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PDF - Que Signifie Naitre de Nouveau

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Que signifie « naître
de nouveau » ?
Questions cruciales

Que signifie
« naître de
nouveau » ?

R. C. S P R O U L
Édition originale en anglais sous le titre :
What Does It Mean to Be Born Again?
© 2010 par R. C. Sproul
Publié par Reformation Trust Publishing, une division de Ligonier Ministries
421 Ligonier Court, Sanford, FL 32771, U.S.A.
[Link] [Link]
Tous droits réservés. Traduit et publié avec permission.

Pour l’édition française :


Que signifie « naître de nouveau » ?
© 2022 Publications Chrétiennes, Inc.
Publié par Éditions La Rochelle
230, rue Lupien, Trois-Rivières (Québec)
G8T 6W4 – Canada
Site Web : [Link]
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés.

Publications Chrétiennes exprime toute sa gratitude à Ligonier Ministries


Canada ([Link]) qui, par son soutien, a rendu possible la publication
de ce livre en français.

Traduction : Myriam Graffe


Adaptation de couverture et mise en page : Rachel Major

ISBN : 978-2-924895-46-7 (broché)


ISBN : 978-2-924895-45-0 (eBook)

Dépôt légal – 1er trimestre 2022


Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Canada

« Éditions La Rochelle » est une marque déposée de


Publications Chrétiennes, Inc.

À moins d’indications contraires, les citations bibliques sont tirées de la


Nouvelle Édition de Genève (Segond, 1979) de la Société Biblique de Genève.
Avec permission.
Table des matières

1 Doit-on naître de nouveau ? . . . . . . . . . . . . . . . 7

2 La régénération est un mystère . . . . . . . . . . . . 19

3 La régénération est le commencement . . . . . . 31

4 La régénération est une œuvre


souveraine de Dieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41

5 La régénération est immédiate . . . . . . . . . . . . 49

6 La régénération est permanente . . . . . . . . . . . 61

5
Chapitre 1

Doit-on naître de
nouveau ?

J ’ai eu un jour l’occasion de discuter avec un homme très


aimable qui me disait qu’il voulait en savoir plus sur la foi
chrétienne. Il pensait être chrétien et voulait en savoir davantage
sur ce qu’impliquait le christianisme. « Mais, avait-il ajouté, je
ne veux pas être un chrétien né de nouveau. »
En entendant cela, j’ai repensé à la campagne présidentielle
de 1976 au cours de laquelle Jimmy Carter s’était identifié
comme un chrétien né de nouveau. À peu près à la même
époque, Charles Colson, qui avait été conseiller du président
Nixon et impliqué dans le scandale du Watergate, se conver-
tissait à Christ et publiait un livre intitulé Born Again (Né de
nouveau), qui s’est vendu à des millions d’exemplaires et a fait

7
Que signifie « naître de nouveau » ?

l’objet d’un film portant le même titre. Le leader des Black


Panthers, Eldridge Cleaver, et même Larry Flynt, l’éditeur du
Hustler magazine, s’étaient également lancés dans l’aventure en
annonçant au monde entier qu’ils étaient « nés de nouveau »,
bien que Flynt se dise maintenant athée.
Assez rapidement, l’expression né de nouveau, qui n’était
alors connue que d’une infime partie de l’Église, est devenue
un sujet d’actualité brûlant et a commencé à faire l’objet d’une
attention nationale. Cette appellation s’est vue empruntée par le
monde séculier et appliquée à des choses tout à fait extérieures à
la foi chrétienne. Par exemple, si un joueur de baseball achevait
une bonne année après une autre particulièrement mauvaise,
on disait de lui que c’était un joueur « né de nouveau ».
Cependant, au milieu de ce battage médiatique, la véritable
signification du terme nouvelle naissance s’est obscurcie. Il en
résulte qu’aujourd’hui une grande confusion règne, même au
sein de l’Église, quant à la nature précise de la nouvelle nais-
sance. Le but de cette étude est donc d’examiner ce que signifie,
bibliquement et théologiquement, le fait de naître de nouveau.
Je dois tout d’abord souligner que l’expression « chrétien né
de nouveau », dans un sens étroit et technique, est une redon-
dance. En effet, selon le Nouveau Testament, pour devenir
chrétien, il faut d’abord naître de nouveau (Jn 3.3-5). Par consé-
quent, si une personne est née de nouveau, elle est chrétienne.
Ainsi, appeler quelqu’un « chrétien né de nouveau » revient à
dire qu’un tel individu est un chrétien chrétien. Le Nouveau
Testament ne connaît pas d’autre type de chrétien.

8
Doit-on naître de nouveau ?

De plus, l’expression né de nouveau est un synonyme popu-


laire du terme théologique régénéré. Je ne connais aucune Église
dans l’histoire de la chrétienté qui n’ait pas eu une doctrine de
la régénération ou de la renaissance. En d’autres termes, chaque
institution chrétienne dans l’histoire occidentale a dû dévelop-
per un concept pour définir ce qu’est la renaissance spirituelle.
Cela s’explique par le fait que ce concept n’est pas né chez les
théologiens, les commentateurs de la Bible ou les prédicateurs.
L’idée même de renaissance spirituelle trouve son origine dans
l’enseignement de Jésus. Puisque les chrétiens s’identifient
comme des disciples du Christ, ils ont naturellement cherché
à comprendre ce que Jésus dit de cette idée.

La conversation de Jésus avec Nicodème


Le récit du premier enseignement de Jésus sur ce sujet se trouve
dans Jean 3. Je voudrais prendre le temps de parcourir ce pas-
sage afin de vous permettre d’acquérir une base solide pour
l’étude qui va suivre sur la nouvelle naissance.
Jean écrit : « Mais il y eut un homme d’entre les pharisiens,
nommé Nicodème, un chef des Juifs, qui vint, lui, auprès de
Jésus, de nuit » (Jn 3.1,2a). Jean nous présente immédiatement
Nicodème et nous dit deux choses sur ses antécédents : premiè-
rement qu’il était pharisien, et deuxièmement que c’était un
dirigeant des Juifs. Les pharisiens étaient une secte religieuse
conservatrice connue pour sa stricte obéissance à la loi de Dieu.
Les « chefs des Juifs » étaient les autorités religieuses en Israël.

9
Que signifie « naître de nouveau » ?

La nation juive était à l’époque placée sous l’autorité impé-


riale de Rome et était gouvernée par un gouverneur romain.
Cependant, l’autorité religieuse en Israël était dévolue à un
groupe de soixante-dix hommes qui formaient un corps connu
sous le nom de sanhédrin. Ces hommes étaient en quelque
sorte l’équivalent des sénateurs aux États-Unis ou des cardi-
naux dans l’Église catholique romaine. Lorsque Jean identifie
Nicodème comme un dirigeant des Juifs, il indique clairement
qu’il était membre du sanhédrin. Tous les pharisiens n’étaient
pas membres du sanhédrin, mais certains membres du sanhé-
drin étaient pharisiens. Donc Nicodème était un homme érudit
et puissant, très compétent en matière de théologie.
Nicodème est venu voir Jésus de nuit. Pourquoi a-t-il fait
cela ? Je pense que Nicodème était légèrement nerveux. Il ne
voulait pas être vu en public avec Jésus qui était certes populaire
auprès du peuple, mais qui était un objet de suspicion pour
les autorités religieuses. Cela explique sa discrétion lors de sa
première rencontre avec Jésus.
Cependant, il est venu avec de belles paroles : « ... qui vint,
lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que
tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire
ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui » (Jn 3.2). Il est
intéressant de voir que ce chef des Juifs a reconnu en Jésus un
rabbin et s’est adressé à lui avec le respect qui était réservé à un
théologien. Nicodème admettait que Jésus était un authentique
enseignant de la Parole de Dieu. Il déclare ensuite que certains
des chefs juifs avaient reconnu que Jésus était un enseignant

10
Doit-on naître de nouveau ?

envoyé par Dieu, grâce aux miracles qu’il faisait. Cette attitude
était très différente de celle de nombreux membres du parti des
pharisiens. Ces derniers n’avaient pas une vision aussi positive de
Jésus. En réalité, ils attribuaient même ses activités remarquables
à la puissance de Satan (Mt 12.22-32). Pourtant, ce pharisien a
refusé de porter une accusation aussi scandaleuse ; au contraire,
il est venu faire l’éloge de Jésus. Il lui a dit : « Jésus, je reconnais
que tu es un docteur envoyé par Dieu, car aucun homme ne
pourrait exercer le genre de puissance dont tu as fait preuve à
moins que Dieu n’authentifie son message. »

Une condition nécessaire


Notez de quelle manière Jésus a réagi. Il n’a pas dit : « Je suis
touché par cet honneur que tu me fais, chef des Juifs, membre
du sanhédrin ; c’est extraordinaire d’être ainsi salué par une
personne qui a une position si élevée. » On a plutôt l’impres-
sion que Jésus attendait patiemment que Nicodème cesse de le
complimenter. Une fois que Nicodème s’est tu, Jésus a répondu
comme il l’a toujours fait dans son enseignement – en coupant
court au superflu pour aller directement au cœur du problème.
Il a répondu à Nicodème : « En vérité, en vérité, je te le dis, si
un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de
Dieu » (Jn 3.3). Autrement dit : « Nicodème, cesse de parler de
questions secondaires et d’honneurs personnels. Ce que je veux
te faire comprendre, c’est ceci : il y a une chose que chacun doit
absolument faire pour voir le royaume de Dieu. »

11
Que signifie « naître de nouveau » ?

En théologie et en philosophie, nous aimons faire des dis-


tinctions, et une distinction très importante dans ces disciplines
notamment est celle qui se trouve entre ce que nous appelons
une « condition nécessaire » et une « condition suffisante ».
Une condition nécessaire est définie comme une chose qui
doit absolument se produire avant que quelque chose d’autre
puisse suivre. Par exemple, pour qu’un feu s’allume, la présence
d’oxygène est absolument nécessaire. S’il n’y a pas d’oxygène, il
ne peut y avoir de feu. En revanche, une condition suffisante est
ce qui est nécessaire pour qu’un résultat se produise. L’oxygène
n’est pas une condition suffisante pour le feu. Il est nécessaire
au feu, mais à lui seul, il ne garantit pas la production d’un feu.
Vous ne pouvez pas avoir de feu sans oxygène, mais vous pouvez
avoir de l’oxygène sans avoir de feu. En résumé, une condition
nécessaire est une condition sine qua non – sans laquelle l’effet
désiré ne se produira pas.
Jésus a présenté une condition nécessaire dans cette conver-
sation avec Nicodème. Nous devrions être très attentifs chaque
fois que Jésus enseigne des conditions nécessaires, mais c’est
encore plus vrai dans le cas présent, puisqu’il énonce une condi-
tion absolue pour entrer dans le royaume de Dieu. Il dit en
effet : « [...] si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir
le royaume de Dieu. » Autrement dit, à moins que « A » ne se
produise, « B » ne peut pas suivre. Comprenez-vous pourquoi
c’est si important ? Par ces mots, Jésus a énoncé la condition
nécessaire pour entrer dans son royaume. Il a interrompu cet
homme extrêmement compétent en matière de théologie, qui

12
Doit-on naître de nouveau ?

était un chef religieux reconnu et loué par ses concitoyens en


Israël, et l’a frappé en plein front avec cette vérité : « Tu dois
naître de nouveau. » C’est comme si j’entrais dans une église, et
qu’au moment où le pasteur me posait une question théologique
ou me disait quelque chose de gentil, je lui disais : « Attendez.
Vous ne pouvez même pas voir le royaume de Dieu parce que
vous devez naître de nouveau. » Pas étonnant que les pharisiens
se soient montrés si hostiles envers Jésus.
Pour le dire aussi simplement que possible, si vous ne renais-
sez pas spirituellement, vous n’êtes pas chrétien. Il est nécessaire
de naître à nouveau pour être chrétien. Personne ne naît chré-
tien. Personne n’entre dans ce monde en étant déjà introduit
dans le royaume de Dieu. Les pharisiens pensaient qu’ils étaient
nés dans le royaume de Dieu. Ils raisonnaient ainsi : « Nous
sommes les enfants d’Abraham. Nous faisons tout ce qu’il faut.
Nous avons la loi de Moïse. » Mais Jésus leur dira plus tard :
« Vous n’êtes pas les enfants d’Abraham. Vous êtes les enfants
de ceux que vous servez » (voir Jn 8.39-47).
Je ne saurais trop insister sur le caractère radical de cette
déclaration de Jésus. Si elle nous semble radicale, elles devaient
l’être encore plus pour les contemporains de Christ.
Rappelez-vous ce que m’avait dit cet homme : « R. C., je
veux devenir chrétien, mais je ne veux pas être un chrétien né
de nouveau. » Visiblement, il voulait avoir le beurre et l’argent
du beurre. Selon toute vraisemblance, il voulait simplement me
dire ceci : « Je veux être un chrétien, un vrai chrétien, mais je ne
veux pas être une de ces personnes qui l’affiche devant tout le

13
Que signifie « naître de nouveau » ?

monde et ennuie les autres avec ses méthodes d’évangélisation


détestables. » C’est ainsi qu’il identifiait un groupe de chrétiens
qui l’avait mis mal à l’aise, un style au sein de l’Église chrétienne
qu’il percevait comme unique aux « chrétiens nés de nouveau ».
Pourtant, dans le sens réel de la langue, il n’y a qu’un seul
type de chrétien. Il existe néanmoins différents styles de chré-
tiens. Certains sont polis et d’autres désagréables. Certains
sont calmes et d’autres bruyants. Certains sont conservateurs
et d’autres le sont moins. Toutefois, le seul genre de chré-
tiens qui entre dans le royaume de Dieu sont ceux qui sont
régénérés, parce que Jésus a fait de la nouvelle naissance une
condition nécessaire. Par conséquent, la première chose que je
veux communiquer au sujet de la renaissance est le fait qu’elle
est nécessaire.

L’utilisation de la répétition par Jésus


Les Juifs avaient deux façons d’employer la répétition pour
souligner l’importance de leurs paroles, et Jésus a utilisé
les deux dans sa conversation avec Nicodème. J’ai exploré
l’une de ces méthodes dans mon livre La sainteté de Dieu
en étudiant Ésaïe 6, passage dans lequel les séraphins de la
salle du trône céleste de Dieu sont représentés en train de
chanter « Saint, saint, saint » par antiphonie. J’explique dans
ce livre la signification de cette répétition d’un mot, une
technique utilisée à travers toute la Bible. Quand les Juifs
voulaient mettre l’accent sur quelque chose, au lieu d’ajouter

14
Doit-on naître de nouveau ?

un point d’exclamation ou d’avoir recours à l’italique, ils se


contentaient de le répéter.
Quand Jésus a présenté sa condition nécessaire, il ne s’est
pas limité à dire : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut
voir le royaume de Dieu. » Il a plutôt commencé par affirmer :
« En vérité, en vérité », ce qui, dans la langue originale, aurait
été formulé par : « amēn, amēn ». C’est de ce mot hébreu que
nous tirons le mot français amen ; un mot que nous utilisons
souvent pour terminer nos prières et par lequel nous voulons
dire : « en vérité » ou « ainsi soit-il ». De temps à autre, Jésus fai-
sait précéder son enseignement de la répétition du mot amen,
et nous avons ici l’une de ces occasions. Lorsque Jésus déclare :
« En vérité, en vérité », c’est comme s’il disait : « Vous feriez bien
de mettre un astérisque à côté de ce que je viens de dire parce
que c’est extrêmement important. »
Quand j’enseignais au séminaire, j’avais l’habitude de dire à
mes étudiants : « Chaque fois que vous me voyez écrire quelque
chose au tableau, vous devriez mettre un “X” rouge à côté
dans vos notes, parce que vous pouvez être sûrs que ce sera
dans l’examen. » Jésus agissait en quelque sorte de la même
manière quand il déclarait : « En vérité, en vérité. » Quand il
avait quelque chose de très important à partager, il disait : « En
vérité, en vérité. »
Il y a des milliers de pasteurs aux États-Unis d’Amérique
qui se lèveront ce dimanche matin pour dire qu’il n’est pas
nécessaire de naître de nouveau pour entrer dans le royaume
de Dieu. Si vous entendez quelqu’un déclarer une telle chose,

15
Que signifie « naître de nouveau » ?

permettez-moi de vous demander de vous rappeler que ce n’est


pas ce que Jésus a dit. Lorsque vous éprouverez un conflit inté-
rieur quant à savoir si la nouvelle naissance est ou n’est pas une
condition nécessaire, vous devrez décider qui parle avec l’auto-
rité suprême de l’Église chrétienne. Le Seigneur de l’Église dit,
avec insistance : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme
ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. »
Les Juifs utilisaient la répétition d’une autre manière encore.
En plus de redire un mot, ils répétaient un concept donné avec
une formulation légèrement différente. Lorsque l’apôtre Paul
a mis en garde les Galates de ne pas abandonner l’Évangile
biblique, il leur a dit : « Mais, si nous-mêmes, si un ange du
ciel annonçait un évangile s’écartant de celui que nous vous
avons prêché, qu’il soit anathème ! (Ga 1.8.) Puis l’apôtre ajoute :
« Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure :
si quelqu’un vous annonce un évangile s’écartant de celui que
vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Ga 1.9.) Paul utilise ici la
deuxième forme de répétition juive, en présentant deux fois le
même avertissement, mais avec des mots légèrement différents.
Jésus a fait la même chose. Il a d’abord dit : « En vérité,
en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne
peut voir le royaume de Dieu » (Jn 3.3). Ce à quoi Nicodème
lui a rétorqué : « Comment un homme peut-il naître quand il
est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? »
(Jn 3.4.) Jésus lui a répondu : « En vérité, en vérité, je te le dis,
si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le

16
Doit-on naître de nouveau ?

royaume de Dieu » (Jn 3.5). La répétition de cette exigence clé


par le Seigneur montre à quel point elle est essentielle.
Voici ce que je déduis de l’enseignement de Jésus-Christ : il
est impossible de voir le royaume et d’y entrer si l’on ne naît pas
de nouveau. Mais cela soulève une importante question : que
signifie « naître de nouveau » ? Comme je l’ai déjà dit, chaque
Église a une doctrine de la régénération et, croyez-moi, elles
n’ont pas toutes la même doctrine. Toutes reconnaissent que
la régénération ou la renaissance est une exigence pour entrer
dans le royaume de Dieu, mais toutes ne sont pas d’accord
sur la façon dont cette condition est remplie et sur ce qu’elle
implique précisément. Dans les chapitres qui suivent, nous
chercherons à discerner ce que Jésus voulait dire lorsqu’il a
établi cette condition nécessaire.

17
Chapitre 2

La régénération est
un mystère

J ’ai vu un jour à la télévision un artiste faire une démons-


tration de peinture. Pendant qu’il peignait, il expliquait les
techniques qu’il utilisait. Il a commencé par peindre des nuages
ondulants. Puis il a montré comment utiliser un autre pinceau
pour ombrer les nuages et y ajouter des tourbillons. Il a fait
remarquer qu’il y a une différence entre une image de nuages
stationnaires dans le ciel et des nuages poussés par le vent. Les
nuages stationnaires semblent presque paralysés – pour ainsi
dire, figés sur la toile. Les vrais nuages, expliquait l’homme, ont
non seulement de l’humidité en eux, mais ils sont aussi poussés
par le vent. Il a ensuite pris un troisième pinceau et a déplacé sa
main de manière à ajouter des marques (comme des lignes) au

19
Que signifie « naître de nouveau » ?

sommet des nuages. Les lignes n’étaient pas symétriques, mais


elles délimitaient clairement les bords des nuages. Lorsqu’il a
eu terminé, les nuages semblaient se déplacer et tourbillonner.
Je pouvais presque sentir le vent dans l’image, même si je ne
pouvais pas voir le vent lui-même.
Après avoir expliqué à Nicodème l’absolue nécessité de la
nouvelle naissance, Jésus a poursuivi en faisant une analogie
entre le vent et le travail intérieur secret et mystérieux de la
renaissance spirituelle. C’est sur cet aspect de la régénération
que nous allons nous concentrer dans ce chapitre.

« Le Saint-Esprit a tout fait »


Il y a quelques années de cela, j’ai eu l’occasion de m’entretenir
en privé pendant une heure avec un homme que j’avais aupa-
ravant rencontré une fois très brièvement. Cet homme était
l’évangéliste Billy Graham. J’ai eu l’opportunité de dîner avec
lui à Asheville, en Caroline du Nord. Nous avons discuté de
plusieurs choses lors de ce repas, mais au milieu de notre dis-
cussion, après que nous ayons chacun partagé les expériences
de nos conversions respectives, Billy m’a raconté ce qui lui était
arrivé quand le jeune homme qu’il était avait eu le privilège
d’entendre les prédications de Mordecai Ham, un orateur qui
donnait une série de conférences à Charlotte, en Caroline du
Nord. Billy avait mentionné cet épisode de sa vie à maintes
reprises dans ses prédications et dans ses livres, mais l’entendre

20
La régénération est un mystère

de sa bouche après toutes ces années a été une expérience pleine


d’humilité pour moi.
En me partageant son expérience, il semblait aussi enthou-
siaste que si cela s’était produit le jour même. Il était encore
rempli d’une passion qui avait été allumée des années plus tôt,
au moment où il avait rencontré Christ. Il m’a décrit tout ce
qui lui était arrivé alors qu’il était interpellé par les prédica-
tions de M. Ham qu’il écoutait chaque soir jusqu’à ce qu’il soit
finalement irrésistiblement attiré par Christ. À la fin, Billy m’a
regardé et a dit : « Le Saint-Esprit a tout fait. » Il parlait du fait
d’être né de l’Esprit.
Le témoignage de la conversion de ma femme est à peu
près similaire. Vesta et moi nous fréquentions depuis envi-
ron cinq ans, et nous avions l’intention de nous marier. Je me
suis converti de manière assez inattendue en première année
d’université, et alors que je débutais dans ma foi, on m’avait
laissé entendre qu’en tant que chrétien, il ne m’était pas permis
d’épouser une femme qui n’était pas croyante. Mais Vesta était
la femme que je voulais épouser, et nous étions déjà fiancés.
J’ai vécu à ce moment-là de ma vie un terrible conflit intérieur.
De son côté, Vesta devait faire face à cet étrange comporte-
ment qui s’était emparé de son fiancé. Je n’avais jusque-là pas eu
de conviction religieuse sérieuse, mais à présent le christianisme
avait mis ma vie sens dessus dessous. Elle se demandait si je
n’avais pas perdu la tête.
Quelques mois après ma conversion, Vesta avait planifié
de me rendre visite. Le jour où elle devait arriver, j’ai séché les

21
Que signifie « naître de nouveau » ?

cours, je suis resté dans ma chambre et j’ai verrouillé la porte.


Je me suis mis à genoux près de mon lit et j’ai prié comme je
n’avais jamais prié auparavant. J’ai dit à Dieu : « Je ne sais pas ce
que sont les décrets éternels, mais si tu en as un qui ne corres-
pond pas à mes préférences ici, s’il te plaît, change-le. » J’ai lutté
avec Dieu pendant des heures ce jour-là. Finalement, j’ai pris
l’engagement que si Vesta ne devenait pas chrétienne ce week-
end-là, il me fallait rompre avec elle. Je prenais un gros risque.
Quand Vesta est arrivée, nous sommes allés à une réunion
de l’organisation chrétienne dans laquelle j’étais impliqué. Je
n’ai pas dit à Vesta ce que j’avais décidé dans mes prières ce
jour-là. Je ne lui ai pas dit : « Écoute, si tu ne viens pas au Christ
ce week-end, je veux récupérer la bague. » Je n’ai rien dit à ce
sujet. Elle est donc venue à notre réunion, et sans que j’y sois
pour quelque chose, elle a rencontré Christ lors de cette réu-
nion. Elle était réellement enthousiasmée en sortant. Elle était
comme Archimède bondissant hors de la baignoire en criant :
« Eurêka, j’ai trouvé ! » Elle avait découvert ce que tout chrétien
connaît – la joie de la rédemption.
Mais cette nuit-là, une fois couchée, elle n’a eu de cesse
de se réveiller pour se pincer, se demandant : « Est-ce que c’est
toujours là ? Est-ce que je l’ai encore ? » Puis elle vérifiait ce
qu’elle ressentait intérieurement et disait : « Oui, c’est toujours
là. » Alors elle se retournait et se rendormait.
Quand nous nous sommes retrouvés le lendemain matin, elle
m’a raconté ce qu’elle avait expérimenté durant la nuit. Puis elle
a fait ce commentaire que je n’oublierai jamais : « Maintenant, je

22
La régénération est un mystère

sais qui est le Saint-Esprit. » J’avais essayé de lui expliquer ce qui


m’était arrivé, mais cela revenait à essayer d’expliquer un arc-
en-ciel à un aveugle. Ce n’est que lorsque Vesta a cru et placé sa
confiance en Christ qu’elle a compris personnellement l’identité
et le caractère de Dieu le Saint-Esprit. Elle avait déjà entendu
parler de l’Esprit. Elle avait régulièrement fréquenté l’église
étant enfant. Elle avait entendu la bénédiction prononcée au
nom du Père, du Fils et de l’Esprit. Mais tout cela n’était que
cérémonie pour elle ; il n’y avait aucune substance ou applica-
tion personnelle dans ses antécédents religieux. Lorsqu’elle s’est
convertie cependant, elle a appris à connaître l’Esprit.
La difficulté que j’ai éprouvée à expliquer ma conversion à
Vesta n’est pas rare. Il s’avère en effet très compliqué d’expliquer
aux gens du monde ce que signifie une expérience spirituelle qui
change votre vie. C’est parce que la nouvelle naissance est un
mystère. Et si c’est un mystère pour ceux d’entre nous qui en
ont fait l’expérience, c’est un mystère impénétrable au niveau le
plus fondamental pour ceux qui n’en ont pas fait l’expérience –
même pour des théologiens chevronnés comme Nicodème.

La régénération est mystérieuse


La confusion de Nicodème était évidente lors de sa conversa-
tion avec Jésus. Après que Jésus lui eut dit : « Si un homme ne
naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (Jn 3.3),
Nicodème a regardé Jésus et a dit : « Comment un homme
peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de

23
Que signifie « naître de nouveau » ?

sa mère et naître ? » (Jn 3.4.) En d’autres termes, c’est comme


s’il avait dit : « Jésus, de quoi parles-tu ? » Je crois que c’est l’un
des commentaires les plus grossiers que quelqu’un a jamais fait
à Jésus. Nicodème n’a manifestement pas compris ce que Jésus
voulait dire.
Jésus parlait de la régénération. Remarquez le préfixe re,
qui signifie « à nouveau ». Le mot générer signifie littéralement
« devenir » ou « se produire ». Ainsi, Jésus disait que quelque
chose doit « se produire à nouveau ». Cependant, il ne pensait
pas à une renaissance physique, mais à une renaissance spiri-
tuelle. La nouvelle naissance est une véritable naissance, mais
c’est une naissance d’un autre genre.
Jésus a commencé à expliquer ce mystère pour répondre
aux questions de Nicodème. Il a donc poursuivi son explication
en disant : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est
né de l’Esprit est esprit » (Jn 3.6). La remarque de Jésus était
évidente, élémentaire, mais elle devait être répétée aux oreilles
de Nicodème. Après tout, là où la plupart des théologiens pro-
fessionnels s’égarent, ce n’est pas sur un point technique de la
théologie, mais sur un point fondamental, un point élémentaire,
un point qu’ils auraient dû maîtriser. En fait, plus loin dans
cette conversation, Jésus a doucement réprimandé Nicodème
en lui disant : « Tu es le docteur d’Israël, et tu ne sais pas ces
choses ! (Jn 3.10.) C’est comme si Jésus disait : « Honte à toi. Tu
devrais savoir ces choses. Je n’ai rien inventé. C’est le b.a.-ba de
la religion biblique. »

24
La régénération est un mystère

La nouvelle naissance est nécessaire parce que ce qui est


né de la chair est chair – et on ne peut pas faire sortir l’esprit
de la chair. Si vous voulez faire pousser un chêne, vous devez
planter un gland, pas une fraise. La chair ne produit que la
chair. Mais ce qui est né de l’Esprit est esprit. Donc Jésus parlait
à Nicodème de la renaissance spirituelle, et non de la simple
répétition d’un processus biologique. Il s’agit de quelque chose
de bien plus mystérieux.
Ayant établi qu’il parlait de choses spirituelles, Jésus ajoute :
« Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de
nouveau » (Jn 3.7). S’il y a une injonction prononcée par Jésus
de Nazareth que les gens ont ignorée, c’est bien celle-là. Les
gens s’étonnent encore, deviennent tendus et nerveux lorsqu’on
leur suggère qu’il faut renaître. Mais Jésus a dit : « Ne soyez pas
surpris par cela. Ne vous en étonnez pas. »
Ensuite, il a commencé à répondre à la question de Nicodème
sur le « comment ». En abordant le mystère, Jésus l’a en réalité
approfondi. Il a déclaré : « Le vent souffle où il veut, et tu en
entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en
est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (Jn 3.8). Il y a
ici un merveilleux jeu de mots. Le mot grec pneuma peut être
traduit par « esprit, » « souffle » ou « vent ». Ainsi, lorsque Jésus
a dit : « Il faut naître de l’Esprit, qui opère comme le vent », il
voulait dire que le pneuma est comme le pneuma. Le même
genre de jeu de mots apparaît dans le récit que fait Jean d’un
événement qui s’est produit dans la chambre haute, lorsque Jésus
a soufflé sur ses disciples et leur a dit : « Recevez le Saint-Esprit »

25
Que signifie « naître de nouveau » ?

(Jn 20.22). Le mot traduit à la fois par « soufflé » et « Esprit »


est pneuma. Jésus a « pneumatisé » (soufflé sur) ses disciples et
leur a ensuite dit : « Recevez le Saint-Esprit. »
Jésus a dit en réalité : « Nicodème, veux-tu savoir de quelle
manière a lieu la régénération ? Le pneuma, l’Esprit, souffle où
il veut. C’est comme le vent, qui souffle où il veut. Tu ne peux
pas le voir, mais tu peux en voir les effets. C’est ainsi qu’est le
pneuma. » Autrement dit, l’œuvre de renaissance du Saint-Esprit
est mystérieuse.

La régénération est invisible


À un niveau très élémentaire, l’œuvre de l’Esprit est mystérieuse
parce que le Saint-Esprit est énigmatique lui-même. Abraham
Kuyper, un théologien qui fut également premier ministre des
Pays-Bas a écrit l’un des plus grands ouvrages de l’histoire de
l’Église sur la personne et l’œuvre du Saint-Esprit. Dans l’in-
troduction de son livre classique The Work of The Holy Spirit
(L’œuvre du Saint-Esprit), Kuyper écrit :

Christ peut être vu et entendu ; autrefois, les mains des


hommes ont même pu toucher la Parole de Vie. Mais
le Saint-Esprit est entièrement différent. Rien n’appa-
raît de lui sous forme visible ; il ne sort jamais du vide
intangible. Planant, indéfini, incompréhensible, il reste
un mystère. Il est comme le vent ! Nous entendons son
bruit, mais nous ne pouvons pas dire d’où il vient ni où

26
La régénération est un mystère

il va. L’œil ne peut le voir, l’oreille ne peut l’entendre, et


la main encore moins le manipuler. Il existe, certes, des
signes et des apparitions symboliques : une colombe, des
langues de feu, le bruit d’un vent violent et impétueux,
un souffle des lèvres saintes de Jésus, une imposition
des mains, le parler en langues étrangères. Mais de tout
cela rien ne reste ; rien ne subsiste, pas même la trace
d’une empreinte1.

Pour résumer, l’Esprit est mystérieux parce qu’il est invi-


sible, et son œuvre de régénération est mystérieuse pour la
même raison. Personne ne peut voir ce que Dieu fait dans
l’âme d’un autre. C’est pourquoi les Écritures nous avertissent
que si l’homme regarde les apparences, Dieu regarde le cœur
(1 S 16.7). La régénération est une réalité spirituelle qui a lieu
à l’intérieur d’une personne et qui la transforme, mais elle est
invisible, tout comme le vent.
Bien que la régénération soit invisible, nous ne devons pas
oublier que Jésus a dit que nous pouvons en voir les effets, de la
même manière que nous voyons, entendons et sentons les effets
du vent. Où cherchons-nous les manifestations tangibles de la
renaissance ? Nous les voyons dans les fruits d’une vie changée.
Nous avons tous du mal à évaluer notre vie chrétienne. Nous
pouvons voir des changements positifs dans nos vies, mais nous
y voyons aussi des choses que nous ne voulons pas voir – des
1
Abraham Kuyper, The Work of the Holy Spirit [L’œuvre du Saint-Esprit],
trad. libre, Londres, Funk & Wagnalls, 1900, p. 6.

27
Que signifie « naître de nouveau » ?

choses que nous souhaitons que personne ne voie. Ainsi, lorsque


nous analysons l’état de notre âme, nous ne devons pas nous
demander où nous étions quand nous sommes nés de nouveau
ou même comment c’est arrivé, mais plutôt s’il y a des preuves
d’un changement dans la direction intérieure de notre dispo-
sition, de notre attitude envers les choses de Dieu.
Les personnes non régénérées sont, au mieux, indifférentes
aux choses de Dieu. Néanmoins, elles se montrent plus souvent
ouvertement hostiles à son égard. Bien sûr, certaines peuvent
sembler chercher Dieu, mais Romains 3.11 nous dit que ce
n’est pas le cas. La personne non régénérée ne cherche jamais
Dieu ; elle fuit Dieu. Jésus est venu pour chercher et sauver les
perdus (Lu 19.10). Il est celui qui cherche ; nous sommes ceux
qui courent. Les personnes non régénérées recherchent le bon-
heur, la paix de l’esprit, le soulagement de la culpabilité, une
vie qui a un sens, et une foule d’autres choses que nous savons
que seul Dieu peut leur donner. Mais elles ne cherchent pas
Dieu. Elles recherchent les bienfaits de Dieu. Voilà précisément
le péché de l’homme naturel : il veut les bienfaits de Dieu sans
Dieu lui-même.
Par contre, quand le Saint-Esprit opère son œuvre mysté-
rieuse de régénération, la première chose qui change chez une
personne est la disposition de son âme. Après cette transforma-
tion, celui qui est régénéré se soucie des choses de Dieu et désire
le chercher. Il a à présent une affection pour Dieu qui n’existait
pas auparavant. Cette dernière est loin d’être parfaite, mais elle
est réelle. Ses origines et sa puissance demeurent mystérieuses.

28
La régénération est un mystère

Mais la réalité est que le cœur de la personne bat pour Dieu,


alors qu’il ne le faisait pas auparavant. C’est l’effet indéniable
du souffle du pneuma à travers l’âme.

29
Chapitre 3

La régénération est le
commencement

L a régénération est la première étape de l’expérience totale


de rédemption que Dieu nous fait vivre. Quand les gens
disent qu’ils sont nés de nouveau, ils pensent souvent que leur
renaissance est la même chose que leur nouvelle vie. Après
tout, le Nouveau Testament dit que celui qui est en Christ est
une nouvelle créature : « Si quelqu’un est en Christ, il est une
nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici,
toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Co 5.17). Le fait
que quelqu’un soit une nouvelle personne, une nouvelle créa-
tion, signifie qu’il a une nouvelle vie, mais sa nouvelle vie n’est
pas la même chose que sa nouvelle naissance. Au contraire, sa
nouvelle vie est le résultat de sa nouvelle naissance, de la même

31
Que signifie « naître de nouveau » ?

manière que chaque jour de sa vie est le résultat de sa naissance


physique. Nous fêtons tous chaque année notre anniversaire,
mais nous ne renaissons pas chaque année. La naissance n’a
lieu qu’une fois, et elle indique le début de l’existence d’une
personne dans ce monde. Nous faisons donc une distinction
entre le début et la vie qui découle de ce début, tant en ce qui
concerne la naissance naturelle (physique) qu’en ce qui concerne
la naissance surnaturelle (spirituelle), ce que nous décrivons par
le terme régénération.
Quand je suis devenu chrétien, je me suis rendu compte que
j’étais fortement attaché au passage de 2 Corinthiens 5.17. Je
faisais partie de ces gens qui ont eu une conversion très sou-
daine et radicale. Au cours des deux premiers mois de ma vie
chrétienne, j’ai eu l’impression d’expérimenter des montagnes
russes émotionnelles par rapport à ma vie spirituelle. Je suis
passé de l’extase spirituelle à une profonde dépression spirituelle.
Cela ressemblait beaucoup à mon expérience du golf. Je ne sais
pas combien de fois j’ai dit à ma femme : « Je l’ai trouvé. J’ai le
secret. Je ne frapperai plus jamais un autre mauvais coup. Je ne
ferai plus jamais de mauvais parcours. » Cet enthousiasme dure
environ deux jours, puis je recommence à chercher, car le succès
au golf disparaît aussi vite qu’il est venu. Ma vie chrétienne
ressemblait à cette expérience les deux premiers mois. Je suis
passé d’un état d’euphorie spirituelle à un sentiment profond
de l’absence de Dieu, et je retombais alors dans mes vieilles
habitudes pécheresses.

32
La régénération est le commencement

Cela a duré jusqu’à ce que je demande l’aide d’un pasteur


qui m’a donné ce sage conseil : « N’oublie pas que ta renaissance
n’est que le début. Le Nouveau Testament dit que même si tu
es un adulte à tous les autres niveaux (maturité, perfection-
nement, éducation classique), si ton expérience chrétienne est
une nouveauté pour toi, alors spirituellement parlant, tu es un
bébé. Tu es encore dans l’enfance. »
Réfléchissez aux schémas émotionnels des nourrissons. Avez-
vous remarqué à quel point ils sont changeants ? Un bébé peut
pleurer à chaudes larmes, mais si vous lui dites : « coucou, cou-
cou » et que vous attirez son attention sur quelque chose d’autre,
il se met rapidement à rire. En revanche, dix secondes plus tard,
il peut recommencer à pleurer. Les émotions d’un enfant varient
ainsi jusqu’à ce qu’il arrive à un point où les hauts et les bas
sont moins extrêmes. De même, dans la croissance spirituelle,
nous suivons normalement une tendance généralement ascen-
dante au cours de laquelle nos hauts et nos bas deviennent, au
fil du temps, moins importants. Au fur et à mesure que nous
gagnons en maturité, nous nous installons dans un modèle de
comportement spirituel plus cohérent.
La renaissance n’est pourtant que le point de départ de ce
processus qui se poursuit jusqu’à ce que nous soyons glorifiés
au ciel. La lutte se poursuit depuis le jour de notre renaissance
jusqu’à ce jour où nous atteignons au ciel la plénitude de la
maturité en Christ.
Je sens l’agacement pointer en moi lorsque j’entends des
prédicateurs bien intentionnés dire, dans le but de convaincre

33
Que signifie « naître de nouveau » ?

les gens des richesses de la foi chrétienne : « Venez à Jésus et tous


vos problèmes seront résolus. » C’est tout simplement faux. Ma
vie n’a commencé à être compliquée que lorsque je suis devenu
chrétien, car ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai dû me battre
tous les jours entre ce qui est de la chair et ce qui est de l’Esprit.
Le conflit est permanent parce que la capacité à faire le mal
résidant dans le cœur d’une personne régénérée est presque sans
limites. Nous ne devrions pas être trop choqués lorsque nous
voyons des dirigeants chrétiens commettre de graves péchés.
Nous avons la puissance d’une nouvelle vie, mais cela n’efface
pas automatiquement nos tendances d’avant la conversion (voir
Ga 5.16,26 ; Ro 6 – 7). La régénération n’est qu’un début.
Mais ce n’est pas seulement un début – c’est le début. C’est le
commencement le plus important de votre vie.

Nous étions morts autrefois


J’aimerais attirer votre attention sur certains éléments très
importants concernant le début de la vie chrétienne. Nous avons
besoin de voir de quoi nous avons été régénérés. Au début du
deuxième chapitre de sa lettre aux Éphésiens, Paul écrit : « Vous
étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous
marchiez autrefois, selon le train de ce monde » (Ép 2.1,2a).
Nous avons tous des valeurs. Nous avons tous un point de
vue, une vision du monde et une vision de nous-mêmes. Nous
avons tous des préférences. Nous essayons de vivre selon une
sorte de norme. Mais comment vivez-vous votre vie ? Quelle

34
La régénération est le commencement

est votre norme ? D’où la tirez-vous ? Plus important encore,


pourquoi votre norme est-elle ainsi ?
L’apôtre déclare ici : « Avant que vous ne renaissiez, vous étiez
morts. » Il est évident qu’il ne parle pas de la mort biologique.
Ce message, cette lettre, n’est pas envoyé à une morgue. Il
est destiné à des personnes qui sont biologiquement vivantes.
Paul dit que les Éphésiens, et nous aussi, nous étions autrefois
morts spirituellement. Nous étions des zombies spirituels – des
morts ambulants. Nous étions biologiquement vivants, mais
spirituellement morts.
Comment marchions-nous ? Paul affirme que nous mar-
chions « selon le train de ce monde ». Si vous participez à un
marathon avec cinq cents autres concurrents, et que vous déci-
dez de partir courir votre propre course, vous n’obtiendrez pas
le prix, quelle que soit la vitesse à laquelle vous courez, parce
que vous n’êtes pas resté dans les limites – dans le parcours – de
la course. Il y a un parcours précis que les coureurs sont censés
suivre. Paul veut dire dans ce verset qu’avant d’être régénérés,
nous menions notre vie selon un parcours qui nous était imposé
par le monde.
Nous, les humains, nous avons tendance à être serviles dans
notre adhésion aux systèmes de valeurs de nos pairs, surtout à
l’adolescence. Les adolescents ont tendance à être très soucieux
de leurs pairs. Leur perpétuel refrain est le suivant : « Mais tout
le monde le fait. » Ils sont prêts à perdre le sommeil la nuit pour
savoir s’ils sont à jour quant aux dernières tendances et modes.
Mais, bien sûr, à la fin de l’adolescence, on en sort grandi,

35
Que signifie « naître de nouveau » ?

n’est-ce pas ? Vous savez que ce n’est pas le cas. Nous avons ten-
dance à rester conscients des limites de la course de ce monde.
Cette adhésion servile à une course qui nous est tracée par le
monde est la marque d’une personne non régénérée, dit Paul.
Non seulement cela, dit Paul, mais nous vivions aussi « selon
le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant
dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur
nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre
chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées,
et nous étions par nature des enfants de colère, comme les
autres... » (Ép 2.2b,3.)
C’est l’une des descriptions les plus explicites et détaillées de
l’état moribond, torpide et mortel d’une personne non régéné-
rée que nous trouvons dans toutes les Écritures. Les personnes
non régénérées sont sous l’influence de l’ennemi et cherchent
à satisfaire les convoitises de la chair et les désirs du corps et
de l’esprit. Il ne s’agit pas seulement d’une description du style
de vie de criminels endurcis ou d’hédonistes convaincus. C’est
le mode de vie de tous, sans exception. Le monde entier vit
normalement et naturellement en suivant ce parcours déchu.

Mais Dieu...
Toute cette description se concentre sur notre comporte-
ment avant la nouvelle naissance. C’est le mot suivant dans
Éphésiens 2 qui nous amène à la régénération. C’est un mot
qui me fascine, car il saisit et résume le message tout entier de

36
La régénération est le commencement

la rédemption : mais. Paul écrit : « Mais Dieu, qui est riche en


miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés,
alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a
vivifiés ensemble avec le Christ » (Ép 2.4,5, DBY ).
Paul utilise ici un terme plutôt obscur pour désigner la nou-
velle naissance : vivifiés. Bibliquement parlant, vivifier quelque
chose ne signifie pas lui donner plus de vivacité. C’est rendre
cette chose vivante. Dans le symbole des Apôtres, nous disons
que lorsque Jésus reviendra, il jugera « les vivants et les morts ».
Il n’est pas question de différencier les vifs des apathiques. Le
contraste se situe entre ceux qui sont vivants et ceux qui sont
morts, et c’est le contraste que l’apôtre décrit ici dans Éphésiens.
Nous étions autrefois morts spirituellement, mais Dieu nous a
vivifiés. Il nous a rendus vivants. Il nous a fait sortir de l’état
de mort. Le processus par lequel il l’a fait est la régénération.
C’est le début d’une nouvelle vie.
De plus, la régénération est quelque chose qui est accompli
par Dieu, et uniquement par lui. Un homme mort ne peut pas
se ressusciter lui-même d’entre les morts. La seule puissance
sur la mort dans l’univers est celle de Dieu. Lui seul peut faire
sortir quelque chose du néant et la vie de la mort. Une personne
morte ne peut rien faire d’autre que de rester morte. Notre vivi-
fication, cette première étape qui nous a fait entrer dans une vie
entièrement nouvelle et a fait de nous de nouvelles créatures, a
été accomplie par un acte du Dieu tout-puissant.
Il y a deux mots qui ne font pas partie de notre jargon chré-
tien habituel, mais qui sont très importants pour comprendre

37
Que signifie « naître de nouveau » ?

l’action de Dieu dans la régénération. Ces mots sont monergisme


et synergisme. Permettez-moi de décomposer ces mots pour vous
aider à comprendre ce qu’ils signifient. Le préfixe mon signifie
« un » – quelque chose d’unique. Un erg est une unité de mesure
de travail ou d’œuvre. C’est de cette racine que vient le mot
énergie. Par conséquent, si nous mettons tout cela ensemble, le
monergisme signifie littéralement « un seul travaille ». Un travail
monergiste est un travail dans lequel une seule partie accomplit
la tâche. Le préfixe syn signifie « avec » ou « ensemble avec ».
Ainsi, une œuvre synergique est une œuvre dans laquelle deux
personnes ou plus travaillent ensemble pour mener une tâche
à bien. Un travail synergique est un travail de coopération.
Comment cela s’applique-t-il à la théologie et à notre dis-
cussion sur la régénération ? La renaissance spirituelle est une
œuvre monergiste, et non une œuvre synergique. La renaissance
est accomplie par Dieu seul. Comme je l’ai mentionné plus
haut, un mort ne peut pas coopérer à sa résurrection. Jésus ne
s’est pas approché du tombeau de Lazare en disant : « Lazare,
j’ai besoin que tu m’aides à surmonter les terribles implications
de ta récente disparition. » Ce n’est pas ainsi qu’il a parlé à
Lazare. Lazare était impuissant et il ne pouvait aider puisqu’il
était mort. Ramener une personne de la mort spirituelle à la vie
spirituelle est une chose que seul Dieu peut faire.
Une fois que Dieu nous a rendus vivants, nous devons
ensuite nous impliquer. Nous devons croire, nous repentir et
rechercher les choses de Dieu. Avant que Dieu ne nous rende
vivants, nous étions incapables de faire ces choses. Nous avons

38
La régénération est le commencement

donc besoin que Dieu prenne l’initiative de changer la disposi-


tion de nos cœurs, de vivifier nos âmes pour que nous puissions
ensuite répondre en acceptant Christ et en nous réfugiant en
lui dans la repentance.
Il faut retenir dans ce cas que l’initiative doit venir de Dieu.
Le salut vient du Seigneur. Si vous êtes récemment devenu
chrétien et que vous essayez de comprendre ce qui vous est
arrivé, je pense qu’il est essentiel que vous compreniez ce point
dès les prémices de votre développement chrétien, afin que
vous puissiez apprécier la grâce de Dieu dès le début de votre
marche avec lui.

Dieu est celui qui accomplit la régénération


Il y a quelque temps, on m’a demandé de parler devant une
assemblée d’hommes à Jackson, dans le Mississippi. Alors que
le jour de ma visite approchait, les organisateurs m’ont fait
comprendre que ce qu’ils attendaient de moi n’était pas mon
discours éducatif habituel, mais un message d’évangélisation.
Ce message devait être suivi d’un appel à l’engagement. Si
jamais un orateur a été rempli de terreur sur terre, c’était bien
moi quand on m’a confié ce mandat. J’ai une grande admiration
pour ceux que Dieu utilise en tant qu’évangélistes, mais je suis
un enseignant, et non un évangéliste.
Je les ai appelés pour leur dire qu’ils s’étaient trompés de per-
sonne. Je leur ai dit que Dieu bénissait mon enseignement, mais
que chaque fois que j’essayais d’évangéliser par ma prédication,

39
Que signifie « naître de nouveau » ?

personne ne répondait vraiment. Un peu comme si Dieu me


murmurait et me disait : « Hé, ce n’est pas ton don. » Mais un
« non » n’était pas une réponse acceptable pour eux.
J’ai donc prêché lors de cet événement et j’ai lancé un appel
à ceux qui voulaient s’engager à suivre le Christ. Il n’y a pas eu
de réponse par milliers, mais... à mon grand étonnement, des
hommes ont donné leur vie à Christ pour la première fois. Plus
tard ce jour-là, j’ai retrouvé ceux qui avaient organisé l’événe-
ment et je leur ai dit : « Réalisez-vous ce qui s’est passé ici ? Alors
que nous avions organisé ce rassemblement humain, pendant
que je parlais et lisais les Écritures, le Créateur de l’univers est
entré dans cette salle et a secrètement, invisiblement, mysté-
rieusement et surnaturellement changé les âmes de certains des
êtres humains qui s’y trouvaient. » Je leur ai dit : « C’est arrivé.
Et c’est Dieu qui l’a fait. »
Cette nuit-là, les hommes qui ont répondu à l’Évangile ont
été changés au plus profond de leur âme, dans la mesure bien
entendu où ils possédaient effectivement la foi qu’ils profes-
saient. Ils ont été réorientés du train du monde qu’ils suivaient
vers une nouvelle course, celle de la vie chrétienne. Pour ceux
qui ont été régénérés spirituellement par le Saint-Esprit cette
nuit-là, cette réunion a constitué un nouveau départ. Il en est
de même pour tous ceux qui font l’expérience de la nouvelle
naissance – c’est le début de la vie chrétienne.

40
Chapitre 4

La régénération est
une œuvre souveraine
de Dieu

V oici une formule théologique qui peut sembler étrange :


« La régénération précède la foi. » Nous avons vu que la
régénération, ou renaissance spirituelle, est le début de la vie
chrétienne. Si la régénération est la première étape, elle doit
évidemment précéder la deuxième étape. Les personnes spi-
rituellement mortes ne développent pas soudainement la foi,
amenant ainsi Dieu à les régénérer. La foi est plutôt le fruit de
la régénération que Dieu opère dans nos cœurs : « ... nous qui
étions morts par nos offenses, [Dieu] nous a rendus vivants avec
Christ » (Ép 2.5). Nous naissons de nouveau (sommes régénérés),

41
Que signifie « naître de nouveau » ?

puis nous venons à la foi, ensuite nous sommes justifiés, et enfin


nous entamons le processus de sanctification qui dure toute la
vie (Ro 8.30). Tous ces événements constituent l’ensemble du
développement de la vie chrétienne. Mais le point de départ, le
premier acte de la chaîne, émane de Dieu seul – c’est une œuvre
monergiste, comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent.
Pour résumer, la régénération est une œuvre souveraine
de Dieu. En d’autres termes, Dieu exerce sa puissance et son
autorité sur vous en son temps et à sa manière pour susciter
la régénération de votre cœur. J’insiste sur ce point parce que
beaucoup de gens comprennent la régénération comme une
simple activité de persuasion morale par laquelle Dieu nous
amadoue ou nous incite à changer et à venir dans sa direction.
Je suggère, en suivant la pensée d’Augustin et d’autres grands
hommes de la foi chrétienne, que la régénération ne consiste
pas seulement à voir Dieu comme étant à l’écart de nous et
essayant de nous persuader de venir à lui, mais bien de le voir
entrer en nous. Il envahit l’âme, car il doit se produire un chan-
gement substantiel dans le cœur avant que nous puissions venir
à Christ. Pour que nous puissions désirer les choses de Dieu,
nous devons être rendus vivants, et pour être rendus vivants, il
faut un acte souverain de Dieu.

Un Hébreu né d’Hébreux
Dans Actes 9, nous lisons le récit de la conversion la plus célèbre
de toute l’histoire de l’Église. Il s’agit de la conversion de Saul,

42
La régénération est une œuvre souveraine de Dieu

l’homme qui est devenu l’apôtre Paul. Le Nouveau Testament


nous apprend que peu de sages et de grands hommes ont été
appelés par Dieu pour faire partie de la fondation de l’Église
chrétienne (1 Co 1.26,27). Au contraire, l’Église primitive était
principalement composée d’opprimés, de pauvres, d’exploités et
de personnes aux moyens limités. Cela faisait partie du plan de
Dieu, dans l’ensemble, de ne pas choisir les riches, les puissants
et les gens célèbres pour l’établissement de son Église. Toutefois,
les Écritures ne disent pas « qu’aucun », mais que « peu » venant
de position de leadership ou de rang social élevé ont été pris.
L’un d’entre eux, Saul de Tarse, était issu d’un tel milieu.
Saul était issu d’une famille de marchands et avait reçu une
éducation supérieure remarquable. Certains spécialistes ont
affirmé que si Saul n’avait jamais fait la rencontre de Christ
sur le chemin de Damas et s’il ne s’était jamais radicalement
converti, si Dieu l’avait laissé poursuivre la voie qu’il suivait,
le monde moderne le connaîtrait probablement encore, car il
faisait partie des Juifs les plus instruits du premier siècle. Il était
l’élève modèle de Gamaliel, le principal rabbin de Jérusalem.
Il avait obtenu l’équivalent de deux doctorats à l’âge de vingt
et un ans. Encore jeune, il s’était élevé de manière fulgurante à
une position d’autorité politique, théologique et ecclésiastique
en Israël.
Saul était un homme instruit et accompli, mais il était aussi
très passionné. C’était un zélateur. Il se décrivait lui-même
comme « animé d’un zèle excessif pour les traditions de [ses]
pères » (Ga 1.14b) et comme un « Hébreu né d’Hébreux »

43
Que signifie « naître de nouveau » ?

(Ph 3.5). Nous ne savons pas exactement ce qu’il entendait par


là, mais nous savons qu’il se décrivait en utilisant un superlatif
propre à la langue juive, semblable aux termes « Roi des rois »
ou « Seigneur des seigneurs ». Autrement dit, Saul faisait partie
d’une classe à part. Il avait atteint le plus haut niveau possible.
Saul était aussi un pharisien (Ph 3.5), un membre du parti
conservateur des dirigeants juifs qui étaient attachés à la stricte
observance de la loi mosaïque. Une tradition de l’époque de
l’Église primitive laisse entendre qu’il y avait parmi les phari-
siens un noyau central qui croyait que si l’un d’entre eux res-
pectait parfaitement toutes les lois diverses et variées auxquelles
ils se consacraient pendant une journée tout entière, cet acte de
vertu inciterait Dieu à envoyer le Messie. Il y avait donc une
poignée de zélotes parmi les pharisiens qui pratiquaient toutes
sortes d’abnégation et d’ascétisme. Ils étaient diligents dans
leurs études et scrupuleux dans chaque détail de la loi dans
leur tentative de l’observer parfaitement pendant une période
de vingt-quatre heures. Certains pensent que Saul lui-même
était l’un de ces pharisiens zélés.
Nous rencontrons Saul pour la première fois lorsqu’il tient
les vêtements de ceux qui lapident Étienne (Ac 7.58). Dans
Actes 8 et 9, nous le voyons transformer sa passion en une
forme militante d’hostilité envers l’Église naissante, qu’il consi-
dère comme une grave déformation du judaïsme orthodoxe. Il
considère le mouvement chrétien non pas comme un accom-
plissement des Écritures de l’Ancien Testament, mais comme
la mise à mal de tout ce qui lui était cher. Saul travaille donc

44
La régénération est une œuvre souveraine de Dieu

avec les autorités religieuses juives pour porter des accusations


formelles contre les chrétiens. Il est rempli d’hostilité envers
Jésus et tout ce qu’il représente.

Christ affronte Saul


Mais tout change dans Actes 9, qui commence par ces mots :
« Cependant Saul, respirant encore la menace et le meurtre
contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain
sacrificateur, et lui demanda des lettres pour les synagogues
de Damas, afin que, s’il trouvait des partisans de la nouvelle
doctrine, hommes ou femmes, il les amène liés à Jérusalem »
(Ac 9.1,2). Chaque souffle que Saul exhalait apportait une sorte
de menace diabolique sur la vie des croyants, et pas seulement
sur ceux qui vivaient à Jérusalem. Il avait demandé au sacrifi-
cateur des lettres de soutien officiel pour qu’il puisse continuer
ses recherches, ses poursuites et sa persécution des chrétiens à
Damas. Il voulait aller jusque-là pour trouver tous les Juifs qui
auraient pu être touchés par cette hérésie chrétienne. Il était
un peu comme un policier allant voir un juge pour obtenir un
mandat. Saul voulait traquer les chrétiens, hommes et femmes,
et les amener enchaînés à Jérusalem.
Or, Saul n’est jamais parvenu à Damas pour accomplir sa
mission : « Comme il était en chemin, et qu’il approchait de
Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour
de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait :
Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu,

45
Que signifie « naître de nouveau » ?

Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes [...]


Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire »
(Ac 9.3-5a,6b).
S’il y a une preuve dans les Écritures que la régénération
est un acte souverain, c’est bien celle-ci. Saul n’avait rien fait
pour mériter cette merveilleuse intervention dans sa vie. Aucun
mérite dans ses actions ou sa vie n’aurait pu inciter Dieu à lui
envoyer cette gracieuse visite ; en fait, il avait même beaucoup
de démérites. Pourtant, Jésus est venu à Saul, et Saul a été sou-
verainement et réellement converti sur-le-champ.
Plus tard, écrivant sous le nom de l’apôtre Paul, il s’est sou-
venu que Jésus avait également dit : « Il te serait dur de regimber
contre les aiguillons » (Ac 26.14b). C’est une image étrange.
Dans le monde antique, lorsque les bœufs étaient utilisés pour
tirer les charrettes, il leur arrivait de s’entêter, tout comme les
mules, et le conducteur leur donnait alors un coup de fouet
sur le dos pour les faire avancer. Parfois, lorsque les bœufs
préféraient fermement ne pas bouger et que la piqûre du fouet
leur déplaisait, ils ruaient de leurs pattes arrière et donnaient
des coups de pied, risquant ainsi de briser la charrette. On avait
donc commencé à mettre des aiguillons à bœufs à l’avant des
charrettes. Sur l’aiguillon à bœuf, il y avait des pointes solides
et tranchantes qui pouvaient blesser les sabots des bœufs et les
dissuader de ruer. Mais il arrivait qu’un bœuf particulièrement
stupide « regimbe contre les aiguillons ». La douleur du coup de
pied donné une fois contre l’aiguillon rendait le bœuf encore
plus furieux, et il donnait alors un coup de pied encore plus fort.

46
La régénération est une œuvre souveraine de Dieu

Plus il donnait de coups, plus il avait mal, et plus il avait mal,


plus il était en colère, et plus il était en colère, plus il donnait
de coups de pied. Le bœuf finissait par saigner abondamment
à force de se battre contre l’aiguillon.
Jésus voulait lui dire en quelque sorte : « Saul, tu es un bœuf
stupide. Pourquoi me persécutes-tu ? Tu ne peux pas gagner.
Tu es comme un bœuf qui donne des coups de pied contre les
pointes d’un aiguillon à bœuf. »
Alors même que Saul était allongé sur le sol, il a levé les
yeux vers la lumière resplendissante et a demandé : « Qui es-tu,
Seigneur ? » Il ne savait pas qui l’avait arrêté dans sa course, mais
il savait que ce devait être le Seigneur, car personne d’autre ne
pouvait éclairer le désert au milieu du jour avec une telle lumière
aussi resplendissante de gloire. Personne d’autre ne pouvait le
faire tomber à terre et l’aveugler de la sorte. Personne d’autre
ne pouvait lui parler d’une voix du ciel dans sa propre langue.
Ce devait être le Seigneur qui lui parlait. Jésus lui répondit : « Je
suis Jésus, que tu persécutes. […] Lève-toi, entre dans la ville,
et on te dira ce que tu dois faire. »

Dieu vous a-t-il affronté ?


Peut-être n’avez-vous jamais vu de lumière vive sur le che-
min de Damas. Vous n’avez peut-être jamais été désarçonné. Je
suis sûr que vous n’avez jamais entendu de voix audible venant
du ciel. Dans le cas de Saul, ce n’était que des manifestations
extérieures de l’œuvre intérieure et mystérieuse de la renaissance.

47
Que signifie « naître de nouveau » ?

Mais le même pouvoir souverain et la même autorité manifestés


sur le chemin de Damas ce jour-là ont été à l’œuvre dans votre
âme, si vous êtes vraiment né de nouveau.
La régénération est l’œuvre de la toute-puissance de Dieu,
puissance que rien ne peut vaincre ni contrer. Si Dieu fait revenir
une personne d’entre les morts, cette personne revient d’entre
les morts. Il n’y a pas de contestation lorsque cette puissance
est exercée. Dieu a souverainement affronté Saul et l’a souverai-
nement transformé et racheté. A-t-il fait de même pour vous ?

48
Chapitre 5

La régénération est
immédiate

Q uand j’étais enfant et que je jouais dehors, ma mère m’ap-


pelait en disant : « R. C., rentre dîner. » Elle disait cela
à quelques reprises, mais ensuite, si je traînais trop et mettais
sa patience à l’épreuve, elle disait : « Jeune homme, rentre à la
maison immédiatement », en insistant sur chaque syllabe de ce
mot. Quand j’entendais cela, je savais que je devais rentrer à la
maison sans plus tarder.
En théologie, nous disons que la régénération est immé-
diate. Cela laisse entendre que la régénération est instantanée ;
elle se produit en un instant. Mais dans ce cas-ci, la significa-
tion du mot immédiat va bien au-delà du temps. Dire que la

49
Que signifie « naître de nouveau » ?

régénération est immédiate signifie également qu’elle se produit


sans moyen, sans intermédiaire.

La régénération est instantanée


J’ai déjà fait mention plus tôt de la soudaineté de ma conver-
sion. Pour d’autres personnes, cependant, la conversion est
plus graduelle et prolongée ; il se peut même que certains ne
sachent pas en quelle année ils sont devenus chrétiens. Ils disent
vrai quand ils affirment : « Je ne sais pas quand c’est arrivé.
C’est une expérience que j’ai vécue petit à petit sur plusieurs
années. » Comment, alors, puis-je affirmer que la régénération
est instantanée ? La réponse se trouve dans mon utilisation du
terme conversion. Je fais référence à la conversion dont nous
avons conscience. Je peux affirmer avoir eu conscience de vivre
une conversion soudaine, subite et instantanée. En parallèle,
d’autres personnes pourraient dire : « La prise de conscience de
ma conversion a été graduelle. » Ainsi, nous pouvons distinguer
entre notre conscience personnelle de ce que Dieu fait en nous
et l’action elle-même.
Dans les années 1980, un film intitulé Crocodile Dundee
suivait les aventures d’un homme de brousse australienne arri-
vant à New York. Sur place, il avait été accueilli par une jour-
naliste qui lui avait demandé : « Quel âge avez-vous ? » Question
à laquelle il avait répondu : « Je ne sais pas. » Elle avait alors dit :
« Vous ne savez pas ? Comment pouvez-vous ne pas savoir ? » Il
avait répondu : « Eh bien, j’ai demandé au chef de la tribu qui

50
La régénération est immédiate

me connaît depuis ma naissance et il m’a répondu : “En été.” »


Crocodile Dundee ne savait donc pas précisément quand il était
né. Mais cela signifiait-il qu’il n’avait pas d’anniversaire ? Non,
bien sûr que non. Il y avait eu un moment avant sa naissance
où il n’était pas né et un moment où il était venu au monde, et
le passage d’un statut à l’autre s’était fait instantanément (ou
presque). Il ne savait simplement pas quand cela s’était produit.
De la même manière, il y a beaucoup de personnes qui ne savent
pas quand elles sont nées de nouveau.
Il est donc possible qu’une personne ne sache pas quand ou
comment elle est née de nouveau. Mais ce n’est pas vraiment
important de savoir quand ou comment vous êtes devenu chré-
tien. La seule chose qui compte est de savoir si vous êtes né de
nouveau. Ces deux situations s’excluent mutuellement. Soit
vous êtes spirituellement mort, soit vous êtes vivant en Dieu.
Soit vous êtes non régénéré, soit vous êtes régénéré. Il n’y a pas
d’état intermédiaire. Cela fonctionne comme pour une gros-
sesse ; aucune femme n’est presque enceinte. De même, personne
n’est presque régénéré. Soit vous l’êtes, soit vous ne l’êtes pas.

La régénération se produit sans intermédiaire


Ainsi, la régénération est instantanée. Mais quand je dis que
la régénération est immédiate, je veux dire bien plus que cela.
J’affirme que lorsque Dieu vous amène à la vie spirituelle, il n’uti-
lise aucun autre moyen que lui-même pour le faire. Lorsqu’un
médecin vous soigne pour une maladie en vous donnant une

51
Que signifie « naître de nouveau » ?

ordonnance, le médicament est le moyen qu’il utilise pour vous


amener à la guérison. Mais le remède à la mort spirituelle, c’est-
à-dire la régénération, ne s’administre pas par doses. Le médecin
par excellence guérit immédiatement.
L’Évangile de Marc nous rapporte l’épisode frappant d’une
guérison effectuée par Jésus. Il s’agit d’un exemple de guérison
non pas immédiate, mais d’une guérison qui utilise des moyens.
Nous lisons : « Et il vient à Bethsaïda ; et on lui amène un
aveugle, et on le prie pour qu’il le touche » (Mc 8.22, DBY ). De
toute évidence, cet aveugle avait des amis qui se souciaient de
lui, et comme ils avaient entendu parler de l’activité miraculeuse
de Jésus, ils avaient décidé de lui amener leur ami. Ils voulaient
que ce dernier bénéficie de la puissance surnaturelle de Jésus.
Jésus a alors agi de manière étrange : « Et ayant pris la main
de l’aveugle, il le mena hors de la bourgade… » (Mc 8.23a,
DBY.) Imaginez la scène. En général, les gens venaient à Jésus
et disaient : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi », et quand
Jésus entendait cela, il répondait : « Je vais faire comme tu me
l’as demandé. Va en paix. » Autrement dit, Jésus guérissait sim-
plement la personne sur-le-champ. Mais dans ce cas-ci, Jésus
a éloigné l’homme de la foule pour que sa guérison ne soit pas
un spectacle public. De plus, Jésus l’a pris par la main. La grâce
n’a jamais été aussi tendre que dans cet exemple – Dieu incarné
prenant un aveugle par la main pour le conduire dans un lieu
privé et le guérir. Nous pouvons voir combien Jésus se souciait
de la dignité de cet homme. Je me demande combien de fois
cet homme avait été conduit ici et là par des amis. Il avait été

52
La régénération est immédiate

obligé de faire confiance aux autres pour le guider. Imaginez


son impuissance dans chacune des situations de sa vie. Mais à
présent, il était guidé par Jésus-Christ. Il n’avait jamais eu de
guide plus digne de confiance dans sa vie.
Marc ajoute ensuite : « [Jésus] le mena hors de la bourgade ;
et lui ayant craché sur les yeux, il posa les mains sur lui et lui
demanda s’il voyait quelque chose » (Mc 8.23b, DBY ). Je viens
de souligner le fait que Jésus s’est donné du mal pour protéger
la dignité de l’homme aveugle. Pourtant, dès qu’il l’a éloigné de
la foule, il lui a craché sur les yeux. Dans notre culture, ce serait
un geste d’insulte destiné à humilier. Mais de toute évidence,
ce n’était pas l’intention de Jésus. En crachant sur ses yeux et
en lui imposant les mains, il communiquait avec l’homme au
moyen du toucher.
Cette histoire est semblable au récit de Jean 9 qui parle
également de Jésus guérissant un aveugle avec de la salive.
Cependant, dans cet exemple, il n’a pas craché sur les yeux de
l’homme ; il a plutôt mélangé de la salive avec de la terre pour
former de la boue, puis l’a mise sur les yeux de l’homme afin
de le guérir.
Que s’est-il passé dans ces deux récits ? Jésus utilisait-il les
remèdes maison pour guérir la cécité que sa mère lui avait
enseignés à Nazareth ? Non, il n’y avait aucun pouvoir théra-
peutique particulier que ce soit dans le crachat ou dans la boue.
Je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle Jésus a utilisé
ces méthodes, mais étant donné les innombrables guérisons
que Jésus a effectuées sans ces moyens, je sais qu’il n’avait pas

53
Que signifie « naître de nouveau » ?

besoin d’utiliser de la salive ou de la boue pour rendre la vue à


ces hommes. Le pouvoir de donner la vision n’était pas dans le
crachat ou dans la boue. Autrement dit, le pouvoir de rendre
la vue n’était pas dans les moyens – même si Jésus a utilisé des
moyens dans les deux cas. L’efficacité résidait dans la puissance
de Dieu qui se trouvait derrière les moyens employés.
Ce qui s’est passé ensuite est pour le moins étrange. Jésus a
craché sur les yeux de l’aveugle, lui a imposé les mains et lui a
demandé s’il voyait quelque chose. L’homme a ouvert les yeux
et a dit : « Je vois des hommes, car je vois comme des arbres qui
marchent » (Mc 8.24, DBY ).
Il s’agit là tout de même d’une nette amélioration – l’homme
ne pouvait rien voir en train de marcher avant cette rencontre
avec Christ. Il était totalement aveugle. Maintenant, au moins,
il voyait des formes vagues et ombragées en mouvement.
N’aurait-il pas dû être satisfait de cette évolution ?
Je n’ai jamais vu d’hommes qui ressemblent à des arbres,
mais j’ai vu des arbres qui ressemblent à des hommes. Il y
avait un grand chêne derrière l’épicerie Wiegel quand j’étais
petit, et chaque soir après la tombée de la nuit, au clair de
lune, je devais prendre le chemin à travers les bois qui passait
derrière ce magasin pour arriver dans ma rue. Et chaque soir, je
levais les yeux et je voyais la silhouette de cet arbre massif, qui
semblait avoir une centaine de bras hostiles prêts à m’attraper.
J’avais pris l’habitude de courir en approchant de cet arbre parce
qu’il ressemblait à un homme – un homme particulièrement

54
La régénération est immédiate

grotesque et menaçant. Mais je n’ai jamais vu d’homme qui


ressemblait à un arbre.

Un second contact
Que s’est-il passé ensuite ? « Puis Jésus lui mit encore les mains
sur les yeux et le fit regarder ; et il fut rétabli, et voyait tout
clairement » (Mc 8.25, DBY ). Avec ce deuxième toucher de
Jésus, la vision de l’homme a été entièrement restaurée.
Le but de cette histoire n’est pas de nous enseigner ce qu’est
la régénération. Il s’agit simplement de relater un événement his-
torique qui a démontré la puissance de Christ dans la guérison
d’un homme souffrant de cécité. Mais je pense que nous pou-
vons retenir ici quelques principes. Je crois en effet qu’il existe
dans ce passage une analogie légitime avec la vie chrétienne.
Tout d’abord, la régénération n’est pas graduelle. Deux
contacts avec Christ ne sont pas nécessaires pour que le cœur
d’un homme passe de la pierre à la chair. Il n’est pas indispen-
sable que Dieu effleure deux fois du doigt pour que la vie sorte
de la mort. Une seule fois suffit.
Mais avez-vous remarqué que lorsque nous renaissons,
lorsque nous sommes éveillés spirituellement, nous ne sommes
pas instantanément guéris de tout péché ? Encore une fois, la
renaissance est un début, mais nous portons toujours avec nous
ce corps de mort qui lutte et se bat contre la vie que l’Esprit
de Dieu a créée en nous. Lorsque nous naissons de nouveau, le
mieux que nous pouvons espérer, spirituellement parlant, est

55
Que signifie « naître de nouveau » ?

de voir dans un premier temps des hommes marcher comme


des arbres.
À l’époque où la mode des autocollants « Je l’ai trouvé » était
à son apogée, je réagissais avec un peu d’agacement chaque fois
que j’en voyais un. Je comprenais la signification de ce slogan –
les gens disaient qu’ils avaient trouvé la perle de grand prix,
le bien le plus précieux de cet univers. Cependant, lorsque le
Nouveau Testament parle de chercher Dieu et le royaume de
Dieu, il fait référence aux chrétiens. La quête de Dieu, le désir
de le trouver, commence à la renaissance. Lorsqu’un prospecteur
trouve une pépite d’or, s’arrête-t-il de chercher ? Non, il se met à
chercher avec plus de vigueur encore, et il cherche dans la même
zone où il a trouvé la première, car il se dit que là où il y a une
pépite, il doit y en avoir d’autres. De la même manière, quand
nous expérimentons une vie nouvelle, nous en voulons davan-
tage encore. Nous voulons grandir. Nous voulons atteindre la
plénitude de la maturité.
L’homme aveugle a dû être ravi de voir se promener des
hommes qui ressemblaient à des arbres. Mais je l’image bien
dire, les lèvres frémissantes : « Jésus, tant que tu es là, tu veux
bien me toucher encore une fois, parce que j’aimerais tout voir. »
Alors Jésus l’a touché de nouveau, et tout est devenu plus clair.
Il voyait maintenant les hommes comme des hommes qui
marchent et les arbres comme des arbres se balançant au gré
de la brise. Il pouvait maintenant faire la différence entre un
homme et un arbre, car il voyait clairement.

56
La régénération est immédiate

La croissance spirituelle à travers les moyens


de grâce
Le Nouveau Testament utilise souvent la cécité comme méta-
phore de la mort spirituelle. Par analogie, la régénération est
assimilée au fait de recevoir la vue. Nous sommes enveloppés
dans les ténèbres, mais la lumière fait irruption dans nos vies,
puis nous voyons soudainement la douceur des choses de Dieu
et nous nous réjouissons de ces choses qui sont cachées aux
autres personnes qui ne reconnaissent pas leur beauté. Avez-
vous des amis qui n’arrivent pas à comprendre pourquoi vous
êtes si enthousiaste à propos de votre foi ? Ils ne le voient pas.
Ils ne peuvent pas le comprendre. Ils ne saisissent pas ce dont
vous parlez.
Mais nous non plus, nous ne le voyons pas parfaitement.
Nous avons besoin que notre vision soit accrue. Lorsque nous
naissons de nouveau, sans moyen, par la puissance souveraine
de Dieu, ce n’est que le début. Nous découvrons alors la crois-
sance spirituelle.
Pour y voir plus clair, que devons-nous faire ? Je ne peux pas
demander à Jésus de venir toucher à nouveau mes yeux – ou,
plus exactement, mon cœur ou mon âme. Oui, il est présent
par l’intermédiaire de son Esprit, mais la croissance par laquelle
nous arrivons à maturité se produit par des moyens que nous
devons utiliser. Autrement dit, la croissance spirituelle n’est pas
immédiate ; elle doit faire son œuvre en nous. La croissance
spirituelle exige de faire usage de ce que nous appelons les

57
Que signifie « naître de nouveau » ?

« moyens de grâce » – la Bible, la prière, la communion frater-


nelle et l’engagement dans une Église.
Voulez-vous grandir ? Voulez-vous que votre vision soit plus
nette ? Alors vous devez être assidu et discipliné dans l’étude
des Écritures. En étudiant le contenu de ce livre, votre vision et
votre compréhension s’en trouveront clarifiées. Si vous voulez
vous rapprocher de Dieu, vous devez communiquer avec lui, et
cela nécessite de passer du temps dans la prière. Si vous voulez
grandir dans la sanctification, vous devez passer du temps avec
des chrétiens qui sont plus mûrs que vous et bénéficier de la
communion de leur compagnie. Si vous voulez grandir dans
la maturité en tant que chrétien, vous devez vous impliquer
dans votre Église. S’engager comme membre dans une Église
n’est pas facultatif pour le chrétien. Christ a établi son Église
et il ordonne à son peuple d’en faire partie, car la participation
à la vie d’une Église (présence, adhésion, service, culte) est un
moyen de grâce. C’est un moyen par lequel votre nouvelle vie
est nourrie pour que vous puissiez grandir.

Nous travaillons et Dieu travaille


Pour résumer, si vous voulez passer outre la confusion qui fait
encore partie de votre vie de jeune chrétien, vous devez y tra-
vailler. Nous avons vu que la régénération est monergiste, une
œuvre de Dieu seul. En revanche, la croissance dans la vie
chrétienne est synergique – nous y travaillons avec Dieu. Que

58
La régénération est immédiate

dit le Nouveau Testament ? « Mettez en œuvre votre salut avec


crainte et tremblement » (Ph 2.12b). C’est un appel à œuvrer.
Le salut comprend en réalité plusieurs parties. Il commence
par la régénération (qui est instantanée), mais un travail doit
avoir lieu, et ce travail doit être accompli en mettant en œuvre
tous les efforts que nous pouvons déployer. Nous ne pouvons
pas simplement nous contenter de dormir en disant : « Dieu m’a
souverainement fait tomber de mon cheval sur le chemin de
Damas. Il a commencé son œuvre en moi ; qu’il la finisse. Je vais
le laisser tout faire. » Non, nous sommes appelés à travailler à
notre salut avec crainte, non pas dans le sens de l’intimidation,
mais dans le sens d’une diligence attentive.
Pendant que nous travaillons à notre salut, gardons ceci en
tête : « Car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire,
selon son bon plaisir » (Ph 2.13). Nous devons travailler comme
Dieu travaille. De cette manière, ce que Dieu a commencé en
vous sera mené à terme. Jésus-Christ, qui vous a pris par la
main, vous a pris à part, vous a craché sur l’œil et vous a rendu
la vue pour que vous puissiez voir les choses qui vous étaient
cachées auparavant, vous touchera encore et encore pour que
votre compréhension des choses de Dieu devienne plus claire et
plus nette. Mais vous devez travailler avec lui. Votre maturité
chrétienne atteindra un niveau qui sera proportionnel à votre
volonté de travailler à cette grande vocation.

59
Chapitre 6

La régénération est
permanente

Q uand Dieu nous fait renaître spirituellement, il ne laisse


rien éteindre cette vie. Au contraire, ceux à qui il donne
la vie, il les préserve et veille à ce qu’ils demeurent en vie, afin
qu’ils puissent un jour atteindre le but pour lequel il les a régé-
nérés. C’est pourquoi Paul nous dit que « celui qui a commencé
en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de
Jésus-Christ » (Ph 1.6).
Dans notre étude de la doctrine de la régénération ou renais-
sance spirituelle, nous avons vu jusqu’ici que la régénération
est nécessaire, qu’elle est mystérieuse, qu’elle n’est qu’un début,
qu’elle est souveraine et qu’elle est immédiate. Dans ce cha-
pitre, j’aimerais explorer un aspect de la régénération que nous

61
Que signifie « naître de nouveau » ?

négligeons souvent, un aspect qui est pour beaucoup un élé-


ment de confusion. Il s’agit de cette vérité que la régénération
est permanente. S’il n’en tenait qu’à nous, nous trouverions
tous les moyens possibles pour perdre notre régénération. Mais
Dieu ne permettra pas que cela se produise ; il nous amènera à
la plénitude de notre rédemption.

« Qui dites-vous que je suis ? »


La personne qui symbolise peut-être le mieux dans le Nouveau
Testament la permanence de la régénération est l’apôtre Pierre.
Mais Pierre n’a pas toujours été appelé Pierre ; il était Simon
Bar-Jonah jusqu’à ce que Jésus lui donne un nouveau nom. En
quelle occasion a-t-il reçu l’attribution de ce nouveau nom ?
Pendant le ministère terrestre de Jésus, les disciples ont passé
un temps considérable avec lui. Ils ont pu observer ses activi-
tés. Ils l’ont vu guérir des malades (Lu 8.40-48). Ils l’ont vu
calmer la tempête (Lu 8.22‑25). Ils l’ont vu marcher sur l’eau
(Mt 14.22-32). Ils l’ont vu changer l’eau en vin (Jn 2.1-12). Ils
l’ont vu ressusciter des gens d’entre les morts (Lu 7.11-17). Ils ont
écouté son enseignement (Mt 5 – 7). Bref, ils ont eu l’occasion de
voir Jésus avec un degré d’intimité que les foules n’avaient pas.
Lors d’une occasion particulière à Césarée de Philippe, Jésus
s’est retiré de la foule et a passé du temps avec ses plus proches
amis et disciples (Mt 16.13-20). Au cours de ce temps passé
ensemble, Jésus leur a demandé : « Qui dit-on que je suis ? Quels
sont les bruits qui courent ? Ont-ils compris qui je suis ? Quelle

62
La régénération est permanente

est l’opinion publique sur mon ministère en ce moment ? » Un


par un, ses disciples ont proposé des réponses à cette question :
« Eh bien, Jésus, certains disent que tu es Élie, d’autres que tu
es Jean-Baptiste, et d’autres encore que tu es un prophète. »
Jésus a répondu : « Très intéressant. Mais vous, vous avez une
vision plus intime de qui je suis et de ce que je fais. Quelle est
votre opinion ? Qui dites-vous que je suis ? Qu’en pensez-vous ? »
Simon s’est fait le porte-parole des douze et a répondu à la
question par cette affirmation : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu
vivant » (Mt 16.16).
C’était une déclaration profonde et audacieuse dans la
bouche d’un Juif. Ce Juif du premier siècle qui avait observé
Jésus, l’a regardé et a affirmé : « Tu es le Messie. » Notre terme
français Christ vient du mot grec Christos, qui traduit l’hébreu
mashiyach (« messie »). Pierre voulait en fait lui dire : « Tu es
celui auquel nous, les Juifs, rêvons, pour lequel nous prions
et que nous espérons depuis des siècles. Tu es celui qui a été
promis à Abraham, à David, à Jérémie. Tu es le Christ, le Fils
du Dieu vivant. »

Pierre, le rocher
Lorsque Jésus a entendu cette déclaration de Simon, il a pro-
noncé une bénédiction. Il a regardé son disciple et a dit : « Tu
es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et
le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les
cieux » (Mt 16.17). Autrement dit : « Simon, tu n’es pas arrivé à

63
Que signifie « naître de nouveau » ?

cette conclusion par ta seule capacité intellectuelle. Pour voir ce


que tu vois, pour comprendre ce que tu comprends, il faut une
aide divine. Dieu t’a dévoilé un mystère. Il t’a fait comprendre ce
que d’autres ne saisissent pas. Tu es béni de voir ce que tu vois. »
Il est important de ne jamais oublier que nous avons reçu
la nouvelle naissance par l’Esprit de Dieu. Nous devrions tou-
jours nous rappeler qui a fait cela pour nous et combien nous
sommes bénis d’avoir vécu la seconde naissance, ce toucher de
la main de Dieu. Comme Pierre, nous avons bénéficié de la
main guérissante de Dieu, de sorte que nous voyons ce que les
autres ne voient pas.
Ensuite, Jésus s’est tourné vers son disciple et a dit : « Et moi,
je te dis que tu es Pierre, et que sur ce roc, je bâtirai mon Église »
(Mt 16.18a). La signification de cette déclaration de Jésus a fait
l’objet de nombreux débats. Certains pensent que Jésus voulait
dire qu’il allait bâtir son Église sur Pierre lui-même, et c’est pour
cette raison que ce disciple en particulier a acquis la primauté
dans l’Église catholique romaine. D’autres considèrent que cette
déclaration indique que Jésus allait bâtir son Église sur cette
confession de foi, de sorte que toute personne qui professe que
Jésus est le Christ est incorporée à son Église. Autrement dit, il
est attendu d’une personne qu’elle affirme ouvertement : « Tu es
le Christ. » Cela reviendrait à comprendre que Jésus a dit : « Tu
es le rocher, Pierre, celui qui a fait cette première confession,
et c’est à partir de là que nous allons commencer. Nous allons
commencer à construire dès maintenant, ici même. À partir
de maintenant, je vais construire mon Église. »

64
La régénération est permanente

Criblé comme le froment


Bien sûr, comme nous le voyons plus loin dans le récit des
Évangiles, Pierre ne s’est pas toujours comporté comme un
roc. C’est étonnant que Jésus ne lui ait pas dit : « Tu n’es qu’une
poule mouillée », « Tu n’es qu’un lâche » ou « Tu n’es qu’une
mauviette ». Oui, Pierre a eu des moments où il a tenu bon,
mais au moment de l’épreuve, il a échoué lamentablement.
D’après le récit qu’a fait Luc de la nuit de la trahison de
Jésus, alors qu’il se réjouissait de sa dernière célébration de la
Pâque, qui était aussi la première célébration de la Cène, il a
dit : « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans
mes épreuves ; c’est pourquoi je dispose du royaume en votre
faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur, afin que
vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que
vous soyez assis sur des trônes, pour juger les douze tribus
d’Israël » (Lu 22.28-30). En d’autres termes, Jésus veut dire à
ses amis : « Vous avez été loyaux envers moi et je vais être loyal
envers vous. Je vais faire en sorte que vous soyez assis sur des
trônes de jugement. »
Mais ensuite, Jésus s’est tourné vers Pierre et lui a dit :
« Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler
comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne
défaille point ; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères »
(Lu 22.31,32). Que voulait-il dire ici ? « Simon, tu penses être
un rocher. Mais Satan te veut. Il veut te passer au crible. Il veut
te transformer en pâte à modeler entre ses mains. Il veut jouer

65
Que signifie « naître de nouveau » ?

avec toi. Il veut se servir de toi pour m’atteindre. Je viens de dire


que tout le monde ici a été loyal et fidèle envers moi, mais toi,
Simon, tu vas me trahir. » Néanmoins, malgré cette mauvaise
nouvelle, Jésus offre à Pierre cette merveilleuse assurance : « J’ai
prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas. »
Comment Pierre a-t-il réagi à cet étonnant avertissement ? Il
a répondu : « Seigneur... je suis prêt à aller avec toi et en prison
et à la mort » (Lu 22.33). Quand je me suis converti, un groupe
d’hommes de mon université se réunissait tous les mercredis
soir pour une étude biblique et pour chanter des cantiques
autour du piano. C’est au cours de ces soirées que j’ai appris de
nombreux hymnes chrétiens, et l’un de ces chants avait pour
titre « Là où il me conduit ». Je me souviens avoir chanté ces
paroles avec tout l’enthousiasme d’un nouveau converti : « Là
où il me conduit, je le suivrai ; j’irai avec lui, avec lui jusqu’au
bout. » Quand j’entends ce cantique maintenant, je me sens
coupable, parce que je veux me montrer prudent avant de dire
que je ferai quelque chose ou irai quelque part. Dans l’exu-
bérance de notre jeunesse, nous fanfaronnons aisément par
rapport à notre engagement et notre fidélité que seuls le temps
et la persévérance peuvent attester. Malheureusement, au fil des
années de notre pèlerinage, nous apprenons à quel point nous
sommes enclins à échouer.
Pierre avait réagi comme le tout jeune enthousiaste que
j’étais. Il s’est écrié : « Jésus, tu es le Christ, le Fils du Dieu
vivant. Là où tu me conduis, je te suivrai. J’irai en prison avec

66
La régénération est permanente

toi s’il le faut. Je te suivrai même jusqu’à la mort. » Il ne savait


pas encore à quel point il était vulnérable.

Le reniement et la trahison
Pierre a fait son audacieuse déclaration de loyauté dans la
chambre haute le jeudi soir, la nuit précédant le Vendredi saint.
Où se trouvait Pierre plus tard cette nuit-là ? Dès que les soldats
sont venus arrêter Jésus, Pierre s’est enfui. Il se tenait à l’affût
à l’extérieur de la maison du souverain sacrificateur pendant
que les fonctionnaires juifs étaient à l’intérieur en train de juger
Jésus. Il cherchait à obtenir des informations sur ce qui se passait
et à connaître le sort de son maître. Alors une servante – non pas
le sergent d’armes ni le capitaine de la garde – s’est approchée
de lui et lui a dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen »
(Mt 26.69b). Mais Pierre l’a nié. Plus tard, une autre servante lui
a dit : « Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth » (Mt 26.71b),
mais Pierre l’a nié à nouveau avec serment. Enfin, un témoin a
également affirmé : « Certainement, tu es aussi de ces gens-là,
car ton langage te fait reconnaître » (Mt 26.73b). Pierre a-t-il
répondu « Non » ? Pas exactement. La Bible dit qu’il l’a nié en
faisant des imprécations. Il s’est mis à jurer comme un charre-
tier, soulignant qu’il ne connaissait pas Jésus – tout cela parce
qu’il était terrifié par ces servantes et ces témoins. Que s’est-il
passé ? « Le roc » a été passé au crible comme le froment. Le
moment de l’épreuve est arrivé, et Pierre a échoué.

67
Que signifie « naître de nouveau » ?

Plus tôt ce soir-là, lors du repas de la cène, Jésus avait dit : « Je
vous le dis en vérité, l’un de vous me livrera » (Mt 26.21). Les
disciples autour de la table, regardant Jésus avec appréhension,
avaient dit les uns après les autres : « Est-ce moi, Seigneur ? »
(Voir Mt 26.22.) Puis était arrivé le trésorier. Et Judas avait
dit : « Est-ce moi, Rabbi ? » Jésus avait répondu : « Tu l’as dit »
(Mt 26.25b). Jean ajoute que Jésus avait dit : « Ce que tu fais,
fais-le promptement... Judas, ayant pris le morceau, se hâta de
sortir. Il faisait nuit » (Jn 13.27,30).
Ainsi, Jésus a renvoyé Judas à sa trahison. Les Écritures
disent que Judas avait déjà accepté de livrer Jésus entre les
mains de ses ennemis en échange de trente pièces d’argent
(Mt 26.14-16 ; Mc 14.10,11 ; Lu 22.3‑6). Une fois l’acte accom-
pli, Judas est allé se pendre. Il est mort en disgrâce totale, sans
ses trente pièces d’argent et avec l’héritage qui a fait de son nom
un symbole de traîtrise et de trahison dans toute l’histoire de
l’humanité.
Quelle était la différence entre ces deux hommes ? La réponse
apparaît dans la prière sacerdotale de Jésus : « Lorsque j’étais avec
eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai gardé ceux
que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils
de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie » (Jn 17.12). En
d’autres termes, Judas n’a jamais été régénéré, alors que Pierre
était un enfant de Dieu régénéré, et par conséquent, la puissance
de Dieu l’a gardé. La régénération de Pierre était permanente.
Même s’il a chuté de manière violente, terrible et abyssale, sa
chute n’a été ni totale ni définitive.

68
La régénération est permanente

Pierre a été préservé par celui qui l’avait d’abord vivifié.


Le Saint-Esprit n’est pas seulement l’agent responsable de la
régénération, mais selon les Écritures, il est « les arrhes de notre
héritage » (voir Ép 1.14, DBY ). Nous parlons parfois d’« arrhes, »
qui sont en quelque sorte un acompte. Dans une transaction
immobilière, la partie qui se porte acquéreur du bien verse des
arrhes, montrant ainsi qu’elle est un acheteur sérieux ayant l’in-
tention de conclure la transaction. De même, lorsque Dieu régé-
nère une personne par l’Esprit, il lui donne l’Esprit de manière
permanente. La présence de l’Esprit est un « gage » que Dieu
donnera ultimement à cette personne tout ce qui accompagne
la régénération. Même si les êtres humains échouent de temps
à autre dans leurs transactions, malgré les arrhes, Dieu fait
toujours ce qu’il dit qu’il fera. Il termine le contrat. Il conclut
le marché. Il paie toujours ses échéances. Il ne manque jamais
un paiement. Quand Dieu le Saint-Esprit vous vivifie, vous
pouvez être certain que votre salut sera permanent.

Célébrer la nouvelle naissance


Nous célébrons donc ce que signifie être né de nouveau. Il
n’y a pas de plus beau cadeau qu’un être humain puisse rece-
voir. Il n’y a pas de trésor plus important qu’un être humain
puisse posséder. Si vous ne pouvez pas affirmer avec certitude
que vous êtes né de l’Esprit, je vous exhorte à vous rappeler
l’enseignement de Jésus selon lequel si une personne n’est pas
née de l’Esprit, elle ne peut ni voir le royaume de Dieu ni y

69
Que signifie « naître de nouveau » ?

entrer (Jn 3.3,5). Si vous ne naissez pas de nouveau, vous pas-


serez à côté du royaume de Dieu. En revanche, si vous êtes né
de nouveau, vous connaîtrez la douceur et la miséricorde de
Dieu. Vous connaîtrez la puissance d’une vie nouvelle. Vous
serez une nouvelle créature, une nouvelle création que rien ne
peut détruire. Ni la vie, ni la mort, ni les choses présentes, ni
les choses passées, ni les puissances, ni les dominations, ni la
hauteur, ni la profondeur, ni rien d’autre ne pourra vous séparer
de l’amour qui est en Christ (voir Ro 8.38,39).

70
À propos de l’auteur

R. C. Sproul fut le fondateur du ministère Ligonier, le pasteur


fondateur de la Saint Andrew’s Chapel à Sanford, en Floride,
le premier président du Reformation Bible College, et le rédac-
teur en chef du magazine Tabletalk. Son émission de radio,
Renewing Your Mind, est toujours diffusée quotidiennement
sur des centaines de radios à travers le monde et peut également
être écoutée en ligne. Il fut l’auteur de plus d’une centaine
de livres, dont La sainteté de Dieu et Choisis par Dieu. Il est
reconnu dans le monde entier pour avoir brillamment défendu
l’inerrance des Écritures et la nécessité pour les croyants de
s’attacher fermement à la Parole de Dieu.

71
Ligonier Ministries est une organisation internationale de
formation de disciples chrétiens fondée par le Dr R. C. Sproul
en 1971. Sa mission est de proclamer, d’enseigner et de défendre
la sainteté de Dieu dans toute sa plénitude auprès du plus grand
nombre de personnes possible. L’emblème de la Bibliothèque
Ligonier est devenu une marque de confiance dans le monde entier
et dans de nombreuses langues.

Motivé par le Grand Mandat, le ministère Ligonier partage des


ressources pour contribuer à la formation de disciples dans le
monde entier, que ce soit en format imprimé ou numérique. Des
livres, des articles et des séries d’enseignements vidéo dignes de
confiance sont traduits ou doublés dans plus de quarante langues.
Nous désirons soutenir l’Église de Jésus-Christ en aidant les
chrétiens à connaître davantage leur foi, à mieux la comprendre,
la vivre et la communiquer.

[Link]

FA C E B O O K . C O M / L I G O N I E R F R
DAN S L A M ÊM E S ÉR I E

QU’EST-CE QUE L’ÉGLISE ?


R. C. SPROUL

Dans ce petit livre, R. C. Sproul explique que l’Église ne fait pas réfé-
rence à un bâtiment, mais à un groupe de personnes appartenant à la
famille universelle de Dieu et appelées à vivre des vies qui le glorifient.
En se basant sur l’une des plus anciennes déclarations de foi chrétienne,
l’auteur examine en profondeur les raisons pour lesquelles l’Église a été
définie comme étant « une, sainte, catholique et apostolique ».

5 x 7 po | broché | 65 pages | 978-2-924895-30-6


DAN S L A M ÊM E S ÉR I E

LA PRIÈRE PEUT-ELLE CHANGER LES CHOSES ?


R. C. SPROUL

Dans ce petit livre, R. C. Sproul soutient que la prière détient une place
centrale dans la vie du chrétien et il nous appelle à nous présenter
devant Dieu avec un cœur joyeux et rempli d’espérance. L’auteur nous
donne des conseils pratiques et nous aide à comprendre le but, le mo-
dèle, la pratique, les obstacles et la puissance de la prière.

5 x 7 po | broché | 91 pages | 978-2-924895-22-1


DAN S L A M ÊM E S ÉR I E

COMMENT PUIS-JE ÊTRE BÉNI ?


R. C. SPROUL

Dans ce petit livre, R. C. Sproul examine une section bien appréciée du


Nouveau Testament appelée les « béatitudes ». Il utilise les célèbres
paroles prononcées par Jésus au début du sermon sur la montagne
pour expliquer que la vraie bénédiction n’est possible qu’en saisissant
la grâce de Dieu en Jésus-Christ, et ce, peu importe la situation dans
laquelle nous nous trouvons.

5 x 7 po | broché | 59 pages | 978-2-924895-28-3


DAN S L A M ÊM E S ÉR I E

QUE PUIS-JE FAIRE DE MA CULPABILITÉ ?


R. C. SPROUL

Même si une personne peut ignorer son sentiment de culpabilité, le


rationaliser ou le réprimer, celui-ci ne disparaît pas pour autant. Dans
ce petit livre, R. C. Sproul nous montre comment Dieu peut utiliser nos
sentiments pour révéler notre véritable culpabilité. Il indique ensuite le
seul remède qui peut nous en libérer, c’est-à-dire le pardon que Dieu
nous offre en Jésus-Christ.

5 x 7 po | broché | 59 pages | 978-2-924895-37-5


Éditions La Rochelle est une maison d’édition qui vise la
conversion des non-croyants, tout en cherchant à équiper
les saints pour servir le Christ et son Église. Elle traduit et
édite des ouvrages qui sont en accord avec les Écritures et les
confessions réformées historiques, notamment la Confession
de La Rochelle. À l’image des pionniers qui traversèrent
l’océan pour apporter les vérités de la réforme protestante
en Nouvelle-France, les Éditions La Rochelle veulent, à leur
tour, contribuer à faire rayonner ces vérités dans toute la
francophonie par la publication d’excellents ouvrages.

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Publications Chrétiennes est une maison d’édition évangélique qui
publie et diffuse des livres pour aider l’Église dans sa mission parmi
les francophones. Ses livres encouragent la croissance spirituelle en
Jésus-Christ, en présentant la Parole de Dieu dans toute sa richesse,
ainsi qu’en démontrant la pertinence du message de l’Évangile pour
notre culture contemporaine.

Nos livres sont publiés sous six différentes marques éditoriales qui
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dans le but d’encourager les chrétiens francophones du monde entier
à approfondir leur relation avec Dieu et à rester centrés sur l’Évangile.

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