Chapitre V : LA RESPONSABILITE
DU BANQUIER.
Pr : Mme.Yamna FATMI
La responsabilité d’une personne est engagée lorsque,
par son action, elle lèse les droits ou les intérêts d’une
autre personne. En matière de responsabilité civile, deux
cas sont envisagés :
Les personnes concernées ont préalablement conclu
entre elles un contrat (acte juridique) ;
Les personnes n’ont conclu aucun accord préalable, elles
sont alors les acteurs d’un événement (fait juridique)
La situation de la banque n’échappe pas à cette
classification : la responsabilité civile bancaire n’a, en effet,
rien de spécifique, elle n’est qu’une illustration du régime
général de la responsabilité civile.
En revanche la responsabilité pénale du banquier prend
souvent sa source dans des textes spécifiques visant
l’activité bancaire.
Du fait que les banques gèrent des moyens de
paiement, collectent des dépôts, consentent des crédits et
enfin vendent des services. Elles sont partenaire
indispensable de tous les agents économiques. Cette
position particulière est précisément source de risques et
souvent cause de responsabilité.
Section I : LA RESPONSABILITE CIVILE
La responsabilité civile du banquier ne peut être
engagée que dans la mesure où le client, ou un tiers,
démontre la réunion des trois conditions classiques :
L’existence d’une faute commise par le banquier ;
L’existence d’un préjudice souffert ;
Un lien de causalité entre la faute et le préjudice
Sous Section 1 : LA
RESPONSABILITE CIVILE CONTRACTUELLE
§ 1 : LA QUALITE DE CLIENT D’UNE BANQUE
En pratique, il existe deux catégories de situations qui
permettent de qualifier des personnes de « clients » d’une
banque.
Il y a tout d’abord des opérations ponctuelles qui font
l’objet d’un contrat, mais qui ne se situent pas dans le cadre
de relations continues et habituelles.
Exemple : une personne physique qui effectue une
opération de change manuel dans une agence bancaire,
sachant que cette personne n’est titulaire d’aucun compte
dans cet établissement.
Il s’agit alors de clients occasionnels.
Il y a également les personnes qui choisissent une
banque pour effectuer chez elle toutes les opérations de
banque. Dans ce cas, le compte bancaire matérialise les
relations d’affaires entre la banque et le client.
En dehors de ces situations existent des circonstances
où la personne est potentielle, c’est en fait un « prospect ».
Dans ce cas, il est considéré juridiquement comme un tiers.
Exemple : les personnes qui demandent l’ouverture
d’un compte (avant la confirmation par la banque).
En conclusion, seul le « client » d’une banque, c’est-à-
dire la personne qui a conclu un contrat avec une banque
peut engager la responsabilité contractuelle de la banque à
l’occasion de l’exécution du contrat.
Dans le cas de l’opération de change manuel (contrat
ponctuel), le champ de la responsabilité contractuelle est
limitée à l’exécution de ce contrat.
En revanche, lorsqu’il y a des relations d’affaires
permanente et continue entre un établissement de crédit et
son client, le champ de la responsabilité contractuelle de la
banque peut être élargi.
§ 2 : L’INEXECUTION OU LA MAUVAISE EXECUTION D’UN
CONTRAT
Deux cas sont à envisager :
◼ Celui où il s’agit de l’inexécution, ou de la mauvaise
exécution, d’une opération courante ;
◼ Celui où l’inexécution ou la mauvaise exécution concerne
une opération de crédit.
A- L’INEXECUTION OU LA MAUVAISE EXECUTION D’UNE
OPERATION COURANTE
Lorsqu’un client donne un ordre à sa banque :
ordre de paiement, ordre d’encaissement, ordre de
transfert, la banque est tenue d’exécuter cet ordre
dans les conditions et délais indiqués.
Si la banque commet une faute dans l’exécution
d’un ordre, elle répond de sa faute vis-à-vis de son
client pour autant que la force majeur ne puisse
être invoquée et que le client lui-même n’ait pas
commis de faute.
B- L’INEXECUTION OU LA MAUVAISE EXECUTION D’UNE
OUVERTURE DE CREDIT.
Deux situations sont à distinguer :
◼ Le refus d’exécution par la banque d’une ouverture de
crédit ;
◼ La rupture brusque d’un crédit.
1- Le refus d’exécution par la banque d’une
ouverture de crédit ;
Si la banque a donné son accord à un client pour lui
consentir un crédit et que, sans motif valable, elle
n’exécute pas la convention, il est admis que sa
responsabilité contractuelle puisse être engagée pour non
exécution du contrat.
2-La rupture brusque d’un crédit
L’article 525 du Code de commerce a fixé des règles
précises en la matière : « L’ouverture de crédit est
consentie pour une durée limitée, renouvelable ou non, ou
illimitée.
L’ouverture de crédit à durée illimitée, expresse ou
tacite, ne peut être résiliée ou réduite que sur notification
écrite et à l’expiration d’un délai fixé lors de l’ouverture de
crédit, ce délai ne peut être inférieur à 60 jours.
L’ouverture de crédit à durée limitée prend fin de plein
droit au terme fixé sans que la banque ait l’obligation d’en
avertir le bénéficiaire.
Qu’elle soit à durée limitée ou illimitée, l’établissement
bancaire peut y mettre fin sans délai en cas de cessation
notoire de paiement du bénéficiaire ou de faute lourde
commise à l’égard dudit établissement ou dans l’utilisation du
crédit.
Le non respect de ces dispositions par l’établissement
bancaire peut engager sa responsabilité pécuniaire ».
De ce texte, il résulte deux obligations à la charge des
établissements bancaires, si celles-ci veulent éviter de voir
leur responsabilité mise en jeu à l’occasion de la rupture d’un
crédit :
◼ Obligation d’informer le client des délais de préavis, lors
de l’octroi du concours ;
◼ Notification par écrit de la réduction ou de l’interruption du
crédit.
A défaut de respecter les conditions fixées par la loi, la
banque qui rompt un crédit prend le risque de voir mettre
en cause sa responsabilité contractuelle.
§ 3 : LES MOYENS LIMITANT LA
RESPONSABILITE DES BANQUES
◼ Pour un client, il est toujours tentant, en cas de litige, de
chercher à faire condamner son banquier à verser des
dommages et intérêts au titre de la responsabilité
contractuelle.
◼ Les établissements bancaires se préservent contre de telles
initiatives. Elles incluent dans les contrats passés avec la
clientèle des clauses limitant leur responsabilité.
◼ La forme de ces clauses est loin d’être générale. En effet, la
jurisprudence considère que les clauses limitant la
responsabilité d’une banque dans un contrat passé avec un
client ne sont efficaces qu’en cas de faute légère de la
banque.
En revanche lorsque le banquier commet une faute
lourde dans l’exécution du contrat, la responsabilité de la
banque est reconnue et la clause limitative de
responsabilité n’a pas d’effet.
Sous Section 2 : LA
RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE
◼ Dans le cas d’une entreprise en difficulté, les créanciers
apparaissent comme les victimes du comportement de la
banque. En conséquence, ils cherchent a faire
reconnaître la faute commise par celle-ci en vue
d’obtenir le paiement de dommages intérêts.
◼ En dehors de cette situation spécifique, la responsabilité
délictuelle des établissements bancaires est engagée de
façon classique, au même titre que pour les autres
entreprises.
§ 1 : LA RESPONSABILITE DELICTUELLE CLASSIQUE
La responsabilité délictuelle d’une personne est engagée
sur le fondement de l’article 77 du DOC. : « Tout fait
quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage,
oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».
Quant aux conditions de fond de cette responsabilité,
elles doivent réunir :
◼ Un préjudice ;
◼ Un fait générateur de responsabilité ;
◼ Un lien de causalité entre le préjudice et le fait
générateur.
§ 2 : LE MAINTIEN ARTIFICIEL DU CREDIT A
UNE ENTREPRISE
Les banques doivent être très vigilantes lorsqu’elles
maintiennent ou augmentent des concours à une
entreprise dont elles savent qu’elle est en situation
irrémédiablement compromise.
◼ Vis-à-vis des créanciers de son client, le banquier risque
de donner une image fausse de celui-ci.
◼ Pour retenir la faute de la banque, les tribunaux
prennent en compte :
◼ L’existence de crédits disproportionnés par rapport à
l’activité de l’entreprise ou par rapport à ses capitaux
permanents ;
◼ Le caractère irrémédiable des difficultés de l’entreprise.
◼ Les fautes commises par l’entreprise elle-même ainsi
que les manœuvres qu’elle a pu opérer sont autant
d’éléments susceptibles d’écarter ou de limiter la
responsabilité éventuelle de la banque.
§ 3- Le devoir de discernement :
La doctrine et la jurisprudence françaises permettent de
dégager certains préceptes de bonne conduite du banquier
concernant chacun des éléments pris en considération dans une
opération de crédit.
A - La situation financière du crédité :
Deux situations sont à distinguer :
- Lorsque l’entreprise est dans une situation
irrémédiablement compromise, il y a faute pour le banquier à
faire crédit à une telle entreprise. Cette affirmation doit être
nuancée sinon elle interdirait toute tentative de sauvetage des
entreprises en difficulté : D’un côté, il n’y a faute que dans la
mesure où le crédit octroyé ne pouvait permettre le sauvetage
de l’entreprise n’entrainant qu’un prolongement maladif de son
agonie, d’un autre côté, on ne peut reprocher à un banquier de
ne pas avoir révoqué l’ouverture de crédit précédemment
accordée.
-Lorsque l’entreprise, sans être dans une situation
irrémédiablement compromise, est dans une situation
financière dégradée, il y a faute du banquier qui poursuit
son soutien financier en l’absence de tout espoir d’un
retour à une situation normale.
B-Le montant du crédit :
L’importance du crédit doit être proportionnelle à
l’importance de l’entreprise et à ses perspectives d’avenir,
sinon le crédit ne sera qu’un moyen ruineux de retarder la
constatation de l’état de cessation des paiements.
C-La dignité du crédit et la licéité de son
activité :
le fait d’octroyer des crédits selon des procédés illicites
tel que l’escompte d’effets de complaisance constitue une
faute.
§ 4-Le devoir de s’informer :
Le banquier soutient pour sa défense qu’il ne connaissait
pas la situation réelle ou encore qu’il a été trompé par le
crédité. Le demandeur doit prouver que le banquier avait
connaissance de la situation financière compromise du
débiteur, mais cette preuve doit être appréciée en fonction
du devoir de s’informer qui pèse sur le banquier, étant le
corollaire du devoir de prudence et de diligence qui
incombe à ce dernier.
Dans ce cadre, la faute est tributaire non seulement
du degré de diligence que doit déployer le banquier pour
parvenir à une information exacte mais également des
moyens d’information dont il dispose et des circonstances
de l’espèce.
Ainsi, le banquier a l’obligation de s’assurer de la
régularité et de la sincérité des documents comptables qui
lui sont présentés tout en prenant en considération certains
facteurs déterminants tels que le degré de notoriété de
l’entreprise, l’objet et l’importance du concours demandé,
les éventuelles anomalies que recèle la situation de
l’entreprise,…
§ 5-Le devoir de surveiller l’emploi des fonds
prêtés :
Tout banquier attache la plus grande importance à ce que
les fonds prêtés reçoivent la destination annoncée par
l’emprunteur. Le banquier a certainement le droit de contrôler
le respect de cette affectation ; en a-t-il l’obligation ?
Autrement dit, les tiers peuvent-ils lui reprocher de ne pas
avoir veillé à ce que les fonds prêtés reçoivent l’affectation
annoncée ?
Pendant longtemps a triomphé le principe de la libre
utilisation par l’emprunteur des fonds prêtés ; il n’en allait
autrement que dans la mesure où la banque s’était
engagée par une stipulation pour autrui à surveiller l’emploi
des fonds. Désormais, il faudrait admettre que le banquier
doit veiller au respect de l’affectation indiquée dans le
contrat de prêt, sous peine d’engager sa responsabilité
envers les tiers même s’il ne s’est pas engagé
expressément envers eux.
Il n’empêche qu’il existe certains crédits qui peuvent
échapper par leur nature au contrôle du banquier ; celui-ci
est alors déchargé du devoir qu’il ne pourrait au demeurant
assumer.
Section II : LA RESPONSABILITE PENALE DU
BANQUIER
Toute activité économique peut toujours donner
lieu à des comportements répréhensibles qui sont
sanctionnés par des dispositions pénales.
Cependant, la responsabilité de la banque n’est
pas celle de l’auteur directe des infractions, c’est
plutôt sous l’angle de la complicité que la faute
pénale de la banque est envisagée.
Sous section 1 : LE SECRET PROFESSIONNEL
OU BANCAIRE.
La banque est notamment un partenaire essentiel de
l’entreprise, elle est également un prestataire indispensable
pour les particuliers.
Dans l’exercice de son activité, le banquier est appelé à
connaître et à détenir des informations sur ses clients. Une
bonne part de ces informations est soumise au secret
professionnel.
◼ L’article 79 de la loi bancaire du 14 février 2006
dispose : « Toutes les personnes qui, à un titre quelconque,
participent à l'administration, à la direction ou à la gestion d'un
établissement de crédit, ou qui sont employées par celui-ci, les
membres du Conseil national du crédit et de l'épargne, du
Comité des établissements de crédit, de la Commission de
discipline des établissements de crédit, de la Commission de
coordination des organes de supervision du secteur financier
prévue à l'article 81 ci-dessous, les personnes chargées, même
exceptionnellement, de travaux se rapportant au contrôle des
établissements soumis à la surveillance de Bank Al-Maghrib en
vertu de la présente loi et, plus généralement, toute personne
appelée, à un titre quelconque, à connaître ou à exploiter des
informations se rapportant à ces établissements, sont
strictement tenus au secret professionnel pour toutes les
affaires dont ils ont à connaître, à quelque titre que ce soit,
dans les termes et sous peine des sanctions prévues à l'article
446 du code pénal ».
Le secret professionnel ne peut être opposé à certaines
autorités, à savoir :
◼ L’autorité judiciaire ;
◼ L’autorité monétaire (BAM) ;
◼ L’autorité administrative.
Sous section 2 : LA COMPLICITE POUR BANQUEROUTE
§ 1 : LA BANQUEROUTE
La banqueroute est une infraction qui vient apporter
des sanctions pénales dans le cadre des difficultés de
l’entreprise. Elle peut être définie comme un délit commis
par un débiteur commerçant (personne physique ou
morale) qui se trouve en état de cessation des paiements à
la suite de certains agissements.
La banqueroute est une infraction ancienne qui existait
déjà dans la législation napoléonienne.
Le législateur marocain, dans l’ancien Code de
commerce, distinguait deux cas assimilés de banqueroute,
il s’agit de :
➢ La banqueroute simple ;
➢ La banqueroute frauduleuse.
Ce n’est qu’en 1996 que le législateur a transformé
l’infraction de banqueroute frauduleuse en délit de
banqueroute.
A- LE REGIME JURIDIQUE DE LA
BANQUEROUTE
Sous l’empire du Code pénal de 1962, la définition de la
banqueroute n’était pas contenue dans ce code.
Pour connaître les cas de banqueroute, il fallait se
reporter à la loi n° 15-95 formant Code de commerce.
Désormais, de la lecture de la loi précitée, on observe
que l’infraction de banqueroute n’est pas définie par une
phrase générale.
Cependant, les articles 754 et 755 de cette loi
permettent de définir le contenu de cette infraction.
De ces deux articles, il résulte que l’on peut distinguer
deux conditions préalables dans le cadre de la
banqueroute ; une tenant aux personnes pouvant
commettre l’infraction et l’autre consistant dans l’ouverture
d’une procédure de redressement ou de liquidation
judiciaire.
B- LE CADRE HUMAIN DE COMMISSION DE
L’INFRACTION
Il découle de l’énumération retenue par l’article 702 de
la loi n° 15-95 que deux types de personnes peuvent se
voir appliquer les dispositions relatives à la banqueroute :
les dirigeants, de droit ou de fait, de l’entreprise
individuelle el les dirigeants de l’entreprise à forme sociale.
§ 2 : LA COMPLICITE DU BANQUIER
La complicité en matière de banqueroute est envisagée
par l’article 755 du Code de commerce.
Aux termes de l’article 755 alinéa 2 : « Encourent les
mêmes peines, les complices de banqueroute, même s’ils
n’ont pas la qualité de dirigeants d’entreprise ».
L’article 755 alinéa 3 de la loi précitée dispose que : « La
peine prévue au premier alinéa est portée au double
lorsque le banqueroutier est dirigeant, de droit ou de fait,
d’une société dont les actions sont côtés à la bourse des
valeurs.
Pour connaître les conditions de la complicité, il convient
de faire application des articles 128 et 129 du Code pénal.
La complicité suppose, selon ces articles, la réunion de
conditions cumulatives :
L’existence d’un fait principal punissable, c’est-à-dire
d’une banqueroute ;
Un acte de complicité : il s’agit soit d’une aide ou
assistance, soit d’une complicité par instigation ;
La conscience de l’associé à la commission de
l’infraction.
Lorsque ces conditions sont réunies, le complice
encourent les mêmes peines que s’il avait été lui-même
auteur principal de l’infraction.
En conséquence, l’infraction de complicité pour
banqueroute vise au premier chef les établissements
bancaires.
Sous Section 3 :Les obligations des banquiers
en matière de blanchiment
Au cour des échanges financiers, les banques sont
particulièrement impliquées. Elles respectent attentivement
les règles strictes de vigilance et contribuent par là même à
la détection d'opérations qui pourraient constituer du
blanchiment d’argents.
§ 1 : Les obligations de vigilance
La réglementation oblige les banques à avoir
une connaissance actualisée de tous leurs clients y compris
des revenus et du patrimoine et à suivre leurs opérations.
Le non-respect de ces obligations les expose à une
responsabilité disciplinaire, voire pénale.
C'est pourquoi, votre banque est amenée à vous poser
des questions qui lui permettent de mieux vous connaître,
de mieux comprendre vos motivations et de lever l'éventuel
doute sur les conditions dans lesquelles vous réalisez une
opération.
Ces obligations sont renforcées ou allégées en fonction
du risque, plus ou moins élevé de blanchiment, que
représente un client, même occasionnel, un produit, une
opération ou une situation.
§ 2 : Les obligations de déclaration de soupçon
La déclaration de soupçon est un simple constat factuel
qui n'entraîne pas de jugement de la part de la banque. La
déclaration doit être faite de bonne foi, le soupçon doit être
étayé et documenté. Tracfin analyse les déclarations de
soupçon, éventuellement les recoupe et décide, s'il existe
une présomption suffisante, de transmettre le dossier au
procureur du Roi.
Les banques doivent déclarer toute opération ou
tentative d'opération susceptible de constituer une
opération de blanchiment de capitaux.
L’article 574-1 du code pénal dispose que « Constituent
un blanchiment de capitaux, les infractions ci-après,
lorsqu'elles sont commises intentionnellement :
◼ le fait d'acquérir, de détenir, d'utiliser, de convertir ou de
transférer des biens dans le but de dissimuler ou de
déguiser l'origine de ces biens, dans l'intérêt de l'auteur ou
d'autrui lorsqu'ils sont le produit de l'une des infractions
prévues à l'article 574-2 ci-dessous ;
◼ le fait d'aider toute personne impliquée dans la
commission de l'une des infractions prévues à l'article 574-
2 ci-dessous à échapper aux conséquences juridiques de
ses actes ;
◼ le fait de faciliter, par tout moyen, la justification
mensongère de l'origine des biens ou des produits de
l'auteur de l'une des infractions visées à l'article 574-2 ci-
dessous, ayant procuré à celui-ci un profit direct ou
indirect;
◼ le fait d'apporter un concours ou de donner des conseils
à une opération de garde, de placement, de dissimulation,
de conversion, de transfert ou de transport276 du produit
direct ou indirect, de l'une des infractions prévues à l'article
574-2 ci-dessous.
Section 3 : La responsabilité disciplinaire du
banquier.
Cette responsabilité peut être encourue à la
suite d’actions du banquier jugées contraires, par
les autorités monétaires, aux dispositions de la
réglementation bancaire.
Il peut s’agir de violation d’une prescription
régissant l’encadrement du crédit ou la protection
des déposants.
Sous Section 1 : l’organe disciplinaire
On verra successivement la composition et les
attributions de la commission de discipline.
§ 1 : Composition de la commission
disciplinaire.
La commission de discipline des établissements
de crédit est composée:
– du vice gouverneur, du directeur
– d’un représentant de BAM.
– De deux représentants du Ministre des
finances.
– d’un magistrat nommé par le ministre de
finances, sur propositions du ministre de la justice.
§ 2 : les attributions de la commission
discipline
L’art 73 de la loi bancaire précise que la commission de
discipline des établissements de crédit est » chargée
d’instruire les dossiers disciplinaires et de proposer les
sanctions susceptibles d’être prononcées à l’encontre des
établissements de crédit par le ministre des finances ou par
le gouverneur de BAM, en application des dispositions des
articles 71 et 77 du présent dahir.
Sous Section 2 : Les différents types de
sanctions prévues par la loi bancaire.
Les sanctions disciplinaires prévues par la loi bancaire
sont :
La mise en demeure, la mise en garde, l’injonction, la
suspension d’un ou plus administrateurs, l’avertissement,
les interdictions et restrictions, la nomination d’un
administrateur provisoire et le retrait de l’agrément.
§ 1 : La mise en demeure la mise en garde et
l’injonction.
La mise en grande intervient après mise en demeure
d’explication lorsque l’établissement de crédit manque aux
usages de la profession le gouverneur de BAM peut
adresser une mise en grande à ses dirigeants après les
avoirs mis en demeure de fournir une explications.
§ 2 : L’injonction:
L’article 51 de la loi bancaire prévoit que » lorsque la
situation de l’établissement le justifie » ce même
gouverneur » peut lui adresser une injonction à l’effet
notamment de prendre toutes les mesures nécessaires
destines à rétablir son équilibre financier ou à rectifier ses
méthodes de gestion ».
§ 3 : La suspension d’un ou plus
administrateurs.
Les motifs de la suspension lorsque la mise en garde ou
l’injonction adressée à l’établissement de crédit pour
manquement aux usages de la profession ou aux mesures
requises en vue de rétablir son équilibre financier ou de
rectifier ses méthodes de gestion est demeurées sans effet,
le gouverneur de BAM » peut suspendre un ou plus
administrateurs ( ).
§ 4 : L’avertissement.
Les motifs de l’avertissement. Le gouverneur de BAM
peut adresser un avertissement aux dirigeants de
l’établissement de crédit après les avoirs mis en demeure
lorsque ces derniers ne respectent pas les prescriptions
suivantes.
L’agrément du ministre des finances.
Un capital minimum libéré ou une donation minimum
totalement versée.
L’actif doit excéder ou égal au capital minimum ou à la
dotation.
La forme juridique des établissements de crédit;
Les respects des règles relatives aux situations
comptables;
La publication des comptes dans les conditions
réglementaires.
Le respect des règles de l’ouverture, de fermeture ou de
transfert d’agences.
L’accord préalable du ministère des finances pour la
création d’entités à l’étranger;
L’obligation de participer au financement du fonds
collectifs de garantie de dépôts.
§ 5 : Le retrait de l’agrément à
l’établissement de crédit.
L’ignorance de la mise en garde, de l’injonction on de
l’avertissement peut entraîner de retrait de l’agrément.
Lorsque la mise en garde, l’injonction ou l’avertissement
adressé par le gouverneur de BAM est resté sans effet, ce
dernier « peut proposer au Ministère de finances, après
avis conforme du comité des établissements de crédit de
prononcer le retrait d’agrément concerné »
§ 6 : Les interdiction ou restrictions.
La mise en garde ou l’injonction restée sous effets
peuvent entraîner interdiction et restrictions.
Le gouverneur de BAM peut proposer au ministère des
finances, après avis conforme de la commission de
discipline des établissements de crédit » d’interdire ou de
restreindre l’exercice de certains opération par
l’établissement de crédit.