Analyse mathématique MTH 151
Analyse mathématique MTH 151
MTH 151
Analyse mathématique pour les
sciences de la vie et de la terre
Juillet 2021
Table des matières
2 Fonctions usuelles 20
2.1 Motivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2 Les Fonctions Trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.1 Équations, Inéquations Trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3 Fonctions circulaires inverses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3.1 Arccosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3.2 Arcsinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3.3 Arctangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.4 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4.1 Cosinus hyperbolique et son inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4.2 Sinus hyperbolique et son inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4.3 Tangente hyperbolique et son inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4.4 Trigonométrie hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2
Table des matières 3
2.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Références bibliographiques 58
Chapitre 1
1.1 Généralités
Exemple 1.1 Dans une réaction chimique, la concentration C(t) d’une substance, en
fonction du temps t > 0, est donnée par
C(t) = C0 e−kt
∀x ∈ E, (g ◦ f )(x) = g [f (x)] .
5
6 Chapitre 1. Fonctions réelles d’une variable réelle
Pour tout x ∈ R,
f ◦ g(x) = f [g(x)] = 2g(x) + 1 = 2(x2 − 2) + 1 = 2x2 − 3
et
g ◦ f (x) = g[f (x)] = (f (x))2 − 2 = (2x + 1)2 − 2 = 4x2 + 4x + 1 − 2 = 4x2 + 4x − 1.
On a donc f ◦ g(x) 6= g ◦ f (x).
1
Exemple 1.3 Soit f (x) = . On montre que lim f (x) = 1 et que lim f (x) = +∞ (la
x2 x→1 x→0
démonstration dépasse le cadre de ce cours).
1
Exemple 1.5 Soit f (x) = . On montre que lim f (x) = lim f (x) = 0 et que
x2 x→−∞ x→+∞
lim f (x) = +∞ (ici aussi, la démonstration dépasse le cadre de ce cours).
x→0
1
Exemple 1.6 La fonction définie par f (x) = n’admet pas de limite en 0. En effet, les
x
1 1
suites (un ) et (vn ) définies par un = et vn = − convergent vers 0 mais f (un ) diverge
n n
vers +∞ et f (vn ) diverge vers −∞.
8 Chapitre 1. Fonctions réelles d’une variable réelle
(ln x)β
lim xα (ln x)β = 0 lim =0
x→0+ x→+∞ xα
eβx
lim xα eβx = 0 lim = +∞
x→−∞ x→+∞ xα
sin x ln(1 + x)
lim =1 lim =1
x→0 x x→0 x
cos x − 1 ex − 1
lim =0 lim =1
x→0 x x→0 x
lim (1 + x)1/x = e
x→0
0 ∞
(+∞) − ∞, 0 · (∞), , , 1∞ , ∞0 , 00 ,
0 ∞
Une petite transformation (factorisation, expression conjuguée, etc. . . ) est nécessaire pour
se ramener aux cas mentionnés plus haut.
1.3. Dérivation de fonctions 9
1.2.5 Continuité
ou si
lim f (x) = lim f (x) = f (a).
x→a− x→a+
aux points x = 0 et x = 3.
— f (0) = (1 + 02 ) = 1,
— Une fonction f est dérivable sur I si elle est dérivable en tout point de I.
— Dans ce dernier cas, La fonction qui à chaque x ∈ I associe f 0 (x) est la fonction
dérivée (ou dérivée) de f .
Exemple 1.8 Soit f : R → R la fonction définie par f (x) = x2 . Alors pour tout x0 ∈ R,
on a :
(x0 + h)2 − (x0 )2 2x0 h + h2
f 0 (x0 ) = lim = lim = 2x0 .
h→0 h h→0 h
La fonction f est donc dérivable sur R et sa dérivée est définie par f 0 (x) = 2x.
et
f (0 + h) − f (0) |h| h
fd0 (0) = lim = lim = lim = 1.
h→0+ h h→0+ h h→0+ h
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 x
Exemple 1.12 Soit f la fonction définie par f (x) = x3 + 5x2 − 3. Ses dérivées successives
sont :
f 0 (x) = 3x2 + 10x
f 00 (x) = 6x + 10
f (x) = 6
(3)
f (n) (x) = 0, pour n > 4.
12 Chapitre 1. Fonctions réelles d’une variable réelle
Exemple 1.13
— La fonction f définie sur R par f (x) = x2 a pour différentielle en x0 , dx0 f (h) = 2x0 h.
— Comme dx0 x(h) = h, toute fonction f dérivable en x0 vérifie dfx0 (h) = f 0 (x0 )dx0 x(h)
dfx0
soit encore f 0 (x0 ) = .
dx0 x
— Cette notation (correcte et complète mais lourde) est souvent abrégée en omettant
x0 :
df
df = f 0 (x)dx soit encore f 0 (x) = .
dx
d2 f dn f
— La dérivée seconde de f se note , . . . , la dérivée n−ième se note . (les
dx2 dxn
d
positions des exposants sont décalées afin de rappeler que agit n fois de suite).
dx
df
Exemple 1.14 Si f (x) = x2 , alors = 2x.
dx
1.3. Dérivation de fonctions 13
u0 (x) 2x x
f 0 (x) = p = √ =√ .
2 u(x) 2 x +1
2 x +1
2
2 2
2) f (x) = e−x donc f 0 (x) = −2xe−x .
2x
3) f (x) = ln(x2 + 1) donc f 0 (x) = 2 .
x +1
x −∞ 0 2 +∞
x − 0 + +
2−x + + 0 −
e−x + + +
f 0 (x) − 0 + 0 −
1.4. Applications de la dérivée 15
−1 0 1 2 3 4 5 x
1.4.2 Optimisation
x1 x3 x5
x2 x4 x6 x
Remarque 1.4
— Un point x∗ tel que f (x∗ ) = 0 est appelé point stationnaire (ou point critique).
— Les extrema locaux de f sont nécessairement des points stationnaires mais un point
stationnaire n’est pas forcément un extremum local. Par exemple, si f (x) =
x3 on a f 0 (0) = 0 alors que 0 n’est pas un extremum local.
— Points critiques :
f 0 (x) = 6x2 − 6x − 12 = 6(x2 − x − 2).
1−3 1+3
x1 = = −1 et x2 = = 2.
2 2
— f 00 (x) = 12x − 6.
— f 00 (−1) = −18 < 0 donc x1 = −1 est un maximum local.
— f 00 (2) = 18 > 0 donc x1 = 2 est un minimum local.
Exemple 1.19 L’amplitude d’habitat (la variation d’altitude que peut supporter une
espèce) de certaines reptiles est donnée en fonction de l’altitude x (en m) par
40
20
0
−3 −2 −1 0 1 2 3 4
−20
−40
Figure 1.2 – Représentation graphique de la fonction d’expression f (x) = 2x3 − 3x2 − 12x + 4
sin x 0
Exemple 1.20 lim = (F.I.). Posons f (x) = sin x et g(x) = x ; On a f 0 (x) = cos x,
x→0 x 0
f 0 (x) sin x
g (x) = 1 et lim 0
0 = 1 donc lim = 1.
x→0 g (x) x→0 x
1.5 Exercices
Exercice 1.1 Donner l’ensemble de définition de chacune des fonctions suivantes d’en-
semble de départ R :
1
f1 (x) = x3 − 3x2 + 1 f2 (x) = 1 − e−x f3 (x) =
+1
x2
1
f4 (x) = 2 f5 (x) = ln |x − 1| f6 (x) = ln(ln x)
x −1 √
1 x 1
f7 (x) = x f8 (x) = √ f9 (x) =
e +2 1−x sin x
18 Chapitre 1. Fonctions réelles d’une variable réelle
√
Exercice 1.2 On considère les fonctions de R vers R définies par u(x) = x2 et v(x) = x.
Donner les ensembles de définition et les expressions des fonctions u ◦ v et v ◦ u.
Exercice 1.3 L’effectif d’une population de bactéries est donnée en fonction du temps
par
KN0 eat
N (t) =
K − N0 + N0 eat
où K, a et N0 sont des constantes strictement positives. Calculer la limite de N (t) lorsque
t tend vers +∞.
√ x2 − 4
7) lim (x − x) 8) lim
x→+∞ x→2 x2 − 3x + 2
Exercice 1.6 Calculer la dérivée de la fonction f dans chacun des cas suivants (on ne
demande pas le domaine de définition) :
3x − 1 √
4) f (x) = x5/3 5) f (x) = 6) f (x) = ln x + x2 + 1
2x + 1
√
7) f (x) = (ln x)2 8) f (x) = x + 1
x 9) f (t) = (t − 1) t
√ 2 −3
10) f (u) = 3eu + 1 11) f (x) = ex 12) f (t) = sin(2t + 1)
Exercice 1.7 Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer les points stationnaires
et leurs natures respectives.
1.5. Exercices 19
Exercice 1.8 Afin de financer vos études et vous faire un peu d’économie, vous entrepre-
nez avec quelques amis de fabriquer et de vendre des gâteaux purement bio dont la quantité
vendue en un mois q dépend du prix de vente unitaire p par la relation q(p) = α + βp.
1) Dans toute la suite, on suppose que q = 5000 si p = 100 et que q = 4000 si p = 200.
Déterminer α et β.
2) Quelle est la plus grande valeur possible pour p sachant que la quantité vendue q est
toujours un nombre positif ?
3) Déterminer en fonction de p les recettes mensuelles r(p).
4) Quelle est la valeur maximale des recettes ?
5) Le coût unitaire de fabrication est égal à 100. Déterminer en fonction de p le profit b(p)
total réalisé (la différence entre recettes et coût).
6) Pour quel prix le profit est-il maximal ? Quelle est la quantité correspondante ?
Exercice 1.9 Dans chacun des cas suivants, calculer la limite de f en a en utilisant la
règle de l’Hôpital :
x − tan x xn − 1
1) f (x) = , a = 0; 4) f (x) = , a = 1;
x − sin x x−1
ex − e−x 5) f (x) = x2 e−x , a = +∞ ;
2) f (x) = , a = 0;
1 − e2x
1 1
3) f (x) = − , a = 1.
ln x x − 1
Chapitre 2
Fonctions usuelles
2.1 Motivation
Nous connaissons déjà des fonctions classiques : exp, ln, cos, sin, tan. Dans ce chapitre il
s’agit d’ajouter à notre catalogue de nouvelles fonctions : ch, sh, tanh, Arccos, Arcsin, Arctan,
Argch, Argsh, Argth. Ces fonctions apparaissent naturellement dans la résolution de pro-
blèmes simples, en particulier issus de la physique.
Exercice 2.1 Soit (a, b, c) ∈ R3 tel que (a, b) 6= (0, 0). On étudie l’équation a cos(x) +
b sin(x) = c d’inconnue x ∈ R.
a
cos(x0 ) = √ 2
a + b2
Indication : Il existe x0 ∈ R tel que b . Soit x ∈ R : x est solution
sin(x0 ) = √ 2
a + b2
c
ssi cos(x − x0 ) = √
a2 + b2
2.2.2 Applications
1. Ramener une équation trigonométrique d’inconnue x à la résolution d’une équation
dont l’inconnue est sin(x), cos(x) ou tan(x) est performant. Pour
cela, il faut utiliser
x
les formules de trigonométrie. Exemple : Tout ramener à tan est simple, mais
2
élève souvent le degré du polynôme.
2. Résolution directe par simple lecture du cercle trigonométrique.
20
2.3. Fonctions circulaires inverses 21
2.3.2 Arcsinus
La restriction
π π
sin| : − , + → [−1, 1]
2 2
est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arcsinus :
π π
Arcsin : [−1, 1] → − , +
2 2
2.3.3 Arctangente
La restriction
π π
tan| : − , + →R
2 2
est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arctangente :
π π
Arctan : R → − , +
2 2
Pour tout x ∈ R :
1
? tan(Arctan(x)) = x ? cos(Arctan(x)) = √
1 + x2 .
x
? Arctan(−x) = −Arctan(x) ? sin(Arctan(x)) = √
1 + x2
2.4. Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses 23
Figure 2.4 – Représentations graphiques des fonctions chx, shx et Argchx, Argshx.
Preuve
— ch2 x−sh2 x = 1
(e +e−x )2 −(ex −e−x )2 = 14 (e2x +2+e−2x )−(e2x −2+e−2x ) = 1.
x
4
d d ex + e−x ex − e−x
— (chx) = = = shx. Idem pour la dérivée de shx.
dx dx 2 2
— Car c’est la réciproque de sh.
— Comme la fonction x 7→ sh0 x ne s’annule pas sur R alors la fonction Argsh est
dérivable sur R. On calcule la dérivée par dérivation de l’égalité sh(Argshx) = x :
1 1 1
Argsh0 x = =q =√
ch(Argshx) sh2 (Argshx) + 1 x2 + 1
√
— Notons f (x) = ln x + x2 + 1 alors
x
1+ √
1
√x + 1 = √
2
f 0 (x) = = Argsh0 x
x + x2 + 1 x2 + 1
Comme de plus f (0) = ln(1) = 0 et Argsh0 = 0 (car sh0 = 0), on en déduit que
pour tout x ∈ R, f (x) = Argshx.
ch2 x − sh2 x = 1
tanh a + tanh b
tanh(a + b) =
1 + tanh a · tanh b
ch0 x = shx
sh0 x = chx
1
tanh0 x = 1 − tanh2 x =
ch2 x
1
Argch0 x = √ (x > 1)
x2 −1
1
Argsh0 x = √
+1
x2
1
Argth0 x = (|x| < 1)
1 − x2
26 Chapitre 2. Fonctions usuelles
p
Argchx = ln x + x2 − 1 (x ≥ 1)
p
Argshx = ln x + x2 + 1 (x ∈ R)
1 1+x
Argthx = ln (−1 < x < 1)
2 1−x
2.5 Exercices
1. Calculer cos(Arctanx), cos(Arcsinx), tan(Arcsinx).
x
2. Calculer la dérivée de f (x) = Arctan √ . En déduire que f (x) = Arcsinx,
1 − x2
pour tout x ∈] − 1, 1[.
π
3. Montrer que Arccosx + Arcsinx = , pour tout x ∈ [−1, 1].
2
eix + e−ix
4. Prouver par le calcul la formule ch(a + b) = . . . En utilisant que cos x =
2
retrouver la formule pour cos(a + b).
5. Résoudre l’équation shx = 3.
sh(2x)
6. Montrer que = tanh x.
1 + ch(2x)
7. Calculer les dérivées des fonctions définies par : tanh(1 + x2 ), ln(chx), Argch(exp x),
Argth(cos x).
Chapitre 3
3.1.1 Généralités
Approche intuitive
Soient a, b ∈ R tels que a < b et f une fonction définie, continue et positive sur [a, b].
Considérons une subdivision de [a, b] :
(subdivision de plus en plus fine), on peut formaliser une sommation continue qui donne
un nombre réel noté, ce qui se lit : intégrale de a à b de f , ou de f (x). On montre et nous
admettons que toute fonction continue par morceaux sur un segment [a, b] est intégrable
sur ce segment.
Interprétation géométrique
Z b
f (x)dx correspond à l’aire du domaine du plan situé sous le graphique de f , comptée
a
— positivement pour la partie située au-dessus de l’axe des abscisses,
— négativement pour la partie située en dessous.
27
28 Chapitre 3. Eléments de calcul intégral
3.1.2 Propriétés
1. Ordre des bornes : Pour s’autoriser des bornes sans se préoccuper de l’ordre on
définit :
Z a Z a Z b
f (x) dx = 0 et pour a < b f (x) dx = − f (x) dx.
a b a
2. Relation de Chasles : Soient a < c < b. Si f est intégrable sur [a, c] et [c, b], alors f
est intégrable sur [a, b]. Et on a
Z b Z c Z b
f (x) dx = f (x) dx + f (x) dx.
a a c
1
Z b
m≤ f (x) dx ≤ M
b−a a
1
Z b
Le nombre f (x) dx est la valeur moyenne de f sur [a, b].
b−a a
3.1. Intégrale définie 29
— Inégalité de la moyenne :
Z
b
f (x) dx ≤ |b − a| sup |f (x) dx
a x∈[a,b]
Remarque 3.1 Si f, g sont deux fonctions intégrables sur [a, b], f × g est une fonction
intégrable sur [a, b] mais en général
Z b Z b Z b
(f g)(x) dx 6= f (x) dx
g(x) dx
a a a
Exemple 3.1
1. Au début d’un exercice physique, le déficit en oxygène D est calculé par :
Z t2
D = 100(t2 − t1 ) − f (t)dt
t1
1 10
Z 1 Z 1 Z 1
7x2 − ex dx = 7 x2 dx − ex dx = 7 − (e − 1) =
−e
0 0 0 3 3
1
Z 1 Z 1
Noter que : x2 dx = et ex dx = e − 1.
0 3 0
sin(nx)
Z n
3. Soit In = dx. Montrons que In → 0 lorsque n → +∞.
1 1 + xn
sin(nx) | sin(nx)| 1 1
Z n Z n Z n Z n
|In | =
dx ≤ dx ≤ dx ≤ dx
1 1+x 1+x 1 1+x
n n n n
1 1 x
Il ne reste plus qu’à calculer cette dernière intégrale (en anticipant un peu sur la
suite du chapitre) :
#n
1 1
"
x−n+1 n−n+1
Z n Z n
−n
dx = x dx = = − −−−−−→ 0
1 xn 1 −n + 1 1
−n + 1 −n + 1 n→+∞
(car n−n+1 → 0 et 1
−n+1 → 0).
30 Chapitre 3. Eléments de calcul intégral
Exercice 3.1
√ 1
1. Trouver les primitives des fonctions : x3 − x7 , cos x + exp x, sin(2x), 1 + x + x, √ ,
x
√ 1
3
x, .
x+1
x 1 1 1
2. Trouver les primitives des fonctions : cosh(x)−sinh( ), ,√ −√ .
2 1 + 4x2 1+x 2 1 − x2
L’intégration par parties permet de trouver une primitive d’un produit de polynômes
et d’une fonction trigonométrique, usuelle ou hyperbolique, exponentielle, ou produit des
deux.
Changement de variables
Soit (a, b) ∈ R2 tel que a < b, ϕ ∈ C 1 ([a, b]) (fonction continue et dérivable), f ∈
C 0 (ϕ([a, b])) (fonction continue) : on a la formule
Z b Z ϕ(b)
f (ϕ(t))ϕ0 (t)dt = f (t)dt.
a ϕ(a)
Exercice 3.2
1. Calculer les intégrales à l’aide d’intégrations par parties :
Z π/2 Z π/2
t sin t dt, t2 sin t dt,
0 0
3.2.2 Formulaire
Soient n ∈ N, p ∈ Z \ {−1}, q ∈ R \ {−1}, a ∈ R∗+ . Le tableau 3.1 (page 32) donne les
primitives usuelles.
γ αx + β
ou avec b2 − 4ac < 0
(x − x0 )k (ax2 + bx + c)k
où α, β, γ, a, b, c ∈ R et k ∈ N \ {0}.
1. On sait intégrer le polynôme E(x).
γ
2. Intégration de l’élément simple .
(x − x0 )k
(a) Si k = 1 alors
γ dx
Z
= γ ln |x − x0 | + c
x − x0
sur ] − ∞, x0 [ ou ]x0 , +∞[.
32 Chapitre 3. Eléments de calcul intégral
(b) Si k ≥ 2 alors
γ dx γ
Z Z
=γ (x − x0 )−k dx = (x − x0 )−k+1 + c
(x − x0 )k −k + 1
3.3. Intégration des formes particulières 33
(a)
2ax + b u0 (x) 1
Z Z
dx = dx = u(x)−k+1 + c
(ax2 + bx + c)k u(x)k −k + 1
1
= (ax2 + bx + c)−k+1 + c
−k + 1
1
Z
(b) Si k = 1, calcul de dx. Par un changement de variable u = px+q
+ bx + c
ax2
du
Z
on se ramène à calculer une primitive du type = arctan u + c.
u +1
2
1
Z
(c) Si k ≥ 2, calcul de dx. On effectue le changement de variable
(ax + bx + c)k
2
du
Z
u = px + q pour se ramener au calcul de Ik = . Une intégration par
(u2 + 1)k
parties permet de passer de Ik à Ik−1 .
du 1
Z
Par exemple, calculons I2 . Partant de I1 = , on pose f = 2 et
u +1
2 u +1
g 0 = 1. La formule d’intégration par parties
Z Z
f g 0 = [f g] − f 0g
2u
donne (avec f 0 = − et g = u)
(u2 + 1)2
du u 2u2 du u u2 + 1 − 1
Z Z Z
I1 = = + = + 2 du
u +1 u2 + 1 Z(u + 1) u2 + 1 (u2 + 1)2
2 2 2
u R du du u
= +2 −2 = 2 + 2I1 − 2I2
u +1
2 u +1
2 (u + 1)
2 2 u +1
1 1 u
On en déduit I2 = I1 + + c. Mais comme I1 = arctan u alors
2 2 u2 + 1
du 1 1 u
Z
I2 = = arctan u + + c.
(u2 + 1) 2 2 2 u2 + 1
x+1
Exemple 3.2 Soit f (x) = . Dans un premier temps on fait apparaitre une
2x2 +x+1
u0
fraction du type (que l’on sait intégrer en ln |u|).
u
1 1
(4x + 1) − + 1 1 4x + 1 3 1
f (x) = 4 4 = · 2 + · 2
2x + x + 1
2 4 2x + x + 1 4 2x + x + 1
34 Chapitre 3. Eléments de calcul intégral
4x + 1
On peut intégrer la fraction :
2x2 +x+1
4x + 1 u0 (x)
Z Z
dx = dx = ln 2x2 + x + 1 + c
2x2 + x + 1 u(x)
1 1
Occupons nous de l’autre partie , nous allons l’écrire sous la forme 2
2x2 +x+1 u +1
(dont une primitive est arctan u).
1 1 1 8 1
= = = ·
2x2 + x + 1 1 2 1 1 2 7 7 8 1
2(x + ) − + 1 2(x + ) + 2(x + )2 + 1
4 8 4 8 7 4
8 1
= ·
7 √4 (x + 1 )2 + 1
7 4
4 1 4
On pose le changement de variable u = √ (x + ) (et donc du = √ dx) pour trouver
7 4 7
√
dx 8 dx 8 du 7 2
Z Z Z
= = · = √ arctan u + c
2x + x + 1
2 7 √4 (x + 1 ) 2 + 1
7 u +1 4
2
7
7 4
2 4 1
= √ arctan √ x+ + c.
7 7 4
Finalement :
1 3 4 1
Z
f (x) dx = ln 2x2 + x + 1 + √ arctan √ x + +c
4 2 7 7 4
P (cos x, sin x)
Z Z
P (cos x, sin x) dx ou dx
Q(cos x, sin x)
cos x dx
Z
Exemple 3.3 Calcul de la primitive .
2 − cos2 x
cos x dx
On note ω(x) = . Comme
2 − cos2 x
alors le changement de variable qui convient est u = sin x pour lequel du = cos x dx.
Ainsi :
cos x dx cos x dx du
Z Z Z
= = = arctan u = arctan(sin x) + c.
2 − cos2 x 2 − (1 − sin2 x) 1+u 2
x
Le changement de variable t = tan .
2
Les formules de la "tangente de l’arc moitié" permettent d’exprimer sinus, cosinus et
tangente en fonction de tan x2 . Avec t = tan x2 , on a
1 − t2 2t 2t 2 dt
cos x = , sin x = , tan x = et dx = .
1 + t2 1 + t2 1 − t2 1 + t2
1 1
0
=2 =2 1− =1
1 − t −1 2
36 Chapitre 3. Eléments de calcul intégral
3.4 Exercices
1. Dans une épreuve d’exploration de la fonction respiratoire, on enregistre au cours
du temps le débit de l’air au niveau de trachée (le débit en cm3 × s−1 ) est compté
positivement pendant l’inspiration et négativement pendant l’expiration). L’enregis-
trement est fait pendant une inspiration normale et suivie d’une expiration forcée.
temps en s 0 1 1,5 2 3 4 6
débit en en cm3 × s−1 0 400 300 0 -800 -600 0
Calculez approximativement l’air de réserve, c’est-à-dire le volume d’air expiré par
expiration forcée, moins le volume d’air inspiré par inspiration normale.
1
3. Trouver toutes les primitives de x 7→ (préciser les intervalles et les constantes).
x2
Z π 1
1−x
Z 1 Z e
dx dx
Z
4. Calculer les intégrales n
x dx, 4 , dx,
2
.
0 0 1 + x2 1 x2 0 x2 −1
n
ek/n
5. Calculer la limite (lorsque n → +∞) de la somme Sn = . Idem avec
X
k=0
n
n
n
Sn0 = .
X
k=0
(n + k)2
Z Z
6. Déterminer les primitives à l’aide d’intégrations par parties : t sinh t dt, t2 sinh t dt,
Z
puis par récurrence tn sinh t dt.
Z √
7. Déterminer les primitives suivantes à l’aide de changements de variable : e t
dt,
sinh t
Z
tanh t dt où tanh t = .
cosh t
4x + 5 6−x 2x − 4
Z Z Z
8. Calculer les primitives dx, dx, dx,
x +x−2
2 x − 4x + 4
2 (x − 2)2 + 1
1
Z
dx.
(x − 2)2 + 1
dx x dx
Z Z
9. Calculer les primitives Ik = pour tout k ≥ 1. Idem avec Jk = .
(x − 1)k (x2 + 1)k
Z 1 Z 1 Z 1
dx x dx x dx
10. Calculer les intégrales suivantes : , , ,
0 x2 + x + 1 0 x2 + x + 1 0 (x2 + x + 1)2
Z 1
dx
.
0 (x + x + 1)2
2
— Modéliser des phénomènes qui dépendent du temps, en reliant les grandeurs et leurs
vitesses d’évolution.
— Savoir résoudre des équations différentielles de type courant.
4.1 Introduction
Les équations différentielles sont le principal instrument utilisé par les scientifiques
pour formuler les modèles mathématiques de situations réelles. Elles jouent un rôle tout à
fait central dans l’utilisation des mathématiques pour décrire le monde qui nous entoure,
et donc ont des applications dans de nombreuses domaines dont les sciences naturelles.
Entre autres exemples d’applications :
— l’étude de la dynamique des populations : évolution dans le temps de populations
biologiques (humaines, animales, végétales, ou microbiennes),
— La description de la croissance d’organes, des ailes d’oiseaux, des tumeurs cancé-
reuses...
— la résolution des systèmes différentiels linéaires : type de système servant à modéliser
la dynamique de deux quantités évoluant avec le temps.
— etc . . .
Définition 4.1 Une équation différentielle (E) est une équation faisant intervenir une
fonction y (fonction inconnue) ainsi que quelques unes de ses dérivées d’ordre supérieur
y 0 , y 00 , y (3) , . . . , y (n) .
37
38 Chapitre 4. Equations différentielles ordinaires
— Si l’ordre le plus grand des dérivées de la fonction inconnue est n alors on dit que
l’équation différentielle est d’ordre n.
— On appelle solution de l’équation différentielle d’ordre n (E), toute fonction y, n fois
dérivable sur un intervalle I de R et qui vérifie sur I la relation (E).
— Résoudre (E) dans I, c’est rechercher l’ensemble des solutions dans I de (E). La
courbe représentant une solution de (E) est aussi appelée courbe intégrale de (E).
— On appelle problème de Cauchy, la donnée d’une équation différentielle et de condi-
tions imposées.
Remarque 4.1 Il se peut que certaines des quantités x, y, y 0 , . . ., y (n) ne figurent pas
dans l’équation (E).
Exemple 4.1
1) Les équations y 0 (x) − 2xy(x) = 0, 2y(x)y 0 (x) + 3x = 1, (y 0 (x))2 + y(x) + x + 1 = 0 sont
des équations différentielles du premier ordre.
2) L’équation 2y 00 − y = 0 est une équation différentielle du second ordre.
3) L’équation y (n) = sin x est une équation différentielle d’ordre n.
Définition 4.2 Une équation différentielle est dite linéaire si elle est de la forme
an (x)y (n) + · · · + a1 (x)y 0 + a0 (x)y = b(x) (E)
La fonction b s’appelle second membre de l’équation ; si b = 0, l’équation est dite sans
second membre ou homogène. Si an = 1 alors on dit que (E) est normalisée.
Définition 4.3 On appelle équation à variables séparables toute équation qui est sous la
forme :
f (y(t))y 0 (t) = g(t)
où f et g sont des fonctions données dont on connaît des primitives F et G.
f (y)dy = g(t)dt
et exprimer y en fonction de t.
est une équation du premier degré à variables séparables. Elle peut donc s’écrire sous la
forme :
y 0 (t)
= 2t.
y 2 (t)
En intégrant, on obtient :
−1
= t2 + k
y(t)
soit donc
−1
y(t) =
t2 + k
où k est une constante réelle quelconque. La valeur de k ne peut s’obtenir qu’avec une
information supplémentaire, par exemple la valeur initiale y(0) pour t = 0.
Définition 4.4 On appelle équation différentielle linéaire du premier ordre, toute équa-
tion qui est sous la forme :
a(x)y 0 + b(x)y = c(x)
où a, b et c sont des fonctions données, continues sur un intervalle I de R. Elle est homogène
(ou sans second membre) si c(x) = 0.
Pour la résolution, on se place sur un intervalle J ⊂ I tel que a ne s’annule pas sur J.
On peut donc la réécrire sous la forme :
y(x) = keγ(x) .
En résumé,
2
(E) : y0 = y−3
x
Il s’agit d’une équation différentielle linéaire du premier ordre avec second membre. L’équa-
tion homogène associée à (E) est :
2
y0 = y
x
qui admet pour solutions sur l’intervalle ]0; +∞[, les fonctions yH : x 7→ ke2 ln x = kx2 , k
étant une constante réelle car
2
Z
dx = 2 ln x + c
x
4.4. Equations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants 41
Exemple 4.4
— L’équation 2y 00 − 5y = x + 3 est une équation différentielle linéaire du second ordre
à coefficients constants avec second membre.
— L’équation y 00 + 2y 0 − 5y = 0 est une équation différentielle linéaire du second ordre
à coefficients constants sans second membre.
42 Chapitre 4. Equations différentielles ordinaires
yH + yP
ar2 + br + c = 0
Autrement, si le second membre est sous la forme f (x) = ekx P (x) alors
une solution particulière est cherchée sous la forme :
Exercice d’application.
1) Résolvez l’équation différentielle avec conditions initiales : y 00 (x) + 2y(x) + y(x) = x
avec y(0) = y 0 (0) = 1.
2) Déterminez la solution générale de l’équation différentielle :
y 00 + 3y 0 + 2y = xe−x .
44 Chapitre 4. Equations différentielles ordinaires
L’évolution de l’effectif des bactéries est donc régie par l’équation différentielle :
En fait, ce modèle est un cas particulier d’un modèle plus général où les taux de natalité
et de mortalité dépendent de l’effectif de la population x(t) à l’instant t :
x0 (t) = (a − bx(t))x(t)
kx(0) a
x(t) = où k = .
x(0) + (k − x(0))e−at b
Nous remarquons alors, qu’en fonction de la condition initiale x(0) (supérieure, égale ou
inférieure au rapport k), la fonction décroît, est constante ou croît.
Dans tous les cas, elle se rapproche de la position stable x = K.
4.6 Exercices
Exercice 4.1 Résoudre les équations différentielles linéaires d’ordre 1 suivantes :
(1) y 0 − xy = x (2) x2 y 0 + y = 1
(3) xy 0 − y = ln x (4) 2xy 0 + y = 1
(5) y 0 + y = e−x et y(0) = 0.
Exercice 4.2 Résoudre les équations différentielles d’ordre 1 à variables séparables sui-
vantes :
(1) xy 0 − 2y = 0 (2) y 2 + (x + 1)y 0 = 0
(3) yy 0 = x (4) y 0 = ey
(5) x2 y 0 + y = 3 (6) y 0 − xe−y = 0
Exercice 4.4 On suppose que la vitesse de refroidissement d’un corps est proportionnelle
à la différence entre la température dudit corps à l’instant t et la température constante
de l’air ambiant. On suppose le coefficient de proportionnalité est une constante notée k.
Si on note x(t) la température au temps t et a la température ambiante, cela correspond
à:
x0 (t) = k(x(t) − a).
2) La température de votre cuisine est constante, égale à 20°C. Quand vous le sortez du
four à 20h, la température du gâteau que vous avez préparé pour vos invités est 180°C.
Vous observez qu’à 20h30 elle est de 100°C. A quelle heure pourrez-vous le servir à la
température idéale c’est-à-dire 25°C ?
Exercice 4.6 (Le stress chez les rongeurs) La croissance d’une population de ron-
geurs se fait avec un taux constant a > 0 tant que l’effectif x(t) est en dessous d’un
seuil K. Lorsque l’effectif atteint la valeur K, les femelles sont en situation de stress et
on observe une décroissance dont le taux −A (avec A > 0) est proportionnel à l’effectif
x(t). Lorsque l’effectif a décru jusqu’à la valeur k, il n’y a plus de stress et le processus
de croissance initiale se rétablit. L’effectif oscille donc entre la valeur maximale K et la
valeur minimale k.
1) Etablissez les équations différentielles des phases de croissance et de décroissance.
2) Déterminez la période du cycle entre deux moments où l’effectif est k (de k à K, puis
de K à k).
Chapitre 5
On note f : R2 → R et pour tout (x, y) ∈ R2 , l’élément associé à (x, y), s’il existe, est
noté f (x, y). Si z = f (x, y), alors z est l’image de (x, y) par f et (x, y) est un antécédent
de z par f .
Exemple 5.1 La surface d’un champ rectangulaire de longueur x et de largeur y est une
fonction de deux variables x et y définie par s(x, y) = xy. Le périmètre dudit champ est
aussi une fonction de deux variables définie par p(x, y) = 2(x + y).
47
48 Chapitre 5. Fonctions de deux variables
Df = R2 \ {(0, 0)} = R∗ × R∗ .
5.2.1 Exemples
Deux exemples de représentations graphiques ont donnés sur les figures 5.1 et 5.2.
30
20
f(x,y)
10
4
2
0
−4
0
−2
y
0 −2
x 2
4 −4
2
f(x,y)
4
2
−2
0
y
−2
−4
−4 −4
−2
0
2
x 4
est appelée dérivée partielle première (ou d’ordre 1 ) de f par rapport à y en (x0 , y0 ).
∂f ∂f
— Si pour tout (x, y) ∈ D, les dérivées partielles (x, y) et (x, y) existent, alors
∂x ∂y
∂f
les deux fonctions qui, à chaque (x, y) ∈ D, associent respectivement (x, y) et
∂x
∂f
(x, y), sont appelées fonctions dérivées partielles premières de f par rapport à x
∂y
∂f ∂f
et y et respectivement notées et .
∂x ∂x
— Si les dérivées partielles premières de f existent et sont continues, on dit que f est
de classe C 1 .
Remarque 5.1
1) Dans la formule (5.1), bien qu’il soit question de fonctions à deux variables, on remarque
que la dérivée partielle première de f par rapport à x est obtenue comme le quotient
d’un petit accroissement de f relativement à la variable x sur un petit accroissement
de x. Ainsi, en pratique, pour obtenir la dérivée partielle première de f par rapport à
x, il suffit de dériver f par rapport à x en considérant y comme une constante.
2) De même, pour évaluer ∂f /∂y, il suffit de dériver f par rapport à y en considérant x
comme une constante.
3) Bien que f soit une fonction à deux variables, le calcul de ses dérivées partielles repose
sur l’accroissement d’une seule variable à la fois (soit x soit y mais pas les deux à la fois).
Chaque dérivée partielle est donc une dérivée par rapport à l’une des deux variables,
l’autre étant considérée comme constante. Par conséquent, toutes les techniques de
calcul des dérivées de fonctions d’une seule variable s’appliquent aux dérivées partielles.
4) La dérivée partielle première d’une fonction suivant une variable décrit la façon dont
la fonction varie si ladite variable subit une petite variation, l’autre variable étant
maintenue constante.
∂f ∂f
1) = 2x − 3y + 4, = 2y − 3x.
∂x ∂y
5.3. Dérivation des fonctions de deux variables 51
∂g ∂g
2) = ex , = −1.
∂x ∂y
∂h y ∂h
3) = , = ln x.
∂x x ∂y
Remarque 5.2 Si f est une fonction de deux variables x et y, la dérivée partielle première
de f par rapport à x (respectivement y) est aussi notée fx0 ou ∂x f (respectivement fy0 ou
∂y f ).
−−→ ∂f ∂f
grad f (x0 , y0 ) = (x0 , y0 ), (x0 , y0 ) .
∂x ∂y
−−→
Si grad f (x0 , y0 ) est différent du vecteur nul, alors il est orthogonal à la tangente de la
courbe de niveau passant par (x0 , y0 ).
∂f ∂f
df = dx + dy.
∂x ∂y
∂f ∂f
∆f = f (x + ∆x, y + ∆y) − f (x, y) ≈ ∆x + ∆y. (5.3)
∂x ∂y
Exemple 5.6 On considère un cône dont le volume est donné par V = πr2 h/3 où r est le
rayon r et h la hauteur du cône. Supposons que le rayon passe de 20 à 20.5 et la hauteur
passe de 48 à 47.7.
1) A l’aide de la différentielle, estimons la variation de volume qui en résulte. Par appli-
cation de la formule (5.3), on a :
∂V ∂V 2πrh πr2 πr
∆V ≈ ∆r + ∆h = ∆r + ∆h = (2h∆r + r∆h)
∂r ∂h 3 3 3
3.1416 × 20
≈ (2 × 48 × 0.5 + 20 × (−0.3))
3
≈ 879.65
52 Chapitre 5. Fonctions de deux variables
On voit que l’erreur d’approximation est très faible par rapport à l’ordre de grandeur
du volume. L’approximation est donc bonne.
∂2f ∂2f
∂x2 ∂x∂y
Hf =
∂2f ∂2f
∂y∂x ∂y 2
est alors appelée matrice hessienne de f .
∂2f
Dans la notation , on dérive d’abord f par rapport à y puis le résultat est dérivé
∂x∂y
par rapport à x. Toutefois, le théorème suivant permet de préciser une condition simple
sous laquelle le résultat de la dérivation partielle à l’ordre 2 par rapport à deux variables
ne dépend pas de l’ordre dans lequel se fait cette dérivation.
Remarque 5.3
— La formule (5.4) est aussi appelée théorème de Clairaut, du nom du mathématicien
français Alexis Clairaut (1713-1765).
5.4. Optimisation d’une fonction de deux variables 53
Exemple 5.7 Soit la fonction f : R2 → R définie par f (x, y) = x2 y 3 + 3ey . Les dérivées
partielles d’ordre 1 sont données par :
∂f ∂f
= 2xy 3 , = 3x2 y 2 + 3ey .
∂x ∂y
∂2f ∂ ∂f ∂
= = (2xy 3 ) = 2y 3 .
∂x2 ∂x ∂x ∂x
∂2f ∂ ∂f ∂
= = (3x2 y 2 + 3ey ) = 6xy 2 .
∂x∂y ∂x ∂y ∂x
∂2f ∂ ∂f ∂
= = (2xy 3 ) = 6xy 2 .
∂y∂x ∂y ∂x ∂y
∂2f ∂ ∂f ∂
= = (3x2 y 2 + 3ey ) = 6x2 y + 3ey .
∂y 2 ∂y ∂y ∂y
∂2f
est aussi notée ∂xx f , ∂x2 f ou fxx
∂x2
∂2f
" ∂xy f , ou fxy
∂x∂y
∂2f
" ∂yx f , ou fyx
∂y∂x
∂2f
" ∂yy f , ∂y2 f ou fyy
∂y 2
Définition 5.5 Soit (x0 , y0 ) ∈ R2 . On appelle boule ouverte de centre (x0 , y0 ) et de rayon
r > 0, l’ensemble
Définition 5.6 On appelle ouvert de R2 , tout sous-ensemble U ⊂ R2 tel que pour tout
(x0 , y0 ) ∈ U , il existe r > 0 tel que B((x0 , y0 ), r) ⊂ U .
∂f ∂f −−→ →
−
(x0 , y0 ) = (x0 , y0 ) = 0 ou grad f (x0 , y0 ) = 0 . (5.5)
∂x ∂y
Remarque 5.5
1) Un point (x0 , y0 ) vérifiant (5.2) est appelé point stationnaire (ou point critique).
2) Les extrema locaux de f sont nécessairement des points stationnaires mais un point
stationnaire n’est pas forcément un extremum local. Par exemple, si
f (x, y) = x2 − y 2 ,
−−→
alors grad f = (2x, −2y) et (0, 0) est le seul point critique. Toutefois (0, 0) n’est pas
un extremum local c’est-à-dire ce n’est ni un minimum local ni un maximum local.
Pour démontrer cela, il suffit de trouver, pour tout r > 0, deux points dans B((0, 0), r)
dont l’un a une image strictement inférieure à celle de (0, 0) et l’autre a une image
strictement supérieure à celle de (0, 0). On peut prendre par exemple les points (0, r/2)
et (r/2, 0). En effet, (0, r/2) ∈ B((0, 0), r) et (r/2, 0) ∈ B((0, 0), r) car
k(0, 0) − (0, r/2)k = r/2 < r et k(0, 0) − (r/2, 0)k = r/2 < r.
De plus, f (0, 0) = 0, f (0, r/2) = −r2 /4 et f (r/2, 0) = r2 /4. On a donc f (0, r/2) <
f (0, 0) < f (r/2, 0) ce qui prouve que (0, 0) n’est ni un minimum local ni un maximum
local. Le point (0, 0) est appelé point-selle 1 (voir Figure 5.3).
1. Le mot selle vient de l’exemple d’une selle de cheval.
5.4. Optimisation d’une fonction de deux variables 55
1.0
0.5
f(x,y)
0.0
−0.5
−1.0 1.0
−1.0
0.5
−0.5
0.0
0.0
y
x
−0.5
0.5
1.0 −1.0
Figure 5.3 – Illustration de la notion de point-selle avec le point (0, 0) pour la fonction f : R2 → R
d’expression f (x, y) = x2 − y 2 .
Exemple 5.8 Déterminons et étudions les éventuels extréma de la fonction f définie sur
R2 par f (x, y) = x2 + xy + y 2 − 3x − 6y.
∂f
=0
∂x
2x + y − 3 = 0 x=0
( (
⇐⇒ ⇐⇒
∂f x + 2y − 6 = 0 y=3
=0
∂y
Le point (0, 3) est le seul point critique. On peut étudier sa nature en utilisant les dérivées
partielles secondes.
∂2f ∂2f ∂2f
= 2, = 1, =2
∂x2 ∂x∂y ∂y 2
donc la matrice hessienne au point (0, 3) est
! !
∂xx f (0, 3) ∂xy f (0, 3) 2 1
H(0, 3) = = .
∂xy f (0, 3) ∂yy f (0, 3) 1 2
On a ∂xx f (0, 3) = 2 > 0 et det(H(0, 3)) = 3 > 0 donc (0, 3) est un minimum local. Cela
est confirmé par la figure 5.4.
60
40
f(x,y)
20
0
2
−4
4
−2
y
0
6
2 x
4
8
5.5 Exercices
Exercice 5.1 On considère un cylindre de rayon r et de hauteur h.
1) Montrer que son aire est donnée par la formule A(r, h) = 2πr2 + 2πrh.
2) Calculer les dérivées partielles premières de A pour (r, h) = (3, 1).
5.5. Exercices 57
∂2f ∂2f
∆f = +
∂x2 ∂y 2
appelée laplacien de f est nulle.
Exercice 5.3 Déterminer et étudier les éventuels extréma de la fonction f définie sur R2
par f (x, y) = 2x3 + 6xy 2 − 3y 3 − 150x.
Exercice 5.5 Une certaine propriété ϕ d’une préparation pharmaceutique est fonction
de deux variables η et k selon l’expression :
ϕ = k 3 − kη + η.
[4] A. Burd – Mathematical Methods in the Earth and Environmental Sciences, Cam-
bridge University Press, New York, 2019.
58