Fillers Calcaires: Amélioration BBSG
Fillers Calcaires: Amélioration BBSG
Mababa Diagne
Institut des Sciences de la Terre, Faculté des Sciences et Techniques
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, Laboratoire de des Géomatériaux
BP 5396 Dakar-Fann, Sénégal
E-mail: [email protected]
Tél.: +(221) 33 825 25 30
Résumé
Abstract
1. Introduction
La route constitue une voie de communication très utilisée et sa conception resteune tâche assez
délicate en fonction du changement des matériaux utilisés. L’amélioration de la durabilité des
chaussées routières de même que la réduction des coûts de leur réalisation demeurent un grand défi
pour les entreprises tant lors de la conception de chaussées neuves que lors de la restauration
d’anciennes chaussées. La mise en œuvre des couches de surface, en particulier la couche de
roulement, la couche la plus exposée aux agressions du climat et du trafic, reste une étape très
importante pour l’obtention de chaussées durables. La couche de roulement est élaborée à partir
d’enrobés ou matériaux hydrocarbonés parmi lesquels le béton bitumineux est le plus utilisé. Cette
couche doit présenter des qualités d’usage précises pour le contact pneumatique / chaussée, à savoir
289 Mababa Diagne, Pape Ousmane Diédhiou and Dominique Benoit Diouf
une forte adhérence, une bonne imperméabilité, un bon niveau d’uni et une réduction du bruit de
roulement des véhicules (USIRF, 2001).
Dans les enrobés bitumineux, l’évaporation des fractions volatiles du bitume est retardée par la
présence de fines qui les retiennent. Ces dernières, provenant des fillers, participent au remplissage des
vides inter-granulaires pour l’amélioration de la compacité. Elles participent ainsi à
l’imperméabilisation et au ralentissement du vieillissementde la couche de surface. Cependant, l’effet
de ces fillers, leur dosage optimal et leur nature minérale ou chimique sur les performances restent
parfois mal connus si le matériau habituel change. Cette étude comparative porte sur l’effet de l’ajout
de fillers de calcaires, fillers de basalte et de ciment sur lesperformances des bétons bitumineux.
Le filler est un granulat composé d’éléments fins dont le diamètre maximal des particules est
inférieur ou égal à 2 mm et le pourcentage de passants à 0,063 mm est supérieur à 70%). Les fillers
d’apport peuvent être issus de roches massives comme le calcaire. On rencontre également d’autres
matériaux qui peuvent être utilisés à savoir le ciment, la chaux vive, le filler activé (mélange de fines
calcaires et de chaux éteinte), la chaux éteinte, les cendres volantes et les fillers de cimenterie (LCPC,
2007).Grimaux et Hiernaux (1977)et Brown et Pell (1974) ont montré que lors de l’utilisation d’une
granulométrie continue, le remplissage des vides (11 à 17%) entre les granulats grossiers s’effectue
plus facilement par la présence de particules fines.Ceci confère au mélange une meilleure compacité,
stabilité, rigidité et résistance aux déformations permanentes. Par contre, un surdosage en particules
fines crée l’effet inverse. En desserrant les grains grossiers et en favorisant les translations et les
rotations des granulats, il accélère ainsi l’apparition d’ornières, d’où l’importance d’un bon dosage des
composants du béton bitumineux.
2. Matériaux Utilisés
2.1 Caractéristiques Physico-Mécaniques des Granulats
Les granulats utilisés proviennent des roches basaltiques de la carrière de Diack. Cette carrière est
constituée de deux pitons de basalte (figure 1) datés du volcanisme du Miocène (Dia, 1982).
La masse volumique réelle des granulats est déterminée conformément à la norme NF EN
1097-6. L’essai permet de déterminer en même temps le coefficient d’absorption d’eau des granulats.
Ce dernier est déterminé uniquement sur les gravillons. L’essai de détermination de la masse
volumique apparente est effectué conformément à la norme NF P 98-250-5. La masse volumique
apparente est définie par le rapport de la masse de l’échantillon rapportée à son volume, en tenant
compte des vides inter-granulaires.
La résistance à la fragmentation par choc est déterminée par l’essai Los Angeles et codifié par la norme NF 1097-2. Elle est
effectuée sur les granulats de classes 3/8 et 8/14 pour une prise d’essai M0 égale à 5000 g.Le coefficient Los
Angeles (LA) est calculé à partir de l’équation (1).
Le coefficient d’usure par attrition des granulats est déterminé par l’essai micro-Deval en
présence d’eau. Cet essai est réalisé suivant la norme NF EN 1097-1 sur les granulats de classe 3/8 et
8/14.L’essai consiste à mesurer l’usure produite par le frottement entre une masse initiale M0 = 500 g
de granulats et une charge abrasive constituée par des billes dans un cylindre rotatif dans des
conditions bien définies. Lorsque la rotation est terminée, la masse m (g) refusée sur un tamis de 1,6
mm et séchée est utilisée pour calculer le coefficient micro-Deval (MDE) donné par l’équation (2).
MDE = (500 – m)/500 (2)
La granularité est définie par tamisage (NF EN 933-1). Les courbes granulométriques des
classes 0/3, 3/8 et 8/14 sont représentées sur la figure2.
Le coefficient d'aplatissement (A) d'un ensemble de granulats représente le pourcentage
pondéral des éléments plats. Il vérifie la relation G/E > 1,58 (G : grosseur et E : épaisseur). Cette valeur
s’obtient par une double analyse granulométrique par voie sèche, en utilisant successivement et pour le
même échantillon de granulats une série de tamis normalisés à mailles carrées et une série de grilles à
fentes parallèles de largeurs normalisées.Plus les gravillons sont plats, moins leur mise en place dans la
route ou dans les bétons est facile et plus ils sont fragiles. Il est donc important de contrôler ce
coefficient d’aplatissement pour chaque classe granulométrique.
100
0_3
90
3_8
80
8_14
70
% Passants
60
50
40
30
20
10
0
0.01 0.1 1 10
La propreté superficielle est définie par la norme NF-P 18 591 comme étant le pourcentage
pondéral de particules de diamètre inférieur à 0,5 mm (ou 1,6 mm pour les ballasts) mélangées ou
adhérentes à la surface des granulats de diamètre supérieur à 2 mm.La présence de ces éléments sur la
surface des granulats a un effet néfaste sur leur adhésivité avec le bitume.
Les gravillons sont propres lorsque la quantité d’éléments fins est inférieureà5%.
Les résultats obtenus sur les caractéristiques physico-mécaniques,comparés aux spécifications
techniques,montrent une baisse des performances mécaniques des granulats de basalte de la carrière de
Diack (Tableau 1). En effet, leurs coefficients micro-Deval doublent (21 et 20 respectivement pour la
classe 3/8 et la classe 8/14) par rapport aux résultats d’études antérieures obtenues une dizaine d’année
auparavant (10 et 11) sur des matériaux de la même carrière. Ceci traduit l’exploitation du faciès de
basalte à grains grossiers moins résistant au niveau de la carrière et soulève en même temps la
diminution de matériaux de bonne qualitédans cette carrière pour les revêtements routiers au Sénégal
mais également pour la qualité du béton réalisé.
291 Mababa Diagne, Pape Ousmane Diédhiou and Dominique Benoit Diouf
La valeur du coefficient d’aplatissement de la classe 3/8 est très limite, ce qui fait que son
pourcentage dans le mélange devra être limité.
100
90 Limite inf Mél théorique
Mél Pratique Limite sup
80
70
Passants (%)
60
50
40
30
20
10
0
0.01 0.1 1 10
Ouverture tamis (mm)
Tableau II: Résultats de l'essai de pénétrabilité du bitume 35/50par rapport aux spécifications
Tableau II: Résultats de l'essai bille et anneau sur le bitume 35/50 par rapport aux spécifications
mesurés. La hauteur de l’éprouvette correspond à la moyenne de quatre mesures. L’une des éprouvettes
est utilisée pour déterminer la masse volumique apparente du mélange et les trois autres sont
conservées à température ambiante pendant 5 heures puis immergées, avec la mâchoire d’écrasement,
dans un bain thermostatique à 60°C pendant 30 minutes.
La masse volumique apparente du mélange est déterminée par pesée hydrostatique suivant la
norme NF EN 12697-6. Les éprouvettes sont pesées, d’abord à l’air libre (P1), ensuite après
paraffinage (P2) puis dans l’eau après paraffinage (P3). La masse volumique apparente du mélange est
calculée en faisant le rapport de sa masse sur son volumeà partir de P1, P2, P3 et la densité de la
paraffine (0,9).
Les éprouvettes sont écrasées à la vitesse de 0,85 mm/s ± 0,1 mm/s. A sa sortie du bain,
l’éprouvette est placée dans la mâchoire d’écrasement puis écrasée dans les 40 secondes après sa sortie.
La machine fournit après écrasement les valeurs de stabilité en kN et de fluage en mm.La compacité (%)
du mélange est déterminée par le rapport de sa densité apparente (DA) sur sa densité théorique (Dth).
La densité théorique du mélange est calculée par l’équation 3.
(3)
%G1 = pourcentage de granulats de la classe 0/3
%G2 = pourcentage de granulats de la classe 3/8
%G3 = pourcentage de granulats de la classe 8/14
Le pourcentage de vides (v%) est calculé à partir de la compacité (C%) trouvée. Il est donné par
l’équation 4.
v% = 100 – C% (4)
Le pourcentage de vides occupé par l’air dans le squelette minéral (VAM) est calculé par
l’équation 5.
(5)
MVR est la masse volumique réelle calculée du mélange ou encore sa densité théorique.Le
pourcentage des vides comblés par le bitume VCB est calculé à partir de l’équation 6.
VCB (%) = 100 x (VAM– v)/VAM (6)
Les résultats de l’étude Marshall sont résumés dans le tableau V.
L’observation de la figure 4 montre que la stabilité maximale, égale à 2220 kg, est obtenue avec
5,21% de bitume.La courbe de variation du fluage en fonction de la teneur en bitume montre que ce
dernier augmente avec la teneur en liant du mélange. Le fluage à la teneur en liant de 5,2% est de 3,01
mm (figure 5).
2300
2200
2100
2000
Stabilité (kg)
1900
1800
1700
1600
1500
5.00 5.20 5.40 5.60
Teneur en bitume (%)
3.5
Fluage (mm)
2.5
5.00 5.20 5.40 5.60
Teneur en bitume (%)
95.5
95
94.5
Compacité (%)
94
93.5
93
92.5
92
5.00 5.10 5.20 5.30 5.40 5.50
Teneur en bitume (%)
295 Mababa Diagne, Pape Ousmane Diédhiou and Dominique Benoit Diouf
Figure 7: Courbe de variation du VCB en fonction de la teneur en bitume
75
70
65
VCB (%)
60
55
50
5.00 5.10 5.20 5.30 5.40 5.50
Teneur en bitume (%)
L’observation de la figure 6 montre que la compacité atteint une valeur maximale de 95,02%
autour de 5,22% de bitume. La courbe de variation du VCB en fonction de la teneur en bitume présente
la même allure que celle de la compacité. La valeur de VCB maximale (74%) est obtenue également
autour de 5,22% de bitume (figure 7). Ces résultats montrent l’étroite relation qui existe entre la
compacité et le VCB.A partir des valeurs maximales de stabilité, de compacité,de VCBet de fluage
obtenues, la teneur en bitume optimale retenue pour le mélange est de 5,2%.
Les résultats montrent que le ciment est le plus dense des trois matériaux. Le calcaire, étant le
moins dense,présente plus de pores et absorberait plus de bitume en raison de sa nature. Il donnerait la
meilleure compacité. Les valeurs de bleu varient entre 0,9 et 1, traduisent une bonne propreté des fillers
vis-à-vis de la présence d’argiles donc traduiraient une nocivité assez faible. Des trois fillers utilisés, le
ciment présente l’effet rigidifiant le plus élevé. A cet effet, il confère au mélange une résistance à
l’orniérage par fluage la plus élevée.
température d’enrobage du bitume utilisé. L’essai Duriez a été réalisé avec les pourcentages de fillers
donnant les meilleures caractéristiques Marshall au mélange.
La stabilité, le fluage, la compacité et le VCB sont illustrés respectivement par les figures 8, 9,
10 et 11.
2500
Stabilité (kg)
2000
1500
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Filler (%)
4.5
Calcaire Basalte Ciment
4.0
Fluage (mm)
3.5
3.0
2.5
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Filler (%)
99
98
Compacité (%)
97
96
Calcaire
Basalte
95 Ciment
94
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Filler (%)
297 Mababa Diagne, Pape Ousmane Diédhiou and Dominique Benoit Diouf
Figure 11: Variation du VCB en fonction du pourcentage et du type de filler
90
88
86
84
82
VCB (%)
80
Calcaire
78
Basalte
76 Ciment
74
72
70
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Filler (%)
La figure 11 montre que l’ajout de fillersde calcaires etde basaltes dans le béton bitumineux
améliore la stabilité du mélange contrairement au ciment. Dans le cas du calcaire, la stabilité augmente
de 12,6% àune dose de 3%(2492 kg). Au-delà de cette valeur, elle diminue.Pour le basalte, la stabilité
augmente également de 4,55% avec une valeur maximale obtenue à 3% (2313 kg), ensuite sa valeur
reste sensiblement constante jusqu’à une dose de 4% et baisse au-delà de ce pourcentage.Pour le
ciment, la stabilité du mélange connaît une baisse au fur et à mesure que le dosage augmente.
L’observation de la figure 12 montre une légère baisse du fluage lorsque les fillers sont
dosésjusqu’à 2%. A partir d’une dose de 3%, nous remarquons une hausse des valeurs de fluage
quoique toujours inférieures à celles obtenues dans le mélange sans filler. Les mélanges dans lesquels
le basalte et le ciment ont été incorporés présentent les plus faibles valeurs de fluage à faibles doses,
surtout pour le ciment, respectivement 2,89 mm et 2,80mm à une dose de 3% alors que les fillersde
calcaires donnent, pour la même dose, un fluagede 2,96 mm.
Au-delà d’une dose de 5% de fillers, le fluage des mélanges élaborés à partir de fillers de
basaltes devient supérieur à celui des mélanges préparés à partir de fillersde calcaires. Les valeurs de
fluage restent inférieures à 4 mm jusqu’ à une dose de 7%. Les fillerscalcaires donnant une meilleure
stabilité au mélange présente un bon comportement vis-à-vis du fluage.
L’analyse de la figure 13 permet de constater que la compacité desmélanges augmente avec le
dosage en filler pour diminuer à partir d’une certaine dose. Les courbes de compacité des mélanges
obtenus avec les différents fillers présentent globalement la même allure.
Avec les fillers de calcaires, la compacité atteint une valeur maximale avec 5% de fillers
(98,29%) et diminue au-delà de ce pourcentage. La compacité atteinte à 3% de fillers est intéressante et
égale à 97,01% soit 3% d’augmentation par rapport à la valeur sans fillers.
Avec les fillers de basalte, la compacité connaît sa valeur maximale avec 6% de fillers pour
commencer à chuter au-delà. La compacité obtenue avec 3% de fillers demeure égale à 96,91% (2,9%
d’augmentation), légèrement inférieure à celle obtenue avec les fillersde calcaires pour le même dosage.
Avec le ciment, la même tendance s’observe sauf que les compacités sont moins importantes
que celles des mélanges obtenus avec le calcaire et le basalte pour le même pourcentage.
Les courbes de la figure 14 montrent que le VCBprésente la même évolution que la compacité,
il connaît également une hausse avec l’incorporation de fillers et commence à chuter au-delà de 5%.
L’analyse des résultats de l’essai Marshall fait apparaître que pour un dosage en fillers inférieur
à 4%, les mélanges élaborés à partir des fillers de calcaire et de basalte présentent de bonnes
performances à l’essai Marshall. Parmi les fillers, le calcaire donne les meilleures performances au
mélange à une dose de 3% (12,6% et 3% d’augmentation respectivement de stabilité et de compacité),
sauf pour le fluage, dont les plus faibles valeurs sont obtenues avec le basalte et le ciment.
Etude Comparative de L’effet D’ajout de Fillers Calcaires, Fillers de Basalte et de
Ciment sur un Béton Bitumineux Semi-grenu (BBSG) 298
Au-delà du dosage de 6%, la compacité et le VCB sont meilleurs avec les fillers de basalte. A
ce niveau, le mélange est saturé en bitume, ce qui fait que l’ajout de bitume, de faible densité, diminue
sa compacité. Le filler de calcaire, plus poreux, absorbe donc plus de bitume et retarde mieux la
saturation en bitume du mélange par rapport aux autres fillers.
Donnant les meilleures compacités, le filler de calcaire donne également les plus fortes valeurs
de stabilité.
Le ciment présente un effet néfaste sur la stabilité du mélange même si les compacités, les
valeurs de VCB et de fluages demeurent acceptables, à une dose de 3%.
% Bitume 5,2
%filler 0 1 2 3 4 5 6 7 8
Calcaire 2212 2231 2337 2492 2377 2244 2087 1922 1846
Stabilité (kg) Basalte 2212 2218 2237 2313 2271 2069 1996 1900 1737
Ciment 2212 2058 1903 1601 1548
Calcaire 3,01 2,96 2,91 2,98 3,18 3,38 3,59 3,78 3,88
Fluage (mm) Basalte 3,01 2,90 2,84 2,89 3,14 3,42 3,64 3,86 4,12
Ciment 3,01 2,84 2,77 2,80 2,91
Calcaire 95,02 95,90 96,57 97,01 97,66 98,29 98,19 98,06 97,99
Compacité
Basalte 95,02 95,60 96,11 96,91 97,59 98,12 98,23 98,14 97,96
(%)
Ciment 95,02 95,23 95,83 96,74 97,53
Calcaire 71,45 75,38 78,64 80,90 84,51 88,26 87,62 86,84 86,39
VCB (%) Basalte 71,45 74,00 76,43 80,41 84,13 87,24 87,90 87,34 86,27
Ciment 71,45 72,36 75,07 79,57 83,81
Module de Calcaire
3,68 3,61 3,54 3,49 3,44 3,40 3,35 3,31 3,28
richesse K Basalte
Calcaire
Fines/bitume 1,15 1,29 1,43 1,56 1,69 1,81 1,94 2,06 2,18
Basalte
L’analyse des résultats de l’étude Duriez sur les mélanges montre que les fillers améliorent
leurs caractéristiques. En effet, la tenue à l’eau est améliorée avec tous les types de fillers. Elle est
meilleure avec le filler de basalte (0,93) alors qu’elle est égale à 0,91 et 0,88 respectivement pour le
filler de calcaire et le ciment. Cependant, les fillersde calcaire et le ciment donnent les meilleures
valeurs de résistances à la compression après conservation à 18°C, aussi bien à l’airqu’en immersion.
La compacité et le pourcentage d’imbibition sont également améliorés. Les meilleures valeurs
de compacité sont obtenues avec le filler de calcaire (93,8%) et le ciment (93,55%) alors que le filler
de basalte donne une valeur de 93,27%. Il est aussi vérifié que ce sont les mélanges présentant les
meilleures compacités qui absorbent le moins d’eau.
Au terme de cette étude Duriez, la pertinence de l’utilisation du filler calcaire au détriment des
autres fillers est réelle. En effet, ce dernier confère au mélange les meilleures stabilités, fluages et
compacités tout en gardant une bonne tenue à l’eau. Le filler de basalte, quoique moins performant que
le filler de calcaire reste une bonne alternative contrairement au ciment qui a un effet néfaste sur la
stabilité même s’il permet d’obtenir de bonnes compacités et une bonne tenue à l’eau. Le dosage
optimal en fillers se situe autour de 3 et 4% et la teneur en liant optimale pour ce mélange granulaire
299 Mababa Diagne, Pape Ousmane Diédhiou and Dominique Benoit Diouf
est égale à 5,2% environ ce qui se traduit par un rapport fines/bitume compris entre 1,56 et 1,66. Le
module de richesse correspondant à ce dosage optimal en fillers est égal à 3,49.
5. Conclusion
La pertinence de l’ajout de fillers dans le béton bitumineux est bien mise en évidence par l’étude
expérimentale. En effet, les mélanges préparés sans fillers bien que présentant de bonnes
caractéristiques Marshall et Duriez, ont vu leur performance augmenter après ajout en de fillers
calcaires, fillers de basalte et de ciment. Les fillers de calcaires et de basalte confèrent au mélange les
meilleures caractéristiques Marshall et Duriez.
Il ressort de l’étude que la teneur en liant optimale donnant les meilleures caractéristiques
Marshall et Duriez avec le mélange granulaire, sans ajout de fillers, est égale à 5,2% du bitume 35/50.
Les meilleures performances à l’essai Marshall sont obtenues à faibles doses de fillers (3 à 4%) pour
des teneurs en liant de 5,1 à 5,2%. Les résultats des essais Marshall et Duriez sur les mélanges
auxquels le ciment a été ajouté montrent une diminution de leur stabilité malgré une amélioration des
compacités, des fluages et des tenues à l’eau.
Un dosage en fillers de 3% donne les meilleures stabilités et fluage même si la compacité
maximale est obtenue à un dosage qui tourne autour de 6% pour les fillers de calcaires et 5% pour les
fillers de basalte. Ce dosage en fillers permet également d’augmenter la tenue à l’eau des mélanges
ainsi que leur compacité Duriez. En définitive, les fillers de calcaires donnent les meilleures
performances avec des augmentations de 12,6% de la stabilité, 3% de la compacité Marshall, 2% de la
compacité Duriez et une amélioration de la tenue à l’eau de 4,6%.
Par contre, un surdosage en fillers (à plus de 5%) diminue les performances des mélanges. La
teneur en fines donnant les meilleures performances se situe entre 8,1 et 8,7% et correspond à un
rapport fines/bitume variant entre 1,57 et 1,7.
L'étude montre également que les fillers permettent de baisser la teneur en bitume tout en
maintenant les performances Marshall du mélange.
Références Bibliographiques
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Institute for Road Research, Republic of South Africa, Durban.
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géotechniques des granulats basaltiques de la Presqu'île du Cap-Vert et du Plateau de Thiès
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[2] Grimaux J.-P., Hiernaux R. (1977).Utilisation de l'orniéreur type LPC. Bulletin
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[7] NF EN 12607-1. (2014). Bitumes et liants bitumineux - Détermination de la résistance au
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[8] NF EN 12697-6. (2012). Mélanges bitumineux - Méthodes d'essai pour mélange hydrocarboné
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bitumineuses.
Etude Comparative de L’effet D’ajout de Fillers Calcaires, Fillers de Basalte et de
Ciment sur un Béton Bitumineux Semi-grenu (BBSG) 300
Remerciements
Les auteurs remercient Eiffage Sénégal pour avoir soutenu ce travail.