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109

Chapitre 4
Généralités sur les fonctions numériques

Sommaire
1 Étude d’une fonction réelle d’une variable réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
1.1 Fonction réelle d’une variable réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
1.2 Ensemble de définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
1.3 Représentation graphique de f . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
1.4 Opérations sur les fonctions numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
1.5 Formules de dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
1.6 Monotonie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
1.7 Extremums d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
2 Fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
2.1 Fonctions trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
2.2 Fonctions logarithmes et exponentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
2.3 Fonctions logarithmes et exponentielles en base a . . . . . . . . . . . . . . 126
2.4 Fonctions puissances réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
2.5 Croissances comparées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
2.6 Fonctions sinus et cosinus hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
2.7 Fonctions circulaires réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
3 Compétences à acquérir sur ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137

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110 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

1 Étude d’une fonction réelle d’une variable réelle


¡ →− → −¢
On munit le plan d’un repère orthonormé O; i , j .

1.1 Fonction réelle d’une variable réelle


Définition 1 – Fonction réelle d’une variable réelle
On appelle fonction réelle d’une variable réelle toute application f : A −→ R, où A est une
partie non vide de . R
Pour simplifier on dira que f est une fonction réelle.

B ATTENTION : il faut veiller à ne pas confondre les notations f et f (x). f désigne l’application
et f (x) désigne l’image de x. L’application f peut être aussi notée x 7−→ f (x).

1.2 Ensemble de définition


Définition 2 – Ensemble de définition
L’ensemble définition d’une fonction réelle f est le sous-ensemble de R, noté D f , formé
R
des x ∈ pour lesquels l’expression f (x) est définie.

p
 Exemple. f (x) = x donne D f = R+ = [0, +∞[.
 Exemple. f (x) = ln(x) donne D f = R∗+ =]0, +∞[.
 Exemple. f (x) = ex donne D f = . R
 Exemple. f (x) =
1
1 − x2
donne D f = R\{−1, 1} =] − ∞, −1[∪] − 1, 1[∪]1, +∞[.

1.3 Représentation graphique de f


Définition 3 – Graphe de f

Soit f : D f −→ R. Le graphe de f est le sous-ensemble de R2, noté G f , défini par :


©¡ ¢± ª
Gf = x, f (x) x ∈ D f

¡ →
− →−¢
Représenter f c’est représenter G f dans le repère O; i , j . On obtient une courbe du plan,
appelée représentation graphique de f , notée C f .

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1 Étude d’une fonction réelle d’une variable réelle 111

© ª
 Exemple. f : x 7−→ ln(x) donne G f = (x, ln x)/ x > 0 .

3
Cf
2

−1 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
−1

−2

−3

−4

Définition 4 – Périodicité
R
Soient f : D f −→ et T > 0.
La fonction f est dite périodique de période T , ou encore T -périodique, lorsque :
(i) ∀x ∈ D f , x + T ∈ D f
(ii) ∀x ∈ D f , f (x + T ) = f (x).

R
On peut remarquer que si D f = , la condition (i) est automatiquement vérifiée. On montre
facilement que la condition (ii) entraîne que :

∀x ∈ R, ∀k ∈ Z, f (x + kT ) = f (x)

Interprétation graphique de la périodicité. Si f est T -périodique alors son graphe est invariant


par toute translation de vecteur kT. i , avec k ∈ . Z
Il suffit donc d’étudier f £sur un¤ intervalle de longueur T , ie du type [a, a + T ] avec a ∈ (on R
choisit souvent [0, T ] ou − T2 , T2 ). Le reste du graphe de f se déduit ensuite par translations de


vecteurs kT. i , k ∈ . Z
 Exemple. La fonction cos est 2π-périodique.


− 1 →

M ′′ −2π. i M 2π. i M′ C cos
b b b

−3π −π π 3π 5π 7π
−2π 2 −π 2 2 π 2 2π 2 3π 2
−1

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112 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Définition 5 – Parité
Soient f : D f −→ R et A ⊆ D f .
1. La fonction f est dite paire sur A lorsque :
(i) ∀x ∈ A, −x ∈ A
(ii) ∀x ∈ A, f (−x) = f (x).
2. La fonction f est dite impaire sur A lorsque :
(i) ∀x ∈ A, −x ∈ A
(ii) ∀x ∈ A, f (−x) = − f (x).

Évidemment si D f = R, la condition (i) est automatiquement vérifiée.

Interprétation graphique de la parité

1. Si f est paire alors son graphe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées (0y).
R
On peut donc restreindre l’étude à D f ∩ + ou D f ∩ − . R
2. Si f est impaire alors son graphe est symétrique par rapport au point O.
R
On peut donc restreindre l’étude à D f ∩ + ou D f ∩ − . R

 Exemple. La fonction x 7−→ x 2 est paire sur R, et x 7−→ x 3 est impaire sur R.

4
Cf
3
4 Cf
2 b

3 M
1
2
b b

M′ M −2 −1 1 2
1
−1

M
−2 −1 1 2
b

−2
−1
−3

−4

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1 Étude d’une fonction réelle d’une variable réelle 113

1.4 Opérations sur les fonctions numériques

Définition 6 – Somme de deux fonctions


Soient f et g deux fonctions numériques définies sur le même intervalle I .
R
La fonction f + g est définie sur I et à valeurs dans . Elle vérifie :

∀x ∈ I , ( f + g )(x) = f (x) + g (x)

B Le signe + peut donc désigner différentes additions : celle des nombres ou celle des fonc-
tions.

Définition 7 – Produit de deux fonctions


Soient f et g deux fonctions numériques définies sur le même intervalle I .
R
La fonction f × g est définie sur I et à valeurs dans . Elle vérifie :

∀x ∈ I , ( f × g )(x) = f (x) × g (x)

Souvent la fonction f × g est noté f g .

La somme et le produit de fonctions numériques héritent des propriétés de la somme et du


produit de nombres : associativité, commutativité, distributivité etc...

Définition 8 – Composée de deux fonctions

Soit f une fonction numérique définie sur un intervalle I et à valeurs dans un intervalle
noté J .
Soit g une fonction numérique définies sur l’intervalle J .
R
La fonction g ◦ f est définie sur I et à valeurs dans . Elle vérifie :
¡
∀x ∈ I , (g ◦ f )(x) = g f (x))

Cette opération est associative mais non commutative : même si les deux composées g ◦ f et
f ◦ g sont possibles, il n’y a aucune rauson qu’elles soient égales.

Certaines opérations simples ont une bonne interprétation géométrique.

Représentation graphique de x 7−→ f (x + a)


R
Soit a ∈ . Le graphe de la fonction x 7−→ f (x + a) se déduit du graphe de f par translation de


vecteur −a i .

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114 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Représentation graphique de x 7−→ f (x) + a



R
Soit a ∈ . Le graphe de la fonction x 7−→ f (x) + a se déduit du graphe de f par translation de
vecteur a j .

Représentation graphique de x 7−→ f (a − x)


Soit a ∈
a
R. Le graphe de la fonction x 7−→ f (a − x) se déduit du graphe de f par symétrie d’axe
x= .
2

Représentation graphique de x 7−→ f (ax)


Soit a ∈ R. Le graphe de la fonction x 7−→ f (ax) se déduit du graphe de f par « contraction » ou
1
« dilatation » selon l’axe des abscisses de rapport .
a

Représentation graphique de x 7−→ a f (x)


R
Soit a ∈ . Le graphe de la fonction x 7−→ a f (x) se déduit du graphe de f par « contraction » ou
« dilatation » selon l’axe des ordonnées de rapport a.

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1 Étude d’une fonction réelle d’une variable réelle 115

Représentation graphique d’une bijection réciproque


Si f est une bijection d’un intervalle I vers un intervalle J , alors elle admet une bijection
réciproque f −1 : J −→ I . Son graphe se déduit de celui de f grâce à la symétrie d’axe y = x.

1.5 Formules de dérivation


Pour le moment nous admettrons la dérivabilité des fonctions numériques étudiées.

On se donne donc f une fonction numérique définie et dérivable sur un intervalle I .

L’existence de la dérivée en un
¡ point x¢0 ∈ I s’interprète graphiquement par l’existence d’une
droite tangente à C f au point x0 , f (x0 ) . Son équation est la suivante :

y = f ′ (x0 ) × (x − x0 ) + f (x0 )

Si f et g sont deux fonctions numériques dérivables sur un intervalle I , et si λ est une constante
réelle, alors les fonctions f + g , λ f et f g sont elles aussi dérivables sur I et on a, pour tout x ∈ I :

( f + g )′ (x) = f ′ (x) + g ′ (x)


(λ f )′ (x) = λ f ′ (x)
( f g )′ (x) = f ′ (x)g (x) + f (x)g ′ (x)

1 f
Si on suppose de plus que la fonction g ne s’annule pas sur I , alors les fonctions et sont
g g
elles aussi dérivables sur I et on a, pour tout x ∈ I :
µ ¶′
1 g ′ (x)
(x) = −
g g (x)2
µ ¶′
f f ′ (x)g (x) − f (x)g ′ (x)
(x) =
g g (x)2

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116 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Proposition 9 – Dérivée d’une composée

Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I et à valeurs dans un intervalle J .


Soit g une dérivable sur J .
Alors la fonction g ◦ f est dérivable sur I , et :
¡ ¢
∀x ∈ I , (g ◦ f )′ (x) = f ′ (x) × g ′ f (x)

On en déduit la formule de dérivée d’une bijection réciproque.

Proposition 10 – Dérivée d’une bijection réciproque

Soit f une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle I .


On note J son intervalle image : J = f (I ).
La fonction f est alors bijective de I vers J , et admet une bijection réciproque f −1 : J −→ I .
Si f est dérivable sur I et si f ′ ne s’annule pas sur I alors f −1 est dérivable sur J et :

1
∀y ∈ J , ( f −1 )′ (y) = ¡ ¢
f ′ f −1 (y)

Si f est plusieurs fois dérivable sur I , on peut définir ses dérivées successives f ′ , f ′′ = ( f ′ )′ , . . .

Soit n ∈ N∗. Si f est n fois dérivable sur un intervalle I , on note f (n) sa dérivée n fois.
¡ ¢′
On adopte aussi la convention f (0) = f . On a la formule de récurrence f (n) = f (n−1) .

1.6 Monotonie

Définition 11 – Fonction croissante


Soit f fonction définie sur un intervalle I de R.
On dit que f est croissante sur I lorsque :

∀(x, y) ∈ I 2 , x < y =⇒ f (x) ≤ f (y)

Dans ce cas la réciproque est fausse, mais on a tout de même :

f (x) < f (y) =⇒ x < y

B Si on a seulement l’inégalité large f (x) ≤ f (y), alors on ne peut pas comparer x et y.

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1 Étude d’une fonction réelle d’une variable réelle 117

Définition 12 – Fonction strictement croissante


Soit f fonction définie sur un intervalle I de . R
On dit que f est strictement croissante sur I lorsque :

∀(x, y) ∈ I 2 , x < y =⇒ f (x) < f (y)

La réciproque est vraie :


x < y ⇐⇒ f (x) < f (y)

On peut utiliser des inégalités larges :

x ≤ y ⇐⇒ f (x) ≤ f (y)

Il est clair qu’une fonction strictement croissante sur I est un cas particulier de fonction
croissante sur I .

On comprend donc, à la vue de ces propriétés, pourquoi on préfèrera utiliser des fonctions
strictement croissantes à des fonctions croissantes.

 Exemple. x 7−→ x 2 est strictement croissante sur R+ = [0, +∞[, donc croissante sur R+.
 Exemple. x 7−→ ⌊x⌋ est croissante sur R, mais n’est pas strictement croissante sur R.

Définition 13 – Fonction décroissante/strictement décroissante


Soit f fonction définie sur un intervalle I de R.
1. f est décroissante sur I lorsque :

∀(x, y) ∈ I 2 , x < y =⇒ f (x) ≥ f (y)

2. f est strictement décroissante sur I lorsque :

∀(x, y) ∈ I 2 , x < y =⇒ f (x) > f (y)

 Exemple. x 7−→ x 2 est strictement décroissante sur R− =] − ∞, 0], donc décroissante sur R−.

Définition 14 – Fonction monotone/strictement monotone


Soit f fonction définie sur un intervalle I de R.
1. f est dite monotone sur I lorsqu’elle est croissante ou décroissante sur I .
2. f est dite strictement monotone sur I lorsqu’elle est strictement croissante ou stric-
tement décroissante sur I .

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118 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

 Exemple. x 7−→ x 2 n’est pas monotone sur R.


Résolution graphique d’équations ou d’inéquations
Pour des fonctions non monotones, on peut utiliser leur représentation graphique pour ré-
soudre des équation ou des inéquations.

1
 Exemple. Résoudre ≤ 1.
x
p p
 Exemple. Si a > 0, résoudre x 2 = a, |x| = a, x = a, x 2 ≤ a, |x| ≤ a, x ≤ a, x 2 ≥ a, |x| ≥ a et
p
x ≥ a.
p p
 Exemple. Résoudre x + 1 ≤ x − 1 et x + 1 ≥ x − 1.

On rappelle deux théorèmes bien connus qui seront démontrés dans le chapitre sur les fonc-
tions numériques dérivables.

Théorème 15 – Monotonie et signe de la dérivée

On suppose que f est une fonction dérivable sur un intervalle I .


1. f est croissante sur I ⇐⇒ ∀x ∈ I , f ′ (x) ≥ 0
2. f est décroissante sur I ⇐⇒ ∀x ∈ I , f ′ (x) ≤ 0
3. f est constante sur I ⇐⇒ ∀x ∈ I , f ′ (x) = 0

Dans le théorème suivant, on dira qu’une propriété pour tout réel x dans un intervalle I sauf
N
en des points isolés, lorsqu’il existe une partie (finie ou infinie) A de et une famille de points
(xk )k∈A dans I tels que la propriété est vrai pour tout x ∈ I \{xk ; k ∈ A}.

Théorème 16 – Stricte monotonie et signe de la dérivée

On suppose que f est une fonction dérivable sur un intervalle I .


1. f ′ (x) > 0 pour tout x ∈ I sauf éventuellement en des points isolés =⇒ f strictement
croissante sur I
2. f ′ (x) < 0 pour tout x ∈ I sauf éventuellement en des points isolés =⇒ f strictement
décroissante sur I

B ATTENTION : si f est strictement croissante sur un intervalle I , on ne peut pas dire que
f ′ (x) > 0 pour tout x ∈ I , comme le montre l’exemple de la fonction x 7−→ x 3 .

 Exemple. La fonction f : x 7−→ x − ln(1 + x 2 ) est strictement croissante sur R.


 Exemple. La fonction f : x 7−→ x + cos(x) est strictement croissante sur R.
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1 Étude d’une fonction réelle d’une variable réelle 119

Théorème 17 – Monotonie et bijection réciroque

Soit f une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle I .


Alors sa bijection réciproque f −1 est strictement monotone sur J , de même sens de
variation que f .

1.7 Extremums d’une fonction

Dans tout le paragraphe, f est une fonction définie sur un intervalle I .

Définition 18 – Fonction majorée

On dit que f est majorée sur I lorsque :

∃M ∈ R; ∀x ∈ I , f (x) ≤ M
Le réel M est alors appelé majorant de f sur I .

Dans ce cas, le réel M n’est pas unique puisque tout réel M ′ ≥ M : ∀x ∈ I , f (x) ≤ M ≤ M ′ .

On ne dit donc pas le majorant, mais un majorant de f sur l’intervalle I .

 Exemple. x 7−→
1
1 + x2
est majorée sur R.
Définition 19 – Fonction minorée
On dit que f est minorée sur I lorsque :

∃m ∈ R; ∀x ∈ I , m ≤ f (x)
Le réel m est alors appelé minorant de f sur I .

Le réel m n’est pas unique.

 Exemple. x 7−→ x 2 − 2x + 2 est minorée sur R.


Si on note − f la fonction x 7−→ − f (x) on peut facilement vérifier que :

f est minorée sur I ⇐⇒ − f est majorée sur I

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120 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Définition 20 – Fonction bornée

On dit que f est bornée sur I lorsqu’elle est à la fois majorée et minorée sur I :

∃(m, M) ∈ R2; ∀x ∈ I , m ≤ f (x) ≤ M


Dans les inégalités, on a souvent besoin de manipuler des nombres positifs. De plus la définition
précédente demande un double travail : trouver un majorant et un minorant. On préfèrera donc
utiliser la caractérisation suivante d’une fonction bornée.

Proposition 21 – Caractérisation des fonctions bornées

On a :
f est bornée sur I ⇐⇒ | f | est majorée sur I

 Exemple. cos et sin sont bornées sur R.


 Exemple. x 7−→
sin(x)
1 + x2
est bornée sur R.
Définition 22 – Maximum global

Soit x0 ∈ I .
On dit que f admet un maximum global en x0 sur I , lorsque f est majorée sur I par f (x0 ) :

∀x ∈ I , f (x) ≤ f (x0 )

Une fonction qui admet un maximum global est une fonction majorée.

B Une fonction majorée peut ne pas avoir de maximum global.

1
 Exemple. La fonction x 7−→ 1− est majorée sur I =]0, +∞[ mais n’a pas de maximum global
x
sur I .

Définition 23 – Minimum global

Soit x0 ∈ I .
On dit que f admet un minimum global en x0 sur I , lorsque f est minorée sur I par f (x0 ) :

∀x ∈ I , f (x) ≥ f (x0 )

Une fonction qui admet un minimum global est une fonction minorée.

On peut remarquer que : f a un minimum global en x0 sur I si, et seulement si, − f a un


maximum global en x0 sur I .

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1 Étude d’une fonction réelle d’une variable réelle 121

Définition 24 – Extremum global

Soit x0 ∈ I .
On dit que f admet un extremum global en x0 sur I , lorsque f admet en x0 un maximum
global ou un minimum global sur I .

Ces notions peuvent être localisées.

Définition 25 – Maximum local


Soit x0 ∈ I .
On dit que f admet un maximum local en x0 sur I , lorsqu’il existe δ > 0 tel que f est
majorée par f (x0 ) sur ]x0 − δ, x0 + δ[∩I :

∃δ > 0; ∀x ∈]x0 − δ, x0 + δ[∩I , f (x) ≤ f (x0 )

On voit facilement que si f a un maximum global en x0 sur I , alors f a un maximum local en x0


sur I .

B La réciproque est fausse : f peut avoir un maximum local en x0 sur I , sans avoir de maximum
global en x0 sur I .

 Exemple. La fonction x 7−→ (2x 3 − 3x 2 )/5 a un maximum local en 0 sur R, qui n’est pas un
maximum global sur R.

M
b

Définition 26 – Minimum local


Soit x0 ∈ I .
On dit que f admet un minimum local en x0 sur I , lorsqu’il existe δ > 0 tel que f est mino-
rée par f (x0 ) sur ]x0 − δ, x0 + δ[∩I :

∃δ > 0; ∀x ∈]x0 − δ, x0 + δ[∩I , f (x) ≥ f (x0 )

Si f a un minimum global en x0 sur I , alors f a un minimum local en x0 sur I . La réciproque est


fausse.

On peut remarquer que : f a un minimum local en x0 sur I si, et seulement si, − f a un maximum
local en x0 sur I .

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122 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Définition 27 – Extremum local


Soit x0 ∈ I .
On dit que f admet un extremum local en x0 sur I , lorsque f admet en x0 un maximum
local ou un minimum local sur I .

Pour simplifier la recherche d’extremums d’une fonction, on utilise sa dérivée (lorsque c’est
possible).

Si I est un intervalle, on notera I son intérieur, c’est-à-dire l’intervalle I privé de ses bornes.

Théorème 28 – Condition nécessaire d’extremum local


Soit f fonction dérivable sur un intervalle I et telle que :
(i) f admet un extremum local en x0 ∈ I

(ii) x0 ∈ I , ie x0 ∈ I et x0 n’est pas une borne de I .
Alors f ′ (x0 ) = 0.
La tangente à la courbe représentative de f au point d’abscisse x0 est donc horizontale.

B La réciproque est fausse comme le montre l’exemple de la fonction x 7−→ x 3 en 0.



B L’hypothèse x0 ∈ I est essentielle, comme le montre l’exemple de la fonction x 7−→ x sur [0, 1].

Ce résultat donne donc des points x0 candidats à être des points où f a un extremum local. On

les appelle points critiques de f ; ils vérifient x0 ∈ I et f ′ (x0 ) = 0.

Il faut ensuite vérifier, pour chaque point critique, si on trouve bien un extremum local.

Pour terminer l’étude, il faut déterminer si les bornes de l’intervalle donnent d’autres extre-
mums (ces points exclus de la recherche précédente).

En pratique, tout est résumé dans le tableau de variations de f .

 Exemple. Déterminer les extremums locaux et globaux de la fonction f : x 7−→ x 2 sur [−1, 2].

 Exemple. Déterminer les extremums locaux et globaux de la fonction


f : x 7−→ −8x 3 + 2x 4 + 8x 2 − 1 sur R, puis sur [3/2, +∞[.

2 Fonctions usuelles
2.1 Fonctions trigonométriques
Les fonctions cos et sin sont dérivables (donc continues) sur R et :
∀x ∈ R, sin′ (x) = cos(x) et cos′ (x) = − sin(x)

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2 Fonctions usuelles 123
³ π´
Sur leur représentation graphique, on retrouve que ∀x ∈ R, sin x+
2
= cos(x) :

C cos
1
C sin
−3π −π π 3π 5π
−2π 2 −π 2 2 π 2 2π 2
−1

Proposition 29 – Limites usuelles

1. Sans forme indéterminée : lim sin(x) = 0 = sin(0) et lim cos(x) = 1 = cos(0)


x→0 x→0
sin(x) 1 − cos(x) 1
2. Avec forme indéterminée : lim =1 et lim =
x→0 x x→0 x2 2

La fonction tan est dérivable (donc continue) sur Dtan = R\© π2 + kπ; k ∈ Zª et :
1
∀x ∈ Dtan , tan′ (x) = = 1 + tan2 (x)
cos2 (x)

Représentation graphique :

3 C tan

−3π −π π 3π 5π
2 −π 2 2 π 2 2π 2
−1

−2

−3

−4

−5

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124 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Proposition 30 – Limites usuelles

1. Sans forme indéterminée : lim tan(x) = 0 = tan(0)


x→0
tan(x)
2. Avec forme indéterminée : lim =1
x→0 x

2.2 Fonctions logarithmes et exponentielles


La fonction exponentielle est, pour le moment, définie comme étant l’unique fonction dérivable
R
sur , égale à sa dérivée, et prenant la valeur 1 en 0. On la note exp ou x 7−→ ex .

Proposition 31 – Propriétés de la fonction exponentielle

1. ∀x ∈ R, ex > 0 et donc ex 6= 0
2. e0 = 1
ea
3. ∀(a, b) ∈ R2 , ea+b = ea × eb , e−a =
1
ea
et ea−b =
eb
4. ∀a ∈ R , ∀n ∈ , Z ¡ a ¢n
e = ena
5. ∀x ∈ R
¡ x ¢′
, e = ex

1 p 1
Ainsi on a e 2 = e, e−1 = . . .
e

Représentation graphique :
C exp

−5 −4 −3 −2 −1 1 2
−1

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2 Fonctions usuelles 125

Proposition 32 – Limites usuelles

1. Sans forme indéterminée :


lim ex = 1 = e0 lim ex = +∞ lim ex = 0
x→0 x→+∞ x→−∞
2. Avec forme indéterminée :
ex − 1 ex
lim =1 lim = +∞ lim xex = 0
x→0 x x→+∞ x x→−∞

La fonction exp est continue (car dérivable) et strictement croissante sur R:

x −∞ +∞

exp +∞
0

D’après le théorème de la bijection monotone, elle induit une bijection de R sur R∗+ =]0, +∞[.
On note ln : R∗+ −→ R sa bijection réciproque. Cette fonction est appelée logarithme népérien.
On démontrera dans le chapitre sur la dérivabilité qu’elle est dérivable (donc continue) sur R∗+ .

Par définition de la bijection réciproque, on a ∀x ∈ R, ln ex = x et ∀x > 0, eln(x) = x. De plus :


¡ ¢

∀x ∈ R, ∀y > 0, ex = y ⇐⇒ x = ln y

Proposition 33 – Propriétés de la fonction logarithme népérien

1. ln(x) = 0 ⇐⇒ x = 1 et ln(x) = 1 ⇐⇒ x = e
µ ¶ ³a´
R
¡ ∗ ¢2
2. ∀(a, b) ∈ + , ln(ab) = ln(a) + ln(b), ln
1
a
= − ln(a) et ln
b
= ln(a) − ln(b)

Z
3. ∀a > 0, ∀n ∈ , ln(a n ) = n ln(a)
¡ ¢′ 1
4. ∀x > 0, ln(x) =
x

Proposition 34 – Limites usuelles

1. Sans forme indéterminée :


lim ln(x) = 0 = ln(1) lim ln(x) = +∞ lim ln(x) = −∞
x→1 x→+∞ x→0+
2. Avec forme indéterminée :
ln(x) ln(1 + h) ln(x)
lim = lim =1 lim =0 lim x ln(x) = 0
x→1 x − 1 h→0 h x→+∞ x x→0+

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126 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Les courbes représentatives de exp et ln sont symétriques par rapport à y = x :

C exp
y =x
7

C ln
2

−5 −4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5 6 7
−1

−2

−3

−4

−5

2.3 Fonctions logarithmes et exponentielles en base a


Soit a > 0 tel que a 6= 1, ie a ∈]0, 1[∪]1, +∞[. On définit les fonctions logarithmes et exponentielles
en base a par :
∀x > 0, loga (x) =
ln(x)
ln(a)
et R
∀x ∈ , a x = ex ln(a)

Pour a = e, on retrouve les fonctions logarithme népérien et exponentielle.

On peut montrer qu’elles sont bijections réciproques l’une de l’autre :

∀x > 0, a loga (x) = x et


¡
R
∀x ∈ , loga a x ) = x

 Exemple. log2 (256) = log2 (28 ) = 8


On utilisera principalement que : ∀n ∈ N, log10(10n ) = log2(2n ) = n.
La fonction loga est dérivable (donc continue) sur R∗+ , de dérivée :
1
∀x > 0, log′a (x) =
x ln(a)

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2 Fonctions usuelles 127

R
La fonction x 7−→ a x est dérivable (donc continue) sur , de dérivée :
¡ ¢′
R
∀x ∈ , a x = ln(a)a x

Ces formules permettent l’étude du signe de la dérivée, puis des variations de


¡ la fonction.
¢
B Pour dériver x 7−→ u(x)v (x) , il faut revenir à la définition u(x)v (x) = ev (x)×ln u(x)
.

 Exemple. Calculer la dérivée de x x .

2.4 Fonctions puissances réelles


Soit α ∈ R. La fonction puissance α est définie sur R∗+ =]0, +∞[ par :
∀x > 0 x α = eα ln(x)

Si α > 0, on pose aussi 0α = 0. De plus 00 = 1.

Donc si α ≥ 0 la fonction puissance α est définie sur R+.


On peut vérifier qu’on généralise ainsi sur R∗+ les fonctions puissances entières, et racines
n-ièmes, à des puissances quelconques.

B ATTENTION : la fonction x 7−→ x α est définie au moins sur ]0, +∞[. Par exemple la fonction
R
x 7−→ x 2 est définie sur tout entier ! ! De plus la formule x α = eα ln(x) n’est intéressante que si
Z
α ∉ : par exemple écrire x 2 = e2ln(x) n’est pas plus simple que x 2 = x × x.

Les propriétés algébriques sont inchangées.

Proposition 35 – Propriétés des fonctions puissances

On se donne x > 0, y > 0 et (α, β) ∈ 2 . R


1 xα
1. x α x β = x α+β , α = x −α et β = x α−β ;
x x
¡ α ¢β αβ
¡ β α
2. x =x = x ) ;
3. (x y)α = x α y α = y α x α = (y x)α .

R
La fonction x 7−→ x α est dérivable (donc continue sur ∗+ ), de dérivée :
¡ ¢′
∀x > 0, x α = αx α−1

On en déduit qu’elle est strictement croissante si α > 0, strictement décroissante si α < 0


(et constante égale à 1 si α = 0).

Il faut connaître par coeur les limites suivantes :




0
 si α > 0
α
lim x = 1 si α = 0
x→0+ 

+∞ si α < 0

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128 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

et : 
 si α > 0
+∞

α
lim x = 1 si α = 0
x→+∞ 

0 si α < 0

On a les tableaux de variations :

Cas α > 0 Cas α < 0

x 0 +∞ x 0 +∞

+∞ +∞
x 7−→ x α 0 x 7−→ x α 0

et les représentations graphiques (les cas α < 1 et α > 1 seront étudiés dans le chapitre sur la
dérivabilité) :

4 α>1 α=1

0<α<1
2

α=0
1

α<0

−1 1 2 3 4

R
Pour α > 0, la fonction f : x 7−→ x α est continue et strictement croissante sur + et f ( + ) = + R R
R
donc d’après le théorème de la bijection monotone, elle est bijective de + vers + . De plus R
pour x et y réels positifs :
x α = y ⇐⇒ x = y 1/α

donc la bijection réciproque de x 7−→ x α est y 7−→ y 1/α .

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2 Fonctions usuelles 129

Pour α < 0, la fonction f : x 7−→ x α est continue et strictement décroissante sur R∗+ et
R R
f ( ∗+ ) = ∗+ donc d’après le théorème de la bijection monotone, elle est bijective de R∗+ vers
R ∗
+ . De plus pour x et y réels strictement positifs :

x α = y ⇐⇒ x = y 1/α
donc la bijection réciproque de x 7−→ x α est y 7−→ y 1/α .

2.5 Croissances comparées


On peut montrer que pour tout x > 0 : ln(x) ≤ x − 1 et donc ln(x) ≤ x.
2 α/2
Soit α > 0. Si x > 0 on a x α/2 > 0, donc l’inégalité précédente donne : ln(x) ≤ x .
α
ln(x) 2 −α/2
On en déduit que pour x ≥ 1 : 0 ≤ ≤ x .
xα α
ln(x)
Le théorème des gendarmes permet de conclure que lim = 0.
x→+∞ x α
µ ¶
(ln x)β ln x β
Plus généralement si α > 0 et β > 0 : = .
xα x α/β
On obtient le premier résultat suivant.

Théorème 36 – Croissances comparées

(ln x)β
Si α > 0 et β > 0 : lim =0
x→+∞ x α

1
En posant x = on obtient un résultat analogue en 0+ .
X

Théorème 37 – Croissances comparées

Si α > 0 et β > 0 : lim | ln x|β x α = 0


x→0+

³ ´
eαx x α−β lnxx
D’autre part pour α > 0 et β > 0 : =e .

ln x
Comme lim = 0 on obtient un nouvelle croissance comparée.
x→+∞ x

Théorème 38 – Croissances comparées

eαx
Si α > 0 et β > 0 : lim = +∞
x→+∞ xβ

En posant x = −X on obtient un dernier résultat.

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130 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Théorème 39 – Croissances comparées

Si α > 0 et β > 0 : lim |x|β eαx = 0


x→−∞

De manière mnémotechnique, on peut retenir que : ln ≪ puissance ≪ exp

2.6 Fonctions sinus et cosinus hyperboliques


On appelle fonctions sinus hyperbolique et cosinus hperbolique les fonctions sh et ch définies
par :
ex − e−x ex + e−x
∀x ∈ , R sh(x) =
2
et ch(x) =
2
La fonction sh est impaire, et la fonction ch est paire :

∀x ∈ R, sh(−x) = − sh(x) et ch(−x) = ch(x)

On a ∀x ∈ R, ch x ≥ 1 et sh(x) ≥ 0 ⇐⇒ x ≥ 0.

Ces deux fonctions sont dérivables (donc continues) sur R:


∀x ∈ R, (sh)′ (x) = ch(x) et (ch)′ (x) = sh(x)

D’autre part :

lim sh(x) = lim ch(x) = +∞ et lim sh(x) = −∞ et lim ch(x) = +∞


x→+∞ x→+∞ x→−∞ x→−∞

On a donc le tableau de variation suivant pour ch :

x −∞ 0 +∞

sh(x) − 0 +

+∞ +∞
ch
1

et pour sh :

x −∞ 0 +∞

ch(x) +

+∞
sh 0
−∞

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2 Fonctions usuelles 131

Leurs représentation graphiques :

C ch 2

−4 −3 −2 −1 1 2 3
−1

C sh −2

−3

−4

2.7 Fonctions circulaires réciproques

Les fonctions circulaires ne sont évidemment pas bijectives sur tout leur ensemble de définition,
mais certaines restrictions convenablement choisies peuvent l’être. Les bijections réciproques
correspondantes définissent de nouvelles fonctions qui sont très importantes, notamment en
calcul intégral.

2.7.1 Arc sinus


h π πi
La fonction sin est continue et strictement croissante sur − , . Elle induit donc une bijection
h π πi 2 2
de − , vers l’intervalle image qui est ici [−1, 1].
2 2

h π πi
Sa bijection réciproque est appelée fonction arc sinus, notée arcsin : [−1, 1] −→ − , .
2 2

Elle est définie par :


 

 x = arcsin(y) 
sin(x) = y
 h π πi  h π πi
x∈ − , ⇐⇒ x ∈ − ,

 2 2 
 2 2
 
y ∈ [−1, 1] y ∈ [−1, 1]

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132 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

y = arcsin(x)

y = sin(x)

− π2 −1 1 π
2

Proposition 40 – Propriétés de la fonction arc sinus

1. arcsin est impaire : ∀y ∈ [−1, 1], arcsin(−y) = − arcsin(y)


2. arcsin est continue et strictement croissante sur [−1, 1].
h π πi
3. ∀y ∈ [−1, 1], sin(arcsin(y)) = y et ∀x ∈ − , , arcsin(sin(x)) = x
2 2
4. On a les valeurs remarquables :
p
1 1 3
y 0 p 1
22 2
arcsin(y) 0 π/6 π/4 π/3 π/2

5. arcsin est dérivable sur ] − 1, 1[ et :


1
∀y ∈] − 1, 1[, arcsin′ (y) = p
1 − y2

En −1 et 1, arcsin n’est pas dérivable et sa courbe représentative admet des demi-tangentes


verticales en ces points.

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2 Fonctions usuelles 133

¡ ¢
B Attention à ne pas simplifier abusivement : arcsin sin(x) qui est défini sur
h π πi
R.
arcsin(sin(x)) = x si, et seulement si, x ∈ − , .
2 2

2.7.2 Arc cosinus

La fonction cos est continue et strictement décroissante sur [0, π]. Elle induit donc une bijection
de [0, π] vers l’intervalle image qui est ici [−1, 1].

Sa bijection réciproque est appelée fonction arc cosinus, notée arccos : [−1, 1] −→ [0, π].

Elle est définie par :


 
 
x = arccos(y)
 cos(x) = y

x ∈ [0, π] ⇐⇒ x ∈ [0, π]

 

 y ∈ [−1, 1]  y ∈ [−1, 1]

Proposition 41 – Propriétés de la fonction arc cosinus

1. arccos est continue et strictement décroissante sur [−1, 1].


2. ∀y ∈ [−1, 1], cos(arccos(y)) = y et ∀x ∈ [0, π], arccos(cos(x)) = x
3. On a les valeurs remarquables :
p
1 1 3
y 0 p 1
22 2
arccos(y) π/2 π/3 π/4 π/6 0

4. arccos est dérivable sur ] − 1, 1[ et :


1
∀y ∈] − 1, 1[, arccos′ (y) = − p
1 − y2

La fonction arccos n’est ni paire ni impaire.

En −1 et 1, arccos n’est pas dérivable et sa courbe représentative admet des demi-tangentes


verticales en ces points.

¡ ¢
B Attention à ne pas simplifier abusivement : arccos cos(x) qui est défini sur R.
arccos(cos(x)) = x si, et seulement si, x ∈ [0, π].

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134 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

y = arccos(x)

y = cos(x)

−1 1 π π
2

Remarque : La fonction x 7−→ arcsin(x) + arccos(x) est dérivable sur ] − 1, 1[ et sa dérivée est
π
nulle : cette fonction est donc constante sur cet intervalle. La valeur de cette constante est
2
(valeur en 0). Comme on a aussi :

π π
arcsin(1) + arccos(1) = et arcsin(−1) + arccos(−1) =
2 2

on peut conclure :
π
∀x ∈ [−1, 1], arcsin(x) + arccos(x) =
2

2.7.3 Arc tangente


i π πh
La fonction tan est continue et strictement croissante sur − , . Elle induit donc une bijec-
i π πh 2 2
tion de − ,
2 2
vers l’intervalle image qui est ici . R
i π πh
Sa bijection réciproque est appelée fonction arc tangente, notée arctan : R −→ − , .
2 2

Elle est définie par :


 

 x = arctan(y) 
tan(x) = y
  i π πh
y∈
i
R h ⇐⇒ x ∈ − ,
  2 2
x ∈ − π , π
R
 

2 2 y∈

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2 Fonctions usuelles 135

y = tan(x)

π
2

y = arctan(x)

− π2 π
2

− π2

Proposition 42 – Propriétés de la fonction arc tangente

1. arctan est impaire : ∀y ∈ R, arctan(−y) = − arctan(y)


2. arctan est continue et strictement croissante sur R.
i π πh
3. ∀y ∈ R, tan(arctan(y)) = y et ∀x ∈ − , , arctan(tan(x)) = x
2 2
π π
4. lim arctan(y) = et lim arctan(y) = −
y→+∞ 2 y→−∞ 2
5. On a les valeurs remarquables :

1 p
y p 01 3 +∞
3
arctan(y) 0 π/6 π/4 π/3 π/2

6. arctan est dérivable sur R et :


∀y ∈ R, arctan′ (y) =
1
1 + y2

¡ ¢
B Attention à ne pas simplifier abusivement : arctan tan(x) qui est défini sur Dtan .
i π πh
arctan(tan(x)) = x si, et seulement si, x ∈ − , .
2 2

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136 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

3 Compétences à acquérir sur ce chapitre


➥ Savoir réduire l’intervalle d’étude d’une fonction nuémrique en exploitant les propriétés de
parité ou de symétrie.

➥ Connaître les opérations sur les fonctions et les formules de dérivation associées.

➥ Savoir exprimer les propriétés de monotonie et d’existence d’extremum à l’aide des


quantificateurs.

➥ Faire une étude de signe de la dérivée et en déduire la monotonie et les extremums d’une
fonction.

➥ Connaître les fonctions usuelles sin, cos, tan, ln, exp, x 7−→ x α , sh, ch, arcsin, arccos et arctan.
✪ Connaître les limites usuelles obtenues par continuité ou dérivabilité en 0.
✪ Connaître les limites dites de « croissances comparées » entre les fonctions puissances,
logarithme et exponentielle.

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4 Exercices 137

4 Exercices
Généralités sur les
fonctions

EXERCICE 1. Involutions de R croissantes


Soit f : R → R une application croissante telle que : ∀x ∈ R, f ◦ f (x) = x.
Montrer que ∀x ∈ R, f (x) = x.

EXERCICE 2. Opérations sur les fonctions monotones


Soit I un intervalle de R. Montrer que :
1. Si f et g sont croissantes sur I alors f + g est croissante sur I .
2. Si f est croissante sur I et g croissante sur J , tel que f (I ) ⊂ J , alors g ◦ f croissante sur I .
3. Si f et g sont croissantes positives sur I alors f × g est croissante sur I .

EXERCICE 3. Fonction périodiques et monotones


Soit f : R −→ R une fonction périodique de période T > 0. On suppose que f est monotone.
Montrer que f est constante.

Logarithme et
exponentielle

EXERCICE 4. Approximations de e

1. Montrer que : ∀x > −1, ln(1 + x) ≤ x.


¡ ¢n ¡ ¢−n
2. En déduire que pour tout n Ê 2 : 1 + n1 ≤ e ≤ 1 − n1 .

EXERCICE 5. Preuve d’une inégalité par étude de f ′′


ln(1 + ax)
Soit 0 < a ≤ b. On pose f : x ∈ R+
∗ 7−→ . Etudier la monotonie de f et en déduire que
ln(1 + bx)
³ µ ¶
a´ b
ln 1 + ln 1 + ≤ (ln 2)2 .
b a

EXERCICE 6. Propriétés algébriques de ln et exp


µ ¶
1
ln x x
¡ ¡ ¢¢
Pour x > 0 simplifier exp x 2 x
.

EXERCICE 7. Puissances
Parmi les relations suivantes lesquelles sont exactes :
¡ ¢c ¡ ¢2
1) a b = a bc 2) a b a c = a bc 3) a 2b = a b
c c ¡ ¢c ¡ ¢c
5) a b = a (b )
c
4) (ab)c = a 2 b 2 6) a b = (a c )b ?

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138 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Fonctions
hyperboliques

EXERCICE 8. Trigonométrie hyperbolique

1. Montrer les formules suivantes, valables pour tout (x, y) ∈ R2 :

ch x + sh x = e x ; ch x − sh x = e −x ; ch2 x − sh2 x = 1

2. Calculer, pour tout x, y ∈ R, ch(x + y), ch(x − y), sh(x + y) et sh(x − y) en fonction de ch x,
sh(x), ch y et sh y.
3. En déduire des formules de transformation de sommes en produits de fonctions hyper-
boliques.

EXERCICE 9. Fonctions hyperboliques réciproques

1. Montrer que la fonction sh est bijective de R vers R et déterminer une expression de sa


bijection réciproque.
R
2. Montrer que la fonction ch est bijective de + vers [1, +∞[ et déterminer une expression
de sa bijection réciproque.

R
3. Pour tout x ∈ , on pose th(x) =
sh(x)
ch(x)
. Montrer que la fonction th est bijective de vers R
] − 1, 1[ et déterminer une expression de sa bijection réciproque.

EXERCICE 10. Fonctions hyperboliques réciproques


Donner l’ensemble de définition, puis simplifier les expressions suivantes :
¡ p ¢ ¡ p ¢ ¡ p ¢ ¡ p ¢
ch ln(x + x 2 − 1) sh ln(x + x 2 − 1) ch ln(x + x 2 + 1) sh ln(x + x 2 + 1)

EXERCICE 11. Calculs de sommes


R
Soient (a, b) ∈ 2 et n ∈ .
n
N
n
X X
Calculer ch(a + kb) et sh(a + kb).
k=0 k=0

Fonctions circulaires
réciproques

EXERCICE 12. Composée de cos et arccos


Représenter graphiquement les fonctions f et g définies par :

f (x) = cos(arccos(x)) et g (x) = arccos(cos(x))

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4 Exercices 139

EXERCICE 13. Quelques formules. . .


Simplifier les expressions :

cos(arctan(x)) sin(arctan(x)) tan(2 arctan(x))


tan(arcsin(x)) tan(arccos(x)) cos(4 arctan(x))

EXERCICE 14. Formule de Machin


µ ¶ µ ¶
π 1 1
Démontrer : = 4 arctan − arctan
4 5 239

EXERCICE 15. Obtention d’une formule par dérivation


µ ¶
2x
Simmplifier arcsin
1 + x2

EXERCICE 16. Calculs de dérivées


Etudier la dérivabilité des fonctions suivantes et calculer leur dérivée :
µ ¶
1+x
1. f (x) = arcsin
1−x
s
1 − arcsin(x)
2. f (x) =
1 + arcsin(x)
µ ¶
1
3. f (x) = arctan
1 + x2
s
1 − sin(x)
4. f (x) = arctan .
1 + sin(x)

EXERCICE 17. Un calcul de somme

1. Soit p ∈ N. Calculer arctan(p + 1) − arctan(p).


2. Etudier la convergence et la limite de la suite (S n ) définie par :

n µ ¶
X 1
Sn = arctan 2
p=0 p +p +1

EXERCICE 18. Une simplification


Simplifier l’expression :

f (x) = cos(arccos x − arcsin x) − sin(arccos x − arcsin x)

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140 C HAPITRE 4 : Généralités sur les fonctions numériques

Equations et
inéquations

EXERCICE 19. Equations et inéquations


Résoudre les équations et inéquations suivantes.
6 2
1) e 2x+1 = e x 2) e 2x−1 > e −x +3

3) e 2x − 2e x − 3 = 0 4) |x 2 + 2x − 3| < 6
5) |x 2 + 2x| < 3|x| 6) ln(2x) = ln(x 2 − 1)
p
7) ln(2x) ≥ ln(x 2 − 1) 8) x + 1 ≤ 5 − x
p
9) x + x 2 + 1 > 0 10) 5x − 5x+1 + 23x−1 = 0
p p p p p p
11) x + 2 + x + 3 + x + 6 = 3 12) x + 1 + x + 10 + x + 100 = 12
13) 2 ln(x + 1) + ln(3x + 5) + ln 2 14) e x + e 1−x = e + 1
= ln(6x + 1) + ln(x − 2) + ln(x + 2)
p ¡p ¢x
15) x x = x 16) 22x − 3x−1/2 = 3x+1/2 − 22x−1

EXERCICE 20. Système d’équations


Résoudre les systèmes suivants :
( (
8x = 10y e x e 2y = 1
a) b)
2x = 5y 2x y = 1

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