COMMENT PRIER
DEUXIEME PARTIE
ETUDE DE LA PRIERE
PREMIERE PRIERE
LA PRIERE DE MOISE EN EXODE 32 : 1-14
Cette prière, comme bien d’autres, est suscitée par une succession d’évènements qui la précèdent. On
dirait qu’elle a des ancêtres, mais des ancêtres destructeurs, indésirables, mauvais, qui lui donnent
naissance.
Ces ancêtres sont d’abord une mauvaise situation, un événement malheureux qui survient. Cette situation
malheureuse crée un problème, un danger. Ce problème ou danger engendre des soucis ou
préoccupations.et ces soucis ou préoccupations font naitre un besoin, un désir que l’homme est incapable
de satisfaire, de combler, de résoudre. L’homme alors adresse, exprime, pose ce besoin, ce désir, à Dieu
qui, seul, a le pouvoir et la capacité d’y donner satisfaction. Adresser, exprimer, poser le désir à Dieu,
c’est ça prier.
Notre étude de la prière de Moise, comme de toute prière, fera ressortir ces ancêtres problématiques
avant de nous pencher sur la formulation de la prière en question.
CHAPITRE 1. LES EVENEMENTS QUI SUSCITENT LA PRIERE
1.1. UNE MAUVAISE SITUATION, UN EVENEMENT MALHEUREUX QUI SURVIENT
Les Israélites, impatients et croyant que Moise leur Chef est mort à la montagne où Dieu l’avait invité,
se sont fabriqué une statuette, une idole, un veau en Or qu’ils ont commencé à adorer comme étant le
Dieu qui les a délivrés de l’esclavage de l’Egypte.
Ils venaient par-là de désobéir à Dieu, de l’offenser, de pécher en transgressant le commandement leur
donné qui prescrit, en Exode 20 :3-5 « Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi ; Tu ne te feras
aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux, là-haut, ou sur la terre ici-
bas, ou dans les eaux au-dessous de la terre ; Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne
les serviras pas, car moi Yahvé ton Dieu, je suis un Dieu jaloux… ». Voilà l’évènement malheureux.
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1.2. UN PROBLEME DANGEREUX CREE PAR CET EVENEMENT MALHEUREUX
A cause de cette transgression, de cette offense, de ce péché contre Dieu, Dieu est entré dans une grande
colère et a pris deux bouleversantes décisions :
a. Tuer, exterminer tout ce peuple rebelle
b. Donner à Moise une nouvelle descendance qui vivra la bénédiction d’entrer en Canaan.
Exode 32 :10 « Maintenant, laisse-moi, ma colère va s’enflammer contre eux et je les exterminerai ;
mais de toi je ferai une grande nation ».
Dieu, on ne le provoque pas, on ne l’affronte pas. Il n’est pas un homme, ni un ange pour subir les
caprices, les ingratitudes des humains. Notre ignorance de ce qu’il fait pour nous n’est pas une excuse
ou une occasion de nos dérapages. Lui obéir, attendre de lui des directives même dans des situations
incomprises est la seule voie qui préserve notre bonne relation avec lui. Nous n’avons donc pas à décider
sur base de nos sentiments dans les choses qui relèvent de lui, même si nous en sommes dépassé. Moise
a été appelé par Dieu à la montagne où il a trainé. Est-ce leur problème pour penser qu’il est mort à cette
montagne ? Voilà où a commencé la folie des israélites qui a agacé le Seigneur et créé des soucis à Moise
leur berger.
1.3. UNE PREOCCUPATION, UN SOUCI RESSENTI SUITE A CE PROBLEME DANGEREUX
Moise est très dépassé. Il doit assister à l’extermination de ses frères, de son peuple, plus de 600 000
personnes pour lesquels il a exposé sa vie en Egypte. Son cœur bat très fort. Et n’est pas d’accord avec
la décision de Dieu, malgré que ce peuple s’est réellement rebellé. Il est bouleversé, et manque même
d’appétit. Aucun homme ne peut venir au secours de ce peuple. Il réfléchit alors. Comment et que faire
pour calmer Dieu et le convaincre à changer de décision. C’est son souci. Ex 32 :11 « Moise s’efforça
d’apaiser Yahvé son Dieu »
1.4. UN BESOIN, UN DESIR engendre par CES PREOCCUPATIONS, CE SOUCI. Et EXPRIME
sous forme de prière.
Moise parle à Dieu et lui adresse une demande très claire, très précise et très concise. Son désir exprimé,
sa prière est que Dieu ne fasse pas de mal à son peuple, qu’il se calme, qu’il lui pardonne et qu’il le
laisse vivre.
Ex 32 : 12 « reviens de ta colère ardente et renonce au mal que tu voulais faire à ton peuple ».
C’est en très peu de mots que Moise formule cette prière, cette demande. Mais avant et après cette brève
prière, Moise a fait de grands efforts pour convaincre Dieu, toucher son cœur, afin qu’il exauce cette
demande. Donc Moise a recouru à des arguments solides, avant et après la demande pour gagner le cœur
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de Dieu. Cela veut nous enseigner que Dieu est souverain, on ne l’oblige pas, on ne lui commande pas.
Mais on le supplie.
Quels sont ces arguments qui accompagnent la prière et leur signification ? Nous les découvrons dans la
formulation et les parties de la prière dans les lignes qui suivent.
CHAPITRE 2. LA FORMULATION OU LES PARTIES DE LA PRIERE
2.1. LA MANIFESTATION DE LA PRIERE
Par quoi se manifeste la prière ?
Il est écrit : « Moise dit » 32 :11
« Dit », du verbe « dire » signifie ouvrir la bouche et parler de façon à être entendu par celui à qui on
s’adresse. Il ne s’agit pas de faire des gestes ou de parler en silence dans le cœur, la bouche fermée. La
prière, dans le christianisme consiste à parler, à dire ses désirs, à les exprimer verbalement. C’est la
parole parlée.
La foi est dans le cœur de l’homme, mais on la proclame, on la confesse par la bouche : Foi du cœur,
confession des lèvres.
Les illustrations concernant le parler comme prière remplissent toute l’Ecriture, toute la Bible.
David dit, dans le psaume 102 : 2 « Yahvé, entends ma prière, que mon cri1 vienne jusqu’à toi.
Dans le psaume 116 :1-2 « J’aime, lorsque Yahvé entend le cri1 de ma prière ,lorsqu’il tend l’oreille vers
moi le jour où j’appelle1 ».
Jésus lui-même ouvrait la bouche1 pour prier, parler à son Père, notre Dieu. En Matthieu 27 : 46, on
peut lire « Jésus clama1en un grand cri1 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ». Et en
Jean 23 :46, on retrouve le même Jésus qui s’adresse à Dieu avec des paroles bien prononcées. « Et jetant
un grand cri1, Jésus dit : « Père, en tes mains je remets mon esprit ».
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Nous avons fait exprès de souligner les passages où il est fait mention de cri, un degré de prière, pas pour enseigner que la
prière se fait toujours par des cris, à la manière des pentecôtistes. Non. Cette exagération, a pour but de mettre l’accent sur le
fait que prier c’est ouvrir la bouche et parler à Dieu, à l’opposé de le faire en silence, dans le cœur ou au moyen des gestes.
Moise ici ne criait même pas. Il conversait de manière familière avec son Dieu, et plein d’émotion.
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Même le bandit sur la croix à la droite du Seigneur, malgré les douleurs des clous et des blessures qui
l’avaient déjà affaibli, a lui aussi ouvert la bouche pour demander le salut à Jésus le sauveur. Luc 23 :42
« Et il disait1 : « Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume ».
Bien aimés, les choses sont claires. Pour les chrétiens, prier, c’est ouvrir la bouche et parler clairement
à Dieu. Et pas le faire dans le cœur, sous forme de méditation, même si Dieu lit dans nos cœurs et connait
tout ce que nous voulons lui exprimer avant d’ouvrir notre bouche.
Bien entendu, les exceptions ne manquent pas. Mais elles sont très rares et liées à des situations
particulières. Ainsi, par exemple, la prière faite par Judith dans son cœur quand elle était dans la chambre
du général Holopherne à qui elle devait couper la tête. Lire Judith 13 :4.
Il ne fallait pas que les gardes qui entouraient la chambre du général entendent cette prière, laquelle
demandait à Dieu la force de couper à la machette le cou du général endormi d’ivresse, envahisseur
d’Israël.
On retient donc que pour le chrétien, prier, c’est ouvrir la bouche et parler. Mais parler à qui ?
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2.2. LE DESTINATAIRE DE LA PRIERE, L’INTERLOCUTEUR
A qui nos prières doivent-elles être adressées ?
Une chose est certaine : il existe dans le monde plusieurs dieux ou divinités et seigneurs. Il s’agit des
esprits qui ont des relations avec les humains. Les hommes leur parlent avec vénération et obtiennent
d’eux des réponses révélées sous plusieurs formes. Ils influencent la vie des hommes dans laquelle ils
agissent. Ils sont considérés comme des protecteurs dotés de puissance et en qui les hommes si fient. Il
faut être initié pour être en mesure d’entretenir des rapports avec eux.
Chaque nation, chaque peuple, chaque tribu et clan dispose de ses dieux spécifiques, dont l’un, le
principal est considéré comme leur fondateur. C’est de lui que viennent les règles de vie qu’on appelle
les coutumes. Dans les villages, la vie avec ces dieux ou ancêtres est une réalité. Ils exercent une
influence réelle sur la vie des hommes. Beaucoup d’entre nous ont expérimenté cette vie.
Le Dieu de la Bible reconnait ces divinités, leurs rôles, puissances et influences sur les vies. Et notre
Dieu atteste même que c’est lui qui les a établis sur chaque nation. En Ecclésiastique 17 :17 il est écrit à
ce sujet : « A chaque peuple, il a proposé un prince mais Israël est la portion du Seigneur ».
Prince, c’est lui le dieu établi sur chaque nation, chaque peuple sur lequel il règne sans partage. Cela fait
comprendre pourquoi l’ange Gabriel envoyé par Dieu avec une bénédiction pour le prophète Daniel qui
résidait à Babylone, nation perse, a été bloqué et interdit d’entrée par le dieu des Perses, le Prince des
Perses, cet esprit qui gouverne le peuple et la nation perse. Nous lisons l’ange Gabriel en Daniel 10 :13-
14 : « le Prince du royaume de Perse m’a résisté pendant vingt et un jours, mais Michel, l’un des Premiers
Princes, est venu à mon aide. Je l’ai laissé affrontant les rois de Perse, et je suis venu te faire comprendre
ce qui adviendra à ton peuple à la fin des jours ».
Plus loin, l’Ange Gabriel renseigne également sur l’existence d’un dieu de la Grèce, nation appelée
Yavan, en Daniel 10 :21a « je dois retourner combattre le Prince de Perse : quand j’en aurai fini voici que
viendra le Prince de Yavan ».
Arrêtons-nous un peu ici pour remarquer qu’il y a lutte, opposition entre le Royaume de Dieu (représenté
par l’Ange Gabriel et l’Ange Michel) et le royaume du monde, de Satan (représenté par les dieux de
Perse et de Yavan). Nous, chrétiens, étant du Royaume de Dieu, n’avons pas de place et ne sommes pas
acceptés par les dieux et les royaumes du monde, leurs coutumes et pratiques. Voilà pourquoi un chrétien
véritable a comme ennemi, tout ce qui est du monde : l’occultisme, la magie, la divination.
Arrivés à ce point, nous comprenons bien la position du chrétien que Paul exprime sans aucune confusion
en 1 Co 8 :5-6 : « Car bien qu’il y ait, soit au ciel, soit sur la terre, des prétendus dieux – et de fait il y a
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quantité de dieux et quantité de seigneurs– pour nous en tout cas, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui
tout vient et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui tout existe et par qui nous
sommes ».
Après toutes ces lumières sur la présence d’une multitude des êtres qui sont des dieux, et de leur
comportement contre Dieu et notre Royaume, nous pouvons aisément répondre à la question : A qui
adresser nos prières ?
Regardons ce que fait Moise dans notre texte d’étude. Ex 32 :11 « Moise dit : « Pourquoi, Yahvé, ta colère
s’enflammerait-elle contre ton peuple… ? ».
Le Dieu à qui il parle est Yahvé. Mais pourquoi il choisit ce dernier ? Ce n’est pas parce qu’il a fait des
recherches ou parce que ses parents le lui ont dit. C’est ce Dieu lui-même qui lui a donné cette
recommandation après s’être révélé par ce nom. C’est donc un ordre de Dieu. Nous lisons, en Ex
3 :15 « Tu parleras ainsi aux Israelites : « Yahvé, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et le
Dieu de Jacob m’a envoyé vers vous. C’est mon nom pour toujours, c’est ainsi que l’on m’invoquera de
génération en génération ».
Est-ce que ce n’est pas un dieu du monde, comme il se présente être le Dieu d’Abraham, Isaac et de
Jacob qui sont des ANCETRES de Moise ? Non ! Abraham a ses origines en Chaldée, à Mésopotamie,
le monde perse. Quand il vivait dans cette contrée, il était sous l’influence de ces dieux, de leurs
coutumes. En l’appelant, Dieu lui a demandé de QUITTER sa parenté, donc de se séparer des coutumes
et leurs dieux, qui étaient plusieurs. A partir de ce moment, sa vie a été entre les mains de ce Dieu
Nouveau, l’Unique créateur du ciel, de la terre et des divinités. Pour nous convaincre de la séparation
d’Abraham d’avec son origine, nous constatons que sa famille restée au pays a continué à vivre sous
l’influence de ces dieux. Pour preuve, Laban, son frère consultait les idoles, les statuettes pour sa
protection. Or une de ces statuettes avait été volée par sa fille Rachel, femme de Jacob, pour sa
bénédiction. Laban, furieux, a suivi sa fille pour récupérer son dieu. Mais hélas, Jacob, qui trouvait
inutiles ces dieux païens, à cause de leur inefficacité et infériorité par rapport au Dieu créateur de son
grand-père Abraham, a détruit sans aucun risque ces dieux de son oncle Laban. En conséquence, Le
Dieu d’Abraham l’a bien béni et protégé à cause de cette séparation. Gn 35 :2-5.
Moise donc, par obéissance à Dieu, a adressé ses prières au nom de Yahvé. Avec le temps, beaucoup de
qualificatifs se sont ajoutés à ce nom en rapport avec la nature de Dieu et les œuvres qu’il accomplissait.
Il est ainsi devenu Dieu Tout Puissant (El Shaddai), Dieu Pourvoyeur (Yahvé Jireh), Dieu Guérisseur
(Yahvé Rapha), Dieu des exploits, des choses impossibles (Yahvé Adonaï) etc. Sous ces noms il est
toujours invoqué. depuis les temps anciens.
Mais aux temps de la fin, en ces temps de la perfection du peuple de Dieu par le Sang de Jésus, il est
devenu Père. Jésus nous a enseigné que c’était son Père. Et Jésus l’a rendu Père pour tous les humains
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qui croient en lui puisque sa mort et son sang les ont rendus saints en les purifiant des péchés du monde
et en leur pardonnant.
Depuis lors, les prières des sauvés, de l’église, s’adressent soit à Dieu le Père au nom de Jésus, soit à
Jésus lui-même. Jésus est l’unique intermédiaire à cause du sacrifice qu’il a accepté d’être pour
réconcilier Dieu et les hommes.
Depuis lors, les illustrations sont nombreuses au sujet des prières adressées uniquement au Père et à
Jésus. En voici :
Les prières adressées au Père.
Mat 6 :9 : Vous donc, priez ainsi : « Notre Père qui est aux cieux »
a. Jn 11 :41. A la Résurrection de Lazare, Jésus pria : « Père, je te rends grâce de m’avoir écouté ».
b. Jn 17 :1 Présentation à Dieu du rapport de sa mission sur Terre. « Père, l’heure est venue, glorifie
ton Fils ».
c. Luc 22 :42 La nuit de son arrestation « Père, si tu veux éloigner de moi cette coupe ».
d. Luc 24 :34 A la croix « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
e. Luc 24 :46 Jésus expirant à la croix « Père, en tes mains je remets mon esprit »
Les prières adressées à Jésus
a. Ac 7 :9. Le diacre Etienne, mourant, prie Jésus. « Et tandis qu’on le lapidait, Etienne faisait cette
invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit »
b. Luc 24 :42. Le bandit repentant demande son salut à Jésus : « Et il disait : « Jésus, souviens-toi de
moi, lorsque tu viendras avec ton Royaume ».
c. Mt 8 :31. Même les démons ont prié en s’adressant à Jésus : « Et les démons suppliaient Jésus : « Si
tu nous expulses, envoie-nous dans ce troupeau de porcs.
d. Ac 9 :6. Paul, devenu aveugle, a prié Jésus : « Seigneur (Jésus), que veux-tu que je fasse ? »
En conclusion, après avoir parcouru rapidement les Ecritures de la Bible, nous n’avons trouvé nulle part
où le peuple, les enfants de Dieu sont recommandés de s’adresser aux morts, aux saints, aux anges, aux
divinités, aux idoles statuettes ni à Marie. Celui qui croit et accepte la Bible comme nouvelle vie ne va
pas en dehors de ces règles. Le faire, peut-être par ignorance pour avoir été, mal enseigné, c’est être de
Satan, maudit au service des démons et du monde.
Maintenant que le destinateur de la prière est bien connu, étudions la prière elle-même pour savoir nous-
même prier
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2.3. LA PRIERE PROPREMENT DITE
Nous constatons, durant la lecture, que Moise adresse à Dieu une demande très claire, très précise et très
concise. Le désir qu’il exprime, sa prière veut que Dieu ne fasse pas de mal à son peuple, qu’il se calme,
qu’il lui pardonne et qu’il le laisse vivre. Ex 32 :12 « Reviens de ta colère ardente et renonce au mal que
tu voulais faire à ton peuple ».
C’est en très peu de mots que Moise formule cette prière, cette demande.
D’une manière générale, un désir, un besoin ressenti dans son fort intérieur est toujours simple même
s’il est profond et concerne toute la vie. Si j’ai faim, le désir que je ressens est de chercher ou de
demander à manger. Si j’ai besoin de voyager, je cherche ou je demande l’argent de transport. Si je suis
poursuivi par des bandits ou des sorciers, mon désir sera de demander le secours. Les désirs étant donc
simple, la demande ou la prière pour les résoudre sera aussi simple.
Mais le problème c’est d’être assuré que la personne à qui vous vous adressez sera disposée à vous
écouter et à satisfaire à votre demande. Elle se posera la question : pourquoi vous me demandez cela ?
Elle a donc besoin d’être convaincue du bien fondé de votre demande et de l’intérêt qu’elle en tire. C’est
ça notre Dieu. Nous devons argumenter notre demande pour toucher son cœur, lui prouver notre
sincérité, notre entière confiance en lui, notre considération de son rang, notre dépendance totale de lui
et, par conséquent, notre souci de faire éclater sa propre gloire. C’est la partie argumentation qui donne
du poids et du volume à la prière qui, elle est simple. Elle devient la supplication du fait de toute cette
argumentation.
Voyons donc les arguments de Moise qui accompagnent sa prière et leur signification.
2.4. L’ARGUMENTATION DE LA PRIERE
Avant et après cette brève prière, Moise a fait de grands efforts pour convaincre Dieu, toucher son cœur,
afin qu’il exauce cette demande. Cela vient nous enseigner que Dieu est souverain, on ne l’oblige pas,
on ne lui commande pas, mais on le supplie.
a. Arguments prononcés avant la prière
Premier argument :
Ex 32 :11 « ce peuple que tu as fait sortir d’Egypte par ta grande force et ta main puissante ».
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Le premier argument c’est le rappel à Dieu de son amour pour le peuple par le fait qu’à cause de cet
amour profond, il a versé sa sueur et déployé toute son énergie dans la bataille pour le délivrer après des
combats âpres contre l’Egypte et ses puissantes divinités qui sont l’armée de Satan. Si donc Dieu
extermine son peuple, il cesse d’être amour et il crache sur sa propre œuvre obtenue après avoir payé un
grand prix.
Il en de même pour nous. Vous avez souffert pour éduquer vos enfants mis au monde dans la douleur.
Vous les avez fait grandir avec de grands sacrifices. Mais dès qu’ils vous ont manqué d’égards par
inadvertance ou ignorance, vous leur faites un grand mal. Par exemple, vous prononcez sur eux un
mauvais sort comme Noé ou comme des parents qui se déshabillent pour maudire leurs enfants. Vous
vous ruinez vous-même.
Deuxième argument :
Ex 32 :12 « pourquoi les Egyptiens diraient-ils : « c’est par méchanceté qu’il les a fait sortir, pour les faire
périr dans les montagnes et les exterminer de la fasse de la Terre ».
Le deuxième argument, c’est l’interprétation, l’appréciation que Moise fait sur la décision de Dieu. Il
pense que Dieu sera très mal jugé par les Egyptiens qui ont vu en lui un protecteur bienveillant envers
son peuple. En apprenant qu’il les a tués tous dans le désert, ils diront : c’était un sorcier, un rusé très
méchant qui les a attirés loin du monde pour leur faire du mal. Et tous les Egyptiens ainsi que les autres
nations qui pouvaient croire en lui, se convertir, changeraient d’avis, et resteraient attaché à leurs dieux.
Moise voulait faire comprendre à Dieu ceci : Tu vas détruire ton œuvre d’évangélisation qui veut que
toutes les nations deviennent tes disciples. En apprenant cette extermination, les nations qui auraient dû
se convertir te craindront, prendront distance et convaincront même le reste de ton peuple à faire attention
avec toi.
Cette interprétation de Moise est digne de toucher le cœur de Dieu et d’obtenir exaucement.
b. Argument aligné après la prière
Déterminé à remporter sur Dieu comme Jacob dans son combat de la nuit jusqu’au petit matin où il a
fini par être béni, Moise a vidé toutes ses cartouches d’arguments même après avoir formulé sa requête
précise.
Cette fois, il s’attaque à la décision de Dieu de lui donner une descendance qui hériterait de la promesse
d’entrer en possession de Canaan. Moise y voyait un piège, une épreuve, une tentation. Il estima que
Dieu faisait cela pour voir si Moise était un croyant sincère, fidèle, qui respecte la volonté de Dieu, ou
plutôt s’il était comme Juda, égoïste, prêt à tout sacrifier pour ses intérêts personnels.
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Pour sortir de cette épreuve, Moise évoque l’alliance et les promesses que Dieu a faites à Abraham, Isaac
et Jacob, ces croyants qui, dans leurs tombes, font confiance que Dieu ne change pas. Moise lui dit
donc : « souviens-toi de tes serviteurs Abraham, Isaac et Israël, à qui tu as juré par toi-même et à qui tu
as dit : Je multiplierai votre postérité comme les étoiles du ciel, et tout ce pays dont je vous ai parlé, je
le donnerai à vos descendants et il sera leur héritage à jamais ».
Moise vient de marteler : Voilà ce que tu as dit et promis, voici les personnes à qui tu as promis cette
bénédiction pour leur descendance. Ce n’est pas à moi Moise et à ma descendance.
En plus, Dieu avait promis : « je multiplierai votre postérité comme les étoiles du ciel ». Comment cette
multiplication peut-elle s’accomplir si aujourd’hui tous les 600 000 Israélites sortis d’Egypte doivent
être exterminés ? Si donc tu exécutes ta décision, tu passeras pour un menteur. Pourtant tu as dit : « Je
suis derrière ma parole pour l’accomplir. Je ne change pas ».
Avec toute cette argumentation, Dieu se voit les mains liées. Mieux, il se sent honoré, glorifié et peut se
dire avec fierté : Voilà mon peuple, voilà mes enfants qui me connaissent bien, ils ont droit à ma
bénédiction.
2.5. LE RESULTAT DE LA PRIERE
A quoi a abouti la prière de Moise ?
Une prière n’est pas une rivière qui commence par une source bien localisable mais qui voyage jusqu’à
perte de vue. Une petite source jaillissant du sol, devient une rivière. La rivière se déverse dans un fleuve.
Le fleuve de déverse dans une mer, et la mer se perd dans l’océan dont l’œil ne voit pas les limites.
Un bon soldat n’est pas celui qui tire des flèches en l’air, c’est plutôt celui qui vise et atteint une cible
précise que ses mains finissent par saisir avec chants de joie. Un bon chasseur tire et sa balle atteint
l’animal dont il va jouir.
Il en est de même de la prière. Dieu ne s’est pas contenté de nous dire : « Demandez ». Il a ajouté : « Et
l’on vous donnera ». La prière est donc une boucle fermée, un départ et une arrivée, une ristourne, un
rendez-vous du donner et du recevoir.
Elle repose sur la confiance mutuelle. L’homme qui prie fait une entière confiance à Dieu. Et Dieu qui
écoute fait une entière confiance en son enfant qui demande. Entre eux il y a le lien de la foi. Dieu est
fidèle. Le chrétien est fidèle. L’Ecriture enseigne en He 11 :6. « Or sans la foi, il est impossible de lui
plaire. Car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il se fait le rémunérateur de ceux
qui le cherchent ».
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Une femme enceinte attend avec assurance la naissance de l’enfant. L’homme qui prie ouvre grandement
les yeux et étend bien les mains pour saisir la main de Dieu. Voyons à ce sujet un exemple d’Elie, ce
grand héros de la foi.
Elie s’est mis à prier pour que Dieu envoie sur la terre la pluie arrêtée durant trois ans et demi. Pendant
qu’il était en position de prière, il envoyait son assistant dehors pour voir si des nuages de pluie se
formaient dans le ciel.
Il était donc assuré du bien-fondé de sa demande et de son Dieu. Et son assistant est revenu lui annoncer
la victoire, les signaux de la pluie dans le ciel. Nous lisons, en 1Rois 18 :42-44. « Elie monta vers le
sommet du carmel, il se courba vers la terre et mis son visage entre ses genoux. Il dit à son
serviteur : « Monte donc, et regarde du côté de la mer ». il monta, regarda et dit : « Il n’y a rien du
tout ». Elie reprit : « Retourne sept fois ». A la septième fois, le serviteur dit : « Voilà un nuage, petit
comme une main d’homme, qui mont de la mer ».
« Monte donc, et regarde ». C’est le résultat qu’il cherche, qu’il poursuit. C’est l’assurance que le
résultat est inévitable. Quelle foi !
Elie a prié, prié et prié. Jacob a lutté, lutté et lutté toute la nuit jusqu’à la victoire le matin.
Quel a été donc le résultat de la prière de Moise qui a beaucoup argumenté ? Ex 32 :14. « Yahvé renonça
à faire le mal dont il avait menacé le peuple ».
Moise a sauvé ainsi des milliers d’âmes. Il s’est attiré le respect et la confiance de ce peuple. Et il a fait
éclater la gloire de la miséricorde de Dieu envers les pécheurs.
Qui peut donc dire que Dieu, le Père de Jésus-Christ et notre Père ment ? En Nombres 23 :19. Il est
écrit : « Dieu n’est pas un homme pour qu’il mente ».
En Is 55 :11. « ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans
effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu, et réalisé l’objet de sa mission ».
Et en Jérémie 1 :12. « Je veille sur ma parole pour l’accomplir ».
Cette parole de Dieu concernant le résultat de la prière est celle-ci : Mt 7 :7. « Demandez et l’on vous
donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira ».
Vous et moi, disons-nous la vérité ! Pouvons-nous témoigner des résultats concrets que nous récoltons
à la suite de nos habituelles prières, et présenter au public ces résultats ? La prière est devenue un simple
exercice vide parce que nous avons cessé d’être chrétiens, parce que nous n’avons jamais été des
chrétiens. Nous sommes de simples fréquentateurs des églises. Mais nous souffrons avec nos problèmes
qui ne font que s’accumuler. Et nous finissons par nous habituer à ces problèmes en nous disant : « c’est
une chose normale, ce sont les réalités de la vie ».
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Nous venons de cerner une prière efficace. Il s’agit d’une demande verbale, claire, précise, brève,
soutenue par une forte argumentation qui touche le cœur de Dieu et le glorifie.
Aussi longtemps que nous vivons dans ce monde, nous sommes confrontés à de nombreux défis dont la
plupart dépassent l’intelligence et les capacités de l’homme. Chrétiens que nous sommes, nous recourons
alors à notre Dieu créateur de l’univers devant qui rien n’est impossible.
Mais ce Dieu est lié à sa nature, à ses paroles et promesses et à ses œuvres. Toutes nos prières devront
être conformes à cette nature qu’il faut toujours lui rappeler, car il a dit : « Je suis derrière ma parole
pour l’accomplir ».
Comment y parvenir quand on ne connait ni sa nature, ni sa volonté, ni sa parole, ni ses œuvres ? Il y a
dans ce cas risque de sombrer dans le bavardage et les bruits inutiles qui sont récupérés par les démons
et les esprits rusés qui nous répondent en se faisant passer pour anges de lumière. La suite c’est la
déception.
Nous sommes appelés, nous enfants de Dieu, à aimer la Parole de Dieu en la lisant, en l’écoutant, en la
méditant et en la pratiquant. Achetons nos Bibles, lisons-les, suivons les prédications, vivons-les et
demandons à être éclairés sur ce que nous ignorons ou ne comprenons pas. Ainsi, lors de nos prières,
nous saurons démonter à Dieu que nous le connaissons et que nous lui sommes attachés.
Fait à Lubumbashi le 09/07/2022
Papa Jo
Maison de Prière pour tous les Peuples
M.P.P.
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