Cours de Routes Tome 2
Cours de Routes Tome 2
TOME2
ENTPE
,
ALEAS
COURS DE ROUTES
tome 2
COURS DE ROUTES
par
Christian BABILOTTE
Paul CAMPOROTA
Michel FAURE
Henri LOURDAUX
Yves MOUTON
Jacques NOUVIER
Yves ROBIN-PRÉVALLÉE
sous la direction de
Dominique CHATARD
0? 9,167
ENTPE
,
ALEAS
PREFACE
Depuis la Rome antique, l'histoire des peuples est indissociable de celle de la
Route. A l 'aube du troisième millénaire, la Route demeure un élément
irremplaçable d'échange, d'ouverture, et de développement économique.
La modernisation, l'entretien et l'exploitation du réseau routier constituent à ce
titre un véritable enjeu dans chacun des pays.
En France, cet objectif se traduit actuellement par un programme ambitietLx de
réalisations autoroutières concédées, conjugué à un effort budgétaire conséquent
de l'Etat et des collectivités territoriales.
Au delà, il convient de lancer d'importantes réflexions pour définir les besoins de
développement des réseaux et ce, dans le cadre d'une approch e intermodale.
Ces perspectives conduisent les différents maîtres d'ouvrage à s'intéresser tout
particulièrement à la conception de ces infrastructures.
Même si les techniques routières appartiennent dans notre pays à une grande
tradition de savoir-faire, celles-ci doivent néanmoins s'adapter en permanence aux
avancées technologiques et aux nouvelles exigences de qualité exprimées par les
usagers et les riverains.
Il convient par ailleurs d'élargir l a notion de projet routier aux problématiques
liées à l'aménagement du territoire, à l' environnement et au paysage. Il s'agit là
d'une préoccupation essentielle aujourd'hui.
Ces mutations ont déjà donné lieu à la parution de nombreux textes
réglementaires, guides m éth odol ogiques et outils informatiques qui visent à aider
les actions des concepteurs routiers.
Le présent ouvrage s'inscrit parfaitement dans ce champ de préoccupations. Il
présente notamment l' intérêt de regrouper, sous une forme didactique, l'essentiel
des grandes notions et références techniques actuelles, nécessaires aux acteurs de
l 'aménagement routier.
Je me r éjouis de cette initiative d'une Grande Ecole du Ministère d e l 'Equipe m e nt,
et je félicite chaleureusement les auteurs de ce remarquable travail.
Une des vocations premières de l'Ecole Nationale des Travaux Publics de l'Etat est
de former des ingénieurs routiers.
Ce métier qui consistait, il y a quelques années essentiellement dans le choix des
techniques routières, s'est beaucoup diversifié. La route n'est plus seulement "une
trace tangible inscrite matériellement dans le sol"\ mais elle "relève d'un bien
2
public qui appartient à tous" .
L'ingénieur routier doit concevoir, construire, entretenir, équiper, exploiter et gérer
2
la route, "territoire de la collectivité" .
Depuis de nombreuses années, l'Ecole Nationale des travaux Publics de l 'Etat
permet à ses élèves d'acquérir ces connaissances multiples, en particulier grâce à
son cours de ROUTES.
Ce cours aborde les aspects les plus divers, de la conception d e la route, à la
construction et l'entretien des chaussées, en passant par la gestion de la circulation
et la prise en compte de l'environnement (protection des paysages, diminution des
nuisances,etc.). Il intègre les évolutions techniques et réglementaires les plus
récentes.
Les enrichissements successifs du cours polycopié l'ont rendu digne d'être publié.
Ce cours est rédigé par les meilleurs spécialistes du ministère de l'Equipement, des
Transports et du Logement et d e ses partenaires privés et parapublics, faisant
partie, pour la plupart, de l'équipe enseignante. Il est l e fruit d ' un important
travail collectif réalisé par des professionnels, hommes de terrain pour la plupart,
sous la coordination de Michel FAURE, professeur d e Routes à l'ENTPE, auteur
lui-même de nombre\Lx chapitres. ·
Cet ouvrage (constitué d e d emi: volumes ) est avant tout d estiné à des étudiants en
Génie Civil, qui abordent ce domaine p o ur la première fois, mais il ambitionne
également d'être un ouvrage d e référen ce utile aux professionnels, en particulier
pour les d o maines de la conception et la construction routière. Ceci explique le
niveau d ' approfondissement de certains chapitres.
1ous
tenons à remercier tous les auteurs pour le résultat obtenu qui nous a semblé
justifier une diffusion extérieure à l'E 1TPE.
Cet ouvrage d evrait d ébuter une ligne de publication des Cours d e l'ENTPE.
Dominique CHATARD
Chef du Département Transports et Génie Civil
Direction d es Etudes de l'E TPE
1
Régis DEBRAY, Rhapsodie pour La route. Les cahiers de médiologie 2
2
François DAGOGNET, Qu 'est-ce qu 'une roule ? Les cahiers de médiologie 2
SOMMAIRE
CHAPITRE 12 : CONCEPTION Er DIMENSIONNEMENT DF.S CHAUSSEES 11
I - [Link] SUPPORTEF.S PAR LES CHAUSSEES _ _ _ _ 12
I.1-Les sollicitations provenant du passage des charges _ _ __ _ _ 12
I.2 - Les sollicitations tangentielles _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 13
I.3 - Les sollicitations d' origine thermique _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ 13
II - CONS'IITUTION ET ROLE D'UNE CHAUSSEE _ _ __ _ _ _ 13
Il.1 - Rôles des différentes couches de chaussées _ _ __ __ _ _ 13
II.2 - Rôle particulier de la couche de surface - démarche pour son choix_ 14
ID - DIFFERENI'ES FAMilLES DE STRUCI'URES DE CHAUSSEES -
PRINCIPES DE FONCTIONNEMENf _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ 19
ill.1 - Les chaussées souples _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ 19
ill.2 - Les chaussées bitumineuses épaisses 20
ill.3 - Les chaussées à assise traitée aux liants hydrauliques
(dites également "semi-rigides") _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 20
ill.4 - Les chaussées à structure mixte 21
ill.5 - Les chaussées à structure inverse 22
ill.6 - Les chaussées en b éton de ciment 22
IV - PARAMETRES PRIS EN COMPIB POUR LE DIMENSIONNEMENT 22
IV.1-Trafic _ __ _ _ __ __ __ _ __ _ _ _ _ _ _ 23
IV.2 - La [Link] support _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ 27
IV.3 - Caractérisation des matériaux _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ 29
IV.4 - Données cLmatiques et d'environnement - Vérification au gel _ _ 36
V - DEMARCHE Ef MEfHODES PRATIQUES DE DIMENSIONNEMENT _ 37
V.1 - Démarch e _ _ __ __ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 37
V.2 - Modélisation _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ 38
V.3 - Vérification de la structure - Comparaison des valeurs calculées
aux valeurs admissibles _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ 39
V.4 - Méthodes pratiques de dimensionnement 39
La roue dont l'invention se perd dans l'h istoire est évidemment l'instrument
miracle du transport terrestre. Mais elle a ses inconvéments même équipée de pneuma-
tiques. On circule très bien sur des pistes argileuses bien nivelées, mais qu'il pleuve, et l'ar-
gile mouillée devient vite une patinoire, voire un bourbier. Aussi, l'i dée est-elle venue d'u n
matelas de pierres s'interposant entre la roue et le sol.
Les premières véritables chaussées furent construites par les Romains pour leurs
voies impériales, avec un objectif essentiellement militaire, celui de permettre un dépla-
cement rapide des légions en différents points de l'empire, quelles que soient les condi-
tions météorologiques.
Les chaussées de cette époque étaient déjà constituées de plusieurs couches de
matériaux, parfaitement codifiées, avec de grandes dalles en pien e posées sur un béton
de chaux (Voir Fig. 1).
j oint
;mm
L::=i O
lil0277fl
~ -C7_ 0- -
Dalles de pierre
(Summum dorsum)
Pendant tout le Moyen Age et jusqu'au début du XIXe siècle, peu de progrès ont
été réalisés dans ce domaine, mise à pait l'utilisation des pavés, taillés à la main et posés
sur une couche de sable.
Plus tard, avec l'a pparition des véhicules plus lourds et plus nombreu.x, et le début
de la mécanisation des travaux, on vit se développer les snuctures à base de "hérisson' et
12 COURS DE ROlITES
fier les forces qui s'exercent sur la chaussée, qu'il s'agisse des effets dus à l'u ni (notion qui
caractérise le confort d'u ne chaus.sée) ou encore d'efforts dus à la géométrie même de la
chaus.sée et du véhicule. Les mesures qui ont été fait~ font apparaître l'existence de sur-
charges très brèves de durée inférieure au dixième de seconde.
La couche de forme
Cette couche, qui ne fait pas partù intégrante de la chaussée, a plusieurs fonctions :
- pendant les travaux, elle protège le sol support, contribue au nivellem ent et per-
met la circulation des engins de chantier ;
- elle permet de rendre plus homogènes les caractéristiques du sol terrassé et de
protéger ce dernier du gel.
La couche de swfaœ
La couche de surlace est constituée :
- de la couche de roulement, qui est la cou ch e supérieure de la chaussée sur
laquelle s'exercent directement les agressions conjuguées du trafic et du climat,
- et le cas échéant d 'une couche de liaison, entre les couches d'assise et la couche
de roulement.
Dans le cas particulier d es chaussées en béton de ciment, la dalle, qui repose sur
une couche de fondation, joue simultanément le rôle de couche de swface et celui de
couche de base.
Dans une chaussée, la couch e de surlace joue rm rôle capital. Non seulement c'est
la seule couche "vue" et "jugée" par les usagers, mais de son choix dépendrnnt les choix
a u niveau des couch es inférieures.
Nous avons vu que la couche de sw.f ace est constituée par la couche de roulement.,
avec dans certains cas la présence d 'une couche de liaison .
La tendance actuelle consiste à dissocier les fon ctions remplies par la couche de
surlace de celles remplies par les couch es d 'assise.
Chapitre 12 : Conception et dime1U1ionnement des cl,aussées 15
La qualité d'usage de la chaussée dépend pour une large part des caractéristiques
de surlace de la couche de roulement, donc de sa nature et de son état. Cette couche
contribue en outre à la pérennité de la chaussée, enlre aulres par l'étandiéité qu'elle apporte.
Par contre, son apport structurel est secondaire (sauf dans le cas de chaussées à
8.$Îse granulaire dont la couche de surlace est la seule couche liée).
Cet ensemble de fonctions fait que le choix de la couche de surlace doit résul-
ter de la prise en considération de plusieurs objectifs qu'on peut ranger en quatre
groupes:
- la sécurité et le confort des usagers, en relation avec les caractéristiques de
surlace;
- le maintien d e l'intégrité de la structure, par la protection des couches d'assi-
se vis-à-vis des infiltrations des eaux pluviales et des sels de déverglaçage ;
- l'impact sur l'environnement., avec notanrment la recherche d'une réduction
des bruits de roulement ;
- les p ossibilités de régén ération des caractéristiques de surlace.
* Uni
L'uni est une notion servant à la description des défauts géométriques du profil de
la chaussée susceptibles de compromettre la sécurité et le confort de l'usager. On considè-
re de façon séparée l'uni longitudinal et )'uni transversal.
La réalisation d'une couche de liaison bitumineuse (de 5 à 8 cm d'épaisseur) entre
les couches d'assise et la couche de roulement, ql.Ù peut être très mince (3 cm ou moins),
facilite l'obtention d'un uni longitudinal de qualité.
La dégradation de )'uni ~ongitudinal et transversal) résulte de la déformation du
support (et éventuellement du corps de chaussée granulaire) et de l'omiérage de la
couche de SU1face. La couche de liaison se justifie tout particulièrement dans le cas d'une
couche de roulement très mince et dans les zones sensibles à l'omiérage de par la sévé-
rité des sollicitations (rampes, zones de freinage, ...)
*Adhérence
L'adhérence des véhicules dépend de la texture de smface de la couche de roule-
ment. Pour qualifier la te:x'tUre, qm déc1it les ÎITégularités de la smface, on distingue :
- /,a macrotexture (aspérités de longueur d'onde comprise entre 0,5 et 50 mm) liée
à la dimension maximale des granulats et à la composition granulaire, ain si qu'au mode
de mise en oeuvre. La macrote:x'tUre influe sur la capacité d'évacuation de l'eau à l'in-
terlace pneumatique - ch aussée et sur le développement des forces de frottement à cette
interlace ;
-1.a microtexture (aspérités de longueur d'onde inférieure à 0,5 mm) liée à la natu-
re pétrographique et au mode d'élaboration des gravillons. La microte:x-n.u:e permet au
16 COURS DE ROUTES
pneumatique de rompre le film d'eau résiduel jusqu'à l'obtention du contact sec ; elle
participe aussi à l'augmentation du frottement pneumatique - chaussée.
* [Link]é
Par sa nature, la couche de roulement peut favoriser l'évacuation des eaux de ruis-
sellement soit superficiellement, soit en son sein même. Cette drainabilité diminue les
projections d'eau à l'arrière des véhicules.
- les BB très minces (BBTM, 2 à 3 cm) et les BB ultra minces (BBUM, moins de 2
cm) sont très grenus(1l et présentent de ce fait une forte macrorugosité ;
- les BB drainanls (BBDr, 3 à 4 cm) sont con çus pour avoir une forte teneur en
vides communiquants, ce qui pe1met une évacuation des eaux de surface au sein même
de la couche et non à sa surface ;
* les enrobés coulés à frou:i (ECF) sont des mélanges préparés à froid, de liant hydro-
carboné (émulsion de bitume), de granulats et éventuellement d'additifs, coulés sur la
chaussée ;
* on peut également laisser subsister le béton de ciment (BC) en couche de roule-
ment de chaussée; un traitement de surface est alon; indispensable (striage dans le béton
frais, cloutage ou dénudage).
Le ch oix de la couch e de roulement pourra se faire à l'a ide, par exemple, d'un
tableau de choix multicritères de ce type :
Confort
Amélioration
de l'uni - 0 + + ++
Silence - à- - + ++ Oà+ Oà+
Apport structurel - - - + ++
Etanchéité + - -- + ++
Tenue à l'omièrage - + ++ + Oà -
Légende:
++Tres b on ES : enduit superficiel
+ Bon BBTM : béton bituminetLx très mince
0 Moyen BBSG : béton bitumineux semi-grenu
- Médiocre BBM : béton binuninetLx mince
- - Mauvais BBDr : béton binuniuetLx drainwlt
41--- - - - - - - - - - - - <
2-
Trafic cumulé
en essieux
1cf de 130 kN
- pour les chaussées à assÏ-se traitée aux liants hy drauliques, la couche de sur-
face en matériaux bitumineux assure une protection mécanique et thennique; c'est dans
ce cas aussi l'e.'--périen ce tirée du comportement de ces chaussées qui donne une référence
pour le ch oi.x d'une épaisseur rrùnimale, afin de prévenir et de limiter les risques de
désorch-es au niveau de Ja couche de roulement ; il semble souhaitable de retenir des
valeurs minimales, fonctions du trafic supporté, de 6 cm pour les n·afics les plus faibles
et jusqu'à 12 à 14 centimètres pour un 11-afic de 2000 PL/jour sur la voie la plus chargée
(classe 'T0'). Au-delà de ce seuil, ce type de Stlucture est déconseillé.
- pour les autres ty p es de chaussées, l'épaisseur de la cou che de smface (cou ches
de roulement et de liaison) est déterminée en fonction des limites technologiques de
chaque technique et de l'épaisseur totale de la structure de chaussée telle que déduite des
calculs de dimensionnement exposés plus loin.
Chapitre 12 : Conception et dimensionnement des chaussées 19
Sur le réseau routier français coexiste une grande diversité de types de structures
de chaussée, que l'on peut classer et caractériser comme suit :
•• •••••
.•- .•••..
'IIIIIIIIIIIIIIIIIJ.
.
...(
2. Matériaux bitumineux d'assise (15 à 40 cm )
• . . • ••
Par rapport aux chaussées souples, elles se différencient donc par une épaisseur de
matériaux liés par du bitume plus importante. L'épaisseur totale est le plus souvent com-
prise entre 15 et 40 cm.
Leur f onctionnement en diffère d'a utant plus que l'épaisseur de matériau.-x liés est
forte.
La 1igidité et la résistance en traction des couches d'[Link] en matériaux bitumi-
neux permettent de diffuser en les atténuant fo1tement les contraintes verticales n·ans-
mises au suppo1t ; les eff01ts induits par les charges roulantes sont repris en traction-
flexion dans les couch es liées.
Ces ch all5.5ées comportent plusieurs couches bitumineuses ; lorsque celles-ci sont
collées, les allongements [Link] se produisent à la base de la couche la plus profon-
de, mais si les couches sont décollées, chacune d'elles se trouvera sollicitée en traction et
pouna donc se rompre prématurément La qualité des inœ,faces a donc une grande inci-
dence sur le comportement de ces chaussées.
Moyennant un dimensionnement correct, l'appaiition de dégradations liées à l'as-
sise de la chaussée est généralement postérieure aux dégradations de surface. De même,
on n 'observe pas ou peu de déformations permanentes dues à une sollicita tion excessive
du sol.
111.3 - Les chaussées à assise traitée aux liants hydrauliques (dites également
'semi-rigides')
Ces structures comp01tent une couche de surface bitumineuse sur une assise en
matériaux traités aux liants hydrauliques disposés en une ou deux couches, dont l'é-
paisseur totale est de l'ordre de 20 à 50 cm.
Chapitre 12 : Conception et dimensionnement des chaussées 21
BB
***** hydrauliques, les contraintes verti-
cales transmises au support sont
très faibles. En revanche, l'assise
GH traitée subit des contraintes de trac-
tion-flexion O't qui s'avèrent déter-
minantes pour son dimensionne-
sol t t t t t t t t tt t t z
ment.
Fig. 5
L 'inœrfaœ couche de surface - oouche de base est aussi. une zone senible car :
- elle est sownise à de fortes contraintes normales et de cisaillement horizontal ;
- les centimètres supérieurs de l'assise traitée sont souvent de plus faible ré[Link].
Ces structures comportent une couch e de surface et une couche de base (10 à 20
cm) en matériaux bitumineux (en gén éral de la grave bit ume) sur une couche de fonda-
tion en matériaux traités aux liants hydrauliques (20 à 40 cm).
22 COURS DE ROllfES
..O '. 0 • ~9.·. 0: ~ 3. Matériaux traités aux liants hydrauliques (20 à 40 cm)
0 .0 ... O.·
............................................. ~ 4. Plate-forme support
Les matériaux bitumineux représentent environ la moitié de l'épaisseur totale de
chaussée.
Les différentes couches ont un rôle fonctionnel distinct ; la couche de fondation
traitée aux liants hydrauliques diffuse et atténue les efforts transmis au sol support, les
couches bitumineuses seivent à ralentir la remontée des fissures transversales de la
couche sous-jacente et réduisent les contraintes de flexion à la base de structure, tout en
assurant les qualités d'uni et de continuité.
·Par suite des mouvements de dilatation différentielle entre la grave bitume et la
grave traitée aux liants hydrauliques (et de l'action du trafic), l'adhérence de ces deux
couches peut finir par se rompre, entrâmant alors une forte augmentation des
contraintes de traction à la base de la couche bitumineuse qui peut alors, tout comme la
grave traitée aux liants hydrauliques, périr par fatigue.
IV.1 - Trafic
Depuis toujours, on a remarqué que les désordres occasionnés aux chaus.sées pro-
venaient de l'intensité du trafic lourd.
Ce phénomène a été clairement quantifié lors des ~ [Link]. (American
Association of State Highway Officiais) réalisés aux U.S.A. entre 1957 et 1961. Cette expé-
rimentation a porté sur l'é tude de 240 sections de chaussées souples, de 271 sections de
chaus.sées rigides et d'une cinquantaine de sections de chaus.sées souples avec couche de
base stabilisée. Chacune de ces sections (positionnée sur des circuits de près de 5 km de
longueur chacun) a reçu l'application d'environ 1 million de charges roulantes de poids
différents. De cette expérimentation on a établi une loi d'équjyalence entre des charges
de poids différents, loi aujourdhui admise universellement.
Cette loi, déclinée selon un contexte français, c'est-à-Oire avec un essieu standard
de 13 tonnes est :
En général on retient :
a ==== 4 à 5 pour les chaus.sées souples,
a ==== 8 pour les chaus.sées semi-rigides,
a==== 12 pour les chaussées rigides.
Une application rapide de cette loi d'équjyalence montre clairement que l'agressi- ·
vité d'u n véhicule léger est plusieurs centaines de milliers de fois inférieure à l'agressivité
d'un seul essieu de 13 tonnes, et que l'agressivité d'un essieu en surcharge est extrêmement
pénalisante (ex : un essieu de 15 tonnes est 5,6 fois plus agressif qu'un essieu de 13 tonnes
sur une chaus.sée en béton).
Cette notion d'agressivité des charges permet de comprendre pourquoi on néglige
le trafic léger pour ne prendre en compte que le.s poids lourds de charge utile supérieure à
5 t:onnes.
La connaissance du trafic poids lourds intervient :
- comme critère de choix des qualités de certains constituants entrant dans la
composition des matériaux de chaus.sée (dureté des granulats),
- comme paramètre d'entrée pour l'analyse mécanique du comportement en
fatigue de la structure de chaus.sée (voir § IV.3).
Classe de T5 T4 T3 T2 T1 TO TS TEX
Trafic 'f3. 1T3+ TI- I T2+ TI- IT1+ TO- 1TO+ 'f'S. 1TS+
Trafic l l 1 1 1
MJA* 0 25 50 85 150 200 300 500 750 1200 2000 3000 5000
* (en PL/jour/sens)
IV.1.2 - Le trafic é[Link]
Dans la population des poids lourds, les charges s'é tagent entre 5 tonnes et en prin-
cipe 13 tonnes, mais malheureusement quelquefois plus à cause des surcharges. D'autre
part, il existe d'autres catégories de poids lourds que celui retenu en 1948 (camion à 2
essieux de Poids Total en Charge= 19 tonnes). On trouve aujourdhui des poids lourds
avec 2 [Link] à l'a rrière chargés chacun à 10 tonnes, et de plus en plus des PL à 5 essieux,
avec 3 essieux à l'a rrière chargés chacun à 8 tonnes.
A partir de statistiques permettant de dresser des histogrammes des charges circu-
lant sur les différentes routes on a calculé l'agressivité de l'essieu moyen, par rapport à l'es-
sieu standard de 130 kN (Voir Fig. 6).
25 %
21,09
20
15
10
25 %
20
15
10
0,3 0,01 0
0 ~~~~--+-~kN
10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130 140 150 160 170
Fig . 6 bis - Histogramme des charges relevées p our des essieux tandem et tridem
sur le réseau routier national (Campagne S.E. TR.A. 1979)
Couches Chaussées
hydrocarbonées des bitumineuses
structures mL'.1:es et d'épaisseur
inverses supérieure à 20 cm
Chaussées à Couch es
----------- ----------- de matériau.~ traités
trafic moyen
Couches Couches non liées
et fort aux liants
hydrocru·bonées et sol support
hydrauliques et en
d'épaisseur au plus béton de ciment
~T2
égale à 20 cm des
chaussées
bitumineuses
NE =N xCAM
avec
N: nombre cumulé de poids lourds de CU 2 50 kN pour la période de calcul
de p années,
CAM : agressivité moyenne du poids lourd par rapport à l'essieu de référence.
1 N = 365 X MJA X C
1 C = [(1 + -r)P - 1] / î
( 1 + 0,04)15 - 1
C = - - - - - = 20,0
0,04
Nous avons vu dans le chapitre 11 du tome 1 consacré aux 'T errasrements Routiers"
que le Guide Technique pour la réalisation des remblais et des couches de forme permet :
- de clasrer les sols en différentes catégories,
- de définir sept classes de PST (partie supérieure des terrasrements prise en
compte sur 1 mètre d'épaisseur), et en fonction du sol, de son état hydrique, du profil en
travers (déblais ou remblais), du drainage, des conditions météorologiques, d'o btenir cinq
classes d arases qui vont de ARo à AR4. Cette notion caractérise la qualité de l'arase ter-
rassement avant nùse en œuvre de la couche de forme,
- d'obterùr la clasre de plate-forme PFi qui caractérise la portance sur la couche
de forme. On distingue quatre classes d e plates-formes qui vont de PF1 na moins bonne)
à PF 4 na meilleure).
7 lass s de PST
C)
10
Fig. 7- Courbe de WOHLER d'u n béton de ciment
Les conséquen ces de cette dispersion des durées de v:ie sont évidemment très
importantes. Il faut donc apprécier de façon statistique la durée de v:ie ou la résistance à
la fatigue pour N cycles.
Dans la pratique, au lieu de représenter la courbe de WOHLER habituelle qœ
quantifie la durée de v:ie moyenne en fonction de l'amplitude de la sollicitation appli-
quée, on fait intervenir un coefficient de risque qœ prend en compte la probabilité que
l'on a de dépasser une certaine durée de v:ie pour une sollicitation donnée.
contrainte ou
déformation
N cycles
(j ouf,
L
cr
'Y =
~d / d
Dans le cas d'u n sol, qui n'est ni homogène, ni isotrope, c'est rme simplification abu-
sive mais commode de rechercher Ull module d'élasticité. On pourra l'approcher par plu-
sieurs méthodes :
- à partir d'r m essai triaxial ; c'est alors le module réversible qui caractérise le
miem: l'é tat du milieu ;
- à partir d'rm essai de chargement effectué in situ, l'essai de plaque ; on retient
alors le module au 2ème chargement;
Pour les différentes classes de plate-fonne définies par le CTR, les valeurs de modu-
le (prises en compte) pou.r les calculs sont les suivantes :
Les graves non traitées sont des m atériau.-x de chaussée qui se comportent comme
des sols. Il est impossible d'affecter au corps [Link] rm module propre indépendant
de la structure étudiée, et notamment du module de la couche sous-jacente. Le rapport
du module de la grave non traitée au module de la couch e sous-jacente varie de 2 à 4,
suivant la qualité de la grave et l'épaisseu.r de la chaussée.
Dans la pratique, on 'découpe' la grave non traitée en 'tranches' de 25 cm d'épais-
seur maximale et on affecte à chaque "tranche"Ull module égal à 3 fois celui d e la cou che
sous-jacente, plafonné à 360 MPa On prend 0,35 comme coefficient d e Poisson .
Toutes les couches non traitées sont considérées comme collées entre elles et collées
à leu.r support.
cr(contraintes)
Quel que soit le mode de solli-
citation mécanique de l'éprouvette
(compression ou traction) on peut
mesurer la déformation durant l'es-
sai et tracer la courbe de variation de
la contrainte cr en fonction de la
déformation f.. 0,3 <JR ~ -----,,
Le tableau ci-après donne les valeurs de module prises en compte pour les princi-
paux types de matériaux hydrauliques.
S3 12 500 MPa
la itier S2 8500MPa
Sables S1 3700MPa 0,25
ciment S3 17 200 MPa
liants routiers S2 12 000 MPa
cencfres S1 5000 MPa
Chapitre 12: Conception et dimensionnement des chaussées 35
Pour les études courantes portant sur des matériaux conformes aux nonnes, le
comportement à la fatigue est estimé à partir d'[Link] de traction directe RT ou de résis-
tance à la flexion Hf.
Pour donner des ordres de grandeur, la contrainte <J6 (qui entraîne la rupture au
bout de 106 chargements) se situe aux environs de la moitié de la résistance à la flexion,
soit :
c) Matériaux bitumineux
compression
collé BB BB décollé
-----')!,
► --------"-1------- ◄
GB traction GB traction
Fig. 12
Ainsi, le collage d es couches superficielles (cou ches de roulem ent et de liai-
son ), sur leur support en matériaux liés notamment, est absolument primordial.
L
Chaussée
+- IA = indice de gel atmosphérique de la chaussée : il est
évalué en fonction de OB à l'aide d'un abaque propre
à chaque planche de structures
matériaux gélifs
+- as : quantité de gel admissible
- soit on conçoit la structure pour que l'indice de gel admissible IA soit supérieur
à l'indice de référence 1R ( IA > 1R ),
- soit on accepte que cette inégalité ne soit pas [Link]ée, auquel cas, on pourra être
conduit à poser des banières de dégel pour présetver la chaussée lors du dégel.
- pour les itinéraires les plus importants (réseau autoroutier, routes nationales
importantes); on se protégera vis-à-vis de l'hiver exceptionn el ;
V.1 - Démarche
Quelles que soient les techniques de chaussée, la démarche de dimensionnement
et l'[Link] des différentes étapes restent sensiblement les mêmes :
* 11r, é[Link] : une fois réunies les données nécessaires au calcul, on procède :
- à un premier choix de la couche de roulement, selon les principes exposés dans
le paragraphe II.2 sur le choix de la couche de surface ;
- à un pré-dirnen sioru1ement de la snu cture par référence à des situations
comparables.
38 COURS DE ROUTES
* 5"~ étape : vé[Link] de la tenue au gel - dégel : cette opération , e:xposée dans
le paragraphe IV.4 ci-avant, est une opération distincte, menée en fin d'étape 4.
V.2 - Modélisation
La modé[Link] consiste à représenter la chaussée sur son support par un
ensemble de couches définies ch acune par :
- son épaisseur H (on considère qu'eUe est infinie pour la plate-forme suppo1t) ,
- son m odule E (à la température moyenne équivalente choisie, pour les rnaté-
1iaux bitumineux) ,
- son coefficient de P oisson y ,
en définissant les conditions aux interfaces (coUées ou glissantes), puis à calculer les
niveau.-x de contraintes ta ngentielles crT et de dé[Link].s verticales Ez et umgentielles ET
aœ< différentes [Link], sous l'essieu de référence de 130 kN (13 tonnes).
Chapitre 12: Conception et dimensionnement de.,; chaussées 39
6 ,5 t
ttt
H1 E1 ,V1
collé/décollé _ _ _ _ _ _ _ ___:_=-=----
H2 E2,V2
collé/décollé _ _ _ _ _ _ _ _----::---::::::,,--==-----
H3 E3,V3
(infini)
Détermination de Planches de
la classe de trafic stuctures Détermination de la classe de sol Sk
C
T
A /
Choix couche
L de roulement
Choix d'une autre structure
offrant une meilleure
0 protection contre le gel
G Augmentation de l'épaisseur
non gélive du support de
u chaussée ou diminution de
sa sensibilité au gel
E Coupes transversales
FONDATION
~-~----~
TRAFIC CUMULE
~ , ________. ASSISE
Principe de la démarche retenue par le [Link] de [Link] des dwussées à faible tra-
fic. On fixe a prion la nature et l'épaisseur de la couche de roulement et de la couche de base
et on 'joue' sur l'épaisseur de la couche de f [Link] pour adapter la structure au trafic et à la
qualité du sol support.
42 COURS DE ROlJfES
BIBLIOGRAPHIE
Dimensionnem ent d es chaussées
1977 Catalogue des structures types de chaussées, circulaire 77-1156 du 5 décembre,
DRCR, SETRA., LCPC. Actualisation avril 1988.
1978 Dimensionnement des renforcements de chaussées souples, guide technique,
SETRA., LCPC.
1981 Manuel de con ception des chaussées n euves à faible trafic, SEIBA, LCPC.
1988 Etablissement des coupes transversales de chaussées, SETRA., CE1E de
l'Ouest
1997 Manuel de conception des chaussées d 'autoroutes, Scétauroute (4'"'c édition ).
T errassem enf,s
1992 Réalisation des remblais et des couches de forme, guide technique, SETRA,
LCPC.
Autres publications
1966 L'essai AASHO - Bulletin de liaison des Laboratoires Routiers (Ponts et
Chaussées) Spécial E.
1982 P. Autret., A. De Boissoudy, J.P. Marchand, Pratique d'Alizé fil, rapport des
laboratoires, série construction routière, CR-2, LCPC, pp.3--62.
1984 C. Peyronne, C. Caroff, Dimensionnement des chaussées, cours de route,
presses de l'ENPC.
Chapitre 13
LES GRANULATS
I - INIBODUCilON
La présence de liants divers procure aux matérialLx élaborés par mélange ou trai-
tement des caractéristiques profondément différentes de celles des granulats de base,
mais la qualité de ceux-ci n'e n transparaît pas moins dans les propriétés mécaniques de
ceux-là.
46 COURS DE ROUTES
Comme pour les sols, les granulat.s font l'o bjet d'une classification basée sur un cer-
tain nombre d'essais de laboratoire. Le premier essai pratiqué a trait à la mesure de la
grosseur des grains constituant le granulat.
11.1 - La granularité
La granularité est la distribution dimensionnelle des grains d'un granulat.
Elle traduit la distribution pondérale des granulat.s élémentaires dans les maté-
riaux étudiés, en portant en abscisse les ouvertures de mailles de tamis et en ordonnée
les pourcentages de tamisat.s cun1ulés.
On obtient ainsi une courbe dite courbe granulométrique, qui résulte d'un tami-
sage sous l'eau à l'aide de tamis à mailles carrées (essai dit analyse granulométrique ou
granulométrie).
La. classe granulaire est définie par deux dimensions d'ouverture de mailles
carrées conformes à la série du tableau suivant :
Ouverture des mailles carrées d es tamis en millimètres
Les granulats sont désignés par d et D, qui représentent respectivement la plus peti-
te et la plus grande des dimensions demandées.
On distingue :
- Les granulats de type 0/D dont la grosseur des grains est comprise entre 0 et
D mm (par exemple 0/20).
- Les granulats constitués par une classe granulaire d/D (par exemple : gravillons
6,3/10 ce qui veut dire que la grande majorité des grains ont une grosseur comprise entre
6,3 et 10 mm). En fait, il est toléré un certain pourcentage de grains inférieurs à d = 6,3 mm
etsupérieursàD = 10 mm
Fines 0 /D où D :5 0,080
Sables 0 /D où D :5 6,30
Gravillons d/ D où d 2! 2,00 et D :5 31,50
Cailloux d/ D où d 2! 20,00 et D :5 80,00
Graves 0/D où 6,30 < D :5 80,00
SPECIFICA110NS
Les spécifications propres à chaque emploi indiquent les étendues dans lesquelles
doivent se situer 95 % des valeurs mesurées (soit moyenne plus ou m oins 2 écarts types).
Il faut en général prêter plus d'attention à la partie basse qu'à la partie haute
de la courbe granulométrique.
48 COURS DE ROUTES
Elle est mesurée soit par l'essai Los Angeles (L.A.), soit plus rapidement par l'essai
de fragmentation dynamique (F.D.). Cette mesure est destinée à évaluer l'aptitude des gra-
nulats à se fr8t,omenter sous l'action du trafic.
Seul l'essai Los Angeles est pris en compte pour la définition des catégories de résis-
tance mécanique normalisées. L'essai de fragmentation dynamique est à considérer
comme un test d'évaluation rapide qu'il faut confirmer par l'essai Los Angeles.
I.:essai Los Angeles se pratique sur les classes granulaires 4/6, 6/10 ou 10/ 14 que
l'on introduit dans un tanibour en présence de boulets de fonte normalisés. La rotation
du tambour pendant un nombre de tours et à une vitesse normalisés entraîne une frag-
mentation de granulat. On tamise ensuite celui-<:i en le lavant sur un tanlÎs de 1,6 mm
d'ouverture ; le passant à ce tamis permet de calculer le coefficient Los Angeles qui est
d'a utant meilleur qu'i l est plus faible. L'essai de fragmentation dynamique utilise un
autre procédé, plus rapide puisqu'il consiste à laisser tomber une masse un certain nombre
de fois sur des gravillons de même classe granulaire que ceux utilisés pour l'essai Los
Angeles. Les résultats obtenus par les deu.x procédés présentent de bonnes corrélations.
VALEURS REPERES
COEFFICIENT APPRECIATION
LOS ANGELES
15 à 25 Bon à moyen
>40 Médiocre
(attrition), et l'usure par frottement des pneumatiques sur les gravillons à la surface des
revêtem ents.
Les classes granulaires testées son t les m êm es que p our l'essai Los Angeles.
L'essai se pratique en présence d'eau car celle-ci, présente de façon quasi perma-
n ente dans les [Link] de chaussée, a gén éralem ent une grande influen ce sur lusure.
IÎconsiste à introduire dans un tambour : le granulat, de l'e au, et une ch arge abra-
sive constituée par des billes d'acier. Après un certain n ombre d e tours du tambour, effec-
tués à une vitesse définie, on recu eille l'échantillon et on le traite comme dans l'essai Los
Angeles : lavage sur un tamis de 1,6 mm et calcul du coefficient M.D.E. à partir du pour-
centage d e passant à ce tamis.
VALEURS REPERES
MICRO-DEVAL EN APPRECIATION
PRESENCE D'EAU
< 10 Très bon à bon
10 à 20 Bon à moyen
20 à 35 Moyen à faible
>35 Médiocre
<0,45 Interdit
50 COURS DE ROUTES
L'action répétée du gel sur les granulats saturés d'eau peut provoquer une dégra-
dation de ceux-ci (fragmentation ou micro-fissuration), particulièrement pour les granu-
lats issus de roches poreuses. L'essai de gel sur granulats permet de chiffrer cette dégra-
dation en mesurant la diminution du coefficient Los Angeles après que le granulat ait
subi des cycles de gel-dégel.
La norme P 18.101 classe les gravillons en catégories par association des caracté-
ristiques LOS ANGELES et M.D.E., pour les couches de liaiso~ base et fondatio~ selon
le tableau la ci-après.
A s 25 s 20 s 15
COUCHES
B s 35 s 25 s20
DELlAISON,
C s 45 ET s 30 ET s 25
BASE, D s 55 s 35 s 30
E s 80 s 45 s45
FONDATION.
F ''> >80 >45 >45
Pour les couch es de surface, en plus des caractéristiques 1A et .MDE, on fait inter-
venir le Coefficient de [Link] Accéléré ([Link] ) (voir tableau lb ci-après).
Tableau lb
Exemple d'utilisation
Pour être accepté en catégorie D (cf. tableau la) :
- un gravillon ayant un LA de 35 doit avoir un MDE ~ 20 (clause LA + MDE ~ 55)
- un gravillon ayant un MDE de30 doit avoir un LA~25(clauseLA + MDE~55).
La [Link] reçoit une définition différente : on l'obtient par un tamisage sur tamis
à maille carrée : G est définie par la maille du tamis d 2 (dans laquelle l'élément ne passe
pas), immédiatem ent inférieur au tamis d 1 dans lequel [Link] le matériau.
Pour quantifier la forme d'un granulat, on détermine le coefficient d'[Link]
(A) qui est par définition le pourcentage d'élém ents tels que :
G / E > 1,58
1 tamis à maille dl 1
matériau refusé
= bonne forme
tamis à
maille d2 matériau passant
=maurnise forme
d2 immédiatement inférieur à dl
~angularité (ou la différence entre les gravillons concassés et les gravillons roulés).
Cette qualité est beaucoup plus fondamentale que la forme. Les éléments qui pré-
sentent des faces se coupant à angles vifs augmentent l'angle de frottement interne du
matériau et diminuent sa maniabilité, ce qui a deux effets opposés : le compactage est
plus difficile, mais si l'on a réussi à effectuer celui-ci, la stabilité est plus élevée. Compte
tenu des progrès réalisés sur les matériels et les techniques de compactage, l'angularité
est devenue une qualité importante.
On l'apprécie de la manière suivante :
a) Les matériaux issus de roches massives sont entièrement concassés par défuùtion.
b) Pour les granulats d'origine alluvionnaire, qui sont plus ou moins concassés en
fonction de la taille des éléments originels, on appelle indice de concassage le pourcen-
tage d'éléments supérieurs au D du granulat élaboré contenus dans le matériau d'origine
. .
sounus au prermer concassage.
Exemple:
% passant
100
Fraction qui sera "cassée" (30%)
Jt
70 , Fraction qui traverse le
',,, JI' concasseursans
',,,, être cassée
D1
Rc = -
d
où
D1 est la dimension des plus petits matériaux à l'e ntrée du concasseur et
d est la dimension des plus gros matériaux à la sortie du concasseur.
Exemple:
Un [Link] basé sur la mesure du temps d'écol.Ùement d'une certaine quantité de gra-
nulat à travers un orifice calibré (angulométrie) a été normalisé sous l'a ppellation de coef-
ficient d'écoulement (Ec).
(l ) Si PS < valeur spécifiée, un essai au bleu de méthylène est effectué : dans ce cas, VBta x f 5 valeur spécifiée.
(2) Si
VBta x f > valeu.r spécifiée, un essai tubid imétrique p eut êLre effectué: dans ce cas, VBtu x f 5 valeur
(VBta x Q/2 spécifiée. (avec f = teneur en fines du sable et VBtu valeur de bleu turbidimétrique).
3
( ) !\e pas appliquer ces tolérances pour les bétons hydrauliques de chaussées.
Les matériaux les plus couramment [Link]és pour les granulats routiers se situent
dans les trois grandes catégories de roches :
- Roches éruptives
- Roches sédimentaires
- Roches métamorphiques
auxquelles il convient d'ajouter les roches artificielles ~aitier).
On dist:i..ni:,aue :
- Les roches volcaniques qui se sont épanchées en surface et dont le refroidisse-
ment a été rapide, si bien qu'elles présentent une phase vitreuse et parfois quelques
amorces de cristallisation. Au regard des caractéristiques indiquées précédemment, on
peut dire que les roches volcaniques ont en général de bonnes résistances mécaniques,
donnent des granulats assez facilement de mauvaise forme, et ont en général une bonne
adhésivité. Elles peuvent avoir une résistance médiocre au polissage (basalte par
exemple).
Elles proviennent de férosion des roches en place dont les éléments, transportés à
plus ou moins longue distance, se déposent et sont ensuite plus ou moins consolidés.
Sables et graviers
Ce sont des formations meubles se trouvant dans les dépôts d'origine alluviale,
éolienne, marine ou glaciaire, actuels ou anciens : lits de rivière, terras.5es, moraines,
dunes, plages etc.
La composition de ces dépôts dépend avant tout des régions auxquelles les sédi-
ments sont arrachés par l'érosion, les cours d'e au par exemple pouvant traverser des zones
géologiquement très différentes, d'où des apports de nature variée.
En ce qui concerne les qualités routières, elles dépendent essentiellement de la pro-
venance de ces sables et graviers. Une attention particulière doit être portée à la propreté.
C'est bien entendu pour ces matériaux que se pose le p roblème de l'angularité.
Calcaires
Ce sont des formations obtenues par dépôts de sédiments (ex. coquilles - CaCO3, etc.).
Les roches se forment par accumulations succes.c,ives, d'où leur particularité de se pré-
senter presque toujours en bancs plus ou moins parallèles, d'épaisseur variable suivant
l'i mportance et la durée de l'a pport en sédiments.
Les calcaires donnent des granulats de caractéristiques mécaniques moyennes. Les
plus durs sont acceptables pour certaines techniques et suivant le type de trafic, les autres
sont à rejeter. Leur polissage facile les fait exclure des couches de roulement. Leur adhé-
sivité est excellente tant avec les liants hydrauliques que dans la plupart des cas avec les
liants hydrocarbonés.
Chapitre 13: Les granulats 59
Le métamorphisme de contact
Lors de la mise en place des roches plutoniques, il s'est généralement produit à leur
contact une transformation des roches en place par recristallisation.
Le métamorphisme général qui affecte les formations en place au fur et à mesu-
re que les couches de terrains s'enfoncent sous le poids des sédiments qui se déposent. Les
roch es prennent alors un aspect feuilleté accompagné dune recristallisation plus ou
moins importante.
Les principales roches métamorphiques sont : les micaschistes, les gneiss, les quart-
zites (anciens grès), etc.
Elles fournissent des granulats de forme variable, de résistance mécanique souvent
acceptable et d'adhésivité variable.
que possible les aléas liés aux hétérogénéités, discontinuités ou pollutions. Nous ne nous
étendrons pas sur ce problème de la reconnaissance de gisement qui mériterait de faire
l'objet d'un chapitre à lui seul.
IV.2 - Extraction
IV.2.1 - Pour les roches massives, le schéma général est le suivant : décapage de la
découverte de roche altérée de surface - abattage à l'explosif de la roche saine - transport
des produits abattus vers l'installation de concassage.
L'accent doit être mis sur la qualité de la découverte qui a une incidence très
importante sur l'homogénéité des produits livrés après concassage (absence d'éléments
trop tendres ou altérés).
IV.2.2 - Pour les matériaux alluvionnaires, le problème est un peu différent car la
découverte est en général un matériau meuble, plus ou moins argileux. De plus il est pri-
mordial de tenir compte du paramètre hydrologique : en effet, suivant la période
d'extraction, certaines parties du gisement peuvent se trouver plus ou moins sous le
niveau de la n appe.
D'autre part, il faudra tenir compte à l'extraction des hétérogénéités en granularité,
propreté ou dureté, afin d'amener aux installations des produits judicieusement mélangés,
ou sélectionnés, de manière à avoir un apport de qualité constante à l'alimentation.
Jv.3.1 - Pour Les roches massives, les produits d'abattage amenés au concasseur pri-
maire subissent, suivant les cas avant ou après le concassage (voire les 2 à la fois), une éli-
mination des produits terreux et pollués.
Le concassage primaire effectue une première réduction des matériaux, accompa-
gnée d'un affinage en propreté et en dureté, par criblage et mise à l'écart des produits fins
provenant du concassage.
Chapitre 13 : Les granulats 61
Avec le concassage secondaire, tertiaire voire quaternaire, les produits sont de plus
en plus élaborés et affinés, tant en granularité qu'en forme et en propreté.
Chaque étage de concassage est bien entendu complété par le criblage correspon-
dant qui a pour fonction dune part d'extraire des produits livrables avec des coupures
normalisées, d'autre part de sélectionner les produits devant alimenter les appareils de l'é,.
tage de concassage situé en aval (ex. les granulats secondaires peuvent soit être vendus,
soit servir à l'alimentation des concasseurs tertiaires, soit les deux à la fois, ce qui est le
cas le plus courant).
IV.3.2 - Pour les matériaux alluvionnaires, le procesrus d'élaboration est à peu près
le même avec toutefois quelques particularités dues au m atériau lui-même : une grave
humide ne pourra être criblée que par voie humide - une grave très polluée subira un
débourbage avant tout autre traitement - une grave très sableuse subira un [Link]
préalable - un sable avec 'bosse du sable' subira un traitement particulier par voie
hydraulique afin d'éliminer les fractions excédentaires, etc. En dehors de ces particula-
rités spécifiques à des matériaux pulvérulents et humides, le circuit d'élaboration sera
pratiquement le même tant pour le concassage que pour le criblage.
V-CONTROLE
Pendant longtemps le contrôle des fournitures a reposé sur des essais de réception
à la livraison, ou après livraison, des matériaux sur stocks situés sur les lieux d'utilisation.
Le processus est devenu totalement inadapté car dune part il est déraisonnable de refu-
ser à l'arrivée des matériaux ayant subi le prix dun long transport, d'autre part les moyens
de prélèvement sur stock sont loin d'être parfaits et représentatifs.
C'est pourquoi actuellement, dans le grande majorité des cas, le contrôle est effec-
tué sur les lieux de fabrication où les essais sur les matériaux peuvent être complétés par
des observations sur le gisement et les principau..x circuits d'élaboration.
Après un certain délai, pour une exploitation donnée, le contrôle s'allège d e lui-
même grâce à la connaissance des différents paramètres aux points sensibles.
En fait le contrôle est allégé en général, mais l'i ntérêt de la méthode est de pouvoir
l'alourdir à bon escient, quand des anomalies apparaissent ou sont prévues tant au
niveau du gisement que de l'installation elle-même.
Dans le cas des 'grandes carrières' pouvant livrer par fer à longue distance, des
équipes de contrôle sont sur place en permanence pour contrôler les productions tous les
jours avant le départ de chaque train.
Chapitre 13: Les granulats 63
Comme dans tous les domaines, des plans d'assurance de la qualité ([Link].) sont
établis par les producteurs importants ; il faut absolument en vérifier la teneur et la régu-
larité du suivi.
Pour les petits producteurs, qui n'o nt souvent pas les moyens d'élaborer un véri-
table [Link]. du type le plus complet, il faut au moins obtenir d'eux d'en avoir l'esprit et
pour cela d'assurer un mirùmum de suivi de la qualité de leurs produits.
BIBUOGRAPHIE
Normes de spécifications
- l\1F P 18-101 Déc. 1990 Granulats - Vocabulaire - Définitions et
classifications. (en cours de révision)
Normes d'essais
- NFP 18-557 Sept. 1990 Granulats - Eléments pour l'identification
des granulats.
64 COURS DE ROUTES
I - UN PEU D'HISTOIRE
--=--
/;-r,- -
:, ,''r-
0
goudron
1/lf brut
_ huiles
~➔-"' ➔
_ brai
\_
Cette désaffection n'est pas seulement liée aux caractéristiques du goudron, mais
aussi au fait que la réduction de la production de goudron a suivi le recul de l'utilisation
de la houille.
* Caractéristiques principales :
- densité à 25°C : 1,16 à 1,27,
- non dissolution dans les produits d'origine pétrolière.
* Par rapport aux bitumes :
- meilleure adhésivité au.x granulats, mais plus grande susceptibilité à la temp&
rature (durcissement à température basse et ramollissement aux températures élevées),
- vieillissement plus rapide.
Aujourd'hui, le goudron n'est plus utilisé qu'en mélange avec le bitume pour la tech-
nique des enduits superficiels.
Sont baptisés bitumineux tous les produits qui dérivent du pétrole, c'est-à-dire qui
proviennent du traitement (n aturel ou industriel) du pétrole brut, considéré aussi comme
une roche fossile. En effet, elle résulte également d'une lente transformation à l'échelle
géologique de dépôts lacustres ou marins.
68 COURS DE ROUTES
distillation
atmosphérique
gaz non - - torchère
condensables ~
gaz distillation
condensables
sous vide
- essences
- diluants
- kérosène -
_ gazole _ lubrifiants
bruts
u
atmosphérique
bitume de
distillation
directe
résidus
lubrifiants
V - LES BITUMES
Pour qu'ils puissent agglomérer entre eux les éléments du squelette granulai-
re, il faut qu'ils puissent enrober celui-ci. Il faut donc commencer par abaisser leur
viscosité en veillant à ce qu'ils aient sous cette forme de bonnes propriétés
mouillantes (adhésivité).
Trois solutions sont alors offertes :
- l'enrobage à chaud avec des bitumes purs,
- la fluidification par des huiles de pétrole ou de houille,
- la mise en émulsion dans l'eau.
Dans le premier cas, le composite mis en oeuvre atteint la cohésion souhaitée par
simple refroidissement. Dans le deuxième, il faut attendre l'évaporation de l' agent de flui-
dification. Enfin dans le troisième cas, l'équilibre est atteint après rupture de l'émulsion
et évacuation de l'eau, processus plus rapide et plus écologique que le précédent.
Dans tous les cas il s'agit de processus physiques. Il n'entre pas de réaction chi-
mique dans les phénomènes qui présiden t à l'obtention de la cohésion du composite
après sa mise en place, de telle sorte que certains d'entre eux sont réversibles. Cela peut
70 COURS DE ROUTES
Pour classer les bitumes purs selon leur consistance, on utilise essentiellement deux
essais de laboratoire.
h en 1/10 de mm
100 g
après 5 secondes
à 25° C 100 g
L'enfoncement de l'aiguille est d'autant plus important que le bitume est mou. On
classe les bitumes avec des 'fourchettes' d'enfoncement. Pour un bitume 20/30 ~e plus
dur), l'enfoncement de l'aiguille doit être compris entre 2 et 3 mm, alors que cette valeur
est comprise entre 18 et 22 mm pour le bitume le plus mou (180/ 220).
Il existe un grand nombre d'a utres essais utilisés pour caractériser les bîtwnes.
Parmi les plus connus, on citera :
72 COURS DE ROUTES
- L 'essai de vieillissement RTFOT (Rolling Trun Filin Oven Test) : cet essai a
pour objectif de mesurer le vieillissement du bitume lors des opérations de fabrication et
de mise en oeuvre des enrobés à chaud (voir chapitre 16 'Les enrobés à chaud'). Il est pra-
tiqué sur un film mince de bitume à la température de 163°C en présence d'air. La
norme NFr 66 032 précise le pourcentage de pénétrabilité restante et la différence maxi-
male de TBA après et avant essai.
Les propriétés spécifiques d'un liant sont à la fois d e lier - phénomène d'adhésion
- et de maintenir réunis les granulats au sein du composite - ce qui met en jeu les pro-
priétés rhéologiques du liant
Les bitumes sont des matériaux dits visco-élastiques, c'est-à-dire qu'ils réagissent,
soit de façon élastique, soit de façon visqueuse selon les conditions de sollicitations.
En fait, ils sont sensibles :
- à la température
- au temps de charge.
Ce comportement particulier est très bien illustré par les essais de mesure de modu-
le évoqués dans le chapitre 12 'Conception et dimensionnement des chaussées'.
Outre l'influence de la température et du temps de charge, le module du bitume
dépend également :
- de sa consistance (caractérisée par sa catégorie). C'est ainsi que pour des mêmes
conditions de température et de temps de charge, un bitume dur type 20/30 sera beau-
coup plus rigide qu'un bitume mou du type 180/220,
- de sa susceptibilité thermique (c'est-à-dire sa sensibilité à la température) caracté-
risée par l'indice de pénétrabilité IP.
Chapitre 14 : Les liants hydrocarbonés 73
Module en MPa
104
103
102
10
10·1 10·c
Fig. 6- Variation du module d'un bitume moyennement susceptible (IP=E 0, TBA=56 °C)
en f onction de la température et du temps de charge.
Une émulsion est une dispersion intime de deux corps insolubles l'un dans l'autre.
Les émulsions de bitume sont donc des systèmes hétérogènes constitués par la dis-
persion de fines particules d'un liquide, en l'occurrence le bitume, dans un autre liqui-
de, ici l'eau, l'ensemble étant stabilisé par un émulsifiant. Ce dernier est généralement
de type cationique c'est-à-dire composé d'un cation organique obtenu par neutralisation
d'une amine [Link] par l'acide chlorhydrique.
74 COURS DE ROUTES
Il s'a git de bitumes purs que l'on a 'ramollis' par ajout de fltLxants, comme des
huiles de houilles (bitumes fluxés) ou des coupes pétrolières comme le kérosène
(bitumes fluidifiés) dans le but de pouvoir répandre le liant à des températures plus
Chapitre 14 : Les lia11ts /iydrocarbo11és
faibles que celles nécessaires avec les bitwnes plITS qui, rappelons le, sont comprises
entre 150 et 180°C.
Ces deux produits seront revus dans le chapitre consacré aux enduits superficiels.
On sait également modifier les caractéristiques des bitwnes par l'addition de pro-
duits connus : la poudrette de caoutchouc récupérée lors du rechapage des pneumatiques
de poids lourds, les fibres minérales, ou encore des déchets de câbles électriques (poly-
propylène).
L'o bjectif de ces a jouts d'a dditifs est de rendre le bitume moins fragile et cas-
sant à basse température (-10 à -20°C), et au contraire plus rigide à température
élevée (50 à 60°C).
BIBLIOGRAPHIE
'Enrobés hydrocarbonés à chaud' - Guide d'application des normes pour le réseau routier
national non concédé. (S.E.T.R.A - L.C.P.C. -1994).
YvesMOUfON
Laboratoire Central des Ponts et Chaussées
On range souvent dans cette famille, non seulement les ciments qui sont d'au-
thentiques matériaux hydrauliques, mais encore les chaux, les laitiers, les pouzzolanes et
les cendres volantes qui ne le sont pas ou très peu. Pour bien préciser les choses et mieux
comprendre leurs modes d'action, le plus simple est de décrire successivement ces maté-
riaux en conservant le même schéma de présentation.
!-LESCHAUX
Lorsqu'on chauffe à haute température (>900°C) de la craie ou plus généralement
du calcaire, le carbonate de calcium se décompose selon :
Ca C03 ___. Ca O + C02 ,;,,
Le prodwt obtenu est la chaux vive que l'on peut "éteindre" par action de l'eau
selon :
11-LESCIMENfS
Le principe actif des ciments classiques, appelés ciments Portland, est le clinker. Il
est formé dans un four à 1450°C par réaction solide-liquide entre du calcaire et de l'ar-
gile, en proportions soigneusement définies. Le calcaire apporte l'élément Ca et l'argile
les éléments Si et Al. L'élément fer est généralement présent dans les deux constituants.
Le clinker Portland ainsi formé est ensuite refroidi brusquement à l'air et broyé après
ajout de gypse (cf. cours de Matériaux).
Différents types de cim ents
Il existe sur le marché de nombreux types de ciments qui diffèrent à la fois par leur
classe de résistance et leur composition. On peut a jouter au clinker du /.[Link] de haut-four-
neau., de la/umée de silice, des pouzzolanes, des cendres volantes de centrales ther-
miques, des schistes calcinés ou même des fines de calcaire.
Les différents produits disponibles en France, appelés ciments Portland com-
posés, ciments de hautfourneau ou ciments au laitier et aux cendres sont définis dans
la norme NF P 15 301 (cf. tableau en fin de chapitre).
La classe de résistance d'un ciment est déterminée par un essai sur mortier nor-
malisé à l'échéance de 28 jours.
Processus de prise du ciment
Le [Link] est un liant hy draulique, c'est-à-dire qu'il a la propriété de faire prise
et de durcir par réaction chimique avec l'eau.
Cette propriété des matériaux contenant de la silice, de l'alumine et de la chaux
ne se manifeste que dans un petit domaine du diagramme ternaire correspondant
(Fig. 1 ci-après).
pouzzolanes
cendres volantes
(silico-alumineuses)
100
CaO o~ ~ -20~ ~ ~ - - ~ - - - - ~ ~ ~ 0 Al2Q 3
ciment
alumineux
Fig n ° 1 - Diagramme ternaire Silice-Alumine-Chaux
ChapUre 15 : Lu liants hydrauliques 79
le plus cotmlIIlment employé consiste à diriger le jet de laitier dans un pot de granula-
tion ou tl rencon~ de puissants jets d'eau qw le divisent en fines gouttelettes brutalement
refroidies. Gelte ti:empe donne au laitier granulé des propriétés faiblement hydrauliques.
a = S. P. 10-3
broyeur à boulets.
Son intérêt est de traduire une bonne corrélation avec les résistances à la rupture
obtenues sur des mélanges après 60 joLmi de durcissement. Ce coefficient, détemùné sur
les laitiers de fraîche production, caractérise d'ailleurs plutôt la rapidité du durcissement
que la valeur des résistances firnùes, obtenues en général au bout d'un an.
En tout état de cause, le laitier granulé reste un liant à prise lente et on doit utili-
ser cette propriété à son avantage.
il faut cependant signaler que la disponibilité de ce matériau est fortement tribu-
taire de la production sidérurgique.
IV - LES POUZZOLAi'IES
Les pouzzolanes naturelles sont des matériam.: résultant des émissions eÀ'Plosives
de laves lors des phénomènes volcaniques. [Link] duiYent leur nom à Pouzzoles, petite ville
située au pied du VésuYe où on les ~ploite depuis !'Antiquité. Elles englobent tm
Chapitre 1S : Les liants hydrauliques 81
ensemble de couleurs assez variables, entre rouge clair et noir,. constituées· de cendres,
ponces, scories, bombes et lapilli (éléments compris entre 2 et 20 mm).
Pour les utiliser, on les broie finement jusqu'à l'obtention d'un sabl~. 0/ 4, ce qui I j
consomme une énergie importante étant donnée la très grande dureté de ces maiérilfux.
Processus de prise des pouzzolanes
Les pouzzolanes n'ont pas de propriétés hydrauliques c'est-à-dire qu'elles ne réa-
[Link] pas directement avec l'eau. Par contre, si on les mélange avec de la chaux, elles
ré[Link] comme un liant hydraulique. Cela se comprend aisément avec le diagramme
ternaire de la figure 1, l'addition de la chaux ayant pour effet de déplacer le mélange
pouzzolane-chaux vers la zone du clinker.
On dit que ce matériau a des propriétés p ouzzolaniques, c'est-à-dire qu'il a besoin
d'un apport de chaux p our manifester des propriétés hy drauliques.
Utilisations routières des pouzzolanes
Leur utilisation principale en technique routière est la réalisation d'assises en
graves-pouzzolanes. Compte tenu du fort pourcentage de pouzzolane (15 à 25 %)
!utilisation des graves-pouzzolanes est concentrée dans les régions situées à proximité
des gisements (Massif Central essentiellement).
Pourcentage en masse('>
Laitier Fumée Pouzzo- Schistes
Cendres volantes
Clinker de haut de silice lane calcinés Calcaire Constituants
Désignation Notation secondaires(2l
fourneau naturelle
siliceuses calciques
K s o (ai z V w T L
Ciment Portland CPA-CEM l 95 -100 0-5
◄- ____________________ ._______ ____ ____ ___ 6 _20(4et 5) ____________________________________ ---- ►
{"}
0
Clff - CEM ID/A 35 -64 36- 65(=>) 0-5 C:
::i:,
(IJ
Ciment de 0
haut fourneau CHF - CEM TII/ B 20 -34 66 - 30(5) 0-5 t!l
::i:,
0
CHF - CEM ID/C 5- 19 81 -95 0-5
~
(IJ
BIBUOGRAPHIE
André THIBOUD : Cours de Béton Armé aux états limites 2 ème année E.N.T.P.E.
Chapitre 16
LES ENROBES A CHAUD
Introduits en France à la fin de la 2è'"" Guerre Mondiale, les enrobés à chaud repré-
sentent aujourdhui la première technique de construction et d'entretien du réseau rou-
tier de notre pays.
Le principe de cette technique consiste à utiliser le fait que le bitume se présente
sous une forme liquide à des températures de l'ordre de 140 à 160° C et peut être mélangé
avec des agrégats (sable et gravillons) eux-mêmes déshydratés et chauffés à des tempéra-
tures du même ordre. Cette opération dite 'd'enrobage' suppose l'utilisation d'un matériel
spécifique, de même que pour la mise en oeuvre du matériau enrobé sur chantier.
De plus, le domaine d'emploi des enrobés à chaud couvre toutes les couches
qui constituent une chaussée, c'est-à-dire de la couche de fondation jusqu'à la couche
de surface.
Bien évidemment, les compositions et les caractéristiques des mélanges et des pro-
duits utilisés dépendront du type de la couche, mais aussi d'autres paramètres tels que le
trafic, ou encore la région et le climat.
Il est donc possible de reconstituer n'i mporte quel type de granulométrie, 0/4,
0/6,3, 0/10, 0/14 et 0/20 à partir de ces différentes fractions granulométriques (par
exemple un enrobé 0/14 à partir de 0/4, 4/10 et 10/14). Mais il est également possible
de jouer sur le type et la nature de la courbe granulométrique.
86 COURS DE ROUTES
% de passant
.il
100
",,,,
\ \
\ \
\ \
\ \ Enrobé 0/ 10 continu
\ \
\ \ 0/4, 4/6, 6/10
50 .. /
/
( - '
' ' ,, ✓
Enrobé 0/10 ' ', ,, ,
discontinu ............
(supression du 4/6) ......... ~
"-, ,...,
............
Tamis en mm
1 ~
0 ~
10 6 4 2 0,080
% de passant
100 -- --~--------~--------------------------------~O 1
90 :_ 10
1
•Q)
80 :.....20
:5
1
E
70 :_ 30 u::,
1
(/)
1 ::,
60 '-
1
40 '§
1
semi-grenue L- 50
::,
50 1
1 0
1 1 1 ::,
40 ------~----L----
1 1
f-60 C:
Q)
~
1 1
1
30 - - - - - - - ' - - - - ·1 - - - - - - - - 1 :-10 :,g
1 1 0
1
20 r80
1
10 :- 90
10 6,3 2 0,08
tamis en mm
tamis
L'action de la chaux est assez mal connue. Pour les W1S, elle améliorerait l'adhési-
vité du bitume avec certains granulats, pour d'autres, elle accélérerait le [Link] du
bitume en le rigidifiant.
La chaux est également utilisée avec succès pour lutter contre les phénomènes dits
de 'soupe' (ce problème peut se présenter avec certains matériaux poreux, comme les
basaltes par exemple, qui libèrent de la vapeur d'eau lors de l'opération d'enrobage, et
donnent à l'e nrobé la consistance d'un béton liquide. La chaux vive contenue dans la
chaux absorbe cette vapeur d'eau et empêche le phénomène).
D'autres matériaux pulvérulents comme les ciments, cendres volantes, etc., peuvent
être également utilisés comme fines d'apport.
Dans tous les cas, ces fines naturelles ou d'a pport doivent respecter un certain
nombre de spécifications quant à leur finesse (passant à 80 µ et à 0,200 mm) et leur
action vis à vis du bitume.
Poids de liant
X100
Poids de granulats secs
2,65
CJ. = - - - - - -
MVR granulats
Chapitre 16: Les enrobés à chaud 89
k = module de riches.5e
2
S = surface spécifique des granulats exprimée en m /kg, c'est-à-dire la surface déver
loppée 'qu'a uraient les granulats' assimilés à des sphères. On calcule cette 'swface' en
découpant la courbe granulométrique en petites fractions auxquelles on attribue une sur-
face spécifique moyenne.
1.4 - La compacité
Alors que l'on utilise la notion de masse volumique sèche 'Yd avec les sols et autres
matériaux traités à froid, avec les enrobés à chaud, il est toujours question de
Cül\1PACITÉ (dite compacité absolue).
Volume du Bitume
Fig. 3 : La compacité
granulats bitume
A ,--A--.
r \
45 20 35 5,7
volume enrobé = +-- + + = 42,264 dm 3
2,80 2,80 2,60 1,02
105,7
MVR = - - = 2,501 kg/dm3 (ou t/m 3)
42,26
La masse volumique apparente (MVA) se mesure soit sur une éprouvette fabriquée
en laboratoire (cas de l'essai L.C.P.C. - Duriez), soit sur échantillon (carotte) prélevé sur la
chaussée. La MVA, c'est-à-dire celle de l'e nrobé avec ses vides, est égale au rapport de la
[Link] de l'échantillon sur son volume (détenniné par pesée hydrostatique ou par mesu-
re géométrique). La MVA peut également être déterminée par nucléodensimétrie.
Il convient d'[Link] l'attention du lecteur sur le fait que cette compacité absolue de
l'enrobé ne doit pas être confondue avec la compacité relative parfois utilisée, à titre de
commodité, sur chantier où l'on compare la MVA de l'enrobé en place à une [Link] volu-
mique de référence qui n'est pas la MVR mais une MVA obtenue à partir d'un essai de
laboratoire (essai L.C.P.C. par exemple) ou sur une planche de compactage.
Pour bien comprendre les problèmes auxquels doivent faire face les matériaux
hydrocarbonés à chaud, il est intéressant de faire un petit 'historique' des enrobés en
France, pour faire son profit de l'expérience passée. Dune façon très schématique, on
peut distinguer trois grandes périodes.
Ces enrobés denses vulgarisés vers les années 1950 avaient été conçus à partir d'en-
robés utilisés aux Etats-Unis après la Seconde Guerre Mondiale, mais en faisant quelques
adaptations sur l'ossature et l'origine des matériaux, pour abaisser les prix de revient et
utiliser les ressources locales.
Le matéria u classique était un '0/ 16 semi-concassé' qui comprenait, suivant les
gisements et installations de concassage, un mélange plus ou moins variable de sable
roulé et de gravillons plus ou moins concassés, mélange s'inscrivant dans un fuseau extrê-
mement tolérant. Le tout était enrobé avec un bitume mou 180/220, quelquefois 80/100.
Ces enrobés se sont bien comportés pendant une quinzaine d'années. Mais, vers
1965, dans de nombreuses régions, et plus particulièrement dans le midi de la France,
ils se mirent à fluer et à orniérer.
Pour e,._-pliquer ce phénomène, on notera que la circulation avait triplé entre
1950 et 1965 et que, parallèlement, au cours de cette même période, le trafic poids
lourds avait quintuplé ! L'enrobé qui, par exemple, supportait sans problème 400 poids
lourds par jour en 1950 était devenu insuffisant pour résister aux 2 000 poids lourds
par jour de 1965.
Ces phénomènes d'orniérage se sont manifestés essentiellement sur des chaussées
soumises à un fort trafic poids lourds, et plus particulièrement aux endroits où le 'temps
de charge' est important, c'est-à-dire là où la [Link] des véhicules est faible (comme dans
les rampes, par exemple) et dans des zones de fort ensoleillement (midi de la France,
routes exposées au sud). Ce phénomène d'orniérage s'e,._'Plique par un compactage de l'en-
robé sous l'effet du trafic PL. Dans les zones circulées, la teneur en vides diminue pro-
gressivement pour atteindre des valeurs voisines de 0 à 1 % soit 99 à 100 % de compa-
cité. L'enrobé se comporte alors comme un 'pseudo liquide' et se déforme pour donner
des ornières avec des bourrelets caractéristiques (voir schéma ci-après).
1 ORNIERAGE 1
bourrelets caractéristiques
Pour tenir compte des échecs enregistrés, on es.5aya de réduire, voire de supprimer
tous les paramètres à l'origine de l'orrùérage. Tout d'abord, les matériaux roulés furent
bannis et remplacés par des matériaux entièrement concas.sés. Les courbes grenues riches
en gravillons (70 à 75 % d'éléments > 2 mm) remplacèrent les courbes type 'nougat' riches
en sable et l'emploi de bitumes plus durs, 40/50 et 60/70, se généralisa. Tous ces enrobés
subirent sans aucun orrùérage la circulation des mois d'été, même dans les cas réputés
les plus difficiles.
On peut donc estimer que ces enrobés conçus pour trouver une réponse au pro-
blème de l'orrùérage ont bien répondu à cet objectif.
En revanche, leur comportement dans certaines régions soumises à de fortes solli-
citations hivernales (Alpes, Massif Central, Est et Nord de la France) fut nettement moins
satisfaisant puisque l'on vit apparaître un phénomène de pelade' correspondant à un
arrachement des matériaux sous l'effet de la circulation et notamment des pneus à clous.
Les constatations effectuées a posteriori sur des sections dégradées et sur des sec-
tions en bon état ont permis de dém ontrer que ce phénomène de pelade était avant tout
un problème de compacité insuffisante et qu'il se manifestait lorsque le pourcentage de
vides était supérieur à une valeur que l'on peut fixer aux environs de 9 %, autrement dit
lorsque la compacité descendait en dessous de 91 %.
Ce niveau de compacité relativement faible est à relier au caractère particulière-
ment raide et peu maniable de ce type de formule, aux faibles épaisseurs couramment
utilisées à l'époque et enfin à un compactage insuffisant, l'usage du compacteur à pneus
n'étant pas encore généralisé. De plus, ces enrobés à base de bitumes durs ne se sont pas
'post-compactés' sous l'effet de la circulation poids lourds comme les enrobés denses.
Chapitre 16 : Les enrobés à chaud 93
PELADE
départ de matériaux
,------------ ------,
:• __________________
Compacité inférieure à 91 % J :
Il.3- Les enrobés 'semi-grenus' (1969 à nos jours) pour couches de surface
L'analyse du comportement des enrobés à chaud entre les années 1950 et 1970
met bien en évidence les problèmes auxquels doit faire face une couche de roulement, et
les contradictions qui peuvent exister si l'on veut résoudre ces problèmes.
En effet, si les bitumes durs sont nécessaires pour lutter efficacement contre l'or-
niérage, il est préférable d'employer un bitume mi-dur pour obtenir une meilleure résis-
tance aux sollicitations hivernales. Il faut donc faire un compromis entre stabilité et
imperméabilité en sachant très bien que tout ce qui est favorable dans un cas est défa-
vorable dans l'autre.
Le choix d'une formule d'enrobé doit tenir compte des conditions climatiques, du
profil en long de la route et de son exposition (pour les rampes exposées au sud principa-
lement), du trafic poids lourds et également de l'épaisseur comme nous le verrons plus loin.
94 COURS DE ROUTES
D'une façon générale, ces enrobés se sont très bien comportés vis-à-vis des sollici-
tations hivernales grâce au bon frottement interne ob tenu avec des granulats durs et
entièrement concassés.
Toutefois, des problèmes nouveaux enregistrés principalement ces dernières
années méritent que l'on se penche un peu plus en détail sur cette période.
a) Les enrobés 'direaives' de 1969 à 1976/77
C'est vrain1ent la période 'sans problème', même au cours de l'été 1976, exception-
nellement chaud, alors que des pays européens jusqu'a lors épargnés par les problèmes
d'orniérage, constatent d'importants désordres sur leurs chaussées.
b) Les phénomènes de [Link] 'anarcfuque'(1978 (?}1982 (?))
On peut difficilement donner des dates précises pour ce phénomène car ses pre-
mières manifestations vers les années 1979 n'ont pas été clairement analysées.
Chapitre 16: Les enrobé& à chaud 95
En effet, les essais pratiqués sur des bitumes extraits des enrobés en cause ont
montré que les zones fissurées correspondaient à des bitumes ayant subi un [Link]-
ment important avec :
- des pénétrabilités inférieures à 20 (bitume neuf : de 40 à 50 dixièmes de mm),
- des points de ramollissement Bille et Anneau (B et A) supérieurs à 70° C (bitu-
me neuf : de l'ordre de 50°C),
alors que dans les zones non fissurées, les bitumes avaient encore des pénétrabilités de
l'ordre de 30 et des B et A compris entre 55 et 60° C.
Des études effectuées en laboratoire ont montré qu'un enrobé à chaud pouvait se
rompre sous l'effet des contraintes de traction induites lors d'un abaissement brutal de la
température. Des conclusions de ces études, on peut retenir deux points :
- les teneurs en liant trop basses favorisent les phénomènes de fissuration par
retrait thermique,
- les risques de fissuration sont d'autant plus élevés que le bitume est dur et sen-
sible au vieillissement.
- le changement de la silhouette des poids lourds. Jusque vers les années 80,
le p oids lourd type comportait deux essieux a rrières de 10 tonnes chacun avec
roues jumelées soit une charge d e 2,5 tonnes/roue. Depuis quelques années,
on a vu se développer W1 nouveau type de P.L. appelé P.L. Tridem à roue simple. Il
s'agit d'W1 poids lourd constitué par 3 essieux à roue simple de 8 tonnes chacW1 soit
W1e charge par roue de 4 tonnes. L'utilisation de modèles théoriques permettant de cal-
culer une profondeur d'ornière a montré que ce nouveau type de P.L. Tridem est 4 à
5 fois plus 'omiérant' que l'ancien P.L.. Aujourd'hui, les P.L. 'Tridem' représentent 60
à 70 % du trafic P.L. sur les grands axes intemationatLx et posent de gros problèmes
aux techniciens routiers.
La conclusion à retenir de ce bref historique est qu'il n'existe pas de formule d'en-
robés à chaud permettant de résoudre tous les problèmes. Il faut chaque fois faire un
compromis qui résulte de l'analyse des différentes contraintes auxquelles sera soumis
le matériau, et c'est un choix parfois bien difficile !
Compacité absolue en %
100
90
80
160mm
q> = 1• 2 5 10 20 40 80 100 200
2
P = 6. 10 KPa Nombre de girations = énergie de compactage
Il s'agit d'un essai mondialement connu, utilisé pour la formulation des enrobés ou
encore dans certains pays pour un contrôle des caractéristiques mécaniques dun mélan-
ge fabriqué sur chantier.
Le principe de l'essai consiste à compacter des éprouvettes d'enrobé dans un moule
cylindrique de 10 cm de diamètre environ à l'aide de chocs produits par une dame de
poids et de hauteur de chute normalisés (cinquante coups de dame sur chaque face de
l'éprouvette).
Sur les éprouvettes ainsi confectionnées, on détermine entre autres :
- la stabilité Marshall : c'est la résistance à l'écrasement diamétral entre mâchoires
à la température de 60° C, à vitesse constante,
- la compacité Marshall, autrement dit le pourcentage de vides de l'éprou-
vett e fabriquée.
Dans certains pays, cette compacité Marshall est prise comme référence pour
le chantier.
Avec cet essai, l'énergie de compactage utilisée pour la confection des éprouvettes
est obtenue par une compression statique double effet de l'enrobé à l'i ntérieur d'u n
moule cylindrique.
Les éprouvettes ainsi confectionnées sont conservées :
- les unes à 18° C pendant sept jours dans l'air,
- les autres à 18° C pendant sept jours dans l'eau.
98 COURS DE ROUTES
IV.1 - Le trafic
Pour choisir une formule, il faut d'abord tenir compte du trafic et du type de solli-
citation (rampes exposées au sud, zones de freinage, par exemple).
Pour des chaussées très circulées (autoroutes, routes nationales) on retiendra des
formules plutôt 'raides'. En revanche, ce sera w_1e 'erreur' que dutiliser de pareils enrobés
sur des chaussées peu circulées avec des support.s déformables. Dans ce cas, des formu-
lations d'enrobés souples sont certainement mieux adaptées.
IV.2 - La région
Dans des zones soumises à de fortes sollicitations hivernales, on retiendra des for-
mules conduisant à des compacités in situ élevées (de l'ordre de 95 %). Pour des climats
cha uds, on pensera surtout alLx risques [Link] d'orniérage et on retiendra des formules
adaptées (granulométrie, dosage et choix du liant).
C'est un critère important à prendre en compte lorsque l'on choisit une formule
d'enrobé. En effet, il y a une relation indiscutable entre la compacité d'une couche d'en-
robé et son é[Link] comme indiqué sur la figure n°7. Cette relation tient au fait qu'u n
enrobé en couche plus é[Link] se refroidit plus lentement que le même enrobé en couche
mince, ce qui autorise un temps de compactage plus long.
100 COURS D E ROUTES
8cm
d'épaisseur 4cm
d'épaisseur
T T
=92 % COMPACITE = 88 %
On retiendra donc cette notion très importante, à savoir qu'une formule pré-
vue pour une épaisseur donnée doit être changée si l'épaisseur à m ettre en oeuvre est
différente.
L'expérience de nombreux chantiers montre que la compacité moyenne d'un
enrobé donné diminue rapidement lorsqu'o n réduit l'épaisseur de la couche, ce qui
conduit à une baisse considérable de ses propriétés.
L es graves bitume (C.B .) : Mises au point au début des années 70, elles représen-
tent aujourd'hui la première technique de construction d'assises de chaussées sur le
réseau autoroutier. La conception de ces enrobés résulte des constatations faites entre
1950 et 1970 (voir paragraphe II- Historique). La stabilité est obtenue par l'utilisation de
bitume relativement dur (35/50) à un dosage relativement faible et avec l'utilisation de
granulats entièrement concassés. Pour obtenir des compacités correctes, on joue sur le
critère 'épaisseur' en répandant ce matériau en couche de 12 à 18 cm.
La grave bitume classique est un enrobé à chaud de granulométrie 0/20 (ou 0/ 14)
contenant environ 4 % de bitume 35/ 50.
Devant les excellents résultats obtenus avec cet enrobé, notamment en
matière de tenue à l'orniérage, il a été possible d'a ugmenter la ten eur en b itume
pour améliorer sa tenue à la fatigue. Le technicien routier dispose aujourd'hui de
'grave bitume améliorée' ou GB* qui contient de 4,5 à 4,8 % de bitume 35/50.
Chapitre 16: Les enrobés à chaud 101
Outre les gains obtenus en matière de durée de vie, l'a ugmentation du pourcentage
du bitume rend le compactage plus facile et permet de réduire les épaisseurs. Les GB*
· ont un domaine d'emploi de 10 à 15 cm.
Les sables bitume (S.B.) : C'est un mélange de sable naturel (souvent de forme
arrondie), de sable concassé et de bitume très dur, ce dernier venant compenser le
manque de stabilité du sable naturel.
Cet enrobé de granulométrie 0/4 ou 0/6 contient 4 à 4,2 % de bitume 20/30. Il
est répandu en couche de 10 à 15 cm d'épaisseur.
Le sable bitume a été utilisé avec succès en couche de fondation pour la construc,.
tion de certaines sections d'autoroutes comme AlO-Paris/ Poitiers etA11 - Paris/ Le Mans.
Cas particulier des enrobés cloutés : Dans certaines régions, il n'existe pas de
matériaux présentant des caractéristiques intrinsèques correctes pour pouvoir être uti-
lisés en couche de roulement. Ce problème se pose souvent avec des matériaux calcaires
dont le coefficient de polissage accéléré 'CPA' est insuffisant Les enrobés cloutés ont été
mis au point en s'inspirant de procédés utilisés dans les pays du ord de l'Europe et
notamment en Angleterre avec le "Hot Rolled Asphalt'.
L'enrobé clouté est constitué par un enrobé à chaud confectionné à partir de gra-
nulats souvent polissables sur lesquels on vient répandre des gravillons durs et non polis-
sables, derrière le finisseur, avant de procéder au compactage de la couche. On distingue
3 types d'enrobés cloutés :
Les sables enrobés cloutés 0/4 en 2 cm d'épaisseur cloutés avec des gravillons 16/20.
Ces revêtements ont donné d'excellents résultats notamment au point de vue adhé-
rence mais ils sont aujourd'hui remplacés par de nouveaux procédés moins coûteux et
plus performants comme les BBTM (Béton Bitumineux Très Minces) qui seront abordés
au paragraphe suivant.
En fait, tous ces enrobés pour couches de surface à base de bitume pur, de même
que les BB de liaison, s'avèrent aujourd'hui à la limite de leur domaine d'emploi pour tous
les cas de trafic lourd, lent et canalisé.
Pour faire face à ce problème, les laboratoires de l'a dministration et des entreprises
routières ont mis a u point un certain nombre de nouveaux produits faisant souvent
appel à des bitumes modifiés, procédés évoqués au paragraphe suivant.
On désigne sous ce vocable des produits qui se différencient des enrobés classiques
à base de bitume pur évoqués aux paragraphes précédents (essentiellement grave bitu-
me et b éton bitumineux).
Ces différences tiennent :
- à des compositions granulométriques particulières (il s'agit très souvent d'enrobés
discontinus),
- à l'utilisation de liants modifiés ou à l'ajout de produits comme : fibres, poudrette
de caoutchouc, polyéthylène (déchets de câbles électriques), P.V.C. (déchets de bouteilles
plastiques) et toutes sortes de polymères qui ont pour objectif de modifier les caractéris-
tiques rhéologiques du bitume pur.
Point de
Bitume :::: 50/52°C :::: 50/52°C === 55/60°C ::::70°C
ramollissement
Le bitume utilisé est souvent un liant modifié obtenu à partir de bitume pur et de
polymères type SBS (Styrène Butadiène Styrène) ou EVA (Ethylène Vinyle Acétate).
Ces enrobés coûtent de 20 à 50 % plus cher que des enrobés classiques à base de
bitume pur. Leur utilisation se lirrùte aux voiries très circulées.
104 COURS DE ROUTES
Mais comme toutes les techniques routières, l'e nrobé drainant a aussi son domai-
ne d'emploi. C'est ainsi qull ne faut pas !utiliser sur des chaussées en mauvais état et fis-
surées mais sur des supports étanches et en bon état La deuxième précaution à prendre
concerne la viabilité hivernale, car le verglas peut se former plus rapidement sur un
enrobé drainant que sur un enrobé classique, à cause de la perméabilité à l'a ir due au fort
pourcentage de v:ides de l'enrobé drainant. Cette difficulté nécessite quelques précau-
cions et une attention toute particulière dans les régions où se pose ce type de problème.
Le processus d'enrobage utilise le fait que le bitume se présente sous la forme dun
liquide à des températures de l'ordre de 150°C. Son mélange avec des granulats qu'il faut
donc déshydrater et chauffer à des températures du même ordre, se réalise au moyen
d un matériel spécifique et complexe appelé 'centrale d'enrobage'.
Il existe en France près de 470 usines d'enrobage dont les 3/4 sont des installations
fixes et le reste des installations m obiles.
Les capacités varient de 50 à 600 tonnes/heure. On distingue 3 types de centrales
d'enrobage qui se différencient essentiellement au niveau du processus de malaxage.
Tous ces matériels ont un certain nombre de points communs qui sont :
- Les prédoseurs : Il s'agit de trémies où l'on approvisionne les différentes cou-
pures de granulats entrant dans la formule. On peut faire varier le débit horaire de
chaque trémie en modifiant la vitesse dun tapis en caoutchouc qui extrait les matériaux
à la base de la trénùe. Il est ainsi possible de délivrer avec une assez bonne précision (de
1 à 5 % suivant les équipements) la quantité de chaque constituant entrant dans la com-
position de la formule.
- Séchage et dépoussiérage : Le sécheur est constitué par un tube cylindrique
tournant sur lui-même et équipé d'un brûleur au fuel (ou au gaz) pour chauffer les gra-
nulats à des températures de l'ordre de 150 à 170°C. Cette opération consomme de 7 à
8 kg de fuel par tonne d'enrobé et nécessite un grand volume d'a ir pour la combustion.
Il en résulte un départ important de matériaux fins contenus dans les agrégats séchés, ce
qui nécessite la présence dun système de dépoussiérage pour filtrer les gaz de combus-
cion de façon à ne rejeter dans l'atmosphère que des gaz parfaitement épurés et ne conte-
nant plus que de la vapeur d'e au . Les matériaux fins ainsi récupérés sont appelés 'fines
de dépoussiérage' et réintroduits dans le mélange. Ces systèmes de dépoussiérage repré-
sentent aujourd'hui de 20 à 30 % du coût de l'installation.
- L e malœr:age : C'est à ce niveau qu'il faut distinguer les 3 types de centrales
d'enrobage.
* Centrale discontinue : Les granulats chauds sont criblés puis pesés séparément,
de même que le bitume pour constituer des gâchées. Avec ce type de matériel (voir Fig. 8
ci-après) les changements de formules sont possibles, c'est la raison pour laquelle ce maté-
106 COURS DE ROUTES
riel très automatisé est essentiellement utilisé en installation fixe, pour produire des
enrobés à chaud à la demande. On parle souvent de travail 'en épicerie' car les change-
ments de formules sont possibles et fréquents.
PARC A LIANT
~
ALTRE DEPOUSSIEREUR
SECHEUR
................ ..... .
SILOAFlNES CITERNE
D'APPORT STOCKAGE LIANT
DEPOUSSIEREUR
TAMBOUR SECHEUR
MALAXEUR
Les finisseurs sont apparus a ux US.A en 1936. Ils ont été conçus pour la mise en
oeuvre d'enrobés chauds, mais ils conviennent également à la mise en oeuvre des graves
traitées à froid moyennant quelques an1énagements spécifiques. Ce sont des matériels
mobiles et autonivelants.
Ces matériels sont composés :
- d'un châssis tracteur sur chenilles ou sur pneus,
- d'une table flottante appelée communément "& reed'.
Bras de nivellement
Table Vis de
répartition
VIII.3 - Compactage
Une fois répandu sur son support l'enrobé se refroidit rapidement et il convient de
le compacter le plus rapidement possible. Ce compactage est réalisé par :
- les compacteurs à pneus dont la charge par roue est comprise entre 2 et 5 tonnes,
- des cylindres lisses vibrants particulièrement efficaces,
- des cylindres lisses qui assurent un rôle de surfaçage pour effacer les traces
laissées par les compacteurs à pneus.
ous avons vu dans le paragraphe 'II - Historique' lunportance du critère 'compa-
cité' sur la durabilité des enrobés à chaud. Cette compacité a également une in1portance
déterminante sur les caractéristiques mécaniques du matériau que ce soit en module ou
en tenue à la fatigue. C'est ainsi qu'une grave bitume voit sa durée de vie multipliée par
10 lorsque sa compacité passe de 89 % à 92 %.
IX - LE RECYCLAGE
Le bitume présente la propriété de red evenir liquide si on le récha uffe à des tempé-
ratures de l'ordre de 140 à 150°C, ce qui permet de recycler de \rieux enrobés' et de pou-
voir les réutiliser.
Chapitre 16 : Les enrobés à chaud 109
Les enrobés à chaud sont des produits coûteux et toute erreur de fabrication ou de
mise en oeuvre peut avoir des conséquences économiques très importantes pour le maître
d'ouvrage et pour l'entreprise.
Pour cette raison, les techniciens routiers français et notamment les laboratoires
de l'administration ont mis au point des méthodes de contrôle 'pendant' ou 'a priori' qui
se sont substituées à des méthodes de contrôle 'a posteriori' ou 'après', le but de l'opéra-
tion étant de détecter toute anomalie ou dérive avant que l'on sorte des tolérances fixées
dans les CCfP (Cahier des Clauses Techniques Particulières).
XI - CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
p ar Michel FAURE
Société d es Autoroutes Paris - Rhin - Rhôn e
INTRODUCTION
II - LES GRANULATS
Ils doivent supporter 'seuls' les contraintes verticales du trafic. Pour cette raison on
n'utilise que des gravillons de bonne ou très bonne qualité.
Seuils de trafic
50 300 750
(PL/j/sens)
C
A Caractéristiques
T intrinsèques C B B A
E
G
0
R
I Caractéristiques
E de fabrication III Il I I
s
Angularité le = 100 Rc~2 Rc~ 4 Rc~6
Il s'agit bien évidemment des liants hydrocarbonés vus au chapitre 14. Cependant,
l'utilisation de bitume pur n'est pas possible car ce liant nécessite des températures de
répandage élevées et surtout l'abaissement très rapide de la température sur le support
ne permet pas un bon 'collage' (on appelle ceci la mouillabilité) des gravillons.
Chapitre 17': L es enduits superficiels 115
Pour cette raison, il est né[Link] de 'ramollir' provisoirement le bitwne pur pour
faciliter le répandage et la mouillabilité en [Link] W1e évaporation ultérieure des
produits 'ramollissants' pour donner au liant une cohésion suffisante.
est beaucoup plus fluide qu'un liant 400/600 (temps d'écoulement de 400 à 600
secondes).
obturateur
25· ou 40' C
4---+----- enceinte
thermostatée
orifice
calibre
0 4mm
ou 0 10 mm
Temps
d'écoulement en secondes
3
des 50 cm
Il s'agit dllll liant obtenu par mélange d'un bitume pur (en général 80/100) avec
une coupe pétrolière plus légère (du genre kérosène ou gazole). Cette fabrication se fait
en France presque exclusivement en raffinerie. Le choix du diluant joue sur sa vitesse
d'évaporation (durée de séchage) alors que la quantité de diluant va déterminer des
fluidités différentes.
Les principales caractéristiques des différentes catégories de bitumes fluidifiés sont
résumées sur le tableau ci-après.
Pscudo-viscosité(s) mesurée
a u viscosimètre
Cl= de Température Température Température % diluant
25°c 25 °C 40°c
bitwnes de pompage de répandage limite à ne (kérosène)
$ 4 nun 4> 10 nun $ 10 nun
fluidifiés (en °C) (en °C) pas dépasser app roximatif
(en °C)
comprise entre
0/1 moins de 30 15 25 60 38
10/15 10 à 15 45 .
7"
;) 100 25
a - Fabrication
Les bitumes fluxés sont fabriqués sur l'ensemble du territoire par des sociétés rou-
tières, voire certains parcs de l'Administration. La fabrication s'effectue soit en disconti-
nu, par gâchées successives dans des bacs munis d'un système de malaxage très souvent
complété par un circuit de recyclage, soit en continu dans des unités de fluxage en ligne,
où le respect des dosages des constituants est assuré par des pompes doseuses.
Le choix des huiles de houille va là encore jouer sur la durée de séchage des liants
obtenus.
Il faut signaler que, contrairem ent a u kérosène des bitumes fluidifiés, une plus
grande partie des huiles de fluxage reste associée au bitun1e de base qui se trouve ainsi
plastifié.
La quantité et la qualité de lhuile et la dureté du bitume de base vont déterminer
la fluidité du produit final.
Le problème est un peu plus complexe que précédemment où l'on avait un solvant
unique. En effet, les huiles de .Ouxage sont en réalité composées de mélanges de diffé-
rentes coupes dhuiles (de deux à quatre huiles différentes) et varient suivant les formu-
lations retenues par les divers fabricants.
En particulier, les émulsions de bitume sont constituées par une dispersion de fins
globules de bitume (diamètre voisin du centième de millimètre) dans une phase aqueuse.
Les émulsions de bitume contiennent en général de 50 à 69 % de bitume et
peuvent être anioniques ou cationiques.
Pour caractériser la qualité de la liaison suivant que les granulats sont secs ou
humides, propres ou poussiéreux, on utilise les deux essais suivants :
- L'[Link]ï VIALff.
Le principe de l'essai consiste à répandre sur wte plaque d'acier wte couche de
liant sur laquelle on dispose des gravillons que l'on enchasse dans le liant avec Wl rou-
leau à bandage caoutchouc.
On retourne cette plaque pour la déposer sur Wl support constitué par trois pointes
et on fait tomber sur la plaque à trois reprises wte bille d'acier de 500 g et on mesure le
pourcentage de gravillons qui sont restés collés.
Lorsque cet essai est pratiqué avec des gravillons humides, il mesure
L'ADHESIVITE ACTIVE, ce qui veut dire que la liaison liant/granulat ne peut se créer
en présence d'eau. Lorsqu'il est pratiqué avec des gravillons secs, il mesure rADHESION
GLOBALE.
Chapitre 17 : Les enduits superficiels 121
Bille d'acier---..,..-········....
1 -- -< :
1 ... ...
1
1
1
1
•
oo o 0 0 0 0 o 1
1
00000000
000 00000
000 00000
00000000
00000000
88888888
•
Liant + gravillons
Dopage
Adhésivité passive , ,r Non ------------------.-
dans la masse
Tenue d'un film de liant
(granulats lavés secs) Oui
- - - - - - - - granulats ----IACCEPTÉ I
.---------------1 humides
Dopage
- dans la masse
- interface
- prétraitement
Adhésivité active ,1' Non - -- - - ---- - - - - - - - -- ,._ - préenrobage
Essai Vialit ,
(granulats non lavés
humides) Oui
----------IACCEPTÉI
Le dosage en liant est associé à la grosseur des gravillons, avec des dosages plus
faibles pour des gravillons plus petits. Quant au dosage en gravillons, il dépend du pou-
voir couvrant' de ces derniers. C'est ainsi qu'une même quantité de gravillons de bonne
forme 'couvrira' une surface plus faible que des gravillons contenant des plaquettes et des
aiguilles.
G oOODOOODcxfJ0QüGOJo
L
Fig. 4: Monocouche LG
g oOJDOOOO::l:::>OODOOOD'.:DOODOOOO:J
G o OODooooooaoooo
L
Cette technique est de loin la plus utilisée pour les routes à fort trafic et sur les auto-
routes Oa quasi totalité des chaussées en béton ont été recouvertes par des enduits LGg).
Chapitre 1 ï : Les enduits superficiels 125
La première couche est constituée de gravillons 6/10 ou 10/14 alors que la deuxiè-
me est réalisée avec des petits gravillons 4/6 ou 2/4 avec l'existence d'une 'discontinuité'
entre les deux coupures granulométriques (par ex. 10/14 + 4/6 ou 6/10 + 2/4).
Au niveau des liants, on donne souvent la préférence à l'émulsion de bitume car
elle ne pose pas le problème de l'évaporation des solvants, notamment pour la première
couche comme on peut le rencontrer avec les liants fluidifiés ou fluxés.
g oOJDOOOCt:o(DDOOOCcnCGDOOOCD
G o(lC)DOOOOocDOQOGCDo
L
l 're couche 1,100 1,000 1,050 0,950 9 à 11 7à9 1,000 0,900 10 à 11 8à9
2'"~ couche 1,000 0,800 0,950 0,850 6à8 5à6 1 ,300 1,200 6à7 5 à6
-- -- -- - - -- - -
TOTAL 2,100 1,800 2,000 1,800 2,300 2,100
126 COURS DE ROUTES
6/10-2/4 4à5
6à8 1,300
6/10-4/6
5à7
10/14 - 4/6
9 à 12 1,500
10/ 14-6/10 7à9
VI - LE REPANDAGE DU LIANT
Une répandeuse de liant est capable de répandre un dosage donné de liant com-
pris dans une fourchette de 0,7 à 2,5 kg/ni.
Elle est constituée par :
- une citerne calorifugée (et équipée d'un système de réchauffage) montée sur un
chassis de camion, dont la capacité est comprise entre 5 et 9 m3,
- une rampe de répandage du liant, dont la largeur de base (2,50 m) peut être
portée à près de 4 mètres grâce à deux rallonges,
- un système de dosage et de contrôle du liant. Des abaques sont fournis par le
Chapitre 17 : Les enduits superficiels 127
Groupe transfert
liant
Dispositif
de contrôle
Début de
rampe
VII - LE GRAVILLONNAGE
Bien qu'importante, la régularité de répandage des gravillons tolère des écarts plus
importants que ceux du dosage en liant, tolérance que l'on est bien obligé d'accepter en
raison de la rusticité du matériel.
Moteur hydraulique
n
Rouleau distributeur
Plate-forme
convoyeur
trémie tampon
I c:=====i
rouleau distributeur
VIII - LE COMPACTAGE
Le seul engin utilisable est le compacteur à pneus, qui effectue entre 3 et 5 pas-
sages à des vitesses p lutôt élevées (8 à 12 km/ h).
Concrètem ent, c'est le trafic qui [Link] la mise en place définitive d es gravillons
avec ce que l'on appelle la formation d e la 'm osaïque'. Ce phén om èn e entraîne une réor-
ganisation de la p osition des gravillons les uns par rapport aux autres, avec une légère
remontée du liant sur les côtés des gravillons pour produire un effet de 'sertissage'.
Bien que d'a pparence simple et rustique, l'endtÙt demeure Wle technique délicate
et pointue avec laquelle les chances de réussite ne sont jamais totales si l'on n 'a pas su
apprécier clairement les difficultés et les risques.
Vouloir faire W1 inventaire de tous les cas de désordres serait trop long et sortirait
du cadre de ce cours. On se contentera d'examiner les problèmes les plus fréquents.
IX.3 - Le peignage
Il se tradwt par des départs de gravillons selon des lign es parallèles dans le
sens longitudinal.
La cause est à rechercher au niveau du répandage du liant (jets bouchés, mauvais
réglage de la hauteur de rampe, température de pulvérisation inadaptée).
Chapitre 17 : Les enduits superficiels 131
X - PARAMETRES DE CORRECTIONS
Nous avons vu au paragraphe V qu'il existe des dosages 'moyens' à respecter, cor-
respondant à œ que l'o n pourrait appeler des configurations 'moyennes' ou 'normales'. Si
l'on modifie peu les dosages en gravillons, en revanche un technicien averti nhésitera pas
à modifier les dosages en liant lorsque la configuration du chantier s'écarte trop des
conditions 'moyennes ou normales".
Comme paramètres de correction, on peut retenir (*) :
(* valeurs nefaisarzt l'objet d'aucun texte et données à titre indicatif!)
1 °) Le trafic
+ 20% + 17 % + 12 % +8 % +3% 0 -4 % -7 %
2°) L'environnement
-5 % -2 % 0% +5% + 10 %
+ 15 % + 8% 0% -5% - 15 %
4°) Région
-2% 0% + 2%
5°) Altitude
+ 2% 0% -2 % -5%
+2% +1% 0% -1 %
0% 0% + 5% NON !
+ 3% 0% -3%
XI - CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
DOCUMENTS ADMINISTRATIFS
DOCUMENTS TEOINIQUES
INTRODUCTION
Dans ce chapitre, nous examinerons les graves et sables traités aux liants hydrau-
liques. La distinction entre les deux types de matériaux se fait à partir des caractéristiques
granulométriques des granulats avec :
- les graves hydrauliques qui sont constituées en général avec des granulats 0/20,
mais aussi 0/14 ou 0/31,5,
- les sables hydrauliques produits à partir de granulats inférieurs ou égaux
à 6,3 mm.
Les graves hydrauliques sont utilisées pour la confection des assises de chaussées :
base et fondation. L'utilisation des sables hydrauliques est limitée aux couches de fon-
dation (sauf exceptions limitées aux faibles trafics et à des pedormances mécaniques
élevées, cas où leur emploi peut être admis en couche de base ).
On appelle grave (ou sable) traitée aux liants hydrauliques le m élange réalisé
en centrale de malaxage, d'une grave, d'un liant à caractéristique hydraulique ou pouz-
zolanique et d 'eau dans des proportions définies suivant des critères arrêtés dans
une directive S.E.T.R.A-L.C.P.C..
I - LES CONSTITUANTS
Une grave 0/D est un mélange à granularité continue de granulats naturels ou arti-
ficiels. La grave est toujours reconstituée à partir de plusieurs fractions granulométriques
lors de la fabrication de la grave traitée proprement dite.
136 COURS DE ROUTES
Trafic T2 T1 ~TO
< T3 T3
Technique
FONDATION C.B. E E E D D
G.H. E E E D D
BASE C.B. E D D C C
G.H. E D D D D
Le tableau ci-dessus illustre l'importance du liant dans les graves hydrauliques, car
la création de cristaux lors du phénomène de prise crée des liaisons rigides entre les
grains qui constituent la grave, liaison qui peut être de meilleure qualité que les grains
eux-mêmes, et ainsi compenser des caractéristiques mécaniques faibles.
L'intérêt de ce phénomène de rigidification est particulièrement important pour les
couches de base. Par exemple, la catégorie D (l.A. :S; 30 et MDE :S; 25) est limitée aux. faibles
trafics (:S; T3) en G.R.H., et admise pour les trafics les plus élevés en grave hydraulique.
De la m ême façon, les exigences en matière d'fil\,oularité et d'indice de concassage
sont plus faibles avec les graves hydrauliques qu'avec les autres types de matériaux.
Les sables étant des matériatLx que l'on essaie d'utiliser \els quels' leurs caractéris-
tiques granulométriques peuvent varier du sable fin 0/ 0,2 mm au sable grossier 0/6,3.
Chapitre 18 : L es matériaux traités ara: liants hydrauliques 137
Dans le cas de sables fins, il faut souvent prévoir l'adjonction d'un sable correcteur, pour
compenser une stabilité et des caractéristiques mécaniques insuffisantes.
Sew e une étude de laboratoire permet de dire si tel ou tel sable est utilisable, et le
cas échéant comment il faut le corriger. (Etude Proctor avec Indice Portant Immédiat
l.P.I.).
1.3 - I..:eau
Bien que cela paraisse évident, c'est l'addition d'eau dans le mélange grantÙat
et liant qui déclenchera le phénomène de prise. On ajoute en général de 30 à 40 litres
d'e au par tonne de matériaux, et comme nous le verrons plus loin, la quantité d'eau aura
une influence capitale sur le compactage et les caractéristiques mécaniques du produit.
La composition des différents matériaux traités aux liants hydrauliques est le réstÙ-
tat d'essais de laboratoire.
L'étude de laboratoire comporte en général trois étapes.
1°) Choix de la courbe granulométrique
Il existe pour ·chaque technique un fuseau de spécification, à l'intérieur duquel doit
se situer la courbe granulométrique du mélange 'granwats + liant'. On y parvient en
jouant sur le pourcentage des différents constituants. (voir exemple de fuseau ci-après).
13 8 COURS DE ROUTES
100 CAILLOUX
. GRAVIERS GROS SABLE SABLE FIN
90
Cl)
•(l) 80
:5
E
::J
u 70
Cl)
cii
-~ 60
'
E
!!!
Cl) 50
,.
.
--
u
(l)
(l)
Ol 40 . -
ë
ro
(l)
30
- ~
~
::J '
0
Cl. '
20 .
10 -- ~
0
0,08
D 200 100 50 20 10 5 2 0,4 0,2 0,1
mm
Cette valeur de Yd opm est souvent retenue comme densité de référence pour le
chantier.
Le tableau qui suit donne des ordres de grandeur des différents dosages h abituel-
lem ent rencon trés.
Teneur en eau
Technique Dosage en liant
WoPM
( 1)
Etudetll
Laitier granulé : 8 à 20 %
+ 1 % cha LLx1J)
7,5 à 9 % Wopm-2 à Wop m
Grave-laitier Laitier prébroyé : 8 à 15 %
+ 1 % cha ux .i
Cendres : 8 à 12 %
Grave cendres ([Link]) 5 à7% Wopm-1 à Wop m+2
chatLx Ch alL'\: : environ 2 à 3 %
Les critères de choix entre ces 5 solutions techniques sont bien souvent des critères
économiques. Le coût de chaque technique dépend essentiellement de la localisation du
chantier par rapport au lieu de production du liant, donc de la distance de transport.
Pour cette raison, les choix techniques seront différents suivant les régions, avec des
graves pouzzolanes dans le Massif Central, des graves laitiers dans l'Est, le Nord et le Sud
de la France (Usine de Fos/mer), des cendres dans le Nord et dans le Sud. Seule la grave
ciment peut être utilisée à peu près partout en France, à cause du nombre et de l'im-
plantation des cimenteries.
1 °) La résistance à la compression : Re
Re
2 °) La résistance à la traction : R 1
3 °) La résistance à la flexion: RF
RF
avec - = 2 (valeur couramment admise)
I\
Fig. 2
Chapitre 18: Les matériaux traités aux liants hydra,Jiques 141
Pour les matériaux traités aux liants hydrauliques, les résultats d'essais peuvent
être représentés par une équation de la forme :
cri\ / cr6 = 1 - a Log N
La valeur de la pente a est proche de 1/ 12 pour les matériaux traités aux liants
hydrauliques ce qui donne pour 106 cycles, et avec cr0 = RF (Résistance à la flexion au pre-
mier chargement):
Nous retrouvons une donnée déjà vue dans le ch apitre 12 'Con ception et
dimensionnement des Chaussées' à savoir que la contrainte entraînant la rupture
après 106 chargem ents est voisine de la m oitié de la résistance en flexion RF au pre-
mier chargement. Cette résistance à la flexion RF étant sensiblement égale à d eux
fois la résistance à la traction directe I\, on p eu t également considérer que cr6 est voi-
sin de I\ (en fait le rapport cr6 / I\ varie de 1 pour les graves laitier prébroyé à 0,95
p our les graves ciment).
<J/RF
1
106 LogN
Fig. 4
142 COURS D E ROUTES
Déformation
Fig. 5
0,5
0,4
2 3 4 5 10 20 30 40
3
Module élastique E x 10 (MPa) à 360 jours
Fig. 6 : Classes de p erformance mécanique des graves traitées aux liants hydrauliques
Chapitre 18: Les matériaux traité$ aux liants hydrauliques 143
Pour les chaussées à moyen et fort trafic (T > T3), on retient des matériaux de
classes G2 et supérieures.
Pour les chaussées à faible trafic (T ~ T3), on peut utiliser une gamme plus large de
matériaux pour répondre aux [Link], du fait dun nombre de sollicitations plus faible,
et du risque de détérioration plus élevé généralement admis pour ce niveau de trafic.
- Le catalogue des structures type de chaussées neuves (1977) cla§e les sables
hydrauliques en quatre catégories, cla.51,ement basé sur la résistance à la traction I\, selon
le tableau ci-après.
- Le manuel de conception des chaussées neuves à faible trafic (1981) retient une
cla.51,ification basée sur la résistance à la traction l\ et le module E.
Comme pour les graves hydrauliques, les sables hydrauliques sont cla.51,és en 6 caté-
gories de So à 8 5 selon le diagramme reproduit ci-après.
2
: : ! i i i i !i i ! i ! i i : :
!
• •• • •• ••·•••• · ► •• • •• • •·· · ···· • ····· .............................. -J • • •• c. , •. ..i, • •••••• j . , • • ..i, • • • ••
! ' 1 . . ! : .
'
--:··········i··········:---···········
0,5
0,4
2 3 4 5 10 20 30 40
3
E1 x 10 (MPa) à 360 jours
Fig. 7 : Classification des sables traités selon leurs caractéristiques mécaniques
Grave ciment
28 0,60 0,65
normalisé
Grave liants
60 0,65 0,70
spéciaux routiers (1)
Grave cendres
60 0,60 0,65
hydrauliques
Grave pouzzolanes
90 0,50 0,50
chaux
(1) Il s'agit de ciments rendus moins 'nervem:' par a jout d'additifs pour a ugmenter le délai de maniabilité
(voi.r paragraphe II.3 - Retardateur de p1ise)
Chapitre 18 : Les matériaux traités aux liants hydrauliques 145
1,5
G. Ciment
G. Cv. chaux
G. Cv. hydraulique
G. Laitier
G. Pz. chaux
0,5
--~-="'-- 1-------~~ D
Fig. 9 : Schéma de principe d'u ne centrale de malaxage p our matériaux traités aux
liants hydrauliques
Par rapport à des enrobés à chaud, la mise en oeuvre des matériaux hydrauliques
est beaucoup plus simple, ces derrùers étant utilisés à température ambiante. Il n'en
demeure pas moins que certaines précautions doivent être prises pour confectionner un
produit de qualité.
VI.1 - Répandage
VI.2 - Compactage
Pour l'illustrer, on prendra les résultats dune étude sur une grav&laitier prébroyé
compactée à 95 et 100 % de l'Optimum Proctor Modifié.
Les caractéristiques mécaniques obtenues dans le cadre de cette étude ont été les
suivantes
Grave laitier prébroyé compactée à
Autrement dit, d ans le cadre de notre e,xemple, la durée de vie est divisée p ar 15
lorsque le taux de compactage passe de 100 % à 95 % de l'OPM !
* On appelle D1 les matériain: facilement compactables dont l'indice de concassage (le) est infé-
rieur à 80 % et 02 ceux dont 11c est supérieur à 80 %.
148 COURS DE ROUTES
On limite les venues d'eau dans le corps de chaussée en réalisant des pontages. Il
s'agit d'une couche de bitun1e élastomère coulé à chaud sur la [Link], d'u ne largeur de
l'ordre de 6 à 8 cm et dune épaisseur de l'ordre de 2 à 3 mm. Le produit (qui doit avoir
fait l'o bjet d'une procédure dhomologation) est capable de s'allonger lorsque les fissures
s'ouvrent en hiver. (Le coefficient de dilatation d'u ne grave hydraulique est de l'ordre
de 1.10.s pour 1°C)
Ces fissures transversales constituant le point faible des structures hydrauliques,
de nombreuses expérimentations ont été réalisées ces dernières années pour empêcher,
ou limiter les remontées de [Link] à la surface des chaussées. Comme procédés, on
peut noter :
- L 'utilisation de systèmes antijissures : du type mastic bitumineux ou géotex-
tiles Ïnlprégnés de bitume. Ces produits retardent effectivement la remontée des fissures,
mais à ce jour, il n'[Link] pas encore de procédé empêchant définitivement ces remontées.
- Des procédés de p réfissuration : qui consistent à provoquer des [Link] fai-
blement espacées (3 à 5 m) pour que les variations d'ouvertures demeurent faibles et
acceptables par les couches bitunùneuses mises en oeuvre sur la grave hydraulique.
- Une augmentation de l'épaisseur des couches bitumineuses : c'est une solu-
tion coûteuse mais c'est actuellement la seule façon connue pour bien résoudre ce pro-
blème. On parvient souvent à ce résultat, sur les anciennes chaussées, après la réalisation
de plusieurs séquences d'entretien.
Pour limiter l'a mplitude des fissures de retrait et leurs incidences sur l'intégrité de
la couverture bitumineuse, la directive de 1983 a introduit une limite supérieure sur le
module E 360 des graves hydrauliques, (voir tableau ci-après) car les graves les plus per-
[Link] sont celles qui [Link] le plus. A ce titre, on peut considérer que les graves
hydrauliques 'hautes ped ormances' constituent un échec technique.
150 COURS DE ROUTES
Grave laitier
$;20 000
Grave pouzzolane chaux
BIBLIOGRAPHIE
Réalisation des assises de chaussées en graves traitées aux liants hydrauliques. Directive
[Link]-L.C.P.C. (1983).
Réalisation des assises d e chaussées en sables traités aux liants hydrauliques. Directive
S.E.T.R.A-L.C.P.C. (1985).
Compactage des assises de chaussées traitées atLx liants hydrauliques ou non traitées.
Guide techrùque S.E.T.R.A-L.C.P.C. (1982).
Chapitre 19
LES CHAUSSÉES EN BÉTON
A cette époque, la fabrication du béton est assurée soit à partir d 'une centrale
fixe installée à proximité du chantier, avec transport du béton par wagonnets ou
camions, soit avec une centrale sur le chantier se déplaçant au fur et à mesure de son
avancement. Quant à la mise en place, elle est assurée avec w1 vibrofinisseur auto-
moteur roulant sur les rails de coffrage. Le rendement de ces chantiers est de 200 à
3
300 m / jour.
Ces chaussées sont constituées par une couche de fondation en grave ciment de
15 cm d'épaisseur, surmontée par une dalle de béton de 25 cm d'épaisseur. Pour éviter
une fissuration anarchique du béton, des joints transversaux sont réalisés avec un espa-
cement de 4 à 5 mètres, ainsi qu'un joint longitudinal au milieu de la chaussée entre la
voie lente et la voie rapide.
La fabrication du béton est déjà assurée par des machines plus élaborées utilisant
le ciment en vrac, avec mécanisation des approvisionnements des matériaux. Le train des
vibrofinisseurs s'est allongé par l'incorporation de répartiteurs à bac mobile et de cou-
teaux vibrants assurant le découpage des joints longitudinaux dans le béton frais avec
incorporation d'W1e bande de plastique.
Depuis 1962, nous sommes entrés dans la période moderne avec l'apparition de
la machine à coffrages glissants sur l'autoroute A6 à la hauteur du Plessis-Chenet.
Les constatations faites sur les chaussées anciennes ont confirmé que les points
délicats des chaussées en béton sont les joints transversaux du fait que le transfert des
charges y est mal assuré. Le passage des charges d 'un bord à l'autre d'un joint provoque
la flexion des bords de dalle qui martèlent la fondation. Il en résulte une attrition des
matériam,: d'autant plus importante que la circulation est dense et que la résistance de
la fondation est plus faible. Pour éviter la formation de cavités sous les bords de dalle par
suite de la migration des fines produites, on a cherché à augmenter la résistance de la
fondation en remplaçant la grave-ciment par un béton maigre.
1 o/ Prise et durcissement
Le ciment, poudre finement broyée, mélangé avec une proportion d'eau suffisan-
te, forme une pâte molle qui garde en apparence la même consistance durant un temps
caractéristique de la nature du ciment utilisé.
7j 28 j 90j jours
Enfin, le retrait mesuré sur mortier normalisé doit être inférieur à 800 µm/m
à 28 jours (cette caractéristique, déjà fixée par la norme pour les ciments de classe 45,
doit être étendue à la classe 55 dans le cas d'une utilisation en béton de chaussée).
2 o/ Les gramJats
Principal constituant, les granulats jouent un rôle prépondérant dans la qualité
d'un béton routier au niveau des résistances mécaniques d'une part et des caractéris-
tiques de surface d 'autre part.
La nature des granulats intervient également sur la variation dimensionnelle du
béton durci. C'est ainsi que le coefficient de dilatation thermique des bétons de
granulats siliceux est nettement supérieur à celui des bétons de granulats calcaires.
Malheureusement ces derniers présentent souvent des caractéristiques médiocres au plan
du polissage ([Link]). Généralement les granulats sont approvisionnés en 3 fractions (par
exemple : sable 0/5mm, gravier 5/ 20mm, cailloux 20/40mm).
Les sables doivent satisfaire à des critères :
- de dureté caractérisée par l'[Link] de friabilité,
- de propreté caractérisée par l'[Link] d'équivalent du sable.
Il importe que le sable utilisé soit propre, c'est-à-dire ne contienne pas de fines argi-
leuses susceptibles de gonfler en présence d'eau, d'altérer les caractéristiques mécaniques
du béton, et d'influencer le temps de prise.
Les graviers et cailloux doivent répondre principalement à des exigences :
- de résistance aux chocs et à l'attrition avec les [Link] Los Angelès (IA) et Micro
Deval en présence d'eau (.MDE),
- de résistance au polissage avec l'essai de coefficient de polissage accéléré (CPA).
Les spécifications sont modulées en fonction du trafic comme on peut le voir sur
le tableau [Link].
Dureté d es gravill on s
< 40 < 25
- Coefficient L os Angeles (LA)
Résista n ce a u p olissage
des gravillon s > 0,45 > 0,50
- Coefficient de polissage accéléré
158 COURS DE ROUTES
31/ L 'eau
La qualité de l'eau de gâchage est importante du fait des répercussions sur la prise
et le durcissement du béton, en particulier la teneur en sels dissous (< à 1g/l) et en
matières en suspension (<0,5 g/1).
4 ï Les adjuvants
Le béton routier doit être non gélif et résister aux sels de déverglaçage ce qui
conduit à fabriquer un béton dans lequel on cherche à créer des vides de très petite
dimension à l'aide d'un adjuvant nommé entraîneur d 'air. Les vides ainsi créés sont des--
tinés en quelque sorte à jouer le rôle de petits vases d'expansion en cas de gel de l'eau
capillaire. Mais l'air occlus diminue la résistance mécanique, on doit don c en limiter la
proportion ; en pratique la teneur en air occlus doit être comprise entre 4 % et 6 % du
volwne du béton.
La mise en oeuvre du béton doit être aisée : en particulier pour obtenir un uni de
surface satisfaisant, on peut être amené à augmenter l'eau de gâchage, mais c'est au détri-
ment de la résistance qui diminue et des retraits qui augmentent. Les plastifiants réduc-
teurs d'eau (lignosulfonates de calciwn) permettent de réduire la quantité d'eau totale
incluse dans le béton pour une même maniabilité. En outre, ils possèdent des propriétés
retardatrices de prise d'un grand intérêt pour le béton routier :
- on obtient ainsi une plus grande souplesse de transport particulièrement inté-
ressante par temps chaud,
- le dégagement de chaleur d'hydratation est étalé, l'élévation de température est
moindre, ce qui concourt à la réduction du risque de fissuration par retrait thermique,
d'où facilité de sciage dont la période est étalée sur un temps plus long.
Enfin, pour protéger le béton contre la dessiccation et donc encore éviter les
risques de fissuration, il est nécessaire de recouvrir le béton routier dès sa mise en oeuvre
d'un enduit de protection, c'est le produit de cure. (voir paragraphe VII.1).
On retiendra que la mise au point d'une formule de béton routier est une opéra-
tion délicate et longue, ne serait-œ qu'à cause des délais de conseivation des éprouvettes
de béton (au moins 28 jours).
j Joints
longitudinaux
transversaux
On réalise en général ces joints par sciage du béton sur environ 1/5 de l'épaisseur
de la dalle.
Cette opération, qui doit être réalisée dès que le béton est "circulable" et avant
qu'il ne fissure, a pour effet de créer un point faible dans le béton, de façon à provoquer
la fissuration sous le trait de scie.
Dalle A
- Joint scié sur 1/5 de H
engrènement
Dalle B
I
H
_ _ _ _ _ _ _ j . _ \ _ -
Couche de forme
Lors du passage d'un véhicule, la dalle amont A est chargée progressivement, puis
au passage du joint transversal, le bord de la dalle aval B est chargé brusquement. Ceci
a pour effet de créer un mouvement vertical relatif entre les bords des deux dalles. Ce
m ouvement vertical sera atténué s'il se produit, au moins partiellement, un transfert de
charge de la dalle A vers la dalle B.
Dans le cas d' un joint classique (dit de retrait - flexion) scié sur seulement 1/5 de
l'épaisseur et fissuré sur le reste de l' épaisseur, il se produit grâce au contact entre les gra-
nulats situés de part et d'autre de la fissure, un phénomène d'"engrènement" qui va favo-
riser le transfert de la charge d'une dalle à l'autre et s'opposer au mouvement vertical
différentiel entre les deux dalles.
Malheureusement, sous l'effet répété des charges, la qualité de cet "engrènement"
s'altère par l'abrasion des granulats en contact au niveau de la fissure, et ce phénom ène
sera d 'autant plus rapide que le trafic lourd sera in1portant et la dureté des granulats
(notan1ment la résistance à l'attrition mesurée avec l'essai .MDE) faible.
En tout état de cause, on peut dire que le phénom ène de battement des dalles
est inéluctable dans les chaussées en b éton sans arm ature, ni goujon de liaison (voir
paragraphe VII.2), en raison du faible poids relatif d' une dalle par rapport à celui d'un
poids lourd.
Le battement des dalles est en lui-même un phénomène mécanique dommageable
à la bonne tenue de la chaussée, car le transfert brutal de la charge de la dalle am ont à la
dalle aval occasionne un choc violent sur la partie supérieure de la couche de fondation.
Chapitre 19 : Les chaussées en béton 161
Si cet effort mécanique se produit en présence d'eau (ce qui est souvent le cas, car
le battement de dalle entraîne la détérioration du joint bitumineux censé assurer l'é-
tanchéité à la surface de la chaussée), il se produit une désorganisation de la partie supé-
rieure de la couche de fondation, qui réduite à l'état de poudre, remonte à la surface
par les joints transversaux sous la forme de "laitance" (mélange de matériaux broyés et
d 'eau).
Ce départ de matériaux se traduit par la formation de "cavité" sous le bord de la
dalle et la mise en escalier de la dalle aval par rapport à la dalle amont Le phénomène
peut se poursuivre jusqu'à rupture de la dalle qui ne repose plus sur toute sa longueur.
Décalage
Bourre let
Affouillement
I
Les goujons (fig. 6) sont des barres d'acier lisse de nuance Fe E 24 de diamètre 25
mm et de longueur 60 cm. Ces goujons sont enduits d'un film bitumineux limitant le
"collage" du goujon au béton pour permettre les mouvements horizontaux, mais suffi-
samment mince pour qu'il n'y ait pas de jeu vertical (épaisseur entre 0,06 et 0,20 mm).
Ce film a aussi un rôle de protection contre la corrosion.
Ces goujons sont placés parallèlement à l'axe longitudinal de la chaussée, à mi-
épaisseur de la dalle.
G) Goujon
fer tor 0 16
fissures espacées
de 1 à 2 m
VI - FABRICATION DU BETON
Les centrales utilisées pour les chantiers sont de type discontinu (c'est-à-dire fabri-
3
cation gâchée par gâchée). Leur capacité peut varier de 200 à 400 m /heure.
164 COURS DE ROUTES
Ciment
VII.1 - Le répandage
Longtemps e.xécutée entre coffrage5 fixes, la mise en oeuvre des bétons routiers en
France se fait exclusivement par machines à coffrages glis.5ants.
Avec une telle machine sont regroupées en quelques mètres les opérations de répar-
tition, serrage, moulage, lissage et éventuellement cloutage du béton.
Le béton est décoffré immédiatement après la dernière opération, c'est-à-dire
que la tenue du béton doit être suffisante pour qu'il ne se produise aucun affaissement
des bords.
Le moulage du béton qui se déverse assez ferme à l'avant de la machine, est rendu
possible par la vibration à laquelle il est soumis, de façon à le rendre plastique.
Les coffrages latéraux ont une longuem de 5 m environ, le béton est donc décof-
fré deux nùnutes environ après avoir été introduit dans le bac de [Link] .
Le rôle des pervibrateurs est essentiel, et la panne de l'un dem:: doit être détectée
par des voyants sur le tableau de commande de la machine.
Plusieurs types de machines à coffrages glissants sont actuellement utilisés, il
s'agit de la machine Guntert et Zimmerman, de l'Autograde C.M.I. et des machines
GOMACO dont les principes sont identiques : la première comportant un bâti se
déplaçant à l'aide de deux chenilles, la seconde quatre et la troisième deux, trois ou
quatre suivant les modèles.
A l'arrière de la machine, on trouve un équipement permettant de réaliser le trai-
tement de surface (voir paragraphe suivant). En effet, à la sortie de la machine à coffra-
ge glissant, le béton apparaît comme eA'trêmement lisse et fermé par suite de la remontée
de la laitance du ciment à la surface sous l'effet de la vibration.
Chapitre 19: Les chaussées en béton 165
Une fois le traitement de surface réalisé, le béton doit recevoir un produit de cure
destiné à éviter l'évaporation de l'eau et la dessiccation du béton frais. Ce produit est, en
général, une solution de résine ou de caoutchouc chloré dans un solvant. La machine de
répandage (une rampe avec des pulvérisateurs) est souvent couplée avec celle du striage.
VIIl.3 - Le cloutage
Cette solution s'inspire de la technique des bétons bitwnineux cloutés vus au cha-
pitre 16 "Les enrobés à chaud".
L'opération consiste à incruster dans le béton frais des gravillons de calibre 10/14
mm ou 14/18 mm, gravillons ayant d'excellentes caractéristiques au plan de la dureté
(LA et MDE) et du polissage (CPA).
Comme pour les enrobés à chaud, on utilise la technique du cloutage, lorsque les
granulats qui entrent dans la composition du béton, ont de mauvaises caractéristiques
au plan du polissage (granulats calcaires en général).
Chapitre 19: Les chaussées en béton 167
BIBLIOGRAPHIE
I-PRÉAMBULE
Pendant longtemps, on s'est surtout préoccupé de construire des routes, les pr~ ·
blèmes d'exploitation présentant un aspect secondaire.
En matière d'exploitation, le blocage de la vallée du Rhône par la neige en 1970,
a été à l'o rigine de la création des Centres <l'Information Routière.
De leur côté, les embouteillages énormes recensés au cours de l'été 1975 ont per-
mis d'entreprendre un certain nombre d'a ctions d'exploitation (développement du réseau
d'itinéraires bis, en particulier).
Aujourd'hui, le domaine de l'exploitation est en plein développement, notamment
grâce au S.D.E.R. (Schéma Directeur d'Exploitation de la Route).
La signalisation, elle, est très ancienne ; sans remonter a ux bornes romaines, il faut
savoir que la signalisation 'moderne' a débuté en 1909, avec seulement 4 panneaux (de
danger) et qu'elle s'est beaucoup développée depuis cette date, au point d'être maintenant
considérée comme un domaine à part.
Bien entendu, c'est seulement une vue générale de ces différents domaines qui
pourra être donnée dans le cadre de ce cours.
Il faut enfin noter que ces domaines évoluent rapidement et que, par ailleurs,
l'e.x-ploitation de la route a été retenue comme un axe 'stratégique' par le Ministère de
l'Équipement.
II - L'EXPLOITATION DE LA ROUTE
11.1 - Généralités
Très schématiquement, on peut dire qu'exploiter la route, c'est essayer d'a dapter au
miem'. la demande (de trafic) à l'offre ~a capacité des voies).
170 COURS DE ROUTES
Cette notion n'est évidemment pas nouvelle, mais elle prend aujourdhui une autre
dimension, pour plusieurs raisons :
11.1.3 - Le S.D.E.R.
Ce schéma directeur s'apptÙe sur les trois grandes missions esquissées précédem-
ment et appelées désormais :
• maintien de la viabilité
(actions : surveillance du réseau, interventions d'urgence, seivice hivernal, organi-
sation des chantiers et des manifestations, maintenance des équipements, etc.).
• gestion du trafic
(actions : répartir les flux de circulation dans le temps et dans l'espace, réaliser des
plans de gestion de trafic, etc.).
• aide au déplacement
(actions: information prévisionnelle et information en temps réel).
On ne considère plus les véhicules individuellem ent, mais on s'i ntéresse à l'en-
semble des véhicules, constituant un flux.
172 COURS DE ROUTES
~----
40
30
20
__...,.--rî
10
0
-- i..--1---
' 1 1 1 1 1 1 1
~ DébiVvoie
200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Fig. 1 : Courbe dite du diagramme fondam ental (extraite du Highway Capacity Manual-
Special Report 209; Transportation research Council, Washington D.C. 1985.)
Chapitre 20: L'exploitation de la route en rase campagne 173
Fig. 2 : Caractéristiques des niveaux de service pour une autoroute de rase campagne
(d'après Highway Capacity Manual - Special Report 209 ; Transportation research
Council, Washington D.C. 1985.)
UVP = Unité de Véhicule Particulier (cette formulation permet de tenir compte du fait qu'il y a des
camions qui comptent pour 2 ou 3 véhicules, ou plus dans certaines conditions comme les rampes).
174 COURS DE ROUTES
Les itinéraires bis sont jalonnés en permanence, sauf le site d'entrée, qui est ouvert
seulement en cas de besoin (jours de pointe prévisibles).
Une carte est distribuée (gratuitement) chaque année à des millions d'exemplaires,
pour faire connaître ces itinéraires.
Ordinairement, il s'agit d'itinéraires assez longs (plusieurs centaines de kilomètres).
• itinéraires "S"
L'idée est un peu la même : jalonnement permanent, et ouverture en cas de besoin.
Mais là, il s'agit d'i tinéraires plus courts, et souvent multiples. D'où l'i dée de jalonner par
des panneaux. de type suivant après avoir indiqué à quelles destinations correspondent
les numéros indiqués ci-après (ici S1 et S3.)
Après avoir été adoptés en milieu périurbain (Ile de France), il est question d'é-
tendre ces itinéraires à des routes parallèles aux autoroutes de liaison.
Chapitre 20: L 'exploitation de la route en rase campagne 175
• itinéraires variables
Ce type d'itinéraire est utilisable quand deux itinéraires de caractéristiques com-
parables existent entre deux villes.
B C D
A
Panneau ......__ _...J
variable
indiquant D par
l'un ou l'autre
des itinéraires
Entre B et C, la ville D est jalonnée sur les deux itinéraires mais, à un instant donné
la ville D est en fait jalonnée soit d'un côté , soit de l'autre, grâce à un panneau de direc-
tion variable placé en B.
• lnformation
Il n'est pas toujours indispensable de donner des indications aussi précises aux
usagers.
Une simple information (par tract, ou P.M.V., ou radio) peut parfois suffire à répar-
tir une partie de trafic.
• Répartition modale
Bien que cela ne soit pas encore répandu, on peut aussi conseiller des transferts
d'un mode sur l'autre, soit avant le début du voyage soit, mais cest plus difficile, pendant
le voyage (park and ride ; en milieu périurbain, par exemple, en cas d'encombrement
signalé, on laisse sa voiture dans un parc-relais, et on prend les transports en commun).
Maintien de
Gestion du trafic Aide au déplacement
la viabilité
lnformation Information
Information d'alerte d'annonce de événementielle
de proximité mesures
Fig. 3 : L e rôle de l'information dans les missions du S.D.E.R. (cette représentation sché-
malique ne vise pas à fournir des prop ortions précises, mais à donner une idée générale).
Il.4- L'évaluation
Il peut paraître incongru d'évoquer l'évaluation ici. En fait, il est essentiel, dans
toutes les opérations telles que celles indiquées ci-avant, de procéder à une évaluation .
Il faut cependant être bien conscient qu'il y a différentes évaluations possibles ; les
évaluations peuvent en effet être techniques ~e système marche-t-il, oui ou non ?), opéra-
tionnelles ~e système en service a-t-il l'impact attendu sur le trafic ?) ou encore écono-
nùques (quel est le gain procuré par le système en question, rapporté à son coût) ; à noter
que, dans ce dernier cas, la rentabilité peut être évaluée pour la collectivité dans son
ensemble ou seulement pour l'exploitant.
A la base de tout se trouve le recu eil de données. Ces données peuvent être utilisées
en temps réel ou en temps différé ; elles peuvent de plus être recueillies manuellement
ou automatiquement
Chapitre 20: L 'exploitation de la route en rase campagne 177
Les principales variables que l'on veut mesurer sont le débit, la vitesse, et le taux
d'occupation.
Pour cela, on dispose de capteurs pneumatiques (envoie de disparition, du moins
sur les routes importantes), de capteurs à boucles électromagnétiques (à noter le pro-
gramme très important lancé par l'État, avec environ 2000 stations "SIREDO" de recueil
de données, sur les routes nationales), de capteurs à ultrasons ou infrarouge, de radars à
effet Doppler.
De nouveaux types de capteurs, faisant appel à la vidéo, apparaissent aujourdhui.
En plus des capteurs recueillant ces données élémentaires, on peut maintenant dis-
poser de détecteurs a utomatiques d'incidents (cf. ci-après) ou de bouchons.
Bien entendu, en plus de ces recueils plus ou moins automatisés, figurent aussi dans
la liste: les patrouilles, les observations aériennes, et le RAU. (réseau d'appel d'urgence).
/11.1.3 - Conseil
La tentation est souvent grande de recueillir un maximum de données ( a u cas
où ...). Il faut cependant veiller à ne pas être noyé sous un recueil de données sans réel-
le utilité. Pour cela, on doit. toujours se poser les questions suivantes :
• quelles données recueillir, avec quelle périodicité, où, etc. ?
• qui utilisera les données et comment ?
• quel sera le coût de ce recueil ?
- signalisation horizontale,
- signalisation verticale,
- éclairage,
- équipements relatifs au péage,
- autres équipements.
A noter que les autres équipements sont très nombreux, citons seulement : têtes
d'aqueduc - bandes rugueuses - ralentisseurs - séparateurs bus et deux roues - écrans anti-
éblouissement - lits d'a rrêt - clôtures - protection contre les avalanches - perches à neige -
dispositifs anti-congères - filets sur talus - miroirs - bornes ou dispositifs similaires - équi-
pements pour la faune, etc.
Le choix entre différents réseaux résulte d'études dont les critères sont :
- techniques (aptitude du support ou du réseau à transmettre avec sécurité, dans
un délai approprié, les types et les volumes de données nécessaires),
- économiques (coût de l'investissement- notamment en cas de choix de liaisons
privées -, mais aussi d'exploitation - coût d'abonnement pour les réseaux loués, coût de
maintenance pour les liaisons privées -).
Une place importante est tenue aujourd'hui par les P.M.V., pour lesquels il est
nécessaire de donner quelques détails. (Cf. paragraphe ci-après).
Les P.M.V. sont un élément important pour le passage du S.D.E.R. (schéma direer
teur d'ex-ploitation de la route) à la vie de tous les joUIS; en effet, les P.M.V. remplissent
des rôles dans les divers d omaines du S.D.E.R.; en particulier, ils peuvent jouer des rôles
aussi différents qu'alerter, prescrire, conseiller, guider, inciter ou informer.
Les P.M.V. sont, en fait, intégrés à une chaîne (cf. fig. 4) où l'usager a une place
essentielle :
Le souci de l'u sager doit conduire à ce que les messages affichés soient :
- vus: pas de panneaux se masquant les uns les autres ou trop peu luminelLx, par
exemple,
- lus : il faut donc limiter strictement le nombre de mots (7 est un maximum),
- compris : en particulier, la syntaxe à utiliser est à étudier avec soin,
- crédibles : les P.M.V., qui ont aujourd'hui un fort capital-confiance, doivent n'af-
ficher que des messages crédibles, faute de quoi ils seront rapidement dévalorisés,
- utiles :il convient aussi de ne pas encombrer l'usager avec des informations sans
intérêt pour lui.
Chapitre 20 : L 'exploitation de la route en rase campagne 181
Doit pouvoir
à tout moment
Doit permenre de afficher un message
détecter toutes les qui doil être lui-même:
perturbations que vu
l'on souhai1e LU
annoncer ou 1raiter COMPRIS
CREDIBLE
UTILE
Le souci de l'usager, tel qu'e..x primé ci-avant, impose de disposer d'outils de recueil
et de traitement des données, de bonnes prévisions d e trafic, de m oyens de transmission
fiables, etc.
Cela impose aussi d'avoir mis sur pied des stratégi~ de communication cohérentes
tenant compte des différents modes (P.M.V., radios, etc.) et de faire en sorte que les maté-
riels eux-mêm es soient parfaitem ent maintenus (maintenance matérielle, bien sûr, mais
aussi maintenance "traficielle" - cette dernière étant destinée à veiller à la bonne adap-
tation des P.M.V. aux problèmes de trafic, lesquels peuvent être rapidement évolutifs).
Afin de garantir la qualité des produits qui sont implantés sur les voies ouvertes à
la circulation publique, l'utilisation des P.M.V. est réglementée, au même titre que
d'a utres équipements de la route, selon des conditions générales d'homologation, dans le
cadre d'une procédure mise en œuvre par le Service d'Etudes Techniques des Routes et
Autoroutes (S.E.T.R.A ). Un répertoire des produits homologués est édité chaque année.
Les P.M.V. homologués sont les seuls que l'on doit trouver sur la voie publique.
Les technologies pour lesquelles des panneam:: sont hom ologués sont assez
nombreuses : prismes tournants (horizontaux ou verticaLLx), fibres optiques, éléments
électromagnétiques pivotants, diodes électroluminescentes. Chacune de ces technologies
présente des avantages et des inconvénien ts spécifiques.
182 COURS DE ROUTES
A noter que les gestionnaires de voiries sont très variés : D.D.E., services techrùques
départementaux ou des villes, sociétés autoroutières.
Les organisations sont évidemment très variables, dans chacun des organismes ci
dessus. On donnera seulement ici un éclairage sur les D.D.E . et les Centres Régionaux
<l'I nformation et de Coordination Routières (C.R.I.C.R.).
Les D.D.E. ont actuellem ent des C.D.E.S. (Cellules Départem entales
d'Exploitation et de Sécurité) ch argées de ces problèm es.
Mais ces services ne fonctionnent que pendant les jours et les heures ouvrables.
C'est pourquoi on a entrepris de doter toutes les D.D.E. d'une "veille qualifiée", pour per-
mettre un minimum d'actions les samedis et dimanches et la nuit.
Par ailleurs, les D.D.E. ayant à subir d'importants problèmes de trafic se verront
dotées de C.I.G.T. (centres d'i ngénierie et de gestion du trafic), pour gérer, soit le réseau
national du département (c'est le cas d'OSIRIS, centre installé à Albertville, pour l'en-
semble de la Savoie), soit une voie, ou un ensemble de voies (exemples: SIRIUS pour la
gestion des voies rapides de l'ile de France ou CORALY pour les voies rapides de l'ag-
glomération lyonnaise) ; dans tous les cas, cette gestion doit se faire en liaison étroite avec
tous les acteurs concernés.
Les D.D.E. ont à faire face à différents événements, récurrents ou non ; pour cela,
différents plans sont élaborés (plan PALOMAR, plan ORSEC, plan "crues", plan d'inter-
vention et de secours, plans de gestion du trafic...).
Il faut enfin noter que l'organisation en D.D.E . est en train d'évoluer considé-
rablem en t; en plus de la veille qualifiée et des C.I.G.T., des patrouilles de surveillan-
ce du réseau pourraien t être instaurées, tandis que des évolutions en m atière de sta-
tut et de rémunération devraient permettre W1e plus grande présence sur le terrain
d'agents spécialisés.
Les implantations locales des différents ministères (par exemple les 4 000 bri-
gades de gendarmerie), mais aussi les sociétés d 'autoroute, envoient en permanence des
informations à ces centres qui disposent ainsi d'informations en temps quasi-réel sur la
circulation.
Ces informations servent, d'une part, à informer les usagers de la route (directe-
ment, par réponse au téléphone, mais aussi par l'intermédiaire de l'ensemble des médias
-radio, presse, télévision, etc.-) et, d'autre part, à informer les autorités.
A noter aussi que les C.R.I. C.R. ont aussi pour rôle de préparer les mesures de ges-
tion de trafic pouvant être prises pendant les périodes dites 'de crise', et de conseiller les
autorités au cours de ces périodes.
Bien entendu, des moyens informatiques très puis.5ants sont nécessaires pour
accomplir ces missions.
V - LA SIGNALISATION
V.1 - Généralités
On distingue généralement :
-les panneaux de prescription (ex: les limitations de vitesse),
-les panneaux de danger (ex: virage),
- les panneaux de priorité (ex : stop),
-les panneaux de direction (ex: panneau de présignalisation, avant un carrefour),
- les panneaux d'indication (ex : relais d'information-service, appelés encore
"Points i"),
- les panneaux temporaires (ex : travaux),
- les panneaux d'exploitation (ex: itinéraire bis).
184 COURS DE ROUTES
On peut également citer les panneaux de [Link] à niveau, les panneaux touris-
tiques, les marquages, le balisage etc.
De plus, certains panneaux peuvent être rendus variables ; les P.M.V. présentent
des messages variables dans le temps.
Pour que tous ces panneaux et autres systèmes puissent contribuer à la sécurité (et
à l'exploitation), il est nécessaire que certains principes de base soient respectés :
• Uniformité
L'uniformité implique l'interdiction d'utiliser, sur toutes les voiries, des signaux non
réglementaires.
• Homogénéité
Lhomogénéité exige que, dans des conditions identiques, l'usager rencontre des
signaux de même valeur et de m ême portée, implantés suivant les mêmes règles.
• Simplicité
La simplicité s'obtient en évitant rme surabondance de signaux qui fatigue l'atten-
tion de l'usager, lequel tend alors à négliger les indications données ou même ne peut les
lire, les comprendre ou les enregistrer.
• Continuité
Il s'agit d'un principe de signalisation directionnelle, qu'on pourrait aussi appeler
principe de [Link] : quand un usager a été 'accueilli' sur le réseau avec rme mention,
la politesse exige de le guider jusqu'à cette mention !
• Cohérence avec l'usage
Permet d'avoir rme signalisation crédible.
• Cohérence avec les règles de circulation, avec la géométrie de la route, et cohé-
rence d'ensemble de toutes les signalisations
• Qualité des produits utilisés et respect des normes
Par exemple, critères de visibilité la nuit.
• Valorisation
Ne placer que les panneam: jugés utiles. Un principe évident .... en apparence.
• Concentration / lisibilité
Il s'agit là de deux principes antagonistes ; il faut regrouper les panneaux, sous
réserve de ne pas nuire à leur lisibilité.
• Pose correcte
La qualité de la pose et sa maintenance sont des facteurs essentiels de la crédibi-
lité de la signalisation.
Il faut y ajouter encore un dernier principe : la nécessité d'une vue d'ensemble sur
la totalité d'un axe ou d'un département.
Il est par ailleurs indispensable de veiller de près aux effet pervers (voir le chapitre
19 de l'ouvrage 'Sécurité des routes et des rues' qui figure en bibliographie) et de s'assurer
que la qualité de la signalisation sera maintenue au cours du temps.
a) Que signaler ?
La règle de base est que l'on signale les pôles générateurs de trafic, qu'il s'agisse de
villes, de stations de ski, de centres commerciaux, etc.
Bien entendu, il y a des critères de classement adaptés à chaque cas. Cinq classes
ont été déternlinées, approximativement dans une progression géométrique de raison 5.
Les trois classes supérieures correspondent, schématiquement, à des villes de plus de
21 000 habitants (pôles verts).
En plus de ces pôles classés, on a retenu aussi des pôles non classés (correspondant
à des villages de moins de 640 habitants ; ce nombre n'a pas été fixé au hasard : quand
on a établi la "granulométrie" des communes françaises, on s'est rendu compte qu'il y
avait un "creux" au voisinage de ce nombre dhabitants, d'où ce choix), ainsi que des men-
tions touristiques.
Enfin, certains faibles générateurs de trafic n'ont pas été retenus comme éligibles
sur des panneaux de signalisation (exemples: les commerces, les cinémas... ).
Une fois les pôles générateurs de trafic "signalables" déterminés, on tisse une toile
les reliant : c'est le réseau clas.5é, avec, là encore, 5 classes. Les réseaux les plus élevés sont
dit réseaux verts.
De nombreuses règles techniques, plus ou moins mathématiques, permettent de
déterminer le réseau définitif.
A partir de ces éléments, on établit ce qu'on appelle des "fiches - carrefour", dres-
sant, pour chaque mouvement de chaque carrefour, la liste des mentions '\,iisnalables".
La plupart du temps, il est nécessaire de procéder à des suppressions, pour res-
pecter le principe de lisibilité (pas plus de 6 mentions par direction, dont 4 au maxi-
mum dans une ""couleur" donnée-voir ci-après-), tout en observant scrupuleusement la
règle de continuité.
D'où une démarche interactive, qui aboutit aux fiches dites "de synthèse", donnant
la liste des mentions à signaler, l'ensemble constituant le schéma directeur de signalisation.
186 COURS DE ROUTES
b ~
"blanche"
/
,~A2 > ,____,___) D
,~B > \ î /
,~c ) panneau 3 fond bleu
+
panneau ~up,éricur à fond bleu (rabattement vers autornutc) autornute à péage
On notera les panneaux verts ou blancs avec symbole autoroutier : ils indiquent
que l'on est sur une route, et que les mentions figurant sur les panneaux peuvent aussi
être atteintes par autoroute.
On notera également que toute la signalisation "vire au bleu" à l'entrée de l'auto-
route (mais le mot "péage" ne figure qu'au carrefour de raccordement).
Encore une dernière précision, au niveau européen : compte tenu de la variété
indiquée ci-avant, l'I.R.F. (International Road Federation) a tenté en 1989, une démarche
auprès de la Commission Européenne, pour aboutir à une unification européenne. Cette
démarche n'a pas abouti. De même, la France, durant sa dernière présidence de la
Commission (1"' semestre 1995) avait souhaité quune résolution fût prise dans ce sens,
mais elle n'a pas été suivie par les autres Etats membres...
La signalisation est un vaste sujet. Elle fait appel à des techniques très variées : on
peut en effet la considérer comme un simple objet technique, comme un élément essen-
tiel de la politique db-ploitation
.. et de sécurité routière, comme un élément de l'a ména-
gement du territoire et, pourquoi pas, comme le langage de la route...
VI - LA ROUTE "INTELLIGENTE"
Bien entendu, les préoccupations économiques sont très présentes, et il est pro-
bable qu'une concurrence acharnée se livrera bientôt, à l'échelle de la planète, sur ce
"creneau
, ,,.
Les domaines dans lesquels s'exerce l'I.T.S. (Intelligent Transport System) sont les
suivants :
- information routière et guidage,
- gestion de la demande et gestion de la circulation,
- péage électronique,
- gestion des secours,
- aides à la conduite ,
- transports publics et gestion des flottes commerciales.
188 COURS DE ROUTES
Il ne saurait être question de tout développer ; par contre, quelques exemples sont
de nature à montrer l'i ntérêt du domaine et - c'est loin d'être négligeable - la variété des
métiers qu'il impliquera dans les prochaines années.
Il est aujourd'hui possible de recevoir , soit par R.D.S. (Radio Data System), soit par
une transmission à courte portée utilisant des balises, des informations routières directe-
ment dans son véhicule.
Les systèmes peuvent être unidirectionnels (ex. : R.D.S.) ou bidirectionnels (ex. :
balises infrarouge - radio-téléphone cellulaire, utilisant les satellites-) ; dans le premier cas,
l'information ~'i: générale, dans l'autre elle peut être personnalisée (dialogue possible).
Ces systèmes peuvent être couplés à des systèmes de guidage statique (c'est-à-dire ne
prenant pas en compte les événements routiers), qui guident le conducteur désirant aller
de A à B, à chaque point de choix du trajet Le système qui en résulte est un système de
guidage dynamique, qui permet du moins théoriquement - dutiliser le trajet le plus rapi-
de pour aller de A à B (ou le plus touristique ou le plus autoroutier, etc.).
Ces systèmes se sont d éveloppés au Japon depuis 1983 ; début 1996, plus de
1 000 000 de systèmes de guidage statique avaient été vendus.
La France dispose maintenant, grâce au système visionaute (ex. : CARMINAT ),
développé notamment par Renault, dune gamme de produits, en première monte ou en
accessoire, allant du simple terminal alphanun1érique d'infom1ation, au système de gui-
dage le plus sophistiqué (gamme de prix: de 2 000 à 20 000 Francs).
• Gestion de la demande
Aujourdhui, on se rend bien compte que la demande ne pourra pas toujours être
satisfaite en totalité et qu'il faudra l'étaler. Pour cela, il faut inciter les usagers à modifier
leurs heures ou/ et leurs jours de départ, voire même leur itinéraire ou le m oyen de trans-
port qu'ils avaient prévus.
Des systèm es télém atiques tels que l'a udiotex, Ie vidéotex, les hom es d'information
dynamique peuvent permettre de contribuer à cet étalement de la demande (c'était
l'objet du projet européen DESPINA).
• Gestion de la circulation
On s'imagine généralement qu'il suffit d'installer des caméras et des moniteurs pour
surveiller efficacement un réseau ; en fait, il n'en est rien, car les opérateurs chargés de
swveiller les moniteurs se fatiguent très vite... et ne détectent plus rien.
Il est donc nécessaire de développer des systèmes qui, par des alarmes, alertent les
opérateurs d'un événement potentiellement dangereux (exemple : un véhicule s'arrêtant
sur la BAU -bande d'a rrêt d'urgence - ou ralentissant à l'excès sur une voie de circula-
tion). Ces systèmes doivent, de plus, avoir des taux de fausses alarmes très réduits, de
manière à conserver leur crédibilité auprès des opérateurs.
Autre domaine où la télématique a ouvert de nouvelles possibilités : la gestion du
trafic par mauvaises conditions météo : l'alliance de capteUIB météo, d'ordinateurs et de
P.M.V. (panneaux à messages variables) permet de réduire les risques par pluie ou
brouillard, grâce à une diminution des vitesses et une meilleure homogénéisation des flux
de vélùcules.
Dans ces deux domaines, le projet européen [Link] a ouvert d'intéressantes
perspectives.
• Péage électronique
Une meilleure efficacité des secours peut provenir de moyens d'i nformation per-
fectionnés, et aussi de systèmes de localisation type G.P.S. (Global Positioning System, uti-
lisant les satellites) permettant à une 'base' de gérer l'ensemble des véhicules de secours.
On peut même envisager (ex. du projet SOCRATES) qu'un véhicule accidenté émet-
te automatiquement sa position.
• Aides à La conduite
Ces aides électroniques commen cent tout juste à ém erger : systèmes anti-colli-
sion, éclairage nocturne renforcé, suivi d e trajectoire, correction automatique des
effets du vent, etc.
190 COURS DE ROUTES
• Transports publics
Une information est de plus en plus demandée par le5 usagers de5 transports
publics. C'est ainsi que se développent des système<; permettant d'informer en temps réel
le5 usagers sur l'heure du prochain bus, son retard par rapport à l'horaire prévu, etc.
Cette information est disponible aux arrêts de transports en commun. Mais elle
sera bientôt disponible également sur de5 terminaux embarqués (pour faciliter l'usage de5
parcs-relais - park and ride-), et dans des terminaux domestique<; (pour pouvoir faire son
choix modal avant de partir de chez soi).
VII - CONCLUSION
Le domaine de l'exploitation de la route est varié ; il est de plus dans une période
de forte évolution. Cette évolution est tout à la fois :
Chapitre 20: L 'exploitation de la route en rase campagne 191
BIBLIOGRAPHIE
Les mesures de gestion du trafic s'appuient le plus souvent sur des actions de poli-
ce et mobilisent les moyens des services concernés. Elles se traduisent soit par une signa-
lisation (balisage, jalonnement des itinéraires de d élestage), soit par des prescriptions
directes des forces de police. Elles comprennent également les signalisations dynamiques
telles que panneaux à message variable, feux d'affectation ou de neutralisation de voies,
contrôles d'accès...
Chapitre 21 : L 'exploitation en milieu urbain 195
Les actions d'informations se traduisent par des messages et des conseils diffusés
par les médias (radio par exemple). Certains de ces médias sont mis en oeuvre direo-
tement par les services participant à l'exploitation de la route (Minitel par exemple);
la plupart d'entre eux sont mis en oeuvre dans le cadre d'actions plus larges (presse,
radio, télévision).
Les ministères de la Défense, de l'Intérieur et de !Equipement se sont associés dès
1968, pour créer le Centre National d'information Routière complété par 7 centres régio-
naux (C.R.I.C.R.).
Dès qu'un événement ayant des répercussions sur la circulation est détecté par les
hommes du terrain, ceux-ci transmettent le message au C.R.I.C.R. par les moyens dont
ils disposent :
- radio, téléphone mobile, téléphone, télex, télécopie ...
- DIADEME le réseau de télex de la police,
- SAPHIR le réseau informatisé de la gendarmerie qui utilise des terminaux fixes
ou embarqués.
Dans le cadre juridique actuel, les pouvoirs de police sont confiés aux Maires en
agglomération (hormis sur les voies classées à grande circulation) et aux Préfets dans
le cas contraire.
196 COURS DE ROUTES
Il en est ainsi pour l'e xploitation du réseau routier national, qui ne sollicite que très
marginalement les réseaux des collectivités locales.
Il n'en est pas de même dans les aires métropolitaines où une même mesure d'ex-
[Link] peut concerner des voies dont la responsabilité incombe à des autorités diffé-
rentes Préfet ou Maire.
Mais est à l'étude la définition d'u n schéma directeur d'exploitation d'aire métro-
politaine qui constituera un cadre pour l'o rganisation de l'exploitation par chacune des
collectivités territoriales de l'agglomération.
Il faudra définir le contenu de ces schémas, leur méthode d'élaboration, les procé-
dures d'arbitrage, d'approbation et de mise en oeuvre, le contrôle de la confornùté des
décisions par rapport au schéma.
Il est évident que cette démarche doit associer les collectivités (communes et dépar-
tements) et l'Etat tant dans l'élaboration que dans la prise d e décision.
II - LE CONTEXTE
On compte en France environ 35 000 carrefours à feux, le ratio par ville est en
moyenne approximativement de un carrefour à feux pour 1 000 habitants. La majorité
est équipée de contrôleurs à microprocesseurs, les autres étant électroniques ou excep-
tionnellement électromécaniques.
198 COURS DE ROUTES
La réalisation des plans de circulation depuis les années 1970 a été l'occasion d'é-
quiper et de moderniser de nombreux carrefours notamment en les [Link] à des
systèmes de régulation centralisés du trafic. Aujourdhui pratiquement toutes les villes de
plus de 20 000 habitants disposent de systèmes de coordination des feux de circulation.
Les bénéfices à attendre d'u n système de régulation centralisé du trafic urbain sont
de nature différente selon les objectifs poursuivis :
- réduction des temps de parcours et du nombre d'arrêts des véhicules dans la cir-
culation générale,
- réduction de la consommation de carburant et de la pollution,
- amélioration du service rendu par les transports collectifs, par la mise en oeuvre
de priorités spécifiques globales ou localisées sur des carrefours,
- possibilités de gérer des situations exceptionnelles (priorité pour les véhicules de
secours),
- contrôle en temps réel du bon fonctionnement et aide à la maintenance des
équipements,
- constitution d'un obseIVatoire de la circulation avec la possibilité d'élaborer
automatiquement en permanence des indicateurs permettant de connaître les condi-
tions de circulation et leurs évolutions.
Concrètement les gains sont très variables selon la situation initiale, les objectifs
visés et leurs caractères plus ou moins volontaristes.
Souvent plusieurs aménagements sont faits en même temps :
- redéfinition du plan de circulation,
- optimisation de l'aménagement et du fonctionnement des carrefours à feux
isolément,
- coordination d'un ensemble de carrefours.
A titre indicatif, l'é quipement en feux d\.ln carrefour coûte quelques centaines de
milliers de francs (hors aménagement géométrique), un système de gestion centralisée
quelques millions de francs Oe ratio de base étant de 50 à 100 000 francs par carrefour
pour un système gérant une centaine de carrefours), mais il peut y avoir une part impor-
tante de génie civil pour l'établissement d\.ln ré.seau de [Link] spécialisé.
Ce coût dépend aussi du degré de sophistication du système, adaptivité temps réel
totale ou partielle, prise en compte des transports collectifs etc.
Le coût de maintenance à prévoir chaque année pour les équipements dyna-
miques est de l'ordre de 10% de leur coût d'installation.
La régulation du trafic est un outil au service d\.lne politique de gestion des dépla-
cements ; un même système peut être utilisé selon les cas à assurer la fluidité du trafic
ou bien à donner la priorité aux autobus, à prévenir et limiter les effets de la saturation
ou encore à favoriser certains itinéraires ; elle est un outil au service d\.lne politique qui
doit affirmer ses choix au travers de plusieurs critères parlois antagonistes.
- La capacité d\.ln réseau de carrefours à feux est déterminée par celle des car-
refours les plus critiques ; c'est donc par des mesures d'organisation et d'aménagement
que l'on peut l'augmenter.
- La saturation : l'action de la régulation du trafic sur la saturation est de sup-
primer les saturations partielles qui résultent de durées de vert mal réparties et de rete-
nir la saturation hors des zones critiques po~ éviter le blocage des points sensibles du
réseau. En d'autres termes, la régulation est un excellent outil d'optimisation pour accom-
pagner un plan de circulation, mais elle ne peut en tenir lieu .
- La vitesse de circulation : les temps de parcours diminuent avec la réduction
des temps perdus du fait de la congestion.
En fluide, il ne s'agit plus de minimiser les retards pour l'ensemble des usagers ; on
p eut par contre établir des coordinations axiales de plusieurs carrefours (onde verte).
Le choix dune vitesse de coordination inférieure à 50 Jan/ h pourra être fait dans
le but de générer une conduite apaisée chez les usagers.
- La sécurité routière : elle résulte d'un vaste ensemble de m esures qui montrent
l'intérêt que porte le gestionnaire à son réseau et parmi lesquelles la régulation du trafic
ne représente que l\.ln des aspects. I.:utilisation de cycles longs (durée supérieure à 90') est
dangereuse car elle multiplie les infractions des piétons et des automobilistes, de même
les fonctionnements complexes (décalages à la fermeture, escan1otages de phases) per-
turbent la compréhension qu'a l'usager du fonctionnement du carrefour et doivent donc
être utilisés avec une lisibilité [Link].
Le réseau de voies rapides d'ile de France (voir .fig. 1) [Link] menacé d'asphyxie par les
encombrements qui croissent de 15% par an en moyenne et représentent 80% du total
des pertwbations recensées en France.
A13
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largement appel aux nouvelles technologies notamment dans le domaine des télé-
communications et dans celui de l'informatique.
Ce système, le premier installé en France est l'aboutissement de compétences
acquises depuis 15 ans en Ile de France.
On peut citer :
- les premiers contrôles d'accès et opération corridor sur Al en 1975,
- les opérations de régulation du trafic en heure de pointe du matin appelées
"Matin d'ile de France" sur Al, A3, A6 et A13,
- la Détection Automatique d'Incidents (DAI.) expérimentée sur Al en 1982,
- les expériences de régulation du trafic en retour de week-end sur A6 en mai 1982,
avec annonce automatique de bouchons,
- la mise en service des premiers Panneaux à Messages Variables (P.M.V.) sur Al-A3
et A6a-A6b en 1988,
- en 1988, la réorganisation des services chargés de l'exploitation, à savoir l'attri-
bution au seul Directeur Régional de l'Equipement d'Ile de France de la mise en oeuvre
de la politique d'exploitation des voies rapides et création du Service Interdépartemental
d'Exploitation Routière (S.I.E.R.) qui a pris en charge cette mission.
Description de SIRIUS
PMV
Capteurs Feux d'affectation
Contrôle d'accès
Frontal HP 9000/360
(DAI-DAB) PMV
Feux d'affectation
Cycles contrôles d'accès
Serveur HP 9000/825 .......+---+~ Messages
• données (RAD)
• système expert
Réseau Ethernet
6 postes opérateursL___J
L____:_J
HP 9000/345
4 profils : trafic/système/analyse/maintenance
les stations ne sont pas dédiées à un profil
SIRIUS gère automatiquement les panneaux à messages variables, qui sont le sup-
port le mieLLx adapté pour renseigner les conducteurs sur les conditions de circulation et
sur tous les événements inhabituels (accidents, travaux. .. ).
Les panneaux placés en amont des points de choix {échangeurs, principales
entrées et sorties), permettent aux conducteurs de décider immédiatement du m eilleur
itinéraire à suivre et donc de rrùnimiser leur temps de parcours.
En outre œ m atériel répond aussi à un objectif de sécurité en prévenant les
conducteurs de l'existenœ d'éventuels obstacles.
Ces panneaux permettent également de guider sur le meilleur itinéraire les flux de
transit lors des grandes nùgrations ou manifestations exœ ptionnelles.
Les informations diffusées par SIRIUS sont relayées par d'autres médias tels que
radios locales, Minitel, répondeur vocal, systèmes embarqués dans les véhicules....
Chapitre 21: L 'exploitation en milieu urbain 203
PAIS
0 (Poste avancé d'intervention
et de surveillance)
PCG
"\7 (Poste de coordination
général)
0 PAISDDE
Genas
PAIS AREA
Nances
0
50 000 vhl/j
Ces voies appartiennent à cinq maîtres d'ouvrages différents et sont gérées par
quatre exploitants, trois sociétés d'autoroutes ([Link].R.R., AS.F., ARE.A) et la D.D.E.
pour les autres tronçons. Les maîtres d'ouvrage se sont entendus pour construire un outil
commun de gestion du trafic ; leurs obligations respectives sont décrites dans une conven-
tion de construction et d'ex-ploitation.
L'opération CORALY telle qu'elle apparaît dans l'avant-projet sommaire s'élève à
315 MF (2 MF / Km), mais bon nombre d'équipements antérieurs ne sont pas comptés
dans cette somme et la réalité est sans doute plus proche de 500 MF (plus de 3 MF/ Km).
Chapitre 21: L'exploitaJion en milieu urbain 205
Globalement les gains de temps pour les usagers sont considérables ainsi on a pu
évaluer que sur un été 280 000 heures avaient été écon omisées, ce qui représente pour
un coût du temps de 50 F/ heure un gain de l'ordre de 14 MF.
1/1.1.1 - Généralités
La mise en place de feux tricolores à un carrefour a pour but et pour effet de
séparer dans le temps les mouvements les plus conflictuels. Il en résulte une première
conséquence :
- puisque le temps se charge de régler les conflits, ce n'est plus à la géométrie de
le faire comme avec les autres carrefours,
- le carrefour à feux a donc une géométrie qui lui est propre et qui se résume
en un seul principe : la dimension de la zone des conflits doit être la plus réduite
possible (voir fig. 4).
Zone de conflits
Carrefours
sans feux
Carrefours
avec feux
Fig. 4 : La zone des conflits doit être aussi réduite que possible
Chapitre 21: L'exploitation en milieu urbain 207
De ce fait, pour assurer une capacité homogène sur un itinéraire entre les sections
courantes et les carrefours, on est fréquemment amené à créer des voies supplémentaires
aux entrées des carrefours sur des longueurs de 50 à 100 m.
Un itinéraire régulé par feux est donc souvent constitué par une succession de
\.entres' et de 'noeuds'. Cette géométrie variable des itinéraires doit conduire l'a ménageur
à réaffecter l'espace public disponible en section courante, soit au stationnement soit à
un terre-plein central. Si l'espace affecté à la circulation n'a pparaît pas clairement justifié
le stationnement vient naturellement combler les vides : il est donc important d'organi-
ser physiquement le stationnement en même temps que l'o n réaménage un carrefour.
Véhicule/Piéton
_JL _jl_
iji Véhicule/Piéton ► IÏI /
l11r
J1L
~
_j L
7 7
Véhicule/Piéton
1 ___ Véh<,le/Véh;~
Phases_péciale
Tourne a gauche
ou décalage à la
fermeture de vert
_Jy L _J-: _ .: .L
· ·►
----.. ·-·
Ils sont calculés avec les vites5es réglementaires de 10 m/s pour les véhicules et de
1 m/s pour les piétons. Ce qui revient à dire que dans un carrefour de 30 m de long on
aura un temps de rouge (en croix) de 3 s.
Ces vites5es peuvent être réduites en fonction de conditions particulières : école,
hôpital...
- l'enchaînement des phases séparées chacunes de leurs temps de dégagements
constitue le cycle.
ORANGE
VERT i- ROUGE
_J~
PHASE1 ,1
_J ~
----' -i
PHASE 3
Fig. 8 : Phase spécial.e à l'indonési,enne sur deux entrées opposées si, la géométrie le permet.
Cette solution, préjudiciable à la sécurité des piétons, doit être retenue en dernier
et doit s'accompagner d'un aménagement des traversées piétons en deux temps avec un
îlot central.
Lorsque l'on est en présence de carrefours compliqués, soit à cause d'un nombre
élevé d'entrées ou de problèmes critiques d'écoulement des tourne-à-gauche, l'aménageur
doit chercher à simplifier le carrefour en faisant :
- des mises en sens unique sortant,
- des interdictions de mouvements tournants.
1 - Recueil de données
Il s'agit d'un ensemble dense de boucles électromagnétiques mesurant les débits, les
taux d'occupation et les vitesses.
Le coût du projet SIRnJS complet est d'environ un milliard de francs pour l'en-
semble des 500 kilomètres de voies rapides, ce qui est à comparer au coût moyen d'une
infrastructure autoroutière en Ile de France qui est d'environ 500 Millions de F / Km.
L'ensemble du systèm e SIRillS coûtera l'équivalent de 2 kilomètres d'autoroutes
urbaines.
216 COURS DE ROUTES
PMV
STATIONS
160MF
DE MESURE
120 MF
EQUIPEMENT CES
30MF
REGULATION D'ACCES
25MF
EQUIPEMENTS COMMUNS
220MF
35%
Le projet CORALY est moins coûteux, environ 300 Millions de F car la densité des
équipements est moins élevée.
D'autres avant-projets annoncent des coûts encore inférieurs, de l'ordre de
200 Millions de F.
- évaluation du service
• amélioration de la sécurité
• améliorations des conditions de circulation pendant les pointes journalières
• améliorations pendant les situations exceptionnelles
• réduction des répercussions en cas d'accident et de chantier
• amélioration du confort des usagers
IV - PERSPECTIVES
La diffusion aux usagers dans le cadre du service public, est une activité de police
qui ne se délègue pas. Les autres types de diffusions dînformation peuvent être payantes
ou concédées.
Le développement du marché de l'information (télématique, systèmes temps réel
divers...) fait croître la demande ex'terne en données. Cette diffusion externe ne fait pas
clairement partie de la mission de service public des organismes publics concernés.
Se pose alors le problème de la commercialisation des données, ainsi que celui de
la protection juridique du patrimoine qu'elles constituent et de la responsabilité des
acteurs.
Depuis plusieurs années, le gouvernement français semble inciter les organismes
publics à commercialiser, ce qui permet de mieux répartir les coûts vers les utilisateurs
concernés.
CARMINAT
Ce projet est un élément du programme Européen EUREKA, cest un partenariat
public ( TDF ) et privé (Renault, Philips, Sagem ... ).
L'objectif de CARMINAT est de fournir a u conducteur un système d'informations
pour accroître la sécurité, optiniiser l'usage du véhicule, fournir une aide au guidage.
Chapitre 21: L'exploitation en milieu urbain 219
Ces systèmes ont été évalu és sur les agglomérations Parisienne et Lyonnaise en
1995.
La commercialisation a commencé en 1996 à des prix s'échelonnant d e 2000 F
à 20 000 selon la version .
Les véhicules sont équipés dune unité portable qui affiche sur un écran digital une
représentation simplifiée du réseau.
Si sur un point de mesure (implanté tous les 2 miles), la vitesse descend en dessous
de 20 miles/ h , cette dégradation est signalée. La valeur de la vitesse est alors indiquée
au p oint correspondant sur le schéma du réseau.
Les données sont fournies par des détecteurs de vitesse à infrarouge installés sur
les passages supérieurs de l'autoroute. L'intervalle moyen entre capteurs est d'environ
1.5 miles.
Les données sont transmises a u centre de régulation qui les diffuse aux véhicules
sous forme de messages radio (système de type alphapage) actualisés toutes les 3 minutes.
Le service TRAFFIC MASTER couvre a ujourd'hui la rocade M25 autour de
Londres ainsi que 1500 miles d'autoroutes et de voies rapides en Angleterre et au Pays
d e Galle.
Le coût du terminal est de 1200 F avec un droit d'utilisation forfaitaire d e 850 F.
Le n ombre d'abonnés s'élève à près de 5000, mais il n e semble pas que l'é quilibre finan-
cier ait été atteint.
SOCRATES
Sa mise au point a été faite sur le site d'essai multi-objectifs de Gôteborg (Suède).
SOCRATES utilise le même principe de guidage que CARMINAT mais le support
de communication route-véhicule est différent : il s'agit du radio-téléphone cellulaire.
Cette différence est fondamentale car le radio-téléphone cellulaire permet une liai-
son bidirectionnelle, et le véhicule peut transmettre automatiquement des données (ses
temps de parcours par exemple).
Pour améliorer la sécurité routière, l'efficacité des transports et réduire leur impact
sur l'environnement:, la Commission des Communautés Européennes a lancé en 1988 le
progranune R&D DRIVE (Dedicated Road Infrastructure Vehicle for Safety in Europe).
La Commission estime que ces objectifs ne pourront être atteints sans la réalisa-
tion dun Environnement Intégré du Transport Routier (!RTE), mettant en oeuvre des
technologies d e l'information et des télécommunications pour la gestion du trafic sur une
grande échelle.
Un programme de trois ans 1992-1994, doté de 800 Millions de Francs, avait pour
objectif essentiel de tester sur site réel des produits innovants.
Dans le cadre de ce programme DRIVE 2, des projets pilotes ont été sélectionnés.
Dans le d omaine interurbain, ces projets sont souvent appelés projets CORRIDOR.
Chapitre 21: L'exploitation en milieu urbain 221
Onze projets CORRIDOR ont été présentés, parmi lesquels deux projets soutenus
par le Ministère de l'Equipement [Link] et PLEIADES (budgets de respectivement
65 et 77 MF) et un projet urbain CffiES.
MELYSSA (MEditerranean LYon Stuttgart Site for ATI) est un projet Fran~
Allemand.
Le site comprend :
- en Allem8t,'7Jle : le réseau autoroutier de la région de Stuttgart,
- en France: l'autoroute Mulhouse-Beaune, l'axe Beaune-Orange et ses prolonge-
ments vers l'Espagne et l'Italie.
Les deux projets, conçus pour être complémentaires, verront la mise en oeuvre de
nombreuses applications innovantes dans les domaines de la gestion du trafic (thème
dominant de [Link]), de l'information des usagers (thème dominant de PLEIADES),
de la gestion de flotte et de fret, et des transports publics.
Le projet urbain CITIF.S (Cooperation for Integrated [Link] management and
Information [Link] Systems).
C'est un projet à participation majoritaire Française ayant un budget de 83 MF.
Les sites considérés sont : la Région d'Ile de France, la région de Bruxelles, le site
de Goteborg.
BIBLIOGRAPHIE
"Gagner du temps sur le temps" René MAYER
La Documentation Française 1988
Revue TEC (fechnologie Environnement Circulation) n° 95 -1989
- ~information routière en France. Georges Klaerr-Blanchard
- Le programme CARMINAT. Alain Sarignac
- Les fonctions nouvelles dans l'aide au déplacement routier et leur place dans la gestion
du trafic.
TEC n° 98- 1990
- SIRIUS, le pari de lïnformation routière comparative dans la gestion du trafic. Yves
Durand-Raucher
TEC n°129 - 1995
- CORALY: où en est-on ? Frédéric RICARD
Carrefours à feux- CETUR 1988
Carrefours à feux - Fiches n ° 1 à 8 - CERTU 1996
Ingénierie du trafic routier. Simon COHEN
Presses des Ponts et Chaussées
Schéma Directeur d'Exploitation de la Route.
Premiers éléments pour l'organisation des services - SETRA 1993
Signalisation routière - Livre 1, 6ème partie
Feux de circulation permanents-JO. Mars 1992
Chapitre 22
SECURITE ROUTIERE. LE RÔLE DE L1NFRASTRUCI1JRE
I - INTRODUCTION
tués circulation
16000
,
,
,•• ..• 16545 600
500
14000 ••• •
,
,• • 400
12000
,,
, -· 300
10000
En 1988, le "Lvre Blanc" sur la sécurité routière est élaboré après une nette dét~
rioration de la situation. Depuis cette date jusqu'à aujourd'hui, une nouvelle impulsion est
donnée à la politique de sécurité routière : instauration du 50 km/h en ville (1989) et
mesures de modération de la vitesse en ville, amélioration du système de contrôle et de sano-
tion, mise en application du permis à points (1992).
En vingt ans, le risque d 'être tué pour les usagers de la route a été divisé par
quatre alors que le volume de la circulation a doublé.
Dans les pays de l'Union Européenne, le nombre de tués a baissé de 20% entre
1975 et 1992. Pourtant, les pays du sud de l'Europe ont vu leur insécurité routière se
dégrader durant cette période (à l'exception de l'Italie) du fait d'un développement rapi-
de de la motorisation sans réelle politique de sécurité. Cette situation évolue plus favo-
rablement depuis 1990 pour le Portugal et surtout pour l'Espagne.
La lisibilité conditionne l'impact de l'a ménagement dune route ou d'une rue sur
la p erception du danger et sur son interprétation, donc sur la conduite (on s'attend à un
virage serré, à la traversée d'un piéton).
En situation de conduite où les contraintes de temps sont très fortes (de l'ordre de
la seconde), le conducteur n'utilise que deux niveaux de fonctionnement pour la prise
de décision :
• le niveau des automatismes (qui s'a cquiert par l'a pprentissage),
• le niveau procédural, transposition de procédures apprises dans des situations
connues.
Plus la scèn e est facile à identifier, plus le conducteur fonctionne au niveau des
automatismes et plus la réponse est rapide.
Agir sur L'infrastructure, c'est corriger des défauts, mais c'est aussi agir sur Le
comportement de L'usager.
g
Autoroutes
vc
RN/RD RN/RD
50% 78%
2 voies - largeur 7 m
autoroutes de liaison
0 1 2 3 4 5 6
L es autoroutes de rase campagne sont 4 fois moins dangereuses que les routes
à 2 ou 3 voies (et les routes à 3 voies sont globalement moins dangereuses que les
routes à 2 voies).
L 'a ccident ty p e est la p erte de contrôle d'u n véhicule généralement isolé hors
intersection.
Ce type d'aœident représente les 2/3 des aœidents sur autoroutes d'où l'i mportan-
ce des dispositifs de retenue.
Il représente 30% à 60% des accidents sur routes. La proportion des accidents aug-
mente avec la dégradation de la géométrie de la route (courbes, accotements, largeur de
chaussée).
228 COURS DE ROUTES
Les accidents en carrefour représentent environ 20% des accidents (mais peuvent
atteindre 70% des accidents sur les déviations d'agglomérations).
Il y a 6 à 7 fois moins de tués dans les carrefours giratoires que sur les autres
types de carre/ours plans.
1 - visibilité :
Pour qu'u n danger soit perçu, il faut d'a bord qu'il soit visible.
La visibilité est un élément particulièrement important en virage, en approche
d'intersections, ....
Il faut aussi que l'i nformation visuelle parvienne à temps pour que l'usager [Link]
adapter son comportement ou exécuter une manœuvre en fonction des événements.
En rase campagne, les temps de visibilité rrùnimaux sont ainsi de 2 à 3 s en vira-
ge et de 6 à 10 sen intersections.
2 - lisibilité :
Comprendre sur quelle route on est.
S'attendre à ce qui risque d'urriver.
La. présence d'un accotement a un effet posù:if sur la sécurité. Une plus grande lar-
geur améliore la [Link]. Le mauvai.s état de l'accotement peut être un facteur aggravant.
Les chocs sur [Link] représentent 10% des accidents et 1/3 de l'ensemble des tués.
m. 4 -Agglomération
Spécificité du milieu urbain :
La rue est un lieu de vie sociale.
1 - complexité :
L'espace urbain est caractérisé par la densité des informations qui sollicitent lusager.
2 - multifonctionnalité :
L'espace urbain est caractérisé par la diversité des usages :
• vie sociale,
• activités économiques,
• déplacements variés.
3 - interactivité :
C'est la nécessaire cohabitation entre vie locale et circulation automobile.
deux-roues
35%
En ville 60% des tués et blessés graves sont des p iétons ou des usagers de
deux-roues.
Pour les piétons, 50% des tués ont moins de 15 ans ou plus de 65 ans.
1 enfant sur 10 de moins de 14 ans est impliqué dans un accident de la [Link].
60%
40%
20%
0%
accidents tués
catégories d'agglomération
La gravité des accidents est plus forte dans les p etites agglomérations.
La p roportion des tués piétons et deux-roues augmente avec la taille de
l'a gglomération.
80%
60%
40%
20%
0%
% de voies % d'accidents
catégories de voies
■ voies principales ■ autres voies
50 % des accidents corporels sont concentrés sur les voies principales qui repré-
sentent 10% du réseau.
70 % des accidents corporels des usagers vulnérables surviennent sur les voies
principales.
1 - visibilité :
• visibilité réciproque entre les différents usagers,
• visibilité aux intersections,
• visibilité aux traversées piétonnes et cyclistes.
2 - lisibilité :
La rue n'est p as une route.
• adéquation de l'aménagement à l'usage,
• traitement des transitions,
• cohérence et homogénéité.
232 COURS DE ROUTES
BIBLIOGRAPHIE
SETRA- Note d'information N°4 Les dispositifs de retenue. Où les mettre ? 1986
SEfRA/CERTU - Sécurité des routes et des rues. 1992
CERTU - Ville plus sûre, quartiers sans accidents. Savoir-faire et techniques. 1990
CERTU - Ville plus sûre, quartiers sans accidents. Réalisations et évaluations. 1994
Observatoire National lnternùnistériel de Sécurité Routière - Bilan annuel. Statistiques
et commentaires, Année 1996.
Chapitre 23
L'ENTREI'IEN ROUI1ER
INTRODUCTION
C'est ainsi que les techniciens routiers ont aujourd'hui en France, à entretenir un
réseau qui approche le million de kilomètres.
I - OBJECT'IFS
Les deux mots "Entretien Routier" permettent à eux seuls de situer les grands
contours du contexte :
Entretien : maintien ou amélioration du "niveau de sen~ce".
Routier : concerne les chaussées et leurs accotements, les dépendances
et tous les équipements.
Les "maladies" dont souffrent les chaussées sont nombreuses et un bon nombre
d'entre elles ont déjà été évoquées dans les différents chapitres consacrés aux techniques
de chaussées (Les Enrobbï à chaud, Les Enduits Superficiels, Les Graves Hydrauliques,
Les Chaussées en béton).
Elles sont caractéristiques des chaussées semi-rigides, oonstituées par une assise
traitée aux liants hydrauliques. Des [Link] espacées de 5 à 40 m se produisent dans la
oouche de grave hydraulique et traversent la couverture bitumineuse. Elles sont d'orien-
tation transversale et l'espacement entre 2 fissures dépend essentiellement de la rigidité
de la grave hydraulique (caractérisée par son module E et sa résistance à la traction Rt,).
Pour cette raison les matériaux les plus rigides sont ceux qui fissurent le plus.
Pour empêcher les venues d'eau dans le oorps de chaussée, on effectue des pon-
tages pour étancher la fissure. Le pontage est réalisé avec un bitume modifié capable de
se déformer sans se fissurer lorsque les dalles se dilatent ou se rétractent en fonction des
variations de température.
pontage
✓
Béton bitumineux
interface •
BB/ G H ----l---------~----------------
-,,, 1)
)
Fissure --+< ) Grave hydraulique
transversale •'>
________ >S __,
'
Sous l'effet du trafic Poids Lourds, la fissure transversale évolue. Elle oommence
par se ramifier dans les traces de circulation (cas lb), puis il se produit des affaissements
avec des remontées de laitance entre les morceaux d'enrobés (cas le). Cette laitance pro-
vient du "broyage" de la partie supérieure de la grave hydraulique qui se transforme en
"boue" ou "laitance" sous l'effet oonjugué du trafic et de l'eau.
Si l'on a eu la sagesse de positionner ce joint dans une zone pas (ou très peu) cir-
culée (par exemple sous une ligne blanche) un pontage sera suffisant pour traiter le
problème.
On retiendra qu'il ne faut JAMAIS positionner une joint longitudinal dans une
trace de circulation et qu'un plan de répandage bien conçu, en utilisant les possibilités
offertes par les finisseurs à rallonges télescopiques permet de trouver une solution satis-
faisante à ce problème.
C'est un cas de pathologie grave qui va souvent nécessiter des travaux importants
et coûteux.
Chapitre 23: L 'entretien routier 237
Elles sont orientées dans toutes les directions ~es anglo-saxons utilisent le terme de
"star-cracks") et se limitent dans la plupart des cas à la surface de la couche de roulement
(fissures de 1 à 3 cm de profondeur). Il s'agit d'un p hénomène de vieillissement du bitu-
me (déjà évoqué dans le chapitre 16 "Les Enrobés à chaud") qui entraîne lors d e chocs
thermiques, l'apparition de petites fissures d e retrait en surface de l'enrobé.
Les études effectuées en France dans les années 80 ont montré que ce phénomè-
ne se produit lorsque le bitume présente les caractéristiques suivantes :
• Pénétrabilité à 25°C _ _ _ _ _ _ __ < à 20 dixièmes d e mm
• Point de ramollissement Bille et Anneau > à 70°C
• Pourcen tage d 'Asphaltèn es _ _ _ __ _ >à20 %
• Température Point de Frass _ _ _ __ 0 >0°C
Cette pathologie qui peut apparaître comme très grave pour le non spécialiste ~a
chaussée est couverte de fissures !) est en fait bénigne. Etant donné qu'il s'agit d 'un phé-
nomène d e surface on peut :
• étancher les fissures par pontages, mais ce n 'est pas très beau!
• réaliser un enduit superficiel ou un BBTM suivant le type
d'infrastructure: c'est une très bonne solution .
• ou encore ne rien faire et attendre un peu !
i
G)·· .. -······
Orniérage par fluage
(ou petit rayon)
±.....
@ t
@ -·········
Usure par pelade
Affaissement de rives
(ou chaussée bombée)
On clas.5e dans cette rubrique toute une série de problèm es qui ont souvent pour
origine un défaut d'adhésivité entre les granulats et le liant bitumineux. On utilise éga-
lement les termes de "plumage" dans le cas des enduits superficiels ou de "pelade" pour
les enrobés à chaud.
Lorsque ces arrachements ne sont pas traités, ils donnent [Link] à la formation
de "rùds de poules", que l'on traite avec de l'émulsion de bitume et des gravillons (point
à temps) dans le cas de trous de faible profondeur ou avec des enrobés à froid ou à chaud
pour les épaisseur plus importantes.
On distingue principalement :
- des remontées de boue : sous l'effet du trafic, de la présence d'eau, des matériaux fins
argileux remontent à la surface de la chaUS5ée par les fissures de la couche de roulement,
- des remontées d 'eau: provenant d'un mauvais drainage du corps de chaussée,
ou de résurgences après les pluies, au travers d'une couche de surface perméable,
- des remontées de Liant : correspondant à un excès de liant (enduits et enrobés à
chaud) ou de mortier (enrobés à chaud). On utilise le terme de "ressuage" principalement
pour les excès de liant, et le terme de "glaçage" pour les enrobés à chaud trop riches en
mortier et qui se "ferment" sous l'effet du trafic Poids Lourds.
- des remontées de Laitance : ce phénom èn e se produit avec des chaussées dont la
couche de base est en grave hydraulique, et la couche de roulement en enrobé à chaud
perméable ou semi-perméable (compacité inférieure à 91/92 %). La présence d'eau à l'in-
terface BB/GH, plus les efforts mécaniques dus au trafic Poids Lourds entraînent un
"broyage" de la surface de la grave hydraulique, produisant des matériaux fins qui
remontent à la surface de la chaussée. La couleur de cette laitance est caractéristique de
certains matériaux (par exemple une coloration verte pour certaines graves-laitier).
Les statistiques montrent que près d'un accident sur quatre se produit sur
chaussée mouillée.
Il est évident que toute amélioration de l'adhérence pneu sur chaus.5ée mouillée
conduit à une amélioration de la sécurité et on conçoit aisément que ce phénomène ne
concerne que la partie supérieure de la chaus.5ée.
La figure 4 qui schématise une roue sur chaussée mouillée présente trois zones :
- la zone de pénétration,
- la zone de transition,
- la zone de contact.
Seule la zone de contact assure l'adhérence.
◄ Vitesse
P = Pénétration
T = Transition
C = Contact
Chaussée
•--.--------.----
1 mm d'usure Pneu neuf
0,8
0,6
0 ,4
0,2
* La H .S. ou hauteur au sable est la mesure de la hauteur moyenne des aspérités du revêtement (voir
paragraphe 111.2.2 ci-après)
242 COURS DE ROUTES
Les résultats de HS varient dans une fourchette comprise entre 0,2 et 3mm. On
trouvera ci-après à titre indicatif une échelle donnant la position des différents revête-
ments a u plan de la H.S.
Grossier râpeux
fYY'\
0,5
Fin râpeux
~
Mauvaise ~ Bonne
IV.1 - Le déflectographe
Vue de dessus
Capteur de déplacement r--i
c=)
Jtc=J✓tre de référence ~ C )
~ ~ Cl
c=)
c=) ---,. .
c=) C)
13 t d = déflexion
Un canùon chargé à 13 tonnes sur son [Link] arrière avance d'une façon continue
à une vitesse de 3 à 4 km/h. Sous le véhicule est disposé un chariot qui glis.5e sur la
chaus.sée et avance par à coup tracté par un système de câbles. Le chariot vient se posi-
tionner au point de mesure (vue A) et reste à l'arrêt jusqu'à ce que les roues des 2 jume-
lages arrières se trouvent au niveau de l'extrémité du bras de mesure.
Les deux bras de mesures subissent une rotation par rapport à la partie avant du
chariot et la mesure de la dé.flexion se fait à l'aide de deux capteurs angulaires. On
obtient ainsi une mesure de dé.flexion tous les 4 mètres avec une valeur sur le coté droit
de la voie, c'est la "déflexion coté rive" et une valeur sur le coté gauche, c'est la
"dé.flexion coté axe".
Cet appareil mesure l'uni (ou le confort) de la chaussée. Il est constitué par une
remorque tractée par un véhicule à une vitesse de l'ordre de 20 km/h pour l'APL 25 (uti-
lisé pour les chantiers) ou de 72 km/h pour l'APL standard dit APL l\TJ3O. Le principe
consiste en la mesure des débattements angulaires d'un bras porte-roue par rapport à un
pendule inertiel. On convertit le signal ainsi obtenu en notes de O à 10 dans 3 gammes
de longueur d'onde.
2m
IV.3 - Le GERPHO
Cet appareil sert à relever les dégradations visibles à la surface de la chaussée sous
la forme de photos. C'est Wl appareil intéressant pour les sections de route très
dégradées avec un trafic très important, ce qui rend les relevés visuels difficiles et dan-
gereux.. Malheureusement l'analyse des images qui se fait manuellement (ou plutôt
"visuellement" !) est longue, difficile et fastidieuse.
Des recherches sont actuellement en cours pour mettre au point un système de trai-
tement automatique d'images numérisées.
Dispositif de freinage
Mesure de l'effort Pneu lisse
~ l m d'eau = 1 mm
F
CFL = -
p
Les CFL mesurés à 120 km/ h avec un pneu lisse et un film d'eau de 1 mm sur les
revêtements varient de 0,1 (revêtement lisse à la limite du verglas) à 0,50 pour les
meilleurs d'entre eux (à titre indicatif le CFL d'un revêtement sec est de l'ordre de 0,7 à
0,8 à 120 km/ h).
Il est d'usage de présenter les résultats des mesures sur le fuseau national "tous
revêtements" (fig. 13 ci-après) qui prend en compte l'ensemble des me,7.1res réalisées en
France depuis plus de 20 ans.
CFL
0.90
0.80
0.70
0.60
0.50
0.40
g""'• décile
0.30
0.20
Emetteur à
source laser
Surfaces
Des corrélations ont été établies entre la mesure "Rugolaser" et la hauteur au sable.
Ces corrélations sont différentes suivant le type de revêtement (par exemple texture nor-
male pour les BB senù-grenus, texture en creux pour les BB drainants et texture en saillie
pour les enduits superficiels).
IV.7 - le carottage
Bien que la carotteuse ne soit pas un appareil d'auscultation des chaussées, c'est
un équipement qui permet :
- de vérifier l'épaisseur des couches et leur collage entre elles,
250 COURS DE ROUTES
- de réaliser des prélèvements pour effectuer des analyses sur les matériaux en place
(teneur en bitume, analyse granulométrique, compacité, résistance mécanique, etc.),
- de faire des prélèvements sur des [Link] et de "voir" ce qui se passe en [Link].
Au même titre que le déflectographe, c'est l'équipement de base pour analyser le
comportement structurel d'une chaussée.
Ils constituent une technique traditionnelle et rustique, mais sont encore très lar-
gement employés sur des dégradations très localisées et de relativement faible épaisseur.
On distingue :
- Les emplois partiels à l'émulsion
Encore appelés "point à temps", il s'agit d'une intervention juste "à temps" qui
consiste à répandre de l'émulsion de bitume et des gravillons sur les dégradations super-
ficielles de la couche d e roulement afin d'en stopper l'évolution, tout en redonnant une
certaine étanchéité.
Réalisée manuellement par une équipe de 4 à 5 personnes avec au moins deux
engins, cette intervention coûteuse et gênante pour les usagers (encombrement de la
chaussée, faible [Link] d'avancement) s'automatise aujourd'hui grâce à un véhicule
unique le "PATA".
Le PATA (acronyme de point à temps automatique) comporte une trémie de stoo-
kage des gravillons, une cuve de stockage du liant, une rampe de répandage d e largeur
variable, et un dispositif de compactage (il faudrait parler plutôt de mise en place) des
gravillons. Cet équipement permet de réaliser un travail de qualité avec une bonne maî-
trise des dosages en liant et en gravillons (on reconnaît facilement les emplois partiels réa-
lisés avec le PATA à la "parfaite" géométrie des "rustines" réalisées).
Utilisé par deux personnes seulem ent, ce nouveau matériel permet d e diviser
par d eux le coût des emplois partiels.
Chapitre 23: L'entretien routier 251
- Les saignées
Les saignées sont des abaissements localisés de l'accotement réalisés perpendicu-
lairement à la chaussée; elles permettent à l'eau qui s'écoule de rejoindre le fossé.
- Le dérasement d 'accotement
Le dérasement d 'accotement consiste à enlever la terre en excès sur la partie suré-
levée de l'accotement pour ramener celui-ci au niveau de la cha ussée.
252 COURS DE ROUTES
C'est un mélange moins coûteux qu'un enrobé à chaud, car il n'est pas nécessaire
de chauffer les granulats et l'enrobage est effectué avec une centrale d'enrobage du type
pour matériaux hydrauliques donc beaucoup plus simple.
On notera que la grave émulsion est un matériau très difficile à compacter (10 à
15 % de vides contre 3 à 7 % pour des enrobés à chaud) et de faible rigidité (modules de
3 000 à 5 000 l\1Pa pour des GE, contre 9 000 à 12 000 pour des graves bitume).
La grave-émulsion n'est pas un matériau de renforcement mais de reprofilage car
c'est un mélange souple et déformable. La couche de roulement doit donc être elle aussi
souple et déformable. Pour cette raison, on n'utilisera pas des couches de roulement
rigides comme les BB semis grenus, les BBM ou les BBTM. L'enduit superficiel est de loin
la meilleure solution (et la moins coûteuse !).
V.2.3- Le rechargement
L'objectif est d'améliorer les caractéristiques de surface (rugosité, uni) mais aussi
d'apporter un complément de structure à la chaussée. Bien que cela ne soit pas "codifié"
on désigne généralement sous le terme de "rechargement" la mise en oeuvre d'enrobés
à chaud dans une gamme d'épaisseur que l'on peut situer entre 5 et 9 cm.
On utilise : -des bétons bitumineux 0/10 ou 0/14,
- des complexes : BB de liaison + BBTM.
V.2.4 - Le renforcement
C'est une opération lourde et coûteuse qui concerne des chaussées "au bout du
rouleau". En général sur l'ancienne structure très dégradée, on ajoute:
- une couche de base de 10 à 15 d'épaisseur en GB ou 20 à 25 cm en GH,
- une couche de roulement de 2,5 à 8 cm d'épaisseur.
La Direction des Routes a mis en place au début des années 1970 une politique
dite des "renforcements coordonnés" qui a consisté en une mise hors gel des principales
routes nationales, l'objectif étant que les itinéraires renforcés [Link] supporter un hiver
rigoureux exceptionnel sans n écessiter la pose de barrières de dégel.
reconstruction totale de la route. Pour effectuer la notation, on procède à des relevés d'é-
tat visuel et à des mesures avec des appareils à grand rendement comme SCRTh1, APL,
PALAS, ou SIRANO (voir paragraphe IV).
On distingue :
- une note "Patrimoine" qui prend en compte la valeur structurelle de la
chaussée basée essentiellement sur l'examen visue~
- une note de "Surface" qui caractérise la chaussée au plan de ses caractéristiques
de surlace (adhérence, orniérage, uni, etc.).
Cette approche permet au maître d'oeuvre de mieux détecter les sections d'itiné-
raires qui souffrent de déficiences structurelles ou de surface grâce à une analyse homogè-
ne sur l'ensemble du réseau routier.
VIlI - CONCLUSION
L'entretien routier doit être le souci permanent et continu de tout gestionnaire
d'un réseau. Tout au long de ce chapitre nous avons souvent fait un parallèle avec l'ac-
tivité du monde médical. Si les enjeux ne sont pas les mêmes, la démarche est souvent
similaire. Un petit désordre soigné à temps restera un petit problème et un bon diagnostic
Chapitre 23: L'entretien routier 255
permettra de bien soigner le "malade" et à moindre coût La visite sur le terrain et l'exa-
men visuel du réseau doit être à la base de toute réflexion.
Les méthodes analytiques et de modélisation des structures beaucoup utilisées
dans le passé ont montré leurs limites, sauf à réaliser beaucoup d'essais longs et coûteux.
Depuis quelques années avec la mise en place de l'IQRN, on est passé à une approche
beaucoup plus pragmatique et basée sur le comportement effectif des chaussées, c'est-à-
dire en regardant ce qui se passe effectivement sur la route.
Dans un pays comme la France, l'ingénieur routier dispose d'une large palette de
produits pour l'entretien de son réseau, la seule difficulté étant de faire le bon choix tech-
nique pour le meilleur coût. On retiendra que chaque technique a son domaine d'em-
ploi et que la technique miracle répondant à toutes les pathologies n'existe pas (sinon ça
')
. ..
se saurait
Dans certains pays en voie de développement (où il n'existe pas encore de véri-
table "culture" de l'entretien routier) les problèmes sont beaucoup plus difficiles à
résoudre car la panoplie des matériaux et liants disponibles est souvent extrêmement
réduite et les coûts très élevés. Très souvent, il faut s'adapter et trouver des solutions fai-
sant appel à l'imagination, à l'astuce et quelquefois à la débrouille (!)... mais c'est ce qui
rend notre métier passionnant !
[Link]
ROUTES
Tome2
sous la direction de
Dominique CHATARD
~
ISBN 2-908016-90-7 PRIX 170F
ENTPE