Dossier de Presentation
Dossier de Presentation
Patrimoine Culturel
OIPC — 2021 3
SOMMAIRE
QUI SOMMES-NOUS ?
6
APERÇU DU PATRIMOINE CULTUREL IVOIRIEN
8
Patrimoine culturel mobilier
Patrimoine culturel immobilier
Patrimoine culturel immatériel
Patrimoine culturel subaquatique
QUELQUES ACTIVITÉS DE L’OIPC
I0
Quelques activités réalisées
Principales activités en cours de réalisation
IMPACTS ET BÉNÉFICIAIRES DES ACTIONS DE L’OIPC
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LES BESOINS DE L’OIPC
19
PROJETS PRIORITAIRES 2021-2025
20
Préservation, promotion et exploitation économique du patrimoine culturel immobilier
Sauvegarde, valorisation et exploitation économique du patrimoine culturel immatériel
Devoir de mémoire, valorisation et exploitation économique du patrimoine historique
PANORAMA DES BIENS ET ÉLÉMENTS DU PATRIMOINE
25 CULTUREL DE LA CÔTE D’IVOIRE INSCRITS SUR LES
LISTES DE L’UNESCO
Le Gbofé, musique des trompes traversière de la communauté tagbana d’Afounkaha
La Ville historique de Grand-Bassam
Le Djéguélé, pratiques et expressions culturelles des communautés sénoufo du Burkina
Faso, du Mali et de la Côte d’Ivoire
Le Zaouli, musique et danse populaires des communautés gouro
Les Mosquées de style soudanais du nord ivoirien
Mot du Directeur Général
C
Listes du patrimoine national et Commission des Permis de Construire
mondial ; et du Suivi des Travaux de la Ville
réé par le décret n° 2012-552 du 13
historique de Grand-Bassam, Comités
juin 2012, l’Office Ivoirien du • D’initier des programmes de
Locaux de Base de Gestion des
Patrimoine Culturel (OIPC) est un formation continue et la
mosquées de style soudanais) ; cela
Établissement Public à caractère recherche scientifique dans le
grâce au soutien des collectivités
administratif. domaine du patrimoine culturel ;
territoriales et à la participation des pro-
Cette structure opérationnelle du • D’envisager et de favoriser la fessionnels du secteur et des commu-
Ministère de la Culture et de l’Industrie création de fondations ou nautés locales.
des Arts et du Spectacle a pour missions d’associations nationales
Les ressources financières de l’OIPC
de mettre en œuvre la politique du publiques ou privées ayant pour
sont des deniers publics. Elles sont
Gouvernement en matière de gestion, but d’œuvrer en faveur de la
constituées, notamment par :
de conservation, de valorisation, de conservation, de la valorisation et
protection et de promotion des sites de la protection du patrimoine • Les subventions du budget de
culturels inscrits sur les Listes du culturel ; l’État ;
patrimoine national et du Patrimoine • De fournir des informations au • Des subventions des collectivités
mondial. Comité du Patrimoine mondial territoriales ;
À ce titre, il est chargé : sur la mise en œuvre de la • Des subventions d'organismes
• De proposer les biens à inscrire Convention du patrimoine privés ou publics, nationaux ou
sur la Liste du patrimoine mondial et de l’état de internationaux ;
mondial de l’UNESCO ; conservation des biens ;
• Des dons et legs ;
• De coordonner les projets • De développer la coopération
nationale et internationale dans • Des produits des cessions, des
d’inscription sur la Liste du travaux et prestations ;
patrimoine mondial de l’intérêt de la sauvegarde et de la
l’UNESCO ; mise en valeur du patrimoine des • Des produits issus de la vente des
sites et monuments. biens et services dérivés ;
• De coordonner la conservation et
la valorisation des biens inscrits L’OIPC réalise ses missions à partir de • Des financements obtenus sur les
sur les Listes du patrimoine son siège dans la capitale économique projets proposés…
national et mondial ; (Abidjan), des Secrétariats Exécutifs à
implanter à l’intérieur du pays dont ceux Docteur AKA Konin, Conservateur en
• De mobiliser les ressources qui existent actuellement sont le Chef de Musée et Expert en Culture et
financières en faveur des biens Secrétariat Exécutif du Programme de Développement dirige cette structure
inscrits sur les Listes du Gestion de la Ville historique de Grand depuis sa création.
patrimoine national et mondial ; Bassam et le Secrétariat Exécutif de
7
APERÇU DU PATRIMOINE CULTUREL IVOIRIEN
Patrimoine culturel
subaquatique
Épaves de navire, ruines et cités
enfouies sous les mers 9
La sauce Kopè des Baoulé
QUELQUES ACTIVITÉS DE L’OIPC
Quelques activités réalisées
.
Depuis sa création en 2012 à ce jour, l’OIPC s’est engagé résolument dans la réalisation
de ses missions. Ainsi, au titre des activités réalisées, citons, notamment :
Les missions d’urgence et de prospection en vue de Susciter de textes juridiques (décrets et arrêtés)
protéger et d’étudier des sites culturels menacés de en vue de la protection, de la sauvegarde et de la
destruction par des actions anthropiques. valorisation des sites et éléments culturels menacés.
À titre d’exemples : À titre d’exemples :
• Le 15 avril 2014 : Mission sur le site des pierres • Projet de loi portant révision de la loi n° 87-806 du 28
sculptées de Maminigui (département de Gohitafla) ; juillet 1987 portant protection du patrimoine culturel ;
• Du 29 au 31 janvier 2015 : Mission sur le site du Parc • Décret n°2017-322 du 24 mai 2017 portant
archéologique d’Ahouakro, sous-préfecture de Pacobo, classement du Parc archéologique d’Ahouakro sur la
département de Taabo ; Liste du patrimoine culturel national ;
• Du 03 au 07 février 2015 : Mission sur le site des • Décret n°2020-121 du 29 janvier 2020 portant
falaises à fossiles et des palétuviers rouges de Fresco... classement des mosquées en série de style soudanais
du nord ivoirien sur la Liste du patrimoine culturel
national
• Arrêté n° 07/MCF/CAB du 1er aout 2017 portant
inscription de la forêt sacrée de Gbêpleu sur la Liste
d’inventaire du patrimoine culturel national.
La coordination de plusieurs projets en faveur du
patrimoine culturel national.
• Le Projet « Route de l’esclave en Côte d’Ivoire » dont La participation à plusieurs festivals de promotion
le lancement officiel a eu lieu le 06 juillet 2017 à
Kanga-Gnianzè dans le département de N’Douci ; du patrimoine culturel national.
• « Bassam, Ville éternelle », activité culturelle et
artistique réalisée après l’attentat terroriste sur le site de • Le Djéguélé Festival qui se tient chaque année à
la Ville historique de Grand-Bassam, etc. Boundiali ;
• Le Festival du Zanzan de Bondoukou ;
• La Semaine National des Arts et de la Culture
(SNAC) ;
• Le Festi-Fokué de Grand-Alépé ;
La gestion des sites et éléments inscrits sur les • Le Festighwa de Dabré.
différentes Listes de l’UNESCO.
Inscription des savoir-faire traditionnels liés au tissage du pagne en Côte d’Ivoire sur la Liste
représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO
du patrimoine immatériel des (OIPC), a entamé depuis 2019 le
Contexte communautés de notre planète. processus d’inscription des savoir-faire
traditionnels liés au tissage du pagne en
L
C’est ainsi que le « Gbofé d’Afounkaha,
musique des trompes traversières de la Côte d’Ivoire.
a reconnaissance internationale du communauté tagbana », le « Djéguélé, D a ns le c a dr e d u p r o c es s us
patrimoine culturel immatériel a pour pratiques et expressions culturelles des d’inscription de ces savoir-faire
origine le besoin de continuité communautés sénoufo du Burkina traditionnels, deux missions de
culturelle qui permet à nos sociétés de Faso, du Mali et de Côte d’Ivoire » et le collectes de données ont eu lieu en
réaffirmer leur identité nationale et « Zaouli, musique et danse populaires 2019 et 2020 dans les localités de Divo,
régionale. des communautés gouro » ont été Gabia (Oumé), Gragbalilié (Lakota),
La Côte d’Ivoire, par la ratification le respectivement inscrits en 2008, 2012 et Koidji, Bendinfla (Sinfra), Bomizambo
13 juillet 2006 de la Convention 2003 2017 sur la Liste représentative du (Tiébissou), Sakiaré (Attiégouakro),
de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de Waraniéné, Fakaha (Korhogo), Bania
patrimoine culturel immatériel (PCI), l’a l’humanité de l’UNESCO, mesure de (Bouna), Kanguélé, Soko (Bondoukou),
très bien perçu et a engagé sa sauvegarde internationale du Grand-Gbapleu (Man). À la suite de ce
responsabilité dans la préservation et la patrimoine culturel immatériel qui travail de terrain, le formulaire de
promotion des valeurs du riche PCI figure dans la Convention 2003 pour la candidature a été renseigné par l’équipe
qu’elle a héritées de son passé et qu’elle sauvegarde du patrimoine culturel technique de l’OIPC et un atelier de
a l’impérieux devoir de transmettre aux immatériel de l’UNESCO. validation du dossier de candidature
générations futures. regroupant des experts, des personnes
Pour assurer donc une meilleure ressources et les communautés, a eu
visibilité du patrimoine culturel lieu les 08 et 09 septembre 2021 au
immatériel, faire prendre davantage siège de l’OIPC.
conscience de son importance et Le dossier de candidature a été transmis
favoriser le dialogue dans le respect de le 17 mars 2022 au Secrétariat de la
la diversité culturelle, le Comité Convention de 2003 de l’UNESCO, et
intergouvernemental de sauvegarde du sera examiné lors du 18ème session du
patrimoine culturel immatériel de la Comité intergouvernemental de
Convention de 2003, sur proposition sauvegarde du patrimoine culturel
des États parties concernés, établit, immatériel en novembre/décembre
Un jeune tisserand de Koidji. (Sinfra)
tient à jour et publie une Liste 2023.
représentative du patrimoine culturel Après la reconnaissance internationale
immatériel de l’humanité de du Gbofé, du Djéguélé et du Zaouli, l’État Le tissage du nougbi-
nanko (pagne
l’UNESCO. Elle est composée des de Côte d’Ivoire, à travers l’Office traditionnel en raphia)
expressions qui démontrent la diversité Ivoirien du Patrimoine Culturel chez les communautés
dida de Divo.
PRINCIPALES ACTIVITÉS EN COURS DE RÉALISATION
Mode de financement
ÉTAT – PRIVÉ
OIPC : 12 000 000 FCFA
À rechercher : 17 640 000 FCFA
Dimbokro
(département de
Koyayé de Totokro
seulement, comme une vitrine de toutes
les initiatives de l’ensemble des acteurs
Objectifs spécifiques
• Élaborer et mettre en œuvre un plan de communication média et hors-média pour sensibiliser sur l’importance du
patrimoine culturel et le promouvoir auprès des populations ;
• Organiser des évènements visant à valoriser les porteurs de traditions ;
• Organiser des activités de réflexion portant sur le patrimoine culturel national ;
• Organiser des compétitions de jeux et de sports traditionnels ;
• Organiser des opérations de recherche de financements pour les projets de l’OIPC et des autres structures patrimoniales ;
• Valoriser le patrimoine culturel de tous les groupes ethnolinguistiques de la Côte d’Ivoire.
Élaborer le répertoire des textes juridiques portant sur le patrimoine culturel national
Les décrets
• Décret n° 74-179 du 25 avril 1974 • Décret n° 99-319 du 21 avril 1999 Ivoirien du Patrimoine Culturel ;
portant classement du Parc délimitant un périmètre de • Décret n°2016-508 du 13 juillet
national des îles Éhotilé ; protection du patrimoine 2016 portant organisation du
• Décret n° 88-413 du 20 avril 1988 architectural de Grand-Bassam ; Ministère de la Culture et de la
portant classement des sites et • Décret n° 2012-489 du 07 juin Francophonie ;
monuments de la Ville historique 2012 portant modification de • Décret n°2017-322 du 24 mai
de Kong ; l’article 1er du décret n° 91-23 du 2017 portant classement du Parc
• Décret n° 91-23 du 30 janvier 30 janvier 1991 portant archéologique d’Ahouakro sur la
1991 portant classement des classement des monuments Liste du patrimoine culturel
monuments historiques de la Ville historiques de la Ville historique national ;
historique de Grand-Bassam ; de Grand-Bassam ; • Décret n°2020-121 du 29 janvier
• Décret n° 91-186 du 27 mars 1991 • Décret n° 2012-490 du 07 juin 2020 portant classement des
portant classement des 2012 portant modification des mosquées en série de style
monuments historiques de la Ville articles 2, 3, 4 et 5 du décret n° 99 soudanais du nord ivoirien sur la
d’Abidjan ; -319 du 21 avril 1999 délimitant Liste du patrimoine culturel
• Décret n° 91-187 du 27 mars 1991 un périmètre de protection du
portant classement des patrimoine architectural de Grand
monuments historiques et du -Bassam ;
jardin botanique de la Ville de • Décret n° 2012-552 du 13 juin
Bingerville ; 2012 portant création,
• Décret n° 99-319 du 21 avril 1999 attributions, organisation et
délimitant un périmètre de fonctionnement d’un
protection du patrimoine Établissement public à caractère
architectural de Grand-Bassam ; Administratif dénommé Office
Les arrêtés
• Arrêté interministériel n° 039-10 du 10 août 2001 création, attribution et fonctionnement des Comités
portant règlementation de la conservation architecturale Locaux de Base de Gestion des mosquées en série de
de Grand-Bassam ; style soudanais du nord ivoirien ;
• Arrêté n° 04/MCF/CAB du 19 janvier 2012 portant • Arrêté n°03/MCIAS/CAB du 24 juin 2021 portant
inscription de biens culturels à l’inventaire national ; organisation et fonctionnement du Secrétariat Exécutif
• Arrêté interministériel n° 097 du 19 juin 2012 portant de Gestion des Mosquées de style soudanais du nord
mise en place du plan de préservation de la Ville ivoirien ;
historique de Grand-Bassam ; • Arrêté interministériel n°001/MCIAS/MIS/MEF/
• Arrêté n° 434/MCF/CAB du 15 octobre 2012 portant MCLU/MBPE/MTL du 27.07.2021 portant
inscription de biens culturels à l’inventaire national ; organisation et fonctionnement du « Système de
• Arrêté n° 001/MCF/CAB du 14 janvier 2016 portant gestion » des Mosquées de style soudanais du nord
inscription de biens culturels à l’inventaire national; ivoirien.
• Arrêté n°07/MCF/CAB/ du 01 août 2017 portant
inscription de la forêt sacrée de Gbêpleu sur la Liste de
l’inventaire du patrimoine culturel national ;
• Arrêté n°005/MCF/CAB du 20 janvier 2020 portant
PRINCIPALES ACTIVITÉS EN COURS DE RÉALISATION
* Grand public ;
CIBLES * Les élèves et étudiants ;
* Les touristes.
APPUIS FINANCIERS
AUX PROJETS Voir projets prioritaires
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PROJETS PRIORITAIRES 2021-2025
I
touristes, les recettes sont inscription sur la Liste
accrues. représentative du
l n’est plus à démontrer p a tr imo in e cu lt ur e l
l’impact positif de la Pour l’État, la sauvegarde et la immatériel de l’humanité
sauvegarde et de la valorisation valorisation des éléments de de l’UNESCO ;
• Réaliser la mise en
des éléments du patrimoine son patrimoine culturel tourisme et l’exploitation
culturel immatériel sur les immatériel est une preuve de la économique des éléments
communautés, les collectivités mise en œuvre effective des identifiés. Le fatchué/fakoué/fokué des Akan
lagunaires.
territoriales, les opérateurs Conventions de l’UNESCO de
économiques et l’État dans son 2003, 2005, et de la promotion Composantes
ensemble. de la diversité culturelle et du et/ou activités économique :
renforcement de la cohésion r é d a c t i o n ,
sociale, avec en point de mire • R e c h e r c h e s
documentaires ;
validation et
exécution du plan
les entrées de devises et le • Prospection : missions de de mise en
rayonnement culturel au sensibilisation et de t o u r i s m e ,
niveau international. collectes de données ; fabrication et vente
• Gestion : rédaction, de produits-objets
validation et exécution dérivés.
Objectifs spécifiques des mesures de
sauvegarde et de
Le groupe musical ahossi de promotion, mise en place
Kangandi (Région du Moronou). • Faire l’état des lieux des des entités de sauvegarde
éléments identifiés ; et de promotion ;
En effet, la pérennisation et la • Actualiser la base de • Communication :
données sur les rédaction, promotion et
mise en valeur de ces richesses éléments identifiés ; exécution du plan de
patrimoniales permettent non • Réaliser toutes études communication ;
seulement une meilleure scientifiques nécessaires • Rédaction, validation et
à la connaissance des soumission des dossiers
visibilité des porteurs de éléments identifiés ; de nomination au
traditions, le développement • Rédiger, valider et Secrétariat de la
d’une économie culturelle Convention pour la
sauvegarde du
locale (création d’emplois, patrimoine culturel im-
développement de l’artisanat, matériel de l’UNES-
vente de produits-objets CO ;
• Identification et
dérivés...), mais aussi et promotion des
surtout, elles renforcent la Trésors Humains
promotion des richesses Vivants (THV) ;
• Promotion : montage et Le tchologo des
culturelles locales, les taxes à vernissage d’expositions communautés sénoufo-
percevoir sur les séjours, les thématiques, édition de niarafolo.
transports, les sociétés de L’abissa des communautés n’zima catalogues, élaboration de
tourisme, les restaurants, les kotoko. guides touristiques ;
• E x p l o i t a t i o n
PROJETS PRIORITAIRES 2021-2025
Ensemble de biens culturels et naturels présentant un Ensemble des pratiques, représentations, expressions, connaissances et
intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces
culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et,
le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur
patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de
génération en génération, est recréé en permanence par les
communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction
avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identi-
té et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la
diversité culturelle et la créativité humaine.
En Côte d’Ivoire, les biens et les éléments culturels inscrits sur les différentes listes de l’UNESCO sont gérés par l’Office Ivoi-
rien du Patrimoine Culturel (OIPC) tandis que les biens du patrimoine naturel sont gérés par l’Office Ivoirien des Parcs et
Réserves (OIPR).
27
LE GBOFÉ D’AFOUNKAHA
Fonctions / Intérêts
Trompettistes du gbofé.
L e gbofé revêt une importance capitale chez les communautés
tagbana. Il leur permet de célébrer l’ensemble des faits sociaux.
Par ailleurs, le gbofé est porteur de l’identité des communautés
tagbana et leur confère, en même temps, un sentiment
d’appartenance au groupe et de continuité en ce sens qu’il est
l’héritage légué par leurs ancêtres.
Mieux qu’une musique et une danse, le gbofé participe à instaurer
une société tagbana hiérarchisée sur la base des valeurs, du
mérite, du don de soi, etc.
Danseurs de gbofé.
Danseuses de gbofé.
Sauvegarde
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LA VILLE HISTORIQUE DE GRAND-BASSAM
Fonctions / intérêts
Identification de l’élément à Katiola (du Nord au Sud) et de elles servent d’amplificateurs de son :
Boundiali à Ferkessédougou (de l’Est à plus la lame est grosse plus la calebasse
L
l’Ouest). La langue des Sénoufo est le l’est aussi ; de même moins la lame est
syénar. grosse, moins la calebasse l’est. Les
e djéguélé est le nom du balafon chez
les communautés sénoufo de Côte En pays sénoufo, l’origine du djéguélé est calebasses sont attachées en zigzag
d’Ivoire. C’est un xylophone rattachée à deux légendes : celle qui proportionnellement aux lames.
pentatonique, c’est-à-dire qui comporte désigne les génies (mandebélé ou tougoubélé) Elles sont perforées de deux orifices
cinq tons. comme propriétaires originels de garnis et obturés au moyen de cocons
l’instrument, et celle qui considère que ce d’araignées (enveloppes ovigères des
sont plutôt les enfants qui en sont les araignées). Ainsi, frappé à l’aide des
créateurs. De ces deux légendes, celle mailloches, l’instrument produit, grâce à
relative aux génies est de loin la plus ces résonateurs, l’effet de mirliton. Le
partagée. son est généralement "brouillé" ou
Le djéguélé est essentiellement constitué de "épais" à cause des mirlitons, des
matériaux récoltés dans la nature, à savoir bruisseurs et des sonnailles attachées
le bois, la liane, les calebasses, le latex, etc. aux poignets des instrumentistes.
L’appellation djéguélé renferme plusieurs Chez les Sénoufo, le djéguélé est une
Djégbârag (instrument de balafon). types d’orchestres. Le point commun à pratique et expression culturelle qui
ces orchestres est qu’ils ont, pour rythme la vie. Il intervient tout au long
L’aire de pratique du djéguélé comprend instrument de base, le balafon appelé de la vie du Sénoufo. Aussi, sert-il à
les Régions du Poro avec pour chef-lieu djégbrâg. célébrer les cérémonies de réjouissances,
de région Korhogo, du Tchologo avec les funérailles et à galvaniser les
pour chef-lieu de région laboureurs.
Ferkessédougou, de la Bagoué avec Le joueur de djéguélé (l’instrumentiste) est
pour chef-lieu de région Boundiali et du appelé localement djégbonw. Les danseurs
Hambol avec pour chef-lieu de région ou danseuses sont appelés djéyôbélé. Le
Katiola. À ces régions, il faut ajouter le fabriquant porte le nom de djédaw.
département de Dianra dans la Région
du Béré dont le chef-lieu de région est Dans la hiérarchie du djéguélé, le chef de
Mankono. village est le chef suprême : le groupe de
Soliste du djéguélé. djéguélé n’est autorisé à jouer que s’il
donne son autorisation.
Description
Le djégbârag qui est l’élément de base de
l’orchestre, est composé de douze (12) à
Les Sénoufo sont rattachés au groupe vingt et une (21) lames ou lattes en bois
gour aussi appelé voltaïque. Ils se d’inégales longueurs. Elles sont rangées
reconnaissent en l’appellation senambélé ; sur un support de forme trapézoïdale, lui
c’est-à-dire les « hommes du champ ». aussi en bois. L’instrument a pour
Les Sénoufo peuplent le nord de la Côte résonateurs des calebasses. Leurs tailles
d’Ivoire. L’aire sénoufo part de Tengréla varient en fonction de la lame à laquelle
Orchestre de la variante klé.
LE DJÉGUÉLÉ
le Festival « Triangle du Balafon »
initié en 2004 par les Républiques
Fonctions / intérêts du Mali, du Burkina Faso et de la
Côte d’Ivoire; le Festival Sportif,
Artistique et Culturel de Korhogo
C hez les communautés sénoufo, le
djéguélé est utilisé pour :
(FESACKO); le Djéguélé festival
organisé par l’ONG Abidjan
festival et dont la 1ére édition a
• implorer la clémence de Dieu ; eu lieu les 28 et 29 mai 2016 à
• accompagner les prières dans les Boundiali.
paroisses ;
• rendre grâce aux divinités ; Chauffage des timbales de l’orchestre du
• exprimer les états d’âme ; Certes, ces mesures sont des actions
• animer les activités agricoles ; djéguélé.
majeures prises en matière de
• accompagner les faits sociaux :
mariages, baptêmes, sorties sauvegarde du djéguélé. Toutefois, des
d’initiés, fêtes populaires, menaces pèsent sur l’élément.
funérailles, etc. Sauvegarde
Ces différents usages du djéguélé lui En effet, la viabilité de l’élément
confèrent trois fonctions principales : la
fonction panégyrique ou laudative
(l’individu est encensé), la fonction
D es politiques et mesures sont
prises en faveur du djéguélé. Elles sont le
demeure menacée du fait d’un certain
nombre de facteurs, notamment la
raréfaction des essences végétales
sacrée (bois sacrés, sanctuaires, rituels) fruit à la fois d’initiatives publiques et entrant dans la fabrication du balafon,
et celle de jeunesse (soirées récréatives privées. le manque de formation et les précaires
des jeunes). conditions de vie des praticiens, le
Il s’agit de: modernisme, l’éducation formelle et le
Le djéguélé présente plusieurs intérêts désintérêt croissant des jeunes pour la
• la mise en place d’un cadre
pour les communautés sénoufo. Au pratique du djéguélé.
niveau social, il favorise l’union, la institutionnel (création de
solidarité, la cohésion sociale, la paix, s tr uctur es de ges tion du
etc. patrimoine culturel), législatif Depuis le 05 décembre 2012, le
(adoption de lois). « Djéguélé, pratiques et expressions
Du point de vue éducatif, le djéguélé • la ratification de conventions culturelles des communautés sénoufo
r epr ésente un puiss ant moyen c u l t ur e l l es i nt e r n at i on a l e s du Burkina Faso, du Mali et de la Côte
d’éducation en ce sens qu’il chante et (Conventions UNESCO 2003 et d’Ivoire », a été inscrit sur la Liste
célèbre la vertu et les valeurs telles que 2005) ; représentative du patrimoine culturel
le courage, la persévérance, l’honnêteté, • Le djéguélé est inscrit à l’inventaire immatériel de l’humanité de
la discipline, la responsabilité, etc. national par l’arrêté n° 04/MCF/ l’UNESCO.
Le djéguélé est pratiqué et/ou utilisé par CAB du 19 janvier 2012 du
les communautés sénoufo dans leur Ministre de la Culture et de la
grande majorité. Francophonie.
• la mise en œuvre d’initiatives de
Elles demeurent attachées à
sauvegarde, de mise en valeur et
l’instrument, aux rites, us et coutumes
de promotion de l’élément, à
qui l’entourent.
savoir les festivals. On peut citer 35
LE ZAOULI
L
zamblé est le masque surmonté d’un
masque (zamblé) ; zaouli lou saliklou est le
e zaouli est un art associant, dans un
L
masque surmonté d’un épervier et d’un
même spectacle, la sculpture (le masque,
python en train de se battre, le corps du
e zaouli est une musique et une les instruments de musique), le tissage
serpent entourant le visage du masque ;
danse populaires des communautés (le costume), la musique (la musique
zaouli lou watta est le masque surmonté
gouro de Côte d’Ivoire. Il est pratiqué instrumentale et la chanson) et la danse.
de sept serpents en train d’être séduits
dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Les instruments de musique et les
par une sirène des eaux.
La pratique du zaouli est circonscrite masques sont fabriqués à partir de
dans la région administrative de la matériaux tels que le raphia, le coton, le Fin et jovial, le masque est porté au
Marahoué. Son chef-lieu de région est métal, le bois. visage par un danseur avec un pagne
Bouaflé ; ville située à 322 kilomètres couvrant sa tête et ses épaules, des
Le masque zaouli, à l’origine, se décline
d’Abidjan (capitale économique) et à 45 raphias de couleurs à la taille, aux
en sept masques faciaux, représentant
kilomètres de Yamoussoukro (capitale poignets et aux chevilles, et un
chacun une histoire symbolique
politique). La Région de la Marahoué est justaucorps de mailles tissées. Le
particulière. Il s’agit de zaouli lou klannin,
composée de cinq départements, à danseur porte aux chevilles des
zaouli lou samlan, zaouli lou monhon, zaouli
savoir Bouaflé, Zuénoula, Bonon, sonnailles (panwlè), et tient dans chaque
lou monsi, zaouli bi zamblé, zaouli lou
Gohitafla et Sinfra. main une queue de bœuf ou de chèvre.
saliklou et zaouli lou watta. Mais l’esprit de
Le zaouli est essentiellement pratiqué par créativité a fait naître plusieurs autres L’ensemble instrumental comprend : un
les communautés gnan, man, yassoua et types de masques faciaux (zaouli) ; zaouli grand tambour à une peau chevillée
wadjè. Ces communautés habitent les lou klannin est le masque surmonté d’une fliglili, fligligli, fliblin ou flidôdolou ; des
localités de Siafla, Blèfla, Zrabisséifla, cuvette ; zaouli lou samlan est le masque tambours moyens à une peau lacée
Maminigui, Manfla, Tibéita, Bouafla, où trône un héron ; zaouli lou monhon est toumbalo, sripassri, flihouokou ou flihouo ;
Dianfla et Bogopinfla ; toutes situées le masque représentant une femme de des tambours à deux peaux lacées
dans les départements de Zuénoula et djém’ba, djéhima ou djéhiba ;
de Bouaflé. des tambours d’aisselle poho
ou popo ; un tambour à fente
Le zaouli a été créé à Zrabisséifla vers klaklé ; des flûtes en bois
1950 par SONNIN Bi Tah dit béli ; une cloche métallique
Wonninla, avec pour premier danseur
krinnin-krinnin.
KOUAÏ Bi Volizié. Il désigne à la fois
un masque et une danse traditionnelle La danse du zaouli est une
du pays gouro. Le zaouli est inspiré de synchronisation rythmique
deux masques : le blou, (« la hernie ») et entre la gestuelle du danseur
le djela, (« le lion »). Son autre nom est et la musique.
djela lou zaouli ; ce qui signifie : « Zaouli,
la fille de djela ». Le zaouli traduit l’idée
du beau et de l’esthétique : il est un
hommage à la beauté féminine.
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LE ZAOULI
Identification du bien
L es mosquées de style
soudanais sont situées dans la
moitié nord de la Côte d’Ivoire,
en zone de savane,
pr inc ipa lem ent dans les
Régions administratives du
Kabadougou, du Folon, de la
Bagoué, du Poro, du Bafing, du
Worodougou, du Gontougo, du
Béré, du Tchologo et du Carte de la Côte d’Ivoire avec les localités
Bounkani. Elles se situent dans d’implantation des mosquées de style soudanais.
un espace géographique habité
essentiellement par les Sénoufo,
les Malinké, les Lobi et les
Koulango.
Contexte historique
Fonctions / intérêts
Local festivals in Côte d'Ivoire play a crucial role in preserving cultural heritage by showcasing traditional music, dance, and rituals. Festivals like the Djéguélé Festival and the Festival of the Marahoué facilitate the transmission and revitalization of cultural expressions. These events provide a platform for intergenerational knowledge transfer and foster pride and awareness among community members, thereby supporting the conservation and continued relevance of their cultural heritage .
Côte d'Ivoire has leveraged its cultural heritage for global cultural engagement by promoting its intangible heritage like the zaouli dance through UNESCO's intangible heritage list, increasing international visibility. Additionally, cultural sites like the Ville historique de Grand-Bassam serve as focal points for international cooperation and tourism, aiding in cultural diplomacy by showcasing the nation's rich heritage on a global platform. These elements strengthen cultural ties and foster international goodwill .
Globalization presents both challenges and opportunities for preserving intangible heritage like the 'Zaouli' dance. While posing a threat through cultural homogenization, globalization also aids in spreading awareness and appreciation of such traditions globally. For 'Zaouli,' integration into the UNESCO Intangible Cultural Heritage list helps promote its global recognition, thereby motivating local safeguarding efforts. However, the risk remains that commercial exploitation could alter its traditional practices .
Natural and anthropogenic factors significantly threaten the sustainability of cultural heritage in Côte d'Ivoire. Environmental changes, urbanization, and industrial activities pose substantial risks to physical heritage, while cultural globalization and rural depopulation undermine intangible heritage. Without effective mitigation strategies, these threats could result in irreversible loss of cultural identity and value. Thus, proactive measures by the OIPC and international allies are crucial to preserve this heritage .
Traditional dances like the zaouli serve multiple socio-cultural functions that enhance community cohesion. The zaouli promotes values such as respect, solidarity, peace, and unity across communities. Its performance in events like funerals and festivals facilitates social integration, reinforces cultural identity, and strengthens communal bonds, thereby contributing significantly to community cohesion in Ivorian society .
The structural organization of the OIPC, with its central administration and regional secretariats, enhances heritage management by facilitating comprehensive policy implementation and local engagement. The office's coordination of projects, development of scientific research, and legislative advocacy ensure systematic conservation efforts. Its hierarchical structure allows for effective oversight and resource allocation, crucial for addressing both national and local heritage conservation needs .
The OIPC contributes to the preservation of Ivory Coast's cultural heritage by managing, protecting, and promoting sites classified as national and world heritage. It is tasked with coordinating projects for UNESCO World Heritage List inscriptions, proposing new sites, and ensuring compliance with international conservation standards. The OIPC also engages in fostering national and international cooperation and initiates legal, scientific, and financial measures to protect listed cultural properties .
Côte d'Ivoire's cultural heritage faces challenges from globalization, urbanization, and the rural exodus. These societal changes, coupled with mass tourism and a decline in traditional knowledge bearers, threaten the sustainability of its cultural heritage. The modern societal changes exert both natural and human-induced pressures that heighten the risks of cultural erosion, necessitating dedicated efforts for effective heritage management .
The zaouli mask and dance possess several functions and significance in Ivorian culture. It serves educational, recreational, and aesthetic purposes. The dance celebrates feminine beauty, promotes virtues like honesty and solidarity, and facilitates social cohesion. Moreover, it acts as a cultural identifier, preserving and conveying the identity of the Gouro communities .
Côte d'Ivoire has implemented several regulatory measures to protect its cultural sites. These include the establishment of protection perimeters, legislative revisions, and the creation of conservation plans. Notably, decrees have been enacted to classify cultural sites like the Parc archéologique d’Ahouakro and styles such as the Sudanese mosques into national patrimony lists. Moreover, institutional structures like the OIPC have been designed to manage and enforce conservation efforts .