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Dissertation Juridique : Guide Pratique

La méthodologie de la dissertation juridique nécessite une approche analytique et synthétique, distincte des autres types de dissertations. Elle implique une préparation rigoureuse, comprenant la lecture et l'analyse du sujet, la formulation d'une problématique, et la construction d'un plan détaillé. L'introduction doit répondre à des questions clés et définir clairement le sujet, tandis que le développement doit être structuré autour d'axes justifiés par des éléments juridiques.

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Dissertation Juridique : Guide Pratique

La méthodologie de la dissertation juridique nécessite une approche analytique et synthétique, distincte des autres types de dissertations. Elle implique une préparation rigoureuse, comprenant la lecture et l'analyse du sujet, la formulation d'une problématique, et la construction d'un plan détaillé. L'introduction doit répondre à des questions clés et définir clairement le sujet, tandis que le développement doit être structuré autour d'axes justifiés par des éléments juridiques.

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METHODOLOGIE DE LA DISSERTATION

Si les étudiants semblent avoir une certaine familiarité avec la dissertation


(dissertation littéraire, philosophique), il faut remarquer que la dissertation
juridique présente un certain nombre de particularités liées bien sûr à la matière
mais aussi à la construction. L’épreuve écrite de la dissertation juridique, parfois
appelée « sujet théorique », n’est pas un devoir de récitation du cours.
Il ne s’agit pas de reproduire des connaissances d’ailleurs plus ou moins bien
comprises mais de réfléchir à un sujet, en utilisant certes les connaissances
acquises pendant l’année, mais surtout en élaborant une réflexion personnelle
et, en ce sens, originale. Dès lors, la dissertation ne fait pas seulement appel à la
mémoire, mais surtout à l’intelligence et à la réflexion. Il est donc vain de tenter
de rapprocher le sujet à traiter de tel ou tel chapitre du cours, voire de telle
section ou de tel paragraphe.
En effet, l’approche analytique qui est celle d’un cours diffère sensiblement de
celle synthétique qui est exigée dans une dissertation. La dissertation est une
démonstration: l’étudiant doit livrer au correcteur son approche de la question
posée, en la justifiant par des considérations juridiques. Dès lors, un bon devoir
ne doit pas se limiter à une explication technique des mécanismes juridiques
discutés. Il doit indiquer en outre comment ces mécanismes se rattachent au
sujet, et pourquoi tel mécanisme est cité à tel endroit de la démonstration et pas
ailleurs.
La dissertation juridique est donc un exercice délicat et nécessite alors un effort
de préparation sérieuse et de construction rigoureuse avant la rédaction.

I- La préparation
Lecture du sujet
Cela semble banal de le préciser et pourtant une mauvaise compréhension du
sujet découle souvent de sa lecture en diagonal.
Imposez-vous plusieurs lectures articulées et concentrées, ne laissant rien passer.
Ne vous braquez pas sur un mot en négligeant l’expression entière (« l’action en
nullité »n’est pas le même sujet que « la nullité »).
Des termes comme comparer, commenter, discuter, analyser ou montrer vous
indiquent et vous imposent un certain genre d’exercice.
Analyse du sujet
Une étape à ne pas négligez, elle seule vous permet de cerner la problématique
soulevée par le sujet pour ensuite bâtir un plan détaillé adapté.
Une analyse rigoureuse vous garantit de ne pas passer à côté du sujet ou de
traiter partiellement le sujet.
- Concentrez-vous d’abord sur la forme du sujet
Le sujet d’exposition
Le sujet d’exposition est l’exercice le plus simple, qui consiste à exposer une
question déterminée du programme de l’examen. En général, la question a été
traitée en une seule fois dans le cours. Cependant, pour éviter l’écueil d’une
récitation mot à mot, il conviendra de personnaliser le devoir. Cet effort de
réflexion s’exprimera essentiellement dans la construction du plan à partir de la
problématique qui intéresse le sujet. Si la question dans le cours a été décrite de
manière linéaire en une suite de quatre ou cinq éléments par exemple, il est
indispensable de réunir ces éléments sous la forme d’un plan binaire. Si la
question a été traitée sous un plan classique en deux parties, il faudra rechercher
si un autre plan n’est pas concevable. A défaut, il sera toujours possible de
rendre plus suggestifs les intitulés du plan du cours. Exemple de sujet
d’exposition : l’application de la loi dans le temps en matière de contrats ; la
notion de patrimoine, etc.
Le sujet de synthèse
Le sujet de synthèse nécessite de réunir plusieurs questions réparties dans
l’ensemble du programme. Dans ce cas, il faut éviter le piège qui consiste à ne
traiter que le premier aspect du sujet qui vient immédiatement à l’esprit. Il faut
prendre le temps pour visionner tout le cours et dresser l’inventaire complet des
questions qui se rapportent au sujet. Ensuite, il convient de réaliser une synthèse
de ces questions.
Exemple : la vérité en droit civil ; la fidélité dans le couple, etc.

Le sujet de comparaison
Le sujet de comparaison est une espèce de sujet de synthèse. Il conduit à
examiner deux notions qui, souvent, ont été présentées séparément dans le cours.
Cependant, l’exercice se complique car il est indispensable d’examiner ces
notions en parallèle. Autrement dit, il ne s’agit pas de deux sujets descriptifs
distincts mais d’un seul et unique sujet de synthèse.
Parfois ce genre de sujet est clairement énoncé dans l’intitulé. Par exemple «
comparez le droit et la morale ».
D’autres fois, il peut être déduit de l’utilisation dans l’intitulé de la conjonction
de coordination « et ». Par exemple : « Propriété et possession ». Cependant,
l’emploi du mot« et » n’est pas toujours synonyme d’un sujet de comparaison
entre les deux éléments qu’il relie. Souvent, il a pour objet d’inviter l’étudiant à
réfléchir sur l’influence que peut exercer l’un des éléments sur l’autre. Par
exemple : le mariage en droit sénégalais et les conventions internationales.
- Analysez les termes clés puis délimitez le sujet
L’observation d’étudiants composant une épreuve écrite révèle une obsession
pathologique à trouver le plan parfait dans les cinq minutes qui suivent la
distribution des sujets.
Faute de vous concentrer un quart d’heure sur l’analyse détaillée et la
délimitation du sujet, vous perdez un temps considérable à tester des plans
bancals en cherchant davantage à caser votre cours qu’à traiter la problématique.
Vous vous contentez de réciter sans les trier ni les organiser des connaissances
parfois sans rapport direct avec le sujet. Mais ce n’est pas ce qu’attend le
correcteur ! Vous devez lui montrer que vous savez réfléchir et structurer votre
pensée.
Ne faites pas l’impasse sur l’analyse et la délimitation du sujet. Non
seulement cette étape fondamentale prévient le risque de hors sujet mais
surtout met en lumière la problématique à soulever ainsi qu’une ébauche de
plan. Une analyse correctement menée est la clé d’une dissertation réussie.
Pour une analyse efficace du sujet, sélectionnez puis définissez les termes clés.
Décomposez ensuite les définitions obtenues afin de repérer les points
importants sous-entendus par le sujet. Vous examinerez ces points lors de
l’élaboration du plan détaillé.
Le piège, à ce stade de la préparation, est de restreindre arbitrairement le sujet
ou de partir sur une mauvaise voie en ne recherchant pas une définition exacte et
complète de chaque terme.
Soyez attentif à tous les termes du sujet. Procédez par conséquent à une étude
sémantique,consistant à définir les mots importants, puis à une analyse
grammaticale. Les articles définisou indéfinis, les mots de liaison comme « ou »,
« et », les adverbes et les signes de ponctuation ne sont pas là par hasard ! Ils
influent considérablement sur le sens du sujet.
Tenez également compte des temps et des modes employés. Attention ! La
plupart des hors sujets résultent de la négligence d’un terme ou d’un indice
grammatical. Rater un examen, une année universitaire, parce qu’on a confondu
un « et » avec un « ou », alors que l’on connaissait son cours sur le bout des
doigts, il y a de quoi « se mordre les doigts » !
Pour gagner du temps lors de la recherche de la problématique, analysez le sujet
sous forme de tableau ou de schéma de manière à confronter les informations.
La problématique naît en effet de cette confrontation. La mise en valeur des
contradictions soulevées par le sujet vous permet de cerner et de formuler plus
rapidement cette problématique.
- Recherche et formulation de la problématique
Une fois l’analyse du sujet achevée, vous possédez déjà une idée de la
problématique, c’est-à-dire de la question importante et sujette à discussion que
vous devez traiter. Selon l’intitulé du sujet, cette problématique est plus ou
moins apparente. Mais, même sous-jacente, elle doit vous « sauter aux yeux » à
ce stade de préparation si votre analyse a été correctement menée.
Il s’agit maintenant de la préciser et de la formuler correctement.
Relisez encore le sujet afin de vous assurer que vous ne partez pas sur la
mauvaise voie. Puis reprenez les éléments dégagés par l’analyse et repérez les
contradictions qui en résultent.
Dégagez ensuite le fil qui unit ces contradictions. Ce fil constitue la
problématique, c’est-à-dire la question importante et digne d’intérêt que vous
devez soulever. Pour vous aiguiller, remémorez-vous aussi les points importants
et les débats soulignés par le professeur lors du cours relatif au thème abordé.
Les sujets de dissertation ont quasiment toujours été évoqués et/ou partiellement
traités en cours.
La problématique est identifiée, il faut maintenant la formuler. Attention, il ne
s’agit pas de reprendre le sujet sous la forme d’une question ! Vous l’avez
constaté, l’identification de la problématique est le fruit d’un long processus de
réflexion. Vous devez exposer le résultat de ce processus. Votre formulation doit
être dynamique. Cela signifie que vous devez mettre en relief la problématique
en expliquant son intérêt et l’enjeu des différentes réponses que l’on peut y
apporter. Pour trouver les éléments de mise en relief, prenez du recul face au
sujet en vous demandant pourquoi il vous est posé aujourd’hui et si les données
du problème ont ou vont évoluer ? Procédez par conséquent à une mise en
perspective dans le temps et dansl’espace du sujet.
Vous replacerez la problématique dans l’introduction que vous rédigerez une
fois le plan détaillé bâti. Cependant, formulez-la clairement avant la
construction du plan car ce dernier doit justement répondre à la
problématique. Les intitulés des deux grandes parties doivent renvoyer
directement à la problématique. De bons intitulés doivent permettre de la
retrouver sans se référer à l’introduction.
- Recensement des idées et des connaissances
Vous avez maintenant défini et précisé l’objet de votre développement. Il s’agit
d’exposer en deux axes votre réponse à la problématique que vous venez
d’identifier.
Votre position personnelle, c’est-à-dire le message que vous voulez faire passer
au moyen de votre démonstration, constitue le fil directeur de votre devoir. Elle
va donc orienter les intitulés dans un sens ou un autre. L’exposé de votre
réponse à la problématique doit être organisé en deux axes (très
exceptionnellement trois), en d’autres termes structurés autour d’un plan, mais
aussi justifié et illustré. En droit, encore plus que dans d’autres disciplines, vos
affirmations n’ont de valeur que si elles reposent sur des éléments objectifs.
Affirmer sans justifier revient à ne rien dire.
Afin de trouver les différents éléments qui servent de support à votre
démonstration, reprenez les points dégagés lors de l’analyse du sujet. Puis
remémorez-vous votre cours, vos TD et vos lectures en notant toutes les
données qui se rapportent directement ou indirectement au sujet.
Procédez à des associations d’idées.
II- La construction
La dissertation juridique comprend :
Une introduction,
Un plan (avec des développements bien sûr) en deux parties, elles-mêmes
subdivisées en deux sous-parties.
En revanche, ne vous donnez même pas la peine de penser à la conclusion, car
au premier cycle on préfère l’occulter. Il n’y a pas de conclusion.
A. Les étapes de l’introduction
L’introduction est très certainement la partie la plus importante de la
dissertation. Pour les chasseurs de points, sachez qu’elle permet de récupérer un
nombre conséquent de point lorsqu’elle est bien construite. L’introduction ne
doit être ni trop longue, ni trop brève (elle doit représenter environ le 1/3 du
devoir). Alors comment construire une bonne introductionou en tout cas une
introduction qui puisse être satisfaisante.
L’introduction doit répondre aux trois grandes questions suivantes :
De quoi dois-je parler?Pourquoi dois-je parler de ce sujet ? Et comment
vais-je parler du sujet ?
De quoi dois-je parler ?
Il s’agit à ce stade de procéder à la présentation du sujet : l’étudiant doit amener
et poser le sujet, définir les termes du sujet et délimiter le sujet s’il y a lieu.
*1- Amener et poser le sujet
Amener le sujet
C’est la phrase d’accroche, encore appelée l’entrée en matière
Il s’agit de situer progressivement la question à traiter dans l’ensemble de la
matière, en centrant jusqu’à la cerner avec précision. C’est la méthode de
l’entonnoir. Cependant, il faut éviter de prendre la question de trop loin ou de
trop haut, ce qui retarderait à l’excès l’étude du sujet lui-même (par exemple il
ne faut pas décrire toutes les sources de la règle de droit avant d’en arriver à la
jurisprudence ou encore, il ne faut pas exposer la règle de droit à propos de
l’étude de la preuve des droits subjectifs). Il faut essayer aussi de se distinguer
en proposant parfois une accroche qui va dans le sens du cours qui vous a été
dispensé, mais qui provient d’une autre source. Vous prouverez en outre que
vous avez fait des recherches, donc fourni un travail qui donne une valeur
ajoutée à votre devoir. Citer le professeur du cours magistral ou le chargé de TD
n’est pas conseillé.
Exemple d’entrée en matière par la méthode de l’entonnoir (sujet l’abrogation
de la loi par désuétude)
Situer la question consiste à la placer dans le cadre général des sources du droit
positif et, parmi ces sources, la loi (dont on mentionnera la prééminence), puis à
propos de la loi, à poser la question de sa durée d’application, de son abrogation
en général, et enfin du casparticulier de son abrogation par désuétude
Cette façon d’« attaquer » le sujet n’est pas la seule : L’entrée en matière peut
notamment faire référence à l’actualité juridique ou à l’histoire. Mais la méthode
de l’entonnoir est la plus usuelle.
Poser le sujet
Le sujet doit être progressivement annoncé. Il ne doit pas y avoir de rupture
entre l’entrée en matière et la citation du sujet
*2- La définition des termes du sujet
Dans le droit fil de la phrase d’accroche qui peut être une définition, vient le
moment où il faut définir le sujet (après l’avoir posé) pour le comprendre.
Montrer que vous l’avez compris,comment vous l’avez compris et pourquoi. En
fait, il s’agit de prendre les mots du sujet et de les définir en disant pourquoi
vous avez retenu telle signification particulière de chaque mot et du sujet en
général. En procédant ainsi, vous dégagez et mettez en évidence, le sens du
sujet.
A RETENIR : seuls les mots qui font partie du langage juridique sont à définir.
Aussi, seuls les vocables en relation directe avec le sujet appellent des
définitions. Il n’y a pas lieu d’expliquer chaque terme technique rencontré,
ce qui alourdirait trop la dissertation.
Pour le sujet précédent (l’abrogation de la loi par désuétude : il s’agit de définir
les termes :loi, abrogation et désuétude).
* 3- La délimitation du sujet (ce point ne s’impose pas toujours. Tout
dépend de l’étendue du sujet)
Vous devez ciblez les idées que le sujet vous impose de traiter, tout en les
délimitant d’abord par rapport au sujet, mais aussi en prenant en compte des
paramètres temporels (dates,chronologie), géographique (le sujet impose-t-il de
traiter que le cas sénégalais ou d’autres pays sont concernés ?), voire
institutionnels (si le sujet impose une institution particulière,peut-être cela
suppose-t-il d’en évoquer d’autres. Ne serait-ce que parce que l’institution du
sujet entretien des rapports avec les autres institutions).
Chose très importante aussi, dites ce que vous ne traiterez pas et pourquoi.
L’intérêt de passer par cette étape, consiste à montrer que vous avez
connaissance de certaines notions mais dont vous ne voyez pas l’utilité pour la
démonstration que vous allez mener.
A RETENIR : délimiter un sujet ne consiste surtout pas à écarter une ou des
questions qui n’ont rien à voir avec le sujet (exemple pour traiter de la formation
du mariage, l’étudiant n’a pas à préciser que la question du divorce ne sera pas
abordée parce que c’est une évidence).
Pourquoi dois-je parler de ce sujet :
Le sujet soulève une ou plusieurs questions fondamentales qui présentent
certainement des intérêts (sinon on ne vous l’aurait pas proposé). A ce stade,
posez la problématique et le (ou les) intérêt (s) du sujet.
*4- La problématique
Sujets sous forme interrogative
Parfois, la question que vous devez traiter est directement posée dans le sujet. Il
convient alors de répondre précisément à la question posée. Exemple : la
jurisprudence constitue-t-elle une source de droit ? En général, ce genre de
sujet invite l’étudiant à prendre personnellement position. Il doit donc réunir les
éléments de résolution du sujet présentés dans le cours et les manuels, et les
organiser pour construire un plan sous forme de réponse à la question posée.
Sujets sous forme non interrogative
D’autres fois, la question que vous devez exposer n’est pas clairement exprimée
dans le sujet.
Dans cette hypothèse, il ne vous appartient pas d’inventer n’importe quelle
problématique. La problématique préexiste certainement, et vous devez la
retrouver à travers le sujet. En général,elle a été exposée en cours et elle figure
dans les manuels.
Eventuellement, si vous avez du mal à dégager la problématique, essayez de
reformuler le sujet sous forme interrogative en utilisant des formules variées : «
Quelle est l’influence de… ? » ; « A quoi sert … ? » ; « Comment fonctionne …
? » ; « Quelle est la portée de
… ? »……..
Pour la réponse vous devez vous servir des matériaux (cours, documents) et de
vos réflexions personnelles.
A RETENIR : La problématique est le cœur de l’introduction. Soignez-là. Elle
doit être claire, compréhensible et surtout pertinente. C’est elle qui doit
conditionner votre plan et non l’inverse. Vous pouvez parfaitement tomber sur
une, voire deux problématiques. Dans le premier cas, il s’agira de suivre un seul
fil conducteur. Il s’agira généralement de procéder par étapes pour mener à bien
la démonstration. Vérifiez que toutes les étapes du plan qui s’annonce
s’articulent bien entre elles. Dans l’hypothèse où vous auriez deux
problématiques qui ne peuvent a priori pas être regroupées sous une autre plus
globale, alors dédiez une partie à chaque problématique. C’est encore le plus
simple. (Comment rechercher la problématique,V. développements précédents)
*5- L’intérêt du sujet
Une fois que vous pensez savoir (mais mieux vaut en être certain) où le sujet
veut vous emmener, il faut insister sur l’intérêt du sujet. Il s’agit de répondre à la
question : « pourquoi dois-je parler de ce sujet ? ». Si le sujet a été donné, c’est
qu’il est important. Il faut donc rechercher pourquoi le sujet a été donné et le
dire franchement. Ces intérêts, souvent liés à des développements d’actualité,
peuvent être d’ordre pratique et/ou théorique :
Intérêt théorique
Ce sont les implications théoriques du sujet à savoir : les débats qui se sont
soulevés (ce sont les controverses doctrinales), lorsque les principes juridiques
traduisent une évolution particulière (de la législation, des mœurs, de la
société…).
Exemple d’intérêt théorique
- Actualité législative. Par exemple avec l’OHADA, la consécration d’un
patrimoine d’affectation avec la société unipersonnelle.
- Controverse doctrinale. Par exemple, en ce qui concerne la nature du
patrimoine, du droit au nom ou du droit réel, la nature juridique du mariage.
- Evolution d’un fondement du droit. Par exemple, en matière de responsabilité,
l’idéologie de la réparation qui conduit à indemniser toutes sortes de préjudices.
L’intérêt pratique
L’intérêt pratique se découvre la plupart du temps en cherchant à imager des cas
d’application concrets des règles juridiques en cause. On peut alors montrer que
la question envisagée se pose fréquemment, que les solutions à dégager
intéressent beaucoup de personnes ou commandent des conséquences
(économiques, sociologiques…) importantes. Faire apparaître, quand c’est
possible, l’actualité des problèmes renforce considérablement le dynamisme de
la dissertation ; mais n’extrapolez surtout pas !
Exemple d’intérêt pratique
- Conflit dans les sources du droit. Par exemple, le problème de la violation de la
convention de l’OIT soulevé dans l’affaire Séga Seck Fall, le problème de la
violation de la convention de New York contre la torture dans l’affaire Hissen
Habré.
- Hiatus entre la législation existante et les besoins pratiques. Par exemple les
problèmes posés par l’exigence du divorce judiciaire et la pratique de la
répudiation ; lesproblèmes posés par la limitation des dépenses excessives dans
les cérémonies familiales.
- Aspects sociologiques. Par exemple en France, le débat judiciaire sur
l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.
Eventuellement, on peut retracer à ce stade de l’intérêt du sujet l’évolution du
sujet dans le temps (historique) et dans l’espace (droit comparé).
A RETENIR : un sujet peut revêtir un intérêt théorique ou un intérêt pratique
(pas toujours les deux à la fois). Aussi, lorsque vous souligner l’existence d’un
intérêt, il faudra effectivement le préciser. Exemple : Il ne suffit pas de dire
(comme on le remarque dans laplupart des copies) : le sujet revêt un intérêt
théorique (sans aucune précision). [Vous ne soulignez là aucun intérêt !].
Comment vais-je parler du sujet ?
Il s’agit de justifier et d’annoncer le plan
* 6- L’annonce justifiée du plan
Vous voilà en possession de votre problématique qui prend le plus souvent la
forme d’une question. Le plan n’est autre que la réponse en deux points à cette
question. Mais il ne s’agit pas seulement de dire quelle articulation a été choisie
; il faut justifier ce plan. On doit commencer par exprimer l’idée ou les idées
essentielles animant le sujet ; puis on annonce l’ordonnancement de la
démonstration. Le plan adopté doit apparaître comme une conséquence logique
et naturelle des principes antérieurement dégagés.
L’essentiel consiste donc à expliquer pourquoi la présentation retenue
s’impose.
L’annonce proprement dite se limite à la phrase dans laquelle vous ferez
apparaître entre parenthèse le I et le II du plan. Ex : ...............(I), ...................(II).
En première année, vous pouvez vous satisfaire de phrases assez simples comme
: dans un premier temps, puis dans un second, ou, dans une première partie nous
traiterons telle chose et puis telle autre dans une seconde. Mais il faudra assez
vite dépasser ce stade car il n’apporte pas de réelle satisfaction sinon celle de
mettre en parallèle deux idées principales.
A RETENIR : l’étudiant doit impérativement dans l’introduction veiller à:
Amener et poser le sujet – Définir les termes du sujet – Poser la problématique
– Donner l’intérêt du sujet – Justifier et annoncer le plan.
Les différentes phases de l’introduction ne doivent pas être intitulées dans la
rédaction. Il suffit d’aller à la ligne après chaque phase.

B. Le plan
Le plan est commandé par le sujet, ou, plus précisément, par l’idée directrice
que vous avez dégagée. Il convient donc d’adopter un plan qui suive une ligne
directrice claire, que l’on s’attache à respecter et à démontrer.
Concrètement : le plan est la réponse à la problématique posée.
En droit, le plan se structure en deux parties, deux sous-parties. Ce qui fait un
total de (4) quatre sous parties. Si vous avez lu attentivement ce qui précédait,
vous devez vous souvenir que,lors de la recherche de notre problématique, nous
avons regroupé nos idées en 4 catégories.
Celles-ci correspondent aux 4 sous parties. Mais pour réaliser le plan, ces 4
catégories doivent être contenues dans deux grandes catégories. De telle sorte
que :
Catégorie 1 regroupe Une sous-catégorie, Une seconde sous-catégorie,
Catégorie 2 regroupe Une sous-catégorie, Une seconde sous-catégorie.
Ce travail doit aboutir à un plan qui devra avoir pour résultat ce qui suit :
Structure du Plan d’une dissertation juridique
I. Le titre de ma PREMIERE PARTIE
J’annonce que je vais parler de ma première sous-partie (A), puis de ma seconde
sous-partie (B).
A. Le titre de ma première sous-partie.
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
Je fais une transition pour annoncer la seconde sous-partie.
B. Le titre de ma seconde sous-partie.
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
Je fais une transition pour annoncer la SECONDE PARTIE.
II. Le titre de ma SECONDE PARTIE.
J’annonce que je vais parler de ma première sous-partie (A), puis de ma seconde
sous-partie(B).
A. Le titre de ma première sous-partie.
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
Je fais une transition vers ma seconde sous-partie.
B. Le titre de ma seconde sous-partie.
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
(Pas de conclusion)
ATTENTION : il est préférable et même important de réserver le I.B. et le
II.A. auxcatégories les plus essentielles. C’est le cœur de votre devoir.
Comme vous pouvez le voir, le plan n’est pas qu’une succession de
catégories. Il y a des titres. Chaque titre de PARTIE doit être suffisamment
englobant pour regrouper les sous parties qui le composent (les sous parties
doivent correspondre aux parties. Soit elles se complètent ou elles
s’opposent). De même, les titres doivent être la réponse à votre
problématique, de telle sorte qu’en le lisant le correcteur sait ce que vous
allez dire dans les parties et sous parties.
Ce n’est pas parce que vous n’avez pas le même plan que le camarade que vous
êtes hors sujet ou que vous avez fait un faux plan. Idem, en ce qui concerne
votre plan et celui du chargé deTD. Il y a plusieurs bonnes démarches pour
traiter un sujet.
Tout dépend de la façon dont vous avez compris le sujet (en restant, bien sûr,
dans le cadre de la problématique posée par le sujet) mais aussi dont vous l’avez
amené. D’où l’importance de justifier (de bien justifier) les choix que vous avez
fait lors de la délimitation du sujet.
Les différents plans possibles
Le plan d’idées : c’est un plan qui valorisera toujours votre travail. Il est
construit à partir d’une idée que vous avez du sujet exposée en deux parties.
Exemple de plan d’idées sur le sujet le « dol » I- Le dol, vice du consentement
dans la formation du contrat II- Le dol, délit dans l’exécution du contrat
Les plans types
- Les plans de comparaison : pour les sujets de comparaison, il faut proscrire
l’examen séparé des deux termes de la comparaison (Exemple pour le sujet
précédent, éviter de faire : I- Le droit II- La morale). A la limite, on peut
envisager de présenter successivement : les ressemblances (I) et les différences
(II), en habilitant ces intitulés.
- Les plans de continuation : le plan type le plus utilisé est celui dit « de
continuation »,dont les deux parties se prolongent en intégrant deux aspects
distincts du sujet.
I- Les conditions II- Les effets /// I- La formation II- Le contenu /// I- La
formation II L’exécution
/// I- Les sujets ou les titulaires du droit II- L’objet ou le contenu du droit….
A RETENIR : Veiller à réaliser un certain équilibre des parties et sous-parties,
en volume et en intérêt autant que possible.
III- La rédaction
Vous devez retenir qu’une dissertation est une démonstration et non pas un
simple exposé des connaissances. Les connaissances sont mises au service de la
démonstration, c’est à dire de la problématique.
Contrairement à la forme, le fond ou le contenu est fonction du sujet qui vous est
donné. Mais il y a quelques règles essentielles qui ne changent pas. Elles sont
relatives à la rédaction ou la formulation du contenu et son développement.
Faites des phrases courtes et simples. Les phrases courtes rendent le contenu
dynamique, légeret maintient l’attention du correcteur ou du lecteur. Les phrases
simples rendent la dissertation plus claire et compréhensible. Vous éviterez ainsi
de perdre le lecteur. Généralement tout se passe en trois temps : je vais dire
quelque chose, je dis la chose en question, voilà ce que je voulais vous dire. Il
faut exprimer vos intentions, les réaliser et les résumer.
Privilégiez une idée par partie, mais une idée importante peut être accompagnée
d’autres idéesaccessoires. Le risque reste que des idées accessoires peuvent être
hors sujet.
Il n’est pas possible de schématiser ou d’aller plus en profondeur pour deux
raisons : la première c’est qu’il existe une multitude de sujet et que chaque sujet
peut être traité différemment. C’est selon l’importance que l’on accorde à telle
ou telle idée.
Pour quelques conseils de rédaction: soigner l’écriture, l’orthographe et
l’expression ;proscrire les abréviations, les sigles et les schémas ; éviter les
familiarités ; ne pas employer le mot « je », mais plutôt « nous », « on », « il »
; éviter l’emploi de verbes dans les intitulés ; éviter les répétitions ; aller à la
ligne pour chaque idée nouvelle, enchaîner les phrases de manière logique ;
enfin, relire la copie.

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