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Comment Rédiger Un Discours

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Emmanuel KASHALA
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URGENCES

2008 Chapitre 106


co-fondateurs
Comment rédiger un texte
de conférence ?

J. SIMON

1. Introduction
Participer à une conférence, c’est prendre la parole devant un auditoire afin de
susciter un débat. La rédaction du discours a pour but d’informer et de commu-
niquer.

Informer, c’est faire savoir quelque chose avec le minimum de mots porteurs de
sens ; informer en ne tenant compte que de la précision et de la clarté du mes-
sage délivré. On privilégie le QUOI DIRE pour prévenir ou avertir vite et sans équi-
voque possible.

Communiquer, c’est mettre en commun une information, c’est la partager en


tenant compte des sentiments et de la subjectivité de celui qui la reçoit.

On privilégie le COMMENT DIRE pour faire agir, adhérer, séduire, influencer, per-
suader. L’idéal est atteint quand on parvient à communiquer en informant.

L’orateur communique par le biais d’un discours parce qu’il souhaite partager
une information, la mettre en commun. Mais il désire aussi que cette informa-
tion soit accueillie, retenue, approuvée. Force et précision, délicatesse et psycho-
logie respecteront les 2 modes d’expression, QUOI DIRE et COMMENT LE DIRE.

Mettre un exposé en valeur ne s’improvise pas. Il y a des règles à observer, des


éléments à prendre en compte, des plans à respecter, des figures de styles à
appliquer, des astuces à connaître.

Correspondance : J. Simon, service des urgences, hôpitaux universitaires de Genève, 24, rue Micheli
du Crest, 1211 Genève 14. Tél. : 00 (4) 12 23 72 81 17. E-mail : [email protected]

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2. L’orateur
La 1re règle d’un bon discours est d’avoir quelque chose d’intéressant à dire aux
personnes auxquelles il est destiné et de s’exprimer de façon positive. La manière
d’écrire son discours est liée à la personnalité de l’orateur ; 4 types de commu-
nication prédominent :
– l’orateur « factuel » privilégie les faits et l’action ; le discours est écrit autour
d’objectifs et résultats concrets, de performance, d’expérience et de défis ;
– l’orateur « méthodique » privilégie les méthodes efficaces reconnues et
planifiées ; le discours relate expériences, preuves, observations, contrôle, prag-
matisme, analyse ;
– l’orateur « relationnel » privilégie les relations humaines. Le discours s’arti-
cule autour de sentiments, impressions, motivation, valeurs, épanouissement,
compréhension ;
– l’orateur « conceptuel » privilégie les idées neuves ; le discours s’appuie sur
les nouveautés, l’innovation, le futur, les projets, les perspectives d’avenir.
Si une personne participe à une conférence, c’est qu’elle a quelque chose à dire
d’essentiel que le public doit être capable de retenir. L’objectif de l’orateur doit
être clair : informer, influer sur l’opinion ou les comportements ; donner envie
d’agir, rassembler, faire adhérer, distraire etc.
L’orateur doit savoir pourquoi il va prendre la parole ; avant d’écrire son discours,
il doit savoir ce qu’il y a de plus important à transmettre à l’auditoire ; le mes-
sage essentiel ou l’information principale sera le fil rouge de la construction du
discours.

3. Le public
Avant de commencer à écrire, il faut s’intéresser à qui ce discours est destiné :
nombre de personnes ? Composante dominante du public (statut, origine cultu-
relle, sociale, etc.). Le public est-il composé d’experts, de néophytes. Ce public
a-t-il un vocabulaire particulier ? Quelle est la connaissance du public sur le
sujet ? Qu’est-ce que l’orateur peut apporter au public ? Qu’est-ce que le public
aimerait apprendre, entendre, découvrir ? Comment illustrer l’idée maîtresse du
discours pour que ce public, à ce moment-là, dans cette ambiance-là, selon ses
préoccupations actuelles, soit frappé ?
Le discours peut revêtir différents styles pour toucher les 4 grandes tendances
d’un public :
– les adeptes du QUOI aiment les chiffres, le factuel et les analyses ;
– les adeptes du COMMENT aiment la précision, la justesse, les procédures ;
– les adeptes du QUI aiment les contacts humains, la convivialité, l’intuition,
l’ésotérisme ;

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– les adeptes du POURQUOI aiment les images, les synthèses.
Quel que soit le public, il se sentira d’autant plus concerné par un discours qui
aborde ce qui le touche au plus près. Pour y parvenir, la loi de proximité doit être
appliquée sous tous ses aspects :
– proximité géographique : l’auditoire se sent concerné par des faits proches
géographiquement de lui ;
– proximité temporelle : l’auditoire est captivé par le futur proche, par ce qui
va arriver et il se moque du passé ;
– proximité psychoaffective : le public est sensible aux aspects humains qui
le touchent personnellement ;
– proximité sociale : votre auditoire se différencie de par sa profession, ses
valeurs, ses conditions sociales, ses croyances.

4. Écrire selon un plan


L’orateur organise son discours selon un plan.
Il éclaire le public sur le thème qu’il va traiter et annonce comment il va le déve-
lopper jusqu’à son terme. Le discours est donc préparé selon un plan ordonné.
Un discours structuré et cohérent est compréhensible ; un discours imagé et
rythmé est facile à retenir. Rédiger un discours, c’est tracer un itinéraire, étape
par étape. Il existe différents modèles de plans :
– Le plan GUITTON : « Je dis que je vais le dire ; je le dis. Je dis que je l’ai dit ».
Il consiste à synthétiser l’essentiel en début de discours, à développer ensuite en
donnant des détails, puis à conclure en reformulant différemment l’essentiel déjà
dit au début.
L’auditoire ayant une attention aiguë en début et en fin de discours, il faut
profiter de ces deux moments pour faire passer le message essentiel dans sa
mémoire.
Le discours peut avoir une certaine redondance pour pallier le manque
d’attention de l’auditoire, distrait par différents bruits, au sens large.
– Le plan journalistique frappe un grand coup dès le début avec l’information
essentielle puis les informations par ordre d’importance sont développées au fur
et à mesure. Ce plan présente beaucoup de souplesse de rédaction.
– Le plan questionneur permet de valoriser un projet ou une personne.
L’orateur pourra « vendre » le sujet de son discours en répondant aux principales
questions que pourrait se poser l’auditoire. 5 ou 6 questions-réponses doivent
suffire à étayer le discours avant de passer au débat avec la salle.
– Le plan chronologique expose les faits en suivant leur déroulement dans le
temps, avant-hier, hier, aujourd’hui.

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– Le plan chronologique inversé parle du fait le plus récent pour remonter
progressivement aux origines.
– Le plan chronologique orienté débute sur la période la plus significative du
sujet puis remonte à son passé pour parler des causes et se termine sur ses
conséquences aujourd’hui.
– Le plan rapporteur montre et prouve par des arguments solides présentés
dans un ordre logique ; l’auteur engage sa responsabilité avec des recomman-
dations précises.
– Le plan thématique est utile pour un sujet qui peut être coupé en catégo-
ries.
– Le plan analytique présente les conséquences-causes ou l’inverse d’une
situation concrète.
– Le plan comparatif présente une réflexion bâtie sur la comparaison entre
2 projets, événements, faits ou concepts différents.
– Le plan causes-solutions : le problème est annoncé concrètement et factuel-
lement, faits précis, chiffres exacts, arguments significatifs ; puis les causes pré-
cises découlant des éléments objectifs énoncés dans le problème sont expliqués.
La conclusion aborde les solutions, remèdes, propositions d’action.
D’autres plans existent tels que :
– Le Plan FOSQ : F comme Faits, O comme Opinions, S comme Sentiments,
Q comme Questions.
– Le Plan DESC : D comme Décrire, E comme Exprimer son sentiment,
S comme Suggérer une solution, C comme Conséquences, politique à envisager,
solutions.
– Le Plan SOSRA : S comme Situation, les faits, O comme Observation, rapport
factuel, S comme Sensibilisation, R comme Réflexion, idées, explications,
A comme Action, conclure en évoquant le futur, les moyens, qui fait quoi (1).

5. Les six temps de l’écriture


a) Enquêter : la première personne à rencontrer est celle qui vous a commandé
le discours ; l’orateur doit bien cerner ses intentions et comprendre ses motiva-
tions. Enquêter auprès des personnes ayant une expérience sur le sujet à traiter
permet de recueillir l’avis des spécialistes ; l’avis des naïfs est également impor-
tant (exploration du point de vue de l’autre). Une recherche bibliographique est
nécessaire pour élargir son point de vue sur la question : la 1re étape est de se
questionner (qu’est-ce que je sais sur le sujet ?, qu’est-ce que je cherche à
savoir ?). La 2e étape consiste à déterminer des mots-clés qui résument en un
terme le sujet de recherche. La 3e étape est la recherche dans les ouvrages géné-
raux grâce aux mots-clés (dictionnaires, encyclopédies, …) puis dans les ouvrages
spécialisés en utilisant l’index (pour repérer les informations dans un livre à partir

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des mots-clés) en utilisant le glossaire (pour avoir une définition d’un nouveau
mot) en utilisant la table des matières (pour rechercher un article sur le sujet),
en accédant à des articles via Internet en passant par des moteurs de recherche.
La consultation des ouvrages et des sources d’information sur le sujet sera réfé-
rencée en donnant le nom de l’auteur, le titre de l’article, le nom de l’ouvrage,
le lieu d’édition, l’éditeur, l’année, et le numéro des pages (2, 3).
b) Brouillonner : cette étape est difficile car il faut faire face à la page blanche.
Laisser venir les mots comme ils arrivent sans interrompre leur production. Le
seul guide à ce moment-là, c’est l’oreille. L’orateur doit entendre ce qu’il écrit.
Dès le 1er paragraphe, un rythme agréable à l’oreille doit être trouvé. Une fois
l’introduction mise au point, rythme, ton, etc., le discours est écrit sans correc-
tion ni censure.
c) Structurer le brouillon : le sujet est rendu vivant et attractif, facile à suivre
et à comprendre du début à la fin. L’introduction est attractive, les étapes judi-
cieuses et la conclusion percutante et positive.
Le plan choisi qui suit le mieux l’objectif fixé par l’orateur est vérifié ; idée prin-
cipale rapidement mise en avant, hiérarchisation des idées développées, utilisa-
tion de verbes d’action, de mots concrets. L’introduction doit être la véritable
attaque du discours qui lui donne le ton, qui sonne comme un clairon à la tête
d’une armée de mots. Quand les 1re phrases d’un discours ébouriffent, elles
envoûtent l’auditoire (1).
Les paragraphes s’enchaînent bien les uns après les autres pour former un dis-
cours dynamique (paragraphes distincts avec une idée dominante par paragra-
phe), indiquant progressivement et clairement le cheminement de pensées.
Le présent est utilisé ; c’est le temps fort, actif et vivant.
Quel que soit le thème abordé, tout doit être mis en œuvre pour associer
l’auditoire au discours de l’orateur. Le public n’accorde son attention que s’il
peut s’identifier aux propos tenus par l’orateur.
Dans la conclusion, les points essentiels sont répétés, mais avec d’autres termes
qu’au début et en synthétisant en quelques mots.
d) Enrichir le discours : un discours chaud, c'est-à-dire concret, actif et affec-
tif, passe toujours mieux qu’un discours froid, théorique, abstrait, mental. L’uti-
lisation de mots inclusifs, pronoms personnels « vous », « nous », mots collectifs
et associatifs suggèrent l’appartenance.
L’orateur doit avoir suffisamment de charisme pour transformer un texte
dépourvu de vigueur, en discours tonique et convaincant. Le discours ne sera pas
fait pour être dit devant un auditoire, mais à un auditoire. Un discours a du relief
quand il est mis en valeur par des formules qui frappent l’esprit, des images ver-
bales qui éveillent l’imagination, voire un peu d’humour, une attaque originale
motivante qui donne envie d’écouter la suite, des comparaisons qui éclairent les

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points abstraits, des métaphores qui illustrent de nouveaux concepts, une
conclusion tonique.
e) Dépoussiérer le texte : le discours « prêt à dire » nécessite les ultimes véri-
fications :
– éliminer les fautes d’orthographe, de grammaire ou de syntaxe qui sont néfas-
tes à l’image du rédacteur ;
– rendre claires et audibles les idées couchées sur le papier ;
– contrôler la longueur des phrases qui noie les idées ;
– proscrire la langue de bois pour garantir une crédibilité ;
– proscrire le jargon qui tue le discours ou le charabia qui noie les idées et
embrouille le message ;
– repérer les idées noyées au milieu d’un océan de mots, de chiffres en les pla-
çant en début ou en fin de phrases ;
– respecter la langue de l’auditoire en évitant l’anglicisme ;
– limiter les clichés coupant toute originalité ;
– éviter l’abus de citations d’auteurs pouvant révéler un manque d’imagination ;
– se méfier des euphémismes qui tentent de camoufler les idées dérangeantes
en leur donnant des noms édulcorés ;
– contrôler la structure des phrases (sujet, verbe, complément) pour faciliter le
discours ;
– contrôler la tournure des phrases, voix active qui tonifie le discours ;
– utiliser des termes positifs, valorisants et rassurants ;
– écarter le conditionnel qui est rarement positif ;
– vérifier le vocabulaire en utilisant des mots habituels, n’imposant aucun effort
à l’auditoire pour comprendre ;
– utiliser le « parler près » ; le public doit se retrouver socialement et affective-
ment dans des mots concrets, simples et usuels ;
– rendre attractif et performant le discours en utilisant des verbes d’action ;
– employer des adjectifs qualificatifs seulement s’ils enrichissent l’information ;
– vérifier la personnalisation ; l’utilisation du « je » devient très vite didactique,
autoritaire.
– vérifier le chevillage ; les charnières verbales, placées de préférence en début
de phrase, amènent du tempo ;
– se méfier de certains mots apparemment anodins mais potentiellement dan-
gereux qui brisent la confiance de l’auditoire ;
– se méfier de la misogynie qui est impardonnable car engendre la perte de
l’écoute d’une partie de l’auditoire.
f) Tester oralement le texte : le temps de parole, dont dispose l’orateur, est
évalué et respecté. Un texte trop long est alors synthétisé. La lecture du texte à
voix haute permet d’écouter la sonorité des phrases ; elles doivent « parler tout
haut » et « couler toutes seules ». Les passages mal écrits froissent l’oreille.

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6. Conclusion
Selon les experts en communication, l’orateur recherche l’efficacité. Le moindre
effort de style ne se justifie que s’il sert à persuader.
Le discours est souple, les phrases de l’orateur séduisent l’oreille et la mémoire ;
l’orateur suit au plus près le canevas : sujet, verbe, complément.
Toute prise de parole est un acte créateur. Le plaisir d’écrire est déterminant.
L’orateur ne communique pas, il partage. Il n’explique pas, il montre. Il ne
s’exprime pas, il raconte. La richesse et la diversité de ses idées captivent,
l’intelligence de son propos enrichit.

Références bibliographiques
1. Perrat P. Comment l’écrire, comment le dire ? Discours, exposé, conférence, Paris,
CFPJ Éditions, 2007.
2. http://WWW.adlf.org/redaction-article-scientifique.html
3. http://www.h-h.ca/navigation/page_initiation.php?

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