Voltaire.
Sujet 1.
1. Le conte philosophique voltairien. Traits spécifiques, exemples.
LE CONTE PHILOSOPHIQUE
- Le conte – définition Encyclopédie : « Récit fabuleux, en prose ou en vers, dont le mérite
principal consiste dans la variété des peintures, la finesse et la plaisanterie, la vivacité et la
convenance du style, le contraste piquant des événements […]. Son but est moins d’instruire que
d’amuser. »
Au XVIIIème siècle, apparaît une nouvelle forme de récits courts : le conte. Les auteurs de ces
contes sont des philosophes comme Voltaire, Montesquieu ou Diderot. Ces contes sont utilisés pour
leur forme plaisante. Le conte, grâce au merveilleux, entraîne ses lecteurs dans l’exotisme. Il
comporte aussi un message philosophique. Mais il y a aussi des dangers en utilisant la forme du
conte pour transmettre un message philosophique.
L’un des nombreux thèmes du conte philosophique est le voyage. En effet, le siècle des Lumières
invite au voyage. Les récits de ces contes se déroulent toujours à l’étranger. L’exotisme est très
présent dans les contes. Les îles font rêver les lecteurs. Dans le cas de Candide, l’histoire se déroule
dans plusieurs pays : la Westphalie, le Surinam, El Dorado… Le lecteur est transporté dans ces
lieux en même temps que le personnage.
Un autre aspect du conte philosophique est la fantaisie qui attire les lecteurs. Les péripéties du
personnage de Candide sont très amusantes ainsi que la manière dont il est chassé du château en
Westphalie.
Le conte philosophique est caractérisé par la fantaisie, le merveilleux et l’exotisme mais il est aussi
porteur d’un message philosophique.
Le conte philosophique fait réfléchir les lecteurs. L’histoire comporte des vérités cachées qu’il faut
découvrir pour comprendre le sens du texte.
L’une de ces vérités cachées est la dénonciation de l’esclavage que l’on retrouve dans « Candide » à
travers l’histoire du Nègre de Surinam. Dans son histoire, le Nègre raconte que ses parents l’ont
vendu aux Blancs afin de pouvoir vivre correctement. En allant avec eux, il rendrait ses parents
heureux.
Le conte philosophique permet donc à son auteur de critiquer la société au travers de vérités cachées
dans son histoire. Toutefois, les dénonciations de la société ne sont pas explicites dans le texte à
cause de la censure. Il est donc dangereux d’utiliser le conte pour faire passer un message
philosophique.
- Contes et romans philosophiques au XVIIIe siècle : les auteurs réfléchissent, à travers la fiction, à
des questions philosophiques, en évitant l’abstraction du discours philosophique par la vivacité du
monde fictionnel et par la saveur du langage.
- Le conte exige un talent particulier : (v. Condorcet, Vie de Voltaire) : « savoir exprimer par une
plaisanterie, par un trait d’imagination ou par les événements mêmes du roman, les résultats d’une
philosophie profonde
- Pour les romanciers-philosophes : le roman = un instrument de propagande contre le dogmatisme
et le moralisme.
-Voltaire et Diderot : atteignent l’équilibre - philosophie et fiction ; - sérieux de la réflexion et
saveur du récit.
- Traits essentiels du conte/roman philosophique :
1) « vulgarisation » des idées philosophiques
Ex. : Candide – idée du meilleur des mondes possibles ; l’Ingénu – les « soupers
philosophiques » ; sentences insérées dans la narration)
2) la fiction est enracinée dans le réel par :
- références géographiques (localisation précise de l’action)
- références historiques (dates, événements, personnages historiques)
- références sociales (satire des mœurs, des institutions)
Ex. : Diderot, Le Neveu de Rameau ; Voltaire, L’Ingénu
3) procédés fictionnels
Ex. : dans Candide : Voltaire utilise les procédés du conte merveilleux :
invraisemblances (situations absurdes, aventures extraordinaires, résurrection des
personnages)
- Effets sur le lecteur du roman/conte philosophique :
1) par l’importance des idées & thèmes en discussion
2) par l’art de rendre vivantes les idées dans un univers imaginaire qui renvoie une image
critique, ironique ou amusante du monde contemporain.
Ex. contes philosophiques :
Micromégas - récit fantastique = voyage sur Terre des habitants de Saturne, Sirius
- négation d’une existence cachée des choses
Histoire de Scarmentado : problème de l’esclavage
Le Taureau blanc : mal social engendré par la religion et le fanatisme
L’Ingénu :
- le Huron = le « bon sauvage » qui dénonce le mal politique, social, religieux, philosophique
- le Huron : représente l’idéal voltairien qui conjugue le bon sens naturel et la culture, la
sensibilité et la raison, la liberté et le respect des règles sociales
- satire ample : institutions féodales, corruption, trafic d’influence, intolérance, fanatisme,
dogmes, superstitions.
- débat philosophique :
rapport nature / culture ;
rapport monde primitif, naturel / monde civilisé, hypocrite, corrompu
Candide ou l’Optimisme est un conte philosophique écrit par le philosophe Voltaire, et publié en
janvier 1759. Ce conte manie l’ironie et le récit de formation pour aborder les mœurs de son
époque autant que pour affronter certaines théories philosophiques contre lesquelles se posait
Voltaire.
2. En quoi consiste le problème d'ordre philosophique et moral posé par le
roman Candide de Voltaire ? Argumentez votre propos en vous appuyant sur
votre lecture du livre.
Voltaire : sa manière de poser le problème philosophique et moral du Bien et du Mal :
- rejet de la métaphysique & spéculation abstraite [notamment l’optimisme des
métaphysiciens ; v. Leibniz, « Tout est pour le mieux… »]
- rejet du pessimisme de ceux qui affirment l’omniprésence du Mal (justifié par le péché
originel) et le dégoût de la vie terrestre (ch. 5)
Voltaire se réclame d’un optimisme relatif :
o il constate et dénonce l’existence du Mal
o il affirme qu’il pourrait y avoir une amélioration, si on fait des réformes sociales et
politiques.
o Ex. : Zadig – un monde d’amour, raison, justice ; Babouc – « si tout n’est pas bien, tout est
passable »
Voltaire affirme que le bonheur est possible dans l’action :
o renoncer à l’ambition des grandes questions métaphysiques
o agir pour soi et les autres
Candide fournit une leçon de sagesse pratique :
- « il faut cultiver notre jardin » (symbolisme du jardin : travail et repos, création véritable, à
la mesure de l’homme)
- « travaillons sans raisonner » pour « rendre la vie supportable »
- refus de la métaphysique (qui est une vanité, une maladie de l’esprit) parce qu’elle engendre
des formes grotesques (ex. : pensée de Pangloss) ou monstrueuses (fanatisme, intolérance)
- acceptation réaliste des données de l’expérience
- modestie intellectuelle
Dans le dernier chapitre du roman, Voltaire donne un sens à la quête : il condamne, par
l’intermédiaire de Candide, la philosophie optimiste de Leibniz, incarné par Pangloss, pour lui
préférer un bonheur plus concret : la valeur travail (« cultiver ») et le sens collectif (« notre
jardin »). C’est que tout au long de son conte, Voltaire défend l’idée d’un Homme capable
d’améliorer par lui-même sa condition.
- Justifications morales : le terme religieux « te deum » est utilisé pour accompagner la
préparation à la guerre et donc pour légitimer en quelque sorte l'acte guerrier. (ch. 3)
Précisément, on trouve trois philosophies différentes :
Celle de Pangloss, qui consiste à croire que « tout est au mieux dans le meilleur des mondes
» - mais le parcours de Candide a prouvé que cette philosophie de vie est fausse
Celle de Martin, très pessimiste, qui affirme que seul le travail rend la vie supportable
Celle de Candide, considérée comme heureuse, parce que pragmatique : il s’agit de cultiver
son jardin intérieur, et se trouve au milieu des deux philosophies précédentes
3. En quoi consiste l’art de conteur de Voltaire dans le roman Candide ? Par
quels moyens littéraires Voltaire démontre-t-il ses idées et persuade le lecteur
dans le roman Candide ? Illustrez avec des exemples tirés de vote lecture du
livre.
Voltaire est un des principaux pionniers du mouvement des Lumières, il dénoncera sans relâche
et en utilisant différents genres, les injustices, les inégalités et l’intolérance. Il écrira des contes
philosophiques, comme Candide et Micromégas, mais aussi des traités, des essais, des lettres
ainsi que des articles de l’Encyclopédie. Mais l’histoire littéraire a consacré son Candide comme
type parfait du conte philosophique, sinon comme chef-d’œuvre de notre écrivain.
Ingrédients traditionnels de la phase initiale du conte
Voltaire recourt à la formule classique du conte: «Il y avait en Westphalie» pour entamer son
récit. Il reprend également toutes les tendances langagières de celui-ci, à savoir
l’hyperbolisation de la réalité. Il utilise des comparatifs et des superlatifs («les moeurs les plus
douces», «l’esprit le plus simple», «un des plus puissants», «le plus beaux des châteaux», «la
meilleurs des baronnes possibles»).
De même, le texte est saturé par une caractérisation positive des personnages, qui passe par la
multiplication d’adjectifs mélioratifs («beau», «bon», «honnête», «douce», etc.)
On retrouve aussi le temps de la description du conte, l’imparfait, avec par exemple, « avait »,
«annonçait», «soupçonnaient». L’incipit est dominé par l’imparfait ce qui souligne sa vocation,
car il s’agit de présenter la situation initiale et tous ses éléments avant d’évoquer l’élément
perturbateur, qui amèneront l’utilisation du passé simple.
Ensuite le lecteur retrouve tous les éléments du langage du conte : le récit commence dans un
pays peu connu « La Westphalie » et se déroule dans un château.
- Effets sur le lecteur du roman/conte philosophique :
1) par l’importance des idées & thèmes en discussion
2) par l’art de rendre vivantes les idées dans un univers imaginaire qui renvoie une image
critique, ironique ou amusante du monde contemporain.
- Objectifs :
- démontrer ses idées
- convaincre le lecteur
Il construit une action riche et touffue par accumulation d’événements censés
appuyer la démonstration
Il ne se soucie pas de la vraisemblance : situations extraordinaires, aventures peu
communes, coups de théâtre, fantastique, absurde
Style :
- Art des essences
- Concision, raccourcis
- Ironie, le rire « fin et cuisant » (la fameuse « ironie voltairienne »)
- Art ludique = pur plaisir de raconter et de communiquer son euphorie au lecteur
- Voltaire n’aime pas « penser tristement », il fait partager « les joies de l’esprit »
- Présence de l’auteur et du conteur qui jouit de sa liberté esthétique parodie du récit (voir
aussi ex. L’Ingénu = un roman sentimental ET une parodie du roman sentimental)
4. Quelle est la signification de la phrase finale du roman Candide de Voltaire :
« il faut cultiver notre jardin » ? Argumentez.
Dans le dernier chapitre du roman, Voltaire donne un sens à la quête : il condamne, par
l’intermédiaire de Candide, la philosophie optimiste de Leibniz, incarné par Pangloss,
pour lui préférer un bonheur plus concret : la valeur travail (« cultiver ») et le sens collectif («
notre jardin »).
C’est que tout au long de son conte, Voltaire défend l’idée d’un Homme capable d’améliorer
par lui-même sa condition.
La petite métairie, troisième utopie du roman, le bonheur passe ainsi par le travail et l’amitié.
Tout le monde s’emploie à réaliser ce qu’il sait faire, en fonction de ses qualités, et se trouve
donc heureux. Le salaire n’est pas matériel, il découle du bonheur ressenti à l’ouvrage.
Candide fournit une leçon de sagesse pratique :
- « il faut cultiver notre jardin » (symbolisme du jardin : travail et repos, création véritable, à
la mesure de l’homme)
- « travaillons sans raisonner » pour « rendre la vie supportable »
- refus de la métaphysique (qui est une vanité, une maladie de l’esprit) parce qu’elle engendre
des formes grotesques (ex. : pensée de Pangloss) ou monstrueuses (fanatisme, intolérance)
- acceptation réaliste des données de l’expérience
- modestie intellectuelle
5. Dans un commentaire du roman Candide de Voltaire, l'historienne littéraire
Béatrice Didier parle de trois paradis successifs. Enumérez-les et relevez
leurs significations.
Premier paradis : le paradis Westphalien (ch. 1) paradis de l’innocence, où tout est parfaite
Ch. 1
Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes pour le jeune Candide, docile et
ingénu. Le baron de Thunder-ten-tronckh, l’« un des plus puissants seigneurs de la Vestphalie », et
probablement son oncle, l’a accueilli dans un château protégé et clos, qui fait rempart à toute
violence extérieure. Candide est secrètement amoureux de Cunégonde, la fille du baron et de la
baronne. La félicité est absolue, jusqu’au drame : Candide et Cunégonde sont surpris par le baron
dans leurs ébats, Candide est chassé du paradis, et l’aventure commence. Candide n’aura de cesse
de retrouver Cunégonde, objet d’une quête qui le révélera peu à peu à lui-même.
À travers les yeux de Candide, le château protecteur renvoie à un âge d’or où l’abondance et
l’équilibre apparents dispensent d’une réflexion plus aboutie que la philosophie de Pangloss,
précepteur de la maison. Ce paradis se révèle cependant artificiel : l’exclusion du héros ouvre la
boîte de Pandore, et l’idéologie qui animait cet univers ne résiste pas longtemps aux tempêtes.
Voltaire inscrit d’emblée le conte dans une référence commune qu’il va s’appliquer à déconstruire à
travers un voyage où le héros se trouve successivement confronté à tous les malheurs du monde,
puis aux turpitudes de l’âme humaine.
La philosophie et les sciences – Maitre Pangloss est un philosophe et il ouvre les esprits des gens :
des femmes écoutent les leçons qu’il veut d’enseigner.
L’amour et comment la moralité est chrétienne : il a été rejeté à cause des raisons religieuses (à la
base, les raisons ressemblent à la même idée de pureté) et une fois que les règles ont été enfreintes,
il n'y a pas de retour.
Exemple du texte :
Il prouvait admirablement qu’il n’y a point d’effet sans cause, et que, dans ce meilleur des mondes
possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la
meilleure des baronnes possibles.
Deuxième paradis : paradis de l’Eldorado (utopie) où il y a la paix éternelle et richesse en
abondance
L’Eldorado est découvert par Candide et Cacambo au hasard de ce périple en Amérique du Sud. Les
expériences douloureuses du Nouveau Monde ont convaincu Cacambo de retourner en Europe, mais
les deux protagonistes n’ont d’autres choix que de poursuivre leur route, et s’embarquent à
l’aventure dans une petite barque en se recommandant à la Providence. Le canot finit par se
fracasser contre des écueils qui ouvrent la porte de l’Eldorado : « C’est probablement le pays où
tout va bien ; car il faut absolument qu’il y en ait un de cette espèce », espère Candide.
Le premier contact entre Candide et une société différente, proche des idéaux humaine – l’humanité
pour les étrangers est bien différente que l’attitude européenne qui est guerrière et ne traite pas ses
citoyens aussi bien que les péruviens.
Exemple du texte : ch. 17
Enfin ils découvrirent un horizon immense, bordé de montagnes inaccessibles. Le pays était cultivé
pour le plaisir comme pour le besoin ; partout l’utile était agréable. Les chemins étaient couverts ou
plutôt ornés de voitures d’une forme et d’une matière brillante, portant des hommes et des femmes
d’une beauté singulière, traînés rapidement par de gros moutons rouges qui surpassaient en vitesse
les plus beaux chevaux. « Voilà pourtant, dit Candide, un pays qui vaut mieux que la Westphalie.
Ils approchèrent enfin de la première maison du village ; elle était bâtie comme un palais d’Europe.
Toutes les hôtelleries établies pour la commodité du commerce sont payées par le gouvernement.
Ch. 18 :
Pas de cour de justice, de parlement, ni de prison dans ce pays, mais un palais des sciences, des
libertés individuelles reconnues, avec interdiction, pour les habitants, de sortir de ce royaume.
Candide et Cacambo décident pourtant d’en partir, parce que Cunégonde manque à l’un d’eux, et
que la richesse leur ouvre des perspectives. Une machine est spécialement construite pour les
conduire de l’autre côté des montagnes, accompagnés de cent moutons chargés de vivres, de
présents, d’or et de pierreries.
L’Eldorado tient une place essentielle dans le conte, puisqu’il en marque le milieu, à la fois point
d’aboutissement d’un parcours et point de départ du voyage de retour : Candide découvre un autre
modèle de gouvernement et de bonheur qui se substitue au château initial. Cependant, le lieu, aussi
doré soit-il, ne comble pas toutes les attentes. Entre utopie et construction politique, il reste du
chemin à parcourir pour créer son propre jardin : la société idéale est un sujet d’interrogation majeur
du XVIIIe siècle.
La religion n’est pas centralisée ni extrêmement cruelle envers les gens – Candide est optimiste et
pense que la société de ce petit village est un bon modèle.
Les européens et leur fascination pour les choses qui ne comptent pas – la civilisation péruvienne
n’est pas intéressée au sable ou aux autres choses avec qui Candide a été fasciné.
Exemple du texte : ch. 18
Les Espagnols ont eu une connaissance confuse de ce pays, ils l’ont appelé Eldorado.
« nous avons toujours été jusqu’à présent à l’abri de la rapacité des nations de l’Europe, qui ont une
fureur inconcevable pour les cailloux et pour la fange de notre terre, et qui, pour en avoir, nous
tueraient tous jusqu’au dernier. »
« Ceci est bien différent de la Westphalie et du château de monsieur le baron : si notre ami Pangloss
avait vu Eldorado, il n’aurait plus dit que le château de Thunder-ten-tronckh était ce qu’il y avait de
mieux sur la terre ; il est certain qu’il faut voyager ».
Troisième paradis : le jardin des turcs (ch. 30)
Attaché à une domination aristocratique qui n’a plus cours, le baron s’avère incapable d’évoluer et
s’exclut de la nouvelle communauté. Celle-ci, privée des richesses de l’Eldorado, doit trouver en
elle-même les ressources pour développer, non sans mal, la modeste métairie dans laquelle elle s’est
installée. Cacambo en a assez de cultiver les légumes ; le caractère de Cunégonde se dégrade ;
Pangloss souffre de ne pouvoir briller. Seul, Martin, avec son fatalisme habituel, s’accommode de la
situation. Tous philosophent cependant, alors que Paquette et le frère Giroflée les rejoignent. La
devise d’un bon vieillard turc donne sens à ce jardin comme promesse de vie : « le travail éloigne
de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin. ». Candide la fait sienne et tous
l’acceptent : « chacun se mit à exercer ses talents » et la petite société prend sens.
Ce jardin métaphorique constitue le point d’aboutissement d’un périple qui, à partir d’un lieu clos et
hiérarchisé, a conduit à parcourir un monde extérieur, hanté par le mal et la violence, et un monde
intérieur plus trouble encore, permettant à Candide de se révéler. L’Eldorado est déterminant
puisqu’il propose l’espoir d’un autre système social, appuyé sur le consentement collectif. Le jardin,
par la place laissée à chacun et la reconnaissance de son travail, ouvre l’espace d’une liberté et d’un
bonheur, certes plus modestes mais assurément plus fiables.
Il faut cultiver notre jardin !
Exemple du texte : ch. 30
Je n’ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de
nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin. »
Vous avez raison, dit Pangloss : car, quand l’homme fut mis dans le jardin d’Éden, il y fut mis ut
operaretur eum, pour qu’il travaillât ; ce qui prouve que l’homme n’est pas né pour le repos. –
Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable. »
Tous les évènements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles : car enfin, si vous
n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de
Mlle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à
pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos
moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. –
Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »
6. Représentation de la Guerre de Sept Ans dans Candide. Exemples et
arguments. (ch. 3)
Ce texte est une satire célèbre de la guerre. Toutes les cibles de Voltaire qui se dessinent sont mises
en valeur par traitement ironique.
Voltaire consacre le chapitre 2 au fonctionnement quotidien de l'armée : enrôlement, entraînement
des soldats, discipline, sanction... La guerre apparaît au chapitre 3 et met en valeur la fameuse
description des deux armées. Candide va assister à la grande bataille entre le Roi de France et le roi
de Prusse travestis respectivement en roi des Abares et des Bulgares. Alors que le texte apparaît
comme un éloge de l'armée et du combat, l'ironie et le réalisme en font un violent réquisitoire contre
la guerre.
Changement du point de vue : « Candide tremblait comme un philosophe » : un intellectuel
incapable d'agir face à la guerre
- Boucherie héroïque : oxymore => dévalorisation de l'héroïsme
La guerre -> ordre naturel des choses : justification de la guerre
- « rien n'arrive sans qu'il n'y ai une cause ou une raison déterminante » (Leibniz)
La terrible guerre de Sept Ans (1756-1763).
Ce fut la première guerre véritablement mondiale : on s'est battu sur plusieurs fronts, en Europe, en
Amérique et en Inde. Une guerre désastreuse pour la France. C'est à ce moment que parait Candide
en 1759.
Résumé : (ch. 2)
Candide fait face à une vraie réalité : il existe des guerres et des guerriers. Quand il a été enrôlé
dans une armée (comme on dit aujourd'hui) et puni pour les erreurs qu’il a faites, il observe qu’il
n’y a pas de liberté – et il a essayé d’expliquer ça, mais sans succès.
Des thèmes présents :
La manque de liberté – Candide, il était naïf.
La manque d’humanité – Les expériences de Candide sont vraiment terribles.
Exemple du texte : ch. 2
Candide, n’en pouvant plus, demanda en grâce qu’on voulût bien avoir la bonté de lui casser la
tête ; il obtint cette faveur ; on lui bande les yeux, on le fait mettre à genoux. Le roi des Bulgares
passe dans ce moment, s’informe du crime du patient ; et, comme ce roi avait un grand génie, il
comprit, par tout ce qu’il apprit de Candide, que c’était un jeune métaphysicien fort ignorant des
choses de ce monde.
Résumé ch. 3 :
Candide, séduit dans un premier temps par le spectacle de la bataille, se met à trembler devant ce
qui, à ses yeux, devient vite une « boucherie héroïque » qui conduit le héros à se cacher avant de
s’enfuir en enjambant les cadavres. Il arrive en Hollande, tente de mendier pour manger, et
rencontre, après quelques échanges malheureux sur la religion, l’anabaptiste Jacques qui le nourrit
et lui propose un travail dans une manufacture d’étoffes. Il va croiser « un gueux tout couvert de
pustules »…
C’est avec une ironie grinçante que Voltaire propose une représentation de la guerre qui dénonce la
brutalité et l’inconséquence militaires, tout autant que le désastre d’un système de pensée en total
décalage avec le monde qu'il tente d'expliquer. Le sujet est d’actualité, alors même que la guerre de
Sept Ans (1756-1763) fait rage en Europe et dans les colonies d’Amérique du Nord : les dommages
humains considérables conduiront à une réorganisation des forces en présence.
Des thèmes présents :
La haine entre les gens – quand Candide parle avec un homme (pour avoir de la nourriture) il a
une pensée critique – une façon qui lui fait du mal. L’aide est offerte juste si les pensées sont
exactement les mêmes.
L’hypocrisie – Encore une fois, Candide pense que les Chrétiens ont une vie similaire qu’avant
dans le château. L’ironie Voltairienne – même si les choses sont parfaites théoriquement, en
pratique il n’y a pas de perfection.
Exemple du texte : (ch. 3)
Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs
enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels
de quelques héros rendaient les derniers soupirs ; d’autres, à demi brûlées, criaient qu’on achevât de
leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.
La présence d'un lexique évaluatif conséquent donne à la description de la guerre une dimension
esthétique : c'est une sorte de parade, de fête. Un grand nombre de termes laudatifs sont utilisées
« beau, leste, brillant, ordonné »
Justification d'ordre légal : « droit public » ( ligne 17 ) = l'acte guerrier est une fois de plus légitimé
par une référence au droit international qui régit les relations entre états.
La description qui est faite de la guerre a donc une connotation laudative complétée par une
justification de la guerre et une minimisation de ses conséquences.
Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs
enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels
de quelques héros rendaient les derniers soupirs ; d’autres, à demi brûlées, criaient qu’on achevât de
leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.
Justifications morales : le terme religieux « te deum » est utilisé pour accompagner la préparation à
la guerre et donc pour légitimer en quelque sorte l'acte guerrier.
Une succession de clins d'oeil ironiques.
- L'utilisation du registre épique est détournée : les héros sont des violeurs, l'action
« héroïque » est en fait « une boucherie ». ( voir « boucherie héroïque » ).
- On note aussi les antiphrases « si beau, si leste... » ( voir l'accumulation d'adjectifs qui vise
aussi le ridicule par l'exagération ), « harmonie », « meilleur des mondes » ( alors qu'il s'agit
d'une scène de bataille ! ).
- = l'ensemble de ces procédés basé sur antiphrase et oxymore, confère au texte un registre
ironique qui vise à ridiculiser la situation en soulignant volontairement le caractère absurde
de la scène
- A noter aussi le champ lexical de l'horreur et notamment les détails anatomiques : « criblés
de coups », « égorgés », « sanglantes », « éventrées ». Voir aussi le champ lexical du corps
« cervelles, bras, jambes, mamelles ». Enfin le substantif « Enfer » insiste sur le caractère
particulièrement meurtrier et violent de la bataille.
Naïveté de Candide :
« Il n’y a point d’effet sans cause, répondit modestement Candide ; tout est enchaîné nécessairement
et arrangé pour le mieux. » Justification philosophiques : le raisonnement accrédite la guerre
comme l'indique la reprise d'un terme de philosophie de Leibniz « la raison est suffisante » ( ligne
7 ), « des effets et des causes » ( ligne 14 ), « meilleur des mondes » = formule de Pangloss.
« Maître Pangloss me l’avait bien dit que tout est au mieux dans ce monde, car je suis infiniment
plus touché de votre extrême générosité… »
7. Critique du fanatisme religieux et des superstitions dans Candide. Donne des
exemples et argumentez.
En 1759, dans Candide, Voltaire met en scène le tremblement de terre qui a dévasté Lisbonne le
1er novembre 1755 : l’événement bouleverse profondément les mentalités et interroge durablement
du point de vue religieux. Capitale d’un pays réputé pour sa foi catholique, Lisbonne ne semblait
pas mériter ce châtiment. Pourquoi une pareille catastrophe le jour d’une fête catholique ? La
philosophie du XVIIIe siècle ne s'explique pas une telle manifestation de colère divine.
L’Inquisition s’acharne, en vain, à chercher des coupables, les philosophes proposent une autre
voie : Voltaire pose les bases d’une réflexion qui touche à la religion, à la croyance et à la tolérance.
Il rejoint là des interrogations majeures au siècle des Lumières.
Le tremblement de terre et ses conséquences suscitent de nombreuses interprétations, ils ouvrent
dans Candide une réflexion sur la religion.
Le siècle des Lumières exacerbe les tensions entre les philosophes et les ecclésiastiques qui veulent
imposer leur loi. Voltaire en particulier lutte sans relâche contre l’obscurantisme religieux : il le
condamne dans la partie « Inquisition » de Essai sur les mœurs (1756), le dénonce
dans Candide (1759).
Le désenchantement de Voltaire modifie sa réflexion sur la religion et la Providence. La critique se
traduit dans Candide par des représentants de la religion qui s’adonnent au vol, à la luxure, à
l’hypocrisie et sombrent dans les égarements du fanatisme. L’hostilité de Voltaire se porte non pas
sur la religion mais sur son interprétation humaine et sur la place que celle-ci occupe dans l’ordre
social ; il dénonce les représentants officiels de l’Église mais aussi les matérialismes systématiques
pour qui la religion n’a plus aucune place.
Résumé ch. 5 :
Les catastrophes s’enchaînent : la tempête anéantit le vaisseau et ses passagers ; l’anabaptiste
Jacques périt d’avoir aidé un matelot qui le laisse se noyer. Seuls Pangloss et Candide survivent,
pour être aussitôt exposés au tremblement de terre qui détruit Lisbonne et écrase ses trente mille
habitants. « Quelle peut être la raison suffisante de ce phénomène ? » s’interroge Pangloss.
Voltaire met en scène le tremblement de terre de Lisbonne survenu le 1er novembre 1755 :
l’événement bouleverse profondément les mentalités. Capitale d’un pays réputé pour sa foi
catholique, Lisbonne ne semblait pas mériter ce châtiment. Pourquoi une pareille catastrophe le jour
d’une fête catholique ? La philosophie du XVIIIe siècle ne s'explique pas une telle manifestation de
colère divine. L’Inquisition s’acharne, en vain, à chercher des coupables.
Thème philosophique : le péché et la liberté (ch. 5)
Exemple du texte (ch. 5) :
Un petit homme noir, familier de l’Inquisition, lequel était à côté de lui, prit poliment la parole et dit
: « Apparemment que monsieur ne croit pas au péché originel : car, si tout est au mieux, il n’y a
donc eu ni chute ni punition. – Je demande très humblement pardon à Votre Excellence, répondit
Pangloss encore plus poliment, car la chute de l’homme et la malédiction entraient nécessairement
dans le meilleur des mondes possibles. – Monsieur ne croit donc pas à la liberté ? dit le familier. –
Votre Excellence m’excusera, dit Pangloss ; la liberté peut subsister avec la nécessité absolue ; car
il était nécessaire que nous fussions libres ; car enfin la volonté déterminée…
Exemple du texte (ch. 6) :
Après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de Lisbonne, les sages du pays
n’avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine totale que de donner au peuple
un bel autodafé ; il était décidé par l’université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes
brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler.
(Ironie)
Pangloss fut pendu, quoique ce ne soit pas la coutume. Le même jour, la terre trembla de nouveau
avec un fracas épouvantable.
Candide, épouvanté, interdit, éperdu, tout sanglant, tout palpitant, se disait à lui-même : « Si c’est
ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ?
Candide et Pangloss ont été puni par l’Inquisition. Pangloss a été pendu, même si ce n’est pas
habituel comme méthode d’exécution. Candide souffre pour la mort de Pangloss, Jacques et
Cunégonde.
Autodafé. - Proclamation et exécution solennelles d'un jugement qui avait été prononcé par
l'Inquisition.
Des thèmes présents :
L’Inquisition et leur méthode de punir des gens – Pangloss a été tué pour la pensée qu’il avait. Il
n’a pas la liberté de penser – un individu est forcé d’admettre tout ce que l'église voulait.
Candide commence à penser de façon critique – est-ce que cela est le meilleur de tous les mondes
possibles ? Si c’est vrai, comment sont les autres ?
8. Critique de l'esclavage et de la traite négrière dans Candide. Exemples et
arguments. (ch. 19)
Dans le XIX chapitre il dénonce l'esclavage et l'atteinte aux droits de l'homme et à la liberté.
C’est l’exemple même de l’atteinte aux droits de l’Homme, défendus par les Lumières. Mais
c’est aussi une réalité historique, avec la fameuse phrase : « C’est à ce prix que vous mangez du
sucre en Europe. »
Ce moment marque le revirement philosophique de Candide : jusqu’alors optimisme à toute
épreuve, il perd fois en l’humanité en découvrant les malheurs de l’esclave. Il y a une réalité du
mal, et celui-ci l’incarne de la manière la plus violente.
Résumé : ch. 19
Candide et Cacambo quittent l’Eldorado chargés d’or et de rêves. Mais ils perdent vite leurs
richesses et doivent renoncer à s’acheter un royaume. Aux abords du Surinam, la rencontre avec un
esclave noir dans un état pitoyable achève de leur enlever leurs illusions. On l’a amputé de la main
droite et de la jambe gauche : « c’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe ».
Ce violent réquisitoire contre l’esclavage s’inscrit dans un vaste mouvement d’opinion qui dénonce
cette pratique. Il faudra, en France, attendre 1848 pour que l’esclavage soit définitivement aboli.
Exemple du texte (ch.19) :
En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n’ayant plus que la moitié de
son habit, c’est-à-dire d’un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche
et la main droite. « Eh ! mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans
l’état horrible où je te vois ? – J’attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant,
répondit le nègre. – Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t’a traité ainsi ? – Oui, Monsieur, dit
le nègre, c’est l’usage.
Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ;
quand nous voulons nous enfuir on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas.
C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix
écus aux Patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : « Mon cher enfant, bénis nos fétiches,
adore-les toujours, ils te feront vivre heureux ; tu as l’honneur d’être esclave de nos seigneurs les
blancs, et tu fais par-là la fortune de ton « père et de ta mère. » Hélas ! je ne sais pas si j’ai fait leur
fortune, mais ils n’ont pas fait la mienne.
9. Représentation de la société mondaine de Paris dans Candide. (ch. 22)
Le jeu occupe une place de choix dans le Paris du XVIIIe siècle : jeux de salon, loterie mais aussi
jeu social de la conversation, création d’espaces publics par l’aménagement du Palais-Royal ou des
Tuileries. Les jeux d’argent, licites ou illicites, envahissent l’espace urbain et gagnent toutes les
couches de la société.
Candide et Martin se rendent finalement à Paris. Voltaire met en scène une satire de la vie
parisienne en évoquant successivement l’absence de reconnaissance sociale dont souffrent les
actrices, la cruauté des critiques, les jeux d’argent et la perfidie des conversations mondaines :
"d’abord du silence, ensuite un bruit de paroles qu’on ne distingue point, puis des plaisanteries dont
la plupart sont insipides, de fausses nouvelles, de mauvais raisonnements, un peu de politique et
beaucoup de médisance". Tout au long du chapitre, Candide est trompé ; il part finalement pour
Dieppe puis Portsmouth sans renoncer à rejoindre un jour Venise.
Le Paris présenté est futile et superficiel, mondain et trompeur. Le jeu y occupe une place de choix,
en relation avec une société des Lumières où les jeux d’argent, licites ou illicites, ont envahi
l’espace urbain et gagné toutes les couches de la société. Les formes en sont variées : cabarets et
billards, académies tolérées et tripots clandestins, bureaux de loterie… Rien à voir avec le Paris
populaire que mettra en scène la littérature du XIXe siècle.
Candide et Martin se rendent finalement à Paris. Voltaire met en scène une satire de la vie
parisienne en évoquant successivement l’absence de reconnaissance sociale dont souffrent les
actrices, la cruauté des critiques, les jeux d’argent et la perfidie des conversations mondaines :
« d’abord du silence, ensuite un bruit de paroles qu’on ne distingue point, puis des plaisanteries
dont la plupart sont insipides, de fausses nouvelles, de mauvais raisonnements, un peu de politique
et beaucoup de médisance ». Tout au long du chapitre, Candide est trompé ; il part finalement pour
Dieppe puis Portsmouth sans renoncer à rejoindre un jour Venise.
Le Paris présenté est futile et superficiel, mondain et trompeur. Le jeu y occupe une place de choix,
en relation avec une société des Lumières où les jeux d’argent, licites ou illicites, ont envahi
l’espace urbain et gagné toutes les couches de la société. Les formes en sont variées : cabarets et
billards, académies tolérées et tripots clandestins, bureaux de loterie… Rien à voir avec le Paris
populaire que mettra en scène la littérature du XIXe siècle.
Des thèmes présents :
La superficialité des hommes ou de la société – même s’il y a des tragédies, elles existent juste
théoriquement parce qu’il manque de sens.
La naïveté du Candide dans un monde cruel – encore une fois, Candide a été dupé par les autres
à cause de son optimisme (par la marquise)
Exemple du texte : ch. 22
« La belle, ayant aperçu deux énormes diamants aux deux mains de son jeune étranger, les loua de
si bonne foi que des doigts de Candide ils passèrent aux doigts de la marquise ».
Critique de l’optimisme : vu point 4
[Link] de l'épisode vénitien dans Candide. (ch. 14-15-16)
Résumé ch. 24 :
Cacambo et Cunégonde ne sont pas au rendez-vous vénitien, et Candide sombre dans la mélancolie,
prêt à succomber au pessimisme de Martin : « Que vous avez raison, mon cher Martin ! Tout n’est
qu’illusion et calamité. » Les idées sombres ne résistent pas, cependant, à la vision plaisante d’un
moine théatin, frère Giroflée, avec une fille à son bras. Celle-ci se révèle être Paquette, la servante
du château de Thunder-ten-tronckh. Derrière l’image du couple amoureux, se cache la sordide
histoire d’un moine défroqué et d’une misérable prostituée, ravagée par la maladie. Candide
s’obstine toutefois à croire à l’amour et continue à attendre un improbable retour de Cunégonde.
Martin enseigne à Candide l'un des conseils les plus utiles au monde – toute la société fait semblant
d'être heureuse. Personne n'est ce qu'il prétend être et Candide est, encore une fois, naïf.
Des thèmes présents :
Voltaire essaye d’exposer le monde. L’imitation de la joie et du bonheur est normalement pour
masquer le fait que personne n’est content.
Exemple du texte : ch. 24
Frère Giroflée : « ! La jalousie, la discorde, la rage, habitent dans le couvent. Il est vrai que j’ai
prêché quelques mauvais sermons qui m’ont valu un peu d’argent dont le prieur me vole la moitié :
le reste me sert à entretenir des filles ; mais, quand je rentre le soir dans le monastère, je suis prêt de
me casser la tête contre les murs du dortoir ; et tous mes confrères sont dans le même cas. »
Paquette : « Je fus quelque temps par reconnaissance la maîtresse de ce médecin. Sa femme, qui
était jalouse à la rage, me battait tous les jours impitoyablement ; c’était une furie, ce médecin était
le plus laid de tous les hommes, et moi la plus malheureuse de toutes les créatures d’être battue
continuellement pour un homme que je n’aimais pas. Vous savez, Monsieur, combien il est
dangereux pour une femme acariâtre d’être l’épouse d’un médecin. »
Résumé ch. 25 :
Le seigneur vénitien, Pococurante, « un homme qui n’a jamais eu de chagrin », retient l’attention de
Candide et de Martin. Il passe en revue la peinture, la musique, l’opéra, la littérature, la poésie, les
sciences, le théâtre, la philosophie, les jardins… L’homme est revenu de tout : l’opéra ? Des
chansons ridicules ! Un concerto ? Du bruit qui fatigue tout le monde ! Homère ? Rien que des
batailles ! Candide s’interroge : peut-il y avoir du plaisir à n’avoir pas de plaisir ?
Ville de carnaval, Venise est la ville de l’inversion des valeurs. Voltaire en fait un décor de choix
pour un personnage blasé, un anti-Casanova dans une ville multiforme, singulière et inattendue.
La superficialité est incroyable et prouve que la joie vient de l'intérieur d’une personne.
Des thèmes présents :
Le thème est la superficialité et l’ignorance de l’homme. Pococurante pense qu’il sait tout et tout
l’art qui existe est ennuyeux et inutile.
Exemple du texte :
« La musique aujourd’hui n’est plus que l’art d’exécuter des choses difficiles, et ce qui n’est que
difficile ne plaît point à la longue. »
Résumé ch. 26 :
Cacambo surgit brusquement au cours d’un dîner et révèle que Cunégonde se trouve à
Constantinople : lui-même est esclave et exhorte Candide à se tenir prêt au départ. Ce
rebondissement n’est pas la seule surprise d’un épisode mystérieux, au cœur du carnaval de Venise
qui inverse les rôles entre maîtres et valets. Les six compagnons de Candide et de Martin lors de ce
dîner se révèlent être des rois déchus qui narrent tour à tour leur parcours malheureux : le sultan
Achmet III, Ivan, empereur de toutes les Russies, le roi d’Angleterre, Charles-Edouard, deux rois
des Polaques et, enfin, Théodore, roi de Corse. Tous sont venus à Venise pour le Carnaval, et tous
sont déchus de leur pouvoir.
Voltaire convoque ici des figures historiques qui incarnent la vanité et le caractère éphémère du
pouvoir : l’épisode participe de la réflexion politique du philosophe sur la notion de gouvernement
qui constitue l’un des fils conducteurs de Candide, bien sûr, mais aussi du Dictionnaire
philosophique. Du système hiérarchique aristocratique qui règne au château dont Candide est exclu,
à l’organisation communautaire du jardin dont le baron est chassé, c’est une réflexion sur la place
de l’individu dans le système qui le gouverne et l’émergence de l’homme social qui se déploie.
11 et 12. Les personnages.
Voltaire a fait de ces personnages (comme de Candide) des espèces de marionnettes, qui visent à
incarner une idée ou un caractère, une fonction ou un statut. Ils deviennent des sortes de clichés
littéraires (comme le valet malin, avec Cacambo, ou la servante au service aveugle de sa maîtresse,
comme la vieille) qui défendent des idées avant de servir la vraisemblance.
De fait, les styliser ainsi souligne l’impuissance des personnages à s’extraire d’un destin
aveugle et cruel, et empêche le lecteur de s’identifier, ce qui pourrait perturber la réflexion voulue
par Voltaire.
11. Choisissez deux personnages féminins du roman Candide et présentez-les
brièvement.
Cunégonde
C’est la fille du baron Thunder-ten-tronckh et l’amante de Candide. Ses pérégrinations seront
largement justifiées par la volonté du héros de la sauver de ceux qui veulent la posséder.
Sa destinée est dramatique : elle sera violée, vendue au grand inquisiteur, réduite à l’esclavage,
etc. Victime de sa sensualité, elle semble vouée à être l’objet du désir masculin.
Sa perfection, vue par les yeux de Candide, se révélera fragile : à la fin du conte, elle est devenue
laide et repoussante, autant que « acariâtre et insupportable ».
La vieille, bienfaitrice de Cunégonde, évocation des marraines des contes traditionnels. Elle est
pessimiste comme Martin ayant eu un très douloureux passé (violée, une fesse coupée…). Elle
est en désaccord avec la vision optimiste de Candide et contribuera à sa « rééducation » de la
vision du monde. La vieille apparaît à la fin du chapitre VI. Son rôle est développé aux
chapitres VII, XI et XII, ces deux derniers lui étant consacrés en entier : ils relatent son histoire.
Ce personnage, outre qu'il contribue, comme plusieurs autres, à constituer un démenti aux
élucubrations de Pangloss, occupe une autre fonction : la vieille dépeint par avance ce que sera
Cunégonde une fois atteint le troisième âge. Voltaire lui a attribué une naissance noble et une
vie aventureuse. Cunégonde, dont Candide demeurera si longtemps l'amoureux transi, est une
« vieille-en-devenir ».
La vielle raconte son histoire qui est un peu similaire à Cunégonde. Après son mariage (qui
ne dure pas longtemps) elle, sa mère et les autres femmes sont faites prisonnières. Il y a la
description d’un viol et un massacre violent.
La tragédie de la vieille – les choses horribles qui font le lecteur à sympathiser avec la
vieille femme et comprendre les vrais tourments de la vie.
Un conseil a été donné : il y a des autres qui ont une vie plus malheureuse que toi et c’est
important de vivre la vie même si les problèmes semblent être sans arrêt.
[Link] deux personnages masculins du roman Candide et présentez-les
brièvement.
Candide : Personnage principal du livre, il est l’enfant supposé de la sœur du baron de
Thunder-ten-tronckh. Le livre en dit :
« Les anciens domestiques soupçonnaient que [Candide] était fils de la sœur de Monsieur le Baron
et d'un bon et honnête gentilhomme du voisinage, que cette demoiselle ne voulut jamais épouser
parce qu'il n'avait pu prouver que soixante et onze quartiers, et que le reste de son arbre
généalogique avait été perdu par l'injure du temps. »
Voltaire profite de cette lignée douteuse pour critiquer l’ordre social fondé sur le droit du sang
de la noblesse.
L’écrivain décrit son personnage par une concordance entre le corps et l’âme : « Sa physionomie
annonçait son âme » (chap. I) et « Il avait le jugement assez droit, avec l'esprit le plus simple : c'est
je crois, pour cette raison qu'on le nommait Candide » (chap. I). Son nom, Candide, annonce ainsi
sa personnalité : ce sera un héros innocent, marqué par sa naïveté. Il s’étonnera du monde piteux
qu’il découvrira.
Candide dépasse la violence et se retire pour méditer un peu.
Candide imagine la société comme un jeu autour de l’argent : pour chaque service qu’il veut obtenir
par les autres il pense de devoir payer avec de l’argent ou des bijoux
Pour Candide, la seule raison de ses voyages est la recherche de la femme bien-aimée, Cunégonde,
toujours liée à l’innocence.
Martin
Compagnon de voyage de Candide, qui se dit manichéen, Martin apparaît au chapitre XIX23. Ce
philosophe est l’opposé de Pangloss, il est plutôt pessimiste24. Il professe que l'Homme est né pour
souffrir, travailler sans raisonner. Ce personnage est créé pour donner à Candide une philosophie
totalement différente de celle de Pangloss. Martin se dit manichéen. Le manichéisme renvoie à une
vision du monde dans laquelle le bien et le mal sont clairement définis. Pour Martin, le mal
l'emporte toujours, c'est ainsi que s'exprime son pessimisme. Côtoyer Martin permet à Candide de
remettre en question les idées optimistes de Pangloss. Contrairement à ce dernier, Martin est ouvert
au débat philosophique. Ceci permet à Candide de créer sa propre philosophie qui prend en compte
un savoir et une vision du monde plus étendue. Certains critiques[Lesquels ?] pensent que Martin est
traité avec sympathie, ce qui signifierait que la philosophie idéale de Candide est pessimiste, ce
que d’autres[Lesquels ?] contestent en citant la description négative de Voltaire des principes de Martin
et la fin de l’histoire où Martin devient passif.
Par quels moyens Voltaire fait-il la critique de l'optimisme philosophique de Leibniz ?
Argumentez vote propos en vous appuyant sur votre lecture du livre.
Dans le dernier chapitre du roman, Voltaire donne un sens à la quête : il condamne, par
l’intermédiaire de Candide, la philosophie optimiste de Leibniz, incarné par Pangloss, pour lui
préférer un bonheur plus concret : la valeur travail (« cultiver ») et le sens collectif (« notre
jardin »).
C’est que tout au long de son conte, Voltaire défend l’idée d’un Homme capable d’améliorer
par lui-même sa condition.
La petite métairie, troisième utopie du roman, le bonheur passe ainsi par le travail et l’amitié. Tout
le monde s’emploie à réaliser ce qu’il sait faire, en fonction de ses qualités, et se trouve donc
heureux. Le salaire n’est pas matériel, il découle du bonheur ressenti à l’ouvrage.
« Il n’y a point d’effet sans cause, répondit modestement Candide ; tout est enchaîné nécessairement
et arrangé pour le mieux. » Justification philosophiques : le raisonnement accrédite la guerre
comme l'indique la reprise d'un terme de philosophie de Leibniz « la raison est suffisante » ( ligne
7 ), « des effets et des causes » ( ligne 14 ), « meilleur des mondes » = formule de Pangloss. (ch. 3)
- Voltaire rejet de la métaphysique & spéculation abstraite [notamment l’optimisme des
métaphysiciens ; v. Leibniz, « Tout est pour le mieux… »]
Candide
Portée philosophique du conte
Pangloss = déformation caricaturale de la philosophie leibnizienne : tirades grotesques,
démonstrations dépourvues de tout fondement réel
- Théorie de Leibniz (Essai de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l’homme et
l’origine du mal, 1710 ; théodicée = néologisme créé par Leibniz, « Justice de Dieu ») :
Si Dieu est parfait, il a créé le moins imparfait de tous les mondes imparfaits théoriquement
concevables = le meilleur des mondes possibles.
Démonstration de Voltaire :
- l’optimisme philosophique (défini comme « la rage de soutenir que tout est bien quand on
est mal ») est contraire à la réalité
- Voltaire lui oppose les faits et l’expérience du monde réel
Candide est la plus laïque des œuvres de Voltaire : il fait éclater la contradiction entre l’existence de
Dieu « horloger » et l’existence du Mal
- les situations absurdes abondent :
- Ex. :
o la tempête (ch. V) : le matelot brutal est sauvé, l’anabaptiste Jacques, non.
o le nègre de Surinam : les bons sont punis, les méchants sont récompensés
o le dîner de Venise : ennui de la richesse, vanité des grandeurs et des rangs
o catastrophes, hasard aveugle
Candide s’attaque aux mythes :
- mythe du paradis
o paradis des origines = le château de Westphalie
o paradis de la richesse fabuleuse = Eldorado
o paradis terrestre = le jardin de Turquie
- mythe du bon sauvage
Critique de l’optimisme : exemple du texte (ch. 22)
– « Monsieur, vous pensez sans doute que tout est au mieux dans le monde physique et dans le
moral, et que rien ne pouvait être autrement ? – Moi, Monsieur, lui répondit le savant, je ne
pense rien de tout cela ; je trouve que tout va de travers chez nous ; que personne ne sait ni
quel est son rang, ni quelle est sa charge, ni ce qu’il fait, ni ce qu’il doit faire, et qu’excepté
le souper, qui est assez gai et où il paraît assez d’union, tout le reste du temps se passe en
querelles impertinentes : jansénistes contre molinistes, gens du parlement contre gens
d’église, gens de lettres contre gens de lettres, courtisans contre courtisans, financiers contre
le peuple, femmes contre maris, parents contre parents ; c’est une guerre éternelle. »
– Candide lui répliqua : « J’ai vu pis ; mais un sage, qui depuis a eu le malheur d’être pendu,
m’apprit que tout cela est à merveille ; ce sont des ombres à un beau tableau. – Votre pendu
se moquait du monde, dit Martin ; vos ombres sont des taches horribles. – Ce sont les
hommes qui font les taches, dit Candide, et ils ne peuvent pas s’en dispenser. – Ce n’est
donc pas leur faute », dit Martin.
Sujet 3 : Présentez brièvement deux idées retenues de vos lectures supplémentaires
sur Candide (bibliographie critique).
Starobinski, Jean, « Sur le style philosophique de Candide », in Le remède dans le mal. Critique
et légitimation de l'artifice à l'âge des Lumières, Paris, Gallimard, 1991, p.123-144
Introduction
Starobinski définit le roman Candide comme une caricature du romanesque, sa version outragée,
qui mêle toutes les conventions génériques : celles du roman d'aventures (de provenance), celles du
roman picaresque, ou celles du conte.
La formule de Candide est donc le composite il y a un mélange de la fiction autodestructrice et de
l'injuste vérité, un composé instable formé par l'arbitraire narratif et l'intrusion de la violence
proche.
Le concept de la liberté et du mal omniprésent
La liberté du contenu coexiste avec l’obsession du mal omniprésent ; où que l'individu se tourne, la
violence absurde écrase toute liberté. Par son invraisemblable rapidité, le voyage de Candide
devient une revue quasi générale des pays du monde ; il y a un déplacement d'un lieu à l'autre, qui
rend ainsi possible un combinaison d'expériences touchant la folie, l'intolérance et les abus du
pouvoir. L'irréalisme du récit rend l'espace terrestre praticable en tous sens, et permet d'additionner
les réalités horrifiantes, qui ne peuvent être attribuées à la fantaisie de l'auteur.
L’ironie et le style
Un écrivain perspicace, omniscient et libre ; un héros naïf, maladroit, longtemps capturé par
l'illusion, et asservi à la loi des violents. Ce rapport entre auteur et héros est celui de l'ironie. Il se
marque de l'antiphrase destructrice, l'emploi des mots dans le sens opposé à celui qu'on veut faire
entendre (ex. « un bel autodafé »). L'ironie, dans Candide, a fonction d'arme offensive ; elle conduit
le combat de la raison contre tout ce qui usurpe l'autorité, qui doit être possédée seulement par la
pensée rationnelle.
Autant qu'une critique de la réalité contemporaine, Candide est la critique des affirmations abstraits
de son époque. Les événements du voyage, dans leur singularité, dans le détail de leur succession,
dénient la leçon de Pangloss. Il donne la parole aux philosophies adverses : celles de l'anabaptiste
Jacques et du manichéen Martin. Avec l'éducation de Candide pendant l’histoire, le résultat se
marque par la différence entre le premier chapitre, où Candide écoute et respect son maître, et le
dernier où il lui coupe la parole.
Le style de Voltaire est caractérisé par la double visée agressive dont il est chargé. La plupart des
événements narrés dans Candide sont bivalents : ils démontrent joyeusement la futilité du système
de Pangloss ; mais, ayant satisfait la verve polémique, ils prennent aussitôt un aspect insupportable.
Ces événements, qui dénoncent l'illusion optimiste, sont eux-mêmes dénoncés pour leur atrocité.
Une nouvelle philosophie
Candide représente le livre supplémentaire, où l'on fait l'inventaire du passé : le livre hors littéraire,
hors philosophique, qui se moque de la littérature et de la philosophie, et qui ne peut faire autrement
que de proposer, à son tour, une autre littérature, une autre philosophie. « C'est un très grand plaisir
- dit Cacambo - de voir et de faire des choses nouvelles » (ch. 14). Pourtant, Candide reprend la
narration bouffonne (ou de la pantomime, qui utilise les ressources de la plus haute virtuosité pour
figurer le contraire de la virtuosité : la malchance et la gaucherie.
Le concept d’une justification divine
Et ce qui révolte le plus Voltaire, c'est que les homes excusent la contradiction et la brutalité de
leurs actions, en les attribuant à une volonté providentielle qui veille sur le destin des hommes : la
bataille est une folie, mais les deux rois font dire des Te Deum, comme si l'événement trouvait place
dans la causalité du plan divin.
Sujet 2 : texte
CHAPITRE PREMIER. COMMENT CANDIDE FUT ÉLEVÉ DANS UN BEAU CHÂTEAU,
ET COMMENT IL FUT
CHASSÉ D’ICELUI.
Résumé et thèmes : point 5
CHAPITRE TROISIÈME. COMMENT CANDIDE SE SAUVA D’ENTRE LES BULGARES,
ET CE QU’IL DEVINT.
Résumé et thèmes : point 6
CHAPITRE SIXIÈME. COMMENT ON FIT UN BEL AUTO-DA-FÉ POUR EMPÊCHER LES
TREMBLEMENTS DE
TERRE, ET COMMENT CANDIDE FUT FESSÉ.
Résumé et thèmes : point 7
CHAPITRE DIX-NEUVIÈME. CE QUI LEUR ARRIVA A SURINAM, ET COMMENT
CANDIDE FIT CONNAISSANCE
AVEC MARTIN.
Résumé et thèmes : point 8
CHAPITRE VINGT-UNIÈME. CANDIDE ET MARTIN APPROCHENT DES COTES DE
FRANCE, ET RAISONNENT.
Résumé et thèmes :
Aux abords des côtes françaises, Candide expose son projet : rejoindre Venise depuis Bordeaux.
Nulle curiosité de sa part après un mois passé dans l’Eldorado, d’autant que les commentaires de
Martin sur les Français sont sans appel. Candide veut atteindre l’Italie pour y attendre Cunégonde ;
Martin accepte de le suivre pour son argent. La fin du voyage est l’occasion de questions de
Candide à Martin sur la pérennité du mal et sur la possibilité du bien. Son raisonnement s’affine : il
est question en dernier lieu du libre arbitre.
Candide et Martin ont une conversation philosophique. Une explication simple de la nature humaine
est que l’homme est né mauvais. Mais, en même temps, la comparaison faite entre la passion des
deux filles et les horreurs vues en Europe est une explication de l’apprentissage du mal : tout ce qui
est appris est vu normalement par la société.
Est-ce-que l’homme est né mauvais ou il devient mauvais ? – une question philosophique sans
réponse. Les deux hypothèses sont prises en considération.
Le plan de Dieu et le libre arbitre – est-ce qu’il y a un plan ou on a le libre arbitre ?
CHAPITRE TRENTIÈME. CONCLUSION.
Résumé et thèmes : point 5