Introduction
Les territoires en particulier les milieux urbains connaissent aujourd’hui de nombreux
défis environnementaux en rapport avec l’industrialisation, le développement
économique, la croissance de la population, l’urbanisation ou encore l’évolution des
modes de vie. Les villes s’urbanisent à grande échelles. Selon les données de
l'OCDE, la population du continent devrait doubler d'ici à 2050. La population urbaine
de l'Afrique subsaharienne représente aujourd'hui 41,25 %, avec un taux de
croissance de 4,5 % par an. En 2020, la population urbaine de l'Afrique était de 567
millions de personnes, contre 27 millions en 1950. D'ici 2050, les villes africaines
devraient abriter 950 millions d'habitants supplémentaires. Suite à cette urbanisation,
on assiste à une forte demande en consommation des habitants en produits
alimentaire, électroniques et par conséquence un fort rejet de déchets de tout genre
dont les déchets liquides, les déchets solides, industrielles etc. La problématique de
la prolifération sans cesse croissante des déchets et leur gestion chaotique dans les
centres urbains, frein majeurs au développement durable, a suscité l'intérêt des Etats
africains qui dès lors, placent cette préoccupation au cœur des débats (B. S.
Dansou, 2018, p.11). Face à cette situation à laquelle les Etats se confrontent, une
gestion efficace doit être mise en place. Les institutions et les Etats se heurtent à ces
problèmes contre lesquels ils développent des stratégies de gestions durables des
déchets. Selon l’objectif 11 du développement durable, il faut « faire en sorte que les
villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et
durables ». Pour répondre donc aux défis actuels, les villes dans leur
développement, leur organisation et leurs gestions, doivent être plus durables et
inclusives.
L’objectif de ce devoir est de relever l’état général de cette situation et d’en
proposer les stratégies conduisant à un développement durable.
Définition des concepts
Déchet :
D’après la loi N° 2008/005 du 30 mai 2008 portant loi-cadre sur l’environnement : «
Est un déchet, tout résidu d’un processus de production, de transformation ou
d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien
meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon ».
Développement urbain durable
Ville durable
La ville durable est un projet politique, un objectif global qui doit guider les
politiques d'aménagement et de développement urbains mais aussi l'ensemble des
politiques d'une collectivité : éducation, formation, solidarité, emploi, ... Certains
aspects de la ville durable ne relèvent pas toujours du domaine de la collectivité
locale : si celle-ci peut venir en aide à des personnes défavorisées, aider les enfants
en difficulté ou encore empêcher l'appropriation de certains biens collectifs par
quelques-uns, elle ne peut intervenir que marginalement sur la répartition des
revenus ou des richesses.
La ville durable doit s'appuyer sur des grands principes qui sont énoncés
depuis plus de vingt ans. Elle doit être solidaire dans l'espace (ne pas reporter sur
les autres populations et écosystèmes ses coûts de développement) et dans le
temps (ne pas reporter sur les générations futures ses propres coûts de
développement). Ababsia meriem, Ouaali narimen, 2013.
Etats des lieux généraux
Selon un rapport de la Banque mondiale intitulé What a Waste 2.0 (a), 2018,
le monde produit 2,01 milliards de tonnes de déchets urbains solides par an, dont au
moins 33 % ne sont pas traités correctement c’est-à-dire dans le respect de
l’environnement. Le volume des déchets produits chaque année va augmenter de 70
% au cours des 30 années à venir, pour s’établir à 3,4 milliards de tonnes selon cette
investigation de la banque mondiale.
Selon le bulletin d’information du Partenariat pour le Développement Municipal
(PDM), l’Afrique municipale, les villes de l’Afrique de l’ouest et du centre produisent
quotidiennement entre 20 000 et 30 000 tonnes de déchets, dont près de la moitié ne
fait l’objet d’aucune gestion. L’Afrique subsaharienne par ans produit 174 million de
déchets qui sont mal géré (What a Waste 2.0 (a), 2018).
Selon l’Organisation de Coopération et de Développement Economique
(OCDE) (2006) cité par R. GBINLO (2010, p. 2), la gestion des déchets ménagers
dans les pays en développement figure parmi les principaux défis environnementaux.
La gestion des déchets urbains est l’une des questions environnementales les plus
préoccupantes pour les pays en développement (N. BIGOU-LARE et al, 2015, p.219
Au Togo, La production moyenne annuelle de déchets dans le Grand Lomé
est estimée à 305340 tonnes dont 89428 sont collectés et enfouis soit un taux de
collecte de 29,29%. En moyenne un individu produit à Lomé 0,45 kg de déchets par
jour soit une production annuelle de 305340 tonnes dans le Grand Lomé. Plus de
89428 tonnes de déchets sont collectés et enfouis soit un taux de collecte de
29,29%.
En outre, le (non) traitement des déchets solides contribue fortement au
changement climatique : il représentait en 2016 presque 5 % des émissions
mondiales de gaz à effet de serre (What a Waste 2.0 (a), 2018).
Stratégie de gestion durable des déchets :
Gestion intelligente des déchets pour nos villes
La gestion efficace de nos déchets est l’un des plus grands défis de notre époque.
Les nouvelles technologies numériques peuvent faciliter les progrès des collectivités,
résidents et entreprises. L’éventail des innovations va des conteneurs à déchets
intelligents, aux technologies de tri autonomes.
L’industrie des déchets et du recyclage tend à exploiter les opportunités qu’offre la
digitalisation.
Il s’agit d’installer un capteur sur la bande de tri qui scanne les déchets
entrants et détecte ses caractéristiques. Au lieu de suivre une routine programmée,
un logiciel traite les données du capteur en temps réel. Le bras robotisé reçoit alors
l’ordre de saisir l’objet ciblé et de le placer dans le conteneur approprié.
Les Technologies information et de communication (TIC) ont pour rôles d’optimiser la
qualité des services urbains ou encore réduire ses coûts. La gestion des matières
résiduelles est l’une des opérations les plus coûteuses pour les villes, en plus d’être
l’une des plus critiqués par leurs résidents. Grâce à l’utilisation des TIC, les
municipalités peuvent non seulement réduire leurs coûts d’exploitation de façon
considérable, mais également informer, sensibiliser et assister leurs citoyens sur la
disposition et la gestion des matières résiduelles.
Pour y en arrivé à cette étape il faut du :
Équipement
Les appareils intelligents comme les tablettes, téléphones portables et autres
périphériques peuvent désormais être installés à bord des poubelles, camions pour
optimiser la productivité des opérations, assurer une preuve d’action de levée. Ces
appareils permettront par exemple de signaler au niveau des opérateurs si les
poubelles sont pleines pour l’évacuation.
Bases de données
L’acquisition d’information en collecte permet la création de rapports détaillés qui
facilitent la prise de décision des équipes de gestion des matières résiduelles.
Différents logiciels et types de bases de données sont disponibles pour adresser
tous les aspects de la gestion des matières résiduelles.
Économie circulaire
Elle a pour objectif de changer de paradigme par rapport à l’économie dite linéaire,
en limitant le gaspillage des ressources et l’impact environnemental, et en
augmentant l’efficacité à tous les stades de l’économie des produits.
Réutiliser :
La réutilisation consiste à se resservir d’une matière à la place d’une nouvelle
matière première. On peut réutiliser une matière, soit par le réemploi (usage
identique), soit par la récupération (nouvel usage). On parle de réemploi quand on
réintègre les chutes de production dans le processus de fabrication. On parle de
récupération quand on utilise un matériau pour un nouvel usage. Il existe, par
exemple, des entreprises qui fabriquent des sacs à main à partir de bâches
publicitaires en plastique qui présentent des défauts d’impressions et qui n’ont pas
pu être vendues aux clients telles quelles.
Recycler :
Le recyclage industriel, consiste à transformer des déchets de manière à ce qu’ils
puissent resservir à la place de nouvelles matières (par exemple : recyclage du
papier dans l’industrie papetière ou dans la fabrication de panneaux acoustiques) ou
de les régénérer afin de les réintroduire dans le circuit de la consommation (par
exemple : les métaux, le verre).
Certaines matières se recyclent à l’infini (métaux, verre), d’autres seulement
quelques fois et nécessitent un apport de matières premières neuves (le papier, le
carton). Certains types de plastiques se recyclent difficilement, voire pas du tout.
Leur usage doit, donc, être réduit.
Valorisation :
C’est la pratique la plus courante, mais pas la plus facile, car elle nécessite un tri
efficace, un stockage sûr et une évacuation par un collecteur spécialisé. Pour la
plupart des déchets inertes, la valorisation peut se faire à un coût très faible. Pour les
déchets dangereux, il en va autrement, car le collecteur doit être agréé et les
procédés de valorisation sont très coûteux.
On distingue la valorisation énergétique de l’élimination par incinération :
La valorisation énergétique utilise les déchets pour leur pouvoir calorifique. On
récupère la chaleur produite par l’incinération (pour la production d’électricité par
exemple) et on évite ainsi l’utilisation d’un autre combustible (charbon, gaz, fuel,
etc.).
L’élimination par incinération ne récupère pas la chaleur produite et a pour
premier objectif la destruction des déchets.
Afin d’orienter chaque déchet vers la filière de recyclage ou de valorisation adéquate,
il faut effectuer le tri des déchets. Le nombre et le type de déchets triés varient
fortement d’un type d’activité à l’autre et d’une entreprise à l’autre.
Les déchets de certaines petites entreprises du secteur marchand et non marchand
(commerces, bureaux, etc.) ne sont pas considérés comme déchets industriels et
peuvent être assimilés à des déchets ménagers et, donc, évacués en tant que tels.
Les déchets dangereux doivent être éliminés via un collecteur agréé, moyennant un
coût financier important. Les déchets facilement recyclables et pour lesquels une
réelle demande existe (papier, vieux fers, etc.) peuvent être vendus et rapportent,
donc, ainsi de l’argent. Une entreprise a, donc, tout intérêt à effectuer un tri efficace
afin de réduire les coûts liés aux déchets payants et d’augmenter le bénéficie lié aux
déchets qu’elle peut vendre.
Pour cela, il faut savoir reconnaître le type de déchet produit et savoir dans quelle
filière il faut le diriger. Il est important de ne pas « polluer » les filières de recyclage à
leur tour et ainsi provoquer une perturbation dans leur bon fonctionnement.
Séparer les déchets solides des déchets liquides.
Séparer les déchets dangereux des autres déchets, pour éviter les
contaminations et éviter les surcoûts de traitement.
Vérifier les incompatibilités de stockage des déchets.
Avant d’évacuer les déchets vers la filière de valorisation ou de traitement adéquat, il
faut les stocker dans l’entreprise. Un mauvais stockage des déchets peut créer des
risques pour la santé (inhalation, contact avec des produits dangereux, heurts,
blessures, réaction chimique pendant la période de stockage, etc.) et pour
l’environnement (épandage de substances liquides sur le sol, etc.) ou peut causer un
incendie (déchets inflammables), une explosion. Il faut, donc, prendre certaines
mesures de précaution afin d’éviter tout risque :
Il faut veiller à stocker adéquatement les déchets dans un endroit spécifique,
En utilisant un conteneur spécifique pour chaque type de déchet ;
Dans des conteneurs résistants et appropriés ;
Avec un volume et un poids limités ;
Facilement ouvrable (par exemple, ouvertures à pédales) ;
Avec un étiquetage correct : indication du contenant, symbole(s) de
danger, date, etc. ;
De préférence dans un lieu couvert et bien ventilé ;
À l’abri des rayons du soleil et éloigné de toute source de chaleur ;
Dans des armoires fermées à clés.
Attentions aux recommandations particulières pour les déchets dangereux
(par exemple, les produits inflammables). Ceux-ci nécessitent des lieux de
stockage spécialement aménagés et doivent être isolés des autres déchets.
Attention aux sources d’énergie calorifique qui peuvent créer un foyer
d’incendie. Si ce foyer démarre au voisinage de déchets mal stockés (par
exemple, des produits dangereux inflammables ou des cartons), ceux-ci
pourront favoriser l’incendie.
http://les.cahiers-developpement-durable.be/entreprendre/09-dechets-gestion-
durable/
LA BOAD octroie une subvention au programme d’appui à la gestion durable des
déchets de la ville de Lomé
ADEME, Agence de la transition écologique, 2018
GBINLO Roch Edgard, Organisation et financement de la gestion des déchets
ménagers dans les villes de l’Afrique Sub-saharienne : Cas de la ville de Cotonou au
Bénin, 238p.