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Dossier de Presentation

Structure opérationnelle du Ministère en charge de la Culture, l'Office Ivoirien du Patrimoine Culturel met en oeuve la politique du Gouvernement en matière de conservation, de préservation, de valorisation et de prootion des biens et éléments du patrimoine culturel national dans toute sa diversité

Transféré par

Hilaire Kwassy Kra
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Structure opérationnelle du Ministère en charge de la Culture, l'Office Ivoirien du Patrimoine Culturel met en oeuve la politique du Gouvernement en matière de conservation, de préservation, de valorisation et de prootion des biens et éléments du patrimoine culturel national dans toute sa diversité

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Office Ivoirien du

Patrimoine Culturel
OIPC — 2021 3
SOMMAIRE
QUI SOMMES-NOUS ?
6
APERÇU DU PATRIMOINE CULTUREL IVOIRIEN
8
Patrimoine culturel mobilier
Patrimoine culturel immobilier
Patrimoine culturel immatériel
Patrimoine culturel subaquatique
QUELQUES ACTIVITÉS DE L’OIPC
I0
Quelques activités réalisées
Principales activités en cours de réalisation
IMPACTS ET BÉNÉFICIAIRES DES ACTIONS DE L’OIPC
18
LES BESOINS DE L’OIPC
19
PROJETS PRIORITAIRES 2021-2025
20
Préservation, promotion et exploitation économique du patrimoine culturel immobilier
Sauvegarde, valorisation et exploitation économique du patrimoine culturel immatériel
Devoir de mémoire, valorisation et exploitation économique du patrimoine historique
PANORAMA DES BIENS ET ÉLÉMENTS DU PATRIMOINE
25 CULTUREL DE LA CÔTE D’IVOIRE INSCRITS SUR LES
LISTES DE L’UNESCO
Le Gbofé, musique des trompes traversière de la communauté tagbana d’Afounkaha
La Ville historique de Grand-Bassam
Le Djéguélé, pratiques et expressions culturelles des communautés sénoufo du Burkina
Faso, du Mali et de la Côte d’Ivoire
Le Zaouli, musique et danse populaires des communautés gouro
Les Mosquées de style soudanais du nord ivoirien
Mot du Directeur Général

du nord ivoirien sur la Liste du patrimoine mondial de


l’UNESCO, respectivement en juin 2012 et juillet
2021.
Ce patrimoine culturel, en tant qu’héritage légué par les
générations antérieures, doit être sauvegardé, préservé,
S ituée au confluent de
quatre zones
et valorisé en vue de son exploitation économique.
Ce devoir des générations présentes vis-à-vis de celles
ethnoculturelles distinctes à venir doit être considéré comme un impératif
dont chacune déborde d’autant plus que le patrimoine culturel, nonobstant
largement les limites son apport indéniable à l’œuvre de construction de
nationales, la Côte d’Ivoire regorge d’un potentiel l’identité des peuples et à la construction des nations,
culturel et artistique indéniable qui fait d’elle un pôle fait inexorablement face à des facteurs naturels et
d’attraction touristique ouvert à tous les goûts : de anthropiques (mondialisation, urbanisation, exode
l’éblouissement des sens à la délectation, à rural, explosion du tourisme de masse, décroissance
l’enrichissement des connaissances. Telles sont les des porteurs de traditions…) qui menacent sa
valeurs qui trouvent support dans, notamment les pérennité.
innombrables sites naturels, archéologiques et Dans un tel contexte, la création de l’Office Ivoirien
monuments historiques ainsi que dans le riche mobilier du Patrimoine Culturel (OIPC) dont le rôle a été
et les valeurs intangibles. Ce patrimoine culturel émane renforcé, consiste à gérer, à conserver, à protéger, à
des communautés ethnolinguistiques, c’est-à-dire des sauvegarder et à valoriser les biens et éléments
différents peuples qui, à travers des environnements culturels classés Patrimoine national et ceux inscrits sur
hétérogènes et le temps qui passe, se sont succédé sur les différentes Listes de l’UNESCO, apparaît comme
son sol et qui y habitent jusqu’à nos jours. un acte traduisant la ferme volonté de l’État de Côte
La richesse et la valeur de ce patrimoine culturel sont d’Ivoire d’éviter à son patrimoine culturel une
de plus en plus reconnues aujourd’hui sur le plan disparition programmée et de s’engager dans une
mondial comme le témoigne fort bien l’inscription sur logique de développement durable.
la Liste représentative du patrimoine culturel Aussi, voudrais-je inviter et encourager chaque
immatériel de l’humanité de l’UNESCO du « Gbofé Ivoirien, chaque Ivoirienne à emboiter le pas aux
d’Afounkaha, la musique des trompes traversières de la autorités ivoiriennes en s’appropriant le patrimoine
communauté tagbana » en 2008, du « Djéguélé, pratiques culturel ivoirien.
et expressions culturelles des communautés sénoufo
du Burkina Faso, du Mali et de la Côte d’Ivoire » en
2012, et du « Zaouli, musique et danse populaires des
communautés gouro » en 2017 au titre du patrimoine
culturel immatériel. Le patrimoine culturel matériel n’a
Dr AKA Konin
pas été en reste, avec l’inscription de la Ville historique
Conservateur en Chef de Musée
de Grand-Bassam et des Mosquées de style soudanais
Expert en Culture et Développement
5
La Côte d'Ivoire
Superficie : 322 462 km2
Quatre aires ethnoculturelles

Un patrimoine culturel riche et varié


À sauvegarder pour les générations futures
QUI SOMMES-NOUS ?

• De prendre les mesures Gestion des mosquées de style


juridiques, scientifiques, soudanais du nord ivoirien, aidés dans
techniques, administratives et leurs tâches par des entités locales de
financières adéquates pour gestion (Comité Local de Gestion de la
protéger les biens inscrits sur les Ville historique de Grand-Bassam,

C
Listes du patrimoine national et Commission des Permis de Construire
mondial ; et du Suivi des Travaux de la Ville
réé par le décret n° 2012-552 du 13
historique de Grand-Bassam, Comités
juin 2012, l’Office Ivoirien du • D’initier des programmes de
Locaux de Base de Gestion des
Patrimoine Culturel (OIPC) est un formation continue et la
mosquées de style soudanais) ; cela
Établissement Public à caractère recherche scientifique dans le
grâce au soutien des collectivités
administratif. domaine du patrimoine culturel ;
territoriales et à la participation des pro-
Cette structure opérationnelle du • D’envisager et de favoriser la fessionnels du secteur et des commu-
Ministère de la Culture et de l’Industrie création de fondations ou nautés locales.
des Arts et du Spectacle a pour missions d’associations nationales
Les ressources financières de l’OIPC
de mettre en œuvre la politique du publiques ou privées ayant pour
sont des deniers publics. Elles sont
Gouvernement en matière de gestion, but d’œuvrer en faveur de la
constituées, notamment par :
de conservation, de valorisation, de conservation, de la valorisation et
protection et de promotion des sites de la protection du patrimoine • Les subventions du budget de
culturels inscrits sur les Listes du culturel ; l’État ;
patrimoine national et du Patrimoine • De fournir des informations au • Des subventions des collectivités
mondial. Comité du Patrimoine mondial territoriales ;
À ce titre, il est chargé : sur la mise en œuvre de la • Des subventions d'organismes
• De proposer les biens à inscrire Convention du patrimoine privés ou publics, nationaux ou
sur la Liste du patrimoine mondial et de l’état de internationaux ;
mondial de l’UNESCO ; conservation des biens ;
• Des dons et legs ;
• De coordonner les projets • De développer la coopération
nationale et internationale dans • Des produits des cessions, des
d’inscription sur la Liste du travaux et prestations ;
patrimoine mondial de l’intérêt de la sauvegarde et de la
l’UNESCO ; mise en valeur du patrimoine des • Des produits issus de la vente des
sites et monuments. biens et services dérivés ;
• De coordonner la conservation et
la valorisation des biens inscrits L’OIPC réalise ses missions à partir de • Des financements obtenus sur les
sur les Listes du patrimoine son siège dans la capitale économique projets proposés…
national et mondial ; (Abidjan), des Secrétariats Exécutifs à
implanter à l’intérieur du pays dont ceux Docteur AKA Konin, Conservateur en
• De mobiliser les ressources qui existent actuellement sont le Chef de Musée et Expert en Culture et
financières en faveur des biens Secrétariat Exécutif du Programme de Développement dirige cette structure
inscrits sur les Listes du Gestion de la Ville historique de Grand depuis sa création.
patrimoine national et mondial ; Bassam et le Secrétariat Exécutif de
7
APERÇU DU PATRIMOINE CULTUREL IVOIRIEN

Patrimoine culturel Patrimoine culturel Patrimoine culturel


mobilier immobilier immatériel
Peintures, sculptures, monnaies, Monuments, sites archéologiques, Traditions et expressions orales, y
instruments de musique, armes, ensembles historiques, paysages compris la langue, arts du spectacle,
manuscrits. culturels. pratiques sociales, rituels et événements
festifs, connaissances et pratiques
concernant la nature et l’univers, savoir-
faire liés à l’artisanat traditionnel.

Hochet-sonnailles sablé ou ziangloué des


communautés niaboua.
Patrimoine historique : Les locaux du
Savoir-faire traditionnels liés à la peinture sur
Ministère de la Fonction Publique, Abidjan –
toile- artisan sénoufo de Fakaha.
Plateau.

Le masque wambèlè des communautés


sénoufo.

Un singe dans la forêt sacrée de Gbêpleu


à Man. Grand masque wê dénommé gla klaa.
enfouie sous la mer.
Lahou), une cité à moitié
Lahou-Kpanda (Grand-

Patrimoine culturel
subaquatique
Épaves de navire, ruines et cités
enfouies sous les mers 9
La sauce Kopè des Baoulé
QUELQUES ACTIVITÉS DE L’OIPC
Quelques activités réalisées
.
Depuis sa création en 2012 à ce jour, l’OIPC s’est engagé résolument dans la réalisation
de ses missions. Ainsi, au titre des activités réalisées, citons, notamment :

Les missions d’urgence et de prospection en vue de Susciter de textes juridiques (décrets et arrêtés)
protéger et d’étudier des sites culturels menacés de en vue de la protection, de la sauvegarde et de la
destruction par des actions anthropiques. valorisation des sites et éléments culturels menacés.
À titre d’exemples : À titre d’exemples :
• Le 15 avril 2014 : Mission sur le site des pierres • Projet de loi portant révision de la loi n° 87-806 du 28
sculptées de Maminigui (département de Gohitafla) ; juillet 1987 portant protection du patrimoine culturel ;
• Du 29 au 31 janvier 2015 : Mission sur le site du Parc • Décret n°2017-322 du 24 mai 2017 portant
archéologique d’Ahouakro, sous-préfecture de Pacobo, classement du Parc archéologique d’Ahouakro sur la
département de Taabo ; Liste du patrimoine culturel national ;
• Du 03 au 07 février 2015 : Mission sur le site des • Décret n°2020-121 du 29 janvier 2020 portant
falaises à fossiles et des palétuviers rouges de Fresco... classement des mosquées en série de style soudanais
du nord ivoirien sur la Liste du patrimoine culturel
national
• Arrêté n° 07/MCF/CAB du 1er aout 2017 portant
inscription de la forêt sacrée de Gbêpleu sur la Liste
d’inventaire du patrimoine culturel national.
La coordination de plusieurs projets en faveur du
patrimoine culturel national.
• Le Projet « Route de l’esclave en Côte d’Ivoire » dont La participation à plusieurs festivals de promotion
le lancement officiel a eu lieu le 06 juillet 2017 à
Kanga-Gnianzè dans le département de N’Douci ; du patrimoine culturel national.
• « Bassam, Ville éternelle », activité culturelle et
artistique réalisée après l’attentat terroriste sur le site de • Le Djéguélé Festival qui se tient chaque année à
la Ville historique de Grand-Bassam, etc. Boundiali ;
• Le Festival du Zanzan de Bondoukou ;
• La Semaine National des Arts et de la Culture
(SNAC) ;
• Le Festi-Fokué de Grand-Alépé ;
La gestion des sites et éléments inscrits sur les • Le Festighwa de Dabré.
différentes Listes de l’UNESCO.

L’exemple de la Ville historique de Grand-Bassam : L’exemple du zaouli :


• Inspection quotidienne du site ; • Élaboration des mesures de sauvegarde et de promotion
• Élaboration du Plan de gestion des risques de devant être réalisées en 2018-2019-2020 (présentées aux
catastrophes ; autorités administratives, politiques et coutumières de la
• Rédaction et transmission annuelle du rapport sur l’état Région de la Marahoué en 2018) ;
de conservation à l’UNESCO ; • Mise en place d’une Fédération des groupes de zaouli de
• Cartographie de l’état de conservation des bâtiments ; la Marahoué.
• Sensibilisation à la gestion des réhabilitations et des
nouvelles constructions.
11
QUELQUES ACTIVITÉS DE L’OIPC

Principales activités en cours de réalisation

Inscription des savoir-faire traditionnels liés au tissage du pagne en Côte d’Ivoire sur la Liste
représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO
du patrimoine immatériel des (OIPC), a entamé depuis 2019 le
Contexte communautés de notre planète. processus d’inscription des savoir-faire
traditionnels liés au tissage du pagne en

L
C’est ainsi que le « Gbofé d’Afounkaha,
musique des trompes traversières de la Côte d’Ivoire.
a reconnaissance internationale du communauté tagbana », le « Djéguélé, D a ns le c a dr e d u p r o c es s us
patrimoine culturel immatériel a pour pratiques et expressions culturelles des d’inscription de ces savoir-faire
origine le besoin de continuité communautés sénoufo du Burkina traditionnels, deux missions de
culturelle qui permet à nos sociétés de Faso, du Mali et de Côte d’Ivoire » et le collectes de données ont eu lieu en
réaffirmer leur identité nationale et « Zaouli, musique et danse populaires 2019 et 2020 dans les localités de Divo,
régionale. des communautés gouro » ont été Gabia (Oumé), Gragbalilié (Lakota),
La Côte d’Ivoire, par la ratification le respectivement inscrits en 2008, 2012 et Koidji, Bendinfla (Sinfra), Bomizambo
13 juillet 2006 de la Convention 2003 2017 sur la Liste représentative du (Tiébissou), Sakiaré (Attiégouakro),
de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de Waraniéné, Fakaha (Korhogo), Bania
patrimoine culturel immatériel (PCI), l’a l’humanité de l’UNESCO, mesure de (Bouna), Kanguélé, Soko (Bondoukou),
très bien perçu et a engagé sa sauvegarde internationale du Grand-Gbapleu (Man). À la suite de ce
responsabilité dans la préservation et la patrimoine culturel immatériel qui travail de terrain, le formulaire de
promotion des valeurs du riche PCI figure dans la Convention 2003 pour la candidature a été renseigné par l’équipe
qu’elle a héritées de son passé et qu’elle sauvegarde du patrimoine culturel technique de l’OIPC et un atelier de
a l’impérieux devoir de transmettre aux immatériel de l’UNESCO. validation du dossier de candidature
générations futures. regroupant des experts, des personnes
Pour assurer donc une meilleure ressources et les communautés, a eu
visibilité du patrimoine culturel lieu les 08 et 09 septembre 2021 au
immatériel, faire prendre davantage siège de l’OIPC.
conscience de son importance et Le dossier de candidature a été transmis
favoriser le dialogue dans le respect de le 17 mars 2022 au Secrétariat de la
la diversité culturelle, le Comité Convention de 2003 de l’UNESCO, et
intergouvernemental de sauvegarde du sera examiné lors du 18ème session du
patrimoine culturel immatériel de la Comité intergouvernemental de
Convention de 2003, sur proposition sauvegarde du patrimoine culturel
des États parties concernés, établit, immatériel en novembre/décembre
Un jeune tisserand de Koidji. (Sinfra)
tient à jour et publie une Liste 2023.
représentative du patrimoine culturel Après la reconnaissance internationale
immatériel de l’humanité de du Gbofé, du Djéguélé et du Zaouli, l’État Le tissage du nougbi-
nanko (pagne
l’UNESCO. Elle est composée des de Côte d’Ivoire, à travers l’Office traditionnel en raphia)
expressions qui démontrent la diversité Ivoirien du Patrimoine Culturel chez les communautés
dida de Divo.
PRINCIPALES ACTIVITÉS EN COURS DE RÉALISATION

Objectifs spécifiques Composantes et/ou activités


• Faire à un état des lieux exhaustif des savoir-faire • Activités préparatoires : pré-enquête, mise en place du
traditionnels liés au tissage du pagne en Côte d’Ivoire ; Comité scientifique, élaboration des Termes de
• Actualiser la base de données sur les savoir-faire référence, élaboration du questionnaire de recherche,
traditionnels liés au tissage du pagne en Côte d’Ivoire ; recherche documentaire, délimitation de la zone de
recherche…) ;
• Sensibiliser l’opinion nationale et les communautés • Missions de sensibilisation et de collecte de
locales à la préservation et à la sauvegarde des savoir- données dans les localités concernées ;
faire traditionnels liés au tissage du pagne en Côte • Séances de travail de dépouillement, de compilation,
d’Ivoire ; d’actualisation et de restitution des données ;
• Rédiger les mesures de sauvegarde et de promotion des • Missions de sensibilisation et de collecte de
savoir-faire traditionnels liés au tissage du pagne en données complémentaires ;
Côte d’Ivoire ; • Atelier de validation du dossier de candidature et des
• Élaborer et soumettre le dossier d’inscription savoir- mesures de sauvegarde et de promotion ;
faire traditionnels liés au tissage du pagne en Côte • Dépôt du dossier de candidature (Impression et envoi
d’Ivoire au Secrétariat de la Convention pour la sauve- du dossier de candidature par DHL) ;
garde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO • Mise en œuvre du plan de communication (Presse
en 2022. écrite, spot été et radio, émission télé et radio,
publication, exposition iconographique itinérante…) ;
Budget estimatif : 29 640 000 FCFA • Mission de sensibilisation et de mise en place des
Comités locaux de sauvegarde et de promotion.

Mode de financement
ÉTAT – PRIVÉ
OIPC : 12 000 000 FCFA
À rechercher : 17 640 000 FCFA

Organiser les Journées Nationales du Patrimoine Culturel

Contexte En effet, de nombreuses études dont celle du Pr. Ismaël


MAÏGA, sociolinguiste malien (Directeur du Centre d’études

L e patrimoine est « l’héritage du passé dont nous profitons


aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à
pour la recherche et l’enseignement des langues et civilisations
africaines-Paris VIII), menée lors de l’Université d’été de
Bamako en 2009, montrent qu’à l’orée de l’an 2050, non
venir » ( UNESCO, 2008 : 5). seulement, les langues africaines seront minoritaires dans
plusieurs zones urbaines, mais aussi et surtout que les références
Aujourd’hui, face à l’évolution toujours plus rapide de nos
traditionnelles qui sont aujourd’hui la base des identités, ne
structures sociales, due au caractère global de la
correspondront plus à rien pour plus de 80% de la jeunesse
communication et du commerce, qui vont de pair avec une
africaine. Ainsi, si rien n’est fait, l’imaginaire social construit à
tendance à l’uniformisation, le patrimoine culturel prend une
partir de valeurs séculaires cèdera alors le pas à des normes dites
importance cruciale en raison de son rôle dans la socialisation
‘’universelles’’. L’organisation des Journées Nationales du
des enfants et des jeunes, les échanges entre générations, la
Patrimoine Culturel (JNPC) est une réponse à cette menace et
transmission des valeurs et la formation des identités
trouve là toute sa justification.
culturelles. 13
ORGANISER LES JOURNÉES NATIONALES DU PATRIMOINE CULTUREL

culturel national dans sa diversité. Ces besoin d’offrir aux porteurs de


initiatives visent d’une part, à consolider traditions, aux professionnels des arts
les acquis patrimoniaux matériels et et de la culture, aux opérateurs
immatériels en les dotant de cadres économiques et au public, un
institutionnels de conservation et de événement digne d’intérêt, véritable
diffusion, et d’autre part, à créer les plateforme de promotion et de
conditions propices à leurs exploitations valorisation du riche patrimoine culturel
optimales. national.
Dès lors, les JNPC apparaissent, non

Dimbokro
(département de
Koyayé de Totokro
seulement, comme une vitrine de toutes
les initiatives de l’ensemble des acteurs

L es JNPC viennent renforcer les


initiatives privées et celles de l’État de
du domaine, mais aussi et surtout,
comme le cadre de diffusion par
excellence de tous les résultats et acquis
Côte d’Ivoire destinées à conserver, en matière de patrimoine.
sauvegarder et valoriser le patrimoine
Les JNPC répondent également au

Objectifs spécifiques
• Élaborer et mettre en œuvre un plan de communication média et hors-média pour sensibiliser sur l’importance du
patrimoine culturel et le promouvoir auprès des populations ;
• Organiser des évènements visant à valoriser les porteurs de traditions ;
• Organiser des activités de réflexion portant sur le patrimoine culturel national ;
• Organiser des compétitions de jeux et de sports traditionnels ;
• Organiser des opérations de recherche de financements pour les projets de l’OIPC et des autres structures patrimoniales ;
• Valoriser le patrimoine culturel de tous les groupes ethnolinguistiques de la Côte d’Ivoire.

Activités de réflexion : conférences, débats publics, tables


rondes et colloque national pour faire l’état des lieux du
Composantes et/ou activités patrimoine culturel national (dans les lycées, collèges,
universités, collectivités, radio, télévision ; etc.) ; rencontres
professionnelles ;
Activités de communication média et hors-média :
émissions, spots radio et télé ; Prêt-À-Diffuser (PAD), Activités sportives : les olympiades des jeux
encartages presse écrite et numérique ; flyers, dépliants… ; traditionnels (lutte, course de pirogue, jeux de réflexion…) ;
affichage ; branding sur immeubles, bus, taxis, cars…; Activités de recherche de financements : téléthon du
marketing direct, le mailing, réseaux sociaux, l’e-publicité… ; patrimoine ; Loterie du patrimoine ; diner gala de collecte de
Activités culturelles et festives : « Village du patrimoine » , fonds ;
foire artisanale, marché des produits dérivés, soirées artistiques, Activités sociales : reboisement des essences végétales
animations populaires, projections de films et de servant dans les pratiques culturelles (facture des instruments
documentaires, dégustation de cuisine traditionnelle, jeux de musiques traditionnelles, construction des cases…) ;
traditionnels et concours, défilé de mode et parades des protection de la faune en voie de disparition servant dans la
communautés, concerts, spectacles de musiques et danses confection des instruments de musiques traditionnelles. Pour
traditionnelles…) ; exposition itinérante ; exposition sur les renforcer l’amitié avec les communautés étrangères qui vivent
festivals patrimoniaux nationaux ; visites guidées sur les sites et en Côte d’Ivoire : organiser la semaine des communautés
monuments ; étrangères.
PRINCIPALES ACTIVITÉS EN COURS DE RÉALISATION

Budget estimatif Mode de financement


500 000 000 F CFA ÉTAT – PRIVÉ :
OIPC : 5 000 000 FCFA
À rechercher : 495 000 000 FCFA

Élaborer le répertoire des textes juridiques portant sur le patrimoine culturel national

A fin de permettre une meilleure information des acteurs du


secteur du patrimoine culturel national, il est conçu le présent
Recueil de textes juridiques applicables à ce secteur.
L’objectif visé est de contribuer à la vulgarisation du cadre
juridique régissant le secteur du patrimoine culturel national.
Ce « Recueil des principaux textes juridiques portant sur le
patrimoine culturel national » est subdivisé comme suit :

Instruments normatifs internationaux

Textes normatifs nationaux


• Convention pour la protection des biens culturels en cas
de conflits armés, avec règlement d’exécution 1954,
la Haye, le 14 mai 1954. Ratifiée en 1979. Les lois
• Convention concernant les mesures à prendre pour • Loi n° 62-253 du 31 juillet 1962 relative aux plans
interdire et empêcher l’importation, l’exportation et d’urbanisme ;
le transfert de propriété illicites des biens culturels 1970, • Loi n° 65-248 du 4 août 1965 relative au permis de
Paris, le 14 novembre 1970. Ratifiée en 1989. construire ;
• Convention concernant la protection du patrimoine • Loi n° 87-806 du 28 juillet 1987 portant protection du
mondial culturel et naturel, Paris, 16 novembre 1972. patrimoine culturel ;
Ratifiée en 1980. • Loi n° 96-766 du 3 octobre 1996 portant Code de
• Convention d’UNIDROIT sur les biens culturels volés l’Environnement ;
ou illicitement exportés, Rome, 24 juin 1995. • Loi n° 2003-208 du 07 juillet 2003 portant transfert et
Ratifiée en 2019. répartition de compétences de l’État aux collectivités
• Convention sur la protection du patrimoine culturel territoriales ;
subaquatique 2001, Paris, 2 novembre 2001. Pas encore • Loi n° 2014-425 du 14 juillet 2014 portant politique
ratifié. culturelle nationale ;
• Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel • Loi n° 2016-55 du 26 juillet 2016 relative aux droits
immatériel, Paris, le 17 octobre 2003. Ratifiée en 2006. d’auteurs et aux droits voisins.
• Convention sur la protection et la promotion de la
diversité des expressions culturelles, Paris, 20 octobre
2005. Ratifiée en 2007.
15
ÉLABORER LE RÉPERTOIRE DES TEXTES JURIDIQUES
PORTANT SUR LE PATRIMOINE CULTUREL NATIONAL

Les décrets

• Décret n° 74-179 du 25 avril 1974 • Décret n° 99-319 du 21 avril 1999 Ivoirien du Patrimoine Culturel ;
portant classement du Parc délimitant un périmètre de • Décret n°2016-508 du 13 juillet
national des îles Éhotilé ; protection du patrimoine 2016 portant organisation du
• Décret n° 88-413 du 20 avril 1988 architectural de Grand-Bassam ; Ministère de la Culture et de la
portant classement des sites et • Décret n° 2012-489 du 07 juin Francophonie ;
monuments de la Ville historique 2012 portant modification de • Décret n°2017-322 du 24 mai
de Kong ; l’article 1er du décret n° 91-23 du 2017 portant classement du Parc
• Décret n° 91-23 du 30 janvier 30 janvier 1991 portant archéologique d’Ahouakro sur la
1991 portant classement des classement des monuments Liste du patrimoine culturel
monuments historiques de la Ville historiques de la Ville historique national ;
historique de Grand-Bassam ; de Grand-Bassam ; • Décret n°2020-121 du 29 janvier
• Décret n° 91-186 du 27 mars 1991 • Décret n° 2012-490 du 07 juin 2020 portant classement des
portant classement des 2012 portant modification des mosquées en série de style
monuments historiques de la Ville articles 2, 3, 4 et 5 du décret n° 99 soudanais du nord ivoirien sur la
d’Abidjan ; -319 du 21 avril 1999 délimitant Liste du patrimoine culturel
• Décret n° 91-187 du 27 mars 1991 un périmètre de protection du
portant classement des patrimoine architectural de Grand
monuments historiques et du -Bassam ;
jardin botanique de la Ville de • Décret n° 2012-552 du 13 juin
Bingerville ; 2012 portant création,
• Décret n° 99-319 du 21 avril 1999 attributions, organisation et
délimitant un périmètre de fonctionnement d’un
protection du patrimoine Établissement public à caractère
architectural de Grand-Bassam ; Administratif dénommé Office

Les arrêtés
• Arrêté interministériel n° 039-10 du 10 août 2001 création, attribution et fonctionnement des Comités
portant règlementation de la conservation architecturale Locaux de Base de Gestion des mosquées en série de
de Grand-Bassam ; style soudanais du nord ivoirien ;
• Arrêté n° 04/MCF/CAB du 19 janvier 2012 portant • Arrêté n°03/MCIAS/CAB du 24 juin 2021 portant
inscription de biens culturels à l’inventaire national ; organisation et fonctionnement du Secrétariat Exécutif
• Arrêté interministériel n° 097 du 19 juin 2012 portant de Gestion des Mosquées de style soudanais du nord
mise en place du plan de préservation de la Ville ivoirien ;
historique de Grand-Bassam ; • Arrêté interministériel n°001/MCIAS/MIS/MEF/
• Arrêté n° 434/MCF/CAB du 15 octobre 2012 portant MCLU/MBPE/MTL du 27.07.2021 portant
inscription de biens culturels à l’inventaire national ; organisation et fonctionnement du « Système de
• Arrêté n° 001/MCF/CAB du 14 janvier 2016 portant gestion » des Mosquées de style soudanais du nord
inscription de biens culturels à l’inventaire national; ivoirien.
• Arrêté n°07/MCF/CAB/ du 01 août 2017 portant
inscription de la forêt sacrée de Gbêpleu sur la Liste de
l’inventaire du patrimoine culturel national ;
• Arrêté n°005/MCF/CAB du 20 janvier 2020 portant
PRINCIPALES ACTIVITÉS EN COURS DE RÉALISATION

Mettre en œuvre la politique de produits dérivés de l’OIPC.


La Côte d’Ivoire dispose d’un riche patrimoine culturel et une grande variété artistique qui malheureusement restent
sous-exploités. Pour y remédier, l’OIPC à travers la création de sa marque ‘’Patrimoine ivoire’’, envisage de développer et
commercialiser des produits-objets dérivés, manufacturés en série, de tailles variables, dans divers matériaux, décoratifs et/ou
fonctionnels, d’usage courant et surtout bon marché.

ANNÉE 2022 2023 2024


DÉSIGNATION

OBJECTIF Concevoir et mettre en œuvre la politique de développement de produits-objets dérivés de l’OIPC.


GÉNÉRAL

* Créer et positionner la * Développer et produire les * Conquérir le marché de la


marque ‘’Patrimoine ivoire’’ de objets de la marque ‘’Patrimoine sous-région (Ghana, Burkina Faso,
l’OIPC ; ivoire’’ liés aux biens et éléments Togo, Bénin, Mali) avec le
d’intérêt national (Mosquées de développement d’objets
* Développer et produire les style soudanais, Parc ‘’Patrimoine ivoire’’ issus du
objets de la marque archéologique d’Ahouakro, patrimoine culturel de ces pays.
‘’Patrimoine ivoire’’ liés à la Gbofé, Djéguélé, Zaouli, etc.) ;
Ville historique de Grand- * Conquérir le marché du reste de
OBJECTIFS Bassam ; * Initier et participer à toutes l’Afrique et du monde.
STRATÉGIQUES opérations financières,
* Développer un circuit de commerciales, industrielles,
distribution pour la mobilières et immobilières
commercialisation des objets pouvant se rattacher
de la marque ‘’Patrimoine directement ou indirectement
ivoire’’ ; aux missions de l’OIPC, similaires
ou connexes susceptibles de
faciliter le développement ou
l’extension de la marque
‘’Patrimoine ivoire’’;

* Ouvrir des boutiques pour la


commercialisation des objets de
la marque ‘’Patrimoine ivoire’’.

* Accroître la visibilité de l’OIPC ;


ENJEUX * Dynamiser l’image de l’OIPC ;
* Accentuer l’attractivité et le rayonnement de l’OIPC ;
* Accroitre les ressources financières de l’OIPC.

* Grand public ;
CIBLES * Les élèves et étudiants ;
* Les touristes.

CATALOGUE 2022 Monuments de la Ville historique de Grand-Bassam


17
La mise en valeur des sites et
éléments « labellisés UNESCO » a un
impact positif et considérable sur les
bénéficiaires suivants :
• Les communautés locales :
meilleure visibilité des porteurs
de traditions, développement
d’une économie culturelle
locale (création d’emplois avec
le développement de l’artisanat,
perception des droits d’entrée
sur les sites et des visites
guidées, vente de
produits-objets dérivés...) ;
• Les collectivités territoriales :
promotion des richesses
culturelles locales, taxes sur les
séjours, les transports, les
sociétés de tourisme, les
restaurants, les commerces... ;
• Les opérateurs économiques,
Tours opérators... : recettes
accrues avec l’arrivée des
visiteurs et autres touristes … ;
• L’État de Côte d’Ivoire : mise
en œuvre des Conventions
UNESCO de 1972, 2003, 2005,
promotion de la diversité
culturelle et renforcement de la
cohésion sociale, entrée de
devises, rayonnement culturel
international.
POUR LES MISSIONS POUR LE SIÈGE POUR LES
DE TERRAIN DE L’OIPC SECRÉTARIATS
EXÉCUTIFS

APPUIS POUR L’ÉQUIPEMENT


EN MATÉRIELS ROULANTS 3 véhicules 5 véhicules de service 2 véhicules
de type 4x4 de type 4x4

3 caméras numériques professionnels


APPUIS POUR L’ÉQUIPEMENT 6 dictaphones numériques professionnels
EN MATÉRIELS DE REPORTAGE 6 appareils d’enregistrement de son
4 appareils photos numériques professionnels
2 drones professionnels
3 groupes électrogènes ou 1 kit solaire de 220v
3 GPS professionnels

APPUIS POUR L’ÉQUIPEMENT 8 ordinateurs 10 ordinateurs 5 ordinateurs


EN ORDINATEURS portables de bureau dont de bureau
1 ordinateur Apple

APPUIS FINANCIERS
AUX PROJETS Voir projets prioritaires
19
PROJETS PRIORITAIRES 2021-2025

Préservation, promotion et exploitation économique


du patrimoine culturel immobilier
Contexte Composantes et/ou activités
• Recherches documentaires ;
En 1994, lors de sa 18ème session, le Comité du Patrimoine • Prospection : missions d’évaluation et de collecte de
données ;
mondial de l’UNESCO a adopté la Stratégie globale pour une • Études scientifiques : cartographique, historique,
Liste du patrimoine mondial représentative, équilibrée et cré- anthropologique, archéologique, faunistique et
dible. À cet effet, les États parties dont le patrimoine est sous floristique des biens culturels identifiés ;
représenté sur la Liste du patrimoine mondial, comme c’est le • Gestion : rédaction, validation et exécution du plan de
conservation et de gestion ;
cas de la Côte d’Ivoire, ont été encouragés à donner la priorité • Mise en place des Comités locaux de gestion et du
à la préparation des propositions d’inscription de leurs biens. « Club des Amis » des biens culturels identifiés ;
• Communication : rédaction, validation et exécution du
plan de communication ;
Objectifs spécifiques • Rédaction, validation et soumission des dossiers de
nomination des biens culturels identifiés au Centre du
patrimoine mondial de l’UNESCO ;
• Faire l’état des lieux des biens culturels identifiés ; • Promotion : montage et vernissage d’expositions
• Actualiser la base de données des biens culturels thématiques, édition de catalogues, élaboration de guides
identifiés ; touristiques ;
• Réaliser toutes études scientifiques nécessaires à la • Exploitation économique : rédaction, validation et
connaissance des valeurs des biens culturels identifiés ; exécution du plan de mise en tourisme, fabrication et
• Rédiger, valider et soumettre les dossiers de de vente de produits-objets dérivés.
nomination des biens culturels identifiés au Centre du
patrimoine mondial de l’UNESCO ; Budget estimatif : 1 016 135 298 F CFA
• Réaliser la mise en tourisme et l’exploitation
économique des biens culturels identifiés. • LE PARC NATIONAL DES ÎLES ÉHOTILÉ :
138 345 208 F CFA ;
• LE PARC ARCHÉOLOGIQUE D’AHOUAKRO :
Mode de financement 468 024 795 F CFA ;
• LES SITES ARCHÉOLOGIQUES EN SÉRIE DE
• ÉTAT –PRIVÉ MAMINIGUI : 224 028 698 F CFA ;
• OIPC : 20 000 000 FCFA • LE VILLAGE FORTIFIÉ DE SORDI :
• À rechercher : 996 135 298 FCFA 185 736 597 FCFA.

Les pierres sculptées de Les fortifications du village de


Le Parc national des îles éhotilé, Le Parc archéologique
Maminigui, dans le département Sordi, dans le département de
dans le département d’Adiaké. d’Ahouakro, dans le
de Gohitafla. Ouangolodougou. 21
département de Taabo.
PROJETS PRIORITAIRES 2021-2025

Sauvegarde, valorisation et exploitation économique du patrimoine culturel immatériel


commerces... Ainsi, avec soumettre les dossiers de
Contexte candidature des éléments
l’arrivée des visiteurs et autres identifiés en vue de leur

I
touristes, les recettes sont inscription sur la Liste
accrues. représentative du
l n’est plus à démontrer p a tr imo in e cu lt ur e l
l’impact positif de la Pour l’État, la sauvegarde et la immatériel de l’humanité
sauvegarde et de la valorisation valorisation des éléments de de l’UNESCO ;
• Réaliser la mise en
des éléments du patrimoine son patrimoine culturel tourisme et l’exploitation
culturel immatériel sur les immatériel est une preuve de la économique des éléments
communautés, les collectivités mise en œuvre effective des identifiés. Le fatchué/fakoué/fokué des Akan
lagunaires.
territoriales, les opérateurs Conventions de l’UNESCO de
économiques et l’État dans son 2003, 2005, et de la promotion Composantes
ensemble. de la diversité culturelle et du et/ou activités économique :
renforcement de la cohésion r é d a c t i o n ,
sociale, avec en point de mire • R e c h e r c h e s
documentaires ;
validation et
exécution du plan
les entrées de devises et le • Prospection : missions de de mise en
rayonnement culturel au sensibilisation et de t o u r i s m e ,
niveau international. collectes de données ; fabrication et vente
• Gestion : rédaction, de produits-objets
validation et exécution dérivés.
Objectifs spécifiques des mesures de
sauvegarde et de
Le groupe musical ahossi de promotion, mise en place
Kangandi (Région du Moronou). • Faire l’état des lieux des des entités de sauvegarde
éléments identifiés ; et de promotion ;
En effet, la pérennisation et la • Actualiser la base de • Communication :
données sur les rédaction, promotion et
mise en valeur de ces richesses éléments identifiés ; exécution du plan de
patrimoniales permettent non • Réaliser toutes études communication ;
seulement une meilleure scientifiques nécessaires • Rédaction, validation et
à la connaissance des soumission des dossiers
visibilité des porteurs de éléments identifiés ; de nomination au
traditions, le développement • Rédiger, valider et Secrétariat de la
d’une économie culturelle Convention pour la
sauvegarde du
locale (création d’emplois, patrimoine culturel im-
développement de l’artisanat, matériel de l’UNES-
vente de produits-objets CO ;
• Identification et
dérivés...), mais aussi et promotion des
surtout, elles renforcent la Trésors Humains
promotion des richesses Vivants (THV) ;
• Promotion : montage et Le tchologo des
culturelles locales, les taxes à vernissage d’expositions communautés sénoufo-
percevoir sur les séjours, les thématiques, édition de niarafolo.
transports, les sociétés de L’abissa des communautés n’zima catalogues, élaboration de
tourisme, les restaurants, les kotoko. guides touristiques ;
• E x p l o i t a t i o n
PROJETS PRIORITAIRES 2021-2025

Budget estimatif : 81 652 954 FCFA Mode


de financement
• L’AHOSSI DES AGNI-MOROFWÈ :
29 843 442 FCFA ;
• L’ABISSA DES COMMUNAUTÉS N’ZIMA ÉTAT –PRIVÉ
KOTOKO : 8 259 342 FCFA ;
• LE TCHOLOGO DES COMMUNAUTÉS OIPC : 5 000 000 FCFA
SÉNOUFO-NIARAFOLO : 13 398 745 FCFA ; À rechercher :76 652 954 FCFA
• LE FATCHUÉ/FAKOUÉ/FOKOUÉ DES AKAN
Le tématé ou tématè des
LAGUNAIRES : 11 286 425 FCFA ;
• LE TÉMATÉ OU TÉMATÈ DES COMMUNAUTÉS communautés wobé.
WOBÉ : 18 865 000 FCFA.

Devoir de mémoire, valorisation et exploitation économique du patrimoine historique


Contexte

La mémoire se nourrit des traces du


passé et des souvenirs d’un individu.
Elle prend en compte son vécu et ses
émotions face à son expérience
personnelle. Mais la mémoire peut aussi
être collective : il s’agit alors d’un
ensemble de faits du passé qui reste dans
le souvenir de tout un groupe, plus ou
moins large, lié par ces événements. Le
devoir de mémoire est de témoigner et
de garder vivace le souvenir Le Projet « Route de l’esclave » en Côte d’Ivoire
d'événements vécus pour tirer les leçons
du passé, car comme le disait Elie Wiesel
(écrivain, philosophe et professeur qu’« un peuple qui ne connaît pas son l’occultation d’événements historiques
d’université américain) : « Le bourreau passé se condamne à le majeurs constituent un obstacle à la
tue toujours deux fois, la seconde fois revivre» (Wilson Churchill). Les compréhension mutuelle, à la réconciliation
par l'oubli ». témoignages, écrits ou oraux, et à la coopération entre les peuples, la
prennent d’autant plus de valeur que Côte d’Ivoire a entamé ce travail de
Le souvenir est donc capital, car il les témoins directs sont de plus en mémoire à la faveur du lancement en 1994
donne du sens aux valeurs de la plus rares. à Ouidah au Bénin du Projet « Route de
République et donne ainsi l'espoir que l’esclave ».
l'Histoire ne se répète pas, étant donné Partant du constat que l’ignorance et 23
DEVOIR DE MÉMOIRE, VALORISATION ET EXPLOITATION
ÉCONOMIQUE DU PATRIMOINE HISTORIQUE

Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, premier Président de la République de Côte d’Ivoire.

Objectifs spécifiques • Promotion : montage et vernissage d’expositions


thématiques, édition de catalogues, élaboration de
guides touristiques ;
• Recherches documentaires ; • Exploitation économique : rédaction, validation et
• Prospection : missions d’évaluation et de collecte de exécution du plan de mise en tourisme, fabrication et
données ; vente de produits-objets dérivés ;
• Études scientifiques pluridisciplinaires : cartographique, • Construction du Musée de l’esclavage ;
historique, anthropologique, archéologique, • Rédaction du mémorial sur les « traces de Félix
patrimoniale… ; HOUPHOUËT-BOIGNY en Côte d’Ivoire ».
• Gestion : rédaction, validation et exécution du plan
d’aménagement ;
• Communication : rédaction, validation et exécution du Budget estimatif : 308 655 208 F CFA
plan de communication ;
• Promotion : montage et vernissage d’expositions
thématiques, édition de catalogues, élaboration de • LA « ROUTE DE L’ESCLAVE » : 138 345 208
guides touristiques ; FCFA ;
• Exploitation économique : rédaction, validation et • SUR « LES TRACES DE FÉLIX HOUPHOUËT-
exécution du plan de mise en tourisme, fabrication et BOIGNY » : 170 310 000 F CFA
vente de produits-objets dérivés.

Composantes et/ou activités Mode de financement

• Recherches documentaires ; ÉTAT – PRIVÉ


• Études et recherches pluridisciplinaires ; OIPC : 20 000 000 FCFA
• Aménagement, construction et gestion ; À rechercher : 288 655 208 FCFA
• Échange d’expériences hors Côte d’Ivoire ;
25
PANORAMA DES BIENS ET ÉLÉMENTS IVOIRIENS
INSCRITS SUR LES LISTES DE L’UNESCO

Définitions et présentation des concepts


Source : UNESCO

PATRIMOINE MONDIAL PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL

Ensemble de biens culturels et naturels présentant un Ensemble des pratiques, représentations, expressions, connaissances et
intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces
culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et,
le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur
patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de
génération en génération, est recréé en permanence par les
communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction
avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identi-
té et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la
diversité culturelle et la créativité humaine.

LISTE DU PATRIMOINE MONDIAL LISTE REPRÉSENTATIVE DU PATRIMOINE CULTUREL


IMMATÉRIEL DE L’HUMANITÉ
Réserve naturelle intégrale du mont Nimba Le Gbôfé d’Afounkaha, musique des trompes traversières de la
communauté tagbana
Inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981 comme
réserve de biosphère. Proclamé « Chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de
l’humanité » de l’UNESCO en 2001 et inscrit sur la Liste représentative
du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2008.
Le Parc national de Taï Le Djéguélé, pratiques et expressions culturelles des communautés
sénoufo du Burkina Faso, du Mali et de la Côte d’Ivoire
Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1982 comme
réserve de biosphère. Inscrit en décembre 2012.
Le Parc national de la Comoé Le Zaouli, musique et danse populaires des communautés gouro
Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983 comme Inscrit en décembre 2017.
réserve de biosphère.
La Ville historique de Grand-Bassam
Inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO en Juin 2012 en
tant que bien culturel.
Les Mosquées de style soudanais du nord ivoirien
Inscrites au Patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet 2021 en
tant que bien culturel en série.

En Côte d’Ivoire, les biens et les éléments culturels inscrits sur les différentes listes de l’UNESCO sont gérés par l’Office Ivoi-
rien du Patrimoine Culturel (OIPC) tandis que les biens du patrimoine naturel sont gérés par l’Office Ivoirien des Parcs et
Réserves (OIPR).
27
LE GBOFÉ D’AFOUNKAHA

Identification de l’élément Description

L e gbofé est l’appellation chez les


Tagbana des trompes traversières en
D ans la mythologie tagbana, le gbofé
est une pratique qui émane des génies.
Les yoorfèhèlè portent deux foulards : l’un
attaché autour de la tête et l’autre noué
bois. Le terme "gbofé" désigne également Les trompes sont fabriquées dans des au cou et qui enveloppe partiellement le
l’orchestre, c’est-à-dire les instruments racines recouvertes de peaux de vaches. corps (le dos et la poitrine). Ils nouent à
de musique (trompes traversières, Au nombre de six et de tailles crois- la hanche une jupe tissée dans du pagne
tambours), la musique, les chants et la santes (50 à 70 cm), ces trompes émet- traditionnel issu de l’artisanat baoulé
danse. Le gbofé est donc la musique des tent une gamme de sons capables de re- (voisins des Tagbana). Ils y nouent
trompes traversières. produire des mots takpênèrè (langue également une ceinture en raphia. Aux
tibias, les danseurs du gbofé attachent
Le gbofé se pratique principalement dans tagbana). Ces mots sont ensuite «
des sonnailles (tchôtchôrô) qui tintent
la Région du Hambol dont le chef-lieu traduits » par les chœurs de femmes.
lorsqu’ils dansent. Dans leurs mains, ils
est Katiola. Alors qu’il était pratiqué tiennent des queues de cheval qu’ils
dans plusieurs localités par le passé, il ne agitent en dansant.
l’est aujourd’hui que dans trois villages
dont le principal est Afounkaha. Les trompes traversières et les chants
sont accompagnés par des tambours
(pindrè et djomanhan) qui marquent le
rythme et donnent sa structure au gbofé.
Il est exécuté lors des cérémonies
rituelles et/ou traditionnelles et des
festivités. Les messages qu’émet le gbofé
varient selon les circonstances. Le gbofé
L’orchestre du gbofé est constitué de six fait le plus souvent l’éloge des nobles,
trompettistes appelés (gboféhienlin), de des autorités et des personnes
deux tambourinaires (pinghienlin), de considérées comme des références pour
chanteuses (kièlè) et de danseurs les membres de la communauté.
(yoorfèhèlè) - dont le nombre est va- Il chante l’amour, la tristesse; prône les
riable - et de la protectrice des dan- préceptes moraux ou éducatifs; et fait la
En plus des Tagbana localisés dans la seurs connue sous le nom de gbos- satire sociale. Les messages du gbofé sont
Région du Hambol, d’autres soundjo. véhiculés à travers les chants sous la
communautés ivoiriennes pratiquent le forme de proverbes, de paraboles, de
gbofé, notamment les Malinké et d’autres textes engagés, imagés ou
sous-groupes sénoufo. En effet, les hyperboliques.
Malinké-Koyaka de Mankono (Région Le gbofé est une expression musicale et
du Béré) pratiquent le gbofé, de même une pratique culturelle qui met en
que des sous-groupes sénoufo-nafara et exergue le savoir-faire lié à l’artisanat
niarafolo des Régions du Poro et du traditionnel des communautés tagbana ;
Tchologo. mais aussi représente un trait culturel de
Danseuses de gbofé.
LE GBOFÉ D’AFOUNKAHA

Fonctions / Intérêts

Trompettistes du gbofé.
L e gbofé revêt une importance capitale chez les communautés
tagbana. Il leur permet de célébrer l’ensemble des faits sociaux.
Par ailleurs, le gbofé est porteur de l’identité des communautés
tagbana et leur confère, en même temps, un sentiment
d’appartenance au groupe et de continuité en ce sens qu’il est
l’héritage légué par leurs ancêtres.
Mieux qu’une musique et une danse, le gbofé participe à instaurer
une société tagbana hiérarchisée sur la base des valeurs, du
mérite, du don de soi, etc.
Danseurs de gbofé.

En réalité, le gbofé est un socle pour l’édification d’une société


tagbana disciplinée, solidaire, unie et paisible.

Danseuses de gbofé.
Sauvegarde

L a plupart des praticiens


du gbofé sont d’un âge
sont autant de facteurs qui menacent la viabilité du gbofé.
L’ensemble conjugué de ces facteurs pose un problème de
avancé : leur âge varie entre
transmission des connaissances et savoir-faire liés au gbofé dans
45 et 68 ans. Ils vivent dans la
la mesure où la chaîne de transmission s’en trouve perturbée.
précarité.
Le gbofé est inscrit à l’inventaire national par l’arrêté
L’exode rural qui se traduit
n° 434/MCF/CAB du 15 octobre 2012 du Ministre de la
par le départ des populations,
Culture et de la Francophonie.
notamment les jeunes vers les
centres urbains à la recherche Le gbofé a été proclamé « Chef-d’œuvre du patrimoine oral et
d’un bien-être, le immatériel de l’humanité » de l’UNESCO le 18 mai 2001, puis
désintéressement progressif transféré sur la Liste représentative du patrimoine culturel
des jeunes qui sont de plus en immatériel de l’humanité de l’UNESCO en 2008 sous la
plus portés sur le bien dénomination : « Le Gbofé d’Afounkaha, musique des
Instrumentistes de gbofé. matériel, le modernisme, etc. trompes traversières de la communauté tagbana ». 29
Identification du bien

G rand-Bassam est située à


une quarantaine de kilomètres à
Les éléments structurant son
paysage sont : la lagune Ouladine,
le fleuve Comoé, le cordon littoral
l’est d’Abidjan, la capitale atlantique partiellement boisé. Le
économique de la Côte d’Ivoire. rivage de l’Océan est constitué
Grand-Bassam fait partie de la d’une plage de sable d’une largeur
Région du Sud-Comoé. de 30 à 50 mètres, bordée de
Le site de la Ville historique de cocotiers, de tamaris et de filaos
Grand-Bassam se situe au sud de assurant une protection des
la commune de Grand-Bassam. bâtiments contre l’érosion marine.
Limité au Nord par le quartier La qualité du site, mariant terre et
impérial, au Sud par l’Océan plan d’eau, réside dans son écrin
atlantique, à l’Ouest par le végétal qui estompe sensiblement
cimetière colonial et à l’Est par l’aspect purement minéral du tissu
l’embouchure du fleuve Comoé, il urbain. La Ville historique de
forme un cordon littoral étroit Grand-Bassam est divisée en
situé entre l’Océan atlantique et la quatre zones :
lagune Ouladine. - Zone administrative ;
- Zone commerciale ;
On y accède du quartier petit - Zone résidentielle ;
Paris par le pont de la Victoire. - et Village n’zima.
LA VILLE HISTORIQUE DE GRAND-BASSAM
Contexte et description
G rand-Bassam a été la première capitale de
la colonie de Côte d’Ivoire du 10 mars 1893 au
15 novembre 1900. Comme tel, Grand-Bassam
a accueilli, en plus des populations autochtones
(N’Zima et Abouré), les colons. Toutefois, à
l’image des relations de cohabitation pouvoir
colonial-peuples colonisés dans toute l’Afrique
coloniale, les relations ont très souvent été
émaillées par des tensions. Grand-Bassam
témoigne, en effet, de ces relations sociales
complexes entre les Européens et les Africains
Monument ‘’Dames
puis des mouvements en faveur des
glorieuses’’
indépendances sur le continent.
L’illustration de ces relations tendues entre
populations autochtones et Administration co-
loniale est faite par Henriette DAGRI Diabaté à
travers son œuvre « La marche des femmes sur
Grand-Bassam ». En effet, dans cet ouvrage,
l’auteure relate la marche des femmes dont
Marie Koré, Anne-Marie Raggi…, sur Grand-
Bassam, le 22 décembre 1949, pour exiger la
libération de leurs époux incarcérés par
l’Administration coloniale à cause de leurs
opinions politiques progressistes (Diabaté,
1975).
L’établiss ement des colons et de
l’Administration coloniale à Grand-Bassam
justifie la présence de l’architecture coloniale qui
témoigne de l’histoire de la ville et, par ricochet,
de celle de la Côte d’Ivoire sous l’Administration
coloniale. La Ville de Grand-Bassam est un
exemple urbain colonial. Son urbanisation
répond à une planification par quartiers
spécialisés dans le commerce, l’Administration,
l’habitat européen et autochtone.

31
LA VILLE HISTORIQUE DE GRAND-BASSAM

Fonctions / intérêts

L a Ville historique de Grand-Bassam


est un exemple urbain colonial de la fin
du XIXème siècle et de la première
moitié du XXème siècle. Elle est le
témoignage du pan colonial de la Côte Conservation et gestion
d’Ivoire qu’elle a abritée. Son
urbanisation est à la fois composite Du point de vue de la conservation et Ivoirien du Patrimoine
(habitat africain et européen) et de la gestion de la Ville historique de Culturel ». Ce décret consacre la
cr éation d’un Secr ét ar iat
fonctionnelle (quartiers résidentiel, Grand-Bassam, l’État de Côte d’Ivoire Exécutif dont la mission est
commercial et administratif). a pris des mesures institutionnelles et d’assurer la gestion quotidienne
règlementaires. À titre d’exemples : et de proximité de la Ville
Le savoir-faire occidental, notamment historique de Grand-Bassam;
français en matière de bâti a enrichi et • 1991 : Décret n° 91-23 du 30 • 2013 : Arrêté n° 202/MCF/CAB
diversifié le patrimoine immobilier de la janvier 1991 portant classement du 24 mai 2013 portant
des monuments historiques de la attribution et organisation du
ville. C’est d’ailleurs fort de cette richesse Ville de Grand-Bassam ; Secrétariat Exécutif du
du bâti de la ville et de son caractère • 1999 : Décret n° 99-319 du 21 Programme de Gestion de la
historique qu’elle a pu être inscrite sur la avril 1999 délimitant un Ville historique de Grand-
périmètre de protection du Bassam.
Liste du patrimoine mondial de Patrimoine de la Ville de
l’UNESCO en juin 2012. Grand-Bassam ;
• 2001 : Arrêté interministériel Depuis le 29 juin 2012, lors de la 36ème
n° 39 du 10 août 2001 portant session du Comité du patrimoine
réglementation de la convention mondial de l’UNESCO à Saint-
de la restauration et de la mise en
valeur du Patrimoine Pétersbourg en Fédération de Russie,
architectural de Grand-Bassam ; les monuments historiques du quartier
• 2007 : Arrêté municipal du 15 France et le village n’zima ont été
mars 2007 autorisant les travaux
d’études diagnostiques du inscrits sur la Liste du patrimoine
Patrimoine culturel de Grand- mondial de l’UNESCO sous la
Bassam ; dénomination de « Ville historique de
• 2007 : Arrêté ministériel n° 43
du 3 juillet 2007 portant Grand-Bassam ». Cette inscription lui a
attribution, organisation et ainsi conféré le statut de Ville du
fonctionnement du Comité de patrimoine mondial.
gestion du projet d’inscription de
la Ville historique de Grand- Par ailleurs, après son inscription sur la
B ass am s ur la Liste du
patrimoine mondial de Liste du patrimoine mondial en 2012,
l’UNESCO ; l’État de Côte d’Ivoire, à travers le
Ex-Hôtel des postes, abritant actuellement • 2012 : Décret n° 2012-552 du 13 Ministère en charge de la Culture, s’est
le Secrétariat Exécution du Programme juin 2012 portant création,
attributions, organisation et engagé dans un processus de
de Gestion de la Ville historique de Grand- restauration et de mise en valeur de la
fonctionnement d’un
Bassam. Établissement Public à caractère Ville historique de Grand- Bassam.
Administratif dénommé « Office
33
LE DJÉGUÉLÉ

Identification de l’élément à Katiola (du Nord au Sud) et de elles servent d’amplificateurs de son :
Boundiali à Ferkessédougou (de l’Est à plus la lame est grosse plus la calebasse

L
l’Ouest). La langue des Sénoufo est le l’est aussi ; de même moins la lame est
syénar. grosse, moins la calebasse l’est. Les
e djéguélé est le nom du balafon chez
les communautés sénoufo de Côte En pays sénoufo, l’origine du djéguélé est calebasses sont attachées en zigzag
d’Ivoire. C’est un xylophone rattachée à deux légendes : celle qui proportionnellement aux lames.
pentatonique, c’est-à-dire qui comporte désigne les génies (mandebélé ou tougoubélé) Elles sont perforées de deux orifices
cinq tons. comme propriétaires originels de garnis et obturés au moyen de cocons
l’instrument, et celle qui considère que ce d’araignées (enveloppes ovigères des
sont plutôt les enfants qui en sont les araignées). Ainsi, frappé à l’aide des
créateurs. De ces deux légendes, celle mailloches, l’instrument produit, grâce à
relative aux génies est de loin la plus ces résonateurs, l’effet de mirliton. Le
partagée. son est généralement "brouillé" ou
Le djéguélé est essentiellement constitué de "épais" à cause des mirlitons, des
matériaux récoltés dans la nature, à savoir bruisseurs et des sonnailles attachées
le bois, la liane, les calebasses, le latex, etc. aux poignets des instrumentistes.
L’appellation djéguélé renferme plusieurs Chez les Sénoufo, le djéguélé est une
Djégbârag (instrument de balafon). types d’orchestres. Le point commun à pratique et expression culturelle qui
ces orchestres est qu’ils ont, pour rythme la vie. Il intervient tout au long
L’aire de pratique du djéguélé comprend instrument de base, le balafon appelé de la vie du Sénoufo. Aussi, sert-il à
les Régions du Poro avec pour chef-lieu djégbrâg. célébrer les cérémonies de réjouissances,
de région Korhogo, du Tchologo avec les funérailles et à galvaniser les
pour chef-lieu de région laboureurs.
Ferkessédougou, de la Bagoué avec Le joueur de djéguélé (l’instrumentiste) est
pour chef-lieu de région Boundiali et du appelé localement djégbonw. Les danseurs
Hambol avec pour chef-lieu de région ou danseuses sont appelés djéyôbélé. Le
Katiola. À ces régions, il faut ajouter le fabriquant porte le nom de djédaw.
département de Dianra dans la Région
du Béré dont le chef-lieu de région est Dans la hiérarchie du djéguélé, le chef de
Mankono. village est le chef suprême : le groupe de
Soliste du djéguélé. djéguélé n’est autorisé à jouer que s’il
donne son autorisation.
Description
Le djégbârag qui est l’élément de base de
l’orchestre, est composé de douze (12) à
Les Sénoufo sont rattachés au groupe vingt et une (21) lames ou lattes en bois
gour aussi appelé voltaïque. Ils se d’inégales longueurs. Elles sont rangées
reconnaissent en l’appellation senambélé ; sur un support de forme trapézoïdale, lui
c’est-à-dire les « hommes du champ ». aussi en bois. L’instrument a pour
Les Sénoufo peuplent le nord de la Côte résonateurs des calebasses. Leurs tailles
d’Ivoire. L’aire sénoufo part de Tengréla varient en fonction de la lame à laquelle
Orchestre de la variante klé.
LE DJÉGUÉLÉ
le Festival « Triangle du Balafon »
initié en 2004 par les Républiques
Fonctions / intérêts du Mali, du Burkina Faso et de la
Côte d’Ivoire; le Festival Sportif,
Artistique et Culturel de Korhogo
C hez les communautés sénoufo, le
djéguélé est utilisé pour :
(FESACKO); le Djéguélé festival
organisé par l’ONG Abidjan
festival et dont la 1ére édition a
• implorer la clémence de Dieu ; eu lieu les 28 et 29 mai 2016 à
• accompagner les prières dans les Boundiali.
paroisses ;
• rendre grâce aux divinités ; Chauffage des timbales de l’orchestre du
• exprimer les états d’âme ; Certes, ces mesures sont des actions
• animer les activités agricoles ; djéguélé.
majeures prises en matière de
• accompagner les faits sociaux :
mariages, baptêmes, sorties sauvegarde du djéguélé. Toutefois, des
d’initiés, fêtes populaires, menaces pèsent sur l’élément.
funérailles, etc. Sauvegarde
Ces différents usages du djéguélé lui En effet, la viabilité de l’élément
confèrent trois fonctions principales : la
fonction panégyrique ou laudative
(l’individu est encensé), la fonction
D es politiques et mesures sont
prises en faveur du djéguélé. Elles sont le
demeure menacée du fait d’un certain
nombre de facteurs, notamment la
raréfaction des essences végétales
sacrée (bois sacrés, sanctuaires, rituels) fruit à la fois d’initiatives publiques et entrant dans la fabrication du balafon,
et celle de jeunesse (soirées récréatives privées. le manque de formation et les précaires
des jeunes). conditions de vie des praticiens, le
Il s’agit de: modernisme, l’éducation formelle et le
Le djéguélé présente plusieurs intérêts désintérêt croissant des jeunes pour la
• la mise en place d’un cadre
pour les communautés sénoufo. Au pratique du djéguélé.
niveau social, il favorise l’union, la institutionnel (création de
solidarité, la cohésion sociale, la paix, s tr uctur es de ges tion du
etc. patrimoine culturel), législatif Depuis le 05 décembre 2012, le
(adoption de lois). « Djéguélé, pratiques et expressions
Du point de vue éducatif, le djéguélé • la ratification de conventions culturelles des communautés sénoufo
r epr ésente un puiss ant moyen c u l t ur e l l es i nt e r n at i on a l e s du Burkina Faso, du Mali et de la Côte
d’éducation en ce sens qu’il chante et (Conventions UNESCO 2003 et d’Ivoire », a été inscrit sur la Liste
célèbre la vertu et les valeurs telles que 2005) ; représentative du patrimoine culturel
le courage, la persévérance, l’honnêteté, • Le djéguélé est inscrit à l’inventaire immatériel de l’humanité de
la discipline, la responsabilité, etc. national par l’arrêté n° 04/MCF/ l’UNESCO.
Le djéguélé est pratiqué et/ou utilisé par CAB du 19 janvier 2012 du
les communautés sénoufo dans leur Ministre de la Culture et de la
grande majorité. Francophonie.
• la mise en œuvre d’initiatives de
Elles demeurent attachées à
sauvegarde, de mise en valeur et
l’instrument, aux rites, us et coutumes
de promotion de l’élément, à
qui l’entourent.
savoir les festivals. On peut citer 35
LE ZAOULI

Description teint clair, d’une extrême beauté ; zaouli


Identification de l’élément lou monsi est le masque noir ; zaouli bi

L
zamblé est le masque surmonté d’un
masque (zamblé) ; zaouli lou saliklou est le
e zaouli est un art associant, dans un

L
masque surmonté d’un épervier et d’un
même spectacle, la sculpture (le masque,
python en train de se battre, le corps du
e zaouli est une musique et une les instruments de musique), le tissage
serpent entourant le visage du masque ;
danse populaires des communautés (le costume), la musique (la musique
zaouli lou watta est le masque surmonté
gouro de Côte d’Ivoire. Il est pratiqué instrumentale et la chanson) et la danse.
de sept serpents en train d’être séduits
dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Les instruments de musique et les
par une sirène des eaux.
La pratique du zaouli est circonscrite masques sont fabriqués à partir de
dans la région administrative de la matériaux tels que le raphia, le coton, le Fin et jovial, le masque est porté au
Marahoué. Son chef-lieu de région est métal, le bois. visage par un danseur avec un pagne
Bouaflé ; ville située à 322 kilomètres couvrant sa tête et ses épaules, des
Le masque zaouli, à l’origine, se décline
d’Abidjan (capitale économique) et à 45 raphias de couleurs à la taille, aux
en sept masques faciaux, représentant
kilomètres de Yamoussoukro (capitale poignets et aux chevilles, et un
chacun une histoire symbolique
politique). La Région de la Marahoué est justaucorps de mailles tissées. Le
particulière. Il s’agit de zaouli lou klannin,
composée de cinq départements, à danseur porte aux chevilles des
zaouli lou samlan, zaouli lou monhon, zaouli
savoir Bouaflé, Zuénoula, Bonon, sonnailles (panwlè), et tient dans chaque
lou monsi, zaouli bi zamblé, zaouli lou
Gohitafla et Sinfra. main une queue de bœuf ou de chèvre.
saliklou et zaouli lou watta. Mais l’esprit de
Le zaouli est essentiellement pratiqué par créativité a fait naître plusieurs autres L’ensemble instrumental comprend : un
les communautés gnan, man, yassoua et types de masques faciaux (zaouli) ; zaouli grand tambour à une peau chevillée
wadjè. Ces communautés habitent les lou klannin est le masque surmonté d’une fliglili, fligligli, fliblin ou flidôdolou ; des
localités de Siafla, Blèfla, Zrabisséifla, cuvette ; zaouli lou samlan est le masque tambours moyens à une peau lacée
Maminigui, Manfla, Tibéita, Bouafla, où trône un héron ; zaouli lou monhon est toumbalo, sripassri, flihouokou ou flihouo ;
Dianfla et Bogopinfla ; toutes situées le masque représentant une femme de des tambours à deux peaux lacées
dans les départements de Zuénoula et djém’ba, djéhima ou djéhiba ;
de Bouaflé. des tambours d’aisselle poho
ou popo ; un tambour à fente
Le zaouli a été créé à Zrabisséifla vers klaklé ; des flûtes en bois
1950 par SONNIN Bi Tah dit béli ; une cloche métallique
Wonninla, avec pour premier danseur
krinnin-krinnin.
KOUAÏ Bi Volizié. Il désigne à la fois
un masque et une danse traditionnelle La danse du zaouli est une
du pays gouro. Le zaouli est inspiré de synchronisation rythmique
deux masques : le blou, (« la hernie ») et entre la gestuelle du danseur
le djela, (« le lion »). Son autre nom est et la musique.
djela lou zaouli ; ce qui signifie : « Zaouli,
la fille de djela ». Le zaouli traduit l’idée
du beau et de l’esthétique : il est un
hommage à la beauté féminine.
37
LE ZAOULI

Fonctions / intérêts communautés. Durant ces


prestations, des talents sont
décelés et cooptés par les

L e zaouli remplit les fonctions


suivantes :
groupes. Ils y font leur
apprentissage. Confirmés, ils
participent à toutes les
• fonction éducative en ce sens que prestations du zaouli. La
le zaouli prône des valeurs telles chefferie traditionnelle,
que le bien, la bonté, l’hospitalité, garante des us et coutumes,
l’acceptation de l’autre, la liberté,
la sagesse, etc ; joue un rôle prépondérant
• fonction ludique ou récréologique dans la transmission.
dans la mesure où le masque sert
à égayer les communautés face Des concours de danse
aux souffrances et difficultés de la Le zaouli du village de Zrabiséhifla.
inter-villages sont organisés
vie ;
• fonction esthétique, le masque est accordée à la femme telle que mise de même que des festivals qui lui offrent
le portrait de la plus belle fille du en lumière par la dualité homme- des opportunités de revitalisation dont le
village ; femme incarnée par le zaouli, un Festival des Masques de Zuénoula ; le
• fonction identitaire parce que le masque féminin porté par un
zaouli est porteur de l’identité homme. Festival des Musiques et Arts
culturelle des communautés Traditionnels de Zuénoula
gouro qui l’ont, d’ailleurs, toutes Par ailleurs, le zaouli prône des valeurs (FESTIMAZ) ; le Festival des Arts et de
adopté ; et lui faire allusion la Culture de la Marahoué (FACMA),
signifie faire allusion à ces telles que le respect, la solidarité et
communautés ; l’esprit d’équipe, l’union et la paix entre devenu le Festival de la Culture et des
• fonction de paix et de cohésion les différentes communautés gouro. Arts de la Marahoué ( FECAM) ; la
sociale en ce sens que le zaouli Cette contribution du zaouli à la paix et à Semaine Nationale des Arts et de la
sert à célébrer la paix retrouvée, à
prévenir les conflits, à prôner la cohésion sociale lui vaut d’être invité Culture (SNAC) ; le Festival de danse des
l’union et l’entente entre les pour célébrer tous les faits sociaux communautés gouro ; le Festival des
communautés pour un « vivre (funérailles, réjouissances) chez les Danses de Gohitafla.
ensemble » ;
• fonction d’intégration sociale, communautés gouro. Des locaux sont construits par les
puisque le zaouli est de plus en
plus pratiqué par les communautés pour conserver les objets
communautés ayaou (sous- Sauvegarde matériels liés au zaouli. La Direction
groupe baoulé) des localités de Régionale en charge de la Culture de la
Diacohou, N’dènoukron, Blè, Le zaouli a été inscrit à l’inventaire
N’douffoukankro et Attossé. Le Marahoué, en collaboration avec les
zaouli s’impose donc comme un national par l’arrêté n° 001/MCF/CAB/ collectivités locales, a en projet la création
appel à l’autre, un pont jeté entre du 14 janvier 2016 du Ministre de la d’un Musée dédié au zaouli. Des CDs
sa culture et celle des autres ; Culture et de la Francophonie, au titre du
• fonction environnementale ou audiovisuels et des travaux scientifiques
écologique dans la mesure où le patrimoine culturel immatériel. (articles, mémoires, livres, etc.) sont
zaouli contribue à la préservation La viabilité du zaouli se fait par réalisés sur le zaouli. Depuis le 06
de l’environnement, car avant
chaque prestation du zaouli, l’entremise des prestations populaires, de décembre 2017, le zaouli est inscrit sur la
l’environnement au village est la cooptation des talents et de leur Liste représentative du patrimoine
assaini ; perfectionnement. Les prestations culturel immatériel de l’humanité de
• fonction liée au genre puisque
dans la société traditionnelle populaires sont régulièrement (deux à l'UNESCO.
gouro, une place de choix est trois fois par semaine) organisées par les
39
LE MOSQUÉES DE STYLE SOUDANAIS DU NORD IVOIRIEN

Identification du bien

L es mosquées de style
soudanais sont situées dans la
moitié nord de la Côte d’Ivoire,
en zone de savane,
pr inc ipa lem ent dans les
Régions administratives du
Kabadougou, du Folon, de la
Bagoué, du Poro, du Bafing, du
Worodougou, du Gontougo, du
Béré, du Tchologo et du Carte de la Côte d’Ivoire avec les localités
Bounkani. Elles se situent dans d’implantation des mosquées de style soudanais.
un espace géographique habité
essentiellement par les Sénoufo,
les Malinké, les Lobi et les
Koulango.

Contexte historique

Déjà au XIVème siècle, des Les raisons de cette descente


vers le Sud sont multiples.
activités commerciales se
développent dans des régions Elles sont, entre autres, le goût
plus méridionales de l’Afrique de l’aventure, le commerce, la
de l’Ouest. Elles sont religion. En guise d’illustration,
soutenues par des grandes on peut citer le déclin de
voies conduisant au pays du l’empire mandingue du Mali
sel, au nord (Djenné, (l’empire Sonrhaï après la
Tombouctou) ; au pays de l’or, bataille de Tondibi en 1591), le
à l’Est (Gold Coast) ; et au transfert de la souveraineté à la
pays de la cola, au Sud-Est dynastie des Askia de Gao-
(Sikasso). Tombouctou, la diffusion de
Aussi, ces régions méridionales l’islam dans la moyenne vallée
attirent-elles de nombreuses du Niger par les prophéties des
personnes. Quasiment tous grands disciples du Qadérisme
sont musulmans et à la fin du XVème et du
proviennent de la moyenne XVIème siècles, la conquête de
vallée du Niger, de Bamako à Tombouctou et Djenné par les
Tombouctou. Ces musulmans Marocains.
font partie de la famille des
Mandé.
Les routes commerciales avec l'Afrique noire à travers le Sahara
(Source : www.Grioo.com)

Le style soudanais qui caractérise utilisant les éléments de la nature


l’architecture des mosquées, a et les matériaux tels que la terre
donc été introduit à l’occasion crue maçonnée ou banco, le bois,
des échanges culturels, religieux l’argile, la terre des termitières, le
et commerciaux entre les beurre de karité, la bouse de
populations de l’Afrique de vache, la paille, les œufs
l’Ouest d’une part et, entre les d’autruche, les lianes.
populations de l’Afrique de Les mosquées de style soudanais
l’Ouest et celles du Moyen-Orient du nord ivoirien sont composées
(la Mecque, en Arabie Saoudite) principalement d’une salle de
et de l’Afrique du Nord prière de forme carrée ou
(Kairouan, en Tunisie ; Maroc, r e c t a n g u l a i r e e t
etc.), d’autre part. d’un mihrab situé dans la tour du
Ce style architectural témoigne minaret.
d’une parfaite maîtrise de la
technologie de la brique de terre Les migrations malinké vers les
crue ou banco. zones pré-forestières de la
Cette technologie a permis de Côte d’Ivoire (Source : Thèse,
construire ces monuments
religieux et a favorisé l’émergence Henriette Diabaté, 1987)
d’un savoir-faire spécialisé 41
LE MOSQUÉES DE STYLE SOUDANAIS DU NORD IVOIRIEN

Fonctions / intérêts

Les mosquées de style Ces édifices servent de


soudanais du nord de la lieux de prières, de
Côte d’Ivoire sont d’une retraites spirituelles et de
valeur à la fois recueillements, de
architecturale, historique, célébrations d’évènements
religieuse et culturelle. religieux (fêtes, mariages,
Elles constituent un baptêmes , etc.), de
patrimoine culturel bénédictions. Ces usages
immobilier qui a subsisté ont fait d’elles
au temps en tant que d’importants centres
structur e grâce au spirituels et religieux,
caractère original des mais aussi des pôles
matériaux, mais aussi qui d’attraction pour les
a conservé son usage dignitaires de l’islam.
traditionnel.
Conservation et gestion
Conscient de la nécessité de Gestion des mosquées soudanais du nord ivoirien
conserver et de mettre en valeur en série de style souda- présentent trois types d’états
ce patrimoine architectural, l’État nais du nord ivoirien ; de conservation : état de
de Côte d’Ivoire a pris plusieurs conservation bon, moyen et
• Arrêté n°03/MCIAS/
textes règlementaires : mauvais.
CAB du 24 juin 2021
• Décret n°88-413 du 20 avril portant organisation et Depuis le 27 juillet 2021, lors
1988 portant classement des fonctionnement du de la 44ème session du Comi-
sites et monuments de la Secrétariat Exécutif de té du patrimoine mondial qui
Ville historique de Kong ; Gestion des Mosquées s’est tenue à Fuzhou en
• Décret n°2020-121 du 29 de style soudanais du République populaire de
janv ier 20 20 por t a nt nord ivoirien ; Chine, huit (8) mosquées les
classement des mosquées plus représentatives, ont été
• Arrêté interministériel
en série de style soudanais inscrites sur la Liste du
n°001/MCIAS/MIS/
du nord ivoirien sur la liste patrimoine mondial de
MEF/MCLU/MBPE/
du patrimoine culturel l’UNESCO. Il s’agit des
MT du 27 juillet 2021
national ; mosquées de Kong (petite et
portant organisation et
grande mosquées), de
• Arrêté n°005/MCF/CAB fonctionnement du
Tengréla, Kouto, Sorobango,
du 20 janvier 2020 portant « Système de gestion »
Samatiguila, Nambira, et
création, attribution, et des Mosquées de style
Kaouara. Cette inscription
fonctionnement des soudanais du nord
leur a ainsi conféré le statut
Comités Locaux de Base de ivoirien.
de Site en série du
Les mosquées de style Patrimoine mondial. 43
Office Ivoirien du Patrimoine Culturel - 2021 44
Cocody les II plateaux
Derrière la pharmacie 7ème Tranche
Abidjan / Côte d’Ivoire
27 BP 643 Abidjan
(225) 27 22 42 91 15 / 07 09 79 90 80
www.oipc.ci

Common questions

Alimenté par l’IA

Local festivals in Côte d'Ivoire play a crucial role in preserving cultural heritage by showcasing traditional music, dance, and rituals. Festivals like the Djéguélé Festival and the Festival of the Marahoué facilitate the transmission and revitalization of cultural expressions. These events provide a platform for intergenerational knowledge transfer and foster pride and awareness among community members, thereby supporting the conservation and continued relevance of their cultural heritage .

Côte d'Ivoire has leveraged its cultural heritage for global cultural engagement by promoting its intangible heritage like the zaouli dance through UNESCO's intangible heritage list, increasing international visibility. Additionally, cultural sites like the Ville historique de Grand-Bassam serve as focal points for international cooperation and tourism, aiding in cultural diplomacy by showcasing the nation's rich heritage on a global platform. These elements strengthen cultural ties and foster international goodwill .

Globalization presents both challenges and opportunities for preserving intangible heritage like the 'Zaouli' dance. While posing a threat through cultural homogenization, globalization also aids in spreading awareness and appreciation of such traditions globally. For 'Zaouli,' integration into the UNESCO Intangible Cultural Heritage list helps promote its global recognition, thereby motivating local safeguarding efforts. However, the risk remains that commercial exploitation could alter its traditional practices .

Natural and anthropogenic factors significantly threaten the sustainability of cultural heritage in Côte d'Ivoire. Environmental changes, urbanization, and industrial activities pose substantial risks to physical heritage, while cultural globalization and rural depopulation undermine intangible heritage. Without effective mitigation strategies, these threats could result in irreversible loss of cultural identity and value. Thus, proactive measures by the OIPC and international allies are crucial to preserve this heritage .

Traditional dances like the zaouli serve multiple socio-cultural functions that enhance community cohesion. The zaouli promotes values such as respect, solidarity, peace, and unity across communities. Its performance in events like funerals and festivals facilitates social integration, reinforces cultural identity, and strengthens communal bonds, thereby contributing significantly to community cohesion in Ivorian society .

The structural organization of the OIPC, with its central administration and regional secretariats, enhances heritage management by facilitating comprehensive policy implementation and local engagement. The office's coordination of projects, development of scientific research, and legislative advocacy ensure systematic conservation efforts. Its hierarchical structure allows for effective oversight and resource allocation, crucial for addressing both national and local heritage conservation needs .

The OIPC contributes to the preservation of Ivory Coast's cultural heritage by managing, protecting, and promoting sites classified as national and world heritage. It is tasked with coordinating projects for UNESCO World Heritage List inscriptions, proposing new sites, and ensuring compliance with international conservation standards. The OIPC also engages in fostering national and international cooperation and initiates legal, scientific, and financial measures to protect listed cultural properties .

Côte d'Ivoire's cultural heritage faces challenges from globalization, urbanization, and the rural exodus. These societal changes, coupled with mass tourism and a decline in traditional knowledge bearers, threaten the sustainability of its cultural heritage. The modern societal changes exert both natural and human-induced pressures that heighten the risks of cultural erosion, necessitating dedicated efforts for effective heritage management .

The zaouli mask and dance possess several functions and significance in Ivorian culture. It serves educational, recreational, and aesthetic purposes. The dance celebrates feminine beauty, promotes virtues like honesty and solidarity, and facilitates social cohesion. Moreover, it acts as a cultural identifier, preserving and conveying the identity of the Gouro communities .

Côte d'Ivoire has implemented several regulatory measures to protect its cultural sites. These include the establishment of protection perimeters, legislative revisions, and the creation of conservation plans. Notably, decrees have been enacted to classify cultural sites like the Parc archéologique d’Ahouakro and styles such as the Sudanese mosques into national patrimony lists. Moreover, institutional structures like the OIPC have been designed to manage and enforce conservation efforts .

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