de la lecture et de réduire les erreurs causées par le
fonctionnement des leviers mécaniques. Les modifications lentes des propriétés du métal de
la capsule anéroïde génèrent également une erreur
3.4.3.2 Corrections des lectures
séculaire. Cet effet ne peut être évalué que par le
du baromètre anéroïde
biais de comparaisons périodiques, tous les ans par
En général, le baromètre anéroïde devrait être réglé exemple, avec un baromètre étalon. Un bon baro-
de façon à indiquer la pression à l’altitude de l’ins- mètre anéroïde devrait conserver une exactitude de
trument. Cependant, à bord de navires ou dans les 0,1 hPa durant un an ou plus. Il convient, afin de
stations terrestres situées à basse altitude, l’instrument déceler les instruments qui viendraient à accuser des
peut être réglé de façon à indiquer la pression au ni- écarts plus grands, d’instaurer une procédure de vé-
veau moyen de la mer, pourvu que la différence entre rification régulière comprenant un étalonnage et les
la pression à la station et la pression au niveau de la ajustements nécessaires.
mer puisse être considérée comme constante. Les er-
reurs instrumentales devraient être corrigées, mais on
estime habituellement que l’instrument est suffisam-
ment compensé pour la température et il n’a pas be- 3.5 BAROGRAPHES
soin d’être corrigé pour l’accélération de la pesanteur.
3.5.1 Caractéristiques générales
3.4.4 Erreurs et défauts des baromètres
anéroïdes Il existe différents types de barographes, mais nous
ne traiterons ici en détail que du barographe ané-
3.4.4.1 Compensation incomplète pour la roïde. S’agissant des diagrammes des instruments
température utilisés à des fins synoptiques, il est recommandé :
a) Qu’ils soient gradués en hPa ;
Dans un baromètre anéroïde, l’affaiblissement du b) Qu’ils soient lisibles à 0,1 hPa près ;
ressort provoqué par l’augmentation de la tempéra- c) Que l’échelle de la graduation soit de 1,5 cm
ture conduit l’instrument à surestimer la valeur de pour 10 hPa.
la pression. Cet effet est généralement compensé de
l’une des façons suivantes : De plus, les caractéristiques suivantes sont souhaita-
a) Au moyen d’une tige bimétallique dans le sys- bles dans un barographe :
tème de leviers ; a) Sa capsule anéroïde devrait être de première
b) En laissant une certaine quantité d’air à l’inté- qualité (voir section 3.5.2) ;
rieur de la chambre anéroïde. b) Il devrait être compensé pour la température
de façon que la lecture ne varie pas de plus de
Dans la plupart des baromètres anéroïdes ordinai- 1 hPa pour un changement de température de
res, la compensation obtenue par ces méthodes n’est 20 K ;
complète qu’à une pression particulière de compen- c) Les erreurs d’échelle ne devraient en aucun
sation. Il est à souhaiter que tous les baromètres et point excéder 1,5 hPa ;
les barographes anéroïdes utilisés dans les stations d) L’hystérésis devrait être assez faible pour que
météorologiques soient bien compensés pour la la différence entre les lectures effectuées avant
température sur toute l’échelle des pressions. Dans un changement de pression de 50 hPa et après
les systèmes numériques de lecture qui se prêtent le retour à la valeur initiale n’excède pas
à l’automatisation, des corrections complètes sont 1 hPa ;
réalisées par l’électronique. e) Il devrait y avoir un dispositif pour marquer le
temps qui permette de faire les marques sans
3.4.4.2 Erreurs d’élasticité
soulever le couvercle ;
Si un baromètre anéroïde est soumis à une variation f) Le style porte-plume devrait pivoter sur une
rapide et ample de la pression suivie d’un retour plus «charnière» dont l’axe soit incliné de telle fa-
CHAPITRE 3 - MESURE DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE I.3-13
çon que la plume repose sur le diagramme par et la conserver durant un mois ou deux. La variation
l’effet de la pesanteur. Un moyen d’ajustement barométrique lue sur un tel barographe devrait habi-
devrait être prévu pour régler la position de la tuellement être obtenue dans les mêmes limites.
plume.
3.5.4 Instruments capables de traiter les
Les barographes de marine doivent présenter cer- données
taines caractéristiques spéciales qui sont examinées
dans le chapitre 4 de la Partie II du présent Guide. Un baromètre convenant à la lecture automatique
peut être relié à un dispositif de calcul, habituelle-
3.5.2 Construction de barographes ment un microprocesseur, qui peut être programmé
pour fournir des données représentatives qu’il est
Le principe de fonctionnement du barographe ané- possible de présenter sous forme de graphiques, en
roïde est analogue à celui du baromètre anéroïde, si vue d’établir des relevés similaires à ceux fournis par
ce n’est qu’un style enregistreur remplace l’aiguille un barographe. Certains modèles impriment leurs
du baromètre. Le modèle des capsules superposées propres échelles, ce qui élimine ainsi une source
s’en trouve légèrement modifié, ce qui se traduit en d’erreur.
général par une augmentation du nombre et de la
taille des capsules utilisées et par une diminution de 3.5.5 Lecture des barographes
l’amplification totale de la flexion.
Il faut pouvoir lire le barographe sans le toucher. Le
Pour vérifier l’effet que peut avoir la friction sur le marquage du temps et toute inspection de l’instru-
relevé détaillé de la pression, on peut considérer la ment amenant à soulever le couvercle, entre autres,
force qu’il faut appliquer au style pour le déplacer devraient toujours se faire après que la lecture est
d’une unité de l’échelle (1 hPa), à laquelle devrait terminée.
être égale la force qu’il faudrait appliquer pour em-
3.5.5.1 Exactitude de la lecture
pêcher le style de se déplacer quand la pression varie
de 1 hPa. Le diagramme devrait être lu au plus proche dixiè-
me d’hectopascal. La variation barométrique devrait
La force à appliquer pour compenser le déplacement être obtenue dans les mêmes limites.
du fond de la capsule lorsque la pression varie de
3.5.5.2 Corrections des lectures du barographe
1 hPa est égale à 100 A newtons, où A représente
la surface de la section transversale de la capsule en La correction de température de tout instrument
mètres carrés. Si le facteur d’amplification est X, la devrait être vérifiée avant que l’instrument ne soit
force nécessaire pour empêcher le style de se dépla- utilisé et le facteur d’échelle devrait être ajusté par
cer est de 100 A/X newtons et varie en fonction de contrôle dans une cloche à vide. Si le barographe
A/X. Pour un type de capsule et une valeur d’échelle n’est utilisé que pour déterminer la variation baro-
donnés, la valeur de X est en grande partie indépen- métrique, aucune correction n’est généralement ap-
dante de celle de A; par conséquent, on peut consi- pliquée aux lectures. Dans ce cas, un réglage exact
dérer que l’asservissement de la plume du barogra- de la position de la plume n’est pas important. Lors-
phe varie approximativement avec la surface de la que le barographe sert à obtenir des valeurs absolues
section transversale de la capsule. de la pression, le relevé devrait être comparé avec les
lectures corrigées d’un baromètre à mercure ou d’un
3.5.3 Sources d’erreurs et inexactitude bon baromètre anéroïde au moins une fois toutes
les 24 h, et les valeurs désirées déterminées par in-
En plus des erreurs mentionnées pour les baromè- terpolation.
tres anéroïdes (voir section 3.4.4), la friction entre la
plume et le papier est importante. L’asservissement
de la plume dépend pour une grande part de la sec-
tion transversale de la capsule anéroïde. Dans un ba- 3.6 BAROMÈTRES DE BOURDON
rographe bien construit, la friction de la plume est
sensiblement plus forte que la friction totale de tous Le baromètre à tube de Bourdon contient habituel-
les pivots et coussinets de l’instrument; une atten- lement un capteur dont la forme varie selon les
tion spéciale devrait donc être portée à la réduction changements de pression, comme dans le cas d’une
de telles erreurs, par exemple en ayant une capsule capsule anéroïde, ainsi qu’un transducteur qui
anéroïde suffisamment grande. transforme les variations de forme pour les rendre
directement utilisables par l’observateur. Le dispo-
Un barographe de première qualité devrait présenter sitif d’affichage des résultats peut être éloigné du
une incertitude d’environ 0,2 hPa, corrections faites, capteur. Les laboratoires d’étalonnage utilisent des
I.3-14 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
dans une pièce climatisée, il est conseillé d’y adapter port, celui-ci devrait être expédié, la cuvette vers le
une prise de pression statique qui le relie à l’exté- haut, dans une caisse convenablement suspendue au
rieur du bâtiment. moyen de ressorts. Le baromètre ne devrait pas être
soumis à des mouvements violents et doit toujours
être retourné très lentement. Il convient de prendre
des précautions spéciales pour quelques types spé-
3.9 EXPOSITION DES BAROMÈTRES ciaux de baromètres avant de les retourner.
Il importe d’installer le barographe à une hauteur cor- préalablement déterminées par comparaison
respondant au niveau des yeux afin de faciliter la lec- avec un étalon primaire ou secondaire ;
ture dans les conditions normales de fonctionnement C : Baromètre étalon de référence utilisé pour les
et de réduire l’erreur de parallaxe. L’exposition devrait comparaisons des étalons voyageurs et des ba-
être telle qu’elle offre des conditions d’éclairage uni- romètres des stations principales d’un Service
formes, un éclairage artificiel étant prévu au besoin. météorologique national ;
S : Baromètre (à mercure, anéroïde, électronique)
Si un barographe doit être transporté à haute alti- d’une station météorologique ordinaire ;
tude, par voie aérienne notamment, il convient de P : Baromètre à mercure de bonne qualité et de
débrancher le style et de prendre des précautions grande exactitude, pouvant être transporté
pour que le mécanisme soit capable de supporter d’une station à une autre sans que son étalon-
la surcharge causée par le dépassement de la portée nage en soit modifié ;
normale de l’instrument. N : Baromètre anéroïde de précision, portatif et
d’excellente qualité ;
Q : Baromètre numérique de précision, portatif et
d’excellente qualité, à utiliser comme étalon-
3.10 COMPARAISON, ÉTALONNAGE voyageur (Q signifiant qualité) ;
ET ENTRETIEN M : Microbarographe portatif, de bonne qualité et
de grande exactitude.
3.10.1 Conditions générales s’appliquant
aux comparaisons de baromètres Afin que les programmes de comparaison de baro-
mètres conduits par tous les Services météorologi-
Étant donné l’importance que revêt l’exactitude des ques nationaux aient la même base de référence, il
observations de la pression, spécialement de celles est souhaitable d’observer des règles uniformes en
qui sont destinées à la météorologie synoptique et ce qui concerne la qualité des équipements utili-
à l’aéronautique, et les diverses possibilités d’er- sés, la fréquence des comparaisons, les procédures
reurs auxquelles sont sujets les baromètres à mer- à suivre, les tolérances dans la correction du zéro
cure, tous les baromètres de station devraient être et les critères déterminant les mesures correctives
vérifiés régulièrement par un inspecteur. Quelques à prendre.
directives sont données dans les sections suivantes
sur l’équipement à utiliser pour les vérifications, sur 3.10.2 Instruments utilisés dans les
la fréquence des vérifications ainsi que sur diverses comparaisons de baromètres
questions connexes. Lorsque des baromètres anéroï-
des de précision sont utilisés comme baromètres de 3.10.2.1 Baromètre étalon primaire
station, il y a lieu de les vérifier fréquemment (au
moins une fois par semaine) par comparaison avec Les opinions varient quant au meilleur type de baro-
un baromètre à mercure. Il faut consigner les résul- mètre à utiliser comme étalon primaire. Deux types
tats de toutes ces vérifications sur un support appro- sont présentés dans les paragraphes suivants.
prié ou dans un registre spécial.
Il est possible d’utiliser un appareil d’essai à contre-
Toutefois, on peut se dispenser d’utiliser un baro- poids qui fournit une pression étalonnée en fonc-
mètre à mercure si l’on fait une comparaison quoti- tion des masses utilisées et du champ de gravité lo-
dienne tant avec les lectures d’un second baromètre cal. Son emploi est relativement simple et exempt
anéroïde installé à la station qu’avec l’analyse des du problème de dérive excessive qui afflige les baro-
pressions relevées dans les environs de la station. mètres à mercure dans un milieu pollué.
Cette démarche devrait être appuyée par des contrô-
les semestriels à l’aide d’un étalon voyageur. Il peut s’agir aussi d’un baromètre à mercure de gran-
de qualité spécialement construit dans ce but. Un tel
La distinction entre les différentes catégories de ba- baromètre doit contenir du mercure de grande pu-
romètres utilisés dans un Service météorologique na- reté et de masse volumique connue, maintenu sous
tional peut être faite à l’aide des symboles ci-après : vide poussé et à une température constante, dans un
A : Baromètre étalon, primaire ou secondaire, ca- milieu préservé de la pollution. Le baromètre doit
pable à lui seul d’indiquer la pression avec une être doté d’une échelle étalonnée et d’un mécanis-
incertitude de 0,05 hPa ou moins ; me optique de lecture. Ce type de baromètre mesure
B : Baromètre étalon de travail dont la conception la pression absolue avec une grande exactitude, tan-
se prête à des comparaisons barométriques dis que l’appareil à contrepoids fournit une pression
courantes et pour lequel les erreurs ont été étalonnée.
CHAPITRE 3 - MESURE DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE I.3-17
Le programme des comparaisons comprend : devraient faire l’objet d’une attention particulière.
a) La comparaison, au moins une fois tous les Des études ont montré qu’en prenant les précau-
deux ans, de l’étalon national de travail B avec tions nécessaires, il est normalement possible de
un baromètre étalon A, primaire ou secondaire. faire des lectures comparatives avec une exactitude
Si les étalons A et B se trouvent dans le même moyenne de 0,05 hPa.
centre, l’emploi d’étalons voyageurs est inutile ;
b) La comparaison, au moins une fois tous les Les relevés comparatifs des baromètres devraient
deux ans, de l’étalon de référence C avec l’éta- être notés sur des imprimés appropriés. Un état per-
lon national de travail B, à l’aide d’étalons manent de tous les contrôles effectués devrait être
voyageurs ; attaché à chaque instrument et comporter, notam-
c) La comparaison, au moins une fois par an, du ment, la date de chaque vérification, la température
baromètre de station S avec l’étalon de référen- et la pression relevées lors de chaque comparaison,
ce C à l’aide d’étalons voyageurs, ou avec l’éta- et les corrections obtenues.
lon de travail B à intervalle d’un ou deux ans,
en fonction des caractéristiques des baromètres Les comptes rendus des comparaisons de baromètres
utilisés. Selon le principe adopté, la comparai- devraient être transmis à la direction du Service mé-
son se déroule soit à la station soit dans un téorologique national qui évaluera les erreurs, calcu-
centre équipé à cet effet, l’utilisation d’étalons lera et communiquera les corrections nécessaires et
voyageurs s’avérant alors inutile. déterminera s’il y a lieu de prendre des dispositions
en vue de remédier aux insuffisances constatées.
Bien entendu, l’erreur relevée pour chaque baromè- Un état permanent des relevés comparatifs devrait
tre après chaque intervention dans la série des com- être conservé avec soin pour chaque baromètre de
paraisons est déterminée par rapport au baromètre station afin que les performances de l’instrument
étalon A, primaire ou secondaire, de manière que puissent être étudiées sur plusieurs années et que ses
les lectures barométriques corrigées aient une base défauts éventuels puissent être décelés. Pour le pro-
de référence absolue, quel que soit le niveau auquel gramme de contrôle de qualité des baromètres, les
l’intervention est effectuée. relevés peuvent être établis sous forme de tableaux
ou de graphiques.
3.10.3.2 Inspection des baromètres de station
3.10.3.4 Vérification des baromètres électroniques
L’inspection des baromètres de station peut être faite
à l’aide de baromètres Fortin ayant un tube de 9 mm Compte tenu de leur degré actuel de perfectionne-
de diamètre intérieur, sans négliger les restrictions ment, il importe d’étalonner les baromètres électro-
imposées quant au transport d’instruments renfer- niques à intervalle d’un an environ. Il est normal
mant du mercure (voir section 3.2.7.3). Des baromè- d’apporter un baromètre électronique dans un cen-
tres anéroïdes ou électroniques de précision peuvent tre d’étalonnage immédiatement avant de l’envoyer
aussi être utilisés comme étalons voyageurs s’ils ont dans une station d’observation météorologique. À la
la constance et l’exactitude requises. Il est recom- station, plusieurs relevés comparatifs devraient être
mandé d’utiliser au moins trois de ces instruments exécutés pendant plusieurs jours entre le baromè-
à la fois afin de pouvoir déceler immédiatement le tre électronique et l’étalon voyageur. Les baromè-
mauvais fonctionnement de l’un d’eux. Un baromè- tres étant installés à la même hauteur, ces relevés
tre anéroïde utilisé à cette fin ne doit pas être sensi- devraient avoir lieu dans les conditions suivantes:
ble aux effets d’hystérésis. Il devrait en outre avoir vitesse du vent inférieure à 12 m s–1 et pression
un coefficient de température négligeable. De telles constante ou variant de moins de 1 hPa h–1. Tout ba-
caractéristiques ne peuvent être obtenues que sous romètre électronique devrait être considéré comme
certaines conditions quant à la conception et aux inutilisable et renvoyé au centre d’étalonnage pour
alliages utilisés. Pour qu’un instrument de ce genre un nouvel étalonnage si la différence moyenne des
puisse être jugé satisfaisant, il est indispensable que relevés par rapport à l’étalon voyageur est supérieure
le système indicateur n’appuie jamais sur la capsule à 0,25 hPa.
anéroïde. Les baromètres à sortie numérique, pour
autant qu’ils aient une bonne constance, sont très Dans la mesure du possible, il est conseillé d’ins-
commodes comme étalons voyageurs. taller deux baromètres électroniques distincts à la
station d’observation météorologique. L’un d’entre
3.10.3.3 Procédure de comparaison
eux devrait, de préférence, avoir présenté une dérive
des baromètres à mercure
faible pendant une longue période. Le personnel
Les instructions données dans les sections précé- du centre d’étalonnage est chargé de déterminer à
dentes devraient, de manière générale, être respec- partir des résultats des étalonnages antérieurs quels
tées. Toutes les précautions normales lors du ré- sont les baromètres à dérive faible. Lorsqu’une sta-
glage des baromètres et de la lecture de la pression tion reçoit un nouveau baromètre, un ensemble de
CHAPITRE 3 - MESURE DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE I.3-19
relevés comparatifs sont exécutés, comme cela est • Note : Il convient d’arrêter le ventilateur
décrit plus haut, et on établit la différence moyenne avant de commencer les comparaisons.
entre le baromètre à faible dérive et le nouveau ba- c) Les lectures comparatives ne devraient pas être
romètre. Par la suite, la pression devrait être relevée faites si le microbarographe M indique une va-
chaque jour sur les deux baromètres et le total cu- riation rapide de la pression. Il faut choisir de
mulé de 25 différences devrait être calculé. En cas préférence des périodes où le champ baromé-
de différence de dérive entre le nouveau baromètre trique est stable, autrement dit des périodes au
et le baromètre à faible dérive, les sommes des 25 cours desquelles la pression ne varie pas ou ne
différences varieront. Lorsqu’une station est équipée varie que très lentement.
d’un baromètre à mercure et d’un baromètre élec- d) Les lectures comparatives devraient être faites à
tronique, il est normal de prendre pour baromètre intervalles réguliers, de 15 min au moins.
à dérive faible le baromètre à mercure. Le fait que e) L’expérience montre qu’il est nécessaire de pro-
la dérive est effectivement faible devrait néanmoins céder à cinq lectures comparatives au moins
être vérifié par des contrôles réguliers. pour étalonner les baromètres de la catégorie S
des stations ordinaires et que ce nombre s’élève
Ces contrôles ne tiennent lieu ni d’inspection, ni de à dix au moins pour les baromètres des catégo-
nouvel étalonnage en ce qui concerne le baromètre ries A, B et C.
électronique. Chaque Service météorologique na- f) Dans ces derniers cas, les lectures comparatives
tional devrait établir des procédures détaillées pour devraient être faites, si les conditions météo-
l’inspection et l’étalonnage des baromètres électro- rologiques le permettent, sur toute une gamme
niques, en se fondant à titre pratique sur la méthode de valeurs allant des pressions faibles aux pres-
proposée ci-dessus. sions élevées.
g) Les indications relevées lors de chaque compa-
3.10.4 Procédure générale recommandée raison devraient comprendre les températures
pour la comparaison de baromètres observées sur les thermomètres associés aux
situés à des endroits différents baromètres; les pressions lues sur les étalons
voyageurs et sur les baromètres faisant l’objet
La comparaison de baromètres est essentielle. Elle des comparaisons ; la vitesse et la direction du
devrait être effectuée de la façon suivante : vent, les rafales ; les corrections de pesanteur,
a) Pour comparer un baromètre 1 à un baromè- de température et de l’erreur instrumentale ;
tre 2, il faut qu’un observateur qualifié trans- l’altitude exacte du point zéro des baromètres
porte au moins trois étalons voyageurs, du au-dessus du niveau de la mer ; la latitude ; la
type P de préférence, de la position du baro- longitude ; le nom du lieu ; la date et l’heure de
mètre 1 jusqu’à la position du baromètre 2 puis chaque observation.
revienne à la position du baromètre 1, faisant h) En cas d’emploi d’instruments de la catégo-
ainsi un circuit complet. Cette procédure est rie N, les lectures devraient être faites au moins
applicable aussi bien entre pays qu’à l’intérieur sur deux baromètres anéroïdes de précision,
d’un même pays. Le baromètre 1 se trouve gé- corrigées sur une base commune, si ces instru-
néralement au laboratoire central d’une organi- ments n’ont pas le même étalonnage par rap-
sation nationale de normalisation ou au labo- port à un baromètre de la catégorie A ou B. Les
ratoire d’un Service météorologique national. lectures corrigées des baromètres anéroïdes
Le baromètre 2 peut se trouver à des endroits doivent être concordantes dans les limites
divers. Le transport d’instruments des catégo- d’exactitude tolérées, sinon la comparaison ne
ries N et M n’est pas obligatoire et ceux de la pourra pas être considérée comme valable.
catégorie M peuvent être inutiles si des micro- i) En ce qui concerne les comparaisons au moyen
barographes de bonne qualité sont disponibles d’étalons voyageurs, le baromètre 1 devrait être
aux deux endroits. de la catégorie la plus élevée des étalons dispo-
b) Pour les besoins de l’étalonnage, les étalons nibles au point de départ. Cette catégorie de-
voyageurs devraient être placés près du baro- vrait, de préférence, être A, B ou Br et, d’une
mètre à comparer de manière que l’exposition manière générale, elle ne devrait jamais être in-
de tous les instruments soit la même pendant férieure à C (voir section 3.10.5.1). Les com-
au moins 24 h avant que les premières lectures paraisons des étalons voyageurs et du baromè-
comparatives ne soient effectuées. L’égalisation tre 1 doivent être faites à deux reprises, c’est-à-
des températures sera facilitée en dirigeant sur dire :
les instruments un courant d’air produit par un • Avant que les étalons voyageurs soient trans-
ventilateur électrique. La température de la piè- portés du lieu où se trouve le baromètre 1 au
ce devrait être maintenue aussi uniforme que lieu où se trouve le baromètre 2 ;
possible. • Au retour des étalons voyageurs depuis le
I.3-20 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
Dans les stations d’observation synoptique en vations ont lieu toutes les heures, la détermina-
surface, la tendance de la pression et sa caracté- tion de l’ampleur et de la caractéristique ne peut
ristique devraient être établies à partir des obser- se fonder que sur quatre observations, ce qui est
vations de la pression effectuées au cours des trois susceptible d’entraîner des erreurs d’interpréta-
dernières heures (au cours d’une période de 24 h tion. Il est donc recommandé de déterminer la
dans les régions tropicales). En règle générale, la caractéristique en se fondant sur des observations
caractéristique de la tendance de la pression peut plus rapprochées, effectuées par exemple à inter-
être décrite par le profil de la courbe enregistrée valle de 10 min (OMM, 1985). Neuf types de ca-
par un barographe durant les trois heures précé- ractéristiques de la tendance de la pression sont
dant une observation (OMM, 2003). Si les obser- définis (voir OMM, 1992b, p. II-4-8).
CHAPITRE 3 - MESURE DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE I.3-23
ANNEXE 3.A
CORRECTION DES LECTURES DU BAROMÈTRE
AUX CONDITIONS NORMALES
Corrections de l’erreur instrumentale fère pas plus de 0,1 hPa de celui qui serait obtenu au
moyen de l’équation 3.A.2 :
Les erreurs résiduelles dans la graduation de l’échel-
le d’un baromètre devraient être déterminées par Bn = Bt + Bca [(gϕH/gn) – 1] (3.A.3)
comparaison avec un baromètre étalon. Elles peu-
vent inclure des erreurs dues à une fixation ou L’accélération locale de la pesanteur gϕH devrait être
division inexacte de l’échelle, à la capillarité et à déterminée par l’une des méthodes exposées dans
un vide imparfait. Les certificats de comparaison la section qui suit. Les valeurs ainsi obtenues de-
avec l’étalon devraient mentionner les corrections vraient être signalées comme appartenant au réseau
à appliquer pour l’erreur instrumentale en quatre international de normalisation gravimétrique 1971
points de l’échelle au moins, par exemple tous les (IGSN71).
50 hPa. Pour un bon baromètre, ces corrections ne
devraient pas excéder quelques dixièmes d’hecto-
Détermination de l’accélération locale de la pesanteur
pascal.
Deux techniques peuvent être utilisées pour déter-
miner, avec un degré d’exactitude satisfaisant, la va-
Corrections de pesanteur
leur locale de l’accélération de la pesanteur à une
La lecture d’un baromètre à mercure à une pression station. Ces techniques nécessitent, dans le premier
et à une température données dépend de l’accélé- cas, l’utilisation d’un gravimètre (instrument per-
ration de la pesanteur qui, à son tour, varie avec la mettant de mesurer la différence entre la valeur de
latitude et l’altitude. Les baromètres qui servent aux l’accélération de la pesanteur à deux points) et, dans
applications météorologiques sont étalonnés de ma- le second cas, l’emploi de ce que l’on appelle l’ano-
nière à donner des lectures barométriques vraies à malie de Bouguer. Il convient d’utiliser de préférence
l’accélération normale de la pesanteur (9,806 65 m s–2) la méthode du gravimètre. Si aucune des deux mé-
et les valeurs lues sur l’échelle du baromètre pour thodes ne peut être suivie, l’accélération locale de la
toute autre valeur de la pesanteur doivent être cor- pesanteur peut être calculée au moyen d’un modèle
rigées. Pour réduire ces lectures à la valeur normale simple de la Terre.
de l’accélération de la pesanteur, il est recommandé
d’appliquer la méthode suivante: soit B = valeur de
Utilisation du gravimètre
la pression lue sur l’échelle du baromètre à mercure,
Bt = valeur de la pression réduite à la température Soit g1 l’accélération locale de la pesanteur connue
normale et corrigée des erreurs instrumentales, mais en un point O, normalement une station de base
non réduite à l’accélération normale de la pesanteur, établie par une organisation géodésique, où g1 est
Bn = valeur de la pression réduite à l’accélération nor- exprimé selon l’IGSN71; supposons que, dans le sys-
male de la pesanteur et à la température normale, et tème météorologique d’accélération de la pesanteur,
corrigée des erreurs instrumentales, Bca = moyenne g représente l’accélération locale de la pesanteur, in-
climatologique de Bt à la station, gϕH = valeur locale connue en un autre point X pour lequel on désire
de l’accélération de la pesanteur (en m s–2) à une sta- connaître la valeur g. Soit ∆g la différence de l’accé-
tion située à la latitude ϕ et à l’altitude H au-dessus lération de la pesanteur entre les deux points, telle
du niveau de la mer et gn = accélération normale de qu’on l’observe au moyen du gravimètre, c’est-à-dire
la pesanteur, soit 9,806 65 m s–2, que ∆g est la valeur au point X moins la valeur au
point O dans un système homogène. Dans ce cas, g
les relations suivantes sont admises: est donné par l’équation 3.A.4 :
Bn = Bt (gϕH/gn) (3.A.1) g = g1 + ∆g (3.A.4)
ou
Bn = Bt + Bt [ (gϕH/gn) – 1] (3.A.2)
Utilisation de l’anomalie de Bouguer
On peut utiliser l’approximation 3.A.3 ci-dessous, à Si l’on ne dispose pas d’un gravimètre, on peut uti-
condition que le résultat auquel elle conduit ne dif- liser l’anomalie de Bouguer (AB) pour calculer la va-
I.3-24 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
leur g en un point donné. Il faut pour cela pouvoir se g = gϕ,0 – 0,000 003 086 H
procurer une carte d’isohypses de l’anomalie auprès + 0,000 001 118 (H – H’) (3.A.7)
d’une organisation géodésique ou par l’intermédiaire
d’un réseau de stations gravimétriques implanté au où g = valeur locale calculée de l’accélération de
voisinage du point et ayant une densité d’au moins la pesanteur, en m s–2, au point donné; gϕ,0 = va-
une station par 10 000 km2 (100 km de distance au leur théorique de l’accélération de la pesanteur, en
plus entre deux stations). m s–2, au niveau moyen de la mer à la latitude géo-
graphique φ, calculée conformément à l’équation
Il est possible de prendre pour base les données d’un 3.A.6 ci-dessus; H = altitude réelle du point donné,
réseau un peu moins dense si l’organisation géodé- en mètres, au-dessus du niveau moyen de la mer;
sique considère qu’on obtiendra ainsi des résultats H’ = valeur absolue, en mètres, de la différence en-
plus sûrs qu’en employant un gravimètre. tre l’altitude du point donné et l’altitude moyenne
de la surface réelle du terrain comprise à l’intérieur
La définition de l’anomalie de Bouguer (AB) s’obtient d’un cercle d’environ 150 km de rayon, centré sur le
à partir de l’équation 3.A.5: point donné.
gs = (gϕ,0)s – C·H + AB (3.A.5) La valeur locale de l’accélération de la pesanteur en
un point donné, à la distance H du niveau moyen
où (gϕ,0)s est la valeur théorique de l’accélération de de la mer ne dépassant pas 10 km environ, là où le
la pesanteur à la latitude ϕ au niveau de la mer, telle point en question se trouve au-dessus de la surface
qu’elle est donnée par la formule réellement utilisée de l’eau de la mer, se calcule au moyen de l’équation
pour calculer l’anomalie de Bouguer. Cette formule 3.A.8:
exprime la valeur comme une fonction de la latitude
dans certains systèmes; H = altitude de la station (en g = gϕ,0 – 0,000 003 086 H
mètres au-dessus du niveau de la mer) à laquelle gs – 0,000 006 88 (D – D’) (3.A.8)
est mesuré; gs = valeur observée de l’accélération de
la pesanteur (en m s–2); AB = anomalie de Bouguer où D = profondeur de l’eau, en mètres, au-dessous du
(en m s–2); C = facteur de correction d’altitude uti- point donné et D’ = profondeur moyenne de l’eau,
lisé pour le calcul de l’anomalie de Bouguer (si on en mètres, à l’intérieur d’un cercle d’environ 150 km
utilise, par exemple, une densité crustale de 2,67, ce de rayon, centré sur le point donné.
facteur est de 0,000 001 968 m s–2).
Dans les stations ou aux points situés sur ou près
Quand on désire connaître la valeur de g dans une d’une côte, la valeur locale de l’accélération de la
station donnée alors qu’elle n’y a pas été mesurée, il pesanteur devrait être calculée, autant que possi-
convient de la calculer au moyen de l’équation 3.A.5, ble, au moyen des équations 3.A.7 et 3.A.8 sur une
à condition de pouvoir interpoler la valeur appropriée base proportionnelle, en donnant au dernier terme
de AB à l’emplacement de la station en se servant soit de l’équation 3.A.7 une pondération en accord avec
des cartes d’isohypses mentionnées ci-dessus, soit des la proportion de la surface terrestre incluse dans le
données représentant l’anomalie de Bouguer fournie cercle spécifié et en donnant au dernier terme de
par un réseau adéquat de stations gravimétriques. l’équation 3.A.6 une pondération en accord avec la
proportion de la surface maritime incluse à l’inté-
rieur du cercle. Les valeurs ainsi déterminées sont
Calcul de l’accélération locale de la pesanteur
alors combinées algébriquement pour obtenir la cor-
Si aucune des méthodes décrites précédemment ne rection à appliquer aux deux derniers termes dans
peut être appliquée, il est possible de calculer la va- le membre de droite de chacune de ces équations,
leur locale, avec moins d’exactitude, en fonction comme le montre l’équation 3.A.9 ci-dessous :
d’un modèle simple. Selon le Système géodésique de
référence 1980, la valeur théorique (gϕ,0) de l’accélé- g = gϕ,0 – 0,000 003 086 H + 0,000 001 118 α
ration de la pesanteur au niveau moyen de la mer, à (H – H’) – 0,000 006 88 (1 – α) (D – D’) (3.A.9)
la latitude géographique ϕ, se calcule au moyen de
l’équation 3.A.6: où α est la fraction de la région visée qui est couverte
de terre et H’ et D’ sont respectivement les zones ter-
gϕ,0 = 9,80620 (1 – 0,0026442 cos 2 φ restres et aquatiques réelles.
+ 0,000 005 8 cos2 2φ ) (3.A.6)
Corrections de température
La valeur locale de l’accélération de la pesanteur en
un point donné à la surface du sol pour une station Les résultats des lectures du baromètre doivent être
terrestre se calcule au moyen de l’équation 3.A.7: réduits aux valeurs que l’on aurait obtenues si le mer-
CHAPITRE 3 - MESURE DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE I.3-25
cure et l’échelle avaient été soumis à leur température la cuvette (de fer) et du tube (de verre). Compte tenu
normale, qui est de 0 °C pour les baromètres à mer- de ces variations de sections, la montée apparente
cure. Suivant les baromètres, l’échelle utilisée peut du mercure dans le tube découlant de l’augmenta-
fournir la pression exacte à 0 °C, ou encore à 20 °C. tion de la température est inférieure à ce qu’elle se-
rait si les sections en question demeuraient constan-
La correction de température à appliquer aux baro- tes, puisqu’une partie du mercure occupe la capacité
mètres à cuvette réglable (baromètres du type For- accrue produite par la dilatation de la cuvette et du
tin) diffère de celle que nécessitent les baromètres tube.
à cuvette fixe. Toutefois, la raison pour laquelle il y
a lieu d’appliquer cette correction est la même dans L’échelle du baromètre à cuvette fixe doit, pour di-
les deux cas, à savoir la différence entre le coefficient verses raisons, être étalonnée par comparaison avec
de dilatation cubique du mercure et le coefficient de un baromètre étalon primaire à cuvette réglable.
dilatation linéaire de l’échelle. Il faut donc apporter Certains fabricants réduisent le volume de mercure
une certaine correction pour les deux types de baro- de telle façon que les lectures du baromètre corres-
mètres à mercure. pondent aux valeurs fournies par le baromètre éta-
lon à 20 °C. Il est possible de dresser des tables de
Le baromètre à cuvette fixe nécessite une correction correction pour les baromètres à cuvette fixe à partir
supplémentaire. En effet, une augmentation de la des valeurs fournies par le baromètre étalon primaire
température de l’instrument entraîne l’augmenta- dont l’échelle est juste à la température de référence
tion tant du volume du mercure que de la section de de 20 °C.
Les corrections de température à appliquer aux baromètres à mercure ont fait l’objet de travaux de recherche
approfondis, dont les résultats sont résumés ci-après :
2. Échelle juste à 0 °C et
Volume de Hg juste à 20 °C Ct,V = – B (α – β) · t – (α – 3η) · (t – 20) · 4V/3A
4. Échelle juste à 20 °C et
a) Volume de Hg juste à 20 °C Ct,V = – B · t – β (t – 20)] – (α – 3η) · (t – 20) · (4V/3A)
b) Diminution du volume de Hg
équivalant à 0,36 hPa Ct,V = – B (α – β) t – (α – 3η) · (t – 20) · (4V/3A)
où :
Ct = correction de température;
Ct,V = correction supplémentaire appliquée au baromètre à cuvette fixe;
B = valeur indiquée par le baromètre;
V = volume total du mercure dans le baromètre à cuvette fixe;
A = superficie effective de la cuvette;
t = température;
α = coefficient de dilatation cubique du mercure;
β = coefficient de dilatation linéaire de l’échelle;
η = coefficient de dilatation linéaire de la cuvette.
I.3-26 PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
ANNEXE 3.B
BAROMÈTRES ÉTALONS RÉGIONAUX
I Le Caire, Égypte Ar
Casablanca, Maroc Ar
Dakar, Sénégal Ar
Douala, Cameroun Ar
Kinshasa/Binza, République démocratique du Congo Ar
Nairobi, Kenya Ar
Oran, Algérie Ar
II Calcutta, Inde Br
III Buenos Aires, Argentine Br
Maracay, Venezuela Br
Rio de Janeiro, Brésil Ar
IV Miami, Floride, États-Unis (sous-régional) Ar
San Juan, Puerto Rico (sous-régional) Ar
Toronto, Canada (sous-régional) Ar
Washington D.C. (Gaithersburg, Maryland), États-Unis Ar
V Melbourne, Australie Ar
VI Londres, Royaume-Uni Ar
Saint-Pétersbourg, Fédération de Russie Ar
Trappes, France Ar
Hambourg, Allemagne Ar
a
La définition des catégories est donnée dans la section 3.10.5.1.
CHAPITRE 3 - MESURE DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE I.3-27
• Liu, H. et G. Darkow, 1989 : Wind effect on measu- Troisième conférence technique de l’OMM sur les instru-
red atmospheric pressure. Journal of Atmospheric and ments et les méthodes d’observation (TECIMO-III), Rap-
Oceanic Technology, vol. 6, n° 1, p. 5–12. port N° 22 de la série consacrée aux instruments et aux
méthodes d’observation, WMO/TD-No. 50, Genève.
• Miksad, R., 1976 : An omni-directional static pres-
sure probe. Journal of Applied Meteorology, vol. 15, • Organisation météorologique mondiale, 1990 :
p. 1215–1225. Guide des systèmes d’observation et de diffusion de l’in-
formation pour l’assistance météorologique à la naviga-
• Organisation météorologique mondiale, 1954 : Re-
tion aérienne. OMM-N° 731, Genève.
duction of Atmospheric Pressure: Preliminary Report on
Problems Involved. Note technique N° 7 de l’OMM, • Organisation météorologique mondiale, 1992a :
OMM-N° 36. T.P. 12, Genève. The WMO Automatic Digital Barometer Intercompari-
son (J.P. van der Meulen). Rapport N° 46 de la série
• Organisation météorologique mondiale, 1964 :
consacrée aux instruments et aux méthodes d’obser-
Note on the Standardization of Pressure Reduction
vation, WMO/TD-No. 474, Genève.
Methods in the International Network of Synoptic Sta-
tions. Note technique N° 61 de l’OMM, OMM-N° • Organisation météorologique mondiale, 1992b :
154. T.P. 74, Genève. Manuel du Système mondial de traitement des données
et de prévision. OMM-N° 485, Genève.
• Organisation météorologique mondiale, 1966 : Ta-
bles météorologiques internationales (sous la direction • Organisation météorologique mondiale, 2003 :
de S. Letestu). OMM-N° 188, Genève. Manuel du Système mondial d’observation. OMM-
N° 544, Genève.
• Organisation météorologique mondiale, 1968 :
Methods in Use for the Reduction of Atmospheric Pres- • Sax, N.I. 1975 : Dangerous Properties of Industrial
sure. Note technique N° 91 de l’OMM, OMM-N° 226. Materials. Quatrième édition, Van Nostrand Rein-
T.P. 120, Genève. hold Co., New York.
• Organisation météorologique mondiale, 1985 : • United States Weather Bureau, 1963 : Manual of
Pressure tendency and discontinuity in wind (L. Berg- Barometry (WBAN). Vol. 1, première édition, US Go-
man, T. Hovberg et H. Wibeck). Articles présentés à la vernment Printing Office, Washington D.C.
CHAPITRE 4
MESURE DE L’HUMIDITÉ
Sonntag (1994) fait le point des connaissances ac- Les causes d’erreur qui précèdent s’appliquent dif-
tuelles dans le domaine de l’hygrométrie. féremment aux divers capteurs d’humidité. De plus
amples détails figurent donc dans les sections perti-
4.1.4.1 Hygromètres
nentes qui suivent.
Hygromètre est le terme générique désignant tout ins-
4.1.4.4 Hygrométrie gravimétrique
trument de mesure de l’humidité de l’air. Les principes
physiques les plus souvent appliqués en hygrométrie Cette méthode repose sur l’absorption par un agent
sont indiqués ci-dessous (sections 4.1.4.4 à 4.1.4.8). déshydratant de la vapeur d’eau contenue dans un
On trouvera plus de détails dans Wexler (1965). volume d’air connu. (L’hygromètre gravimétrique
L’ouvrage de Skaar et al. (OMM/TD-N° 316) contient n’est employé que pour les étalons primaires.) La
le compte rendu d’une comparaison internationale section 4.9 fournit quelques détails à ce sujet.
de divers types d’hygromètres, organisée par l’OMM.
La méthode gravimétrique offre une mesure abso-
4.1.4.2 Conditions générales d’exposition
lue de la teneur en vapeur d’eau d’un échantillon
Les conditions générales d’exposition des capteurs d’air dont elle fournit le rapport de mélange. Il
d’humidité sont analogues à celles des capteurs de s’agit tout d’abord d’extraire la vapeur d’eau conte-
température. Il est donc possible de placer ces cap- nue dans l’échantillon à l’aide d’un agent déshy-
teurs dans un abri météorologique installé correcte- dratant. Le déshydratant est pesé avant, puis après
ment. Il convient en particulier : l’opération et la différence permet d’établir la mas-
a) De protéger l’instrument contre le rayonne- se de la vapeur d’eau. On détermine la masse de
ment solaire direct, les contaminants atmos- l’échantillon sec soit en pesant celui-ci soit en me-
phériques, la pluie et le vent ; surant son volume.
CHAPITRE 4 - MESURE DE L’HUMIDITÉ I.4-
Cette méthode est uniquement employée pour four- terminer le point de rosée ambiant (c’est-à-dire par
nir un étalon absolu servant de référence, appareil rapport à la surface plane d’une eau pure) à l’aide de
que l’on trouve principalement dans les laboratoires données empiriques établissant la relation entre la
d’étalonnage nationaux. tension de vapeur et la température tant pour l’eau
pure que pour des solutions salines. Le chlorure de
4.1.4.5 Méthodes reposant sur la condensation
lithium est la solution saline la plus utilisée pour ce
type de capteur.
4.1.4.5.1 Méthode du miroir refroidi
(hygromètre à point de rosée
La méthode est employée pour les besoins de l’ob-
ou à point de gelée)
servation, en particulier dans les stations météorolo-
Lorsque de l’air humide à la température T, à la pres- giques automatiques (voir section 4.5).
sion p et ayant un rapport de mélange rw (ou ri) est
4.1.4.6 Méthode psychrométrique
refroidi, il finit par atteindre son point de saturation
par rapport à l’eau (ou à la glace, à des températures Un psychromètre est essentiellement constitué de
relativement basses) ; il peut alors se former de la deux thermomètres placés côte à côte, l’élément
rosée (ou de la gelée blanche) sur une surface solide sensible de l’un étant recouvert d’une mince pelli-
non hygroscopique. La température correspondant cule d’eau ou de glace, d’où son nom de thermo-
à ce point de saturation est la température du point mètre mouillé ou thermomètre recouvert de glace.
de rosée Td (ou du point de gelée Tf). L’élément sensible de l’autre thermomètre, appelé
thermomètre sec, est simplement exposé à l’air. Il
L’hygromètre à miroir (refroidi) sert à mesurer Td ou s’agit de la méthode de mesure la plus répandue,
Tf. Les systèmes les plus courants sont équipés d’une aussi est-elle décrite en détail à la section 4.2.
petite surface réfléchissante de métal poli, refroidie
par dispositif électrique à effet Peltier, et d’un élé- En raison de l’évaporation de l’eau sur l’élément
ment optique servant à détecter la condensation. sensible mouillé, le thermomètre mouillé indique
une température généralement inférieure à celle
Des instruments fonctionnant selon cette méthode donnée par le thermomètre sec. La différence des
sont employés pour les besoins de l’observation, deux températures ainsi obtenues est une mesure
mais peuvent servir aussi d’étalons de travail ou de l’humidité de l’air ; plus l’humidité ambiante est
d’étalons de référence (voir section 4.4). faible, plus le taux d’évaporation sera élevé et plus
grande donc sera la différence dite psychrométri-
4.1.4.5.2 Méthode des solutions salines chauffées
que. La relation entre la différence psychrométrique
(cellule à point de rosée)
et l’humidité ambiante est indiquée par la formule
La tension de vapeur d’équilibre à la surface d’une psychrométrique.
solution saline saturée est inférieure à celle présente
à une surface semblable d’eau pure à la même tem- On emploie beaucoup cette méthode pour les be-
pérature. Cela est vrai pour toutes les solutions sali- soins de l’observation. Les instruments servent sou-
nes, mais l’effet est particulièrement évident dans le vent aussi d’étalons de travail.
cas du chlorure de lithium dont la tension de vapeur
4.1.4.7 Méthodes de sorption
d’équilibre est exceptionnellement basse.
Certaines substances interagissent avec la vapeur
Il est possible de chauffer une solution aqueuse sa- d’eau et subissent, dans leurs propriétés chimi-
line (dont la tension de vapeur d’équilibre est infé- ques ou physiques, un changement suffisamment
rieure à la tension de vapeur ambiante) jusqu’à ce réversible pour que l’on puisse les utiliser en tant
que soit atteinte une température à laquelle sa ten- que capteur de l’humidité ambiante. Ces substan-
sion de vapeur d’équilibre dépassera la tension de ces peuvent soit adsorber soit absorber la vapeur
vapeur ambiante. Il n’y a plus alors condensation, d’eau, l’adsorption étant la fixation d’une subs-
mais évaporation, ce qui en fin de compte mène tance à la surface d’une autre, tandis que l’absorp-
à un changement de phase de la solution aqueuse tion, la pénétration d’une substance dans une
qui prend une forme (cristalline) hydratée solide. Il autre. De façon caractéristique, un corps est dit
est possible de détecter cette transition, puisqu’elle hygroscopique lorsqu’il absorbe la vapeur d’eau
est marquée par une diminution de la conductivité présente dans l’atmosphère environnante, car sa
électrique de la solution lorsque celle-ci se cristallise. tension de vapeur saturante est inférieure à cel-
La tension de vapeur ambiante est déduite de la tem- le de l’air environnant. Pour que le phénomène
pérature de la solution à laquelle cette tension de d’absorption se produise, il est indispensable que
vapeur ambiante est atteinte. À cet effet, on place un la tension de vapeur de l’atmosphère ambiante
thermomètre dans la solution en prenant soin d’éta- soit supérieure à la tension de vapeur saturante
blir un bon contact thermique. Il est possible de dé- du corps en question.
I.4- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
a) Changements de dimensions des matériaux d’eau dans un gaz. Les régions du spectre électro-
hygroscopiques : certains matériaux changent magnétique se prêtant le mieux à ce type d’applica-
de dimensions en fonction de l’humidité. Les tion se situent dans l’ultraviolet et l’infrarouge. Le
fibres naturelles tendent à présenter propor- principe appliqué consiste à déterminer l’atténua-
tionnellement les plus grandes variations. tion du rayonnement dans une bande d’ondes cor-
Il est possible de les utiliser dans un transduc- respondant à la bande d’absorption de la vapeur
teur analogique de déplacement linéaire en les d’eau, le long d’un trajet optique entre la source
reliant à un mécanisme amplificateur à leviers. du rayonnement et un récepteur. Il existe princi-
Un tel transducteur peut servir à déplacer un palement deux méthodes pour déterminer le degré
indicateur sur une échelle appropriée fournis- d’atténuation du rayonnement :
sant un affichage visuel ou il peut être aussi un a) La transmission d’un rayonnement de bande
dispositif électromécanique transformant la étroite et d’intensité fixe à un récepteur étalonné ;
variation de distance en grandeur électrique. b) La transmission d’un rayonnement à deux
Pour ce type d’hygromètre, on emploie essen- longueurs d’onde, l’une caractérisée par une
tiellement des cheveux. On peut aussi se servir forte absorption par la vapeur d’eau et l’autre
de fibres synthétiques. Compte tenu du temps par une absorption soit nulle soit très faible.
de réponse très long de ces fibres, il ne faudrait
jamais utiliser les hygromètres à fibres synthé- Les deux types d’instruments nécessitent de fré-
tiques au-dessous de 10 °C. L’hygromètre à quents étalonnages et conviennent mieux à la me-
cheveux est décrit à la section 4.3. sure des variations de la concentration de vapeur
La peau de batteur d’or (membrane organique qu’à celle de valeurs absolues. Ils ne sont utilisés que
obtenue à partir de boyaux d’animaux domes dans le domaine de la recherche. Ils sont néanmoins
tiques) dispose de propriétés analogues à celles brièvement décrits à la section 4.7.
des cheveux. On l’a aussi utilisée pour mesurer
4.1.4.9 Constantes de temps des capteurs
l’humidité, mais surtout dans des appareils de
d’humidité
mesure en altitude.
b) Changements des propriétés électriques des Pour que l’on puisse préciser la constante de temps
matériaux hygroscopiques : les propriétés élec- d’un capteur d’humidité, le temps de réponse du
triques de certains matériaux hygroscopiques capteur à un changement brusque spécifié de l’hu-
varient en fonction de l’humidité relative midité doit correspondre à une fonction connue.
ambiante, sans présenter une grande dépen- En général, le terme désigne le temps que prend le
dance thermique. Les méthodes usuelles fai- capteur pour indiquer 63,2 % (1/e) d’une variation
sant appel à ce principe sont décrites à la sec- échelonnée de la grandeur à mesurer (l’humidité
tion 4.6. dans le cas présent), étant entendu que le capteur
On utilise de plus en plus les capteurs électri- fournit une réponse du premier ordre à la variation
ques d’humidité relative dans les applications que subit la grandeur à mesurer (c’est-à-dire que la
exigeant une lecture à distance, en particulier vitesse de variation de la grandeur mesurée est pro-
lorsqu’il est nécessaire de disposer d’un afficha- portionnelle à la différence entre la grandeur mesu-
ge direct de l’humidité relative. rée et la grandeur à mesurer). Il est donc possible
Les propriétés couramment utilisées pour la de prévoir que 99,3 % de la variation sera prise en
mesure de l’humidité relative sont la résistan- compte au bout d’une durée correspondant à cinq
ce électrique, dans le cas de capteurs fabriqués fois la constante de temps.
en matière plastique traitée à surface conduc-
trice, et la capacité électrique, dans celui de cap- Le tableau 4.2 fournit les valeurs types de la fonction
teurs dont le fonctionnement repose sur la (1/e) de la constante de temps pour divers capteurs
variation des propriétés diélectriques d’un soli- d’humidité.
de hygroscopique en fonction de l’humidité
4.1.4.10 Maintenance générale
relative ambiante.
Les méthodes de maintenance suivantes devraient
4.1.4.8 Absorption du rayonnement
être appliquées :
électromagnétique par la vapeur
a) Propreté : Les capteurs et leurs enveloppes doi-
d’eau (hygromètres à ultraviolet
et à infrarouge) vent être tenus propres. Pour certains capteurs,
tels que les hygromètres à miroir et les hygro-
Les molécules d’eau absorbent le rayonnement mètres à cheveux, il convient de procéder à
électromagnétique dans une gamme de bandes un nettoyage régulier avec de l’eau distillée.
d’ondes et à des longueurs d’onde spécifiques. Il Pour d’autres, notamment ceux équipés d’une
est possible de tirer parti de cette propriété pour forme quelconque de revêtement électrolyti-
mesurer la concentration moléculaire de la vapeur que, mais aussi ceux comprenant un substrat
CHAPITRE 4 - MESURE DE L’HUMIDITÉ I.4-
Psychromètre d’Assmann
Hygromètres à condensation 30-50 30-50 30-50 pre à chaque classe d’hygromètre décrite dans le pré-
Hygromètres électrolytiques sent chapitre figurent dans les sections appropriées.
Hygromètre optique < 0,01 < 0,01 < 0,01
4.1.4.11 Filtres de protection
• Note : La relation du premier ordre n’est pas particulièrement D’ordinaire, les capteurs d’humidité sont équipés
bien vérifiée dans le cas des capteurs à sorption, car le facteur de d’un filtre destiné à les protéger contre les conta-
forçage tendant à un équilibre de la vapeur, à savoir le gradient
local de la tension de vapeur, est fonction de la migration locale
minants qui risqueraient d’abaisser leurs perfor-
des molécules de vapeur d’eau dans le corps de l’élément sensible mances. Lorsqu’un capteur n’est pas ventilé par
à l’humidité. En général, les réponses se rapprochant le plus d’une un moyen artificiel, l’équiper d’un filtre tend à
réponse du premier ordre sont fournies par des capteurs disposant
d’un élément sensible actif fin.
augmenter son temps de réponse puisque l’air
ne circule plus librement et que la vapeur d’eau
atteint alors l’élément sensible par diffusion mo-
polymère, il ne faut surtout pas procéder de la léculaire à travers le matériau filtre. Bien que la
sorte. Il est donc essentiel de fournir des ins- diffusion de la vapeur d’eau à travers certains
tructions claires et précises à ce sujet aux obser- matériaux, tels que des matières cellulosiques, se
vateurs et au personnel de maintenance ; produise en théorie plus rapidement que dans un
b) Vérification et étalonnage des instruments air calme, la pratique montre que les meilleures
d’observation : Tous les capteurs d’humidité vitesses de diffusion sont atteintes à travers des
utilisés sur le terrain nécessitent un étalonnage membranes poreuses hydrophobes. Les pores de-
périodique. Pour ce qui est des psychromètres vraient être suffisamment petits pour que le filtre
et des hygromètres chauffants à point de ro- retienne les aérosols indésirables — dans un en-
sée ou à miroir, équipés d’un détecteur de vironnement marin, il est possible de trouver de
température, l’étalonnage du détecteur pourra grandes quantités de particules de sel marin dont
être contrôlé à chaque opération périodique de le diamètre minimal peut atteindre 0,1 µm — et la
maintenance. Il faudrait en outre comparer porosité, adéquate pour permettre une vitesse de
l’instrument avec un étalon de travail, tel diffusion suffisante.
qu’un psychromètre d’Assmann, au moins une
fois par mois. La dimension du filtre ainsi que sa porosité déter-
minent la vitesse de diffusion globale. L’aspiration
Il est possible d’utiliser des solutions salines satu- améliore la diffusion, mais il faut se rappeler que le
rées pour vérifier les capteurs ne nécessitant qu’un filtre est alors soumis à une faible pression du côté
échantillon de faible volume. La température am- du capteur, ce qui peut avoir un effet important sur
biante devant demeurer constante au cours d’une la mesure.
telle vérification, il est difficile d’utiliser ces solu-
tions sur le terrain. Il convient en général de protéger les capteurs non
ventilés à l’aide d’un matériau inerte et hydrophobe.
Il y a tout intérêt à employer comme étalon de tra- À cet effet, des membranes polymères à forte poro-
vail un psychromètre à aspiration de type standard, sité, en polytétrafluoréthylène (PFTE) expansé, ont
tel que celui d’Assmann. En effet, il est facile de véri- donné satisfaction dans diverses situations et sont
fier l’intégrité de cet instrument par la comparaison relativement solides.
des thermomètres sec et mouillé qui le composent et
on peut en outre estimer que l’aspiration fonctionne Il est possible d’employer des filtres en métal frit-
bien lorsque le ventilateur produit un son normal. Il té, mais il convient de les chauffer pour éviter tout
y a lieu d’étalonner l’instrument de référence à un problème de condensation. Ces filtres ne sont pas
intervalle approprié en fonction du type auquel il adaptés normalement aux capteurs d’humidité re-
appartient. lative, mais ils conviennent tout à fait aux capteurs
I.4- PARTIE I - MESURE DE VARIABLES MÉTÉOROLOGIQUES
de point de rosée. Les filtres en métal fritté sont so- turbulentes qui le composent). Mais l’objet n’est pas
lides et bien adaptés aux applications faisant appel de décrire ici un modèle thermodynamique satisfai-
à l’aspiration qui permettent d’utiliser des filtres de sant. Dans la pratique, le coefficient psychrométri-
grande surface présentant par conséquent une dif- que A, établi de façon empirique, élimine la diffé-
férence de pression suffisamment faible pour être rence entre la température thermodynamique du
acceptable. thermomètre mouillé et la température mesurée du
thermomètre mouillé (voir section 4.2.6).
Lorsque l’aspiration n’améliore pas la diffusion, il
faut alors tenir compte de la relation entre la super- En général, le coefficient A dépend du type de psy-
ficie du filtre et le volume d’air échantillonné par le chromètre (notamment du système retenu comme
capteur. Dans le cas d’un capteur à sorption type, thermomètre mouillé), du flux d’air au niveau du
composé d’un substrat plat, une membrane plate réservoir mouillé, ainsi que de la température et
placée près de la surface du capteur représente la de l’humidité de l’air. Lorsque la vitesse de l’air
configuration optimale. Dans le cas d’une surface aspiré est faible, le coefficient dépend notable-
sensible cylindrique, il y a lieu d’employer un filtre ment de cette vitesse. Mais à des vitesses de 3 à 5
cylindrique. m s-1 (pour les thermomètres de dimension cou-
rante) ou plus élevées, la valeur de A devient, en
fait, indépendante de la vitesse de l’air aspiré et
reste presque identique pour tous les psychromè-
4.2 PSYCHROMÈTRE tres bien conçus. La valeur de A ne dépend alors
plus que dans une faible mesure de la température
4.2.1 Généralités et de l’humidité et sa dépendance vis-à-vis de ces
variables est habituellement considérée comme in-
4.2.1.1 Formules et tables psychrométriques signifiante. Le coefficient A est plus petit quand le
thermomètre est recouvert de glace que lorsqu’il
On trouvera dans les paragraphes ci-après un résumé est recouvert d’eau.
des méthodes employées actuellement pour établir
les tables psychrométriques. On examine dans ce qui suit les formules et coeffi-
cients qui s’appliquent aux divers types de psychro-
Habituellement, dans les conditions d’observation, mètres.
on obtient la tension de vapeur e’ par les formules
4.2.1.2 Caractéristiques d’un psychromètre
semi-empiriques :
L’équipement employé pour les observations psy-
e’ = e’w (p,Tw) – Ap (T – Tw) (4.1) chrométriques devrait, autant que possible, être
et : conforme aux recommandations suivantes (voir les
e’ = e’i (p,Ti) – Ap (T – Ti) (4.2) sections 4.2.3 et 4.2.6) :
a) Au niveau de la mer, lorsque les thermomètres
où e’w est la tension de vapeur saturante par rapport utilisés sont d’un modèle ordinairement en
à l’eau, à la pression p et à la température Tw du ther- usage dans les stations météorologiques, l’air
momètre mouillé, e’ est la tension de vapeur satu- devrait être aspiré à une vitesse comprise entre
rante par rapport à la glace, à la pression p et à la 2,2 m s–1 au moins et 10 m s–1 au plus au niveau
température Ti du thermomètre recouvert de glace, p des réservoirs. À des altitudes sensiblement dif-
est la pression atmosphérique et T la température du férentes, il convient d’adapter ces limites de vi-
thermomètre sec, enfin A est le coefficient psychro- tesse d’une manière inversement proportion-
métrique. (Cette dernière expression est préférable à nelle à la densité de l’atmosphère ;
« constante psychrométrique » utilisée couramment, b) Il faut protéger les thermomètres sec et mouillé
mais incorrecte.) des effets du rayonnement, de préférence
à l’aide d’au moins deux écrans. Dans le cas
Pour la plupart des instruments, la température Tw d’un psychromètre à aspiration, tel celui d’As-
du thermomètre mouillé ne correspond pas à la smann, les écrans peuvent être en métal poli et
température thermodynamique du thermomètre non peint, et séparés des autres parties de l’ap-
mouillé définie dans l’annexe 4.A et qui est unique- pareil par un isolant. En principe, il est préfé-
ment fonction de p, T et r (le rapport de mélange). La rable d’employer un isolant thermique, ce qui
température mesurée par un thermomètre mouillé est indispensable dans le cas des psychromètres
destiné à un usage pratique est fonction aussi d’un sans ventilation artificielle ;
certain nombre de paramètres liés à la dynamique c) Quand le psychromètre est logé dans un abri
de l’échange thermique à l’interface liquide-gaz (le à persiennes doté d’une ventilation forcée, des
gaz étant caractérisé par les couches laminaires et conduits séparés devraient être aménagés pour
CHAPITRE 4 - MESURE DE L’HUMIDITÉ I.4-
les deux thermomètres. L’entrée des conduits sera ainsi refroidie par évaporation à la surface du
devrait être située de façon à ce que les ther- matériau poreux avant d’atteindre le thermomètre.
momètres mesurent la température réelle am- Il convient de tenir le récipient à l’ombre, mais pas
biante et leur sortie située au-dessus de l’abri, trop près du psychromètre.
de façon à empêcher la recirculation de l’air
4.2.1.4 Emploi du thermomètre mouillé
évacué ;
à des températures inférieures à 0 °C
d) Il convient de prendre toutes les précautions
pour empêcher tout transfert thermique Bien que difficile à employer à des températures in-
appréciable du moteur du ventilateur aux férieures à 0 °C, le psychromètre est en usage dans
thermomètres ; des régions où de telles températures sont observées.
e) Le réservoir à eau et la mèche devraient être Lorsque la température du thermomètre mouillé est
disposés de telle façon que l’eau atteigne le inférieure à 0 °C, on ne peut utiliser une mèche pour
thermomètre mouillé à peu près à la même amener par capillarité l’eau du réservoir au manchon
température que ce dernier et qu’ils n’aient du thermomètre mouillé. Dans ces conditions, il fau-
aucune influence sur la température du ther- drait veiller à ce qu’il ne se forme qu’une mince cou-
momètre sec. che de glace sur le manchon. Il faut absolument que
les thermomètres soient ventilés artificiellement :
4.2.1.3 Manchon du thermomètre mouillé
dans le cas contraire, il est extrêmement difficile de
Le thermomètre mouillé est d’ordinaire équipé faire fonctionner le thermomètre mouillé.
d’une mèche ou mousseline en coton, ou autre tissu
comparable, bien ajusté autour de l’élément sensible Autant que possible, l’eau devrait avoir une tempé-
pour y maintenir appliquée une fine couche d’eau rature proche du point de congélation. Si un bouton
uniforme, soit directement, soit par capillarité à par- de glace se forme à la partie inférieure du réservoir,
tir d’un réservoir d’eau. La mèche forme en géné- il y a lieu de tremper le réservoir dans l’eau assez
ral un manchon bien ajusté autour du réservoir du longtemps pour que la glace fonde.
thermomètre mouillé, débordant d’au moins deux
centimètres sur la tige du thermomètre. Le temps nécessaire pour que le thermomètre mouillé
se stabilise après que le manchon a été humecté est
Le tissu utilisé pour couvrir le thermomètre mouillé fonction de la ventilation et de la température réel-
devrait être mince, mais d’une trame serrée. Avant le du thermomètre mouillé. Un thermomètre non
sa mise en place, il devrait être parfaitement lavé ventilé demande habituellement entre un et trois
dans une solution aqueuse de bicarbonate de soude quarts d’heure, alors qu’un thermomètre à aspira-
(NaHC03) dilué à raison de 5 g par litre d’eau et rin- tion n’aura besoin que d’un laps de temps beaucoup
cé à plusieurs reprises à l’eau distillée. Il est possible plus court. Il est essentiel qu’une nouvelle pellicule
aussi de le laver au savon pur et à l’eau. Si une mèche de glace se forme sur le réservoir au moment vou-
est employée, elle devrait subir le même traitement. lu. Quand les observations ont lieu chaque heure à
l’aide d’un psychromètre simple, il sera en général
Toute souillure visible sur la mèche ou le manchon préférable de provoquer la formation d’une nouvel-
entourant le réservoir du thermomètre mouillé doit le pellicule de glace immédiatement après chaque
entraîner leur remplacement. Il faut apporter un observation. En cas d’observations plus espacées,
grand soin à la manipulation du manchon et de la l’observateur devra se rendre à l’abri suffisamment
mèche pour éviter de les salir avec les mains. Il y tôt avant chaque observation pour provoquer la for-
a lieu d’utiliser de l’eau distillée pour humecter le mation d’une nouvelle pellicule de glace sur le ré-
manchon du thermomètre mouillé. servoir. Le thermomètre mouillé des psychromètres
à aspiration et de ceux du type fronde devrait être
Il est particulièrement important de bien entretenir humecté immédiatement avant l’emploi.
le thermomètre mouillé. Il faudrait encourager les
observateurs à changer régulièrement le manchon et Il est possible d’empêcher ou de ralentir l’évapo-
la mèche. Un remplacement au minimum hebdoma- ration de la pellicule de glace soit en enfermant le
daire s’impose pour tous les psychromètres exposés thermomètre mouillé dans un petit tube de verre,
en continu. Près de la mer et dans les régions où il y