Droit des Obligations : Contrats et Conventions
Droit des Obligations : Contrats et Conventions
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Introduction 4
Leçon 1 : La distinction des contrats 16
Livre I : La formation du contrat 24
Leçon 2 : Le contenu 25
Leçon 3 : la volonté de contracter 45
Leçon 4 : La capacité 67
Leçon 5 : la préparation du contrat 69
Leçon 6 : La conclusion du contrat 80
Leçon 7 : La perfection du contrat 85
Leçon 8 : L’opération contractuelle 90
Leçon 9 : les sanctions de la formation du contrat 94
Livre II : Les effets du contrat 108
Leçon 10 : La loi contractuelle 108
Leçon 11 : L’exécution du contrat 123
Leçon 12 : Les dommages et intérêts contractuels 130
Leçon 13 : La modification de la loi contractuelle 136
Leçon 14 : La position contractuelle 141
Livre III : La caducité du contrat 145
Leçon 15 : l’échéance du terme de l’obligation 146
Leçon 16 : la disparition d’un élément constitutif 152
Livre IV : La résolution du contrat 153
Leçon 17 : La résolution émanant d’une décision 154
Leçon 18 : La résolution automatique 160
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Examen : Un sujet imposé choisi parmi tous les types d’exercices faits en TD.
Introduction
I. La notion de contrat
Le mot contrat dérive du mot latin contraere qui signifie rapprocher ou resserrer.
Son premier emploi juridique a conduit à mettre en avant des situations d’engagements
réciproques. Il y a deux engagements. Plus tard, le même mot a désigné l’hypothèse
dans laquelle deux personnes s’engagent l’une envers l’autre. Plus tard encore, cela
désignera l’acte juridique issu de la volonté de deux ou plusieurs personnes qui sont en
même temps les sujets de cet acte. La définition légale est à l’article 1101 du Code civil,
dans la rédaction de l’ordonnance du 10 février 2016. Il est défini auparavant depuis
1804.
Mais le droit du contrat inscrit dans ce code continue de gouverner tous les contrats
qui ont été conclus avant le 1er octobre 2016 (jour de l’entrée en vigueur de
l’ordonnance de février 2016). Réforme de continuité et de rupture. S’agissant des
éléments de rupture, il faudra les connaître.
Avant la réforme de 2016 le Code civil définissait le contrat donc à l’article 1101.
La plupart des articles du droit nouveau qui reprennent des règles qui existaient ont un
autre numéro ; pas ici. Ancienne définition du contrat : le contrat est une convention par
laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent, envers une ou plusieurs autres, à donner à
faire ou ne pas faire quelque chose.
C’est un acte juridique. Un acte juridique est une manifestation de volonté destinée
à produire des effets de droit. La loi est un acte juridique, comme le jugement, le décret,
la Constitution etc. La différence entre eux : contrairement à la loi, les effets créés par le
contrat ne le sont qu’à l’égard des contractants. En théorie politique, la théorie de la
fiction politique suggère un certain consentement à la loi mais en toute hypothèse ce
n’est pas le même consentement donné avec un contrat. On se soumet dans le contrat à
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sa propre loi, mais le consentement est distendu dans le cadre de la loi et pareil pour le
jugement : le juge est un tiers par rapport au sujet de sa décision.
Le contrat doit être distingué de l’acte unilatéral. L’article 1100-1 nous dit que les
actes juridiques sont des manifestations de volonté destinés à produire des effets de
droit, et ajoute que les actes juridiques peuvent être conventionnels ou unilatéraux (par
exemple le testament ou la reconnaissance d’un enfant : ce sont des actes qui n’émanent
que d’une volonté singulière).
La question débattue : la volonté d’un seul peut-elle créer des obligations ?
Certains pensent que oui, cela s’appelle l’engagement unilatéral. La doctrine est
partagée. Pas pour le prof, c’est possible mais le bénéficiaire de cet engagement doit
cependant y consentir : en effet nul ne saurait être créancier (bénéficiaire d’une
obligation) contre son gré. Il existe dans la jurisprudence des arrêts qui semblent
admettre l’engagement unilatéral. Ceci dit on peut quand même douter qu’il en soit
vraiment ainsi. On a plutôt l’impression que ce que la jurisprudence a admis ce n’est
qu’un contrat unilatéral.
Le contrat est donc le produit d’au moins deux volontés, mais on a des contrats
unilatéraux quand une seule des parties s’oblige envers l’autre. Exemple : la donation.
C’est l’archétype du contrat unilatéral : une seule personne s’engage, le donateur au
profit d’une autre partie. Le donataire quant à lui ne s’engage à rien et pourtant cet acte
est un contrat car on a la rencontre des deux volontés, accord de deux personnes sur un
projet de contrat. On voit que le créancier, le donataire y a consenti par son
comportement donc ce n’est pas un engagement unilatéral, pour cela il faudrait qu’il ne
soit pas d’accord ce qui serait saugrenu.
S’il faut au moins deux personnes pour qu’un contrat existe, il peut y a voir plus de
deux personnes.
Pourquoi le législateur a changé son fusil d’épaule ? Une partie de la doctrine l’a
convaincu de maintenir une distinction qui pourtant était abandonnée depuis longtemps,
la distinction entre le contrat et la convention :
Dans le Code civil on trouve cette idée que le contrat est une convention qui
oblige, alors qu’en réalité le consensualisme a contribué à la fusion du contrat et de la
convention. La réforme de 2016 n’a pas entériné la fusion cependant. La réforme n’est
pas revenue au droit romain en disant que la convention n’oblige pas : elle considère que
la convention c’est le genre des accords de volonté consensuels dont le contrat n’est
qu’une espèce car ce courant considère que le contrat ne peut avoir que pour objet des
obligations et les autres effets de droit ne peuvent être contractuels mais conventionnels.
Cela est contestable pour le prof. On a des effets de droit non obligationnels dans le
contrat. Dans la pratique judiciaire, on constatera combien les sujets du droit confondent
contrat et convention.
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C’est un acte juridique qui se distingue des autres par cela qu’il n’oblige que ses
auteurs. Les tiers, les non contractants, ne peuvent pas être tenus par le contrat. Cela ne
veut pas dire que les tiers peuvent ignorer complètement le contrat. Lorsqu’un tiers est
informé car on a intérêt à ce qu’il le soit, le tiers doit respecter le contrat. Il doit le tenir
pour une réalité légitime et doit donc s’abstenir de faire comme s’il l’ignorait ou pire d’en
contrarier son bon accomplissement. Sinon il commettrait une faute et engagerait sa
responsabilité civile.
Il existe toutefois des dérogations à cela, cas ou le contrat peut créer des droits au
profit d’un tiers (stipulation pour autrui) mais c’est une vraie fausse dérogation. On le
verra. En droit du travail, il existe les accords et conventions collectifs de travail. Ces
accords, sont conclus entre un employeur ou un syndicat d’employeur d’un côté et soit un
syndicat / plusieurs salariés soit des représentants élus du personnels notamment. Or ces
actes ont pour sujet tous les membres d’une collectivité professionnelle donnée. Par
exemple, si c’est une convention d’entreprise, tous les salariés de l’entreprise sont les
sujets de l’accord auxquels ils ne sont pas partie. C’est un processus qui se démarque du
contrat au sens strict.
Chaque fois qu’une personne est assujettie à un acte juridique auquel elle n’a pas
consenti directement, malgré les mots employés, cet acte n’a pas la nature juridique
d’un contrat ou d’une convention même si on l’appelle ainsi. Il a beaucoup plus la
nature d’une loi ou d’un règlement, certes accord de volonté mais pas volonté des sujets.
La volonté peut émaner aussi de représentants.
C’est l’idée exprimée par Rousseau que si l’on cherche à comprendre une société,
on ne peut le faire qu’en convoquant le contrat. A l’état premier, l’homme est doté d’une
liberté et le premier acte social est le renoncement de cette liberté en nouant des liens
avec les autres. Le contrat est la manifestation de cette liberté. Pour JJ Rousseau le
contrat est à l’origine du droit : si ce n’est plus Dieu qui fonde le droit, cela ne peut être
que l’homme. « puisque la force ne produit aucun droit, ne reste donc que les
conventions pour base de toute autorité légitime entre les hommes ».
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En droit privé cette théorie s’est prolongée dans une théorie fameuse : l’autonomie
de la volonté, théorie qui n’est pas contemporaine du Code civil. Cette théorie va
apparaître à la fin du XIXe siècle. Sera promu l’idée que le sujet est un souverain dans
l’ordre du droit, l’aptitude de chaque sujet à créer du droit. il faut encore que le contrat
soit reçu par l’ordre juridique établi. Tout n’est pas qu’autonomie dans le contrat, il y a
aussi de l’hétéronomie, cad la création de la règle grâce à l’intervention d’un tiers que
l’on appellera la puissance étatique. On peut considérer que l’ordre juridique ne pose pas
des conditions qui ignorent la volonté, il ajoute des conditions qui relève de son intérêt.
Le contrat ne peut aller contre les intérêts fondamentaux de la société. Donc pas
d’autonomie absolue de la volonté.
Au bas de la pyramide des normes on a les actes particuliers donc le contrat cède
en principe devant toute norme autre que lui-même, mais ce n’est pas aussi simple que
cela car un espace d’autonomie est reservé au contrat avec le mécanisme de la loi
supplétive. Le problème de cette présentation hiérarchique est qu’elle semble donner au
contrat une place subsidiaire, alors que le contrat met en oeuvre une liberté parmi les
plus essentielles sinon la première des libertés : c’est la liberté individuelle qui a comme
déclinaison la liberté contractuelle.
La DDHC place la liberté comme le premier des DDH. On a (4) la liberté de conclure
un contrat selon son bon vouloir et on a la liberté de ne pas contracter aussi, puis la
liberté de choisir avec qui on contracte ou encore la liberté de donner au contrat le
contenu que l’on souhaite dans le respect de l’ordre public. On se rend donc compte que
la hiérarchie des normes est insuffisante pour expliquer la place du contrat dans les
sources du droit. En effet, la liberté a une valeur constitutionnelle.
Donc si une loi porte atteinte à la liberté contractuelle, même si la loi est inférieure à
la Constitution et le contrat à la loi, comme le contrat met en oeuvre la liberté la loi doit
être déclarée inconstitutionnelle.
Depuis une décision du 10 juin 1998 et surtout du 19 décembre 2000, le CC
affirme que « la liberté contractuelle découle de l’article 4 de la DDHC de 1789 ».
Quand on examine la jurisprudence du CC pourtant, on voit qu’il considère rarement
qu’une loi porte atteinte à la liberté contractuelle. Il affirme qu’en principe s’il y a atteinte,
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on annule la loi, mais 9 fois sur 10 il n’annule pas. Donc on a en théorie une protection
constitutionnelle du contrat, mais en pratique c’est moins évident. Le CC est un allié
du gouvernement, c’est une juridiction de droit public composée d’énarques qui ont une
vision administrative du gouvernement et qui ignorent aussi ce secteur juridique.
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de rester au chômage. Le remède que l’on va inaugurer à partir de la fin du XIXe et que
l’on va utiliser à l’excès jusqu’à aujourd’hui est le droit spécial impératif : le législateur va
promulguer des lois relatives à des contrats différents. On constate qu’il existe une
inégalité de puissance telles entre des parties qu’il ne peut pas y avoir de réelles
négociations puisque la partie la plus forte va imposer ses termes à l’autre.
Au début du XXe, Saleilles invente une formule pour exprimer ce phénomène déjà
ancien auquel la doctrine commence à s’intéresser : cette sorte de contrat est un
« contrat d’adhésion ». Pour lui, le contrat d’adhésion n’est pas un contrat mais une loi
privée càd qu’une partie se comporte comme un législateur privé, ces contrats n’ont de
contrat que le nom. Pendant ce temps là les régimes protecteurs impératifs (droit du
travail, des assurances etc.) vont se multiplier.
À la fin du XXe siècle du coup, la question qui se pose est de savoir si le droit du
Code civil concerne toujours tous les contrats. L’inverse des contrats d’adhésion
s’appellent les contrats de gré à gré (contrats qui jouent un rôle éco majeur entre grandes
entreprises etc.) On se pose la question car le régime d’encadrement dans les contrats
d’adhésion révèle qu’on tient compte de ce que les deux parties ne sont pas les auteurs
du contenu. Donc ce qui caractérise le régime des contrats d’adhésion est que soit la loi
détermine le contenu (= législation impérative comme avec un contrat de travail,
d’assurance) càd qu’on ne reconnait plus aux parties le rôle d’auteurs du contrat soit on
permet au juge de corriger ce que l’une des partie a fait.
On dit que le contrat d’adhésion est bien un contrat. En effet : deux contractants
adhèrent au contrat d’adhésion donc ils y consentent. Certes l’un d’entre eux ne peut
pas le discuter et ne l’a pas rédigé mais ne l’a pas moins voulu. Le fait de ne pas avoir
rédigé ni discuté n’empêche pas d’adhérer. L’analyse a abouti à garder contrat d’adhésion
dans le domaine du contrat. Pour autant : fait qu’un contractant n’ait pas pu négocier ce
contrat interdit de le traiter à tous les égards comme un contrat de gré à gré.
Quelle est la conséquence de cette soustraction de négociation ? Conséquences
majeures pour un contrat de gré à gré, puisque les parties l’ont voulu et l’ont négocié :
contenu de leur accord = intangible, intouchable « sacralisation de la loi contractuelle »
Fouillet : « qui dit contractuel, dit juste ».
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Lando a animé cela, qui a débouché sur un texte des principes du droit européen
des contrats, texte purement doctrinal. Là-dessus la Commission européenne a pris le
relai et a formé un groupe de travail qui a débouché sur le Projet du cadre commun de
référence. Cela a ensuite initié l’élaboration d’un projet de règlement de droit commun
européen de la vente en 2011 qui en réalité proposait aussi aux États en option un
véritable droit commun du contrat. Ce règlement n’a pas encore été adopté.
En France on a un projet dirigé par Pierre Catala qui a publié un projet de réforme
du droit des obligations en 2005, projet assez classique qui se contentait de codifier la
jurisprudence. Le professeur Terré a fait son contre projet en s’inspirant des projets
européens et à partir de la le ministère de la Justice a formé un groupe de travail et a fait
une synthèse des projets. On a eu un premier projet en 2008, un deuxième puis un
troisième en 2013 et là dessus, le gouvernement a pris la décision de réformer (3) le droit
commun des contrats, le droit commun de la preuve des obligations et le régime général
des obligations.
Le gouvernement a donc proposé un projet de réforme par ordonnance (a donné
lieu à un recours devant le CC qui a autorisé le 16 février 2015 le gouvernement à faire
cela dans un délai d’un an). Puis le projet est passé devant le CE et l’ordonnance a
finalement été publiée le 10 février 2016 avec une entrée en vigueur le 1er octobre
2016. Les contrats conclus avant le 1er octobre ont les règles anciennes sauf trois articles
nouveaux déclarés applicables aux contrats antérieurs. L’ordonnance publiée doit être
ratifiée par le Parlement et un projet de loi de ratification doit être présentée dans un
certain délai. En l’occurence le projet de ratification a été posé en juin 2017, a été discuté
à l’automne et finalement la loi a été adoptée et est devenue la loi du 20 avril 2018. Le
droit commun des contrats est donc législatif et non réglementaire donc on peut faire une
QPC au CC.
À l’occasion de la loi de ratification, le Parlement a modifié certaines dispositions de
l’ordonnance donc ce n’est pas une ratification sèche càd pure et simple. Même si ces
modifications sont peu nombreuses elles concernent des innovations. Donc le Parlement
a prévu que les nouvelles dispositions rentreraient en vigueur le 1er octobre 2018 et
donc concerneraient les contrats conclus après cette date.
A. La continuité
Elle se manifeste d’abord par le fait qu’un très grand nombre d’articles du droit
rénové des contrats reprend des articles du droit antérieur et parfois, avec la même lettre,
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Un autre trait de la continuité tient au fait que des principes fondas du droit des
contrats classiques ont été maintenus et parfois renforcés : comme on l’a vu, le
premier principe des contrats est celui de la liberté contractuelle. Le Code de 1804 ne
contenait aucune disposition relative à la liberté contractuelle : elle existait mais le
codificateur n’avait pas pensé qu’elle avait sa place dans cet instrument.
À l’occasion de la réforme de 2016 et de 2018 on a introduit à l’article 1102 une
disposition dédiée à la liberté contractuelle : alinéa 1 « chacun est libre de contracter ou
de ne pas contracter, de choisir son cocontractant et de déterminer le contenu et les
formes du contrat dans les limites fixées par la loi ». Alinéa 2 : précise que cela doit être
fait sous réserve de ne pas heurter les lois qui intéressent l’ordre public. Bref on est dans
la même situation : maintenant elle est inscrite dans le Code civil mais substantiellement
c’était du droit positif.
Article 1103 : « les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont
fait », avant on parlait de convention, là cela concerne la force obligatoire des contrats,
càd qu’ils forment une loi pour les contractants. Ce texte était inscrit à l’article 1134
alinéa 1 au Code de 1804, un des textes les plus éminents. Article 1104 alinéa 1 : « les
contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi ». Ancien article 1134
alinéa 3 : « les conventions doivent être exécutées de bonne foi ». C’est une règle
d’ordre public.
B. La rupture
Le contrat d’adhésion est défini à l’article 1110 nouveau du Code civil avec trois
traits caractéristiques : (1) c’est un ensemble de clauses (2) rédigées unilatéralement et
(3) soustrait à la négociation. Il est désormais opposé à un autre type de contrat qui est
son antonyme : le contrat de gré à gré qui se définit par le fait que ses clauses sont
négociables librement selon l’article 1110 : il n’est pas requis qu’elles aient effectivement
été négociées mais que chaque partie ait été en position de négocier.
On reconnaît donc le contrat d’adhésion pour lui attribuer des règles propres :
Leur esprit est de tirer les conséquences de ce que l’une des parties n’a pas pu
déterminer le contenu du contrat. le risque du contrat d’adhésion est le déséquilibre des
droits et devoirs respectifs. Si l’une des parties tient la plume sans opposition, elle est
encline à favoriser sa condition. Bref on va vérifier que le contrat d’adhésion ne crée pas
de déséquilibre excessif au détriment de l’adhérant. Puisqu’il ne peut pas négocier, c’est
le juge ou le législateur qui va corriger ce déséquilibre en contrôlant le contenu en partie
et en sanctionner les déséquilibres excessifs : immixtion dans le contenu, inédite en
droit commun.
Changement : dans la tradition du Code civil, la règle fondamentale était que
l’équilibre du contrat ne concernait que les parties et jamais le juge et le législateur ne
pouvait s’occuper de l’équilibre du contrat et que désormais, sauf cas particulier, cette
règle ne concerne plus que les contrats de gré à gré.
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2. L’avènement de l’unilatéralisme
Càd les pouvoirs unilatéraux d’un contractant. Certes une partie de ces pouvoirs
avaient été créés par la jurisprudence depuis une vingtaine d’années, mais ils n’existaient
ni dans la loi ni dans la tradition. Dans la tradition du droit commun des contrats, les
parties devaient toujours agir ensemble s’agissant soit de déterminer le contenu, soit
de déterminer le sort du contrat. La tradition française était dominée par l’idée qu’en
matière de contrats, les pouvoirs étaient bilatéraux. Dans le droit nouveau : on admet
que dans certains contrats le prix puisse être fixé par une des deux parties, et admet
qu’en cas d’inexécution, les parties puissent modifier unilatéralement le prix ou décider
unilatéralement de faire exécuter par un tiers au fait du débiteur ou encore de mettre
unilatéralement fin au contrat.
Ces nouveaux pouvoirs, ce sont d’abord ceux que le juge tient de la réception du
contrat d’adhésion : pouvoir de sanctionner le déséquilibre excessif. Ils tiennent aussi au
fait que le juge est investi du pouvoir et du devoir de sanctionner l’abus de prérogatives
unilatérales. Dans tous les cas, le juge va interférer sur le contenu du contrat : par
exemple, prix fixé unilatéralement considéré comme abusif par l’autre partie, le juge va
donner des dommages et intérêts donc économiquement cela revient plus ou moins à
corriger. Le juge devient un acteur comme s’il était une partie, alors que dans la tradition
française, une telle intervention était inconcevable. Le juge n’est plus seulement le
gardien du contrat.
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5. L’abandon de la cause
C’est un instrument juridique qui a joué un rôle majeur dans le droit français des
contrats depuis son invention au MA par les canonistes et qui se retrouve peu dans les
systèmes étrangers, même s’ils ont un équivalent. Le droit romain puisque formaliste,
ignorait la cause. Elle a été inventée par les canonistes donc, cela dans le but toujours le
même de moralisation du contrat selon les valeurs chrétiennes.
La cause a pris deux formes : (1) La cause objective, proxima en latin, qui est la
cause de l’obligation. L’idée est de dire que l’obligation devait être causée càd avoir une
contrepartie. Cela vaut pour les contrats synallagmatiques ou bilatéraux, ceux dans
lesquels les obligations sont réciproques. Exemple : la vente, le vendeur transfère la
propriété et l’acheteur paie le prix, chacun agit pour avoir sa contrepartie : chaque
obligation réciproque crée une cause dans la contrepartie. Le souci des canonistes était
de s’assurer de l’équilibre des contrats.
(2) La cause subjective, causa remota, càd lointaine, ou la cause du contrat. Là c’est
l’idée du but. Exemple : je paie un loyer, le bailleur s’engage à mettre l’immeuble à
disposition, l’obligation principale a une cause, mais je loue cet immeuble pour ouvrir une
maison clause, et le but du contrat peut heurter la morale. Les canonistes soucieux de la
morale ont inventé cette cause pour invalider le contrat dont le but est illicite.
Articles 1131 à 1333 anciens : le premier dit que « l’obligation sans cause, ou sur
une fausse cause ou sur une cause illicite ne peut avoir aucun effet », le second dit que
« la cause est illicite quand elle est prohibée par la loi, quand elle est contraire aux
bonnes moeurs et à l’ordre public ».
Le mouvement anti moraliste du XIXe a fini par l’emporter avec la réforme, alors
même qu’il y a eu des résistances face à l’abandon de la cause. On avait des
inconvénients : on utilisait le même mot pour deux choses différentes : la cause du
contrat, la cause de l’obligation. Par ailleurs, la cause n’avait pas vraiment de sens hors
des contrats synallagmatiques et n’avait donc pas de caractère universel.
Finalement, le législateur de 2016 a abandonné la cause, notamment car il a voulu
rapprocher le droit français des autres droits européens.
Mais le législateur a remplacé la cause par des notions alternatives qui ne
suppriment pas le rôle qu’elle avait. Ainsi, la cause de l’obligation est désormais évoquée
à travers le concept de contrepartie (article 1169), ou encore on a la licéité du but du
contrat qui est une condition de validité (article 1162) : cette dernière est la
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Article 1110 : Alinéa 1 « Le contrat de gré à gré est celui dont les stipulations sont
négociables entre les parties ».
Alinéa 2 : « Le contrat d’adhésion est celui qui comporte un ensemble de clauses
non négociables, déterminées à l’avance par l’une des parties ».
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factuelles qui ont empêché l’une des parties de discuter le projet qui n’avait d’autres
choix en fait que d’accepter ou de refuser en bloc. C’est le coeur du contrat d’adhésion.
A contrario, le contrat de gré à gré est celui dont le contenu est négociable,
même si le projet a été rédigé à l’avance par une seule des parties, ce qui est souvent
le cas. Le critère de la rédaction à l’avance n’est pas décisif pour le gré à gré et en
matière d’adhésion, il est un indice sur la soustraction à la négociation. Ce qui compte
pour le contrat de gré à gré c’est qu’il y ait une possibilité de négocier et non une
négociation est effective.
I. Le contrat consensuel
Nous avons évoqué le phénomène du consensualisme, cette importante cardinale
qui a été donnée à la rencontre des volontés dans l’idée même de contrat, et donc la
notion. C’est une rupture majeure avec les sociétés archaïques dans lesquelles pour qu’un
contrat existe, il fallait que des formes spécifiques soient respectées. Lorsqu’on a rompu
avec cette conception et qu’on a considéré les volontés, on en a déduit que l’essentiel
était que cette rencontre ait lieu. Autrement dit, quelque soit les véhicules de la volonté.
La volonté, c’est une détermination de l’esprit, on l’appelle parfois, considérant la
première étape en droit la volonté interne. Ce qui est efficace juridiquement, c’est la
volonté exprimée, de sorte que celui ou ceux qui doivent en avoir connaissance pour
qu’un contrat existe, puissent accéder à cette connaissance. Mais la volonté interne a une
consistance qui ne peut pas en tant que telle se prêter à l’extériorisation donc il faut la
médiatiser, utiliser des supports comme la parole.
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demeure toujours conçu en fonction de la rencontre des volontés, rien d’étonnant que la
réforme l’ait maintenu.
Ces contrats existent car le législateur entend protéger l’une des parties et
considère que cette protection passe par le recours à certaines formes, qu’elle ne serait
pas assurée par la liberté des formes. Cette protection est parfois dûe à la gravité de
l’acte : le mariage, les donations sont des contrats solennels. Dans d’autres circonstances,
le formalisme est destiné à protéger une partie contre l’autre : contrats conclus entre un
professionnel et un consommateur, dont le contenu est déterminé par le législateur, le
consommateur prendra connaissance de ses obligations avant de s’engager.
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Enfin, quand on lit les articles 1109 et 1172, on peut croire que pour qu’il y ait une
solennité, il doit y avoir une prévision légale : cette impression est erronée. Au nom de la
liberté contractuelle (article 1102), les parties peuvent toujours dans un contrat
préparatoire prévoir que la conclusion du contrat projeté supposera le respect de
certaines formes spécifiques. Ce sont des formes que la loi ne requiert pas. Bref on ne
cantonne pas les sources de solennité à la loi.
Cette figure est critiquée à l’époque contemporaine car pensée comme dépassée.
La jurisprudence a donc décidé que le prêt de consommation (contrairement à la lettre
du Code civil) n’est plus un contrat réel, mais est devenu un contrat consensuel.
En droit civil on a le prêt à usage et le prêt de consommation (en principe gratuits)
: cette distinction est tributaire de la nature de la chose prêtée. Si on prête une chose
unique (comme un véhicule d’occasion = corps certain), c’est un prêt à usage car
l’emprunteur devra restituer cette chose-même qu’il aurait utilisé. Quand le prêt concerne
une chose de genre qui existe en nombre et càd une chose qu’on peut utiliser qu’en la
détruisant matériellement ou juridiquement (comme des aliments, de l’argent par
l’emprunt), on voit qu’elle ne se prête pas aux contrats d’usage qui sont des contrats de
restitution : donc billets utilisés, on ne le rend pas, mais on peut se procurer des billets
différents qu’on va rendre.
Ils sont définis à l’article 1106 du Code civil. « Le contrat est synallagmatique
lorsque les contractants s’obligent réciproquement les uns envers les autres » et a
contrario « le contrat est unilatéral … sans qu’il y ait d’engagement réciproque ». La
réciprocité n’est pas suffisamment éloquente, c’est l’interdépendance des obligations
respectives, bien exprimée par le concept de cause : le vendeur transfert la propriété
CAR l’acheteur lui paie la prime et inversement, même s’il est aujourd’hui question de
contrepartie. Mais l’article 1169, lorsqu’il évoque la contrepartie, il le fait à propos du
contrat onéreux.
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Article 1104 jusqu’en 2016, désormais c’est l’article 1108 qui les définit : « le
contrat est commutatif lorsque chacune des parties s’engage à procurer à l’autre un
avantage qui est regardé comme l’équivalent de celui qu’elle reçoit ». On n’est plus
strictement dans la réciprocité, bien qu’on ait affaire à une contrepartie : on a des
engagements réciproques mais on va s’intéresser à eux sous l’angle de leur valeur
respective. Cette définition consacre la loi du marché. La question de l’équivalence des
choses ne peut être réglée que par les intéressés eux-mêmes : on propose un avantage
regardé comme l’équivalent de ce qu’on reçoit, c’est suffisant à faire l’équilibre
contractuel.
Mais la deuxième phrase sur les contrats d’application pose problème : ils font
PLUS que préciser les modalités d’exécution, ils prévoient aussi des éléments qui ne sont
pas prévus dans le contrat cadre à commencer par la quantité commandée et le prix. Il ne
s’agit pas seulement de mettre en oeuvre le contrat cadre qui contiendrait tout.
Pour le contrat instantané : c’est la prestation caractéristique (et non pas les
prestations, donc dans la vente par ex : transférer la propriété, prestation qui donne sa
singularité à l’opération) qui fait la qualification, et pour la qualification il faut que cette
prestation s’exécute en un trait de temps. Dans un contrat de vente, si on a des
prestations accessoires échelonnées, il reste quand même instantané car la prestation
caractéristique s’exécute en un trait de temps.
Pour le contrat à durée déterminée (ou prédéterminé) : il est affecté d’un terme
extinctif (le terme est un évènement futur et certain qui produit un effet juridique en
l’occurence extinctif). Dies certus : on dit que le contrat est fixé à jour certain, ou dies
incertus : il est incertain dans sa date car est un évènement (ex : quand l’objet du contrat
sera réalisé).
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Pour le contrat à durée indéterminée (ou non déterminé) : la difficulté est celle de
sa cessation, puisqu’on ne connait pas à l’avance le moment ou l’hypothèse d’une
cessation, a priori les parties sont liées éternellement.
Or s’il en était ainsi, il y aurait une atteinte intolérable à la liberté individuelle : être
dans les liens perpétuels d’un contrat, c’est aliéner sa liberté. Le contrat c’est l’exercice
d’une liberté qui opère une réduction de liberté : elle est tolérable quand elle est
provisoire, s’engager dans les liens perpétuels d’un contrat est interdit. C’est la raison
pour laquelle au XIXe siècle, la Cassation a dégagé un principe qui n’existait pas dans
le Code civil : les contrats conclus sans prédétermination de durée peuvent prendre fin à
tout moment sur simple décision unilatérale, l’une ou l’autre des parties, assortie d’un
préavis suffisant.
Ce que la jurisprudence et la loi maintenant permet, c’est de fixer donc
unilatéralement le terme extinctif, puisqu’il n’a pas été fixé bilatéralement au début et
puisqu’il n’est pas possible de rester lié éternellement à un contrat.
C’est une distinction doctrinale. Les contrats échange supposent un échange entre
un bien et un service. Les contrats organisation sont, par ex les contrats de sociétés pour
mettre en place un projet commun. On a des règles en partie différentes.
À Rome, tous les contrats sont nommés mais avec la montée en puissance du
consensualisme et l’apothéose avec le Code de 1804, les contrats innommés deviennent
la référence car on réflechit en conception unitaire du contrat à partir du rôle de la
volonté, donc peu importe désormais qu’un contrat ait un nom connu car la volonté est le
principal facteur et il a un droit dédié : le droit commun. Naturellement, les contrats
innommés sont assez rares car le spectre des contrats nommés est très vaste. Mais de
nouvelles figures contractuelles émergent et ne correspondent à aucun schéma
prééxistant. Par exemple, la franchise était un contrat innommé qui a trouvé toute sa
place dans le paysage juridique français grâce à l’article 1107 de l’époque, pareil pour le
contrat de publicité.
Les droits spéciaux s’ajoutent au droit commun : la question est de savoir comment
cohabitent le droit commun et le droit spécial lorsqu’il en existe un. La règle de résolution
du contrat est « specialia generalibus derogant » : la règle spéciale est plus proche, plus
pertinente donc on l’applique si le droit de la vente dit blanc et le contrat commun dit
noir.
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Leçon 2 : Le contenu
Section 1 : La prestation
Dans le Code de 1804, il n’est pas question de prestation mais beaucoup question
d’objet, dans des sens multiples :
- L’objet du contrat étaient les obligations.
- L’objet de l’obligation était la prestation.
- L’objet de la prestation était la chose.
I. L’existence de la prestation
Le contrat c’est une projection d’un futur, on organise ce qui doit être fourni par une
personne à une autre, c’est pourquoi la prestation est la préfiguration de ce qui sera
fourni. C’est l’anticipation, et la fourniture de la prestation viendra avec l’exécution du
contrat qu’on peut considérer comme la concrétisation de la prestation. La prestation a
donc toujours une dimension future. La loi quand elle parle de prestation présente veut
dire que la prestation peut avoir un objet qui existe au jour du contrat, ce qui ne veut pas
dire qu’elle est exécutée au jour du contrat : elle est exécutable au jour du contrat.
Il peut aussi y avoir un objet qui n’existe pas au jour du contrat : on est juste un peu
plus dans le futur mais cela n’aggrave en rien les choses, on a juste quelques problèmes
potentiels : incertitude plus grande donc on cherchera des remèdes pour exécuter de
façon forcée.
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Si un objet futur le demeure à jamais càd que la personne ne remet pas tel bien par
exemple, le contrat ne sera pas annulé comme si une condition de validité avait failli,
mais il sera résolu, ce qui est la sanction de l’inexécution. En effet, le débiteur d’une
chose future se voit imposer une obligation spécifique qui consiste à rendre la chose
future présente.
Article 1163 alinéa 2 du Code civil : la prestation doit par ailleurs être possible.
C’est une vieille exigence qui tombe sous le sens.
Par exception, certains contrats de chose future sont illicites pour une raison de
protection du moralisme : ainsi on interdit des contrats ayant comme objet une
succession future, on ne peut pas visiblement vendre ses droits dans la succession de ses
parents encore vivants : c’est une substitution d’héritiers, et on estime que c’est une
spéculation sur la mort car l’acheteur souhaite que la personne décède. Ils étaient
prohibés par l’article 1130, et le droit commun ne l’a pas repris mais le droit des
successions le confirme.
A. La définition de la prestation
a) L’obligation de donner
Tandis que pour d(autres auteurs dont le prof, il y a la place pour une obligation de
transfert de la propriété. On ne peut même comprendre le contrat translatif sans cette
obligation.
La chute est que le législateur de 2016 a pris le partie par ceux qui nient
l’existence d’obligation de donner. Ils ne parlent plus du tout d’obligation de donner et
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d’autre part quand ils présentent le transfert de la propriété, il le fait en des termes
montrant qu’il se rallie à l’idée qu’il y a là un effet légal et non pas la matière d’une
obligation.
Il suffit de regarder l’article 1196 nouveau « Dans les contrats ayant pour objet
l'aliénation de la propriété ou la cession d'un autre droit, le transfert s'opère lors de la
conclusion du contrat. » Donc on a l’impression que le transfert se fait de lui même par
intervention de la loi, ce n’est plus le mécanisme débiteur. On peut comparer avec
l’ancien article où il est question d’obligation de donner.
b) L’obligation de prester
C’est une obligation qui n’existe pas mais qui correspond à une réalité : le
praestare est la mise en dispo temporelle d’une chose, donc à charge d’une dispo. Par
exemple dans le louage : le locataire peut jouir d’une chose pendant la durée du bail, et à
la fin on doit restituer la jouissance au bailleur. De même pour le prêt à usage.
Là aussi donc, il est regrettable que le législateur de 2016 n’est pas codifié des
obligations bien existantes.
Quand la loi classique nous disait : l’obligation consiste à donner ou faire quelque
chose, le mot chose avait quelque chose de différent. Donner quelque chose est en
relation avec un bien, alors que faire qlq chose c’est un service.
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Le mot chose recouvre donc les biens, les services (qui en droit ne sont pas des biens).
Donc quand on veut déterminer en quoi consiste faire qlq chose il faut définir l’activité.
Cependant, cette activité peut avoir pour objet un bien —> Il y a donc un double niveau
de définition.
Pour être conclu, un contrat suppose qu’il se base sur les éléments essentiels d’une
opération contractuelle.
Peut on concevoir, alors, qu’un contrat soit CCL si une partie de la prestation n’a
pas été déterminée ? Cela est possible car un accord se fait initialement sur les modalités
de détermination ultérieure. C’est ce qu’on appelle la déterminabilité. Equivalence
légale entre détermination et déterminabilité. C’est tout à fait logique, car l’essentiel est
qu’il y ait un accord. La déterminabilité est une détermination indirecte.
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Ce qui est toutefois interdit c’est que l’on se mette d’accord pour dire « il faudra
qu’on se mette d’accord ». On ne peut retenir comme moyen de détermination ultérieure
un nouvel accord, il faut que ce moyen ne soit pas tributaire de la volonté des parties.
Cette position JP a été codifiée par la loi dans l’article 1163 alinéa 3 « La prestation
est déterminable lorsqu'elle peut être déduite du contrat ou par référence aux usages ou
aux relations antérieures des parties, sans qu'un nouvel accord des parties soit
nécessaire. ».
Ce que le Ccivil n’admet pas c’est le fait de devoir passer par un nouvel accord des
parties, où de renvoyer à la décision unilatérale et extérieure d’une partie. La clause qui
fixerait cela est en principe nulle. C’est discutable : puisque les 2 parties sont d’accord
pour que la décision ultérieure de l’une détermine tel élément de la prestation, alors on
pourrait voir dans cette décision ultérieure une décision bilatérale « je vous investis du
pouvoir de décider pour nous ».
En FR, la réforme de 2016 a marqué son recul par rapport aux évolutions JP de
1995 en décidant que le prix en principe pouvait être fixé par une seule des parties pour
vue qu’une clause l’investisse d’un tel pouvoir. 4 arrêts de la CCass du 1er déc 1995
allaient dans ce sens. Jusqu’à ces arrêts de revirement, la CCass annulait toute clause de
fixation ultérieure du prix.
Le domaine de cette JP était à priori très large : l’arrêt qu’on doit commenter n’évoque
que les contrats cadres mais dans d’autres cela pouvait concerner tous les contrats.
—> domaine donc réduit par la réforme de 2016 par rapport à 1995, car ce sont
les conceptions classiques du contrat qu’ils l’ont emporté ie tout doit être convenu par les
deux. Ils oublient cependant que dans tous les pays avoisinants cela existe.
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Dans la JP de 1995, on avait introduit comme garde fou la possibilité pour le juge
soit de résilier le contrat cadre lorsque le prix était abusif, soit ordonner des dommages et
intérêts. Indirectement, cela forme une correction du prix et c’est l’illustration d’un
pouvoir nouveau du juge.
Ceci a été codifié à l’art 1164 du Ccivil pour ce qui est du contrat cadre : « Dans les
contrats cadre, il peut être convenu que le prix sera fixé unilatéralement par l'une des
parties, à charge pour elle d'en motiver le montant en cas de contestation.
En cas d'abus dans la fixation du prix, le juge peut être saisi d'une demande tendant à obtenir
des dommages et intérêts et le cas échéant la résolution du contrat. »
On retrouve bien l’essentiel de la JP de 1995, sauf que le domaine est restreint au contrat
cadre, et qu’il y a obligation de motivation de la décision du prix. Il faut face à un pv un contre pv
et ce pouvoir est toujours accompagné d’une obligation de motivation. ainsi par exemple, un
jugement doit être motivé depuis la révolution FR. En matière de fixation unilatérale du prix,
désormais l’auteur de la fixation devra fournir à l’autre partie qui conteste le prix devra expliquer
le raisonnement. Le juge apprécie.
Ce sont tous les contrats dont l’objet est un service fourni à un débiteur indépendant (par
opposition au débiteur salarié).
On trouve des conventions comme le mandat, le contrat d’entreprise qui organisent des
services particuliers.
Dans tous ces contrats, une solution JP existait et était même antérieure au code :
- Le contrat est valable même si le prix n’a pas été fixé
- Quand le prix n’a pas été fixé, le juge a le droit de le faire si les parties ne se mettent
pas d’accord après accomplissement du service.
- quand les parties ont fixé un prix initialement, le juge peut tout de même le réviser
après exécution du contrat si on lui démontre qu’il est excessivement inférieur ou
supérieur à la valeur réelle du service.
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La dessus est arrivé l’article 1165 du Ccivil. «Dans les contrats de prestation de
service, à défaut d'accord des parties avant leur exécution, le prix peut être fixé par le
créancier, à charge pour lui d'en motiver le montant en cas de contestation.
En cas d'abus dans la fixation du prix, le juge peut être saisi d'une demande tendant à obtenir
des dommages et intérêts et, le cas échéant, la résolution du contrat. »
Le texte est donc très différent de la JP. Le texte dit bien « à défaut d’accord des parties. »
Si les parties ont prévu un prix avant la CCL du contrat, est ce que le juge pourra
toujours la réviser avant accomplissement du service ?
Certains auteurs estiment que cette JP conserve sa pleine validité, car le législateur
n’aurait pas expressément dit le contraire. Une bonne partie de la doctrine considère que
cette JP est caduque : le législateur le dit implicitement, il s’intéresse au prix du contrat
de prestation de service et prévoir des solutions différentes. Le système mis en place est
alternatif, comme il ne l’a pas marqué c’est qu’il l’a aboli. C’est le point de vue du prof.
Question non tranchée par ce texte : si les parties ont fixé un prix, que le service a
été fourni, et qu’une des parties estime que c’est trop ou pas assez cher. Une des parties
peut elle saisir le juge pour rééquilibrage ?
Avant c’était possible, or l’article 1165 ne dit rien.
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Si l’on veut faire le bilan de tous les textes qui évoquaient l’idée, on citera aussi l’ancien
article 1108, qui évoquait dans son ancien article une « cause licite », c’est cette idée fait
écho à l’article 1162 qui exige parmi les conditions de validité un « contenu licite ».
L’ancien article 1128 disposait que « Il n'y a que les choses qui sont dans le commerce qui
puissent être l'objet des conventions. », l’ancien article 1131qui disposait que
« L'obligation sans cause, ou sur une fausse cause, ou sur une cause illicite, ne peut avoir
aucun effet. », et enfin l’article 1133 disposait que « La cause est illicite, quand elle est
prohibée par la loi, quand elle est contraire aux bonnes moeurs ou à l'ordre public. » et
expliquait donc quand est ce qu’une cause est licite.
Première idée générale est que cette exigence de licéité n’est pas limitée aux seuls
cas dans lesquels la loi le précise expressément. Autrement dit, il est toujours possible au
juge de déclarer un contrat ou une stipulation contractuelle illicite alors même qu’aucune
loi ne le prévoirait expressément. C’est ce qu’on appelle virtuel, tantôt la loi elle même se
qualifie d’ordre public (ex : article 1104), mais bien des lois ne donnent pas cette
précisions et on pourrait alors se demander si elles sont néanmoins d’ordre public. Depuis
très longtemps dépourvu de son sens profond, il revient au juge d’exprimer cet ordre
public implicite, de le révéler.
Le reproche que l’on fait à ce genre de mécanisme, c’est que cela peut être source
d’insécurité juridique, à quoi il est répondu qu’il n’est pas difficile de savoir si une loi est
d’ordre public compte tenu de son objet. Le critère d’ordre public est la défense de
l’intérêt général, de la défense des valeurs essentielles. Sous cet aspect, on doit donc
pouvoir savoir assez facilement si une loi a un tel objet.
L’ordre public n’est plus auj que consacré à la défense de l’IG, mais aussi à la
défense d’intérêts catégoriels, donc l’affirmation selon laquelle c’est facile de savoir si
c’est d’ordre public est moins vraie.
Retenons simplement que cet ordre publique virtuel existe et c’est pourquoi il faut
critiquer fermement le rapport au PDR qui accompagne l’ordonnance de 2016, car il dit
« la présence d’ordonnance est supplétive de volonté sauf dispo contraire » ie les textes
nouveaux sont d’ordre public que quand c’est expressément indiqué. C’est encore une
erreur, puisqu’il est inévitable que la JP déclare d’ordre public bien des dispositions de
l’ordonnance qui ne mentionnent pas ce caractère.
L’ordre public politique est l’ordre public au sens classique du terme, qui était le
seul sens pendant très longtemps. L’interdiction pour le contrat de le violer, est la cq de
ce que le contrat s’inscrit dans un ordre juridique dont il n’a pas la maitrise > l’ordre
juridique étatique. Il réceptionne le contrat, le reconnait comme un acte juridique mais
c’est évidemment à la condition que ce contrat respecte les valeurs essentielles de cet
ordre juridique.
C’est un ordre public récent (centaine d’année) apparu au 20ème siècle, lors de
l’apparition de l’Etat providence ie l’enrichissement des missions de l’Etat qui était au
début que des missions régaliennes. Pour réorganiser l’Etat providence on a donc enrichi
l’ordre public puisque l’ordre public est le grand instrument de l’Etat pour contrôler
les particuliers. L’Etat devenu providence utilisa donc abondamment l’ordre public, non
seulement pour défendre les valeurs essentielles (liberté, dignité, morale…), mais aussi
les valeurs économiques.
L’ordre public classique politique qui demeure et qui quantitativement est très
limité est un ordre public prohibitif. L’ordre public économique éco-soc veut au contraire
inciter les particuliers à adopter tel ou tel comportement, c’est un ordre public offensif.
ainsi, cet ordre public va déterminer le contenu des stipulations contractuelles. Il ne dit
pas « vous ne pouvez pas adopter tels stipulations », mais « vous devez adopter telle
stipulation ». Par ex : le SMIC est une obligation imposée à l’employeur, c’est un tiers
extérieur (l’Etat) qui fixe cela et ce n’est plus la négociation qui le fixe. Bien sur on peut se
demander si toute la société n’est pas impactée par le SMIC, mais c’est indirect.
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La place laissée à la négo des parties est donc extrêmement réduite. Cela n’est pas
choquant puisqu’avant ces lois, on n’avait pas non plus de négo : on a remplacé
l’unilatéralisme d’une partie (employeur, bailleur…) par l’unitlatéralisme du législateur. Le
législateur par ce biais veut juste créer un équilibre et non créer un déséquilibre au
détriment d’une des parties. Après tout, s’il n’y avait pas eu abus d’unilatéralisme il n’y
aurait peut être pas eu d’unilatéralisme d’ordre public. Toute la difficulté : est ce que ce
sont des relations équilibrées et qui ne brident pas l’économie.
L’Etat n’est plus en charge de l’IG mais il est aujourd’hui en charge aussi de
certains intérêts catégoriels, et le prix de cet enrichissement des missions est une
omnipotence de la puissance publique dans les relations pv inter-individuelles, et c’est
aussi une certaine dénaturation de l’Etat par rapport à une vision classique.
Tout cela a un cout, il faut bcp d’administrateurs publics pour tout gérer et faire
appliquer toutes les règles régissant les relation catégorielles.
On ne peut pas dire qu’il n’y a plus du tout de police de la morale sexuelle en
matière contractuelle. On peut citer l’arrêt de 1970 qui avait annulé une convention de
striptease.
C’est assez ancien et on peut se demander si y aurait la même situation auj, cependant
on voit qu’il y a un retour de l’Etat contre la prostitution notamment avec le nouveau délit
pénal d’être client.
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Tout ça est traduit par la JP par une libéralisation. Par exemple, pendant très lgt, il
y avait des assurances décès. On a annulé ces contrats au 19ème en estimant qu’ils
étaient contraires à l’ordre public puisque c’était une façon de spéculer sur la vie
humaine. Plus le cas auj.
De même, on a annulé le contrat de courtage matrimonial, et on annule plus auj.
Aussi, le contrat de cession des obligations civiles a été annulé, plus le cas auj.
Un arrêt de la 1ere chambre civ de la Ccass du 12 juillet 1989 est très explicite sur
la distinction entre cause de l’obligation et cause du contrat. La cause du contrat est le
mobile déterminant. Pour quoi faire ? Lorsque l’on peut identifier le mobile et démontrer
qu’il est contraire à l’ordre publique, cad aux valeurs essentielles, ce contrat peut être
annulé.
Exemple tiré de l’arrêt du 12 juillet 1989 : une personne avait acheté du matériel
mais pour quoi faire ? C’était pour devenir devin, sage… illégal donc nullité du contrat
Autre exemple tiré d’un arrêt du 30 juin 2004 : une personne avait payé le FN pour
bénéficier de l’investiture dans une élection, il n’avait pas été élu et avait été poursuivi car
il n’avait pas payé la dette. Il s’était alors défendu en disant que c’est un engagement
illicite. La CCass a alors dit que c’était bien illicite car pour elle l’investiture ne pouvait
répondre qu’à des considérations purement politiques et donc cela ne laissait pas de
place à l’argent.
Enfin, exemple d’un homme qui cherche à avoir une nouvelle épouse via courtage
matrimonial alors qu’il a déjà une épouse. Il ne veut plus payer et invoque le fait qu’il est
déjà marié donc son contrat est nul. Finalement la Ccass considère que ce contrat n’est
pas nul en distinguant l’intention de se marier et le fait de se marier.
Arrêt à mettre en perspective avec l’arrêt Galopin du 29 octobre 2004, H marié de
85 ans qui avait fait des libéralités à une dame très jeune pour entretenir la relation
adultère. Depuis tjr, la Ccass annulait les libéralités faites à une maitresse ou un amant
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dans le but de maintenir une relation adultère car contraire à l’ordre publique. Et là
revirement de JP car la CCass a estimé qu’il n’était plus de l’office de la puissance
publique de se mêler des relations adultères, de plus c’était absurde car on pouvait par
contre payer la fin d’une relation adultère (but : promouvoir la fin).
Si aujourd’hui il n’est plus question de bonne moeurs, cela ne veut pas dire que
l’on ne s’occupe plus de la morale sociale, mais qu’elle a été absorbée par l’ordre
publique.
I. L’existence de la contrepartie
A. La consistence de la contrepartie
1) Le contrat synallagmatique
Il est défini par l’art 1106 du Ccivil (ancien article 1102) et se caractérise par des
obligations non seulement respectives mais aussi réciproques et interdépendantes. La cq
est qu’en matière de contrats synallagmatiques, la contrepartie se trouve dans le contrat
lui même.
2) Le contrat unilatéral
Défini par l’art 1106 (anc 1103), dans ce contrat , « Il est unilatéral lorsqu'une ou
plusieurs personnes s'obligent envers une ou plusieurs autres sans qu'il y ait
d'engagement réciproque de celles-ci ». Cela veut dire que soit l’autre partie peut
s’engager à rien, soit cet engagement n’est pas réciproque.
B. La réalité de la contrepartie
1) Le contrat commutatif
C’est cette fois ci l’exégèse de l’art 1169 « Un contrat à titre onéreux est nul
lorsque, au moment de sa formation, la contrepartie convenue au profit de celui qui
s'engage est illusoire ou dérisoire. ». Cette disposition n’est pas une innovation de la
réforme mais la codification d’une JP. Tantôt il n’y a aucune contrepartie alors qu’il devait
y en avoir une, par ex on s’engage à payer 1k moyennant acheter l’achat, et finalement il
apparait qu’au moment de l’achat était déjà vendu, il n’y a pas de contrepartie donc le
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contrat est nul. Mais il peut arriver qu’il y ait une contrepartie mais qu’elle soit dérisoire
ou illusoire : il existe un écart considérable entre l’utilité respective des obligations
réciproques. Un tel écart de valeur d’utilité entre les prestations réciproques fait que la JP
et la loi considèrent que tout se passe comme sil n’existait pas.
La loi de 1804 ne le prévoyait pas mais cette solution est parfaitement logique.
Dans cette hypothèse on va classer des hypothèses dans lesquelles la contrepartie est
totalement inutile. Cela a été jugé dans le contrat de généalogiste. Parfois il se révèle que
ce service n’a pas d’intérêt car la personne va procurer à son client une info qu’il avait
déjà, et donc sur le terrain de la force de cause, la JP antérieure à la réforme avait annulé
ce genre de contrat.
Ex : Arrêt du 20 janvier 2010 n°08-20459.
Dans un arrêt du 3 juillet 1996 n°94-14800, la Ccass a décide qu’un contrat n’avait
pas de cause (de contrepartie on dirait auj), c’était l’obligation d’un locataire de cassettes
vidéos dont le métier était de sous louer au public. La clientèle n’était pas suffisante pour
sous louer assez de vidéos, donc il était ruiné, et a tenté d’avoir la nullité du contrat en
disant que ce service était inutile puisqu’il n’en récupérait pas les fruits espérés. C’est
audacieux car les cassettes vidéos existent, le bailleur a rempli son contrat. La Ccass a
approuvé la CA en disant que l’exécution du contrat selon les modalités voulues par les
parties était impossible et que l’obligation de payer la location était dépourvue de toute
contrepartie réelle. Cette JP est cependant restée isolée, un arrêt du 9 juin 2009
n°08-11420, et un arrêt du 11 mars 2014 n°12_29820 marquent un retrait. De plus, un
arrêt du 27 mars 2007 n°06-10452 marque aussi un retrait sur le sujet, peut être psq la JP
avait été bcp critiquée.
Cette JP s’explique surtout de la manière suivante : on était 20 ans avant la
réforme et donc on ne connaissait pas encore les contrats d’adhésion donc la CCass était
soucieuse de rétablir un certain équilibre entre les cocontractants. A l’époque, la CCass
n’avait pas les moyens de faire la police donc elle utilisait les moyens existants et donc
elle utilisait le système de la cause dont les opposants disent qu’on peut lui faire dire ce
qu’on veut.
2) Le contrat aléatoire
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L’art 1169 donne une info très précise sur le moment où la contrepartie doit ou ne
doit pas être dérisoire. La loi dit que c’est au moment de sa formation. C’est donc à ce
moment que les parties apprécient l’existence de la contrepartie.
Si après la CCL du contrat, la contrepartie devient dérisoire ou illusoire : par ex si une
machine est très utile mais juste après elle devient inutile car une nouvelle machine sort,
alors la contrepartie devient illusoire. Et alors compte tenu des txt, la disparition de la
contrepartie postérieure à la formation du contrat n’est pas une cause de nullité.
Il en est ainsi pour un certain nombre de raisons qui signifient qu’il ne faut pas
généraliser la solution. Par ex, le contrat de vente est un contrat instantané donc
l’obligation et la réciproque s’exécutent d’un trait. Si maintenant on loue la machine
pendant 10 ans, et qu’au bout de qlq mois cette machine se révèle inutile, alors on peut
rentrer dans un raisonnement consistant à constater la disparition de la contrepartie en
cours de contrat puisque c’est un contrat à exécution successive.
4) La fausseté de la contrepartie
Art 1163 exige que la cause ne soit notamment pas fausse. Jusqu’à la réforme il
existait l’hypothèse de fausseté de la cause cad que c’est une forme d’erreur ou de
croyance erronée, de conviction inexacte. Il se trouve que pour des raisons de méprise ou
de bonne foi, le contrat conclu est de location et non de vente. La cause avant la réforme
donc de mon obligation de payer est fausse par rapport à la conviction que j’avais
relativement à sa consistance. Dans ces conditions, la JP a annulé le contrat pour fausseté
de la cause, même si on pouvait qd même trouver que c’était bizarre.
Le texte n’a pas été repris après la réforme. Dans cette abstention, on peut voir
une volonté du législateur d’abandonner la fausseté de la cause. IL y a une JP sur la
fausseté de la cause dont nul ne peut dire si elle perdurera.
C. La licéité de la contrepartie
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La loi n’exige pas formellement que la contrepzrtie soit licite ie conforme à la loi au
sens matériel du terme, ce qui recouvre aussi l’ordre public. La loi, nous l’avons vu
abondamment dans l’art 1162, interdit de déroger à l’ordre public par ses stipulations ou
son but. Cela suffit à imposer que la contrepartie soit licite puisqu’elle est inscrite dans les
stipulations du contrat. Dans l’exigence spéciale de la licéité de la cause n’a pas pour
autant disparue mais est exprimée différemment.
D. La preuve de la contrepartie
Art 1132 ancien dispose « La convention n'est pas moins valable, quoique la cause
n'en soit pas exprimée. ». Il s’agissait par là de se libérer d’une exigence de l’ancien droit
qui requérait que les mobiles des actes fussent inscrits dans le document instrumentaire
ie l’écrit papier qui les constatait.
Cette règle a été abandonnée, donc présomption de l‘existence de la cause et
tout autant sa licéité.
L’art 1132 n’a pas été repirs par la réforme de 2016, cela peut s’expliquer par le fait
que le codificateur a ramené la cause à la contrepartie, il ne s’est pas préoccupé de la
contrepartie des actes unilatéraux or dans les contrats synallagmatiques la preuve est
simple puisque la contrepartie se trouve dans le contrat.
Dans les contrats unilatéraux, avt la réforme, l’art 1132 était très utile : lorsqu’une
personne payait une somme d’argent, il était présumé que ce paiement unilatéral dont la
contrepartie n’était pas visible n’avait pas moins une cause.
Est ce que le fait que l’art 1132 n’a pas été repris doit faire penser que c’est
désormais une autre solution que celle ci ? NON. En effet, s’il devait en être ainsi on
présumerait que tout engagement unilatéral payé serait nécessairement un contrat à titre
gratuit. Or on ne peut pas imaginer que le législateur de 2016 ait voulu présumer
l’intention du contrat, ce qui serait absurde, ou alors au moins il l’aurait dit. Le législateur
a juste supprimé la cause et comme l’art 1132 était trop lié à la cause, il ne s’est pas
occupé de le maintenir pour la contrepartie.
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La règle est affirmée dans plusieurs textes, notamment à l’art 1168 « Dans les
contrats synallagmatiques, le défaut d'équivalence des prestations n'est pas une cause de
nullité du contrat, à moins que la loi n'en dispose autrement. ».
Enfin l’ancien art 1118 du Ccivil disposait que « La lésion ne vicie les conventions
que dans certains contrats ou à l'égard de certaines personnes, ainsi qu'il sera expliqué
en la même section. ».
1) En matière d’incapacité
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Depuis le droit romain, lorsqu’un incapable conclut un contrat seul et qu’il est
lésionnaire, càd qu’il crée un déséquilibre excessif à son détriment, en particulier pour un
mineur non émancipé, ce contrat est annulable. Ancien article 1305, nouvel article
1149. Précisons que l’hypothèse vise les actes que la loi permet aux mineurs et aux
majeurs protégés d’accomplir seul : il est nul car la capacité est une condition de validité.
Mais il arrive que bien qu’incapable, il peut passer certains actes : l’incapacité n’est
pas nécessairement totale, c’est pour ces actes ci que la règle a été prévue. La loi vise les
actes courants accomplis par le mineur non émancipé.
La même règle vaut pour les majeurs sous sauvegarde de justice (art 435 al 2 du
Ccivil), les majeurs en curatelle ou tutelle (art 465 al 1 et 2 du Ccivil). Il y a une
rétroactivité de la protection contre la lésion.
Dans un tout autre ordre, la tradition romaine recueillie par le code civil confère
une protection spéciale contre la lésion au bénéfice du vendeur d’un immeuble lorsqu’il
reçoit un prix qui est inférieur au moins aux 7/12 de la valeur de l’immeuble. C’est une
lésion caractérisée. Cette règle s’est formée dans un grand texte et a été maintenue du
fait de l’importance de l’immeuble. Il n’a pas élargi la lésion à l’acheteur qui paierait un
prix supérieur. Ses implications pratiques demeurent limitées. Article 1674.
Le partage est l’acte juridique qui met fin à une indivision. C’est l’hypothèse par
laquelle plusieurs proprio sont propriétaires du même bien. S’est forgé dans l’ancien droit
une maxime « l’égalité est l’âme du partage » —> Si une lésion d’au moins 1/4 est
constatée, cela signifie que le partage est lésionnaire. Les romains eux exigeaient 50%.
Pendant lgt, on pouvait annuler le partage lésionnaire, mais auj on ne peut que le refaire
selon l’article 889.
Une JP admet la nullité du contrat déséquilibré lorsqu’ils ont été conclus dans
certaines circonstances particulières. Les circonstances sont l’Etat caractéristique. C’était
un arrêt concernant le remorquage d’un bateau dans une tempête. Le remorqueur dit
que c’est très compliqué donc ça va couter cher. Une fois à terre on lui oppose l’art 1104
du Ccivil pour qu’il paye. Il développe donc l’argument qu’ayant conclu en état de
nécessité il doit bénéficier d’’une aide de la cour. Ce à quoi fait droit la cour de cassation
en créant une innovation légale.
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On a vu les articles 1164 et 1665 nouveaux qui permettent une clause de fixation
du prix dans les contrats cadre ou encore prévoient le droit pour le créancier du prix de le
fixer unilatéralement. Quand ce prix est unilatéralement fixé par un contractant, le contrat
ne reste pas moins un contrat commutatif. Un contrat comutatif selon l’art 1108 nouveau
est «lorsque chacune des parties s'engage à procurer à l'autre un avantage qui est
regardé comme l'équivalent de celui qu'elle reçoit. ».
Dans l’art 1108 nouveau, le regard est celui des deux contractants, sauf que dans
certains contrats le regard peut être celui d’un seul contractant. C’est la raison pour
laquelle les art 1164 et 1165 prévoient la possibilité du’n contrôle judiciaire et ses
modalités. En cas d’abus dans la fixation du prix, sachant que l’auteur du prix doit motiver
sa décision, le juge peut ordonner le paiement de dommages et intérêts.
Il y a donc vraiment deux théories générales dans la théorie du contrat : gré à gré
et d’adhésion.
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Ce sont des lois qui sanctionnent la lésion dans certains contrats particuliers : par
ex dans la loi du 29 avril 1916, l’art 7 est dans le code des transports sous le nom de
L5132-6.
Dans un autre domaine l’art L131-5 du code de la propriété intellectuelle (CPI) organise le
contrôle et la sanction subie par l’auteur d’une oeuvre artistique en cas de cession des
droits d’exploitation. Le critère est celui des 7/12.
Une autre forme de lésion est l’usure ie le taux d’intérêt excessif. L’usure est à la
fois condamnée pénalement et civilement. Le prêt à intérêt a mauvaise presse dans
l’histoire, a été interdit au nom d’un principe qui était « le temps n’appartient qu’à Dieu »,
donc le taux d’intérêt était une spéculation sur le temps et donc un pécher car dans cette
période pré-moderne il était interdit de se prendre pour dieu. C’est de là que vient la
formule dommages et intérêts. En effet, les H posent des règles pour faire plaisir aux
dieux, mais prennent un soin à les contourner. C’est pourquoi comme il n’y a pas bcp de
gens enclins à prêter sans rémunération, on a déguisé pdt lgt les intérêts sous une
indemnité compensatrice. Et donc on appelait cela les dommages et intérêts. Cette
formule n’a pas de sens autre qu’historique puisque c’est enfait une indemnité.
De même, dans un autre domaine, entre certains professionnels visés à l’art L442-6
du code de commerce, les contrats qui prévoient des avantages ne correspondant à
aucun service effectif, ou encore les avantages disproportionnés par rapport au service
rendu, ou encore les contrats comprenant des obligations créants à déséquilibre
significatif, toutes ces closes sont susceptibles d’annulation.
Par un arrêt remarquable du 25 janv 2017 n°15-23547, la CCass a décidé que le
déséquilibre significatif pouvait concerner la close de prix. Autrement dit elle admet le
contrôle judiciaire de la léson dans les contrats qui mettent en présence ces
professionnels. C’est tout à fait remarquable car cela marque un nouveau recul vis à vis du
principe selon lequel la lésion n’entraine pas annulation. Le domaine de ce texte est
réduit par les lois particulières et les interprétations JP.
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L’article 1128 du Ccivil (ancien 1108) énonce que pour qu’un contrat soit valable on
doit avoir « le consentement des parties, la capacité de contracter et un contenu licite et
certain »
C’est dire 2 choses : le sujet se caractérise par cette capacité de créer une règle.
De ce pdv pas de diff entre personnes physiques, morales privées et les personnes
morales publiques y compris l’Etat qui n’est sous cet aspect qu’un sujet de droit. La seule
diff est que la puissance publique ont le pv de créer un droit qui assujettit d’autres que
eux. Ex : Haddad fixe le calendrier des examens, cela assujettit tous les étudiants. Tandis
que les particuliers ne peuvent en principe que s’autoassujettir.
C’est vrai que jusqu’à un certain point, il y a des organismes qui ont le pouvoir
d’assujettir d’autres qu’eux mêmes puisque la loi leur a donné le pv. Ex : organisations
syndicales. Ce sont des personne privées en charge d’intérêts catégoriels et donc qui
emprunte les techniques de la puissance publique. Normalement seul l’IG peut justifier le
fait que l’un choisisse pour l’autre. Cette vérité de base est atténuée
par une situation intermédiaire entre IG et IP qu’est l’intérêt catégoriel.
Historiquement de toute façon cela a été favorisé par le fait que les conventions
collectives de travail ne pouvaient qu’améliorer la loi. Les salariés n’y avaient donc pas
consenti, mais comme elle améliorait la loi ils n’avaient qu’intérêt à cela. Cela s’appelle le
principe de faveur.
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I. Le discernement
L’article 1129 du Ccivil reprend l’art 423-1. Pour faire un acte valable, il faut être
sain d’esprit. Il est en effet possible qu’un personne ne bénéficiant pas encore d’une
protection, au moment de la CCL d’un contrat, n’est pas douée de raison. Il n’est donc
pas possible de ne pas en tenir compte au prétexte que puisqu’elle n’est pas
officiellement déclarée incapable, elle est officiellement capable.
Celui qui entend se plaindre d’un acte qu’il a conclu sans être capable devra
prouver qu’au moment de cet acte il était privé de discernement en rapportant par
différents moyens juridiques qu’on était par exemple atteint d’une pathologie mentale.
On peut aussi démontrer un état passager d’inconscience : alcool, stupéfiant. Dès lors
qu’on démontre qu’on était pas doué de discernement, on démontre que le contrat n’est
pas valable car pas de réelle volonté de conclure.
L’action peut être lancée par l’intéressé lui même lorsqu’il a retrouvé la raison ou
par toute personne intéressée. L’action est encore ouverte aux héritiers (art 414-2).
Cette preuve n’est pas évidente, sauf hypothèse de la maladie mentale dont il est
possible d’identifier le commencement. La loi favorise la preuve selon l’art 464 en
disposant que si une personne a été placée en tutelle ou curatelle, durant ls 2 années qui
précèdent et si la maladie existait notoirement, les contrats conclus l’ont été sous l’empire
d’un trouble mental —> présomption inverse.
Loi plus restrictive pour les héritiers. S’il s’agit de remettre en cause une libéralité
après le décès, il n’y a pas de législation spéciale, il faut faire l’action comme si c’était
l’intéressé lui même. Par contre si les héritiers veulent remettre en cause un contrat à titre
onéreux, dans le prolongement de l’ancien droit l’action ne peut être introduite que si
l’acte porte en lui même la preuve du trouble mental et l’article 414-2 al 2 et 3 dispose
que « à moins que l’ouverture d’un régime d’incapacité ait été demandée du vivant de
l’auteur ou qu’il ait été mis sous sauvegarde de justice avant son décès, ou qu’un mandat
de protection future ait pris effet avant son décès ».
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II. La liberté
Cette exigence tombe sous le sens compte tenu de la gravité du contrat. Certes il
y en a des anodins mais dès qu’un contrat devient durable il produit l’effet faussement
paradoxale de restreidnre la liberté parfois de manière significative du contractant ou des
contractants. En contractant, chacun exerce sa liberté de contracter avec l’effet que sa
liberté individuelle s’en trouve restreinte. En effet en cotnractant on s’oblige, on crée une
loi qui contraind et qui désormais n’est plsu à la disposition de chacun. Chacun a voulu la
loi, mais dès qu’elle existe c’est une loi commune. Donc la volonté individuelle n’a pas de
prise à elle seule sur la loi commune. La seule prise possible est la volonté de tous les
contractants au nom d’un principe qui est le parallélisme des formes. Vu qu’on a fait de
telle façon on peut le défaire de la même façon.
L’art 1193 énonce cette règle : « Les contrats ne peuvent être modifiés ou
révoqués que du consentement mutuel des parties, ou pour les causes que la loi
autorise. »
Exemple :
Une règle impose l’assurance pour les véhicules terrestres en hauteur. Si on n’est
pas assuré, infraction pénale. Environ 10% des conducteurs ne seraient pas assurés, soit
pas ignorance soit par balec, soit psq ils ne trouvent pas d’assureurs. On a donc créé un
fond de garantie automobile payé par ceux qui le prennent. Ce fond est un actif qui va
indemniser les victimes d’accidents de la circulation dont le responsable n’était pas
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assuré. Alors question : est ce que le contrat d’assurance n’est pas forcé ? Me serais-je
assuré si la loi ne m’y contraignait pas ?
Prof pas convaincu par la pertinence de la formule contrat forcé, mais cette formule
constate un phénomène qui altère indéniablement la liberté contractuelle. Mais est ce
que les déterminismes sociaux ne font pas aussi cela ? On sort du droit.
La disposition impérative ne peut être tenue en échec par une close contractuelle,
elle s’impose aux parties car elle assure la défense d’intérêts supérieurs aux intérêts
particuliers. Soit l’IG, soit un intérêt catégoriel.
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A. L’erreur
Dans l’ancien droit, on était encore marqué par l’héritage romain qui cantonnait
l’erreur à l’objet de l’obligation. Un affinement fut fait dans l’ancien droit à travers la
notion de substance, cela permettait de se dégager d’une conception purement
matérialiste de l’objet et de prendre en compte les qualités de la chose. L’ancien art 1110
alinéa 1 admettait l’erreur notamment lorsqu’elle tombe sur la substance de la chose qui
est l’objet du contrat. Et l’alinéa 2 ajoutait qu’il y avait également erreur lorsqu’elle avait
portée sur la personne à partir du moment où la considération de la personne avait joué
un rôle déterminant dans la formation du consentement.
L’art 1132 et suivants régissent l’erreur. L’art 1132 dit que « l’erreur de droit ou du fait, à
moins qu’elle ne soit inexcusable, est une cause de nullité du contrat, lorsqu’elle porte sur
les qualités essentielles de la prestation dû ou sur celle du cocontractant. » Cette formule
s’inscrit dans la continuation du droit postérieur à la réforme. On notera qu’on ne parle
plus de qualités substantielles.
L’art 1133 dispose que « Les qualités essentielles de la prestation sont celles qui
ont été expressément ou tacitement convenues et en considération desquelles les parties
ont contracté. »
La conviction erronée peut porter sur sa propre prestation comme sur celle des
parties. La loi dit que l’erreur peut être de fait ou de droit. Il y a erreur de droit par ex
lorsqu’il y a mépris sur l’étendue des droits acquis en vertu du contrat. On s’est demandé
parfois si l’erreur du droit n’était pas incompatible avec « nul n’est sensé ignorer la loi ».
La réponse est négative car cette règle n’a qu’un but : empêcher qu’il soit fait échec à
l’application de la loi au prétexte qu’on ne la connaitrait pas. En l’occurence, il ne s’agit
pas de mettre en échec la loi mais de tirer les cq d’une ignorance juridique, à condition
qu’elle soit excusable.
L’erreur sur le contrat. On a déjà étudié cela sur la fausse cause : le contractant
croit avoir conclu une donation, et il réalise qu’en fait il est un acquéreur à tire onéreux.
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On parle dans ce cas là d’erreur obstacle pour signifier la gravité de l’erreur. Si l’un croit
donner et l’autre croit vendre, leurs volontés ne se sont même pas rencontrées, il n’y a
pas de contrat mais seulement l’apparence d’un contrat. C’est pourquoi certains auteurs
veulent que la sanction ne doit pas être la nullité mais même l’inexistence. Plus radicale
que la nullité : même pas besoin d’être constatée par le juge. Telle n’est pas la position
de la JP.
L’erreur sur les mobiles. Tout contractant conclut en considération d’une certaine
motivation. Traditionnellement le principe est que les mobiles ne peuvent constituer la
matière d’une erreur. Comme le dit l’art 1135, « L'erreur sur un simple motif, étranger aux
qualités essentielles de la prestation due ou du cocontractant, n'est pas une cause de
nullité ». On a une différence entre mobile et qualité essentielle, la raison de cela est
qu’admettre l’erreur sur les mobiles serait faire une part excessive au subjectivisme. On
doit maintenir un équilibre entre respect des conditions du contrat et sécu juridique. Si tel
est le principe, il connait une exception qui tient au fait que le mobile peut avoie été
érigé par les deux parties en élément déterminant de leur consentement. parfois, le motif
peut être pris en compte, et c’est systématiquement le cas comme le dit le 2ème
alinéa de l’art 1135 en matière de libéralité sur le motif.
L’erreur sur la valeur. D’un certain côté, comment la valeur ne constituerait pas
une qualité essentielle ? Si on achète un tableau qu’on croit avoir une grande valeur, mais
enfait on découvre que ce tableau n’en a pas. Pourtant, le principe en la matière est que
l’erreur sur la valeur n’est pas une cause de nullité (art 1136). En effet, en D FR, la lésion
n’est pas une cause de nullité psq l’équivalence est subjective, la valeur est le résultat
d’une décision de volonté, le niveau de valeur est là où on dit qu’il se situe. L’erreur sur la
valeur permettrait un contrôle sur la lésion ce qui serait incohérent avec le principe selon
lequel la lésion n’est pas uen cause de nullité. En revanche, possible d’admettre que
l’erreur sur les qualités essentielles mais qui a un impact sur la valeur puisse être pris en
compte. Par ex : si je pense que le tableau est un original mais que c’est une copie donc
il ne vaut rien, il y a une erreur sur la valeur mais aussi sur l’authenticité.
Ce que dit l’art 1136, c’est que « L'erreur sur la valeur par laquelle, sans se tromper
sur les qualités essentielles de la prestation, un contractant fait seulement de celle-ci une
appréciation économique inexacte, n'est pas une cause de nullité. ». Donc l’article sépare
bien les deux choses.
2) la détermination du consentement
Comme le dit l’art 1133 alinéa 1, « Les qualités essentielles de la prestation sont
celles qui ont été expressément ou tacitement convenues et en considération desquelles
les parties ont contracté. ». Il faut prouver que c’est en fonction de telle ou telle qualité
que la décision de contracter a été prise. Une prestation a bien des traits et il serait
inexacte de soutenir qu’on a considéré tous ces traits lorsqu’on a contracté : on contracte
toujours en fonction de certains éléments, et les autres sont indifférents.
Donc il incombe à celui qui se plaind d’une erreur de prouver qu’il s’est effectivement
déterminé en fonction de tel ou tel élément. Soit on le croit sur parole mais impossible,
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soit il faut une certaine objectivation ie une certaine extériorisation des qualités en
considération desquelles la décision de contracter a été prise. Certaines qualités sont
présumées détemrinantes par la simple observation empirique. Lorsqu »’un contractant
prétend s’etre déterminé par rapport à une qualité qui en général n’est pas déterminante.
Il peut toujours obtenir la nullité pour erreur, mais il devra démontrer qu’il avait fait entre
dans le champ contractuel cette qualité qui n’est déterminante que subjectivement. Tout
ça est apprécié souverainement par les juges du fond.
La liberté contractuelle permet aux parties de décider que telle ou telle qualité ne
sera pas déterminante du consentement. C’est ce que prévoit l’article 1133
« L'acceptation d'un aléa sur une qualité de la prestation exclut l'erreur relative à cette
qualité. ».
L’erreur sur la personne du cocontractant ne peut être prise en compte que si elle
concerne ses qualités essentielles. L’art 1134 dispose que « L'erreur sur les qualités
essentielles du cocontractant n'est une cause de nullité que dans les contrats conclus en
considération de la personne. ». il s’agit d’une catégorie ancienne romaine qu’on appelle
contrat intuitu personae, cad les contrats dans lesquels la personne du cocontractant joue
un rôle essentiel apr rapport à l’opération. Exemple : dans les contrats de prestation de
service, les compétences d’un professionnel sont des qualités qui les légitiment de
prendre en considération et sur la base desquelles se forge la décision de contracter.
Ces contrats peuvent aussi bien être conclus par des personne sphysiques ou morlaes, et
pour la morale les qualités essentielles seront sa forme, son réseau…
Donc en réalité il faut démontrer une certaine objectivaiton des qualités perso,
sachant que comme en matiière de prestation, certaines qualités sont présumées être
essentielles tandis que d’autres ne le sont pas mais peuvent être incluses dans le champ
contractuel.
Dans les contrats à titre gratuit, la personne du gratifié est essentielle pour le
débiteur. Le donateur s’appauvrit au bénéfice d’autrui. Il est donc naturel qu’il soit en
droit de se réclamer de la croyance qu’il a eu en l’existence de telles qualités positives ou
en l’absence de telles qualités négatives. Donc dans libéralités, il y a un certain
libéralisme sur les qualités essentielles de la personne. Mais il faut quand même faire
cette démonstration. Attention à ne pas confondre l’erreur sur les qualités essentielles et
la révocation pour cause d’ingratitude. On peut révoquer une donation lorsque le
bénéficiaire se révèle ingrat au sens juridique. L’ingratitude révèle l’absence de certaines
qualités personnelles (reconnaissance, moralité) donc la victime de l’ingratitude peut
hésiter à agir soit en nullité soit en révocation.
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nullité du mariage. ». s’il y a erreur dans la personne ou sur les qualités essentielles,
l’autre époux peut demander la nullité du mariage.
Revenons à l’erreur : il faut que l’erreur soit excusable, ie chaque contractant doit
éviter une certaine naïveté. L’erreur inexcusable est celle qui n’aurait pas dû être commise
car le contractant avait les moyens de ne pas la commettre en se renseignant,
s’interrogeant… Tout se résout au cas par cas. Exemples : est inexcusable l’erreur
commise par les acheteurs d’une maison qui n’ont pas pu la réhabiliter car il y avait une
opposition administrative dont ils auraient eu connaissance s’ils s’étaient renseignés sur la
faisabilité de leur projet, sachant qu’une note de renseignement d’urbanisme accolée au
contrat les incitait à le faire. Ils n’ont pas exploité cette suggestion, et ont finalement
tenté de faire annuler la vente. Refus dans l’arrêt du 5 décembre 2012 n°11-18773.
Autre exemple : une société dans une procédure de règlement de ses dettes
recrute un directeur qui l’avait informé avoir été PDG d’une société. Elle découvre après
que ce directeur avait été PDG MAIS venait de déposer le bilan. La chambre sociale de
la cour de cassation dans l’arrêt du 3 juillet 1990 n°87-40349 a refusé en reprochant à la
société de ne pas s’être plus renseigné.
B. Le dol
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Il est défini à l’article 1137 : « Le dol est le fait pour un contractant d'obtenir le
consentement de l'autre par des manœuvres ou des mensonges.
Constitue également un dol la dissimulation intentionnelle par l'un des contractants d'une
information dont il sait le caractère déterminant pour l'autre partie ».
Dans sa conception historique, le dol est une faute, une fraude, une tromperie destinée à
induire l’autre contractant en erreur afin de conclure le contrat. Si la personne n’avait pas
été trompée, elle n’aurait pas conclu. Conception erronée et déterminante du
consentement.
Le dol a été inventé par les romains qui en avaient une conception large puisque le dol
concernait tous les agissements illicites perpétrés à l’occasion d’un acte (y compris la
violence). Il était un délit (et non un vice du consentement). La victime du dol pouvait
s’opposer à l’exécution du contrat et disposait même d’une action pénale destinée à lui
obtenir réparation du préjudice.
Les juristes de l’ancien droit faisaient distinction entre dol principal et dol incident. Le dol
principal est l’erreur provoquée par des mensonges ou manœuvres destinés à obtenir un
consentement tandis que pour le dol incident, les manœuvres conduisaient le contractant
à accepter des conditions moins avantageuses (dol incident ne conduit pas à la nullité du
contrat mais comme il y avait une faute il fallait compenser par dommages et intérêts).
Le CC a accueilli cet héritage en faisant du dol un vice de consentement, sans oublier son
origine première. La JP a précisé le régime légal et l’a enrichi d’une hypothèse qui n’était
pas envisagée classiquement. C’est celle de l’al 2 de l’art 1137 : dol de réticence avec
dissimulation intentionnelle d’information. Cela s’inscrit dans montée en puissance de
l’obligation d’information du contractant par rapport à l’autre.
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opérations préalable telle une mise en scène : simple déclaration inexacte suffit à le
caractériser. Manœuvres peuvent être de toute forme et tout ordre.
Autre règle de la réforme inscrite à l’article 1112-1 du code civil qui codifie JP
développée au XXe siècle relative à l’information : « Celle des parties qui connaît une
information dont l'importance est déterminante pour le consentement de l'autre doit l'en
informer dès lors que, légitimement, cette dernière ignore cette information ou fait
confiance à son cocontractant ». On voit qu’il y a une obligation légale de l’information
qui existe en elle-même., indépendamment du vice de consentement. Al 2 de l’article
1112-1 exclut du domaine de l’obligation d’information l’estimation de la valeur de la
prestation. Al 6 sanctionne l’obligation d’information : le manquement à ce devoir
d'information peut entraîner l'annulation du contrat dans les conditions.
Intention de provoquer
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Auteur de la provocation
art 1137 (ancien 1116 qui parlait des manœuvres pratiquées par l’une des parties) est le
fait pour un contractant. Inclusion du dol sous le vice du consentement sous ancien droit
n’est pas allé à son terme car s’il en avait été ainsi on aurait pu admettre que le dol puisse
être perpétré par un tiers. La violence ne peut être perpétrée par un tiers. La JP a assoupli
sa position en admettant le dol du représentant d’un contractant qui est consacré à l’art
1138 par la réforme. Conception large du représentant. JP antérieure était allée plus loin :
al 2 de l’art 1138 admet le dol du tiers de connivence.
Quand on se prétend victime d’un dol dans un contexte d’un ensemble contractuel
(contrats interdépendants les uns des autres), le dol doit s’apprécier au regard de
l’ensemble, ce qui peut aboutir à la prise en compte du dol d’un tiers.
b. L’erreur provoquée
Consistance de l’erreur
Dol est une erreur provoquée qui peut porter sur n’importe quel élément du contrat. Il n’y
a pas de réduction de son domaine (contrairement à erreur pure et simple). On admet
l’erreur sur la valeur, mais sous une limite importante : l’hypothèse dans laquelle erreur sur
la valeur aurait été provoquée par une dissimulation d’informations. Erreur sur la valeur
provoquée par une manœuvre ou mensonge est retenue. Exception en matière de dol en
raison de sa nature délictuelle : dans souci de punir la faute consistant à tromper, erreur
sur la valeur est prise en compte lorsqu’elle est provoquée par un agissement (alors qu’en
principe l’évaluation n’est que l’erreur d’une des parties qui ne peut s’en prendre qu’à
elle-même). Erreur sur la valeur provoquée par dissimulation d’information n’est plus prise
en compte. Elle fut admise pendant longtemps.
Arrêt Baldus du 17 janvier 2007 : l'acquéreur même professionnel n'est pas tenu à une
obligation d'information au profit du vendeur sur la valeur du bien acquis. Le législateur a
codifié la JP à l’art 1139. Controverse :
-La réforme a brisé la JP Baldus : erreur sur la valeur par la dissimulation n’est plus prise
en compte.
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-Certains disent que JP Baldus demeure. Au regard de l’al 2 de l’art 1112-1 qui porte
sur l’obligation légale d’informations et qui ne parle pas de la valeur.
Débat tranché par loi du 20 avril 2018 : al 3 de l’art 1137 dit que « ne constitue pas un dol
le fait pour une partie de ne pas révéler à son cocontractant son estimation de la valeur
de la prestation ». Donc harmonisation entre art 1112-1 et régime du dol, ce qui confirme
que le dol par réticence est la sanction d’une inexécution de l’obligation d’informations.
Résurrection de la JP Baldus.
En matière de dol, on a aussi une erreur sur les motifs, admise par la JP et codifiée par la
réformer : art 1139.
Incidence de l’erreur
Ancien art 1116 disait : « pour qu’il y ait dol il faut que sans les manœuvres l’autre partie
n’ait pas contracté ». Manœuvres doivent avoir déterminé le consentement. On retrouve
distinction ancienne entre dol principal et incident. Cette distinction était selon Revêt
critiquable car côté artificiel. Soit il y a des manœuvres qui provoquent une erreur et
doivent être prises en compte que s’il y a un vice de consentement et s’il elles ne l’ont
pas vicié, il faut les ignorer. C’est pourquoi avant la réforme, on trouvait en JP un
processus susceptible d’abolir cette distinction.
Ex : arrêt du 29 juin 2005 : quand erreur déterminante du consentement a été commise
par l’autre partie, la victime peut obtenir la nullité du contrat même si celle-ci ne l’a fait
contracter qu’à des conditions différentes.
Art 1130 : « L'erreur, le dol et la violence vicient le consentement lorsqu'ils sont de telle
nature que, sans eux, l'une des parties n'aurait pas contracté ou aurait contracté à des
conditions substantiellement différentes ».
Celui qui estime que le comportement de l’autre l’a conduit à contracter à des conditions
différentes peut demander des dommages et intérêt mais pas besoin de résonner selon
dol incident.
C. La violence
Code de 1804 régit la violence aux art 1111 à 1115. On ne parle plus de crainte car
violence est source de la crainte mais il peut y en avoir d’autres. Dans le CC, la violence
est devenu le fait de contracter sous violence physique ou morale.
Art 1140 : « Il y a violence lorsqu'une partie s'engage sous la pression d'une contrainte
qui lui inspire la crainte d'exposer sa personne, sa fortune ou celles de ses proches à un
mal considérable ». On retrouve ici dans l’esprit les termes de l’ancien article 1112.
a. Caractérisation de la violence
Article 1140. La violence est un état créé chez le cocontractant. Ce n’est pas un vice du
consentement, elle n’en est que la cause. C’est l’impression qu’exerce la violence qui
vicie le consentement, effet qu’elle produit sur le processus mental de décision. Elle
conduit à avoir une décision qui ne correspond pas à ce que correspond normalement
une décision de contracter. Cette crainte peut être initiée par une contrainte physique :
illustrations en JP de pressions physiques corporelles admises comme sources de
violences. Ce sont surtout des pressions morales qui caractérisent ou fondent la crainte.
Le seul fait de crainte d’être exposé à une souffrance peut caractériser une violence.
Cette violence peut s’exercer aussi bien sur contractant que ses proches. Il en va de
même s’agissant de la menace de porter atteinte à la fortune ou aux biens de l’intéressé.
La violence doit être suffisamment grave. A ce titre, jusqu’à la réformer, ancien art 1114
excluait de la violence la pression consécutive à la crainte révérencielle envers les parents
ou ascendants à condition bien sûr qu’eux-mêmes n’est exercé aucune violence (on parle
de crainte de contrarier les parents). Retournement : on n’a pas l’art 1114 dans la réforme
mais quelques années auparavant, on avait complété le droit du mariage afin d’admettre
comme cause de nullité en 2006, le mariage contracté à la suite d’une contrainte exercée
sur l’un des époux (art 180) y compris par crainte révérencielle envers un ascendant. Il
s’agissait de lutter contre les mariages forcés.
La violence concerne la menace d’employer des voies de droit : on profite d’une situation
favorable pour forcer des conditions moins favorables. Le droit d’agir en justice n’est pas
en soi une faute. En revanche, la cour de cassation admet que cette menace peut devenir
illicite si elle permet d’obtenir un avantage disproportionné. Cela est codifié à l’art 1141 :
« La menace d'une voie de droit ne constitue pas une violence. Il en va autrement lorsque
la voie de droit est détournée de son but ou lorsqu'elle est invoquée ou exercée pour
obtenir un avantage manifestement excessif ».
Ex : arrêt du 21 novembre 2000. Cette jurisprudence a été codifiée par la réforme,
article 1141 « la menace d’une voie de droit ne constitue pas une violence. Il en va
autrement lorsque la voie de droit est détournée de son but… ».
b. L’auteur de la violence
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Article 1142 précise à cet égard : « la violence est une cause de nullité qu’elle ait été
exercée par une partie ou par un tiers ».
Tel était déjà le cas à Rome s’agissant de l’action metus. Cela s’explique par la gravité de la
violence, comment en assurer la meilleure répression ? Le problème c’est que lorsque la violence
émane d’un tiers, rien ne prouve que l’autre contractant (pas la victime) en a profité. Autrement
dit que le tiers à agit dans l’intérêt du cocontractant de la victime. POUR qu’un contrat soit annulé
pour vice de violence il n’est pas nécessaire que la violence ait conduit à un contrat déséquilibré.
Contrat peut être équilibré mais s’il a été conclu en raison d’une violence il est nul. Dans
l’arbitrage des intérêts on a toujours agit dans l’intérêt de la victime et de la société qui ne peut
pas tolérer que des contrats soient valables dans de telles circonstances.
Pour que la violence soit un vice de consentement, la menace et la crainte qu’elle crée doit
avoir été déterminante. Le juge devra tenir compte de la réceptivité du contractant dans
l’appréciation in abstracto (par rapport à une catégorie moyenne de contractants) et inconreto.
Article 1112 alinéa 2 ancien était plus précis que article 1130 car prenait en compte âge, classe
sociale, sexe etc.
Au sein de ces critères, l’état psychique du contractant joue un rôle déterminant mais il ne
faut pas confondre violence et insanité d’esprit.
La jurisprudence a pu admettre qu’une violence peut être caractérisée dans l’hypothèse de
harcèlement moral : arrêt du 30 janvier 2013, chambre sociale. On a une casuistique, les juges
apprécient souverainement.
Il ressort de cette casuistique qu’il n’y a pas lieu de dire que toute pression du cocontractant
qui est bien réelle ne caractérise une violence morale. Arrêt de la chambre commerciale du 22
janvier 2013 : les appels incessants d’un banquier à une éventuelle caution ne sont pas
illégitimes dans l’hypothèse où il s’agissait de finaliser un prêt bancaire au bénéfice d’une société
dont le gérant était le fils de la caution. Les juges de la Cour ont constaté que la caution qui
prétendait avoir été en état de détresse psychologique qu’aucun constat médical ne le prouvait.
d. La jurisprudence
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Il a pu être décidé cela dans l’arrêt de la chambre sociale du 5 juillet 1965 : le contractant
accepte un taux d’intérêt particulièrement élevé pour obtenir un emprunt permettant d’assurer
ses besoins élémentaires et vitaux.
Quelque soit la pureté des intentions des juges, on peut critiquer d’un point de vue
technique cette position. Ce qui créé la contrainte donc ce qui détermine le contrat, dire que
l’état de nécessité est constitutif d’une violence morale c’est dénaturer la violence : pas de
violence du cocontractant ou d’un tiers, c’est une violence « de la vie ». Ce que fait l’autre ce n’est
pas créer la contrainte, mais exploiter les circonstances qui ont créé la contrainte.
En France pourtant, on a tout mélangé en particulier par un arrêt du 3 avril 2002, la Cour
de cassation a décidé « l’exploitation abusive d’une situation de dépendance économique faite
pour tirer profit de la crainte d’un mal menaçant directement les intérêts légitimes de la personne
constitue une violence ». Auparavant dans un arrêt annonciateur du 30 mai 2000, la Cour avait
posé « la contrainte économique se rattache à la violence », c’est pourquoi on s’est mis à parler
à partir de ce moment de violence économique, étant pourtant précisé que la JP n’emploie pas
cette appellation. Il s’agit d’un courant ancien qui a fini par aboutir à cette affirmation.
Arrêt de la chambre des requêtes du 27 avril 1887 (chambre qui n’existe plus qui avait
pour fonction de filtrer les pourvois) : avait admis la nullité du contrat alors que le capitaine d’un
remorqueur avait exploité les circonstances c'est-à-dire une tempête qui menaçait le naufrage. La
pression que les circonstances créaient dans l’esprit du capitaine du bateau pour lui faire accepter
des conditions particulièrement déséquilibrées à un prix exorbitant. A l’époque, la Cour ne parlait
pas de violence.
Ou encore arrêt de la chambre civile du 5 octobre 2006 : le vice de consentement de
l’abus de faiblesse. Ce que la jurisprudence présentait comme une forme de violence était en fait
sous ce nom inadéquat, c’était la forme française de la répression française de l’abus de faiblesse.
La Cour de cassation avait élargi cette forme de violence à toute forme de faiblesse et de
dépendance.
Arrêt du 4 mai 2016 : Cour élargi ce vice à tout état de faiblesse psychologique.
Nous ne sommes donc pas dans de la violence lorsque ce sont les circonstances qui
créent la contrainte et non un contractant ou un tiers, on est dans un vice lorsque le
contractant profite de ces circonstances pour obtenir un contrat désavantageux.
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n’aurait pas souscrit en l’absence d’une telle contrainte, et en tire un avantage manifestement
excessif ». On retrouve les fondamentaux de ce vice non pas comme violence mais comme abus
de faiblesse. Il faut qu’il y ait un état de faiblesse (ici « dépendance »).
Cela change beaucoup, si on revient à l’arrêt du remorqueur de 1887 aurait été impossible
car le bateau en train de s’échouer n’est pas dépendant du remorqueur. Donc restriction
irrationnelle créée par la modification de l’article. Irrationnelle car ce qui appelle une réaction du
droit : c’est le fait de tirer un profit d’un état de dépendance quel qu’il soit. Celui qui exploite est
aussi fautif que si l’état de dépendance existe à son égard ou à l’égard d’un autre, le cœur de ce
vice est l’exploitation d’un état de dépendance.
A. Les sources
L’obligation d’information est une obligation du droit commun inscrite à l’article 1112-1
alinéa 1 du Code civil : « Celle des parties qui connaît une information dont l'importance est
déterminante pour le consentement de l'autre doit l'en informer dès lors que, légitimement, cette
dernière ignore cette information ou fait confiance à son cocontractant. »
Produit d’une innovation jurisprudentielle, le Code de 1804 ignorait l’obligation
d’information du cocontractant en général. La JP en raison de la complexification des produits et
services et parallèlement à la différence de compétence entre certains contractants a inventé
dans des contrats particuliers les obligations d’informations qui se sont tellement multiplié que
c’est devenu un devoir de droit commun. Un des grands vecteurs de cette obligation a été le
dol par réticence. Dans de très nombreux droits spéciaux il existe des obligations légales
d’informations, par exemple, les articles L111-1 & L111-2 du code de la consommation etc. C’est
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cette multiplication des obligations légales particulières en plus des obligations particulières
d’origine jurisprudentielle, qui a conduit à un subsumption, on en a tiré un principe général.
Article 1112-1 alinéa 3 : « Ont une importance déterminante les informations qui ont un
lien direct et nécessaire avec le contenu du contrat ou la qualité des parties ».
Etant précisé que l’alinéa 1er circonscrit le domaine de l’obligation de l’information aux
informations « dont l'importance est déterminante pour le consentement de l'autre ». A cet
égard, il n’y a aucune différence entre l’obligation d’information et le dol par dissimulation,
même type d’appréciation. Articles 1130 et 1112-1 : déterminant du consentement.
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« À charge pour cette autre partie (débiteur) de prouver qu'elle l'a fournie. » : codification
d’une JP ou le débiteur de l’info devait prouver qu’il s’était exécuté. Il appartient en pratique la
plupart du temps aux professionnels de prouver qu’il a accompli son obligation d’info. Une fois
qu’on a prouvé qu’il était tenu de donner une info, il lui appartient de prouver qu’il l’a
effectivement délivrée. Donc grande casuistique.
Cette obligation développée est désormais une obligation générale. Quelle est son
efficacité ? Les sociétés sont dominées par la complexité et une répartition inégale du savoir
selon les matières. A travers l’obligation d’information, notre société affirme ses convictions et
croyances dans les bienfaits de la connaissance.
L’un des obstacles de fait qui s’oppose à ces perspectives, c’est l’accès effectif à
l’information, ce que la loi organise c’est la possibilité d’accéder à une information mais elle ne
peut pas garantir que cette possibilité soit exercée, et c’est une des grandes limites en
pratique. L’autre obstacle est que même si l’on accède à l’information, en fait-on
nécessairement l’usage le plus opportun, notamment se dissuader soi-même de s’engager
dans un contrat ? En pratique, bien qu’avertis le contractant peut tout de même contracter
malgré la rationalité.
Le législateur engage une course sans fin pour renforcer toujours l’obligation
d’information, ce qui explique les obligations de conseil, de mise en garde. Il y a une inflation
de l’obligation d’information. Ce qui se pose aussi comme question, c’est l’existence et la
mesure non plus de l’obligation d’informer, mais l’obligation de S’informer, aller chercher
l’information mais aussi de faire l’effort d’évaluer les effets de l’information. Il y a un juste
équilibre entre ces deux devoirs et même déséquilibre car le devoir d’informer
déresponsabilise le créancier, et l’article 1112-1 on est conscient « le créancier ait
légitimement ignoré cette information » ou « légitimement fait confiance à son cocontractant ».
Donc il relève plus de la sociologie juridique que du droit et on a le sentiment que le
développement d’obligation d’information nourrit son propre développement.
I. Le mécanisme de la représentation
Nous allons évoquer un mécanisme répandu et important en pratique, celui de la
représentation, un contrat peut être conclu par une personne qui ne participe pourtant pas à
cette conclusion. Grâce au mécanisme de la représentation, cela est possible. La représentation
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est le fait pour une personne ou pour la loi, d’en investir une autre le pouvoir de contracter au
nom et pour le compte de la première. Le représentant décide, c’est de lui qu’émane la volonté
de contracter, de sa personne, mais les effets de cette décision, se produisent dans une autre
personne et concerne les intérêts de cette autre personne.
- Ces solutions ont été longtemps inscrites dans le droit du mandat (un ancien contrat
nommé et règlementé dans les articles 1984 et suivants. Dans le titre 13 du livre 3 du Code
Civil). Le droit français avait associé la représentation et le mandat, alors qu’à l’origine ces
deux mécanismes étaient distincts (pour les romains, le mandat était un contrat où une
personne s’engageait à accomplir une mission pour une autre, cette mission pouvait
consister en un acte juridique, conclu par le mandant et c’est sous l’ancien droit que le
mécanisme de la représentation a été inventé grâce au développement du consensualisme).
- Les codificateurs ont utilisé le cadre du mandat pour organiser la représentation en
associant ces deux mécanismes. Il aura donc fallu attendre la réforme de 2016, pour avoir
un développement propre à la représentation et qui n’en fait plus un effet du mandat, qui la
considère en tant que telle.
Article 1153 annonce les formes de représentation : légale, judiciaire ou
conventionnelle (par laquelle il aurait fallu commencer car c’est la représentation de principe
puisque la personne a voulu être représenté donc c’est le principe ≠ au cas particulier où la
personne est obligée d’avoir un représentant).
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- Légale ou judiciaire, le représenté est privé de ce pouvoir et il l’est souvent car il est
privé de tout pouvoir.
C’est la même chose de ne pas avoir de pouvoirs ou d’agir au-delà de ses pouvoirs.
L’acte est donc nul, il manque une condition essentielle, celle du consentement, non pas celui
du représentant, mais puisqu’il est représentant et que les effets de l’acte se produise pour le
représenté, puisque le représentant n’a pas de pouvoir = acte nul, cela revient à un défaut de
consentement valable. Cette nullité participe à la catégorie de nullité relative.
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- Le tiers contractant, celui avec qui le représentant a contracté, a cru légitimement que
le représentant était investi de pouvoir, il a ignoré le défaut ou dépassement de pouvoir –
article 1156 al1 cette croyance peut être due au comportement ou déclarations du
représentant, mais ce n’est pas indispensable. L’important est que le tiers contractant soit de
bonne foi. Dans ce cas l’acte est inopposable au représenté. Cela signifie, que le représentant
est seul engagé (même si cela n’est pas dit), mais puisqu’il n’avait aucun pouvoir on ne peut
pas engager le représenté et comme il faut protéger le tiers de bonne foi, la seule solution est
de décider que le représentant est personnellement engagé (parfois aboutit pas à grand-chose
mais au moins le représentant est sanctionner par D&I).
Tout ceci explique l’article 1158 (innovation de 2016) : Tout problème de contracter avec
un représentant est de s’assurer de l’existence de ses pouvoirs. Afin, de favoriser cette
vérification, l’article 1158 crée « l’action interrogatoire » (≠ action en justice, = démarche
interrogatoire) qui permet à celui qui contracte avec un représentant de demander au
représenté, par écrit de confirmer dans un délai fixe, si le représentant peut bien conclure tel
acte. L’intérêt de cette démarche = al2 « l’écrit mentionne qu’à défaut de réponse dans le
délai, le représentant est réputé habilité à conclure cet acte et à représenter le représenté ».
La loi tire donc des conséquences irréfraillables de la non réponse. La raison tient au fait
que le législateur à travers cette démarche obligatoire peut sécuriser la situation du tiers.
Elle fait porter les conséquences de son silence au représenté qui supportera les conséquences
de son silence. C’est un mécanisme inspiré du projet de droit européen du contrat.
L’article 1160 précise (en s’éloignant du droit antérieur) que si le représentant est
incapable ou interdit légal, ses pouvoirs prennent immédiatement fin.
Enfin, l’article 1161 se préoccupe du conflit d’intérêt. Le représentant ne saurait d’une
part agir pour le compte de deux parties à un même contrat (exemple, contrat de vente même
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personne agit pour le vendeur et l’acheteur, non pas possible). Ce pouvoir de décider pour
autrui, il oblige évidemment le représentant à agir conformément à l’intérêt d’autrui. Le
mécanisme de la représentation requiert du représentant une très grande et profonde loyauté.
Le représentant doit donc agir au mieux des intérêts, comme s’il agissait pour ses propres
intérêts. Au-delà de cette appréciation il y a une action préventive qui interdit à une même
personne de prendre en charge deux intérêts contradictoires, ex : intérêt de l’acheteur et du
vendeur dans une banque. De même, le représentant ne peut pas non plus, contracter en son
propre nom avec le représenté, ça serait au mandataire chargé de vendre de décider d’acheter
(pas possible).
La sanction d’une telle hypothèse = nullité, sous deux réserves article 1161 al.2 : - La loi
l’autorise, comme pour les représentants qui garantisse d’une certaine déontologie, ou – si le
représenté ratifie l’acte (cad a autorisé cet acte). Car il sera démontré que les intérêts
contradictoires ont été géré et contrôlé, harmonisés.
Leçon 4 : La capacité
I. La capacité de principe
La personnalité juridique se traduit nécessairement par la capacité, c’est son intérêt, être
doté de pouvoirs (acquérir des biens et contracter des dettes), pour avoir ces pouvoirs il faut être
déclaré capable, ce qu’on est du seul fait d’être une personne = article 1145 al1 « Toute
personne physique peut contracter sauf en cas d’incapacité prévue par la loi. ».
S’agissant des personnes morales, il existe un principe de spécialité qui signifie que les
personnes morales ne peuvent agir que relativement à un certain but, ≠ personnes physiques, les
personnes morales sont des sujets avec un but. Les personnes morales ont vu être inventé le
principe de spécialité qui leur permet d’agir nécessairement pour un but et qu’elles doivent avoir
pour exister. L’alinéa 2 de l’article 1145, précise que la capacité des personnes morales est
« limitée par les règles applicables à chacune d’entre elles ». Ceci découle de la formule issue de
la loi de ratification de 2018, mais sous la réforme de 2016, l’alinéa 2 était plus développé et
donc plus explicite « limité aux actes utiles à la réalisation de leurs objets tels que défini par leurs
statuts et aux actes qui leur sont accessoires, dans le respect des règles applicables à chacune
d’entre elles. ».
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2 formes. Soit on interdit purement et simplement à une personne d’agir. C’est alors une
capacité de jouissance. Elle n’est plus titulaire de tel droit d’agir.
Tantôt, ce n’est que l’exercice du droit d’agir qui est restreint. L’incapacité est alors
d’exercice. Dans ce cas, l’intéressé peut agir Mais par l’intermédiaire d’un représentant.
C’est la privation du droit d’agit par lui même et non seulement du droit d’agir. L’article
1146 du code civil déclare incapable d’agir les mineurs non émancipés et les majeurs
faisant l’objet d’une mesure de protection au sens de l’article 425 du code civil. Ce sont
des capacités d’exercice.
La loi autorise ces mêmes personnes à agir néanmoins par elles mêmes pour
accomplir les actes d’usage courant. C’est ce que prévoient les txt particuliers du D des
incpables (art 389-3 alinéa 1 et 408 pour les mineurs, 473 pour les majeurs en tutelle). Le
D commun du contrat tel que réformé généralise la solution à travers l’article 1148 en
ajoutant que ces contrats autorisés doivent avoir été conclus à des conditions normales.
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disposant que « Les pouvoirs du représentant cessent s'il est atteint d'une incapacité ou
frappé d'une interdiction. ».
Période dominée par le ppe de liberté contractuelle mais à ses côtés prévaut une
exigence générale de loyauté ou de simple civilité. Principes majeurs codifiés à l’art 1102
et 1104. On parle de bonne foie. Ces principes se retrouvent s’agissant des négociations
à l’art 1112 du code civil.
Donc au fil des arrêts, la JP s’efforce de faire la part entre la protection de la liberté
de rompre, et en même temps la non impunité des fautes commises à l’occasion de la
rupture. Le fait de discuter, parfois durablement, crée un devoir parfois de présence, de
précaution, d’information… En gros plus longues ont été les discussions, plus la partie
doit ménager l’autre, c’est de la civilité élémentaire. Et le fait de sanctionner ces incivilités
ne porte pas atteinte au D de rompre.
Une partie de la doctrine s’est émue car avant il y avait l’arrêt Manoukian du 26
nov. 2003 n° 00-10243, et cet arrêt avait décidé qu’on ne pouvait pas réparer la perte de
chance de réaliser les gains que permettait d’espérer la CCL du contrat. En D de la
réparation, on distingue la perte espérée et la perte réelle. Avant cet arrêt, on pouvait
voir des juridictions, qui, lorsqu’un préjudice était causé durant des négociations,
accordait à titre de dommages et intérêts la compensation de la chance d’obtenir les
avantages du contrat avorté. Ce raisonnement était erroné et contestable, puisque ce
que l’on ne peut pas réparer est le préjudice causé par la rupture. Ce que l’on peut
réparer est le préjudice causé par les circonstances de la rupture, or si on accorde la
compensation de la perte de chance d’obtenir les gains espérés du contrat, on répare les
cq de la rupture. C’est pourquoi l’arrêt Manoukian avait mis fin à cette orientation. Le
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dommage que pose la rupture n’est pas réparable, quand on n’est pas contractant on a le
droit de ne pas le devenir.
La préparation est formalisée lorsqu’elle s’inscrit dans un contrat qui a pour objet
de préparer à un autre contrat. On parle parfois en doctrine d’ « avant contrat ». Formule
est pas bien car ces avants contrats sont eux mêmes des vrais contrats qui vont donc
obéir au régime général des contrats. Simplement, ce sont des contrats se situant par
rapport à un autre contrat. C’est la raison pour laquelle on les appellera contrats
préparatoires, que l’on peut répartir en 2 catégories.
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Ces accords de négociations prennent des noms particuliers dans certains arrêts et
textes : accords de principe, contrats préliminaires.
a. La promesse synallagmatique
Le contrat consensuel est le contrat qui est formé dès que les volontés se sont
rencontrées quel que soit le véhicule de leur expression. Avec ce contrat, le rôle tout
puissant de la volonté est à son paroxysme car elle est nécessaire et suffisante. Cela
explique dans le système moderne que la promesse de contrat consensuel ait une place
particulière.
Son texte est un texte du droit spécial de la vente, l’article 1589al1 : « la promesse de
vente vaut vente lorsqu’il y a consentement réciproque des deux parties sur la chose et le prix ».
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L’article 1583 : ce sont les éléments essentiels de la vente, la chose et le prix, donc quand
on est d’accord dessus, le contrat de vente est formé. Le premier article nous dit que si on
convient cela et qu’on l’appelle promesse, on n’a pas de différence avec le contrat. C’est un
aboutissement de la volonté. En principe, ces promesses valent contrats définitifs.
Il faut toutefois distinguer car chaque fois que l’on prétend retarder la conclusion du contrat
définitif à une condition ou d’un terme au sens technique, a fortiori à l’exécution d’une obligation
inhérente au contrat comme l’obtention du prix, le contrat est conclu mais ce qui est retardé est
seulement son exécution : on a des fausses promesses. Mais la signature d’un acte notarié peut
conditionner la formation.
La loi ne parle pas de promesses de contrats réels ou de contrats solennels, elle ne les
interdit pas, ils sont en pratique utilisés. On peut par un contrat consensuel s’engager à conclure
un contrat réel. Le problème est celui du régime, des effets de cette promesse.
Si je m’engage à conclure un contrat réel et que je n’exécute pas cet engagement, est ce
que la sanction peut consister en une exécution forcée ? La réponse est non. Les seules sanctions
possibles sont les dommages et intérêts (on a compris frère).
Certains arrêts ont pu décider que s’agissant des contrats solennels, la promesse devait elle-
même être solennelle ou alors que la promesse de contrat solennel était nulle comme la
promesse de mariage car elle est consensuelle et que le mariage est solennel.
2. La promesse unilatérale
La promesse unilatérale d’un contrat est comme l’indique l’article 1124 alinéa 1 « un
contrat par lequel une partie, le promettant, accorde à l’autre, le bénéficiaire, le droit d’opter pour
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la conclusion d’un contrat dont les éléments essentiels sont déterminés et pour la formation
duquel ne manque que le consentement du bénéficiaire ».
C’est un contrat unilatéral càd dans lequel une seule des parties s’engage envers l’autre,
laquelle ne s’engage pas réciproquement. Il arrive que le bénéficiaire souscrive un engagement
envers le promettant, ce n’est pas systématique mais c’est possible et cet engagement que le
bénéficiaire souscrit consiste pour le bénéficiaire à verser une certaine somme au promettant :
l’indemnité d’immobilisation. Elle n’est pas un engagement réciproque càd qui constitue la
contrepartie de l’engagement du promettant.
L’engagement principal, unique, est celui du promettant, et la loi nous dit qu’il consiste à
accorder le droit d’opter pour la conclusion d’un contrat : droit d’option. Le promettant a donné
son consentement au contrat définitif qui n’existe pas encore, puisqu’inversement le bénéficiaire
n’a pas consenti au contrat définitif. Le bénéficiaire dispose du droit d’opter entre la conclusion
du contrat définitif et sa non conclusion. S’il lève l’option, le contrat définitif sera instantanément
formé puisque comme le dit l’article 1124 alinéa 1, « les éléments essentiels du contrat sont
déterminés » et nous dit aussi que pour la formation du contrat définitif « il ne manque que le
consentement du bénéficiaire ». La promesse crée donc une situation d’attente qui permet au
bénéficiaire d’apprécier, de réfléchir.
Tout cela s’inscrit dans le cadre d’un contrat. Cela a des conséquences importantes sur la
situation du promettant ayant d’ores et déjà consenti au contrat définitif, qui l’a fait dans le
contrat de promesse. Le contrat, c’est la loi des parties contractantes, si bien que lorsqu’elle a été
créée par ses parties contractantes, elle ne peut être défaite que par les mêmes parties, et toutes
les mêmes : principe du parallélisme des formes -> le promettant ne peut plus reprendre son
consentement au contrat définitif une fois que le contrat de promesse est conclu. Le contrat
définitif n’est pas conclu donc la question se pose.
Exemple : Promesse de vente d’un immeuble, on a trois mois pour lever l’option et au bout
d’un mois un tiers dit au promettant qu’il veut acheter plus cher, le promettant est donc tenté de
reprendre son consentement et de vendre au tiers, mais pas possible car consentement inscrit
dans un contrat préparatoire. Le consentement ne peut pas unilatéralement être repris : pour
libérer le promettant on doit avoir l’accord de toutes les parties, donc du bénéficiaire.
Article 1114 prévoit l’offre de contracter : « la proposition qui comprend les éléments
essentiels du contrat envisagé et exprime la volonté de son auteur d’être lié en cas
d’acceptation ». Cette représentation est proche de l’article 1124 qui parle de la promesse.
Mais leur différence est que l’offre n’est pas un contrat, elle n’est même pas un acte
juridique, et on dit que la promesse unilatérale est un contrat. On a donc une différence de
régime dans l’hypothèse dans laquelle le promettant tente de rétracter sa promesse.
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L’article 1124 est clair, son alinéa 2 prévoit que « la révocation de la promesse pendant le
temps laissé au bénéficiaire pour opter n’empêche pas la formation du contrat promis ».
Autrement dit, si le promettant révoque et que néanmoins le bénéficiaire lève l’option, à
condition que l’on soit encore dans le délai laissé pour opter, dit « d’efficacité de la promesse », le
contrat sera formé, la révocation de la promesse par le promettant sera nulle et de nul effet, car
il n’a pas le pouvoir de révoquer seul sa promesse car la promesse est un contrat, et que le
contrat est la chose des parties et non d’une partie.
La Cour de cassation, pendant plus de vingt ans, avait décidé que lorsque le promettant
révoquait sa promesse, la levée ultérieure de l’option par le bénéficiaire ne pouvait pas former le
contrat depuis un arrêt Cruz du 15 décembre 1993. Cette position résultait d’une mauvaise
analyse de la promesse, la Cour de cassation expliquait que le promettant n’était tenu que par
une obligation de faire qui consistait à conclure le contrat définitif si le bénéficiaire levait l’option
et d’ici là à maintenir cette promesse de conclusion. La Cour de cassation en tirait la conséquence
que lorsqu’une obligation de faire à caractère personnel est inexécutée, conformément à ce
qui était le droit commun, la seule sanction possible était l’allocation de dommages et intérêts
càd qu’on considère qu’on ne peut pas obtenir l’exécution forcée d’une obligation personnelle de
faire.
Donc critiques de la doctrine mais la Cour de cassation ignorait : mais en 2008, elle a dit
que si dans le contrat de promesse on avait la clause qui disait qu’en cas de révocation unilatérale
par le promettant, le bénéficiaire pourra quand même lever l’option et le contrat sera formé
(clause répandue), cette clause est valable et doit recevoir son plein effet : irrévocabilité si on la
prévoit expressément. En 2016 le législateur fait cesser cette jurisprudence. Certains ont
prétendu que l’article portait atteinte à la liberté contractuelle.
Si on suit 1124al2, on dit que c’est le contrat à B qui doit l’emporter. Mais on doit ménager
les droits légitimes du tiers et ce que l’on fait ce que reprend l’article 1124 alinéa 3, c’est qu’on
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Donc le contrat avec C est nul, l’antériorité du contrat définitif avec C est donc inutile
puisque le contrat est nul. La réforme de 2016 a donc brisé la jurisprudence irrationnelle de la
Cour de cassation de manière satisfaisante.
(1) Doit comporter un délai durant lequel un bénéficiaire peut exercer son droit d’option :
on lève l’option pour contrat définitif. Si l’option est levée durant le temps d’efficacité de la
promesse, le contrat est conclu à la date de la levée de l’option : moment où toutes les volontés
contractantes se sont rencontrées.
(2) On opte sinon pour la non conclusion du contrat définitif expressément ou tacitement. À
partir de cela la promesse est caduque, l’obligation du promettant est éteinte pour l’avenir, donc
le contrat même de promesse disparaît : on peut faire cela expressément. Si on ne lève pas
l’option dans le délai : on fait cela tacitement.
Le délai d’efficacité est soit expressément indiqué dans la promesse (fréquent), soit la
promesse est conclue pour une durée indéterminée et là il peut y être mis fin à tout moment par
chacune des parties agissant seule donc unilatéralement, à condition de respecter un délai de
préavis raisonnable.
La promesse comme les positions contractuelles, peut être cédée entre vifs : on peut
céder sa position de contractant à un tiers, suppose l’accord du bénéficiaire et du tiers
cessionnaire.
4. L’indemnité d’immobilisation
Elle n’est pas indispensable à l’existence d’une promesse, c’est une possibilité assez
répandue notamment dans les ventes d’immeubles. Le bénéficiaire s’engage au moment de la
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conclusion du contrat de promesse à verser soit au promettant soit dans les mains d’un tiers, une
certaine somme qui en général est de l’ordre de 5-10% du montant du prix du contrat projeté.
Quand on n’a pas d’indemnité d’immobilisation, ce préjudice n’est pas réparé, mais pas
grave car le promettant a accepté qu’il ne le soit pas. En ce sens, l’indemnité d’immobilisation
est facultative et n’est pas indispensable à l’existence de la promesse.
Il arrive toutefois que lorsque l’indemnité d’immobilisation est d’un montant/taux jugé
élevé, càd qu’il dépasse 20% du prix total, la Cour de cassation a pu requalifier le contrat de
promesse unilatérale en contrat de promesse synallagmatique. Le raisonnement qui conduit à
dire cela consiste à considérer que quand l’indemnité d’immobilisation est trop importante, le
prétendu bénéficiaire est en fait dissuadé de ne pas lever l’option car il va perdre l’indemnité.
Mais si l’option est levée, l’indemnité change de nature et est traitée comme un acompte du prix
du contrat définitif. On assimile donc le bénéficiaire à un contractant définitif tellement il est
dissuadé de ne pas lever l’option, ex : arrêt du 26 septembre 2012, troisième chambre civile
B. Le pacte de référence
Article 1123 alinéa 1 : « le contrat par lequel une partie s’engage à proposer
prioritairement à son bénéficiaire de traiter avec lui pour le cas où elle déciderait de contracter ».
C’est toujours un contrat, comme la promesse, mais son objet est plus limité, moins
engageant pour le promettant unilatéral car c’est un contrat unilatéral, puisqu’il ne consiste
uniquement à choisir le bénéficiaire si le promettant décide de contracter. Aucun autre élément
d’un contrat projeté n’est défini, le seul défini est le cocontractant. Dans le pacte de préférence
on ne connaît pas les éléments essentiels d’un contrat projeté et le promettant est libre de les
déterminer et le bénéficiaire libre de ne pas les accepter. Ce contrat se rencontre souvent dans les
relations d’affaires dans le cadre d’une franchise : le distributeur dira cela à un point de vente.
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Il faut protéger le tiers qui le mérite, le tiers de bonne foi et la loi agit en deux temps :
article 1123al2 -> la violation du pacte de préférence donne lieu à dommages et intérêts, c’est la
sanction de principe/mais lorsque le tiers connaissait l’existence du pacte et l’intention du
bénéficiaire de s’en prévaloir, ce dernier peut également agir en nullité ou demander au juge de
le substituer au tiers dans le contrat conclu -> réparation en nature.
C’est la codification d’une jurisprudence avec un arrêt rendu en chambre mixte du 26 mai
2006 : Pour pouvoir mettre en oeuvre la sanction spéciale, il faut que le bénéficiaire fasse une
double démonstration. La deuxième condition est donc critiquable car l’intention du bénéficiaire
de se prévaloir du pacte peut et logiquement doit recouvrir l’hypothèse dans laquelle le
bénéficiaire connaît les conditions du contrat définitif.
Sauf cas particulier, on a toujours l’intention de s’en prévaloir mais ne veut pas dire qu’on va
conclure le contrat définitif de ce seul fait : le promettant doit le proposer prioritairement et les
conditions doivent lui convenir. Comment connaître ses conditions alors qu’a conclu avec un tiers
et que ne connaît pas les conditions ? La condition indispensable est de montrer mauvaise foi, la
réforme aurait du garder uniquement ce point.
Le texte prévoit que le tiers peut agir en nullité ou demander substitution comme on l’a vu.
Cette alternative est là car les conditions du contrat définitif peuvent ne pas convenir au
bénéficiaire donc il agira dans ce cas là seulement en nullité du contrat avec le tiers. Le
bénéficiaire espère que les conditions que proposera à nouveau le promettant lui conviendront.
La plupart du temps, la personne veut être substituée car les conditions lui conviennent.
Le bénéficiaire a donc tout intérêt à répondre mais la difficulté est celle de se prévaloir
d’une intention quand on ne connaît pas les termes du contrat. On veut se prévaloir du pacte
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mais encore faudrait il connaître les conditions offertes par le promettant. On peut se demander si
cette démarche interrogatoire est vraiment avantageuse, le prof n’en est pas persuadé.
C. Le contrat cadre
Nous l’avons déjà rencontré à l’article 1111. C’est un contrat préparatoire, il crée
aussi des obligations définitives et a pour but de préparer des futurs contrats, que le
législateur appelle contrats d’application. Ces contrats, il faut encore les conclure, les
contrats cadres ne sont pas tenus de les conclure, il n’y a pas d’obligation de conclure.
Cependant, toute la logique du contrat cadre veut que les parties soient enclins à les
conclure. C’est aussi l’une des hypothèses de la clause de fixation unilatérale de prix (art
1164).
Dans l’art 1164, il manque le fait que le contrat cadre peut prévoir le prix des
contrats d’application. En effet, le prix dont la fixation est unilatérale est prévue par le
contrat cadre, mais ce n’est pas pour autant le prix du contrat cadre. Le contrat de cadre
n’est en effet pas un contrat de vente mais un contrat qui organise les ventes futures. La
loi crée donc une ambiguïté car on a l’impression à la lecture de l’article que c’est le prix
du contrat cadre qui pourra être fixé.
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Il est possible et fréquent que l’expression des volontés soit simultanée, parfois car
la loi impose des formes d’expressions particulières (exemples : la signature d’un écrit,
contrats d’affaires, on a une phase longue de négociations puis signature). La volonté des
contractants s’exprime donc au même moment et on ne trouve pas ici le schéma de
l’offre et de l’acceptation.
A. L’offre
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- L’article 1113 nous dit que « le contrat est formé par la rencontre d’une offre et
d’une acceptation par lesquelles les parties manifestent une volonté de s’engager ».
Cette affirmation est en partie erronnée puisqu’il y a d’autres types de formation du
contrat.
- L’article 1114 définit l’offre : « l’offre faite à personne déterminée ou
indéterminée comprend les éléments essentiels du contrat envisagé et exprime la
volonté de son auteur d’être lié en cas d’acceptation, à défaut, il y a seulement
invitation à entrer en négocations ».
L’offre est donc d’abord une décision de contracter qui est exprimée par l’offrant. Il
donne son consentement au contrat définitif bien qu’il soit encore hypothétique.
L’offre comporte les éléments essentiels du contrat projeté (détermination chose et
prix, autre point commun avec la promesse unilatérale).
L’offre est adressée à un destinataire qui est soit une personne déterminée, soit est
indéterminée càd une catégorie (exemple : magasin qui affiche un prix).
La loi dit que volonté d’être lié en cas d’acceptation : cette volonté doit se déduire
de l’offre, on n’a pas d’ambiguité sur la conscience qu’a l’auteur des effets de l’offre.
C’est pourquoi la proposition de contracter qui est assortie de réserves n’est pas une offre
(exemple : ce qu’on appelle à tord « offre d’emploi ») car elle est par nature assortie
d’une réserve d’agréement des candidatures. C’est une invitation à rentrer en pourparlers,
à présenter sa candidature. Les réserves peuvent être explicites ou implicites (exemple :
l’offre d’emploi est assortie de réserves implicites). Encore faut il que les réserves
concernent les éléments essentiels du contrat, si elles concernent des éléments
secondaires, l’acceptation pourra former le contrat.
On peut avoir un délai d’acceptation : l’article 1116 alinéa 1 dit qu’à défaut de délai
explicite, on retient le critère du délai raisonnable.
L’offre peut être faite par voie électronique : articles 1125 à 1127-6.
- Lorsque l’offrant électronique est un professionnel, il doit accompagner son offre
des conditions contractuelles et l’article 1127-1al1 exige que cette remise des
conditions générales soit faite dans des conditions qui permettent leur conservation et
leur reproduction.
- Par ailleurs elle doit présenter les étapes à suivre pour la conclusion du contrat.
- On a aussi moyens qui permettent au destinataire avant la conclusion de corriger
les erreurs commises dans la saisie de ses données personnelles.
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L’offrant manifeste son intention d’être lié par un contrat définitif si le destinataire
accepte l’offre, et la loi exige que l’offre soit maintenue au moins pour un délai
raisonnable donc cet engagement de l’offrant crée à son égard des devoirs comme ne
pas changer d’avis pendant le délai. Ce devoir, n’étant pas inscrit dans un acte juridique,
on ne peut pas ne pas tenir compte du changement de décision de l’offrant antérieur à
une acceptation. D’un côté on s’engage pendant un certain délai, de l’autre on ne forme
aucun acte préparatoire. Cela explique les deux propositions contradictoires : article
1116al1 et article 1116al2.
Alinéa 1 : l’offre ne peut pas être rétractée avant l’expiration du délai fixé par son
auteur dans un délai raisonnable. Alinéa 2 : la rétractation de l’offre en violation de cette
interdiction empêche la conclusion du contrat. On fera donc produire son effet
principal à la rétractation.
Alinéa 3 : la rétractation engage la responsabilité extracontractuelle de son auteur.
Donc puisqu’on ne peut pas forcer l’exécution du contrat, la seule sanction est celle
là. On nous dit dans ce même alinéa que les dommages et intérêts ne pourront pas
servir à compenser la perte des avantages attendus du contrat.
Article 1127-1al1 pour la voie électronique : décide que l’offrant reste engagée
par elle tant qu’elle est accessible par voie électronique.
NB : Des lois spéciales peuvent imposer le maintien d’une offre pendant un certain
délai, dans ce cas, la révocation est inopérante.
À l’expiration du délai
Si l’offre n’a pas été acceptée, article 1117al1 : l’offre est caduque.
La même conséquence se produit en cas de décès de l’offrant, on considère
qu’avec son décès, il emporte sa décision de contracter et comme l’offre n’est pas un
acte juridique, cet engagement de contracter n’est pas transmissible aux héritiers. Mais
rien ne leur interdit de la réitérer pour leur compte. De même, l’offre est caduque s’il
devient incapable car sa volonté ne peut plus être efficace.
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B. L’acceptation
Définie par l’article 1118al1 : « la manifestation de la volonté de son auteur d’être
lié dans les termes de l’offre ». Càd sans modification, ajout, retrait, réserve.
Il faut que l’acceptation soit donnée dans le délai d’efficacité, et au sein de cette
période elle peut être donnée à tout moment, mais parfois dans des lois spéciales on
interdit l’acceptation avant l’expiration du délai avec un délai impératif de réflexion
(exemple : offre de crédit immobilier).
- La loi nous dit que la loi, l’usage ou les relations d’affaires ou les circonstances
particulières peuvent permettre de déduire du silence une acceptation tacite.
- Arrêt du 18 janvier 2011 chambre commerciale : on avait pu constater qu’une
offre qui ne comporte que des avantages ne puisse être acceptée que par le silence de
son destinataire.
- On pourra opposer un silence éclairé par une pratique antérieure, encore
dérogation.
I. Les autorisations
Dans certaines circonstances, la validité d’un contrat est subordonnée à
l’autorisation d’un contrat par un tier (personne privée ou publique). Exemple : tuteur a
besoin de l’autoritation du conseil de famile/juge des tutelles, article 505/ou encore
permis d’aménager.
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Il existe des formalités qui ont d’autre fin et ne contribuent pas à la formation de
l’acte. Tantôt leurs formalités sont requises à des fins probatoires (ad probationem) et la
sanction est l’impossibilité de prouver ou une difficulté a le faire. L’acte existe mais ne
peut pas être prouvé ou l’est mais mal aisément. Un adage dit qu’il n’est pas identique de
ne pas être prouver que de ne pas être du tout. La preuve en est que quand l’écrit est
requis a des fins probatoires il existe des moyens pour remplacer l’absence d’écrit alors
que quand l’écrit est requis à des fins de validité, il existe moins de possibilités de le
remplacer. Par ailleurs, l’écrit peut être écrit à des fins d’opposabilité à l’égard des tiers.
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de ne plus consentir mais on peut aménager autrement les choses par une clause d’un
contrat ou par une décision de la loi.
En doctrine, une discussion a existé sur les conséquences de cet état de fait.
Certains auteurs en déduisent que la conclusion s’étalerait dans le temps dans une
période ou l’on peut consentir ou non.
A. La faculté de dédit
C’est la stipulation d’un contrat qui expose que l’une ou l’autre des deux parties,
sinon deux parties, de pouvoir y mettre fin pendant un certain temps par une simple
décision.
Le dédit peut être stipulé à titre gratuit ou a titre onéreux. Le dédit à titre onéreux
se traduit par le bénéficiaire de la faculté du dédit de verser à l’autre partie une indemnité
compensatrice s’il se dédit. S’il ne se dédit pas, la somme lui sera soit restituée ou
s’imputera sur la somme définitive. Dans le droit spécial de la vente, le dédit est prévu à
l’article 1790 et on appelle cela les arrhes.
B. La faculté de rétractation
Elle n’est pas une institution de droit commun. Elle n’est pas prévue de façon
générale pas la loi en droit commun des contrats. Depuis la réforme du 10 février 2016,
le nouvel article 1122 ne fait qu’évoquer la possibilité du délai de rétractation qu’il
définit comme le délai avant de l’expiration duquel son bénéficiaire peut rétracter son
consentement. Ce que fait l’article ce n’est que de prévoir que la loi ou le contrat peut
prévoir un tel délai.
S’agissant de la loi, c’est un peu étrange car la loi spéciale n’a pas besoin d’être
autorisée par la loi générale donc ça n’ajoute pas grand chose. On admet donc que dans
les contrats innomés, il puisse avoir un délai de rétractation ou de réflexion. Là encore, on
a pas attendu la reforme et l’article 1122 pour admettre cette possibilité sur le seul
fondement de la liberté contractuelle. Ce qui était longtemps très dérogatoire se banalise
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avec le droit commun. Dans le code de 1804, le dédit existait mais de façon générale la
rétractation n’était pas envisagée.
C. L’essai
Le contrat à l’essai c’est le contrat qui appelle, en raison de son objet, une phase
d’expérimentation nécessaire à la confirmation du consentement. Il faut que l’objet du
contrat le justifie par exemple, le contrat de travail, car temps qu’on a pas vu à l’oeuvre
le salarié on ne peut pas avoir de certitudes suffisantes pour le recruter.
L’essai doit être stipulé, il ne se présume pas. Il est nécessairement limité dans le
temps et les droits spéciaux encadrent la durée. (Particulièrement encadré en droit du
travail).
La décision de rompre l’essai et donc de revenir sur son consentement ne doit pas
être motivée car il s’agit d’un consentement inverse (j’ai cru que vous faisiez l’affaire mais
en fait non).
Ceci étant, en droit du travail on sanctionne le détournement de la période d’essai. Soit
parce que l’essai est rompu dans le seul but de nuire à l’autre partie (rare). C’est
l’intention de nuire. Dans un autre temps, en raison de la lutte contre les discriminations,
l’essai ne peut être rompu pour des raisons prohibées.
La condition est un événement incertain. Tantôt elle est régit par l’article 1304
alinéa et ancien article 1183. Tantôt elle entraine la notion du droit elle est suspensive
(1304 alinéa 2 anciennement 1181). Ce qu‘on rencontre souvent en cas de vente c’est la
condition s’obtention d’un prêt qui permettra de financer la vente.
Quand la condition est suspensive, l’obligation n’existe qu’en germe. C’est à dire
uniquement pour accueillir cette modalité. Le caractère incertain de la condition la
distingue du terme. Peut parfois entrainer son extinction. Soit le terme est suspensif ou
extinction. Le terme est manqué par un aléa : on est pas certain que l’événement se
produise.
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B. La validité de la condition
Plusieurs exigences sont requises. D’abord (1) la condition doit être possible. Si
l’événement est possible à réaliser il ne peut pas être pourvu de condition. Régit à
l’ancien article 1172 du code civil, la réforme ne reprend pas l’exigence même si elle est
toujours d’actualité.
(2) La condition ne peut pas porter sur un élément essentiel du contrat. On ne peut
pas ériger en condition le paiement du prix dans une vente. Car le prix dans une vente
est une obligation donc il n’y a pas d’incertitude. (incertitude juridique et non factuelle).
(3) De plus, la condition illicite est nulle (article 1304-1, ancien article 1172). Par
exemple, commettre une infraction est illicite donc ne peut pas constituer la matière
d’une condition. Quand la condition est illicite la nullité de la condition emporte la nullité
du contrat. A moins de montrer que la condition n’a pas été déterminante du
consentement.
(4) La condition qui dépend de la seule décision du débiteur est aussi interdite
(article 1304-2, ancien article 1174). C’est la condition potestative, qui est dans le
pouvoir du contractant. Là encore, l’interdiction est parfaitement logique. S’il est dans le
pouvoir du débiteur de faire survenir l’événement qui réalisera la condition suspensive,
alors c’est que cet événement n’est pas incertain. Un doute est en état d’être levé.
L’incertitude qui est inhérente à la condition suppose que les parties n’aient pas e prise
sur l’événement.
Une condition dans le pouvoir du seul créancier est valable car le créancier peut
toujours renoncer à son droit. Donc s’il fait en sorte que l’événement n’arrive pas, donc
que la réalisation en soit mais réalise, donc l’obligation ne viendra pas et donc vaut
comme une renonciation.
Quand une condition dépend de la volonté du débiteur mais qu’elle est exécutée
alors que le créancier a connaissance de ce pouvoir du débiteur et bien encore la nullité
est écartée. Il y a eu une acceptation de cet état de fait, de ce pouvoir.
Quand une condition dépend à la fois de la décision du débiteur et d’une intervention
extérieure (un tiers, le hasard, d’un mécanisme ou d’un événement extérieur), la condition
est valable (article 1304-2) car dans ce cas la elle n’est pas dans le seul pouvoir du
débiteur.
De même, le créancier peut agir contre le débiteur qui tentera de frauder ses droits
conditionnels, deuxième moment la condition est réalisée l’obligation devient pure et
simple, elle nait pleinement (article 1304-6)
Jusqu’à la réforme de 2016, la loi par l’article 1179 et 1180 ancien, prévoyait que
la naissance de l’obligation en cas de la réalisation de la condition suspensive était
rétroactive, c’est à dire que l’obligation était censée être née depuis le jour de la
conclusion du contrat.
Désormais la règle est inversée, la loi permet au partie de stipuler la rétroactivité,
elle ne la prévoit pas mais ne l’interdit pas mais cette rétroactivité, la loi en limite les
effets. En effet, la réalisation de la condition les actes qui la concluent conservent les
droits entre la réalisation du contraste celle de la condition et fardent les risques de la
chose. C’est le débiteur qui en assumera les conséquences (articles 1304-6)
D. La défaillance
Un contrat en lui même est appelé à être exécuér et on a pas besoin de soumettre
tous les contrats au juge pour qu’il en soit ainsi. La force exécutoire est la possibilité
d’obtenir le concours de l’autorité public pour contraindre ou parvenir à l’exécution en
cas d’une résistance, d’opposition ou de réticence du débiteur. Dans notre système
juridique, la puissance publique a le monopole de la contrainte. La contrainte fait partie
des moyens de réalisation des droits.
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La JP est assez abondante, tantôt elle caractérise une telle volonté implicite, ie un
aménagement des contrats qui révèle que pour les parties, un contrat ne peut
fonctionner avec un ou deux autres contrats. Ex : arrêt de la chambre commerciale du
13 février 2007 n°17-407. La CCass dit que « les 4 contrats litigieux étaient
interdépendants ds la mesure où ils poursuivaient tous le même but et n’avaient aucun
sens indépendamment les uns des autres ».
Autre arrêt : Civ 1 du 13 mars 2008 n°06-19339 a admis l’indivisibilité entre un
contrat d’abonnement téléphonique et un contrat de location du matériel téléphonique.
La CCass a encore indiqué que la prestation n’avait aucun sens sans les locations du
matériel.
C’est donc du cas par cas, mais la CCass s’efforce de voir entre les différents
contrats il y a eu une volonté suffisante d’articuler les contrats. Tout cela n’a de sens que
si l’on considère qu’une opération repose sur plusieurs contrats. Ducoup, le régime de
ces contrats interdépendants consiste essentiellement à décider que lorsque l’un d’eux
prend fin, l’interdépendance veut que les autres prennent fin aussi. Mais on doit avoir une
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solidarité et on doit la caractériser selon les conditions ci dessus. La volonté tacite ne doit
pas moins être certaine, on doit trouver dans les indices l’existence d’une intention non
équivoque.
Cette opération est faite pour des raisons fiscales. Si un pro achète un bien pour sa
profession, il ne peut déduire ce prix d’achat de son CA car c’est une immobilisation,
en contrepartie du prix, on a un actif. En revanche, quand on paye un loyer cette somme
est perdue donc elle est déductible du CA. Pour le pro donc, il est plus intéressant de
payer des loyers plutôt qu’un prix. Pour les biens frappés d’une grande obsolescence
donc, il vaut mieux les passer en location pour les déduire du CA.
Comme les crédits bailleurs ne veulent pas de cet interdépendance, ils ont
introduit dans ces contrats des clauses de divisibilité. Si la vente est résolue, le bail ne le
sera pas. Puisque l’interdépendance suppose la volonté, s’il y a une contre volonté elle
est tout autant légitime.
Cependant, la CCass dans une série d’arrêts tient pour nulle la clause
d’indivisibilité inscrite dans ce type de contrat : ne tient pas compte de la volonté
expresse, ce qui manifeste un phénomène d’objectivation de l’interdépendance. A
partir du moment où les contrats ne peuvent objectivement se faire l’un sans l’autre, une
clause d’indivisibilité ne peut être. On peut y voir la volonté de donner effet à l’intention
la plus caractérisée qui est celle d’articuler les contrats, étant rappelé que ce sont des
contrats d’adhésion. Dans l’arrêt du 17 mai 2013 n°11-22768 , la CCass dit que les
contrats concomitants ou successifs qui s’inscrivent dans une opération incluant une
location financière sont interdépendants, sont réputées non écrites les clauses des
contrats inconciliables avec le contrat interdépendant.
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Le juge va qualifier par une analyse de l’acte sous son aspect écrit. Dans un
contrat, on distingue deux niveaux.
- Il y a le fond de l’opération que l’on appelle le négotium. C’est le droit pure.
- Le document qui le relate qui peut être écrit ou électronique. Ce support est un acte
que la loi décide aussi comme un acte. Au sens d’écrit papier ou électronique, on dit
que c’est un instrumentum.
La qualif commence par une analyse de l’écrit, elle peut conduire le juge à
procéder à une interprétation, mais le juge a interdiction d’interpréter les clauses claires
et dénuées d’équivoque. A la lecture de l’instrumentum, le juge va essayer d’identifier les
élts essentiels de telle ou telle catégorie.
Le juge peut s’appuyer aussi sur les élts antérieurs et postérieurs à la CCL du
contrat : les mails, lettres, factures, mises en demeure… Il peut même s’en remettre au
comportement des parties. Il peut en effet révéler le type de contrat qu’ils ont CCL.
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SECTION 1 : L’ANNULATION
C’est l’effacement rétroactif d’un acte juridique atteint de vice de formation. Le
régime de cet effacement connait un fond commun à toutes les causes de nullité. La
nullité est le constat d’une invalidité qui peut résulter d’un vice. Il y a un schéma commun
mais aussi des règles qui dépendantes de la cause. Celles ci ont été de longue date
placées selon une certaine gravité, cad selon que le vice de formation intéressait ou non
l’Intérêt général. Il y a des conditions de formation qui existent afin de protéger l’IG et
d’autres pour l’intérêt particulier de l’un et l’autre des contractants. Et dans cette 2ème
hypothèse, la nullité peut plus facilement être évitée. Cette distinction s’inscrit dans un
vocabulaire codifié en 2016, on dit que la nullité est absolue lorsqu’une cause de nullité
protège l’IG. Quand une cause de nullité protège l’IP, on dit que la nullité est relative.
Ces formules sont trompeuses, elles suggèrent à tord que l’acte serait nul de ouf
dans le premier cas et pas complètement dans le 2nd. Or un acte nul est toujours nul ie il
est sensé ne jamais avoir existé.
L’art 78al2 dit que « le contrat annulé est sensé n’avoir jamais existé. Le mot
absolu/relatif ne concerne pas l’intensité d’annulation mais les personnes qui peuvent la
demander :
- Quand c’est absolu, toute personne ayant un intérêt à demander la nullité peuvent le
faire (partie, ministère public, créancier).
- Quand c’est relatif, seule la personne dont l’intérêt est protégé peut agir. La nullité est
donc relative car elle n’est ouverte qu’à la personne relativement pour laquelle la
sanction est conçue.
Cette distinction a été critiquée à intervalles réguliers car à juste titre on considère
qu’elle n’est pas performante. Bcp d’études doctrinales ont montré ses faiblesses et
souhaitaient utiliser des systèmes alternatifs, mais aucun syst alternatif ne l’a emporté.
Article 1179 nouveau dipose en effet cela.
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I. Les conditions
A. Le fondement de l’annulation
Pour pouvoir agir en nullité, il faut pouvoir invoquer un vice de formation ie il faut
qu’une des conditions soit mal ou pas remplie. Est ce qu’il faut que la loi prévoit
expressément la nullité pour que celle ci puisse être prononcée, autrement dit est ce que
la nullité est textuelle en D français des contrats ? NON, la nullité est virtuelle. Le juge
peut prononcer la nullité en sanction même si la loi ne l’a pas expressément prévu.
Mais cela veut dire aussi que le juge dispose d’une certain pouvoir d’appréciation
et que quand une condition de formation dont la sanction n’est pas expressément la
nullité est méconnue, il n’est pas obligé de la sanctionner par la nullité.
On est au cœur de la distinction ici. Sur cette base, nous allons nous demander
quand est ce qu’il y a nullité absolue et quand est ce qu’il y a nullité relative.
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des intérêts privés (absence de cause), élargit à tous les composants. On peut
considérer que c’est la nullité relative qui l’emporte plutôt.
Si elle est établie par écrit, l’article 1182 alinéa 1 exige que cet écrit
mentionne l’objet de l’obligation (sous-entendu viciée) et le vice qui affecte le
contrat (consentement, défaut de pouvoir, violation de règles de formes).
On peut confirmer un contrat pour un vice mais peut-être est-il atteint par un
autre vice. On ne confirme pas pour tous les autres vices. La confirmation est
enfermée dans la vice qu’elle vise, en considération duquel elle est donnée.
Ils sont codifiés à l’article 1182 alinéa 2 (1138 alinéa 3). Elle a un effet
extinctif de l’action en nullité. Le contrat peut et doit être exécuté. Plus possible
d’en empêcher l’exécution en invoquant la nullité au titre du vice à propos duquel
la confirmation a été donnée. Elle est irrévocable, comme toutes renonciations.
La renonciation n’engage que son auteur, souvent il est le seul titulaire de
l’action mais parfois la nullité relative protège plusieurs personnes en même temps
(exemple, plusieurs débiteurs). L’article 1182 alinéa 4 prévoit implicitement que si
l’un des débiteurs refuse l’action en nullité, cela n’engage pas les autres
Les ayant-cause particuliers sont quelqu’un qui tient d’une personne un droit
relatif à un bien (exemple, un acheteur est un ayant-cause particulier). Un ayant-
cause universel est quelqu’un qui a reçu d’un auteur une universalité, souvent un
patrimoine (soit héritier soit légataire universel). S’agissant des ayant-cause
particuliers, ils ne sont pas concernés par la renonciation / la confirmation. Ils
peuvent agir en nullité.
Exemple : L’acheteur revend la chose qu’il avait ainsi acquise. Après l’avoir
revendu, il renonce à la nullité et confirme le contrat. Le sous acquéreur est-il
concerné par cette confirmation ? Est-ce qu’il pourra agir en nullité contre son
vendeur ? En effet, il peut agir. La confirmation par un auteur n’a pas d’effet à
l’égard de l’ayant-cause.
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nullité soit de confirmer le contrat soit d'agir en nullité dans un délai de six mois à
peine de forclusion ». La cause de la nullité doit avoir cessé.
La loi fixe un plafond y compris en cas de différé du point de départ (on peut
découvrir le vice 20 ans après). L’article 2232 alinéa 1 du CC fixe un délai
maximum de 20 ans après la naissance du droit, l’action s’éteint inexorablement
même si l’on n’a pas encore découvert le fait qui permettrait d’agir.
98 sur 160
BretCorp
Cette règle ne joue pas pour les délais préfixes. Ils valent quelle que soit la
voie. Ils ne sont pas susceptibles de suspension car ils assurent la défense d’un
intérêt général éminent. Quand un délai est préfixe, il est signalé immédiatement
lors de la conclusion du contrat. La jurisprudence a décidé que la règle romaine,
codifiée à l’article 1185, est tenue en échec lorsque le contrat a connu un
commencement d’exécution.
99 sur 160
BretCorp
A. L’annulation judiciaire
Le juge saisi constate et apprécie la réunion des conditions de nullité qui lui
sont soumises. S’il constate la réunion effective, il doit prononcer l’annulation. Il n’a
pas le pouvoir de juger de l’opportunité de cette fonction. Jouer sur les conditions
de son prononcé est la seule marge de manœuvre. Conditions spéciales sont parfois
requises.
Exemple : pour un contrat conclu par une personne protégée ayant agi sans
assistance, outre les conditions générales de nullité, il faut démontrer qu’elle a subi
un préjudice du fait de son contrat. Ne change rien au fait que lorsque toutes les
conditions sont réunies, le juge doit prononcer la nullité.
B. L’annulation amiable
A. L’effacement rétroactif
« Quod nullum est, nullum producit effectum » : cette règle non écrite est
désormais écrite à l’article 1178 alinéa 2. Problème de la rétroactivité : elle est
d’une prétention inouïe. Elle est du révisionnisme. C’est la réécriture du passé. On
ne réécrit pas vraiment le passé, elle est donc typiquement une fiction. Ce qui a eu
lieu a eu lieu (quelle perspicacité). La rétroactivité prétend que ce qui a eu lieu n’a
pas eu lieu. A surtout pour effet de justifier une action présente.
L’article 1184 dispose : « Le contrat est maintenu lorsque la loi répute la clause
non écrite ; maintenu lorsque les fins de la règle méconnue exigent son maintien. »
C. Les restitutions
Le contrat est annulé, il n’est pas censé avoir existé mais il a existé. Il est
possible et fréquent qu’en exécution de contrat ultérieurement annulé, les
parties aient échangé des services ou des biens. Il faut remettre les parties dans
les situations où elles se trouvaient au jour du contrat nul, la situation dans laquelle
elles auraient dû demeurer. On ne peut revenir sur le passé mais on peut ‘faire
comme si’, ou compenser le temps. C’est toute la problématique des restitutions.
Remettre en l’état comme si on était au jour du contrat annulé, sauf que l’on n’y est
pas.
L’article 1352 dispose : « La restitution d'une chose autre que d'une somme
d'argent a lieu en nature ou, lorsque cela est impossible, en valeur, estimée au jour
de la restitution ».
‘Autre que d’une somme d’argent’ car une somme d’argent ne peut être
restituée en nature au sens où on ne demande pas la restitution du billet n°1234,
donné lors du contrat, c’est évident. On restitue par équivalence.
- Les fruits de la chose restituée (les fruits sont les accessoires de la chose), on
restitue la chose et ses fruits. L’article 1352-3 alinéa 1 dispose : « La restitution
inclut les fruits de la chose ». Si les fruits n’existent plus en nature, selon l’alinéa 3,
la restitution a lieu par équivalence. On estime la valeur des fruits restituée au jour
de la perception. On restitue les fruits en fonction de leur valeur le jour de la
perception des fruits.
- L’article 1352-1 dispose : « Celui qui restitue la chose répond des
dégradations et détériorations qui en ont diminué la valeur, à moins qu’il ne soit
de bonne foi et que celles-ci ne soient pas dues à sa faute. ». Le contractant de
bonne foi de garder les fruits de la restitution.
- L’article 1352-7 dispose : « Celui qui a reçu de mauvaise foi doit les intérêts,
les fruits qu’il a perçus ou la valeur de la jouissance à compter du paiement. Celui
qui a reçu de bonne foi ne les doit qu’à compter du jour de la demande. ». Il ne
les doit qu’à compter de la demande, sous-entendu de la demande d’annulation
du contrat.
- L’article 1378 dispose : « S’il y a eu mauvaise foi de la part de celui qui a
reçu, il est tenu de restituer, tant le capital que les intérêts ou les fruits, du jour du
paiement » [à propos de la répétition de l’indu]. Le restituant doit restituer le
capital frugifère par équivalence puisqu’on se place le jour de la formation du
contrat.
Si le bien est détruit, la solution consiste par équivalent, sous la forme d’une
somme d’argent. L’article 1352 en dispose. Nuance de cette solution dans
l’hypothèse où la destruction n’est pas imputable au restituant, qui est tenu d’une
obligation de restitution. Dans ce cas, aucune indemnité n’est due (article 1352-1).
Le restituant doit restituer une indemnité, cette somme varie selon la bonne
foi du restituant. S’il est de bonne foi et qu’il ignorait la cause de nullité, il ne devra
restituer que le prix qu’il a reçu (article 1352-2). Lorsqu’il est de mauvaise foi et
connaissait l’existence d’une cause de nullité, il doit restituer la valeur de la chose au
jour de la restitution à condition qu’elle soit supérieure au prix qu’il a encaissé. La
sanction de sa mauvaise foi l’oblige à restituer la possible plus-value.
Le restitué reçoit la chose et, par ailleurs, les fruits. Mais, il a été privé pendant
la période couverte par la nullité (du jour de la conclusion du contrat au jour de la
restitution). Privé de la jouissance car les fruits ne résument pas la jouissance.
L’article 1352-3 précise que la restitution inclue la valeur de jouissance que la chose
a procurée. Précise en son alinéa 2 la valeur de cette jouissance est fixée par le juge
au jour où il se prononce, ce qui est logique car la jouissance dure jusqu’à la
restitution.
Cette règle est maintenue bien que la réforme ne l’ait pas codifiée. Si les deux
parties sont à l’origine de l’immoralité, les deux subissent l’exception d’indignité (à
turpitude égale, il n’y a pas lieu à répétition). La restitution est cantonnée à
l’immoralité même si parfois, elle a pu être mise en œuvre en cas d’illicéité ne
consistant pas en une immoralité.
L’acquéreur de bonne foi d’un meuble est protégé par la restitution à l’article
2276. Celui qui ignorait le risque d’annulation du 1er contrat, le sous acquéreur
lorsqu’il a pris possession du meuble était de bonne foi. Acquisition originelle que
lui confère la loi s’il est de bonne foi. L’annulation du contrat consécutif n’oblige pas
le tiers acquéreur à restituer le bien.
En matière immobilière, l’article 1198 dispose du fait que si le second
acquéreur (ou sous acquéreur) a publié son droit le premier, il sera conforté dans sa
propriété à condition qu’il soit de bonne foi. Cela permet d’atténuer la rigueur de
l’effacement rétroactif. S’agissant de l’acquéreur de mauvaise foi, il savait qu’il
existait un risque et il l’a pris.
Section 2 : L’indemnisation
La malformation du contrat peut donner lieu à indemnisation – indemnisation
consécutive ou alternative à la nullité.
En effet, puisque le contrat est annulé, le restituant est censé n’avoir pas eu de
droit ou de titre sur la chose qu’il restitue. Il en était le simple possesseur (posséder
sans titre). Il a donc amélioré et conservé la chose d’autrui, il a provoqué à autrui un
enrichissement en le dispensant d’avoir à faire ces dépenses. Elles vont donc
profiter à autrui.
A. L’indemnisation voulue
B. L’alternative imposée
Dans certains cas, la loi n’offre à la victime d’une lésion que la possibilité
d’obtenir une indemnité qui rétablit l’équilibre. La voie de la nullité est fermée dans
certaines hypothèses de lésion. Article 889 en matière de partage + en matière de
lésion lors de la cession du droit d’exploitation d’une œuvre littéraire et artistique,
au détriment de l’auteur (article L131-5 CPI) = rachat soit le versement d’une
indemnité qui met fin au déséquilibre. Lorsque le tiers contribue à un vice du
consentement dans une hypothèse où l’on admet la faute du contractant pour
annuler le contrat. Lorsqu’un tiers induit en erreur un contractant, l’allocation de
dommages et intérêts à la charge du tiers est la seule sanction possible.
Le contenu du contrat était une loi, comme une loi du parlement. A partir de Domat,
le contrat avait l’égard des parties autorité qui expliquait que les contractants soient
soumis à ce contrat et doivent l’exécuter. Il s’agit à travers cette formule qui vient des
canonistes « pacta sunt servanda » les contrats doivent être exécutés à partir du moment
où les parties ont convenu d’un contrat normatif. Celui-ci s’impose à elle avec la force et
autorité d’une loi qui leur serait totalement extérieure. Pas de différence entre une loi
imposée par un tiers et une loi que les parties se sont imposées par leur consentement.
est très souvent la source la plus importante même s’il peut arriver que cet instrumentum
nécessite une interprétation qui comporte une obscurité, une insuffisance. Les
documents publicitaires font-ils ou non partie de la loi contractuelle ? L’une des parties
peut très bien fournir des documents publicitaires à l’autre. Une fois que le contrat est
conclu l’une des parties a intérêt à s’en prévaloir. Ces documents publicitaires peuvent
avoir valeur contractuelle à certaines conditions. Il faut qu’il soit suffisamment précis et
détaillé pour avoir pu exercer une influence sur le consentement du contractant. Formule
tirée d’un arrêt de la Civ. 1 du 6 mai 2010.
Dans des lieux d’exécution du contrat, un des contractants affiche des clauses
dont il entend qu’elle forme la loi contractuelle (dans une entreprise hôtel, une salle de
spectacle). Quelle est l’autorité de la valeur des clauses affichées ? Dans certains cas
exceptionnels, surtout dans l’entreprise, on est allé jusqu’à admettre qu’il y avait une
véritable loi privée appelée réglementation de droit privé.
Cette façon de voir est artificielle selon Revet. Il n’y a aucune adhésion, aucune
connaissance, c’est une jurisprudence qui est en deçà, n’a pas ni le réalisme ni l’exigence,
de savoir si le contractant a pu prendre connaissance. Elle ne se préoccupe pas de savoir
si le contractant a pu en prendre connaissance. Il est censé avoir accepté les clauses.
C’est excessif, mais c’est ainsi.
Une loi est dite supplétive lorsqu’elle a vocation à s’appliquer à défaut de volontés
contraires. L’idée étant qu’il s’agit de suppléer une carence des parties. Il revient en
principe aux parties de déterminer le contenu mais si elles ne le font pas on ne peut pas
les laisser sans un minimum de règles. L’idée est que le législateur se met à la place du
contractant moyen. Les lois supplétives sont originales car elles peuvent être tenues en
échec, rôle subsidiaire, alors qu’on a le sentiment que la loi est obligatoire mais ici ce
n’est pas le cas, on peut ne pas les appliquer. Elles sont un service rendu aux parties mais
au nom de la liberté contractuelle elles peuvent aménager autrement. C’est heureux car
le contrat moderne est conçu par la volonté des parties notamment pour l’élaborer.
Ces lois sont également dénommées « lois d’ordre public ». Traditionnellement les
lois impératives sont rarissimes car elles ne sont pas compatibles avec la liberté
contractuelle telle qu’on la conçoit traditionnellement. Elles se sont multipliées pour
plusieurs raisons. (1) Avec la prise en charge de catégories sociales jugées en situation de
faiblesse. Dans ce schéma, la liberté contractuelle aboutissait à un contrat au contenu
déséquilibré. (2) Ensuite on avait le souci aussi de la puissance publique, du fait des crises
C. La clause légale
fides (chercher) et consécration contrat bona fides, le contenu peut être complété par le
juge.
En pratique, on a eu une utilisation globalement prudente. Cette mission est
redoutable, difficile et considérable. Le juge n’a pas abusé de ce pouvoir mais a quand
même su en user de façon intéressante parfois. Exemples : on a inventé en 1911 ce qui
est devenu très répandu et qui est du au juge avant tout, c’est l’obligation de sécurité
notamment dans le contrat de transports/ mais aussi l’obligation d’information, ou
l’obligation pour un travailleur de s’adapter à l’évolution de son emploi, l’obligation du
vendeur de livrer un produit exempt de vices etc.
Bref un certain nombre d’obligations ont été décrétées, c’est une jurisprudence
d’ordre public et impérative, appelé la « légisprudence » par Revet dans un article. Dans
les années 1930, une doctrine apeurée a parlé de phénomène de « forçage » du contrat.
1. Les généralités
L’interprétation du contrat est indispensable chaque fois que le contrat est obscur,
contradictoire, incertain, ambiguë, insuffisant. Il revient aux parties de s’éclairer ensemble
sinon le juge a comme grande mission d’interpréter. L’interprétation par le juge ne lui
est permise qu’en cas de nécessité càd d’obscurité. Une règle latine codifiée en 2016
nous dit in claris interpretatio cessat = quand la loi est claire il n’y a pas de place à
l’interprétation. Article 1192 : « on ne peut interpréter les clauses claires et précises à
peine de dénaturation ».
En cas d’obscurité, une règle traditionnelle inscrite à l’article 1156 ancien devenu
l’article 1188 alinéa 1 nouveau réfère très logiquement à la « commune intention des
parties ». L’idée est que le contrat est le produit de la volonté et on considère que la
volonté la plus probable n’est pas forcément celle inscrite dans la lettre mais celle dans
l’esprit. Le juge doit interpréter la commune intention plutôt que s’intéresser au sens
des termes.
Aujourd’hui, le législateur est devenu plus réaliste et l’alinéa 2 de l’article 1188 (qui
n’existait pas avant) ajoute subsidiairement que : « lorsque cette intention ne peut être
décelée, le contrat s’interprète selon le sens que lui donnerait par une personne
raisonnable placée dans la même situation ». La loi propose des directives
d’interprétations mais elles sont facultatives. Elles étaient plus nombreuses en 1804.
Exemples : - Article 1189 alinéa 1 (ancien 1161) « toutes les clauses d’un contrat
s’interprète les unes par rapport aux autres » et l’alinéa 2 nouveau permet d’aller chercher
l’intention commune dans l’ensemble des contrats d’une opération.
- Article 1191 (ancien 1167) : « lorsqu’une clause est susceptible de deux sens,
celui qui produit un effet l’emporte sur celui qui ne lui en fait produire aucun ».
Ancien article 1162 : « dans le doute la convention s’interprète contre celui qui a
stipulé (le créancier) et en faveur de celui qui a contracté ». Règle du droit romain reprise
par le Code de 1804. Cette règle a été cantonnée au contrat de gré à gré (article
1190) et pour les contrats d’adhésion on a généralisé en droit commun une règle du
droit de la consommation, il s’interprète contre celui qui l’a proposé càd rédigé.
À côté des actes unilatéraux on a des actes réglementaires qui ont une origine
conventionnelle comme les conventions collectives/les accords collectifs. Ce sont des
contrats entre employeurs et syndicats qui s’appliquent à d’autres qu’à leur signataire,
aux salariés. Pour les salariés, la convention collective ressemble entièrement à une loi.
Ceux qui sont assujettis n’ont pas consenti. On associait cela à l’amélioration de la loi
avant, le but était d’uniformiser mais on a greffé dessus une idée de progrès social.
Il est un principe dégagé au XXe siècle par Roubier selon lequel les contrats
demeurent régis par la loi en vigueur lors de leur conclusion, donc si le principe vient à
changer alors que le contrat est toujours en vigueur, la loi nouvelle ne régira pas les effets
du contrat antérieur qui se produisent après son entrée en vigueur. On a une
cristallisation, une survie de la loi ancienne à l’égard des contrats. Il s’agit de respecter
l’autonomie de la volonté càd le fait que les parties ont considéré un certain état du
droit lorsqu’elles ont contracté.
C’est donc le cas SAUF si le législateur promulgue une loi nouvelle d’ordre public
càd qui assure la défense de l’intérêt général : elles s’appliquent aux effets futurs des
contrats en cours. Exemple : c’est le cas à chaque révision du SMIC, c’est le nouveau
montant qui est applicable même aux contrats de travail conclus avant leur entrée en
vigueur.
Cet ordre public doit être qualifié depuis une décision du CC du 13 janvier 2003
qui demande un mobile d’intérêt général suffisant. La loi de ratification de l’ordonnance
de 2016 précise que l’ordonnance ne s’applique pas aux contrats en cours y compris
pour les dispositions d’ordre public, donc survie absolue. Position radicale car la Cour de
cassation a commencé à appliquer aux contrats en cours au 1er octobre 2016 des
dispositions d’ordre public et le Sénat a réagi à cette jurisprudence et a estimé qu’il fallait
cristalliser totalement l’ancien droit.
A. Les généralités
Le juge est au service du contrat qui s’impose à lui comme n’importe quelle règle
juridique, il doit assurer son respect. Sous couvert d’interprétation, le juge peut enrichir la
loi contractuelle et peut la compléter lorsqu’elle est insuffisante.
C’est donc une jurisprudence qui reste essentiellement cantonnée aux clauses
résolutoires mais qui a conduit une partie de la doctrine à suggérer à la Cour de cassation
de prendre une position destinée à inviter les juges du fond à ne pas généraliser cette
façon de faire. Cela a été fait dans un arrêt du 10 juillet 2007 : « si la règle selon laquelle
les conventions doivent être exécutées de bonne foi permet au juge de sanctionner
l’usage déloyal d’une prérogative contractuelle, elle ne l’autorise pas à porter atteinte à la
substance même des droits et obligations légalement convenus entre les parties ». La
Cour a voulu dire qu’au nom de la sanction de la mauvaise foi, on ne peut pas tenir
en échec le coeur ou l’essentiel du contrat.
Tel n’est pas le cas de la clause résolutoire qui concerne les modalités de cessation
et non pas les modalités contractuelles, donc elle ne remet pas en cause la jurisprudence
de la clause résolutoire. S’il y a comportement de mauvaise foi on ne peut qu’allouer des
dommages et intérêts. Cette JP a été confirmée et elle est rattachée au développement
contemporain du pouvoir unilatéral dans le contrat. Pour autant, on observe que la
réforme n’a pas codifié cette JP, elle a renforcé l’exigence de bonne foi mais n’a pas
codifié cette JP, peut-être car elle est trop récente et comporte des ambiguités
notamment la notion de substance des droits et obligations.
On constate aussi que dans certains cas, cette JP est démentie. Exemple : La
fixation unilatérale du prix, si le contrat qui fixe abuse de son pouvoir, le juge peut
prononcer l’indemnisation de l’autre partie ou la résolution du contrat (articles 1164 et
1165). Le juge par l’indemnisation corrige le prix mal fixé, et ce faisant, il touche à la
substance des droits et obligations, on est au coeur du contrat car on est sur le prix. La JP
de 2007 est tenue en échec. Revet considère que cette JP demeure mais cela reste à
confirmer.
Elle doit remplir ces deux conditions et être inscrite dans un contrat d’adhésion, or il
se caractérise par le fait qu’un ensemble de clauses déterminées à l’avance par une partie
est non négociable. Il y a donc une certaine redondance dans les conditions
d’application de l’article 1171. On a un double filtre et cette deuxième condition
n’existait pas initialement mais a été ajoutée à l’initiative du Sénat par la loi de
ratification de 2018. L’objectif est de ne pas réputer non écrite une clause d’un contrat
d’adhésion qui aurait pu être négociée.
C’est une hypothèse en pratique rare. La plupart des contrats d’adhésion sont des
contrats dans lesquels toutes les clauses sont déterminées à l’avance et sont non
négociables.
2. Le déséquilibre significatif
Pour qu’une clause soit réputée non écrite elle doit créer aussi un déséquilibre
significatif hormis la clause de prix et celle de corrélation entre le prix et l’objet principal,
elles ne peuvent pas être abusives même s’il y a déséquilibre car en droit français le
principe est que la lésion n’est pas un vice des conventions. Toutes les autres clauses
peuvent être constitutives d’un déséquilibre significatif.
Précision : Lorsque les conditions de l’article 1171 sont réunies, la sanction est
automatique, la clause est réputée non écrite donc elle est nulle et c’est une nullité
légale et non judiciaire, ce n’est pas le juge qui la prononce. La marge d’appréciation du
juge ne concerne que la réunion des conditions de l’article.
A. Les parties
Les parties, ce sont celles qui ont conclu le contrat, qu’on peut appeler les (1)
parties initiales. Mais la notion de partie ne se cantonne pas à cela : (2) les successeurs
ou héritiers des parties deviennent elles-mêmes parties au contrat en vertu du droit
successoral qui a comme fondement le principe de la continuation de la personne du
défunt par les héritiers, en vertu de l’ancien article 1122 pas repris par la réforme mais
n’est pas abrogé pour autant. Cette règle vaut pour les personnes physiques mais aussi
les personnes morales qui peuvent avoir des successeurs lorsqu’une société est absorbée
par une autre par exemple.
Il faut aussi mettre dans la catégorie des parties (3) ceux qui acquièrent la position
contractuelle. Celui qui est cessionnaire d’une position contractuelle devient partie à la
place du cédant pour le cédant.
Ce qui est original est que le bénéficiaire devient créancier du promettant dès la
conclusion de la stipulation. Article 1206al1 : « le bénéficiaire est investi d’un droit
direct (…) ».
Une personne devient créancière malgré elle sur la base de la rencontre de volontés
de deux personnes, avec le stipulant qui l’a désignée bénéficiaire. Ce qui est encore plus
original est que pour autant, le stipulant peut révoquer la stipulation tant que le
bénéficiaire ne l’a pas acceptée. Il peut donc mettre fin à la créance du bénéficiaire.
L’acceptation du bénéficiaire peut intervenir à tout moment, elle peut même être
l’oeuvre de ses héritiers après son décès, peut être expresse ou tacite, et peut même
intervenir après le décès du stipulant comme du promettant (article 1208).
La révocation émane soit du stipulant soit des héritiers mais dans ce cas, les
héritiers doivent mettre le bénéficiaire en demeure de l’accepter en lui offrant un délai de
trois mois pour ce faire (article 1207al1). Elle produit effet dès que le bénéficiaire en a
connaissance, de même que le promettant et est rétroactive. Elle peut s’accompagner de
la désignation d’un nouveau bénéficiaire ou de la montée d’un nouveau bénéficiaire de
second rang, et si rien n’est prévu la créance dûe par le promettant reviendra au stipulant
ou à ses héritiers.
Ce schéma est très contestable, il est contestable de faire naître un droit au profit
d’un tiers sans son accord. Nul ne peut devenir créancier malgré lui. Certes le
bénéficiaire devra nécessairement accepter, y compris tacitement, mais à un moment
donné il devra accepter et s’il n’accepte pas il ne pourra pas bénéficier effectivement de
la créance. On dit au jour de l’acceptation car à ce jour, la stipulation est irrévocable par
le stipulant agissant seul à compter de l’acceptation, le stipulant ne peut plus la révoquer
unilatéralement. La révocation est soit d’un commun accord, soit par la renonciation
du bénéficiaire à la stipulation, car on peut toujours renoncer à un droit unilatéralement.
L’action directe est visée comme catégorie générale à l’article 1341-3 nouveau
mais ce n’est pas un texte de droit commun : « dans les cas déterminés par la loi, le
créancier doit agir directement en paiement de sa créance (…) ». Le titulaire de cette
action demande sa créance envers son débiteur à un tiers qui est le débiteur de son
débiteur. Or le débiteur du débiteur doit une autre créance. Le sous débiteur pourra se
défendre contre cette demande en opposant au créancier tous les arguments qu’il
pourrait opposer à son propre créancier si le sous locataire estime que le loyer n’est pas
du car n’a pas bénéficié de la jouissance paisible alors même que ce n’est pas le bailleur
qui est tenu de lui assurer cela, mais il pourra lui opposer.
C’est lorsque des contrats sont interdépendants, qu’ils sont liés par leur but ou liés
par la chose qui en est l’objet, qui conduit à les considérer comme relevant d’un même
groupe de contrats. Cette appartenance conduit à soumettre des personnes qui sont des
tiers à udes contrats auxquels elles n’ont pas adhéré. Ce n’est pas un effet systématique,
c’est un effet ponctuel qui produit à certaines conditions seulement.
Exemple : Lorsqu’un bien fait l’objet de contrats successifs, les droits et actions
accessoires à la chose sont transmises au propriétaire successif comme la vente puis la
revente.
deux débiteurs sur son action en garantie : peut exercer envers son vendeur mais aussi
au tiers (vendeur initial). Si l’action du sous acquéreur contre son vendeur est plus
favorable juridiquement que l’action du revendeur contre son propre vendeur, cela ne
change rien, le sous acquéreur suivra le régime de l’action suivant qu’il exerce son action
ou celle de son auteur.
Peut-il arriver que des dettes soient transmises à des tiers à l’occasion de la
transmission d’une chose ? Non ce n’est pas possible, les dettes en principe ne se
transmettent pas avec les choses, mais on a des exceptions lorsqu’une dette est liée à la
chose : on parle d’une obligation propter rem = elle est un accessoire d’une chose dans
ce cas, donc l’acquéreur devient débiteur au titre de l’obligation considérée. Le même
résultat est rendu possible en présence d’une servitude passive : celui qui achète un
immeuble qui a cette servitude devient le débiteur de cette servitude à la place du
vendeur du seul fait de la vente. L’acte va donc rayonner au delà de ces parties
originaires.
Le porte fort c’est l’engagement souscrit par une personne envers une autre qu’une
tierce personne fera quelque chose (article 1204). Le tiers est extérieur à l’engagement :
A promet à B que C fera quelque chose (en général lui paiera une somme d’argent).
Exemple : Une société mère promet à un banquier que sa filiale remboursera le prêt.
Le contrat de porte fort unit la société mère et le banquier, la filiale est extérieure. Le
tiers n’est en rien tenu lié, contraint par le fait qu’un autre que lui a déclaré qu’il ferait
telle chose. Soit le tiers fait ce que le promettant avait « promis » qu’il ferait : le
promettant est libéré de toute dette. Soit le tiers n’exécute pas la promesse, seul le
promettant sera sanctionné par l’allocation de dommages et intérêts.
Mais le tiers peut entrer dans le processus par une ratification : si le tiers ratifie cette
promesse, la loi prévoit que cette ratification produit un effet rétroactif au jour où le porte
fort avait été souscrit. Il n’est cependant pas tenu de le faire. S’il le fait, tout se passe
comme si le tiers avait été tenu dès l’origine.
Le principe c’est que le contrat ne crée aucune obligation ni aucun droit à la charge pour au
profit des tiers. C’est ce que l’on appelle l’effet relatif du contrat mais il reste tout de moins
opposable aux tiers.
1. Le principe
Le contrat modifie la situation juridique des parties et il est essentiel que les tiers respectent
ces changements, cette évolution. Il ne s’agit que d’obliger à respecter, ou d’obliger à prendre
acte. Néanmoins, cela peut toucher indirectement les tiers. L’opposabilité ce n’est pas
l’assujettissement. Ce principe est aujourd’hui exprimé à l’article 1200 nouveau du Code civil. Il
l’était uniquement par la jurisprudence avant la réforme et tiré de l’ancien article 1165. L’article
1200 dispose : « Les tiers doivent respecter la situation juridique créée par le contrat. « Ils
peuvent s'en prévaloir notamment pour apporter la preuve d'un fait ». Exemple : La clause de
non concurrence doit être respectée par l’employeur nouveau s’il en a connaissance.
L’alinéa 2 de l’article 1200 affirme que le contrat peut aider les tiers à prouver un fait. La
jurisprudence permet au fils de se prévaloir des clauses d’un contrat de mariage au titre d’un
redressement fiscal (14 février 2006, Chambre commerciale).
En principe le contrat est opposable du seul fait qu’il existe. Les parties n’ont pas a
informer le tiers mais en pratique c’est quand même ce qu’elles feront même si ce n’est pas
requis par la loi. Parfois par exception, elle subordonne l’opposabilité à des conditions
particulières. Par exemple, article 1198 alinéa premier, le contrat translatif n’est opposable au
second acquéreur du même bien par le premier acquéreur que si le premier acquéreur est entré
en possession du bien. On subordonne l’opposabilité à l’entrée en possession du bien. Les
transferts de navires, bateaux ou brevet d’invention supposent une inscription sur un registre.
S’agissant de la question de la date du contrat, il faut la démonter et que cette dernière soit
certaine. Cette situation est définie par l’article 1377 du Code civil : « L'acte sous signature
privée n'acquiert date certaine à l'égard des tiers que du jour où il a été enregistré, du jour de la
mort d'un signataire, ou du jour où sa substance est constatée dans un acte authentique ».
- Mort d’un signataire
- Constatation par un acte authentique
- Enregistrement
Il y a ce que l’on appelle la simulation (peu répandue). Des personnes ont un projet de
contrat mais pour diverses raisons elle ne veulent pas qu’un ou des tiers en ait connaissance.
Exemple : Un père veut donner un bien à son fils mais vendre lui permettrait de payer
moins d’impôts. Donc il vont déguiser leur acte sous les apparences d’un autre acte. Il va avoir un
acte apparent qui sera connu des tiers et un acte secret que l’on appelle une contre-lettre. Le
droit encadre cette situation.
Au nom du consensualisme, la loi estime que l’acte qui l’emporte pour les parties est la
contre-lettre car c’est l’expression de leur vrai volonté. C’est l’ancien article 132, 1201 nouveau :
« Lorsque les parties ont conclu un contrat apparent qui dissimule un contrat occulte, ce dernier,
appelé aussi contre-lettre, produit effet entre les parties. En revanche la contre-lettre n’est pas
opposable au tiers car destinée à être cachée ».
Mais que décider si le tiers a intérêt à se prévaloir de la contre-lettre ? La loi permet au
tiers de se prévaloir de la contre-lettre s’il y a intérêt (Suite de 1201 : Il n'est pas opposable aux
tiers, qui peuvent néanmoins s'en prévaloir)
L’entrée en vigueur n’a pas d’importance en matière d’obligations, ce qui compte c’est
l’exigibilité. Or l’exigibilité n’est pas nécessairement concomitante à la conclusion du contrat.
Tout dépend de l’objet du contrat. Dans le contrat translatif, l’obligation de transférer la propriété
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est exigible et exécutable dès la conclusion du contrat. Ce n’est pas toujours le cas. Dans le
contrat de louage il est précisé que le loyer sera payé à terme échu, alors que bailleur fournira la
jouissance d’emblée, le loyer sera payé en différé selon le terme mensuel choisi.
Ce qui permet de décider est la nature du contrat mais aussi les stipulations
particulières : les parties peuvent emménager le début de la prise d’effets des obligations un peu
comme elles l’entendent : elles disposent d’un instrument idoine : le terme.
Puisque les parties peuvent aménager la prise d’effet du contrat, peuvent elles
aménager une prise d’effet rétroactive ? Cette rétroactivité est possible entre les parties au
nom de la liberté contractuelle. Les parties sont libre d’aménager leur droit comme bon leur
semble tant qu’elle ne heurte pas l’ordre public.
Cette stipulation est-elle opposable au tiers ? La réponse est bien évident négative cette
fois-ci. La Cour de cassation a décidé que les tiers ne peuvent pas non plus se prévaloir de la
prise d’effet rétroactive d’obligations contractuelles (23 mars 1999, Chambre commerciale).
Ancien article 1134 alinéa 3 : « Elles (les conventions) doivent être exécutées de bonne
foi. Cette règle a été maintenue à l’article 1104 et lui a été conféré un caractère d’ordre public.
Que signifie l’exigence de bonne foi dans l’exécution ? Tout d’abord une exigence
minimale de loyauté. Les parties doivent faire preuve de civilité, de respect, jouer le jeu du
contrat. Mais au delà de cette exigence de correction, le droit n’oublie pas que le contrat est le
moyen de permettre à chacun de réaliser son intérêt. Certes en s’unissant à un co-contractant
chacun se met dans sa dépendance, et il se forme une sorte de communauté d’intérêts. Mais cela
signifie pas qu’il y ait un devoir d’altruisme : il n’y a pas d’obligations légales de considérer son
intérêt proportionnellement à celui de l’autre (sauf déséquilibre structurel entre les parties).
Mais on ne doit pas ignorer excessivement l’intérêt de l’autre. Ainsi on va pouvoir
stigmatiser celui qui adopte un comportement contradictoire au détriment de l’autre (Chambre
commerciale, 8 mars 2005).
Au delà du minimum de loyauté, il peut exister une obligation de coopération entre les
parties au titre de la bonne foi. Elles ne doivent pas seulement se respecter mutuellement mais
également ne pas empêcher l’autre de fournir dans les meilleures conditions, sa prestation. Il faut
le favoriser, le rendre plus aisé. (arrêt du 19 décembre 1989, Chambre commerciale). Tout cela
est une affaire de casuistique, la Cour de cassation ne donne aucune directive de droit. Elle laisse
les juges du fond apprécier la bonne foi et se borne à contrôler uniquement leur motivation.
Pour que le créancier puisse faire valoir son droit à l’exécution forcée, il faut que son droit
soit exigible (pas de terme ou de conditions suspensives), il faut aussi que le créancier ait mit en
demeure le débiteur. C’est ce que dit l’article 1221 du Code civil : « Le créancier d'une
obligation peut, après mise en demeure, en poursuivre l'exécution en nature sauf si cette
exécution est impossible ou s'il existe une disproportion manifeste entre son coût pour le
débiteur de bonne foi et son intérêt pour le créancier ».
Autrement dit la seule exigibilité ne suffit pas. La mise en demeure est la demande
solennelle au débiteur de s’exécuter. Cette mise en demeure produit un ensemble de
conséquences. Par exemple, elle fait courir des intérêts de retard. Il est prévu que 3 mois après la
mise en demeure, le taux légal ait augmenté de 5 points.
La mise en demeure est régie par les articles 1344 et suivants du Code civil. La mise en
demeure du débiteur par le créancier est elle prévue par l’article 1344 : « Le débiteur est mis en
demeure de payer soit par une sommation ou un acte portant interpellation suffisante, soit, si le
contrat le prévoit, par la seule exigibilité de l’obligation ».
Dans certaines obligations, la mise en demeure est inutile « obligation de ne pas faire par
exemple ». Article 1344-1 explique les intérêts et l’article 1344-2, les risques. La mise en
demeure du créancier par le débiteur est elle prévue par l’article 1345.
Cela peut également être le cas « s'il existe une disproportion manifeste entre son coût
pour le débiteur de bonne foi et son intérêt pour le créancier » (fin de 1221). C’est une
innovation de la réforme de 2016 qui est assez originale et qui se justifie par une analyse
économique du droit. L’idée est simple : il y a des situations où l’exécution forcée est anti-
économique et tout cela va procurer un intérêt proportionnellement faible au créancier. Il y a un
cas d’inopportunité économique. Alors de ce point de vue là, c’est rationnel. D’un point de vue
juridique c’est plus surprenant. En effet, seul le créancier doit apprécier l’opportunité de
l’exécution. De plus pourquoi paralyser au stade de l’exécution alors dès le départ il était sans
doute prévu que cette dernière allait être moins rentable pour le débiteur.
On fait naître la créance avant de la rendre inexécutable. On est dans ce que l’on appelle
une imprévision. La loi de ratification a complété l’article 1221 en ne permettant qu’au débiteur
de bonne foi de se prévaloir de cette disproportion. La bonne foi est l’ignorance par le débiteur
de la disproportion, si c’est lui qui l’a créé il n’y a pas lieu de paralyser l’exécution.
L’article 1345 du Code civil prévoit la mise en demeure du créancier par le débiteur
lorsque le créancier à l’échéance prévue et sans motif légitime, refuse de recevoir le paiement (=
l’exécution) ou empêche cette exécution. Cette mise en demeure arrête les intérêts, met la chose
au risque du créancier et n’interrompt pas la prescription contrairement à la mise en demeure du
créancier. Si le créancier ne bouge pas, il faut donner au débiteur le moyen de forcer l’exécution.
- Si le contrat, si la dette refusée par le créancier a pour l’objet une somme d’argent,
le débiteur va pouvoir deux mois après la mise en demeure la consigner auprès d’un EP : la
caisse des dépôts et des consignations. Elle consigne les paiements refusés par les créanciers
de mauvaise foi. Une fois que la somme a été consignée, le débiteur est libérée, il n’est plus
débiteur. Il ne l’est plus à partir du moment où la consignation est notifiée au créancier
(intervention de l’huissier)
- S’il s’agit d’un bien meuble, le débiteur peut faire appelle à un gardien professionnel
pour faire séquestrer au frais du créancier le bien. Cela libère le débiteur. Si la chose ne peut
être séquestrer ou le séquestre est trop coûteux le juge peut autoriser la vente aux enchères
publics. Le prix déduit des frais sera consigné à la caisse des dépôts et pourra être pris par le
créancier.
En cas d’une autre situation, le débiteur est également libéré si l’obstruction du créancier
n’a pas cessé 2 mois après la mise en demeure (1345-2 du Code civil). Avant la réforme tous ces
mécanismes relevant de l’offre réelle des consignations (Article 1257 ancien et suivants).
Dans un contrat synallagmatique il est possible à un contractant qui n’a pas reçu la
prestation qu’il devait recevoir de suspendre l’exécution sa propre prestation, laquelle
constitue la contrepartie qui n’a pas été fournie alors qu’elle aurait due l’être.
Mécanisme inventé par les romains, mais développés par les canonistes qu
considéraient que celui qui ne respecte pas sa parole ne doit pas recevoir la contrepartie.
Les romanistes avaient donc baptisé ce mécanisme exceptio non adinpelti contractus.
Cela signifie exception de contrat none exécuté.
Le code civil l’avait ignoré mais la JP l’avait maintenu et la réforme du DDC l’a
codifié aux article 1119 et 1120 nouveaux.
L’exception d’inexécution est un simple moyen de défense, mais c’est aussi au sens
alrge du terme une voie d’exécution au sens large. En effet, il y a autant les moyens de
parvenir à l’exécution que de contraindre cette exécution.
Or les voies d’exécutions supposent des créances ayant diff qualités juridiques :
- Elles doivent être certaines
- Elles doivent être liquides
- La créance doit être exigible.
Ile st vrai qu’une des innovations de la réforme a été d’accepter à l’ariticle 1120
l’exception d’inexécution anticipée qui permet à un contractant à qui il apparait certain
que l’autre ne s’exécutera de suspendre l’exécution de son oblig même si l’inexécution
de l’autre n’est pas encore avérée, elle est potentielle. Ex : le débiteur est en situation
de faillite, avant que sa dette ne soit inexécutée, si la contreprestation est d’or et déjà
exigible, son débiteur peut néanmoins la suspendre. L’article 1120 suppose qu’il soit
manifeste que le contractant ne s’exécutera pas, et que les cq de cette inexécution
potentielle soit suffisamment grave pour l’autre partie. En l’occurence la loie xige que
l’auteur de l’inexécution la lui notifie dans les meileurs délais.
LA loi nouvelle ne reprend pas l’exigence de prop mais le fait à sa façon car elle dit
que l’inexécution doit être suffisament grave, donc cetains y ont vu la reprise de la
proportionnalité.
Le texte nous dit que « En cas d'exécution imparfaite de la prestation, le créancier
peut, après mise en demeure et s'il n'a pas encore payé tout ou partie de la prestation,
notifier dans les meilleurs délais au débiteur sa décision d'en réduire de manière
proportionnelle le prix. L'acceptation par le débiteur de la décision de réduction de prix
du créancier doit être rédigée par écrit. Si le créancier a déjà payé, à défaut d'accord
entre les parties, il peut demander au juge la réduction de prix. »
C’est une mesure qu’on pourrait considérer de jsutice privée, qui vient généraliser
un mécanisme préexistant dans des dispositifs spéciaux (D de la vente) ou dans des
domaines spéciaux (ventes commerciales) qu’on appelait la réfaction.
Le créancier peut aussi considérer que c’est mieux que rien, et qu’il veut s’en
contenter à condition que le prix soit réajusté. Jusqu’ici, il fallait en passer par le juge car
il y avait inexécution et modification consécutive du contrat. En effet, si on refait le prix
pour l’ajuster, on estimait quer cette décision ne pouvait émaner d’une partie seulement.
Tout cela suppose que le créancier qui est débiteur du prix ne l’ait pas encore
payé. La loi de ratification a ajouté l’hypothèse de l’acceptation par le débiteur de la
décision de réduction du prix. Cela ne veut pas dire que la réduction du prix n’existe que
si elle est acceptée. La décision est unilatérale, soit elle est acceptée et certaines cq s’en
déduisent, soit elle n’est pas acceptée.
Que produit cet accord du débiteur de la livraison ? Elle la bilatérale, elle en fait
une modif convenue, presque un avenant au contrat. En cq, elle lui interdit ensuite d ela
contester. Il peut y avoir intérêt à le faire car il consolide sa situation, il peut pouvoir éviter
que le créancier de la livraison ne demande des dommages et intérêts.
Pourquoi naissent-ils dès la conclusion ? (1) D’abord car les obligations doivent être
assorties d’une sanction, le contrat est une promesse, une projection sur l’avenir. Si on appelle le
créancier comme cela c’est car il doit faire crédit à l’autre, on a donc un aléa, une incertitude, et
pour la réduire, on doit créer des contraintes, des pressions et notamment celle consistant à dire
qu’on souscrit parallèlement l’obligation de payer une compensation. (2) La deuxième raison est
que le contrat est la chose des parties, elles doivent pouvoir organiser la sanction de
l’inexécution comme elles l’entendent, y compris sous l’angle des dommages et intérêts.
Ce droit est en principe supplétif. Il est posé par l’article 1231-1 (ancien 1147) : « Le
débiteur est condamné, s'il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de
l'inexécution de l'obligation, soit à raison du retard dans l'exécution, s'il ne justifie pas que
l'exécution a été empêchée par la force majeure ».
Ce droit à des dommages et intérêts contractuels est donc supplétif donc le contrat peut le
supprimer mais en principe les parties peuvent dispenser le débiteur à payer en cas
d’inexécution. Exemple : Com. 26 avril 2017. Dans certains secteurs comme dans les relations
entre professionnels et consommateurs, ces stipulatons sont interdites, et on peut considérer si
dans un contrat d’adhésion une clause prive l’adhérant au droit aux dommages et intérêts, elle
est réputée non écrite sur le fondement de l’article 1171 sur le déséquilibre significatif.
(1) On a une limite qui tient à l’hypothèse d’une faute lourde ou dolosive : Quand on a
une clause de non responsabilité ou de non indemnisation contractuelle, si ce même débiteur
commet une faute lourde ou dolosive, il sera tout de même tenu à réparation malgré la clause.
L’article 1231-3 dit cela (reprend 1150 ancien) : « Le débiteur n'est tenu que des dommages et
intérêts qui ont été prévus ou qui pouvaient être prévus lors de la conclusion du contrat, sauf
lorsque l'inexécution est due à une faute lourde ou dolosive ». Dans ce cas là le débiteur a
commis une faute civile et donc est justiciable de la responsabilité civile. S’il est exonéré des
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dommages et intérêts contractuels, il est tenu des dommages et intérêts délictuels. La faute
dolosive est une faute intentionnelle, il ne faut pas confondre la conscience et l’intention. Tout
auteur d’une faute, sauf l’enfant, suppose la conscience mais pas toujours l’intention : faute
d’imprudence. Depuis l’ancien droit on assimile la faute lourde à la faute dolosive alors que la
faute lourde n’est pas intentionnelle, mais on fait cela car la faute lourde se caractérise par un
préjudice considérable. Exemple de faute lourde : Com. 3 avril 1990.
(2) La deuxième restriction résulte de l’article 1170 : « Toute clause qui prive de sa
substance l'obligation essentielle du débiteur est réputée non écrite. » Codifie une jurisprudence
de 1996 Chronopost précisé en 2010 par un arrêt Faurecia. C’est en matière de responsabilité
civile que ces clauses se sont développées et ont finies par être sanctionnées. Le législateur a
codifié cela et en pratique l’article trouvera l’essentiel de son application pour les clauses élusives
ou limitatives de dommages et intérêts contractuels.
La loi à l’article 1231-3 pose une première condition : « Le débiteur n'est tenu que des
dommages et intérêts qui ont été prévus ou qui pouvaient être prévus ». La grande exigence est
la prévisibilité et l’article suivant, 1231-4 restreint les dommages et intérêts à la réparation ou
à ce qui constitue une suite immédiate et directe de l’inexécution : « Dans le cas même où
l'inexécution du contrat résulte d'une faute lourde ou dolosive, les dommages et intérêts ne
comprennent que ce qui est une suite immédiate et directe de l’inexécution ».
Cela constitue autant de limites aux dommages et intérêts par rapport au principe de la
réparation intégrale : on prend le préjudice au jour où il a été subi et on le répare dans toutes
ses dimensions et on ne s’occupe pas de savoir si le dommage était prévisible ou pas, cela n’a
aucun sens en responsabilité et a toute sa place en matière d’indemnité contractuelle. Cela
s’accorde avec la liberté de principe qu’a le contractant de fixer les dommages et intérêts :
liberté de déterminer le contenu. Des fois on peut même dire qu’on n’en aura pas, on peut aussi
prévoir au delà du dommage.
Il faut qu’ils soient la suite immédiate et directe de l’exécution, on doit avoir un lien entre
l’inexécution et le dommage réparé. Cela n’empêche pas d’indemniser un préjudice futur, mais il
doit être certain. On parle souvent en doctrine sur les dommages et intérêts contractuels
d’exécution par équivalent. Revet n’est pas d’accord avec cette formule. Les dommages et
intérêts peuvent assurer une réparation en nature : il est permis au créancier de faire financer
l’exécution par un tiers et faire financer cela par le débiteur.
C’est l’ancien article 1144, nouveau 1222 : « Après mise en demeure, le créancier peut
aussi, dans un délai et à un coût raisonnables, faire exécuter lui-même l'obligation ou, sur
autorisation préalable du juge, détruire ce qui a été fait en violation de celle-ci. Il peut demander
au débiteur le remboursement des sommes engagées à cette fin. Il peut aussi demander en
justice que le débiteur avance les sommes nécessaires à cette exécution ou à cette destruction ».
C’est toujours aux frais du débiteur. Dans ce cas là, pour le débiteur c’est une indemnisation
mais pour le créancier c’est une réparation en nature (et non pas une exécution en nature, cela
doit émaner du débiteur).
D. La clause pénale
C’est la stipulation d’un contrat qui prévoit à l’avance le montant des dommages et intérêts,
article 1231-5 (avant articles 1152 et 1126) : « Lorsque le contrat stipule que celui qui
manquera de l'exécuter paiera une certaine somme à titre de dommages et intérêts, il ne peut
être alloué à l'autre partie une somme plus forte ni moindre. (…) ». Le montant doit être respecté
or quand l’inexécution se produit il peut s’observer un décalage entre le montant du dommage
subi au moment de l’inexécution et le forfait prévu. La question s’est posée pendant longtemps
de savoir si le juge pouvait réviser à la hausse ou à la baisse. La Cour de cassation a répondu
négativement et une loi de 1975 a brisé cette position en permettant de faire modifier par le
juge un montant manifestement excessif ou dérisoire. En 1985, le législateur a permis au juge de
procéder d’office à la révision, et cette disposition est d’ordre public.
On l’appelle la clause pénale car elle a une fonction double : prévenir, ce qui explique le
problème qu’elle a posé car une bonne clause pénale fait peur et prévoit des dommages et
intérêts élevés, beaucoup plus que ce que le juge allouerait, et comme elle est forfaitaire, elle est
en principe intangible. Du coup, cette logique a conduit à des excès. La Cour de cassation au
nom de la règle pacta sunt servanda cassait les arrêts qui révisaient, mais le législateur a brisé
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cela. Ce que le juge peut faire, ce n’est que réduire ou augmenter la clause pénale
manifestement excessive ou dérisoire. Cela ne veut pas forcément dire la ramener au montant du
dommage prévisible.
I. L’inexécution de l’obligation
Il est nécessaire et suffisant que le créancier démontre l’inexécution du débiteur. La loi est
claire, le débiteur est condamné au paiement de dommages et intérêts en raison de l’inexécution
de l’obligation. Contrairement à la responsabilité civile, il n’est pas acquis que le créancier
démontre en plus de l’inexécution l’existence d’un dommage et un lien de causalité. On a des
arrêts qui disent qu’on droit prouver le dommage, rationnellement, cette preuve est inutile.
Pour Revet, pas de preuve de dommage mais le débiteur est libéré quand il peut démontrer
que l’inexécution qui lui est reprochée est imputable à un évènement de force majeure.
L’imprévisibilité est une notion propre au droit des contrats, le contrat au fond est un
acte de prévision, le contractant qui s’engage à fournir quelque chose doit prévoir. On a étendu
ce critère à la responsabilité délictuelle. Lorsque les parties ont pu prévoir qu’un évènement se
produirait et qu’elles ont conclu le contrat, c’est qu’elles ont entendu que le dommage serait
réparable au sens du dommage prévisible, et que l’évènement n’a pas pu être prévu.
L’inévitabilité était l’irrestibilité. L’extériorité est à manier avec précaution : maladie du
débiteur admis comme force majeure, or ce n’est pas extérieur. Ce qui compte est que
l’exécution impossible et en disant inévitable on dit que l’impossibilité doit être absolue.
Exemple : Civ, 6 janvier 1993.
En matière contractuelle, le débiteur peut s’engager à garantir les effets de la force majeure,
donc à ne pas être libéré en cas d’évènement de force majeure, on dit qu’il souscrit une
obligation de garantie càd qu’il indemnisera le créancier même s’il était dans l’impossibilité
d’exécuter, il assume cette impossibilité. La jurisprudence autorisait les parties à définir à leur goût
la force majeure et cette loi des parties devra être respectée.
I. L’avenant
C’est un accord de volonté qui corrige, complète ou modifie une stipulation d’un
contrat antérieur en cours. L’avenant fait corps avec le contrat qu’il modifie, c’est un
contrat dans le contrat, ce n’est pas un contrat nouveau ni même seulement renouvelé.
C’est la raison pour laquelle on n’accepte pas un avenant ou une offre d’avenant
par son seul silence, il faut que les conditions de formation d‘avenant soit les conditions
de formation du contrat initial, parallélisme des formes. Si un écrit était exigé, l’avenant
doit aussi être établi par écrit.
Le contrat initial peut d’ailleurs prévoir la formation des futurs avenants. PAr ex, le
contrat initial pourra prévoir que l’avenant devra être par écrit alors que le CI n’était pas
un contrat solennel.
Le législateur encadre qlq peut mes autre indexations au nom de l’ordre public
économique, pour éviter des indexations produisant des mécanismes inflationnistes. Tout
cela siège à l’art L112-2 et L112-3 du code monétaire et financier.
Une clause d’indexation est valable que si l’indice est en relation directe avec
l’objet du contrat ou l’activité des parties. Il faut que l’indice choisi reflète l’augmentation
des coût dans le secteur du contrat. Si c’est dans un secteur qui n’a rien à voir, cela n’a
pas de sens. L’inflation est le reflet de l’évolution des coûts. Négativement, certains
indices sont interdits : le salaire minimum, et le niveau général des prix. Si tel est le
principe, il y a des cas pour lesquels ces indices sont autorisés comme pour les pensions
alimentaires qui doivent être indexés sur les prix.
Ces indices généraux, s’ils étaient appliqués, nourriraient l’inflation, car si chaque
fois que les prix augmentent, cette augmentation entrainerait tout ce qui entrainerait une
nouvelle augmentation etc. Donc CERCLE VICIEUX.
La réforme de 2016 a consacré cette mesure à l’art 1167 nouveau. « Lorsque le prix
ou tout autre élément du contrat doit être déterminé par référence à un indice qui
n'existe pas ou a cessé d'exister ou d'être accessible, celui-ci est remplacé par l'indice qui
s'en rapproche le plus. ». On vise là les indices qui n’existent pas ou plus, ou qu’on ne
peut pas connaitre. On ne vise pas expressément un indice illicite. Drôle de codification
de la JP donc mais on peut résoudre cela car si la CCass considère que le législateur a
consacré le pouvoir de réfaction d’indice, elle pourra en déduire qu’elle maintient sa JP
pour indice illicite, et elle l’élargit. L’autre hypothèse serait de dire que le législateur n’a
pas visé l’indice illicite donc on ne peut plus le substituer par un indice illicite. Mais prof
ne croit pas à cette 2nde hypothèse.
Le ppe est que les parties n’ont pas une obligation d’adapter leur contrat lorsque
la nécessite s’en fait ressentir par une partie. Le contrat fige une situation donnée, le
contrat n’est pas un acte évolutif par nature, c’est un acte de prévision. LA Ccass a donc
pu déclarer dans Com 18 sept 2010 que une partie ne voulant pas adapter ne commet
pas une faute.
Cependant, les parties peuvent avoir inscrit dans leur contrat une clause de
renégociation. On appelle ces clauses des clauses d’adaptation, de sauvegarde, de
renégociation, de hardship dans les contrats anglais. Les parties doivent alors se
conformer à la clause, donc engager des discussions, rechercher un accord etc… si on
manque à cette oblig, on engage sa respo contractuelle. Cependant on n’a pas
l’obligation de conclure un accord d’adaptation. Une telle obligation n’existe pas.
Quand il n’y a pas d’obligation de négocier, il n’y a pas de devoir de le faire. Dans
quelques arrêts, la Ccass a pu à une époque donner le sentiment qu’il fallait adapter le
contrat, de temps en temps qlq arrêts vont dans ce sens, comme par exemple Com15
mars 2017 n°15-16406 qui dit que « la CA a pu retenir que la loyauté imposait de
négocier… ». Ce n’est pas un réel courant cependant.
Les canonsites, soucieux d’équité, considéraient que tout contrat était conclu sous
une condition implicite, la condition « que les choses demeurent ce qu’elles sont ». Les
codificateurs napoléoniens n’ont pas repris cette idée en considérant qu’elle était une
trop grande source d’inscurité juridique. Des droits voisins et lointains ont intégré en eux
ce pouvoir de révision pour imprévision, mais la FR est l’un des rares pays n’admettant à
l’époque toujours pas cette possibilité. La position avait été fixée dans un grand arrêt
Canal de Craponne du 6 mars 1876 où on avait refusé de réviser le prix de l’eau fixé
depuis 100 ans, car « dans aucuns cas il n’appartient aux tribunaux, telle qu’équitable
qu’apparaisse leur décision, de prendre en considération le temps et les circonstances
pour modifier les considérations d s parties et substituer des clauses nouvelles… ». La
Ccass n’a jamais procédé à un revirement, alors que par exemple en ALL on a admis cela
sur la bonne foi. Plusieurs pays européens ont suivi cela.
- Le changement doit avoir été imprévisible, c’est une des conditions de la force
majeure, et elle s’apprécie par rapport à l’Homme avisé, moyen. Selon la JP, ce qui est
imprévisible est ce que l’Homme moyen n’aurait pas pu prévoir par la soudaineté,
rareté de l’évènement.
- Il faut que celui qui subit le déséquilibre ne l’ait pas accepté par avance, il faut qu’il
n’ait pas accepté le risque. C’est une clause supplétive de volonté. Une telle clause est
nulle dans un contrat d’adhésion si elle s’impose à l’adhérent.
Pouvoir très important car pour les contrats de gré à gré, il est supplétif pour
écarter l’article, mais ça ne serait d’après le prof pas accepté dans les contrats d’adhésion.
Il y a là une réalité qui est pratique avant d’être légale. A certaines conditions, il
peut être opportun pour un contractant de se substituer à un tiers dans sa qualité de
contractant. Ex : le locataire trouve un successeur, le présente au bailleur, et ce dernier
l’agrée. Chaque fois qu’il y a un intérêt partagé à ce qu’un tiers soit substitué, c’est
faisable.
Cela a été reconnu par la JP et cela a été théorisé par la doctrine. Il y a plusieurs
grandes conceptions. La conception dominante est que la position contractuelle peut
connaitre une substitution, un changement de titulaire de la position contractuelle, mais
ce changement obéit à sa propre logique. Cette position contractuelle a donc une nature
sui generis, elle est son propre genre, n’est irréductible à aucune figure connue.
donc pas de sujet pour le prof, la position contractuelle est un bien, bien qui
obéit à des règes particulières. La question est de savoir comment cela fonctionne, peu
importe la qualification.
C’est seulement depuis 2016 que le CC traite de cette question. Non pas qu’elle
était ignorée du code de 1804, mais il ne s’y intéressait pas vraiment. La JP a donc dû
trancher les difficultés.
Le cédé n’est pas partie au contrat de cession, mais il n’est pas étranger à ce
contrat car il doit l’autoriser comme le décidait la JP jusqu’à la réforme et on a maintenu
cette exigence. En effet pour le contractant cédé, elle va impliquer un changement de
débiteur, car dans un contrat, dans la mesure ou une partie est débitrice, le bailleur va
changer de débiteur du loyer. Bien entendu, la personne du débiteur est importante pr le
créancier, mais aussi au delà de la personne son patrimoine. Si le débiteur cédant avait
un bon patrimoine et que le cessionaire est chomeur, le bailleur verra les choses avec
inquiétude.
LE cédé est extérieur au contrat de cession, et si jmaais il n’autorise pas cela fait
partie de ces cas où ….
Le cédé peut donner son autorisation anticipé[Link] le cotnrat, initiale, une close
peut en effet dire que la partie peut légalement céder le contrat.
La JP avait aussi admis que le cédé pouvait manifester son acord d’une manière
tacite par la suele poursuite de l’exécution du contrat avec le cessionnaire. Ex : le
fournisseur d’un restau continue à fournir le restau alors que le fond de commerce a
changé de proprio.
Dans certains cas, cet accord du cédé n’est pas requis car la loi en décide ainsi.
Elle impose au cédé une cession en considérant qu’un intérêt supérieur commande de
passer outre le nécessaire accord du cédé. Ex : la vente d’un bien assuré. L’acquéreur
d’un immeuble par ex prend la place du vendeur dans sa klité d’assuré, et si un incendie
survient le lendemain de la vente, l’immeuble sera assuré par l’assurance de l’ancien
proprio. Cependant, l’article L121-10 du code des assurance facilite le changement
d’assurance.
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Une vieille règle à l’article1743 du code civil veut qu’en cas de vente d’un
immeuble loué, l’acheteur est substitué au vendeur dans sa position de bailleur.
L’idée d’une cession est l’idée d’une continuation. C’est le mm contrat qui
contenu, avec d’un côté le même contractant, le cédé, et un nouveau contractant de
l’autre côté, le cessionnaire.
La loi de 2016 a prévu un système compliqué. Dans l’article 1216-1 alinéa 1, elle
dispose que « Si le cédé y a expressément consenti, la cession de contrat libère le cédant
pour l’avenir. ». Il faut donc un consentement express qui n’est pas le consentement à la
cession, mais à un effet précis de la cession : la libération du cédant pr l’avenir. Le seul fait
donc de consentir à la cession ne libère pas le cédant, il faut un consentement express.
La libération du cédant pr l’avenir (pas pr le passé), cela signifie que toutes ses
obligations nées et exigibles avant la cession demeurent à la charge du cédant. Loyer
demandé au cédant par exemple.
Solidairement ? solidarité est une obligation qui intéresse les obligations plurales,
ie quand une dette est imputée à plusieurs débiteurs. Le principe en la matière est la
division de la dette (art 1309 du CC), mais on peut tenir en échec cette division par deus
séries de closes :
La solidarité est simple : le créancier d’un débiteur solidaire peut lui demander le
paiement de la totalité de la dette, comme s’il était débiteur unique. Une fois que ce
débiteur aura payer, il aura un retour contre ses codébiteurs auxquels il pourra demander
qu’ils lui remboursent la part de dette qui leur incombe. Au final donc, le débiteur ne
supportera que sa propre part. A supposer que les autres aient les moyens de
rembourser. La solidarité a en effet une fonction de garantie pour les créanciers. Le
risque d’insolvabilité est supporté par les débiteurs solidaires et non par le créancier.
Enfin, l’art 1216-3 précise que lorsque le cédant n’est pas libéré, les sûretés
consenties pour garantir ces dettes, y compris celles qu’il avait lui même consenti,
demeurent. Le maintien des sûretés suppose l’accord de ceux qui les fournissent.
Caducité n’était pas codifiée en 1804, bien que présente dans le D classique des
contrats. Il aura fallu attendre 2016 pour que la caducité soit engagée par la loi au titre
des sanctions de formation des contrats. Régi aux art 1186-1187.
L’article 1186 al 1 dispose qu’ « Un contrat valablement formé devient caduc si l'un
de ses éléments essentiels disparaît. ».
L’article 1187 précise que « La caducité met fin au contrat. ». Il ajoute qu’ « Elle peut
donner lieu à restitution dans les conditions prévues aux articles 1352 à 1352-9."
Disparitions d’un élt essentiel ? La première cause de caducité d’un contrat est son
exécution.
verra que jusqu’ici on traitait cela comme une résolution automatique mais c’est une
caducité.
L’art 1186 al 2 codifie une solution JP selon laquelle ne présence d’un ens
contractuel, la disparition d’un des contrats de l’ens entraine la caducité des autres, si ce
contrat était nécessaire à la réalisation de l’opération, dès lors que la disparition de ce
contrat rend impossible l’exécution des autres. La loi ajoute une condition à l’alinéa 3 « La
caducité n'intervient toutefois que si le contractant contre lequel elle est invoquée
connaissait l'existence de l'opération d'ensemble lorsqu'il a donné son consentement. ».
Même si on peut penser aux CDD, en pratique la durée concerne bien plus
l’obligation ppale du contrat.
Les art 1211 et 1212 consacre la distinction entre CDD et CDI. Criticable, met trop
en avant le contrat et pas assez l’obligation. En matière de durée, ce qui est important
c’est l’obligation sous un double aspect : quel est le temps pdt lequel l’obligation va
exister ? Elle varie selon les obligations du contrat.
Dans l’oblig, ily a aussi le temps nécessaire à la bonne exécution. Il y a donc une
conception du temps qui est chronologique dans l’oblig, et une dimension qui est
chronométrique. En pratique elle est présente cette deuxième dimension mais le
législateur ne l’a pas pris en compte, donc il occulte toute une dimension du temps et
donc ses outils sont insuffisants.
Toute oblig est nécessairement assortie d’un terme extinctif. Une oblig ne peut pas
être contracté ad vitam eternam. Ppe dégagé en JP et codifié à l’art 1210 est celui de la
prohibition des engagement perpétuels. En effet, il y va de la lib individuelle, l’obligation
est une aliénation de la liberté. On ne souhaite donc pas que quiconque soit indéfiniment
tenu.
Soit cette durée est prédéterminée, on dit alors que le terme est convenu. Et
quand le terme n’est pas convenu, le contrat est CCL sans prédétermination de durée.
On dit qu’il est CCL pour une durée indéterminée. On veut dire par là qu’il faut bien
qu’il y ait quand même une durée (art 1211). Comment on s’en sort ? Réponse de la JP
codifiée à l’art 1210 al 2 « Chaque contractant peut y mettre fin dans les conditions
prévues pour le contrat à durée indéterminée. ». Ce doit unilatéral consiste pour le
contractant à fixer unilatéralement le terme. Soit le terme est convenu (section 1), soit il
est unilatéralement fixé (section 2).
I. Le mécanisme du terme
Le terme est une modalité de l’oblig qui consiste dans uen échéance, ie une date à
venir. Soit le terme est suspensif, soit il est extinctif. Le terme prend souvent la forme d’un
délai que l’on exprime de deux façons :
- Soit on exprime une date
- Soit on dit que le terme prendra fin « dans 40 jours ».
—> L’important est qu’on puisse y arriver.
On dit que le terme consiste dans un dies certus (jour précis). Mais le terme peut
aussi consister dans la fixation d’une date dont la teneur précise est incertaine jusqu’au
dernier moment. Exemple : le décès. Le jour est incertain mais il est inéluctable.
Mais il peut aussi consister et il reste un terme dans la fixation d’une date dont la
teneur précise est incertaine jusqu’au dernier moment, comme le décès : dies incertus.
Le terme fréquemment retenu est la réalisation de l’objet.
Quand le terme est échu, l’extinction du contrat càd de l’obligation principale est
automatique. On n’a pas de formalité, de condition. Dans certains régimes spéciaux et
dans des contrats structurellement déséquilibrés, le contractant dominant peut être tenu
Cette règle d’évidence est codifiée désormais à l’article 1212 alinéa 2 « Nul ne
peut exiger le renouvellement du contrat. ».
Le contenu du contrat renouvelé est celui que les parties décideront qu’il sera. Cad
que le contrat renouvelé ne doit pas nécessairement être identique au contrat expiré.
Souvent, certaines évolutions comme la modification du loyer. Le renouvellement es tun
nouveau contrat qui se trouve seulement identique au contrat expiré mais en ppe le
contenu est librement déterminable.
Tout cela est évoqué à l’art 1214 nouveau : « Le contrat à durée déterminée peut
être renouvelé par l'effet de la loi ou par l'accord des parties. Le renouvellement donne
naissance à un nouveau contrat dont le contenu est identique au précédent mais dont la
durée est indéterminée. ».
On peut donc avoir l’impression que c’est le même contrat qui continue. En effet,
ce qui se passe en reconduction tacite est qu’à l’échéance du terme il ne se passe rien,
les parties continuent d’exécuter els obligations. On a forgé ce concept de reconduction,
puisque l’idée est de dire que puisqu’il y a échéance du terme on ne peut l’empêcher,
donc un nouveau contrat commence si les parties continuent de se omporter comme
cocontractant et son contenu est totalement décalqué sur l’ancien contrat. Ce n’est pas
de la prorogation donc mais quasi. Prorogation tacite presque jamais observée.
Le renouvellement qui peut être express, peut très bien être conclu pour une durée
indéterminée. Et c’est là la carence des mots de la loi, car il donne l’impression qu’un
CDD ne pourra être renouvelé en CDI.
I. Le fondement
Il est auj affirmé à l’art 1210 al 1 « Les engagements perpétuels sont prohibés. ». La
cq de cette prohibition est que quand un contrat ne comporte pas d termes convenus, il
faut permettre à chacune des parties de le fixer seul car à défaut les parties seraient
prises définitivement dans les liens du contrat. Il s’agit donc par là de préserver la lib
individuelle de chacune des parties.
L’art 1211 du Code civil énonce cela « Lorsque le contrat est conclu pour une
durée indéterminée, chaque partie peut y mettre fin à tout moment, sous réserve de
respecter le délai de préavis contractuellement prévu ou, à défaut, un délai
raisonnable. ». La seule condition est donc de respecter un préavis.
II. Le préavis
Le préavis est un délai entre la notification de la décision de résolution et sa prise
d’effet. Le mécanisme est celui de la fiction unilatérale du terme, et celui qui ne le fixe
pas doit pouvoir s’oganiser avant l’exctinction du contrat. Ex : si c’est un logement, il doit
se redéployer dans un nouveau logement.
La durée du préavis est soit fixée dans le contrat, soit est fixé par une loi spéciale
(de nombreuses lois sont existantes en matière de D du travail, bancaire, des assurances
d’ailleurs), soit le droit commun pose un critère de délais raisonnable.
Si le délai est jugé insuffisant par un juge saisi de la contestation, l’autre partie
devra verser des D&I compensatoires (une indemnité). Pdt la durée du préavis, le contrat
continue exactement aux mm conditions. Il peut arriver que l’auteur de la décision de
rupture dispense du prévis ie l’autre partie d’exécuter son exécution ppale pdt le préavis
(si qlq se fait virer notamment). Si une faute est commise pdt le préavis, on exécute les
sanctions classiques, on ne peut pas faire n’importe quoi et on reste dans le mm régime
pendant le préavis.
La différence entre résiliation et résolution n’a pas d’autorité normative, n’est pas dans la loi
et la loi nouvelle ne parle que de résolution. La doctrine avait inventé la distinction car elle
voulait marquer une différence d’effets : la résolution classiquement produit un effet rétroactif,
pas forcément au jour du contrat mais au jour de l’inexécution. Un contrat résolu était valable,
donc pas annulation, il a juste été mal exécuté. Dans certaines résolutions on s’est rendus compte
qu’on ne pouvait pas avoir de rétroactivité (exemple : le bail). La résolution ne peut pas rétroagir
car aucune restitution en nature n’est possible et la jouissance est insusceptible de restitution en
nature. On a dit donc que certaines résolutions ne jouaient que pour l’avenir et que c’était des
résiliations. Comme la fixation unilatérale du terme d’un contrat à durée indéterminée ne joue
que pour l’avenir, on l’avait dénommé résiliation car à l’époque on ne laissait pas de place à la
caducité. Mais la réforme ne l’a pas validé. Elle parle de résolution exclusivement, elle n’en parle
même pas à propos du contrat à durée indéterminée, elle ne qualifie pas et ne prend pas partie
sur la nature du mécanisme, elle dit « y mettre fin ».
Cette décision de fixation unilatérale du terme peut parfois être stigmatisée, càd jugée
constitutive d’une faute. Il peut exister, comme il existe un abus du droit de ne pas renouveller un
contrat, un abus du droit de le résilier unilatéralement. L’expression de licenciement abusif vient
de là. Historiquement, le CDI pouvait prendre fin par une décision unilatérale de l’une ou l’autre
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BretCorp
des parties. C’est toujours une solution envisagée par la loi : article 1780al2. Cette faculté de
résiliation unilatérale a ensuite été envisagée comme possiblement abusive dans certaines
circonstances, soit lorsque motivée par l’intention de nuire, soit lorsqu’elle reposait sur un motif
illégitime. Le droit du travail a ensuite systématisé cette protection en imposant a priori l’existence
d’une cause réelle et sérieuse de licenciement.
Dans les droits spéciaux les choses sont différentes, comme en droit du travail : motif
légitime comme condition a priori de régularité et de validité, on doit avoir une décision de
rompre et un motif légitime.
Exemples de ruptures jugées abusives : Com. 5 avril 1994, Com. 8 octobre 2013.
Inversement, pas d’abus : Com. 28 septembre 2004.
En principe, les sanctions sont les dommages et intérêts et non la nullité de la décision.
Parfois c’est la nullité si le motif est illicite (exemple : discrimination).
La caducité, nous dit l’art 1186 al 1, est la disparition d’un elt essentiel. Nous en
avons déjà rencontré. Si il y a un contrat conclu sous condition suspensive, condition
affectant l’obligation ppale. Nous avons aussi vu la promesse unilatérale de contrat, si le
bénéficiaire ne lève pas l’option, la promesse est caduque.
Que se passe t-il si la contrepartie qui n’es tpas illusoire ou dérisoire au moment
De la formation le devient pdt l’exécution ?
- le contrat n’est pas nul
- mais ne peut-il pas être déclaré caduque ? OUI selon le prof car la contrepartie est un
élt essentiel, et la caducité est la disparition d’un élt essentiel.
L’art 1186 du code civil prévoit la caducité dans les ensembles contractuels. La JP
admettait que lorsqu’une partie est à l’origine de l’anéantissement d’un ensemble
contractuel, elle engage sa respo à l’égard de tous les membres de l’ensemble. Cf arrêt
Com 12 juillet 2017 n°15-23552.
La loi nouvelle maintient que le juge selon les circonstances peut prononcer la
résolution ou ordonner la résolution/exécution en accordant un délai éventuellement au
débiteur ou encore allouer des dommages et intérêts, article ancien 1184, nouveau 1128.
Le pouvoir judiciaire est plus ouvert, certain pouvoir d’appréciation. Il doit concilier. La
résolution a un aspect objectif car loi des parties, si mauvaise exécution mais que tout
n’est pas perdu il incombe au juge de maintenir le contrat et de choisir la sanction idoine
compte tenu des circonstances et des demandes.
Article 1217, on nous parle d’inexécution, mais à l’article 1228 on parle des
circonstances : « Le juge peut, selon les circonstances, constater ou prononcer la
résolution ou ordonner l'exécution du contrat, en accordant éventuellement un délai au
débiteur, ou allouer seulement des dommages et intérêts ». Le demandeur doit faire la
preuve de l’inexécution et la preuve de la mise en demeure du débiteur.
En l’occurence, la loi fixe un principe et confie au juge le soin de fixer la prise d’effet de la
résolution. La bonne date est celle où l’inexécution est consommée. Si le juge n’a pas pris
sa responsabilité à cet égard, la règle subsidiaire est celle de l’assignation en justice.
Cette exigence n’est pas abandonnée, mais est présentée de manière particulière.
L’article 1225al1 ne la requiert pas dans le contrat. On peut cependant considérer qu’il y
a lieu de penser que la jurisprudence antérieure sera maintenue. On ne peut pas imaginer
que le législateur ait voulu briser cela. L’alinéa 2 exige au titre des conditions de mise en
oeuvre une mise en demeure préalable, impose que la mise en demeure mentionne
expressément la clause résolutoire. Il s’agit de mettre en demeure en indiquant au
débiteur la clause résolutoire. On a une condition d’efficacité : la mise en demeure
produit effet si elle mentionne expressément la clause.
(6) Quand la clause résolutoire est mise en oeuvre, la décision du créancier suffit à
entraîner l’extinction du contrat : cette décision doit être notifiée au débiteur et la prise
d’effet de la résolution est la date de notification. La loi n’impose aucun préavis mais les
parties peuvent convenir d’un préavis dans le contrat initial et le créancier lui-même peut
assortir sa décision d’un préavis. (7) Pour le reste on procède aux restitutions. (8) La
question du créancier de s’il peut obtenir les dommages et intérêts est positive mais il
devra saisir le juge.
L’idée c’est qu’il faut éviter face à l’inexécution grave d’être obligé, quand il n’y a
pas de clause résolutoire, de supporter tous les inconvénients du recours au juge. On a
une action en résolution, payer un avocat, faire les conclusions et c’est aussi le temps de
la justice. Il agit donc plus vite pour permettre la réallocation des ressources, sinon le
créancier subit l’inexécution et les droits de la défense en quelque sorte. C’est donc une
excellente mesure. L’inconvénient est qu’on donne à un contractant le pouvoir de rompre
à contrat pour s’apercevoir plus tard qu’il n’y avait pas de raison de le faire, c’est un
risque. Ce n’est pas car on pose la condition de la gravité qu’elle sera toujours respectée,
et c’est difficile de ressusciter un contrat rompu.
Il doit notifier la décision et doit écrire les motifs de la résolution (on rencontre cela
en matière de fixation unilatérale du prix), cette obligation de motivation est présente
quand une décision modifie la situation juridique d’un tiers sans qu’il ait à consentir. La
question qui se posera et n’est pas résolue est : dans le cadre de contentieux ultérieurs,
le créancier pourra-t-il invoquer d’autres motifs que ceux inscrits dans la notification ?
Il y a un débat. Si on s’inspire du droit du travail, en matière de rupture de contrat de
travail par un employeur, il ne peux pas, les motifs fixent le cadre du litige. C’est possible
qu’il en aille de même en l’occurence, mais la loi ne le dit pas.
de la notification faite par le créancier, soit à la date fixée par le juge ou, à défaut, au jour
de l'assignation en justice. »
La loi n’impose aucun préavis, en réalité le contrat est déjà anéanti, on tire les
conséquences. La loi n’interdit cependant pas le préavis et si le créancier veut en
prévoir un dans sa notification, c’est possible. La résolution va donner lieu aux
restitutions qui relèveront du droit commun des restitutions.
Le législateur de 2016 aurait du prendre position, c’est regrettable, mais il ne l’a pas
fait car c’est controversé. Si on dit que toute décision unilatérale mal fondée est de nul
effet, on va engager un processus de résurrection de contrats rompus depuis quelques
années. Si on n’annule pas, cela sera pris comme un encouragement au créancier. L’avis
de Revet est que la tendance sera de faire semblant d’annuler mais de s’en tenir à
l’indemnité.
Leçon 18 : La résolution
automatique
Il s’agit d’un phénomène important en pratique bien que pas très répandu, qui
consiste à savoir comment gérer l’hypothèse dans laquelle le débiteur se heurte à une
impossibilité d’exécution. Bizarrement, il n’y a pas de qualification. Consacrant une règle
qui remonte à la nuit des temps, « à l’impossible nul n’est tenu », le droit issu de la
réforme au titre du régime général des obligations nous dit, article 1351 nouveau, que
« l’impossibilité d'exécuter la prestation libère le débiteur à due concurrence lorsqu'elle
procède d'un cas de force majeure et qu'elle est définitive, à moins qu'il n'ait convenu de
s'en charger ou qu'il ait été préalablement mis en demeure ». L’article 1351-1 précise
que le débiteur est libéré même s'il est mis en demeure, lorsqu’il prouve que la perte se
serait produite tout autant si l’obligation avait été exécutée.
On applique des principes qui existaient déjà dans le droit ancien lorsque le
débiteur se heurte à un évènement de force majeure, elle a un effet de libérer le débiteur
car est un évènement irrésistible, insurmontable qui s’impose et constitue la véritable
cause de l’inexécution. Il n’y a donc plus de dette.
La conséquence est que chaque fois que cette obligation qui est éteinte du fait
d’une impossibilité est l’obligation principale, elle entraîne l’extinction du contrat.
Compte tenu de l’interdépendance des obligations réciproques d’un contrat
synallagmatique, l’impossibilité d’exécuter l’obligation principale emporte l’impossibilité
d’exécuter sa contrepartie. Jusqu’à la réforme du droit des contrats, on traitait cette
question selon le mécanisme de la résolution automatique inventé, c’est une résolution
qui n’a pas besoin d’une résolution du juge, c’est une résolution dont on prend acte. Si
une partie n’est pas d’accord il saisit le juge et il constatera.
Le codificateur ne s’est pas intéressé à cette question alors qu’elle se pose et qu’il a
introduit dans le Code civil au titre des sanctions de la formation du contrat aux articles
1186 et 1187. C’est la caducité. La définition de l’article 1186 correspond exactement à
ce que l’on appelait avant la résolution automatique. L’automaticité de la résolution
correspond parfaitement car elle est automatique et provient de l’impossibilité d’exécuter
un élément.