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Femmes et Pouvoir au Bénin : État des Lieux

Le document décrit l'examen national approfondi mené par Social Watch Bénin sur la participation des femmes au pouvoir et à la prise de décision au Bénin. Il présente le contexte de Beijing +25 et la méthodologie utilisée. Il analyse ensuite les réalisations, problèmes et échecs en matière d'égalité des sexes, ainsi que les progrès réalisés dans le domaine de la participation politique des femmes.

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Femmes et Pouvoir au Bénin : État des Lieux

Le document décrit l'examen national approfondi mené par Social Watch Bénin sur la participation des femmes au pouvoir et à la prise de décision au Bénin. Il présente le contexte de Beijing +25 et la méthodologie utilisée. Il analyse ensuite les réalisations, problèmes et échecs en matière d'égalité des sexes, ainsi que les progrès réalisés dans le domaine de la participation politique des femmes.

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Organisation dotée du Statut consultatif spécial auprès du Conseil Economique et Social des Nations Unies

EN PRELUDE A LA COMMEMORATION DE BEIJING + 25 EN 2020

EXAMEN NATIONAL APPROFONDI DE LA SOCIETE CIVILE SUR LE THEME :


LES FEMMES ET LES ENJEUX DE POUVOIR ET DE PRISE DE
DECISIONS AU BENIN

« Tous les enjeux sont des enjeux pour les femmes »


(Devise formulée lors de la Conférence des femmes à Beijing en 1995)

Octobre 2019
SOMMAIRE

SIGLES ET ACRONYMES _________________________________________________ 3


SECTION 1 : INTRODUCTION ET DEMARCHE METHODOLOGIQUE _______________ 4
1.1. Introduction ______________________________________________________ 4
1.2. Démarche méthodologique __________________________________________ 5
SECTION 2 : RÉALISATIONS, PROBLÈMES ET ÉCHECS EN MATIERE D’EGALITE DES
SEXES ET D’AUTONOMISATION DES FEMMES AU BENIN ______________________ 6
2.1. Réalisations, problèmes et échecs les plus importants en matière d’égalité entre les
sexes et d’autonomisation des femmes au Bénin de 2015 à 2019 __________________ 6
2.2. Facteurs ayant joué un rôle important pour accélérer ou freiner les progrès des femmes
et des filles au Bénin ____________________________________________________ 9
2.3. Mesures spécifiques du gouvernement pour la promotion des droits des différentes
catégories de femmes et filles et pour empêcher les discriminations à leur égard _____ 10
2.4. Conflits, catastrophes (climatiques ou non) et autres événements ayant affecté́ la mise
en œuvre du PAB, et de la CEDAW au Bénin ________________________________ 12
SECTION 3 : PROGRES REALISES DANS LE DOMAINE CRITIQUE " LES FEMMES ET
LES ENJEUX DE POUVOIR ET DE PRISE DE DECISIONS " AU BENIN ____________ 12
3.1. Réformes des textes et lois en faveur de la participation des femmes à la vie politique
et leur accès à des postes à responsabilités _________________________________ 12
3.2. Mesures spéciales temporaires liés aux quotas et aux sièges réservés aux femmes pour
des postes à responsabilités _____________________________________________ 13
3.3. Analyses et explications des facteurs contribuant à la sous-représentation des femmes
au sein des instances de prise de décision __________________________________ 13
3.4. Renforcement effectif des capacités, des programmes de développement des
compétences et autres mesures dans ce domaine_____________________________ 13
3.5. Mise en place d’opportunités de mentorat et de formation en faveur de leadership
féminin ______________________________________________________________ 14
3.6. Collecte et analyse de données sur la participation des femmes à la vie politique _ 14
SECTION 4 : DEFIS ET CONCLUSION ______________________________________ 15
4.1. Défis à relever _____________________________________________________ 15
4.2. Conclusion et recommandations _______________________________________ 16

2
SIGLES ET ACRONYMES

AGYR African and German Youth Research


African Women Entrepreneurship Program (Programme
AWEP
d'Entrepreneuriat des Femmes Africaines)
Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
CEDEF (CEDAW) à l’égard des femmes (en anglais Convention on the Elimination
of All Forms of Discrimination Against Women, CEDAW)
INPF Institut National pour la Promotion de la Femme
INSAE Institut National de la Statistique et de l'Analyse Economique
International Visitor Leadership Program (Programme Leadership
IVLP
des Visiteurs Internationaux)
MAEP Ministère de l'Agriculture de l'Elevage et de la Pêche
ODD Objectifs de Développement Durable
ONG Organisation Non Gouvernementale
ONU Organisation des Nations Unies
OSC Organisation de la Société Civile
PAB Programme d’Action de Beijing
PC2D Programme de Croissance pour le Développement Durable
PIA Plan d’Investissement Agricole
PND Plan National de Développement
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PSRSA Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole
PVM Projet des Villages du Millénaire
RECAFEM Programme de « Renforcement des Capacités d’Action des Femmes »
Réseau pour l’Intégration des Femmes des Organisations Non
RIFONGA
Gouvernementales et Associations Africaines
UNFPA Fonds des Nations Unies pour la Population
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
WANEP West Africa Network for Peacebuilding
YALI Young Africa Leaders Initiative

3
SECTION 1 : INTRODUCTION ET DEMARCHE METHODOLOGIQUE

1.1. Introduction
La situation des femmes dans le monde a toujours préoccupé les organisations nationales et
internationales qui travaillent au quotidien pour leur autonomisation. Il y a 25 ans (1995), au
sommet de la quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes tenue à Beijing, 189 Etats
membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU), ont déclaré et adopté le Programme
d’Action de Beijing (PAB). Il s’agit d’un document consensuel historique appelant à agir dans
« Douze domaines critiques » à travers les politiques en faveur de l’égalité́ entre les sexes et
de l’autonomisation des femmes. Ainsi, comme le stipule le paragraphe 16 du PAB, « La
participation des femmes au développement économique et social, l’égalité́ des chances et la
pleine participation, sur un pied d’égalité́ , des femmes et des hommes, en tant qu’agents et
bénéficiaires d’un développement durable au service de l’individu sont des conditions
essentielles à l’élimination de la pauvreté́ au moyen d’une croissance économique soutenue,
du développement social, de la protection de l’environnement et de la justice sociale ».
A la Déclaration et au Programme d’Action de Beijing (1995), l’Etat béninois, pour protéger et
promouvoir les droits des femmes a ratifié sans aucune réserve la Convention sur l’Elimination
de toutes formes de discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF)1, ainsi que plusieurs autres
instruments internationaux et régionaux de promotion et de protection des droits humains et
des droits de la femme, dont les Objectifs de Développement Durable (ODD). Signalons au
passage que l’Objectif 5 sur l’égalité́ entre les sexes et l’autonomisation des femmes est
transversal et se rapporte à tous les Objectifs de Développement Durable (ODD).
En 2020, l'ONU fêtera l'anniversaire de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes, le
rassemblement majeur de plus de 50 000 participants qui s’est tenu à Beijing en 1995. Bien
que des progrès considérables aient été réalisés dans de nombreux domaines (la santé, la
sécurité, le potentiel économique et le bien-être des femmes et des filles) et dans plusieurs
pays dont le Bénin, beaucoup reste à faire.
La commémoration de « Beijing + 25 » est une occasion à saisir pour accélérer et amplifier les
progrès réalisés. C’est aussi le creuset par excellence pour identifier les défis qui demeurent
et rechercher de meilleurs moyens pour tenir les promesses énoncées dans le Programme
d’Action de Beijing. Ainsi, en prévision de Beijing + 25 et indépendamment des rapports pays
ou des Etats, les Organisations Non Gouvernementales (ONGs) et les acteurs de la société
civile doivent employer leurs propres processus d’examen approfondi pour rendre compte des
progrès réalisés, des défis qui demeurent et des recommandations qu’ils entendent soumettre.
Beijing + 25 constitue une opportunité de présenter des idées novatrices. En effet, les
examens approfondis fournis par les ONG et acteurs de la société civile, contrairement aux «
rapports parallèles », visent à « saluer et mettre en exergue » les réalisations à la fois de la
société civile et des États, tout en fournissant des analyses critiques et incluant de nouvelles
statistiques.
Social Watch est un réseau international d’organisations de la société civile créé en 1995,
après le Sommet Mondial sur le Développement Social tenu à Copenhague au Danemark et
dont la philosophie de base consiste à rendre les gouvernements responsables de leurs
engagements multisectoriels et à promouvoir ainsi la volonté politique pour leurs réalisations.

1 Convention on the Elimination of all Forms of Discrimination against Women (CEDAW)

4
Il s’avère nécessaire de produire des examens nationaux approfondis en marge de la
commémoration de Beijing + 25.
Le présent document concerne l’examen national approfondi du réseau Social Watch Bénin
portant spécifiquement sur le domaine critique : " Les femmes et les enjeux de pouvoir et
de prise de décisions".
La problématique de la question critique sur les rapports des femmes avec le pouvoir et, en
l’occurrence leur accès à des postes de responsabilités, préoccupe Social Watch Bénin sans
pour autant occulter les autres domaines critiques. Bien que des progrès considérables aient
été réalisés dans certains, y compris ceux de la santé, de la sécurité, du potentiel économique
et du bien-être des femmes et des filles, des efforts supplémentaires sont attendus davantage
en ce qui concerne le leadership féminin, et l’on peut se demander à moins d’un an de
l’anniversaire de Beijing + 25 :
- L’effort national est-il remarquable dans le domaine : " Les femmes et le pouvoir / les
postes à responsabilités "?
- Quels sont les mécanismes institutionnels en faveur des progrès des femmes au
Bénin ?
- Respecte-t-on dans la pratique les mécanismes institutionnels de promotion de la
femme ?
- Que prévoit le Programme d’Action du Gouvernement (PAG 2016-2021) sur la question
de femmes et le pouvoir / les postes à responsabilités ?
Le présent rapport est structuré en quatre (04) sections :
- La section 1 présente l’introduction et la démarche méthodologique ;
- La section 2 fait la synthèse des priorités, réalisations et échecs en matière d’égalités
des sexes et d’autonomisation des femmes au Bénin ;
- La section 3 traite des progrès spécifiques au domaine critique « femmes et enjeux de
pouvoir et de prise de décision au Bénin ;
- La dernière, section 4, présente les défis, recommandations et la conclusion.

1.2. Démarche méthodologique


Pour élaborer ce rapport d’examen national approfondi, Social Watch Bénin a mis en place
une équipe de personnes ressources spécialisées dans les questions relatives au genre et
leadership féminin.
La rédaction du présent rapport est passée par les étapes suivantes :
- Etape 1 : Revue documentaire afin de renchérir les connaissances sur le sujet et de
circonscrire le champ d’action de la mission.
- Etape 2 : Identification des parties prenantes grâce à la revue documentaire.
- Etape 3 : Organisation d’un atelier méthodologique et responsabilisation des ONGs
pour la rédaction des sections du rapport. C’est l’étape au cours de laquelle des acteurs
des ONG et d’autres composantes de la société civile identifiés sont regroupés en des
groupes pour débuter la rédaction des sections ou sous sections selon leurs
compétences. C’est aussi l’étape de responsabilisation des ONGs ou acteurs de la
société civile pour continuer et finaliser les rédactions desdites sections ou sous
sections avec l’appui des compétences à la fois internes et externes à leurs structures.

5
- Etape 4 : Organisation d’un atelier de restitution et de mise en commun des rédactions
des sous sections par les ONGs ou acteurs de la société civile.
- Etape 5 : Consolidation des rapports de sous sections et dépôt du rapport provisoire
de la mission à Social Watch Bénin
- Etape 6 : Organisation d’un atelier de partage et validation du document de rapport
d’examen national approfondi.
- Etape 7 : Intégration des amendements et finalisation du rapport.

SECTION 2 : RÉALISATIONS, PROBLÈMES ET ÉCHECS EN MATIERE D’EGALITE DES


SEXES ET D’AUTONOMISATION DES FEMMES AU BENIN

2.1. Réalisations, problèmes et échecs les plus importants en matière d’égalité entre les
sexes et d’autonomisation des femmes au Bénin de 2015 à 2019
2.1.1. Réalisations importantes de 2015 à 2019
Les évaluations antérieures de la mise en œuvre de la plateforme d’actions de Beijing,
notamment les rapports de Beijing + 15 et + 20 ont montré que le Bénin a adhéré à plusieurs
conventions et accords aussi bien internationaux que régionaux en faveur de l’élimination des
discriminations dans les rapports hommes et femmes. A partir de 2016, en termes de
réalisations importantes, il y a lieu de citer :
- l’« Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH) », mise en place à
travers l’Agence Nationale de la Protection Sociale (ANPS) et ses démembrements ;
- la mise en place des matériels et équipements acquis sur le Projet d'Autonomisation
Economique de la Femme et Promotion du Genre (PAFE-PG2) et le Programme de
Protection des Couches Vulnérables (PPCV) au titre de l'année 2018 au profit des
groupements féminins et autres cibles ;
- la mise en œuvre de l’initiative P20 ;
- l’élaboration du Plan National de Développement (PND 2018-2025) et du Programme
de Croissance pour le Développement Durable (PC2D 2018 – 2021).
A ces réalisations ou actions gouvernementales, s’ajoutent plusieurs autres initiatives des
Organisations de la Société Civile et des Partenaires Techniques et Financiers dont
notamment :
- l’Evaluation du Plan d’Actions contre les violences faites aux femmes au Bénin par
WILDAF/Bénin en 2016 ;
- la campagne "tolérance zéro au mariage des enfants", conduit par le ministère en
charge de la protection sociale avec l’appui du système des Nation Unies au Bénin
lancée en 2016 ;
- la réalisation de l’Enquête TRaC sur la capacité d’identification, de prévention et de
dénonciation des abus sexuels faits aux enfants y compris le mariage des enfants dans
12 communes du Bénin en 2017 ;
- la valorisation des données sur les violences basées sur le Genre en 2015.

2 Le PAEF-PG est un projet entièrement financé par le Gouvernement béninois pour un montant de huit milliards francs CFA sur une période de 5 ans. De 2017
à 2018, environ 2,5 milliards de FCFA ont été déjà débloqué par le Gouvernement pour équiper plus de 850 groupements de femmes à travers toute le pays.
6
Outre ces réalisations sus citées, il faut également mettre en exergue :
- le renforcement à partir de 2015 de l’autonomisation économique des femmes à travers
la mise en œuvre des projets PPEA, PVM, BPC/WBPC, PANA ;
- la mise en place et lancement en juillet 2018 du compendium des compétences
féminines du Bénin par la Ministre des Affaires Sociales et de la Microfinance avec
l’appui du PNUD dans le cadre de l’amélioration de la représentativité des femmes
dans les instances de prise de décision ;
- L’élaboration du Plan d’Intégration Sociale et du Genre (PISG) en septembre 2015
pour servir de base aux actions des projets en vue de favoriser l’équité et l’égalité entre
les sexes, de même que l’inclusion des personnes en situation de pauvreté, de
vulnérabilité et d’exclusion sociale ;
- Le programme des repas scolaires élargi en 2017 pour améliorer l’accès à
l’enseignement primaire et augmenter le taux de poursuite des études, en particulier
chez les filles ;
- l’adoption de la loi N° 2017-5 du 10 août 2017 modifiant et complétant la loi N° 2013-
01 du 14 août 2013 portant Code Foncier et Domanial en République du Bénin ;
- l’élaboration du plan d’action de lutte contre les Violences Basées sur le Genre dont
l’exécution a connu la première évaluation en décembre 2016 ;
- l’élaboration de la Politique Nationale de Promotion du Genre dans les Opérations de
Paix accompagnée d’un plan d’action (PAN 1325) ;
- l’élaboration de la politique holistique de protection sociale ;
- l’élaboration du document de procédures opérationnelles standard (POS) pour la prise
en charge intégrée des victimes de violences basées sur le genre ;
- Le Programme d’Action du Gouvernement (PAG).

2.1.2. Violations des droits des femmes et obstacles qui empêchent les femmes et filles
d’exercer leurs droits au Bénin
En ce qui concerne des violations des droits des femmes, le Bénin n’a pas enregistré
violation flagrante des droits des femmes commis par les pouvoirs publics. Toutefois, dans le
domaine de la violence faite aux femmes et aux filles, la situation reste préoccupante malgré
l’existence de lois spécifiques à la promotion de l’égalité des genres. Ainsi le Code des
personnes et de la famille de 2004 qui fixe l’âge légal du mariage à 18 ans et donne les mêmes
droits de succession aux filles et aux fils, ou encore la loi de 2012 sur les violences faites aux
femmes, ne sont pas toujours respectés. À titre illustratif, on peut noter que sur un échantillon
de 09 centres d’écoute répartis sur l’ensemble du territoire, le nombre de cas de violence
basée sur le genre (VBG) enregistrés est passé de 1.359 cas en 2014 à 1 554 cas en 2015
soit une augmentation de 14,3 % (PND, 2018-2025). Les traditions phallocratiques restent
vivaces et tenaces sur plusieurs plans.
En ce qui concerne les obstacles qui empêchent les femmes et les filles d’exercer leurs
droits au Bénin, il y a lieu de mentionner : la persistance des pratiques discriminatoires et
des violences faites aux femmes renforcées par le contexte socio-culturel, le trafic des enfants
et notamment des fillettes, la pression de la maternité non contrôlée, la méconnaissance et la
non-information des femmes de leurs droits, l’analphabétisme, les grossesses non désirées
et/ou précoces, la non déclaration des naissances en vue de l’établissement des actes de
naissance, etc.

7
2.1.3. Disponibilités de données et des ressources
Parlant de la disponibilité des données sur le genre et informations connexes, des efforts
sont faits à travers l’INSAE et le Ministère en charge des affaires sociales. Cependant, ces
données ne sont pas souvent actualisées. Aussi, elles ne sont pas accessibles au public
conformément aux dispositions du Code de l’Information et de la Communication en vigueur
depuis 2015. De mêmes, certains partenaires tels, le PNUD, l’UNFPA, l’UNICEF éditent des
rapports accessibles par moments sur leurs sites internet. Par ailleurs, Afrobaromètre dispose
d’un site très fourni en termes de données statistiques sur plusieurs domaines dont celui lié
au genre au Bénin. Pour ce qui est de la disponibilité des ressources, l’insuffisance des
ressources financières allouées par le budget national à la promotion du genre ainsi que celle
des ressources humaines qualifiées en matière de genre constituent des faiblesses pour la
promotion cette thématique transversale. De tous les temps, le budget du ministère en charge
des questions de promotion du genre a toujours été le plus faible de tous les ministères
sectoriels. Cette situation ne permet pas au ministère concerné et ses démembrements
d’assurer efficacement sa mission dans les domaines de la formation, de la coordination
institutionnelle, du suivi et des évaluations pourtant indispensables.

2.1.4. Lois à changer pour renforcer la promotion du genre et les droits des femmes
Les textes et lois à actualiser ou changer pour une meilleure promotion du genre et des droits
des femmes sont :
- Les dispositions de la loi n° 2002-07 du 24 août 2004 portant code des Personnes et
de la famille en République du Bénin qui autorisent le mariage des mineurs.
- La charte des partis politiques en République du Bénin qui ne favorise pas l’éclosion
du genre.
- La loi portant sur la nationalité du conjoint.
- Les décrets d’application des textes en vigueur de la loi N°2011-26 du 09 janvier
2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes en République
du Bénin.

2.1.5. Programmes de sensibilisation du public concernant les droits légaux des


femmes
Au nombre des projets et programmes phares, il y a entre autres :
- La formation sur la Promotion de l’égalité de genre dans le secteur public au Bénin
réalisée par le PNUD en 2017.
- La vulgarisation du compendium des compétences féminines dans les douze (12)
départements du Bénin en 2019.
- Le Projet « Participation des femmes et des jeunes dans les processus électoraux en
Afrique de l’Ouest et dans le Sahel ». C’est une initiative de la section béninoise du
Groupe de Travail Femme, Jeune Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest (GTFPS-AO).
- Le projet de renforcement du leadership politique des femmes et des jeunes femmes
au Bénin exécuté par Social Watch Bénin avec l’appui financier de l’Union
Européenne.
- Le Programme de renforcement de capacités des femmes pour leur participation dans
les instances de prise de décision (RECAFEM 4).

8
- Le partenariat UNICEF et Social Watch Bénin sur les questions de budget sensibles
aux enfants.
- Etc.

2.2. Facteurs ayant joué un rôle important pour accélérer ou freiner les progrès des
femmes et des filles au Bénin
2.2.1. Facteurs d’accélération des progrès des femmes et filles au Bénin
De 2015 à 2019, plusieurs facteurs ont joué un rôle important dans l’accélération des progrès
à des femmes et filles au Bénin. Au nombre de ces facteurs, il y a :
▪ Égalité et non-discrimination devant la loi et en termes d’accès à la justice
Le Bénin a adopté en 2017, la Loi n° 2017-06 portant protection et promotion des droits des
personnes handicapées en République du Bénin. Cette loi souligne en son article 4 : « […] le
respect de la dignité intrinsèque, de l’autonomie individuelle y compris la liberté de faire ses
propres choix et de l’indépendance des personnes ; la non-discrimination…..».
▪ Élimination de la pauvreté, productivité agricole et sécurité alimentaire
Dans ce cadre, le Gouvernement a procédé à l’installation de la cellule genre dans le ministère
sectoriel (MAEP) pour le suivi de la mise en œuvre de la politique nationale de relance du
secteur agricole et des points focaux genre dans les structures de bases
▪ Droit au travail et droits sur le lieu de travail
Le Bénin a adopté en 2017, la Loi n°2017‐05 du 29 août 2017 fixant les conditions et la
procédure d’embauche, de placement de la main‐d’œuvre et de résiliation du contrat de travail
en République du Bénin. Elle donne les mêmes droits professionnels aux deux sexes.
En dehors de ces facteurs ci-dessus cités, d’autres ont également joué un rôle important dans
l’accélération des progrès des femmes. Il s’agit de :
▪ l’éducation de qualité, formation et apprentissage continu pour les femmes et les filles ;
▪ l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles ;
▪ l’accès aux soins de santé, y compris les soins de santé sexuelle et procréative, et
mesures garantissant que les femmes et les filles peuvent exercer leurs droits en
matière de procréation ;
▪ la participation politique et représentation politique des femmes ;
▪ l’entreprenariat des femmes, et entreprises dirigées par des femmes ;
▪ la protection sociale sensible à l’égalité́ entre les sexes ;
▪ les services et infrastructures de base (eau, installations sanitaires, énergie, transport,
etc.) ;
▪ le renforcement de la participation des femmes aux efforts menés pour garantir un
développement durable ;
▪ la réduction des risques de catastrophe et renforcement des capacités d’adaptation
effectués de façon sensible aux questions du genre.

2.2.2. Facteurs néfastes au progrès des femmes et filles au Bénin


Les facteurs ayant freiné les progrès des femmes et des filles au Bénin au cours des cinq
dernières années sont entre autres :

9
▪ les services de soins et tâches domestiques chronophages non rémunérés, ou la
difficile conciliation entre les contraintes professionnelles et la vie de famille ;
▪ la faible représentativité des femmes dans l’économie numérique et financière ;
▪ l’évolution ou la persistance des normes sociales négatives et des stéréotypes
sexistes.
La plupart des lois protégeant les femmes et les filles restent cependant inappliquées à cause
de la non-adhésion de la communauté au principe de recours à la justice pour régler les
questions de VBG. Malgré la connaissance par les femmes des lois existantes en la matière,
elles s’abstiennent de saisir la justice contre les auteurs et complices, renforçant de ce fait
l’impunité.

2.3. Mesures spécifiques du gouvernement pour la promotion des droits des différentes
catégories de femmes et filles et pour empêcher les discriminations à leur égard

2.3.1. Femmes vivant dans des régions isolées et rurales


Le Bénin a consenti beaucoup d’efforts dans l’amélioration des infrastructures rurales par la
mise en œuvre de plusieurs programmes de développement des infrastructures rurales dont
les plus importants sont : i) le Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole, (PSRSA 2011-
2015) et ii) le Plan d’Investissement Agricole (PIA) 2010-2015. Le PRSA s’est appuyé sur un
financement de près de 1.808,9 milliards de FCFA avec un besoin annuel moyen de 258,4
milliards de FCFA.
Le PIA avait mis ses priorités sur les infrastructures de transport et de communication et les
infrastructures de stockage, de conservation et de commercialisation.

2.3.2. Femmes handicapées et femmes vivant avec le VIH/SIDA


L’Assemblée nationale a délibéré et adopté en sa séance du 13 avril 2017, la Loi n° 2017-06
portant protection et promotion des droits des personnes handicapées en République du
Bénin. Travailler à rendre autonome les personnes handicapées pour leur émancipation et
surtout leur contribution à l’œuvre du développement de leur pays, tel est l’objectif du
gouvernement béninois et du système des Nations Unies en mettant en place depuis quelques
mois le projet intitulé « Unis dans l’action pour faire avancer les droits des handicapés ». Dans
le cadre de ce projet, 44 femmes handicapées ont reçu des mains de la représentante
résidente par intérim du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), des
cadres du ministère de famille et des responsables de leur faitières d’importants lots
d’équipements destinés à promouvoir leurs activités génératrices de revenus.
En ce qui concerne les femmes vivant avec le VIH/SIDA, le Bénin dispose d’une loi portant
prévention, prise en charge et contrôle du VIH/SIDA en République du Bénin, la loi relative à
la santé sexuelle et de la reproduction.

2.3.3. Quelques mesures spécifiques du Gouvernement sous le prisme de l’Initiative


P20
Le Gouvernement du Bénin, en partenariat avec le Gouvernement de la Suisse et l’ONG
Développement Initiatives, a lancé l’initiative P20 dans le but de remédier à la pauvreté et à la
vulnérabilité, et d’honorer l’engagement du pays de ne laisser personne de côté. L’initiative
P20 est centrée sur les 20 % les plus pauvres de la population, qui sont souvent également
les plus vulnérables. Ces 20 % regroupent tous ceux qui sont exposés, ou se trouvent déjà,
10
en situation d’extrême pauvreté, ainsi que ceux qui, pour des raisons liées à certains aspects
de leur identité (âge, handicap, croyance, appartenance ethnique, orientation sexuelle) sont le
plus exposés à la pauvreté et/ou à l’exclusion.
2.3.3.1. Protection Sociale
Le Bénin a élaboré une politique holistique de protection sociale qui intensifie les mesures en
direction des groupes les plus vulnérables. Les mesures prises sont :
- La mise en place du Projet Assurance pour le Renforcement du Capital Humain
(ARCH).
- La prise en charge des personnes vulnérables (5.865 Orphelins et Enfants Vulnérables
appuyées en kits scolaires et/ou en kits nutritionnels…depuis 2015).
- Le versement des retraites pour les personnes vivant en situation de pauvreté et
d’extrême pauvreté.
- Une nouvelle version du programme microcrédits aux plus pauvres qui intègre le
financement des personnes indigentes notamment les personnes handicapées à
travers des appuis non remboursables dans le cadre de ce programme.
2.3.3.2. Secteur de la santé et secteur de l’éducation
Dans le secteur de la santé, les mesures spécifiques du gouvernement à mettre en exergue
sont :
- Le développement du système intégré de surveillance des maladies transmissibles et
de la riposte.
- La prévention et traitement du paludisme auprès des enfants de moins de cinq ans et
des femmes enceintes.
- La facilitation de l’accès aux services de santé et subventionnement des opérations
césariennes.
Quant au secteur de l’éducation, les mesures spécifiques du gouvernement sont assez
diversifiées. On peut mentionner entre autres :
- L’éducation primaire est devenue obligatoire pour tous les enfants en âge d’être
scolarisés, et les repas scolaires sont désormais fournis par l’État dans des localités
vulnérables.
- Les Programmes de certification en artisanat.
- L’amélioration de l’accès des personnes handicapées aux infrastructures, et
construction des écoles dans les régions souffrant des plus faibles taux de
scolarisation.
2.3.3.3. Secteur de l’énergie et secteur de l’eau
Dans le secteur de l’énergie, les dispositions du Gouvernement à capitaliser comme mesures
spécifiques pour la réduction de la pauvreté et des inégalités afin d’empêcher les
discriminations à l’égard des femmes sont :
- Le raccordement de 100 localités rurales au réseau électrique conventionnel.
- L’installation de cinq (05) kiosques métalliques, de cinq (05) hangars, de cinq (05) mini-
centrales photovoltaïques résilients fournissant les services énergétiques et de 41
lampadaires solaires pour l’électrification des communautés vulnérables hors réseau.
Le taux national d’électrification est passé de 27,6% en 2015 à 29,2% en 2018. En
milieu urbain, ce taux est de 53,9% en 2018 contre 49,7% en 2015. En milieu rural, il
est passé de 6,3% en 2015 à 6,5% en 2018.
11
Dans le secteur de l’approvisionnement en eau potable, il faut citer entre autres :
- La réhabilitation des ouvrages hydrauliques en milieu rural et semi-urbain dans onze
(11) départements excepté celui du Littoral.
- L’amélioration de l'accès des couches défavorisées de la population urbaine et
périurbaine à l'eau par les branchements à coûts réduits.
2.3.3.4. Secteur de l’agriculture et de la sécurité alimentaire
Comme mesures du gouvernement, il y a lieu de mentionner notamment :
- Le lancement de près de 24 projets par le MAEP pour faire baisser les chiffres
statistiques de l’insécurité alimentaire dans le cadre du budget 2018.
- L’inscription au PIP 2019 de 04 nouveaux projets phares : (PNDF-VLO, PND-Irr ;
PNDF-HVA et PND-FC).
- Le renforcement des capacités nationales en matière d’alerte précoce et de gestion
des catastrophes affectant le secteur agricole.

2.4. Conflits, catastrophes (climatiques ou non) et autres événements ayant affecté́ la


mise en œuvre du PAB, et de la CEDAW au Bénin
Les violences postélectorales à l’issue des législatives de 2019 peuvent être considérées
comme l’évènement le plus important ayant et pouvant entraver la mise en œuvre du
Programme d’Action de Beijing et de la CEDAW.
L’usage excessif de la force est contraire à l’exercice du droit de manifester tel que reconnu
par la constitution béninoise et le droit international. « La répression, avec le déploiement des
militaires dans des opérations de maintien de l’ordre public, a atteint des proportions
inquiétantes au Bénin. En effet quatre personnes (une mère de sept enfants parmi lesquels 4
orphelins de père, un jeune de 19 ans, et deux autres hommes), ont été tuées par arme à feu
entre le 28 avril 2019, jour des élections législatives, et le 2 mai lors des manifestations
postélectorales. Les familles des victimes peinent encore à récupérer les corps du fait
d’obstacles administratifs », a déclaré Amnesty International le 14 mai 2019.

SECTION 3 : PROGRES REALISES DANS LE DOMAINE CRITIQUE " LES FEMMES ET


LES ENJEUX DE POUVOIR ET DE PRISE DE DECISIONS " AU BENIN
3.1. Réformes des textes et lois en faveur de la participation des femmes à la vie
politique et leur accès à des postes à responsabilités
De 2015 à 2019, deux (02) lois importantes ont marqué le Bénin en termes d’animation de la
vie politique et d’organisation des élections. Il s’agit, de la loi 2018-31 du 09 octobre 2018
portant Code électoral en République du Bénin et la loi 2018-23 du 17 septembre 2018 portant
Charte des partis politiques en République du Bénin. Outre l’article 5 de la loi portant Charte
des partis politiques qui interdit l’appartenance à un même sexe, aucune autre disposition n’a
rapport au genre ou à la promotion des femmes et des jeunes. En général, les deux lois sont
muettes sur la participation ou non des femmes et des jeunes au nom du principe de l’égalité
des sexes, affirmée dans la constitution. Par rapport à la possibilité pour les femmes de
prendre part au processus électoral, les dispositions des textes sont favorables à la
participation des femmes aux joutes électorales. Par ailleurs, il n’existe au Bénin, aucune
mesure visant à prévenir, investiguer, poursuivre en justice et punir la violence à l’égard des
femmes engagées dans la vie politique
12
3.2. Mesures spéciales temporaires des quotas, des sièges réservés aux femmes pour
des postes à responsabilités
Au Bénin, il n’existe pas de mesures spéciales temporaires des quotas, des sièges réservés
aux femmes, des indicateurs et des objectifs précis visant à promouvoir la participation des
femmes et leur accès à des postes à responsabilités. Pour les opérations de maintien de la
paix, la présence des femmes est très faible. Ceci peut s’expliquer par plusieurs raisons,
notamment l’indisponibilité de femmes aux profils requis, la réticence de certains époux à
laisser leur épouse s’engager dans des missions internationales jugées à tort ou à raison
assez risquées pour la survie du ménage ; le manque de mesures d’accompagnement
substantiel.
Somme toute, il n’existe pas encore au Bénin en termes de représentativité des femmes à des
postes à responsabilités, des mesures visant à garantir que toutes organisations, telles que
les partis politiques et les organisations syndicales, qui pourraient ne pas être directement
soumises à des obligations dans ce domaine en vertu de la CEDAW ne discriminent pas contre
les femmes. Mais comme avancée, le Bénin vient d’élaborer sa Politique Nationale de
Promotion du Genre dans les Opérations de Paix dotée d’un plan d’action dont la validation
est imminente.
3.3. Analyses et explications des facteurs contribuant à la sous-représentation des
femmes au sein des instances de prise de décision
Au Bénin, les inégalités entre les hommes et les femmes aux niveaux décisionnels dans les
institutions, dans l’accès aux ressources (emploi, finance, foncier, etc.), à la justice, aux
services sociaux de base sont persistantes. La faiblesse de l’instruction des femmes est l’une
des causes majeures de leur position défavorable. Plus de 78 % des femmes sont
analphabètes contre 44 % des hommes (PND, 2018-2025).
Le statut (juridique et social) de la femme pourrait constituer un aspect déterminant dans la
participation de celle-ci à tout processus de décision. Enfin, pour plusieurs femmes, les
principaux facteurs qui handicapent leur participation en politique sont : (i) les époux, (ii) leur
faible engagement, (iii) le faible niveau d’instruction, (iv) le fonds de financement insuffisant,
(v) le harcèlement sexuel, (vi) la calomnie sexiste et (vii) l’envoutement (S. ALITONOU et M.
DEDJI, 2018)3.

3.4. Renforcement effectif des capacités, des programmes de développement des


compétences et autres mesures dans ce domaine
Au niveau des OSC nationales et internationales :
- WANEP-Bénin met en œuvre le Projet « Du Kilimandjaro à l’Atacora pour nos terres »
permet un renforcement de capacité des femmes dans le plaidoyer ;
- Le Projet Programme de Renforcement des Capacités d'Action des Femmes
(RECAFEM), mis en œuvre par le consortium WANEP-RIFONGA Bénin, dont l’objectif
est d’atteindre des progrès significatifs en vue de l’égalité homme/femme dans les
domaines socio-culturel, juridique et économique met à disposition des bénéficiaires
des outils nécessaires pour leur participation militante au sein de leurs partis politiques.

3 Etude monographique sur la participation politique des femmes en Afrique de l’ouest (cas du Benin)

13
- CARE soutient les femmes au Bénin en leur fournissant une assistance juridique ;
- Le projet de renforcement du leadership politique des femmes et des jeunes femmes
au Bénin exécuté par Social Watch Bénin avec l’appui financier de l’Union
Européenne ;
En dehors de WANEP-Bénin, RIFONGA et la Fondation Konrad Adenauer travaillent sur la
même thématique du droit d’accès des femmes à la terre.

3.5. Mise en place d’opportunités de mentorat et de formation en faveur de leadership


féminin
Au Bénin, il existe des opportunités de mentorat et de formation en faveur du leadership
féminin et en particulier des jeunes de moins de 35 ans. On peut évoquer à ce sujet :
- Le programme YALI (Young African Leaders Initiative) des Etats Unis
d’Amérique élargi à trois (03) sous programmes : (1) le Mandela Washington
Fellowship, (2) Le YALI Network et, (3) les Centres Régionaux de Leadership YALI.
Les centres sont basés à Nairobi (Kenya), à Pretoria (Afrique du Sud), à Accra (Ghana)
et à Dakar (Sénégal).
- Le Programme AGYR (African and German Youth Research) de la République
Fédérale d’Allemagne.
- AWEP (African Women’s Entrepreneurship Program).
- IVLP (International Visitor Leadership Program).
- La bourse Fulbright Humphrey : Au Bénin, les candidatures pour la bourse Fulbright
sont reçues dans le cadre de deux programmes à savoir : (i) le Programme de
développement Fulbright junior (JSD) et (ii) le Programme de bourse africain de
perfectionnement professionnel subventionne.

3.6. Collecte et analyse de données sur la participation des femmes à la vie politique
Le taux de représentation des femmes dans les instances de prise de décision reste très faible.
Au premier semestre 2017, 8,4 % des membres de l’Assemblée nationale sont des femmes,
4,4 % au niveau des conseils communaux, et 14,2 % au niveau du Gouvernement. Au niveau
de l’ensemble des Conseils Communaux, quatre femmes ont été élues maires pour la
mandature en cours depuis 2015. Le taux de représentativité des femmes est passé de 4,59
% en 2013 à 4,80 % en 2016 (PND, 2018 – 2025).
En avril 2019, le Bénin a organisé des élections législatives non inclusives où aucun parti de
l’opposition ne s’est présenté en dehors des deux blocs de partis de la mouvance présidentielle
(Bloc Républicain et Union Progressiste). L’analyse des données révèle que :
▪ Sur 48 premiers titulaires des listes des deux partis ayant participé, seules 03 femmes
soit 6,25% ont été promues.
▪ Sur 166 titulaires prévus dans les 24 circonscriptions électorales, 15 femmes ont été
positionnées, soit un taux de 9%.
▪ 34 femmes candidates titulaires et suppléantes confondues ont pris part aux élections
de 2019 face à 298 hommes soit 10% du taux de participation.
Au total, les femmes, malgré la reconfiguration des partis politiques, avec la réforme du
système partisan n’ont pas pu améliorer leur taux de participation (S. ALITONOU et M. DEDJI,
2018). L’implication des femmes en politique est loin d’être un acquis démocratique au Bénin.
14
Tandis que le taux de représentation parlementaire avoisine 24% pour l’Afrique sub-
saharienne, le Bénin est en arrière avec un taux actuel de 7,22%. Depuis l’avènement de l’ère
démocratique en 1990 à ce jour, le taux de représentation des femmes à l'Assemblée
Nationale n’a jamais dépassé la barre de 10% (5ème législature en 2007).

SECTION 4 : DEFIS ET CONCLUSION


4.1. Défis à relever
L’analyse des rapports sociaux entre femme et homme met clairement en évidence que de
fortes inégalités persistent entre les deux sexes, aux plans économique, politique et culturel.
Ainsi, bien que des progrès soient réalisés dans l’accès aux services sociaux de base, la
représentativité des femmes au sein des instances de décision reste essentiellement faible.
Pour inverser cette tendance, il y a lieu de renforcer la promotion de l’égalité et l’équité entre
fille et garçon et entre femme et homme. Pour atteindre cet objectif, il s’impose de relever les
défis ci-après :
▪ l’institutionnalisation de genre dans le processus de gestion du développement ;
▪ la mise en place des mesures rendant effectives l’égalité et l’équité fille et garçon et
entre homme et femme ;
▪ le renforcement de la promotion de l’autonomisation des femmes.

4.1.1. Institutionnalisation de genre dans le processus de gestion du développement


Les capacités des acteurs qui sont au niveau des différentes étapes du cycle de gestion de
projet, ainsi que celles des acteurs qui sont dans les sphères de prise de décisions, sont
essentiellement faibles, notamment en ce qui concerne la maîtrise des outils susceptibles
d’intégrer le genre dans le processus de gestion du développement du pays.
L’institutionnalisation du genre dans le processus de gestion de développement permet
d’améliorer cette situation à travers : i) le renforcement des capacités techniques de toutes les
parties prenantes intervenant dans la chaîne de conception et d’exécution des politiques
publiques, en matière de maîtrise des outils d’intégration du genre au processus de
développement et ii) le renforcement des capacités humaines et matérielles des structures en
charge de la promotion du genre, y compris les points focaux genre des différents secteurs.

4.1.2. La mise en place des mesures rendant effectives l’égalité et l’équité fille et garçon
et entre homme et femme
Les faibles performances en matière de genre relèvent, entre autres, de la faiblesse du cadre
institutionnel et réglementaire afférent à la promotion du genre, notamment en ce qui concerne
le non fonctionnement des organes de pilotage et d’orientation, ainsi que la faible application
des textes.

La persistance de certaines pratiques et visions traditionnelles représente un obstacle non


négligeable.

Au regard de ces insuffisances, il importe de mettre en place des mesures rendant effectives
l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre homme et femme. Il s’agit de :

15
- dynamiser le fonctionnement des organes de pilotage et d’orientation en les dotant de
mécanismes opérationnels et fonctionnels ;
- poursuivre l’amélioration du cadre législatif et légal de promotion de genre et surtout
son application ;
- promouvoir l’accès des femmes aux postes de responsabilité au niveau de
l’administration, du secteur privé et de la vie politique par les quotas temporaires.

4.1.3. Le renforcement de la promotion de l’autonomisation des femmes


En dépit des améliorations dans l’accès aux services sociaux de base, la position des femmes
dans les processus de prise de décision, l’accès aux ressources et la liberté des droits ne se
sont pas améliorés. Tout comme le souligne plusieurs rapports et politiques nationales au
Bénin, en l’occurrence le PND, la promotion de l’autonomisation des femmes, gage de
développement passe par :
- l’amélioration des capacités d’autonomisation économique des femmes ;
- le renforcement de la sécurité personnelle et de la lutte contre les violences basées
sur le genre (VBG) et ;
- le développement du leadership féminin ou empowerment (renforcement de pouvoirs)
qui inclut le renforcement du respect et de l’image de soi et des postes de
responsabilités politiques, sociales ou du secteur privé.

4.2. Conclusion et recommandations


La revue de la législation béninoise, riche en instruments juridiques favorables à la promotion
de la femme tant sur le plan international que régional souffre au niveau national d’un déficit
d’harmonisation. La prise de mesures spécifiques indispensables à l’amélioration de la
tendance dans ce domaine doit être une priorité. Les données collectées font ressortir que la
représentation des femmes au niveau des structures électives et nominatives est très faible.
A cet effet, il importe de passer par des réformes des textes et lois pour d’une part, favoriser
l’autonomisation économique des femmes et d’autre part, lutter contre les discriminations et
assurer la pleine intégration de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les politiques
et dans la vie publique. Ces réformes de textes et lois doivent permettre à :
1. Améliorer la participation des femmes dans les instances de gouvernance
économique par les quotas temporaires comme en France4 et en Norvège5 par
exemple.
2. Promouvoir une budgétisation sensible au genre comme au Canada, en France,
au Japon, au Maroc et en Ouganda. Pour le cas de l’Ouganda, la loi sur la gestion
des finances publiques de 2015 rend obligatoire la budgétisation sensible au genre
dans tous les secteurs et pour tous les ministères, départements et agences de l’État.
Une commission pour l’égalité des chances note les budgets présentés. Le Ministère
des finances présente le budget annuel certifié au Parlement.
3. Intégrer la dimension de genre à travers une diplomatie féministe comme le cas
du Canada depuis 2017 à travers l’établissement d’une politique d’aide internationale

4 Loi no 2011-103 du 27 janvier 2011 (Copé-Zimmerman) par l’imposition par la loi d’un quota de 40 % pour les conseils
d’administration et de surveillance des entreprises cotées ou de 500 salariés et 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, associée
à des sanctions en cas de non-respect
5 Loi sur les sociétés publiques, Section 6-15, amendée en 2004 qui a institué en 2004 un quota de 33 % dans les conseils

d’administration, porté à 40 % en 2008, avec une possibilité légale de dissoudre la société en cas de non-respect du quota.
16
qui fixe des objectifs précis en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, et le
lancement de l’initiative « Elsie » pour accroître la participation des femmes aux
opérations de paix en 2017.
4. Promouvoir la participation des femmes à la vie politique, notamment par
l’adoption de mesures temporaires spéciales (MTS). Le Bénin pourra s’inspirer du
cas de la Bolivie. En effet, la constitution et la loi électorale de la Bolivie, par exemple,
exigent à partir de 2010 une parité de 50 % de femmes et d’hommes, alternativement
placées sur les listes électorales. En cas de non-respect, la liste électorale est rejetée
et le parti dispose de 72 heures pour présenter une nouvelle proposition. L’exemple du
Rwanda doit également attirer l’attention du Bénin. Au Rwanda, la loi N° 27/2010 du
19 juin 2010 sur les élections stipule qu’au moins 30 % des candidats aux élections
législatives sur les listes des partis politiques doivent être des femmes6. Le pays reste
en tête du classement mondial, position qu’il occupe depuis 2003, avec 61,3 %
de femmes parlementaires, 24 ans après un génocide dévastateur.
- Promouvoir la participation des femmes à la paix et à la sécurité à travers
l’opérationnalisation de la Politique Nationale de Promotion du Genre dans les
Opérations de Paix dotée d’un plan d’action élaborée par le Bénin.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1. PAG (2016 – 2021) : Programme d’Actions du Gouvernement, version complète, 98 p.


2. Note d’orientation à l’intention des ONG concernant les Examens nationaux approfondis,
57 p.
3. PC2D (2018 – 2021) : Programme de Croissance pour le Développement Durable, 246 p.
4. PND (2018 – 2025) : Plan National de Développement, 300 p.
5. GTFPS-AO, 2019 : Rapport sur l’analyse genre des élections du 28 avril 2019, 37 p.
6. MASM, 2019 : Rapport mission de vulgarisation de plateforme du compendium des
compétences féminines du Bénin.
7. GTFJPS-AO, 2018 : Etude monographique sur la participation politique des femmes en
Afrique de l’Ouest (Cas du Bénin), 53 p.
8. Partenariat de Biarritz Pour l’égalité entre les femmes et les hommes : Recommandations
du Conseil consultatif pour l’égalité entre les femmes et les hommes en vue de faire
progresser l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autonomisation des filles et des
femmes et Appel à l’Action, 2019, 68 p.

6 “Law relating to election” n° 27/2010 du 19/06/2010, Rwanda

17
9. PNUD & IND, 2011 : Promouvoir les rôles des femmes pour renforcer les partis politiques
– Guide des bonnes pratiques pour encourager la participation politique des femmes, 60
p.
10. INPF, 2012 : Rapport de l’Etude sur l’accès des femmes aux postes de prise de décision
aux niveaux décentralisé/local et national, 134 p.
11. CAPAN, 2012 : Rapport Femme et pouvoir politique au Bénin : des origines dahoméennes
à nos jours, 221 p.
12. Rapport pays sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la plateforme d’Action de
Beijing+20, 46 p.

LISTE DES ACTEURS ET ORGANISATIONS AYANT PARTICIPE AU PROCESSUS


D’ELABORATION DU RAPPORT D’EXAMEN NATIONAL APPROFONDI

NOM ET PRENOMS STRUCTURE / ORGANISATION

Blanche SONON Présidente Social Watch Bénin et membre du WILDAF Bénin

Françoise DEGNON WILDAF Bénin


Huguette AKLPOGAN Sœur Unies à l’Oeuvre (SUO) et Vice-Présidente du GT/FJPS
DOSSA (Bénin)
Sabine MEDETADJI Sœur Unies à l’Oeuvre (SUO)

Gustave ASSAH Réseau GLEGBENU, Chantier Jeunes

Hervé SOGLO Femme Entraide et Développement (FEDe ONG)


Femmes Engagées pour des Nominations et des Elections
Florence ENIAYEHOU
Paritaires FENEP/AWLN
Diane Aurore KINDJI African Wowen Leaders Network (AWLN) Benin

Abigaël ELIJAH Groupe des Elèves et Etudiants du Bénin (GBEEB)

Charlemagne KASSIFA APRODEF LTM ONG

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NOM ET PRENOMS STRUCTURE / ORGANISATION

Mathieu TCHONGO Equilibre d’Afrique

Rhoda ADJAOKE Equilibre d’Afrique


Santa Merveille
Centre Afrika Obota (CAO)
AYIHOUNTON
Arsène ADIFFON RACINES ONG

Bertin DODOU RACINES ONG

Paulin KOUAMI ASSOPIL

Fabien CODJIA RIFONGA Bénin

Igor HOUESSOU WYCLIFFE Bénin

Marie Laurencia KPADEVI Secrétariat Social Watch Bénin

Marilyse SOSSOU ROAJELF - Bénin

Josué TAMADAHO GRANDI ONG

Yannick DEDOKONOU Human Rigth Priority

Marie Noëlle GBEDO AIIB ONG

Lucienne CARENNA GAJES ONG

Pierre Claver AHOUANSOU AJE ONG

Claudette AFANTOHOU ONG ŒIL d’Aujourd’hui

Basile BINAZON SYNAEMAB

Djamila ADAMON Sœur Unies à l’Œuvre

Pierrette DEGUENON GRAD - FB

Léon AGBA Laboratoire Citoyennetés

Josette de-Bernard AISSE Chargée Genre Programme Redevabilité (Social Watch Bénin)

Dieudonné HOUINSOU Secrétaire Exécutif de Social Watch Bénin

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