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Propriétés des bases de Schauder

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Université de Rennes I

Préparation à l'agrégation ( ompléments d'analyse)


(Notes rédigées par J.-P. Conze)

Bases dans un espa e normé

Table des matières

1 Bases algébriques et bases topologiques 1

2 Propriétés des bases de S hauder 4

3 Bases hilbertiennes 6

4 Autres exemples de bases de S hauder 10

5 Bases de Haar généralisées 12

6 Bases in onditionnelles 15

7 Critères d'in onditionnalité dans les Lp 18

1 Bases algébriques et bases topologiques

(1.1) En dimension nie, toute base algébrique d'un espa e ve toriel E permet de
représenter les ve teurs de E , et de façon unique, omme une ombinaison linéaire
des ve teurs formant la base. On est, d'autre part, assuré de l'existen e de es bases
algébriques. En dimension innie, on peut également montrer le théorème d'existen e de
bases algébriques en utilisant le lemme de Zorn et l'on dispose don du même résultat
de représentation : tout ve teur de l'espa e s'é rit de façon unique omme ombinaison
linéaire nie de ve teurs de la base. Mais si la dimension de l'espa e est innie, les bases
algébriques sont généralement non dénombrables.
On montre, omme appli ation du théorème de Baire, le résultat suivant : Si (E, k k) est
un espa e de Bana h possédant une base (au sens algébrique) dénombrable, alors E est de
dimension nie.

1
Par exemple, sur l'espa e P des polynmes en une variable à oe ients réels, il n'y a
pas de norme omplète (En eet P est la réunion dénombrable des ensembles Pk (fermés
pour toute norme, ar de dimension nie) formés des polynmes de degré k, k entier ≥ 0.
Or haque Pk est d'intérieur vide, e qui interdit l'existen e d'une norme omplète sur
l'espa e ve toriel de polynmes, d'après le théorème de Baire.
On remarque également qu'il n'est pas possible, en général (sauf ex eption, omme par
exemple dans le as de l'espa e ve toriel des polynmes), d'expli iter des bases (au sens
algébrique) sous une forme onduisant à des al uls réalisables.
Il est don préférable de hanger de point de vue, en onsidèrant des espa es ve toriels
normés et des systèmes de ve teurs formant une base dans un sens topologique. La notion
de base devient alors une notion d'analyse, qui né essite l'usage de passages à la limite
( onvergen e de séries). La représentation des ve teurs sous forme de séries fait intervenir
une innité de ve teurs de base, mais dans le as des espa es normés séparables (i.e.
possédant un sous-ensemble dénombrable dense), où nous allons nous pla er, la base
elle-même est une famille dénombrable, et il est souvent possible d'expli iter des bases
topologiques permettant les al uls numériques.
Ce i nous onduit à pré iser la notion même de base, à étudier leur (plus ou moins bonnes)
propriétés et à poser le problème de leur existen e. Existen e et propriétés sont liées aux
propriétés géométriques des espa es normés envisagés.

• Quelques dénitions
(1.2) Soit E, k k) un espa e ve toriel (sur R ou C) normé.
Notons vect(ej , j ∈ J) l'espa e ve toriel engendré par les ve teurs d'une famille (ej )j∈J ,
J étant un ensemble d'indi es, et vect(ej , j ∈ J) sa fermeture au sens de la norme k k.

Une famille (ei , i ∈ I), où I est ensemble d'indi es, de ve teurs de (E, k k) est appelée
base topologique de (E, k k), si les propriétés suivantes sont vériées :
1) la famille est totale dans (E, k k), i.e. tout ve teur de E est limite en norme de
ombinaisons linéaires nies de ve teurs pris dans le système (ei ) (on a don E =
vect(ej , j ∈ J)) ;

2) le système (ei ) est topologiquement libre : i.e. pour tout indi e j ∈ I ,


ej 6∈ vect(ei , i ∈ I, i 6∈ j).

Contrairement aux bases algébriques, l'existen e de bases topologiques n'est pas assurée.
La raison en est que la réunion d'une famille roissante de systèmes topologiquement libres
peut ne pas l'être, omme le montre l'exemple suivant :
Dans (ℓ∞ (N), k k∞) onsidérons les ve teurs : e0 = (1, 1, · · · , 1, · · ·), en = e0 +
(0, 0, · · · , 0, 1/n, 0, · · ·), n ≥ 1.

Les familles (e0 , · · · , en ) sont libres, pour tout n ≥ 1, mais on a limn ken − e0 k = 0.

2
L'argument du lemme de Zorn appliqué à des systèmes libres ordonnés par in lusion, utilisé
pour onstruire les bases algébriques, ne s'applique don pas dans le adre topologique.
En renforçant la notion de base topologique, on est onduit à la dénition suivante :
(1.3) Dénition : Etant donné un espa e ve toriel normé (E, k k), on appelle base de
S hauder toute suite (ek )k≥1 de ve teurs de E ayant la propriété suivante :
pour tout ve teur x ∈ E , il existe une suite unique de oe ients (ak (x)) telle que
n
X
lim kx − ak (x)ek k = 0. (1)
n→∞
1

(1.4) Remarques :
1) S'il existe dans (E, k k) une base de S hauder, alors (E, k k) est séparable.
On notera que les espa es ren ontrés (dans les situations lassiques d'analyse) sont souvent
séparables. Mais il y a des ex eptions. Par exemple l'espa e des suites bornées muni de la
norme uniforme (ℓ∞ (N), k k∞) n'est pas séparable.
2) L'ordre dans lequel sont énumérés les ve teurs de la base doit être pré isé. En
parti ulier, les systèmes de ve teurs obtenus en permutant les ve teurs d'une base de
S hauder ne forment plus né essairement une base de S hauder.
3) L'uni ité des oe ients an (x), pour un ve teur x donné, montre que les appli ations
x → an (x) dénissent des formes linéaires sur E .

Cette uni ité assure que l'on a les relations


an (ek ) = δk,n , ∀n, k ≥ 1,

où δk,n = 1, pour k = n, et = 0, pour k 6= n.


A une base de S hauder on peut don asso ier la suite des appli ations linéaires (de rang
ni) Pn , n ≥ 1, dénies par
n
X
Pn x = ak (x)ek .
1

L'uni ité des développements montre que les Pn forme une famille de proje teurs vériant :
Pm ◦ Pn = Pn ◦ Pm = Pn , si m ≥ n. (2)
L'existen e d'une base de S hauder est équivalente à la donnée d'une suite de sous-espa es
de dimension nie (En ) et d'une suite de proje teurs (Pn ), Pn : E → En vériant (2) et
tels que
lim kx − Pn xk = 0, ∀x ∈ E.
n

On peut supposer en eet que dim(En+1 ) = dim(En ) + 1 et il est possible de onstruire


par ré urren e une suite de ve teurs (ek )k≥1 telle que la famille (e1 , · · · , en ) soit une base

3
Pn
de En telle que Pn(x) = 1 ak (x)ek . La famille (ek )k≥1 est alors une base de S hauder de
(E, k k).

Une base algébrique dans un espa e de dimension nie est évidement une base dans le sens
de la dénition pré édente. Les bases orthonormées dans les espa es de Hilbert forment
une lasse parti ulièrement importante de base de S hauder. Nous rappelerons le prin ipe
de leur onstru tion. Nous donnerons également d'autres exemples de bases de S hauder
en dimension innie.
Notons que le problème de l'existen e d'une base de S hauder dans un espa e de Bana h
séparable, posé depuis Bana h, a été résolu par la négative en 1972 par Eno.

2 Propriétés des bases de S hauder

(2.1) Soit (E, k k) un espa e ve toriel normé. Dans la suite, nous dirons simplement base
pour désigner une base de S hauder de l'espa e. Soit (ek )k≥1 une base dans et espa e.
Pn
Pour haque x ∈ E , la suite (k 1 ak (x)ek k, n ≥ 1) est bornée, puisqu'elle onverge en
norme. Posons n
X
|||x||| = sup k ak (x)ek k = lim sup kPm xk. (3)
n≥1 n 1≤m≤n
1

Il est lair que |||.||| est une semi-norme sur E et la relation


n
X
kxk = lim k ak (x)ek k
n
1

implique l'inégalité
kxk ≤ |||x|||, ∀x ∈ E,
e qui assure que |||.||| est une norme.
Montrons que les normes k k et ||| ||| sont équivalentes, si l'espa e est omplet.

(2.2) Proposition : Si (E, k k) est un espa e de Bana h et (ek )k≥1 une base dans et
espa e, la norme ||| ||| dénie par (3) est équivalente à k k : il existe une onstante K
telle que
n
X
k ak (x)ek k ≤ Kkxk, ∀n ≥ 1.
1

Preuve : D'après un orollaire du théorème de l'appli ation ouverte, il sut de montrer


que ||| ||| est une norme d'espa e de Bana h. Soit (xk ) une suite de Cau hy pour ette
norme ||| |||.
Soit ε > 0. La ondition de Cau hy pour la norme ||| ||| implique qu'il existe K(ε) tel que
kPn xk − Pn xk′ k ≤ ε, ∀k, k ′ ≥ K(ε), ∀n ≥ 1. (4)

4
Pour n xé, la suite (Pn xk )k≥1 est de Cau hy et don onvergente. Soit yn la limite. Comme
les appli ations linéaires en dimension nie sont ontinues, on a Pm xk = Pm (Pnxk ) →
Pm yn ,Ppour m ≤ n ; d'où Pm yn = ym , pour m ≤ n. On peut don é rire yn sous la forme :
yn = n1 bk ek .

En passant à la limite en k′ dans (4), on obtient :


kPn xk − yn k ≤ ε, ∀n, ∀k ≥ K(ε). (5)
La suite (yn ) est également une suite de Cau hy. En eet, pour un k xé ≥ K(ε), pour n
et m assez grands, nous avons kPn xk − Pm xk k < ε et don :
kyn − ym k ≤ kyn − Pn xk k + kPn xk − Pm xk k + kPm xk − ym k ≤ 3ε.
P∞
Posons x = limn yn = 1 bk ek . On a yn = Pn x. D'après (5), on obtient, pour tout n et
tout k ≥ K(ε) :
kPn xk − Pn xk = kPn xk − yn k ≤ ε;
d'où : |||xk − x||| ≤ ε.

Il en résulte que, pour un espa e de Bana h (E, k k), la suite des proje tions (Pn ) est
uniformément bornée : d'après la proposition, il existe K tel que
kPn xk ≤ Kkxk, ∀n ≥ 1.

Ce i implique en parti ulier qu'une base de S hauder dans un espa e de Bana h est une
base topologique.
Une base est dite monotone si kPnk = 1, ∀n ≥ 1 (la onstante K de la proposition (2.2)
vaut 1).
La proposition suivante donne une ara térisation des bases (de S hauder), utile dans les
exemples.

(2.3) Proposition : Une suite (en )n≥1 de ve teurs non nuls dans un espa e de Bana h
(E, k k) est une base de S hauder si, et seulement si, les deux onditions suivantes sont
vériées :
i) il existe une onstante K telle que
n
X m
X
k ai ei k ≤ K k ai ei k, ∀ les s alaires ai , ∀n < m;
1 1

ii) vect({en , n ≥ 1}) = E .

Preuve : Notons d'abord que la suite des normes (|||Pnx|||)n≥1 est roissante, d'après :
|||Pn x||| = sup kPk Pn xk = sup kPk xk.
k 1≤k≤n

5
Si (en ) est une base, la proposition (2.2) implique, pour n ≤ m,
kPn xk = kPn Pm xk ≤ |||Pmx||| ≤ KkPm k.

Inversement, la ondition i) implique que le sous-espa e de E formé


P des ve teurs x ayant
un dévelopement donné par une série onvergente de la forme i ai ei est fermé.
Il ontient l'ensemble des ombinaisons linéaires nies de ve teurs ei qui est dense d'après
la ondition ii). Ce sous-espa e oïn ide don ave E .

Propriété de dualité
(2.4) Les appli ations oordonnées e∗n : x ∈ E → an (x) ∈ C sont linéaires, ontinues,
d'après la proposition (2.2), don dénissent des éléments du dual de (E, k k). Le système
({en , e∗n })n≥0 est bi-orthogonal (i.e. e∗m (en ) = δn,m ).

Si (E, k k) est un espa e réexif, le système (e∗n )n≥0 forme une base dans E ∗ , appelée base
duale de (en )n≥0 .
P
Tout élément φ ∈ E ∗ peut s'é rire φ = k φ(ek )e∗k , la onvergen e de la série ayant lieu
pour la topologie faible :
n
X n
X n
X
|φ(x) − φ( ak (x)ek )| = |φ(x) − φ(ek )e∗k (x)| ≤ kx − ak (x)ek k kφk → 0.
1 1 1

Nous allons maintenant donner des exemples de bases de S hauder, en ommençant par
l'exemple le plus simple et le plus important, elui des bases hilbertiennes.

3 Bases hilbertiennes

(3.1) Une propriété fondamentale des espa es de Hilbert (ou simplement pré-hilbertiens)
est l'existen e de bases hilbertiennes. Rappelons brièvement leurs propriétés et leur
onstru tion.
Soit V un espa e pré-hilbertien muni d'un produit s alaire h , i et de la norme asso iée
au produit s alaire.

• Orthogonalité et systèmes orthonormés


Deux ve teurs x, y de V sont dits orthogonaux si hx, yi = 0. Si V0 ⊂ V est une partie
de V , on appelle orthogonal de V0 l'ensemble
V0⊥ = {y : hx, yi = 0, ∀x ∈ V0 }.

6
T
Il est lair que si V0 et V1 sont orthogonaux, on a V0 V1 = {0} et que V0⊥ est un
sous-espa e ve toriel fermé de V .

(3.2) Dénitions : On dit qu'une famille (ui)i∈I de ve teurs dans V forme un système
orthogonal si
hui, uj i = 0, ∀i 6= j.
Si, de plus, la famille vérie kui k = 1, ∀i ∈ I , le système est dit orthonormé.

(3.3)PLemme : (Pythagore !) Si (u1 , · · · , un) est un


Pnsystème orthonormé ni, pour tout
x= n
1 αi ui dans l'espa e engendré, on a kxk =
2 2
1 |αi | et αi = hx, ui i.

Preuve : Développer le arré de la norme de x.

Une onséquen e de e lemme élémentaire est qu'un système orthonormé P est une famille
libre : si (ui )i∈I est une famille orthonormée, toute relation de la forme i∈J ci ui = 0,
pour un sous-ensemble ni J de I et des s alaires ci dans C implique ci = 0.

(3.4) Lemme : Si (ui, · · · , un) est une famille orthonormée dans V , pour tout x dans V ,
on a, ∀λ1 , · · · , λn ∈ C,
n
X n
X n
X
kx − λi ui k2 = kx − hx, ui iuik2 + |λi − hx, uii|2 ,
1 1 1
n
X n
X
kx − hx, ui iuik ≤ kx − λi uik,
1 1
et en parti ulier (λ1 = · · · = λn = 0)
n
X n
X
2 2
kxk = kx − hx, ui iuik + |hx, uii|2 ,
1 1
Pn
Preuve : Le ve teur x − 1 hx, ui iui est orthogonal à uj pour j = 1, · · · , n. Ce i implique :
n
X n
X n
X
2 2
kx − λi u i k = kx − hx, ui iuik + k (λi − hx, uii)ui k2
1 1 1
n
X n
X
= kx − hx, ui iuik2 + |λi − hx, ui i|2 ,
1 1
n
X
≥ kx − hx, ui iuik2 .
1

La dé omposition de x en sa proje tion orthogonale sur V ec(u1 , · · · , un) et un ve teur


orthogonal à V ec(u1 , · · · , un) est donnée par
n
X n
X
x= hx, uk iuk + (x − hx, uk iuk .).
1 1

7
(3.5) Lemme (Inégalité de Bessel) : Si (ui)i∈I est un système orthonormé quel onque
(ni ou inni) dans un espa e pré-hilbertien (V, h, i), on a, pour tout x dans V :
X
|hx, ui i|2 ≤ kxk2 .
i

Preuve : Il sut de démontrer pour tout système ni d'indi es J ⊂ I l'inégalité :


X
kxk2 ≥ |hx, uii|2 .
i∈J

Cette inégalité résulte du lemme pré édent.

(3.6) Théorème : ( ara térisation des bases orthonormées) Soit S = (ui )i∈I un système
orthonormé. Les onditions suivantes sont équivalentes :
(1) (ui ) est un système orthonormé maximal dans V ,
(2) l'espa e ve toriel W engendré par les ombinaisons linéaires nies des ve teurs ui est
dense dans V , P
(3) pour tout x ∈ V , on a kxk2 = i |hx, ui i|2, (∗)
P
(4) pour tous x, y ∈ V , on a hx, yi = i hx, ui ihy, uii.
Preuve : La relation (∗) est appelée égalité de Parseval. La ondition "S maximal"
signie que l'on ne peut étendre stri tement S en un système orthonormé plus grand que
S : il n'existe pas de ve teur non nul orthogonal à tous les ve teurs ui de S .
Montrons l'équivalen e des quatre onditions.
(1) ⇒ (2) : Si la fermeture W est diérente de V , il existe un ve teur y non nul orthogonal
à W , don aux ui et le système S n'est pas maximal.
(2) ⇒ (3) : Soit x quel onque dans V . Si W est dense dans V ,
X
∀ε > 0, ∃J ni ⊂ I et des s alaires (λi )i∈J tels que kx − λi ui k ≤ ε.
J

D'après le lemme 3.4, e i implique


X
kx − hx, uiiui k ≤ ε.
J

Mais on a :
X X X
kxk2 = k hx, uiiui k2 + kx − hx, ui iuik2 ≤ |hx, uii|2 + ε2 ,
i∈J i∈J i∈J

d'où : X
kxk2 ≤ |hx, uii|2 + ε2 ≤ kxk2 + ε2 ,
i
e qui entraîne l'égalité, ε étant arbitraire.
(3) ⇔ (4) : par "bilinéarisation" de l'égalité de Parseval.
(3) ⇒(1) : Montrons que, sous la ondition (4), le systèmePS est maximal. Soit y orthogonal
aux ve teurs ui du système. D'après (3), on a : kyk2 = |hy, uii|2 = 0.

8
Dénition : Une famille S = (ui )i∈I dans un espa e de Hilbert (V, h, i) vériant les
onditions équivalentes du théorème est appelée base orthonormée dans V .

• Existen e de bases orthonormées


Plaçons-nous dans le as séparable.

(3.7) Théorème : Tout espa e de Hilbert séparable ontient une famille (nie ou
dénombrable) formant une base orthonormée.
Preuve : La démonstration repose sur le pro édé d'orthonormalisation de Gram-S hmidt.
Soit (xn ) une famille dénombrable dans V , dont les ombinaisons linéaires sont denses.
Nous allons ee tuer la onstru tion par ré urren e d'une base orthonormée (un) à partir
de (xn ).
Partons de x1 . Si x1 6= 0, soit v1 = x1 et u1 = v1
kv1 k
, le système {u1 } est orthonormé.

Si x2 et u1 sont indépendants, posons v2 = x2 − hx2 , u1iu1 . Il est lair que l'indépendan e


de x2 et de u1 implique kv2 k 6= 0. On peut don dénir u2 par u2 = kvv22 k . Le système
{u1 , u2 } est orthonormé.

A haque étape, on soustrait du nouveau ve teur sa proje tion sur le sous-espa e engendré
par les ve teurs pré édents et on normalise le résultat.
A l'étape n, supposons onstruit le système {u1 , · · · , un−1 }. Soit xn′ , pour un indi e n′ ≥ n,
le premier ve teur de la suite (xk ) à partir du rang n, tel que xn′ soit indépendant de
{u1 , · · · , un−1 }. (Si e ve teur n'existe pas, la onstru tion s'arrête au rang n − 1). Posons
n−1
X
vn = xn′ − hxn′ , uk iuk .
1

On note que vn est non nul, d'après l'indépendan e de xn′ , u1, · · · , un−1. On peut dénir
un = kvvnn k .

On a ainsi onstruit à l'étape n un système {u1 , · · · , un } orthonormé. Soit S =


{u1 , · · · , uk , · · ·} qui est un système ni ou inni dénombrable, orthonormé d'après e
qui pré ède. Il est lair que tout ve teur de la famille (xk ) est une ombinaison linéaire
nie de ve teurs uk et ré iproquement.
Les deux familles (xn ) et (un) engendrent don le même sous-espa e de ombinaisons
linéaires nies dans V , sous-espa e dense d'après l'hypothèse sur le système (xk ). Le
système S vérie bien la ondition (2) du théorème. C'est une base orthonormée.

Exer i e : Soit g une fon tion dans L2 (R). On suppose que g n'est pas égale presque
partout à une fon tion ontinue. Soit V0 le sous-espa e de L2 (R) orthogonal à g .

9
Montrer qu'on peut onstruire une base orthonormée de V0 formée de fon tions ontinues à
support ompa t, mais que ette base ne peut pas être omplétée en une base orthonormée
de L2 (R) formée de fon tions ontinues.

Le théorème pré édent assure l'existen e de bases orthonormées dans un espa e préhilber-
tien et fournit un pro édé pour en onstruire à partir d'un système total. Dans les exemples
on rets, en parti ulier dans des espa es hilbertiens de fon tions, il est souhaitable d'avoir
des exemples expli ites de bases. Donnons quelques exemples.

Exemples :
1) Dans ℓ2 (N), soit un = (0, 0, · · · , 0, 1, 0, · · ·), l'élément dont le terme d'indi e n seul est
non nul et égal à 1. On obtient ainsi la base anonique qui forme une base orthonormée
dans ℓ2 .
2) Les exponentielles en : x → exp(2πinx), n ∈ Z, forment une base orthonormée de
L2 (T1 ). (On peut utiliser les noyaux de Fejer, qui sont des noyaux de onvolution formant
une identité appro hée, pour prouver e résultat).
3) Il en résulte que (en 1[0,1[ , n ∈ Z) forme une base orthonormée de l'espa e L2 ([0, 1[)
(l'intervalle [0, 1[ étant muni de la mesure de Lebesgue).
4) Ce i fournit un pro édé pour onstruire des bases orthonormées de L2 (R) : on ommen e
par "lo aliser" les fon tions (multipli ation par une "fenêtre"), puis on ee tue une analyse
de Fourier lo ale. La famille (en 1[n,n+1[ , n, k ∈ Z) est une base orthonormée de L2 (R).
Néanmoins, si la onstru tion est simple, elle présente plusieurs in onvénients. En parti-
ulier les bases de Fourier dans Lp (T) ne sont pas in onditionnelles, pour p 6= 2. L'in on-
ditionnalité est une propriété importante que possèdent les bases orthonormées dans les
espa es de Hilbert et que nous allons étudier plus loin. On est ainsi amené à her her de
meilleures bases de L2 (R), qui soient également de bonnes bases de Lp (R) et des espa es
fon tionnels usuels. Les bases d'ondelettes introduites depuis une dizaine d'années dans
leur version a tuelle répondent à ette exigen e. La base de Haar est un exemple prototype
d'une bonne base.

4 Autres exemples de bases de S hauder

(4.1) Dans l'espa e (ℓ0 (N), k k∞) des suites tendant vers 0 à l'inni muni de la norme
uniforme, la suite des ve teurs (en )n≥1 , où en (k) = δn,k , k ≥ 1, forme une base de S hauder.
De plus ette base est normalisée (les ve teurs de la base sont de norme 1) et monotone
(la onstante K de la proposition (2.2) vaut 1).
On a une propriété analogue dans ℓp (N), 1 ≤ p < ∞.
Dans l'espa e c(N) des suites onvergentes muni de la norme uniforme, on obtient une
base de S hauder en rajoutant au système (en ) pré édent, le ve teur (noté e0 ) qui est la
suite identiquement égale à 1 (e0 (k) = 1, ∀k ≥ 1).

10
De même, il est lair que la base anonique de ℓp (N) est une base monotone.

• Base de Haar
(4.2) On onsidère les fon tions dénies sur l'intervalle [0, 1] de la façon suivante.
Soit χ0 (t) = 1. Pour n = 2k + ℓ, ave k = 0, 1, 2, ..., ℓ = 0, ..., 2k − 1, on pose :

 1, pour t ∈ [ℓ2−k , ℓ2−k + 2−(k+1) [,
χn (t) = −1, pour t ∈ [ℓ2−k + 2−(k+1) , (ℓ + 1)2−k [,

0, ailleurs.
Les ombinaisons linéaires des fon tions χn engendrent les indi atri es des intervalles
dyadiques [ℓ2−k , (ℓ + 1)2−k [. Ce système est don total dans Lp ([0, 1]), 1 ≤ p < ∞.
Montrons qu'on a, 1 ≤ p ≤ ∞ :
n
X m
X
k ai χi kp ≤ k ai χi kp , pour 1 ≤ n ≤ m. (6)
i=1 i=1

(La onstante K de base de S hauder est don égale à 1, la base est monotone).
P P
Soient f (t) = ni=1 ai χi (t), g(t) = n+1 i=1 ai χi (t). Ces fon tions ne diérent que sur un
intervalle dyadique, sur lequel f a une valeur onstante notée b. La fon tion g est égale
sur la première moitié de et intervalle à b+an+1 et sur la deuxième moitié égale à b−an+1 .
L'inégalité
2|b|p ≤ |b + an+1 |p + |b − an+1 |p , pour 1 ≤ p < ∞, (7)
implique le résultat : kf kp ≤ kgkp .
Pour la norme du sup, l'inégalité (7) devient :
|b| ≤ sup(|b − an+1 |, |b − an+1 |. (8)
Les inégalités (7) et (8) impliquent (6) et don la propriété de base monotone pour le
système (χn ).
La base de Haar est obtenue en normalisant les fon tions χn . Posons hn = 2−k/2 χn , pour
n = 2k + ℓ, ave k = 0, 1, 2, ..., ℓ = 0, ..., 2k − 1.
Le système orthonormal ainsi onstruit, omme le système (χn ), vérie la propriété de
base monotone : le système de Haar est une base monotone (pour la norme uniforme) de
l'espa e des fon tions qu'il engendre au sens de la onvergen e uniforme (i.e. l'espa e formé
des fon tions qui sont des limites uniformes de ombinaisons linéaires nies des (hn ). On
vériera que et espa e est l'espa e des fon tions réglées sur [0, 1]. En parti ulier, toute
fon tion ontinue sur [0, 1] est limite uniforme d'une série donnant son développement
dans le système de Haar. Comme il s'agit d'un système orthonormal, les oe ients du
développement d'une fon tion f sont les produits s alaires de f ave les éléments de la
base.
Ce résultat ontraste ave le fait qu'il existe des fon tions ontinues qui ne sont pas limite
pon tuelle de leur série de Fourier et a été à l'origine de l'introdu tion par Haar de la
famille de fon tions qui porte son nom vers 1905.

11
• Base de S hauder (ou de Faber)
(4.3) Les fon tions du système de Haar ont l'in onvénient d'être dis ontinues. Par
intégration de es fon tions, on obtient les fon tions ( ontinues, linéaires par mor eaux)
notées (φn ), qui forment e que l'on appelle le système de S hauder (d'où le nom général
de base de S hauder) également introduit par Faber. Ces fon tions ne forment plus un
système orthogonal, mais on peut orthonormaliser le système par le pro édé de S hmidt.

(4.4) Proposition : Le système de S hauder (φn ) est une base monotone (i.e K = 1) de
C[0, 1].
Preuve : Les ombinaisons linéaires des fon tions φn sont les fon tions ontinues linéaires
par mor eaux sur [0, 1], dont les hangements de pente ont lieu en des points dyadiques.
Pour tout n, l'intervalle sur lequel φn+1 est non nul
P est tel que les fon tions φi , pour
1 ≤ i ≤ n sont linéaires. Une somme de la forme ni=1 ai φi , restreinte à et intervalle,
atteint alors la borne supérieure de sa valeur absolue au bord de l'intervalle, là où φn+1
s'annule, et don on a bien :
n
X n+1
X
k ai φik∞ ≤ k ai φi k∞ .
i=1 i=1

5 Bases de Haar généralisées

• Une onstru tion générale


(5.1) On onsidère un ensemble X . Rappelons qu'il existe un ordre sur l'ensemble des
partitions de X : étant données deux partitions P et P ′ , on dit que P ′ est plus ne que
P , si les atomes de P sont réunions d'atomes de P ′ . En d'autres termes, la partition P ′
est obtenue en dé oupant les atomes (ou éléments) formant la partition P . Ce i dénit
un ordre sur l'espa e des partitions.
Considérons maintenant une suite roissante (Pn ) de partitions nies de X . Nous suppo-
sons que : P0 = {X} et Pn+1 est obtenue à partir de Pn en "redé oupant" un atome de
Pn en deux atomes non vides.
La partition Pn est don formée de n+1 atomes non-vides. Notons Vn l'espa e de dimension
n + 1 formé des fon tions à valeurs réelles qui sont onstantes sur haque atome de Pn .

Considérons la suite (φn ) de fon tions sur X telle que, φ0 = 1 sur X et φn+1 = 1A1 −1A2 , en
notant A l'atome de Pn redé oupé en deux atomes A1 et A2 de Pn+1 dans la onstru tion
de Pn+1 à partir de Pn .
Montrons par ré urren e que, pour haque n ≥ 1, la famille {φ0 , ..., φn } forme P
une base
de Vn . Soit A l'atome de Pn redé oupé en deux atomes A1 et A2 . On a 1A = n0 αj φj ,
par l'hypothèse de ré urren e et
1 1
1A1 = (1A + φn+1 ), 1A2 = (1A − φn+1 ).
2 2

12
• Propriété de base monotone
Le système (φn ) possède la propriété de "base monotone" exprimée dans le lemme suivant :

5.2 Lemme : ∀n ≥ 1, pour tous réels a0 , ..., an , an+1 , on a :


n
X n+1
X
k aj φj k∞ ≤ k aj φj k∞ .
0 0

Preuve : Notons ψn et ψn+1 les deux fon tions gurant respe tivement à gau he et à droite.
Ces fon tions dièrent uniquement sur le support de φn+1 qui est l'atome A redé oupé
dans le passage de Pn à Pn+1 . Sur A, ψn a une valeur onstante α, tandis que ψn+1 prend
les valeurs α + an+1 , α − an+1 . On a bien |α| ≤ sup(|α + an+1 |, |α − an+1 |).

Notons W l'espa e des fon tions àS valeurs réelles sur X qui sont limites uniformes de
suites de fon tions appartenant à n Vn . Une fon tion f est don dans W si, pour tout
ε > 0, il existe n et une fon tion g "Pn -mesurable" (i.e. onstante sur les atomes de la
partition nie Pn ) telle que kf − gk∞ < ε.

5.3 Théorème : ToutePfon tion dans W est la somme d'une série uniformément
onvergente de la forme ∞
0 aj φj .

Ce résultat est la onséquen e d'un thèorème général pour les bases monotones dans un
espa e de Bana h.

5.4 Théorème : Soit (B, k k) un espa e de Bana h. Soit (φj ) une suite dans B de ve teurs
non nuls dont les ombinaisons linéaires sont denses dans B et vériant la ondition (de
base monotone) :
n
X m
X
k aj φj k ≤ k aj φj k, ∀n, m, 1 ≤ n < m. (9)
0 0

ve teur f dans B est la somme d'une série onvergente dans (B, k k) de la


Alors tout P
forme f = ∞ 0 aj φj .

P∞: Il sut de montrer que le sous-espa e B0 formé des ve teurs f de la forme


Preuve
f= j=0 aj φj , ave onvergen e en norme dans (B, k k) est fermé dans B .
P∞
Soit (fk ) dans B0 (ave fk = k
j=0 aj φj ) une suite onvergeant vers un ve teur f de B :
limk kfk − f k = 0.

D'après la ondition (9) et la onvergen e en norme, on a :


n
X ∞
X
(10)
′ ′
k (akj − akj )φj k ≤k (akj − akj )φj k ≤ kfk − fk′ k.
j=0 j=0
P
Pour tout n xé, la suite ( nj=0 akj φj )k≥1 est don de Cau hy et onverge dans (B, k k).
Comme (φ0 , ...φn) forme une base de l'espa e Vn engendré de dimension n + 1, par

13
équivalen e des normes en dimension nie, les suites (akj ) des oe ientsPsont onvergentes
pour haque k. Notons aj = limk akj . Il reste à montrer que limn kf − n0 aj φj k = 0.
Soient ε > 0 et L(ε) tel que kfk − fk′ k < ε, ∀k, k′ ≥ L(ε). D'après (10), on a, pour tout
n: n n
X X ′
k akj φj − akj φj k ≤ ε, ∀k, k ′ ≥ L(ε);
j=0 j=0

d'où : n n
X X
k akj φj − aj φj k ≤ ε, ∀k ≥ L(ε).
j=0 j=0

Par l'inégalité triangulaire, on obtient, en xant un k ≥ L(ε) :


n
X
k aj φj − f k
j=0
X n n
X n
X
≤ k aj φj − akj φj k + k akj φj − fk k + kfk − f k
j=0 j=0 j=0
n
X
≤ ε+k akj φj − fk k + ε.
j=0

Le majorant est ≤ 3ε, pour n assez grand.

Remarque : Le résultat reste vérié si la ondition (9) est rempla ée par : il existe une
onstante K telle que
n
X m
X
k aj φj k ≤ Kk aj φj k, ∀n, m, 1 ≤ n < m.
0 0

• Exemple : la base de Haar


Il est lair que le système des fon tions (χn ) onstruite en (4.2) est un as parti ulier de
la onstru tion dé rite plus haut.

• Lien ave les martingales


(5.5) Revenons à la onstru tion générale dé rite au début du paragraphe. Supposons
donnée sur l'espa e X une stru ture d'espa e probabilisé, i.e. une tribu A et une mesure
de probabilité sur A. Les atomes des partitions Pn onstruites par "dé oupage" sont
supposés A-mesurables et de µ-mesure non nulle. On peut alors ontruire un système
monotone qui soit en même temps orthonormalisé pour la mesure µ.

14
Pour ela, il sut de modier onvenablement la onstru tion des fon tions φn . En
reprenant les notation du début, à haque étape, si A est l'atome de Pn oupé en deux
atomes A1 et A2 de Pn+1 , on pose
ψn+1 = (µ(A1 ))−1 1A1 − (µ(A2 ))−1 1A2 .

Les fon tions ψn forment un système orthogonal dans L2 (X, A, µ). Chaque ψn est de
norme non nulle et on peut normaliser le système (ψn ) pour obtenir un système (hn )
orthonormal dans L2 (X, A, µ).
Notons en ore Pn la tribu (nie) engendrée par les atomes de la partition Pn et soit P∞
la sous-tribu de A engendré par l'algèbre (au sens ensembliste) formée de la famille des
ensembles Pn mesurables, pour un n ≥ 0.
On vérie que l'espéran e onditionnelle par rapport à Pn s'é rit :
n
X
E(f |Pn ) = hhk , f i hk .
k=0

D'après la théorie des martingales, on a, au sens L1 (µ) et µ-presque partout :


n
X
lim hhk , f i hk = lim E(f |Pn ) = E(f |P∞ ).
n n
k=0

En parti ulier, si P∞ = A, on obtient, au sens L1 (µ) et µ-presque partout :


n
X
f = lim hhk , f i hk .
n
k=0

La base de Haar onstruite sur [0, 1] vérie en parti ulier ette propriété. Elle fournit don
une base orthonormée de L2 ([0, 1]) (pour la mesure de Lebesgue uniforme sur [0, 1]), pour
laquelle il y a onvergen e presque-partout.

6 Bases in onditionnelles

Les bases orthonormées dans les espa es de Hilbert ont des propriétés remarquables. Par
exemple, si (ek ) est une basePorthonormée dans un espa e de Hilbert,
- la onvergen e de la série k αk ek ne dépend que de la suite des modules (|αk |)k≥1 ;
- la onvergen e de la série reste in hangée si l'on permute l'ordre des éléments de la base.
On aimerait étendre e type propriété en dehors du adre hilbertien orthonormé. Intro-
duisons pour ela la notion de onvergen e in onditionnelle.

15
(6.1) Proposition : Pour une suite de ve teurs (yn ) dans un espa e de Bana h (E, k k),
les onditions suivantes sont équivalentes :
P
i) la série n yπ(n) onverge, pour toute permutation π des entiers,
P
ii) la série i yni onverge, pour toute sous-suite roissante n1 < n2 < n3 < · · ·,
P
iii) la série n θn yn onverge, pour tout hoix des signes θn = ±1,
P
iv) ∀ε > 0, il existe n tel que k i∈I yik < ε, pour tout ensemble ni d'indi es I tel que
inf(i ∈ I) > n.

Preuve : L'équivalen e entre ii) et iii) est évidente.


Supposons qu'on ait iv). Les sommes partielles dans i) et ii) vérient le ritère de Cau hy,
et don onvergent. Ainsi, iv) implique i) et ii).
Supposons maintenant que iv) ne soit pas vériée. Il existe alors ε > 0 et des ensembles
P In , n = 1, 2, 3, · · ·, tels que qn = sup(i, i ∈ I) < pn+1 = inf(i, i ∈PIn+1 ) et
nis
k i∈In yik ≥ ε, ∀n. La réunion I = ∪In est une suite innie d'entiers telle que i∈I yi ne
onverge pas, e qui ontredit ii).
Enn, si π est une permutation d'entiers qui, pour tout n ≥ 1, applique l'intervalle
{i : pn ≤ i ≤ qn } sur
Plui-même, de façon que π (In ) = {pn , pn + 1, · · · , pn + kn }, où
−1

kn = Card(In ), alors i yπ(i) ne onverge pas, e qui ontredit i).

P
Dénition : Sous les onditions équivalentes du théorème, on dit quePla série yn est
in onditionnellement onvergente. On montre qu'alors la somme yπ(n) ne dépend
pas alors de la permutation π .
On pourra montrer en exer i e le résultat suivant :
P
Si yn est une série in onditionnellement onvergente, l'appli ation de {−1, 1}N (muni
de la topologie produit) dans E , dénie par
X
θ = (θn ) ∈ {−1, 1}N → θn yn

est ontinue et d'image ompa te pour la norme uniforme.


P P
Si la série des normes kynk onverge, on dit que la série yn absolument onver-
gente (on dit aussi que la série est normalement onvergente). Dans un espa e de
Bana h, ette propriété implique la onvergen e. C'est une propriété plus forte que la
onvergen e in onditionnelle.
En dimension nie, la onvergen e in onditionnelle et la onvergen e absolue sont équi-
valentes. Par ontre, en dimension innie il existe des séries qui onvergent in ondition-
nellement, mais non absolument.

16
Dénition : On dit qu'une base (de S hauder) (en )n≥1 d'un espa e normé (E, k k) est
une base in onditionnelle
P , si, pour tout x ∈ E , son développement dans la base (en ),
donné par la série n an en onverge in onditionnellement. La proposition suivante donne
diérentes formes équivalentes à l'in onditionnalité pour une base.

(6.2) Proposition : Pour une base (de S hauder) (en ) dans un espa e de Bana h (E, k k),
les onditions suivantes sont équivalentes :
i) la famille (eπ(n) ) est une base, pour toute permutation π des entiers ;
P P
ii) pour toute série n an en onvergente, la série n bn en onverge, pour toute suite (bn )
telle que |bn | ≤ |an |.
P P
iii) pour toute série n an en onvergente, la série la série n θn an en onverge, pour tout
hoix des signes θn = ±1.
Preuve : Soit (en ) est une base de S hauder dans un espa e de Bana h. Nous savons que,
pour tout sous-ensemble ni d'entiers I , on dénit un proje teur ontinu PI en posant :
X X
PI ( an en ) = an en .
n n∈I

Si (en ) est une base in onditionnelle, alors la ondition ii) et


Ple théorèmePdu graphe fermé
impliquent que, pour tout sous-ensemble d'entiers I , PI ( n an en ) = n∈I an en dénit
en ore un proje teur ontinu.
On montre de même que, pour tout hoix θ = (θn ) de signes, l'appli ation
X X
Mθ : an en → θn an en
n n
dénit une appli ation linéaire ontinue Mθ . En appliquant le théorème de Bana h-
Steinhaus, on obtient :
sup kMθ k = K < ∞.
θ

Enn, montrons qu'il existe une onstante K telle que, pour toute suite de s alaires (λn ),
on a : X X
k λn an en k ≤ K sup |λn |k an en k.
n
n

P
En eet, supposons les s alaires réels. Soit y = λn an en une somme nie. Par le
théorème de Hahn-Bana h,
P il existe une forme linéaire ontinue φ de norme 1 telle que
kyk = φ(y) = λn an φ(en ). Soit θn = sgn(an φ(en )). On a :
X X X
k λn an en k ≤ |λn ||an φ(en )| ≤ (sup |λn |) θn an φ(en )
n
n n n
X X
= (sup |λn |) φ(Mθ ( an en )) ≤ (sup |λn |)kMθ ( an en )k
n n
n n
X
≤ (sup |λn |)Kk an en k.
n
n

17
Cette majoration s'étend des ombinaisons P nies aux sériesP onvergentes. On a ainsi
montré que si |bn | ≤ |an |, ∀n ≥ 1, et si an en onverge, alors bn en onverge, puisqu'elle
vérie, par la majoration pré édente, le ritère de Cau hy.

Exer i e : Montrer que si (E, k k) est un espa e réexif, la base duale de toute base
in onditionnelle de (E, k k) est elle-même in onditionnelle.
Dans le as d'un espa e de Hilbert (V, h, i), il est lair que toute base orthonormée
est in onditionnelle. La propriété suivante, plus faible que l'orthogonalité, assure en ore
l'in onditionalité.

Dénition : Le système (en )n≥1 forme une base de Riesz dans (V, h, i), si les ombinai-
sons linéaires d'éléments du système (en ) sont denses dans V et s'il existe une onstante
C > 0 telle que l'on ait, pour toute suite nie (cn ) :
1 X X X
|cn |2 ≤ k cn en k2 ≤ C |cn |2 .
C n n n

7 Critères d'in onditionnalité dans les Lp


Fon tions de Radema her :
P
E rivons x ∈ [0, 1[ en base 2, x = ∞n=0 2
−n
xn . La fon tions de Radema her d'ordre n est
dénie par Rn (x) = 2xn − 1, ou de façon équivalente, par Rn (x) = sign(sin(2nx)).
La famille (Rn ), n ≥ 1 onstitue un sytème de fon tions orthonormé sur [0, 1[, formé de
fon tions en es alier, Rn étant onstante sur les intervalles dyadiques d'ordre n (i.e. de la
forme [k2−n , (k + 1)2−n ].
Cette famille n'est pas totale dans L2 ([0, 1]). Nous verrons que le sous-espa e fermé R
engendré par les Rn dans L2 ([0, 1]) a la propriété remarquable que les fon tions dans R
sont dans Lp ([0, 1]), pour tout p ∈ [1, ∞[, et que les normes k kp sur R sont équivalentes
entre elles, pour p > 1.
La onstru tion pré édente s'interprète bien du point de vue probabiliste. Le odage
en base 2 permet d'établir une orrespondan e entre les espa es Ω = {0, 1}N et [0, 1[.
A
P∞une suite ω = (ω1 , ..., ωn , ...) élément de Ω, on fait orrespondre le réel φ(ω) =
1 ω n 2 −n
. L'appli ation φ est borélienne et binunivoque, si l'on prive Ω de l'ensemble
dénombrable formé des suites se terminant par des "1" (les nombres dyadiques ont
deux développements). Elle transporte la mesure produit ( 21 , 21 )N sur la mesure de
Lebesgue uniforme sur [0, 1]. Notons Yn les appli ations oordonnées sur Ω. La famille
des variables aléatoires (Xn )n≥1 dénies par Xn = 2Yn − 1 est formée de v.a. indépendan-
tes, identiquement distribuées et entrées. Les omposées Rn ◦ φ s'identient aux Xn .
Ainsi, les fon tions Rn peuvent être vues omme des variables aléatoires indépendantes de
même loi et entrées. (Ce i implique en parti ulier qu'elles sont deux à deux orthogonales.)

18
Avant d'établir les inégalités de Khint hin, rappelons deux lemmes sur les normes k kp .
Z 1
(7.1) Lemme : La fon tion p → log( |f |p dx) est onvexe pour p > 0.
0
Preuve : Soient α, β > 0 tels que α + β = 1 et p1 ≤ p2 . L'inégalité de Hölder (appliquée
aux fon tions |f |αp1 et |f |βp2 et aux exposants onjugués α1 , β1 ) donne :
Z 1 Z 1 Z 1
αp1 +βp2 p1 α
|f | dx ≤ ( |f | dx) ( |f |p2 dx)β .
0 0 0

On notera que sur [0, 1] on a les in lusions évidentes Lp ([0, 1]) ⊂ L2 ([0, 1]), pour p ≥ 2.
La norme k kp al ulée sur [0, 1] est, d'autre part, une fon tion roissante de p :

(7.2) Lemme : Si f est une fon tion mesurable sur [0, 1], ou plus généralement sur un
espa e muni d'une mesure de probabilité :
kf kp1 ≤ kf kp2 ≤ ∞, ∀1 ≤ p1 ≤ p2 ≤ ∞.

Preuve : En posant α = p2 /p1 et en prenant β tel que 1/α + 1/β = 1, on obtient :


Z 1 Z 1 Z 1 Z 1
p1 p1 α 1/α β 1/β
|f | 1 dx ≤ ( (|f | ) dx) ( 1 dx) ≤( |f |p2 dx)p1 /p2 .
0 0 0 0

(7.3) Proposition (Inégalités de Khin hin) : Soit (Rn )n≥1 la suite des fon tions de
Radema her. Pour tout p, 1 ≤ p < ∞, il existe des onstantes Ap > 0 et Bp telles que,
pour toute suite nie (an ) de réels, on ait :
X X X
Ap ( a2i )p/2 ≤ k ai Ri kpp ≤ Bp ( a2i )p/2 .
i i i

(2r)!
Pour p = 2r ≥ 2 entier pair, on peut prendre pour B2r la onstante B2r = .
2r r!
Preuve : 1) Considérons d'abord le as p ≥ 2. D'après l'in lusion Lp [0, 1] ⊂ L2 [0, 1] et
l'inégalité kf k2 ≤ kf kp , il sut de démontrer la deuxième majoration. Comme la norme
k kp est une fon tion roissante de p ≥ 1, on peut supposer que p est un entier pair :
p = 2r , où r est un entier ≥ 1.
Faisons
Pn−1 l'hypothèse ré urren e que, pour tous les entiers ℓ tels que 1 ≤ ℓ ≤ r, l'inégalité
deP
k i=1 ai Ri kℓ ≤ B2ℓ ( i a2i )ℓ est vériée, pour toutes les suites (ai ) de longueur n − 1,

ave B2ℓ = (2ℓ)!


2ℓ ℓ!
.
P
Posons Sn (t) = n1 ak Rk (t). On obtient, par la formule du binme :
Z Z 2r
X Z
2r 2r j 2r−j
(Sn ) dt = (Sn−1 + an Rn ) dt = C2r an (Sn−1 (t))j Rn (t)2r−j dt.
j=0

19
La propriété d'indépendan e entre Sn−1 Ret Rn implique que R les intégrales dans la somme
sont égales au produit des intégrales ( (Sn−1 (t)) dt) ( Rn (t)
j 2r−j
dt) et don nulles,
sauf
R pour j pair. Pour une valeur paire de j , j = 2ℓ , on a Rn (t) 2r−2ℓ
= 1 et l'intégrale
Rn (t) 2r−2ℓ
dt est égale à 1. On a don , en utilisant l'hypothèse de ré urren e :
Z r
X Z
2r 2ℓ 2r−2ℓ
(Sn ) dt = C2r an ( (Sn−1 (t))2ℓ dt)
ℓ=0
r
X n−1
X
2ℓ
≤ C2r B2ℓ ( a2i )ℓ (a2n )r−ℓ
0 1
r
X n−1
X n
X
≤ B2r Crℓ (a2n )r−ℓ ( a2i )ℓ = B2r ( a2i )r .
0 1 1

On a utilisé dans la dernière majoration l'inégalité


2ℓ
C2r B2ℓ ≤ Crℓ B2r , ∀ℓ ≤ r,
qui se vérie immédiatement.
2) Pour 1 ≤ p < 2, prenons P
α, β ≥ 0, tels que α + β = 1, pα + 4β = 2 ( e qui est possible
pour 1 ≤ p < 2). Soit Sn = n1 ai Ri . En utilisant la majoration (vériée d'après 1))
Z X
Sn4 dx ≤ 3( a2i )2 ,

et en appliquant le lemme 7.1, nous obtenons :


n
X 4β
a2i = kSn k22 ≤ kSn kpα
p kSn k4
1
√ X 2 1/2 4β
≤ kSn kpα
p [ 2( ai ) ] ;
d'où : 1 β X
4− p α ( a2i )1/2 ≤ kSn kp .

(7.4) Corollaire : Les normes k kp, pour 1 < p < ∞, sont équivalentes sur le sous-espa e
fermé de L2 ([0, 1]) engendré par les fon tions de Radema her.

In onditionnalité dans les espa es Lp


Soient X un espa e mesurable et µ une mesure positive sur X . Considérons les espa es
de Bana h Lp (X, µ) (1 ≤ p ≤ ∞).
Pour p = ∞, L∞ (X, µ), qui n'est pas séparable, ne possède pas de base de S hauder. On
peut montrer que L1 (X, µ)] ne possède pas de base in onditionnelle. Examinons le as
1 < p < ∞.

Désignons par (ek )k≥1 une base de Lp (X, µ), où p vérie 1 < p < ∞. L'utilisation des
inégalités de Khint hin va nous permettre de démontrer le ritère d'in onditionnalité
suivant :

20
P
(7.5) Proposition : Une série de fon tions k fk est in onditionnellement onvergente
dans L (X, µ), pour 1 < p < ∞, si, et seulement si
p

Z X
( |fk |2 )p/2 dx < ∞.
X k
P
Preuve : On peut supposer les fon tions à valeurs réelles. Si la série de fon tions k fk
est in onditionnellement onvergente dans Lp (X, µ), il existe une onstante
P K < ∞ telle
que, pour toute suite de s alaires (an ) vériant |an| ≤ 1, ∀n, on ait : k k ak fk kp ≤ K .
En prenant pour oe ients ak les fon tions de Radema her, on obtient, pour tout
t ∈ [0, 1], Z X X
| Rk (t)fk (x)|p dx = k ak fk kpp ≤ K p .
X k k

Intégrons ette inégalité en t et permutons les intégrales par le théorème de Fubini :


Z Z 1 X X
( | Rk (t)fk (x)|p dt) dx = k ak fk kpp ≤ K p .
X 0 k k

D'autre part, d'après les inégalités de Khin hin, on a, pour tout x :


X X Z 1 X
( fk2 (x))p/2 ≤ Bp k fk (x)Rk (.)kpp = Bp | fk (x)Rk (t)|p dt.
k k 0 k

D'où : Z Z Z
1 X X
p p
K ≥ ( | Rk (t)fk (x)| dt) dx ≥ ( fk2 (x))p/2 dx.
X 0 k X k

De la même façon, on montre :

(7.6) Théorème : Une base (ek )k≥1 est in onditionnelle dans Lp (X, µ), pour 1 < p < ∞
si, et seulement si, il existe une onstante C > 0 telle que l'on ait, pour tout n et toute
suite nie (ak )1≤k≤n de s alaires,
Z X n Z X n Z Xn
1 2 2 p/2 p
[ |ak | |ek | ] dµ ≤ | ak ek | dµ ≤ C [ |ak |2 |ek |2 ]p/2 dµ.
C X k=1 X k=1 X k=1

Preuve : Si (en ) est


P une base in onditionnelle dans L (X, µ), il existe une onstante K
p

telle que, si f = k ak ek est le développement d'une fon tion f dans ette base, pour
tout hoix de signe εn, on ait :
X
k ak εk ek kpp ≤ Kkf kpp .
k

21
On en on lut omme pré édemment qu'on a une majoration de la forme
Z X
( a2k e2k (x))p/2 dx ≤ C1 kf kpp ,
X k
P
pour une onstante C1 . On a don k a2k e2k (.) ∈ Lp/2 (X, µ).

Examinons la situation suivante, dans laquelle nous ne onsidérons que des fon tions à
valeurs réelles. Pour 1 < p ≤ 2, l'espa e de Bana h B = Lp ([0, 1]) ontient
P l'espa e2 de
Hilbert H = L ([0, 1]). Soit (en ) une base orthonormée de H . La ondition |hf, eni| <
2

∞ implique que f est dans H .


P R P
Si l'on a a2n e2n ∈ Lp/2 , ave an = f en dx, alors a2n e2n ∈ Lp/2 est bornée sur un
borélien A de mesure δ > 0 par une onstante C . On a don :
Z X X Z
a2n e2n dx = a2n e2n dx ≤ C.
E E
R P
Si lim inf E e2n dx > 0, e i implique que la série n a2n onverge et don f ∈ H .
Ce i montre en parti ulier que le système (1, cos2πnx, sin2πnx, n ≥ 1) ne forme pas une
base in onditionnelle de Lp ([0, 1]), pour 1 < p < 2. (Le as p > 2 se traite par dualité).

Remarques :
a) Pour une base in onditionnelle (ek ), on a don l'équivalen e :
X X
ak ek onverge dans Lp (X, µ) ⇐⇒ [ |ak |2 |ek |2 ]1/2 ∈ Lp (X, µ).
k k

b) Considérons le as p = 2 et supposons que (ek )k≥1 forme une base in onditionnelle


dans L2 (X, µ) et vérie
Z Z
2
0 < α = inf |ek | dµ ≤ β = sup |ek |2 dµ < +∞.
k≥1 X k≥1 X

Le ritère d'in onditionnalité s'é rit alors :


αX X X
|ak |2 ≤ k ak ek k2L2 (X,µ) ≤ βC |ak |2 .
C k k k

Le système (ek )k≥1 forme don une base de Riesz dans L2 (X, µ).
) Notons que e ritère prouve que les bases in onditionnelles dans un espa e de Hilbert
sont les bases de Riesz, puisque tout espa e de Hilbert séparable est isomorphe à L2 [0, 1].

Si l'on part d'un système (ek )k≥1 qui forme une base in onditionnelle dans L2 (X, µ), par
exemple une base orthonormée, ou plus généralement une base Riesz dans L2 (X, µ), le
problème est her her si la propriété de base in onditionnelle est en ore vraie dans les
espa es Lp (X, µ). Le problème a un sens pourvu que les ek soient dans Lp , e qui est le
as en mesure nie quand les ek sont bornés.

22
Exemples :
1) X est l'espa e [0, 1] et µ désigne la mesure de Lebesgue sur [0, 1] .
Le système trigonométrique (en (x) = e2iπnx , n ∈ Z) forme une base dans haque espa e
Lp ([0, 1]), (1 < p < ∞), mais elle n'est in onditionnelle que pour p = 2.

2) Nous avons vu plus haut l'exemple du système de Haar, version adaptée à l'intervalle.
Le système (eχn )n≥0 forme une base orthonormée dans L2 ([0, 1]), qui aussi une base
in onditionnelle dans haque espa e Lp ([0, 1]) (1 < p < ∞).

3) X est l'espa e R et µ désigne la mesure de Lebesgue sur R.


Le système de Haar sur R peut être déni sur R. Il forme une base in onditionnelle dans
Lp (R) pour (1 < p < ∞).

Ce résultat s'étend aux bases d'ondelettes orthogonales (ψj,k )j,k∈Z, pour toute ondelette
ψ susamment régulière et lo alisée à l'inni.

Référen e :
Joseph Diestel : Sequen es and series in Bana h spa es, graduate texts in mathemati s,
Springer-Verlag.

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Index

absolument onvergente, 16
base de Faber, 12
base de Haar, 11
base de Riesz, 18
base de S hauder, 3
base in onditionnelle, 17
base topologique, 2
bases de Haar généralisées, 12
ritères d'in onditionnalité, 18
fon tions de Radema her, 18
inégalités de Khint hin, 19
in onditionnalité dans les espa es Lp , 20
in onditionnellement onvergente, 16
normalement onvergente, 16
orthogonal, 7
orthonormé, 7
séparable, 2
topologiquement libre, 2
totale, 2

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