Innovation et performance des entreprises
Innovation et performance des entreprises
Victor Mignenan
Université de Moundou
Février 2022
Résumé
Les études sur le management d’innovation, menées jusqu’à présent, ont bien révélé son importance pour la
performance des entreprises. Cependant, sa contribution à la performance globale conjuguant les dimensions
organisationnelle, sociale, économique, sociétale et environnementale demeure peu explorée. Même les
recherches sur son modèle combinant les projets d’innovation intégrée, pour expliquer la performance globale
sont peu nombreuses. Pour comprendre la pertinence de mener des projets d’innovation inclusive, une étude
auprès des entreprises du secteur agroalimentaire a été réalisée. Nous avons déployé la méthodologie mixte. La
production des données a été réalisée au moyen de 11 entrevues semi-structurées et 90 sondages par enquête.
L’approche de déconstruction du management d’innovation, de l’innovation organisationnelle à l’innovation
environnementale, a été utilisée. Les résultats ont montré l’innovation organisation joue un rôle déterminant dans
les performances organisationnelles, financière et globale. De, les innovations technologique et sociale
accroissent les performances économiques et participent à l’amélioration de la performance globale. En revanche,
les innovations sociétale et environnement sont moins pertinentes pour la performance organisationnelle,
financière. Cependant, elles jouent un rôle déterminant dans la gestion des changements climatiques et la notoriété
de l’organisation auprès de la société. Mais, c’est surtout la combinaison des quatre natures d’innovation qui
constitue de meilleures actions pour la performance globale de l’entreprise. L’article est utile pour les chercheurs
qui trouveront des définitions renouvelées de chaque configuration des projets d’innovation, des performances,
des items éprouvés et qui se révèlent plus pertinents. Tandis que les gestionnaires et les consultants trouveront de
nouveaux facteurs de performance permettant de bonifier et valoriser efficacement la mise en œuvre des projets
d’innovation. Le présent article s’inscrit dans la théorie des ressources et la théorie de la performance, et suggère
qu’il existe une contingence relationnelle différenciée à chacun des facteurs.
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Victor Mignenan : « management de l’innovation et performance globale des entreprises », voir version anglaise en
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INTRODUCTION
Toutes les entreprises ont besoin de conquérir des parts de marchés ou de nouveaux marchés de manière à se
développer et être pérennes. Pour atteindre ces objectifs, les projets d’innovation s’avèrent être la meilleure
trajectoire, mais aussi un impératif et, même une obligation (Bertheau & Garel, 2015; Chassagnon & Haned, 2013;
Cordellier1, 2011).
En effet, bien qu'elle varie selon la nature et le degré, l’innovation soulève pas mal d’intérêt tout en générant des
définitions diverses (Bertheau & Garel, 2015; Celhay & Cusin, 2011; Cordellier1, 2011; McLaughlin & Kennedy,
2016). Perçus comme méthodes d’optimisation de l’efficacité productive, les projets d’innovation permettent à
l’entreprise d’améliorer continuellement ses pratiques afin de survivre (Blindenbach-Driessen & Ende, 2010;
Deschamps & Nelson, 2014). Ils sont ainsi vus comme un levier clé de la performance globale et du positionnement
de l’entreprise dans l’environnement concurrentiel (Gaglio, 2011; Godet, Durance, & Mousli, 2010b). En
conséquence, sans les projets d’innovation, l’essor de l’entreprise serait impossible (Cordellier1, 2011; Couret,
2011; Germain & Trébucq, 2004).
Toutefois, l’innovation étant synonyme de nouveauté, d’incertitude et donc de risque, elle sollicite un
investissement colossal et de l’environnement propice pour s’accroître (Godet, Durance, & Mousli, 2010a;
Greenwood, 2003; Groff, 2009; Gu & Gera, 2004). C’est ainsi que certaines recherches (Aïhounhin & Su, 2018;
DOHOU & BERLAND, 2010; Quairel, 2006) tempèrent ces liens avec la performance globale, en ne validant pas
de relation directe.
À bien y voir, les effets des projets d’innovation sur la performance de l’organisation sont donc loin d’être évidents
et ne font pas nécessairement l’unanimité. Bien comprendre les pratiques de management de projets d’innovation
est important, mais mesurer ses effets sur la performance globale de l’entreprise est aussi indispensable à une
vision plus stratégie de développement. C’est pourquoi il semble pertinent de répondre à la question suivante :
quel est le pouvoir explicatif des projets d’innovation à la performance globale de l’organisation ?
L’objectif de cette recherche est donc de proposer un modèle de mesure du pouvoir explicatif des projets
d’innovation sur la performance globale de l’organisation. Plus spécifiquement, cet article poursuit trois objectifs
: (i) présenter le portrait du cadre théorique des pratiques de management de l’innovation et de la performance
globale; (ii) mesurer le niveau du pouvoir explicatif de chaque type d’innovation (organisationnel, technologique,
sociale et sociétal) sur les différentes facettes de la performance globale ; (iii) valider le modèle conceptuel et
formuler des implications.
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Quoi qu’il en soit, cependant, aucune définition ne fait consensus entre les auteurs (McLaughlin & Kennedy, 2016;
Mignenan, 2021). Selon la perception Schumpeterienne, l’innovation s’apparente à un changement qualitatif qui
induit des modifications au sein même de l’entité (Damanpour & Aravind, 2015; McLaughlin & Kennedy, 2016;
Noailles, 2011). C’est un effritement créatif qui révolutionne de l’intérieur la structure organisationnelle,
économique, sociale, sociétale et environnementale en éliminant progressivement les anciens éléments et en
créant, continuellement, les nouveaux plus efficaces (Damanpour & Aravind, 2015; Dubouloz & Bocquet, 2013).
Tandis que le Manuel d’Oslo (2005), s’inspirant du courant de pensée schumpetérienne, révèle que « une
innovation est la mise en œuvre d’un produit ou d’un procédé nouveau ou significativement modifié, d’une
nouvelle technique commerciale ou d’une nouvelle approche dans les pratiques de l’entreprise, l’organisation du
lieu de travail ou les relations extérieures » (2005 : 46). Constatant les déficiences dans les définitions
schumpetérienne et de l’OCDE, Meddeb (2010) propose une définition selon laquelle : « l’innovation est
l’application systématique des connaissances issues de toutes les disciplines scientifiques ou de l’imagination
créative à une partie ou à l’ensemble des composantes des flux productifs et commerciaux en vue d’accroître la
valeur ajoutée ». Cependant, les résultats d’un travail récent (Berger-Douce, 2014) ont permis que comprendre
que l’innovation doive être gérée de façon intégrée et donc envisagée de manière transversale par rapport à toutes
les fonctions et activités clés de l’entreprise. Cela implique une sorte de tension permanente entre les principaux
acteurs, mais aussi, une nouvelle approche à déployer.
L’examen de ces différentes définitions laisse entrevoir quelques limites, notamment la dimension « valeur » de
l’innovation. Ceci nous porte à proposer, dans le cadre de cet article, une définition propre selon laquelle,
« l’innovation est perçue comme l’ouverture d’une nouvelle perspective et l’horizon à travers
l’opérationnalisation systématique de nouvelles connaissances pour livrer un bien ou service ayant de valeurs
économiques et sociales susceptibles de répondre à un besoin précis de la société, mais aussi accroître la
performance économique, financière, sociale et sociétale.»
En effet, les projets d’innovation organisationnelle concernent les nouvelles actions planifiées et organisées qui
visent à modifier, de manière conséquente, les méthodes de travail, à adopter un nouveau modèle ou à renforcer
significativement le système de gestion des connaissances existant, etc. (Chassagnon & Haned, 2013; Damanpour,
Walker, & Avellaneda, 2009; Mignenan, 2021; Zaied, Louati, & Affes, 2015). Par contre, les projets d’innovation
technologique consistent à introduire, sur le marché, un produit (bien ou service) nouveau ou significativement
amélioré, à l’exception de la simple revente d’un tel produit (Ayerbe, 2006; Damanpour & Aravind, 2015;
Dubouloz & Bocquet, 2013).Tandis que les projets d’innovation sociale et sociétale/environnementale portent
pour l’essentiel sur des actions qui génèrent de nouvelles idées pour répondre aux besoins sociaux et sociétaux
(GRIMAND, VANDANGEON-DERUMEZ, et al., 2014; Hillier, Moulaert, & Nussbaumer, 2004; Maurel &
Tensaout, 2014) . En d’autres termes, ce sont des innovations qui sont pour la société et renforcent la capacité de
l’organisation. » (Berger-Douce, 2014). Par ailleurs, elles favorisent le développement de nouvelles initiatives
pour répondre à des enjeux sociétaux ou environnementaux (Ayerbe, 2006; Noailles, 2011; Roy, Robert, &
Giuliani, 2013).
À la lumière de ce qui précède, quelques auteurs (Bertheau & Garel, 2015; Cordellier1, 2011) suggèrent que
chaque type de projets d’innovation a des attributs, des facteurs déterminants et des incidences différentes sur les
dimensions de la performance de l’organisation. C’est ainsi qu’en étudiant l’adoption de trois types de projets
d’innovation (administrative, technologique et marketing) plusieurs recherches (Deltour & Lethiais, 2014;
DOHOU & BERLAND, 2010; Germain & Trébucq, 2004; Hillier et al., 2004; Maurel & Tensaout, 2014) mettent
en évidence que l’adoption de certains types de projets d’innovation, au fil du temps, conduisent à construire des
compétences distinctives qui influencent positivement sur les performances organisationnelles, sociales et
économiques de l’entreprise.
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Ainsi, manager les projets d’innovation n’est pas seulement appliquer les techniques de conduite, les pratiques et
les savoir-faire, mais en appelle à l’art de gérer, donc de choisir, de combiner (Damanpour & Aravind, 2015;
Maurel & Tensaout, 2014; Roy et al., 2013). Cela questionne, par ailleurs, la posture du manager et l’oblige à
combiner l’approche universelle de culture taylorienne (positiviste dure, rationalité) qui considère le projet sous
l’angle de l’ontologie de l’étant avec la perception sociale (constructiviste, souple) qui perçoit le projet suivant
l’ontologie du devenant. Il en appelle à une équipe qui fonctionne en réseau, par barycentre, à un leadership
partagé, qui crée de sens et non en donne. Pour les courants de pensée à dominance, hybridation des perspectives
universelles et contingentes de management de projet, la performance globale de l’entreprise est satisfaisante,
incitant ainsi à l’adoption d’une telle stratégie (Ika, 2007, 2009; Ika & Hodgson, 2014).
Au-delà de ces assertions, la notion de la « performance globale » implique le domaine du management stratégique
et se conçoit, au sens de plusieurs auteurs (Couret, 2011; DOHOU & BERLAND, 2010), en matière de la
compétitivité de l’entreprise. Plus concrètement, il s’agit de l’équilibre entre les trois principales dimensions
évoquées plus haut. C’est pourquoi certains auteurs (Capron & Quairel, 2006) laissent entendre que des outils
financiers classiques, comme le bilan financier, montrent, dans le contexte actuel de l’hyper modernité, leurs
limites. En revanche, les outils dédiés à la performance globale doivent concilier ceux permettant d’engendrer la
performance économique (taux de rentabilité, valeur actuelle nette, délai de récupération, etc.), le succès social
(bien-être du personnel), la performance environnementale (respect et protection de l’écosystème) et la
performance sociétale (essor du territoire et rôle de l’entreprise dans la société) (AFNOR, 2003; Berger-Douce,
2014; DOHOU & BERLAND, 2010; Grimand, Derumez, et al., 2014; GRIMAND, VANDANGEON-
DERUMEZ, et al., 2014; ISO14001, 2017; Maurel & Tensaout, 2014; Mignenan, 2021; Noailles, 2011).
Finalement, abordant dans la même veine, quelques auteurs (St-Pierre & Cadieux, 2011) proposent d’investiguer
la perception de la performance globale des organisations en élargissant le spectre pour inclure notamment des
indicateurs relatifs à la satisfaction des parties prenantes externes comme les clients et fournisseurs, mais
également internes pour mieux saisir la réalité de la performance globale.
Par ailleurs, la littérature (Ayerbe, 2006; Bertheau & Garel, 2015; Mignenan, 2021) sur le lien entre l’innovation
et la performance traite surtout des innovations technologiques. Les études empiriques récentes (Bertheau & Garel,
2015; Cordellier1, 2011; Noailles, 2011) démontrent que les projets d’innovations technologiques permettent de
créer des avantages compétitifs durables. Ils ont, par ailleurs, un fort pouvoir explicatif de la croissance du chiffre
d’affaires et/ou de la productivité. De plus, quelques travaux (DOHOU & BERLAND, 2010; Germain & Trébucq,
2004; Mignenan, 2021) soulignent que leur impact sur la performance globale est encore plus grand lorsqu’ils sont
couplés à des innovations organisationnelles et sociales.
De même, le lien entre les performances économiques, financières et les projets d’innovation a été largement
démontré, empiriquement, pour les innovations technologiques, notamment par plusieurs travaux (Ayerbe, 2006;
Bertheau & Garel, 2015; Mignenan, 2021), mais il reste relativement peu exploré pour les projets d’innovations
organisationnelles, sociale et sociétale (Dubouloz & Bocquet, 2013).
Aussi, quelques recherches (Ayerbe, 2006; Bertheau & Garel, 2015; Cordellier1, 2011; Mignenan, 2021) mettent-
elles en évidence que, dans l’industrie manufacturière, les sociétés qui priorisent les projets d’innovation
améliorent considérablement leurs performances dès lors que la combinaison de ces nouvelles initiatives est
complète. Abordant dans la même lancée, d’autres travaux (Berger-Douce, 2014; Chassagnon & Haned, 2013;
Das & Joshi, 2012; Mignenan, 2021; Noailles, 2011) montrent que les projets d’innovation technologique sont
plus avantageux économiquement que les projets d’innovation organisationnelle et sociale.
En accord avec plusieurs auteurs (Ayerbe, 2006; Berger-Douce, 2014; Bertheau & Garel, 2015; Deltour &
Lethiais, 2014; Mignenan, 2021; Noailles, 2011), les projets d’innovation, notamment organisationnelle, sont
considérés comme un modèle de travail à haute performance et donc source importante de gains de productivité
et d’avantages concurrentiels pour les entreprises. Ces auteurs ont mis en exergue les différentes configurations
de l’innovation, notamment organisationnelle, sociale et technologique pour expliquer la performance globale de
l’organisation. Un autre groupe d’auteurs (Akrich, Callon, & Latour, 2009; Blindenbach-Driessen & Ende, 2010;
Maurel & Tensaout, 2014) a, davantage, insisté sur les liens de causalité entre l’innovation technologique et la
performance économique de l’organisation. Quelques travaux (Ayerbe, 2006; Berger-Douce, 2014; Bertheau &
Garel, 2015; Damanpour et al., 2009; Deltour & Lethiais, 2014; Roy et al., 2013) ont mis en évidence l’effet causal
entre l’innovation sociale et sociétale et la performance de l’entreprise. Quoi qu’il en soit, les efforts accomplis
par l’organisation pour innover sont perçus sous forme d’investissement visant à générer des retombées positives
(Garel & Rosier, 2008). S’inscrivant dans la même perspective que les précédentes, plusieurs recherches postulent
que le lien entre l’innovation et la performance est souvent appréhendé de manière positive (Bertheau & Garel,
2015; Maurel & Tensaout, 2014).
Toutefois, quelques travaux tempèrent ces liens, en ne validant pas de relations directes (Bertheau & Garel, 2015;
Maurel & Tensaout, 2014). Dans la même visée, pour d’autres auteurs (Bertheau & Garel, 2015; Das & Joshi,
2012), l’innovation et la performance sont reliées de façon curvilinéaire: seule une politique d’innovation modérée,
ni trop forte ni trop faible, serait bénéfique à l’entreprise.
À l’issue de l’exploration de la littérature, il s’avère pertinent de proposer, pour des fins de synthèse, la figure n°1
ci-dessous qui schématise les liens (flèches) entre les différents construits.
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FIGURE 1.
RELATION ENTRE PROJETS D’INNOVATION ET PERFORMANCE GLOBALE D’ENTREPRISES
ManPrInnOrg
PerfGlob.
ManPrInnoSoc.
ManPrInnoTech.
1.5.1Limites de la littérature
La littérature explorée a bien démontré le pouvoir explicatif des innovations sur la performance des entreprises.
Cependant, elle passe sous silence le pouvoir explicatif de la combinaison de différentes catégories d’innovation
pour expliquer la performance globale de nature multidisciplinaire. C’est cette zone grise qui motive notre
recherche et, donc c’est ce à quoi, elle s’évertuera à répondre.
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la culture de l’entreprise. Elle s’étend à la gestion efficace et améliorée des connaissances que recèlent le capital
humain, le capital structurel et le capital relationnel de l’organisation.
• Performance organisationnelle
Elle est, à la fois, multidimensionnelle et contingente. Elle est multidimensionnelle parce que « différentes
variables d’action et de nombreux critères peuvent être utilisés pour évaluer leur pertinence » (Ayerbe, 2006;
Bertheau & Garel, 2015; Mignenan, 2021). En effet, la performance organisationnelle correspond aux résultats
liés à la gestion des ressources humaines, notamment dans les principales fonctions et activités.
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• Performance globale de l’Organisation
Ce construit est, par définition, multidimensionnel. Étant donné sa complexité, ses déterminants social,
économique/financier, sociétal et environnemental (Capron & Quairel, 2006; Celhay & Cusin, 2011; Chassagnon
& Haned, 2013) sont, mais, aussi, ses manifestations (indicateurs réflectifs) sont appréciées à l’aide des critères
évoqués par quelques auteurs (Celhay & Cusin, 2011; Chassagnon & Haned, 2013), à savoir (i) la croissance du
chiffre d’affaires (dimension économique), (ii) la recherche d’échanges de savoirs et d’absence de conflit
(dimension sociale, (iii) le respect des valeurs éthique, (iv) la gestion des risques de pollution, (v) la participation
à l’intérêt général (dimension sociétale et environnementale). Ces éléments (indicateurs formatifs et réflectifs) ont
été proposés aux experts pour apprécier les pratiques sociétales retenues selon leur hiérarchisation (Maurel &
Tensaout, 2014). Dans les lignes suivantes, nous analyserons le cadre conceptuel et les hypothèses de recherche.
Pour le sens des relations entre les différentes variables, la théorie des parties prenantes prédit, en accord avec la
littérature (Ayerbe, 2006; Berger-Douce, 2014; Bertheau & Garel, 2015; Das & Joshi, 2012; Deltour & Lethiais,
2014; Grimand, Derumez, et al., 2014; GRIMAND, VANDANGEON-DERUMEZ, et al., 2014; Maurel &
Tensaout, 2014; Noailles, 2011; St-Pierre & Cadieux, 2011; Zaied, Louati, et al., 2015), une relation causale
positive entre les pratiques de management de projets d’innovation et la performance de l’organisation. Quant à
l’approche par les ressources, elle prédit que les pratiques de management de projets d’innovation
organisationnelle et sociale (Ayerbe, 2006; Bertheau & Garel, 2015; Dubouloz & Bocquet, 2013; Hillier et al.,
2004) influencent positivement et significativement les performances organisationnelles, économiques/financières
et sociales. Ces deux performances, associées aux pratiques de management de projet d’innovation sociétales –
environnementales, expliqueraient la performance globale, comme le suggèrent les modèles issus de la RSE
(Grimand, Derumez, et al., 2014).
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Compte tenu de cette différence de contributions, le modèle conceptuel de performance globale est représenté par
la figure 2.
FIGURE 2
MODÈLE CONCEPTUEL
MyearPrInnoTec PerfEcoFin
+ +
PerfGlob.
+
ManPrInnoSoc
+ PerfPloughshare
+
ManPrInnoSo/Sl- PerfSoEnv
Approx.
+
Ensuite, un postulat est énoncé selon lequel, les entreprises issues du secteur agroalimentaire étudiées recherchent
de performances organisationnelle, économique/financière et sociale, lesquelles sont engendrées par le
management d’innovation qualifiée, à la fois, d’organisationnelle, de technologique, de sociale et sociétale
(Chedotel & Pujol, 2012).
Enfin, quatre hypothèses adjacentes à l’HG sont énoncées pour valider les sous-modèles représentatifs du
déterminisme général de cette recherche.
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Hypothèse 2 : le management de l’innovation technologique engendre la performance économique/financière et
organisationnelle (Ayerbe, 2006; DOHOU & BERLAND, 2010; Dubouloz & Bocquet, 2013; Félix et al., 2009;
Mignenan, 2021).
La section suivante présente la démarche méthodologique qui préside à la production des données, à leur analyse
et la vérification de ces hypothèses.
2.1 Démarche
Les partisans de la théorie de la performance s'accordent sur son caractère pluridimensionnel, mais aussi sur son
interdisciplinarité. Ainsi, proposer et tester un modèle de performance de l’entreprise en appelle à la mobilisation
d’un cadre méthodologique hybride. En conséquence, la démarche mixte (Creswell, 2013), alliant simultanément
méthodes qualitatives et quantitatives, a été préconisée.
En effet, dans un premier temps, l’analyse documentaire a été déployée, car elle est la méthode par excellence,
non seulement pour appréhender les différentes facettes de la performance globale par le management
d’innovation, mais pour repérer les variables pertinentes qui y participent. Nous avons ainsi exploré les articles et
les rapports. Ces différentes consultations ont permis de : (i) dresser le portrait des pratiques de management de
l’innovation en milieu organisationnel et leurs influences sur la performance et ; (ii) appréhender les différents
courants théoriques autour de la performance globale.
Ensuite, nous avons préconisé l’entretien semi-directif, largement recommandé et utilisé dans le domaine de la
science de gestion (Evrard et al., 2009). Dans ce type d’entretien, les répondants disposent d’un éventail de liberté
pour fournir l’information détaillée et plus complète. Ainsi, 11 entrevues semi-directives, individuelles, face à face
et par téléphone, ont été menées avec chaque chef du personnel ayant volontairement accepté de se prêter aux
questions. Ces 11 répondants sont issus de trois entreprises dans le secteur de la manufacture. Celles-ci ont été
sélectionnées en raison de leur engagement dans la mise en place des projets d’innovation au sein de leurs
entreprises. Cet engagement a été favorisé par la pertinence du thème à l’étude.
La mise en œuvre de l’entretien est précédée de la construction du guide d’entrevue semi-directive. Ce guide,
tenant lieu de véritable fil conducteur, a été construit sur la base des informations générées de la littérature. Il est
structuré suivant les six thématiques ci-après :
Il convient de relever aussi que nos répondants se sont gracieusement familiarisés avec les six thèmes de l’entrevue.
Cet avantage a favorisé l’atteinte du seuil de saturation après avoir réalisé les 11 entrevues, majoritairement par
convenance, dans la ville de Moundou (Tchad) au courant des mois de novembre à décembre 2019 avec une durée
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moyenne de 25 minutes par chef du personnel. Le tableau 1 rend compte des caractéristiques des répondants aux
entrevues.
TABLEAU 1
CARACTÉRISTIQUES DES RÉPONDANTS AUX ENTREVUES
En ce qui concerne la technique d’analyse, nous avons emprunté l’analyse lexicale et de contenu thématique. Le
tableau 2 montre comment les deux techniques d’analyse qualitative ont été déployées. Ensuite, une grille
d’analyse a été développée suivant les quatre thèmes issus du guide d’entrevue initialement élaboré pour le besoin.
Cette grille, a fait l’objet d’un remplissage suivant le code des interviewés et des unités d’analyse, laquelle grille
est soumise à des analyses verticale et horizontale, assorties d’un tableau de synthèse.
TABLEAU 2.
TECHNIQUES D’ANALYSE
L’analyse lexicale et de contenu thématique a permis de faire ressortir de nouvelles facettes des pratiques de
management de l’innovation et de la performance. Aussi, les résultats ont-ils permis de confirmer les dimensions
des pratiques de management de l’innovation organisationnelle, économique, sociale, etc. dans le processus de la
performance globale de l’entreprise. De même, l’analyse lexicale et de contenu a participé au repérage des mots
et thèmes fréquemment évoqués par les gestionnaires pour éclairer la construction des projets d’innovation en
milieu organisationnel.
En troisième lieu, il s’agit de la phase explicative reposant sur la démarche hypothético-déductive. Nous avons,
préalablement, formulé quatre hypothèses de recherche à partir de la revue de littérature et des entrevues. Le choix
du raisonnement hypothético-déductif est motivé par l’immensité de connaissances sur le management de
l’innovation et la performance, lesquelles sont remarquablement enrichies par les entrevues semi-directives. La
production des données s’est réalisée au moyen d’enquêtes menées en face à face ou en ligne (sur une échelle de
Likert de cinq points), de décembre 2019 à mars 2021. La formulation des items a précédé l’élaboration du
questionnaire, lequel est composé essentiellement des variables qui émergent et des comptes rendus intégraux
commentés par quelques spécialistes et professionnels (cabinet d’étude en marketing, innovation, etc.) complétés
par l'exploitation de la documentation issue de la littérature. Le questionnaire élaboré a fait l’objet d’un prétest
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auprès de six gestionnaires, responsables des services marketing, ventes et informatique. Ces répondants ont été
choisis sur la base de critères d’expertise en projets d’innovation.
Pour déterminer la taille de l’échantillon, nous avons emprunté le cheminement recommandé par Igalens et Roussel
(1998), qui suggèrent que la taille de l’échantillon est proportionnelle au nombre d’items, soit 5 à 10 fois plus de
répondants qu’il y a d’items décrivant les construits à l’étude. Au total, 9 items ont été formulés pour apprécier les
construits. Ainsi, nous avons 5 x 9 et 10 x 9, soit entre 45 et 90. Nous avons opté pour la borne élevée, soit n= 90
répondants, considérés comme des unités déclarantes. Les 90 répondants sont issus de trois entreprises (d’au moins
20 salariés chacune) selon l'Agence nationale des investissements et des exportations (ANIE) du secteur
manufacturier, sélectionnées dans la base de données de l’ANIE (Anie-Tchad, 2017). Le questionnaire a été
envoyé au chef d’entreprise. Les personnes l’ayant rempli étaient des agents et/ou des responsables de services.
Après deux rappels, un total de 78 questionnaires traités a été reçu ; soit, environ 87% utilisés dans l'analyse. Le
tableau 3 présente les caractéristiques des entreprises terrain de manœuvre de la présente recherche.
TABLEAU 3
CARACTÉRISTIQUES DE L’ÉCHANTILLON
✓ En ce qui concerne le management de l’innovation socio-organisationnelle, nous avons retenu les cinq
indicateurs suivants : (i) accueil et protection des salariés en milieu de travail, (ii) communication interne, (iii)
investissement dans la formation des salariés, (iv) importance de la promotion interne, (v) pourcentage de
participation aux réunions et leur représentativité.
✓ Pour le management de l’Innovation sociétale/environnementale, nous avons opté pour :(i) nature et portée
des techniques de diminution des pollutions, au développement local (ii) développement économique
territorial, à la communication avec les parties prenantes (iii) relations avec les structures extérieures et (iv)
soutiens aux initiatives citoyennes et/ou publics prioritaires.
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2.2.2 Variable dépendante (capital humain compétitif)
Les indicateurs retenus, étant donné leur régularité dans la littérature, sont :
• Performance organisationnelle mesurée par: (i) motivation, (ii) réduction des temps de travail, (iii)
réduction du taux de plainte, (iv) de stress, etc.
• Performance économique et financière appréciée par: (i) rentabilité économique mesurée par le ROA
(Return On Assets), (ii) rentabilité financière mesurée par le ROE (Return onEquity) et (iii) rentabilité
commerciale via le résultat rapporté au chiffre d’affaires (DOHOU & BERLAND, 2010; Maurel &
Tensaout, 2014).
• Performance sociale mesurée par: (i) participation élevée aux réunions (ii) encadrement de l’échelle des
salaires et (iii) présence de conditions de travail favorisant l’implication.
• Performance environnementale appréciée par: (i) prise en compte de l’impact sociétal attaché aux
produits/services), développement durable; (ii) présence d’une action environnementale et la transparence
envers les parties prenantes; (iii) types d’informations aux clients et (iv) niveau de coopération avec les
fournisseurs (AFNOR, 2003; ISO14001, 2017).
Les études explorées ont utilisé les échelles de Likert à cinq points (allant de [1] pas du tout d'accord à [5] tout à
fait d'accord). La fiabilité alpha de l'échelle est de 0,97 %.
III. RÉSULTATS
Pour apprécier l’importance de relations entre les projets d’innovation, les performances intermédiaires et la
performance globale attendue, nous avons réalisé l’analyse qualitative, l’analyse corrélationnelle de Pearson pour,
ensuite, vérifier les hypothèses par l’approche hypothéco-déductive.
technologique ✓ Nous avons acquis des machines automatiques de production qui ont permis d’augmenter la production de
20%.
Management de ✓ Nous mettons en place de bagues de collecte de déchets industriels et nous procédons à la destruction de nos Économie
l’innovation sociétale et équipements vétustes circulaire
environnementale
✓ Nous octroyons des bacs à ordure aux arrondissements dans le cadre de notre responsabilité sociale.
✓ Nous avons sponsorisé plus de cinq activités des jeunes et associations dans la ville de Moundou.
Performance socio- ✓ Notre personnel est motivé aux nouvelles initiatives organisationnelles Aucun
organisationnelle
✓ La mise en place de travail en équipe a contribué à la réduction des temps de travail,
✓ Nous affirmons que la réduction du taux de plainte du personnel est due au travail en équipe, l’élaboration
des cahiers de charges, l’amélioration des moyens de communication interne.
✓ En travaillant en équipe, nous avons constaté que nos collaborateurs sont moins stressés.
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ligne [Link] , vol.13, n°2, p.18-38 février 2022
Performance
économique et
✓ Durant les deux dernières années, nos ventes ont augmenté considérablement grâce à la publicité en ligne, Aucun
des sondages en ligne.
financière
✓ Nous avons constaté que les taux de perte dans les ateliers sont considérablement réduits
✓ Les données de nos services financiers indiquent que les investissements en équipements de production ont
été récupérés.
Performance sociale ✓ Nous avons amélioré le pourcentage de participation de notre personnel à de différentes réunions. Aucun
✓ Nos salaires sont parmi les plus compétitifs du secteur agroalimentaire.
✓ Nos services de santé et sécurité au travail sont améliorés permettant ainsi de réduire remarquablement le
taux d’action et favorisant l’implication.
Performance sociétale et
environnementale
✓ Notre entreprise applique les règles environnementales et légales de notre secteur d’activité. Aucun
✓ Notre entreprise fait l’objet de score d’une agence de notation environnementale
✓ Nous intégrons dans notre processus de production la stratégie environnementale et d’écoconception.
✓ Notre chaîne d’approvisionnement et de production adoptée est construite sur la culture verte.
Performance globale ✓ Un personnel épanoui. Réduction de cas des contentieux, grèves Priorité à la
obtenue dimension
✓ Trois et quatre initiatives citoyennes des salariés (par exemple du temps pour le bénévolat) sociale
✓ Notre entreprise participe activement à des initiatives citoyennes d’intérêt général de la collectivité.
Source : données issues des entretiens, 2021
Les résultats issus de l’analyse qualitative des entretiens semi-directifs confirment ceux de la littérature, mais aussi
ceux obtenus statistiquement. Ainsi, l’étude qualitative nous a permis d’approfondir les rôles déterminants joués
par les pratiques de management appliquées aux différents types de projets d’innovation sur les sous-performances,
lesquelles contribuent à la performance globale.
"Si la notoriété de nos produits gagne toutes les régions, cela est dû, à la prise en compte intégrée, des aspects sociaux,
sociétaux et environnementaux dans le processus d’approvisionnement, de production et de commercialisation de nos
produits, depuis les trois dernières années." (E1)
Par ailleurs, l’analyse qualitative n’a pas permis d’identifier des dimensions originales de la performance globale
de l’entreprise générée par les performances intermédiaires, lesquelles sont engendrées par les pratiques de
management de projets d’innovation :
"Quel que soit la qualité du nouveau produit, il y a la dimension confiance des consommateurs vis-à-vis de l’entreprise et,
cela passe par le soutien de la direction, la communication médias et hors médias; dans un contexte où les réseaux sociaux,
les associations des défenseurs des consommateurs sont devenus, de plus en plus, puissants. "(E3)
Il convient de souligner que les entretiens et donc l’analyse qualitative ont le mérite d’avoir permis de générer et
d’intégrer de nouveaux items aux échelles de mesure préexistantes. Compte de contradictions et des limites de
l’analyse qualitative, il nous parait judicieux de préconiser l’analyse quantitative, en mode complémentaire.
TABLEAU 5
MOYENNE, ÉCART TYPE ET CORRÉLATION
Variables Moyenne 1 2 3 4 5 6 7 8 9
(É.T)
[Link] 4,8 (1,87) 1
organisationnelle
[Link] sociale 4,4(1,53) 0,54** 1
[Link] technologique 4,5 (1,63) 0,51** 1
[Link] sociétale & 3,6 (1,53) 0,45* 0,67** 0,43* 1
environnementale
[Link] Économico- 3,2 (1,3) 0,41* 0,53** 0,66** 0,43* 1
Financière.
[Link] 3,4(1,2) 0,62** 0,55** 0,54** 0,41* 0,33* 1
organisationnelle
[Link] sociale 3,5(1,1) 0,66** 0,70** 0,53** 0,48* 0,45* 0,45* 1
[Link]. Sociétale & 3,1(0,53) 0,49* 0,43* 0,48* 0,26* 0,49* 0,47* 0,49* 1
Environnementale
[Link] globale 3,8(1,7) 0,49* 0,52* 0,51** 0,40* 0,76** 0,54** 0,78** 0,40* 1
Les données du tableau 5 ont permis de reporter les paramètres estimés standardisés. La figure 3 ci-après rend
compte des principaux résultats.
0,40*
ManPrInnoSocEn 0,26* PerfSocEnv.
V.
Légende : *à 5 %, ** à 10 %
Management de Projets d’Innovation organisationnelle (ManPrInnOrg); management de Projet d’Innovation technologique
(ManPrInnoTec) ; management de Projet d’Innovation sociale (ManPrInnoSoc.); management de Projet d’Innovation
sociétale et environnementale (ManPrInnoSoc-Envt) ; performance économique (perfEco) ; performance environnementale
(PerfEnvt) ; performance sociale (Perfsoc) ; performance globale (PerfGlobale).
Il ressort de ce qui précède que la performance sociale est associée positivement et plus fortement (0,78) à la
performance globale que les performances économiques et financières (0,76) ainsi que les performances
organisationnelle (0,54) et environnementale (0,40). Ce résultat est intéressant et supporte l’idée d’élargir la notion
de la performance économique et financière pour tenir compte des aspects sociaux de la performance. Néanmoins,
le rôle de la dimension sociétale et environnementale largement discuté dans la littérature est marginal et influence
peu la performance économique et globale. Ainsi, son effet direct sur la performance globale n’est que de 0,40. La
contribution (0,76) de la performance financière et économique à la performance globale est conforme à la
tendance générale issue de la littérature. Cependant, l’apport de la performance organisationnelle (0,54) à la
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Victor Mignenan : « management de l’innovation et performance globale des entreprises », voir version anglaise en
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performance globale est plus importance que celle issue de la littérature. Enfin, il existe des écarts mineurs entre
les pourcentages de contributions de chaque type de projet d’innovation mis en place par les entreprises étudiées
et les données de la littérature.
En guise de conclusion, si chaque entreprise investit efficacement dans les projets d’innovations durant chaque
heure de son cycle d’exploitation, elle occuperait une position stratégique dans un environnement concurrentiel et
ferait partie des entreprises leaders de son secteur d’activité.
Pour tester les quatre hypothèses, nous avons emprunté la régression pas-à-pas précédée de comptes rendus
intégraux. En effet, la méthode de régression pas-à-pas autorise la vérification de la variation du coefficient de
détermination R2 de chaque variable explicative ajoutée à l’équation du modèle (Alain, 2004). Nous avons analysé
les données à l’aide du logiciel SPSS 23.0. Le tableau 8 rend compte des résultats.
TABLEAU 6
RÉCAPITULATIF DU MODÈLE
Il convient de soutenir l’idée que les organisations qui intègrent le mode projet notamment, des cultures et pratiques
innovantes sur le plan technologique, organisationnel, social et environnemental, voient leur performance globale
s’améliorer. Ces relations, testées sur les entreprises du Secteur agroalimentaire, confirment les éléments
théoriques précédents (Théorie des Parties prenantes, théories de la performance et théorie des ressources) (Maurel
& Tensaout, 2014; McLaughlin & Kennedy, 2016; Roy et al., 2013; Zaied, Affes, & Hikkerova, 2015; Zaied,
Louati, et al., 2015) et soulignent l’impact des projets d’innovation sociale sur les pratiques sociétales
environnementales et la faiblesse de ces dernières sur la performance économique financière.
À la lumière de ce qui précède, il convient d’affirmer que ce résultat plaide pour la combinaison de la créativité et
de l’innovation, mais et surtout pour une approche globale et intégrée des projets d’innovation (organisationnel,
technologique, sociétal et environnemental) d’une organisation afin d’apprécier la performance dans ses
différentes dimensions (Cordellier1, 2011; Maurel & Tensaout, 2014; McLaughlin & Kennedy, 2016; St-Pierre &
Cadieux, 2011). Néanmoins, des écarts avec certaines études antérieures (Chassagnon & Haned, 2013; Damanpour
et al., 2009; Daudigeos & Valiorgue, 2010; Deltour & Lethiais, 2014) montrant un fort effet des projets
d’innovation sociétale environnementale et suggérant des investissements en RSE nécessitent des explications. En
effet, relativement aux hypothèses portant sur l’influence positive des performances économique, sociale et
environnementale sur la performance globale, les résultats de cette étude apparaissent concluants, excepté pour
l’impact des projets d’innovation sociétale environnementale sur la performance globale où la relation est faible.
Alors que le terrain de manœuvre mobilisé pour cette étude était favorable à la validation des propositions, à travers
16
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un lien statistiquement significatif qu’au seuil de 10 %, nous retrouvons le débat sur les difficiles relations
qu’entretiennent les investissements en RSE et la performance économique et financière (Chassagnon & Haned,
2013; Damanpour et al., 2009; Daudigeos & Valiorgue, 2010; Deltour & Lethiais, 2014). Dans cette perspective,
une explication peut résider dans l’horizon « long termite » de l’influence des projets d’innovation sociétale
environnementale qui peut être en décalage avec le caractère « court-termiste » de la mesure de la performance
économique et financière considérée (mesure de rentabilité). Cet écart entre nos résultats et les promoteurs
(McLaughlin & Kennedy, 2016; Zaied, Louati, et al., 2015) d’une vision positive du lien entre « pratiques
sociétales-environnementales » et performance économique peut aussi s’expliquer par la contingence de ce lien
(c.-à-d. l’historique de l’organisation avec ses parties prenantes), ou bien s’expliquer par des comportements
opportunistes de la part de certains répondants. Les coefficients du modèle standard permettent d’éclairer les liens
de causalités. Le tableau 7 ci-après rend compte des résultats.
TABLEAU 7
COEFFICIENTS DU MODÈLE STANDARD
Coefficients
Coefficients non standardisés standardisés
Modèle b Erreur standard Bêta t Sig.
1 (Constante) 2,865 0,0585 4,894 0,000
Projet innovation organisationnelle 0,310 0,171 0,32 4,051 0,000
2 (Constante) 2,865 0,0585 4,894 0,000
Projet innovation technologique 0,38 0,171 0,390 4,051 0,000
3 (Constante) 1,205 0,564 2,136 0,036
Projet d’innovation technologique 0,41 0,142 0,410 4,144 , 0,000
Projet d’innovation sociale ,453 0,092 0,463 5,825 0,000
4 (Constante) 1,550 0,061 2,504 0,015
Projet innovation organisationnelle 0,29 0,171 0,30 4,051 0,000
Projet d’innovation technologique 0,31 0,041 0,32 4,183 0,000
Projet d’innovation sociale 0,33 0,092 0,34 5,850 0,000
Projets d’innovation sociétale et 0,11 0,086 0,12 1,322 0,019
environnementale.
a. Variable dépendante : Performance globale
Les données du tableau 7 permettent d’approfondir les explications. En effet, l'hypothèse 1, qui prédit que le
management de projet d’innovation organisationnelle produit de la performance économique, organisationnelle,
sociale et sociétale, a été soutenue. Le modèle de la régression de projet d’innovation organisationnelle sur la
performance intermédiaire, laquelle explique la performance globale est adoptée. Comme révéler, les coefficients
bêta (β = 0,30, pb 0,001) au modèle 4.
Les propos de quelques chefs de service permettent de soutenir ledit coefficient : "l’adoption de travail en équipe,
l’implication du personnel au processus de prise de décision et la politique de la promotion interne ont permis de
motiver l’ensemble du personnel." (E1, E2).
Les résultats qualitatifs renforcent les coefficients bêta : "l’acquisition de nouveaux équipements de production;
l’installation de nouveaux moyens de communication a permis d’augmenter la production et de pénétrer de
nouveaux marchés et d’étendre notre notoriété."(E3)
L'hypothèse 3, qui postule que le management de projet d’innovation sociale génère la performance
organisationnelle et la performance économique/financière, est adoptée. En effet, les modèles 3 et 4 montrent les
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régressions des mesures de de projet d’innovation sociale sur la performance sociale intermédiaire laquelle
contribue à la performance globale. Tous les coefficients bêta sont significatifs et positifs (β = 0,46, pb 0,001; β
= 0,34, pb 0,01). Les modèles 2, 3 et 4 du tableau 4 montrent les équations de régression pour les trois mesures de
performance globale. Les résultats qualitatifs sont conformes aux coefficients :
"nous avons mis en place une politique sociale qui prend en compte le droit à la formation complémentaire
continue, l’assurance maladie collective, la santé et la sécurité au travail et la valorisation des salaires
qui ont permis de fidéliser notre personnel depuis les trois dernières années." (E1, E2 et E3)
Tandis que les propos de quelques responsables permettent de se rendre compte que les trois entreprises
développent, peu des actions concrètent en matière de protection de l’environnement. De même, elles n’ont pas
fait l’objet de certification de normes en matière de préservation de l’écosystème.
Sur la base des résultats quantitatifs et qualitatifs, le tableau 8 ci-après rend compte des synthèses de résultats.
TABLEAU 8
VALIDATION EMPIRIQUE DES HYPOTHÈSES
Cela montre que les entreprises n’ayant mis en place que des projets d’innovation technologique, des projets
d’innovation organisationnelle ou les deux ne réalisent pas nécessairement de la performance globale, car elles
ignorent la complexité des mécanismes d’interactions entre les pratiques et les dimensions de la performance
globale.
Les résultats obtenus par les modèles 1, 2, 3 et 4 sont partiellement conformes avec ceux de la littérature (Ayerbe,
2006; Berger-Douce, 2014; Bertheau & Garel, 2015; Botton et al., 2012; Cordellier1, 2011; Couret, 2011; Das &
Joshi, 2012; Deltour & Lethiais, 2014; DOHOU & BERLAND, 2010; Grimand, Derumez, et al., 2014;
GRIMAND, VANDANGEON-DERUMEZ, et al., 2014; Maurel & Tensaout, 2014; Mignenan, 2021; Noailles,
2011; St-Pierre & Cadieux, 2011; Zaied, Louati, et al., 2015). Les points de divergence portent pour l’essentiel sur
les projets d’innovation environnementale considérés par la littérature (Grimand, Derumez, et al., 2014;
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GRIMAND, VANDANGEON-DERUMEZ, et al., 2014; ISO14001, 2017) comme des prédicteurs non
négligeables de la performance environnementale.
En considérant les trois cas d’étude, il ressort de cela que les théories de la RSE et des parties prenantes sont peu
confortées par nos données empiriques (Daudigeos & Valiorgue, 2010; Grimand, Derumez, et al., 2014; Maurel
& Tensaout, 2014; Quairel, 2006).
Sur la base de ces résultats, avec ou sans la prise en compte des variables de contrôle, on peut envisager des
implications théoriques et managériales et suggérer des avenues de recherches sur l’évaluation de la performance
globale.
Par ailleurs, la proposition d’un modèle qui s’appuie sur les théories de management de projet, de la RSE et des
parties prenantes, a permis de générer un modèle intégrateur et émergent de la performance globale, qui met en
évidence les interactions entre les pratiques de management des projets d’innovations, performances
intermédiaires et performance globale (voir figure), très peu documentées. Aussi, confirmons-nous les principales
prédictions de la théorie des Parties prenantes (TPP), de la théorie de la performance et de la théorie de la
dépendance aux ressources ainsi que le fort pouvoir explicatif intégré de la performance globale des projets
d’innovation qui prennent en compte les dimensions organisationnelle, technologique, sociale, sociétale, et
environnement.
De manière spécifique, notre travail a permis de conforter les travaux de réflexion de quelques auteurs (Ayerbe,
2006; Capron & Quairel, 2006; Chassagnon & Haned, 2013; DOHOU & BERLAND, 2010; Maurel & Tensaout,
2014; Mignenan, 2021) qui nuancent l’impact de projets d’innovation environnementale et donc de la performance
environnementale. Cependant, nos résultats ont révélé le poids remarquable des projets d’innovation sociale sur la
performance y relative et dans la réalisation de la performance globale attendue.
Ainsi, les résultats indiquent qu’il faut aussi nuancer certaines prédictions de la TPP et RSE. En effet, en observant
les paramètres structurels du modèle proposé, il apparaît que la dimension sociale impacte plus fortement la
performance globale que les trois autres dimensions : organisationnelle, économique, sociétale et
environnementale. Bien qu’elles soient liées, il semblerait que l’on puisse envisager une hiérarchisation des effets
des quatre dimensions de la performance globale au sein de l’échantillon. De même, si la théorie de la dépendance
aux ressources apparaît validée au regard des relations positives entre les pratiques de management des projets
d’innovation et les performances intermédiaires, les résultats nuancent la TPP : les liens entre les projets
d’innovation sociétale environnementale et la performance globale sont faibles (mais statistiquement significatifs
au seuil de 10 %). Il est, cependant, possible qu’un délai soit nécessaire entre le recensement des données générées
par la réalisation des projets d’innovation et la mesure des effets sur les performances puisque les démarches sont
récentes dans les entreprises du Secteur agroalimentaire étudiées et nécessitent un temps pour produire de
l’incidence remarquable.
Enfin, la validation du modèle de mesure de la performance globale proposé appelle d’autres travaux théoriques
et empiriques. Il serait, par exemple, intéressant d’examiner les effets de la performance globale sur les
comportements des parties prenantes, et d’identifier les mécanismes d’influence (c.-à-d. la réputation).
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VI. IMPLICATIONS PRATIQUES DE LA RECHERCHE
Relativement aux entreprises du Secteur agroalimentaire, qui constituent le terrain de manœuvre du modèle
théorique, les résultats peuvent inciter les investisseurs à créer des conditions et des opportunités d’innovation, à
la fois, organisationnelle, technologique, sociale et sociétale. Nos résultats constituent des instruments d’éveil des
pratiques de management de projets d’innovation et, in fine, en appellent à œuvrer pour la performance globale.
En effet, les PME du Secteur agroalimentaire étudiées, dans leur exploitation, sont appelées à respecter les règles
légales tout en poursuivant la recherche des avantages économiques, organisationnels et sociaux. Ainsi donc, avec
les variables présentées dans le modèle élaboré, il est possible d’identifier des indicateurs clés pour opérer un
jugement. Quoiqu’il en soit, les trois entreprises recherchent la performance économique, organisationnelle,
sociale en prenant en compte les aspects sociétaux et environnementaux pour légitimer leurs actions. Les variables
retenues dans le modèle peuvent constituer les éléments clés d’orientation de la politique, de la vision, des valeurs
et donc des actions à mettre en œuvre.
Par ailleurs, un des principaux enseignements tirés de cette recherche est la contribution relativement faible des
projets d’innovation sociétale environnementale dans la performance globale des entreprises du Secteur
agroalimentaire. D’après les résultats du modèle proposé, il semble que ces pratiques soient plus une conséquence
des pratiques sociales des PME. Les attentes en matière de retombées économiques et financières apparaissent
alors faibles et la question d’un investissement conséquent dans les démarches de type RSE pour améliorer la
rentabilité est posée.
En outre, le modèle proposé peut être utilisé pour élaborer de bonnes pratiques de management de projets
d’innovation au sein des entreprises du Secteur agroalimentaire. Afin d’apprécier la richesse de cette
conceptualisation, il a été effectué de simulations résumées par le tableau 4 ci-dessous. La construction de ce
tableau repose sur le processus suivant : dans un premier temps, il a été calculé les scores des différentes variables
du modèle I sans standardiser les paramètres. Cette étape est usuelle avec la régression linéaire, Y = aX +b + e
dans laquelle le paramètre d’une variable explicative X s’interprète comme l’effet causal de X sur Y. Bien entendu,
ce modèle est plus riche, car il permet d’estimer, à la fois, l’effet direct, l’effet indirect et donc le total d’une
variable sur une autre. Dans un second temps, nous avons calculé la taille de l’effet de chacune des pratiques de
management de projet d’innovation sur les différentes dimensions de la performance globale.
TABLEAU 4
TAILLE DES EFFETS DES PROJETS D’INNOVATION SUR LES PERFORMANCES
L’interprétation des coefficients du tableau ci-dessus est la suivante : une amélioration de 1 % de la qualité des
pratiques de management de projet d’innovation organisationnelle produirait une augmentation du score de la
performance globale de 5,4 %, de 1,7 % pour le score de la performance sociétale et environnementale, de 4,1 %
de la performance sociale, de 3,3% pour la performance financière et économique et de 6,5% de la performance
organisationnelle. Par ailleurs, ce modèle estimé pourrait permettre d’effectuer des analyses comparatives
régionales et nationales entre entreprises du secteur agroalimentaire au Tchad.
CONCLUSION
Cette recherche a proposé un modèle théorique émergent pour éclairer la compréhension des liens entre les projets
d’innovation organisationnelle, technologique, sociale, sociétale et environnementale et, indirectement, la
performance globale. Devant les résultats peu divergents obtenus, l’objectif était de proposer une modélisation
fondée sur la méthode des équations structurelles pour tester simultanément les relations entre les dimensions de
la performance globale auprès d’organisations favorables au concept.
Tout d’abord, nos résultats montrent que le recours à des projets d’innovation « mixtes », prenant en compte des
aspects technologiques, organisationnels, sociaux et sociétaux, a un fort pouvoir générateur de la performance
globale. En effet, nos résultats démontrent que la performance sociale, à elle seule, explique 35% de la performance
globale contre la performance économique, organisationnelle et sociétale.
Le modèle obtenu aboutit à une certaine hiérarchisation des effets des quatre dimensions de la performance
globale, ce qui interroge la notion de gestion intégrée de la performance globale, notamment dans les entreprises
étudiées qui étaient, a priori, favorables aux pratiques de projets d’innovation intégrée. En outre, les résultats
pourraient être interprétés en tenant compte d’un certain nombre de limites attachées à notre modèle de
performance globale, notamment le choix des variables/indicateurs pour opérationnaliser les pratiques de projets
d’innovation sociétale environnementale et la performance globale.
Aussi, pour augmenter la validité externe de ce modèle de mesure des performances et étendre la recherche à
d’autres contextes organisationnels, d’autres études empiriques sont-elles souhaitables. Si les variables (items)
utilisées pour l’évaluation de la performance globale nécessitent encore de l’amélioration, elles constituent un
premier pas vers une mesure pour l’estimation de ce concept de nature englobant. En effet, si le moyen le plus
couramment utilisé est, par facilité, de dissocier les dimensions de la performance, une approche intégrative parait
préférable à la juxtaposition des performances et donc de projet d’innovation, pour apprécier la nature globale de
la performance d’une entreprise agroalimentaire. En ce sens, les variables proposées peuvent créer une dynamique
d’apprentissage et élargir les options pour les décisions d’investissement.
Quoiqu’il en soit, en effet, qu’aucune entreprise n’a de craintes pour son positionnement et sa survie, quel que soit
le secteur d’activité qu’elle ait choisie. Si elle adopte consciencieusement le mode des projets d’innovations, elle
n’a pas à se soucier du résultat. Elle peut être sûre de figurer parmi les leaders de sa branche d’activité et posséder
la part de marché la plus grande par rapport à ses concurrents les plus compétitifs, dans la branche choisie.
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