Modélisation Stochastique des Débits de l'Ouémé
Modélisation Stochastique des Débits de l'Ouémé
Mémoire
pour l’obtention du diplôme d’Ingénieur
Spécialité : Mathématiques Appliquées et Modélisation
Option : Modélisation et Simulation Numérique (MSN)
APPROBATION
Nous certifions que le présent mémoire a été réalisé par l’auteur et est exempt de
tout plagiat. Il est arrivé à terme et peut être soutenu devant un jury.
Abomey, le ............................................
Signatures
DÉDICACES
« Dédicace »
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier, avant tout, l’Éternel Dieu Tout Puissant. Je remercie également la
Vierge Marie pour ses prières et intercessions en ma faveur.
J’adresse mes sincères remerciements :
• À mes Encadreurs, le Docteur Éliezer BIAO pour sa disponibilité et ses sacrifices
pour le bon déroulement des travaux de recherche et le Docteur MOUSSA
DJIBRIL Aliou pour son accompagnement ;
• À mon Superviseur, Professeur Éric ALAMOU, pour m’avoir mis dans les
meilleures conditions pour le bon déroulement des travaux de recherche dans
le Laboratoire d’Hydrologie Appliquée (LHA) ;
• À mes collaborateurs et amis, Ézéchiel SIANOU, lui qui a beaucoup contribué
aux travaux grâce à son raisonnement mathématique, et Armand SEGBEDE ;
• À Monsieur Jérôme ZOHOU, Chercheur du Laboratoire d’Hydrologie
Appliquée (LHA) pour son soutien et ses apports ; et aux Autorités et chercheurs
du LHA ;
• Aux Autorités et Enseignants de l’École Nationale Supérieure de Génie
Mathématique et Modélisation (ENSGMM) pour la formation qu’ils m’ont
donnée ;
• Au Recteur de l’UNSTIM, le Professeur Joachim Djimon GBENOU, pour son
pragmatisme et son sens d’ouverture ;
• Au Feu Professeur Gérard DEGAN, le Premier Recteur de l’UNSTIM et aux
Messieurs Christian AKOWANOU et Adolphe TCHEHOUALI, les premiers
Directeurs de l’Institut National Supérieur des Classes Préparatoires aux Etudes
d’Ingénieur (INSPEI) pour leur soutien à la première promotion ;
• À mes camarades de la première promotion de l’ENSGMM ou de l’INSPEI
pour leur solidarité ;
• À mon Feu Père, Barnabé GOHOUEDE, lui qui constitue pour moi un modèle
de vie et une source de motivation ;
• À ma maman, Perpétue ALLABI et mes frères Éric et Aimé qui m’ont soutenu
à toutes les étapes de ma vie ;
• À ma maman et tutrice, Gilberte SEGOH, qui m’a soutenu tout au long de ma
formation d’Ingénieur et dans différentes épreuves de vie ;
• Au jury d’avoir accordé leur précieux temps pour l’évaluation de ce travail.
v
Dédicaces iii
Remerciements iv
Résumé xi
Abstract xii
Introduction Générale 1
1 Revue de littérature 4
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Clarification du concept de modélisation pluie-débit . . . . . . . . . . 5
1.2 Généralité sur les Équations Différentielles Stochastiques (EDS) . . . . 11
1.3 Généralité sur les méthodes numériques de résolution des EDP . . . 19
1.4 Point des travaux antérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3 Méthodologie 30
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.1 Présentation du Modèle Hydrologique basé sur le Principe de Moindre
Action (ModHyPMA) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2 Formulation du modèle stochastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.3 Approximation numérique de la solution de l’équation différentielle
stochastique (EDS) : Schéma d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.4 Résolution numérique de l’équation de Fokker-Planck : méthodes des
différences finies et des volumes finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4 Résultats et Discussions 60
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
4.1 Modèle déterministe ModHyPMA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.2 Modèle Stochastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
4.3 Modèle de prévision : Équation de Fokker-Planck . . . . . . . . . . . . 71
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
DF Différences Finies
EDP Equation aux Dérivées Partielles
EDS Equation Différentielle Stochastique
EFP Equation de Fokker-Planck
ENSGMM Ecole Nationale Supérieure de Génie Mathématique et Modélisation
ETP Evapotranspiration Potentielle
FPE Fokker-Planck Equation
HyMoLAP Hydrological Model based on the Least Action Principle
LHA Laboratoire d’Hydrologie Appliquée
MAE Mean Absolute Error
ModHyPMA Modèle Hydrologique basé sur le Principe de Moindre Action
NSE Critère de Nash-Sutcliffe
PMA Principe de Moindre Action
Q débit à l’exutoire du bassin en m3 /s
R2 Coefficient de détermination
RMSE Root Mean Square Error
UNSTIM Université Nationale des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques
v.a variable aléatoire
VF Volumes Finis
xi
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Hydrological modelling is one of the great challenges of physics ; it is essential when
dealing with problematics relating to the management of water resources, land use
planning, or one of the different facets of hydrological risk (flooding, drought) and
today’s accelerating climate variability. There is an increasing amount of uncertainty
in forecasting, but most existing rainfall-runoff models are deterministic models
and do not take into account uncertainties. Some researchers propose stochastic
approaches to model the uncertainties. The big concern is to find a stochastic
model that approaches both the dynamics of the hydrological phenomenon and
the uncertainties.
We proposed a stochastic approach which is, in fact, based on a deterministic model :
the Hydrological Model based on the Least Action Principle, noted HyMoLAP, which
allows to take into account the dynamics of the hydrological phenomenon. This
model is govern by two equations : a production equation and a transformation
equation. The introduction in the transformation equation of a stochastic term,
assumed to be a gaussian process, allows to take into account uncertainties and
leads to a stochastic differential equation and its associated Fokker-Planck equation
(FPE). The FPE is a partial differential equation that we cannot solve analytically. We
therefore proposed a numerical solution to get around this problem.
Frist, we solved numerically, using Euler’s method, the stochastic differential
equation. This allowed us to perform simulations giving NSE = 0.90 and R2 = 0.90
with the stochastic model versus NSE = 0.72 and R2 = 0.88 obtained with the
deterministic model (HyMoLAP). The numerical resolution of the FPE by the fourth-
order finite difference method and the finite volume method and comparison of the
solutions, leads us to a very good conclusion : the two solutions converge.
In reality the solution of the Fokker-Planck equation is a probability density of
transition. With respect to the discharge Q0 of a day t0 on which we have the
information, we have the possibility to construct the probability density of another
day. The numerical solution allowed us to plot the distribution of t0 + 10. The
numerical integration methods allowed us to useful information about the likely
discharge on that day. We were able to model the uncertainties by expressing the
possible discharge on a given day with probabilities or confidence intervals. We chose
the Ouémé in Savè catchment (Benin) for our application.
Keywords : discharge ; Fokker-Planck equation (FPE) ; least action principle (LAP) ;
rainfall-runoff modelling ; river basin ; stochastic differential equation (SDE) ;
uncertainty.
1
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1. Contexte et justification
L’eau est source de vie ; elle est présentée dans la nature sous forme de cours d’eau
dans un bassin versant et est souvent quantifiée par une variable appelée débit. Une
meilleure connaissance de cette variable hydrologique très importante a fait l’objet
de plusieurs études dans le domaine de l’hydrologie (l’hydrologie est la science des
eaux). La modélisation mathématique contribue présentement de façon significative à
l’évaluation des changements des caractéristiques hydrologiques des bassins versants
(B ENSALMA, 2015) et est à la base de beaucoup de modèles hydrologiques encore
appelés modèles pluie-débit.
En effet, l’accélération de la variabilité du climat de nos jours est à la base des
phénomènes hydrologiques extrêmes comme les crues qui sont à l’origine des
inondations et les étiages sévères qui provoquent des déficits d’eau.Tous les secteurs
reposant sur la disponibilité des ressources en eau sont aujourd’hui fortement
menacés (l’agriculture, l’alimentation en eau potable, la production hydro-électrique,
etc.). Cette situation a suscité chez les hydrologues la mise en cause des méthodes
existantes de modélisation pluie-débit et plusieurs tentatives de modélisation dans
le but de contribuer plus efficacement à la prise en compte des incertitudes liées
à l’évaluation des impacts de la variabilité et des changements climatiques sur les
ressources en eau. On note alors la nécessité d’une approche capable de prendre en
compte, à la fois la dynamique du phénomène physique et son caractère aléatoire.
Parmi les nombreux modèles qui ont été proposés pour prendre en compte la
dynamique du phénomène physique, nous notons le Modèle Hydrologique basé
sur le Principe de Moindre Action (ModHyPMA), qui est un modèle récemment
proposé par Afouda et Alamou (A FOUDA et al., 2010). Ce modèle, basé sur le
Principe de Moindre Action (PMA), a aussi fait l’objet des travaux de A LAMOU,
2011 ; BIAO, 2015 ; G ABA et al., 2015 ; etc, et a connu très tôt du succès, d’après une
étude comparative de O BADA et al., 2016.
Afin de prendre en compte la dynamique du phénomène physique et de permettre
une description continue de l’évolution des processus qui déterminent l’état du
système, de prendre en compte le caractère aléatoire et les incertitudes, nous avons
choisi de partir du ModHyPMA qui est un modèle déterministe à base physique, qui
modélise bien la dynamique du phénomène hydrologique, pour aboutir à un modèle
stochastique qui prend en compte les incertitudes. Cette approche stochastique
du ModHyPMA conduit à une équation différentielle stochastique (EDS) qui a une
2
2. Objectifs
3. Hypothèses de travail
4. Limite de l’étude
Une limite importante qu’on peut souligner au niveau de notre étude est l’hypothèse
selon laquelle les incertitudes peuvent être modélisée par un processus gaussien ;
c’est-à-dire un processus dirigé par un bruit blanc gaussien. En fait, il n’est pas si
évident de tomber sur le cas particulier de bruit blanc gaussien.
3
Notre étude est faite en collaboration avec des hydrologues qui nous ont aidé à nous
approprier certaines notions du domaine et à avoir les données nécessaires. Nous
nous attendons à :
• obtenir une équation différentielle stochastique qui décrit le comportement du
bassin ;
• trouver des simulations qui approchent bien les données réelles et obtenir
de bonnes performances pour le modèle stochastique grâce à la solution
numérique de la méthode d’Euler ;
• avoir des résultats très proches pour les deux méthodes numériques de
résolution de l’équation de Fokker-Plank associée à l’équation différentielle
stochastique du modèle afin de réussir la prévision.
Ces résultats pourront servir aux hydrologues dans la prévention des catastrophes
liées aux phénomènes extrêmes. Ils permettront également de fournir aux décideurs
des résultats plus fiables, prenant en compte les incertitudes.
C HAPITRE 1
REVUE DE LITTÉRATURE
Contenu
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Clarification du concept de modélisation pluie-débit . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2 Quelques problématiques de la modélisation pluie-débit . . . 9
1.1.3 Les sources d’incertitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.4 La relation pluie-débit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2 Généralité sur les Équations Différentielles Stochastiques (EDS) . . . . 11
1.2.1 Processus stochastiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.2 Intégrale Stochastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.3 Calcul d’Itô . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.4 Équations différentielles stochastiques(EDS) . . . . . . . . . . 15
1.2.5 Schémas numériques d’approximation d’une équation
différentielle stochastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2.6 Equation de Fokker-Planck-Kolmogorov . . . . . . . . . . . . 18
1.3 Généralité sur les méthodes numériques de résolution des EDP . . . 19
1.4 Point des travaux antérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Figures
1.1 Schéma d’un bassin versant. (S UCHET A MIOTTE, 2014) . . . . . . . 6
1.2 Les différentes approches de la modélisation. (A BDELKADER, 2009) 7
Chapitre 1. Revue de littérature 5
Introduction
1.1.1 Définitions
Réseau hydrographique
Bassin versant
Un bassin versant est un système qui collecte l’eau à partir des précipitations,
stocke cette eau et/ou la transforme pour la restituer sous forme de débit à
l’exutoire.(A LAMOU, 2011)
Chapitre 1. Revue de littérature 6
Débit
Selon le glossaire international d’hydrologie, un débit est le volume d’eau qui traverse
une section transversale dans un cours d’eau (ou dans un canal) par unité de temps.
Son unité est le m3 /s.
Précipitations
Les précipitations sont les apports d’eau au sol sous forme liquide (pluie ou rosée)
ou solide( neige ou grêle) en provenance directe ou indirecte de la condensation de la
vapeur d’eau atmosphérique. L’unité de mesure des précipitations est le millimètre
(1mm=1 litre d’eau/m2 ).
L’évapotranspiration potentielle
Modèle
Modèle pluie-débit
Voici une brève description de chacune de ces catégories de modèles tirée des travaux
de (A BDELKADER, 2009 ) :
a. Modèles stochastiques
Compte tenu des incertitudes sur les données et même sur la structure du modèle,
une modélisation stochastique peut sembler appropriée, qu’il s’agisse de l’hydrologie
ou de l’environnement. Ainsi une approche stochastique est un moyen rationnel
de traiter la caractérisation spatiale de la variabilité, et d’établir un lien entre les
incertitudes des paramètres et celles des prédictions. Toutefois cette approche, qui
semble par ailleurs le meilleur moyen de caractériser la variabilité des grandeurs,
nécessite la connaissance des lois de probabilité les plus courantes pour la variabilité
considérée ou au moins de leurs premiers moments.
b. Modèles déterministes
Un modèle est dit déterministe si aucune de ses grandeurs n’est considérée comme
aléatoire. La plupart des modèles hydrologiques sont déterministes. Ces modèles
associent à chaque jeu de variables de forçage (variables indépendantes d’entrée
du modèle, pouvant être essentiellement des mesures de pluie), de variables d’état
(variable permettant de caractériser l’état du système modélisé) et de paramètres,
une valeur de réalisation unique des variables de sortie.
Le modèle à base physique est basé uniquement sur des équations de la physique ;
il représente les processus de la relation pluie-débit en utilisant les lois physiques
régissant ces processus.
d. Modèles paramétriques
Les modèles paramétriques sont les modèles incluant des paramètres dont la valeur
doit être estimée par le calage.
e. Modèles empiriques
Le type de fonctions reliant les variables est fixé à priori (fonctions polynomiales,
fonctions sigmoïdes). Le niveau de complexité (nombre de fonctions à utiliser, ordre
du polynôme) étant fixé, le calage consiste alors à déterminer la combinaison de
fonctions s’ajustant le mieux aux données mesurées. Ce type de modèle ne cherche
pas à décrire les processus impliqués dans la relation pluie-débit et est donc souvent
caractérisé comme un modèle "boîte noire".
Chapitre 1. Revue de littérature 9
Les modèles "boîtes noires" sont des modèles qui font intervenir l’intelligence
artificielle ; on peut citer le réseau de neurones, les algorithmes génétiques, le Data
Mining, ARIMA, SARIMA, etc.
f. Modèles analytiques
Ce sont des modèles pour lesquels les relations entre les variables de sortie et
les variables d’entrée ont été établis par analyse de séries de données mesurées.
L’exemple type est celui des modèles linéaires : les paramètres de ces modèles sont
liés aux coefficients de corrélation entre les variables. Notons que l’analyse des
données peut conduire au choix de relations non linéaires entre les variables.
g. Modèles conceptuels
h. Modèles globaux
Les modèles globaux offrent à l’utilisateur un choix très attractif, car ils présentent
une structure très simplifiée, ils ne demandent pas trop de données, faciles à utiliser
et à calibrer. Dans un modèle global, le bassin versant est représenté comme une
entité spatiale homogène. La variabilité spatiale des processus étudiés n’est donc pas
explicitement prise en compte avec ce type de modèle.
i. Modèles Spatialisés
Les modèles spatialisés sont des modèles qui utilisent des entrées et des sorties où les
caractéristiques des bassins versants sont distribuées dans l’espace. La spatialisation
peut être arbitraire ou basée sur des divisions morphologiques naturelles (découpage
en sous bassins) ou hydrologiques (aires contributives) Nous pouvons classer les
modèles spatialisés en trois grands types :
• Modèles conceptuels spatialisés ou semi-spatialisés ;
• Modèles physiques spatialisés ;
• Modèles physiques conceptuels semi-spatialisés.
en relation directe avec la demande en eau des populations. Chaque point d’un cours
d’eau permet de définir un bassin versant et les débits observés en ce point sont
directement liés aux précipitations tombées sur ce bassin. A partir des observations
faites en quantifiant la pluie tombée, on peut arriver à reproduire la réponse en
débit du bassin. La simulation hydrologique du bassin versant, décrite comme la
transformation de la pluie en débit passe par l’utilisation d’un modèle hydrologique.
L’objectif principal étant de reproduire au mieux le comportement global d’un bassin
donné face à une série chronologique de données pluviométriques. Les facteurs
déterminants entrant dans les mécanismes hydrologiques présentent une variabilité
tant d’un point de vue temporel que spatial extrêmement importante. Cela induit
par conséquent une représentation mathématique de ces phénomènes extrêmement
complexes. Nous notons la séparation des modèles pluie-débit en deux sous-modèles
selon le schéma de la figure 1.3. Le premier sous-modèle, encore appelé fonction de
production, transforme les pluies brutes PB en pluies nettes PN après soustraction
des pertes W. Ces pluies nettes PN engendrent les débits écoulés à l’exutoire au
moyen de la fonction de transfert. La figure1.3 si-dessous présente la décomposition
d’un modèle pluie-débit.
Le but de cette section est de faire une synthèse sur les notions d’EDS. Les
informations ci-dessous dans cette section s’inspirent de N DONGO, 2012 et D EACONU,
2020.
L’origine des processus stochastiques remonte aux progrès faits au début du XXè
siècle dans certaines branches appliquées, telles que la mécanique statistique (par
Gibbs, Boltzmann, Poincaré, Smoluchowski et Langevin). Les bases théoriques ont
été formulées plus tard par Doob et Kolmogorov et d’autres dans la période 1930
à 1940. C’est durant cette période que le mot "stochastique", qui provient du grec
Chapitre 1. Revue de littérature 12
stokhastikos "conjectural", a commencé à être employé. D’autres progrès ont été faits
aussi à partir du mouvement brownien en physique (par Einstein, Lévy et Wiener).
Définition
Processus Gaussien
Processus stationnaires
Bruit blanc
Un bruit blanc est un processus stationnaire {ε t }t≥0 vérifiant les propriétés suivantes :
• Espérance nulle : ∀t, E[ε t ] = 0 ,
• Variance constante :E(ε2t ) = σε2 = cste
• et l’absence d’auto-corrélation :
σε2 , si h = 0
E(ε t+h , ε t ) = σε2 .δ(h) = { (1.1)
0, si h 6= 0
Avec σε2 l’intensité du bruit.
On parle de bruit blanc indépendant lorsque la condition de l’absence d’auto-
corrélation est remplacée par celle de l’indépendance.
Un bruit blanc gaussien {ε t } est une suite de v.a. i.i.d. N (0, σε ).
De manière formelle, on admet que le processus du bruit blanc gaussien, lorsqu’il est
centré réduit, est la dérivée du processus de mouvement brownien standard et on
écrit :
dW (t) = ε(t)dt (1.2)
soit
dW (t)
ε(t) = (1.3)
dt
Chapitre 1. Revue de littérature 14
Afin de prendre en compte les forces aléatoires qui interviennent dans les équations
de la dynamique comme des termes complémentaires, on a cherché à donner un sens
à l’intégrale lorsque celle-ci est prise par rapport à un processus stochastique. Le but
est donc de donner un sens à des équations de la forme :
dX dW (t)
= f ( X, t) + g( X, t) (1.4)
dt dt
Le problème est que les trajectoires du processus de Wiener ne sont pas différentiables,
ni même à variations bornées. Comme dans le cas des équations différentielles
ordinaires, on interprète une solution de l’équation différentielle comme une solution
de l’équation intégrale :
Z Z
X t = X0 + f ( X (s), s)ds + g( X (s), s)dWs (1.5)
Un processus stochastique ( Xt ), t > 0 est appelé processus d’Itô s’il s’écrit sous la
forme : Z Z t t
X t = X0 + µs ds + σs dWs (1.6)
0 0
où X0 est F0 -mesurable, {µt , t ∈ R+ } et {σt , t ∈ R+ } sont deux processus F-adaptés
vérifiant les conditions d’intégrabilité
RT RT
0 | µ s | ds < ∞ P.p.s et 0 σs dWs < ∞ P.p.s
On note également sous sa forme différentielle :
dXt = µt dt + σt dWt (1.7)
Formule d’Itô
∂u ∂u 1 ∂2 u
dYt = dt + dXt + (dXt )2 (1.10)
∂t ∂x 2 ∂x2
dx
= f (t, x (t)) (1.13)
dt
Chapitre 1. Revue de littérature 16
Un processus stochastique { Xt }t∈[0,T ] est appelé une solution forte de l’EDS (1.15)
avec condition initiale X0 si :
| f ( X, t) |2 ≤ K2 (1+ | X |2 ), (1.17)
et
| g( X, t) |2 ≤ K2 (1+ | X |2 ). (1.18)
| f ( X2 , t) − f ( X1 , t) |≤ K | X2 − X1 |, (1.19)
et
| g( X2 , t) − g( X1 , t) |≤ K | X2 − X1 | . (1.20)
| f ( X, t2 ) − f ( X, t1 ) |≤ K | t2 − t1 |, (1.21)
et
| g( X, t2 ) − g( X, t1 ) |≤ K | t2 − t1 | . (1.22)
H4 : X (t0 ) est une variable aléatoire vérifiant la relation E[| Xt0 |2 ] < ∞ et X (t0 ) est
indépendant de {dW, t ∈ [0, T ]}.
Alors il existe un processus X (t) solution de l’ équation différentielle stochastique
(1.15) définie au sens de la moyenne quadratique sur [0, T ] et vérifiant les propriétés
suivantes :
P1 : X(t) est continu en moyenne quadratique sur [0, T ] ;
P2 : E[| Xt |2 ] < ∞, ∀t ∈ [0, T ] ;
RT
P3 : 0 E[| Xt |2 ] < ∞ ;
P4 : X (t) − X (t0 ) est indépendant de {dW (τ ), τ >t}, ∀t ∈ [0, T ] ;
P5 : Le processus { X (t), t ∈ [0, T ]} est un processus de Markov et au sens de la
convergence en moyenne quadratique, il est déterminé de manière univoque par la
condition initiale X (t0 ).
s ∈ [0, t]
Pour s = t0 , on a : Z
P( x, t) = P( x, t| x0 , t0 ) P( x0 , t0 )dx, (1.24)
P( x, t)|t=t0 = δ( x − x0 ) (1.27)
qui est la distribution de Dirac, en partant du fait que la valeur de X (t) est connue,
égale à x0 à t = t0 . On rappelle que :
δ( Q − Q0 ) = 1, si Q = Q0 et δ( Q − Q0 ) = 0, sinon.
Chapitre 1. Revue de littérature 19
∂P( X, t) ∂ 1 ∂2
= − [ f ( X, t) P( X, t)] + 2
[ g( X, t)2 P( X, t)] (1.29)
∂t ∂X 2 ∂X
Dans cette partie, nous faisons une présentation de quelques publications et travaux
réalisés qui portent sur la même thématique, puis souligner leurs limites.
Afin de résoudre les différentes problématiques de la modélisation pluie-débit,
plusieurs modèles pluie-débit ont été utilisés. O BADA et al., 2016, dans ses travaux
pour l’ évaluation des performances de neuf (09) modèles hydrologiques pluie-débit
globaux sur le Bassin de la Mékrou à L’exutoire de Kompongou (Bénin), dans le but
de contribuer à la mise en place d’un cadre adéquat de gestion de la ressource en
eau dans le bassin de la Mékrou, a présenté neuf (9) modèles hydrologiques pluie-
débit globaux dont un à base physique et huit (8) conceptuels. Il s’agit des modèles
GR4J, AWBM, TANK, Sacramento, HBV, SMAR, IHACRES, SimHyd et ModHyPMA
(modèle à base physique). Il existe encore beaucoup d’autres modèles pluie-débit
que nous ne saurons citer eux tous, mais une classification des modèles pluie-débit
existants révèle les catégories suivantes, comme détaillé plus haut (sous-section 1.1.1) :
les modèles stochastiques, les modèles déterministes, les modèles à base physique,
les modèles paramétriques, les modèles empiriques, les modèles analytiques, les
modèles conceptuels, les modèles globaux et les modèles spatialisés.(A BDELKADER,
2009)
Pour la sélection des modèles, O BADA et al., 2016 se sont reposés sur les critères
suivants : les mêmes types de données d’entrée pour tous les modèles ; l’adéquation
entre les données de forçage du modèle et les données disponibles ; les performances
du modèle dans les applications antérieures et le nombre réduit de paramètres à caler.
Les résultats obtenus montrent la supériorité de ModHyPMA, AWBM et HBV sur
les autres modèles. Le modèle ModHyPMA est le plus récent des modèles retenus.
Il a été testé sur plusieurs bassins du Bénin, de la côte d’Ivoire et des USA avec des
résultats meilleurs comparativement au GR4J et HBV (A LAMOU, 2011 ; G ABA et al.,
2015 ). Les huit (8) autres modèles ont été largement utilisés dans le monde avec
satisfaction (P ERRIN, 2000 ; Z HANG et al., 2013 ; etc.). Nous nous intéressons plus ici
au ModHyPMA(Modèle Hydrologique basé sur le Principe de Moindre Action).
Le Modèle Hydrologique basé sur le Principe de Moindre Action (ModHyPMA) a été
récemment proposé par Afouda et Alamou (A FOUDA et al., 2010). En effet le principe
de moindre action est un principe physique central, servant de cadre, aussi bien à
la mécanique classique, à la physique des particules élémentaires, qu’à la relativité
générale. (A LAMOU, 2011)
Des études continuent d’être menées sur ce modèle (ModHyPMA) qui a connu très
tôt le succès. Les travaux de Alamou (2011) sur l’Application du Principe de Moindre
Action à la Modélisation Pluie-débit et ceux de BIAO, 2015 sur l’Amélioration de
la Modélisation Pluie-débit à travers le Contrôle des Incertitudes dans un contexte
de variabilité et de changement climatique dans le bassin de l’Ouémé, ont beaucoup
Chapitre 1. Revue de littérature 21
débit. Les études ne sont pas encore achevées pour la validation de cette approche
stochastique.
Conclusion
Face aux différentes insuffisances ou limites soulignées, nous avons pour but de
proposer, dans notre travail, un modèle stochastique qui se base sur la dynamique
donnée par le modèle déterministe ModHyPMA et conduit à une équation
différentielle stochastique. Nous pourrons ensuite proposer une méthode numérique
pour résoudre cette équation afin de comparer les données simulées avec le modèle
aux données observées et deux méthodes numériques pour résoudre efficacement
l’équation de Fokker-Plank associée à l‘équation différentielle stochastique du
modèle ; nous espérons avoir une convergence des deux méthodes numériques.
Nous allons faire les applications sur les données du Bassin versant de l’Ouémé à
Savè.
23
C HAPITRE 2
ZONE D’ÉTUDE ET DONNÉES
Contenu
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1 Présentation de la zone d’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.1 Localisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.2 Climat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.1.3 Végétation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.1.4 Sol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2 Données d’études . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.1 Données de précipitations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.2 Évapotranspiration potentielle (ETP) . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.3 Données de débits journaliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
Figures
2.1 Localisation du bassin versant de l’Ouémé à Savè.(S INTONDJI et al.,
2014) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2 Précipitations mensuelles moyennes de l’Ouémé à Savè pour la
période 1961 à 2010.(BIAO, 2015) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.3 Variabilité interannuelle des précipitations de l’Ouémé à Savè sur
la période 1961 à 2010. (BIAO, 2015) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Chapitre 2. Zone d’étude et données 24
Introduction
Avant toute modélisation, il est important de présenter la zone d’étude et les données
utilisées. Ainsi, ce chapitre présente la zone d’étude à travers la localisation, le
climat, la végétation, ainsi que la géologie et les sols qui caractérisent la zone d’étude.
Nous allons aussi présenter les caractéristiques des données hydrométéorologiques
utilisées :les précipitations, l’évapotranspiration potentielle et le débit.
2.1.1 Localisation
A l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, l’Ouémé est un petit fleuve côtier. Long de 510
km, il draine une superficie d’environ 49.256 km² à l’exutoire de Bonou, station
la plus avancée avant le delta. Le bassin de Ouémé occupe le Sud et le Centre du
Bénin. Il est le plus grand fleuve du Bénin et prend sa source au pied de l’Atacora, à
Kpabégou, à une dizaine de kilomètres de Djougou au Nord-Ouest du Bénin, traverse
le Bénin en direction de la Côte jusqu’au Sud du Bénin. Il est rejoint par ses deux
principaux affluents, l’Okpara (200 km) sur la rive gauche et le Zou (150 km) sur la
droite et se jette dans le lac Nokoué (150km2 ), juste au Nord de Cotonou. Il traverse
plusieurs zones agro-écologiques et alimente en aval une zone deltaïque, le système
lagunaire du lac Nokoué-lagune de Porto-Novo. Le Bénin partage la Côte de Guinée
de l’Afrique de l’Ouest (entre 6°25’ et 12°30’ de latitude Nord ; 0°45’ et 4°de longitude
Est) et est limité à l’Ouest par le Togo, à l’Est par le Nigeria et au Nord par le Niger et
le Burkina Faso.
Le bassin de l’Ouémé est situé entre les latitudes 10°09’33"N et 6° 20’14"N et les
longitudes 1°30’E et 2° 30’ E et présente un relief relativement plat (pente moyenne
de 0,9 m/km), sauf en tête du bassin où celle-ci dépasse 2%. Notre étude couvre le
bassin versant de l’Ouémé à Savè.
Le bassin versant de l’Ouémé à Savè couvre une superficie de 23,007 km², qui
représente environ 47,2% de la superficie du bassin de l’Ouémé et 20,1% de la
superficie du Bénin (114.763 km²). Il est situé entre les latitudes 8°00’N et 10°03’N et
les longitudes 1°30’E et 2°32’E au Nord et 2°02’E et 2°32’E au Sud. Il se compose en
plusieurs sous-bassins versants ; les principaux étant le sous-bassin de la Donga
(586km²), le sous-bassin du Térou-Igbomakoro (2336 km²) et le sous bassin de
Bétérou (9670 km²), voir figure 2.1. (Sources : A LAMOU, 2011 ; S INTONDJI et al.,
2019 ;S INTONDJI et al., 2014 et BIAO, 2015)
Chapitre 2. Zone d’étude et données 25
2.1.2 Climat
2.1.3 Végétation
Le paysage du bassin versant de l’Ouémé est caractérisé par la forêt galerie, la savane,
les bois, les terres agricoles, les pâturages, la plantation de Parkia, Cajou et palmiers.
L’agriculture, les activités humaines et autres ont conduit à une déforestation à grande
échelle et à des fragmentations ne laissant que petits blocs de types de végétation
naturelle dans une matrice d’habitats secondaires dégradés. Les bois et la savane
Chapitre 2. Zone d’étude et données 28
sont les principaux types de végétation présente dans le bassin supérieur, tandis
que la partie Sud se caractérise principalement par les forêts galeries. La densité de
végétation est plus élevée au Nord qu’au Sud, en raison d’une densité de population
plus faible. Les feux de brousse qui se produisent régulièrement pendant la saison
sèche renforcent le ruissellement et l’érosion dus au défrichement de la végétation
qui entraîne une dégradation rapide des sols.(BIAO, 2015)
2.1.4 Sol
Les données de précipitations journalières utilisées dans cette étude ont été fournies
par Météo-Bénin. Il est bien connu que la qualité des données de précipitations
dépend de l’instrument utilisé, de l’installation, les caractéristiques du site et son
fonctionnement par un observateur qualifié. Les erreurs communes incluent les
lectures incorrectes, les points décimaux égarés, les erreurs de copie, les erreurs
d’arithmétiques, lectures corrigées saisies aux mauvais jours et erreurs systématiques.
La période 1971 à 2011 a été choisie comme période d’étude (bon compromis, compte
tenu de la longueur de toutes les données disponibles). Les précipitations journalières
moyennes régionales spatialisées ont été obtenues par krigeage avec un variogramme
exponentielle.(BIAO, 2015)
Conclusion
C HAPITRE 3
MÉTHODOLOGIE
Contenu
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.1 Présentation du Modèle Hydrologique basé sur le Principe de Moindre
Action (ModHyPMA) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2 Formulation du modèle stochastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2.1 Équation de Fokker-Planck associée à l’EDS . . . . . . . . . . . 38
3.3 Approximation numérique de la solution de l’équation différentielle
stochastique (EDS) : Schéma d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.3.1 Ordre des méthodes numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.3.2 Application du schéma numérique d’Euler à l’EDS . . . . . . 40
3.3.3 Algorithme de simulation des débits à partir du modèle
stochastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.3.4 Utilisation des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.3.5 Évaluation de la performance d’un modèle . . . . . . . . . . . 43
3.4 Résolution numérique de l’équation de Fokker-Planck : méthodes des
différences finies et des volumes finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.4.1 Consistance, Convergence et Stabilité . . . . . . . . . . . . . . 45
3.4.2 La méthode des différences finies . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.4.3 Résolution numérique de l’équation de Fokker-Planck par la
méthode des différences finies d’ordre supérieur (ordre 4) . . 49
3.4.4 La méthode des Volumes Finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Chapitre 3. Méthodologie 31
Figures
3.1 Schéma du ModHyPMA et les principales équations du modèle
(BIAO, 2015) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.2 Schéma et les principales équations du modèle stochastique . . . . 40
3.3 Maillage du domaine ( Q, t) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.4 Maillage du domaine ( Q, t) en volumes finis . . . . . . . . . . . . . 56
Introduction
Bien qu’il soit performant par rapport à la plupart des modèles pluie-débit (O BADA
et al., 2016), le modèle déterministe ModHyPMA(Modèle Hydrologique basé sur
le Principe de Moindre Action) n’arrive pas à prendre en compte les différentes
incertitudes énumérées ci-haut (sous-section 1.1.3 ).
Dans ce chapitre, nous allons proposer un modèle stochastique qui se base sur le
principe du ModHyPMA et qui prend en compte les incertitudes. Cette formulation
stochastique conduit à une équation différentielle stochastique(EDS) et à cette
équation on peut associer une équation de Fokker-Planck (EFP). Nous allons résoudre
ces équations par des méthodes numériques, la méthode d’Euler pour l’EDS et
les méthodes de volumes finis et de différences finies d’ordre supérieur (ordre 4)
pour l’EFP. Ainsi, nous obtiendrons les distributions de probabilité des débits aux
différentes dates, ce qui traduit le manque de confiance (incertitude) dans le débit
réel.
parmi toutes les alternatives possibles, la nature suit toujours le chemin qui minimise
ses actions. Les chemins préférentiels de l’écoulement à la surface du sol et dans
les macropores sont des chemins qui minimisent l’action du bassin versant. Ce
principe, connu sous l’appellation de "principe de moindre action" a été formulé à
l’origine par Maupertuis (pour la mécanique) et Fermat (pour l’optique) au 18 ème
siècle. Il a été développé par la suite par Euler, Lagrange, Hamilton et généralisé
au 20ème siècle par le théorème de Noether. Il est maintenant très largement
appliqué en physique fondamentale. On considère que le principe d’optimalité
postulé par Rodriguez-Iturbe et al en 1992 pour les réseaux optimaux de rivières est
inhérent au comportement d’auto-ajustement des bassins versants et qu’il trouve
sa généralisation naturelle dans le principe de moindre action (A FOUDA et al., 2004
et A FOUDA et al., 2006). En effet le principe de moindre action est un principe
physique central, servant de cadre, aussi bien à la mécanique classique, à la physique
des particules élémentaires, qu’à la relativité générale. Il est guidé par une idée
extrêmement synthétique de la dynamique du milieu naturel : "La nature suit toujours
les voies les plus simples ... et les voies les plus simples sont celles qui minimisent
la dépense de la nature en énergie". Le principe de moindre action consiste donc à
trouver, parmi toutes les trajectoires possibles et imaginables, celle que suit réellement
une particule dans son transit entre deux points extrêmes fixés. (A LAMOU, 2011)
Le modèle ModHyPMA est donnée par les équations suivantes (A LAMOU, 2011) :
dZ (q, t)
= ψ(q, t) (3.1)
dt
d(λQ)
+ µQ2µ−1 = ψ(q, t) (3.2)
dt
où
• Z (q, t) est la fonction de production et décrit les variations de l’état initial du
bassin ;
• Q est le débit à l’exutoire du bassin versant ;
• ψ(q, t) décrit les observations à l’entrée ou forçage du modèle ;
ψ(q, t) = X (t)q(t), avec X (t) un coefficient de proportionnalité décrivant l’état
du sol au jour t ; on parlera aussi de TX une constante liée à l’état du sol.
- ψ(q, t) = 0 lorsque les événements pluvieux sur le bassin versant ne
peuvent donner lieu à aucun écoulement ; et
- ψ(q, t) > 0 lorsque ceux-ci sont susceptibles de provoquer un écoulement.
• q est l’apport des précipitations à l’écoulement (pluie effective) ;
- q = P − ETP si P ≥ ETP ; et
- q = 0 si P < ETP
avec P la précipitation et ETP l’évapotranspiration potentielle du jour considéré.
• µ et λ sont respectivement le paramètre de non-linéarité et le paramètre
macroscopique décrivant les propriétés émergentes liées à la géomorphologie
et à la pédologie du bassin versant ; ils sont obtenus par un calage du modèle.
Chapitre 3. Méthodologie 33
Algorithme du ModHyPMA
Entrée :
P : vecteur des précipitations observées ;
ETP : vecteur des Potentiels d’évapotranspiration ;
Debits : vecteur des débits observés ;
mu : paramètre µ ;
lambda : paramètre λ ;
P2 :paramètre ;
TX : paramètre TX.
Sortie :
Chapitre 3. Méthodologie 34
d(λQ)
+ µQ2µ−1 = ψ(q, t) (3.4)
dt
Soit :
dZ (q, t)
= ψ(q, t) (3.5)
dt
dQ µ 1
= − Q2µ−1 + ψ(q, t) (3.6)
dt λ λ
Nous écrivons pour plus de généralité :
dZ (q, t)
= ψ(q, t) (3.7)
dt
dQ
= Y ( Q, ψ, λ) (3.8)
dt
µ 1
avec Y ( Q, ψ, λ) = − Q2µ−1 + ψ(q, t) la structure du ModHyPMA.
λ λ
Nous nous intéressons ici à l’équation de transformation, l’équation (3.8) :
dQ
dt = Y ( Q, ψ, λ ).
Chapitre 3. Méthodologie 36
dQ
dt est la variation du débit Q par rapport au temps.
Dans le cas des débits journaliers, cette variation dQ
dt peut être notée ∆Q qui est la
variation du débit du jour t au jour t + ∆t avec ∆t = 1 jour.
En réalité, dans l’équation de transformation du modèle déterministe ModHyPMA,
le second membre Y est une approximation de la variation dQ
dt déduite de l’équation
d’Euler-Lagrange (A LAMOU, 2011).
Or une fonction déterministe qui représente dQdt ne pourra être trouvée avec exactitude
à cause des différentes incertitudes qui interviennent.
Afin de les prendre en compte, nous modélisons les incertitudes par un terme
aléatoire rt à ajouter à Y (la structure du modèle déterministe ).
Ainsi le processus Yt = Y + rt remplaçant la structure du modèle Y est un processus
stochastique.
dQ
La variation dt devient :
dQ
= Yt (3.9)
dt
avec Yt un processus stochastique qui tient compte de la dynamique donnée par la
structure du modèle déterministe ModHyPMA grâce au terme Y et des incertitudes
grâce au terme rt .
Nous posons désormais :
bt = Y = − µ Q2µ−1 + 1 ψ(q, t)
Y (3.10)
λ λ
la structure du modèle déterministe ModHyPMA.
dQ
Le processus stochastique représentant les variations dt est donc donné par :
Yt = Y
bt + rt (3.11)
soit :
dQ b
= Yt + rt (3.12)
dt
Nous introduisons maintenant l’hypothèse selon laquelle :
Hypothèse 2 : les incertitudes peuvent être modélisées par un processus gaussien
(processus stochastique dirigé par un bruit blanc gaussien).
Alors nous pouvons considérer le terme rt qui représente les incertitudes comme un
processus gaussien.
rt − r̄
rt est un processus gaussien alors le processus centré réduit est un bruit blanc
σr
gaussien.
Soit :
rt − r̄
ε(t) = (3.13)
σr
avec
Chapitre 3. Méthodologie 37
rt = R + G.ε(t) (3.14)
µ 1
Yt = − Q2µ−1 + ψ(q, t) + R + G.ε(t) (3.15)
λ λ
La question qui se pose est de trouver les valeurs des constantes R et G. Pour cela
nous remontons vers l’équation (3.12) : dQ
dt = Yt + rt dans laquelle nous déduisons :
b
dQ
rt = dt −Y
bt
dQ µ 2µ−1 1
Ou encore rt = dt +Q − ψ(q, t)
λ λ
µ 2µ−1 1
En réalité, la série dQ
dt + λ Qt − ψ(q, t) peut être obtenue pour le passé. Elle
λ
revient aux résidus issus de l’approximation de dQdt par le modèle déterministe
ModHyPMA.
dQ
dt est obtenue à partir des données ∆Q = Qt − Qt−1 du passé.
On en déduit les estimations de R et G données par :
d( Q) µ 2µ−1 1
R = E[ + Q − ψ(q, t)] (3.16)
dt λ λ
dQ µ 2µ−1 1
G2 = Var [ + Q − ψ(q, t)] (3.17)
dt λ λ
Posons :
µ 1
f ( Q, t) = − Q2µ−1 + ψ(q, t) + R (3.18)
λ λ
L’expression (3.15) devient :
Yt = f ( Q, t) + G.ε(t) (3.19)
Rappelons que le bruit blanc gaussien ε(t) est défini, du point de vue mathématique,
comme la dérivée formelle de processus du mouvement brownien standard W (t).
On a : ε(t)dt = dW (t).
Pour une résolution de notre équation, nous avons besoin d’un débit initial Q0 à une
date connue t0 .
D’où l’équation différentielle stochastique de notre modèle stochastique :
avec
µ 1
• f ( Q, t) = − Q2µ−1 + ψ(q, t) + R ;
λ λ
d( Q) µ 1
• R = E[ dt + Q2µ−1 − ψ(q, t)] ;
λ λ
µ 2µ−1 1
• G2 = Var [ dQ dt + λ Q − ψ(q, t)] ; et
λ
• W (t) le processus du mouvement Brownien standard.
∂P( Q, t) ∂ 1 ∂2
= − [ f ( Q, t) P( Q, t)] + [ G2 P( Q, t)] (3.23)
∂t ∂Q 2 ∂Q2
avec la condition initiale :
P( Q, t)|t=t0 = δ( Q − Q0 ) (3.24)
Généralement le débit minimale Qmin est égal à 0 et on prend comme débit maximal
Qmax la valeur maximale des débits de la série ou plus.
Chapitre 3. Méthodologie 39
Z t Z t
X t = X0 + f ( X (s), s)ds + g( X (s), s)dWs (3.27)
0 0
On a, pour tout t,
Z t+∆t Z t+∆t
Xt+∆t = Xt + f ( Xs , s)ds + g( Xs , s)dWs (3.28)
t t
Les données sont généralement les chroniques d’entrée et sortie utilisées dans un
modèle mathématique. Celles-ci sont employées pour l’estimation des paramètres
dans la phase de calage ainsi que pour l’évaluation de la performance du modèle
avec les paramètres estimés dans la phase de validation. Normalement, une partie
des données est destinée à déterminer les paramètres du modèle (phase de calage) et
une autre pour la validation. Un critère courant de division de données est 70% dans
le calage et 30% dans la validation.(S ANDOVAL et al., 2019)
Les données doivent être traitées afin de mettre en œuvre le calage et la validation
d’un modèle mathématique. Nous retenons les étapes suivantes de validation de
données :
- Détecter et éventuellement remplacer les valeurs aberrantes (entrée et sortie)
qui ne correspondent pas au comportement attendu d’un point de vu physique
ou statistique ;
- Sélectionner les données correspondantes à une période représentative de
modélisation. (S ANDOVAL et al., 2019)
Calage
toutes les valeurs possibles, qui rend la simulation de sortie du modèle la plus proche
possible des données observées de la variable de sortie. Lorsque les paramètres du
modèle sont directement établis par l’expérience du modélisateur ou par des mesures
physiques, on dira que le modèle est paramétré. (S ANDOVAL et al., 2019)
Dans notre étude, les paramètres du modèle sont : µ, λ, P2 et TX ; et la méthode
de calage consiste à affecter de façon aléatoire et automatique au modèle un jeu de
paramètres et à évaluer la performance. On choisit après plusieurs itérations le jeu de
paramètres qui optimise le critère de performance. Le critère choisi est le critère de
Nash (c’est l’un des critères les plus importants en hydrologie, selon les personnes
ressources en hydrologie).
Validation
L’acceptation d’un modèle mathématique ainsi que les valeurs de ses paramètres
est absolument dépendant de la phase validation. Un modèle sans validation est un
outil inutile qui ne permet pas de tirer des conclusions valides pour supporter l’aide
à la décision.
La validation s’agit donc de la comparaison entre les résultats obtenus de la
simulation avec un modèle mathématique et ceux qui ont été observés dans la réalité
mais ne jamais connus par le modèle dans la phase de calage. Le contrôle visuel des
résultats est toujours conseillé en tant qu’une première approche de validation.
Néanmoins, il existe d’autres critères plus objectifs pour évaluer la justesse des
données de validation simulées à partir des entrées connues par rapport aux données
observées. (S ANDOVAL et al., 2019)
Une valeur de NSE de 0.5 pour une comparaison des débits journaliers est
considéré comme une valeur acceptable dans certaines études hydrologiques
(Z HANG et al., 2013 ; M ORIASI et al., 2007).
Un critère de Nash-Sutcliffe égal à 0 indique que le modèle ne fait pas mieux
que simuler la sortie du modèle avec la moyenne Qobs des valeurs observées.
Lorsque que le critère devient négatif, cela témoigne d’un modèle plus mauvais
encore.
Une autre interprétation du Nash-Sutcliffe est : combien de pourcentage de
2 ) de la sortie l’on explique avec le modèle mathématique. Un
la variance (σobs
Nash-Sutcliffe de 0.8 voudrait dire que notre modèle explique au moins 80% de
la variance de Qobs .
2. Le coefficient de détermination R2 :
2 [(∑in=1 ( Qi,obs − Qobs )( Qi,calc − Qcalc ))]2
(c2 ) : R = n
[∑i=1 ( Qi,obs − Qobs )2 ].[∑in=1 ( Qi,calc − Qcalc )2 ]
Ce critère décrit la proportion des débits simulés qui expliquent par une
relation linéaire les débits observés correspondants. Il mesure l’adéquation
entre les débits simulés et les débits observés. Ce critère s’inspire du fait
que la distribution des débits simulés doit être la même que celle des débits
observés pour un modèle parfait. Il existerait donc une droite de régression
y = ax + b pour décrire les données observées à partir des données simulées
(Qobs = aQcalc + b). Ce critère peut encore s’écrire :
2 ∑in=1 ( Qi,obs − aQi,calc − b)2
(c2 ) : R = 1 −
∑in=1 ( Qi,obs − Qobs )2
avec a et b les coefficient de la droite de régression qui explique le mieux la
relation Qobs = aQcalc + b. a et b sont obtenus par la méthode des moindres
carrés ordinaires.
Le coefficient de détermination n’est rien d’autre que le critère de Nash dans le
cas particulier d’un modèle de régression linéaire. Il est compris entre 0 et 1.
Si R2 = 0, cela signifie que l’équation de la droite de régression détermine 0%
de la distribution des débits réels observés à partir des débits simulés. Si R2 = 1,
cela signifie que l’équation de la droite de régression détermine 100% de la
distribution des débits réels observés à partir des débits simulés.
Certains auteurs, comme M ORIASI et al., 2007 suggèrent que toute valeur de
R2 supérieure à 0.5 pour des comparaisons de débits journaliers est un seuil
acceptable en simulation hydrologique.
3. Écart quadratique moyen (RMSE) :
Le critère RMSE (Root Mean Square Error) ou l’écart quadratique moyen
représente la distance moyenne entre les données simulées et les données
observées. On ra:
1 n
(c3 ) : RMSE = ∑ (Q − Qi,calc )2
n i=1 i,obs
Le RMSE est d’autant plus proche de zéro que les deux séries considérées sont
similaires.
La racine carrée utilisée dans le calcul du RMSE a pour objectif de revenir à une
unité de valeur identique à celle de la variable comparée. (S ANDOVAL et al.,
2019)
Chapitre 3. Méthodologie 45
Certaines notions sont nécessaires lors de la résolution des équations aux dérivées
partielles (EDP) au moyen de leurs équivalents discrétisés. Les trois principales
sont la convergence, la stabilité et la consistance. Ces trois propriétés permettent de
relier la solution exacte des équations continues à la solution exacte des équations
discrétisées et à la solution numérique obtenue. Ces différents liens, sont :
• la consistance, c’est la propriété qui assure que la solution exacte des équations
discrétisées tend vers la solution exacte des équations continues lorsque les pas
de discrétisation tendent vers zéro ;
• la convergence, c’est la propriété qui assure que la solution numérique tend
vers la (ou une) solution exacte des équations continues. C’est évidemment la
propriété la plus recherchée.
Ces propriétés sont liées les unes aux autres par des théorèmes :
Le théorème de Lax
Le théorème de Lax-Wendroff
Pour des problèmes d’évolution temporelle, certains schémas sont stables à condition
que le pas de temps soit inférieur à une certaine valeur critique fonction du pas
d’espace. Cette inégalité constitue la condition de Courant-Friedrichs-Lewy (1928) ou
condition CFL. Elle est nécessaire et suffisante pour assurer la stabilité. La condition
CFL varie d’une équation à une autre.
NB : Pour la plupart des problèmes d’évolution temporelle, les schémas implicites
sont toujours stables sans condition sur le pas de temps.
Notre domaine est spatio-temporel, nous prenons donc directement l’exemple d’une
fonction à deux variables.
Soit u( x, t) une fonction de l’espace et du temps. Par définition de la dérivée, on a :
∂u u( x + ∆x, t) − u( x, t)
= lim∆x→0 (3.32)
∂x ∆x
Si ∆x est petit, un développement de Taylor de u( x + ∆x, t) au voisinage de x donne :
∂u (∆x )2 ∂2 u (∆x )3 ∂3 u
u( x + ∆x, t) = u( x, t) + ∆x ( x, t) + 2
( x, t) + 3
( x, t) + ... + O((∆x )n )
∂x 2 ∂x 6 ∂x
(3.33)
En tronquant la série au premier ordre en ∆x, on obtient :
u( x + ∆x, t) − u( x, t) ∂u
= ( x, t) + O(∆x ) (3.34)
∆x ∂x
∂u
L’approximation de la dérivée ( x, t) est alors d’ordre 1 indiquant que l’erreur de
∂x
troncature O(∆x ) tend vers zéro comme la puissance première de ∆x.
Définition : la puissance de ∆x avec laquelle l’erreur de troncature tend vers zéro est
appelée l’ordre de la méthode.
Notation indicielle-cas 1D
Des schémas aux différences finies d’ordre supérieur peuvent être construits en
manipulant les développement de Taylor au voisinage de xi . Pour le schéma d’ordre
Chapitre 3. Méthodologie 48
4, on écrit :
En partant toujours des équations 3.35, 3.36, 3.37 et 3.38 on peut calculer :
En fait, plus l’ordre de la méthode de différences finies est élevé, plus la solution
numérique est précise ; ce qui justifie le choix des différences finies d’ordre 4 pour la
résolution de notre équation.
La procédure de résolution des problèmes aux limites par la méthode des différences
finies est la suivante :
1. Construire le maillage du domaine ;
2. Transformer l’EDP sous forme de schéma numérique de différences finies ;
3. Écrire l’équation de différences finies aux points de maillage ;
4. Obtenir le système d’équations algébriques discrètes ;
5. Trouver la solution en résolvant le système d’équations ;
Les informations ci-dessus s’inspirent de G ONCALVÈS, 2005.
Chapitre 3. Méthodologie 49
P( Q, t)|t=t0 = δ( Q − Q0 ) (3.44)
t 6
6
∆t
?
• -• • • • • • -
Qmin Qi Qmax Q
∆Q
F IGURE 3.3 – Maillage du domaine ( Q, t)
Nous allons utiliser les schémas de différences finies d’ordre 4 pour les dérivées
première et seconde de P( Q, t) par rapport à Q et le schéma "arrière" d’ordre 1 pour
la dérivée première de P( Q, t) par rapport à t.
Le choix du schéma arrière pour la dérivée première de P( Q, t) par rapport à t est
sans doute dû au fait qu’il conduit à un schéma numérique implicite de l’EDP qui
est toujours stable.
En partant des résultats obtenus dans la sous-section 3.4.2, nous pouvons écrire :
Dérivée de P( Q, t) par rapport à t :
∂P Pi,j − Pi,j−1
|i,j = + O(∆t) (3.46)
∂t ∆t
(schéma implicite)
Dérivées de P( Q, t) par rapport à Q :
•Dérivée première :
•Dérivée seconde :
Chapitre 3. Méthodologie 51
Pi,j − Pi,j−1 Pi−2,j − 8Pi−1,j + 8Pi+1,j − Pi+2,j − Pi−2,j + 16Pi−1,j − 30Pi,j + 16Pi+1,j − Pi+2
= − fj + G2
∆t 12∆Q 12(∆Q)2
(3.49)
avec ∆t = 1.
En posant r = 12(∆Q)2 et en multipliant l’équation (3.49) par 12(∆Q)2 , on obtient :
(∆Q. f j + G2 ) Pi−2,j − 8(∆Q. f j + 2G2 ) Pi−1,j + (r + 30G2 ) Pi,j + 8(∆Q. f j − 2G2 ) Pi+1,j
−(∆Q. f j − G2 ) Pi+2,j = rPi,j−1
(3.50)
Posons : A j = ∆Q. f j + G2 ; Bj = −8(∆Q. f j + 2G2 ) ; Cj = r + 30G2 ;
D j = 8(∆Q. f j − 2G2 ) ; Ej = −(∆Q. f j − G2 ).
L’équation (3.50) devient :
avec i = 1 : m − 1 et j ≥ 1
À chaque date j ≥ 1 fixée, il faut varier l’indice i entre 1 et m − 1 afin d’écrire les
schémas de différences finies aux points m − 1 du maillage.
On aura donc à résoudre, pour chaque j donné, un système à m − 1 équations et
m − 1 inconnues.
avec i = 1 : m − 1
Le second membre rPi,0 prend en compte la condition initiale.
En variant i entre 1 et m − 1, on arrive à prendre en compte les conditions aux limites
avec l’équation (3.52).
Conditions aux limites : P0,j = Pm,j = 0
Chapitre 3. Méthodologie 52
Cette condition qui est absorbante veut aussi dire que Pi,j = 0 pour tout point (i, j)
sortant du domaine ; i ≤ 0 et i ≥ m.
•Au point (1,1), l’équation (3.52) donne :
A1 P−1,1 + B1 P0,1 + C1 P1,1 + D1 P2,1 + E1 P3,1 = rP1,0 (3.53)
Le point (-1, 1) n’est pas dans le domaine et le point (0, 1) est sur la frontière ;
Alors P−1,1 = P0,1 = 0 ;
Et l’équation (3.53) devient :
C1 P1,1 + D1 P2,1 + E1 P3,1 = rP1,0 (3.54)
De même, on a :
•Au point (2, 1) :
B1 P1,1 + C1 P2,1 + D1 P3,1 + E1 P4,1 = rP2,0 (3.55)
Avant de trouver les solutions discrètes de l’équation à n’importe quelle date j, nous
devons d’abord trouver toutes les solutions de j = 1 jusqu’à j − 1 puisque nous avons
besoin des informations à l’ordre j − 1. Par conséquent la résolution numérique de
notre problème doit commencer par la résolution du système obtenu à j = 1.
Les équations (3.54), (3.55), (3.56), (3.57) et (3.58) conduisent au système ci-dessous :
C1 D1 E1 0 0 ... 0 P1,1 P1,0
.. P2,1 P2,0
B1 C1 D1 E1 0 . :
...
: :
A1 B1 C1 D1 E1 0
: :
. . . .
( S1 ) : : . . . . . . . . . . .
P
= r
P
0
i,1
i,0
. .
: :
0 . A1 B1 C1 D1 E1
: :
. . .
: 0 A1 B1 C1 D1 Pm−2,1 Pm−2,0
0 ··· 0 0 A1 B1 C1 Pm−1,1 Pm−1,0
| {z }| {z } | {z }
[ M1 ] {Y1 } r {Y0 }
Chapitre 3. Méthodologie 53
Considérons une loi de conservation d’une grandeur physique w dans une maille de
volume Ω, faisant intervenir un flux F (w) et un terme source S(w). Son expression
Chapitre 3. Méthodologie 54
H
L’intégrale Ω F.ndΣ représente la somme des flux à travers chaque face de la maille.
Le flux est supposé constant sur chaque face, l’intégrale se ramène à une somme
discrète sur chaque face de la maille. Il vient :
I
Ω
F.ndΣ = ∑ Ff ace .n f ace Σ f ace (3.61)
f aces de la maille
La quantité Ff ace = F (w f ace ) est une approximation du flux F sur une face de la maille,
c’est le flux numérique sur la face considérée.
La discrétisation spatiale revient à calculer le bilan des flux sur une maille élémentaire.
Ce bilan comprend la somme des contributions évaluées sur chaque face de la maille.
La manière dont on approche les flux numériques en fonction de l’inconnue discrète
détermine le schéma numérique. L’écriture du schéma numérique peut également
utiliser des inconnues auxiliaires, par exemple le gradient de l’inconnue par maille.
Explicitons maintenant le terme de dérivée temporelle. Un élément fondamental de
la discrétisation en Volumes Finis est de supposer que la grandeur w est constante
dans chaque maille et égale à une valeur approchée de sa moyenne sur la maille ou
bien à sa valeur au centre de la maille.
D’autre part, le terme de dérivation en temps est évalué au moyen d’une méthode
numérique d’intégration d’équation différentielle (Runge-Kutta, Euler explicite ou
implicite...) et fait intervenir un pas de temps d’intégration ∆t. Ce dernier peut être
constant ou variable. Pour fixer les idées, on écrira la formulation avec une méthode
d’Euler explicite. Notons ∆w l’incrément de la grandeur w entre deux itérations
temporelles successives. On peut ainsi écrire :
dw ∆w
Z
∂
wdΩ = Ω( )maille = Ω (3.62)
∂t Ω dt ∆t
Finalement la loi de conservation discrétisée avec la méthode des Volumes Finis peut
s’écrire :
∆w
Ω + ∑ Ff ace .n f ace Σ f ace = ΩS (3.63)
∆t f aces
∂P( Q, t) ∂ 1 ∂2
= − [ f (t) P( Q, t)] + [ G2 P( Q, t)] (3.64)
∂t ∂Q 2 ∂Q2
avec la condition initiale :
P( Q, t)|t=t0 = δ( Q − Q0 ) (3.65)
∂P( Q, t) 1 ∂2
Z Z Z
∂
dQ = − [ f (t) P( Q, t)]dQ + 2
[ G2 P( Q, t)]dQ (3.67)
∂t ∂Q 2 ∂Q
m+1/2 = 0, ∀ n ∈ N.
n = Pn
•Les conditions aux limites donnent : P1/2
•La condition initiale donne : Pi0 = δ( Qi − Q0 ).
Nous prenons alors : ∀i = 1 : m, Pi0 = 1 si Q0 ∈ [ Qi−1/2 , Qi+1/2 [ et Pi0 = 0 sinon
Qmax est toujours choisi en sorte que Q0 ne peut jamais prendre la valeur Qmax .
t 6
6
∆t
?
Qi
Qmin • • - • • • • • •Q -
Q
Qi − 1 Qi + 1 max
∆Q 2 2
La discrétisation spatiale par les volumes finis consiste à intégrer maille par maille
l’équation (3.66).
Soit pour la i-ème maille :
Z Q 1 Z Q 1 Z Q 1 2
i + 2 ∂P ( Q, t ) i+ 2 ∂ 1 i+ 2 ∂
dQ = − [ f (t) P( Q, t)]dQ + [ G2 P( Q, t)]dQ
Q
i − 21
∂t Q
i − 21
∂Q 2 Q
i − 12
∂Q2
(3.68)
Utilisons le schéma implicite (pour assurer la stabilité) pour évaluer la dérivée
temporelle.
On obtient à t = n :
Pin − Pin−1 1 ∂P ∂P
∆Q = − f n [ Pin+1/2 − Pin−1/2 ] + G2 [ |nQ 1 − |nQ 1 ] (3.69)
∆t 2 ∂Q i+ 2 ∂Q i− 2
avec ∆t = 1 jour.
Chapitre 3. Méthodologie 57
Les termes de dérivée première aux interfaces Qi+ 1 sont évalués en considérant la
2
∂P
valeur moyenne de ∂Q sur le segment [ Qi , Qi+1 ].
Soit
∂P n 1
Z Q i +1
∂P Pin+1 − Pin
|Q 1 = dQ = (3.70)
∂Q i+ 2 ∆Q Qi ∂Q ∆Q
Cette formulation n’est pas valable dans la maille m à l’extrémité droite du domaine.
Dans cette maille, on considère la valeur moyenne calculée sur l’intervalle [ Qm ; Qmax ].
d’où
−2Pmn
Z Qmax
∂P n 2 ∂P
|Q 1 = dQ = (3.71)
∂Q m+ 2 ∆Q Qm ∂Q ∆Q
car Pn ( Qmax ) = 0 (conditions aux limites)
De même les termes de dérivée première aux interfaces Qi− 1 sont évalués en
2
∂P
considérant la valeur moyenne de de ∂Q sur le segment [ Qi−1 , Qi ].
Soit
∂P n 1
Z Qi
∂P Pin − Pin−1
|Q 1 = dQ = (3.72)
∂Q i− 2 ∆Q Q i −1 ∂Q ∆Q
d’où
1 3 1 1
[(∆Q)2 + ∆Q f n + G2 ] P1n + [ ∆Q f n − G2 ] P2n = (∆Q)2 P1n−1 (3.80)
2 2 2 2
Posons : Dn = [(∆Q)2 + 2 ∆Q. f n + 2 G2 ]
1 3
On a :
Dn P1n + Cn P2n = (∆Q)2 P1n−1 (3.81)
• Dans la m-ième maille (i = m) :
d’où
1 1 3
− [∆Q. f n + G2 ] Pmn −1 + [(∆Q)2 − ∆Q. f n + G2 ] Pmn = (∆Q)2 Pmn−1 (3.84)
2 2 2
Conclusion
Pour aboutir à un modèle qui prend en compte les incertitudes, nous sommes partis
de deux hypothèses selon lesquelles la dynamique du processus hydrologique
est celle donnée par le ModHyPMA et le terme modélisant les incertitudes est
un processus gaussien. Ces deux hypothèses nous on permit d’établir l’équation
différentielle stochastique du modèle stochastique et son équation de Fokker-Planck
associée. Nous avons proposé des méthodes pour résoudre numériquement ces deux
équations afin d’appliquer notre formulation aux données de notre zone d’étude, le
bassin de l’Ouémé à Savè.
60
C HAPITRE 4
RÉSULTATS ET DISCUSSIONS
Contenu
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
4.1 Modèle déterministe ModHyPMA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.1.1 Calage du ModHyPMA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.1.2 Validation du modèle déterministe ModHyPMA . . . . . . . . 65
4.2 Modèle Stochastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
4.2.1 Validation du modèle Stochastique . . . . . . . . . . . . . . . 68
4.2.2 Vers une nouvelle approche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.3 Modèle de prévision : Équation de Fokker-Planck . . . . . . . . . . . . 71
4.3.1 Comparaison des deux méthodes numériques pour la
résolution de l’EFP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.3.2 Interprétations de la solution numérique de l’équation de
Fokker-Planck . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
Figures
4.1 Les débits observés et les précipitations journalières de 01/01/2003
à 01/01/2007 sur le Bassin de l’Ouémé à Savè . . . . . . . . . . . . 62
4.2 La droite de régression entre le débit observé d’un jour et celui du
jour précédent sur le Bassin de l’Ouémé à Savè . . . . . . . . . . . 63
4.3 Les débits simulés et observés du 01/01/2003 au 31/12/2007 sur le
Bassin de l’Ouémé à Savè. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
4.4 Les débits simulés avec le ModHyPMA et les débits observés du
01/07/2009 au 30/06/2011 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
Chapitre 4. Résultats et Discussions 61
Tableaux
4.1 Résultats du calage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
4.2 Résultats de la validation du ModHyPMA . . . . . . . . . . . . . . 66
4.3 Constantes du modèle Stochastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
4.4 Résultats de la validation du modèle stochastique . . . . . . . . . . 69
4.5 Résultats du modèle X . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
Introduction
Nous avons présenté dans les deux chapitres précédents les données utilisées, notre
approche stochastique et les différents outils dont nous avons besoin pour mettre en
application cette approche. Le but de ce chapitre est de présenter les résultats obtenus
après l’utilisation des données et de les commenter. Malgré les contraintes sur la
disponibilité des données de certaines périodes nous avons fait de notre mieux pour
utiliser les données les plus récentes de notre base pour pouvoir mieux approcher
les réalités de nos jours. Nous disposons au total des données de précipitation,
d’évapotranspiration potentielle et de débit sur le Bassin de l’Ouémé à Savè couvrant
Chapitre 4. Résultats et Discussions 62
la période de 1971 à 2011 ; les données utilisées pour les applications de nos méthodes
couvrent la période de 2003 à 2011.
Les données utilisées sur le Bassin de l’Ouémé à Savè pour le calage couvrent la
période du 01/01/2003 au 31/12/2007, soit 5 ans ou 1826 jours. Commençons par
représenter le graphe d’évolution des débits observés et des précipitations sur cette
période. La figure 4.1 montre l’évolution des débits observés du 01/01/2003 au
31/12/2007.
Nous notons sur cette période des pics de débits très élevés mais aussi des pics de
débits très moyens. Le pic le plus élevé est de l’ordre de 1400 m3 /s et le plus moyens
est de l’ordre de 500 m3 /s. Cette période prend donc en compte les différents cas que
l’on pourrait rencontrer.
Nous présentons sur le graphe de la figure 4.2 ci-dessous la corrélation linéaire entre
le débit observé d’un jour t et le débit observé du jour précédent t − 1.
Chapitre 4. Résultats et Discussions 63
Critère Paramètre
NSE 0.78 µ 0.8433
R 2 0.78 λ 2.422
RMSE 123.13 P2 0.9163
MAE 51.99 TX 5.0992
La figure 4.3 représente sur le même graphique les débits simulés en bleu et les débits
observés en rouge pour le calage.
Nous avons vu que le modèle déterministe ModHyPMA, bien qu’il prenne bien
en compte la dynamique du système hydrologique, n’arrive pas à bien approcher
les pics. Cela est dû au fait que le modèle déterministe ModHyPMA ne tient pas
compte des incertitudes. Nous avons proposé dans le chapitre 3 un modèle qui tient
non seulement compte de la dynamique du système hydrologique donnée par le
ModHyPMA mais aussi des incertitudes grâce au bruit blanc gaussien introduit.
En plus des paramètres du modèle ModHyPMA, deux constantes s’ajoutent ; il s’agit
de la constante R donnée par l’équation 3.16 et de l’intensité G du bruit blanc donnée
par l’équation 3.17.
Les données du 01/01/2003 au 31/12/2007 et du 01/07/2009 au 30/06/2011 sur le
Bassin de l’Ouémé à Savè sont utilisées pour estimer ces constantes. Nous présentons
les résultats dans le tableau 4.3 ci-dessous.
Constante
R −0.0636
G 45.1748
Les simulations sont faites avec le modèle stochastique sur la période du 01/07/2009
au 30/06/2011 sur le Bassin de l’Ouémé à Savè. La figure 4.7 représente sur le même
graphique les débits simulés par le modèle stochastique Qstoch en noir, les débits
simulés par le modèle déterministe Qdeterministe en bleu et les débits observés Qobs
des jours correspondants en rouge.
Chapitre 4. Résultats et Discussions 69
F IGURE 4.7 – Les débits simulés avec le modèle stochastique et les débits
observés du 01/07/2009 au 30/06/2011 sur le Bassin de l’Ouémé à Savè.
Nous remarquons d’abord sur le graphique que les débits simulés avec le modèle
stochastique approche bien les pics et cela se vérifie avec les performances obtenues
qui sont présentées dans le tableau 4.4 ci-dessous.
La corrélation est de 0.95 entre les valeurs simulées et les valeurs observées.
En observant surtout le critère de Nash NSE = 0.90, on peut déduire de ces résultats
que la performance du modèle stochastique est nettement meilleure que celle
obtenue avec le modèle déterministe ModHyPMA. Nous retenons surtout que le
modèle stochastique approche bien les pics comparativement au modèle déterministe.
Cependant il faut aussi remarquer que les faibles débits sont souvent surestimés par
le modèle. Cela est tout à faire normal à cause de l’intensité du bruit blanc qui est
constante et apporte les mêmes variations au niveau des débits faibles comme au
niveau des débits élevés.
Le RMSE = 113.02 et le MAE = 76.29 montrent que les erreurs sont réduites par
rapport à celles données par le ModHyPMA.
Chapitre 4. Résultats et Discussions 70
F IGURE 4.8 – Les débits simulés avec le modèle X et les débits observés
du 01/07/2009 au 06/30/2011
sur le Bassin de l’Ouémé à Savè.
Les performances obtenues sont présentées dans le tableau 4.5 ci-dessous.
La corrélation est de 0.96 entre les valeurs simulées et les valeurs observées. On en
déduit qu’une approche qui proposera une intensité de bruit G ( Q, t) qui varie en
fonction de Q ou de t et telle que l’intensité G ( Q, t) diminue lorsque les débits sont
faibles et augmente pour les débits élevés pourrait être encore meilleure.
Pour ne pas nous éloigner de notre objectif, revenons au modèle stochastique proposé.
Même si nous sommes arrivés à valider les simulations du modèle stochastique avec
de bonnes performances, nous ne pourrons utiliser ces simulations pour faire des
prévisions puisque les résultats obtenus varient à chaque simulation à cause du bruit
blanc. Notre objectif est d’obtenir les distributions de probabilité des débits des jours
dont on ne connait pas le débit, en partant d’un débit Q0 connu à une date antérieure
t0 . Elles sont obtenues grâce à l’équation de Fokker-Planck issue de l’EDS. Avant
d’obtenir ces distributions pour les débits inconnus, il faudra résoudre cette équation.
Nous avons proposé deux méthodes numériques pour la résoudre : la méthode des
différences finies d’ordre 4 et celle des volumes finis. Nous présentons ci-dessous les
résultats.
Nous utilisons à chaque fois le même nombre de maillage pour une comparaison des
deux méthodes numériques à savoir : la méthode des différences finies d’ordre
4 et celle des volumes finis. Pour une subdivision en m mailles, nous notons
exactement m + 1 points pour la méthodes des différences finies (DF) et m + 2 points
pour la méthodes des volumes finis (VF). La méthode des volumes finis fait une
approximation de la fonction de densité sur tout un segment(volume) tandis que la
méthode des différences finies font une approximation de la fonction aux noeuds
Chapitre 4. Résultats et Discussions 72
(points) issus du maillage. Un calcul de l’écart entre les deux solutions numériques
ne paraît donc pas si évident. Toutefois l’analyse des graphiques des deux solutions
montre des résultats très satisfaisants.
Nous allons d’abord prendre un maillage m = 10000 mailles pour comparer les deux
graphiques sur 100 jours. Les figures 4.9, 4.10 et 4.11 montrent respectivement les
solutions numériques des deux méthodes aux jours t0 + 2, t0 + 20 et t0 + 100. La
solution avec la méthode des différences finies (DF) est en rouge et celle avec la
méthodes volumes finis (VF) est en bleu, pour tous les graphiques ci-dessous.
Bien que les deux courbes soient présentes sur la figure 4.9, on ne s’en aperçoit
pas ; on ne voit qu’une seule courbe de couleur le mélange du bleu et du rouge, les
deux courbes sont confondues. La même remarque est faite pour les dates t0 + 20 et
t0 + 100.
Chapitre 4. Résultats et Discussions 73
Il a fallu que nous allions à l’ordre de 10−7 avant de remarquer la différence entre les
deux solutions numériques DF et VF. La figure 4.12 ci-dessous l’illustre.
Sur les deux figures 4.13 et 4.14, une légère différence entre les deux solutions ne se
voit que pour le maillage m=100 mailles.
Les résultats ci-dessous sont très satisfaisants et nous amènent à conclure facilement
que les deux solutions numériques convergents. Ces deux méthodes utilisent toutes
un schéma implicite pour la différentiation par rapport au temps, cela confirme
une fois encore la force de ce schéma (schéma implicite), même s’il demande plus
de calculs. Nous sommes donc assez sûrs d’avoir des densités de probabilité très
proches de la solution exacte de l’équation de Fokker-Planck.
Pour ne pas continuer à trainer les deux méthodes, nous choisissons de faire le reste
de nos analyses avec la méthode des différences finies sans vouloir déclarer une
méthode meilleure que l’autre. Nous prenons pour la suite un maillage de 5000
mailles.
En s’intéressant à l’évolution dans le temps de la densité de probabilité P( Q, t)
solution de l’équation de Fokker-Planck, nous représentons les graphiques sur les
deux figures ci-dessous. La figure 4.15 montre sur le même graphique les allures des
densités de probabilité des débits pour quelques dates.
Déduit de l’EDS, ce modèle qui prend bien en compte les incertitudes, en traduisant
par une distribution le manque de confiance sur le débit réel, peut servir à
des prévisions puisqu’on pourra tirer de la solution obtenue de l’EFP toutes les
caractéristiques de la densité de probabilité du jour visé. Cela est possible grâce aux
méthodes d’intégration numérique (méthode des trapèzes, méthode de simpson 1/3
et autres.) Il faudra quand même avoir certaines informations de la veille de ce jour
(comme la pluie effective q qui est une entrée du ModHyPMA ) avant de pouvoir
fonctionner le modèle. Nous ne disposons pas de ces données d’entrée pour le futur
pour pouvoir faire une prévision mais pour des jours connus nous pouvons tourner
le modèle pour avoir les distributions et leurs caractéristiques (sachant le débit Q0
connu à une date antérieure).
Toujours en partant du débit Q0 = 553.70m3 /s du 22/07/2011(t0 ) nous pouvons
obtenir, comme montré sur la figure 4.17, l’Espérance (Moyenne) et un intervalle de
confiance (IC) à 90% autour du débit moyen du jour t0 + 10 .
Conclusion
Nous avons obtenu dans l’ensemble des résultats qui répondent à nos attentes et
apportent un plus à la modélisation pluie-débit, singulièrement à la modélisation
avec le ModHyPMA. Toutefois, une prévision pour le futur n’est pas encore possible,
faute d’information sur l’ETP et les précipitations du futur. Nous avons aussi noté
qu’on pourrait aussi agir sur l’intensité du bruit blanc gaussien afin d’obtenir un
modèle encore meilleur.
80
CONCLUSION GÉNÉRALE ET
PERSPECTIVES
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES