L’hydrogène fait l’objet d’un nouvel engouement mondial : ses utilisations,
actuelles et futures, pourraient éviter le recours aux énergies fossiles dans
plusieurs secteurs d’activité.
Et comme il est possible d’obtenir de l’hydrogène « vert » avec des techniques de
production peu polluantes, celui-ci pourrait jouer un rôle déterminant dans la
transition énergétique mondiale d’ici 2050.
Le 25 mai 2022, le gouvernement du Québec a dévoilé la première Stratégie
québécoise sur l’hydrogène vert et les bioénergies.
Dans cette page :
Produire de l’hydrogène
Utiliser de l'hydrogène
Étude technique
Produire de l’hydrogène
Il existe différentes techniques de production de l’hydrogène. Selon le procédé
choisi, l’hydrogène obtenu pourra être qualifié de noir, gris, bleu, vert, etc.
Pourtant, l’hydrogène est inodore et incolore. Attribuer une couleur à
l’hydrogène est une façon imagée de refléter sa provenance, c’est-à-dire la
matière et les sources d’énergie utilisées lors de son cycle de production.
La production à partir d’énergies fossiles
Actuellement, 95 % de l’hydrogène consommé à l’échelle mondiale est produit à
partir de gaz naturel ou de charbon.
Le vaporeformage du gaz naturel est le mode de production le plus répandu. Il
permet d’obtenir de l’hydrogène gris, produit à partir de gaz naturel, et ce, à
faible coût. Il est également possible de transformer du charbon en gaz pour
produire un hydrogène brun, à partir de lignite, ou noir, à partir d’anthracite.
Ces procédés reposent sur la transformation d’énergies fossiles et génèrent
d’importantes quantités de gaz à effet de serre. La production de 1 kg
d’hydrogène à partir de gaz naturel entraîne l’émission de 9 kg de dioxyde de
carbone (CO2).
Si des étapes sont ajoutées au cycle de production pour capter et stocker le
CO2 émis, l’hydrogène obtenu aura l’appellation d’hydrogène bleu.
La production d’hydrogène vert
L’hydrogène peut être produit par « électrolyse de l’eau » : ce procédé consiste
à faire passer un courant électrique dans l’eau pour décomposer ses molécules
(H2O) et en extraire l’hydrogène.
Si, en plus, le courant utilisé provient d’une source d’énergie renouvelable
(hydroélectricité, énergie éolienne ou solaire), tous les éléments du cycle de
production sont à faible empreinte carbone. L’hydrogène produit porte
l’appellation d’hydrogène vert.
Cette technique de production engendre alors très peu d’émissions de gaz à
effet de serre. L’hydrogène vert représente environ 2 % de la production
mondiale. Ses coûts de production sont actuellement plus élevés que ceux de
l’hydrogène gris.
Il est également possible de produire de l’hydrogène vert à partir de biomasse,
par un procédé de gazéification. Le procédé consiste à chauffer à très haute
température de la biomasse pour en extraire un gaz de synthèse, puis
ultimement de l’hydrogène.
Utiliser de l'hydrogène
L'hydrogène peut être utilisé dans de nombreux secteurs d'activité.
Utilisation dans le secteur industriel
L’hydrogène est déjà intégré dans les procédés industriels suivants :
la production d’acier;
le raffinage du pétrole;
la production d’ammoniac et d’engrais;
des procédés à haute température comme la production de verre.
La plupart des industries ont actuellement recours à l’hydrogène produit à partir
de gaz naturel ou de charbon. L’utilisation de l’hydrogène vert permettrait à ces
entreprises de diminuer leurs émissions de GES et d’améliorer leur bilan
énergétique.
Utilisation dans le secteur des transports
Dans le secteur des transports, l’utilisation de l’hydrogène est encore en
émergence. Deux approches sont actuellement explorées :
utiliser des véhicules électriques avec une pile à combustible fonctionnant
à l’hydrogène;
remplacer les carburants fossiles par des carburants synthétiques,
produits avec de l’hydrogène.
Les véhicules électriques à pile à combustible
Dans les véhicules électriques à pile à combustible, l’hydrogène joue le rôle de
carburant pour produire de l'électricité sur demande. La réaction de l'hydrogène
avec de l'oxygène libère de l’énergie, récupérée sous forme d’électricité et de
chaleur.
Le développement des véhicules à pile à combustible varie selon les secteurs :
Véhicules légers : Quelques modèles de véhicules électriques, équipés de
pile à combustible, ont été commercialisés principalement en Asie; leur
part de marché demeure faible à ce jour.
Véhicules lourds : L’utilisation de l’hydrogène est envisagée pour
décarboner le secteur du transport de marchandises, en particulier pour
le camionnage de longue distance. Les piles à combustible offriront une
grande autonomie avec un temps de recharge minimal.
Transport maritime, ferroviaire et aérien : Des travaux sont en cours
dans différents pays pour commercialiser des solutions durables et
concurrentielles. Par exemple, un train de passagers à l’hydrogène est en
service depuis 2018 en Allemagne, et d’autres pays européens ont
emboîté le pas dans des projets similaires. Un projet d’avion zéro émission
fait également l’objet d’intenses recherches technologiques.
La production de carburants synthétiques
Pour faire fonctionner un moteur thermique, il est possible de remplacer,
entièrement ou partiellement, la consommation d’un carburant fossile par un
carburant synthétique, produit avec de l’hydrogène vert. Les émissions de GES
d’un véhicule sont alors réduites selon la quantité de carburant synthétique
utilisé.
Exemples de carburants synthétiques à base d’hydrogène vert :
ammoniac et méthanol synthétiques, utilisés dans le transport maritime
kérosène synthétique, utilisé dans le transport aérien
essence et diesel synthétiques, utilisés dans le transport routier
L’hydrogène vert représente une solution d’avenir pour aider l’industrie
pétrochimique à augmenter son offre de carburants synthétiques. Quant au
secteur des transports, il pourra, à long terme, tirer profit de ces carburants verts
et trouver des solutions durables pour réduire ses émissions de GES.
On peut aussi combiner de l’hydrogène à du dioxyde de carbone capté à partir
d’émissions industrielles pour produire du gaz de synthèse, une solution de
rechange au gaz naturel d’origine fossile.
Utilisation pour stocker de l’énergie
L’hydrogène peut aussi être utilisé pour stocker de l’électricité. Il est entreposé
temporairement puis utilisé quand les besoins d’approvisionnement en
électricité sont plus importants.
Voici quelques exemples d’utilisations possibles :
Stocker de l’énergie pour l’utiliser dans des régions non raccordées au
réseau électrique. Par exemple, des sites miniers situés dans le nord du
Québec produisent de l’électricité avec du diesel, une source d’énergie
polluante. Ils pourraient avoir recours à l’hydrogène vert pour produire de
l’électricité.
Entreposer de l’énergie pour soutenir la production d’électricité, à partir de
panneaux solaires ou de parcs éoliens. Ces installations fournissent des
quantités d’énergie variables selon la météo. L’excédent d’électricité
produit lorsque la demande est faible pourrait être utilisé pour produire
de l’hydrogène. En période de pointe, l’hydrogène serait reconverti en
électricité en utilisant une pile à combustible. La production d’électricité
d’origine solaire et éolienne pourrait alors mieux répondre aux variations
de consommation.
Utilisation dans le réseau gazier
D’autres utilisations de l’hydrogène vert pourront être développées dans les
prochaines années.
Avec de nouvelles technologies et des normes précises, il sera possible d’injecter
de l’hydrogène directement dans le réseau de gaz naturel, en profitant du réseau
de distribution déjà en place.
Étude technique
Cette étude présente en détails les usages chimiques, énergétiques, physiques,
médicaux et scientifiques de l’hydrogène.