Femmes et Pouvoir au Bénin : État des Lieux
Femmes et Pouvoir au Bénin : État des Lieux
Octobre 2019
SOMMAIRE
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SIGLES ET ACRONYMES
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SECTION 1 : INTRODUCTION ET DEMARCHE METHODOLOGIQUE
1.1. Introduction
La situation des femmes dans le monde a toujours préoccupé les organisations nationales et
internationales qui travaillent au quotidien pour leur autonomisation. Il y a 25 ans (1995), au
sommet de la quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes tenue à Beijing, 189 Etats
membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU), ont déclaré et adopté le Programme
d’Action de Beijing (PAB). Il s’agit d’un document consensuel historique appelant à agir dans
« Douze domaines critiques » à travers les politiques en faveur de l’égalité́ entre les sexes et
de l’autonomisation des femmes. Ainsi, comme le stipule le paragraphe 16 du PAB, « La
participation des femmes au développement économique et social, l’égalité́ des chances et la
pleine participation, sur un pied d’égalité́ , des femmes et des hommes, en tant qu’agents et
bénéficiaires d’un développement durable au service de l’individu sont des conditions
essentielles à l’élimination de la pauvreté́ au moyen d’une croissance économique soutenue,
du développement social, de la protection de l’environnement et de la justice sociale ».
A la Déclaration et au Programme d’Action de Beijing (1995), l’Etat béninois, pour protéger et
promouvoir les droits des femmes a ratifié sans aucune réserve la Convention sur l’Elimination
de toutes formes de discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF)1, ainsi que plusieurs autres
instruments internationaux et régionaux de promotion et de protection des droits humains et
des droits de la femme, dont les Objectifs de Développement Durable (ODD). Signalons au
passage que l’Objectif 5 sur l’égalité́ entre les sexes et l’autonomisation des femmes est
transversal et se rapporte à tous les Objectifs de Développement Durable (ODD).
En 2020, l'ONU fêtera l'anniversaire de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes, le
rassemblement majeur de plus de 50 000 participants qui s’est tenu à Beijing en 1995. Bien
que des progrès considérables aient été réalisés dans de nombreux domaines (la santé, la
sécurité, le potentiel économique et le bien-être des femmes et des filles) et dans plusieurs
pays dont le Bénin, beaucoup reste à faire.
La commémoration de « Beijing + 25 » est une occasion à saisir pour accélérer et amplifier les
progrès réalisés. C’est aussi le creuset par excellence pour identifier les défis qui demeurent
et rechercher de meilleurs moyens pour tenir les promesses énoncées dans le Programme
d’Action de Beijing. Ainsi, en prévision de Beijing + 25 et indépendamment des rapports pays
ou des Etats, les Organisations Non Gouvernementales (ONGs) et les acteurs de la société
civile doivent employer leurs propres processus d’examen approfondi pour rendre compte des
progrès réalisés, des défis qui demeurent et des recommandations qu’ils entendent soumettre.
Beijing + 25 constitue une opportunité de présenter des idées novatrices. En effet, les
examens approfondis fournis par les ONG et acteurs de la société civile, contrairement aux «
rapports parallèles », visent à « saluer et mettre en exergue » les réalisations à la fois de la
société civile et des États, tout en fournissant des analyses critiques et incluant de nouvelles
statistiques.
Social Watch est un réseau international d’organisations de la société civile créé en 1995,
après le Sommet Mondial sur le Développement Social tenu à Copenhague au Danemark et
dont la philosophie de base consiste à rendre les gouvernements responsables de leurs
engagements multisectoriels et à promouvoir ainsi la volonté politique pour leurs réalisations.
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Il s’avère nécessaire de produire des examens nationaux approfondis en marge de la
commémoration de Beijing + 25.
Le présent document concerne l’examen national approfondi du réseau Social Watch Bénin
portant spécifiquement sur le domaine critique : " Les femmes et les enjeux de pouvoir et
de prise de décisions".
La problématique de la question critique sur les rapports des femmes avec le pouvoir et, en
l’occurrence leur accès à des postes de responsabilités, préoccupe Social Watch Bénin sans
pour autant occulter les autres domaines critiques. Bien que des progrès considérables aient
été réalisés dans certains, y compris ceux de la santé, de la sécurité, du potentiel économique
et du bien-être des femmes et des filles, des efforts supplémentaires sont attendus davantage
en ce qui concerne le leadership féminin, et l’on peut se demander à moins d’un an de
l’anniversaire de Beijing + 25 :
- L’effort national est-il remarquable dans le domaine : " Les femmes et le pouvoir / les
postes à responsabilités "?
- Quels sont les mécanismes institutionnels en faveur des progrès des femmes au
Bénin ?
- Respecte-t-on dans la pratique les mécanismes institutionnels de promotion de la
femme ?
- Que prévoit le Programme d’Action du Gouvernement (PAG 2016-2021) sur la question
de femmes et le pouvoir / les postes à responsabilités ?
Le présent rapport est structuré en quatre (04) sections :
- La section 1 présente l’introduction et la démarche méthodologique ;
- La section 2 fait la synthèse des priorités, réalisations et échecs en matière d’égalités
des sexes et d’autonomisation des femmes au Bénin ;
- La section 3 traite des progrès spécifiques au domaine critique « femmes et enjeux de
pouvoir et de prise de décision au Bénin ;
- La dernière, section 4, présente les défis, recommandations et la conclusion.
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- Etape 4 : Organisation d’un atelier de restitution et de mise en commun des rédactions
des sous sections par les ONGs ou acteurs de la société civile.
- Etape 5 : Consolidation des rapports de sous sections et dépôt du rapport provisoire
de la mission à Social Watch Bénin
- Etape 6 : Organisation d’un atelier de partage et validation du document de rapport
d’examen national approfondi.
- Etape 7 : Intégration des amendements et finalisation du rapport.
2.1. Réalisations, problèmes et échecs les plus importants en matière d’égalité entre les
sexes et d’autonomisation des femmes au Bénin de 2015 à 2019
2.1.1. Réalisations importantes de 2015 à 2019
Les évaluations antérieures de la mise en œuvre de la plateforme d’actions de Beijing,
notamment les rapports de Beijing + 15 et + 20 ont montré que le Bénin a adhéré à plusieurs
conventions et accords aussi bien internationaux que régionaux en faveur de l’élimination des
discriminations dans les rapports hommes et femmes. A partir de 2016, en termes de
réalisations importantes, il y a lieu de citer :
- l’« Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH) », mise en place à
travers l’Agence Nationale de la Protection Sociale (ANPS) et ses démembrements ;
- la mise en place des matériels et équipements acquis sur le Projet d'Autonomisation
Economique de la Femme et Promotion du Genre (PAFE-PG2) et le Programme de
Protection des Couches Vulnérables (PPCV) au titre de l'année 2018 au profit des
groupements féminins et autres cibles ;
- la mise en œuvre de l’initiative P20 ;
- l’élaboration du Plan National de Développement (PND 2018-2025) et du Programme
de Croissance pour le Développement Durable (PC2D 2018 – 2021).
A ces réalisations ou actions gouvernementales, s’ajoutent plusieurs autres initiatives des
Organisations de la Société Civile et des Partenaires Techniques et Financiers dont
notamment :
- l’Evaluation du Plan d’Actions contre les violences faites aux femmes au Bénin par
WILDAF/Bénin en 2016 ;
- la campagne "tolérance zéro au mariage des enfants", conduit par le ministère en
charge de la protection sociale avec l’appui du système des Nation Unies au Bénin
lancée en 2016 ;
- la réalisation de l’Enquête TRaC sur la capacité d’identification, de prévention et de
dénonciation des abus sexuels faits aux enfants y compris le mariage des enfants dans
12 communes du Bénin en 2017 ;
- la valorisation des données sur les violences basées sur le Genre en 2015.
2 Le PAEF-PG est un projet entièrement financé par le Gouvernement béninois pour un montant de huit milliards francs CFA sur une période de 5 ans. De 2017
à 2018, environ 2,5 milliards de FCFA ont été déjà débloqué par le Gouvernement pour équiper plus de 850 groupements de femmes à travers toute le pays.
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Outre ces réalisations sus citées, il faut également mettre en exergue :
- le renforcement à partir de 2015 de l’autonomisation économique des femmes à travers
la mise en œuvre des projets PPEA, PVM, BPC/WBPC, PANA ;
- la mise en place et lancement en juillet 2018 du compendium des compétences
féminines du Bénin par la Ministre des Affaires Sociales et de la Microfinance avec
l’appui du PNUD dans le cadre de l’amélioration de la représentativité des femmes
dans les instances de prise de décision ;
- L’élaboration du Plan d’Intégration Sociale et du Genre (PISG) en septembre 2015
pour servir de base aux actions des projets en vue de favoriser l’équité et l’égalité entre
les sexes, de même que l’inclusion des personnes en situation de pauvreté, de
vulnérabilité et d’exclusion sociale ;
- Le programme des repas scolaires élargi en 2017 pour améliorer l’accès à
l’enseignement primaire et augmenter le taux de poursuite des études, en particulier
chez les filles ;
- l’adoption de la loi N° 2017-5 du 10 août 2017 modifiant et complétant la loi N° 2013-
01 du 14 août 2013 portant Code Foncier et Domanial en République du Bénin ;
- l’élaboration du plan d’action de lutte contre les Violences Basées sur le Genre dont
l’exécution a connu la première évaluation en décembre 2016 ;
- l’élaboration de la Politique Nationale de Promotion du Genre dans les Opérations de
Paix accompagnée d’un plan d’action (PAN 1325) ;
- l’élaboration de la politique holistique de protection sociale ;
- l’élaboration du document de procédures opérationnelles standard (POS) pour la prise
en charge intégrée des victimes de violences basées sur le genre ;
- Le Programme d’Action du Gouvernement (PAG).
2.1.2. Violations des droits des femmes et obstacles qui empêchent les femmes et filles
d’exercer leurs droits au Bénin
En ce qui concerne des violations des droits des femmes, le Bénin n’a pas enregistré
violation flagrante des droits des femmes commis par les pouvoirs publics. Toutefois, dans le
domaine de la violence faite aux femmes et aux filles, la situation reste préoccupante malgré
l’existence de lois spécifiques à la promotion de l’égalité des genres. Ainsi le Code des
personnes et de la famille de 2004 qui fixe l’âge légal du mariage à 18 ans et donne les mêmes
droits de succession aux filles et aux fils, ou encore la loi de 2012 sur les violences faites aux
femmes, ne sont pas toujours respectés. À titre illustratif, on peut noter que sur un échantillon
de 09 centres d’écoute répartis sur l’ensemble du territoire, le nombre de cas de violence
basée sur le genre (VBG) enregistrés est passé de 1.359 cas en 2014 à 1 554 cas en 2015
soit une augmentation de 14,3 % (PND, 2018-2025). Les traditions phallocratiques restent
vivaces et tenaces sur plusieurs plans.
En ce qui concerne les obstacles qui empêchent les femmes et les filles d’exercer leurs
droits au Bénin, il y a lieu de mentionner : la persistance des pratiques discriminatoires et
des violences faites aux femmes renforcées par le contexte socio-culturel, le trafic des enfants
et notamment des fillettes, la pression de la maternité non contrôlée, la méconnaissance et la
non-information des femmes de leurs droits, l’analphabétisme, les grossesses non désirées
et/ou précoces, la non déclaration des naissances en vue de l’établissement des actes de
naissance, etc.
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2.1.3. Disponibilités de données et des ressources
Parlant de la disponibilité des données sur le genre et informations connexes, des efforts
sont faits à travers l’INSAE et le Ministère en charge des affaires sociales. Cependant, ces
données ne sont pas souvent actualisées. Aussi, elles ne sont pas accessibles au public
conformément aux dispositions du Code de l’Information et de la Communication en vigueur
depuis 2015. De mêmes, certains partenaires tels, le PNUD, l’UNFPA, l’UNICEF éditent des
rapports accessibles par moments sur leurs sites internet. Par ailleurs, Afrobaromètre dispose
d’un site très fourni en termes de données statistiques sur plusieurs domaines dont celui lié
au genre au Bénin. Pour ce qui est de la disponibilité des ressources, l’insuffisance des
ressources financières allouées par le budget national à la promotion du genre ainsi que celle
des ressources humaines qualifiées en matière de genre constituent des faiblesses pour la
promotion cette thématique transversale. De tous les temps, le budget du ministère en charge
des questions de promotion du genre a toujours été le plus faible de tous les ministères
sectoriels. Cette situation ne permet pas au ministère concerné et ses démembrements
d’assurer efficacement sa mission dans les domaines de la formation, de la coordination
institutionnelle, du suivi et des évaluations pourtant indispensables.
2.1.4. Lois à changer pour renforcer la promotion du genre et les droits des femmes
Les textes et lois à actualiser ou changer pour une meilleure promotion du genre et des droits
des femmes sont :
- Les dispositions de la loi n° 2002-07 du 24 août 2004 portant code des Personnes et
de la famille en République du Bénin qui autorisent le mariage des mineurs.
- La charte des partis politiques en République du Bénin qui ne favorise pas l’éclosion
du genre.
- La loi portant sur la nationalité du conjoint.
- Les décrets d’application des textes en vigueur de la loi N°2011-26 du 09 janvier
2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes en République
du Bénin.
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- Le partenariat UNICEF et Social Watch Bénin sur les questions de budget sensibles
aux enfants.
- Etc.
2.2. Facteurs ayant joué un rôle important pour accélérer ou freiner les progrès des
femmes et des filles au Bénin
2.2.1. Facteurs d’accélération des progrès des femmes et filles au Bénin
De 2015 à 2019, plusieurs facteurs ont joué un rôle important dans l’accélération des progrès
à des femmes et filles au Bénin. Au nombre de ces facteurs, il y a :
▪ Égalité et non-discrimination devant la loi et en termes d’accès à la justice
Le Bénin a adopté en 2017, la Loi n° 2017-06 portant protection et promotion des droits des
personnes handicapées en République du Bénin. Cette loi souligne en son article 4 : « […] le
respect de la dignité intrinsèque, de l’autonomie individuelle y compris la liberté de faire ses
propres choix et de l’indépendance des personnes ; la non-discrimination…..».
▪ Élimination de la pauvreté, productivité agricole et sécurité alimentaire
Dans ce cadre, le Gouvernement a procédé à l’installation de la cellule genre dans le ministère
sectoriel (MAEP) pour le suivi de la mise en œuvre de la politique nationale de relance du
secteur agricole et des points focaux genre dans les structures de bases
▪ Droit au travail et droits sur le lieu de travail
Le Bénin a adopté en 2017, la Loi n°2017‐05 du 29 août 2017 fixant les conditions et la
procédure d’embauche, de placement de la main‐d’œuvre et de résiliation du contrat de travail
en République du Bénin. Elle donne les mêmes droits professionnels aux deux sexes.
En dehors de ces facteurs ci-dessus cités, d’autres ont également joué un rôle important dans
l’accélération des progrès des femmes. Il s’agit de :
▪ l’éducation de qualité, formation et apprentissage continu pour les femmes et les filles ;
▪ l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles ;
▪ l’accès aux soins de santé, y compris les soins de santé sexuelle et procréative, et
mesures garantissant que les femmes et les filles peuvent exercer leurs droits en
matière de procréation ;
▪ la participation politique et représentation politique des femmes ;
▪ l’entreprenariat des femmes, et entreprises dirigées par des femmes ;
▪ la protection sociale sensible à l’égalité́ entre les sexes ;
▪ les services et infrastructures de base (eau, installations sanitaires, énergie, transport,
etc.) ;
▪ le renforcement de la participation des femmes aux efforts menés pour garantir un
développement durable ;
▪ la réduction des risques de catastrophe et renforcement des capacités d’adaptation
effectués de façon sensible aux questions du genre.
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▪ les services de soins et tâches domestiques chronophages non rémunérés, ou la
difficile conciliation entre les contraintes professionnelles et la vie de famille ;
▪ la faible représentativité des femmes dans l’économie numérique et financière ;
▪ l’évolution ou la persistance des normes sociales négatives et des stéréotypes
sexistes.
La plupart des lois protégeant les femmes et les filles restent cependant inappliquées à cause
de la non-adhésion de la communauté au principe de recours à la justice pour régler les
questions de VBG. Malgré la connaissance par les femmes des lois existantes en la matière,
elles s’abstiennent de saisir la justice contre les auteurs et complices, renforçant de ce fait
l’impunité.
2.3. Mesures spécifiques du gouvernement pour la promotion des droits des différentes
catégories de femmes et filles et pour empêcher les discriminations à leur égard
3 Etude monographique sur la participation politique des femmes en Afrique de l’ouest (cas du Benin)
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- CARE soutient les femmes au Bénin en leur fournissant une assistance juridique ;
- Le projet de renforcement du leadership politique des femmes et des jeunes femmes
au Bénin exécuté par Social Watch Bénin avec l’appui financier de l’Union
Européenne ;
En dehors de WANEP-Bénin, RIFONGA et la Fondation Konrad Adenauer travaillent sur la
même thématique du droit d’accès des femmes à la terre.
3.6. Collecte et analyse de données sur la participation des femmes à la vie politique
Le taux de représentation des femmes dans les instances de prise de décision reste très faible.
Au premier semestre 2017, 8,4 % des membres de l’Assemblée nationale sont des femmes,
4,4 % au niveau des conseils communaux, et 14,2 % au niveau du Gouvernement. Au niveau
de l’ensemble des Conseils Communaux, quatre femmes ont été élues maires pour la
mandature en cours depuis 2015. Le taux de représentativité des femmes est passé de 4,59
% en 2013 à 4,80 % en 2016 (PND, 2018 – 2025).
En avril 2019, le Bénin a organisé des élections législatives non inclusives où aucun parti de
l’opposition ne s’est présenté en dehors des deux blocs de partis de la mouvance présidentielle
(Bloc Républicain et Union Progressiste). L’analyse des données révèle que :
▪ Sur 48 premiers titulaires des listes des deux partis ayant participé, seules 03 femmes
soit 6,25% ont été promues.
▪ Sur 166 titulaires prévus dans les 24 circonscriptions électorales, 15 femmes ont été
positionnées, soit un taux de 9%.
▪ 34 femmes candidates titulaires et suppléantes confondues ont pris part aux élections
de 2019 face à 298 hommes soit 10% du taux de participation.
Au total, les femmes, malgré la reconfiguration des partis politiques, avec la réforme du
système partisan n’ont pas pu améliorer leur taux de participation (S. ALITONOU et M. DEDJI,
2018). L’implication des femmes en politique est loin d’être un acquis démocratique au Bénin.
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Tandis que le taux de représentation parlementaire avoisine 24% pour l’Afrique sub-
saharienne, le Bénin est en arrière avec un taux actuel de 7,22%. Depuis l’avènement de l’ère
démocratique en 1990 à ce jour, le taux de représentation des femmes à l'Assemblée
Nationale n’a jamais dépassé la barre de 10% (5ème législature en 2007).
4.1.2. La mise en place des mesures rendant effectives l’égalité et l’équité fille et garçon
et entre homme et femme
Les faibles performances en matière de genre relèvent, entre autres, de la faiblesse du cadre
institutionnel et réglementaire afférent à la promotion du genre, notamment en ce qui concerne
le non fonctionnement des organes de pilotage et d’orientation, ainsi que la faible application
des textes.
Au regard de ces insuffisances, il importe de mettre en place des mesures rendant effectives
l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre homme et femme. Il s’agit de :
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- dynamiser le fonctionnement des organes de pilotage et d’orientation en les dotant de
mécanismes opérationnels et fonctionnels ;
- poursuivre l’amélioration du cadre législatif et légal de promotion de genre et surtout
son application ;
- promouvoir l’accès des femmes aux postes de responsabilité au niveau de
l’administration, du secteur privé et de la vie politique par les quotas temporaires.
4 Loi no 2011-103 du 27 janvier 2011 (Copé-Zimmerman) par l’imposition par la loi d’un quota de 40 % pour les conseils
d’administration et de surveillance des entreprises cotées ou de 500 salariés et 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, associée
à des sanctions en cas de non-respect
5 Loi sur les sociétés publiques, Section 6-15, amendée en 2004 qui a institué en 2004 un quota de 33 % dans les conseils
d’administration, porté à 40 % en 2008, avec une possibilité légale de dissoudre la société en cas de non-respect du quota.
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qui fixe des objectifs précis en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, et le
lancement de l’initiative « Elsie » pour accroître la participation des femmes aux
opérations de paix en 2017.
4. Promouvoir la participation des femmes à la vie politique, notamment par
l’adoption de mesures temporaires spéciales (MTS). Le Bénin pourra s’inspirer du
cas de la Bolivie. En effet, la constitution et la loi électorale de la Bolivie, par exemple,
exigent à partir de 2010 une parité de 50 % de femmes et d’hommes, alternativement
placées sur les listes électorales. En cas de non-respect, la liste électorale est rejetée
et le parti dispose de 72 heures pour présenter une nouvelle proposition. L’exemple du
Rwanda doit également attirer l’attention du Bénin. Au Rwanda, la loi N° 27/2010 du
19 juin 2010 sur les élections stipule qu’au moins 30 % des candidats aux élections
législatives sur les listes des partis politiques doivent être des femmes6. Le pays reste
en tête du classement mondial, position qu’il occupe depuis 2003, avec 61,3 %
de femmes parlementaires, 24 ans après un génocide dévastateur.
- Promouvoir la participation des femmes à la paix et à la sécurité à travers
l’opérationnalisation de la Politique Nationale de Promotion du Genre dans les
Opérations de Paix dotée d’un plan d’action élaborée par le Bénin.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
17
9. PNUD & IND, 2011 : Promouvoir les rôles des femmes pour renforcer les partis politiques
– Guide des bonnes pratiques pour encourager la participation politique des femmes, 60
p.
10. INPF, 2012 : Rapport de l’Etude sur l’accès des femmes aux postes de prise de décision
aux niveaux décentralisé/local et national, 134 p.
11. CAPAN, 2012 : Rapport Femme et pouvoir politique au Bénin : des origines dahoméennes
à nos jours, 221 p.
12. Rapport pays sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la plateforme d’Action de
Beijing+20, 46 p.
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NOM ET PRENOMS STRUCTURE / ORGANISATION
Josette de-Bernard AISSE Chargée Genre Programme Redevabilité (Social Watch Bénin)
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