Ortée de La Modalité Dans Le Langage Musical Et La Pédagogie de Ernard Aury
Ortée de La Modalité Dans Le Langage Musical Et La Pédagogie de Ernard Aury
PARIS
SORBONNE
PARIS IV
François Châtelet
2011
SOMMAIRE.
Introduction. 5
La modalité : genèse et aspects
à des époques déterminées. 7
Cours de Bernard Maury
sur les modes. 17
Préambule aux analyses. 54
Analyses. 55
Conclusions. 109
Discographie, bibliographie
et autres sources. 113
Photographies. 114
Liste des abréviations. 117
Table des figures et tableaux. 120
Table des exemples musicaux. 123
Table des matières. 124
Remerciements. 129
3
INTRODUCTION.
L’intérêt que nous portons à Bernard Maury est lié à la qualité de son investisse-
ment pédagogique et musical, à ses choix esthétiques et à la spécificité de son langage.
Au regard de l’importance de ses activités pédagogiques et musicales, il nous semble
nécessaire d’entamer des recherches sur son travail. Pour le moment, il n’existe pas de
bibliographie le concernant, pas de publications non plus. Sa discographie est mal distri-
buée : l’album sur lequel nous avons travaillé n’a pas encore été commercialisé.
1
Leymarie, Isabelle, France Culture, "Opus" : émission consacrée à Bernard Maury, le 31 Janvier 1998, durée : 1h25.
2
Paris, Maison de la Radio, concert à la mémoire de Bill Evans, 1990.
3
Paris, Maison de la Radio, France Musique, concert en trio avec Michel Graillier et Alain Jean-Marie.
4
Calvi, Festival du Jazz de Calvi, 1997.
5
Série de concerts en hommage à Bill Evans.
6
Ramatuelle, Festival de Ramatuelle, 1996.
7
Paris, salle Gaveau, concert « In Memoriam Michel Petrucciani », janvier 1999.
8
Memphis, Festival Memphis in May, Los Angeles, Tel Aviv, Graz, Copenhague.
5
En tant qu’arrangeur, il fait des orchestrations pour Michel Legrand9 et René
Urtreger10.
Pour chaque thème, nous proposerons une analyse détaillée destinée à enrichir
notre discours au moyen d’outils tangibles.
9
Paris, la Défense, Halle That Jazz, 1989.
10
Voir discographie.
11
Miami, Memphis, Nouvelle-Orléans, UCLA (University of California, Los Angeles), Boston (Berklee College of Music, août 1989),
Vienne, Milan, Gênes, Bologne, Graz.
6
LA MODALITÉ : GENÈSE ET ASPECTS À DES ÉPOQUES DÉTERMINÉES.
La modalité est issue des modes. Ce terme, utilisé en occident, provient du latin
modus, une traduction du grec tropos, qui indique une manière d’être, une attitude.
Il existe une multitude de modes à travers le monde; certains, de source commune, sont
partout répandus, d’autres représentent des particularismes locaux.
Quelles que soit leurs origines, les modes ont ceci en commun qu’ils sont consti-
tués à partir d’une échelle de sons organisée autour de points d’appui qui délimitent des
groupes de notes. Entre ceux-ci, les notes sont placées à une distance qui varie selon ce
que l’on a coutume d’appeler « l’attraction » des notes faibles vers les notes fortes qui
déterminent l’espace des intervalles. Les notes dites faibles sont nommées degrés
mobiles.
Le terme « tolérance » est sans doute plus approprié que celui d’« attraction »
puisqu’il s’agit d’un fait plus culturel que physique. Dans certaines cultures, pour des
échelles semblables à nos gammes tonales (majeure, mineur harmonique...), le VIIe degré
n’est pas considéré comme sensible et ne monte pas vers la tonique.
La plupart des échelles existantes dans les civilisations qui concernent notre étude
ont pour origine le cycle de quintes, lui-même issu de la succession des harmoniques
naturelles d’un son. A partir d’un son fondamental noté 1, le premier harmonique prenant
le numéro 2 est l’octave, le second est la quinte notée 3, le troisième l’octave redoublée
notée 4. La plupart des systèmes ont comme points d’appui l’intervalle de quinte ou de
quarte (ce dernier étant le renversement du précédent et l’intervalle exisant entre les
numéros 3 et 4 de la série). Le tétracorde et le pentacorde trouvent ici leur origine.
L’extrême orient, en organisant des échelles par l’ajout successif de quintes, est
passé du premier stade ditonique au tritonique, puis tétratonique et enfin pentatonique.
En occident, le système type de l’antiquité est le tétracorde, fonctionnel en tant que
système unitaire.
7
L’octave, qui est devenue notre système de référence, peut être analysée comme
un système multiple, c’est-à-dire la réunion de plusieurs systèmes. L’addition de deux
tétracordes est à l’origine de cette notion qui sera développée au Moyen-Âge et qui pré-
sente l’octave comme le résultat de la superposition d’une quinte et d’une quarte (ou
réciproquement). Cependant, l’absence originelle d’un intervalle intertétracordal ne ren-
dait pas cette approche possible (la quinte n’est pas présente dans le système antique).
La division du monocorde, imaginée selon Boèce par Pythagore, et remise au goût du
jour par Guido d’Arezzo12, conforte néanmoins cette analyse.
La légende veut que Pythagore, passant devant une forge, remarque que les
cloches s’y trouvant, frappées avec des marteaux de masses diverses, produisent des
résonances différentes. Il en déduit une logique mathématique mise en pratique sur le
monocorde et énonce le principe suivant : lorsqu’une corde tendue est séparée en son
milieu, les deux parties sonnent à l’octave de la corde complète. Le rapport est alors de
1 pour 2. Si la corde est séparée en deux portions dont la première est deux fois plus
longue que la seconde, la partie la plus grande fait entendre la quinte de la corde com-
plète; le rapport est alors de 3 pour 2. En continuant ce principe, on obtient : 4 pour 3,
la quarte.
« […] En outre, lorsque nous entendons quelqu’un chanter, nous ignorons à quel mode appartient
sa première note puisque nous ignorons si ce sont des tons, des demi-tons ou d’autres intervalles qui la
suivent. Mais une fois le chant achevé, nous connaissons clairement le mode de la dernière note grâce aux
notes précédentes, car au début du chant tu ignores ce qui suit, à la fin, tu vois ce qui à précédé. Donc
c’est sur la note finale que se fixe le plus notre attention. »
Elle se situe à la quinte dans les modes authentes. En ce qui concerne les modes
plagaux, on peut la trouver à la tierce ou à la quarte14 :
« […] A l’origine, les dominantes des modes authentiques étaient toutes une quinte au-dessus de
la finale et celle des modes plagaux une tierce au-dessus de la finale. »
12
Guido, d’Arezzo, Micrologus, Stuttgart, Hänsler-Verlag, 1955, Paris, IPMC, 1993.
13
Guido, D’Arezzo, ibid. page 49.
14
Richard, H. Hoppin, La musique au Moyen-Âge, Liège, Mardaga, 1991, page 87.
8
Le système modal prend forme autour du IXe siècle mais les mélodies modales (la
« pratique ») précèdent la théorisation.
Les premières traces écrites sont liées à la refonte du chant romain en Gaule. (Le
latin devint la langue officielle du culte dans la partie occidentale de l’empire romain dès
le IIIe siècle.)
C’est à ce moment que s’organise une réflexion sur le classement des modes qui
donnera un livre, dont la fonction musicale est explicite, qui se nomme tonaire. C’est le
livre liturgique de l'Église catholique, où les antiennes de l'Office et de la Messe sont clas-
sées selon les huit tons du plain-chant. La seule référence est le nom du mode, divisé en
authente et plagal.
C’est parce que les interprètes connaissent les formules mélodiques associées à
cette terminologie que ce livre devient une référence musicale. Il s’agit ici d’une appré-
hension de la modalité que nous identifierons sous le terme de formulaire.
Bien qu’il soit possible de classer des chants en tenant compte d’une réalité
modale scalaire, la modalité formulaire est propre à de nombreuses traditions orientales
(maqâm, râga, pathet...). Un des principes compositionnels qui met en valeur cette
analyse en occident est la centonisation qui existe grâce à une connaissance formulaire
préalable de la modalité.
Il est important de prendre en compte ces deux approches de la modalité car elles
correspondent à une même réalité abordée sous un éclairage différent.
Tous ces éléments théoriques et pratiques sont les piliers de la conception modale
en occident qui se distingue par certains aspects d’autres formes de modalité. En effet,
si notre approche de la modalité partage ses origines avec d’autres cultures, elle a suivi
un cheminement qui lui est propre.
C’est au début du XVIIIe que Jean-Philippe Rameau réalise ses travaux fondamen-
taux qui contribueront entre autre à l’établissement de ce que l’on nommera la tonalité
classique. Le mot de tonalité, inventé probablement par Fétis15, apparaît pour la première
fois en 1821 dans le « Dictionnaire de musique moderne » de Castil-Blaze.
La tonalité domina la musique occidentale durant deux siècles. Plus tard, à la fin
e
du XIX , le terme de modalité réapparait pour de multiples raisons que nous développe-
rons plus loin.
15
Challey, Jacques, L'Imbroglio des modes, Leduc, 1960, page 38.
9
De cette analyse, destinée à expliciter ce que représente la modalité et les inva-
riants nécessaire à son identification, il faut retenir qu’il n’y a pas une définition valable
pour tout le monde. Selon l’époque et le pays, la forme et la pratique de la modalité
peuvent changer de visage.
10
Le renouveau de la modalité au XIXe siècle.
Dans ce renouveau modal, les choix faits par les musiciens ne sont pas tous de
même nature, les sources ne sont pas non plus les mêmes. Il est possible de classer ces
sources en deux grandes tendances distinctes : la modalité liée à la musique religieuse
et celle d’origine populaire. Certaines analyses présentent aussi une influence modale
« exotique ». Nous pensons que celle-ci peut être examinée comme partie de la modalité
d’origine populaire.
16
Ce terme est mis en avant par Dom Pothier dans son ouvrage paru en 1880 : Pothier, Joseph, Les mélodies grégoriennes selon la
tradition, Tournai, 1880, Paris, Stock, 1980. Le terme de plain-chant regroupe d’autres esthétiques que celle initiée par Saint Grégoire :
chant Ambrosien, Mozarabe, Gallican.
11
Les ouvrages dont nous avons parlé ont en commun le fait de puiser leurs sources
dans la musique religieuse. Il faut citer, dès la première partie du XIXe siècle, le « Corps
complet de musique d’église »17 d’Alexandre Choron. Celui-ci est connu pour avoir sans
doute inspiré Berlioz et Liszt dans l’utilisation des mélodies grégoriennes. Néanmoins,
les propositions d’harmonisation de celles-ci sont tout à fait tonales.
En 1824, le traité d’Anton Reicha18, qui laisse présager ce que l’on définira par
« modalité harmonique » dans la mesure où il attache de l’importance au respect de
l’essence modale, en admettant tout de même la présence de notes extérieures à celle-
ci dans le but d’accompagner ces chants.
Presque un siècle sépare le traité de Reicha et les écrits de Gastoué. Nous pouvons
constater des différences importantes quant à la manière d’aborder la modalité, passant
progressivement d’un espace tonal dans lequel la modalité apparaît, mais assujettie aux
règles du système en vigueur, à une situation où la modalité s’est affirmée, toujours en
s’intégrant à la tonalité; elle est alors traitée avec une attention particulière.
A la différence des musiques liées à la religion, les musiques populaires ont laissées
beaucoup moins de traces écrites (elles proviennent essentiellement de traditions régio-
nales orales). Comme nous le verrons plus loin, la modalité est aussi présente dans ce
domaine.
17
Choron, Alexandre, Corps complet de musique d’église pour servir aux usages de l’institution royale de musique religieuse en France,
Paris, à l’institution royale de musique religieuse de France, 1829.
18
Reicha, Anton, Traité de haute composition musicale, Paris, Zetter, 1824.
19
Niedermeyer, Louis, d’Ortigue, Joseph, Traité théorique et pratique de l’accompagnement du plain-chant, Paris, Heugel, 1857.
20
Gastoué, Amédée, Traité d’harmonisation du chant grégorien sur un plan nouveau, Lyon, Janin, 1910.
12
« Pendant ses jeunes années passées dans la suisse allemande, à Arenenberg, Louis-Napoléon
avait connu le poète et folkloriste allemand Firmenich qui, de 1843 à 1853, publia en trois gros volumes,
sous le titre de Germaniens Völkerstimmen, un recueil de poésies populaires allemandes. On a raconté que
Firmenich avait fait promettre au jeune prince que s’il arrivait un jour au pouvoir dans son pays il susciterait
une œuvre analogue dans les provinces de France. Le prince étant devenu président et tout puissant,
Firmenich lui rappela sa promesse. Le prince chargea de l’affaire le ministre de l’éducation publique
H. Fortoul, qui à son tour en chargea le comité des travaux historiques. Celui-ci dut en être bien étonné,
car les historiens, archivistes et archéologues dont il était composé ne pouvaient guère comprendre l’utilité
de ces recherches : mais c’était la consigne ! »21
Il faudra quatre à cinq années de travail pour réussir à collectionner six volumes
regroupant des documents de certaines régions françaises : Chansons et airs populaires
du Béarn – Noël bressan – Usages et chansons populaires de l’ancien Bazadais – Album
Auvergnat – Recueil de noëls anciens au patois de Besançon – Des spinolas de gênes, et de
la Complainte depuis les tems [sic] reculés jusqu’à nos jours. Des recommandations sont
formulées par le comité formé par Fortoul à propos de leur interprétation. Nous en pré-
sentons un extrait qui nous semble intéressant :
« Le comité doit signaler à ses correspondants un écueil contre lequel pourraient se trouver arrê-
tées quelques personnes, musiciennes d’ailleurs, mais qui n’ayant point fait une étude spéciale de l’art,
ignorent que les formes mélodiques adoptées aujourd’hui généralement exclusivement même, ne sont
pourtant qu’une particularité au milieu des formes nombreuses et bien plus variées par lesquelles elles
ont pu passer dans la série des âges. Mais sans entrer dans des détails qui seraient ici hors propos, sur
l’histoire du rythme et de la tonalité, nous nous bornerons à dire que beaucoup d’anciens airs différent
des airs modernes, non seulement par l’absence d’une mesure et d’un rythme bien déterminé, mais par
deux circonstances caractéristiques : La première, que l’air peut finir autrement que sur la tonique, la
deuxième que l’air peut n’avoir point de notes sensible; c'est-à-dire que le degré immédiatement inférieur
de la tonique, au lieu d’en différer d’un demi-ton seulement, comme cela a toujours eu lieu dans la tonalité
moderne, notamment dans le mode majeur et même dans le mode mineur quand la progression est
ascendante, en diffère au contraire d’un ton plein. Ces deux circonstances, même celle qui regarde
l’absence ou l’irrégularité du rythme, peuvent s’exprimer d’une manière simple et pratique, en disant
qu’elles font ressembler la cantilène à un air de plain-chant. Or, quand une mélodie présente ces caractères
qui sont pour elle comme un cachet d’antiquité, on conçoit combien il est important de les conserver.
Mais, comme nous l’avons indiqué plus haut, les musiciens non archéologues, entraînés par leurs habitudes,
éprouvent malgré eux, la tentation de faire disparaitre cette rouille précieuse, croyant enlever une tache.
Pour les prémunir, il nous suffira de leur adresser cette simple recommandation : Ecrivez l’air tel que vous
l’entendez, et ne changez rien. »22
En ce qui concerne le travail de collection mis en place par Fortoul, les six volumes
furent classés à la Bibliothèque Nationale en 1877. Si cette enquête n’eut pas de résultats
très concret, il y eut de manière parallèle un engouement pour ce type de répertoire, et
avec le temps, le nombre des recueils s’est multipliés pour couvrir l’ensemble du territoire
français.
« […] Les recueils de chansons populaires des provinces, qui, principalement grâce à la coopéra-
tion des musiciens, se sont multipliés en si grand nombre, qu’aujourd’hui (1931) il n’est plus une seule partie
du territoire français qui n’ait porté sa pierre à l’édifice; et celui-ci est désormais achevé. »23
21
Duneton, Claude, Histoire de la chanson française de 1780 à 1860, page 908.
22
Cité par Gerard Carreau, L’Education musicale, n° 334, janvier 1987, page 3.
23
Duneton, Claude, Op. cit. page 17.
13
Dans les autres pays d’Europe, à la fin du XIXe siècle, des nationalismes perdurent.
Ils sont liés à des causes inhérentes aux réalités politiques de chaque pays, et engendrent
des réactions de la part des populations concernées touchant de nombreux domaines.
Du point de vue musical, les plus concernés par ces phénomènes sont à cette
période : la Russie, les pays scandinaves, l’Europe centrale et l’Espagne.
En pratique, cela peut se traduire par un intérêt marqué pour les œuvres d’art du
passé (en se rapprochant ou en réinterprétant leurs données sémantiques). Dans notre
domaine et à l’époque concernée, cela s’est traduit par une attention particulière envers
le patrimoine d’origine populaire.
Des liens musicaux existent entre certains de ces pays et l’Asie, le monde Arabe
aussi. Ces particularités musicales se manifesteront par l’emploi de modes spécifiques :
mode andalou, pentatonique, échelles chromatiques, gammes par tons, ton/demi-ton,
demi-ton/ton, etc.
D’un point de vue sémantique, il semble possible d’établir un lien entre l’exotisme
et le retour vers le passé. L’aspect merveilleux, féerique est sans doute le fil conducteur
de ce positionnement lié d’une certaine manière au rêve, à un aspect du romantisme se
manifestant par une curiosité toujours en éveil et qui est sans doute un des éléments
fondateurs de la démarche artistique.
Ce retour vers des musiques du passé, bien que motivé par des raisons d’origine
diverses, indique une certaine convergence entre la musique religieuse, la musique
savante et la musique populaire. Dès lors, l’on peut comprendre plus facilement le poids
de la modalité dans les musiques qui naitront de ce processus.
14
La modalité dans le jazz.
Le terme de modalité est employé dans la musique de jazz depuis la fin des années
cinquante. Un disque représente alors une sorte de manifeste esthétique de celle-ci :
« Kind of Blue » de Miles Davis, avec John Coltrane, Cannonball Adderley, Bill Evans (et
Wynton Kelly sur « Freddie Freeloader »), Paul Chambers et Jimmy Cobb. Différents
aspects de la modalité que nous avons évoqués se retrouvent dans la succession des
compositions qui y sont enregistrées.
Dans « Flamenco Sketches », une autre composition, nous retrouvons entre autres
le mode Phrygien à la couleur ibérique (l’Espagne est un autre lieu ayant influencé le
renouveau modal à partir du XIXe siècle).
Depuis 1950 les modes ont été intégrés à la musique de jazz, générant des
pratiques assez variées. Comme en Europe précédemment, la modalité a été abordée
de manière assez différente et a toujours été présente dans les divers courants musicaux.
L’on peut citer parmi les musiciens qui ont été impliqués dans ces recherches, Lennie
Tristano, George Russell, Bill Evans, Miles Davis, John Coltrane, Gil Evans, Ornette
Coleman, Wayne Shorter. La modalité fait maintenant partie du langage courant du jazz
et des musiques improvisées. D’une manière plus générale, avec la diffusion de plus en
plus importante des musiques du monde et des métissages qui s’en suivent, la modalité
a, à priori, encore de belles perspectives devant elle.
15
COURS DE BERNARD MAURY SUR LES MODES.
« [...] La théorie du jazz nécessite une théorisation harmonique spécifique utilisant une termino-
logie mieux adaptée et tout aussi « respectable » que la terminologie académique ».
De nombreux musiciens ayant participé à des séances de travail avec lui ont pu
constater la précision de son langage, usant justement d’une terminologie « respectable
et spécifique ».
La version du cours qui suit a été écrite par Bernard Maury lors de nos sessions
de travail en cours particuliers. Pour des raisons de lisibilité nous l’avons retranscrite et
ce sont ces pages que nous présentons ici (accompagnées d’exemples musicaux et, si
nécessaire, de précisions et commentaires).
24
Maury, Bernard, « Jazz Harmony Conference », Jazz Hot n°467, juin 1989, page 64.
17
ÉLÉMENTS DU COURS DE BERNARD MAURY.
18
PREMIÈRE PARTIE : LES MODES DIATONIQUES.
Genèse. Tonique
œ w
DCN octavale
œ w
DCN
& w w w
w
I - IONIEN ( )
œ w w
DCN
& w w w w
w
( )
II - DORIEN
VI
2 1 2 <2> 2 1 2
w w w w
& œ w w
DCN
w
( )
III - PHRYGIEN
IIb
1 2 2 <2> 1 2 2
w w
w œ w w
DCN
& w w
( )
IV - LYDIEN
IV#
2 2 2 <1> 2 2 1
w w w w œ w
w
DCN
& w
( )
V - MIXOLYDIEN
VIIb
2 2 1 <2> 2 1 2
w w w w œ w w
w
DCN
&
( )
VI - ÆOLIEN
(OU MINEUR NATUREL, MINEUR
MÉLODIQUE DESCENDANT.)
VIb
2 1 2 <2> 1 2 2
œ w w w
w w w w DCN
&
( )
VII - LOCRIEN
Vb
2 1 2 <1> 1 2 2
Mode (gamme) diatonique : mode (gamme) consitué(e) de sept degrés de son et de nom différents.
Egalement appelé(e) mode (gamme) heptatonique.
DCN : Degré caractéristique naturel qui définit le caractère des modes d’une même famille et que l’on vise
en particulier (que l’expression soit harmonique ou mélodique); note mobile, constituante supérieure ou
inférieure d’un des deux demi-tons diatoniques de la gamme majeure (une des deux [ou les deux] notes
du triton), qui permet de passer au mode voisin. Seul le Ionien comporte deux DCN (voisin du Mixolydien
et du Lydien). (cf. « L’échelle majeure ».)
Modes relatifs : modes issus d’une même échelle diatonique. Modes homonymes : modes qui ont la même
tonique modale. Modes voisins : modes éloignés d’une altération, qui n’ont pour relatif majeur que des
tons voisins. (cf. « L’échelle majeure ».)
(Dans le cadre du système majeur.) Modes d’essence majeure : modes qui ont pour tonique un dégré tonal
(V-I-IV). Modes d’essence mineure : modes qui ont pour tonique un dégré modal (VII-III-VI-II). Degrés tonals :
degrés qui génèrent des accords d’essence majeure. Degrés modaux : degrés qui génèrent des accords
d’essence mineure ou diminuée.
25
L’analyse des intervalles constitutifs d’un mode prend comme base le demi-ton, noté 1.
19
Transposition des modes naturels avec pour tonique modale do.
Tonique
œ w
DCN octavale
& œ w w
DCN
DO IONIEN
w w w
( )
Relatif majeur :
Do majeur (I). I II III IV V VI VII
2 2 1 <2> 2 2 1
œ bw w
DCN
DO DORIEN & w w bw w w ( ) P
Relatif majeur :
Sib majeur (II). I II IIIb IV V VI VIIb
2 1 2 <2> 2 1 2
& w bw bw w
DCN
w bœ bw w
Tout les intervalles
DO PHRYGIEN ( ) absolus secondaires
sont mineurs.
Relatif majeur :
Lab majeur (III). I IIb IIIb IV V VIb VIIb
1 2 2 <2> 1 2 2
w w
DCN
& w #œ w w
w w
DO LYDIEN ( )
Relatif majeur :
Sol majeur (IV). I II III IV# V VI VII
2 2 2 <1> 2 2 1
w bœ w
DCN
& w w w w
w
DO MIXOLYDIEN ( )
Relatif majeur :
Fa majeur (V). I II III IV V VI VIIb
2 2 1 <2> 2 1 2
bœ bw w
DCN
& w bw w w
w
DO ÆOLIEN ( )
Relatif majeur :
Mib majeur (VI). I II IIIb IV V VIb VIIb
2 1 2 <2> 1 2 2
& bœ bw bw w
DCN
DO LOCRIEN
w bw bw w ( ) Le plus altéré des
modes naturels.
Relatif majeur :
Réb majeur (VII). I IIb IIIb IV Vb VIb VIIb
1 2 2 <1> 2 2 2
Tonique modale : tonique des modes issus de chaque degré d’une même échelle.
Mode palindromique ( P ) : mode dont la succession des intervalles constitutifs est identique quels que
soient la pente ou le sens de lecture. (cf. « Analyse tétracordal du système majeur ».)
Le tétracorde.
20
Dans le système majeur, on rencontre quatre types de tétracordes :
Inverse d’un mode : forme progressant en sens inverse du mode d’origine (inver-
sion de la pente en conservant l’alternance des ses intervalles constitutifs).
Rétrograde d’un mode : forme qui est une simple inversion de la pente (les alté-
rations sont conservées).
Rétrograde inverse (R.I.) d’un mode : forme progressant en sens inverse du ré-
trograde en conservant l’alternance des ses intervalles constitutifs; par rapport au mode
d’origine, le R.I. progresse dans le même sens en inversant l’alternance des intervalles
constitutifs. Notons que lorsqu’un système contient un palindrome, les R.I. sont présents
au sein même du système. Utilisation particulière des R.I. : on peut les jouer simultané-
ment par mouvement contraire; l’ascendant est toujours le plus brillant des deux.
w w w w w
Mode d’origine : Do Ionien ascendant (Do Maj.) Rétrograde : Do Ionien descendant (Do Maj.)
& w w w w w w w w
w w
MIROIR HORIZONTAL
2 2 1 <2> 2 2 1 1 2 2 <2> 1 2 2
w bw bw w
Inverse (ou récurrent)
? w w bw bw w w bw bw
w bw bw
Modulant
En passant du mode d’origine au R.I., nous pouvons constater que les tétracordes
sont inversés (sauf s’ils sont palindromiques) et permutés (sauf s’ils sont identiques) et
que < i > reste invariable.
21
De l’exploitation de ce jeu de miroirs, nous pouvons déduire la règle suivante
valable pour les modes naturels et altérés :
R.I.
Ionien Phrygien
P Dorien Dorien
Lydien Locrien
Mixolydien Æolien
Concernant les modes altérés, que nous étudierons plus loin, il faut ajouter à cela
que l’intervalle altéré (DCA) du mode d’origine doit être renversé pour obtenir l’intervalle
altéré du R.I. (hormis pour les palindromes).
A ce point, nous devons faire une distinction entre l’échelle heptatonique, issue
de l’assimilation progressive de sept degrés du cycle des quintes utilisés pour constituer
un matériau mélodique, et la gamme qui procède de cette échelle ramenée dans l’inter-
valle structurant d’octave; celle-ci est elle-même la superposition de deux tétracordes
exprimant les intervalles de quarte et de quinte (l’octave, la quinte et la quarte repré-
sentent les intervalles entre les quatre premières harmoniques naturelles de la série de
Fourier).
Pour mettre en évidence toutes les relations précédemment abordées, nous pro-
posons une présentation de l’échelle majeure, basée sur le cycle de quintes, que nous
reprendrons pour les quatre autres systèmes. Le procédé consiste en une réorganisation
dont le but est, d’une part, de symétriser les intervalles constitutifs de l’échelle et, d’autre
part, de conserver un maximum d’intervalles de quinte. Si l’échelle majeure ne pose
aucun problème, les systèmes suivants demanderont, on le verra, un peu plus de ré-
flexion.
22
Eclaircissement Assombrissement
Modes d’essence mineure (degrés modaux) Modes d’essence majeure (degrés tonals)
5te (desc.) 5te 5te 5te 5te 5te
VII III VI II V I IV
DO LOCRIEN DO PHRYGIEN DO ÆOLIEN DO DORIEN DO MIXOLYDIEN DO IONIEN DO LYDIEN
Ligne de démarca-
tion entre les modes
d’essence majeure et
mineure qui ne
commmuniquent
pas entre eux.
Rétrogrades inverses
C’est dans cette optique, que l’on pourrait qualifier de fonctionnelle autant que
coloriste, que Bernard Maury, dans ce cours, a élaboré une forme d’expression harmo-
nique qui tienne compte à la fois du caractère propre aux modes choisis et de la qualité
et de la fonction des accords que ces modes vont venir colorer.
23
Le principe est relativement simple. En voici les différentes étapes (nous ne pré-
senterons ici qu’un seul exemple détaillé suivi des accords correspondants à chaque
mode du système majeur) :
Intervalle absolu : entre la fondamentale et une des notes de l’accord. Intervalle relatif :
entre deux notes de l’accord hors tonique.
& www
? wwww
Accord 1 9b rel.
2. Résoudre les problèmes liés aux tensions. Pour cela, plusieurs solutions :
ww
fonctionnel (V/I) mais
? w×
A3
?
A2
ww
qui n’est pas stable,
puisque constitué
d’appoggiatures.
& w×
w
wwwww
A4
?
24
c - Renverser l’intervalle de neuvième mineure relative (une neuvième mineure
absolue ne peut être renversée sans entraîner une modulation).
? wwww
A5 du mode. Il donne ainsi,
contrairement à l’accord 2,
une bonne idée de la couleur
ionienne.
3. Chiffrer les accords obtenus ou, si nécessaire, tout en conservant les change-
ments effectués, trouver une position plus équilibrée et chiffrer.
ww ? www
A2 A2’
? ww
CMaj79/13 CMaj7add 2-6
(I/VIb...)
? ww ? wwww
A4’ A5
25
Concernant le chiffrage des accords pandiatoniques, pour faciliter leur assimila-
tion, il est pratique de les diviser en plusieurs éléments plus simples (triades ou tétrades)
et les transcrire au moyen de la notation polycordale. Exemple pour Do Æolien :
& b b wwww
Ecrit Cm7add 6b/9/11 ou en nota-
? b www
Bb
tion polycordale AbMaj7 .
C
Pour clore cette partie, un autre moyen d’harmoniser les modes, approche mini-
maliste à l’opposé de la première méthode : le fragment modal. C’est un agrégat de trois
sons (quatre avec la fondamentale) qui est en quelque sorte le « résumé » du mode. Il
contient au moins un DCN, le demi-ton diatonique le plus proche et la tierce (générale-
ment) supérieure à partir du DCN (s’il est au-dessus du demi-ton) ou du demi-ton (s’il est
au-dessus du DCN). Lorsque deux modes possèdent le même fragment modal, on peut
rajouter le second demi-ton diatonique ou, si la nature (majeure ou mineure) du mode
n’est pas exprimée, la tierce. Ce procédé est en particulier caractéristique du langage de
Bill Evans. Exemple pour Do Dorien :
b b www
& w
w
?
Cm7add 2-6
26
Richard, H. Hoppin, La musique au Moyen-Âge, Liège, Mardaga, 1991, page 89.
26
NOMENCLATURE MÉDIÉVALE NOMENCLATURE MÉDIÉVALE LATINE NOTES QUI COMPOSENT
NOMENCLATURE MODERNE
GRECQUE ISSUE DU PLAIN-CHANT LE MODE
Dorien Protus authente Dorien ré** mi fa sol la** si do ré
Hypodorien* Protus plagal (Æolien) la si do ré mi fa sol la
Phrygien Deuterus authente Phrygien mi fa sol la si do ré mi
Hypophrygien Deuterus plagal (Locrien) si do ré mi fa sol la si
Lydien Tritus authente Lydien (ou Ionien***) fa sol la si(b) do re mi fa
Hypolydien Tritus plagal (Ionien [ou Mixolydien***]) do ré mi fa sol la si(b) do
Mixolydien Tetrardus authente Mixolydien sol la si do ré mi fa sol
Hypomixolydien Tetrardus plagal (Dorien) ré mi fa sol la si do ré
Sur la seconde colonne apparaissent les noms latins suivis de leur suffixe authente
ou plagal. Au Moyen-Âge, tous les chants d’un même mode se terminent la plupart du
temps sur la même note appelée finale. Selon que la tessiture de la mélodie évolue au-
dessus ou sous cette finale, déterminant ainsi la dominante (appelée alors teneur), l’ap-
pellation ne sera pas la même : modes authentes pour ceux dont la teneur se situe une
quinte au-dessus de la finale (une sixte pour le Deuterus plagal), modes plagaux pour
ceux qui débutent une quarte au-dessous (à partir de la dominante du mode anthente,
hormis le Deuterus plagal). N’oublions pas qu’à ce moment-là les modes sont envisagés
comme la superposition d’un pentacorde et d’un tétracorde. Dans les modes authentes
les pentacordes sont toujours en bas, dans les modes plagaux les tétracordes sont
également toujours en bas. La note commune aux deux est la finale.
Il est intéressant de noter que plus tard les modes seront envisagés comme la
superposition de deux tétracordes. Cette différence de conception semble s’expliquer
par le fait que les huit modes du plain-chant ne se répètent pas d’octaves en octaves.
L’octave constitutive d’un mode représente la tessiture de ce dernier, son éthos. Aussi,
la différence entre les modes authentes et plagaux résulte de la position respective du
pentacorde et du tétracorde.
27
B - Les modes altérés.
Genèse.
Tonique
œ w
DCN octavale
œ w
DCN
& w
DCA
I - IONIEN 3b
w w b–
( )
w
ASCENDANTE)
– w
DCA
& bœ w w
DCN
II - PHRYGIEN 6§
w w
( )
w bw
œ – w
DCN
& w
DCA
bw w
( )
IIIb - LYDIEN 5#
IV# V#
2 2 2 <2> 1 2 1
b– w
œ w w
DCA
w
DCN
& w w
( )
IV - LYDIEN 7b
(OU LYDIEN DE DOMI-
NANTE,
IV# VIIb
GAMME 2 2 2 <1> 2 1 2
œ
ACOUSTIQUE, GAMME
w b– w
BARTOK)
w
DCN
w
DCA
& w w
( )
V - MIXOLYDIEN 6b
(OU MAJEUR MIXTE)
VIb VIIb
2 2 1 <2> 1 2 2
w bœ w w w
w
DCN
w –
DCA
&
( )
VI - LOCRIEN 2§
II§ Vb
2 1 2 <1> 2 2 2
œ w w w
w w w b–
DCA DCN
&
( )
VII - LOCRIEN 4b
(OU SUPERLOCRIEN,
GAMME ALTÉRÉE)
IVb Vb
1 2 1 <2> 2 2 2
DCA : degré caractéristiques altéré qui, comme le DCN, définit le caractère d’un mode altéré (par rapport
au mode naturel de même famille) et que l’on vise en particulier (que l’expression soit harmonique ou mé-
lodique).
28
3. Le R.I. d’un Dorien 2b serait un Dorien 7§, or, le Ionien 3b, R.I. du Phrygien 6§,
représente mieux la fonction de Ier degré associée à la gamme mineure mélodique
ascendante.
Tonique
œ w
DCN
œ
octavale
& w w
DCA DCN
DO IONIEN 3b
w w b–
( )
Relatif mineur
mélodique : I II IIIb IV V VI VII
Do m. m. (I).
2 1 2 <2> 2 2 1
bw w
DCA
& w n–
DCN
DO PHRYGIEN 6§
w bœ bw w ( )
Relatif mineur
mélodique : I IIb IIIb IV V VI§ VIIb
Sib m. m. (II).
1 2 2 <2> 2 1 2
w w
DCA
& #œ #– w
DCN
DO LYDIEN 5#
w w w
( )
Relatif mineur
mélodique :
I II III IV# V# VI VII
La m. m. (IIIb).
2 2 2 <2> 1 2 1
b– w
DCA
& #œ w w
DCN
DO LYDIEN 7b
w w w
( )
Relatif mineur
mélodique : I II III IV# V VI VIIb
Sol m. m. (IV).
2 2 2 <1> 2 1 2
b– bœ w
DCA DCN
& w w w w
w
DO MIXOLYDIEN 6b ( ) P
Relatif mineur
mélodique :
I II III IV V VIb VIIb
Fa m. m. (V).
2 2 1 <2> 1 2 2
& bœ bw bw w
DCN
w
DCA
DO LOCRIEN 2§
w n– bw
( )
Relatif mineur
mélodique : I II§ IIIb IV Vb VIb VIIb
Mib m. m. (VI).
2 1 2 <1> 2 2 2
& bœ bw bw w
DCA DCN
DO LOCRIEN 4b
Relatif mineur w bw bw b– ( ) Tout ce qui peut être
abaissé l’est.
mélodique :
I IIb IIIb IVb Vb VIb VIIb
Réb m. m. (VII).
1 2 1 <2> 2 2 2
29
Analyse tétracordale du système mineur mélodique ascendant.
Eclaircissement Assombrissement
Ligne de démarca-
tion entre les modes
d’essence majeure et
mineure qui ne
commmuniquent
pas entre eux.
Rétrogrades inverses
30
Accords correspondants aux modes du système mineur mélodique ascendant.
X79/13b [sans 5te; utilisé fréquemment chez Ravel (entre autre pour
MIXOLYDIEN 6b
la cadence fauréenne VIIb7-I)] - X79/10/13b sus4 [sans 5te] (V...)
31
2 - Les systèmes mineur harmonique et majeur harmonique.
Ces deux systèmes ont une relation particulière : les R.I. de l’un se trouvent dans
l’autre système. Pour cette raison, nous les étudierons conjointement dans cette partie.
bœ w
octavale
–
DCN DCN
& w bw w w
w
I - ÆOLIEN 7§ ( )
bœ – w w
DCN DCA
II - LOCRIEN 6§ & w bw w w ( )
VI§
1 2 2 < 1 > Vb 3 1 2
bœ – w œ bw
DCN DCA DCN
& bw w w
( )
IIIb - IONIEN 5#
IV V# VII
2 2 1 <3> 1 2 1
– w œ bw w
DCA
bw
DCN
& w w
( )
IV - DORIEN 4#
IV# VI
2 1 3 <1> 2 1 2
w bw w w
bœ – w
DCA DCN
& w
( )
V - PHRYGIEN 3§
(OU MODE HÉBREUX)
IIb III§
1 3 1 <2> 1 2 2
w bw
bw – w œ bw w
DCA
&
DCN ( )
VIb - LYDIEN 2#
II# IV#
3 1 2 <1> 2 2 1
œ w b– w
b–
DCA
w w w
DCA DCN
&
( )
32
Transposition du système mineur harmonique avec pour tonique modale do.
Tonique
bœ n– w
DCN DCA octavale
& w bw w w
w
DO ÆOLIEN 7§ ( )
Relatif mineur
harmonique : I II IIIb IV V VIb VII§
Do m. h. (I).
2 1 2 <2> 1 3 1
bœ bw w
DCA
n–
DCN
DO LOCRIEN 6§ & w bw bw w ( )
Relatif mineur
harmonique :
I IIb IIIb IV Vb VI§ VIIb
Sib m. h. (II).
1 2 2 <1> 3 1 2
œ w œ w
DCN
& #–
DCN DCA
DO IONIEN 5#
w w w
( )
Relatif mineur
harmonique :
I II III IV V# VI VII
La m. h. (IIIb).
2 2 1 <3> 1 2 1
œ bw w
DCA DCN
& w bw #– w
w
DO DORIEN 4# ( )
Relatif mineur
harmonique : I II IIIb IV# V VI VIIb
Sol m. h. (IV).
2 1 3 <1> 2 1 2
& w bw bw w
DCA
bœ
DCN
DO PHRYGIEN 3§
Relatif mineur w n– w ( )
harmonique :
I IIb III§ IV V VIb VIIb
Fa m. h. (V).
1 3 1 <2> 1 2 2
w w
& #œ w w
DCA DCN
DO LYDIEN 2#
w #– w
( )
Relatif mineur
harmonique : I II# III IV# V VI VII
Mi m. h. (VIb).
3 1 2 <1> 2 2 1
bœ – w
DCA
& bw
DCA DCN
DO LOCRIEN 4b 7bb
Relatif mineur w bw bw b– ( )
harmonique :
I IIb IIIb IVb Vb VIb VIIbb
Réb m. h. (VII).
1 2 1 <2> 2 1 3
33
Genèse (majeur harmonique).
Tonique
œ w
DCN octavale
œ
DCA
& w b–
DCN
I - IONIEN 6b
w w w
( )
œ w w
DCN
b–
DCA
II - DORIEN 5b & w w w w ( )
< 1 > Vb
VI
2 1 2 3 1 2
w w w w
œ
DCA
& w b–
DCN
w
( )
III - PHRYGIEN 4b
IIb IVb
1 2 1 <3> 1 2 2
w w
œ w w
DCA
b–
DCN
& w w
( )
IV - LYDIEN 3b
(OU LYDIEN MINEUR)
IIIb IV#
2 1 3 <1> 2 2 1
w w w w œ
DCN
w
b–
DCA
& w
* ( )
V - MIXOLYDIEN 2b
IIb VIIb
1 3 1 <2> 2 1 2
w bw
bw – w œ – w
DCA DCA
&
DCN ( )
VIb - LYDIEN 2# 5#
II# IV# V#
3 1 2 <2> 1 2 1
œ w b– w
w w
DCA
w w
DCN
&
( )
34
Transposition du système majeur harmonique avec pour tonique modale do.
Tonique
œ w
DCA DCN
œ
octavale
b–
DCN
& w w w
w
DO IONIEN 6b ( )
Relatif majeur
harmonique : I II III IV V VIb VII
Do M. h. (I).
2 2 1 <2> 1 3 1
œ bw w
DCA DCN
DO DORIEN 5b & w w bw w b– ( )
Relatif majeur
harmonique :
I II IIIb IV Vb VI VIIb
Sib M. h. (II).
2 1 2 <1> 3 1 2
bw bw w
DCA
& bœ w
DCN
DO PHRYGIEN 4b
Relatif majeur w bw b– ( )
w w
#œ
DCN
w
DCA
& w b– w
w
DO LYDIEN 3b ( )
Relatif majeur
harmonique : I II IIIb IV# V VI VII
Sol M. h. (IV).
2 1 3 <1> 2 2 1
w bœ w
DCA DCN
& b– w w w
w
DO MIXOLYDIEN 2b ( )
Relatif majeur
harmonique :
I IIb III IV V VI VIIb
Fa M. h. (V).
1 3 1 <2> 2 1 2
w w
#œ w
DCA DCA
& #–
DCN
DO LYDIEN 2# 5#
w #– w
( )
Relatif majeur
harmonique : I II# III IV# V# VI VII
Mi M. h. (VIb).
3 1 2 <2> 1 2 1
bœ – w
DCA
bw
DCN
& bw bw w
w
DO LOCRIEN 7bb ( )
Relatif majeur
harmonique :
I IIb IIIb IV Vb VIb VIIbb
Réb M. h. (VII).
1 2 2 <1> 2 1 3
Parmi les deux systèmes, seuls deux modes comportent deux DCA : le Locrien 4b 7b
(mineur harmonique) et son rétrograde inverse le Lydien 2# 5# (majeur harmonique). Ces
deux systèmes contiennent les mêmes tétracordes mais organisés différemment. Il n’y
a pas de palindrome, ni dans l’un, ni dans l’autre (pour un système qui ne comporte aucun
palindrome, les R.I. se trouvent dans un autre système).
35
Analyse tétracordale des systèmes mineur et majeur harmoniques.
MODE R.I.
θ inf. <i> θ sup. θ inf. <i> θ sup.
(MINEUR HARM.) (MAJEUR HARM.)
ÆOLIEN 7§ 212 2 131 MIXOLYDIEN 2b 131 2 212
L’Analyse tétracordale fait apparaitre, dans ces deux systèmes, trois nouveaux
tétracordes :
Eclaircissement
Modes d’essence mineure
6te (desc.) 5te 5te 5te
MINEUR HARMONIQUE VII VII II III V I II
5te (desc.) 2de 5te
MAJEUR HARMONIQUE VII VII II III V I II
DOLOCRIEN4b 7bb DO LOCRIEN 7bb DO LOCRIEN 6§ DO PHRYGIEN 4b DO PHRYGIEN 3§ DO ÆOLIEN 7§ DO DORIEN 5b
IIb IIIb IVb IIb IIIb Vb IIb IIIb IIb IIIb IVb
ALTÉRATIONS IIb VIb VIIb IIIb VIb IIIb Vb VIIb
Vb VIb VIIbb VIb VIIbb Vb VIIb VIb VIIb
RELATIFS Réb m. h. Réb M. h. Sib m. h. Lab M. h. Fa m. h. Do m. h. Sib M. h.
Rétrogrades
36
Accords correspondants aux modes des systèmes mineur et majeur harmoniques.
MODES DU SYSTÈME MODES (R.I.) DU SYSTÈME
MINEUR HARMONIQUE MAJEUR HARMONIQUE
9/11
XmMaj7 [sans la 13b; on lui préfère le
MIXOLYDIEN 2b X79b/13 [sans 4te]* - X79b/10/13 sus4 (V...)
mineur mélodique] (i...) - VII°7/I [septième
ÆOLIEN 7§ de sensible sur tonique en mineur] - V79b/I
LYDIEN 3b XmMaj79/11#/13 [polycorde : VIIm7|Im] (i, iv...)
[neuvième de dominante sur tonique en
mineur]
X79b/10b/add 6b [la quarte diminuée, qui n’a au-
Xm75b/11/13 [sans la 9b; on lui préfère le
LOCRIEN 6§ cune valeur fonctionnelle, est envisagée
Locrien 2§] (ii...) PHRYGIEN 4b comme l’enharmonie de la tierce majeure; avec
la 5te au-dessus de la 6b ou sans 6b; compromis
XMaj75#/9 [sans 11e et 13e; on lui préfère le
IONIEN 5# entre la gamme altérée et l’échelle 1-2] (V...)
Ionien 6b ou l’échelle augmentée] (I...)
Xm75b/9/11/13 [polycorde : IIm|Im75b; surtout
DORIEN 4# Xm79/11#/13 [polycorde : II|Im7] (ii...) DORIEN 5b utilisé mélodiquement en alternance avec le
Dorien 4#] (ii...)
X79b/13b [sans 4te et 5te] - X79b/10/13b sus4
PHRYGIEN 3§ [sans 5te ou avec la 5te au dessus de la 6b] VII°7/I [septième de sensible sur tonique en
(V...) majeur] - V79b/I [neuvième de dominante sur
IONIEN 6b tonique en majeur] - Vadd 2b|I/V [accord
LYDIEN 2# XMa79#/11#/13 [polycorde : VII7|I] (IV, I...)
appoggiaturé; position : 5, 1, 3, 6b, 7M, 9, 5; voir
X°7 [sans grand intérêt; la gamme 2-1 est de le thème « Dolphin Dance »]
LOCRIEN 4b 7bb
loin préférable] (vii...) - Cluster X°7 [sans grand intérêt; on lui préfère la
LOCRIEN 7bb
gamme 2-1] (vii...)
* Nous avons vu les quatre possibilités d’altération
de la neuvième et de la treizième sur l’accord de dominante : XMaj7add 2#/5# [sans 6te; position : 1, 4#, 5#, 7M,
9/13
(Mixolydien, système majeur), 9/13b
(Mixolydien 6b, système LYDIEN 2# 5# 9#, 3; type d’accord que l’on trouve sur le disque
mineur mélodique), 9b/13
(Mixolydien 2b, système majeur « Symbiosis »(Bill Evans/Claus Ogerman)] (I...)
9b/13b
harmonique) et (Phrygien 3§, système mineur harmo-
nique).
harmoniques (réorganisées).
Assombrissement
Modes d’essence majeure
2de 5te
IV V I IIIb IV VIb VIb
5te 5te 6te
IV V I IIIb IV VIb VIb
DO DORIEN 4# DO MIXOLYDIEN 2b DO IONIEN 6b DO IONIEN 5# DO LYDIEN 3b DO LYDIEN 2# DO LYDIEN 2# 5#
ALTÉRATIONS IIIb IV# VIIb IIb VIIb VIb V# IIIb IV# II# IV# II# IV# V#
Ligne de démar-
cation entre les
modes d’es-
sence majeure
et mineure qui
ne commmuni-
quent pas entre
eux.
inverses
37
3 - Le système majeur double harmonique.
Genèse.
Tonique
œ w
octavale
œ
DCN
b–
DCA
& w
DCA DCN
I - IONIEN 2b 6b
w b– w
( )
w bw
œ bw –
DCN DCA
& w
DCA
IIb - LYDIEN 2# 6#
bw –
( )
w b– w
DCA
œ b– w
DCA
& w
DCN
w
( )
III - PHRYGIEN 4b 7bb
IIb IVb VIIbb
1 2 1 <3> 1 1 3
w bœ – w
DCN
–
DCA DCA
& w w bw
( )
IV - ÆOLIEN 4# 7§
(OU MINEUR HONGROIS*)
IV# VIb VII§
2 1 3 <1> 1 3 1
w w b–
DCA
w œ w
b–
DCA DCN
& w
( )
V - MIXOLYDIEN 2b 5b
(OU MODE ORIENTAL)
IIb Vb VIIb
1 3 1 <1> 3 1 2
w bœ – w œ
DCN
bw
–
DCN DCA
bw
DCA
&
( )
VIb - IONIEN 2# 5#
II# IV V# VII
3 1 1 <3> 1 2 1
œ w b– w
w
DCA
w b–
DCA
w
DCN
&
( )
* Il existe également un mode majeur hongrois, le Lydien 2# 7b (X79#/11#/13 [V...]; polycorde : II#°7|I7).
38
Transposition du sytème majeur double harmonique avec pour tonique modale do.
Tonique
œ w
DCA DCN
œ
octavale
b–
DCN
& w
DCA
DO IONIEN 2b 6b
w b– w
( )
P
Relatif majeur
double harmonique : I IIb III IV V VIb VII
Do M. d. h. (I).
1 3 1 <2> 1 3 1
w w
DCA
#œ
DCN
& w #–
DCA
DO LYDIEN 2# 6#
w #– w
( )
Relatif majeur
double harmonique :
I II# III IV# V VI# VII
Si M. d. h. (IIb).
3 1 2 <1> 3 1 1
w
DCA
bw –
DCA
& bœ b– w
DCN
DO PHRYGIEN 4b 7bb
w bw
( )
Relatif majeur
double harmonique :
I IIb IIIb IVb V VIb VIIbb
Lab M. d. h. (III).
1 2 1 <3> 1 1 3
bœ w
DCN DCA
n–
DCA
& w bw #– w
w
DO ÆOLIEN 4# 7§ ( )
Relatif majeur
double harmonique : I II IIIb IV# V VIb VII§
Sol M. d. h. (IV).
2 1 3 <1> 1 3 1
bœ w
DCA DCA DCN
& w w b– w
DO MIXOLYDIEN 2b 5b
w b–
( )
Relatif majeur
double harmonique : I IIb III IV Vb VI VIIb
Fa M. d. h. (V).
1 3 1 <1> 3 1 2
œ w
DCN DCA DCN
œ w
DCA
DO IONIEN 2# 5# & w #– w #– ( )
Relatif majeur
double harmonique : I II# III IV V# VI VII
Mi M. d. h. (VIb).
3 1 1 <3> 1 2 1
w
DCA DCN DCA
Relatif majeur
double harmonique : I IIb IIIbb IV Vb VIb VIIbb
Réb M. d. h. (VII). 1 1 3 <1> 2 1 3
Tous les modes de ce système, qui contient deux intervalles disjoints de trois demi-
tons, sont doublement altérés. Il n’y a pas de Dorien.
39
Analyse tétracordale du système majeur double harmonique.
Eclaircissement Assombrissement
Ligne de démarca-
tion entre les modes
d’essence majeure et
mineure qui ne
commmuniquent
pas entre eux.
Rétrogrades inverses
40
Accords correspondants aux modes du système majeur double harmonique.
IV(Maj7)-I ou (mieux) ii(m7)-I [cadence plagale; DCN : IV] - iii(m7)-I* * Parfois altérée chez
IONIEN Fauré (Ravel, Debussy, etc.)
[DCN : VII; seulement quatre notes du mode sont exprimées.]
IIIb-I (tous deux majeurs).
DORIEN IV(7)-i ou ii(m7)-i [DCN : VI] - VIIb(Maj7)-i ou v(m7)-i [contenant le VIIb,
note supérieure du demi-ton caractéristique; peut être appliquée à l’Æolien]
PHRYGIEN IIb(Maj7)-i, v°7-i ou IIIb7(9)-i [DCN : IIb]
LYDIEN II(7)-I ou vii(m7)-I [DCN : IV#]
MIXOLYDIEN v(m7)-I ou VIIb(Maj7)-I [DCN : VIIb] - vi(m7)-I** [contenant le VI, ** Parfois altérée VIb-I
note inférieure du demi-ton caractéristique; peut être appliquée au Ionien] (tous deux majeurs).
ÆOLIEN iv(m7)-i ou (mieux) ii°7-i [cadence plagale en mineur; DCN : VIb] - v(m7)-VIb [cadence rompue modale
(fréquente chez Bach); contenant le V, note inférieure du demi-ton caractéristique, et le DCN]
LOCRIEN [Pas de cadence modale caractéristique car l’accord de tonique diminué n’est pas résolutif.]
41
D - Récapitulatif des cinq principaux systèmes diatoniques.
NATURELS ALTÉRÉS
SYSTÈME MINEUR SYSTÈME MINEUR SYSTÈME MAJEUR SYSTÈME MAJEUR
MODES SYSTÈME MAJEUR
MÉLODIQUE HARMONIQUE HARMONIQUE DOUBLE HARMONIQUE
DEGRÉ ALTÉRATIONS* DEGRÉ ALTÉRATIONS DEGRÉ ALTÉRATIONS DEGRÉ ALTÉRATIONS DEGRÉ ALTÉRATIONS
I P IIb VIb
Ø IIIb VIb (Majeur double harm.)
IONIEN I I IIIb V# I
(Majeur) (mineur mél.) (Majeur harm.) VIb II# V#
42
IIb IIIb IVb
PHRYGIEN III IIb IIIb VIb VIIb II IIb IIIb VI§ VIIb V IIb III§ VIb VIIb III IIb IIIb IVb VIb VIIb III
VIb VIIbb
IIb IIIb Vb VI II§ IIIb Vb VIb VIIb II IIb IIIb Vb VI§ VIIb IIb IIIb Vb IIb IIIbb Vb
LOCRIEN VII VII VII
VIb VIIb VII IIb IIIb IVb Vb VIb VIIb VII IIb IIIb IVb Vb VIb VIIbb VIb VIIbb VIb VIIbb
* Par rapport à la gamme majeure de même tonique. Les altérations qui diffèrent du mode naturel de même tonique sont soulignées.
DEUXIÈME PARTIE : LES ÉCHELLES ET GAMMES SYMÉTRIQUES À TRANSPOSITION LIMITÉE.
En divisant l’octave (12 demi-tons) par un nombre n on obtient une échelle symé-
trique simple de n degrés, progressant par intervalles égaux selon la formule 12 = i demi-
n
ton(s) et transposable i - 1 fois. n ∈ {2; 3; 4; 6; 12}. L’échelle contient : 0 triton, si n est
impair (n = 3); n2 triton(s), dans le cas contraire.
Pour n = 12, on obtient une échelle de 12 degrés progressant par intervalles d’un
demi-ton (i = 1) et non transposable. Elle contient 6 tritons.
Remarques sur l’écriture des échelles symétriques : 1. Dans un contexte atonal, on favorise la
facilité de lecture. 2. Dans un contexte diatonique, on tient compte du ton ou du mode sous-jacent et de
la pente.
En Do Ionien :
& # œ w w # œ w #œ w #œ w w w bœ nw bœ nw bœ nw w bœ nw bœ
w #œ w nw
En Do Phrygien :
& w bw nœ bw nœ w #œ w bw nœ bw nœ w bœ bw œ bw w bœ w bœ bw œ bw w
2 - La gamme par tons (unitonique, « whole tone scale ») : octave divisée par six.
# w # w w (# w) bw w
(en fa mineur ou majeur) :
&
w w w #w
&
w w w bw bw
I II III IV# V# VI# I8va (VII#) I II III Vb VIb VIIb I8va
Ecriture conjointe; pour finir sur la tonique, on
joue sur l’enharmonie.
43
3 - L’échelle diminuée : octave divisée par quatre.
44
B - Les échelles symétriques composées (obtenues par superposition de plusieurs
échelles simples).
d i i i (i)
Echelle 2
i i i i
Echelle 1
45
2 - Les échelles symétriques triples : superposition de trois échelles simples (tritons).
3 2 1
4 1 1
Remarque : les échelles triples et quadruples sont composées à partir d’une seule échelle simple :
le triton. On pourrait également utiliser l’échelle augmentée (i = 4), mais il y a peu de possibilités.
d d’ i - (d + d’)
Trois possibilités Une possibilité
1 1 2 d d’ d’’ i - (d + d’+ d’’)
d’échelles triples d’échelle quadruple
(très proches de R.I. P 1 2 1 P 1 1 1 1
(= échelle chromatique) :
l’échelle chromatique) :
2 1 1
46
4 - Utilisation des échelles symétriques composées.
Echelle 1-2 : employée pour altérer un accord de dominante V79b/10b/11#/13 (on peut
jouer la quinte juste).
Echelle 1-3 : se prête moins à la coloration des accords; à utiliser plutôt dans un
contexte d’improvisation (mélodique ou harmonique) non fonctionnelle.
Remarque : les échelles symétriques permettent également de créer des polycordes qui produi-
sent des couleurs caractéristiques du langage de Ravel, de Messiaen, etc. Dans les échelles doubles dimi-
nuées on retrouve les accords X, Xm, X°, X7, X75b, Xm75b et X°7 qui, pour former des polycordes, peuvent
être superposés de la manière suivante : X (X est quelconque; Y n’est ni mineur, ni diminué). Les échelles
Y
doubles augmentées donnent elles les accords X, Xm, X5#, XMaj7, XMaj75# et XmMaj7 qui peuvent être
superposés de la même manière : X (X est quelconque; Y n’est pas mineur).
Y
Coloration d’accords : 1-3-2 : C79b/11#; 3-1-2 : C79#/11#/13; 2-1-1-2 : D75b/9/10b/13b/13§ (solb consi-
déré enharmoniquement comme un fa#, tierce majeure de l’accord), Dm75b/9/13b/13§ (sans
le solb) ou D°7 (sans le solb), etc.
47
Réalisations particulières : on recherche les triades présentes dans l’échelle (que
l’on peut ensuite transformer en accords de septième, de sixte ajoutée, sus4, etc.) pour
harmoniser ses degrés, notes à notes, une note sur deux, etc. Exemple pour l’échelle
de do 1-1-3-1 : on retrouve les triades de Fm (enharmonie sol#-lab), Bm (triton), de Db (en-
harmonies do#-réb et sol#-lab) et G (triton) qui permettent d’harmoniser l’échelle de la
manière suivante :
œ bœ œ w
œ œ # œœ
(Tritons)
w w & œœ # œ œ bœ bw
& w #w w w #w w #w ( ) ou
œ œœ œ bœ w
Fm Db G Fm Bm G Db Bm (Fm) ? bœ #œ nœ w
Fm6 G7 Bm Db Fm
48
TROISIÈME PARTIE : LES ÉCHELLES (MODES) PENTATONIQUES.
Il ne suffit pas qu’une échelle soit pentaphonique pour être pentatonique; pour
cela, elle doit comporter cinq degrés, dont trois conjoints (successifs). On les considère
comme des modes diatoniques défectifs; d’où l’importance des « degrés manquants ».
Précisons que cette conception ne vaut que dans le cadre de cette étude. En effet, un
langage musical entièrement construit sur l’échelle pentatonique n’implique aucune
référence à une échelle diatonique; les cinq degrés sont alors au complet et conjoints.
On distingue cinq échelles :
Les trois degrés
conjoints
1. I II III V VI
2. I II IV V VII
3. I III IV VI VII
4. I II IV V VI
5. I III IV V VII
Ce sont des modes puisqu’on ne préjuge pas de la qualité des intervalles (par
exemple, le IIIe degré de l’échelle 1 pourrait être abaissé).
Genèse.
w
D.M.* D.M Tonique
w
* Degré manquant.
& w
octavale
w
IV VII
w w
I - PENTATONIQUE ( )
MAJEUR
(OU GAMME CHINOISE27) I II III V VI
2 2 3 2 3
w w
D.M. D.M.
& w w w
III VI
w
II - PENTATONIQUE ( )
AMBIGU 7b
I II IV V VIIb
2 3 2 3 2
w w w
D.M. D.M.
& w w w
II V
III - PENTATONIQUE ( )
MINEUR
I IIIb IV VIb VIIb
3 2 3 2 2
w w w
D.M.
w
D.M.
& w w
VII
III ( )
V - PENTATONIQUE
AMBIGU
I II IV V VI
w
2 3 2 2 3
w w w
D.M.
w
D.M.
& w
VI
II ( )
VI - PENTATONIQUE
MINEUR RELATIF
I IIIb IV V VIIb
3 2 2 3 2
27
Appelé ainsi par Debussy.
49
Transposition des pentatoniques avec pour tonique modale do.
w
D.M. D.M Tonique
& w w
octavale
w
IV VII
w w
DO PENTATONIQUE ( )
MAJEUR
Relatif pentatonique
majeur : Do p. M. (I).
I II III V VI
2 2 3 2 3
bw w
D.M. D.M.
& w w
III VI
w
DO PENTATONIQUE
w
( ) P
AMBIGU 7b*
Relatif pentatonique
majeur : Sib p. M. (II).
I II IV V VIIb
2 3 2 3 2
bw w
D.M. D.M.
& bw w bw
II V
DO PENTATONIQUE
w
( )
MINEUR
Relatif pentatonique
majeur : Lab p. M. (III).
I IIIb IV VIb VIIb
3 2 3 2 2
w
D.M. D.M.
& w w w
III VII
w
DO PENTATONIQUE
w
( )
AMBIGU*
Relatif pentatonique
majeur : Fa p. M. (V). I II IV V VI
2 3 2 2 3
bw w
D.M. D.M.
& bw w w
II VI
w
DO PENTATONIQUE ( )
MINEUR RELATIF
Relatif pentatonique
I IIIb IV V VIIb
majeur : Mib p. M. (VI).
3 2 2 3 2
Eclaircissement Assombrissement
Rétrogrades inverses
50
B - Utilisation des pentatoniques naturels.
Expression d’un mode naturel au moyen d’un pentatonique naturel : pour exprimer la
couleur caractérisitique d’un mode diatonique naturel, on utilise un pentatonique naturel
majeur complémentaire de l’accord caractéristique de ce mode incluant les degrés
manquants (dont le DCN et le demi-ton caractéristique correspondants). Pour ce faire,
on procède de la manière suivante :
www
majeur à la basse :
ww www www
& www www w
w
Do pentatonique
ww w ww ww
& ww www ww w
majeur
ou
w w ...
Réalisation plus complexe, utilisée pour exprimer un mode naturel, qui mélange plusieurs
pentatoniques majeurs en accords de 4 sons (disposés en quartes ou en quartes et tierce) :
ww ww ww
& w w w ww ww w
w w ww Soprano : G7add 2 (1, 2, 3, 5, 7b)
G7 (sus4) Alto : Fa pentatonique majeur
? w w w
Mixolydien Ténor : Do pentatonique majeur
w
w w w
( )
Basse : Sol pentatonique majeur (ou G7add 2)
51
Cette réalisation produit une sonorité particulière (caractéristique d’un courant
du jazz représenté, entre autres, par McCoy Tyner et plus tard Chick Corea), très utile
dans l’accompagnement pour colorer les accords de dominante (par exemple sur le
blues). Elle est praticable sur tous les modes issus d’une même échelle hormis le Ionien
(à cause de la quarte); il suffit donc de changer de tonique pour changer de mode. On
peut y insérer des accords intermédiaires :
Les 3 notes
inférieures
sont haussées
œœ œ œœ œœ œ œœ
b b œœ b b œœ n n œœœ b œœœ œœ
d’un demi-ton.
& œ œ œ œ œ
Broderies
? œ œ œ bœ
des 3 accords
en quartes. œ œ nœ œ œ
Accords secondaires : Em7(sus 4) F79sus4 Em7(sus 4) Dm7(sus 4) Eb79sus4 Dm7(sus 4) Bm7(sus 4) C79sus4 Bm7(sus 4)
œœ ˙ ˙
œ b b œœ œœ b b œœ œœ b ˙œœ œ
& n n œœ n œœ w
ww
Accords de
? œ œ nœ bœ
passage.
nœ œ nœ nœ w
Accords secondaires : G79sus4 F79 sus4 Em7(sus 4) Eb79 sus4 Dm7(sus 4) C79sus4 Bm7(sus 4) A79 sus4 G79 sus4
Ce sont tous les autres pentatoniques (dont les gammes Balinaises, les pentato-
niques Japonais et bien d’autres) qui, par rapport aux pentatoniques naturels de même
tonique modale, comportent au moins un degré altéré et un demi-ton. Leur utilisation
pour exprimer un mode naturel ou altéré est très diverse, il n’y a donc pas de méthode
spécifique. Le but est de trouver un mode pentatonique qui contienne le ou les DCN/DCA
et les intervalles caractéristiques du mode. Exemples: Do Dorien do-mib-fa-la§-sib (altéra-
tion du VIe degré de Do pentatonique mineur; DCN la§, demi-ton caractéristique la§-sib et
tierce mineure mib); Do Lydien do-mi-fa#-sol-si (altération des IIIe, IVe et VIIe degrés de Do
pentatonique mineur relatif; DCN fa#, demi-ton caractéristique fa#-sol, tierce majeure mi
et septieme majeure si).
Remarque : apparait souvent dans les modes pentatoniques (y compris naturels) un degré mobile, appelé
pyen, qui fait fonction d’ornement (note de passage ou d’appoggiature); celui-ci, par l’hexatonisme en-
gendré, mènera progressivement au diatonisme.
52
PRÉAMBULE AUX ANALYSES.
Pour ce faire, nous avons en premier lieu réalisé des transcriptions du dernier
album qu’il enregistra avec le contrebassiste Marc Johnson, et plus particulièrement de
trois pièces : une composition de Bernard Maury, « Departure » (titre éponyme du
disque), et deux standards, « My Romance » et « Everything Happens To Me ». Cet album,
financé pour moitié par un mécène suisse (et pour l’autre moitié, par Bernard Maury lui-
même...), faute de distributeur, n’est toujours pas disponible dans le commerce. C’est
par l’intermédiaire d’un de ses élèves les plus proches, Camille Ghipponi28, que nous avons
pu nous le procurer.
La méthode que nous proposons consiste en une lecture, par fragments variables,
utilisant les outils d’analyse traditionnels ainsi qu’en une présentation tabulaire destinée
à compléter la recherche d’éventuels marqueurs stylistiques. Un commentaire détaillé
suit chaque fragment analysé.
Nous clorons se chapitre par une analyse globale de chaque œuvre reprenant les
éléments des analyses fragmentaires et qui aboutira aux conclusions que nous soumet-
trons au chapitre suivant (et final).
28
Camille Ghipponi commence à étudier avec Bernard Maury (qu’il rencontre au Festival de Calvi en Corse, d’où il est originaire) dès
l’âge de quinze ans, après des études à l’E.N.M.D. de Bastia, et ce durant une dizaine d’années. Par la suite, il travaille au sein de son
école, la B.E.P.A., en tant que gestionnaire et enseignant, tout en suivant des cours d’écriture et d’harmonie au clavier, dans la classe
d’Isabelle Duha (qui succède à Nadia Boulanger au Conservatoire des américains), pour lesquels il obtiendra deux Premier Prix de la
ville de Paris avec félicitations du Jury.
54
ANALYSES.
55
DEPARTURE
(TRANSCRIPTION FRANÇOIS CHÂTELET)
Rubato
U n n œœœ
plus vite
œ ˙œ
(PARTIE A)
œœ œ œ œ œ b œœ œœœ ˙˙ #˙ œ œ œ
3 3
c
& œ ˙ ˙ n œ˙ œ œ n ˙œ œ
U ˙ bœ
œ ˙ # œ n œœ ˙˙ ˙ b œ œ˙ œ œ
Piano
? c œ ˙˙
œ n˙
n ˙˙ ˙
solo
œ#œ
˙
3 3
rit.
# n ˙˙˙ #œ œ
accel.
# œ # n œœ # # ˙w. nœ
A˙
b ˙ n˙ bœ n wœ œ b œ b œ ˙
& n˙
4
n˙ ˙ #w b˙ ˙ nw
3
#˙ n˙ ww b˙ ˙ bw
?
rit.
U b n œœ b œ œ j
(court)
n œ œ n œœ n œœ œ ˙ œœœ ‰ n œ
œ œ n œj
retenu
J n n œJœ ˙˙
(PARTIE A')
& ‰
8
nœ ˙˙
3
n œ n œ œ n œœ ˙ #˙
n ˙˙ n # œœ .. j
‰
? n˙ j ‰
nœ nœ
n œ œœœ b œ
# œ œ ˙ #œ nœ
nœ ˙ œ J ˙
J
nœ
J
nœ nœ ˙˙ #œ
accel.
œ n œœ # œœ # œ # œœ
11
& ˙ ˙ # # ww
n n ˙œ œ œ œJ ‰
j j
‰ j bœ nœ œ. nœ œ œ. #˙ œ œ nœ
3
? n˙ œ n˙.
‰ n Jœ œœ b œ œJ ‰ Œ Œ ‰ nœ. ˙
m.d.
rit.
57
DEPARTURE (B.M. Departure) 2
.j
a tempo = 152 (ŒÂ = Œ lj)
nœ ‰ bœ n œ ‰ œœ # œ n œ œ
14
& A a ˙˙ b ˙
(Entrée contrebasse)
n b œœ ˙˙ .... #˙
œ Œ. ˙ .. n ˙˙ œ
Jj
Œ 3 ˙ .. ‰
b˙ n˙ œ n ˙˙ œœ
3
? Œ. Œ
n˙ bœ ˙ .. œ œ
J J
. .j j
n œ ˙˙
b b n œœœ ‰ A nœœœ n œœ b œ œ œ b bœœœ
(PARTIE B)
& ˙‰ n œœ . Œ.
17
œ .. œ œ # œœœ b b œœœ J J
˙ .. J
Œ
b œ. œ œ ˙ ..
? ‰ n œœ .. œ # œ n œ. . J ‰ n œ b œœJ ˙˙ .... b bœœœ
œ # œ nœ Œ J
58
ANALYSE FRAGMENTAIRE
(« DEPARTURE »)
Mesures 1 à 3
Antécédent Conséquent
Arsis Thésis Arsis
n n œœœ
(Partie A)
4 œœ œ œ œ œ b œœœ œœœ œ˙
M2
˙˙
Ech.
# ˙ œ
App.
œ œ
3 3
n œ œ œ n œ˙ œ
NP NP
&4 œ ˙ ˙
App.
˙
bœ
n ˙˙
˙ U
œ # œ n œœ ˙˙ ˙˙ œ Ret.œ œ
App. (non résolue.)
? 44 œœ ˙˙
Piano
b œ ˙˙
solo Br.*
œ #œ
˙ n ˙ M2'**
NP S T 3 3
rit.
(Ant.) * Enharmonie du sol# (V du VI qui eut dû suivre).
? 44 ˙ n˙
** Imitation, agrandissement, mutation de la tête.
Basse
réelle ( œw ˙.) ˙ ˙
TONALITÉS la m. Do M.
(Do M)
( / / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE Am9/11 A79b/C# Dm/C G79/11#(omit 1)/B§ C6/9 Gsus49b/13 Gm7
(Cmaj7add 2/E Amadd2) (E7/G# Am)
i * Approche chromatique d’un
DEGRÉS vi V/ii ii V I V v* accord mineur par un autre
(en Do M I vi) C.I. accord mineur (voir mesure sui-
vante).
M
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
** Pour l’accord de la mineur, en
1 (1) 1** 1 l’absence de fa, on déduit le
mode de la tonalité sous-ja-
2 1 1 (Lyd. 7b) cente (do majeur), obtenant
ainsi un mode de la Æolien. Ce-
3 2 (nat. et 6b) 1 1 (Phr. 6§) pendant, la présence sur le qua-
trième temps de l’échelle
DENSITÉ double diminuée (1-2 à partir de
MESURES la), contenant un fa#, n’interdit
2 3 4 5 6 7 8 pas d’envisager un mode de la
Dorien.
1 1 (1) 2
2 1 1
3 2 2
TOTAL ( 4 1 (+1) 4
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
1 2 1 (+1)
2 1
3 1
TOTAL 2 5
59
COMMENTAIRE
MESURE 1 : Le premier accord, associé à un point d’orgue, laisse planer une ambi-
guïté. Est-ce un accord du premier degré ?
Ici, sa présentation peut évoquer une certaine saveur modale dans la mesure où
l’on retrouve les notes de la triade de mi. En envisageant la succession des deux premiers
accords comme une cadence v (avec un sol naturel au lieu du sol#) - i, l’enchaînement
peut suggérer une cadence modale (dorienne).
L’accord C#°7 : c’est une dominante secondaire sans fondamentale, qui corres-
pond ici à un V/ii.
[…] Alors que dans la musique classique, la cadence tonale par excellence est le IV-V-I, c’est la ca-
dence II-V-I qui remplit cette fonction dans le jazz.30
MESURE 3 : D’un point de vue rhétorique, nous avons une phrase mélodique à la
mesure 1 qui se répète à la mesure 3. Les quatre premières notes sont les mêmes. Alors
qu’à la mesure 1 elles sont soutenues par un seul accord, la seconde fois, nous avons à la
basse un mouvement ascendant qui suit la pente de la mélodie, la soulignant. Le fait que
cet accompagnement commence avec une sixte mineure (le lab est la sixte mineure de
l’accord de do majeur qui précède) contribue à renforcer l’effet rhétorique.
[…] Les cinq catégories sont le son, le rythme, la croissance, que l’on désigne par l’acronyme
« SHMRG ». Ces cinq catégories sont elles-mêmes subdivisées : le son en timbre, dynamique, texture et tissu
sonore; l’harmonie en couleur et tension; la mélodie en ambitus, mouvement, motif et ainsi de suite […]
Le dernier accord est construit à partir du ré, la quinte. La note suivante, consti-
tutive de l’accord, est la tierce. C’est une position que l’on trouve souvent chez Bernard
Maury et qui met en valeur l’intervalle de sixte. Il s’agit toujours du degré V de do majeur,
mais cette fois-ci, il perd sa fonction : sa tierce devient mineure. Cela permet de
29
Siron, Jacques, La partition intérieure, page 321.
30
Ceci dit pour exprimer une idée communément admise. Il nous faut cependant réparer une erreur fréquente : la formule de cadence
parfaite, dans le langage classique, est également ii-V-I; la confusion provient du fait que le ii est généralement présenté sous la forme
de son 1er renversement (IV de la tonalité à la basse).
31
Bent, Lan, L’analyse musicale, page 167.
60
mettre en place un procédé qui consiste à approcher un accord mineur par un autre
accord mineur situé un demi ton au-dessus32. La quatrième note de la mélodie est un mi,
celui-ci va être maintenu par une liaison sur ce dernier accord, qui est donc un Gm9/11/13.
Dans le mode Dorien, le degré caractéristique est la sixte dorienne, correspondant à ce
mi. C’est pourquoi nous avons indiqué le mode Dorien comme outil M de coloration de cet
accord.
Mesures 4 à 7
(Conséquent)
(Arsis) Thésis Thésis répétée et altérée
Enharmonie au soprano (sol# lab)
(M1') accel. permettant la modulation. Ret.
#œ
M2
# n ˙˙˙ œ
M2'' (sans agrandissement)
# œ # n œœ # # w˙ .
A˙
n˙ bœ
App.
nœ b ˙ n wœ œ bœ bœ ˙
Ech. Br.
& n˙
4 App. App.
n˙ ˙ #w b ˙ App. ˙ nw
M2'''** Ech. 3
? ˙
#
M2''*
n˙ w b˙ ˙
NP
bw
M3
w NP
* Diminution de l'ambitus,
imitation, agrandissement.
rit.
?
** Rétrograde, renversement
n˙ b˙ bw
de la tierce.
#˙ w b˙
TONALITÉS Mi M. Réb M.
/ / / / / / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE
F#m11 B7 E(maj7) (E7) Eb(m7)/Bb Ab7/Bbb Db(maj7)/Ab
DEGRÉS ii V I ii V I
C.I. C.I.
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
4 1 1 (Lyd. 7b)
5 1
6 1 1* * Le mode Mixolydien 2b est
également possible.
7 1 (nat. ou 6b)
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
4 1 2
5 1
6 2
7 1
TOTAL 4 1 2
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
4 1
5
6
7
TOTAL 1
32
Par souci pratique, nous nommerons ce procédé A.a.n.f (approche par un accord non fonctionnel).
61
COMMENTAIRE
De nouveau, nous retrouvons le petit motif mélodique (M2), présent entre la me-
sure 2 et 3, avec cette fois-ci une tierce mineure descendante suivie par un demi-ton lui
aussi descendant. (Mesures quatre et cinq :) Nous le retrouvons tel quel aux deux me-
sures suivantes. Nous pouvons remarquer que lors de la troisième présentation de ce
motif, qui est conclusive, nous n’avons pas d’appoggiature sur l’accord du V contraire-
ment aux deux versions précédentes.
Nous passons par deux tonalités en quatre mesures. Ici, de mi majeur à réb majeur,
par un glissement chromatique, qui va de la note sensible du I de la première tonalité,
M
sol#, au V de la deuxième tonalité, lab, au moyenA de l’enharmonie.
Mesures 8 à 10
(Conséquent) Antécédent
Conduit Arsis Thésis
(court) M4 retenu
U b n œœ b œ œ j
* M1
n œ œ n œœ n œœ n (Ant.) œœœ ‰
n œœœ ˙˙˙
** App.
œ œ n œj
(PARTIE A') M2***
‰
App.
nœ
8
& J nœ ˙˙
Ech. 3
J nœ nœ œ n œœ ˙ #˙
n ˙˙ App.
n # œœ .. j
‰
NP
? n˙ ‰ n œ œœœ b œ Ret.
App.
j n œ #œ nœ
App.
˙ nœ œ #œ œ ˙
(frappé et non résolu.)
nœ J ˙
* Harmonisation en tierce du mode de mi Locrien 4b. J (Ant.)
nœ
J
** Anticipation du mode qui colore la fonction *** Légère variation rythmique.
? n˙ n˙ n˙
suivante.
nw n˙
TONALITÉS la m. Do M.
/ / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE
Bm75b E79b Am A79b/C# Dm(7) G711#
DEGRÉS ii V i V/ii ii V
C.I. vi C.I.
62
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
8 (1) 1 1
9 (1) 1 1
10 1 1 (Lyd. 7b)
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
8 1 1 (+1)
9 1 1* (+1) 1*
10 2
TOTAL 2 4 (+2) 1
C OMMENTAIRE
63
MESURE 10 : Le discours continue de se densifier par l’apparition d’une appoggia-
ture sur l’accord de G7. Lors de la première présentation, nous avions une note altérée,
le do#, la onzième augmentée de l’accord, qui engendrait un mode Lydien 7b. Nous re-
trouvons cette coloration, mais cette fois-ci l’apparition du fa# contribue à tendre de ma-
nière significative l’accord et à dynamiser le discours. En effet cette appoggiature se
résout sur le fa§ qui suit pour continuer son chemin mélodique sur la tierce de l’accord
suivant, effectuant la résolution classique : 7e de l’accord du V vers la 3ce du I.
Mesures 11 à 13
(Ant.) Conséquent
(Thésis) Arsis Thésis
nœ # n œœœ ˙˙ #œ
(M1) Ech.
œ n œœ # œ # œœ
11
& ˙ ˙ # # ww App.***
n n ˙œ œ œ œJ ‰
j j M2'''
M2'* ‰ j bœ œ. nœ œ œ. œ œ nœ
M3'**** 3
nœ #˙
App. (non résolues.)
? n˙ œ
App. NP
‰ n Jœ œœ b œ œJ ‰ Œ Œ n˙. ‰ n œ ˙
.
m.d.
(Ant.) *** Pour la résolution, voir le NP
Br.** reb de la mesure suivante. rit.
* Fragmentaire.
? n˙
**** Agrandissement, mutation de la queue.
n˙
** Voir mesure 3.
˙ #˙ w
TONALITÉS Do M. Mi M.
/ / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE
M6
C Gm79/11 F#m7 B7 E(maj7)
I R v
DEGRÉS ii V C.I.
I
(C.I.)
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
11 2 (nat. et 6b) 1 (+1)
12 1 1 (Lyd. 7b)
13 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
11 2 1*
12 3
13 1
TOTAL 6 1
INTERVALLES DE SECONDE * Cette densité est atteinte par l’intermédiaire des notes arpé-
MESURES gées et tenues.
Secondes mineures Secondes majeures
11 1 1
12
13
TOTAL 1 1
64
COMMENTAIRE
Mesures 14 à 16
Conséquent
(Thésis) Thésis répétée et altérée
.j
Modulation par enharmonie M2'' (enharmonie.) (1er membre.)
(ré# mib, do# réb...).
‰ ‰
(Entrée contrebasse)
nœ œ
14 Ret.
& A a ˙˙œ b ˙ b œ n n œœ
NP
˙˙ .... #˙ œ
Ret.
Œ. bœ ˙ .. n ˙˙ œœ # œ n œ (Ant.)
Jj
Œ 3 n˙ ‰
(M3')
œ ˙ .. n ˙˙ œœ
3 Ech.
? b˙ Œ. Œ
NP
n˙ bœ ˙ .. œ œ
J J
(Ant.)
? bw
nw n˙ ˙
TONALITÉS Sib M. Ré M.
( / / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE
F713b (F79b) Bbmaj7 Gmaj7/A (A79/13 sus4) A7
DEGRÉS V I IV V
C.I.
65
a tempo = 152 (ŒÂ = Œ lj)
(MARCHE HARMONIQUE)
.j
Modulation par enharmonie M2'' (enharmonie.) (1er membre.)
(ré# mib, do# réb...).
n œ ‰ b œ n n œœ ‰
(Entrée contrebasse)
œ
14 Ret.
& A a ˙˙œ b ˙
NP
˙˙ .... #˙ œ
Ret.
Œ. bœ ˙ .. n ˙˙ œœ # œ n œ (Ant.)
Jj
Œ 3 ‰
(M3')
b˙ n˙ œ ˙ .. n ˙˙ œœ
3 Ech.
? Œ. Œ
NP
n˙ bœ ˙ .. œ œ
J J
(Ant.)
? bw
nw n˙ ˙
MODES
MESURES Altéré
(
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
14 (1) 1 (Phr. 3§)
15 1 (nat. ou 6b)
16 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
14 1 (+1)
15 1
16 1 1
TOTAL 3 (+1) 1
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
14 (1)
15 1
16 2
TOTAL 1 (+1) 2
COMMENTAIRE
66
TABLEAUX RÉCAPITULATIFS
MESURES 1 2 3 4 5
TONALITÉS La m. Do M. Mi M.
PARCOURS ACCORDS F#m11
Am9/11 / / A79b/C# Dm/C / G79/11#(omit1)/B§ / C6/9 / Gsus49b/13 Gm7 / B7 / E(maj7) / / (E7)
TONAL
DEGRÉS i V/ii ii V I V v ii V I
vi
Ionien 2 (nat. et 6b) 1
Dorien (1) 1 1 1
Phrygien 1 (Phr. 6§)
Lydien 1 (Lyd. 7b) 1 (Lyd. 7b)
Mixolydien
MODES
Æolien 1
Locrien
Altéré
(Locrien 4b)
Mode 1-2
Mode 2-1 1
2
3
4 1 1 2 1
DENSITÉ 5 (1) 1 1
6 2 2 2
7
8
Mineures 2
SECONDES
Majeures 1 (+1) 1 1 1
MESURES 6 7 8 9 10
TONALITÉS Réb M. la m. Do M.
PARCOURS ACCORDS Eb(m7)/Bb / Ab7/Bbb / Db(maj7)/Ab / / / Bm75b / E79b / Am / / A79b/C# Dm(7) / G711# /
TONAL
DEGRÉS ii V I ii V i V/ii ii V
vi
Ionien 1 (nat. ou 6b)
Dorien 1 (1) 1
Phrygien
Lydien 1 (Lyd. 7b)
Mixolydien
MODES
Æolien (1) 1
Locrien 1
Altéré 1
(Locrien 4b)
Mode 1-2 1 1
Mode 2-1
2
3 1 1
4 2 1 1 (+1) 1 (+1) 2
DENSITÉ 5
6
7
8 1
Mineures (1) 2
SECONDES
Majeures 1
67
MESURES 11 12 13 14 15 16
TONALITÉS Do M. Mi M. Sib M. Ré M.
PARCOURS ACCORDS C6 / Gm79/11 / F#m7 / B7 / E(maj7) / / / Bbmaj7 / / / Gmaj7/A / / A7
F713b / / (F79b)
TONAL
DEGRÉS I v ii V I V I IV V
TOTAUX
6 (+1) (nat.) - 2 (6b)
Ionien ou
4 (+1) (nat.) - 4 (6b)
Dorien 7 (+3)
Phrygien 2 (Phr. 6§ et 3§)
Lydien 4 (Lyd. 7b)
MODES Mixolydien 1
Æolien 2 (+1)
Locrien 1
Altéré 1
(Locrien 4b)
Mode 1-2 2
Mode 2-1 1
2
3 2
4 18 (+2)
DENSITÉ 5 5 (+2)
6 8
7
8 1
Mineures 6 (+2)
SECONDES
Majeures 8 (+1)
68
MY ROMANCE
(TRANSCRIPTION FRANÇOIS CHÂTELET)
U œ œ œ œ
j j j j j
Rubato
bb Œ œ U Œ œ
Œ œ
Œ œ
Œ œ
INTRODUCTION (long)
~~~~~~~~~
~~~~~~~~~
Piano
j œ j
nœ bœ bœ bœ œ œ œ
accel. plus vite
Œ Œ Œ b œj Œ b œj Œ b œj Œ œj Œœ Œœ
œ bœ
3 3
b
& b bb ˙˙
4
U
n œœ , b œ U
(long)
œ n
b b Œ œ Œ n n œœ œ ˙˙ œ U j
3 3
b
& b ˙˙ bœ œ j
nn ˙˙˙˙ b b b œ˙˙. n œ
8
˙3 n ˙
˙ b œ
œ . n n œ
œ b ˙
˙ b n ˙˙
3 U
.
Œ Œ n œœ œœ ˙˙˙ j
? b b b b ˙˙ (˙˙ ) ˙˙ bœ. nœ n˙ b˙ b n ˙˙ n˙
b œJ ˙ œ ˙ buœ . n œ w
J
rit.
˙
rit.
j
bb
& b b ˙˙ œ˙ œ j b ˙ b b ˙b œ˙ b œ ˙ b œ . n œ
12
69
MY ROMANCE (B.M. Departure) 2
œ œ˙ b ˙ # n ˙˙ œ
plus vite
œ˙ n ˙ n ˙ œ œ ˙
b b b b œ˙ n ˙ ˙ œ ˙ ˙˙ n ˙˙ b˙
16
& ˙ b˙ n˙
˙ ˙ b˙ n˙
? b b b w˙ ˙ n ˙˙ ˙ n b ˙˙
b ˙ ˙ & b ˙˙ ˙
˙
œ ˙ bœ œ˙ ˙ ˙ œ œ ˙ ˙ bœ
b b ˙˙ œ ˙ œ
bb b ˙ n ˙˙ b˙ ˙ b˙ n n ˙˙ b b ˙˙
& b
20
b ˙˙ b˙ b ˙˙ ˙
b
& b bb ˙ n ˙˙ b ˙˙˙ ˙ b ˙˙ n˙ b b ˙˙˙
w
˙w. œ œ ˙ œ œ
w n ˙˙ n ˙˙ n ˙˙ œ b œ˙ œ b n ww
a tempo ( = 96 ŒÂ = Œ lj)
bb ˙ b w ‰ n œœ .. œ œ œœ œ œ nnnn
&bb
24
b œ . œœ œ.œ œ. œœ œœ œœ
. . . œ
.
bb ˙ . œ nnnn
& b b b ww w w
ẇ w ?
˙ ˙ w w ˙. œ œ
œ
rit.
œ. œ. j j
& ‰ œœ .. œœœ œœ.œ œœ œœœ œ b œœ œœ ‰ œ œj
(Entrée contrebasse)
œœ . œ b b œœœ
30 THEME
˙˙
. . œœ. b œ œ ˙ œ. n œ J
. œ. œ
?
w ˙ ‰ œ b œJ ˙ œ. bœ
J
w ˙
70
ANALYSE FRAGMENTAIRE
(« MY ROMANCE »)
Mesures 1 à 3
Section I
Exorde Partie I
Pédale supérieure
U œ œ œ œ
M3
j
Rubato
j j j j
Œ Œ NA Œ Œ
œ œ œ œ
Œ œ U
INTRODUCTION (long)
bb
& b b C www œ œ œœœ n ˙˙ b ˙˙˙ ˙
w b ˙˙˙ n n ˙˙
~~~~~~~~~
~~~~~~~~~
NA NP
n ˙˙
Piano M1
w
solo
b œœ
b
NA
œ
? bb b C
Mixolydien (en fonction de dominante).
b w ˙ b˙ ˙
˙
TONALITÉS Lab M.
/ / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE Eb7add 2-6-10 sus4 Ab°7* F7add 6b Bbm711 Eb(Maj75#) * Accord qui peut être envisagé
soit comme un accord de lab di-
Péd. Eb minué par le jeu des enharmo-
nies (I appoggiaturé sur pédale
DEGRÉS
V I V/ii ii V de V), soit comme un accord de
ré diminué (V/V sur pédale de V).
Péd. V
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
1 1
2 1 (Lyd. 2#) 1
3 1 (Ion. 5#)** 1 ** Analyse modale issue du
contexte (lab qui précède et
suit). Peut également être envi-
DENSITÉ sagé comme un Lydien 5#.
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
1 1
2 2
3 1 1
TOTAL 3 2
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
1 3
2 2
3 6
TOTAL 11
71
COMMENTAIRE
Mesures 4 à 7
(Section I)
(Partie I) Partie II
(Pédale sup.) Pédale supérieure
œ
Œ nœ Œ b œj b œ Œ b œj b œ Œ b œj b œ Œ œj œ Œ œ Œ œ œ
œ
accel. M3'
j j
plus vite
Œ œ bœ
33
b
& b bb ˙˙˙˙
4
NA
? b b ˙˙˙ ˙ b ˙˙
b ˙˙ w˙
NA
˙˙ n ˙˙
NA
b ˙˙w
NA
bb ˙
NA
NP w Br.
˙ b˙
rit.
(Pédale inf.) Pédale inférieure
? bb b ˙ ˙ ˙ ˙
b ˙ ˙ w
/ / / / / / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE AbMaj7add 2-6 C7/Db
Fm7add 2-4 C7add 2b-6b/F Fm7add 2 F7omit 1/add 6/Gb Bbm7add 9-11 Eb7add 9/Bb
(Péd. Eb)
I
DEGRÉS V/vi vi V/vi vi V/ii ii V
(Péd. V) C.I.
33
Cluster : accord contemporain formé par la superposition de plusieurs secondes majeures ou mineures (Siron, Jacques, La partition
intérieure, page 728). (
34
Verlaine, Paul, Mon rêve familier, Poèmes saturniens, 1866.
72
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
4 1 1* * Peut également être envisagé
comme un Locrien 4b, si l’on
5 1 1 tient compte du contexte (lab
qui précède et suit).
6 1 1
7 1 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
4 1 1
5 1 1
6 2
7 1 1
TOTAL 4 3 1
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
4 2 5
5 2 4
6 2
7 1 5
TOTAL 7 14
COMMENTAIRE
73
Mesures 8 à 11
(Section I) Section II
(Partie II) Marche harmonique irrégulière
M4*
U
NP
U
(Pédale sup.)
(long) M5**
œ Œ 3 n n œœ , b œ œ
1er membre.
App.
Œ
3
bb b œ nn œœ œ ˙˙ U Passage.
Accord de
j b ˙ b b œ˙ œ j
App.
& b ˙˙ ˙
8 App.
˙3 n ˙
˙ œ . n œ
b œ . n œ ˙ n ˙ Br. n n ˙˙˙ b b b œ˙˙. n œ
3 U
Œ ˙ Œ n œœ œœ ˙˙˙ j
Ret.
b ˙
? b b ˙ (˙ ) ˙ b œ . n œ n˙ b˙ b n ˙˙
NA
b b œJ ˙ œ ˙ ˙ n˙
J buœ n œ w
.
˙
Ret. rit.
rit. * 1er motif qui préfigure la marche (sans la résolution).
? bb b ˙ j
** 2e motif qui préfigure la marche.
b w bœ. nœ w b˙ ˙
TONALITÉS Lab M. Fa m.
/ / / / / / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE
Ab7add 2 sus4 Ab7 (5#/9#) DbMaj7 Gb7 (G7) AbMaj7 Ab710b/13b DbMaj79 C79b
8 2
(nat. et 2#-5#)
9 1 2
10 1 1
11 1 (nat. ou 6b) 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
8 1 1 1 1
9 2 1
10 1 1
11 1 1
TOTAL 3 3 3 1 1
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
8 1
9 1
10
11 2
TOTAL 1 3
74
COMMENTAIRE
A partir de la mesure neuf jusqu’à la mesure seize, nous avons une sorte de tran-
sition. Une nouvelle figure mélodique apparait, construite sur la succession d’un petit
motif descendant (antécédent), initié à la mesure neuf par le mouvement résultant de
la résolution de l’appoggiature sib vers la, et par un autre petit motif ascendant (consé-
quent), cette fois-ci constitué par trois notes qui se succèdent chromatiquement. Lors
de la première présentation, le premier motif n’est pas complet et le conséquent est
énoncé avec un rythme particulier; la première noire pointée est soutenue par un point
d’orgue. Nous décelons dans ce motif l’origine de la marche qui va suivre et se dérouler
de la mesure 10 à 16. D’autres parts et encore une fois pour renforcer le discours, l’har-
monisation des deux premières notes est parallèle, Gb7, (G7), AbMaj7. Nous pouvons re-
marquer la correspondance avec la cadence fauréenne VIIb-I.
Chez Fauré, le VIIe degré abaissé se présente souvent sous la forme du second
4
renversement, chiffré 3; cette cadence à souvent été assimilée par erreur à une cadence
plagale. Cela nous donne une échelle commençant sur do et qui contient un lab et un sib,
mode appelé par Gevaert35 majeur mixte (cinquième mode issu de la gamme mineure
mélodique ascendante), le Mixolydien 6b, constitué d’un tétracorde inférieur majeur
absolu et d’un tétracorde supérieur mineur absolu que l’on nomme aussi phrygien.
& b˙ ˙
˙ ˙
b ˙˙ ˙˙
CADENCE FAURÉENNE
?
VIIb I
Dès la mesure 10, commence donc une marche irrégulière divisée en trois parties.
Chaque membre de celle-ci pourrait être scindé en un antécédent représenté par un motif
mélodique descendant de trois notes et un conséquent, motif mélodique ascendant de
trois notes. Une appoggiature au soprano enclenche dans les deux cas le motif mélo-
dique.
35
Gevaert, François Auguste, Traité d’harmonie théorique et pratique, 1905.
75
Mesures 12 à 15
(Section II)
(Marche harmonique irrégulière)
b j
& b bb ˙ b b ˙b œ˙ b œ bœ. nœ
App.
œ˙ j ˙
App. App.
œ
12
n n ˙˙˙ b ˙˙˙
App. NA
˙˙ ˙ n˙ # œœ .. n bn œœœ n b ˙˙˙ n n ˙˙
J
NA
n ˙˙
NA App. (non résolue.) NP
˙ ˙
NA
? b b n ˙˙ b˙ ˙ ˙ b˙
App.
n˙
NP
bb ˙ b ˙˙ n˙ nœ ˙
j
˙ ˙ œ ˙
n˙ n˙ J
Accord de rit. rit.
? bb b
passage.
b n˙ n˙ ˙
˙ b˙ n˙ n˙ ˙
TONALITÉS Fa m. Do m. Fa m. Mib M.
/ / / / / / / / /p / / / / / / /
CHIFFRAGE (
Fm Ebm76/9/11 Dm79/11 G79b Cm C79b/13b Fm79/11 Bb79/11#
DEGRÉS i (A.a.n.f) ii V i V i V
ii
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
12 1 1
13 1 1 (Lyd. 7b) 1 (Mixo. 2b)
14 1 1
15 1 1 (Lyd. 7b) 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
12 2
13 1 1 1
14 1 1
15 1 1
TOTAL 1 3 3 2
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
12 1
13
14 1 1
15 1
TOTAL 2 2
COMMENTAIRE
76
Mesures 16 à 19
œ œ b ˙ # n ˙˙ œ
Ant.
˙
(3e membre)
œ˙ n ˙ n ˙˙ œ œ
Ant. Ant.
b b œ n˙ ˙ œ b ˙˙
Ant.
n ˙˙
Ant. Ant.
& b b ˙˙ NA b ˙ ˙˙
16
n˙ NA
NA NA
NP
˙ ˙˙ n ˙˙ b˙ n˙
? b b b w˙ ˙ b˙
NP NA
˙ ˙ ˙ n˙
Ret.
b ˙ &
b˙ ˙
? bb b b˙ ˙ ˙ ˙
b ˙ ˙ ˙ ˙
TONALITÉS Lab M.
/ / / / / / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE
Eb79/13sus4 Eb79b/10b AbMaj7add 13 C79b Fmadd 6 C7/Db Fm7/C F710b/13b
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
16 1 1
17 1 1
18 1 (Ion.3b) 1
19 1 1
DENSITÉ
MESURES
A 2 3 4 5 6 7 8
16 2
17 1 1
18 2
19 2
TOTAL 5 3
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
16
17
18
19 1 1
TOTAL 1 1
COMMENTAIRE
MESURES 16 À 19 : Nous entamons ici une période qui s’étend sur douze mesures,
séparées en deux parties distinctes. Six mesures avec une courbe mélodique ascendante
et conjointe (l’intervalle le plus grand étant la seconde majeure) : l’Arsis; puis la seconde
partie avec une courbe mélodique descendante : la Thésis.
77
Il est intéressant de noter que durant toute cette période, la voix de soprano pro-
cède presque systématiquement par anticipations, ce qui contribue de manière forte à
renforcer ce geste mélodique. Nous pouvons aussi remarquer qu’à la mesure 17 et à la
mesure 18, le V/vi est harmonisé deux fois avec une altération de la neuvième : 9b. Celle-
ci est placée les deux fois entre le do et le ré§ et permet ce mouvement mélodique : do,
réb, ré§, réb, do. La première fois cette note est placée au-dessus de la basse, la seconde,
à la basse.
Mesures 20 à 23
(Section III)
(Arsis) Thésis
˙ ˙ œ œ ˙ ˙ bœ
Ant.
bœ œ nn œ˙˙ ˙ b b ˙˙ œ
Ant.
˙ b b ˙˙
Ant. Ant.
œ
Ant.
b ˙˙
Ant.
n ˙˙ ˙ b˙
NA
bb b b ˙
20
& NA NA **
NA NA** NA**
bb b ˙˙ b˙ b ˙˙ ˙
&bb ˙ n ˙˙ b ˙˙˙ b ˙˙ b b ˙˙˙
NA
Ret. (non résolu.) NA
˙ n˙
w *
? bb b ˙ ˙ ˙
˙
* Accord mineur en empilement de quartes. ** Accords sans les notes structurelles (fondamentale, tierce). *** Succession de quartes.
b ˙ ˙ ˙
˙
TONALITÉS Lab M.
/ / / / / / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE
Bbm711 Eb79/11# Ebm7(sus 4) Ab79sus4 Ab79b-10b-13b Db6/9 F79b/10b/13 Bbm7add 2
(omit 1-3-5) (omit 1-3)
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
20 1 1 (Lyd. 7b)
21 1 1
22 1 1
23 1 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
20 1 1
21 2
22 1 1
23 1 1
TOTAL 2 1 4 1
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
20
21
22
23 1
TOTAL 1
78
COMMENTAIRE
Mesures 24 à 29
(Section III) Conduit modulant
(Thésis) 1er membre
˙w. œ n œ˙ ˙ ˙ œ œ˙ œ App.
Ant. Ant. Ant. App.
w ˙ n ˙ n ˙ b œ˙˙ œ b b n www
a tempo ( = 96 ŒÂ = Œ lj)
b nnnn
& b bb ‰ n œœ .. œ œ œ œ
24
App.**
b œ . œœ œ.œ œ.œ œœ œœ œ
. . œ. œœ
App.* App.*
.
NA App.*
NA NA ** Non résolues
bb w
& b b b ww ˙. œ nn n
(considérer le réb
w ẇ w ?
comme un do#).
œœ n
* Non résolues.
˙ ˙ w w ˙.
Accord de
passage. Harmonisation du mode Mixolydien
œ
rit.
? bb b nnnn
par parallélismes.
b w n˙ ˙ ˙ ˙
w w w
TONALITÉS Lab M.
/ / / / / / / / / / / / / / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE
Abm6/9 (omit 1) Gm75b/Bb C7(13b) Fmadd 6(-9)/C Bb79sus4 Bb79b Eb7sus4 (Mixo.) 5b
D.-C.
H MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
24 1 (Ion. 3b)* * Peut également être envisagé
comme un Dorien.
25 1 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
24 1
25 1 1
26 2
27 1
28 3
29 4
TOTAL 1 12
79
˙w. œ n œ˙ ˙ ˙ œ œ˙ œ App.
Ant. Ant. Ant. App.
w ˙ n ˙ n ˙ b œ˙˙ œ b b n www
a tempo ( = 96 ŒÂ = Œ lj)
b nnnn
& b bb ‰ n œœ .. œ œ œ œ
24
App.**
b œ . œœ œ.œ œ œ
œ. œœ œ œ
. . œ. œœ
App.* App.*
.
NA App.*
NA NA ** Non résolues
bb w
& b b b ww ˙. œ nn n
(considérer le réb
w ẇ w ?
comme un do#).
œœ n
* Non résolues.
˙ ˙ w w ˙.
Accord de
passage. Harmonisation du mode Mixolydien
œ
rit.
? bb b nnnn
par parallélismes.
b w n˙ ˙ ˙ ˙
w w w
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
24 1
25 1
26
27 1
28 1 2
H
29 1 2
TOTAL 2 7
COMMENTAIRE
80
A
Mesures 30 à 33
(Conduit modulant)
2e membre
œ. œ œœ œ. j j j
(Entrée contrebasse)
œ
(App.)
& ‰ œœ .. ‰ œ
(ANACROUSE) THEME NP
œœ œœ n œœ œœ . b œJœ
œ b
30
œ.œ œœ b œœ œœœ ˙˙
(App.) NP
œ.œ œ. ˙
œ. b œ .
. bNPœ ˙
œ œ. œ
Harmonisation du mode Mixolydien
? œ . b œ
NP
‰
par parallélismes. (App.)
w ˙ J J
w ˙ Accord de
passage.
?
w w ˙ ˙ ˙ b˙
TONALITÉS Do M.
/ / / / / / / / / / / / / /
CHIFFRAGE
G7sus4 (Mixo.) G75b/9b CMaj7 (FMaj7) Dm/F C/E Ab7/Eb
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
30 1
31 1 1
32 1 1 1
33 1 1* * Peut également être envisagé
comme un mode 2-1 à partir de
mib.
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
30 3
31 5
32 2
33 1 1
TOTAL 2 1 9
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
30 1 2
31 1 1
32
33 2
TOTAL 2 5
COMMENTAIRE
81
TABLEAUX RÉCAPITULATIFS
MESURES 1 2 3 4 5
TONALITÉS Lab M. (Fa m.)
PARCOURS Eb7add 2-6-10 sus4 / / / Ab°7 / F7add 6b / Bbm711 / Eb(Maj75#) / AbMaj7add 2-6 /
ACCORDS C7/Db / Fm7add 2-4 / C7add 2b-6b/F /
TONAL Péd. Eb
V I V/ii ii V I
DEGRÉS Péd. V
V/vi vi V/vi
MESURES 6 7 8 9 10
TONALITÉS (Lab M.)
PARCOURS ACCORDS Fm7add 2 / F7omit 1/add 6/Gb / Bbm7add 9-11 / Eb7add 9/Bb / Ab7add 2 sus4 / Ab7 (5#/9#) / DbMaj7 / Gb7 (G7) AbMaj7 / Ab710b/13b /
TONAL
DEGRÉS vi V/ii ii V V/IV IV VIIb (A.a.n.f) I V/IV
Ionien 1 1
Dorien 1 1
Phrygien
Lydien
Mixolydien 1 2 2
(nat. et 2#-5#)
MODES
Æolien
Locrien
Altéré 1
(Locrien 4b)
Mode 1-2 1
Mode 2-1
2
3
4 2 1
DENSITÉ 5 1 1
6 2 1 1
7 1 1
8 1 1
Mineures 2 1 1
SECONDES
Majeures 5 1
82
MESURES 11 12 13 14 15
TONALITÉS (Lab M.) Fa m. Do m. Fa m. Mib M.
PARCOURS ACCORDS DbMaj79 / C79b / Fm / Ebm76/9/11 / Dm79/11 / G79b / Cm / C79b/13b / Fm79/11 / Bb79/11# /
TONAL
IV i
DEGRÉS VI
V i (A.a.n.f) ii V i V
ii
V
MESURES 16 17 18 19 20
TONALITÉS Lab M.
PARCOURS ACCORDS Eb79/13sus4 / Eb79b/10b / AbMaj7add 13 / C79b / Fmadd 6 / C7/Db / Fm7/C / F710b/13b / Bbm711 / Eb79/11# /
TONAL
DEGRÉS V I V/vi vi V/vi vi V/ii ii V
Ionien 1 1 (Ion.3b)
Dorien 1 1
Phrygien
Lydien 1 (Lyd. 7b)
Mixolydien 1
MODES
Æolien
Locrien
Altéré 1 1 1 1
(Locrien 4b)
Mode 1-2
Mode 2-1
2
3
4 1
DENSITÉ 5 1 2 2
6 2 1 1
7
8
Mineures 1
SECONDES
Majeures 1
83
MESURES 21 22 23 24 25
TONALITÉS (Lab M.)
PARCOURS ACCORDS Ebm7(sus 4) / Ab79sus4 / Ab79b-10b-13b
(omit 1-3-5)
/ Db 6/9
(omit 1-3)
/ F79b/10b/13 / Bbm7add 2 / Abm6/9 (omit 1) / / / Gm75b/Bb / C7(13b) /
TONAL
DEGRÉS ii/IV V/IV IV V/ii ii i (A.a.n.f) ii/vi V/vi
MESURES 26 27 28 29 30
TONALITÉS (Lab M.) Do M.
PARCOURS ACCORDS / / / / G7sus4 (Mixo.) / / /
Fmadd 6(-9)/C / Bb79sus4 / Bb79b / / / Eb7sus4 (Mixo.) / / /
TONAL
DEGRÉS vi V/V V V
Ionien
Dorien 1
Phrygien
Lydien
Mixolydien 1 1 1 1
MODES
Æolien
Locrien
Altéré 1
(Locrien 4b)
Mode 1-2
Mode 2-1
2
3
4
DENSITÉ 5 2 1 3 4 3
6
7
8
Mineures 1 1 1
SECONDES
Majeures 1 2 2 2
84
MESURES 31 32 33
TONALITÉS (Do M.)
PARCOURS ACCORDS CMaj7 / (FMaj7) Dm/F
(G7sus4) / / G75b/9b C/E / Ab7/Eb
TONAL
DEGRÉS (V) I (IV) ii I (Passage)
Ionien 1 1
Dorien 1
Phrygien 1
Lydien 1
Mixolydien 1
MODES
Æolien
Locrien
Altéré
(Locrien 4b)
Mode 1-2 1
Mode 2-1
2
3 2
4 1
DENSITÉ 5 5 1
6
7
8
Mineures 1
SECONDES
Majeures 1 2
TOTAUX
8 (nat.) - 1 (5#) - 2 (3b)
Ionien ou
7 (nat.) - 1 (6b) - 1 (5#) - 2 (3b)
Dorien 13
Phrygien 1
Lydien 1 (nat.) - 3 (Lyd. 7b) - 1 (2#)
MODES Mixolydien 12 (nat.) - 1 (2#-5#) - 1 (2b)
Æolien 2
Locrien 1
Altéré 12
(Locrien 4b)
Mode 1-2 5
Mode 2-1
2
3 2
4 8
DENSITÉ 5 36
6 17
7 9
8 2
Mineures 16
SECONDES
Majeures 43
85
EVERYTHING HAPPENS TO ME
(TRANSCRIPTION FRANÇOIS CHÂTELET)
Relevé de la version de Bernard Maury
sur le disque "Departure" en duo
avec Marc Johnson Adair/Dennis
r
Rubato (
r
= 45 50)
b j œ œ œ œ œœ. Uœ œ œ œ ..
.. œ œ œ .. U r
(PARTIE A) (court)
& b c #œ . œ.
(court)
‰ . œR œ œ œ Œ n œœœ Œ n b # œœœ œ
rœj œ U
œ œœ
œ U
œ œœœ
Piano
? b c œ œ œ œ œœ
œ
solo
b œ Œ nœœ Œ Œ Œ
œ œ
Uj
j n œœ j
plus vite
b
& b b œ˙ œ œ œ n œœ œ n œ b œ n. œ b œ œ n œ b œœ j œ ‰ œj b œ A œ‰ # n œœ
4
œ œ b n œœ nœ nœ bœ œ bœ œ œ
~~~
˙ #œ n œ œ.
uJ J J ‰ J
~~~~~~~~~~~~
j
? b b ˙˙ œ. bœ ˙ ˙ bœ nœ
n˙ nœ. bœ ˙ n˙ œ nœ
œ nœ
rit.
U r œ
b b œ ‰ œj j r œœ b œ œ
& œ b œ n œ n ˙œ œ œ bb ˙œ˙˙ œ œ œ b b œœ Aœ œ œ œœ œ
7 3
n b n œœœ œœ œ
3
œ #˙ b N œœ œ œ
Nœ
~~~~~~~~~~~~
nœ nœ
( )
# œ n n ˙˙ n œ œ nœ
? bb n œ n ˙˙ nœ nœ bœ nœ
nœ #œ n˙ ‰. œŒ œ
( )
œ
nœ
rit.
(retenu) R
rit.
r œ œ œ b œ .. œ . j
bb œ
(PARTIE A')
.
& n # œœ n œb œ b œ n œœ n œ œ œ ‰˙ n œ œ œ b œ b œœ . œ œ Œ œ ˙. #œ œ
(9)
b œ N œ œn œ b ˙ ‰
J jR
j œ œ r
b œ b n œœ .. œ œ œœ œ n œ œœ
m.g.
? b b n œ # œ b œ n œ œ n œ œ ˙˙ ˙ b˙
nœ. n ˙ b œ
J
rit.
86
EVERYTHING HAPPENS TO ME (B.M. Departure) 2
U
(court)
b Œ œ
& b œ. œ . œ œ œœ. œ œ b b œœ b œ nn n œœœ b œ
12
bœ n œ b
œ œ œœ n ˙˙˙ b ˙˙˙˙ œ œ œ b œ œ
‰ œ #œ
~~~~~~~~~~~
R n U b n œœ b œœ
r œj j. j.
? bb œ œ œ n œ
œ œ œ œ b˙ œŒ n œœ
œ œ b œ œ n œ œ œb œ ˙ bœ bœ
œ
nœ
#œ
˙
œ œ bœ nœ
( )
3
3
b b œœ n œœ œ . œ b ˙ .
>
plus lent
n˙ b œœœ .. œ œœœ œ n œ œ
j J
( )
b
(court)
&b Œ ‰ b œ œ œ œ n œjb œJ Rœ Jœ Jœ œ bœ bœ ˙
18 (PARTIE B Entrée contrebasse)
R j j 3 r j3
n b b ˙˙˙˙
n bbœ ˙ nœ b œ nœ b œ œ nœ œœ œ
b œ œ ˙˙
3 3
nn ˙˙
3
? bb ( ) ( )
87
ANALYSE FRAGMENTAIRE
(« EVERYTHING HAPPENS TO ME »)
Mesures 1 à 3
Anacrouse (Exorde) Antécédent
Thésis
MARCHE HARMONIQUE
(1er membre) (2e membre)
Rubato ( = 45 50)
(PARTIE A)
r r
M1 M2 M2'
œ .. œ œ œ œœ. Uœ œ œ œ ..
Ech.
b œ œ .. U r
App.** (anticipée.) Ech.(court) M3
j œ
App.
&b c
**
#œ . œ.
App.* (court)
œ œ
NA
? b c œ œ œ œ
solo
b œ Œ n œœ Œ Œ œ Œ
œ
* Quarte augmentée du mode
Lydien mineur.
? bb c
Pédale inférieure
˙
** Résolues sur l'accord suivant.
n˙ ˙ n˙
TONALITÉS Sib M.
M
/ / / / / / / / / /
* Ou, pour respecter la marche, CHIFFRAGE F79/13 sus4 BbMaj7add 2/F C79b/11#/F*
E°7add 2#-6b/F (Mode 2-1). Cm79
Péd. F
DEGRÉS V I V/V
ii Péd. V
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
** Le mode Lydien mineur se 1 1 (Lyd. 3b**)
construit sur le IVe degré du sys-
tème Majeur Harmonique. 2 1 1
3 1 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8 9
1
2 1 1 1
3 2 1 1
TOTAL 2 1 1 1 1 1
)
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
1
2 2 1
3 2 r 2
TOTAL 4 3
88
COMMENTAIRE
MESURE 1 : Cette première mesure débute par une appoggiature faible qui se situe
à un demi-ton chromatique sous la première note de la mélodie originelle (sol). Etant
donné le caractère général du morceau, qui fait partie de ce que l’on nomme les « ballades »
dans la musique de jazz, cette appoggiature semble appropriée par la fluidité que génère
l’intervalle ascendant qui la relie à la note suivante. Elle provient du mode Lydien 3b, le
quatrième du système Majeur Harmonique. La seconde note de la mélodie originale, le
ré, est présentée sous forme d’anticipation, ce qui contribue à la mettre en valeur et
donne un aspect très épuré à cette « Exorde ».
89
Mesures 4 à 6
(Antécédent) Conséquent
(Thésis) Arsis
plus vite
Uj
M2'' M3' M5 (inversion des
M2'' (sans répétition.) M5
j n œœ
deux dernières
j
Accord de
b
M5
œ n œ b œœ j œ ‰ j b œ ‰ # n œœ
notes de M2.)
App.* Ech.
& b b œ˙ œ œ œ n œœ # œ œn n œœ
Ech. passage. NA
b œ n. œ b œ
4
App. NP App.
œ œ b n œœ n œ n œ b œ b œœ œ œ A œ
~~~
˙ App. J œ.
u J J NA ‰ J œ
~~~~~~~~~~~~
? b ˙˙ œ . b œj ˙ ˙ b œ nœ
NA M4 ** NP
M4'
b n˙
NP M6
nœ. bœ ˙ n˙ œ nœ œ nœ
rit. ** Le réb peut aussi être envisagé
? bb
* Résolue sur l'accord suivant. comme un do# appoggiature du ré.
n˙ ˙ ˙ n˙ w
) MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
4 1 2 (nat. et 2b)
5 1 (Locr. 2§) 1
6 1 1 (Æol. 7§) 1 (Locr. 2§) 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
4 2 1
5 1 1 1
6 1 2 3 1
TOTAL 1 2 6 2 2
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
4
5 1
6
TOTAL 1
COMMENTAIRE
90
est initié par une appoggiature; la quarte dans le premier et la seconde altérée du mode
Locrien (2§) dans le deuxième cas.
M
Mesures 7 et 8 (+ 1 er
temps de 9)
(Conséquent)
(Arsis)
j Br.
M5' Accord mineur
b œ j
(M5) (inversion.)
‰ œ
en empilement
b
Ech.
˙ œ œ œ b b œœ b A œœ œ œ n n œœœ
7 3
& œ
de quartes.
3
œ b œ n œœ # n ˙ œ œ œ b b ˙˙˙ Nœ Nœ b œ
M6'
~~~~~~~~~~~~
( ) *
#œ n n ˙˙ nœ
NP
? b nœ n ˙˙
NA
nœ bœ
NA NA
nœ
App. (non résolue.) M7
b nœ
App.
nœ
#œ n˙ œ
‰. œ Œ œ
( )
nœ
R
M4''
(agrandissement.)
(retenu) Péd.
Accord de rit. * Le réb et le dob rit.
? bb
passage.
˙ œ
accompagnent en 6tes (par enharmonie) l'appoggiature et sa résolution.
˙ ˙ ˙
/ / / / / / / / /
CHIFFRAGE
Bb/F F#7add 4# G79/11# Cm7(sus 4/add 2) F75b/10b/13b BbMaj79/F
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
7 1 2 (Lyd. 7b)
8 1 1
91
M2''' (augmentation et variation rythmique.)
j Br.
M5' Accord mineur
b œ j
(M5) (inversion.)
‰ œ
en empilement
b
Ech.
˙ œ œ œ b b œœ b A œœ œ œ n n œœœ
7 3
& œ
de quartes.
3
œ b œ n œœ # n ˙ œ œ œ b b ˙˙˙ Nœ Nœ b œ
M6'
~~~~~~~~~~~~
( ) *
#œ n n ˙˙ nœ
NP
? b nœ n ˙˙
NA
nœ bœ
NA NA
nœ
App. (non résolue.) M7
b nœ
App.
nœ
#œ n˙ œ
‰. œ Œ œ
( )
nœ
R
M4''
(agrandissement.)
(retenu) Péd.
Accord de rit. * Le réb et le dob rit.
? bb
passage.
˙ œ
accompagnent en 6tes (par enharmonie) l'appoggiature et sa résolution.
˙ ˙ ˙
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
7 2 1
8 2 1
TOTAL 4 2
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
7 1
8 1 1
TOTAL 1 2
COMMENTAIRE
92
Mesures 9
M8
M3
U r
j r œœ b œœ œ œ
App. App. M8'* M8'* M9''
œ œ n # œœ n œ b b œœ b œ Nn œœœ n œ œœ œ
9 Ret. App.
& n œœ œ œœ œ
n b œœ nœ
~~~~~~~~~~~~
nœ nœ œ nœ
NA
? n n œœ nœ #œ bœ nœ œ n œ ** œ
NA NP
M9'
œ nœ.
J
M3'
App. App. App. App.
(rit.) M9 rit.
?
tes
* Les deux premières notes de M8. ** Le sol et le fa accompagnent en 6
bœ nœ nœ nœ bœ bœ
l'appoggiature et sa résolution.
œ § œ
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
4
9 1 2 1 (Locr. 2§)
(2 nat. + 2b + 6b)
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
9 1 5 4 2 2
TOTAL 1 5 4 2 2
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
9 1 4
TOTAL 1 4
COMMENTAIRE
MESURE 9 : Cette neuvième mesure est une transition entre le A et le A’. Le premier
accord, degré I de la tonalité est assez tendu malgré tout puisqu’il se trouve en position
4
3 (septième d’espèce, quinte à la basse). Ce changement de climax instauré depuis la
mesure 8 va se résoudre durant la mesure 9 à travers un geste mélodique descendant
qui nous ramènera au A’.
Durant cette mesure, l’échelle diminuée est harmonisée avec des ii-V parallèles.
La dramaturgie est prise en compte et l’on peut constater l’accélération de l’harmonisa-
tion. Les ii-V sont harmonisés d’abord à la croche, puis à la double croche.
93
A noter, dans cette mesure, un procédé contrapuntique. A partir du deuxième
temps, nous avons le motif M9 qui se développe en doubles croches. Le motif M3 appa-
rait, lui, sur la troisième double croche de M9 et au-dessus de ce dernier. Sur le quatrième
temps de la mesure nous avons le renversable : M9 sur M3.
Enfin sur le dernier demi-temps de la mesure, Bernard Maury joue encore avec
les ambiguïtés puisqu’il propose un accord de V altéré que l’on peut percevoir comme
un iii qui donne cette couleur modale utilisée au XVIe siècle, et plus près de nos préoccu-
pations par Gabriel Fauré : une invitation à la modalité.
Mesures 10 et 11
Antécédent
Thésis
MARCHE HARMONIQUE
(1er membre) (2e membre)
M3
(PARTIE A') M2 (augmentation
(diminution.) et répétition.)
M1'
b ‰ . r œ œ œ bœ œ b œœ .. j
M2' (légère variation rythmique.)
App. Accord de
App.* Ech.
œ. œ œ ˙‰ . # œ œ
10 passage.
b
Ech. (Ant.) App.*
& nœ œ œ bœ . œ Œ
NA
b ˙˙ App. J R
j œœ rn œj œ
b œ b n œœ .. œ œ œœ œ œ
m.g.
? b ˙˙
NA NA
b n˙ ˙ b˙
bœ
* Résolues sur l'accord suivant.
? b b n ˙ **
** Les basses réelles ne permettant pas de mettre en évidence la marche, d'une part, et le dernier accord
b˙ ˙ b˙
non fonctionnel, d'autre part, nous préférons conserver ici les accords sous leur forme renversée.
TONALITÉS Sib M.
/ / / / / / / /
CHIFFRAGE
E§m75b (Ebm6) A°7/Eb BbMaj7/D E°7/Db
MODES
MESURES N Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
* Considérés à partir de do et fa 10 1 (Ion. 3b) 2 (nat. et 2b)*
(Em75b est un C79 sans fonda-
mentale; A°7 est un F79b sans
11 1 1
fondamentale).
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
10 1 2
11 2
TOTAL 1 4
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
10
11 1 1
TOTAL 1 1
94
COMMENTAIRE
Mesures 12 à 14
(Antécédent) Conséquent
(Thésis) Arsis
U
M2'' (augmentation et variation rythmique.) M3' Mélange de M2 (NP au lieu
(court) d'échapée), M5, M6 et M5'.
œ
Accord
b Œ
& b œ‰ . b œ n œœ . œ œ œœ. œ œ œœ œœ n b ˙˙˙ b b œœ
12 App.* d'appoggiature.
œ œ œ b œ b œ n nœœ b œ
App. App.
b ˙˙˙
NP
˙ nb œœ b œœ œœ n # œœ
Fragment
~~~~~~~~~~~
n
modal.
R j Ret. j U NA
r œj œ
NA
œ . œ . œ œ b ˙ NPApp. Œ
NA
? b œ œ œ œ œ œ b œ œ ˙ nœ bœ nœ
Ech.
b nœ œ b œ œn œ bœ œ #œ
**
˙
œ œ bœ nœ
( )
3
3
* Résolue sur sur le troisième temps. M2'' (ajout d'une tête NP
? bb ˙ ˙ ˙
et variation rythmique.) ** Devrait être considéré comme un réb.
˙ w
MODES
MESURES Altéré
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
12 1 4
13 1 (Locr. 2§) 1
14 1 1 (Æol. 7§) 1 (Locr. 2§) 1
95
U
M2'' (augmentation et variation rythmique.) M3' Mélange de M2 (NP au lieu
(court) d'échapée), M5, M6 et M5'.
œ
Accord
b Œ
& b œ‰ . b œ n œœ . œ œ œœ. œ œ œœ œœ b b œœ
12 App.* d'appoggiature.
œ œ œ b œ œœ b œ nn n#œœœœ b œ
App.
b ˙
App.
b ˙˙˙˙
NP
n ˙˙
Fragment
~~~~~~~~~~~
n b n œœ b œœ
modal.
R j Ret. j U NA
r œj œ
NA
œ. œ. œ œ b ˙ n œ œ œ b œ œ ˙Œ
NA
? b œ œ œ nœ œ nœ bœ nœ
App. Ech.
b œ bœ œ bœ œ #œ
NP **
˙ œ b œ nœ
œ
( )
3
3
* Résolue sur sur le troisième temps. M2'' (ajout d'une tête NP
? bb ˙ ˙ ˙
et variation rythmique.) ** Devrait être considéré comme un réb.
˙ w
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
12 4 1
13 2 1
14 3 1
TOTAL 4 6 1 1
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
12 1
13 1 2
14 1
TOTAL 1 4
Commentaire
MESURE 12 : Cette mesure est la suite logique de la précédente, il n’y a pas d’élé-
ments nouveaux. Il faut noter que sur les deuxième et troisième temps, nous passons à
une écriture à trois voix ce qui explique l’absence de septième. Cependant, le mode Mixo-
lydien est sous-jacent car inhérent à la fonction de Ve degré. Le C est en position 6 et le
F en position 5.
MESURE 13 : Cette mesure se trouve au centre de la partie A’. Nous nous dirigeons
vers un Ve degré renforcé d’un point d’orgue. L’écriture est presque « madrigalesque ».
En effet, pour exprimer ce moment particulier structurellement, le dessin mélodique réa-
lise un parcours ascendant par l’intermédiaire d’un mode assez sombre, le Locrien. Celui-
ci est exposé sous une forme altérée : le Locrien 2§ (sixième degré du mineur mélodique)
qui contribue à renforcer la tension. Du point de vue rythmique, les partis-pris favorisent
la mise en valeur du dernier accord, le Ve degré. Les deux premiers temps de la mesure
proposent un débit soutenu (triolets) suivit par un ralentissement sur le troisième temps
pour arriver à cet accord arpégé et altéré qui se trouve dans la tessiture la plus haute de
la mesure. Ce geste musical recèle un contenu hautement expressif et recherché.
96
Mesures 15 à 17
(Conséquent)
(Arsis)
(Mélange de M2 [NP au lieu M2''' (ambitus plus large [comparable à M1] et variation rythmique.)
d'échapée], M5, M6 et M5'.)
15
b œœ n œœ œ . œ b ˙ . >
plus lent App. (non résolue.) a tempo (
œ œ œ b
b œœ .. NA œœ œ n œ œ
n˙
jApp. J
( )
‰ nœ nœ bœ œ #œ œ
App.
? b œ b b œœ n n ˙˙
NA M6'
b nœ #œ n˙ Œ. Œ bœ
˙ nœ >
J
M4'
u
Péd.
Accord de
passage. Accord
? bb
d'appoggiature.
w
(court)
œ œ ˙ ˙. œ
V V/V V i
DEGRÉS (A.a.n.f) V (ou iii) I A.a.n.f
(ou iii) D.-C. ii C.P.
MODES
MESURES )
Ionien Dorien Phrygien Lydien Mixolydien Æolien Locrien Altéré Mode 1-2 Mode 2-1
(Locrien 4b)
15 1 1 (Phr. 3§/6§*) 1 (Lyd. 7b) * Considérés à partir de ré
(Ab/F# en fonction de V/V est un
16 1 1 accord de D75b/9b sans fonda-
mentale).
17 1 1
DENSITÉ
MESURES
2 3 4 5 6 7 8
15 1 2
16 1 2 3 1
17 1 6
TOTAL 1 2 4 2 6 2
INTERVALLES DE SECONDE
MESURES
Secondes mineures Secondes majeures
15 2
16 2
17 1 1
TOTAL 3 3
Commentaire
97
mélodiques, M4’ et M6’, dans la partie supérieure de la clef de fa. La ligne mélodique dé-
veloppant elle aussi un autre motif (M2). Comme à la mesure 9 un sentiment modal est
affirmé avec la cadence iii-I.
TABLEAUX RÉCAPITULATIFS
MESURES 1 2 3 4 5
TONALITÉS Sib M. Do m.
98
MESURES 6 7 8 9
TONALITÉS Sib M.
PARCOURS ACCORDS B°7/C Cm7/D§ C°/Eb E° (Mode 2-1) Bb/F F7add 4# G79/11# / Cm7(sus 4/add 2) / F75b/10b/13b / q e e x x x x q
TONAL BbMaj79/F D° G/B§ Bm/A§ E79/G# Abm/Gb Db7/F G713b
Ionien 1 1
Dorien 1 1 2
Phrygien
Lydien 2 (Lyd. 7b)
Mixolydien 4 (2 nat. + 2b + 6b)
MODES
Æolien 1 (Æol. 7§)
Locrien 1 (Locr. 2§) 1 (Locr. 2§)
Altéré 1
(Locrien 4b)
Mode 1-2
Mode 2-1 1
2 1 1
3 2 5
4 3 2 2 4
DENSITÉ 5 1 2
6 1 1
7 2
8
Mineures 1 1
SECONDES
Majeures 1 1 4
MESURES 10 11 12 13 14
TONALITÉS Sib M. Do m. Sib M.
PARCOURS ACCORDS E§m75b / (Ebm6) A°7/Eb BbMaj7/D / E°7/Db / q q q e e Dm79/5b / G710b/13b / B°7/Cm Cm7/D§ C°/Eb E° 7(Mode 2-1)
TONAL Cm7add 2 C/E§ F Em75b F/Eb
DEGRÉS V/V (iv) V I A.a.n.f (ou V/V) ii V/V V V/V V ii V V/I ii ii (5b) V/V
99
MESURES 15 16 17
TONALITÉS Sib M. Do m. Sib M.
PARCOURS ACCORDS Cm7add 2 / (E7) F6 (ou Dm/F)
Bb/F Ab/F# G79/11#/13 / BbMaj7/F / / Gbm79/11/13
TONAL
DEGRÉS V V/V V i (A.a.n.f.) V (ou iii) I A.a.n.f.
ii
Ionien 1 1
Dorien 1 1
Phrygien 1 (Phr. 3§/6§)
Lydien 1 (Lyd. 7b)
Mixolydien 1
MODES
Æolien
Locrien
Altéré
(Locrien 4b)
Mode 1-2
Mode 2-1
2 1
3 2
4 3 1
DENSITÉ 5 1 1
6 6
7 2
8
Mineures 2 1
SECONDES
Majeures 2 1
TOTAUX
Ionien 6 (nat.) - 1 (3b)
Dorien 10
Phrygien 1 (Phr. 3§/6§)
Lydien 1 (Lyd. 3b) - 3 (Lyd. 7b)
Mixolydien 10 (nat.) - 3 (2b) - 1 (6b)
MODES
Æolien 2 (Æol. 7§)
Locrien 5 (Locr. 2§)
Altéré 3
(Locrien 4b)
Mode 1-2 1
Mode 2-1 3
2 5
3 9
4 23
5 17
DENSITÉ
6 12
7 6
8 1
9 1
Mineures 11
SECONDES
Majeures 18
100
ANALYSE GLOBALE
(« DEPARTURE »)
LES TONALITÉS
MESURES 1 2 3 4 5
TONALITÉS La m. Do M. Mi M.
PARCOURS ACCORDS F#m11
Am9/11 / / A79b/C# Dm/C / G79/11#(omit1)/B§ / C6/9 / Gsus49b/13 Gm7 / B7 / E(maj7) / / (E7)
TONAL
DEGRÉS i V/ii ii V I V v ii V I
vi
MESURES 6 7 8 9 10
TONALITÉS Réb M. la m. Do M.
PARCOURS ACCORDS Eb(m7)/Bb / Ab7/Bbb / Db(maj7)/Ab / / / Bm75b / E79b / Am / / A79b/C# Dm(7) / G711# /
TONAL
DEGRÉS ii V I ii V i V/ii ii V
vi
MESURES 11 12 13 14 15 16
TONALITÉS Do M. Mi M. Sib M. Ré M.
PARCOURS ACCORDS C6 / Gm79/11 / F#m7 / B7 / E(Maj7) / / / Bbmaj7 / / / Gmaj7/A / / A7
F713b / / (F79b)
TONAL
DEGRÉS I v ii V I V I IV V
Durant ces seize mesures, on compte pas moins de neuf changements de tonalité.
A la mesure 3, c’est par une minorisation de l’accord du Ve degré de la tonalité principale,
do majeur, puis par une approche chromatique, que le ii de la nouvelle tonalité, mi majeur,
est atteint. A la mesure 5, c’est par l’intermédiaire d’un petit motif mélodique dans les
voix internes (M2) que la septième majeure de l’accord de EMaj7 devient, dans un pre-
mier temps, une septième mineure, puis arrive enfin sur la septième mineure de l’accord
suivant, qui se trouve un demi-ton en dessous, donnant à cet accord son identité de ii et
permettant par la suite de réaliser une nouvelle cadence modulante vers la tonalité de
réb majeur. Au soprano, la note sensible du I de la première tonalité, le sol#, devient, par
enharmonie, la quarte du ii de la deuxième tonalité, le lab.
101
Nous arrivons ensuite, par l’intermédiaire d’un accord de dominante secondaire
(V/ii), sur un nouveau ii-V-I qui nous amène, mesure 11, à la tonalité de do majeur. Le pro-
cédé utilisé pour la modulation suivante en mi majeur, mesure 13, est le même que celui
utilisé précédemment aux mesures 3 et 4. A la mesure 14, la modulation se fait par en-
harmonie pour aboutir à la tonalité de sib majeur. Enfin, une dernière cadence « classique »,
IV-V-I, sur pédale de dominante, nous permet d’arriver à la tonalité de ré majeur.
Remarques : Le morceau est construit sur un matériau tonal. Il y a de nombreuses modulations, dont cer-
taines vers des tons très éloignés. Bernard Maury se sert, pour moduler, d’une grande variété de procédés
issus du langage de la musique savante occidentale.
LES MODES
POURCENTAGE DES POURCENTAGE DES MODES
TOTAUX MODES NATURELS ALTÉRÉS ET ÉCHELLES
Remarques : Il existe 17,2% (ou 3,4% selon l’interprétation modale) de différence entre le nombre de modes
naturels employés et ceux qui sont altérés. Ce résultat nous amène à réfléchir sur le point suivant : en de-
hors du fait que l’on puisse envisager les modes comme étant liés aux fonctions (qui imposent alors la na-
ture des modes), l’altération des modes ne témoigne-t-elle pas d’une volonté délibérée de privilégier la
couleur, que celle-ci soit considérée pour elle-même ou qu’elle participe d’une pensée mélodique ? Dans
ce morceau, 90% des modes utilisés sur un Ve degré sont altérés.
Il est possible que les altérations proviennent d’une pensée « verticale », mais pas
obligatoirement : par exemple, la sixte mineure du C qui se trouve sur le deuxième temps
de la mesure 3. Le mi# de la mesure 4, qui engendre un mode Lydien 7b, résulte d’une
pensée horizontale puisqu’il intègre le motif mélodique M2.
En revanche, à la mesure 5, le EMaj7, qui voit sa septième altérée, ne sera pas pris
en compte dans l’analyse modale car le ré§ est une note de passage. Bien que la lecture
verticale montre un E7, cette accord n’a pas fonction de dominante. Bien sûr, le contexte
vertical existe aussi : par exemple, le G79/11# sur le troisième temps de la mesure 2.
102
LA DENSITÉ
TOTAUX POURCENTAGE
2
3 2 5,88
4 18 (+2) 52,94
DENSITÉ 5 5 (+2) 14,71
6 8 23,53
41,18 %
7
8 1 2,94
Concernant la densité des accords, sur 34 répertoriés, 32 sont d’une densité égale
ou supérieure à 4. Il est important cependant de les analyser dans le contexte où ils ap-
paraissent. En effet, en tant que tel et hors contexte, un accord de densité 4 peut être
considéré comme une « norme » en jazz. Leur genèse, envisagée comme une superposi-
tion de tierces, place les divers types de septième comme constituantes ipso facto de
l’accord, la tétrade prenant l’ascendant sur la triade du langage classique.
A propos des accords de densité 4, 61,1% de ceux-ci apparaissent dans une pré-
sentation sans fondamentale ce qui de manière implicite va dans le sens des accords dont
50% des notes sont des notes de couleur (à quatre voix, deux des notes de l’accord sont
de manière quasi-systématique la tierce et la septième), qu’elles existent dans un cadre
horizontal, contrapuntique ou harmonique. Au total, 41,18% des accords ont une densité
supérieur ou égal à 4, ce qui nous place de fait dans un langage assez dense du point de
vue harmonique.
LES SECONDES
POURCENTAGE DES SECONDES
TOTAUX AU SEIN DES ACCORDS
Remarques : Dans l’optique de mettre en valeur la modalité, nous avons abordé la construction des frag-
ments modaux dans lesquels le rôle des secondes est primordial. D’autre part, le choix de nous intéresser
aux intervalles de secondes en particulier est lié au fait que, comme nous le faisions remarquer dans le
chapitre sur la construction des accords, les problèmes inhérents à l’instabilité de l’intervalle de neuvième
pouvaient être contourné en le ramenant à un intervalle de seconde. Enfin, on peut considérer ce choix
de mettre en avant ces intervalles comme une nécessité plastique, liée à des perspectives inhérentes à la
musique du XXe siècle dans laquelle le « matériau » sonore a été considéré pour lui-même indépendamment
d’une éventuelle fonction.
Le total des secondes présentes dans les accords de ces seize mesures corres-
pondent à un pourcentage de 41,18%. On distingue deux catégories : la première regrou-
pant les secondes mineures qui représentent 42,86%, la deuxième qui regroupe les
secondes majeures représentant 57,14% de l’ensemble.
103
ANALYSE GLOBALE
(« MY ROMANCE »)
LES TONALITÉS
MESURES 1 2 3 4 5
TONALITÉS Lab M. (Fa m.)
PARCOURS Eb7add 2-6-10 sus4 / / / Ab°7 / F7add 6b / Bbm711 / Eb(Maj75#) / AbMaj7add 2-6 /
ACCORDS C7/Db / Fm7add 2-4 / C7add 2b-6b/F /
TONAL Péd. Eb
V I V/ii ii V I
DEGRÉS Péd. V
V/vi vi V/vi
MESURES 6 7 8 9 10
TONALITÉS (Lab M.)
PARCOURS ACCORDS Fm7add 2 / F7omit 1/add 6/Gb / Bbm7add 9-11 / Eb7add 9/Bb / Ab7add 2 sus4 / Ab7 (5#/9#) / DbMaj7 / Gb7 (G7) AbMaj7 / Ab710b/13b /
TONAL
DEGRÉS vi V/ii ii V V/IV IV VIIb (A.a.n.f) I V/IV
MESURES 11 12 13 14 15
TONALITÉS (Lab M.) Fa m Do m. Fa m. Mib M.
PARCOURS ACCORDS DbMaj79 / C79b / Fm / Ebm76/9/11 / Dm79/11 / G79b / Cm / C79b/13b / Fm79/11 / Bb79/11# /
TONAL
IV i
DEGRÉS VI
V i (A.a.n.f) ii V i V
ii
V
MESURES 16 17 18 19 20
TONALITÉS Lab M.
PARCOURS ACCORDS Eb79/13sus4 / Eb79b/10b / AbMaj7add 13 / C79b / Fmadd 6 / C7/Db / Fm7/C / F710b/13b / Bbm711 / Eb79/11# /
TONAL
DEGRÉS V I V/vi vi V/vi vi V/ii ii V
MESURES 21 22 23 24 25
TONALITÉS (Lab M.)
PARCOURS ACCORDS Ebm7(sus 4) / Ab79sus4 / Ab79b-10b-13b / Db6/9 / F79b/10b/13 / Bbm7add 2 / Abm6/9 (omit 1) / / / Gm75b/Bb / C7(13b) /
TONAL
DEGRÉS ii/IV V/IV IV V/ii ii i (A.a.n.f) ii/vi V/vi
MESURES 26 27 28 29 30
TONALITÉS (Lab M.) Do M.
PARCOURS ACCORDS / / / / G7sus4 (Mixo.) / / /
Fmadd 6(-9)/C / Bb79sus4 / Bb79b / / / Eb7sus4 (Mixo.) / / /
TONAL
DEGRÉS vi V/V V V
MESURES 31 32 33
TONALITÉS (Do M.)
PARCOURS ACCORDS CMaj7 / (FMaj7) Dm/F
(G7sus4) / / G75b/9b C/E / Ab7/Eb
TONAL
DEGRÉS (V) I (IV) ii I (Passage)
104
LES MODES
POURCENTAGE DES POURCENTAGE DES MODES
TOTAUX MODES NATURELS ALTÉRÉS ET ÉCHELLES POURCENTAGE TOTAL
8 (nat.) - 1 (5#) - 2 (3b) 12,5 4,69
Ionien ou ou ou 17,19
7 (nat.) - 1 (6b) - 1 (5#) - 2 (3b) 10,94 6,25
Dorien 13 20,31 20,31
Phrygien 1 1,56 1,56
Lydien 1 (nat.) - 3 (Lyd. 7b) - 1 (2#) 1,56 6,25 7,81
MODES Mixolydien 12 (nat.) - 1 (2#-5#) - 1 (2b) 18,75 3,12 21,87
Æolien 2 3,12 3,12
Locrien 1 1,56 1,56
Altéré 12 18,75 18,75
(Locrien 4b)
Mode 1-2 5 7,81 7,81
Mode 2-1
TOTAUX ARRONDIS 59,4 ou 57,8 40,6 ou 42,2 100
Les deux modes les plus utilisés durant cette introduction, sont les modes Dorien
et Mixolydien (ou Locriens 4b) qui correspondent à la cadence la plus fréquente : ii-V.
Si l’on additionne le mode Ionien 5#, le mode Phrygien (utilisé en fonction de dominante),
les Lydiens 7b, Mixolydiens 2# 5# et 2b, Locriens 4b et les échelles 1-2, nous constatons
que 65,71% des accords du Ve degré sont altérés. Pour terminer cette pièce, aux mesures
28 et 29, le mode Mixolydien est exprimé et harmonisé en secondes et sixtes, principe
maintenu jusqu’à l’entrée de la contrebasse avec une modulation en do majeur.
LA DENSITÉ
TOTAUX POURCENTAGE
2
3 2 2,7
4 8 10,81
DENSITÉ 5 36 48,65
6 17 22,97
86,48 %
7 9 12,16
8 2 2,7
Ici, la proportion des accords de forte densité est nettement majoritaire, mettant
en valeur l’emploi de nombreuses notes issues des modes et destinées à colorer ces
accords.
LES SECONDES
POURCENTAGE DES SECONDES
TOTAUX AU SEIN DES ACCORDS
Mineures 16 21,62
SECONDES
Majeures 43 58,11
TOTAL 79,73
105
ANALYSE GLOBALE
(« EVERYTHING HAPPENS TO ME »)
LES TONALITÉS
MESURES 1 2 3 4 5
TONALITÉS Sib M. Do m.
MESURES 6 7 8 9
TONALITÉS Sib M
PARCOURS ACCORDS B°7/C Cm7/D§ C°/Eb E° (Mode 2-1) Bb/F F7add 4# G79/11# / Cm7(sus 4/add 2) / F75b/10b/13b / q e e x x x x q
TONAL BbMaj79/F D° G/B§ Bm/A§ E79/G# Abm/Gb Db7/F G713b
MESURES 10 11 12 13 14
TONALITÉS Sib M Do m Sib M
PARCOURS ACCORDS E§m75b / (Ebm6) A°7/Eb BbMaj7/D / E°7/Db / q q q e e Dm79/5b / G710b/13b / B°7/Cm Cm7/D§ C°/Eb E° 7(Mode 2-1)
TONAL Cm7add 2 C/E§ F Em75b F/Eb
DEGRÉS V/V (iv) V I A.a.n.f (ou V/V) ii V/V V V/V V ii V V/I ii ii (5b) V/V
MESURES 15 16 17
TONALITÉS Sib M Do m Sib M
PARCOURS ACCORDS Cm7add 2 / (E7) F6 (ou Dm/F)
Bb/F Ab/F# G79/11#/13 / BbMaj7/F / / Gbm79/11/13
TONAL
DEGRÉS V V/V V i (A.a.n.f.) V (ou iii) I A.a.n.f.
ii
LES MODES
POURCENTAGE DES POURCENTAGE DES MODES
TOTAUX MODES NATURELS ALTÉRÉS ET ÉCHELLES POURCENTAGE TOTAL
Ionien 6 (nat.) - 1 (3b) 12 2 14
Dorien 10 20 20
Phrygien 1 (Phr. 3§/6§) 2 2
Lydien 1 (Lyd. 3b) - 3 (Lyd. 7b) 8 8
Mixolydien 10 (nat.) - 3 (2b) - 1 (6b) 20 8 28
MODES
Æolien 2 (Æol. 7§) 4 4
Locrien 5 (Locr. 2§) 10 10
Altéré 3 6 6
(Locrien 4b)
Mode 1-2 1 2 2
Mode 2-1 3 6 6
TOTAUX ARRONDIS 52 48 100
Les résultats nous indiquent cette fois-ci un équilibre entre tous les modes. Bien
que les modes Dorien et Mixolydien soient plus représentés que les autres (ce qui cor-
respond au parcours tonal), la répartition entre les modes naturels et altérés est assez
106
équilibré (4% de différence); les modes partagent cette espace avec des taux de repré-
sentation dont les écarts restent plutôt faibles au regard des autres morceaux.
LA DENSITÉ
TOTAUX POURCENTAGE
2 5 6,76
3 9 12,16
4 23 31,08
5 17 22,97
DENSITÉ
6 12 16,22
7 6 8,11 50 %
8 1 1,35
9 1 1,35
81,08% des accords représentés sont d’une densité qui varie entre 4 et 9, témoi-
gnage là aussi d’une pensée harmonique dense. C’est la première fois que les accords de
densité 3 atteignent une représentation si importante. Ceci s’explique par une écriture
horizontale bien développée à certains moments, favorisant des accords de moindre
densité et, en quelque sorte, plus minimalistes. La mesure 9 est un bon exemple de ce
processus.
LES SECONDES
POURCENTAGE DES SECONDES
TOTAUX AU SEIN DES ACCORDS
Mineures 11 14,86
SECONDES
Majeures 18 24,32
TOTAL 39,18
Ici la proportion des secondes est plus faible qu’auparavant, ce que l’on peut
également mettre en rapport avec le traitement plus horizontal de cette pièce.
107
CONCLUSIONS.
La première difficulté à laquelle nous avons été confronté est la rareté des traces
et témoignages du travail de Bernard Maury. Cette quasi-absence, frein à toute recherche
sérieuse, a néanmoins été une des motivations qui nous ont amené à réaliser le présent
mémoire. Le contenu de celui-ci porte essentiellement sur son appréhension de la
modalité, sujet qui reste encore relativement nébuleux dans le domaine du jazz, tant
dans son identification que dans les essais sur la pédagogie qui s’y rapporte. Bernard
Maury semble avoir développé de ce point de vue une approche assez personnelle, du
moins suffisamment pour que nous y consacrions une étude.
Notre investigation s’est de plus construite sur un constat : les travaux consacrés
à la musique modale dans le jazz, plutôt que de soumettre une recherche approfondie
sur ses différents paradigmes, se limitent souvent à une idée, une représentation, un
aspect de la modalité. Il nous a donc paru nécessaire de proposer, dans l’étude des pièces
transcrites, différents angles analytiques qui rendent compte au mieux de la richesse du
langage musical de Bernard Maury.
109
Une des questions fondamentales portant sur la modalité dans le jazz, concerne
le rôle que l’on attribue respectivement aux modes, aux accords et aux fonctions. Peut-
on envisager la modalité comme un simple inventaire de modes dont l’utilisation se
limiterait à une fonction ou un accord ? Existe-t-il un déterminisme modal et les choix
modaux sont-ils relatifs au contexte ?
Ce qui nous frappe dans le cours de Bernard Maury, outre la diversité des notions
techniques qui y sont développées, c’est son approche pragmatique : la modalité est
envisagée non pas comme un système rigide à l’application prédéterminée mais comme
un ensemble d’outils permettant d’aborder les différentes situations harmoniques avec,
à disposition, une large palette de couleurs. Chez Bernard Maury, la modalité ne précède
pas le geste musical, elle le soutient et est à son service; ce qui témoigne d’une posture
tout à fait différente.
Les trois pièces présentées dans ce travail sont toutes construites dans un langage
tonal. Il apparaît néanmoins que, dans un contexte harmonique similaire, le choix des
modes peut varier selon le matériau mélodique dominant, la construction formelle
(conduits, etc.), les objets musicaux dont la densité exerce une influence attractive sur
le matériau modal, ou bien encore, selon que la modalité s’affirme de manière autonome.
La verticalité, purement harmonique, n’est pas non plus négligée. Ainsi, la dispo-
sition et la densité des accords sont-elles très importantes. Bernard Maury réalise un
travail particulièrement sophistiqué quant à la présentation des accords; leur structure
(état et position ou « inner voices » [voix internes]), à l’opposé d’un catalogue d’agence-
ments préconçus, est déterminée par et se modifie selon le contexte formel, mélodique
et modal.
Comme nous l’avons dit, son cours, constitué de trois parties distinctes (modes
diatoniques, échelles symétriques et modes pentatoniques), va bien au-delà des ouvrages
qui traitent de la modalité (et se résument souvent, en tout et pour tout, à une présen-
tation succincte des modes diatoniques). Bernard Maury nous propose un matériau
essentiel à la construction d’un langage raffiné qui s’inscrit dans la tradition de la musique
savante occidentale tout en donnant les clés pour élaborer l’expression musicale de
demain (de ce point de vue, il nous paraît avoir établi, avant l’heure, des liens solides
entre la musique savante et le jazz); il se place dès lors dans une démarche créative et
esthétique forte.
110
A travers cette étude, nous aurons essayé modestement de rendre manifestes
les qualités, pédagogiques autant que musicales, de Bernard Maury, lequel, selon nous,
n’a pas encore été reconnu à sa juste valeur. Personnage discret, s’il en est, Bernard ne
s’est jamais soucié, à tort ou à raison, des modes et courants éphémères, privilégiant un
travail de fond et des recherches incessantes.
Les limites de notre investigation sont liées, d’une part, à l’absence de corpus.
D’autre part, et étant donné le volume d’informations que requiert une analyse portant
sur l’ensemble de l’œuvre et la psychologie d’un artiste et penseur tel que Bernard Maury,
il ne nous était pas possible de pousser plus loin nos recherches dans le cadre qui nous
était imparti. Nos conclusions concernent donc exclusivement les données que nous
avons traitées. Nous pensons cependant que cet échantillon témoigne d’une conception
de la modalité qui pourrait s’étendre au reste de son travail.
111
DISCOGRAPHIE, BIBLIOGRAPHIE ET AUTRES SOURCES.
DISCOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE
BARTOLI, Jean-Pierre, L’harmonie classique et romantique, Minerve, Paris, 2001, 222 pages.
BENT, Ian, L’analyse musicale, Éditions Main d'Œuvre, Nice, 1998, 305 pages.
BERGEROT, Franck, Miles Davis, Seuil, Paris, 1996, 188 pages.
CHAILLEY, Jacques, L’imbroglio des modes, Alphonse Leduc, Paris, 1960, 89 pages.
CUGNY, Laurent, Analyser le jazz, Outre-Mesure, Paris, 2009, 576 pages.
DUNETON, Claude, Histoire de la chanson française de 1780 à 1860, Seuil, Paris, 1998, 1093 pages.
FLEURY, Michel, L’impressionnisme et la musique, Fayard, Paris, 1993, 503 pages.
GERVAIS, Françoise, Étude comparée des langages harmoniques de Fauré et Debussy, Thèse de
doctorat, Paris, 1954; La revue musicale, Richard-Masse, n° spéciaux 272-273, 1971, 230 pages.
GIRARD, Anthony, Analyse du langage musical de Debussy à nos jours, Billaudot, Paris, 2005, 426 pages.
GOUBAULT, Christian, Maurice Ravel le jardin féerique, Minerve, Paris, 2004, 357 pages.
GOUBAULT, Christian, Claude Debussy, Champion, Paris, 1986, 306 pages.
HOPPIN, Richard, La musique au Moyen-Âge, Mardaga, Liège, 1991, 637 pages.
JANKELEVITCH, Vladimir, Ravel, Seuil, Paris, 1956, 220 pages.
LOCKSPEISER, Edward, Claude Debussy, Fayard, Paris, 1962, 823 pages.
MARNAT, Marcel, Ravel, Fayard, Paris, 1986, 828 pages.
PIERANUNZI, Enrico, Bill Evans, Portrait de l’artiste au piano, Rouge profond, Gémenos, 2004, 157 pages.
PORCILE, François, La belle époque de la musique française, 1871-1940, Fayard, Paris, 1999, 1093 pages.
SIRON, Jacques, La partition intérieure, Outre-mesure, Paris, 1999, 765 pages.
SOURIAU, Etienne, Vocabulaire d’esthétique, P.U.F., Paris, 1990, 1415 pages.
ARTICLES
CUGNY, Laurent, Les conventions du chiffrage harmonique : problèmes théoriques, Les cahiers du
jazz, n° 1, Outre mesure, Paris, 2004, pages 141 à 145.
MEUUS, Nicolas, Modes et système « Conception ancienne et moderne de la modalité », Musurgia,
Vol. IV/3 199, page 67.
PAUDRAS, Francis, Ravel et le jazz, Musical, Paris, 1987, TMP, pages 36 à 52.
EKKEHARD, Jost, John Coltrane et le jeu modal, Free jazz, Presses de l’Université, Graz, 1974.
CHANTOISEAU, Catherine, Bernard Maury : L’éthique et l’esthétique, Jazz hot, n° 475, Paris, juin 1990,
pages 22 à 23.
DIFFUSION RADIOPHONIQUE
LEYMARIE, Isabelle, Opus, France culture, émission consacrée à Bernard Maury, 31 janvier 1998,
durée : 1h25.
113
PHOTOGRAPHIES.
CHUCK ISRAELS ET
BERNARD MAURY.
BILL EVANS PIANO ACADEMY.
114
PHOTOGRAPHIES (2).
BERNARD MAURY
ET BILL EVANS.
RUE DE DOUAI - NOV. 1979
115
PHOTOGRAPHIES (3).
MICHEL PETRUCCIANI ET
BERNARD MAURY.
MARC JOHNSON ET
BERNARD MAURY.
ENREGISTREMENT DE L’ALBUM « DEPARTURE » -
STUDIOS ACOUSTI - 2003
116
LISTE DES ABRÉVIATIONS.
ABRÉVIATIONS GÉNÉRALES
1, 2, 3
... : renvoient aux notes de bas de page.
1er, 1ère, 2e, 3e... : premier, première, deuxième, troisième...
*, **, ***... : renvoient à des notes dans le corps du texte ou en marges.
[…] : partie tronquée d’un texte rapporté.
(x) + (y) : x ajouté à (plus) y.
(x) - (y) : y soustrait (retranché) de x (x moins y).
(x) × (y) : x multiplié par (fois) y.
(x) ÷ (y) : x divisé par y.
= : est égal à.
≤ : est inférieur ou égal à.
∈ : appartient à un ensemble.
{x; y...} : ensemble composé de x, y...
B.M. (dans les transcriptions) : Bernard Maury.
cf. : confer (« reportez-vous à »).
etc. (et parfois « ... ») : et cetera (« et toutes les autres choses »).
ibid. : ibidem (« au même endroit »).
Nov. : novembre.
Op. cit. : Opus citatum (« œuvre citée »).
[sic] : sic (« ainsi; tel quel »); signale une erreur dans le texte rapporté.
U.S.A. : « United States of America ».
LES ACCORDS
117
LISTE DES ABRÉVIATIONS (2).
X°7 : accord mineur quinte diminuée septième diminuée (tétrade; septième de sensible en mineur).
XMaj7 : accord majeur septième majeure (tétrade; septième de tonique en majeur et septième d’espèce).
XmMaj7 : accord mineur septième majeure (tétrade; septième de tonique en mineur et septième d’espèce).
XMaj75# : accord majeur quinte augmentée septième majeure (tétrade; septième de médiante en mineur
[accord altéré]).
Xx/y... : superstructure (notes au-dessus de la septième) de l’accord X (s’il n’y a pas de septième, ce sont des
notes ajoutées) et/ou notes altérées.
Xadd x-... : notes ajoutées de l’accord X.
Xomit x-... : notes omises dans l’accord X.
Xsus4 : accord de quarte suspendue (retard, appoggiature, couleur modale).
Xm7(sus 4) : accord mineur en superposition de quartes.
X/Y : accord X sur basse Y (renversement, accord de notes étrangères sur note réelle, etc.).
X|Y (notation polycordale horizontale) ou X (notation polycordale verticale) : accord X sur accord Y.
Y
5 : chiffrage classique de la triade à l’état fondamental.
6 : chiffrage classique de la triade dans son 1er renversement.
6 : chiffrage classique de la triade dans son 2e renversement.
4
7
+ : chiffrage classique de l’accord de septième de dominante à l’état fondamental.
6 : chiffrage classique d’un accord de septième d’espèce dans son 1er
5 renversement.
4 : chiffrage classique d’un accord de septième d’espèce dans son 2e renversement.
3
2 : chiffrage classique d’un accord de septième d’espèce dans son 3e renversement.
LES MODES
Æol. : Æolien.
Dor. : Dorien.
Ion. : Ionien.
Locr. : Locrien.
Lyd. : Lydien.
Mixo. : Mixolydien.
Nat. : naturel (mode).
Phr. : Phrygien.
ANALYSE DES GAMMES, MODES, ÉCHELLES ET ACCORDS
1, 2, 3... (dans l’analyse intervallique du mode) : nombre de demi-tons qui composent l’intervalle.
2de, 3ce, 4te... (parfois sans l’exposant [2, 3, 4...] lorsque le contexte est sans ambigüité) ou si altéré 7§, 10b, 11#...
et parfois 7M : seconde, tierce, quarte... septième naturalisée, dixième mineure, onzième augmentée...
septième majeure (notation de l’intervalle dans l’accord ou le mode).
2-1, 3-1, 1-3-2... : notation des échelles symétriques (avec pour base le demi-ton noté 1).
θ : tétracorde.
θ inf. : tétracorde inférieur.
θ sup. : tétracorde supérieur.
Ø (concernant les altérations) : pas d’altération (ensemble vide).
118
LISTE DES ABRÉVIATIONS (3).
A.a.n.f. : approche par un accord non fonctionnel (Ce terme est à replacé dans le contexte de notre analyse
traditionnelle. Il ne peut être assimilé à une notion ayant quelque rapports avec ce que l’on nomme « harmonie non
fonctionnelle » et dont les représentants sont entre autres : Ornette Coleman et Cecil Taylor. Simplement, dans le
cadre que nous proposons, ces accords ne sont pas analysables fonctionnellement. Néanmoins, ils ne sont pas non
plus a-fonctionnels puisqu’ils s’inscrivent dans un mouvement, une progression tonals).
DCA : degré caractéristique altéré (d’un mode altéré).
DCN : degré caractéristique naturel (d’un mode naturel).
D.M. (dans le cadre des pentatoniques) : degré manquant.
I, II, III... (et parfois, Ier, IIe, IIIe...; dans un contexte musical général) : degré de la gamme ou du mode.
I, II, III... (dans un contexte harmonique) : accord majeur du degré correspondant.
i, ii, iii... (dans un contexte harmonique) : accord mineur (ou diminué si suivi de °) du degré correspondant.
< i (1, 2, 3) > (dans l’analyse intervallique du mode) : intervalle intertétracordal.
Maj. : majeur (ton).
P : palindrome (mode, tétracorde...).
LES CADENCES
Ant. : anticipation.
App. : appoggiature.
Br. : broderie.
Ech. : échappée.
I
II (ou tout autre degré) : degré qui appartient à la tonalité qui précède (degré supérieur) ainsi qu’à celle
qui suit (degré inférieur); degré pivot.
M : motif.
NA : note ajoutée.
NP : note de passage.
Péd. : pédale (parfois pédale inf. et sup. pour inférieure et supérieure).
Ret. : retard.
V/ii (ou tout autre degré) : dominante (sous-dominante...) du degré de droite.
119
TABLE DES FIGURES ET TABLEAUX.
120
TABLE DES FIGURES ET TABLEAUX (2).
121
TABLE DES FIGURES ET TABLEAUX (3).
122
TABLE DES EXEMPLES MUSICAUX.
123
TABLE DES MATIÈRES.
Sommaire. 3
Introduction. 5
La modalité : genèse et aspects
à des époques déterminées. 7
Les principes fondateurs de la modalité. 7
Le renouveau de la modalité au XIXe siècle. 11
La modalité dans le jazz. 15
Cours de Bernard Maury sur les modes. 17
Éléments du cours de Bernard Maury. 18
Première partie : les modes diatoniques. 19
A - Les modes naturels (issus de la gamme
majeure) : le système majeur. 19
Genèse. 19
Transposition des modes naturels
avec pour tonique modale do. 20
Le tétracorde. 20
Les relations symétriques dans le
diatonisme - les miroirs. 21
Analyse tétracordale du système majeur. 22
L’échelle majeure (réorganisée). 22
Approche harmonique de la modalité. 23
Accords correspondants aux
modes du système majeur. 25
Correspondances entre les nomenclatures
médiévale grecque, médiévale latine
issue du plain-chant et moderne. 26
B - Les modes altérés. 28
1 - Le système mineur mélodique (modes
issus du mineur mélodique ascendant). 28
Genèse. 28
Transposition du système mineur mélo-
dique avec pour tonique modale do. 29
Analyse tétracordale du système
mineur mélodique ascendant. 30
L’échelle mineure mélodique
(réorganisée). 30
Accords correspondants aux modes du
système mineur mélodique ascendant. 31
2 - Les systèmes mineur harmonique
et majeur harmonique. 32
Genèse (mineur harmonique). 32
124
TABLE DES MATIÈRES (2).
125
TABLE DES MATIÈRES (3).
126
TABLE DES MATIÈRES (4).
127
REMERCIEMENTS.
A MON ÉPOUSE PASCALE, NATIVE DE L'ÎLE DE LA RÉUNION ET QUI VÉHICULE LE SOLEIL AVEC ELLE.
A CAMILLE GHIPPONI, SANS LEQUEL CE TRAVAIL N'AURAIT PAS VU LE JOUR, POUR SA CONFIANCE AUSSI.
A GILLES GRANGE, POUR SA CONNAISSANCE DE LA MUSIQUE DE BERNARD ET DE BILL ET POUR SON AMITIÉ.
A LAURENT CUGNY, NICOLAS MEUUS ET OLIVIER JULIEN, POUR LEURS INESTIMABLES CONSEILS.
129