Propriétés des bases de Schauder
Propriétés des bases de Schauder
3 Bases hilbertiennes 6
6 Bases in onditionnelles 15
(1.1) En dimension nie, toute base algébrique d'un espa
e ve
toriel E permet de
représenter les ve
teurs de E , et de façon unique,
omme une
ombinaison linéaire
des ve
teurs formant la base. On est, d'autre part, assuré de l'existen
e de
es bases
algébriques. En dimension innie, on peut également montrer le théorème d'existen
e de
bases algébriques en utilisant le lemme de Zorn et l'on dispose don
du même résultat
de représentation : tout ve
teur de l'espa
e s'é
rit de façon unique
omme
ombinaison
linéaire nie de ve
teurs de la base. Mais si la dimension de l'espa
e est innie, les bases
algébriques sont généralement non dénombrables.
On montre,
omme appli
ation du théorème de Baire, le résultat suivant : Si (E, k k) est
un espa
e de Bana
h possédant une base (au sens algébrique) dénombrable, alors E est de
dimension nie.
1
Par exemple, sur l'espa
e P des polynmes en une variable à
oe
ients réels, il n'y a
pas de norme
omplète (En eet P est la réunion dénombrable des ensembles Pk (fermés
pour toute norme,
ar de dimension nie) formés des polynmes de degré k, k entier ≥ 0.
Or
haque Pk est d'intérieur vide,
e qui interdit l'existen
e d'une norme
omplète sur
l'espa
e ve
toriel de polynmes, d'après le théorème de Baire.
On remarque également qu'il n'est pas possible, en général (sauf ex
eption,
omme par
exemple dans le
as de l'espa
e ve
toriel des polynmes), d'expli
iter des bases (au sens
algébrique) sous une forme
onduisant à des
al
uls réalisables.
Il est don
préférable de
hanger de point de vue, en
onsidèrant des espa
es ve
toriels
normés et des systèmes de ve
teurs formant une base dans un sens topologique. La notion
de base devient alors une notion d'analyse, qui né
essite l'usage de passages à la limite
(
onvergen
e de séries). La représentation des ve
teurs sous forme de séries fait intervenir
une innité de ve
teurs de base, mais dans le
as des espa
es normés séparables (i.e.
possédant un sous-ensemble dénombrable dense), où nous allons nous pla
er, la base
elle-même est une famille dénombrable, et il est souvent possible d'expli
iter des bases
topologiques permettant les
al
uls numériques.
Ce
i nous
onduit à pré
iser la notion même de base, à étudier leur (plus ou moins bonnes)
propriétés et à poser le problème de leur existen
e. Existen
e et propriétés sont liées aux
propriétés géométriques des espa
es normés envisagés.
• Quelques dénitions
(1.2) Soit E, k k) un espa
e ve
toriel (sur R ou C) normé.
Notons vect(ej , j ∈ J) l'espa
e ve
toriel engendré par les ve
teurs d'une famille (ej )j∈J ,
J étant un ensemble d'indi
es, et vect(ej , j ∈ J) sa fermeture au sens de la norme k k.
Une famille (ei , i ∈ I), où I est ensemble d'indi
es, de ve
teurs de (E, k k) est appelée
base topologique de (E, k k), si les propriétés suivantes sont vériées :
1) la famille est totale dans (E, k k), i.e. tout ve
teur de E est limite en norme de
ombinaisons linéaires nies de ve
teurs pris dans le système (ei ) (on a don
E =
vect(ej , j ∈ J)) ;
Contrairement aux bases algébriques, l'existen
e de bases topologiques n'est pas assurée.
La raison en est que la réunion d'une famille
roissante de systèmes topologiquement libres
peut ne pas l'être,
omme le montre l'exemple suivant :
Dans (ℓ∞ (N), k k∞)
onsidérons les ve
teurs : e0 = (1, 1, · · · , 1, · · ·), en = e0 +
(0, 0, · · · , 0, 1/n, 0, · · ·), n ≥ 1.
Les familles (e0 , · · · , en ) sont libres, pour tout n ≥ 1, mais on a limn ken − e0 k = 0.
2
L'argument du lemme de Zorn appliqué à des systèmes libres ordonnés par in
lusion, utilisé
pour
onstruire les bases algébriques, ne s'applique don
pas dans le
adre topologique.
En renforçant la notion de base topologique, on est
onduit à la dénition suivante :
(1.3) Dénition : Etant donné un espa
e ve
toriel normé (E, k k), on appelle base de
S
hauder toute suite (ek )k≥1 de ve
teurs de E ayant la propriété suivante :
pour tout ve
teur x ∈ E , il existe une suite unique de
oe
ients (ak (x)) telle que
n
X
lim kx − ak (x)ek k = 0. (1)
n→∞
1
(1.4) Remarques :
1) S'il existe dans (E, k k) une base de S
hauder, alors (E, k k) est séparable.
On notera que les espa
es ren
ontrés (dans les situations
lassiques d'analyse) sont souvent
séparables. Mais il y a des ex
eptions. Par exemple l'espa
e des suites bornées muni de la
norme uniforme (ℓ∞ (N), k k∞) n'est pas séparable.
2) L'ordre dans lequel sont énumérés les ve
teurs de la base doit être pré
isé. En
parti
ulier, les systèmes de ve
teurs obtenus en permutant les ve
teurs d'une base de
S
hauder ne forment plus né
essairement une base de S
hauder.
3) L'uni
ité des
oe
ients an (x), pour un ve
teur x donné, montre que les appli
ations
x → an (x) dénissent des formes linéaires sur E .
L'uni
ité des développements montre que les Pn forme une famille de proje
teurs vériant :
Pm ◦ Pn = Pn ◦ Pm = Pn , si m ≥ n. (2)
L'existen
e d'une base de S
hauder est équivalente à la donnée d'une suite de sous-espa
es
de dimension nie (En ) et d'une suite de proje
teurs (Pn ), Pn : E → En vériant (2) et
tels que
lim kx − Pn xk = 0, ∀x ∈ E.
n
3
Pn
de En telle que Pn(x) = 1 ak (x)ek . La famille (ek )k≥1 est alors une base de S
hauder de
(E, k k).
Une base algébrique dans un espa
e de dimension nie est évidement une base dans le sens
de la dénition pré
édente. Les bases orthonormées dans les espa
es de Hilbert forment
une
lasse parti
ulièrement importante de base de S
hauder. Nous rappelerons le prin
ipe
de leur
onstru
tion. Nous donnerons également d'autres exemples de bases de S
hauder
en dimension innie.
Notons que le problème de l'existen
e d'une base de S
hauder dans un espa
e de Bana
h
séparable, posé depuis Bana
h, a été résolu par la négative en 1972 par Eno.
(2.1) Soit (E, k k) un espa
e ve
toriel normé. Dans la suite, nous dirons simplement base
pour désigner une base de S
hauder de l'espa
e. Soit (ek )k≥1 une base dans
et espa
e.
Pn
Pour
haque x ∈ E , la suite (k 1 ak (x)ek k, n ≥ 1) est bornée, puisqu'elle
onverge en
norme. Posons n
X
|||x||| = sup k ak (x)ek k = lim sup kPm xk. (3)
n≥1 n 1≤m≤n
1
implique l'inégalité
kxk ≤ |||x|||, ∀x ∈ E,
e qui assure que |||.||| est une norme.
Montrons que les normes k k et ||| ||| sont équivalentes, si l'espa
e est
omplet.
(2.2) Proposition : Si (E, k k) est un espa
e de Bana
h et (ek )k≥1 une base dans
et
espa
e, la norme ||| ||| dénie par (3) est équivalente à k k : il existe une
onstante K
telle que
n
X
k ak (x)ek k ≤ Kkxk, ∀n ≥ 1.
1
4
Pour n xé, la suite (Pn xk )k≥1 est de Cau
hy et don
onvergente. Soit yn la limite. Comme
les appli
ations linéaires en dimension nie sont
ontinues, on a Pm xk = Pm (Pnxk ) →
Pm yn ,Ppour m ≤ n ; d'où Pm yn = ym , pour m ≤ n. On peut don
é
rire yn sous la forme :
yn = n1 bk ek .
Il en résulte que, pour un espa
e de Bana
h (E, k k), la suite des proje
tions (Pn ) est
uniformément bornée : d'après la proposition, il existe K tel que
kPn xk ≤ Kkxk, ∀n ≥ 1.
Ce
i implique en parti
ulier qu'une base de S
hauder dans un espa
e de Bana
h est une
base topologique.
Une base est dite monotone si kPnk = 1, ∀n ≥ 1 (la
onstante K de la proposition (2.2)
vaut 1).
La proposition suivante donne une
ara
térisation des bases (de S
hauder), utile dans les
exemples.
(2.3) Proposition : Une suite (en )n≥1 de ve
teurs non nuls dans un espa
e de Bana
h
(E, k k) est une base de S
hauder si, et seulement si, les deux
onditions suivantes sont
vériées :
i) il existe une
onstante K telle que
n
X m
X
k ai ei k ≤ K k ai ei k, ∀ les s
alaires ai , ∀n < m;
1 1
Preuve : Notons d'abord que la suite des normes (|||Pnx|||)n≥1 est
roissante, d'après :
|||Pn x||| = sup kPk Pn xk = sup kPk xk.
k 1≤k≤n
5
Si (en ) est une base, la proposition (2.2) implique, pour n ≤ m,
kPn xk = kPn Pm xk ≤ |||Pmx||| ≤ KkPm k.
Propriété de dualité
(2.4) Les appli
ations
oordonnées e∗n : x ∈ E → an (x) ∈ C sont linéaires,
ontinues,
d'après la proposition (2.2), don
dénissent des éléments du dual de (E, k k). Le système
({en , e∗n })n≥0 est bi-orthogonal (i.e. e∗m (en ) = δn,m ).
Si (E, k k) est un espa
e réexif, le système (e∗n )n≥0 forme une base dans E ∗ , appelée base
duale de (en )n≥0 .
P
Tout élément φ ∈ E ∗ peut s'é
rire φ = k φ(ek )e∗k , la
onvergen
e de la série ayant lieu
pour la topologie faible :
n
X n
X n
X
|φ(x) − φ( ak (x)ek )| = |φ(x) − φ(ek )e∗k (x)| ≤ kx − ak (x)ek k kφk → 0.
1 1 1
Nous allons maintenant donner des exemples de bases de S
hauder, en
ommençant par
l'exemple le plus simple et le plus important,
elui des bases hilbertiennes.
3 Bases hilbertiennes
(3.1) Une propriété fondamentale des espa
es de Hilbert (ou simplement pré-hilbertiens)
est l'existen
e de bases hilbertiennes. Rappelons brièvement leurs propriétés et leur
onstru
tion.
Soit V un espa
e pré-hilbertien muni d'un produit s
alaire h , i et de la norme asso
iée
au produit s
alaire.
6
T
Il est
lair que si V0 et V1 sont orthogonaux, on a V0 V1 = {0} et que V0⊥ est un
sous-espa
e ve
toriel fermé de V .
(3.2) Dénitions : On dit qu'une famille (ui)i∈I de ve
teurs dans V forme un système
orthogonal si
hui, uj i = 0, ∀i 6= j.
Si, de plus, la famille vérie kui k = 1, ∀i ∈ I , le système est dit orthonormé.
Une
onséquen
e de
e lemme élémentaire est qu'un système orthonormé P est une famille
libre : si (ui )i∈I est une famille orthonormée, toute relation de la forme i∈J ci ui = 0,
pour un sous-ensemble ni J de I et des s
alaires ci dans C implique ci = 0.
(3.4) Lemme : Si (ui, · · · , un) est une famille orthonormée dans V , pour tout x dans V ,
on a, ∀λ1 , · · · , λn ∈ C,
n
X n
X n
X
kx − λi ui k2 = kx − hx, ui iuik2 + |λi − hx, uii|2 ,
1 1 1
n
X n
X
kx − hx, ui iuik ≤ kx − λi uik,
1 1
et en parti
ulier (λ1 = · · · = λn = 0)
n
X n
X
2 2
kxk = kx − hx, ui iuik + |hx, uii|2 ,
1 1
Pn
Preuve : Le ve
teur x − 1 hx, ui iui est orthogonal à uj pour j = 1, · · · , n. Ce
i implique :
n
X n
X n
X
2 2
kx − λi u i k = kx − hx, ui iuik + k (λi − hx, uii)ui k2
1 1 1
n
X n
X
= kx − hx, ui iuik2 + |λi − hx, ui i|2 ,
1 1
n
X
≥ kx − hx, ui iuik2 .
1
7
(3.5) Lemme (Inégalité de Bessel) : Si (ui)i∈I est un système orthonormé quel
onque
(ni ou inni) dans un espa
e pré-hilbertien (V, h, i), on a, pour tout x dans V :
X
|hx, ui i|2 ≤ kxk2 .
i
(3.6) Théorème : (
ara
térisation des bases orthonormées) Soit S = (ui )i∈I un système
orthonormé. Les
onditions suivantes sont équivalentes :
(1) (ui ) est un système orthonormé maximal dans V ,
(2) l'espa
e ve
toriel W engendré par les
ombinaisons linéaires nies des ve
teurs ui est
dense dans V , P
(3) pour tout x ∈ V , on a kxk2 = i |hx, ui i|2, (∗)
P
(4) pour tous x, y ∈ V , on a hx, yi = i hx, ui ihy, uii.
Preuve : La relation (∗) est appelée égalité de Parseval. La
ondition "S maximal"
signie que l'on ne peut étendre stri
tement S en un système orthonormé plus grand que
S : il n'existe pas de ve
teur non nul orthogonal à tous les ve
teurs ui de S .
Montrons l'équivalen
e des quatre
onditions.
(1) ⇒ (2) : Si la fermeture W est diérente de V , il existe un ve
teur y non nul orthogonal
à W , don
aux ui et le système S n'est pas maximal.
(2) ⇒ (3) : Soit x quel
onque dans V . Si W est dense dans V ,
X
∀ε > 0, ∃J ni ⊂ I et des s
alaires (λi )i∈J tels que kx − λi ui k ≤ ε.
J
Mais on a :
X X X
kxk2 = k hx, uiiui k2 + kx − hx, ui iuik2 ≤ |hx, uii|2 + ε2 ,
i∈J i∈J i∈J
d'où : X
kxk2 ≤ |hx, uii|2 + ε2 ≤ kxk2 + ε2 ,
i
e qui entraîne l'égalité, ε étant arbitraire.
(3) ⇔ (4) : par "bilinéarisation" de l'égalité de Parseval.
(3) ⇒(1) : Montrons que, sous la
ondition (4), le systèmePS est maximal. Soit y orthogonal
aux ve
teurs ui du système. D'après (3), on a : kyk2 = |hy, uii|2 = 0.
8
Dénition : Une famille S = (ui )i∈I dans un espa
e de Hilbert (V, h, i) vériant les
onditions équivalentes du théorème est appelée base orthonormée dans V .
(3.7) Théorème : Tout espa
e de Hilbert séparable
ontient une famille (nie ou
dénombrable) formant une base orthonormée.
Preuve : La démonstration repose sur le pro
édé d'orthonormalisation de Gram-S
hmidt.
Soit (xn ) une famille dénombrable dans V , dont les
ombinaisons linéaires sont denses.
Nous allons ee
tuer la
onstru
tion par ré
urren
e d'une base orthonormée (un) à partir
de (xn ).
Partons de x1 . Si x1 6= 0, soit v1 = x1 et u1 = v1
kv1 k
, le système {u1 } est orthonormé.
A
haque étape, on soustrait du nouveau ve
teur sa proje
tion sur le sous-espa
e engendré
par les ve
teurs pré
édents et on normalise le résultat.
A l'étape n, supposons
onstruit le système {u1 , · · · , un−1 }. Soit xn′ , pour un indi
e n′ ≥ n,
le premier ve
teur de la suite (xk ) à partir du rang n, tel que xn′ soit indépendant de
{u1 , · · · , un−1 }. (Si
e ve
teur n'existe pas, la
onstru
tion s'arrête au rang n − 1). Posons
n−1
X
vn = xn′ − hxn′ , uk iuk .
1
On note que vn est non nul, d'après l'indépendan
e de xn′ , u1, · · · , un−1. On peut dénir
un = kvvnn k .
Exer
i
e : Soit g une fon
tion dans L2 (R). On suppose que g n'est pas égale presque
partout à une fon
tion
ontinue. Soit V0 le sous-espa
e de L2 (R) orthogonal à g .
9
Montrer qu'on peut
onstruire une base orthonormée de V0 formée de fon
tions
ontinues à
support
ompa
t, mais que
ette base ne peut pas être
omplétée en une base orthonormée
de L2 (R) formée de fon
tions
ontinues.
Le théorème pré
édent assure l'existen
e de bases orthonormées dans un espa
e préhilber-
tien et fournit un pro
édé pour en
onstruire à partir d'un système total. Dans les exemples
on
rets, en parti
ulier dans des espa
es hilbertiens de fon
tions, il est souhaitable d'avoir
des exemples expli
ites de bases. Donnons quelques exemples.
Exemples :
1) Dans ℓ2 (N), soit un = (0, 0, · · · , 0, 1, 0, · · ·), l'élément dont le terme d'indi
e n seul est
non nul et égal à 1. On obtient ainsi la base
anonique qui forme une base orthonormée
dans ℓ2 .
2) Les exponentielles en : x → exp(2πinx), n ∈ Z, forment une base orthonormée de
L2 (T1 ). (On peut utiliser les noyaux de Fejer, qui sont des noyaux de
onvolution formant
une identité appro
hée, pour prouver
e résultat).
3) Il en résulte que (en 1[0,1[ , n ∈ Z) forme une base orthonormée de l'espa
e L2 ([0, 1[)
(l'intervalle [0, 1[ étant muni de la mesure de Lebesgue).
4) Ce
i fournit un pro
édé pour
onstruire des bases orthonormées de L2 (R) : on
ommen
e
par "lo
aliser" les fon
tions (multipli
ation par une "fenêtre"), puis on ee
tue une analyse
de Fourier lo
ale. La famille (en 1[n,n+1[ , n, k ∈ Z) est une base orthonormée de L2 (R).
Néanmoins, si la
onstru
tion est simple, elle présente plusieurs in
onvénients. En parti-
ulier les bases de Fourier dans Lp (T) ne sont pas in
onditionnelles, pour p 6= 2. L'in
on-
ditionnalité est une propriété importante que possèdent les bases orthonormées dans les
espa
es de Hilbert et que nous allons étudier plus loin. On est ainsi amené à
her
her de
meilleures bases de L2 (R), qui soient également de bonnes bases de Lp (R) et des espa
es
fon
tionnels usuels. Les bases d'ondelettes introduites depuis une dizaine d'années dans
leur version a
tuelle répondent à
ette exigen
e. La base de Haar est un exemple prototype
d'une bonne base.
(4.1) Dans l'espa
e (ℓ0 (N), k k∞) des suites tendant vers 0 à l'inni muni de la norme
uniforme, la suite des ve
teurs (en )n≥1 , où en (k) = δn,k , k ≥ 1, forme une base de S
hauder.
De plus
ette base est normalisée (les ve
teurs de la base sont de norme 1) et monotone
(la
onstante K de la proposition (2.2) vaut 1).
On a une propriété analogue dans ℓp (N), 1 ≤ p < ∞.
Dans l'espa
e c(N) des suites
onvergentes muni de la norme uniforme, on obtient une
base de S
hauder en rajoutant au système (en ) pré
édent, le ve
teur (noté e0 ) qui est la
suite identiquement égale à 1 (e0 (k) = 1, ∀k ≥ 1).
10
De même, il est
lair que la base
anonique de ℓp (N) est une base monotone.
• Base de Haar
(4.2) On
onsidère les fon
tions dénies sur l'intervalle [0, 1] de la façon suivante.
Soit χ0 (t) = 1. Pour n = 2k + ℓ, ave
k = 0, 1, 2, ..., ℓ = 0, ..., 2k − 1, on pose :
1, pour t ∈ [ℓ2−k , ℓ2−k + 2−(k+1) [,
χn (t) = −1, pour t ∈ [ℓ2−k + 2−(k+1) , (ℓ + 1)2−k [,
0, ailleurs.
Les
ombinaisons linéaires des fon
tions χn engendrent les indi
atri
es des intervalles
dyadiques [ℓ2−k , (ℓ + 1)2−k [. Ce système est don
total dans Lp ([0, 1]), 1 ≤ p < ∞.
Montrons qu'on a, 1 ≤ p ≤ ∞ :
n
X m
X
k ai χi kp ≤ k ai χi kp , pour 1 ≤ n ≤ m. (6)
i=1 i=1
(La
onstante K de base de S
hauder est don
égale à 1, la base est monotone).
P P
Soient f (t) = ni=1 ai χi (t), g(t) = n+1 i=1 ai χi (t). Ces fon
tions ne diérent que sur un
intervalle dyadique, sur lequel f a une valeur
onstante notée b. La fon
tion g est égale
sur la première moitié de
et intervalle à b+an+1 et sur la deuxième moitié égale à b−an+1 .
L'inégalité
2|b|p ≤ |b + an+1 |p + |b − an+1 |p , pour 1 ≤ p < ∞, (7)
implique le résultat : kf kp ≤ kgkp .
Pour la norme du sup, l'inégalité (7) devient :
|b| ≤ sup(|b − an+1 |, |b − an+1 |. (8)
Les inégalités (7) et (8) impliquent (6) et don
la propriété de base monotone pour le
système (χn ).
La base de Haar est obtenue en normalisant les fon
tions χn . Posons hn = 2−k/2 χn , pour
n = 2k + ℓ, ave
k = 0, 1, 2, ..., ℓ = 0, ..., 2k − 1.
Le système orthonormal ainsi
onstruit,
omme le système (χn ), vérie la propriété de
base monotone : le système de Haar est une base monotone (pour la norme uniforme) de
l'espa
e des fon
tions qu'il engendre au sens de la
onvergen
e uniforme (i.e. l'espa
e formé
des fon
tions qui sont des limites uniformes de
ombinaisons linéaires nies des (hn ). On
vériera que
et espa
e est l'espa
e des fon
tions réglées sur [0, 1]. En parti
ulier, toute
fon
tion
ontinue sur [0, 1] est limite uniforme d'une série donnant son développement
dans le système de Haar. Comme il s'agit d'un système orthonormal, les
oe
ients du
développement d'une fon
tion f sont les produits s
alaires de f ave
les éléments de la
base.
Ce résultat
ontraste ave
le fait qu'il existe des fon
tions
ontinues qui ne sont pas limite
pon
tuelle de leur série de Fourier et a été à l'origine de l'introdu
tion par Haar de la
famille de fon
tions qui porte son nom vers 1905.
11
• Base de S
hauder (ou de Faber)
(4.3) Les fon
tions du système de Haar ont l'in
onvénient d'être dis
ontinues. Par
intégration de
es fon
tions, on obtient les fon
tions (
ontinues, linéaires par mor
eaux)
notées (φn ), qui forment
e que l'on appelle le système de S
hauder (d'où le nom général
de base de S
hauder) également introduit par Faber. Ces fon
tions ne forment plus un
système orthogonal, mais on peut orthonormaliser le système par le pro
édé de S
hmidt.
(4.4) Proposition : Le système de S
hauder (φn ) est une base monotone (i.e K = 1) de
C[0, 1].
Preuve : Les
ombinaisons linéaires des fon
tions φn sont les fon
tions
ontinues linéaires
par mor
eaux sur [0, 1], dont les
hangements de pente ont lieu en des points dyadiques.
Pour tout n, l'intervalle sur lequel φn+1 est non nul
P est tel que les fon
tions φi , pour
1 ≤ i ≤ n sont linéaires. Une somme de la forme ni=1 ai φi , restreinte à
et intervalle,
atteint alors la borne supérieure de sa valeur absolue au bord de l'intervalle, là où φn+1
s'annule, et don
on a bien :
n
X n+1
X
k ai φik∞ ≤ k ai φi k∞ .
i=1 i=1
Considérons la suite (φn ) de fon
tions sur X telle que, φ0 = 1 sur X et φn+1 = 1A1 −1A2 , en
notant A l'atome de Pn redé
oupé en deux atomes A1 et A2 de Pn+1 dans la
onstru
tion
de Pn+1 à partir de Pn .
Montrons par ré
urren
e que, pour
haque n ≥ 1, la famille {φ0 , ..., φn } forme P
une base
de Vn . Soit A l'atome de Pn redé
oupé en deux atomes A1 et A2 . On a 1A = n0 αj φj ,
par l'hypothèse de ré
urren
e et
1 1
1A1 = (1A + φn+1 ), 1A2 = (1A − φn+1 ).
2 2
12
• Propriété de base monotone
Le système (φn ) possède la propriété de "base monotone" exprimée dans le lemme suivant :
Preuve : Notons ψn et ψn+1 les deux fon
tions gurant respe
tivement à gau
he et à droite.
Ces fon
tions dièrent uniquement sur le support de φn+1 qui est l'atome A redé
oupé
dans le passage de Pn à Pn+1 . Sur A, ψn a une valeur
onstante α, tandis que ψn+1 prend
les valeurs α + an+1 , α − an+1 . On a bien |α| ≤ sup(|α + an+1 |, |α − an+1 |).
Notons W l'espa
e des fon
tions àS valeurs réelles sur X qui sont limites uniformes de
suites de fon
tions appartenant à n Vn . Une fon
tion f est don
dans W si, pour tout
ε > 0, il existe n et une fon
tion g "Pn -mesurable" (i.e.
onstante sur les atomes de la
partition nie Pn ) telle que kf − gk∞ < ε.
5.3 Théorème : ToutePfon
tion dans W est la somme d'une série uniformément
onvergente de la forme ∞
0 aj φj .
Ce résultat est la
onséquen
e d'un thèorème général pour les bases monotones dans un
espa
e de Bana
h.
5.4 Théorème : Soit (B, k k) un espa
e de Bana
h. Soit (φj ) une suite dans B de ve
teurs
non nuls dont les
ombinaisons linéaires sont denses dans B et vériant la
ondition (de
base monotone) :
n
X m
X
k aj φj k ≤ k aj φj k, ∀n, m, 1 ≤ n < m. (9)
0 0
13
équivalen
e des normes en dimension nie, les suites (akj ) des
oe
ientsPsont
onvergentes
pour
haque k. Notons aj = limk akj . Il reste à montrer que limn kf − n0 aj φj k = 0.
Soient ε > 0 et L(ε) tel que kfk − fk′ k < ε, ∀k, k′ ≥ L(ε). D'après (10), on a, pour tout
n: n n
X X ′
k akj φj − akj φj k ≤ ε, ∀k, k ′ ≥ L(ε);
j=0 j=0
d'où : n n
X X
k akj φj − aj φj k ≤ ε, ∀k ≥ L(ε).
j=0 j=0
Remarque : Le résultat reste vérié si la
ondition (9) est rempla
ée par : il existe une
onstante K telle que
n
X m
X
k aj φj k ≤ Kk aj φj k, ∀n, m, 1 ≤ n < m.
0 0
14
Pour
ela, il sut de modier
onvenablement la
onstru
tion des fon
tions φn . En
reprenant les notation du début, à
haque étape, si A est l'atome de Pn
oupé en deux
atomes A1 et A2 de Pn+1 , on pose
ψn+1 = (µ(A1 ))−1 1A1 − (µ(A2 ))−1 1A2 .
Les fon
tions ψn forment un système orthogonal dans L2 (X, A, µ). Chaque ψn est de
norme non nulle et on peut normaliser le système (ψn ) pour obtenir un système (hn )
orthonormal dans L2 (X, A, µ).
Notons en
ore Pn la tribu (nie) engendrée par les atomes de la partition Pn et soit P∞
la sous-tribu de A engendré par l'algèbre (au sens ensembliste) formée de la famille des
ensembles Pn mesurables, pour un n ≥ 0.
On vérie que l'espéran
e
onditionnelle par rapport à Pn s'é
rit :
n
X
E(f |Pn ) = hhk , f i hk .
k=0
La base de Haar
onstruite sur [0, 1] vérie en parti
ulier
ette propriété. Elle fournit don
une base orthonormée de L2 ([0, 1]) (pour la mesure de Lebesgue uniforme sur [0, 1]), pour
laquelle il y a
onvergen
e presque-partout.
6 Bases in onditionnelles
Les bases orthonormées dans les espa
es de Hilbert ont des propriétés remarquables. Par
exemple, si (ek ) est une basePorthonormée dans un espa
e de Hilbert,
- la
onvergen
e de la série k αk ek ne dépend que de la suite des modules (|αk |)k≥1 ;
- la
onvergen
e de la série reste in
hangée si l'on permute l'ordre des éléments de la base.
On aimerait étendre
e type propriété en dehors du
adre hilbertien orthonormé. Intro-
duisons pour
ela la notion de
onvergen
e in
onditionnelle.
15
(6.1) Proposition : Pour une suite de ve
teurs (yn ) dans un espa
e de Bana
h (E, k k),
les
onditions suivantes sont équivalentes :
P
i) la série n yπ(n)
onverge, pour toute permutation π des entiers,
P
ii) la série i yni
onverge, pour toute sous-suite
roissante n1 < n2 < n3 < · · ·,
P
iii) la série n θn yn
onverge, pour tout
hoix des signes θn = ±1,
P
iv) ∀ε > 0, il existe n tel que k i∈I yik < ε, pour tout ensemble ni d'indi
es I tel que
inf(i ∈ I) > n.
P
Dénition : Sous les
onditions équivalentes du théorème, on dit quePla série yn est
in
onditionnellement
onvergente. On montre qu'alors la somme yπ(n) ne dépend
pas alors de la permutation π .
On pourra montrer en exer
i
e le résultat suivant :
P
Si yn est une série in
onditionnellement
onvergente, l'appli
ation de {−1, 1}N (muni
de la topologie produit) dans E , dénie par
X
θ = (θn ) ∈ {−1, 1}N → θn yn
16
Dénition : On dit qu'une base (de S
hauder) (en )n≥1 d'un espa
e normé (E, k k) est
une base in
onditionnelle
P , si, pour tout x ∈ E , son développement dans la base (en ),
donné par la série n an en
onverge in
onditionnellement. La proposition suivante donne
diérentes formes équivalentes à l'in
onditionnalité pour une base.
(6.2) Proposition : Pour une base (de S
hauder) (en ) dans un espa
e de Bana
h (E, k k),
les
onditions suivantes sont équivalentes :
i) la famille (eπ(n) ) est une base, pour toute permutation π des entiers ;
P P
ii) pour toute série n an en
onvergente, la série n bn en
onverge, pour toute suite (bn )
telle que |bn | ≤ |an |.
P P
iii) pour toute série n an en
onvergente, la série la série n θn an en
onverge, pour tout
hoix des signes θn = ±1.
Preuve : Soit (en ) est une base de S
hauder dans un espa
e de Bana
h. Nous savons que,
pour tout sous-ensemble ni d'entiers I , on dénit un proje
teur
ontinu PI en posant :
X X
PI ( an en ) = an en .
n n∈I
Enn, montrons qu'il existe une
onstante K telle que, pour toute suite de s
alaires (λn ),
on a : X X
k λn an en k ≤ K sup |λn |k an en k.
n
n
P
En eet, supposons les s
alaires réels. Soit y = λn an en une somme nie. Par le
théorème de Hahn-Bana
h,
P il existe une forme linéaire
ontinue φ de norme 1 telle que
kyk = φ(y) = λn an φ(en ). Soit θn = sgn(an φ(en )). On a :
X X X
k λn an en k ≤ |λn ||an φ(en )| ≤ (sup |λn |) θn an φ(en )
n
n n n
X X
= (sup |λn |) φ(Mθ ( an en )) ≤ (sup |λn |)kMθ ( an en )k
n n
n n
X
≤ (sup |λn |)Kk an en k.
n
n
17
Cette majoration s'étend des
ombinaisons P nies aux sériesP
onvergentes. On a ainsi
montré que si |bn | ≤ |an |, ∀n ≥ 1, et si an en
onverge, alors bn en
onverge, puisqu'elle
vérie, par la majoration pré
édente, le
ritère de Cau
hy.
Exer
i
e : Montrer que si (E, k k) est un espa
e réexif, la base duale de toute base
in
onditionnelle de (E, k k) est elle-même in
onditionnelle.
Dans le
as d'un espa
e de Hilbert (V, h, i), il est
lair que toute base orthonormée
est in
onditionnelle. La propriété suivante, plus faible que l'orthogonalité, assure en
ore
l'in
onditionalité.
Dénition : Le système (en )n≥1 forme une base de Riesz dans (V, h, i), si les
ombinai-
sons linéaires d'éléments du système (en ) sont denses dans V et s'il existe une
onstante
C > 0 telle que l'on ait, pour toute suite nie (cn ) :
1 X X X
|cn |2 ≤ k cn en k2 ≤ C |cn |2 .
C n n n
18
Avant d'établir les inégalités de Khint
hin, rappelons deux lemmes sur les normes k kp .
Z 1
(7.1) Lemme : La fon
tion p → log( |f |p dx) est
onvexe pour p > 0.
0
Preuve : Soient α, β > 0 tels que α + β = 1 et p1 ≤ p2 . L'inégalité de Hölder (appliquée
aux fon
tions |f |αp1 et |f |βp2 et aux exposants
onjugués α1 , β1 ) donne :
Z 1 Z 1 Z 1
αp1 +βp2 p1 α
|f | dx ≤ ( |f | dx) ( |f |p2 dx)β .
0 0 0
On notera que sur [0, 1] on a les in
lusions évidentes Lp ([0, 1]) ⊂ L2 ([0, 1]), pour p ≥ 2.
La norme k kp
al
ulée sur [0, 1] est, d'autre part, une fon
tion
roissante de p :
(7.2) Lemme : Si f est une fon
tion mesurable sur [0, 1], ou plus généralement sur un
espa
e muni d'une mesure de probabilité :
kf kp1 ≤ kf kp2 ≤ ∞, ∀1 ≤ p1 ≤ p2 ≤ ∞.
(7.3) Proposition (Inégalités de Khin
hin) : Soit (Rn )n≥1 la suite des fon
tions de
Radema
her. Pour tout p, 1 ≤ p < ∞, il existe des
onstantes Ap > 0 et Bp telles que,
pour toute suite nie (an ) de réels, on ait :
X X X
Ap ( a2i )p/2 ≤ k ai Ri kpp ≤ Bp ( a2i )p/2 .
i i i
(2r)!
Pour p = 2r ≥ 2 entier pair, on peut prendre pour B2r la
onstante B2r = .
2r r!
Preuve : 1) Considérons d'abord le
as p ≥ 2. D'après l'in
lusion Lp [0, 1] ⊂ L2 [0, 1] et
l'inégalité kf k2 ≤ kf kp , il sut de démontrer la deuxième majoration. Comme la norme
k kp est une fon
tion
roissante de p ≥ 1, on peut supposer que p est un entier pair :
p = 2r , où r est un entier ≥ 1.
Faisons
Pn−1 l'hypothèse ré
urren
e que, pour tous les entiers ℓ tels que 1 ≤ ℓ ≤ r, l'inégalité
deP
k i=1 ai Ri kℓ ≤ B2ℓ ( i a2i )ℓ est vériée, pour toutes les suites (ai ) de longueur n − 1,
ℓ
19
La propriété d'indépendan
e entre Sn−1 Ret Rn implique que R les intégrales dans la somme
sont égales au produit des intégrales ( (Sn−1 (t)) dt) ( Rn (t)
j 2r−j
dt) et don
nulles,
sauf
R pour j pair. Pour une valeur paire de j , j = 2ℓ , on a Rn (t) 2r−2ℓ
= 1 et l'intégrale
Rn (t) 2r−2ℓ
dt est égale à 1. On a don
, en utilisant l'hypothèse de ré
urren
e :
Z r
X Z
2r 2ℓ 2r−2ℓ
(Sn ) dt = C2r an ( (Sn−1 (t))2ℓ dt)
ℓ=0
r
X n−1
X
2ℓ
≤ C2r B2ℓ ( a2i )ℓ (a2n )r−ℓ
0 1
r
X n−1
X n
X
≤ B2r Crℓ (a2n )r−ℓ ( a2i )ℓ = B2r ( a2i )r .
0 1 1
(7.4) Corollaire : Les normes k kp, pour 1 < p < ∞, sont équivalentes sur le sous-espa
e
fermé de L2 ([0, 1]) engendré par les fon
tions de Radema
her.
Désignons par (ek )k≥1 une base de Lp (X, µ), où p vérie 1 < p < ∞. L'utilisation des
inégalités de Khint
hin va nous permettre de démontrer le
ritère d'in
onditionnalité
suivant :
20
P
(7.5) Proposition : Une série de fon
tions k fk est in
onditionnellement
onvergente
dans L (X, µ), pour 1 < p < ∞, si, et seulement si
p
Z X
( |fk |2 )p/2 dx < ∞.
X k
P
Preuve : On peut supposer les fon
tions à valeurs réelles. Si la série de fon
tions k fk
est in
onditionnellement
onvergente dans Lp (X, µ), il existe une
onstante
P K < ∞ telle
que, pour toute suite de s
alaires (an ) vériant |an| ≤ 1, ∀n, on ait : k k ak fk kp ≤ K .
En prenant pour
oe
ients ak les fon
tions de Radema
her, on obtient, pour tout
t ∈ [0, 1], Z X X
| Rk (t)fk (x)|p dx = k ak fk kpp ≤ K p .
X k k
D'où : Z Z Z
1 X X
p p
K ≥ ( | Rk (t)fk (x)| dt) dx ≥ ( fk2 (x))p/2 dx.
X 0 k X k
(7.6) Théorème : Une base (ek )k≥1 est in
onditionnelle dans Lp (X, µ), pour 1 < p < ∞
si, et seulement si, il existe une
onstante C > 0 telle que l'on ait, pour tout n et toute
suite nie (ak )1≤k≤n de s
alaires,
Z X n Z X n Z Xn
1 2 2 p/2 p
[ |ak | |ek | ] dµ ≤ | ak ek | dµ ≤ C [ |ak |2 |ek |2 ]p/2 dµ.
C X k=1 X k=1 X k=1
telle que, si f = k ak ek est le développement d'une fon
tion f dans
ette base, pour
tout
hoix de signe εn, on ait :
X
k ak εk ek kpp ≤ Kkf kpp .
k
21
On en
on
lut
omme pré
édemment qu'on a une majoration de la forme
Z X
( a2k e2k (x))p/2 dx ≤ C1 kf kpp ,
X k
P
pour une
onstante C1 . On a don
k a2k e2k (.) ∈ Lp/2 (X, µ).
Examinons la situation suivante, dans laquelle nous ne
onsidérons que des fon
tions à
valeurs réelles. Pour 1 < p ≤ 2, l'espa
e de Bana
h B = Lp ([0, 1])
ontient
P l'espa
e2 de
Hilbert H = L ([0, 1]). Soit (en ) une base orthonormée de H . La
ondition |hf, eni| <
2
Remarques :
a) Pour une base in
onditionnelle (ek ), on a don
l'équivalen
e :
X X
ak ek
onverge dans Lp (X, µ) ⇐⇒ [ |ak |2 |ek |2 ]1/2 ∈ Lp (X, µ).
k k
Le système (ek )k≥1 forme don
une base de Riesz dans L2 (X, µ).
) Notons que
e
ritère prouve que les bases in
onditionnelles dans un espa
e de Hilbert
sont les bases de Riesz, puisque tout espa
e de Hilbert séparable est isomorphe à L2 [0, 1].
Si l'on part d'un système (ek )k≥1 qui forme une base in
onditionnelle dans L2 (X, µ), par
exemple une base orthonormée, ou plus généralement une base Riesz dans L2 (X, µ), le
problème est
her
her si la propriété de base in
onditionnelle est en
ore vraie dans les
espa
es Lp (X, µ). Le problème a un sens pourvu que les ek soient dans Lp ,
e qui est le
as en mesure nie quand les ek sont bornés.
22
Exemples :
1) X est l'espa
e [0, 1] et µ désigne la mesure de Lebesgue sur [0, 1] .
Le système trigonométrique (en (x) = e2iπnx , n ∈ Z) forme une base dans
haque espa
e
Lp ([0, 1]), (1 < p < ∞), mais elle n'est in
onditionnelle que pour p = 2.
2) Nous avons vu plus haut l'exemple du système de Haar, version adaptée à l'intervalle.
Le système (eχn )n≥0 forme une base orthonormée dans L2 ([0, 1]), qui aussi une base
in
onditionnelle dans
haque espa
e Lp ([0, 1]) (1 < p < ∞).
Ce résultat s'étend aux bases d'ondelettes orthogonales (ψj,k )j,k∈Z, pour toute ondelette
ψ susamment régulière et lo
alisée à l'inni.
Référen
e :
Joseph Diestel : Sequen
es and series in Bana
h spa
es, graduate texts in mathemati
s,
Springer-Verlag.
23
Index
absolument
onvergente, 16
base de Faber, 12
base de Haar, 11
base de Riesz, 18
base de S
hauder, 3
base in
onditionnelle, 17
base topologique, 2
bases de Haar généralisées, 12
ritères d'in
onditionnalité, 18
fon
tions de Radema
her, 18
inégalités de Khint
hin, 19
in
onditionnalité dans les espa
es Lp , 20
in
onditionnellement
onvergente, 16
normalement
onvergente, 16
orthogonal, 7
orthonormé, 7
séparable, 2
topologiquement libre, 2
totale, 2
24